From 5e02564ad08526f8aa42cec1d9c1933541b92bc8 Mon Sep 17 00:00:00 2001 From: Dukantic Date: Wed, 9 Apr 2025 12:26:51 +0200 Subject: [PATCH] bible and fix print --- FRENCH_BIBLE | 19997 +++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++ src/main.rs | 6 +- 2 files changed, 20000 insertions(+), 3 deletions(-) create mode 100644 FRENCH_BIBLE diff --git a/FRENCH_BIBLE b/FRENCH_BIBLE new file mode 100644 index 0000000..4822abc --- /dev/null +++ b/FRENCH_BIBLE @@ -0,0 +1,19997 @@ +^.i.i; -/v.ir :i, +■^.•i.S<4" +^V}i^i) +wM +:^;vi;^.)^r +^i^f::^;/^! +M ['■'^'iAHy) ti] +Digitized by the Internet Archive +in 2010 with funding from +University of Ottawa +http://www.archive.org/details/lasaintebibletex01fil +LA +SAINTE BIBLE +COMMENTÉE +TOME I +DU MÊME AUTEUR +INTRODUCTION GÉNÉRALE AUX ÉVANGILES. Un vol. grand in-S" de 1 +ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU. INTRODUCTION CRITIQUE ET COMW grand in -80 de 570 p. Paris, 1878. +ÉVANGILE SELON SAINT MARC. INTRODUCTION CRITIQUE ET COMMENTAII +in -80 de 228 p. Paris, 1879. +ÉVANGILE SELON SAINT LUC. INTRODUCTION CRITIQUE ET COMMENTAIRI +in -8° de 415 p. Paris, 1882. +ÉVANGILE SELON SAINT JEAN. INTRODUCTION CRITIQUE ET COMMENTAI! +in-80 de Lxiv-388 p. Paris, 1886. +SYNOPSIS EVANGELICA, SEU QUATUOR SANCTA JeSU ChRISTI EvANGELI. GATAM EDITIONEM ORDINE CHRONOLOGICO IN HARMONIAM CONCINNATA. l +de xix-138 p. Paris, 1882. +ESSAIS D'EXÉGÈSE. EXPOSITION, RÉFUTATION, CRITIQUE, MŒURS JUIVES, +de XI -35 4 p. Lyon, 1884. +ATLAS ARCHÉOLOGIQUE DE LA BIBLE, d'apriîS LES MEILLEURS DOCUME SOIT MODERNES, ET SURTOUT d'aPRÈS LES DÉCOUVERTES LES PLUS RÉCl +LA Palestine, la Syrie, la Phénicie, l'Egypte et l'Assyrie, di l'intelligence des saintes Ecritures. Un vol. grand in-A» de vi-( de 93 planches contenant 11U0 figures. Lyon, 1883. — Deuxième é blement augmentée. Lyon, 1886. +ATLAS D'HISTOIRE NATURELLE DE LA BIBLE, d'aprÈs LES MONUMENT MEILLEURES SOURCES MODERNES ET CONTEMPORAINES, DESTINÉ A FACILIT +DES SAINTES ECRITURES. Un voI. grand in-A» composé d'un texte exp et de 112 planches contenant 900 figures. Lyon, 1884. +ATLAS GÉOGRAPHIQUE DE LA BIBLE, d'après les MEILLEURES SOU ANGLAISES ET ALLEMANDES CONTEMPORAINES (CD COllaboratlOn aVOC M. +Un vol. grand in-4o composé d'un lexique et de 18 planches en coul BIBLIA SACRA JuxTA Vulgat^ exemplaria et correctoria romana den +NIBUS LOGICIS ANALYSIQUE CONTINUA, SENSUM ILLUSTRANTIBUS , ORNA +in -8° de près de 1400 p., orné de lêtes de chapitres et de lettr filets rouges. Paris, 1887. — Deuxième édition, approuvée par ph et de nombreux évoques. Paris, 1891. +NOVUM TESTAMENTUM JUXTA VULGAT^ EXEMPLARIA ET C0RRECT0RI7 EDITUM, D1VI3I0N1DU3 LOGICIS ANALYSIQUE CONTINUA, SENSUM ILLUSTRA] +Un vol. in -32 de viii-544 p., orné de vignettes et encadré de roi (Le traité De Imilalione Chrisli et VOffiaum parvum B. Marix V type et de même format, peuvent se relier avec ce volume, de man Manuale dericorum très élégant.) — Deuxième édition, approuv cardinaux et de nombreux évoques. Paris, 1891. +L'IDÉE CENTRALE DE LA BIBLE. Brochure in-12 de vi-54 p. Lyon, 18 +LES PSAUMES COMMENTÉS D'APRÈS LA VULGATE ET L'HÉBREU. Un b( +de 764 pages, orné de 160 gravures, Paris, 1893. (Cet ouvrage est partie, un extrait du tome IV de la Sainte Bible commentée.) +LA +SAINTE BIBLE +(TEXTE LATIN ET TRADUCTION FRANÇAISE) +COMMENTÉE +D'APRÈS LA VULGATE +ET LES TEXTES ORIGINAUX +A l'usage des séminaires et du CLBEÛi +PAR +L.-GL. FILLION +PRETRE DE SAINT -SULPICE PROFESSEUR d'ÉCRITUKE SAINTE A l'iNSTITUT CATHOLIQUE DE PARIS +DEUXIEME EDITION +PARIS +LETOUZEY ET ANÉ, ÉDITEURS +BUE DU VIEUX-COLOMBIER, 17 +1894 Tous droits réservés. +Impeimatue. +Lugduni, 20^ februarii 1888. +t JOSEPH, Arch. Lugd. +MONSIEUR F.-M. VIGOUROUX +PROFESSEUR D KCRITUHR SAINTE AU SEMINAIRE SAINT - SULPIGE +HOMMAGE +DE VIVE REGONN AISSANGK ET DE FILIAL DÉVOUEMENT +Cher et vénéré Maître , +La Providence vous 'plaçait il y a vingt-cinq ans sur ma route, pour donner à ma vie morale et à mes études, par votre intermédiaire, une direction décisive. +Je nai oublié ni votre premier regard, ni votre 'première parole; ni ces commentaires allemands de la Bible que je pué lire, grâce à vous, pour la première fois, et qui ouvrirent à mon ignorance naïve des horizons si nouveaux, si séduisants; ni vos cours d'Écriture sainte et d'hébreu, pour lesquels vous semblez avoir adopté la devise du célèbre professeur hollandaise Mijn leeren is speelen, « Mon enseignement est une récréation y>:' +J +YI +Quand feus quitté le séminaire, vous avez encouragé mes premières compositions bibliques, qui devaient, me disiez-vous avec bonté, contribuer à développer mes goûts naissants. +Quand le moment fut venu pour moi d'enseigner à mon tour r Écriture sainte et la langue sacrée, vos conseils, non moins sages que dévoués, ne me firent jamais défaut. +Puis, un jour, votre autorité paternelle, à laquelle je ne sais rien refuser, plaçait sur mes épaules un fardeau tout à la fois bien pesant et bien doux : vous me demandiez de commenter successivement les quatre Évangiles. +Enfin, avant même que celte tâche importante fût terminée, vous vous entendiez avec mes éditeurs actuels pour m'en im" poser une autre, plus considérable encore, puisqu'elle consistait à interpréter toute la Bible. Foies vous souvenez de mes hési- tations, et de la manière dont vous en avez triomphé. Mais je n'acceptai qu'à la condition expresse de vous dédier cette œuvre, qui sera la principale de ma vie. +Elle est vôtre, du reste, à tous les points de vue, puisque vous Vavez préparée de longue main en faisant mon éducation scripturaire , directement provoquée, constamment aidée. En effet, ce n'est pas seulement au frontispice du premier volume que Von trouvera votre nom : presque chaque page le redira à mes lecteurs, puisque sans cesse, — et ce sera mon grand bonheur, — je devrai les renvoyer à vos savants ouvrages : La Bible et les découvertes modernes, le Manuel biblique, les Mélanges bi- bliques, Les Livres saints et la critique rationaliste, qui ont fait et qui feront encore tant de bien. +Durant les dernières heures que nous avons passées ensemble, vous m* avez dit gracieusement : c'est l'expression dont se sert habituellement Notre-Seigneur Jésus-Christ quand il cite les livres de l'Ancien Testament. +'* Sur la grave question de l'inspiration (na- ture, existence, étendue), voyez le Manuel bibl., t. I, nn. 7-23. Non seulement les protestants, mais même des écrivains catholiques ont émis sur ce point capital des théories relâchées et dange- reuses, desquelles il résulterait que Dieu n'est pas Tautciir de nombreux passages de la Bible. Nous ne parlons pas des rationalistes, pour qui la sainte Écriture n'est pas autre chose qu'un livre humain. +^ S. Ambr. De offlc. min., 1. I, n.lG5. +INTRODUCTION +Scriptura cor Bei, os Dei, Ungua DeiK Avec quelle foi, quelle reconnaissance et quel amour on doit lire et méditer un tel livre ! +II. Livre divin, et pourtant, à un autre point de vue, fertile aussi en conso- lantes pensées, livre dans la composition duquel les hommes, nous venons de le dire, ont joué un rôle impoitant : Beus est auctor Scripturarum per conscri- ptoves humanos'^. Ces amanuenses de TEsprit-Saint conservaient, à part de rares circonstances, telles que certaines extases, le libre exercice de leurs facultés naturelles 3; c'est pourquoi chacun d'eux a laissé, dans les pages écrites par lui, Tcmpreinte individuelle de son caractère, de sa condition, de son style. De là cette merveilleuse variété des saints Livres, qui ne plaît pas moins que leur +unité. +En tant que livre humain, la Bible appartient au temps et à l'espace. Publiée par fragments, elle mit près de seize cents ans pour paraître (de 1500 avant Jésus- Christ à l'an 100 de l'ère chrétienne). Sa patrie principale est la Pales- tine; mais plusieurs livres furent composés bien loin de Jérusalem : à Rome, par exemple, ou à Babylone. Les langues qu'elle parle sont l'hébreu, le grec; le chaldéen en quelques rares passages. +III. Dictée, pour ainsi dire, par Dieu, et écrite par des hommes, la Bible nous a été fidèlement transmise et interprétée par l'Église, comme le prouve de la façon la plus admirable l'histoire du canon, soit chez les Juifs, soit chez les chrétiens''. Elle est donc en troisième lieu, et c'est encore pour elle un beau titre de gloire, le livre ecclésiastique par antonomase. Nous n'avons pas à raconter ici les soins plus que maternels avec lesquels deux institutions également di- vines^, quoique si dissemblables sur bien des points, veillèrent tour à tour à sa préservation. Qu'il suffise de rappeler que nul livre ancien ne présente d'aussi frappantes garanties d'authenticité et d'inlégrilé. +§ II. — Jésus -Christ, centre de la Bible. +I. Mais, par-dessus tout, dans l'intention visible de Dieu qui l'a donnée au monde, et d'après l'interprétation constante de la Synagogue comme de l'Église, la Bible est le livre du Messie, le livre de Notre -Seigneur Jésus- Christ. +Telle est vraiment l'idée mère et centrale des écrits inspirés, idée vers laquelle convergent toutes les autres; telle est leur principale raison d'être, en dehors de laquelle disparaît toute leur unité et presque toute leur beauté : Jésus, le Christ, Fils de Dieu. « Jésus-Christ, que les deux Testaments regardent: l'An- cien, comme son attente, le Nouveau, comme son modèle, tous deux comme leur centre, » a dit sobrement et magnifiquement Pascal"^. Ou mieux encore, suivant l'expression de saint PauP commentée par saint Irénée^, Jésus-Christ est lapis summiis angularis, qui unit les deux Testaments de la manière la plus étroite. +II. Rien de plus facile à démontrer que cette noble thèse. Les preuves extrin- sèques, ou d'autorité, et les preuves intrinsèques, tirées du fond mCme des saints Livres, abondent en ce sens. Nous devons nous borner ici à indiquer les +' s. Bonav. In Ilexaem. 12. - Cette heureuse expression est du cardinal Franzelin , De traditione et Scriptura, 1870. 3 Voy.II Mach. i, 1 ; Lue. i, 1-4. ^ Voy. le il/an. blbl., t. I, nn. 24-47. ^ La Synagogue et l'ivglise. +^ Contra Hser., 1. IV, c. xxv, 1. Comparez ces lignes de S. Augustin, Contra Faust.: « Nos au- tora , et ad commemoratif ncni fidci nostra) , et ad consolationcm spei nostraî, et ad cxhortationem charitatis nostra;, libros propheticos et apostoli- cos(c.-ù-d. l'Ancien et le Nouveau Testament) +'5 Pen.scc9, édit. E. Ilavct; Paris, 1880,p. 272. | logimus, alterutris vocibus sibimet concinen- ■^ Eph. II, 20. ; tes. » +INTKODUCTION 3 +principales. Naturellement, nous insisterons davantage sur les écrits de Tan- eienne Alliance, car il est de toute évidence que Jésus est Valpha et Voméga du Nouveau Testament. +1"^ Les preuves extrinsèques consistent dans le témoignage de Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même et dans celui de ses apôtres, dans la tradition juive et dans la tradition chrétienne. +A plusieurs reprises, le Seigneur Jésus affirme, dans les termes les plus éner- giques, que toute la Bible est occupée de lui. Il y renvoie les pharisiens hostiles et incrédules : Scrutmnini Scripturas, quia vos putatis in ipsis vitam œternam habere, et illœ sunt quœ testimoniuyn perhibent de me, Joan. v, 39. Si cre- deretis Moysi, crederetis forsitan et mihi; de me enitn ille scripsit, Joan. v, 46. Il y renvoie ses disciples et ses amis : Incipiens a Moyse et otnnibus prophetis, interpretabatur illis in omnibus Scripturis quse de ipso erant, Luc. xxiv, 27. Hsec sunt verba quœ locutus siitn ad vos, curn adhuc essem vobiscum, quo- niam necesse est impleri omnia quœ scripta sunt in lege Moysi, et jjrophetis, et psalmis de me, Luc. xxiv, 44. Il ne s'en applique pas seulement l'ensemble, mais des détails spéciaux et minutieux : par exemple, le symbole du serpent d'airain, Joan. m, 14; l'oracle d'Isaïe relatif à la conduite suave et miséricor- dieuse du Messie, Luc. m, 16-21; les prophéties qui concernaient sa passion, Matth. XXVI, 54, et Luc. xxii, 37. Sur le point d'expirer, il pousse ce cri suprême : Consummatum est, Joan. xix, 30, signifiant par là qu'il avait réalisé en entier le> prophéties de l'Ancien Testament qui concernaient sa vie, son rôle et sa mort. +Comme leur Maîlre, les évangélistes et les apôtres en appellent sans cesse à la Bible, puisant à pleines mains dans le riche trésor des prophéties messianiques, relevant par des textes nOkmbreux^ la parfaite harmonie qui existe entre la vie de Jésus-Christ et les écrits inspiré?, montrant de toutes manières qu'à leurs yeux l'Ancien Testament tire sa principale valeur du Messie qui devait l'accomplir. +Saint Philippe s'écrie au moment même où il venait de rencontrer Jésus pour la première fois : Queyn scripsit Moyses in lege, et prophetœ, inveni'>nus : Jesum, filium Joseph, a Nazareth, Joan. i, 45^. Les quatre biographes du Sauveur signalent à chaque pas, dans leurs récits, les coïncidences providen- tielles de ses moindres actes avec les figures et les oracles de l'ancienne Alliance. « Jésus a réalisé, trait pour trait, le grand idéal messianique des prophètes : telle est la pensée fondamentale sur laquelle tout s'appuie, à laquelle tout est ramené ^ » dans saint Matthieu ^. Les formule;:, dont il se sert pour introduire ses citations sont significatives : Hoc factum est ut adimpleretur quod dictum est a Domino per pirophetam...; ou bien : Tune adimpletum est quod dictum. est. C'est dore le plan, le conseil de Dieu même, qui est ainsi mis en relief; il ne s'agit pas d'une simple accommodation humaine, mais d'un rigoureux accom- plissement. Quoiqu'ils n'aient point écrit pour des Juifs à la façon du pre- mier évangéliste, saint Marc et saint Luc suivent une marche analogue, et ils prouvent historiquement, à leur tour, par des passages de la loi, des pro- +^ On en a compté jusqu'à deux cent soixante- quinze. Leur étude est tout à fait instructive. Dans ce nombre ne sont pas comprises les simples allusions de pensées et de langage, qui se ren- contrent à tout instant. Et néanmoins, le Nou- veau Testament est loin de tout citer, puisqu'il passe sous sUence des oracles messianiques du premier ordre, tels que Is. is, 6-7 j Jer. xxui, 6-6; Zach. vi, 12-13, etc. +* Il est remarquable que les anges, pour an- +noncer à Zacharie, à Marie, à Joseph, aux pas- teurs, l'avènement du Messie, emploient les ex- pressions de TAncien Testament, et les images des prophètes. Cf. Matth. i, 20-21 ; Luc. i, 13-17, 30-35; II, 10-13. +3 Fillion , Evang. selon S. Matth., Paris, 1878, p. 17. +^ n cite r Ancien Testament quarante -troia fois. +4 INTRODUCTION +phètes et des psaumes, que Jésus est le Messie promis K Saint Jean ^ reprend la formule ut adimpleretnr de saint Matthieu, et, constamment aussi, il appuie sa narration sur TAncien Testament comme sur sa base naturelle : pour lui, la Palestine est le pays du Christ, et les Hébreux forment sa nation spéciale, Joan. I, il; plusieurs incidents de Phistoire juive ont figuré les mystères de la vie de Notre-Sei^^neur Jésus-Christ, entre autres, la manne, l'agneau pascal, +Joan. VI, o2; xix +36. Rien de plus saisissant que ces rapprochements, aux- +quels les évangélistes n'auraient pas pensé d'eux-mêmes, mais que l'Esprit- Saint daigna leur suggérer, Joan. ii, 22; xn, 16; xx, 8, etc. +C'est aiissi l'Ancien Testament qui fournissait à tous les apôtres en général la substance de leurs discours et de leurs lettres, quand ils annonçaient Notre- Seigneur Jésus-Christ. De quoi saint Pierre paraît- il avant tout frappé, dans les rares pages qui nous sont restées de lui? De la réalisation littérale et inté- grale, par son Maître, des prophéties antiques. Il cite tour à tour, en ce sens, Joël, Act. II, 16-21; David, Act. ii, 2o-28,34-3o; Moïse, Act. m, 22-23; Isaïe, I Petr. II, 6. Mais, ne pouvant tout dire, il résume sa pensée dans les lignes sui- vantes, Act. m, 24-25 : Et omnes prophetœ a Samuel et deinceps, qui locuti sunt, annuntiaverunt aies istos (l'ère messianique). Saint Etienne, le diacre au visage d'ange, termine en ces termes son beau discours christologique : Quem prophetarum non sunt persecuti fatres vestri? Et occiderunt eos qui annun- tiahant de adventu Justi, Act. vu, 52. Saint Paul, ce rabbin converti, qui s'était avidement plongé dans l'étude des saintes Écritures et des traditions juives, a prouvé mieux que personne, soit par des principes généraux, soit par des applications de détail, que Jésus-Christ est vraiment l'âme de la Bible. Ses principes sont d'une lucidité et d'une énergie remarquables : Finis legis Christus, Rom. X, 4; quand Jésus-Christ apparaît, c'est la plenitudo temporis ^, Gai. iv, 4, à laquelle tout aspirait ardemment sous l'ancienne Alliance; Lex psedagogus noster fuit in Christo, ou mieux, d'après le texte original, un pédagogue qui nous conduit au Christ, Gai. iv, 24; les fidèles sont super sedificati super fun- damentum, apostolorum et prophetarum, Eph. ii, 20; l'Ancien Testament, avec ses lois et ses cérémonies, n'était qu'une ombre, le Nouveau est le corps, la réalité, Col. ii, 17; Jésus Christus heri et hodie, hier sous le régime et dans les livres de la théocratie judaïque, aujourd'hui dans l'Église chrétienne: mais aussi ipse et in sœcula, Hebr. xiii, 8 ^. Ces phrases parlent d'elles-mêmes. Du reste, saint Paul les a personnellement commentées, de vive voix et par écrit, au moyen d'applications non moins riches que fréquentes. Ses discours aux Juifs pourraient se réduire à quelques lignes : Et nos vohis annuntiamus eam quse ad patres nostros repromissio facta est, Act. xiii, 32; Testificans minori atque majori, nihil extra dicens quant ea quse prophetœ locuti sunt futura esse et Moyses, Act. xxvi, 22; Suadens eis de Jesu ex lege Moysi et prophetis, Act. xxviii, 23. Ses magnifiques épîtres, toutes remplies du nom et de l'amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ, reviennent constamment aussi sur cette preuve essentielle. Parfois, à première vue, les applications semblent surprenantes et amenées de bien loin; par exemple, dans certains passages où l'histoire des Hébreux est mise en corrélation avec celle du Christ et de son Église ^. Mais le +* s. Marc a dix-neuf citations, S. Luc vingt- deux. +* Quatorze citatiouB directes, indépendamment des allusions. +^ Expression d'une si grande beauté. Cf. Hebr. rx, 27, où l'avoncmont du Christ est appelé con- siimmatio sœculoram. C'est Téquivalont de V'aha- rii hayyâmim , ou a fln des Jours », locution par +laquelle l'Ancien Testament désigne plusieurs fois l'ère messianique. Gen. xlix, 1 ; Num. xxiv, 14; Is. n, 2, etc. +^ Cf . 1 , 1 - 2 : « Multifariam multisque modis olim Deus loquens patribus in prophetis, novis- sime diebus istis locutus est nobis in Filio. » +^ Voyez surtout I Cor. x, 1-10; Gai. iv, 21- 31 ; Hebr. xi , 3-40. +INTRODUCTION 5 +grand Apôtre a pris soin de citer cet autre profond principe : Hœc omnia in figura continyehant illis, I Cor. x, il. +Apollos, le célèbre juif alexandrin dont Aquila et Priscilla, les amis de saint Paul, aclievèrent la conversion, est appelé dans le livre des Actes, xviii, 24, vir potens in Scripturis. Or en quoi consistait exactement son habileté, sa puissance? Saint Luc l'exprime en ces termes un peu plus bas, vers. 28 : Vehe- nientcv enim Judœos revincebat j^uhlice , ostendens per Scriptiiras esse Chri- stum Jesurn. +Si des livres du Nouveau Testament nous passons aux anciennes interpré- tations juives de rÉcriture, telles que les Targums, le Talmud, le Midrasch\ les écrits des premiers rabbins, nous voyons que ce fut en Israël, jusqu'au xii<^ siècle après Jésus-Christ, une tradition perpétuelle et sacrée de trouver partout le Messie dans la Bible. Tantôt on insère son nom au milieu des textes, pour indiquer nettement qu'il ne peut y être question que de lui^; tantôt une paraphrase lui applique plus au long des passages qui n'éveillaient pas directe- ment son souvenir^; tantôt même, dans le Talmud et dans les écrits similaires, d'interminables et arides discussions sont ouvertes entre les rabbins les plus renommés, pour prouver, bon gré, mal gré, que tout lui est applicable. « Les prophètes, dit un axiome rabbinique, ont uniquement prophétisé sur le bonheur des jours du Messie. « L'exagération est évidente; néanmoins, dans son en- semble, cette manière de faire des docteurs juifs était une rigoureuse vérité, puisque le Christ est le cœur des saintes Écritures ^ « Il ne faut pas vouloir tout appliquer immédiatement au Messie; mais les endroits qui ne le regardent pas directement servent au moins de support à ceux qui l'annoncent. Gomme dans une lyre, dit saint Augustin, les cordes seules sont sonores de leur nature, et cependant le bois sur lequel on les monte n'a point d'autre but que de con- tribuer aussi à la production des sons. Ainsi en est- il de tout l'Ancien Testa- ment, qui résonne comme une lyre harmonieuse le nom et le règne de Jésus- Christ^. » +On le voit déjà par cette délicate comparaison de saint Augustin, les Pères et les Docteurs chrétiens des premiers siècles, quand ils étudiaient la Bible, aimaient à regarder toutes les parties qui la composent comme autant de cercles concentriques, ou comme autant de rayons convergents, dont le Seigneur Jésus est le centre réel. A la façon des Apôtres et selon la pressante recommandation du Sauveur, ils scrutaient les Écritures surtout en vue d'y découvrir le Messie promis®. Saint Justin martyr, dans son dialogue avec le Juif Tryphon; Athéna- gore, dans son Apologie; Tertullien, Adversus Judœos; saint Irénée, Contra Hœreses'^, développent fréquemment ce beau thème. Christus, écrivait ce der- nier, qui tune (dans l'Ancien Testament) per patriarchas suos et prophetas +* Yoy. le Manuel Ubl, t. I, nn. 94-101, 190- 199. +* Num. XXIV, 17, d'après les Targums d'Onké- los et de Jonathan : « Un roi sortira de Jacob, et le Messie s'élèvera en Israël. » Sur la célèbre Mèm'ra , équivalant au Logos , voy. notre com- mentaire sur l'Évangile selon S. Jean, p. 5. +^ Gen. XLix, 10, les Targums ajoutent : Os. xiv, 8, le Targum de Jonathan traduit : « Ils habiteront à l'ombre de leur Christ. » Et mille autres traits analogues. Voir Drach , Harmonie entre l'Église et la syna- gogue, passim, +^ Sur les théories tout opposées des rabbins iTiodornes, voy. nos Es f ai ft d'excgrse ,ïjyon,lf^84. +pp. 271-276. Leurs commentateurs réputés les plus doctes sont rationalistes, et ne voient le Messie nulle part. Comme le dit S. Paul, II Cor. m, 14- 16, «ils se coixvrent les yeux d'un voile quand Us lisent la Bible. » +^ Le Hir, les trois grands Prophètes , Isaïe, Jérémie , Ezéchiel : analyses et commentaires. Paris, 1877, p. 14 et ss. +^ C'est dans VÉpître de S. Barnabe, composée entre les années 71 à 120 de notre ère, que l'on trouve la première discussion systématique des passages de l'Ancien Testament réalisés par Jé- sus-Christ. +^ Voy. en particulier le livre IV, chap. xix- +XXXVI. +INTRODUCTION +( erat) prœfigurans et prœnimtians futura K D'où il concluait : Si quis igitur in- tentus legatScripturas, invenietin iisdem de Christo sermonem... Ahsconsus in Scripturis thésaurus Christus, quoniamper typos et parabolas significabatur^. Origène et les autres écrivains de Técole d'Alexandrie ^ ne pouvaient manquer d'exploiter à leur tour, non sans quelque exagération de détail, une mine aussi féconde. Il valait mieux, disaient- ils, chercher dix fois le Christ là où il n'était pas, que de l'oublier une seule fois là où il se trouvait. D'après eux, l'Écriture, c'est, pour ainsi dire, le Verbe fragmenté; ce sont les gloires et la bonté du Verbe répandues sous chaque pensée du texte sacré : Vestimenta sunt Verbi Scripturse dictiones... Semper in Scripturis Verbum caro fit, ut habitet in nobis"^. Quelques membres de l'école d'Antioche tentèrent, il est vrai, une réac- tion fâcheuse, et en vinrent, entre autres Théodore de Mopsueste, à nier que Jésus-Christ eût été prédit par les prophètes^; mais ils ne trouvèrent aucun écho sérieux, et les Pères de l'Occident comme ceux de TOrient, les Jérôme, les Ambroise, les Augustin, comme les Éphrem, les Basile, les Chrysostome, continuèrent à chercher et à trouver le Christ dans toute leur Bible. « La coupe de la sagesse est entre vos mains, dit saint Ambroise®. Cette coupe est double : c'est l'Ancien et le Nouveau Testament. Buvez -les, car dans les deux vous buvez le Christ. Buvez le Christ, car c'est une fontaine de vie... Buvez le Verbe dans les deux Testaments... On boit l'Écriture, on la dévore, lorsque le suc du Verbe éternel descend dans les veines de l'esprit et dans Tessence de l'âme. » Lex gravida Christo, s'écriait saint Augustin \ avec une vigueur digne de saint Paul. L'art chrétien et l'épigraphie chrétienne à leur début, c'est-à-dire à l'ori- gine même du christianisme, n'avaient-ils pas été remplis de cette pensée? Types et prophéties, Abel et Jonas, Isaac et Daniel, l'agneau immolé et le lion qui dévore, la manne et la toison, le déluge et l'arc -en -ciel : ces traits et cent autres de l'Ancien Testament sont rapportés à Notre- Seigneur Jésus- Christ par les peintures des catacombes ^, et par les antiques inscriptions de l'Asie Mineure ou de la Syrie ^. +Et depuis ces temps reculés jusqu'à nos jours, tous les interprètes croyants sont venus de même saluer Jésus-Christ dans la Bible des Juifs, où il ne se ma- nifeste pas moins que dans les écrits apostoliques ^°. Nous avons entendu Pascal, le profond penseur du xvii'^ siècle; Bossuet a également jeté son regard de génie sur les pages sacrées, et voici ce qu'il y a découvert : « Tous (les auteurs inspirés) ont écrit par avance l'histoire du Fils de Dieu, qui devait aussi être fait le fils d'Abraham et de David. C'est ainsi que tout est suivi dans l'ordre des conseils divins. Ce Messie, montré de loin comme le fils d'Abraham, est encore montré de plus près comme le fils de David ^K « A notre époque, Stolberg +' Ch. XXI, n. 3. +'^ Ch. XXVI, n. 1. Voy. Prat, Eist. de S. Irénée, Lyon, 1843, p. 244 et ss. +3 Man. bibl., t. I, n. 205. Ce mot d'Origènc est bien connu : « Argumentiim quo maxime ea quae ad Jesum spectant conflrmrintiir, nompo il- lum a Judsecrum proplietis, a Moyse et ab iis qui ante et post Moysen vixerunt, fuisse prœ- nuntiatum. » Contra Cels., 1. II, c. xiii. +* Orig. PliUocal. c. xv. Cf. In Levit. hom. I. Toir d'autres beaux textes sur ce sujet dans Mk»' Landrlot, le Christ de la tradition, t. I, p. 284 et ss. de la 2« édition. +^ Ce sont les paroles mômes du second concile de Constantinople , qui condamna Théodore. +^ InPsalm.l, n. 33. +^ Serm. XX de Sanctis. Voy. aussi les traités +Dccivit. Dei, 1. XVII et XVIII, et Contra Faust., 1. XII , où le saint Docteur fait tout au long l'ap- plication de son principe. +^ Vo3'. Rossi, Roma soifcranca, passim ; North- cote et Brownlow, Rome souterraine, p. 293-402 do la traduction française; Paris, 1874. +9 Le Bas et Waddington, nn. 2551, 2650, 2665, etc. +^^ « Jésus -Christ était présent au milieu des hommes avant son apparition visible, présent de l'autre côté du Calvaire, sur le versant de l'an- cien monde , comme Verbe et Sauveur. » Mb' Mei- gnan, les Prophéties messianiques de l'Ancien Testament: prophéties du Pentatcuque; Parla, 1856, p. 16. +^^ DisrourA sur Vhistoire universelle, 1'« partie, ch. rv. Chaque page de ce magnifique ouvrage a +INTRODUCTION 7 +écrivait au sujet de la Bible : « Toutes les parties de ce livre sont uuics de la façon la plus étroite par une relation unique, la relation qu'elles ont à Jésus- Christ, rOint de Dieu, le Sauveur d'Israël, le Sauveur de Thumanité. Sans lui, l'histoire sainte entière n'aurait ni enchaînement ni but. Non , elle n'en aurait pas, puisqu'il est Tobjet perpétuel des promesses, des coutumes religieuses, de 1 attente nationale, des aspirations ardentes des hommes de Dieu *. » +2^^ Il n'est pas moins facile de démontrer par les preuves intrinsèques, c'est- à-dire par le contenu môme des livres sacrés, que Notre-Seigneur Jésus-Christ est le point culminant et l'idée centrale de la Bible. Ce volume, composé par des auteurs si nombreux et si dissemblables, à des intervalles si écartés les uns des autres, sous des civilisations si différentes, présente une remarquable unité : tout s'y enchaîne d'une manière vraiment étonnante. Or le Christ est le lien moral qui en groupe les diverses parties en un faisceau unique. Chaque écrit spécial présente l'idée messianique sous une forme nouvelle ; tous ils s'expliquent, se contrôlent, se complètent mutuellement. Cet axiome que le moyen âge a extrait des écrits de saint Augustin ^ : +Novum Testamentum in Vetere latet, Vêtus Testamentum in Novo patet, +est un parfait sommaire de la pensée que nous avons à développer. +1. Il est aisé de voir que Jésus-Christ est le thème unique du Nouveau Tes- tament. Les Évangiles, les Actes des Apôtres, les Épîtres, l'Apocalypse, ne s'occupent que de lui et de son règne. Mais déjà nous avons vu que les évan- gélistes et les apôtres établissent des points de repère perpétuels entre leurs propres livres et ceux de l'ancienne Alliance^. Toutefois, contentons-nous ici de deux pages des saints Évangiles. Qu'est, au fond, la généalogie de Jésus telle que nous la lisons dans saint Matthieu, i, 1-17, et dans saint Luc, m, ^3-38? Que sont les soixante- douze noms de la liste la plus longue? Un résumé aussi complet que possible de l'Ancien Testament. On a élagué les faits accessoires, et l'on a maintenu seulement les faits essentiels; or tout ce qui est essentiel se rapporte au Messie, à Jésus-Christ. Si bien que la Bible pourrait être comparée à ces beaux vitraux et à ces gracieuses vignettes des siècles passés, où le pieux artiste a représenté un arbre gigantesque, aux branches verdoyantes, qui a sa racine au cœur d'Adam ou d'Abraham, et qui, de son rameau suprême, soutient le Sauveur et sa mère. Cherchez bien dans les deux Testaments, vous n'y trou- verez pas autre chose que le Christ. Le reste est subordonné à sa personne et à son règne. +2. Si l'Évangile est un abrégé de la Loi et des prophètes, on peut affirmer également que les écrivains de l'ancienne Alliance ont condensé d'avance la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans leurs plus beaux passages : ils sont, comme on l'a si bien dit, les évangélistes de l'Ancien Testament; sous la dictée +pour but do démontrer que Jésus-Christ est le centre , non seulement de la Bible et de l'histoire juive , mais de l'histoire universelle. +* J. Jansson, Friedrich LeopoUl Graf zu Stol- berg , sein Enticiclceluvgsgang ^ind sein WirJcen im Geiste der Kirche; Fribourg-cn-Brisgau,1882, p. 294. Il disait encore, ibid., p. 262 : « L'attente du Messie jette de la lumière sur tous les livres de r Ancien Testament, qui forment, grâce ù elle, la plus parfaite harmonie, et qui seraient sans elle un chaos. » Un autre écrivain de génie, le P. Lacordaire, a sur cette môme pensée des pag3s éioquontcs, dans lesquelles il se complaît ù +montrer, du sommet à la base des saintes Écri- tures , « la figure du Christ éclairant tout de sa lumière et de sa beauté, » Lettres à un jeune homme sur la vie chrétienne, Pai'is, 1873 , p, 111. La seconde lettre, du Culte de Jésus-Christ dans les Ecritures, se rapporte en grande partie au point que nous traitons. +^ Qasest. IZin Exod. +^ Un simple coup d'œil jeté sur la concordance marginale d'unq édition quelconque du Nouveau Testament est très instructif sous ce rapport. On voit aussitôt que Jésus-Christ est la conclusion rigoureuse des prémisses de l'Ancien Testament. +8 +INTRODUCTION +de Dieu, ils ont tracé au Messie le programme qu'il devait réaliser un jour; ils ont peint lentement, mais sûrement, son image '.Et ce n'est pas seulement dans les écrits prophétiques proprement dits que l'on peut étudier ce portrait d'une si exacte ressemblance; c'est à travers toute la Bible qu'on l'aperçoit, car les oracles messianiques retentissent partout. +« La promesse d'un Sauveur, faite dans le paradis terrestre, est le premier anneau d'une chaîne non interrompue de prophéties, depuis Adam jusqu'à Zacharie, père de saint Jean-Baptiste ^. » Aussi lui a-t-on donné depuis long- temps le beau nom de protevangelium ^. Brillant rayon qu'Adam et Eve empor- tèrent avec eux de l'Éden, comme une vive consolation dans leur détresse. Avec Noé, Gen. ix, 26, la promesse devient plus précise et plus nette : le « fils de la femme » sera le fils de Sem, auquel est alors rattachée l'histoire de la rédemption. Le cercle se resserre davantage encore avec Abraham, quand Dieu lui annonce qu'en sa postérité toutes les nations seront bénies, Gen. xii, 3. Semini tuo, qui est Christus , ajoute saint Paul, Gai. ni, 16. Plus tard, Gen. xxvn, 27 et ss., la race de Jacob est séparée de celle du profane Ésaû, toujours en vue de la promesse. Puis Jacob lui-même, divinement éclairé, choisit Juda parmi ses fils pour être le nagid, ou prince, duquel naîtra le Messie, Gen. xlix, 8 et ss. Plusieurs siècles s'écoulent ; de nouvelles révélations rendent la douce et glo- rieuse image du Rédempteur de plus en plus distincte : Balaam prédit sa royauté, Num. xxiv, 17, et Moïse, son triple rôle de législateur, de médiateur et de prophète, Deut. xviii, 18-19. +Les rayons messianiques, après avoir été ainsi pendant longtemps rares et isolés, — quoiqu'ils fussent suffisants pour échauff'er et pour illuminer des périodes entières, — se multiplient tout à coup, et acquièrent un éclat incom- parable à partir de David. Ce saint roi a contemplé de loin le Messie, et l'a chanté dans ses Psaumes avec une magnificence que rien n'égalera jamais. « Les autres prophètes n'ont pas moins vu le mystère du Messie^. Il n'y a rien de grand ni de glorieux qu'ils n'aient dit de son règne. L'un voit Bethléem, la plus petite ville de Judée, illustrée par sa naissance; et, en même temps, élevé plus haut, il voit une autre naissance par laquelle il sort de toute éternité du sein de son Père ^; l'autre voit la virginité de sa mère*^. Celui-ci le voit entrer dans son temple ' ; un autre le voit glorieux dans son tombeau , où la mort avait été vaincue^. En publiant ses magnificences, ils ne taisent pas ses opprobres. Ils l'ont vu vendu ; ils ont su le nombre et l'emploi des trente pièces d'argent dont il a été acheté^. Afin que rien ne manquât à la prophétie, ils ont compté les années jusqu'à sa venue ^^; et, à moins de s'aveugler, il n'y a plus moyen de le méconnaître **. » +Dans ces oracles multiples, le progrès de la révélation est admirablement accentué. L'Esprit -Saint n'a évoqué que peu à peu et graduellement cette radieuse figure du Christ, qui se dresse devant nous toujours plus vivante, à mesure qu'approche la plénitude des temps, l'époque oîi les oracles sacrés doivent s'accomplir. Chaque prophète ajoute un trait nouveau : quand le dernier +'' « Ipse enim ( Christus ) se in prophctis prîe- (licabat, quoniam ipse est Verbum Dei. Nec illi talc allquid diccbant, nisi plcni Vcrbo Dci. An- imntiabant crgo Christura pleni Christo, et illi cum vcntunim proeccdebant. » S. Aug. Enarrat. i)i Psalm. cxLii, 1. +^ M8r Mcignan, loc. cit., p. 13. +3 Gen. III, 15. +^ Voy. dans le Man. blU., t. Il, nn. 902-903, l'indication sommaire des principales proptiéties +messianiques. ^ Mich. V, 2. ^ Is. VII, 14. ■^ Mal. m, 1. +^ Is. LUI, 9. +^ Zach. XI, 12-13. +*0 Dan. IX. +^^ Bossuot, Discours sur l'histoire universelle, 2" part., ch. IV. Voj'. aussi les ch. v et suiv., qui développent la même pensée. +INTRODUCTION 9 +d'entre eux s'est retiré, le tableau est parfait, et l'image est d'une telle préci- sion, qu'il suffira de rencontrer le personnag:e ainsi représenté pour s'écrier aussitôt: C'est Lui! voilà ce Christ dont la physionomie remplit et anime tout l'Ancien Testament. +3. Nous avons donné déjà, pour ainsi dire, deux sommaires de la Bible, les généalogies de Jésus et les oracles messianiques, afin de démontrer que toul s'y rapporte au Sauveur. Nous ajouterons une troisième variation sur ce riche et fécond motif. +De même que les écrits de l'ancienne Alliance peuvent se résumer dans une série de noms propres qui représentent les aïeux du Christ, de même que tour, ces livres peuvent se réduire aux prophéties relatives à Jésus, de même aussi ils se ramènent de la manière la plus simple et la plus naturelle à l'histoire des Juifs, la nation privilégiée; or cette histoire est étroitement unie à celle du Messie, c'est une marche constante vers le Messie '. +Longtemps avant Abraham, remarquez, dans la Genèse, comment l'écrivain sacré procède par voie d'élimination. La race humaine est traitée comme une plante vigoureuse, que l'on émonde de temps à autre pour lui conserver sa fraîcheur et sa beauté. Les branches retranchées sont celles qui n'ont aucun rapport avec le Christ promis : branche de Caïn (ch. iv), branches de Japhet et de Cham (ch. x), tous les rameaux sémitiques à part celui d'Abraham (ch, xi et xni), branche d'Ismaël (ch. xxv), branche d'Ésaû (ch. xxxvi). Et de même dans les livres suivants. Ce qui ne concerne pas le peuple du Messie est regardé comme accessoire, et l'on n'y touche qu'en passant. Au contraire, on insiste avec amour et complaisance sur les plus petits détails, lorsqu'ils se rapportent à Israël et à la rédemption. Comparez, par exemple, l'histoire de la chute, Gen. m, racontée si explicitement, à celle des nombreuses générations patriar- cales sur lequelles on glisse avec tant de rapidité, Gen. v; les biographies d'Abraham, dlsaac, de Jacob, dont les moindres circonstances sont notées, et la formation des premiers empires, Gen. xi, exposée d'un trait de plume. Pour- quoi la gracieuse idylle de Ruth a-t-elle été préservée tout entière, sinon à cause de la généalogie qui la termine et qui nous fait connaître plusieurs ancêtres du Messie? Ruth, iv, 18-22. De même dans les autres écrits. +En effet, les livres qui composent l'Ancien Testament viennent se ranger d'eux-mêmes dans l'une de ces trois catégories : les livres historiques, les livres prophétiques, les livres poétiques ou sapientiaux. La première classe expose les péripéties variées de la théocratie'^, c'est-à-dire du gouvernement direct de Jéhovah sur les Juifs. Mais pourquoi le Seigneur emploie-t-il des méthodes si diverses pour faire l'éducation de son peuple? L'alliance auprès de l'autel du Sinaï, la législation mosaïque, les épreuves du désert, l'installation dans la Terre promise et à Jérusalem, les victoires et les défaites, les phases de gloire et les périodes d'humiliation, l'isolement de tous les autres peuples, l'exil entin : tout cela avait pour but de former la nation choisie et de faire, pour ainsi dire, son éducation en vue du Christ à venir. Ce plan divin est visible à chaque page de la Bible ; il s'y déroule majestueusement, avançant toujours malgré les obstacles humains, jusqu'à sa réalisation au jour de Noël, ou plutôt jusqu'à la consommation plus parfaite du ciel , que racontent les derniers cha- +^ « Omnia quae illis continentur libris , vel de ipso dicta sunt, vel propter ipsum. » S. Atig. Con- tra Faust. 1. XII, c. vn. « C'est une suite d'hommes, durant quatre mille ans, qui, constamment et sans interruption, viennent, l'un en suite de Vautre, prédire ce même avènement (de J.-C). +C'est un peuple tout entier qui l'annonce , et qui subsiste pendant quatre mille années, pour rendre en corps témoignage des assurances qu'Ds en ont, » Pascal, Pensées, édit. E. Havet, p. 274. +- Expression très juste , qui remonte à l'histo- rien Josèphe, Contr. Apion. ii, 16. +1* +10 +INTRODUCTION +pitres de TApocalypse^ Pour le môme motif, les oracles des prophètes, quand ils ne se rapportaient pas directement au Messie, étaient néanmoins destinés à préparer sa venue, en maintenant tantôt par des menaces, tantôt par des pro- messes, le peuple hébreu dans les saines croyances, dans la pratique de la loi et dans rattachement à son Dieu. Quant aux poèmes sacrés, les uns, comme les Psaumes, sont les prières de la nation messianique; d'autres, comme le Cantique, expiiment, sous une forme allégorique, l'union d'Israël avec son Christ; les autres, comme les Proverbes, rÉcclésiaste, etc., montrent, par leur nom même de Ilokmah, « sagesse, » et aussi par plusieurs détails très directs^, les relations intimes qu'ils ont avec le divin Logos. Quoi d'étonnant que les Israélites, formés par de tels livres, eussent leurs regards toujours dirigés vers l'avenir, et vé- cussent dans une perpétuelle attente du Sauveur? Durant toute leur histoire, le seul nom de Messie fut un mot magique, qui exerça sur eux la plus vive influeiice. +III. De quelque manière qu'on l'envisage, la Bible est donc vraiment le livre de Notre -Seigneur Jésus -Christ. Les pas de Jéhovah cherchant les premiers hommes coupables, moins pour les châtier que pour leur annoncer l'évangile du salut ^, voilà les premiers pas du Messie sur la terre; et, à partir de cette lontaine époque, on rencontre constamment dans les saints livres les traces du divin Rédempteur. L'idée messianique, c'est, de la Genèse à l'Apocalypse, le fil d'or qui unit indissolublement tous les écrits inspirés. Aussi bien, saint Jérôme a-t-il dit à bon droit qu'ignorer les Écritures c'est ignorer le Christ lui-même ■*. +Depuis un siècle, et de nos jours surtout, les rationalistes ont étrangement obscurci la Bible, en voilant ce brillant soleil qui en éclaircit tous les mystères ; ils en ont fait un chaos semblable aux oracles du paganisme, que rien n'enchaîne et ne domine^; ils l'ont tristement déprimée, n'y voyant plus qu'un livre humain, qu'une « littérature nationale des Hébreux », parce qu'ils refusaient d'y contempler le Christ. Mais, aux yeux de la foi, rien n'a changé malgré leurs elïbrts impies. Aussi adorons -nous Notre -Seigneur Jésus -Christ dans la Bible avant d'en commencer la lecture ou l'étude, nous souvenant que, si elle est un livre scellé de sept sceaux, c'est l'Agneau, v l'Agneau immolé dès le commencement », Apoc. xiii, 8, qui nous l'ouvrira et nous en fournira l'interprétation ^. En lisant, nous le contemplerons partout avec bonheur, puisque sa présence remplit tout : Apparet litterarum opertus involucris'^. Et quels admirables fruits seront pro- duits pu à peu dans nos cœurs! « Les Écritures enfantent le Verbe, qui est la vérité du Père ^. » a Tous les jours le Verbe se fait chair dans les Écritures, afin d'habiter parmi nous'^. » De ces nuées saintes derrière lesquelles il se cache, il arrosera et fécondera nos âmes i". +^ n est remarquable que la Bible s'achève comme clic avait commencé, par une création. Cf. Gen. I, n, et Apec. xxi. Le portique fet la c^f de voûte du baau temple scripturairc sont ainsi intimement unis. +^ Notamment, Prov. xxx, 4; Sap. vir-ix, ctCi +2 Gen. III, 8. +■* « Ignoratio Scripturarum ignoratio Chri^tiest.» +^ «Nos savants n'ont })as encore pu comprendre qu'un œil serein, de même qu'un miroir concave, rassemble en un soûl i)oint les raj'ons dispersés. Ils divisent et ils divisent , jusqu'à ce que le der- +nier atome disparaisse dans l'ombre. » Stolberg, loc. cit., p. 292. Mais ils sont aveuglés par leurs préjugés dogmatiques. +" Apoc. V, 6-9. Cf. Jean, i, 18 : 'E|/)yiQ(7ato, il a fait l'exé-gèse. +"^ S. Ambr , Exposit. in Luc, 1. VIT, 12. +8 Clément d'Alex., Stromat, 1. VU, c. xvi. +^ Orig., Philocal. c. xv. +^^ S. Aug., De Gen. contr. Man. 1. II, c. v : (i De nubibus cas irrigat, id est de Scripturis. » Vo}'. Lacordaire, Lettres à un jeune lionwie sar i la vie chrétienne, p. 164 de la 3« édition. +ANCIEN TESTAMENT +I. La division de la Bible. — « L'Écriture, comme une haute montagne qui serait le phare du monde, se partage en deux versants : le versant de Tantiquité et celui des temps modernes; l'un qui regarde l'occident, et l'autre l'orient de l'humanité. Tous les deux portent le nom de Testament, parce que tous les deux renferment le témoignage de Dieu et la charte de son alliance avec l'homme; mais, par le côté qui regarde la préparation de cette alliance, le tes- tament prend le nom d'ancien; par le côté qui en regarde la consommation, il prend le nom de nouveau. L'un et l'autre, considérés dans leur distribution intérieure, se composent des mômes éléments : l'histoire, qui dit le passé; la prophétie, qui dit l'avenir; la théologie, qui unit le passé à l'avenir dans le sein de l'éternelle vérité ^ . » +Telle est, en effet, la grande division de la Bible : l'Ancien Testament, qui prépare , qui montre en quelque sorte du doigt le Nouveau et veut se trans- forrner en lui; le Nouveau Testament, qui se rattache constamment à l'Ancien, qui i'éclaire et le transfigure, l'élevant à des hauteurs sublimes^. Mais la préparation est si parfaite, la succession des événements et des concepts si régulière, grâce à l'idée centrale dont il vient d'être question, que l'on pourrait supprimer la division extérieure, puisque tout se suit et s'harmonise si admira- blement. Seulement, d'une part, on annonce et l'on attend la venue du Rédemp- teur; de l'autre, on adore le Verbe incarné, l'Homme-Dieu qui «a dressé sa tente ^ » parmi nous. +II. Le mot Testament. — Ce nom a sa racine, comme ceux de Bible et d''Écriture, dans les livres sacrés eux-mêmes. Saint Paul. II Cor. m, 14, appelle les écrits de l'ancienne Alliance ^ TiaXatà SiaOrixy) , ou « le vieux Testa- ment». Dans le texte grec du premier livre des Machabées, i, 57, on men- tionne aussi le ptêXtov SiaOVixYiç, liber testamenti. Dès le temps de Moïse, Ex. XXIV, 7, il est parlé du volumen fœderis^, qui contenait la législation du Sinaï; et telle est probablement l'origine directe de cette belle dénomination. Le substantif hébreu h^rit correspond au français « alliance » ; mais le mot grec ôiaOYÎxYi, par lequel Font traduit les Septante, peut signifier fœdus ou testa-^ mentum : les anciens écrivains latins ont adopté de préférence cette seconde acception, qui est aussi devenue la plus usitée dans les langues européennes. +^ Lacordaire , Lettres à un jeune homme sur Ja vie chrétienne, p. 177 et S3. 2 Mattlu V,. 17. +2 Joan. I, 14 : 'EaxTQvœaev. ^ Séfer habVrit. +12 +ANCIEN TESTAMENT +Quant à l'épithète d''anc{en, indépendamment du texte de saint Paul cité plus haut, elle semble remonter jusqu'au célèbre passage de Jérémie, xxxi, 31 et &s. : Ecce dies venient, clicit Bominiis, et feriain clomui Israël et domui Juda fœdus novum. La nouvelle Alliance ne devant être inaugurée que par le Messie, on désigna par le surnom (['ancienne celle qui avait été contractée au Sinaï. De même, les écrits qui racontent Phistoire de cette première alliance furent appelés l'Ancien Testament. +III. Les livres de l'Ancien Testament. — En comptant ces livres un à un, tels qu'ils sont partagés dans la Vulgate, on arrive au total de quarante-six: 1° la Genèse, 2» l'Exode, 3° le Lévitique, 4« les Nombres, 5« le Deutéronome, 6° Josué, 7» les Juges, 8» Ruth, 9° le premier livre des Rois, 10» le second livre des Rois, 11» le troisième livre des Rois, 12° le quatrième livre des Rois, 13° le premier livre des Paralipomênes, \¥ le second livre des Paralipomènes, 150 Esdras, 16° Néhémie, 17« Tobie, 18° Judith, 19° Esther, 20» Job, 21^ les Psaumes, 22^ les Proverbes, 23» FEcclésiaste, 2¥ le Cantique des cantiques, 250 la Sagesse, 26« l'Ecclésiastique, 27« Isaïe, 28» Jérémie, 29« les Thrènes, 30° Baruch, 31oÉzéchiel, 32° Daniel, 33o Osée, 34« Joël, 35« Amos, 36° Abdias, 370 Jonas, 38« Michée, 39° Nahum, 40« Ilabacuc, 41oSophonie, 42« Aggée, 43" Zacharie, 44« Malachie, 45° le premier livre des Machabées, 46^ le second livre des Machabées ^ +Envisagés sous le double rapport du fond et de la forme, ces écrits peuvent être répartis en trois groupes, suivant que domine en chacun d'eux l'élément historique, didactique, prophétique. Les livres de la seconde catégorie sont en même temps poétiques. +/ Le Pentatcuque. Josné. Les Juges. Ruth. +Les quatre livres des Rois. Les deux livres des Paralipomènes. Esdras. +Néhémie (ou second livre d'Esdras). ToMe. Judith. Esther. Les deux livres des Machabées. +1« LIVRES HISTORIQUES : +(21 livres) +2° LIVRES POÉTIQUES +(8 livres) +30 LIVRES PROPHÉTIQUES +(17 livres) +Job. +Les Psaumes. +Les Proverbes. +L'Ecclésiaste. +Le Cantique des cantiques. +La Sagesse. +L'Ecclésiastique. +Les Thrènes. +Isaïe. +.Jérémie. +Baruch. +Ézéchiel. +Daniel. +Les douze petits Prophètes. +* Comme l'observe très justement M. Vigou- reux, Man. bihl., t. I, n. 3, cette supputation est en partie conventionnelle ; de là le chiffre 43 , que d'autres ont trouvé en réunissant les deux premiers livres des Rois , le troisième et le qua- trième, les deux livres des Paralipomènes. — On a aussi adopté parfois les chiffres de 44 et de +45. Le Nouveau Testament contient vingt -sept livres , bien que , par son étendue , il ne soit pas égal au quart de l'Ancien. La Bible entière est partagée en 1334 chapitres, dont 1074 pour l'An- cien Testament, et 260 pour le Nouveau. L'his- toire du salut messianique, comme colle de la création , est une préparation très longue. +ANCIEN TESTAMENT +13 +Tous ces livres sont canoniques et inspirés, comme l'ont défini les conciles de Trente* et du Vatican^. Ceux que nous avons marqués en lettres italiques dans le tableau qui précède, c'est-à-dire Tobie, Judith, les Machabées, la Sagesse, l'Ecclésiastique, Baruch, avec quelques fragments d'Esther et de Daniel, forment une catégorie à part, non sous le rapport de leur autorité, qui n'est pas moindre que celle des autres écrits, mais au point de vue du temps où ils furent défini- tivement admis dans le canon des saintes Écritures. Reçus un peu plus tard, ils portent le nom de deutéro canoniques ; les autres livres sont appelés proto- canoniques. +Ces derniers sont seuls contenus dans la Bible hébraïque, d'après un ordre et une classification qui diff'èrent des nôtres, quoique les Juifs aient aussi adopté trois groupes : la Loi [tôrah]^ les Prophètes (n^6i'im), les Hagiographes ( kHubim ] ^. +lo LA LOI +OU tôrah +la Genèse. +l'Exode. +le Lévitiqne. +les Nombres. +le Deutéronome. +2 ' LES PROPHETES +ou n'bî'im, divisés en +rinonim ou antérieurs +'aharônim +ou postérieurs, +' subdivisés eux - mêmes en +Josué. +les Juges. +les deux livres de Samuel (I et II Rois). +les deux livres des Ilois ( III et IV Rois ). +Ilsaïe. Jérémie. Ézéchiel. +et +petits prophètes +Osée. +Joël. +Amos. +Abdias. +Jonas. +JMichée. +Nahum. +Habacuc. +Soplionie. +Aggée. +Zacharie. +Malachie. +3° LES HAGIOGRAPHES +ou k'tuMm +Hes Psaumes, les Proverbes. Job. +les cinq m'gillôt ou rouleaux ^ +le Cantique des cantiques. +Riath. +les Thrènes. +l'Ecclésiaste. +Esther. +f Daniel. f Esdras. \ Néhémie. les deux livres des Chroniques (I et II Paralipomènes ). +' Sess. IV, De canonicis Scripturis decretum. +^ Sess. III, c. n. +^ Ce groupement est très ancien, car on le rencontre déjà dans le prologue de l'Ecclésias- tique et dans l'Évangile selon saint Luc, XXTV, 4i. Comparez les passages Matth. vu, 12; Luc. XVI, 16; Act. xiu, 15; Rom. ru, 21, où, pour +abréger, on désigne seulement la Bible par les deux premières catégories : « la loi et les pro- phètes. » +^ Ces livres étaient ainsi nommés parce qu'ils formaient de petits volumina à part, en vue de l'usage liturgique. +1' +ANCIEN TESTAMENT +Cette classification correspond assez bien à la fondation [tôrah], au déve- loppement [n'hiim] et au couronnement religieux [kHuhim] de la théocratie. La prépondérance remarquable des livres prophétiques désigne très manifestement la religion juive comme une institution dont les tendances et le centre de gra- vité étaient plutôt dans Tavenir que dans le présent, ainsi qu'il a été démontré plus haut^ +^ Pages 0-10. +LE PENTATEUQUE +Noms et division. — Dans le canon des Juifs, les cinq premiers livres de l'Ancien Testament sont appelés, d'après leur sujet principal, Séfer hattôrah, «le livre de la Loi, » ou simplement Tôrah, «la Loi ^ » Les rabbins les dé- signent assez souvent par un nom bizarre qui fait allusion à leur nombre : « les cinq cinquièmes de la Loi. » Le mot Pentateuque, dérivé du grec itévte, « cinq, » et TsOxoç, « volume, » a également pour base la division du livre de la Loi en cinq parties distinctes. +Cette division est très ancienne, et vraisemblablement antérieure à l'époque de la traduction des Septante. Elle est aussi d'une parfaite exactitude, car chaque tome ou volume a réellement une physionomie à part, et correspond à des périodes diverses de la législation théocratique. La Genèse est une intro- duction, le Deutéronome une récapitulation. Dans les trois livres intermédiaires, les lois divines sont promulguées peu à peu, et rattachées aux événements his- toriques qui les virent paraître; mais le Lévitique se distingue à son tour de TExode et des Nombres, parce que seul il contient une masse de décrets for- mulés sans interruption notable. +Quant aux titres spéciaux dont on se sert pour désigner chaque partie, ils viennent directement du grec^, et sont empruntés à l'idée dominante ou initiale du livre. Les mots hébreux placés dans la Vulgate au-dessous de ces titres sont ceux mêmes par lesquels débutent les « volumes » : on les mentionne parce que les Juifs les emploient en guise de titres. +Noms juifs. B^ré^sit, V^'ellek s'mot, Vayyk^ra, Vayy^dahher, ''Elleh hadd'barim j +Noms grecs. +révccrt; (origine), "E^o; (sortie), AeuiTcxov (lévitique), 'Apîôtxot (nombres), A£UT£pov6[ji.iov (seconde Loi +Noms latins. Genesis. Exodus. Leviticus. Numeri. DeuteronoYïiium. +La Genèse commence par le récit de l'origine du monde et de l'humanité; l'Exode raconte longuement la sortie d'Egypte; le Lévitique est en grande partie consacré à la promulgation des lois relatives au culte juif et à la tribu de Lévi; le livre des Nombres débute par le recensement des Israélites; le Deutéronome réitère et inculque de nouveau la Loi. +* Dcut. xxsr, 26; III Rog. ii, 3; IV Rcg. XXIII, 25; Ps; XVIII (hébr, xix), 8. et en d'autres nombreux passages. Cf. Luc. xxiv, 44, ô VÔU.OÇ. Les anciens écrivains Israélites ont rendu cette dénomination plus significative encore, en +comptant, dans le Pentateuque, jusqu'à 613 pré- ceptes, dont 365 sont négatifs, et 248 positifs. +2 X part celui de Nombres, qui est une tra- duction de àpiOfxou +^G +LE PENTATEUQUE +Le sujet traité. — Ainsi qu'il ressort de ces indications somnnaires, au fond et dans sa partie essentielle, le Pentateuque a pour but d'exposer les origines et la fondation du royaume théocratique. Tous les détails qu'il renferme con- vergent vers ce grand fait: l'alliance, la législation du Sinaï, qui devait faire (lu peuple hébreu la nation privilégiée de Jéhovah en vue du Messie promis. Le vrai point de départ de l'établissement de la théocratie, c'est la création; la mort de Moïse en est le dernier terme; les événements intermédiaires en forment les péripéties : tel est le contenu du Pentateuque. +De là rimportance capitale de ce livre aux cinq tomes. Véritable «océan de théologie», selon la parole de saint Grégoire de Nazianze. Vraie base de l'Ancien Testament, dont toutes les autres parties le supposent; fondement de l'édifice religieux du judaïsme, qui s'écroulerait avec lui; fondement de la Bible entière et de l'édifice religieux du christianisme, puisque tout se tient dans le plan divin de la Rédemption. Le Pentateuque est donc à Tancienne Alliance ce que les Évangiles sont à la nouvelle. +Authenticité et intégrité. — C'est précisément à cause de son importance que le Pentateuque a été, depuis un siècle, le point de mire des plus violentes attaques de la part des incrédules. Pour l'ensemble comme pour les détails on a nié, malgré la tradition, qu'il fût l'œuvre de Moïse, et l'on a osé affirmer que ses portions législatives et juridiques auraient été composées seulement à l'époque des derniers prophètes ^ +Mais l'' Moïse a pu écrire le Pentateuque. Il était doué, les plus sceptiques sont bien obligés de le reconnaître, d'une vaste intelligence, et quoi de plus naturel en soi, indépendamment de l'inspiration, qu'il tînt à préserver et à transmettre aux générations futures la législation dont il avait été le médiateur? +2^ Une tradition universelle, qui remonte à plusieurs milliers d'années sans interruption aucune^, et à laquelle ont pris part soit les juifs, soit les samari- tains, soit les chrétiens, nous certifie que Moïse est Fauteur du Pentateuque. Or un tel témoignage, portant sur un fait si grave et si facile à constater, pré- sente toutes les garanties désirables; au contraire, avoir inventé après coup ce livre et l'avoir placé tardivement entre les mains de tout un peuple comme l'œuvre de Moïse, serait un phénomène historique unique au monde, et d'une complète impossibilité. +'S^ L'évidence interne, comme l'on dit, vient s'associer de la façon la plus énergique aux preuves extrinsèques, pour démontrer Tauthenticité du Penta- teuque. Et sous le rapport des idées, et sous celui du style, nous trouvons à toutes les pages de ce livre admirable le sceau et comme la signature de Moïse: archaïsmes, grandeur et simplicité, connaissance étonnante des choses de l'Egypte et de l'ancien monde, parfaite unité, etc., tout prouve que ce n'est pas une main de faussaire qui a composé les lignes suivantes : Sc^npsit autem Moyses universos sertnones Boinini, Ex. xxiv, 4; Postqumn ergo scripsit Moyses verba legis hujiis atque complevit, Deut. xxxi, 24 ^. Moïse, assurément, a pu utiliser et incorporer à sa narration des documents plus anciens que lui; de même, il est visible çà et là que des notes archéologiques et géographiques ont été ajoutées à son texte : mais il n'en demeure pas moins l'auteur réel et prin- •cipal du Pentateuque. +^ Voy. dans le Man. bibl., nn. 248-25.5, l'his- toire des attaques contre le Pentateuque, l'exposé et la réfutation des objections. Les preuves de l'authenticité sont développées ibid., nn. 238-247. +- Le livre de Josué en est le premier chaînon. "^ Cf. Ex. XVII, 14; XXXIV, 27; Nuni. xxxili, 2; Deut. XVII, 18, etc. +LA GENÈSE +Le sujet et le hut. — La création, rintroduction du péché sur la terre, l'his- toire des premières familles humaines et de leur prompte corruption, le déluge envoyé par Dieu comme un terrible châtiment, la dispersion des peuples, Abraham choisi pour être le père d'une race privilégiée de laquelle naîtra le Rédempteur promis aussitôt après la chute, les débuts historiques de cette fa- mille sacrée : voilà le thème bien connu qui est si noblement développé dans la Genèse, et qui couvre un espace d'environ 2 300 ans^ +bi le Pentateuque raconte les origines de la théocratie, la Genèse, remontant tout à fait aux principes, décrit les premières démarches entreprises parle Sei- gneur pour établir ici-bas son royaume. Quoique Abraham, le père des croyants, soit visiblement la figure principale et comme le héros de la Genèse, de même que le pays de Chanaan, la future Terre sainte, est le théâtre sur lequel se déroulent les principaux événements du livre, néanmoins les annales de la théo- cratie seraient demeurées très incomplètes , si Moïse n'eût placé en tête de sa narration un résumé rapide de la vie des premiers humains. Pourquoi, en effet, une nation choisie entre toutes les autres? C'est parce que la grande masse des peuples s'était éloignée du vrai Dieu. Mais quelles étaient les relations de l'humanité avec Dieu, et comment s'était opérée cette séparation funeste? Il était nécessaire de le dire tout d'abord , afin de mieux montrer la nécessité des institutions théocratiques, et aussi pour mettre le plan divin sous son vrai jour: Jéhovah, qui appela Abraham, ne diffère pas d'"Elohim, le Dieu créateur. La création et la rédemption sont des actes intimement unis: un abîme, il est vrai, s'est ouvert entre Dieu et l'homme, sa créature d'élite; mais le Seigneur prend immédiatement des mesures pour réparer (a chute. Un seul peuple est choisi; mais, en Israël, l'humanité entière sera bénie et rachetée, car toutes les nations sont solidaires et proviennent de la même source. +Plan et division. — Le plan est très simple 3t en même temps des plus har- monieux, dévoilant une œuvre bien proportionnée et réglée minutieusement. a La Genèse est en réalité un vaste tableau généalogique accompagr.é d'un texte explicatif, un tableau généalogique oîi les événements de l'histoire primitive et de l'histoire patriarcale viennent s'intercaler dans les intervalles de la ligne principale et des lignes secondaires, selon les personnages qui y jouent les rôles prépondérants, et dans lesquels les faits ainsi distribués reçoivent un dé- veloppement proportionné à leur importance dans l'ensemble ■^. » +' De la création à la mort de Joseph. | Revue des Questions historiques , 1876, n" de +* Delattre, le Plan de la Genèse, dans la i juillet, p. 5-43. +18 LA GENÈSE +Dans la Genèse, les généalogies forment donc le cadre de l'histoire; les évé- nements sont insérés dans les intervalles d'une généalogie perpétuelle. Et l'écri- vain sacré nous a lui-même manifesté son plan par une formule extraordinaire, qu'il répète jusqu'à dix fois, et au moyen de laquelle il partage ses matériaux : Voici les générations du ciel et de la terre, Gen. ii, 4; Voici le livre des gé- nérations d'Adam, Gen. v, 1; Voici les générations de Noé, Gen. vi, 9. Comp. x, 1; -XI, 10, 27; xxv, 12, 19; xxxvi, 1; xxxvii, 1. De là dix sections distinctes, introduites par le récit de la création, i, l-ii, 3 : loThistoire^ du ciel et de la terre, ii, 4-iv, 26; 2» l'histoire d'Adam, v, 1-vi, 8; 3*^ l'histoire de Noé, VI, 9-ix, 29; 4» l'histoire des fils de Noé, x, 1-xi, 9; 5« l'histoire de Sem, XI, 10-2t3; 6» l'histoire de Tharé et d'Abraham, xi, 27-xxv, 11; 7« l'histoire d'Ismaël, xxv, 12-18; 8» l'histoire d'isaac, xxv, 19-xxxv, 29; 9» l'histoire d'Esaii, xxxvi, 1-43; IQo l'histoire de Jacob, xxxvii, 1-l, 25. Ces sections sont très inégales sous le rapport de l'étendue, parce qu'elles le sont aussi sous celui de l'importance théocnatique. Ce qui ne tend pas d'une manière directe au but que se proposait Tauteur est aussitôt éliminé'^, comme l'histoire des Caïnites, celle des Chamites, des Japhétides et de la plupart des Sémites, celle des descendants d'Ismaël et d'Esaû. Au contraire, les plus petits traits sont soigneusement con- servés quand ils présentent de l'intérêt au point de vue de la théocratie : on le voit surtout dans les biographies d'Abraham, d'isaac, de Jacob et de Joseph. +Nos dix sections peuvent se rattacher à deux grandes périodes, dont la pre- mière correspond aux débuts de l'histoire du monde, depuis la création jusqu'à la dispersion des peuples, tandis que la seconde a la vocation d'Abraham pour point de départ et la mort de Joseph pour terme. Dans la première période, l'histoire du monde et du genre humain est esquissée rapidement, et plutôt saisie par ses sommets que racontée; la seconde période est une introduction à l'histoire du peuple juif. Autant la première est générale, autant la seconde est spéciale : c'est la vie d'une famille, succédant à celle de toute la race humaine. Chacune de ces parties comprend cinq sections : 1^ i, 1-xi, 26; 2« xi, 27-l, 25. +Ce plan, si nettement accentué, démontre à lui seul la merveilleuse unité de la Genèse, et est une garantie de plus de son autorité. +Beauté, utilité. — Un ancien auteur disait très justement : Nihil pulchrius Genesi, nihil utilius. La Genèse présente en effet des beautés de tous genres, qu'on ne se lasse jamais d'admirer. Elle est belle par le fond, qui est toujours si relevé, si riclie, si varié, tour à tour sublime et gracieusement idyllique. Elle est belle par la forme, qui s'harmonise toujours avec les sujets traités. Elle est belle par ses contrastes saisissants : la chute et le Rédempteur, Caïn et Abel, les Caïnites et les Sémites, Noé dans l'arche et l'humanité coupable submergée par le déluge, Sem et Japheth en face de Cham, le paganisme et la théocratie, Abraham et Loth, Isaac et Ismaël, Jacob et Esaû, Joseph et ses frères, la vie agricole des Israélites et la civilisation mondaine des Égyptiens. Que de sujets d'étude à mille points de vue! +Mais la Genèse n'est pas moins utile que belle. Au double point de vue de la religion et de l'histoire, elle est une mine inépuisable de connaissances, l^ Elle contient les révélations les plus précieuses et les mieux garanties sur l'origine du monde et de l'humanité, sur nos relations avec Dieu, sur l'établissement de l'Eglise primitive. Les principaux traités de dogme et de morale revendiquent justement un grand nombre de ses textes; et surtout, dès les premières pages, elle ouvre le splendide horizon messianique. 2» Comme livre d'histoire, elle a un prix incomparable. Pour l'ancienneté et pour la valeur intrinsèque des do- +^ Car tel est ici le sens du mot « généraiion ^\ | ^ voir ce qui a été dit plus haut, p. 9. +LA GENÈSE +19 +cuments, nul autre livre historique ne pourrait lutter avec elle; car, d'une part, elle remonte au xv° siècle avant Jésus-Christ, date antérieure de mille ans à la naissance d'Hérodote*, et les rares papyrus d'Egypte ou tablettes d'Assyrie qui paraissent plus antiques ne sont que de modestes fragments; d'autre part, elle raconte avec une autorité sans pareille, môme abstraction faite de son caractère sacré; et l'historien qui la prend pour guide ne risque pas d'être induit en eireur à chaque pas, comme il arrive quand on étudie les annales fabuleuses et ampoulées des autres peuples. Les découvertes multiples des sciences et de l'archéologie lui ont toujours donné raison. +Les sources de la Genèse. — Les sources auxquelles Moïse puisa pour com- poser cette œuvre unique au monde furent tout à la fois divines et humaines. De Dieu il reçut toutes les révélations nécessaires; mais il put recourir aussi, soit aux traditions patriarcales, qui s'étaient fidèlement transmises de génération en génération , grâce à la longévité des premiers hommes ; soit aux documents écrits, qui durent se former peu à peu sur divers points. +Commentaires. — Les Pères se sont complu dans l'étude et l'explication de la Genèse. Les meilleurs commentaires qu'ils nous ont laissés sont ceux d'Origène, Selecta in Genesùn, et Homilise in Genesim; de saint Jean Chrysostome, Homilix lxvii in Genesim, eiSermones ix in Genesim; de saint Jérôme, Liber hebraicarum quœstionwin in Genesim; de saint Augustin, De Genesi contra Manichœos libri ii, et De Genesi ad litteram libri xu. Actuellement, l'ouvrage catholique le plus complet est le Commentarium in librum Geneseos de M. Th.-J. Lamy (Malines, 1883-1884 )^ +* Ce prétendu « père de l'histoire » était contemporain de Néhémie, et vivait au v« siècle avant J.-C. +'^ Voyez aussi Vigoureux, les Livres saints et la critique rationaliste, t. III, pp. 177-571. +LA GENÈSE +CHAPITRE I +1. In principio creavit Deus cœlum et terram. +2. Terra aiitem erat inanis et vacua, et tenebrse erant super faciem abyssi; et Spiritus Dei ferebatur super aquas. +1. Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. +2. Et la terre était informe et nue , et les ténèbres couvraient la face de l'abîme, et l'Esprit de Dieu était porté sur les eaux. +LE DIVIN PRÉLUDE +La création. I, 1 — II, 3. +La Bible commence par une cosmogonie ; c'est comme Créateur que Dieu se révèle tout d'abord à nous dans son livre. Révélation de la plus haute importance, qui ouvre de riches horizons philosophiques et théologiques, et qui renverse des erreurs multiples. La page qui la contient « vaut à elle seule tous les in-folios de la science et de la philosophie ». Le récit est sobre, simple, précis, concret, mais majestueux comme les faits. Il signale seulement les grandes lignes, sans s'arrêter aux détails. Trois parties : le dé- but de la création, i, 1 ; l'œuvre des six jours, 1,2-31; le divin repos, ii, 1-3. +1. Le début de la création. I, 1-2. +Chap. I. — 1. Ce verset ne contient pas un sommaire de l'Hcxaméron ; il raconte le premier acte du Créateur, la production de la matière cosmique, qui fut ensuite façonnée par des éla- borations progressives. — In principio, d'une manière absolue; au commencement du temps, du monde. Cf. Joan. i, 1. Quoique plein de beauté, le sens métaphysique « in Filio », atta- ché par quelques Pères à cette locution , s'écarte de la lettre. — Creavit. Dans les chap. i et ii de la Genèse , quatre verbes distincts expriment l'ac- tion créatrice de Dieu : bara', créer (i, 1, 21, 27); 'aèah, faire (i, 7, 16, 25, etc.); yasar, former ( ii , 19); banah , bâtir ( n , 22 ). Les trois derniers désignent l'organisation de substances déjà existantes ; bara', aux formes Ical et ni- phal, signifle toujours : « creare ex nihilo, » et n'est employé que pour marquer une œuvre di- vine. Il s'agit donc ici d'une création dans le sens strict. Cf. II Mach. vu, 28. — Deus. Hebr.: 'Elohim, pluriel de majesté; le singulier, 'Elo- hah, est rare et poétique. La racine est 'ul, être fort; selon d'autres, 'alah, craindre, vénérer. C'est le plus commun des noms divins; il est +répété plus de deux mille fois dans la Bible hé- braïque. — Ccelum et terram : c.-à-d. l'univers entier, qui, envisagé au point de vue de l'homme, se décompose, en effet, en deux groupes d'êtres créés : le ciel au-dessus de nous, la terre sous nos pieds. — Quelle date fixer à cette première création? La Bible est muette sur ce point, et les systèmes de chronologie qui prétendent nous donner l'âge exact du monde sont tous en'onés et sans base solide. Il paraît sûr, du moins, d'a- près les divers calculs des savants, que Vin principio remonte à une très haute antiquité. Cf. Man. bihl., nn. 278-279. — Plusieurs anciens Docteurs ont pensé que la création des anges est tacitement impliquée dans le mot cselum, et il n'y a aucune difficulté à l'admettre après eux. 2. Terra autem. Transition. Le narrateur va s'occuper plus spécialement de la terre, et il en décrit d'abord l'état primordial, qui était un état de chaos. — Inanis et vacua; en hébreu, tôhu vabôhu, dont nous avons fait « tohu-bohu », pour désigner le pêle-mêle, le désordre. Allité- ration sauvage et pittoresque; sa vraie traduc- tion serait « vastitas et inanltas », à l'abstrait. — Et ienebrœ : des ténèbres opaques, affreuses, la lumière n'existant pas encore, recouvraient faciem abyssi. L'hébreu t'hôm montre qu'il s'agit d'un immense océan sans rivages, dans le(iuel les rudiments du globe terrestre étaient plongés. — Spiritus est ambigu , comme le ruah du texte primitif, et peut signifier « vent » ou « es- prit ». Si l'on adopte la première interprétation avec les interprètes juifs et quelques Pères, Dei serait un superlatif à la façon hébraïque ( « mon- tes Dei, cedri Dei »), pour marquer un vent violent, lancé par le Créateur sur l'abîme hu- mide, en vue de le dessécher. Mais il est plus conforme à la tradition, h l'usage biblique des mots « Esprit de Dieu » (Gen. xli, 38; Ex. XXXI, 3; Num. xxiv, 2; Jud. m, 10; Is. xi, 2, etc.), et au contexte, de voir ici une énergie et une personne divines, que des révélations +Gen. I, 3-6. +21 +3. Or Dieu dit : Que la lumière soit, et la lumière fut. +4. Et Dieu vit que la lumière était bonne, et il sépara la lumière d'avec les ténèbres. +ô. Et Dieu donna à la lumière le nom de Jour, et aux ténèbres le nom de Nuit ; et du soir et du matin se fit le premier jour. +6. Dieu dit aussi : Que le firmament soit fait au milieu des eaux, et qu'il sé- pare les eaux d'avec les eaux. +3. Dixitque Deus : Fiat lux. Et facta est lux. +4. Et vidit Deus lucem quod esset bona. Et divisit lucem a tenebris. +5. Appellavitque lucem Diem , et tene- bras Noctem. Factumque est vespere et mane, dies unus. +6. Dixit quoque Deus : Fiat firmamen- tum in medio aquarum, et di vidât aquas +I ab aquis. +subséquentes devaient nous faire connaître comme la troisième personne de la sainte Trinité. Le verbe m'ï-a/i^/èt, littéralement : « volitans , incu- bans » (au lieu de ferebatvr) , ne saurait con- venir au vent ; mais il dépeint à merveille les germes de fécondité déposés par Dieu dans la niasse du cbaos. — Quelle fut la durée de cet état préliminaire? Nous l'ignorons encore, et tout porte à croire qu'elle fut très longue. ' +2. L'œuvre des six jours. 1 , 2-32. +Par une admirable symétrie , les six jours se dédoublent en deux triduums distincts, que le divin Sabbat clôt et unit harmonieusement. Les œuvres de chaqx;e triduum se correspondent jour par jour. Au premier jour la lumière, au qua- trième les astres; au second jour le firmament et la séparation des eaux, au cinquième les oi- seaux et les poissons; au troisième jour la terre complètement organisée et parée de verdure, au sisième les animaux terrestres et l'homme, aux- quels le règne végétal est assigné pour nourri- ture. L'enchaînement graduel des êtres et le mouvement général de bas en haut dans l'en- semble de la création , ne sont pas moins remai'- quables. +1« Le premier jour. I, 2-5. +3. Dixitque Deus. Anthropomorphisme pour exprimer un décret tout-puissant, car il n'y eut point de parole extérieure. Cette formule solen- nelle revient dix fois dans le récit. — Fiat lux ; y'hi 'or. Le latin rend toute la sublime conci- sion de l'hébreu. Le résultat fut instantané, et il n'est pas exprimé avec moins de vigueur : et facta est lux; vayy'hi 'ôr, « Ipse dixit et facta sunt, » Ps. XXXII, 9. Il était nécessaire que la lumière fût créée en premier lieu, car sans elle il n'y a ni ordre ni vie. Aujourd'hui, après que la science a découvert partout la lumière, per- sonne ne s'étonne plus de la voir exister avant le soleil et les autres astres. C'était sans doute une sorte de lueur électrique, pi'ovenant de la condensation et du frottement des masses cos- miques qui commençaient à se grouper. +4. Et vidit Deus. Autre anthropomorphisme : ils abondent au début de la Genèse. — Quod esset bonum : tôb, beau et bon tout ensemble. Le Créateur admirera successivement ses œuvres, les voyant conformes à son idéal. — Divisit lu- eem... Non sous le rapport de l'espace, mais sous celui du temps et de la succession régulière. Il j- +eut des périodes de lumière alternant avec des périodes de ténèbres. On a très justement appelé les trois premiers jours « les trois séparations ». Les éléments sont partagés, distribués, coor- donnés. +5. Appellavitque lucem... « Hoc totum ad in- tellectum nostrum dictum est... Sic distinxit omnia et ordinavit, ut et discerni possint et nomina accipere, » S. Aug. En imposant des noms à ses créatures, Dieu montre qu'elles ont désormais une existence à. part, d'une manière durable. C'est aussi une marque de domination et de propriété. — Diem , noctem. Trois opinions principales se sont formées sur les jours géné- siaques. 1° Tout a été créé en même temps et par un seul acte du Seigneur ; les mots .Tour et Nuit sont donc de simples métaphores (Origène, S. Au- gustin, S. Isidore, etc.). 2° Il s'agit littéralement de jours de vingt-quatre heures ( la plupart des Pères et des exégètes du moyen âge). 3° Par ces jours et ces nuits, il faut entendre des périodes d'une durée indéterminée, généralement très longues , pendant lesquelles avaient lieu les évo- lutions de la matière, d'après l'ordre de Dieu. Ce sentiment est aujourd'hui très communément admis, et il est de beaucoup le plus vraisemblable. Le mot jour est employé par Moïse lui-même dans ce sens large, Gen. ii, 3, 4; Num. vu, 84, et". Ici, de nouveau, nous pouvons accorder aux savants sérieux tout le temps qu'ils deman- dent. Voy. le Man. Mbl., n. 267. — Factumque est.. Littéralement dans l'hébreu : Et il y eut un matin, et il y eut un soir, jour premier. A la façon juive, arabe, germanique, gauloise, athé- nienne (v\)yJ}-rii).epov), adoptée aussi par l'É- glise, les jours sont comptés du soir au soir, «in- ter duos solis occasus « (Pline). Si les jours de la création désignent des époques, le soir et le matin correspondent au commencement et à la fin de ces périodes. +2° Second jour. I, 6-8. +6. Un des éléments du chaos a été réglé, et la lumière brille. Une nouvelle parole de Dieu ajoute au monde primitif une nouvelle beauté. — Firmamentum a été calqué sur le axepé(D[j.(X des LXX. L'hébreu raqCah exprime plutôt l'expan- sion , l'étendue , nom qui convient si bien à la voûte céleste, en tant qu'elle embrasse notre at- mosphère et le « caslum sidereum ». — Et divi- dat... C'était un des buts principaux que Dieu avait en vue. +22 +G EN. I, 7-14 +7. Et fecit Deus firmameutum , divisit- que aquas qiiœ erant sub firmamento, ab his quse. erant super firmamentum. Et factiim est ita. +8. Vocavitque Deus firmamentum Cse- lum. Et factum est vespere et mane, dies secundus. +9. Dixit vero Deus : Congregentur aquae, quœ sub cselo sunt, in locum unum, et appareat arida. Et factum est ita. +10. Et rocavit Deus aridam Terram, congregationesque aquarum appellavit Maria. Et vidit Deus quod esset bo- num. +11. Et ait : Germinet terra her- bam virentem et facientem semen, et lignum pomiferum faciens fi'uctum jux- ta genus suum, cujus semen in semet- ipso sit super terram. Et factum est ita. +12. Et protulit terra herbam virentem, et facientem semen juxta genus suum, lignumque faciens fi'uctum, et babens unumquodque sementem secundum spe- ciem suam. Et vidit Deus quod esset bo- num. +13. Et factum est vespere et mane, dies tertius. +14. Dixitautem Deus : Fiant luminaria in fii*mamento cœli, et dividant diem ac +7. Et Dieu fit le firmament; et il sé- para les eaux qui étaient sous le firma- ment d'avec celles qui étaient au-dessus du firmament. Et cela se fit ainsi. +8. Et Dieu donna au firmament le nom de Ciel ; et du soir et du matin se fit le second jour. +9. Dieu dit encore : Que les eaux qui sont sous le ciel se rassemblent en un seul lieu, et que Vêlement aride paraisse. Et cela se fit ainsi. +10. Et Dieu donna à Y élément aride le nom de Terre , et il appela Mers toutes les eaux rassemblées. Et il vit que cela était bon. +11. Dieu dit encore : Que la teiTe pro- duise de l'herbe verte qui porte de la graine, et des arbres fruitiers qui portent du fruit chacun selon son espèce, et qui renferment leur semence en eux-mêmes, pour se reproduire sur la terre. Et cela se fit ainsi. +12. La terre produisit donc de l'herbe verte qui portait de la graine selon son espèce, et des arbres fruitiers qui renfer- maient leur semence en eux-mêmes, cha- cun selon son espèce. Et Dieu vit que cela était bon. +13. Et du soir et du matin se fit le troi- sième jour. +14. Dieu dit aussi : Que des corps de lumière soient faits dans le firmament du +7. Et fecit... Après l'ordre, son exécution. — Aquas... sub firmamento. L'abîme mugissant ( vers. 2 ) est séparé en deux portions. Une quan- tité notable de ses eaux s'élève dans l'air, où elle flotte sous forme de nuages et de vapeurs; une autre partie demeure sur la terre. — Et factum est ita. Formule qui met en relief la prompte et parfaite obéissance de la nature à la voix du Créateur. +8. Cselum. L'hébreu samaïm, d'une racine qui signifie « être élevé », est au pluriel d'in- tensité : les espaces indéfinis du ciel. — A la fin du verset, les LXX ont ajouté : a Et Dieu vit que c'était bon. » +30 Troisième jour. I, 9-13. +9. L'œuvre de cette journée est double : la distribution des eaux terrestres, 9-10; la création des plantes, 11-13. — Congregentur... in locum unum : dans le vaste lit de l'océan. — Appa- reat arida. L'aride, la sèche, c.-à-d. la terre ferme , dégagée des eaux sous lesquelles elle était encore totalement submergée. — Factum est ita. D'étonnantes révolutions et convulsions de notre globe sont contenues en abrégé dans cette for- mule si simple. En même temps que les mers et les vallées se creusaient, les montagnes étaient violemment soulevées. Cf. Ps. ciu, 6, +10. Terram. lîéhr.-.'ére?, d'une racine qui si- +gnifie (c être bas », par opposition au ciel. — Maria, pluriel collectif. +11. Seconde partie de l'œuvre du troisième jour. Ce verset renferme le commandement di- vin ; le suivant, son exécution. — Germinet terra... Dieu donne à la terre le pouvoir de produii-e elle- même sa belle et utile pai'ure. — Ilerbavi viren- tem... Trois catégories de végétaux sont mention- nées dans l'hébreu : dèiè, le tendre gazon; '«ieb, les autres plantes herbacées, surtout les céréales, les légumes; 'es p'ri {lignum pomiferum), les arbres à fruit. Cette division est celle qui frappe les regards au point de vue alimentaire ( vers. 29 et 30); elle est donnée ici par anticipation, et elle embrasse tout l'ensemble des végétaux. — Facientem semen..., fructum. Les 1 lantes se re- nouvelleront sans cesse, grâce à cette faculté de reproduction; les individus disparaissent tour ù. tour, les espèces demeurent, car la reproduction a lieu juxta genus, d'après des lois constantes et uniformes. Ce texte est directement opposé au darwinisme ; sur ce système et sa réfutation , voy. le Man. hibl., 1. 1, n. 283. +40 Quatrième jour. I, 14-19. +14-15. Fiant luminaria. Les astres apparais- sent à leur tour, comme porte-lumière (m' 'ôrôt, de 'or), car c'est à eux que la manifestation de la lumière sera rattachée désormais, vers. 15, — +Gen. I, 15-22 +ciel, afin qu'ils séparent le jour d'avec la nuit, et qu'ils servent de signes pour marquer les temps, les jours et les an- nées ; +15. Qu'ils hiieent dans le firmament du ciel, et qu'ils éclairent la terre. Et cela fut fait ainsi. +16. Dieu fit donc deux grands corps lumineux, l'un plus grand pour présider au jour, et l'autre moindre pour présider à la nuit : il fit aussi les étoiles. +17. Et il les mit dans le firmament du ciel pour luire sur la terre, +18. Pour présider au jour et à la nuit, et pour séparer la lumière d'avec les té- nèbres. Et Dieu vit que cela était bon. +19. Et du soir et du matin se fit le quatrième jour. +20. Dieu dit encore : Que les eaux pro- duisent des animaux vivants qui nagent âana l'eau, et des oiseaux qui volent sur la terre sous le firmament du ciel. +21. Dieu créa donc les grands poissons, et tous les animaux qui ont la vie et le mouvement, que les eaux produisirent chacun selon son espèce ; et il créa aussi tous les oiseaux selon leur espèce. Et il vit que cela était bon. +22. Et il les bénit, en disant : Croissez et multipliez-vous , et remplissez les eaux de la mer; et que les oiseaux se multi- plient sur la terre. +noctem, et sint in signa, et tempi dies, et annos, +23 lora, et +15. Ut luceant in firmamento cœli, et illuminent ternim. Et factiim est ita. +16. Fecitque Deus duo luminaria ma- gna : luminare majus, ut prœesset diei, et luminare minus, ut prœesset nocti, et stellas. +17. Et posuit eaJ^ in firmamento caeli, ut lucerent super terram, +18. Et prseessent diei ac nocti, et di- viderent lucem ac tenebras. Et vidit Deus quod esset bonum. +19. Et factum est vespere et mane, dies quart Qs. +20. Dixit etiam Deus : Producant aquse reptile animas viventis, et volatile super terram sub firmamento caeli. +21. Creavitque Deus cete grandia, et omnem animam viventem atque motabi- lem , quam produxerant aquse in species suas, et omne volatile secundum genus suum. Et vidit Deus qiiod esset bonum. +22. Benedixitque eis, dicens : Crescite et multiplicamini, et replète aquas ma- ris ; avesque multiplicentur super terram. +Ils auront un triple but: 1" dividant diem..., le soleil éclairant le jour, la lune et les étoiles illuminant la nuit; 2" sint in signa.,., leurs phases diverses servant à distinguer soit les sai- sons et les époques dédiées à telles ou telles so- lennités (tempora), soit dies et annos; 3° illu- viinent terram. La terre continue d'être envi- sagée comme le contre du monde, ce qui était vrai sous le rapport de la théocratie. +16-18. L'exécution de l'ordre. — Duo lumi- naria magna. Hébr., « les deux luminaires, les grands. » La nature et la destination par- ticulière de ces deux astres sont ensuite déter- minées d'après leur dimension, telle qu'elle ap- paraît aux regards humains (majus, minus), et d'après le temps durant lequel ils éclairent le globe terrestre (diei, nocti). Ce langage n'est pas scientiliqne, mais il est exact. — Et stellas: tous les autres astres (étoiles fixes, planètes).— Et posait cas. Dans l'hébreu, le pronom retombe sur les trois catégories qui précèdent : le soleil, la lune, les étoiles. +60 Cinquième jour. I, 20-23. +20. Avec les plantes, la vie était apparue sur la terre , mais d'une mp.nièrc très imparfaite. Voici les pi-emicrs êtres vraiment animés : les poissons et les oiseaux, qui présentent tant d'a- nalogies dans leur constitution, — Producant aquce. Littéralement, d'après l'hébreu, a scatu- +riant, » qu'elles pullulent! Allusion au nombre prodigieux des êtres que les eaux devaient pro- duire. — Ces êtres sont partagés en deux classes : reptile auim.ce viventis (pour « animam viven- tem », apposition à « reptile »), c. -à-d. tous les poissons, et en général tous les apodes aqua- tiques ; volatile , autre collection qui comprend tout ce qui a des ailes. L'hébreu dit : « et vola- tile volitet..., » sans affirmer explicitement, mais sans nier non plus que l'eau ait fourni la ma- tière première pour la création des oiseaux. +21. Exécution du divin décret. — Les cete grandia {tanninim, de tanah, s'étendre, s'al- longer) obtieiment une mention ii part. — Om- nem animam... motabilem (rôwèset, « l'epen- tem »). Hébraïsme , pour : tous les animaux qui se meuvent dans les eaux. — Quam produxerant. Ici encore : dont avaient pullulé. — In spe- cies..., .secundum genus. Comme pour les plantes, vers. 12. +22. L'apparition de la vie sur la terre est si- gnalée par un acte extraordinaire du Créatciu* : Bcnedixit eis. La formule même de la bénédic- tion divine montre qu'elle avait pour but la pro- pagation des espèces nouvellement créées : Crescite (p^ru, fructifiez)... — Avesque super terram est un trait délicat : les oiseaux volent a sub firma- mento cceli » (vers. 20), mais ils ont la terre pour séjour. +24 +Gen. 1, 23-28. +23. Et factum est vespere et mane, dies qiiintus. +24. Dixit quoque Deiis : Producat terra animam viventem in génère suo, jumenta et reptilia, et bestias terrée secundum species suas. Factumque est ita. +25. Et fecit Deus bestias terrse juxta species suas , et jumenta et omne reptile terrœ in génère suo. Et vidit Deus quod esset bonum. +26. Et ait : Faciamus hominem ad imaginem et similitudinem nostram ; et prœsit piscibus maris, et volatilibus caeli, et bestiis, universaeque terrae, omnique reptili quod movetur in terra. +27. Et creavit Deus hominem ad ima- ginem suam ; ad imaginem Dei creavit illum ; masculum et f eminam creavit eos. +28. Benedixitque illis Deus, et ait : Crescite, et multiplicamini, et replète terram, et subjicite eam, et dominamini piscibus maris, et volatilibus cseli, et +23. Et du soir et du matin se fit le cin- quième jour. +24. Dieu dit aussi : Que la terre pro- duise des animaux vivants chacun selon son espèce, les animaux domestiques, les reptiles et les bêtes sauvages de la terre selon leurs espèces. Et cela se fit ainsi. +25. Dieu fit donc les bêtes sauvages de la terre selon leurs espèces, les animaux domestiques et tous les reptiles, chacun selon son espèce. Et Dieu vit que cela était bon. +26. Il dit ensuite : Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance, et qu'il commande aux poissons de la mer, aux oiseaux du ciel, aux bêtes, à toute la terre, et à tous les reptiles qui se remuent sous le ciel. +27. Dieu créa donc l'homme à son image ; il le créa à l'image de Dieu , et il les créa mâle et femelle. +28. Et Dieu les bénit, et il leur dit : Croissez et multipliez-vous, remplissez la terre, et assujettissez -la, et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du +6° Sixième jour. I, 24-31. +Deux créations distinctes en ce jour, comme au troisième auquel il correspond. La parole di- vine retentira jusqu'à quatre fois : pour créer les animaux terrestres, pour créer l'homme, por.r leur donner à tous la faculté de se repi'oduire, pour leur assigner leur nourriture. Nous sommes au magnifique sommet de l'Hexaméron. +24-25. Producat terra. De nouveau (voy. le vers. 11) la terre fournit la matière première. — Animam viventem. Collectif : des animaux vi- vants. Ils sont rangés en trois catégories : 1° ju- rfienta, hébr. b'hémah, de baham, être muet, nom habituel des grandes espèces ruminantes que l'homme ne tarda pas à assujettir à son service (moutons , chèvres , bœufs , chameaux) ; 2° repti- lia, rèmes, ce qui rampe non seulement d'une manière proprement dite, comme les seipents et les vers, mais, d'après l'idiome hébraïque, les animaux dont les pieds sont si petits, qu'ils sem- blent se trainer plutôt que marcher (lézards, rats, taupes, beaucoup d'insectes); S» bestias terrée, désignation caractéristique de tous les quadrupèdes qui vivent à l'état sauvage, spécia- lement des bêtes féroces. +26. Après que la terre a été préparée par de- grés pour le recevoir, l'homme sort à son tour des mains divines. Avant de commencer cette nouvelle œuvre qui couronnera toutes les autres, le Créateur se recueille, et il proclame solennel- lement ses intentions. — Faciamus. Pluriel de trinité, si nous envisageons ce passage à la lu- mière du Nouveau Testament; si nous ne quit- tons pas l'ancienne Alliance , pluriel d'inten- sité, qui dénote en Dieu des énergies distinctes, personnelles, mais sans en préciser le nombre. Ce ne sfiurait être le pluriel de majesté, qui était +inconnu au temps de Moïse; encore moins un pluriel délibérattf, comme si Dieu s'adressait aux anges , car il n'avait pas besoin d'eux pour créer l'homme. — Hominem. 'Adam, nom commun et générique en ce passage. L'emploi du singulier exprime nettement l'unité de l'espèce humaine, qui ressort d'adleurs de toute la suite du récit. Cf. Act. XVII, 26 : « ex uno. » — Ad imaginem et similitiidinein. Deux mots pour exprimer une même idée, avec nuance et gradation : le pre- mier représente l'idéal, le modèle; le second, la réalisation de l'idéal, la copie. C'est de toutes manières que l'image de Dieu resplendit dans l'homme : beauté physiqvie, domination sur les autres créatures ; mais surtout raison et facultés intellectuelles, liberté, volonté et facultés mo- rales, et, plus encore, les grâces surnaturelles. — Et prcesit... L'homme sera ainsi un vrai roi sur la terre, roi suprême après Dieu, et roi universel, comme le dit la nomenclature qui termine le verset. +27. Et creavit... Nous avons ici le premier vers de toute la Bible. Au souvenir de la dignité de l'homme, le narrateur devient poète, et il a un accent joyeux et fier pour chanter notre privi- lège. La même pensée est réitérée trois fois coup sur coup, avec de légères variantes, conformé- ment aux lois du parallélisme. ( Man. bibl., t. II , nn. 590-695.) Remarquez, au second membre, la place emphatiqxie des mots ad imaginem Dci ; au troisième, le pluriel eos au lieu de illum, à cause de l'important détail masculum et /emi- nam. +28. Benedixitque illis... A une double fin : leur prompte propagation (crescite...), et l'assujettis- sement intégral des êtres qui , dans le plan divin , avaient été soumis à leur domination. +Gen. I, 29 — II, 3. +25 +ciel et sur tous les animaux qui se re- muent sur la terre. +29. Dieu dit encore : Je vous ai donné toutes les herbes qui portent leur graine sur la terre, et tous les arbres qui ren- ferment en eux- mômes leur semence chacun selon son espèce , afin qu'ils vous servent de nourriture, +30. Et à tous les animaux de la terre , à tous les oiseaux du ciel, à tout ce qui se remue sur la terre, et qui est vivant et animé, afin qu'ils aient de quoi se nour- rir. Et cela se fit ainsi. +31. Et Dieu vit toutes les choses qu'il avait faites ; et elles étaient tout à fait bonnes. Et du soir et du matin se fit le sixième jour. +universis animantibus quse moventur super terram. +29. Dixitque Deus : Ecce dedi vobis omnem herbam alïerentem semen super terram, et universa ligna quae habent in semetipsis sementem generis sui , ut sint vobis in escam, +30. Etcunctis animantibus terrse, om- nique volucri caeli , et universis quse mo- ventur in terra, et in quibus est anima vivens, ut habeant ad vescendum. Et factum est ita. +31. Viditque Deus cuncta quae fecerat ; et erant valde bona. Et factum est ve- spere et mane, dies sextus. +CHAPITRE II +1. Le ciel et la terre furent donc ache- vés avec tous leurs ornements. +2. Dieu accomplit le septième jour l'ouvi-age qu'il avait fait , et il se reposa le septième jour, après avoir achevé tous ses ouvrages. +3. Et il bénit le septième jour, et il le sanctifia, parce qu'il avait cessé en ce jour de produire tous les ouvrages qu'il avait créés. +1. Igitur perfecti sunt cseli et terra, et omnis ornatus eorum. +2. Complevitque Deus die septimo opus suum quod fecerat; et requievit die se- ptimo ab universo opère quod patrarat. +3. Et benedixit diei septimo, et san- ctificavit illum, quia in ipso cessaverat ab omni opère suo quod creavit Deus ut faceret. +£9. Le Créateur ne pourvoit pas moins à la conservation des individus qu'à celle de l'espèce, et il leur assigne la nourriture qui renouvellera constamment leurs forces. — Omnem herbam,... ligna. Les végétaux les plus succulents. Voy. la note du vers. 11. — VoMs in escam. D'après le sentiment le plus commun, l'homme ne com- mença qu'après le déluge à manger aussi la chair des animaux. Cf. Gen. ix, 3. +30. Et cunctis animantibus... Les sujets et compagnons de l'homme ne sont pas oubliés. Leur part consiste, d'après le texte hébreu, en «toute verdure d'herbe ». +31. Admirable conclusion de l'œuvre des six jours. Considéré isolément, le travail de chaque journée avait paru simplement « bon » au Créa- teur ; un regard d'ensemble jeté sur toute la na- ture en montre mieux les harmonies réciproques et la perfection inimitable : erant valde bona. +3. Le divin repos. II, 1-3. +C'est en même temps l'origine du sabbat hé- breu, emphatiquement racontée. +Chap. II. — 1. Ce verset est une récapitula- tion de tout le premier chapitre. — Omnis or- natus... Littéral. : toute leur milice (kol-s'ba'âm) , c.-à-d. la multitude des êtres, maintenant orga- nisés et mis en ordre comme une armée. Cf. Neb. IX, 6. +2. Die septimo. Le texte samaritain, les LXX, l'arabe, le syriaq. ont « sexto » , par suite d'une correction erronée. Dieu ne travailla pas le sep- tième jour, mais il mit le sceau à ses œuvres ; c'est le sens de complevit. — Requievit ( isbot, de sabat, d'où vient le nom du sabbat). Méta- phore pour dire que la création du monde était arrivé'^ à son terme. +3. Benedixit diei septimo...: en lui attachant des grâces et des privilèges multiples. — Et san- ctificavit. Il le sépara des autres jours, pour qu'il lui appartînt en propre. Non que le repos du sabbat fût dès lors un précepte pour l'homme ; mais Moïse signale ce fait en vue du décalogue. — Quia in ipso cessaverat... Cette idée est répétée avec insistance. — Creavit ut faceret est un hé- braïsme qui serait mieux traduit par « creavit producendo d. +Plusieurs passages de la Bible commentent poétiquement le récit de la création. Voy. surtout Job, xxxnn, Ps. vni et cm. Les saints Pères en ont fait souvent le thème des plus riches dé- veloppements , entre autres saint Basile, saint Gré- goire de Nazianze, saint Ambroise. Voy. F. Vi- goureux, Mélanges bibliques, Paris, 1882, pp. 1-125. La littérature et les arts l'ont orné dans tous les genres (la peinture, Michel -Ange, Raphaël; la +2 +2'6 +Ge.\. II, 4-Ô. +4. Istse sunt genèrationes cseli et terra?, quandocreata siint, in die qtio fecit Do- minus Deiis crelum et terram, +5. Et omne virgultum agri anteqiiam oriretur in terra, omnemque herbam re- gionis priusquam germinaret; non enim pluerat Dominus Deus super terram , et liomo non erat qui operaretur terram ; +4. Voici les générations du ciel et de la terre, quand ils furent créés, au jour que le Seigneur Dieu iit le ciel et la terre. +5. Et aucun arbrisseau des champs n'était encore sorti de la terre, et aucune herbe de la campagne n'avait encore poussé; car le Seigneur Dieu n'avait point encore fait pleuvoir sur la terre, et il n'y avait point d'iiomme pour la cultiver. +musique, Haydn), mais sans en égaler la beauté. — Sur les cosmogonies païennes et leurs rapports avec celle de Moïse, voy. Laniy, Comment, in lihr. Gènes., 1. 1, pp. 141 et ss. ; Liiken, les Tra- ditions de l'humanité ou la Révélation primi- tive de Dieu parmi les païens, trad. franc., 1862 ; Vigouroux, la BiUe et les découvertes modernes, t. I, pp. 191 et ss. de la 4" édition. Parmi des fables et des légendes sans fin, qui contrastent étrangement avec la sobriété et la véracité de la narration biblique, on découvre pourtant im ensemble de traits qui confirment les données de la Genèse, et qui proviennent évidemment des tra- ditions primitives. — Quant à la question aujour- d'hui si complexe de l'accord des sciences natu- relles avec la cosmogonie mosaïque , nous ne pou- vons ici qu'établir les principes généraux qui doivent régler la discussion. 1° La nature, quoique d'une autre manière que la Bible, est aussi le livre de Dieu. Il ne saurait donc exister de contradic- tion proprement dite entre ces deux livres divins ; mais , de part et d'autre , les interprètes humains peuvent se tromper, exagérer. 2° La Bible se meut sur le domaine religieux, les sciences dans les sphères naturelles. Les écrivains sacrés n'ont pas voulu nous donner des leçons de géologie , d'astro- nomie , etc. Ils s'expriment en termes populaires , comme les hommes de leur temps. 3° La Bible, bien comprise, n'a rien h redouter des sciences; tout au contraire, elle peut gagner à leurs belles découvertes, é" Les systèmes scientifiques étant loin d'être inébranlables , comme l'ont prouvé tant de l'écentes expériences, les savants h-réligieux ont bien tort de les opposer à la Bible, et les apo- logistes ont tort aussi d'en vouloir faire trop tôt la base de leurs défenses. Pour les détails, voJ^ le Manuel Ubl., t. I, nu. 272-279; Lamy, Com- ment., t. I, pp. 148 et ss. ; Corluy, Spicilegimn dogmatico -hiblicum, t. II, pp. 210 et ss. de la 2e édit., et les ouvrages spéciaux de Ms"" Meignan, de Mil. Pianciaui, Reusch, Arduin, etc. +PREMIÈRE PARTIE +Les débuts de l'histoire du monde +depuis la création de l'homme jusqu'à la dispersion +des peuples. Il, 4 — XI, 26. +LIVRE I L'histoire du ciel et de la terre. II, 4 — lY, 26. +Cette section se subdivise en trois paragraphes: lo l'état d'innocence, n, 4-25; 2" la chute, m, 1-24; 3° le schisme dans la première famille hu- maine, IV, 1-20. +§ I. • — L'état d'innocence. II, 4-25. +Beau récit, qui nous montre l'homme installé dans son domaine, entouré par le Créateur des soins les plus touchants, vivant heureux et pur au sein du paradis terrestre. Un divin précepte lui fournit l'occasion de mettre en œuvre ses facultés morales , la plus haute partie de son être. +1° Titre du livre, vers. 4. +4. Ce verset contient, en effet, le titre de la Ifs section. Yoy. l'introduction à la Genèse , p. 18. — Istoi sunt genèrationes. L'hébr. toldôt (de yalad, il a engendré) signifie génération, postérité ; puis généalogie, et histoire des dévelop- pements d'une famille , d'une race , etc. Ou ne veut donc pas raconter ici une seconde fois l'ori- gine du ciel et de la teiTC, mais leur histoire subséquente en tant qu'elle confine à celle des premiers humains. Moïse revient seulement sur quelques détails de la création pour les complé- ter, et pour mettre en saillie le l'ôle prépondérant de l'homme. — In die quo... : i'hexaméron tout en- tier.— Dominu3 Deus. Y'hovàJi 'Élohim. Le nom sacré de Jéhovah (n'in'') oppai-aît ici pour la pi-emière fois. Sa prononciation primitive est per- due ; on disait probablement Yahveh, La racine est hayah , il a été, et la Vulgate en donne une excellente traduction : « Ego sum qui sum, » Ex. m, 14. En l'associant fréquemment, dans cette section, h l'autre nom divin, 'Élohim (note de I, 1), le narrateur indique que le Dieu créa- teur ne diffère pas du Dieu de l'alliance et de la rédemption, qui se manifesta plus tard en s'ap- pelant Jéhovah, Gen. xv, 7. Comp. le Ps. xviii. Sur les fausses déductions que l'on a tirées de l'emploi alternatif de ces deux noms en divers passages de la Genèse, comme s'ils témoignaient contre son authenticité ou son unité, voy. le Man. Mhl., t. I, nn. 252-253. — Cce'nm et ter- ram. Hébr. : la terre et le ciel, inversion duo à l'importance capitale quo la terre a désormais dans la narration. +2" L'homme placé dans le paradis terrestre, 5-17. +6. Omne virgultum... antcquam... Hébraïsme, pour : « Nullum virgultum agri adlmc aderat, nullaque herba agri adhuc germinaverat. » Ce qui peut s'entendre de deux manières : 1° en géné- ral, de toutes les plantes; on nous ferait renîon- ter au troisième jour, pour expliquer les motifs qui avaient empêché jusque-là toute végétation ; 2° en particulier, des végétaux plus utiles à l'homme et cultivés par lui. L'expression nouvelle et limitée « agri » (sadeh) et la mention do l'homme qui operaretur, favorisent davantage la +Gen. II, 6-10. +27 +6. Mais il s'élevait de la terre une fontaine qui en arrosait toute la surface. +7. Le Seigneur Dieu forma donc l'homme du limon de la terre ; il souflla sur son vi- sage un souille de vie, et l'homme devint vivant et animé. +8. Or le Seigneur Dieu avait planté dès le commencement un jardin délicieux, dans lequel il mit l'homme qu'il avait formé. +9. Le Seigneur Dieu avait aussi pro- duit de la terre toutes sortes d'arbres beaux à la vue, et dont le fruit était agréable au goût ; et l'arbre de vie au miheu du paradis, avec l'arbre de la science du bien et du mal. +10. De ce lieu de délices il sortait, pour +6. Sed fons ascendebat e terra, irri- gans universam superficiem terrse. +7. Formavit igitur Dominus Deus ho- minem de limo tcrrse, et inspira vit in. faciem ejus spiraculum vit£e, et factus est homo in animam viventem. +8. Plantaverat autem Dominus Deus paradisum voluptatis a principio ; in quo pobuit hominem quem formavcrat. +9. Produxitque Dominus Deusdehumo omne lignum pulchrum visu, et ad ve- scendum suave ; lignum etiam vitge in medio paradisi , lignumque scientise boni et mali. +10. Et fluvius egrediebatur de loco vo- +seconde interprétation. — Deux conditions essen- tielles manquaient pour la culture : non enim phierat..., et homo non erat. +6. Le premier obstacle h la croissance des plantes est enlevé. — Sed fons. Hébr. : une vapeur Céd), ou ime nuée, comme traduisent Onkélos et Jo- nathan. — As'cendebat, par l'évaporation. — Irrigans..., en retombant sur la terre sous forme de pluie. +7. Le second obstacle disparait à son tour par la création de Thomme , dont nous avons ici une description pittoresque et complète. — Formavit. L'hébr. yasar est très expressif : « plasmavit, » à la façon d'un potier. — Hominem de limo (hébr. « de pulverc ») terrse. L'homme, c.-à-d. sa partie matérielle , son corps. Le texte original a une belle paronomase : ha-^adâvi ''afar min ha-adâmah. Le nom d'Adam dérive donc, comme Adam lui-même, de la terre rouge Cctdâmah) qui servit de matière première à sa chair. — Et in^nravit spiraculum vitse (im souffle vivant et vivifiant). L'âme à la suite du corps. L'homme appartient ainsi à deux mondes, au ciel et à la terre. Cf. Eccl. xii, 7. — In faciem ejus : dans ses narines ; l'organe par lequel se manifeste la respiration, la vie. Voyez dans V Atlas archéol. delà BiUe, pi. ex, fig. 10, un curieux écho de cette tradition biblique chez les Égyptiens. — Résultat : Factus est... in animam viventem , dans un sens bien plus relevé que les autres ani- maux, I, 20 , 21 , 80. On admet communément, et il ressort de tout ce chapitre, que l'homme fut créé h. l'âge adulte et parfait. Adam fut en réalité le premier homme ; il n'y eut pas de préadamites (il/an. hiU., I, nn. 299-300). Quant îi l'époque de son apparition sur la terre, la Bible, sans la fixer d'une manière précise, suppose qu'elle est relativement récente (environ 6000 ans avant J.-C, d'après la plus longue de toutes les chronologies, celle des LXX ; seulement 4000 ans avant J.-C. d'après l'hébr. et la Yulg. ), et aucune découverte scientifique n'a pu démontrer le contraire. +8. Dieu n'abandonne pas le premier homme après l'avoir formé; il prend soin de lui connue une uicre, et le place au paradis terrestre. Ce charmant séjour est assez longuement décrit, +vers. 8-15, Le récit a un caractère tout à fait historique : ce n'est point une allégorie, comme l'a cru Origène. — Paradisum voluptatis. Hébr.: gâyi VÉden, un jardin dans Éden. Ce dernier mot est en effet un nom propre, qui désigne la région délicieuse (car Éden signifie délices) dans laquelle était situé le jardin destiné â recevoir Adam et Eve. « Paradis » vient, par l'intermé- diaire des LXX (Tiapaôetaoç), de l'antique persan pairi-dacça , parc , lieu planté d'arbres. — .1 prin- cipio. Dès le troisième jour, d'après quelques in- terprètes. Mieux : quelqxie temps seulement avant la création de l'homme. Mais la locution hébraïque miqqèdem signifie plutôt ici « ab oriente », comme traduisent les LXX et l'Itala. Le jardin était donc à l'est de l'Éden, ou à l'orient d'une manière générale par rapport au narrateur. +9. Produxitque. ..Dans le sens de«produxerat». Cette description ne s'applique pas â l'œuvre du troisième jour, mais seulement au paradis ter- restre. — Omne lignum pulchrum..., suave.,. Dieu n'avait rien négligé pour procurer h l'homme d'innocentes jouissances. Doux de ces arbres ob- tiennent une mention spéciale, à cause de leur im- pontance capitale : 1° Lignum vitse, situé in medio paradisi, à la place d'honneur et à l'endroit le plus accessible. Quelle vie devait -il maintenir? Simplement la vie physique , d'après les commen- tateurs juifs et quelques Pères; la vie spirituelle, d'ajircs le plus grand nombre des anciens inter- prètes chrétiens. Cf. m, 22 ; Prov. m, 18 ; xiii, 12. Sur les traditions relatives à l'arbre de vie, voyez le Manuel hibl., I, n. 289, et V Atlas archéol. de la Bible, pi. ex, fig. 3, 7. — 2° Lignum scientice... Ce second arbre fut peut-être ainsi nommé par anticipation, m, 5, 7, 22, h cause du résultat qu'il devait produire. Mais on peut dire aussi que le précepte qui lui fut bientôt rattaché (vers. 17) dut suffire pour éveiller dans lliomme la conscience du bien et du mal, du licite et de l'illicite. +10. Fluvius... de loco voluptatis. Hébr. : de l'Éden. La source du fleuve était donc en dehors du jardin paradisiaque. — Qui inde : au soi'tir du jardin et après l'avoir arrosé. — Capita désigne des branches, des bras du fleuve. +28 +Gen. II, 11-17. +luptatis ad irrigandum paradisum, qui inde dividitur in quatuor capita. +11. Nomen uni Pliison; ipse est qui circuit oranem terram Hevilath, ubi na- scitur aurum ; +12. Et aurum terrse illius optimum est ; ibi invenitur bdellium, et lapis onychi- nus. +13. Et nomen fluvii secundi Gehon; ipse est qui circumit omnem terram .^tliiopiœ. +14. Nomen vero fluminis tertii, Ty- gris ; ipse vadit contra Assyrios. Fluvius autem quartus, ipse est Euphrates. +15. Tulit ergo Dominus Deus homi- nem , et posuit eum in paradiso volupta- tis, ut operaretur et custodiret illum; +16. Prœcepitque ei, dicens : Ex omni ligno paradisi comede ; +17. De ligno autem scientise boni et mali ne comedas; in quocumque enim die comederis ex eo, morte morieris. +arroser le paradis , un fleuve qui de là se divise en quatre branches. +11. L'un s'appelle Phison, et c'est ce- lui qui court tout autour du pays de Hevilath, où il vient de l'or. +12. Et l'or de cette terre est très bon. C'est là aussi que se trouve le bdellion et la pierre d'onyx. +13. Le second fleuve s'appelle Géhon, et c'est ^ celui qui coule tout autour du pays d'Ethiopie. +14. Le troisième fleuve s'appelle le Tigre, qui se répand vers les Assyriens. Et rÉuphrate est le quatrième de ces fleuves. +1 5. Le Seigneur Dieu prit donc l'homme, et le mit dans le paradis de délices, afin qu'il le cultivât et qu'il le gardât. +16. Il lui fit aussi ce commandement, et lui dit : Mangez de tous les fruits des arbres du paradis. +17. Mais ne mangez point du fruit de l'arbre de la science du bien et du mal. Car au même temps que vous en mange- rez, vous mourrez très certainement. +11-12. Le premier bras était le Phison (Pisôn, de la racine pus, « redundare »); il est plus lon- guement caractérisé que tous les autres. — Cir- cuit... terram Hevilath (héhr. : havilah). Cette région, nommée deux fois encore un peu plus bas, X, 7 et 29, se faisait remarquer par trois produits : aurum, et un or non moins pur qu'a- bondant ( optimum ) ; en second lieu , bdelliuvi , c.-i-d. une gomme blanchâtre et odorante, à laquelle la manne ressemblait extérieurement d'ajirès Num. xi, 7 (le Molah hébreu ne représente vraisemblablement ni les perles ni quelque autre pierre précieuse); enfin lapis onychinus, pierre ainsi nommée parce qu'elle a la couleur de l'ongle humain (les LXX traduisent 'éhèn hassohâm par rubis ; Onkélos, par béril ; l'expression est un peu obscure). +13. Le second bras s'appelait Gehon, ou mieux, Gihon ( d'une racine signifiant « prorumpere »). +— La région qu'il entourait porte en hébreu le nom de Kus, qui désigna plus tard l'Ethiopie: de là la traduction de la Vulgate. +14. Nomen... tertii, Tygris. Dans l'ancienne langue bactrienne, tigri signifie flèche. Le nom bébreu hiddéqel ne diffère pas au fond du chal- décn diglath, de l'arabe dijiath, du syriaque diqlath. — Contra Assyrios. La locution hébraïque désigne ici l'ouest de l'Assj'rie. — Le narrateur se contente de citer le quatrième bras du fleuve , qui était si connu des Hébreux : Euphrates ( en hébr. F'rat, dans l'antique persan Ufrâtu, en babylonien et en assyrien Burattuv ou Purâtu). +— Quelle était, d'après ces divers traits, l'exacte situation du paradis terrestre ? On a étonnamment discuté là-dessus, et l'on pourra discuter toujours, car c'est une question insoluble. Du moins, nous connaissons deux des quatre fleuves, ce qui suffit +pour rejeter les systèmes d'après lesquels le jardin d'Éden eût été dans l'Inde, à l'extrême Orient. D'après Huet, Bochart, etc., îe confluent de l'Eu- phrate et du Tigre, près de Bassora, remplirait toutes les conditions requises; car ces fleuves, à peine réunis, se séparent de nouveau en deux branches, dont l'une, à l'est, correspondrait au Gréhon, et l'autre, à l'ouest, au Phison; dans ce cas, il faudrait chercher la terre d'Hévilath au nord -est de l'Arabie, celle de Cus en Susiane. Mais l'opinion la plus généralement reçue, qui place l'Éden et le paradis sur les hauts plateaux de l'Arménie , correspond beaucoup mieux à l'en- semble du récit biblique. Le Phison serait alors identique soit au Phasis, qui se jette dans la mer Noire, soit au Cyrus (le Kur actuel), aflluent de la mer Caspienne ; le Gihon ne différerait pas de l'Araxes (aujourd'hui Aras), autre aflluent de la mer Caspienne, nommé Geihun par les Arabes, les Syriens et les Turcs. Havilath serait la Col- chide antique , et Cus le pays des Kosséens. Sans doute, ces quatre fleuves n'ont pas une source commime ; mais des bouleversements subséquents,, en particulier ceux du déluge, ont pu amener cette transformation. Sur les traditions païennes relatives au paradis terrestre, voyez le Man. bibl., I, n. 288. +15. Postât eum in paradiso. Dans cet heureux séjour, des devoirs attendaient Adam : ut opera- retur, pour conserver au paradis sa beauté pri- mitive; et custodiret, mot solennel qui nous fait entrevoir un péril menaçant pour l'homme et pour le jardin. Noblesse et sainteté du travail. Du reste, sans la chute il n'aurait pas été fatigant et pénible. +16-17. Autre devoir plus grave encore. Dieu soumet Adam aune épreuve, lui fournissant ainsi +Gen. 11, 18-24. +29 +18. Le Seigneur Dieu dit aussi : Il n'est pas bon que l'homme soit seul ; fai- sons-lui un aide semblable à lui. +19. Le Seigneur Dieu ayant donc formé de la terre tous les animau.x terrestres et tous les oiseaux du ciel, il les amena de- vant Adam, afm qu'il vît comment il les appellerait. Et le nom qu'Adam donna à chacun des animaux est son nom véri- table. +20. Adam appela donc tous les ani- maux d'un nom qui leur était propre , tant les oiseaux du ciel que les bêtes de la terre. Mais il ne se trouvait point d'aide pour Adam qui lui fût semblable. +21. Le Seigneur Dieu envoya donc à Adam un profond sommeil ; et lorsqu'il était endormi , il tira une de ses côtes , et mit de la chair à la place. +22. Et le Seigneur Dieu forma la femme de la côte qu'il avait tirée d'Adam , et il l'amena à Adam. +23. Alors Adam dit : Voilà maintenant l'os de mes os, et la chair de ma chair. Celle-ci s'appellera d'un nom qui marque l'homme, parce qu'elle a été prise de l'homme. +24. C'est pourquoi l'homme quittera +18. Dixit quoque Dominus Dcus : Non est bonum esse hominem solum ; facia- mus ci adjutorium similc ; ibi. +19. Formatis igitur, Dominus Deus, de humo cunctis animantibus terrœ, et universis volatilibus c;eli, adduxit ea ad Adam , ut videret quid vocaret ea ; omne enim quod vocavit Adam aiiimœ viven- tis, ipsum est nomen ejus. +20. Appellavitque Adam nominibus suis cuncta animantia, et universa vola- tilia cœli, et omnes bestias terrse. Adse vero non inveniebatur adjutor similis ejus. +21. Immisit ergo Dominus Deus sopo- rem in Adam ; cumque obdormisset , tulit unam de costis ejus, et replevit carnem pro ea. +22. Et sedificavit Dominus Deus co- stam, quam tulerat de Adam, in mulie- rem ; et adduxit eam ad Adam. +2.3. Dixitque Adam : Hoc nunc os ex ossibus meis, et caro de carne mea; hœc vocabitur Virago, quoniam de viro sum- pta est. +24. Quamobrem relinquet homo patrem +l'occasion de développer ses facultés morales et démériter de nouvelles faveurs. — Ex omni ligvo... comede : aimable concession ; mais , aussitôt après, une importante réserve ; xme seule , car cela suf- fisait au plan divin : de ligno auiem... Adam est averti en même temps des terribles conséquences que la désobéissance attirerait sur lui : morte morieris ; hébraïsme , pour dire : Tu mourras cer- tainement. Non qu'il dût mourir immédiatement après son péché ; mais, dès cet instant, il devien- drait mortel, la mort commencerait à opérer en lui son œuvre fatale. +3o L'institution du mariage, vers. 18-25. +18. Dixit quoque... Peut-être encore au sixième Jour. — Solum, seul de son espèce. Dieu a créé l'homme pour l'état social. Mais ce trait a de plus, ici, une portée particulière. — Faciamus indique une délibération, comme plus haut, i, 27. Toutefois l'hébreu porte « faciam ». — Adjuto- rium. Ce mot exprime l'un des buts de l'existence de la femme et son côté plus humble. — Simile 8ibi, de coi-ps et d'esprit, de manière à lui cor- respondre parfaitement. +19. Le narrateur semble s'interrompre, pour ouvrir une longue parenthèse, vers. 19-20; mais en réalité il ne quitte pas son sujet, car l'épisode Inséré servit d'introduction directe à la création d'Eve. — Formatis igitur... Cette note n'implique nullement que les animaux n'auraient été formés qu'après l'homme; le détail essentiel n'est pas « formatis », mais adduxit. — De humo ne retombe pas nécessairement sur volatilibus. Voyez la note de i, 20. Les poissons ne soat pas men- +tionnés, parce que, cachés au fond des eaux, Ils ne cohabitent pas avec l'homme comme les autres animaux. — Ut videret... Ce regard attentif devait fournir à Adam des noms convenables , conformes à la nature des êtres : omne enim... ipsum est nomen... Toute la scène suppose que le premier homme était doué du langage et d'une belle in- telligence. +20. Adse vero non ijiveniebatur... On croirait voir, dans cette ligne, quelque chose de la tris- tesse que ressentit Adam lui -môme en constatant son isolement. Mais Dieu lui avait précisément conduit les animaux pour exciter en lui le désir d'avoir quelqu'un qui lui ressemblât. Ce désir va être satisfait. +21-22. /Sopo7-eTO. L'hébreu tardémaîi dénote un sommeil profond, qui, dans la circonstance pré- sente, fut extatique, et laissa h Adam la conscience pleine et entière de ce qui se passait. — Replevit carnem... C.-ù-d. qu'il combla le vide avec delà chair. Le premier homme fut ainsi de toutes manières le principe du genre humain. — Et œdijicavit... Belle expression. En même temps, grand mystère dans cette formation, qui met en relief l'union intime de l'homme et de la femme. Cf. Eph. V, 28-30. L'Église aussi, disent les Pères, fut formée au Calvaire « e latere Christi dormien- tis ». +23-24. Dixitque Adam. Transformé en prophète par l'inspiration divine, il décrit d'avance l'histoire du mariage. L'accent est tout joyeux, et le lan- gage poétique. — Hoc (hébr. « hœc ») nunc (hébr.: cette fois; par contraste avec le défilé des animaux, +30 +C-EN. II, 25 — III, 5. +suum et matrem , et adhaerebit uxori suœ; et erunt duo in carne una. +25. Erat autem uterque nudus , Adam scilicetet uxor ejiis ; et non erubescebant. +son père et sa mère, et s'attacnera à sa femme, et ils seront deux dans une seule chair. +25. Or Adam et sa femme étaient nus tous deux, et ils ne rougissaient point. +CHAPITRE III +1. Sed et scrpens erat callidior cunctis animantibus terrœ quse fecerat Dominus Deus. Qui dixit ad mulierem : Cur prœ- cepit vobis Deus ut non comederetis de omni ligno paradisi? +2. Gui respondit mulier : De fructu li- gnorum, quœ sunt in paradiso, vescimur ; +3. De fructu vero ligni, quod est in medio paradisi, prsecepit nobis Deus ne comederemus, et ne tangeremus illud, ne forte moriamur. +4. Dixit autem serpens ad mulierem : Xequaquam morte moriemini. +5. Scit enim Deus quod in quocumque +1. Or le serpent était le plus rusé de tous les animaux que le Seigneur Dieu avait formés sur la terre. Et il dit à la femme : Pourquoi Dieu vous a-t-il com- mandé de ne manger du fi'uit d'aucun des arbres du paradis? +2. La femme lui répondit : Nous man- geons du fruit des arbres qui sont dans le paradis ; +3. Mais pour ce qui est du fruit de l'arbre qui est au milieu du paradis, Dieu nous a commandé de n'en point manger, et de n'y point toucher, de peur que nous ne mourions. +4. Le serpent repartit à la femme : Certainement vous ne mourrez point. +5. Mais c'est que Dieu sait qu'aussitôt +vers. 20) os ex ossihus... Il sait qu'elle lui est alliée par une très proche parenté, et il tire de là le nom générique qu'elle portera. Virago ne rend pas si bien que le vieux latin « vira » (comparez le naïf « hommesse » dans une ancienne traduction française) le sens et l'allitération du texte original: elle sera appelée hssah, parce qu'elle a été tirée de ^is. — Qiiamobrem... Ces paroles seraient, d'après quelques interprètes, une réflexion du narrateur; il vaut mieux les attribuer encore à Adam. — Relinquet Tiomo patrem...: car l'affec- tion mutuelle des époux est plus intime et plus forte que celle d'im flls pour ses parents. — M ad/iacrebit : indissolublement, comme Jésus-Christ lui-même le conclura de ce texte, Matth. xix, 4-5. Voilà, donc l'institution sacrée du mariage et de la famille, comme base de la société. Au début de ce chap., nous trouvions l'origine du culte (vers. 3); ici nous avons l'un des sept sacrements. +25. Uterque nudus : vêtus seulement de leur innocence. — Non eruhescebant. Trait touchant, pour terminer cette belle narration. Il suppose l'état de justice originelle, une suave et douce harmonie entre l'esprit et la chair, l'absence des honteuses passions qui troublent la raison. Hélas ! le péché va bientôt tout changer. +§ II. — La chute et ses funestes conséquences. 111,1-24. +1" La chute, vers. 1-7. +Le récit est d'une grande beauté; tous ses détails sont historiques et réels, nullement allégoriques et figurés , comme l'ont pensé Clément d'Alexan- drie, Origône, Cajetan, etc. +Chnp. ni, — 1. Serpens. Héhr.: hanna^Las, avec +l'article , le serpent par antonomase ; ce qui nous montre déjà que, sous le reptile matériel et vul- gaire, se cachait celui que les rabbins nommaient, en souvenir de cet événement, hannahas haqqad- môni, « serpens antiquus » ( Apoc. xii, 9 ), le chef des démons. Car le mal avait déjà pénétré dans le monde : une multitude d'anges s'étaient révoltés contre Dieu, et ils voulaient entraîner l'homme dans leur rébellion comme dans leur ruine. — Callidior, ici en mauvaise part. Cf. II Cor. xi, 3. La prudence du serpent était proverbiale dans l'antiquité, Matth. x, 10; — Dixit ad midierem... Déjà un signe d'astuce , la femme étant plus faible et plus facile à séduire. — Cur prsecepit...? Dans l'hébr.iDieu vous aurait -il bien prescrit...? Touf habile, insinuant, pour exciter le doute. Puis, exagération du précepte ( de omni ligno ) , afin de le rendre odieux. Dieu avait dit tout à fait le contraire, ii, 16. +2-3. Respondit... Elle ne paraît ni effrayée ni même étonnée que le serpent lui parle. Les ani- maux ne présentaient alors aucun danger pour l'homme, et nos parents avaient assisté déjà à tant de merveilles I — De fructu lignorum. Elle rétablit la vérité ; mais elle exagère à son tour, en ajoutant: et ne tangeremus, comme si déjà le précepte lui semblait plus pesant. Forte n'est pas dans l'hébreu. +4-5. Le tentateur frappe un grand coup pour achever son œuvre si bien commencée. Il ne craint pas d'accuser Dieu de mensonge, nequaquam morte... (forte assertion; comp. ii, 17), puis d'ime basse jalousie envers l'homme, scit enim... — Aperientur oculi... Belle métaphore : Vous verrez et connaîtrez toutl — Sicut dii. Le singulier serait préféi'able, « sicut Deus » (.JcÉlôhim). +Gen. III, 6-14. +31 +que vous aurez mangé de ce fruit, vos yeux seront ouverts, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. +6. La femme considéra donc que le fruit de cet arbre était bon à manger, qu'il était beau à la vue , et agréable à contempler. Et en ayant pris, elle en mangea, et elle en donna à son mari, qui en mangea aussi. +7. Eu môme temps leurs yeux furent ouverts à tous deux ; ils reconnuient qu'ils étaient nus, et ils entrelacèrent des feuilles de figuier, et s'en firent des cein- tures. +8. Et ayant entendu la voix du Sei- gneur Dieu qui se promenait dans le pa- radis à la brise du soir, ils se retirèrent au milieu des arbres du paradis , pour se cacher de devant sa face. +9. Alors le Seigneur Dieu appela Adam, et lui dit : Où êtes -vous? +10. Adam lui répondit : J'ai entendu votre voix dans le paradis, et j'ai eu peur, parce que j'étais nu ; c'est pourquoi je me suis caché. +11. Le Seigneur lui repartit : Et d'où avez -vous su que vous étiez nu, sinon de ce que vous avez mangé du fruit de l'arbre dont je vous avais défendu de manger? +12. Adam lui répondit : La femme que vous m'avez donnée pour compagne m'a présenté du fruit de cet arbre, et j'en ai mangé. +13. Le Seigneur dit à la femme : Pour- quoi avez-vous fait cela? Elle répondit : Le serpent m'a trompée; et j'ai mangé. +14. Alors le Seigneur Dieu dit au ser- pent : Parce que tu as fait cela, tu es +die conicderitis ex eo, aperientur oculi vestri ; et eritis sicut dii , scientes bonum et malum. +6. Viditigitur mulier quod bonum esset lignum ad vescendura, etpulchrum ocu- lis, aspcctuque delectabile; et tulit de fructu illius, et comedit, deditque viro suo, qui comedit. +7. Et aperti sunt oculi amborum ; cum- que cognovissent se esse nudos, consue- runt folia ficus, et fecerunt sibi perizo- mata. +8. Et cum audissent vocem Domini Dei deambulantis in paradiso ad auram post meridiem, abscondit se Adam et uxor ejus a facie Domini Dei in medio ligni paradisi. +9. Vocavitque Dominus Deus Adam, et dixit ei : Ubi es? +10. Qui ait : Vocem tuam audivi in paradiso ; et timui eo quod nudus essem , et abscondi me. +11. Gui dixit : Quis enim indicavit tibi quod nudus esses, nisi quod ex ligno de quo prœceperam tibi ne comederes, co- rn edisti? +12. Dixitque Adam : Mulier, quam de- disti mihi sociam, dédit mihi de ligno, et comedi. +13. Et dixit Dominus Deus ad mulie- rem : Quare hoc fecisti? Quse respondit : Serpens decepit me , et comedi. +14. Et ait Dominus Deus ad serpen- tem . Quia fecisti hoc, maledictus es in- +6. Admirable tableau psychologique ; il nous rend témoins de la scène. — Vidit igitur... Eve avait souvent contemplé cet arbre ; elle le regarde maintenant avec les yeux de la convoitise , et lui trouve des charmes inconnus jusqu'alors. Je ne sais quoi de magique miroite h ses sens : bonwn..., piilcUrum.... delectahile. — Elle est bientôt vain- cue : tulit.,., comedit. « Eva parens, quid fecisti? » comme chante l'Église. Mais elle fera bien pis encore : deditque viro; et Adam succombe à son tour. Conséquences fatales pour toute l'humanité, dans ce simple comedit. +7. Les premiers coupables les ressentirent natu- rellement les premiers : et averti sunt... La pro- messe de Satan se réalise ; mais de quelle façon amcre ! Ils connaissent le bien et le mal : le bien en sentant qu'ils l'ont perdu, et le mal qui s'agite en eux, les passions étant tout à coiip déchaînées. — Folia ficus. L'hébr. t"ènah désigne toujours le figuier ordinaire ; c'est à tort qu'on a pensé au bananier ou pisang ( Musa paradisiaca ). +2° La triple sentence, 7-20. +8. Cum audissent... Ils se sont tristement sé- parés de Dieu, mais le Seigneur ne veut pas se séparer de sa créature privilégiée. Voici que déjà il vient au-devant des coupables , non moins pour bénir que pour châtier. — Deambulcuitis... ad auram... Le soir, à l'heure où une brise rafraî- chissante s'élève en Orient. Très fort anthropo- morphisme. — Abscondit se : la crainte s'ajoutant à, la honte. +9-13. C'est l'interrogatoire avant la sentence. Adam le subit tout d'abord, 9-12, parce qu'il était le plus responsable ;-Ève seulement après son mari, 13. Qu'ils se montrent petits l'un et l'autre! De misérables excuses, au lieu d'un franc aveu et d'une demande de pardon. Adam surtout est bien lâche quand il rejette la faute sur sa compagne. +14. Voici maintenant l'arrêt. Suivant le même ordre que le péché, il remontera jusqu'au serpent, 14-15, pour passer ensuite à la femme, 16, et à l'homme, 17-19. — Maledictus es. Le serpent est +32 +Gen. III, 15-17. +ter omnia animantia et bestias terrse ; super pectus tiium gradieris, et terram comedes cmictis diebus vitse tuse. +15. Inimicitias ponam inter te et mu- lierem, et semen timm et semen illiiis; ipsa conteret capiit tuum, et tu insidia- beris calcaneo ejus. +16. Mulieri quoque dixit : Multiplicabo œrumnas tuas , et conceptus tuos ; in do- lore paries filios, et sub viri potestate eris , et ipse dominabitur tui. +17. Adœ vero dixit : Quia audisti vo- cem uxoris tuse, et comedisti de liguo, ex quo prœeeperam tibi ne comederes, +maudit entre tous les animaux et toutes les bêtes de la terre : tu ramperas sur le ventre, et tu mangeras la terre tous les jours de ta vie. +15. Je mettrai une inimitié entre toi et la femme , entre ta race et la sienne. Elle te brisera la tête, et tu tâcheras de la mordre par le talon. +16. Dieu dit aussi à la femme : Je multiplierai vos maux et vos grossesses. Vous enfanterez dans la douleur : vous serez sous la puissance de votre mari, et il vous dominera. +17. Il dit ensuite à Adam : Parce que vous avez écouté la voix de votre femme, et que vous avez mangé du fruit de +directement maudit , parce qu'il avait servi d'or- gane au démon ; mais la malédiction divine visait principalement ce dernier. — Inter omnia ani- mavtia (b'hémah , les animaux domestiques) et bestias terrœ (les animaux sauvages). Plus qu'eux tous, car eux aussi ils partageront le châtiment de l'homme. Cf. Rom. vni, 19-22. — Après la sentence générale , deux traits particuliers : super pectus..,, terram comedes... Le second trait se rattache au premier, dont il est la conséquence : rampant dans la poussière , le serpent mange for- cément la poussière. +15. Le protévangile, ou la première promesse du Messie rédempteur, est merveilleusement en- châssé dans cette menace terrible. Nous avons en effet ici, les Juifs l'ont toujours admis aussi bien que les chrétiens, le début glorieux des prophéties n:essianiques. Adam est tristement tombé, le nouvel Adam ('Aôà[x (xéXXcov) prend sa place et vient racheter la pauvre humanité. Voj'ez Mgr Meignan, les Prophéties messianiq. de l'A. T.: Prophéties du Pcntateuq., p. 205 et ss.; Corluy, SpiciJegiam dogmatico-biblicam , 1,247 et ss. — Inimicitias: une haine profonde et perpétuelle, avi lieu de l'amitié passagère qui avait abouti à la chute de l'homme. — Inter te et mulierem. Non pas la femme en général, pas plus que le pronom ne désigne le serpent en général. Ce sont deux indi- vidualités distinctes qui sont opposées l'une à l'autre :1e sentent tentateur, et la femme privilégiée de laquelle devait naître le Messie. Telle était déjà l'intei-prétation de S. Justin et de S. Irénée , qui n'hésitent pas à appliquer ce passage h la Vierge Marie. — Semen illiits désigne donc le Christ, car il est le seul d'entre tous les hommes qu'on puisse appeler strictement et éminemment « race de la femme », puisqu'il n'a pas de père selon la chair. — Résultat final de la haine et do la lutte : ipsa conteret... Il est certain , et l'cxégète catho- lique n'a aucun embarras à le reconnaître, que la leçon de l'hébreu est ><'in (hu), le pronom masculin de la troisième personne : les A-crsions anciennes et les Pères l'attestent ; la grammaire aussi l'exige clairement, car ce pronom ne peut se rapporter qu'à zéra" (« semen »), qui est du masculin, et non au substantif féminin \sSah +(« mulier »). C'est donc, d'après la force des termes, le Messie en personne qui devait briser la tête du serpent; mais sa mère l'a fait aussi par lui. Et l'on ne représente pas avec moins de justesse laYierge immaculée foulant de son pied le monstre infernal, que, dans l'antique monogramme du Christ, la croix transperçant le serpent de part en part. — Tu insidiaberis calcaneo... Contraste saisissant et pittoresque. L'homme, debout, écrase sous son pied la tête du serpent; celui-ci essaye de mordre son adversaire au talon. Mais il y a toute la différence d'un talon blessé et d'une tête broyée 1 Le même verbe suf est répété deux fois de suite dans l'hébreu : « Ipse conteret..., tu con- teres. » Telle fut l'issue historique de la lutte : Satan a blessé N.-S. Jésus -Christ en le faisant crucifier; il a été ensuite complètement vaincu, écrasé. Les traditions païennes ont conservé aussi le souvenir d'un héx'os ou d'une divinité qui rendra le bonheur aux hommes en triomphant du serpent (Atlas archéolog., pi. ex, fîg. 4,6). +16. Mulieri quoque... La femme sera encore atteinte plus loin, 17-19, par la sentence d'Adam; mais, ayant joué un rôle si coupable dans l'his- toire de la chute , elle aura son châtiment spécial, rattaché aux conditions de son existence. — Mul- tiplicabo (dans l'hébreu, avec emphase : multi- plier, je multiplierai) êB/'itmnas... Cette première partie du divin décret affecte la mère : douleurs durant la période de gestation , douleurs surtout dans l'enfantement, a Gravida et parturicns est sicut asgrota et moriens, » dit un ancien pro- verbe. — Les mots suivants retombent sur l'é- pouse et la femme : sub viri..., et ipse domina- bitur... Domination qui s'est exercée d'une ma- nière si l'udc chez tous les peuples orientaux , et chez les païens en général, mais que le christia- nisme a si noblement adoucie. Au lieu do sub viri potestate eris, l'hébreu porte : « et ad vi- rum tuum dcsidcrium tuum , » ce oui exprime rattachement passionné, soi;vent morbide, de la femme iiour l'homme, parce qu'il lui est plus difficile de vivre seule. +17, Qitia aitdi.sti... La sentence d'Adam est introduite par d'assez longs considérants, qui lui rappellent les circonstances et la gravité de sa +La tentation et la chute. Gen. lU. (D'après un cylindre babylonien.) +Forme primitive de la harpe. Gen. IV, 21. +Arahe assis à la porte de sa tente. Gen. xviti, 1. +Une femme fait boire son fils à une outre. Gen. xxi, 19. (Bas-relief assyrien.) +(^EN. III, 18-24. +33 +l'arbre dont je vous avais défendu de manger, la terre sera maudite à cause de ce que vous avez fait, et c'est à foroe de travail que vous en tirerez de quoi vous nourrir pendant toute votre vie. +18. Elle vous produira des épines et des ronces, et vous vous nourrirez de riierbe de la terre. +19. Vous mangerez votre pain à la «ueurde votre visage, jusqu'à ce que vous retourniez en la terre d'oii vous avez été tiré ; car vous êtes poussière, et vous re- tournerez en poussière. +20. Et Adam donna à sa femme le nom d'Eve, parce qu'elle était la mère de tous les vivants. +21. Le Seigneur Dieu fit aussi à Adam et à sa femme des habits de peaux, dont il les revêtit. +22. Et il dit : Voilà Adam devenu comme l'un de nous , sachant le bien et le mal. Empêchons donc maintenant qu'il ne porte sa main à l'arbre de vie, qu'il ne prenne aussi de son fruit, et qu'en mangeant il ne vive éternellement. +23. Le Seigneur Dieu le fit sortir en- suite du jardin délicieux , pour travailler à la culture de la terre dont il avait été tiré. +24. Et l'en ayant chassé, il mit de- vant le jardin de délices des Chérubins qui faisaient étinceler une épée de feu , pour garder le chemin qui conduisait à l'arbre de vie. +maledicta terra in opère tuo ; in laboribus comedes ex ea cunctis diebus vitse tuse. +18. Spinas et tribulos germinabit tibi, et comedes lierbam terrse. +19. In sudore vultus tui vesceris pane, donec revertaris in terram de qua sum- ptus es; quia pulvis es, et in pulverem reverteris. +20. Et vocavit Adam nomen uxoris suse , Heva , eo quod mater esset cuncto- rum viventium. +21. Fecit quoque Dominus^'Deus Adse et uxori ejus tunicas pelliceas, et induit eos. +22. Et ait : Ecce Adam quasi unus ex nobis factus est, sciens bonum et ma- lum; nunc ergo ne forte mittat manum suam, et sumat etiam de ligno vitse, et comedat , et vivat in seternum. +23. Et emisit eum Dominus Deus de paradiso voluptatis, ut operaretur ter- ram , de qua sumptus est. +24. Ejecitque Adam , et collocavit ante paradisum voluptatis Cherubim , et flam- meum gladium atque versatilem, ad cu- stodiendam viam ligni vitse. +faute. Il a obéi à une femme, et il a, désobéi à Dieu. — Maledicta terra. Trait délicat. Comme le serpent, la terre est maudite; mais l'homme ne le sera pas, du moins directement. — In opère tuo. Hébr. : à cause de toi, à cause de ton pé- ché. — In lahoribus est mis en avant pour ap- puj^cr sur l'idée. — Comedes ex ea retentit comme un douloureux refrain. Cf. vers. 14. +18. Spinas et tribulos... La terre se montrera en quelque sorte active pour gêner le travail de l'homme. Les naturalistes ont remarqué que des régions d'abord incultes, puis soumises aux ex- ploitations agricoles , étaient bientôt envahies par des plantes épineuses et des mauvaises herbec qu'on n'y avait jamais vues auparavant. +19. In sudore vultus... Expression pittoresque, et si juste! — Doacc revertaris... La sentence se termine par le plus terrible de tous les châti- ments, celui qui avait été prédit dès la promul- gation du précepte, la mort. +20. Et vocavit... A première vue, on croirait voir ici une insertion malhabile. C'est un acte de foi d'une grande beauté. La première femme avait porté jusqu'alors le nom général de 'iSèah, ii, 23 ; au moment môme où on le condamne h mourir, Adam l'appelle Heva, en hébr. : Tiavvah, la vi- vante, celle qui produit la vie (de haijah, « vi- +vus fuit »), parce qu'il contemplait en elle, grâce à la divine promesse (vers. 15), la mère des vivants (hay, avec parononiase). +3° Adam et Eve expulsés du paradis terrestre 21-24. +21. Fecit quoque Deus... Dieu daigne rempla- cer leur ceinture de feuillage par des vêtements plus durables et plus appropriés à leur nouvelle situation. — Tunicas pelliceas. C'était, a-t-on dit, la dépouille d'animaux qii'Adam, instruit par le Seigneur, aurait immolés comme un sacrifice propitiatoire. +22-23. Et ait... Dieu veut expliquer pourquoi l'homme déchu ne saurait demeurer désormais dans le jardin d'Éden. Il est difficile de no pas voir, dans son langage, une ironie terrible. — Quasi unus ex noMs : encore le pluriel d'in- tensité, ou même de trinité pour nous. — Ntmc ergo, ne... Cette phrase n'est pas achevée ; au lieu des derniers mots de la délibération divine, nous trouvons l'exécution : et emisit eum..., ce qui est d'une énergie saisissante. +24. Ejecitque. Expression beaucoup plus forte que emisit du vers. 23. — Ante paradisum. Hébr. : à l'orient du jardin. — CheriCbim. Adam avait été établi le gardien du paradis, ii, 15; voici que Dieu installe d'autres gardiens, dont +S4 +Gen. IV, 1-7. +CHAPITRE IV +1. Adam vero cogno^^t uxorem suam Hevam, quœ concepit et peperit Gain, dicens : Possedi hominem per Deum. +2. Riirsiimque peperit fratrem ejus Abel. Fuit autem Abel pastor ovium , et Gain agricola. +3. Factum est autem post multos dies ut ofïerret Gain de fructibus terrœ mu- rera Domino. +4. Abel quoque obtulit de primogenitis gregis sui , et de adipibus eorum ; et respexit Dominus ad Abel , et ad munera ejus. +5. Ad Gain vero , et ad munera illius , non respexit; iratusque est Gain vehe- menter, et concidit vultus ejus. +6. Dixitque Dominus ad eum : Quare iratus es? et cur concidit faciès tua? +7. Nonne si bene egeris , recipies ; sin +1. Or Adam connut Eve sa femme, et elle conçut et enfanta Gain, en disant : Je possède un homme par la grâce de Dieu. +2. Elle enfanta de nouveau , et mit au monde son frère Abel. Or Abel fut pas- teur de brebis, et Gain agriculteur. +3. Or il arriva, longtemps après, que Gain offrit au Seigneur des fruits de la terre en sacrifice. +4. Abel offrit aussi des premiers-nés de son troupeau, et de leur graisse. Et le Seigneur regarda favorablement Abel et ses présents. +5. Mais il ne regarda point Gain, ni ce qu'il lui avait offert. G'est pourquoi Gain entra dans une très grande colère, et son visage en fut tout abattu. +6. Et le Seigneur lui dit : Pourquoi êtes- vous en colère , et pourquoi votre vi- sage est -il abattu? +7. Si vous faites bien , n'en serez-vous +les efforts seront dirigés contre Adam lui-même. Les Chérubins nous aj paraissent dans toute la Bible comme une catégorie supérieure d'esprits célestes. Cf. Ex. xxxvii, 7-0; Ps. lxxix, 2; xcvin, 1; Ez. i et x, etc. La tradition assy- l'ienne en avait conservé le souvenir, et de là ces génies ailés, que les monuments de Ninive nous montrent à côté de l'arbre sacré, ou en avant des palais et des temples, pour les protéger. Voyez F. Lcnormand, Origines de l'histoire, I, 114; F. Vigoureux, la Bible et les découvertes mo- dernes, t. I, pp. 240 et ss. ; notre Atlas d'hist. nat. de la Bible, pi, cv et cvi. — Flammeum gladium... versatilem : un éclair en forme de glaive. — La narration semble indiquer que le séjour de l'homme dans le paradis fut de courte durée. Adam et Eve s'éloignent à tout jamais, non cependant sans espérance. Milton a chanté majestueusement the Faradise lost et the Para- dise regained. +§ m. — Division de la famille humaine en deux branches. III, 1-26. +Dès l'origine, l'humanité se partage en deux races , tout k fait opposées sous le rapport moral : il y a la race des bons, qui se rattache à Seth, et la race des pervers, dont Caïn est le chef si- nistre. L'histoire des développements du genre humain et celle des développements du péché se confondent. +1" Caïn et Abel, 1-16. +Chap. IV. — 1-2. Naissance et occupations des deux frères. — Adam vero... Au sortir du paradis terrestre, la famille est complétée par les enfants. — Possedi ( qaniti ) hominem. Joyeuse exclama- +tion d'Eve au milieu des douleurs de son pre- mier enfantement, et origine du nom de Gain, qui signifie possession, acquisition. En réalité, c'est un acte de foi analogue à celui d'Adam, m, 20 ; dans ce fils que Dieu lui a donné (per Deum, littéral. : « avec Jéhovah » ) , Eve voit un gage du « semen » h, venir, qui réparera sa faute. — Abel, en hébr. : habel, souffle, vanité; dénomi- nation de tristesse, exprimant les misères qu'Adam et Eve avaient déjà plus rudement éprouvées. — Les vocations diverses d'Abel et de Caïn sont dé- crites d'un mot : pastor ovium, agricola. +3-5. Les sacrifices des deux frèi'es. — Post multos dies. Hébr. : « a fine dierum », ou « post dies » , sans détermination de la durée. — Ut of- ferret... Dès leur apparition, les sacrifices revêtent la double forme qu'ils auront en tous lieux, et spécialement chez les Juifs : les uns consistent en fruits do la terre , les autres sont sanglants. Deux circonstances spéciales relèvent la générosité de l'offrande d'Abel : elle avait été choisie de primo- genitis et de adipibvs ; les prémices , et la partie des chairs réputée la meilleure. Marque évidente d'une foi vive (Hebr. xi, 4), dont Caïn était dépourvu. Aussi, d'un côté, respexit Dominus, avec complaisance; de l'autre, non respexit. Un signe extérieur, tel qu'un feu descendant du ciel, manifesta sans doute les sentiments divins. — Iratusque est Gain... Au lieu de chercher dans sa conduite la cause de son insuccès, et d'y porter remède, sa violente colère devint bientôt visible sur sa physionomie : et concidit..., trait pitto- resque. +6-7. Dieu condescend à lui donner un avertis- sement paternel. Par une première question , ^wa- +Gen. IV, 8-15. +35 +pas récompensé? Et si vous faites mal, le péché ne sera-t-il pas aussitôt à votre porte ? Mais votre concupiscence sera sous vous, et vous la dominerez. +8. Or Caïn dit à son frère Abel : Sor- tons dehors. Et lorsqu'ils furent dans les champs, Caïn se jeta sur son frère Abel et le tua. +9. Le Seigneur dit ensuite à Caïn : Où est votre frère Abel? Il lui répondit : Je ne sais. Suis- je le gardien de mon frère? +10. Le Seigneur lui repartit : Qu'avez- vous fait? La voix du sang de votre frère crie de la terre jusqu'à moi. +11. Vous serez donc maintenant maudit sur la terre, qui a ouvert sa bouche, et qui a reçu de votre main le sang de votre frère. +12. Quand vous l'aurez cultivée , elle ne vous rendra point son fruit. Vous serez fugitif et vagabond sur la terre. +13. Caïn répondit au Seigneur : Mon iniquité est trop grande pour que j'en ob- tienne le pardon. +14. Vous me chassez aujourd'hui de dessus la terre, et je m'irai cacher de de- vant votre face. Je serai fugitif et vaga- bond sur la terre. Quiconque donc me trouvera , me tuera. +15. Le Seigneur lui répondit : Non , cela ne sera pas; mais quiconque tuera Caïn en sera puni sept fois. Et le Seigneur mit un signe sur Caïn, afin que ceux qui le trou- veraient ne le tuassent point. +autem maie, statim in foribus peccatum aderit? sed sub te erit appetitus ejus, et tu dominaberis illius. +8. Dixitque Cain ad Abel fratrem smim: Egrcdiamur foras. Cumque essent in agro, consurrexit Cain adversus fratrem suum Abel, et interfecit eum. +9. Et ait Dominus ad Cain : IJbi est Abel frater tuus ? Qui respondit : Nescio. Num custos fratris mei sum ego? +10. Dixitque ad eum : Quid fecisti? vox sanguinis fratris tui clamât ad me de terra. +11. Nunc igitur maled ictus eris super terram, quse aperuit os suum, et suscepit sanguinem fratris tui de manu tua. +12. Cum operatus fueris eam, non da- bit tibi fructus suos ; vagus et prof ugus eris super terram. +13. Dixitque Cain ad Dominum : Ma- jor est iniquitas mea, quam ut veniam merear. +14. Ecce ejicis me hodie a facie terrœ, et a facie tua abscondar, et ero vagus et prof ugus in terra ; omnis igitur qui inve- nerit me, occidet me. +15. Dixitque ei Dominus : Nequaquam ita fiet; sed omnis qui occiderit Gain, septuplum punietur. Posuitque Dominus Cain signuin, ut non interficeret eum omnis qui invenisset eum. +re.,. et cur..., il essaj'c de le faire rentrer en lui- mcmc, et il lui montre l'injustice de sa colère; par une seconde question, posée sous forme de dilemme ( vers. 7 ) , il lui révèle le danger auquel il s'expose. — Recipies : ma bienveillance, comme Abel. Dans l'hébreu « elevatio » ( capitis ) ; si tu as conscience d'avoir bien agi, tu pourras porter le front haut. — Statim in foribus... Lo- cution dramatique. Comme une bête fauve en embuscade. — Sed sub te. L'exhortation après la remontrance ; elle exprime fortement la liberté de l'homme en face de la tentation. L'hébreu porte : a Vers toi est son désir ( du péché ) ; mais toi, do- mine sur lui. » +8. Le fratricide Caïn s'endurcit dans le mal , et prend une décision cruelle. — Les mots egredia- viur foras sont omis par le texte original, où on lit simplemcnc : n Et Caïn parla à son frère, et lorsqu'ils furent daiic i£l campagne... » — Consur- rexit... Tableau tragique. Ce fut la première mort, si affreuse de toutes manières. +9-10. Le Seigneur fait subir au meurtrier un interrogatoire qui rappelle celui d'Adam et d'Eve, iTi, 9-13. — Nescio... Réponse encore plus arro- gante que mensongère. Mais on ne trompe pas Dieu : Vox sanguinis ( « sanguinum , » au plu- riel d'intensité ) fratris tui... Belle et énergique +prosopopée. « Le sang de Notre - Seigneur Jésus- Christ crie plus fortement encore, » dit saint Paul ; mais en notre faveur. Hebr. xii, 24. +11-12. La sentence. — Maledictus. Adam et Eve n'avaient pas été maudits personnellement. — Super terram, quœ aperuit... Autre belle figure. Cette terre vengera le sang d'Abel , qu'elle a pieu- sement reçu. D'abord elle sera stérile pour Caïn ; puis elle ne lui permettra de s'arrêter nulle part : vagus et profugus. +13-14. Dixitque Cain. A son arrogance a suc- cédé le plus profond désespoir, mais il ne mani- feste aucun repentir; il ne redoute que la con- séquence possible de son crime , la mort violente dont il a vu de près l'horreur. — Omnis igitur... Quelqu'un des autres enfants ou petits - enfants d'Adam et d'Eve , mentionnés plus bas , iv, 4. +15. Nequaquam... Dieu le rassure à ce sujet, car il entrait dans les plans providentiels qu'il expiât longuement sa faute, et que son seul aspect in- spirât aux autres hommes une vive aversion pour le meurtre. — A sa promesse, Dieu ajoute une sanction : septuplum punietur, chiffre rond, équivalent à a multum ». En outre, pour que personne ne pût alléguer l'ignorance, posuit si- gnum : signe extérieur et visible, mais dont on ne saurait indiouer la nature. +36 +Gen. IV, 16-23. +16. Egressusque Gain a facie Domini, habitavit profugus in terra, ad orienta- lem plagam Eden. +17. Coguovitautem Gain uxorem suam, quœ concepit et peperit IIenoch;et œdi- licavit civitatem, vocavitque nomen ejus ex nomine filii sui, Ilenoch. +18. Porro Ilenoch genuit Irad, et Irad genuit Maviael, et Maviael genuit Ma- tliusael, et ^Mathusael genuit Lamecli. +19. Qui accepit duas uxores : nomen uni Ada, et nomen alteri Sella. +20. Genuitque Ada Jabel, qui fuit pa- ter habitantium in tentoriis, atque pa- storum. +21. Et nomen fratris ejus Jubal; ipse fuit pater canentium cithara et organo. +22. Sella quoque genuit Tubalcain, qui fuit malleator et faber in cuncta opéra ieris et ferri. Soror vero Tubalcain , Noema. +23. Dixitque Lamech. uxoribus suis Adœ et Selke : Audite vocem meam, uxores Lamech, auscultate sermonem meum : quoniam occidi virum in vulnus meum , et adolescent ulum in livorem meum. +16. Gain, s'étant retiré de devant la face du Seigneur, fut vagabond sur la terre, et il habita vers la région orientale d'Eden. +17. Et ayant connu sa femme, elle conçut et enfanta Hénoch. Et il bâtit une ville qu'il appela Hénoch , du nom de son fils. +18. Or Hénoch engendra Irad, et Irad engendra Maviael, et Maviael engendra Mathusaël, et Mathusaël engendra La- mech, +19. Qui eut deux femmes, dont l'une s'appelait Ada , et l'autre Sella. +20. Ada enfanta Jabel, qui fut père de ceux qui demeurent dans des tentes, et des pasteurs. +21. Son frère s'appelait Jubal : et il fut le père de ceux qui jouent de la harpe et de l'orgue. +22. Sella enfanta aussi Tubalcain , qui eut l'art de travailler avec le marteau , et qui fut habile en toutes sortes d'ouvrages d'airain et de fer. Noéma était la sœur de Tubalcaïn. +23. Or Lamech dit à ses femmes Ada et Sella : Femmes de Lamech, entendez ma voix, écoutez ce que je vais dire : J'ai tué un homme pour ma blessure, et un jeune homme pour ma meurtrissure. +16. Exécution de la sentence. — A facie Do- mini, c.-ù-d., comme au vers. 15, loin de la con- trée habitée par le reste de la famille humaine, cil le Seigneur continuait ses aimables manifesta- tions. — Habilavlt pro/ugns in terra. D'après l'hébr. : il habita « dans la terre de Nod » , située ad orientalem plagam Eden. Nod signifie exil, fuite; c'est à cause de Caïn qu'on appela ainsi le pays de ses pérégrinations. +2° La race de Caïn, 17-24. +1 7. Uxorem swam. C'était en même temps l'une de ses sœurs. — JEdificavit civitatem. «i Y ille » qui dut être bien modeste à ses débuts : quelques cabanes, entourées d'un retranchement protec- teur. Néanmoins c'était un progrès. Nous trou- verons d'autres progrès semblables parmi les des- cendants de Caïn : les premiers rudiments des arts, de la métallurgie, etc. Ce qu'on nomme au- jourd'hui la civilisation apparut donc tout d'a- bord dans la race maudite ; et rien de plus natu- rel , car, quoique bonnes en elles-mêmes, les inven- tions qui ont pour but principal le confort de lu vie marquent des tendances sensuelles, et con- duisent aisément loin de Dieu. — Eenoch. En hébr. : hanolc, consacré. Caïn demeura « vagus et profugus », malgré la construction de cette ville. +18. Quatre nouvelles générations (Eenoch, Irad, Maviael, Mathusaël) nous conduisent à Lamech, le dernier dcsccudunt de Caïn dont la +Bible ait conservé le nom. La sensualité (19-22) et l'impiété (23-24) de sa race semblent s'être concentrées en lui. +19. Duas uxores. Lamech fut ainsi le premier à violer la sainte unité du mariage, instituée par Dieu même, ii, 22-24. — Ada ( 'ada /i, beauté), {iella (slllah, ombre). Noms qui dénotent une attention spéciale dos hommes aux avantr.ges ex- térieurs, et, par suite, la « concupiscentia ocu- lorum ». +20-21. Les fils d'Ada. — Jahel pater /tabttan- tium...: c.-à-d. le fondateur de la vie nomade, telle que la pratiquent certaines tribus arabes , etc. Ces pasteurs nomades changent constamment de place, pour trouver des pâturages à leurs nom- breux troupeaux ; ils ont donc besoin de tentes mobiles. — Jubal... pater canentium. (hébr. : de ceux qui manient) cithara: le Icinnôr, sorte de guitare, pour représenter tous les instruments à cordes; organo j le ^ugab, probablement la flûte de Pan, pour repx'ésenter tous les instruments à vent. Voy. l'^i^as archéolog., pi. lxi-lxiv. +22. Les enfants de Sella. — Tubalcain..., l'in- venteur de la métallurgie; Noema, la «gra- cieuse ». D'après la tradition Juive , Noéma aurait inventé l'art de filer et de tisser. +23-24. Nous avons ici le plus ancien morceau poétique composé dans le langage humain. C'est un chant brutal et sauvage, qu'on nomme assez communément le Chaut du glaive , parce qu'il sa +Gen. IV, 24 — V, 4. +37 +24. On vengera sept fois la mort de Caïn, et celle de Lamech soixante-dix fois sept fois. +25. Adam connut encore sa femme , et elle enfanta nn fils, qu'elle appela Seth, en disant : Le Seigneur m'a donné un autre fils au lieu d'Abel, que Caïn a tué. +26. Il naquit aussi à Seth un fils, qu'il appela Enos. C'est lui qui commença d'in- voquer le nom du Seigneur. +24. Septuplum ultio dabitur de Cain; de Lamech vero septuagies septies. +25. Cognovit quoque adhuc Adam uxo- rem suam, et peperit filium, vocavitque nomen ejus Seth, dicens : Posuit mihi Deus seraen aliud pro Abel, quem occidit Cain. +26. Sed et Seth natus est filius, quem vocavit Enos ; iste cœpit invocare nomen Domini. +CHAPITRE V +1 . Voici le livre des générations d'Adam. Au jour que Dieu créa l'homme, Dieu le fit à sa ressemblance. +2. Il les créa mâle et femelle, et il les bénit, et il leur donna le nom d'Adam au jour qu'ils furent créés. +3. Adam, ayant vécu cent trente ans, engendra un fils à son image et à sa res- semblance, et il le nomma Seth. +4. Après qu'Adam eut engendré Seth, il vécut huit cents ans , et il engendra des fils et des filles. +1. Hic est liber generationis Adam. In die qua creavit Deus hominem, ad simi- litiidinem Dei fecit illum. +2. Masculum et feminam creavit eos, et benedixit illis , et vocavit nomen eo- rum Adam, in die quo creati sunt. +3. Vixit autem Adam centum triginta annis ; et genuit ad imaginem et simili- tudinem suam, vocavitque nomen ejus Seth. +4. Et facti sunt dies Adam , postquam genuit Seth, octingenti anni; genuitque filios et filias. +rattacherait à la première arme forgée par Tu- baîcaïn. Il se compose d'un court prélude : Au- dite... auscultate..., et d'une strophe unique, 23- 24. — Occidi. Si l'on traduit par le parfait, ce serait une allusion à un événement antérieur; Lamech se vanterait d'un meurtre. Il est préfé- rable de traduire par le présent ou par le futur ; Lamech proclame ses projets sanguinaires. — Vl- rum, adolescentulum ne désignent qu'un seul individu, en vertu du parallélisme; de même, in vulnus, in livorem, se rapportent à un fait unique, quelque mauvais traitement dont La- mech craignait d'être l'objet. — Si on le frappe, il saura se venger amplement, non pas septu- plum (allusion impie à la parole divine, ver- set 15), mais septuagies septies (hébr. : soixante- dix-sept fois ). Son bras lui suffira pour cela ; il n'aura pas besoin de Dieu, comme Caïn. +3° Seth et sa race, 25-26. +Le rameau de Caïn est tout à coup retranché de l'arbre qui doit produire le Messie. Après cette élimination ( voy. la page 9 ), nous revenons à la branche principale. +25. Seth, dicens : Posuit. Jeu de mots sem- blable h celui que nous avons rencontré pour Caïn, vers. 1 : set, compensation, et sat, il a compensé. C'est encore une parole de roi : Eve sent que les grandes espérances de la famille hu- maine sei'ont rattachées par Dieu à ce second Abel. +26. Enos. En hébr. : ^énos, homme ; mais l'homme considéré dans sa faiblesse (comparez +l'assyrien ênsu, fragile). — Cœpit invocare... Beau titre de noblesse pour Enos, Le culte divin existait avant lui, comme nous l'avons vu au commencement de ce chapitre ; mais , de privé il le rendit public : il fonda en quelque sorte l'É- glise. Ces mots font ressortir le caractère reli- gieux des Séthitcs, par opposition à l'esprit mon- dain et profane des Caïnites. +LIYRE II +Les générations d'Adam. V, 1 — VI, 8. +§1. — Généalogie des premiers fils de SetJi.Y, 1-31. +C'est ici la première des tables généalogiques, si nombreuses dans la Bible, et qui ont pour but principal de signaler les ancêtres du Christ. Cf. Matth. I, 1-17, et Luc. m, 23-38. Elle embrasse une durée de près de mille ans. Sa rapidité, et les mêmes formules qui reviennent comme une sorte de refrain, sont d'un bel effet. +Chap. V. — 1. Eic est liber... Adam. Ces mots forment le titre du livre. Voy. ii, 4, et la note. — Les suivants, in die qua... jusqu'à la fin du vers. 2, contiennent tin résumé de la création de l'homme. Dieu est mis en tête de la liste des pa- triarches , comme étant leur vrai père à tous , en tant que Créateur. Cf. Luc. m, 38. — Ad simi- litudinem Dei... Ce n'est pas sans fierté que IC' narrateur revient sur cette idée. +3-5. Sommaire de la vie d'Adam. Il consiste en quatre faits particuliers, dont trois sont marqués par des dates , et en un fait général. — Premier +38 +Gen. V, 5-22. +5. Et factum est omne tempiis quod vixit Adam, anni nongenti triginta, et mortuiis est. +6. Vixit quoqiie Seth centum qiiinque annis, et geniiit Enos. +7. Yixitque Seth postquam genuit Enos, octingentisseptem annis, genuitque filios et filias. +8. Et facti sunt omnes dies Setli non- gentorum duodecim annorum, et mor- tuus est. +9. Vixit vero Enos nonaginta annis, et genuit Cainan. +10. Post cujus ortum vixit octingentis quindecim annis , et genuit filios et tilias. +11. Tactique sunt omnes dies Enos nongenti quinque anni, et mortuus est. +12. Vixit quoque Cainan septuaginta annis, et genuit Malaleel. +13. Et vixit Cainan postquam genuit Malaleel , octingentis quadraginta annis , genuitque filios et filias. +14. Et facti sunt omnes dies Cainan nongenti decem anni, et mortuus est. +15. Vixit autem Malaleel sexaginta quinque annis, et genuit Jared. +16. Et vixit Malaleel postquam genuit Jared , octingentis triginta annis ; et ge- nuit filios et filias. +17. Et facti sunt omnes dies Malaleel octingenti nonaginta quinque anni, et mortuus est. +18. Vixitque Jared centum sexaginta duobus annis, et genuit Henoch. +19. Et vixit Jared postquam genuit Henoch, octingentis annis, et genuit filios et filias. +20. Et facti sunt omnes dies Jared nongenti sexaginta duo anni , et mortuus est. +21. Porro Henoch vixit sexaginta quin- que annis, et genuit Mathusalam. +22. Et ambulavit Henoch cum Deo ; et vixit, postquam genuit Mathusalam, +5. Et tout le temps de la vie d'Adam fut de neuf cent trente ans, et il mourut. +6. Seth aussi, ayant vécu cent cinq ans, engendra Enos. +7. Et après que Seth eut engendré Enos, il vécut huit cent sept ans, et il engendra des fils et des filles. +8. Et tout le temps de la vie de Seth fut de neuf cent douze ans , et il mourut. +9. Enos , a5^ant vécu quatre-vingt-dix ans, engendra Caïnan. +10. Depuis la naissance de Caïnan il vécut huit cent quinze ans , et il engen- dra des fils et des filles. +11. Et tout le temps de la vie d'Enos fut de neuf cent cinq ans, et il mourut. +12. Caïnan aussi, ayant vécu soixante- dix ans, engendra Malaleel. +13. Après avoir engendi'é Malaleel, il vécut huit cent quarante ans, et il engen- dra des fils et des filles. +14. Et tout le temps de la vie de Caïnan fut de neuf cent dix ans , et il mourut. +15. Malaleel, ayant vécu soixante-cinq ans, engendra Jared. +16. Après avoir engendré Jared, il vécut huit cent trente ans, et il engendra des fils et des filles. +17. Et tout le temps de la vie de Mala- leel fut de huit cent quatre-vingt-quinze ans , et il mourut. +18. Jared, ayant vécu cent soixante- deux ans , engendra Henoch. +19. Après avoir engendré Henoch, il vécut huit cents ans, et il engendra des fils et des filles. +20. Et tout le temps de la vie de Jared fut de neuf cent soixante-deux ans, et il mourut. +21. Or Henoch, ayant vécu soixante- cinq ans, engendra Mathusala. +22. Henoch marcha avec Dieu ; et après avoir engendré Mathusala, il vécut trois +fait particulici', l'âge d'Adam au moment de la naissance de Seth, l'héritier des pi-omcsses '.cen- tum triginta annis... L'expression ad imaginem et similitudinem suam, si rapprochée de la phrase a ad similitudinem Doi fecit illum ï (ver- set 1), est significative. Hélas! Adam ne put transmettre à ses flls qu'une ressemblance divine bien amoindrie. — Second fait particulier, l'indi- cation du reste de la vie d'Adam : octingenti anni. — Fait général : genuit filios et filias. — Troi- sième fait particulier, le chiffre total dos années d'Adam, obtenu en additionnant les deux nom- bres qui précèdent : aiini nongenti triginta. — Quatrième fait particulier, la lugubre constata- +tion de la mort : et mortuus est. — Les autres sommaires seront calqués sur celui-là. Des trois dates, la première est la plus importante, car c'est par elle que l'on connaît le temps écoulé entre la création de l'homme et le déluge. +6-8. Sommaire de la vie de Seth. +9-11. Sommaire de la vie d'Enos. +12-14. Sommaire de la vie de Caïnan. +15-17. Sommaire de la vie de Malaleel. +18-20. Sommaire de la vie de Jared. +21-24. Sommaire de la vie d'Henoch. — Ici un premier trait nous frappe : la brièveté relative des années de ce patriarche ; seulement trccenti sexaginta quinque anni! Puis, aux vers. 22 et +Gen. V, 23-31. +39 +cents ans, et il engendra des fils et des filles. +23. Et tout le temps qu'Hénoch vécut fut de trois cent soixante-cinq ans. +24. Il marcha avec Dieu, et il ne parut plus, parce que Dieu l'enleva. +25.Mathusala, ayant vécu cent quatre- vingt-sept ans, engendra Lamech. +26. Après avoir engendré Lamech, il vécut sept cent quatre-vingt-deux ans , et il engendra des fils et des filles. +27. Et tout le temps de la vie de Ma- thusala fut de neuf cent soixante -neuf ans , et il mourut. +28. Lamech , ayant vécu cent quatre- vingt-deux ans, engendra un fils, +29. Qu'il nomma Noé, en disant : Ce- lui-ci nous consolera parmi nos travaux et les œuvres de nos mains, sur la terre que le Seigneur a maudite. +30. Lamech, après avoir engendré Noé, vécut cinq cent quatre - vingt - quinze ans , et il engendra des fils et des filles. +31. Et tout le temps de la vie de La- mech fut de sept cent soixante-dix-sept ans, et il mourut. Or Noé, ayant cinq cents ans, engendra Sem, Cham et Ja- pheth. +trecentis annis, et genuit filios et filias. +23. Et facti sunt omnes dies Henoch trecenti sexaginta quinque anni. +24. Ambulavitque cum Deo, et non apparuit, quia tulit eum Deus. +25. Vixit quoque Mathusala centum octoginta septem annis, et genuit La- mech. +26. Et vixit Mathusala, postquam ge- nuit Lamech, septingentis octoginta duo- bus annis, et genuit filios et filias. +27. Et facti sunt omnes dies Mathu- sala nongenti sexaginta novem anni, et mortuus est. +28. Vixit autem Lamech centum octo- ginta duobus annis , et genuit filiuni ; +29. Vocavitque nomen ejus Noe, di- cens : Iste consolabitur nos ab operibus et laboribus manuum nostrarum, in terra cui maledixit Dorainus. +30. Vixitque Lamech, postquam ge- nuit Noe, quingentis nonaginta quinque annis, et genuit filios et filias. +31. Et facti sunt omnes dies Lamech septingenti septuaginta septem anni, et mortuus est. Noe vero, cum quingento- rum esset annorum, genuit Sem, Cham, et Japheth. +24 , la formule , j asqiie-lù si rigide , se transforme, pour signaler deux autres circonstances particu- lières : 1° Ambulavit cum Deo. Hébraïsme, pour « sancte et pie vixit y>, comme traduisent les Tar- gums ; une douce intimité avec Dieu est désignée par cette expression pittoresque, qui sera réité- rée au sujet de Noé, vi, 9. 2° Et non apparuit, au lieu du « mortuus est » accoutumé ; le motif de cette disparition subite est ensuite indiqué : tulit eum Deus, c.-à-d. que Dieu l'enleva tout vivant de ce monde, comme plus tard Élie, IV Reg. lu, 3, ainsi que l'ont constamment ensei- gné les traditions juive et chrétienne. Cf. Eccli. xxrv, 6 ; Hebr. xi, 5. L'un et l'autre, ils sont mis en réserve pour jouer un grand rôle aux derniers jours du monde, et pour lutter contre l'Anté- christ, Mal. IV, 5; Matth. xvii, 10; Apoc. xi, 4. Hénoc'i fut prophète durant sa vie, comme le raconte saint Jude, 14. +25-27. Sommaire de la vie de Mathusalem, ce- lui des patriarches qui parvint h l'âge le plus avancé. +28-3 1\ Sommair.^ de la vie de Lamech. — Pour lui aussi, un trait spécial est signalé, vers. 29. Comme Eve, il fit un bel acte de foi en choisis- sant le nom de son premier-né. Noe ( Noah ), s'é- cria-t-il en faisant à son tour une paronoraase ; car iste covsolabitur ( y'naham ) nos... Il espé- rait sans doute qu'en ce fils se réaliseraient les promesses de salut, in, 15. +31b. Début de la vie de Noé. — On mentionne +simultanément ses trois fils, en vue de la suite du récit. +*** Les dates qui précèdent montrent que la moyenne de la vie , avant le déluge , était dix fois plus considérable qu'aujourd'hui. Quoique les an- ciens écrivains du paganisme soient d'accord avec la Bible pour attribuer une longévité extraor- dinaire aux premiers humains, ces chiffres sont néanmoins si élevés , qu'on a cru souvent devoir les réduire, dans un intérêt apologétique. C'est ainsi que, dès les premiers siècles du christia- nisme, divers auteurs ont prétendu qu'il s'agis- sait d'années d'un mois, ou de trois mois, ana- logues à celles que Diodore de Sicile, Pline et Plutarque attribuent aux Égyptiens. Mais , d'une part , l'ensemble du récit démontre clairement que Moïse a en vue des années ordinaires, com- posées de douze mois, à trente jours par mois (Cf. VIII, 3-5); d'autre part, ce système produit des résultats absurdes , tels que la paternité de Malaléel et d'Enos avant l'âge de six ans. Plu- sieurs exégètes contemporains ne vont pas moins contre la pensée du narrateur, en affirmant que chaque nom de patriai-che représente une dynastie, une période. — Il faut donc prendre les chiffres à la lettre. Une vitalité plus grande aux premiers jours du monde, un climat plus sain, une nour- riture probablement plus substantielle, le plan divin relatif à la propagation rapide de l'espèce humaine, et à la parfaite préservation des tra- +40 +Gen. VI, 1-5. +CHAPITRE VI +1. Cumque cœpissent homines multi- plicari super terram, et filias procréas- sent, +2. Videntes filii Dei filias hominum qiiod essent pulchrœ , acceperunt sibi uxores ex omnibus , quas elegerant. +3. Dixitque Deus : Non permanebit spiritus meus in homine in œternum, <[uia caro est; eruntque dies illius cen- tum viginti annorum. +4. Gigantes autem erant super terram in diebus illis. Postquam enim ingressi sunt filii Dei ad filias hominum , illœque genuerunt, isti sunt potentes a sœculo viri famosi. +5. Videns autem Deus quod multa ma- +1. Après que les hommes eurent com- mencé à se multiplier sur la terre et qu'ils eurent engendré des filles, +2. Les enfants de Dieu, voyant que les filles des hommes étaient belles, prirent pour leurs femmes celles d'entre elles qui leur avaient plu. +3. Et Dieu dit : Mon esprit ne demeu- rera pas pour toujours avec l'homme, parce qu'il est chair; et le temps de l'homme ne sera plus que de cent vingt ans. +4. Or il y avait des géants sur la terre en ce temps-là. Car depuis que les enfants deDieu eurent épousé les filles des hommes, il en sortit des enfants qui furent des hommes puissants et dès longtemps fa- meux. +5. Mais Dieu, voyant que la malice des +ditions religieuses : autant de motifs qui expli- quent cette remarquable longévité. Voy. Reusch, la Bible et la nature, leçon sxxi. +Le désaccord des sommes partielles ou totales dans les différents textes de la Bible (l'hébreu, qu'a suivi la Vulgate ; le samaritain ; le grec des Septante ) forme ici une autre difficulté. Par exemple, le texte grec compte 2242 ans (2262 d'après quelques manuscrits et quelques Pères) avant le déluge ; le samaritain, seulement 1 307 ans ; l'hébreu et la Vulgate, 1G56 ans. De même pour plusieurs des dates particulières. Ces divergences sont évidemment le fait des copistes ; les erreurs étaient d'autant plus faciles, que les chiffres étaient représentés par des lettres, et que ces lettres se ressemblaient parfois beaucoup. Le problème est malheureusement insoluble. Voyez \q Man. hibl., I, n. 314-316. +§ II. — Préparation à l'histoire du déluge. VI, 1-8. +1° Profonde corruption du genre humain, vers. 1-4. +Chap. VI. — 1-2. Les deux races humaines, celle de Caïn et celle de Seth, après avoir vécu séparées, se rapprochent, et de leur union nais- sent les plus grands maux. — Videntes , avec des yeux profanes et sensuels. — Les filii Dei ne sauraient être les anges , comme l'ont pensé beau- coup d'anciens intci-prètes , même parmi les Pères (S. Justin, Clément d'Alex., Tortull., Athéna- gore , Lactance ; plusieurs poètes célèbres de notre époque ont tiré parti de cette opinion ) : les anges sont de purs esprits, auxquels de telles alliances seraient impossibles. Cf. Matth. xxn, 30. Cette expression désigne les descendants de Seth, qui, par leur caractère religieux, s'étaient manifestés jusqu'alors comme devrais enfants du Seignet +De même, par Jlllas Jiominum, il faut entendre les femmes issues de Caïn , et de sa race aux sen- timents tout terrestres. — Accepermit... uxores... Et ils furent bientôt entraînés eux-mêmes dans les voies mondaines et perverses de ces femmes, ainsi qu'il est arrivé si souvent dopiiis. +3. Dieu se venge en abrégeant d'une manière notable la vie humaine. — Spiritus meus. Le souffle vital par lequel le Créateur avait com- muniqué la vie à Adam, ii, 7. — Motif du châ- timent : quia caro est; « chair » en mauvaise part, comme dans les écrits de saint Paul. — Résultat : l'âge normal et moyen sera notable- ment abaissé (cent a m viginti annormn). — D'après une autre interprétation beaucoup moins probable, le divin langage respirerait, au con- traire, la miséricorde : Mon esprit ne jugera pas, ne condamnera pas trop sévèrement les hommes , à cause de leur grande faiblesse ; ils au- ront encore cent vingt années de répit avant le déluge. +4. Gigantes. Hébr. : Jiann'filim ; littéral. : « ceux qui tombent sur, » par conséquent des hommes de violence, des tyrans. Ce mot ne se retrouve qu'au passage Num. xni, 33, où il dé- signe les habitants gigantesques de Chanaan; la Vulgate a donc bien traduit. — Postqnam enim... D'après notre version latine, ces géants auraient été le fruit des mariages signalés plus haut ; le texte hébreu les mentionne indépendam- ment de ces unions profanes. Ils existaient donc auparavant (a sœculo, depuis longtemps), mais ils se multiplièrent encore. +2° L'annonce du déluge, vers. 5 -S. +5. Description énergique des flots toujours montants de la malice humaine. — Cuncta cogi- tatio cordis... L'hébreu est encore plus expres- +_sif : (( Omne figniontTun cogitationum coi'dis duû- taxàt jçsset malum omnibus diebus.» +BRARY +)■] +Gen. VI, 6-14. +41 +hommes qui vivaient sur la terre était extrême, et que toutes les pensées de leur cœur étaient en tout temps appliquées au mal, +6. Il se repentit d'avoir fait l'homme sur la terre. Et étant touché de douleur jusqu'au fond du cœur, +7. Il dit : J'exterminerai de dessus la terre l'homme que j'ai créé; j'exterminerai tout, depuis l'homme jusqu'aux animaux, depuis ce qui rampe sur la terre jus- qu'aux oiseaux du ciel : car je me repens de les avoir faits. +8. Mais Noé trouva grâce devant le Seigneur. +9. Voici les générations de Noé. Noé fut un homme juste et parfait au milieu des hommes de son temps : il marcha avec Dieu. +10. Et il engendra trois fils , Sem , Cham et Japheth. +11. Or la terre était corrompue devant Dieu, et remplie d'iniquité. +12. Dieu voyant donc cette corruption de la terre (car la vie que tous les hommes y menaient était toute corrompue) , +13. Il dit à Noé : J'ai résolu de faire périr tous les hommes. Ils ont rempli toute la terre d'iniquité, et je les exter- minerai avec la terre. +14. Faites-vous une arche de pièces de bois aplanies. Vous y ferez de petites chambres, et vous l'enduirez de bitume au dedans et au dehors. +litia hominum essct in terra, et cuncta cogitatio cordis intenta esset ad malum omni tempore, +6. Pœnituit eum quod hominem fecis- set in terra. Et tactus dolore cordis in- trinsecus, +7. Delebo , inquit , hominem , quem creavi, a facie terrse, ab homine usque ad animantia, a reptili usque ad volucres cœli ; pœnitet enim me fecisse eos. +8. Noe vero invenit gratiam coram Domino. +9. Hae sunt generationes Noe : Noe vir justus atque perfectus fuit in gene- rationibus suis, cum Deo ambulavit. +10. Et genuit très filios, Sem, Cham et Japheth. +11. Corrupta est autem terra coram Deo, et repleta est iniquitate. +12. Cumque vidisset Deus terram esse corruptam (omnis quippe caro corruperat viam suam super terram), +13. Dixit ad Noe : Finis universae car- nis venit coram me ; repleta est terra iniquitate a facie eorum, et ego disper- dam eos cum terra. +14. Fac tibi arcam de lignis levigatis ; mansiunculas in arca faciès , et bitumine linies intrinsecus et extrinsecus. +6 -7. Dieu ne peut supporter davantage une ré- volte si audacieuse, et il décrète la ruine des coupables. Ses sentiments sont admirablement dé- crits au vers. 6 C remarquez les anthi'opomor- phismes pœnituit, tactus dolore...) ; il énonce lui- même son décret au vers. 7. Les animaux seront englobés dans le malheur de l'homme , parce qu'ils ont été créés pour lui. +8. Koe vero... L'unique exception dans la sen- tence, parce que c'était l'unique exception dans le mal. Bsl éloge de Noé, après ce qui précède. +LIVRE III Les générations de Noé. YI, 9 — IX, 29. +L'histoire de Noé est au fond celle du déluge , qui est assez longuement racontée, à cause de son importance. +§ I. — Construction de l'arche. VI, 6-22. +9-10. — D'abord le titre du livre : Hce sunt generationes Noe. — Puis une courte esquisse des qualités morales du héros : Vir justus... Les mots in oeneratioriibus suis sont un hébraïsme équivalant à « parmi ses contemporains ». — On rappelle enfin les noms dos trois fils de Noé. +11. A la vertu de Noé, la corruption du reste +des hommes est encore opposée. — Coram Dca, hébraïsme pour dire « tout à fait ». — Iniqui- tate, ou plutôt : de violence, sans doute par le fait des N'fllim, vers. 4. +12. Cumque vidisset. Répétition extrêmement frappante de la même pensée. — Caro désigne les hommes, comme terra au vers. 11. — Corruperat viam... est une belle figure : au lieu de tendre à sa fin par la droite voie, l'humanité s'était com- plètement égarée. +13. Dieu, sur le point d'exécuter ses plans (ver- set 7 ), daigne les communiquer à Noé , qu'il veut sauver. L'arrêt en général (13), l'ordre de cons- truire l'arche (14-16), le mode d'exécution de l'arrêt (15-17), le salut de Noé (18) et d'un certain nombre d'animaux (19-21) : telles sont les pensées exprimées tour à tour. — Finis... vB' nit coram me, c.-à-d. : j'ai résolu de détruire tous les hommes. +14. Forme générale de l'arche. — Fac tihi ar- cam. En dehors de l'histoire du déluge , l'expres- sion hébraïque tébat n'est emploj^ée qu'au passage Ex. n, 5, où elle désigne la petite nacelle de pa- pyrus dans laquelle Moïse fut exposé sur le Nil. Les détails qui suivent montrent que l'arche n'é- tait pas un vaisseau proprement dit, muni do +42 +Gen. VI, 15-22. +15. Et sic faciès eam : Trecentonim cubitorum erit longitudo arcae , quinqua- ginta culntorum latitudo, et triginta cu- bitorum altitude illius. +16. Fenestram in arca faciès, et in cubito consummabis summitatem ejus; ostium autem arcae pones ex latere ; de- orsum, cœnacula, et tristega faciès in ea. +17. Ecce ego adducam aquas diluvii super terram, ut interficiam omnem car- nem , in qua spiritus vitse est subter cœ- lum. Universa quœ in terra sunt, consu- mentur. +18. Ponamque f œdus meum tecum ; et ingredieris arcam tu, et filii tui, uxor tua , et uxores filiorum tuorum tecum. +19. Et ex cunctis animantibus uni- versse carnis bina induces in arcam, ut vivant tecum : masculini sexus et femi- nini. +20. De volucribus juxta genus suum , et de jumentis in génère suo, et ex omni reptili terres secundum genus suum : bina de omnibus ingredientur tecum, ut possint vivere. +21. Toiles igitur tecum ex omnibus escis, quse mandi possunt, et comporta- bis apud te ; et erunt tam tibi , quam illis in cibum. +22. Fecit igitur Noe omnia quge prae- ceperat illi Deus. +15. Voici la forme que vous lui donne- rez. Sa longueur sera de trois cents cou- dées , sa largeur de cinquante , et sa hau- teur de trente. +16. Vous ferez à l'arche une fenêtre. Le comble qui la couvrira sera haut d'une coudée; et vous mettrez la porte de l'arche au côté ; vous ferez un étage tout en bas, un au milieu, et un troisième. +17. Je m'en vais répandre les eaux du déluge sur la terre, pour faire mourir toute chair qui respire, et qui est vivante sous le ciel. Tout ce qui est sur la terre sera consumé. +18. J'établirai mon alliance avec vous ; et vous entrerez dans l'arche, vous et vos fils , votre femme , et les femmes de vos fils avec vous. +19. Vous ferez aussi entrer dans l'arche deux de chaque espèce de tous les ani- maux, un mâle et une femelle, afin qu'ils vivent avec vous. +20. De chaque espèce des oiseaux vous en prendrez deux ; de chaque espèce des animaux terrestres, deux ; de chaque es- pèce de ce qui rampe sur la terre , deux. Deux de toute espèce entreront avec vous dans l'arche, afin qu'ils puissent vivre. +21. Vous prendrez aussi avec vous de tout ce qui se peut manger, et vous le porterez dans l'arche , pour servir à votre nourriture et à celle de tous les ani- maux. +22. Noé accomplit donc tout ce que Dieu lui avait commandé. +mâts, de voiles, d'avirons, etc.; c'était plutôt une énorme caisse flottante. Cf. Sap, xrv, 5. — De lignis levigatis. Hébr. : de bois de go/er , sorte d'arbre résineux dont on ne saurait au juste pré- ciser la nature ( Onkélos : le cèdre ; plus proba- blement, le cyprès, que sa solidité et sa légèreté rendent très apte à la construction des navires). — Mansiunculas. Hébr. : des nids ; c- à - d, des compartiments isolés, pour recevoir les diverses espèces d'animaux. — Et bitumine Unies..., comme on fait pour les vaisseaux , afln de les rendre plus imperméables. +15. Les dimensions de l'arche. — La coudée hébraïque équivalant à peu près à 0'" 52 , la lon- gueur de l'arche était donc de 156'", fa largeur de 26'", sa hauteur de 16"', en chiffres ronds : ce qui donne une capacité de 64 896 mètres cubes, tspace qui suffisait largement pour le but pro- posé, ainsi qu'on l'a souvent et ingénieusement démontré. Voyez, dans la Bible de Vencc, la dis- sertation sur l'arche ùe Noé. +16. Quelques autres détails sur la fabrication de i'archc.— 1° Fenestram. En liébr.: .so/Ktr, lumière. a Lumen faciès arca?, » traduit Onkélos; «spéculas, » d'après le syriaque. C'est donc plutôt un système d'éclairage qu'une fenêtre unique. — 2° L'arran- +gement du toit : et in cubito.., summitateyn ejus (de l'arche). Ce qui signifle que l'inclinaison du toit, ou son élévation au-dessus du sommet de l'arche , ne dépassait pas une coudée ; il était donc presque jilat. — S» Ostium... ex latere: une seule porte, située h l'un des côtés. — 4" Deorsum, cœnacula, et tristega. Dans l'hébr. : « inferiora, secunda et tertia; » trois étages à l'intérieur, +17. L'exécution du divin décret aura lieu per aquas diluvii (mabbul, le nom technique du déluge en hébreu), et il détruira omnem carnem... quce in terra. Les animaux aquatiques ne seront pas atteints. +18. Double exception à ce décret terrible : quelques hommes (18), lui certain nombre d'ani* maux terrestres (19-20) seront sauvés. — i^cedîts meum. C'est pour la première fois que nous ren- controns cette expression célèbre : b'rit. +19-20. Le vers. 19 exprime la pensée en termes généraux ; le 20^ la répète avec quelques détails. — Bina est complété par ma,sculin i... et feminini. +21. Ordre l'clatif aux provisions de nourriture que Noé devra entasser dans l'arche. +22. Fecit igitur Noe omnia... Plein de foi et d'obéissance, comme l'expose l'épître aux Hébr., XI, 7. Les autres hommes continuaient, pendant +Gen. VII, 1-9. +CHAPITRE VII +1. Le Seigneur dit ensuite à Noé : En- trez dans l'arche, vous et toute votre mai- son ; parce qu'entre tous ceux qui vivent aujourd'hui sur la terre j'ai reconnu que vous étiez juste devant moi. +2. Prenez sept par sept de tous les ani- maux purs, le mâle et sa femelle, et un couple d'animaux impurs, un mâle et une femelle. +3. Prenez aussi sept par sept des oi- seaux du ciel, un mâle et sa femelle ; afin d'en conserver la race sur la face de toute la terre. +4. Car je n'attendrai plus que sept jours, et après cela je ferai pleuvoir sur la terre quarante jours et quarante nuits, et j'exterminerai de dessus la terre toutes les créatures que j'ai faites. +5. Noé fit donc tout ce que le Seigneur lui avait commandé. +6. Il avait six cents ans lorsque les eaux du déluge inondèrent toute la terre. +7. Noé entra dans l'arche, et avec lui ses fils , sa femme , et les femmes de ses fils , pour se sauver des eaux du déluge. +8. Les animaux purs et impurs , et les oiseaux avec tout ce qui se meut sur la terre , +9. Entrèrent aussi dans l'arche avec +1. Dixitque Dominus ad eum : Ingre- dere tu , et omnis domus tua , in arcam : te enim vidi justum coram me in gene- ratione hac. +2. Ex omnibus animantibus mundis toile septena et septena, masculum et feminam ; de animantibus vero immun- dis duo et duo, masculum et feminam. +3. Sed et de volatilibus caeli septena et septena , masculum et feminam , ut salvetur semen super faciem universaî terrse. +4. Adhuc enim, et post dies septem ego pluam super terram quadraginta diebus et quadraginta noctibus, et delebo omnem substantiam, quam feci, de su- perficie terrae. +5. Fecit ergo Noe omnia quse manda- verat ei Dominus. +6. Eratque sexcentorum annorum quando diluvii aquse inundaverunt super terram. +7. Et ingressus est Noe et filii ejus, uxor ejus et uxores filiorum ejus cum eo, in arcam propter aquas diluvii. +8. De animantibus quoque mundis et immundis, et de volucribus, et ex omni quod movetur super terram , +9. Duo et duo ingressa sunt ad Noe in +ce temps, leur vie d'impiété ou d'indifférence sen- suelle. Cf. Matth. XXIV, 37 et ss. +§ II. — Le déluge. YII, 1 — YIII, 19. +Le récit est de nouveau remarquable par son mélange de simplicité et de majesté. Çà et là quelques expressions poétiques ; partout des ré- pétitions extraordinaires, d'un effet très frappant, car elles insistent sur les circonstances princi- pales ; progrès perpétuel dans la description. Les dates ont été notées avec une remarquable exac- titude, comme dans un journal de bord. +lo Le commencement du déluge. VIT, 1-16. +Les vers. 1-6 racontent les derniers préparatifs de Noé ; 7-16, l'entrée dans l'arche et le début du cataclysme. +Cpiap. VIL — 1. Dixitque Dominus... Cent ans s'étaient écoulés depuis les faits relatés plus haut. Cf. V, 31 et vil, 6. En prescrivant à Noé d'entrer dans l'arche avec sa famille, Dieu lui indique pourquoi il l'a choisi entre tous pour le sauver : te enim... +2-3. L'ordre relatif à la conservation des ani- maux est ici complété. — De animantihus mvndi.'? septena... C.-à-d. sept couples, suivant quelques +interprètes ; seulement trois couples et un animal impair, d'après l'opinion la plus probable. La for- mule analogue duo et duo, qui vient aussitôt après, ne désigne, en effet, qu'un couple. Le partage des animaux en purs et en impurs existait donc avant le déluge. Moïse reviendra plus longuement sur ce sujet aux livres du Lévitiq. , xi, et du Deu- téron., XIV. — De volatilibus : le texte samaritain ajoute « mundis » ; les oiseaux impurs ne furent également représentés que par une paire unique. — Il impoi'tait, en vue soit des sacrifices à offrir au Seigneur, soit de la nourriture des hommes , que les animaux purs se reproduisissent plus promp- tement ; c'est pour cela qu'une quantité plus no- table est préservée. +4. Grande énergie dans ces dernières paroles prononcées par Dieu avant le déluge. Remarquez surtout le deleho omnem sul)stantiam...'Par y'qum il faut entendre les hommes et les animaux (lit- téral. : ce qui se tient debout ). +5-7. Entrée de Noé dans l'arche avec sa fa- mille : « octo animae , » dira saint Pierre, I Petr. III, 20. — Propter aquas. D'après l'hébr.; de de- vant les eaux. +8-9. Les animaux entrent à leur tour. Il fut +44 +Gen. y II, 10-18. +arcam, masculus et femina, siciit prœ- ceperat Dominus Noe. +10. Cumque transissent septem dies, aqure diluvii inundaverunt super terram. +11. Anno sexcentesimo vitaî Noe, men- se secundo, septimodecimo die mensis, rupti sunt omnes fontes abyssi magnœ, et cataractœ oœli apertœ sunt ; +12. Et facta est plu via super teiTam quadraginta diebus et quadraginta no- ctibus. +13. In articulo diei illius ingressus est Noe, et Sem, et Cham, et Japheth, filii ejus, nxor illius, et très uxores filiorum ejus cum eis, in arcam; +14. Ipsi et omne animal secundum genus suum , universaque jumenta in génère suo, et omne quod movetur super terram in génère suo, cunctumque vola- tile secundum genus suum, universse aves, omnesque volucres +15. Tngressae sunt ad Noe in arcam, bina et bina ex omni carne , in qua erat spiritus vitse. +16. Et quse ingressa sunt, masculus et femina ex omni carne introierunt, sicut prfGceperat ei Deus ; et inclusit eum Do- minus de foris. +17. Factumque est diluvium quadra- ginta diebus super terram; et multi- plicatœ sunt aquse, et éleva verunt arcam in sublime a terra. +18. Veliementer enim inundaverunt, et omnia repleverunt in superficie terrse ; porro arca ferebatur super aquas. +Noé , deux à deux , mâle et femelle , selon que le Seigneur l'avait commandé à +Noé. +10. Après donc que les sept jours fu- rent passés, les eaux du déluge se répan- dirent sur la terre, +11. L'année six cent de la vie de Noé, ledix-septième jour du second mois , toutes les sources du grand abîme des eaux fu- rent rompues, et les cataractes du ciel furent ouvertes ; +12. Et la pluie tomba sur la terre pen- dant quarante jours et quarante nuits. +13. Aussitôt que ce jour parut, Noé entra dans l'arche avec ses fils, Sem, Cham et Japheth , sa femme , et les trois femmes de ses fils. +14. Tous les animaux sauvages selon leur espèce y entrèrent aussi avec eux, tous les animaux domestiques selon leur espèce; tout ce qui se meut sur la terre selon son espèce ; tout ce qui vole chacun selon son espèce ; tous les oiseaux et tout ce qui s'élève dans l'air ; +15. Tous ces animaux entrèrent avec Noé dans l'arche deux à deux, mâle et femelle de toute chair vivante et animée. +16. Ceux qui y entrèrent étaient donc mâles et femelles et de toute espèce , selon que Dieu l'avait commandé à Noé ; et le Seigneur l'y enferma par dehors. +17. Le déluge se répandit sur la terre pendant quarante jours, et les eaux, s'é- tant accrues, élevèrent l'arche en haut au-dessus de la terre. +18. Elles inondèrent tout, et couvrirent toute la surface de la terre ; mais l'arche était portée sur les eaux. +aisé à Noé d'en réunir un certain nombre; les autres se préscntèi-ent d'eux-mêmes, guidés par un instinct providentiel. +10-12. Après une courte pause, septem dies, qui dut être pleine d'émotions pour Noé et pour les siens, tout à coup aqiix inundaverunt. — La date solennelle et le mode terrible de ce ca- tach'smc sont successivement indiqués. 1° C'était la COO» année de Noé, le 17 du second mois. Les Juifs distinguèrent plus tard l'année civile, qui commençait en automne , et l'année ecclésiastique, dont le début avait lieu au printemps. Si, comme on l'admet assez généralement. Moïse désigne ici l'année civile, le déluge aura éclaté vers la rai- novembre, ce qui coïncide avec la saison des pluies en Orient. 2» La terre fut Inondée de toutes parts en même temps : les sources souterraines (omnes fontes) qui alimentent les mers (abi/ssi magi/œ) débordèrent toutes ensemble ; le ciel donna aussi toutes ses eau.x (cataractcc; dans l'hébr. : les fe- nêtres; notez la force et la beauté des expres- +sions). Ce second trait est développé au vers. 12 : et facta e^t plnvia... Gé5em marque habituelle- ment une pluie violente. — Quadraginta diebus..., sans interruption. Les inondations qui portent de temps à autre le ravage dans nos contrées après vingt -quatre ou quarante -huit heures de pluie nous donnent une légère idée de ce que dut être ce déluge. Les quarante jours font vraisembla- blement partie des cent cinquante mentionnés plus loin, vers. 24. +13-16. On revient sur l'entrée de Noé, de sa famille et des animaux dans l'arche, pour faire ressortir la grandeur du salut que Dieu leur ac- corda si gracieusement, tandis que tout le reste allait périr. — Détail tout à la fois pittoresque et touchant pour conclure : inclusit eum Dominus de foris, de manière ù fermer tout accès et aux eaux et aux hommes. +2° Les progrès du déluge. VII, 17-24. +17-23. Tableau vivant et saisissant. Ici encore les redites mettent en relief les principaux faits : +Gen. VII, 19 — VIII, 2. +45 +19. Et les eaux crCivent et grossirent prodigieusement au-dessus de la terre, et toutes les plus hautes montagnes qui sont sous le ciel entier furent couvertes. +20. L'eau dépassa encore de quinze coudées le sommet des montagnes qu'elle avait couvertes. +21. Toute chair qui se meut sur la terre en fut consumée, tous les oiseaux, tous les animaux, toutes les bêtes, et tout ce qui rampe sur la terre : +22. Tous les hommes moururent , et gé- néralement tout ce qui a vie et qui res- pire sous le ciel. +23. Toutes les créatures qui étaient sur la terre, depuis l'homme jusqu'aux bêtes, tant celles qui rampent que celles qui volent dans l'air, tout périt : il ne de- meura que Noé seul, et ceux qui étaient avec lui dans l'arche. +24. Et les eaux couvrirent toute la terre pendant cent cinquante jours. +19. Et aquro prœvaluerunt nimis super terram, opertique sunt omnes montes excelsi sub universo cœlo. +20. Quindecim cubitis altior fuit aqua super montes, quos operaerat. +21. Consumptaque est omnis caro qure movebatur super terram , volucrum , ani- mantium, bestiarum, omniumque repti- lium , quœ reptant super terram ; universi homines, +22. Et cuncta, in quibus spiraculum vitœ est in terra , mortua sunt. +23. Et delevit omnem substantiam, qu93 erat super terram, ab homine usque ad pecus, tam reptile quam volucres cseli, et deleta sunt de terra; remansit autem soins Noe , et qui cum eo erant in arca. +24. Obtinueruntque aquœ terram cen- tum quinquaginta diebus. +CHAPITRE VIII +1. Mais Dieu s'étant souvenu de Noé, de toutes les bêtes sauvages et de tous les animaux domestiques qui étaient avec lui dans l'arche, fit souffler an vent sur la terre, et les eaux commencèrent à dimi- nuer. +2. Les sources de l'abîme furent fer- mées, aussi bien que les cataractes du ciel, et les pluies qui tombaient du ciel furent arrêtées : +1. Recordatus autem Deus Noe, cun- ctorumque animantium, et omnium ju- mentorum, quse erant cum eo in arca, adduxit spiritum super terram, et im-' minutœ sunt aquae. +2. Et clausi sunt fontes abyssi, et cataractae cœli , et prohibitœ sunt pluviss de cœlo. +les eaiix montent, montent toujours (17-20); la vie, au contraire, s'éteint et disparaît peu à peu (21-23). Deux points seulement ont besoin d'être, relevés. !<> Aux vers. 19 et 20, l'universalité du déluge est décrite en termes très forts et très nets : operti sunt omncs montes..., et, détail si précis, quindecim cubitis (environ S"») altior fuit aqua. Les meilleurs exégètes catholiques sont toutefois d'accord aujourd'hui, pour dire qu'il n'est pas nécessaire d'entendre ces expressions d'une manière absolue, comme si elles signifiaient que l'Himalaya lui -môme et les pics les plus élevés des Cordillères furent totalement recouverts par les eaux. D'autres passages du Pentateuque, tels que G-en. xli, 54 et ss., Deut. n, 25, etc., mon- trent qu'on peut, sans s'écarter de la vérité, les restreindi-e à l'ensemble de la région habitée par l'humanité primitive, c. -à-d. au massif dont l'Ararat est le centre. Là, du moins, toutes les montagnes avaient disparu sous les eaux. Voyez le Man. hibl., I, n. 323; Lambert, le Déluge mo- saïque, pp. 370-387 de la 2« édit.; Eeusch, la +Bible et m nature, pp. 3G3-412 de la trad. franc.— 2° Quant aux mots universi homines du vers. 21, ils doivent être pris strictement à la lettre, car le récit a montré que le déluge avait pour but principal de détruire tous les hommes, à part la famille de Noé ; créer des exceptions pour les nègres ou d'autres races, comme l'ont fait de nos jours quelques interprètes même catholiques , serait aller contre l'intention directe et évidente de la narration. Ces concessions au rationalisme ne sont pas sans danger. +24. Durée totale de la croissance et de l'état stationnaire des eaux du déluge. +30 La décroissance et la fin du déluge. YIII, 1-19. +Pour la grandeur, la beauté, le pittoresque, cette nouvelle description ne le cède en rien aux précédentes. +Chap. VIII. — 1-2. Recordatus... Deus. Bel anthropomorphisme, qui rappelle vi, 6 et 7. Dieu n'avait pas oublié Noé , car sa grâce veillait sur l'arche durant la terrible exécution de ses tcn- +46 +Gen. VIII, 3 +12. +3. Eeversœque sunt aqiiae de terra euntes et redeuntes ; et cœperunt minui post centum quinquaginta dies. +4. Requievitque arca mense septimo, vigesimo septimo die mensis, super mon- tes Armenite. +5. At vero aquse ibant et decrescebant usque ad decimum mensem ; decimo enim mense, prima die mensis, apparuerunt cacumina montium. +6. Ciiraque transissent quadraginta dies , apericns Noe f enestram arcse , quam fecerat, dimisit corvum ; +7. Qui egrediebatur, et non reverteba- tur, donec siccarentur aquae super ter- ram. +8. Emisit quoque columbam post eum, ut videret si jam cessassent aquae super faciem terrse. +9. Quse cum non invenisset ubi requie- sceret pes ejus, reversa est ad eum in arcam ; aquse enim erant super univer- sam terram; extenditque manum, et apprehensam intulit in arcam. +10. Expectatis autem ultra septem diebus aliis, rursum dimisit columbam ex arca. +11. At illa A^enit ad eum ad vesperam, portans ramum olivœ virentibus foliis in ore suo. Intellexit ergo Noe quod cessas- sent aquse super terram. +12. Expectavitque nihilominus septem alios dies; et, emisit columbam, quae non est reversa ultra ad eum. +3. Les eaux se retirèrent de dessus la terre, s'en allant et s'éloignant, et elles commencèrent à diminuer après cent cin- quante jours. +4. Et le vingt-septième jour du septième mois , l'arche se reposa sur les montagnes d'Arménie. +5. Cependant les eaux allaient toujours en diminuant jusqu'au dixième mois, au premier jour duquel le sommet des mon- tagnes commença à paraître. +6. Quarante jours s'étant encore passés, Noé ouvrit la fenêtre qu'il avait faite dans l'arche, et laissa aller un corbeau, +7. Qui étant sorti ne revint plus, jus- qu'à ce que les eaux de la terre fussent sé- chées, +8. Il envo3''a aussi une colombe après le corbeau , pour voir si les eaux avaient cessé de couvrir la terre. +9. Mais la colombe n'aj^ant pu trouver où mettre le pied, parce que la terre était toute couverte d'eaux, elle revint à lui; et Noé, étendant la main, la prit et la remit dans l'arche. +10. Il attendit encore sept autres jours, et il envoya de nouveau la colombe hors de l'arche. +11. Elle revint à lui sur le soir, portant dans son bec un rameau d'olivier, dont les feuilles étaient toutes vertes. Noé re- connut donc que les eaux s'étaient reti- rées de dessus la terre. +12. Il attendit néanmoins encore sept jours; et il envoya la colombe, qui ne re- vint plus à lui. +gcanccs ; mais il montre par des faits qu'il se souA'ient. — El omnium jumentorum est un de ces traits touchants qui abondent dans la Bible. — Le Seigneur pi-end aussitôt des mesures pour mettre fin au déluge. La première est positive : adduxit spiritum... ; un vent chaud et intense, pour dissiper les nuages et faire évaporer les eaux. — Deux autres mesures, négatives, sont décrites au vers. 2 : c'est l'opposé de vu, 11. +'6-5. Description dramatique de la décroissance du déluge. — 1° Le fait généi-al. Reversai sunt... euntes et redeuntes ( JialôJc vasôb); ibant et de- crescebant (hayu halôk vahasôr ). — 2° Les di- vers degrés de la décroissance des eaux. Pi-emier degré : cœperunt minui; second degré : requievit arca; troisième degré : apparuerunt cacumina... Au lieu de montes Armenim , l'hébreu porte a montes 'Ararat », ce qui revient au même ; car le massif des monts Ararat, avec ses deux sommets princii)aux, le grand et le petit Ararat, est situé au cœur de l'Arménie. — a» Les dates principales , correspondant à chacun des trois de- grés -.post centum quinquaginta dies (Cf. vu, 24); mense septimo, vigesimo septimo die (d'après +l'hébreu, le dix -septième jour); decimo mense, prima die. +6-7. D'ici au vers. 12, récit délicat et plas- tique. Noé envoie tour à tour deux messagers ailés, pour apprendre quel était l'état de la terre et des eaux. Le corbeau d'abord, dont la con- duite est décrite d'une manière si vivante par les imparfaits de la Vulgatc, egrediebatur et non revertebatur, et mieux encore par la phrase hé- braïque : a exiit egredicndo et ingrediendo. » C.-à-d. qu'il demeura hors de l'arche, volant çà , et là sans demeure fixe, se reposant sur les ca- davres flottants qui lui servaient de nourriture, ou sur les sommets que les eaux avaient quittés. +8-12. La colombe fut plus fidèle. Elle conve- nait d'ailleurs très bien pour ce rôle , car elle se nourrit de graines et elle craint l'humidité. Elle fut envoyée trois fois de suite, h sept jours d'in- tervalle. 1° Vers. 8 et 9. Notez les traits si pit- toresques du vers. 9 : ubi requiesceret... , exten- ditque manum... 2° Vers. 10 et 11. C'était bon signe qu'elle revînt seulement ad vesperam ; meilleur signe encore qu'elle rapportât une petite branche, ou une simple feuille, qu'elle avait arra- +Gen. VIII, 13-21. +47 +13. L'an Rixccntuii,aii premier jour du premier mois, les eaux qui étaient sur la terre se retirèrent entièrement. Et Noé, ouvrant le toit de l'arche , et regardant de là, vit que la surface de la terre s'était séchée. +14. Le vingt -septième jour du second mois , la terre fut toute sèche. +15. Alors Dieu parla à Noé, et lui dit : +16. Sortez de l'arche, vous et votre femme , vos fils et les femmes de vos fils. +17. Faites-en sortir aussi tous les ani- maux qui y sont avec vous, de toutes sortes d'espèces, tant des oiseaux que des bêtes, et de tout ce qui rampe sur la terre; et entrez sur la terre : croissez -y, et vous y multipliez. +18. Noé sortit donc avec ses fils, sa femme, et les femmes de ses fils. +19. Toutes les bêtes sauvages sortirent aussi de l'arche , et les animaux domesti- ques, et tout ce qui rampe sur la terre, chacun selon son espèce. +20. Or Noé dressa un autel au Seigneur; et prenant de tous les animaux et de tous les oiseaux purs, il les offrit en holocauste sur cet autel. +21 Le Seigneur en reçut une odeur qui lui fut très agréable, et il dit : Je ne ré- pandrai plus ma malédiction sur la terre à cause des hommes ; parce que l'esprit de l'homme et toutes les pensées de son +13. Igitur sexcentesimo primo anno, primo mense, prima die mensis, immi- nutge sunt aquae super terram; et ape- riens Noe tectum arcse , aspexit , viditque quod exsiccata esset superficies terrse. +14. Mense secundo, septimo et vige- simo die mensis , arefacta est terra. +15. Locutus est autem Deus ad Noe, dicens : +16. Egredere de arca, tu et uxor tua, filii tui et uxores filiorum tuorum tecum. +17. Cuncta animantia quse sunt apud te, ex omni carne, tam in volatilibus quam in bestiis et universis reptilibus quse re- ptant super terram, educ tecum, et in- gredimini super terram : crescite et mul- tiplicamini super eam. +18. Egressus est ergoNoe, et filii ejus, uxor illius, et uxores filiorum ejus, cum eo. +19. Sed et omnia animantia, jumenta, et reptilia quse reptant super terram, secundum genus suum, egressa sunt de arca. +20. ^dificavit autem Noe altare Do- mino ; et tollens de cunctis pecoribus et volucribus mundis, obtulit holocausta super altare. +21. Odoratusque est Dominus odorem suavitatis , et ait : Nequaquam ultra ma- ledicam terras propter homines ; sensus enim et cogitatio humani cordis in ma- lum prona sunt ab adolescentia sua ; non +chée (d'après l'hébreu) à un olivier. Noé eu con- clut à bon droit que les eaux s'étaient tout à fait retirées ; car évidemment le rameau n'avait pas été cueilli sous elles. S» Vers. 12. Le troisième envoi, plus décisif encore. +13-14. Nouvelles dates , pour déterminer la fin du déluge, et par suite sa durée entière, qui fut d'un peu plus d'un an. Comparez vu, 12, 17, 24; vni, 3, 4, 6, 6, 7, 10, 12, 13 et 14. +15-19. Sortie de l'arche. — Noé était entré dans l'arche sur un ordre spécial du Seigneur ; c'est aussi sur un ordre spécial qu'il en sort. Les vers. 15-17 contiennent le commandement divin, les deux suivants racontent sou exécution. +Le souvenir du déluge, comme celui de la création , s'est conservé chez tous les peuples , et les ressemblances étonnantes qui se retrouvent dans les divers récits supposent de nouveau une base commune, authentique, qui n'est autre que celle 'lur laquelle s'appuie la narration de Moïse lui-même. Voy. V Atlas archéol. de la Bible, pi. cv, fig. 2, et pi. ex, flg. 1. La plus remarquable des traditions païennes est contenue dans le célèbre poème assyrien d'Izdubar, découvert en 1872. Voy. F. Vigoui'oux, la Bible et les découvertes mo- +dernes , I , pp. 263 et ss. — Pour la solution des principales objections contemporaines relatives au déluge, voy. le Man. hibl., I, nn. 324-325. +§ III. — Noé après le déluge. VIII, 20 — IX, 29. +1° Le sacrifice de Noé. VIII, 20-22. +20. ^dijlcavU... altare. Ce fut son premier acte au sortir de l'arche. C'est aussi le premier autel mentionné dans la Bible : le nom hébreu, mizbéah , signifie « ce sur quoi on immole ». — De... pecoribas... mundis: déjà les animaux im- purs étaient exclus des sacrifices. — Holocausta. Dans l'hébr. : 'olah , ce qui monte ; l'expression latine, calquée sur le grec des LXX, indique la nature spéciale de cette offrande : la victime en- tièi-e était consumée en l'honneur de Dieu, tan- dis que , dans les autres espèces de sacrifices , une partie était réservée aux prêtres ou aux do- nataires. +21-22. Résultat produit sur le cœur de Dieu par l'holocauste de Noé. — Ce fut d'abord un vif sentiment de complaisance : odoratusque est... (nouvel anthropomorphisme très énergique) ; puis la résolution de ne plus châtier le monde par un cataclysme analogue à celui qui venait d'avoir +48 +Gen. VIII, 22 — IX, 7. +igitur ultra percutiam omnem animam viventem, sicut feci. +22. Cunctis diebus terras, sementis et messis, frigus et œstiis, sestas et hiems, nox et dics, non requiesceut. +cœur sont portées au mal dès sa jeunesse. Je ne fi*apperai donc plus, comme j'ai fait, tout ce qui est vivant et animé. +22. Tant que lu terre durera, la semence et la moisson, le froid et le chaud, l'été et l'hiver, la nuit et le jour ne cesseront point de s'entresuivre. +CHAPITRE IX +1. Benedixitque Deus Noe etfiliis ejus. Et dixit ad eos : Crescite, et multiplica- mini, et replète terram. +2. Et terror vester ac tremor sit super cuncta animalia terras ; et super omnes volucres cœli, cum universis quae mo- ventur super terram ; omnes pisces maris manui vestrae traditi sunt. +'à. Et omne quod movetur et vivit, erit vobis in cibum, quasi olera virentia tra- didi vobis omnia; +4. Excepto, quod carnem cum san- guine non comedetis. +6. Sanguinem enim animarum vestra- rum requiram de manu cunctarum be- stiarum; et de manu hominis, de manu viri et fi-atris ejus, requiram animam hominis. +6. Quicumque efEuderit humanum san- guinem, fundetur sanguis illius ; ad ima- gmem quippe Dei factus est homo. +7. Vos autem crescite et multiplica- mini, et ingredimini super terram, et impiété eam. +1. x\lors Dieu bénit Noé et ses enfants, et il leur dit : Croissez et multipliez-vous , et remplissez la terre. +2. Que tous les animaux de la terre et tous les oiseaux du ciel soient frappés de terreur et tremblent devant vous, avec tout ce qui se meut sur la, terre. J'ai mis entre vos mains tous les poissons de la mer. +3. Nourrissez-vous de tout ce qui a vie et mouvement : je vous ai abandonné toutes ces choses , comme les légumes et les herbes de la campagne. +4. J'excepte seulement la chair mêlée avec le sang, dont je vous défends de manger. +5. Car je vengerai votre sang de toutes les bêtes qui l'auront répandu, et je ven- gerai la vie de l'homme, de la main de l'homme, et de la main de son fi'ère. +6. Quiconque aura répandu le sang de l'homme , sera puni par l'effusion de son propre sang : car l'homme a été créé à l'image de Dieu. +7. Croissez donc, vous autres, et mul- tipliez-vous, entrez sur la terre et rem- plissez-la. +lieu : nequaquam ultra... — Sensns enim... C'est cependant pour ce même motif (vi , 5 - 7 , 12) que Dieu avait lancé sur la terre les eaux vengeresses du déluge. Dans la corruption innée de tous les êtres humains, il daigne trouver désormais unt base pour sa compassion et sa bonté , une raison suffisante de transformer sa manière de gouver- ner le monde. — Sementis et messis... Le déluge avait bouleversé les saisons et les travaux agri- coles qui s'y rattachent. +2» Le renouvellement de l'alliance et son symbole. IX , 1 - 17. +Chap. IX. — 1-3. Adam, à peine créé, avait été béni par Dieu; Noé, le nouveau chef de l'hu- manité, est béni de la même manière. La bénédic- tion divine porte, comme autrefois (i, 28-30), sur trois points distincts : elle concerne la multipli- cation de l'homme, vers. 1, sa domination sur les animaux, vers. 2, sa nourriture, vers. 3. — Terror vester ac tremor est un trait nouveau, +rendu nécessaire par la chute de nos premiers parents : naturellement soumis à l'homme dans l'état d'innocence, les animaux ne lui obéiront désormais que par force. — M omne quod mo- vetur... Autre détail nouveau. D'après l'opinion la plus commune et la plus conforme au texte sacré, les hommes jusqu'alors s'étaient nourris exclusivement de végétaux (Cf. i, 29). +4. Importante réserve , basée , plus loin ( Deut. XII, 23), sur ce principe que « le sang c'est la vie ». La prohibition de se nourrir de sang sera réitérée jusqu'à sept fois dans la loi juive : Lev. m, 17; VII, 25-27; xvii, 10-14; Deut. xii, 16, 23-24; XV, 26. +5 -G. Le sang humain est autrement précieux que celui des animaux : de là une sévère sanc- tion contre quiconque aurait l'audace de le faire couler. Sang pour sang, ou la peine du talion pour les homicides, fussent-ils des bêtes sans rai- son. Motif : ad imaginem quippe Dei... +Gen. IX, 8-19. +49 +8. Dieu dit encore à Noé, et à ses en- i'ants aussi bien qu'à lui : +9. Je vais faire alliance avec vous, et avec votre race après vous , +10. Et avec tous les animaux vivants qui sont avec vous, tant les oiseaux que les animaux, ou domestiques, ou de la campagne, qui sont sortis de l'arche, et avec toutes les bêtes de la terre. +11. J'établirai mon alliance avec vous; et toute chair ne périra plus désormais par les eaux du déluge ; et il n'y aura plus h l'avenir de déluge qui extermine toute la terre. +12. Dieu dit ensuite : Voici le signe de l'alliance que j'établis pour jamais entre moi, et vous, et tous les animaux vivants qui sont avec vous. +13. Je mettrai mon arc dans les nuées, afin qu'il soit le signe de l'alliance que j'ai faite avec la terre. +14. Et lorsque j'aurai couvert le ciel de nuages, mon arc paraîtra dans les nuées ; +15. Et je me souviendrai de l'alliance que j'ai faite avec vous et avec toute âme qui vit et anime la chair; et il n'y aura plus à l'avenir de déluge qui fasse périr dans ses eaux toute chair qui a vie. +16. Mon arc sera dans les nuées, et en le voyant je me ressouviendrai de l'al- liance éternelle qui a été faite entre Dieu et toutes les âmes vivantes qui animent toute chair qui est sur la terre. +17. Dieu dit encore à Noé : Ce sera là le signe de l'alliance que j'ai faite avec toute chair qui est sur la terre. +18. Noé avait donc trois lils qui sortirent de l'arche, Sem, Cham et Japheth. Or Cham est le père de Chanaan. +19. Ce sont là les trois fils de Noé, et c'est d'eux qu'est sortie toute la race des hommes qui sont sur la terre. +8. Hsec quoque dixit Deus ad Noe, et ad filios ejus cum eo : +9. Ecce ego statuam pactum meum vobiscum, et cum semine vestro post vos, +10. Et ad omneni animam viventeni qujB est vobiscum, tam in volucribus quam in jumentis, et pecudibus terrœ cunctis, quae egressa sunt de arca, et universis bestiis terrse. +11. Statuam pactum meum vobiscum, et nequaquam ultra interficietur omnis caro aquis diluvii, neque erit deinceps diluvium dissipans terrara. +12. Dixitque Deus : Hoc signum fœ- deris quod do ir.ter me et vos, et ad omnem animam viventem, quse est vo- biscum in generationes sempiternas : +13. Arcum meum ponam in nubibus, et erit signum fœderis inter me et inter terram. +14. Cumque obduxero nubibus cœlum, apparebit arcus meus in nubibus; +15. Et recordabor fœderis mei vobis- cum, et cum omni anima vivente quce carnem végétât ; et non erunt ultra aquœ diluvii ad delendum universani carnem, +16. Eritque arcus in nubibus, et videbo illum, et recordabor fœderis sempiterni quod pactum est inter Deum et omneni animam viventem aniversse carnis quse est super terram. +17. Dixitque Deus ad Noe : Hoc erit signum fœderis , quod constitui inter me et omnem carnem super terram. +18. Erant ergo fiUi Noe, qui egressi sunt de arca, Sem, Cham, et Japheth; porro Cham ipse est pater Chanaan. +19. Très isti filii sunt Noe, et ab his disseminatum est omne genus hominum super universam terram. +8-11. Renouvellement de l'alliance que Dieu avait conclue avec Noé, vi, 18, avant le déluge. Mais , au lieu de demeurer toute personnelle ( « tecum » ) , elle est généralisée , et embrasse la famille du patriarche (vobiscum), ses descen- dants (cum semine vestro) , et les animaux eux- mêmes (vers. 10). Au vers. 11, le Seigneur for- mule extérieurement la résolution qu'il n'avait prise plus haut (viii, 21-22J qu'au fond de son coeur. +12-17. Pour attester le caractère inébranlable de sa promesse, Dieu la scelle, pour ainsi dire, au moyen d'un signe visible et perjJétuel, vers. 12-16. — Arcum meum... L'arc -en- ciel : tel sera le gracieux symbole de la victoire remportée par +la miséricoide sur la stricte justice. Il conve- nait à merveille, soit pour rassurer les hommes contre le retour du déluge, vers. 14, soit pour rappeler à Dieu lui-même ses engagements, vers. 15-16. Comp. Is. Lrv, 9-10. L'arc-en-ciel existait, selon toute vraisemblance , dès avant le déluge ; Dieu se contente ici d'en faire le signe de l'al- liance contractée entre lui et l'humanité nou- velle. +3'^ La prophétie et la mort de Noé. IX, 18-29. +18-19. Ces versets forment un petit préambule. Le trait Cham ipse est pater Chanaan, sur le- quel le narrateur revient encore au vers. 22, pré- pare d'avance le lecteur à un détail spécial de ce grave épisode (vers. 25). +50 +GExN. IX, 20-27. +20. Cœpitque Noe vir agricola exercere terram , et plaiitavit vineam ; +21. Bibensque vinum inebriatus est, et niidatus in tabeniaculo suo. +22. Quod cum vidisset Cham, pater Chanaan, verenda scilicet patris sui esse nudata, imntiavit duobus fratribus suis foras. +23. At vero Sera et Japheth pallium imposuerir.it humeris suis, et incedentes retrorsum, operuerunt verenda patris sui; faciesque eorum aversee erant, et patris virilia non viderunt. +24. Evigilans autem Noe ex vino , cum didicisset quœ fecerat ei filius suus mi- nor, +25. Ait: Mnledictus Chanaan, servus servorum erit fratribus suis. +26. Dixitque : Benedictus Dominus Deus Sem, sit Chanaan servus ejus. +27. Dilatet Deus Japheth, et habitet in taberuacuiis Sem, sitque Chanaan ser- vus ejus. +20. Noé B'ap]:)liquant à l'agriculture, commença à cultiver la terre, et il planta de la vigne ; +21. Et ayant bu du vin, il s'enivra, et il se dé])0uilla dans sa tente. +22. Cham, père de Chanaan, voyant que ce que la pudeur obligeait de cacher en son père était découvert, sortit dehors et le vint dire à ses frères. +23. Alors Sem et Japheth, ayant étendu un manteau sur leurs épaules, marchèrent en arrière et couvrirent la nudité de leur père. Et comme leur visage était détour- né, ils ne virent pas la nudité de leur père. +24. Noé se réveillant après cet assoupis- sement que le vin lui avait causé, et ayant appris de quelle sorte l'avait traité son second fils, +25. S'écria : Que Chanaan soit mau- dit ; qu'il soit à l'égard de ses frères l'es- clave des esclaves. +26. Il dit encore : Que le Seigneur, le Dieu de Sem , soit béni , et que Chanaan soit son esclave. +27. Que Dieu multiplie les possessions de Japheth; et qu'il habite dans les tentes de Sera, et que Chanaan soit son es- clave. +20-23. Occasion imiTiédiate de la prophétie. — Pluntavit vineam, L'Arménie est précisément regai;âée par les botanistes comme le pays origi- naire de la vigne. — Bibens... inebriatus est. Sans doute par surprise, puisque la vertu enivrante du vin semble avoir été connue avant le déluge. Matth. XXIII, 3S. — Cham... nuntiavit... Indice d'une âme profane et grossière. — At vero Sem et Japheth. Admirable contraste. Ce tableau de piété filiale est tracé de main de maître par l'é- crivain sacré. +24-27. La prophétie. — Noé, divinement in- spiré, et prenant pour base la conduite de ses trois fils , pré dit l'avenir entier des peuples dont ils devaient être la souche. — 1° La destinée de Cham, vers. 25, consiste en une malédiction terrible, exposée d'abord d'une manière générale (maJe- dictus ) , puis spécifiée par les mots servus servo- rum ( c.-à-d. le dernier des esclaves )... Cette der- nière sentence sera répétée deux autres fois, coup sur coup, aux vers. 26 et 27. — Pourquoi Cham n'est-il pas directement maudit? Origène cite déjà une tradition juive, d'après laquelle Chanaan au- rait été le premier témoin de la scène racontée plus haut (vers. 21), et par suite le premier cou- pable. D'autres pensent que , Cham ayant reçu la bénédiction divine, ix, 1 , il ne convenait pas qu'il tombât personnellement sous l'anathème. En tout cas, son fils est maudit comme son repré- sentant; c'est donc toute la race de Cham qui encourt ici la malédiction de Dieu. — 2° La des- tinée de Sem, vers. 26, consiatc au contraire en +une magnifique bénédiction. La formule benedi- ctus Dominus Deus {Y'hovah ' Elohim) Sem est remarquable. Le Dieu révélateur et rédempteur, Jéhovah, est appelé le propre Dieu de Sem, et béni en cette qualité. Ce qui signifie que les des- cendants de Sem auront avec Jéhovah les rela- tions les plus intimes , qu'ils formeront sa nation choisie ; plus clairement encore , que les promesses messianiques leur seront désormais rattachées, et que d'eux naîtra le « semen mulieris » prédit après la chute, m, 15. Glorieux avenir des Sé- mites! Leur part est la plus belle de toutes. — 3° La destinée de Japheth, vers. 27, consiste non seulement en deux promesses, comme celle do Sem, mais en trois : la première, temporelle; la seconde, religieuse; la troisième , qui établit Ja- pheth à son tour maître des Chamites. — Dilatet... Japheth. L'hébreu a une paronomase intéressante: Taft l'Yéfet; car Japheth signifie « celui qui s'é- tend au loin ». — Le verbe habitet, d'après quel- ques interprètes, aurait aussi Deus pour sujet; de sorte que Noé reviendrait encore sur la béné- diction de Sem. Cette opinion est peu vraisem- blable : la phrase et habitet in tabernaculis Sem ouvre plutôt à Japheth lui-même un grandiose horizon spirituel, et annonce que ses descendants se convertiront un jour au Dieu de Sem. C'est donc, en langage chrétien, la vocation des Gen- tils à la foi et au salut qui est ici marquée. Les deux frères avaient été unis intimement dans leur acte do filial respect ; les races issues d'eux le se- ront aussi dans l'amour du vrai Dieu, comme le +Gen. IX, 28 — X, 5. +51 +28. Or Noé vécut encore trois cent cin- quante ans depuis le déluge. +29. Et tout le temps de sa vie aj'-ant été de neuf cent cinquante ans, il mourut. +28. Vixit autem Noe post diluvium trecentis quinquaginta annis. +29. Et impleti sunt omnes dies ejus nongentorum quinquaginta annorum ; et mortuus est. +CHAPITRE X +1. Voici les générations des fils de Sem, Cliam et Japheth, enfants de Noé; et ces fils naquirent d'eux après le dé- luge. +2. Fils de Japheth : Gomor, Magog, Madaï, Javan/rhubal,Mosoch etThiras. +3. Fils de Gomer : Ascénez, Riphath et Thogorma. +4. Fils de Javan : Elisa, Tharsis, Cé- thim et Dodanim, +5. C'est par eux que furent peuplées les îles des nations, selon la langue de chacun, selon leurs familles et leurs peu- ples. +1. ILb sunt gênera tiones filiorum Noe, Sem, Cham, et Japheth : natique sunt eis filii post diluvium. +2. Filii Japheth : Gomer, et Magog, et Madai, et Javan, et ïhubal, et Mosoch, et Thiras. +3. Porro filii Gomer : Ascenez, et Ri- phath , et Thogorma. +4. Filii autem Javan : Elisa, et Tharsis, Cethim, et Dodanim. +5. Ab his diviste sunt insulse gentium in regionibus suis, unusquisque secun- dum linguam suam et familias suas in nationibus suis. +disait déjà le Targum de Jonathan. — Ces trois oracles sont devenus des faits historiques. Les Chamites , et en particulier les Chananéens, après un temps de prospérité , sont devenus les esclaves de Sem et de Japheth : la malédiction divine semble peser encore sur eux. La race princi- pale des Sémites, celle des Juifs, a joui des fa- veurs spéciales de Jéhovah. Les Japhéthides, après de brillantes conquêtes, qui leur ont obtenu de- puis tant de siècles l'empire du monde , sont de- venus à leur tour le peuple du Seigneur par leur conversion en masse au christianisme. Voy. MKf Meignan, les Prophéties messianiques du Pentateuqne, p. 311-317. +28-29. Deux dates pour compléter la vie de Noé (cf. V, 31), et, comme pour les autres patriar- ches, le mortuus est final. +LIVRE IV +Générations des dis de TSoé. X, 1 — XI, 9. +§ I. — La Table des peuples. X, 1-32. +Chap. X. — 1. Héb sunt generationes... C'est le titre accoutumé. La table ethnographique à laquelle il sert d'introduction directe est, tout le monde en convient, « le document le plus an- cien, le plus iirécieux et le plus complet sur la distribution des peuples dans le monde de la haute antiquité,» (F. Lenoi-mant). Ce document a pour base dos traditions bien antérieures à Moïse , et sa véracité est admirablement confir- mée par « l'étude des traditions do l'histoire, la comparaison des langues et l'examen physiolo- gique des diverses nations ». Voy. le Man. bibL, I, nn. 330-334; Vigouroux, la Bible et les décou- vertes modernes, I, pp. 299-332 de la 4« édit. ; F. licnonnant, Hist. anc. de l'Orient, I, pp. 265 +et S3. de la 9^ édit. — La Table des peuples a un triple but : insister encore sur l'unité du genre humain ; faire connaître les relations de parenté qui unissaient Israël aux autres nations ; indi- quer déjà d'une manière éloignée les desseins universels de salut que Dieu nourrissait envers l'humanité. Cette nomenclature n'embi'asse pas absolument tous les descendants des fils de Noé, ni, par conséquent, tous les peuples issus d'eux : cela n'entrait pas dans le plan du narrateur. Le point de départ de Moïse est la plaine de Sen- naar, xi, 1, au moment de la dispersion; de plus, il envisage surtout les nations ou tribus qui , de son temps , avaient été mises en rapport avec les Hébreux. — Les dénominations insérées dans la Table sont tantôt des noms de personnes, tantôt des désignations ethnographiques (vers. 13-14, 16-18, etc.) empruntées sans doute au nom du fondateur de chaque famille ; ici , du moins , elles personnifient toutes des races. — L'identifi- cation, qui a été dès l'antiquité l'objet d'études approfondies ( Josèphe , S. Jérôme , etc. ) , a fait de nos jours de grands progrès, grâce aux don- nées assyriennes et égyptiennes. Nous signalerons les résultats les plus sûrs. +2-5. Filii Japheth. La liste suit un ordre con- traire à celui de la naissance : Japheth , Cham et Sem. On nomme sept fils de Japheth ( vers. 2 ) , puis on revient sur deux d'entre eux, Gomer (3) et Javan (4), pour indiquer leur postérité. Le vers. 5 sert de conclusion. — Gomer est le père des races kyraris ou celtes ; Magog , des Scythes (Josèphe) ou des races germano-slaves; Madai, des Mèdes; Javan (le 'lâcov grec), des Ioniens et de tous les Hellènes ; Thubal , des Tibaré- niens , qui habitaient au sud du Caucase. Mosoch représente les M6(j-/oi d'Hérodote, les Muski des +62 +Gen. X, G- 12. +6. Filii alitera Cliam : Chus , et Mes- raim, et Phuth, et Chanaan. +7. Filii Chus : Saba, et Hevila, et Sa- batha, et Regma, et Sabatacha. Filii Regma : Saba , et Dadan, +8. PoiTo Chus genuit Nemrod; ipso cœpit esse potens in terra ; +9. Et erat robustus venator coram Do- mino. Ob hoc exivit proverbium : Quasi Nemrod robustus venator coram Domino. +10. Fuit autera principium regni ejus Babylon, et Arach, et Achad, et Cha- lanne, in terra Sennaar. +11. De terra illa egressus est Assur, et sedificavit Niniven, et plateas civita- tis, et Chale, +12. Resen quoque inter Niniven et Chale ; hsec est civitas magna. +G. Fils de Cham : Chus, Mesraïm, Phuth et Clianaan. +7. Fils de Chus : Saba, Hévila, Saba- tha, Regma et Sabatacha. Fils de Regma : Saba et Dadan. +8. Or Chus engendra Nemrod , qui com- mença à être puissant sur la terre. +9. Il fut un violent chasseur devant le Seigneur. De là est venu ce proverbe : Violent chasseur devant le Seigneur, comme Nemrod. +10. Le début de son royaume fut Ba- bylone, et Arach, et Achad, et Chalanné dans la terre de Sennaar. +11. De ce même pays il alla en Assyrie, et il bâtit Ninive et les rues de cette ville, et Chalé. +12. Il bâtit aussi la grande ville de Résen, entre Ninive et Chalé. +inscriptions cunéiformes, établis entre la mer Noire et la mer Caspienne; Thiras, les Thraces. — Filii Gomer : ce sont les races aryennes ou Indo - germaniques. Ascenez, les Germains (les Juifs allemands disent être des AsJc'nazim ) ; Thogorma, les Arméniens. — Filii Javan : les races grecques. Élisa , les habitants de l'Élide ; Tharsis (hébr., Tarsis), ceux de Tartessus en Es- pagne ; Cethim (hébr., Kittim), ceux de l'île de Chypre; Dodanim, peut-être « Rodanim », les Pthodiens. — Par insulce gentium, la Bible dé- signe à plusieurs reprises la partie méridionale de l'Europe, aux côtes si découpées et aux îles nombreuses. +6. Les peuples issus de Cham, 6-21. D'abord, au vers. 6, ses fils proprement dits, nommés en tant que chefs de races: Chus (en égyptien, Ches), les Éthiopiens, qui occupaient, à l'origine, non seulement les régions du haut Nil, mais l'Asie méridionale jusqu'au bas Indus; Mesraim, les Égyptiens; Phuth, les Lybiens (Phet des inscrip- tions hiérogljT)hiques) ; Chanaan, les habitants primitifs de la Palestine. +7. On revient h Chus pour citer les races fondées par lui (7-12). Celles que mentionne le vers. 7 habitaient diverses régions de l'Afrique et de l'Arabie. — Saba (hébr., S'ba'), le royaume de Méroé; Hevila, les AOXÏTOt des anciens géo- graphes, sur la côte africaine, non loin du dé- troit de Bab - el - Mandcb. — Filii Regma: Saba. Hébr., S'ba', nom que nous retrouverons au vers. 28 pour désigner un fils de Sera. +8-9. Les vers. 8-12 sont consacrés à un fils de Chus omis à dessein dans la liste qui précède; Us nous font remonter aux origines, si impor- tantes pour Israël, de la Babylonie et de l'As- syrie. — Nemrod : ipse cœpit potens esse... : c.-à-d., d'après le contexte, qu'il fut le premier roi, ou mieux le premier conquérant. — lîobustus veiia- tor. Au propre ? ou au figuré, en tant que chas- seur d'hommes? Le mieux est de réunir ces deux Idées, comme font les monuments assyriens, où +les rois sont appelés « chasseurs de peuples », et représentés sous les traits de chasseurs infati- gables, dans le sens strict. Voy. V Atlas archéolog. de là Bible, pi. xxxix, fig. 6, 9; pi. xl, fig. 2 et 7. — Coram Domino serait, d'après quelques auteurs, un superlatif hébreu pour « robustis- simus ». L'étymologie significative du nom de Nemrod, « Révoltons - nous » (Nimrod, de ma- rad) , semble favoriser ceux qui traduisent lifné 'Elohim par « contre Dieu ». +10, L'empire babylonien de Nemrod. Ce fut le début , le premier établissement du terrible chas- seur (principium). — Quatre villes principales sont signalées : Babylon , hébr. Babel, la capitale si célèbre de tout le royaume ; Arach , héb. 'EreJc, rOrchoé des anciens écrivains grecs, l'Arku des inscriptions cunéiformes , la Warka actuelle, au sud de Babylone; Achad, héb. 'AMcad, si sou- vent nommée par les documents assyriens, sans qu'on ait pu identifier son emplacement d'une manière certaine (peut-être les ruines de Niffer, au sud de Hillah) ; Chalanné, hébr. Kalneh, pro- bablement Ctésiphon, au nord -est de Babylone, sur le Tigre. — In terra Sennaar. Voy. xi, 2 et l'explication. +11-12. L'empire assyrien de Nemrod. — Assur ne désigne pas ici le fils de Sem (vers. 22) et n'est pas au nominatif; c'est un nom de pays, à l'accusatif du mouvement. Nemrod est encore le sujet des verbes egressus est et adiflcavit, et l'on raconte comment ce Chamite, déjà si puissant, vint du sud au nord pour faire la conquête de l'Assyrie, occupée par les Sémites. — Il bâtit éga- lement, sur ce nouveau domaine, quatre villes qui plus tard ne formèrent qu'une immense et unique cité : Niniven , hébr. Nin'veh , probable- ment Koyoundjik ; plateas civitatis, hébr. JR'ftobot '^yr, nom propre qui n'a pas encore été iden- tifié ; Chale , hébr. Kalah , la Nimroud actuelle ; Resen, peut-être Salamiyeh, autre tumulus de ruines ninivites. — Les détails des vera. 10-12 sont admirablement confirmés par les Inscrip- +Gen. X, 13-24. +53 +13. Et Mesraïm enj^endra Liidim et Anamim, Laabim et Nei)lithuim, +14. Phétnisim et Chasluim, d'où sont sortis les rhilistins, et les Caphtorim. +15. Chanaan engendra Sidon, qui fut son fils aîné, l'Héthéen, +16. Le Jébuséen, l'Amorrhéen, le Ger- géséen ; +17. L'Hévéen, l'Aracéen , le Sinéen, +18. L'Aradien, le Samaréen et l'Ama- théen; et c'est par eux que les peuples des Chananéens se sont répandus depuis en divers endroits. } +19. Les limites de Chanaan furent de- ! puis Sidon, en venant à Gérara, jusqu'à , Gaza, et du côté de Sodorae, de Go- ; morrhe, d'Adama, et de Séboïm, jusqu'à ; Lésa. I +20. Ce sont là les fils de Cham selon leurs alliances, leurs langues, leurs fa- milles, leurs pays et leurs nations. +21. Il naquit aussi des fils à Sem, qui fut le père de tous les enfants d'Hébei', et le frère aîné de Japheth. +22. Fils de Sem : Elam, Assur, Ar- pliaxad, Lud et Aram. +23. Fils d'Aram : Us, Hul, Géther et Mes. +24. Or Arphaxad engendra Salé, dont est né Héber. +13. At vero Mesraim genuit Ludim, et Anamim , et Laabim , Nephthuim , +14. Et Phetrusim, et Chasluim; de quibus egressi sunt Philisthiim et Caph- torim. +15. Chanaan autem genuit Sidonem primogenitum suum, Hethœum, +16. Et Jebusaeum, et Amorrhseum, Gergesœum , +17. Ilevseum, et Aracœum, Sinaeum, +18. Et Aradiam, Samarœum, et Ama- thseum ; et post hœc disseminati sunt populi ChananEeorum. i +19. Factique sunt termini Chanaan venientibus a Sidon e Geraram usque Gazam, donec ingrediaris Sodoraam et Gomorrham, et Adamam, et Seboim, usque Lésa. +20. Hi sunt filii Cham in cognationi- bus , et linguis , et generationibus , terris- que et gentibus suis. +21. l3e Sem quoque nati sunt, pâtre omnium filiorum Heber, fi-atre Japheth majore. +22. Filii Sem : ^lam, et Assur, et Arphaxad , et Lud , et Aram. +23. Filii Aram : Us, et Hul, et Gether, et Mes. +24. At vero Arphaxad genuit Sale, de quo ortus est Heber. +tions cunéiformes, desquelles il ressort que le grand empire de l'est fut d'abord fondé à Baby- lone ; les institutions et les traditions ninitives sont en réalité babyloniennes. +13-14. Suite des races issues des fils de Cham, et spécialement , dans ces deux versets, postérité de Mesraim. — Ludim, tribu africaine qu'il ne faut pas confondre avec les Lydiens sémitiques (vers. 22). Anamim, les Am,u des monuments ég}'ptiens , peuplade nomade du nord de l'Egypte. Laabim, les a Libyeegypti » des anciens géo- graphes. Nephthuim,, la région de Memphis. Phetimsim , la Thébaïde. PhilisthUm, le peuple fameux qui fit tant souffrir Isr-aël, et dont le nom passa plus tard à toute la Palestine. Caphto- rim, les habitants primitifs de l'île de Crète. +15-19. Nomenclature des peuples dont Chanaan fut la souche, — Sidon, représentant des Phéni- ciens. Hethceum, les Hittites, dont on vient de découvrir les monuments si pleins d'importance et d'intérêt : ils étaient établis au nord de la Pa- lestine. Jebusceum , les premiers habitants de Jémsalem, qui s'appela d'abord Jébus. Amor- rhœiim, à l'orient du Jourdain. Oerges<£um, Sevceum, au centre de la Palestine. Aracceum, Sinœum, dans la région du Liban. Aràdium , les habitants primitifs d'Aradus , la Rouad ac- tuelle, en Syrie. Amathœum, tribu qui se fixa à Émath, aujourd'hui Hamah, sur l'Oronte. +20. Limites du pays occupé par les Chananéens, +lequel devait être un jour l'héritage de la nation choisie. On les indique d'abord du nord au sud, ou dans le sens de la longueur : Sidone, limite extrême au nord; usque Gazam, limite extrême au sud (Gérara est un peu au-dessous de Gaza). On les marque ensuite de l'ouest à l'est, ou dans le sens de la largeur : de Gaza usque Lésa, la Callirhoé des géographes grecs, située de l'autre côté de la mer Morte, à l'est de Sodome, Go- morrhe, Adama et Séboïm, qui formaient avec Ségor les villes de la Pentapole. Cf. siv, 2, 8. +21 -'22. Nous passons aux peuples fondés par Sem, vers. 21-31. Au vers. 21, la note pâtre omnitim filiorum Heber prépare celle du vers. 25. — Filii Sem : JElam, les Élamites ou Susiens primitifs. Assur, le fondateur des Assyriens. Ar- phaxad, le père de la race juive. Lud, les Ly- diens. Aram, les nations araméennes. +23. L'écrivain sacré reprend en sous-œuvre la postérité de deux des fils de Sem, Aram et Ar- phaxad. Parmi les races sorties d'Aram, la moins inconnue est celle de Us, le pays de Job. Voy. le commentaire de Job, i, 1. +24-29. Les détails des vers. 24 et 25 ont pour but de nous conduire à Jecian, second fils d'Hé- ber. L'aîné, Phaleg, n'est mentionné qu'en pas- sant, parce qu'on reprendra plus bas sa généa- logie, xr, 10-26. On expose toutefois l'origine de son nom (hébr. Péleg, division) : eo quod... divisa sit inifl'gah) terra..., trait qui fait évidemment +30 +5^i +Gen. X, 25 +25. Natique sunt Heber filu duo : no- men uni Phaleg, eo quod in diebus ejus divisa sit terra; et nomen fi-atris ejus Jectan. +26. Qui Jectan genuit Elmodad, et Saleph, et Asarmoth, Jare, +27. Et Adurara, et Uzal, etDecla, +28. Et Ebaî, et Abiraael, Saba, +29. Et Ophir, et Hevila, et Jobab ; omnes isti, tilii Jectan. +30. Et facta est habitatio eorum de Messa pergentibus usque Sephar montem orientaleni. +31. Isti filii Sem, secundum cognatio- nes, et linguas, et regiones, in gentibus suis. +32. Hse familise Noe juxta populos et nationes suas. Ab his divisas sunt gentes in terra post diluvium. +— XI, 4. +25. Héber eut deux fils : l'un s'appela Phaleg, parce que de son temps la terre fut divisée ; et son frère s'appelait Jec- tan. +26. Jectan engendra Elmodad, Sa- leph, Asarmoth et Jaré, +27. Aduram, Uzal, Décla, +28. Ebal, Abimaël, Saba, +29. Ophir, Hévila et Jobab. Tous ceux- là furent enfants de Jectan. +30. Le pays où ils demeurèrent s'é- tendait depuis la sortie de Messa jusqu'à Séphar, qui est une montagne du côté de l'orient. +31. Ce sont là les fils de Sem selon leurs familles, leurs langues, leurs ré- gions et leurs peuples. +32. Ce sont là les familles des enfants de Noé, selon leurs peuples et leurs na- tions. Et c'est de ces familles que se sont formés tous les peuples de la terre après le déluge. +CHAPITRE XI +1. Erat autem terra labii unius, et sermonum eorumdem. +2. Cumque profîciscerentur de oriente, invenerunt campum in terra Sennaar, et habitaverunt in eo, +3. Dixitque alter ad proximum suum : Venite, faciamus lateres, et coquamus eos igni. Habueruntque lateres pro saxis, et bitumen pro cœmento ; +4. Et dixerunt : Venite, faciamus no- +1. La terre n'avait alors qu'une seule langue et qu'une même manière de par- ler. +2. Et comme ils étaient partis du côté de l'orient, ayant trouvé une plaine dans le pays de Sennaar, ils y habitèrent ; +3. Et ils se dirent l'un à l'autre : Ve- nez, faisons des briques, et cuisons -les au feu. Us se servirent donc de briques comme de pierres, et de bitume comme de ciment. +4. Us s'entre - dirent encore : Venez, +allusion à la dispersion des peuples, xi, 8. — Jectan genuit...: suivent treize noms, pour la plupart assez difficiles à identifler, mais qui, dans leur ensemble, font de Jectan le père des an- tiques tribus avahcs. Asarmoth (hébr., Hasarva- met) ne diffère pas de rHadrhamaut , province du sud-est de l'Arabie, près du golfe Persique. Sur Ophir, voy. I Reg. ix, 28, et le commentaire. +30-31. Limites du territoire occupé par les descendants de Jectan ( vers. 30 ) , et conclusion de ce qui concerne les races issues de Sem (.vers. 31). +32. Conclusion générale de la Table des peuples. Dans l'ensimble, on peut dire que l'Asie fut donnée à Sem, l'Afrique à. Cham, l'Europe à Japheth. +§ II. — La tour de Babel et la dispersion des peuples. XI, 1-9. +Après avoir cité la nomenclature des peuple;: , Moïse raconte le grand fait historique qui occa- +sionna la séparation de la famille humaine ea plusieurs branches et sa dispersion. +1° Construction de la tour de Babel. XI, 1-4. +Chap. XI. — 1. Labii unius. Belle métaphore^ pour désigner une même façon de parler; ser- monum eorumdem représente un trésor de mots identique. Sur l'unité primitive du langage, voyez Vigouroux, la Bible et les découvertes modernes, I, 368 et ss.; MS"" Meignan, le Monde et l'homme priviit if selon la Bible, p. 28 et ss. +2. Autre fait général. Les hommes, s'étant promptement multipliés , furent bientôt h l'étroit sur le plateau arménien : ils se dirigèrent « vers l'orient /) ( hébr.), plus exactement vers le S.- E., où ils trouvèrent campum in... Sennaar : le Tiediov fAÉya d'Hérodote, l'immense et fertile plaine de la Babylonie. +3-4. Récit dramatique d'un audacieux projet formé par cette race déjà devenue impie. — Fa- ciamus lateres. La pierre manque en Babylonlo, et on la remplace par des briques , tantôt simple- +Gen. XI, 5-11. +55 +faisons -nous une ville et une tour dont le sommet touche le ciel ; et rendons notre nom célèbre avant que nous nous dispersions en toute la terre. +5. Or le Seigneur descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les en- fants d'Adam ; +6. Et il dit : Ils ne font tous mainte- nant qu'un peuple, et ils ont tous le même langage; et, ayant commencé à faire cet ou^Tage, ils ne quitteront point leur dessein qu'ils ne l'aient achevé en- tièrement. +7. Venez donc, descendons en ce lieu, et confondons tellement leur langage, qu'ils ne s'entendent plus les uns les autres. +8. C'est en cette manière que le Sei- gneur les dispersa de ce lieu dans tous les paj^s du monde , et qu'ils cessèrent de bâtir la ville. +9. C'est aussi pour cette raison que cette ville fut appelée Babel, parce que c'est là que fut confondu le langage de toute la terre. Et le Seigneur les dispersa ensuite dans toutes les régions. +10. Voici les générations de Sem. Sem avait cent ans lorsqu'il engendra Ar- phaxad , deux ans après le déluge ; +11. Et Sem, après avoir engendré Ar- +bis civitatem, et turrim, cujus culmen pertingat ad cœlum ; et celebremus no- men nostrum antequam dividamur in universas terras, +j 5. Descendit autem Dominus, ut vide- ret civitatem et turrim, quam sedificabant +; filii Adam; +I 6. Et dixit : Ecce unus est populus, et unum labium omnibus ; cœperuntque hoc facere, nec désistent a cogitationi- bus suis , donec cas opère compleant. +7. Venite igitur, descendamus, et con- fundamus ibi linguam eorum, ut non audiat unusquisque vocem proximi sui. +8. Atque ita divisit eos Dominus ex illo loco in universas terras, et cessave- +runt aedificare civitatem. +9. Et idcirco vocatum est nomen ejus Babel , quia ibi conf usum est labium uni- versee terras; et inde dispersit eos Do- minus super faciem cunctarum regionum. +10. H 88 sunt generationes Sem +Sem +erat centum annorum quando geuuit Ar- phaxad, biennio post diluvium. +11. Vixitque Sem postquam genuit +ment séchées au soleil, tantôt cuites au four; dans le cas présent, on préféra ce second mode, en vue d'une plus grande solidité. — Bitumcn pro cxmento. L'asphalte abonde aux environs de Babylone , et on l'a constamment utilisé en guise de mortier. — Le vers. 4 explique le double but auquel étalent destinés ces matériaux : but direct , faciannis... civitatein et turrim,..; but indirect, mais supérieur, celebremus... Ils prévoient la néces- sité de migrations nouvelles ; avant de se séparer, ils veulent établir un monument impérissable de leur passage et un centre d'unité. +2° La confusion des langues. XI, 5-9. +5-8. Descendit... Deus... Anthropomorphisme pour exprimer, comme in, 8, l'action judiciaire du Seigneur. Au vers. 5, Dieu constate ; aux vers. 6-7, il délibère; au vers. 8, il châtie. — Venite : reproduction ii-onique du langage des hommes, vers. 3 et 4. — Descendamus , confundamus sont des pluriels semblables à ceux des passages i, 26 ; +m, 22. — Ut non audiat Indication du résultat +qui devait être produit par le châtiment divin : ne pouvant plus se comprendre, les hommes seraient obligés de laisser leur constiiiction inachevée, puis de se séparer. — Divisit eos... Sous le rapport moral , ce châtiment fut un bien manifeste pour l'humanité. Quelle puissance épouvantable le mal n'aurait-il pas acquise dans le cours des siècles, s'il avait été favorisé par l'unité de langage et l'unité nationale! +9. Conclusion du récit. — Vocatum est... Babel, +c.-ù-d. confusion (pour Balbei), d'après une paronomase semblable à celles que nous avons déjà rencontrées: quia... confusum est (balai, « confudit »). Sur les traditions babyloniennes relatives à la tour de Babel, voyez Vigoureux, la Bible et les découvertes modernes, i, 334 et ss. Des sa-'^ants distingués, entre autres M. Oppert, Expédition en Mésopotamie , i, 135 et ss., ont cru retrouver les restes de la tour de Babel dans les ruines de Birs-Nimroud, non loin de l'ancienne Babylone. Ces ruines ont 46"» de hauteur, et 710™ de circonférence au niveau du sol ; les fon- dements sont en briques cuites, cimentées avec du bitume. +LIVRE Y Les générations de Sem. XI, 10-26. +Simple liste, visiblement calquée sur celle des patriarches d'avant le déluge (v, 1-31), quoique plus brève encore. La Table des peuples , x, 21-31 , avait mentionné tous les Sémites ; ici on élimine ceux des fils de Sem qui ne faisaient point partie de la race choisie : on suit donc seulement la branche principale et directe de l'arbre généalo- gique, de Sem à Abraham. +10». Hce sunt generationes... Titi'e du livre. +10^-11. Sommaii'e de la vie de Sem. Pour lui et pour ses descendants, deux dates sont mention- nées : l'âge du patriarche au moment de la nais- sance de son premier -né, le reste des années de sa vie. +56 +Gen. XI, 12-20. +Arphaxad, quingentis annis; et genuit filios et filias. +12. PoiTO Arphaxad vixit triginta quin- que annis, et genuit Sale. +13. Vixitque Arphaxad postquam ge- nuit Sale , trecentis tribus annis ; et ge- nuit filios et filias. +14. Sale quoque vixit triginta annis, et genuit Heber. +15. Vixitque Sale postquam genuit Heber, quadringentis tribus annis; et genuit filios et filias. +16. Vixit autem Heber triginta qua- tuor annis, et genuit Phaleg. +17. Et vixit Heber postquam genuit Phaleg, quadringentis triginta annis; et genuit filios et filias. +18. Vixit quoque Phaleg triginta an- nis, et genuit Reu. +19. Vixitque Phaleg postquam genuit Eeu, ducentis novem annis; et genuit filios et filias. +20. Vixit autem Reu triginta duobus annis, et genuit Sarug. +21. Vixit quoque Reu, postquam genuit Sarug, ducentis septem annis; et genuit filios et filias. +22. Vixit vero Sarug triginta annis, et genuit Nachor. +23. Vixitque Sarug postquam genuit Nachor, ducentis annis ; et genuit filios et filias. +24. Vixit autem Nachor viginti novem annis, et genuit Thare. +25. Vixitque Nachor postquam genuit Thare , centum decem et novem annis ; et genuit filios et filias. +26. Vixitque Thare septuaginta annis, et genuit Abram , et Nachor, et Aran. +phaxad, vécut cinq cents ans; et il en- gendra des fils et des filles. +12. Arphaxad ayant vécu trente -cinq ans, engendra Salé; +13. Et Arphaxad, après avoir engendré Salé , vécut trois cent trois ans ; et il en- gendra des fils et des filles. +14. Salé ayant vécu trente ans, en- gendra Héber : +15. Et Salé, après avoir engendré Hé- ber, vécut quatre cent trois ans; et il engendra des fils et des filles. +16. Héber ayant vécu trente - quatre ans , engendra Phaleg ; +17. Et Héber, après avoir engendré Phaleg, vécut quatre cent trente ans; et il engendra des fils et des filles. +18. Phaleg ayant vécu trente ans, en- gendra Réu ; +19. Et Phaleg, après avoir engendré Réu, vécut deux cent neuf ans; et il en2:endra des fils et des filles. +20. Réu ayant vécu trente -deux ans, engendra Sarug; +21. Et Réu, après avoir engendré Sarug, vécut deux cent sept ans ; et il engendra des fils et des filles. +22. Sarug ayant vécu trente ans, en- gendra Nachor; +23. Et Sarug, après avoir engendré Na- chor, vécut deux cents ans ; et il engendra des fils et des filles. +24. Nachor ayant vécu vingt-neuf ans, engendra Tharé; +25. Et Nachor, après avoir engendré Tharé, vécut cent dix -neuf ans; et il engendra des fils et des filles. +26. Tharé ayant vécu soixante-dix ans, engendra Abram, Nachor et Aran. +12-13. Arphaxad. A la sxaite de ce nom (et déjà auchap, x, 24), les Septante intercalent celui de Caïnan. Comp. Luc. m, 3G. +14-15. Salé. +16-17. Héber. +18-19. Phaleg. Ce patriarche étant né cent ans après le déluge , et ayant vécu deux cent trente- neuf ans, on peut déduire de là l'époque appro- ximative de la dispersion des peuples. +20-21. Réu. Les LXX et S. Luc le nomment Ragaii. +22-23. Sarug. +24-25. Nachor. +26. Tharé. — Notez la longévité décroissante de la vie : nous sommes bien loin des chiffres du chap. V. — Si l'on compare les données du texte hébreu et de la Vulgate, celles des Sep- tante et celles du texte samaritain, on trouve de nouveau des divergences étonnantes, qui créent encore une grande difflculté pour établir la chro- +nologie biblique. Ainsi, de la naissance d'Ai-phaxad à celle d'Abraham, il se serait écoulé 3G5 ans d'aiii'ès l'hébreu, 1015 ans d'après le samaritain, 1245 ans d'après les Septante! +DEUXIÈME PARTIE +Los débuts de l'histoire des Hébreux. XI, 27 — L,26. +LIVRE VI +lies générations de Tharé. XI, 27-XXY, 18. +D'universel qu'il avait été d'abord, le récit de la Genèse devient tout à coup très spécial , et limité aux destinées d'une seule famille. Il est vrai que cette famille est celle à laquelle se rattachaient, depuis Adam , les promesses divines , et que nous la verrons bientôt devenir la souche du peuple hébreu. C'est donc ici que commence, à proprement pai'ler, l'iiistoire de la nation théocratique. +Gen. XI, 27-32. +57 +27. Voici les générations de Tliaré. Tharé engendra Abram, Nachor et Aran. Or Aran engendra Lot ; +28. Et Aran mourut avant son père Tharé au paj^s où il était né, à Ur en Chaldée. +29. Or Abram et Nachor prirent des femmes. La femme d' Abram s'appelait Saïaï, et celle de Nachor s'appelait Melcha fille d'Aran, qui fut père de Melcha et père de Jescha. +30. Or Saraï était stérile, et elle n'avait point d'enfants. +31. Tharé ayant donc pris Abram son fils, Lot son petit -fils, fils d'Aran, et Saraï sa belle -fille, femme d' Abram son fils, les fit sortir d'Ur en Chaldée, pour aller avec lui dans le pays de Chanaan ; et étant venus jusques à Haran, ils y habitèrent. +32. Et Tharé, après avoir vécu deux cent cinq ans, mourut à Haran. +27. Hae sunt autem generationes Tha- ré. Thare genuit Abram, Nachor, et Aran. Porro Aran genuit Lot. +28. Mortuusque est Aran ante Thare patrem suum, in terra nativitatis suae, in Ur Chaldœorum. +29. Duxerunt autem Abram et Nachor uxores : nomen uxoris Abram , Sarai ; et nomen uxoris Nachor, Melcha, filia Aran, patris Melchœ, et patris Jeschœ. +30. Erat autem Sarai sterilis, nec ha- bebat liberos. +3L Tulit itaque Thare Abram filium suum , et Lot filium Aran , filium filii sui , et Sarai nurum suam, uxorem Abram filii sui, et eduxit eos de Ur Chaldœa- rum , ut irent in terram Chanaan ; vene- runtque usque Haran, et habitaverunt ibi. +32. Et facti sunt dies Thare ducento- rum quinque annoram , et mortuus est in Haran. +Section I. — La famille et la MiauATiON DE Tharé. XI, 27-32. +Quelques faits préliminaires, pour servir d'in- troduction au Livre VI. +27». Le titre du livre. +27*>-28. Les noms des trois fils de Tharé, puis deux détails sur Aran : 1» genuU Lot ; 2° mortuus est ante Thare..., in Ur, par conséquent avant la migration mentionnée plus bas. +29-30. Aran étant ainsi éliminé, on revient aux deux autres fils , pour signaler leur mariage et leurs circonstances de famille. — Sarai, d'après les auteurs juifs, ne différerait pas de Jescha, seconde fille d'Aran, et sœur soit de Lot, soit de Melcha ; du moins, nous verrons qu'elle était parente d'Abram h un degré très rapproché, sa nièce sans doute (xii, 13; xx,12). — Sterilis, vec... Trait doulcui'eux, mais destiné à préparer de grandes merveilles. +31. TiUit itaque... Le nom de Nachor est omis ; ce patriarche demeura probablement quelque temps encore à Ur. Plus tard ( xxiv, 10 ; xxix, 4 ) néan- moins nous trouverons sa famille installée à Haran, où II aura dû rejoindre les siens. — De Ur Chal- dxorum (hébr. 'Ur Kasdim). Pendant assez longtemps on a identifié cette ville à, Edesse, l'antique Crhoé, l'Urfa actuelle, située au S. des montagnes de l'Arménie; selon toute vraisem- +blance, il faut plutôt la chercher sur l'emplace- ment de Mughéir, entre Babylone et le golfe Persique. Voyez Vigouroux, îa Bible et les décou- vertes modernes, i, 398 et ss. — Le but de Tharé était wi irent in... Chanaan; toutefois, après avoir remonté l'Euphrate presque jusqu'à sa source, il semble avoir renoncé à son projet. — Haran (hébr. Ilaran) ,\^âpç>a.i des Grecs, C/iarrœ des Latins, h une journée de marche au sud d'Edesse ; localité célèbre par la victoire des Parthes sur les légions de Crassns. +32. Dies Thare ducentorum quinque annorum. Ce passage, rapproché de xi, 26 et de xii, 4, crée une difficulté chronologique assez notable. En effet, d'après xi, 2G, Tharé était âgé de 70 ans quand il devint père d'Abram; d'après xii, 4, Abram avait lui-même 75 ans quand il quitta Haran : d'où il suit que son départ pour le pays de Cha- naan aurait eu lieu soixante années avant la mort de Tharé ( 70 + 75 = 145 ; 205 — 145 = 60 ). Le texte samaritain tranche la difficulté d'une manière arbitraire, en substituant 145 à 205. L'opinion de divers rabbins , d'après laquelle Abram est cité le premier parmi les fils de Tharé, non parce qu'il était l'aîné , mais en sa qualité de fondateur du peuple juif, peut servir de base h la vraie solution; car alors le chiffre 70 ne retomberait pas directement sur lui. Voj'cz le Manuel Mhliq., I, n. 342. +58 +Gen. XII, 1 +CHAPITRE XII +1. Dixit autem Dominus ad Abram : Egredere de terra tua, et de cognatione tua , et de domo patris tui , et veni in terram quam monstrabo tibi. +2. Faciamque te in gentem magnam, et benedicam tibi, et magnificabo no- men tuam, erisque benedictus. +3. Benedicam benedicentibus tibi, et maledicam maledicentibus tibi, atque in te benedicentur universse cognationec terrée. +4. Egressus est itaque Abram sicut prseceperat ei Dominus, et ivit cum eo Lot; septuaginta quinque annorum erat Abram cum egrederetur de Haran. +5. Tulitque Sarai uxorem suam, et Lot filium fratris sui , universamque substan- tiam quam possederant, et animas quas +1. Or le Seigneur dit à Abram : Sor- tez de votre pays, de votre parenté, et de la maison de votre père, et venez en la terre que je vous montrerai. +2. Je ferai sortir de vous un grand peuple ; je vous bénirai ; je rendrai votre nom célèbre, et vous serez béni. +3. Je bénirai ceux qui vous béniront, et je maudirai ceux qui vous maudiront ; et tous les peuples de la terre seront bénis en vous. +4. Abram sortit donc comme le Sei- gneur le lui avait commandé, et Lot alla avec lui, Abram avait soixante-quinze ans lorsqu'il sortit de Haran. +5. Il prit avec lui Saraï sa femme, et Lot, fils de son frère, tout le bien qu'ils possédaient, avec toutes les personnes +Section II. — Première période de la vie d'Abraham. XII, 1-XIII, 18. +La biographie d'Abraham , avec laquelle se con- fondent désormais les générations de Tharé , pré- sente quatre points culminants, ou quatre révéla- tions importantes , qui la divisent en quatre pé- j riodes distinctes. Ces périodes commencent avec les chap. xii, xv, xvn , xxn. Le nom de Jéhovah , le Dieu de la révélation , est particulièrement fréquent dans toute cette partie de la Genèse. — Bur la vie d'Abraham, voyez S. Ambroiso, De Abraham patriarcha , et Vigouroux, ?a Bible et les découvertes modernes, i, 379-519. +§1. — Abraham dans la terre de Chanaan et en Egypte. XII, 1-20. +1° La vocation d' Abram , vers. 1-3. +Chap. XII. — 1. Dixit... Dominus. D'après Act. vu, 2, Abram avait entendu déjà le divin appel à Ur Kasdim, avant la migration de son père à Haran. C'est donc pour la seconde fois que le Seigneur lui adresse la parole. Les vers. 1-3 contiennent tout ensemble un ordre et une pro- messe. L'ordre a deux parties : 1° Egredere... C'est le renoncement à tout ce que l'homme a de plus cher ici - bas : patrie , parents , maison paternelle. Dieu arrachait ainsi violemment à toutes ses an- ciennes relations , et au danger de l'idolâtrie , celui dont il voulait se servir pour fonder une race nouvelle et sainte. 2» Et veni in terram... Terre qu'une révélation ultérieure devait déterminer. +2-3. Promesse admirable, en échange du sacrifice exigé. Elle se comiiose de quatre membres , rangés en gradation ascendante : 1» promesse d'une posté- rité innombrable ; 2» promesse de faveurs insignes, spirituelles et temporelles; 3« promesse de grande gloire ; 4o Abram sera yiour les autres une source de bénédictions (ej'isgwe benedictus; hébr. « bcnc- +dictio »). Cette dernière pensée, la plus importante de toutes , est développée au vers. 3. — Benedicam benedicentibus... Les hommes seront bénis ou maudits, d'après la position qu'ils prendront à l'égard d'Abram. — Maledicam maledicentibus... L'hébreu a deux expressions distinctes (m'qallèllca, aôr); celle qui dénote la malédiction divine est la plus énergique.— In te benedicentur universse... C'est au moment où Dieu sépare Abram de tous les autres hommes, qu'il fait de lui un centre général de bénédictions : preuve que ce qu'on a appelé le « particularisme » juif devait former un jour la religion de l'univers entier. Aussi bien, les mots in te ne se rapportent pas exclusivement à Abram : plus loin (xxii, 18), nous trouverons à leur place la formule « in semine tuo », laquelle désigne le Christ en personne, ce descendant par excellence du Père des croyants, comme l'ont si nettement affirmé S. Pierre, Act. m, 26, et S. Paul, Gai. III, 16, résumant toute la tradition juive. Oracle important, qui précise ceux des chap. m et X, et qui sera plusieurs fois réitéré coup sur coup. Cf. Gen. xiii, 14-16 ; xvn; xvni, 18; xxn; XXVI, 3-4; xxviii, 13 et s.; xxxv, 11 et ss. Voy. ' MS"^ Meignan, les Prophéties messianiq. du Pen- tateuque, p. 318 et ss. +2" Abram dans le pays de Chanaan , vers. 4 - 9. 4. Egressus est... Parfait exemple de foi et d'obéissance. « Exiit, nesciens quo iret, » Hebr. xi, 8. — Cum eo Lot. Abram l'avait en quelque sorte adopté comme un flis après la mort d'Aran , xi, 28. — Septuaginta quinque annorum... Cette date est signalée parce qu'elle ouvrait une nouvelle ère pour Abram et pour l'humanité. +6. Répétition du vers. 4, avec quelques déve- loppements. — Substantiam... Ces biens consis- taient surtout en bétail. — Animas quas fccerant : locution hébraïque, pour désigner les esclaves achetés à Haran. +Gen. XII, 6-12. +59 +dont ils avaient augmenté leur famille à Haran , et ils sortirent pour aller dans le pays de Chanaan. Lorsqu'ils y furent arrivés, +6. Abram passa au travers du pays jusqu'au lieu appelé Sichem, et jusqu'à la vallée illustre. Les Chananéens occu- paient alors ce pays -là. +7. Or le Seigneur apparut à Abram, et lui dit : Je donnerai ce pays à votre postérité. Abram dressa en ce lieu -là un autel au Seigneur, qui lui était ap- paru. +8. Etant passé de là vers une mon- tagne qui est à l'orient de Béthel, il y tendit sa tente, aj'ant Béthel à l'occi- dent, et Haï à l'orient. Il dressa encore en ce lieu -là un autel au Seigneur, et il invoqua son nom. +9. Abram alla encore plus loin, mar- chant toujours et s'avançant vers le midi. +10. Mais la famine étant survenue en ce pays -là, Abram descendit en Egypte pour y passer quelque temps , parce que la famine était grande dans le pays qu'il quittait. +11. Lorsqu'il était prêt d'entrer en Egypte , il dit à Saraï sa femme : Je sais que vous êtes belle ; +12. Et que quand les Egyptiens vous +feccrant in Haran ; et egressi sunt ut irent in terram Chanaan. Cumque venis- sent in eam , +6. Pertransivit Abram terram usque ad locum Sichem, usque ad convallem illustrem ; Chananœus autem tune erat in terra. +7. Apparuit autem Dominus Abram, et dixit ei : Seniini tuo dabo terram hanc. Qui a3dificavit ibi altare Domino, qui apparuerat ei. +8. Et inde transgrediens ad montem, qui erat contra orientem Béthel, tetendit ibi tabernaculum suum, ab occidente ha- bens Béthel, et ab oriente Hai; aîdifica- vit quoque ibi altare Domino, et invo- cavit nomen ejus. +9. Perrexitque Abram vadens , et ultra progrediens ad meridiem. +10. Facta est autem famés in terra; descenditque Abram in ^gyptum, ut peregrinaretur ibi ; prsevaluerat enim famés in terra. +11. Cumque prope esset ut ingredere- tur ^gyptum, dixit Sarai uxori suse : Novi quod pulchra sis mulier, +12. Et quod cum viderint te -<3Egyptii , +6. Pertransivit... terrarn. La caravane était entrée dans le pays de Chanaan par le N.-E., du côté de Damas. Elle en traversa environ la moitié , et arriva ad locum Sichem, aujourd'hui Naplouse, dans la délicieuse vallée qui s'étend aux pieds de l'Ebal et du Garizim. — Ad convallem illustrem,. Hébr.: jusqu'au térébinthe de Moreh. — Le détail Chananœus... tune erat in terra sert de prépa- ration au vers. 7 : le pays n'était pas désert , mais 11 appartenait à une race antique. +7. Apparuit... Dominus : sous une forme exté- rieure. C'est la première apparition de ce genre mentionnée dans la Bible. — Semini tuo dabo... Sur les raisons providentielles du choix de la Palestine comme terre du peuple de Dieu , voyez le Manuel Mblig., I , n. 345. — JEdificavit altare. Abram a compris. Par cet acte , il prend possession du pays, et il le consacre Domino, à Jéhovah, qui s'y révélera de tant de manières. +8-9. La station suivante d'Abram fut contra orientem Bethél , au sud de Sichem. Béthel s'ap- pelait alors Luz, xxvra, 19. Le lieu du campement est indiqué d'une façon très exacte : ah oecideiite... Bechel, et ab oriente Hai; ce district fournit encore aujourd'hui d'excellents pâturages, — De là , une nouvelle migration lente et progressive (vadens et ultra progrediens) vers le Négeb (hébv.), c.-à-d. vers l'extrême sud de la Palestine. +3° Abram en Égj'pte, vers. 10-20. +10. Facta est famés. Ce fut l'occasion du voyage. +La Palestine a été de tout temps sujette à des famines périodiques; l'Egypte, au contraire, *& toujours été fertile en grains. — Descendit : l'ex- pression technique pour aller de Chanaan en Egypte, à cause de la différence d'altitude. — Ut peregrinaretur ibi, jusqu'à ce que la famine fût pasfée. Ainsi font encore les Bédouins dans des circonstances analogues. +11-13. Cumque prope esset... D'après G-en. xx, 13, Abram avait conclu cette petite convention avec Sara avant même de quitter la Chaldée, parce qu'il connaissait la morale relâchée des pays qu'il devait traverser. Il la renouvelle au moment de franchir la frontière de l'Egypte, contrée si dissolue , gouvernée par des despotes licencieux. — Pulchra sis. Quoique alors âgée d'environ 67 ans ( cf. xn , 4 et XVII ,17), Sara n'était encore qu'au milieu de sa vie (xxin, 1), et, n'ayant pas eu d'enfants, elle jouissait de tous ses avantages. De plus, les Égyptiennes étaient généralement dépourvues de grâces extérieures. — Interflcient me : pour se débarrasser de lui. On redoute moins un frère qu'un mari, en pareil cas. — Soror mea. C'était assurément inexact dans le sens strict; mais les mots « frère » et « sœur » ont une signi- fication assez large en Orient, où ils désignent même les cousins et cousines , les neveux et nièces. Cf. xui, 8; Matth. xiii, 55-56; Joan. vii, 3. +60 +Gen. XII, 13 — XIII, 1. +dicturi siint : Uxor ipsius est ; et interfl- cient me, et te reservabunt. +13. Die ego, obsecro te, quod soror mea sis, ut bene sit mihi propter te, et vivat anima mea ob gratiam tui. +14. Cum itaque ingressus esset Abram ^g3'ptiim, viderunt ^gj^-ptii mulierem quod esset pulclira nimis, +15. Et nimtiaverunt principes Pha- raoni, et laudaverimt eam apud illum; et sublata est mulier in domum Pha- raonis, +IG. Abram vero bene usi sunt propter illam; fuerimtque ei oves, et boves, et asini, et servi, et famulte, et asinse, et cameli. +17. Flagellavit autem Dominus Pha- raonem plagis maximis, et domum ejus, propter Sarai uxorem Abram. +18. Vocavitque Pharao Abram, et dixit ei : Quidnam est hoc quod fecisti mihi? quare non indicasti quod uxor tua esset ? +19. Quam ob causam dixisti esse soro- rem tuam , ut tollerem eam mihi in uxo- rem? Nunc igitur ecce conjux tua; ac- cipe eam , et vade. +20. Prsecepitque Pharao super Abram viris; et deduxerunt eum, et uxorem illius, et omnia quge habebat. +auront vue, ils diront : C'est la femme de cet homme -là; et ils me tueront, et vous réserveront. +13. Dites donc, je vous supplie, qne vous êtes ma sœur; afin que ces gens -ci me traitent favorablement à cause de vous, et qu'ils me conservent la vie en votre considération. +14. Abram étant entré ensuite en Egypte, les Egyptiens virent que cette femme était très belle. +15. Et les princes du pays en ayant donné avis au Pharaon, et l'ayant fort louée devant lui , elle fut enlevée et me- née au palais du Pharaon. +16. Ils en usèrent bien à l'égard d'A- bram à cause d'elle ; et il reçut des brebis, et des bœufs, et des ânes, et des servi- teurs, et des servantes, et des ânesses, et des chameaux. +17. Mais le Seigneur frappa de trèi grandes plaies le Pharaon et sa maison, à cause de Saraï femme d'Abram. +18. Et le Pharaon ayant fait venir Abram, lui dit : Pourquoi avez-vous agi avec moi de cette sorte ? Que ne m'avez- vous averti qu'elle était votre femme? +19. D'où vient que vous avez dit qu'elle était votre sœur, pour me donner lieu do la prendre pour ma femme? Voilà donc maintenant votre femme; prenez -la, et vous en allez. +20. Et le Pharaon ayant donné ordre à ses gens de prendre soin d'Abram , ils le conduisirent jusque hors de l'Egypte avec sa femme, et tout ce qu'il possédait. +CHAPITRE XIII +1. Ascendit ergo Abram de ^gypto, ipse et uxor ejus, et omnia quas habebat, et Lot cum eo, ad australem plagam. +1. Abram étant donc sorti de l'Egypte avec sa femme et tout ce qu'il possédait, et Lot avec lui , alla du côté du midi. +14-15. Les craintes d'Abram n'étaient que trop fondées. — Pharaoni. Titre commun à tous les rois d'Egypte. Les égyptologues ne sont pas ab- solument d'accord sur son étymologie :pi-ouro, le roi, d'après Jablonski ; ph-ra, le soleil, d'après Rosellini , Lepsius , etc.; per-aa, la grande maison , d'après M. do Rougé ( de même que l'on dit « la sublime Porte »). Il n'est pas possible de déter- miner le prince en question; on a calculé néanmoins qu'il appartenait au moins à, la XII^ dynastie, peut-ôtre même à une dynastie encore plus an- tique. +16. Ahram vero... Sara est achetée à la façon orientale par celui qui voulait l'épouser, et l'on donne au frère présumé les biens les plus appréciés des nomades : oves et bovcs... +17. Dieu protège miraculeusement l'honneur de la future mère de son peuple. — Flagellavit... Ou ne dit pas ici de quelle manièi'e. Cf. xx, 6, 17. Du moins le Pharaon comprit. +18-19. Vifs reproches du roi à Abram, lequel n'osa alléguer aucune excuse. +20. Frœcepit... Les particularités de Tordra ressortent des mots suivants : deduxerunt eum. Cette escorte devait garantir Abram et Sara , tant qu'ils demeureraient sur le territoire égyptien. +§ II. — Lot est éliminé de la race choisie. XIII, 1-18. +lo Abram de retour en Chanaan , vers. 1-4. Chap. XIII. — 1. Ascendit ergo... L'expression technique pour marquer le retour d'Egypte ea +Gen. XIII, 2-10. +Cl +2. Il était très riche, et il avait beau- coup d'or et d'argent. +3. Il revint par le même chemin qu'il était venu du midi ;\ Béthel, jusqu'au lieu où il avait auparavant dressé sa tente, entre Béthel et Haï, +4. Où était l'autel qu'il avait bâti ; et il invoqua en ce lieu le nom du Seigneur. +5. Or Lot, qui était avec Abram, avait aussi des troupeaux de brebis, des trou- pcnux de bœufs et des tentes. +G. Le pays ne leur suffisait pas pour pouvoir demeurer l'un avec l'autre, parce que leurs biens étaient fort grands, et ils ne pouvaient subsister ensemble. +7. C'est pourquoi il s'excita une que- relle entre les pasteurs d'Abram et ceux de Lot. En ce temps -là les Chananéens et les Phérézéens habitaient en cette terre. +8. Abram dit donc à Lot : Qu'il n'y ait point, je vous prie, de dispute entre vous et moi , ni entre mes pasteurs et les vôtres, parce que nous sommes frères. +9. Voici que vous avez devant vous toute la contrée. Retirez -vous, je vous prie, d'auprès de moi. Si vous allez à la gauche, je prendrai la droite; si vous choisissez la droite, j'irai à gauche. +10. Lot élevant donc les yeux, consi- déra tout le pays situé le long du Jour- dain, et qui, avant que Dieu détruisît Sodome et Gomorrhe , était un pays tout arrosé d'eau, comme un paradis de Dieu, et comme l'Egypte quand on vient à Sés'or. +2. Erat autem dives valde in posses- sion e auri et argenti. +3. Reversusque est per iter quo véné- rât, a meridie in Béthel, ur^quc ad lo- cum ubi prius fixerat tabernaculum inter Béthel et liai, +4. In loco altaris quod fecerat prius, et invocavit ibi nom en Domini. +5. Sed et Lot qui erat cum Abram, fuerunt grèges ovium, et armenta, et tabernacula. +6. Nec poterat eos capere terra, ut habitarent simul ; erat quippe substantia eorum multa, et nequibant habitare com- muniter. +7. Unde et facta est rixa inter pastores greguni Abram et Lot. Eo autem tem- pore Chananssus et Pherezaeus habita- bant in terra illa. +8. Dixit ergo Abram ad Lot : Ne, quseso, sit jurgium interme et te, et inter pastores meos et pastores tuos ; f ratres enim sumus. +9. Ecce uni versa terra coram te est ; recède a me, obsecro : si ad sinistram ieris, ego dexteram tenebo; si tu dexte- ram elegeris, ego ad sinistram pergam. +10. Elevatis itaque Lot oculis, vidit omnem circa regionem Jordanis, quae uni versa irrigabatur antequam subver- teret Dominus Sodomam et Gomorrham, sicut paradisus Domini, et sicut ^gy- ptus venientibus in Segor. +Palestine. Cf. xii, 10. — Lot cum eo : Lot, qui va devenir un personnage important dans la suite de ce récit. — Ad ausiralem plagayn. Hébr.: vers le Négeb. Voy. la note de xii, 9. +2. Dives valde...; «extrêmement lourd», d'après l'expression imagée de l'hébreu. L'or et l'argent n'étaient pas encore monnayés ; dans les transac- tions de vente on employait ces métaux sous forme de lingots ou d'anneaux. Voy. V Atlas ar- chéolog. de la Bible, pi. lxiv, fig. 6 et 9. +3-4. Per iter quo venerat. Hébr. : selon ses cam- pements, c.-à-d. à la façon d'un nomade, qui campe et décampe fréquemment. — Inter Béthel et Eai. Toy. xii, 8. +2° La séparation, vers. 5-13. +5-6. On en indique d'abord l'occasion lointaine : Lot aussi était très riche soit en troupeaux (grèges ovium, le petit bétail, moutons et chèvres; ar- menta, les bœufs), soit en serviteurs (taber- nacula, les tentes où ils habitaient). — Nec pote- rat... capere terra: laquelle, on va le redire de nouveau ( vers. 7 ), était occupée par les Chana- néens. Notez les répétitions emphatiques : erat quippe... et nequibant. +7. L'occasion immédiate : unde et... rira.,.: h +propos de pâturages, dont chacune des deux fa- milles (pc'Stores) revendiquait l'emploi exclusif. — Pherezœas. Cette peuplade n'a pas été mentionnée dans la Table des peuples ; nous la retrouverons Jud. XI, 3; XVII, 15. +8-9. Conduite généreuse et condescendante d'Abram. Pas de jurgium entre frères ! Il com- prend toutefois que la séparation est commandée par les circonstances ; mais il abandonne à son neveu le droit de choisir la région qui lui con- viendrait. — Ecce coram te... Le langage est très pittoresque; de même au vers. 10. +10. Omnem circa regionem Jordanis. Hébr. : tout le kikkar du Jourdain, et le ghôr des Arabes modernes, c.-à-d. la vallée du Jourdain entre le lac de Tibériade et la mer Morte. — Qvse uni- versa irrigabatur. Riche en eaux, cette vallée l'est aussi en herbages. — Antequam subverteret. Détail anticipé. Voy. le chap. xix. — Deux comparaisons relèvent la fraîcheur et la beauté du ghôr : 1° sic- Mi paradisus Dei, le paradis terrestre; 2° sicut JEgyptus , l'Egypte arrosée et fécondée par le Nil. — Venientibus in Segor : dans la direction de Sé- gor. Voy. XIX, 22 et ss. +C2 +Gen. XIII, 11-18. +11. Elegitque sibi Lot regionem circa Jordanem , et recessit ab oriente ; divisi- que sunt alterutrum a fi-atre suo. +12. Abram habitavit in terra Chanaan ; Lot vero moratus est in oppidis, quse erant circa Jordanem, et habitavit in Sodomis. +18. Homines autem Sodomitœ pessimi erant, et peccatores coram Domino ni- mis. +14. Dixitque Dominus ad Abram, post- qiiam divisus est ab eo Lot : Leva oculos tuos, et vide a loco, in quo mmc es, ad aquilonem et meridiem, ad orientem et occidentem. +15. Omnem terram, quam conspicis, tibi dabo et semini tuo usque in sempi- ternum. +16. Faciamque semen tuum sicut pul- verem terrae; si quis potest hominum numerare pulverem terrse , semen quoqiie tuum numerare poterit. +17. Surge , et perambula terram in lon- gitudine, et in latitudine sua; quia tibi daturus sum eam. +18. Movens igitur tabernaculum suum Abram, venit et habitavit juxta conval- lem Mambre, quas est in Hebron, œdifi- cavitque ibi altare Domino. +11. Et il fit choix de la région qui en- toure le Jourdain, et il se retira de l'orient. Ainsi les deux frères se séparèrent l'un de l'autre. +12. Abram demeura dans la terre de Chanaan, et Lot dans les villes qui étaient aux environs du Jourdain ; et il habita dans Sodome. +13. Or les habitants de Sodome étaient devant le Seigneur des hommes perdus de vices ; et leur corruption était montée à son comble. +14. Le Seigneur dit donc à Abram, après que Lot se fut séparé d'avec lui : Levez vos yeux, et regardez du lieu où vous êtes, au septentrion et au midi, à l'orient et à l'occident. +15. Tout ce pays que vous voyez, je vous le donnerai, et à votre postérité pour jamais. +16. Je multiplierai votre race comme la poussière de la terre. Si quelqu'un d'entre les hommes peut compter la pous- sière de la terre, il pourra compter aussi la suite de vos descendants. +17. Levez-vous, et parcourez toute l'é- tendue de cette terre dans sa longueur et dans sa largeur, parce que je vous la donnerai. +18. Abram levant donc sa tente, vint demeurer près de la vallée de Mambré, qui est vers Hébron ; et il dressa là un autel au Seigneur. +11-12. Lot, suivant l'attrait de ses yeux, «alla camper à l'orient » ( hébreu ). Sa vie nomade le conduisit tour à tour dans les dififérentes cités de la Pcntapole, dont il était l'hôte temporaire. Abraham demeura seul dans la contrée destinée u sa postérité. +13. «Sodomiia?... Cette triste circonstance est notée d'avance , pour préparer le récit du chap. xix. Les richesses d'une part , de l'autre l'action énervante du climat, ne tardèrent pas à produire une af- freuse corruption. +3" Nouvelle promesse concernant la possession de la Terre sainte, vers. 14-18. +Après le départ de Lot, Dieu manifeste d'une manière encore plus intime sa bienveillance à, l'é- gard d'Abraham , afin de le consoler. +14. Beau et dramatique prélude de la promesse. — Ad aquilonem... occidentem. Dans toutes les di- rections; par conséquent, le pays tout entier. +15. Omnem terram... tibi: à lui d'abord per- sonnellement ; puis à ses descendants , usque in sempiternum. On a parfois conclu de ces der- nières paroles que le peuple juif , quand il sera con- verti au Messie, reprendra possession de la Pales- tine ; d'autres les ont i)rises dans un sens idéal et spirituel. «Par le Cbrist, la promesse est élevée +au-dessus de sa forme temporelle,..; par lui la terre entière devient Chanaan ». Il paraît plus naturel, et plus conforme à d'autres passages du Pentateuque, Lev. xxvi, 21-33, Deut. iv, 25-40, de dire qu'en réalité la Terre sainte était promise aux Juifs pour toujours , mais h condition qu'ils demeureraient fidèles au Seigneur ; condition qui ne fut pas remplie. +16. Faciamque semen tuum. Ses enfants selon la chair, et beaucoup plus encore sa postérité selon l'esprit. — La comparaison si forte, sicut pulverem terrse, redouble d'énergie par le développement : si quis potest... +17. Peramlnila terram... Abram devait ma- nifester de la sorte ses droits de future propriété : quia tibi... +18. Habitavit... Sans cesser d'être nomade, il se fixa à Hébron d'une certaine manière, et il en fit le centre de ses pérégrinations à travers la Palestine. — Juxta convallem (hébr. : sous les térébinthes) 2Iambre. Mambré, ou il/a 7n?-é, était un personnage important du pays , Amorrhécm de race. Cf. xiv, 13. — Hebron: au sud do la Pales- tine, dans une belle et riche situation ; aujourd'hui El-Khalïl , « l'ami » ( Abraham , l'ami de Dieu par excellence ). +Gen. XIV, 1-G. +G3 +CHAPITRE XIV +1. Ea ce temps -là, Amraphel roi de Sennaar, Arioch roi du Pont, Chodorla- liomor roi des Elamites, et Thadal roi des Nations, +2. Firent la guerre contre Bara roi de Sodome, contre Bersa roi de Gomorrhe, contre Sennaab roi dAdama, contre Sc- méber roi de Séboïm, et contre le roi de Bala, c'est-à-dire de Ségor. +3. Tous ces rois s'assemblèrent dans la vallée des Bois, qui est maintenant la mer salée. +4. Ils avaient été assujettis à Chodorla- homor pendant douze ans, et la treizième année ils se retirèrent de sa domination. +5. Ainsi l'an quatorzième, Chodorla- homor vint avec les rois qui s'étaient joints à lui, et ils délirent les Raphaïtes dans Astaroth - Carnaïm , les Zuzites qui étaient avec eux, les Emites dans Savé- Cariathaïm , +6. Et les Corrhéens dans les montagnes de Séir, jusqu'aux campagnes de Pharan, qui est dans la solitude. +1. Factum est autem in illo tempore, ut Amraphel rex Sennaar, et Arioch rex Ponti, et Chodorlahomor rex Elamita- rum, et Thadal rex Gentium, +2. Inirerit bellum contra Bara, regem Sodomorum, et contra Bersa, regem Go- morrhse , et contra Sennaab , regem Ada- mse, et contra Semeber, regem Seboim, contraque regem Balae, ipsa est Segor. +3. Omnes hi convenerunt in vallem Silvestrem, quae nunc est mare salis. +4. Duodecim enim annis servierant Chodorlahomor, et tertiodecimo anno re- cesserunt ab eo. +5. Igitur quartodecimo anno venit Cho- dorlahomor, et reges qui erant cum eo ; percusseruntque Haphaim in Astaroth- Carnaim, et Zuzim cum eis. et Emim in Save-Cariathaim , +6. Et Chorrseos in montibus Seir, us- que ad campestria Pharan, quse est in +solitudine. +§ m. — Abram et Melchisédech. XIY, 1 - 24. +Grand événement dans la vie d'Abraham , sur- tout à cause du tjT)e admirable qu'il contient. Sous le rapport historique , ce passage forme un document des plus précieux parmi ceux que l'an- tiquité nous a conservés. +10 L'invasion de la Pentapolé , vers. 1-12. +Chap. XIV. — 1. Les parties belligérantes nous sont présentées dans les deux premiers versets , et tout d'abord les agresseurs , au nombre de quatro : Amraphel, roi de Sennaar ( voy. la note de x , 10 ); Arioch, roi d"Mlasar (hébr. ; d'après Oppert, Kalah Scherghât, à l'O. du Tigre); Chodorla- homor, roi (ÏElam, (cf. x, 22 et la note ; le nom du. prince était, sous sa forme élamite, « Kudur-La- gamar », couronne de La'gamar : un dieu d'Elam); Thadal, roi de Goïvi (Vulg. : « gentium »), nom propre qui représente vraisemblablement les Guti des inscriptions cunéiformes, peuple fixé au N. de la Babylonie. +2. Liste des rois menacés. Us étaient chacun à la tête d'une ville, selon la coutume chana- néenne, et leurs cinq territoires confédérés for- maient ce qu'on nomme la Pentapolé , vers l'em- placement actuel de la mer Morte. — Balae, ipsa... Segor. A côté du nom antique , l'historien cite le nom plus récent, So'ar en hébreu. Cf. xix, 22. +3. Le théâtre du combat. Au lieu de vallem Silvestrem , l'hébreu dit : la vallée de Siddim. — Mare salia ne diffère pas de la mer Morte, xix, 21 et S. +4. Occasion de l'envahissement. Pendant douze ans tributaires de Chodorlahomor, les cinq rois s'étaient ensuite révoltés contre lui. +5-6. En venant châtier les rebelles, Chodorla- homor fait diverses conquêtes, qui sont rapide- ment décrites ( 5^-7 ). — Raphaim : peuple de géants , qui occupait , au temps d'Abraham , toute la Palestine transjordanienne. — Astaroth - Car- naim : plus tard la capitale du roi Og , issu des Raphaim (Deut. m, 11); on a cru reconnaître ses ruires au Tell-Aschtérah, à quelque distance de l'ancienne Edréi. — Zuzim. Peuple identique sans doute aux Zomzommim de Deut. li, 20, lesquels faisaient également partie des Raphaïm. — Cum eis est une traduction inexacte pour « in Ham », ville assimilée par quelques interprètes à Rabbath-Ammon (Deut. in, 11). — Emin, ou Emim , autre branche des Raphaïm. Ils furent battus dans la vallée ( in Save ) de Cariathaïm , aujourd'hui Kvirayat, ville située à l'E. de la mer Morte, un peu au-dessous de l'embouchure du Jourdain. — Chorrœos ( de hori , troglodyte ), les antiques habitants de l'Idumée , expulsés plus tard par les fils d'Esati, xxxvi , 20 et ss. — In montibus Seir, chaîne de montagnes située au S.-O. de la mer Morte. — Usque ad campestria Pharan. Hébr. : jusqu'à '^i-Pa'mn, probablement le port d'Aïla ou d'Elath ( Deut. n , 8 ) , au fond du golfe Éla- nite. On ajoute que cette ville est bâtie in soli- tudine, c.-ù-d. à l'extrémité orientale du désert do Pharan. Voy. VAtl. géogr., pi. v. +G4 +Gen. XIV, 7-14. +7. Reversique sunt , et venerunt ad fontem Misphat, ipsa est Cades ; et per- cusserunt omnem regionem Amalecita- rum, et Amorrhœum qui habitabat in Asason-Thamar. +8. Et egressi sunt rex Sodomorum, et rex Gomorrhae, rexque Adamre, et rex Seboim, necnon et rex Balœ, quse est Segor; et direxcrunt aciein contra eos in val le Silvestri ; +9. Scilicet ad versus Chodorlahomor regem Elamitarum, et Thadal regem Gentium, et Amraphel regem Sennaar, et Arioch regem Ponti : quatuor reges adversus quinque. +10. Vallis autem Silvestrls habebat puteos multos bituminis. Itaque rex So- domorum , et Gomorrhae, terga verterunt, cecideruntque ibi; et qui remanserant, fugerunt ad montem. +11. Tulerunt autem omnem substan- tiam Sodomorum, et Gomorrhae, et uni- versa quaî ad cibum pertinent, et abie- runt ; +12. Necnon et Lot et substantiam ejus, filium fratris Abram, qui habita- bat in Sodomis. +13. Et ecce unus qui evaserat, nun- tiavit Abram Hebrseo, qui habitabat in convalle Mambre Amorrhsei, fratris Es- col, et fratris Aner; hi enim pepigerant fœdus cum Abram. +14. Quod cum audisset Abram, ca- ptum videlicet Lot fratrem suum, nu- meravit expeditos vernaculos suos tre- centos decem et octo ; et persecutus est usque Dan. +7. Etant retournés, ils vinrent à la fontaine de Misphat, qui est le même lieu que Cadès ; et ils ravagèrent tout le pays des Amalécites, et défirent les Amor- rliéens dans Asason-Thamar, +8. Alors le roi de Sodome, le roi de Gomorrhe, le roi d'Adama, le roi de Sé- boïm, et le roi de Bala, qui est la même que Ségor, se mirent en campagne, et rangèrent leurs troupes en bataille dans la vallée des Bois contre ces princes ; +9. C'est-à-dire, contre Chodorlahomor roi des Elamites, Thadal roi des Nations, Amraphel roi de Sennaar, et Arioch roi du Pont : quatre rois contre cinq. +10. Il y avait beaucoup de puits de bitume dans cette vallée des Bois. Le roi de Sodome et le roi de Gomorrhe furent mis en fuite , et ils périrent là ; et ceux qui échappèrent s'enfuirent sur la montagne. +11. Les vainqueurs ayant pris toutes les richesses et les vivres de Sodome et de Gomorrhe , se retirèrent ; +12. Et ils emmenèrent aussi Lot, fils du frère d'Abram, qui demeurait dans Sodome, et tout ce qui était à lui. +13. Et voici qu'un homme qui s'était échappé vint avertir Abram l'Hébreu, qui demeurait dans la vallée de Mambré l'Amorrhéen, frère d'Escol et frère d'A- ner, qui tous trois avaient fait alliance avec Abram. +14. Abram ayant su que Lot son frère avait été pris, choisit les plus braves de ses serviteurs, au nombre de trois cent dix-huit, et poursuivit ces rois jusques à Dan, +7. Reversique... D'Aïla, la limite extrême qu'ils atteignii'ent du côté du S., les rois vainqueurs, revenant au N, et gravissant le haut plateau qui s'appuie contre les montagnes de Séir, vinrent à ''Ein-MiSpat (fontem Misphat), localité nommée ultérieurement Cades.^ 0 mncm regione m A male- citarum : tout le district situé immédiatement au sud de la Palestine ; les Amalécites ne l'occupèrent que plus tard. Cf, xxxvi, 12, — Aviorrhceum, in Asason-Thamar : la future Engaddi, d'après II Par. XX, 2 ; à l'O, et sur les bords de la mer Morte. +8-10. La bataille avec les rois rebelles de la Pen- tapole. Aux vers. 8 et 9 , répétition solennelle des noms des belligérants; le vers. 10 expose rapide- ment le résultat de la lutte, — Puteos multos ht- tuminis. Ce détail a pour but de montrer que le terrain était peu propice à la fuite des vaincus. On trouve encore du bitume sur la rive occiden- tale du lac ""Asphaltite». — Fugerunt ad montem : +la chaîne des montagnes de IMoab, aux grottes multiples, à l'E. de la mer Morte. +11-12, Deux conséquences de la défaite : l'une générale, vers, 11, le pillage de Sodome et de Gomorrhe, dont les rois avaient péri dans la mêlée ; l'autre spéciale, vers. 12 , la capture de Lot. +2° La victoire d'Abram, vers, 13-1 G. +13, Abram fut bientôt averti à Hébron, par un fuyard , du malheur de son neveu. — Abram nehreeo. C'est la première apparition de ce nom célèbre. D'après l'étymologie la plus vraisemblable, il dérive de ''é'ber, au delà, et désigne Abram comme originaire du pays situé au delà de l'Eu- phrate, par opposition aux Amorrhéens, chea lesquels il vivait -alors.— Pepigerunt fœdus. Preuve de la puissance d'Abram , et aussi de l'estime qu'il s'était conciliée, +14. Abram avait l'âme d'un héros en même temps que d'un saint, — Vernaculos. Les esclaves nés dans sa maison, par conséquent les plus Ildclos, +Gen. XIV, 15-21. +65 +15. Ayant formé plusieurs corps de ses gens et de ses alliés, il fondit sur les ennemis durant la nuit, les défit, et les poursuivit jusqu'à Iloba, qui est à la gauche de Damas. +16. Et il ramena avec lui tout le butin qu'ils avaient pris , Lot son frère avec ce qui était à lui, les femmes et tout le peuple. +17. Et le roi de Sodome sortit au-de- vant de lui, lorsqu'il revenait après la défaite de Cliodorlaliomor et des autres rois qui étaient avec lui , dans la vallée de Savé, appelée aussi la vallée du Roi. +18. Et Melchisédech, roi de Salem, offrant du pain et du vin, parce qu'il était prêtre du Dieu très haut, +19. Bénit Abram, en disant : Qu'Abram soit béni du Dieu très haut, qui a créé le ciel et la terre ; +20. Et que le Dieu très haut soit béni, lui qui par sa protection vous a mis vos ennemis entre les mains. Alors Abram lui donna la dîme de tout ce qu'il avait pris. +21. Or le roi de Sodome dit à Abram : Donnez -moi les personnes, et prenez le reste pour vous. +15. Et divisis sociis, irruit super eos nocte; percussitque eos, et persecutus est eos usque Hoba, qua3 est ad leevam Damasci. +16. Reduxitque omnem substantiam, et Lot fratrem suum cum substantia il- lius, mulieres quoque et populum. +17. Egressus est autem rex Sodomo- rum in occursum ejus, postquam rever- sus est a csede Chodorlahomor, et regum qui cum eo erant in valle Save , quae est vallis Régis. +18. At vero Melchisédech rex Salem, proferens panem et vinum, erat enim sacerdos Dei altissimi , +19. Benedixit ei, et ait: Benedictus Abram Deo excelso, qui creavit cselum et terram; +20. Et benedictus Deus excelsus, quo protegente, hostes in manibus tuis sunt. Et dédit ei décimas ex omnibus. +21. Dixit autem rex Sodomorum ad Abram : Da mihi animas, cetera toile tibi. +et aussi les plus vaillauts (expeditos, exercés au combat). Il en forma un bataillon d'élite, qui, avec les troupes de ses alliés ( d'après le vers. 24 ), constituait une petite armée respectable. — Usque Dan. Selon divers interprètes, Laïs-Dan, au N. de la Palestine cisjordanienne ; selon d'autres, et cette opinion nous semble préférable, Dan-Ya'an, II Reg. xxrv, 6, dans la province de Gulaad,au N. de la Pérée. Cf. Deut. xxxiv, 1 et s. +15. L'attaque fut très habile, et conforme à la tactique orientale. Elle eut lieu de divers côtés à la fois (divisis sociis), la nuit, et à l'improviste. Une panique indicible s'empara des vainqueurs surpris , qui s'enfuirent au plus vite , abandonnant tout le butin. — Edba, ad Isevam Damasci : c.-à-d. au N. de Damas. +16. Heureux résultat de la victoire. +S» La bénédiction de Melchisédech, vers. 17-24. +17. Deux grands personnages viennent au-de- vant d' Abram pour le féliciter. Le premier est le rex Sodomorum , le successeur du roi qui avait été tué dans la vallée de Siddlm, vers. 10. La rencontre eut lieu in valle Save, nommée plus tard vallis Régis (Cf. II Reg. xvin, 18), pro- bablement la vallée du Cédron, à l'E. de Jérusalem. +18. L'autre personnage était Melchisédech, si vénérable et si mystérieux, prêtre et roi tout ensemble. Il apparaît tout à coup , à la façon d'un météore, pour disparaître aussitôt que son rôle aura été rempli. La Bible ne le mentionne qu'en deux autres passages : Ps. cix, 4, comme emblème d'un novi veau sacerdoce, distinct de celui d'Aaron; Hebr. vu, où Jésus-Christ nous est présenté comme +ayant été consacré prêtre selon ce nouvel ordre. — Bex Salem: probablement de Jérusalem. — Panem et vinum : au dire des exégètes hété- rodoxes , pour réconforter les combattants épuisés ; d'après les Pères et les auteurs catholiques, comme double matière du sacrifice d'action de grâces que Melchisédech se proposait d'offrir. Les mots erat enim ( hébr. : « et erat » ) sacerdos... exigent cette interprétation ; car pourquoi un tel rappro- chement, s'il s'agissait d'un simple acte d'hu- manité , et non d'un acte religieux ? De plus , les vivres ne devaient pas manquer dans le butin conquis. — Dei altissimi Chébr. : ^El 'élyôn} : du vrai Dieu , par conséquent. +19-20. Benedixit ei, pour attirer sur lui toutes les faveurs célestes. La formule de bénédiction nous a été conservée (I9t'-20a). Elle se compose de deux parties, mises en corrélation et en gra- dation ascendante : l" Benedictus Abram...; 2« 6e- nedictus Deus excelsus (encore 'M 'élyôn), le véritable triomphateur : quo protegente... — Et dédit ei décimas. Grammaticalement, la phrase est ambiguë ; mais non logiquement. C'est Abram qui donna à Melchisédech , en échange de sa béné- diction et pour reconnaître ses droits sacerdo- taux , la dîme payée aux prêtres dès une très haute antiquité. Voir, Hebr. vn, le beau raisonnement que saint Paul appuie sur cet acte d'Abram, pour démontrer la supériorité du sacerdoce de Jésus- Christ sur celui d'Aaron. +21. Le roi de Sodome veut également se montrer généx'eux. Il se contente de demander à Abram animas, c.-à-d. ceux de ses sujets qui avaient été +66 +22. Qui respondit ei : Levo manum meam ad Dominum Deum excelsum, pos- sessorem cseli et terrse, +23. Quod a filo subtegminis usque ad corrigiam caligae , non accipiam ex omni- bus quae tua sunt, ne dicas : Ego ditavi Abram ; +24. Exceptis his , quae comederunt ju- venes , et partibus virorum , qui venerunt mecum, Aner, Escol, et Mambre; isti accipient partes suas. +Gen. XIV, 22 — XV, 4. +22. Abram lui répondit : Je lève la main et je jure par le Seigneur le Dieu très haut, possesseur du ciel et de la terre, +23. Que je ne recevrai rien de tout ce qui est à vous, depuis le moindre fil jusqu'à une courroie de sandale ; afin que vous ne puissiez pas dire : J'ai enrichi Abram. +24. J'excepte seulement ce que mes gens ont pris pour leur nourriture, et ce qui est dû à ceux qui sont venus avec moi, Aner, Escol et Mambré, qui pourront prendre leur part du butin. +CHAPITRE XV +1. His itaque transactis, factus est sermo Domini ad Abram per visionem, dicens : Noli timere, Abram; ego pro- tector tuus sum, et merces tua magna nimis. +2. Dixitque Abram : Domine Deus, quid dabis mihi? ego vadam absque li- beris, et fiUus procuratoris domus mese iste Damascus Eliezer. +3. Addiditque Abram : Mihi autem non dedisti semen; et ecce vernaculus meus, hères meus erit. +4. Statimque sermo Domini factus est ad eum, diceos : Non erit hic hères tuus, +1. Après cela, le Seigneur parla à Abram dans une vision, et lui dit : Ne craignez point, Abram ; je suis votre pro- tecteur, et votre récompense infiniment grande. +2. Abram lui répondit : Seigneur Dieu, que me donnerez -vous? Je mourrai sans enfants ; et le fils héritier de ma maison est cet Éliézer de Damas. +3. Pour moi, ajouta-t-il, vous ne m'a- vez point donné d'enfants : ainsi mon esclave sera mon héritier. +4. Le Seigneur lui répondit aussitôt : Ce n'est pas celui-là qui sera votre héri- +faits prisonniers pa.r Chodorlahomor et délivrés par le père des ci'oyants. Il lui abandonna cetera, tout le reste du butin, même ce qui avait été enlevé à Sodome. +22-23. Abram refuse avec fierté ce présent, ne voulant rien avoir de commun avec la cité cou- pable ine dicas : Ego ditavi,..). — Levo manum meam... Serment énergique. — A filo... usque... Locution proverbiale, pour dire : Pas la plus petite chose. +24. Exceptis... Abram fait pourtant une double exception, qui comprend : l^ la part du butin que ses propres gens (juvenes) avaient consommée pour leur nourriture ; 2° la portion qui revenait à ses alliés d'Hébron. +Section III. — Deuxième période de la vie d'Abraham. XV, 1 — XVI, 16. +§ I. — L'alliance conclue entre le Seigneur et Abram. XV, 1-21. +Épisode solennel , et d'une haute importance. +1° La foi d' Abram , vers. 1-6. +Chap. XV. — 1. His... transactis ( hébr. : « post hsec autem verba » ) : date vague et indéterminée. — Sermo Domini... Cest ici le premier emploi de cette locution , qui reviendra fréquemment dans la Bible. — Per visionem : en vision ( bahazeh ), et non en songe (.bahalôm). — Rien de phis conso- +lant que le «sermo » divin : Noli timere, au milieu de peuples méchants et puissants. — Ego protector... Hébr. : ce ton bouclier », comme en maint autre passage. — Et merces tua... D'après les LXX et divers exégètes modernes, ces mots ne retombe- raient pas sur « Ego » , mais ils formeraient une phrase à part : « Et ta récompense est grande ». Le contexte favorise ce sens. +2-3. Réponse pleine de candeur et de familia- rité. Les saints sont si à l'aise avec Dieu ! — Quid dabis?... Les richesses, et les autres avantages temporels qu'Abram paraît avoir envisagés ici comme la récompense promise par le Seigneur, étaient peu de chose pour un homme privé d'en- fants. — Vadam absque liberis (hébr. : '^arîri, expression énergique ). Comme il sent la solitude- de sa tente ! Son langage est plein de tristesse. — Filius pi-ocuratoris domus mece. Dans l'hébr. : ben méseq beyti, « le fils héritier de ma maison, » d'après l'interprétation la plus probable. — Iste (dédaigneux) Damascus (hébr. : Dameseg, qui forme un jeu de mots avec méseq) Eliezer. Da- mas, la patrie d'Eliézer, devait hériter d'Abra- ham dans la personne de ce serviteur fidèle, au- quel son maître songeait à laisser tous ses biens. — Au vers. 3 , Abram insiste encore sur cette pensée douloureuse. +4 Statimque. Hébr. : ce Et ecce! » Le Seigneur 89 hâte de protester. La vigueur de son langage +Gen. XV, 5-12. +67 +tier ; mais vous aurez pour héritier celui qui naîtra de votre sein. +5. Et après l'avoir fait sortir dehors, il lui dit : Levez les yeux au ciel, et comptez les étoiles, si vous pouvez. C'est ainsi, a jouta -t -il, qwe sera votre race. +6. Abram crut à Dieu, et sa foi lui fut imjnitée à justice. +7. Dieu lui dit encore : Je suis 1© Sei- gneur qui vous ai tiré d'Ur en Chaldée, pour V0U3 donner cette terre, afin que vous la possédiez. +8. Abrajn lui répondit : Seigneur Dieu, comnxent puis -je connaître que je dois la posséder? +9. Le Seigneur lui répliqua : Prenez une vache de trois ans, une chèvre de trois ans , et un bélier qui soit aussi de trois ans , aveo une tourterelle et une colombe. +10. Abram prenant donc tou^ ces ani- maux, les divisa par la moitié, et mit les deux parties qu'il avait coupées vis- à-vis l'une de l'autre; mais il ne divisa point la tourterelle, ni la colombe. +11. Or les oiseaux venaient fondre sur ces bêtes mortes, et Abram les en chas- sait. +12. Or, lorsque le soleil se couchait, Abraûi fut surpris d'un profond som- meil, et il tomba dans un horrible effroi, se trouvant comme tout enveloppé de té- nèbres. +sed qui egredietur de utero tuo, ipsum habebis heredem. +5. Eduxitque eum foras, et ait illi : Suspice cœlum, et numera stellas, si potes. Et dixit ei : Sic erit semen tuum. +6. Credidit Abram Deo , et reputatum est illi ad justitiain. +7. Dixit({ue ad eum : Ego Dominus qui eduxi te de Ur Chaldœorum, ut da- rem tibi terram istam, et possideres eam. +8. At ille ait : Domine Deus, unde scire possum, quod possessurus sim eam? +9. Et respondens Dominus : Sume, in- quit , mihi , vaccam triennem , et capram trimam, et arietem annorum trium, tur- turem quoque et columbam. +10. Qui tollens universa haec, divisit ea per médium , et utrasque partes con- tra se altrinsecus posuit ; aves autem non divisit. +11. Descenderuntque volucres super cadavera, et abigebat eas Abram. +12. Cumque sol occumberet, sopor irruit super Abram, et horror magnus et tenebrosus invasit eum. +est remai'qxiable : Non hic (en avant pour ap- puj'er sur l'idée), sed qui... de utero tuo (ton propre fils), ipswn (lui, et pas un autre). +5. Dieu daigne ajouter un commentaire drama- tique de sa promesse. — Sic... semen tuum: in- nombrable comme les astres qui brillent au ciel limpido de l'Orient. +6. Credidit. Première mention de cette vertu Û.2 foi, qui formera le centre de la religion ré- vélée. Le narrateur résume ainsi la belle conduite d'Abram, relativement à la divine promesse. L'ex- pression hébraïqiic, Jiè'émeu haY'hovah , marque mieux encore l'adhésion étroite par une foi vive , non seulement h la parole, mais à la personne même de Jéhovah. « Credere inDeum, dit saint Augustin à propos de ce texte, est credendo amare , credendo in eum ire , credendo ei adhae- rere. » — Réponse de Dieu à l'acte de foi du « Père des croj-ants » : et reputatum est... Hébr. : « et Imputavit hoc ei ad justitiam ». Vo}'. l'admirable commentaire de saint Paul, si important sous le rapport dogmatique, Rom. iv. Cf. Gai. m, 6, et aussi .Jac. ii, 23. +2» L'alliance, vers. 7-21. +7. Prélude , qui consiste dans le renouvellement du don de la Terre sainte à Abram. +8 Unde scire possum... ? Réflexion analogue à celle du vers. 2. Abi-am n'exprime pas un doute, +mais il demande familièrement à Dieu une expli- cation. +9. Le Seigneur accède à la demande de son serviteur, mais d'une manière toute mystique. — /Swme, pour les immoler en sacrifice. — Vaccam... columltam. Cinq animaux purs; ceux qui, plus tard, dans le culte juif, devaient être le plus souvent offerts. — Triennem-, trimam... : parce que cet âge est celui de leur pleine vigueur ( S. Jean Cîirys.). +10. Utrasque partes contra se... Chez les an- ciens , quand on voulait conclure une alliance , on immolait un certain nombre de victimes , que l'on coupait ensuite en deux , et les contractants passaient entre les morceaux disposés sur deux lignes. Cf. Jer. xxxiv, 18-19. De là les expressions classiques : opy.ia Té[j,v£'.v, « f œdus percutere, fe- rire ». S. Ephrem , Comm., h. 1., raconte que cet usage existait encore en Chaldée de son temps. — Aves... non divisit. Les oiseaux furent probable- ment placés de chaque côté, en face l'un de l'autre. Dans le rituel des sacrifices, on interdira de mettre les oiseaux en pièces. Cf. Lev. i, 17. +11-12. Descenderunt volucres. Hébr. : ha^aït, les oiseaux de proie, qu' Abram s'efforçait de mettre en fuite, jusqu'à ce qu'il fût lui-même saisi, sur le soir, tout ensemble par un sommeil profond et surnaturel (. tardémah ,\oy. la note de ii, 21 ), et par un Indicible effroi. +68 +Gen. XV, 13-18. +13. Dictumqiie est ad eum : Scito prœ- noscens quod peregrinum futurum sit semen tuum in terra non sua, et siibji- cient eos servituti, et affligent quadrin- gentis annis. +14. Venimtamen gentem, oui servituri Rimt, ego judicabo; et post haec egre- dientur cum magna substantia. +15. Tu autem ibis ad patres tuos in pace, sepultus in senectute bona. +16. Generatione autem quarta rever- tcntur hue ; necdum enim completaî sunt iniquitates Amorrhasorum usque ad prse- sens tempus. +17. Cum ergo occubuisset sol, facta est caligo tenebrosa, et apparuit clibanus f umans , et lampas ignis transiens inter divisiones illas. +18. In illo die pepigit Dominus fœdus cum Abram, dicens : Semini tuo dabo terram hanc, a iiuvio iEgypti usque ad fluvium magnum Euphratem, +13. Alors il lui fut dit : Sachez dès main- tenant que votre postérité demeurera dans une terre étrangère, et qu'elle sera ré- duite en servitude, et accablée de maux pendant quatre cents ans. +14. Mais j'exercerai mes jugements sur le peuple auquel ils seront assujettis, et ils sortiront ensuite de ce pays-là avec de grandes richesses. +15. Pour vous, vous irez en paix avec vos pères, mourant dans une heureuse vieillesse. +16. Mais vos descendants viendront en ce pays-ci après la quatrième génération ; car la mesure des iniquités des Amor- rhéens n'est pas encore remplie présen- tement. +17. Lors donc que le soleil fut couché, il se forma une obscurité ténébreuse ; il parut un four d'où sortait une grande fumée , et une lampe ardente qui passait au travers de ces Mtes divisées. +18. En ce jour -là, le Seigneur fit al- liance avec Abram, en lui disant : Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d'Egypte, jusqu'au grand fleuve d'Euphrate ; +13. DirAumque est... Dieu fait à Abram une grande révélation, relative à l'avenir des Hé- breux. Il annonce d'abord une ère de souffrances. — Perejrinum... in terra non sua : en Egypte , comme nous le verrons tout au long vers la fin de la Genèse et au début de l'Exode. — Subjl- cient eos servituti. Hébr, : « et servient eis , » tes descendants serviront ces étrangers. — Quaclrin- gentis annis. Cliiffre rond; exactement, d'après Ex. xn , 40 , quatre cent trente ans. La numéra- tion ne présente aucune difficulté si l'on prend pour point de départ, conformément à la tradi- tion juive et à Gai. m, 17, l'entrée d' Abram dans le paj's de Chanaan. On obtient ainsi : 25 ans pour le séjour d'Abram, 60 pour celui d'Isaac jusqu'à la naissance de Jacob, 130 pour celui de Jacob jusqu'à son établissement en Egypte, 215 à par- tir de cette date jusqu'à la sortie d'Egypte ; en tout 430 ans. +14. Ver amtamen... Une ère glorieuse s'ouvrira alors pour les fils d'Abram. — Egojudicaho. C'est- à-dire : je châtierai ; c'est le résumé prophétique des plaies d'Egypte. — Egredientur...: chargés des dépouilles des Égyptiens. Cf. Ex. xi, 1-2; xii, 35-36. +15. Tu autem... Promesse spéciale en faveur d'Abram : il ne sera pas témoin de l'affliction des siens, mais il mourra heureux et plein de jours. — Ibis ad patres tvx)s : aux limbes, où il retrouvera les âmes de ses aïeux. Belle expres- sion pour désigner la mort et l'immortalité. Cf. XXV, 8; XXXV, 9; xlix, 33. Comment a-t-on pu prétendre que les anciens Hébreux ne croyaient pas à la survivance de l'âme, alors que c'était chez eux une vérité passée en proverbe ? +16. Nouveau détail chronologique sur la ces- sation de l'ère douloureuse. Les Hébreux revien- dront en Palestine (hue), generatione quarta à partir de l'entrée de Jacob en Égj-pte. Voici ces quatre générations, Ex. vi, 16 et ss. : 1° Lévi, 111s de Jacob ; 2° Caath , fils de Lévi ; 3° Amram , fils de Caath ; 4» Moïse , fils d'Amram , qui con- duisit les Israélites jusqu'au seuil de la Terre pro- mise. — Necduin enim... Motif de ce long délai : ceux qu'Israël devait extirper de Chanaan n'é- taient pas encore mûrs pour le châtiment. Les Amorrhéens représentent ici (cf. Jos. xxiv, 16, etc.) toutes les tribus chananéennes installées en Pa- lestine. +17. Le récit nous ramène au vers. 12. — Ca- ligo tenebrosa. Ces ténèbres , comme les oiseaux de proie et la frayeur d'Abram, figuraient les maux dont la race du patriarche était menacée. +— Clibanus fumans. Un de ces fours portatifs qui existent dans chaque ménage oriental. Voyez V Atlas archéoJ. de la Bible, pi, xlii, fig. 9-11. -^ Et lampas ignis. Hébr. : une torche de feu ; c'est- à-dire une flamme très vive, qui s'échappait du four en même temps que la fumée. Emblème des manifestations de Jéhovah dans l'histoire d'Is- raël, avec leur double côté sombre et lumineux. +— Inter divisiones illas : dans l'espèce d'allée formée parles membres des victimes, vers. 10. +18-21. In illo die. Avec emphase : en ce jour solennel. — Pepigit... fœdus. Alliance si pleine de condescendance de la part du Seigneur. L'un des points principaux du contrat , le don formel de la Palestine aux Hébreux, est signalé à part. Dieu prend soin de marquer les limites extrêmes de la Terre promise , soit au sud-ouest ( a fluvio +Gen. XV, 19 — XVI, G. +69 +19. Tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens, +20. Les Héthéens, les Phérézéens, les Raphaïtes , +21. Les Amorrhcens, les Chananéens, les Gergéséens et les Jébuséens. +19. Cinœos, et Cenezoeos, Cedmonœos, +20. Et Hethœos, et Pherezaîos, Ra- l)haim qiioqne, +21. Et AmoiThseos, et Chananseos, et Gergesaeos, et Jebusœos. +CHAPITRE XVI +1. Or Saraï, femme d'Abram, ne lui avait point encore donné d'enfants ; mais, ayant une servante égyptienne nommée Agar, +2. Elle dit à son mari : Vous savez que le Seigneur m'a mise hors d'état d'avoir des enfants ; prenez donc ma servante, afin que je voie si j'aurai au moins des enfants par elle. Et Abram s'étant rendu i\ sa prière , +3. Saraï prit sa servante Agar, qui était Egyptienne, et la donna pour femme à son mari, dix ans après qu'ils eurent commencé de demeurer au pays de Cha- naan. +4. Abram en usa selon le désir de Sa- raï. Mais Agar, voyant qu'elle aA'^ait conçu, commença à mépriser sa maîtresse. +5. Alors Saraï dit à Abram : Vous agissez avec moi injustement. Je vous ai donné ma servante pour être votre femme ; et voj'-ant qu'elle est devenue grosse, elle me méprise. Que le Seigneur soit juge entre vous et moi. +6. Abram lui répondit : Votre servante est entre vos mains ; usez - en avec elle +1. Igitur Sarai, uxor Abram, non ge- nuerat liberos ; sed habens ancillam segy- ptiam nomine Agar, +2. Dixit marito suo : Ecce, conclusit me Dominus, ne parerem; ingredere ad ancillam meam, si forte saltem ex illa suscipiam fîlios. Cumque ille acquiesce- ret deprecanti, +.3. Tulit Agar segyptiam ancillam suam, post annos decem quam habitare cœpe- rant in terra Chanaan , et dédit eam viro suo uxorem. +4. Qui ingressus est ad eam. At illa concepisse se videns, despexit dominam suam. +5. Dixitque Sarai ad Abram : Inique agis contra me ; ego dedi ancillam meam in sinum tuum , quœ videns quod conce- perit, despectui me habet. Judicet Domi- nus inter me et te. +6. Oui respondens Abram : Ecce, ait, ancilla tua in manu tua est ; utere ea ut +^gypti : le Nil , suivant les uns ; plus commu- nément, l'ouadi El-Arisch, ou Rhinocolura des an- ciens , à mi-chemin entre la Palestine et l'Egypte), soit au nord-est (Euphratem). L'intérieur du pays est en même temps désigné par les noms de ses principaux habitants, vers. 19-21. Il n'est pas fait mention ailleurs des Cénézéens et des Cedmo- néens. +§ II, — Naissance d'Ismaël, XVI, 1-16. +1° Abram épouse Agar, vers. 1-4. +Chap. XVI. — 1. Igitur Sarai... Transition. Dix années se sont écoulées (cf. xii, 4; xvi, 3, 16), et Sara, toujours stérile, veut précipiter l'accomplissement des divines promesses par un expédient humain, qui sera bientôt pour elle la source d'amers regrets. — Ancillam cegyptia^n : peu;-étrc une de celles qui lui avaient été données par le Pharaon, xii, 10 et ss. +2-3. Conclusit... Elle gagne Abram h son projet, en lui disant qu'elle a perdu tout espoir d'être mère. — Si forte... ex illa... Hébr.: « si forte sedi- flcabor ex illa. » Belle métaphore, dont la Vul- +gate a rendu le sens. En pareil cas, les enfants issus de la servante étaient censés provenir de la maîtresse elle-même. Cf. xxx, 3. — Acquiesceret... deprecanti ( hébr. : et Abram écouta la voix de Saraï). On dirait que le patriarche hésita avant d'accéder à cette demande. Le prophète Malachie, II, 15, l'excuse en affirmant qu'il cherchait avant tout « semen Dei ». Or Dieu, en promettant à Abram un fils héritier, xv, 4, n'avait pas encore désigné Saraï comme la mère. +4. Illa... despexit. La stérilité a toujours été regardée en Orient comme un opprobre. Cf. I Reg. I, 6, etc. De là ce dédain d'Agar pour sa mai- tresse , à laquelle elle se croyait désormais supé- rieure. +2« Agar au désert, vers. 5-14. +5. Plaintes amères de Saraï, qui rend Abram responsable de la conduite superbe et outrageante d'Agar. +6. Ancilla... in manu tua... Abram, pensant rétablir la paix si tristement troublée , rappelle à Saraï qu'elle a tout pouvoir sur son esclave. — Affligente... eam. La sainte Écritui'e ne dissimule +70 +Gen. XVI, 7-14. +libet. Affligente igitur eam Sarai, fugam iniit. +7. Cumqiie invenisset eam angélus Domini juxta fonlem aquce in solitu- dine , qui est in via Sur in deserto , +8. Dixit ad illam : Agar anci lia Sarai, unde venis? et quo vadis? Quœ respon- dit : A facie Sarai dominge meae ego fugio. +9. Dixitque ei angélus Domini : Rever- tere ad dominam tuam, et humiliare sub manu illius. +10. Et rursum : Multiplicans , inquit, multiplicabo semen tuura, et non nume- rabitur prœ multitudine. +11. Ac deinceps : Ecce, ait, concepi- sti, et paries tilium; vocabisque nomen ejus Ismael, eo quod audierit Dominus afûictionem tuam. +12. Hic erit férus homo ; manus ejus contra omnes, et manus omnium contra eum ; et e regione universorum fratrum suorum fîget tabernacula. +13. Vocavit autem nomen Domini qui loquebatur ad eam : Tu Deus qui vidisti me. Dixit enim : Profecto liic vidi poste- riora videntis me. +14. Propterea appellavit puteum il- lum , Puteum viventis et videntis me. Ipse est inter Cades et Barad. +comme il vous plaira. Saraï l'ayant donc châtiée , Agar s'enfuit. +7. Et l'ange du Seigneur, k trouvant dans le désert auprès de la fontaine qui est le long du chemin de Sur, dans la so- litude, +8. Lui dit : Agar, servante de Saraï, d'où venez-vous? et où allez-vous? Elle répondit : Je fuis devant Saraï ma maî- tresse. +9. L'ange du Seigneur lui repartit : Retournez à votre maîtresse, et humiliez - vous sous sa main. +10. Et il ajouta : Je multiplierai votre postérité, de telle sorte qu'elle sera in- nombrable. +11. Et continuant, il lui dit : Vous avez conçu; vous enfanterez un fils, et vous l'appellerez Ismaël ; parce que le Seigneur a entendu le cri de votre afflic- tion. +12. Ce sera un homme fier et sauvage ; il lèvera la main contre tous, et tous lèveront la main contre lui ; et il dres- sera ses pavillons vis-à-vis de tous ses frères. +13. Alors Agar invoqua le nom du Sei- gneur qui lui parlait, et elle dit : Vous êtes le Dieu qui m'avez vue. Car il est certain, ajouta-t-elle, que j'ai vu ici par derrière celui qui me voit. +14. C'est pourquoi elle appela ce puits : Le puits de celui qui est vivant et qui me voit. C'est le puits qui est entre Cadès et Barad. +pas les imperfections des plxis grands et des plus saints pcrsonnases. +7. Juxta fontem aqitee... Agar reprenait là quelques forces pour continuer son triste voyage. — In solitudinc (hébr. : dans le désert)... in via Sur. Lq désert de Sur, appelé aujourd'hui Dschi- far, avoisiue l'Egypte au nord-est. Il est traversé par la route qui conduit de Palestine au pays des Pharaons. Agar, dans sa fuite, s'était donc im- médiatement tournée du côté de sa jiatrie. +8-9. Intéressant dialogue, qui sert d'introduc- tion à un oracle consolant (10-12). +10. Début de l'oracle, tout à fait général, et relatif à un avenir plus lointain. +11-12. Prédiction qui concerne dii'ectement l'enfant d'Agar. L'ange indique 1° la nature de cet enfant, fdium; ^» son nom, Ismael, dont l'explication est aussitôt ajoutée : co quod au- dierit... (le mot Y5ma"él signifie, en effet, « Dieu écoute »); 3» son caractèi-o, qui est décrit en termes saisissants, et qui survit encore dans les Bédouins, issus d'Ismaël. Premier détail : fems homo. Hébr. : un onagre parmi les hommes. L'o- nagre, dont le livre de Job, xxxix, 5-8, contient im si beau porti'ait , est un animal gi'acieux, mais +far'ouche. Voy. V Atlas d'hist. nat. de la Bible, pi. Lxxxii, fîg. 1, 5. Ismaël aura le même amour de la vie libre au désert, la même horreur de toute contrainte. Second détail : manus ejus..., manus omnium. Nature belliqueuse et attaques incessantes , qui amèneront de perpétuelles repré- sailles. — 4» Le séjour d'Ismaël et de sa x'ace sera e regione, « en face, » c.-à.-d. à l'est de celui dcô autres enfants d'Abram, ses frères; à l'orient de la Palestine. +13. Tu Dcu^... Agar identifie l'ange à Dieu lui- môme, dont il était le représentant, — Qui vi- disti me. Ilébr.: « qui vides me » {rd'ï) : allusion au regard aimable et compatissant du Seigneur. — Vidi posteriora... : quand il se retirait et dis- paraissait. +14. Appellavit. « On » appela, comme s'exprime l'hébreu. — Puteum videntis... Eu hébreu, avec le jeu de mots accoutumé : B"er lahaï ro'ï. — Inter Cades (cf. xrv, 7) et Barad. Au sud de Bersabé, et à l'ouest de remplacement présumé de Cadès, se trouve la station de caravanes ap- pelée par les Arabes Moilahhi Hayar; le piutT situé non loin de là est probablement celui dj notre récit. +15. Agar enfanta ensuite un Abram , qui le nomma Ismaël. +16. Abram avait quatre-vingt-six ans lorsqu'Agar lui enfanta Ismaël. +Gen. XVI, 15 — XVII, +fils à +71 +15. Peperitque Agar Abrse filium ; qui vocavit nomen ejus Ismaël. +16. Octoginta et sex annorum erat Abram quando peperit ei Agar Ismae- lem. +CHAPITRE XVII +1. Abram entrant déjà dans sa quatre- vingt-dix-neuvième année, le Seigneur lui apparut, et lui dit : Je suis le Dieu tout -puissant; marchez devant moi, et S03^ez parfait. +2. Je ferai alliance avec vous, et je multiplierai votre race jusqu'à l'infini. +3. Abram se prosterna le visage à terre. +4. Et Dieu lui dit : C'est moi qui vous parle; je ferai alliance avec vous, et vous serez le père de nations nombreuses. +5. Vous ne vous appellerez plus Abram, mais vous vous appellerez Abraham ; parce que je vous ai établi pour être le père d'une multitude de nations, +6. Je ferai croître votre race à l'infini ; je vous rendrai chef de nations, et des rois sortiront de vous. +7. J'affermirai mon alliance avec vous, et après vous avec votre race dans la suite de leurs générations, par un pacte éternel : afin que je sois votre Dieu, et le Dieu de votre postérité après vous. +8. Je vous donnerai, à vous et à votre race, la terre où vous demeurez maînte- +1. Postquam vero nonaginta et novem annorum esse cœperat, apparuit ei Do- minus , dixitque ad eum : Ego sum Deus omnipotens; ambula coram me, et esto perfectus. +2. Ponamque fœdus meum inter me et te, et multiplicabo te vehementer ni- mis. +3. Cecidit Abram pronus in faciem. +4. Dixitque ei Deus : Ego sum, et pa- ctum meum tecum, erisque pater mul- tarum gentium. +5. Nec ultra vocabitur nomen tuum Abram , sed appelîaberis Abraham ; quia patrem multarum gentium constitui te. +6. Faciamque te crescere vehementis- sime, et ponam te in gentibus, regesque ex te egredientur. +7. Et statuam pactum meum inter me et te, et inter semen tuum post te in generationibus suis, fœdere sempiterno, ut sim Deus tuus , et seminis tui post te. +8. Daboque tibi et semini tue terram peregrinationis tuse, omnem terram Cha- +3° Naissance d'Ismaël. +15-16. Le fait est simplement indiqué, vers. 15. Le narrateixr y ajoute la mention de l'âge d'A- bram. vers. 16. +Section IV. — Troisième période de la vie D' Abraham. XVII, 1 — XXI, 34. +§ I. — Confirmation de la divine alliance. XVII, 1-27. +1» Changement significatif du nom d' Abram. XVII, 1-8. +Chap. XVII. — 1-2. Nonaginta novem anno- rum. L'âge d' Abram est de nouveau signalé au début de cette importante période. D'après le vers. 25, treize années s'étaient écoulées depuis les faits racontés plus haut. — Ego... Deus omni- potens ihéhv.: ' El -ëaddaï) : majestueux prélude, jusqu'à la fin du vers. 2. — Amhula coram me. Une locution analogue , mais plus énergique ( « cum Deo » ), avait été employée pour Enoch et pour Noé; Gen. v, 22 et vi, 9. Vis constam- ment en ma présence , et , par suite , esto perfe- ctus (hébr.: tamim, pluriel d'intensité). +S. Cecidit... pronus : pour adorer et pour re- morcirr. +I 4. Pactum meum. L'hébreu emploie la même expression qu'au vers. 2 : b'riti, mon alliance. — Pater multarum gentium. Promesse sur laquelle Dieu ne se lasse pas de revenir. Cf. xii , 2 ; xiii, 16; XV, 5. +5-6. Développement de la seconde moitié du vers. 4. D'abord par un remarquable changement de nom : non idtra Abram, c.-à-d. « père élevé », 'ab râm ; sed... Abraham, « père de la multi- tude », 'ab rahâm. Puis, au propre, par un lan- gage des plus expressifs : vehementissime , po- nam te in gentibus («in gentes »), regesque... La suite de l'histoire juive commentera ces mots. +7. Développement de la première partie du vers. 4. — Fœdere sempiterno : grâce à la trans- mission de l'alliance à l'Église, quand la syna- gogue fut devenue infidèle. — Ut sim Deus... : leur Dieu unique, h l'exclusion de tout autre. C'est sur ce dogme de l'unité de Dieu, et sur l'attente du Messie , que reposait surtout l'al- liance. +8. Daboque... Autre promesse ancienne, réité- rée avec une solennité particulière. Cf. xiii, 15, etc. +72 +Gen. XVII, 9-16. +naan in possessionem seternam, eroque Deus eoriim. +9. Dixit iterum Dens ad Abraham : Et tu ergo custodies pactum meiim, et semen tuiim post te in generationibus suis. +10. Hoc est pactum meum quod ob- servabitis inter me et vos, et semen tuum post te : Circumcidetur ex vobis omne masculinum; +11. Et circumcidetis carnem prseputii vestri , ut sit in signum f œderis inter me et vos. +12. Infans octo dierum circumcidetur in vobis, omne masculinum in genera- tionibus vestris; tam vernaculus, quam emptitius circumcidetur, et quicumque non f uerit de stirpe vestra. +13. Erîtque pactum meum in carne vestra in f œdus aeternum. +14. Masculus , cujus prseputii caro cir- cumcisa non f uerit, delebitur anima illa de populo suo ; quia pactum meum irri- tum fecit. +15. Dixit quoque Deus ad Abraham : Sarai uxorem tuam non vocabis Sarai, sed Saram. +16. Et benedicam ei, et ex illa dabo tibi filium cui benedicturus sum, eritque in nationes , et reges populorum orientur ex eo. +nant comme étranger; tout le pays de Chanaan, comme une possession perpé- tuelle ; et je serai le Dieu de vos descen- dants. +9. Dieu dit encore à Abraham : Vous garderez donc aussi mon alliance, et votre postérité la gardera après vous de race en race. +10. Voici le pacte que je fais avec vous, afin que vous l'observiez, et votre postérité après vous : Tous les mâles d'entre vous seront circoncis. +11. Vous circoncirez votre chair, afin que ce soit la marque de l'alliance que je fais avec vous. +12. L'enfant de huit jours sera cir- concis parmi vous ; et, dans la suite de toutes les générations, tous les enfants mâles , tant les esclaves qui seront nés en votre maison que tous ceux que vous aurez achetés , et qui ne seront point de votre race, seront circoncis. +13. Ce pacte sera marqué dans votre chair, comme le signe d'une alliance éter- nelle. +14. Tout mâle dont la chair n'aura point été circoncise sera exterminé du milieu de son peuple, parce qu'il aura violé mon alliance. +15. Dieu dit encore à Abraham : Vous n'appellerez plus votre femme Saraï, mais Sara. +16. Je la bénirai, et je vous donnerai un fils né d'elle, que je bénirai aussi : il sera un chef de nations ; et des rois de divers peuples sortiront de lui. +20 Le précepte de la circoncision. XVII, 9-14. +9. Dixit iterum... Transition à un autre point important de l'alliance , avec le préambule accou- tumé : Et tu ergo custodies... +10-13. Hoc est pactum. C.-à-d., d'après le con- texte (vers. 11), le signe de l'alliance. Dieu in- dique brièvement la nature de ce signe (circum- cidatur) , et les personnes qui devaient le porter (omne masculinum) ; après quoi , il revient sur ces deux points pour les expliquer par quelques détails (vers. 11 et 12). — Époque précise où l'on devra pratiquer la circoncision : ivfans ocio die- rum. — Pas d'exception : tam vernaculus (bébr., l'esclave né ù la maison) quam emptitius (l'es- clave acheté à l'âgo adulte); par conséquent, les éti'angcrs attachés îi la famille d'Abraham aussi bien que les membres de la famille. — In fœdus ceternum : du moins jusqu'à ce qu'une nouvelle alliance prescrive un autre signe plus simple et plus parfait. +14. A sa loi Dieu ajoute une sanction. Tout Incirconcis delebitur, littéral., « sera retranché » de la race sainte. Mais de quelle manière devait avoir lieu cette extirpation ? Par une mort pré- +maturée et par la privation d'enfants . disent les rabbins; c.-à-d. par des moyens providentiels. Selon d'autres, par la peine capitale, que les ma- gistrats étaient chargés de prononcer et de faire exécuter. Ou encore par l'exil, l' excommunica- tion, etc. — Les Juifs ont été et sont encore ri- goui'eusement fidèles au précepte de la circonci- sion. Sur l'origine de ce rite, voy. T. Lamy, Comm. in lihr. Gen., II, 68-76. Tout porte à croire qu'il n'était pas nouveau, mais qu'il fut élevé lK)iu' la nation privilégiée, comme plus tard le baptême, à la dignité de cérémonie sacrée. +3° Autre changement de nom; un fils promis à Sara, vers. 15-22. +15. Non... Sarai (ma princesse), sed Saram (princesse, par antonomase). L'épouse d'Abraham, au lieu d'être seulement la princesse d'une tribu isolée , deviendra la reine et la mère de familles nombreuses. +16. Explication du vers. 15. En même temps, Dieu précise une parole antérieure, xv, 4, qui était demeurée vague jusqu'alors. Notez l'emphase des mots ex illa... tibi filium. — Eritque... Dans l'hébreu, le verbe est au féminin et se rapporte +Gen. XVII, 17-27. +73 +17. Abraham se prosterna le visage contre terre, et il rit en disant au fond de son cœur : Un homme de cent ans aurait -il donc bien un lils? et Sara en- fanterait-elle ;\ quatre-vingt-dix ans? +18. Et il dit à Dieu : Faites -moi la gi'âce qu'lsraaël vive ! +19. Dieu dit encore à Abraham : Sara votre femme vous enfantera un fils que vous nommerez Isaac, et je ferai un pacte avec lui, et avec sa race après lui, afin que mon alliance avec eux soit éternelle. +20. Je vous ai aussi exaucé touchant Ismaël. Je le bénirai, et je lui donnerai une postérité très grande et très nom- breuse. Douze princes sortiront de lui, et je le rendrai le chef d'un grand peuple. +21. Mais l'alliance que je fais avec vous s'établira dans Isaac, que Sara vous enfantera dans un an , au temps actuel. +22. L'entretien de Dieu avec Abraham étant fini , Dieu se retira. +23. Alors Abraham prit Ismaël son fils, et tous les esclaves nés dans sa mai- son , tous ceux qu'il avait achetés , et gé- néralement tous les mâles qui étaient parmi ses serviteurs, et il les circoncit tous aussitôt en ce même jour, selon que Dieu le lui avait commandé. +24. Abraham avait quatre-vingt-dix- neuf ans lorsqu'il se circoncit lui - même. +25. Et Ismaël avait treize ans accom- plis, lorsqu'il reçut la circoncision. +26. Abraham et son fils Ismaël furent circoncis en un même jour. +27. Et en ce même jour encore furent circoncis tous les mâles de sa maison, tant les esclaves nés chez lui, que ceux qu'il avait achetés , et qui étaient nés en des pays étrangers. +17. Cecidit Abraham in faciem suam, et risit, dicens in corde suo : Putasne centenario nascetur fihus? et Sara nona- genaria pariet? +18. Dixitque ad Deum : Utinam Ismaël vivat coram te! +19. Et ait Deus ad Abraham : Sara uxor tua pariet tibi filium , vocabisque nomen ejus Isaac, et constituam pactum meum illi in f œdus sempiternum , et se- mini ejus post cum. +20. Super Ismaël quoque exaudivi te ; ecce, benedicam ei, et augebo et multi- plicabo eum valde ; duodecim duces ge- nerabit, et faciam illum in gentem ma- gnam. +21. Pactum vero meum statuam ad Isaac , quem pariet tibi Sara tempore isto in anno altero. +22. Cumque finitus esset sermo lo- quentis cum eo, ascendit Deus ab Abra- ham. +23. Tulit autem Abraham Ismaël filium suum , et omnes vernaculos domus suae , universosque quos emerat, cunctos ma- res ex omnibus viris domus suœ ; et cir- cumcidit carnem prœputii eorum statim in ipsa die , sicut prœceperat ei Deus. +24. Abraham nonaginta et novem erat annorum quando circumcidit carnem prseputii sui. +25. Et Ismaël filius tredecim annos impleverat tempore circumcisionis suse. +26. Eadem die circumcisus est Abra- ham et Ismaël filius ejus. +27. Et omnes viri domus illius, tam vernaculi, quam emptitii et alienigense, pariter circumcisi sunt. +à Sara ; on lit aussi « ex ea » à la fin du verset au lieu de ex eo. Ce passage correspond au Tcrs. 6. +17. Cecidit... et risit. Détails pittoresques. « Ri- sus Abrahfc exultatio est gratulantis, dit fort bien S. Aug., de Civ. Dci, xvi, 26, 2, non irrisio diffi- dentis. Verba quoque illa ejus in animo suo non sunt dubitantis, sed admirantis. » C'est ce que saint Paul avait exprimé plus fortement encore, Rom. IV, 19, +18. Utinam Ismaël... Quoique plein de foi en la parole divine, le saint patriarche n'ose for- muler que cette humble demande. Art admi- rable de la prière, dont la Bible contient tant d'exemples. +19-21. Le Scigneiu" insiste sur sa promesse d'une manière remarquable : c'est d'un fils de +Sara qu'il est question, d'Isaac et non d'Ismacl . de l'héritier des bénédictions messianiques et non du chef, glorieux sans doute, mais purement temporel, dont sortiront les duodecim duces si- gnalés plus bas, XXV, 13-15. Notez, au vers. 21, le détail si précis : tempore isto in anno altero. Les divins oracles ont une marche constamment ascendante, et vont toujours se développant et s'éclaircissant de plus en plus. +40 La circoncision d'Abraham et de toute sa maison, vers. 23-27. +23-27. Encore la foi et l'obéissance d'Abraham, relevées, dans ces lignes, par des répétitioas ma- jestueuses. — Omnes, universos, cunctos, ex omnibus, selon que Dieu l'avait exigé. L'âge du patriarche (vers. 24) et celui de son fils (vers. 25) sont mentionnés, à cause de rimportaneo capi- +4* +Gen. XVIII, 1-G. +CHAPITRE XVIII +1. Apparuit autem ei Dominus in con- vallo ]M ambre, sedenti in ostio tabenia- culi sui in ipso fervore diei. +• 2, Clinique elevasset oculos, apparue- runt ei très viri stantes prope eum; quos cum vidisset, cucurrit in occursum eo- rum de ostio tabernaculi , et adoravit in terram. +o. Et dixit : Domine, si inveni gra- tiam in oculis tuis, ne transeas servum tiium ; +4. Sed afîeram pauxillum aquœ, et lavate pedes vestros, et reqiiiescite sub arbore ; +5, Ponamque biiccellam panis, et con- fortate cor vestrum, postea transibitis; idcirco enini declinastis ad servum ve- strum. Qui dixerunt : Fac ut locutus es. +6. Festinavit Abraham in tabernacu- lum ad Saram, dixitque ei : Accéléra, +1. Le Seigneur apparut à Ahraliam en la vallée de Mambré, lorsqu'il était assis à la porte de sa tente dans la plus grande chaleur du jour. +2. Abraham ayant levé les j^eux, trois hommes lui apparurent, debout près de lui. Aussitôt qu'il les eut aperçus, il courut de la porte de sa tente au-devant d'eux, et se prosterna en terre. +3. Et il dit : Seigneur, si j'ai trouvé grâce devant vos yeux, ne passez pas devant votre serviteur sans vous arrêter. +4. Je vous apporterai un peu d'eau pour laver vos pieds, et vous vous reposerez sous cet arbre ; +5. Et je vous servirai un peu de pain pour reprendre vos forces ; et vous conti- nuerez ensuite votre chemin : car c'est pour cela que vous êtes venus vers votre serviteur. Ils lui répondirent : Faites ce que vous avez dit. +6. Abraham entra promptement dans sa tente, et dit à Sara : Pétris^jez vite +taie du fait. C'est en souvenir d'Ismaël que les musulmans ont adopté la coutume de circoncire leurs jeunes gens quand ils ont atteint leur trei- zième année. +§ II. — La visite du Seigoieur à Abraham. XVIII, 1-33. +l» L'arrivée des célestes visiteurs, vers. 1-8. +Charmant récit. « La scène est encadrée dans ■nn de ces tableaux tout idj^lliques des mœurs patriarcales , comme la Genèse en présente tant , et qui en font un dci principaux charmes. L'hos- pitalité du désert, la politesse orientale, les petits soins du ménage s'y dessinent avec toutes les grâces de l'antique épopée. » C'est avec le même empressement et la même générosité que les tri- bus arabes accueillent encore leurs hôtes. Voy. Vigoureux, la Bible et les découvertes modernes, I, 501 et ss. +CiiAP. XVIII. — 1. Apparuit ci Dominus : Y^hovah , le Dieu de l'alliance. Au vers. 2 , nous lisons : « apparuerunt ei très viri »; au vers. 22, d'après l^ébreu : « Les hommes partirent de là et s'en allèrent à Sodome, mais Abraham de- meura encore avec le Seigneur ( Jéhovah ) » ; au chap. XIX, vers. 1 : « Deux anges vinrent à So- dome. » En combinant ces divers passages, on arrive à cette conclusion très vraisemblable, que Jéhovah, l'evêtu d'une forme humaine, et ac- compagné de deux aiiges qui avaient emprunté la même apparence extérieure, daigna se manifester en personne à Abraham. « Très videt, unum ado- rat, » remarque saint Ambroise à propos des Tcrs. 2 et 3. Aux premiers siècles de l'Église, ou +aimait à contempler le Verbe divin dans le per- sonnage principal ( S. Justin martyr, S. Irénée , Origène, etc.) ; ou bien, les trois personnes de la sainte Trinité dans cette triple apparition D'après saint Thomas d'Aquin et d'autres interprètes, les trois personnages auraient été des anges. — In convalle. Hébr. : sous les térébinthes. — Sedenti in ostio... Détail graphique, complété par le sui- vant : in... fervore diei, c.-à-d. vers midi. La cha- leur est alors insupportable à l'intérieur d'une tente. +2. Cucurrit ,... adoravit. Autres traits pitto- resques. Les étrangers avaient quelque chose de si digne et de si majestueux, qu'Abraham re- connut aussitôt leur nature super ienre. Sur-le- champ il leur parla comme à Dieu lui-même, une révélation intime s'ajoutant sans doute à la manifestation externe. +3-5. Domine. Hébr.: 'Adonaï. — Ne transeas, sans vous arrêter. — Lavate pedes... C'est l.i pre- mière règle de l'hospitalité, dans ces contrées où l'on est le plus souvent chaussé de simples san- ■ dales. Cf. xxrv, 32 ; XLni, 24, etc. — Ponamque j bucceUam. La seconde et principale règle, dont ( le résultat est décrit à la façon hébraïque : con- i fortate cor. Le cœur est regardé dans la Bible comme le centre des fonctions vitales et iutcllcc- i tuelles. j +6-7. Préparation du repas. Le pain d'abord (vers. G), dont la confection regarde la maîtresse de la maison. — Tria sata. Hébr., « trois s"ah, » ou un éphah, équivalant à 38 lit. 88. — Simila. Dans l'hébr., deux substantifs réunis, qui dési- gnent l'un et l'autre la llcur de farine. — Subci- +Gen. XVIII, 7-16. +75 +trois mesures de farine, et faites cuire des pains sous la cendre. +7. Il courut en même temps à son troupeau, et il y prit un veau très tendre et excellent qu'il donna à un serviteur, qui se hâta de le faire cuire. +8. Ayant pris ensuite du beurre et du lait, avec le veau qu'il avait fait cuire, il le servit devant eux ; et lui, cependant, se tenait debout auprès d'eux sous l'arbre. +9. Après qu'ils eurent mangé, ils lui dirent : Où est Sara votre femme? Il leur répondit : Elle est dans la tente. +10. L'un d'eux dit à Abraham : Je reviendrai vous voir dans un an, en ce même temps, et Sara votre femme aura un fils. Ce que Sara ayant entendu , elle se mit à rire derrière la porte de la tente. +11. Car ils étaient vieux tous deux et fort avancés en âge ; et ce qui arrive d'ordinaire aux femmes avait cessé à Sara. +12. Elle rit donc secrètement, disant en elle-même : Après que je suis devenue vieille, et que mon seigneur est vieux aussi, penserais -je à user du mariage? +13. Mais le Seigneur dit à Abraham : Pourquoi Sara a-t-elle ri , en disant : Se- rait-il bien vi-ai que je puisse avoir un enfant, étant vieille comme je suis? +14. Y a-t-il rien de difficile à Dieu? Je reviendrai auprès de vous, comme je vous l'ai promis, dans un an, en ce même temps, et Sara aura un fils. +15. Je n'ai point ri , répondit Sara ; et elle le nia , parce qu'elle était tout épou- vantée. Non, dit le Seigneur, cela n'est pas ainsi ; car vous avez ri. +16. Ces hommes s'étant donc levés de ce lieu, ils tournèrent les yeux vers So- dome, et Abraham allait avec eux, les reconduisant. +tria sata similae commisce, et fac subci- nericios panes. +7. Ipse vero ad armentum cucurrit, et tulit inde vitulum tenerrimum et opti- mum, deditque puero, qui festinavit et coxit illum. +8. Tulit quoque butyrum et lac, et vitulum quem coxerat, et posuit coram eis ; ipse vero stabat juxta eos sub arbore. +9. Cumque comedissent, dixcrunt ad eum : Ubi est Sara uxor tua? Ille respon- dit : Ecce in tabernaculo est. +10. Cui dixit : Revertens veniam ad te tempore isto, vita comité, et habebit filium Sara uxor tua. Quo audito, Sara risit post ostium tabernaculi. +11. Erant autem ambo senes, prove- ctgeque setatis, et desierant Sarœ fieri muliebria. +12. Quge risit occulte, dicens : Post- quam consenui, et dominus meus vetu- lus est , voluptati operam dabo ? +13. Dixit autem Dominus ad Abra- ham : Quare risit Sara, dicens : Num vere paritura sum anus? +14. Numquid Deo quidquam est diffi- cile ? Juxta condictum revertar ad te hoc eodem tempore, vita comité, et habebit Sara filium. +15. Negavit Sara, dicens : Non risi, timoré perterrita. Dominus autem : Non est, inquit, ita; sed risisti. +16. Cum ergo surrexissent inde viri, direxerunt oculos contra Sodomam ; et Abraham simul gradiebatur, deducens +eos. +nerieios panes : simples galettes très minces, que l'on fait cuire en un instant sur la braise re- couverte de cendre. — La viande est pareillement de choix (vers. 7, vitulum tenerrimum ) , et ap- prêtée en un clin d'œil à la manière orientale. +8. Ce l'epas a souvent embarrassé les anciens exégôtes. Comment Dieu et des anges pouvaient- ils manger? Mystère assurément, mais qui n'est pas plus difficile à expliquer que l'action de se revêtir d'un corps humain. Ils mangeaient comme le Christ ressuscité. — Ipse stabat : respectueu- sement, taudis qu'ils étaient assis pour prendre leur repas. +20 Réitération de la promesse faite à Sara, vers. 9-15. +9-15. Le renouvellement de cette promesse +était le but principal de la visite du Seigneur. L'oracle promulgué antérieurement avec quelques détails (xvii, 15-21) est reproduit ici sous une forme abrégée, mais vigoureuse, et à deux re- prises, vers. 10 et 14 (vita comité; hébr., « se- cundum tempus vitaî, » c.-à-d. dans un an à, cette même époque, lorsque la saison actuelle revivra >. La conduite de Sara est admirablement décrite : son rire sceptique (10) et les pensées qui l'occa- sionnèrent (11 et 12), le mensonge que lui arra- cha la crainte (15). +3° Prédiction de la ruine de Sodome, vers. 16- 33. +16. Direxerunt oculos, et leui's pas en mcir.o temps. — Abraham simul... : c'était le dernier devoir de l'hospitalité. +76 +Gen. XVIII, 17-27. +17. Dixitque Domimis : Num celare potero Abraliam qu.iD gestiirus sum, +18. Cum futunis sit in gentem ma- gnam, ac robustissimam, et benedicendse siiit in illo omnes nationes terrse? +19. Scio enim quod prœcepturus sit filiis suis, et domui suœ post se, ut cu- Btodiant viam Domini, et faciant judi- cium et justitiam ; ut adducat Dominus propter Abraham omiiia quœ locutus est ad eu m. +20. Dixit itaque Dominus : Clamor Sodoraorum et G-omorrhse multiplicatus est, et peccatum eorum aggravatum est nimis. +21. Descendam et videbo, utrum cla- morem qui venit ad me, opère comple- verint, an non est ita, ut sciam. +22. Converteruntque se inde, et abie- runt Sodomam ; Abraham vero adhuc stabat coram Domino. +23. Et appropinquans ait : Numquid perdes justum cum impio? +24. Si fuerint quinquaginta justi in civitate, peribunt simul? et non parées loco illi propter quinquaginta justes, si fuerint in eo? +25. Absit a te, ut rem hanc facias, et occidas justum cum impio, fiatque ju- stus sicut impius : non est hoc tuum ; qui judicas omnem terram, nequaquam fa- ciès judicium hoc. +2G. Dixitque Dominus ad eum : Si in- venero Sodomis quinquaginta justes in medio ci\T[tatis, dimittam omni loco pro- pter eos. +27. Eespondensque Abraham , ait : +17. Alors le Seigneur dit : Pourrais -je cacher à Abraham ce que je dois faire, +18. Puisqu'il doit être le chef d'un peuple très grand et très puissant , et que toutes les nations de la terre seront Dé- nies en lui? +19. Car je sais qu'il ordonnera à ses enfants , et à toute sa maison après lui , de garder la voie du Seigneur, et d'agir selon l'équité et la justice : afin que le Seigneur accomplisse en faveur d'Abra- ham tout ce quïl lui a promis. +20. Le Seigneur ajouta ensuite : Le cri de Sodome et de Gomorrhe s'augmente de plus en plus, et leur péché est monté jusqu'à son comble. +21. Je descendrai donc, et je verrai si leurs œuvres répondent à ce cri qui est venu jusqu'à moi , pour savoir si cela est ainsi, ou si cela n'est pas. +22. Alors deux de ces hommes partirent de là, et s'en allèrent à Sodome : mais Abraham demeura encore devant le Sei- gneur. +23. Et s'approchant, il lui dit : Per- drez-vous le juste avec l'impie? +24. S'il y a cinquante justes dans cette ville, périront -ils avec tous les autres? Et ne pardonnerez -vous pas plutôt à la ville à cause de cinquante justes, s'il s'y en trouvait autant ? +25. Non, sans doute, vous êtes bien éloigné d'agir de la sorte, de perdre le juste avec l'impie, et de confondre les bons avec les méchants. Cette conduite ne vous convient en aucune sorte ; et ju- geant, comme vous faites, toute la terre, vous ne pourrez exercer un tel jugement. +26. Le Seigneur lui répondit : Si je trouve dans Sodome cinquante justes, je pardonnerai à cause d'eux à toute la ville. +27. Abraham dit ensuite : Puisque j'ai +17-19. Divin monologue, pour inti'oduiro la prophétie relative à Sodome : il contient nn par- fait éloge d'Abraham. — Num celare potero...? On no cache rien à un ami; or les lignes qui suivent (18 et 19) montrent à quel point le saint patriarche était l'ami de Dieu. — Ut adducat... Résultat de la fidélité d'Abraham et de ses des- cendants : le Seigneur aussi sera Adèle. +20-21. Terrible arrêt contre la Pentapole, mo- tivé par des crimes sans nombre (vers. 20 ; cla- mor est exi)liqué par peccatum du second hémis- tiche). — Descendam et videbo. Bel anthropomor- phisme. Dieu tient le langage d'un juge humain qui veut prendre de sérieuses informations avant de porter la sentence. +22, Converteruntque se. L'hébreu ajoute « ho- mines »; ce qui se rapporte, d'après xix, 1, aux deux anges qui accompagnaient Jéhovah. — Abra- liam vero... Transition à sa prière si touchante, 23-31, accueillie par Dieu avec une condescen- dance non moins touchante. Ce passage est clas- sique pour démontrer l'efficacité de l'intercession des saints. D'après les traditions locales, la scène se passa ù l'endroit nommé Caphar-Berucha, d'où l'on aperçoit la mer Moi'te h travers un ravin. +23-32. Appropinquans, hardiment et fami- lièrement. Mais c'est cette sainte hardiesse qui, six fois de suite , remporta des victoires de plus en plus éclatantes sur le cœur de Dieu. Admirez surtout les vers. 25, 27, 30, 32. +Gen. XVIII, 28 — XIX, 2. +77 +commencé, je parlerai encore à mon Sei- gneur, quoique je ne sois que poussière et que cendre. +28. S'il s'en fallait cinq qu'il y eût cinquante justes, perdriez -vous toute la ville, parce qu'il n'y en aurait que qua- rante-cinq? Le Seigneur lui dit : Je ne perdrai point la ville , s'il s'y trouve qua- rante-cinq justes. +29. Ahraliam lui dit encore : Mais s'il y avait quarante justes, que ferez -vous? Je ne détruirai point la ville, si j'y trouve quarante justes. +30. Je vous prie, Seigneur, dit Abra- ham, de ne pas trouver mauvais si je parle encore. Si vous trouvez dans cette ville trente justes, que ferez -vous? Si j'y en trouve trente, dit le Seigneur, je ne la perdrai point. +31. Puisque j'ai commencé, reprit Abra- ham , je parlerai encore à mon Seigneur : Et si vous en trouviez vingt? Dieu lui dit : Je ne la perdrai point non plus s'il y en a vingt. +32. Seigneur, ajouta Abraham, ne vous fâchez pas, je vous supplie, si je parle encore une fois. Et si vous trouvez dix justes dans cette ville? Je ne la perdrai point, dit -il, s'il y a dix justes. +33. Après que le Seigneur eut cessé de parler à Abraham, il se retira; et Abraham retourna chez lui. +Quia semel cœpi, loquar ad Dominum meum, cum sim pulvis et cinis. +28. Quid si minus quinquaginta justis, quinque fuerint? delebis, propter qua- dragiuta quinque, universam urbem? Et ait : Non delebo , si invenero ibi quadra- ginta quinque, +29. Rursumque locutus est ad eum : Sin autem quadraginta ibi inventi fue- rint, quid faciès? Ait : Non percutiam propter quadraginta. +30. Ne , quœso , inquit , indigneris , Domine, si loquar. Quid si ibi inventi fuerint triginta?Respondit : Nonfaciam, si invenero ibi triginta. +31. Quia semel, ait, cœpi, loquar ad Dominum meum. Quid si ibi inventi fue- rint viginti? Ait : Non interficiam pro- pter viginti. +32. Obsecro, inquit, ne irascaris, Do- mine, si loquar adhuc semel. Quid si inventi fuerint ibi decem? Et dixit : Non delebo propter decem. +33. Abiitque Dominus, postquam ces- savit loqui ad Abraham ; et ille reversus est in locum suum. +CHAPITRE XIX +1. Sur le soir deux anges vinrent à Sodorae, lorsque Lot était assis à la porte de la ville. Les ayant vus, il se leva, alla au-devant d'eux, et se prosterna jusqu'en terre. +2. Puis il leur dit : Venez, je vous prie, mes seigneurs, dans la maison de votre serviteur, et demeurez -y. Vous y laverez vos pieds, et demain vous conti- nuerez votre chemin. Ils lui répondirent : Nous n'irons point chez vous, mais nous demeurerons dans la rue. +1. Veneruntque duo angeli Sodomam vespere, et sedente Lot in foribus civi- tatis. Qui cum vidisset eos, surrexit, et ivit obviam eis; adora vitque promis in terram , +2. Et dixit : Obsecro, domini, decli- nate in domum pueri vestri, et manete ibi; lavate pedes vestros, et mane profi- ciscemini in viam vestram. Qui dixe- runt • Minime, sed in platea manebi- mus. +§ III. — La ruine de Sodome. XIX, 1-38. +lo Infamie des habitants de Sodome, vers. 1-14. +CiiAP. XIX. — 1. Duo angeli. Hébr., « les deux anges ». Voj\ la note de xviii , 22. — In foriius civitatis. Les portes des villes orientales ont été de tout temps, comme le forum romain et l'a- gora grecque, le rendez -vous de la plupart des habitants aux heures do repos , et le centre des +affaires. Cf. xxiil, 10; xxxiv, 20; Deut. xxi, 19, et cent autres passages. — Surrexit, ivit..., adora- vit : comme Abraham au chapitre précédent. Mais Lot ne reconnut que plus tard la nature angé- lique de ses hôtes. Cf. Hebr. xiii, 2. +2. In domum pueri vestri (de votre serviteur). Dans ces temps reculés, les villes mêmes étaient dénuées de tout ce qui ressemble à nos hôtelleries modernes ; bien plus , les khans ou caravansérails +78 +Gen. XIX, 3-11. +3. Compulit illos oppido ut diverterent ad eum ; ingressisque domum illiiis fecit convivium , et coxit azyma ; et comede- runt. +4. Prius autem quam irent ciibitum, viii civitatis vallavenint domum, a puero usque ad senem, omnis populus simul. +5. Vocaveruntque Lot, et dixerunt ei : Ubi sunt viri qui introieruut ad te no- cte ? educ illos hue , ut coguoscamus eos. +6. Egressus ad eos Lot, post tergum occludens ostium, ait : +7. Nolite, quœso, fratres mei, nolite malum hoc facere. +8. Habeo duas filias, qiise necdum co- gnoverunt viriim; educam eas ad vos, et abutimini eis sicut.vobis placuerit, dummodo viris istis iiihil mali faciatis, quia ingressi sunt sub umbra culminis mei. +9. At illi dixerunt : Eecede illuc. Et rur- sus : Ingressus es, inquiunt, ut advena; numquid ut judices? te ergo ipsum ma- gis quam hcs affligemus. Vimque facie- bant Lot vehementissime ; jamque prope erat ut eiïringerent fores. +10. Et ecce miserunt manum viri, et introduxerunt ad se Lot, clauseruntque ostium , +11. Et eos, qui foris erant, percusse- runt C£ecitate, a minimo usque ad maxi- mum, ita ut ostium invenire non pos- sent. +3. Il les pressa de nouveau avec grande instance, et les força de venir che;^ lui. Après qu'ils furent entrés en sa maison, il leur fit un festin ; il fit cuire des pains sans levain, et ils mangèrent. +4. Mais avant qu'ils se fussent retirés pour se coucher, la maison fut assiégée par les habitants de cette ville, depuis les enfants jusqu'aux vieillards ; tout le peuple n'y trouva. +5. Alors ayant appelé Lot, ils lui di- rent : Où sont ces hommes qui sont en- trés ce soir chez vous? Faites -les sortir, afin que nous les connaissions. +6. Lot sortit de sa maison; et, ayant fermé la porte derrière lui, il leur dit : +7. Ne songez point, je vous prie, mes frères, ne songez point à commettre un si grand mal. +8. J'ai deux filles qui sont encore vierges; je vous les amènerai : usez -en comme il vous plaira, pourvu que vous ne fassiez point de mal à ces hommes- là, parce qu'ils sont entrés à l'ombre de mon toit. +9. Mais ils lui répondirent : Retirez- vous. Et ils ajoutèrent : Vous êtes venu ici comme un étranger parmi nous , est- ce afin d'être notre juge? Nous vous trai- terons donc vous-même encore plus mal qu'eux. Et ils se jetèrent sur Lot avec grande violence. Lorsqu'ils étaient déjà sur le point de rompre les portes, +10. Ces deux hommes qui étaient au dedans, prirent Lot par la main, et l'ayant fait rentrer dans la maison, ils en fermèrent la porte, +11. Et frappèrent d'aveuglement tous ceux qui étaient au dehors, depuis le plus petit jusques au plus grand, de sorte qu'ils ne purent plus trouver la porte de la maison. +n'existaient pas encore. Mais , d'ordinaire , des in- vitations aimables, analogues à celle de Lot, arri- vaient de toutes parts aux voj^ageurs. — In platea. En Orient , durant la plus grande partie de l'année , il n'y a pas le moindre inconvénient à passer la nuit en plein air. +3. Convivium. L'expression hébraïque misteh désigne habituellement un repas somptueux. — Azyma, parce que le pain sans levain est plus vite préparé. +4 - 5. Début d'une scène hideuse, vigoureusement décrite. — Vallaverunt : le choix de ce verbe indique , comme dans l'hébr., des intentions hos- tiles. — Coguoscamus. Euphémisme qui dissimule les passions les plus révoltantes. Les vices contre nature étaient communs parmi les races chana- néenrios. Cf. Lev. xx , 22 - 23. +6-8. Lot défend ses hôtes de toutes ses forces. Mesure de prudence (post tergum occludens ostium), exhortation insinuante (vers. 6), sacrifice de son honneur paternel ( vers. 8 ) : rien n'est omis pour sauvogai'der les droits sacrés de l'hospitalité. Les anciens auteurs expliquent, et non sans raison, par le trouble et l'embarras où se trouvait Lot, par son désir de substituer un moinih'e mal à un plus grand , son offre étrange du vers. 8 ; néanmoins S. Augustin fait à ce sujet de légitimes réserves. +9. Dure réponse : on rappelle à Lot qu'il n'est qu'un étranger, et que de lui on n'acceptera ] as de loi. On passe bientôt ù des menaces, qui reçoivent un commencement d'exécution. +10-11. Les anges prennent alors leur propre défense et celle do leur hôte généreux. Détails dramatiques dans ces deux versets. — Csecitate. +Gen. XIX, 12-19. +79 +12. Ils dirent ensuite à Lot : Avez- vous ici quelqu'un de vos proches, un gendre, ou des fils, ou des filles? Faites sortir de cette ville tous ceux qui vous appartiennent ; +13. Car nous allons détruire ce lieu, parce que le cri des abominations de ces peuples s'est élevé de plus en plus de- vant le Seigneur, et il nous a envoyés pour les perdre. +14. Lot étant donc sorti, parla à ses gendres qui devaient épouser ses filles, et il leur dit : Sortez promptement de ce lieu, car le Seigneur va détruire cette ville. Mais ils s'imaginèrent qu'il disait cela en se moquant. +15. A la pointe du jour, les anges pressaient fort Lot de sortir, en lui di- sant : Levez -vous, et emmenez votre femme et vos deux filles, de peur que vous ne périssiez aussi vous-même dans la ruine de cette ville. +16. Voyant qu'il différait toujours, ils le prirent par la main, car le Seigneur voulait le sauver, et ils prirent de même sa femme et ses deux filles. +17. L'ayant ainsi fait sortir de la mai- son, ih le conduisirent hors de la ville, et ils lui parlèrent de cette sorte : Sau- vez votre vie ; ne regardez point derrière vous, et ne vous arrêtez point dans tout le pays d'alentour; mais sauvez-vous sur la montagne , de peur que vous ne péris- siez aussi vous-même avec les autres. +18. Lot leur répondit : Seigneur, +19. Puisque votre serviteur a trouvé grâce devant vous, et que vous avez si- gnalé envers lui votre grande miséri- corde en me sauvant la vie, considérez, je vous prie, que je ne puis me sauver sur la montagne, étant en danger que le malheur ne me surprenne auparavant, et que je ne meure. +12. Dixerunt autem ad Lot : Habes hic quempiam tuorum , generum , aut filios , aut filias? omnes, qui tui sunt, educ de urbc liac ; +13. Delebimus enim locum istum, eo quod increverit clamor eorum coram Do- mino, qui misit nos ut perdamus illos. +14. Egressus itaque Lot, locutus est ad generos suos, qui accepturi erant filias ejus, et dixit : Surgite, egredimini de loco isto, quia delebit Dominus civita- tem hanc. Et visus est eis quasi ludens loqui. +15. Cumque esset mane, cogebant eum angeli, dicentes : Surge, toile uxorem tuam , et duas filias quas habes , ne et tu pariter pereas in scelere civitatis. +16. Dissimulante illo, apprehenderunt manum ejus, et manum uxoris, ac dua- rum filiarum ejus, eo quod parceret Do- minus illi. +17. Eduxeruntque eum, et posuerunt extra civitatem ; ibique locuti sunt ad eum , dicentes : Salva animam tuam ; noli respicere post tergum, nec stes in omni circa regione ; sed in monte salvum te f ac , ne et tu simul pereas. +18. Dixitque Lot ad eos : Quaeso, Do- mine mi, +19. Quia invenit servus tuus gratiam coram te, et magnificasti misericordiam tuam quam fecisti mecum, ut salvares animam meam, nec possum in monte salvari, ne forte appréhendât me malum, et moriar ; +Le substantif hébr. corrélatif n'est employé qu'ici etIY Reg. vi,18. +12 - 14. Vains efforts pour associer au salut de Lot les fiancés de ses filles. Visus est quasi ludens loqui, comme un homme qui plaisante. +2° La divine vengeance, vers. 15-29. +Les vers 15-23 racontent d'abord comment Lot échappa à la destruction terrible. +15-16. Ce ne fut pas sans quelque difficulté •que Lot lui -môme et ses plus proches parents se décidèi'cnt à quitter Sodome : cogebant, dissi- 'inulante ( hébr., haesitante ) illo, apprehenderunt ■maniiin... +17. Pi'cssante injonction des anges : Salva ani- mam (pour « vitam »); c'est maintenant son +affaire. Deux conditions lui sont prescrites : 1« noli respicere...; épreuve imposée à sa foi, ou, selon d'autres , manière de lui dire qu'il devait s'enfuir au plus vite, sans permettre à la curiosité de ralentir sa marche ; 2° In monte... La chaîne de montagnes située à l'est de la Pentapole. +18-20. Lot, avant de se séparer des anges, leur demande humblement une faveur. Au vers. 19, il allègue les motifs sur lesquels s'appuyait sa re- quête : 1° la bonté de Dieu à son égard; 2o la crainte de ne pouvoir atteindre assez promptement les montagnes indiquées. — Le vers. 20 contient la supplique proprement dite. Civitas hœc : pronom pittoresque; Lot montrait du doigt la ville. Par- va : hébr, mis'âr ( la même expression est répé- +80 +Gen. XIX, 20-28. +20. Est civitas liaec jiixta, ad qiiam possiim fugere, parva, et salvabor in ea; nuraquid non modica est, et vivet anima mea? +21. Dixitqiie ad eum : Ecce etiam in hoc suscepi preces tuas, ut non subver- tam urbeni pro qua locutus es. +22. Festina et salvare ibi, quia non potero facere quidquam donec ingredia- ris illuc. Idcirco vocatum est nomen uibis illius Segor. +23. Sol egressus est super terram, et Lot ingressus est Segor. +24. Igitur Dominus phiit super Sodo- mam et Gomorrham sulphur et ignem a Domino de cpelo , +25. Et subvertit civitates bas , et om- nem circa regionem, universos habitato- res urbium, et cuncta terras virentia. +26. Respiciensque uxor ejus post se, versa est in statuam salis. +27. Abraham autem consurgens mane, ubi steterat prius eum Domino, +28. Intuitus est Sodomam et Gomor- rham, ec universam terram regionis il- lius; viditque ascendentem favillam de terra quasi fornacis fumum. +20. Mais il y a près d'ici une ville où je puis fuir; elle est petite, je puis m'y sauver. Vous savez qu'elle n'est pas grande, et elle me sauvera la vie. +21. L'ange lui répondit : J'accorde encore cette gi'âce à la prière que vous me faites, de ne pas détruire la ville pour laquelle vous me parlez. +22. Hâtez -vous de vous sauver en ce lieu-là, parce que je ne pourrai rien faire jusqu'à ce que vous y soj'ez entré. C'est pour cette raison que cette ville fut ap- pelée Ségor +23. Le soleil se levait sur la terre au même temps que Lot entra dans Ségor. +24. Alors le Seigneur fit descendre du ciel sur Sodome et sur Gomorrhe une pluie de soufre et de feu, +25. Et il perdit ces villes, et tout le pays d'alentour, et tous les habitants des cités , et tout ce qui avait quelque verdure sur la terre. +26. Or la femme de Lot regarda der- rière elle, et elle fat changée en une sta- tue de sel. +27. Or Abraham s'étant levé le matin, vint au lieu où il avait été auparavant avec le Seigneur, +28. Et regardant Sodome et Gomorrhe, et tout le pays d'alentour, il vit des cendres enflammées qui s'élevaient de la terre comme la fumée d'une fournaise. +tce pour modica). En insistant snr la petitesse (le la ville, le suppliant voulait dire qu'une loca- lité si peu considérable n'était pas sans doute cor- rompue comme Sodome, et qu'il serait plus aisé à Dieu de l'épargner. +21-22. Ecce etiam in hoc... Aimable acquiesce- ment, malgré le peu de foi de Lot. Une condi- tion, pourtant -.festina. — Conclusion historique : idcirco... Segor; en hébr. : So'ar, (jeu de mots avec mis'ar, petite ). Le nom primitif était Bala, d'après xrv, 2. La plupart des interprètes con- temporains placent Ségor dans l'ouadi es-Sa- fieh, à. une heure environ du S.-E. de la mer Morte. +24. Description de la ruine de la Pentapole, 24-28. — Super Sodomam et Gomorrham. D'après Deut. XXIX, 22, Adama et Seboïm furent égale- ment détruites ; on ne mentionne ici que les deux villes principales. — Pluit... sulphur et ignem. Les interprètes discutent sur la manière dont eut lieu ce terrible phénomène : vraie pluie de soufre Incandescent, éruption volcanique, ou la foudre produisant une conflagration pai'mi les matières si inflammables (soufre et bitume ) qui abondent dans cette région ; telles sont les principales hy- pothèses.— A Domino de cœlo. « Jéhovah fit pleu- voir... de Jéhovah, du ciel. » L'expression est remarquable. Selon plusieurs Pères ( S. Ignace, S. Justin martyr, Tertullion, S. Cypricn, S. Atha- +nase, etc.), le premier « Dominus » désignerait le Verbe ; le second , Dieu le Père. +25. Et subvertit... Le résultat produit fut une destruction universelle (omr).em, universos, cun- cta ) ; rien n'échappa. C'est à tort qu'on a rattaché à cet événement la formation do la mer Morte, qui doit remonter à ime époque bien antérieure. Il serait possible, cependant, que la partie la plus méridionale et la moins profonde du bassin datât de la ruine de la Pentapole, et recouvdt au moins en partie l'emplacement des cités mau- dites. Voy. Chauvet et Isambert , Syrie et Pales- tine, p. 367 et ss. ; de Saulcy, Voyage autour de la mer Morte ; de Luynes , Voyage d'exploration à la mer Morte, I, 359 et ss. +26. Versa est in statuavi salis. D'après l'hébr. : « Et elle fut une stèle (une colonne) de sel. » Ou par une incrustation rapide, à la suite d'une mort foudroyante ; ou par un soulèvement des masses de sel gemme qui existent au sud de la mer Morte (la femme de Lot aurait été alors saisie au milieu des blocs ). Le livre de la Sagesse, X, 7, et Jésus -Christ lui-même, Luc. xvii, 32, signalent le caractère historique de cet épisode. Cf. Josèphe, Ant. i, 11. +27-29. L'écrivain sacré revient à Abraham, pour lui attribuer, après Diexi, le salut de Lot. — Consurgens mane: anxieux de savoir ce qui s'était passé. — Ubi steterat : là où il avait adressé +Gen. XIX, 29-38. +81 +29. Lorsque Dieu détruisait les villes de ce paj'S-là, il se souvint d'Abraham, et délivra Lot de la ruine de ces villes où il avait demeuré. +30. Lot étant dans Ségor, eut peur d'y périr, s'il y demeurait. Il se retira donc sur la montagne avec ses deux filles, en- tra dans une caverne, et y demeura avec elles. +31. Alors l'aînée dit à la cadette : Notre père est vieux, et il n'est resté aucun homme sur la terre qui puisse nous épouser selon la coutume de tous les pays. +32. Donnons donc du vin à notre père , et enivi'ons-le, et dormons avec lui, afin que nous puissions conserver de la race de notre père. +33. Elles donnèrent donc cette nuit-là du vin à boire à leur père; et l'aînée dormit avec lui, sans qu'il sentît ni quand elle se coucha, ni quand elle se leva. +34. Le jour suivant l'aînée dit à la se- conde : Vous savez que j'ai dormi hier avec mon père; donnons -lui encore du vin à boire cette nuit, et vous dormirez aussi avec lui; afin que nous conservions de la race de notre père. +35. Elles donnèrent donc encore cette nuit-là du vin à boire à leur père, et sa seconde fille dormit avec lui, sans qu'il sentît non plus ni quand elle se coucha , ni quand elle se leva. +36. Ainsi elles conçurent toutes deux de Lot leur père. +37. L'aînée enfanta un fils, et elle le nomma Moab. C'est lui qui est le père des Moabites, qui existent encore aujour- d'hui. +38. La seconde enfanta aussi un fils, qu'elle appela Ammon, c'est-à-dire, le fils de mon peuple. C'est [lui qui est le père des Ammonites, que nous voyons encore aujourd'hui. +29. Cum enim subverteret Deus civi- tates regionis illius, recordatus Abrahœ, liberavit Lot de subversione urbium in quibus habitaverat. +30. Ascenditque Lot de Segor, et man- sit in monte, duœ quoque filise ejus cura eo (timuerat enim manere in Segor), et mansit in spelunca ipse, et duae filise ejus cum eo. +31. Dixitque major ad minorera : Pater noster senex est, et nullus virorura re- mansit in terra qui possit ingredi ad nos juxta morem uni versos terrœ. +32. Veni, inebriemus eum vino, dor- miamusque cum eo, ut servare possimus ex pâtre nostro semen. +33. Dederunt itaque patri suo bibere vinum nocte illa. Et ingressa est major, dormi vitque cum pâtre ; at ille non sen- sit, nec quando accubuit filia, nec quando surrexit. +34. Altéra quoque die dixit major ad minorera : Ecce dormivi heri cum pâtre meo ; demus ei bibere vinum etiam hac nocte, et dormies cum eo, ut salvemus semen de pâtre nostro. +35. Dederunt etiam et illa nocte patri suo bibere vinura , ingressaque minor filia, dormivit cum eo; et ne tune quidem sensit quando concubuerit, vel quando illa surrexerit. +36. Conceperunt ergo du8e filise Lot de pâtre suo. +37. Peperitque major filium , et vocavit nom en ejus Moab ; ipse est pater Moabi- tarura usque in prsesentem diem. +38. Minor quoque peperit filium, et vocavit nomen ejus Aramon, id est , filius popuii mei; ipse est pater Ammonita- rum usque hodie. +à Dieu sa prière. Voy. la note de xvm, 22. — Fornacis L'expression hébraïque désigne tin fonr ù chaux , ou un creuset à fondre les métaux. — Recordatus Al)rahce,lil)eravU. Bel éloge du saint patriarche. +3° Origine des Moabites et des Ammonites, vers. 30-38. +30. Asceyidit de Segor. Lot ne s'y croyait pas en sûreté, malgré la promesse divine. Qu'il est loin de la foi d'Abraham ! — In spelunca : les grottes naturelles sont fréquentes dans les mon- tagnes de Moab. — M duse Uliœ. Transition au fait sinistre qui A'a suivre, et que la Bible expose avec sa simplicité accoutumée. +31-32. Au vers. 32, l'infâme proposition; au vers. 31, deux motifs sur lesquels on l'appuie: lo Pater senea3,donc il faut se hâter; 2» nullus virorum remansit, tous les hommes avaient péri, d'après elle. Mais, dit S. Augustin, c. Faust. XXII, 43, « potius nunquam esse matres quam sic uti pâtre debuerunt. » Leur seule excuse con- siste dans le désir de perpétuer leur famille. +33-35. La motion est acceptée, et aussitôt réalisée. +36-38. Lee conséquences. — Moal) , nom dont la racine paraît être Mé'al), « a pâtre,» fils du père de sa mère. — Ammon... filius populi mei : tel est, en effet, le sens des mots hen-'^ammi. +82 +Gen. XX, 1-7. +CHAPITRE XX +1. Profectus inde Abraham in terram australera, habita vit inter Cades et Sur, et peregrinatiis est in Geraris. +2. Dixitqne de Sara uxore sua : Soror mea est. Misit ergo Abimelech rex Ge- rarae, et tulit eam. +3. Venit aiitem Deus ad Abimelech per somnium nocte, et ait illi : En mo- rieris propter mulierem quam tulisti ; habet enim virum. +4. Abimelech vero non tetigerat eam, et ait : Domine , num gentem ignorantem et justam interficies? +5. Nonne ipse dixit mihi : Soror mea est; et ipsa ait : Frater meus est? In simplicitate cordis mei , et munditia ma- nuum mearum, feci hoc. +6. Dixitque ad eum Deus : Et ego scio quod simi)lici corde feceris; et ideo cu- stodivi te ne peccares in me, et non di- misi ut tangeres eam. +7. Nunc ergo redde viro suo uxorem, quia propheta est; et orabit pro te, et vives; si autem nolueris reddere, scito +1. Abraham étant parti de là pour al- ler du côté du midi, habita entre Cadès et Sur. Et étant allé à Gérara pour y demeurer quelque temps, +2. Il dit, parlant de Sara sa femme, qu'elle était sa sœur. Abimelech, roi de Gérara, envoya donc chez lui, et fit en- lever Sara. +3. Mais Dieu, pendant une nuit, ap- parut en songe à Abimelech , et lui dit : Vous serez puni de mort à cause de la femme que vous avez enlevée, parce qu'elle a un mari. +4. Or Abimelech ne l'avait point tou- chée ; et il répondit : Seigneur, punirez- vous de mort l'ignorance d'un peuple in- nocent? +5. Cet homme ne m'a-t-il pas dit lui- même qu'elle était sa sœur? et elle-même aussi ne m'a-t-elle pas dit qu'il était son frère? J'ai fait cela dans la simplicité de mon cœur, et sans souiller la pureté de mes mains. +6. Dieu lui dit : Je sais que vous l'a- vez fait avec un cœur simple ; c'est pour cela que je vous ai préservé afin que vous ne péchassiez point contre moi, et que je ne vous ai pas permis de la toucher. +7. Rendez donc présentement cette femme à son mari, parce que c'est un prophète ; et il priera pour vous , et vous +§ IV. — Abraham à Gérara. XX, 1 — XXI, 34. +lo Sara est encore merveilleusement préser- vée. XX, 1 — 18. +Chap. XX. — 1. Profectus inde: de Mambré, près d'Hébron. — In terram australem : le Né- geb, comme précédemment (xn, 9). — Inter Cudcs et Sur. Dans quelque fertile oasis, située entre ces deux déserts. Voy. les notes de xvi, 7 et 14. — In Geraris. Cf. x, 19. Le nom seul do cette ville a survécu , sous la forme de Khir- bct-el-Gerar ; ses ruines mêmes sont à peine vi- sibles. Cf. V. Guorin, Description de la Pales- Une : Judée, ii, 254 et ss. Elle n'était pas ti'ès éloignée de Gaza ( au sud ) , et appartenait aussi au territoire des Philistins. Cf. xxvi, 1. +2. Dixit... : Soror mea. Comme vingt ans aupa- ravant en Ég3-pte, xir, 13. — Abimelech. Nom que l'on croit avoir été le titre commun des rois de cette contrée. Il signifie : Père du roi, ou bien Père -roi. — Tulit eam. Sara était alors âgée de quatre-vingt-dix ans ; mais elle avait été comme rajeunie miraculeusement pour pouvoir devenir mire. Pcut-6tre aussi Abimelech désirait -il la +prendre pour épouse, moins à cause de sa beauté qu'afln de s'unir par les liens du sang avec Abra- ham, qu'il voyait si riche et si puissant. Cf. vers. 22. +3. Dieu prend encore la défense de la mère du peuple privilégié. — Morieris. De la maladie men- tionnée au vers. 17, et dont il avait été subite- ment atteint. +4 - 5. Abimelech se disculpe devant Dieu ( Do- mine; hébr., 'Adonaï). Il allègue un excellent motif pour obtenir indulgence et pardon : nnm gentem ignorantem...? Et son ignorance était vraiment invincible, car ipse dixit..., ipsa ait... En résumé, il a agi in simplicitate coi'dis et munditia manuum: deux expressions qui dési- gnent l'innocence, envisagée sous le rapport soit intérieur, soit extérieur. C'était pourtant le rapt et la polygamie ; mais Abimelech parle confor- mément à la moralité relâchée de son pays, qui ne réprouvait que l'adultère proprement dit. +6-7. Dieu accepte son excuse d'après la même règle (vers. 6) ; il lui impose toutefois une condi- tion (^lunc ergo redde), avec promesse de par- don s'il obéit, avec menace de mort dans le cas +Gen. XX, 8-16. +83 +vivrez. Que si vous ne voulez point la ' rendre, sachez que vous serez frappé de mort, vous et tout oc qui est ji vous. +8. Abiniélecli se leva aussitôt lorsqu'il était encore nuit, et ayant appelé tous ses serviteurs, il leur dit tout ce qu'il avait entendu; et ils furent tous saisis de fra3'eur. +9. Il manda aussi Abraham, et lui dit : Pourquoi nous avez -vous traités de la sorte? Quel mal vous avions -nous fait, pour avoir voulu nous engager moi et mon royaume dans un si grand péché? Vous avez fait assurément à notre égard ce que vous n'auriez point dû faire. +10. Et continuant encore ses plaintes, il ajouta : Qu'avez -vous envisagé en agissant ainsi? +11. Abraham lui répondit : J'ai songé et j'ai dit en moi-même : Il n'y a peut- être point de crainte de Dieu en ce pays- ci; et ils me tueront pour avoir ma femme. +12. D'ailleurs elle est véritablement ma sœur, étant fille de mon père, quoi- qu'elle ne soit pas fille de ma mère ; et je l'ai épousée. +13. Or depuis que Dieu m'a fait sortir de la maison de mon père, je lui ai dit : Vous me ferez cette grâce dans tous les pays où nous irons, de dire que je suis votre frère. +14. Abimélech donna donc à Abraham des brebis, des bœufs, des servitem's et des servantes; il lui rendit Sara sa femme ; +15. Et il lui dit : Vous voyez devant vous toute cette terre, demeurez partout où il vous plaira. +16. Il dit ensuite à Sara : J'ai donné mille pièces d'argent à votre frère, afin qu'en quelque lieu que vous alliez, vous +quod morte morieris tu, et omnia quœ tua sunt. +8. Stati nique de nocte consurgens Abi- mélech, vocavit omnes serves sues, et locutus est universa verba hsec in auri- bus eorum , timueruntque omnes viri valde. +9. Vocavit autem Abimélech etiam Abraham, et dixit ei : Quid fecisti nobis? quid peccavimus in te, quia induxisti super me et super regnum meum pecca- tum grande? quœ non debuisti facere, fecisti nobis. +10. Rursumque expostulans, ait : Quid vidisti, ut hoc faceres? +11. Respondit Abraham : Cogitavi me- cum , dicens : Forsitan non est timor Dei in loco isto; et interficient me propter uxorem meam; +12. Alias autem et vere soror mea est, filia patris mei, et non filia matris meaî , et duxi eam in uxorem. +13. Postquam autem eduxit me Deus de domo patris mei , dixi ad eam : Hanc misericordiam faciès mecum : in omni loco, ad quem ingrediemur, dices quod frater tuus sim. +14. Tulit igitur Abimélech oves et bo- ves , et servos et ancillas , et dédit Abra- lise ; reddiditque illi Saram uxorem suam, +15. Et ait : Terra coram vobis est; ubicumque tibi placuerit , habita. +16. Sarse autem dixit : Ecce mille ar- gentées dedi fratri tuo; hoc erit tibi in velamen oculorum ad omnes qui tecum +contraire. — Le mot propheta doit être pris ici , d'après le contexte (orabit) , dans sa signification primitive, de façon ù désigner non le prophète qui l'end des oracles, mais l'homme qui est uni étroitement avec Dieu et qui intercède ( ce qui parle pour » ) en faveur d'un autre. +8-10. Abimélech obéit sur-le-champ, mais non sans adresser à Abraham quelques l'eproches, comme autrefois le Pharaon. — Quid peccavimus in te...? Qu'avions-nous fait pour légitimer ta dé- fiance? +11-13- Abraham justifie sa conduite : 1° par la dépravation morale de tout le pays ( au lieu de forsitan non, il faudrait « omnino non », as- sertion très forte ) ; 2° par la réalité des faits : Sara est vraiment sa sœur, étant issue du même père que lui (c.-à-d. du môme aïeul, comme l'in- +terprète justement la tradition juive); S» par une convention conclue entre lui et Sara long- temps avant leur arrivée à Gérara : convention , par conséquent , qui n'avait rien de spécialement injurieux pour Abimélech. +14-16. Heureuse cessation du malentendu. Le monarque égyptien avait donné des présents h Abraham au temps de l'enlèvement de Sara ; puis, quand il reconnut son erreur, il les obligea l'un et l'autre à quitter le pays. Abimélech se montre plus noble et plus généreux. Au vers. 16, les mots fratri tuo ne sont pas dépourvus d'iro- nie. — Mille argentées. Nous en ignoi^ons la va- leur, car le sicle ne devait pas encore exister. — Hoc... tibi in velamen. D'après cette traduction, le pronom désignerait les mille pièces d'argent. Et alors deux explic;itions sont possibles : 1« Achète +— ^ (^VWwtJVw +84 +Gen. XX, 17 — XXI, 8. +sunt , et quocumque perrexeris ; memen- toque te deprehensam. +17. Orante aiitem Abraham, sanavit Deus Abimelech, et uxorem ancillasque ejus, et pepererunt ; +18. Concluserat enim Dominus omnem vulvam domus Abimelech propter Saram uxorem Abrahfe. +ajT'ez toujours un voile sur les yeux de- vant tous ceux avec qui vous serez ; et souvenez -vous que vous avez été prise. +17. Abraham pria Dieu ensuite, et Dieu guérit Abimelech, sa femme et ses servantes, et elles enfantèrent; +18. Car Dieu avait frappé de stérilité toute la maison d 'Abimelech, à cause de Sara femme d'Abraham. +CHAPITRE XXI +1. Visitavit autem Dominus Saram sic- ut promiserat, et implevit quse locutus est. +2. Concepitque et peperit filium in senectute sua, tempore quo prœdixerat ei Deus. +3. Vocavitque Abraham nomen filii sui , quem genuit ei Sara , Isaac ; +4. Et circumcidit eum octavo die, sic- ut prseceperat ei Deus , +5. Cum centum esset annorum ; hac quippe setate patris, natus est Isaac. +6. Dixitque Sara : Risum fecit mihi Deus ; quicumque audierit , corridebit mihi. +7. Rursumque ait : Quis auditurum crederet Abraham, quod Sara lactaret filium , quem peperit ei jam seni ? +8. Crevit igitur puer, et ablactatus est; fecitque Abraham grande convivium in die ablactationis ejus. +1. Or le Seigneur visita Sara ainsi qu'il l'avait promis, et il accomplit sa parole. +2. Et elle conçut et enfanta un fils en sa vieillesse, au temps même que Dieu lui avait prédit. +3. Abraham donna le nom d'Isaac à son fils qui lui était né de Sara ; +4. Et il le circoncit le huitième jour, selon le commandement qu'il en avait reçu de Dieu, +5. Ayant alors cent ans ; car ce fut à cet âge -là qu'il devint père d'Isaac. +6. Et Sara dit alors : Dieu m'a donné un sujet de ris et de joie; quiconque l'ap- prendra en rira avec moi. +7. Et elle ajouta : Qui croirait qu'on aurait jamais pu dire à Abraham que Sara nourrirait de son lait un fils , qu'elle lui aurait enfanté lorsqu'il serait déjà vieux? +8. Cependant l'enfant crût, et on le sevra; et Abraham fit un grand festin au jour qu'il fut sevré. +avec cela tm voile qui dissimulera ta beauté ; 2° Que ce présent te fasse oublier l'injure invo- lontaire que je t'ai faite. Nous préféi'ons cette seconde interprétation, qui est celle de saint Jean Chrysostome. Dans l'hébreu, le pronom, qui est au masculin, peut retomber sur Abraham : Que celui-ci soit pour toi un voile, une protection.— Mémento... te deprehensam, et sois désormais plus prudente. Hébr. : et tu es (maintenant) jus- tifiée, +17-18. Conclusion de tout l'épisode.— CowcZm- aerat... Selon l'opinion la plus probable, le châ- timent avait consisté dans l'impossibilité de con- cevoir, non dans celle d'enfanter. Dieu mit fin à cette Impuissance temporaire. +2° Naissance d'Isaac. XXI, 1-7. +Chap. XXI. — 1-2. Visitavit..., implevit..., tempore quo prœdixerat. On met en relief l'ad- mirable fidélité de Dieu à tenir ses engagements. +3-4. Vncavit..., circumcidit..., sicut prcecepe- +ràt. Abraham aussi fut fidèle et obéissant comme toujours, +5. Centum annorum. Le narrateur insiste sur cette date. +6-7. Deux intéressantes réflexions de Sara. 10 Un jeu de mots , qui roule sur le nom du nouveau-né : risum (s'hoq) fecit..., corrideMt (ysahaq)... 2o Un sentiment d'admiration pour la toute-puissance divine , qui avait opéré une telle merveille : quis... crederet...? +3° Expulsion d'Agar et d'Ismaël. XXI, 8-21.- +8. Crevit... et ablactatus est. En général, le se- vrage a lieu assez tard en Orient : à trois ans d'après II Par, xxxi, 16 et II Mach. vu, 27; à un âge encore plus avancé d'après I Reg, ii; 24, où Samuel , à peine sevré , est laissé par sa mère auprès du grand prêtre Héli, — Grande convi- vium : la même coutume subsiste encore dans les contrées orientales. +Gen. XXI, 9-17. +85 +9. Mais Sara ayant vu le fils d'Agar rEgyj)tienne, qui jouait avec Isaac son fils, elle dit à Abraham : +10. Chassez cette servante avec son fils ; car le fils de cette servante ne sera point héritier avec mon fils Isaac. +11. Ce discours parut dur à Abraham, à cause de son fils Ismaël. +12. Mais Dieu lui dit : Que ce que Sara vous a dit touchant votre fils et votre servante ne vous paraisse point trop rude. Faites tout ce qu'elle vous dira, parce que c'est d'Isaac que sortira la race qui doit porter votre nom. +13. Je ne laisserai pas, néanmoins, de rendre le fils de votre servante chef d'un grand peuple, parce qu'il est sorti de vous. +14. Abraham se leva donc dès le point du jour, prit du pain et une outre pleine d'eau, qu'il mit sur l'épaule d'Agar, et il lui donna son fils, et la renvoya. Elle, étant sortie, errait dans la solitude de Bersabée. +15. Et l'eau qui était dans l'outre ayant manqué , elle laissa son fils couché sous un des arbres qui étaient là, +16. S'éloigna de lui d'un trait d'arc, et s'assit vis-à-vis, en disant : Je ne verrai point mourir mon enfant; et élevant sa voix dans le lieu où elle se tint assise, elle se mit à pleurer. +17. Or Dieu écouta la voix de l'enfant; et un ange de Dieu appela Agar du ciel , et lui dit : Agar, que faites-vous là? Ne +9. Cumque vidisset Sara filium Agar ^gyptiiG ludentem cum Isaac filio suo, dixit ad Abraham : +10. Ejice ancillam hanc , et filium ejus ; non enim erit hères filius ancilla} cum filio meo Isaac. +11. Dure accepit hoc Abraham pro filio suo. +12. Cui dixit Deus : Non tibi videatur asperum super puero, et super ancilla tua; omnia quae dixerit tibi Sara, audi vocem ejus ; quia in Isaac vocabitur tibi semen. +13. Sed et filium ancillas faciam in gentem magnam, quia semen tuum est. +14. Surrexit itaque Abraham mane, et tollens panem et utrem aquse , imposuit scapulge ejus, tradiditque puerum, et dimisit eam. Quse cum abiisset, errabat in solitudine Bersabec. +15. Cumque consumpta esset aquar in utre, abjecit puerum subter unam arbo- rum, quse ibi erant. +16. Et abiit, seditque e regione procul quantum potest arcus jacere ; dixit enim: Non videbo morientem puerum ; et se- dens contra, levavit vocem sua m, et flevit. +17. Exaudivit autem Deus vocem pueri, vocavitque angélus Dei Agar de cselo, dicens : Quid agis, Agar? noli timere ; +9. La fête fut bientôt troublée. — Ludentem est évidemment ici un euphémisme, pour « lu- dibrio habentem », ou « persequentem » , comme traduit saint Paul, Gai. iv, 29. Ismaël avait alors au delà de quinze ans, et il ne devait pas assis- ter sans peine à cette fête, qui lui rappelait que tous ses privilèges étaient perdus ; il manifesta par quelque procédé grossier son mépris pour son jeune frère. +10-13. Ancillam hanc (pronom dédaigneux) et filium... Sara réclame une mesure radicale, et elle motive aussitôt sa demande : non enim erit hères... Voy., Gai. iv, 22-SO, le beau commentaire allégorique que saint Paul a donné de cette pa- role. Du reste, Dieu lui-même, vers. 12, approu- vera la mère d'Isaac , tout en assurant de grandes destinées à Ismaël , vers. 13 , en considération de son père. Néanmoins, dure accepit... Abraham: trait touchant, qui nous fait lire au fond de son cœur. +14-16. Tableau pittoresque et pathétique. D'a- bord la conduite du père, 14», qui remet à la pauvre Agar des vivres pour le voyage (panem, utrem aquce : une outre en peau de chèvre ; im- posuit scapulce, car c'est sur l'épaule ou sur la +A/" — C\..^ +tête que les femmes orientales portent les far- deaux), et, en dernier lieu, leur fils, avec quel serrement de cœur! Ensuite, 1 4*'-l 6 , la conduite de la iMère. Agar, prise au dépourvu, découra- gée, se mit à errer sans plan arrêté, in solitu- dine Bersabée (nom cité par anticipation ; voy. le vers. 31), au sud -est de Gérara. La provision d'eaxi fut promptement épuisée , et les deux voya- geurs égarés se trouvèrent réduits à la dernière détresse. Le récit est d'une extrême délicatesse. — Abjecit : acte d'une mère au désespoir. Tou- tefois Agar a soin de laisser son fils à l'ombre d'un de ces arbrisseaux (hébr., èiah) qui croissent dans le désert. — Et abiit : n'ayant pas le cou- rage d'assister à son agonie ; cependant elle ne s'éloigne qu'à une courte distance iqxianttim po- test arcus...), et là elle donne un libre cours à ses sanglots.-- ' • +17-19. Le divin secours. — Exaudivit... vocem pueri : non la bruyante douleur de la mère , mais la prière muette du fils d'Abraham. L'ange qui servira d'intermédiaire pour secourir Agar n'est plus appelé « angélus Domini » , comme au chap. XVI , 7 et 9 , mais angélus Dei i'Elohim) ; c'est que, désormais, Isma^çl et sa mère sont sé- +/ +86 +Gen. XXI, 18-27. +exaudivit enim Deus vocem pueri de loco in qiio est. +18. Surge, toile piicrum, et tene ma- nuni iilius; quia in gentcm magnam faciam eum. +19. Apemitque ociilos ejus Deus; quse videns puteum aquae, abiit, et implevit utrem, deditque puero bibere. +20. Et fuit eum eo ; qui crevit, et mo- ratus est in solitudine, factusque est ju- venis sagittarius. +21. Habitavitque in deserto Pliaran, et accepit illi mater sua uxorem de terra ^gypti. +22. Eodem tempore dixit Abimelecli , et Phicol princeps exercitus ejus, ad Abra- ham : Deus tecum est in universis quse agis. +23. Jura ergo per Deum, ne noceas mihi, et posteris meis, stirpique mese ; sed juxta misericordiam, quam feci tibi, faciès mihi, et terrae in qua versatus es advena. +24. Dixitque Abraham : Ego jurabo. +25. Et increpavit Abimelech propter puteum aquse quem vi abstulerant servi ejus. +26. Eesponditque Abimelech : Nescivi quis fecerit hanc rem ; sed et tu non in- dicasti mihi, et ego non audivi praeter itodie. +27. Tulit itaque Abraham oves et bo- +craignez point ; car Dieu a écouté là voix de l'enfant du lieu où il est. +18. Levez-vous, prenez l'enfant, et te- nez-le par la main ; car je le rendrai chef d'un grand peuple. +19. En même temps Dieu lui ouvrit les yeux ; et ayant aperçu un puits plein d'eau , elle y alla ; elle y remplit son outre, et elle donna à boire à l'enfant. +20. Et elle demeura avec l'enfant, qui crût et demeura dans les déserts, et qui devint un jeune homme adroit à tirer de l'arc. +21. Il habita dans le désert de Pharan, et sa mère lui fit épouser une femme du pays d'Egypte. ^ +22. En ce même temps, Abimélecli, accompagné de Phicol, qui commandait son armée, vint dire h Abraham : Dieu est avec vous dans tout ce que vous faites. +23. Jurez -moi donc par le nom fh Dieu, que vous ne me ferez point de mal , ni à moi , ni à mes enfants , ni à ma race ; mais que vous me traiterez , et ce pays dans lequel vous avez demeuré comme étranger, avec la bonté avec la- quelle je vous ai traité. +24. Abraham lui répondit : Je vous le jurerai. +25. Et il fit ses plaintes à Abimelech, de la violence avec laquelle quelques- uns de ses serviteurs lui avaient enlevé un puits. +26. Abimelech lui répondit : Je n'ai point su qui vous a fait cette injustice; vous ne m'en avez point vous-même averti, et jusqu'à ce jour je n'en ai ja- mais ouï parler. +27. Abraham donna donc à Abimelech +pai'és de la famille sacrée et du Dieu de la révé- lation. — Tene manum...: C.-à-d. protège-le, ne l'abandonne pas. — Aperaitque oculos... La dou- leur avait, pour ainsi dire, aveuglé Agar, de ma- nière à rcmpôcher de voir la source (^puteum aqiia) qui était tout près de là. +20-21. Quatre détails sur la vie subséquente d'isniajl. — 1« Sa mère demeura constamment au- près de lui, selon la recommandation divine. 2° Il étr.blit, et sa postérité après lui, son séjour ha- bituel au désert. On ajoute plus bas que ce fut au désert de Pharan, aujourd'hui Et-Tih, dans la partie nord de l'Arabie Pétréc. Cf. xiv, 6. 3" Il devint un habile archer, par conséquent un grand chasseur. 4» Sa mère le maria avec une Égyptienne; circonstance naturelle, puisqu'elle était elle-même originaire d'Égj'pte. +4" Traité conclu entre Abraham et Abimelech. XXI, 22-34. +22-23. Abimelech : le roi philistin mentionné uu chap. XX, 2 et ss. — Phicol, Nom qui signifie +ce la bouche de tous », et qui désignait, à ce qx;e l'on croit, tous les pi'emiers ministres du pays ; nous le reti'ouverons plus loin , xxvi , 26. Le roi amena avec lui son princeps exercitus, pour donner un caractère public et politique à l'alliance qu'il voulait conclure avec Abraham. Ce ne devait pas être seulement un traité per- sonnel. — Deus tecum est... Riilson s})cciale pour laquelle Abimelech désirait cette alliance; elle fait honneur à son esprit religieux. +24-25, Abraham consent, vers. 24; mais il profite de la circonstance pour déposer une plainte bien légitime, vers. 25. Dans ces pays brûlants, l'eau, qui est si rare et si précieuse, est souvent un objet de litige entre les pasteurs. +26. Excuses d'Abimélcch , qui attestent de nouveau (cf. xx, 4 et ss.) son caractère généreux et loyal. +27-32. Après ces pourparlers préliminaires, nous avons le cérémonial de l'alliance : présents d'Abraham à Abimelech, 27*; le traité conclu +Gen. XXI, 28 —XXII, 2. +87 +des brebis et des bœufs , et ils firent al- liance ensemble. +28. Et Abraham ayant mis à part sept jeunes brebis qu'il avait tirées de son troupeau, +29. Abimélecli lui demanda : Que veu- lent dire ces sept jeunes brebis que vous avez mises ainsi à part ? +30. Vous recevrez, dit Abraham, ces sept jeunes brebis de ma main, afin qu'elles me servent de témoignage que c'est moi qui ai creusé ce puits. +31. C'est pourquoi ce lieu fut appelé Bersabée, parce qu'ils avaient juré là tous deux. +32. Et ils firent alliance auprès du puits du serment. +• 33. Abimélech s'en alla ensuite avec Phicol , général de son armée ; et ils re- tournèrent dans le paj^s des Philistins. Mais Abraham planta un bois à Bersa- bée, et il invoqua en ce lieu -là le nom du Seigneur, le Dieu éternel. +34. Et il demeura longtemps au pays des Philistins. +ves, et dédit Abimélech, percusserunt- que ambo fœdus. +28. Et statuit Abraham septem agnas gregis seorsum. +29. Cui dixit Abimélech : Quid sibi volunt septem agna3 istœ, quas stare fe- cisti seorsum? +30. At ille : Septem, inquit, agnas accipies de manu mea, ut sint mihi in testimonium, quoniam ego fodi puteum istum. +31. Idcirco vocatus est locus ille Ber- sabee ; quia ibi uterque jura vit. +32. Et inierunt fœdus pro puteo jura- menti. +33. Surrexit autem Abimélech , et Phi- col princeps exercitus ejus, reversique sunt in terram Palœstinorum ; Abraham vero plantavit nemus in Bersabee, et invocavit ibi nomen Domini Dei seterni. +34. Et fuit colonus terrse Palsestino- rum diebus multis. +GHAPITEE XXII +1. Après cela. Dieu tenta Abraham, et lui dit : Abraham, Abraham. Abraham lui répondit : Me voici. +2. Dieu ajouta : Prenez Isaac, votre fils unique qui vous est .si cher, et allez en la terre de vision , et là vous me l'of- frirez en holocauste sur une des mon- tagnes que je vous montrerai. +1. Qu£e postquam gesta sunt, ten- tavit Deus Abraham, et dixit ad eum : Abraham ! Abraham ! At ille respondit : Adsum. +2. Ait illi : Toile filium tuum uni- genitum , quem dihgis , Isaac , et vade in terram visionis, atque ibi oiîeres eum in holocaustum super unum montium quem monstravero tibi. +derant témoins, 27''; autre présent spécial, pour confirmer les droits du patriarche sur les puits litigieux, 28-30; le nom de Bersabee (liébr., B"er-sél>ah), c.-à-d. « puits des sept », qui de- vait rappeler le contrat particulier passé entre les deux amis au sujet de ce puits, 31-32, indé- pendamment de leur alliance générale. Près des ruines de Bar • es • Séba^ on voit encore le puits creusé par Abraham. Il est solidement construit et ne manque jamais d'eau; sa margelle est toute sillonnée par les marques des cordes qui ont servi h puiser. Alentour sont des auges de pierre ser- vant d'abreuvoirs. Voy. VAll. archéol. de la Bible, +pi. XXXVIII, fig. 2. +33 -3i. Un mot de conclusion sur chacun des contractants. — In terram Palœstinorum : à Gé- rara. — I>. L'hébreu emploie la forme passive, avec un* nuance (yérâ'eh, « videbitur »). Ce qui revien', dans le latin, h Mont de la Providence; dans le texte primitif, à Mont de la Révélation. +2" Confirmat'on des promesses divines, 15-19. +15. Formule dintroducliou. +16-18. Dieu renouvelle et confirme à Abraham pour la dernière fois ses anciennes promesses. — Per memetipsum juravi. Ce serment est remar- quable; voyez le passage Hebr. vi, 13-17, qui le commente. — Quia fecisti... Dieu fait ressortir la générosité du sacrifice, par conséquent l'éten- due de sa propre satisfaction. — A la compa- raison emploj'ée précédemment, stellas maiis, le Seigneur en ajoute une autre encore plus expressive : velut arenam... — Portas inimico- rum... Posséder les portes, c'est posséder les cités; par suite, avoir triomphé totalement des ennemis. — Benedicentur in semine suo : dans le Messie, connue il a été marqué plus haut. +19. Conclusiou si simple d'un fait si sublime. +§ II. — La postérité de Nachor. Mort et sépulture de Sara. XXII, 20 — XXIII, 20. +1" La postérité de Nachoi'. XX , 20 - 24. +20. Nuntiatum est... Message qui pai-ait bien tardif, puisque les fils de Nachor avaient déjà des enfants (vers. 23); mais alors les commu' +00 +Gen. XXII, 21 — XXIII, 6. +21. Hiis primogenitum, et Biizfratrem ejiis, et Camuel patrem Syromin, +22. Et Cased, et Azau, Plieldas quo- que et Jedlaph, +23. Ac Bathuel, de quo nata est Re- becca; octo istos genuit Melcha, Naelior fratri Abrabœ. +24. Conciibina vero illius, nomine Eoma, peperit Tabee, et Gaham, et Tabas, et Maacba. +21. ïïiis, son aîné ; Buz, frère de celui- ci ; Camuel, père des Syriens ; +22. Cased, Azaû, Pheldas, Jedlapb, +23. Et Bathuel, dont Rébecca était fille. Ce sont là les huit fils que Nachor, frère d'Abraham, eut de Melcha, sa femme. +24. Sa concubine, qui s'appelait Roma, lui enfanta Tabée, Gaham, Tahas et Maacha. +CHAPITRE XXIII +1. Vixit autem Sara centum viginti septem annis. +2. Et mortua est in civitate Arbee, qnse est Hebron, in terra Chanaan ; venit- que Abraham ut plangeret , et fleret eam. +3. Cumque surrexisset ab officio f une- ris, locutus est ad filios Heth. dicens : +4. Advena sum et peregrinus apud vos; date mihi jus sepulchri vobiscum, ut se- peliam mortuum meum. +5. Responderunt filii Heth, dicentes : +6. Audi nos , Domine ; princeps Dei es apud nos; in electis sepulchris nostris +1. Sara, aj^ant vécu cent vingt -sept ans, +2. Mourut dans la ville d'Arb Je, qui est la même qu'Hébron, au pays de Cha- naan. Abraham la pleura, et en fit le deuil. +3. Et s'étant levé, après s'être acquitté de ce devoir qu'on rend aux morts, il vint parler aux enfants de Heth, et il leur dit : +4. Je suis parmi vous un étranger et un voyageur ; donnez-moi droit de sépul- ture au milieu de vous, afin que j'enterre la personne qui m'est morte. +5. Les enfants de Heth lui répondirent : +6. Seigneur, écoutez -nous. Vous êtes panni nous comme un grand prince ; en- +nlcations étaient rares, parce qu'elles étalent dif- ficiles; et surtout, les deux familles avaient vécu complètement séparées. Cf. xii, 1. — Melcha, la nièce d'Abraham. Cf. xi, 27, 29. +21-23. Liste des huit fils que Nachor eut de Melcha. Plusieiirs de leurs noms ont déjà paru dans la Table des peuples, entre autres celui de IIus , que nous retrouverons encore parmi les descendants d'Esaii, xxxv, 28; comme aujour- d'hui , les mêmes noms étaient répétés dans une même famille. — Patrem Si/rorum est une er- reur de traduction, pour « père d'Aram ». — Bathuel... de quo Rebecca. Il est évident que ce trait est mentionné en vue du rôle que Rébecca , la petite -nièce d'Abraham, jouera bientôt dans le récit, chap. xxiv. +24. Concubina vero... L'expression hébraïque filêfjes n'a rion d'ignominieux ; elle désigne sim- plement une femme de second rang. +2° Mort et sépulture de Sara. XXIII, 1-20. Chap. XXIII. — 1. Vixit... Sara. C'est la seule femme, a-t-on remarqué depuis longtemps, dont la Bible mentionne l'âge. Mais Sara était la mère de la nation théocratique. — Centum viginti se- ptem... Trente-sept ans après la naissance d'Isaac. Cf. XXI, 5. +2. In civitate Arbee (hébr. : à Qiryaf-'Arba'), Quce est Hebron, Hébron était le nom primitif ; +il disparut pour un temps , puis les Israélites le rétablirent après leur conquête de la Palestine, Jos. xrv, 15 ; xv, 13. — yeniique, Abraham. Peut- être était -il absent lorsque survint la mort de Sara ; toutefois, l'expression peut simplement si- gnifier qu'il entra dans la tente de sa femme pour lui rendre les derniers devoirs. — Ut plan- geret, et fleret : les manifestations bruj'antcs de la douleur usitées chez les Orientaux. +3. Les vez's. 3-16 contiennent l'une des scènes les plus intéressantes de la Bible. Ils décrivent un contrat de vente , conclu devant témoins , avec tout l'apparat et l'échange de politesses dont on a toujours été si prodigue en Orient. Voyez , ' II Ptcg. xxiv, 20-24, un récit analogue. — Ad filios Heth. Les B'né-Het, appelés ailleurs Hé- théens (x, 15), et célèbres aujourd'hui sous le nom de Hittites, n'étaient pas une simple famille, mais une tribu qui possédait alors Hébron et les alentours. +4. Abraham se présente à eux coumie un mo- deste suppliant : advena et peregrinus. Mais, d'après les idées de ces pays et de ces temps , le titre d'étranger était une recommandation puis- sante. — Jus sepulchri. Droit particulièrement cher il ceux des Orientaux auxquels leur condi- tion permet d'i\cquérir un tombeau de famille. +5 - G. Princeps Dei. Superlatif hébreu , pour si- +Gen. XXIII, 7-15. +91 +ten-ez dans nos plus beaux sépulcres la personne qui vous est morte. Nul d'entre nous ne pourra vous empêcher de mettre dans son tombeau la personne qui vous est morte. +7. Abraham, s'étantlevé, adoralepeuple de ce pays-l;\, c'est-à-dire les enfants de Heth, +8. Et il leur dit : Si vous avez agréable que j'enterre la personne qui m'est morte, écoutez -moi, et intercédez pour moi au- près d'Ephron fils de Séor, +9. Afin qu'il me donne sa caverne double, qu'il a à l'extrémité de son champ ; qu'il me la cède devant vous pour le prix qu'elle vaut , et qu'ainsi elle soit il moi pour en faire un sépulcre. +10. OrEphron demeurait au milieu des enfants de Heth ; et il répondit à Abra- ham devant tous ceux qui s'assemblaient à la porte de la ville, et lui dit : +11. Non, mon seigneur, cela ne sera pas ainsi ; mais écoutez plutôt ce que je vais vous dire. Je vous donne le champ, et la caverne qui y est, en présence des enfants de mon peuple; enterrez -y celle qui vous est morte. +12. Abraham se prosterna devant le peuple du pays. +13. Et il dit à Ephron au milieu de tous : Ecoutez-moi, je vous prie ; je vous donnerai l'argent que vaut le champ, recevez-le, et j'y enterrerai ensuite celle qui m'est morte. +14. Ephron lui répondit : +15. Mon seigneur, écoutez-moi : La terre que vous me demandez vaut quatre cents sicles d'argent. C'est son prix entre vous et moi ; mais qu'est-ce que cela ? Enterrez celle qui vous est morte. +sepeli mortuum tuum ; nullusque te pro- hibere poterit quin in monumento ejus sepelias mortuum tuum. +7. Surrexit Abraham, et adoravit po- pulam terrse, filios videlicet Heth, +8. Dixitque ad eos : Si placet animse vestrse, ut sepeliam mortuum meum, audite me, et intercedite pro me apud Ephron filium Seor, +9. Ut det mihi speluncam duplicem, quam liabet in extrema parte agri sui; pecunia digna tradat eam mihi coram vobis in possessionem sepulchri. +10. Habitabat autem Ephron in medio filiorum Heth. Eesponditque Ephron ad Abraham cunctis audi^ntibus qui ingre- diebantur portam civitatis illius , dicens : +11. Nequaquam ita fiât, domine mi , sed tu magis ausculta quod loquor. Agrum trado tibi, et speluncam quse in eo est, prsesentibus filiis populi mei ; sepeli mor- tuum tuum. +12. Adoravit Abraham coram populo terrse. +13. Et locutus est ad Ephron circum- stante plèbe : Quseso, ut audias me. Dabo pecuniam pro agro; suscipe eam, et sic sepeliam mortuum meum in eo. +14. Eesponditque Ephron : +15. Domine mi, audi me : Terra, quam postulas , quadringentis siclis argenti va- let; istud est pretium inter me et te; sed qu?.ntum est hoc? sepeli mortuum tuum. +gnifier un prince très puissant. — In electis se- pulcris. Ils lui offrent gracieusement d'enterrer Sara dans un de leurs plus riclies sépulcres. +7-9. Surrexit et adoravit : pour remercier les Hittites de leur proposition. Abraham se garde bien, toutefois, de prendre à la lettre ce qui n'était de leur part qu'une simple formalité ; tout ce qu'n demande, c'est l'intercession des notables de la ville auprès d'Éphron , le proprié- taire du caveau spécial qu'il désirait acquérir. — Speluncam duplicem. L'expression hébraïque Malipélah (« double ») est regardée plus com- munément comme un nom propre ; mais ce nom a pu provenir de ce que la grotte contenait deux chambres distinctes. La Palestine contient un grand nombre de cavernes naturelles, qui suggé- rèrent de bonne heure ce genre de sépulture ; on en créa aussi d'arttflcielles dans le même but. — Pecunia digna; hébr. : « plena. » C.-à-d. le prix réel et Intégral. +10. Ephron est aussitôt mandé, et la transac- tion a lieu cunctis audientibus, à la porte de la ville. Cf. IX, 1. +11. Nequaquam ita... Même procédé qu'anté- rieurement, vers. 6. Et non seulement Ephron semble donner la grotte souhaitée, mais il y ajoute le champ qui la contenait. La suite du récit démontre qu'il connaissait bien ses intérêts. +12-13. Assaut de politesse de la part d'Abra- ham. Il consent à prendre le champ, mais il in- siste encore sur le payement. +14-15. Le prix est enfin déterminé, quadrin- gentis siclis argenti, non sans une formule em- phatique (sed quantum est hoc?), destinée à masquer ce qu'il avait d'exagéré. Le sicle (sèqel, poids) nous apparaît pour la première fois. Sa valeur fut plus tard de 2 fr. 83; mais on ne saurait conjecturer ce qu'elle était à cette époque reculée, où l'ai'gent monnayé n'existait probable- ment pas encore. +92 +Gen. XXIII, 16 — XXIV, 2. +16. Quod cum audisset Abraham, ap- pendit pecuniam, quam Epliron postu- la verat, audientibus iiliis Hetli , qnadrin- geiitos siclos argent! probatae monetœ publicœ. +17. Confirmatusque est ager qiiondam Ephronis, in quo erat spelunca duplex, respiciens Mambre, tam ipse, quam spe- lunca, et omnes arbores ejus in cunctis terminis ejus per circuitum, +18. AbralifE in possessionem , viden- tibus iiliis Heth, et cunctis qui intrabant portam civitatis illiiis. +19. Atque ita sepelivit Abraham Sa- ram uxorem suam in spelunca agri du- plici, quas respiciebat Mambre. Hsec est Hebron in terra Chanaan. +20. Et confirmatus est ager, et antrum quod erat in eo, Abrahte in possessio- nem monumenti a Iiliis Heth. +16. Ce qu'Abraham ayant entendu, il fit peser en présence des enfants de Heth l'argent qu'Ephron lui avait demandé, c'est-à-dire quatre cents sicles d'argent en bonne monnaie, reçue de tout le monde. +17. Ainsi, le champ qui avait été au- trefois à Ephron, dans lequel il y avait une caverne double qui regarde Mambre, fut livré à Abraham avec tous les arbres qui étaient autour, +18. Et lui fut assuré conjme un bien qui lui devint propre, en présence des enfants de Heth, et de tous ceux qui ent]aient dans l'assemblée à la porte de la ville. +19. Abraham enterra donc sa femme Sara dans la caverne double du champ qui regarde Mambre, où est la ville d'Hé- bron, au pays de Chanaan. +20. Et le champ, avec la caverne qui y était, fut assuré à, Abraham par les enfants de Heth, afin qu'il le possédât comme un sépulcre qui lui appartenait légitimement. +CHAPITRE XXIV +1. Erat autem Abraham senex, die- rumque multorum ; et Dominus in cun- clis benedixerat ei. +2. Dixitque ad servum seniorem do- mus suae, qui prseerat omnibus qufe ha- bebat : Pone manum tuam subter fémur meum, +1. Or Abraham était vieux et fort avancé en âge , et le Seigneur l'avait béni en toutes choses. +2. Il dit donc au plus ancien de ses serviteurs, qui avait l'intendance sur toute sa maison : Mets ta main sous ma cuisse, +16. Appendit x>eciiniam : selon l'antique cou- tume que représentent à plusieurs reprises les monuments égyptiens. Voy. V Atlas archéol. de la Bible, pi. Lxrv, flg. 9. — Probatce monetœ pu- hliccB. Hébr. : d'argent ayant cours auprès des marchands. +17-18. Résultat final. Tout est précisé à mer- veille, jusqu'aux arbi'es qui croissaient dans le champ, à cause de l'importance de cette acquisi- tion pour l'histoire juive. C'est la premièi-e posses- sion fixe de la nation choisie sur le sol de la Terre promise. — Respiciens Mambre. Hébr. : en face de .. ; probablement à l'est de Manibré. +19-20. Double conclusion. La sépulture de Sara est brièvement racontée, vers. 19, et l'écrivain sacré revient encore sur le droit de propriété acquis par Abraham à cette douloureuse occasion, vers. 20. La grotte de Makpélah subsiste à Hébron, où elle est, de la part des musulmans, l'objet d'un culte jaloux et fanatique. Une mosquée la recouvre, et le local entier est entouré d'un mur très ancien , aux pierres colossales. Elle s'ouvrii-a sans doute un jour aux recherches des savants chrétiens ; mais déjà son authenticité est appuyée sur les meilleures garanties. +§ III. — Le mariage d'Isaac et de Rébecca. XXIV, 1-67. +Autre narration charmante, digne des saluta +Livres. +1» La mission d'Éliézer, vers. 1-9. +Chap. XXIV. — 1. Ce verset sert d'introduction. — Abraham senex. D'après xxv, 20, Isaac avait 40 ans lorsqu'il épousa Rébecca. Abraham était lui-même âgé de 100 ans (xxi, 5) quand naquit le fils de la promesse ; son âge actuel était donc d'environ 139 ans. Ces « jours nombreux » étaient pour lui xm pressant motif d'assurer l'avenir de la race choisie. — Dominus in cunctis... Beau résumé rétrospectif de la vie du patriarche ; en même temps , assurance tacite que le projet qu'il méditait alors serait pareillement béni. +2-4. Ad servum seniorem.. .iiMézQr, ainsi qu'on le suppose généralement. Cf. xv, 2. Le mot « se- nior » est sans doute employé dans un sens ho- norifique (comme « scheili, prêtre, signor »), pour désigner le premier des serviteurs. Au reste, plus de soixante années s'étaient écoulées depuis la première mention d'Éliézer. — Manum... subter fe'inur. Mode extraordinaire de serment, signalé +Gen. XXIV, 3-11. +93 +3. Afin que je te fasse jurer par le Sei- gneur, le Dieu du ciel et de la terre, que tu ne prendras aucune des filles des Chananéens parmi lesquels j'habite, pour la faire épouser à mou fils ; +4. Mais que tu iras au paj^s où sont mes parents, afin d'y prendre une femme pour mon fils Isaac. +5. Son serviteur lui répondit : Si la fille ne veut pas venir en ce pays-ci avec moi, voulez -vous que je ramène votre fils au lieu d'où vous êtes sorti ? +6. Abraham lui répondit : Garde -toi bien de ramener jamais mon fils en ce pays - là. +7. Le Seigneur, le Dieu du ciel, qui m'a tiré de la maison de mon père et du pays de ma naissance, qui m'a parlé et qui m'a juré en me disant : Je donnerai ce pays à votre race, enverra lui-même son ange devant toi , afin que tu prennes une femme de ce pays- là pour mon fils,. +8. Que si la fille ne veut pas te suivre, tu ne seras point obligé à ton serment Seulement ne ramène jamais mon fils en ce pays -là. +9. Ce serviteur mit donc sa main sous la cuisse d'Abraham son maître , et s'en- gagea par serment à faire ce qu'il lui avait ordonné. +10. En même temps, il prit dix cha- meaux du troupeau de son maître ; il porta avec lui de tous ses biens ; et s'é- tant mis en chemin, il alla en Mésopo- tamie, en la ville de Nachor. +11. Etant arrivé siu- le soir près d'un puits hors de la ville, au temps où les +3. Ut adjurem te per Dominum Deum cœU et terras, ut non accipias uxorcm filio meo de filiabus Chananaeorum , inter quos Jiabito ; +4. Sed ad terram et cognationem meam proficiscaris , et inde accipias uxorem filio meo Isaac. +5. Kespondit servus : Si noluerit mu- lier venire mecum in terram hanc , num- quid reducere debeo filium tuum ad lo- cum, de quo tu egressus es? +6. Dixitque Abraham : Cave nequando reducas filium meum illuc. +7. Dominus Deus cseli, qui tulit me de domo patris mei , et de terra nativitatis mese, qui locutus est mihi, et juravit mihi , dicens : Semini tuo dabo terram hanc, ipse mittet angelum suum coram te, et accipies inde uxorem filio meo; +8. Sin autem muHer noluerit sequi te, non teneberis juramento; filium meum tantum ne reducas illuc. +9. Posuit ergo servus manum sub fe- more Abraham domini sui, et juravit illi super sermone hoc. +10. Tulitque decem camelos de grege domini sui, et abiit, ex omnibus bonis ejus portans secum; profectusque per- rexit in Mesopotamiam ad urbem Na- chor. +11. Cumque camelos fecisset accum- bere extra oppidum juxta puteum aquaa +seulement ici et XLvn, 29. On en ignore ]a signi- fication précise, quoique les conjectures soient multiples. — Per Dominum (Jéhovah) Deum c répart d'Éliézer et son arrivée en Mésopo- tamie, vers. 10-28. +10. Decem camelos. De manière à former une petite caravane. — Ex omnibus bonis... portans. Cette traduction suggère l'idée de présents en- voyés par Abraham à sa famille, pour la rendre plus propice h sou dessein. L'hébreu porte : « Car tous les biens de son maître étaient en sa main ; '» ce qui explique comment Éliézer put prendre en toute liberté les chameaux d'Abraham, et les autres choses nécessaires pour le voyage. — In Mesopotamiam. Hébr. : 'Aram naharaïm, la Syrie des deux fleuves; ce qui désigne pareille- ment la contrée située entre le Tigre et l'Eu- phrate ; Naharina, comme l'appellent les inscrip- tions égyptiennes de plusieurs dynasties. — Ad urbem Nachor. C.-à-d. Ilax-iin. Cf. xi, 31; xxvu, 43; Act. vn, 2. +11. Camelos... accumbere. Pour les décharger et les faire reposer, comme cela a lieu pour ces animaux. Voy. l'Atlas archéolog. de la Bible, pl. Lxxviii, fig. 2. — Extra oppidum, juxia pu- teum..., vespere. Détails graphiques, qui dénotent +94 +Gen. XXIV, 12-21. +vespere, tempore quo soient mulieres egredi ad hauriendam aquam , dixit : +12. Domine Deus domini mei Abra- ham , occiirre , obsecro , mihi hodie , et f ac miseiicordiam cum domino meo Abra- ham. +13. Ecce ego sto prope fontem aquse, et tilijie liabitatorum hujus civitatis egre- dieiitur ad hauriendam aquam. +14. Igitur puella, cui ego dixero : In- clina hydriam tuam ut bibam, et illa responderit : Bibe , quin et camelis tuis dabo potum, ipsa est, quam prseparasti servo tuo Isaac, et per hoc intelligam quod feceris misericordiam cum domino meo. +15. Necdum intra se verba compleve- rat, et ecce Rebecca egrediebatur, filia Batliuel , filii Melchse uxoris Nachor fi'a- tris Abraham, habens hydriam in sca- pula sua, +16. Puella décora nimis, virgoque pul- cherrima, et incognita viro; descenderat autem ad fontem, et impleverat hydriam, ac revertebatur. +17. Occurritque ei servus, et ait : Pau- xillum aquse mihi ad bibendum praebe de hydria tua. +1 8. Quae respondit : Bibe , domine mi ; celeriterque deposuit hydriam super ul- nam suam, et dédit ei potum. +19. Cumque ille bibisset, adjecit : Quin et camelis tuis hauriam aquam, donec cuncti bibant. +20. Efîundensque hydriam in canalibus, recurrit ad puteum ut hauriret aquam; et haustam omnibus camelis dédit. +21. Ipse autem contemplabatur eam tacitus, scire volens utrum prosperum iter suum fecisset Dominus, an non. +femmes avaient coutume de sortir pour puiser de l'eau , et ayant fait reposer ses chameaux, il dit : +12. Seigneur, Dieu d'Abraham, mon maître, assistez -moi aujourd'hui, je vous prie, et faites miséricorde à Abraham mon seigneur. +13. Me voici près de cette fontaine, et les filles des habitants de cette ville vont sortir pour puiser de l'eau. +14. Que la fille donc à qui je dirai : Baissez votre urne, afin que je boive; et qui me répondra : Buvez , et je donnerai aussi à boire à vos chameaux, soit celle que vous avez destinée à Isaac votre serviteur; et je connaîtrai par là que vous aurez fait miséricorde à mon maître. +15. A peine avait -il achevé de parler ainsi en lui-même, qu'il vit paraître Re- becca, fille de Bathuel, fils de Melcha, femme de Nachor, frère d'Abraham, qui portait une outre sur son épaule. +16. C'était une jeune fille très agréable, et une vierge parfaitement belle, et in- connue à tout homme : elle était déjà venue à la fontaine, et aj'ant rempli sa cruche, elle s'en retournait. +17. Le serviteur, allant donc au-devant d'elle, lui dit : Donnez -moi un peu de l'eau que vous portez dans votre urne, afin que je boive. +18. Et elle lui répondit : Buvez, mon seigneur; et ôtant aussitôt sa cruche de dessus son épaule, et la penchant sur son bras, elle lui donna à boire. +19. Après qu'il eut bu, elle ajouta : Je m'en vais aussi tirer de l'eau pour vos chameaux, jusqu'à ce qu'ils aient tous bu. +20. Et aj^ant versé dans les canaux l'eau de sa cruche, elle courut au puits pour en tirer d'autre, qu'elle donna ensuite à tous les chameaux. +21. Cependant le serviteur la considé- rait sans rien dire, voulant savoir si le Seigneur avait rendu son voyage heureux, ou non. +d'ailleurs la perspicacité d'Éliézer. H sait qu'à cette heure du jour il trouvera auprès du puits une partie notable des jeunes filles de la ville. Cf. vers. 13. +12-14. Ce serviteur est digne d'Abraham : aux moyens naturels il n'oublie pas d'associer une prière fervente et pleine de foi. — Occurre... mihi. Hébr. : « Fais venir au - devant de moi ; » savoir, la personne que je cherche. — Igitur puella... Avec une sainte hardiesse, il fixe lui- même un signe qui lui permettra de reconnaître +l'épouse destinée à Isaac. +15-20. Le narrateur expose en termes frais, gracieux, dramatiques, la manière dont Dieu exauça sur-le-champ la demande d'Éliézer. Le portrait de Rébecca et sa conduite sont peints merveilleusement. — In canalibus. Les auges pour abreuver le bétail, qui se trouvent d'ordi- naire, en Orient, auprès de chaque puits. +21. Contemi)lahatur... tacitus. En proie sans doute à une vive émotion; mais, avant d'agir, 11 contrôle silencieusement les faits. +Groupe d'amphores. Gen. xxiv, 16. ( Ancienne Egypte.) +Chasseur égyptien. Gen. xxvii , 5. ( D'après une peinture antiaue.) +Gen. XXIV, 22-32. +95 +22. Après donc que les chameaux eu- rent bu, cet homme tira des jiendants d'oreille d'or, qui pesaient deux sicles , et autant de bracelets, qui en pesaient dix. +23. Et il lui dit : De qui êtes-vous lille ? Indiquez-le-moi. Y a-t-il dans la maison de votre père de la place pour me loger ? +24. Elle répondit : Je suis fille de Ba- thuel, fils de Melcha et de Nachor son mari. +25. Il y a chez nous, ajouta-t-elle, beaucoup de paille et de foin , et bien du Ueu pour y demeurer. +20. Cet homme fit une profonde incli- nation, et adora le Seigneur, +27. En disant : Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Abraham mon maître, qui n'a pas écarté de mon maître sa miséricorde et sa vérité, et qui m'a amené dans la maison du frère de mon maître. +28. La jeune fille courut donc à la mai- son de sa mère, et lui raconta tout ce qu'elle avait entendu. +29. Or Rébecca avait un frère nommé Laban, qui sortit aussitôt pour aller trou- ver cet homme près de la fontaine. +30. Et ayant déjà vu les pendants d'o- reille et les bracelets aux mains de sa sœur, qui lui avait rapporté en môme temps tout ce que cet homme lui avait dit, il vint à lui lorsqu'il était encore près de la fontaine avec les chameaux ; +31. Et il lui dit : Entrez, vous qui êtes béni du Seigneur ; pourquoi demeurez- vous dehors? J'ai préparé la maison, et un lieu pour vos chameaux. +32. Il le fit aussitôt entrer dans le lo- gis; il déchargea ses chameaux, leur donna de la paille et du foin, et fit laver les pieds de cet homme , et de ceux qui étaient venus avec lui. +22. Postquam aùtem biberunt cameli , protulit vir inaures aureas , appendente:^ siclos duos, et armillas totidem pondo siclorum decem. +23. Dixitque ad eam : Cujus es filia? indica mihi ; est in domo patris tui locus ad manendum? +24. Quse respondit : Filia sum Bathue- lis, filii Melchae, quem peperit ipsi Na- chor. +25. Et addidit, dicens : Palearum quo- que et fœni plurimum est apud nos, et locus spatiosus ad manendum. +26. Inclina vit se homo, et adoravit Dominum, +27. Dicens : Benedictus Dominus Deus domini mei Abraham, qui non abstulit misericordiam et veritatem suam a do- mino meo, et recto itinere me perduxit in domum fratris domini mei. +28. Cucurrit itaque puella, et nuntiavit in domum matris suo3 omnia quœ au- dierat. +29. Ilabebat autera Rebecca fratrem nomine Laban, qui festinus egressus est ad hominem, ubi erat fons. +30. Cumque vidisset inaures et armil- las in manibus sororis suse, et audissct cuncta verba referentis : Htec locutus est mihi homo ; venit ad virum , qui stabat juxta camelos, et prope fontem aquse, +31. Dixitque ad eum : Ingredere, be- nedicte Domini ; cur f oris stas ? prœpa- ravi domum, et locum camelis. +32. Et introduxit eum in hospitium ; ac destra^dt camelos, deditque paleas et fœnum, et aquam ad lavandos pedes ejus , et virorum qui vénérant eum eo. +22. Sortant enfin de son rôle passif, il offre d'abord à Rébecca de précieux présents pour la remercier. — Inaures. L'hébr. nézem désigne le bijou étrange que les Orientales se suspendent tï la paroi gauche du nez. Voy. VAtl. archéol. de la Bible, pi. vi, fig. 6, 7, — Appendenles duos siclos. D'après l'hébreu , seulement un demi-sicle, ou TS"" 100. Le sicle, indépendamment de son ca- ractère monétaire, était aussi l'unité de poids chez les Hébi'eux. — Armillas... siclorum decem. C.-à-d. de 10 fois 14ef200. +23-25. Éliézer pose ensuite à Rébecca deux questions distinctes : 1° eujus es filia f 2° est in domo...? Elle y répond dans le même ordre, vers, 24-25. +26-27. Action de grâces du pieux serviteur. — IncUnavit se : l'inclination profonde ; et ado- ravit..,: la prostration. — Misericordia7n et ve- +ritatem. Deux attribirts divins très fréquemment associés dans la Bible. Le premier désigne ici l'amour condescendant; le second, la fidélité de Dieu à ses pi'omesses. — Becto itinere... in do- mum fratris... Le Seigneur avait, en effet, mis le comble à sa bonté en adressant directement à Éliézer la petite -nièce d'Abraham. +28. Conclusion pittoi'esque de cette partie du récit. +3° La négociation du mariage entre Éliézer cfi Laban, vers. 29-54». +29-32. Laban..., festinus egressus est: pour of- frir l'hospitalité au serviteur de son grand-oncl:. Le vers. 29 expose le fait d'une manière générale ; les suivants contiennent les détails. — Benedicie Domini. Beau nom, si bien justifié dans la cir- constance. +96 +Gen. XXIV, 33-44. +33. Et appositus est in conspectu ejus panis. Qui ait : Non comedam, donec loquar sermones meos. Respondit ei : Loquere. +34. At ille: Servus, inquit, Abraham sum ; +35. EtDominus benedixit domino meo valde, magnificatusque est; et dédit ei oves et boves, argentum et am-um, ser- vos et ancillas , camelos et asinos. +36. Et peperit Sara uxor domini mei filium domino meo in senectute sua, de- ditque illi omnia quse habuerat. +37. Et adjuravit me dominus meus, dicens : Non accipies uxorem filio meo de filiabus Chananseorum , in quorum terra habito ; +38. Sed ad domum patris mei perges , et de cognatione mea accipies uxorem filio meo. +39. Ego vero respondi domino meo : Quid si noluerit venire mecum mulier ? +40. Dominus, ait, in cujus conspectu ambulo, mittet angelum suum tecum, et diriget viam tuam, accipiesque uxo- rem filio meo de cognatione mea, et de domo patris mei. +41. Innocens eris a maledictione mea, cum veneris ad propinquos meos , et non dederint tibi. +42. Veni ergo hodie ad f ontem aquse , et dixi : Domine Deus domini mei Abra- ham, si direxisti viam meam, in qua nunc ambulo, +43. Ecce sto juxta f ontem aquse ; et virgo, quae egi'edietur ad hauriendam aquam , audierit a me : Da mihi pauxil- lum aquse ad bibendum ex hydria tua , +44. Et dixerit mihi ; Et tu bibe, et camelis tuis hauriam, ipsa est mulier quam prseparavit Dominus filio domini mei. +33. En même temps on lui servit à manger. Mais il dit : Je ne mangerai point, jusqu'à ce que je vous aie proposé ce que j'ai à vous dire. Parlez, lui di- rent-ils. +34. Et il dit : Je suis serviteur d'Abra- ham. +35. Le Seigneur a comblé mon maître de bénédictions, et l'a rendu grand. Il lui a donné des brebis, des bœufs, de l'ar- gent, de l'or, des serviteurs et des ser- vantes, des chameaux et des ânes. +36. Sara, la femme de mon maître, lui a enfanté un fils dans sa vieillesse, et mon maître lui a donné tout ce qu'il avait. +37. Et il m'a fait jurer devant lui en me disant : Vous ne prendrez aucune des filles des Chananéens dans le paj^-s des- quels j'habite, pour la faire épouser à mon fils; +38. Mais vous irez à la maison de mon père, et vous prendrez parmi ceux de ma parenté une femme pour mon fils. +39. Et je répondis à mon maître : Mais si la femme ne voulait point venir avec moi ? +40. Il me dit : Le Seigneur devant le- quel je marche enverra son ange avec vous, et dirigera votre voie, afin que vous preniez pour mon fils une femme qui soit de ma famille et de la maison de mon père. +4L Que si étant arrivé chez mes pa- rents, ils vous refusent ce que vous leur demanderez, vous ne serez plus obligé à votre serment. +42. Je suis donc arrivé aujourd'hui près de la fontaine, et j'ai dit : Seigneur, Dieu d'Abraham mon maître, si c'est vous qui m'avez conduit dans le chemin où j'ai marché jusqu'à présent, +43. Me voici près de cette fontaine. Que la jeune fille donc qui sera sortie pour puiser de l'eau, à qui j'aurai dit : Donnez -moi à boire un peu de l'eau que vous portez dans votre urne, +44. Et qui me répondra : Buvez, et je m'en vais en puiser aussi pour vos cha- meaux, soit celle que le Seigneur a des- tinée pour être la femme du fils de mon maître. +33. Non comedam,, donec... Avant de songer à lui-même, l'intendant dévoué veut s'acquitter de son mandat. +34-49. Dans ce petit discdui-s, il raconte h son hôte l'origine et les péripéties de la mission dont Abraham l'avait chargé. En voici l'analyse suc- cincte : 34, position personnelle d'Éllézer; 35, +grandeur et richesses d'Abraham; 36, Isaao, fils unique et héritier (début très habile, et si na- turel ! ) ; 37 - 41 , le mandat ; 47 - 48, rencontre pro- videntielle de Rébecca ; 49 , péroraison pleine de noblesse et de fierté {ad dcxtcram, sive.,.; c.-à-d. chez d'autres familles). +Gen. XXIV, 45-54. +97 +45. Lorsque je m'entretenais en moi- mêrae de cette pensée, j'ai vu paraître Rébecca, qui venait avec son urne qu'elle portait sur son épaule, et qui, étant des- cendue il la fontaine, y avait puisé de l'eau. Je lui ai dit : Donnez -moi un peu à boire. +46. Elle aussitôt, ôtant son urne de dessus son épaule, m'a dit : Buvez vous- même, et je m'en vais donner aussi à boire à vos chameaux. J'ai donc bu ; et elle a fait boire aussi mes chameaux. +47. Je l'ai ensuite interrogée, et je lui ai demandé : De qui êtes-vous fille ? Elle m'a répondu qu'elle était fille de Bathuel, fils de Nachor et de Melcha sa femme. Je lui ai donc mis ces pendants d'oreilles pour parer son visage, et lui ai mis ces bracelets aux bras. +48. Aussitôt me baissant profondé- ment, j'ai adoré et béni le Seigneur, le Dieu d'Abraham mon maître, qui m'a conduit par le droit chemin pour prendre la fille du frère de mon maître, et la donner pour femme à son fils. +49. C'est pourquoi, si vous avez véri- tablement dessein d'obliger mon maître , dites -le -moi. Que si vous avez résolu autre chose , faites-le-moi savoir, afin que j'aille chercher ailleurs. +60. Laban et Bathuel répondirent : C'est Dieu qui parle en cette rencontre ; nous ne pouvons vous dire autre chose que ce qui paraît conforme à sa volonté. +51. Rébecca est entre vos mains; pre- nez-la, et l'emmenez avec vous, afin qu'elle soit la femme du fils de votre maître, selon que le Seigneur s'en est déclaré. +52. Le serviteur d'Abraham ayant en- tendu cette réponse, se prosterna contre terre , et adora le Seigneur. +53. Il tira ensuite des vases d'or et d'argent, et des vêtements dont il fit présent à Rébecca. Il donna aussi des présents ti ses frères et à sa mère. +54. Ils firent ensuite le festin, ils man- gèrent et burent, et demeurèrent en- +45. Dumque hœc tacitus mccum vol- verem, apparuit Rébecca veniens cum hydria , quam portabat in scapula ; de- scenditque ad fontem, et hausit aquam. Et aio ad eam : Da mihi paululum bi- bere. +4G. Quse festinans deposuit hj''driam de humero, et dixit mihi : Et tu bibe, et camelis tuis tribuam potum. Bibi, et adaquavit camelos. +47. Interrogavique eam, et dixi : Cujus es filia? Qufe respondit: Fiha Bathuelis sum, filii Nachor, quem peperit ei Mel- cha. Suspendi itaque inaures ad ornan- dam faciem ejus, et armillas posui in manibus ejus. +48. Pronusque adoravi Dominum , be- nedicens Domino Deo domini mei Abra- ham, qui perduxit me recto itinere, ut sumerem filiam fi'atris domini mei filio ejus. +49. Quamobrem si facitis misericor- diam et veritatem cum domino meo, indicate mihi ; sin autem aliud placet, et hoc dicite mihi, ut vadam ad dexteram, sive ad sinistram. +50. Responderuntque Laban et Ba- ! thuel : A Domino egressus est sermo ; ! non possumus extra placitum ejus quid- I quam aliud loqui tecum. +j 51. En Rébecca coram te est, toile eam , et proficiscere , et sit uxor filii do- mini tui, sicut locutus est Dominus. +52. Quod cum audisset puer Abraham, procijiens adoravit in terram Dominum. +53. Prolatisque vasis argenteis et au- reis, ac vestibus, dédit ea Rebeccie pro munere, fratribus quoque ejus et matri dona obtulit. +54. Inito convivio, vescentes pariter et bibentes manserunt ibi. Surgens au- +50-51. La&aw et Bathuel. liQiv^vQ de Rébecca est nommé avant son père. Du reste , Laban avait été seul mentionné aux vei's. 29-33, Dans ces con- trées où régnait la polygamie, les frères étaient comme les tuteurs naturels de leurs sœurs. Cf. XXXIV, 5, 11, 25; Jud. XXI, 22; II Reg. Xlll, 22. — A Domino egressus est... Rien de plus évi- dent ; et comment ne pas s'adapter eux -mômes au plan providentiel ? — Extra placitum ejus quidquam... Hébr.inous ne pouvons te dire (quoi que ce soit) de mau^vais on de bon. C -à-d. : im- +possible de rien ajouter en aucun sens aux vo- lontés du ciel. — En Rébecca. La jeune fille n'est pas consultée; on décide sans elle de son sort, ainsi que cela s'est toujours pratiqué en Orient. +52-54». Prociclens adoravit. Geste d'action de grâces, comme au vers. 16. — Prolatisque... Les présents de mariage, offerts, selon la coutume universelle, à la fiancée et à ses proches. +4° Départ de Rébecca, vers. 54'>-61. +54^-56. Surgens mane. Déjà Éliézer songe au retour, car 11 veut réjouir au plus tôt le cœur +98 +Gen. XXIV, 55-65. +tem mane, locutiis est puer: Dimittite me , ut vadam ad dominum meum. +55. Responderuntque fratres ejus et mater : Maneat puella saltem decem dies apud nos, et postea proficiscetur. +56. Nolite, ait, me retinere , quia Do- minus dircxit viam meam ; dimittite me, ut pergam ad dominum meum. | +57. Et dixerunt : Vocemus puellam, \ et quseramus ipsius voluntatem. +58. Cumque vocata venisset , sciscitati sunt : Vis ire cum homine isto? Quœ ait : Vadam. +59. Dimiserunt ergo eam , et nutricem iliius, servumque Abraham, et comités ejus, +60. Imprecantes prospéra sorori suse, atque dicentes : Soror nostra es , crescas in mille millia , et possideat semen tuum portas inimicorum suorum. +61. Igitur Rebecca et puellse iliius, ascensis camelis , secutse simt virum , qui febtinus revertebatur ad dominum suum. +62. Eo autem tempore deambulabat Isaac per viam quee ducit ad puteum, cujus nomen est Viventis et videntis; habitabat enim in terra australi ; +63. Et egressus fuerat ad meditan- dum in agro, inclinata jam die : cumque elevasset oculos , vidit camelos venientes procul. +64. Rebecca quoque, conspecto Isaac, descendit de camelo, +65. Et ait ad puei'um : Quis est ille +semble ce jour -là. Le lendemain le ser- viteur s'étant levé , le matin , leur dit : Permettez -moi d'aller retrouver mon maître. +55. Les frères et la mère de Rebecca lui répondirent : Que la jeune fille de- meure au moins dix jours avec nous, et après elle s'en ira. +56. Je vous prie, dit le serviteur, de ne point me retenir davantage, parce que le Seigneur m'a conduit dans tout mon chemin. Permettez - moi d'aller retrouver mon maître. +57. Ils lui dirent : Appelons la jeune fille, et sachons d'elle-même son senti- ment. +58. On l'appela donc, et étant venue, ils lui demandèrent : Voulez -vous bien aller avec cet homme? Je le veux bien, répondit -elle. +59. Ils la laissèrent donc aller, accom- pagnée de sa nourrice, avec le serviteur d'Abraham et ceux qui l'avaient suivi ; +60. Et souhaitant toutes sortes de pros- pérités à Rebecca, ils lui dirent : Vous êtes notre soeur, croissez en mille et mille gé- nérations, et que votre race se mette en possession des villes de ses ennemis. +61. Rebecca et ses suivantes montèrent donc sur les chameaux, et suivirent cet homme , qui s'en retourna en grande hâte vers son maître. +62. En ce même temps, Isaac se pro- menait dans le chemin qui mène au puits appelé le Puits de celui qui vit et qui voit, car il demeurait au pays du midi. +63. Il était alors sorti dans les champs pour méditer, le jour étant sur son dé- clin. Et ayant levé les yeux, il vit de loin venir les chameaux. +64. Rebecca, ayant aussi aperçu Isaac, descendit de dessus son chameau , +65. Et elle dit au serviteur : Quel est +do son maître. De son côté, la famille de Rebecca essaj'e d'obtenir un délai de quelques jours, avant une séparation qui devait être perpétuelle. L'en- voyé d'Abi-aham insiste, alléguant la volonté si visible du Seigneur : quia Dominas direxit... +57-58. La décision finale est abandonnée à Eé- becca, qui répond sans hésiter, avec cette âme vii'ile que nous lui retrouverons : Vadam. +59 -Cl. Et nutricem iliius. Trait charmant. Son nom était Débora, xxxv, 8. — Crescas in mille mdlia. Hébr. : des milliers de myriades. Ce qui gramlit encore l'hyperbole. — Posaideat... portas. L'idée de la puissance après celle de la multitude. Cf. xxii, 17. — Festvms r^vertebalur... +50 La rencontre dos fiancés et le mariage, vers. 62-67. +. 62-63. Le l'écit nous ramène maintenant à Isaac, dont la nature douce, calme et contem- plative est décrite en quelques mots. — Eo... tem- pore deambulabat... L'hébreu dit simplement : Et Isaac revenait du puits Lahaïrohi. Cf. xvi, li. +— In terra australi : probablement à Bersabée. +— Ad meditandum. Les Targums, le samari- tain, l'arabe, etc., traduisent : pour prier, Lt^ verbe suah peut désigner une méditation reli- gieuse, — Inclinata... die : l'heure des réflexion j solitaires. +64-65. Rebecca... descendit. L'hébr. « cecidit » marque mioux la rot^'^lité du mouvement. C'est +Gen. XXIV, 66 ~ XXV, 8. +90 +cet homme qui vient le long des cliamps au-devant de nous? C'est mon maître, lui dit -il. Elle prit aussitôt son voile, et se couvrit. +66. Le serviteur alla cependant dire à Isaac tout ce qu'il avait fait. +67. Alors Isaac la fit entrer dans la tente de Sara sa mère, et la prit pour femme ; et l'afEection qu'il eut pour elle fut si grande, qu'elle tempéra la douleur que la mort de sa mère lui avait causée. +homo qui venît per agrum in occursuni nobis? Dixitque ei : Ipse est dominus meus. At illa tollens cito pallium, opé- rait se. +66. Servus autem cuncta, quœ gesse- rat, narravit Isaac. +67. Qui introduxit eam in tabernacu- lum Sarse matris suse, et accepit eam uxorem ; et in tantum dilexit eam , ut dolorem, qui ex morte matris ejus acci- derat, temperaret. +CHAPITRE XXV +1. Abraham épousa une autre femme, nommée Cétura, +2. Qui lui enfanta Zamran, Jecsan, Madan, Madian, Jesboc, et Sué. +3. Jecsan engendra Saba et Dadan. Les enfants de Dadan furent Assurim, Latusim , et Loomim. +4. Les enfants de Madian furent Epha, Opher, Enoch, Abida et Eldaa. Tous ceux- ci furent enfants de Cétura. +5. Abraham donna à, Isaac tout ce qu'il possédait : +6. Il lit des présents aux fils de ses autres femmes, et de son vivant il les sépara de son fils Isaac, les faisant aile?- dans le pays qui regarde l'orient. +7. Tout le temps de la vie d'Abraham fut de cent soixante et quinze ans. +8. Et les forces lui manquant, il mou- rut dans une heureuse vieillesse et un âge très avancé, étant parvenu à la plé- nitude de ses jours ; et il fut réuni à son peuple. +1. Abraham vero aliam duxit uxorem nomine Ceturam : +2. Quse peperit ei Zamran, et Jecsan, et Madan , et Madian , et Jesboc , et Sue. +3. Jecsan quoque genuit Saba, et Da- dan. Filii Dadan fuerunt : Assurim , et Latusim, et Loomim. +4. At vero ex Madian ortus est Epha, et Opher, et lïenoch, et Abida, et Eldaa; omnes hi filii Ceturae. +5. Deditque Abraham cuncta quse pos- sederat Isaac ; +6. Filiis autem concubinaium largitus est munera, et separavit eos ab Isaac filio suo, dum adhuc ipse viveret, ad plagam orientalem. +7. Fuerunt autem dies vitae xibrahcc centum septuaginta quinque anni. +8. Et deficiens mortuus est in sene- ctute bona, provectseque œtatis, et pie- nus dierum, congregatusque est ad po- pulum suum. +assez l'usage, en Orient, surtout pour les femmes, de quitter sa monture à l'approche d'un person- nage de quelque rang. — Tollens pallium. Le grand voile en forme de manteau dont les Orien- tales s'enveloppent. Voy. VAtl. archcol. de la Bible, pi. u, fig. 14 ; pi. III , fig. 6. +67. In tantum dilexit... Conclusion touchante. +§ IV. — Les dernières années d'Abraham. XXV, 1-11. +10 Abraham et Cétura, vers. 1-6. +CiiAP. XXV. — 1. Duxit uxorem : la tradition et la place donnée à ce nouveau mariage dans la narration supposent qu'il eut lieu seulement après la mort de Sara. +2. Liste des enfants issus de cette luiion : Ma- dian devint le plus célèbre. +3-4. Liste des principaux descendants de ce:; six flls. Il va, pour tous ces noms, grande dif- ficulté, parfois même impossibilité d'identiflca- tum. +5-6. Derniers actes, et en quelque sorte tes- tament d'Abraham. Isaac est institué l'unique héritier; h ses autres fils, le patriarche donna des apanages (munera), puis il les éloigna ad plagam orientalem, dans la direction de l'Ai-abie. Il importait que la race choisie vécût à part, isolée de tout élément étranger qui aurait pu la corrompre : de là cette sage élimination. +2° Mort et sépulture d'Abraham, vers. 7-11. +7-8. Total du nombre des années d'Abraham : 175 anni. Isaac avait donc soixante - quinze ans h la mort de son père ; Ésaii et Jacob en avaient quinze (vers. 26). L'historien sacré insiste d'une manière solennelle siir le grand âge et la vigueur du père des croyants, parce que c'était une bé- nédiction divine. — Congregatus est ad popu- lum... Cette locution ne saurait designer la sé- pulture , dont il n'est question qu'au vers. 9 ; "d'ailleurs Sara seule occupait la sépulture de Mambré. Le sens est donc que l'âme d'Abraham alla rcjoindi'e aux limbes celles de ees aïexix. +100 +Gex. XXV, 9-19. +■ 9. Et sepelierunt eum Isaac et Ismael filii sui in spelunca duplici , quœ sita est in agro Ephron, filii Seor Hethœi, e re- gione Marabre, +10. Quem emerat a filiis Heth : ibi se- pultus est ipse, et Sara uxor ejus. +11. Et post obitum illius benedixit Deiis Isaac lilio ejus, qui habitabat juxta puteum nomine Viventis et videntis. +12. Hâe sunt generationes Ismael filii Abra'hœ, quem peperit ei Agar ^gyptia, faraula Sarœ ; +13. Et hœc nomina filiorum ejus in vocabulis et generationibus suis. Primo- genitus Ismaelis Nabaioth, deinde Cedar, et Adbeel, et Mabsam, +14. Masma quoqiie , et Duma, et Massa, +15. Hadar, et Thema, et Jethur, et IS^aphis, et Cedma. +16. Isti sunt filii Ismaelis, et haec no- mina per castella et oppida eorum , duo- decim principes tribuum suarum. +17. Et facti sunt anni vitse Ismaelis centum triginta septem , deficiensque mortuus est, et appositus ad populum suum. +18. Habita vit autem ab Hevila iisque Sur, qnae respicit ^gyptum introeun- tibus Assyrios; coram cunctis fratribus suis obiit. +19. Hae quoque sunt generationes Isaac +9. Isaac et Ismael, ses fils, le portèrent en la caverne double, située dans le champ d'Epliron, fils de Séor l'Héthéen, vis - à - vis de Mambré , +10. Qu'il avait acheté des enfants de Heth. C'est lîi qu'il fut enterré aussi bien que Sara sa femme. +11. Après sa mort. Dieu bénit son fils Isaac, qui demeurait près du puits nommé le Puits de celui qui vit et qui voit. +12. Voici le dénombrement des enfants d'Ismaël fils d'Abraham et d'Agar l'Egy- ptienne, servante de Sara; +13. Et voici les noms de ses enfants, selon que les ont portés ceux qui sont des- cendus d'eux. Le premier -né d'Ismaël fut Nabaioth. Les autres furent Cédar, Adbéel, Mabsam, +14. Masma, Duma, Massa, +15. Hadar, Théma, Jéthur, Naphis, et Cedma. +16. Ce sont là les enfants d'Ismaël; et tels ont été les noms qu'ils ont donnés à leurs villages et à leurs campemeiits, ayant été les douze chefs de leurs peuples. +17. Le temps de la vie d'Ismaël fut de cent trente -sept ans; et les forces lui manquant, il mourut, et fut réuni à son peuple. +18. Le pays où il habita fut depuis Hévila jusqu'à Sur, qui regarde l'Egypte lorsqu'on entre dans l'Assyrie ; et il mou- rut au milieu de tous ses frères. +19. Voici quelle fut aussi la postérité +Cf. XV, 15; Jud. II, 10. Ci simple trait contient une preuve manifeste de la croyance à l'immor- talité. +9-10. Isaac et Ismael. Les deux principaux fils d'Abraham sont associés pour lui rendre les derniers devoirs. On voit, par ce détail, qu'Ismaël n'avait pas rompu absolument toute relation avec son père. +11. Benedixit Deus Isaac ; pour montrer qu'il était le vrai successeur d'Abraham, l'héritier des bénédictions spirituelles aussi bien que de la for- tune matérielle. +LIVRE VII +Les générations d'Ismaël. XXV, 12-17. +Avant d'être tout à fait élhniné de l'histoire sainte, Isniaël obtient encore une courte notice, qui résume sa vie et celle de ses descendants. +12-13. Titre du livre. +14-16. Liste des fils d'Ismaël. Ces noms, comme dans les nomenclatures analogues que nous avons rencontrées précédemment, représentent tout en- semble des personnes et des tribus. Isaïe men- tionne Nabaioth, Cedar (Is. lx, 7) et Duma (Is. XXI, 11); Thema se retrouve au livre de Job, VI, 19. — Castella, les villages non entou- rés de murs, par opposition aux villes fortifiées; +oppida, simples réunions de tentes, campements de nomades. +17-18. Mort d'Ismaël, et limites des régions occupées par sa race. — Habitavit. L'hébreu a le pluriel : « habitaverunt. » — Ab Hevila iisque Sur. Voy. x, 29 et xvi, 7. Du golfe Persique à l'Arabie Pétrée ; limites extrêmes à l'est et à l'ouest, — Coram cunctis fratribus... Dans l'hé- breu , avec une signification bien différente : « il tomba (son lot tomba) en avant (à l'orient) de tous ses frères. » C.-ù-d. que le territoire occupé par les Ismaélites était situé à l'est de la Pales- tine, en Arabie par conséquent. +LIVRE VIII +liCS générations d'Isaac. XXX, 19 — XXXV, 29. +La biographie d'Isaac se divise en deux pé- riodes, séparées par le départ de Jacob pour la Mésopotamie. +Section- I. — Première périodk de la vie D'ISA.\c. XXV, 19 — XXVIII, 9. +§ I. — JEsau et Jacob. XXV, 19-34. 1« Naissance d'Ésaii et de Jacob, vers. 19-26. 19». Titre du livre. 19» -20. Résumé rapide des derniers chapitres, +Gen. XXV, 20-27. +101 +d'Isaac fils d'Abraham. Abraham engen- dra Isaac; +20. Lequel, ayant quarante ans, épousa Rébeeca lille de Bathuel , Syrien de Mé- sopotamie , et sœur de Laban. +21. Isaac pria le Seigneur pour sa femme, parce qu'elle était stérile; et le Seigneur l'exauça, donnant à Rébecca la vertu de concevoir. +22. Mais les deux enfants dont elle était grosse s'entrechoquaient dans son sein ; ce qui lui fit dire : Si cela devait m'arriver, qu'était -il besoin que je con- çusse? Elle alla donc consulter le Sei- gneur, +23. Qui lui répondit : Deux nations sont dans vos entrailles, et deux peuples sortant de votre sein se diviseront l'un contre l'autre. L'un de ces peuples sur- montera l'autre peuple, et l'aîné sera as- sujetti au plus jeune. +24. Lorsque le temps où elle devait enfanter fut arrivé, elle se trouva mère de deux jumeaux. +25. Celui qui sortit le premier était roux, et tout velu comme une peau, et il fut nommé Esaii. L'autre sortit aussitôt, et il tenait de sa main le pied de son fi-ère. C'est pourquoi il fut nommé Jacob. +2G. Isaac avait soixante ans lorsque ces deux enfants lui naquirent. +27. Quand ils furent grands, Esaû de- vint habile à la chasse, et homme des champs ; mais Jacob était un homme simple, et il demeurait à la maison. +filii Abraham. Abraham genuit Isaac; +20. Qui cum quadraginta esset anno- rum, duxit Rebeccam filiam Bathuelis S3Ti de Mesopotamia, sororem Laban. +21. Deprecatusque est Isaac Dominum pro uxore sua, eo quod esset sterilis ; qui exaudivit eum, et dédit conceptum Re- beccœ. +22. Sed collidebantur in utero ejus par- vuli ; qua3 ait : Si sic mihi futurum erat, quid necesse fuit concipere? Perrexitque ut consuleret Dominum. +23. Qui respondens ait : Duse gentes sunt in utero tuo, et duo populi ex ven- tre tuo dividentur, populasque populum superabit, et major serviet minori. +24. Jam tempus pariendi advenerat, et ecce gemini in utero ejus reperti sunt. +25. Qui prior egressus est, rufus erat, et totus in morem pellis hispidus ; voca- tumque est nomen ejus Esau. Protinus aiter egrediens, plantam fratris tenebat manu ; et idcirco appellavit eum Jacob. +26. Sexagenarius erat Isaac quando nati sunt ei parvuli. +27. Quibus adultis j factus est Esau vir gnarus venandi, et homo agricola ; Jacob autem vir simplex habitabat in taber- naculis. +par manière de transition. — Mesopotamia. En hébr. : Paddan-'Aram, « le pays plat de l'Aram ; » autre nom de la Mésopotamie. +21. Deprecatus est. Hébr., d'après le sens pri- mitif : Cl il offrit de l'encens. » — Sterilis. Cette stérilité dura vingt ans (vers, 20 et 26 ) : Dieu voulut éprouver la foi d'Isaac et de Rébecca, comme il avait éprouvé celle d'Abraham et de Sara. +22. Nouveau genre d'épi-euve après la concep- tion : collidebantur... parvuli. Rébecca, toute troublée, regrette le temps de sa stérilité : Si sic... futurum erat...? — Perrexit... ut consule- ret... En quel endroit, et de quelle manière? On l'ignore ; ce qui est sûr, écrit S. Augustin , Qucest. Lxxir, c'est qu'elle parla à Dieu, et que Dieu lui répondit. +23. Qui respondens. La réponse est rythmée, en langage poétique. — Duce gentes, duo populi. Les Israélites et les Edomites, deux races qui, issues du même sein, ne tardèrent pas à devenir si hostiles l'une à l'autre. — Major ( l'aîné ) ser- viet minori (le cadet). Le sens qui se dégage ncttoraont de cet oracle , c'est que le premier-né do llébcicca ne jouira pas du droit d'aînesse, et +n'héritera pas des promesses divines. L'histoire, du reste, nous fournira peu à peu un excellent commentcure. +24-25. Naissance d'Esaii et de Jacob. — Prior... rufus. En hébr. : ^admôni. Cette couleur fut un des motifs qui valut à Esaii le surnom d'Edom. Cf. vers. 30. — Hispidus. Comme s'il avait été couvert d'une fourrure. Cf. xxni, 16. C'est le phénomène connu sous le nom d'îiypertrychosis. De là le nom d'JÎJsau (hébr. : 'Esav), velu. — Protinus aller... A rencontre de ce qui se passe habituellement pour les jumeaux, car leur nais- sance est séparée par un intervalle appréciable. — Plantam ('aqeb) fratris...; idcirco... Jacob (ya- 'aqolt) : l'hébreu fait mieux voir le jeu de mots. Jacob désigne donc celui qui tient le talon d'un autre , par conséquent un supplantateur. Cf. xxvxi, 36; Os. XII, 3; Jer. ix, 4. +26, L'âge d'Isaac lors de cet événement mé- morable. +20 Esaii vend son droit d'aînesse, vers. 27-34. +27. Quibus adultis... Les années, en s'écoulant, développèrent dans les deux frères des caractères bien divers, que le narrateur peint en quclquef; mots. — Esau... gnarus venandi. Marque d'imo +102 +28. Isaac amabat Esau, eo quod de venationibus illius vesceretur ; et Rebecca diligebat Jacob. +29. Coxit autem Jacob pulmentum ; ad quem cum venisset Esau de agro lassus , +30. Ait : Da mihi de coctione liac rufa, quia oppido lassus sum. Quam ob cau- sam vocatum est nomen ejus Edom. +31. Cui dixit Jacob : Vende mihi pri- mogenita tua. +32. Ille respoudit : En morior, quid mihi proderunt primogenita? +33. Ait Jacob : Jura ergo mihi. Jura- vit ei Esau , et vendidit primogenita. +34. Et sic accepte pane et lentis edu- lio, comedit, et bibit, et abiit, parvi- pendens quod primogenita vendidisset. +Gen XXV, 28 — XXVI, 2. +28. Isaac aimait Esaii, parce qu'il man- geait de ce qu'il prenait à la chasse ; mais Rébecca aimait Jacob. +29. Un jour, Jacob ayant fait cuire de quoi manger, Esaii retourna des champs étant fort las ; +30. Et il dit à Jacoh : Donne- moi de ce mets roux, parce que je suis extrê- mement las. C'est pour cette raison qu'il fut depuis nommé Edom. +31. Jacob lui dit : Vends-moi ton droit d'aînesse. +32. Esaii lui répondit : Je me meurs ; de quoi me servira mon droit d'aînesse? +33. Jure -le -moi donc, lui dit Jacob. Esaii le lui jura, et lui vendit son droit d'aînesse. +34. Et ainsi, ayant pris du pain et ce plat de lentilles, il mangea et but, et s'en alla, se mettant peu en peine de ce qu'il avait vendu son droit d'aînesse. +CHAPITRE XXVI +1. Orta autem famé super terram, post eam sterihtatem quse acciderat in diebus Abraham, abiit Isaac ad Abimelech re- gem Palsestinorum, in Gerara. +2. Apparuitque ei Dominus, et ait : +1. Cependant il arriva une famine en ce pays-là, comme il en était arrivé une au temps d'Abraham ; et Isaac s'en alla à Gérara vers Abimelech, roi des Philis- tins. +2. Et le Seigneur lui apparut et lui +nature ardente : la vie calme de son aïeul et de son père ne lui convenait pas. — Agricola : non pas a agriculteur »> , ce qui serait un contresens ; mais a homme des champs », qui errait à travers la cam- pagne pour chasser. — Jacob... vir simplex... De mœurs plus douces, Jacob menait une vie sédentaire, ne s'éloignant pas du cercle de la famille , et met- tant son bonheur dans les travaux domestiques. +28. Autre trait plein d'intérêt, et d'une gi'andc vérité psychologique. Souvent les prédilections naissent des contrastes. Le doux Isaac amabat Esau ; l'énei'gique Rébecca diligebat Jacob. +'29-yo. Puhnentum. Un plat de lentilles, d'a- près le vers. 34. — De agro lassus : comme le sont les chasseurs, après une journée de u: arches et de conti'emarchcs. — De coctione hac rufa. L'hébreu est tout à fait expressif : Min ha'adôm, ha'adôm hazzeh ; « du rouge, de ce rouge ! » Cette ligne trahit l'appétit glouton d'Esau. Il montre le potage fumant, et se borne aie désigner par sa couleur ( les lentilles cuites ont une couleur rougcâtre ). — Edom. Nous avons vu plus haut une première cause de ce surnom (vers. 26 ), nous en trouvons ici une seconde. +31-33 Dialogue rapide et dramatique. Comme le a suiiplantatem- » profite habilement de la si- tuation! — Vende (l'hébr. ajoute : aujourd'hui) ... primogenita. En quoi consistaient alors les pri- +vilèges du flls aîné ? Peut-être avait-il droit déjîi à une double part d'héritage. Cf. Deut. xxi, 15- 17. Mais surtout il était le chef de la famille patriarcale , et c'est à sa personne qu'étaient rat- tachées les bénédictions promises à Abraham ; et tels sont les avantages que Jacob convoitait., comme le démontrera toute sa vie. — En morior, quid mihi...? Esaii, lui, ne pense qu'ù la jouis- sance du moment ; peu lui importe le reste. — Jura mihi. Jacob prend toutes ses précautions pour rendre la cession irrévocable. +34. Lentis edulio. Mets très recherché des Sy- riens et des Égyptiens. Voy. V Atlas archêolog. de la Bible, pi. xxn, flg. 6. — Comedit, bibit,, abiit. Description très vivante, qui exprime ù merveille l'indifférence d'Esaii pour ce qii'il y avait de plus sacré ; de là cette réflexion finale du nar- rateur : parvipendens... +§n. +Isaac à Gérara. XXVI, 1-22. +10 Rénovation des promesses d'ivines, vers, 1-6. +Chap. XXVI. — 1. Orta famé. Voy. xii,10, et le commentaire. — Ad Abimelech. Est-ce le même que celui qu'avait connu Abraham (ch. xx)? Difficilement, car quatre-vingts ans se sont écou- lés depuis lors. +2-5. ApparuiL.. ei Dominus. L'histoire sainte ne signale que deux apparitions de Dieu à Isaac : +Gen. XXVI, 3-12. +103 +dit : N'allez point en Egypte, mais de- meurez dans le pays que je vous mon- trerai. +3. Passez-y quelque temps comme étran- ger, et je serai avec vous, et je vous bé- nirai ; car je vous donnerai i\ voue et à votre race tous ces pays - ci , pour accom- plir le serment que j'ai fait à Abraham votre père. +4. Je multiplierai vos enfants comme les étoiles du ciel ; je donnerai à votre postérité tous ces pays que vous voyez, et toutes les nations de la terre seront bénies dans celui qui sortira de vous : +5. Parce qu'Abraham a obéi à ma voix, qu'il a gardé mes préceptes et mes com- mandements, et qu'il a observé les sta- tuts et les lois que je lui ai donnés. +6. Isaac demeura donc à Gérara. +7. Et les habitants de ce pays -là lui demandant qui était Rébecca , il leur ré- pondit : C'est ma sœur. Car il avait craint de leur avouer qu'elle était sa femme, de peur qu'étant frappés de sa beauté, ils ne résolussent de le tuer. +8. 11 se passa ensuite beaucoup de temps, et comme il demeurait toujours dans le même lieu, il arriva qu'Abiraélech, roi des Philistins , regardant par une fe- nêtre, vit Isaac qui se jouait avec Eé- becca sa femme. +9. Et l'ayant fait venir, il lui dit : Il est visible que c'est votre femme ; pour- quoi avez -vous fait un mensonge, en di- sant qu'elle était votre sœur ? Il lui ré- pondit : J'ai eu peur qu'on ne me fît mourir à cause d'elle. +10. Abimélech ajouta : Pourquoi nous en avez-vous ainsi imposé? Quelqu'un de nous aurait pu abuser de votre femme, et vous nous auriez fait tomber dans un grand péché. Il fit ensuite cette défense à tout son peuple : +11. Quiconque touchera la femme de cet homme, sera puni de mort. +12. Isaac sema ensuite en ce pays -là, +Ne descendas in ^gyptum , sed quiesce in terra quam dixero tibi. +3. Et peregrinare in ea , eroque tecum , et bencdicam tibi ; tibi enim et semiui tuo dabo uni versas regiones has, com- plens juramentum quod spopondi Abra- ham patri tuo. +4. Et multiplicabo semen tuum sicut stellas cœli ; daboque posteris tuis uni- versas regiones has, et benedicentur in semine tuo omnes gentes terrœ, +5. Eo quod obedierit Abraham voci mese , et custodierit praecepta et mandata mea, et ceremonias legesque servaverit. +6. Mansit itaque Isaac in Geraris. +7. Qui cum interrogaretur a viris loci illius super uxore sua, respondit : Soror mea est. Timuerat enim confiteri quod sibi esset sociata coujugio, reputans ne forte interficerent eum propter illius pul- chritudinem. +8. Cumque pertransissent dies plurimi , et ibidem moraretur, prospiciens Abimé- lech rex Palaestinorum per fenestram , vidit eum jocantem cum Rebecca uxore sua. +9. Et accersito eo, ait : Perspicuum est quod uxor tua sit ; cm* mentitus es eam sororem tuam esse? Respondit : Ti- mui ne morerer propter eam. +10. Dixitque Abimélech : Quare im- posuisti nobis? Potuit coire quispiam de populo cum uxore tua, et induxeras su- per nos grande peccatum. Praecepitque omni populo, dicens : +11. Qui tetigerit hominis Imjus uxo- rem, morte morietur. +12. Sévit autem Isaac in terra illa, et +celle-ci, à Gérara; l'autre à Bersaloée,Ters. 24. — Ne descendas... Isaac projetait sans doute de se réfugier en Egypte, comme autrefois son père. — Le Seigneur, après avoir intimé cet ordre au fils d'Abraham, lui renouvelle dans toutes leiirs par- ties les promesses antérieures : 1" bénédiction personnelle, 2» possession perpétuelle de la Pa- lestine, 3° postérité nombreuse, 4-> bénédiction de l'univers entier rattachée à la race choisie. — Eo qnod... Abraham. Abraham a été obéis- sant et Adèle, Dieu aussi sera fidèle. +2^ Ptébecca et Abimélech, vers. 6-11. +6-11. Éi.iàode tout à fait semblable à celui qui +nous a été raconté plus haut (ch. xx) au sujet de Sai'a. Même subterfuge d'Isaac (soror mea, Rébecca était sa cousine ) , et pour le même mo- tif ; même générosité de la part de cet autre Abimélech. — Jocantem , avi vers. 8, indique des libertés qu'on ne prend pas avec une sœur. — Mentitus es (vers. 9). Hébr. : « dixisti. » +3° Isaac s'enrichit; jalousie des Philistins, vers. 12-22. +12-14». Sévit autem... Probablement à cause de la famine précédente, afin d'être indépendant et en sécurité si le même cas se reproduisait. — Ccntuplum. Fait exti'aord inaire (Matth. xiii, 8); +104 +Gen. XXVI, 13-22. +invenit in ipso anno centuplum; bene- dixitque ei Dominiis. +13. Et locupletatus est homo, et ibat proficiens atque succrescens, donec ma- guus vehementer effectus est. +14. Habiiit quoque possessiones ovium et armentorum, et familise plurimum. Ob hoc invidentes ei Palestini , +15. Omnes puteos, quos foderant servi patris illius Abraham, illo tempore ob- struxerunt, implentes humo, +16. In tantum, ut ipse Abimelech di- ceret ad Isaac : Recède a nobis, quoniam potentior nobis f actus es valde. +17. Et ille discedens, ut veniret ad torrentem Geraree, habitaretque ibi, +18. Rursum fodit alios puteos, quos foderant servi patris sui Abraham, et quos, illo mortuo, olim obstruxerant Phi- listhiim ; appellavitque eos iisdem nomi- nibus quibus ante pater vocaverat. +19. Foderuntque in torrente, et repe- rerunt aquam vivam. +20. Sed et ibi jurgium fuit pastorum Geraraî adversus pastores Isaac, dicen- tium : Nostra est aqua. Quamobrem no- men putei , ex eo quod acciderat, vocavit Calumniam. +21. Foderunt autem et alium; et pro illo quoque rixati sunt, appellavitque eum Inimicitias. +22. Prof ectus inde fodit alium puteum, pro quo non contenderunt ; itaque vocavit nomen ejus Latitude, dicens : Nunc di- lata vit nos Dominus, et fecit crescere super terram. +et il recueillit l'année même le centuj)le ; et le Seigneur le bénit. +13. Ainsi son bien s'augmenta beau- coup; et tout lui profitant, il s'enrichis- sait et il croissait de plus en plus, jus- qu'à ce qu'il devînt extrêmement puis- sant. +14. Car il possédait une grande mul- titude de brebis, de troupeaux de bœufs, de serviteurs et de servantes. Ce qui ayant excité contre lui l'envie des Philistins, +15. Ils bouchèrent tous les puits que les serviteurs d'Abraham son père avaient creusés, et les remplirent de terre. +16. Et Abimelech dit lui-même à Isaac : Retirez-vous d'avec nous, parce que vous êtes devenu beaucoup plus puissant que nous. +17. Isaac, s'étant donc retiré, vint au torrent de Gérara pour demeurer en ce lieu. +18. Et il fit creuser de nouveau d'autres puits, que les serviteurs d'Abraham son père avaient creusés, et que les Philis- tins après sa mort avaient obstrués ; et il leur donna les mêmes noms que son père leur avait donnés auparavant. +19. Ils fouillèrent aussi au fond du torrent, et ils y trouvèrent de l'eau vive. +20. Mais les pasteurs de Gérara firent encore là une querelle aux pasteurs d'I- saac , en leur disant : L'eau est à nous ; c'est pourquoi il appela ce puits Injustice , à cause de ce qui était arrivé. +21. Ils en creusèrent encore un autre; et les pasteurs de Gérara les ayant en- core querellés, il l'appela Inimitié. +22. Etant parti de là, il creusa un autre puits, pour lequel ils ne disputè- rent point; c'est pourquoi il lui donna le nom de Largeur, en disant : Le Sei- gneur nous a mis maintenant au large, et nous a fait croître en biens sur la terre. +aussi est-il mentionné comme le résultat d'une bùnédiction spéciale. Communément, l'on récolte en Palestine de 25 % à 50 °/o. — Ibat proficiens atque swccrescews. Hébraïsme très expressif. +lé^ï-ie. 05 hoc invidentes. Cette basse jalousie ne tarda pas à se manifester brutalement, par deux faits distincts : 1° omnes puteos... obstru- xerunt, ce qui était une perte énorme pour un homme dont la richesse consistait surtout en troupeaux; 2° recède a nobis, l'expulsion du territoire, enjointe par Abimelech lui-même. +17-19. Ad torrentem Gérara. Ouadi étroit, si- tué à quelque distance de la ville. Il est ù, sec en été; mais on trouve de l'eau dans son lit en y creusant des puits, ce que flt Isaac. Le travail fut notablement simplifié, grâce aux opérations +antérieures d'Abraham. — Aquam vivam : bien préférable à l'eau stagnante des puits ordinarires. +20-21. Ce fut l'occasion de persécutions nou- velles. — Calumniam. En hébr. : 'Eèeq, « que- x'elle, » et l'historien ajoute : parce qu'ils s'é- taient querellés (hit'ass'qu) avec lui. — Ini' micitias. Hébr. : Sitnah. Ce fut toute la ven- geance de cette âme douce et paisible. +22. En s'éloignant davantage, et c'était tout ce que désiraient ses adversaires , Isaac finit par demeurer le maître de ses travaux. — Latitudo. Hébr. : R'iiobot, au pluriel. On croit avoir re- trouvé ce puits dans l'ouadi Er-Ruliaibch, à huit heures au sud de Bersabée ; il a jusqu'à douze pieds de diamètre, mais il est actuellement ob- strué. +I +Gen. XXVI, 23-33. +105 +23. Isaac retourna de là à Bersabée ; +24. Et la nuit suivante le Seigneur lui apparut, et lui dit : Je suis le Dieu d'A- braham votre père; ne craignez point, parce que je suis avec vous. Je vous bé- nirai et je multiplierai votre race à cause d'Abraham mon serviteur. +25. Il éleva donc un autel en ce lieu- là ; et ayant invoqué le nom du Seigneur, il y dressa sa tente, et il commanda à ses serviteurs d'y creuser un puits. +26. Abimélech, Ochozath son favori, et Phicol, généra] de son armée, vinrent de Gérara le trouver en ce rnême lieu. +27. Et Isaac leur dit : Pourquoi venez- vous trouver un homme que vous haïssez, et que vous avez chassé d'avec vous ? +28. Ils lui répondirent : Nous avons vu que le Seigneur est avec vous ; c'est pourquoi nous avons résolu de faire une alliance entre nous, qui sera jurée de part et d'autre, +29. Afin que vous ne nous fassiez aucun tort, comme nous n'avons touché à rien qui fût à vous , ni rien fait qui vous pût offenser, vous aj^ant laissé aller en paix, comblé de la bénédiction du Seigneur. +30. Isaac leur fit donc un festin, et après qu'ils eurent mangé et bu avec lui, +31. Ils se levèrent le matin, et l'al- liance fut jurée de part et d'autre. Isaac les reconduisit étant en fort bonne intel- ligence avec eux, et les laissa s'en re- tourner en leur pays. +32. Le même jour, les serviteurs d'I- saac lui vinrent dire qu'ils avaient trouvé de l'eau dans le puits qu'ils avaient creusé. +33. C'est pourquoi il appela ce puits +23. Ascendit autem ex illo loco in Bersabée, +24. Ubi apparuit ei Dominus in ipsa nocte, dicens : Ego sum Deus Abraham patris tui; noli timere, quia ego tecum sum; benedicam tibi, et multiplicabo semen tuum propter servum meum Abra- ham. +25. Itaque sedificavit ibi altare ; et in- vocato nomine Domini, extendit taber- naculum, prsecepitque servis suis ut fo- derent puteum. +26. Ad quem locum cum venissent de Geraris Abimélech, et Ochozath amicus illius, et Phicol dux militum, +27. Locutus est eis Isaac : Quid ve- nistis ad me, hominem quem odistis, et expulistis a vobis ? +28. Qui responderunt : Vidimus tecum esse Dominum, et idcirco nos diximus : Sit juramentum inter nos, et ineamus fœdus, +29. Ut non facias nobis quidquam mali, sicut et nos nihil tuorum attigimus, nec fecimus quod te Isederet; sed cum pace dimisimus auctum benedictione Do mini. +30. Fecit ergo eis convivium, et post cibum et potum, +31. Surgentes mane, juraverunt sibi mutuo ; dimisitque eos Isaac pacifiée in locum suum. +32. Ecce autem venerunt in ipso die servi Isaac, annuntiantes ei de puteo quem foderant, atque dicentes : Inveni- mus aquam. +33. Unde appellavit eum Abundan- +§ IIL — Isaac à Bersabée.XXYI, 23 — XXVIII, 9. +l» Encore les divines promesses. XXVI, 23-25. +23-25. Seconde apparition du Seigneur à Isaac ( cf. vers. 2 ), et confirmation réitérée de faveurs spéciales pour le présent et pour l'avenir. — Ser- vmn meum Abraham. Beau titre, qui n'est ac- cordé dans la Bible qu'à un petit nombre de per- sonnages distingués, tels que Moïse, Josué, le Messie, etc. — j^diflcavit altare, ainsi qu'Abra- ham avait déjà fait dans le même lieu, xxi, 33. +2° Alliance d'Isaac avec Abimélech. XXVI, 26-33. +26. Ochozath... Le Targum traite ce mot comme un nom commun, et traduit : « une compagnie (ou une escorte) d'amis. » Sur Phicol, voy. la note de xxi, 22. +27. Qtiicl venistis... ? Isaac manifeste à bon droit son étonnement d'une telle visite, après co qui s'était passé. Était-ce la paix, ou la guerre, +qu'on lui apportait? +28-29. C'était la paix et un traité d'alliance. D'abord les considérants, 28», puis la proposi- tion, 28i'-29. — Vidimus tecum... Dominum. Les Philistins étaient loin d'adorer Jéhovah; mais ils avaient reconnu la puissance du Dieu d'A- braham et d'Isaac, et, quoique païens, ils vou- laient se mettre indirectement sous sa protection , en associant leur propre sort à celui de ses amis. +— SU juramentum... fœdus. Une alliance con- firmée par serment. Chacune des parties contrac- tantes prononçait une imprécation contre elle- même, pour le cas où elle serait infidèle au traité. +— Sicut et nos... Étrange exagération, après les détails véridiques qui ont été exposés plus haut. +30-31. L'alliance. Isaac oublie généreusement ses griefs ; au reste, la convention n'était pas pour lui sans avantages. +32-33. Coïncidence heureuse, dont Isaac vou- lut fixer le souvenir par le nom donné au nou- +106 +Gen. XXVI, 34 — XXVII, 6. +tiara ; et nomen lubi impositum est Ber- sabee, usqiie in praesentem diem. +34. Esau vero quadragenarius duxit uxores : Judith filiam Beeri Hethsei, et Basemath filiam Elon ejusdem loci; +35. Quœ ambce offenderant animum Isaac et Eebeccœ. +Abondance ; et le nom de Bersabée fut donné à la ville, et lui est demeuré jus- qu'aujourd'hui. +34. Or, Esaii ayant quarante ans, épousa Judith, fille de Béer l'Héthéen, et Base- math, fille d'Elon du même pays; +35. Qui toutes deux s'étaient mises mal dans l'esprit d'Isaac et de Rébecca. +GHA^PITRE XXVII +1. Senuit autem Isaac, et caligaverunt oculi ejus, et videre non poterat; voca- vitque Esau filium suum majorem, et dixit ei : FiH mi. Qui respondit : Adsum. +2. Gui pater : Vides, inquit, quod se- nuerim , et ignorem diem mortis mese. +3. Sume arma tua, pharetrani, et ar- cum, et egredere foras; cumque venatu aliquid apprehenderis , +4. Fac mihi inde pulmentum sicut velle me nosti , et afEer ut comedam ; et benedicat tibi anima mea antequam mo- riar. +5. Quod cum audisset Rebecca, et ille abiisset in agrum ut jussionem patris impleret , +6. Dixit filio suo Jacob : Audivi pa- trem tuum loquentem cum Esau fratre tuo, et dicentem ei ; +1. Isaac étant devenu vieux, ses yeux s'obscurcirent de telle sorte qu'il ne pou- vait plus voir. Il appella donc Esaii son fils aîné, et lui dit : Mon fils. Me voici, dit Esaii. +2. Son père ajouta : Vous voyez que j'ai vieilli, et que j'ignore le jour de ma mort. +3. Prenez vos armes, votre carquois et votre arc , et sortez dehors ; et lorsque vous aurez pris quelque chose à la chasse, +4. Vous me l'apprêterez comme vous savez que je l'aime ; et vous me l'appor- terez afin que j'en mange, et que je vous bénisse avant de mourir. +5. Rébecca entendit ces paroles ; et Esaii étant allé dans les champs pour faire ce que son père lui avait commandé, +6. Elle dit à Jacob son fils : J'ai en- tendu votre père qui parlait à votre frère Esaii, et qui lui disait : +veau puits. — Bersabée. l'oyez xxi, 28, et le com- mentaire. Ici, « puits du serment, » B'^er séba'. +3° Esaii épouse deux Chananéennes. XXVI, 34-35. +34-35. JEsau quadragenarius. Son père avait le même âge au moment de son mariage avec Ptébecca. — Uxores : deux femmes en même temps, sans aucx;n motif pour excuser sa polj^gamie, et deux païennes. Cf. Hebr. xii,16, où il est appelé « fornicator ». — En offensant Dieu, il blessa non moins profondément son père et sa mère : offert- devant ; d'après l'hébr. : «. elles furent une amei'- tume d'esprit. » +4° Jacob obtient par surprise la bénédiction de Bon père. XXVII, 1-29. +Passage décisif, qu'ont pi'éparé la vente du droit d'aînesse et le mariage d'Esaii. Ce « pro- fane » sera éliminé de la famille sacrée, comme précédemment Ismaël. Dans l'épisode, on admire ■an singulier mélange de l'humain avec le divin. Quoique dictée par une foi vive et le désir ar- dent de biens supérieurs, la conduite de Jacob et de sa mère esc loin d'être parfaite en tous points. L'excuse de Rébecca, c'est qu'elle con- naissait depuis longtemps le choix que Dieu avait fait de Jacob ( xxv, 22-23 ) ; sa faute consista îi +vouloir hâter l'exécution du céleste décret. — La narration est dramatique. +Chap. XXVII. — 1. Petite introduction. — Senuit : on croit qu'il avait alors 137 ans. — Vi- dere von poterat; trait important pour la suite du récit. +2-i. Avant d'exposer sommairement son pro- jet, é^, Isaac en indique le pressant motif , 2, et adresse à Esaii une demande préalable, 3-4*. — Diem mortis. Il s'attendait à une mort prochaine, et son entourage partageait ses craintes (vers. 41). Il vécut néanmoins jusqu'à 180 ans. Cf. xxxv, 28. ■ — Pharetram. Le mot hébreu corrélatif ne se rencontre qu'ici, et on en ignore le sons exact. On- kélos, le syriaque, etc., le traduisent par a. glaive ». Sa racine signifiant « suspendre » , la version des LXX et de la Vulgate paraît préférable. — M benedicat... : d'une bénédiction solennelle et pro- phétique, qui transmettrait à Esaii les faveurs qu'Isaac avait lui-même reçues d'Abraham. Voy. le chap. XLix. +5-10. Eébecca, témoin de la scène, se hâte d'a- vertir Jacob, vers. 5-7 ; puis elle décrit un contre- projet habilement combiné, vei'S. 8-10. Avec quelle promptitude eUe s'accommode axix circojastancea I +Gen. XXVII, 7-20. +107 +7. Apportez-moi quelque chose de votre chasse, et préparez-moi de quoi manger, afin que je vous bénisse devant le Sei- gneur avant de mourir. +8. Suivez donc maintenant, mon. fils, le conseil que je vais vous donner. +9. Allez -vous -en au troupeau, et ap- portez-moi deux des meilleurs chevreaux, afin que j'en prépare ù, votre père une sorte de mets que je sais qu'il aime; +10. Et qu'après que vous le lui aurez présenté et qu'il en aura mangé, il vous bénisse avant de mourir. +11. Jacob lui répondit : Vous savez que mon frère Esaû a le corps velu , et que moi je n'ai point de poil. +12. Si mon père vient donc à me tou- cher et qu'il s'en aperçoive, j'ai peur qu'il ne croie que je l'ai voulu tromper, et qu'ainsi je n'attire sur moi sa malédiction au lieu de sa bénédiction. +13. Sa mère lui répendit : Mon fils, je me charge moi-même de cette malédic- tion : faites seulement ce que je vous conseille, et allez me chercher ce que je vous dis. +14. Il y alla , il l'apporta , et il le donna à sa mère , qui en prépara à manger à son père comme elle savait qu'il l'aimait. +15. Elle fit prendre ensuite à Jacob de très beaux habits d'Esaù, qu'elle gardait elle-même à la maison. +16. Et elle lui mit autour des mains la peau des chevreaux , et lui en couvrit le cou partout où il était découvert. +17. Puis elle lui donna ce qu'elle avait préparé à manger, et les pains qu'elle avait cuits. +18. Jacob porta le tout devant Isaac, et lui dit : Mon père. Je vous entends, dit Isaac. Qui êtes -vous, mon fils? +19. Jacob lui répondit : Je suis Esali votre fils aîné. J'ai fait ce que vous m'avez commandé : levez -vous, mettez -vous sur Totre séant , et mangez de ma chasse afin que vous me donniez votre bénédiction. +20. Isaac dit encore à son fils : Mais +7. Affer mihi devenatione tua, et fac cibos ut comedam, et benedicam tibi co- ram Domino antequam moriar. +8. Nunc ergo, fili mi, acquiesce con- siliis meis, +9. Et pergens ad gregem , aiïer mihi duos hsedos optimos, ut faciam ex eis escas patri tuo , quibus libenter vescitur ; +10. Quas cum intuleris, et comederit, benedicat tibi priusquam moriatur. +11. Cui ille respondit : Nosti quod Esau fi-ater meus homo pilosus sit, et ego lenis. +12. Si attrectaverit me pater meus, et senserit, timeo ne putet me sibi voluisse illudere, et inducam super me maledi- ctionem pro benedictione. +13. Ad quem mater : In me sit, ait, ista maledictio , fili mi ; tantum audi vo- cem meam, et pergens affier quce dixi. +14. Abiit, et attulit, deditque matri. Para vit illa cibos, sicut velle noverat, patrem illius. +15. Et vestibus Esau valde bonis, quas apud se habebat domi , induit eum ; +16. Pelliculasque hsedorum circumde- dit manibus, et colli nuda protexit. +17. Deditque pulmentum, et panes, quos coxerat , tradidit. +18. Quibus illatis, dixit : Pater mi. At ille lespondit : Audio. Quis es tu, fili mi? +19. Dixitque Jacob : Ego sum primo- genitus tuus Esau; feci sicut praecepisti mihi; surge, sede, et comede de vena- tione mea, ut benedicat mihi anima tua. +20. Karsumque Isaac ad filium suum : +11-12. Jacob a calculé en tin instant les chances bonnes et mauvaises de l'enti'eprise ; il lui semble que ces dernlèies l'emportent : de là son objec- tion si naturelle. S'exposera -t -il à une malédic- tion terrible ? +13. Ré becca le rassure en répondant de toutes les conséquences. Beau mélange d'énergie et de tendresse dans sa réponse. +14-17. Les préparatifs de la fraude, racontés en termes pittoresques. — Vestihus valde bonis. If iprès ce passage , les vêtements d'Esaû devaient «e faire remarquer par quelque particularité; +mais on ne saurait déterminer sûrement en quoi elle consistait. Isaac les reconnaîtra, vers. 27, à l'odeur des plantes aromatiques dont ils s'étaient chargés durant les courses du chasseur à travers la campagne. — PelUculas hœdorum. En Orient, les chèvres ont un poil si soyeux, qu'il sert de terme de comparaison pour désigner . une belle chevelure. Gant, iv, 1. +18-24. Voici Jacob devant son père, 18-29. Les vers. 18-24 forment les préliminaires de cette scène émouvante. Le « supplantateur » subit un inter- rogatoire en forme, jusqu'à ce qu'il ait renversé +108 +Gen. XXVII, 21-29. +Quomodo, inqiiit, tam cito invenire po- tiiisti, fili mi? Qui respondit : Voluntas Dei fuit ut cito occurreret mihi quod volebam. +21. Dixitque Isaac : Accède hue, ut tangam te , lili mi , et probem utrum tu sis filius meus Esau, an non. +22. Accessit ille ad patrem, etpalpato eo , dixit Isaac : Vox quidem , vox Jacob est; sed manus, manus sunt Esau. +23. Et non cognoviteum, quia pilosse manus similitudinem majoris expresse- rant. Benedicens ergo illi, +24. Ait : Tu es filius meus Esau ? Re- spondit : Ego sum. +25. At ille : Alïer mihi, inquit, cibos de venatione tua, fili mi, ut benedicat tibi anima mea. Quos cum oblatos co- medisset, obtulit ei etiam vinum; quo hausto, +26. Dixit ad eum : Accède ad me, et da mihi osculum, fili mi. +27. Accessit, et osculatus est eum. Sta- timque ut sensit vestimentorum illius fragantiam, benedicens illi, ait : Ecce odor filii mei sicut odor agri pleni, cui benedixit Dominus. +28. Det tibi Deus de rore caeli, et de pinguedine terras, abundantiam frumenti et vini. +29. Et serviant tibi populi, et adorent te tribus ; esto dominus fratrum tuorum, et incurventur ante te filii matris tu£e ; qui maledixerit tibi , sit ille maledictus ; et qui benedixerit tibi, benedictionibus repleatur. +comment avez-vous pu, mon fils, en trou- ver si tôt? Il lui répondit : Dieu a voulu que ce que je désirais se présentât tout d'un coup à moi. +21. Isaac dit encore : Approchez - vous d'ici, mon fils, afin que je vous touche, et que je reconnaisse si vous êtes mon fils Esaii ou non. +22. Jacob s'approcha de son père; et Isaac, l'ayant tâté, dit : Pour la voix, c'est la voix de Jacob ; mais les mains sont les mains d' Esaii. +23. Et il ne le reconnut point, parce que ses mains, étant couvertes de poil, parurent toutes semblables à celles de son aîné. Isaac , le bénissant donc , +24. Lui dit : Etes-vous mon fils Esaii? Je le suis, répondit Jacob. +25. Mon fils, ajouta Isaac, apportez- moi à. manger de votre chasse, afin que je vous bénisse. Jacob lui en présenta; et après qu'il en eut mangé, il lui pré- senta aussi du vin qu'il but. +26. Isaac lui dit ensuite : Approchez- vous de moi, mon fils, et venez me baiser. +27. Il s'approcha donc de lui, et le baisa. Et Isaac, aussitôt qu'il eut senti la bonne odeur qui sortait de ses habits , lui dit en le bénissant : L'odeur qui sort de mon fils est semblable à celle d'un champ plein de fleurs que le Seigneur a comblé de ses bénédictions. +28. Que Dieu vous donne une abon- dance de blé et de vin, de la rosée du ciel et de la graisse de la terre. +29. Que les peuples vous soient assu- jettis, et que les tribus vous adorent. Soyez le seigneur de vos frères, et que les enfants de votre mère se courbent devant vous. Que celui qui vous maudira, soit maudit lui-même; et que celui qui vous bénira, soit comblé de bénédictions. +les cloutes d'Isaac. — Egoprimogenitustuus Esau. Malgré l'intéressante apologie de S. Augustin, on a de la peine à ne pas voir un mensonge dans cette réponse. Jacob n'était pas Esaii. Voy. le Ma- nuel bihl.,I, 562, et T. Laniy, Comm.in Gènes., II, 170 et ss. — Voluntas Dei fuit... On a re- marqué assez délicatement que Jacob, en tenant ce pieux langage, sortait du rôle qu'il avait as- sumé; d'autre part, il était profane lui-même, en attribuant à l'action divine ce qui n'était qu'une œuvre très humaine. — Accède hue. Le vieillard, qui se défiait à bon droit de sa vue, et qui croyait reconnaître la voix de Jacob (vers. 22), veut faire une expérience plus concluante. +25-27». Le repas, 25, et le remerciement pa- ternel d'Isaac, 26-27», maintenant que tout soup- çon a disparu. +27" -29. La bénédiction (28-29), précédée de son préambule solennel, 27". Elle est écrite en vers, avec le rythme et le parallélisme. — Ecçe Oder... agri pleni. Les auteurs classiques, entre autres Hérodote et Pline, ont eux-mêmes noté le parfum particulier qu'exhalent les champs de la Palestine. — De rore cceli et de pinguedine... : les deux conditions essentielles pour obtenir de riches récoltes. La rosée a une importance spé- ciale en Orient, où les pluies sont si rares. — Frumenti et vini. Les deux produits principaux de l'agriculture. — M serviant... Des richesses, la bénédiction passe au rôle personnel prépondérant de celui sur qui elle tombât. — Populi et tribus. C'est la préséance universelle, exercée sur les peuples d'alentour. — Dominus fratrum... C'est la préséance sur les tribusapparentées,— Qt«t maledi- +Gen. XXVII, 30-38. +-109 +30. Isaac ne faisait que d'achever ces ! paroles, et Jacob était à peine sorti de- hors, lorsqii'Esaii entra, +31. Et que, présentant à son père ce qu'il avait apprêté de sa chasse, il lui dit : Levez -vous, mon père, et mangez de la chasse de votre fils, afin que vous me donniez votre bénédiction. +32. Isaac lui dit : Qui êtes-vous donc V Esaii lui répondit : Je suis Esaii votre fils aîné. +33. Isaac fut frappé d'un profond éton- nement; et, admirant au delà de tout ce qu'on peut croire ce qui était arrivé, il lui dit : Qui est donc celui qni m'a déjà apporté de ce qu'il avait pris à la chasse, et qui m'a fait manger de tout avant que vous vinssiez ?.et je lui ai donné ma bé- nédiction, et il sera béni. +34. Esaii, à ces paroles de son père, jeta un cri furieux; et, étant dans une extrême consternation, il lui dit : Donnez- moi aussi votre bénédiction, mon père. +35. Isaac lui répondit : Votre frère m'est venu surprendre, et il a reçu la bénédiction qui vous était due. +36. C'est avec raison, dit Esaû, qu'il a été appelé Jacob ; car voici la seconde fois qu'il m'a supplanté. Il m'a enlevé auparavant mon droit d'aînesse ; et pré- sentement il vient encore de me dérober la bénédiction qui m'était due. Mais, mon père, ajouta Esaii, ne m'avez-vous point réservé aussi une iDénédiction ? +37. Isaac lui répondit : Je l'ai établi votre seigneur, et j'ai assujetti à sa do- mination tous ses frères. Je l'ai affermi dans la possession du blé et du vin; et après cela, mon fils, que me reste -t-il que je puisse faire pour vous ? +38. Esaii lui repartit : N'avez -vous donc, mon père, qu'une seule bénédic- tion? Je vous conjure de me bénir aussi. Il jeta ensuite de grands cris mêlés de laiTues. +30. Vix Isaac sermonem impleverat, et egresso Jacob foras, venit Esau, +31. Coctosque de venatione cibos in- tulit patri, dicens : Surge, pater mi, et comede de venatione filii tui , ut benedi- cat mihi anima tua. +32. Dixitque illi Isaac : Quis enim es tu? Qui rcspondit : Ego sum filius tuus primogenitus Esau. +33. Expavit Isaac stupore vehementi, et ultra quam credi potest, admirans, ait : Quis igitur ille est qui dudum captam venationem attulit mihi, et comedi ex omnibus prinsquam tu venires? benedixi- que ei, et erit benedictus. +34. Auditis Esau sermonibus patris, irrugiit clamore magno ; et consternatus, ait : Benedic etiam et mihi, pater mi. +35. Qui ait : Venit germanus tuus fi'audulenter, et accepit benedictionem tuam. +36. At ille subjunxit : Juste vocatum est nomen ejus Jacob : supplanta vit enim me in altéra vice ; primogenita mea ante tulit, et nunc secundo surripuit benedi- ctionem meam. Rursumque ad patrem : Numquid non reservasti, ait, et mihi be- nedictionem ? +37. Eespondit Isaac : Dominum tuum illum constitui, et omnes fratres ejus servituti illius subjugavi ; frumento et vino stabilivi eum, et tibi post hsec, fili mi , ultra quid f aciam ? +38. Oui Esau : Num unam, inquit, tantum benedictionem habes, pater? mihi quoque obsecro ut benedicas. Cumque ejulatu magno fleret, +ocerit... Jacob sera, comme Abraliani, xii, 3, source de bénédiction ou de malédiction, suivant l'attitude qu'on pi'cndi'a à son égard et à l'égard de sa race. +5° Esau est béni à son tour. XXVII, 30-10. +30-33. Début d'une autre scène non moins gra- phique que la précédente. Il consiste pareille- ment en un interrogatoire. — Expavit... stupore vehementi... La vigueur des expressions est re- marquable. Mais, malgré sa stupéfaction, Isaac ne songe nullement à s'irriter, ou à retirer la bénédiction accordée par surprise ; il la confirme, au contraire, erit benedictus, reconnaissant la uiain de Dieu en tout cela. +34-38». Efforts d'EsaiJ pour obtenir d'être béni à son tour. — Irrvgiit... consternatKS. On recon- naît, à ces traits, sa nature passionnée. Il semble, mais ti'op tard, comprendre tout ce qu'il a perdu. Cf. Hebr. xn, 17. — Etiam et miJii. Au moins cela, pour rétablir l'égalité rompue. — Juste... Jacob; suppJaittavit... Cf. xxv, 26, et le commen- taire. La paronomase est f l'ai^pante en hébreu : Ya'aqôb, vayija'q'bèni. +38^-40. Motus Isaac. Tout en demeurant ferme sur le point principal (vers. 37), Isaac ne peut résister aux maniiestations de plus en plus vio- lentes du chagrin d'Esaii. Mais les faveurs qu'il +6 +110 +Gen. XXVIl, 59-46. +39. Motus Isaac, dixit ad eum : In pinguedine terrye, et in rore caeli desu- per erit benedictio tua. +40. Vives in gladio, et fratri tuo ser- vies; tempusque veniet, cum excutias et sol vas jugum ejus de cervicibus tuis. +41. Oderat ergo semper Esau Jacob pro benedictione qua benedixerat ei pa- ter ; dixitque in corde suo : Venient dies luctus patris mei , et occidam Jacob f ra- trem meum. +42. Nuntiata sunt hœc Rebeccae , quse , mittens et vocans Jacob filium suum, dixit ad eum : Ecce Esau frater tuus mi- natur ut occidat te. +43. Nunc ergo, fili mi, audi vocem meam , et consurgens f uge ad Laban f ra- trem meum in Haran ; +44. Habitabisque cum eo dies paucos, donec requiescat furor fratris tui, +45. Et cesset indignatio ejus, oblivisca- turque eorum quse fecisti in eum ; postea mittam, et adducam te inde hue; cur utroque orbabor filio in uno die? +46. Dixitque Rebecca ad Isaac : Tœdet me vitse mese propter filias Heth ; si ac- ceperit Jacob uxorem de stirpe hujus terrae, nolo vivere. +39. Et Isaac , en étant touché , lui dit : Votre bénédiction sera dans la graisse de la terre et dans la rosée du ciel qui vient d'en haut. +40. Vous vivrez de l'épée, vous servirez votre frère, et le temps viendra que vous secouerez son joug, et que vous vous en délivrerez. +41. Esaiï haïssait donc constamment Jacob, a cause de cette bénédiction qu'il avait reçue de son père ; et il disait en lui-même : Le temps de la mort de mon père viendra, er aiors ]e tuerai mon frère Jacob. +42. Ce qui ayant été rapporté à Re- becca, elle envoya chercher son fils Ja- cob, et lui dit : Voilà votre frère Esaii qui menace de vous tuer. +43. Mais , mon tils , croyez-moi , hâtez- vous de vous retirer vers mon frère La- ban, qui est à Haran. +44. Vous demeurerez quelques jours avec lui, ]usqu'à ce que la fureur de votre frère s'apaise , +45. Que sa colère se passe, et qu'il oublie ce que vous avez fait contre lui. J'enverrai ensuite, pour vous faire revenir ici. Pourquoi perdrais -je mes deux en- fants en un même jour ? +46. Rébecca dit ensuite à Isaac : La vie m'est devenue ennuyeuse à cause des filles de Heth qu Esaii a épousées. Si Ja- cob épouse une fille de ce pays -là, je ne veux plus vivre. +promet au fils aîné sont inférieures, de toute manière, à celles qu'il avait prédites à Jacob. — In pinguedine... et in rore. On abandonne au- jourd'hui assez généralement cette traduction , et à bon droit, car elle cadre mal avec le contexte (vers. 37, 40), et accorde à Esaii ce qui a déjà été donné à son frère. Ici, le mèm hébreu a un sens privatif : « Loin de la graisse de la tei're et de la rosée du ciel sera ta bénédiction. » Ajou- tons que l'Idumée, occupée durant tant de siècles par la i*ace d'Esaii, est une contrée aride et pauvre dans son ensemble; aussi ses habitants ont -ils surtout vécu in gladio, de guerre, de rapine et de meurtre. — Fratri... servies. Les Edomites furent successivement domptés par Saiil , I Reg. xrv, 47; par David, Il Reg. viii, 14, et par les rois suivants jusqu'au temps d'Achaz, IV Reg. XIV, 22 ; domptés davantage encore par Jean Hyrcan, et finalement amalgamés avec les Juifs. — Tempus... ut excutias. Cette unique con- solation donnée à Esaii s'est pareillement réali- eée à divers intervalles des règnes signalés plus haut; le dernier roi qui s'assit sur le trône de David, Ilérode le Grand, était de race idu- méenue. +6» Départ de Jacob pour la Mésopotamie. XXVII, 41 — XXVIII, 5. +41, Oderat ergo. Triste résultat , qui n'était que trop à prévoir. — Dies luctus... Il escompte le peu de vie qui reste à son père, et déjà il jouit par avance de ses cruels pi'ojets : occidam... +42-45, Nuntiata sunt... Esaii n'avait pu garder j longtemps «in corde suo » fvei's. 41) sa résolu- ■ tion sauvage; il dut la divulguer, et la nouvelle en parvint bientôt à Rébecca, Cette femme intré- pide prend sur-le-champ son parti en face du danger : il faut éloigner son flls bien -aimé, et ^ c'est lui qu'elle avertit d'abord. — Dies paucos. Délicat palliatif. Peut-être espérait -elle que la colère d'Esaii serait prompte à se calmer. En réalité, l'exil de Jacob dura 40 années, et sa mère ne le revit plus, — Utroque orbabor... De Jacob par la main criminelle d'Esaii ; de celui-ci par la main de la justice A^engeresse (Cf. Gen, ix, 6). +46, Rébecca , pour faire accepter à Isaac la fuite de Jacob , allègue un tout autre motif : la néces- sité de marier leur second flls en dehors du pays de Chanaan. Elle ne voulait pas trop effrayer le vieillard. Son langage est ému, passionné : Taedet me..., nolo vivere. et. XXVI, 34-35. +Gen. XXVIII, 1-11. +111 +CHAPITRE XXVIII +1 . Isaac, a3'ant donc appelé Jacob , le bénit, et lui fit ce commandement : Ne prenez point, lui dit-il, une femme d'entre les filles de Chanaan ; +2. Mais allez en Mésopotamie de Syrie, en la maison de Bathuel, père de votre mère , et épousez une des filles de Laban votre oncle. +3. Que le Dieu tout -puissant vous bé- nisse, qu'il accroisse et qu'il multiplie votre race, afin que vous soyez le chef de plusieurs peuples. +4. Qu'il vous donne, et à votre posté- rité après vous, les bénédictions qu'il a promises à Abraham , et qu'il vous fasse posséder la terre où vous demeurez comme étranger, qu'il a promise à votre aïeul. +5. Jacob, ayant pris ainsi congé d'Isaac, partit pour se rendre en Mésopotamie de Syrie, chez Laban, fils de Bathuel Sy- rien , frère de Rébecca sa mère. +6. Mais Esaii, voyant que son père avait béni Jacob, et l'avait envoyé en Méso- potamie de S)Tie, pour épouser une femme de ce pays -là; qu'après lui avoir donné sa bénédiction, il lui avait fait ce com- mandement : Vous ne prendrez point de femme d'entre les filles de Chanaan ; +7. Et que Jacob, obéissant à son père et à sa mère , était allé en Syrie ; +8. A3^ant vu aussi par expérience que les filles de Chanaan ne plaisaient point à son père, +9. Il alla auprès d'Ismaël, et outre les femmes qu'il avait déjà, il épousa Ma- liélcth, fille d'Ismaël, fils d'Abraham, et sœur de Nabaioth. +10. Jacob, étant donc sorti de Bersabée, allait à Haran ; +11. Et étant venu en un certain lieu, +1. Vocavit itaque Isaac Jacob, et be- nedixit eum, prœcepitque ei dicens : Noli accipere conjugem de génère Cha- naan ; +2. Sed vade, et proficiscere in Meso- potamiam Syrige, ad domum Bathuel patris matris tuse, et accipe tibi inde uxorem de filiabus Laban avunculi tui. +3. Deus autem omnipotens benedicat tibi, et crescere te faciat, atque multi- plicet , ut sis in turbas populorum ; +4. Et det tibi benedictiones Abrahse, et semini tuo post te, ut possideas ter- ram peregrinationis tuse, quam pollici- tus est avo tuo. +5. Cumque dimisisset eum Isaac, pro- fectus venit in Mesopotamiam Syrige ad Laban filium Bathuel Syri, fi-atrem Ee- beccse matris suse. +6. Videns autem Esau quod benedixis- set pater suus Jacob , et misisset eum in Mesopotamiam Syrise, ut inde uxorem duceret, et quod post benedictionem prse- cepisset ei , dicens : Non accipies uxorem de filiabus Chanaan ; +7. Quodque obediens Jacob parentibus suis isset in Syriam ; +8. Probans quoque quod non libenter aspiceret filias Chanaan pater suus, +9. Ivit u,d Ismaelem , et duxit uxorem , absque iis quas prius habebat, Maheletli filiam Ismael filii Abraham, sororem Nabaioth. +10. Igitur egressus Jacob de Bersabée, pergebat Haran. +11. Cumque venisset ad quemdam lo- +Chap. XXVIII. — 1-2. Vocavit itaque. Isaac accepte sans peine le projet si raisonnable de Ré- becca, se souvenant sans doute de ce que son projTG jière avait fait pour lui. +3-5. Cette 'fois, c'est librement et sciemment qu'il bon it Jacob. — Inturljaspopulorum.Ylehv. : une oglisc de peuples. — Benedictiones Abrahce. Deux m(/ts qui contiennent tant de choses. +70 Nouveau mariage d'Esaii. XXVIII, 6-9. +6-8. Vldtvs... Motifs sur lesquels Esaii appuya Bi étrangement son dessein. +9. Conclusion do son raisonnement : lui aussi, 11 vont se marier dans la famille. — Los mots absque iis... sont une condamnation tacite de la +polygamie d'Esaii. — Maheleth... sororem Na- baioth. Nabaioth était le premier -né d'Ismaël, +XXV, 13. +Section II. — Deuxième période de la. vie d'Isaac. XXVIII, 10 — XXXV, 29. +En réalité, c'est exclusivement l'histoire de Jacob qui sera désormais racontée; Isaac n'apparaîtra plus que pour mourir. ^I— Jacoben Mésopotamie.XXYlU, 10— XXX,^^. +1- La vision de Béthel. XXVIII, 10-22. +10-11. Préambule. — De Bersabée... Haran. C'est le voyage d'Abraham pris à reboui's. — Ad quemdam locum. En hébr. : « le lieu, » avec l'ar- +112 +Gen. XXVIII, 12-18. +cnm , et vellct in eo reqnicscere post solis occubitum, tulit de kpidibus qui jace- bant, et supponens capiti suo, dormi vit in eodem loco. +12. Viditquein somnis scalam stantem snper terram, et cacumen illius tangens cœliim ; angelos quoqiie Dei ascendentes et descendentes per oam ; +13. Et Domimim innixnm scalae di- centem sibi : Ego sum Dominiis Deus Abraham patris tiii, et Deus Isaac; ter- ram, in qua dormis, tibi dabo et semini tuo. +14. Eritque semen tuum quasi pulvis terrse; dilataberis ad Occidentem, et Orientem, et Septentrionem, et Méri- dien! ; et benedicentiir in te, et in semine tuo , cunctge tribus terras. +15. Et ero custos tuus quocumque per- rexeris, et rcducam te in terram hanc; ncc dimittam nisi complevero universa quœ dixi. +16. Cumque evigilasset Jacob de som- no, ait : Vere Dominus est in loco isto, et ego nesciebam. +17. Pavensque, Quam terribilis est, inquit, locus iste ! non est hic aliud nisi domus Dei, et porta cœli. +18. Surgens ergo Jacob mane, tulit lapidem quem supposuerat capiti suo, et erexit in titulum, fundens oleum de- super. +comme il voulait s'y reposer après le cou- cher du soleil , il prit une des pierres qui étaient là, et la mit sous sa tête; et il s'endormit au même lieu. +12. Alors il vit en songe une échelle, dont le pied était appuyé sur la terre , et le haut touchait au ciel ; et des anges de Dieu montaient et descendaient le long de l'échelle. +13. Il vit aussi le Seigneur appuyé sur le haut de l'échelle, qui lui dit : Je suis le Seigneur, le Dieu d'Abraham votre père, et le Dieu d'Isaac. Je vous donne- rai et à votre race la terre où vous dor- mez. +14. Votre postérité sera comme la pous- sière de la terre : vous vous étendrez à l'orient et à l'occident, au septentrion et au midi ; et toutes les nations de la terre seront bénies en vous, et dans celui qui sortira de vous. +15. Je serai votre protecteur partout où vous irez , je vous ramènerai dans ce pays, et ne vous quitterai point que je n'aie accompli tout ce que j'ai dit. +16. Jacob, s'étant éveillé après son som- meil, dit ces paroles : Le Seigneur est vraiment en ce lieu-ci, et je ne le savais pas. +17. Et, tout effrayé, il ajouta : Que ce lieu est terrible ! C'est véritablement la maison de Dieu et la porte du ciel. +18. Jacob, se levant donc le matin, prit la pierre qu'il avait mise sous sa tête , et l'érigea comme un monument, répandant de l'huile dessus. +ticle défini ; c.-ù-d. la localité que cet épisode ren- dit ensuite si célèbi-e. Ell-e est située au cœur des montagnes grises d'Ephraïm , à environ quatre jours de marche de Bersabée. — Reqtiiescere : y passer la nuit. — Tulit de lapidibus. Les pierres abondent à Béthel; le rocher y est môme sou- vent à fleur de sol. +12-13». Récit de la vision. — Vidit. Hébr. : « Et ecce; » de même plus loin : « et ecce angeli..., et ecce Dominus innixus... » Ces trois « voici » signalent les trois particularités prmcipales de la vision, avec gradation ascendante. — Scalam : le substantif hébreu peut désigner aussi bien un escalier qu'une échelle. — Terram,... ccelum. Le ciel et la terre étaient donc ainsi étroitement unis ; entre Dieu et Jacob il y avait des commu- nications perpétuelles. — Angelos quoque... L'in- cessant va-et-vient des esprits célestes exprime plus clairement encore la même pensée : ils mon- taient , pour porter au ciel les prières et les né- cessités do Jacob ; ils redescendaient , pour lui transmettre les grâces divines. Ce verset est un « locus classicus » en faveur de l'existence des anges. Voyez, Joan. i, 51, la belle application que +Jésus-Christ s'en fit à lui-même. +13^-15. Le Seigneur daigne confirmer formelle- ment à Jacob les promesses faites autrefois :;. Abraham et à Isaac, 13b- 14; n lui promet, en outre, son assistance toute -puissante jusqu'à sou retour en Palestine, 15. Passage messianique. +16-17. Impression profonde pi'oduite sur Jacob par ce songe mystérieux. — Vere Dominus ( Jé- hovah ) ..., et... nesciebam. Non qu'il ignorât le dogme de l'omniprésence divine ; mais il né s'é- tait pas attendu à une manifestation du Seigneur en cet endroit spécial, si loin du séjour actuel de la famille saci'ée. — Pavensque... Constamment nous retrouverons ce fait dans la Bible : les hommes éprouvent de l'effroi en présence du sur- naturel. — Domus Dei, porta cali. Allusion aux circonstances du songe. +18. Trois actes de Jacob à la suite de cet inci- dent, 18-22. — Premier acte : Lapidem... in ti- tulum : hébr. massébah , stèle ; c.-â-d. qu'il di'cssa cette pierre debout, comme un mémorial de la bonté de Dieu à son égard. — Fundens oleum: pour dédier et consacrer la pierre. Le rite de l'onction sainte est mentioimé ici pour la première +G EN. XXVIII, 19 — XXIX, 5. +llî +19. Il donna aussi le nom de Béthel à la ville, qui auparavant s'appelait Luza. +20. Et il fit en même temps ce vœu , en disant : Si Dieu demeure avec moi, s'il me protège dans le chemin par lequel je marche, et me donne du pain pour me nourrir, et des vêtements pour me vêtir ; +21. Et si je retourne heureusement en la maison de mon père , le Seigneur sera mon Dieu, +22. Et cette pierre que j'ai dressée comme un monument s'appellera la mai- son de Dieu; et je vous offrirai. Sei- gneur, la dîme de tout ce que vous m'au- rez donné. +19. Appellavitque nomen urbis Bethel, quD3 prius Luza vocabatur. +20. Vovit etiam votum, dicens : Si fiierit Deus mecum, et custodierit mo in via per quam ego ambulo, et dederit mihi panem ad vescendum , et vestimen- tum ad induendum, +21. Reversusque fiiero prospère ad do- mum patris mei, erit mihi Dominus in Deum, +22. Et lapis iste, quem erexi in titu- lum, vocabitur domus Dei ; cunctorum- que quse dederis mihi, décimas ofïeram tibi. +CHAPITRE XXIX +1. Jacob continua srvn chemin, et ar- riva au pa3^s de l'orient. +2. Il entra dans un champ où il vit un puits , et trois troupeaux de brebis qui se reposaient auprès ; car on y menait boire les troupeaux, et l'entrée en était fermée avec une grande pierre. +3. C'était la coutume de ne lever la pierre que lorsque tous les troupeaux étaient assemblés ; et après qu'ils avaient bu, on la remettait sur l'ouverture du puits. +4. Jacob dit donc aux pasteurs : Mes frères, d'où êtes-vous? Ils lui répondirent : De Haran. +5. Jacob ajouta : Ne connaissez -vous point Laban, fils de Nachor? Ils lui di- rent : Nous le connaissons. +1 . Prof ectus ergo Jacob venit in terram +orientalem. +2. Et vidit puteum in agro, très quo- que grèges ovium accubantes juxta eum ; nam ex illo adaquabantur pecora, et os ejus grandi lapide claudebatur. +3. Morisque erat ut cunctis ovibus congregatis devolverent lapidem, ei re- fectis gregibus rursum super os putei ponerent. +4. Dixitque ad pastores : Fratres , unde estis ? Qui responderunt : De Haran. +5. Quos interrogans, Numquid, ait, no- stis Laban filium Nachor? Dixerunt : Novimus. +fols. En Orient, un peu d'huile fait toujours partie des provisions de voyage. +19. Second acte : Appellavit... Bethel, ou « mai- son de Dieu ». — Prias Luza. D'après Jos. xvi , 1-2, Luza et Béthel étaient deux localités dis- tinctes, quoique rapprochées l'une de l'autre; trait confirmé par le présent récit, qui laisse Ja- cob en dehors de la ville. +20-22. Troisième acte, le vœu de Jacob. Le patriarche indique d'abord ce qu'il attend du Sei- gneur : sa protection à l'aller (20) et au retour (21»). Il expose ensuite ce h quoi il s'oblige lui- même relativement à Jéhovah : 1» Il le prendra pour son Dieu spécial, comme avaient fait son père et son aïeul, 21»>; 2° il établira plus tard un sanctuaire à Béthel, 22» (cf. xxxv, 15); S» il consacrera à des oeuvres pies la dîme de tous ses biens, 22*>. +20 L'arrivée de Jacob à Haran. XXIX, 1-15. +Idylle charmante, parfaitement racontée. +Chap. XXIX. — 1-3, Profectus. L'expression hébraïque est toute pittoresque : a Jacob leva ses +pieds, et vint... » Encouragé par la vision divine, il reprend joyeusement sa route. — Terram orien- talem. Hébr.: le pays des fils de l'Orient; ici, la Mésopotamie. — Puteum in agro. Comme son père, Jacob trouve auprès d'un puits celle qui sera bientôt son épouse. Toutefois le puits n'est pas le même ; celui d'Éliézer était aiiprès de la ville, non dans les champs, et il était muni de marches qui permettaient d'atteindre l'eau faci- lement. Cf. XXIV, 11, 16. — Très... grèges ovium accubantes. Beau tableau. — Os... grandi lapide... Co qui a lieu souvent encore en Orient : soit pour empêcher le sable, abondant en ces contrées, d'obstruer peu h peu le puits ; soit pour ménager l'eau, en empêchant le premier venu d'ouvrir à sa guise. D'après les vers. 3 et 8 , tous les ayant- droit s'attendaient. +4-8. Entretien de Jacob avec les pasteurs. Ainsi qu'il arrive d'ordinaire entre inconnus, ils procèdent par questions et réponses, d'abord gé- nérales , qui vont bientôt se particularisant. — Laban, filium Nachor. En réalité, Laban était +114 +Gen. XXIX, 6-15. +6. Sanusne est ? inquit. Valet, inquiunt ; et eece Rachel filia ejus venit cum grege suo. +7. Dixitque Jacob : Adhuc multum diei siiperest, iiec est tempiis ut redu- cantur ad caulas grèges; date ante po- tum ovibus, et sic eas ad pastum redu- cite. +8. Qui responderunt : Non possumus, donec omnia pecora congregentur, et amoveamus lapidera de ore putei, ut ada- quemus grèges. +9. Adhuc loquebantur, et ecce Rachel venicbat cum ovibus patris sui ; nam gre- gem ipsa pascebat. +10. Quam cum vidisset Jacob , et sciret consobrinam suam, ovesque Laban avun- culi sui , amovit lapidem quo puteus clau- debatur. +11. Et adaquato grege, osculatus est eam ; et elevata voce flevit. +12. Et indicavit ei quod frater esset patris sui , et filius Rebeccse ; at illa fe- stinans nuntiavit patri suo. +13. Qui, cum audisset venisse Jacob filium sororis suse, cucurrit obviam ei; complexusque eum, et in oscula ruens, duxit in domum suam. Auditis autem causis itineris , +14. Respondit : Os meum es, et caro mea. Et postquam impleti sunt dies men- sis unius, +15. Dixit ei : Num quia frater meus es, gratis servies mihi? die quid merce- dis accipias. +6. Se porte-t-il bien? dit Jacob. Ils lui répondirent : Il se porte bien; et voici sa fille Rachel, qui vient ici avec son troupeau. +7. Jacob leur dit : Il reste encore beau- coup de jour, et il n'est pas temps de reconduire les troupeaux dans l'étable; faites donc boire présentement les brebis, et ensuite vous les remènerez paître. +8. Ils lui répondirent : Nous ne pou- vons le faire, jusqu'à ce que tous les troupeaux soient assemblés, et que nous ayons ôté la pierre de dessus le puits, pour leur donner à boire à tous en- semble. +9. Ils parlaient encore , lorsque Rachel arriva avec les brebis de son père ; car elle menait paître elle-même le trou- peau. +10. Jacob, l'ayant vue, et sachant qu'elle était sa cousine, et que ces ti'oupeaux étaient à Laban son oncle, ôta la pierre qui fermait le puits. +11. Et ayant fait boire son troupeau, il la baisa , et il pleura à haute voix , +12. Et il lui dit qu'il était le frère de son père, et le fils de Rébecca. Rachel courut aussitôt le dire à son père , +13. Qui , ayant appris que Jacob fils de sa sœur était venu, courut au-devant de lui, l'embrassa étroitement, et l'ayant baisé plusieurs fois, le mena en sa mai- son. Lorsqu'il eut su de lui-même le su- jet de son voyage, +14. Il lui dit : Vous êtes ma chair et mon sang. Et après qu'un mois se fut passé, +15. Il dit à Jacob : Faut -il que vous me serviez gratuitement, parce que vous êtes mon frère? Dites -moi donc quelle récompense vous désirez. +fils de Bathuel, xxiv, 24, 29, et petit-flls de Na- chor; .Jacob cite de préférence ce dernier, en tant que chef de la famille, xxn, 20-23. —Adhuc multum diei. Ignorant les usages du pays, Jacob 6'étonne que les bergers attendent si longtemps, inactifs, auprès du puits. +9. Ecce Rachel.. Autre tableau intéressant. — 2\^am gregem ipsa... Comme l'ont toujours fait, en Orient, les ûUes des scheiks les plus riches et les plus considérés. Cf. Ex. n, 16. +10-12. Première cnti'cvue de Jacob et de Ra- chel. — Consobrinam... Hébr. : a lille de Laban, frère de sa mère ». — Adaquato grege. Il com- mence par rendre service à sa cousine, puis il se fait connaître d'elle, et donne un libre cours à son émotion : osculatus e.-it, /levit, indicavit... — Frater... patris sui. A la mode orientale, plu- +sieurs fois signalée. — Illa festinans ; de même qu'autrefois Rébecca, XXIX, 28. +13 - 15. Première entx'evue de Jacob et de Laban. — Cucurrit. Cet homme froid et calculateur était chaud et empressé à ses heures. Cf. xxiv, 29. — Complexus ,... in oscula ruens. Bonne traduction de la forme réduplicative employée dans le texte primitif. — Os meum , caro mea. Un autre lui- même, comme fils de sa sœur. Cf. n, 23. — Dies mensis unius. Hébr.: un mois de jours; c.-à-d. im mois plein. — Nnm gratis...? die quid mer- cedis... Ayant vu Jacob à l'œuvre un mois du- l'ant, Laban avait compris qu'il pourrait tirer de lui, comme pasteui% un excellent parti. Mais cet égoïste a soin de masquer sous les dehors de la générosité son amour du lucre et ses vues in- téressées. +Gen. XXIX, 16-26. +115 +16. Or Laban avait deux filles, dont l'aînée s'appelait Lia, et la plus jeune Rachel. +17. Mais Lia avait les yeux chassieux ; au lieu que Rachel était belle et très agréable. +18. Jacob, ayant donc conçu de l'alïec- tion pour elle, dit à Laban : Je vous servirai sept ans pour Rachel votre se- conde fille. +19. Laban lui répondit : Il vaut mieux que je vous la donne qu'à un autre ; de- meurez avec moi. +20. Jacob le servit donc sept ans pour Rachel ; et ce temps ne lui paraissait que peu de jours, tant l'affection qu'il avait pour elle était grande. +21. Après cela il dit à Laban : Donnez- moi ma femme, puisque le temps auquel je dois l'épouser est accompli. +22. Alors Laban fit les noces, ayant invité au festin ses amis qui étaient en fort grand nombre. +23. Et le soir il fit entrer Lia sa fille auprès de Jacob, +24. Et lui àonnsijpour la servir, une es- clave qui s'appelait Zelpha. Jacob, l'ayant prise pour sa femme, reconnut le matin que c'était Lia ; +25. Et il dit à son beau -père : D'où vient que vous m'avez traité de cette sorte? Ne vous ai -je pas servi pour Ra- chel? Pourquoi m'avez -vous trompé? +26. Laban répondit : Ce n'est pas la coutume de ce pays-ci de marier les filles les plus jeuues les premières. +16. Habebat vero duaS filias, nomen majoris Lia ; minor vero appellabatur Ra- chel. +17. Sed Lia lippis erat oculis ; Rachel décora facie , et venusto aspeôtu. +18. Quam diHgens Jacob, ait : Serviam tibi pro Rachel, filia tua minore, septem annis. +19. Respondit Laban : Melius est ut tibi eam dem quam alteri viro ; mane apud me. +20. Servi vit ergo Jacob pro Rachel se- ptem annis ; et videbantur illi pauci dies prse amoris magnitudine. +21. Dixitque ad Laban : Da mihi uxo- rem meam; quia jam tempus impletum est , ut ingrediar ad illam. +22. Qui , vocatis multis amicorum tur- bis ad convivium , f ecit nuptias. +23. Et vespere Liam filiam suam in- troduxit ad eum, +24. Dans ancillam filiae, Zelpham no- mine. Ad quam cum ex more Jacob fuis- set ingressus , facto mane , vidit Liam ; +25. Et dixit ad socerum suum : Quid est quod facere voluisti ? nonne pro Ra- chel servi vi tibi? quare imposuisti mihi? +26. Respondit Laban : Non est in loco nostro consuetudinis , ut minores ante tradamus ad nuptias. +3° Le double mariage de Jacob. XXIX, 18-20. +16-17. Transition. On présente au lecteur les deux filles de Laban, — Lia lippis... oculis. L'hé- breu dit simplement : « des yeux faibles , » ou peu éclatants. Pour les Orientaux , la beauté féminine consiste surtout dans l'éclat du regard. — Rachel avait pour elle la régularité des formes en général (d'après l'hébreu, au lieu de décora facie) et l'agrément de la physionomie (venusto...). +18-19. Le contrat. — Serviam tibi... Nous avons vu plus haut, xxiv, 53, qu'il est d'usage en Orient de payer une certaine somme aux pa- rents de la femme que l'on veut épouser. Jacob, qui n'avait pas apporté avec lui de riches pré- sents, comme Éliézer, offre d'acquitter sa dette en travaillant à la sueur de son front. Les choses se passent souvent ainsi de nos jours en Syrie, Néanmoins, la conduite du riche Laban présen- tait un caractère odieux, que ses filles ressen- tii-ent vivement. Cf. xxxi, 15. — 3IeHus... tiM quam alteri. Trait conforme aux mœurs orien- tales; les solliciteurs de ce genre obtiennent d'or- dinaire la préférence quand ils apijartienncnt à la famille. +20-22, L'exécution du contrat, soit de la part de Jacob, 20, soit de la part de Laban, 21-22. — Le détail videbantur pauci anni... est d'une grande beauté psychologique. « Quœrendruu quo- modo hoc dictum sit, cum magis etiam brève tempus longum soleat esse amantibus. Dictum est ergo proptcr laborem scrvitutis, quem faci- lem et levem amor faciebat. » S. Aug. Qucest. in Ilep)t. 88. — Dixitque ad Laban : quand les sept années furent écoulées. +23-27. Mariage de Jacob avec Lia. — Vespere.,, introduxit. Le long voile qui enveloppait com- plètement Lia à la façon orientale (Atlas archéol. de la Bible, pi. xxv, flg. 1 et 2) et l'obscurité de la chambre nuptiale rendu-ent la substitution airiée. Évidemment Lia se prêta sans peine à la fraude. Jacob, qui avait trompé Isaac, fut vic- time à son tour. — Dans anciUam. On avait été plus généreux pour Rébecca, xxrv, 61. — Non l'.st... consuetudinis. Coutume qui est de rigueur dans les Indes, mais qui pourrait bien n'avoir été qu'un subterfuge pour l'astucieux Laban, dont le but manifeste était de profiter le plus lougtemi)s possible des services de Jacob. — Impie +6* +116 +Gen. XXIX, 27-35. +27. Impie hebdoraadam dierum hujus copulœ, et hanc quoque dabo tibi pro opère quo serviturus es mihi septem an- nis aliis. +28. Acquievit placito, et hebdomada transacta, Rachel duxit uxorem, +29. Cui pater servam Balam tradide- rat. +30. Tandemque potitus optatis nuptiis, araorem sequentis priori prsetulit, ser- viens apud eum septem aniiis aliis. +Sl.Videns aiitem Dominus quoddespi- ceret Liam, aperuit vulvam ejus, sorore sterili permanente. +32. Qiiœ conceptum genuit filium, vo- cavitque nomen ejus Ruben, dicens : Yi- dit Dominus humilitatem meam, nunc amabit me vir meus. +33. Rursumque concepit et peperit fi- lium , et ait : Quoniam audivit me Domi- nus haberi contemptui , dédit etiara istum mihi ; vocavitque nomen ejus Simeon. +34. Concepitque tertio, et genuit alium filium, dixitque : Nunc quoque copula- bitur mihi maritus meus, eo quod pepe- rerim ei très filios ; et idcirco appellavit nomen ejus Levi. +35. Quarto concepit, et peperit filium , et ait : Modo confitebor Domino ; et ob hoc vocavit eum Judam; cessavitque parère. +27. Passez la semaine avec celle-ci ; et je vous donnerai l'autre ensuite, pour le temps de sept années que vous me ser- virez de nouveau. +28. Jacob consentit à ce qu'il voulait ; et au bout de sept jours il épousa Ra- chel, +29. A qui son père avait donné une ser- vante nommée Bala. +30. Jacob ayant eu enfin celle qu'il avait souhaité d'épouser, il préféra la seconde à l'aînée dans l'affection qu'il lui portait, et servit encore Laban pour elle sept ans durant. +31. Mais le Seigneur, voyant que Jacob avait du mépris pour Lia, la rendit fé- conde, pendant que sa sœur demeurait stérile. +32. Elle conçut donc, et elle enfanta un fils qu'elle nomma Ruben, en disant : Le Seigneur a vu mon humiliation ; mon mari m'aimera maintenant. +33. Elle conçut encore, et ajaiït en- fanté un fils , elle dit : Le Seigneur, aj^ant connu que j'étais méprisée, m'a donné ce second fils. C'est pourquoi elle le nomma Siméon. +34. Elle conçut pour la troisième fois, et ayant encore enfanté un fils , elle dit : Maintenant mon mari sera plus uni à moi, puisque je lui ai donné trois fils. C'est pourquoi elle le nomma Lévi. +35. Elle conçut pour la quatrième fois , et elle enfanta un fils , et elle dit : Main- tenant je louerai le Seigneur. C'est pour- quoi elle lui donna le nom de Judas ; et elle cessa pour lors d'avoir des enfants. +hebdomadam... Les fêtes des noces duraient alors une semaine entière. Cf. Jud. xrv, 12. +28-30. Mariage de Jacob avec Rachel. — Ac- quievit. De nouveau la polygamie dans la famille de la promesse! Mais Jacob n'était guère libre d'agir auti'ement : comment, désormais, répudier Lia? et Rachel ne lui appartenait - elle pas en réalité? Cf. S. Aug. c, Faust, lib. xxii, c. 47-48. — Priori pratulit. La prédilection de Jacob pour Rachel dura toute sa vie. +40 Les enfants de Jacob. XXIX, 31 — XXX, 24. +La narration est dramatique. Les caractères de Lia et de Rachel nous apparaissent avec leurs frappants contrastes : Lia est pieuse et surnatu- relle, douce et résignée; Rachel, au contraire, moins plongée dans le divin , capricieuse et cha- grine. +31-32, Naissance de Ruben.— Videns Domi- nus... Dieu prend le parti de Lia contre Jacob lui-raômc (.quod despicerct). Tout le long de cette +histoire des patriarches, la grâce l'emporte sur la nature et la domine. — Buhen (B.éhv. : R"uben) , c.-à-d. : Voyez, un fils ! — Humilitatem meam. Mieux : mon affliction; la peine qu'elle éprouvait de n'être pas aimée de son mari. Mais elle espère que désormais Jacob l'affectionnera, à cause du fils qu'elle lui a donné. +33. Naissance de Siméon. — Désappointée dans son espoir. Lia tâche de se consoler en Dieu. — Audivit (hébr.: sama') Dominus... Ans&i nomme- t-clle son second fils Simeon (Siméon), « exau- ditio. » +34. Naissance de Lévi. — Nunc quoque copu- làbitur. lîéhr. lillaveh; d'oh le nom de Lévi, qui signifie adhésion, association. +35. Naissance de Juda. — Confitebor ( hébr. : 'odeh) , je louerai. — Judam ( Y'hudah), louange. Lia, sans doute, ne croj'ait pas si bien dire: Juda la rendra mère du Messie. — Cessavit... : pour quelque temps. Cf. xxx, 14-21. +Gen. XXX, 1-13. +117 +CHAPITRE XXX +1. Rachel, voyant qu'elle était stérile, porta envie h sa sœur, et elle dit à son mari : Donnez -moi des enfants, ou je mourrai. +2. Jacob lui répondit en colère : Suis- je, moi, comme Dieu? et n'est-ce pas lui qui empêche que votre sein ne porte son fruit? +3. Rachel ajouta : J'ai Bala, ma ser- vante; allez à elle, afin que je reçoive entre mes bras ce qu'elle enfantera, et que j'aie des enfants d'elle. +4. Elle lui donna donc Bala pour femme. +5. Jacob l'ayant prise, elle conçut, et elle enfanta un fils. +6. Alors Rachel dit : Le Seigneur a jugé en ma faveur, et il a exaucé ma voix en me donnant un fils. C'est pour- quoi elle le nomma Dan. +7. Bala conçut encore ; et ayant enfanté un second fils , +8. Rachel dit de lui : Le Seigneur m'a fait entrer en combat avec ma sœur, et la victoire m'est demeurée. C'est pourquoi elle le nomma Nephthali. +9. Lia , voyant qu'elle avait cessé d'a- voir des enfants, donna à son mari Zel- pha , sa servante , +10. Qui conçut et enfanta un fils. +1 1 . Et Lia dit : A la bonne heure ! C'est pourquoi elle le nomma Gad. +12. Zelpha ayant eu un second fils, +13. Lia dit : C'est pour mon bonheur ; +1. Cernens autem Rachel quod infe- cunda esset, invidit sorori suse, et ait marito suo : Da mihi liberos, alioquin moriar. +2. Cui iratus respondit Jacob : Num pro Deo ego sum, qui priva vit te fructu ventris tui ? +3. At illa : Habeo, inquit, famulam Balam ; ingredere ad illam , ut pariât super genua mea, et habeam ex illa filios. +4. Deditque illi Balam in conjugium, quse, +5. Ingresso ad se viro, concepit, et peperit filium. +6. Dixitque Rachel : Judicavit mihi Dominus, et exaudivit vocem meam, dans mihi filium ; et idcirco appellavit nomen ejus Dan, +7. Rursumque Bala concipiens peperit alterum , +8. Pro quo ait Rachel : Comparavit me Deus cum sorore mea, et invalui; vocavitque eum Nephthali. +9. Soutiens Lia quod parère desiisset, Zelpham ancillam suam marito tradidit , +10. Qua post conceptum edente filium, +11. Dixit : Féliciter! et idcirco vocavit nomen ejus Gad. +12. Peperit quoque Zelpha alterum, +13. Dixitque Lia : Hoc pro beatitudine +Chap. XXX. — 1-4. L'union de Jacob avec Bala. — Rachel... ait marito : avec humeur et passion, au lieu de s'adresser à Dieu. — Alioquin moriar, de honte et de chagrin. — Cui iratus... On le conçoit, c'était une rude épreuve pour Jacob de voir la discorde s'établir à l'état aigu dans sa famille; mais il traitait bien durement Eachel, en affirmant que Dieu lui-même l'avait rendue stérile. — Eabeo famulam... Rachel a recours au même procédé que Sara, xvx, 1-3, pour avoù* des enfants au moins d'une manière indirecte. — Super genua m,ea. Cf. Job, ni, 12; Is. Lxvi, 2. Recevoir un nouveau -né sur ses ge- noux, c'était le proclamer sien , l'adopter. — Ha- beayn ex illa... Pour que, moi aussi, je sois bâtie par elle. Sur cette locution de l'hébr., voyez la note de xvi, 2. +5-6. Naissance de Dan. — Dixit Rachel. Elle agit comme si elle était la vraie mère, et se charge d'imposer le nom. — Judicavit me (hébr.: +dânanni)... Dieu m'a rendu justice. — Dan. C.-à-d. juge. +7-8. Naissance de Nephthali. — Comparavit me... Dans l'hébreu : Des combats de Dieu j'ai combattus (naftulé 'Elohim niftalti) avec ma sœur, et j'ai prévalu. Dans cette sorte de duel que se livraient les deux sœurs pour obtenir les grâces divines, Rachel se prétendait maintenant victo- rieuse. De là le nom ûq Nephthali (héhr -.Naftali), mou combat. +9. Union de Jacob avec Zelpha. — Sentiens Lia. Jalouse à son tour, Lia use du même moyen que sa sœur. +10-11. Naissance de Gad. — Féliciter (hébr.: bâgad ) ; et le nom de Gad signifie précisément a heureux », +12-13. Naissance d'Aser. — Pro beatitudine mea, beatam quippe... De nouveau, l'hébreu ib"osri, Jet 'iss'runi...) rend le jeu de mots plus sensible. — Aser, ou plutôt 'Aser, bonheur. +118 +Gen. XXX, 14-23. +mea ; beatam quippe me dicent mulieres. Propterea appellavit eum Aser. +14. Eo-ressus autem Euben tempore niessis triticeœ in agnim, reperit man- dragoras , qiias raatri Liée detulit. Dixit- qiie Eacliel : Da mihi partem de man- dragoris filii tui. +15. Illa respondit : Parumne tibi vi- detiir, quod prœripueris maritum mihi, nisi etiam maiidragoras filii mei tuleris? Ait Rachel : Dormiat teciim hac nocte pro mandragoris filii tui. +16. Redeuntique ad vesperam Jacob de agro, egressa est in occursum ejus Lia, et, Ad me, inqiiit, intrabis, quia mercede conduxi te pro mandragoris filii mei. Dormivitque cum ea nocte illa. +17. Et exaudivit Deus preces ejus ; Goncepitque et peperit filium quintum ; +18. Et ait : Dédit Deus mercedem mihi, quia dedi ancillam meam viro meo ; appella-\dtque nomen ejiis Issachar. +19. Rursum Lia concipiens, peperit sextum filium, +20. Et ait : Dotavit me Deus dote bona ; etiam hac vice mecum erit mari- tus meus, eo quod genuerim ei sex filios ; et idcirco appellavit nomen ejus Zabulou. +2L Post quem peperit filiam, nomine Dinam. +22. Recordatus quoque Dominus Ra- chelis, exaudivit eam, et aperuit vulvam ejus. +23. Quœ concepit et peperit filium, +car les femmes m'appelleront bienheu- reuse. C'est pourquoi elle le nomma Aser. +14. Or Ruben étant sorti à la campagne, lorsque l'on moissonnait le froment, trouva des mandragores, qu'il apporta à Lia sa mère, à laquelle Rachel dit : Donnez -moi des mandragores de votre fils. +15. Mais elle lui répondit : N'est-ce pas assez que vous m'ayez enlevé mon mari , sans vouloir encore avoir les man- dragores de mon fils? Rachel ajouta : Je consens qu'il dorme avec vous cette nuit, pourvu que vous me donniez de ces mandragores de votre fils. +16. Lors donc que Jacob sur le soir revenait des champs. Lia alla au-devant de lui , et lui dit : Vous viendrez avec moi, parce que j'ai acheté cette grâce en échange des mandragores de mon fils. Ainsi Jacob dormit avec elle cette nuit- là. +17. Et Dieu exauça ses prières : elle conçut, et elle enfanta un cinquième fils +18. Dont elle dit : Dieu m'a récom- pensée, parce que j'ai donné ma servante à mon mari. Et elle lui donna le nom d'Is- sachar. +19. Lia conçut encore, et enfanta un sixième hls ; +20. Et elle dit : Dieu m'a fait un ex- cellent don ; mon mari demeurera encore cette fois avec moi , parce que je lui ai donné six fils. Et elle le nomma Zabu- lon. +21. Elle eut ensuite une fille, qu'elle nomma Dina. +22. Le Seigneur se souvint aussi de Rachel; il l'exauça, et lui ôta sa stérilité. +23. Elle conçut, et elle enfanta un fils, +14-15. Un petit épisode sert de transition à la naissance du cinquième fils de Lia. — Maiidra- goras (hébr.: dudâ'im). Petites pommes jaunes, à l'odeur forte et agréable, produites par VAtropa mandrafjora, plante de la famille des Solanacées, et assez commune en Palestine. Elles mûrissent en môme temps que le blé. Voj'. V Atlas d'Idst. nat. de la Bible, pi. xx, fig. 2. Leur nom hébreu (« amatoria »), la demande empressée de llachel, et les récits des anciens auteurs prouvent qu'on attri- buait à ecs fruits la, ver tu de faire cesser la sté- rilité: croyance qui persiste encore chez les Arabes. Voy. Gesenius, Thésaurus ling.hebr. et chald., p. 324. — Illa respondit, avec aigreur. La suite du dialogue montre que Jacob avait complètement «délaissé Lia. +16-18. Naissance d'Issachar. — Mercede con- +duxi te (hébr. : salcar é'kartika). Le prix qu'elle avait payé , c'étaient les mandragores de son fils. — Dédit Deus mercedem mihi (hébr.: s'kâri). De ces deux paronomases vint le nom d'Issachar (hébr. : Yssaèkar). +19-20. Naissance de Zabulon. — Mecum erit. Hébr. : yzh'lèni; d'où Zabulon {h.éhw.Z'bidûn), habitation. +21. Naissance de Dina. — Dinam. C'est le fé- minin de Dan, vers. 6. D'après xlvi, 7, Jacob eut plusieurs allés ; mais Dina est seule men- tionnée nommément, ù. cause de l'incident relaie au chap, xxxiv. +22-24. Naissance de Joseph. — Recordatus... Dominus. Dieu semblait avoir oublié Rachel. Cf. VIII, 4. — En devenant mère, Rachel pi'ononce deux paroles, l'une de reconnaissance, l'autre de +Gen. XXX, 24-32. +119 +en disant : Le Seigneur m'a tirée de l'opprobre où j'ai été. +24. Et lui donnant le nom de Joseph , elle dit : Que le Seigneur me donne en- core un second fils. +25. Joseph étant né, Jacob dit à son beau-père : Laissez-moi aller, afin que je retourne à mon pays , et au lieu de ma naissance. +26. Donnez -moi mes femmes et mes enfants pour lesquels je vous ai servi, afin que je m'en aille. Vous savez quel a été le service que je vous ai rendu. +27. Laban lui répondit : Que je trouve grâce devant vous. J'ai reconnu par ex- périence que Dieu m'a béni à cause de +V0U3. +28. Jugez vous-même de la récom- pense que vous voulez que je vous donne. +29. Jacob lui répondit : Vous savez de quelle manière je vous ai servi, et comment votre bien s'est accru entre mes mains. +30. Vous aviez peu de chose avant que je fusse venu avec vous, et présentement vous voilà devenu riche; Dieu vous a béni aussitôt que je suis entré en votre maison. Il est donc juste que je songe aussi maintenant à établir ma maison. +31. Laban lui dit : Que vous donne- rai-je? Je ne veux rien, dit Jacob; mais si vous faites ce que je vais vous deman- der, je continuerai à mener vos trou- peaux, et à les garder. +32. Visitez tous vos troupeaux et met- tez à part toutes les brebis dont la laine est de diverses couleurs ; tout ce qui naî- tra d'un noir mêlé de blanc, ou tacheté de couleurs différentes, soit dans les bre- bis ou dans les chèvres , sera ma récom- pense. +dicens : Abstulit Deus opprobrium meum. +24. Et vocavit nomen ejus Joseph; dicens : Addat mihi Dominus filium al- terum. +25. Nato autem Joseph, dixit Jacob socero suo : Dimitte me ut revertar in patriam , et ad terram meam. +26. Da mihi uxores, et liberos meos, pro quibus servivi tibi, ut abeam; tu nosti servitutem qua servivi tibi. +27. Ait illi Laban : Inveniam gratiam in conspectu tuo ; experimento didici , quia benedixerit mihi Deus propter te. +28. Constitue mercedem tuam quam dem tibi. +29. At ille respondit : Tu nosti quo- modo servierim tibi , et quanta in mani- bus meis f uerit possessio tua. +30. Modicum habuisti antequam veni- rem ad te ; et nunc dives effectus es , benedixitque tibi Dominus ad introitum meum, Justum est igitur ut aliquando provideam etiam domui meœ. +31. Dixitque Laban : Quid tibi dabo? At ille ait : Nihil volo ; sed si feceris quod postulo, iterum pascam, et custo- diam pecora tua. +32. Gyra omnes grèges tuos , et sépara cunctas oves varias, et sparso vellere; et quodcumque furvum, et maculosum, variumque f uerit, tam in ovibus quam in capris, erit merces mea. +demande , avec 1111 double jeu de mots pour légi- timer le nom donné par elle à son fils. Première parole : AhsttiÀit (hébr. : 'asaf)... opprobrium. L'humiliation de la stérilité, toujours si vive- ment ressentie en Orient. — Deuxième parole : Aâdat iyôsef)... Ce souhait sera plus tard réa- lisé, XXXV, 16 et ss., mais au milieu de circon- stances douloureuses. — Joseph (hébr.: Yôsef) signifie donc tout à la fois : Celui qui enlève, et Celui qui ajoute. +5° Convention entre Jacob et Laban. XXX, 25-36. +25-26. Demande préalable de Jacob. — Nato... Joseph. Les quatorze années de sei'vice gratuit, par lesquelles Jacob avait acheté Lia et Rachel, ont maintenant pris fin. — In patriam... La terre de Chanaan. — Tu nosti servitutem... Il y a dans ces mots une amertume visible, et bien natu- relle. +27-28. Réponee de Laban, polie et gracieuse, au moins à la surface. Il implore à son tour; car plus que jamais il apprécie les qualités de son gendre, et il fera tout pour conserver un auxi- liaire aussi utile. — Constitue... Comme antérieu- l'ement, xxix, 15, mais d'une manière plus sé- rieuse , 11 prie Jacob de fixer lui - même ses con- ditions. +29 - 30. Réplique de Jacob , qui fait valoir fran- chement ses services, et qui expose la nécessité où il se trouve de songer désormais à l'avenir des siens. +31- 33. La proposition de Jacob. — Nihil volo. C.-à-d. : rien en argent , pas de salaire fixe et pé- riodique. Il veut être payé en nature, d'une façon beaucoup plus avantageuse , quoique modeste en apparence. — Voici la traduction du vers. 32 d'a- près l'hébreu ; elle rend la pensée beaucoup plus +120 +Gen. XXX, 33-39. +33. Eespondebitque mihi cras justitia mea, quando placiti tempiis adyenerit coram te; et omnia quœ non fuerint va- ria , et maculosa , et f urva , tam in ovibus quam in capris, furti me arguent. +34. Dixitque Laban : Gratum habeo quod petis. +35. Et sépara vit in die illa capras, et oves, et hircos, et arietes, varios atque macalosos ; cunctum autem gregem uni- colorem, id est, albi et nigri velleris, tradidit in manu filionim suorura. +36. Et posiiit spatium itineris trium dierum inter se et generum, qui pascebat reliquos grèges ejus. +ST.Tollens ergo Jacob virgas populeas virides, et amygdalinas, et ex platanis, ex parte decorticavit eas; detractisque corticibus, in his, quse spoliata fueraiit, candor apparuit; illa vero quse intégra fuerant, viridia permanserunt ; atque in liunc modum color effectus est varius. +38. Posuitque eas in canalibus, ubi efÏLindebatur aqua, ut cum venissent gre- gem ad bibendum, ante oculos haberent virga? , et in aspectu eariim conciperent. +39. Factumque est ut in ipso calore coitus oves intuerentur virgas, et parè- rent maculosa, et varia, et diverco colore respersa. +33. Et demain , quand le temps sera venu de faire cette séparation selon notre accord , mon innocence me rendra témoi- gnage devant vous; et tout ce qui ne sera point tacheté de diverses couleurs ou de noir mêlé de blanc, soit dans les brebis ou dans les clièvres, me convaincra- de larcin. +34. Laban lui répondit : Je trouve bon ce que vous me proposez. +35. Le même jour, Laban mit à part les clièvres, les brebis, les boucs et les bé- liers tachetés et de diverses couleurs. Il donna à ses enfants la garde de tout le troupeau qui n'était que d'une couleur, c'est-à-dire qui était ou tout blanc ou tout noir. +36. ' Et il mit l'espace de trois journées de chemin entre lui et son gendre, qui conduisait ses autres troupeaux. +37. Jacob , prenant donc des branches vertes de peuplier, d'amandier, de pla- tane, en ôta une partie de Fécorce; les endroits d'où l'écorce avait été ôtée pa- rurent blancs , et les autres , qu'on avait laissés entiers, demeurèrent verts. Ainsi ces branches devinrent de diverses couleurs. +38. Il les mit ensuite dans les canaux, qu'on remplissait d'eau, afin que, lorsque les troupeaux y viendraient boire , ils eussent ces branches devant les yeux , et qu'ils conçussent en les regardant. +3J. Ainsi il arriva que les brebis étant en chaleur, et ayant conçu à la vue des branches , eurent des agneaux tachetés et de diverses couleurs. +claire : « Je parcourrai aujourd'hui tout ton trou- 1 oan ; mets h pai-t, parmi les agneaux, toute béte tachetée (naqôcl, piquetée de petites taches) Vers. 37, le moyen purement matériel. Virgas , de jeunes pousses de trois espèces d'arbres au bois très blanc et à l'é- corce sombre : le peuplier (hébr. : libneh; selon d'autres, le Styrax offlclnalis ; voyez V Atlas d'histoire vat. de la Bible, pi. xxni, fig. 7), l'amandier, le platane (si commun en Mésopo- tamie).— Mx parte decorticavit, comme font les enfants, au printemps, pour se fabriquer des jouets. De là une bigarrure de blanc éclatant icandor) et d'écorce d'un vert sombre (viridia). — 2° L'emploi de ces baguettes, vers. 38. Jacob les disposait de telle sorte, que les brebis les +G EN. XXX, 40 — XXXI, 4. +121 +40. Jacob divisa son troupeau ; et ayant mis ces branches dans les canaux, devant les yeux des béliers, ce qui était tout noir était ti Laban , et le reste ii Ja- cob ; ainsi les troupeaux étaient séparés. +41. Lors donc que les brebis devaient concevoir au printemps, Jacob mettait les branches dans les canaux, devant les yeux des béliers et des brebis, afin qu'elles conçussent en les regardant. +42. Mais lorsqu'elles devaient conce- voir en automne, il ne les mettait point devant elles. Ainsi ce qui était conçu en automne fut pour Laban, et ce qui était conçu au printemps fut pour Jacob. +43. Il devint de cette sorte extrême- ment riche ; et il eut de grands trou- peaux, des serviteurs et des servantes, des chameaux et des ânes. +40. Divisitque gregem Jacob , et posuit virgas in canalibus ante oculos arietum ; erant autem alba et nigra quseque, La- ban; cetera vero, Jacob, sej^aratis inter se gregibus. +41. Igitur quando primo tempore ascen- debantur oves, ponebat Jacob virgas in canalibus aquarum ante oculos arietum et ovium, ut in earum contemplatione conciperent ; +42. Quando vcro serotina admissura erat, et conceptus extremus, non pone- bat eas. Factaque sunt ea quœ erant se- rotina, Laban, et quae primi temporis, Jacob. +43. Ditatusque est homo ultra modum, et habuit grèges multos , ancillas et ser- vos, camelos et asinos. +CHAPITRE XXXI +1. Après cela, Jacob entendit les en- fants de Laban qui s'entredisaient : Ja- cob a enlevé tout ce qui était à notre père, et il est devenu puissant en s'en- richissant de son bien. +2. Il remarqua aussi que Laban ne le regardait pas du même œil qu'aupara- vant ; +3. Et de plus, le Seigneur même lui dit : Retournez au pays de vos pères et vers votre famille, et je serai avec vous. +4. Il envoya donc chercher Rachel et Lia , et les fit venir dans le champ où il faisait paître ses troupeaux ; +1. Postquam autem audivit verba filio- rum Laban dicentium : Tulit Jacob omnia quae fuerunt patris nostri, et de illius f acultate ditatus , factus est inclytus ; +2. Animadvertit quoque faciem La- ban , quod non esset erga se sicut heri et nudiustertius , +3. Maxime dicente sibi Domino : Re- vertere in terram patrum tuorum , et ad generationem tuam , eroque tecum ; +4. Misit, et vocavit Rachel et Liam in agrum, ubi pascebat grèges ; +eussent sous les yeux au moment de la féconda- tion.— 30 Le résultat produit, vers. 39 : Parè- rent viaculosa... (hébr.: rayés, tachetés, marque- tés). Ce fait d'histoire naturelle est très connu des éleveurs; on i'a surtout expérimenté chez les brebis. Voy. Bochart, Hierozoicon, I, 618 et ss. +40. Autre ruse de Jacob. Il séparait prompte- ment sa propre part de celle de Laban, toujours d'après le même principe. Quand elles concevaient, ses brebis ou ses chèvres à lui n'avaient jamais ^auprès d'elles que des animaux bigarrés. L'hébreu dit cela plus nettement que la Vulgate. +41-42. Troisième ruse. Jacob ne vise pas seu- lement ù, la quantité, il veut aussi la qualité; de plus, il se garde bien de tout prendre, car les soupçons de Laban eussent été excités trop promptement. — Quando primo tempore... Kébr.: Toutes les fois que les brebis vigoureuses en- traient en chaleur, c.-ù-d. en automne. — Quando... serotina. Hébr. : Quand les brebis étaient ché- tives, c-à-d. au printemps. En Orient, les brebis +ont d'ordinaire deux portées : l'une au printemps (résultat de la conception d'automne) , l'autre en automne; or les anciens avaient remarqué que la première de ces portées donne des animaux plus vigoureux et plus sains que la seconde. Il faut corriger la Yulgate en ce sens. +43. Ditatusque. Résultat final. — S.ir la mo- ralité de ces px'océdés de Jacob, voy. xxxi, 7-16. +§ II. — Jacob quitte la Mésopotamie. XXXI, 1-55. +l» Projet de départ, vers. 1-16. +Chap. XXXI. — 1-3. Motifs qui déterminèrent la résolution de Jacob. !<> Audivit verba filiorum Laban... {tulit omnia...; c'est le langage pas- sionné, exagéré de l'envie.) 2° Animadvertit... for ciem Laban: trait pittoresque. 3° Le motif pré- pondéi'ant ( maxime ) fut une révélation divine très expresse. +4. Misit... Dans ces circonstances délicates, Jacob tient un conseil de famille avec Rachel et Lia (l'épouse la plus aimée est nommée la pre^ +122 +Gen. XXXI, 5-16. +5. Dixitque eis : Video faciem patris vestri , quod non sit erga me sicut heri et. nudiustertius ; Deus autem patris mei tuit mecura ; +6. Et ipsse nostis quod totis viribus meis servierim patri vestro. +7. Sed et pater vester circumvenit me, et mutavit mercedem meam decem vici- bus ; et tamen non dimisit eum Deus ut noceret mihi. +8. Si quando dixit : Varise erunt mer- cedes tuse, pariebant omnes oves varios fétus ; quando vero e contrario ait : Alba quseque accipies pro mercede, otnnes grèges alba pepererunt. +9. Tulitque Deus substantiam patris vestri, et dédit mihi. +10. Postquam enim conceptus ovium tempus advenerat, levavi oculos meos, et vidi in somnis ascendentes mares su- per feminas, varios et maculosos, et di- versorum colorum. +11. Dixitque angélus Dei ad me in somnis : Jacob? Et ego respondi : Ad- sum. +12. Qui ait : Leva oculos tuos, et vide universos masculos ascendentes super fe- minas, varios, maculosos, atque resper- sos. Vidi enim omnia quse fecit tibi La- ban. +13. Ego sum Deus Bethel, ubi unxisti lapidem, et votum vovisti mihi. Nunc ergo surge, et egredere de terra hac, re- vertens in terram nativitatis tuse. +14. Eesponderuntque Rachel et Lia : Numquid habemus residui quidquam in facultatibus et hereditate domus patris nostri ? +15. Nonne quasi aliénas reputavit nos, et vendidit, comeditque pretium nostrum ? +16. Sed Deus tulit opes patris nostri, +5. Et il leur dit : Je vois que votre père ne me regarde plus du même oeil qu'autrefois ; cependant le Dieu de mon père a été avec moi. +6. Et vous savez vous-mêmes que j'ai servi votre père de toutes mes forces. +7. Il a même usé envers moi de trom- perie, en changeant dix fois ce que je devais avoir pour récompense, quoique Dieu ne lui ait pas permis de me faire tort. +8. Lorsqu'il a dit : Les agneaux tache- tés seront ton salaire, toutes les brebis ont eu des agneaux tachetés. Et lorsqu'il a dit, au contraire : Tout ce qui sera blanc sera ton salaire, tout ce qui est né des troupeaux a été blanc. +9. Ainsi Dieu a ôté le bien de votre père pour me le donner. +10. Car le temps où les brebis devaient concevoir étant venu, j'ai levé les yeux et j'ai vu en songe que les mâles qui cou- vraient les femelles étaient marquetés et tachetés de diverses couleurs. +11. Et l'ange de Dieu m'a dit en songe: Jacob. Me voici, ai -je répondu. +12. Et il a ajouté : Levez vos yeux, et voyez que tous les mâles qui couvrent les femelles sont marquetés, tachetés et de couleurs différentes. Car j'ai vu tout ce que Laban vous a fait. +13. Je suis le Dieu de Béthel, où vous avez oint la pierre et où vous m'avez fait un vœu. Sortez donc promptement de cette terre , et retournez au pays de votre naissance. +14. Rachel et Lia lui répondirent : Nous reste-t-il quelque chose du bien et de la part que nous devons avoir dans la maison de notre père ? +15. Ne nous a-t-il pas traitées comme des étrangères ? Ne nous a-t-il point ven- dues, et n'a- 1 -il pas mangé ce qui nous était dû ? +16. Mais Dieu a pris les richesses de +mière). — In agrum, pour être plus sûr du se- cret. Le petit discours de Jacob, 5-13, est tout à fait habile. C'est un contraste perpétuel entre la conduite inique, égoïste de Laban, et la con- duite si bienveillante du Seigneur. +6-6. Exorde qui va droit au fait, et qui con- tient le thème du discours. +7-9. Exemples frappants de l'injustice de Laban et de la protection divine. — Decem vicibus: nombre rond pour dire a souvent ». Cf. Num. xiv, 12; Job, XIX, 3. Jacob laisse dans l'ombre ses propres artifices; il montre du mohis, vers. 9, qu'ils étaient approuvés de Dieu. +10-12. Autre excuse indirecte encore plus forte. +13. Jacob termine, comme précédemment le narrateur (vers. 3), par l'ordre formel de dé- part qu'il avait reçu du ciel même. — Deus De- thel: nom significatif. Cf. xxviii, 18 et ss. +14-16. Réponse de Rachel et de Lia. A leur tour, elles se plaignent amèrement de leur père (14-15 ; remarquez les détails quasi aliénas... ven- didit, et comedit pretium), et elles admirent la bonté de Dieu. Elles concluent sans hésiter: «nde omnia... +Gen. XXXI, 17-27. +123 +notre père, et nous les a données et à nos enfants ; c'est pourquoi faites tout ce que Dieu vous a commandé. +17. Jacob fit donc monter aussitôt ses femmes et ses enfants sur des chameaux. +18. Et emmenant avec lui tout ce qu'il avait , ses troupeaux et tout ce qu'il avait acquis en Mésopotamie, il se mit en chemin pour aller auprès de son père, au pays de Chanaan. +19. Or Laban étant allé en ce temps- là faire tondre ses brebis, Rachel déroba les idoles de son père. +20. Et Jacob ne voulut point décou- vrir son projet de fuite h son beau-père. +21. Lors donc qu'il s'en fut allé avec tout ce qui était à lui, comme il avait déjù, passé le fleuve et qu'il marchait vers la montagne de Galaad , +22. Laban fut averti, le troisième jour, que Jacob s'enfuyait. +23. Et aussitôt, ayant pris avec lui ses fi'ères, il le poursuivit durant sept jours et le joignit à la montagne de Galaad. +24. Mais Dieu lui apparut en songe et lui dit : Prenez garde de ne rien dire d'offensant à Jacob. +25. Jacob avait déjà tendu sa tente sur la montagne de Galaad, et Laban, l'y ayant rejoint avec ses frères, y ten- dit aussi la sienne. +26. Et il dit à Jacob : Pourquoi avez- vous agi de la sorte , en m'enlevant ainsi mes filles sans m'en rien dire , comme si c'étaient des prisonnières de guerre ? +27. Pourquoi avez-vous pris le dessein de vous enfuir sans que je le susse, et ne +et eas tradidit nobis, ac filiis nostris; unde omnia quse precepit tibi Deus, fac. +17. Surrexit itaque Jacob, et impositis liberis ac conjugibus suis super camelos, abiit. +18. Tulitque omnem substantiam suam, et grèges, et quidquid in Mesopotamia acquisierat, pergens ad Isaac patrem suum in terram Chanaan. +19. Eo tempore ierat Laban ad ton- dendas oves, et Rachel furata est idola patris sui. +20. Noluitque Jacob confiteri socero suo quod fugeret. +21. Cumque abiisset tam ipse quam omnia quse juris sui erant, et amne trans- misse pergeret contra montem Galaad, +22. Nuntiatum est Laban die tertio quod fugeret Jacob. +23. Qui, assumptis fratribus suis, per- secutus est eum diebus septem ; et com- prehendit eum in monte Galaad. +24. Viditque in somnis dicentem sibi Deum : Cave ne quidquam aspere lo- quaris contra Jacob. +25. Jamque Jacob extenderat in monte tabernaculum ; cumque ille consecutus f uisset eum eum fratribus suis , in eodem monte Galaad fixit tentorium. +26. Et dixit ad Jacob : Quare ita egisti, ut clam me abigeres filias meas quasi captivas gladio ? +27. Cur ignorante me fugere voluisti, nec indicare mihi , ut prosequerer te eum +2« Le départ, vers. 17-18. +17-18. La résolution ainsi arrêtée est exécutée sans retard. Jacob emmène tout avec lui : sa fa- mille, 17, et ses biens, 18. — Super camelos. Ainsi qu'on le fait encore dans l'Orient moderne, quand une famille ou une tribu émigré. Voy. l'Atlas archéol. de la Bible, pi. lxxvii, flg. 4. +3° Laban sx la poursuite de Jacob, vers. 19-24. +19-20. Détails rétrospectifs sur le départ de Jacob. — Ad tondendas oves. Opération qui de- vait durer un certain temps; de plus, d'après XXX, 36, les ti'oupeaux de Laban étaient très éloignés de ceux de son gendre. — Idola patris. Hébr. : Les t^rafim de son père. C'étaient des Idoles à forme humaine, auxquelles on ne paraît pas avoir rendu un culte proprement dit, mais qu'on utilisait pour la magie et la divination. Cf. Jud. XVIII, 29; Ez. xxi, 21 ; Zach. x, 2. Les i'rajim avaient toutes les tailles , depuis celle d'un homme (I Reg. xix, 13) jusqu'à celle de simples statuettes ; d'après le vers. 34 , les idoles de Laban étaient de petite dimension. Voyez +l'Atlas archéol. de la Bible, pi. cxiv, flg. 6. — Noluitque... confiteri. La Vulgate a ti'aduit libre- ment. En hébreu : Jacob vola le cœur de Laban l'Araméen, en ne lui annonçant pas qu'il fuyait d'aupi'ès de lui. C'est le xXsTrxetv voOv des Grecs. +21-24. Laban est enfin averti, et se met à la poursuite des fugitifs. — Arane désigne ici l'Eu- phrate. La « montagne de Galaad » porte ce nom par anticipation (voy. les vers. 46-47). Elle re- présente en ce passage le plateau élevé qui do- mine la rive gauche du Jourdain, au nord du Jaboc. — Cave... Dieu prend encore la défense de son serviteur. +4" Alliance conclue entre Jacob et Laban, vers. 25-55. +25. Les deux campements, à quelque distance l'un de l'autre. +26-30. Les plaintes de Laban contenues dans ces versets présentent un singulier mélange d'hy- pocrisie et de l'affection paternelle la plus sin- cère. — Quasi captivas gladio. Expression très heureuse; on enlève violemment les prisonniers +124 +Gen. XXXI, 28-36. +g-nudio, et canticis, et tympaiiis, et ci- tharis ? +28. Non es passus ut oscularer filios meos et filias : stulte operatus es ; et nunc quidem +29. Valet manus mea reddere tibi ma- lam ; sed Deiis patiis vestri heri dixit milii : Cave ne loquaris contra Jacob qnidquam durius. +30. Esto ; ad tuos ire cupiebas , et de- siderio erat tibi domus patris tui; cur furatus es deos meos ? +31. Respondit Jacob : Quod inscio te prof ectus sum , timui ne violenter auf er- res filias tuas. +32. Quod autem furti me arguis, apud quemcumque inveneris deos tuos, nece- tur coram fratribus nostris. Scrutare quid- quid tuorum apud me inveneris, et aufer. Hœc dicens, ignorabat quod Rachel fu- rata esset idoîa. +33. Ingressus itaque Laban tabernacu- lum Jacob et Lise, et utriusque famulse,^ non invenit. Cumque intrasset tentorium Raclielis , +34. Illa festinans abscondit idola sub- ter stramenta cameli, et sedit desuper, scrutantique omne tentorium, et niliil invenienti , +35. Ait : Ne irascatur dominus meus , quod coram te assurgere nequeo, quia juxta consuetudinem feminarum nunc accidit raihi ; sic delusa sollicitudo quœ- rentis est. +36. Tumensque Jacob , eum jurgio ait +ni'avez-vous point averti ? Je vous aurais reconduit avec des chants de joie, au son des tambourins et des harpes ? +28. Vous ne m'avez pas même permis de donner à mes filles et à mes fils le dernier baiser. Vous n'avez pas agi sa- gement. Et maintenant +29. Je pourrais bien vous rendre le mal pour le mal; mais le Dieu de votre père me dit hier : Prenez bien garde de ne rien dire d'ofïensant à Jacob. +30. Vous aviez peut-être envie de re- tourner vers vos proches , et vous souhai- tiez de revoir la maison de votre père ; mais pourquoi m'avez -vous dérobé mes idoles ? +31. Jacob lui répondit : Ce qui m'a fait partir sans vous en avoir averti , c'est que j'ai eu peur que vous ne me voulus- siez ravir vos filles par violence. +32. Mais pour le larcin dont vous m'ac- cusez, je consens que quiconque sera trouvé avoir pris vos idoles soit puni de mort en présence de nos frères. Cherchez partout, et emportez tout ce que vous trouverez à vous ici. En disant cela, il ne savait pas que Rachel avait dérobé ses idoles. +33. Laban étant donc entré dans la tente de Jacob, de Lia et des deux ser- vantes, ne trouva point ce qu'il cherchait. Il entra ensuite dans la tente de Ra- chel ; +34. Mais elle , ayant caché prompte- ment les idoles sous la litière d'un cha- meau, s'assit dessus ; et lorsqu'il cher- chait partout dans la tente sans y rien trouver, +35. Elle lui dit : Que mon seigneur ne se fâche pas si je ne puis me lever maintenant devant lui, parce que le mal qui est ordinaire aux femmes vient de me prendre. Ainsi Rachel rendit inutile cette recherche qu'il faisait avec tant de soin. +36. Alors Jacob, tout ému, fit ce re- +de guerre, — Cum... canticis, et tympanis... Cou- tume qui subsiste encore en Orient. — Valet ma- nus mea. Laban prend tout à coup un ton me- naçant ; mais il est aussitôt obligé d'avouer qu'un plus fort que lui le retient. — Cur furatus es...? Dernier rej)roche, qui n'est pas le moins grave. 31-32. Courte apologie de Jacob, Il justifie d'abord son dt'i)art précipité : timui ne violen- ter..., crainte parfaitement légitime. Il proteste ensuite contre l'accusation de vol, et autorise une enquête immédiate, — Eœc dicens, ignora- bat... Remarque dramatique du narrateur, Jacob +aurait- il dit : Necetur, s'il eût connu l'acte de Rachel ? +33-35, L'enquête de Laban, Le récit est plein de vie et de vérité. — Subter stramenta. L'ex- pression hébraïque désigne les grands palanquins, munis de coussins et de rideaux, qui servaient à porter les femmes et les enfants, V. VAtl. archéol. de la Bible, pi. lxxviii, fig. 1,3, — Assurgere nequeo : ce qu'une fille aurait dû faire devant son père. — Quia juxta... Cf, Lev. xv, 19 et ss. +36-42, Reproches très vifs de Jacob, — Tu- mens; il laisse mahitenant un libre cours h sa +Gen. XXXI, 37-45. +125 +proche ù Laban : Quelle faute avais- je commise, et en quoi vous avais-je of- fensé, pour vous obliger de courir après moi avec tant de clialeur, +37. Et de fouiller tout ce qui est h moi? Qu'avez -vous trouvé ici de toutes les choses qui étaient dans votre maison? Faites -le voir devant mes frères et de- vant les vôtres, et qu'ils soient juges entre vous et moi. +38. Est-ce donc pour cela que j'ai passé \ingt années avec vous ? Vos bre- bis et vos chèvres n'ont point été stériles; je n'ai point mangé les moutons de votre troupeau ; +39. Je ne vous ai rien montré de ce qui avait été pris par les bêtes : je pre- nais sur moi tout ce qui avait été perdu et vous en tenais compte, et vous exi- giez de moi tout ce qui avait été dé- robé ; +40. J'étais brûlé par la chaleur pen- dant le jour et par le froid pendant la nuit, et le sommeil fuyait de mes yeux. +41. Je vous ai servi ainsi dans votre maison vingt ans durant, quatorze pour vos filles et six pour vos troupeaux. Vous avez aussi changé dix fois ce que je devais avoir pour récompense, +42. Si le Dieu de mon père Abraham , et le Dieu que craint Isaac, ne m'eût assisté, vous m'auriez peut-être renvoyé tout nu de chez vous. Mais Dieu a regardé mon affliction et le travail de mes mains, et il vous a arrêté cette nuit par ses me- naces. +43. Laban lui répondit : Mes filles et mes petits -ûh, vos troupeaux et tout ce que vous voyez est à moi. Que puis-je faire à mes filles et à mes petits-fils? +44. Venez donc, et faisons une alliance qui serve de témoignage entre vous et moi. +45. Alors Jacob prit une pierre, et, en ayant dressé un monument , +Quani ob culpam meam, et ob quod pec- catum meum sic exarsisti post me, +37. Et scrutatus es omnem supellecti- lem meam? Quid invenisti de cuncta substantia domus tua3? Pone hic coram fratribus meis et fratribus tuis, et judi- cent inter me et te. +38. Idcirco viginti annis fui tecum ? Oves tuœ et caprœ stériles non fuerunt, arietes gregis tui non comedi ; +39. Nec captum a bestia ostendi tibi , ego damnum omne reddebam ; quidquid furto peribat, a me exigebas. +40. Die noctuque aestu urebar, et gelu , fugiebatque somnus ab oculis meis. +41. Sicque per viginti annos in domo tua servi vi tibi, quatuordecim pro filia- bus , et sex pro gregibus tuis ; immutasti quoque mercedem meam decem vicibus. +42. Nisi Deus patris mei Abraham, et timor Isaac, afïuisset mihi, forsitan modo nudum me dimisisses ; afflictionem meam et laborem manuum mearum respexit Deus , et arguit te heri. +43. Respondit ei Laban : Filise mese et filii, et grèges tui, et omnia quse cer- nis, mea sunt; quid possum facere filiis et nepotibus meis ? +44. Veni ergo, et ineamus fœdus ut sit testimonium inter me et te. +45. Tulit itaque Jacob lapidem, et erexit illum in titulum. +colère, après l'avoir contenue précédemment. Les hébraïsnnts ont remarqué qtie son langage est plein de distinction. — Quam ob culpam... Il se plaint d'abord, 36'' -37, de cette odieuse perqui- sition de Laban, qu'il avait seulement tolérée pour faire constater son innocence. — Idcirco viginti...? Il se plaint aussi, 38-41, de la dureté de son beau -père pendant les longues années qu'ils avaient passées ensemble. — Notez surtout les détails des vers. 39 et 40. 1° Ego damnum omne... Jacob était responsable' de toutes les pertes, même eu cas de" force majeure. 2" JEstu... et gelu. Dans les régions orientales, à la brûlante chaleur du jour succède sans transition une fraî- +cheur très intense durant la nuit : ce brusque changement est aussi pernicieux que pénible. — Nisi Deus... Pensée de foi pour achever ce dis- cours. — Timor Isaac est une métonymie pour « l'objet de la crainte d'Isaac » (cf. Is. vrri, 13); cette locution équivaut donc à « Dieu d'Isaac ». +43 - 44. Laban , radouci par ces justes re- proches, propose une alliance pacifique. Les pa- roles du vers. 43 ne manquent pas de délicatesse. Omnia... mea sunt; par conséquent : Ne crains rien, puisque te faire du mal serait en faire à ma propre chair; - +45-47. Éroction d'un monument en signe d'al- liance. — Titulum. Ilébr. : maséhaU, une stclc ou +126 +Gen. XXXI, 46-55. +46. Dixitque fratribus suis : Afferte lapides. Qui congregantes fecerunt tu- mulum, comederuntque super eum. +47. Quem vocavit Laban Tumulum testis; et Jacob, Acervum testimonii, uterque juxta proprietatem linguae suse. +48. Dixitque Laban : Tumulus iste erit testis inter me et te hodie , et idcirco appellatum est nomen ejus Galaad, id est, Tumulas testis. +49. Intueatur et judicet Dominus in- ter nos quando recesserimus a nobis. +50. Si afflixeris filias meas, et si intro- duxeris alias uxores super eas; nullus sermonis nostri testis est absque Deo, qui prsesens respicit. +51. Dixitque rursus ad Jacob : En tu- mulus hic, et lapis quem erexi inter me et te , +52. Testis erit; tumulus, inquam, iste et lapis sint in testimonium, si aut ego transiero illum pergens ad te, aut tu prseterieris , malum mihi cogitans. +53. Deus Abraham, et Deus Nachor, judicet inter nos, Deus patris eorum. Ju- ravit ergo Jacob per timorem patris sui Isaac ; +54. Immolatisque victimis in monte, vocavit fratres suos ut ederent panem. Qui, cum comedissent, manserunt ibi. +55. Laban vero, de nocte consurgens, osculatus est filios et filias suas, et bene- dixit illis ; reversusque est in locum suura. +46 II dit à ses frères : Apportez des pierres ; et en ayant ramassé plusieurs ensemble, ils en firent un lieu élevé et mangèrent dessus. +47. Laban le nomma le Monceau du témoin, et Jacob le Monceau du témoi- gnage, chacun selon la propriété de sa langue. +48. Et Laban dit ; Ce monument sera témoin aujourd'hui entre vous et moi ; c'est pourquoi il a été nommé Galaad, c'est-à-dire le Monceau du témoin. +49. Que le Seigneur nous regarde et nous juge, lorsque nous nous serons re- tirés l'un de l'autre. +50. Si vous maltraitez mes filles, et si vous prenez encore d'autres femmes qu'elles, nul n'est témoin de nos paroles que Dieu, qui est présent et qui nous re- garde. +51. Il dit encore à Jacob ; Ce monu- ment, et cette pierre que j'ai dressée entre vous et moi +52. Nous serviront de témoin ; ce mo- nument, dis-je, et cette pierre porteront témoignage si je passe au delà pour aller à vous, ou si vous passez vous-même dans le dessein de me venir faire quelque mal. +53. Que le Dieu d'Abraham, le Dieu de Nachor et le Dieu de leur père soit notre juge. Jacob jura donc par le Dieu que craignait Isaac ; +54. Et après avoir immolé des vic- times sur la montagne, il invita ses pa- rents pour manger ensemble; et, aj^ant mangé , ils demeurèrent là pour y passer la nuit. +55. Mais Laban , se levant avant qu'il fît jour, embrassa ses fils et ses filles, les bénit et s'en retourna chez lui. +pierre droite. Cf. xxvm, 19 et la note. — Corne- derunt super eum : pour rendre le symbole en- core plus significatif par cette marque d'union et de sympathie. — Chacun des contractants imposa un nom au monument , juxta proprietatem lin- guœ suce (explication ajoutée par le traducteur latin). Tumulum testis, ou Y'gar sahadutah : c'est de l'araméen, la langue parlée en Mésopo- tamie. Acervum testimonii, ou GaVed: c'est la même locution en langue hébraïque , l'idiome cha- nanéen , qu'Abraham et les siens avaient adopté au temps de leur installation dans ce pays. Cf. X, 1. +48-53». Les stipulations de Laban. — Testis inter me et te. Laban explique et commente ce +nom qu'ils avaient donné de concert à la stèle. Elle sera, ou plutôt, au-dessus d'elle Dieu sera témoin de deux choses : 1° que Rachel et Lia au- ront en Jacob un époux bon et fidèle (vei*s. 50) ; 2° que le gendre et le beau -père ne franchiront jamais ce monument pour aller s'attaquer l'un l'autre (51-52). — Deus Abraham , et Deus Na- chor: association remarquable. +SSi'-SS. Conclusion de l'épisode. Jacob scelle le contrat par un serment (juravit ergo.... ) et par un sacrifice ( c'est en ce sens du moins que de nombi'eux interprètes expliquent les mots immolatis victimis) ; puis , le lendemain matin , on se sépara d'une manière toute pacifique. +Gen. XXXII, 1-9. +127 +CHAPITRE XXXII +1. Jacob, continuant son chemin , ren- contra des anges de Dieu. +2. Et, les ayant vus, il dit : Voici le camp de Dieu, et il appela ce lieu -là Mahanaïm, c'est-à-dire le camp. +3. Il envoya en même temps des gens devant lui pour donner avis de sa venue à son frère Ésaii, en la terre de Séir, au pays d'Edom ; +4. Et il leur donna cet ordre. Voici la manière dont vous parlerez à Ésaii : Mon seigneur, Jacob, votre frère, vous envoie dire ceci : J'ai demeuré comme étranger chez Laban, et j'y ai été jusqu'à ce jour. +5. J'ai des bœufs, des ânes, des brebis, des serviteurs et des servantes; et j'en- voie maintenant vers mon seigneur, afin que je trouve grâce devant lui. +6. Ceux que Jacob avait envoyés re- vinrent lui dire : Nous sommes allés vers votre fi'ère Esaii, et le voici qui vient lui-même en grande hâte au-devant de vous avec quatre cents hommes. +7. A ces mots, Jacob eut une grande peur ; et dans la frayeur dont il fut saisi , il divisa en deux troupes tous ceux qui étaient avec lui, et aussi les trou- peaux, les brebis, les bœufs et les cha- meaux , +8. En disant : Si Ésaii vient attaquer une des troupes , l'autre qui restera sera sauvée. +9. Jacob dit ensuite : Dieu d'Abra- ham mon père. Dieu de mon père Isaac, +1. .Jacob quoque abiit itinere quo cœ- perat, fueruntque ei obviam angeli Dei. +2. Quos cum vidisset, ait : Castra Dei sunt haec ; et appellavit nomen loci illius Mahanaim, id est, Castra. +3. Misit autem et nuntios ante se ad Esau fi-atrem suum in terram Seir, in regionem Edom ; +4. Prascepitque eis, dicens : Sic loqui- mini domino meo Esau : Haec dicit fi-ater tuus Jacob : Apud Laban peregrinatus sum , et fui usque in prsesentem diem. +5. Habeo boves , et asinos , et oves , et serves, et ancillas; mittoque nunc le- gationem ad dominum meum, ut inve- niam gratiam in conspectu tuo. +6. Reversique sunt nuntii ad Jacob, dicentes : Venimus ad Esau fratrem tuum, et ecce properat tibi in occursum cum quadringentis viris. +7. Timuit Jacob valde, et perterritus divisit populum qui secum erat, grèges quoque et oves et boves et camelos, in duas turmas, +8. Dicens : Si venerit Esau ad unam turmam , et percusserit eam , alla turma , quse reliqua est, salvabitur. +9. Dixitque Jacob : Deus patris mei Abraham, et Deus patris mei Isaac, Do- +§ III. — Jacob à Mahanaïm. XXXII, 1-32. +1° Mesures de Jacob en vue de se concilier Esaii, vers. 1-21. +Chap. XXXII. — 1-2. Apparition des anges. — Jacob... abiit. Délivré d'une vive Inquiétude, il est aussitôt saisi par un autre sujet d'angoisse ; Esaii sera peut-être un adversaire plus dangereux que Laban. Mais Jacob reçoit un nouvel encou- ragement divin. Les anges lui apparaissent au moment de son retour, comme à celui de son départ, xxviii, 12. — Castra (hébr. imahanch) Dei... De là le nom de Mahanaïm, au duel ; c.-à-d. les deux camps ( deux troupes d'anges ; ou bien, le camp des anges et celui de Jacob). Cette lo- calité, située au N. et non loin du confluent du Jaboc, devint plus tard une ville importante. Cf. Jos. XXI, 36; II Reg. xvn, 24. +3-5. Ambassade de Jacob à Esaii. — In terram Seir : la future Idumée ( regionem Edom ), ajoute +l'historien par anticipation. Esaii y faisait alors une expédition guerrière. Séir était un prince horréen, qui occupa le territoire édomite avant Esaii. Cf. xxxvi, 20-28. — Sic loquimini. Dans ce message court et modeste , après avoir donné un résumé de sa vie depuis son départ de Chanaan (4P), Jacob expose sa situation présente (5» : habeo boves..., trait habile; il peut se suffire, et il n'ap- pauvrira point son frère), et indique finalement le but de l'ambassade (6*>). +6-8. Effroi et précautions préliminaires de Ja- cob, h la nouvelle ecce properat... — Les qua- dringenti viri étaient évidemment armés, et formaient une portion de la troupe avec laquelle Esaii avait envahi le pays de Séir. — In duas turmas, dicens... Sage calcul, pour sauver au moins la moitié de sa famille et de ses biens, +9-12. Amirable prière, où la foi de Jacob éclate dans toute sa beauté. C'est une perpétuelle « ca- ptatio benevolentiae ». — In baculo meo (vers. 10>, +128 +Gen. XXXII, 10-20. +mine qui dixisti mihi : Revertere in ter- rain tuam, et in locum nativitatis tuse, et benefaciam tibi, +10. ]\Iinor sum cunctis miserationibus tuis, et vcritate tua quam explevisti servo tuo. In baculo meo transivi Jordanem istum, et nunc cum duabus turmis regre- dior. +11. Erue me de manu fratris mei Esau, quia valde eum timeo; ne forte veniens percutiat matrem cum filiis. +12. Tu locutus es quod benefaceres mihi, et dilatares semen meum sicut arenam maris, quœ prœ multitudine nu- merari non potest. +13. Cumque dormisset ibi nocte illa, separavit de his quse habebat, munera Esau fratri suo : +14. Capras ducentas, liircos viginti, oves ducentas , et arietes viginti ; +15. Camelos fêtas cum pullis suis tri- ginta, vaccas quadraginta, et tauros vi- ginti , asinas viginti , et pullos earum de- cem. +16. Et misit per manus servorum suo- rum singulos seorsum grèges, dixitque pueris suis : Antecedite me, et sit spa- tium inter gregem et gregem. +17. Et prfBcepit priori, dicens : Si ob- ^dura habueris fratrem meum Esau, et interrogaverit te, Cujus es? aut, Quo va- dis? aut, Cujus sunt ista quse sequeris? +18. Respondebis : Servi tui Jacob, munera misit domino meo Esau ; ipse quoque post nos venit. +19. Similiter dédit mandata secundo, et tertio , et cunctis qui sequebantur grè- ges, dicens : lisdem verbis loquimini ad Esau , cum inveneiitis eum. +20. Et addetis : Ipse quoque servus tuus Jacob iter nosti*um insequitur; dixit enim : Placabo illum muneribus quas +Seigneur qui m'avez dit : Retournez en votre pays et au lieu de votre naissance, et je vous comblerai de bienfaits ; +10. Je suis indigne de toutes vos misé- ricordes, et de la vérité que vous avez gardée envers votre serviteur. J'ai passé ce fleuve du Jourdain n'ayant qu'un bâ- ton, et je retourne maintenant avec ces deux troupes, +11. Délivrez - moi , je vous 2:>rie, de la main de mon fi'ère Bsali, parce que je le crains extrêmement, de peur qu'à son arrivée il ne fi-appe la mère avec les enfants. +12. Vous m'avez promis de me com- bler de biens et de multiplier ma race comme le sable de la mer, dont la multi- tude est innombrable. +13. Jacob ayant passé la nuit en ce même lieu , il sépara de tout ce qui était à lui ce qu'il avait destiné pour en faire l)résent à Esaii, son frère : +14. Deux cents chèvres, vingt boucs, deux cents brebis et vingt béliers ; +15. Trente femelles de chameaux avec leurs petits, quarante vaches, vingt tau- reaux, vingt ânesses et dix ânons. +16. Il envoya séparément chacun de ces troupeaux, qu'il fit conduire par ses serviteurs , et il dit à ses hommes : Mar- chez toujours devant, et qu'il y ait de l'espace entre un troupeau et l'autre. +17. Il dit à celui qui marchait le pre- mier : Si vous rencontrez Esaii, mon fi'ère, et qu'il vous demande : A qui êtes-vous ? ou bien : Où allez -vous ? ou : A qui sont ces bêtes que vous menez ? +18. Vous lui répondrez : Elles sont à Jacob, votre serviteur, qui les envoie pour présent k mon seigneur Esau, et il vient lui-même après nous. +19. Il donna aussi le même ordre au second, au troisième, et à tous ceux qui conduisaient les troupeaux, en leur di- sant : Lorsque vous rencontrerez Esaii, vous lui direz la même chose. +20. Et vous ajouterez : Jacob, votre serviteur, vient aussi lui-même après nous. Car Jacob disait : Je l'apaiserai +... et nunc... est un sommaire pittoresque des bienfaits divins. Le vers. 11 contient la demande proprement dite , exposée en termes naïfs {valde timeo) et expressifs (^percutiat matrem cum fi- nis, pour désigner un massacre barbare, uni- versel). +13-15. Énumération des présents destinés ù Esati. Leur ensemble formait un .très riche ca- +deau. Les animaux sont cités en gradation ascen- dante, d'après leur utilité et leur valeur en Orient. +16-21. Singulos seorsum grèges. Autre mesure pleine d'habileté, pour produire une impression favorable sur Esaii, comme il est dit en toutes lettres au vers. 20 : Placabo illum... (hébr. : Je couvrk-ai sa face de présents). +Gen. XXXII, 21-31. +129 +par les présents qui vont devant moi ; et ensuite, quand je le verrai, peut-être me regardera-t-il favorablement. +21. Les présents marchèrent donc de- vant Jacob, et pour lui il demeura pen- dant cette nuit dans son camp. +22. Et s'étant levé de fort bonne heure, il prit ses deux femmes et leurs deux ser- vantes, avec t^es onze iils, et passa le gué du Jaboc. +23. Après avoir fait passer tout ce qui était ù, lui, +24. Il demeura seul en ce lieu-là. Et il parut en même temps un homme qui lutta contre lui jusqu'au matin. +25. Cet homme, voyant qu'il ne pou- vait le surmonter, lui toucha le nerf de la cuisse, qui se sécha aussitôt. +26. Et il lui dit : Laissez-moi aller, car l'aurore commence déjà à paraître. Jacob lui répondit : Je ne vous laisserai point aller que vous ne m'ayez béni. +27. Cet homme lui demanda : Com- ment vous appelez -vous ? Il lui répon- dit : Je m'appelle Jacob. +28. Et le même homme ajouta : On ne vous nommera plus à l'avenir Jacob , mais Israël; car si vous avez été fort contre Dieu, combien le serez -vous da- vantage contre les hommes? +29. Jacob lui fit ensuite cette demande : Dites-moi, je vous prie, comment vous vous appelez. Il lui répondit : Pourquoi demandez-vous mon nom ? Et il le bénit en ce même lieu. +30. Jacob donna le nom de Phanuel à ce lieu-là, en disant : J'ai vu Dieu face à face, et mon âme a été sauvée. +31. Aussitôt qu'il eut passé ce lieu, +prsecedunt, et postea videbo ilium, for- sitan propitiabitur mihi. +21. Prsecesserunt itaque munera an ou par « mules ». +140 +Gen. XXXVI, 26-41. +26. Et isti filii Dison : Hamdan, et Eseban , et Jethram , et Charan. +27. Hi quoque filii Eser : Balaan, et Zavan, et Acan. +28. Habuit autem filios Disan : Eus, et Aram. +29. Hi duces Horrseorum : dux Lotan, duxSobal, dux Sebeon, dux Ana, +30. Dux Dison, dux Eser, dux Disan. Isti duces Horrseorum qui imperaverunt in terra Seir. +31. Reges autem qui regnaverunt in terra Edom antequam haberent regem filii Israël , f uerunt hi : +32. Bêla filius Beor, nomenque urbis ejus Denaba. +33. Mortuus est autem Bêla , et regna- vit pro eo Jobab , filius Zarse de Bosra. +34. Cumque mortuus esset Jobab, re- gna\dt pro eo Husam de terra Thema- norum. +35. Hoc quoque mortuo, regnavit pro eo Adad filius Badad , qui percussit Ma- dian in regione Moab; et nomen urbis ejus Avith. +36. Cumque mortuus esset Adad, re- gnavit pro eo Semla de Masreca. +37. Hoc quoque mortuo, regnavit pro eo Saul de fluvio Rohoboth. +38. Cumque et hic obiisset, successit in regnum Balanan filius Achobor. +39. Isto quoque mortuo, regnavit pro eo Adar, nomenque urbis ejus Phau ; et appellabatur uxor ejus Meetabel, filia Matred filise Mezaab. +40. Hœc ergo nomina ducum Esau, in cognationibus, et locis, et vocabulis suis : dux Thamna, dux Al va, dux Jetheth, +41. Dux Oolibama, dux Ela, dux Phi- non, +26. Les fils de Dison fure7it Hamdan, Eséban , Jéthram^ et Charan. +27. Les ûh à' Èser furent Balaan, Za- van et Acan. +28. Les fils de Disan furent Hus et Aram. +29. Voici les princes des Horréens : le prince Lotan , le prince Sobal , le prince Sébéon, le prince Ana, +30. Le prince Dison, le prince Eser, le prince Disan. Ce sont là les princes des Horréens, qui commandèrent dans le pays de Séir. +31. Les rois qui. régnèrent aux pays d'Edom avant que les enfants d'Israël eussent un roi furent ceux-ci : +32. Bêla, fils de Béor; et sa ville s'ap- pelait Dénaba. +33. Bêla étant mort, Jobab, fils do Zara, de Bosra, régna en sa place. +34. Après la mort de Jobab, Husam, qui était du pays des Thémanites, lui succéda. +35. Celui-ci étant mort, Adad, fils de Badad, régna après lui. Ce fut lui qui défit les Madianites au pays de Moab. Sa ville s'appelait Avith. +36. Adad étant mort, Semla, qui était de Masréca, lui succéda. +37. Après la mort de Semla, Saiil, qui était sur le fleuve de Eohoboth, régna en sa place. +38. Saùl étant mort, Balanan, fils d' Achobor, lui succéda. +39. Après la mort de Balanan, Adar régna en sa place. Sa ville s'appelait Phau, et sa femme se nommait Mééta- bel, fille de Matred, fille de Mézaab. +40. Voici les noms des princes issus d'Esaii, selon leurs familles, leurs terri- toires et leurs noms : le prince Thamna, le prince Alva, le prince Jétheth, +41. Le ])rince Oolibama, le prince Ela, le prince Phinon, +5° Les l'Ois édomites antérieurs à l'établisse- ment de la royauté chez les Hébreux, vers. 31-39. +31-39. Comp. I Par. i, 43-51. — Beges. On en cite huit seulement. Ces rois gouvernaient tout le pays ; les « duces » mentionnés précédemment n'étaient à la tête que d'un district. La royauté était élective , comme le montre la présente liste, où aucun fils ne succède à son Tpèra.— Antequam haberent regem... Ce n'est point là nécessairement une note tardive, qui n'aurait été insérée qu'a- près l'institution de la royauté dans Israël. Plu- sieurs fois, xvn, 6; xxvi, 3; xxxv, 11, Dieu avait promis aux patriarches qu'ils donne- raient le jour à des rois; il était donc naturel que Moïse rappelât indirectement cette promesse +au moment où il signalait la succession des mo- narque i qui avaient régné en Idumée jusqu'à son époque. Voy. Lamy, Coinm. in Gen., II, 247. — Jobab du vers. 33 serait, au dire des LXX et de quelques Pères , le même personnage que Job. Sur la ville de Bosra , voy. Is. xxxiv, SQ; lui, 1. — Adar (vers. 39), qui clôt la liste, est le seul dont la mort no soit pas mentionnée ; sans doute parce qu'il vivait encore au temps de Moïse. +go Territoires des chefs issus d'Ésaii, vers. 40-43. +40-43. Les mots in cognationibus, et locis... prouvent que nous n'avons pas, dans ce passage, une nouvelle énumération des fils d'Ésaii. Les noms représentent vraisemblablement les villes chefs -lieux où siégeait chaque diix. +Gen. XXXVI, 42 — XXXVII, 5. +42. Le prince Cénez, le prince Thé- man, le prince Mabsar, +43. Le prince Magdiel et le prince Hiram. Ce sont là les princes sortis d'Edom, qui ont habité dans les terres de son empire. C'est là Ésaii, père des Iduméens. +141 +dux +42. Dux Cenez, dux Theman, Mabsar, +43. Dux Maî^diel, dux Hiram; hi du- ces Edom habitantes in terra imperii sui ; ipse est Esau pater Idumseorum. +CHAPITRE XXXVII +1. Jacob demeura dans le pays de Chanaan, où son père avait été comme étranger ; +2. Et voici ses générations. Joseph, âgé de seize ans, et n'étant encore qu'un enfant, conduisait le troupeau de son père avec ses frères, et il était avec les enfants de Bala et de Zelpha, femmes de son père. Il accusa alors ses frères, devant son père, d'un crime énorme. +3. Israël aimait Joseph plus que tous ses autres enfants , parce qu'il l'avait eu étant déjà vieux ; et il lui avait fait faire une robe de plusieurs couleurs. +4. Ses frères, voyant donc que leur père l'aimait plus que tous ses autres en- fants, le haïssaient et ne pouvaient lui parler avec douceur. +5. Il arriva aussi que Joseph rapporta +1. Habitavit autem Jacob in terra Cha- naan, in qua pater suus peregrinatus est ; +2. Et hse sunt generationes ejus. Jo- seph citm sedecim esset annorum, pa- scebat gregem cum fratribus suis adhuc puer; et erat cum fihis Baise et Zelphœ uxorum patris sui; accusavitque fratres suos apud patrem crimine pessimo. +3. Israël autem diligebat Joseph super omnes filios suos, eo quod in senectute genuisset eum ; f ecitque ei tunicam poly- mitam. +4. Videntes autem fratres ejus quod a pâtre plus cunctis filiis amaretur, ode- rant eum, nec poterant ei quidquam pa- cifiée loqui. +5. Accidit quoque ut visum somnium +LIVKE X Les générations de Jacob. XXXVII, 1 — L, 25. +Section I. — Première période de l'histoire DE Joseph. XXXVII, 1 — XLI, 57. +§ I. — Joseph vendu par ses frères. XXXVII, 1-3G. +Chap. XXXVII. — 1-2». Titre du livre. — Hœ... generationes... De même que le livre inti- tulé «■ les générations d'Isaac » contenait surtout l'histoire de Jacob , de même ici nous avons l'his- toire des fils de Jacob , et plus particulièrement celles de Joseph et de Juda, appelés à jouer un rôle prépondérant dans leur famille. Sur Joseph , voyez S. Ambroise, De Josepho; S. Augustin, Sermo cccxliii, De Susanna et Joseph; Pascal, Pensées, u, 9, 2; Cuvon , Essai sur les rapports entre le saint patriarche Joseph et N.-S. Jésus- Christ, 1825. +l» Jalousie des frères de Joseph, vers. 2i'-ll. +2t>. Première occasion de haine, l'accusation que Joseph dut porter contre ses frères. — D'a- bord quelques détails sur le héros : Sedecim an- norum; dix -sept ans d'après l'iiébreu. — Pasce- hat... cum fUiis Balce... Bala avait été l'esclave de Rachel, et il est probable qu'on lui avait confié Joseph quand il eut perdu sa mère. Il semble aussi que les fils de Jacob étaient dispersés çà et là dans le pa5's par détachements, selon l'a- ■bondanco des pâturages. — Crimine pessimo... +L'hébreu peut recevoir une double traduction : Et il rapportait à leur père leurs mauvais pro- pos ; ou bien : Et il rapportait... leur infamie , c.-à-d. leur mauvaise réputation , occasionnée par leur conduite irrégulière. +3 - 4. Deuxième occasion de haine , la prédilec- tion trop marquée de Jacob. La narration signale un des motifs de cette prédilection : eo quod in senectute... Jacob avait environ quatre-vingt-dix ans à la naissance de Joseph ; et c'est Rachel qui lui avait donné ce fils , après une longue attente. Benjamin, quoique plus jeune, rappelait im dou- loureux souvenir; et le caractère parfaitement doué de Joseph avait encore accru l'affection de son père. — Tunicam polymitam. Les peintures de Bcni- Hassan nous donnent une idée de ces gracieux et riches vêtements, qui consistaient en étoffes de diverses couleurs, habilement juxtapo- sées (Atlas archéol. de la Bible, pi. lxxv, fig. 8). Il est probable, toutefois, que l'expression hé- braïque désigne plutôt ime longue tunique (lit- téral.: une tunique d'extrémités, la (c tunica ma- nicata et talaris ») qui descendait jusqu'aux talons, et dont les manches recouvraient les mains. Voy. VAtl. arch., pi. i, fig. 13. Au vers. 23, la Vulgate réunit les deux opinions. +5-8. Troisième motif de haine, un songe do Joseph. — Majoris odii... Ce fut comme de l'huile sur le feu. — Circumstantes adorare... Tandis que la gerbe de Joseph se tenait debout au centre, +142 +Gen. XXXVII, 6-16. +referret fratribus suis; quse causa ma- joris odii scminaiium fuit. +6. Dixitque ad eos : Audite somnium meum qiiod vidi. +7. Piitabam nos ligare maiiipulos in agro, et quasi consurgere manipulum meuni, et stare, vestrosque maaipulos circumstantes adorare manipulum meum. +8. Responderunt fi-atres ejus : Num- quid rex noster eris? aut subjiciemur ditioni tuae? Hsec ergo causa somniorum atque sermonum, invidiae et odii fomi- tem ministravit. +9. Aliud quoque vidit somnium, quod narrans fratribus, ait : Vidi per somnium, quasi solem et lunam et stellas undecim adorare me. +10. Quod cum patri suo et fratribus retulisset, increpavit eum pater suus, et dixit : Quid sibi vult hoc somnium quod vidisti ? num ego et mater tua et fratreo tui adorabimus te super terram ? +11. Invidebant ei igitilr fratres sui ; pater vero rem tacitus considerabat. +12. Cumque fi'atres illius in pascendis gregibus patris morarentur in Sicliem, +13. Dixit ad eum Israël : Fratres tui pascunt oves in Sicbimis; veni, mittam te ad eos. Quo respondente , +14. Prsesto sum, ait ei : Vade, et vide si cuncta prospéra sint erga fratres tuos, et pecora ; et renuntia milii quid agatur, Missus de valle Hebron, venit in Sichem ; +15. Invenitque eum vir errantem in agro, et interrogavit quid quœreret. +16. At ille respondit : Fratres meos quœro ; indica mihi ubi pascant grèges. +h ses fi^ères un songe qu'il avait eu , qui fut enco7'e la semence d'une plus grande haine. +6. Car il leur dit : Ecoutez le songe que j'ai eu. +7. Il me semblait que je liais avec vous des gerbes dans la campagne, que ma gerbe se leva et se tint debout, et que les vôtres, entourant la mienne, l'a- doraient. +8. Ses frères lui répondirent : Est-ce que tu seras notre roi, et serons -nous soumis à ta puissance ? Ces songes et ces entretiens allumèrent donc encore davantage l'envie et la haine qu'ils avaient contre lui. +9. Il eut encore un autre songe, qu'il raconta à ses frères , en leur disant : J'ai vu en songe que le soleil, et la lune, et onze étoiles m'adoraient. +10. Lorsqu'il eut rapporté ce songe à son père et à ses frères , son père lui en fit réprimande, et il lui dit : Que vou- drait dire ce songe que tu as eu ? Est-ce que ta mère, tes fi^ères et moi nous t'a- dorerons sur la terre ? +11. Ainsi ses frères étaient transportés d'envie contre lui ; mais le j)ère considé- rait tout cela en silence. +12. Il arriva alors que les frères de Joseph s'arrêtèrent à Sichem , où ils fai- saient paître les troupeaux de leur père. +13. Et Israël dit à Joseph : Tes frères font paître nos brebis dans le pa3^s de Sichem ; viens, et je t'enverrai vers eux. +14. Je suis tout prêt, lui dit Joseph. Jacoh ajouta : Va, et vois si tes frères se portent bien et si les troupeaux sont en bon état , et tu me rapporteras ce qui se passe. Ayant donc été envoyé de la vallée d'Hébron, il vint à Sichem; +15. Et un homme, l'ayant trouvé errant dans la campagne, lui demanda ce qu'il cherchait. +16. Il lui répondit : Je cherche me ■• frères ; je vous prie de me dire où ils font paître leurs troupeaux. +celles de ses frères se prosternaient devant elle. Le symbole était clair, et les frères envieux l'in- terprètent sans peine : Numquid rex...? +9-10. Quatrième cause d'envie, un nouveau songe providentiel qui confirmait la vérité du premier. — Increpavit cum iiater... A son tour Jacob se fait l'interprète de la vision ; mais il se hâte, et sur un ton sévère, d'en rejeter l'ac- complissement, qui lui paraissait contraire au respect qu'un fils devait à ses parents. Cette fois, en effet, outre les frères, c'étaient le père +et la mère qui rendaient hommage à Joseph. Néanmoins, tacitus considerabat, frappé malgré lui de ces incidents. Cf. Luc, ii, 51. +2° Joseph à Dothaïn, vers. 12-24. +12-14». Jacob confie h Joseph une mission, dont les conséquences inuuédiates seront bien dures pour l'un et pour l'autre. +lé^-n. Joseph à la recherche de ses frères. — De... Hebron... in Sichem ; environ trois jours de marche séparaient ces deux localités. — Erran- tem in agro: dans la campagne, à travers les +Gen. XXXVII, 17-25. +143 +17. Cet homme lui répondit : Ils se sont retirés de ce lieu, et j'ai entendu qu'ils se disaient : Allons vers Dothaïn. Joseph alla donc après ses frères, et il les trouva à Dothaïn. +18. Lorsqu'ils l'eurent aperçu de loin, avant qu'il se fût approché d'eux, ils ré- solurent de le tuer ; +19. Et ils se disaient l'un tï l'autre : Voici notre songeur qui vient. +20. Allons, tuons-le et jetons-le dans une vieille citerne ; nous dirons qu'une bête sauvage l'a dévoré, et après cela on verra à quoi ses songes lui auront servi. +21. RuLen, les ayant entendus parler ainsi , tâchait de le tirer d'entre leurs mains, et il leur disait : +22. Ne le tuez point et ne répandez point son sang, mais jetez-le dans cette citerne qui est au désert, et conservez vos mains pures. Il disait cela dans le dessein de le tirer de leurs mains et de le rendre à son père. +23. Aussitôt donc que Joseph fut ar- rivé près de ses frères , ils lui ôtèrent sa robe de plusieurs couleurs , qui le cou- vrait jusqu'en bas ; +24. Et ils le jetèrent dans cette vieille citerne, qui était sans eau. +25. S'étant ensuite assis pour manger, ils virent des Ismaélites qui passaient, et qui, venant de Galaad, portaient sur leurs chameaux des parfums, de la ré- sine et de la myii-he, et s'en allaient en Egypte. +17. Dixitque ei vir : Recesserunt de loco isto; audivi autem eos dicentes : Eamus in Dothain. Perrexit ergo Joseph post fratres suos, et invenit eos in Do- thain. +18. Qui cum vidissent eum procul, an- tequam accederet ad eos, cogitaverunt illum occidere; +19. Et mutuo loquebantur : Ecce som- niator venit ; +20. Venite, occidamus eum, et mitta- mus in cisternam veterem , dicemusque : Fera pessima devoravit eum ; et tune apparebit quid illi prosint somnia sua. +21. Audiens autem hoc Ruben, nite- batur liberare eum de manibus eorum, et dicebat : +22. Non interfîciatis animam ejus , nec effundatis sanguinem ; sed projicite eum in cisternam liane, quse est in solitudine, manusque vestras servate innoxias. Hoc autem dicebat, volens eripere eum de manibus eorum, et reddere patri suo. +23. Confestim igitur ut pervenit ad fratres suos, nudaverunt eum tunica ta- lari , et polymita ; +24. Miseruntque eum in cisternam ve- terem, quse non habebat aquam. +25. Et sedentes ut comederent panem, viderunt Ismaelitas viatores venire de Galaad, et camelos eorum , portantes aro- mata, et resinam, et stacten, in Mgj- ptum. +collines ondulées du centre de la Palestine. — Dothain. Village situé an nord de Sichem et de Sébaste, dans nne petite A'allée qui possédait de gras pâturages. +18-20. Le projet de vengeance. — Cum, vidis- sent... Ils le reconnaissent, même de loin, à son vêtement spécial. — Somniator. En hébr. : maître des songes. Ironie mordante. — In cisternam veterem. Les citernes sont nombreuses dans ce district, qui manque de soiirces et de ruisseaux ; on y recueille l'eau des pluies. +21-22. Le contre -projet de Euben. — Ruben nitébatur... Noble conduite, digne cette fois de l'aîné de la famille. — Non interficiatis : direc- tement , en versant vous - mêmes le sang de votre frère. Ce qu'il conseillait (projicite... in cister- nam havc) semblait deA^oir aussi aboutir à la mort; car, dans ce lieu désert (in solitudine) , il était impossible que Joseph pût sortir seul d'une citerne profonde, dont le sommet formait un entonnoir renversé, à l'orifice étroit ; mais Ruben voulait gagner du temps , et sauver son frère dès que les autres se seraient éloignés. +23-24. Exécution du projet de Ruben, après un premier acte de basse et vulgaire vengeance , +exercé contre le vêtement qui avait excité leur jalousie. — Miseruntque..., à l'aide de cordes. +30 Joseph est conduit en Egypte et vendu à Putiphar, vers. 25-36. +25. Les marchands ismaélites. — Et sedentes. Trait graphique. — Ismaelitas. Aux vers. 28 et 36 , ils sont appelés Madianites. Ces deux races, issues d'Abraham , avaient centralisé le commerce antique : leurs noms étaient devenus synonymes de celui de mai'chands. Dothaïn était situé sur la grande ligne des caravanes entre les Indes et l'Egypte. — Aromata. Hébr. : n'k'ôt; probable- ment la gomme tragacanthe ou adragante , fruit de l'astragale (Atlas d'hist. nat. de la Bible, pi. XXXI, flg. 2 et 3) ; selon d'autres, la gomme également parfumée que produit le styrax (ib., pi. xxiii, fig. 7). — Resinam. Hébr. : s'ri; la ré- sine du « Balsamodendron Gileadense » (Atlas d'hist. nat., pi. xxxiii, flg. 2). — Stacten. Hébr.: lot; le ladanum, autre gomme exquise, exsudée par le ciste (ibid., pi. xl, fig. 1,2, 7). C'étaient là trois produits palestiniens très estimés (cf. XLiii, 11 ), et l'Egypte faisait un grand usage do toute sorte d'aromates. +144 +Gen. XXXVII, 26-35. +26. Dixit ergo Judas fratribus suis : Quid nobis prodest si occiderimus^ fra- trem nostrum , et celaverimus sanguinem ipsius ? +27. Melius est ut venundetur Ismae- litis, et manus nostrse non polluantur; frater enim et caro nostra est. Acquieve- riint fratres sermonibus illius. +28. Et prsetereuntlbus Madianitis ne- gotiatoribus, extrahentes eum de cisterna, vendiderunt eum Ismaelitis, viginti ar- genteis, qui duxerunt eum in ^gyptum. +29. Reversusque Ruben ad cisternam, non iuvenit puerum , +30. Et scissis vestibus pergens ad fra- tres suos, ait : Puer non comparet, et ego quo ibo ? +31. Tulerunt autem tunicam ejus, et ia sanguine hsedi, quem occiderant, tinxe- runt , +32. Mittentes qui ferrent ad patrem, et dicerent : Hanc invenimus ; vide utrum tunica filii tui sit, an non. +33. Quam eum agnovisset pater, ait : Tunica filii mei est; fera pessima com- edit eum, bestia devoravit Joseph. +34. Scissisque vestibus, indutus est cilicio, lugens filium suum multo tem- pore. +35. Congregatis autem cunctis liberis ejus ut leiiirent dolorem patris, noluit consolationem accipere,sed ait : Descen- dam ad filium meum lugens in infer- num. Et illo persévérante in fletu, +26. Alors Juda dit à ses fi-ères : Que nous servira d'avoir tué notre frère et d'avoir caché sa mort ? +27. Il vaut mieux le vendre à ces Is- maélites et ne point souiller nos mains, car il e^: Motre frère et notre chair. Ses fi'ères consentirent à ce qu'il disait. +28. L'ayant donc tiré de la citerne, et voyant ces marchands madianites qui passaient, ils le vendirent vingt pièces d'argent aux Ismaélites , qui le menèrent en Egypte. +29. Ruben étant retourné à la citerne, et n'y ayant point trouvé l'enfant, +30. Déchira ses vêtements et vint dire à ses frères : L'enfant ne paraît plus ; et que deviendrai-je ? +31. Après cela ils prirent la robe de Joseph, et l'ayant trempée dans le sang d'un chevreau qu'ils avaient tué , +32. Ils l'envoyèrent à son père , lui faisant dire par ceux qui la lui portaient: Voici une robe que nous avons trouvée ; voyez si c'est celle de votre fils , ou non. +33. Le père, l'ayant reconnue, dit : C'est la robe de mon fils ; une bête cruelle l'a dévoré, une bête a dévoré Joseph. +34. Et ayant déchiré ses vêtements, il se couvrit d'un cilice, pleurant son fils fort longtemps. +35. Alors tous ses enfants s'assem- blèrent pour tâcher de soulager leur père dans sa douleur ; mais il ne voulut point recevoir de consolation, et il leur dit : Je pleurerai toujours, jusqu'à ce que je descende avec mon fils au séjour des morts. Ainsi il continua toujours de pleurer. +26-27. La proposition de Juda, — Dixit... Ju- das. Lui aussi il a son projet, destiné à épai'gner la vie de Joseph; mais il fera échouer le plan plus humain de Ruben. — Acquieverunt. Leurs premiers sentiments s'étant un peu calmés, ils comprennent mieux l'horreur du crime qu'ils avaient décidé. +28. Joseph est vendu aux Ismaélites , qui fai- saient également le commerce d'esclaves. — Vi- ginti argenteis. Au temps de Moïse, Lcv. xxvii, 7, cette somme était regardée comme le prix d'un jeune esclave. Si le sicle d'argent valait dès lors 2 f r. 83 , Joseph aura été vendu pour moins de 60 fr. +29-30. Désespoir de Ruben, lequel, évidemment, n'était pas avec ses frères au moment de leur marché infâme. — Scissis vestibus. Geste de dou- leur et de deuil, que nous retrouverons souvent dans la Bible. Cf. vers. 34. On déchirait le haut du vêtement supérieur jusqu'à la poitrine. +31-33. La tunique de Joseph est envoyée à son père. — Tulerunt tunicam... Ils prirent ce moyen pour écarter d'eux tout soupçon relativement à la disparition de leur frère. — Vide utrum... Ils se bornent à exprimer un doute, laissant à Jacob le soin de tii'er la conclusion. +34-35, Désespoir de Jacob. Scène très pathé- tique. — Indutus... cilicio. En hébr. : èaq, d'où vient notre mot « sac », C'était une espèce de tunique en étoffe grossière, parfois même en poils de chameau, dont on se revêtait en signe de deuil ou de pénitence. Cf. Jos, vu , 6 ; I Reg, IV, 12 ; II Reg. m, 31 ; Job, i, 20 ; Jon. m, 6, etc. — Congregatis cunctis... Cette violente douleur émut les enfants de Jacob ( hébr. : tous ses fils et toutes ses filles), qui accoururent pour essayer de le consoler. — In infernum. Hébr. : dans le s"ôl, ou séjour des morts. Sur les limbes des Hé- breux, si souvent mentionnées dans les saints Livres, et qui attestent une croyance primordiale +Gen. XXXVII, 36 — XXXVIII, 8. +145 +36. Cependant^ les Madianites vendi- rent Joseph en Egypte à Piiiij)har, eu- nuque du Pharaon, et général de ses troupes. +36. Madianitas vendiderunt Joseph in ^g_ypto Putiphari, eunucho Pharaonis, mafiistro militum. +CHAPITRE XXXVIII +1. En ce même temps, Juda quitta ses frères et vint chez un homme d'Odollam, qui s'appelait Hira. +2. Et ayant vu en ce lieu la fille d'un Chananéen, nommé Sué, il Fépousa et vécut avec elle. +3. Elle conçut et enfanta un fils, qui fut nommé Her. +4. Ayant conçu une seconde fois , elle eut encore un fils, qu'elle nomma Onan. +5. Et elle en enfanta encore un troi- sième qu'elle nomma Séla, après lequel elle cessa d'avoir des enfants. +6. Juda fit épouser à Her, son fils aîné, une fille nommée Thamar. +7. Ce Her, fils aîné de Juda, fut un très méchant homme, et le Seigneur le frappa de mort. +8. Juda dit donc à Onan, son second fils : Épouse la femme de ton frère et vis avec elle , afin que tu suscites des en- fants à ton frère. +1. Eodem tempore descendens Judas a fratribus suis, divertit ad viruni Odol- lamitem, nomine Hiram. +2. Viditque ibi filiam hominis cha- nanasi, vocabulo Sue, et accepta uxore, ingressus est ad eam. +3. Quœ concepit, et peperit filium, et vocavit nomen ejus Her. +4. Rursumque concepto fétu, natum filium vocavit Onan. +5. Tertium quoque peperit, quem ap- pellavit Sela ; quo nato , parère ultra ces- savit. +6. Dédit autem Judas uxorem primo- genito suo Her, nomine Thamar, +7. Fuit quoque Her primogenitus Judae, nequam in conspectu Domini ; et ab eo occisus est. +8. Dixit ergo Judas ad Onam filium suum : Ingredere ad uxorem fratris tui, et sociare illi, ut suscites semen fratri tuo. +à, l'immortalité de l'âme, voy. T. Lamy, Comm. in Gen., Il, 259-263, et Vigoui'oux, la Bible et les découvertes modernes, III, 101-189. +36. Joseph est vendu à Putiphar. Les LXX orthographient ce nom : XIsxsçp-^ç , ce qui est sa ti'anscription hiéroglyphique très exacte, car il était assez répandu en Egjipte. Il signifie proba- blement : consacré à, Ra , c. - à - d. au soleil. — Eunucho. Primitivement, la plupart des officiers, dans les cours orientales, étaient en réalité des eunuques, coutume qui subsiste encore de nos jours pour divers emplois; mais peu à peu le mot eunuque semble avoir reçu la signification plus étendue de fonctionnaire royal. En effet, Putiphar était marié. Cf. xxxix , 7 et ss. — Ma- gistro militum. Hébr. : chef des bourreaux. Cf IV Reg. XXV, 8. Les LXX ont l'étrange traduc- tion : chef des cuisiniers. +§11. — La famille de Juda. XXXVIII, 1-30. +Triste lignée, au premier regard, et grand con- traste avec l'image si pure de Joseph. Mais gé- néalogie de la plus haute importance en réalité, puisque ce sera celle du Messie lui-même. Cf. Matth. I, 3 et ss. +lo Les enfants de Juda par son épouse cha- nanéenne, vers. 1-11. +Chap. XXXVIIL — 1-2. Mariage de Juda.— Eodem tempure. La formule hébraïque est plus +vague : « en ce temps - là. » — Odollamitem. D'Adullam, localité célèbx'e dans l'histoire de David. Elle était située au sud de Succoth, au nord d'Hébron, un peu au-dessous du plateau central de la Palestine ; de là l'expression descen- dens. — Sue est le nom du père, non pas de la fille. Comp. le v'ers. 12. — Accepta uxore. Ce mariage avec une Chananéenne attestait des sentiments peu conformes à ceux d'Abraham, xxrv, 3, et d'Isaac, xxviii, 1. +3-5. Naissance des trois premiers fils de Juda. Au vers. 5 , on lit dans l'hébr. : « et il ( Juda ) était à K'zib quand elle l'enfanta, » au lieu de quo nato, parère... ces^savit. K^zib, l'Achzib de Jos. XV, 44, et de Mich. i, 14-15, était un vil- lage bâti aux environs d'Adullam. +6-7. Abrégé de l'histoire de Her, le premier- né de Juda. — Thamar est un nom gracieux, qui signifie palmier. — Nequam in conspectu Dei. Sorte de superlatif, pour dire « très mauvais ». — Occisus est : cette expression désigne proba- blement une mort subite. +8-10. Histoire abrégée d'Onan. — Ingredere... Cet ordre de Juda à son second fils suppose, dès ces temps reculés, l'existence de la coutume qui deviendra plus tard, sous Moïse, la loi du « lé- virat ». Cf. Deut. xxv, 5, Pour empêcher l'ex- tinction complète d'une famille, quand un homme mourait sans enfants, son frère ou son parent +14G +Gen. XXXVIII, 9-16. +9. Ille sciens non sibi nasci filios, in- troiens ad uxorem fratris siii, semen fundebat in terram, ne liLeii fratris no- mine nascerentur. +10. Et idcirco percussit eum Dominus, quod rem detestabilem faceret. +11. Quamobrem dixit Judas Thamar nurui suae : Esto vidua in domo patris tui, donec crescat Sela filius meus; ti- mel3at enim ne et ipse moreretur, sicut fratres ejus. QuaB abiit, et habita vit in domo patris sui. +12. Evolutis autem multis diebus, mor- tua est lilia Sue uxor Judœ ; qui post luctum consolatione suscepta, ascende- bat ad tonsores ovium suarum, ipse et Hiras opilio gregis Odollamites, in Tliam- nas. +13. Nuntiatumque est Thamar, quod socer illius ascenderet in Thamnas ad tondendas oves ; +14. Quse, depositis viduitatis vestibus, assumpsit theristrum, et mutato habitu, sedit in bivio itineris, quod ducitTham- nam; eo quod crevisset Sela, et non eum accepisset maritum. +15. Quam eum vidisset Judas, suspi- catus est esse meretricem ; operuerat enim vultum suum, ne agnosceretur. +16. Ingrediensque ad eam, ait : Di- mitte me ut coeam tecura ; nesciebat enim quod nurus sua esset. Qua respon- dente : Quid dabis mihi ut fruaris con- cubitu meo ? +9. Onan, voyant la femme de son frère, et sachant que les enfants qui naîtraient d'elle ne seraient pas à lui, empêchait qu'elle ne devînt mère, de peur que ses enfants ne portassent le nom de son frère. +10. C'est pourquoi le Seigneur le frappa de mort, parce qu'il faisait une chose détestable. +11. Juda dit donc à Thamar, sa belle- fille : Demeurez veuve dans la maison de votre père, jusqu'à ce que mon fils Séla devienne grand ; car il avait peur que Séla ne mourût aussi, comme ses autres frères. Ainsi Thamar retourna demeurer dans la maison de son père. +12. Beaucoup de temps s'étant passé, la fille de Sué, femme de Juda, mourut. Juda, après l'avoir pleurée et s'être con- solé de cette perte, alla à Thamnas avec Hiras d'Odollam , le pasteur de ses trou- peaux, pour voir ceux qui tondaient ses brebis, +13. Thamar ayant été avertie que Juda, son beau -père, allait à Thamnas pour faire tondre ses brebis , +14. Quitta ses habits de veuve, se couvrit d'un grand voile , et , s'étant dé- guisée, s'assit dans un carrefour, sur le chemin de Thamnas; parce que Séla étant en âge d'être marié , Juda ne le lui avait point fait épouser. +15. Juda, l'ayant vue, s'imagina que c'était une femme de mauvaise vie ; car elle s'était couvert le visage, de peur d'être reconnue. +16. Et l'abordant, il lui dit : Laisse- moi m'approcher de toi ; car il ne savait pas que ce fût sa belle -fille. Elle lui ré- pondit : Que me donnerez -vous pour ce que vous me demandez ? +le plus proche devait épouser la veuve. Le pre- mier-n6 issu de ce second mariage était regardé comme le fils du défunt, et il héritait de ses biens (suscites semen /ratri tiio). Mais Onan convoitait tout l'héritage; de là, son infâme et brutal égoïsme (non sihi nasci). — Percussit eum : subitement aussi. +11. Thamar est renvoyée à son père, donec crescat..., du moins en ai^parence. Au fond Juda, guidé par une crainte superstitieuse (timehat enim...), voulait l'éloigner h tout jamais. Tran- sition aux faits qui vont suivre. +2» Les fils de Juda par Thamar, vers. 12-30. +12. Mort de la femme de Snù-à. — Ascendeliat ad tonsores, afin de surveiller en personne cette importante ( pération. Cf. xxxi, 19. — Opilio (iregis. La Vulgate et d'autres versions antiques ont dû lire ro'êhu, son pasteur, au lieu de +rê'êhu, son ami, leçon actuelle du texte hébreu. De même au vers. 20, — Thamnas. En hébr. : Timna. Aujourd'hui Kirbet - Tibneh , dans la di- rection de l'ouest, auprès de l'ancien territoire des Philistins (Guérin, Judée, II, 30-31), +13-19. Le stratagème de Thamar. Cette femme, se A'oyant oubliée volontairement (eo quod cre- visset...,\crs. 14; comp. le vers. 11), et, d'autre part, comme l'enseignent plusieurs Pères (S. Ephr., S. J. Chrys., S. Ambr.) , ayant un extrême désir d'appartenir à la famille qui avait reçu les di- vines promesses, profita du déplacement de Juda pour exécuter un dessein très coupable en lui- même, malgré une certaine bonne foi. Cf. S. Aug,, c. Faustum, xxii, 61-64. — Viduitatis vestibus: costume spécial , qui aurait pu la faire recon- naître. — Theristrum : grand voile qui la recou- vrait tout entière. — In bivio itineris. De même +Gen. XXXVIII, 17-26. +147 +17. Je vous enverrai, dit-il, un che- vreau de mon troupeau. Elle repartit : Je consentirai i\ ce que vous voulez, pourvu que vous me donniez un gage, en attendant que vous m'envoyiez ce que vous me promettez. +18. Que voulez- vous que je vous donne pour gage? lui dit Juda. Elle lui répon- dit : Donnez -moi votre anneau, votre bracelet et le bâton que vous tenez à la main. Ainsi elle conçut de lui , +19. Et s'en allant aussitôt, et ayant quitté le costume qu'elle avait pris, elle se revêtit de ses habits de veuve. +20. Juda envoya ensuite le chevreau par son pasteur d'Odollam, afin qu'il reti- rât le gage qu'il avait donné à cette femme. Mais, ne l'ayant point trouvée, +21. Il demanda aux habitants de ce lieu : Où est une femme qui était assise dans ce carrefour? Tous lui répondirent: Il n'y a pas eu en cet endroit de femme débauchée. +22. Il retourna auprès de Juda et lui dit : Je ne l'ai point trouvée ; et même les habitants de ce lieu m'ont dit que jamais femme de mauvaise vie ne s'était assise en cet endroit. +23. Juda dit : Qu'elle garde ce qu'elle a ; elle ne peut pas au moins m'accuser d'avoir manqué à ma parole. J'ai envoyé le chevreau que je lui avais promis, et vous ne l'avez point trouvée. +24. Mais trois mois après , on vint dire à Juda : Thamar, votre belle -fille, est tombée en fornication, car on commence à s'apercevoir qu'elle est grosse. Juda répondit : Qu'on la produise en public, afin qu'elle soit brûlée. +25. Et lorsqu'on la menait au supplice, elle envoya dire à son beau -père : J'ai conçu de celui à qui sont ces gages. Voyez à qui est cet anneau, ce bracelet et ce bâton. +26. Juda, ayant reconnu ce qu'il lui +17. Dixit : Mittam tibi hœdum de gre- gibus. Rursumque illa dicente : Patiar quod vis, si dederis mihi arrhabonem, donec mittas quod polliceris ; +18, Ait Judas : Quid tibi vis pro ar- rhabone dari ? Respondit : Annulum tuum, et armillam, et baculum quem manu te- nes. Ad unum igitur coitum mulier con- cepit, +19, Et surgens abiit ; depositoque ha- bitu quem sumpserat, induta est vidui- tatis vestibus. +20, Misit autem Judas haedum per pastorem suum Odollamitem, ut recipe- ret pignus quod dederat mulieri. Qui cum non invenisset eam, +21, Interrogavit homines loci illius : Ubi est mulier quse sedebat in bivio? Respondentibus cunctis : Non fuit in loco isto meretrix: +22, Reversus est ad Judam, et dixit ei : Non inveni eam ; sed et homines loci illius dixerunt mihi, nunquam se- disse ibi scortum. +23, Ait Judas : Habeat sibi ; certe mendacii arguere nos non potest; ego misi hsedum quem promiseram, et tu non invenisti eam. +24, Ecce autem post très menses nun- tiaverunt Judse, dicentes : Fornicata est Thamar nurus tua, et videtur utérus il- lius intumescere. Dixitque Judas : Pro- ducite eam ut comburatur. +25, Quse cum duceretur ad pœnam, misit ad socerum suum, dicens : De viro, cujus haecsunt, concepi ; cognosce cujus sit annulus, et armilla, et baculus. +26, Qui, agnitis muneribus, ait : Ju- +le syriaque et les intei-prètes juifs. D'après l'iiébr. : à la porte d^'i^ynaïm , qui est sur la route de Tiniiia. Ce hameau est mentionné dans Jos. xv, 34. — Meretriceni. D'après Thébr. au vers. 21 , une qadésah, c.-à-d. une hiérodule, consacrée, au moins temporairement, aux rites impurs d'Astarté. Cf. IV Reg. xxni, 7. — Annulum (vers. 18) : un arncau à cachet, Voy. l'Atl. archéol. de la Bible, pi. IX , flg, 6,7. — Armillam. Dans l'hébr. : ta corde , c.-à-d, le cordon par lequel on suspendait souvent à son cou l'anneau qui vient d'être mentionné. — Baculum. Les bâtons des anciens étaient d'ordinaii-e sculptés et très ornés, +20-23. Juda veut racheter son gage. — lu +bivio. Hébr. : à Ej'naïm, comme au vers. 14. — Mendacii arguere... Le texte original a cette autre idée : « Ne simus contemptui ; )-> c.-à-d. que Juda craignait, en continuant ses recherches,, d'ébruiter la chose aux dépens de sa réputation, 24-26. Les aveux de Thamar. — Comburatur. En Orient , les fautes des femmes contre les mœurs ont toujours été sévèrement châtiées. Juda pro- nonce la sentence comme chef de la famille, Tha- mar étant censée la fiancée de Séla. — Justior me. Juda ne parle pas ici d'après les règles gé- nérales de la moralité ; 1 juge la conduite do Thamar à un point de vue tout personnel. 11 excuse sa bru de l'avoir trompé, parce qu'il avait +148 +stior me est, quia non tradidi eara Sela filio meo. Attamen ultra non cognovit eam. +27. Instante autem partu, apparuerunt gemini in utero ; atque in ipsa elïusione infantium, unus protulit manum, in qua obstetrix li2:avit coccinum, dicens : +28. Iste egredietur prier. +29. Illo vero retraliente manura , egres- sus est alter ; dixitque mulier : Quare di- visa est propter te maceria ? Et ob hanc causam vocavit nomen ejus Phares. +30. Postea egressus est f rater ejus, in eu jus manu erat coccinum ; quem appel- lavit Zara. +Gen. XXXVIIT, 27 — XXXIX, 5. +avait donné , dit : Elle a moins de tort que moi, puisque je ne l'ai pas donnée pour épouse à Séla , mon fils. Et il ne la connut plus depuis. +27. Comme elle fut sur le point d'en- fanter, il parut qu'il y avait deux ju- meaux dans son sein. Et lorsque ces en- fants étaient prêts à sortir, l'un des deux passa sa main, à laquelle la sage-femme lia un ruban écarlate, en disant : +28. Celui-ci sortira le premier. +29. Mais cet enfant ayant retiré sa main, l'autre sortit. Alors la sage-femme dit : Pourquoi le mur s'est- il divisé à cause de toi ? C'est pom'quoi il fut nommé Phares. +30. Sou frère , qui avait le ruban écar- late à la main, sortit ensuite, et on le nomma Zara. +CHAPITRE XXXIX +1. Igitur Joseph ductus est in Egy- ptum, emitque eum Putiphar eunuchus Pharaonis , princeps exercitus, vir JEgy- ptius, de manu Ismaelitarum , a quibus perductus erat. +2. Fuitque Dominus cum eo, et erat vir in cunctis prospère agens ; habita- vitque in domo domini sui , +3. Qui optime noverat Dominum esse cum eo , et omnia, quse gereret , ab eo di- rigi in manu illius. +4. Invenitque Joseph gratiam coram domino suo, et ministrabat ei, a quo prœpositus omnibus, gubernabat credi- tam sibi domum, et uni versa quae ei tradita fuerant; +5. Bensdixitque Dominus domui Mgy- +1. Joseph a3'ant donc été mené en Egypte, Putiphar, Egyptien, eunuque du Pharaon et général de ses troupes, l'a- cheta des Ismaélites, qui l'y avaient conduit. +2. Le Seigneur était avec lui , et tout lui réussissait heureusement. Il demeu- rait dans la maison de son maître , +3. Qui savait très bien que le Seigneur était avec lui, et qu'il le favorisait et le bénissait en toutes ses actions. +4. Joseph, ayant donc trouvé grâce de- vant son maître, se donna tout entier à son service ; et ayant reçu de lui l'auto- rité sur toute sa maison , il la gouvernait avec tout ce qui lui avait été mis entre les mains. +5. Le Seigneur bénit la maison de +lui-même lésé les droits de Thamar en ne lui don- nant pas son ti'oisième fils : quia non tradidi... 27-30. Naissance de Phares et de Zara. — Unus 'protulit... C'était l'aîné; fait important, que l'on veut aussitôt constater : ligavit cocci- num. — Divisa... maceria. Dans l'hébr. : Pour- quoi t'es - tu déchiré une brèche ? Mah parasta '^aleyka pare?. D'où le nom de Phares (Pares), qui signifie brèche, irruption. — Zara; mieux : Zârah, sans jeu de mots cette fois. C'est Phares qui eut l'honneur d'être l'aïeul du Messie, Cf. Matth. I, 3. +§ III. — Joseph dans la maison de Putiphar. XXXIX, 1-20. +A partir d'ici jusqu'à la fin do la Genèse, la narration est admirablement confirmée par tout +ce que les découvertes les plus récentes nous ont révélé des mœurs de l'antique Ég^-pte. Voy. Vi- gouroux, la Bible et les découvertes modernes, II , 5 et ss. C'est une preuve très forte d'authen- ticité. +10 Joseph , grand intendant de Putiphar, vers. 1-G». +Chap. XXXIX. — 1. Récapitulation d'événe- ments déjà relatés plus haut, xxxvii, 36, afin de reprendre le fil du récit, interrompu par le chap. xxxvin. +2-3. Dieu protège visiblement son serviteur, à tel point que le païen Putiphar reconnaît lui- même l'intervention céleste. +4-6». Confiance absolue de Putiphar en Joseph. — Prapositus omnibus. Toutes les familles riches, en TÎgypte, avaient leur intendant ou ma- +Gen. XXXIX, 6-15. +140 +l'Égyptien à cause de Joseph , et il mul- tiplia tout son bien, tant à la ville qu'à la campagne ; +6. En sorte que Putlphar n'avait d'autre soin que de se mettre à table et de manger. Or Joseph était beau de vi- sage et très agréable. +7. Longtemps après, sa maîtresse jeta les yeux sur lui et lui dit : Dormez avec moi. +8. Mais Joseph, ayant horreur de con- sentir à une action si criminelle, lui dit : Vous voyez que mon maître m'a confié toutes choses , qu'il ne sait pas même ce qu'il a dans sa maison ; +9. Qu'il n'y a rien qui ne soit en mon pouvoir, et que m'aj-ant mis tout entre les mains , il ne s'est réservé que vous seule, qui êtes sa femme. Comment donc pourrais-je commettre un si grand crime, et pécher contre mon Dieu ? +10. Cette femme continua durant plu- sieurs jours à solliciter Joseph par de semblables paroles, et lui à résister à son infâme désir. +11. Or il arriva un jour que Joseph étant entré dans la maison, et y remplis- sant quelque fonction sans que personne fût présent, +12. Sa maîtresse le prit par son man- teau et lui dit : Dormez avec moi. Alors Jo:-cph, lui laissant le manteau entre les mains, s'enfuit et sortit au dehors. +13. Cette femme, voyant le manteau entre ses mains, et se voyant elle-même méprisée , +14. Appela les gens de sa maison et leur dit : Voyez , il nous a amené ici cet Hébreu pour nous insulter. Il est venu à moi dans le dessein de me séduire ; mais je me suis mise à crier, +15. Et lorsqu'il a entendu ma voix, il m'a laissé son manteau, que je tenais, et s'est enfui dehors. +ptii propter Joseph , et multipiicavit tam in œdibus quam in agris cunctam ejus substantiam ; +6. Nec quidquam aliud noverat, nisi panem quo vescebatur. Erat autcm Jo- seph pulchra facie, et decorus aspectu. +7. Post multos itaque dies, injecit do- mina sua oculos suos in Joseph, et ait : Dormi mecum. +8. Qui nequaquam acquiescens operi nefario, dixit ad eam : Ecce dominus meus, omnibus mihi traditis , ignorât quid habeat in domo sua ; +9. Nec quidquam est quod non in mea sit potestate, vel non tradiderit milii, prseter te, quse uxor ejus es; quomodo ergo possum hoc malum facere, et pec- care in Deum meum? +10. Hujuscemodi verbis per singiilos dies et mulier molesta erat adolesceiiti , et ille recusabat stuprum. +11. Accidit autem quadam die, ut in- traret Joseph domum, et operis quippiam absque arbitris faceret ; +12. Et illa, apprehensa lacinia vesti- menti ejus, diceret : Dormi mecum. Qui relicto in manu ejus pallio fugit, et egres- sus est foras. +13. C unique vidisset mulier vestem in manibus suis, et se esse contem- ptam , +14. Vocavit ad se homines domus SU8B , et ait ad eos : En introduxit virum hebrseum , ut illuderet nobis ; ingressus est ad me, ut coiret mecum ; cumque ego succlamassem , +15. Et audisset vocem meam, reliquit pallium quod tenebam, et fugit foras. +jordome. Ces fonctionnaires sont souvent repré- sentés sur les fresques et les bas - reliefs , où on les voit surveiller et noter soigneusement tout ce qui concernait la maison, le jardin, les ré- coltes. — Nec quidquam... nisi jjanem. Char- mant détail. Putiphar ne s'inquiétait que de prendre ses repas, quand l'heure en était venue. +2» La chasteté de Joseph, vers. 61" -20. +Il existe une coïncidence remarquable entre cet épisoc'e et le roman égyptien « les Deux frères ». Voy. Yigouroux, l. c, pp. 43 et ss. +6^. Introduction et transition. La même for- mule avait été employée pour Rachel, la mère de Joseph. Cf. xxix, 17 et l'explication. +7-9. Iiijcc'd domina. Hérodote, Diodore de +Sicile et les monuments antiques signalent la grande corruption des Égyptiennes. — Ecce do- minus.... Magnifique réponse de Joseph. Il ne saurait offenser ni son maîti'e ni son Dieu. +10-12. Nouvelles victoires du chaste jeune homme. La scène des vers. 11-12 est dramatique. — Lacinia vestimenti et pallio sont représen- tés dans l'hébreu par une seule et même expres- sion, qui désigne ici le manteau flottant des Orien- taux (béged). +13-18. La vengeance. — Cum vidisset vestem. Cet objet matériel rappelle la misérable , un ins- tant troublée par la brusque fuite de Joseph, à la vraie situation (se... contemptam ) , et il lui suggère un facile moyeu de venger sa honte. +150 +Gen. XXXIX, 16 — XL, 2. +16. In argumentnm ergo fidei reten- tum pallium ostendit marito revertenti domum , +17. Et ait : Ingressus est ad me ser- vus hebraeus, quem adduxisti ut illude- ret mihi ; +18. Cumqiie audisset me clamare, reliquit pallium quod tenebam, et fugit foras. +19. ïïis auditis dominus, et nimium credulus verbis conjugis , iratus est valde ; +20. Tradiditque Joseph in carcerem, ubi vincti régis custodiebantur. Et erat ibi clausus. +21. Fuit autem Dominus cum Joseph, et misertus illius dédit ei gratiam in conspectu princij)is carceris ; +22. Qui tradidit in manu illius univer- sos vinctos qui in custodia tenebantur ; et quidquid fiebat, sub ipso erat. +23. Nec noverat aliquid, cunctis ei creditis; Dominus enim erat cum illo, et omuia opéra ejus dirigebat. +16. Lorsque son mari fut de retour à la maison, elle lui montra ce manteau, qu'elle avait retenu comme une preuve de sa fidéhté, +17. Et lui dit : Cet esclave hébreu que vous nous avez amené est venu pour me faire violence ; +18. Et m'ayant entendu crier, il m'a laissé son manteau, que je tenais, et s'est enfui dehors. +19. Le maître, trop crédule aux accu- sations de sa femme, entra, à ces pa- roles, dans une grande colère, +20. Et il fit mettre Joseph dans la prison oii l'on gardait ceux que le roi faisait arrêter. Il était donc renfermé en ce liea-là. +21. Mais le Seigneur fut avec Joseph; il en eut compassion , et il lui fit trouver grâce devant le gouverneur de la pri- son, +22. Qui lui remit le soin de tous ceux qui y étaient enfermés. Il ne se faisait rien que par son ordre. +23. Et le gouverneur, lui ayant tout confié, ne prenait connaissance de quoi que ce soit, parce que le Seigneur était avec Joseph et qu'il le faisait réussir en. toutes choses. +CHAPITRE XL +1. His ita gestis, accidit ut peccarent duo eunuchi , pincerna régis iEgypti , et pistor, domino suo. +2. Iratusque contra eos Pharao (nam alter pincernis praeerat, alter pistoribus), +1. Il arriva ensuite que deux eunuques du roi d'Egypte, son grand échanson et son grand panetier, offensèrent leur maître. +2. Et le Pharaon étant irrité contre ces deux officiers, dont l'un commandait à ses échansons et l'autre à ses pane- tiers , +Beau détail psychologique. Entre le premier conte, narré aux gens de sa maison, 14-15, et le se- cond, 16-18, résumé pour Putiphar, il existe de légères variations , adaptées aux circonstances. +19-20. L'innocent puni, — In carcerem. Le mot hébreu , employé seulement dans ce passage et au chap. xl, désigne une tour, ou une con- struction de forme l'onde , servant de prison. — Vincti régis: nous dirions aujourd'hui, les pri- sonniers d'État. — Ibi clausus. Le Ps. civ, 17-18, mentionne plusieurs circonstances douloureuses de cet emprisonnement; et pourtant il y a lieu de s'étonner que Joseph n'ait pas été mis à mort sur-le-champ par son maître. Peut-être Putiphar doutait-il de la véracité de l'accusation. +§ lY. — Joseph en prison. XXXIX, 21 — XL, 23. +1° Joseph gagne les faveurs du gouverneur de la prison. XXXIX, 21-23. +21-23. Fuit Dominus. Sans appui lu côté des hommes, Joseph n'est pas abandonné de Dieu, et grâce à, lui, il acquiert bientôt, même dans ce triste séjour, une situation relativement hono- rable. Remarquez les répétitions solennelles du récit. +2° Joseph interprète les songes de deux offi- ciers du Pharaon. XL, 1-23. +Incident providentiel, qui conduira plus tard le jeune prisonnier aux plus hautes dignités. +Chap. XL. — 1 - 4. Les préliminaires de l'inci- +Gen. XL, 3-13. +151 +3. Les fit mettre dans la prison du gé- néral de ses troupes, où Joseph était prisonnier. +4. Le gouverneur de la prison les re- mit entre les mains de Joseph, qui les servait et avait soin d'eux. Quelque temps s'étant passé, pendant lequel ils demeuraient toujours prisonniers, +5. Ils eurent tous deux , eu une même nuit , un songe qui pouvait recevoir une interprétation distincte. +6. Joseph entra le matin auprès d'eux, et les ayant vus tristes, +7. Il leur en demanda le sujet, et leur dit : D'où vient que vous avez le visage plus abattu aujourd'hui qu'à l'ordinaire? +8. Ils lui répondirent : Nous avons eu un songe , et nous n'avons personne pour nous l'expliquer. Joseph leur dit : N'est-ce pas à Dieu qu'appartient l'interprétation des songes ? Dites - moi ce que a^ous avez vu. +9. Le grand échanson lui rapporta le premier son songe en ces termes : Je voyais devant moi un cep de vigne , +10. Sur lequel il y avait trois sarments qui poussaient peu à peu, d'abord des boutons, ensuite des fleurs, et à la fin des raisins mûrs ; +11. Et ayant dans la main la coupe du Pharaon, j'ai pris ces grappes de rai- sins, je les ai pressées dans la coupe que je tenais, et j'en ai donné à boire au roi. +12. Joseph lui dit : Voici l'interpréta- tion de votre songe : Les trois sarments de la vigne marquent trois jours, +13. Après lesquels le Pharaon se sou- viendra de vos services : il vous rétablira +3. Misit eos in carcerem principis mi- litum, iu quo erat vinctus et Joseph. +4. At custos carceris tradidit eos Jo- seph, qui et ministrabat eis. Aliquantu- lum temporis fluxerat, et illi in custodia tenebantur, +5. Videruntque ambo somnium nocte una, juxta interpretationem congruam sibi ; +6. Ad quos cum introisset Joseph mane, et vidisset eos tristes, +7. Sciscitatus est eos dicens : Cur tri- stior est hodie solito faciès vestra? +8. Qui responderunt : Somnium vidi- mus, et non est qui interpretetur nobis. Dixitque ad eos Joseph : Numquid non Dei est interpretatio? Eeferte mihi quid videritis. +9. Narravit prior prsepositus pincerna- rum, somnium suum : Videbam coram me vitem, +10. In qua erant très propagines, cre- scere pauîatim in gemmas, et post flores uvas maturescere; +11. Calicemque Pharaonis in manu mea : tuli ergo uvas, et expressi in cali- cem quem tenebam, et tradidi poculum Pharaoni. +12. Respondit Joseph : Hsec est inter- pretatio somnii : Très propagines, très adhuc dies sunt, +13. Post quos recordabitur Pharao ministerii tui, et restituet te in gradum +dent. — Peccarent. Souvent il faut peu de chose pour déplaire aux despotes de l'Orient. — Pin- cerna , pistor. Deux fonctions très hautes et très enviées à la cour égyptienne ; les monuments les signalent nommément. — Joseph... ministrabat eis. Même dans leur disgrâce, le gouverneur de la prison a pour eux cette attention. +5-8. Introduction directe à l'épisode, — Juxta interpretationem.., C.-à-d. que le songe de cha- cun avait sa signification propre et providentielle. — Tristes. Le motif est indiqué plus bas : Non est qui interpretetur. Les deux officiers avaient été vivement frappés de ces songes, dans lesquels ils croyaient voir des pronostics de l'avenir ; mais , privés de liberté , ils ne pouvaient consul- ter les devins. Sur l'extrême importance que les Égyptiens attachaient aux songes, voy. Vigou- reux, la Bible et les découvertes mod., IT, 61 et ss. — Numquid non Dei...? Encore un bel acte de foi de Joseph. — Referte. Une voix intérieure +lui disait qu'il allait lui-même servir d'organe au Seigneur pour l'interprétation désirée. +9-11. Le songe du grand échanson. Tous les détails des deux songes sont empruntés aux fonc- tions que remplissaient antérieurement les pri- sonniers ; rien de plus naturel. — Vitem. L'exis- tence des vignes dans l'antique Egypte est certi- fiée par les monuments, qui nous font assister à des scènes intéressantes de vendanges, de fabri- cation du vin, etc. Voy. VAtl. archéol. de la Bible, pi. xxxvi et xxxvii. — Tuli... uvas et expressi. Ce trait aussi a sa réalisation littérale sur les fresques et bas -reliefs antiques. — Tra- didi poculum. C'était un heureux augure ; le Pharaon acceptait ainsi de nouveau les services de l'échanson. +12-14. Interprétation du songe du grand échan- son. — Au vers. 13, au lieu de recordabitur... ministerii tui, on lit dans l'hébr. : « le Pharaon élèvera ta tête. » +8 +152 +Gen. XL, 14-22. +pristinum ; dabisque ei calicem juxta offi- cium tuum, sicut ante facere consueve- ras. +14. Tantum mémento raei, cum bene tibi fuerit, et facias mecum misericor- diam, ut suggéras Pharaoni ut educat me de isto carcere; +15. Quia furto sublatus sum de terra Hebrseorum, et hic innocens in lacum missus sum. +16. Videns pistorum magister quod prudenter somnium dissolvisset , ait : Et ego vidi somnium, quod tria canistra faringe haberem super caput meum; +17. Et in uno canistroquod erat excel- sius, portare me omnes cibos qui fiunt arte pistoria, avesque comedere ex eo. +18. Respondit Joseph : Hœc est inter- pretatio somnii : Tria canistra, très ad- huc dies sunt, +19. Post quos auferet Pharao caput tuum, ac suspendet te in cruce, et lace- rabunt volucres carnes tuas. +20. Exinde dies tertius natalitius Pha- raonis erat ; qui faciens grande convi- vium pueris suis , recordatus est in ter epulas magistri pincernarum, et pisto- ruto principis ; +21. Restituitque alterum in locum suum, ut porrigeret ei poculura, +22. Alterum suspendit in patibulo, ut conjectoris veritas probaretur. +dans votre première charge, et vous lui présenterez à boire selon que vous aviez coutume de le faire auparavant, d'après vos fonctions. +14. Seulement souvenez -vous de moi quand ce bonheur vous sera arrivé, et rendez -moi le bon office de supplier le Pharaon qu'il daigne me tirer de la pri- son où je suis ; +15. Parce que j'ai été enlevé par fraude et par violence du pays des Hé- breux, et que l'on m'a renfermé malgré mon innocence. +16. Le grand panetier, voyant qu'il avait interprété ce songe si sagement, lui dit : J'ai eu aussi un songe. Je por- tais sur ma tête trois corbeilles de fa- rine , +17. Et dans celle qui était au-dessus des autres, il y avait de tous les mets que peut apprêter l'art du pâtissier, et les oiseaux en venaient manger. +18. Joseph lui répondit : Voici l'inter- prétation de votre songe. Les trois cor- beilles signifient qu'il se passera encore trois jours, +19. Après lesquels le Pharaon vous fera couper la tête, et vous fera ensuite attacher à un gibet, où les oiseaux dé- chireront votre chair. +20. Le troisième jour suivant étant celui de la naissance du Pharaon, il fit un grand festin à ses serviteurs, pendant lequel il se souvint du grand échanson et du grand panetier. +21. Il rétablit l'un dans sa charge, afin qu'il continuât de lui présenter la coupe , +22. Et il fit attacher l'autre à un gibet, ce qui vérifia l'interprétation que Joseph avait donnée à leurs songes. +14-15. A ses explications Joseph joint une humble et touchante prière, en vue d'obtenir, par l'Intermédiaire de l'officier gracié, sa propre li- berté. +16-17. Le songe du grand panetier. — Videns... quod prudenter... La sûre et prompte décision du jeune homme était un encouragement pour le second dignitaire.— Canistra /arinœ. De même les LXX, le syr., Aquila, Onk., etc. C'est un com- mentaire d'ailleurs excellent. L'hébr. n'a que ces mots : « trois paniers blancs. » Les musées euro- péens ont de nombreux échantillons de ces cor- beilles, faites d'osier ou de jonc. — Super caput. Les Égyptiens portaient, en effet, les fardeaux sur la tête. Voy. dans VAtl. archéoL, pi. xlii, flg. 14, une gravure qui représente précisément un panetier dans la situation ici décrite. — Arte pistoria. On excellait, en Egypte, h fabriquer +toute sorte de pâtisserie fine. Voyez encore V Atlas archéol., pi. xlii, fig. 8-16. — Aves comedere. Funeste pronostic : il ne pouvait, lui, accomplir ses fonctions jusqu'au bout. +18-19. Interprétation du second songe. — Au- feret... caput. Dans l'hébr., ne us lisons la même expression qu'au vers. 13 : « Le Pharaon élèvera ta tête ; » mais avec l'addition significative : « do dessus toi. » Jeu de mots que nous pouvons rendre en français par les verbes « élever » et « enlever ». +20 - 23. Accomplissement intégral des deux songes. — Natalitius : anniversaire fêté à toutes les époques et dans tous les pays; et une partie considérable de la solennité consistait déjà en un grande convivium. — Recordatus est. Toujours aussi , les princes ont aimé à rattacher à leurs an- niversaires la concession de grâces et de privilèges. +Gen. XL, 23 — XLI, 8. +153 +23. Cependant le grand échanson, se voyant rentré en faveur après sa dis- grâce, ne se souvint plus de son inter- prète. +23. Et tamen succedentibus prosperis, prœpositus pincernarum oblitus est inter- pretis sui. +CHAPITRE XLI +1. Deux ans après, le Pharaon eut un songe. Il lui semblait qu'il était sur le bord du fleuve, +2. D'où sortaient sept vaches fort belles et extrêmement grasses, qui pais- saient dans les marécages ; +3. Qu'ensuite il en sortit sept autres toutes défigurées et extraordinairement maigres, qui paissaient sur le bord du même fleuve, en des lieux pleins d'herbes ; +4. Et que celles-ci dévorèrent les pre- mières, qui étaient si grasses et si belles. Le Pharaon, s'étant éveillé, +5. Se rendormit, et il eut un second songe. Il vit sept épis pleins de grains et très beaux, qui sortaient d'une même tige. +6. Il en vit aussi paraître sept autres fort maigres, qu'un vent brûlant avait desséchés ; +7. Et ceux-ci dévorèrent les premiers, qui étaient si beaux. Le Pharaon , s'étant éveillé +8. Le matin, fut saisi de frayeur; et ayant envoyé chercher tous les devins et tous les sages d'Egypte, il leur ra- +1. Post duos annos vidit Pharao som- nium. Putabat se stare super fluvium, +2. De quo ascendebant septem boves, pulchrae et crassse nimis, et pascebantur in locis palustribus ; +3. Aliae quoque septem emergebant de flumine, fœdse confectseque macie ; et pascebantur in ipsa amnis ripa, in locis virentibus ; +4. Dévora veruntque eas , quarum mira species et habitudo corporum erat. Exper- gefactus Pharao, +0. Rursum dormivit, et vidit alterum somnium. Septem spicse pullulabant in culmo uno, plen<3e atque formosae. +6. Alise quoque totidem spicse tenues et percussas uredine oriebantur, +7. Dévorantes omnem priorum pul- chritudinem. Evigilans Pharao post quie- tem, +8. Et facto mane , pavore perterritus , misit ad omnes conjectores ^Egypti , cunctosque sapientes, et accersitis nar- +— In patibulo, après la décapitation. — Oblitus est. La facilité avec laquelle les gens heureux ou- blient l'infortune d'autrui est justement prover- biale. +§ V. — Joseph élevé à la dignité de vice • roi d'Égijpte. XLI, 1-67. +l» Les songes du Pharaon, vers. 1-8. +Chap. XLI. — 1-4». Premier songe : les vaches grasses et les vaches maigres. Scène pastorale. — Post duos annos. Deux années bien longues pour Joseph ; du moins Dieu va lui montrer qu'il se souvient de lui. — Pharao. On a fait de nombreux calculs pour retrouver le vrai nom de ce roi dans la liste des monarques égj'ptiens. D'après l'opinion traditionnelle , qui est la plus communément ad- mise, ce serait Apophis ou Apapi II, le plus cé- lèbre des rois dits Pasteurs, ou Hyksos. Voyez T. Lamj', Comm. in Gen., II, 299 et ss., et Vi- gouroux, la Bible et les découvertes mod., II, 96 et ss. D'autres interprètes prennent le parti d'Aménémha III, de la 12= d3'nastie, le dernier roi qui gouverna l'Egypte entière. — Super flu- vium. Le Nil, qui est le fleuve égyptien par excellence. Le texte primitif a y"ôr, mot d'ori- +gine égyptienne {aur, en copte tapo), signifiant c( grande rivière, canal ». — Septem boves. L'a- nimal que les Égyptiens estimaient par -dessus tous les autres. Pour eux la génisse , consacrée à la déesse Isis, était un symbole de la terre, de sa culture et de ses produits. Cf. Clém. Alex., Strom., V. — In locis palustribus. Hébr. : ba'ahu; autre expression d'origine égyptienne, pour dési- gner les joncs qui bordent les marécages et les rivières. +4*» - 7». Second songe du Pharaon : les épis pleins et les épis maigres. Scène agricole. — Spicee. Autre symbole qui convient parfaitement à l'E- gypte, où le blé a toujours été si abondant. — In culmo uno. Ce trait prouve qu'il s'agissait du « tritlcum compositum », commun en Egypte, qui porte plusieurs épis au sommet d'une seule et même tige. Voy. VAtl. d'hist. nat. de la Bible, pi. VI, fig. 3. — Uredine. D'après rhébr.,le vent du sud-est, qui souffle du désert d'Arabie. Il est brû- lant et consume proraptement toute végétation. +7»» -8. Crainte et embarras du Pharaon. — Evi- gilans... Hébr. : Et le Pharaon s'éveilla ; et voici, c'était un songe. La double scène avait tellement frappé l'imagination du roi, qu'au premier 1ns- +154 +Gen. XLI, 9-21. +ravit somnium ; nec erat qui interpreta- retur. +9. Tune demum reminiscens pincer- narum magister, ait : Confiteor peccatum meum. +10. Iratus rex servis suis, me et ma- gistrum pistorum retrudi jussit in carce- rem principis militum, +11. Ubi una nocte uterque vidimus somnium prsesagum futurorum. +12. Erat ibi puer hebrseus, ejusdem ducis militum famulus; oui narrantes somnia , +13. Audivimus quidquid postea rei probavit eventus ; ego enim redditus sum officio meo, et ille suspensus est in cruce. +14. Protinus ad régis imperium edu- ctum de carcere Joseph totonderunt, ac veste mutata, obtulerunt ei. +15. Cui ille ait : Vidi somnia, nec est qui edisserat ; quee audivi te sapientis- sime conjicere. +16. Respondit Joseph : Absque me Deus respondebit prospéra Pharaoni. +17. Narravit ergo Pharao quod viderai : Putabam me stare super ripam fluminis, +18. Et septem boves de amne conscen- dere, pulchras nimis, et obesis carnibus, quae in pastu paludis virecta carpebant. +19. Et ecce, has sequebantur alise se- ptem boves, in tantum déformes et maci- lentfe ut nunquam taies in terra ^gypti viderim ; +20. Quae, devoratis et consumptis prio- ribus , +21. Nullum satiiritatis dedere vesti- +conta son songe, sans qu'il s'en trouvât un seul qui pût l'interpréter. +9. Le grand échanson, s'étant enfin souvenu de Joseph , dit au roi : Je con- fesse ma faute. +10. Lorsque le roi, irrité contre ses serviteurs, commanda que je fusse mis avec le grand panetier dans la prison du général de ses troupes, +11. Nous eûmes tons deux en une même nuit un songe, qui nous prédisait ce qui nous arriva ensuite. +12. Il y avait alors en cette prison un jeune Hébreu, serviteur du m.ême géné- ral de l'armée ; nous lui avons raconté chacun notre songe, +13. Et il nous dit tout ce que l'événe- ment confirma depuis ; car je fus rétabli dans ma charge, et le grand panetier fut pendu à un gibet. +14. Aussitôt Joseph fut tiré de la prison par ordre du roi ; on le rasa , on lui fit changer de vêtements et on le présenta au prince. +15. Le Pharaon lui dit : J'ai eu des songes ; je ne trouve personne qui les interprète, et l'on m'a dit que vous aviez une grande sagesse pour les expliquer. +16. Joseph lui répondit : Ce sera Dieu, et non pas moi , qui rendra au Pharaon une réponse favorable. +17. Le Pharaon lui raconta donc ce qu'il avait vu. Il me semblait, dit-il, que j'étais sur le bord du fleuve, +18. D'où, sortaient sept vaches fort belles et extrêmement grasses, qui pais- saient l'herbe dans des marécages ; +19. Et qu'ensuite il en sortit sept autres, si défigurées et si prodigieuse- ment maigres, que je n'en ai jamais vu de telles en Egypte. +20. Ces dernières dévorèrent et con- sommèrent les premières, +21. Sans qu'elles parussent en aucune +tant elle lui semblait réelle. Néanmoins ce songe le troubla , et il voulut aussitôt en ayoir l'inter- prétation. — Conjectures. Probablement les scribes sacrés ou tepoYpx[j.fj.aT£Îç,dont la fonction prin- cipale consistait à écrire ou à lire les hiéroglyphes. La science, comme la religion, était alors entre les mains de la caste sacerdotale. — Sapientes est une expression plus générale. +2° Joseph interprète les songes du Pharaon, 9-36. +9-13. Au milieu de l'embarras universel, le grand échanson se souvient tout à coup de Joseph, qu'il fait connaître au roi, non sans un mot d'ex- cuse : Confileor... +14-16. Josejth en présence du roi d'Égyiite. — Totonderunt, Dans le texte : 11 se rasa. Les Hé- +breux portaient toute leur barbe ; les Egyptiens, au contraire, étaient complètement rasés, si Cô n'est lorsqu'ils portaient le deuil de leurs proches parents. Joseph dut s'adapter aux coutumes du ]iays avant d'être présenté au Pharaon. — Au vers. 15, un mot encourageant du prince; au vers. 16, tm compliment délicat de Joseph, mais compliment qui retombe tout d'abord sur Dieu. 17-24. Le Pharaon raconte ses songes k Joseph (18-21'*, le premier songe; 21»^ -24, le second). H ajoute quelques détails à ceux du narrateur (2-7), notant, par exemple, ses impressions per- sonnelles (19, ut nunquam taies...; 21, sed si- mili rnacie.,., etc.). Son récit est en outre un peu plus orné. +Gen. XLI, 22-33. +155 +sorte en être rassasiées ; mais elles de- meurèrent aussi maigres et aussi affreuses qu'elles étaient auparavant. M'étant éveil- lé, je me rendormis, +22. Et j'eus un second songe. Je vis sept épis pleins de grains et très beaux qui sortaient d'une même tige. +23. Il en parut en même temps sept autres fort maigres, qu'un vent brûlant avait desséchés. +24. Et ces derniers dévorèrent les pre- miers, qui étaient si beaux. J'ai dit mon songe à tous les devins, et je n'en trouve point qui me l'explique. +25. Joseph répondit : Les deux songes du roi signifient la même chose : Dieu a montré au Pharaon ce qu'il fera dans la suite. +26. Les sept vaches si belles et les sept épis si pleins de grains, que le roi a vus en songe, marquent la même chose, et signifient sept années d'abon- dance. +27. Les sept vaches maigres et dé- faites, qui sont sorties du fleuve après les premières, et les sept épis maigres et frappés d'un vent brûlant, marquent sept autres années d'une famine qui doit arriver. +28. Et cela s'accomplira de cette sorte: +29. Il viendra d'abord, dans toute l'Egypte , sept années d'une fertilité extraordinaire , +30. Qui seront suivies de sept autres d'une si grande stérilité, qu'elle fera oublier toute l'abondance qui l'aura pré- cédée : car la famine consumera toute la terre ; +31. Et cette fertilité si extraordinaire sera comme absorbée par l'extrême indi- gence qui la suivra. +32. Quant au second songe que vous avez eu, et qui signifie la même chose, c'est une marque que cette parole de Dieu sera ferme, qu'elle s'accomplira infailliblement et bientôt. +33. Il est donc de la prudence du roi de choisir un homme sage et habile, à qui il donne le commandement sur toute l'Egypte; +gium ; sed simili macie et squalore tor- pebant. Evigilans, rursus sopore depres- +sus, +22. Vidi somnium. Septem spicse pul- lulabant in culmo uno plenœ atque pul- cherrimœ. +23. Aliae quoque septem tenues et per- çusse uredine , oriebantur e stipula ; +24. Quse priorum pulchritudinem de- voraverunt. Narravi conjectoribus som- nium , et nemo est qui edisserat. +25. Respondit Joseph : Somnium régis unum est : quœ facturas est Deus, osten- dit Pharaoni. +26. Septem boves pulchrse, et septem spicse plense, septem ubertatis anni sunt ; eamdemque vim somnii comprehendunt. +27. Septem quoque boves tenues atque macilentœ , quse ascenderunt post eas, et septem spicse tenues, et vento urente percussae, septem anni venturse sunt f amis , +28. Qui hoc ordine complebuntur : +29. Ecce septem anni venient fertili- tatis magnas in universa terra ^gypti, +30. Quos sequentur septem anni alii tantae sterilitatis , ut oblivioni tradatur cuncta rétro abundantia ; consumptura est enim famés omnem terram, +31. Et ubertatis magnitudinem perdi- tura est inopiae magnitudo. +32. Quod autem vidisti secundo ad eamdem rem pertinens somnium, firmi- tatis indicium est, eo quod fiât sermo Dei, et velocius impleatur. +33. Nunc ergo provideat rex virum sa- pientem et industrium, et prÊeficiat eum terras ^gypti; +25 - 32. Interprétation des songes. — Somnium unum. Les deux visions n'en faisant qu'une seule en réalité, Joseph les réunit dans son explica- tion , si claire et si sûre , qui rend tout commen- taire superllu. Aux vers. 26-27, la chose signifiée est juxtiiposée ù la figure; puis, 28-31, elle Gst répétée sans aucune inmge. — Quod autem... se- cundo. Pourquoi deux songes successifs, puisqu'ils +retombaient l'un dans l'autre ? Pour marquer la certitude et la proximité des événements pré- dits. +33-36. Nu7ic ergo. Voulant accomplir jusqu'au bout sa mission, Joseph signale les mesures ù prendre afin de paralyser d'avance les terribles effets de la future disette : un habile et énergique vice - roi ; sous ses ordres , des ofîicicrs spéciaux ; +156 +Gen. XLI, 34-44. +34. Qui constituât prsepositos per cun- ctas regiones, et quintam partem fru- ctuum per septem annos fertilitatis, +35. Qui jam nunc futuri sunt, con- greget in horrea; et omne frumentum sub Pharaonis potestate condatur, serve- turque in urbibus ; +36. Et prœparetur f uturse septem anno- rura fami, quse oppressura est ^gyptum, et non consumetur terra inopia. +37. Placuit Pharaoni consilium et cun- ctis ministris ejus ; +38. Locutusque est ad eos : Num inve- nire poterimus talem virum, qui spiritu Dei plenus sit? +39. Dixit ergo ad Joseph : Quia osten- dit tibi Deus omnia qusc locutus es , num- quid sapientiorem et consimilem tui inve- nir e potero? +40. Tu eris super domum meam , et ad tui oris imperium cunctus populus obediet ; uno tantum regni solio te prse- cedam. +41. Dixitque rursus Pharao ad Joseph : Ecce, constitui te super universam terram x^gypti. +42. Tulitque annulum de manu sua, et dédit eum in manu ejus ; vestivitque eum stola byssina, et collo torquem auream circumposuit, +43. Fecitque eum ascendere super cur- riim suum secundum, clamante prsecone, ut omnes coram eo genu flecterent, et prœpositum esse scirent universse terrée iEgypti. +44. Dixit quoque rex ad Joseph : Ego sum Pharao ; absque tuo imperio non movebit quisquam manum aut pedem in omni terra ^^ïlgypti. +34. Afin qu'il établisse des officiers dans toutes les provinces, et que, pen- dant les sept années de fertilité qui vont venir, ils amassent dans les greniers publics la cinquième partie des fruits de la terre, +35. De sorte que tout le blé se serre et se garde dans les villes, sous l'auto- rité du roi ; +36. Et qu'ainsi il soit réservé pour les sept années de la famine, qui doit acca- bler l'Egypte, et que ce pays ne soit pas consumé par, la faim. +37. Ce conseil plut au Pharaon et ù tous ses ministres ; +38. Et il leur dit : Où pourrions-nous trouver un homme comme celui-ci, qui fût aussi rempli de l'esprit de Dieu ? +39. Il dit donc à Joseph : Puisque Dieu vous a fait voir tout ce que vous nous avez dit, où pourrai -je trouver quelqu'un plus sage que vous, ou même semblable à vous ? +40. C'est vous qui aurez l'autorité sur ma maison. Quand vous ouvrirez la bouche pour commander, tout le peuple vous obéira, et je n'aurai au-dessus de vous que le trône et la qualité de roi. +41. Le Pharaon dit encore à Joseph : Je vous établis aujourd'hui pour com- mander à toute l'Egypte. +42. En même temps il ôta son anneau de sa main et le mit en celle de Joseph; il le fit revêtir d'une robe de fin lin, et lui mit au cou un collier d'or. +43. Il le fit ensuite monter sur l'un de ses chars, qui était le second après le sien, et fit crier par un héraut que tout le monde fléchît le genou devant lui, et que tous reconnussent qu'il avait été établi pour commander à toute l'Egypte. +44. Le roi dit encore à Joseph : Je suis le Pharaon ; nul ne remuera ni le pied ni la main dans toute l'Egypte que par votre commandement. +xin impôt extraordinaire ; d'abondantes provisions accumulées et soigneusement gardées dans les greniers du roi. Ces greniers d'Egypte existaient à l'état habituel; ils sont souvent représentés sur les fresques des tombeaux. Voy. VAtl. arch. de la Bible, pi. xxxv, fig. 6, 9, 10. +30 Joseph est institué vice-roi d'Egypte , 37-46. +37-40. L'effet produit par les paroles du jeune Interprète. — Placuit : non seulement au Pharaon, mais cunctis ministris, tant il s'était montré plein de sagesse. — Num invenire...? Le prince tire aussitôt la conclusion pratique. Une élévation si soudaine n'a rien que de conforme aux cou- +tumes de l'ancien Orient. Cf. Dan. n, 48. Du reste, les circonstances la justifiaient pleinement. — Ad tui oris... La traduction littérale de l'hébreu se- rait : Et tout mon peuple baisera ta bouche, c.-à-d. te rendra un fidèle hommage. Cf. I Reg. x, 1. +41-44. La cérémonie d'investiture a lieu sans retard. — Annulum suum : son propre sceau. C'était le signe principal de l'autorité déléguée, puisque les décrets étaient marqués du sceau royal. — Stola byssina. lia. robe de fin lin était le vêtement h.abituel des prêtres égyptiens. — Torquem auream. Voyez dans VAtïas arch., pi. Lxxxii, fig. 6, une scène pittoresque, où l'on voit +i +Gen. XLI, 45-54. +157 +45. Il changea a.ussi sou nom, et il l'appela, en langue égyptienne, le Sau- veur du monde. Et il lui fit épouser Asé- netli, fille de Putipharé, prêtre d'Hélio- polis. Après cela Joseph alla visiter l'Egypte +4G. (Il avait trente ans lorsqu'il parut devant le Pharaon), et il fit le tour de toutes les pro\^nces d'Egypte. +47. Les sept années de fertilité vin- rent donc ; et le blé, aj^ant été mis en gerbes, fut serré ensuite dans les gre- niers de l'Egypte. +48. On mit aussi en réserve dans toutes les villes cette grande abondance de grains. +49. Car il y eut une si grande quan- tité de froment, qu'elle égalait le sable de la mer et qu'elle ne pouvait pas même se mesurer. +50. Avant que la famine vînt, Joseph eut deux enfants de sa femme Aséneth, fille de Putipharé, prêtre d'Héliopolis. +51. Il nomma l'aîné Manassé, en di- sant : Dieu m'a fait oublier tous mes travaux et la maison de mon père. +52. Il nomma le second Ephraïm, en disant : Dieu m'a fait croître dans la terre de ma pauvreté. +63. Ces sept années de la fertilité d'Egypte étant donc passées, 54. Les sept années de stérilité vin- +45. Vertitque nomen ejus, et vocavit eum lingua aegyptiaca, Salvatorem mundi. Deditque illi uxorem Aseneth, filiam Pu- tipharé sacerdotis Heliopoleos. Egressus est itaque Joseph ad terram iEgypti +46. (Triginta autem annorum erat quando stetit in conspectu régis Pharao- nis) , et circuivit omnes regiones ^gypti. +47. Venitque fertilitas septem anno- rum ; et in manipules redactse segetes congregàtse sunt in horrea ^gypti. +48. Omnis etiam frugum abundantia in singulis urbibus condita est. +49. Tantaque fuit, abundantia tritici, ut arenee maris cosequaretur, et copia mensuram excederet. +50. Nati sunt autem Joseph filii duo antequam veniret famés , quos peperit ei Aseneth, filia Putipharé sacerdotis He- liopoleos. +, 51. Vocavitque nomen piimogeniti, Manasses, dicens : Oblivisci me f ecit Deus omnium laborum meorum, et domus pa- tris mei. +52. Nomen quoque secundi appellavit Ephraim, dicens : Crescere me fecit Deas in terra paupertatis mese. +53. Igitur transactis septem ubertatis annis, qui fuerant in ^gypto, +54. Cœperunt venire septem anni in- +un dignitaire égyptien receA'ant également l'in- vestiture par le collier. — Fecitqiie eum ascen- dere... L'intronisation se termine par une brillante chevauchée à travers la ville, afin de présenter le nouvel élu à ses administrés. — Clamante... ut omnes. Hébr. : Et l'on criait devant lui : 'AhreJc; expression égyptienne qui signifie, sui- vant les uns : Incline la tête ; suivant les autres : Réjouis -toi. +45. Le changement de nom et le mariage de Joseph. — Salvatorem mundi. En hébr. : Safaat pa'^ncah. Les LXX, qui ont ^ovTOixcpavex, semblent mieux repi'oduire la prononciation du nom égj'ptien. La traduction de la Vulgate est adoptée par d'assez nombreux égyi^tologues et par la plupart des commentateurs. Les Targums, le sj'r., l'arabe, etc., traduisent : Révélateur des se- crets ; d'autres : La nourriture de vie. — Aseneth (,'Asyiat). C.-à-d. : dévouée à Neith, la Minerve égj'ptienne. — Filiam Putipharé. Hébr. : Poti fera , nuance de Potifar (xxxvii, 36), « qui ap- partient à Ra. » Ce nom convenait fort bien à un prêtre d'Héliopolis (hébr. : 'On), ville qui était le grand centre d'adoration du dieu soleil. Elle était située au nord de Memphis, sur la rive orientale du îvTil. +46. L'âge de Joseph au moment de son éléva- tion, et sa prise de possession du pouvoir. — Tri- ginta annorum. Son séjour en ÉgjiJte avait donc déjà duré treize ans. Cf. xxxvii, 2. +4° Les années de fertilité; les deux fils de Joseph, vers. 47-5-2. +47-49. Belle description, rehaussée par l'hyper- bole finale : ut arenee maris... +50-52. Manasses. Hébr. : M'naséh, celui qui fait oublier. Motif de ce nom :. Ohlivisci me fecit (héhr. masanni)..., avec la paronomase habituelle. — Domus patris... JSTon par le fait d'un cœur in- grat, mais en tant que ce souvenir rappelait de douloureux événements. Joseph avait maintenant sa propre famille. — Ephraim. Hébr, : 'Efraïm, au duel; c.-à-d. deux fois fertile. Motif de ce second nom : Crescere me fecit. (hébr. : hifrani). ■ — In terra paupertatis. Mieux : de mon affliction. L'Egypte avait été d'abord pour Joseph ime con- trée de rudes épreuves. +5° Les années de stérilité, vers. 53-57. +63-55. Débuts de la famine. Deux degrés sont marqués : 1° la disette atteint tous les pays voi- sins ( in universo crie ) , mais non l'Egypte , où les provisions privées mamtinrent pendant quel- que temps une certaine aisance; 2° ces provisions +8* +158 +Gen. XLI, 55 — XLII, 6. +opise , quos praedixerat Joseph ; et in uni- verso orbe famés prœvaluit, in cuncta autem terra ^gypti panis erat. +55. Qua esuriente, clama vit populus ad Pharaonem, alimenta petens. Quibus ille respondit : Ite ad Joseph, et quidquid ipse vobis dixerit, facite. +56. Crescebat autem quotidie famés in omni terra ; aperuitque Joseph uni versa horrea, et vendebat^gyptiis ; nam et illos oppresserai famés. +57. Omnesque provincise veniebant in ^gyptum, ut emerent escas, et malum inopiœ temperarent. +rent ensuite, selon la prédiction de Jo- seph ; une grande famine survint dans tout le monde, mais il y avait du blé dans toute l'Egypte. +55. Quand le peuple de ce pays fut aussi pressé de la famine, il cria vers le Pharaon et lui demanda de quoi vivre. Mais il leur dit : Allez à Joseph, et faites tout ce qu'il vous dira. +56. Cependant la famine croissait tous les jours dans toute la terre; et Joseph, ouvrant tous les greniers, vendait du blé aux Égyptiens , parce qu'ils étaient tour- mentés eux-mêmes de la famine. +57. Et on venait de toutes les pro- vinces en Egypte pour acheter de quoi vivre, et pour trouver quelque soulage- ment dans la rigueur de cette famine. +CHAPITRE XLII +1. Audiens autem Jacob quod alimenta venderentur in ^gypto , dixit filiis suis : Quare neghgitis? +2. Audivi quod triticum venundetur in^Egypto; descendite, et emite nobis necessaria, ut possimus vivere, et non consumamur inopia. +3. Descendentes igitur fratres Joseph decem, ut emerent frumenta in ^gypto, +4. Benjamin domi retento a Jacob, qui dixerat fratribus ejus : Ne forte in itinere quidquam patiatur mali. +5. Ingressi sunt terram ^gypti cum aliis qui pergebant ad emendum. Erat autem famés in terra Chanaan. +6. Et Joseph erat princèps in terra ^gypti, atque ad ejus nutum frumenta populis vendebantur. Cumque adorassent eum fratres sui. +1. Cependant Jacob, ayant entendu dire qu'on vendait du blé en Eg3^pte, dit à ses enfants : Pourquoi cette négli- gence ? +2. J'ai appris qu'on vend du blé en Egypte ; allez -y acheter ce qui nous est nécessaire, afin que nous puissions vivre et que nous ne mourions pas de faim. +3. Les ,dix frères de Joseph allèrent donc en Egypte pour y acheter du blé. +4. Jacob retint Benjamin avec lui, ayant dit à ses frères qu'il craignait qu'il ne lui arrivât quelque accident en chemin. +5. Ils entrèrent dans l'Egypte avec les autres qui y allaient pour y acheter du blé; car la famine était dans le pays de Chanaan. +6. Or Joseph commandait dans toute l'Egypte, et le blé ne se vendait aux peuples que par son ordre. Ses frères s'étant prosternés devant lui. +épuisées, l'Egypte elle-même commença à souf- frir de la faim. — Ite ad Joseph... La confiance du Pharaon en son premier ministre n'a pas di- minué. +56 - 57. Le mal s'aggrave ; mais le remède est là : aperuit horrea. Et les greniers étaient ou- verts aux étrangers eux - mêmes (omnes provin- ciœ; hébr. : toute la terre). +Section II. — Les frères de Joseph en Egypte. XLII, 1 — XLV, 28. +§ I. — Le premier voyage. XLII, 1-38. 10 Jacob envole ses fils en Egypte, vers. 1-5. CiiAP. XLII. — 1-2. Quare negligitis? Hébr. : +Pourquoi vous regardez - vous mutuellement (comme des gens indécis)? Le langage du pa- triarche est pressant : Descendite, emite... On voit que sa famille souffrait de la disette. +3-5. Le départ et l'arrivée. — Benjamin... re- tento. Jacob avait reporté sur ce second fils de Rachel une partie de l'affection qu'il avait eue pour Joseph. — Ingressi sunt cum, aliis. Les caravanes d'acheteurs aËBuaient de tous côtés en Egypte. +2° Entrevue de Joseph avec ses frères, vers. 6-17. +6-8. Début de l'entrevue. — Joseph erat... Courte récapitulation, pour passer à la scène qui suit. — Ad ejus nutum... Dans l'hébreu : ! à terre, et il avait rapproché de lui ses deux petits-fils pour les caresser. — Ad dexteram +suam... Ce détail et les suivants deviennent très nets, si l'on se représente Joseph agenouillé en face de son père et entouré de ses deux fils. Éphraïm, le plus jeune, a la place la moins ho- norable , ad sinistram Israël. — Extendens ma- num. Le geste de la bénédiction, signalé ici pour la première fois. — Commutans manus : en les croisant l'une pai"-dessus l'autre. L'hébreu porte : Il rendit ses mains intelligentes ; pour signifier qu'il les guida ainsi librement et sciemment. +15-16. Triple formule de bénédiction, qui rap- pelle en abrégé tous les bienfaits de Dieu sur la famille choisie. Par angélus il faut entendre 1q Seigneur lui-même, l'Ange de l'alliance , comme le nomme Malachie, iii, 1. +180 +Gen. XLVIII, 17 — XLIX, 1. +malis , benedicat pueris istis, et invocetur super eos nomen meum, nomina quoque patrum meoriim Abraham et Isaac, et crescant in multitudinem super terram. +17. Vidensautem Joseph quod posuis- set pater suus dexteram manum super caput Ephraim, graviter accepit; et ap- prehensam manum patris levare conatus est de capite Ephraim, et transferre su- per caput Manasse ; +18. Dixitque ad patrem : Non ita con- venit, pater; quia hic est primogenitus, pone dexteram tuam super caput ejus. +19. Qui renuens, ait : Scio, fili mi, scio ; et iste quidem erit in populos , et multiplidabitur ; sed frater ejus minor major erit illo, et semen illius crescet in gentes. +20. Benedixitque eis in tempore illo, dicens : In te benedicetur Israël, atque dicetur : Faciat tibi Deus sicut Ephraim , et sicut Manasse. Constituitque Ephraim ante jManassen. +21. Et ait ad Joseph filium suum : En ego morior, et erit Deus vobiscum, redu- cetque vos ad terram patrum vestrorum. +22. Do tibi partem unam extra fratres tuos, quam tuli de manu Amorrheei in gladio et arcu meo. +maux , bénisse ces enfants ; qu'ils portent mon nom, et les noms de mes pères Abra- ham et Isaac , et qu'ils se multiplient de plus en plus sur la terre. +17. Mais Joseph, voj^ant que son père avait mis sa main droite sur la tête d'E- phraïm , en eut de la peine ; et prenant la main de son père, il tâcha de la lever de dessus la tête d'Ephraïm, pour la mettre sur la tête de Manasse, +18. En disant à son père : Vos mains ne sont pas bien , mon père , car celui - ci est l'aîné. Mettez votre main droite sur sa tête. +19. Mais, refusant de le faire, il lui dit : Je le sais, mon fils, je le sais; lui aussi sera chef de peuples, et sa race se multipliera ; mais son frère, qui est plus jeune, sera plus grand que lui, et sa pos- térité se multipliera dans les nations. +20. Jacob les bénit donc alors, et dit : Israël sera béni en vous, et on dira : Que Dieu vous bénisse comrne Ephraïm et Manasse. Ainsi il mit Ephraïm avant Manasse. +21. Il dit ensuite à Joseph son fils : Vous voyez que je vais mourir. Dieu sera avec vous, et il vous ramènera au pays de vos pères. +22. Je vous donne de plus qu'à vos frères cette part de mon bien que j'ai gagnée sur les Amorrhéens avec mon épée et mon arc. +CHAPITRE XLIX +1. Vocavit autem Jacob filios suos, et ait eis : Congregamini , ut annuntiem quaî Ventura sunt vobis in diebus novis- simis. +1. Or Jacob appela ses enfants, et leur dit : Assemblez -vous tous, afin que je vous annonce ce qui doit vous arriver dans les derniers temps. +17-20. Jacob calme les scrupules de Joseph. — Le mot do la fin , Ephraim ante Manassen , se réalisa durant toute l'histoire juive : dès l'é- poque des Juges, Ephraïm est supérieur en nombre et en puissance à Manasse; ce dernier, au con- traire , perdra chaque jour en influence. +21-22. L'héritage spécial de Joseph. — Par- tem... extra fratres tuos. Le mot hébreu s'Jcem est ambigu. Employé comme nom commun, il signifie : i)art, portion; comme nom propre il dé- signe la ville de Sichem, près de laquelle était précisément situé le champ auquel Jacob fait allusion. Cf. xxxra, 19. Il y a donc ici un jeu de mots. Ce domaine avait été acheté d'une façon toute pacifique ; aussi n'est-ce point par lui-même, ra:iis par ses descendants, lors de la conquête de la Palestine, que Jaeob dit l'avoir obtenu in gladio et arcu. +3° La bénédiction prophétique de Jacob. XLIX, 1-28. +L'un des passages les plus solennels, les plus beaux et les plus importants de la Genèse. Les sentiments et les pensées atteignent des hauteurs sxiblimes, les images sont d'une grande richesse, le style est admirablement poétique. Surtout, le dogme du Messie fait un grand pas en avant. Voy. S. Ambr. , De benediclionibus patriarcha- rum; Me"" Mcignan, les Prophéties messianiques du Pentateuque, pp. 357-457; T. Lamy, Com- ment, in Gènes., II, 351 et ss.; Vigoureux, Manuel hibl., I, n. 357; Corluy, Spicilegium dogmp.tico- UUicum, I, 456-474. +Chap. XLIX. — 1 - 2. Introduction historique (la) et rapide cxordc iV>-2). — Annuntiem... Ventura. Jacob se sentait divinement inspiré, et il avait conscience que ses paroles seraient sti'lc- +Gen. XLIX, 2-8. +181 +2. Venez tous ensemble, et écoutez, enfants de Jacob, écoutez Israël votre père. +3. Ruben, mon premier-né, ma force, et la principale cause de ma douleur : ta devais être le plus favorisé dans les dons, et le plus grand en autorité, +4. Mais tu t'es répandu comme l'eau. Puisses -tu ne point croître, parce que tu es monté sur le lit de ton père , et que tu as souillé sa couche. +5. Siméon et Lévi sont frères , instru- ments d'un carnage plein d'injustice. +6. A Dieu ne plaise que mon âme ait aucune part à leurs conseils, et que ma gloire soit ternie en me liant avec eux ; parce qu'ils ont cignalé leur fureur en tuant des hommes, et leur volonté cri- minelle en renversant une ville. +7. Que leur fureur soit maudite , parce qu'elle est opiniâtre, et que leur colère soit en exécration, parce qu'elle est dure. Je les diviserai dans Jacob, et je les dis- perserai dans Israël. +8. Juda, tes frères te loueront, ta main sera sur le cou de tes ennemis ; les enfants de ton père se prosterneront de- vant toi. +2. Congregamîni, et audite, filii Jacob, audite Israël patrem vestrum. +3. Ruben primogenitus meus, tu for- titudo mea , et principium doloris mei : prier in donis, major in imperio. +4. Effusus es sicut aqua. Non crescas ; quia ascendisti cubile patris tui, et ma- culasti stratum ejus. +5. Simeon et Levi fratres, vasa ini- quitatis bellantia. +6. In consilium eorum non veniat ani- ma mea, et in cœtu illorum non sit glo- ria mea ; quia in furore suo occiderunt virum, et in voluntate sua suffoderunt murum. +7. Maledictus furor eorum, quia per- tinax; et indignatio eorum, quia dura* Dividam eos in Jacob , et dispergam eos in Israël. +8. Juda, te laudabunt fratres tui ; ma- nus tua in cervicibus inimicorum tuo- rum ; adorabunt te filii patris tui. +tement prophétiques, — In novissimis diehus. Sous cette formule (hébr. : 'aliarit hayyâmim) il faut voir, d'après l'usage qu'en fait la Bible, non pas l'avenir en général, mais l'avenir dans ses relations avec le Messie , par conséquent l'ère messianique. Cf. Num. xxiv, 14; Is. ii, 2 ; Jer. XXX, 24; Ez. xxxviii, 16; Dan. x, 14; Os. m, 5; Mich. IV, 1, etc. Non que cette prophétie de Jacob concerne exclusivement l'époque du Christ; car, dans son ensemble, ce sont les linéaments de l'histoire des fils de Jacob qu'elle esquisse d'une façc?! grandiose, en prenant pour point de départ les jours où les douze tribus issues du patriarche seront établies sur le sol de la terre pi'omise : néanmoins, le principal et l'essentiel a trait au îlessie, qui est vraiment le point central de l'o- racle. Voyez les vers. 8-12, 18. +3-4. Ruben. — Le vers. 3 indique les privilèges qui étaient réservés à Ruben en vertu de sa primo- géniture ; le vers. 4 exprime le châtiment de son crime. — Au lieu de principium doloris, il serait préférable de traduire : « les prémices de ma force. » Cf. Deut. xxi, 17. — Major in donis..., in imperio. Un héritage double, et l'hégémonie sur ses frères : tels étaient les avantages du fils aîné. — E_ffusus... sicut aqua. Selon d'autres : instable comme l'eau. L'image marque fort bien l'ardeur des passions. — Non crescas. Cette ter- rible malédiction porta ses fruits ; rien de grand n'est signalé dans les annales des E.ubénites. +5-7. Siméon et Lévi. — Fratres avec emphase, pour désigner ici une frappante ressemblance dans les défauts, spécialement dans la violence +(vasa iniquitaiis bellantia). — In consilium eorum... Leurs projets sanguinaires. — Gloria mea est synonyme de anima mea de l'hémis- tiche qui précède. C'est un hébraïsme assez fré- quent. — Qaia in furore... Comme pour Ruben, Jacob motive son jugement sévère. Voyez, xxxiv, 25-29, l'incident cruel auquel il fait allusion. — Suffoderunt murum : les murs de Sichem. Mais l'hébreu porte : ils ont coupé le nerf du taureau. C'avait été un autre trait de leur vengeance ; ils n'avalent rien épargné. — Longtemps contenu (cf. xxxiv, 30), le ressentiment du patriarche éclate en termes énergiques : Maledictus... — Divi- dam... La tribu de Siméon, qui était déjà la plus faible de toutes au temps de la sortie d'Egypte , Num. XVI, 14, est entièrement passée sous silence dans la bénédiction de Moïse, Deut. xxxiii; son territoire ne fut jamais bien distinct, mais il formait comme une enclave dans celui de Juda. Le dispergatn se réalisa davantage encore pour les enfants de Lévi, disséminés à travers toute la Palestine , et sans province qui leur appartînt en propre; il est vrai que Dieu, en les prenant à son service, transforma la malédiction en bé- nédiction. +8-12. Juda et le Messie. — Juda, te lauda- bunt. Hébr. : Y'hudah 'attah, yoduka...; avec la paronomase signalée plus haut, xxix, 35, et un « toi » emphatique. — Manus tua in cervi- cibus... Promesse de victoires nombreuses et dé- cisives.— Adorabunt te... Promesse de l'hégémonie sur les autres tribus. Le vers. 9 contient une magnifique image pour décrire cette suprématie. +182 +Gen. XLIX, 9-16. +9. Catùlus leonis Juda. Ad prœdanij fili mi, ascendisti. Requiescens accubuisti ut leo, et quasi leaena; quis suscitabit eum? +10. Non auferetur sceptrum de Juda, et dux de f emore ejus , douce veniat qui mittendus est, et ipse erit expectatio gentium. +11. Ligans ad vineam pullum suum, et ad vitem , o fili mi , asinam suam. Lava- bit in vino stolam suam, et in sanguine uvse pallium suum. +12. Pulcliriores sunt oculi ejus vino, et dentés ejus lacté candidiores. +13. Zabulon in littore maris habitabit, et in statione navium pertingens usque ad Sidonem. +14. Issachar asinus fortis accubans inter terminos ; +15. Vidit requiem quod esset bona, et terram quod optima ; et supposuit liume- rum suum ad portandum, factusque est tributis servions. +16. Dan judicabit populum suum sicut et alia tribus in Israël. +9. Juda est un jeune lion. Tu t'es levé , mon fils, pour ravir la proie. En te reposant, tu t'es couché comme un lion et une lionne; qui osera le réveiller? +10. Le sceptre ne sera point ôté de Juda, ni le prince de sa postérité, jus- qu'à ce que soit venu celui qui doit être envoyé ; et c'est lui qui sera l'attente des nations. +11. Il liera son ânon à la vigne, il liera, ô mon fils, son ânesse à la vigne. Il lavera sa robe dans le vin, et son manteau dans le sang des raisins. +12. Ses yeux sont plus beaux que le vin, et ses dents plus blanches que le lait. +13. Zabulon habitera sur le rivage de la mer et près du port de 3 navires, et il s'étendra jusqu'à Sidon. +14. Issachar, comme un âne robuste, se tient couché dans son étable. +15. Et voyant que le repos est bon et que la terre est excellente, il a baissé l'épaule sous les fardeaux, et il s'est as- sujetti à -payer les tributs. +16. Dan gouvernera son peuple aussi bien que les autres tribus d'Israël. +C'est Notre - Seigneur Jésus - Christ qui est le vrai lion de la tribu de Juda. Cf. I Cor. xv, 25; Apec. V, 5. — Non auferetur... Ici commence la partie principale de toute la prédiction ; les juifs et les chrétiens sont d'accord pour l'appliquer au Messie d'une manière exclusive. — Sceptrum, le eymbole du commandement ; puis le dux en per- sonne, ou le législateur, d'après une interpréta- tion assez commune de l'hébr. m'hoqeq. Mais peut-être vaut -il mieux encore traduire cette expression par bâton de commandement, ce qui serait un synonyme de sceptre. — De f emore ejus. C.-à-d. parmi ses descendants. L'hébr. (« d'entre ses pieds » ) peut se ramener à cette idée ; ou bien, pris à la lettre, il fait allusion h la manière dont les anciens monai'qucs tenaient leur long sceptre : quand ils étaient assis, son extrémité inférieure reposait entre leurs pieds. — Qui mit- tendus est. Le siloh du texte hébreu a donné lieu ù de nombreuses discussions , et on l'a com- menté en sens divers (LXX : xà aTtoxcctj.eva qc'JTÔ) , « quae reposita sunt ei ; » Aq. et Symm. : cj) wKOy.zix'xi , « cul destinatum est, » scil. sceptrum ; Samar. : le Pacifique ; etc.). La version du syr., de l'arabe, d'Onkélos, des Targums de Jonathan et de Jérusalem, adoptée par S. Justin, S, Jean Clirys., ïhéodorct, a conquis justement les suffrages des meilleurs hébraïsants modernes : au lieu de slloh, on lit sclloh, abrégé de 'aSer lô, a que à lui_ » (le sceptre), ou « le proprié- taire ». C'est Ézéchiel, xxi, 32, qui a mis les commentateurs sur la A'oie de cette explication. Quoi qu'il en soit, les traductions antiques ap- pliquent un:inimen)cnt ce mot au Messie. — Expe- ctatio (/entium. Mieux : « ix lui sera l'obéissance +des nations.» — Ainsi donc, le Christ naîtra de la tribu de Juda, et son avènement aui-a lieu à une époque où cette tribu aui'a perdu la supré- matie longtemps exercée sur le reste de la na- tion. L'accomplissement est manifeste , comme le disait déjà saint Augustin, et comme l'ont dé- montré à l'envi, dans le cours des siècles , les exé- gètes et les théologiens. Voyez A. Lémann, le Sceptre de la tribu de Juda, Lyon, 1880. — Le cercle messianique va se rétrécissant de plus en plus : le Sauveur appartiendra à la race humaine en général (m, 16), à la race de Scm (ix, 26), à la race d'Abraham (xxii, 18), d'Isaac (xxvi, 4) et de Jacob (xxviii, 14); il fera partie de la race de Juda. Jamais encore son caractère personnel n'avait été mis aussi nettement en relief. — Li- gans... Les vers. 11 et 12 conviennent surtout ù, la prospérité matérielle des enfants de Juda. Le vin et le lait abondaient sur leur territoire. +13. Zabulon. — In littore maris. Non pas ab- solument sur le rivage de la Méditerranée ni du lac de Tibériade, mais dans un district situé entre ces deux mers, qtii faisaient sa richesse. — Usque ad Sidonem. Également dans le sens large, pour dire : jusqu'à la Phénicie, dont Si- don fut longtemps la capitale. Cet autre voisi- nage fut aussi un grand avantage pour Zabulon. +14-15. Issachar. — Asinus fortis... Comparai- son qui n'a rien de mortifiant dans les contrées bibliques. Issachar, ayant reçu en héritage une des provinces les plus fertiles de la Palestine, s'en contenta naturellement, et mena une vie mi -partie de travail et de repos. +16-17. Dan jadiralilt. En hébreu, avec paro- nomase : Dân yud'in. Quoique né d'une esclave, +Gen. XLIX, 17-25. +183 +17. Que Dan devienne comme nn ser- pent dans le chemin, et comme un céraste dans le sentier, qui mord le pied du che- val , afin que celui qui le monte tombe i\ la renverse. +18. Seigneur, j'attendrai votre salut. +19. Gad combattra tout armé à la tête d'Israël, et il retournera ensuite couvert de ses armes. +20. Le pain d'Aser sera excellent, et les rois y trouveront leurs délices. +21. Nephthali sera comme un cerf qui s'échappe, et la grâce sera répandue sur ses paroles. +22. Joseph croîtra et se multipliera de plus en plus. Il est agréable à contem- pler ; ses rameaux courent le long de la muraille. +23. Mais ceux qui étaient armés de dards l'ont exaspéré, l'ont querellé, et lui ont porté envie. +24. Il a mis son arc et sa confiance dans le Très Fort, et les chaînes de ses mains et de ses bras ont été rompues par la main du Tout -Puissant de Jacob. De là est sorti le pasteur et le rocher d'Is- raël. +25. Le Dieu de ton père sera ton pro- tecteur, et le Tout -Puissant te comblera des bénédictions du haut du ciel, des bé- nédictions de l'abîme des eaux d'en bas, des bénédictions du lait des mamelles et du fruit des entrailles. +17. Fiat Dan coluber in via, cérastes in semita, mordens ungulas equi, ut cadat ascensor ejus rétro. +18. Salutare tuum expectabo. Domine. +19. Gad accinctus prîeliabitur ante eum ; et ipse accingetur retrorsum. +^ 20. Aser, pinguis panis ejus, et praebe- bit delicias regibus. +21. Nephthali cervus emissus, et dans eloquia pulchritudinis. +22. Filius accrescens Joseph, filius ac- crescens et decorus aspectu ; filiae discur- rerunt super murum. +23. Sed exaspéra verunt eum, et jur- gati sunt, invideruntque illi habentes jacula. +24. Sedit in Forti arcus ejus, et dis- soluta sunt vincula brachiorum et ma- nuum illius per manus potentis Jacob ; inde pastor egressus est lapis Israël. +25. Deus patris tui erit adjutortuus, et Omnipotens benedicet tibi benedi- ctionibus casli desuper, benedictionibus abyssi jacentis deorsum , benedictionibus uberum et vulvse. +Dan aura les mêmes privilèges que alia tribus in Israël. Peut-être est-ce une allusion à la ju- dicature du Danite Samson. — Coluber, cérastes. Le premier de ces noms désigne le serpent en général; le second est bien celui du serpent à cornes, ou xspacT"/)? , reptile extrêmement dan- gereux, qui se cache dans le sable, près des chemins fréquentés , et qui s'élance sur le cava- lier et sur sa monture, comme le dit cette pré- diction en termes pittoresques. Voy VAtl. d'hist. nat., pi. Lx, flg. 8, 10. Dan aura lui-même la ruse du serpent. Cf. Jud, xviii, 28-29. De ces images peu favorables, plusieurs Pères ont conclvT que l'Antéchrist appartiendrait à la tribu de Dan. +18. Salutare tuum... Soupir messianique, inter- calé entre le premier et le second groupe des prédictions de Jacob (la pléiade dominée par Jtida, et celle qui a Joseph pour centre). Cette sorte d'oraison jaculatoire est vraiment remar- quable. +19. Gad, — Le texte hébreu forme un Jeu de mots continuel : Gad g'dud y'gudennu, v'hu yagud 'aqeb. Littéral. : Gad , une foule (d'enne- mis) le foule ; mais lui (les) foulera sous son ta- lon. Établie à l'est du Jourdain , la tribu de Gad devait être sans cesse assaillie par les belliqueux Arabes; mais on lui prédit le triomphe. +20. Aser. — Pinguis panis...; prcebebit... Belles figures pour marquer un district très fertile. Cf. Deut, XXXIII, 24-25; III Reg. v, 11, où l'on vante la richesse d'Aser en froment et en huile. +21. Nephthali cervus... Hébr.: une biche affran- chie. Image obscure, quoique gracieuse. Débora, Jud. IV, 10, célèbre les brillants exploits de Nephthali. +22-26. Joseph a la plus longue part dans cette bénédiction prophétique , de même qu'il avait la plus large place au cœur de Jacob. L'amour pa- ternel déborde dans ces lignes qui lui sont con- sacrées, et si Joseph n'obtient pas le sublime privilège de Juda, du moins est-il comblé d'avan- tagos matériels. — Filius accrescens...; filiœ... L'hébreu , traduit littéralement , indique dans quel sens il faut entendre la Vulgate : « Joseph est le rejeton d'un arbre fertile, le rejeton d'un arbre fertile près d'une source ; ses branches s'é- lèvent au-dessus de la muraille. » Il s'agit donc d'une vigne ou de tout autre arbre fruitier planté en espalier, non loin d'une source qui accroît sa fécondité. — Exaspcraverunt... Prédiction de luttes à soutenir : Joseph aura des ennemis qui le provoqueront. Mais il saura leur tenir tête : sedit in forti... (au lieu de dissoluta sunt..., l'hébreu a : « ses bras demeurent flexibles » pour la lutte). Et la cause de sa vigueur invincible, +184 +Gen. XLIX, 26-32. +26. Benedictionespatristiii confortatse siint benedictionibus patrum ejus , donec veniret desiderium collium aeternorum. Fiant in capite Joseph , et in vertice na- zaraei inter fratres siios. +27. Benjamin lupus rapax, mane co- medet praedam, et vespere dividet spolia. +28. Omnes hi in tribubus Israël duo- decim. Hœc locutus est eis pater suus, benedixitque singulis , benedictionibus propriis. +29.^t prsecepit eis, dicens: Ego con- gregor ad populum meum ; sepelite me cum patribus meis in spelunca duplici quse est in agro Ephron Hetbsei, +30. Contra Mambre in terra Chanaan, quam émit Abraham cum agro ab Ephron Hethaso in possessionem sepulcri. +31. Ibi sepelierunt eum, et Saram uxorem ejus. Ibi sepultus est Isaac cum Rebecca conjuge sua ; ibi et Lia condita jacet. +32. Finitisque mandatis quibus filios instruebat, collegit pedes suos super lectulum, et obiit; appositusque est ad populum suum. +26. Les bénédictions que te donne ton père surpassent celles qu'il a reçues de ses pères ; et elles dureront jusqu'à ce que le désir des collines éternelles soit accom- pli. Que ces bénédictions se répandent sur la tête de Joseph, et sur le haut de la tête de celui qui est un nazaréen entre ses frères. +27. Benjamin sera un loup ravissant; il dévorera la proie le matin, et le soir il partagera les dépouilles. +28. Ce sont là les chefs des douze tri- bus d'Israël. Leur père leur parla en ces termes, et il bénit chacun d'eux en leur donnant les bénédictions qui leur étaient propres. +29. Il leur donna aussi cet ordre, et il leur dit : Je "^ais être réuni à mon peuple ; ensevelissez - moi avec mes pères dans la caverne double qui est dans le champ d'Ephron Héthéen, +30. Laquelle est en face de Marabré, au pays de Chanaan, et qu'Abraham acheta d'Ephron Héthéen, avec tout le champ où elle est, pour y avoir son sé- pulcre. +31. C'est là qu'il a été enseveli avec Sara sa femme. C'est là qu'aussi Isaac a été enseveli avec Rébecca sa femme, et que Lia est pareillement ensevelie. +32. Après avoir achevé de donner ces ordres et ces instructions à ses enfants, il joignit ses pieds sur son lit, et mourut ; et il fut réuni à son peuple. +ce sera « le fort de Jacob , le pasteur et le rocher d'Israël », c.-à-d. Dieu lui-même. De nouveau l'hébreu éclaircit les obscurités de la Yulgate. — Au vers. 25, trois sortes de bénédictions maté- rielles sont promises coup sur coup à Joseph : celles du ciel , produites par la pluie et le soleil ; celles de la terre , c.-à-d. un sol fertile , rafraîchi par des sources intérieures; enfin la fécondité des mères. — Belle conclusion au vers. 26. Jacob affirme qu'il bénit Joseph plus qu'il n'avait été lui-même béni par Isaac, plus que celui-ci ne l'avait été par Abraham. — Le desideriam col- lium œternorum ne saurait désigner le Messie en cet endroit. Ou lit dans l'hébreu : ( Ces béné- dictions s'élèvent) au-dessus dos plus anciennes montagnes. Et don Calmet ramène par la para- phrase suivante la Vulgate au texte primitif : a Je souhaite que les bénédictions que je vous donne vous pr.o£urent plus de biens... qu'il n'en +vint dans ces montagnes si anciennes et si fé- condes , ces montagnes si belles et si désii'albles. » Comp, le passage parallèle, Deut. xxxra, 15. — Nazarcei inter fratres. En hébreu nazir signifie « séparé, consacré » ; Joseph avait été mis à part entre tous ses frères, grâce à sa dignité. +27. Benjamin. — Lupus rapax... Éloge du ca- ractère belliqueux de la tribu issue du plus jeune fils de Jacob. Le portrait est brièvement, noaia énergiquement tracé. +28. Récapitulation de tout l'oracle. 50 Mort de Jacob. XLIX, 29-32. +29-31. Les dernières volontés du patriarche. Il revient sur la demande qu'il avait déjà adressée à Joseph, XLVii, 29-31. +32. Le détail graphique, collegit pedes..., exprime une mort douce et calme. — Apposituft est...: dans les limbes. Cf. xxv, 8, 17; xxx:v, 29. +Gen. L, 1-10. +185 +CHAPITRE L +1. Joseph, voj^ant son père mort, se jeta sur son visage, et le baisa en pleu- rant. +2. Il commanda aux médecins qu'il avait à son service d'embaumer le corps de son père. +3. Et ils exécutèrent l'ordre qu'il leur avait donné; ce qui dura quarante jours, parce que c'était la coutume d'employer ce temps pour embaumer les morts. Et l'Egypte pleura Jacob soixante- dix jours. +4. Le temps du deuil étant passé , Jo- seph dit aux officiers du Pharaon : Si j'ai trouvé gi'âce devant vous, je vous prie de représenter au roi +5. Que mon père m'a dit : Tu vois que je me meurs; promets -moi sous le ser- ment que tu m'enseveliras dans mon sé- pulcre que je me suis préparé au pays de Chanaan. J'irai d.onc ensevelir mon père, et je reviendrai aussitôt. +6. Le Pharaon lui dit : Allez , et ense- velissez votre père selon qu'il vous y a engagé par serment. +7. Et lorsque Joseph y alla, les pre- miers officiers de la maison du Pharaon, et les plus grands de l'Egypte l'y accom- pagnèrent tous, +8. Avec la maison de Joseph et tous ses frères qui le suivirent, laissant au pays de Gessen leurs petits -enfants et tous leurs troupeaux. +9. Il y eut aussi des chariots et des cavaliers qui le suivirent ; et il se trouva là une grande multitude de personnes. +10. Lorsqu'ils furent venus à l'aire d' Atad , qui est située au delà du Jour- +1. Quod cernens Joseph, mit super faciem patris flens, et deosculans eum. +2. Prcecepitque servis suis medicis ut aromatibus condirent patrem ; +3. Quibus jussa explentibus, transie- runt quadraginta dies ; iste quippe mos erat cadaverum conditorum ; flevitque eum -^gyptus septuaginta diebus. +4. Et expleto planctus tempore, locu- tus est Joseph ad familiam Pharaonis : Si inveni gratiam in conspectu vestro , loquimini in auribus Pharaonis, +5. Eo quod pater meus adjura verit me, dicens : En morior ; in sepulcro meo quod fodi mihi in terra Chanaan sepelies me. Ascendam igitur, et sepeliam patrem meum, ac revertar. +6. Dixitque ei Pharao : Ascende, et se- peli patrem tuum sicut adjuratus es. +7. Quo ascendente, ierunt eum eo omnes senes domus Pharaonis, cunctique majores natu terrée -^gypti, +8. Domus Joseph eum fratribus suis, absque parvulis et gregibus, atque ar- mentis, quse dereliquerant in terra Ges- sen. +9. Habuit quoque in comitatu currus et equitej ; et facta est turba non mo- dica. +10. Veneruntque ad aream Atad , quse sita est trans Jordanem ; ubi célébrantes +6° Sépulture de Jacob. L, 1-13, +Chap. L. — 1-3. Le deuil et l'embaumemeiit. — Joseph mit... Trait pathétique, digne de Jo- seph. Cf. XLVi, 29. — Servis suis medicis. Les médecins étaient nombreux dans l'antique Egypte, et assez habiles pour l'époque. — Aromatibus condirent... Voy. dans Lenormant, Hist. anc. de V Orient, 9« éd., III, 236-280, et dans Vigoureux, Za Bible et les découvertes modernes, II, 202 et ss., la description de l'embaumement funéraire tel que le pratiquaient les Égyptiens. On a cal- culé que 500 000 000 de corps furent ainsi pré- servés. — Flevit... septuaginta... Y compris les quarante jours mentionnés plus haut. +4 - 6. Joseph obtient du Pharaon l'autorisation d'enterrer son père en Palestine. — Ad farailiam +Pharaonis. Il paraît d'abord étonnant que Jo- seph ne présente pas en personne sa requête au roi; l'étiquette du deuil devait s'y opposer. +7-9. Description du cortège funèbre. — Le convoi fut des plus solennels : on signale la pré- sence des principaux officiers de la cour (senes domus Pharaonis), des gouverneui's de provinces (majores natu tei-rce...), de la famille de Jacob, et de soldats (currus et équités) qui devaient sex*- vir d'escorte. +10-11. La cérémonie d'Atad. — Trans Jorda- nem : sur la rive orientale du fleuve , non loin de Jéricho. Le cortège funèbre avait donc suivi, pour entrer en Palestine, le long circuit que feront plus tard les Hébreux sous la conduite de Moïse : ce trajet était le plus sûr. — Célébrantes exe- +186 +Gen. L, 11-20. +exequias planctn magno atque vehementi, impleverunt septem dies. +11. Quod ciim vidissent habitatores tei-rœ Chanaan, dixernnt : Planctus ma- gnus est iste ^gyptiis. Et idcirco vo- catum est nomen loci illiiis , Planctus iEgypti. +12. Fecei'unt ergo filii Jacob sicut prae- ceperat eis ; +13. Et portantes eiim in terram Cha- naan, sepelierunt eiim in spelunca du- plici, qnam emerat Abraham cum agro in possessionem sepulcri ab Ephron He- thseo contra faciem Mambre. +14. Reversnsqiie est Joseph in ^gy- ptum cum-Jratribus suis, et omni comi- tatu , sepulto pâtre. +15. Quo mortuo, timentes fratres ejus, et mutuo colloquentes : Ne forte memor sit injurise quam passus est, et reddat nobis omne malum quod f ecimus , +16. Mandaverunt ei dicentes : Pater tuus prsecepit nobis, antequam more- retur, +17. Ut haec tibi verbis illius dicere- mus : Obsecro ut obliviscaris sceleris fratrum tuorum, et peccati atque mali- tise quam exercuerunt in te. Nos quoque oramus ut servis Dei patris tui dimittas iniquitatem hanc. Quibus auditis, flevit Joseph. +18. Veneruntque ad eum fratres sui ; et proni adorantes in terram dixerunt : Servi tui sumus. +19. Quibus ille respondit : Nolite ti- mere; num Dei possumus resistere vo- luntati? +20. Vos cogitastis de me malum ; sed Deus vertit illud in bonum, ut exaltaret me, sicut in prœsentiarum cernitis, et salves faceret multos populos. +dain, ils y célébrèrent les funérailles pen- dant sept jours avec beaucoup de pleurs et de grands cris. +11. Ce que les habitants du pays de Chanaan ayant vu, ils dirent: Voilîi un grand deuil parmi les Egyptiens. C'est pourquoi ils nommèrent ce lieu le Deuil d'Eg3^pte. +12. Les enfants de Jacob accomplirent donc ce qu'il leur avait commandé; +13. Et l'ayant porté au pays de Cha- naan, ils l'ensevelirent dans la caverne double qu'Abraham avait achetée d'E- phron Héthéen, avec le champ qui re- garde Mambré, pour en faire le lieu de son sépulcre. +14. Aussitôt que Josep^h eut enseveli son père , il retourna en Egypte avec ses frères et toute sa suite. +15. Après la mort de Jacob, les frères de Joseph eurent peur, et ils s'entre- dirent : Joseph pourrait bien maintenant se souvenir de l'injure qu'il a soufferte, nous rendre tout le mal que nous lui avons fait. +16. Ils lui envoyèrent donc dire : Votre père, avant de mourir, nous a commandé +17. De vous dire de sa part : Je te conjure d'oublier le crime de tes frères, et cette noire malice dont ils ont usé contre toi. Nous vous conjurons aussi de pardonner cette iniquité aux serviteurs du Dieu de votre père. Joseph pleura en entendant ces paroles. +18. Et ses frères, étant venus le trou- ver, se prosternèrent devant lui, et lui dirent : Nous sommes vos serviteurs. +19. Il leur répondit: Ne craignez point; pouvons -nous résister à la volonté de Dieu? +20. Vous avez eu le dessein de me faire du mal ; mais Dieu a changé ce mal en bien, afin de m'élever comme vous voyez maintenant, et de sauver plusieurs peuples. +quias.... Les Egyptiens qui avaient accompagné jusque-là le corps de Jacob ne se proposaient probablement pas d'entrer dans la terre de Cha- naan ; de \h cette cérémonie d'adieu. — Plan- ctus... JEgyptiis. En hébr. : 'Ebel... l'Mizraïm; d'où le nom de 'Ahel Mizraïm donné h la loca- lité. +12-13. L'enterrement de Jacob à Hébron. +§ IV. — Mort de Joseph. L, 14-25. +14-17. De retour en Égj'pte, les frères de Jo- seph conçoivent les craintes les plus vives : ne +forte memor sit..., maintenant que levir père n'é- tait plus là pour les défendre. Soupçon bien in- juste envers la grande âme de Josejih. — Pater... prcBcepit... Il n'y a pas lieu de croire que ce trait fût une invention de leur i)art, ainsi que l'ont supposé divers exégètes. Ce langage rappelle le bon cœur de Jacob. +18-21. Joseph rassure doucement ses frères. — Num Dei possumits... ? D'après l'hébr. : Suis- je à la place de Dieu? C.-à-d.: Suis-jc donc votre juge? — Vos cogitastis..., sed Dcus. Joseiih no pouvait pallier la vérité des faits; du moins il +ë +Gen. L, 21-25. +187 +21. Ne craignez point ; je vous nour- rirai , vous et vos enfants. Et il les con- sola en leur parlant avec beaucoup de douceur et de tendresse. +22. Il demeura dans l'Egypte avec toute la maison de son père, et jl vécut cent dix ans. Il vit les enfants d'Éphraïm jusqu'à la troisième génération. Machir, fils de Manassé, eut aussi des enfants, qui naquirent sur les genoux de Joseph. +23. Joseph dit ensuite à ses frères : Dieu A^ous visitera après ma mort, et il vous fera passer de cette terre à celle qu'il avait juré de donner à Abraham, à Isaac et t\ Jacob. +24. Et il exigea d'eux une promesse sous le sceau du serment, et il leur dit : Dieu vous visitera; transportez mes os avec vous hors de ce lieu. +25. Il mourut ensuite âgé de cent dix ans accomplis; et son corps, ayant été embaumé, fut mis dans un cercueil en Egypte. +21. Nolite timere; ego pascam vos et parvulos vestros, Gonsolatusque est eos , et blande ac leniter est locutus. +22. Et habitavit in ^gypto cum omni domo patris sui, vixitque centum decem annis. Et vidit Ephraim filios usque ad tertiam generationem. Filii quoque Ma- chir filii Manasse nati sunt in genibus Joseph. +23. Quibus transactis , locutus est fra- tribus suis : Post mortem meam Deus visitabit vos , et ascendere vos faciet de terra ista ad terram quam juravit Abra- ham , Isaac , et Jacob. +24 Cumque adjurasset eos atque dixis- set : Deus visitabit vos ; asportate ossa mea vobiscum de loco isto , +25. Mortuus est, expîetis centum de- cem vit£e suse annis. Et conditus aroma- tibus, repositus est in loculo in ^gypto. +insiste, comme autrefois, xlv, 5-8, sur les des- seins providentiels qui avaient transformé le mal en bien. Il ne pouvait pas dire plus fortement qu'il avait tout pardonné. +22. Résumé des dernières années de Joseph. — Tertiam generationem: par conséquent , ses ar- rière-petits -flls, — In genibus Joseph. Manière de dire qu'il les adopta comme siens. Voir la note de XXX, 3. +23 - 25. Recommandations suprêmes et mort de +Joseph. — Grand acte de fol aux vers. 23 et 24. Joseph ne doute pas de l'accomplissement des promesses divines ; aussi exprime - 1 - il , comme son père, un vif désir (cum, adjurasset...) d'être enterré plus tard en Palestine , quoiqu'il eût été comblé d'honneurs en Egypte. Sur l'exécution de son désir, voy. Ex. xni, 19 ; Jos. xxrv, 32. — In loculo : dans un cofîret à momie, suivant la cou- tume égyptienne. Voy. VAtl. archéol. de la BiNe , pi. xxvu. +I +J +L'EXODE +1» Ze s}(jct traité. — Le second livre du Pentateuque, que les Juifs désignent par ses premiers mots : V^'ellé s'mot, « Voici les noms, » mais que les Septante, et par suite la Vulgate, ont appelé Exode ("E^oSoç, Exodus], c'est-à-dire « sortie, départ », raconte les circonstances au milieu desquelles les Hébreux, après s'être étonnamment multipliés en Egypte, abandonnèrent cette contrée devenue subi- tement inhospitalière. Toutefois ce n'est là qu'une partie du sujet traité, car l'Exode expose en outre, avec de grands détails, de quelle manière l'alliance théocratique fat instituée au Sinaï. +Ce livre est étroitement uni à layOenèse; il commence là où elle s'achève, à la mort de Joseph. Seulement, le 'gèrlfé n'est plus le même. La Genèse contient une série de biographies patriarcales et d'antiques tableaux généalogiques; ici nous lisons l'histoire d'une nation toute formée. La Genèse offrait des promesses et des espérances; ici nous assistons au premier accomplissement de ces pro- messes. +L'Exode embrasse l'intervalle des trois cent soixante années qui s'écoulèrent entre la mort de Joseph et l'érection du tabernacle (un peu plus d'un an après la sortie d'Egypte). Mais le récit glisse rapidement sur la plus grande partie de cette période (chap. i et ii); trente-huit chapitres sur quarante (hi-xl) sont consacrés aux événements des deux dernières années, celle qui précéda et celle qui suivit immédiatement la sortie. +2^ Division du livre. — Nous ne retrouvons pas dans l'Exode les formules par lesquelles l'écrivain sacré lui-même avait si ostensiblement partagé les pé- riodes décrites au livre de la Genèse; néanmoins, la matière se divise assez bien en trois parties : 1^ les événements antérieurs à la sortie d'Egypte, i, 1-xii, 36; 2° l'exode proprement dit, xii, 37-xvin, 27; 3« l'alliance contractée au Sinaï, xix, 1-XL, 36. Les deux premières parties sont historiques, et décrivent la ré- demption merveilleuse d'Israël; la troisième est surtout juridique, et expose la législation du Sinaï dans ses points essentiels. Le commentaire indiquera l^s différentes subdivisions. +3° L'importance du livre de l'Exode est évidente d'après le court exposé qui précède. Avec lui, l'histoire 4e la révélation entre dans une ère complètement y nouvelle. Israël, qui n'était naguère qu'une simple famille, Gen. l, 22, nous^ apparaît tout à coup comme un"pcuple qui compte deux millions d'âmes, et qui a ses chefs, son sacerdoce, son culte, ses lois spéciales : la théocratie est fondée. Alors même que l'Exode contiendrait seulement le Décalogue, il offrirait un in- térêt tout à fait extraordinaire sous le rapport religieux et moral. . -, +La grande variété des matières, — histoire, géographie, législation, beaux- arts, religion, etc., — rehausse encore cette importance du livre. Aussi a-t-il été de nos jours, à la lumière de documents nouveaux, l'objet d'études très approfondies. Voyez F. Vigoureux, la Bible et les découvertes modernes, III, 229-590; Crelier, Commentaire sur l'Exode, Paris, 1886; L. de Laborde, Commentaire géographique sur l'Exode et les Nombres, Paris, 1841. +L'EXODE +CHAPITRE I +1. Hsec sunt nomina filiorum Israël qui ingressi sunt m.^gyptum cum Jacob ; singuli cum domibus suis introierunt : +2. Ruben, Simeon, Levi, Judas, +3. Issachar, Zabulon et Benjamin, +4. Dan et Nephthali , Gad et Aser. +5. Erant igitur omnes anim^ eorum qui egressi sunt de femore Jacob, sep- tuaginta ; Joseph autem in iEgypto erat. +6. Quo mortuo, et universis iiratribus ejus , omnique cognatione illa , +7. Filii Israël creverunt, et quasi ger- minantes multiplicati sunt; ac roborati nimis , impleverunt terram. +8. Surrexit interea rex novus super ^gyptum, qui ignorabat Joseph; +9. Et ait ad populum suum : Ecce, +1. Voici les noms des enfants d'Israël qui vinrent en Egypte avec Jacob , et qui y entrèrent chacun avec sa famille : +2. Ruben, Siméon, Lévi, Juda, +3. Issachar, Zabulon, Benjamin, +4. Dan , Nephthali , Gad et Aser. +5. Tous ceux qui étaient sortis de Ja- cob étaient donc, en tout, soixante -dix personnes. Or Joseph était en Egypte. +6. Et après sa mort, et celle de tous ses frères, et de toute cette génération, +7. Les enfants d'Israël s'accrurent et se multiplièrent extraordinairement ; et étant devenus extrêmement forts, ils remplirent la contrée. +8. Cependant il s'éleva dans l'Egypte un roi nouveau, à qui Joseph était in- connu ; +9. Et il dit à son peuple : Vous voyez +PREMIÈRE PARTIE +Êrénements antérieurs à la sortie d'Egypte. +1,1 — XII, 36. +EscuoN I. — Tableau de l'oppression des +HÉBREUX. I, 1-22. +lo Énumération des fils de Jacob; leur mer- VGiUeux accroissement en Egypte, vers. 1-7. +Chap. I. — 1-5. Cette liste des douze pa- triarches issus de Jacob , placée en tête du livre , lui sert d'introduction et le rattache à la Ge- nèse. — La locution cu7n domibus comprend les serviteurs aussi bien que les enfants. — Ruben, Simeon... Les fils de Lia sont mentionnés les pre- miers. Benjamin les suit; les fils des deux ser- vantes occupent le dernier rang ; Joseph est si- gnalé à part. — Septuaginta. Vo3^ Gen. xlv, 11 ; XL VI, 27, et les notes correspondantes. +6-7. Multiplication des Israélites, décrite en quelques mots pittoresques. — Qno mortuo..., omnique cognatione... Cette locution suppose un laps de temps considérable. +2» Les Israélites opprimés par les Égyptiens, Tcrs. 8-22. +8. Le nouveau roi d'Egypte. — Des expressions +rex novus..., qui ignorabat Josc^ih , divers com- mentateurs concluent que ce Pharaon n'était pas monté sur le trône d'après une succession régu- lière et pacifique, mais d'une façon violente, par usun^ation ou par conquête. Aussi l'a - 1 - on par- fois identifié à Ahmès ou Amosis I^'', fondateur de la xviiie dynastie, qui chassa définitivement les Hyksos de la basse Egypte. Mais, de l'avis commun des égyptologues et des exégètes, c'est ù Ramsès II, le Sésostris des Grecs, et l'un des plus grands rois de la xix« dynastie, que revient le triste honneur d'avoir persécuté les Hébreux. Les fouilles les plus récentes nous ont révélé non seulement les annales de son règne glorieux, ses statues, ses portraits, mais jusqu'à sa momie parfaitement conservée. Voy. Vigouroux , la Bible et les découv., II , 249 et ss. +9-10. Le projet de persécution. — Ait ad po- pulum... Au peuple, représenté par les grands et les notables. — Ecce..., multus et fortior iiobls. Ce sont les considérants du projot, habilement pro- posés. Le roi exagère, pour mieux arriver à ses fins. — Sapienter opprimanius. Hébr. : Montrons- nous habiles à son égard. La Vulgate a du moins bien rendu la pensée. Le but du Pharaon est +Momie +,,ee...n. a.co>,vene e, ami.ue statue ae B..se. +..J.r^rh^^^^^ ^^ +Ex. I, 10-16. +191 +que le peuple des enfants d'Israël est devenu très nombreux, et qu'il est plus fort que nous, +10. Venez, opprimons -les avec sa- gesse, de peur qu'ils ne se multiplient encore davantage, et que si nous nous trouvons surpris de quelque guerre, ils ne se joignent à nos ennemis, et qu'après nous avoir vaincus, ils ne sortent de l'É- +gypte. +11. Il établit donc des intendants des travaux , afin qu'ils accablassent les Hé- breux de corvées. Et ils bâtirent au Pha- raon des villes pour servir de magasins, Phitliom et Eamessès. +12. Mais plus on les opprimait, plus leur nombre se multipliait et croissait. +13. Or les Égyptiens haïssaient les en- fants d'Israël, et ils les affligeaient en leur insultant ; +14. Et ils leur rendaient la vie amère en les employant à des travaux pénibles de mortier et de briques, et à toute sorte d'ouvrages agricoles dont ils étaient ac- cablés. +15. Le roi d'Egypte parla aussi aux sages - femmes qui accouchaient les femmes des Hébreux , dont l'une se nommait Séphora, et l'autre Phua; +16. Et il leur fit ce commandement : +populus filiorum Israël multus, et fortior nobis est. +10. Venite, sapienter opprimamus eum, ne forte multiplicetur ; et si ingruerit contra nos bellum, addatur inimicis nostris, expugnatisque nobis egrediatur de terra. +11. Prseposuit itaque eis magistros operum , ut affligèrent eos oneribus ; œdi- ficaveruntque urbes tabernaculorum Pha- raoni , Phithom et Eamessès. +12. Quantoque opprimebant eos, tanto magis multiplicabantur, et crescebant ; +13. Oderantque filios Israël -^îgyptii, et affligebant illudentes eis ; +14. Atque ad amaritudinem perduce- bant vitam eorum operibus duris luti et lateris, omnique famulatu, quo in terrse operibus premebantur. +15. Dixit autem rex ^gypti obstetrici- bus Hebrseorum, quarum una vocabatur Sephora, altéra Phua, +16. Prsecipiens eis : Quando obstetri- +d' affaiblir les Hébreux , sans les pousser à la ré- volte. — Si ingruerit bellum. Nous avons vu, à propos de Gen. xlii, 9-12, que, du côté de la fron- tière du nord -est, ce danger n'était nullement imaginaire. — Egrediatur... Ce qui eût été pour l'Egypte une très grande perte. +11-14. Premières mesures d'oppression : on impose aux Hébreux de rudes travaux publics. — Magistros operum. Fonctionnaires supérieurs, secondés, ainsi qu'il sera dit plus loin, par des maîtres de corvée. — Parmi les constructions colossales, alors de mode en Egypte, auxquelles les Hébreux donnèrent leur collaboration forcée, on signale ici deux urbes tahernaculorum (hébr.: 'âré misk'not) , c'est-à-dire des villes destinées à contenir de vastes dépôts de provisions et de munitions de guerre. Cf. II Pai-. xxxii, 28. — Phithom (hébr. : Pitom) et Raviesses (hébr. : Ra'aoïsès). Ces deux villes, agrandies et forti- fiées par Ramsès II, sont souvent mentionnées sur les monuments égyptiens. La première a été retrouvée en 1883, par M. Naville, sur l'empla- cement de Tell-el-Maskhûta (Vigouroux, l. c, 2Z7 et ss.). On ignore encore le site exact de la seconde ; mais plusieurs documents du règne de Ramsès II attribuent sa construction aux Abé- riu ou Apériu , c.-à-d. aux Hébreux. Voy. Chabas, Mélanges égyptologiques , séries 1 et 2. — Tanto magis multiplicabantur. En vertu d'une protec- tion divine bien évidente. Mais, de lu, surcroit de haine chez les Égyptiens , vers. 13 et 14. — Luti +et lateris. « Une grande partie des constructions de Ramsès II furent exécutées en briques. Quoique la plupart de ces édifices n'aient pas duré jusqu'à nos jours, il y en a cependant des restes qui mettent le fait hors de doute. » H. Brugsch, Hist. d'Egypte, p. 174. IsTotamment, les murs d'enceinte et les magasins de Phithom sont construits en grandes briques, reliées entre elles par du mor- tier (Jutï)- Qui ne connaît la célèbre fresque de Thèbes, qui représente des captifs occupés à fa- briquer des briques, sous le regard d'un inspec- teur et sous le fouet des maîtx'es de corvée ? « Travaillez sans relâche ! » leur crient rudement ces derniers. Voyez VAtl. archéol. de la Bible , pi. XLix, fig. 3, 6, 9. — Par omni famulatu.,. in terrœ operibus, il ne faut pas seulement en- tendre les travaux ordinaires de l'agriculture; mais le creusage et le nettoyage des canaux d'ir- rigation, l'arrosage au schadouf {Atl. archéol., pi. xxxviii, flg. 1, 3, 4), si pénible sous un soleil brûlant, etc. +15-22. Seconde mesure d'oppression : le meurtre des enfants mâles. — Dixit rex... obstetricibus Hebrceorum. En secret, bien entendu; ce n'est que plus tard , vers. 22, que le prince aura recours ù la violence ouverte. Ces deux sages -femmes étaient sans doute les principales, car elles au- raient pu difficilement suffire , à elles seules , pour tout le peuple hébreu. Josèphe et divers exégètes supposent qu'elles étaient égyptiennes.— Si mascu- lus, intcrficite. Dans l'intention du roi, cet ordre +10 +192 +Ex. I, 17 +cabitis Hebrseas, et partus tempus ad- venerit, si masculus f iierit, inteificite eum ; si femiiia , réservai e. +17.Timueruntautem obstetrices Deiim, et non fecerunt juxta prœceptum régis ^gypti ; sed conservabant mares. +18. Quibus ad se accersitis, rex ait : Quidnam est lioc quod facere voluistis, ut pueros servaretis? +19. Quœ responderunt : Non sunt lie- brasEe sicut ^gyptiœ mulieres ; ipsœ enim obstetricandi habent scientiam, et priiis- quam veniamus ad eas , pariuut. +20. Bene ergo f ecit Deus obstetricibus ; et crevit populus, confortatusque est nimis. +21. Et quia timuerunt obstetrices Deum, sedificavit eis domos. +22. Prœcepit ergo Pharao omni po- pulo suo, dicens : Quidquid masculini sexus natum fuerit, in flumen projicite ; quidquid feminini, reservate. +— II, 3. +Quand vous accoucherez les femmes des Hébreux , au moment où l'enfant naîtra , si c'est un enfant mule, tuez -le; si c'est une tille, laissez -la vivre. +17. Mais les sages -femmes furent tou- chées de la crainte de Dieu , et ne firent point ce que le roi d'Ég_ypte leur avait commandé, mais elles conservèrent les enfants mâles. +18. Le roi, les ayant donc fait venir, leur dit : Pourquoi avez-vous agi ainsi et avez -vous épargné les enfants mâles? +19. Elles lui répondirent: Les femmes des Hébreux ne sont pas comme celles d'Egypte; car elles savent elles-mêmes comment il faut accoucher, et avant que nous soyons venues les trouver, elles sont déjà accouchées. +20. Dieu fit donc du bien à ces sages- femmes , et le peuple s'accrut et se for- tifia extraordinairement. +21. Et parce que les sages -femmes avaient craint Dieu, il établit leurs mai- sons. +22. Alors le Pharaon fit ce commande- ment à tout son peuple : Jetez dans le fleuve tous les enfants mâles qui naîtront, et ne réservez que les filles. +CHAPITRE II +1. Egressus est post hœc vir de domo Levi, et accepit uxorem stirpis suas; +2. Quœ concepit, et peperit filium; et videns eum elegantem, abscondit tribus mensibus. +3. Cumque jam celare non poFset, +1. Quelque temps après, un homme de la maison de Lévi ayant épousé une femme de sa tribu, +2. Sa femme conçut et enfanta un fils, et, voyant qu'il était beau, elle le cacha pendant trois mois. +3. Mais comme elle vit qu'elle ne pou- +barbare ne devait demeurer en vigueur que pour un temps, parce qu'ii eût été contraire à sa po- litique d'anéantir tout à fait les Hébreux. — Si femina, reservate: pour en faii'e des esclaves, ou pour les marier aux Égyptiens. — N07i sunt Hehrœai... Excuse en partie exacte, car en Orient les femmes du peuple savent souvent se passer des services d'une sage-femme ; mais le fait est évidemment exagéré à dessein, pour détourner les soupçons du roi. — ^dificavit cis domos. Locution proverbiale. Dieu aidant, elles fondèrent elles-mêmes des familles prospères. — Prœcepit ergo... L'exécution de la cruelle mesure est main- tenant confiée à tous les Égj-ptiens : r^arnsès II comptait sur leur Imine, déjà si vivement su- rexcitée. +Section IL — Les quarante niEMiÈRES anxées DE Moïse. II, 1-25. +Jéhovah n'oublie pas son peuple si durement +éprouvé ; il va se servir des mesures mêmes de l'oppression pour lui préparer un libérateur. +1° Préservation et éducation de Moïse, vers. 1-10. +Chap. II. — 1-2. Naissance de Moïse. — Vir... uxorem. Leurs noms étaient Amram et Jochabcd , VI, 20. — Peperit filium. Elle avait déjà une fille, Marie (vers. 4), et un autre fils, Aaron (vu, 7), nés avant l'édit d'extirj)ation, — Vi- dens... elerjantem (hébr. : tôh ; cf. Gon. vi, 7). En voyant la beauté extraordinaire de l'enfant, la mère, par une induction pleine de foi, Hcbr. XI, 23, suppose que Dieu avait sur lui des des- seins tout spéciaux : r^v acTcto; to) Osco , dit saint Etienne pour marquer ce trait providentiel, Act. VII , 20. +3-4. Moïse est exposé sur le Nil. Récit très pittoresque. — Fiscellam (héhi:: téhah , le même nom que pour l'arche de Noé) scirpeam. L'hébr. gomc' désigne le papyrus, alors si fréquent dans +Ex. II, 4-11 +193 +vait plus tenir la chose secrète, elle prit un panier de jonc, et, la^'ant enduit de bitume et de poix, elle mit dedans le petit enfant, l'exposa parmi les roseaux de la rive du fleuve, +4. Et fit tenir sa sœur à quelque dis- tance , pour voir ce qui arriverait. +5. Or voici que la fille du Pharaon vint au fleuve pour se I)aigneT, accompagnée de ses suivantes, qui marchaient le long du bord de l'eau. Et, ayant aperçu ce pa- nier parmi les roseaux, elle envoya une de ses filles qui le lui apporta. +6. Elle l'ouvrit, et, trouvant dedans ce petit enfant qui criait, elle fut touchée de compassion, et elle dit : C'est un des enfants des Hébreux. +7. La sœur de l'enfant, s' étant appro- chée, lui dit: Vous plaît -il que je vous aille chercher une femme des Hébreux qui puisse nourrir ce petit enfant ? +8. Elle lui répondit : Allez. La jeune fille s'en alla donc, et fit venir sa mère. +9. La fille du Pharaon lui dit : Pi-enez cet enfant et nourrissez -le -moi, et je vous en récompenserai. La mère prit l'enfant et le nourrit ; et lorsqu'il fut assez fort , elle le donna à la fille du Pha- raon , +10. Qui l'adopta pour son fils et le nomma Moïse ; car, disait-elle, je l'ai tiré de l'eau. +11. En ces jours, lorsque Moïse fut devenu grand, il sortit pour aller voir ses frères. Il vit leur afiiiction et un Égyp- +sumpsit fiscellam scirpeam, et linivit cam bitumine ac pice ; posuitque intus infantulum, et ex^josuit eum in carecto ripœ fluminis, +4. Stante procul sorore ejus, et consi- dérante eventum rei. +5. Ecce autera descendebat filia Pha- raonis ut lavaretur in flumine, et puella) ejus gradiebantur pcr crei)idinem alvei. Quœ cum vidisset fiscellam in papy- rione, misit unam e famulabus suis, et allatam +6. Aperiens, cernensque in ea parvu- lum vagientcm, miserta ejus, ait : De infantibus Ilebrseorum est hic. +7. Cui soror pueri : Vis, inquit, ut vadam, et vocem tibi mulierera Ple- brseam, quse nutrire possit infantulum? +8. Eespondit : Vade. Perrexit puella, et vocavit matrem suam. +9. Ad quam locuta filia Pharaonis : Accipe, ait, puerum istura, et nutri mihi ; ego dabo tibi mercedem tuam. Suscepit mulier, et nutri vit puerum, adultumque tradidit filiœ Pharaonis. +10. Qoem illa adopta vit in locum filii , vocavitijue nomeri ejus Mo3'ses, dicens : Quia de aqua tuli eum. +11. In diebus illis postquam crèvera t Moyses, egressus est ad fratres suos, vi- ditque afflictionem eorum, et virum ^gy- +toute l'Egypte, et qu'on employait à construire des barques légères. Voy. VAtl. d'hist. nai. de la Bible, pi. Lxxm, flg. 5, 12, et Y Atlas archéol., pi. VII, flg. 4; pi. VIII, flg. 1,3. — Bitumine et pice. La poix minérale, et la poix proprement dite,' ou végétale : deux excellents enduits. — In carecto... Dans les roseaux de différente sorte qui ont toujours abondé le long des rives du Nil. — Considérante eventum.. Jochabed ne doutait pas qu'une main charitable ne recueillît promptcment son fils. +5-10. Moïse est adopté par la fille du Pharaon. Scène encore plus dramatique. — Ecce... ut lava- retur. Peut-être la princesse avait -elle coutume de se baigner en cet endroit du fleuve. La sain- teté et la force vivifiante du Nil étaient univer- sellement appréciées, et les femmes jouissaient alors en Egypte d'une liberté qui leur a été re- tirée peu à peu. — Farvulum vagientevi, mii^.erta : traits touchants. La conjecture de infamibus Eeb^t-ceorum... était aisée, vu les circonstances. — Oui soror... Marie fait preuve d'une grande perspicacité dans tout ce récit.— Nidrivit pice- rum... Probablement jusque vers l'âge de trois ans. Cf. Gen. xxi, 8, et le connnentaire. Cette +première éducation de Moïse fut toute providen- tielle : avec le lait de sa mère il suça le zèle de la vraie religion et le sentiment de patriotisme ardent qui éclateront bientôt en lui. — Adopta- vit. Devenu ainsi membre de la famille royale. Moïse reçut une seconde éducation non moins providentielle que la première, a Eruditus est, dit saint Etienne, Act. vu, 22, omni scientia iEgyptiorum ; » ce qui accrut son influence soit auprès des Égyptiens, soit auprès des Hébreux eux - mômes. — Nomen ejus Aloyses ( hébr. : Moseh) ... Le nom est ensuite expliqué : quia... tnli im'5itl) eum. Au dire de Josèphe, Ant. ii , 9,6, l'étymologie eût encore été plus frappante dans la langue égjTptienne : a Les Égyptiens donnent à l'eau le nom de mô , et celui de y.sè.v à ceux qui sont tirés des eaux. » Mais les savants modernes contestent l'exactitude de cette déri- vation. +2° Moïse se réfugie chez les Madianites, vers. 11-20. +11-12. Intervention de Moïse pour protéger ses frères. — lyi diebus illis. Vague formule, que précise saint Etienne, Act. vu, 23, en disant que Moïse avait alors quarante ans. — Eyressus est. +194 +ptium percutientem quemdam de Hebrseis ÊratriLiis suis. +12. Cumque circumspexisset hue atque illuc, et nnllum adesse vidisset, pereus- sum ^gy ptium abscondit sabulo. +13. Et egressus die altero conspexit duos Hebrœos rixantes ; dixitque ei qui faciebat injuriam : Quare percutis proxi- mum tuum? +14. Qui respondit : Quis te constituit principem et judicem super nos? Num occidere me tu vis, si eut heri occidisti iEgyptium? Timuit Moyses, était : Quo- modo palam factum est verbum istud? +15. Audivitque Pharao sermonem hune, et quœrebat occidere Moyseii ; qui f u- giens de conspectu ejus , moratus est in terra Madian, et sedit juxta puteum. +16. Erant autem sacerdoti Madian septem filiœ, quse venerunt ad haurien- dam aquam ; et impletis canalibus ada- quare cupiebant grèges patris sui. +17. Supervenere pastores, et ejecerunt eas; surrexitque Moyses, et defensis puellis, adaquavit oves earum. +18. Quse cum revertissent ad Eaguel patrem suum , dixit ad eas : Cur velocius venistis solito? +19. Eesponderunt : Vir ^gj^ptius libé- ra vit nos de manu pastorum ; insuper et hausit aquam nobiscum, potumque dédit ovibus. +20. At ille : Ubi est? inquit. Quare di- misistis hominem? Vocate eum ut come- dat panem. +Ex. II, 12-20. +tien qui frappait un Hébreu d'entre ses frères. +12. Il regarda de coté et d'autre , et, ne voyant personne auprès de lui, il tua l'Egyptien et le cacha dans le sable. +13. Le lendemain, il trouva deux Hé- breux qui se querellaient , et il dit à celui qui outrageait l'autre : Pourquoi frappez- vous votre frère ? +14. Cet homme répondit : Qui vous a établi chef et juge sur nous ? Est-ce que vous voulez ^me tuer, comme vous avez tué hier un Égyptien ? Moïse eut peur, et il dit : Comment cela s'est - il découvert ? +15. Le Pharaon, en ayant été averti, cherchait à faire mourir Moïse. Mais ce- lui-ci se cacha et s'enfuit au pays de Madian, où il s'arrêta, et s'assit près d'un puits. +16. Or le prêtre de Madian avait sept filles, qui, étant venues pour puiser de l'eau et en ayant rempli les canaux, vou- laient faire boire les troupeaux de leur père. +17. Mais des pasteurs, étant survenus, les chassèrent. Alors Moïse, se levant et prenant la défense de ces filles , fit boire leurs brebis. +18. Lorsqu'elles furent retournées chez Raguël leur père , il leur dit : Pourquoi êtes -vous revenues plus tôt qu'à l'ordi- naire ? +19. Elles lui répondirent : Un Egjrp- tien nous a délivrées de la violence des pasteurs , et il a même tiré de l'eau avec nous et a donné à boire à nos brebis. +20. Où est -il? dit leur père. Pourquoi avez -vous laissé aller cet homme? Ap- pelez-le, afin que nous le fassions man- ger. +Non pour une visite passagère, mais dans l'in- tention de se fixer désormais auprès de « ses frères » ; ce qui suppose qu'il avait abandonné la cour et renoncé à toute espérance mondaine. Saint Paul a décrit, Hebr. xi, 24-26, l'acte de foi qui était à la base de cette démarche généreuse. — Circumspexisset... Détail graphique. — Perçus- sum Mgyptium. Il le tua dans un moment d'in- dignation patriotique, que saint Augustin, C. Faust., 1. xxn, c. 70, n'excuse pas de tout blâme. +13-15. Moïse s'exile à Madian; ni lui ni son peuple ne sont mûrs pour la délivrance. — Quis te constituit...? L'Hébreu interpellé refuse une telle ingérence dans leurs affaires. Il porte même au médiateur un coup brutal : Num occidere...? — In terra Madian. La vaste contrée occupée par les Madianites s'étendait sur les deux rives du golfe Élanite , en partie dans la péninsule de +Sinaï, en partie dans l'Arabie proprement dite. +— Juxta puteum. Fatigué , indécis sur l'avenir. 16-20. Moïse et les filles de Raguël. — Septem +filiœ... Comme Rébecca, comme Rachel , comme tant d'autres jeunes filles appartenant à de riches familles, elles paissaient elles-mêmes les brebis de leur père. — Ejecerunt eas : pour abreuver d'abord leurs propres troupeaux. Moïse se fait de nouveau le champion courageux des opprimés ; mais cette fois avec plus de calme et de succès. +— Raguël. 'iîéhr,:B'\i^el, a ami de Dieu.» C'était probablement son nom personnel ; celui de Jé- thro (hébr.: Ytro , « son excellence »), sous lequel 11 sera désigné plus tard , ressemble davantage h un titre officiel. Cf. in, 1, etc. — Vir JEgyptius. Elles l'avaient pris pour un Égyptien à son cos- tume, à son langage. — Qiiare dimisistis...? San» lui offrir l'hospitalité. +Ex. II, 21 — III, 3. +195 +21. Moïse lui jura donc qu'il demeure- rait avec lui. Il épousa ensuite sa fille, qui s'appelait Séphora. +22. Et elle lui enfanta un fils, qu'il nomma Gersam , en disant : J'ai été voya- geur dans une terre étrangère. Elle eut encore un autre fils, qu'il nomma Eliézer, en disant : Le Dieu de mon père, qui est mon protecteur, m'a délivré de la main du Pharaon. +23. Longtemps après, le roi d'Egypte mourut, et les enfants d'Israël, gémis- sant sous le poids des ouvrages qui les accablaient, poussèrent de grands cris, et ces cris, que tirait d'eux l'excès de leurs travaux, s'élevèrent jusqu'à Dieu. +24. Il entendit leurs gémissements, et il se souvint de l'alliance qu'il avait faite avec Abraham, Isaac et Jacob. +25. Et le Seigneur regarda favorable- ment les enfants d'Israël , et il les recon- nut pour son peuple. +21. Juravit ergo Moyses quod habi- taret cum eo. Accepitque Sephoram filiam ejus uxorem ; +22. Quse peperit ei filmm, quem vo- cavit Gersam, dicens : Advena fui in terra aliéna. Alterum vero peperit, quem vo- cavit Eliezer, dicens : Deus enim patris mei adjutor meus eripuit me de manu Pharaon is. +23. Post multum vero temporis mor- tuus est rex jî]gypti; et ingemiscentes filii Israël, propter opéra vociferati sunt ; ascenditque clamor eorum ad Deum ab operibus. +24. Et audivit gemitum eorum, ac re- cordatus est fœderis quod pepigit cum Abraham, Isaac, et Jacob. +25. Et respexit Dominus filios Israël, et cognovit eos. +CHAPITRE III +1. Cependant Moïse conduisait les bre- bis de Jéthro, son beau -père, prêtre de Madian ; et ayant mené son troupeau au fond du désert, il vint à la montagne de Dieu , nommée Horeb. +2. Alors le Seigneur lui apparut dans une flamme de feu qui sortait du milieu d'un buisson , et il voyait brûler le buis- son sans qu'il fût consumé. +3. Moïse dit donc : Il faut que j'aille +1. Moyses autem pascebat oves Jethro soceri sui sacerdotis Madian ; cumque minasset gregem ad interiora deserti, venit ad montem Dei Horeb. +2. Apparuitque ei Dominus in flamma ignis de medio rubi ; et videbat quod ru- bus arderet, et non combureretur. +3. Dixit ergo Moyses : Vadam, et vi- +3° Moïse épousa Séphora ; Dieu écoute les gé- missements d'Israël, vers. 21-25. +21-22. Juravit... Simplement, d'après l'hébreu : il consentit à habiter avec lui. — Gersam (hébr. : Gersom) : « advena ibi, » traduisait saint Jé- rôme; et Moïse explique lui-même ce nom, en disant : Advena (gêr) fui...— Eliezer. C.-à-d. : Mon Dieu (est un) secours, Deus... adjutor meus. La naissance d'Éliézer n'est pas mentionnée ici dans le texte hébreu. +23-25. Post... multum temporis : un nouvel intervalle de quarante ans. Cf. vir, 7, et Act. VII, 30. — Mortuus est rex... Détail qui convient fort bien à Ramsès II, dont le règne fut de très longue durée. — Ingemiscentes... vocijerati sunt. Ces gémissements et ces cris d'angoisse étaient une ardente prière ; aussi montèrent -ils jusqu'au ciel. — Audivit, recordatns est, respe.xlt, cogno- vit. Traits admirables. Le cœur de Dieu est tou- ché, l'heure de la délivrance a sonné. Belle tran- sition aux événements qui vont suivre. +Section III. — La vocation de Moïse et son RETOUR en Egypte. III, 1 — IV, 31. +Faits d'une extrême importance pour l'histoire de la révélation ; aussi sont - ils racontés avec de nombreux détails. +10 Dieu apparaît à Moïse auprès de l'Horeb, III, 1-6. +Chap. III. — 1. Introduction historique. — Ad interiora deserti. Hébr. : « derrière le désert ; » à l'ouest du désert qui s'étend entre le golfe Éla- nite et le Sinaï. Par conséquent, au cœur même du massif de l'Horeb, dont le Sinaï est le pic prin- cipal. Il y a là de fertiles vallées et de gras pâtu- rages. — Montem Dei : ce nom est emplo3'é par anticipation. +2-3. Le buisson ardent. — Apparuit... Dominus (Y'Jwvah). Hébr. : un ange de Jéhovah. Mais, au vers. 4, ce même personnage est pareillement appelé Jéhovah et Eloïm dans le texte original. C'étaient, disent les Pères, la seconde personne +196 +Ex. III, 4-11, +debo visionem liane magnam, quare non comburatur rubus. +4. Cernens aiitem Dominiis quod per- geret ad videndum, vocavit eum de me- dio nibi, et ait : Moyses ! Moyses! Qui respondit : Adsum. +6. At ille : Ne appropies, inquit, hue ; solve caleeamcntiim de pedibus tuis ; locus enim, in quo stas, terra sancta est, +6. Et ait : Ego sum Deus patris tui, Deus Abraliam, Deus Isaac, et Deus Ja- cob. Abscondit Moyses facicm suam; non enim aiidebat aspicere contra Deum. +7. Cui ait Dominus : Vidi afflictionem populi mei in zEgypto; et clamorem ejus audivi propter duritiam^orum qui prse- sunt operibus. +8. Et sciens dolorem ejus, descendi ut liberem eum de manibus ^g3''ptio- rum, et educam de terra illa in terram bonam, et spatiosam ; in terram quse fiuit lacté et melle, ad loca Cliananœi, et He- thaei, et Amorrhasi, et Pherezsei, et He- vrei, et Jebussei. +9. Clamor ergo filiorum Igrael venit ad me ; vidique afflictionem eorum , qua ab ^gyptiis opprimuntur. +10. Sed veni, et mittam te ad Pharao- nem, ut educas populum meum, filios Israël, de iEg^'-pto. +11. Dixitque Moyses ad Deum : Quis +reconnaître quelle est cette merveille que je vois, et pourquoi ce buisson ne se consume point, +4. Mai« le Seigneur, le voyant venir pour considérer ce pliénomène, l'appela du milieu du buisson, et lui dit: Moïse, Moïse ! Il lui ]"épondit : Me voici, +5. Et Dieu dit : N'approchez pas d'ici ; Ctez vos souliers de vos pieds , parce que le lieu où vous êtes est une terre sainte. +6. Il dit encore : Je suis le Dieu de votre père, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob. Moïse se cacha le visage, parce qu'il n'osait re- garder Dieu, +7. Le Seigneur lui dit : J'ai vu^l'afflic- tioii de mon peuple, qui est en Egypte; j'ai entendu le cri qu'il jette à cause de la dureté de ceux qui président aux tra- vaux. +8. Et, sachant quelle est sa douleur, je suis descendu pour le délivrer des mains des Egyptiens, et pour le faire passer de cette terre en une terre bonne et spa- cieuse ; en une terre où coulent le lait et le miel, au pays des Chananéens, des Héthéens, des Amorrhéens, des Pliéré- zéens, des Hévéens et des Jébuséens. . +9. Le cri des enfants d'Israël est donc venu jusqu'à moi ; j'ai vu leur affliction et de quelle manière ils sont opprimés par les Eg^^ptiens, +10. Mais venez, et je vous enverrai vers le Pharaon, afin que vous fassiez sortir de l'Egypte mon peuple, les en- fants d'Israël, +11. Mo'ïse dit à Dieu: Qui suis -je, +de la sainte Trinité. — RuM. Hébr. : hass'neh , avec l'article, le buisson célèbx'e. Le s'neh est une sorte d'acacia rabougri qui abonde dans ces régions; voyez V Atlas d'hist. nat. de la Bible, pi. XXXI, fig. 1. D'après une antique tradition, le monastère du Siiiaï s'élève ii l'endroit même de l'apparition divine. Cf. Acia Sanctorum, maii ii, p. 22. — Visionem hanc magnam. Expression solennelle. +4-6. Dieu se l'évèle h Moïse. — Cernens Do- minus... Hébr. : « Quand Jéhovah vit que Moïse s'approchait,... Eioïni l'appela... » Cette juxtaposi- tion des deux noms divins est remarquable. — Solve culceamentum. Hébr. : « tes sandales , » la chaussure habituelle des Égyptiens, et en géné- ral des Orientaux soit anciens, soit modernes. Voy. VAtl. archéol. de La Bible, pi. vi, fig. il. En Orient, il a toujours été d'usage d'ôter ses chaussures iiour pénétrer dans un lieu sacré ou même simplement respectable (cf. Jos. v, 15) : locus enim..., terra sancta. — Ego sum Deus... La révélation ne pouvait pas être plus claire, ni plus explicite. Sur l'apiilication dogmatique que +N.-S. Jésus-Christ fit de ce texte, voy. Matth. xii, 26. — Abscondit Moyses... Épouvanté, comme au- trefois Jacob à Béthel, Gen, xxviii, 17. +2° Le Soigneur annonce à Moïse qu'il l'a choisi pour délivrer Israël. III, 7-10. +7-9. La pitié de Dieu pour son peuple. — Vidi. Hébr. : a Voir, j'ai vu ; » formule très expressive, — Descendi. Anthropomorphisme, qui rappelle Gen. XI, 5, 7. Cette miséricordieuse intervention a un double but : l'un négatif, ut liberem...; l'autre positif , et educcun... — In terram bo- nam... Description poétique mais exacte de la terre promise. La Palestine était et pourrait re- devenir très fertile dans son ensemble ; son lait et son miel ont toujours été renommés : de là l'expression proverbiale, qui reviendra souvent, quee fiait lacté et melle. Les mots suivants, ad loca CJucnancci..., développent i'épithète spatio- sam. Cf. Gen. XV, 18-20. +10. llôle spécial de Moïse dans ce gracieux plan de rédemiition. +3" Objections de Moïse. III, 11-14. +11 -12. Première objection, générale : Quis sum +Ex. III, 12-17. +197 +pour aller vers le Pharaon et pour faire sortir d'Egypte les enfants d'Israël? +12. Dieu lui répondit : Je serai avec vous, et ceci sera pour vous le signe que c'est moi qui vous ai envoyé. Lorsque vous aurez tiré mon peuple de l'Egypte, vous offrirez à Dieu un sacrifice sur cette montagne. +13. Moïse dit à Dieu : J'irai donc vers les enfants d'Israël, et je leur dirai : Le Dieu de vos pères m'a envoyé vers vous. Mais s'ils me disent : Quel est son nom '? que leur répondrai -je? +14. Dieu dit à Moïse : Je suis celui qui est. Voici, ajouta-t-il, ce que vous direz aux enfants d'Israël : Celui qui est m'a envoyé vers vous. +15. Dieu dit encore à Moïse : Vous di- rez ceci aux enfants d'Israël : Le Sei- gneur, le Dieu de vos pères, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob , m'a envoyé vers vous. Voilà mon nom pour l'éternité , et voilà mon mémo- rial de génération en génération. +16. Allez, assemblez les anciens d'Is- raël, et dites-leur : Le Seigneur, le Dieu de vos pères, m'est apparu. Le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob m'a dit : Je suis venu vous visiter, et j'ai vu tout ce qui vous est arrivé en Egypte. +17. J'ai résolu de vous tirer de l'op- pression des Egyptiens et de vous faire passer au pays des Chananéens, des Hé- +sum ego ut vadam ad Pharaonem, et edu- cam lilios Israël de ^gypto? +12. Qui dixit ei : Ego ero tecum; et hoc habebis signum, quod miserim te : Cum eduxeris populum meum de -Egy- pte, immolabis Deo super montem istum. +13. Ait Mojj-ses ad Deum : Ecce ego vadam ad filios Israël, et dicam eis : Deus patrum vestrorum raisit me ad vos. Si dixerint mihi : Quod est nomen ejus? quid dicam eis? +14. Dixit Deus ad Moysen : Ego sum qui sum. Ait : Sic dices iiliis Israël : Qui est , misit me ad vos. +15. Dixitque iterum Deus ad Moysen : Htec dices filiis Israël : Dominus Deus patrum vestrorum, Deus Abraham, Deus Isaac , et Deus Jacob , misit me ad vos ; hoc nomen mihi est in seternum ; et hoc memoriale meum in generationem et gé- nération em. +16. Vade, et congrega seniores Israël, et dices ad eos : Dominus Deus patrum vestrorum apparuit mihi, Deus Abraham, Deus Isaac , et Deus Jacob , dicens : Vi- sitans visitavi vos, et vidi omnia quae acciderunt vobis in ^gypto ; +17. Et dixi uteducamvos deafflictione ^gypti, in terram Chanansei, et Hethsei, et Amorrhsei, et Pherezœi, et Hev^sei, et +ego...? Moïse avait été mieux préparé que per- sonne pour la mission qui lui était confiée ; mais on conçoit son hésitation. Il ne songe plus, comme autrefois, ii, 11-13, à asstimer de lui-même le rôle de libérateur. — Ego ero tecum. A cette promesse rassurante, Dieu daigne ajouter un signe : cum eduxeris..., immolabis,..; signe, 11 est vrai, qui faisait appel à la foi de Moïse. Voyez-en plus loin la réalisation, xxiv, 4-8. +13-14. Deuxième objection. — Si dixerint..., Quod... nomen...? C.-ù-d. le nom qui exprime le mieux sa nature et ses attributs, le nom qui le distingue plus complètement des fausses divini- tés. — Ego sum qui sum. En hébreu : 'Eh'yeh 'a5er 'eh'gith (HMN T>1JK nMN).Nom sans pareil, en effet, qui décrit avec une exactitude et une brièveté incomparables l'unité, la sim- plicité, l'éternité, l'immutabilité, la perfection de l'Êtie divin. C'était un parfait commcntau'e du nom de Jéhovah (("1*1(1"' , Yahvch), « l'Éternel. » Cf. Apoc. I, 4, 8; IV, 8, etc. — Qui est. Hébr.: « Je suis » CEh'yeh), le premier mot de la for- mule précédente, employé à la façon d'un nom propre : (( Je suis » m'a envoyé. — Ce nom sacré +était ancien et nouveau tout ensemble : ancien, puisque les patriarches l'avaient connu et révéré (Gen, IV, 2G; ix, 26; xv, 7, etc.); nouveau, ù cause de l'interprétation officielle et sublime qui venait de lui être associée. Cette double circon- stance faisait de lui un gage infaillible de la mission de Moïse. Celui qui promettait le salut aux Israélites était le Dieu créateur, tout -puis- sant, plein de bonté, qui avait tant de fois béni et protégé leurs pères. Une appellation inconnue jusqu'alors n'aurait pas eu la même force. +4° Le Seigneur explique davantage à Moïse la nature de son rôle. III, 15-ii2. +15. Transition. — Dominus Deus... « Je suis » du vers. 14 reparaît sous la forme plus familière de Jéhovah. — Nomen... in œternum. Ce nom glorieux n'a pas cessé d'être employé, soit chez les Juifs, soit chez les chrétiens, et jusqu'à la fin des temps il sera un memoriale qui préser- vera le souvenir du Dieu de la révélation. +16-17. Message que Moïse devra porter de la part du Seigneur aux anciens, c.-à-d. aux nota- bles d'Israël. — Dixi. Autrefois à Abraham, Gen. XV, 18-20; tout récemment h Moïse, vers. 8. +198 +Ex. III, 18 — IV, 4. +Jebussei, ad terram fluentem lacté et melle. +18. Et audient vocem tuam; ingredie- risque tu, et seniores Israël, ad regem iEgypti, et dices ad eum : Dominus Deus Hebraeorum vocavit nos ; ibimus viam trium dierum in solitudinem, ut immo- lemus Domino Deo nostro. +19. Sed ego scio quod non dimittet vos rex ^gypti ut eatis, nisi per manum validam. +20. Extendam enim manum meam, et percutiam ^gyptum in cunctis mirabi- libus meis, quae facturus sum in medio eorum ; post hsec dimittet vos. +21. Daboque gratiam populo huic co* rara ^gyptiis ; et cum egrediemini , non exibitis vacui ; +22. sed postulabit mulier a vicina sua , et ab bospita sua , vasa argentea et aurea , ac vestes ; ponetisque eas super filios et filias vestras, et spoliabitis -^gy- ptum. +théens, des Amorrhéens, des Phérézéens, des Hévéens et des Jébuséens; en une terre où coulent le lait et le miel. +18. Ils écouteront votre voix, et vous irez, vous et les anciens d'Israël, vers le roi d'Egypte , et vous lui direz : Le Sei- gneur, le Dieu des Hébreux, nous a ap- pelés ; nous sommes obligés d'aller à trois jours de chemin dans le désert, pour sacrièer au Seigneur notre Dieu. +19. Mais je sais que le roi d'Egypte ne vous laisFera point aller, s'il n'y est contraint par une main forte. +20. J'étendrai donc ma main, et je frapperai l'Egypte par toutes sortes de prodiges que je ferai au milieu d'eux ; et après cela il vous laissera aller. +21. Et je ferai trouver grâce à ce peuple dans l'esprit des Egyptiens ; et lorsque vous partirez, vous ne sortirez pas les mains vides. +22. Mais chaque femme demandera à sa voisine et à celle qui demeurera chez elle des vases d'or et d'argent, et des vêtements dont vous habillerez vos fils et vos filles ; et vous dépouillerez l'Egypte. +CHAPITRE IV +1. Kespondens Moj^ses ait : Non cre- dent mihi, neque audient vocem meam, sed dicent : Non apparuit tibi Dominus. +2. Dixit ergo ad eum : Quid est quod tenes in manu tua? Eespondit : Virga. +3. Dixitque Dominus : Projice eam in terram. Projecit, et versa est in colu- brum, ita ut fugeret Moyses. +4. Dixitque Dominus : Extende ma- num tuam, et appréhende caudam ejus. Extendit, et tenuit, versaque est in vir- gam. +1. Moïse répondit : Ils ne me croiront pas, et ils n'écouteront point ma voix; mais ils diront : Le Seigneur ne vous a point apparu. +2. Dieu lui dit donc : Que tenez -vous en votre main ? Il répondit : Une verge, +3. Le Seigneur ajouta : Jetez-la à terre. Moïse la jeta, et elle fut changée en ser- pent, de sorte que Moïse s'enfuit. +4. Le Seigneur lui dit encore : Etendez votre main , et prenez ce serpent par la queue. Il étendit la main et le prit, et aussitôt la verge changée en serpent re- devint verge. +18. Message destiné au pharaon. — Yiain trium dierum. Le but du pèlerinage n'est indiqué que d'une manière générale : in solitudinem, le dé- sert Et-Tih, du côté de l'est. Même à la cara- vane la plus rapide il serait impossible d'aller en trois jours de Gessen au Sinaï; il n'est donc pas ici question de cette montagne. Au reste , le départ des Hébreux ne sera pas tout d'abord présenté au roi comme un fait perpétuel ; on lui demandera seulement l'autorisation de fran- chir la frontière. Voy. l'Atl. gèogr., pi. y. +19-20. Dieu prédit le refus du pharaon , et les moyens terribles par lesquels son consentement ser.1 finalement obtenu. — Per manum validam. Expression pittoresque , qui est ensuite commen- +tée : extendam enim... +21-22. Compensation promise aux Hébreux pour les persécutions qu'ils auront endurées en Egypte. — Postulabit : en don, et non sous forme de prêt, idée qui n'est pas dans l'expression. Yoy. XII, 35-36, et le commentaire. +5° Trois signes éclatants, pour confirmer la mission de Moïse. IV, 1-9. +Chap. IV. — 1- 5. Le premier signe, — Respon- dens Moyses... Il hésite encore, et propose une nouvelle objection : Non credent... Dieu la réfute cette fois par des faits. — Virga. Sa houlette de pasteur, ou plutôt un simple bâton. — Pro- jecit... Le prodige est raconté en termes drama- tiques. +Ex. IV, 5-14. +100 +5. Le Seigneur ajouta : J'ai fait ceci afin qu'ils croient que le Seigneur, le Dieu de leurs pères, vous est apparu, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob. +6. Le Seigneur lui dit encore : Mettez votre main dans votre sein. Et l'ayant mise dans son sein, il l'en retira pleine d'une lèpre Manche comme la neige. +7. Eemettez , dit le Seigneur, votre main dans votre sein. Il la remit, et l'en retira toute semblable au reste de son corps. +8. S'ils ne vous croient pas , dit le Seigneur, et s'ils n'écoutent pas la voix du premier miracle, ils écouteront celle du second. +9. Que s'ils ne croient point encore à ces deux miracles et qu'ils n'écoutent point votre voix, prenez de l'eau du fleuve, répandez -la sur la terre, et tout ce que vous en aurez puisé sera changé en sang. +10. Moïse dit alors : Ah! Seigneur, je n'ai jamais eu la facilité de parler, et depuis que vous avez commencé à parler à votre serviteur, j'ai la langue encore moins libre et plus empêchée. +11. Le Seigneur lui répondit : Qui a fait la bouche de l'homme ? Qui a formé le muet et le Eourd, celui qui voit et celui qui est aveugle? N'est-ce pas moi ? +12. Allez donc, je serai dans votre bouche, et je vous apprendrai ce que vous aurez à dire, +13. Je vous prie, Seigneur, repartit Moïse, envoyez celui que vous devez envoyer. +14. Le Seigneur s'irrita contre Moïse et lui dit : Je sais qu'Aaron votre frère , le Lévite, s'exprime aisément; il va venir au-devant de vous, et quand il vous verra, son cœur sera plein de joie. +5. Ut credant, inquit, quod apparuerit tibi Dominus Deus patrum suorum, Deus Abraham, Deus Isaac, et Deus Jacob. +6. Dixitque Dominus rursum : Mitte manum tuam in sinum tuum. Quam cum misisset in sinum, protulit leprosam instar ni vis. +7. Retrahe, ait, manum tuam in sinum tuum. Retraxit, et protulit iterum, et erat similis carni reliquse. +8. Si non crediderint , inquit , tibi , neque audierint sermonem signi prioris , credent verbo signi sequentis. +9. Quod si nec duobus quidem his si- gnis crediderint, neque audierint vocera tuam, sume aquam fluminis, et eiïunde eam super aridam, et quidquid hauseris de fluvio, vertetur in sanguinem. +10. Ait Moyses : Obsecro, Domine, non sum eloquens ab heri, et nudius- tertius ; et ex quo locutus es ad servum tuum, impeditioris et tardioris linguse sum. +11. Dixit Dominus ad eum : Quis fecit os hominis? aut quis fabricatus est mu- tum et surdum, videntem et caecum ? nonne ego? +12. Perge igitur, et ego ero in ore tuo ; doceboque te quid loquaris. +13. At ille : Obsecro, inquit, Domine, mitte quem missurus es. +14. Iratus Dominus in Moysen , ait : Aaroii frater tuus Lévites, scio quod eloquens sit ; ecce ipse egreditur in occursum tuum, Addensque te Isetabitur corde. +6-8, Le second signe. — Leprosam instar nivis. C'est là , en effet , le caractère de la lèpre la plus commune. Cf, Lev, xiii. Quand elle est parvenue à son complet développement, la peau, les poils, les cheveux deviennent entièrement blancs, — Sermonem signi. Les miracles ont leur langage, extrêmement frappant. Jamais encore aucun homme n'avait reçu le pouvoir d'en ac- complir, +9. Troisième signe. Les deux premiers avaient eu lieu sur place, le troisième est réservé à un prochain avenir, +6» Dieu surmonte les dernières hésitations de Moïse en lui associant Aaron, IV, 10-17. +10-12, Quatrième objection de Moïse : Non sum eloquens. Et ce défaut, qu'il dit remonter ab +heri et nudiustertius (formule hébraïque pour désigner le passé en général), s'est encore accru, assure -t- il, depuis que Dieu lui a confié une mission qui l'intimide. Une curieuse légende juive prétend qu'il ne pouvait qu'à grand'psine pro- noncer les labiales. — Jéhovah encourage aima- blement son serviteur, soit en lui rappelant sa puissance créatrice (quis fecit os...?), soit en lui promettant une assistance spéciale ( ego... in ore tuo , locution très forte ), +13-17. Cinquième objection de Moïse : Mitte quem missurus... C.-à-d. un autre plutôt que moi. Malgré toute sa foi, malgré la condescen- dance si aimable du Seigneur, il est comme écrasé en pensant aux difficultés qui l'attendent. — Ira- tus Dominus. La bonté de Dieu éclate au milieu +10* +200 +Ex. IV, 15-23. +15. Loquere ad eiim, et pone verba mea in ore ejiis; et ego ero in ore tuo, et in ore illius , et ostendam vobis quid ccgere debeatis. +16. Ipse loquetur pro te ad populum, et erit os tuum ; tu autem eris ei in his quœ ad Deum pertinent. +17. Virgam quoque banc sumeinmanu tua , in qua facturus es signa. +18. Abiit Moyses, et reversus est ad Jethro socerum suum, dixitque ei : Va- dam et revertar ad fratres meos in j3^g3q3tum, ut videam si adhuc vivant. Cui ait Jethro : Vade in pace. +19. Dixit ergo Dominus ad Moysen in ]\[adian : Vade, et revertere in^gyptum; mortui sunt enim omnes qui quaerebant animam tuam. .___^ +20. Tulit ergo Moyses uxorem suam, et filios suos, et imposuit eos super asi- num, reversusque est in ^g3^ptuni, por- tai! s virgam Dei in manu sua. +21. Dixitque ei Dominus revertenti in ^gyptum : Vide ut omnia ostenta quae posui in manu tua, facias coram Pha- raone; ego indurabo cor ejus, et non dimittet populum. +22. Dicesque ad eum : Hsec dicit Do- minus : Filius meus primogenitus Israël. +23. Dixi tibi : Dimitte filium meiim ut serviat mihi; et noluisti dimittere eum; ecce ego interficiam filium tuum primogenitum. +15. Parlez -lui et mettez mes paroles dans sa bouche. Je serai dans votre bouche et dans la sienne, et je vous montrerai ce que vous aurez à faire. +16. Il parlera pour vous au peuple, et il sera votre bouche , et vous le conduirez dans tout ce qui regarde Dieu. +17. Prenez aussi cette verge en votre main , car c'est avec elle que v^ous ferez des miracles. +18. Moïse s'en alla donc et retourna chez Jethro son beau-père, etillui^dit: Je m'en vais retrouver mes frères en Egypte, pour voir s'ils sont encore en vie. Jethro lui dit : Allez en paix. +19. Or le Seigneur dit à Moïse lorsqu'il était encore en Madian : Allez , retournez en Egypte, car ceux qui voulaient vous ôter la vie sont tous morts. +20. Moïse prit donc sa femme et ses fils, les mit sur un âne et retourna en Egypte, portant à la main la verge de Dieu. +21. Et le Seigneur lui dit lorsqu'il re- tournait en Egypte : Ne manquez pas de faire devant le Pharaon tous les miracles que je vous ai donné le pouvoir de faire. J'endurcirai son coeur, et il ne laissera point aller mon peuple. +22. Vous lui direz donc : Voici ce que dit le Seigneur : Israël est mon fils aîné. +23. Je vous ai dit : Laissez aller mon fils, afin qu'il me rende le culte qui m'est dû; et vous n'avez point voulu le laisser aller : c'est pourc[uoi je tuerai votre filo aîné. +même de son juste mécontentement, et il donne à Moïse son frère Aaron pour porte - parole, — Ip-e egreclitur... Bonne et encourageante nou- velle. — Loquere ad eum... Le rôle spécial des deux frères est nettement précisé (vers. 15-17). comme aussi la nature du divin concours à l'é- gard dvj l'un et de l'autre. — In his quœ ad Deum. Hébr. : « loco Dei; » tu seras (en quel- que sorte) son Dieu. Le Seigneur ne faisait di- rectement ses révélations qu'à Moïse ; celui-ci les transmettait à Aaron. — Virgam hanc: la verge récennnent changée en serpent , vers. 2-4. +7° Moïse se met en route pour l'Egypte. IV, 18-20. +18. Reversus... ad Jethro...: Vadam. Moïse n'indique pas à son beau -père la vraie cause do son départ; il allègue la vague « raison de fa- mille » ( lit videam... ). — Vade in pace. Jethro est remarquable par sa douceur et sa bonté dans toutes les circonstances où la Bible nous le montre. Cf. xvm, 2, etc. Quelle différence avec Laban ! Voy. Gen. xxxi. +19. Dieu hâte le départ de son serviteur, etl'ii annonce qu'il n'a rien à craindre en Egypte : +viortui sunt enim... +20. Détails pittoresques. Qui eût soupçonné, dans un appareil si simple, le futur libérateur d'Israël ? — Imposuit eos super asinura. On croirait les reconnaître dans les deux enfants de la frasque de Béni - Hassan , qui occupent chacun un côté d'un bât antique. Voy. V Atlas archéol. de la Bible, pi. lxv, flg. 8. +8» Trois incidents du voyage. IV, 21-28. +21 - 23. Premier incident : une recommandation de Dieu à Moïse relativement au pharaon. — Omnia ostenta. Non seulement les trois prodiges signalés plus haut, vers. 3-9, mais encore lus autres mù'acles que Moïse devait successivement accomplir sur l'ordre de Jéhovah. — Ego indu- rabo... Expression célèbre dans l'histoire de la théologie ; mal comprise par les incrédules , elle a souvent occasionné d'injustes attaques contre la Bible. Une rapide étude du texte sacré répond à tout. Dans les chap. iv à xiv de l'Exode, il est question à vingt reprises de 1' « endurcisse- ment » du pharaon; mais, si cet acte moi'al est attribué dix fois à Dieu (iv, 21; vu, 3; ix, 12; X, ], 20, 27; XI, 10; xiv, 4, 8, 17), dix fois +E,x. IV, 24-31. +201 +24. Moïse étant en chemin, le Sei- gneur se présenta à lui dans l'hôtellerie, et il voulait lui cter la vie. +25. Séj)hora prit aussitôt une pierre très aiguo et circoncit la chair de son fils; et touchant les pieds de Ilo'ise, elle dit : Vous m'êtes un époux de sang. +26. Alors le Seigneur laissa Moïse après qu'elle eut dit, à cause de la cir- concision : Vous m'êtes un époux de sang. +27. Cependant le Seigneur dit à Aaron : Allez au désert au-devant de Moïse. Et Aaron alla au-devant de lui sur la mon- tagne de Dieu, et il le baisa. +28. Moïse raconta à Aaron tout ce que le Seigneur lui avait dit en l'envoj^ant, et les miracles qu'il lui avait ordonné de faire. +29. Et, étant arrivés ensemble, ils firent assembler tous les anciens des en- fants d'Israël. +30. Et Aaron rapporta tout ce que le Seigneur avait dit à Moïse, et fit des miracles devant le peuple. +31. Et le peuple crut, et ils com- prirent que le Seigneur avait visité les enfants d'Israël et qu'il avait regardé leur affliction ; et , se prosternant , ils l'adorèrent. +24. Cumque esset in itinere, in diver- sorio occurrit ei Dominus, et volebat occidere eum. +25. Tulit illico Sephora acutissimam petram, et circumcidit pricputium filii sui; tetigitque pedes ejus, et ait : Spon- sus sanguinum tu mihi es. +26. Et dimisit eum postquam dixerat : Sponsus sanguinum , ob circumcisionem. +27. Dixit autem Dominus ad Aaron : Vade in occursum IMoysi in desertum. Qui perrexit obviam ei in montem Dei , et osculatus est eum, +28. Narravitque Moyses Aaron omnia verba Domini quibus miserat eum, et signa quse mandaverat. +29. Venerùntque simul, et congrega- verunt cunctos seniores filiorum Israël. +30. Locutusque est Aaron omnia verba quEB dixerat Dominus ad Moysen; et fe- cit signa coram populo ; +31. Et credidit populus. Audieruntque quod visitasset Dominus lilios Israël, et quod respexisset afflictionem illorum ; et proni adoraverunt. +aussi le roi d'Egypte en est rendu directement i-esponsable (vn, 13, 14, 22; vm, 15, 19, 32; IX, 7, 34, 35; xni, 15). a Ipse ergo Pharao pro- prie et positive se induravit, Deus vero permis- sive et indirecte, » conclut à bon droit Cornélius a Lapide. Et rien de plus légitime que de retirer la grâce à un homme qui, averti par de nom- breux et d'oclatants prodiges, s'obstinait quand même volontairement dans le mal. Cf. S. Aug., Qucest. XVIII, XXIV, xxxvi in Exod. — Filius meus... Israël. Adoption tout aimable, dont nous trouvons ici la prcmiôre mention. Cf. Os. xi, 1; Rom. VIII, 14-17, etc. Israël est appelé le fils primogcnitus par allusion aux Gentils, les en- fants puînés. — Tnterficiain filium luam. La loi du talion sera appliquée au roi impie. +24-26. Deuxième incident. — In diversorlo. Voyez la note de Gen. xlii, 27. — Volehat occi- dere... L'expression est un peu obscure : on ne dit pas de quelle manière la vie de Moïse fut menacée. Du moins, Séphora comprit aussitôt que ce dîingor provenait de ce qu'elle avait omis de ■circoncire un de ses fils. — Acutissimam petram. +En guise de couteau, ainsi que firent plus tard les Hébreiix dans une circonstance analogue , Jos. V, 11. — Tetigit... Hébr. : « elle fit toucher » ses pieds. C.-à-d. que, dans un mouvement de colère, Séphora jeta aux pieds de Moïse le mor- ceau de chair retranché , ou la pierre ensanglan- tée. Ses paroles expliquaient son geste : Sponsus sanguinum...; un mari dont la religion exi- geait l'sffusion du sang de ses enfants. — Di- misit eum. Dieu, satisfait, épargna la vie de Moïse. +27-28. Troisième incident : Dieu envoie Aaron au-devant de Moïse. — In montem Dei. Dans la région de l'Horeb, m, 1. +9° Les Israélites accueillent Moïse avec les sen- timents d'une foi vive. IV, 29-31. +29-31. Congregaverunt... Dès son arrivée, Moïse exécute son mandat. Cf. in, 16. Aaron aussi inaugure sa mission spéciale : locutusque est... — Le résultat fut admirable : credidit popidus; et tous, comprenant que Dieu allait enfin les sau- ver, proni adoraverunt. Beau début de la déli- vrance. +202 +Ex. V, 1-7. +CHAPITRE V +1. Post hœc ingressi sunt Moyses et Aaron , et dixerunt Pliaraoni : Hœc dicit Dominus Deus Israël : Dimitte populum meum ut sacrificet mihi in deserto. +2. At ille respondit : Qiiis est Domi- nus, ut audiam vocem ejus, et dimittam Israël? Nescio Dominum, et Israël non dimittam. +3. Dixeruntque : Deus Hebrseorum vo- cavit nos, ut eamus viam triura dierum in solitudinem, et sacrificemus Domino Deo nostro, ne forte accidat noJ)ig_-pestis aut gladius. +4. Ait ad eos rex ^gypti : Quare, Moyses et Aaron , sollicitatis populurn ab operibus suis? Ite ad onera vestra. +5. Dixitque Pharao : Multus est popu- lus terrœ ; videtis quod turba succreve- i-it; quanto magis, si dederitis eis requiem ab operibus! +6. Praecepit ergo in die illo prsefectis operum et exactoribus populi , dicens : +7. Nequaquam ultra dabitis paleas populo ad conliciendos lateres, sicut prius; sed ipsi vadant, et coUigant sti- i)ulas. +1. Après cela. Moïse et Aaron vinrent trouver le Pharaon , et ils lui dirent : Voici ce que dit le Seigneur, le Dieu d'Israël : Laissez aller mon peuple, afin qu'il me sacrifie dans le désert. +2. Mais il répondit : Qui est ce Sei- gneur, pour que je sois obHgé d'écouter sa voix et de laisser sortir Israël? Je ne connais point ce Seigneur, et je ne lais- serai point sortir Israël. +3. Ils lui dirent encore : Le Dieu des Hébreux nous a ordonné d'aller à trois journées de chemin dans le désert, pour sacrifier au Seigneur notre Dieu , de peur que nous ne soyons frappés de peste ou du glaive. +4. Le roi d'Egypte leur répondit : jMoïse et Aaron, pourquoi détournez- vous le peuple de leurs ouvrages? Allez à votre travail. +5. Le Pharaon dit encore : Ce peuple s'est fort multiplié dans le pays ; vous vo3'ez que cette populace s'est beaucoup accrue. Que serait-ce si vous lui relâchiez quelque chose de son travail ? +(). Il donna donc, ce jour-là même, cet ordre aux inspecteurs des travaux et aux commissaires du peuple, et il leur dit : +7. Vous ne donnerez plus, comme au- paravant, de paille h ce peuple pour faire les briques, mais qu'ils en aillent chercher eux-mêmes. +f-ECTiox IV. — Vaixes tentatives de Moïse et d'Aarox pour obtenir du pharaon le départ d'Israël. V, 1 — VII, 7. +1» INIoïse et Aaron communiquent au roi les ordres de Dieu. V, 1-5. +Chap. V. — 1-2. La première ouverture. — Dixervnt Pharaoni. C'était , selon toute vrai- semblance, Ménephtah I"^"", fils et successeur de Ramsès II , qui continua la politique et imita les cruautés de son père. Voyez son portrait dans VAtlaa cl'hist. nat.de la Bible, pi. cvii, fig. 1. D'après le psaume Lxxvn, 12, 43, c'est ù Tanis que se passèrent les graves incidents qui précé- dèrent la sortie d'Egypte. — Quis est Domi- nus...? Nescio. A la demande si modeste des envoyés de Jéhovah , le prince répond en termes arrogants, dédaigneux. Il commence déjà sa lutte impie. +3 - 5. Moïse et Aaron insistent en vain. — Deus JJchrceorum. Si le pharaon ne connaît point Jé- hovah, les Hébreux le connaissent, et ils ne +peuvent sans danger désobéir à ses ordres for- mels. — Pestis aut gladius. Une mort violente dans les deux cas. « Le glaive » par une inva- sion subite des Schasou, les Sémites nomades des frontières du nord-est. — Sollicitatis... Mé- nephtah affecte de ne voir dans la demande de iloïse qu'un moyen dissimulé de faire chômer les Israélites, et il congédie brutalement les deux frères : Jte ad on^ra... L'expression 2^'''Pulus icrrce désigne la masse du peuple hébreu. +2» Rocrudoscence de la i)ersécution. V, 6-18. +6-9. Le roi impose aux Hébreux de nouvelles corvées. — Pne/cctis operum : les maîtres de corvée, subordonnés aux intendants supt'rleurs dont il a été question plus haut, i, 11. — ExaciO' oibus... Hébr. : sotrim, ou scribes (LXX : toÎç ypaa[J.aT£0(7tv). Cette troisième catégorie de sur- veillants était prise, d'après le vers. 14, dans les rangs mômes des Hébreux; ils notaient, comme l'indique leur nom primitif, l'ouvrage d'un cha- cun, et ils étaient responsables de l'exécution des travaux. — Nequaquam... paleas. Cette paille +I +■■! \( +^v +« +±L +r---r-:i.-_ +HM +Ex, V, 8-16. +203 +8. Et TOUS ne laisserez pas d'exiger d'eux la même quantité de briques qu'ils rendaient auparavant, sans en rien dimi- nuer. Car ils n'ont pas de quoi s'occuper ; c'est pourquoi ils crient et disent : Allons sacrifier à notre Dieu. +9. Qu'on les accable de travaux, qu'ils les exécutent, afin qu'ils n'acquiescent plus à des paroles de mensonge. +10. Alors ceux qui avaient l'intendance des ou\Tages et qui les exigeaient du peui)le dirent aux Hébreux : Voici l'ordre du Pharaon : Je ne vous donnerai plus de paille. +11. Allez, et cherchez -en où vous pourrez en trouver ; et néanmoins on ne diminuera rien de votre ouvrage. +12. Le peuple se répandit donc dans toute l'Egypte, afin d'amasser de la paille. +13. Et ceux qui avaient Tintendance des travaux les pressaient, en leur di- sant : Kendez tous les jours la même quantité de briques que vous rendiez lorsqu'on vous donnait de la paille. +14. Ceux donc qui étaient préposés aux ouvrages des enfants d'Israël furent battus de verges par les exacteurs du Pharaon, qui leur disaient : Pourquoi n'avez -vous pas rendu, ni hier ni au- jourd'hui, la même quantité de briques que vous faisiez auparavant ? +15. Alors ceux qui étaient préposés aux travaux des enfants d'Israël vinrent crier au Pharaon, en lui disant : Pourquoi traitez -vous ainsi vos serviteurs? +16. On ne nous donne point de paille et on nous commande de rendre le même nombre de briques qu'auparavant. Nous sommes battus de verges, nous qui sommes vos serviteurs , et on tourmente injustement votre peuple. +8. Et mensuram laterum, quam prius faciebant, imponetis super eos, nec mi- nuetis quidquam; vacant enim, et idcirco vociferantur, dicentes : Eamus, et sa- crificomus Deo nostro. +9. Opprimantur opcribus, et expleant ea, ut non acquiesçant verbis menda- cibus. +10. Igitur egressi prîefecti operum et exactorcs ad populum, dixerunt : Sic dicit Pharao : Non do vobis paleas. +11. Ite, et colligite sicubi invenire po- teritis ; nec minuetur quidquam de opère vestro. +12. Dispersusque est populus per omnem terram ^gypti ad colligendas paleas. +13. Prœfecti quoque operum insta- bant, dicentes : Complète opus vestrum quotidie, ut prius facere solebatis quando dabantur vobis palea3. +14. Flagellatique sunt qui praeerant operibus filiorum Israël, ab exactoribus Pharaonis, dicentibus : Quare non im- pletis mensuram laterum sicut prius, nec heri , nec liodie ? +15. Yeneruntque praepositi filiorum Israël , et vocif erati sunt ad Pharaonem , dicentes : Cur ita agis contra serves tuos ? +16. Palese non dantur nobis, et lateres similiter imperantur; en famuli tui fla- gellis cœdimur, et injuste agitur contra populum tuum. +ne servait point à, ci;ire les briques, lesquelles, d'ordinaire, étaient simplement sécliées au soleil; mais on la hachait et on la mélangeait à, l'ar- gile, pour donner aux briques plus de solidité. Comme il en fallait des quantités énormes, le travail des Hébreux était doublé par cette réqui- sition nouvelle. « Je n'ai personne pour m'aider à faire des briques , point de paille , » s'écrie avec amei'tume un Égyptien de la xix^ dynastie. — Vacant enim. Cruelle ironie. +10-14. On exécute l'ordre du roi. — Dispersus... ad collvicndas... L'hébreu ajoute: dans les champs. Il a toujours été d'usage en Egypte de moisson- ner le blé très haut , presque au-dessous de l'épi ; la plus grande partie du chaume restait sur pied, abandonnée aux premiers occupants. Voy. V Atlas avchùol. de la BlUs, pi. xxxiv, %. 5, — l'iœ- +fecti... instahant : car évidemment ces nouvelles exigences mirent les ouvriers en retard. — Fia- gellati... qui prœerant. Dans l'iiébr. : On battit les commissaires (les sotrim) des enfants d'Is- raël , établis sur eux par les inspecteurs du pha- raon. Selon la coutume orientale, on s'en prend aux officiers responsables, et on les châtie sans pitié. La bastonnade ég3iitienne était aussi cruelle que fréquente. Voyez l'Atlas archéol, pi. lxxi, fig. 4 et 5. +15-18. Les commissaires Israélites vont se plaindre au pharaon. — Venerunt... ad Pha- raonem. Les rois d'Egypte se mettaient assez volontiers ù, la disposition de leurs sujets pour entendre les plaintes , redresser les torts , etc. — Injuste... contra populum tuum. C.-à-d. contre les Hébreux, qui comptaient aussi parmi les sujets du +204 +Ex. V, 17 — VI, 1. +17. Qui ait : Vacatis otio; et idcirco dicitis : Eamus, et sacrificemiis Domino. +18. Ite ergo, et operamini ; palese non dabuntur vobis, et reddetis consuetum numerum laterum. +19. Videbantque se prsepositi filioriim Israël in malo, eo quod diceretur eis : Non minuetur quidqnam delateribus per singulos dies. +20. Occurreruntqiie Moysi et Aaron, qui stabant ex adverso, egredientibus a Pliaraone ; +21. Et dixemnt ad eos : Videat Domi- nus et JLidicet, quoniam fœtere fccistis odorem nostmm coram Phanione et servis ejus, et prœbuistis ei gladtum, ^ occideret nos. +22. Eeversusque est Moyses ad Domi- num, et ait : Domine, cur afflixisti po- pulum istum? Quare misisti me? +2.3. Ex eo enim quo ingressus sum ad Pharaonem ut loquerer in nomine tuo, afflixit populum tuum ; et non libé- ras ti eos. +17. Il leur répondit : Vous avez trop de loisir, et c'est ce qui vous fait dire : Allons sacrifier au Seigneur. +18. Allez donc, et travaillez; on ne vous donnera point de paille, et vous rendrez toujours la même quantité de briques. +19. Ainsi ceux qui étaient préposés aux travaux des enfants d'Israël se trouvèrent dans une grande extrémité, parce qu'on leur disait : Que rien ne soit diminué des briques de chaque jour. +20. Et ayant rencontré Moïse et Aaron, qui s'étaient tenus près de là, attendant que ces Israélites sortissent d'auprès du Pharaon, +21. Ils leur dirent : Que le Seigneur voie ceci et en soit le juge. Car vous nous avez mis en mauvaise odeur devant le Pharaon et devant ses serviteurs, et vous lui avez donné un glaive pour nous tuer. +22. Moïse, étant retourné vers le Sei- gneur, lui dit : Seigneur, pourquoi avez- vous affligé ce peuple ? pourquoi m'avez- vous envoyé ? +23. Car depuis que je me suis présenté devant le Pharaon pour lui parler en votre nom, il a tourmenté encore plus votre peuple, et vous ne l'avez point dé- livré. +CHAPITRE VI +1. Dixitque Dominus ad Moysen : Nunc videbis quse facturus sim Pha- raoni ; per manum enim fortem dimittet eos, et in manu robusta ejiciet illos de terra sua. +1. Le Seigneur dit à Moïse : Vous ver- rez maintenant ce que je vais faire au Pharaon. Car je le contraindrai par la force de mon bras à laisser aller les Israélites, et ma main puissante l'obli- gera de ]es chasser de son pays. +pharaon. Mais l'hébreu porte : Ton peuple pèche. C.-à-d. la faute eu est aux. Égyptiens, ton peuple. +— Le monarque se contente encore (cf. vers. 4-5) d'une réponse ironique (^;acai^s...), et il couHruie froidement la sentence. +3° Plaintes amères des Hébreux et de Moïse. V, 19-23. +19-21. Les commissaires Israélites se plaignent à Moïse et à Aaron, leur attribuant l'accroisse- ment de leurs maux. — In malo : dans un mau- vais cas, en danger de mort d'après le vers. 21. +— Qui stabant ex adverso. Les deux frères attendaient, en dehors du palais, l'issue i^e l'au- dience accordée aux Botrim. Ceux - ci , mécon- tents , leur adressèrent de vifs reproches. — Fœ- +tere fecistis... Locution imagée, qu'employaient également les Égyptiens. +22-23. Moïse se plaint h son tour h Jéhovah de ce que son intervention n'a fait qu'aggraver les maux d'Israël. Le langage est d'une familia- rité étonnante, à la manière des saints. +4° Dieu renouvelle toutes ses promesses. VI, 1-8. +Chap. VI. — 1. Introduction solennelle. — Videbis... Moïse s'était plaint que Dieu différât l'accomplissement de ses promesses ; le Seigneur répond : Nunc, sans délai. — Dimittet..., ejiciet. Non content d'autoriser le départ des Hébreux , le pharaon le hâtera de toutes ses forces. +I +Ex. VI, 2-12. +205 +2. Le Seigneur parla encore à Moïse, et lui dit : Je suis le Seigneur, +3. Qui ai ap[)aru à Abraham , à Isaac et à Jacob comme le Dieu tout-puissant ; mais je ne leur ai point fait connaître mon nom de Jôhovah. +4. Et j'ai fait alliance avec eux en leur promettant de leur donner la terre de Chanaan, la terre de leurs pérégrina- tions, où ils ont demeuré comme étran- gers. +5. J'ai entendu les gémissements des enfants d'Israël parmi les travaux dont les Égyptiens les accablent, et je me suis souvenu de mon alliance. +6. C'est pourquoi dites aux enfants d'Israël : Je suis le Seigneur ; c'est moi qui vous tirerai de la prison des Egyp- tiens, qui A^ous délivrerai de la servitude et qui vous rachèterai par la force de mon bras et par des jugements éclatants. +7. Je vous prendrai pour mon peuple et je serai votre Dieu , et vous saurez que c'est moi qui suis le Seigneur votre Dieu lorsque je vous aurai délivrés de la pri- son des Egyptiens ; +8. Et que je vous aurai fait entrer dans cette terre que j'ai juré de donner à Abraham , à Isaac et à Jacob ; car je vous la donnerai et vous en mettrai en possession, moi qui suis le Seigneur. +9. Moïse rapporta donc tout cela aux enfants d'Israël ; mais ils ne l'écoutèrent point, à cause de leur extrême angoisse et de leurs rudes travaux. +10. Dieu parla ensuite à Moïse et lui dit : +11. Allez trouver le Pharaon, le roi d'Egypte, et parlez -lui, afin qu'il per- mette aux enfants d'Israël de sortir de son pays. +12. Moïse répondit au Seigneur : Vous voyez que les enfants d'Israël ne m'é- +2. Locutusque est Dominus ad Moy- sen, dicens : Ego Dominus, +3. Qui apparui Abraham, Isaac et Jacob , in Deo omnipotente ; et nomen meum Adonai non indicavi eis. +4. Pepigique fœdus cum eis, ut da- rem eis terram Chanaan, terram pere- grinationis eorum, in qaa fuerunt ad- venae. +5. Ego audivi gemitum filiorum Israël , quo ^^gyptii oppresserunt eos, et recor- datus sum pacti mei. +6. Ideo die filiis Israël : Ego Domi- nus, qui educam vos de ergastulo ^gy- ptiorum, et eruam de servitute, ac re- dimam in brachio excelso, et judiciis magnis. +7. Et assumam vos mihi in populum, et ero vester Deus ; et scietis quod ego sum Dominus Deus vester, qui eduxerim vos de ergastulo ^gyptiorum ; +8. Et induxerim in terram, super quam levavi manum meam ut darem eam Abra- ham, Isaac et Jacob ; daboque illam vobis possidendam, ego Dominus. +9. Narravit ergo Moyses omnia filiis Israël, qui non acquieverunt ei, propter angustiam spiritus, et opus durissimum. +10. Locutusque est Dominus ad Moy- sen, dicens : +11. Ingredere, et loquere ad Pharao- nem regem ^gypti, ut dimittat filios Israël Je terra sua. +12. Kespondit Moyses coram Domino : Ecce filii Israël non audiunt me ; et quo- +2-5. Jéhovah se soi;viciit de ses antiques ser- ments. — ^pîia/'Mi... in Deo omnipotente. Hé- braïsme , pour dire : J'ai apparu à Abraham , ... sous le nom de Dieu tout - puissant {'El-Saddaï). Comp., en effet, les passages Gen. xvir, 1, pour Abraham; Gen. xxviii, 3, pour Isaac; Gen. XXXV, n , pour Jacob. — Nomen... Adonai (hébr.: Y'hovah) non indicavi... Voyez les notes de in, 13-15. Les ti'ois grands patriarches avaient connu ce nom sacré ; mais Dieu n'en avait pas fait pour eux son appellation distinctive et caractéxns- tique, ainsi que cela avait récemment eu lieu. — Pepigi... fœdus... Cf. Gen. xv, 18-21 ; xvn, 7-8; xxvi, 3-4; XXXV, 12, etc. +6 - 8. L'ancien pacte est renoiivelé , élargi. Trois promesses sont réitérées coup sur coup : la déli- +vrance du joug égyptien, vers. 6; l'adoption de» Hébreux comme nation privilégiée , vers. 7 ; leur établisse Jient en Palestine, vers. 8. +5° Moïse, rejeté par Israël, est de nouveau rassuré par Jéhovah. VI, 9-13. +9. Les Hébreux refusent d'écouter Moïse. — Aigris par leur surcroît de travail et de souf- frances, non acqvÀeverunt. Leur généreux en- thousiasme des premières heures, iv, 31, s'est refroidi propter angustiam spiritus... +10-11. Dieu confie à Moïse un second message pour le pharaon. — Ut dimittat. Cette fois , ce n'est pas une sortie momentanée que l'on deman- dera (cf. m, 18; V, 3), mais un départ défi- nitif. +12-13. Moïse hésite, le Seigneur insiste. — +206 +Ex. VI, 13-24. +modo audiet Pliarao, praesertim cum in- circumcisus sim labiis? +13. Locutiisque est Dominus ad Moysen et Aaron, et dédit mandatum ad filios Israël, et ad Phai-aonem regcm ^gypti, ut educerent filios Israël de terra -^- +14. Isti sunt principes domorum per familias suas. Filii Ruben primogeniti Israelis : Henoch et Phallu, Hesion et Charmi. Hœ cognationes Ruben. +15. Filii Siraeon : Jamuel, et Jamin, et Aliod, et Jachin, et Soar, et Saul filius Clianaanitidis. Hse progenies Simeon. +16. Et liœc nomina filiorum Levi per cognationes suas : Gerson et Caatli et Merari. Anni autem vitee Levi fuerunt centum triginta septem. +17. Filii Gerson : Lobni et Semei, per cognationes suas. +18. Filii Caath : Amram, et Isaar, et Hebron, et Oziel. Anni quoque vitae Caath, centum triginta très. +19. Filii Merari : Moboli et Musi. Hse cognationes Levi per familias suas. +20. Accepit autem Amram uxorem Jo- cliabed, patruelem suam, quse peperit ei Aaron et Moysen ; f ueruntque anni vitce Amram, centum triginta septem. +21. Filii quoque Isaar : Core, et Ne- pheg, et Zechri. +22. Filii quoque Oziel : Misael, et Eli- saplian, et Ôethri. +23. Accepit autem Aaron uxorem Eli- sabeth, filiam Aminadab, sororem Nahas- sou, qusfc peperit ei Nadab, et Abiu, et Eleazar, et Itliamar. +24. Filii quoque Core : Aser, et El- +coutent point ; comment donc le Pharaon m'écouterait-il, d'autant plus que je suis incirconcis des lèvres ? +13. Le Seigneur parla encore à Moïse et à Aaron; il leur donna ordre d'aller trouver les enfants d'Israël et le Pha- raon, roi d'Egypte, pour faire sortir d'E- gypte les enfants d'Israël. +14. Voici les noms des princes des maisons selon leurs familles. Les enfants de Ruben, fils aîné d'Israël, furent Hénoch, Phallu, Hesron et Charmi. Ce sont là les familles de Ruben, +15. Les enfants de Siméon furent Ja- muel, Jamin, Ahod, Jachin, Soar et Saûl, fils d'une femme de Chanaan. Ce sont là les familles de Siméon. +16. Voici les noms des enfants de Lévi et la suite de leurs familles. Ses enfants furent Gerson, Caath et Merari. +TLe temps de la vie de Lévi fut de cent trente -sept ans. +17. Les enfants de Gerson furent Lobni et Seméi, qui eurent chacun leurs familles. +18. Les enfants de Caath furent Amram, Isaar, Ilébron et Oziel. Le temps de la vie de Caath fut de cent trente-trois ans. +19. Les enfants de Merari furent Moholi et Musi. Ce Sont là les enfants sortis de Lévi, chacun dans sa famille. +20. Or Amram épousa Jochabed, fille de son oncle paternel , dont il eut Aaron et Moïse ; et le temps que vécut Amram. fut de cent trente -sept ans. +21. Les enfants d'Isaar furent Coré, Népheg et Zéchri. +22. Les enfants d'Oziel furent Misaël, Elisaphan et Séthri. +23. Aaron épousa Elisabeth, fille d'Aminadab , sœur de Nahasson , dont il eut Nadab , Abiu , Éléazar et Ithamar. +24. Les enfants de Coré furent Aser, +Ecce filii Israël..., quomodo PJiarao...? Argu- mentation « a fortiori » assez légitime. Moïse revient en outre sur sa djflaculté d'élocution, qu'il pi'ésente sous une forte image : incircumcisus labiis. Comp. les locutions semblables : « une âme incirconcise » (Lev. xxvi, 41), c.-à-d. qui ne peut comprendre ; « des oreilles incirconcises » (Jer.vi, 10), c.-à-d. incapables d'entendre. — Dédit mandatum : oi'dre formel, auquel il était impos- sible de ne pas obéii*. +• 60 Généalogie de Moïse et d' Aaron. VI, 14-28. +Au moment où il a reçu ce mandat irrésistible +et où U va l'exécuter sans faiblir, Moïse insère +sa généalogie et celle de son frère dans le récit sacré. +14». Titre de cet alinéa. Dans l'hébr. : Voici les chefs des maisons de leurs pères ; c.-à-d. les chefs de familles. +14^-15. Pour mieux fixer la situation de sa propre famille dans la nation sainte. Moïse men- tionne d'abord les deux frères aînés de Lévi (Ruben, 14^, et Siméon, 15). +16-25. Il s'étend plus longuement sur la posté- rité de son aïeul, ajoutant même des dates aux principaux noms (Lévi, Caath, Amram, ses as- cendants dii-ccts). Cf. Num. m, 18-33; I Pur. vi, +Ex. VI, 25 — VII, 5. +207 +Elcana et Abiasaph. Ce sont là les fa- milles sorties de Coré. +25. Éléazar, lils d'Aaron, épousa une des filles de Plmtiel, dont il eut Phinées. Ce sont là les chefs des familles de Lévi, qui eurent chacun leurs enfants. +26. Aaron et Moïse sont ceux auxquels le, Seigneur commanda de faire sortir de l'Egypte les enfants d'Israël , selon leurs troupes. +27. Ce sont eux qui parlèrent au Pha- raon, roi d'Egypte, pour faire sortir de l'Egypte les enfants d'Israël. Ce sont là ce Moïse et cet Aaron +28. Auxquels le Seigneur donna ses ordres dans l'Egypte. +29. Car le Seigneur parla à Moïse , et il lui dit : Je sui^s le Seigneur ; dites au Pharaon, roi d'Egypte, tout ce que je vous ordonne de lui dire. +30. Et Moïse répondit au Seigneur : Vous vo3'ez que je suis incirconcis des lèvres; comment le Pharaon m'écoute- ra-t-il? +cana, et Abiasaph. Hae sunt cognationes Coritarum. +25. At vero Eleazar, filius Aaron, ac- cepit uxorem de filiabus Phutiel; quœ peperit ei Phinees. Ili sunt principes fa- miliarum Leviticarum per cognationes suas. +26. Iste est Aaron et Moyses, quibus prœcepit Dominus ut educerent filios Israël de terra ^gypti per "turmas suas. +27. Ili sunt qui loquuntur ad Pharao- nem regem JEgyj)ti^ ut educant filios Israël de iEgypto ; iste est Moyses et Aaron , +28. In die qua locutus est Dominus ad Moysen, in terra ^gypti. +29. Et locutus est Dominus ad Moysen, dicens : Ego Dominus ; loquere ad Pha- raonem, regem iEgypti, omuia quse ego loquor tibi. +30. Et ait Moyses coram Domino : En incircumcisus labiis sum; quomodo au- diet me Pharao? +CHAPITRE VII +1. Alors le Seigneur dit à Moïse : Je vous ai établi le Dieu du Pharaon, et Aaron votre ù'ère sera votre prophète. +2. Vous direz à Aaron tout ce que je vous ordonne de dire, et Aaron parlera au Pharaon, afin qu'il permette aux en- fants d'Israël de sortir de son pays. +3. Mais j'endurcirai son cœur, et je multiplierai dans l'Egypte mes prodiges et mes merveilles ; +4. Et le Pharaon ne vous écoutera point, et j'étendrai ma main sur l'E- gypte, et, après y avoir fait éclater la sévérité de mes jugements, j'en ferai sortir mon armée et mon peuple, les en- fants d'Israël. +5. Les Eg3''ptiens apprendront que je suis le Seigneur, après que j'aurai étendu +1. Dixitque Dominus ad Moysen :Ecce constitui te Deum Pliaraonis ; et A.aron frater tuus erit propheta tuus. +2. Tu loqueris ei omnia quœ mando tibi ; et ille loquetur ad Pharaonem , ut dimittat filios Israël de terra sua. +3. Sed ego indurabo cor ejus, et mul- tiplicabo signa et ostenta mea in terra ^gypti ; +4. Et non audiet vos ; immittamque manum meam super ^gyptum , et edu- cam exercitum et populum meum filios Israël de terra iEgypti per judicia ma- xima. +5. Et scient ^^Egyptii quia ego sum Dominus qui extenderim manum meam +17-19. — Dans Aminaddh et Nahasson (vers. 23), le père et le frère de la femme d'Aaron, il faut saluer les ancêtres du Messie. Cf. Matth. i , 4. +26-27. Conclusion solennelle de cette liste gé- néalogique. — Per turmas suas. Hébr. : selon leurs armées. Expression qui suppose un com- mencement d'organisation militaire en Israël, dès avant la sortie d'Egypte. Ils voulurent sans doute, au temps de l'oppression , se préparer ainsi ù +tout événement. Cf. vu, 4; xii, 17, 51; xiii, 18. +7° Dieu réitcrj à Moïse sa mission. VI, 28 — VII, 7. +29-30. Récapitulation du passage vi, 1-13, pour renouer le fil historique interrompu par la généalogie de Moïse. +Chap. VII. — 1-5. Le mandat. — Te Dcuvi Pliaraonis. Expression énci'gique, qui réduit tout ù fait à néant la dernière objection de Moïse, +2U8 +Ex. VII, 6-12. +snper ^gyptum, et eduxerim filios Israël de medio eorum. +6. Fecit itaque Moyses et Aaron siciit prœceperat Dominus ; ita egerunt. +7. Erat autem Moyses octoginta anno- rura, et Aaron octoginta trium, quando locuti simt ad Pharaonem. +8. Dixitque Dominus ad Moysen et Aaron : +9. Cum dixerit vobis Pharao : Osten- dite signa, dices ad Aaron : Toile virgam tuam, et projice eam coram Pharaone, ac vertetur in colubrum. +10. Ingressi itaque Moyses et Aaron ad Pharaonem, fecerunt sicut praeceperat Dominus ; tulitque Aaron virgam coram Pharaone et servis ejus, quge versa est in colubrum. +11. Vocavit autem Pharao sapientes et maleficos, et fecerunt etiam ipsi per incantationes segyptiacas et arcana quse- dam similiter. +12. Projeceruntque singuli virgas suas, quse versas sunt in dracones ; sed devo- ravit virga Aaron virgas eorum. +ma main sur rÉg3^te et que j'aurai fait sortir les enfants d'Israël du milieu d'eux. +6. Moïse et Aaron firent donc selon que le Seigneur le leur avait ordonné ; c'est ainsi qu'ils agirent. +7. Moïse avait quatre-vingts ans, et Aaron quatre-vingt-trois, lorsqu'ils par- lèrent au Pharaon. +8. Le Seigneur dit encore à Moïse et à Aaron : +9. Lorsque le Pharaon vous dira : Faites des miracles devant nous, vous direz à Aaron : Prenez votre verge, et jetez -la devant le Pharaon, et elle sera changée en serpent. +10. Moïse et Aaron, étant donc allés trouver le Pharaon, firent ce que le Sei- gneur leur avait commandé. Aaron jeta sa verge devant le Pharaon et ses ser- viteurs , et elle fut changée en serpent. +Hv^e Pharaon ayant fait venir les sages et les magiciens , ils firent aussi la même chose par les enchantements du pays et par les secrets de leur art. +12. Et chacun d'eux ayant jeté sa verge, elles furent changées en serpents ; mais la verge d' Aaron dévora leurs verges. +VI, 30. Tu auras sur lui une puissance vraiment divine. — Propheta iuus. Hébr. : ton nabi' ; dans le sens primitif de ce mot, c.-à-d. celui qui par- iera en ton nom. +6 • 7. Moïse et Aaron se conforment aux ordres du Seigneur. — Fecit itaque... ; ita egerunt. Ré- pétition emphatique; leur résistance a mainte- nant pris fin. — Le vers. 7 note l'âge qu'ils avaient l'un et l'autre à ce moment si grave. +Section V. — Les neuf premières plaies +D'EGYPTE. VII, 8 — XI, 10. +l" Ce nom de « plaies » correspond assez bien à moftim (littéral. : coups) , mot qui les désigne dans le texte hébreu. — 2° On l'a surtout remar- qué de nos jours , depuis que l'on connaît l'Orient plus à fond, ces dix plaies célèbres et terribles ont une analogie frappante avec divers fléaux qui ravagent de temps en temps l'Égj'pte. Les ven- geances de Jéhovah, ainsi rattachées à des phé- nomènes naturels du paj's, deviennent encore plus éclatantes et plus significatives : le vrai Dieu montrait par là qu'il gouvernait en maître même cette contrée si fière de ses idoles. Le caractère miraculeux de chaque plaie est tout à fait visible. — 30 Ce qui ne l'est pas moins, c'est la marche ascendante et progressive des prodiges. Les « coups » portés par la main divine sont de plus en plus rudes; les effets produits sont de plus en plus forts. On semble d'abord peu saisi, d'au- tant mieux que les magiciens imitent les premiers I)rodigcs ; puis on s'alarme, finalement on est ter- rifié, subjugué. — 40 Les trois premières plaies +atteignent toute l'Egypte ; aux suivantes , les Hé- breux demeurent indemnes, ce qui constituait « miraculum in miraculo ». — 5° Notons encore que la première plaie , la deuxième, la quatrième, là cinquième, la septième, la huitième et la dixième sont annoncées d'avance au pharaon, tandis que les autres arrivent soudain, sans aver- tissement préalable. +1° Le miracle de la verge. VII, 8-13. +C'est im acte pi'éliminaire , qui devait dès l'abord garantir au pharaon que Moïse n'était pas un imposteur. +8 - 10. Le prodige. — Virgam tuam. Le bâton mentionné plus haut, iv, 2, 20. — In colubrum. L'hébreu n'emploie pas le même substantif qu'au chap. IV, 3 : là nahas , ici taniiin. Ce sont des noms génériques ; on rencontre le second dans la langue égj^ptienne sous la forme tanem. +11-13. La contrefaçon du prodige parles sor- ciers égyptiens. — Vocavit Pharao... Les magi- ciens ont toujours été la grande ressource des rois orientaux dans les circonstances difficiles. Cf. Gen. XLi , 8 ; Dan. iv, 4 ; v, 7, etc. — Sapien- tes et maleficos. La première expression est géné- rale, et souvent prise en mauvaise part dans la Bible, pour désigner ceux qui s'occupent de sciences occultes; d'après le texte original (m'kasiî'fim), la seconde représente des hommes qui muriuurent des charmes à mi-voix. — Per incantationes... Dans l'hébr. : hartummé Mizraïm, les scribes d'Égj'pte ; troisième nom, pour indiquer un autre groupe de sorciers, ceux qui écrivaient les for- mules magiques. — Arcana : la magie s'est tou- +Ex. VII, 13-19. +209 +13. Alors le cœur du Pharaon s'endur- cit, et il n'écouta point Moïse et Aaron, selon que le Seigneur l'avait ordonné. +14. Et le Seigneur dit à Moïse : Le cœur du Pharaon s'est endurci, il ne veut point laisser aller mon peuple. +15. Allez le trouver dès le matin ; il sortira pour aller près de l'eau, et vous vous tiendrez sur le bord du fleuve pour venir au-devant de lui. Vous prendrez en votre main la verge qui a été changée en serpent, +16. Et vous lui direz : Le Seigneur, le Dieu des Hébreux m'a envoyé vers vous pour vous dire : Laissez aller mon peuple, afin qu'il me sacrifie dans le désert : et jusqu'à présent vous ne m'avez pas voulu écouter. +17. Voici donc ce que dit le Seigneur : Vous connaîtrez en ceci que je suis le Seigneur : je vais frapper l'eau de ce fleuve avec la verge que j'ai en ma main, et elle sera changée en sang. +18. Et les poissons qui sont dans le fleuve périront ; les eaux se corrompront, et les Égyptiens souffriront beaucoup en buvant de l'eau du fleuve. +19. Le Seigneur dit encore à Moïse : Dites à Aaron : Prenez votre verge et étendez votre main sur les eaux d'Egypte, +13. Induratumque est cor Pharaonis, et non audivit eos, sicut prasceperat Do- minus. +14. Dixit autem Dominus ad Moysen : Ingravatum est cor Pharaonis, non vult dimittere populum. +15. Vade ad eum mane ; ecce egre- dietur ad aquas, et stabis in occursum ejiis super ripam fluminis; et virgam, quse conversa est in draconem, toiles in manu tua, +16. Dicesque ad eum : Dominus Deus Hebrseorum misit me ad te, dicens : Dimitte populum meum ut sacrificet mihi in deserto, et usque ad pressens au- dire noluisti. +17. Hsec igitur dicit Dominus : In hoc scies quod sim Dominus : ecce percutiam virga, quae in manu mea est, aquam fluminis, et vertetur in sanguinem. +18. Pisces quoque, qui sunt in fluvio, morientur, et computrescent aquse, et affligentur 2Egj]^tii bibentes aquam flu- minis. +19. Dixit quoque Dominus ad Moy- sen : Die ad Aaron : Toile virgam tuam, et extende manum tuam super aquas +jours enveloppée du secx'et et du mystère. Sur les développements extraordinaires qu'elle avait reçus dans l'antique Egypte , voyez Chabas, le Papyrus magique Barris, 186G, et F. Lenormant, la Magie chez les Accadiens , 1874, chap. ii, pp. 63 et ss. Les interprètes anciens et modernes ont beaucoup discuté sur sa nature. Il est certain que pai-fois les enchantements étaient réels et diaboliques. Cf. Matth. ix, 34; xn, 24; II Thess, n, 9. Souvent ce n'était que de la a magie blanche i , et de la prestidigitation plus ou moins habile. Voy. Calmet, Dissertation sur les vrais et faux miracles (en avant de son commentaire de l'Exode). — Vtrscs... in dracoti.es. Ou réelle- ment, ou seulement en apparence, ainsi qu'il vient d'être dit. Les « psylles » égyptiens, ou charmeurs de serpents , se sont transmis de père en fils des procédés étranges , grâce auxquels ils manient, engourdissent les reptiles les plus dan- gereux , les rendent raides comme des bâtons, etc. Voy. Vigouroux, la Bible et les découo. modernes, t. II, p. 319 et ss,, et V Atlas arch. de la Bible, pi. cxv, fig. 13, 15, 16. — Sed devoravit... Aucun symbolisme ne pouvait mieux démontrer la su- périorité des pouvoirs de Moïse et d' Aaron, S. Paul, II Tim, m, 8, a conservé, d'après la tradition juive, les noms des deux principaux magiciens qui luttèrent avec Moïse : Jannès et Mambrès (Jambrès dans le texte grec). +2« La première plaie d'Egypte : l'eau changée en sang. VII, 14-25. +14-18. Dieu ordonne à Moïse d'annoncer la première plaie au Pharaon. — Egredietur ad aquas : les eaux du Nil. L'heure de cette sortie (mane) a fait conjecturer que le roi se rendait au bord du fleuve pour ses dévotions du matin. Déjà nous avons vu, à propos de Gen, xli, 1, que le Nil était une rivière sacrée, qui était adorée sous divers noms et symboles. Le prodige qui l'atteindra n'en sera que plus significatif, — Virga, quae in manu mea : c.-à-d. dans la main de son représentant. — Les divers effets de la première plaie sont clairement prédits aux vers. 17 et 18 : 1° l'effet général et principal, vertetur in san- guinem; 2° pisces... Tnorientur, ces poissons qui abondent dans le Nil , et qui formaient une partie notable de la nourriture des Égyptiens (voyez YAtl. archéol. de la Bible, pi, xli, fig. 1, 2,4, 6 , 8 ; pi. XLii, fig, 1, et VAtl. d'hist. nat., pi, lui, fig. 7, 10, 11; pi. LVi, fig. 3); 3° computrescent aquce; 4" conséquence finale, affligentur... L'E- gypte n'a pas d'eau de sources ; l'eau des citernes est à peine potable ; celle du Nil , fraîche et sa- voureuse , forme la boisson principale du pays : en être privé était une grande souffrance. +19, Toile virgam... Dieu donne l'ordre d'ac- complir le miracle, — On a constaté que les dé- tails de ce verset supposent, chez l'écrivain, une connaissance exacte et minutieuse du système d'irrigation qui fonctionnait alors en Egypte, — Aquas désigne de nouveau le Nil ; fluvioa inaharot), ses divers bras dans la basse Egypte; +210 +Ex. VII, 20-25. +aEgypti, et super fluvios eorum, et rivos ac paludeR, et omnes lacus aquarum, ut veitantur in saiiguinem, et sit cruor in omni tena iEgypti, tam in ligneis vasis quam in saxeis. +20. Feceruntque Moyses et Aaron sic- ut praeceperat Dominus ; et elevans virgam, percussit aquam fluminis coram Pliaraoiie et servis ejus, quae versa est in sunguinem. +21. Et pisces, qui erant in flumine, mortui sunt, computruitque fluvius, et non poterant iEgyptii bibere aquam fiu- minis, et fuit sanguis in tota terra ^- +gypti. +22. Feceruntque similiter malelici i^gy- ptiorum incantationibus suis ; et iudura- tum est cor Pharaonis, nec audivit eos, sicut prœceperat Dominus, +23. Avertitque se, et ingressus est do- mum suam ; nec apposuit cor etiam liac vice. +24. Foderunt "autem omnes JEgyptii per circuitum fluminis aquam ut bibe- rent ; non enim poterant bibere de aqua fluminis. +25. Impletique sunt septem dies, post- quam percussit Dominus fluvium. +sur les fleuves, sur les ruisseaux, sur les marais et sur les eaux de tous les lacs, afin qu'elles soient changées en sang et, qu'il n'y ait que du sang dans toute l'Egypte, dans tous les vases de bois ou de pierre. +20. Moïse et Aaron firent donc ce que le Seigneur leur avait ordonné. Aaron, éle\'ant sa verge, frappa l'eau du fleuve devant le Pliaraon et ses serviteurs, et l'eau fut changée en sang. +21. Les poissons qui étaient dans le fleuve moururent le fleuve se corrompit, les Egyptiens ne pouvaient boire de ses eaux, et il y eut du sang dans tout le pays d'Egypte. +22. Les magiciens d'Egypte firent la même chose avec leurs enchantements, et le cœur du Pharaon s'endurcit. Il n'écouta point Moïse et Aaron, selon que le Seigneur l'avait ordonné. +23V II se retira de devant eux et entra dans sa maison, et il ne fléchit point encore son cœur pour cette fois. +24. Tous les Egyptiens creusèrent la terre le long du fleuve, et y cherchèrent de l'eau pour boire, parce qu'ils ne pou- vaient boire de l'eau du fleuve. +25. Et il se passa sept jours entiers depuis la plaie dont le Seigneur avait frappé le fleuve. +rivos ( y"ôrim ) , les canaux muliiplcs de cette même province; pa'auies i'agâmim) , les lacs et étangs natiirels ; lacus aquai-um (miqvch maïm), les réservoirs artificiels où l'on recueillait le trop- plein du fleuve au temps de l'inondation, pour s'en servir durant la période des basses eaux ; ligneis vasis , ... saacis, les provisions de chaque ménage. +20-21. Le prodige est accompli. — Versa... in savguinem. Chaque année, au plus fort de ses inondations, le Nil présente un phénomène sin- giUicr, que les voyageurs ont souvent décrit (voj-ez Vigoiu'oux, la Bible et les découv..., t. II, p. 334 et ss.). Il prend une couleur d'ocre rouge, que l'on attribuait autrefois au limon rougeâtra du Sennaar charrié par les eaux, mais qui pro- vient en réalité de myriades de champignons et d'infusoires microscopiques. D'après quelques commentateurs, le''miracle de la premièz'e plaie aurait simplement consisté dans ce phénomène, produit à une époque et avec une intensité extraordinaires. Dans ce cas, les mots ver.sa est in sarguiiicm ne marqueraient pas absolument +du sang, mais l'apparence, la couleur de ce li- quide. Toutefois , ce sentiment n'est conforme ni au texte, simplement et littéralement entendu, ni à l'interprétation biblique (cf. Sap. xi, 7 : « nam pro fonte... sempiterni fluminis, huvianum sanguinem dedisti injustis »), ni à l'avis comumn dos Pères et des Docteurs, dont plusieurs con- naissaient pourtant le phénomène annuel dit du « Nil rouge '». Il s'agit donc de sang proprement dit. +22-23. La contrefaçon du prodige et l'endur- cissement du pharaon. — Fecerunt... similiter : sur une petite quantité d'eau , provenant', de quelque puits (vers. 24). +24-25. Résultat et durée du miracle. — Fode- runt.,.: ce qui a lieu facilement dans ce terrain d'alluvion ; mais l'eau des ptUts est mauvaise et saiimâtre en Egypte, parce que le sol est tout imprégné de nitre. Il est probable que les eaux souterraines n'avaient pas été atteintes par le fléau. — Dies scplcm: ces mots déterminent la durée de la première plaie. +4 +Ex. VIIT, 1-9. +211 +CHAPITRE VIII +1. Le Seigneur dit encore à Moïse : Allez trouver le Pharaon, et dites-lui : Voici ce que dit le Seigneur : Laissez aller mon peuple, afin qu'il me sacrifie. +2. Que si vous ne voulez pas le laisser aller, je frapperai toutes vos terres, et je les couvrirai de grenouilles. +3. Le fleuve fourmillera de grenouilles qui entreront dans votre maison, qui monteront dans la chambre où vous couchez et sur votre lit, dans les maisons de vos serviteurs et dans celles de tout votre peuple, dans vos fours et sur les restes de vos viandes ; +4. et ces grenouilles monteront vers vous , vers votre peuple et vers tous vos serviteurs. +5. Le Seigneur dit donc à Moïse : Dites à Aaron : Étendez votre main sur les fleuves, sur les ruisseaux et sur les marais, et faites venir des sur la terre d'Egypte. +6. Aaron étendit sa main sur les eaux d'Egypte, et les gTcnouilles en sortirent et couvrirent l'Egypte. +7. Les magiciens firent aussi la même chose par leurs enchantements, et ils firent venir des grenouilles sur la terre d'Egypte. +8. Le Pharaon appela ensuite Moïse et Aaron, et il leur dit : Priez le Seigneur, afin qu'il me délivre, moi et mon peuple, de ces grenouilles, et je laisserai aller le peuple, afin qu'il sacrifie au Seigneur. +9. Moïse répondit au Pharaon : Mar- quez - moi le temps auquel vous voulez que je prie pour vous, pour vos servi- teurs et pour votre peuple, afin que les +grenouilles +1. Dixit quoque Dominus ad Mo3''sen : Ingredere ad Pharaonem, et dices ad eum : Hœc dicit Dominus : Dimitte po- pulum meum, ut sacrificet mihi ; +2. sin autem nolueris dimittere, ecce ego percutiam omnes terminos tuos ra- nis. +3. Et ebulliet fluvius ranas, quse as- cendent, et ingredientur domum tuam, et cubiculum lectuli tui, et super stra- tam tuum, et in domos servorum tuo- rum, et in populum tuum, et in furnos tuos, et in reliquias ciborum tuorum; +4. et ad te, et ad populum tuum, et ad omnes serves tuos, intrabunt ranse. +5. Dixitque Dominus ad Moysen : Die ad Aaron : Extende manum tuam super fluvios, ac super rivos et paludes, et educ ranas super terram M^y^ii. +6. Et extendit Aaron manum super aquas ^gypti , et ascenderunt ranos , operueruntque terram ^gypti. +7. Fecerunt autem et malefici per in- cantationes suas similiter, eduxeruntque ranas super terram -^gypti. +8. Vocavit autem Pharao Moysen et Aaron, et dixit eis : Orate Dominum ut auferat ranas a me et a populo meo ; et dimittam populum ut sacrificet Domino. +9. Dixitque Moyses ad Pharaonem : Constitue mihi quando deprecer pro te, et pro servis tuis, et pro populo tuo, ut abigantur ranas a te, et a domo tua, et +3' Deuxième plaie d'Egypte : les grenotiilles. +VIII, 1-15. +Chap. VIII. — 1-4. Annonce de ce second fléau. — Dixit quoque Dominas... D'abord la de- mande accoutumée, dimitte..., que le Seigneur réitérera jusqu'à ce qu'elle soit accordée. — Ranis. Chaque année, à la suite de la grande inonda- tion du Nil, les grenouilles se multiplient sur ie territoire égyptien (on s^ignale surtout la rana punctata; voyez VAtL d'hist. nat. de la Bible, pi. Lvii, fig. 4); parfois même cette hideuse in- vasion' y prend les proportions d'un véritable fléau ; mais cela n'est rien à côté de l:i descrip- tion des vers. 3-4, qui nous montre toutes choses souillées et infectées par cette masse grouillante. — Fumas : les petits fcurs portatifs , représen- +tés fréquemment sur les fresques. Voyez l'Atlas archéol., pi. xlii, fig. 10, 11. — Reliquias ci- borum... Héb. : les pétrins. +5-7. Le prodige (5-6) et sa contrefaçon par les sorciers ( 7 ). — Exiende... super fluvios... Le fléau est encore rattaché au fleuve sacré. — Si- militer. En faisant à leur tour sortir des eaux une grande quantité de grenouilles , les magiciens ne réussirent qu'à aggraver la plaie. +8-11. Le pharaon demande grâce et commence à céder. — Constitue mihi ( de même les LXX et le syriaque ). L'hébreu porte littéralement : Glo- rifle-toi sur moi ! Expression un peu obsc\ire, qui équivaut peut-être à notre formule de poli- tesse : Faites - moi l'honneur de me dire... Moïse accepte donc l'offre du rol,.jaais il le prie déli- +212 +Ex. VIII, 10-18. +a servis tuis , et a populo tuo , et tantum in flumine remaneant. +10. Qui respondit : Cras. At ille : Juxta, inquit, verbum tuum faciam, ut scias quoniam non est si eut Doniinus Deus noster. +11. Et recèdent ranae a te, et a domo tua, et a servis tuis, et a populo tuo; et tantum in flumine remanebuut. +12. Egressique sunt Moj'-ses et Aaron a Pharaone ; et clama vit Moyses ad Do- minum pro sponsione ranarum quam condixerat Pharaoni. +13. Fecitque Dominus juxta verbum Moysi ; et mortuse sunt ranae de domi- bus, et de villis, et de agris. +14. Congregaveruntque eas in immen- sos aggeres, et computruit terra. +15. Videns autem Pharao quod data esset requies, ingrava vit cor suum, et non audivit eos, sicut prseceperat Do- minus. +16. Dixitque Dominus ad Moysen : Loquere ad Aaron : Extende virgam tuam, et percute pulverem terrée, et sint sciniphes in universa terra ^gypti. +17. Feceruntque ita ; et extendit Aaron manum, virgam tenens, percussitque pulverem terrse ; et facti simt sciniphes in hominibus, et in jumentis; omnis pulvis terrse versus est in sciniphes per totam terram ^gypti. +18. Feceruntque similiter malefici in- cantationibus suis, ut educerent scini- +grenouilles soient chassées loin de vous et de votre maison, de vos serviteurs et de votre peuple , et qu'elles ne demeurent que dans le fleuve. +10. Demain, répondit le Pliaraon. Je ferai, dit Moïse, ce que vous me deman- dez, afin que vous sachiez que rien n'est égal au Seigneur notre Dieu. +11. Les grenouilles se retireront de vous, de votre maison, de vos serviteurs et de votre peuple, et elles ne demeure- ront plus que dans le fleuve. +12. Moïse et Aaron étant sortis de de- vant le Pharaon , Moïse cria au Seigneur au sujet de la promesse qu'il avait faite au Pharaon de le délivrer des grenouilles au jour qu'il avait marqué. +13. Et le Seigneur fit ce que Moïse lui avait demandé ; et les grenouilles mou- rurent dans les maisons , dans les fermes et dans les champs. +14. Giries amassa en de grands mon- ceaux , et la terre en fut infectée. +15. Mais le Pharaon, voyant qu'il avait un peu de relâche, appesantit son cœur, et il n'écouta point Moïse et Aaron, comme le Seigneur l'avait ordonné. +16. Alors le Seigneur dit à Moïse : Dites à Aaron : Étendez votre verge et fi-appez la poussière de la terre, et que toute la terre de l'Egypte soit remplie de moucherons. +17. Ils firent ce que Dieu leur avait dit, et Aaron, tenant sa verge, étendit la main et frappa la poussière de la terre; et les hommes et les bêtes furent cou- verts de moucherons, et toute la pous- sière de la terre fut changée en mouche- rons dans toute l'Egypte. +18. Les magiciens voulaient faire la même chose par leurs enchantements et +catcment de fixer lui-même le moment (quando...) où il désirait que le fléau cessât. La toute -puis- sance divine n'en devait que mieux ressortir. +12-15. Cessation de la deuxième plaie, grâce h l'intervention de Moïse. Toutefois, Dieu le per- mettant ainsi pour châtier le prince coupable, les grenouilles périrent sur place , au lieu de rentrer dans les eaux, et computruit terra. — Jmmensos aggeres. 'Daxïs l'hébr. : des monceaux, des monceaux. — Videns autem... A peine déli- vré , le roi refuse d'exécuter sa promesse. +4« Troisième plaie : les moustiques. VIII, 16-19. +16-17. L'ordre divin et son exécution. — Extende virgam. Cette fois, pas d'avertissement préalable; de même pour la sixième et la neu- vième i)laie. — Percute pulverem... Les doux pre- miers fléaux étaient sortis du Nil; celui-ci est rattaché au sol, que les Égyptiens regardaient +pareillement comme sacré , presque comme divin. — Sciniphes. D'apiès Josèphe, Saadia, et divers commentateurs juifs et chrétiens , le mot hébreu kinnim désignerait les poux ; mais tout porte à croire que la Vulgate donne le vrai sens, car les LXX, Philon, Origcnc (interprètes auxquels leurs relations avec l'Egypte confèrent une autorité spé- ciale), traduisent aussi kinnim par moustiques. Même en temps ordinaire, ces insectes rendent très pénible le séjour en Egypte ; ils sont luie torture du jour et de la nuit. Cf. Hérodote, II, 95, et Laborde, Comment, géographique de l'Exode, p. 32. Mais ce dut être une plaie into- lérable, quand omnis pulvis... versus est in sci- niphes. Vo3-ez V Atlas d'hist. nat. de la Bible, pi. XLVIII, flg. 1, 2, 3. +18-19. L'essai de contrefaçon aboutit cette fols à un complet échec. — Digitus Dei... Aveu +Ex. VIII, 19-25. +213 +f)rcduire de ces moucherons, mais ils ne e purent ; et les hommes et les bêtes en étaient couverts. +19. Ces magiciens dirent donc au Pha- raon : C'est le doigt de Dieu qui agit ici. Et le cœur du Pharaon s'endurcit, et il n'écouta point Moïse et Aaron , comme le Seigneur l'avait ordonné. +20. Le Seigneur dit aussi à Moïse : Levez-vous dès la pointe du jour et pré- sentez - vous devant le Pharaon ; car il sortira pour aller près de l'eau, et vous lui direz : Voici ce que dit le Seigneur : Laissez aller mon peuple, afin qu'il me sacrifie. +21. Que si vous ne le laissez point aller, j'enverrai contre vous, contre vos serviteurs, contre votre peuple et dans vos maisons, des mouches de toutes sortes, et les maisons des Egyptiens et tous les lieux où ils se trouveront seront remplis de toutes sortes de mouches. +22. Et je rendrai ce jour- là la terre de Gessen , où est mon peuple , une terre miraculeuse où il ne se trouvera aucune de ces mouches, afin que vous sachiez que c'est moi qui suis le Seigneur de toute la terre. +23. Je séparerai ainsi mon peuple d'avec votre peuple ; demain ce miracle se fera. +24. Le Seigneur fit ce qu'il avait dit. Une multitude de mouches très mau- vaises vint dans les maisons du Pharaon, de ses serviteurs et par toute l'Egypte, et la terre fut corrompue par cette sorte de mouches. +25. Alors le Pharaon appela Moïse et Aaron , et leur dit : Allez sacrifier à votre Dieu dans ce pays -ci. +plies, et non potuerunt; erantque sci- niphes tam in hominibus quam in ju- mentis. +19. Et dixerunt malefici ad Pharao- nem : Digitus Dei est hic ; induratumque est cor Pharaonis, et non audivit eos sicut prœceperat Dominus. +20. Dixit quoque Dominus ad Moy- sen : Consurge diluculo, et sta coram Pharaone ; egredietur enim ad aquas , et dices ad eum : Hsec dicit Dominus : Dimitte populum meum, ut sacrificet mihi. +21. Quod si non dimiseris eum, ecce ego immittam in te , et in servos tuos , et in populum tuum, et in domos tuas, omne genus muscarum ; et implebun- tur domus .^gyptiorum muscis diversi generis, et universa terra in qua fue- rint. +22. Faciamque mirabilem in die illa terram Gessen, in qua populus meus est, ut non sint ibi muscse, et scias quoniam ego Dominus in medio terrse. +23. Ponamque divisionem inter popu- lum meum et populum tuum ; cras erit signum istud. +24. Fecitque Dominus ita. Et venit musca gravissima in domos Pharaonis et servorum ejus, et in omnem terram JEgjipti ; corruptaque est terra ab hu- juscemodi muscis. +25. Vocavitque Pharao Moysen et Aa- ron , et ait eis : Ite et sacrificate Deo vestro in terra hac. +significatif, dont il ne faut cependant pas exa- gérer la portée. Les magiciens se bornent à re- connaître le caractère divin du prodige, mais ils ne vont pas jusqu'à l'attribuer à Jéhovah ou à son représentant. « C'est un dieu qui a fait cela » , tel est le sens de leur réflexion. +5° Quatrième plaie : les mouches. VIII, 20-32. +20-23. L'annonce du fléau. — Egredietur enim... Voyez la note de vii, 15. — Omne genus muscarum. Hébr. : 'et-hé'arob, l'essaim, sans 4)réciser davantage ; TiatxijL'JÎa , traduit Sym- maque , toutes sortes de mouches ; d'après les LXX, plus spécialement la x'jv6(ji.uta ou les taons, l'une des mouches les plus redoutables. Au fond, la Vulgate a donné le vrai sens (de même les Targums, AquUa, le syriaque, l'arabe, etc.). Pays humide et chaud, l'Egypte est tout natxrrellement un pays de mouches : le miracle consistera à centupler ces essaims insupportables. +Voyez V Atlas d'hist. nat. de la Blhie, pi. xlvii, flg. 5, 6, 7, 10-13; pi. xlviii, fig. 4, 5, 6, 8. — Faciamque m,irabilem... Circonstance merveil- leuse qui se renouvellera désormais à toutes les plaies ; en outre , pour celle-ci et pour la suivante, c'est Dieu lui-même qui opère le prodige, sans se servir du ministère d'Aaron. Cf. vers. 24, et IX, 6. +24-29. Le prodige et l'impression qu'il pro- duisit sur le roi. — Ite... Le pharaon n'avait pas été aussi formel lors de son premier bon mouve- ment, vin, 8; toutefois il n'accorde qu'une partie de l'autorisation demandée , puisqu'il interdit que l'on franchisse les frontières ( sacrificate.,, in terra...) — Moïse refuse cette transaction, allé- guant une raison locale très frappante : abomi- nationes enim... : c.-à-d. des animaux dont l'im- molation eût paru abominable et monstrueuse aux Égyptiens , qui les regardaient comme sacrés. +11 +214 +Ex. VIII, 26 — IX, 3. +26. Et ait Moyses : Non potest ita fieri ; abominatioiies enim ^gyptiorum iramolabimus Doraino Deo nostro : quod si raactaverimus ea qu?e colunt ^gyptii coram eis, lapidibiis nos obruent. +27. Viam trium dierum pergemus in Rolitiidinem, et sacrificabimiis Domino Deo nostro, siciit prœcepit nobis. +28. Dixitque Pharao : Ego dimittam vos ut sacrificetis Domino Deo vestro in deserto ; veriimtamen longius ne abea- tis ; rogate pro me. +29. Et ait Moyses : Egressus a te, orabo Dominiim, et recedet musca a Pharaone, et a servis suis, et a populo ejus cras; verumtamen noli ultra fallcre, ut non dimittas populum sacrificare Domino. +30. Egressusque Moyses a Pharaone, oravit Dominum, +31. Qui fecit juxta verbum illius ; et abstulit muscas a Pharaone, et a servis suis, et a populo ejus; non superfuit ne nna quidem. +32. Et ingravatum est cor Pharaonis, ita ut nec hac quidem vice dimitteret populum. +26. Moïse répondit : Cela ne se peut point faire, car nous sacrifierions au Sei- gneur notre Dieu des animaux dont la mort paraHrait une abomination aux Egyptiens. Que si nous tuons sous les yeux des Égyptiens ce qu'ils adorent, ils nous lapideront. +27. Nous irons dans le désert, à trois journées de chemin, et nous sacrifierons au Seigneur notre Dieu comme il nous l'a commandé. +28. Et le Pharaon lui dit : Je vous laisserai aller dans le désert pour sacri- fier au Seigneur votre Dieu ; seulement n'allez pas plus loin ; priez pour moi. +29. Moïse répondit : Je prierai le Sei- gneur aussitôt que je serai sorti d'auprès de vous, et demain toutes les mouches s'éloigneront du Pharaon, de ses servi- teurs et de son peuple. Mais ne me troni- pez plus en ne laissant point aller le peupie^)bur sacrifier au Seigneur. +30. Moïse, étant sorti d'auprès du Pha- raon, pria le Seigneur, +31. Qui fit ce que JMoïse lui avait de- mandé ; et il éloigna toutes les mouches du Pharaon , de ses serviteurs et de son peuple, sans qu'il en restât une seule. +32. Mais le cœur du Pliaraon s'en- durcit, de sorte qu'il ne voulût point permettre encore pour cette fois que le peu[)le s'en all.li'. +CHAPITRE IX +1. Dixit autem Dominus ad Moysen : Ingredere ad Pharaonem, et loquerc ad euin : Haec dicit Dominus Deus He- brœorum : Dimitte populum raeum ut sacrificet milii. +2. Quod si adhuc renuis, et rétines eos, +3. Ecc mai) us mea erit supei- agros tuos; et super equos, et asinos, et ca- melos, et boves, et oves, pestis valdo gravis ; +1. Le Seigneur dit à Moïse : Allez trouver le Pharaon, et dites -lui : Voici ce que dit le Seigneur, le Dieu des Hé- breux : Laissez aller mon peuple , afin qu'il me sacrifie. +2. Si vous refusez encore et si vous le retenez , +3. J'étendrai ma main sur vos champs, et les clievaux, les ânes, les chameaux, les b(jeufs et les brebis seront frappés d'une peste très dangereuse. +— Lapidibus... obi-uent. Première mention de ce supplice dans la Bible. — In deserto. Le iha- raon paraît céder peu à peu ; mais , le fléau passé, l'endurcissement reprendra le dessus. +30-31. Cessation miraculeuse de la quatrième plaie. Notez le détail emphatique : ne una qui- dem. +6° Cinquième plaie : la peste du bétail. IX, 1-7. +Chap. IX. — 1-5. L'annonce de la plaie. — +ManuH mea super agros... Pour frapper, d'après la ligne suivante, les animaux qui s'engraissaient dnns les riches pâturages de Gessen, — Pestis : une sorte d'épizootie d'une extrême violence, s"at- taquant à toute sorte de bétail. — Constltuit- que... tempus. Les épizooties ne sont pas rares en Egypte : la fixation si nette d'une date très rap- procliée relevait le caractère absolument divin de cette nouvelle plaie. +1 +Ex. IX, 4-13. +215 +4. Et le Seigneur fera un miracle pour discerner les possessions des en- fants d'Israël d'avec les possessions des Égyptiens ; en sorte qu'il ne périsse ab- solument rien de ce qui appartient aux enfants d'Israël. +5. Le Seigneur en a marqué lui-même le temps, en disant : C'est demain que le Seigneur fera cette merveille dans le pa3's. +6. Le Seigneur fit donc le lendemain ce qu'il avait dit, et toutes les bêtes des Égyptiens moururent, mais nulle de toutes celles des enfants d'Israël ne périt. +7. Le Pharaon envoya voir, et l'on trouva que rien n'était mort de tout ce que possédait Israël. Mais le cœur du Pharaon s'endurcit, et il ne laissa point aller le peuple. +8. Alors le Seigneur dit à Moïse et à Aaron : Prenez plein vos mains de cendre de fournaise, et que Moïse la jette vers le ciel devant le Pharaon. +9. Et que cette poussière se répande sur toute l'Egypte. 11 s'en formera des ulcères et des tumeurs dans les hommes et dans les animaux, par toute l'E- gypte. +10. Ayant donc pris de la cendre de fournaise, ils se présentèrent devant le Pharaon, et Moïse la jeta vers le ciel. En même temps il se forma des ulcères et des tumeurs dans les hommes et dans les animaux. +11. Et les magiciens ne pouvaient se tenir devant Moïse, à cause des ulcères qui leur étaient survenus comme à tout le reste des Égyptiens. +12. Et le Seigneur endurcit le cœur du Pharaon, et il n'écouta point Moïse et Aaron, selon que le Seigneur l'avait prédit à Moïse. +13. Le Seigneur dit encore à Moïse : Levez -vous dès le point du jour et pré- | +4. Et faciet Dominus mirabile inter possessiones Israël, et possessiones iEgy- ptiorum ; ut nihil omnino pereat ex tas quae pertinent ad filios Israël. +5. Constituitque Dominus tempus, di- cens : Gras faciet Dominus verbum istud in terra. +6. Fecit ergo Dominus verbum hoc altéra die, mortuaque sunt omnia ani- mantia ^gyptiorum ; de animalibus vero filiorum Israël nihil omnino periit. +7. Et misit Pharao ad videndum ; nec erat quidquam mortuum de his quœ possidebat Israël. Ingravatumque est cor Pharaonis, et non dimibit populum. +8. Et dixit Dominus ad Moysen et Aaron : Tollite plenas manus cineris de camino, et spargat illum Mo^^ses in cœ- lum coram Pharaone, +9. Sitque pulvis super omnem terram ^gypti ; erunt enim in hominibus et jumentis ulcéra, et vesicse turgentes, in universa terra ^gypti. +10. Tuleruntque cinerem de camino, et steterunt coram Pharaone, et sparsit illum Moyses in cselum ; factaque sunt ulcéra vesicarum turgentium in homini- bus, et jumentis. +11. Nec poterant malefici stare coram Moyse, propter ulcéra quœ in illis erant, et in omni terra ^gypti. +12. Induravitque Dominus cor Pha- raonis, et non audivit eos, si eut locutus est Dominus ad Moysen. +13. Dixitque Dominus ad Moysen : Mane consurge, et sta coram Pharaone, +6-7. Le prodige et sa constatation. — Omnia animantia. Les vers. 9 et 19 s'opposent à ce que nous prenions ces mots tout à fait à la lettre ; du moins la plus grande partie des troupeaux périt , ce qui atteignait l'Egypte dans l'une de ses prin- -Cipales ressources. +70 Sixième plaie : les ulcères. IX, 8-12. +8-9. L'ordre divin. — Cineris de camino. Le substantif kibsan peut désigner les fours à chaux, les fours métallurgiques, les fours à briques : il est plus probablement question de ces derniers, dont la terre de Gessen était alors remplie. Voy. l'Atlas archèol. de la Bible, pi. xlix, fig. 2. — Ulcéra cl vesica... Le mal devait consister en de +graves désordres cutanés, accompagnés d'ulcères et de pustules : genre d'éruption assez fréquent en Egypte, mais qui n'est jamais si violent, si rapide, si universel. +10-12. Le miracle;-^- Nec poterant malefici... Détail significatif; les sorciers, que l'on croyait si puissants, sont atteints comme les autres. — Induravitque... Sinistre refrain. +8° Septième plaie : la grôle. IX, 13-35. +13-19. Long et terrible message de Jéhovah au pharaon. — Omnes plagas... super cor tuum. Ce cœur si dur serait bien obligé de s'amollir sous les coups réitérés, et plus rudes que jamais, dont il allait encore être frappé. — Perçut iam +216 +Ex. IX, 14-23. +et dices ad eum : Haec dicit Dominus Deus Hebrœorum : Dimitte populum meum ut sacrificet mihi ; +14. Quia in hac vice mittam omnes plagas meas super cor tuum, et super servos tuos, et super populum tuum, ut scias quod non sit similis mei in omni terra. +15. Nunc enim extendens manum per- cutiam te et populum tuum peste, peri- bisque ds terra. +16. Idcirco autem posui te, ut osten- dam in te fortitudinem meam, et nar- retur nomen meum in omni terra. +17. Adhuc rétines populum meum, et non vis dimittere eum? +18. En pluam cras hac ipsa hora gran- dinem multam nimis, qualis non fuit in ^gypto, a die qua f undata est, usque in prœsens tempus. +19. Mitte ergo jam nunc, et congrega jumenta tua, et omnia quae habes in agro ; homines enim, et jumenta, et uni- versa quse inventa fuerint foris, nec con- gregata de agris, cecideritque super ea grando , morientur. +20. Qui timuit verbum Domini de ser- vis Pharaonis, fecit conf ugere servos suos et jumenta in domos ; +21. Qui autem neglexit serraonem Do- mini , dimisit servos suos et jumenta in agris. +22. Et dixit Dominus ad Moysen : Extende manum tuam in cselum, ut fiât grando in universa terra ^gypti, super homines, et super jumenta, et super om- nem herbam agri in terra JEgjpti. +23. Extenditque Moyses virgam in cae- lum, et Dominus dédit tonitrua, et gran- dinem, ac discurrentia fulgura super +sentez-vous devant le Pharaon, et dites- lui : Voici ce que dit le Seigneur, le Dieu des Hébreux : Laissez aller mon peuple, afin qu'il me sacrifie. +14. Car c'est maintenant que je vais envoyer toutes mes plaies sur votre cœur, sur vos serviteurs et sur votre peuple, afin que vous sachiez que nul n'est sem- blable à moi dans toute la terre. +15. C'est maintenant que je vais étendre ma main et vous frapper de la peste , vous et votre peuple ; et vous périrez de dessus la terre. +16. Car je vous ai établi pour faire éclater en vous ma force et pour rendre mon nom célèbre dans toute la terre. +17. Quoi! vous retenez encore mon peuple, et vous ne voulez pas le laisser aller? +18. Voici ! demain, à cette même heure, je ferai pleuvoir une grêle extrê- mement-forte , et telle qu'on n'en a point vu de semblable dans l'Egypte, depuis qu'elle a été fondée jusqu'à présent. +19. Envoyez donc dès maintenant à la campagne, et faites -en retirer vos bêtes et tout ce que vous y avez ; car, et les hommes et les bêtes , et toutes les choses qui se trouveront dehors et qu'on n'aura point retirées des champs, mourront frappés de la grêle. +20. Ceux d'entre les serviteurs du Pha- raon qui craignirent la parole du Sei- gneur firent retirer leurs serviteurs et leurs bêtes dans leurs maisons. +21. Mais ceux qui néghgèrent ce que le Seigneur avait dit laissèrent leurs serviteurs et leurs bêtes dans les champs. +22. Alors le Seigneur dit à Moïse : Etendez votre main vers le ciel, afin qu'il tombe de la grêle dans toute l'Egypte, sur les hommes, sur les bêtes et sur toute l'herbe de la campagne. +23. Moïse ayant levé sa verge vers le ciel, le Seigneur fit tomber de la grêle au milieu du tonnerre et de feux qui +te... peste... Il serait plus conforme au contexte de traduire ainsi les vers. 15 et 16 : Et mainte- nant, étendant ma main, j'aurais pu te frapper de la peste , toi et ton peuple , et alors tu aurais disparu de la terre ; mais je t'ai laissé vivre afin de montrer... — Narretur nomen... L'endurcis- sement du pharaon devait servir à mieux mani- fester la puissance de Jéhovah. — Adliuc rétines. En hébreu : tu te fais digue. Belle image. — Grandinem... qualis... La grêle n'est pas inconnue en Egypte , mais elle y tombe rarement et d'une façon bénigne. — Le vers. 19 contient un aver- +tissement plein de bonté : Dieu daigne indiquer un moyen partiel de salut h ceux qui croiront en sa parole. Congrega; en hébr. : fais fuir; pour marquer la rapidité avec laquelle devait s'opérer ce sauvetage. +20-21, Manière dont la menace fut reçue. Il y eut les croyants (20) et les incrédules (21). +22-26. L'accomplissement du prodige. — To- nitrua. Hébr. : qôlôt, des voix; au vers, 28, des voix de Dieu. Nom habituel du tonnerre dans l;i Bible. Voj'ez surtout le psaume xxvni, 3-9. — Discurrentia fulgura... Les éclairs rasaient le +Ex. IX, 24-32. +217 +rampaient à terre ; le Seigneur fit pleu- voir la grêle sur la terre d'Egypte. +24. La grêle et le feu , mêlés l'un avec l'autre, tombaient ensemble; et cette grêle fut d'une telle grosseur, qu'on n'en avait jamais vu auparavant de semblable dans toute l'étendue de l'Egypte, depuis l'établissement de son peuple. +25. Et dans tout le pays de VÈgypte la grêle frappa de mort tout ce qui se trouva dans les champs, depuis les hommes jusqu'aux bêtes. Elle frappa toute l'herbe de la campagne, et elle rompit tous les arbres. +26. Il n'y eut qu'au pays de Gessen, où étaient les enfants d'Israël , que cette grêle ne tomba point. +27. Alors le Pharaon envoya appeler Moïse et Aaron , et il leur dit : J'ai pé- ché encore cette fois ; le Seigneur est juste, moi et mon peuple nous sommes des impies. +28. Priez le Seigneur, afin qu'il fasse cesser ces grands tonnerres et la grêle, et que je vous laisse partir sans que vous demeuriez ici davantage. +29. Moïse lui répondit : Quand je serai sorti de la ville, j'élèverai mes mains vers le Seigneur, et les tonnerres cesse- ront, et il n'y aura plus de grêle, afin que vous sachiez que la terre est au Sei- gneur. +30. Mais je sais que vous ne craignez point encore le Seigneur Dieu, ni vous ni vos serviteurs. +31. Le lin et l'orge furent donc gâtés pai- la grêle, parce que l'orge avait déjà poussé son épi et que le lin commençait à produire ses feuilles. +32. Mais le froment et l'épeautre ne furent point gâtés, parce qu'ils étaient plus tardifs. +terram ; pluitque Dominus grandinem super terram ^gypti. +24. Et grando et ignis mista pariter ferebantur ; tantœque fuit magnitudinis, quanta ante nunquam apparuit in uni- versa terra ^gypti, ex quo gens illa condita est. +25. Et percussit grando in omni terra ^gypti cuncta quse fuerunt in agris, ab homine usque ad jumentum ; cunctam- que herbam agri percussit grando, et omne lignum regionis confi-egit. +26. Tantum in terra Gessen, ubi erant fihi Israël, grando non cecidit. +27. Misitque Pharao, et vocavit Moy- sen et Aaron, dicens ad eos : Peccavi etiam nunc ; Dominus justus ; ego et po- pulus meus, impii. +28. Orate Dominum ut desinant toni- trua Dei, et grando ; ut dimittam vos, et nequaquam hic ultra maneatis. +29. Ait Moyses : Cum egressus fuero de urbe, extendam palmas meas ad Do- minum, et cessabunt tonitrua, et grando non erit ; ut scias quia Domini est terra. +30. Novi autem quod et tu, et servi tui, necdum timeatis Dominum Deum. +31. Linum ergo et hordeum laesum est, eo quod hordeum esset virons, et linum jam folliculos germinaret. +32. Triticum autem et far non sunt Isesa, quia serotina erant. +sol, ce qui marque une abondance considérable de fluide électrique. Toute la description est ma- gnifique, et terrible comme les faits. +27-28. Le monarque demande grâce, avouant qu'il a péché et reconnaissant la justice des châ- timents divins. +29-30. Promesses (vers. 29) et en môme temps réserves ( vers. 30 ) du serviteur de Dieu. — Do- mini est terra: même l'orgueilleuse Egypte. — Novi autem... Moïse montre qi;'il n'est pas dupe du repentir superficiel de Ménephtah. +31-32. Note rétrospective sur les dégâts pro- duits par la grêle. — Linum et hordeum. Deux plantes très cultivées dans l'ancienne Égj-pte. La première (le linum usitatissimum des bota- nistes; voyez V Atlas dliist. nat. de la Bible, +pi. XXXIX, flg. 2) servait h fabriquer les vête- ments de la plupart des habitants , surtout ceux des prêtres, les bandelettes des momies, etc.; la seconde était employée à, la fabrication de la bière, et pour la nourriture soit des hommes, soit des animaux. — Lcesum... eo quod... Ces végétaux , se trouvant dans un état assez avancé à l'époque du fléau , furent particulièrement en- dommagés. — Virens; d'après l'hébr. : en épis. Folliculos germinaret; hébr. : le lin était bouton de fleur. Ces circonstances placent la septième plaie vers la mi -février. — Triticum... et far. D'après l'hébr. : le froment et l'épeautre ( îcussé- met, une variété du blé commun; voyez l'Atlas d'hist. nat. de la Bible, pi. v, flg. 3). — Sero- tina : tardifs et peu avancés. +218 +33. Egressusque Moyses a Pharaone ex urbe, tetendit maiius ad Dominum; et cessaverunt tonitraa et grande, nec ultra stillavit pluvia super terrain. +34. Videns autem Pliarao quod cessas- set pluvia, et grando, et tonitrua, auxit peccatum ; +35. Et ingravatum est cor ejus, et servorum illius, et induratum nimis; nec dimisit filios Israël, sicut prsecepe- rat Dominus per manum Moysi. +Ex. IX, 33 — X, 5. +33. Après que Moïse eut quitté le Pha- raon et qu'il fut sorti de la ville, il éleva les mains vers le Seigneur, et les ton- nerres et la grêle cessèrent, sans qu'il tombât plus une goutte d'eau sur la terre. +34. Mais le Pharaon, voyant que la pluie, la grêle et les tonnerres avaient cessé, augmenta encore son péché. +35. Son cœur et celui de ses serviteurs s'appesantit et s'endurcit de plus en plus, et il ne laissa point aller les en- fants d'Israël, selon que le l'avait ordonné par Moïse. +Seigneur +CHAPITRE X +1. Et dixit Dominus ad Moysen : In- gredere ad Pharaonem; ego enim indu- ravi cor ejus, et servorum illius, ut faciam signa mea haec in eo ; +2. Et narres in auribus filii tui, et nepotum tuorum, quoties contriverim ^gyptios, et signa mea fecerim in eis ; et sciatis quia ego Dominus. +3. Introierunt ergo Moyses et Aaron ad Pharaonem, et dixerunt ei : Hsec dicit Dominus Deus Hebrgeorum : Usque- quo non vis subjici mihi? Dimitte po- pulum meum, ut sacrificet mihi. +4. Sin autem resistis, et non vis di- mittere eum, ecce ego inducam cras lo- custam in fines tuos. +5. Quse operiat superficiem terras, ne quidquam ejus appareat, sed comedatur quod residuum f uerit grandini ; corro- det enim omnia ligna quse germinant in agris. +1. Alors le Seigneur dit à Moïse : Allez trouver le Pharaon, car j'ai en- durci son cœtîr et celui de ses serviteurs, afin que j'accomplisse sur lui mes pro- diges , +2. Et que vous racontiez à vos enfants et aux enfants de vos enfants de com- bien de plaies j'ai frappé les Egyptiens , et combien de merveilles j'ai faites parmi eux, et pour que vous sachiez que je suis le Seigneur. +3. Moïse et Aaron vinrent donc trou- ver le Pharaon , et ils lui dirent : Voici ce que dit le Seigneur, le Dieu des Hé- breux : Jusques à quand refuserez - vous de vous assujettir à moi ? Laissez aller mon peuple, afin qu'il me sacrifie. +4. Si vous résistez encore et si vous ne voulez pas le laisser aller, je ferai venir demain , dans votre pays , des sauterelles +5. Qui couvriront la surface de la terre, en sorte qu'elle ne paraîtra plus, et qui mangeront tout ce que la grêle n'aura pas gâté ; car elles rongeront tous les arbres qui poussent dans les champs. +33-35. La fin du fléau. — Egressus... ex urlie. Moïse va au beau milieu de l'orage pour lutter contre lui. — Tetendit manus. Le geste de la prière. — Pharao... auxit peccatum. Aj'ant été plus touché cette fois (cf. vers. 27-28; vin, 8, 25-28), il manifestait une malice plus grande par son nouvel acte d'endurcissement. +9° La huitième plaie : les sauterelles. X, 1 - 20. +Chap. X. — 1-6. L'annonce du fléau. — Co7'... servorum illius. Eux aussi, ils s'étaient d'abord volontairement endurcis. Cf. ix, 21, 27, 35. Mais Dieu saura tirer de là sa gloire (ut faciam signa...), et les Hébreux devront tirer de leur côté une grande et belle leçon (et sciatis...). — Locustam... En hébr. : 'arbeh, le « multiple »; nom ordinaire de la sauterelle, par allusion à ses +essaims innombrables. Voy. YAtl. d'hist. nat. de la Bible, pi. XLVi, fig. 2, 3, 5-9; pi. XLvn, flg. 1-3. Cet insecte , dont personne n'a mieux décrit que le prophète Joël, i, 2-18 et n, 2-11, les ravages efCroj-ables , ne vit pas d'tme manière habituelle en Egypte; quand il l'envahit, ce qui arrive de temps à autre, 11 vient des districts syriens, nubiens, arabes, etc. De là l'expression inducam. — Qmcb operiat... Ce détaU et les suivants sont d'une rigoureuse exactitude. « Le sol est couvert de sauterelles sur plusieurs lieues. » Volney. « Sur une aire de 1600 à 1800 milles carrés, la surface entière du sol en était littéralement cou- verte. » Barrow. Dès qu'un essaim s'abat sur une province, toute verdure disparait aussitôt; l'écorce même des arbres est l'ongée. Les maisons sont +Ex. X, 6-13. +219 +6. Elles rempliront vos maisons, les maisons de vos serviteurs et de tous les Égyptiens ; de sorte que ni vos pères ni vos aïeux n'en ont jamais vu une si grande quantité, depuis le temps qu'ils sont nés sur la terre jusqu'à aujourd'hui. Moïse se détourna aussitôt de devant le Pharaon, et se retira. +7. Mais les serviteurs du Pharaon dirent à ce prince : Jusques à quand souffrirons - nous ce scandale? Laissez aller ces gens, afin qu'ils sacrifient au Seigneur leur Dieu. Ne voj^ez-vous pas que l'Egypte est perdue? +8. Ils rappelèrent donc Moïse et Aaron auprès du Pharaon, lequel leur dit : Allez sacrifier au Seigneur votre Dieu ; mais qui sont ceux qui doivent y aller ? +9. Moïse lui répondit : Nous irons avec nos petits enfants et nos vieillards, avec nos fils et nos filles, avec nos brebis et nos troupeaux ; car c'est la fête solen- nelle du Seigneur notre Dieu. +10. Le Pharaon lui repartit : Que le Seigneur soit avec vous en la même ma- nière que je vous laisserai aller avec vos petits enfants. Qui doute que vous n'ayez un très mauvais dessein ? +11. Il n'en sera pas ainsi; mais allez seulement vous , les hommes , et sacrifiez au Seigneur, car c'est ce que vous avez demandé vous-mêmes. Et aussitôt ils furent chassés de devant le Pharaon. +12. Alors le Seigneur dit à Moïse : Étendez votre main sur l'Egypte, pour faire venir les sauterelles, afin qu'elles montent sur la terre et qu'elles dévorent toute l'herbe qui est restée après la grêle. +13. Mçïse étendit donc sa verge sur la terre d'Egypte, et le Seigneur fit souf- 11er un vent brûlant tout le jour et toute la nuit. Le matin, ce vent brûlant fit élever les sauterelles, +G. Et iniplebunt domos tuas, et ser- vorum tuorum, et omnium iEgyptiorum, quantam non viderunt patres tui, et avi, ex quo orti sunt super terram, usque in prœsentem diem. Avertitque se, et egres- sus est a Pharaone. +7. Dixerunt autera servi Pharaonis ad eum : Usquequo patiemur hoc scanda- lum? Dimitte homines, ut sacrificent Domino Deo suo. Nonne vides quod pe- rierit ^gyptus? +8. Revocaveruntque Moysen et Aaron ad Pharaonem, qui dixit eis : Ite, sacri- ficate Domino Deo vestro. Quinam sunt qui ituri sunt? +9. Ait Moyses : Cum parvulis nostris et senioribus pergemus, cum filiis et filia- bus, cum ovibus et armentis ; est enim solemnitas Domini Dei nostri. +10. Et respondit Pharao : Sic Dominus sit vobiscum, quo modo ego dimittam vos, et parvulos vestros. Oui dubium est quod pessime cogitetis? +11. Non fiet ita; sed ite tantum viri, et sacrificate Domino ; hoc enim et ipsi petistis. Statimque ejecti sunt de con- spectu Pharaonis. +12. Dixit autem Dominus ad Moysen : Extende manum tuam super terram ^gypti ad locustam, ut ascendat super eam, et devoret omnem herbam quœ residua fuerit grandini. +13. Et extendit Moyses virgam super terram ^Egypti ; et Dominus induxit ven- tum urentem tota die illa et nocte. Et mane facto, ventus urens levavit lo- custas. +enyahies et souillées. — Avertit... se. Trait pitto- resque. Son message délivré , Moïse s'éloigne, car il n'attend rien du pharaon. Ct. ix, 30. +7-11. Concessions partielles du monarque. — Dixerunt... servi... Les ofiiciers de la cour sont ù leur tour épouvantés par l'annonce de cet autre fléau, et ils pressent vivement le pharaon de céder. — Hoc scandalum. Hébr.: Jusques à quand celui-ci (Moïse) sera -t- il pour nous an piège? ComT)araison empruntée aux usages de la chasse. — Revocaverunt. D'eux-mêmes, sans attendre un ordre exprès du roi. — Quinam... qui ituri...? Il le savait fort bien : vm , 8 , il a parlé sponta- nément de laisser partir le peuple entier; mais il prépare un nouveau refus. — Cum paradis... Réponse nette et ferme de Moïse : la nation +Israélite devra se présenter au complet devant son Dieu , même avec ses troupeaux , petits iovi- l)us) et grands (armentis). — Sic Dominus... vobiscum. C'est la belle et pieuse formule de sa- lutation des Hébreux, employée d'une manière ironique : Que le Seigneur soit avec vous ai;tant que je vais vous laisser aller... I — Pessime cogi- tetis est une bonne interprétation de la phrase hébraïque : Du mal est devant vos faces. C.-à-d. vous voulez me nuii'e en quittant l'Egypte. — Tantum viri : les femmes et les enfants demeu- reront comme otages. — Hoc enim... ipsi. Rien de plus faux , comme le prouvent toutes les somma- tions antérieures des deux frères. +12-15. Ll; fléau éclate, aussi rigoureux que Moïse l'avait prédit. — Ventum urentem. Hébr.; +220 +Ex. X, 14-22. +14. Qnœ ascenderunt super universam terram ^g3^pti, et sederunt in cunctis fi- nibus ^g3^ptiorum innumerabiles , qua- les ante illiid tempus non fuerant, nec postea futurae siint. +15. Operueruntque universam siiper- iîciem terras, vastantes omnia, Devorata est igitiir herba terrse, et quidquid po- moriim in arboribus fuit, quse grando di- miserat; nihilque omnino virens reli- ctum est in lignis et in herbis terrae, in cuncta ^g3'pto. . +16. Quamobrem festinus Pharao vo- cavit Moysen et Aaron, et dixit eis : Pec- cavi in Dominum Deum vestrum, et in vos. +17. Sed nunc dimittite peccatum mihi etiam hac vice , et rogate Dominum Deum vestrum, ut auferat a me mortem istam. +18. Egressusque Moyses de conspectu Pharaonis, oravit Dominum, +19. Qui flare fecit ventum ab occi- dente vehementissimum, et arreptam lo- custam projecit in mare Rubrum, Non remansit ne una quidem in cunctis fini- bus ^gypti. +20. Et induravit Dominus cor Pharao- nis, nec dimisit filios Israël. +21. Dixit autem Dominus ad Moysen : Extende manum tuam in cselum ; et sint tenebrae super terram ^gypti, tam den- sse, ut palpari queant. +22. Extenditque Moyses manum in cse- lum ; et factae sunt tenebrse horribiles in universa terra Mgypti tribus diebus. +14. Qui vinrent fondre sur toute l'Egypte et s'arrêtèrent dans toutes les terres des Egyptiens, en une quantité si effroyable, que, ni avant ni après, on n'en vit jamais un si grand nombre. +15. Elles couvrirent toute la surface de la terre et ravagèrent tout. Elles mangèrent toute l'herbe et tout ce qui se trouva de fruits sur les arbres qui avaient échappé à la grêle; et il ne resta absolument rien de vert, ni sur les arbres ni sur les herbes des champs, dans toute l'Egypte. +16. C'est pourquoi le Pharaon se hâta de faire venir Moïse et Aaron, et il leur dit : J'ai péché contre le Seigneur votre Dieu et contre vous. +17. Mais pardonnez - moi ma faute en- core cette fois, et priez le Seigneur votre Dieu, afin qu'il retire de moi cette mort. +18. Moïse, étant sorti de devant le Pharaon, pria le Seigneur, +19. Qui, ayant fait souffler un vent très violent du côté de l'occident, enleva les sauterelles et les jeta dans la mer Rouge. Il n'en demeura pas une seule dans toute l'Egypte. +20. Mais le Seigneur endurcit le cœur du Pharaon, et il ne laissa point encore aller les enfants d'Israël. +21. Le Seigneur dit donc à Moïse : Etendez votre main vers le ciel, et qu'il se forme sur la terre de l'Egypte des ténèbres si épaisses, qu'on puisse les tou- cher. +22. Moïse étendit sa main vers le ciel , et des ténèbres horribles couvrirent toute la terre d'Egypte pendant trois jours. +ruah qâdim, -un vent d'est. — Levavit locu- stas. D'elles-mêmes les sauterelles ne sauraient voler bien loin; mais un coup de vent soulève un essaim, et le transporte rapidement à de grandes distances. Cf. Joël, i, 6; ii, 20. — Vastantes omnia. Hébr. : et la terre fut dans les ténèbres. Ces myriades d'insectes forment «un voile vivant», dit un voyageur. — Résultat final de l'invasion : nihil... omnino virens... +16-17. Le pharaon demande grâce. — Festi- nans... vocavit. C'est un trait nouveau. Lui qui venait do congédier brutalement Moïse et Aaron (vers. 11) ! Aussi, à sa formule habituelle : J'ai pé- ché contre Jéhovah, ajoute-t-il : et in vos. — Au- ferat mortevi istam. C.-à-d. cette cause de ruine totale Cf. vers. 7. +18 -2u. Cessation de la huitième plaie. — Ven- tum a& accidente. Hébr. : un vent de mer ; un vent qui soufflait de la Méditerranée. C'est le môme sens. Le vent, qui apporte les sauterelles, +les fait disparaître de la même manière. — Mare Rubrum. Son nom hébreu est yâm su/, la mer des algues, parce que ces végétaux flottent par masses à sa surface et s'accumulent sur le rivage. +— Ne una quidem. Circonstance qui rehausse l'éclat du miracle, car« souvent il en reste beau- coup après le départ général ». Niebuhr. +10° Neuvième plaie : les ténèbres. X, 21-29. +21-23. Le prodige a lieu tout à coup, sans aucun avertissement. — Tam dense, ut palpari. Locution imagée et populaire , usitée dans toutes les langues. En Egypte , il arrive parfois que l'air s'assombrit d'une manière notable sous l'influence du khamsin, vent brûlant qui vient du désert, et qui charge l'atmosphère d'une fine et dense poussière, au point de cacher le soleil plus que ne le font nos brouillards. Mais quelle différence' avec ces tenehra îiorribiles , plus complètement décrites au livre de la Sagesse, xvn, 1-xvni, 41 +— Nemo vidit... : comme dans la nuit la plus +iV +Ex. X, 23 — XI, 2. +221 +23. Nul ne vit son frère ni ne se re- mua du lieu où il était; mais le jour luisait partout où habitaient les enfants d'Israël. +24. Alors le Pharaon fit venir Moïse et Aaron, et leur dit : Allez sacrifier au Seigneur; que vos brebis seulement et vos troupeaux demeurent ici , et que vos petits entants aillent avec vous. +25. Moïse lui répondit : Vous nous donnerez aussi des victimes et des holo- caustes pour les offrir au Seigneur notre Dieu. +26. Tous nos troupeaux marcheront avec nous, et il ne demeurera pas une corne de leurs pieds, parce que nous en avons besoin pour le culte du Sei- gneur notre Dieu ; d'autant plus que nous ne savons pas ce qui doit lui être immolé, jusqu'à ce que nous soyons ar- rivés au lieu même qu'il nous a marqué. +27. Mais le Seigneur endurcit le cœur du Pharaon, et il ne voulut point les laisser aller. +28. Le Pharaon dit donc à Moïse : Pte- tirez-vous, et gardez -vous bien de pa- raître jamais devant moi; carie jour où vous vous montrerez à moi, vous mour- rez. +29. Moïse répondit : Ce que vous or- donnez sera fait : je ne verrai plus jamais votre visage. +23. Nemo vidit fratrem suura, neo movit se de loco in quo erat. Ubicumque autem habitabant filii Israël, lux erat. +24. Vocavitque Pharao Moysen et Aa- ron, et dixit eis : Ite, sacrilicate Domino ; oves tantum vestrse et armenta rema- neant, parvuli vestri eant vobiscum. +25. Ait Mo5^ses : Hostias quoque et liolocausta dabis nobis, qua3 olïeramus Domino Deo nostro. +26. Cuncti grèges pergent nobiscum ; non remancbit ex eis ungula, quse ne- cessaria sunt in cultum Domini Dei no- stri ; prsesertim cum ignoremus quid debeat immolari, donec ad ipsum locum perveniamus. +27. Induravit autem Dominus cor Pha- raonis, et noluit dimittere eos. +28. Dixitque Pharao ad Moysen : Re- cède a me, et cave ne ultra videas faciem meam ; quocumque die apparueris mihi , morieris. +29. Respondit Moyses : Ita fiet ut lo- cutus es : non videbo ultra faciem tuam. +CHAPITRE XI +1. Et le Seigneur dit à Moïse : Je frap- perai encore le Pharaon et l'Egypte d'une seule plaie, et après cela il vous laissera aller, et vous pressera même de partir. +2. Vous direz donc à tout le peuple : +1. Et dixit Dominus ad Moysen : Ad- huc una plaga tangam Pharaonem et iEg3^ptum, et post hsec dimittet vos, et exire compellet. +2. Dices ei'go omni plebi, ut postulet +obscure. — Fratrem est ua hébraïsme povir (c proximum ». — Nec movit se... La terreur les clouait tous ù leur place. +24-26. Nouvelle concession du roi, rejetée par Moïse. — Le pharaon cède encore sur un point important : pxrvuli... eant ; par conséquent le peuple entier. Toutefois, il veut s'assurer de leur retour en retenant leurs troupeaux, qui for- maient leur principale richesse. Il y a une gra- dation intéressante dans l'histoire de ses restric- tions et de ses concessions. — Non remancbit ungula (expression pittoresque). Moïse refuse plus énergiquement que jamais (cf. viir, 26; x, 9) la condition du prince; il invoque à trois reprises le prétexte religieux : hosltas quûj_ue...; yieccs- +saria ad cultum; prœsertim cum ignoremus... Relativement à ce dernier trait, en réalité Dieu n'avait pas encore déterminé les rites spéciaux de la cérémonie. +27-29. Endurcissement final du pharaon. — Recède... A ce langage dur et menaçant. Moïse oppose une attitude noble et fière tout ensemble : Itx fiet... +Il"* Prédiction de la dixième plaie. XI, 1-10. +Chap. XI. — 1-3. Ces versets forment une sorte de parenthèse , dont la place chronologique serait à la suite de x, 23. Ils contiennent une révéla- tion communiquée à Moïse avant la dernière do SOS entrevues avec le i)haraon, x, 24-29. — Di- mlttct, compellet. Gradation, que les faits réali- +222 +Ex. XI, 3-9. +vir ab amico suo, et mulier a vicina sua, vasa argentea et aurea ; +3. Dabit autem Dominus gratiam po- pulo suo coram iEgyptiis. Fuitque Moyses vir magnus valde in terra iEgypti, coram servis Pharaonis et omni populo. +4. Et ait : Haec dicit Dominus : Media nocte egrediar in ^gyptum ; +5. Et morietur omne primogenitum in terra iEgyptiorum, a primogenito Pha- raonis qui sedet in solio ejus, usque ad primogenitum ancillse quse est ad molam, et omnia primogenita jumentorum. +6. Eritque clamor magnus in universa terra ^gypti, qualis nec ante fuit, nec postea f Liturus est. +7. Apud omnes autem filios Israël non mutiet canis ab liomine usque ad pecus ; ut sciatis quanto miraculo dividat Domi- nus iEgyptios et Israël. +8. Descendentque omnes servi tui isti ad me, et adorabunt me, dicentes : Egre- dere tu, et omnis populus qui subjectus est tibi ; post haec egrediemur. +9. Et exivit a Pharaone iratus nimis. Dixit autem Dominus ad Moysen : Non audiet vos Pharao, ut multa signa fiant in terra lEgy^pii. +Que chaque homme demande à son amJ, et chaque femme à sa voisine , des vases d'argent et d'or. +3. Et le Seigneur fera trouver grâce à son peuple devant les Egyptiens. Or Moïse était devenu très grand dans toute l'Egypte, tant aux yeux des serviteurs du Pharaon que de tout son peuple. +4. Et il lui dit avant de le quitter: Voici ce que dit le Seigneur : Je sortirai au milieu de la nuit et je parcourrai l'Egypte, +5. Et tous les premiers -nés mourront dans le pays des Egyptiens, depuis le premier-né du Pharaon , qui est assis sur son trône, jusqu'au premier-né de la ser- vante qui tourne la meule, et jusqu'aux premiers-nés des bêtes. +6. Et^ il s'élèvera un grand cri dans toute l'Egypte, tel qu'il n'y en eut et n'y en aura jamais un. semblable avant et après. +7. Mais parmi tous les enfants d'Israël, depuis les hommes jusqu'aux bêtes, on n'entendra pas seulement un chien crier, afin que vous sachiez par quel grand miracle le Seigneur discerne Israël d'avec les Egyptiens. +8. Alors tous vos serviteurs que vous voyez ici viendront à moi, et ils m'ado- reront en disant : Sortez, vous et tout le peuple qui vous est soumis. Et après cela nous sortirons. +9.^ Et Moïse se retira de devant le Pharaon dans une très grande colère. Or le Seigneur dit à Moïse : Le Pharaon ne vous écoutera point, afin qu'il se fasse un grand nombre de prodiges dans l'E- gypte. +sèrent à la lettre. Cf. xn, 31 , 34. — Bices ergo... Voy. in, 21-22. Les mots vit ab amico sont un trait nouveau. — Fuitque Moyses... Quoi qu'on ait dit, Moïse pouvait fort bien parler en ces termes de sa propre personne. Il se borne à consta- ter un fait déjà connu de tous, l'influence énorme qu'il exerçait soit sur les Égyptiens , soit sur Israël , et cette constatation a lieu ici pour aider à l'intelligence des événements qui vont suivre. 4-8. Annonce de la dixième plaie. — Et ait : au pharaon, lorsqu'il le quittait, x,29. — Media vocte. La nuit exacte n'est pas précisée, ce qui devait accroître la terreur des Égyptiens. — Omne primogenitum. L'hébreu emploie le mas- culin. — A primogenito Pharaonis : le prince héi'éditaire ; l'erpa suten sa, comme on le nom- mait en Egypte. — Ad primogenitum ancillœ. Du plus haut degré de l'échelle sociale on passe au rang le plus infime. Le détail pittoresque quce est ad molam montre, en effet, qu'il s'agit des +dernières esclaves, auxquolleg était réservée la pénible fonction de moudre le blé. Voyez V Atlas archéol. de la Bible, pi. xxi, fig. 1-3. — Même les primogenita des animaux domestiques seront frappés. — Clamor magnus. On le conçoit , h la suite d'un malheur si grand, si universel. Les cris funèbres des Orientaux sont aigus, perçants, parti- culièrement douloureux. — Apud... filios Israël. Fnxppant contraste, exprimé au moyen d'une locution proverbiale (cf. .Jos. x, 21) et très éner- gique : iVon mutiet canis. Hébr. : Pas un chien ne tirera la langiie ; c.-à-d. que tous, hommes et bêtes , jouiront d'une tranquillité parfaite. — Descendentque... Les premiers officiers de la cour viendront implorer de Moïse, en se prosternant devant lui {adorabunt), le prompt départ des Israélites. +9-10. Conclusion, et court sommaire des faits racontés à partir de iv, 1. +Ex. XI, 10 — XII, G. +223 +10. Moïse et Aaron firent, devant le Pharaon tous les prodiges qui sont écrits ici. Mais le Seigneur endurcit le cœur du Pharaon, et ce prince ne permit point aux enfants d'Israël de sortir de ses terres. +10. Moyses autem et Aaron fecerunt omnia ostenta quge scripta sunt, coram Pharaone. Et induravit Dorainus cor Pharaonis, nec dimisit filios Israël de terra sua. +CHAPITRE XII +1. Le Seigneur di^t^aussi à Moïse et à Aaron sur la terre d'Egypte : +2. Ce mois -ci sera pour vous le com- mencement des mois ; ce sera le premier des mois de l'année. +3. Parlez à toute l'assemblée des en- fants d'Israël, et dites -lenr : Qu'au dixième jour de ce mois, chacun prenne un agneau pour sa famille et pour sa maison. +4. Que s'il n'y a pas dans la maison assez de personnes pour pouvoir manger l'agneau, il en prendra de chez son voisin dont la maison tient à la sienne, autant qu'il en faut pour pouvoir manger l'a- gneau. +5. Cet agneau sera sans tache ; ce sera un mâle, et il n'aura qu'un an. Vous pourrez aussi prendre un chevreau qui ait ces mêmes conditions. +6. Vous le garderez jusqu'au qua- torzième jour de ce mois, et toute la multitude des enfants d'Israël l'immolera au soir. +1. Dixit quoque Dominus ad Moysen et Aaron in terra iEgypti : +2. Mensis iste , vobis principium men- sium, primus erit in mensibus anni. +3. Loquimini ad universum coetum fi- liorum Israël, et dicite eis : Décima die mensis hujus tollat unusquisque agnum per familias et domos suas. +4. Sin autem minor est numerus ut sufficere possit ad vescendum agnum, assumet vicinum suum qui junctus est domui suas, juxta numerum animarum quse sufficere possunt ad esum agni. +5. Erit autem agnus absque macula, masculus, anniculus; juxta quem ritum tolletis et haîdum. +6. Et servabitis eum usque ad quar- tam decimam diem mensis hujus; im- molabitque eum universa multitudo fi- liorum Israël ad vesperam. +Section VI. — Ce qui se passa immédiatement +AVANT LA SORTIE D'ÉgYPTE. XII, 1 - 3G. +10 Institution des rites de la Pâque. XII, 1-20. +De ces rites, les uns ne concernent que la première célébration de la Pàque, la ce Pâque égj'ptienne », comme la nomment les rabbins (vers. 1-14) ; les autres sont relatifs à la « Pâque perpétuelle », ou à toutes les solennités pascales de l'avenir (vers. 15-20). +Chap. XII. — 1-2. Institution de l'année ecclé- siastique chez les Hébreux. — Mensis iste. Le mois d"ahib, qui reçut plus tard le nom de nisan. Cf. î^eh. ii, 1 ; Esth. m, 7. Il équivaut à, peu près h notre mois d'avril. — Principium mensium. C.-à-d, le début de l'année. Les Hé- breux eurent depuis lors deux sortes d'années : l'année ecclésiastique, qui s'ouvre avec le mois de nisan, et l'année civile, qui commence six mois plus tard. Cf. Lev. xxv, 0; Josèphe, Ant. I, 25, 0. +3-5. Choix de l'agneau pascal. — Décima die: le 10 abib, quatre jours avant l'immolation de la victime. — Agnum. Hébr. : seJi, expression assez vague, qui peut désigner un mouton ou +une chèvre. L'âge et le sexe de l'animal seront précisés au vers. 5. — Sin axitem minor... Comme la victime pascale devait être consommée tout entière, vers. 9 et 10, il y a une prescription spéciale pour atteindre ce but. — Juxta nume- rum,. D'après les traditions juives, ce chiffre était au moins de dix , de vingt au plus. L'hébreu porte : (Vous compterez) chaque homme d'après ce qu'il peut manger, — Erit autem... Conditions rigoui'eusement requises : 1« absque macula (hébr. : tamim, parfait), car il convient qu'une victime offerte au Seigneur soit exempte de dé- fauts (cf. Lev. XXI, 19-25; Mal. i, 8); 2° ma- sculus, puisqu'il devait remplacer le premier-né mâle dans chaque famille juive; 3° anniculus, suffisamment formé. — Heedum. Bien que la loi ne manifeste aucune préférence , l'usage s'est dé- cidé universellement en faveur de l'agneau. +6-7. L'immolation de la victime, — Serva- bitis: h l'écart du troupeau, durant quatre jours. +— Immolabit... m,ultitudo... Il n'y avait pas en- core de prêtres en Israël ; du reste , même après l'institution du sacerdoce, le privilège d'immoler l'agneau pascal fut réservé aux pères de famille. +— Ad vesperam. L'expression hébraïque bèn +224 +Ex. XII, 7-13. +7. Et siimcnt de sanguine ejus, ac ponent super utrumque postem, et in superliminaribus domorum in quibus co- medent illum. +8. Et edent carnes nocte illa assas igni, et azymos panes cum lactucis agre- stibus. +9. Non comedetis ex eo crudum quid , nec coctum aqua, sed tantum assum igni ; caput cum pedibus ejus et inte- stinis vorabitis. +10. Nec remanebit quidquam ex eo usque mane; si quid residuum fuerit, igné comburetis. +11. Sic autem comedetis illum: Renés vestros accingetis, et calceamenta habe- bitis in pedibus, tenentes baculos in manibus, et comedetis festinanter; est enim Phase (id est transitus) Domini. +12. Et transibo per terram ^gypti nocte illa, percutiamque omne primoge- nitum in terra ^gypti ab homine usque ad pecus ; et in cunctis diis ^gypti fa- ciam judicia, ego Dominus. +13. Erit autem sanguis vobis in signum in sedibus in quibus eritis ; et videbo i^anguinem, et transibo vos; nec erit in +7. Ils prendront de son sang, et ils en mettront sur l'un et l'autre poteau et sur le haut des portes des maisons où ils le mangeront. +8. Et cette même nuit ils en mange- ront la chair rôtie au feu, et des pains sans levain avec des laitues sauvages. +9. Vous n'en mangerez rien qui soit cru ou qui ait été cuit dans l'eau, mais il sera rôti au feu. Vous en mangerez la tête avec les pieds et les intestins. +10. Et il n'en demeurera rien jusqu'au matin. S'il en reste quelque chose, vous le brûlerez au feu. +11. Voici comment vous le mangerez : Vous vous ceindrez les reins , vous aurez aux pieds des sandales et un bâton à la main, et vous mangerez à la hâte; car c'est la Pâque (c'est-à-dire le passage) du Seigneur. +12. Je passeî'aT cette nuit -là par l'Egypte; je frapperai dans le pays des Egyptiens tous les premiers -nés, depuis l'homme jusqu'aux bêtes, et j'exercerai mes jugements sur tous les dieux de l'Egypte , moi qui suis le Seigneur. +13. Or le sang dont seront marquées les maisons où vous demeurerez servira de signe à votre égard. Je verrai ce sang +ha'arhaïm, entre les deux soirs, a été inter- prétée de plusieurs manières. Onkélos, Aben- esra, etc., pensent que le premier soir commen- çait au coucher du soleil, et le second au cré- puscule; l'intervalle serait d'environ une heure (de six à sept heures). Suivant Raschi, etc., le premier soir aurait commencé vers trois heures de l'après-midi, au moment où le soleil s'incline vers l'horizon, et le second au coucher de cet astre. Le passage Deut. xvi, 6, favorise la pre- mière opinion. Si, plus tard, la coutume plaça les deux soirs entre trois et six heures, ce fut en vue de gagner du temps , parce qu'on se trou- vait trop pressé pour accomplir, dans un seul et même local (la cour du temple), les cérémonies de l'immolation. — Ac ponent... Au moyen d'une branche d'hysope, vers. 22. La porte représentait toute la maison dans laquelle elle introduit ; et le sang dont elle devait être teinte était substi- tué , comme un moyen d'expiation et de propitia- tion , à celui des premiers-nés que Dieu daignait épargner. +8-11. La manducation de l'agneau. — Tout est minutieusement réglé. 1° Le temps : nocte , après le second soir. 2° Les autres mets qui accompa- gneront l'agneau : azymos panes (liébr. : massot), cum lactucis... Pour cette première Pâque, le pain sans levain était commandé par les circon- stances, puisque le départ devait être précipité, et que les Orientaux ne font habituellement du pain que pour un repas (cf. Gen. xviii, 6); plus tard ce fut un mémorial, indépjiidamment du +symbolisme décrit par saint Paul, I Coi', v, 7. Les m,'rôrim, , ou herbes amères , comme les ap- pelle l'hébreu d'une manière générale, figuraient les souffrances endurées par Israël en Egypte. La tradition juive en énumère plusieurs espèces : laitue, chicorée amère, raifort, etc. 3° Le genre de préparation : assas igni, non... crudum quid, nec coctum aqua. En outre, l'animal doit être rôti d'une seule pièce : caput cum pedihjis... (c'est le sens assez clair de l'hébreu : Il sera rôti au feu, la tête avec les jambes et l'intérieur). 4° L'emploi des restes : igné comburetis, la nuit même de la Pâque. 5» L'attitude des convives devait être celle de voyageurs qui ont hâte de se mettre en route : renés... accingetis , pour relever les plis flottants de la longue tunique orientale qui auraient gêné la mai'che {Atl. archéol. de la Bible, pi. I, fig. 9 et 10); calceamenta..., les sandales, dont les Orientaux se passent souvent à la maison, mais qui sont nécessaires sur leurs mauvais chemins; baculum..., le bâton de voyage (cf. Gen. xxxn, 11). — Est enim l'hase. En hébr.: Pésah, dont les Grecs et les Latins ont fait Faucha (en vieux français, Pasque; puis Pâque). Saint Jérôme a très littéralement traduit ce mot par transitus. +12-1.3. Explication de ce nom donné à la fête. La première Pâque devait consister, en effet, en un double passage de Jéhovah : l'un, terrible, au milieu des Ég>'ptiens ; l'autre , doux et protecteur, parmi les Israélites. — hi cunctis diis... judicia. Les dieux de l'Egypte seront, pour ainsi dii'c, chl- +Ex. XII, 14-21. +225 +et je passerai vos maisons, et la ])laie de mort ne vous touchera point lorsque je frapperai toute l'Egypte. +14. Ce jour vous sera un mémorial, et vous le célébrerez de race en race par un culte perpétuel, comme une fête solen- nelle à la gloire du Seigneur. +15. Vous mangerez des pains sans levain pendant sept jours. Dès le pre- mier jour, il ne se trouvera point de levain dans vos maisons'. Quiconque man- gera du pain avec du levain depuis le premier jour jusqu'au septième, périra du milieu d'Israël. +16. Le premier jour sera saint et so- lennel, et le septième sera une fête éga- lement vénérable. Vous ne ferez aucune œuvre servile durant ces sept jours, excepté ce qui regarde la nourriture. +17. Vous garderez donc cette fête des pains sans levain, car en ce même jour je, ferai sortir toute votre armée de l'Egypte, et vous observerez ce jour de race en race par un culte perpétuel. +18. Depuis le quatorzième jour du premier mois, sur le soir, vous mangerez des pains sans levain jusqu'au soir du vingt et unième jour de ce même mois. +19. Il ne se trouvera point de levain dans vos maisons pendant sept jours. Quiconque mangera du pain avec du levain périra du milieu de l'assemblée d'Israël, qu'il soit étranger ou indigène du pays. +20. Vous ne mangerez rien avec du levain. Vous userez de pain sans levain dans toutes vos maisons. +21. Moïse appela ensuite tous les an- ciens des enfants d'Israël , et il leur dit : Allez, prenez un agneau dans chaque famille et immolez la Pâque. +vobis plaga disperdens quando percus- sero terram A^gy\-)ti. +14. Ilabebitis autem hune diem in monumentum ; et celebrabitis eam so- lemnem Domino in generationibus ve- stris cultu scmpiterno. +15. Septem diebus azyma comedetis. In die primo non erit fermentum in domibus vestris. Quicumque comederit fermentatum, peribit anima illa de Is- raël, a primo die usque ad diem septi- mum. +16. Dies prima erit sancta atque so- lemnis, et dies septima eadem festivitate venerabilis. Nihil operis facietis in eis, exceptis his quse ad vescendum per- tinent. +17. Et observabitis azyma : in eadem enim ipsa die educam exercitum ve- strum de terra .zEgypti, et custodietis diem istum in génération es vestras ritu perpetuo. +18. Primo mense, quartadecima die mensis, ad vesperam, comedetis azyma, usque ad diem vigesimam primam ejus- dem mensis ad vesperam. +19. Septem diebus fermentum ncn in- venietur in domibus vestris. Qui come- derit fermentatum, peribit anima ejus de cœtu Israël, tam de advenis quam de indigenis terras. +20. Omne fermentatum non comede- tis; in cunctis habitaculis vestris edetis azyma. +21. Vocavit autem Moyses omnes se- niores nliorum Israël, et dixit ad eos : Ite tollentes animal per familias vestras, et immelate Phase. +tiés en même temps que cette contrée , qu'ils n'auront pu défendre. — Bgo Dominufs. Expres- sion énergique et solennelle, que nous retrouverons souvent employée à la suite des décrets divins, — Sanguis... in signum : un signe pour Dieu, en faveur de son peiiple (vobis). +14, Institution perpétuelle de la solennité. — In ■înonumentum. Hébr.: en mémorial. +15-20. Instructions portant sur quelques autres rites de la Pâque. — Dieu revient avec insistance (vers. 15, ls-20) sur l'interdiction absolue du levain, et sur l'usage exclusif du pain azyme pen- dant toute l'octave pascale (cf. vers. 8). Les .Juifs sont encore scrupuleusement fidèles à ce précepte. Sur la sanction pc;'iMiajinna„.,voy.Gen. xvii, 14, et le commentaire, — Le Seigneur attribue en outre une importance particulière au iircmier et au huitième jour de la fête (vers. 16), ordonnant +qu'ils soient chômés comme le sabbat (niJiil ope- ris...). Il ajoute pourtant : exceptis ?iis quce ad vescendum... ; ce qui n'était pas permis aux jours de sabbat. — Advenis (vers. 19) : c.-à-d, les étran- gers qui s'étaient associés à Israël par la circon- cision. — Indigenis ter r ce : les Hébreux proprement dits, originaires de la terre par excellence, la Terre promise. +2° Célébration de la première Pâque, XII, 21-28, +Moïse communique les ordres de Dieu aux an- ciens du peuple (vers. 21-27*); ceux-ci les font exécuter (vers. 27"^- 28), +21-23. Promulgation des rites de la Pâque, — Vo- cavit... Conformément au précepte formel du Sei- gneur, vers. 8, — Phase désigne ici l'agneau pascal. — Fascicidum... hyssopi ( hébr, : 'ézoh ). Plante au sujet de laquelle on a beaucoup discuté. C'est +226 +Ex. XII, 22-30. +22. Fasciculuraque hyssopi tingite in sanguine qui est in limine, et aspergite ex eo superliminare, et utrumque pos- tem. Nullus vestrum egrediatur ostium domus suae usque mane ; +23. Transibit enim Dominus percu- tions ^g3'ptios ; cumque viderit sangui- nem in superliminari , et in utroque poste, transcendet ostium domus, et non sinet percussorem ingredi domos vestras, et lœdere. +24. Custodi verbum istud legitimum tibi et filiis tuis usque in aeternum. +25. Cumque introieritis terram, quam Dominus daturus est vobis ut pollicitus est, observabitis ceremonias istas. +26. Et cum dixerint vobis filii vestri : Quse est ista religio? +27. Dicetis eis : Victima transitus Do- mini est, quando transi vit super domos filiorum Israël in ^Egypto, percutiens ^gyptios, et domos nostras liberans. In- curvatusque populus adoravit. +28. Et egressi filii Israël fecerunt sicut prseceperat Dominus Moysi et Aaron. +29. Factum est autem in noctis medio, percussit Dominus omne primogenitum in terra .iï^gypti, a primogenitoPharaonis, qui in solio ejus sedebat, usque ad pri- mogenitum captivas quse erat in carcere, et omne primogenitum jumentorum. +30. Surrexitque Pharao nocte, et om- nes servi ejus , cunctaque ^gyptus ; et ortus est clamor magnus in iEgypto ; ne- +22. Trempez un petit bouquet d'hj'-sope dans le sang que vous aurez mis sur le seuil de votre porte, et vous en ferez une aspersion sur le haut de la porte et sur les deux poteaux. Que nul de vous ne franchisse la porte de sa maison jus- qu'au matin. +23. Car le Seigneur passera en frap- pant les Égyptiens, et lorsqu'il verra ce sang sur le haut de vos portes et sur les deux poteaux, il passera la porte de votre maison, et il ne permettra pas à Vange exterminateur d'entrer dans vos maisons et de vous frapper. +24. Observez cela comme une loi pour vous et pour vos enfants à tout jamais. +25. Lorsque vous serez entrés dans la terre que le Seigneur vous donnera , selon sa promesse, vous observerez ces céré- monies. +26. Et quand vos enfants vous diront : Quel est ce culte religieux ? +27. Vous leur direz : C'est la victime du passage du Seigneur, lorsqu'il passa par-dessus les maisons des enfants ^d'Is- raël dans rÉgypte, frappant les Egyp- tiens et délivrant nos maisons. Alors le peuple, s'inclinant, adora le Seigneur. +28. Les enfants d'Israël, étant sortis, firent ce que le Seigneur avait ordonné à Moïse et à Aaron. +29. Et il arriva, au milieu de la nuit, que le Seigneur frappa tous les premiers- nés de l'Egypte, depuis le premier-né du Pharaon, qui était assis sur son trône, jusqu'au premier -né de la femme esclave qui était en prison, et jusqu'au premier- né de toutes les bêtes. +30. Le Pharaon se leva pendant la nuit , ainsi que tous ses serviteurs et toute l'Egypte, et il s'éleva un grand cri dans +Bans raison suffisante que plusieurs interprètes modernes l'identifient au câprier. Elle diffère aussi de Vhyssopus offlcinalis. C'est vraisemblablement un origanum. Voy. l'Atl. d'hist. nat. de la Bible, pi. XX, fig. 6; pi. XXI, fig. 7. Elle était associée aux aspersions chez les Hébreux. Cf. Lev. xiv, 4, 49 -52 ; Num. xix, 6 ; Ps. L, 7. — In limine. De même les LXX ; selon d'autres : « dans le bassin » où le sang de l'agneau avait été recueilli. — Nullus egrediatur. Pas de salut en dehors de l'enceinte protectrice marquée du sang de l'agneau. — Non sinet percussorem... La « plaga disper- dens » du vers. 13; l'ange exterminateur qui de- vait servir d'instrument à Jéhovah, Ps. Lxxvn, 49. +21-27«. Fidélité avec laquelle les Hébreux, une fois installés dans la terre sainte, devront célé- +brer la Pâque (vers. 24-25), et transmettre les souvenirs qu'elle rappelle (vers. 26-27»). +27'' -28. L'exécution des ordres divins. — Pro- nus adoravit. En signe de soumission. L'hébreu marque deux gestes successifs : Le peuple s'in- clina et se prosterna. Par « le peuple » il faut entendre ses représentants (vei's. 21), Icsqiiels allèrent aussitôt {egressi) avertir les groupes dont ils étaient chargés. +3° Dixième plaie: la mort des premiers -nés.. XII, 29-30. +29-30. Le récit est court, mais terrible. Tout se passe comme Moïse l'avait prédit au pharaon , XI, 4-7. — Notez la petite nuance : captiv(r. quce... in carcere, au lieu de « ancillœ quae... ad molam », et le trait douloureusement pitto- l'esque : surrexit Pharao... cunctaque JEgyptvs.. +Ex. XII, 31-38. +227 +rÉjrypte, et il n'y avait aucune maison où il n'y eût un mort. +31. Et le Pharaon, ayant fait venir cette nuit même Moïse et Aaron,- leur dit: Levez -vous et retirez -vous d'avec mon peuple, vous et les enfants d'Israël ; allez sacrifier au Seigneur, comme vous le dites. +32. Emmenez vos brebis et vos bœufs, selon que vous l'avez demandé, et en vous en allant, bénissez -moi. +33. Les Égyptiens pressaient aussi le peuple de sortir promptement de leur pays, en disant : Nous mourrons tous. +34. Le peuple prit donc la farine qu'il avait pétrie avant qu'elle fût levée, et, la liant en des manteaux, la mit sur ses épaules. +35. Les enfants d'Israël firent aussi ce que Moïse leur avait ordonné, et ils de- mandèrent aux Egyptiens des vases d'ar- gent et d'or, et beaucoup de vêtements. +36. Et le Seigneur rendit les Égyptiens favorables à son peuple, afin qu'ils leur prêtassent ce qu'ils leur demandaient, et ainsi ils dépouillèrent les Égyptiens. +37. Les enfants d'Israël partirent donc de Eamessès et vinrent à Socoth, au nombre d'environ six cent mille hommes de pied, sans les enfants. +38. Ils furent suivis d'une multitude +que enim erat domus in qua non jaceret mortuus. +31. Vocatisque Pharao Moyse et Aaron nocte, ait : Surgite et egredimini a po- pulo meo, vos et filii Israël; ite, immo- late Domino sicut dicitis. +32. Oves vestras et armenta assumite ut petieratis, et abeuntes benedicite mihi. +33. Urgebantque ^gyptii populum de terra exire velociter, dicentes : Omnes moriemur. +34. Tulit igitur populos conspersam farinam antequam fermentaretur ; et li- gans in palliis, posuit super humeros suos. +35. Feceruntque filii Israël sicut prae- ceperat Moyses ; et petierunt ab iEgyptiis vasa argentea et aurea, vestemque plu- rimam. +36. Dominus autem dédit gratiam po- pulo coraiti ^gyptiis ut commodarent eis ; et spoliaverunt -3i]gyptios. +37. Profectique sunt filii Israël de Ra- messe in Socoth, sexcenta fere millia pe- ditum virorum, absque parvulis. +38. Sed et vulgus promiscuum innu- +49 Préliminaires du départ des Hébreux. XIÎ, 31-36. +31-32. Le roi autorise le départ.— Vocatis... nocte. Sans le moindre délai, tant son épouvante était grande, — Surgite... Pas de condition ni de réserve; tout ce que Moïse avait demandé au nom du Seigneur est maintenant accordé. — Be- nedicite mihi. Trait final, qui montre jusqu'à quel point le pharaon était dompté. Il désire humblement que ces hommes , dédaignés et humi- liés par lui , implorent en sa faveur les grâces de leur Dieu. +33. Les Égyptiens pressent les Hébreux de par- tir. Cas détails dénotent une panique universelle dans le pays. +34 - 3G. Deux traits relatifs au départ. — l» Ligans. L'hébreu ajoute : les pétrins. Il en existait de portatifs , analogues sans doute à ceux des Arabes. Voyez V Atlas archéol. de la Bible, pi. XLH, fig. 6-8. — In palliis. D'après l'hébreu : la simlah , large pièce d'étoffe qui sert aux Orien- taux de manteau, de couverture, et parfois de sac pour porter toute sorte d'objets. Cf. Ruth, in, 15; IV Reg. iv, 39, et VAtl. archéol. de la Bible, pi. n, fig. 11, 14; pi. m, fig. 6. — 2° Fe- cerunt sicut... Cf. m, 21-22 et le commentaire. — Commodarent... L'idée de prêt n'est pas dans le verbe hébreu, qui, d'après les meilleurs hé- braïsants, signifie: donner en présent. C'est la meilleure justification de la conduite des Hébreux. +DEUXIEME PARTIE La sortie d'Egypte. XII, 37 — XVIII, 27. +Section I. — Le début du voyage. XII, 37 — XIII, 22. +1° Première étape. XII, 37-42. +37-38. Les Hébreux quittent Ramsès. — De Ramesse. Voyez la note de i, 11. La ville de Ramsès, située, selon toute vraisemblance, non loin de Tell - el - Maskhûta et de Pithom, à l'ouest du lac Timsah et au cœur même de Gessen, convenait fort bien pour être le rendez- vous gé- néral des Hébreux avant le départ définitif. — In Socoth ( hébr. : Snlckôt ). Les découvertes les plus récentes démontrent que cette autre ville ne différait pas de Pithom, i, 11. Elle avait deux noms , l'un religieux et sacré , Pa - tum , « la de- meure de Tum » (divinité égyptienne), l'autre civil et profane, Thelcut (ou Sekut, Sokkoth). De Ramsès à Soccoth il n'y a qu'une très courte étape ; mais rien, de plus naturel , car il fallait donner aux Israélites le temps de se concentrer. Sur le point de départ des Hébreux et sur la direction qu'ils suivirent jusqu'à la mer Rouge, voyez Vigouroiix, la Bible et les découv. mod., t. II, p. 370 et ss. : les opinions anciennes et modernes sont très lucidement exposées et critiquées dans ces savantes pages. — Sexcenta fere millia. Exac- tement 603 550, d'après Num. i, 46. — Peditum +228 +Ex. XII, 39-47. +merabile ascendit cum eis, oves et ar- iiienta, et animaiitia divers! generis multa nimis. +39. Coxeruntque farinam, quam du- dum de iE<:^ypto conspersam tulerant, et fecerunt subcinericios panes azymos ; neqiie eiiim poterant fermentari, cogen- tibus exire ^gyptiis, et nuUam facere sinentibus moram ; nec pulmenti quid- quam occurrerat prœparare. +40. Habitatio autem filiorum Israël qua manserunt in ^gypto, fuit quadringen- torum triginta annorum. +41. Quibus expletis, eadem die egres- sus est omnis exercitus Domini de terra ^gypti. +42. Nox ista est observabilis Domini, quando eduxit eos de terra ^^gypti ; hanc observare debent omnes filii Israël in generationibus suis. +43. Dixitque Dominus ad Moysen et Aaron : Hœc est religio Phase ; Omnis alienigena non comedet ex eo. +44. Omnis autem servus emptitius cir- cumcidetur, et sic comedet. +45. Advena et mercenarius non edent ex eo. +46. In una domo comedetur ; nec efîe- retis de carnibus ejus foras, nec os illius confringetis. +47. Omnis coetus filiorum Israël facict illud. +innombrable de gens de toute espèce, et ils avaient avec eux une infinité de bre- bis, de troupeaux et de bêtes de toutes sortes. +39. Ils firent cuire la farine ^ qu'ils avaient auparavant emportée de l'Egypte toute pétrie, et ils en firent des pains sans levain cuits sous la cendre ; parce qu'ils n'avaient pu le 3 faire lever, les Egyptiens les contraignant de partir et ne leur permettant pas de tarder un mo- ment ; et ils n'avaient pas eu non plus le temps de préparer d'autre nourriture. +40. Le temps que les enfants d'Israël étaient restés en Egypte fut de quatre cent trente ans, +41. Après lesquels, ce même jour, toute l'armée du Seigneur sortit de l'Egypte. +42. Cette nuit dans laquelle le Sei- gneur les a tirés de l'Egypte doit être consacrée en l'honneur di^^Seigneur, et tous les enfants d'Israël doivent l'obser- ver dans la suite des âges. +43. Le Seigneur dit aussi à Moïse et à Aaron : Voici une ordonnance au sujet de la Pâque : Nul étranger n'en mangera. +44. Tout esclave que l'on aura acheté sera circoncis, et après cela il en man- gera. +45. Mais l'étranger et le mercenaire n'en mangeront point. +46. L'agneau se mangera dans une même maison. Vous ne transporterez rien de sa chair au dehors, et vous ne rom- prez aucun de ses os. +47. Toute l'assemblée d'Israël fera la Pâque. +virorum. Littéral. : hommes -piétons, par oppo- sition à, ceux qui ne pouvaient faire la route à pied. Cf. rv, 20; Gen. xxxi, 17. On les comptait à partir d'environ douze ans. Ce qui donne un chiffre approximatif de deux millions d'âmes pour tout Israël au moment de la sortie d'Egypte ; chiffre considérable assurément , mais qui n'a rien d'excessif, ainsi qu'on l'a maintes fois démontré. Il faut d'ailleurs tenir compte des bénédictions spéciales de Jéhovah. Cf. i, 7, 12; Gen. xlvi, 9. — Aux Hébreux s'associa un vulgus promiscuum (hébr. : 'éreb) innumerahile, recruté vraisem- blablement parmi les prisonniers de guerre, si nombreux en Egypte , qui prolitèrent de cette occasion pour se soustraire à la tyrannie des Égyptiens. Les récents prodiges n'avaient pas peu contribué à les décider. +39. La confection des pains azymes. — Subci- nericios. Voyez la note de Gen. xvni, 6. +40. Durée totale du séjour des Hébreux en Egypte. Cf. Gen. xv, 13-14. +^1-42. Note rétrospective et solennelle sur le +départ. — Nox... observabilis: que l'on doit célé- brer, garder religieusement. +2° Nouvelles Instructions sur la manducation de la Pâque. XII, 43-51. +43-49. Les ordres du Seigneur (religio; hé- breu : précepte , ordonnance ) se rapportent à trois points. 1*^ De nombreux étrangers étaient venus grossir les rangs d'Israël (vers. 38); parmi eux, qui serait admis à la manducation de l'agneau pascal? qui en serait exclu? Ils sont rangés eu quatre catégories : alienigena (hébr. : ben-nékar, fils d'étranger), servus emptitius (l'esclave pro- prement dit), advena (hébr. : tosab, ou ger; de race étrangère comme le ben-nélcar, mais domi- cilié au milieu d'Israël), mercenarius (hébr. : sakir; c'était un serviteur à gages pour un temps déterminé, ou un simple journalier). Ils sont tous exclus de la participation à la Pâque, tant qu'ils demeureront incirconcis; tous admis, s'ils de- viennent membres de la nation sainte par la cir- concision. 2° L'agneau pascal devra être con- sommé dans l'intérieur des maisons, vers. 46. +1 +Ex. XII, 48 — XIII, 5. +229 +48. Que si quelqu'un des étrangers veut vous être associé et faire la Pâque du Seigneur, tout ce qu'il y aura de mâle avec lui sera circoncis auparavant; et alors il la pourra célébrer, et il sera comme un habitant de votre terre; mais celui qui ne sera point circoncis n'en mangera point. +49. La même loi se gardera pour les habitants du pays et pour les étiangers qui demeurent avec vous. +50. Tous les enfants d'Israël exécu- tèrent ce que \q Seigneur avait com- mandé à Moïse et à Aaron. +51. Et en^ce même jour le Seigneur fit sortir de l'Egypte les enfants d'Israël, selon leurs armées. +48. Quod si quis peregrinorum in ve- stram voluerit transire coloniam, et facere Phase Domini , circumcidetur prius omnc masculinum ejus, et tune rite cele- brabit, eritque sicut indigena terrée ; si quis autcm circumcisus non fuerit, non vescetur ex eo. +49. Eadem lex erit indigenae et colono qui peregrinatur apud vos. +50. Feceruntque omnes filii Israël sic- ut praeceperat l3ominus Moysi et Aaron. +51. Et eadem die eduxit Dominus filios Israël de terra ^gypti per turmas suas. +GPIAPITRE XIII +1. Le Seigneur parla e?zcore à Moïse, et il lui dit : +2. Consacrez-moi tous les premiers-nés qui ouvrent le sein de leur mère parmi les enfants d'Israël, tant des hommes que des bêtes ; car toutes choses sont à moi. +3. Et Moïse dit au peuple : Souvenez- vous de ce jour auquel vous êtes sortis de l'Egypte et de la maison de servitude ; souvenez-vous que le Seigneur vous a tirés de ce lieu par la force de son bras, et gardez-vous de manger du pain avec du levain. +4. Vous sortez aujourd'hui, dans ce mois des nouveaux blés. +5. Et lorsque le Seigneur vous aura fait entrer dans la terre des Chananéens, des Héthéens , des Amorrhéens , des Hé- véens et des Jébuséens, qu'il a juré à vos pères de vous donner, dans cette terre où coulent le lait et le miel, vous célé- brerez en ce mois ce culte sacré. +1. Locutusque est Dominus ad Moysen, dicens : +2. Sanctifica mihi omne primogeni- tum quod aperit vulvam in filiis Israël, tam de hominibus quam de jumentis; mea sunt enim omnia. +3. Et ait Moyses ad populum : Meraen- tote diei hujus in qua egressi estis de 7Eg3q:)to et de domo servitutis, quoniam in manu forti eduxit vos Dominus de loco isto, ut non comedatis fermentatum panem. +4. Hodie egredimini mense novarum frugum. +6. Cumque introduxerit te Dominus in terram Chananœi et Hethœi et Amorrhgei et Hevsei et Jebusaei, quam jura vit pa- tribus tuis ut daret tibi, terram fluen- tem lacté et melle, celebrabis hune mo- rem sacrorum mense isto. +3° Nec os illius confringetis. Prescription impor- tante, dont saint Jean, xix, 33-36, nous a ré- vélé le grandiose symbolisme, réalisé par Jésus- Christ. Toutes les autres victimes étaient d'abord découpées en morceaux avant d'être portées sur l'autel ; seul l'agneau pascal faisait exception. +50-61. Exécution des ordres de Dieu, et départ de Sccotli. +3° Instructions relatives à la consécration des premiers-nés et aux pains azymes. XIII, 1-18. +Chap. XIII. — 1-2. Dieu exige la consécration des premiers -nés. — Sacrificata mihi... Comme une propriété sacrée, à laquelle il eût été sacri- lège de toucher. — Primitivement, les premiers- +nés de hominibus étaient destinés à être les mi- nistres du culte théocratique ; plus tard, quand Dieu institua le sacerdoce lévitique, il permit de les racheter moyennant une petite somme d'ar- gent (vers, 13). Les premiers -nés de jumentis devaient servir de victimes, à moins que ce ne fussent des animaux impurs (vers. 13). — Motif de cette consécration spéciale : viea sunt, en tant qu'il les avait épargnés au moment de la dixième plaie (vers. 14-15). +3-16. Moïse exhorte solennellement les Israé- lites , en souvenir des merveilles de la sortie d'Ég5T)te, à obéir aux diverses ordonnances qui concernaient les pains azymes et la consécration +230 +Ex. XIII, 6-16. +6. Septem diebus vesceris azymis; et in die septimo erit solemnitas Domini. +7. Azyma comedetis septem diebus ; non apparebit apud te aliquid fermen- tatum, nec in cunctis finibns tuis. +8. Narrabisque filio tuo in die illo, dicens : Hoc est quod fecit mihi Domi- nus quando egressus sum de ^gypto. +9. Et erit quasi signum in manu tua, et quasi monumentum ante oculos tuos, et ut lex Domini semper sit in ore tuo ; in manu enim forti eduxit te Dominus de ^gypto. +10. Custodies hujuscemodi cultum sta- tuto tempore a diebus in dies. +11. Cumque introduxerit te Dominus in terram Chanansei, sicut jura vit tibi et patribus tuis, et dederit tibi eam, +12. Separabis omne quod aperit vul- vam Domino, et quod primitivum est in pecoribus tuis ; quidquid habueris mas- culini sexus, consecrabis Domino. +13. Primogenitum asini mutabis ove ; quod si non redemeris, interficies. Omne autem primogenitum liominis de filiis tuis, pretio redimes. +14. Cumque interrogaverit te filius tuus cras, dicens : Quid est hoc? re- spondebis ei : In manu forti eduxit nos Dominus de terra ^Egypti, de domo ser- vitutis. +15. Nam cum induratus esset Pharao, et nollet nos dimittere, occidit Dominus omne primogenitum in terra ^gypti , a primogenito hominis usque ad primo- genitum jumentorum ; idcirco immole Domino omne quod aperit vulvam ma- sculini sexus, et omnia primogenita fi- liorum meorum redimo. +16. Erit igitur quasi signum in manu tua, et quasi appensum quid, ob recor- +6. Vous mangerez des pains sans levain pendant sept jours, et le septième sera encore la fête solennelle du Seigneur. +7. Vous mangerez des pains sans levain pendant sept jours; il n'y aura pas de pain levé chez vous dans toute l'étendue de vos limites. +8. Et en ce jour -là vous direz à votre fils : C'est en mémoire de la grâce que le Seigneur m'a faite lorsque je sortis d'Egypte. +9. Et ceci sera comme un signe dans votre main et comme un monument de- vant vos yeux, afin que la loi du Sei- gneur soit toujours dans votre bouche, parce que le Seigneur vous a tiré d'E- gypte par la force de son bras. +10. Vous observerez ce culte tous les ans au jour qui vous a été ordonné. +11. Et lorsque le Seigneur vous aura fait entrer dans la terre des Chananéens, selon le serment qu'il vouf^ en a fait et à vos pères, et qu'il vous l'aura donnée, +12. Vous séparerez pour le Seigneur tout ce qui ouvre le sein de sa mère, et tous les premiers -nés de vos bestiaux, et vous consacrerez au Seigneur tous les mâles que vous aurez. +13. Vous échangerez le premier-né de l'âne pour une brebis; si vous ne le rachetez point, vous le tuerez. Et vous rachèterez avec de l'argent tous les pre- miers-nés de vos enfants. +14. Quand donc votre fils vous inter- rogera un jour et vous dira : Que signifie ceci ? vous lui répondrez : Le Seigneur nous a tirés de l'Egypte, de la maison de servitude par la force de son bras. +15. Car le Pharaon étant endurci et ne voulant pas nous laisser aller, le Sei- gneur fit mourir dans l'Egj'pte tous les premiers -nés, depuis les premiers -nés des hommes jusqu'aux premiers -nés des bêtes. C'est pourquoi j'immole au Sei- gneur tous les mâles qui ouvrent le sein de leur mère, et je rachète tous les pre- miers-nés de mes enfants. +16. Ceci donc sera comme un signe en votre main et comme une chose suspen- +des premiers -nés. Quelques mots seulement de- mandent une explication. — Mense novarum frugum, (vers. 4). Hébr. : au mois d'abib. Voy. la note de xii, 2. — Signum in manu, monumen- tum ante oculos ( vers. 9 et 16 ). Métaphore expressive, dont saint Jérôme a fort bien rendu le sens : « Praecepta mea sint in manu tua, ut opère compleantur ; sint ante oculos tuos , ut noctc et die mediteris in illis. » (/n Malth. +xxm, 5.) Mais la tradition juive a pris ces pa- roles à la lettre , et y a vu l'ordre exprès de porter au bras gauche et au front les tephillîn ou phy- lactères, petites boîtes de pai'chemin qui con- tiennent divers textes du Pentateuque , et qu'on attache au moyen de longues lanières de cuir. Vo3^ez VAtl. archcol. de la Bible, pi. cix, flg. 4, 6, 7, 11, et notre Comment, sur l'Evang. selon saint MatfJi., p. 439. +Ex. XIII, 17-22. +231 +due devant vos yeux pour exciter votre souvenir, parce que le Seigneur nous a tirés d'Egypte par la force de son bras. +17. Or le Pharaon ayant fait sortir de ses terres le peuple d'Israël, le Seigneur ne les conduisit point par le chemin du pa3''s des Philistins qui est voisin, de peur qu'ils ne vinssent à se repentir d'être ainsi sortis , s'ils voyaient s'élever des guerres contre eux, et qu'ils ne re- tournassent en Egypte. +18. Mais il leur fit faire un long circuit par le chemin du désert, qui est près de la mer Kouge. Les enfants d'Israël sortirent ainsi en armes de l'E- +gypte. +19. Et Moïse emporta aussi avec lui les os de Joseph, selon que Joseph l'avait fait promettre avec serment aux enfants d'Israël, en leur disant : Dieu vous visi- tera ; emportez d'ici mes os avec vous. +20. Étant donc partis de Socoth, ils campèrent à Etham, à l'extrémité du désert. +21. Et le Seigneur marchait devant eux pour leur montrer le chemin, pa- raissant durant le jour en une colonne de nuée , et pendant la nuit en une colonne de feu , pour leur servir de guide le jour et la nuit. +22. Jamais . la colonne de nuée ne manqua de paraître devant le peuple pendant le jour, m la colonne de feu pendant la nuit. +dationem, inter oculos tuos ; eo quod in manu forti eduxit nos Dominus de .^gypto. +17. Igitur cum emisisset Pharao po- pulum, non eos duxit Deus per viam terrse Philisthiim quae vicina est, repu- tans ne forte pœniteret eum, si vidisset adversum se bella consurgere, et rever- teretur in ^Egyptum. +18. Sed circumduxit per viam deserti, quse est juxta mare Rubrum ; et armati ascenderunt filii Israël de terra ^Egypti. +19. Tulit quoque Moyses ossa Joseph secum, eo quod adjurasset filios Israël, dicens : Visitabit vos Deus ; efîerte ossa mea hinc vobiscum. +20. Profectique de Socoth castrametati sunt in Etham, in extremis finibus soli- tudinis. +21. Dominus autem prsecedebat eos ad ostendendam viam, per diem in co- lumna nubis , et per noctem in columna ignis, ut dux esset itineris utroque tem- pore. +22. Nunquam defuit columna nubis per diem, nec columna ignis per no- ctem, coram populo. +40 De Socoth à Étham. XIII, 17-22. +17-18. Raison qui détermina le choix de cette route. Deux chemins conduisent d'Egypte en Palestine : le premier, qui est appelé ici via terrce Philisthiim, est de beaucoup le plus court (vi- cina est; environ quinze jours de marche), et il est généralement facile ; le second , qui a été déjà signalé à l'occasion des funérailles de Jacob (Gen. L, 10), était très long et très pénible (via deserti...). Néanmoins c'est celui-ci que Dieu choisit pour son peuple. En entrant dans le pays de Chanaan par le sud-ouest , district occupé par les Philistins, les Hébreux auraient eu à sou- tenir une guerre terrible contre cette nation puissante et belliqueuse. Peu prépai'és à la lutte, quoique organisés militairement (armati) , ils se seraient découragés et seraient bientôt rentrés en Egypte. Yoy. VAtl. géogr., pi. v. +19. Les ossements de Joseph. Cf. Gen. l, 25. — La demande de Joseph avait été un bel acte de foi ; c'est aussi un acte de foi que fait Moïse en +la réalisant. +20. Le campement à' Etham. — Il est difficile d'en indiquer la situation exacte. Les uns placent Etham au sud des lacs Amers ; les autres , à l'extrémité nord -est de ces mêmes lacs; d'autres enfin, et cette opinion nous paraît la plus pro- bable, encore plus au nord -est, en face du Birket - Ballah , emplacement qui est vraiment in extremis solitudinis , c.-à-d, sur la lisière du désert de Sur, xv, 22, ou d'Btham, Num. xxxiii, 8. Voy. VAtl. géogr. pi. v. +21-22. Les colonnes de feu et de nuée. — Dominus... prcecedebat. En Orient, les caravanes et les armées ont de tout temps employé des signaux de fumée ou de feu pour diriger leur marche ; Jéhovah, le général en chef des Hébreux, se sert de moyens analogues, mais entièrement surnaturels, pour conduire ses troupes à travers le désert. Admirable trait de sa providence, qui se prolongea pendant de longues années. +232 +Ex. XIV, 1-7. +CHAPITRE XIV +1. Locutus est autem Dominus ad Moysen, diceiis : +2. Loquere filiis Israël : Eeversi ca- strameteiitur e regione Phihahiroth, quœ est inter Magdalum et mare contra Beel- sephon; in conspectu ejus castra ponetis super mare. +3. Dicturusque est Pharao super filiis Israël : Coarctati sunt in terra, conclusit eos desertum. +4. Et indurabo cor ejus, ac perseque- tur vos; et glorificabor in Pharaone, et in omni exercitu ejus, scientque ^gj^ptii quia ego sum Dominus. Feceruntque ita. +5. Et nuntiatum est régi ^gyptio- rum quod f ugisset populus ; immutatum- que est cor Pharaonis et servorum ejus super populo, et dixerunt : Quid volui- mus facere, ut dimitteremus Israël, ne serviret nobis? +6. Junxit ergo currum, et omnem po- pulum suum assumpsit secum. ' +7. Tulitque sexcentos currus electos, et quidquid in Egypte curruum fuit, et duces totius exercitus. +1. Et le Seigneur parla à Moïse et lui dit: +2. Dites aux enfants d'Israël : Qu'ils retournent et qu'ils campent devant Phi- hahiroth, qui est entre Magdala et la mer, vis-à-vis de Béelséphon, Vous cam- perez vis-à-vis de ce lieu sur le bord de la mer. +3. Car le Pharaon va dire des enfants d'Israël : Ils sont embarrassés en des lieux étroits, et renfermés par le désert. +4. Je lui endurcirai le cœur, et il vous poursuivra ; et je serai glorifié dans le Pharaon et dans toute son armée, et les Egyptiens sauront que je suis le Sei- gneur. Les enfants d'Israël firent ce que le Seigneur leur avait ordonné. +5. Et l'on vint dire au ro'y des Egyp- tiens que le peuple avait pris la fuite. Alors le coeur du Pharaon et de ses ser- viteurs fut changé à l'égard du peuple, et ils dirent : Qu'avons-nous fait en lais- sant aller les Israélites, afin qu'ils ne nous fussent plus assujettis ? +6. Il fit donc préparer son char, et il prit avec lui tout son peuple. +7. Il emmena aussi six cents chars d'élite et tout ce ^qui se trouva de chars de guerre dans l'Egypte, avec les chefs de- toute l'armée. +Section II. — Passage de la mek Rouge. XIV, 1 — XV, 21. +1° D'Etliara à la mer Rongo. XIV, 1-4. +Chap. XIV. — 1-4. Locutus... Dominus. Jé- hovah commande en personne tous les mouve- ments de son armée. Jusqu'ici la marche avait eu lieu dans la direction de l'est et du nord-est ; tout à coup les Hébreux reçoivent l'ordre de se tourner vers le sud (reversi), de manière à at- teindre la pointe septentrionale de la mer Rouge, après avoir longé les lacs Amers, qu'ils tenaient à leur gauche. — Phihahiroth, Magdalum, Bcel- sephon. Il est Impossible d'identilîer avec exac- titude ces trois localités. Mais, par sa netteté, la note topographique dont elles font partie dé- montre l'authenticité et la véracité du récit ; de plus, l'inspection des lieux a suscité des conjec- tures très vraisemblables. Vers l'extrémité nord du golfe de Suez, sur la rive droite, il existe une assez vaste plaine, bornée au sud par le mont Attâkah dont la mer vient baigner le pied. C'est là que les Hébreux durent camper. La res- semblance des noms nous autorise à confondre Phihiihiroth (hébr.: n-halnvot; 2n est l'article +égyptien) avec le lieu dit Adjroud, à l'angle nord - ouest de la plaine. Béelséphon ne différerait pas du Djebel Attâkah. — Coarctati...; conclusit... Expressions fort bien choisies ; car Israël allait se trouver pris entre la mer Rouge à l'est, le mont Attâkah au sud, le désert à l'ouest, et l'ar- mée égyptienne au nord. {Atl. yéngr., pi. v.) +20 Le pharaon poursuit les Hébreux; leur dé- sespoir, XIV, 5-14. +5 - 8. La poursuite. — Quod fugisset. Le pha- raon avait compté sur le retour des Hébreux; leur brusque changement de direction, dont ses espions l'avertirent aussitôt, lui manifesta leui's A'éritablos desseins. — Immutalum cor... Locu- tion orientale, pour marquer un revirement d'idées. La cour comprend mieux que jamais toutes les conséqiiences du départ de deux millions d'hommes industrieux. — Currunj,..., currus electos. Les chars de guerre égyptiens étaient nombreux et célèbres : à deux roues , traînés par deux chevaux rapides , montés par deux hommes , ils paraissent à tout instant sur les sculptures et les fresques. Voyez VAtl. archéol. de la Bible, pi. Lxxxvnr, fig. 11-12; pi. xcr, fi g. 6; pi. xcin, fig. 7. On voit souvent le pharaon sur le sien, à la tête des +Ex. XIV, 8-16. +233 +8. Et le Seigneur endurcit le cœur du Pharaon, roi d'Egyi>te, et il se mit à jioursuivre les entants d'Israël. Mais ils étaient sortis sous la conduite d'une main puissante. +9. Les P^gyptiens poursuivant donc les Israélites qui étaient en avant, et mar- chant sur leurs traces, les atteiî^nirent cainiK^s sur le bord de la mer. Toute la cavalerie et les chars du Pharaon avec toute son armée étaient à Phihahiroth, vis-à-vis de Béelséplion. +10. Lorsque le Pharaon était déjà proche, les enfants d'Israël, levant les yeux et ayant aperçu les Egyptiens der- rière eux, furent saisis d'une grande crainte. Et ils crièrent au Seigneur. +11. Et ils dirent à Moïse r Peut-être n'y avait-il point de sépulcres en Egypte , et c'est pour cela que vous nous avez amenés ici, afin que nous mourions dans le désert. Quel dessein aviez-yous quand vous nous avez fait sortir d'Eg3q)te ? +12. N'est; ce pas là ce que nous vous disions en Egypte : Retirez -vous de nous aliîi que nous servions les Egyptiens ? Car il valait beaucoup mieux que nous fus- sions leurs esclaves que de mourir dans ce désert. +13. Moïse répondit au peuple : Ne craignez point, demeurez fermes et con- sidérez les merveilles que le , Seigneur doit faire aujourd'hui ; car ces Egyptiens que vous voyez devant vous , vous ne les verrez plus jamais. +14. Le Seigneur combattra pour vous, et vous demeurerez dans le silence. +15. Le Seigneur dit ensuite à Moïse : Pourquoi criez-vous vers moi? Dites aux enfants d'Israël de se mettre en route. +IG. Et vous, élevez votre verge et étendez votre main sur la mer, et divisez- la, afin que les enfants d'Israël marchent à sec au milieu de la mer. +8. Induravitque Dominus cor Pharac- nis régis iEgypti, et persccutrs est iilios Israël ; at illi egressi erant in manu ex- celsa. +9. Cumque persequerentur JEgyptii vestigia prfp.cedentium, repererunt eos in castris super mare; omnis equitatus et currus Pliaraonis, et universus exer- citus, erant in Phihahiroth contra Beel- sephon. +10. Cumque appropinquasset Pharao, levantes filii Israël oculos, viderunt ^gy- ptios post se; et timuerunt valde, clama- veruntque ad Dominum. +11. Et dixerunt ad Moysen : Forsitan non erant sepulcra in JEgjTpto ; ideo tulisti nos ut moreremur in solitudine. Quid hoc facere voluisti, ut educeres nos ex ^gypto? +12. Nonne iste est sermo, quera loque- bamur ad te in iEgj-pto, dicentes : Re- cède a nobis, ut serviamus iEgyptiis? multo enim melius erat servire eis, quam mori in solitudine. +13. Et ait Moyses ad populum : Nolite timere ; state, et videte magnalia Domini quae facturas est hodie ; -SCgyptios enim , quos nunc videtis, nequaquam ultra vi- debitis usque in sempiternum. +14. Dominus pugnabit pro vobis, et vos tacebitis, +15. Dixitque Dominus ad Moj-sen : Quid clamas ad me? Loquere filiis Is- raël ut proficiscantur. +16. Tu autem éleva virgam tuam, et extende manum tuam super mare, et divide iilud, ut gradiantur filii Israël in medio mari per siccum. +troupes. — Populum suum : la garde roj'ale. Malgré ce redoutable déploiement de forces, les Hébreux n'avaient rien à craindre, car la manus excelsa de Jéliovah les protégeait. +9. L'armée égyptienne atteint les Israélites. Nous apprenons ici qu'en oi;tre des chars, elle se composait de cavalerie {equitatus) et d'infan- terie {uiiive.rsus exerciius), cette dernière for- mant la masse principale. — In Phihahiroth : voyez la note du vers. 2. +10 - 12. Effroi des Hébreux , qui comprirent aussitôt la gravité de la situation {yl) : eo quod audierit... +9-12. Le Seigneur manifeste sa gloire et réitère les promesses faites en son nom. — Gloria... in nuhe : dans la colonne de nuée, qui devint sans doute alors tout éclatante de lumière. +IS». Les caiUes. — Cooperuit castra. Au prin- temps, des quantités innombrables de cailles, émigrant du sud au nord , abordent sur les rives septentrionales de la mer Rouge, et, fatiguées par leur long vol, elles se laissent prendre à la main ou tuer à coups de bâton. Ce miracle con- sista, comme les pêches miraculeuses de l'Évan- gile, dans la coïncidence parfaite de l'événement avec la proi»hétie. +131^-15. La manne. — Eos jacuit... La rosée, avec la brume qui l'accompagne. — Ilinulum, pilo tusum, pruince. Divers traits qui donnent une idée assez exacte de l'apparence extérieure de la maime. Cf. vers. 31. Sur l'usage culinaire du mortier et du pilon chez les Égyptiens, voyez VAtl. archéol. de la Bible, pi. xx, fig. 18. — Manhu. Racine : màn , forme populaire de mah , « quid, » et liu, ceci. Selon d'autres, le premier mot dé- riverait de manali , mesurer, et signifierait : don, portion. +16-18. Moïse transmet au peuple, de la part de Dieu, quelques règles concernant la récolte de la manne. Ces trois versets déterminent la quantité à recueillir chaque jour : en principe, quantum svfflcit pour la nourriture quotidienne; +Ex. XVI, 17-27. +241 +nombre de ceux qui deiacurent dans chaque tente. +17. Les enfants d'Israël firent ce qui leur avait été ordonné, et ils en ramas- sèrent les uns pluf^, les autres moins. +18. Et rayant mesuré ii la mesure du gomor, celui qui en avait plus amassé n'en eut pas davantage, et celui qui en avait moins préparé n'en avait pas moins, mais il se trouva que chacun en avait amassé selon qu'il en pouvait manger. +19. Moïse leur dit : Que personne n'en garde jusqu'au matin. +20. Mais ils ne l'écoutèrent point, et quelques-uns en aj^ant gardé jusqu'au matin, il s'y mit des vers, et cela se cor- rompit. Et Moïse s'irrita contre eux. +21. Chacun donc en recueillait le matin autant qu'il lui en fallait pour se nourrir, et lorsque la chaleur du soleil était venue, elle se fondait. +22. Le sixième jour ils en recueillirent une fois plus qu'à l'ordinaire, c'est-à-dire deux gomors pour chaque personne. Or tous les princes du peuple en vinrent donner avis à Moïse, +23. Qui leur dit : C'est ce que le Sei- gneur a déclaré ; demain est le jour du sabbat, dont le repos est consacré au Seigneur. Faites donc aujourd'hui tout ce que vous avez à faire, faites cuire tout ce que vous avez à cuire, et gardez pour demain matin ce qui vous restera. +24. Ils firent ce que Moïse leur avait commandé, et la manne ne se corrompit point, et on n'}-- trouva pas de vers. +25. Moïse leur dit ensuite : Mangez aujourd'hui ce que vous avez gardé, parce que c'est le sabbat du Seigneur et que vous n'en trouverez point aujourd'hui dans la campagne. +2G. Recueillez donc la manne pendant six jours; mais le septième jour est le sabbat du Seigneur, c'est pourquoi vous n'en trouverez pas. +27. Le septième jour étant venu, quel- +rum vestrarum quse habitant m tabcrna- culo, sic tollctis, +17. Feceruntque ita filii Israël et col- legerunt, alius plus, alius minus. +18. Et mensi sunt ad mensuram go- mor; nec qui plus coUegerat, habuit amplius ; nec qui minus paraverat, re- l)erit minus; sed singuli juxta id quod edere potcrant, congregaverunt. +19. Dixitque Moyses ad eos : Nullus relinquat ex eo in mane. +20. Qui non audierunt eum, sed di- miserunt quidam ex eis usque mane, et scatere cœpit vermibus, atque compu- truit ; et iratus est contra eos Moyses. +21. Colligebant autem mane singuli, quantum sufficere poterat ad vescen- dum; cumque incaluisset sol, liqueôe- bat. +22. In die autem sexta collegerunt cibos duplices, id est, duo gomor per singulos homines. Venerunt autem omnes principes multitudinis, et narraverunt Moysi, +23. Qui ait eis : Hoc est quod locutus est Dominus : Requies sabbati sanctifi- cata est Domino cras ; quodcumque ope- randum est facite, et quae coquenda £unt coquite ; quidquid autem reliquum fuerit, reponite usque in mane. +24. Feceruntque ita ut prœceperat Moyses, et non computruit, neque ver- mis inventus est in eo. +25. Dixitque Moyses : Comedite illud hodie, quia sabbatum est Domini ; non invenietur hodie in aerro. +26. Sex diebus colligite ; in die autem septimo sabbatum est Domini, idcirco non invenietur. +27. Venitque septima dies ; et egressi +d'une façon précise : un gomor (hébr. : 'orner) par tête, c. -ù-d. la dixième partie d'un 'éfah, Tors. 36 (3 litres 88). — Alius plus , alius minus. -Déjà un manque de foi et d'obéissance. Aussi le Seigneur opère -t -il *ï miraculum in miraculo » pour instruire les siens (vers. 18). +19-21. Seconde règle : ne pas faire de réserve pour le lendemain. — Non audierunt. Autre désobéissance, et autre miracle : scatere... ver- mibus. — Au vers. 21, détail intéressant sur l'heure de la récolte : mane; plus tard, la manne non recueillie et laissée à terre se fondait aux r.i\'ons du soleil. +22-30. Troisième règle, propre au jour du sabbat. Ce passage est important, parce qu'il contient les premières prescriptions directes rela- tives au repos du sabbat chez les Hébreux. — Cibos duplices; par conséquent deux '^omer, en vertu des ordres donnés par Dieu à Moïse (vers. 5), et transmis par celui-ci au peuple. Les notables virent donc à tort en cela une nouvelle trans- gression des lois imposées. — Requies sabbati. En héhv. -.sabbaton sabbat. Le mot sabbat signifie repos. — Los vers. 24 et 25 signalent deux nou- A'clles cirrîonstaiices miraculeuses : non compu- ffuit..., iou iiiLcuiciar. — Au vers. 21), les mois +212 +Ex. XVI, 28-36. +(le populo ut colligerent, non invene- lunt. +28. Dixit autem Dominus ad Moysen: Usquequo non vultis custodire mandata mea, et legem meam? +29. Videte quod Dominus dederit vobis sabbatum, et propter hoc die sexta tri- buit vobis cibos duplices ; maneat unus- quisque apud semetipsum, nullus egre- diatur de loco suo die septimo. +30. Et sabbatizavit populus die septi- mo. +31. Appellavitque domus Israël no- men ejus Man. quod erat quasi semen coriandri album, gustusque ejus quasi similœ cum nielle. +32. Dixit autem Moyses : Iste est ser- mo, quem prsecepit Dominus : Impie go- mor ex eo, et custodiatur in futuras rétro generationes , ut noverint panem quo alui vos in solitudine, quando educti estis de terra JEgypti. +33. Dixitque Moyses ad Aaron : Sume vas unum, et mitte ibi man, quantum potest capere gomor, et repone coram Domino ad servandum in generationes vestras , +34. Sicut prsecepit Dominus Moysi. Posuitque illud Aaron in tabernaculo re- servandum. +35. Filii autem Israël comederunt man quadraginta annis, donec venirent in terram habitabilem ; hoc cibo aliti sunt, usquequo tangerent fines terrae Chanaan. +36. Gomor autem décima pars est cphi. +ques-uns du peuple allèrent pour re- cueillir de la manne, et ils n'en trou- vèrent point. +28. Alors le Seigneur dit à Moïse : Jusques à quand refuserez -vous de gar- der mes commandements et ma loi? +29. Considérez que le Seigneur a établi le sabbat parmi vous et qu'il vous donne pour cela, le sixième jour, une double nourriture. Que chacun donc demeure chez soi , et que nul ne sorte de sa place au septième jour. +30. Ainsi le peuple garda le sabbat au septième jour. +31. Et la maison d'Israël donna à cette nourriture le nom de manne. Elle res- semblait à la graine de coriandre; elle était blanche, et elle avait le goût de la farine mêlée avec du miel. +32. Moïse dit encore : Voici ce qu'a ordonné le Seigneur : Emplissez de manne un gomor, et qu'on la garde pour les races à venir, afin qu'elles sachent quel a été le pain dont je vous ai nourris dans le désert, après que vous avez été tirés de l'Egypte. +33. Moïse dit donc à Aaron : Prenez un vase et mettez-y de la manne autant qu'un gomor en peut tenir, et placez -le devant le Seigneur, afin qu'elle se garde pour les races h venir, +34. Selon que le Seigneur l'a ordonné à Moïse. Et Aaron mit ce vase en ré- serve dans le tabernacle. +35. Or les enfants d'Israël mangèrent de la manne pendant quarante ans, jus- qu'à ce qu'ils vinssent dans la terre où ils devaient habiter. C'est ainsi qu'ils furent nourris jusqu'à ce qu'ils tou- chassent les frontières du pays de Cha- naan. +3G. Or le gomor est la dixième partie de l'éphi. +rtullus egrediatur ne s'appliquent pas aux tentes individuelles, mais à l'enscirble du camp. +31. Xote rétrospective sur le nom, l'apparence et le goût de la manne. — Semen coriandri. La coriandre est une plante de la famille des ombel- lifcres ; elle abonde en Orient. Sa graine est ronde, petite, et d'un gris blanchâtre ou jaunâti'e. Voy. VAil. d'hist. nat. de la Bible, pi. xxv, flg. 4, — Giistus... similcc cum mtUe. Num. xi, 8, le goût de la manne est comparé à celui de l'huile d'olive fraîche. +32-31. Autre prescription : on devra conserver un gomor de manne comme un mémorial per- l)étuel du prodige. — Custodiatur in... genera- tiones. Encore un nouveau miracle. — Coram Domino in tabernaculo. Le tabernacle n'existant +pas encore à cette époque, cette dernière règle est peut-être insérée ici par anticipation. Ou bien, ces mots désignent le lieu provisoire où l'on offrait les sacrifices. Cf. xviii, 12^. +35-36. La durée de la manne.— Quadraginta annis, jusqu'au moment où les Hébreux fran- chirent le Jourdain pour prendre possession de la Palestine. Cf. Jos. v, 10-12, Toutefois, la manne ne fut pas leur nourritiu'e exclusive : leurs trou- peaux leur fournissaient du lait, du beurre, de la viande. Ils purent, du reste, se procurer des provisions de divers genres auprès des Arabes du désert (Dcut. ii, 6 ; Jos. l, 11) , et même cultiver du blé pendant leurs stations les plus prolongées. Le récit sacré, Num. vu, 13-14, nous les montre possédant, jusqu'au bout, de la farine pour les sa- +12* +I +Ex. XVII, 1-6. +241 +CHAPITRE XVII +1. Tons les enfants d'Israël étant donc partis du désert de Sin , selon les stations que le Seigneur leur avait marquées, ils campèrent à Raphidim, où il ne se trouva point d'eau à boire pour le peuple. +2. Alors ils murmurèrent contre Moïse, et lui dirent : Donnez -nous de l'eau à boire. Moïse leur répondit : Pourquoi murmurez - vous contre moi ? Pourquoi tentez -vous le Seigneur? +3. Le peuple, se trouvant donc en ce lieu pressé de la soif et sans eau, mur- mura contre Moïse, en disant : Pourquoi nous avez-voLis fait sortir d'Egypte, pour nous faire mourir de soif, nous et nos enfants , et nos troupeaux ? +4. Moïse cria alors au Seigneur, et lui dit : Que ferai -je à ce peuple? Il s'en faut peu qu'il ne me lapide. +5. Le Seigneur dit à Moïse : Passez devant le peuple, menez avec vous des anciens d'Israël, prenez en votre main la verge dont vous avez fi-appé le fleuve, et allez. +6. Voici ! Je me trouverai présent de- vant vous sur le rocher d'Horeb ; vous frapperez le rocher, et il en sortira de l'eau, afin que le peuple ait à boire. Et Moïse fit ainsi, en présence des anciens d'Israël. +1. Igifur profecta omnis multitude fî- liorum Israël de deserto Sin per mansio- nes suas, juxta sermonem Domini, ca- strametati sunt in Raphidim, ubi non erat aqua ad bibendum populo. +2. Qui jurgatus contra Moysen, ait : Da nobis aquam, ut bibamus. Quibus respondit Moyses : Quid jurgamini con- tra me? cur tentatis Dominum? +3. Sitivit ergo ibi populus pr£e aquœ penuria, et murmuravit contra Moysen, dicens : Cur fecisti nos exire de ^gypto, ut occideres nos, et liberos nostros, ac jumenta, siti? +4. Clamavit autem Moyses ad Domi- num, dicens : Quid faciam populo huic? adhuc paululum, et lapidabit me. +5. Et ait Dominus ad Moysen : Ante- cede populum, et sume tecum de senio- ribus Israël ; et virgam qua percussisti fluvium, toile in manu tua, et vade. +6. En ego stabo ibi coram te, supra petram Horeb ; percutiesque petram , et exibit ex ea aqua, ut bibat populus. Fecit Moyses ita coram senioribus Israël ; +criflcos, — Sur les vaines tentatives des rationa- listes pour identifier la manne des Hébreux avec la gomme épaisse et mielleuse qu'exsude le « Ta- niarix mannifera » aux envii'ons du Sinaï, voyez Yigouroux, la Bible et les découv. modernes, 11,492 etss.; le Man. Ubl.,t. I, n. 374; C. James, les Hébreux dans l'isthme de Suez, Paris, 1872; VAtl. d'hist. nat. de la Bible, pi. xxviii, fig. 6. Outre que ce pi'oduit est lui médicament plutôt qu'une nourriture, la péninsule n'en aurait pas fourni suffisamment aux Hébreux pour un seul repas. Mais siirtout, la manne est constamment présentée dans le récit sacré comme un aliment surnaturel, miraculexix de toutes manières. +3'^ Station de Raphidim ; l'eau miraculeuse du rocher. XYII, 1-7. +Chap. XVII. — L. Du désert de Sin à Raphi- dim. — Per mansiones suas. Le livre des Nombres, xxxin, 12-14, dans la nomenclature complète des stations du désert , signale ici celles de Daphca et d'Alus. Les Israélites pénètrent maintenant dans les vallées qui conduisent directement au cœur du massif sinaïtique. — Raphidim. Ce nom si- gnifie : haltes, lieux de repos. L'emplacement traditionnel de Raphidim est à l'endroit où l'ouadi +Féirân est rejoint par l'ouadi Aléyat, au nord- est du mont Serbal. Il y a là une vallée large et fertile ; les montagnes se dressent en formes fan- tastiques, et l'on est à un jour de marche du Sinaï. Cf. xix, 2. — Non erat aqua. Les sources qui arrosent d'ordinaire l'ouadi Féirân sont par- fois complètement à sec. (Atl. géogr., pi. v.) +2-4. Plaintes du peuple; prière de Moïse. Comme précédemment, les plaintes sont amères, injustes, violentes, et Moïse se maintient à la hauteur de son rôle. +5-7. Le miracle (l'ordre divin , 5 - 6» ; son exé- cution, e*»; conclusion historique, 7). — Anteccda populum. Moïse reçoit l'ordre de s'éloigner à quelque distance du camp Israélite ; il sembl donc que le prodige n'eut point lieu en présence de tout le peuple, et c'est pour ce motif que Dieu voulut associer quelques « anciens » à Moïse, pour qu'ils sei-vissent ensuite de témoins. — Ego stabo... De quelle manière? Peut-être sous la forme de la colonne de nuée, pour déterminer ainsi le rocher. — Fecit Moyses ita. Les allusions à ce grand miracle ne manquent ni dans les autres écrits bibliques , ni même dans l'histoire profane. Cf. Deut. VI, 16; Ps. lxxyu, 15-16; cxm, 8; +244 +Ex. XVII, 7-13. +7. Et vocavit iiomen loci illius, Ten- tatio, propter jnrgium liliorum Israël, et quia tentaverunt Dominum, dicentes : Estne Dominas in nobis, an non? +8. Yenit autem Amnlec, et pugnabat co'.itra Israël in Raphidim, +9. Dixitque Moyses ad Josue : Elige viros, et egressus, pugna contra Amalec ; cras ego stabo in vertice collis, habens virgam Dei in manu mea. +10. Fecit Josue ut locutus erat Moyses, et pugnavit contra Amalec ; Moyses au- tem et Aaron et Hur ascenderunt super verticem collis. +11. Cumque levaret Moyses manus, vincebat Israël ; sin autem paululum re- misisset, superabat Amalec. +12. Manus autem Moysi erant graves ; sumentes igitur lapidem , posuerunt sub- ter eum , in quo sedit ; Aaron autem et Hur sustentabant manus ejus ex utraque parte. Et factum est ut manus illius non lassarentur usque ad occasum solis. +13. Fugavitque Josue Amalec et popu- lum ejus, in ore gladii. +7. Et il appela ce lieu la Tentation, à cause du murmure des enfants d'Israël et parce qu'ils tentèrent là le Seigneur, en disant : Le Seigneur est -il au milieu de nous, ou n'y est -il pas ? +8. Cependant Amalec vint à Raphidim combattre contre Israël. +9. Et Moïse dit à Josué : Choisissez des hommes, et allez combattre contre Amalec. Je me tiendrai demain sur le haut de la colline, ayant en main la verge de Dieu. +10. Josué fit ce que Moïse lui avait dit, et il combattit contre Amalec. Mais Moïse, Aaron et Hur montèrent sur le haut de la colline. +11. Et lorsque Moïse tenait les mains élevées, Israël était victorieux; mais lorsqu'il les abaissait un peu, Amalec avait l'avantage. +, 12. Cependant les mains de Moïse étaient fatiguées. C'est pourquoi ils prirent une pierre qu'ils placèrent soi^ lui , et il s'y assit ; et Aaron et Hur lui soutenaient les mains des deux côtés. Ainsi ses mains ne se lassèrent point jusqu'au coucher du soleil. +13. Josué mit donc en fuite Amalec et son peuple au fil de l'épée. +Tacit., Eist., v, 3. Voir surtout l'étonnant com- mentaire de saint Paul, I Cor. x, 4 : « Petra autem erat Cliristus. » — Nomen loci... Tentatio. Dans l'hébreu : Il appela ce lieu Massah et M^rihali. Les mots suivants expliquent ce double nom : propter jurgium (hébr.: '^al-rib)...,et quia tentaceruiit (hébr. : ^al-nassotân). +4'> Attaque et défaite des Amalécites. XVII, 8-lG. +8-10. Début du combat. — Venit... Amalec. Ce peuple, issu d'Ésavi, Gen. xxxvi, 12, était le plus puissant parmi ceux qui habitaient alors la pé- ninsule du Sinaï. Cf. JSTixm, xxiv, 20. Ses luttes fréquentes avec les Égyptiens avaient contribué à l'aguerrir. Il occupait d'ordinaire le district sep- tentrional de la presqu'île ; mais , à la façon des Bédouins actuels, 11 avait été attiré auprès du Sinaï par les pâturages qui y sont très frais à cette époque de l'année. — Pugnabat. Pour dé- fendre ces précieux herbages. D'après Deut. XXV, 18, les Amalécites attaquèrent tout d'abord l'arrière - garde des Hébreux , qui fut bientôt mise en déroute. — Josue fait ici sa première apparition , déjà toute glorieuse , sur la scène historique. Son autorité ira toujours grandissant. Cf. XXXV, 13; XXXII, 17; xxxiii, 11; Num. xiv, 6-9; xxvii, 18 et ss. — Elige viras. Dans ces vallées, resserrées entre les montagnes, il était Impossible que tous les Hébreux prissent part au combat, et il importait de n'engager que les troupes d'élite. — Pugna...; ego stabo... Lais- Baut h Josué le rôle de général eu chef. Moïse +se réserve celui d'intercesseur et de médiateur. L'attaque avait eu lieu probablement le soir; c'est pour cela que la bataille est remise au len- demain icras). — Ilabens virgam... Cette verge, qui avait accompli déjà tant de miracles, rap- pellerait à Dieu toutes ses promesses. Trait dé- licat.— Aaron et Hur. Cf. xxiv, 14, où nous retrouvons ces deux personnages associés à Moïso pour un rôle analogue Hur appai'tcnait à la tribu de Juda; il était l'aïeul de Béséléel, ce célèbre artiste qui dirigea la construction du tabernacle et de son mobilier. Cf. xxxi, 2-5; I Par. ii, 18-19. +11-12. Au fort du combat. — Cum... levaret... manus. Le geste de la prière , si souvent signalé dans la Bible et sur les monuments anciens. Voy. VAtl. archéol. de la Bible, pi. xcvi, flg. 5, 6; pi. cix, îig. 1. Moïse étendant ses bras en forme de croix a été souvent regardé par les Pères comme une figure de Notre-Seigneur Jésus-Christ. — Si... remisisset. C'était une position pénible, surtout pour un vieillard de quatre-vingts ans. Dieu voulait évidemment montrer, par les deux résultats produits (vincebat..., superabat...), qu'il était seul capable de protéger Israël. — Lapi- dem... subtcr eum; ... sustentabant... Détails pit- toresques. La durée du combat usque ad occasum solis prouve la vigueur des assaillants. +13 -IG. Fin du combat et double mémorial de la victoire. — In ore gladii... Locution hébraïque, qui dénote ici un très grand carnage. — Premier mémorial, sur l'injonction de Dieu môme (14) : Scribe hoc in llbro. D'après l'hébr.tdans Zc livre. +Ex. XVII, 14 — XVIII, 7. +245 +14. Alors le Seigneur dit à Moïse : Ecrivez ceci dans un livre, afin que ce soit un monument , et faites - le entendre à Josué ; car j'elïacerai la mémoire d'Amalec de dessous le ciel. +15. Moïse dressa là un autel qu'il ap- pela de ce nom : Le Seigneur est ma gloire. Car, dit -il, +16. La main du Seigneur s'élèvera de son trûne contre Amalec, et le Seigneur lui fera la guerre dans la suite de toutes les races. +14. Dixit autem Dominus ad Moysen* Scribe hoc ob monimentuni in libro, et trade auribus Josue; delebo enim me- moriam Amalec sub cœlo, +15. ^dificavitque Moyses al tare; et vocavit nomen ejus, Dominus exaltatio mea, dicens : +16. Quia manus solii Domini, et bel- lum Domini erit contra Amalec, a géné- ration e in generationem. +CHAPITRE XVIII +1. Or Jéthro, prêtre de Madian et allié de Moïse, a3^ant appris tout ce que Dieu avait fait en faveur de Moïse et d'Israël, son peuple, et comment il l'avait fait sortir d'Egypte, +2. Prit Séphora, femme de Moïse, qu'il lui avait renvoyée, +3. Et ses deux fils, dont l'un avait été nommé Gersam, son père ayant dit : J'ai été vo^'ageur en une terre étrangère ; +4. Et l'autre Eliézer, Moïse ayant dit encore : Le Dieu de mon père a été mon protecteur, et il m'a sauvé de l'épée du Pharaon. +5. Jéthro, allié de Moïse, vint donc le trouver avec ses enfants et sa femme, dans le désert oîi il avait fait camper le peuple, près de la montagne de Dieu. +6. Et il envoya dire à Moïse : C'est Jéthro, votre allié , qui vient vous trou- ver avec votre femme et vos deux en- fants. +7. Moïse, étant allé au-devant de son beau -père, se prosterna et le baisa; et +1. Cumque audisset Jéthro, sacerdos Madian, cognatus Moysi, omnia quse fe- cerat Deus Moysi, et Israeli populo suo, et quod eduxisset Dominus Israël de ^gypto, +2. Tulit Sephoram uxorem Moysi quam remiserat , +3. Et duos filios ejus, quorum unus vocabatur Gersam, dicente pâtre : Ad- vena fui in terra aliéna ; +4. Alter vero Eiiezer : Deus enim, ait, patris mei adjiitor meus, et eruit me de gladio Pharaonis. +5. Venit ergo Jéthro cognatus Moysi, et filii ejus, et uxor ejiLS, ad Moj^sen in desertum, ubi erat castrametatus juxta montem Dei ; +6. Et mandavit Moysi, dicens : Ego Jéthro cognatus tuus venio ad te, et uxor tua, et duo filii tui cum ea. +7. Qui egressus in occursum cognati sui, adora vit, et osculatus est eum ; salu- +L'emploi de l'article Indique un livre déjà com- mencé, qui racontait les premiers faits de la délivrance. — Delebo Amalec. Jéhovah prescri- vait ainsi à Moïse, à Josué {trade aurihus...) et à leurs successeurs une guerre d'extermination contre les Amalécites. Cf. Deut. xxv, 19. — Second mémorial (15-16) : altare. Le nom donné à cet autel (Dominus exaltatio mea; hébr. : Jéhovah est ma bannière) était un bel acte de foi. — Manus solii... Expression un peu obscure. L'hé- breu porte littéralement : leur main sur le trône de Jéhovah; c.-à-d, : puisque Amalec a porté la main sur le trône du Seigneur, le Seigneur fera une guerre sans trêve à Amalec. Les LXX ont suivi une autre leçon : e/ "/--P' y.p'J^ata 'Ko'ke\i.tX. +50 Visite de Jéthro à Moïse. XVIII, 1-12. +Chap. XVIIL — 1 - 4. Jéthro ramène à Moïse +sa femme et ses enfants. — Jéthro ,... cognatus... Voyez II, 16; m, 1, et le commentaire. Après avoir rencontré leurs premiers ennemis depuis la sortie d'Egypte, les Hébreux trouvent mainte- nant leur premier ami. — Cum... audisset... La renommée des merveilles accomplies par le Sei- gneur en faveur de son peuple se répandit bien- tôt à travers toute la contrée. Nous avons vu (note de ii, 15) que le territoire madianite n'était pas très éloigné du Sinaï. — Sephoram, Gersam, Eiiezer. Voyez ii, 21-22. +5-8. Jéthro arrive au camp Israélite. — Juxta montem Dei. A la station de Raphidim (xvii, 1), située en plein dans le massif de l'Horeb. — Egressus in occursum. Il était conforme à l'éti- quette orientale que Moïse allât en personne à la rencontre de cet hôte distingué. Il en est de même de la prostration et du baiser. — Saluta- +246 +Ex. XVIII, 8-16. +'taveruntque se mutiio verbis pacificis. Cumque intrasset tabernaculum , +8. Narra vit Mo3''ses cognato siio cimcta qiiae fecerat Dominus Pharaoni, et ^gy- ptiis propter Israël ; universumque labo- rem, qui accidisset eis in itinere, et quod liberaverat eos Dominus. +9. Lœtatusque est Jetliro super omni- bus bonis, quge fecerat Dominus Israeli, eo quod eruisset eum de manu ^gyptio- rum ; +10. Et ait : Benedictus Dominus, qui liberavit vos de manu ^g3'ptiorum, et de manu Pharaonis, qui eruit populum suum de manu ^gypti. +11. Nunc cognovi, quia magnus Do- minus super omnes deos, eo quod su- perbe egerint contra illos. +12. Obtulit ergo Jetliro cognatus Moysi holocausta et hostias Deo ; veneruntque Aaron et omnes seniores Israël, ut co- mederent panem cum eo coram Deo. +13. Altéra autem die sedit Moyses ut judicaret populum, qui assistebat Moysi a mane usque ad vesperam. +14. Quod cum vidisset cognatus ejus, omnia scilicet qu8s agebat in populo, ait : Quid est hoc quod facis in plèbe? cur solus sedes, et omnis populus prse- stolatur de mane usque ad vesperam? +15. Cui respondit Moyses : Venit ad me populus , quserens sententiam Dei ; +16. Cumque acciderit eis aliqua dis- +ils se saluèi'ent en se souhaitant l'un à l'autre toute sorte de bonheur. Jéthro entra ensuite dans la tente de Moïse, +8. Qui raconta ù, son beau -père toutes les merveilles que le Seigneur avait faites contre le Pharaon et contre les Egyptiens en faveur d'Israël, toutes les souffrances qu'ils avaient éprouvées en chemin, et la manière dont le Seigneur les avait sau- vés. +9. Jéthro se réjouit beaucoup de toutes les grâces que le Seigneur avait faites à Israël et de ce qu'il l'avait tiré de la puissance des Egyptiens ; +10. Et il dit : Béni soit le Seigneur, qui vous a délivrés de la main des Egyptiens et de la main du Pharaon, et qui a sauvé son peuple de la main de l'Egypte. +11. Je reconnais maintenant que le Seigneur est grand au-dessus de tous les dieux , comme il a paru lorsqu'ils se sont élevés si insolemment contre son peuple. +12. Jéthro, allié de Moïse, offrit don;^ à Dieu des holocaustes et des hosties, et Aaron et tous les anciens d'Israël vinrent participer au repas avec lui devant le Seigneur. +13. Le lendemain, Moïse s'assit pour rendre justice au peuple, qui se présen- tait devant lui depuis le matin jusqu'au soir. +14. Et son beau-père, ayant vu tout ce qu'il faisait pour ce peuple, lui dit : D'où vient que vous agissez ainsi à l'égard du peuple? Pourquoi siégez -vous seul, et tout le peuple attend -il ainsi depuis le matin jusqu'au soir? +15. Moïse lui répondit : Le peuple vient à moi pour consulter Dieu ; +16. Et lorsqu'il leur arrive quelque +verunt... Hébr. : Ils se souhaitèrent mutuellement la paix. Allusion à la formule de salutation usitée chez les Sémites : La paix soit avec vous I — Ta- hernaculum désigne la tente de Moïse. +9-12. Pieux sentiments de Jéthro. Ces senti- ments se traduisirent par des paroles (9-11) et par des actes (12). Le tout est remarquable, car le prêtre madianitc manifeste une foi sincère en Jéhovah {Dominus), dont il proclame la puis- sance souveraine. — Eolocausta et hostias. Deux sacrifices distincts : le premier exigeait la des- truction complète de la victime ; dans le second , une partie des chairs étMt conservée pour servir au repas religieux qui est désigné par les mots ut comederent. Cf. Lev. i; vu, 11-18. +60 Institution des soixante -dix juges, XVIII, 13-27. +13-15. L'occasion. — Sedit... ut judicaret. Cette fonction de juge, qui est une des plus essen- +tielles parmi celles que confère la souveraineté , a toujours été exercée par les rois et princes orientaux d'une manière personnelle, directe; mais ns y emploient aussi de nombreux délégués. Moïse, jusque-là, avait jugé seul toutes les causes; de là des audiences interminables (a mane... ad vesperam), tant les cas étaient multipliés. — Quid est hoc...? Jéthro relève fort bien les incon- vénients de cette méthode , soit pour Moïse , soit pour le peuple. Moïse allègue, pour se justifier, deux raisons qui ne manquent pas de force : 1° le peuple vient à lui de préférence , comme au représentant de Dieu, qui formulera, mieux que tout autre, sententiam Dei, et ses jugements sont acceptés comme des oracles ; 2° Moïse pro- fite de ces occasions pour instruire les Hébreux , en leur expliquant, à propos des sentences ren- dues par lui, pracepta Dei et Icr/cs, +Ex. XVIIT, 17-25. +247 +différend, ils viennent à moi afin que j'en sois le juge et que je leur fasse con- naître les ordonnances et les lois de Dieu. +17. Vous ne faites pas bien, répondit Jéthro. +18. Il y a de l'imprudence à vous con- sumer ainsi par un travail inutile, vous et le peuple qui est avec vous. Cette en- treprise est au-dessus de vos forces, et vous ne pourrez la soutenir seul. +19. Mais écoutez mes paroles et mes conseils, et Dieu sera avec vous. Donnez- vous au peuple pour toutes les choses qui regardent Dieu, pour lui rapporter les demandes et les besoins du peuple, +20. Et pour apprendre au peuple les ordonnances, la manière d'honorer Dieu, la voie par laquelle ils doivent marcher et ce qu'ils doivent faire. +21. Mais choisissez d'entre tout le peuple des hommes fermes qui craignent Dieu , qui aiment la vérité et qui soient ennemis de l'avarice, et donnez la con- duite aux uns de mille hommes, aux autres de cent, aux autres de cinquante, et aux autres de dix. +22. Qu'ils soient occupes à rendre la justice au peuple en tout temps; mais qu'ils réservent pour vous lès plus grandes affaires, et qu'ils jugent seulement les j)lus petites. Ainsi ce fardeau qui vous accable deviendra plus léger, étant par- tagé avec d'autres. +23. Si vous faites ce que je vous dis, vous accomplirez le commandement de Dieu , vous pourrez suffire à exécuter ses ordres , et tout ce peuple retournera chez lui en paix. +24. Moïse, ayant entendu son heau-père parler de la sorte, fit tout ce qu'il lui avait conseillé. +25. Et ayant choisi d'entre tout le +ceptatio, veniunt ad me ut judicem inter eos, et ostendam prœcepta Dei. et loges ejus. +17. At ille : Non bonam, inquit, rem facis ; +18. Stulto labore consumeris, et tu, et populus iste qui tecum est; ultra vires tuas est negotium, solus illud non po- teris sustinere. +19. Sed audi verba mea atque consilia, et erit Deus tecum. Esto tu populo in his quœ ad Deum pertinent, ut referas quee dicuntur ad eum, +20. Ostendasque populo ceremonias et ritum colendi, viamque per quam ingredi debeant, et opus quod facere debeant. +21. Provide autem de omni plèbe viros potentes et timentes Deum, in quibus sit Veritas , et qui oderint avaritiam ; et constitue ex eis tribunos, et centuriones, et quinquagenarios, et decanos, +22. Qui judicent populum omni tem- père ; quidquid autem majus fuerit, ré- férant ad te, et ipsi minora tantummodo judicent; leviusque sit tibi, parti to in alios onere. +23. Si hoc feceris, implebis imperium Dei, et prsecepta ejus poteris sustentare ; et omnis hic populus revertetur ad loca sua cum pace. +24. Quibus auditis, Moyses fecit omnia quse ille suggesserat. +25. Et electis viris strenuis de cuncto +17-18. Jétliro insiste et réprouve énergiquc- nient cette manière fie faire, qu'il appelle non ionam rem et un vain labeur. +19-23. Jéthro propose son contre -projet, avec un intéressant mélange de modestie et de sage expérience. Établissant une distinction entre les divers offices de Moïse , il lui laisse ce qu'ils contenaient de iilus important et de plus relevé (19b-20); mais il lui conseille de se décharger du reste sur lui certain nombre d'auxiliaires bien choisis (21-22). — Esto tu 'popido. C.-à-d. sois un intermédiaire entre le peuple et Dieu ( au lieu de : ut referai,.., l'hébreu dit : Et toi., i)ortc les paroles [du peuple] à Dieu). — Ostendasque... C.-à-d. sois un intermédiaire entre Dieu et le l>cuplc. Les quatre mots ceremonias (hébr. : les ordonnances), rit uni... (hébr. : les lois), viam, +opus, sont à peu près synonymes. — Provide... viros potenles : des hommes capables ; qualité générale à requérir des futurs juges. Jéthro nomme en- suite trois qualités spéciales : la piété, la véra- cité, l'intégrité. — Après le choix des juges, leur organisation , basée sur celle du peuple lui-même : tribunos ( hébr. : des chefs de mille ) , centu- riones... Système simple et excellent tout en- semble, qui devait fournir des juges nombreux, aisément abordables. Naturellement, les causes d'une certaine gravité (quidquid... majus) de- vaient être réservées h Moïse. +24-27. Moïse suit le conseil de son bcau-pci'c. — Moy.'!es fecit... D'après Deut. i, 9-15, cette mise à exécution n'eut lieu qu'après l'érection du tabernacle ; en outre, Moïse confia au peuple l'é- lection des juges. +248 +Ex. XVIIT, 26 — XIX, 4. +Israël, constituit eos principes^ populi, tribunos, et centuriones, et quinquage- narios, et decanos. +26. Qui judicabant plebem omni tem- pore; quidquid aiitem gravius erat, re- ferebaiit ad eum, faciliora tantummodo judicantes. +27. Dimisitque cognatum suum ; qui reversus abiit iu terram suam. +peuple d'Israël des hommes fermes, il les établit princes du peuple, pour com- mander les uns mille hommes , les autres cent, les autres cinquante, et les autres dix. +26. Ils jugeaient le peuple en tout temps ; mais ils rapportaient à Moïse toutes les affaires les plus difficiles, ju- geant seulement les plus aisées. +27. Après cela Moïse laissa partir son beau -père, qui s'en retourna dans son pays. +CHAPITRE XIX +1. Mense tertio egressionis Israël de terra ^gypti, in die hac venerunt in solitudinem Sinai. +2. Nam profecti de Eaphidim, et per- venientes usque in desertum Sinai, ca- strametati sunt in eodem loco; ibique Israël fixit tentoria e regione montis. +3. Moyses autem ascendit ad Deum, vocavitque eum Dominus de monte, et ait : Hsec dices domui Jacob, et annun- tiabis fihis Israël : +4. Vos ipsi vidistis, quse fecerim ^gy- +1. Le troisième mois après leur sortie d'Egypte, les enfants d'Israël vinrent ce jour- là au désert de Sinaï. +2. Etant partis de Eaphidim et arrivés au désert de Sinaï, ils campèrent au même lieu , et Israël y dressa ses tentei vis-à-vis de la montagne. +3. Moïse monta ensuite auprès de Dieu , et le Seigneur l'appela du haut de la montagne et lui dit : Voici ce que vous direz à Iq, maison de Jacob et ce que vous annoncerez aux enfants d'Is- raël : +4. Vous avez vu vous-mêmes ce que +TROISIEME PARTIE +L'institution de la théocratie et l'érection du tabernacle. XIX, 1 — XL, 36. +Section I. — Station du Sixaï et pképaratifs DE l'alliance théocratique. XIX, 1-25. +1° Les Israélites arrivent au pied du Sinaï. XIX, 1-2. (Voy. VAtl. géogr., pi. vi.) +CiiAP. XIX. — 1-2. Mense tertio.,., in die hac. Le jour du mois n'est pas déterminé ; l'expression signifie que le départ de Rapliidim et l'arrivée au Sinaï eurent lieu en un seul et même jour. — In solitudinem, Sinai. Les Hébreux durent camper dans l'ouadi Er-Rahah , assez vaste plaine située au nord -ouest et tout à fait au pied du Djébol Mouça ( « montagne de Moïse » ) , qu'une très ancienne tradition identifie avec le Sinaï, et qui répond d'ailleurs fort bien à toutes les exi- gences topographiques du récit. Voy. Vigoureux, la Bible et les découv. modernes, II, 519-536. « C'est un massif élevé , de forme oblongue , d'en- viron deux milles de long sur \\n mille de large... Son altitude est d'une hauteur moyenne de 6 500 pieds au-dessus du niveau de la mer; 1 500 au-dessus des ouadis environnants. Sa crête est hérissée d'une multitude de pics et de dômes de granit de syène , et terminée aux deux extré- mités par des pics plus élevés : au sud , par un pic unique de 7 3tj3 pieds;... au nord-ouest, par +trois ou quatre escarpements, nommés collecti- vement Ras - Souf safeh , du nom du plus haut d'entre eux, qui a 6 937 pieds... De tous les côtés, à l'exception du sud - est , la pente est très abrupte et très rapide. » (Ibid., p. 529.) La scène entière a un caractère majestueux , solennel , qui la ren- dait très propre au but que se proposait le Sei- gneur. Nul autel ne convenait mieux que ce gigantesque et magnifique Sinaï pour célébrer l'union de Jéhovah et de son peuple. — De Ea- phidim, les Hébreux parvinrent au Sinaï en longeant l'ouadi Es - Scheick , large vallée qui est, pour ainsi dire, coupée à travers la masse gra- nitique. La route complète d'Israël depuis Ayoûn- Mouça avait été d'environ 285 kilomètres. +2° Les Hébreux promettent d'obéir aux pré- ceptes du Seigneur. XIX, 3-8*. +3-6. La proposition de Jéhovah. — Moyses ascendit... : dans l'espoir qu'il recevrait une com- munication céleste. En effet, avant qu'il fût par- venu au sommet, le Seigneur l'appela de monte, c.-à-d., selon l'opinion conunune, du Ras-Souf- safeh, ])rojeté en avant du Sinaï, et visible de toute la plaine d' Er-Rahah. — Dices domui Jacob (nom significatif, que l'on ne trouve pas ailleui's dans le Pentateuque ). Grave message, qui ren- ferme les préliminaires de l'alliance. Dieu rap- pelle d'abord ses bienfaits passés, vers. 4; puis il fait ses propositions et ses promesses pour l'a- +Ex. XIX, 5-11. +249 +j'ai fait aux Égj'ptiens , et de quelle ma- nière je vous ai portés sur des ailes d'aigle, et je vous ai pris pour être à moi. +5. Si donc vous écoutez ma voix: et si vous gardez mon alliance , vous m'appar- tiendrez entre tous les peuples comme mon bien propre; car toute la terre est à moi. +6. Vous serez pour moi un royaume de prêtres et une nation sainte. C'est là ce que vous direz aux enfants d'Israël. +7. Moïse, étant donc venu vers le peuple, en fit assembler les anciens et leur exposa tout ce que le Seigneur lui avait commandé de leur dire. +8. Le peuple répondit tout d'une voix : Nous ferons tout ce que le Seigneur a dit. Moïse rapporta au Seigneur les pa- roles du peuple, +9. Et le Seigneur lui dit : Je vais venir à vous dans une nuée sombre, afin que le peuple m'entende parler et qu'il vous croie à tout jamais. Après que Moïse eut rapporté au Seigneur les paroles du peuple, +10. Il lui dit : Allez trouver le peuple, et sanctifiez -le aujourd'hui et demain. Qu'ils lavent leurs vêtements, +11. Et qu'ils soient prêts pour le troi- +ptiis, quomodo portaverim vos super alas aquilarum, et assumpserim milii. +5. Si ergo audieritis vocem meam, et custodicritis pactum meum, eritis milii in peculium de cunctis populis ; mea est enim ornais terra. +6. Et vos eritis milii in regnum sacer- dotale, et gens sancta. Hœc sunt verba quœ loqueris ad filios Israël. +7. Venit Moyses, et convocatis majo- ribus natu populi, exposuit omnes ser- mones quos mandaverat Dominus. +8. Responditque omnis populus simuî : Cuncta quœ locutus est Dominus, fa- ciemus. Gamque retulisset Moyses verba populi ad Dominum, +9. Ait ei Dominus : Jam nunc veniam ad te in caligine nubis, ut audiat me populus loquentem ad te, et credat tibi in perpetuum. Nuntiavit ergo Moyses verba populi ad Dominum , +10. Qui dixit ei : Vade ad populum, et sanctifica illos hodie et cras; lavent- que vestimenta sua, +11. Et sint parati in diem tertium; +venir, vers. 5-6. — Vos ipsi (avec emphase) ... qiise fecerim..., bienifait négatif; quomodo por- taverim..., bienfait positif , retracé sous une figure d'une extrême délicatesse , que nous retrouverons ailleurs, Deut. xxxji, 11, avec des développements plus complets. L'aigle, dit -on, exerce ses petits à voler, et se tient auprès d'eux pour les encou- rager, tout prêt à, les recevoir au besoin sur ses ailes étendues. L.'amour de Dieu est donc fort et tendre tout ensemble. — Assumpserim mihi : sous ma protection spéciale. — Si ergo audieri- tis... C'est l'unique condition exigée : une pai'- faite obéissance. En échange viennent les pro- messes : eritis... peculium. Hébreu : s^gullah ; expression souvent employée désormais pour dé- signer Israël comme la propriété particulière de Jéhovah, et comme son peuple de prédilec- tion de cunctis populis. Cf. Deut. vu, 6 ; xiv, 2 ; Mal. III, 17; Tit. ii, 14, etc. — In regnum sa- cerdotale. Hébr. : un royaume de prêtres. Les Targums et Onkélos rendent toute la force de cette locution : « des rois -prêtres; » ou : « des prêtres et des rois. » Israël, pris collectivement, sera une race dont chaque membre possédera les deux plus grandes dignités qui soient au monde , la royauté et le sacerdoce. Privilèges qui furent naturellement transmis aux chrétiens. Cf. Gai. VI, 16; I Petr. ii, 9; Apec, i, 6. — Gens sancta. Conséquence toute naturelle, les Hébreux ayant des rapports si intimes avec le Dieu trois fois saint. +7 - S\ Réponse du peuple. — Convocatis majo» ribus. Ces anciens , divers détails nous l'ont ap- pris (iv, 29; xii, 21; xvii, 5-6; xviii, 2), ser- vaient d'intermédiaires entre Moïse et le peuple. — Omnis populus. Touchante unanimité. Israël se montre digne du choix divin. — Cuncta (en avant par emi.)hase) ... faciemus. Il est prêt à obéir, quoi qu'on exige de lui. +30 p-niflcation du peuple, en vue de la con- clusion de l'alliance. XIX, S^-ls. +8''-9. Dieu annonce qu'il va promulguer per- sonnellement les conditions de l'alliance théccra- tique. — In caligine nuMs. Si les Hébreux ne purent supporter l'éclat dont brillait le visage de Moïse à la suite de ses entretiens avec Dieu (xxxiv, 33-35), comment auraient -ils soutenu celui de la divine présence? Cf. XL, 85; II Par. V, 14; VII, 2. — Jéhovah se proposait un double but en proclamant lui - même les parties les plus essentielles de la loi : 1° inspirer aux Israélites tine sainte frayeur et les mieux exciter à l'obéis- sance (ut audiat me...') ; 2° accroître l'autorité de Moïse son repi'ésentant (credat tihi...). +10-13. Quelques instructions divines pour pré- parer le peuple h la prochaine cérémonie. — Pre- mière instruction , relative à, la sanctification du peuple, vers. 10-11: lavent... vestimenta. Ce rite est fréquemment presciit au livre du Lévitiquc comme un symbole de la pureté intérieure. Deux jours sont accordés au peuple pour cette purifi- cation. — Deuxième instruction , vers. 12-13»; +250 +Ex. XIX, 12-19. +in die enim tertia descendet Dominus coram omni plèbe super montem Sinai. +12. Constituesque terminos populo per circuitum, et dices ad eos : Cavete ne ascendatis in montera, nec tangatis fines illiiis; omnis qui tetigerit montem, morte morietur. +13. Manus non tanget eum, sed lapi- dibus opprimetur aut confodietur jaculis; sive jumentum fuerit, sive homo, non vivet. Cum cœperit clangere buccina, tune ascendant in montem. +14. Descenditque Moyses de monte ad populum, et sanctilicavit eum. Cumque lavissent vestimenta sua, +15. Ait ad eos : Estote parati in diem tertium, et ne appropinquetis uxoribus vestris. +16. Jamque advenerat tertius dies, et mane inclaruerat ; et ecce cœperunt au- diri tonitrua, ac micare fulgura, et nu- bes deilsissima operire montem, clan- gorque buccin£e vehementius perstrepe- bat; et timuit populus qui erat in ca- stris. +17. Cumque eduxisset eos Moyses in occursum Dei de loco castrorum, stete- runt ad radiées montis. +18. Totus autem mons Sinai fumabat, eo quod descendisset Dominus super eum in igné, et ascenderet fumus ex eo quasi de f ornace ; eratque omnis mons terribilis. +19. Et sonitus buccinse paulatim cre- scebat in majus, et prolixius tendebatur. Moyses loquebatur, et Deus responde- bat ei. +sième jour ; car dans trois jours le Sei- gneur descendra devant tout le peuple sur la montagne du Sinaï. +12. Vous marquerez tout autour des limites pour le peuple , et vous leur direz : Prenez bien garde de ne pas monter sur la montagne ni d'en toucher les bords. Quiconque touchera la montagne sera puni de mort. +13. On ne mettra pas la main sur lui, mais il sera lapidé ou percé de flèches ; que ce soit un animal ou un homme, il perdra la vie. Quand la trompette com- mencera à sonner, qu'ils montent alors à la montagne. +14. Moïse, étant descendu de la mon- tagne, vint trouver le peuple, et il le sanctifia. Et après qu'ils eurent lavé leurs vêtements, +15. Il leur dit : Soyez prêts pour le troisième jour, et ne vous approchez point de vos femmes. +16. Le troisième jour étant arrivé, sur le matin, comme le jour était déjà bril/ lant, on commença à entendre des ton- nerres et à voir briller des éclairs ; une nuée très épaisse couvrit la montagne, la trompette sonna avec grand bruit, et le peuple qui était dans le camp fut saisi de frayeur. +17. Alors Moïse le fit sortir du camp pour aller au - devant de Dieu , et ils de- meurèrent au pied de la montagne. +18. Tout le mont Sinaï était cou- vert de fumée, parce que le Seigneur y était descendu au milieu du feu. La fumée s'en élevait comme d'une four- naise , et toute la montagne était terrible. +19. Le son de la trompette s'augmen- tait aussi peu à peu et devenait plus fort et plus perçant. Moïse parlait, et Dieu lui répondait. +défense expresse de gravir la sainte montagne, ou même simplement d'en toucher les parois. C'était une autre manière d'inculquer la sainteté et la majesté de la pi'ésence de Dieu. — Tervii- nos... per circuitnm : des limites matérielles; par exemple, au moyen de piquets et de cordes. — Nec tangatis. Nous avons dit que la masse roclieuse du Sinaï se dresse en avant de la plaine d'Kr - Rahah comme un mur gigantesque , que l'on peut toucher de la main. — Morte morie- tur : sanction sévère , qui atteignait même les animaux inconscients. — Manus non tanget eum: le coupable, contaminé et souillé par sa trans- gression. On devait le tuer à distance, à coups de pierres ou de javelots , sans se profaner à son contact. — Troisième instniction, vers. 15^. Buc- cina: la trompette divine (cf. vers. 16). — Tune as- +cendant : non pas le peuple, puisqu'on le lui a formellement interdit, mais Moïse et son frère, d'après le vers. 24. +14-15. Moïse sanctifie les Israélites , conformé- ment aux instructions reçues. +40 Apparition majestueuse et terrible du Sei- gneur sur la montagne. XIX, 16-25. +16-20. La narration est vivante, magnifique, digne des phénomènes qu'elle décrit. La théo- phanie eut lieu le matin (mane) du troisième jour qui suivit l'arrivée des Hébreux auprès du Sinaï. Les phénomènes dont elle fut accompagnée sont d'une manière générale ceux d'un violent orage (tonitrua, fulgura, nubes), d'une érup- tion volcanique (in igné, fumus... quasi de f or- nace) , et d'un tremblement de terre ( vers. 1 8 , au lieu de erat... vions terrihilis, l'hébreu a :et touto +Ex. XIX, 20 -- XX, 1. +251 +20. Et le Seigneur descendit sur la montagne du Sinaï, sur le sommet de la montagne, et il appela Moïse sur la cime. Et lorsqu'il y fut monté, +21. Dieu lui dit : Descendez vers le peuple et déclarez -lui hautement ma volonté, de peur que, dans le désir de voir le Seigneur, il ne passe les limites, et qu'un grand nombre d'entre eux ne périsse. +22. Que les prêtres aussi qui s'ap- prochent du Seigneur se sanctifient, de peur qu'il ne les frappe de inort. +23. Moïse répondit au Seigneur : Le peuple ne pourra monter sur la montagne du Sinaï, parce que vous m'avez fait vous-même ce commandement très ex- près, en me disant : Mettez des limites autour de la montagne, et sanctifiez le •peuple. +24. Le Seigneur lui dit : Allez , des- cendez. Vous monterez ensuite, vous et Aaron avec vous. Mais que les prêtres et le peuple ne passent point les limites, et qu'ils ne montent point où est le Sei- gneur, de peur qu'il ne les fasse mourir. +25. Moïse descendit donc vers le peuple et lui rapporta tout ce que Dieu lui avait dit. +20. Dcscenditque Dominus super mon- teni Sinai in ipso raontis vertite, et vo- cavit Moysen in cacumen ejus. Quo cum ascendisset, +21. Dixit ad eum : Descende, et con- testare populum, ne forte velit trans- cendere terminos ad videndum Domi- num, et pereat ex eis plurima multitudo. +22. Sacerdotes quoque qui accedunt ad Dominum, sanctificentur, ne percutiat eos. +23. Dixitque Moyses ad Dominum : Non poterit vulgus ascendere in montem Sinai; tu enim testificatus es, et jussisti dicens : Pone terminos circa montem, et sanctifica illum. +24. Cui ait Dominus : Vade, descende ; ascendesque tu, et Aaron tecum; sacer- dotes autem et populus ne transeant ter- minos, nec ascendant ad Dominum, ne forte interficiat illos. +25. Descenditque Moyses ad populum, et omnia narravit eis. +CHAPITRE XX +1. Le Seigneur prononça ensuite toutes ces paroles : +1. Locutusque est Dominus cunctos sermones hos : +la montagne tremblait extrêmement). Et parmi tout cela, clangor huccincs. Manifestation unique, qui ne sera surpassée que par celle du jugement dernier. Au5si conçoit-on sans peine la terreur des Hébreux. Cf. Deut. iv, 11-12. — Cum... eduxisset... Moyses (vers. 17). Le camp s'étalait dans la vallée, à quelque distance du Ras - Soufsaféh ; voir la note du vers. 1 , et VÂtl. géogr., pi. vr. +21-2.5. Dieu avertit encore le peuple de ne pas trop s'approcher de la montagne. — Contestare... ne forte velit... Quoique la plupart fussent terri- fiés, il était h craindre que la curiosité n'en pous- sât quelques-uns au delà des limites fixées, ad videndum. — Sacerdotes quoque... Los prêtres, accoutumés à traiter avec Dieu, devaient éprou- ver une crainte moins vive; aussi reçoivent -ils un avertissement spécial. Avant l'institution du sacerdoce lévitique, c'étaient probablement les chefs de familles qui remplissaient les fonctions de prêtre. — Non poterit vulgus... Moïse rappelle à Dieu que toutes les mesures sont prises pour que personne ne s'approche de la montagne ; le Seigneur demande néanmoins que ses ordres soient de nouveau transmis au peuple. +Section II. — Les conditions de l'alliance. XX, 1 —XXIII, 33. +Ces conditions consistent naturellement en un certain nombre de lois spéciales, imposées aux Hébreux par Jéhovah. Elles sont contenues ici en abrégé , dans le Décalogue et dans le Livre de l'alliance. +10 Le Décalogue. XX, 1-17. +Chap. XX. — 1. Petite introduction histo- rique.— Locutus est Dominus. Lui-même, en per- sonne. Cf. vers. 19, et Deut. v, 4, 22. — Cunctos sermones hos. C.-à-d. toutes les pai'oles comprises entre les vers. 2 et 17 : « les dix paroles » (hébr. : d'bârim ) , ou le Décalogue. — Nous n'avons pas à nous étendre ici sur la beauté, sur l'impor- tance de ces dix préceptes. L'Église chrétienne les a reçus des mains de la synagogue comme un précieux dépôt , et ils sont à la base de toute vraie civilisation. Ils l'emportent infiniment sur ce que les anciennes législations contiennent de plus parfait ; rien d'humain ne saurait leur être comparé, et ils justifient pleinement leur céleste origine. Le Décalogue, assurément, n'est pas l'É- +252 +Ex. XX, 2-8. +2. Ego sum Dominus; Deus tuus, qui eduxi te de terra iEgypti, de domo ser- vitutis. +3. Non habebis deos alienos coram me. +4. Non faciès tibi sciilptile, neque oranem simili-tudinem qiiœ est in cœlo deïuper, et quse in terra deorsum, nec eorum quœ simt in aquis sub terra. +5. Non adorabis ea , neque coles ; ego sum Dominus Deus tuus fortis, zelotes, visitans iniquitatem patrum in filios, in tertiam et quartam generationem eorum qui oderunt me, +6. Et faciens misericordiam in millia his qui diligunt me, et custodiunt praî- cepta mea. +7. Non assumes nomen Domini Dei tui in vanum ; nec enim habebit inson- tem Dominus eum qui assumpserit no- men Domini Dei sui frustra. +8. Mémento ut diem sabbati sancti- fiées. +2. Je suis le Seigneur votre Dieu, qui vous ai tirés de l'Egypte, de la maison de servitude. +3. Vous n'aurez point d'autres dieux devant moi. +4. Vous ne vous ferez point d'image taillée, ni aucune ligure de tout ce qui est en haut dans le ciel, et en bas sur la terre, ni de tout ce qui est dans les eaux sous la terre. +5. Vous ne les adorerez point et vous ne leur rendrez point le souverain culte ; car je suis le Seigneur votre Dieu, fort et jaloux, qui venge l'iniquité des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et quatrième génération de ceux qui me haïssent, +6. Et qui fais miséricorde jusqu'à mille générations à ceux qui m'aiment et qui gardent mes préceptes. +7. Vous ne prendrez point en vain le nom du Seigneur votre Dieu, car le Sei- gneur ne tiendra poij.it pour innocent celui qui aura pris eii vain le nom du Seigneur son Dieu. / +8. Souvenez -vous de sanctifier le-joùr du sabbat. +vangile, puisque l'Évangile viendra le relever encore et l'ennoblir ; du moins , 11 nous enseigne avec une concision étoiuiante nos devoirs envers Dien et envers le procliain. — La manière de diviser les dix commandements a varié dans le cours des siècles, et, même de nos jours, il règne sur ce point d'assez notables divergences. Le vers. 2 n'est qu'un prélude, quoique les Juifs en fassent le premier précepte. Les Églises orien- tales et reformées scindent en deux commande- ments distincts les paroles contenues aux vers. 3-6; elles adoptent l'ordre si;ivant, patronné dans l'an- tiquité par saint Irénée, Origène, TertuUien, saint Éphrem, saint Épiphane, etc. : !<> l'idolâ- trie, 2° le culte des images, 3° la profanation du nom divin, 4" le sabbat, 5o les parents, 6° l'homicide , 7° l'adultère , 8° le vol , 9° le faux témoignage, 10° toutes les convoitises coupables. Depuis le iv^ siècle, à la suite de saint Augustin, les Latins réunissent l'idolâtrie et le culte des Images en un seul précepte ; et ils mettent à part (vers. 17) les convoitises charnelles, pour en faii'e tm commandement spécial. Nous nous conforme- rons à ce dernier arrangement, tout en recon- naissant qu'il est moins conforme que l'autre à la lettre du texte sacré (voyez le vers. 17). +2. Prélude solennel. Le divin législateur rap- pelle, en tête du Décalogue, qu'il a un double droit à l'obéissance d'Israël: il est son Dieu, il est son bienfaiteur {qui eduxi...). +3-6. Premier commandement : proscription de l'idolâtrie ; l'unité et la spiritualité de Dieu. — Deos aliénas coram me. C.-à-d. à côté de moi ; par conséquent, avec moi, L'hypothèse n'est pas +qu'Israël puisse oublier entièrement Jéhovah, mais qu'il n'en vienne à adorer simultanément le vrai Dieu et les fausses divinités. — Non faciès... sculptile. Cette défense n'est point ab- solue, comme l'ont tardivement prétendu les rabbins ; témoins les chérubins de l'arche et du Saint des saints , les bœufs ■ de la mer d'airain , les lions du trône de Salomon, 3tc. Ce qui est interdit, c'est de sculpter ou de fondre des images pour leur rendre un culte (won adorabis, le culte extéi'ieur, marqué par la prostration ; neque coles, le culte intérieur). — In cœlo, in terra, in aqnis. En Egypte, les Hébreux avaient pu voir des idoles dont la l'cprésentation était limpruntée à ces trois parties de l'univers ; pour eux , la prohibition est universelle. Cf. Deut. tv, 16-19. — Ego sum... (5''- 6) : c'est la sanction du pre- mier précepte; sanction terrible pour les ti-ans- gresseurs, infiniment douce pour les Isi'aélites obéissants. Remarquez l'opposition qui existt- entre les mots in qttartavi gêner alionein et in millia (mille générations. Deut. va. G). — Zelotes: un Dieu jaloux, qui ne peut souffrir de rival. Cf. xxxiv, 14; Deut. iv, 24; v, 9 ; Jos. xrv, 19; Nah. 1, 2. Anthropomorphisme très expressif. +7. Deuxième commandement : contre la pro- fanation du nom divin. — Non assumes... in vaiium. Ces mots condamnent à la fois les faux serments, le blasphème, et aussi les serments prêtés à la légère. — Nec enim... insontein. De nouveau la sanction : Jéhovah saura venger l'hon- neur de son nom. +8-11. Troisième commandement : la sanctifi- cation du sabbat. Dieu msisto assez longuement +Ex. XX, 9-19. +253 +9. Vous travaillerez durant six jours, et vous y ferez tous vos travaux ; +10. Mais le septième jour est le jour du repos du Seigneur votre Dieu. Vous ne ferez en ce jour aucun ouvrage, ni vous, ni votre lils, ni votre lille, ni votre serviteur, ni votre servante, ni votre bétail, ni l'étranger qui est dans vos portes. +11. Car le Seigneur a fait en six jours lo ciel, la terre et la mer, et tout ce qui y est renfermé, et il s'est reposé le sep- tième jour. C'est pom-quoi le Seigneur a béni le jour du sabbat et l'a sanctifié, +12. Honorez votre père et votre mère, afr.i que vous viviez longtemps sur la terre que le Seigneur votre Dieu vous donnera. +13. Vous ne tuerez point. +14. Vous ne commettrez point d'adul- tère. +15. Vous ne déroberez point. +16. Vous ne porterez point de faux témoignage contre votre prochain. +17. Vous ne désirerez point la maison de votre prochain; vous ne désirerez point sa femme, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune de toutes les choses qui lui ap- partiennent. +18. Or tout le peuple entendait les tonneiTes et le son de la trompette, et voyait les lampes ardentes et la mon- tagne toute couverte de fumée. Et dans la crainte et l'effroi dont ils étaient saisis, ils se tinrent éloignés. +19. Et ils dirent à Moïse : Parlez -nous +9. Sex diebus opcraberis, et faciès omnia opéra tua. +10. Sei)timo autem die, sabbatum Do- mini Dci tui est ; non faciès omne opus in eo, tu, et iilius tuus et filia tua, servus tuuB et ancilla tua, jumentum tuum, et advena qui est intra portas tuas. +11. Sex enim diebus fecit Dominus caslum et terram, et mare, et omnia quse in eis sunt, et requievit in die septimo ; idcirco benedixit Dominus diei sabbati, et sanctificavit eum. +12. Honora patrem tuum et matrem tuam, ut sis longsevus super terram, quam Dominus Deus tuus dabit tibi. +13. Non occides. +14. Non mœchaberis. +15. Non furtum faciès. +16. Non loqueris contra proximum tuum falsum tesiimonium. +17. Non concupisces domum proximi tui; nec desiderabis uxorem ejus, non servum, non ancillam, non bovem, non asinum, nec omnia quse iilius sunt. +18. Cunctus autem populus videbat voces et lampades , et sonitum buccinse , montemque f umantem ; et perterriti ao pavore concussi, steterunt procul, +19. Dicentes Moysi : Loquere tu no- +sur ce prcccpto , à caiTse de son importance par- ticulière. II l'introduit d'une manière solennelle et unique, par l'expression mémento. — Sancti- fiées : surtout par la cessation de toute œuvre servile, ainsi qu'il est ensuite expliqué. Cf. xvi, 23-30; xxin, 12; Deut. v, 12-17, etc. La famille entière devra prendre part à ce repos sacré, même les serviteurs, les bêtes de somme, et les étrangers qui séjournaient au milieu d'Israël (intra po)-tas : les portes du. camp; plus tard, des villes). — Sex cnim diebus... Motif de l'in- stitution du sabbat. Cf. Gen. ii , 2-3 ; Ex. xxxi, 7. +12. Cinqviième précepte : le l'espect dû aux parents. De nos devoirs envers Dieu nous passons à nos devoirs envers nos semblables ; or, nos pa- rents sont notre premier prochain. — Honora... Terme parfaitement choisi, qui dit pliis que la simple affection. — Ut sis long vegardés avec une grande délicatesse. +Chap. XXI. — 1-6. Les hommes esclaves. — Hcec judicia : les règles, les décisions légales. Cj +Ex. XXI, 3-10. +255 +il vous servira durant six ans , et au sep- tième il sortira libre sans vous rien don- ner. +3. Il s'en ira de chez vous avec le même vêtement qu'il y est entré ; et s'il avait une femme, elle sortira aussi avec lui. +4. Mais si son maître lui en a fait épou- ser une dont il ait eu des fils et des filles, sa femme et ses enfants seront à son maître, et pour lui il sortira avec son vêtement. +5. Que si l'esclave dit : J'aime mon maître, et ma femme et mes enfants; je ne veux point sortir pour être libre ; +6. Son maître le présentera devant les dieux, et ensuite, l'ayant fait approcher des poteaux de la porte, il lui percera l'oreille avec un poinçon, et il demeurera son esclave à jamais. +7. Si quelqu'un a vendu sa fille pour être esclave , elle ne sortira point comme les autres esclaves ont coutume de sortir, +8. Si elle déplaît au maître à qui elle avait été donnée, il la laissera aller; mais, l'ayant ainsi méprisée, il n'aura pas le pouvoir de la vendre à un peuple étranger. +9. Que s'il la fait épouser à son fils , il la traitera comme ses filles. +10. Mais, s'il épouse une autre femme, il donnera à l'esclave ce qui lui est dû pour son mariage, des vêtements et le prix de sa virginité. +annis serviet tibi ; in septimo egredietur liber gratis. +3. Cum qnali veste intraverit, cum tali exeat; si habens uxorem, et uxor egre dietur simul. +4. Sin autem dominus dederit illi uxo- rem, et pepererit filios et filias, mulier et liberi ejus erunt domini sui; ipse vero exibit cum vestitu suo. +5. Quod si dixerit servus : Diligo do- minum meum et uxorem ac liberos, non egrediar liber, +G. Ofîeret eum dominus diis, et appli- cabitur ad ostium et postes, perforabit- que aurem ejus subula, et erit ei servus in sseculum. +7. Si quis vendiderit filiam suam in famulam, non egredietur sicut ancillœ exire consueverunt. +8. Si displicuerit oculis domini sui cui tradita fuerat, dimittet eam; populo autem alieno vendendi non habebit po- testatem, si spreverit eam. +9. Sin autem filio suo desponderit eam, juxta morem filiarum faciet illi. +10. Quod si alteram et acceperit, pro- videbit puellse nuptias, et vestimenta, et pretium pudicitise non negahit. +titre domine toutes les matières contenues aux chap. xxi-xxiu. — Servum hebrœum. Pour les esclaves étrangei's, voyez Lev. xxv, 44, 46. Un Hébreu pouvait être réduit à l'esclavage ou par suite d'un délit, xxii, 3, ou comme débiteur insolvable , Lev. xxv, 39. — In sejMmo... gratis : sans avoir rien à payer pour son affranchissement. Bien plus, son maître était obligé par la loi, Deut. XV, 12-18, de lui faire quelques présents. — Cum quali veste... D'après l'hébr. : S'il est entré seul ( non marié ) , il sortira seul. C'est une pre- mière hypothèse établie par le législateur. — Deuxième hypothèse : Si Jiabens uxorem ; s'il était marié au moment où il devint esclave. Dans ce cas, uxor egredietur simul. — Troisième hypo- thèse : Si... dominus. . . uxorem : une de ses esclaves, comme l'indique le contexte. Alors le maître conservera ses droits soit sur la femme, soit sur les enfants issus de cette imion, et l'homme s'en ira « seul » (au lieu de cum ve- stitu suo). — Quatrième hypothèse : Quod si dixerit... Le cas devait être assez fréquent pour les esclaves hébreux mariés , car ils étaient habi- tuellement traités avec égard et indulgence. — Offeret eum... diis. O.-à-d. aux juges. Cf. xxii, 8-0: Ps. TA'xxi, 6, etc.— Ai^plicahitur..., perjo- +rahit : de manière à le clouer momentanément à la porte de l'habitation ; symbole dont la significa- tion est manifeste. Désormais cet esclave faisait, pour ainsi dire, partie intégrante de la maison. La coutume de percer l'oreille aux esclaves parait avoir été assez commune chez les anciens; les classiques la mentionnent souvent. +7-11. Les femmes esclaves. Elles sont l'objet d'une protection spéciale, attendu que l'on pou- vait plus facilement abuser d'elles. — Si quis ven- diderit filiam. Triste droit, qui faisait autrefois partie de la « patria potestas ». Cf. Neh. v, 5. — In famulam. Non comme une esclave ordinaire , car alors elle aurait recouvré sa liberté au début de la septième année (cf. Deut. xv, 12); mais, d'après le vers. 8, comme une femme de second rang. — Non... sicut ancillœ. L'hébreu emploie le masculin : comme les hommes esclaves dont on vient de parler. Une esclave mariée à son maître jouissait d'une situation avantageuse; il était donc inutile de lui appliquer le privilège accoutumé. Toutefois, ici encore, différentes hypothèses pou- vaient se présenter; le divin Législateur en si- gnale quatre, dont il donne aussitôt la solution. — 10 Si displicuerit... L'hébreu est plus clair : Si elle déplaît à son maître qui se l'était destinée +13 +256 +Ex. XXI, 11-20. +11. Si tria ista non fecerit, egTedietur gratis absque pecimia. +12. Qui percusserit hominem volens occidere, morte moriatur. +13. Qui autem non est insidiatus, sed Deus illum tradidît in manus ejus, constituam tibi locum in quem fugere debeat. +14. Si quis per industriam occiderit proximum suum, et per insidias, ab al- tari meo evelles eum , ut moriatur. +15. Qui percusserit patrem suum aut matrem, morte moriatur. +16. Qui furatus fuerit hominem, et vendiderit eum, convictus noxse, morte moriatur. +17. Qui maledixerit patri suo, vel matri, morte moriatur. +18. Si rixati fuerint viri, et percus- serit alter proximum suum lapide vel jTLigno, et ille mortuus non fuerit, sed jacuerit in lectulo; +19. Si surrexerit, et ambulaverit foris super baculum suum, innocens erit qui percusserit, ita tamen ut opéras ejus et impenses in medicos restituât. +20. Qui percusserit servum suum vel +11. Que s'il ne fait point ces trois choses, elle sortira libre sans qu'il en puisse tirer d'argent. +12. Si quelqu'un frappe un homme avec dessein de le tuer, qu'il soit puni de mort. +13. Quant à celui qui ne lui a point dressé d'embûches , mais entre les mains duquel Dieu l'a fait tomber, je vous marquerai un lieu où il pourra se réfu- gier. +14. Si quelqu'un tue son prochain de dessein prémédité et lui ayant dressé des embûches, vous l'arracherez même de mon autel pour le faire mourir. +15. Celui qui aura frappé son père ou sa mère sera puni de mort. +16. Celui qui aura enlevé un homme et l'aura vendu, s'il est convaincu de ce crime, sera puni de mort. +17. Celui qui aura maudit son père ou sa mère sera puni de mort. +18. Si deux hommes se querellent, et que l'un frappe l'autre avec une pierre, ou avec le poing, et que le blessé n'efi meure pas, mais qu'il soit oblige de garder le lit ; +19. S'il se lève ensuite et qu'il marche dehors, s'appuyant sur son bâton, celui qui l'avait blessé sera regardé comme innocent; mais il sera obhgé de le dé- dommager pour son interruption de tra- vail, et de lui rendre tout ce qu'il aura donné à ses médecins. +20. Si un homme fi-appe son esclave +(pciir femme; cui tradlla erat), qu'il la fasse raclir^tcr (an lieu de dimittet eam) ; il n'aura pas le droit de la vendre à des étrangers, après lui avoir été infidèle. Dans ce premier cas , le maître pouvait donc vendre son esclave ù, un autre Is- raélite; mais il lui était interdit de la céder h un païen (populo aliéna). — 2° Si... filio suo... S'il la donne pour femme à son fils au lieu de l'épouser lui-même, il devra la traiter comme sa fille. — 3» Quod si alteram...; car la polj-ga- raie était tolérée en Israël. Dans cet autre cas, le maître devra continuer de bien traiter l'esclave épousée en premier lieu. Trois points sont préci- sés : une bonne nouiTiture (littéral. : do la viande, au lieu do mlptias} , les vêtements, le droit con- jugal (Vulg. : pretium pudicitiœ). — 4,° Si tria hœc... L'esclave recouvrait alors sa pleine liberté. +5° L'homicide, le manque de respect aux pa- rents, les rixes, etc. XXI, 12-27. +12-14. I/homicide. — Qui percusserit... volens... Pour l'homicide délibéré , pas de rémission : morte morietur. Cf. Gen. ix, 6. On arrachera le meurtrier du sanctuaire môme pour le conduire KU supplice (vers. 14). Cf. Lev. iv, 7; III Reg. i, 50; n, 28. — Q«i... non est insidiatas. C'est le cas +du meurtre sans préméditation, par suite d'une rencontre fortuite (Deus illum tradidit...). — Constituam... locum: les villes dites de refuge, dont il sera parlé plus tard. Cf. Num. xxxv, 6 -34 ; Dcut. IV, 41-43; Jos. xx, 2-9, etc. +15-17. Trois autres crimes imnis de mort : frapper ses parents (vers. 15 ; percusserit ne s'ap- plique pas au parricide proprement die, dont la loi mosaïque ne suppose pas même la possibilité) ; le rapt d'un Israélite, pour le vendre (vers. 16; c'avait été le crime des frères de Joseph) ; mau- dire ses parents (vers. 17). Sur ces trois points, comp. Deut. xxvii, 16; xxrv, 7; Lev. xx, 9. +18-19. Rixes, coups et blessures. Premier cas , présenté d'une manière très vivante (jacuerit..., surrexit..., super baculum). Le coupable est con- damné à des dommages -intérêts, de manière h. indemniser le blessé, soit de ses portes de temps (opéras...), soit des dépenses faites pour se guérir (impensas in medicot^). +20-21. Deuxième cas : on suppose que c'est un maître qui a frappé ses esclaves. — Qui i)ercus- serit... virga : le châtiment habituel des esclaves. Voyez YAtl. arch. de la Bible, pi. lxxi, flg. 4-5. Si la mort avait été immédiate (in vianibus...), le +Ex. XXI, 21-29. +257 +ou sa servante avec une vcrg-e, et qu'ils meurent entre ses mains , il sera coupable de crime. +21. IMais s'ils survivent un ou deux jours, il n'en sera point jmni, car c'est son argent. +22. Si des hommes se querellent, et que l'un d'eux ayant frappé une femme en- ceinte, elle accouche d'un enfant mort, sans qu'elle meure elle-même, il sera obligé de payer ce que le mari de la femme voudra et ce qui aura été ordonné par des arbitres. +23. Mais, si la femme en meurt, il rendra vie pour vie, +24. Œ'û pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, +25. Brûlure pour brûlure, plaie pour plaie, meurtrissure pour meurtrissure. +26. Si un homme frappe l'œil de son esclave ou de sa servante, et qu'il leur fasse perdre l'œil, il les renverra libres pour l'œil qu'il leur a fait perdre, +27. S'il fait tomber une dent à son esclave ou à sa servante, il leur rendra pareillement la liberté. +28. Si un bœuf frappe de sa corne un homme ou une femme, et qu'ils en meurent, le bœuf sera lapidé, et on ne mangera point de sa chair ; mais le maître du bœuf sera jugé innocent. +29. S'il y a déjà quelque temps que le bœuf frappait de la corne, et que le maître ne l'ait point renfermé après en avoir été averti, de sorte qu'ensuite il +ancillam virga, et mortui fuerint in manibus ejus, criminis reus erit. +21. Sin autem uno die vel duobus su- pervixerint, non subjaccbit pœ^nœ, quia pecunia illius est. +22. Si rixati fuerint viri, et perçus- sent quis mulierem prœgnantem, et abor- tivum quidem fecerit, sed ip^^a vixerit, subjacebit damno quantum maritus mu- lieris expetierit, et arbitri judicaverint. +23. Sin autem mors ejus fuerit sub- secuta, reddet animam pro anima, +24. Oculum pro oculo, dentem pro dente, manum pro manu, pedem pro pede , +25. Adustionem pro adustione, vulnus pro vulnere, livorem pro livorc. +26. Si percusserit quispiam oculum servi sui aut ancillse, et luscos eos fe- cerit, dimittet eos liberos pro oculo quem eruit. +27. Dentem quoque si excusserit serve vel ancillse suse, similiter dimittet eos liberos. +28. Si bos cornu percusserit virum aut mulierem, et mortui fuerint, lapi- dibus obruetur, et non comedentur carnes ejus ; dominus quoque bovis innocens erit. +29. Quod si bos cornupeta fuerat ab heri et nudiustertius , et contestât! sunt dominum ejus, nec recluserit eum, occi- deritque virum aut mulierem, et bos +maître devenait criminis reus, et était condamné, suivant le Talmnd , à stibir la peine capitale ; selon beaucoup d'interprètes, la sentence était abandonnée à la décision des juges. Si le blessé si^rvivait au moins un jour on deux, le maître n'encourait aucune peine , l'esclave étant regardé comme sa propriété {pecunia ejus). Ces restric- tions paraissent défectueuses en plein christia- nisme, et pourtant aucune législation ancienne n'a fait autant en faveur des esclaves. +22-25. Troisième cas de rixe, et loi du talion. — Percusserit quis mulierem. On semble sup- poser que cette femme se serait jetée d'elle-même dans la mêlée pour défendre son mari. — Sub- jacebit damno..., d'après l'arbitrage officiel des juge'i. — Si... mors... subsecuta. Hébr. : S'il y a dommage. En effet, les lignes suivantes con- viennent à toute sorte d'accidents, et pas seule- ment à la mort. — Animam pro anima... C'est le « jus talionis », si célèbre chez la plupart des nations anciennes , et réitéré , pour les Hébreux , au Lévitique, xxiv, 19-21, et au Deut., xix, 21. Rlon de plus légitime en théorie ; mais la mise en pratique est si ditlicile dans la plupart des cas , +que la tradition juive, se refusant à interpréter lit- téralei.icnt les détails oculum pro oculo, etc., s'est contentée d'y voir une base d'après laquelle on appréciait la compensation pécunia're due au blessé. +26-27. Quatrième cas. Le talion ne s'appliquait point aux esclaves blessés ; mais si , en les frap- pant , leur maître leur infligeait un dommage cor- porel permanent , ne fût - ce que celiii d'une dent brisée , ils recouvraient aussitôt leur liberté , sans condition. +6" Accidents causés par des animaux. XXI, 28-32. +26. Premier cas, le plus ordinaire : l'accident est tout à fait fortuit. — Lapidibus obruetur, conformément à, la loi antique , Gen, ix , 6 , et la chair de l'animal sera traitée comme un cadavi'e immonde (non comedentur...). — Dominus inno- cens..., car on suppose qu'il n'y a pas eu de sa faute. +29 - 32. Deuxième cas : le propriétaire aurait dû prévoir et empêcher l'accident. Alors il sera res- ponsable, digne de mort (vers. 29); on lui per- met cependant de racheter sa vie par une forte +258 +Ex. XXI, 30 — XXII, 3. +lapidibus obruetur, et dominum ejus oc- cident. +30. Quod si pretium fuerit ei imposi- tiim, dabit pro anima sua quidquid fuerit postulatus. +31. Filium quoque et filiam si cornu percusserit, simili sententise subjacebit. +32. Si servum ancillamque invaserit, triginta siclos argenti domino dabit, bos vero lapidibus opprimetur. +33. Si quis aperuerit cisternam, et fo- derit, et non operuerit eam, cecideritque bos aut asinus in eam, +34. Eeddet dominus cisternsB pretium iumentormïi; quod autem mortuum est, ipsius erit. +35. Si bos alienus bovem alterius vulneraverit , et ille mortuus fuerit, ven- dent bovem vivum, et divident pretium, cadaver autem mortui inter se disper- tient. +36. Sin autem sciebat quod bos cor- nupeta esset ab heri et nudiustertius , et non custodivit eum dominus suus, reddet bovem pro bove, et cadaver integrum accipiet. +tue un homme ou une femme, le bœuf sera lapidé et le maître puni de mort. +30. Que si on le taxe à une somme d'argent, il donnera, pour racheter sa vie, tout ce qu'on lui demandera. +31. Si son bœuf frappe aussi un fils ou une fille, le même jugement sera rendu. +32. Si son bœuf frappe un esclave ou une servante, il payera à leur maître trente si clés d'argent, et le bœuf sera lapidé. +33. Si quelqu'un a ouvert sa citerne ou en creuse une sans la couvrir, et qu'il y tombe un bœuf ou un âne, +34. Le maître de la citerne rendra le prix de ces bêtes, et la bête qui sera morte sera pour lui. +35. Si le bœuf d'un homme blesse le bœuf d'un autre et qu'il en meure, ils vendront le bœuf qui est vivant et ils en partageront le prix entre eux; ils partageront de même le bœuf mort. +36. Que si le maître, sachant qu'il V/ avait déjà quelque temps que son bœuf frappait de la corne, n'a pas eu soin de le garder, il rendra bœuf pour bœuf, et tout le bœuf mort sera pour lui. +CHAPITRE XXII +1. Si quis furatus fuerit bovem, aut ovem, et occident vel vendiderit, quin- que boves pro uno bove restituet, et quatuor oves pro una ove. +2. Si efîringens fur domum sive suffo- diens fuerit inventus, et accepte vul- nere mortuus fuerit, percussor non erit reus sanguinis. +3. Quod si orto sole hoc fecerit, ho- micidium perpétra vit, et ipse morietur. +1. Si quelqu'un vole un bœuf ou une brebis, et qu'il les tue ou qu'il les vende, il rendra cinq bœufs pour un bœuf et quatre brebis pour une brebis. +2. Si un voleur est surpris brisant la porte d'une maison ou perçant la mu- raille pour y entrer, et qu'étant blessé, il en meure, celui qui l'aura blessé ne sera point coupable de sa mort. +3. Que s'il a tué le voleur en plein jour, il a commis un homicide, et il sera +amende, si c'est un homme libre qui a été tué (30-31) ; par la somme fixe de 30 sicles, ou d'en- viron 90 francs , si c'est un esclave. Cf. Lev, xxv, 44-46, et Zach. xi, 11. +7° Accidents causés à des animaux. XXI, 33-36. +33-34. Premier cas : l'accident provient de ce qu'on a laissé par négligence une citerne ouverte. Les puits et les citernes de l'Orient sont souvent à fleur de terre et dépourvus de margelle ; on les ferme au moyen d'une large pierre roulée sur l'orifice. Cf. Gcn. xxix, 3 ; AU. archêol. de la Bible, pi. xxxvni, fig. 1-2. — Bos aut asinus: les deux animaux domestiques les plus communs chez les Ilébrcux, et aussi les plus utiles. — Reddet... +pretium. Et rien de plus juste; mais il aura le corps de l'animal. +35- 36. Deuxième cas : l'accident provient d'un autre annual. Distinction analogue à celle des vers. 28 et 29. +8° Lois contre le vol. XXII, 1-4. +Chap. XXII. — 1-4 Furatus... bovem..., ovem. Le vol du bétail est signalé entre tous, parce qu'il avait une gravité particulière chez un peuple agricole. — Occlderit... vendiderit. On suppose vnie aliénation quelconque de l'animal A'olé. La diversité de la restitution {quinque, quatuor) est assez étonnante ; elle a pour cause probable la plus grande utilité du bœuf. — Si effr ingens.,. +Ex. XXII, 4-9. +259 +puni de mort. Si le voleur n'a pas de quoi rendre ce qu'il a dérobé, il sera vendu lui-même. +4. Si ce qu'il avait dérobé se trouve encore vivant chez lui, que ce soit un biruf , ou un âne, ou une brebis, il ren- dra le double. +6. Si un homme fait quelque dégât dans un champ ou dans une vigne, et y laisse aller sa bête pour manger ce qui n'est pas ù, lui, il donnera ce qu'il aura de meilleur dans son champ ou dans sa vigne pour payer le dommage, selon l'es- timation qui en sera faite. +6. Si le feu, gagnant peu à peu, trouve des épines et se prend ensuite à un tas de gerbes, ou aux blés qui sont encore sur pied dans les champs, celui qui aura allumé le feu payera le dom- mage. +7. Si quelqu'un met en dépôt de l'ar- gent chez son ami ou quelque objet en garde, et qu'on le dérobe chez celui qui en était le dépositaire, si l'on trouve le voleur, il rendra le double. +8. Si le voleur ne se trouve point, le maître de la maison sera obligé de se présenter devant les dieux, et il jurera qu'il n'a point pris ce qui était à son prochain , +9. Et qu'il n'a point eu de part à ce vol, que ce soit un bœuf, ou un âne, ou une brebis, ou généralement quelque autre chose qui ait été perdue. Les dieux examineront la cause de l'un et de l'autre, et s'ils condamnent le dépositaire, il rendra le double à son prochain. +Si non habuerit quod pro furto rcddat, ipse venundabitur. +4. Si inventum fuerit apud eum quod furatus est, vivens, sive bos, sive asinus, sive ovis, duplum restituet. +5. Si Iseserit quispiam agrum vel vi- neam, et dimiserit jumentum suum ut depascatur aliéna, quidquid optimum habuerit in agro suo, vel in vinea, pro damni aestimatione restituet. +6. Si egressus ignis invenerit spinas, et comprehenderit acervos fi-ugum, sive stantes segetes in agris, reddet damnum qui ignem succenderit. +7. Si quis commendaverit amico pecu- niam aut vas in custodiam, et ab eo, qui susceperat, furto ablata fuerint; si invenitur fur, duplum reddet. +8. Si latet fur, dominus domus appli- cabitur ad deos, et jurabit quod non extenderit manum in rem proximi sui, +9. Ad perpetrandam fraudem, tam in bove, quam in asino, et ove ac vesti- mento, et quidquid damnum inferre potest ; ad deos utriusque causa perve- niet; et si illi judicaverint, duplum re- stituet proximo suo. +Vol aA-cc effraction (vers. 2-3»), et deux règles pour protéger la vie soit du propriétaire (2), soit du voleur (3»). — Si orto sole : en plein jour on a moins à craindre , et l'on peut mieux se rendre compte des intentions de l'assaillant. — Ipse mo- rietur.. Hébr. : il fera restitution; mots qui com- mencent une nouvelle phrase , et qui s'appliquent au voleur. On revient au vers. 1. — Si non..., vcnuiidahitur: comme esclave ; le prix de la vente défrayait en partie le propriétaire lésé. — Si inventus... La restitution était notablement ré- duite {duplum, deux pour un) quand l'objet volé n'avait pas été aliéné. +90 Lois relatives aux dégâts commis dans les champs et les vignes d'autrui. XXII, 5-6. +5-6. Deux hypothèses et deux jugements dis- tincts, selon que le dommage a été causé volon- tairement (5) ou involontairement (6). La resti- tution était plus considérable dans le premier cas : quidquul optimum... — Eyressas ignis: ces feux qu'on allume dans les champs pour brûler les mau- vaises herbes, etc. +IQo Lois concernant les dépôts. XXII, 7-13. +Ces lois protègent, tout ensemble, les dépôts contre l'infidélité ou la négligence des déposi- taires, et les dépositaires eux-mêmes conti'e les accidents fortuits ou la force majeure. +7-9. Cas d'un dépôt volé chez le dépositaire. — Pecunia7)z aut vas ( l'hébr. kclim désigne toute sorte d'objets). Il était très fréquent chez les anciens, avant qu'il n'existât des banquiers ou des dépositaii'es de profession, de confier à un ami de l'argent ou des objets précieux. — Appli- cabitur ad deos : les juges, comme précédem- ment, XXI, 6. — Et jui-abit... : afin de dégager ainsi sa responsabilité devant Dieu et devant les hommes. — Ad perpetrandam... L'hébreu com- mence Ici une nouvelle phrase, et insère une décision générale, à propos de la pi-escription « applicabitur ad deos » : « En toute affaire frauduleuse concernant un bœuf , un âne , un mouton , un vêtement , ou tout objet perdu dont quelqu'un dit : C'est cela ! la cause des deux parties sera portée aux dieux... » On nous +2C0 +Ex. XXII, 10-20. +10. Si qiiis coramendaverit proximo s.uo asinum, bovem, ovem, et omne jii- mentuni ad custodiam, et mortuum fue- rit, aut debilitatum, vel captum ab ho- stibus , nullusque hoc viderit ; +11. jusjurandum erit in medio, quod non extenderit manum ad rem proximi sui; suscipietque dominus juramentum, et ille reddere non cogetur. +12. Quod si furto ablatum fuerit, re- stituet damnum domino. +13. Si comestum a bestia, déférât ad eum qui occisum est, et non restituet. +14. Qui a proximo suo quidquam lio- rum mutuo postula verit, et debilitatum aut mortuum fuerit, domino non pré- sente, reddere compelletur. +15. Quod si imprœsentiarum dominus fuerit, non restituet, maxime si con- ductum venerat pro mercede operis sui. +16. Si seduxerit quis virginem nec- dum desponsatam, dormieritque cum ea, dotabit eam , et habebit eam uxorem. +17. Si pater virginis dare noluerit, reddet pecuniam juxta modum dotis, quam virgines accipere consueverunt. +18. Maleficos non patieris vivere. +19. Qui coi erit cum jumento, morte moriatur. +20. Qui immolât diis, occidetur, prœ- terquam Domino soli. +10. Si un homme donne à garder à un autre un âne, un bœuf, une brebis ou quelque autre bête, et que ce qu'il avait eu en garde ou meure ou dépérisse, ou soit pris par les ennemis sans que per- sonne l'ait vu, +11. il fera serment devant les juges qu'il n'a point pris le bien de son pro- chain, et le maître de ce qui aura été perdu s'en tiendra à ce serment, sans qu'il puisse le contraindre de payer la perte. +12. Si ce qu'il avait en garde est dé- robé, il dédommagera le propriétaire. +13. Mais, si l'animal est mangé par une bête fauve, il rapportera au proprié- taire ce qui en sera resté , sans être obligé à rien rendre. +14. Si quelqu'un emprunte d'un autre quelqu'une de ces choses, et qu'elle vienne à dépérir ou à mourir en l'absence du propriétaire, il sera obHgé de la rendre. +15. Si le maître est présent, celui qui se servait de la bête ne la restituera point, principalement s'il l'avait louée pour en paj^er l'usage qu'il en tirerait. +16. Si quelqu'un séduit une vierge qui n'était point encore fiancée et qu'il la corrompe, il payera sa dot et il l'épousera lui-même. +17. Si le père de la jeune fille ne veut pas la lui donner, il payera an père autant d'argent qu'il en faut d'ordinaire aux vierges pour se marier. +18. Vous ne laisserez pas vivre les magiciens. +19. Celui qui aura commis un crime abominable avec une bête sera puni de mort, +20. Quiconque sacrifiera h d'autres dieux qu'au seul Seigneur véritable sera puni de mort. +montre dramatiquement le propriétaire, au mo- ment où il reconnaît chez un autre son bien volé, +10-13, Cas spécial d'un dépôt de bétail, qui disparait ou s'amoindrit chez le dépositaire. Trois règles (10-11, 12, 13) claires et précises. Au vers. 12, on suppose évidemment que le déposi- taire est coupable de quelque négligence. +11° Le prêt et la location. XXII, 14-15. +14-15. Deux hj-pothèses pour le prêt : l» si l'objet prêté est endommagé domino non pré- sente, l'emprunteur devra restituer; 2° si le pro- priétaire était présent, il encourt lui-même la responsabilité. — Quant àla location (conductum), elle laissait les dommages à la charge du pro- priétaire, qui é'ait censé les avoir prévus et com- pris dans le prix du loj'ei*. +12° Lois diverses. XXII, 16 — XXIII, 19. +16-17. Le séducteur d'une jeune flUe non fiancée encourait deux pénalités : 1° dotabit, c.-ù-d. qu'il était condaumé à payer au père la somme que celui-ci aurait exigée, suivant la coutune orien- tale (note de Gen. xxxiv, 12), pour donner sa lille en mariage; 2° habehit eam uxorem. La somme d'argent était regardée comme une com- pensation suffisante si le père s'opposait à ce ma- riage (vers. 17). — Pour la séduction d'une fiancée, voyez Deut. xxii, 23, 27. +18. Loi contre la magie. Ce crime est puni de mort, car dans l'État théocratique il constituait un sacrilège. ~ Maleficos. L'hébreu emploie le féminin : la sorcière. +19. La bestialité. +20. Pratiques idolàtriques.— Occidetur. Hébr. : +Ex. XXII, 21-31. +2G1 +2t. Vous n'attristerez point et vous n'alHigcrez point l'étranger, car vous avez été, étrangers vous-mêmes dans le pays d'Egypte. +22. Vous ne ferez aucun tort ti la veuve et ti l'orphelin. +23. Si vous les offensez en quelque cliose,ils crieront vers moi, et j'écouterai leurs cris. +24. Et ma fureur s'allumera contre vous: je vous ferai périr par l'épée, et vos femmes deviendront veuves, et vos enfants orphelins. +25. Si vous prêtez de l'argent à ceux de mon peuple qui sont pauvres parmi vous , vous ne les presserez point comme un exacteur impitoj'able , et vous ne les accablerez point par des usures. +26. Si votre prochain vous a donné son vêtement pour gage, vous le lui rendrez avant le coucher du soleil ; +27. Car c'est la seule couverture dont il enveloppe sa chair, et il n'en a point d'autre pour mettre sur lui quand il dort; s'il crie vers moi, je l'exaucerai, parce que je suis bon et compatissant. +28. Vous ne parlerez point mal des dieux, et vous ne maudirez point les princes de votre peuple. +29. Vous ne différerez point à payer les dîmes et les prémices de vos biens, et vous me consacrerez le premier-né de vos fils. +30. Vous ferez la même chose pour vos bœufs et pour vos brebis : vous les laisserez sept joui's avec la mère, et vous me les offrirez le huitième. +31. Vous serez pour moi des hommes saints. Vous ne mangerez point de la chair dont les bêtes auront mangé avant vous, mais vous la jetterez aux chiens. +21. Advenam non contristabis , nequc affliges oum ; advenae enim et ipsi fuistis in terra yEgypti. +22. Viduae et pupillo non nocebitis. +23. Si lœseritis eos, vociferabuntur ad me, et ego audiam clamorem eorum; +24. Et indignabitur furor meus, pcr- cutiamque vos gladio, et erunt uxores vestrse viduae, et filii vestri pupilli. +25. Si pecuniam mutuam dederis po- pulo meo pauperi qui habitat tecum, non urgebis eum quasi exactor, nec +usuris opprimes. +26. Si pignus a proximo tuo acceperis vestimentum, ante solis occasum reddes ei; +27. Ipsum enim est solum, quo ope- ritur, indumentum carnis ejus, nec ha- bet aliud in quo dormiat ; si clamaverit ad me, exaudiam eum, quia misericors sum. +28. Diis non detrahes, et principi po- puli tui non maledices. +29. Décimas tuas et primitlas tuas non tardabis reddere ; primogenitum filiorum tuorum dabis mihi. +30. De bobus quoque, et ovib'us simi- liter faciès : septem diebus sit eum matre sua, die octava reddes illum mihi. +31. Viri sancti eritis mihi; carnem, quse a bestiis fuerit prsegustata, non co- medeti^;, sed projicietis canibus. +yaharam, il sera dévoilé (à la destruction). Expression très énergique. Cf. Lev. xxvii, 28-29. +21-24. Prescriptions relatives aux étrangers, aux veuves et aux orphelins. — La législation du Sinaï accorde une protection touchante à ces trois catégories d'infortunés, qu'il est aisé d'op- primer, mais dont la peine et la faiblesse crient vers Dieu. — Remarquez (vers. 21) le trait dé- licat -: advenoi enim...; et le talion : uxores vc- stra... (21). +25-27. Le prêt à intérêt (25) et ix gages (26-27). Cf. Deut. XXIV, 6, 10-13. — Si i)irjnus... vesii- mentum: la slmlah, dit l'hébreu ; c.-à-d. le large marteau qui forme la meilleure pièce de l'ha- billement des gens du peuple en Orient. Voyez la noto de xii, 34. Moins utile durant le jour, ce vêlement était presque indispensable pendant la nuit, parce qu'on l'employait en guise de cou- verture; ainsi s'explique la restricLion : ante soh'f! +occasum... — Si clamaverit... Noble sanction, sortie du cœur de Dieu. +28. Respect dû aux autorités. — Diis : proba- blement les juges, comme plus haut. Selon d'autres, le Seigneur lui-même CEloMvi). +29-30. Les prémices, tribut h payer au roi théocratique. — Décimas... et primitias. Hébr. : les prémices de tes fruits ( les céréales , etc. ) et de tes liqueurs (le vin et l'huile). La dîme n'est pas mentionnée ici. Sur l'offrande des premiers- nés, voj-ez xni, 2, 13. +31. Une règle concernant la nourriture. — A hestiis prcegustata , et devenue par là môme légalement impure. — Sublime motif placé en tête de cette loi, et d'autres encore : Sancti eritis mihi. Jusque dans les plus petits détails de la vie pratique, les Hébreux devaient se rappeler leur haute dignité. Cf. xix, 6. +2C2 +Ex. XXIII, 1-10. +CHAPITRE XXIII +1. Non suscipies vocem mendacii, nec jiinges maniim tuam ut pro impio dicas ihalsum testimoniiim. +2. Non sequeris turbam ad faciendum maliim; nec in judicio, plurimorum ac- quiesces sententiae, ut a vero dévies. +3. Pauperis quoque non misereberis in judicio. +4. Si occurreris bovi inimici tui, aut asino erranti, reduc ad eum. +5. Si videiis asinum odientis te ja- cere sub onere, non pertransibis, sed sub- levabis cum eo. +6. Non declinabis in judicium pau- peris. +7. Mendacium fugies. Insontem et justum non occides, quia aversor im- pium. +8. Nec accipies munera, quse etiam excœcant prudentes, et subvertunt verba justorum, +9. Peregrino molestus non eris ; scitis eniin advenarum animas, quia et ipsi peregrini fuistis in terra ^gypti. +10. Sex annis seminabis terram tuam, et congregabis fruges ejus ; +1. Vous ne recevrez point la parole du mensonge, et vous ne prêterez point la main à l'impie pour porter un faux témoignage en sa faveur. +2. Vous ne suivrez point la multitude pour faire le mal, et, dans le jugement, vous ne vous rendrez point à l'avis du grand nombre pour vous détourner de la vérité. +3. Vous ne favoriserez pas le pauvre dans vos jugements. +4. Si \ous rencontrez le bœuf de votre ennemi ou son âne lorsqu'il est égaré, ramenez -le -lui. +5. Si vous voyez l'âne de celui qui vous hait tombé sous sa charge , vous ne passerez point outre, mais vous l'aiderez à le relever. +6. Vous ne vous écarterez point de la justice pour condamner le pauvre. +7. Vous fuirez le mensonge ; vous ne ferez point mourir l'innocent et le juste, parce que j'abhorre l'impie. +8. Vous ne recevrez point de présents, parce qu'ils aveuglent les sages mêmes et qu'ils corrompent les jugements des justes. +9. Vous ne ferez point de peine à l'étranger, car vous connaissez l'état des étrangers, puisque vous , avez été vous- mêmes étrangers dans l'Egypte. +10. Vous sèmerez votre terre pendant six années, et vous en recueillerez les fruits. +Chap. XXIII. — 1-3, Quelques développements du huitième précepte du Décalogue. — Non susci- pies... De même les LXX; plus probablement, d'après l'hébr. : Tu ne susciteras pas de faux rap- ports. Cf. Lev. XIX, 16, — Nec... ut pro impio... Hébr. : « Cum impio. » Cette association avec le méchant, en vue de rendre un faux témoignage, est bien dépeinte par la locution junges manum. — Non sequeris turbam... Ne pas se mettï'C ti- midement et sottement à la suite d'une majorité Inique. — Pauperis... non misereberis...: de façon à devenir partial en sa faveur, La pitié égare parfois. +4-5. Défendre les droits même de ses ennemis. Exemples dramatiques, pleins de charité, qui rappellent ceux de l'Évangile. (Matth. v, 40-42.) +6-9. Quatre règles pour les juges. — Première règle: être juste pour les pauvres (vers. 6). — Non declinabis... Hébr. : Tu ne courberas pas (en mauvaise part ; c.-à-d, tu ne fausseras pas) le +droit du pauvre. Corap, le vers. 3. Donc se tenir dans un juste milieu. — Seconde règle : n'in- fliger la peine capitale que lorsque le crime est clairement démontré (vers, 7), — Mendacium, dans l'acception de sentence injuste (hébr. : tu t'éloigneras de la parole de mensonge). — Aversor impium. Mieux : Je n'innocenterai pas le cou- pable. D'où il suit que les cas douteux devaient être abandonnés au souverain Juge, puisque les criminels étaient sûrs de ne pas échapper à ses vengeances , quand même ils auraient été absous par les tribunaiix humains, — Troisième règle (8): interdiction aux juges d'accepter des présents (qu;tro. +1^-6. La couverture inférieure. — Decem cor- tinas : des rideaux ou toiles en tissu de lin blanc, couleur d'hyacinthe, pourpre et écarlato (voyez la note de xxv, 4). L'expression « lin retors J» désigne plusieurs flis réunis ensemble pour plus de solidité, selon la coutume égyptienne. — Va- riatas opère plumario... La traduction littérale de l'hébreu serait : Des chérubins, de l'œuvre d'habilo tisseur tu les fei-as (les ridcaixx). C.-îi-d. qu'il fallait représenter, dans le tissu, des figures de chérubins. — Quinque cortince... jungentur : dans le sens de la longueur; chacun des deux grands tapis ainsi formés avait donc 28 coudées de long et 20 de large. — Ansulas... cortinarum. Il s'agit maintenant de la jonction de ces deux tapis (hébr. : « assemblages >)), do manière ù, pro- duire une tenture unique. L'hébreu porte, au vers. 4 : Tu feras aussi des attaches d'hyacinthe +Ex. XXVI, 7-16. +273 +7. Vous ferez encore onze toiles de poils de chèvres, pour couvrir le dessus du tabernacle. +8. Chacune de ces toiles aura trente coudées de long et quatre de large, et elles seront toutes de la même mesure. +9. Vous en joindrez cinq ensemble par le bas, et les six autres se tiendront aussi l'une à l'autre, en sorte que vous repliiez en deux la sixième en avant du tabernacle. +10. Vous mettrez aussi cinquante cor- dons aux bords d'une de ces couvertures , afin qu'on la puisse joindre avec l'autre , et cinquante aux bords de l'autre, pour Fattaclier ;\ celle qui la touchera, +11. Vous ferez aussi cinquante agrafes d'airain , par lesquelles vous ferez ])asser ces cordons , afin que de tous ces rideaux il ne se fasse qu'une seule couverture. +12. Et parce que, de ces toiles desti- nées à couvrir le tabernacle il y en aura une de surplus, vous en emploierez la moitié pour couvrir le fond du taber- nacle. +13. Et comme ces toiles déborderont d'une coudée d'un côté et d'une coudée de l'autre, ce qui pendra de surplus ser- vira à couvrir les deux côtés du taber- nacle. +14. Vous ferez encore, pour mettre à couvert le tabernacle, une troisième cou- verture de peaux de mouton, teintes en rouge, et par -dessus vous en mettrez encore une quatrième, de peaux teintes en bleu céleste. +15. Vous ferez des ais de bois de sétim pour le tabernacle, qui se tiendront de- bout. +16. Chacun de ces ais aura dix coudées de haut et une coudée et demie de large. +7. Faciès et saga cilicina undecim , ad operiendum tectum tabernaculi. +8. Longitudo sagi unius habebit tri ginta cubitos; et latitudo, quatuor; œqua erit mensura sagorum omnium. +9. E quibus quinque junges seorsum, et sex sibi mutuo copulabis, ita ut sex- tum sagum in frontc tecti duplices. +10. Faciès et quinquaginta ansas in ora sagi unius, ut conjungi cum altero queat ; et quinquaginta ansas in ora sagi alterius, ut cum altero copuletur. +11. Faciès et quinquaginta fibulas eeneas, quibus jungantur ansœ, ut unum ex omnibus operimentum fiât. +12. Quod autem superfuerit in sagis quse parantur tecto, id est, unum sagum quod amplius est, ex medietate ejus ope- ries poster i ora tabernaculi. +13. Et cubitus ex una parte pendebit, et alter ex altéra, qui plus est in sago- rum longitudine, utrumque latus taber- naculi protegens. +14. Faciès et operimentum aliud tecto de pellibus arietum rubricatis ; et super hoc rursum aliud operimentum de ian- thinis pellibus. +15. Faciès et tabulas stantes taber- naculi de lignis setim. +16. Quse singulae denos cubitos in lon- gitudine habeant, et in latitudine sin- gulos ac semissem. +au bord de la toile qui termine l'un des assem- blages , et tu feras de même au bord de la toile qui termine le second assemblage. — Quinqua- ginta circulos. Mieux : des agrafes, dont chacune retenait deux des ansulcR mentionnées au vers. 6. +— Uniim tahcrnaculitm. La longueur totale de cette première tenture était de 40 coudées ; sa largeur, de 28 coudées. +7-13, La couverture intermédiaire, en poils de chèvres, destinée à protéger la tenture d'étoffe. +— Saga cilicina. Ces toiles grossières, mais so- lides, ont été de tout^ temps utilisées par les Arabes pour couvrir leurs tentes. — Undecim. Au lieu de dix (vers. 1); de plus, pour la longueur de chaque tapis, 30 coïKlécs au lieu de 28 (vers. 2). Cette seconde tenture devait donccacheren entier la première. Elle la dépassait d'une coudée de chaque côté du tabernacle, comme le dit le vers. 13, +et de deux coudées aux faces antérieure et pos- térieure, d'après les vers. 9 et 12. — Quinque junges... et sex. De façon ù, former encore deux grands tapis , inégaux cette fois, lesquels devaient être ensuite réunis eu un seul , comme précédem- luent ( vers. 4 - 5 ) , mais avec moins de richesse (vers. 10-11 : simplement ansas, et fibulas ceneas ). +14. La troisième couverture, de pellibus arie- tum rubricatis, et la quatrième, en peaux de dugong (de ianiJiinis pellibus). Voy. la note de XXV, .5. +7° La charpente du tabernacle. XXYI, 15-30. +15-17. Les ais. — Tabulas stantes. Des i)lanches d'acacia sej'al (setim), debout et ajustées l'une à l'autre ( incastraturce : des tenons , avec les mortaises correspondantes). Vo3^ Y Atlas archéol., pi, xcv, fig. 4. +274 +Ex. XXVI, 17-29. +17. In lateribus tabulœ, diiœ incastra- turœ fient, quibus tabula alteri tabulse connectatur; atqiie in hune modum cunctœ tabulœ parabuntur. +18. Quarum viginti erunt in latere meridiano quod vergit ad austrum. +19. Quibus quadraginta bases argen- teas fundes, ut binse bases singiilis ta- bulis per duos angulos subjiciantur. +20. In latere quoque secundo taber- naculi quod vergit ad aquilonem, viginti tabulée erunt, +21. Quadraginta habentes bases ar- genteas ; binse bases singulis tabulis sup- ponentur. +22. Ad occidentalem vero plagam ta- bernaculi faciès sex tabulas, +23. Et rursum alias duas quœ in an- gulis erigantur post tergum tabernaculi. +24. Eruntque conjunctse a deorsum usque sursum, et una omnes compago retinebit. Duabus quoque tabulis quse in angulis ponendse sunt, similis jun- ctura servabitur. +25. Et erunt simul tabulse octo, bases earum argentese sedecim, duabus basi- bus per unam tabulam supputatis. +26. Faciès et vectes de lignis setim quinque ad continendas tabulas in udo latere tabernaculi, +27. Et quinque alios in altero, et ejusdem numeri ad occidentalem pla- gam; +28. Qui mittentur per médias tabulas a summo usque ad summum. +29. Ipsas quoque tabulas deaurabis, +17. Chaque ais aura deux tenons, afin qu'ils s'emboîtent l'un dans l'autre, et tous les ais seront disposés de cette même manière. +18. Il y en aura vingt du côté méri- dional, qui regarde le midi. +19. Vous ferez fondre aussi quarante bases d'argent, afin que chaque ais soit porté sur deux bases qui en soutiennent les deux angles. +20. Il y aura aussi vingt ais au second côté du tabernacle, qui regarde l'aquilon, +21. Ils seront soutenus sur quarante bases d'argent, chaque ais en ayant deux pour le porter. +22. Mais vous ferez six ais pour le côté du tabernacle qui regarde l'occi- dent, +23. Et deux autres qui seront dressés aux angles du fond du tabernacle. +24. Ils seront joints depuis le bas jus- qu'au haut, et ils seront tous emboîtés l'un dans l'autre. Les deux ais aussi qui seront mis aux angles seront joints comme les six autres. +25. Il y aura huit ais en tout, qui au- ront seize bases d'argent, chaque ais en ayant deux pour le soutenir. +26. Vous ferez aussi des barres de bois de sétim , cinq pour tenir fermes tous les ais d'un des côtés du tabernacle, +27. Cinq autres pour l'autre côté, et cinq de même pour celui qui regarde l'occident. +28. Elles s'appliqueront de travers contre tous ces ais depuis un bout jus- qu'à l'autre. +29. Vous couvrirez les ais de lames +18-19. La paroi méridionale de la charpente. — Viginti. Chaque planche étant large d'une coudée et demie (vers 16), cela faisait une lon- gue ar totale de trente coudées pour le tabernacle proprement dit. — Quadraginta hases. Des sup- ports massifs, qiii tout à la fois soutenaient et protégeaient les planches iAtl. archéoL, pi. xcv, fig. 7). +20-21. La paroi septentrionale, identique à la précédente. +22-25. La paroi occidentale, qui formait le fond du sanctuaire. — Sex tabulas seulement, au lieu de vingt; ce qui faisait neuf coudées, la dixième étant prise par les ais des angles. — Dtias... in angulis. Ces planches, à cause de leur situation, étaient naturellement liées avec plus de solidité. Le texte est un peu obscur ; il sem- blerait indiquer, ainsi qu'on l'a supposé, a moins des planches que des poutres creusées en forme d'ai'ête, formant angle saillant, » et dont l'un des +côtés doublait une partie du dernier ais des pa- rois méridionale et septentrionale. — Bases sede- cim (au lieu de quarante) : deux pour chaque planche angulaii'c, et deux pour chacun des autres ais. +26-28. Les barres ou traverses de bois qui soutenaient les ais. — Quinque... Cinq pour chaque paroi; quinze en tout. — Mittentur per médias... D'après l'hébr. : « La barre du milieu, au milieu des ais, traversera les ais d'une extré- mité à l'autre. » Des cinq traverses de chacune des parois, quatre par conséquent n'avaient que la moitié de la longueur de la paroi, c.-à-d. 15 coudées pour les faces latérales, 5 pour le fond; la cinquième, placée au milieu, occupait toute la longueur, et mesurait 30 ou 10 coudées. Voyez VAtl. archéol., pi. xcv, flg. 2, 5, +29. La décoration de la charpente ideaurahis), et les anneaux pour les ais. +Ex. XXVI, 30-37. +275 +d'or, et vous y ferez des anneaux d'or pour y passer des barres de bois qui tiendront ensemble tous les ais, et vous couvrirez aussi ces barres de bois de lames d'or. +30. Vous dresserez le tabernacle selon le modèle qui vous en a été montré sur la montagne. +31. Vous ferez aussi un voile de cou- leur d'hj'acinthe, de pour])re, d'écarlate teinte deux fois et de fin lin retors, où vous tracerez un ouvrage de broderie avec une agréable variété. +32. Vous le suspendrez à quatre co- lonnes de bois de sétim, qui seront cou- vertes d'or et qui auront des chapiteaux d'or et des bases d'argent. +33. Le voile tiendra aux colonnes par des anneaux. Vous mettrez au dedans du voile l'arche du témoignage, et le voile séparera le Saint d'avec le Saint des saints. +34. Vous mettrez aussi, dans le Saint des saints, le propitiatoire au-dessus de l'arche où sera enfermée la loi. +35. Vous mettrez la table au dehors du voile, et le chandelier vis-à-vis de la table, du côté du tabernacle qui est au midi, parce que la table sera placée du côté du septentrion. +36. Vous ferez aussi, pour l'entrée du tabernacle, un voile qui sera d'hya- cinthe, de pourpre, d'écarlate teinte deux fois, de fin lin retors sur lequel vous ferez un ouvrage de broderie. +37. Le voile sera suspendu à cinq co- lonnes de bois de sétim couvertes d'or, dont les chaj)iteaux seront d'or et les bases d'airain. +et fundes in eis annules aureos, per quos vectes tabulata contineant; quos operies laminis aureis. +30. Et ériges tabernaculum juxta exem- plar quod tibi in monte monstratum est. +31. Faciès et vélum de hyacinthe, et purpura, coccoque bis tincto, et bj^sso retorta, opère plumario et pulchra varie- tate contextum ; +32. Quod appendes ante quatuor co- lumnas de lignis setim, quœ ipsse qui- dem deauratse erunt, et habebunt capita aurea, sed bases argenteas. +33. Inseretur autem vélum per circu- los ; intra quod pones arcam testimonii , quo et Sanctuarium, et Sanctuarii san- ctuaria dividentur. +34. Pones et propitiatorium super ar- cam testimonii in Sancto sanctorum , +35. Mensamque extra vehim, et con- tra mensam candelabrum in latero ta- bernaculi meridiano; mensa enim stabit in parte aquilonis. +36. Faciès et tentorium in introitu ta- bernaculi, de hyacintho, et purpura coc- coque bis tincto, et bysso retorta, opère plumarii. +37. Et quinque columnas deaurabis lignorum setim, ante quas ducetur ten- torium; quarum erunt capita aurea, et bases renejB. +30. Conclusion, qui rappelle les passages xxv, 9, 40. +8° Les diverses parties du tabernacle , séparées par un voile. XXVI, 31-37. +31-33*. Le voile, en avant du Saint. — Vélum de hyacintho.,.: de mêmes matériaux et de même travail que la couverture intérieure du taber- nacle (vers. 1). — Opère plumario et... varietate. Hébr. : « De l'œuvre de l'habile tisseur on le fera, avec des chérubins. » Voyez la note du vci's. 1. — Quatuor columnas: pour supporter ce voile. Au lieu de capita aurea, l'hébi'cu a « des crochets d'or » ; crochets placés au sommet des colonnes. +33*»- 3S. Le mobilier du sanctuaire. — Intra quod... En dedans du voile ; c.-à-d. dans la partie la plus intime du tabernacle, dans le Saint des saints, qui devait contenir seulement l'arche d'al- liance. — Extra vélum. En avant du voile, dans +la partie antérieure du tabernacle, nommée Saint. — Mensam: la table des pains de proposition, placée auprès de la paroi septentrionale, ou h. droite quand on entrait. — Contra mensam can- delabrum. A l'autre paroi , du côté gauche. Ajoutez l'autel des parfums, dont il sera parlé plus loin, XXX, 1-10. Voyez V Atlas archéol., pi. xcv, flg. 1, 5; pi. xcvi, flg. 2. +36-37. Les tentures de la porte. C'était un auti-e voile, placé en avant du Saint. — D'abord sa matière et sa décoration (vers. 36) : Opère plumarii; l'hébreu aussi désigne le « brodeur», et non 1' « habile tisseur », comme aux vers. 1 et 31. Ce n'était donc pas le même genre de tra- vail. — Pais les supports de ce voile (vers. 37) : cinq colonnes (au lieu de quatre, vers. 32), éga- lement munies de crochets d'or (Vulg.: capita)^ mais n'ayant que des bases d'airain. +276 +Ex. XXVII, 1-10. +CHAPITRE XXVII +1. Faciès et al tare de lignis setim, quod habebit quinque cubitos in longi- tudine, et totidem in latitudine, id est quadrum , et très cubitos in altitudine. +2. Cornua aiitem per quatuor angulos ex ipso erunt ; et operies illud œre. +3. Faciesque in usus ejus lebetes ad suscipiendos cineres, et forcipes atque fuscinulas, et ignium receptacula ; omnia vasa ex sere fabricabis. +4. Craticulamque in modum retis seneam, per cujus quatuor angulos erunt quatuor annuli senei. +5. Quos pones subter arulam altaris ; eritque craticula usque ad altaris mé- dium. +6. Faciès et vectes altaris de lignis setim duos , quos operies laminis Êcneis ; +7. Et induces per circulos, eruntque ex utroque latere altaris ad portandum. +8. Non solidum, sed inane et cavum intrinsecus faciès illud, sicut tibi in monte monstratum est. +9. Faciès et atrium tabernaculi, in cujus australi plaga contra meridiem erunt tentoria de bysso retorta ; centum cubitos unum latus tenebit in longitu- dine; +10. Et columnas viginti cum basibus +1. Vous ferez aussi un autel de bois de sétim, qui aura cinq coudées de long et autant de large, c'est-à-dire qu'il sera carré ; il aura trois coudées de haut. +2. Quatre cornes s'élèveront des quatre coins de l'autel, et vous le couvrirez d'airain. +3. Vous ferez , pour l'usage de l'autel, des vases qui serviront à en recevoir les cendres, des tenailles, des pincettes, des brasiers; et vous ferez toutes ces choses d'airain. +4. Vous ferez aussi une grille d'airain en forme de rets, qui aura quatre an- neaux d'airain aux quatre coins. +5. Et vous les mettrez au-dessous du foyer de l'autel. La grille s'étendra jus- qu'au milieu de l'autel. +6. Vous ferez aussi pour l'autel deux bâtons de bois de sétim, que vous cou- vrirez de lames d'airain. +7. Vous les ferez passer dans les an- neaux des deux côtés de l'autel, et ils serviront à le porter. +8. Vous ne ferez point l'autel solide; mais il se^a vide et creux au dedans, selon le modèle qui vous en a été montré sur la montagne. +9. Vous ferez aussi le parvis du taber- nacle. Au côté du midi, vous dresserez des rideaux de fin lin retors. Chaque côté aura cent coudées de long. +10. Vous y placerez vingt colonnes +90 L'autel des holocaustes. XXVII, 1-8. +Chap. XXYII. — 1-2. L'autel proprement dit. — 1° Sa matière : du bois d'acacia recouvert d'airain. 2® Ses dimensions : un carré de cinq cou- dées de côté , une hauteur de trois coudées. S» Un ornement d'un genre particulier : quatre px-ojec- tions en forme de cornes (cornua autem...), adhé- rentes à l'autel et fondues avec lui (ex ipso erunt). Sur leur destination, voy. xxix, 12; Lev. rv, 7; vra, 19, etc. +3. Les ustensiles de l'autel. — Lehetes... ad cineres. Dans l'hébr.: les cendres grasses ; à cause de la graisse brûlée qu'elles contenaient. — For- cipes. Hébr.: des pelles à feu. — Fuscinulas : de grandes fourchettes pour remuer et arranger les chairs des victimes sur l'autel. Voy. VA II. arcJiéol., pi. cin, flg. 8. — Ignium receptacula : probable- ment des brasiers portatifs. Entre « forcipes » et a fuscinulas » l'hébreu ajoute : des coupes ; sans doute pour recevoir et répandre le sang des vic- +times, (AtK arcMol., pi. en, Hg. 2.) +4-8, Suite de la description de l'autel. — Cra- tlculam... in modum retis. Les interprètes ne sont pas d'accord sur la place occupée par cette grille. Les uns la mettent à la partie supérieure de l'autel ; les autres en bas , plus probablement. Voy, VAtî. archéol., pi, xcvni, fîg, 6. — Subter arulam... Dans l'hébr,: sous le rebord de l'autel. C'était une sorte de passerelle extérieure qui facilitait le service des prêtres. — Non solidum. Si l'autel eût été d'airain massif, on aiu'ait éprouvé la plus grande difficulté à le transporter à la suite du peuple jusqu'en Palestine, +10° La cour du tabernacle. XXVII, 9-19, 9-10, La clôture méridionale de la cour. — Atrium tabernaculi. Enclos sacré, comme en avaient la ])lupart des anciens sanctuaires. — Ten- toria. De simples toiles de lin, pour séparer ce parvis du reste du camp. — Columnas viginti : pour soutenir les tentures de lin. — Capita cum +Ex. XXVII, 11-19. +277 +d'airain, avec le même nombre de bases ; leurs chapiteaux et leurs ornements se- ront d'argent. +11. Il y aura de même, du côté de l'aquilon, des rideaux de cent coudées de long, avec vingt colonnes qui auront chacune leurs bases d'aii-ain, leurs cha- piteaux et leurs ornements d'argent. +12. La largeur du parvis qui regarde l'occident aura cinquante coudées, le long de laquelle vous mettrez des ri- deaux et dix colonnes avec autant de bases. +13. La largeur du parvis qui regarde l'orient aura aussi cinquante coudées. +14. Vous y mettrez des rideaux d'un côté, dans l'espace de quinze coudées, et trois colonnes avec autant de bases. +15. Vous mettrez, de l'autre côté, des rideaux dans le même espace de quinze coudées, avec trois colonnes et autant de bases. +16. A l'entrée du parvis, vous mettrez, dans l'espace de vingt coudées, des ri- deaux d'hyacinthe et de pourpre, d'écar- late teinte deux fois et de fin lin retors, le tout en ouvrage de broderie. Cette entrée aura quatre colonnes, avec autant de bases. +17. Toutes le3 colonnes du parvis seront revêtues tout autour de lames d'argent; elles auront leurs chapiteaux d'argent et leurs bases d'airain. +18. Le parvis aura cent coudées de long, cinquante de large et cinq de haut. Ses rideaux' se feront de fin lin retors, et les bases seront d'airain. +19. Tous les vases qui serviront à tous le'^ usages et à toutes les cérémonies du tabernacle, et tous les pieux qui seront employés, tant au tabernacle qu'au par- vis, seront d'airain. +totidem œneis, quœ capita cum cselaturis suis habebunt argentea. +11. Similiter et in latere aquilonis per longum erunt tentoria centum cubi- torum, columnœ viginti, et bases seneso ejusdem numeri, et capita earum cum cœlaturis suis argentea. +12. In latitudine vero atrii, quod re- spieit ad occidentem, erunt tentoria per quinquaginta cubitos, et columna; de- cem, basesque totidem. +13. In ea quoque atrii latitudine, quae respicit ad orientem, quinquaginta cu- biti erunt. +14. In quibus quindecim cubitorum tentoria lateri uno deputabuntur, co- lumnœque très et bases totidem ; +15. Et in latere altero erunt tentoria cubitos obtinentia quindecim, columnge très, et bases totidem. +16. In introitu vero atrii fiet tento- rium cubitorum viginti ex h^^acintho et purpura, coccoque bis tincto, et bysso retorta, opère plumarii ; columnas habe- bit quatuor, cum basibus totidem. +17. Omnes columnœ atrii per circui- tum vestitse erunt argenteis laminis, ca- pitibus argenteis, et basibus aeneis. +18. In longitudine occupabit atrium cubitos centum, in latitudine quinqua- ginta , altitudo quinque cubitorum erit ; fietque de bysso retorta, et habebit bases œneas. +19. Cuncta vasa tabernaculi in omnes usus et ceremonias, tam paxillos ejus quam atrii, ex œre faciès. +ccslaiuris. Lisez plutôt, d'après l'hébr.: Les cro- chets des colonnes et leurs tringles seront d'ar- gent. Voy. VAtl. archéoL, pi. xcvii, fig. 1 et 2. +11. La clôture septentrionale , identique à celle du sud. +12. Clôture occidentale, semblable aux précé- dentes, sauf ses proportions réduites de moitié. +13-16. Clôture de l'est. — Quinquaginta cuhiti. La longueur est la même que pour la face occi- dentale ; mais l'arrangement de la tenture subit des modifications, nécessitées par l'entrée, qui était de ce côté. Trois colonnes à droite, trois à gauche, sup- portant quinze-; coudées de toiles de part et d'autre; au milieu, quatre colonnes, auxquelles était sus- +pendue une portière, longue de vingt coudées. +17 - 18. La matière et les dimensions de la clô- ture. — Omnes columnœ. Il y en avait en tout soixante, sépai'ées les unes des autres par un intervalle de cinq coudées. Voyez VAtl. archéol., pi. xcvi, flg. ]. +19. Les ustensiles du tabernacle. — Vasa, en effet, ne désigne pas des vases proprement dits; mais, selon l'usage du mot hébreu Ic'li, des usten- siles en général, tels que maillets, marteaux, etc., qui servaient à monter et à démonter le taber- nacle. — Paxillos : les piquets enfoncés en terre, auxquels on attachait les cordages qui soutenaient les tentures. +278 +Ex. XXVII, 20 — XXVIII, 4. +20. Prsecipe filiis Israël ut afïerant tibi oleum de arboribus olivarum purissi- mum, piloqiie contusum, ut ardeat lu- cerna semper +21, In tabernaculo testimonii, extra vélum quod oppansum est testimonio. Et collocabunt eam Aaron et filii ejus, ut usque mane luceat coram Domino. Perpetuus erit cultus per successiones eorum a filiis Israël. +20. Ordonnez aux enfants d'Israël de vous apporter l'huile la plus pure des olives, celle qui aura été pilée au mor- tier, afin que les lampes brûlenj; toujours +21. Dans le tabernacle du témoignage, en dehors du voile qui est suspendu de- vant l'arche du témoignage. Aaron et ses enfants placeront les lampes , afin qu'elles luisent jusqu'au matin devant le Seigneur, Ce culte se continuera toujours et pas- sera de race en race parmi les enfants d'Israël. +CHAPITRE XXVIII +1. Applica quoque ad te Aaron fratrem tuum cum filiis suis de medio filiorum Israël, ut sacerdotio fungantur mihi : Aaron, Nadab, et Abiu, Eleazar, et Itha- mar. +2, Faciesque vestem sanctam Aaron fratri tuo in gloriam et decorem, +3, Et loqueris cunctis sapientibus corde, quos replevi spiritu prudentise, ut faciant vestes Aaron, in quibus sancti- ficatus ministret mihi. +4. Hœc autem erunt vestimenta quœ facient : rationale, et superhumerale , tunicam et lineam strictam, cidarim et balteum, Facient vestimenta sancta fi'a- tri tuo Aaron et filiis ejus, ut sacerdotio fungantur mihi. +1. Faites aussi approcher de vous Aaron votre fi'ère avec ses enfants , en les sépa- rant du milieu d'Israël , afin qu'ils exercent devant moi les fonctions du sacerdoce, Aaron, Nadab, Abiu, Eléazar et Itha- mar, +2, Vous ferez un vêtement saint à Aaron votre frère, pour la gloire et l'or- nement du culte divin. +3, Vous parlerez à tous ceux qui sont sages de cœur, que j'ai rem^plis de l'es- prit de prudence, afin qu'ils fassent des vêtements à Aaron, et qu'étant ainsi sanctifié, il exerce mon sacerdoce. +4. Voici les vêtements qu'ils feront : le rational, l'éphod, la robe de l'éphod, la tunique de lin qui sera plus étroite, la mitre et la ceinture. Ce seront là les vê- tements saints qu'ils feront pour Aaron votre frère et pour ses enfants, afin qu'ils exercent devant moi les fonctions du sacerdoce. +11° L'huile pour le candélabre. XXVII, 20-21, 20-21. Oleum... purissivium. Nous avons ici tin complément de xxv, 6. — Pilo... contusum. L'iiuile la plus pure s'obtient en écrasant sim- plement les olives au pilon dans un mortier ; on extrait la qualité commune par l'emploi simul- tané du pressoir et de la chaleur. — Ut ardeat... semper. G. -à-d. toute la nuit. On allumait les lampes le matin, xxx, 8; on les éteignait le soir, I Reg, in, 6. — Extra vélum: dans le Saint. Cf. XXVI , 31 et ss. — Testimonio désigne l'arche. Yoy. XXV, 16, 22. +§ II. — Les vêtements des x)rêtres +et les rites de la consécration sacerdotale. +XXVIII, 1 —XXIX, 37. +1° Introduction, XXVIII ,1-5, +Chap, XXVIII. — 1. Aaron et ses fils sont dési- gnés comme les ministres du culte théocratique, — Applica... ad te. Littéral. : Fais approcher de toi. Moïse, médiateur de l'alliance, devait ainsi +séparer du reste du peuple les futurs prêtres de Jéhovah, +2 - 5. Détails généraux sur les vêtements sacer- dotaux et sur leur préparation. — Vestem san- ctam. L'hébreu emploie le pluriel : les vêtements de sainteté. Ils sont ainsi nommés à cause de leur étroite association au culte sacré. Presque par- tout dans l'antiquité, notamment chez les Égj'p- tiens (Atl. archéol., pi. cxrv, flg, 11), les prêtres se revêtaient d'im costume spécial quand ils exer- çaient leurs. fonctions. — In gloriam et decorem. Expression qui marque le double but de ces vê- tements litiu-giques : glorifier le Seigneur et em- bellir le culte, — Loqueris... sapientibus corde (hébraïsme fréquent, le cœur étant regardé comme le centre de la sagesse). Pour que ces ornements soient dignes du culte divin, il faudra des ar- tistes spéciaux, préparés par Dieu lui-même, — In quibus sanctificatus... C. -à-d, consacré. La vêture d' Aaron fut une partie importante de son ordination. Cf. Lev, vin, 7-9, 13, — Le vers. 4 +Pétrin égyptien. Ex. xii, 34. (Statuette antique.) +Table des pains de proposition et trompettes sacrées. Ex. xxxvii , 17. (Arc de triomphe de Titus.) +Prêtre égyptien muni de l'éphod. +Ex. XXXIX, 41. +Sorciers égyptiens. Ex. vu, 22. (Fresque antique.) +14 +Ex. XXVIII, 5-13. +279 +5. Ils y emploieront l'or, l'hyacinthe, la pourpre, l'écarlate teinte deux fois et le tin lin. +6. Ils feront l'éphod d'or, d'hyacinthe, de pourpre, d'écarlate teinte deux fois et de fin lin retors, dont l'ouvrage sera tissu du mélange de ces couleurs. +7. L'éphod, par le haut, aura deux ouvertures sur les épaules, qui répon- dront l'une à l'autre, de manière à se rejoindre. +8. Tout l'ouvrage sera tissu avec une agréable variété d'or, d'h^^icinthe , de pourpre, d'écarlate teinte deux fois et de tin lin retors. +9. Vous prendrez aussi deux pierres d'onyx, où vous graverez les noms des enfants d'Israël. +10. Il y aura six noms sur une pierre et six sur l'autre, selon l'ordre de leur naissance. +11. Vous y emploierez l'art du sculpteur et du lapidaire ; vous }'■ grave- rez les noms des enfants d'Israël, après avoir enchâssé les pierres dans l'or. +12. Vous les mettrez sur l'éphod de côté et d'autre, comme un mémorial ])Our les enfants d'Israël. Et Aaron por- tera leurs noms devant le Seigneur, gra- vés sur les deux pierres qui seront sur ses épaules, pour en renouveler le sou- venir. +13. Vous ferez aussi des boucles d'or. +5. Accipientque aurum, et hyacinthum, et purpuram, coccumque bis tinctum, et byssum. +6. Facient autem superhumerale de auro et hj^acintho et purpura, coccoque bis tincto, et bysso retorta, opère poly- mito. +7. Duas oras junctas habebit in utroque latere summitatum, ut in unum redeant. +8. Ipsa quoque textura et cuncta operis varietas erit ex auro, et hyacintho, et purpura, coccoque bis tincto, et bysso retorta. +9. Sumesque duos lapides onychinos, et sculpes iu eis nomina filiorum Israël : +10. Sex nomina in lapide uno, et sex reliqua in altero, juxta ordinem nativi- tatis eorum. +11. Opère sculptoris et cselatura gem- marii sculpes eos nominibus filiorum Israël, inclusos auro atque circumdatos, +12. Et pones in utroque latere super- humeralis, meraoriale filiis Israël. Porta- bitque Aaron nomina eorum coram Do- mino super utrumque humeram, ob re- cordationem. +13. Faciès et micinos ex auro, +contient la nomenclature des vêtements du grand prêtre, qui seront ensuite décrits en détail : le pectoral irationale), Y éphod (superhumerale) , la robe de l'éphod (tunicam), la tunique à mailles (Yulg. : lineam strictam), la tiare et la ceinture. Les matériaux de ces vêtements ( vers. 5 ) sont , avec l'or en sus et les pierres précieuses (vers. 9, 17-21), les mêmes que pour la tente et les voiles du tabernacle. Cf. xxvi, 1, 31, 36. +2° L'éphod. XXVIII, 6-14. +6-8. Sa forme générale. — Superhumerale. Hébr. : 'éfod. Le nom latin a été calqué sur le grec des LXX, £7ro)[j.:r. D'après l'ensemble de la description, cet ornement paraît avoir consisté en deux pièces d'étoffe qui recouvraient soit la poitrine, soit le dos du grand prêtre, et qui étaient attachées l'une à l'autre par deux bandes ou épau- lières surmontées chacune d'une pierre précieuse. Voy. V Atlas archéoL, pi. cvi, flg. 7, 11. — Duas 'oras junctas... D'après l'hébr. : On y fera deux épaulières, qui le joindront par ses deux extré- mités (supérieures). — Ipsa... textura ('j:?aaf;.a des LXX ).., Ici encore l'hébreu donne un sens plus clair : « La ceinture qu'on passera sur lui pour le serrer sera de même travail, et fixée sur lui. » Il s'agit d'une sorte d'écharpe tissée aux deu.x extrémités inférieures , pour les retenir au- tour du corps +9-12. Les deux pierres gravées qui adhéraient aux épaulières de l'éphod. — Lapides ovychinos. Hébr. : des pierres de soham. Voy. le commentaire de Gen. ii, 12. — Nomina filiorum... : c'étaient en même temps les noms des douze tribus. Il est probable q le celui de Joseph représentait simul- tanément les tribus d'Éphraïm et de Manassé; autrement l'on aurait eu treize noms. — Juxta ordinem... D'après la tradition juive, les noms des six aînés étaient sur l'épaule droite, ceux des six puînés sur l'épaule gauche. — Oj^ere seul- ptoris... On excellait alors à graver les métaux et les pierres pi'écieuses , en Egypte surtout. L'é- quivalent hébreu de ccelatura gemmarii est : gra- vure de cachet. Voy. la note de Gen. xxxviri, 18. — Inclusos auro. D'après le texte, l'enchâssure devait avoir lieu au moyen de fils d'or entre- lacés. — La place de ces deux pierres était in utroque latere..., sur les épaulières mentionnées plus haut. Elles uvaient la noble destination d'êtro un memoriale. non pas /iîns Israël, mais « fi- liorum... » ; car le grand prêtre , quand il appa- raissait devant Dieu couvert de ce beau vêtement, lui rappelait ainsi tout son peuple (o& recorda- tionem). +13-14. Les rosettes et les chaînettes pour rat- tacher le pectoral à l'éphod. — Vncinos. C.-ù-d, des crochets; suivant l'hébreu, des rosettes ou +280 +Ex. XXVIII, 14-25. +14. Et duas catenulas ex auro puris- simo sibi invicem cohserentes , quas in- sères uncinis. +15. Eationale quoque judicii faciès opère polymito juxta texturam super- Immeralis, ex auro, hyacinthe, et pur- pura, coccoque bis tincto, et bysso re- torta. +16. Quadrangulum erit et duplex; raensuram pahni habebit tam in longi- tudine quam in latitudine. +17. Ponesque in eo quatuor ordines lapidum : in primo versu erit lapis sar- dius , et topazius , et smaragdus ; +18. In secundo carbunculus, sapphi- rus, et jaspis; +19. In tertio ligurius, achates, et ame- thystus ; +20. In quarto chrysolithus, onychinus, et beryllus. Inclusi auro erunt per ordi- nes suos. +21. Habebuntque nomina filiorum Is- raël : duodecim nominibus caelabuntur, singuli lapides nominibus singulorum per duodecim tribus. +22. Faciès in rationali catenas sibi in- vicem cohaerentes ex auro purissimo ; +23. Et duos annulos aureos, quos pones in utraque rationalis summitate ; +24. Catenasque aureas junges annulis, qui sunt in marginibus ejus ; +25. Et ipsarum catenarum extrema duobus copulabis uncinis in utroque la- tere superhumeralis quod rationale re- spicit. +14. Et deux petites chaînes d'un or très pur, dont les anneaux soient enlacés les uns dans les autres, que vous ferez entrer dans ces boucles. +15. Vous ferez aussi le rational du jugement, qui sera tissu, comme l'éphod, d'or, d'hyacinthe, de pourpre, d'écarlate teinte deux fois et de fin lin retors, mêlés ensemble. +16. Il sera carré et double, et aura la grandeur d'un palme, tant en longueur qu'en largeur. +17. Vous y mettrez quatre rangs de pierres précieuses. Au premier rang, il y aura la sardoine, la topaze et l'émeraude; +18. Au second, l'escarboucle, le saphir et le jaspe ; +19. Au troisième, le ligure, l'agathe et l'améthyste ; +20. Au quatrième, la chrysolithe, l'onyx et le béryl. Ils seront enchâssés dans l'or, selon leur rang. +21. Vous y mettrez les noms des en- fants d'Israël : leurs douze noms y se- ront gravés selon leurs douze tribus, chaque nom sur chaque pierre. +22. Vous ferez, pour le rational, deux petites chaînes d'un or très pur, dont les anneaux soient entrelacés l'un dans l'autre ; +23. Et deux anneaux d'or, que vous mettrez au haut du rational, à ses deux côtés. +, 24. Vous joindrez les deux chaînes d'or dans ces deux anneaux, qui seronc aux extrémités du rational, +25. Et vous attacherez les extrémités de ces deux chaînes à deux agrafes d'or situées aux deux côtés de l'éphod qui répond au rational. +boutons en filigrane. — Catenulas... sibi... coTiœ- rentes. Hébr. : des chaînettes en forme de cordon. Ce n'étaient donc point des chaînes ordinaires , à anneaux, mais des fils d'or tressés à la façon d'une corde ; ornement assez commun dans l'an- tique Egypte. +3° Le pectoral. XXVIII, 15-30. +15-16. L'étoffe, la forme et les dimensions du pectoral. — Rationale. Nom calqué sur Xoyeîov ou Xoyiov des LXX et d'Eccli. xlv, 10. Sym- maque traduit l'hébr. hosen par ôo^'ov, sac, poche ; l'étoffe qui formait la base de cette parure semble, en effet, avoir formé une sorte de po- chette (duplex). L'épithète judicii exprime l'u- sage que le grand prêtre faisait du rational pour manifester les jugements divins. Cf. vers. 30. — Mensuram palmi : une demi -coudée. +17-21. Les quatre rangées de pierres précieuses du pectoral. — Sardiv^, topazius... Quelques-uns de ces noms présentent de grandes difiScultés, et +l'identification n'est pas toujours certaine. La Vulgate suit en général la traduction des LXX. La sardoine est d'une couleur brune dans une nuance orangée ; la topaze , d'un jaune d'or mêlé de vert; l'émeraude, d'un vert étincelant; l'es- carboucle, ou rubis, d'un rouge brillant ; le saphir, d'un beau bleu ; le jaspe est varié et bigarré ; le ligure, ou hyacinthe, est d'un jaune tirant sur le rouge ; l'agate est du quartz aux couleiirs variées; l'améthyste est habituellement violette; la chrysolithe a des reflets d'or, comme l'indique son nom. Sur l'onyx et le béryl, voyez Gen. n, 12 et le commentaire. — Inclusi auro ( vers. 20 ) : dpns une monture de filigrane (note du vers. 11). — Eabebunt nomina...: autre précieux mémorial pour le Seigneur. +22-28. Manière de suspendre le pectoral à l'éphod. — En haut du pectoral (vers. 22-25), deux chaînettes en forme de cordons , les mêmes qui ont été mentionnées plus haut (vers. 13-14); +Ex. XXVIII, 26-32. +281 +26. Vous ferez aussi deux anneaux d'or, que vous mettrez aux deux côtés d'en bas du rational qui regardent vers le bas de l'éphod , et vers ce qui n'en est point exposé à la vue. +27. Vous ferez encore deux autres an- neaux d'or, que vous mettrez aux deux côtés du bas de l'éphod, qui répondent aux deux anneaux d'or du bas du ratio- nal, afin que l'on puisse ainsi attacher le rational avec l'éphod, +28. Et que les anneaux du rational soient attachés aux anneaux de l'éphod par un ruban de couleur d'h3^acinthe, afin qu'ils demeurent liés l'un avec l'autre et que le rational et l'éphod ne puissent être séparés. +29. Aaron portera les noms des enfants d'Israël sur le rational du jugement, qu'il aura sur sa poitrine lorsqu'il entrera dans le sanctuaire, afin qu'il serve d'un monument éternel devant le Seigneur. +30. Vous graverez sur le rational du jugement les deux mots Doctrine et Vé- rité, qui seront sur la poitrine d' Aaron lorsqu'il entrera devant le Seigneur, et il portera toujours sur sa poitrine le juge- ment des enfants d'Israël devant le Sei- gneur. +31. Vous ferez aussi la tunique de l'éphod. Elle sera toute de couleur d'hya- cinthe. +32. Il y aura en haut une ouverture au milieu et un bord tissu tout autour, comme on fait d'ordinaire aux extrémités des vêtements, de peur qu'il ne se rompe. +26. Faciès et duos annulos aureos , quos pones in summitatibus rationalis, in oris quae e région e sunt superhume- ralis, et posteriora ejus aspiciunt. +27. Ncc non et alios duos annulos aureos, qui ponendi sunt in utroque latere superhumeralis deorsum, quod re- spicit contra faciem juncturœ inferioris, ut aptari possit cura superhumerali , +28. Et stringatur rationale annulis suis cum annulis superhumeralis vitta hyacinthina, ut maneat junctura fabre- facta, et a se invicem rationale et super- humerale nequeant separari. +29. Portabitque Aaron nomina filiorum Israël in rationali judicii super pectus suum, quando ingredietur sanctuarium, memoriale coram Domino in seternum. +30. Pones autem in rationali judicii Doctrinam et Veritatem, quse erunt in pectore Aaron, quando ingredietur co- ram Domino ; et gestabit judicium filio- rum Israël in pectore suo, in conspectu Domini semper. +31. Faciès et tunicam superhumeralis totam hyacinthinam , +32. In cujus medio supra erit capi- tium, et ora per gyrum ejus textilis, sicut fieri solet in extremis vestium par- tibus, ne facile rumpatur. +passées dans deux anneaux, elles venaient s'agrafer aux épaullères de l'éphod. Aux angles inférieurs de ce même ornement, deux anneaux, qui cor- respondaient à d'autres anneaux de l'éphod ; ces quatre anneaux étaient réunis par un ruban couleur d'hyacinthe, pour empêcher le rational de flotter sur l'éphod. Voyez VAtlas archéol., pi. cvi, flg. 7, 11, 12. Pour les analogies égyp- tiennes, voyez V. Anccssi, Moïse et V Egypte; 1« partie : les vêtements du grand prêtre..., Paris, 1875, pp. 32 et ss. ; Vigouroux, Bible et découv., II, 572 et ss. ; Atlas archéol., pi. cxvi, flg. 4. +20-30. Encore le mémorial; V'urim et le tumrnim. — C'est îi ces deux noms hébreux que correspondent les mots latins doctrinam et ve- ritatem (LXX : -r] or^XtxXji^ v.a\ r\ àXv^Ôcta; Aquila et Symmaque : cpcoTiafj.o'i '/.où lekeiô- T/;T£r), littéralement: Lumières et Perfections. Ils soulèvent une graA'C question, « célèbre par ses inextricables difficultés. » Que désignent -ils au juste? D'après les uns, quelque chose de ma- tériel ( par exemple, ces mots mêmes, inscrits sui* le rational ) ; suivant Josèphe et plusieurs auteurs modernes, un x'eflet particulier qui s'échappait +des douze pierres précieuses, et grâce auquel le grand prêtre avait le don de lire l'avenir. Etc. Ce qui est sûr, c'est que V'urim et le tummim étaient un moyen que Dieu avait donné à son peuple de le consulter par l'intermédiaire du pon- tife suprême (cf. Num. xxvii, 21; I Reg. xxviii, 6); mais il n'est plus possible d'en déterminer la nature exacte. Voj'ez d'autres opinions dans Calmet, h. l. +4° La robe de l'éphod. XXVIII, 31-35. +31-32. Le haut de la robe. — Tunicam. En hébr. : ?ft"iZ,une longue robe (T:oôvîp-/iç, comme traduisent les LXX), portée sur la tunique ordi- naire et adhérente à l'éphod (superhumeralis). +— Totam hyacinthinam: d'un beau bleu violacé. +— In medio... capitium : une ouverture pour passer la tête, comme dans une blouse, ou, dit l'hébr., « connue si c'était l'ouverture d'un cor- selet. » (Vulg. : sicut in extremis vestium...). Los Égyptiens, portaient souvenu des corselets de lin, munis d'une ouverture de ce genre, que l'on entourait d'une forte bordure pour l'empêclier de se déchirer (oraper gyrum...).Yoy. VAtl. archéol., pi. LXXXIV, flg. 12. +282 +Ex. XXVIII, 33-40. +33. Deorsum vero, ad pedes ejusdem tunicfB, per circuitum, quasi mala pu- nica faciès, ex liyacintho, et purpura, et cocco bis tiucto, mixtis in medio tin- tinnabulis , +34. Ita ut tintinnabulum sit aureum et malum punicum, rursumque tintinna- bulum aliud aureum et malum puni- cum. +35. Et vestietur ea Aaron in officio ministerii, ut audiatur sonitus quando ingreditur et egreditur sanctuarium in conspectu Domini, et non moriatur. +36. Faciès et laminam de auro puris- simo, in qua sculpes opère cselatoris : Sanctum Domino. +37. Ligabisque eam vitta hyacinthina, et erit super tiaram, +38. Imminens fronti pontificis. Por- tabitque Aaron iniquitates eorum, qua3 obtulerunt et sanctificaverunt filii Is- raël, in cunctis muneribus et donariis suis. Erit autem lamina semper in fronte ejus, ut placatus sit eis Dominus. +39. Stringesque tunicam bysso, et tia- ram byssinam faciès, et balteum opère plumarii. +40. Porro filiis Aaron tunicas lineas parabis et balteos ac tiaras, in gloriam et decorem ; +33. Vous mettrez au bas et tout au- tour de la même robe, comme des gre- nades faites d'hyacinthe et de pourpre et d'écarlate teinte deux fois , entremêlées de sonnettes ; +34. En sorte qu'il y aura une sonnette d'or et une grenade, une sonnette d'or et une grenade. +35. Aaron sera revêtu de cette robe quand il fera les fonctions de son mi- nistère, afin qu'on entende le son de ces sonnettes lorsqu'il entrera dans le sanc- tuaire devant le Seigneur, ou qu'il en sortira, et qu'il ne meure point. +36. Vous ferez aussi une lame d'un or très pur, sur laquelle vous ferez graver par un ouvrier habile : La sainteté est au Seigneur. +37. Vous l'attacherez sur la tiare avec un ruban de couleur d'hyacinthe, +38. Sur le front du souverain pontife. Et Aaron portera toutes les iniquités que les enfants d'Israël commettront dans tous les dons et tous les présents qu'ils offriront et qu'ils consacreront au Sei- gneur. Il aura toujours cette lame au front, afin que le Seigneur leur soit favorable. +39. Vous ferez aussi une tunique étroite de fin lin. Vous ferez encore la tiare de fin lin, et la ceinture sera d'un ouvrage de broderie. +40. Vous préparerez des tuniques de lin pour les fils d'Aaron, des ceintures et des tiares pour la gloire et pour l'or- nement de leur ministère. +33-35. Le bas de la robe. — Une autre bor- dure tout autour, mais d'un geni'e et dans un but très différents : quasi mala "punica, des pelotes en forme de grenades ; ornement que l'on rencontre parfois sur les vêtements assyriens. Voy. VAtl. archéol., pi. cvi, fig. 2-5, et V Atlas d'hist. nat., pi. xxx, fig. 2-4. — Tintinnabula. Atl. archéol., ibid., fig. 1, 6, 11. Le bruit de ces clochettes (vers. 35) permettait aux Israélites de suivre tous les mouvements du grand prêtre, au jour de la fête de l'Expiation, quand il entrait dans le Saint des saints, et de s'associer plus étroitement aux cérémonies sacrées. Cf. Eccli. XLV, 10-11. — Ne moriatur : Aaron et ses suc- cesseurs , s'ils venaient h négliger ce rite impor- tant. +5° Le diadème du grand prêtre. XXVIII, 36-39. +36-38. La lame d'or. — Sur cette lame, qui formait la partie principale de la coiffure du pon- tife, étaient gravés les mots : Qodes laY'hovah, Sainteté au Seigneur I Rien de plus significatif, soit pour le grand prêtre, soit pour la nation entièi'c. Cf. xix, 6. — Lijahis vitta. La lame +d'or était évidemment munie, à ses deux extré- mités, d'ouvertures par lesquelles on passait ce ruban. Voy. VAtl. archéol., pi. cvi, flg. 9, 11. — Portant. .. iniquitates... Les plus pures offrandes, quand elles sont présentées par de misérables pécheurs à un Dieu si saint, participent à l'im- pureté des donataires ; mais la sainteté en quelque sorte officielle du grand prêtre juif, exprimée par la lame d'or qu'il portait au front, leur en- levait ce caractère profane. — Semper in fronte, C.-à-d. toutes les fois qu'il était en fonctions. +39. Matière du turban : byssinam, le lin blanc. A ce détail on en ajoute deux autres, relatifs, d'une part à la tunique intérieui'e du pontife, laquelle était également de lin ; d'autre part , à sa ceinture, richement brodée à, l'aiguille (iiaJ- teum opère plumarii). +6° Vêtements des simples prêtres. XXVIII, 40-43. +40 - 43. On en signale quatre : 1» tunicas lineas, blanches comme celle du grand prêtre (Atlas archéol., pi. cvii, fig. 5, 6); 2» balteos; 3" tiaras, des sortes de toques ou de bonnets en lin blanc ; +Ex. XXVIII, 41 — XXIX, 5. +283 +41. Vous revêtirez Aaron votre frère, et ses fils avec lui, de tous ces vête- ments. Vous leur consacrerez les mains à tous et vous les sanctifierez, afin qu'ils exercent les fonctions de mon sacerdoce. +42. Vous leur ferez aussi des caleçons de lin pour couvrir ce qui n'est pas hon- nête dans le corps, depuis les reins jus- qu'au bas des cuisses. +43. Aaron et ses enfants s'en serviront lorsqu'ils entreront dans le tabernacle du témoignage, ou lorsqu'ils approchent de l'autel pour servir dans le sanctuaire, de peur qu'ils ne soient coupables d'iniquité et qu'ils ne meurent. Cette ordonnance sera stable et perpétuelle pour Aaron et pour sa postérité après lui. +41. Vestiesque his omnibus Aaron fratrem tuuni, et filios ejus cum eo. Et cunctorum consecrabis manus, sanctifi- cabisque illos, ut sacerdotio fungantur mihi. +42. Faciès et feminalia linea, ut ope- riant carnem turpitudinis suae, a renibus usque ad f emora ; +43. Et utentur eis Aaron et filii ejus quando ingredientur tabernaculum testi- monii, vel quando appropinquant ad altare ut ministrent in sanctuario, ne iniquitatis rei moriantur. Legitimum sempiternum erit Aaron, et semini ejus post eum. +CHAPITRE XXIX +1. Voici ce que vous ferez pour con- sacrer prêtres Aaron et ses fils. Prenez dans le troupeau un veau et deux béliers sans tache, +2. Des pains sans levain, des gâteaux aussi sans levain arrosés d'huile, des galettes sans levain sur lesquelles on aura versé de l'huile. Vous ferez toutes ces choses de la plus pure farine de f ro - ment. +3. Et, les ayant mises dans une cor- beille, vous rae les offrirez. Vous amè- nerez le veau et les deux béliers. +4. Vous ferez approcher Aaron et ses enfants de l'entrée du tabernacle du té- moignage, et lorsque vous aurez lavé avec de l'eau le père et les enfants, +5. Vous revêtirez Aaron de ses vête- ments, c'e.^t-à-dire de la tunique de lin, de la robe, de Téphod et du rational, que vous lierez avec la ceinture. +1. Sed et hoc faciès, ut mihi in sa- cerdotio consecrentur : Toile vitulum de armento, et arietes duos immaculatos, +2. Panesque azymos, et crustulam absque fermente, quse conspersa sit oleo, lagana quoque azyma oleo lita ; de simila triticea cuncta faciès ; +3. Et posita in canistro offeres ; vitu- lum autem et duos arietes, +4. Et Aaron ac filios ejus applicabis ad ostium tabernaculi testimonii ; cumque laveris patrem cum filiis suis aqua, +5. Indues Aaron vestimentis suis, id est, linea et tunica, et superhumerali , et rationali, quod constringes balteo; +4° feminalia linea, des caleçons courts, à la manière égyptienne iAtl. archéol., pi. i, fig. 4; pi. XXII , fig. 3). — Sur les mots in gloriam et deco- rem, voyez la note du vers. 2. — Le trait cun- ctorum consecrahis... prépare ce qui va êti-e dit Inuuédiatement de la consécration du grand prêtre et des prêtres. +7° Rites de la consécration des prêtres. XXIX , 1-37. +Ces rites consistent en des actes symboliques (ablutions, vêture, onctions, sacriflces, etc.), qui marquent tous la nécessité d'une sainteté extra- ordinaire dans les prêtres. Cf. Lev. viii-ix. +Chap. XXIX. — 1- 3. Le choix et la séparation des victimes qu'on devait immoler au jour de la consécration d'Aaron et de sci fils. — Pour les +sacriflces sanglants : vitulum, duos arietes (.imma- culatos; bébr. : parfaits, sans défauts) ; pour les sacrifices non sanglants : azyma, crustulam... (sorte de gâteau épais, arrosé d'buile), lagana (autres gâteaux, mais très minces). +4-9. Les premiers rites de la consécration, — Applicabis. Tu feras approcher. Tout auprès de Vostium tabernaculi se trouvait le lavoir d'ai- rain (xxx, 18; Atl. archéol., pi. xcvi, fig. 1); or le premier rite devait précisément consister en une ablution (cumque laveris). Cette céré- monie, que nous avions déjà rencontrée Gcn. XXXV, 2, est d'une très haute antiquité, et d'un symbolisme clair et naturel ; elle est encore d'un fréquent usage dans les divers cultes de l'Orient. — Deuxième rite : la vêture d'Aaron +284 +Ex. XXIX, 6-15. +6. Et pones tiaram in capite ejus, et laminam sanctam super tiaram, +7. Et oleum unctionis fundes super caput ejus; atque lioc ritu consecra- bitur. +8. Filios quoque illius applicabis, et indues tunicis lineis, cingesque balteo. +9. Aaron scilicet et liberos ejus, et impones eis mitras ; eruntque sacerdotes mihi religione perpétua. Postquam ini- tiaveris manus eorum, +10. Applicabis et vitulum coram ta- bernaculo testimonii ; imponentque Aaron et filii ejus manus super caput illius; +11. Et mactabis eum in conspectu Domini, juxta ostium tabernaculi testi- monii. +12. Sumptumque de sanguine vituli, pones super cornua altaris digito tuo, reliquum autem sanguinem fundes juxta basim ejus. +13. Sûmes et adipem totum qui operit intestina, et reticulum jecoris, ac duos renés, et adipem qui super eos est, et offeres incensum super altare ; +14. Carnes vero vituli et corium et fimum combures foris extra castra, eo quod pro peccato sit. +15. Unum quoque arietem sûmes, su- per cujus caput ponent Aaron et filii ejus manus ; +G. Et vous lui mettrez la tiare sur la tête et la lame sainte sur la tiare. +7. Vous répandrez ensuite sur sa tête de l'huile de consécration, et il sera sacré de cette sorte. +8. Vous ferez approcher aussi ses en- fants, vous les revêtirez de leurs tuniques de lin ; vous les ceindrez de leurs cein- tures ; +9. Ce que vous ferez pour Aaron et pour ses enfants. Vous leur mettrez la mitre sur la tête, et ils seront mes prêtres pour me rendre un culte perpé- tuel. Après que vous aurez consacré leurs mains , +10. Vous amènerez le veau devant le tabernacle du témoignage, et Aaron et ses enfants lui mettront les mains sur la tête. +11. Et vous le sacrifierez devant le Seigneur à l'entrée du tabernacle du té- moignage. +12. Vous prendrez du sang du veau, que vous mettrez avec le doigt sur les cornes de l'autel, et vous répandrez le reste du sang au pied de l'autel. +13. Vous prendrez aussi toute la graisse qui couvre les entrailles et la membrane qui enveloppe le foie , avec les deux reins et la graisse qui les couvre, et vous les offrirez en les brûlant sur l'autel. +14. Mais \ous brûlerez dehors et hors du camp toute la chair du veau, sa peau et ses excréments, parce que c'est une hostie pour le péché. +15. Vous prendrez aussi un des béliers, et Aaron et ses enfants mettront leurs mains sur sa tête. +(vers. 5-6). Cf. Lev. vin, 7-9. L'ordre des vête- ments est bien marqué (linea, la simple tunique de lin, xxvni, 39; iunica, la robe de l'éphod, XXVIII, ai -35). — Troisième rite (vers. 7) : l'onc- tion avec l'huile sainte (xxv, 6; xxviii, 41; xxx, 23-25), SMper caput, pour exprimer une abon- dante effusion de grâces. Cf. Ps. cxxxii, 2. — Quatrième rite (vers. 8-9») : la vêture des fils d' Aaron. Religione perpétua; en hébr. : d'après une règle permanente. C.-à-d. que non seulement ils seront eux-mêmes prêtres durant toute leur vie, mais que leurs descendants le deviendront aussi à jamais. +S^J-H. Nous passons au cinquième rite, l'un des plus importants, qui consiste dans les sacri- fices ù offrir pour les futurs prêtres (A'ers. 9''-23). Et d'abord, ici, le sacrifice du taureau. Cf. vers. 1. — Initiaveris manus... Hébr. : Et tu rempliras la main d'Aaron et la main de ses fils. Voyez le vers. 24. Placer dans leurs mains une partie des offrandes équivalait ù les installer dans leui'S fonctions saintes. — Imponent... manus. Geste +symbolique , que nous retrouverons dans tous les sacrifices propitiatoires. Cf. Lev. rv, 15, 24, 29, etc. Les prêtres, par cette imposition des mains, trans- féraient en quelque sorte les péchés du donataire sur la victime , afin qu'ils fussent expiés par elle. — IlactaUs... juxta ostium... Entre cette porte et l'autel des holocaustes. Voyez VAtlas archéol., pi. xcvi, fi^. 1. — Le double emploi du sang, vers. 12 : pones super cornua ( voyez la note de xxvn,2)...; reliquum... fundes. Autre cérémonie commune à tous les sacrifices propitiatoires. — Le double emploi des chairs : les parties les plvis grasses , regardées en Orient comme les plus dé- licates {adipem...; reticulum jecoris, duos renés), devaient être brûlées sur l'autel des holocaustes; le reste de la chair, la peau, les matières renfer- mées dans les intestins au moment de l'immo- lation, devaient être consumés en dehors du camp, comme des objets impurs (eo quod pro peccato...). +15 - 18. Sdcriflce du premier bélier. — Plusieurs des rites pi*escrits sont identiques à ceux que nous +Ex. XXIX, 16-24. +285 +16. Et lorsque vous l'aurez immolé, vous en prendrez du sang et le répan- drez autour de l'autel. +17. Vous couperez ensuite le bélier par morceaux, et en ayant lavé les intestins et les pieds, vous les mettrez sur les parties de son corps que vous aurez ainsi coupées et sur sa tête. +18. Et vous offrirez le bélier en le brûlant tout entier sur l'autel ; car c'est l'oblation du Seigneur et une hostie dont l'odeur lui est très agréable. +19. Vous prendrez aussi l'autre bélier, et Aaron et ses enfants mettront leurs mains sur sa tête. +20. Et l'ayant égorgé, vous prendrez de son sang et vous en mettrez sur le bas de l'oreille droite d'Aaron et de ses enfants , sur le pouce de leur main droite et de leur pied droit, et vous répandrez le reste du sang sur l'autel, tout autour. +21. Vous prendrez aussi du sang qui est sur l'autel et de l'huile d'onction ; vous en ferez l'aspersion sur Aaron et sur ses vêtements , sur ses enfants et sur leurs vêtements, et après les avoir con- sacrés avec leurs vêtements, +22. Vous prendrez la graisse du bélier, la queue, la graisse qui couvre les en- trailles, la membrane qui enveloppe le foie, les deux reins et la graisse qui est dessus et l'épaule droite , parce que c'est un bélier de consécration. +23. Vous prendrez aussi une partie d'un pain, un des gâteaux trempés dans l'huile et une galette dé la corbeille des azymes qui aura été exposée devant le Seigneur. +24. Vous mettrez toutes ces choses sur les mains d'Aaron et de ses fils, et vous les sanctifierez en élevant ces dons de- vant le Seigneur. +16. Quem cum mactaveris, toiles de sanguine ejus, et fundes circa altare. +17. Ipsum autem arietem secabis in fi'usta, lotaque intestina ejus ac pedes pones super concisas carnes, et super caput illius. +18. Et offeres totum arietem in incen- sum super altare; oblatio est Domino, odor suavissimus victimse Domini. +19. Toiles quoque arietem alterum, super cujus caput Aaron et filii ejus ponent manus; +20. Quem cum immolaveris, sûmes de sanguine ejus, et pones super extre- mum auriculse dextrse Aaron et filiorum ejus, et super pollices manus eorum ac pedis dextri, fundesque sanguinem su- per altare per circuitum. +21. Cumque tuleris de sanguine qui est super altare, et de oleo unctionis, asperges Aaron et vestes ejus, filios et vestimenta eorum; consecratisque ipsis et vestibus , +22. Toiles adipem de ariete, et cau- dam et arvinam, quse operit vitalia, ac reticulum jecoris, et duos renés, atque adipem qui super eos est, armumque dextrum, eo quod sit aries consecra- tionis ; +23. Tortamque panis unius, crustulam conspersam oleo, laganum de canistro azymorum, quod positum est in con- spectu Domini ; +24. Ponesque omnia super manus Aaron et filiorum ejus, et sanctificabis eos elevans coram Domino. +venons de lire (vers. 15-16) ; les autres diffèrent, parce qu'il s'agit maintenant d'un holocauste pro- prement dit. — Secabis in frusta. Ce même usage existait également chez les païens , probablement en vue d'accélérer la combustion des chairs. Voy. l'Atlas archéol., pi. cvi, flg. 10, 13. — Offeres totum arietem. Dans l'holocauste , la victime en- tière était pure et agréable à Dieu ; aussi n'y avait-il pas lieu îi la distinction établie plus haut, vers. 13 et 14. — Odor suavissimus. Belle méta- phore. Cf.. Gen. vin, 21. +19-21. Sacrifice du second bélier, appelé «bé- lier de la consécration » (vers. 22). — Ici nous trouvons quelques rites spéciaux : 1° une sorte d'onction avec le sang de ce bélier, soit super extremum auriculce..., pour rappeler aux prêtres qu'ils devaient être constamment attentifs aux +ordres de Dieu leur maître ; soit super pollices manus... ac pedis..., pour marquer la sainteté qui devait accompagner leurs actions et leurs dé- mai'ches ; 2« une aspersion avec un mélange de sang et d'huile sainte (vers. 21). +22-24. L'entrée en fonctions des nouveaux prêtres. — Toiles adipem... Voyez la note du vers. 13, et Lev. m, 9-11. — Caudam: l'énorme queue, pleine de graisse, des béliers orientaux. Voy. YAtl. d'hist. nat., pi. lxxxix, fig, 6,8. — Tortamque panis... C.-tVd. les offrandes non san- glantes. Cf. vers. 3. — Ponesque super manus... Moïse lui-même devait donc placer ses mains sous celles d'Aaron et de ses flls, aidant, comme mé- diateur de l'alliance, les prêtres théocratiques dans ce premier accomplissement de leurs fonc- tions. — Sanctificabis... elevans. Dans l'hébr. : +14* +286 +Ex. XXIX, 25-33. +25. Suscipiesque universa de manibus eorum, et incendes super altare in holo- caustiim, odorem siiavissimum in con- spectii Domini, quia oblatio ejus est. +2G. Sûmes quoque pectusculum de arietc, quo initiatus est Aaron, sanctiii- cabisque illud elevatum coram Domino, et cedet in partem tuam. +27. Sanctificabisque et pectusculum consecratum , et armum quem de ariete separasti +28. Quo initiatus est Aaron et filii ejus, cedentque in partem Aaron et filio- rum ejus jure perpetuo a filiis Israël; quia primitiva sunt et initia de victimis eorum paciiicis quse ofîerunt Domino. +29. Vestem autem sanctam, qua utetur Aaron, habebunt filii ejus post eum, ut ungantur in ea, et consecrentur manus eorum. +30. Septem diebus utetur illa qui pon- tifex pro eo fuerit constitutus de filiis ejus, et qui ingredietur tabernaculum te- stimonii ut ministret in sanctuario. +31. Arietem autem consecrationis toi- les, et coques carnes ejus in loco sancto. +32. Quibus vescetur Aaron et filii ejus. Panes quoque, qui sunt in canistro, in vestibulo tabernaculi testimonii com- edent, +33. Ut sit placabile sacrificium, et sanctificentur oiïerentium manus. Alie- nigena non vescetur ex eis, quia sancti sunt. +25. Vous reprendrez ensuite toute'"^ ces choses de leurs mains et vous les brûlerez sur l'autel en holocauste, pour répandre une odeur très agréable devant le Sei- gneur, parce que c'est son oblation. +26. Vous prendrez aussi la poitrine du bélier qui aura servi à la consécration d'Aaron , et vous la sanctifierez en l'éle- vant devant le Seigneur, et elle sera réservée pour votre part. +27. Vous sanctifierez aussi la poitrine qui a été consacrée, l'épaule que vous aurez séparée du bélier +28. Par lequel Aaron et ses enfants auront été consacrés, et elles seront ré- servées des ohlatlons des enfants d'Israël, pour être la part d'Aaron et de ses en- fants par un droit perpétuel, parce qu'elles sont comme les prémices et les premières parties des victimes pacifiques qu'ils offrent au Seigneur. +29. Les enfants d'Aaron porteront après sa mort les saints vêtements qui lui auront servi , afin qu'en étant revêtus, ils reçoivent l'onction sainte et que leurs mains soient consacrées au Seigneur. +30. Celui d'entre ses enfants qui aura été établi pontife en sa place, et qui entrera dans le tabernacle du témoignage pour exercer ses fonctions dans le sanctuaire, portera ces vêtements pendant sept jours. +31. Vous prendrez aussi le bélier qui sera offert à la consécration du pontife, et vous en ferez cuire la chair dans le lieu saint. +32. Aaron en mangera avec ses en- fants. Ils mangeront aussi , à l'entrée du tabernacle du témoignage, les pains qui seront demeurés dans la corbeille, +33. Afin que ce soit un sacrifice qui rende Dieu favorable, et que les mains de ceux qui les offrent soient sanctifiées. L'étranger ne mangera point de ces viandes, parce qu'elles sont saintes. +Et tu agiteras de côté et d'autre (les offrandes) cil présence de Jéhovah. Voyez l'explication du vers, 25, +25-28, lia fin du sacrifice de consécration, — Suscipiesque... Moïse redevient le seul célébrant. — Pectusculiun de ariete. Cf. Lcv, vu, 29-31. Dans plusieurs sortes de sacrifices, la poitrine de la victime était attribuée au prêtre ofUciant (cedet in partem ..), après qu'elle avait été agitée sur le brasier de l'autel (sanctijicabis... elevatum). — Armam: l'épaule gauche; autre portion réservée aux prêtres dans certains sacrifices. — La traduc- tion littérale du vers. 27 d'après l'hébreu serait : Tu consacreras la poitrine d'agitation et l'épaule d'élévation, huiuelle aura été agitée, et laquelle +aura été élevée, du bélier d'inauguration,.. On imprimait donc ù, quelques parties de la victime , pour les offrir au Seigneur, deux mouvements successifs : le premier, nommé agitation, avait lieu en avant et en arrière, dans le sens hori- zontal et à plusieurs reprises, au-dessus de l'autel des holocaustes ; le second consistait dans une élévation perpendiculaire vers le ciel. +29-30. L'emploi des ornements pontificaux. — Vestem... qua utetur Aaron... Ce qui fut prati- qué, d'après Num. xx, 28, pour l'investiture d'Éléazar. +31-34. Le repas qui devait suivre la consécra- tion des prêtres. — Coques (en les faisant bouillir) carnes... Celles des chairs du second bélier qui +Ex. XXIX, 34-43. +287 +34. S'il demeure quelque chose de cette chair consacrée ou de ces pains jusqu'au matin, vous brûlerez au feu tous ces restes ; on n'en mangera point, parce qu'ils sont sanctifiés. +35. Vous aurez soin de faire tout ce que je vous commande touchant Aaron et ses enfants. Vous consacrerez leurs mains pendant sept jours, +36. Et vous offrirez chaque jour un veau pour l'expiation du péché. Lorsque vous aurez immolé l'hostie de l'expiation, vous purifierez l'autel et vous y ferez les onctions saintes pour le sanctifier de nouveau. +37. Vous purifierez et sanctifierez l'au- tel pendant sept jours, et il sera très saint. Quiconque le touchera se sancti- fiera auparavant. +38. Voici ce que vous ferez sur l'autel : Vous sacrifierez chaque jour, sans y man- quer, deux agneaux d'un an, +39. Un le matin, et l'autre le soir. +40. Vous offrirez avec le premier agneau la dixième partie de la plus pure farine de fi'oment , mêlée avec de l'huile d'olives pilées , plein le quart de la me- sure appelée hin, et autant de vin pour la libation. +41. Vous ofEi'irez au soir le second agneau comme un sacrifice d'une excel- lente odeur, d'après le même rite que l'oblation du matin. +42. C'est le sacrifice qui doit être offert au Seigneur par une succession continuée de race en race à l'entrée du tabernacle du témoignage devant le Sei- gneur, où j'ai résolu de vous parler. +43. C'est de là que je donnerai mes +34. Quod si remanserit de carnibus consecratis, sive de panibus usque mane, combures reliquias igni ; non comeden- tur, quia sanctificata sunt. +35. Orania, quœ prœcepi tibi, faciès super Aaron et filiis ejus. Scptem die- bus consecrabis manus eorum, +36. Et vitulum pro peccato oiïeres per singulos dies ad expiandum. Mundabis- que altare cum immolaveris expiationis hostiam, et unges illud in sanctificatio- nem. +37. Septem diebus expiabis altare, et sanctificabis , et erit sanctum sancto- rum ; omnis , qui tetigerit illud , sanctifi- cabitur, +38. Hoc est quod faciès in altari : Agnos anniculos duos per singulos dies jugiter, +39. Unum agnum mane, et alterum vespere , +40. Decimam partem similse conspersee oleo tuso, quod habeat mensuram quar- tam partem hin, et vinum ad libandum ejusdem mensurse in agno uno. +41. Alterum vero agnum offeres ad vesperam juxta ritum matutinse oblatio- nis, et juxta ea quœ diximus, in odorem suavitatis. +42. Sacrificium est Domino, oblatione perpétua in generationes vestras , . ad ostium tabernaculi testimonii coram Do- mino, ubi constituam ut loquar ad te. +43. Ibique prsecipiam filiis Israël , +ne revenaient ni à Dieu ( vers. £2 ) ni à Moïse (vers. 26). — In loco sancto : prôs de la porte du tabernacle, Lev. viii, 31. — Alicnigena , au vex's. 33 , désigne les laïques. — Quod si reman- serit...Ce que les prôti'es n'auraient pas consommé devait être brûlé, et non pas livré à des usages profanes. +35-37. Ordre de répéter durant sept jours con- sécutifs tout le cérémonial de la consécration sacerdotale. — Autre précepte ajouté à celui-là, la sanctification de l'autel : Mundabis altare..., en l'aspergeant sept fois de suite avec l'huile sainte. Cf. Lev. VIII, 11. — Conclusion: omnis qui teti- gerit...; d'où il résulte que quiconque était léga- lement impur devait bien se garder de toucher l'autel. +80 Le sacrifice perpétuel. XXIX, 38-46. +38-42. Hoc... faciès in altari. Transition à l'un des principaux usages de l'autel des holocaustes. +— Le sacrifice perpétuel, auquel les Hébreux demeurèrent si fidèles jusqu'à la prise de Jéru- salem par les Romains, était offert chaque jour, matin et soir (hébr. : entre les deux soirs ; voyez la note de xn, 6), et il se composait de deux parties : 1° l'offrande sanglante, agnum...; 2« l'of- frande non sanglante : une certaine quantité de fai'ine, mêlée d'huile, à brûler sur l'autel ( tZeci- mam partem, un dixième d'éphah, c,-à-d. un gomor, ou 3 lit. 88 ; oleo tuso, de rhuUe très pure, d'après xxvii, 20), et une libation de vin autour de l'autel (le hin équivalait h environ 6 lit. 50). +— TJhi constituam ut loquar... Hébr. : C'est là. que je me rencontrerai avec vous, et que je te parlerai. Admirable définition du tabernacle : un lieu de l'encoutre et de conversation entre Jéhovah et son peuple. +43-46. Promesses divines, en échange du sacri- fice perpétuel. Elles se résument dans ces parolc3 +288 +Ex. XXIX, 44 — XXX, 7. +et sanctificabitur altare in gioria mea. +44. Sanctificabo et tabernaculum testi- monii cum altari, et Aaron cum filiis suis, ut sacerdotio fuugantur mihi. +45. Et habitabo in medio filiorum Israël, eroque eis Deus, +46. Et scient quia ego Dominus Deus eorum, qui eduxi eos de terra Mgy\)ti, ut manerem inter illos, ego Dominus Deus ipsorum. +ordres pour les enfants d'Israël, et l'aa- tel sera sanctifié par la présence de ma gloire. +44. Je sanctifierai aussi le tabernacle du témoignage avec l'autel, et Aaron avec ses fils , afin qu'ils exercent les fonctions de mon sacerdoce. +45. J'habiterai au milieu des enfants d'Israël et je serai leur Dieu ; +46. Et ils connaîtront que je suis leur Seigneur et leur Dieu, qui les ai tirés de rÉgypte afin de demeurer au milieu d'eux , moi qui suis leur Seigneur et leur Dieu. +CHAPITRE XXX +1. Faciès quoque altare ad adolendum thymiama, de lignis setim, +2. Habens cubitum longitudinis , et alterum latitudinis, id est, quadran- gulum, et duos cubitos in altitudine. Cornua ex ipso procèdent. +3. Vestiesque illud auro purissimo, tam craticulam ejus, quam parietes per circuitum, et cornua. Faciesque ei coro- iiam aureolam per gyrum, +4. Et duos annules aureos sub co- rona per singula latera, ut mittantur in eos vectes, et altare portetur. +5. Ipsos quoque vectes faciès de lignis 5etim , et inaurabis. +6. Ponesque altare contra vélum, quod ante arcam pendet testimonii coram propitiatorio quo tegitur testimonium, ubi loquar tibi ; +7. Et adolebit incensum super eo Aaron, suave fragrans, mane. Quando componet lucernas, incendet illud; +1. Vous ferez aussi un autel de bois de sétim pour y brûler des parfums. +2. Il aura une coudée de long et une coudée de large, de sorte qu'il soit carré. Il aura deux coudées de haut, et ses cornes lui seront adhérentes. +3. Vous couvrirez d'un or très pur la table de cet autel et les quatre côtés avec ses cornes , et vous y ferez une couronne d'or qui régnera tout autour, +4. Et deux anneaux d'or de chaque côté sous la couronne, pour y faire en- trer les bâtons qui serviront à le porter. +5. Vous ferez aussi les bâtons de bois de sétim et vous les couvrirez d'or. +6. Vous mettrez cet autel vis-à-vis du voile qui est suspendu devant l'arche du témoignage, devant le propitiatoire qui couvre V arche du témoignage, où je vous parlerai. +7. Et Aaron y brûlera de l'encens d'excellente odeur ; il le brûlera le matin lorsqu'il préparera les lampes, +si glorieuses pour Israël : J5?ro... eis Deus; ego Dominus Deus ipsorum, +§ III. — Suite de la description des objets du culte. XXX, 1 — XXXI, 18. +1° L'autel des parfums ou de l'encensement. XXX, 1-10. +Chap. XXX. — 1-5. Description de cet autel. Tour h tour, comme pour les autres objets pré- cédemment décrits, le but, la matière, les di- mensions, la décoration, les anneaux et les barres ])our le porter. — Ad adolendum tlvjmiayna. C'était un autre genre de sacrifice, plus délicat, ])lus mystique; de là le nom d'autel pour cet encensoir en grand. — Cubitum : 0'",525 ; duos cubitos: l'",050. — Cornua. Voyez xxvii, 2, et le commentaire. — Craticulam : la tablette supé- +rieure, son « toit » plat, comme dit l'hébreu. — Coronam: le rebord orné, analogue à celui de la table des pains de proposition. — Duos annu- tos... Au lieu de quatre, ce meuble étant moins considérable que l'arche et la table. — Voyez l'Atlas arcliéol., pi. civ, fig. 2. +6. La place de cet autel dans le tabernacle. — Contra vélum : le voile qui séparait le Saint du Saint des saints. L'arche était dans la partie la plus intime du sanctuaire, derrière ce voile, XXVI, 33; l'autel était donc dans le Saint, en avant du voile, xl, 22-24. {Atl. archéol., pi. xcvi, fig. 2.) +7-10. Usage de l'autel des parfums. — 1° Un usage quotidieii, deux fois répété : adolebit... super eo. Deux encensements par jour, correspon- dant aux deux actes du sacrifice perpétuel. Ct, +Ex. XXX, 8-16. +289 +8. Et lorsqu'il les allumera au soir, il brûlera encore de l'encens devant le Sei- gneur ; ce qui s'observera continuellement parmi vous dans la succession de tous les âges. +9. Vous n'offrirez point sur cet autel des parfums d'une autre composition que celle que je vous prescrirai,' vous n'y présenterez point d'oblations ni de vic- times , et vous n'y ferez aucune libation de liqueurs. +10. Aaron priera une fois l'an sur les cornes de l'autel en y répandant du sang de l'hostie qui aura été offerte pour le péché , et cette expiation continuera tou- jours parmi vous de race en race. Ce sera là un culte très saint pour honorer le Seigneur. +11. Le Seigneur parla aussi à Moïse et lui dit : +12. Lorsque vous ferez le dénombre- ment des enfants d'Israël, chacun don- nera quelque chose au Seigneur pour le prix de son âme, et ils ne seront point frappés de plaies lorsque ce dénombre- ment aura été fait. +13. Tous ceux qui seront compris dans ce dénombrement donneront un demi- sicle, selon la mesure du temple. Le sicle a vingt oboles. Le demi-sicle sera offert au Seigneur. +14. Celui qui entre dans ce dénombre- ment, c'est-à-dire qui a vingt ans et au- dessus, donnera ce prix. +15. Le riche ne donnera pas plus d'un demi-sicle, et le pauvre n'en donnera pas moins. +16. Et ayant reçu l'argent qui aura +8. Et quando collocabit eas ad ve- sperum, uret thymiama sempiternum coram Domino in generationes vestras. +9. Non offeretis super eo thymiama compositionis alterius, nec oblationem, et victimam, nec libabitis libamina. +10. Et deprecabitur Aaron super cor- nua ejus semel per annum, in sanguine quod oblatum est pro peccato ; et pla- cabit super eo in generationibus vestris. Sanctum sanctorum erit Domino. +11. Locutusque est Dominus ad lÂoy- sen, dicens : +12. Quando tuleris summam filiorum Israël juxta numerum, dabunt singuli pretium pro animabus suis Domino ; et non erit plaga in eis, cum fuerint re- censiti. +13. Hoc autem dabit omnis qui transit ad nomen, dimidium sioli juxta men- suram templi, Siclus viginti obolos ha- bet. Media pars sicli offeretur Domino. +14. Qui habetur in numéro, a viginti annis et supra, dabit pretium. +15. Dives non addet ad médium sicli, et pauper nihil minuet. +? 6. Susceptamque pecuniam, quae col- +Ps. CXL, 2. Les moments sont déterminés d'une manière très précise : quando componet... (cf. XXVII, 31), quando collocaMt... — Non avfe- retis... Une quadruple interdiction est ajoutée à ce premier précepte : pas d'autre parfum que l'encens normal ( compositionis alterius ; cf. vers. 34-35), pas de sacriflce non sanglant (obla- tionem, hôbr.: minhah), pas de sacriflce sanglant (victimam), pas de libation : ces ti'ois dernières choses étaient réservées h l'autel des holocaustes. +— 2° Usage spécial, une fois l'an, au jour de la fête de l'Expiation : et deprecabitur... Cf. Lev. xvi, 14-15. +2° L'impôt sacré. XXX, 11-16. +11-15. Règles pour le payement de cet impôt. +— Quando ttderis summam... : par le dénom- brement exact des sujets de la théoci'atie. — Sin- guli pretium... Hébr.: chacun la rançon de sa vie. L'exi)lication vient ensuite : et non erit plaga... (mieux : « ut non sit ») ; en s'acquittant avec fidélité de cette dette sainte , on se rendra Jého- vah propice , car ce sera lui rappeler que l'on fait +partie de son peuple (cum fuerint recensiti). — La somme à payer était modique : dimidium sicli, c.-à-d. environ 1 fr. 42. Personne ne pou- vait être gêné par cet impôt. Les mots juxta mensuram templi (hébr. : d'après le gicle du sanctuaire) semblent désigner un sicle étalon que l'on conservait dans le sanctuaire, pour prévenir, dans la monnaie publique, une fluctuation qui serait devenue facilement désastreuse. C'est pour le même motif que l'écrivain sacré ajoute, afin de mieux préciser : siclus ( le sicle du sanctuaire ) viginti cbolos... Dans le texte : vingt gérak, monnaie divisionnaire valant 0 fr. 14. — Pour être astreint h l'impôt sacré, il fallait avoir été inscrit in numéro ( cf. vers. 12 ) , et être âgé de vingt ans, comme pour la milice (Num. i, 3). — Dives non addet..., pauper... Égalité absolue pour le paj'ement, car tout Israélite avait des relations Identiques avec le Dieu -roi; peu importait la situation extérieure. +16. L'emploi de cet impôt devait être in usus tabernaculi , comme 11 convenait dans une théo- +290 +Ex. XXX, 17-25. +lata est a filiis Israël , trades in usus ta- bernaciili testimonii, ut sit monumentum eorum coram Domino, et propitietur ani- mabus eorum. +17. Locutusque est Dominus ad Moy- sen, dicens : +18. Faciès et labrum œneum cum basi sua ad lavandum ; ponesque illud iiiter tabernaculum testimonii et altare. Et missa aqua, +19. Lavabunt in ea Aaron et filii ejus manus suas ac pedes, +20. Quando ingressuri sunt taberna- culum testimonii, et quando accessuri sunt ad altare, ut offerant in eo thy- miama Domino, +21. Ne forte moriantur. Legitimum sempiternum erit ipsi, et semini ejus per successiones. +22. Locutusque est Dominus ad Moy- sen, +23. Dicens : Sume tibi aromata, primse myrrhse et electse quingentos siclos, et einnamomi médium, id est, ducentos quinquaginta siclos , calami similiter du- centos quinquaginta ; +24. Casiae autem quingentos siclos, in pondère sanctuarii, olei de olivetis men- suram hin ; +25. Faciesque unctionis oleum san- ctum, unguentum compositum opère un- guentarii , +été donné par les enfants d'Israël, vous l'emploierez pour les usages du taber- nacle du témoignage, afin que cette oblation porte le Seigneur cà se souvenir d'eux, et qu'elle serve ù, l'expiation de leurs âmes. +17. Le Seigneur parla encore à Moïse et lui dit : +18. Vous ferez aussi un bassin d'airain élevé sur une base pour qu'on s'y lave, et vous le mettrez entre le tabernacle du témoignage et Fautel. Et après que vous y aurez mis de l'eau, +19. Aaron et sei fils en laveront leurs mains et leurs pieds +20. Lorsqu'ils devront entrer au taber- nacle du témoignage, ou quand ils de- vront approcher de l'autel pour y offrir des parfums au Seigneur, +21. De peur qu'autrement ils ne soient punis de mort. Cette ordonnance subsis- tera éternellement pour Aaron et pour tous ceux de sa race qui lui doivent suc- céder. +22. Le Seigneur parla encore à Moïse +23. Et lui dit : Prenez des aromates, le poids de cinq cents sicles de la pre- mière et de la plus excellente myrrhe ; la moitié moins de cinnamome, c'est- à-dire le poids de deux cent cinquante sicles, et de même deux cent cinquante sicles de la canne aromatique^ +24. Cinq cents sicles de cannelle au poids du sanctuaire, et un hin d'huile d'olive. +25. Vous ferez de toutes ces .choses une huile sainte pour servir aux onctions, un parfum composé selon l'art du parfu- meur. +cratie. Cf. xsxviii, 24-25. — Ut sit monumen- tum... Encore un mémorial, pour rappeler en quelque sorte à Dieu l'existence de son peuple choisi. +30 Le lavoir d'aii-ain. XXX, 17-21. +17-18. Sa description, et la place qu'il occu- pait dans le lieu saint. — Labrum. Le mot hébreu désigne un bassin profond, en forme de coupe, soutenu sur un pied {cum basi). — Ad lavan- dum: pour les ablutions des prêtres, pour laver certaines parties des victimes, etc. Cf. xxix, 27; Lev. 1, 9. — Intel' tabernaculum... et altare : par conséquent, dans la cour extérieure , et à peu de distance de l'autel, pour la commodité du service. Voy. VAtl. archéol., pi. xcvi, flg. 1. +19-21. Quelques détails sur l'usage de ce bassin. — Lavabunt... manus... ac pedes: leurs mains, en vue des actions saintes qu'elles devaient ac- complir; leurs pieds, pour fouler (lignenient le sol snr.j.^ — l^e forte moriaiur. Cf. xxvur, 35, 43. Au +service d'un Dieu si grand et si saint, toute né- gligence est grave, et mérite le dernier supplice. +40 L'huile d'onction. XXX. , 22-33. +22 - 25. Sa composition. — Sume aromata {b'iiâmim) : les aromates sont très nombreux et très goûtés en Orient. — Quatre espèces sont dé- signées pour former l'huile sainte. 1° Myrrhce... electœ quingentos siclos (c-k-d. cinq cents fois 14 gr. 200, ou 7 kilog. 100). L'hébreu parle de « la myrrhe (môr) de liberté », désignant ainsi celle qui coule spontanément, la mcillcui-e de toutes; on obtient la myrrhe infériexure par des incisions faites au Balsamodendron myrrha , l'arbre qui produit cette résine odorante. Voyez VAtl. d'hist. nat., pi. xxxii, flg. 7. — 2« Cinnamomi médium (seulement 3 kilog. 550). Le kinnamôm est récorce intérieure, agréablement parfumée, du Laurus cinnamomuyn , qui ne croît qu'en d'assez rares contrées de l'extrême Orient (la Chine, la Cochiuchiuc, Sumatra, etc.). Voy. VAtl. +Ex. XXX, 26-35. +291 +26. Vous en oindrez le tabernacle du témoignage et l'arche du testament, +27. La table avec ses vases, le chan- delier et tout ce qui sert à son usage, l'autel des parfums +28. Et celui des holocaustes, et tout ce qui est nécessaire pour le service et le culte qui s'y doit rendre. +29. Vous sanctilicrez toutes ces choses, et elles deviendront saintes et sacrébs. Celui qui y touchera sera sanctifié. +30. Vous en oindrez Aaron et ses fils et vous les sanctifierez, afin qu'ils exercent les fonctions de mon sacerdoce. +31. Vous direz aussi aux enfants d'Is- raël : Cette huile qui doit servir aux onctions me sera consacrée parmi vous et parmi les enfants qui naîtront de vous. +32. On n'en oindra point la chair de l'homme et vous n'en ferez point d'autre de même composition, parce qu'elle est sanctifiée et que vous la considérerez comme sainte. +33. Quiconque en composera de sem- blable et en donnera à un étranger sera exterminé du milieu de son peuple, +34. Le Seigneur dit encore à Moïse : Prenez des aromates, du stacté, de l'onyx, du galbanum odoriférant et de l'encens le plus luisant, et que le tout soit de même poids. +35. Vous ferez un parfum composé de toutes ces choses selon l'art du parfu- meur, qui, étant mêlé avec soin, sera très pur et très digne de m' être offert. +26. Et unges ex eo tabernaculum te- stimonii, et arcam testamenti, +27. Mensamque cum vasis suis, can- delabruni, et utensilia ejus, altaria thy- miamatis +28. Et holocausti, et universam supel- lectilem quœ ad cultum eorum pertinet. +29. Sanctificabisque omnia, et erunt sancta sanctorum; qui tetigerit ea, san- ctificabitur. +30. Aaron et filios ejus unges, sancti- ficabisque eos, ut sacerdotio fungantur mihi. +31. Filiis quoque Israël dices : Hoc oleum unctionis sanctum erit mihi in generationes vestras. +32. Caro hominis non ungetur ex eo, et juxta compositionem ejus non facietis aliud, quia sanctificatum est, et san- ctum erit vobis. +33. Homo quicumque taie compo- suerit, et dederit ex eo aiieno, extermi- nabitur de populo suo. +34. Dixitque Dominus ad Moysen : Sume tibi aromata, stacten et onycha, galbanum boni odoris, et thus lucidis- simum ; sequalis ponderis erunt omnia ; +35. Faciesque thymiama compositum opère unguentarii, mixtum diligenter, et purum, et sanctificatione dignissimum. +d'hist. nat., pl.xxiii, fig. 5. — 3° Calami... (hébr. : kaneh) :1e calame, ou roseau aromatique. L'Inde en produit plusieurs espèces, entre autres YAn- dropogon schcenanthus et VAcorus calamus (Atl. d'hist. nat., pi. m, fig. 5 ; pi. iv, fig. 4). La quan- tité à employer était la même que pour le cin- naniome. — 4° Casiœ... (hébr. : Iciddah) : écorce intérieure d'un autre arbre de l'Orient, le Cinna- momiun casia {Atl. d'hist. nat. , pi. xxiv, fig. 1) ; son parfum n'est pas sans analogie avec celui du cinnamome, mais il a plus d'âcreté. — Olei... mensuram hin (voyez la note de xxix, 40). L'huile d'olive devait former la base de ce précieux onguent i et amalgamer les quatre substances qui viennent d'être mentionnées. — Opère unguen- tarii : c.-ù-d. que la composition devait être exquise et délicate. +26-30, L'emploi de l'huile sainte, — Elle devait servir h l'onction soit du tabernacle et de son mobilier (vers. 26-29) , soit des prêtres (vers. 30), ainsi qu'il a été dit plus haut (xxix, 7, 21). +31-33, Sainteté de ce précieux onguent. — Filiis... Israël dices. Avertissement gravxî et so- lennel à communiquer au peuple entier, — Hoc oUum... sancium mihi. Dieu se réserve l'usage +exclusif de l'huile d'onction; il interdit absolu- ment, et à tout jamais {in generationes...) , et sous les peines les plus sévères {exterminabitur...), de l'emploj'er d'une manière profane {caro ho- minis...; les onctions ont toujours formé une partie importante de la toilette orientale), ou d'en imiter la composition. +5° L'encens sacré, XXX, 34-38, +34-35, Quatre substances diverses, artistement mélangées {opère unguentarii) y le composaie'.it aussi. 1° Stacten (hébr.: nataf; littéral.: ce qui dégoutte), le storax des droguistes, gomme que fournit le Styrax officinalis. Voyez YAtl. d'hist, nat., pi. xxin, fig. 7. — 2° Onycha (hébr. : s'hélet, ici seulement dans la Bible), l'opercule de VUnguis odoratus , ou ongle odorant, coquil- lage qui abonde dans la mer Rouge. {Atl. d'hist. nat., pi. LUI, fig, 1). — 30 Galbanum (hébr. : helb'nah), gomme au parfum assez âci'e, quoique agréable, produite par le bubon galvanifcre {Atl. d'hist. nat., pi. xxv, fig, 7), — 4« Thus (hébr. : rbônah), la célèbre résine du Bosivellia serrato, ou du Boswellia thurifera, arbres cultivés dans les Indes {Atlas d'hist. nat., pi. xxxin, fig. 4; pi, XXXIV, fig. 4; pi. XXXV, fig, 6). — Jilixtuvi +292 +Ex. XXX, 36 — XXXI, 8. +36. Cumque in tenuissimum pulverem imiversa contudeiis , pones ex eo coram tabcrnaculo testimonii, in quo loco ap- parebo tibi. Sanctum sanctorum erit vo- bis thymiama. +37. Talem compositionem non facietis in usus vestros, quia sanctum est Do- mino. +38. Homo quicumque fecerit simile, ut odore illius perfruatur, peribit de po- pulis suis. +36. Et lorsque vous les aurez réduites toutes en une poudre très fine, vous en mettrez devant le tabernacle du témoi- gnage, au lieu où je vous apparaîtrai. Ce parfum vous deviendra saint et sacré. +37. Vous n'en composerez point de semblable pour votre usage, parce qu'il est consacré au Seigneur. +38. L'homme, quel qu'il soit, qui en fera de pareil pour en sentir l'odeur, pé- rira du milieu de son peuple. +CHAPITRE XXXI +1. Locutusque est Dominus ad Moysen, dicens : +2. Ecce, vocavi ex nomine Beseleel filium Uri filii Hur de tribu Juda, +3. Et implevi eum spiritu Dei, sa- pientia, et intelligentia, et scientia in omni opère, +4. Ad excogitandum quidquid fabre- fieri potest ex auro , et argento , et œre , +5. Marmore, et gemmis, et diversitate lignorum. +6. Dedique ei socium Ooliab filium Achisamech de tribu Dan ; et in corde omnis eruditi posui sapientiam, ut fa- ciant cuncta quas prsecepi tibi : +7. Tabernaculum fœderis, et arcam testimonii, et propitiatorium quod super eam est, et cuncta vasa tabernaculi, +8. Mensamque et vasa ejus, candela- brum purissimum cum vasis suis, et al- taria thymiamatis +1. Le Seigneur parla encore à Moïse, et lui dit : +2. J'ai appelé nommément Béséléel, fils d'Uri, qui était fils de Hur, de la tribu de Juda. +3. Et je l'ai rempli de l'esprit de Dieu, je l'ai rempli de sagesse, d'intelligence et de science pour toutes sortes d'ou- vrages, +4. Pour inventer tout ce que l'art peut faire avec l'or, l'argent, l'airain, +5. Le marbre, les pierres précieuses et tous les bois divers. +6. Je lui ai donné pour auxiliaire Ooliab, fils d' Achisamech , de la tribu de Dan, et j'ai répandu la sagesse dans le cœur de tous les artisans habiles, afin qu'ils fassent tout ce que je vous ai or- donné de faire : +7. Le tabernacle de l'alliance, l'arche du témoignage, le propitiatoire qui est au-dessus, et tout ce qui doit servir dans le tabernacle; +8. La table avec ses vases, le chande- lier d'or très pur avec tout ce qui sert à son usage, l'autel des parfums +cliligenter. Le Talmud et plusieurs hébraïsants contemporains traduisent l'expi-ession correspon- dante du texte, m'mullah, par « salé », d'où il suivrait qu'un peu de sel serait entré dans la composition de l'encens. Cette opinion n'est pas invraisemblable. +36-38. L'emploi et la sainteté de cet encens. — Coram tahernaculo : sur l'autel des parfums, d'après la description donnée antérieurement. Cf. vers. 6-8. — Talem compositionem... Instruction semblable à celle qui concernait l'huile d'onction, vers. 32-33. +60 Dieu désigne les principaux artistes qui de- vaient construire le tabernacle. XXXI, 1-11. +Chap. XXXI. — 1-6. Béséléel et Ooliab. — Après avoir décrit tout le travail à exécuter, le Seigneur désigne directement ceux qu'il a choisis +(vocavi ex nomine) et comblés de dons surna- turels (implevi... spiritu Dei) en vue de cette entreprise non moins délicate que sacrée. — Sa- pieritia, intelligentia , scientia. Nuances assez difficiles à préciser; peut-être : le jugement, le discernement, les connaissances pratiques. — Mar- more et gemmis. Hébr. : pour graver les pierres à enchâsseï-. Cf. xxviii, 11-12, 17-21. — Diver- sitate lignorum. Dans l'hébr. : pour travailler le bois. — Beseleel fou ITsaCel) devait avoir la di- rection générale des travaux; Ooliab (ou' OhoWah) lui fut associé comme second ; leur équipe d'ou- vriers est désignée par les mots in corde omnis eruditi. Cf. xxviii, 3, et le commentaire. +7-11» Énumération des objets à exécuter. — C'est en abrégé, mais dans un autre ordre, la liste de tout ce qui a été décrit dans les chap. +Ex. XXXI, 9-18. +293 +9. Et l'autel des holocaustes avec tous leurs vases , et le bassin avec sa base ; +10. Les vêtements saints destinés au ministère du grand prêtre Aaron et de ses fils, afin qu'ils soient revêtus d'orne- ments sacrés en exerçant les fonctions de leur sacerdoce ; +11. L'huile d'onction et le parfum aro- matique qui doit servir au sanctuaire. Ils exécuteront tout ce que je vous ai com- mandé de faire. +12. Le Seigneur parla encore ù, Moïse et lui dit : +13. Parlez aux enfants d'Israël et dites -leur : Ayez grand soin d'observer mon sabbat, parce que c'est la marque que j'ai établie entre moi et vous, et qui doit passer après vous à vos enfants, afin que vous sachiez que c'est moi qui suis le Seigneur qui vous sanctifie. +14. Observez mon sabbat, parce qu'il vous doit être saint. Celui qui l'aura violé sera puni de mort. Si quelqu'un travaille ce jour -là, il périra du milieu de son peuple. +15. Vous travaillerez pendant six jours ; mais le septième jour est le sab- bat et le repos consacré au Seigneur. Quiconque travaillera ce jour -là sera puni de mort. +16. Que les enfants d'Israël observent le sabbat et qu'ils le célèbrent d'âge en âge. C'est un pacte éternel +17. Entre moi et les enfants d'Israël et une marque qui durera toujours ; car le Seigneur a fait en six jours le ciel et la terre, et il a cessé d'agir au septième. +18. Le Seigneur, ayant achevé de par- ler en ces termes sur la montagne du Sinaï, donna à Moïse les deux tables du témoignage, qui étaient de pierre et écrites du doigt de Dieu. +9. Et holocausti, et omnia vasa eo- rum, labrum cum basi sua, +10. Vestes sanctas in ministerio Aaron sacerdoti et filiis ejus, ut fungantur of- ficio suo in sacris ; +11. Oleum unctionis, et thymiama aromatum in sanctuario : omnia quse prsecepi tibi, facient. +12. Et locutus est Dominus ad Moy- sen, dicens : +13. Loquere filiis Israël, et dices ad eos : Videte ut sabbatum meum custo- diatis, quia signum est inter me et vos in generationibus vestris ; ut sciatis quia ego Dominus, qui sanctifico vos. +14. Custodite sabbatum meum, san- ctum est enim vobis. Qui poUuerit illud, morte morietur. Qui fecerit in eo opus, peribit anima illius de medio populi sui. +15. Sex diebus facietis opus ; in die septimo sabbatum est, requies sancta Domino ; omnis qui fecerit opus in hac die, morietur. +16. Custodiant filii Israël sabbatum, et célèbrent illud in generationibus suis. Pactum est sempiternum +17. Inter me et filios Israël, signum- que perpetuum; sex enim diebus fecit Dominus cœlum et terram, et in sep- timo ab opère cessavit. +18. Deditque Dominus Moysi, com- pletis hujuscemodi sermonibus in monte Sinai, duas tabulas testimonii lapideas, scriptas digito Dei. +XXV - XXX : vers. 7-9, le tabernacle et son mo- bilier; vers. 10, les ornements sacerdotaux (ve- stes... in ministerio ; hébr. : les vêtements d'of- fice) ; vers. 11, l'huile d'onction , l'encens. +7» Réitération de la loi du sabbat. XXXJ, 12-18. +Ce pi'écepte, qui formait une des conditions les plus importantes de l'alliance théocratique , n'est pas répété sans un motif spécial : Dieu craignait qu'on ne crût pouvoir le violer impu- nément pour exécuter les travaux sacrés qu'il venait de prescrire. Ce passage est très solennel. +13 - 15. Le repos du sabbat et sa sanction ter- rible. — Sig7ium inter me... Cf. Ex. xx, 8 , et l'explication. Ce fut vraiment durant toute l'his- toire juive, et c'est encore pour les Israélites actuels, un signe caractéristique qui distingue leur l'eligion de toutes les autres. — Morte mo- +rietur. Nous lirons plus loin, Num. xv, 35, la première application de cette pénalité. Les mots peribit anima ejus... ne sont pas synonymes de mourir; ils doivent s'entendre au moral, et ils signifient que le coupable se sera mis en dehors de l'alliance, et en quelque sorte excommunié : c'est pour cela même qu'on lui fera subir le der- nier supplice. +16-17. Motif principal de l'institution du sabbat: imiter le divin repos. — Cessavit. Hébr. : 11 res- pira. Anthropomorphisme hardi. +18. Dieu congédie Moïse en lui donnant les tables de la loi. — Deditque... : conformément à sa promesse, xxiv, 22. — Scriptas digito Dei. Ces deux tables contenaient , écrits d'une ma- nière surnaturelle , les cent soixante mots hé- breux dont se compose le Décalogue proprement dit (xx, 2-17). +294 +Ex. XXXII, 1-5. +CHAPITRE XXXII +1. Videns autera populus quod moram faceret descendendi de monte Moyses, congregatus adversus Aaron , dixit : Sur- ge, fac nobis deos, qui nos précédant; Sloysi enim huic vire, qui nos eduxit de terra ^gypti, ignoramus quid acciderit. +2. Dixitque ad eos Aaron : Tollite inau- res aureas de uxorum, filiorumque et filiarum vestrarum auribus, et afferte ad me. +3. Fecitque populus quse jusserat, de- ferens inaures ad Aaron. +4. Quas cum ille accepisset, formavit opère fusorio, et fecit ex eis vitulum conllatilem ; dixeruntque : Hi sunt dii tiii, Israël, qui te eduxerunt de terra ^gypti. +5. Quod cum vidisset Aaron, œdifica- vit altare coram eo, et prseconis voce +1. Mais le peuple, voyant que Moïse différait longtemps à descendre de la montagne , s'assembla en s élevant contre Aaron, et lui dit : Venez, faites -nous des dieux qui marchent devant nous ; car pour ce qui est de Moïse, cet homme qui nous a tirés de l'Egypte, nous ne savons ce qui lui est arrivé. +2. Aaron leur répondit : Otez les pen- dants d'oreilles de vos femmes, de vos fils et de vos filles, et apportez-les-moi. +3. Le peuple fit ce qu' Aaron lui avait commandé et lui apporta les pendants d'oreilles. +4. Aaron, les ayant pris, les jeta en fonte, et il en forma un veau. Alors les Israélites dirent : Voici vos dieux, ô Israël, qui vous ont tiré de l'Egypte. +5. Ce qu'Aaron ayant vu, il dressa un autel devant le veau, et il fit crier par +Section V. — L'alliance , honteusement violée +par les hébreux, +est aimablement reconstituée par jéhovah. +XXXII, 1 — XXXIV, 35. +§1. — La violation de l'alliance. XXXII, 1-29. +10 Le vciui (l'or. XXXII, 1-6. +Chap, XXXII. — 1. L'occasion. — Videns... %iopulus quod moram... Ce peuple impression- nable est visiblement désappointé, rendu impa- tient par l'absence prolongée de Moïse. Il finit par supposer que son chef avait été consumé par le feu surnaturel qui embrasait le sommet du Sinaï : Ignoramus... — Adversus Aaron. Plutôt : « autour » d'Aaron, qui remplaçait alors Moïse à la tête d'Israël. Cf. xxiv, 14. — Fac nobis deos. Il serait mieux de traduire 'Eloliim par le sin- gulier (« Deum »), à la façon ordinaire. Il ré- sulte, en effet, du contexte (voy. les vers. 4 et 5) que les Hébreux songeaient moins en ce mo- ment à abandonner Jéliovah, qu'à se procurer son image visible, pour en être accompagnés dans leurs marches (qiLi nos prcscedant). Désobéissance étrange, après tant de merveilles opérées ])ar le Seigneur en faveur de son peuple. Mais l'idolâtrie égyptienne avait laissé de si profondes traces dans ces âmes d'enfants, extrêmement mobiles! Cf. Lev. xvii, 7; Jos. xxiv, 14; Ez. xx, 8; xxiii, 3,8. — Moysl... huic vira. Qualificatif non moins éti'ange, empreint d'indifférence, et môme d'un certain mépris. +2-4. La fabrication du veau d'or. — Dixit... Aaron : Tollite... Counncnt Aaron à son tour put -il se rendre si facilement coupable d'une telle +faiblesse? Il est évident qu'il céda à la peur, et à regret. De plus il espérait peut-être, comme l'ont pensé Théodoret et saint Augustin , arrêter les projets idolâ triques des Hébreux en leur de- mandant le sacrifice de leurs bijoux (inaures aureas), parure chère aux Orientaux de tous les temps. — Filiorumque. Dans les contrées bi- bliques, les hommes portaient des pendants d'o- reilles aussi bien que les femmes. Cf. Jud. vin, 26. Voy. aussi F Atlas archcoL, pi. iv, fig. 2, etc. — Fecitque populus... L'hébreu ajoute un a o nis » significatif. Quel enthousiasme et quelle unani- mité pour le mal! — Formavit opère fusorio. De même le syriaque, l'arabe, etc. D'après les LXX, Onkélos et d'ciutres : Il reçut (les bijoux) de leurs mains, les lia dans un sac, et fit un veau moulé. Nous préférons la première inter- prétation de ce texte un peu obscur. — Vilxdum. Il parait évident que cette image fut choisie à dessein, en souvenir du bœuf Apis, si célèbre en Egypte (voy. VAtl. archéol., pi. cxi, fig. 5, 9, 11), et qui représentait les forces de la nature ; néan- moins, ainsi qu'il a déjà été insinué plus haut (note du vers. 1), les Israélites ne se proposaient pas d'adresser directement leurs hommages au veau d'or : c'est Jéhovah lui-même qu'ils itréten- daient adorer sous ce symbole. Voilà i)our(iuoi ils s'écrient: Hi... dii lui (plutôt encore: Ton Dieu)..., qiii te edaxeruvt... Monstrueux assemblage, na- guère proscrit par le Seigneur. Cf. xx, 4-5. +5-6. L'adoration du veau d'or. — JEdificavit altare : la première concession d'Aaron en amena bientôt u;ie autre. Il tâche de tout sauvegarder quand même, en présentant; le culte de cette idole +Ex. XXXII, 6-12. +295 +un héraut : Demain sera la fête solen- nelle du Seigneur. +6. S'étant levés de grand matin, ils offrirent des holocaustes et des hosties pacifiques. Tout le peuple s'assit pour manger et pour boire, et ils se levèrent ensuite pour jouer. +7. Alors le Seigneur parla à Moïse et lui dit : Allez, descendez; car votre peuple, que vous avez tiré de l'Egypte, a péché. +8. Ils se sont bientôt retirés de la voie que vous leur aviez montrée ; ils se sont fait un veau en fonte, ils l'ont adoré, et, lui immolant des victimes, ils ont dit : Ce sont là vos dieux, Israël, qui vous ont tiré de l'Egypte. +9. Le Seigneur dit encore à Moïse : Je vois que ce peuple a la tête dure. +10. Laissez -moi faire, afin que la fu- reur de mon indignation s'allume contre eux et que je les extermine, et je vous rendrai le chef d'un grand peuple. +11. Mais Moïse conjurait le Seigneur son Dieu , en disant : Seigneur, pourquoi votre fureur s'allume- 1- elle contre votre peuple, que vous avez fait sortir de l'Egypte avec une grande force et une main puissante ? +12. Ne permettez pas, je vous prie, que les Eg3^ptiens disent : Il les a tirés +clamavit dicens : Cras solemnitas Do- mini est. +6. Sargentesque mane, obtulerunt ho- locausta, et hostias pacificas; et sedit populus manducare, et bibere, et sur- rexerunt ludere. +7. Locutus est autem Dominus ad Moysen, dicens : Vade, descende; pec- cavit populus tuus, quem eduxisti de terra ^gypti. +8. Recesserunt cito de via, quam osten- disti eis ; feceruntque sibi vitulum con- flatilem, et adoraverunt; atque immo- lantes ei hostias, dixerunt : Isti sunt dii tui, Israël, qui te eduxerunt de terra ^gypti. +9. Rursumque ait Dominus ad Moy- sen : Cerno quod populus iste durée cer- vicis sit, +10. Dimitte me, ut irascatur furor meus contra eos, et deleam eos ; faciam- que te in gentem magnam. +11. Moj'ses autem orabat Dominum Deum suum, dicens : Gur, Domine, irascitur furor tuus contra populum tuum, quem eduxisti de terra ^gypti, in fortitudine magna, et in manu ro- busta? +12. Ne, quseso, dicant iEg3^ptii : Callide eduxit eos, ut interficeret in montibus, et +comme la solemnitas Domini (de Jéhovali). — Surgentes... mane. De gi-and matin, tant leur impatience était vive. — Manducare et Mbere. Ils venaient d'offrir des « victimes pacifiques » ; or nous avons vu que des festins religieux étaient associés à ces sortes de sacrifices. Cf. xviii, 12; XXTY, 5, 11. — Surrexerunt (détail pittoresque; auparavant ils étaient assis) ludere. Hébr. : ce pour rire, » pour jouer; c'est la danse, et d'ordinaire la danse la plus inconvenante (cf. vers. 19, 25), qui servait d'accompagnement au culte idclâtrique. +2» L'indignation divine, l'interrention de Moïse. XXXII, 7-14. +Moïse est admirablement fidèle à son rôle de médiateur : il prend les intérêts du Seigneur, mais il n'oublie pas ceux du peuple égaré. +7-8. Jéhovah révèle à Moïse l'apostasie d'Is- raël. — Vade, descende. Le but de l'entrevue était du reste atteint. Cf. xxx, 18. — Populus tuus. Expression ironique. Dieu répudie Israël, et semble oublier ce qu'il avait fait pour lui (quem eduxisti, comme si Moïse eût opéré en son propre nom la déli\Tance des Hébreux). — lie- cesserunt cito. Circonstance aggravante : si promp- tement , alors qu'ils étaient pleins du souvenir des divins bienfaits. +9 - 10. Dieu annonce ses prochaines vengeances. +— Cerno quod... dur ce cervicis. Comme un cour- sier qui raidit le cou contre les rênes ; pour si- gnifier : incorrigible , de qui l'on ne peut rien espérer. Reproche souvent adressé à Israël (cf. xxxni, 3, 5; Deut. rx, 6, 13, etc.), et trop jus- tifié par son histoire. — Dimitte me... Trait dé- licat. Dieu paraît interdire à Moïse d'intercéder pour les coupables ; mais, en réalité, c'était « de- precandi ansam prœbere » (S. Grégoire le Grand). +— Te in gentem magnam. Après avoir anéanti l'Israël actuel. Dieu en aurait reconstitué un autre , issu de Moïse , qui serait devenu ainsi un second Abraham. Offre glorieuse, mais tentation de la vertu du médiateur. Il subira noblement l'épreuve. +11-14. Le Seigneur est apaisé par la prière de Moïse. — Orahat. Littéral. : Il caressait le visage de Jéhovah. Figure ti'ès expi-essive; la prière môme est du reste admirable. — D'abord les con- sidérants, 11-12»: Moïse, revenant sur les paroles de Jéhovah ( 7 - 10 ) , rétablit la vérité des faits {populum tuum, quem eduxisti), et montre à Dieu combien l'exéciition de ses projets de ven- geance serait préjudiciable à sa gloire (ne... di- cant ^gyptii... : ses ennemis seraient triom- phants!).— Puis l'intercession proprement dite, 12'' -13 : Quiescat ira tua... Moïse rappelle à Jéhovah ses antiques et solennelles promesses +296 +Ex. XXXII, 13-20. +deleret e terra. Quiescat ira tua, et esto placabilis super nequitia populi tui. +13. Kecordare Abraham, Isaac, et Is- raël, servorum tuorum, quibus jurasti per temetipsum , dicens : Multiplicabo semen vestrum sicut stellas cseli, .et uni- versam terram hanc, de qua locutus sum, dabo semini vestro, et possidebitis eam semper. +14. Placatusque est Dominus ne face- ret malum quod locutus fuerat adversus populum suum. +15. Et reversus est Moyses de monte, portans duas tabulas testimonii in manu sua, scriptas ex utraque parte, +16. Et factas opère Dei ; scriptura quo- que Dei erat sculpta in tabulis. +17. Audiens autem Josue tumultum populi vocif erantis , dixit ad Moysen : Ululatus pugnae auditur in castris. +18. Qui respondit : Non est clamor adhortantium ad pugnam, neque vocife- ratio compellentium ad f ugam ; sed vo- cem cantantium ego audio. +19. Cumque appropinquasset ad castra, vidit vitulum, et clioros ; iratusque valde, projecit de manu tabulas, et confregit eas ad radicem montis ; +20. Arripiensque vitulum quem fece- rant, combussit, et contrivit usque ad +d'Egypte avec ruse pour les tuer sur les montagnes et pour les exterminer de la terre. Que votre colère s'apaise, et laissez- vous fléchir pour pardonner à l'iniquité de votre peuple. +13. Souvenez-vous d'Abraham, d'Isaac et d'Israël vos serviteurs, auxquels vous avez juré par vous-même en disant : Je multiplierai votre race comme les étoiles du ciel, et je donnerai à votre postérité toute cette terre dont je vous ai parlé, et vous la posséderez pour jamais. +14. Alors le Seigneur s'apaisa, et il ré- solut de ne point faire à son peuple le mal qu'il lui voulait faire. +15. Moïse revint donc de dessus la mon- tagne, portant en sa main les deux tables du témoignage écrites des deux côtés, +16. Qui étaient l'ouvrage du Seigneur; et l'écriture qui était gravée sur ces tables était aussi de la main de Dieu. +17. Or Josué, entendant le tumulte et les cris du peuple, dit à Moïse : On en- tend dans le camp comme les cris de personnes qui combattent. +18. Moïse lui répondit : Ce n'est point là le cri de personnes qui s'exhortent au combat, ni les voix confuses d'hommes qui s'excitent à prendre la fuite; mais j'entends la voix de personnes qui chantent. +19. Et s'étant approché du camp, il vit le veau et les danses. Alors il entra en une grande colère; il jeta les tables qu'il tenait à la main et les brisa au pied de la montagne. +20. Et prenant le veau qu'ils avaient fait, il le mit dans le feu et le réduisit +(recordare...), auxquelles il ne saurait être infi- dèle (jurasti per temetipsum). — Résultat de la prière : Placatusque est... Toutefois Moïse ne connut qu'un peu plus tard, au bas de la mon- tagne, ce précieux résultat, vers. 30-34. +3° Moïse brise les tables de la loi et détruit le veau d'or. XXXII, 15-24, +15-18. Moïse et Josué redescendent du Sinaï. — In manu sua : dans ses deux mains , d'après Deut. IX, 15. — ScrijHas ex utraque parte est un détail nouveau. — Audiens Josue. Moïse ne lui avait point fait part de la révélation divine si douloureuse. — Ululatus pugnce, semblable à celui qu'n avait entendu naguère dans sa lutte avec les Amalécites, xvii, 8 et ss. La Bible nous apprend, III Reg. xviii, 28; Act. xix, 34, etc., qu'on associait parfois de violentes clameurs aux cérémonies idolâtriques. — Moïse corrige les im- pressions de Josué : non... clamor adhortan- tium.. (les cris des vainqueurs qui s'excitent à un dernier effort); neque vociferatio... (les cris +des vaincus); sed vocem cantantium... L'hébreu indique des chœurs alternant et se répondant. +19-20. Destruction des tables (19) et du veau d'or (20). Récit rapide, saisissant, comme les faits. — Iratus valde. Quoique aA^erti , Moïse éprouve une vive indignation en contemplant de ses propres yeux la triste conduite du peuple {vitulum et choros). — Confregit... ad radicem...: contre la paroi de rocher qui forme la base du Sinaï. Les tables étaient un symbole de l'alliance ; Moïse les brise pour signifier que le contrat est désormais rompu. — Arripiens vitulum... Il était naturel qu'il songeât aussi à faire disparaître immédia- tement et entièrement l'objet d'une si honteuse défection. — ComMissit : pour le faire fondre ; contrivit : à coups de marteau, de manière à réduire en poussière la masse fondue; dédit... potum, en répandant cette poussière dans le ruis- seau qui coule au pied du Sinaï. (Cf. Deut. lx, 21 et ss.) Actes symboliques, qui, d'une part, mon- traient le néant de l'idole ; qv;i , de l'autre, obli- +Ex. XXXII, 21-29. +297 +en poudre ; il jeta cette poudre dans l'eau et il la fit boire aux enfants d'Is- raël. +21. Moïse dit ensuite à Aaron : Que vous a fait ce peuple pour que vous atti- riez sur lui un si grand péché? +22. Il lui répondit : Que mon seigneur ne s'irrite point, car vous connaissez ce peuple, et vous savez combien il est porté au mal. +23. Ils m'ont dit : Faites -nous des dieux qui marchent devant nous ; car nous ne savons ce qui est ^arrivé à ce Moïse qui nous a tirés de l'Egypte. +24. Je leur ai dit : Qui d'entre vous a de l'or? Ils l'ont apporté et me l'ont donné ; je l'ai jeté dans le feu, et ce veau en est sorti. +25. Moïse, vo3^ant donc que le peuple était demeuré tout nu (car Aaron l'avait dépouillé par cette abomination honteuse et l'avait mis tout nu au milieu de ses ennemis), +26. Se mit à la porte du camp et dit : Si quelqu'un est au Seigneur, qu'il se joigne à moi. Et les enfants de Lévi s'étant tous assemblés autour de lui , +27. Il leur dit : Voici ce que dit le Seigneur, le Dieu d'Israël : Que chaque homme mette son épée à son côté. Pas- sez et repassez au travers du camp d'une porte à l'autre, et que chacun tue son frère, son ami et ses proches. +28. Les enfants de Lévi firent ce que Moïse avait ordonné, et il y eut environ vingt -trois mille hommes de tués en ce jour-là. +29. Alors Moïse leur dit : Vous avez chacun consacré vos mains au Seigneur +pulverem, quem sparsit in aquam, et dédit ex eo potum filiis Israël. +21. Dixitque ad Aaron : Quid tibi fecit hic populus, ut induceres super eum peccatum maximum? +22. Oui ille rospondit : Ne indignetur dominus meus ; tu enim nosti populum istum, quod pronus sit ad malum. +23. Dixerunt mihi : Fac nobis deos, qui nos procédant; huic enim Moysi, qui nos eduxit de terra ^gypti, nescimus quid acciderit. +24. Quibus ego dixi : Quis vestrum habet aurum? Tulerunt, et dederunt mihi ; et projeci illud in ignem, egressus- que est hic vitulus. +25. Videns ergo Moyses populum quod esset nudatus (spoliaverat enim eum Aaron propter ignominiam sordis , et in- ter hostes nudum constituerat), +26. Et stans in porta castrorum, ait : Si quis est Domini, jungatur mihi. Con- gregatique sunt ad eum omnes filii Levi , +27. Quibus ait : Hsec dicit Dominus Deus Israël : Ponat vir gladium super fémur suum. Ite, et redite de porta us- que ad portam per médium castrorum, et occidat unusquisque fratrem et ami- cum, et proximum suum. +28. Feceruntque filii Levi juxta ser- monem Moysi, cecideruntque in die illa quasi viginti tria millia hominum. +29. Et ait Moyses : Consecrastis ma- nus vestras hodie Domino, unusquisque +geaient le peuple à s'incorporer en quelque sorte son péclié, et à en subir les conséquences. Cf. Mich. vn, 13-14. +21-24. Reproches de Moïse à Aaron. — Quid tibi fecit (grave ironie) ... ut induceres...? En accédant au désir coupable du peuple, au lieu de résister énergiquement, Aaron avait occasionné ce peccatuvi maximum. — Cui ille... Fausses excuses, qui reproduisent, il est vrai, la réalité des faits , mais qui dénotent une grande faiblesse de caractère. Remarquez l'aveu significatif, nosti... quod pronus..., et les mots de la fin : egressus est hic vitulus; comme si cette idole eût été le résultat d'un hasard ! +4» Châtiment des coupables. XXXII, 25-29. +25-26. Les Lévites s'empressent autour de Moïse. — Nudatus (spoliaverat enim...). Nous avons dit plus haut (note du vers. 6) que les danses orientales , surtout quand elles sont asso- ciées au culte des faux dieux, dégénèrent faci- lement en licence. Quelques anciennes veioions +traduisent par « licencieux » le mot hébreu qui correspond à « nudatus ». — Propter ignomi- niam... et inter... Plus simplement et plus clai- rement en hébr. : ( Aaron l'avait ) exposé à l'op- probre parmi ses ennemis. — Moïse fait appel aux vrais serviteurs de Jéhovah (si quis... Domini) pour châtier les coupables. Il est beau de voir les hommes de sa tribu, les Lévites, se rallier les premiers autour de lui, et préluder ainsi à leur ministère sacré. +27-29. Les principaux coupables sont mis à mort. — Vers. 27. L'ordre de Moïse. Occidat... : traiter sans pitié, fussent-ils de proches parents ou des amis intimes , tous ceux qui seraient sur- pris en flagrant délit d'idolâtrie. — Vers. 28. L'exécution de l'ordre. Au lieu de viginti tria millia, l'hébreu, le grec, le chaldéen, l'arabe, etc., ont seulement « trois mille ». La grande masse du peuple dut demander grâce et reve- nir aussitôt à résipiscence. — Vers. 29. Éloge de Moïse aux Lévites après cet acte courageux. +298 +Ex. XXXII, 30 — XXXIII, 1. +in filio et in fratre suo, ut detur vobis benedictio. +30. Facto autem altero die, locutiis est Moyses ad populum : Peccastis pec- catum maximum ; ascendam ad Domi- nnm, si quo modo quivero eum depre- cari pro scelere vestro. +31. Eeversusque ad Dominum, ait : Obsecro, peccavit populus iste peccatum maximum feceruntque sibi deos aureos ; aut dimitte eis hanc noxam, +32. Aiit, si non facis, dele me de libro tuo quem scripsisti. +33. Cui respondit Dominus : Qui pec- caverit mihi, delebo eum de libro meo ; +34. Tu autem vade, et duc populum istum quo locutus sum tibi. Angélus meus prsecedet te; ego autem in die ultionis visitabo et hoc peccatum eo- rum. +35. Percussit ergo Dominus populum pro reatu vituli , quem fecerat Aaron. +en tuant votre fils et votre frère, afin que la bénédiction de Dieu vous soit donnée. +30. Le lendemain , Moïse dit au peuple: Vous avez commis un très grand péché. Je monterai vers le Seigneur pour voir si je pourrai le fléchir en quelque manière et obtenir le pardon de votre crime. +31. Et étant retourné vers le Seigneur, il lui dit : Ce peuple a commis un très grand péché, et ils se sont fait des dieux d'or; mais je vous conjure de leur par- donner cette faute ; +32. Ou, si vous ne le faites pas, effa- cez-moi de votre livre que vous avez écrit. +33. Le Seigneur lui répondit : J'effa- cerai de mon livre celui qui aura péché contre moi. +34. Mais pour vous , allez et conduisez ce peuple au lieu que je vous ai dit. Mon ange marchera devant vous, et au jour de la vengeance je visiterai et punirai ce péché qu'ils ont commis. +35. Le Seigneur frappa donc le peuple pour le crime relatif au veau qu'Aaron leur avait fait. +CHAPITRE XXXIII +1. Locutusque est Dominus ad Moyssn, dicens : Vade, ascende de loco isto tu, et populus tuus quem eduxisti de terra ^g3q>ti, in terram quam juravi Abraham, Isaac, et Jacob, dicens : Semini tuo dabo eam; +1. Le Seigneur parla ensuite à Moïse, et lui dit : Allez , sortez de ce lieu , vous et^ votre peuple que vous avez tiré de l'Egypte, et allez en la terre que j'ai promise avec serment à Abraham, à Isaac et à Jacob , en disant : Je donnerai cette terre à votre race; +Conserrastis... Hébi'.: Eemplissez votre main an- jourd'hiii pour Jéhovah ; c.-à-d. préparez de quoi lui offrir un sacrifice. Voyez les notes de xxix, 9 et 24. Ut detiir... 'benedictio : bénédiction qu'ils reçurent lorsque Dieu les prit à son si.i'vice d'une manière toute spéciale, Num. m, 6-13. +§ II. — Moïse travaille au rétablissement de l'alliance. XXXII, 30 — XXXIII, 23. +1° Nouvelle prière de Moïse pour le peuple cou- pable. XXXII, 30-35. +30. Avertissement aux Israélites. — Peccastis. Moïse leur met sous les yeux toute la gravité de leur faute ; il leur promet en même temps de ne point les abandonner (ascendam...), et de plaider leur cause auprès de Dieu. +31-32. L'intercession auprès de Jéhovah. — Magnifique et généreux dilemme : aut dimitte..., aut... dele... Plus tard saint Paul s'offrira aussi pour expier d'une manière semblable les crimes de son peuple. Rom, ix, 3. — De libro viventium. +Figure empruntée aux recensements humains. Nous la retrouverons assez souvent. (Cf. Is. rv, 3; Dan. xir, 1; Apoc. m, 5, etc.) +33-35. Dieu s'engage à ne punir que les cou- pables : peccavit, delebo...; mais il refuse d'ac- cepter l'offre sublime de Moïse, et il lui impose de remplir jusqii'au bout le rôle précédemment confié: duc populum... — In die ultionis... Au moment choisi par le Seigneur; d'où il suit que l'accom- plissement de la menace, signalé au vers. 35, ne dut avoir lieu que plus tard. On ne dit pas de quelle manière. +20 Dieu menace de retirer sa grâce à Israël. XXXIII, 1-6. +Chap. XXXIII.— 1-3. Le Seigneur consent à ne pas annuler ses antiques promesses relatives h l'installation des Hébreux en Chanaan , mais 11 annonce qu'il ne conduira pas personnellement le peuple dans la Terre sainte. C'est un dévelop- pement de XXXII , 34». — Ascende de loco isto : de la station du Sinaï, pour aller in terram quam +Ex. XXXIII, 2-8. +299 +2. Et j'cnveiTai im ange ponr vous servir de précurseur, afin que j'en chasse les Chananéens, les Amorrhéens, les Héthéens, les Phérézéens, les Hévéens et les Jébuséens, +3. Et que vous entriez dans im pays où coulent le lait et le miel. Car je n'y monterai pas avec vous, de peur que je ne vous extermine pendant le chemin, parce que vous êtes un peuple d'une tête dure. +4. Le peuple, entendant ces paroles si fâcheuses, se mit à pleurer, et nul d'entre eux ne prit ses ornements accoutumés. +5. Le Seigneur dit à Moïse : Dites aux enfants d'Israël : Vous êtes un peuple d'une tête dure. Si je viens une fois au milieu de vous, je vous exterminerai. Quittez donc dès à présent tous vos or- nements, afin que je sache de quelle manière j'agirai avec vous. +6. Les enfants d'Israël quittèrent donc Jeur ornement au pied de la montagne d'Horeb. +7. Moïse aussi, prenant sa tente, la dressa bien loin hors du camp, et l'appela le tabernacle de l'alliance. Et tous ceux du peuple qui avaient quelque difficulté sortaient hors du camp pour aller au ta- bernacle de l'alliance. +8. Lorsque Moïse sortait pour aller au tabernacle, tout le peuple se levait, et chacun se tenait à l'entrée de sa tente et regardait Moïse par derrière, jusqu'à ce qu'il fût entré dans le tabernacle. +2. I]t mittam prœcursorcm tui ange- lum, ut ejiciam Chananœum, et Amor- rhseura, et Hethseum, et Pherezseum, et Hevaeum, et Jebusaeum, +3. Et intres in terram fluentem lacté et melle; non enim ascendam tecum, quia populus durœ cervicis es, ne forte disperdam te in via. +4. Audiensque populus sermonem hune pessimum , luxit ; et nullus ex more in- dutus est cultu suo. +5. Dixitque Dominus ad Moysen : Lo- quere filiis Israël : Populus duras cer- vicis es ; semel ascendam in medio tui , et delebo te. Jam nunc depone ornatum tuum, ut sciam quid faciam tibi. +6. Deposuerunt ergo filii Israël orna- tum suum a monte Horeb. +7. Moyses quoque, tollens tabernacu- lum, tetendit extra castra procul, voca- vitque nomen ejus, Tabernaculum foe- deris. Et omnis populus, qui habebat aliquam quœstionem, egrediebatur ad tabernaculum fœderis, extra castra. +8. Cumque egrcderetur Moyses ad ta- bernaculum, surgebat universa plebs, et stabat unusquisque in ostio papilionis sui, aspiciebantque tergum Moysi, do- nec iniîrederetur tentorium. +proynisi... — Populus tuus quem eduxisti. Voy. i la note de xxxii, 7. — Pre€Cursorem... angelum. Kou pas l'ange de l'alliance, car il ne différait pas du Seigneur lui-même (voy. le commentaire de XXIII, 20-23) ; mais un ange ordinaire, puisque Dieu établit ici une distinction entre cet ange et sa propre personne {non... ascendam tecum). — Ne forte disperdam... Même en punissant les Israélites, Jéhovah se montre miséricordieux pour eux. Il connaît leur obstination dans le mal, et il craindrait, s'il les accompagnait, que de nou- Tclles fautes ne l'obligeassent de les détruire. +4-6. Le deuil du peuple. — Luxit... Belle con- duite d'Israël pour expier son crime. Ce fut un deuil national , profond , manifesté au dehors par des lamentations et par l'abandon spontané des parures les plus chères aux Orientaux {nullus... indntus est...). — Semel ascendam et delebo... D'après le contexte ( vers. 3 ) , l'hébreu semble plutôt signifier : « Si j'allais au milieu de toi, ne fût-ce que pour un moment, je t'anéantirais. » C'est une hypothèse que Dieu fait, mais sans s'y arrêter. — Depone ornatum... Jéhovah exige que les Hébreux persévèrent d'une manière perma- nente dans la manifestation de repentir et de +deuil qu'ils avaient adoptée d'eux-mêmes (vers. 4). — Vt sciam... Hébr. : et je saurai (par votre con- duitt) qiiid faciam... — Deposuerunt... a monte Eoreb. C.-à-d. à partir de cet instant, jusqu'à des jours lomtains et plus heureux. +3° Moïse transporte sa tente en dehors du camp. XXXIII, 7-11. +7. Tollens tabernaculum. Non pas le taber- nacle, qui n'était pas encore construit, mais sa propre tente. — Extra castra, procul. Moïse vou- lait montrer, par ce frappant symbole, que l'al- liance était rompue entre Jéhovah et Israël. Il ne convenait plus que les communications de Dieu avec Moïse eussent lieu dans ce camp pro- fané. — Tabernaculum fœderis. Mieux : de la rencontre {mo'ed) ; le Seigneur et Moïse s'y ren- contraient fréquemment. — Et omnis populus... C'est là que les Hébreux allaient proposer à Moïse leurs difficultés et leurs querelles. Cf. xviii, 13 et ss. +8 - 10. Touchante conduite du peuple, manifes- tant son désir de reconquérir les faveurs de Jé- hovah. — Tous les traits sont pittoresques, et attestent en même temps un grand esprit de foi ; stabat unusquisque , par respect pour Moïse ; +300 +Ex. XXXIII, 9-16. +9. Ingresso autem illo tabernaculum fœderis, descendebat columna nubis, et stabat ad ostium, loquebaturqiie cum Moyse , +10. Cernentibiis universis quod co- lumna nubis staret ad ostium taberna- culi. Stabantque ipsi, et adorabant per fores tabernaculorum suorum. +11. Loquebatur autem Dominus ad Moysen facie ad faciem, sicut solet loqui Lomo ad amicum suum. Cumque ille reverteretur in castra, minister ejus Josue iilius Nun, puer, non recedebat de ta- bernaculo. +12. Dixit autem Moyses ad Dominum : Prsecipis ut educam populum istum, et non indicas mihi quem missurus es me- cum, praîsertim cum dixeris : Novi te ex nomine, et invenisti gratiam coram me. +13. Si ergo inveni gratiam in con- spectu tuo, ostende mihi faciem tuam, ut sciam te, et inveniam gratiam ante oculos tuos. Respice populum tuum, gen- tem hanc. +14. Dixitque Dominus : Faciès mea prœcedet te, et requiem dabo tibi. +15. Et ait Moyses : Si non tu ipse prsecedas, ne educas nos de loco isto. +16. In quo enim scire poterimus ego et populus tuus invenisse nos gratiam in conspeetu tuo, nisi ambulaveris nobis- cum , ut glorificemur ab omnibus populis qui habitant super terram? +9. Quand Moise était entré dans le tabernacle de l'alliance, la colonne de nuée descendait et se tenait à la porte, et le Seigneur parlait avec Moïse. +10. Tous les enfants d'Israël, voyant que la colonne de nuée se tenait à l'en- trée du tabernacle, se tenaient eux- mêmes debout à l'entrée de leurs tentes et y adoraient le Seigneur. +11. Or le Seigneur parlait à Moïse face à face, comme un homme a coutume de parler à son ami. Et lorsqu'il retour- nait dans le camp, le jeune Josué, fils de Nun, qui le servait, ne sortait point du tabernacle. +12. Or Moïse dit au Seigneur : Vous me commandez d'emmener ce peuple , et vous ne me dites pas qui vous devez envoyer avec moi, quoique vous m'ayez dit : Je vous connais par votre nom, et vous avez trouvé grâce devant moi. +13. Si j'ai donc trouvé grâce devant vous, faites -moi voir votre visage, afin que je vous connaisse et que je trouve grâce devant vos yeux. Regardez favo- rablement cette multitude, qui est votre peuple. +14. Le Seigneur lui dit : Je marcherai en personne devant vous, et je vous pro- curerai le repos. +15. Moïse lui dit : Si vous ne marchez vous-même devant nous, ne nous faites point sortir de ce lieu. +16. Car comment pourrons-nous savoir, moi et votre peuple, que nous avons trouvé grâce devant vous, si vous ne marchez avec nous , afin que nous soyons en hon- neur et en gloire parmi tous les peuples qui habitent sur la terre ? +aspiciebant, poui' voir ce qui allait se passer; descendebat columna..., comme cette colomie de nuée représentait la divine présence , le narrateur ajoute : loquebatur... cum Moyse; stabant ipsi, ... adorabant, ils s'étaient assis après le passage de Moïse, ils se relèvent et se prosternent pour adorer Dieu. +11. Loquebatur... facie ad faciem (« de bouche à bouche, » d'après Num. xii, 8), sicut solet... Quelle condescendance divine, et quelle délica- tesse d'expression ! Néanmoins pas « face à face » dans le sens strict, puisque Moïse ne voyait pas Jéhovah, vers. 20. — Josue... non recedebat. Il était le gardien de ce sanctuaire. Puer doit s'en- tendre dans le sens large de l'hébr. na'ar, qui peut désigner un homme de quarante ans. +4« Moïse obtient de Dieu la promesse d'ac- compagner les Hébreux en Chanaan. XXXIII, 12-23. +Admirable dialogue, qui rappelle la prièi'e d'Abrah.im pour Sodouie, Gen. xviii, 16-32. +Avec une vraie familiarité d'ami , Moïse demande à Dieu le rétablissement complet de l'alliance. +12-14. Première partie du dialogue. — Non indicas... Moïse trouve ambiguës les promesses xxxii, 33, et xxxui, 2; il voudrait que Dieu s'expliquât davantage. — Novi... ex nomine : expression qui signifie connaître à fond , et qui désigne des relations très intimes. Cf. Is. xliii, 1; XLix, 1. — Ostende... faciem. Dans l'hébr. :«viam tuam, » c.-à-d. tes intentions. — Populum tuum...: ce peuple , qui est ta nation. Bien des choses en peu de mots. — Le Seigneur est à demi gagné : Fades mea..., et pas seulement « un ange y>. — Requiem... tibi: dans la Terre promise, qui sera un lieu de repos pour tout Israël. Cf. Deut. m, 20. +15-17. Deuxième partie du dialogue. Moïse in- siste pour avoir une promesse encore plus pré- cise que les mots « Faciès mea prascedet te ». — ^e educas : il renonce à cette terre enviée, si ce n'est pas Jéhovah personnellement qui les y con- duit. — Ut glorificemur... Ilébr. : pour que noua +Ex. XXXIII, 17 — XXXIV, 2. +301 +17. Le Seigneur dit ù, Moïse : Je ferai tout ce que vous venez de me demander, car vous avez trouvé grâce devant moi , et je vous connais par votre nom. +18. Moïse lui dit : Faites -moi voir votre gloire. +19. Le Seigneur lui répondit : Je vous ferai voir toute sorte de biens, et je pro- noncerai devant vous le nom du Seigneur. Je ferai miséricorde à qui je voudrai, et j'userai de clémence envers qui il me plaira. +20. Dieu dit encore : Vous ne pourrez voir mon visage, car nul homme ne me verra sans mourir. +21. Il ajouta : Il y a un endroit auprès de moi, où vous vous tiendrez sur la pierre ; +22. Et lorsque ma gloire passera, je vous mettrai dans l'ouverture de la pierre, et je vous couvrirai de ma main jusqu'à ce que je sois passé. +23. J'ôterai ensuite ma main, et vous me verrez par derrière ; mais vous ne pourrez voir mon visage. +17. Dixit autem Dominus ad Moj'^sen : Et verbum istud, quod locutas es, fa- ciam ; invenisti enim gratiam coram me, et teipsum novi ex nomine. +18. Qui ait : Ostende mihi gloriam tuam. +19. Respondit : Ego ostendam omne bonum tibi, et vocabo in nomine Do- mini coram te ; et miserebor cui vo- luero, et clemens ero in quem mihi placuerit. +20. Rursumque ait : Non poteris vi- dere f aciem meam ; non enim videbit me homo, et vivet. +21. Et iterum : Ecce, inquit, est locus apud me , et stabis supra petram ; +22. Cumque transibit gloria mea, po- nam te in foramine petrse, et protegam dextera mea, donec transeam; +23. Tollamque manum meam, et vide- bis posteriora mea ; faciem autem meam videre non poteris. +CHAPITRE XXXIV +1. Le Seigneur dit ensuite : Faites- vous deux tables de pierre qui soient comme les premières, et j'y écrirai les paroles qui étaient sur les tables que vous avez brisées. +2. Soyez prêt dès le matin pour monter aussitôt sur la montagne du Sinaï, et vous demeurerez avec moi sur le haut de la montagne. +1. Ac deinceps : Praecide, ait, tibi duas tabulas lapideas instar priorum, et scribam super eas verba quae habuerunt tabulée quas fregisti. +2. Esto paratus mane, ut ascendas statim in montem Sinai, stabisque me- cum super verticem montis. +soyons distingués d'entre toutes les nations... La présence directe du Seigneur au milieu d'Israël était, en effet, une distinction unique, caracté- ristique. — Et verbum istud... faciam. Plus d'am- biguïté désormais; Dieu concède tout. L'alliance est déjà rétablie en principe. +18-23. Troisième partie de l'entretien. — Ostende mihi... Moïse , ainsi victorieux , s'enhardit encore, et adresse à Dieu une requête toute personnelle. — Gloriam tuam. C.-à-d. la personne même du Seigneur, contemplée, non plus derrière un nuage, mais dans toute sa splendeur et sa majesté. — Dieu accède ù, cette nouvelle demande : Ostendam omne tonum. liébr. : Je ferai passer ma beauté devant toi. — Vocabo in nomine Domini... Mieux : Je prononcerai le nom de Jéhovah. Signe par lequel Dieu avertira Moïse de sa présence, quand il dai- gnera se manifester à lui. — Et miserebor... Prin- cipe général rattaché à cette faveur spéciale : les gi-âccs célestes sont des dons tout ù fait libres, que l'homme ne saurait mériter. Voyez le beau +raisonnement de saint Paul sur ces paroles, Rom. IX, 15. — Non poteris... Une restriction pourtant. Un œil mortel ne pourrait contem- pler tout l'éclat de la majesté divine (/aciem meam) sans s'exposer aux plus funestes consé- quences. Cf. XIX, 21. — Et iterum. Pauses éton- nantes ; cf. vers. 19 et 20. On dirait que Dieu réfléchit , pour voir dans quelle mesure il pourra exaucer Moïse, sans danger pour son fidèle servi- teur. Là -dessus, une indication nette de la ma- nière dont aura lieu l'entrevue désirée : Ecce... locus (sur le Sinaï) ... — Posteriora... : un rejail- lissement de la splendeur de Jéhovah. +§ IIL — Le rétablissement de l'alliance. XXXIV, 1-35. +1° Moïse gravit de nouveau le Sinaï avec d'autres tables. XXXIV, 1-9. +CiiAP. XXXIV.— 1-4. L'ordre divin et son +exécution. — Cet ordre est double : 1° préparer de nouvelles tables ; les premières avaient été de +3.5 +:302 +Ex. XXXIV, 3-11. +3. Nnlliis ascendat tecum, nec videa- tur quispiam per totum montem ; boves quoqiie et oves non pascantur e contra. +4. Excidit ergo duas tabulas lapideas, quales antea fuerant; et de nocte con- surgens ascendit in montem Sinai, sicut prœceperat ei Dominus, portans secum tabulas. +5. Cumque descendisset Dominus per nubem, stetit Moyses cum eo, invocans nomen Domini. +6. Quo transeunte coram eo, ait : Do- minator Domine Deus, misericors et cle- mens, patiens et multae miserationis , ac verax ; +7. Qui custodis misericordiam in mil- lia, qui aufers iniquitatem, et scelera, atque peccata, nullusque apud te per se innocens est ; qui reddis iniquitatem pa- trum filiis ac nepotibus, in tertiam et quartam progeniem. +8. Festinusque Moj^ses, curvatus est pronus in terrani, et adorans, +9. Ait : Si inveni gratiam in conspectu tuo, Domine, obsecro ut gradiaris nobis- cum (populus enim durée cervicis est), et auferas iniquitates nostras atque pec- cata, nosque possideas. +10. Eespondit Dominus : Ego inibo pactum videntibus cunctis ; signa faciam quse nunquam visa sunt super terram, nec in ullis gentibus ; ut cernât populus iste, in eu jus es medio, opus Domini terribile quod facturas sum. +11. Observa cuncta quse hodie mando +3. Que personne ne monte avec vous, et que nul ne paraisse sur toute la mon- tagne ; que les bœufs mêmes et les brebis ne paissent point vis-à-vis. +4. Moïse tailla donc deux tables de pierre, telles qu'étaient les premières, et, se levant avant le jour, il monta sur la montagne du Sinaï, portant avec lui les tables, selon que le Seigneur le lui avait ordonné. +0. Alors le Seigneur étant descendu au milieu de la nuée, Moïse demeura avec lui, et il invoqua le nom du Seigneur. +6. Et lorsque le Seigneur passait de- vant Moïse , il dit : Dominateur souverain, Seigneur Dieu, qui êtes plein de com- passion et de clémence, patient, riche en miséricorde et véritable ; +7. Qui conservez votre miséricorde jus- qu'à mille générations, qui effacez l'ini- quité , les crimes et les pécliés ; devant lequel nul n'est innocent par lui-même, •et qui rendez l'iniquité des pères aux enfants et aux petits - enfants jusqu'à la troisième et la quatrième génération. +8. En cet instant, Moïse se prosterna contre terre, et, adorant Dieu, +9. Il ajouta: Seigneur, si j'ai trouvé grâce devant vous, marchez, je vous supplie, avec nous, puisque ce peuple a la tête dure ; effacez nos iniquités et nos péchés, et possédez-nous comme voiî^e hé- ritage. +10. Le Seigneur lui répondit : Je ferai alliance avec ce peuple à la vue de tout le monde ; je ferai des prodiges qui n'ont jamais été vus sur la terre ni dans au- cune nation, afin que ce peuple au milieu duquel vous êtes considère l'œuvre ter- rible que doit faire le Seigneur. +11. Gardez toutes les choses que je +toutes manières l'œuvre du Seigneur lui-même (xxxn, 16); 2° que Moïse rejoigne Jéhovah sur la montagne. — Les instructions du vers. 3 sont analogues à celles de xix, 12-13; mais elles ont quelque chose de plus strict. +5-9. Dieu manifeste sa gloire h Moïse. — Stetit Moyses...: dans la fissure d'un rocher, comme il a été dit plus haut, xxxiii, 21-22. — Invocans nomen. Hébr. : Et il ( le Seigneur ) prononça le nom de Jéhovah. C'était le signe promis, xxxm, 19. — Quo transeunte , ait... Ces paroles admirables, vers. G -7, qui définissent si bien la nature di- vine, furent encore prononcées par Jéhovah, non par Moïse. L'iiébreu est très clair sur ce point : (C Et Jéhovah passa devant lui et s'écria : Jého- vah ! Jéhovali 1 Dieu miséricordieux et compatis- sant..., etc. » Accumulation frappante de syno- nymes et de répétitions; association non moins +saisissante de la jxistice de Dieu et de sa misé- ricorde. — Festinus Moyses... La description est dramatique, émue. — Si inveni... Encore une belle prière théocratique de Moïse, De nouveau il plaide en faveur d'Israël, bien qu'il soit déjà assuré du pardon. Le trait final sxirtout est ma- gnifique : nosque possideas ; q\i'Israël soit vrai- ment le peuple de la « propriété » divine. Cf. XV, 16; xix, 5. +20 Jéhovah répète à Moïse les principales con- ditions de l'alliance. XXXIY, 20-26. +10. En tête, une promesse générale. — Inito pactum : l'alliance {Vrit) momentanément rom- pue. — Videntibus cunctis... : au grand jour ; expression solennelle. — Signa faciam... Ces mi- racles sont indiqués sommairement au vers. 11. Cf. Deut. vn, 1. +11-16. Los conditions négatives de l'alliancG : +Ex. XXXIV, 12-21. +303 +vous ordonne anjonrdlmi. Je chasserai -moi-même devant vous les Amorrhôens, les Chananéens, le> ITétliéens. les Phé- rézéens,les Hévcens et les Jébuséens. +12. Prenez garde de ne jamais faire amitié avec les habitants de ce pays, ce qui causerait votre ruine ; +13. Mais détruisez tous leurs autels, brisez leurs statues, coupez leurs bois consacrés à leurs dieux. +14. N'adorez point de dieu étranger. Le Seigneur s'appelle le Dieu jaloux; Dieu veut être aimé uniquement. +15. Ne faites point d'alliance avec les habitants de ce pays -là, de peur que lorsqu'ils se seront corrompus avec leurs dieux et qu'ils auront adoré leurs statues, quelqu'un d'entre eux ne vous invite à manger des viandes qu'il leur aura im- molées. +16. Vous ne ferez point épouser leurs filles à vos fils , de peur qu'après qu'elles se seront corrompues elles-mêmes, elles ne portent vos fils à se corrompre aussi comme elles avec leurs dieux. +17. Vous ne vous ferez point de dieux jetés en fonte. +18. Vous observerez la fête solennelle des pains sans levain. Vous mangerez, sept jours durant, des pains sans levain, au mois des nouveaux fi'uits, comme je vous l'ai ordonné ; car vous êtes sorti de l'Egypte au mois où commence le prin- temps. +19. Tout mâle qui sort le premier du sein de sa mère sera à moi ; les premiers de tous les animaux , tant des bœufs que des brebis, seront à moi. +20. Vous rachèterez avec une brebis le premier-né de l'âne ; si vous ne le ra- chetez point, vous le tuerez. Vous rachè- terez le premier -né de vos fils, et vous ne paraîtrez point devant moi les mains "vides. +21. Vous travaillerez pendant six jours, et le septième jour vous cesserez de la- bourer la terre et de moissonner. +tibi ; ego ipse ejiciam ante fac^'em tuam Amorrhœum, et Chananaîum, et He- thœum, PherezEBum quoque, et Hevseum, et Jebusœum. +12. Cave ne unquam cum habitatoribus terrœ illius jungas amicitias, quae sint tibi in ruina m ; +13. Sed aras eorum destrue, confiinge statuas, lucosque succide. +14. Noli adorare Deum alienum. Do- minus zelotes nomen ejus ; Deus est œmulator. +15. Ne ineas pactum cum hominibus illarum regionum, ne, cum fornicati fue- rint cum diis suis, et adoraverint simu- lacra eorum , vocet te quispiam ut come- das de immolatis. +16. Nec uxorem de filiabus eorum ac- cipies filiis tuis, ne, postquam ipsse fue- rint fornicatse, fornicari faciant et filios tuos in deos suos. +17. Deos conflatiles non faciès tibi. +18. Solemnitatem azymorum custo- dies. Septem diebus vesceris azymis, sicut prsccepi tibi, in tempore mensis novorum ; mense enim verni temporis egressus es de iEgypto. +19. Omne quod aperit vulvam generis masculini, meum erit ; de cunctis ani- mantibus, tam de bobus, quam de ovibus, meum erit. +20. Primogenitum asini redîmes ove; sin autem nec pretium pro ea dederis, occidetur. Primogenitum filiorum tuorum redîmes ; nec apparebis in conspectu meo vacuus. +21. Sex diebus operaberis, die septimo cessabis arare et metere. +Israël devra éviter tout rapport d'intimité avec les peuples païens, de crainte qu'il ne se laisse entraîner à l'idolâtrie. Cf. xxiii, 24, 32-33. — 'Statuas (vers. 13). Mieux : des stèles; ici, des pierres dressées en l'honneur des faux dieux. Lucos; hébr. : 'asérim, probablement des statues d'Âstarté. — Fornicati... cum diis. Expression figurée qui reviendra souvent désormais pour désigner le culte idolâtrique. Depuis l'alliance contractée au Sinaï, les relations d'Israël avec Dieu consistent, pour ainsi dire, dans une union luatrimoniale. Jéhovali est le céleste époux , Israël +l'épouse ; les Hébreux, quand ils se livreront à l'ido- lâtrie, ressembleront donc à une épouse infidèle. 17-26. Les conditions positives de l'alliance, ou règles qui concernent le culte divin. — Pros- cription de l'idolâtrie , vers. 17. Cf. xx, 40. — La Pâque, vers. 18. Cf. xxiii, 15 {mensis novorum, mense verni temporis; hébr,: au mois CCdbib, ou de nisan ). — Offrande des premiers - nés , vers. 19-20. Cf. xm, 2, 12. — Le sabbat vers. 21. Cf. XX, 9; xxni, 12 {avare et metere; deux grands travaux agricoles signalés par manière d'exemple). — Les fêtes de la Pentecôte et des Tabernacle? , +304 +Ex. XXXIV, 22-31. +22. Solemnitatem hebdomadarum fa- ciès tibi in primitiis friigum messis tiise triticeoB; et solemnitatem, quando re- deunte anni tempore cuncta conduntur. +23. Tribus temporibus anni apparebit omne masculinum tuum in conspectu omnipotentis Domini Dei Israël. +24. Cum enim tulero gentes a facie tua, et dilatavero termines tuos, nullus insidiabitur terrse tuas, ascendente te, et apparente in conspectu Domini Dei tui ter in anno. +25. Non immolabis super fermento sanguinem hostise mese ; neque residebit mane de victima solemnitatis Phase. +26. Primitias frugum terrse tuse oiïe- res in domo Domini Dei tui. Non coques hœdum in lacté matris suœ. +27. Dixitque Dominus ad Moysen : Scribe tibi verba haec, quibus et tecum et cum Israël pepigi fœdus. +28. Fuit ergo ibi cum Domino qua- draginta dies et quadraginta noctes ; pa- nem non comedit , et aquam non bibit ; et scripsit in tabulis verba fœderis de- cem. +29. Cumque descenderet Moyses de monte Sinai, tenebat duas tabulas testi- monii ; et ignorabat quod cornuta esset faciès sua ex consortio sermonis Domini. +30. Videntes autem Aaron et filii Is- raël cornutam Moysi faciem, timuerunt prope accedere. +31. Vocatique ab eo, reversi sunt tam Aaron quam principes synagogae. Et postquam locutus est ad eos, +22. Vous célébrerez la fête solennelle des semaines en oiïrant des prémices des fi-uits de la moisson de froment, et vous ferez la fête de la récolte des fruits à la fin de l'année, lorsqu'on les aura tous recueillis. +23. Tous vos enfants mâles se présen- teront trois fois l'année devant le Sei- gneur tout-puissant , le Dieu d'Israël. +24. Car lorsque j'aurai chassé les na- tions de devant votre face et que j'aurai étendu les limites de votre pays, si vous montez et si vous vous présentez trois fois l'année devant le Seigneur votre Dieu, nul ne formera des entreprises secrètes contre votre pays. +25. Vous ne m'offrirez point avec du levain le sang de la victime qui m'est immolée, et il ne restera rien de l'hostie de la fête solennelle de Pâques jusqu'au matin. +26. Vous offrirez les prémices des fi'uits de votre terre dans la maison du Seigneur votre Dieu. Vous ne ferez point cuire le chevreau dans le lait de sa mère. +27. Le Seigneur dit encore à Moïse : Ecrivez pour vous ces paroles, par les- quelles j'ai fait alliance avec vous et avec Israël. +28. Moïse demeura donc quarante jours et quarante nuits avec le Seigneur sur la montagne. Il ne mangea point de pain et il ne but point d'eau pendant ce temps, et le Seigneur écrivit sur les tables les dix paroles de l'alliance. +29. Après cela, Moïse descendit de la montagne du Sinaï, portant les deux tables du témoignage , et il ne savait pas que de l'entretien qu'il avait eu avec le Seigneur, il était resté des rayons de lu- mière sur son visage. +30. Mais Aaron et les enfants d'Israël, voyant que le visage de Moïse jetait des rayons, craignirent d'approcher de lui. +31. Moïse appela donc Aaron et les princes de la synagogue, qui revinrent le trouver. Et après qu'il leur eut parlé, +vers. 22. Cf. xxm, 16. — Les trois pèlerinages annuels au sanctuaire, vers. 23-24. Cf. xxiii, 14, 17, 23, 31 iinsidlaMtur ; hébr.: convoitera). — Une règle relative à la Pâque, vers. 25. Cf. xxm, 18. — Les prémices, vers, 26». — Une loi cérémoniale, vers. 26^. Cf. xxm, 19. +3° Moïse redescend de la montagne tout rayon- nant. XXXIV, 27-35. +27-28. Dieu charge Moïse de consigner par écrit les conditions de l'alliance théocratique ; 11 grave lui-même le Décalogue sur les nouvelles tables. — Scribe... verba hcec : le contenu des vers. +10-26. — Scripsit in tabulis: Jéhovah en per- sonne , d'après le vers. 1. +29-32. Moïse revient au camp Israélite le visage resplendissant. — Cornuta... fades. Cette expres- sion a donné lieu aux représentations artistiques qui dotent Moïse de deux cornes, tandis qu'il s'agit de rayons lumineux qui s'échappaient de son visage. C'était un reflet permanent de la gloire divine ; le Seigneur le lui laissa miraculeusement pour confirmer son autorité. — Videntes... timuC' runt: de la crainte qu'inspire toujours le sur- naturel. — Vocati ab eo. Moïse les rassure, et +Ex. XXXIV, 32 — XXXV, 6. +305 +32. Tous les enfants d'Israël vinrent aussi vers lui , et il leur prescrivit toutes les choses qu'il avait entendues du Sei- gneur sur la montagne du Sinaï. +33. Quand il eut achevé de leur parler, il mit un voile sur son visage. +34. Lorsqu'il entrait dans le tabernacle et qu'il parlait avec le Seigneur, il ôtait ce voile jusqu'à ce qu'il en sortît, et il rapportait ensuite aux enfants d'Israël toutes les choses que Dieu lui avait com- mandé de leur dire. +35. Lorsque Moïse sortait du taher- nacle, les Israélites voyaient que son visage jetait des rayons ; mais il le voi- lait de nouveau toutes les fois qu'il leur parlait. +32. Venerunt ad eum etiam omnes filii Israël ; quibus prsecepit cuncta quse au- dierat a Domino in monte Sinai. +33. Impletisque sermonibus, posuit ve- lamen super faciem suam, +34. Quod ingressus ad Dominum, et loquens cum eo, auferebat donec exiret, et tune loquebatur ad filios Israël omnia quae sibi f uerant imperata. +35. Qui videbant faciem egredientis Moysi esse cornutam ; sed operiebat ille rursus faciem suam, si quando loqueba- tur ad eos. +CHAPITRE XXXV +1. Moïse, aj^ant donc assemblé tous les enfants d'Israël, leur dit : Voici les choses que le Seigneur a commandé que l'on fasse. +2. Vous travaillerez pendant six jours, et le septième jour vous serez saints, car il est le sabbat et le repos du Seigneur. Celui qui fera quelque travail en ce jour- là sera puni de mort. +3. Vous n'allumerez point de feu dans toutes vos maisons au jour du sabbat. +4. Moïse dit encore à toute l'assemblée des enfants d'Israël : Voici ce que le Seigneur a ordonné. Il a dit : +5. Mettez à part chez vous les prémices de vos biens j^90wr les offrir au Seigneur. Vous les lui offrirez de bon coeur et avec une pleine volonté: l'or, l'argent, l'ai- rain , +6. L'hyacinthe, la pourpre, l'écarlate teinte deux fois, le fin lin, les poils de chèvres , +1. Igitur congregata omni turba filio- rum Israël, dixit ad eos ; Hsec sunt quse jussit Dominus fieri. +2. Sex diebus facietis opus ; septimus dies erit vobis sanctus, sabbatum, et re- quies Domini; qui fecerit opus in eo, occidetur. +3. Non succendetis ignem in omnibus habitaculis vestris per diem sabbati. +4. Et ait Moyses ad omnem catervam filiorum Israël : Iste est sermo quem prse- cepit Dominus, dicens : +5. Separate apud vos primitias Do- mino. Omnis voluntarius et prono animo offerat eas Domino : aurum et argentum, et ses , +6. Hyacinthum et purpuram, coccum- que bis tinctum, et byssum, piles ca- prarum . +tous peu à peu s'appi'ochent de lui et reçoivent SCS communications faites au nom de Dieu. +33-35. Moïse couvre son visage d'un voile. — De cette mesure délicate, prise par Moïse pour ne pas incommoder les Hébreux dans ses rela- tions journalières, saint Paul a tiré une belle et profonde déduction, II Cor. m, 13-16. +Section VI. — Coxstructio.v du taberxaclb +ET DE SON MOBILIER, XXXV, 1 — XL , 36. +La plupart des détails contenus dans cette section ne sont qu'une répétition de ceux que nous avons lus aux chap. x\v-xxxi; il suffira de renvoj'cr aux pages qui précèdent, en insis- tant seulement sur les traits nouveaux. +§ I. — Les préparatifs. XXXV, 1 — XXXVI, 7. +1° Autre promulgation de la loi du sabbat. XXXV, 1-3. +Chap. XXXV. — 1-3. Il faudra respecter le repos du sabbat, même pour ce travail sacré. Cf. XXXI, 13-17. — Congregata omni turta... : à cause do la gravité de ce précepte. — Non succendetis... Particularité qui n'avait pas encore été mentionnée en propres termes. Allumer du feu supposait alors un travail assez considérable. +2° Moïse demande des offrandes volontaires pour le tabernacle. XXXV, 4-9. +4-9. Isie est sermo... Voy. xxv, 1-7, et le com- mentaire. +306 +Ex. XXXV, 7-22. +7. Pellesqiie arietiim rubricatas, et ianthinas, ligna setim, +8. Et oleum ad luminaria concin- nanda, et ut conficiatur ungueiitum, et thj'miama suavissimiim , +9. Lapides onycliinos, et gemmas ad ornatum superhumeralis et ratioiialis. +10. Quisqiiis vestrum sapiens est, ve- niat, et faciat qiiod Dominus imperavit : +11. Tabernaciilum scilicet, et tectum ejus, atque operimentum, annulos, et ta- bulata cum vectibus, paxillos et bases; +12. Arcam et vectes, propitiatorium, et vélum quod ante illud oppanditur ; +13. Mensam cum vectibus et vasis, et propositionis panibus ; +14. Candelabrum ad luminaria susten- tanda, vasa illius et lucernas, et oleum ad nutrimenta ignium ; +15. Altare thymiamatis, et vectes, et oleum unctionis et thjaniama ex aro- matibus ; tentorium ad ostium tabcrna- culi ; +16. Altare holocausti, et craticulam ejus seneam cum vectibus et vasis suis ; labrum et basim ejus; +17. Cortinas atrii cum columnis et ba- sibus, tentorium in foribus vestibuli; +18. Paxillos tabernaculi et atrii cum funiculis suis ; +19. Vestimenta, quorum usus est in ministerio sanctuarii, vestes Aaron pon- tificis ac filiorum ejus, ut sacerdotio f un- gant ur milii. +20. Egressaque omnis multitude filio- rum Israël de conspectu Moysi, +21. Obtulerunt mente promptisslma atque devota primitias Domino, ad fa- ciendum opus tabernaculi testimonii. Quidquid ad cultum et ad vestes sanctas necessarlum erat , +22. Viri cum mulieribus praebuerunt: +7. Les peaux de moutons teintes en rouge, des peaux violettes, des bois de sétim , +8. De l'huile pour entretenir les lampes et pour composer des onctions et des par- fums d'excellente odeur, +9. Les pierres d'onyx et les pierres pré- cieuses pour orner l'éphod et le rational. +10. Quiconque parmi vous est habile à travailler, qu'il vienne pour faire ce que le Seigneur a commandé : +11. Savoir, le tabernacle avec son toit et sa couverture, les anneaux, les ais et les barres , les pieux et les bases ; +12. L'arche avec les bâtons pour la porter, le propitiatoire et le voile qui doit être suspendu devant l'arche ; +13. La table avec les bâtons pour la porter, et ses vases, et les pains qu'on expose devant le Seigneur ; +14. Le chandelier qui doit soutenir les lampes , tout ce qui sert à son usage , les lampes et l'huile pour entretenir le feu ; +15. L'autel des parfums avec les bâtons pour le porter, l'huile pour faire les onc- tions, le parfum composé d'aromates, le voile suspendu à l'entrée du tabernacle; +16. L'autel des holocaustes, sa grille d'airain avec ses bâtons pour le porter, et tout ce qui sert ti son usage; le bassin avec sa base ; +17. Les rideaux du parvis avec leurs colonnes et leurs bases, et le voile de l'entrée du vestibule ; +18. Les pieux du tabernacle et du par- vis avec leurs cordes ; +19. Les vêtements qui doivent être em- ployés au culte du sanctuaire et les orne- ments destinés au pontife Aaron et à ses fils , afin qu'ils exercent les fonctions de mon sacerdoce. +20. Après que tous les enfants d'Israël furent partis de devant Moïse, +21. Ils offrirent au Seigneur, avec une volonté prompte et pleine d'affection , les prémices de leurs biens, ^^om: tout ce qu'il y avait à faire au tabernacle du témoi- gnage, et pour tout ce qui était nécessaire pour le culte sacré et pour les ornements sacerdotaux. +22. Les hommes avec les femmes don- +30 Appel aux ouvriers habiles, XXXV, 10-19. +10-19. Quisquis vestrum... Cf. xxviir, 3, L'appel est universel, pourvu qu'on possède la condition requise (^aapitns). — Tabernaciilum... Longue énumération des objets à préparer : le tabernacle (vers. 11), le mobilier du Saint des saints (12), le mobilier du Saint (13-15), le mo- +bilier du parvis (16-18), les vêtements sacerdo- taux (19). +40 Description des offrandes. XXXV, 20-29, +20-24. Offrandes du peuple en général. — +Omnis multitiulo... Tous accourent avec le zèle +le plus louable. — Egressa est un trait pittoresque. +Ils quitLorcnt le lieu où Moïse les avait réunis, +nèrent leurs cliaînes, leurs pendants d'oreilles , leurs bagues et leurs bracelets ; tous les vases d'or furent mis à part pour être présentés au Seigneur. +23. Ceux qui avaient de l'hyacinthe, de la pourpre, de l'écarlate teinte deux fois, du fin lin, des poils de chèvres, des peaux de moutons teintes en rouge, des peaux violettes, +24. De l'argent et de l'airain, les of- frirent au Seigneur avec des bois de sétim pour les employer à divers usages. +25. Les femmes qui étaient habiles donnèrent aussi ce qu'elles avaient filé d'hyacinthe, de pourpre, d'écarlate, de fin lin +26. Et de poils de chèvres, et donnèrent tout de grand cœur. +27. Les princes offrirent des pierres d'onyx et des pierres précieuses pour l'éphod et le rational, +28. Des aromates et de l'huile pour en- tretenir les lampes, et pour préparer l'huile d'onction et composer le parfum d'excel- lente odeur. +29. Tous les hommes et toutes les femmes firent leurs offrandes de bon cœur pour faire les ouvrages que le Sei- gneur avait ordonnés par Moïse. Tous les enfants d'Israël firent ces offrandes au Seigneur avec une pleine volonté. +30. Alors Moïse dit aux enfants d'Is- raël : Le Seigneur a appelé Béséléel, fils d'Uri, qui était fils de Hm*, de la tribu de Juda ; +31. Et il l'a rempli de l'esprit de Dieu, de sagesse, d'intelligence, de science et d'une parfaite connaissance, +32. Pour inventer et pour exécuter tout ce qui se peut faire en or, en argent et en airain, +33. Pour tailler et graver les pierres et pour tous les ouvrages d'art, +34. Il lui a mis dans l'esprit tout ce +Ex. XXXV, 23-34. 307 +armillas et inaures, annules et dextra- lia ; omne vas aureum in donaria Domini separatum est. +23. Si quis habebat hyacinthum, et purpuram, coccumque bis tinctum, bys- sum et pilos caprarum, pelles arietum rubricatas, et ianthinas, +24. Argenti serisque metalla obtulerunt Domino, lignaque setim in varios usus. +25. Sed et mulieres doctœ, (^use neve- rant, dederunt hyacinthum, purpuram, et vermiculum, ac byssum, +26. Et pilos caprarum, sponte propria cuncta tribuentes. +27. Principes vero obtulerunt lapides onychinos, et gemmas ad superhumerale et rationale, +28. Aromataque et oleum ad lumi- naria concinnanda, et ad prseparandura unguentum, ac thymiama odoris suavis- simi componendum. +29. Omnes viri et mulieres mente devota obtulerunt donaria, ut fièrent opéra quae jusserat Dominus per manum Moysi. Cuncti filii Israël voluntaria Do- mino dedicaverunt. +30. Dixitque Moyses ad filios Israël : Ecce, vocavit Dominus ex nomine Be- seleél filium Uri filii Hur de tribu Juda ; +3L Implevitque eum spiritu Dei, sa- pientia et intelligentia , et scientia et omni doctrina, +32. Ad excogitandum, et faciendum opus in auro, et argento, et œre, +33. Sculpendisque lapidibus, et opère carpentario; quidquid fabre adinveniri potest , +34. Dédit in corde ejus ; Ooliab quo- +pour allei' cherclicr dans leurs tentes ce qu'ils avaient de plus précieux. — Armillas... Hébr. : des agrafes, des anneaux pour le nez (cf. Gen. xxrv, 22, et le commentaire), des anneaux à ca- chet (G-en. xxxviii , 18) et des globules (proba- blement deci bracelets ou des colliers composés de petites boules d'or).. +25-26. Dons spéciaux des femmes habiles à filer. — Doctœ. Hébr. : «ï sages de cœur, » pour dire : intelligentes. — Quce neverant. Leurs of- frandes consistèrent en fils, non en tissus. Sur l'art de filer chez les Égyptiens, voy. VAtl. archéoL, pi. XLUX, fig. 6, 15; pi. XLiv, lig. 2. +27-28. Offrandes spéciales des chefs du peuple. — Principes vero... Plus riches, ils offrent natu- rellement des dons d'un plus grand prix. +29. Récapitulation pleine d'emphase. +5° Béséléel et Ooliab sont mis à la tête des travaux. XXXV, 30-35. +30-35. Cf. XXXI, 1-6.— Béséléel, vers. 30-34*; Ooliab, Z4P; puis éloge simultané de l'un et de l'autre, 35. — Opéra abietarii; hébr. : du gra- veur; polymitarii; hébr. : de celui qui compte (les fils pour tisser); plumarii, du brodeur à l'aiguille. +308 XXXV, 35 +que filinm Achisamech de tribu Dan; +35. Ambos erudivit sapientia, ut fa- ciant opéra abietarii, polymitarii, ac plumarii, de hyacintlio ac purpura, coc- coque bis tincto, et bysso, et texant omnia, ac nova quaeque reperiant. +XXXVI, 8. +que l'art peut inventer, et il lui a associé Ooliab, fils d' Achisamech , de la tribu de Dan. +35. Il les a remplis tous deux de sa- gesse pour faire tous les ouvrages qui se peuvent faire en bois, en étoffes de dif- férentes couleurs et en broderie, d'hya- cinthe, de pourpre, d'écarlate teinte deux fois et de lin lin , afin qu'ils travaillent à tout ce qui se fait avec la tissure et qu'ils fassent toutes sortes d'inventions nou- velles. +CHAPITRE XXXVI +1. Fecit ergD Beseleel, et Ooliab, et | omnis vir sapiens, quibus dédit Domi- nus sapientiam et intellectum, ut sci- rent fabre operari quae in usus san- ctuarii necessaria sunt, et quse praecepit Dominus. +2. Cumque vocasset eos Moyses, et omnem eruditum virum, cui dederat Dominus sapientiam, et qui sponte sua obtulerant se ad faciendum opus, +3. Tradidit eis universa donaria filio- rum Israël. Qui cum instarent operi, quotidie mane vota populus ofîerebat. +4. Unde artifices venire compulsi, +5. Dixerunt Moysi : Plus offert popu- lus quam necessarium est. +6. Jussit ergo Moyses prseconis voce cantari : Nec vir nec mulier quidquam offerat ultra in opère sanctuarii. Sicque cessatum est a muneribus offerendis, +7. Eo quod oblata sufficerent et super- abundarent. +8. Feceruntque omnes corde sapientes ad explendum opus tabernaculi, cortinas +1. Béséléel travailla donc à tous ces ouvrages avec Ooliab et tous les hommes habiles à qui le Seigneur avait donné la sagesse et l'intelligence, afin qu'ils sussent faire excellemment ce qui était néces- saire pour l'usage du sanctuaire et tout ce que le Seigneur avait ordonné. +2. Or Moïse les ayant fait venir avec tous les hommes habiles auxquels le Sei- gneur avait donné la sagesse et ceux qui s'étaient offerts d'eux-mêmes pour tra- vailler à cet ouvrage, +3. Il leur mit entre les mains toutes les offrandes des enfants d'Israël. Et comme ils s'appliquaient à avancer cet ouvrage, le peuple offrait encore tous les jours au matin de nouveaux dons. +4. C'est pourquoi les ouvriers furent obligés +5. De venir dire à Moïse : Le peuple offre plus qu'il n'est nécessaire. +6. Moïse commanda donc qu'on fît cette déclaration publiquement par la voix d'un héraut : Que nul homme et nulle femme n'offre plus rien à l'avenir pour les ouvrages du sanctuaire. Ainsi on cessa d'offrir des présents à Dieu, +7. Parce que ce qu'on avait déjà offert suffisait, et qu'il y en avait même plus qu'il n'en fallait. +8. Tous ces hommes dont le cœur était rempli de sagesse pour travailler aux ou- +60 Moïse remet aux artistes les offrandes du peuple; le travail commence. XXXVI, 1-7. +CiiAP. XXXVI. — 1-3». Les ouvi'iers se mettent à l'oeuvre. +S»» -7. Moïse fait cesser les offrandes du peuple, qui devenaient surabondantes. — Plus offert... Bien beaux détails. La vraie religion a constam- +ment produit des merveilles sous ce rapport. +§ II. — L'exécution de l'œuvre. XXXVI, 8 — XXXIX, 43. +10 Le tabernacle. XXXVI, 8-38, 8-13. La couverture inférieure du tabernacle Cf. XXVI, 1-6, et le commentaire. +Ex. XXXVI, 9-22. +309 +vrages du tabernacle, firent donc dix rideaux de fin lin retors, d'hyacinthe, de pourjn-e et d'écarlate teinte deux fois, le tout en broderie et d'un ouvrage excel- lent de différentes couleurs. +9. Chaque rideau avait vingt -huit coudées de long et quatre de large, et tous les rideaux étaient d'une même me- sure. +10. Cinq de ces rideaux tenaient l'un à l'autre, et les cinq autres étaient de même joints ensemble. +11. L'un des rideaux avait des cordons d'hyacinthe sur le bord dos deux côtés, et l'autre rideau avait de même des cor- dons au bord, +12. Afin que les cordons se trouvant vis-à-vis l'un de l'autre, les rideaux fussent joints ensemble. +13. C'est pourquoi ils firent aussi fondre cinquante anneaux d'or où se pussent attacher les cordons des rideaux, afin qu'il ne s'en fît qu'une seule tenture. +14. Ils firent aussi onze couvertures de poils de chèvres pour servir de couver- ture et de toit au tabernacle. +15. Chacune de ces couvertures avait trente coudées de long et quatre de large, et elles étaient toutes de même mesure. +16. Ils en joignirent cinq ensemble et les six autres séparément. +17. Ils firent aussi cinquante cordons au bout de l'une des couvertures et cin- quante au bord de l'autre, afin qu'elles fussent jointes ensemble. +18. Ils firent encore cinquante boucles d'airain pour les tenir attachées, afin qu'il ne s'en fît qu'un toit et qu'une seule couverture. +19. Ils firent de plus une troisième couverture du tabernacle, de peaux de moutons teintes en rouge, et par -dessus encore une quatrième de peaux teintes en bleu céleste. +20. Ils firent aussi des ais de bois de sétim pour le tabernacle , plantés debout. +21. Chacun de ces ais avait dix cou- dées de long et une coudée et demie de large. +22. Chaque ais avait un tenon et une mortaise, afin qu'ils entrassent l'un dans l'autre. Tous les ais du tabernacle étaient faits de cette sorte. +decem de bysso retorta, et hyacintho, et purpura, coccoque bis tincto, opère vario, et arte polymita; +9. Quarum una habebat in longitudine viginti octo cubitos, et in latitudine qua- tuor; una mensura erai omnium corti- narum. +10. Conjunxitque cortinas quinque, alteram alteri , et alias quinque sibi in- vicem copulavit. +11. Fecit et ansas hyacinthinas in ora cortinœ unius ex utroque latere, et in ora cortinse alterius similiter, +12. Ut contra se invicem venirent ansse, et mutuo jungerentur, +13. Unde et quinquaginta fudit cir- culos aureos, qui morderent cortinarum ansas , et fieret unum tabernaculum. +14. Fecit et saga undecim de pilis ca- prarum ad operiendum tectum taberna- culi. +15. Unum sagum in longitudine ha- bebat cubitos triginta, et in latitudine cubitos quatuor; unius mensurse erant omnia saga ; +16. Quorum quinque junxit seorsum, et sex alia separatim. +17. Fecitque ansas quinquaginta in ora sagi unius, et quinquaginta in ora sagi alterius, ut sibi invicem jungerentur; +18. Et fibulas asneas quinquaginta, quibus necteretur tectum, ut unum pal- lium bx omnibus sagis fieret. +19. Fecit et opertorium tabernaculi de pellibus arietum rubricatis , aliudque de- super velamentum de pellibus iantkinis. +20. Fecit et tabulas tabernaculi de lignis setim stantes. +21. Decem cubitorum erat longitudo tabulas unius ; et unum ac semis cubitum latitudo retinebat. +22. Binœ incastraturse erant per sin- gulas tabulas, ut altéra alteri jungeretur. Sic fecit in omnibus tabernaculi tabulis. +14-18. La couverture intermédiaire, en étoffe de poils de chèvre. Cf. xxvi, 7-13. +19. Les deux couvertures supérieures, en peaux +de bélier et de dugong. Cf. xxvi, 14. +20 - 34. La charpente du tabernacle avec les ais et leurs bases. Cf. xxvi, 15-29. +15* +310 +Ex. XXXVI, 23-37. +23. E qiiibus viginti ad plagam meri- dianam erant contra austnim, +24. Cum quadraginta basibus argen- teis. Duœ bases sub una tabula pone- bantiir ex iitraque parte angulorum , ubi incastraturse laterum in angulis termi- nant ur. +25. Ad plagam quoque tabernaculi, quai respicit ad aquilonem, fecit viginti tabulas , +26. Cum quadraginta basibus argen- teis ; duas bases per singulas tabulas. +27. Contra occidentem vero, id est, ad eam partem tabernaculi quse mare respicit , fecit sex tabulas , +28. Et duas alias per singulos angulos tabernaculi rétro ; +29. Quae junctae erant a deorsum us- que sursum, et in unam compaginem pariter ferebantur. Ita fecit ex utraque parte per angulos, +30. Ut octo essent simul tabulœ, et haberent bases argenteas sedecim, binas scilicet bases sub singulis tabulis. +31. Fecit et vectes de lignis setim, quinque ad continendas tabulas unius lateris tabernaculi, +32. Et quinque alios ad alterius late- ris coaptandas tabulas; et extra hos, quinque alios vectes ad occidentalem plagam tabernaculi contra mare. +33. Fecit quoque vectem alium, qui per médias tabulas ab angulo usque ad angulum perveniret. +34. Ipsa autem tabulata deauravit, fusis basibus earum argenteis. Et cir- culos eorum fecit aureos, per quos vectes induci possent; quos et ipsos laminis aureis operuit. +35. Fecit et vélum de hyacintho, et purpura, vermiculo, ac bysso retorta, opère polymitario varium atque distin- ctum ; +36. Et quatuor columnas de lignis setim, quas cum capitibus deauravit, fusis basibus earum argenteis. +37. Fecit et tentorium in introitu ta- bernaculi ex liyacintlio, purpura, vermi- culo, byssoque retorta, opère plumarii ; +23. Or il y en avait vingt du côté mé- ridional , qui regarde le midi, +24. Avec quarante bases d'argent. Chaque ais était porté sur deux bases de chaque côté des angles, à l'endroit où l'enchâssure des côtés se termine dans les angles. +25. Ils firent aussi, pour le côté du tabernacle qui regardait l'aquilon, vingt ais +26. Avec quarante bases d'argent, deux bases pour chaque ais. +27. Mais pour le côté du tabernaclo qui est à l'occident et qui regarde la mer, ils ne firent que six ais, +28. Et deux autres qui étaient dressés aux angles du fond du tabernacle. +29. Ils étaient joints depuis le bas jusqu'au haut et ne composaient qu'un corps tous ensemble. Ils gardèrent cette disposition dans les angles des deux côtés. +30. Il y avait huit ais en tout , qui avaient seize bases d'argent, deux bases pour chaque ais. +31. Us firent aussi de grandes barres de bois de sétim, cinq pour traverser et tenir ensemble tous les ais d'un des côtéâ du tabernacle, +32. Cinq autres pour traverser et tenir ensemble les ais de l'autre côté , et outre celles-là, cinq autres encore pour le côté du tabernacle qui est à l'occident et qui regarde la mer. +33. Us firent aussi une autre barre qui passait par le milieu des ais, depuis une extrémité jusqu'à l'autre. +34. Ils couvrirent de lames d'or tous ces ais soutenus par des bases d'argent qui avaient été jetés en fonte. Ils y mirent de plus des anneaux d'or, pour y faire entrer des barres de bois qu'ils Cou- vrirent aussi de lames d'or. +35. Us firent un voile d'h3'acinthe , de pourpre, d'écarlate, de fin lin retors, le tout en broderie et d'un ouvrage admi- rable par son excellente variété. +36. Us firent quatre colonnes de bois de sétim, qu'ils couvrirent de lames d'or avec leurs chapiteaux ; leurs bases étaient d'argent. +37. Us firent encore, pour l'entrée du tabernacle, le voile qui était d'hyacinthe, de pourpre , d'écarlate , de fin lin retors , le tout en broderie. +ZÔ-.Z&, Le yoilc qui séparait les deux pai'ties du tabernacle. Cf. Xïvi, 31-32. +37-38. La tenture et les colonnes placées en avant du tabernacle. Cf. xxvi, 36-37. +Ex. XXXVI, 38 — XXXVII, 13. +311 +38. Ils firent aussi cinq colonnes avec leurs chapiteaux : ils les couvrirent d'or, et leurs bases furent jetées en fonte et faites d'airain. +38. Et columnas quïnque cura capiti- bus suis, quas operuit auro, basesque earum f udit seneas. +CHAPITRE XXXVII +1. Béséléel fit aussi l'arche de bois de sétim. Elle avait deux coudées et demie de long, une coudée et demie de large et une coudée et demie de haut ; il la couvrit d'un or très pur au dedans et au dehors , +2. Et il fit une couronne d'or qui ré- gnait tout autour. +3. Il fit jeter en fonte quatre anneaux d'or qu'il mit aux quatre coins de l'arche, deux d'un côté et deux de l'autre. +4. Il fit aussi des bâtons de bois de sétim, qu'il couvrit d'or, +5. Et il les fit entrer dans les anneaux qui étaient aux côtés de l'arche, pour la porter. +6. Il fit encore le propitiatoire, c'est- à-dire l'oracle , d'un or très pur ; il avait deux coudées et demie de long et une coudée et demie de large. +7. Comme aussi deux chérubins d'or battu, qu'il mit aux deux côtés du pro- pitiatoire : +8. Un chérubin à l'extrémité d'un des deux côtés, et l'autre chérubin à l'extré- mité de l'autre côté. Ainsi chacun des deux chérubins était à l'une des extré- mités du propitiatoire. +9. Us étendaient leurs ailes, dont ils couvraient le propitiatoire, et ils se re- gardaient l'un l'autre, aussi bien que le propitiatoire. +10. Il fit encore une table de bois de sétim qui avait deux coudées de long, une coudée de large et une coudée et demie de haut. +11. Il la couvrit d'un or très pur, et il y lit tout autour une bordure d'or, +12. Et, sur la bordure, une couronne d'or de sculpture à jour, haute de quatre doigts, et il mil encore au-dessus une autre couronne d'or. +13. Il fit fondre aussi quatre anneaux +1. Fecit autem Beseleel et arcam de lignis setim, habentem duos semis cu- bitos in longitudine, et cubitum ac se- missem in latitudine; altitudo quoque unius cubiti fuit et dimidii ; vestivitque eam auro purissimo intus ac foris ; +2. Et fecit illi coronam auream per gyi-um, +3. Conflans quatuor annules aureos per quatuor angulos ejus : duos annulos in latere uno, et duos in altero. +4. Vectes quoque fecit de lignis setim, quos vestivit auro, +5. Et quos misit in annulos, qui erant in lateribus arcae ad portandum eam. +6. Fecit et propitiatorium , id est , ora- culum, de auro mundissimo, duorum cubitorum et dimidii in longitudine, et cubiti ac semis in latitudine. +7. Duos etiam Cherubim ex auro du- ctili , quos posuit ex utraque parte propi- tiatorii : +8. Cherub unum in summitate unius partis, et Cherub alterum in summitate partis alterius ; duos Cherubim in singu- lis summitatibus propitiatorii, +9 Extendentes alas, et tegentes pro- pitiatorium, seque mutuo et illud respi- cientes. +10. Fecit et mensam de lignis setim in longitudine duorum cubitorum, et in latitudine unius cubiti, qu8B habebat in altitudine cubitum ac semissem. +11. Circumdeditque eam auro mundis- simo, et fecit illi labium aureum per gyrum , +12. Ipsique labio coronam auream interrasiiem quatuor digitorum, et super eamdem, alteram coronam auream. +13. Fudit et quatuor circules aureos, +2° Le mobilier du tabernacle. XXXVII, 1 — I — Fecit... Beseleel... arcam. Ooliab s'occupa plus XXXVIII, 20. spécialement des étoffes, d'après xxxviii, 23. +CfiAP. XXXVII. — 1 - 9. L'arche d'alliance avec 10-16. La table des pains de proposition et ses +le propitia(,oire et les chérubins. Cf. xxv, 10-22. j ustensiles. Cf. xxv, 23-30. +312 +Ex. XXXVII, 14-27. +quos posuit in quatuor angulis per sin- gulos pedes meiisse +14. Contra coronam; misitque in eos vectes , ut possit mensa portari. +15. Ipsos quoque vectes fecit de lignis setim, et circumdedit eos auro. +16. Et vasa ad di versos usus mensse, acetabula, phialas, et sc3^athos, et thuri- bula, ex auro puro, in quibus ofîerenda sunt libamina. +17. Fecit et candelabrum ductile de auro mundissimo. De eu jus vecte ca- lami, scyplii, spliœrulasque ac lilia pro- cedebant ; +18. Sex ia utroque latere, très calami ex parte una , et très ex altéra ; +19. Très scyplii in nucis modum per calamos singulos, sphserulseque simul et lilia ; et très scyplii instar nucis in ca- lamo altero, spbserulseque simul et lilia. -^quum erat opus sex calamorum, qui procedebant de stipite candelabri. +20. In ipso autem vecte erant quatuor sc}q)ln in nucis modum, spbserulseque per singulos simul et lilia ; +21. Et sphserulse sub duobus calamis per loca tria, qui simul sex fiunt calami précédentes de vecte uno. +22. Et sphserulsB igitur, et calami ex ipso erant, universa ductilia ex auro pu- rissimo. +23. Fecit et lucernas septem cum emunctoriis suis, et vasa ubi ea quas emuncta sunt extinguantur, de auro mundissimo. +24. Talentum auri appendebat cande- labrum cum omnibus vasis suis. +25. Fecit et altare tliymiamatis de lignis setim, per quadrum singulos habens cu- bitos, et in altitudine duos; e cujus an- gulis procedebant cornua. +26. Vestivitque illud auro purissimo, cum craticula ac parietibus et cornibus. +27. Fecitque ei coronam aureolam per gjTum, et duos annules aureos sub co- rona per siugula latera, ut mittantur in eos vectes, et possit altare portari. +d'or, qu'il mit aux quatre coins de la table, im à chaque pied, +14. Au-dessous de la couronne, et il y fit passer les bâtons, afin qu'ils servissent à porter la table. +15. Les bâtons qu'il fit étaient de bois dje sétim , et il les couvrit de lames d'or. +16. Pour les différents usages de cette table, il fit des plats d'un or très pur, des coupes, des encensoirs et des tasses pour servir aux libations. +17. Il fit aussi le chandelier de l'or le plus pur, battu au marteau. Il y avait des branches, des coupes, des pommes et des lis qui sortaient de sa tige. +18. Six branches sortaient des deux Cotés de sa tige, trois d'un côté et trois de l'autre. +19. Il j avait trois coupes en forme de noix, avec des pommes et des lis en l'une des branches, et de même trois coupes en forme de noix, avec desi>^ommes et des lis en l'autre branche. Et toutes les six branches qui sortaient de la tige étaient travaillées de même. +20. Mais la tige du chandelier avait quatre coupes en forme de noix , accom- pagnées chacune de sa pomme et de son lis. +21. Il y avait trois pommes en trois endroits de la tige , et de chaque pomme sortaient deux branches , qui faisaient en tout six branches naissant d'une même tige. +22. Ces pommes et ces branches sor- taient donc du chandelier, étant toutes d'un or très pur battu au marteau. +23. Il fit aussi d'un or très pur sept lampes avec leurs mouchettes et les vases destinés pour y éteindre ce qui avait été mouché des lampes. +24. Le chandelier, avec tout ce qui servait à son usage , pesait un talent d'or. +25. Il fit encore l'autel des parfums de bois de sétim, qui avait une coudée en carré et deux coudées de haut, et d'où sortaient quatre cornes aux quatre angles. +26. Il le couvrit d'un or très pur, avec sa grille, ses quatre côtés et ses quatre cornes. +27. Il fit une couronne d'or qui régnait tout autour, et il y avait des deux côtés, au-dessous de la couronne, deux anneaux d'or pour y faire entrer les bâtons qui devaient servir à porter l'autel. +17-24. Le candélabre et ses ustensiles. Cf. xxv, 31-39. +25-28. L'axiteldes parfums.. Cf. xsx, 1-10 et le commentaire.. +Ex. XXXVII, 28 — XXXVIII, 11. +313 +28. Il fit ces bâtons de bois de sétim et les couvrit de lames d'or. +29. Il composa aussi l'huile pour en faire les onctions de consécration et les parfums composés d'aromates très exquis, selon l'ai't des plus habiles parfumeurs. +28. Ipsos autem vectes fecit de lignis setim , et operuit laminis aureis. +29. Composuit et oleum ad sanctifica- tionis unguentum, et thymiama de aro- matibus mundissimis, opère pigmen- tarii. +CHAPITRE XXXVIII +1. Bêsi'.léel fit aussi l'autel des holo- caustes de bois de sétim ; il avait cinq coudées en carré et trois de haut. +2. Quatre cornes s'élevaient de ses quatre coins; et il le couvrit de lames d'airain. +3. Il fit d'airain divers objets pour l'usage de cet autel, des chaudières, des tenailles, des pincettes, dco crocs et des brasiers ; +4. Une grille d'airain en forme de rets, et au-dessous un îojqy au milieu de l'autel. +6. Il jeta en fonte quatre anneaux qu'il mit aux quatre coins de cette grille, pom* y passer des bâtons qui intssent servir à porter l'autel. +6. Il fit aussi ces bâtons de bois de sétim ; il les couvrit de lames d'airain , +7. Et les fit passer dans les anneaux qui sortaient des côtés de l'autel. Or l'autel n'était pas solide, mais il était composé d'ais, étant creux et vide au dedans. +8. Il fit encore un bassin d'airain et sa base avec les miroirs des femmes qui veillaient à la porte du tabernacle. +9. Il fit aussi le parvis ; au côté du midi il y avait des rideaux de fin lin retors , dans l'espace de cent coudées. +10. Il y avait vingt colonnes d'airain avec leurs bases, et les chapiteaux de ces colonnes avec tous leurs ornements étaient d'argent. +H. Du côté du septentrion, il y avait des rideaux qui tenaient le même espace. Les colonnes avec leurs bases et leurs chapiteaux étaient de même mesure, de même métal et travaillés de même. +1. Fecit et al tare holocausti de lignis setim, quinque cubitorum per quadrum, et trium in altitudine ; +2. Cujus cornua de angulis procede- bant, operuitque illud laminis aaneis. +3. Et in usus ejus paravit ex gère vasa di versa, lebetes, forcipes, fuscinulas, uncinos, et ignium receptacula. +4. Craticulamque ejus in modum retis fecit seneam, et subter eam in altaris medio arulam, +5. Fusis quatuor annulis per totidem retiaculi summitates, ad immittendos vectes ad portandum ; +6. Quos et ipsos fecit de lignis setim, et operuit laminis seneis ; +7. Induxitque in circulos, qui in late- ribus altaris eminebant. Ipsum autem altare non erat solidum, sed cavum ex tabulis, et intus vacuum. +8. Fecit et labrum œneum cum basi sua de speculis mulierum, quse excuba- bant in ostio tabernaculi. +9. Fecit et atrium, in cujus australi plaga erant tentoria de bysso retorta, cubitorum centum. +10. Columnse senese viginti cum basi- bus suis, capita columnarum, et tota operis cœlatura, argentea. +11. ^que ad septentrionalem plagam tentoria, columnae, basesque et capita columnarum, ejusdem mensurae, et ope- ris ac metalli, erant. +29. L'huile d'onction et l'encens. Cf. xxx, 22-38. +Chap. XXXVIII. — 1-7. L'autel des holocaustes et ses ustensiles. Cf. xxvii, 1-8. +8. Le lavoir d'airain. Cf. xxx, 18-21. — On ajoute ici qu'il fut fait de speculis mulierum. Les biiroirs étaient alors en métal poli., le plus souvent en bronze. Sur leur forme, voyez V Atlas +archéol., pi. ix, fîg. 10. Ce trait dénote un gé- néreux triomphe remporté sur la vanité fémi- nine.— Quce excubabant... Hébr.: qui se rassem- blaient ; évidemment pour les exercices du culte, comme le « devotus femineus scxus » l'a toujours fait depuis. +9-20. Le parvis. Cf. xxvir, 1-8. +314 +Ex. XXXVIII, 12-23. +12. In ea vero plaga, qiise ad occiden- tem respicit, fuemnt tentoria cubitorum quinquaginta, coliiranre decem cum ba- sibus suis œnese, et capita columnarum, et tota operis cselatura, argentea. +13. PoiTO contra orientem, quinqua- ginta cubitorum para vit tentoria ; +14. E quibus, quindecim cubitos co- lumnarum trium, cum basibus suis, unum tenebat latus ; +15. Et in parte altéra (quia inter utra- que introitum tabernaculi fecit) quinde- cim geque cubitorum erant tentoria, co- lumnœque très, et bases totidem. +16. Cuncta atrii tentoria byssus retorta texuerat. +17. Bases columnarum fuere seneœ, capita autem earum cum cunctis cœla- turis suis argentea; sed et ipsas colum- nas atrii vestivit argento. +18. Et in introitu ejus opère plumario fecit tentorium ex hyacintho, purpura, vermiculo, ac bysso retorta, quod liabe- bat viginti cubitos in longitudine ; alti- tude vero quinque cubitorum erat, juxta mensuram, quam cuncta atrii tentoria habebant. +19. Columnse autem in ingressu fuere quatuor cum basibus seneis, capitaque earum et cselaturse argentese. +20. Paxillos quoque tabernaculi et atrii per gyrum fecit seneos. +21. Hœc sunt instrumenta tabernaculi testimonii, quse enumerata sunt juxta praeceptum Moysi in ceremoniis Levita- rum per manum Ithamar, filii Aaron sa- cerdotis ; +22. Quse Beseleel filius Uri filii Hur de tribu Juda, Domino per Moysen ju- bente, compleverat, +23. Juncto sibi socio Ooliab filio Aclii- samech de tribu Dan ; qui et ipse artif ex lignorum egregius fuit, et polymitarius atque plumarius ex hyacintho, purpura, vermiculo et bysso. +12. Mais au côté du parvis qui regar- dait l'occident, les rideaux ne s'éten- daient que dans l'espace de cinquante coudées ; il y avait seulement dix co- lonnes d'airain avec leurs bases, et les chapiteaux des colonnes avec tous leurs ornements étaient d'argent. +13. Du coté de l'orient, il mit de même des rideaux qui occupaient cinquante coudées de long, +14. Dont il y avait quinze coudées d'un côté avec trois colonnes et leurs bases, +15. Et quinze coudées aussi de l'autre côté , avec les rideaux , trois colonnes et leurs bases; car au milieu, entre les deux, il fit rentrée du tabernacle. +16. Tous ces rideaux du parvis étaient tissus de fi.n lin retors. +17. Les bases des colonnes étaient d'airain ; leurs chapiteaux avec tous leurs ornements étaient d'argent, et il couvrit les colonnes mêmes du parvis de lames d'argent. +18. Il fit le grand voile qui était à l'entrée du parvis, d'un ouvrage de bro- derie d'hyacinthe, de pourpre, d'écarlate et de fin lin retors. Il avait vingt coudées de long et cinq coudées de haut, selon la hauteur de tous les rideaux du parvis. +19. Il y avait quatre colonnes à l'en- trée du tabernacle, avec leurs bases d'ai- rain ; et leurs chapiteaux ainsi que leurs ornements étaient d'argent. +20. Il fit aussi des pieux d'airain pour mettre tout autour du tabernacle et du parvis. +21. Ce sont là toutes les parties qui composaient le tabernacle du témoignage, que Moïse commanda à Ithamar, fils d'Aaron le grand --piètie, de donner par compte aux Lévites , afin qu'ils en fussent chargés. +22. Béséléel, fils d'Uri, qui était fils de Hur, de la tribu de Juda , acheva tout l'ouvrage, selon l'ordre que le Seigneur en avait donné par la bouche de Moïse. +23. Il eut pour compagnon Ooliab, fils d'Achisamech, de la tribu de Dan, qui savait aussi travailler excellemment en bois, en étoffes tissées de fils de diffé- rentes couleurs, et en broderie d'hya- cinthe, de pourpre, d'écarlate et de fin lin. +30 La somme du m(?tal employé pour le taber- nacle et son mobilier. XXXVIII, 21-31. +21-23. Introduction et transition. — Ucec... in- +strumenta. Hébr.: les comptes. Cf. Num. xxvi, 63. — Enumeyata... in ceremoniis Levitarutn. D'a- près riiébr, : calculés , d'après l'ordre de Moïse , +Ex. XXXVIII, 24-31. +315 +24. Tout l'or qui fut employé pour les ouvrages du sanctuaire, et qui fut offert i\ Dieu dans les dons volontaires du peuple, était de vingt-neuf talents et de sept cent trente sicles, selon la mesure du sanctuaire. +25. Ces oblations furent faites par ceux qui entrèrent dans le dénombrement, ayant vingt ans et au-dessus, et qui étaient au nombre de six cent trois mille cinq cent cinquante hommes portant les armes. +26. Il y eut de plus cent talents d'ar- gent, dont furent faites les bases du sanctuaire et l'entrée où le voile était suspendu. +27. Il fit cent bases de cent talents ; chaque base était d'un talent. +28. Il employa mille sept cent soixante- quinze sicles d'argent aux chapiteaux des colonnes, et il revêtit ces mêmes co- lonnes de lames d'argent. +29. On offrit aussi soixante-dix talents d'airain et deux mille quatre cents sicles, +30. Qui furent employés à faire les bases à l'entrée du tabernacle du témoi- gnage, et l'autel d'airain avec sa grille, et tous les vases qui devaient servir à son usage, +31. Et les bases du parvis qui étaient tout autour et à l'entrée, avec les pieux qui s'employaient autour du tabernacle et du parvis. +24. Omne aurum quod expensum est in opère sanctuarii , et quod oblatum est in donariis, viginti novem talentorum fuit, et septingentorum triginta siclo- rum, ad mensuram sanctuarii. +25. Oblatum est autem ab lus qui transierunt ad numerum, a viginti annis et supra, de sexcentis tribus millibus et quingentis quinquaginta armatorum. +26. Fuerunt praeterea centum talenta argenti, e quibus conflatse sunt bases sanctuarii, et introitus ubi vélum pendet. +27. Centum bases factae sunt de talen- tis centum, singulis talentis per bases singulas supputatis. +28. De mille autem septingentis et septuaginta quinque, fecit capita colum- narum, quas et ipsas vestivit argento. +29. ^ris quoque oblata sunt talenta septuaginta duo millia, et quadringenti supra sicli, +30. Ex quibus fusse sunt bases in in- troitu tabernaculi testimonii, et altare asneum cura craticula saa, cmniaque vasa quse ad usum ejus pertinent, +31. Et bases atrii tam in circnitu quam in ingressu ejus, et paxilli taber- naculi atque atrii per gyrum. +par les soins des Lévites sons la main d'Ithamar. C.-à-d. que les Lévites , sons la direction du plus jeune d'entre les flls d'Aaron, Ithamar, suppu- tèrent le poids des métaux employés à la con- struction du sanctuaire. — Ooliah... artifex ligno- rum. Hébr. : graveur. Yoy. la note de xxxv, 35. 24-25. Somme de l'or employé. — Viginti no- vem talentorum. Le talent d'or yalait 131850 fr. Cela fait donc un total considérable, auquel il faut ajouter 730 sicles d'or (à 43 fr. 50). — De sexcentis... Cf. Num. i, 46. D'après l'hébreu, lo vers. 25 se rapporte à l'alinéa suivant : « L'ar- gent de ceux de l'assemblée dont on fit le dénom- brement montait à cent talents et mille sept cent soixante - quinze sicles, selon le sicle du sanc- +tuaire. » Cette somme spéciale fut donc produite par la capitation sacrée. Le sicle d'argent valait environ 2 fr. 83. +26-28. Total de l'ai-gcnt employé. — Centum talenta... Le talent d'argent valait 8 500 fr. — Bases... et introitus. Cf. xxvi, 19, 21, 25, 32. +— Capita columnarum. Hébr. : des crochets (pour suspendre les tentures). Cf. xxvii, 10, 17; xxxvni, 10-12. +29-31. L'airain employé.— Septuaginta duo millia... Hébr.: soixante-dix talents et deux mille quatre cents sicles. Il ne fallait , en effet , qu'une quantité d'airain relativement peu considérable. +— Ex quibus fusce... Sur les détails, voyez le chap. xxvn. +316 +Ex. XXXIX, 1-14. +CHAPITRE XXXIX +1. De hyacintho vero et purpura, ver- miculo ac bysso, fecit vestes, quibus in- dueretur Aaron quaudo ministrabat in sanctis, sicut preecepit Dominus Moysi. +2. Fecit igitur superhumerale de auro, hyacintho, et purpura, coccoque bis tincto, et bysso retorta, +3. Opère polymitario; inciditque bra- cteas aureas, et exténua vit in fila, ut possent torqueri cum priorum colorum subtegmine. +4. Duasque oras sibi invicem copu- latas in utroque latere summitatum ; +5. Et balteum ex eisdem coloribus, sic- ut prseceperat Dominus Mo3^si. +6. Para vit et duos lapides onychinos, astrictos et incluses auro, et sciilptos arte gemmaria, nominibus filiorum Israël ; +7. Posuitque eos in lateribus super- humeralis, in monimentum filiorum Is- raël, sicut prasceperat Dominus Moysi. +8. Fecit et rationale opère polymito juxta opus superhumeralis , ex auro, hyacintho, purpura, coccoque bis tincto, et bysso retorta ; +9. Quadrangulum, duplex, mensurae palmi. +10. Et posuit in eo gemmarum ordi- nes quatuor. In primo versu erat sar- dius, topazius, smaragdus. +11. In secundo, carbunculus, sapphi- rus, et jaspis. +12. In tertio, ligurius, achates, et ame- thystus. +13. In quarto, chr^'^solithus, onychinus, et ber3'-llus; circumdati et inclusi auro per ordines suos. +14. Ipsique lapides duodecim sculpti erant nominibus duodecim tribuum Is- raël, singuli per nomina singulorum. +1. Béséléel fit aussi d'hj^acinthe , de pourpre, d'écarlate et de fin lin, les vê- tements dont Aaron devait être revêtu dans son ministère saint, selon l'ordre que Moïse en avait reçu du Seigneur. +2. Il fit donc l'éphod d'or, d'hyacinthe, de pourpre, d'écarlate teinte deux fois et de fin lin retors , +3. Le tout étant d'un ouvrage tissé de différentes couleurs. Il coupa des feuilles d'or fort mmces qu'il réduisit en fils d'or pour les faire entrer dans le tissu de ces autres fils de plusieurs couleurs. +4. Les deux côtés de l'éphod se ve- naient joindre au bord de l'extrémité d'en haut; +5. Et il fit la ceinture du mélange des mêmes couleurs, selon l'ordre que Moïse en avait reçu du Seigneur. +6. Il tailla deux pierres d'onyx, qu'il enchâssa dans de l'or, sur lesquelles les noms des enfants d'Israël furent écrits selon l'art du lapidaire. +7. Il les mit aux deux côtés de l'éphod comme un monument pour les enfants d'Israël, selon que le Seigneur l'avait ordonné à Moïse. +8. Il fit le rational, tissé du même mélange de fils que l'éphod , d'or, d'hya- cinthe, de pourpre, d'écarlate teinte deux fois et de fin lin retors. +9. Sa forme était carrée, l'étoffe double, la longueur et la largeur de la mesure d'un palme. +10. Il mit dessus quatre rangs de pierres précieuses. Au premier rang, il y avait la sardoine, la topaze et l'éme- raude ; +11. Au second, l'escarboucle, le saphir et le jaspe ; +12. Au troisième, le ligure , l'agathe et l'amctliyste ; +13. Au quatrième, la chrysolithe", l'onyx et le béryl ; et il les enchâssa dans l'or, chacune à son rang. +14. Les noms des douze tribus d'Israël étaient gravés sur ces douze pierres pré- cieuses, chaque nom sur chaque pierre. +4" Les vêtements sacerdotaux. XXXIX, 1-31. +Ch.^p. XXXIX. — 1. Transition. +2-7. L'éphod. Cf. x.wiii, 6-14. — Incidit bra- cfrnp..., cxtcnuavit... Procédé très primitif pour obtenir des fils d'or. — Torqueri cum... sub- +tegmine. Ces fils n'étaient donc introduits dans l'étoffe qu'après qu'elle avait été elle-même pré- parée. +8-19. Le pectoral. Cf. xxviii, 15-30. +Ex. XXXIX, 15-30. +317 +15. Ils firent au rational deux petites chaînes d'un or très pur, dont les chaî- nons étaient enlacés l'un dans l'autre, +16. Deux agrafes et autant d'anneaux d'or. Ils mirent les anneaux aux deux côtés du rational, +17. Et ils y suspendirent les deux chaînes d'or, qu'ils attachèrent aux agrafes qui sortaient des angles de l'é- pliod. +18. Tout cela se rapportait si juste de- vant et derrière, que l'éphod et le ratio- nal demeuraient liés l'un avec l'autre, +19. Étant resserrés vers la ceinture, et liés étroitement par des anneaux dans lesquels était passé un ruban d'hyacinthe, afin qu'ils ne fussent point lâches et qu'ils ne pussent s'écarter l'un de l'autre, selon que le Seigneur l'avait ordonné à Moïse. +20. Ils firent aussi la tunique de l'éphod, toute d'hj^acinthe. +21. Il y avait en haut une ouverture au milieu, et un rebord tissé autour de cette ouverture. +22. Au bas de la robe, vers les pieds, il y avait des grenades faites d'hyacinthe, de pourpre, d'écarlate et de fin lin retors , +23. Et des sonnettes d'un or très pur, qu'ils entremêlèrent avec les grenades, tout autour du bas de la robe. +24. Les sonnettes d'or et les grenades étaient ainsi entremêlées, et le pontife était revêtu de cet ornement lorsqu'il fai- sait les fonctions de son ministère, selon que le Seigneur l'avait ordonné à Moïse. +25. Ils firent encore pour Aaron et pour ses fils des tuniques tissées de fin lin, +26. Des mitres de fin lin avec leurs petites couronnes , +27. Et des caleçons qui étaient de fin lin, +28. Avec une ceinture d'un mélange de fils différents d'un fin lin retors, d'hya- cinthe, de pourpre et d'écarlate teinte deux fois, selon que le Seigneur l'avait ordonné. +29. Ils firent la lame sacrée et digne de vénération, d'un or très pur, et ils y gravèrent, en la manière qu'on écrit sur les pierres précieuses : La sainteté est au Seigneur. +30. Ils l'attachèrent à la mitre avec un ruban d'hyacinthe, comme le Sei- gneur l'avait ordonné à Moïse. +15. Fecerunt in rationali et catenulas sibi invicem cohœrentes, de auro puris- simo ; +16. Et duos imcinos, totidemque an- nulos aureos. Porro aimulos posuerunt in utroque latere rationalis, +17. E quibus pondèrent du .ne catense aureœ, quas inseruerunt uncinis, qui in superhumeralis angulis eminebant. +18. Hœc et ante et rétro ita convenie- bant sibi, ut superhumerale et rationale mutuo necterentur, +19. Stricta ad balteum, et annulis fortius copulata, quos jungebat vitta hyacinthina, ne laxa fluerent, et a se invicem moverentur, sicut prascepit Do- miuus Moysi. +20. Fecerunt quoque tunicam super- humeralis totam hyacinthinam , +21. Et capitium in superiori parte contra médium, oramque per gyrum ca- pitii textilem ; +22. Deorsum autem ad pedes mala punica ex hyacintho, purpura, vermi- culo, ac bysso retorta; +23. Et tintinnabula de auro purissimo, quœ posuerunt inter malogranata in ex- trema parte tunicse, per gyrum; +24. Tintinnabulum autem aureum, et malum punicum, quibus ornatus ince- debat pontifex quando miuisterio f unge- batur, sicut prseceperat Dominus Moysi. +25. Fecerunt et tunicas byssinas opère textili Aaron et fihis ejus; +26. Et mitras cum coronulis suis ex bysso ; +27. Feminalia quoque linea, b3'ssina ; +28. Cingulum vero de bj^sso retorta, hyacintho, purpura, ac vermiculo bis tincto, arte plumaria, sicut prseceperat Dominus Moysi. +29. Fecerunt et laminam sacrée vene- rationis de auro purissimo, scripserunt- que in ea opère gemmario : Sanctum Domini ; +30. Et strinxerunt eam cum mitra vitta hyacinthina, sicut prseceperat Do- minus Moysi. +20-24. La robe de l'éphocl. Cf. xr\'iir, 31-35. +25 -(28. Les tnnifiiios ordinaires, les mitres, les +caloçolis, les ceintures pour le grand prêtre et +les simples prêtres. Cf. xxviii, 39-40, 42. +29-30. Le diadème du grand prêtre. Cf. xxvm, 36-38. +318 +Ex. XXXIX, 31 — XL, 2. +31. Perfectum est igitur omne opus tabernaculi et tecti testimonii ; fecerunt- que filii Israël cuncta quse prœceperat Dominus Moj^si. +32. Et obtulenmt tabernaculum et tectum et imiversam supellectilem , an- nules, tabulas, vectes, columnas ac bases , +33. Opertorium de pellibus arietum rubricatis, et aliud operimentum de ian- thinis pellibus, +34. Vélum, arcam, vectes, propitiato- rium , +35. Mensam cum vasis suis et propo- sitionis panibus ; +36. Candelabrum, lucernas, et uten- silia earum cum oleo ; +37. Altare aureum, et unguentum, et thymiama ex aromatibus ; +38. Et tentorium in introitu taberna- culi ; +39. Altare seneum, retiaculum, vectes, et vasa ejus omnia, labrum cum basi sua ; tentoria atrii , et columnas cum ba- sibus suis ; +40. Tentorium in introitu atrii, funi- culosque illius et paxillos. Nihil ex vasis defuit, quse in ministerium tabernaculi, et in tectum fœderis, jussa sunt fieri, +41. Vestes quoque, quibus sacerdotes utuntur in sanctuario, Aaron scilicet et filii ejus, +42. Obtulerunt filii Israël, sicut prse- ceperat Dominus. +43. Quse postquam Moyses cuncta vi- dit compléta, benedixit eis. +31. Ainsi tout l'ouvrage du tabernacle et de la tente du témoignage fut achevé. Les enfants d'Israël firent tout ce que le Seigneur avait ordonné à Moïse. +32. Ils offiirent le tabernacle avec sa couverture et tout ce qui servait à son usage, les anneaux, les ais, les bâtons, les colonnes avec leurs bases, +33. La couverture de peaux de moutons teinte en rouge, et l'autre couverture de peaux violettes, +34. Le voile, l'arche, les bâtons pour la porter, le propitiatoire , +35. La table avec ses vases et les pains toujours exposés devant le Seigneur, +36. Le chandelier, les lampes et tout ce qui y devait servir, avec l'huile, +37. L'autel d'or, l'huile destinée aux onctions, les parfums composés d'aro- mates, +38. Et le voile à l'entrée du tabernacle ; +39. L'autel d'airain avec la grille, les bâtons pour le porter et toutes les choses qui y servaient ; le bassin avec sa base, les rideaux du parvis et les colonnes avec leurs bases ; +40. Le voile à l'entrée du parvis, ses cordons et ses pieux. Il ne manqua rien de tout ce que Dieu avait ordonné de faire pour ie ministère du tabernacle et pour la tente de l'alliance. +41. Les enfants d'Israël offrirent aussi les vêtements dont les prêtres, Aaron et ses fils, devaient se servir +42. Dans le sanctuaire, selon que le Seigneur l'avait ordonné. +43. Et Moïse, voyant que toutes ces choses étaient achevées, les bénit. +CHAPITRE XL +1. Locutusque est Dominus ad Moysen, dicens : +2. Mense primo, prima die mensis, ériges tabernaculum testimonii. +1. Le Seigneur parla ensuite à Moïse, et lui dit : +2. Vous dresserez le tabernacle du té- moignage au premier jour du premier mois. +50 Tous ces objets sont remis à Moïse après leur achèvement. XXXIX, 31-43. +31. L'heureuse fin du travail. +32-42. Nouvelle énumération des objets pré- parés. +43. La bénédiction de Moïse. — Postquam... vidit: quand il eut vu que tout était conforme au divin modèle qui lui avait été manifesté. — +Benedixit eis : il bénit le peuple au nom de Jé- hovah pour marquer sa satisfaction. +§ III. — L'érection du tahernacle. XL , 1-36. +10 Instructions diverses touchant l'érection ei; la consécration du tabernacle. XL, 1-11. +Chap. XL. — 1-2. Époque de l'érection. — Mense primo. C.-à.-d. au mois d'abib ou de nisan. +Ex. XL, 3-18. +319 +3. Vous y mettrez rarclie,et vous sus- pendrez le voile par devant. +4. Vous apporterez la table, et vous y mettrez dessus ce que je vous ai com- mandé , selon l'ordre qui vous a été pres- crit. Vous placerez le chandelier avec ses lampes , +6. Et l'autel d'or sur lequel se brûle l'encens, devant l'arche du témoignage. Vous mettrez le voile à l'entrée du ta- bernacle, +6. Et au-devant du voile l'autel des holocaustes. +7. Le bassin, que vous remplirez d'eau, sera entre l'autel et le tabernacle. +8. Vous entourerez de rideaux le par- vis et son entrée. +9. Et prenant l'huile d'onction, vous en oindrez le tabernacle avec ses vases, afin qu'ils soient sanctifiés ; +10. L'autel des holocaustes et tous ses vases , +11. Le bassin avec sa base ; vous con- sacrerez toutes choses avec l'huile desti- née aux onctions, afin qu'elles soient saintes et sacrées. +12. Vous ferez venir Aaron et ses fils à l'entrée du tabernacle du témoignage , et les ayant fait laver dans l'eau , +13. Vous les revêtirez des vêtements saints, afin qu'ils me servent, et que leur onction passe pour jamais dans tous les prêtres qui leur succéderont, +14. Et Moïse fit tout ce que le Seigneur lui avait commandé. +15. Ainsi, le tabernacle fut dressé le premier jour du premier mois de la se- conde année. +16. Moïse, l'ayant dressé, mit les ais avec les bases et les barres de bois , et il posa les colonnes. +17. Il étendit le toit au-dessus du ta- bernacle et mit dessus la couverture, selon que le Seigneur le lui avait commandé. +18. Il mit le témoignage dans l'arche, et au-dessous, des deux côtés, les bâtons pour la porter, et l'oracle tout au-dessus. +3. Et pones in eo arcam, demittesque ante illam vélum ; +4. Et illata mensa, pones super eam quae rite pryecepta sunt. Candelabrum stabit cum lucernis suis. +5. Et al tare aureum in quo adoletur incensum, coram arca testimonii. Ten- torium in introitu tabernaculi pones, +6. Et ante illud altare holocausti ; +7. Labrum inter altare et tabernacu- lum, quod implebis aqua. +8. Circumdabisque atrium tentoriis, et ingressum ejus. +9. Et assumpto unctionis oleo, unges tabernaculum cum vasis suis, ut sanc- tificentur ; +10. Altare holocausti et omnia vasa ejus ; +11. Labrum cum basi sua; omnia unctionis oleo consecrabis, ut sint sancta sanctorum. +12. Applicabisque Aaron et filios ejus ad fores tabernaculi testimonii, et lotos aqua +13. Indues sanctis vestibus, ut mini- strent mihi, et unctio eorum in sacerdo- tium sempiternum proficiat. +14. Fecitque Moyses omnia quae prse- ceperat Dominus. +15. Igitur mense primo anni secundi, prima die mensis, collocatum est taber- naculum. +16. Erexitque Moyses illud, et posuit tabulas ac bases et vectes, statuitque columnas , +17. Et expandit tectum super taber- naculum, imposito desuper operimento, sicut Dominus imperaverat. +18. Posuit et testimonium in arca, subditis infra vectibus, et oraculum de- super. +Voyez les notes de xii,l-6. — Prima die. Les Hébreux avaient quitté l'Egypte le 14 abib pré- cédent. Le début de la nouvelle année convenait fort bien pour cette belle cérémonie. On voit par là que l'exécution des travaux avait été très rapide ; elle avait duré moins de six mois. Cf. XIX, 1; xxiv, 18; xxxiv. 28, etc. +3-8. Organisation des principaux objets du culte : le mobilier du Saint, vers. 3; le mobilier du Saint des saints, vers. 4-5; le parvis et son mobilier, vers. 6-8. +9-11. La consécration du tabernacle et des objets +qu'il renfermait. Cf. xxx, 23-29. . +2° Instructions relatives à la consécration des prêtres. XL, 12-13. +12-13. Applicaiisque... Cf. xxix, 4 et ss. Trois rites seulement sont mentionnés en ce passage : les ablutions, la vêture, l'onction. +3° Moïse exécute les ordres du Seigneur. XL, 14-31. +14. Sommaire général. +15-17. Érection du tabernacle proprement dit. +18-19. L'arche est déposée dans le Saint des saints. — Testimonium désigne les tables de la +220 +Ex. XL, 19-33. +19. Cumque intulisset arcam in ta- bernaculum, appenclit aiite eam vélum, ut expleret Domiiii jussionem. +20. Posuit et mensam in tabernaculo testimonii, ad piagam septentrionalem extra vélum, +21. Ordinatis coram propositionis pa- nibus, sicut prœceperat Douiirius Moysi. +22. Posuit et candelabrum in taber- naculo testimonii e regione mensas, in parte australi, +23. Locatis per ordinem lucernis, juxta prseceptum Domini. +24. Posuit et altare aureum sub tecto testimonii contra vélum, +25. Et adolevit super eo incensum aro- matum, sicut jasserat Dominus Moj^si. +26. Posuit et tentorium in introitu ta- bernaculi testimonii , +27. Et altare holocausti in vestibulo testimonii, offerens in eo bolocaustum , et sacrificia, ut Dominus imperaverat. +28. Labrum quoque statuit inter ta- bernaculum testimonii et altare, im- plens illud aqua ; +29. Laveruntque Moyses et Aaron ac filii ejus manus suas et pedes, +30. Cum ingrederentur tectum fœde- ris, et accédèrent ad altare, sicut prsece- perat Dominus Moysi. +31. Erexit et atrium per gyrum taber- naculi et altaris, ducto in introitu ejus tentorio. Postquam omnia perfecta sunt, +32. Operuit nubes tabernaculum testi- monii, et gloria Domini implevit illud. +33. Nec poterat Moyses ingi-edi tectum fœderis, nube operiente omnia, et ma- +19. Et ayant porté l'arclie dans le ta- bernacle, il suspendit le voile par devant, pour accomplir le commandement du Sei- gneur. +20. Il mit la table dans le tabernacle du témoignage, du côté du septentrion, hors du voile, +21. Et il plaça dessus en ordre, devant le Seigneur, les pains qui devaient être toujours exposés, selon que le Seigneur le lui avait commandé. +22. Il mit aussi le chandelier dans le tabernacle du témoignage, du coté du midi, vis-à-vis de la table, +23. Et il y disposa les lampes selon leur rang, comme le Seigneur le lui avait ordonné. +24. Il mit encore l'autel d'or sous la tente du témoignage devant le voile, +25. Et il brûla dessus l'encens com- posé d'aromates, selon que le Seigneur le lui avait commandé. +26. Il mit aussi le voile ii l'entrée du tabernacle du témoignage , +27. Et, dans le \'estibule du témoi- gnage , l'autel de l'holocauste , sur lequel il offrit l'holocauste et les sacrifices , selon que le Seigneur l'avait commandé. +28. Il posa aussi le bassin entre le ta- bernacle du témoignage et l'autel, et il le remplit d'eau. +29. Moïse et Aaron et ses fils y la- vèrent leurs mains et leurs pieds, +30. Avant d'entrer dans le tabernacle de l'alliance et de s'approcher de l'autel , comme le Seigneur l'avait ordonné à Moïse. +31. Il dressa aussi le parvis autour du tabernacle et de l'autel , et mit le voile à l'entrée. Après que toutes choses eurent été achevées, +32. La nuée couvrit le tabernacle du témoignage, et il fut rempli de la gloire du Seigneur. +33. Et Moïse ne pouvait entrer dans la tente de l'alliance, pai-ce que la nuée +loi (cf. XXV, 16); oraculum, le propitiatoire et les chérubins. +20-25. Le mobilier du Çaint. — La table clos pains de proposition, vers. 20-21. Ad piagam septentrionalem : à main droite quand on entrait. Yoy. VAtl. archéol., pi. xcvi, fig. 2. — Ordinatis... panibus : en deux piles de six pains chacune. Cf. Lev. xxrv, 6, et VAtl. archéol., pi. crv, fig, 5. — Le chandelier à sept branches, vers. 22-23. ■E regione mensce : auprès de la paroi opposée du tabernacle ; par conséquent, in parte australi , à main gauche. — L'autel des parfums, vers. 24-25: +tout auprès et en avant du voile, +26-31. La cour et son mobilier. — Ce parvis était séparé du tabernacle par un tentorium, vers. 26. Il contenait l'autel des holocaustes (vei's. 27) et le bassin d'airain pour les ablutions des prêtres, Voj\ YAtl. archéol., pi. xcvi, fig. 1. — Erexit et atrium.... Tenture du parvis, vers. 31. +40 Dieu fait son entrée dans le tabernacle. XL, 32-36. +32-33. Operuit nubes: la nuée, avec l'article dans l'hébreiT, pour représenter la colonne de nuée qui a été signalée à plusieurs reprises depuis +Ex. XL, 34-3G +couvrait tout, et que la majesté du Sei- gneur éclatait de toutes parts, tout étant couvert de cette nuée. +34. Quand la nuée se retirait du taber- nacle, les enfants d'Israël partaient par diverses troupes : +35. Si elle s'arrêtait au-dessus, ils de- meuraient dans le même lieu. +36. Car la nuée du Seigneur se reposait sur le tabernacle durant le jour, et une flamme y paraissait pendant la nuit, tout Israël la voyant dans toutes ses étapes. +jestate Domini coruscante, quia mibes opcruerat. +321 +cuncta +34. Si quando nubes tabernaculum deserebat, proficiscebantur filii Israël per turmas suas ; +35. Si pendebat desuper, manebant in eodem loco. +3G. Nubes quippe Domini incubabat per diem tabernaculo, et ignis in nocte, videntibus cunctis populis Israël per cunctas mansiones suas. +sa première apparition h Socoth, xiir, 20-22. Tandis que cette nuée s'abaissait et se reposait sur le toit du tabernacle, f/Zo ri a Domini imple- vit illud, gloire manifestée à l'intérieur du sanc- tuaire par de brillants rayons. Jéhovah prenait ainsi possession de son palais. +34-36. Rôle de la colonne de nuée pour les marches et les campements du peuple. Voyez Num. IX, 15-23, et x, 11-12, 33, où les détails sei'ont plus complets. Dieu conduisait ainsi per- sonnellement son peuple, comme il l'avait promis. +4,^ ^ +LE LÉVITIOUE +1° Le nom et le contenu du Livre. — La troisième partie du Pentateuqiie, que les Juifs désignent d'ordinaire par le nom de Vayycfra'\ a été très conve- nablement nommée Lévitiqiie dans le canon chrétien ^, puisqu'elle traite du culte, des sacrifices, des fêtes, des différentes espèces de purifications et de plusieurs autres sujets analogues : toutes choses qui concernaient d'une manière intime et immédiate les prêtres, membres de la tribu de Lévi. Au reste, les rabbins eux-mêmes emploient parfois les dénominations semblables de Torat kohânim, Loi des prêtres, et de Séfer torat haqqarhonôt , Livre de la loi des offrandes. +Le>Lévitique ne raconte que deux faits historiques proprement dits : i*^ la consécration d'Aaron et de ses fils, suivie du châtiment terrible de Nadab et d'Abiu (chap. viii-x); 2° la punition du blasphémateur (xxiv, 10-23). Il diffère notablement, sous ce rapport, des livres de l'Exode et des Nombres, dont les pages ne sont pas moins consacrées à l'histoire qu'à la législation. De plus, nous venons de l'insinuer en parlant de son nom, les lois qui fe remplissent ont un caractère spécial, constamment religieux, et sont surtout relatives à la vie spirituelle de la nation théocratique. Le Lévitique renferme donc la partie la plus relevée de la législation du Sinaï; aussi l'a-t-on justement défini : « le code de l'organisation religieuse d'Israël en tant que communauté de Jéhovah. « Toutes les prescriptions qu'il contient tendent à établir entre le Seigneur et son peuple l'union la plus étroite. +2° Plan et division. — Moïse, le rédacteur inspiré, se borne à exposer les divines instructions du Lévitique, selon l'ordre d'après lequel Jéhovah les lui communiqua; mais cette suite historique et chronologique coïncidant fort bien avec la nature même des choses, des groupes de lois, par conséquent des di- visions et subdivisions du livre, se forment de la façon la plus naturelle. +Deux parties: 1^ comment Israël s'approchera de son Dieu, pour inaugurer avec lui les relations d'intimité en vue desquelles il a élé mis à part entre tous les peuples (chap. i-xvi); 2» croissance perpétuelle d'Israël dans la sainteté, afin de resserrer chaque jour ces liens sacrés (chap. xvii-xxvii). La première partie se subdivise en trois sections : les sacrifices (chap. i-vii), les prêtres ]chap. viii-x), le pur et l'impur (chap. xi-xvi). Deux sections seulement dans la deuxième partie : la sainteté personnelle dans les différentes circonstances de la vie de famille et de la vie sociale (chap. xvii-xx], la sainteté du culte (chap. xxi- XXVII ) ^. +* « Et il appela, i> le premier mot dans le texte hébreu. Voyez l'Introduction au Pcntu- teuque, p. 115. +^ Leviticus (scil. liber). ^ Voir des divisions plus complètes dans le com- mentaire et dans notre Biblia sacra, +10 +324 LE LÉVITIQUE +3« Imjiortance du Lévitique. — Elle ressort soit du but direct et immédiat du livre, soit de son but indirect, quoique principal. +Le but direct, c'est la sanctification de tout Israël, collectivement et indivi- duellement. Les détails sont nombreux, minutieux; mais tout est grand, quand il s'agit d'un tel sujet. Notez surtout les passages suivants. Sainteté du culte : II, 3, 10; VI, 17, 2o, 29; vu, 1, 6; x, 12, 17; xiv, 13; xvi, 4, etc. Sainteté des prêtres : xxi, 6-8, 15, etc. Sainteté de la nation : vi, 18, 27; vu, 21 ; x, 3, 10; XI, 43-43; xv, 31; xviii, 21; xix, 2; xx, 7, 20, etc. +Le but indirect, mais principal, c'est Notre-Seigneur Jésus-Christ, qu'il faut voir sous chacune des prescriptions du Lévitique. Exemplar et umhra cœle- stium, dit saint PauP. In protnptu est Leviticus liber, écrit pareillement saint Jérôme ^, in quo singula sacrificia, imo singulse pêne syllahœ, et vestes Aaron, et totus ordo Leviticus, spirant cselestia sacramenta. Saint Thomas d'Aquin tient un langage identique : Sic igitur rationes prœceptorum ceremonialium Veteris Legis dupliciter accipi possunt : uno '.nodo ex ratione cultus divini, qui erat pro tempore illo ohservandus... Alio modo possunt eorum rationes assignari, secundmn quod ordinantur ad figurandinn Christwn ^. Mais, si les moindres traits prophétisent le Christ, ils prophétisent aussi la sainteté de son royaume, de ses sujets, particulièrement de ses prêtres, et avec cette diffé- rence que la sainteté d'Israël était surtout extérieure et légale, tandis que celle du Nouveau Testament l'emporte immensément par son caractère spirituel, intérieur. Cf. Matth. v, 17-48; S. Thom., Summ. theoL, 1^ 2=«, q. 103, a. 2. +4<* Livres à consulter. — S. Augustin, Quœstiones in Leviticum; Théodoret, Quœstiones in Leviticum ; les commentaires de Calmet et de Cornélius a Lapide ; Texplication récente de M. Crelier (Paris, 1887), basée sur les meilleurs tia- vaux anciens et contemporains; F. Vigoureux, les Livres saints et la critique rationaliste, t. III, pp. 146 et ss., 616 et ss. +^ Hebr, vin, 5. Voyez les chap. ix-x en entier, | ^ Summa theol., 1* 2"^, q. 102, a. 2. Cf. ïbid., 2 Epist. ad Paulin. \ a. 3 et 6. +LE LÉVITIQUE +CHAPITRE I +1. Le Seigneur appela Moïse, et, lui parlant du tabernacle du témoignage, il lui dit : +2. Vous parlerez aux enfants d'Israël, et vous leur direz : Lorsque quelqu'un d'entre vous offrira au Seigneur une hostie de bêtes à quatre pieds, c'est-à-dire de gros et de petit bétail; lors, dls-je, qu'il offrira ces victimes , +3. Si son oblation est un holocauste, et si elle est de gros bétail, il prendra +1. Vocavit autem Moysen, et locutus est ei Dominus de tabernaculo testimo- nii, dicens : +2. Loquere filiis Israël, et dices ad eos : Homo qui obtulcrit ex vobis hostiam Domino de pecoribus , id est, de bobus et ovibus offerens victimas. +3. Si holocaustum fuerit ejus oblatio, ac de armento, masculum immaculatum +PREMIERE PARTIE +Lois dont l'observation afiermira l'alliance conclue entre Israël et Jéhovah. +1,1 — XVI, a4. +Section L — Des sacuifices. 1,1 — VII, 38. +Les sacrifices de la loi ancienne avaient pour but direct le culte sacré de Jéhovah; leur but indirect consistait h écarter les Hébreux de l'ido- lâtrie. Cf. S. Thom., 1» 2=^ q. 102 , a. 2 et 3. Leur signification était tout ensemble typique et mo- rale : typique , de la façon la plus noble ; car « omnia sacrificia, dit encore le Docteur angé- lique , Z. c, a. 3 , offerebantur in Veteri Lege ut hoc unum et singulare sacriflcium (Christi) figu- raretur, tanquam perfectum per iniperfccta ; » morale , parce qu'ils portaient à la sainteté. Leur valeur était avant tout extérieure, « ad emun- dationem carnis, » comme dit S. Paul, Hebr. IX, 13, pxiisqu'ils aA'aient été établis pour pro- duire la pureté légale, c.-à-d. pour répai-cr « la violation d'un certain nombre de prescriptions mosaïques qui n'avaient point pour objet de dé- fendre des actes mauvais en eux-mêmes » Olcin. ^biU., t. I, n. 394); mais Ils n'avaient pas de force pour effacer directement les péchés, bien •qu'ils pussent opérer cette rémission indirecte- ment, par im effet anticipé du sacrifice de Notre- Seigneur Jésus -Christ, dont ils étaient la ligure. Voi'. les beaux développements de S.ïhomas, 1» 2^, •q. 103, a, 2. Comp. Bossuct, Élév. sur les Mystères, ixe Élévlat. de la 9« scmamc. — Le Législateur +parlera tour à tour des holocaustes, des sacri- fices non sanglants , des sacrifices pacifiques, des sacrifices propitiatoires, et du rôle des prêtres dans les sacrifices. +§ L — Les holocaustes. I, 1-17. +1° Holocaustes de gros bétail, vers. 1-9. +Chap. I. — 1 - 2». Introduction historique , qui domine les chap. i-ni, — Vocavit... Dominus. Jé- hovah , le Dieu de l'alliance récemment instituée. — De tabernaculo... Non plus du sommet du Sinaï, comme pour la promulgation du Décalogue et des premières lois théocratiques (Ex. xix, 3 et ss. ), mais du tabernacle récemment érigé et consacré (Ex. xxxvi-xl), qui servait maintenant de palais au Seigneur (Ex. xl, 32). — Filiis Israël. Plusieurs des instructions du Lévitique concernaient directement les prêtres (cf. vi, 8- VII, 21, etc.) ; mais un grand nombre d'entre elles intéressaient aussi les laïques, c.-à-d. le peuple entier, puisque tous les Hébreux avaient ù, offrir des sacrifices. +2*'- 3. Le choix de la victime dans l'holocauste de gros bétail. — L'équivalent hébr. de hostiam est qorbân (littéral. : « ce qu'on approche, » ce qu'on offre) ; c'est l'expression générale pour dé- signer toute sorte d'offrandes et de sacrifices. Cf. Marc. VII, 11. Elle est souvent employée dans ces premiers chapitres du Lévitique. — De peco- ribus, L'hébr. b'hémah désigne ici les quadru- pèdes domestiques légalement purs ( note de 'Gen. I, 24); le Législateur les pai'tag-e aussitôt. +326 +Lev. I, 4-10. +oiïeret ad ostium tabernnculi testiraonii, ad placandum sibi Domiiium; +4. Ponctque manum super caput ho- stiœ, et acceptabilis erit, atque in expia- tionem ejus proficiens ; +5. Immolabitque vitulum coram Do- mino, et ofïerent filii Aaron sacerdotes sanguinem ejus, fundeutes per altaris circuitum, quod est ante ostium taber- naculi. +6. Detractaque pelle liostise, artus in frusta concident ; +7. Et subjicient in altari ignera , strue lignorum ante composita ; +8. Et membra qiisB sunt cœsa, desuper ordinantes, caput videlicet, et cuncta quae adhaerent jecori, +9. Tntestinis et pedibus lotis aqua ; adolebitque ea sacerdos super altare in holocaustum et suavem odorem Domino. +10. Quod si de pecoribus oblatio est, de ovibus sive de capris holocaustum, masculum absque macula ofEeret ; +un mâle sans taclie et l'offrira à la porte du tabernacle du témoignage, pour se rendre le Seigneur favorable. +4. Il mettra la main sur la tcte de la victime, et elle sera reçue de Dieu et lui servira d'expiation. +5. Il immolei'a le veau devant le Sei- gneur, et les prêtres, enfants d' Aaron, en offiiront le sang, en le répandant autour de l'autel qui est devant la porte du ta- bernacle. +G. Ils enlèveront la peau de la victime, et ils en couperont les membres par mor- ceaux. +7. Ils mettront le feu sous l'autel , après avoir auparavant préparé le bois. +8. Ils arrangeront dessus les membres qui auront été coupés ; savoir : la tête et tout ce qui tient au foie, +9. Les intestins et les pieds, lavés au- paravant dans l'eau ; et le prêtre les brû- lera sur l'autel pour être au Seigneur un holocauste d'agréable odeur. +10. Que si l'offrande est de petit bétail, c'est-à-dire si c'est un holocauste de bre- bis ou de chèvres , celui qui l'offre choi- sira un mâle sans tache, +en vue des instructions qui suivent, en gros bé- tail (de bobus , hébr. bâqar) et en petit bétail iovlbïis, hébr.: s'ôn). — Si holocaustum. Le sub- stantif 'olah n'indique étj'mologiquemeDt que « ce qui monte » sur l'autel ; mais il devint de bonne heure technique , pour marquer les victimes que l'on brûlait intégralement sur l'autel ; de lu, l'exacte traduction de la Vulg., d'après les LXX. Cf. Gen. vus, 20, et le commentaire. — Oblatio: de nouveau qorbân. — De annento : baqâr, le mot traduit plus haut par « bobus ». — Masculum. De même dans tous les sacrifices les plus impor- tants, les animaux mâles aj'ant plus de valeur. L'offrande des femelles était autorisée pour les sacrifices pacifiques (m, 1, 6), et rigoureusement prescrite pour certains sacrifices expiatoires (iv, 28, 32 ; V, 6, etc.). — Immaculatum. Mieux : sans défaut ( favnim ) ; autrement, c'eiit été faire in- jure à Dieu. — Ad ostium tabernaculi. C. -à-d. dans la cour, entre l'autel et l'entrée du Saint. Voy. Ex. XL, 26-27, et VAtl. arcMol., pi. xcvi, flg. 1. — Ad placandum,... L'hébr. dit avec une nuance : pour obtenir la faveur de Jéhovah. +4-5. La consécration et l'immolation de la vic- time.— Ponet... manum... Belle cérémonie, ac- complie par le donataire, qui s'identifiait ainsi avec la victime, et faisait d'elle son représentant devant Dieu in expiationcm. Nous retrouverons ce rite dans la plupart des sacrifices. Cf. m, 2, +7, 13; IV, 4, 15, 24; vur, 14, 22, etc. — Immo- labit... coram Domino. C.-à-d. en avant du ta- bernacle. Les deux expressions sont employées alternativement dans le même sens. Cf. m, 2, +8, 13, etc. Le donataire immolait la victime en +lui tranchant rapidement la gorge. Un prêtre était là pour recueillir le sang dans une coupe et pour le verser ensuite per altaris circuitum (l'autel des holocaustes). Voyez l'Atlas archéol., pi. cvi, fig. 8. +G -9. La victime est consumée sur l'autel. — Toute cette partie de la cérémonie était accom- plie par les prêtres. !<> Detracta pelle : cette dé- pouille était assignée, dans l'holocauste, au mi- nistre offlciant (cf. vu, 8); 2° artus in frusta..., non d'une façon arbitraire , mais en séparant les membres un à un , d'a])rès leur conformation na- turelle; 3° membra... dtsuper ordinantes, éga- lement d'une manière systématique, en reconsti- tuant à peu près l'animal sur l'autel (Atlas ar- cliéol., pi. cvi, fîg. 10 et 13) ; 4° intestinis... lotis..., par respect pour la majesté divine. Le trait subjicient... ignem (vers. 7) ne se rapporte qu'au premier de tous les sacrifices, puisque, à partir de ce moment, le feu sacré dut être toujours entretenu avec le plus grand soin (vi, 13). — Adolebit est une excellente ti'aduction de l'hébr. hiqtir, expression délicate, qui n'est employée dans la Bible que pour désigner la combustion litur- gique de l'encens, de l'huile sainte et des vic- times. — Sur la métaphore suavem odorem Do- mino, fréquemment répétée, voy. Gen. viii, 21, +2° Holocaustes de petit bétail, vers. 10-13. +10-11. Le choix et l'immolation de la victime. — De pecoribus. Hébr. : s' on ; le menu bétail , par opposition aux bœufs. Cf. vers. 2 et 3. On spé- cifie ensuite : de ovibus (les moutons en géné- ral), ...de capris. — Masculum... Mêmes règles que précédemment. Les LXX ajoutent, à la fin +Lev. I, 11-17. +327 +1 1. Et il l'immolera devant le Seigneur, au cCté de l'autel qui regarde l'aquilon ; et les enfants d'Aaron en répandront le sang sur l'autel, tout autour. +12. Ils en couperont les membres, la tête et tout ce qui tient au foie, qu'ils arrangeront sur le bois au-dessous duquel ils doivent mettre le feu. +13. Ils laveront dans l'eau les intestins et les pieds, et le i)rctre brûlera le tout sur l'autel ai)rès l'avoir offert , pour être au Seigneur un holocauste de très agréa- ble odeur. +14. Si l'on offre en holocauste au Sei- gneur des oiseaux, savoir : des tourte- relles ou des petits de colombe, +15. Le prêtre offrira la victime à l'au- tel ; et lui tournant avec violence la tête en arrière sur le cou, il lui fera une plaie, par laquelle il fera couler le sang sur le bord de l'autel. +16. Il jettera la petite vessie du gosier et les plumes auprès de l'autel , du côté de l'orient, au lieu où l'on a coutume de jeter les cendres. +17. Il lui rompra les ailes sans les couper, et sans diviser la victime avec le fer, et il la brûlera sur l'autel après avoir mis le feu sous le bois. C'est un holo- causte offert au Seigneur, et uneoblation d'une très agréable odeur. +11. Immolabitque ad latus altaris, quod respicit ad aquiloncm, coram Do- mino ; sanguinem vero illius fundent super altare tilii Aaron per circuitum ; +12. Dividentque membra, caput, et omnia quae adhœrent jecori; et ponent super ligna , quibus subjiciendus est ignis ; +13. Intestina vero et pedes lavabunt aqua ; et oblata omnia adolebit sacerdos super altare, in holocaustum et odorem suavissimum Domino. +14. Si autem de avibus holocausti oblatio fuerit Domino, de turturibus, aut pullis columbse, +15. Offeret eam sacerdos ad altare ; et retorto ad coUum capite, ac rupto vul- neris loco, decurrere faciet sanguinem super crepidinem altaris ; +16. Vesiculam vero gutturis, et plumas projiciet prope altare ad orientalem pla- gam, in loco in quo cineres effundi soient ; +17. Confringetque ascellas ejus, et non secabit, neque ferro dividet eam, et adolebit super altare, lignis igné sup- posito. Holocaustum est et oblatio sua- vissimi odoris Domino. +du vers. 10 : xa\ tTzib'f\ ce +§g +4^ +00 t(J +CD o +03 Q +3 "^ +16* +^ +7. S'il offre un agneau devant le Sei- gneur, +8. Il mettra la main sur la tête de sa victime, qui sera immolée à l'entrée du tabernacle du témoignage ; les fils d'Aa- ron en répandront le sang autour de l'au- tel, +9. Et ils offriront de cette hostie paci- fique, en sacrifice au Seigneur, la graisse et la queue entière , +10. Avec les reins et la graisse qui couvre le ventre et toutes les entrailles, l'un et l'autre rein avec la graisse qui couvre les flancs, et la membrane du foie avec les reins ; +11. Et le prêtre fera brûler tout cela sur l'autel pour être la pfiture du feu , et servir à l'oblation qu'on fait au Sei- gneur. +12. Si rofïi'ande consiste en une chèvre, celui qui la présentera au Seigneur +13. Lui mettra la main sur la tête, et l'immolera à l'entrée du tabernacle du témoignage ; les fils d'Aaron en répan- dront le sang autour de l'autel , +14. Et ils prendront de la victime, pour entretenir le feu du Seigneur , la graisse qui couvre le ventre et toutes les en- trailles , +15. Les deux reins avec la taie qui est dessus, pi"ès des flancs, et la graisse du foie avec les reins ; +16. Et le prêtre les fera brûler sur l'au- tel, afin qu'ils soient la nourriture du feu et une oblation d'agréable odeur. Toute la graisse aj^partiendra au Sei- gneur , +17. Par un droit perpétuel de race en race, et dans toutes vos demeures, et vous ne mangerez jamais ni sang ni graisse. +Lev. m, 7-17. 331 +7. Si agnum obtulerit coram Domino, +8. Ponet manum suam super caput victimse suce, quœ immolabitur in vesti- bule tabernaculi testimonii ; f undentque filii Aaron sanguinem ejus per circuitum altaris , +9. Et ofEerent de pacificorum hostia ; sacrificium Domino : adipem et caudam totam ^ +10. Cum renibus, et pinguedinem quse operit ventrem atque universa vitalia, et utrumque renunculum cura adipe qui est juxta ilia, reticulumque jecoris cum renunculis ; +1 1. Et adolebit ea sacerdos super altare, in pabulum ignis et oblationis Domini. +12. Si capra fuerit ejus oblatio, et ob- tulerit eam Domino, +13. Ponet manum suam super caput ejus, immolabitque eam in introitu ta- bernaculi testimonii ; et f undent filii Aaron sanguinem ejus per altaris cir- cuitum , +14. Tollentque ex ea , in pastum ignis dominici, adipem qui operit ventrem et qui tegit universa vitalia, +15. Duos renunculos cum réticule, quod est super eos juxta ilia, et arvinam jecoris cum renunculis ; +16. Adolebitque ea super altare sacer- dos, in alimoniam ignis, et suavissimi odoris. Omnis adeps Domini erit +17. Jure perpétue generationibus et cunctis habitaculis vestris; nec sangui- nem nec adipem omnino comedetis. +7-11. Règles spéciales pour le sacrifice des montons. — Agnum. Le mot Jdseh du texte pri- mitif indique plutôt un animal entièrement formé. — Dans les rites à accomplir par le prêtre, nous n'avons à relever que le détail caudam totara (vers. 9) : la queue épaisse, lourde et graisseuse, déjà mentionnée antérieurement, Ex. XXIX, 22. +12 -IG». Règles spéciales pour le sacrifice des chèvres. — La différence ne provient guèi'C que de cette même queue grasse, dont les chèvres orientales sont dépourvues comme les nôtres. +3° Interdiction de la graisse et du sang des animaux pour les usages profanes, vers. IC^J-l?. +1G''-17. A la combustion des parties grasses +des victimes sur l'autel, le divin Législateur rat- tache une prescription générale. — Omnis adeps Domini erit. C'est le principe, solennellement énoncé ; d'où la conclusion : nec... omnino come- detis. Par adeps, il faut entendre ici les parties grasses citées plus haut (vers. 3-4, 9-10, 14-15), non toutefois la graisse qui est mêlée aux chairs. Dieu se réservait ainsi les portions de viande ré- putées les meilleures par les Orientaux ; mais ce sont en même temps les plus malsaines dans les pays chauds. Il y a donc tout ensemble, dans cette prohibition , une base religieuse et une base hygiénique. Cf.Guéneau de Mussy, Étude sur VJiy- giène de Moïse, Paris, 1885. — Nec sanguinem.,. Voyez G en. ix, 3. +Lev. IV, 1-7. +CHAPITRE IV +1. Locutusque est Dominus ad Moysen, dicciis : +2. Loquere fiiiis Israël : Anima quse peccaverit ])er ignoraiitiam, et de uni- versis niandatis Domini, quse prsecepit ut non lièrent , quidpiam f ecerit ; +3. Si sacerdos, qui unctus est, pecca- verit, delinquere faciens populum, ofïe- ret pro peccato suo vituluni immaculatum Domino ; +4. Et adducet illum ad ostium taber- naculi testimonii coram Domino, ponet- que manum super caput ejus, et immo- labit eum Domino. +5. Hauriet quoque de sanguine vituli, inferens illum in tabernaculiim testi- monii ; +6. Cumque intinxerit digitum in san- guine, asperget eo septies coram Domino contra vélum sanctuarii. +7. Ponetque de eodem sanguine super coi'uua altaris tliymiamatis gratissimi Do:nino, quod est in tabernaculo testi- monii; omnem autem reliquum sangui- nem fundet in basim altaris holocausti in introitu tabernaculi. +1. Le Seigneur parla encore à Moïse, et lui dit : +2. Dites ceci aux enfants d'Israël : Lors- qu'un homme aura péché par ignorance, et violé quelqu'un de tous les comman- dements du Seigneur, en faisant quelque chose qu'il a défendu de faire ; +3. Si c'est le grand prêtre, muni de l'onction sainte, qui ait péché, faisant ainsi pécher le peuple, il offrira au Sei- gneur, pour son péché, un veau sans tache ; +4. Et l'ayant amené à l'entrée du ta- bernacle du témoignage, devant le Sei- gneur, il lui mettra la main sur la tête, et il l'immolera au Seigneur. +5. Il prendra aussi du sang de ce veau, qu'il portera dans le tabernacle du té- moignage ; +6. Et ayant trempé son doigt dans le sang, il en fera l'aspersion sept fois en présence du Seigneur devant le voile du sanctuaire. +7. Il mettra de ce même sang sur les cornes de l'autel, parfum très agréable au Seigneur, lequel est dans le taber- nacle du témoignage ; et il répandra tout le reste du sang au pied de l'autel des holocaustes qui est à l'entrée du taber- nacle. +§ IV. — Rites des sacrifices pour le péché. IV, 1 — V, 13. +lo Preiilicr cas : sacrifice pour le péché du grand prôtrc. IV, 1-12. +CiiAP. IV. — 1-2. Formule d'introduction, analogue k celle de i, 1-2. Elle domino tout ce q;ii est compris jusqu'à v, 13. — Peccaverit. C'est là l'idée générale, que précisent ensuite les mots per ignorantiam. L'iiébr. hiSgâgcûi signifie lit- téralement : par égarement, par erreur (de la racine sagah, errer; cf. v, 18 dans le texte ori- ginal; Num. XV, 24-29). D'après les LXX : av.O'jn'.M^; dans l'ancienne Itala : « impruden- te". y> Il ne s'agit point de fautes tout à fait in- volontaires, assurément, car elles n'auraient pas eu besoin d'être expiées par des sacrifices ; néan- moins on les suppose sans préméditation, sans malice grave : quelque négligence ou irréflexion coupable les avait causées. — i:t de mandatis. La conjonction et n'est pas dans l'hébreu , où on lit simxjlcment : Lorsque quelqu'un (anima) aura péché par erreur contre l'un des commande- ments... Dans les divers cas qui vont être expo- sés, les sacrifices étaient strictement obligatoires, +et point laissés à la dévotion d'un chacun, comme aux chap. i-iii. Le Législateur établit différentes distinctions , selon que le péché avait été commis par le grand prêtre (iv, 3-12), par la nation en- tière (13-21), par le chef civil du peuple (22-26), ou par un simple particulier (27-35). C'est une gi'adation descendante. +3-4. La victime pour le péché du grand prêtre. +— Sacerdos, qui unctus... Ces mots désignent clai- rement le pontife suprême de la théocratie; car il recevait seul , parmi tous les prêtres, une onc- tion complète. Cf. vers. 16; vi, 12; viii, 12; xxi, 10; Ex. XXIX, 7, etc. — Delinquere faciens... Le grand prêtre étant le représentant supérieur de la nation Israélite , celle - ci tout entière était censée avoir partagé sa faute. — Vitulum: un jeune taureau, la victime imposée dans ce cas. +5 - 7. L'emploi du sang de la victime. C'est ici surtout que nous trouvons des différences carac- téristiques avec les autres sacrifices. — Inferens in tabernaculum : dans la partie ap])elée le Saint. +— Asperget... contra vélum : le voile qui sépa- rait le Saint du Saint des saints. Derrière ce voile était l'arche, le trône de Jéhovah (coram Do- mino).—Septies > parce que c'est le nombre qui +Lev. IV, 8-17. +333 +8. Il prendra la graisse du veau offert pour le péché, tant celle qui couvre les entrailles que toute celle qui est au dedans : +9. Les deux reins, et la taie qui est sur les reins , près des flancs , et la graisse du foie avec les reins , +10. Comme on les ôte du veau de l'hostie pacifique; et il les brûlera sur l'autel des holocaustes. +11. Et pour ce qui est de la peau et de toutes les chairs, avec la tête, les pieds, les intestins, les excréments, +12. Et tout le reste du corps, il les emportera hors du camp, dans un lieu pur, où l'on a coutume de répandre les cendres ; et il les brûlera sur du bois où il aura mis le feu , afin qu ils soient con- sumés au lieu où les cendres sont je- tées. +13. Que si c'est tout le peuple d'Israël qui se soit égaré, et qui par ignorance ait commis quelque chose contre les com- mandements du Seigneur, +14. Et qu'il reconnaisse ensuite son pé- ché, il offrira pour son péché un veau qu'il amènera à l'entrée du tabernacle. +15. Les plus anciens du peuple met- tront leurs mains sur la tête de la vic- time devant le Seigneur, et, ayant im- molé le veau en la présence du Sei- gneur , +16. Le grand prêtre qui a reçu l'onc- tion portera du sang du veau dans le tabernacle du témoignage; +17. Et ayant trempé son doigt dans ce sang, il fera sept fois l'aspersion devant le voile. +8. Et adipem vituli auferet pro pec- cato, tam eum qui vitalia operit, quam omnia qute intrinsecus sunt : +9. Duos renunculos , et reticulum quod est super eos juxta ilia, et adipem jecoris cum renunculis, +10. Sicut aufertur de vitulo hostiae pacificorum ; et adolebit ea super altare holocausti. +11. Pellem vero et omnes carnes, cum capite et pedibus , et intestinis et fimo , +12. Et reliquo corpore, efferet extra castra in locum mundum, ubi cineres effundi soient ; incendetque ea super lignorum struem, quae in loco effusorum cinerum cremabuntur. +13. Quod si omnis turba Israël igno- raverit, et per imperitiam fecerit quod contra mandatum Domini est, +14. Et postea intellexerit peccatum suum, offeret pro peccato suo vrtulum, adducetque eum ad ostium tabernaculi. +15. Et ponent seniores populi manus super caput ejus coram Domino ; immo- latoque vitulo in conspectu Domini, +16. Inferet sacerdos, qui unctus est, de sanguine ejus in tabernaculum testi- monii, +17. Tincto digito aspergens septics contra vélum. +exprime , d'après le symbolisme des Hébreux , la perfection d'un acte. — Super cornua altaris... Voyez Ex. xxvn, 2, et le commentaire. +8-10. Emploi des meilleures portions de la chair: sicut... liosliœ 'pacificorum. Cf. lu, 3-5. Elles étaient donc consumées sur l'autel des ho- locaustes. +11 - 12. Emploi du reste des chairs. — Nous allons trouver d'autres rites cai-actéristiques. Pour les holocaustes, tout était brûlé sur l'autel; tan- dis que, dans les sacrifices pacifiques, une portion notable de la victime revenait aux prêtres et aux donataires; ici, ce qui n'appartenait pas directe- ment à Dieu était comme profané par le péché ^ expier : aussi brûlait-on la peau et le reste des chairs extra castra, loin de Dieu en quelque sorte. Voyez, Hebr. xiii, 11-13, une très belle application de ce passage au sacrifice de Jésus- Christ, qui eut lieu en dehors de Jérusalem. — In locum mundum ubi cineres... Cf. i, 16, et l'exiilication. On veillait à ce que le local choisi fût convenable, à cause du caractère sacré de +ces cendres, tout imprégnées de la graisse des victimes. +2» Sacrifice d'expiation pour le péché de tout le peuple. IV, 13-21. +13-15. Le coupable et la victime. — Omnis turba Israël. Voilà, cette fois, l'auteur de la transgression : tout Israël , envisagé solidaire- ment , comme formant la nation théocratique. — Ignoraverit. Hébr.: iSgu, « erraverint. » Voy. la note du vers. 2. — Et per imperitiam... Hébr. : né'élam. La chose , d'abord, « était restée cachée; » en la faisant, on n'avait pas complètement re- marqué que c'était un péché. — Ponent seniores populi... Les notables accomplissaient ce rite au nom de tout le peuple. +16-21. Emploi du sang (16-18) et des chairs (19-21) de la victime. Mêmes règles qu'aux vers. 5-12. — Le vers. 20 contient pourtant un nou- veau détail, qui reviendra très fréquemment : rogante pro eis sacerdote ; ou plutôt, d'après l'hébr. : Et le prêtre fera ( ainsi ) pour eux l'ex- piation ilcippcr). +334 +Lev. IV, 18-29. +18. Ponetqne de eodem sanguine in cornibus altaris, qnod est coram Domino in tabernaculo testimonii ; reliquuni au- tem sanguinem fundet juxta basim alta- ris holocaustorum, qiiod est in ostio ta- bernaculi testimonii. +19. Omnemqne ejus adipem tollet, et adolebit sui)er altare ; +20. Sic faciens et de lioc vitulo quo- modo fecit et prius ; et rogante pro eis sacerdote, propitius erit eis Dominus. +21. Ipsum autem vitulum efïeret extra castra, atque comburet sicut et priorem ^dtulum, quia est pro peccato multitu- dinis. +22. Si peccaverit princeps, et fecerit unum e pluribus per ignorantiam , quod Domini lege proliibetur, +23. Et postea intellexerit peccatum suum, ofïeret liostiam Domino, hircum de capris immaculatum, +24. Ponetque manum suam super ca- put ejus ; cumque immolaverit eum in loco ubi solet mactari holocaustum coram Domino, quia pro peccato est, +25. Tinget sacerdos digitum in san- guine liostise pro peccato, tangens cor- nua altaris holocausti, et reliquum fun- dens ad basim ejus. +26. Adipem vero adolebit supra, sicut in victimis pacificorum fieri solet ; roga- bitque pro eo sacerdos , et pro peccato ejus, et dimittetur ei. +27. Quod si peccaverit anima per ignorantiam de populo terrée, ut faciat quidquam de liis quge Domini lege probi- bentur, atque delinquat, +28. Et cognoverit peccatum suum, offeret capram immaculatam ; +29. Ponetque manum super caput bostiae quse pro peccato est, et immo- labit eam in loco holocausti. +18. Il mettra du même sang sur les cornes de l'autel qui est devant le Sei- gneur, dans le tabernacle du témoignage ; et il répandra tout le reste du sang au pied de l'autel des holocaustes qui est à l'entrée du tabernacle du témoignage. +19. Il en prendra toute la graisse, et il la brûlera sur l'autel, +20. Faisant de ce veau comme il a été dit qu'on ferait de l'autre ; et , le prêtre priant pour eux , le Seigneur leur pardon- nera leur péché. +21. Le prêtre emportera aussi le veau hors du camp, et le brûlera comme il a été dit du premier, parce que c'est pour le péché de tout le peuple. +22. Si un prince pèche, et qu'ayant fait par ignorance quelqu'une des choses qui sont défendues par la loi du Seigneur, +23. Il reconnaît ensuite son péché, il offrira pour hostie au Seigneur un bouc sans tache pris d'entre les chèvres. +24. Il lui mettra la main sur la tête , et lorsqu'il l'aura immolé au lieu où l'on a coutume de sacriiier les holocaustes devant le Seigneur, parce que c'est un sacrifice pour le péché , +25. Le prêtre trempera son doigt dans le sang de la victime offerte pour le péché ; il en touchera les cornes de l'autel des holocaustes, et répandra le reste au pied de l'autel. +26. Il fera brûler la graisse sur l'autel, comme on a coutume de faire aux vic- times pacifiques ; et le prêtre priera jDOur lui et pour son péché, et il lui sera par- donné. +27. Que si quelqu'un d'entre le peuple pèche par ignorance, et qu'ayant fait quelqu'une des choses qui sont défendues par la loi du Seigneur, étant tombé en faute , +28. Il reconnaisse son péché , il offrira une chèvre sans tache ; +29. Il mettra la main sur la tête de cette victime offerte pour le péché, et il l'immolera au lieu destiné pour l'holo- causte. +3° Sacrifice pour le péché du chef civil du peuple. IV, 22-26. +22 - 24». Le coupable et la victime. — Princeps. Le substantif hébreu nain' sert ti désigner le chef d'une tribu (cf. Num. i, 4-16), ou du moins d'une partie de tribu (Num. xxxiv, 18 A — La victime, dans ce cns, était un simple bouc. +24'» -26. Le sacrifice. — In loco nhi... holocau- stum. C'était au côté septentrional de l'autel. €f, 1, 11 , et l'explication. — Cornua altaris holo- +causti. Le sang n'était pas porté dans le Saint, comme précédemment (vers. 6-7, 16-18), la faute n'étant pas aussi grave. — Sicut in victimis pa- cificorum. Cf. m, 14-16, et le commentaire. — RogaUtque... Il fera l'expiation. Voyez la note du vers. 20. +4° Sacrifice pour les péchés d'un simi)Ic parti- culier. IV, 27-35. +27-28». Le coupable -.anima... de populo terra, un membre isolé du peuple. +Lev. IV, 30 — V, 2. +335 +30. Le prêtre, ayant pris avec son doigt du sang de la chèvre, en touchera les cornes de l'autel des holocaustes, et ré- pandra le reste au pied de l'autel. +31. Il ôtera aussi toute la graisse, comme on a coutume de l'ôter aux vic- times pacifiques ; il la fera brûler sur l'autel devant le Seigneur, comme une ohlation d'agréable odeur ; il priera pour celui qui a commis la faute, et elle lui sera pardonnée. +32. Que s'il offre pour le péché une brebis comme victime, il j)rendra une brebis qui soit sans tache. +33. Il lui mettra la main sur la tête, et il l'immolera au lieu où l'on a coutume d'égorger les hosties des holocaustes. +34. Le prêtre, ayant pris avec son doigt du sang de la brebis, en touchera les cornes de l'autel des holocaustes , et ré- pandra le reste au pied de l'autel. +35. Il ôtera aussi toute la graisse, comme on a coutume de l'ôter au bélier offert en hostie pacifique; il la brûlera sur l'autel comme un encens offert au Seigneur; il priera pour celui qui offre et pour son péché, et il lui sera par- donné. +30. Tolletque sacerdos de sanguine in digito suo ; et tangens cornua altaris holocausti , reliquum fundet ad basim cjus. +3L Omnem autem adipem auferens, sicut auferri solet de victimis pacifico- rura, adolebit super altare in odorem suavitatis Domino ; rogabitque pro eo, et dimittetur ei. +32. Sin autem de pecoribus obtulerit victimam pro peccato, ovem scilicet immaculatam , +33. Ponet manum super caput ejus , et immolabit eam in loco ubi soient cœdi holocaustorum hostiœ. +34. Sumetque sacerdos de sanguine ejus digito suo, ettaugens cornua altaris holocausti, reliquum fundet ad basim ejus^. +35. Omnem quoque adipem auferens, sicut auferri solet adeps arietis qui immolatur ])ro pacificis, cremabit super altare in incensum Domini ; rogabitque pro eo, et pro peccato ejus, et dimitte- tur ei. +CHAPITRE V +1. Si un homme pèche, en ce qu'ayant entendu quelqu'un qui faisait un serment, et pouvant être témoin de la chose, ou pour l'avoir vue , ou pour en être assuré , il ne veut pas en rendre témoignage, il portera la peine de son iniquité. +2. Si un homme touche à une chose impure, soit qu'elle ait été tuée par une bête, ou qu'elle soit morte de soi-même, ou que ce soit quelque bête qui rampe, encore qu'il ait oublié cette impureté, il ne laisse pas d'être coupable et il a com- mis une faute ; +1. Si peccaverit anima, et audierit voceni jurantis, testisque fuerit quod aut ipse vidit, aut conscius est, nisi indicaverit, portabit iniquitatem suam. +2. Anima quse tetigerit aliquid immun- dum, sive quod occisum a bestia est, aut per se mortuum, aut quodlibet aliud reptile , et oblita fuerit immunditise sute, rea est, et deliquit; +28b -31. Une première sorte de victime : ca- pram... Les, rites de ce sacrifice sont analogues à ceux des vers. 24-26. +32-35. Une deuxième sorte de victime, au gré du coupable : si autem de pecoribus... L'hébr. dit simplement : si c'est un mouton. — Sicut auferri solet (vers. 35)... Voyez les notes de m, 9-11. +5« Rites des sacrifices pour le péché, dans quel- ques autres circonstances spécialement détermi- nées, V, 1-13. +Ciiir.Y. — 1-4. Trois cas sont exposés. Premier cas, vers. 1 : vocem jurantis. Mieux, peut-être, « adjuraiitis; » la voix du juge, adjurant eu +termes solennels le témoin de dire toute la vérité. Le cas paraît être, en effet, celui d'un témoia qui refuse de déposer, dans des circonstances où il serait cependant tenu de déclarer ce qu'il a vu ou entendu. Nous avons, Matth. xxvi, 63, un mémorable exemple d'une adjuration de ce genre, mais adressée à l'accusé. — Portabit iniquita- tem... Il en restera chargé, et en subira toutes les conséquences. Ces mots reviennent fréquem- ment dans le Lévitique. — Second cas, vers. 2-3 : impureté légale contractée de différentes manières, lesquelles sont simplement énuméréos ici, mais dont nous trouverons le développement plus loin,, +336 +Ley. y, 3-11. +3. Et si tetigerit quidquam de immun- ditia hominis, juxta omnem impuritatem qua pollui soîet, oblitaque cognoverit postea, subjacebit delicto. +4. Anima quse juraverit, et protulerit labiis suis, ut vel maie quid faceret, vel bcne, et idipsum juramento et sermone fu-maverit. oblitaque postea intellexerit delictum suum , +5. Agat pœnitentiam pro peccato, +G, Et offerat de gregibus agnam sive capram ; orabitque pro ea sacerdos et pro peccato ejus. +7. Sin autem non potuerit ofïerre pecus, offerat duos turtures, vel duos pullos columbarum Domino, unum pro peccato , et alterum in tiolocaustum ; +8. Dabitque eos sacerdoti, qui pri- mum offereas pro peccato, retorquebit caput ejus ad pennulas, ita ut collo haireat, et non penitus abrumpatur. +9. Et asperget de sanguine ejus parie- tem altaris; quidquid autem reliquum fuerit, faciet distillare ad fundamentum ejus, quia pro peccato est. +10. Alterum vero adolebit in holo- caustum, ut fieri solet ; rogabitque pro eo sacerdos et pro peccato ejus, et dimit- tetur ei. +11. Quod si non quiverit manus ejus duos offerre turtures, aut duos pullos columbarum , offeret pro peccato suo similœ partem ephi decimam ; non mit- +3. Et s'il a touché quelque chose d'un homme qui soit impur, selon toutes les impuretés dont l'homme peut être souillé, et que n'y ayant pas pris garde d'abord , il le reconnaisse ensuite , il sera coupable de péché. +4. Si un homme ayant juré et prononcé de ses lèvres, etconiirmé par serment et par sa parole qu'il ferait quelque chose de bien ou de mal, l'oublie ensuite, et après cela se ressouvienne de sa faute, +5. Qu'il fasse pénitence pour son pé- ché, +6. Et qu'il prenne dans les troupeaux une jeune brebis ou une chèvre qu'il of- frira ; et le prêtre priera pour lui et pour son péché. +7. Mais s'il n'a pas le moyen d'offrir une brebis ou une chèvre , qu'il oft're au Seigneur deux tourterelles ou deux petits de colombes , l'un pour le péché et l'autre en holocauste. +8. Il les donnera au prêtre, qui, offrant le premier pour le péché, lui fera retour- ner la tête du côté des ailes, en sorte néanmoins qu'elle demeure toujours atta- chée au cou, et qu'elle n'en soit pas tout à fait arrachée. +9. Il fera ensuite l'aspersion du sang de l'hostie sur les côtés de l'autel ; et il en fera distiller tout le reste au pied, parce que c'est pour le péché. +10. Il brûlera l'autre et en fera un holocauste, selon la coutume; et le prêtre priera pour cet homme et pour son péché, et il lui sera pardonné. +11. Que s'il n'a pas le moyen d'offrir deux tourterelles ou deux petits de co- lombes, il offrira pour son péché la dixième partie d'un épi de fleur de farine. Il ne l'ar- +chap. XI -XV. — Et oblita... Des purifications spé- ciales étaient requises pour laver ces souillures (cf. XI, 24-25, 28, 39-40; XV, 5, 8, 21; Num. XIX, 10-12), et l'on suppose qu'elles ont été né- gligées par suite d'un oubli coupable. C'est pour réparer cet oubli qu'un sacrifice va être exigé. — Troisième cas, vers. 4 : l'abus du serment. Les mots protulerit labiis expriment d'une façon énergique et pittoresque, surtout dans l'hébreu O'batté' bis/ataïm), la légèreté avec laquelle on aura proféré la formule du serment. — Ut vel maie..., vel bene : locution générale, qui comprend tous les actes humains. +5-6. Premier mode d'expiation : le sacrifice d'une brebis ou d'une chèvre. — Agat pœniten- tiam... Le vers. 5 est plus explicite dans le texte original : Celui qui se rendra coupable de l'une de ces choses confessera son péché. Il s'agit donc des trois cas cités plus haut. — De gregibus: un sacrilice de menu bétail (.ifôn), savoii- : agnam +sive capram, d'après les rites décrits au chap. iv, vers. 27-35. — Orabitque... Hébr, : Et le prêtre fera l'expiation... ( au moyen du sacrifice ). Tra- duire ainsi cette expression toutes les fois qu'elle se représentera. +7 - 10. Deuxième mode d'expiation , si le cou- pable est pauvre : le sacrifice de deux tourte- relles ou de deux pigeons. — Si... non potuerit... Ici, et en plusieurs autres endroits, le céleste Législateur a des attentions délicates pour les pauvres. Dieu ne veut pas que son culte devienne la cause d'une trop grande gêne. — Turturea..., columbarum. Voy. i, 14, et le commentaire. — Les vers. 8-10 contiennent quelques détails sur le double sacrifice pro peccato (8-9) et ia holo- caustum (10). — Retorquebit caput... Ce rite a été expliqué précédemment, i, 14-16. +11-13. Troisième mode d'expiation , pour ceux qui seront tout à fait indigents : une simple offrande de farine. — Partem ephi decimam: +Lev. V, 12-18. +337 +roscra point d'huile et n'y ajoutera point d'encens, parce que c'est pour le pcclic. +12. Il la présentera au prêtre, lequel en prendra une poignée, la brûlera sur l'autel en mémoire de celui qui l'aura offerte, +13. Priant pour lui et expiant sa faute ; et il aura le reste comme un don qui lui appartient. +14. Le Seigneur parla encore à Moïse, et lui dit : +15. Si un homme pèche par ignorance contre les cérémonies dans les choses qui sont sanctifiées au Seigneur, il otïrira pour sa faute un bélier sans tache pris dans les troupeaux, qui peut valoir deux sicles, selon le poids du sanctuaire ; +16. Il restituera le dommage qu'il a fait, en y ajoutant une cinquième partie qu'il donnera au prêtre, lequel, offrant le bélier, priera pour lui, et son jiéché lui sera pardonné. +17. Si un homme pèche par ignorance, en faisant quelqu'une des choses qui sont défendues par la loi du Seigneur, et qu'étant coupable de cette faute, il reconnaisse ensuite son iniquité, +18. Il prendra du milieu des troupeaux un bélier sans tache qu'il offrira au prêtre selon la mesure et l'estimation du péché ; +tet in eam oleum , nec thuiis aliquid imponet, quia pro peccato est ; +12. Tradetque eam sacerdoti, qui plé- num ex ea pugillum hauriens, cremabit super altare, in monimentum ejus qui obtulerit, +13. Hogans pro illo et expians ; reli- quam vero partem ipse habebit in mu- nere. +14. Locutusque est Dominus ad Moy- sen, dicens : +15. Anima, si praevaricans ceremonias, per errorem, in his quse Domino sunt sanctificata, peccaverit, offeret pro de- licto suo arietem immaculatum de gre- gibus, qui emi potest duobus siclis, juxta pondus sanctuarii ; +16. Ipsumquc quod intulit damni re- stituet, et quintam partem ponet supra, tradens sacerdoti , qui rogabit pro eo offe- rens arietem, et dimittetur ei. +17. Anima si peccaverit per ignoran- tiam , f eceritque unum ex his quee Domini lege prohibentur, et peccati rea intel- lexerit iniquitatem suam, +18. Offeret arietem immaculatum de gregibus sacerdoti, juxta mensuram sesti- mationemque peccati ; qui orabit pro eo, +C.-à-d. un gomor, ou 'orner, l'équivalent de 3 lit. 88. Cf. Ex. XVI, 36; XXIX, 40, etc. — Non mittet... oleum... Ce sacrifice pro peccato différait ainsi de la minhah ordinaire, h laquelle on ajoutait de l'huile et de l'encens. Cf. ii, 1-3. — Reliquam... partem... (vers. 13). C'était la part, et en quelque sorte le casuel du prêtre officiant. +§ V. — Rites des sacrifices pour le délit. Y, 14 — VI, 7. +Dans le paragraphe qui précède , il était ques- tion des sacrifices à offrir jjro peccato ( hébr. hatVat) ; on réglemente maintenant ceux qui de- vaient être offerts pro delicto (hébr. 'asam). En quoi différaient exactement le péché et le délit ? Les exégètes n'ont pu réussir à s'accorder sur ce point, malgré de longues et savantes discus- sions. Fautes de commission (le péché), fautes d'omission (le délit); péchés commis contre les préceptes affirmatifs, ou contre les préceptes né- gatifs ; péchés volontaires , péchés d'ignorance : telles sont les distinctions qu'on a le plus sou- vent apportées; à tort, croyons -nous, surtout pour la troisième ( voyez la note de iv, 2 ). Le délit pai'aît supposer une faute plus gi-ave, à laquelle s'adjoignait un préjudice matériel causé soit h Dieu en tant que roi théocratique, soit au prochain. Aussi la loi exige- 1 -elle iu:ie resti- tution, indépendanunent du siîcrificc.Voy. Calmet, Commçyit. littér. sur iJ Lévitique, éd. de 1717, pp. G^li-ii'ôi. +1° Les délits commis envers Dieu et le culte divin. V, 14-19. +14-16. Premier cas. — Locutusque... Formule d'introduction. Cf. i, 1; iv, 1; vi, 1, etc. — Prcevaricans... Au lieu de ceremonias, il faudrait « prœvaricationem ». Cette prévarication aura consisté , dans le cas présent , à frustrer le sanc- tuaire, par suite d'une erreur coupable (per er- rorem, hébr. Usgâgah; voyez la note de iv, 2), de l'une ou l'autre des redevances imposées : dîmes, prémices, etc. Cf. Ex. xxviii, 38; Num. V, 6-8. Tel est le sens des mots in his qiia Domino... sanctificata. — L'expiation consistait : lo dans le sacrifice d'un bélier, d'après le rite marqué plus bas, vn, 1-10; 2" dans la restitu- tion de la somme ou de la chose soustraite au sanctuaire , car le sacrifice effaçait le péché , non la dette; 3» dans ime amende, qui montait au cinquième de la dette (quintam partem... supra). — Relativement au premier point, il règne quelque obscurité sur les mots qui emi potest... L'hébreu porte : « selon ton estimation, des sicles d'ar- gent, » sans préciser le nombre des sicles. Plu- sieurs rabbins pensent, comme saint Jérôme, que c'est une manière de dire que le bélier devait valoir au moins deux sicles ( 5 f r. 66 ), — Sur le pondus (ou sicle) sanctuarii, voy. Ex. xxx, 13, et la note. +17-19. Deuxième cas. A première vue, ce cas semble général , car les termes qui le définissent sonc Llenciqucs h la formule employée plus haut, +338 Lev. V, 19 +quia nesciens f ecerit ; et dimittetur ei , +19. Quia per errorem deliquit in Do- minum. +— VI, 9. +le prêtre priera pour lui, parce qu'il a fait cette faute sans la connaître , et elle lui sera pardonnée, +19. Parce qu'il a péché par ignorance contre le Seigneur. +CHAPITRE VI +1. Locutus est Dominus ad Moysen, dicens : +2. Anima quœ peccaverit, et contem- pto Domino, negaverit proximo suo depo- situm quod fidei ejus creditum fuerat, vel vi aliquid extorserit, aut calumniam f ecerit , +3. Sive rem perditam invenerit, et inficians insuper pejeraverit, et quodlibet aliud ex pluribus f ecerit, in quibus soient peccare homines. +4. Convicta delicti, reddet +5. Omnia quse per fraudem voluit obtinere, intégra, et quintam insuper partem domino qui damnum intulerat. +6. Pro peccato autem suo oiïeret arie- tem iramaculatum de grege, et dabit eum sacerdoti, juxta sestimationem men- suramque delicti ; +7. Qui rogabit pro eo coram Domino, et dimittetur ilii pro singuiis quae fa- ciendo peccavit. +8. Locutusque est Dominus ad Moysen, dicens : +9. Prœcipe Aaron et filiis ejus : Ii£ec +1. Le Seigneur parla à Moïse, et lui dit : +2. L'homme qui aura péché en mépri- sant le Seigneur et en refusant à son prochain ce qui avait été commis à sa honne foi, ou qui aura par violence ravi quelque chose, ou qui l'aura usurpé par fraude ou par tromperie ; +3. Ou qui , ayant trouvé une chose qui était perdue, le nie et y ajoute encore un faux serment ; ou qui aura fait quel- qu'autre faute de toutes celles de cette nature que les hommes ont coutume de commettre ; +4. Etant convaincu de son péché, il rendra +5. En son entier tout ce qu'il a voulu usur- per injustement. Il donnera de plus une cinquième partie à celui qui en était le pos- sesseur, et à qui il avait voulu faire tort; +6. Et il offrira pour son péché un bé- lier sans tache pris dans le troupeau, qu'il donnera au prêtre, selon l'estima- tion et la qualité de la faute. +7. Le prêtre priera pour lui devant le Seigneur, et tout le mal qu'il a fait en péchant lui sera pardonné. +8. Le Seigneur parla encore à Moïse, et lui dit : +9. Ordonnez ceci à Aaron et à ses fils : +rv, 27-28, pour le simple péché; mais la position qu'il occupe dans ce passage consacré aux délits détermine nettement sa nature. Il s'agit donc de nouveau de préjudices portés au sanctuaire, — Offerens arietem... Comme pour le premier cas, vers. 16. — Juxta mensuram... peccati. Simple- plement, dans l'hébr. : d'après ton estimation. — Quia per errorem... Le texte primitif est d'une grande énergie :'asam hu'aSom 'asam laYhovali; « c'est un sacrifice de délit, car il avait commis un délit envers le Seigneur. » +20 Les délits commis envers le prochain. VI, 1-7. +Chap. VI. — 1-3. On expose d'abord plusieurs manières dont on aura pu léser le prochain dans ses biens matériels : « en mentant à son prochain au sujet d'un objet déposé chez lui, ou confié à sa garde, ou dérobé, ou extorqué, ou d'un objet perdu qu'il a trouvé, et s'il fait un faux serment +à l'égard d'un pareil délit » (traduction de l'hé- breu). — Contempto Domino : parce que se rendre coupable de n'importe quel délit, c'est toujours, finalement, offenser Dieu. +4-7. Le mode d'expiation. Voyez v, 15-16, et le commentaire. +§ V. — Rôle des prêtres selon les différentes espèces de sacrifices. VI, 8 — VII, 38. +1° Règles à observer pour l'holocauste. VI. 8-13. +8-9». D'abord une formule d'introduction (lo- cutus est...) qui embrasse les vers. S*" -18 de ce chap. VI ; puis le titre du présent alinéa {7iœc... lex liolocausti). — Frœcipe Aaron... Les lois qui précèdent, i, l-vr, 7, s'adressaient à tout le peuple ; celles-ci concernent particulièrement les prêtres, en tant que sacrificateurs. +Qi". Le feu perpétuel pendant la nuit. — CVe- +Lev. VI, 10-16. +33& +Voici quelle est la loi de Tholocauste : il brûlera sur l'autel toute la nuit jusqu'au matin ; le feu sera pris de l'autel même. +10. Le prêtre, étant vêtu de sa tunique par -dessus le vêtement de lin qui lui couvre les reins, prendra les cendres qui resteront après que le feu aura tout con- sumé, et, les mettant près de l'autel, +11. Il quittera ses premiers vêtements, en prendra d'autres , portera les cendres hoi"s du camp, et achèvera de les faire entièrement consumer dans un lieu très pur. +12. Le feu brûlera toujours sur l'autel, et le prêtre aura soin de l'entretenir, en y mettant, le matin de chaque jour, du bois sur lequel il placera, 'holocauste, et fera brûler la graisse des hosties paci- fiques. +13. C'est là le feu qui brûlera toujours sur Fautel, sans qu'on le laisse jamais éteindre. +14. Voici la loi du sacrifice et des of- frandes de fleur de farine , que les fils d'Aaron ofl:nront devant le Seigneur et devant l'autel : +15. Le prêtre prendra une poignée de la plus pure farine mêlée avec l'huile, et tout l'encens qu'on aura mis dessus, et les fera brûler sur l'autel, comme un monument d'une odeur très agréable au Seigneur. +16. Et pour ce qui reste de la pure farine, Aaron la mangera sans levain avec ses fils ; et il la mangera dans le lieu saint, dans le parvis du tabernacle. +est lex holocausti : Cremabitur in altari tota nocte usque mane ; ignis ex eodem altari erit. +10. Vestietur tunica sacerdos et femi- nalibus lineis ; tolletque cineres, quos vorans ignis exussit, et ponens juxta altare , +11. Spoliabitur prioribus vestiraentis , indutusque aliis, efferet eos extra castra, et in loco mundissimo usque ad favillam consumi faciet. +12. Ignis autem in altari semper ar- debit, quem nutriet sacerdos subjiciens ligna mane per singulos dies, et imposito holocausto, desuper adolebit adipes pa- cificorum. +13. Ignis est iste perpetuus, qui nun- quam deficiet in altari. +14. Hœc est lex sacrificii et libamen- torum, quae offerent filii Aaron coram Domino, et coram altari : +15. Tollet sacerdos pugillum similse , quse conspersa est oleo, et totum thus, quod super similam positum est ; adole- bitque illud in altari, in monimentum odoris suavissimi Domino; +16. Keliquam autem partem similœ comedet Aaron cum filiis suis, absque f ermento ; et comedet in loco sancto atrii tabernaculi. +7na62Ï«r(scilic. holocaiTstum)... tota nocie. Cf. Ex. XXIX, 38-46. Par conséquent, le feu aussi devait brûler toute la nuit sur l'autel clos holocaustes. C'est ce que l'hébreu dit plus clairement : Et le feu de l'autel y sera allumé (sur l'autel ; au lieu de ignis ex eodem...). +10-11. Ce que le prêtre officiant devait faire chaque matin pour l'entretien du feu sacré. — Vestietur tunica, ... feniinalibus. C'étaient les parties principales du costume des simples prêtres. Cf. Ex. XXVIII, 41-43. — Tolletque cineres... Les cendres , d'abord accumulées auprès de l'autel (ci. I, 16, et la note), étaient ensuite portées extra castra (voir iv, 12, et l'explication); mais pour cette seconde opération, qui le conduisait hors du sanctuaire, le prêtre quittait ses vête- ments de cérémonie et en prenait de plus com- muns. +12-13. Le feu perpétuel durant le jour. — rvcmarquez les répétitions pleines d'eniphase qui relèvent l'importance de ce rite symbolique. Le fou sacré figurait, en effet, les adorations per- pétuelles de la nation théocratique. Il ne s'étei- gnit, disent les rabbins, qu'au moment de la des- +truction du temple de Jéi'usalem par Nabucho- donosor; mais les saints Livres nous racontent qu'il fut, alors même, merveilleusement préservé. Cf. Il Mach. I, 19-22. +2° Règles que les prêtres devront observer dans les sacrifices non sanglants. VI, 14-18. +14-15. Titre de ce nouvel alinéa (vers 14), et description sommaire du sacrifice en question (vers. 15). Cf. II, 2-3. — Sacrificii et Uhamento- rum. L'hébreu n'a qu'un seul substantif : minhah Voy. la note de ii, 1. +16-18. Détails nouveaux : la part des prêtres et son emploi. — Comedet... absque fermenta. C.-à-d. qu'avec le reste de la farine on devait faire des pains sans levain, que les prêtres et leurs enfants mâles (mares, vers. 18) avaient seuls le droit de manger, et seulement dans l'enceinte du tabernacle (in loco sancto atrii..., vers 16) ; car ces restes étaient tout ù fait sacrés (sur l'expres- sion sanctum sanctorum, voy. ii, 3, et le com- mentaire). — Au lieu de pars ejus... inccnsum , lisez, d'après l'hébr. : Je le leur ai donné comme leur part de mes feux; c.-à-d. des offrandes qu'on m'avait faites pour qu'elles fussent consu- +340 +Lev. VI, 17-26. +17. Ideo aiitem non fermentabitur, quia pars ejus in Domini ofïertur incensum; Banctiim sanctorum erit , sicut pro peccato atque delicto. +18. ]\rares tantnm stirpis Aaron come- dent illud. Legitimum ac sempiternum crit in generationibiis vestris de sacri- ficiis Domini : omnis qui tetigerit illa, sanctificabitur. +19. Locutusque est Dominus ad Moy- sen , dicens : +20. Hœc est oblatio Aaron et iiliornm ejus, quam ofïerre debent Domino in die unctionis suœ : Decimam partem ephi olïerent similse in sacrificio sempiterno, médium ejus mane, et médium ejus ve- spere ; +21. Qu8e in sartagine oleo conspersa frigetur. Oiïeret autem eam calidam in odorem suavissimum Domino +22. Sacerdos, qui jure patri succes- serit ; et tota cremabitur in altari ; +23. Omne enim sacrificium sacerdotum igné consumetur, nec quisquam comedet ex eo. +24. Locutus est autem Dominus ad Mo3^sen, dicens : +25. Lcquere Aaron et filiis ejus : Ista est lex hostiae pro peccato : In loco ubi ofîertur holocaustum , immolabitur coram Domino. Sanctum sanctorum est. +26. Sacerdos qui offert, comedet eam in loco sancto, in atrio tabernaculi. +17. On ne mettra point de levain dans cette farine, parce qu'on en prend une partie qu'on offre comme un encens au Seigneur. Ce sera donc une chose très sainte, comme ce qui s'offre pour le péclié et pour le délit ; +18. Et il n'y aura que les nifiles de la race d'Aaron qui en mangeront. Ce sera là une loi éternelle touchant les sacri- fices du Seigneur, qui passera parmi vous de race en race : que tous ceux qui tou- cheront à ces choses soient saints et purs. +19. Le Seigneur parla encore à Moïse, et lui dit : +20. Voici l'oblation d'Aaron et de ses fils qu'ils doivent offiir au Seigneur le jour de leur onction : Ils offriront en sa- crifice perpétuel la dixième partie d'un éplii de fleur de farine, la moitié le matin, et l'autre moitié le soir. +21. Elle sera mêlée avec de l'huile, et se cuira dans la poêle. Le pontife qui aura succédé légitimement à son père l'offrira toute chaude pour être d'une odeur très agréable au Seigneur, +22. Et elle brûlera tout entière sur l'autel. +23. Car tous les sacrifices des prêtres seront consumés par le feu, et personne n'en mangera. +24. Or le Seigneur parla à Moïse, et lui dit : +25. Dites ceci à Aaron et à ses fils : Voici la loi de l'hostie offerte pour le pé- ché : Elle sera immolée devant le Sei- gneur , au lieu où l'holocauste est offert. C'est une chose très sainte ; +26. Et le prêtre qui l'offre la mangera dans le lieu saint, dans le parvis du ta- bernacle. +mécs en holocauste. — Qui tetigerit... sanctifica- hitar. Deux interprétations sont possibles : l» pour toucher ces oblations saintes , les prêtres devront posséder une grande sainteté morale ; 2« qui- conque les aura touchées sans être prêtre sera établi dans un état particulier de sanctification, état qui créait des obligations spéciales. Cf. xxi, 1-8. Ci second sens est le meilleur; voyez le vers. 27. +3" Règles particulières pour le sacrifice non sanglant qui était offert au jour de la conséci'a- tion du grand prêtre. VI, 19-23. +19-20». Double transition : Locutus est... IIccc est oblatio (hébr. qorbân). — Far filiorum , il ne faut pas entendre tous les fils d'Aaron, mais seu- lement ceux qui devaient lui succéder au titre de pontifes, en recevant l'onction complète (in die iinctionis. ..).\oye2 la note de iv, 3. +20*>-23. Description du sacrifice. — La quan- +tité : un 'orner, comme i)lu3 haut (v, 11 ; deci- mam partem... ). — La perpétuité : sempiterno. Tous les jours de la vie du grand prêtre, suivant la tradition juive, que paraissent favoriser les passages Kccli. xlv, 14; Hebr. vu, 17; d'après d'autres intei"prètes, une fois seulement, le jour de la consécration. — Le mode :1° médium mane..., vespere ; 2° in sartagine... frigetur (cf. ii , 5 ) ; 3° tota cremabitur, par conséquent nec quisquam comedet... +4» Règles que les prêtres devront observer dans les sacrifices pour le péché. VI, 24-30. +24-25». Double transition, comme aux vers. 8-9, 19-20. +25i>-30. Quelques règles complémentaires. — 1" La victime sera immolée in loco ubi... ho- locaustum; c.-à-d. en avant de l'entrée du taber- nacle, et au côté septentrional de l'autel. Cf. i, +Lev. VI, 27 — VII, 6. +341 +27. Tout ce qui en aura touché la chair sera sanctifié. S'il rejaillit du sang de riiostie sur un vêtement, il sera lavé dans le lieu saint. +28. Le vase de terre dans lequel elle aura été cuite sera brisé. 8i le vase est d'airain, on le nettoiera avec grand soin , et on le lavera avec de l'eau. +29. Tout mâle de la race sacerdotale n^angera de la chair de cette victime, parce qu'elle est très sainte. +30. Car, quant à l'hostie qui s'immole pour le péché , et dont on porte le sang dans le tabernacle du témoignage pour faire l'expiation dans le sanctuaire, on n'en mangera point, mais elle sera brû- lée par le feu. +27. Quidquid tetigerit carnes ejus, sanctificabitur. Si de sanguine illius ve- stis fuerit aspersa, lavabitur in loco sancto. +28. A^as autem fictile, in quo cocta est, confringetur ; quod si vas {eneum fuerit, defricabitur, et lavabitur aqua. +29. Omnis masculus de génère sacer- dotali vescetur de carnibus ejus, quia sanctum sanctorum est. +30. Ilostia enim quœ casditur pro pec- cato, cujus sanguis infertur in taberna- culum testimonii ad expiandum in sanctuario, non comedetur, sed combu- retur igni. +CHAPITRE VII +1. Voici la loi de la victime poui le délit : Cette hostie est très sainte. +2. C'est pourquoi on t-'acriliera la vic- time pour le délit à l'endroit où l'on im- mole l'holocauste ; son sang sera répandu autour de l'autel. +3. On en offrira la queue et la graisse qui couvre les entrailles, +4. Les deux reins, la gj-aisse qui est près des flancs, et la taie du foie avec les reins. +5. Le prêtre les fera brûler sur l'autel; c'est comme l'encens du Seigneur qu'on offre pour le péché. +6. Tout mâle de la race sacerdotale mangera de la chair de cette victime dans le lieu saint, parce qu'elle est très sainte. +1. Hflec quoque lex hostise pro delicto : Sancta sanctorum est ; +2. Idcirco ubi immolabitur holocaus- tum , mactabitur et victima pro delicto ; sanguis ejus per gyrum altaris fundetur. +3. Offerent ex ea caudam et adipem qui operit vitalia, +4. Duos renunculos, et pinguedinem quse juxta ilia est, reticulumque jecoris cum renunculis. +5. Et adolebit ea sacerdos super altare ; incensum est Domini pro delicto. +6. Omnis masculus de sacerdotali génère, in loco sancto vescetur his car- nibus . quia sanctum sanctorum est. +11. — 2o Sanctum saudorum est. Cf. ii, 3. De ce second point découlent toutes les prescriptions que renferment les vei's. "26-30 ; elles se rap- portent soit à l'emploi que les prêtres devaient faire de leur part (26 et 29; comp. les vers. 16 et 18), soit à l'état de sanctification dans lequel le moindre contact avec le sang ou la chair des victimes plaçait les personnes et les choses (27-28), De là un lavage dans le lieu saint, pour les vê- tements et pour les vases de métal ; quant au vas fictile, que le jus des viandes sacrées avait pénétré pendant la cuisson, on devait le briser complètement ; il ne devait plus servir à des usages profanes. Il est bon de i-emarquer ici que les Orientaux vernissent très raremert leurs po- teries communes. — Hostia enim... C'est « au- tem )J qu'il faudrait ; car on va établir ime excep- tion. La chair de certains sacrifices offerts pour le péc^ô non comeditur, sed comburetur; et ces +sacrifices sont désignés par la formule générale : ci'jus sanguis inferltir in tahernncuhim. Il s'agit donc de csux qui était-nt immolés pour le péché du grand prêtre ( iv, 5 - 7 ) , pour le péché de la nation entière (iv, lû-18), et à la fête de l'Expia- tion (xvi, 27 )j puisque, dans ces trois cas, une partie du sang de la victime était portée dans l'intérieur du tabernacle. +5o Règles que les prêtres devaient observer dans les sacrifices pour le délit, VII, 1-10. +Chap. VII. — 1-7, Hcec... lex... pro delicto. Cf, V, 1-13. Après ce titre, nous trouvons un principe général, sancta sanctorum est, auquel se rattachent comme précédemment (vi, 25) la plupart des détails qui suivent: cérémonies de l'im- molation, vers. 2 ; combustion des parties grasses , vers. 3 - 5 ; la portion des prêtres et son emploi , vers 6. Le vers, 7 établit une comparaison, sur- tout au point de vue de V\ ■^^^rt des prêtres, prtro +342 +Lev. VII, 7-16. +7. Sicut pro peccato ofïertur hostia, ita et pro delicto ; iitdusque hostiae lex nua erit : ad sacerdotem ; qui eam obtu- lerit, pertinebit. +8. Sacerdos qui offert holocausti victi- niam, habebit pellem ejus. +9. Et omne sacrilicium simiise, quod coquitur in clibaiio, et quidquid in cra- ticula, vel in sartagine prœparatur, ejus erit sacerdotis a quo oiîertur ; +10. Sive oleo conspersa, sive arida fuerint, cunctis filiis Aaron mensura œoua per singulos dividetur. +11. Hsec est lex hostise pacificorum qiise ofïertur Domino : +12. Si pro gratiarum actione oblatio fuerit, ofîerent panes absque fermento conspersos oleo, et lagana azyma uncta oleo, coctamque similam, et coUyridas oiei adriiistione conspersas ; +13. Panes quoque f ermentatos , cum liostia gratiarum, quae immolatur pro pacifiais ; +14. Ex quibus unus pro primitiis ofîeretur Domino, et erit sacerdotis qui fundel liostiœ sanguinem. +15. Cujus carnes eadem cornedentur die, nec remanebit ex eis quidquam usque mane.. +16. Si voto, vei sponte qnispiam obtu- lerit tiostiam , eadem similiter edetur die ; sed et si quid in crastinum reman- bfcrit, vesci licitnm est ; +7. Comme on offre une victime poiu- le péché, on l'offre de même pour le délit; il n'y aura qu'une seule loi pour ces deux hosties. L'une et l'autre appartiendra au prêtre qui l'aura offerte. +8. Le prêtre qui offre la victime de l'holocauste en aura la peau. +9. Toute offrande de fleur de farine qui se cuit dans le four, ou qui se rôtit sur le gril, ou qui s'apprête dans la poêle, appartiendra au prêtre par lequel elle est oft'erte. +10. Si elle est mêlée avec de l'huile , ou si elle est sèche, elle sera partagée également entre tous les fils d' Aaron. +11. Voici la loi des hosties pacifiques qui s'offrent au Seigneur. +12. Si c'est une oblation pour l'action de grâces, on offrira des pains sans le- vain mêlés d'huile , des gâteaux sans le- vain arrosés d'huile par-dessus, de la plus pure farine qu'on aura fait cuire, et des tourteaux arrosés et mêlés d'huile. +13. On offrira aussi des pains levés avec l'hostie d'action de grâces, qui s'im- mole pour le sacrifice pacifique ; +14. L'un d'eux sera offert au Seigneur pour les prémices , et il appartiendra au prêtre qui répandra le sang de la vic- time. +15. On mangera la chair de la victime le jour même, et il n'en demeurera rien jusqu'au lendemain. +16. Si quelqu'un offre une victime après avoir fait un vœu, ou spontané- ment, on la mangera aussi le même jour, et quand il en demeurera quelque chose pour le lendemain, il sera encore permis d'en manger ; +ifcs sacrifices pour le péctié ei les sacrifices pour Ib aélit. +8-10. l-'art attribuée aux prêtres dans les holo- caustes et les sacrifices non sanglants. Ces détails fcont insérés ici à cause de leui analogie avec ceux des "Vers. 6-7. — Dans l'holocauste, l'otticiant ha- bebit pellem; probablement aussi dans les sacri- fices pour le péché et pour le délit, à part de rares exceptions. Cf. rv, 11, 21. Suivant la tra- dition juive, la peau revenait au donataire dans les sacrifices pacifiques. — Pour les offrandes non sanglantes, vers. 9-10, on établit une distinction basée sur leurs différentes espèces (il, 4-7; voyez les notes). Tout ce qui était cuit in clibano , in craticulx, in sartagine, appartenait au célébrant, car on Dffrait ces choses en quantité moindre; .au contraire, la farine crue était partagée entre tous les prêtres, parce quo les restes en étalent beaucoup plus abondants. +(><' Règles que les prêtres devaient observer +pour les sacrifices pacifiques. VII, 11-21. +11-15. A la suite du titra qui introduit l'ali- néa (vers. 11: Hcec ast lex...), on établit trois catégories d'hosties pacifiques. Nous avons la première aux vers. 12-15 : pro gratiarum actione. — Offerent panes, ... lagana, ... coUyridas... Énu- mération (12-14) des offrandes non sanglantes qui accompagnaient les sacrifices pucifiques. Voyez II, 4, et le commentaire. — Panes quoque fer- mcntatos. Trait qui surprend, après la prohibi- tion si formelle du levain dans les sacrifices, II, 11. Mais ces pains n'étaient pas destinés h servir d'oblations , comme ceux qui ont été men- tionnes au vers. 12 ; ils devaient simplement ser- vir au repas qui suivait les sacrifices d'action de grâces (cujus carnes cornedentur..., vers. 15). +lG-18. Deuxième et troisième catégories des sa- crifices pacifiques. — La seconde est contenue dans le substantif voto (par suite d'un vœu), la troi- sième dans l'adverbe sponte (sans autre motif +Lev. vu, 17-26. +343 +17. Mais tout ce qui s'en trouvera de reste au troisième jour sera consumé par le feu. +18. Si quelqu'un mange de la chair de la victime paciliquc le troisième jour, l'o- Mation deviendra nulle et elle ne servira de rien ;\ celui qui l'aura ofierte ; mais, au contraire, quiconque se sera souillé en mangeant ainsi de cette hostie sera cou- pable d'avoir violé la loi. +19. La chair qui aura touché quelque chose d'impur ne se mangera point, mais elle sera consumée par le feu ; celui qui sera pur mangera de la chair de la vic- time pacifique. +20. L'homme qui, étant souillé, man- gera de la chair des hosties pacifiques offertes au Seigneur, périra du milieu de son peuple. +21. Celui qui, aj'ant touché à quelque chose d'impur, soit d'un homme ou d'une bête, ou généralement à toute autre chose qui peut souiller, ne laisse pas de man- ger de cette chair sainte, périra du mi- lieu de son peuple. +22. Le Seigneur parla encore à Moïse, et lui dit : +23. Dites aux enfants d'Israël : Vous ne mangerez point la graisse de la bre- bis, du bœuf, ni de la chèvre; +24. Ni de celle d'une bête qui sera morte d'elle-même, ni de celle qui aura été prise par une autre bête ; mais vous vous en servirez à d'autres usages. +25. Si quelqu'un mange de la graisse qui doit être offerte et brûlée devant le Sei- gneur comme un encens, il périra du mi- lieu de son peuple. +26. Vous ne prendrez point non plus +17. Quidquid autem tertius invenerit dies, ignis absumet. +18. Si quis de carnibus victimse paci- iicorum die tertio comederit, irrita fiet oblatio, nec proderit offerenti ; quin potius quœcumque anima tali se edulio contaminaverit, pra3varicationis rea erit. +19. Caro quse aliquid tetigerit immun- dum , non comedetur, sed comburetur igni ; qui fuerit mundus , vescetur ex ea. +20. Anima polluta quse ederit de car- nibus hosties pacificorum, quse oblata est Domino , peribit de populis suis ; +21. Et quse tetigerit immunditiam hominis, vel jumenti, sive omnis rei quas polluere potest, et comederit de hujuscemodi carnibus, interibit de po- pulis suis. +22. Locutusque est Dominus ad Moy- sen, dicens : +23. Loquere filiis Israël : Adipem ovis, et bovis, et caprse, non comedetis. +24. Adipem cadaveris morticiui, et ejus animalis quod a bestia captum est, liabebitis in varios usus. +25. Si quis adipem, qui offerri débet in incensum Domini, comederit, peribit de populo suo. +26. Sanguinem quoque omnis animalis +spécial que la dévotion et la piété). — Sed et si in crastinum. . . Règles propres à ces deux classes d'hosties pacifiques. On accorde plus de temps pour consommer le reste des chairs. Néan- moins, quidquid... tertius dies, ignis absumet; la viande aurait pu se corrompre , ce qui eût été une profanation du sacrifice, et même son anni- hilation devant Dieu, ainsi qu'il est expliqué au vers. 18. +19-21. Quelques autres prescriptions relatives à la manducation des hosties pacifiques. Elles ont pour but de relever le caractère sacré de tout ce qui touchait au culte divin. — 1° Caro, quce... tetigerit immundum... Cette viande, ainsi pi'o- f anée, était également condamnée au feu. — 2° Qui fuerit 'mundus, vescetur... Et les versets suivants insistent siu' cette loi, avec une terrible sanction : peribit..., interibit. Voy. Ex. xxxr, 14, et le com- mentaire. +î'o Nouvelle interdiction de manger la graisse +et le sang des animaux. VII , 22 - 27. +22-23». Transition et introduction. — Filiis Israël, et pas seulement aux pi'êtres (cf. vi, 8, 14,19, 24) ; le peuple entier était intéressé à bien connaître cette grave injonction. C'est le dévelop- pement de ni, 17, +23''- 25. Trois règles relatives à l'emploi de la graisse. — Première règle : Adipem ovis... La graisse des trois espèces de quadrupèdes qui for- maient la matièi'e des sacrifices est absolument interdite pour les usages profanes , Dieu se l'étant formellement "-éservée. Voyez, sur ce qu'il faut entendre par vt adeps », la note de m, 17. — Deuxième règle : Adipem... morticini... in varios usus; par exemple pour l'éclairage, etc. Mais ou se serait rendu impur en la mangeant. — Troi- sième règle : Si quis adipem..., peribit. La sanc- tion accoutxmiée. +26-27. Prohibition du sang, plus étendue que celle de la graisse. +)ll +I +Élfi +ii-f- +iiv^i-- +iTtîî^ Tktïïaî. '■^ri^rÇ'Z '. Oflt' +Là^ a^îg uù^eâtt^^que >i6& +et +•t: i.nx' '•nfant'î <¥TlrtipJ . <^ +Sst +;M't I IM'« 1MI+ , in l-Ml-, IHM^ +• itkjiia. Uijitt .jiiô-ilûit. +-tJt, +, { +,111. Qivi aHAlehit a2-. ArmiiR qn/)qne àe^tpr' de pacifico— +i f)htnlerit, +:u et ari' i- iiAbehit - le sna : +T^r.pinsnnliTm enim devat.îonis , et +tionis, tnli a rtliis Israei +■ Maciftcis, et rledi Aaroa +ejnn, leg-e perpétua., +34. +armn +?)5. rimn est nnctio Aai'on et fllioriua ejn» in ceremoniis Domiai, die qua ob-- ^iV.ir eos Moyses, iit sacerdotio fange- rf.niiir ; +?>6. Kt qnfft prflftcepit ejs dari Dominus a filiis rsrael religione p«petiia in g«ie- rationibii» nuis. +37. ÏHtfh fîst lex holnoauRti, et sacrificii -ro penr^-to atf|iie rlelicto, et pro conse- ■ratione et pacificonim victimis, +t« +tel; et la poiitme seca. pour AaroiL et {joiffses ftis. +32- r!*-" «vaille droite dela.vfcttnie |jaci- +)rétre comme +• iea riia +,1.1 J. " - ^^ i£L _ * .Xi.-j.-:C , ùtxi.jj* +ail . . :e poux la pomon. du +sacruice. +34% Caj" j'^ai réserré: de la chair dea lioBties paciâques des enfanta d-'Israël^ la poitrine qu'oa élève (ievani moi^ etr répanle qu-'oiL ea a séoarée, et ie les ai données a' +par une loi - +tOTTt le peuple a'IsraéL +35. C'est là le droit de ronction. d'Aa- roit et de ses lila dans les cérémonies du i^gnenr, qu'ils <■: i jour ou Moïse les présenta oui exer- cer les fonctions du saceraoce : +36. Et c'est ce que le Seigneur a com- mandé aux enfants dTiraël de leur donnw par une '' ' - qui doit passer dT. - - +leur postérité. +37. C'est là la loi de l'Iiolocauste, du sacrifice pour le péché et pom' le délit , et dn î^acrifice des consécrations et des ^dctimes nacifiques , +r> +8» S-ntfp. de» r^«^c8 relatives aux sacrifices pa- +28-2ft». Tnt.roHiict.inn pour rpnoner la snlte des +,.i,V- .11,. 'inyiiift par les vers. +le parenthèse. — +.< jArrud, +c.H donataires +■^ ■ roiir à tf>vT +l> yuvt d© DU'M et c^iUi d^M yt'cwcw. —■(!>/ ii*Mf et +sacriflcium C vers. 29). Hébr. minhah, rme of- frande non sanglante. — 3ur les (îxpr - <.- ctusculum elevationis , et armum st. Ters. 34 ('mieux : la poitrine < l'agitation -i _ e- paule d'élévation), voyez Ex. xxix, 27, et le com- mentaire. +3° Conclusion de tout ce paragraphe. YII, 36-38. +35-:ifi. C'est un sommaire rapide, mais solen- nel, des divers détails que noua vfnon**^ île lire. +Lev. VII, 38 — VIII, 9. +345 +38. Que le Seigneur donna à Moïse sur i montagne du Sinaï, lorsqu'il ordonna ux enfants d'Israël d'offrir leurs obla- ions au Seigneur dans le désert du iuaï. +38. Quara constituit Dominns Movsi in monte Sinai, quando mandavit filiis Israël ut offerrent oblationes suas Do- mino in deserto Sinai. +CHAPITRE VIII +1. Le Seigneur parla encore à Moïse, t lui dit : +2. Prenez Aaron avec ses fils, leurs ôtements, l'huile d'onction, le veau +;iti doit être offert pour le péché, deux MÙiiers et une corbeille de pains sans le- vain , +3. Et assemblez tout le peuple à l'en- rée du tabernacle. +4. Moïse fit ce que le Seigneur lui avait • •ommandé ; et aj^ant assemblé tout le l^euple devant la porte du tabernacle , +5. Il leur dit : Voici ce que le Seigneur a ordonné que l'on fasse. +G. En même temps il présenta Aaron et ses fils ; et les ayant lavés , +7. Il revêtit le grand prêtre de la tu- m«]ue de fin lin, et le ceignit avec la ceinture; il le revêtit par -dessus de la robe d'hyacinthe , mit l'éphod sur sa robe , +8. Et le serrant avec la ceinture , il y attacha le rational, sur lequel étaient écrits ces mots : Doctrine et vérité. +9. Il lui mit aussi la tiare sur la tête ; et au bas de la tiare qui couvrait le fi'ont, il mit la lame d'or consacrée par le saint nom quelle portait, selon que le Seiarneur le lui avait ordonné. +1. Locutusque est Dominus ad Moy- sen , dicens : +2. Toile Aaron cum filiis suis , vestes eorum, et unctionis oleum, vitulum pro peccato, duos arietes, canistrum cum azymis , +3. Et congregabis omnem cœtum ad ostium tabernaculi. +4. Fecit Moyses ut Dominus impera- verat ; congregataque omni turba ante fores tabernaculi, +5. Ait : Iste est sermo, quem jussit Dominus fieri. +6. Statimque obtulit Aaron et filios ejus ; cumque lavisset eos , +7. Vesti^dt pontificem subucula linea, accingens eum balteo, et induens eum tunica hyacinthiua, et desuper humerale imposuit, +8. Quod astringens cingulo aptavit rationali, in quo erat : Doctrina et Ve- ritas. +9. Cidari quoque texit caput ; et super eam, contra frontem, posuit laminam auream consecratam in sanctificatione, sicut prœceperat ei Dominus. +— Hœc est unctio... Dans le sens de « droit con- féré par l'onction ». +Section II. — Les débuts du sacerdoce +LÉVITIQUE. YIII, 1 — X, 20. +§ I. — Consécration d' Aaron et de ses fils. YIII, 1-36. +Maintenant qne le tabernacle est érigé et qtie tont a été réglé pour les sacrifices, les prêtres peuvent enti'er en fonctions; mais, auparavant, ils sont consacrés d'après les rites que Dieu lui- même avait longuement fixés. Toy. Ex. xxnn, 1-43; XL, 12-13, et surtout le chap. xxix, où nous avons donné la plupart des explications nécessaires. +1° Préparation imposante de la cérémonie, vers. 1-5. +Chap. VIII. — 1-3. Dieu avertit Moïse qu'il est temps de procéder h la consécration d' Aaron et de ses fils. — Toile... vestes : les vêtements sa- +crés, décrits au chap. xxviii de l'Exode; unctio- nis oleum, cf. Ex. xxx, 22-33 ; les victimes san- glantes (vitulum...) duos arietes), et non san- glantes (canistnnn...), cf. Ex. xxix, 1-3. — Congre- gabis omnem cœtum... Le peuple entier était invité à cette cérémonie vi-aiment nationale, qui allait établii- des médiateurs entre son Dieu et lui. +4-5. Moïse exécute les ordres de Jéhovah. — Iste est serino... Ce n'est là, évidemment, qu'une formule abrégée des paroles que Moïse adressa aux Israélites. +2'» Premiers rites de îa consécration, vers. 6-13. +6. L'ablution. — Obtulit. Hébr. : il fit appro- cher. — Lavisset: un bain complet (cf. xvi, 4), qui figurait une grande sainteté. Cf. Hebr. vu, 26. +7-9. La vêture d'Aaron, emblème de sa situa- tion ofiScielle. — Subucula linea, la timique (Ex. xxvin, 39) : balteo, la ceinture (Ex. xxvni, 39); tunica Jvjacinthina, la robe de l'éphod (Ex. XXVIII, 31-35); humerale, l'éphod (Ex. x:x;vrn, +17 +344 +Lev. VII, 27-37. +non sumetis in cibo, tam de avibus quam de pecoribus. +27. Omnis anima, qiiœ ederit sangui- nem, peribit de populis suis. +28. Locutusqiie est Dominus ad Moy- sen, dicens : +29. Loquere filiis Israël, dicens : Qui offert victimam pacificorum Domino, offerat simul et sacrificium, id est, liba- menta ejus. +30. Tenebit manibus adipem hostiae et pectusculum ; cumque ambo oblata Domino consecraverit, tradet sacerdoti, +31. Qui adolebit adipem super altare; pectusculum autem erit Aaron et filiorum ejus. +32. Armus quoque dexter de pacifico- rum liostiis cedet in primitias sacerdotis. +33. Qui obtulerit sanguinem et adi- pem, filiorum Aaron, ipse habebit et armum dextrum in portione sua ; +34. Pectusculum enim elevationis, et armum separationis , tuli a filiis Israël de hostiis eorum pacificis, et dedi Aaron sacerdoti, et filiis ejus, lege perpétua, ab omni populo Israël. +35. Hœc est unctio Aaron et filiorum ejus in ceremoniis Domini, die qua ob- tulit eos Moyses, ut sacerdotio funge- rentur ; +36. Et quse praecepit eis dari Dominus a filiis Israël religione perpétua in gene- rationibus suis. +37. Ista est lex holocausti, et sacrificii pro peccato atque delicto, et pro conse- cratione et pacificorum victimis. +pour votre nourriture du sang d'aucun animal, tant des oiseaux que des trou- peaux. +27. Toute personne qui aura mangé du sang périra du milieu de son peuple. +28. Le Seigneur parla encore à Moïse , et lui dit : +29. Parlez aux enfants d'Israël, et dites-leur : Que celui qui offre au Sei- gneur une hostie pacifique lui offre en même temps le sacrifice non sanglant, c'est-à-dire les libations dont elle doit être accompagnée. +30. Il tiendra dans ses mains la graisse et la poitrine de la victime ; et lorsqu'il aura consacré l'une et l'autre au Seigneur en les offrant, il les donnera au prêtre, +31. Qui fera brûler la graisse sur l'au- tel ; et. la poitrine sera pour Aaron et pour ses fils. +32. L'épaule droite de la victime paci- fique appartiendra aussi au prêtre comme les prémices de l'ohlalion. +33. Celui d'entre les fils d'Aaron qui aura offert le sang et la graisse, aura aussi l'épaule droite pour la portion du sacrifice. +34. Car j'ai réservé de la chair des hosties pacifiques des enfants d'Israël, la poitrine qu'on élève devant moi, et l'épaule qu'on en a séparée, et je les ai données au prêtre Aaron et à ses fils, par une loi qui sera toujours observée par tout le peuple d'Israël. +35. C'est là le droit de l'onction d'Aa- ron et de ses fils dans les cérémonies du Seigneur, qu'ils ont acquis au jour où Moïse les présenta devant lui pour exer- cer les fonctions du sacerdoce ; +36. Et c'est ce que le Seigneur a com- mandé aux enfants d'Israël de leur donner par une observation religieuse, qui doit passer d'âge en âge dans toute leur postérité. +37. C'est là la loi de l'holocauste, du sacrifice pour le péché et pour le délit , et du sacrifice des consécrations et des victimes pacifiques, +8» Suite des règles relatives aux sacrifices pa- cifiques. VII, 28-34. +28-29». Introduction pour renouer la suite des idées, momentanément interrompue par les vers. 22-27, qui formaient une sorte de parentlièse. — De nouveau filiis Israël, parce que les donataires jouaient, dans les sacrifices pacifiques, un plus grand rôle que dans les autres oblations. +2n*'-:i4. Lo lojislatenr (Ic'tenniiic tour à tour la piirt de Dieu et c^lle des iiroLiv.s. — Hiinul et +sacrificium (vers. 29). Hébi*. minhah, une of- frande non sanglante. — Sur les expressions pe- ctusculum elevationis, et armum separationis , vers. 34 ( mieux : la poitrine d'agitation et l'é- paule d'élévation), voyez Ex. xxix, 27, et le com- mentaire. +9° Conclusion de tout ce paragraphe. VII, 35-38. +35 -.S8. C'est un sommaire rapide, mais solen- nel, dos divers détails (jnc nous venons de lire. +Lev. VII, 38 — VIII, 9. +345 +38. Que le Seigneur donna à Moïse sur la montagne du Sinaï, lorsqu'il ordonna anx enfants d'Israël d'offrir leurs obla- tions au Seigneur dans le désert du Sinaï. +38. Quara constituit Dominus Moysi in monte Sinai, quando mandavit filiis Israël ut offerrent oblationes suas Do- mino in deserto Sinai. +CHAPITRE VIII +1. Le Seigneur parla encore à Moïse, et lui dit : +2. Prenez Aaron avec ses fils, leurs vêtements, l'huile d'onction, le veau qui doit être offert pour le péché, deux béliers et une corbeille de pains sans le- vain , +3. Et assemblez tout le peuple à l'en- trée du tabernacle. +4. Moïse fit ce que le Seigneur lui avait commandé ; et ayant assemblé tout le peuple devant la porte du tabernacle , +5. Il leur dit : Voici ce que le Seigneur a ordonné que l'on fasse. +6. En même temps il présenta Aaron et ses fils; et les ayant lavés, +7. Il revêtit le grand prêtre de la tu- nique de fin lin, et le ceignit avec la cei iiture ; il le revêtit par - dessus de la robe d'hyacinthe , mit l'éphod sur sa robe , +8. Et le serrant avec la ceinture , il y attacha le rational, sur lequel étaient écrits ces mots : Doctrine et vérité. +9. Il lui mit aussi la tiare sur la tête ; et au bas de la tiare qui couvrait le front, il mit la lame d'or consacrée par le saint nom qu'elle portait, selon que le Seiofneur le lui avait ordonné. +1. Locutusque est Dominus ad ]\Ioy- sen, dicens : +2. Toile Aaron cum filiis suis , vestes eorum, et unctionis oleum, vitulum pro peccato, duos arietes, canistrum cum azymis, +3. Et congregabis omnem cœtum ad ostium tabernaculi. +4. Fecit Moyses ut Dominus impera- verat; congregataque omni turba ante fores tabernaculi, +5. Ait : Iste est sermo, quem jussit Dominus fieri. +6. Statimque obtulit Aaron et filios ejus ; cumque lavisset eos , +7. Vestivit pontificem subucula linea, accingens eum balteo, et induens eum tunica hyacinthina, et desuper humerale imposuit, +8. Quod astringens cingulo aptavit rationali, in quo erat : Doctrina et Ve- ritas. +9. Cidari quoque texit caput ; et super eam, contra frontem, posuit laminam auream consecratam in sanctificatione, sicut prseceperat ei Dominus. +— Ilœc est unctio... Dans le sens de « droit con- féré par l'onction ». +Section II, — Les débuts du sacerdoce +LÉVTTIQUE. YIII, 1 — X, 20, +§ I. — Consécration cl' Aaron et de ses fils. VIII, 1-36. +Maintenant que le tabernacle est érigé et que tont a été réglé pour les sacrifices, les prêtres peuvent entrer en fonctions; mais, auparavant, ils sont consacrés d'après les rites que Dieu lui- même avait longuement fixés, Yoy, Ex, xxviii, 1-43; XL, 12-13, et surtoiit le chap. xxix, où nous avons donné la plupart des explications nécessaires, +l» Préparation imposante de la cérémonie , vers. 1-5. +Chap. VIIL — 1-3. Dieu avertit Moïse qu'il est temps de procéder à la consécration d' Aaron et de ses fils, — Toile... vestes : les vêtements sa- +crés, décrits au chap. xxviii de l'Exode ; unctio- nis oleum, cf. Ex, xxx, 22-33 ; les victimes san- glantes (vitulum..., duos arietes), et non san- glantes {canistrum...}, cf. Ex. xxix, 1-3, — Congre- gabis omnem cœtum... Le peuple entier était invité h cette cérémonie vraiment nationale, qui allait établir des médiateurs entre son Dieu et lui, +4-5. Moïse exécute les ordres de Jéliovah. — Iste est sermo... Ce n'est là, évidemment, qu'une formule abrégée des paroles que Moïse adressa aux Israélites. +20 Premiers rites de la consécration, vers. 6-13. +6. L'ablution. — Obtnlit. Hébr. : il fit appro- cher. — Lavisset: un bain complet (cf. xvi, 4), qui figurait une grande sainteté. Cf. Hebr. vu, 26. +7-9. La vêture d'Aaron, emblème de sa situa- tion officielle. — Subucula linea, la tunique (Ex. xxviii, 39); balteo, la ceinture (Ex. xxviii, 39); tunica hyacinthina, la robe de l'éphod (Ex. xxvur, 31-35); humerale, l'éphod (Ex. xxvin, +17 +346 +10. Tiilit et unctionis oleum, quo lini- vit tabernaculum cum omni supellectili sua ; +11. Cumque sanctificans aspersisset altare septem vicibus, imxit illud, et omnia vasa ejus; labriimque cum basi sua sanctiticavit oleo. +12. Quod fundens super caput Aaron, unxit eum , et consecravit ; +13. Filios quoque ejus oblatos vestivit tunicis lineis, et cinxit balteis , imposuit- que mitras, ut jusserat Dominus. +14. Obtulit et vitulum pro peccato ; cumque super caput ejusposuisset Aaron, et filii ejus, manus suas, +15. Immolavit eum, bauriens sangui- 11 em, et tincto digito, tetigit cormia altaris per gyrum ; quo expiato et san- ctificato, fudit reliquum sanguinem ad fundamenta ejus. +16. Adipem vero qui erat super vitalia, et reticulum jecoris, duosque renuncu- los cum arvinulis suis adolevit super altare ; +17. Vitulum cum pelle, et carnibus, et fimo, ci'emans extra castra, sicut prse- ceperat Dominus. +18. Obtulit et arietem in holocaustum ; super eu jus caput cum imposuissent Aaron et filii ejus manus suas, +19. Immolavit eum, et fudit sangui- nem ejus per circuitum altaris. +20. Ipsumque arietem in fi'usta con- cidens, caput ejus, et artus, et adipem adolevit igni , +21. Lotis prius intestinis et pedibus, totumque simul arietem incendit super altare , eo quod esset holocaustum sua- vissimi odoris Domino, sicut praeceperat ei. +Lev. VIII, 10-21. +10. Il prit aussi l'huile d'onction, donl; il mit sur le tabernacle et sur toutes les choses qui servaient à son usage ; +11. Et ayant fait sept fois les asper- sions sur l'autel pour le sanctifier, il y versa l'huile, aussi bien que sur tous ses ustensiles ; et il sanctifia de même avec l'huile le lavoir di airain avec la base qui le soutenait. +12. Il répandit aussi sur la tête d' Aa- ron l'huile dont il l'oignit et le con- sacra ; +13. Et ajï'ant de même présenté les fils d'Aaron, il les revêtit de tuniques de lin, les ceignit de leurs ceintures, et leur mit des mitres sur la tête, comme le Seigneur l'avait commandé. +14. Il offrit aussi un veau pour le pé- ché ; et Aaron et ses fils ayant mis leurs mains sur la tête du veau , +15. Moïse regorgea et en prit le sang ; il y trempa son doigt et en mit sur les cornes de l'autel tout alentour ; et l'ayant ainsi purifié et sanctifié, il répandit le reste du sang au pied de l'autel. +16. Il fit brûler sur l'autel la graisse qui couvre les entrailles, la taie du foie, et les deux reins avec la graisse qui y est attachée ; +17. Et il brûla le veau hors du camp, avec la peau, la chair et la fiente, comme le Seigneur l'avait ordonné. +18. Il offrit aussi un bélier en holo- causte ; et Aaron avec ses fils lui ayant mis les mains sur la tête, +19. Il regorgea, et en répandit le sang autour de l'autel. +20. Il coupa aussi le bélier en mor- ceaux, et il en fit brûler dans le feu la tête, les membres et la graisse, +21. Avec les intestins et les pieds, après les avoir lavés. Il brûla sur l'autel le bélier tout entier, parce que c'était un holocauste d'une odeur très agréable au Seigneur, comme il le lui avait ordonné. +G-14); rationali, le rational, avec Vurim et le tummim (Ex. xxviii, 15-30); cidari, la mitre (Ex. xxvm, 39) ; laminam, auream, le diadème et la lame d'or (Ex. xxviii, 36-38). +10-11. L'onction du tabernacle, de l'autel des holocaustes , du bassin d'airain et de leurs usten- siles. +12. L'onction d'Aaron, tout abondante (super caput). Cf. Ps. cxxxii, 2. +13. La vêture des fils d'Aaron. Leur onction n'est pas mentionnée en cet endroit; mais Dieu l'avait autrefois prescrite, Ex. xxviii, 41 ; xl, 15, et d'autres passages la supposent (Lev. vu, 36, +etc.). Elle fut évidemment pratiquée. +3° Les sacrifices qui accompagnèrent la consé- cration, vers. 14-30. +Moïse, qui était jusqu'à présent le médiateur unique de l'alliance , remplit le rôle de célébrant. +14-17. Sacrifice d'un jeune taureau pi-o pec- cato, en vue de la sanctification des nouveaux prêtres. Il eut lieu d'après les règles décrites plus haut, IV, 3-12. — Sicut prceceperat (vers. 17)... Cf. Ex. XXIX, 10-14. +18-21. Sacrifice du premier bélier, d'après les rites de l'holocauste, i, 3-9. — SictU prœceperat... (vers. 21). Cf. Ex. xxix, 15-18. +Lev. VIII, 22-31. +347 +22. Il offrit encore un second bélier pour la consécration des prêtres ; et Aa- ron avec ses fils lui ayant mis les mains sur la tête, +23. Moïse regorgea, et, prenant de son sang, il en toucha l'extrémité de l'oreille droite d' Aaron , et le pouce de sa main droite et de son pied droit. +24. Aj'^ant aussi présenté les fils d'Aa- ron , il prit du sang du bélier qui avait été immolé, en toucha l'extrémité de l'oreille droite de chacun d'eux, et les pouces de leur main droite et de leur pied droit, et répandit sur l'autel, tout autour, le reste du sang. +25. Il mit à part la graisse, la qaeue, et toutes les graisses qui couvrent les in- testins, la taie du foie et les deux reins avec la graisse qui y est attachée, et l'épaule droite. +26. Et prenant de la corbeille des pains sans levain qui étaient devant le Seigneur un pain sans levain, un tour- teau arrosé d'huile et un gâteau, il les mit sur les graisses de l'hostie et sur l'é- paule droite. +27. Il mit toutes ces choses entre les mains d' Aaron et de ses fils , qui les éle- vèrent devant le Seigneur. +28. Moïse, les ayant prises de nouveau et reçues de leurs mains, les brûla sur l'autel des holocaustes , parce que c'était l'hostie de la consécration et un sacri- fice d'une odeur très agréable au Sei- gneur. +29. Il prit aussi la poitrine du bélier immolé pour la consécration des prêtres, et il réleva devant le Seigneur, comme la part qui lui était destinée, selon l'ordre qu'il en avait reçu du Seigneur. +30. Ayant pris ensuite l'huile d'onc- tion et le sang qui était sur l'autel, il fit l'aspersion sur Aaron et sur ses vêtements, sur les fils d'Aaron et sur leurs vête- ments ; +31. Et après les avoir sanctifiés dans leurs vêtements, il leur donna cet ordre et leur dit : Faites cuire la chair des vic- times devant la porte du tabernacle, et mangez -la en ce même lieu. Mangez -y +22. Obtulit et arietem secundum, in consecratione sacerdotum ; posueruntque super caput ejus Aaron et filii ejus manus suas. +23. Quem cum immolasset Moyses, sumens de sanguine ejus, tetigit extre- mum auriculse dextrae Aaron , et pollicem manus ejus dextrse, similiter et pedis. +24. Obtulit et filios Aaron ; cumque de sanguine arietis immolati tetigisset extremum auriculae singulorum dextrae, et pollices manus ac pedis dextri, reli- quum fudit super altare per circuitum. +25. Adipem vero, et caudam, omnem- que pinguedinem quae operit intestina, reticulumque jecoris , et duos renés cum adipibus suis et armo dextro separavit. +26. Tollens autem de canistro azy- morum , quod erat coram Domino , panem absque fermento, et collyiidam consper- sam oleo, laganumque, posuit super adi- pes, et armum dextrum, +27. Tradens simul omnia Aaron et filiis ejus. Qui postquam levaverunt ea coram Domino, +28. Rursum suscepta de manibus eorum, adolevit super altare holocausti, eo quod consecrationis esset oblatio , in odorem suavitatis, sacrificii Domino. +29. Tulitque pectusculum, elevaus illud coram Domino , de ariete consecra- tionis in partem suam, sicut praeceperat ei Dominus. +30. Assumensque unguentum, et san- guinem qui erat in altari , aspersit super Aaron et vestimenta ejus, et super filios illius ac vestes eorum. +31. Cumque sanctificasset eos in ve- stitu suo, prsecepit eis, dicens : CoQuite carnes ante fores tabernaculi, et ibi co- medite cas ; panes quoque consecrationis édite, qui positi sunt in canistro, sicut +22-30. Sacrifice du second bélier, d'après les rites dos sacrifices pacifiques. Ce fut la partie principale de la cérémonie (cf. Ex. xxix, 19-26, et le commentaire), ainsi que l'exprime le noai donné à la victime : « bélier de la consécration » {in consecratione... Les LXX : ô xpio; t-^ç tî- V.c'.œcrsf»);. L'Itala : « aries perfectionis. » S. Aug.: tt sacrificium consummationis.» De même les Tar- +gums. Ce rite achevait, en effet, et consommait l'ordination sacerdotale). +4o Conclusion de la cérémonie, vers. 31-36. +31-32. Moïse communique à Aaron et à ses fils les ordres de Dieu touchant l'usage qu'ils doivent faire de leur pai't des victimes. — Co- quite carnes : le reste des chairs du second bé- lier, puisque les deux autres hosties avaient été +348 +Lev. YIII, 32 — IX, 4. +prsecepit mihi Dominus , dicens : Aaroii et tilii ejus comedent eos ; +32. Quidquid aiitem rcliqunm fuerit de carne et panibus, ignis absumet. +33. De ostio quoqiie tabernaculi non exibitis septem diebus, iisque ad diem qiio complebitur tempns consecratioiiis vestrse ; septem enim diebus liuitur con- secratio , +34. Sicut et imprsesentianim factuni est, ut ritiis sacrificii compleretur. +35. Die ac nocte manebitis in taber- naciilo observantes custodias Domini , ne moriamini ; fcic enim mihi prœceptum est. +36. Fecervmtqiie Aaron et filii ejus cuncta quœ locutus est Dominus per mannm Moysi. +aussi les pains de consécration qui ont été mis dans la corbeille, selon que le Seigneur me l'a ordonné, en disant : Aaron et ses fils mangeront de ces pains , +32. Et tout ce qui restera de cette chair et de ces pains sera consumé par le feu. +33. De plus, vous ne sortirez point de l'entrée du tabernacle pendant sept jours, jusqu'au jour où le temps de votre con- sécration sera accompli ; car la consécra- tion s'achève en sept jours, +34. Comme vous venez de le voir pré- sentement, afin que les cérémonies de ce sacrifice soient accomplies. +35. Vous demeurerez jour et nuit dans le tabernacle en veillant devant le Sei- gneur, de peur que vous ne mouriez, car il m'a été ainsi commandé. +36. Et Aaron et ses fils firent tout ce que le Seigneur leur avait ordonné par Moïse. +CHAPITRE IX +1. Facto autem octavo die, vocavit Moyses Aaron et filios ejus, ac majores natu Israël, dixitque ad Aaron : +2. Toile de armento vitulum pro peccato, et arietem in holocaustum, utrumque immaculatum, et ofïer illos coram Domino. +3. Et ad filios Israël loqueris : Tollite hircum pro peccato, et vitulum atque agnum anniculos et sine macula , in holocaustum , +4. Bovem et arietem pro pacificis, et immolate eos coram Domino , in sacrificio singulorum sirailam conspersam oleo +1. Le huitième jour. Moïse appela Aaron et ses fils , et les anciens d'Israël , et il dit à Aaron : +2. Prenez de votre troupeau un veau pour le péché, et un bélier pour en faire un holocauste, l'un et l'autre sans tache, et offrez-les devant le Seigneur. +3. Vous direz aussi aux enfants d'Israël : Prenez un bouc jiour le péché , un veau et un agneau d'un an sans tache, pour en faire un holocauste, +4. Un bœuf et un bélier pour les hos- ties pacifiques ; et immolez -les devant le Seigneur, en offrant avec chacun de ces +entièrement consnmtîscs (vers. 14-17, 18-21). Cf. Ex. XXIX, 31-34. +33 - 35. Il est interdit aux nouveaux préti-es de quitter le tabernacle pendant sept jours consé- cutifs , leur consécration devant durer toute une octave. Cf. Ex. xxix, 35-36. — De ostio... taber- naculi : la partie pour le tout, d'après le vers. 35 ; c.-à-d. l'ensemble de l'enclos sacré, le tabernacle et son parvis. +36. Exécution des ordres divins. +§ II. — L'entrée en /onctions d' Aaron et de sesflls. IX, 1-24. +1" Préparation de la cérémonie , vers. 1 - 7. +Chap. IX. — 1-4. Instructions données par Moïse aux prêtres récemment consacrés et aux iinciens du peuple, en vue de cette solennité. — +Octavo die : aussitôt qu'eut été achevée la con- sécration. Cf. VIII, 33. — Les ordres de Moïse concernent les sacrifices à offrir soit par les prêtres (dixit... ad Aaron...: Toile..., vers. 2), soit par le peuple (ad filios Israël...: Tollite..., vers. 3-4), que ses chefs représentaient. Doux victimes pour les prêtres : vitulum pro peccato, arietem in ho- locaustum ; cinq pour le peuple : hircum pro peccato, vitulum atque agnum... in holocaustum, bovem et arietem pro pacificis. C'est Aaron lui- même, en tant que pontife suprême, qui devait exiger du peuple ces cinq victimes (vers. 3 : lo- queris). — In sacrificio (hébr. : b'minhah) sin- gidorum... Offrande non sanglante , qui devait accompagner les sacrifices sanglants. — Dominus apparchit... Promesse d'une théophanio, ou ma- nifestation divine. Cf. vers. 23-24; Ex. xvi, 7. +Lev. IX, 5-16. +349 +sacrificeo de la puie farine mêlée d'huile ; car le Seigneur vous apparaîtra aujour- d'hui. +6. Ils mirent donc à l'entrée du taber- nacle tout ce que Moïse leur avait or- donné, et toute l'assemblée du peuple s^^ tenant là debout, +G. Moïse leur dit : C'est là ce que le Seii^neur vous a commandé ; faites-le, et sa gloire vous apparaîtra. +7. Alors il dit à Aaron : Approchez- vous de l'autel, et immolez pour votre pé- ché ; offrez l'holocauste, et priez pour vous et pour le peu])le ; et lorsque vous aurez sacrifié l'hostie pour le peuple , liriez pour lui , selon que le Seigneur l'a ordonné. +8. Aaron aussitôt, s'approchant de l'au- tel , immola un veau pour son péché ; +9. Et ses fils lui en a3^ant présenté le sang, il y trempa le doigt, dont il toucha les cornes de l'autel, et il répandit le reste du sang au pied de l'autel. +10. Il fit brûler aussi sur l'autel la graisse , les reins et la taie du foie qui sont pour le péché , selon que le Seigneur l'avait commandé à Moïse ; +11. Mais il consuma par le feu hors du camp la chair et la peau. +12. Il immola aussi la victime de l'ho- locauste , et ses fils lui en ayant pré- senté le sang, il le répandit autour de l'autel. +13. Ils lui présentèrent aussi la vic- time coupée par morceaux, avec la tête et tous les membres , et il brûla le tout sur l'autel , +14. Après avoir lavé dans l'eau les in- testins et les pieds. +15. Il égorgea aussi un bouc qu'il of- frit pour le péché du peuple ; et ayant purifié l'autel, +16. Il offrit l'holocauste, +offereutes ; hodie enira Dominuj appa- rebit vobis. +5. Tulerunt ergo cuncta quae jusserat Moyses ad ostium tabernaculi ; ubi cum omnis multitudo astaret, +6. Ait Mo3'ses : Iste est sermo, qucm praîcepit Dominus; facite, et apparebit vobis gloria ejus. +7. Et dixit ad Aaron : Accède ad altare , et immola pro peccato tuo ; offer holocaustum , et deprecare pro te et ])ro populo ; cumque mactaveris hostiam po- puli, ora pro eo, sicut prsecepit Domi- nus. +8. Statimque Aaron accedens ad altare, immolavit vitulum pro peccato suo, +9. Cujus sanguinem obtulerunt ei filii sui ; in quo tingens digitum , tetigit cor- nua altaris , et f udit residuum ad basim ejus. +10. Adipemque et renunculos , ac reti- culum jecoris, quae sunt pro peccato, adolevit super altare, sicut prseceperat Dominus Moysi ; +11. Carnes vero et pellem ejus extra castra combussit igni. +12. Immolavit et holocausti victimam ; obtuleruntque ei filii sui sanguinem ejus, quem f udit per altaris circuitum. +13. Ipsam etiam hostiam in frusta concisam, cum capite et membris sin- gulis, obtulerunt; quse omnia super altare cremavit igni, +14. Lotis aqua prius intestinis et pe- dibus. +15. El pro peccato populi offerens, mactavit hircum ; expiatoque altari , +16. Fecit holocaustum, +5-7. Les préparatifs immédiats. — Iste est sermo... est une formule abrégée, analogue à celle de VIII, 5. Moïse dut expliquer au peuple ce qui allait se passer, — Accecbe ad altare... Aaron est ainsi invité à inaugurer solennellement ses fonc- tions. S. Paul fait un admirable rapprochement entre la vocation de N,- S, Jésus - Christ , le Pon- tife de la nouvelle Alliance , et la vocation d'Aa- ron. Cf. Hebr. v, 4-5. — Deprecare.,., ora. Dans l'hébreu, à deux reprises : kapper, fais l'expia- tion. +2° Les premiers sacrifices offerts par Aaron, vei's 8-22, +8-14, Aaron, assisté de ses flls, offre poar lui- même un double sacrifice. — l» Vitidum pro pec- cato SMO' (8-11), conformément aux rites du sa- +crlflce immolé pour le péché du grand prêtre, +IV, 3-12. Néanmoins il ne p(^-ta pas du sang de la victime dans l'intérieur du Tabernacle (rv, 5-7), n'y ayant pas encore été introduit par Moïse. Cf, vers. 23. S. Paul relève aussi, Hebr. +V, 3 ; VII, 27-28, cette autre circonstance signi- ficative du sacerdoce lévitique : le premier acte du premier prêtre juif consiste à offrir un sacri- fice pour ses propres péchés, — Tetigit cornua altaris : de l'autel des holocaustes, — 2° Holo- causti victimam (12-14), d'après les règles ac- coutumées. Cf, I, 3-9, +15-22. Aaron immole des victimes pour lo peuple, — 10 Pro peccato populi... Mrcum , vers, 15; 2» l'holocauste, accompagné d'offrandes non sanglantes (lihamenta, hébr. viinhah, « dont +350 +17. Addens in sacrificio libamenta, qure pariter offeruntur, et adolens ea super altare, absque ceremoniis holo- causti matutini. +18. Immola vit et bovem atque arietem, hostias pacificas populi ; obtiileruntque ei filii sui sanguinem, quem fudit super altare in circuitum. +19. Adipem autem bovis, et caudam arietis , renunculosque cum adipibus suis, et reticulum jecoris +20. Posuerunt super pectora ; cumque cremati essent adipes super altare, +21. Pectora eorum, et armos dextros sépara vit Aaron , elevans coram Domino, sicut prseceperat Moyses. +22. Et extendens manus ad populum, benedixit ei. Sicque completis hostiis pro peccato, et holocaustis , et pacificis, descendit. +23. Ingressi autem Moyses et Aaron in tabernaculum testimonii, et deinceps egressi, benedixerunt populo. Apparuit- que gloria Domini omni multitudini ; +24. Et ecce egressus ignis a Domino, devoravit holocaustum, et adipes qui erant super altare. Quod cum vidissent turbœ, laudaverunt Dominum, ruentes in faciès suas. +Lev. IX, 17-24. +17. Et il ajouta à ce sacrifice lesobla- tions non sanglantes qui se présentent en même temps , qu'il fit brûler sur l'autel , outre les cérémonies de l'holocauste qui ■ s'offre tous les matins. +18. Il immola aussi un bœuf et un bé- lier, qui étaient les hosties pacifiques pour le peuple ; et ses fils lui en présen- tèrent le sang, qu'il répandit sur l'autel tout autour. +19. Ils mirent aussi sur la poitrine de ces victimes la graisse du bœuf, la queue du bélier, les reins avec leur graisse, et la taie du foie. +20. Et les graisses ayant été brûlées sur l'autel , +21. Aaron mit à part la poitrine et l'é- paule droite des victimes, les élevant de- vant le Seigneur, comme Moïse l'avait ordonné. +22. Il étendit ensuite ses mains vers le peuple et il le bénit. Ayant ainsi achevé les ohlations des hosties pour le péché, des holocaustes et des pacifiques, il des- cendit. +23. Moïse et Aaron entrèrent alors dans le tabernacle du témoignage , et en étant ensuite sortis, ils bénirent le peu- ple. En même temps la gloire du Seigneur apparut à toute l'assemblée du peuple; +24. Et voici qu'un feu sorti du Sei- gneur dévora l'holocauste et les graisses qui étaient sur l'autel. Ce que tout le peuple ayant vu , ils louèrent le Seigneur et se prosternèrent le visage contre terre. +il remplit sa main »), vers. lG-17; 3° hovem... arietem, hostias pacificas, vers. 18-21. — Au vers. 21, les mots absque ceremoniis sacriflcii ma- tutini font allusion au sacrifice dit perpétuel (voy. Ex. XXIX, 39, et la note), qui fut alors offert pour la première fois. +23. Aaron bénit le peuple. — Extendens manus. Beau geste, si naturel pour bénir, et usité par- tout. Peut-être Aaron employa -t- il dès lors la formule citée au livre des Nombres, vi, 24-26, dont les Israélites se servent encore à certains jours. — Descendit: de la plate -forme de l'autel, par l'escalier ou le plan incliné décrit plus haut (Ex. XX, 26; voy. V Atlas archéol., pi. xcvni, flg. 6). +3' Conclusion de la cérémonie, vers. 23-24. +23». Moïse introduit Aaron dans l'intérieur du sanctuaire. Le grand prêtre n'avait jusqu'alors exercé ses fonctions que dans le parvis, à l'autel des holocaustes; il avait à inaugurer encore un rôle plus élevé, plus mystique. — Ingressi..., +egressi. Ils allèrent auprès de l'autel des parfums, dans le Saint (cf. Ex. xxx, 7), puis ils sortii'ent aussitôt. — Benedixerunt... Ils auraient dit alors, d'après le Targum de Jérusalem : « Que vos of- frandes soient acceptées, et que le Seigneur habite parmi vous et vous pardonne vos péchés. » +23*» -24. La divine apparition. — Apparuit... gloria... Le Seigneur daignait ratifier ainsi l'ins- tallation de ses prêtres. Voyez , Ex. xl , 34 , et III Reg. VIII, 10-12, des manifestations semblables à l'occasion du tabernacle et du temple. — Egres- sus ignis a Domino. C.-à-d., selon toute vrai- semblance, « ab eo loco... ubi erat arca testi- monii, » S. Aug., Qucest. in Lev. xxx. — Devo- ravit... Dieu fit de même, plus tard, pour les sacrifices de Gédéon, de Salomon, d'Élie. Cf. Jud. VI, 20-21; III Reg. xviii, 28; II. Par. vn, 1-2. — Laiidctverunt. L'hébr. yarônnu suppose des cris d'allégresse. — Ruentes in fades...: l'attitude de la profonde adoration. +Lev. X, 1-5. +351 +CHAPITRE X +1. Alors Nadab et ALiii, fils d'Aaron, ayant pris leurs encensoirs, y mirent du feu, et de l'encens par-dessus, et ils of- frirent devant le Seigneur un feu étran- ger , ce qui ne leur avait point été com- mandé ; +2. Et aussitôt un feu étant sorti du Sei- gneur les dévora, et ils moururent devant le Seigneur. +3. Alors Moïse dit à Aaron : Yoilà ce que le Seigneur a dit : Je serai sanctifié dans ceux qui m'approchent, et je serai glorifié devant tout le peuple. Aaron, en- tendant cela, se tut, +4. Et Moïse, ayant appelé Misaël et Elisaphan, fils d'Oziel, qui était oncle d'Aaron , leur dit : Allez , ôtez vos frères de devant le sanctuaire, et emportez -les hors du camp. +5. Ils allèrent aussitôt les prendre cou- chés et morts comme ils étaient, vêtus de leurs tuniques de lin , et ils les jetè- rent dehors, selon qu'il leur avait été commandé. +1. Arreptisque Nadab et Abiu filii Aaron thuribulis, posuerunt ignem, et incensum desuper, ofïerentes coram Do- mino ignem alienum ; quod eis prœce- ptum non erat. +2. Egressusque ignis a Domino, dévo- ra vit eos , et mortui sunt coram Domino. +3. Dixitque Moyses ad Aaron : Hoc est quod locutus est Dominus : Sanctificabor in iis qui appropinquant mihi, et in conspectu omnis populi glorificabor. Quod audiens tacuit Aaron. +4. Vocatis autem Moyses Misaele et Elisaphan filiis Oziel, patrui Aaron, ait ad eos : Ite et tollite fratres vestros de conspectu sanctuarii, et asportate extra castra. +5. Confestimque pergentes, tulerunt eos sicut jacebant, vestitos lineis tunicis, et ejecerunt foras, ut sibi fuerat impe- ratum. +§ III. — Dieu proclame par ses actes et par ses +paroles la sainteté du sacerdoce lévitique. +X, 1-20. +Il résulte du vers. 19 que les incidents i-acon- tés dans ce chapitre se passèrent le jour même de l'entrée en fonctions des nouveaux prêtres. +1» Châtiment terrible de Nadab et d'Abiu, vers. 1-7. +Chap, X. — 1-2. La faute, aussitôt punie. — Nadab et Ahiu. C'étaient les deux fils aînés d'Aaron (Ex. vi, 23) ; ils avaient eu naguère (Ex. XXIV, 1-2) l'honneur insigne d'accompagner Moïse sur le Sinaï. — Thuribulis. Cf. Ex. xxv, 38, et VAtl. archéol., pi. xcviii, flg. 9. — Offerentes... ignem alienum (les mots quod eis prœceptum non erat expriment, à la façon hébi'aïque, une grave prohibition). On a étonnamment discuté sur la nature précise de la faute commise par Nadab et Abiu. Selon les uns, l'encens n'aurait pas été préparé selon les injonctions divines (Ex. XXX, 34-38); d'autres ont cru que l'encensement aurait eu lieu à i^ne heure indue, et non au temps du sacrifice du soir ou du matin, ainsi qu'il avait été prescrit (Ex. xxx, 7); d'autres encore, s'ap- puyant sur l'interdiction des liqueurs enivrantes , rattachée à cet incident (vers. 8-11), supposent que Nadab et Abiu étaient alors en état d'ivresse. Mais il vaut mieux dire, avec la majorité des interprètes juifs et chrétiens, et d'après les paroles mômeà du texte , que les deux coupables avaient +employé du feu profane, au lieu de garnir leurs encensoirs à l'autel des holocaustes. Cf. Ex. xxx, 7, 19. — Egressiis ignis... Expressions identiques à celles de ix , 24 ; mais quelle différence dans le résultat produit! — Levoravit eos. Ils furent foudroyés, non consumés (cf. vers. 5).^ Coram Domino. En avant du tabernacle, à l'endroit même où ils avaient péché (vers. 1). +3. Moïse explique à Aaron, sur l'ordre de Dieu, le sens de cette punition sévère. — Sanctifica- bor... Si les prêtres de Jéhovah oublient de pro- clamer sa sainteté par leur conduite , il saura la manifester lui-même par les jugements dont il les frappera ; et, de la sorte, il sera glorilié en pré- sence de tout son peuple. La locution ii qui ap- propinquant tnihi désigne les ministres sacrés par le plus beau côté de leurs fonctions. Cf. Ex. XIX, 22; Num. xvi, 5; Ez. xlii, 13, etc. ^ Tacuit Aaron. Trait bien touchant. Quoique frappé dans ses affections les plus chères , Aaron ne profère pas un mot de plainte ; il se soumet en silence aux justes jugements de Dieu. +4-5. On emporte les cadavres de Nadab et d'Abiu. — Misael et Elisaphan étaient les cou- sins-germains d'Aaron; leur père, Oziel, était son oncle. Cf. Ex. vi, 22. Proches parents des deux victimes, et ne faisant point partie de la famille sacerdotale, ils convenaient fort bien pour le rôle douloureux qui allait leur être confié (cf. vers. 6-7). — Fratres, dans le sens large. Cf. Gen. XIII, 8; xrv, 16, etc. — Asportate extra castra: +352 +Lev. X, 6-12. +6. Locutusque est Moyses ad Aaron, et ad Eleazar, et Ithamar, filios ejus : Capita vestra nolite nudare, et vesti- menta nolite scindere, ne forte moria- mini, et super omnem cœtum oriatur indignatio. Fratres vestri, et omnis do- mus Israël, plangant incendium quod Dominus suscita vit ; +7. Vos autem non egrediemini fores tabernaculi , alioquin peribitis ; oleum quippe sanctœ unctionis est super vos. Qui fecerunt oninia juxta prœceptum Moysi. +8. Dixit quoque Dominus ad Aaron : +9. Vinuni, et omne quod inebriare potest, non bibetis tu et filii tui, quando intratis in tabernaculum testimonii, ne moriamini ; quia prseceptum semj)iter- num est in generationes vestras ; +10. Et ut habeatis scientiam discer- nendi inter sanctum et profanum, inter pollutum et mundum , +11. Doceatisque filios Israël omnia légitima mea quse locutus est Dominus. ad eos per manum Moysi. +12. Locutusque est Moyses ad Aaron, et ad Eleazar, et Ithamar, filios ejus, qui +6. Alors Moïse dit à Aaron, et à Elea- zar et Ithamar, ses autres fils : Prenez garde de ne pas découvrir votre tête et de ne pas déchirer vos vêtements , de peur que vous ne mouriez et que la co- lère du Seigneur ne s'élève contre tout le peuple. Que vos frères et que toute la maioon d'Israël pleurent l'embrasement qui est venu du Seignem* ; +7. Mais, pour vous, ne sortez point hors des portes du tabernacle ; autrement vous périrez, parce que l'huile de l'onc- tion sainte a été répandue sur vous. Et ils firent tout selon que Moïse le leur avait ordonné. +8. Le Seigneur dit aussi à Aaron : +9. Voas ne boirez point, vous et vos enfants , de vin , ni rien de ce qui peut enivrer, quand vous entrerez dans le ta- bernacle du témoignage, de peur que vous ne soyez punis de mort ; parce que c'est une ordonnance éternelle pour toute votre postérité ; +10. Afin que vous ayez la science de discerner entre ce qui est saint ou profane, entre ce qui est souillé et ce qui est pur , +11. Et que vous appreniez aux enfants d'Israël toutes mes lois et mes ordon- nances que je leur ai prescrites par Moïse. +12. Moïse dit alors à Aaron, et i\ Elea- zar et Ithamar, ses fils qui lui étaient +pour les enterrer somiiiairemeut, — Slcut jace- hant. Détail pittoresque. +6-7. Moïse défend aux prêtres de porter le deuil de Nadab et d'AbiUi interdiction qui sera bientôt généralisée pour les prêtres, xxi, 10-12. Ce deuil, dans les circonstances actuelles , eût été comme une protestation contre la conduite du Seigneur. — CajjUa... rtolite riudare: en coupant leurs cheveux , et en se les arrachant ; ce qui était un signe de deuil. Cf. Esdr. ix , 3 ; Job , I, 20; Is. XV, 2, etc. — Vestitnenta... scindere: autre signe de deuil en Orient. Cf. Gen. xxxvii, 29, 34; XLiv, 13; Jos. vu, 6, etc. — Ne... super omnevi cœtum... ^ h cause de la solidarité qui existe entre le peuple et ses prêtres. Cf. iv, 3. — Non egrediemini... : pour suivre le cortège funèbre. — Oleum quippe... Cf. vni, SO. L'onc- tion sacerdotale était un symbole d'union avec Dieu et de joie sainte ; il eût été inconvenant de porter hors du tabernacle , surtout pour une cé- rémonie funèbre, l'huile sainte, tout humide encore sur les membres des prêtres. +2° Dieu interdit à ses prêtres de boire des li- queurs enivrantes quand ils seront dans l'exercice de leurs fonctions, vers. 8-12. +8. Formule d'introduction. — Diocit... Dominus ad Aaron. Directement, ce semble, et sans l'in- termédiaire (le Moïse. Marque d'une grande inti- mité. +9. La prohibition. — Non seulement vivum, mais aussi omne quod ineiriare potest. L'hébr. sélcar (LXX : ac'xepa) désigne habituellement toutes les boissons enivrantes, en dehors du vin. Les anciens en fabriquaient de bien des sortes, avec le miel, les dattes, le blé, l'orge, le millet, etc. — Quando intratis... L'interdiction n'était donc pas absolue ; elle ne s'appliquait qu'au temps où les prêtres étaient de service. Cf. Ez. xliv, 21. +10-11. Motifs de cette prohibition. — Ut ha- beatis scientiam... L'abus des liqueurs enivrantes enlève si aisément cette science et ce discerne- ment ! — Inter sanctum et profanum : ce qui était consacré au culte, et ce qui en devait être écarté. — Inter pollutum et mundum : autre distinction , dont les chap. xi-xv nous révéleront toute l'importance pour les prêtres théocratiques. — Doceatisque. E,ôle non moins important, car Aaron et ses fils n'avaient pas seulement à trancher des cas de conscience isolés ; ils devaient aussi instruire le peuple de ses devoirs relative- ment aux lois divines (légitima...). De même, et « a fortiori », pour les prêtres de la nouvelle Alliance. +3° L'emploi de la part des prêtres dans certains sacrifices, vers. 12-20. +12-15. Moïse rappelle à Aaron et à ses fils les ordres antérieurs de Jéhovah sur ce point. — Au vers, li», la transition accoutumée : Locii- +Lev. X, 13-19. +353 +restes : Prenez le sacrifice qui est de- meuré de l'oblation du Seigneur, et man- gez-le sans levain près de l'autel, parce que c'est une chose très sainte. +I3.V0US le mangerez dans le lieu saint, comme aj'ant été donné îi vous et à vo:j enfants, des oLlations du Seigneur, selon qu'il m'a été commandé. +14. Vous mangerez aussi, vous, vos fils et vos filles avec vous, dans un lieu très pur , la poitrine qui en a été offerte et ré])aule qui a été mise à part. Car c'est ce qui a été réservé pour vous et pour vos enfants, des hosties pacifiques des enfants d'Israël ; +15. Parce qu'ils ont élevé devant le Seigneur l'épaule , la poitrine et les graisses de la victime qui se brûlent sur l'autel, et que ces choses vous appartien- nent, à vous et à vos enfants, par une ordonnance perpétuelle , selon l'ordre que le Seigneur en a donné. +16. Cependant Moïse, cherchant le bouc qui avait été offert pour le péché, trouva qu'il avait été brûlé ; et s'irritant contre Eléazar et Ithamar, les fils survi- vants d' Aaron , il leur dit : +17. Pourquoi n'avez -vous pas mangé dans le lieu saint l'hostie qui s'offre pour le péché , dont la chair est très sainte , et qui vous a été donnée afin que vous por- tiez l'iniquité du peuple, et que vous priiez pour lui devant le Seigneur ; +18. Et d'autant plus qu'on n'a point porté du sang de cette hostie dans le sanctuaire , et que vous devriez l'avoir mangée dans le lieu saint, selon qu'il m'avait été ordonné ? +19. Aaron lui répondit : La victime pour le péché a été offerte aujourd'hui, et l'holocauste a été présenté devant le Seigneur ; mais pour moi , il m'est arrivé +erant residui : Tollite sacrificium, quod remansit de oblatione Domini, et come- dite illud absque fcrmento juxta altare, quia sanctum sanctorum est. +13. Comedetis autem in loco sancto, quod datum est tibi et filiis tuis de oblationibus Domini, sicut prœceptum est mihi. +14. Pectusculum quoque quod oblatum est, et armum qui separatus est, cdetis in loco mundissimo tu et filii tui , et iiliae tuic tecum ; tibi enim ac liberis tuis re- posita sunt de hostiis salutaribus filiorum Israël ; +15. Eo quod armum et pectus, et adi- pes qui cremantur in altari , elevaverunt coram Domino , et pertineant ad te , et ad filios tuos, lege perpétua, sicut prœcepit Dominus. +16. Inter hœc, hircum, qui oblatus fuerat pro peccato, cum quœreret Moj^ses, exustum reperit ; iratusque contra Eléa- zar et Ithamar filios Aaron, qui reman- serant, ait : +17. Cur non comedistis hostiam pro peccato in loco sancto, quse sancta san- ctorum est, et data vobis ut portetis ini- quitatem multitudinis, et rogetis pro ea in conspectu Domini ; +18. Prsesertim cum de sanguine illius non sit illatum intra sancta , et comedere debueritis eam in sanctuario, sicut prae- cepturn est mihi ? +19. Pespondit Aaron : Oblata est ho- die victima pro peccato, et holocaustum coram Domino; mihi autem accidit, quod vides. Quomodo potui comedere +tusque... Eléazar et Ithamar étaient désormais les seuls survivants (resklul) parmi les fils d'Aa- ron. — Tollite sacrificium. Leur part de la minhah (hébr.) , c.-ù-d. des sacrifices non sanglants offerts en ce même jour, ix, 17. — Sanctum sanctorum est: portion tout à fait sainte (voir 11, 3, et la note); aussi ne pouvait -elle être con?ommée que par les prêtres, dans l'enclos sacré (vers. 13).— Pcctuscutum quoque... et armum. Leur pai-t des sacrifices sanglants. Cf. vu, 30 et ss. Cette autre portion étant simplement sainte, les prêtres pou- vaient la manger en dehors du tabernacle, et tous les membres de leur famille, sans excepter les femmes (.et fiUcc tacs), avaient le droit d'y participer. +lG-20. Un oubli très grave touchant les sacri- fie^ récemment immolés pour le péché. — Rir- +cum qui ohlaiiis... Moïse, voulant s'assurer par lui-même de la complète exécution des rites sa- crés, s'aperçut que les nouveaux prêtres, au lieu de manger leur part des chairs de cette victime (cf. VI, 26, 29; ix, 15), l'avaient brûlée pour s'en défaire. Il prit vivement à cœur cette né- gligence (iratus...), et adressa de sévères remon- trances aux fils d'Aaron (17-18), en leur rappe- lant le grand rôle qu'ils accomplissaient dans les sacrifices (ut portetis..., et rogetis; hébr. : pour que vous fassiez l'expiation). — Prœsertim cum... Ce trait ne contient pas un reproche; il a pour but de répéter plus clairement encore à Aaron que « cette victime n'était pas de celles dont on porte le sang dans le Saint, et dont on consume toutes les parties par le feu » (Calmet). Cf. iv, 5-12, lG-11. — Ilespondit Aaron. Humbles eC +17* +354 +Lev. X, 20 — XI, 5. +eam, aut placere Domino in ceremoniis, +mente lugubri? +20. Qiiod cum audisset Moyses , recepit satisfactionem. +ce que vous voyez. Comment aurais -je pu manger de cette hostie, ou plaire au Seigneur dans ces cérémonies saintes, avec un esprit abattu d'affliction ? +20. Ce que Moïse ayant entendu , il re- çut l'excuse qu'il lui donnait. +CHAPITRE XI +1. Locutusque est Dominus ad Moysen et Aaron, dicens : +2. Dicite filiis Israël : Hsec sunt ani- malia quse comedere debetis de cunctis animantibus terrae : +3. Omne quod habet divisam ungu- lam, et ruminât in pecoribus, comedetis. +4. Quidquid autem ruminât quidem, et habet ungulam, sed non dividit eam, ricut camelus et cetera, non comedetis illud, et inter immunda reputabitis. +5. Chœrogryllus qui ruminât, ungu- lamque non dividit, immundus est. +1. Le Seigneur parla ensuite à Moïse et à Aaron, et il leur dit : +2. Déclarez ceci aux enfants d'Israël : Entre tous les animaux de la terre, voici quels sont ceux dont vous mangerez : +3. De toutes les bêtes à quatre pieds, vous pourrez manger celles dont la corne du pied est fendue et qui ruminent. +4. Quant à celles qui ruminent, mais dont la corne du pied n'est point fendue, comme le chameau et les autres, vous n'en mangerez point, et vous les considé- rerez comme impures. +5. Le lapin qui rumine, mais qui n'a point la corne fendue, est impur. +touchantes axcuscs du pontife : MiM... accidit quod vides; il désignait ainsi la mort affreuse de ses deux fils aînés. — Moyses, recepit satisfa- ctionem. Autre trait délicat, qui mit fin à cet incident lugubre. +Section III. — Lois relatives a la pureté et A l'impureté légale. XI, 1 — XVI, 34. +§ I. — Les animaux pars et impurs. XI, 1-47. +C'est là une partie très importante de la légis- lation du Sinaï, puisque les règles qu'elle con- tient avaient pour but de taire d'Israël, même dans sa nourriture, un peuple spécial, an peuple moralement pur et rempli de sainteté. Cf. vers. 43-47. Non que tout soit nouveau dans ces prescrip- tions. D'après Gen. vu, 2-3, et viii, 20, la clas- sification des animaux en purs et en impurs existait dès l'époque du déluge; et l'on trouve çà et là , chez les Égyptiens, les Perses, les Arabes, les Hindous, quelques lois analogues. Mais l'en- semble est vraiment caractéristique d'Israël. — Quant au principe qui a servi de base à ce régime alimentaire , il est à la fois matériel et spirituel. La chair des animaux dits impurs est générale- ment malsaine, surtout en Orient; les instincts mêmes de notre nature la proscrivent la plupart du temps, comme l'ont remarqué saint Cyrille, Contr. Jul., IX, et saint Jérôme, Adv. Jovin., II, 7. Celle des animaux purs forme au contraire le meilleur des aliments. Voyez Vigouroux, les Livres saints et la critique rationaliste, t. III, pp. 616 et ss. D'autre part, il y a plus que de l'hygiène en tout cela : l'union intime qui existe entre nos goûts extérieurs et notre conduite mo- rale est un fuit évident. Or plusieurs des ani- maux interdits comme impurs ont des liabitudes +ignobles, et Dieu visait plus haut que Ja santé d'Israël en les écartant de l'alimentation de la race choisie; « par cette pureté extérieure et fi- gurative, il voulait élever les Juifs à une pureté plus réelle et plus excellente, qui est celle du cœur. » Calmet, h. l. Les peuples païens d'alors et d'aujourd'hui, auxquels rien ne i-épugne sn fait de nourriture, sont aussi les plus grossiers souS le rapport de la religion et de la morale. +1° Les quadrupèdes purs et impurs, vers. 1 -8. +Chap. XI. — ]. Courte introduction. — Ad Moysen et Aaron. Cf.xiii, 1, et xv, l,où le Seigneur s'adresse aussi conjointement aux deux frères : au premier, en tant que médiateur de l'Alliance; au second, en tant que grand prêtre. Les règles relatives au pur et à l'impur concernaient les prêtres de très près. Cf. x, 10, et Num. ix, 3. +2. Hcec sunt... Titre de ce premier alinéa. — De cunctis animantibus. L'hébr. b'hémah dé- signe ici les quadrupèdes ruminants. +3. Règle générale pour distinguer les quadru- pèdes purs ( in pecoribus ; l'hcbr. a de nouveau b'kémah). — Deux conditions sont requises : 1° divisam, nngulam, un sabot divisé en deux parties bien nettes ; 2« ruminât. Voy. dans VAtl, (l'hist. nat. de la Bible, pi. xci, flg. 7, l'estomac d'un ruminant. — Les animaux qui réunissent ces deux conditions sont assez rares : le bœuf, le mouton, la chèvre, le cerf, la gazelle, etc. Cf. Deut. xrv, 14 et ss. +4-8. Les quadrupèdes impxu's, ou application de la loi qui précède, au moyen de quelques exemples. — Et. . ungulam, sed non dividit... Comme le che- val et l'âne. Le chameau, qui est cité nommé- ment, a le pied fendu en haut; mais une mem- brane élastique réunit les deux parties par- des- +\ +■V. +354 +eam,autplacere Domino in - +felBIf +»■!»•* +'-•t +,n +I +Lev. XI, 6-13. +355 +6. Le lièvre aussi est impur, parce que, quoiqu'il rumine, il n'a point la corne fendue. +7. Le pourceau aussi est impur, parce que, quoiqu'il ait la corne fendue, il ne rumine point. +8. Vous ne mangerez point de la chair de ces bêtes, et vous ne toucherez point à leurs cadavres, parce que vous les tien- drez comme impurs. +9. Voici celles des bêtes qui naissent dans les eaux dont il vous est permis de manger : Vous mangerez de tout ce qui a des nageoires et des écailles, tant dans la mer que dans les rivières et dans les étangs. +10. Mais tout ce qui se remue et qui vit dans les eaux sans avoir de nageoires ni d'écaillés vous sera en abomination et en exécration. +11. Vous ne mangerez point de la chair de ces animaux, et vous n'y tou- cherez point lorsqu'ils seront morts. +12. Tous ceux qui n'ont point de nageoires ni d'écaillés dans les eaux vous seront impurs. +13. Entre les oiseaux, voici quels sont ceux dont vous ne mangerez point, et que vous aurez soin d'éviter : l'aigle, le griffon, le faucon. +6. Lepus quoque ; nam et ipse ruminât, sed ungulam non dividit. +7. Et sus, qui cum ungulam dividat, non ruminât. +8. Horum carnibus non vescemini, nec cadavera contingetis, quia immunda sunt vobis +9. ILt-c sunt quse gignuntur in aquis, et vesci licitum est : Omne quod habet pinnulas et squamas, tam in mari quam in fluminibus etstagnis, comedetis. +10. Quidquid autem pinnulas et squa- mas non habet , eorum qua3 in aquis moventur et vivunt, abominabile vobis +1 1. Execrandumque erit ; carnes eorum non comedetis , et morticina vitabitis. +12. Cuncta quœ non habent pinnulas et squamas in aquis , polluta erunt. +13. Hœc sunt quse de avibus come- dere non debetis , et vitanda sunt vobis : aquilam, et gryphem, et haligeetum, +soxis. Voyez V Atlas d'hist. nat., \)\. lxxxv, fig, 3. +— Chœrogryllus. Hébr. : sâfân, le daman, ou a Hj'i'ax syriacus », animal gracieux et inoffen- sif, qui a la taille d'un lièvre et une certaine ressemblance avec la marmotte {AU. d'hist. nat., pi, LXXXV, fig. 7 ). Il est encore question de lui au Ps. civ, 18, et Prov. xxx, 26. Cf. S. Jérôme, Epîst. cvi ad Suniam. La Vulgate a suivi la traduction des LXX (^^oipoypuAXtoç, le porc-épic ou le hérisson) ; les rabbins, etc., supposent qu'il s'agit du lapin. Il est ajouté, h propos du sâfân: qui ruminât, ce qui est inexact à proprement parler, car le daman n'a point l'estomac des ru- minants ; mais, lorsqu'il est au repos, il agite constamment ses mâchoires , comme s'il ruminait en réalité. Ici, comme en beaucoup d'autres en- droits, la Bible emploie donc le langage popu- laire ; le but du Législateur n'était pas de donner une leçon d'histoire naturelle, mais de marquer par ime note distinctive, facile à reconnaître au dehors, un animal qu'il était interdit de manger. +— Lepus quoque... ruminât. Même observation qu'à propos du daman , car le lièvre non plus ne rumine pas (Atl. d'hist. nat., pi. xcv, fig. 1-3); mais les mouvements perpétuels qu'il exécute avec les lèvres et le nez lui donnent l'air de mâcher toujours. Yoy. de Foville , la Jiible et la science, Paris, 1883, pp. S3-34. — Et sus. Le porc a toujoiu's été l'objet d'une véritable horreur dr.ns les contrées bibliques. Cf. Is. lxv, 4; lxvi, 3, 17; II Mach. vi, 18-19. Ceux qui s'en nour- +rissent contractent aisément des maladies cuta- nées. Cf. Bochart, Hierozoicon, II, 57 et s. — Le vers. 8 conclut l'alinéa. Le détail nec cada- vera contingetis sera développé plus bas, vers. 24-28. +2° Les poissons purs et impurs, vers. 9-12. +9*. Le titre. — Qurn in aquis. La classification est la mùme qu'au récit de la création : les qua- drupèdes, les animaux aquatiques, les animaux aériens, les reptiles. Cf. vers. 2, 13, 21, 29. +9b. Les poissons piu's. — On donne une règle très simple pour les reconnaître : quod habet pirniaculas (des nageoires) et squamas (des écailles). Par conséquent, deux conditions aussi, tant pour les poissons d'eau salée (in mari) que pour les poissons d'eau douce {in fluminibus...). +10-12. Les poissons impurs. Remarquez les répétitions pleines de solennité , qui insistent siu' l'idée. — Belativement aux poissons, aucun exem- ple particulier n'est signalé. Parmi ceux qui rentrent dans la catégorie des impurs , il faut compter les anguilles, les siluroïdes, les raies, etc., tous les cétacés. Voyez V Atlas d'hist. nat., p. 60, n. 177, avec les figui-es correspondantes. +3° Les oiseaux impurs, vers. 13-19. +13». Titre de l'alinéa : Ece sunt quce de avi- bus... +13'>-19. Énumération des oiseaux impurs. — Cette fois, pas de règle générale, mais une simple liste, composée de vingt noms, qu'il n'est pas toujours possible d'identifier avec certitude. Cf. +356 +Lev. XI, 14-20. +14. Et milvum, ac vulturem juxta geniis suum , +15. Et omne corvini generis in simili- tudinem suam, +16. Struthionem, et noctuam, et larum, et acci])itrem juxta genus suum, +17. 13ubonem, et mergulum, et ibin, +18. Et cygnum, et onocrotalum, et porphyrionem , +19. Herodionem et charadrion juxta genus suum , upupam quoque , et vesper- tilionem. +20. Omne de volucribus quod graditur super quatuor pedes, abominabile erit vobis. +14. Le milan, le vautour et tous ccu:: de son espèce , +15. Le corbeau et tout ce qui est de la même espèce, +16. L'autruche, le hibou, la mouette, l'épervier et toute son espèce , +17. Le chat-huant, le cormoran, l'ibis, +18. Le cygne, le butor, le porphy- rion, +19. Le héron, la cigogne et tout ce qui est de la même espèce, la huppe et la chauve-souris. +20. Tout ce qui vole et qui marche sur quatre pieds vous sera en abomination. +Dcut. XIV, où cette liste est reproduite avec quelques légères modifications. — Aquilam (hébr. : ncSer) : le roi des oiseaux est naturellement p .acé en tête. Probablement , l'aigle doré et l'aigle im- périal sont compris ensemble sous cette unique désignation. Voj'cz VAtl. d'hist. naL , pJ. Lxxiii, fig. 4, 6, 7. Quelques interprètes préfèrent néan- moins voir ici dans le ncèer le griffon, ou « Vultur fulvus » des naturalistes {Atlas d'hist. iiat., pi. LXXR', fig. 7) ; soit à cause du nom identique de nisr, que lui donnent les Arabes, soit parce que, disent -ils, on ne peut appliquer à l'aigle la ligne suivante de Michée (i, 16), laquelle con- vient fort bien au vautour fauve, dont la tête est toute dénudée : « Rends -toi chauve comme le néiicr. » — Gryphem (LXX : ypû'i;). L'iiébr. pérés signifie « celui qui brise » ; dénomination qui conviendrait à 1' « ossif ragus » des anciens , c.-à-d. à l'orfraie ou aigle pêcheur ( « Haliœetus albicilla »; voj'ez V Atlas d'hist. nat., pi. lxxiii, fig. 9). D'autres identifient le pérés au lammer- geier ou aigle -vautour (« Gypaetus barbatus; » Atl. d'hist. nat., pi. lxxii, fig. 5). — Saliceetum (LXX: àXiatSTo;; hébr.: 'oznïah) ; l'aigle de mer ( a Pandion halia^ctus ; » Atl. d'hist. nat., pi. LXXIII, fig. 5; pi. Lxxiv, fig. 5). Peut-être, suivant une autre interprétation, le circaète Jean- le- blanc (Atlas d'hist. nat., pi. lxxii, fig. 4). — Milmim (LXX: yu^")- L'hébr. dâ'ah, comme l'arabe dayah, désigne, en effet, le milan (Atl. d'hist. nat., pi. lxxi, flg. 8). — Vulturem (hébr.: 'ayi/ah , LXX : ixilv) ; plutôt le faucon avec ses différentes espèces (juxta ijenus... Vo3"ez V Atlas d'hist. nat., pi. lxxi, fig. 2, 4, 5, 6). — Omne corvini generis ( hébr. : 'oreh ). Toute la famille des a Corvidae » , qui comprend le corbeau pro- prement dit, le choucas, la corneille, etc. (AtL d'hist. nat., pi. lxviii, flg. 7; pi. lxix, fig. 1, 3,7). — Struthionem. L'hébr. est très expressif : bat hayya'anah; littéral. : la fille des cris. L'au- truche est ainsi nommée à cause de ses cris plaintifs et retentissants (Atlas d'hist. nat., pi. lxxvi, flg. 1,2,5,6). — Noctuam (hébr, : tahmas, le a violent » ; LXX : vXau^ ). Probable- ment le hibou commun. Selon quelques exégètes, le coucou, ou l'hirondelle. — Larum (LXX : Xâpoç). Le mot hébr. ïu/ia/ n'est employé qu'ici et Deut. XIV, 15 ; il semble fort bien convenir ù +la mouette (Atl. d'hist. nat., pi. lxiv, flg. 2). — • Âccipitrem (hébr.: nés; LXX : l'epa^); l'éper-' vier et ses différentes espèces (Atl. d'hist. nat., pi. LXXI, flg. 1 et 7). — Bubonem (hébr.: kôs; LXX : vuxtr/opa^) ; la chevêche (« Athene per- sica y>; Atl. d'hist. nat, pi. lxxv, fig. 2), ou l'oiseau de Minerve ( « Athene meridionalis » ; îMd., pi. Lxxiv, flg. 4) ; deux variétés qui abon- dent en Palestine. — Mergulum (hébi*. : salak, le plongeur; LXX : •/.y.-apâ.Y.Tr,!;) : le cormoran commun (Atl. d'hist. nat., pi. lxvi, fig. 1). — Ibiii. Les LXX aussi et Onkélos sont favorables à 1'« Ibis rcligiosa » ; mais ce bel oiseau est plutôt indiqué dans l'hébreu par le mot suivant. Ici, l'expression yunsuf paraît désigner le grand-duc (« Bubo mf.ximus ; » Atl. d'hist. nat., pi. lxxv, fig. 4). Cf. Is. xxxiv, 11. — Cygnum; de même les LXX. Mieux : l'ibis (hébr. : tinsémet), ainsi qu'il vient d'être dit. Voyez l'Atlas d'hist. nat, pi. Lxiv, fig. 4. — Onocrotalum (hébr. : qâ'at; LXX : TTcXsxâv). Il s'agit, en effet, du pélican. V(>3'. VAtl. d'hist. nat., pi. lxiii, flg. 5 et 7. — Porphyrionem : le porphyrion ou la poule sul- tane (Atlas d'hist. nat, pi. lxiv, fig. 6); mais l'hébr. raham représente vraisemblablement, d'a- près l'analogie de l'arabe rahmah, le hideux vautour ég5^pticn , ou percnoptère stercoraire (fc Neophron percnnpterus ; » Atl. d'hist. nat., pi. Lxxiv, flg. 6). — Herodionem (liXX: £,5(oôt6v): le héron. On croit plus communément que l'hébr. hasidah désigne la cigogne (Atlas d'hist. nat., pi. Lxv, flg. 8). — Charadrion; de même les LXX : le pluvier doré ( « Charadrius pluvialis ; » AU. d'hist nat, pi. lxv, flg. 3), ou bien le grand pluvier. L'expression 'anafah du texte original s'applique mieux au héron (Atlas dhist nat, pi. LXV, flg. 7 ). — Upupam est une bonne tra- duction de dukifat; la huppe immonde (Atlas d'hist. nat, pi. lxxi, fig, 3). — Enfin vesperti- lionem (vûxxepiç, 'atallef) : la chauve - souris commune, rangée parmi les oiseaux conformé- ment au langage populaire (Atlas d'hist. nat., pi. civ, fig. 8). +20-25. Les insectes ailés. — Omne de volucri- bus. L'hébr. signifie littéralement : Toute chose rampante (kol-séres) qui a des ailes; c.-à-d. les insectes munis d'ailes , que l'on rattache aux oiseaux pour ce motif. — Des mots super qua- +Lev. XI, 21-29. +357 +21. Mais pour tout ce qui marche sur quatre pieds, et qui, ayant les jambes de derrière plus longues, saute sur la terre, +22. Vous pouvez en manger, comme le bruchus selon son espèce, l'attacus, l'opliiomachus et la sauterelle, chacun selon son espèce. +23. Tous les animaux qui volent et qui n'jnt que quatre pieds vous seront en exécration. +24. Quiconque y touchera lorsqu'ils se- ront morts en sera souillé et demeurera impur jusqu'au soir. +25. S'il est nécessaire qu'il porte quel- qu'un de ces animaux quand il sera mort, il lavera ses vêtements et il sera impur jusqu'au coucher du soleil. +26. Tout animal qui a de la corne au pied, mais dont la corne n'est point fendue, et qui ne rumine point, sera im- pur ; et celui qui l'aura touché après sa mort sera souillé. +27. Entre tous les animaux à quatre pieds, ceux qui ont comme des mains sur lesquelles ils marchent seront impurs : celui qui y touchera lorsqu'ils seront morts sera souillé jusqu'au soir. +28. Celui qui portera de ces bêtes lors- qu'elles seront mortes lavera ses vête- ments, et il sera impur jusqu'au soir; parce que tous ces animaux vous seront impurs. +29. Entre les animaux qui se remuent sur la terre, vous considérerez encore +21. Quidquid autem ambulat quidem super quatuor pedes, sed habet longiora rétro crura, per quœ salit super terram, +22. Comedere debetis, ut est bruchus in génère suo, et attacus, atque ophio- machus, ac locusta, singula juxta genus suum. +23. Quidquid autem ex volucribus quatuor tantum habet pedes execrabile erit vobis ; +24. Et quicumque morticina eorum tetigerit, polluetur, et erit immundus usque ad vesperum ; +25. Et si necesse f uerit ut portet quip- piam horum mortuum, lavabit vesti- menta sua, et immundus erit usque ad occasum solis. +26. Omne animal quod habet quidem ungulam, sed non dividit eam, nec ruminât, immundumerit; et qui tetigerit illud , contaminabitur. +27. Quod ambulat super manus, ex cunctis animantibus quœ incedunt qua- drupedia, immundum erit; qui tetigerit morticina eorum , polluetur usque ad vesperum. +28. Et qui portaverit hujuscemodi cadavera , lavabit vestimenta sua , et im- mundus erit usque ad vesperum ; quia omnia hœc immunda sunt vobis. +29. Hsec quoque inter polluta reputa- buntur de liis quse moventur in terra : +tuor pedes, divers commentateurs ont conclu que le verset 20 s'appliqiie encore aux chauves- souris , les coléoptères et les auti'es Insectes ailés ayant d'ordinaire six pattes ; mais le nombre quatre n'est ici qu'un minimum, pour distinguer les insectes des oiseaux, qui sont simplement bi- pèdes. — Quidquid... longiora rétro crura. Excep- tion en faveiir des insectes dits « saltatoria », qui étaient légalement purs, et que l'on pouvait manger. Quatre espèces spéciales sont signalées par manière d'exemple : hi-uclius (hébr. : 'ar&c7i), attacus (hébr. : soVam), ophiomacus (hébr. : haryol), locusta (hébr,: hagab). La Vulgate a suivi la traduction des LXX; il est très pro- bable que les noms hébreux désignent tous des variétés de sauterelles. Voyez V Atlas d'hist. nat., pi. XLvr, fig. 2, 3, 5, 6, 8 ; pi. xlvii, flg. 1-3. — Quidquid autem.... (vers. 23). Après avoir signalé l'exception, on réitère la règle générale (vers. 20). +3° Contact des cadavres des animaux impurs, vers. 24-28. +24-25. Première instruction, relative aux vo- latiles impurs dont il a été question aux vers. 20-23. — Deux sanctions, selon qu'on aura sim- plement touché, ou que l'on aura dû porter ces +morticina. Dans le premier cas , immundus usque ad vesperum; dans le second, un lavage des vêtements était en outre de rigueur. +26-28. Deuxième instruction , relative aux quadrupèdes impurs. — Deux sanctions iden- tiqiies à celles qui précèdent. Le vers. 26 com- prend tous les animaux spécifiés au premier ali- néa de ce chapitre (vers. 3-7). Par quod ambu- lat super tnanus, il faut entendre les chiens, 1(!S chats, les lions, etc., dont les pieds sont des sortes de mains. +40 La catégoxie des rciitiles, vers. 29-38. +29*. Titre de l'alinéa, — De his quce moven- tur... L'hébreu est plus clair : parmi les reptiles (séres) qui rampent {sores) sur la terre. « Ram- per » est pris dans le sens large, pour marquer des animaux dont les jambes sont si courtes , qu'ils en semblent dépourvus. Voyez Gen. i, 24, et le commentaire. Aux vers. 20-23, nous avions déjà, des séres, mais munis d'ailes. +29i>-30. Liste des reptiles impurs. — Mustela (hébr.: holed), la belette. — Mus (hébr. : 'aJcbar), la souris; d'après d'autres, la gerboise («Dipus aîgj'ptius » ; Atl. d'hist. nat., pi. xcv, flg. 5), gra- cieux animal commun en Egypte, en Palestine et en Syrie. — Crocodilus (hébr. : sab) : pro- +358 +Ley. XI, 30-3G. +mustela et mus et crocodilus, singula juxta genus suum, +30. Mygale, et chamœleon, et stellio, et lacerta , et talpa ; +31. Omnia \vcec immunda sunt. Qui tctigerit morticina eorum, immundus erit usque ad vesperum ; +32. Et super quod ceciderit quidquam de morticinis eorum, polluetur, tam vas ligneiim et vestimentum, quam pelles et cilicia , et in quocumque fit opus ; tingen- tur aqua, et poUuta erunt usque ad vesperum, et sic postea muudabuntur; +33. Vas autem fictile, in quod horum quidquam intro ceciderit, polluetur, et idcirco frangendum est. +34. Omnis cibus, quem comedetis, si fusa fuerit super eum aqua, immundus erit ; et omne liquens quod bibitur de universo vase, immundum erit. +35. Et quidquid de morticinis liujus- cemodi ceciderit super illud, immun- dum erit ; sive clibani , sive cîiytropodes, destruentur, et immundi erunt. +36. Fontes vero et cisternœ, et omnis aquarum congregatio munda erit. Qui morticinum eorum tetigerit, polluetur. +ceux-ci comme impurs : la belette, la souris et le crocodile, chacun selon son espèce, +30. La musaraigne, le caméléon, le stellion , le lézard et la taupe ; +31. Tous ces animaux seront impurs. Celui qui y touchera lorsqu'ils seront morts sera impur jusqu'au soir; +32. Et tout objet sur lequel il tombera quelque chose de leurs corps morts sera souillé, que ce soit un vase de bois, ou un vêtement, ou des peaux et des ci- lices, tout objet dont on fait usage ; ils seront lavés dans l'eau, ils demeureront souillés jusqu'au soir, et après cela ils seront purifiés. +33. Mais le vase de terre dans lequel quelqu'une de ces choses sera tombée en sera souillé, c'est pourquoi il le faut briser. +34. Si on répand de l'eau de ces vases souillés sur la viande dont vous mangerez , elle deviendra impure ; et toute liqueur qui se peut boire sortant de quehpi'un de tous ces vases impurs sera souillée. +35. Tout objet sur lequel il tombera quelque chose de ces bêtes mortes de- viendra impur ; que ce soit des fourneaux ou des marmites, ils seront censés im- purs et seront brisés. +36. Mais les fontaines, les citernes et tous les réservoirs d'eaux seront purs. Celui qui touchera les cadavres de ces animaux sera impur. +bablcment le dhàb des Arabes, c.-ù-d. le croco- dile terrestre, grand lézard qui a jusqu'à deux pieds de long {Atl. d'hist. nai., pi. lx, fig. 4). — Mygale, la musaraigne (Atlas d'hist. nat., pi. cm, fig. 8); le substantif hcbr. 'anâqah dé- signe plutôt l'espèce de lézard qu'on nomme gecko '.Atl. d'hist. nut., pi. lix, fig. 3,7).— Chamcel.eon (hébr. : Icoah). La grenouille, d'après d'autres ihterprètes ; ou bien, un lézard de l'espèce Moni- tor (notamment le « Lacerta nilotici; >j Atlas d'hist. nat., pi. ltx, fig. 2, 3). — Stellio (hébr. : l'tâ'uh) : autre sorte de lézard (Atl. d'hist. nat., pi. Lix, fig. 1 , 5). — Lacerta Qiômet) : peut-être le lézard des sables. Suivant le Talmud et les rabbins, la limace et l'escargot. — Talpa. Le mot hébreu tinsémct représentait précédemment un oiseau (note du vers. 18). Il signifie littéra- lement : celui qui se gonfle; d'où l'on a conclu qu'il conviendrait fort bien au caméléon (Atlas d'hist. nat., pi. lx, fig. 2, 5). +31-38. Règles concernant la souillure que pou- vaient occasionner les cadavres de ces divers reptiles. — Première règle (vers. 31), identique il celles des vers. 24, 26-27». — Seconde règle, vers. 32 : .^uper (^uod ceciderit...; non sculcm.ut +les personnes (vers. 31), mais les ustensiles du ménage (ras ligneum; l'hébr. h'ii est plus géné- ral), les vêtements de tout genre (d'étoffe, ve- stimentum; de peau, pelles; en poils de chèvre , etc., cilicia) étaient souillés par ce contact. — Troisième règle (vers. 33), spécialement appli- cable aux vases et ustensiles d'argile: ras... fictile... frangendum. Voyez vi, 28, et le commentaire. — Quatrième règle (vers. 34) : les mets et les boissons. Cibus... si fusa... aqua : donc , tout mets dans la préparation duquel il enti'ait de l'eau, tels que les potages, la viande bouillie; voyez une autre interprétation dans la traduc- tion.— Omne liquens: l'eau, le lait, le vin, l'huile, etc. — Cinquième l'ègle (vers. 35): d'abord générale (quiquid... super illud), puis particu- lière {clibani, les fours portatifs en terre, plu- sieurs fois mentionnés, ii, 4, etc.; chylropodes , en hébr. kir aï m , expression obscure, au sujet de laquelle on a fait de nombreuses hypothèses ; peut-être désigne-t-elle un four d'un autre genre, qui pouvait porter deux pots à la fois). — Sixième règle (vers. 36) : les fontaines, citernes et autres masses d'eau considérables n'étaient pas souillées ; néanmoins celui qui enlevait le cadavre impur +Lev. XI, 37-46. +359 +37. S'il en tombe quelque chose sur la semence, elle ne sera point souillée. +38. Mais si quelqu'un répand de Peau sur la semence, et qu'après cela elle touche à un de ces cadavres, elle en sera aussitôt souillée. +39. Si un animal de ceux qu'il vous est permis de manger meurt de lui- même, celui qui en touchera le cadavre sera impur jusqu'au soir. +40. Celui qui en mangera, ou qui en portera quelque chose , lavera ses vête- ments et sera impur jusqu'au soir. +41. Tout ce qui rampe sur la terre sera abominable, et on n'en prendra point pour manger. +42. Vous ne mangerez point de tout ce qui ayant quatre pieds marche sur le ventre, ni de ce qui a plusieurs pieds ou qui se traîne sur la terre, parce que ces animaux sont abominables. +43. Prenez garde de ne pas souiller vos âmes, et ne touchez aucune de ces choses, de peur que vous ne soyez impurs. +44. Car je suis le Seigneur votre Dieu ; soyez saints parce que je suis saint. Ne souillez point vos âmes par l'attouche- ment c?'aucun des reptiles qui se remuent sur la terre. +45. Car je suis le Seigneur qui vous ai tirés du pays de l'Egypte pour être votre Dieu. Vous serez donc saints parce que je suis saint. +46. C'est là la loi pour les bêtes , pour les oiseaux et pour tout animal vivant qui se remue dans l'eau ou qui rampe sur la terre ; +37. Si cecidcrit super sementem, non polluet eam. +38. Si autem quispiam aqua sementem perfuderit, et postea morticinis tacta fuerit, illico polluetur. +39. Si mortuum fuerit animal, quod licet vobis comcdere, qui cadaver ejus tetigerit, immundus erit usque ad ves- perum ; +40. Et qui comederit ex eo quippiam, sive portaverit, lavabit vestimenta sua, et immundus erit usque ad vesperum. +41. Omne quod reptat super terram, abominabile erit, nec assumetur in cibum. +42. Quidquid super pectus quadrupes graditur, et multos habet pedes , sive per humum trahi tur, non comedetis, quia abominabile est. +43. Nolite contaminare animas vestras, nec tangatis quidquam eorum, ne im- mundi sitis. +44. Ego enim sum Dominus Deus vester ; sancti estote , quia ego sauctus sum. Ne polluatis animas vestras in omni reptili quod movetur super terram. +45. Ego enim sum Dominus , qui eduxi vos de terra ^gypti, ut essem vobis in Deum. Sancti eritis, qua ego sanctus sum. +46. Ista est lex animantium ac volu- crum, et omnis animée viventis, quse movetur in aqua, et reptat in terra, +tombé dans ces endroits devenait lui-même impur (il faut entendre en ce sens les mots qui tetige- rit...). — Septième règle (vers. 37-38) : cas des céréales destinées à servir de semence ( super sementem). On distingue : si les grains en ques- tion étaient secs, non polluet; s'ils étaient mouil- lés, polluetur, à la façon des ustensiles d'argile, et pour le même motif. Cf. vers. 33, et vi, 28. +6« Contact du cadavre d'un animal pur, vers. 39 - 40. +39-40. Instruction rattachée très naturellement ù celles que nous venons de lire. — Si mortuum..., de mort naturelle. — Qui tetigerit... Deux règles, tout à fait semblables à celles qui concernaient les cadavres des quadrupèdes impurs, vers. 26-28 ; à part les mots qià comederit, puisqu'il s'agit d'animaux purs. +7" Encore les x*cptiles, vers. 41-42. +41-42. Omne quod reptat... De nouveau, dans l'hébr. : séres ïore.y. Après cette prohibition gé- nérale, le Législateur précise, afin de complé- ter ce qui a été dit aux vers. 29-30. — Quidquid super pectus. Toutes les bêtes dépourvues de +pieds : los serpents , les vers , les mollusques , etc. — Quadrupes (la construction de l'hébr. montra qu'il s'agit d'une nouvelle catégorie). Quatre pieds ou davantage; les scorpions, les aptères, etc. — Multos pedes habet : les myriapodes, les chenilles, les araignées, etc. +80 Motifs de cette interdiction, vers. 43-45. +43. Premier motif : Nolite contaminare... Du dehors, la souillure passe facilement au dedans, à l'âme. +A4:- 4:5. Deuxième motif : la sainteté de Dieu, à laquelle le « peuple saint » doit se conformer ; les bienfaits du Seigneur, que des mœurs saintes récompenseront mieux que toute autre sorte d'ac- tion de grâces. — Remaniuez les répétitions so- lennelles de cet alinéa. +9" Récapitulation, vers. 46-47. +46-47. Animantium... volucrum. Cette for- mule de conclusion n'est pas tout à fait conforme à l'ordre suivi dans l'énumération des lois ; elle place les oiseaux avant les poissons. Cf. vers. 9 et 18. +JGO +Lev. XI, 47 — XII, 6. +47. Ut dilïerentias noveiitis mundi et immundi, et sciatis quid comedere et quid respuere debeatis. +47. Afin que vous connaissiez la dif- férence de ce qui est pur ou impur, et que vous sachiez ce que vous devez man- ger ou rejeter. +CHAPITRE XII +1. Locutusque est Dominus ad Moysen, dicens : +2. Loquere filiis Israël, et dices ad eos : Mulier, si suscepto semine pepererit masculum, immunda erit septem diebus, juxta dies separationis menstruae. +3. Et die octavo circumcidetur infan- tulus ; +4. Ipsa vero triginta tribus diebus manebit in sanguine purificationis suse. Omne sanctum non tanget, nec mgre- dietur in sanctuarium , donec impleantur dies purificationis suse. +5. Sin autem feminam pepererit, im- munda erit duabus hebdomadibus , juxta ritum fluxus menstrui, et sexaginta sex diebus manebit in sanguine purificationis suse. +6. Cumque expleti fuerint dies puri- ficationis suse, pro filio, sive pro filia, deferet agnum anniculum in holocau- stum, et pullum columbaî sive turturem +1. Le Seigneur parla encore à Moïse, et lui dit : +2. Parlez aux enfants d'Israël, et dites- leur : Si une femme étant devenue grosse enfante un enfant mâle , elle sera impure pendant sept jours, selon le temps qu'elle demeurera séparée à cause de son indis- position mensuelle. +3. L'enfant sera circoncis le huitième jour; +4. Et elle demeurera encore trente- trois jours pour être purifiée de la suite de ses couches. Elle ne touchera à rien qui soit saint, et elle n'entrera point dans le sanctuaire jusqu'à ce que les jours de sa purification soient accom- plis. +5. Si elle enfante une fille, elle sera impure pendant deux semaines, comme lorsqu'elle est séparée à cause de son in- disposition mensuelle; elle demeurera soixante-six jours pour être purifiée de la suite de ses couches. +6. Lorsque les jours de sa purification auront été accomplis , ou pour un fils ou pour une fille, elle portera ù, l'entrée du tabernacle du témoignage un agneau d'un +§ II, — Impureté et purification des femmes en couches. XII, 1-8. +Tous les peuples anciens ont prescrit des cé- rémonies lustrales pour le cas dont traite ce cha- pitre ; mais ici les prescriptions de la loi sont de nouveau « placées sous la sanction religieuse, et mises dans un rapport intime avec l'idée île la piu-eté » exigée de la nation choisie. <-<■ Comme pour marquer, dit Origène, Hom. viii in Levit., que la naissance de tous les honnnes est souillée, et que personne ne naît exempt de faute. » +l» Les deux hypothèses, vers. 1-5. +Chap. XII. — 1-4, Transition (l-S") et règles à suivre après l'enfantement d'un fils. — Pre- mière période , d'impureté complète : septem diebus. Les moU juxta dies... menstraa- font allu- sion à, la souillure analogue, et de même durée, qui sera décrite plus bas, xv, 19 et s. — Deuxième période, de trente -trois jours cette fois, mais d'impureté seulement partielle (m sanguine pu- rificationis...). La mère ne communiquait plus +alors son impureté à tout ce qu'elle touchait ; il lui était cependant interdit de se joindre aux cérémonies sacrées (omne sanctum..., c.-à-d. les dîmes et les prémices, la chair des hosties paci- fiques, etc.). Ces deux périodes sont basées sur le temps qu'il faut à une mère pour se remettre tout à fait des suites de l'enfantement. — Et die octavo (vers. 3)... Le Législateur inculque, à cette occasion , le grave précepte de la circoncision. Cf. Gen. XVII, 10, 13. +5. Les règles à suivre après la naissance d'une fille sont au fond les mêmes, avec cette diffé- rence que la durée des périodes est doublée : quatorze jours et soixante -six jours. Différence (lue de graves auteurs attribuent ù l'introduction du péché sur la terre par la femme ; ce serait comme un châtiment réitéré de la faiblesse d'Eve. Cf. I Tim. Il, 13-15 ; I Petr. m, 7, +2« Rites de la purification, vers. 6-8. +6 - 7. Un double sacrifice , offert d'après les lois ox'dinaires : agnum in holocaustum , pullum... pro pcccato. Cela fait, mundahitur. +Lev. XII, 7 — XIII, 3. +3G1 +an pour être offert en holocauste, et pour le péché le petit d'une colombe, ou une tourterelle, qu'elle donnera au prêtre, +7. Qui les offrira devant le Seigneur et priera pour elle ; et elle sera ainsi pu- rifiée de toute la suite de ses couches. Telle est la loi pour celle qui enfante un enfant mâle ou une fille. +8. Si elle n'a pas le moyen de se pro- curer un agneau, elle prendra deux tour- terelles ou deux petits de colombes, l'un pour être offert en holocauste, et l'autre pour le péché; et le prêtre priera pour elle , et elle sera ainsi purifiée. +pro peccato , ad ostium tabernaculi testi- monii , et tradet sacerdoti , +7. Qui offeret illa coram Domino, et orabit pro ea , et sic mundabitur a pro- fluvio sanguinis sui. Ista est lex parien- tis masculum aut feminam. +8. Quod si non invenerit manus ejus, nec potuerit offerre agnum, sumet duos turtures vel duos pullos columbarum, unum in holocaustum, et alterum pro peccato; orabitque pro ea sacerdos, et sic mundabitur. +CHAPITRE XIII +1. Le Seigneur parla encore à Moïse et à Aaron , et il leur dit : +2. L'homme dans la peau ou dans la chair duquel il se sera formé une diver- sité de couleur, ou une pustule, ou quelque chose de luisant qui paraisse la plaie de la lèpre, sera amené au prêtre Aaron ou à quelqu'un de ses fils. +3. Et s'il voit que la lèpre paraisse sur la peau, que le poil ait changé de cou- leur et soit devenu blanc, que les en- +1. Locutusque est Dominus ad Mo3^sen, et Aaron, dicens : +2. Homo, in cujus cute et carne ortus faerit diversus color sive pustula, aut quasi lucens quippiam, id est plaga leprse, adducetur ad Aaron sacerdotem, vel ad unum quemlibet filiorum ejus. +3. Qui cum viderit lepram in cute, et pilos in album mutatos colorem, ipsam- que speciem leprse humiliorem cute et +8. Le sacrifice des pauvres : duos turtures... Ce fut celui de Marie, au jour de sa puritlcation. Cf. Luc. n, 22-24. +§ III. — La lèpre. XIII, 1 — XIV, 57. +Parmi les impuretés légales , il n'est pas éton- nant de trouver cette maladie affreuse , tout im- monde extérieurement, et frappant emblème de la souillure morale produite par le péché. A toutes les époques , la lèpre a été relativement fréquente dans l'Orient biblique , où elle n'a pas encore cessé d'exercer ses ravages. Elle est, sinon épi- démique, du moins héréditaire, se transmettant d'une manière presque infaillible par la généra- tion. Ce n'est pas seulement ime maladie cuta- née ; elle réside dans le sang môme , par lequel le corps entier est promptement infecté. Quoique d'ordinaire assez lente, son action dissolvante est sûre et terrible : le visage est peu à peu rongé , et les membres tombent en lambeaux. Voy. l'AiL archéol., pi. xxvi, flg. ], 2, 3. Lorsqu'elle s'est complètement déclarée, elle résiste, aujourd'hui comme autrefois, aux efforts des médecins les plus habiles. Cf. IV Reg. v, 7; S. Aug. Serm. ad pop., Lxxviii. Voyez aussi la Dissertation de D. Calmet, en avant de son commentaire sur l'Exode et le Lévitique, et les articles de T. Rayer dans le Dictionnaire de médecine (aux mots Lèpre et Lépreux). — Voici l'oi-dre général des idées dans ce paragraphe : la lèpre humaine, +xin, 1-46; la lèpre des vêtements, xiii, 47-59; la purification des lépreux, xiv, 1-32; la lèpre des maisons, xiv, 33-57. +1" Le diagnostic de la lèpre humaine. XIII, 1-43. +Ce point est magistralement traité , comme le reconnaissent les médecins spécialistes qui se sont occupés de ce sujet. On étudie les différentes ma- nifestations de la lèpre ù, son début , soit sur la peau en général (1-28), soit sur la tête et an menton (29-37), de nouveau sur la peau (38-39), enfin dans la calvitie (40-43). +Chap. XIII. — 1. Transition et introduction. — Ad Moysen et Aaron. Cf. x, 10; xi, 1, et les commentaires. +2 - 8. Les signes de la lèpre se manifestant sur l'ensemble de la peau : premier cas. — In... cute et carve. Hébr.: dans la peau de sa chair. — Les expressions diversus color (hébr.:s"éi, élévation, enflure), pustiUa (hébr. : sappahat, croûte), lucens quippiam (hébr. : haliéret, tache bril- lante), sont probablement techniques, et comme officielles, pour marquer le premier degré du mal. Cf. XIV, 5G. — Adducetur ad Aaron... Le grand prêtre , et les prêtres en général {vel ad unum....), sont ainsi constitués juges sans appel pour la constatation de la lèpre. — Plaga leprce. La lèpre (hébr.: sâra'at) était appelée une plaie, ou mieux, un coup (néga' ; cf. vers. 3, 9, etc.), parce qu'on la regardait, en effet, comme un châtiment tout +362 +carne reliqua, plaga lepree est, arbitrium ejus separabitur. +4. Sin autem lucens candor fuerit in cute, nec liumilior carne reliqua, et pili coloris pristini, recludet eum sacerdos septem diebus ; +5. Et considerabit die septimo ; et siquidem lepra ultra non creverit, nec transierit in cute priores terminos, rur- sum recludet eum septem diebus aliis. +6. Et die septimo contemplabitur ; si obscurior fuerit lepra, et non creverit in cute, mundabit eum, quia scabies est; lavabitque liomo vestimenta sua, et mundus erit. +7. Quod si postquam a sacerdote visus est, et redditus munditi£e, iterum lepra creverit, adducetur ad eum, +8. Et immunditise condemnabitur. +9. Plaga leprœ si fuerit in liomine, adducetur ad sacerdotem, +10. Et videbit eum. Cumque oolor albus in cute fuerit, et capillorum mu- taverit aspectum, ipsa quoque caro viva apparuerit , +11. Lepra vetustissima judicabitur, atque inolita cuti. Contaminabit itaque eum sacerdos, et non recludet, quia perspicuae immunditiae est. +12. Sin autem eiïloruerit discurrens +Lev. XIII, 4-12 et ad +droits où la lèpre paraît soient plus en- foncés que la peau et que le reste de la chair, il déclarera que c'est la plaie de la lèpre, et il le fera séparer de la compa- gnie des autres. +4. Que s'il paraît une blancheur lui- sante sur la peau, sans que cet endroit soit plus enfoncé que le reste de la chair, et si le poil est de la couleur qu'il a tou- jours eue, le prêtre le renfermera pen- dant sept jours; +5. Et il le considérera le septième jour ; et si la lèpre n'a pas crû davantage, et n'a point pénétré dans la peau plus qu'au- paravant, il le renfermera encore sept autres jours. +6. Au septième jour il le considérera, et si la lèpre paraît plus obscure et ne s'est point plus répandue sur la peau, il le déclarera pur, parce que c'est la gale, et non la lèpre; cet homme lavera ses vêtements , et il sera pur. +7. Que si après qu'il aura été vu par le prêtre et déclaré pur, la lèpre croît de nouveau , on le lui ramènera, +8. Et il sera condamné comme im- pur. +9. Si la plaie de la lèpre se trouve en un homme, on l'amènera au prêtre, +10. Et il le considérera ; et lorsqu'il pa- raîtra sur la peau une couleur blanche, que les cheveux auront changé de cou- leur, et qu'on verra même paraître la chair vive, +11. On jugera que c'est une lèpre très invétérée et enracinée dans la peau. C'est pourquoi le prêtre le déclarera im- pur, et il ne le renfermera point, parce que son impureté est toute visible. +12. Que si la lèpre paraît comme en +spécial, directement infligé par Dieu. — Pilos in album... Un des symptômes caractéristiques de la lèpre : les poils , ordinairement forts et très noirs dans la race Israélite, deviennent fins et blanchâtres. — Autre symptôme décisif : ipsam specicm... humiliorem..., une légère dépression dans les endroits atteints. — Alors le cas est clair : plaga leprce est , et on séparera le malade du reste de la communauté. Cf. vei's. 44-46. — Si rabïcnce des deux signes principaux (nec humilior..., vers. 4) laisse des doutes dans l'es- prit du prêtre, le malade subira une sorte de quarantaine, dont les délais successifs, accompa- gnés d'autant d'inspections (vers. 5-6), permet- tront de suivre les progrès ou la décroissance du mal. — Obscurior lepra (vers. 6). C.-à-d. que le « lucens quippiam » ou « lucens candor » dis- parait, et que la cluiir reprend sa couleur natu- relle.— Mundabit eum. Dans le sens de : « il le +déclarera pur, » non atteint de la lèpre. — Sca- bies est. Hébr. : mispahat , une éruption passa- gère. — Si, après la déclaration favorable du prêtre {rcddiiiis mnnd'd'isp) , le mal réapparaît plus intense, il n'y aura plus à hésiter : condem- nabitur. +9-11. Les signes de la lèpre se manifestant sur la peau : second cas. On suppose que le malade n'a pas été conduit immédi.;tement au prêtre, et que, lorsqu'on le lui présente, le mal est tout à fait évident. — Ipsa... caro viva... Autre symp- tôme, ajouté ici aux précédents (color albus..., et capillorum...) : quelque plaie vive et très sen- sible. — Le cas étant extrêmement net ( Icj/ra vetii.stissima) , le malade sera déclaré impur (œn- taminabit...) , sans quarantaine préalable {non recludet; cf. vers. 4 et ss.). +12-17. Troisième ca=5 (ou, selon d'autres, suite du second cas): la lèpre bénigne, dite a vul- +Lev. XIII, 13-24. +363 +fleur, en sorte qu'elle coure sur la peau, et qu'elle la couvre depuis la tcte jus- qu'aux pieds, dans tout ce qui en peut paraître à la vue, +13. Le prêtre le considérera, et il ju- gera que la lèpre qu'il a est la plus pure de toutes, parce qu'elle est devenue toute blanche ; c'est pourquoi cet homme sera déclaré pur. +14. Mais quand la chair vive paraîtra sur lui, +15. Alors il sera déclaré impur par le jugement du prêtre, et il sera mis au rang des impurs. Car si la chair A'ive est mêlée de lèpre, elle est impure. +16. Que si elle se change et devient encore toute blanche, et qu'elle couvre l'homme tout entier , +17. Le prêtre le considérera et décla- rera qu'il est pur. +18. Quand il y aura eu dans la chair ou dans la peau de quelqu'un un ulcère qui aura été guéri, +19. Et qu'il paraîtra une cicatrice blanche ou tirant sur le roux au lieu où était l'ulcère, on amènera cet homme au prêtre , +20. Qui, voyant que l'endroit de la lèpre est plus enfoncé que le reste de la chair et que le poil s'est changé et est devenu blanc, le déclarera impur; car c'est la plaie de la lèpre qui s'est formée dans l'ulcère. +21. Que si le poil est de la couleur qu'il a toujours eue et la cicatrice un peu obscure, sans être plus enfoncée que la chair du voisinage , le prêtre le renfer- mera pendant sept jours. +22. Et si le mal croît, il déclarera que c'est la lèpre. +23. S'il s'arrête dans le même lieu, c'est seulement la cicatrice de l'ulcère , et l'homme sera déclaré pur. +24. Lorsqu'un homme aura été brûlé +lepra in cute, et operucrit omnem cutem a capite usque ad pedes, quidquid sub aspectum oculorum cadit, +13. Considerabit eum sacerdos, et teneri lepra mundissima judicabit, eo quod omnis in candorem versa sit, et idcirco homo mundus erit. +14. Quando vero caro vivens in eo apparuerit, +15. Tune sacerdotis judicio polluetur, et inter immundos reputabitur ; caro enim viva si lepra as^ergitur, immunda est. +16. Quod si rursum versa fuerit in alborem, et totum hominem operuerit, +17. Considerabit eum sacerdos, et mundum esse decernet. +18. Caro autem et cutis in qua ulcus natum est et sanatum, +19. Et in loco ulceris cicatrix alba apparuerit, sive subrufa, adducetur homo ad sacerdotem ; +20. Qui eum viderit locum leprse hu- miliorem carne reliqua, et pilos versos in candorem, contaminabit eum; plaga enim leprse orta est in ulcère. +21. Quod si pilus coloris est pristini, et cicatrix subobscura, et vicina carne non est humilior, recludet eum septem diebus. +22. Et si quidem creverit, adjudicabit eum leprse. +23. Sin autem steterit in loco suo, ulceris est cicatrix, et homo mundus erit. +24. Caro autem et cutis quam ignis +gaire ». — Effloruerit... , sans les autres signes décrits aux vers. 2 et 9. Cette sorte de lèpre commence en n'importe quel endroit du corps, et elle voyage d'un membre à l'autre (discur- reni^) ; la lèpre propi'ement dite se manifeste or- dinairement en premier lieu sur les parties expo- sées à l'air (le visage, les mains, les oreilles). — Lepra mundissima : c-k-d. très bénigne, qui ne rend pas impur. Elle atteint à peine la santé géné- rale* , quoiqu'elle puisse se prolonger pendant des années. — Quando... caro vivens. ..'DiYer?,es alter- natives (vers. 14-17) de cette « lepra mimdissima » avant la guérison complète. +18-23. Quatrième cas: la lèpre naissant sur la cicatrice d'un ulcère. — Un premier fait est +signalé (vers. 18) : cutis in qua ulcus natum..., sanatum. L'hébr. s'hln dénote un ulcère malin. Cf. Ex. IX, 9; Job, n, 7-8; Is. xxxvm, 21. — Autre fait : cicatrix (hébr. : une tumeur) alba sive sutrufa , apparaissant à l'endroit même où était l'ulcère. — C'était un indice inquiétant ; de là l'inspection du prêtre (vers. 20-23), à la ma- nière indiquée plus haut , vers. 3 - 8. Seulement , il n'y avait qu'une quarantaine de sept jours ; il était inutile de recommencer l'expérience , la cica- trice de l'ulcère fournissant une explication suf- fisante. +24-28. Cinquième cas, analogue au quatrième : la lèpre naissant sur la cicatrice d'une brûlure. — Les mots ignis exusserit ont été interprétés +364 +Lev. XIII, 25-34. +exusserit, et sanata albam sive rufam habuerit cicatricem, +25. Considerabit eam sacerdos , et ecce Tersa est in alborem, et locus ejus reliqua cute est hiimilior ; contaminabit eum, quia plaga leprae in cicatrice orta est. +2G. Qiiod si piloriim color non fuerit immutatus, nec humilior plaga carne reliqua, et ipsa leprae species fuerit sub- obscura, recludet eum septem diebus, +27. Et die septimo contemplabitur. Si creverit in cute lepra , contaminabit eum ; +28. Sin autem in loco suo candoi' steterit non satis clarus, plaga combu stionis est, et idcirco mundabitur, quia cicatrix est combusturae. +29. Vir, sive mulier, in cujus capite vel barba germinaverit lepra , videbit eos sacerdos. +30. Et siquidem humilior fuerit locus carne reliqua, et capillus flavus, solito- que subtilior, contaminabit eos, quia lepra capitis ac barbaî est. +31. -Sin autem viderit locum maculae œqualem vicinee carni, et capillum ni- grum, recludet eum septem diebus, +32. Et die septimo intuebitur. Si non creverit macula, et capillus sui coloris est, et locus plagse carni reliquse œqua- lis, +33. Radetur homo absque loco maculœ, et includetur septem diebus aliis. +34. Si die septimo visa fuerit stetissc plaga in loco suo, nec humilior carne reliqua, mundabit eum, lotisque vestibus Buis mundus erit. +dans la chair ou sur la peau, et que, la brûlure étant guérie, la cicatrice en de- viendra blanche ou rousse, +25. Le prêtre la considérera, et s'il voit qu'elle est devenue toute blanche, et que cet endroit est plus enfoncé que le reste de la peau, il le déclarera impur, parce que la plaie de la lèpre s'est for- mée dans la cicatrice. +26. Si le poil n'a pas changé de cou- leur, si l'endroit blessé n'est pas plus en- foncé que le reste de la chair, et si la lèpre même paraît un peu obscure, le prêtre le renfermera pendant sept jours, +27. Et il le considérera le septième jour. Si la lèpre s'est étendue sur la peau , il le déclarera impur. +28. Si cette tache blanche s'arrête au même endroit et devient un peu plus sombre, c'est seulement la plaie de la brûlure ; c'est pourquoi il sera déclaré pur, parce que cette cicatrice est l'effet du feu qui l'a brûlé. +29. Si la lèpre paraît et pousse sur la tête ou au menton d'un homme ou d'une femme , le prêtre les considérera ; +30. Et si cet endroit est plus enfoncé que le reste de la chair, et le poil tirant sur le jaune, et plus délié qu'à l'ordi- naire, il les déclarera impurs, parce que c'est la lèpre de la tête et du menton. +31. Mais s'il voit que l'endroit de la tache est égal à la chair d'auprès , et que le poil soit noir, il renfermera le malade pendant sept jours, +32. Et il le considérera le septième jour. Si la tache ne s'est point agrandie, si le poil a retenu sa couleur, et si l'en- droit du mal est égal à tout le reste de la chair, +33. On rasera tout le poil de l'homme , excepté l'endroit de cette tache , et on le renfermera pendant sept autres jours. +34. Le septième jour, si le mal semble s'être arrêté dans le même endroit, et s'il n'est point plus enfoncé que le reste de la chair, le prêtre le déclarera pur, et après avoir lavé ses vêtements, il sera tout à fait pur. +de différentes inanières : une inflammation, le charbon, une brûlure dans le sens strict; ce dernier sens est le plus naturel et le meilleur. — Considerabit eam... Mêmes règles que pour le cas précédent. +29-37. Les signes de la lèpre sur la tête ou au menton. — Vir sive mulier... Indication gé- nérale de la maladie (vers. 29). C'est un genre ppr':cial de lèpre, ayant son siège soit in capite, fcoit in harha, c.-:Vd. au menton. Aussi porte-t-il +dans l'hébr. un nom nouveau : néteq (vers. 30). — Les vers. 30-37 contiennent le diagnostic et les règles à suivre pour ce cas particulier. Pre- mière règle, vers. 30 : Si... humilior..., une dé- pression, comme aa vers. 5; capillus flavus... , roussâtre, jaune d'or (hébr. : §âhôb). Quand ce double symptôme existera, le prêtre déclarera les malades impurs ( contaminabit ) , sans la moindre hésitation. — Seconde règle, pour les cas douteux, vers. 31-34, Des quarantaines de +Lev. XIII, 35-45. +3G5 +35. Si , après qu'il aura été jugé pur, cette tache croît encore sur la peau, +36. On ne recherchera plus si le poil a changé de couleur et est devenu jaune, parce qu'il est visiblement impur. +37. Mais si la taclie demeure dans le même état, et si le poil est noir, que le prêtre reconnaisse par là que l'homme est guéri, et qu'il prononce sans rien craindre qu'il est pur. +38. S'il paraît une blancheur sur la peau d'un homme ou d'une femme, +39. Le prêtre les considérera, et s'il reconnaît que cette blancheur qui paraît sur la peau est un peu sombre, qu'il sache que. ce n'est point la lèpre, mais seulement une tache d'une couleur blan- che, et que l'homme est pur. +40. Lorsque les cheveux tombent de la tête d'un homme, il devient chauve, et il est pur. +41. Si les cheveux tombent du devant de la tête , il est chauve par devant , et il est pur. +42. Que si sur la peau de la tête, ou du devant de la tête qui est sans cheveux, il se forme une tache blanche ou rousse , +43. Le prêtre, l'ayant vue, le condam- nera indubitablement , comme frappé d'une lèpre qui s'est formée au lieu d'où ses cheveux sont tombés. +44. Tout homme donc qui sera infecté de lèpre , et qui aura été séparé des autres par le jugement du prêtre, +45. Aura ses vêtements décousus, la tête nue, le visage couvert de son vête- ment, et il criera qu'il est impur et souillé. +35. Sin autem post emundationem rursus creverit macula in cute , +36. Non quseret ami)lius utrum capil- lus in flavum colorem sit immutatus, quia aperte immundus est. +37. Porro si steterit macula, et capilli nigri fuerint, noverit hominem sanatum esse , et confidenter eum pronuntiet mundum. +38. Vir, sive mulier, in eu jus cute candor apparuerit, +39. Intuebitur eos sacerdos ; si depre- henderit subobscurum alborem lucere in cute, sciât non esse lepram, sed maculam coloris candidi, et hominem mundum. +40. Vir de eu jus capite capilli fluunt, calvus et mundus est; +41. Et si a f route ceciderint pili, recalvaster et mundus est. +42. Sin autem in calvitio sive in recal- vatione albus vel rufus color fuerit exortus , +43. Et hoc sacerdos viderit, condem- nabit eum haud dubie leprae, quae orta est in calvitio. +44. Quicumque ergo maculatus fuerit lepra, et separatus est ad arbitrium sacerdotis, +45. Habebit vestimenta dissuta, caput nudum, os veste contectum, contamina- tuin ac sordidum se claraabit. +sept jours sont prescrites, comme aux vers. 4 -G, en vue d'un examen sérieux. Avant la deuxième , radetur homo, pour rendre l'inspection plus facile. Ces ï)6riodcs de sept et de quatorze jours étaient assurément basées sur l'expérience : le mal met- tait ce temps pour croître ou pour décroître. Au vers. 31, les LXX remplacent nigrum par « flavum »; peut-être à bon droit, car, d'après la Vulgate et l'hébreu , les deux symptômes prin- cipaux de la lèpre seraient absents. — Troisième règle, vers. 35-37 : ce qu'il faut faire dans l'hy- pothèse d'un retour du mal qui avait paru guéri. +38-39. Une blancheur sur la peau, troisième signe de la lèpre. — Candor... D'après le con- texte , de simples taches blanches sur la peau , sans décoloration des cheveux et des poils. — Sciât... maculam. Le nom hébr. iôhaq s'est con- servé en Orient (fiahaq des Arabes), pour dési- gner le même mal, c.-à-d. une sorte de dartre ou d'eczéma. +40-43. Autre signe de la lèpre: la calvitie. — +Le Législateur distingue deux sortes de calvities, selon qu'elle atteint la partie antérieure icalvxis) ou la partie postérieure de la tête (d'après l'iiébr."). La calvitie pure et simple n'a évidemment rien de commun avec la lèpre (vers, 40-41); mais elle devra être assimilée à ce mal dans certains cas (vers. 42-43). +44-46. Traitement à faire subir aux lépreux quand la maladie sera entièrement déclarée. ^ Separatus... , par une sorte d'excommunication extérieure. — Vestimenta dissuta: à la façon des personnes en deuil. Cf. x, 6; Ex. xxiv, 17. — Caput nudum. Autre signe de deuil, x , 6. — Os veste contectum: afin de cacher la barbe, orne- ment dont les Orientaux sont si fiers. Cf. Ex. XXIV, 17, 22. — Contaminatum... Dans l'hébr. : « Et il criera : Impur, impur ! » Cf. Thi'en. iv, 14-15. Les lépreux devaient ainsi avertir les pas- sants de leur présence, capable de contaminer. — Solus... extra castra. Et, plus tard, hors des villes et des villages. Cf. Num. v, 2-4 ; xii, 14-15. Cependant 11 leur était permis de se réunir et +366 +Lev. XIII, 46-59. +46. Omni tempore, quo leprosus est et immundus , soins habitabit extra castra. +47. Vestis lanea sive linea , quse lepram habuerit +48. In staminé atque subtegmine, aut certe pellis, vel quidquid ex pelle con- fectum est, +49. Si alba vel rufa macula fuerit infecta, lepra reputabitur, ostendeturque sacerdoti , +50. Qui consideratam recludet septem diebus, +51. Et die septimo rursus aspiciens, si deprelienderit crevisse , lepra perseverans est ; pollutum judicabit vestimentum, et omne in quo fuerit inventa ; +52. Et idcirco comburetur flammis. +53. Quod si eam viderit non crevisse, +54. Praecipiet, et lavabunt id in quo lepra est, recludetque illud septem die- bus aliis. +55. Et cum viderit faciem quidem pristinam non reversam, nec tamen crevisse lepram, immundum judicabit, et igné comburet, eo quod infusa sit in superficie vestimenti vel per totum lepra. +56. Sin autem obscurior fuerit locus leprae, postquam vestis est Iota, abrum- pet eum, et a solido dividet. +57. Quod si ultra apparuerit in his locis, quœ prius immaculata erant, lepra volatilis et vaga , débet igné comburi. +58. Si cessaverit, lavabit aqua ea, qu£e pura sunt, secundo, et munda erunt. +59. Ista est lex lepree vestimenti lanei +46. Pendant tout le temps qu'il sera lé})reux et impur , il demeurera seul hors du camp. +47. Si un vêtement de laine ou de lin est infecté de lèpre +48. Dans la chaîne ou dans la trame, ou si c'est une peau ou quelque chose fait de peau , +49. Quand on y verra des taches blan- ches ou rousses, on jugera que c'est la lèpre , et on les fera voir au prêtre , +50. Qui, les aj^ant considérés, les tien- dra enfermés pendant sept jours. +51. Le septième jour il les considérera encore, et s'il reconnaît que ces taches se sont accrues, ce sera une lèpre enraci- cinée ; il jugera que ces vêtements et toutes les autres choses où ces taches se trouveront sont souillés ; +52. C'est pourquoi on les consumera par le feu. +53. S'il voit que les taches ne se sont point accrues , +54. Il ordonnera qu'on lave ce qui pa- raît infecté de lèpre , et il le tiendra en- fermé pendant sept jours. +55. Et voyant qu'il n'a point repris sa première couleur, quoique la lèpre ne soit pas augmentée, il jugera que ce vê- tement est impur, et il le brûlera dans le feu , parce que la lèpre s'est répandue sur la surface ou l'a même tout péné- tré. +56. Mais si, après que le vêtement aura été lavé, l'endroit de la lèpre est plus sombre, il le déchirera et le sépa- rera du reste. +57. Que si, après cela, il paraît encore une lèpre vague et volante dans les en- droits qui étaient sans tache auparavant, le tout doit être brûlé. +58. Si ces taches s'en vont, on lavera une seconde fois avec l'eau les parties pures, et elles seront purifiées, +59. C'est la la loi touchant la lèpre +de vivre ensemble, comme le montrent les pas- sages II PiCg. vu, 3; Luc. XVII, 12, etc. — La plupart de ces règlements furent adoptés en Eu- rope au mo.ven âge, quand les lépreux se multi- plièrent d'une manière inquiétante. +2' La lè)>re des vêtements. XIII, 47-59. +47-49. Les symptômes. — Vefitis (héhr. :l)éged) est un mot général, qui s'api^lique ù toute sorte de vêtements. — Lanea sive linea. La laine et le lin furent longtemps, chez les Hébreux, la matière i)rincipale des vêtements. Cf. Prov. xxxr, 13; Os. Il, 9, etc. TiO i)lus souvent la tunique était de lin, l'anîple manteau qu'on jetait par- dessus était de laine. — In staminé atque sub- +tegmine : dans la chaîne ou dans la trame. De même les LXX. Les mots hébreux sont assez obscurs. — Aut certe pellis... La peau des animaux servait aussi à confectionner différentes espèces d'habillements. — Alba vel ruja. Hébr,: verdàtrc ou roussâtre. +50-58. L'inspection du prêtre, et les divers modes de traitement, suivant les circonstances. — Première insi)ection , après une réclusion de sept jours (vers. 50-52). — Deuxième inspection, si la prcmièi'e a lai.ssé quelque doute (vers. 5;)-58). +59. Conclusion de cet alinéa. -- Tons ces dé- tails sont clairs; ce qui l'est moins, c'est la na- ture même du mal , qui n'a pu être déterminée +Lev. XIV, 1-7. +367 +d'un vêtement de laine ou de lin, de la chaîne ou de la trame, et de tout ce qui est fait de peau, afin qu'on sache comment on le doit juger, ou pur ou impur. +et linei, staminis atque subtegminis, omnisque supellectilis pelliceae , quomodo mundari debeat, vel contaminari. +GflAPITRE XIV +1. Le Seigneur parla encore à Moïse, et lui dit : +2. Voici ce que vous observerez tou- chant le lépreux , lorsqu'il doit être dé- claré pur. Il sera mené au prêtre ; +3. Et le prêtre étant sorti du camp, et ayant reconnu que la lèpre est bien guérie , +4. Ordonnera à celui qui doit être purifié d'offrir pour lui-même deux pas- sereaux vivants, dont il est permis de manger ; du bois de cèdre , de l'écarlate et de l'hysope. +5. Il ordonnera, de plus, que l'un des passereaux soit immolé dans un vase de terre sur de l'eau vive. +6. Il trempera l'autre passereau, resté vivant, avec le bois de cèdre, l'écarlate, et l'hysope, dans le sang du passereau qui aura été immolé. +7. Il fera sept fois les aspersions avec ce sang sur celui qu'il purifie, afin qu'il soit légitimement purifié. Après cela, il laissera aller le passereau vivant, afin qu'il s'envole dans les champs. +1. Locutusque est Dominus ad Moysen, dicens : +2. Hic est ritus leprosi, quando mun- dandus est. Adducetur ad sacerdotem ; +3. Qui egressus de castris, cum inve- nerit lepram esse mundatam, +4. Prœcipiet ei qui purificatur, ut offerat duos passeres vivos pro se, quibus vesci licitum est, et lignum cedrinum, vermiculumque et hyssopum. +5. Et nnum ex passeribus immolari jubebit in vase fictili super aquas vi- ventes ; +6. Alium autem vivum cum ligno cedrino, et cocco, et hyssopo, tinget in sanguine passeris immoîati, +7. Quo asperget illum, qui mundan- dus est, septies, ut jure purgetur; et dimittet passerem vivum, ut in agrum avolet. +avec certitude. Toutefois il est évident quo cette lèpre présentait de grandes ressemblances avec celles des hommes. +30 La purification des lépreux après leur gué- rison. XIV, 1-32. +Chap. XIV. — 1-2». Introduction. Aaron n'est pas mentionné cette fois. +21^ -9*. Le lépreux avait été exclu tout à la fois du camp et du sanctuaire : il faudra donc deux cérémonies pour le réintégrer totalement dans ses droits de citoj'en thcocratique. Nous avons ici la première , qui devait lui rouvrir les portes du camp, ou, plus tard, de sa ville d'habitation. — Adducetur... : du lieu séparé où il vivait. Cf. _xni, 4 6. — Egressus de castris. Le prêtre allait le rejoindre au deliors du camp pour cette pre- mière cérémonie. — Duos passeres. L'hébr. sippor convient, d'après les mots qitibus vesci licitum..., à tous les petits oiseaux purs. — Lignum cedri- num : suivant la tradition juive, une branche longue d'une coudée. — Vermicidum. Selon la même tradition , une bandelette de laine écarlate, pour attacher ensemble les trois autres objets (vers. G). — Eussopum. Cette plante avait été +employée déjà, avant la sortie d'Egypte, pour répandre le sang de l'agneau pascal sur les portes des Hébreux (Ex. xii, 22), et ensuite pour l'as- persion qui accompagna l'inauguration de l'al- liance (Ex. x::rv, 2). Voyez aussi Num. xix, 6, et Ps. L, 9. — Il y a là un symbolisme très clair, marqué par les propriétés antiseptiques et l'in- corruptibilité du cèdre, par la couleur fraîche de l'écarlate qui figure le sang purifié, par le parfum de l'hysope, surtout par les deux oiseaux , dont l'un meurt à la place du lépreux, tandis que l'autre, rendxi à la liberté, figurait la vie nouvelle et la santé rendue. — Unum ex passe- ribus... L'immolation de l'un des oiseaux (vers. 5). Un rite spécial l'accompagnait : elle avait lieu au-dessus (Vulg. : in) d'un vase d'argile, qu'on avait eu soin de remplir d'eau courante (super aquas viventes ) , c. - à - d. d'eau de source ou de fontaine ; le sang se mêlait par conséquent à cette eau. — L'usage que l'on faisait du second oiseau est tout à fait intéressant (vers. 6-7) : avec les deux extrémités de ses ailes et les objets men- tionnés au vers. 4, on formait une sorte d'asper- soir, dont le prêtre se servait pour purifier le +18 +368 +Lev. XIV, 8-17. +8. Cnmqiie lavent homo vestimenta sua, radet omnes pilos corporis, et la- vabitur aqua ; purificatusque ingredietur castra, ita duntaxat ut mancat extra tabernaculum suum septem diebus, +9. Et die septimo radet capillos capi- tis, barbamque et supercilia, ac totius corporis pilos. Et lotis rursum vestibus et corpore, +10. Die octavo assumet duos agnos immaculatos , et ovem anniculam absque macula, et très décimas similse in sacri- ficium, quse conspersa sit oleo, et seor- sum olei sextarium. +11. Cumque sacerdos purifîcans ho- minem, statuerit eum, et hœc omnia coram JDomino, in ostio tabernaculi testi- monii , +12. Tollet agnum, et offeret eum pro delicto , oleique sextarium ; et oblatis ante Dominum omnibus, +13. Immolabit agnum, ubi solet im- molari hostia pro peccato, et holocau- stum, id est, in loco sancto. Sicut enim pro peccato, ita et pro delicto ad sacer- dotem pertiuet liostia ; sancta sanctorum est. +14. Assumensque sacerdos de sanguine hostise, quse immolata est pro delicto, ponet super extremum auriculae dextrse ejus qui mundatur, et super pollices manus dextrae et pedis ; +15. Et de olei sextario mittet in ma- num suam sinistram, +16. Tingetque digitum dextrum in eo, et asperget coram Domino septies. +17. Quod autem reliquum est olei in lœva manu, fundet super extremum au- riculae dextrse ejus qui mundatur, et super pollices manus ac pedis dextri, et super sanguinem qui efïusus est pro delicto. +8. Et lorsque cet homme aura lavé ses vêtements , il rasera tout le poil de son corps , et il sera lavé dans l'eau , et étant ainsi purifié, il entrera dans le camp, de telle sorte néanmoins qu'il demeure sept jours hors de sa tente. +9. Le septième jour il rasera les che- veux de sa tête, la barbe et les sourcils, et tout le poil du corps ; et ayant encore lavé ses ATtements et son corps , +10. Le huitième jour il prendra deux agneaux sans tache, et une brebis d'un an qui soit aussi sans tache, et trois dixièmes de fleur de farine mêlée d'huile, pour être employée au sacrifice, et de plus un setier d'huile à part. +11. Et lorsque le prêtre qui purifie cet homme l'aura présenté avec toutes ces choses devant le Seigneur , à l'entrée du tabernacle du témoignage, +12. Il prendra un des agneaux, et il l'offrira pour le délit, avec le setier d'huile ; et ayant offert toutes ces choses devant le Seigneur, +13. Il immolera l'agneau au lieu où l'hostie pour le péché et la victime de l'holocauste sont habituellement immo- lées, c'est-à-dire dans le lieu saint. Car l'hostie qui s'offre pour le délit appar- tient au prêtre, comme celle qui s'offre pour le [péché ; et la chair en est très sainte. +14. Alors le prêtre, prenant du sang de la victime qui aura été immolée pour le délit, en mettra sur l'extrémité de l'oreille droite de celui qui se purifie, et sur les pouces de sa main droite et de son pied droit. +15. Il versera aussi une partie du setier d'huile dans sa main gauche, +16. Et il trempera le doigt de sa main droite dans cette huile, et en fera sept fois les aspersions devant le Seigneur ; +17. Et il répandra ce qui restera d'huile dans sa main gauche, sur l'extrémité de l'oreille droite de celui qui est purilié, sur les pouces de sa main droite et de son pied droit, et sur le sang qui a été ré- pandu pour le délit. +lépreux ; après quoi dimittet... vivum. — Les vers. 8 - 9 contiennent les derniers détails de cette pre- mière cérémonie. Jlcinc après avoir été introduit dans le camp ou dans la cit6, le lépreux était encore exclu, sept jours durant, de la vie de famille (extra tabernaculum saura, sa propre tente). +9*» -20. Autre cérémonie, le huitième jour, pour ouvrii- au malade guéri les portes du sanctuaire. +Elle débutait par de nouvelles ablutions Co^'), et s'achevait par divers sacrifices, dont les rites rappellent la consécration des prêtres, chap. viii. — Sacriflce d'un mouton pro delicto, h la façon accoutumée (vers. 10-13). Le log d'huile (Vulg. : sextarium), qui lui était associé comme offrande non sanglante, équivaut h 0 lit. 29 (un douzième de hin). — Ubi solet immolari... C.-à-d. au nord de l'autel des holocaustes. Cf. i, 11; vi, 2ô. — +Lev. XIV, 18-32. +3G9 +18. Et sur la tête de cet homme. +19. Le prêtre en môme temps priera pour lui devant le Seigneur, et il offrira le sacrifice pour le péché. Alors il im- molera l'holocauste, +20. Et il le mettra sur l'autel avec les libations qui doivent l'accompagner; et ^ jt liomme sera purifié selon la loi. +21. S'il est pauvre, et s'il ne peut pas trouver, tout ce qui a été marqué, il ]n'endra un agneau qui sera offert pour le délit, afin que le prêtre prie pour lui, et un dixième de fleur de farine mêlée d'huile pour être offert en sacri- fice, avec un setier d'huile, +22. Et deux tourterelles ou deux petits de colombe, dont l'un sera pour le péché, et l'autre pour l'holocauste. +23. Et au huitième jour de sa purifi- cation il les offrira au prêtre à l'entrée du tabernacle du témoignage, devant le Seigneur. +24. Alors le prêtre, recevant l'agneau pour le délit et le setier d'huile, les élèvera ensemble; +25. Et ayant immolé l'agneau, il en prendra du sang, qu'il mettra sur l'extré- mité de l'oreille droite de celui qui se purifie, et sur les pouces de sa main droite et de son pied droit. +26. Il versera aussi une partie de riiuile dans sa main gauche; +27. Et y ayant trempé le doigt de sa main droite, il en fera sept fois les as- persions devant le Seigneur. +28. Il en touchera l'extrémité de l'o- reille droite de celui qui se purifie , et les pouces de sa main droite et de son pied droit, au même lieu qui avait été arrosé du sang répandu pour le délit ; +29. Et il mettra sur la tête de celui qui est purifié le reste de l'huile qui est dans sa main gauche, afin de lui rendre le Seigneur favorable. +30. Il offrira aussi une tourterelle, ou le petit d'une colombe, +31. L'un pour le délit, et l'autre pour servir d'holocauste avec les libations qui l'accompagnent. +32. C'est là le sacrifice du lépreux qui ne peut pas avoir pour sa purification tout ce qui a été ordonné. +18. Et super caput ejus ; +19. liogabitque pro eo coram Domino, et faciet sacrificium pro peccato ; tune immolabit holocaustum , +20. Et ponet illud in altari cum libamentis suis, et homo rite muiida- bitur. +21. Quod si pauper est, et non potest manus ejus invenire quae dicta sunt, pro delicto assumet agnum ad oblationem, ut roget pro eo sacerdos, decimamque partem similœ conspersse oleo in sacri- ficium, et olei sextarium, +22. Duosque turtures sive duos pullos colurabœ, quorum unus sit pro peccato, et alter in holocaustum ; +23. Offeretque ea die octavo purifica- tionis suse sacerdoti, ad ostium taberna- culi testimonii coram Domino. +24. Qui suscipiens agnum pro delicto et sextarium olei , levabit simul ; +25. Immolatoque agno, de sanguine ejus ponet super exti'emum auriculœ dextra' illius qui mundatur, et super pollices manus ejus ac pedis dextri. +26. Olei vero partem mittet in manum suam sinistram ; +27. In quo tingejis digitum dextra manus , asperget septies coram Domino ; +28. Tangetque extremum dextrœ au- ricuiaî illius qui mundatur, et pollices manus ac pedis dextri , in loco sanguinis qui eff usus est pro delicto ; +29. Eeliquam autem partem olei, quse est in sinistra manu, mittet super caput purificati, ut piacet pro eo Dominum. +30. Et turturem sive pullum columbas offeret , +31. Unum pro delicto, et alterum in holocaustum cura libamentis suis. +32. ïloc est sacrificium leprosi, qui habere non poiest omnia in emundatio- nem sui. +Application du sang de la victime et de l'huile sur plusieurs parties du corps du lépreux (vers. 14-18). Voj-ez vui, 23; Ex. xxix, 20, et le coin- nieiitairp. — Enfin ininiol.ition ties deux autres viciiines : pro ycccato... , holocaustum (vers. 19 - L'U ). +21-32. Réduction de ces sacrifices pour les in- digents. Cf. v, 7, 11; XII, 8.— La brebis et l'un des moutons sont remplacés par deux tourte- relles ou deux pigeons, à offrir jnv peccato ei in Jiolocaustu^n : pour la farine, l'on n'exige qu'un dixième d'épliah au lieu de trois dixièmes (vers. +370 +Lev. XIV, 33-42. +33. Locutusqne est Dominus ad Moysen et Aaron , dicens : +34. Cum ingressi fueritis terram Cha- naan, quam ego dabo vobis in posses- sionem, si fuerit plaga leprse in aedibus, +35. Ibit eu jus est domus, nuntians sacerdoti, et dicet : Quasi plaga leprae videtur mihi esse in domo mea. +36. x\t ille prœcipiet ut efïerant uni- versa de domo, priusquam ingrediatur eam, et videat utrum leprosa sit, ne immunda fiant omnia quœ in domo sunt. Intrabitque postea ut consideret lepram domus ; +37. Et cum vident in parietibus illius quasi valliculas pallore sive rubore de- formes, et humiliores superficie reliqua, +38. Egredietur ostium domus, et statim claudet illam septem diebus. +39. Reversusque die septimo, consi- derabit eam ; si invenerit crevisse le- pram , +40. Jubebit erui lapides in quibus lepra est, et projici eos extra civitatem in locum immundum ; +41. Domum autem ipsam radi intrin- secus per circuitum, et spargi pulverem rasura3 extra urbem in locum immun- dum, +42. Lapidesque alios reponi pro liis qui ablati fuerint, et luto alio liniri do- mum. +.33. Le Seigneur parla encore à Moïse et à Aaron , et il leur dit : +34. Lorsque vous serez entrés dans le pays de Chanaan, que je vous donnerai en possession, s'il se trouve une maison frappée de la plaie de la lèpre, +35. Celui à qui appartient la maison ira en avertir le prêtre, et il lui dira : Il semble que la lèpre paraisse dans ma maison. +36. Alors le prêtre ordonnera qu'on emporte tout ce qui est dans la maison, avant qu'il y entre et qu'il voie si la lèpre y est, de peur que tout ce qui est dans cette maison ne devienne impur. Il entrera ensuite dans la maison , pour con- sidérer si elle est frappée de lèpre ; +37. Et s'il voit dans les murailles comme de petits creux, et des endroits défigurés par des taches pâles ou rou- geâtres, et plus enfoncés que le reste de la muraille, +38. Il sortira hors de la porte de la maison, et la fermera aussitôt, sans l'ouvrir pendant sept jours. +39. Il reviendra le septième jour, et la considérera ; et s'il trouve que la lèpre se soit augmentée, +40. Il commandera qu'on arrache les pierres infectées de lèpre , qu'on les jette hors de la ville dans un lieu impur ; +4L Qu'on racle au dedans les murailles de la maison tout autour, qu'on jette toute la poussière qui en sera tombée en les raclant, hors de la ville dans un lieu impur ; +42. Qu'on remette d'autres pierres au lieu de celles qu'on aura ôtées, et qu'on crépisse de nouveau avec d'autre terre les murailles de la maison. +21-23). — Aucun changement dans le sacriflce pro delicto , parce que c'était la partie princi- pale de la puriflcation des lépreux (vers. 24 - 29 ; cf. vers. 12-18). — Sacrifice des deux oiseaux (vers. 30-31). — Conclusion de cet alinéa (vers. 32). +4° La lèpre des maisons. XIV, 33-53. +33. L'introduction accoutumée. Cette fois, îo- cutiis est... ad Moysen et Aaron. Cf. xiv, 1. +34-35. Ce que devait faire le propriétaire d'une maison, quand il croyait y avoir remarqué les indices de la lèpre. — Cum ingressi... Chanaan. Les Ilébi'eux habitaient en ce moment sous la tente ; le cas proposé ne deviendra pratique qu'après leur installation dans la Terre promise. Voj'cz d'autres lois d'avenu- aux passages xix, 23; XXIII, 10; XXV, 2. — Si fuerit plaga... Hébr. : Et si je mets la |ilaie de la lèpre... Dieu lui-même se nomme comme cause efficiente. — Nuntians sacerdoti : comme pour la lèpre des hommes et des vêtements. +36». Les vers. 36-48 exposent en grand détail la conduite du prêtre. D'abord, une précaution prélhninaire (prcecipiet ut offerant omnia...), dont le motif est aussitôt indiqué. Dans l'hypo- thèse où le prêtre reconnaîtrait dès la première inspection que la maison est infectée, tout le mobilier serait impur. C'est donc \h un de ces traits délicats qui abondent dans la législation mosaïque. +36^-38. Symptômes douteux. — Quasi valli- culas. Hébr. : des dépressions. — Pallore. sive ruhore. Le texte dit : vcrdâtres ou rougeâtrcs. Ces symptômes sont donc analogues ù ceux qui ont été mentionnés pour la lèpre des hommes et des étoffes. Cf. xiii, 3, 49. — Les précautions à prendre sont les mêmes aussi : claudet... septem dieMis. +.39-42. Ce qu'il faudra faire si la maladie a progressé durant cette quarantaine. — Première opération : erui lapides... et projici... Seconde +Lev. XIV, 43-54. +371 +43. Mtais si , après qu'on aura ôté les pierres des murailles, qu'on aura raclé la poussière, et qu'on les aura crépies avec d'autre terre, +44. Le prêtre, y entrant, trouve que la îoi)re y est revenue, et que les mu- railles sont gâtées de ces mêmes taches, il jugera que c'est une lèpre enracinée, et que la maison est impure. +45. Elle sera détruite aussitôt, et on en jettera les pierres, le bois, toute la terre ou la poussière hors de la ville en un lieu impur. +46. Celui qui entrera dans cette maison lorsqu'elle a été fermée, sera impur jus- qu'au soir; +47. Et celui qui y dormira et y man- gera quelque chose, lavera ses vête- ments. +48. Si le prêtre, entrant en cette mai- son , voit que la lèpre ne s'est pas répan- due sur les murailles après qu'elles au- ront été enduites de nouveau, il la puri- fiera, comme étant devenue saine; +49. Et il prendra pour la purifier deux passereaux, du bois de cèdre, de l'écar- late et de l'hysope ; +50. Et ayant immolé l'un des pas- sereaux dans un vase de terre sur des eaux vives, +51. Il trempera dans le sang du pas- sereau qui a été immolé, et dans les eaux Adves, le bois de cèdre, l'hysope, l'écarlate, et l'autre passereau qui est vivant. Il fera sept fois les aspersions dans la maison, +52. Et il la purifiera, tant par le sang du passereau qui aura été immolé, que par les eaux vives , par le passereau qui sera vivant, par le bois de cèdre, par l'hj^sope et par l'écarlate. +53. Et lorsqu'il aura laissé aller l'autre passereau, afin qu'il s'envole en liberté dans les champs, il priera pour la maison, et elle sera purifiée selon la loi. +54. C'est là la loi qui regarde toutes les espèces de lèpre , et de plaie qui dégé- nère en lèpre, +43. Sin autem postquam eruti sunt lapides, et pulvis erasus, et alia terra lita, +44. Ingressus sacerdos viderit rever- sam lepram, et parietes respersos ma- culis, lopra est perseverans, et immunda domus ; +45. Quam statim destruent, et lapides ejus ac ligna, atque universum pulve- rem projicient extra oppidum in locum immundum. +4G. Qui intraverit domum quando clausa est, immundus erit usque ad vesperum ; +47. Et qui dormierit in ea, et come- derit quippiam, lavabit vestimenta sua. +48. Quod si introiens sacerdos viderit lepram non crevisse in domo, postquam denuo lita fuerit, purificabit eam reddita sanitate ; +49. Et in purificationem ejus sumet duos passeres, lignumque cedrinum, et vermiculum atque hyssopum ; +50. Et immolato uno passere in vase fictili super aquas vivas, +51. Tollet lignum cedrinum, et hys- sopum, et coccum, et passerem vivum, et tinget omnia in sanguine passeris immolati, atque in aquis viventibus, et asperget domum septies, +52. Purificabitque eam tam in san- guine passeris quam in aquis viventibus, et in passere vivo, lignoque cedrino et hyssopc atque vermiculo. +53. Cumque dimiserit passerem avo- lare in agrum libère, orabit pro domo, et jure mundabitur. +54. Ista est lex omnis leprœ et percns- surse , +opération : domum... radi intrinsccus... Troisièmo opération : lapides alios reponi... Quatrième opé- ration : luto alio liniri... — In locum immuyi- dum : un endroit spécial, en dehors de chaque viUo , où l'on jetait les Immondices de tout genre. +43-48. Troisième inspection du prêtre et ré- sultat définitif. Ou la lèpre s'est complètement déclarée, et alors la maison est déclarée impure, et aussitôt déti'uite de fond en comble (43-47) ; ou bien le mal a disparu, et dans ce cas l'on +procède à la purification. — Aux vers. 46 et 47, des pénalités sont imposées à ceux qui violeraient en diverses manières (intraverit , dormierit, co- mederit) la quarantaine imposée par le prêtre. +49-53. Purification des maisons atteintes de la lèpre. Elle avait lieu par des cérémonies Iden- tiques à celles qui ont été marquées aux vers, 3-6. — Orat'it pro domo. L'hébreu signifie, comme en maint autre passage : il fera uno expiation. +54-57. Conclusion du paragraphe relatif à la +372 Lev. XIV, 55 — XV, 8 +55. Leprse vestium et domorum, +56. Cicatricis et erumpeiitium papu- larum, liicentis maculai, et in varias species , coloribus immutatis ; +57. Ut possit sciri quo tempore mun- dum quid, vel immundum sit. +55. Comme aussi la lèpre des vêtements et des maisons, +5ô. Les cicatrices , les pustules , les taches luisantes, et les divers change- ments de couleurs qui arrivent sur le corps ; +57. Afin que l'on puisse reconnaître quand une chose sera pure ou impure. +CHAPITRE XV +1. Locutusque est Dominus ad Moysen ' et Aaron, dicens : +2. Loquimini filiis Israël, et dicite eis : Vir, qui patitur fluxum seminis , immun- dus erit. +3. Et tune judicabitur huic vitio sub- jacere, cum per singula momenta adhœ- serit carni ejus, atque concreverit fœdus humor. +4. Omne stratum, in quo dormierit, immundum erit, et ubicumque sederit. +5. Si quis hominum tetigerit lectum ejus, lavabit vestimenta sua; et ipse lotus aqua, immundus erit usque ad vesperum. +6. Si sederit ubi ille sedebat, et ipse lavabit vestimenta sua ; et lotus aqua, immundus erit usque ad vesperum. +7. Qui tetigerit carnem ejus, lavabit vestimenta sua; et ipse lotus aqua, im- mundus erit usque ad vesperum. +8. Si salivam hujuscemodi homo jece- rit super eum qui mundus est, lavabit vestimenta sua; et lotus aqua, immun- dus erit usque ad vesperum. +1. Le Seigneur parla encore à Moïse et ù, Aaron , et il leur dit : +2. Parlez aux enfants d'Israël , et dites -leur: L'homme qui est atteint de gonorrhée sera impur. +3. Et on jugera qu'il éprouve cet acci- dent lorsqu'à chaque moment il s'amas- sera une humeur impure, qui s'attachera à sa personne. +4. Tous les lits où il dormira et tous les endroits où il se sera assis seront impurs. +6. Si quelqu'un touche son lit, il lavera ses vêtements; et s'étant lui-même lavé dans l'eau, il demeurera impur jusqu'au soir. +6. S'il s'assied où cet homme se sera assis , il lavera aussi ses vêtements ; et s'étant lavé dans l'eau , il demeurera impur jusqu'au soir. +7. Celui qui aura touché la chair de cet homme lavera ses vêtements ; et s'é- tant lui-même lavé dans l'eau , il demeu- rera impur jusqu'au soir. +8. Si cet homme jette de sa salive sur celui qui est pur, celui - ci lavera ses vê- tements; et s'étant lavé dans l'eau, il demeurera impur jusqu'au soir. +lèpre. — Lex leprce, et percussura... Énumération des différentes soi'tes de lèpres, ou de sj'mptômos de lèpre, dont il a été successiA'ement question. — Ut possit sciri quo tempore... Dans l'hébr, : pour donner des instructions (aux prêtres) sur le temps du pur et de l'impur. +§ IV. — Les impuretés constitutionnelles +de l'homme et de la femme et leur purification. +XV, 1-33. +Les mêmes prescriptions se retrouvent plus ou moins chez la plupart des nations de l'antiquité ; mais, ici encore, c'est la sainteté mox-ale des Is- raélites que le Seigneur a surtout en vue. « Quand on aura bien compris que Dieu voulait que son peuple vécût en sa présence en quelque sorte comme des prêtres dans xm temi)le,on ne trou- Tcra rien de trop resserré dans toutes ces lois, v +! Calmet, Ccmm. littéral sur le Lévit., p. 756. Voj^ez le vers. 31. +lo Ces impuretés considérées dans l'homme, vers. 1-18. +Chap. XV. — 1-2*. Transition et introduction. +2''-12. La gonorrhée de l'homme. — Qui pa- titur fiuxum..., immundus. C'est le principe gé- néral. Levers. 3, d'après la Vulgate, donne >t marques de cet état maladif ; mais l'hébreu exprime un aiitre sens : Cette impureté existe , que l'écou'ement soit permanent ou intermittent. — Omne stratum,... Non seulement l'homme at- teint de gonorrhée devenait lui-même impur devant la loi, mais quiconque le touchait, ou entrait en contact avec quelque objet touché par lui, contractait aussi une souillure. Différents cas sont exposés aux vers. 4-12. — Si salivam... jecerit (vers. 8) : sans doute par accident. — +Lev. XV, 9-20. +373 +9. La selle sur laquelle il se sera assis sera impure; +10. Et tout ce qui aura été sous celui qui souffre cet accident sera ini])ur jus- qu'au soir. Celui qui portera quehpi'une de ces choses lavera ses vêtements ; et après avoir été lui-même lavé avec l'eau, il sei'a impur jus(|u'au soir. +11. Que si un homme en cet état, avant d'avoir lavé ses mains, en touche un autre, celui qui aura été touché la^-era ses vêtements ; et a3-ant été lavé dans l'eau, il sera impur jusqu'au soir. +12. Quand un A'ase aura été touché par cet homme, s'il est de terre, il sera brisé; s'il est de bois, il sera lavé dans l'eau. +13. Si celui qui souffre cet accident est guéri, il comptera sept jours après en avoir été délivré, et ayant lavé ses habits et tout son corps dans des eaux vives, il sera pur. +14. Le huitième jour il prendra deux tourterelles, ou deux petits de colombe, et, se présentant devant le Seigneur à l'entrée du tabernacle du témoignage, il les donnera au prêtre, +15. Qui en immolera l'un pour le péché et offrira l'autre en holocauste, et qui priera pour lui devant le Sei- gneur, afin qu'il soit purifié de cette impureté. +16. L'homme à qui il arrive une pol- lution lavera d'eau tout son corps, et il sera impur jusqu'au soir. +17. Il lavera dans l'eau la robe et la peau qu'il aura eue sur lui, et elle sera impure jusqu'au soir. +18. La femme dont il se sera approché se lavera, et elle sera impure jusqu'au soir. +19. La femme qui souffre ce qui dans l'ordre de la nature arrive chaque mois, sera séparée pendant sept jours. +20. Quiconque la touchera sera impur jusqu'au soir; +9. Sagma, super quo sederit, immun- dum erit ; +10. Et quidquid sub eo fuerit qui fluxum seminis patitur, pollutum erit usque ad vesperum. Qui portaverit horura aliquid, lavabit vestimenta sua ; et ipse lotus aqua, immundus erit usque ad vesperum. +11. Omnis, quem tetigerit qui talis est, non lotis an te raanibus, lavabit vestimenta sua; et lotus aqua, immun- dus erit usque ad vesperum. +12. Vas fictile quod tetigerit, confrin- getur ; vas autem ligneum lavabitur aqua. +13. Si sanatus fuerit qui hujuscemodi sustinet passionem , numerabit seprem dies post emundationem sui, et lotis vestibus et toto corpore in aquis viven- tibus , erit mundus. +14. Die autem octave sumet duos tur- tures, aut duos puUos columbae, et ve- niet in conspectum Domini ad ostium tabernaculi testimonii, dabitque eos sa- cerdoti , +15. Qui faciet unum pro peccato et alterum in holocaustum ; rogabitque pro eo coram Domino, ut emundetur a ïluxu seminis sui. +16. Vir de quo egreditur semen coitus, lavabit aqua omne corpus suum ; et im- mundus erit usque ad vesperum. +17. Vestem et pellem, quam habuerit, lavabit aqua, et immunda erit usque ad vesperum. +18. Mulier, cum qua coi erit, lavabitur aqua, et immunda erit usque ad vespe- rum. +19. Mulier, quœ redeunte mense pa- titur fluxum sanguinis, septem diebus separabitur. +20. Omnis qui tetigerit eam, immun- dus erit usque ad vesperum ; +L'équivalent hébr. de sagma (vQrs. 9) est peut- être le palanquin. Cf. Gcn. xxxi, 34, et le com- mentaire. — Sur la distinction entre le vas fcLUe et le vas ligneum, voyez la note de vi, 28, et XI, '.i'3, 35. +13- 15. Rites pour la purification de cette infir- Riité. — Si sanatus... Condition iratureHeaicnt indispensable. Sept jours après la guérison, deux- ablutions préi)aratoire3 (lotis veslihus , et toto corpore > avec de l'eau de source ou de livicTc (in aquis riventibus ; comyt. la note de xiv, 5). Le huitième jeu:', un double sacrlflcc de toaricielles +ou de colombes , d'après les rites ordinaires (vers. 14-15). +16-17. Les accidents nocturnes et leur purifi- cation. — Veslem et pellem : des vêtements d'é- toffe ou de peau. Cf. xiii, 48. +18. Le devoir conjugal. +2«> Les impuretés constitutionnelles de la fennne, vers. 19-31. +19-24. Les règles mensuelles. — Scp-25. Dixième rite : holocaustes pour le grand prêtre et pour le peuple (voy. les vers. 3 et 5) , et combustion de la graisse des victimes immolées +« pro peccato » (le jeune taureau et le bouc; vers. 11 et 15). +26. Autre note rétrospective. Une double ablu- tion (vestimenta et corpus) est prescrite pour celui qui aura accompagné le bouc émissaire. +27-28. Onzième et dernier rite : les chairs des deux victimes immolées pour le péché sont brû- lées hors du camp. +30 Instructions pour la célébration annuelle et perpétuelle de la fête, vers. 29-34. +Hemarquez les répétitions pleines d'emphase, comme en d'autres circonstances semblables. +29-31. Dieu inculque la nécessité de cette cé- rémonie. — Legitimum est pris substantivement, dans le sens de loi, ordonnance. — Mense septi- mo. Au mois de tischrl, le premier de l'année +Lev. XVI, 31 — XVII, 2. +379 +expiation et la purilicatiou de tous vos péchés ; vous serez purifiés devant le Sei- gneur. +31. Car c'est le sabbat et le grand jour du repos, et vous y affligerez vos âmes en vertu d'une loi perpétuelle. +32. Cette expiation se fera par le grand prêtre, qui aura reçu l'onction sainte, dont les mains auront été consa- crées pour faire les fonctions du sacer- doce en la place de son père; et s'étant revêtu de la robe de lin et des vêtements saints , +33. Il expiera le sanctuaire, le taber- nacle du témoignage et l'autel, les prêtres aussi, et tout le peuple. +34. Et cette ordonnance sera gardée éternellement parmi vous, de prier une fois l'année pour tous les enfants d'Israël et pour tous leurs péchés. Moïse fit donc tout ceci, selon que le Seigneur le lui avait ordonné. +atque mundatio ab omnibus peccatis ve- stris ; coram Domino mundabimini. +31. Sabbatum enim requietionis est, et affligetis animas vestras religione per- pétua. +32. Expiabit autem sacerdos, qui un- ctus fuerit, et cujus manus initiatœ sunt ut sacerdotio fungatur pro pâtre suo ; indueturque stola linea et vestibus san- ctis : +33. Et expiabit sanctuarium et taber- naculum testimonii atque altare, sacer- dotes quoque et universum populum. +34. Eritque vobis hoc legitimum sem- piternum, ut oretis pro filiis Israël, et pro cunctis peccatis eorum semel in anno. Fecit igitur sicut prœceperat Dominus Moysi. +CHAPITRE XVII +1. Le Seigneur parla encore à Moïse, et lui dit : +2. Parlez à Aaron, à ses fils, et à tous +1. Et locutus est Dominus ad Moj'sen, dicens : +2. Loquere Aaron et filiis ejus, et +civile, le septième de l'année ecclésiastique des Hébreux. Voy. Ex. xii, 2, et le ccmmcntaire. Il correspond à peu près à notre mois de sc]itembre. — Affligetis animas... Expression générale en elle- même, qui désigne ici le jeûne, l'unique jeûne Imposé par la loi mosaïque. Cf. Is. lviu, 3, 5, 10; Act. xxvni, 19. +32 - 33. Rôle spécial du grand prêtre et résumé des cérémonies qu'il devra accomplir au joiu* so- lennel de l'Expiation. +34. Conclusion. Le Seigneur insiste encore sur l'importance de la fête, et le narrateur ajoute que les ordres divins furent exécutés (fecit, s.- ent. « Aaron » ). — Sur la manière dont les Is- raélites contemporains célèbrent le Yôm kippour, vo3'cz Buxtcrf, Si/nagoga judaica, cap. xxxvi; Othc, Lexicon raliJiiinco-plnlologicum , pp. 216 et ss. — Cette solennité exprimait en grand, et avec une énergie particulière, ce que chaque sa- crifice «. pro peccato » proclamait en détail : la nature humaine est pro^'ondément viciée et cor- rompue ; la nation sainte elle - môme doit faire pénitence; surtout, les sacrifices sont tous insuf- fisants, et le llédempteur i>romis réparera seul complètement toutes les fautes. En effet, comme les saints Pères l'ont dit fréquennnent j\ la suite de saint Paul, c'est Jésus -Christ qui est notre vrai- bouc émissaire, et « toute la cérémonie qui se pratiquait à la fête do l'Expiation était figu- rative..., et l'Apôtre nous en dévelopi)e le mystère dans l'Éititre aux Hébreux (ix, il et ss. ). Le grand prêtre qui entrait dans le Saint des saints +avec le sang des victimes, marquait Jésus-Chi-ist, qui est le Pontife des biens à venir; qui entre, non pas dans un sanctuaire fait de la main des hommes, ni avec le sang des boucs et des tau- reaux , mais qui entre dans le sanctuaire éternel avec son propre sang. Il entre dans le ciel, pour se présenter à son Père et pour intercéder pour nous. Il n'a pas besoin, comme le grand prêtre des Juifs, d'entrer dans ce sanctuaire tous les ans , avec un sang étranger ; 11 est entré une fois dans le ciel , api'ès avoir détruit le péché par sa mort. Le môme apôtre remarque que, comme on brûle hors du camp les corps des animaux dont on porte le sang dans le sanctuaire, ainsi Jésus a voulu mourir hors de la ville, pour sanctifler le peuple par eon sang. » Calmet, Comment, littéral sur le Lêvit., p. 770. Cf.Théodoret, Qucest. xxn in Levit. +DEUXIÈME PARTIE +Le maintien et la croissance d'Israël dans la sainteté exigée par 1 alliance théocratique. +XVII, 1 — XXVII, 34. +Sectiox I.-- La sainteté dans la vie de famille +ET DANS LES RELATIONS SOCIALES. XVII, 1 — +XX, 27. § I. — Sainteté dans la nourriture. XVII, 1-16. +10 Dieu exige que tous les animaux destinés aux repas des Hébreux soient tués à l'entrée du tabernacle, vers. 1-9. +CiiAP. XVII. — 1-2. Introduction : Moïse devra communiquer cette nouvelle ordonnance de Jého- +380 +Lev. XVII, 3-7. +ciinctis filiis Israël, diccns ad eos : Iste est sermo quem mandavit Dominus, dicens : +3. Homo quilibet de domo Israël, si occiderit bovem aut ovem, sive capram, in castris vel extra castra, +4. Et non obtulerit ad ostium taberna- culi oblationem Domino, sanguinis reus erit ; quasi si sanguiuem fuderit, sic peribit de medio populi s ni. +5. Ideo sacerdoti ofïerre debent filii Israël hostias suas, quas occident in agro, ut sanctificentur Domino ante os- tium tabernaculi testimonii, et immolent eas iiostias pacificas Domino. +6. Fundetque sacerdos sanguinem su- per altare Domini ad ostium tabernaculi testimonii , et adolebit adipem in odoreni suavitatis Domino ; +7. Et nequaquam ultra immolabunt hostias suas daemonibus, cum quibus fornicati sunt. Legitimum sempiternum erit illis et posteris eorum. +les enfants d'Israël, et dites -leur: Voici ce que le Seigneur a ordonné, voici ce qu'il a dit : +3. Tout homme de la maison d'Israël qui aura tué un bnouf, ou une brebis, ou une chèvre dans le camp ou hors du camp , +4. Et qui ne l'aura pas présenté à l'entrée du tabernacle comme offrande au Seigneur, sera coupable de meurtre, et' il périra du milieu de son peuple, comme sïl avait répandu le sang. +5. C'est pourquoi le3 enfants d'Israël doivent présenter les victimes au prêtre au lieu de les égorger dans les champs, afin qu'elles soient consacrées au Sei- gneur devant la porte du tabernacle du témoignage, et qu'ils les immolent au Seigneur comme des hosties pacifiques. +6. Le prêtre en répandra le sang sur l'autel du Seigneur ;\ l'entrée du taber- nacle du témoignage, et il en fera brûler la graisse comme un parfum agréable au Seigneur ; +7. Et ainsi ils n'immoleront plus à l'avenir leurs victimes aux démons, au culte desquels ils se sont abandonnés. Cette loi sera éternelle pour eux et pour leur postérité. +vah , non seulement à Aaron et aux prêtres , mais aussi CLinctis filiis Israël (formule qui ne se ren- contre pas ailleurs dans le Lévitique ; cf. xviii, 1 ; XIX, 1, etc.); elle concernait, en effet , le peuple entier, soit d'une manière générale, soit indivi- duellement (voyez le vers. 3). +3-4. Les termes mêmes de l'ordonnance divine. +— Si occident... Cette expression (hébr. : ishat) montrerait, ù, elle seule, qu'il ne s'agit pas ici de sacrifices proprement dits , comme on l'a par- fois supposé , mais plutôt d'animaux tués en vue de la consommation. Pour les sacrifices, on eût dit izbah, « immola verit. » Voyez Théodoret, Quicst. xxin in Levit.; en sens contraire , S. Au- gustin, Quœst. Lvi in Levit. — Bovem, ovem, capram : les trois animaux purs qui ont partout et toujours formé une des bases de la nourriture. +— Et non obtulerit... Naturellement, cette loi ne devait pas subsister au delà du temps des péré- grinations d'Israël à travers le désert; car il eût été impossible de l'accomplir lorsque le peuple fut dispersé loin du tabernacle, dans toutes les régions de la Palestine. Cf. Deut. xn, 15-16, 20-24. — Sanguinis reus... Sanction qui montre l'importance attachée par le Législateur ù ce pré- cepte. Y désobéir sera se rendre en quelque sorte coupable de meurtre. Cf. Gen. ix, 4-6. +5 - 7. Quelques détails pratiques. — Ideo sacer- doti... Jusque-là, les Hébreux avaient tué eux- mêmes n'importe où (occident in agro; mieux vaudrait le présent a occidunt ») les animaux +dont ils voulaient se nourrir; désormais ils les conduiront en avant du tabernacle , et ils les im- moleront d'après un rite spécial. — Ut sccuctlfl,- centur Domino. Motif de la loi. Les aliments mêmes du peuple saint devaient être saints ; ils seraient ainsi consacrés à Dieu, et transformés en victimes pacifiques (immolent eas hondas...). — Fnndet... sacerdos sanguinem...; adolebit adi- pem: C3 sont les deux rites de ce demi-sacrifice. — ■ Indépendamment du but positif qui a été in- diqué au vers. 5, Dieu s'en proposait un autre, négatif , mais d'une égale importance dans le plan théocratique , nequaqaam ultra... dcemonibus. Comme plusieurs nations païennes de l'antiquité, les Hébreux avaient donc parfois associé des pra- tiques idolâtriques à l'immolation des bêtes qu'ils destinaient à leurs repas ; la présente ordonnance devait mettre lin à ces tristes abus. Sur la mé- taphore fornicati sunt, voyez Ex. xxxiv, 15, et le commentaire. L'équivalent hébr. de « daimones » en ce passage et en plusieurs autres (Jos. xxiv, 14, 23; II Par. ir, 15; Is. xiii, 21 ; xxxrv, 14; Ez. X, 7, 16, etc.) est s"irim, substantif qui désigne , à proprement parler, les boucs très velus de l'Orient; puis, les dieux ou demi -dieux que l'on adorait en quelques contrées, surtout en Egypte, sous la forme de cet animal. Cf. Héro- dote, II, 46; Josèphe, Contr. Apion., ii, 7. De là est venue l'ancienne coutume de représenter le démon avec les cornes et les pieds fourchue d'une chèvre. +Lev. XVII, 8-14. +381 +8. Et vous leur direz encore : Si un homme de la maison d'Israël, ou de ceux qui sont venus du deliors et qui sont étrangers parmi vous offre un holocauste ou une victime, +9. Sans l'amener à l'entrée du taber- nacle du témoignage, aiin qu'elle soit offerte au Seigneur, il périra du milieu de son peuple. +10. Si un liomrae, quel qu'il soit, ou de la maison d'Israël, ou des étrangers qui sont venus du deliors parmi eux , mange du sang , j'affirmerai ma face contre lui, et je le perdrai du milieu de son peuple. +11. Car la vie de la chair est dans le sang; et je vous l'ai donné afin qu'il vous serve sur l'autel pour l'expiation de vos âmes , et que l'âme soit expiée par le sang. +12. C'est pourquoi j'ai dit aux enfants d'Israël, que nul d'entre vous, ni même des étrangers qui sont venus d'ailleurs parmi vous, ne mange du sang. +13. Si quelque homme d'entre les en- fants d'Israël, ou d'entre les étrangers qui sont venus d'ailleurs parmi vous , prend à la chasse et au filet quelqu'une des bêtes ou quelqu'un des oiseaux dont il est permis de manger, qu'il en répande le sang, et qu'il le couvre de terre. +14. Car la vie de toute chair est dans le sang; c'est pourquoi j'ai dit aux en- fants d'Israël : Vous ne mangerez point +8. Et ad ipsos dices : Homo cle domo Israël, et de advenis qui peregrinantur a])ud vos, qui obtulerit liolocaustum sive vie ti ma m, +9. Et ad ostium tabernaculi testimonii non adduxerit eam, ut offeratur Domino, interibit de populo suo. +10. Homo quilibet de domo Israël, et de advenis qui peregrinantur inter eos, si comederit sanguinem, obfirmabo fa- ciem meam contra animam illius, et disperdam eam de populo suo, +11. Quia anima carnis in sanguine est ; et ego dedi illum vobis, ut super altare in eo expietis pro animabus vestris, et sanguis pro animae piaculo sit. +12. Idcirco dixi filiis Israël : Omnis anima ex vobis non comedet sanguinem, nec ex advenis qui peregrinantur apud vos. +13. Homo quicumque de filiis Israël, et de advenis qui peregrinantur apud vos, si venatione atque aucupio ceperit feram vel avem, quibus vesci licitum est, f undat sanguinem ejus , et operiat illum terra. +14. Anima enira omnis carnis in san- guine est ; unde dixi filiis Israël : San- guinem universae carnis non comedetis, +8-9. Dieu interdit les sacrifices en tout autre endroit que la cour du tabernacle. Ordonnance qui se rattache de la façon la plus naturelle à celle qui précède : des animaux égorgés pour ser- vir de nourriture on passe à ceux qui étaient immolés directement pour Dieu. — Homo de... Israël, et aussi de advenis; car il était permis aux étrangers qui résidaient au milieu d'Israël d'offrir des sacrifices au Dieu de l'alliance. — HoJocaustuvi , sive victimam : c.-à-d. d'autres Tictimes que celles qui étaient offertes en holo- causte. — Et ad ostium tabernaculi... Mainte- nant que le sanctuaire existe, le Seigneur restreint la liberté laissée auparavant aux Hébreux d'im- moler leurs sacrifices en tous lieux. +2° Nouvelle défense de se nourrir du sang des animaux, vers. 10-14, +10. La loi, exposée en termes énergiques. Plu- sieurs fois déjà nous l'avons rencontrée (Gon. K, 4; Lev. nr, 17; vn, 26-27. etc.), mais nulle part aussi complète. — Obfirmabo faciem... Bel anthropomorphisme , pour signifier que Dieu fera vivement sentir sa colère aux coupables. Cf. xx, 3, 6; xxvi, 17. +11-12. Motifs de cette prohibition. — 1° Amma (c.-ù-d. la vie) carnis in sanguine. Principe dont +les plus grandes autorités médicales reconnaissent la rigoureuse exactitude. Le sang est « le siège de la vie », « la fontaine de la vie, » etc. Voilà pourquoi Dieu se l'est exclusivement réservé. — 2° Dedi illum... ut... expietis... Tout en se le ré- servant, le Seigneur l'a donné à son peuple comme un moyen d'expiation ; car, toutes les fois que le sang des victimes coulera au pied do l'autel, la vie des animaux immolés com})ensera les péchés des donataii'es. Cf. Hebr. ix, 22. Voyez aussi la note qui précède le chap. le^. +13. Autre application de la loi. — Homo qui- libet... Formule très expressive , employée quatre fois de suite dans l'intervalle de quelques versets (cf. 3, 8, 10). — Si venatione... Les animaux purs pris à la chasse tombaient donc sous le décret divin (vers. 10) quand ils étaient destinés à servir d'aliments. +14. Réitération du motif. — Cette ordonnance, si solennelleiuent inculquée, a toujours fait ime vive impression sur les Juifs , qui y sont demeu- rés fidèles jusqu'à notre époque. De là vint aussi, à l'origine du christianisme, l'interdiction tempo- raire de se nourrir de sang ou d'animaux sim- plement étouffés. Cf. Act. XV, 20, 29; xxi, 25. +382 +Lev. XVII, 15 — XVIII, 6. +quia anima carnis in sanguine est ; et quicumque comederit illum , inteiibit. +15. Anima, qnœ comederit raortici- num, vel captum a bestia, tam de indi- genis, qnam de advenis, lavabit vesti- menta sua et semetipsum aqua , et contaminatus erit usque ad vesperum ; et hoc ordine mundus fiet. +IG, Quod si non laverit vestimenta sua et corpus, portabit iniquitatem suam. +du sang de toute chair, parce que la vie de la chair est dans le sang ; et quiconque en mangera sera puni de mort. +15. Si quelqu'un, ou du peuple d'Is- raël ou des étrangers, mange d'une bête qui sera morte d'elle-même, ou qui aura été prise par une autre bête, il lavera ses vêtements, et se lavera lui-même dans l'eau ; il sera impur jusqu'au soir, et il deviendra pur en cette manière. +16. Que s'il ne lave point ses vêtements et son corps, il portera la peine de son iniquité. +CHAPITRE XVIII +1. Locutus est Dominus ad Moysen, dicens : +2. Loquere filiis Israël, et dices ad eos : Ego Dominus Deus vester. +3. Juxta consuetudinem terne ^g3^pti, in qua habitastis, non facietis, et juxta morem regionis Chanaan, ad quam ego introducturus sum vos, non agetis , nec in legitimis eorum ambulabitis. +4. Facietis judicia mea, et prsecepta mea servabitis, et ambulabitis in eis. Ego Dominus Deus vester. +5. Custodite leges meas atque judicia, quse faciens homo, vivet in eis. Ego Dominus. +6. Omnis homo ad proximam sangui- +1. Le Seigneur parla à Moïse, et lui dit : +2. Parlez aux enfants d'Israël, et dites- leur : Je suis le Seigneur votre Dieu. +3. Vous n'agirez^ point selon les cou- tumes du pays d'Egypte, où vous avez habité ; et vous ne vous conduirez point selon les mœurs du pays de Chanaan , dans lequel je vous ferai entrer ; vous ne suivrez point leurs règles. +4. Vous exécuterez mes ordonnances, vous observerez mes préceptes, et vous marcherez selon ce qu'ils vous prescri- vent. Je suis le Seigneur votre Dieu. +5. Gardez mes lois et mes ordonnances. L'homme qui les gardera y trouvera la vie. Je suis le Seigneur. +6. Nul homme ne s'approchera de +3° Défense de manger la chair des animaux morts de mort naturelle, vers. 15-16. +15-16. Morticinum , vel capium a hestla. Cf. XI, 39; Ex. XXII, 21. De telles viandes étaient regardées comme impures, et elles n'étaient bonnes que pour les chiens. — Lavahit vestimenta et semetipsum... Outre ces ablutions, un sacrifice propitiatoire était requis, v, 2-3. +§ II. — Sainteté riu mariage et des mœurs. XVIII, 1-SO. +1° Majestueux préambule, vers. 1-5. +Chap. XVIII. — 1-2. Transition. Notez, au vers. 2, la formule Ego Dominus Deus vester (Y'hovah 'Elohim) , fréquemment répétée dans ce chapitre (vers. 4, 5, 6, 21, 30) et dans les suivants. Celui qui commande est le Dieu créateiu* et le Dieu de l'al- llance. +3-5. Fuir les coutumes païennes, obéir aux injonctions de Jéhovah. — Juxta consuetudi- nem... Deux peuples sont cités nommément parmi ceux dont il faut éviter les mœurs honteuses : les Égyptiens, en vue du passé (in qua habi- +tastis) ; les Chananéens , en vue de l'avenir ( ad quam introducturus...). Ils étaient particulière- ment dépravés. Cf. Gen. xix, 5; xxix, 30-31; XXXIX, 6-7, etc. — Facietis judicia mea: par oi)position à « légitima eorum » (vers. 3). Remar- quez les répétitions emphatiques des vers. 4-5, — ■ Quce foxiens..., vivet in eis (c.-à-d. par eux). Douce récompense promise aux Israélites fidèles : le vrai bonheur, la vie éternelle; car « il est visible que Dieu promet ici... quelque chose de plus que la simple exemption des peines tempo- relles. » Calmet, h. l. Voy., Rom, x, 5 ; Gai. m, 12, une fra])]iante argumentation de saint Paul sur ce passage. +2o Degrés de parenté qui rendaient le mariage illicite, vers. 6-18. +6. Règle générale. — • Proximam sanguinis sui. Hébr. : la chair de sa chair. Cf. Gen. ii, 24. Expression qui désigne soit la consanguinité, soit l'affinité. — Ut revelet... C.-à-d. de façon ù, l'épou- ser. Mais cette formule condamne aussi les l'cla- tions illégitimes. +Lev. XVIII, 7-16. +383 +celle qui lui est unie par la proximité du sang, pour découvrir ce que la pu- deur veut laisser caché. Je suis le Sei- gneur. +7. Vous ne découvrirez point dans votre mère ce qui doit être caché, en violant le respect dû à votre père ; elle est votre mère , vous ne découvrirez rien en elle contre la pudeur. +8. Vous ne découvrirez point dans la femme de votre père ce qui doit être caché, parce que vous blesseriez le res- pect dû ti votre père. +9. Vous ne découvrirez point ce qui doit être caché dans celle qui est votre sœur de père ou votre sœur de mère, qu'elle soit née ou dans la maison ou hors de la maison. +10. Vous ne découvrirez point ce qui doit être caché dans la fille de votre fils, ou dans la fille de votre fille , parce que ce serait votre propre confusion. +11. Vous ne découvrirez point ce qui doit être caché dans la fille de la femme de votre père , et qu'elle a enfanté à votre père ; car elle est votre sœur. +12. Vous ne découvrirez point ce qui doit être caché dans la sœur de votre père, parce que c'est la chair de votre père. +13. Vous ne découvrirez point ce qui doit être caché dans la sœur de votre mère, parce que c'est la chair de votre mère. +14. Vous ne découvrirez point ce que le respect dû à votre oncle paternel veut laisser caché , et vous ne vous approche- rez point de sa femme, parce qu'elle vous est unie par une étroite alliance. +15. Vous ne découvrirez point ce qui doit être caché dans votre belle -fille, parce qu'elle est la femme de votre fils , et vous y laisserez couvert ce que le res- pect veut laisser caché. +16. Vous ne découvrirez point ce qui +nis sui non accedet, ut revelet turpitu- dinem ejus. Ego Dominus. +7. Turpitudinem patris tui, et turpi- tudinem raatris tuœ non discooperies ; mater tua est, non revelabis turpitudi- nem ejus. +8. Turpitudinem uxoris patris tui non discooperies ; turpitudo enim patris tui +est. +9. Turpitudinem sororis tu se ex pâtre, sive ex matre, quas domi vel foris genita est, non revelabis. +10. Turpitudinem filiae filii tui vel ncptis ex filia non revelabis ; quia turpi- tudo tua est. +11. Turpitudinem filise uxoris patris tui, quam peperit patri tuo, et est soror tua, non revelabis. +12. Turpitudinem sororis patris tui non discooperies ; quia caro est patris tui. +13. Turpitudinem sororis matris tuœ non revelabis , eo quod caro sit matris tuse. +14. Turpitudinem patrui tui non reve- labis, nec accèdes ad uxorem ejus, quse tibi affinitate conjungitur. +15. Turpitudinem nurus tuae non reve- labis, quia uxor filii tui est, nec disco- operies ignominiam ejus. +16. Turpitudinem uxoris fratris tui +7-18. Les détails, pour préciser la règle géné- rale. — D'après l'ordre des versets, personne ne pouvait épouser sans crime : 1° sa propre mère (vers. 7); 2° sa belle -mère (vers. 8 : uxorem pa- tris; on suppose que le père s'est remarié); 3° sa sœur consanguine ou utérine (vers. 9 : ex pâtre, sive ex matre. Les mots domi vel foris genita ont été expliqués en divers sens : légitime ou illé- gitime ; fllle légitime du père, ou de la mère ; fille du père , ou de la mère par un premier mariage. Cette dernière interprétation nous paraît la meil- leure : une fllle de la mère , née d'un premier lit, par conséquent dans une autre maison); 49 sa petite-fille (vers. 10 : filicc fdli... velneplis +ex filia. La locution turpitudo tua est signifie : Tu l'as toi-même engendrée); 5° sa demi -sœur, née d'un second mariage de son père (vers. 11 ; au vers. 9 il était question d'une demi - sœur issue du premier mariage du père : c'est là toute la différence) ; 6° sa tante du côté paternel (vers. 12) ou du côté maternel (vers. 13) ; 7« la femme de son oncle (vers. 14); 8° sa bru (vers. 15); 9» sa belle -sœur (vers. 16; pour l'exception spéciale dite du lévirat, voyez Dcut. xxv, 5); 10° la fille ou la petite - fille provenant d'un premier ma- riage de sa femme (vers. 17. Incestus est; hébr.: un crime); 11° la sœur de sa femme, du vivant de celle-ci (vers. 18; in peliicatum ejus ; hùhr.: +384 +Ley. XVIII, 17-24. +non revelabis ; quia turpitudo fi'atris tui est. +17. Turpitudinem uxoris tuœ et filiœ ejiis non revelabis. Filiam filii ejiis, et filiam liliœ illius non sûmes, ut révèles ignominiam ejus ; quia caro illius sunt, et talis coitus ince^tus est. +18. Sororem uxoris tuœ in pellicatum illius non accipies , nec revelabis turpitu- dinem ejus adhuc illa vivente. +19. Ad mulierem qu93 patitur men- strua, non accèdes, nec revelabis fœdi- tatem ejus. +20. Cmn uxore proximi tui non coibis, nec seminis commistione maculaberis. +21. De semine tuo non dabis ut conse- cretur idolo Moloch, nec pollues nomen Dei tui. Ego Dominus. +22. Cum masculo non commiscearis coitu f emineo , quia abominatio est. +23. Cum omni pécore non coibis, nec maculaberis cum eo. Mulier non suc- cumbet jumento, nec miscebitur ei, quia scelus est. +24. Nec polluamini in omnibus liis, quibus contaminatas sunt universse gen- tes, quas ego ejiciam ante conspectum vestrum , +doit être caché dans la femme de votre frère, parce que ce respect est dû à votre frère. +17. Vous ne découvrirez point tout en- semble dans votre femme et dans sa fille ce qui doit être caché. Vous ne prendrez point la fille de son fils , ni la fille de sa fille, pour découvrir ce que l'honnêteté veut laisser caché, parce qu'elles sont la chair de votre femme, et qu'une telle alliance est un inceste. +18. Vous ne prendrez point la sœur de votre femme pour la rendre sa rivale, et vous ne découvrirez point en elle , du vivant de votre femme, ce que la pudeur veut laisser caché. +19. Vous ne vous approcherez point d'une femme qui souffre ce qui arrive tous les mois, et vous ne découvrirez point en elle ce qui n'est pas pur. +20. Vous ne vous approcherez point de la femme de votre prochain, et vous ne vous souillerez point par cette union hon- teuse et illégitime. +21. Vous ne donnerez point de vos enfants pour être consacrés à l'idole de Moloch, et vous ne souillerez point le nom de votre Dieu. Je suis le Seigneur. +22. Vous ne commettrez point cette abomination où l'on se sert d'un homme comme si c'était une femme. +23. Vous ne vous approcherez d'au- cune bête, et vous ne vous souillerez point avec elle. La femme ne se prosti- tuera point aussi en cette manière à une bête, parce que c'est un crime abomi- nable. +24. Vous ne vous souillerez point par toutes ces infamies dont se sont souillés tous les peuples que je chasserai devant vous, +a pour la vexer, » en excitant sa jalousie. C'était le cas de Lia et de Rachel). — Ces différentes lois ont formé la base des empêchements diri- mants du mai'iage dans l'Église chrétienne ; ce sont elles qui ont sauvegardé l'honneur de la famille. +3° Le Seigneur condamne quelques turpitudes morales, vers. 19-23. +19. CLuce patitur... Le devoir conjugal est in- terdit au temps des règles. Cf. xv, 19-24. +20. Contre l'adultère. Cf. Ex. xx, 14. +21. Contre une cruelle pratique d'idolâtrie. Cf. XX, 2-5. — De .semine tuo. C.-à-d. de tes enfants. — Ut consecretur... Moloch. C'est ici la première mention de cette divinité chananéenne, appelée ailleurs « l'abomination des Ammonites », III Reg. XI, 5, 11. On représentait Moloch avec ime tête de taureau, et sur ses mains étendues on plaçait +les petits enfants qu'on lui consacrait; de là ils retombaient dans un brasier ardent dissimulé dans l'intérieur de la statue. On appelait cette cérémonie « faire passer par le feu », ou sim- plement « faire passer » (hébr.: ha'ahir, au lieu de « consecretur »). Cf. Diodore de Sicile, xx, 14. Les enfants n'étaient cependant pas toujours dé- voués à la mort; le rite en question équivalait, alors à une sorte de purification. +22. Contre la sodomie, vice infâme des païens. Cf. Gen. XIX, 5 ; Rom. i, 27, etc. +23. Contre le crime non moins hideux de la bestialité, assez commun eu Ég3'pte et chez les Chananéens. +4° Conclusion solennelle , vers. 24 - 30. +24-30. Ce sont les pensées de l'exorde (1-5), auxquelles le Seigneur ajoute , indirectement (vers. 25) et dirccLeiuent (vers. 28-29), des me- +Lkv. XVIII, 25 — XIX, 2. +385 +25. Qui ont déshonoré ce pays - là ; et je punirai moi-même les crimes dé- testables de cette terre, afin qu'elle re- jette avec horreur ses habitants hors de son sein. +26. Gardez mes lois et mes ordon- nances, et que ni les Israélites ni les étrangers qui sont venus d'ailleurs de- meurer chez vous ne commettent aucune de toutes ces abominations. +27. Car ceux qui ont habité cette terre avant vous ont commis toutes ces infa- mies exécrables , et l'ont tout à fait souillée. +28. Prenez donc garde que, si vous commettez les mêmes crimes qu'ils ont commis, cette terre ne vous rejette avec, horreur hors de son sein, comme elle en a rejeté tous ces peuples qui l'ont habitée avant vous. +29. Tout homme qui aura commis quel- qu'une de ces abominations périra du milieu de son peuple. +30. Gardez mes commandements. Ne faites point ce qu'ont fait ceux qui étaient avant vous, et ne vous souillez point par ces infamies. Je suis le Sei- gneur votre Dieu. +25. Et quibus polluta est terra ; cuj as ego scelera visitabo, ut evomat habita- tores suos. +26. Custodite légitima mea atque ju- dicia, et non faciatis ex omnibus abo- minationibus istis, tam indigena quam colonus qui peregrinantur apud vos. +27. Omnes enim execrationes istas fecerunt accolas terrse, qui fuerunt ante vos, et polluerunt eam. +28. Cavete ergo ne et vos similiter evomat, cum paria feceritis, sicut evo- muit gentem quee fuit ante vos. +29. Omnis anima, quse fecerit de abo- minationibus his quippiam , peribit de medio populi sui. +30. Custodite mandat* mea. Nolite facere quse fecerunt hi qui fuerunt ante vos, et ne polluamini in eis. Ego Domi- nus Deus vester. +CHAPITRE XIX +1. Le Seigneur parla à Moïse et lui dit: +2. Parlez à toute l'assemblée des en- fants d'Israël et dites-leur : Soyez saints, parce que je suis saint, moi qui suis le Seigneur votie Dieu. +1. Locufcus est Dominus ad Moysen, dicens : +2. Loquere ad omuem cœtum filiorum Israël, et dices ad eos : Sancti estote, quia ego sanctus sum, Dominus Deus ve.ster. +naces terribles, pour rendre plus énergique cet appel à la conscience d'Israël. — Quibus conta- minatce sunt... Par exemple, les Perses et les Mèdes no craignaient pas d'épouser leurs mères et leurs filles ; le mariage entre frères et sœurs était très commun en Egypte. Cf. Clem. Alex., Strom., 1. m; Euscb., Prœp. evang., 1. vi, c. 10, etc. — Quas ego ei'iciam. Le temps est venu pour le Seigneur d'exercer les vengeances qu'il avait pi-éditcs autrefois à Abraham, Gen. xv, 16. — Ut evomat {terra)... Étonnante personnification, qui relève très bien l'énormité des crimes dénoncés. — Euo Dominus Deus... L'allocution divine se termine absolument comme elle avait connnoncé. Cf. vers. 2». +§ III. — Sainteté à conserver dans les relations avec Dieu et avec le prochain. XIX, 1-37. +Nous trouvons dans ce paragraphe un certain nombre de lois qui avaient déjà été promulguées antérieurement; e'ies sont répétées sans beau- +coup d'ordre, mais avec le but évident de re- commander aux Israélites une sainteté univer- selle. +1° Quelques devoirs de piété envers Dieu et envers les parents, vers. 1-8. +Chap. XIX. — 1-2». L'introduction habituelle. — Ad omnem r.œlum... L'expression hébraïque Cadah) n'apparaît que cette fois dans le Lévitique, et seulement une autre fois dans le Pentateuque, Ex, xn, 3. +2''. Sancti estote. Grand et admirable précepte , qu'on a très justement appelé la « note domi- nante » de ce chapitre, dont il unit les divers aUnéas, et du Lévitique tout entier, spécialement de la seconde partie. — Quia ego sanctus.,. Deui vister. Motif pressant de sanctification pour la nation théocratique. « Conservez - a'ous purs de toutes souillures extérieures et légales, parce que je suis saint, et que j'exige de vous cette pureté, qui est le symbole d'une autre sainteté plus ex- cellente. » Calmct, h. l. +S8G +Lev. XIX, 3-13. +3. Unusqiiisque patrem suum, et ma- trem suam timeat. Sabbata mea custodite. Ego Dominus Deus vester. +4. Nolite converti ad idola, nec deos coiiflatiles faciatis vobis. Ego Dominus Deus vester. +5. Si immola veritis hostiam pacifico- rum Domino, ut sit placabilis, +G. Eo die quo fuerit immolata, come- detis eam , et die altero ; quidquid autem residuum fuerit in diem tertium, igné comburetis. +7. Si quis post biduum comederit ex ea, prof anus erit , et impietatis reus , +8. Portabitque iniquitatem suam, quia sanctum Doraini polluit, et peribit anima illa de populo suo. +9. Cum messueris segetes terres tuse, non tondebis usque ad solum superficiem terrée, nec rémanentes spicas colliges. +10. Neque in vinea tua racemos et grana decidentia congregabis, sed pau- peribus et peregrinis carpenda dimittes. Ego Dominus Deus vester. +11. Non facietis furtum. Non mentie- mini , nec decipiet unusquisque proximum suum. +12. Non perjurabis in nomine meo, nec pollues nomen Dei tui. Ego Dominus. +13. Non faciès calumniam proximo ::uo , nec vi opprimes eum. Non morabitur +3. Que chacun respecte avec crainte son père et sa mère. Gardez mes jours de sabbat. Je suis le Seigneur votre Dieu. +4. Ne vous tournez point vers les idoles, et ne vous faites point de dieux jetés en fonte. Je suis le Seigneur votre Dieu. +5. Si vous immolez au Seigneur une hostie pacifique, afin qu'il vous soit favo- rable , +6. Vous la mangerez le même jour, et le jour d'après qu'elle aura été immolée ; et vous consumerez par le feu tout ce qui en restera le troisième jour. +7. Si quelqu'un en mange après les d-eux jours, il sera profane et coupable d'impiété ; +8. Il portera la peine de son iniquité, parce qu'il a souillé ce qui est consacré au Seigneur, et cet homme périra du milieu de son peuple. +9. Lorsque vous ferez la moisson dans vos champs, vous ne coujjerez point jus- qu'au pied ce qui aura crû sur la terre, et vous ne ramasserez point les épis qui seront restés. +10. Vous ne recueillerez point aussi dans votre vigne les grappes qui restent, ni les grains qui sont tombés ; mais vous les laisserez prendre aux pauvres et aux étrangers. Je suis le Seigneur votre Dieu. +11. Vous ne déroberez point. Vous ne mentirez point, et nul ne trompera son prochain. +12. Vous ne jurerez point faussement en mon nom, et vous ne profanerez pas le nom de votre Dieu. Je suis le Sei- gneur. +13. Vous ne calomnierez pas votre pro- chain , et vous ne l'opprimerez point par +3. Deux préceptes du Décalogue : le respect dû aux parents, et la fidèle observation du sabbat. Cf. Ex. XX, 8, 12; XXXI, 13, 14, etc. Les seuls qui fussent formulés en termes positifs sur les deux tables. +4. Prohibition du culte idolâtrique ; autre pré- cepte du Décalogue. Cf. Ex. xx, 4-6. — Idola. Hébr.: 'élUim, des riens. Nom très expressif. Cf. I Cor. VIII, 4. +5-8. Règlements relatifs aux victimes dites pacifiques , qui étaient très fréquemment offertes. Ou recommande une fidélité ihtégrale aux rites prescrits. Cf. vu, 15-18, et le commentaire.— Ut sit placabilis. ITél)r. : Quand vous offrirez au Sei- gneur un sacrifice pacifique, offrez-le de telle sorte qu'il soit agréé. +20 Quelques devoirs de charité ou de justice envers Je prochain, vers. 9-18. +9-10. Les droits des pauvres. Cf. Deut. xxrv, 19-21. — Non tondehis usque ad solum. Dans l'hébr.: Tu ne moissonneras pas en entier le bord de ton champ. C.-à-d. que chaque propriétaire devait laisser sur pied , pour les pauvres, un petit coin de sa moisson (au moins la soixantième partie du champ, disent les rabbins). — In vinea... racemos et grana... Les grappes oubliées sur les ceps, et les grains tombés h terre. +11 -13^ Prohibition du vol, du mensonge pro- féré pour se disculper d'un préjudice causé au prochain, de la fraude (vers. 11), du parjure associé à la fraude dans l'intention de la dissi- muler (vers. 12) , de la violence ouverte (vers. 13»). +13b -14. Pitié à l'égard des faibles. — Trois traits sont signalés par manière d'exemple. 1° Non morabitur opus... C.-à-d. le salaire du travail. Un manœuvre qui travaille au jour le jour a +violence. Le salaire du mercenaire qui vous donne son travail ne demeurera point chez vous jusqu'au matin. +14. Vous ne maudirez point le sourd, et vous ne mettrez rien devant l'aveugle pour le faire tomber ; mais vous craindrez le Seigneur votre Dieu, parce que je suis le Seigneur. +15. Vous ne ferez rien contre l'équité, et vous ne jugerez point injustement. N'ayez point d'égard contre la justice à la personne du pauvre, et ne respectez point contre la justice la personne de rhomnie puissant. Jugez votre prochain selon la justice. +16. Vous ne serez point parmi votre peuple ni un calomniateur public ni un médisant secret. Vous ne ferez point d'entreprises contre le' sang de votre prochain. Je suis le Seigneur. +17. Vous ne haïrez point votre frère dans votre cœur, mais vous le reprendrez publiquement, de peur que vous ne pé- chiez vous-même à son sujet. +18. Ne cherchez point à vous A^enger, et ne conservez point le souvenir de l'in- jure de vos concitoyens. Vous aimerez votre prochain comme vous-même. Je suis le Seigneur. +19. Gardez mes lois. Vous n'accou- plerez point une bête domestique avec des animaux d'une autre espèce. Vous +Lev. XIX, 14-19. 387 +opus mercenarii tui apud te usque mane. +14. Non maledices surdo, nec coram caeco pones offendiculum ; sed tiraebis Dominum Deum tuum, quia ego sum Dominus. +15, Non faciès quod iniquum est, nec injuste judicabis. Non considères per- sonam pauperis , nec honores vultum po- tentis. Juste judica proximo tuo. +16. Non eris criminator, nec susurre in populo. Non stabis contra sanguinem proximi tui. Ego Dominus. +17, Non oderis fi'atrem tuum in corde tuo, sed publiée argue eum, ne habeas super illo peccatum. +18, Non quseras ultionem, nec memor eris injurias civium tuorum. Diliges ami- cum tuum sicut teipsum. Ego Dominus. +19. Leges meas custodite. Jumentum tuum non faciès coire cum alterius ge- neris animantibus. Agrum tuum non +besoin de recevoir dès le soir même son salaire, pour subvenir à de pressantes nécessités. Cf. Dent. XXIV, 14-15; Jer. xxxii, 13; Mal. m, 5; Jac. V, 4. — 2° Non maledices surdo : maudire un sourd, ou se moquer de lui. 3*^ Coram caeco... offendi- culurfi, pour le faire tomber. Deux lâchetés et deux cruautés, que Dieu vengera sévèrement. +15-16. La justice dans les jugements. — La pro- position générale non fades... iniquum est aus- sitôt précisée par la suivante : nec injuste judi- cabis. Deux exemples sont ensuite cités : Non considères personam pauperis, ou pour le favo- riser, dans un sentiment de pitié, ou surtout pour le condamner injustement; nec honores vultum 230teritis, de manière à se laisser influencer par sa situation, par ses présents. Cf. Jac. ii, 2-9. — — Non... criininator. La locution hébraïque cor- respondante est très pittoresque : « Tu n'iras pas calomniant parmi ton peuple. » On croirait voir le susurro qui répand une calomnie à chaque pas qu'il fait. — Non stabis contra sanguinem... Cela, paraît être h l'adresse des faux témoins, dont les dépositions iniques peuvent arracher aux juges une sentence de mort contre l'accusé. Cf. Ex. x.xiir, 1, 7. D'après une antre interprétation moins pro- bable, le sens serait: Ne demeurez point calmes et insensibles quand vous voj'cz que votre pro- chain court quelque danger pour sa vie. +17-18. Des actes extérieurs on passe aux sen- timents du cœur. — Non oderis... in corde. Plu- tôt que de se laisser aller à cette haine intérieure, qui est pleine de dangers, il vaudra mieux re- prendre ouvertement son prochain , s'il le mérite (argue...; puhlice n'est pas dans l'hébreu). — Ne habeas... peccatum : on portera la responsabilité des fautes qu'il continuerait de commettre, n'ayant pas été averti. — Non... ultionem : la vengeance privée. — Diliges amicum... Hébr, : ton prochain. La loi roj'ale de la charité frater- nelle est magnifiquement résumée dans ces quel- ques mots. Cf. Matth. vu, 12. +3° Quelqiies règles domestiques, vers. 19-25. +19. Une courte transition {leges meas custo- dite) introduit cette nouvelle série d'ordonnances. Le Législateur condamne d'abord trois pratiques anormales , qui sembleraient aller contre le plan providentiel, si bien caractérisé par l'unité et la simplicité. Cf. Deut. xxii, 9-11. — 1° Jitmentum...: de manière à obtenir des produits hybrides. Par- fois, néanmoins, la Bible signale la présence du mulet chez les Hébreux (cf. II Reg. xiii, 29 ; III Rcg. I, 33, etc.); c'est qu'ils se procuraient cet animal à l'étranger. — 2» Agrum... non di- verso seminc. Par exemple, du froment et de l'orge ; des haricots et des lentilles. Voyez VAtl. archcol, pi. xxxiii, flg. 11-13, 15. — 3« Veste... +388 +Lev. XIX, 20-26. +seres diverse semine. Veste, quse ex duobus texta est, non indiieris. +20. Homo si dormierit cum muliere coitu seminis, qu?e sit ancilla etiara nu- i bilis, et tamen pretio non redcmpta, nec libertate donata, vapulabunt ambo, et non morientur, quia non fuit libéra. +21. Pro delicto autem suo ofïeret Do- mino ad ostium tabernaculi testimonii arietem ; +22. Orabitqne pro eo sacerdos, et pro peccato ejus coram Domino, et repropi- tiabitur ei , dimitteturque peccatum. +23. Quando ingressi fueritis terram, et plantaveritis in ea ligna pomifera, auf eretis prseputia eorum ; poma , quœ germinant, immunda erunt vobis, nec edetis ex eis. +24. Quarto autem anno omnis fructus eorum sanctificabitur laudabilis Domino. +25. Quinto autem anno comedetis fru- ctus, congregantes poma quœ proferunt. Ego Dominus Deus vester. +26. Non comedetis cum sanguine. Non +ne sèmerez point votre cliamp de se- mences différentes. Vous ne vous revê- tirez point d'un vêtement tissé de fils différents. +20. Si un homme dort avec une femme, et abuse de celle qui était es- clave et en âge d'être mariée, mais qui n'a point été rachetée à prix d'argent, et c\ qui on n'a point donné la liberté, ils seront battus tous deux, mais ils ne mourront pas , parce que ce n'était point une femme libre. +21. L'homme offrira au Seigneur «pour sa faute un bélier à l'entrée du taber- nacle du témoignage ; +22. Le prêtre priera pour lui et pour son péché devant le Seigneur, et il ren- trera en grâce devant le Seigneur, et son péché lui sera pardonne. +23. Lorsque vous serez entrés dans la terre que je vous ai promise, et que vous y aui'ez planté des arbres fruitiers, vous aurez soin de les circoncire, c'est-à-dire que les premiers fruits qui en sortiront vous étant impurs, vous n'en mangerez point. +24. La quatrième année tout leur fruit sera sanctifié et consacré à la gloire du Seigneur ; +25. Et la cinquième année vous en mangerez Tes fruits , en recueillant ce que chaque arbre aura porté. Je suis le Seigneur votre Dieu. +26. Vous ne mangerez rien avec le +ex duohus texta. C.-à-d. de laine et de lin mé- langés, ainsi qu'il est ajouté au Deutéron., xxii, 11. Ce mélange du lin et de la laine était cependant prescrit pour quelques-uns dos vêtements du grand prêtre (cf. Ex. xxrv, 8); d'où plusieurs interprètes ont conclu que l'interdiction ne portait j)as sur la composition du tissu, mais sur celle des fils eux-mêmes , lesquels ne devaient contenir qu'une seule matière. Sur l'expression hébraïque sa'atncz, omise par la Vulgate, et diversement traduite par les versions anciennes, voj^ez Gesenius, Thesaur. linrj. hehr., t. III, p. 1456. +20-22. Cas d'une esclave fiancée et séduite. — Ancilla etiam nubilis. Hébr. : Et si c'est une esclave fiancée à un homme. — Non redempta, à prix d'argent; nec libertate donata, par l'af- franchissement pur et simple : les deux moyens par lesquels l'esclavage pouvait cesser. — Vapu- labunt ambo. L'hébreu se contente de dii'e : Il y aura châtiment ; mais la Vulgr.tc rend bien la pensée. — Non morientur, quia... Quand la fiancée était de condition libre, la peine de mort était infligée aux deux coupables. Cf. Deut. xxii, 23-24. — Pro delicto autem... C'est le séducteur qui offrait ce sacrifice, d'après les rites marqués plus haut. Cf. v, 14. +23-25. Ordonnance relative aux arbres frui- tiers nouvellement plantés iquando ingrcssi...; cf. XIV, 34; XXIII, 10; xxv, 2 : les quatre lois du Lévitique qui ne deviendront obligatoires qu'a- près l'installation des Hébreux en Palestine). — On distingue trois périodes à partir de la plan- tation. 1» Pendant les trois premières années , les fruits étaient traites comme impurs, et il était interdit de les mangei\ L'expression figui'ée au- feretis prceputia fait allusion à l'état profane et antithéocratique des hommes incirconcis. Cf. Gen. XVII, 9-14. — 2° Les fruits de la quatrième année étaient offerts en prénùcos {laudabilis Domino; hébr. : un sanctuaire de louanges pour Jéhovah , c.-à-d. un sacrifice agréable). — 3o Le proprié- taire jouissait librement des récoltes suivantes. — C'était là, pour les arbres fruitiers, l'équivalent des premiers-nés des animaux, consacrés au divin roi d'Israël. Cf. Ex. xm, 12; xxxiv, 19. Du reste, un traitement de ce genre était loin de nuire aux jeunes plantations. +40 Quelques autres préceptes moraux, ver-». 26-31. +26-31. Diverses superstitions païennes sont suc- cessivement condamnées. — 1° Nouvelle interdic- tion de manger de la viande où il est resté du +Lev. XIX, 27-35. +389 +Bang. Vous n'userez point d'augures , et vous n'observerez point les songes. +27. Vous ne couperez point vos che- veux en rond, et vous ne raserez point les coins de votre barbe. +28. Vous ne ferez point d'incisions dans votre chair en pleurant les morts, et vous ne ferez aucune figure ni au- cune marque sur votre corps. Je suis le Seigneur. +20. Ne prostituez point votre fille, de peur que la terre ne soit souillée, et qu'elle ne soit remplie d'impiété. +30. Gardez mes jours de sabbat, et tremblez devant mon sanctuaire. Je suis le Seigneur. +31. Ne vous détournez point de votre Dieu pour aller chercher des magiciens, et ne consultez point les devins, de peur de vous souiller en vous adressant à eux. Je suis le Seigneur votre Dieu. +32. Levez -vous devant ceux qui ont les cheveux blancs , honorez la personne du vieillard; et craignez le Seigneur votre Dieu. Je suis le Seigneur. +33. Si un étranger habite dans votre pays et demeure au milieu de vous, ne lui faites aucun reproche ; +34. Mais qu'il soit parmi vous comme s'il était né dans votre pays, et aimez-le comme vous-mêmes; car vous avez été aussi vous-mêmes étrangers dans l'E- gj^pte. Je suis le Seigneur votre Dieu. +35. Ne faites rien contre l'équité, ni +augurabimini, nec observabitis somnia. +27. Neque in rotundum attondebitis comam , nec radetis barbam. +28. Et super mortuo non incidetis carnem vestram, neque figuras aliquas autstigmatafacietis vobis. Ego Dominus. +29. Ne prostituas filiam tuam, ne con- taminetur terra, et impleatur })iaculo. +30. Sabbata mea custodite, et sanctua- rium meum metuite. Ego Dominus. +31. Non déclin etis ad magos, nec ab ariolis aliquid sciscitemini, ut polluamini per eos. Ego Dominus Deus vester. +32. Coram cano capite consurge, et honora personam senis ; et time Domi- num Deum tuum. Ego sum Dominus. +33. Si habitaverit advena in terra vestra, et moratus fuerit inter vos, non exprobretis ei ; +34. Sed sit inter vos quasi indigena, et diligetis eum quasi vosmetipsos ; f aistis enim et vos advense in terra u35]gypti. Ego Dominus Deus vester. +35. Nolite facere iniquum aliquid in +sang {cum sanguine),ycY^. 2C*. Cf. vu, 26 ; xvii, 10. — 2» Contre les augures, yers. 26b. L'iiébreu peut se traduire ainsi : Vous n'observerez ni les serpents ni les nuages pour en tirer des augures. Selon d'autres, le second verbe {t"ôriénu) dési- gnerait plutôt le mauvais œil, ou sort jeté par un regard, dont les Orientaux redoutent si fort l'inîluence. — 3° Dieu prohibe une certaine coupe des cheveux et de la barbe, vers. 27. In rotun- dum... comam ; dans l'hébr. : Vous ne couperez pas en rond le coin de votre chevelure. Héro- dote, m, 8, raconte que les Arabes, en l'honneur de lei;rs faux dieux , se rasaient les cheveux sur les tempes et derrière la tête, de manière à n'en garder que sur le crâne. — Nec... harham. Hébr.: Et tu ne raseras pas le coin de ta barbe. Cou- tume arabe analogue à la précédente, et men- tionnée par Pline, Rist. nat., vi, 32. Cf. Jer. IX, 26 ; XXT, 23, etc., et V Atlas archéol., pi. cxvi, fig. 12. — 4" Vers. 28» : Super mortuo non inci- detis... Cf. Dei;t. XIV, 1; Jer. xvi, 6, etc. Usa- ge barbare, qui était fréquent chez les anciens peuples de l'Orient (cf. Hérodote, rv, 71; Xéno- l>hr»n, Cyrop., in, 1, 13, etc.), et qui subsiste Encore en Abyssinie, en Perse, etc. Voy. V Atlas +archéol., pi. cxv, fig. 4. — 5° Figuras... aut sti- gmata,yeïs. 28''. Proscription du tatouage , con- stammenu cher aux Orientaux, et souvent associé par eux à l'idolâtrie. Cf. Théodoret, Quœst. in Lev. xxviii, et VAtl. archéol., pi. vu, fig. 1,2, 7, 16-19. — 6° Ne prostituas... Crime odieux, qui profanerait la Terre sainte, et attirerait des ven- geances toutes spéciales, vers. 29. Il s'agit surtout de la prostitution en l'honneur de quelques idoles infâmes. Cf. Deut. xxiii, 17. — 7° Encore le sab- bat, et le respect dû au sanctuaire, vers. 30. — 8° Prohibition de la magie, vers. 31. +5° Quelques préceptes sociaux, vers. 32-37. +32. Respect dû aux vieillards. Tous les peuples anciens ont attaché à bon droit une très grande importance à cette règle. Ici , elle est associée au respect qu'on doit éprouver pour Dieu lui-même : tim.c Dominum. +33 - 34. Sentiments d'humanité pour les étran- gers. Cf. Ex. XXII, 21 ; XXIII, 9. Non seulement ne pas les opprimer (non exprobretis...), mais les aimer quasi vosmetipsos. Autre loi admi- rable. +35-36». L'équité dans les relations sociales. — Modius, sextarius. L"éfah (38 lit. 88) et sa dixième +390 +Lev. XIX, 36 — XX, 5. +judicio, in régula, in pondère, in men- sura. +36. Statera justa, et œqua sint pon- déra, justus modiiis, œqimsque sextarius. Ego Dominus Deus vester, qui eduxi vos de terra ^Egypti. +37. Custodite omnia prsecepta mea, et universa judicia, et facite ea. Ego Do- minus. +dans les jugements, ni dans ce qui sert de règle, ni dans les poids, ni dans les mesures. +36. Que la balance soit juste, et les poids tels qu'ils doivent être ; que le })ois- seau soit juste, et que le setier ait sa mesure. Je suis le Seigneur votre Dieu, qui vous ai tirés de l'Egypte. +37. Gardez tous mes préceptes et toutes mes ordonnances, et exécutez-les. Je suis le Sei^rneur. +CHAPITRE XX +1. Locutusque est Dominus ad Moysen, dicens : +2. Hsec loqueris iiliis Israël : Homo de filiis Israël, et de advenis qui habitant in Israël, si quis dederit de semine suo idolo Moloch , morte moriatur ; populus terne lapidabit eum. +3. Et ego ponam faciem raeam contra illum ; succidamque eum de medio po- puli sui, eo quod dederit de semine suo Moloch, et contamina verit sanctuarium meum , ac polluerit nomen sanctum meum. +4, Quod si negligens populus terrœ, et quasi parvipendens imperium meum , di- miserit hominem qui dédit de semine suo Moloch, nec voluerit eum occidere, +5. Ponam faciem meam super homi- nem illum, et super cognatiouem ejus, succidamque et ipsum, et omnes qui consenserunt ei ut fornicaretur eum Moloch, de medio populi sui. +1. Le Seigneur parla encore à Moïse, et lui dit : +2. Vous direz ceci aux enfants d'Is- raël : Si un homme d'entre les enfants d'Israël ou des étrangers qui demeurent dans Israël donne de ses enfants à l'idole de Moloch, qu'il soit puni de mort, et que le peuple du pays le la- pide. +3. Et moi je tournerai ma face contre cet homme, et je le retrancherai du mi- lieu de son peuple, parce qu'il a donné de sa race à Moloch, qu'il a profané mon sanctuaire, et quïl a souillé mon saint nom. +4. Que si le peuple du pays, faisant paraître de la négligence et comme du mépris pour mon commandement, laisse aller cet homme qui aura donné de ses enfants à Moloch, et ne veut pas le mettre à mort, +5. Je tournerai ma face contre cet homme et contre sa famille, et je le re- trancherai du milieu de son peuple, lui et tous ceux qui auront consenti à la for- nication par laquelle il s'est prostitué à Moloch. +partie, le hXn (6 lit. 49), déjà cité plusieurs fols. Cf. Ex. XVI, 36; XXIX, 40, etc., et le Man. Uhl., t. I, n. 188. +36b . 37, Conclusion solennelle do tout ce para- graphe. +§ IV. — Châtiments qui devront être infligés jJOîir certains crimes. XX , 1-27. +10 Punition de l'apostasie , vers. 1-8. +Chap. XX. — 1-2». Introduction. +2^-5. Le culte cruel de Moloch. — Cette inter- diction s'adresse non seulement aux Israélites, mais encore aux étrangers (de advenis) qui avaient un permis de séjour au milieu d'eux. Sur l'expression dederit de semine suo, voy. la note +de xvin, 21. — Populus... lajndahit eum. La lapidation était alors , chez les Hébreux, la forme la plus ordinaire de la peine capitale. Elle con- sistait ù. assommer le coupable avec de grosses pierres, que chacun était libre de jeter sur luL — Et ego ponam... Cf. xvii, 17. Le Seigneur lui- même s'associera au châtiment d'un si grand crime (eo quod contamtnaverit...). Et dans le cas où les membres de la nation sainte, par suite d'une négligence coupable, n'extirperaient pas de leur sein l'auteur du scandale, Dieu se charge- rait directement du soin de se venger (vers. 4-5). Au lieu de negligens, l'hébreu aune belle méta- phore : « s'ils se mettaient un voile. » +19 +Lev. XX, 6-16. +591 +6. Si lin liomme se détourne de moi pour aller chercher les magiciens et les devins, et s'abandonne à eux par une espèce de fornication, je tournerai ma face contre lui, et je l'exterminerai du milieu de son peuple. +7. Sanctifiez - vous et soyez saints , parce que je suis le Seigneur votre Dieu. +8. Gardez mes préceptes, et exé- cutez-les. Je suis le Seigneur qui vous sanctifie. +9. Que celui qui aura maudit son père ou sa mère soit puni de mort; son sang retombera sur lui, parce qu'il a maudit son père ou sa mère. +10. Si quelqu'un abuse de la femme d'un autre, et commet un adultère avec la femme de son prochain , que l'homme adultère et la femme adultère meurent tous deux. +11. Si un homme abuse de sa belle- mère, et viole à son égard le respect qu'il aurait dû porter h son père, qu'ils soient tous deux punis de mort ; leur sang retombera sur eux. +12. Si quelqu'un abuse de sa belle-fille, qu'ils meurent tous deux , parce qu'ils ont commis un grand crime ; leur sang retombera sur eux. +13. Si quelqu'un abuse d'un, homme comme si c'était une femme, qu'ils soient tous deux punis de mort, comme ayant commis un crime exécrable ; leur sang retombera sur eux. +14. Celui qui, après avoir épousé la fille , épouse encore la mère , commet un crime énorme ; il sera brûlé tout vif avec elles, et une action si détestable ne demeurera pas impunie au milieu de vous. +15. Celui qui se sera corrompu avec une bête, quelle qu'elle soit, sera puni de mort; et vous ferez aussi mourir la bête. +16. La femme qui se sera aussi cor- +6. Anima, quse declinaverit ad magos et ariolos, et fornicata fuerit cum eis, ponam faciem meam contra eam , et in- terficiam illam de medio populi sui. +7. Sanctificamini et estote sancti , quia ego sum Dominus Deus vester. +8. Custodite prœcepta mea, et facite ea. Ego Dominus qui sanctifico vos. +9. Qui maledixerit patri suo, aut matri, morte moriatur; patri matrique male- dixit, sanguis ejus sit super eum. +10. Si mœchatus quis fuerit cum uxore alterius, et adulterium perpetraverit cum conjuge proximi sui , morte moriantur et moechus et adultéra. . '" +11. Qui dormierit cum noverca sua, et revelaverit ignominiam patris sui , morte moriantur ambo ; sanguis eorura sit super eos. +12. Si quis dormierit cum nuru sua, uterque moriatur, quia scelus operati sunt ; sanguis eorum sit guper eos. +13. Qui dormierit cum masculo coitu f emineo , uterque operatus est nef as ; morte moriatur ; sit sanguis eorura su- per eos. +14. Qui supra uxorem filiara, duxerit matrem ejus, scelus operatus est; vivus ardebit cum eis , nec permanebit tantum nefas in medio vestri. +15. Qui cum jumento et pécore coierit, morte moriatur; pecus quoque occidite. +16. Mulier, quae succubuerit cuilibet +6. Châtiment de ceux qm consultaient les ma- giciens. — La formule fornicata fiterit... est syno- nyme de « polluamini per eos », xix, 31, et marque une infidélité d'Israël à rallianco théocratique. +7-8. Nécessité pour les Hébreux de vivre dans une sainteté spéciale, étant unis à un Dieu si saint. Cf. xviu, 4-5; xix, 2, etc. +2° Punition des mauvais fils, vers. 9. +9. Qui maledixerit patri... Cf. Ex. xxi, 17, et aussi Matth. xv, 14, où N.-S. Jésus - Christ cite ce passage. — Sanguis ejus... super eum. C.-à-d. que ce fils monstiiieueement ingrat sera seul res- ponsable de sa propre mort. +3» runidon de l'iuipudicitô, vers. 10-21. +10. L'adultère. Cf. xvra, 20; Ex. xx, 14. Peine de mort pour les deux coupables. +11-12. L'inceste avec une belle-mère (11) ou avec une bru (12). +13. La sodomie. Cf. xvin, 22. +14. Épouser simultanément une femme et la fille qu'elle aura eue d'un premier mariage. Cf. xvin, 17, Un genre spécial de mort est décrété: le supplice du feu, ardebit... Cf. Gren. xxxviii, 24. Beaucoup d'interprètes pensent que les coupables étaient d'abord lapidés ou étranglés ; les cadavres seuls auraient été brûlés. Cf. Jos. vu, 15, 25. +15-16. La bestialité. Cf. xvm, 28. +392 +Lev. XX, 17-24. +juraento, simul interficietur cum eo ; san- guis eomm sit super eos. +17. Qui acceperit sororem suam, filiam patris sui, vel tiliam matris suae, et vide- nt turjntudinem ejus, illaque conspexerit ft-atris ignominiam , nefaiiain rem operati surit ; occidentur in conspectu populi sui, eo quod turpitudinem suam mutuo reve- laverint, et portabunt iniquitatem suam. +18. Qui coierit cum muliere in fluxu menstruo, et révéla verit turpitudinem ejus, ipsaque aperuerit fontem sanguinis sui , interficientur ambo de medio populi sui. +19. Turpitudinem materterae et amitae tuœ non discooperies ; qui hcc fecerit, ignominiam carnis suœ nudavit; porta- bunt ambo iniquitatem suam. +20. Qui coierit cum uxore patrui, vel avunculi sui, et revelaverit ignominiam fognationis suœ, portabunt ambo pecca- tum suum ; absque liberis morientur. +21. Qui duxerit uxorem f ratris sui, rem facit illicitam, turpitudinem f ratris sui rovelavit ; absque liberis erunt. +22. Custodite leges meas , atque judicia, et facite ea , ne et vos evomat terra quam i.itraturi estis et habitaturi. +23. Nolite ambulare in legitimis natio- num, quas ego expulsurus sum ante vos. ' )mnia enim heec fecerunt, et abominatus i um eas. +24. Vobis autem loquor : Possidete ter- ram eorum, quam dabo vobis in heredita- lom, terram fluentem lacté et melle. Ego ])ominus Deus vester, qui sépara vi vos a ccteris populis. +rompue avec une bête, quelle qu'elle soit, sera punie de mort avec la bete, et leur sang retombera sur elles. +17. Si un homme s'approche de sa sœur qui est fille de son père, ou fille de sa mère, et s'il voit en elle, ou si elle voit en lui ce que la pudeur veut être ca- ché, ils ont commis un crime énorme; et ils seront tués devant le peuple, parce qu'ils ont découvert l'un à l'autre ce qui aurait dû les faire rougir, et ils porteront la peine due à leur iniquité. +18. Si un homme s'approche d'une femme qui souffre alors l'accident du sexe, et découvre ce que l'honnêteté au- rait dû cacher, et si la femme elle-même se fait voir en cet état, ils seront tous deux exterminés du milieu de leur peuple. +19. Vous ne découvrirez point ce qui doit être caché dans votre tante mater- nelle ou dans votre tante paternelle ; celui qui le fait découvre la honte de sa propre chair, et ils porteront tous deux l'a peine de leur iniquité. +20. Si un homme s'approche de la Eemme de son oncle paternel ou ma- ternel, et découvre ce qu'il aurait dû cacher par le respect qu'il doit à ses proches , ils porteront tous deux la peine de leur péché, et ils mourront sans en- fants. +21. Si un homme épouse la femme de son fi-ère, il fait une chose que Dieu défend, il découvre ce qu'il devait ca- cher pour l'honneur de son frère, et ils n'auront point d'enfants. +22. Gardez mes lois et mes ordon- nances, et exécutez -les, de peur que la terre où vous devez entrer et où vous devez demeurer ne vous rejette aussi avec horreur de son sein. +23. Ne vous conduisez point selon les lois et les coutumes des nations que je dois chasser de la terre où je veux vous établir. Car elles ont fait toutes ces choses, et je les ai eues en abomination. +24. Mais, pour vous, voici ce que je vous dis : Possédez la terre de ces peuples, que je vous donnerai en héritage, cette terre où coulent le lait et le miel. Je suis le Seigneur votre Dieu, qui vous ai sé- parés de tout le reste des peuples. +17. Autre genre d'inceste. Cf. xviii, 9, 11. +18. La cohabitation au temps des règles. Cf. ::v, 19; xviu, 19. +19-21. Trois autres sortes d'inceste. Cf. xvni, 12-14, 16. On ne signale pas de peine civile à i.ifliger pour ces cas, mais on menace les inces- +tueux des châtiments divins : portabunt iniqui- tidem..., absque liberis erunt, +4» Exhortation à la pratique de la sainteté, vers. 22-26. +22-24. Dieu insiste, comme au cliap. xvm, 24-30, sur les pressants motifs qu'ont les Hé- +Lev. XX, 23 — XXI, 5. +3C3 +25. Séparez donc aussi vous-mêmes le; bêtes pures d'avec les impures, les oi- seaux purs d'avec les impurs; ne souille', point vos Ames en mangeant des bêtts ou des oiseaux, et de ce qui a mouve- ment et vie sur la terre, que je vous lÀ marqués comme impurs. +26. Vous serez mon peuple saint, parco que je suis saint, moi qui suis le Sei- gneur, et que je vous ai séparés de ton •; les autres peuples afin que vous fussiez particulièrement à moi. +27. Si un homme ou une femme a un esprit de p3'^lhon ou un esprit de divi- nation, qu'ils soient punis de mort; ils seront la[)idés, et leur sang retomberai sur leurs têtes. +25. Separate ergo et vos jumentuii mundum ab immundo, et avem mundai ■ ab immunda ; ne i)olluatis animas vestra- in pécore, et avibus, et cunctis quœ mc-- ventur in terra, et quîe vobis ostenc. esse polluta. +26. Eritis mihi sancti, quia sanctur sum ego Dominus, et sépara vi vos a ce- teris populis, ut essetis mei. +_ 27. Vir, sive mulier, in quibus pytho- nicus, vel divinationis fuerit spiritus, morte moriantur ; lapidibus obruent eos ; sanguis eorum sit super illos. +CHAPITRE XXI +1. Le Seigneur dit aussi à Moïse : Parlez aux. prêtres, enfants d'Aaron, et dites-leur : Que le prêtre ne se rende pas impur à l'occasion de la mort de ses concitoyens, +2. A moins que ce ne soit pour ceux qui lui sont unis très étroitement par le sang, et qui sont les plus proches ; c'est- à-dire son père et sa mère, son fils et sa fille, son frère +3. Et sa sœur vierge et non encore mariée. +4. Même à la mort du prince de son peuple, il ne fera rien de ce qui le peut rendre impur selon la loi. +5. Les prêtres ne raseront point leurs têtes ni leurs barbes ; ils ne feront point d'incisions dans leurs corps. +1. Dixit quoque Dominus ad Moysen : Loquere ad sacerdotes filios Aaron, et dices ad eos : Ne contaminetur sacerdo.- in mortibus civium suorum , +2. Nisi tantum in consanguineîs , ac propinquis, id est, super pâtre, et matre, et filio, et filia, fratre quoque, +3. Et sorore virgine, quse non est nupta viro. +4. Sed nec in principe populi sui con- taminabitur. +5. Non radent caput, nec barbam, neque in carnibus suis facient incisuras. +breux de vivre dans une sainteté extraordinaire. Seulement, à la menace {ve et vos evomat...) il daigne ajouter ici une gracieuse promesse ipos- sidett terram... fluentem... ; cf. Ex. m, 8, 17; xm, 5; xxxiii, 3, etc.). +25 - 26. Se séparer de tout ce qui est impur. — Ne polluatis... in pécore , et avibus... Sommaire des lois relatives aux animaux purs et impurs, chap. XI. +40 Châtiment des magiciens, vers. 27. - 27. Le vers. 6 concernait ceux qui allaient con- sulter les magiciens; actuellement il s'agit des magiciens eux-mêmes. +Sectxcx II. — La sainteté a mésERVER dans +LE CULTE DIVIN'. XXI, 1 — XX VII, 34. +5 î. — Sainteté spéciale des prêtres. XXI, 1-24. +1" Ordonnances touchant le deuil et le mariage des simples prêtres, vers. 1-9. +Chai'. XXI. — 1*. L'introduction habituelle. — +Loquere ad sacerdotes : les détails qui suivent regardent directement et exclusivement les prêtres. l*>-6. Le deuil pour les morts est interdit aux prêtres, à part de rares exceptions. — Ne conta- minetur... in mortibus... On devenait, en effet, légalement impur non seulement par le contacr, d'un cadavre, mais même en entrant dans l'ap- partement ou dans la tente qui le contenait. Cï. Nura. v, 2; vi, 6; xix, 11, 14.— In consangui- neîs, ac propinquis. D'après l'hébreu : pour soîi sang le plus proche. C.-à-d., comme l'indique rénumération super pâtre..., pour ceux qui lui tenaient de ti'ès près pai* les liens du sang, et qui formaient avec lui une seule et même fa- mille (remarquez le trait sorore... non nupta). — Sed nec in principe... D'après cette traduc- tion , qui est aussi celle du s}-riaque , les prêtre , ne pouvaient pas assister aux funérailles, ni porter le deuil d'un chef de tribu, ou d'un prince pré- posé à tout le peuple (voyez iv, 22, et la note), +394 +Lev. XXI, 6-13. +6. Sancti enmt Deo suo, et non pol- luent nomen ejus; incensiim enim Do- mini , et panes Dei sui offerunt ; et ideo sancti erunt. +7. Scortum et vile prostibulum non ducent uxorem, nec eam quœ repudiata est a marito ; quia consecrati sunt Deo suo, +8. Et panes propositionis oiïerunt. Sint ergo sancti, quia et ego sanctus sum, Dominus, qui sanctifico eos. +9. Sacerdotis filia si depreliensa f uerit in stupro, et violaverit nomen patris sui , flammis exuretur. +10. Pontifex, id est, sacerdos maximus inter fratres suos, super cujus caput fusum est unctionis oleum, et cujus manus in sacerdotio consecratae sunt, vestitusque est sanctis vestibus, caput suum non discooperiet, vestimenta non scindet, +11. Et ad omnem mortuum non ingre- dietur omnino ; super pâtre quoque suo et matre non contaminabitur. +12. Nec egredietur de sanctis, ne polluât sanctuarium Domini , quia oleum sanctse unctionis Dei sui super eum est. Ego Dominus. +1 3. Virginem ducet uxorem ; +6. Ils se conserveront saints pour leur Dieu, et ils ne souilleront point son nom; car ils présentent l'encens du Seigneur, et ils offrent les pains de leur Dieu ; c'est pourquoi ils seront saints. +7. Ils n'épouseront point une femme déshonorée, ou qui ait été prostituée à l'impudicité publique, ni celle qui aura été répudiée par son mari ; parce qu'ils sont consacrés à leur Dieu , +8. Et qu'ils offrent les pains qu'on expose devant lui. Qu'ils soient donc saints , parce que je suis saint moi- même, moi qui suis le Seigneur qui les sanctifie. +9. Si la fille d'un prêtre est surprise dans un crime contre son honneur, et qu'elle ait déshonoré le nom de son père, elle sera brûlée. +10. Le pontife, c'est-à-dire celui qui est le grand prêtre parmi ses frères, sur la tête duquel l'huile de l'onction a été répandue, dont les mains ont été consa- crées pour faire les fonctions du sacer- doce, et qui est revêtu des vêtements saints, ne se découvrira point la tête, ne déchirera point ses vêtements, +11. Et n'ira jamais auprès d'aucun mort, quel qu'il puisse être. Il ne fera rien qui puisse le rendre impur selon la loi, même à la mort de son père ou de sa mère. +12. Il ne sortira point non plus des lieux saints, de crainte qu'il ne viole le sanctuaire du Seigneur ; parce que l'huile de Fonction sainte de son Dieu a été ré- pandue sur lui. Je suis le Seigneur. +13. Il prendra pour femme une vierge. +Les hébraïsants modernes interprètent ainsi le texte : « il ne se profanera pas même en tant que mari ; » c.-à-d., suivant eux, qu'un prêtre n'avait pas le droit de participer aux funérailles de sa propre femme. Cela paraît être une exagération. Cf. Ez. XXIV, 16, où cette pi'ohibition n'a lieii que d'une manière exceptionnelle. — Non radent... L'hébreu porte, comme au chap. xix, vers. 27-28 (voyez le commentaire) : Ils ne se feront point de place chauve sur la tête, et ils ne raseront pas les coins de leur barbe. Voyez, Bar. vi, 31 , la des- cription d'une scène de deuil parmi des prêtres païens. — Le vers. 6 exprime le motif de tous ces règlements : Sancti erunt.., incensum enim... +7-8. La sainteté des prêtres dans le mariage. — Toujours ù cause de leur caractère sacré (sint ergo sancti...), on leur impose quelques limites bien légitimes pour le choix de leux's femmes. Au lieu de vile prostibulum, lisez, d'a- près l'hébreu : une femme déshonorée. +9. Sainteté de la famille des prêtres. — Sacer- dotis filia... Celle qui aurait oublié à ce point le +respect qu'elle doit à la tribu sacerdotale devait être condamnée au supplice du feu ( voyez pour- tant la note de xx, 14). +2° Instructions touchant le deuil et le mariage du grand prêtre, vers. 10-15. +10-12. Le deuil du grand prêtre. — Le texte sacré commence par relever, en termes solennels, la dignité du pontife suprême de la théocratie Csacerdos maximus, son rôle proéminent; super cujus caput..., son onction toute spéciale, men- tionnée encore au vers. 12, cf. vni, 12 ; cujus ma- nus..., ses fonctions au saint autel; vestitusque..., ses ornements glorieux ) ; d'où il conclut qu'en axicun cas il lui sera permis d'approcher d'un mort et d'en porter le deuU, alors même qu'il s'agirait de son père et de sa môi'e. — Les mots nec egredietur de sanctis ne doivent pas se prendre d'une façon absolue ; ils signiflent , d'après le con- texte, sortir pour assister à des funérailles. +13-15. Le mariage du grand prêtre.— Fir<7i. nem... uxorem , et pas d'autre (sordidam ; d'après l'hébreu, une femme déshonorée). Encore cette +I +Lev. XXI, 14-24. +'3% +14. Il n'épousera point une veuve, ou une femme qui ait été répudiée, ou qui ait été déshonorée , ou une infâme ; mais il prendra une fille du peuple d'Israël. +15. Il ne mêlera point le sang de sa race avec une personne du commun du peuple, parce que je suis le Seigneur qui le sanctifie. +16. Le Seigneur parla encore à Moïse, et lui dit : +17. Dites ceci à Aaron : Si un homme d'entre les familles de votre race a une tache sur le corps, il n'offiira point les pains à son Dieu, +18. Et il ne s'approchera point du mi- nistère de son autel : s'il est aveugle, s'il est boiteux, s'il a le nez ou trop petit, ou trop grand , ou tordu , +19. S'il a une fractm-e au pied ou à la main, +20. S'il est bossu, s'il est chassieux, s'il a une taie sur l'œil, s'il a une gale qui ne le quitte point, ou une dartre ré- pandue sur le corps , ou une hernie. +21. Tout homme de la race du prêtre Aaron qui aura quelque tache ne s'ap- prochera point pour offrir des victimes au Seigneur ou des pains à son Dieu. +22. Il mangera néanmoins des pains qui sont offerts dans le sanctuaire ; +23. Mais de telle sorte qu'il n'entre point au dedans du voile, et qu'il ne s'approche point de l'autel, parce qu'il a une tache , et qu'il ne doit point souiller mon sanctuaire. Je suis le Seigneur qui les sanctifie. +24. Moïse dit donc à Aaron, à ses fils et à tout Israël, tout ce qui lui avait été commandé. +14. Viduam autem et repudiatam, et sordidam, atque meretricem non acci- piet, sedpuellam de populo suo, +15. Ne commisceat stirpem generis sui vulgo gentis suœ ; quia ego Domînus qui sanctifico eum. +16. Locutusque est Dominus ad Moy- sen , dicens : +17. Loquere ad Aaron : Homo de se- mine tuo per familias qui habuerit ma- culam , non offeret panes Deo suo , +18. Nec accedet ad ministerium ejus : si csecus fuerit, si claudus, si parvo vel grandi vel torto naso , +19. Si fracto pede, si manu, +20. Si gibbus, si lippus, si albugihem habens in oculo, si jugem scabiem, si impetiginem in corpore, vel herniosus. +21. Omnis qui habuerit maculam de semine Aaron sacerdotis, non accedet offerre hostias Domino, nec panes Deo suo ; +22. Vescetur tamen panibus qui offe- runtur in sanctuario. +23. Ita duntaxat, ut intra vélum non ingrediatur, nec accédât ad altare, quia maculam habet, et contaminare non débet sanctuarium meum. Ego Dominus qui sanctifico eos. +24. Locutus est ergo Moyses ad Aaron, et ad filios ejus, et ad omnem Israël, cuncta quse f uerant sibi imperata. +vierge cTevra-t-elle être de populo suo, par con- séquent de la race sainte ; tandis qn'il était per- mis aux simples prêtres d'épouser une étrangère, pourvu qu'elle se fût convertie au vi-ai Dieu. — Ne commisceat... Toute autre alliance aurait plus ou moins profané un sang qui était regardé comme des plus purs en Israël. +3° Défauts corporels qui rendaient incapable d'exercer les fonctions du sacerdoce, vers. 16-24. +16-18». Courte introduction (vers. 16) et prin- cipe général ( 17 - 18»). — Qui, habuerit maculam (hébr. : m,um, [J-to[j.o? du gi'ec, un vice coi'porel) non offeret... Les païens aussi exigeaient que leurs prêtres fussent o).ciy.Ar,po:, ou « integri corporis». +18''-20. Liste dos défauts qui créaient cette incapacité. L'hébreu cite douze cas spéciaux : 1° la cécité, totale ou partielle; 2° la claudica- tion ; 3° l'absence d'un organe, spécialement d'un organe du visage, ou sa mutilation (Ijarum; LXX : y.oÀooôppiv ; Vulg. : parvo vaso)', 4«> un organe superflu, tel qu'un sixième doigt au pied +ou à la main (sarua' ; Yu[g.:vel grandi vel torto naso) ; 5° une fracture à la jambe ; 6» une frac- ture au bras ; 7» une bosse ; 8° une atrophie des membres ( hébr. : daq ; Vulg. : lippus ) ; S» une tache à l'œil; 10» la gale; 11° une dartre (Vulg.: impetiginem in corpore) ', 12° les testicules écra- sés (Vulg. : herniosus). +21-23. Ceux qui étaient atteints de ces divers défauts jouissaient néanmoins dans une certaine mesure des privilèges sacerdotaux. — Vescetur... panihus... Ils avaient le droit de prendre leur part des oblations même les plus sacrées, réser- vées pour l'usage exclusif des prêtres. Cf. ii, 3; VI, 16, 18. — Motif pour lequel ils étaient exclus du service actif : maculam habet, et contami- nare... Toujours de hautes idées, ou plutôt des tj'pes grandioses relevant d'humbles détails. +24. Moïse transmet les ordres de Dieu aux prêtres et au peuple. Cette note semble se rap- +i ])orter à tous les détails mentionnés à partir du +i chap. XVII. Cf. XVI, 34. . +396 +Lev. XXII, 1-7. +CHAPITRE XXII +1. Locutus quoque est Dominus ad Moysen, dicens : +2. Loquere ad Aaron et ad filios ejus , ut caveant ab his quse consecrata sunt filiorum Israël, et non contaminent no- men sanctificatorum mihi, quse ipsi offe- runt. Ego Dominus. +3. Die ad eos, et ad posteros eorum : Omnis homo, qui accesserit de stirpe vestra ad ea quae consecrata sunt, et quae obtulerunt filii Israël Domino , in quo est immunditia, peribit coram Domino. Ego sum Dominus. +4. Homo de semine Aaron, qui fuerit leprosus, aut patiens fluxum seminis, non vescetur de his quse sanctificata sunt mihi, donec sanetur. Qui tetigerit im- mundum super mortuo, et ex quo egre- ditur semen quasi coitus , +5. Et qui tangit reptile, et quodlibet immundum, eu jus tactus est sordidus, +6. Immundus erit usque ad vesperum , et non vescetur his quae sanctificata sunt ; sed cum laverit carnem suam aqua, +7. Et occubuerit sol, tune mundatus vescetur de sanctificatis , quia cibus illius est. +1. Le Seigneur parla aussi à Moïse, et lui dit : +2. Parlez ù, Aaron et à ses fils, afin qu'ils ne touchent pas en certains cas aux oblations sacrées des enfants d'Is- raël , pour ne pas vsouiller ce qu'ils m'of- frent, et qui m'est consacré. Je suis le Seigneur. +3. Dites-leur ceci pour eux et pour leur postérité : Tout homme de votre race qui, étant devenu impur, s'approchera des choses qui auront été consacrées , et que les enfants d'Israël auront offertes au Seigneur, périra devant le Seigneur. Je suis le Seigneur. +4. Tout homme de la race d'Aaron qui sera lépreux ou qui souffrira de go- norrhée ne mangera point des choses qui m'ont été sanctifiées, jusqu'à ce qu'il soit guéri. Celui qui touchera un homme devenu impur pour avoir touché à un mort, ou à un homme auquel il sera sur- venu un accident nocturne, +5. Ou qui touchera ce qui rampe sur la terre , et généralement tout ce qui est impur, et que Ton ne peut toucher sans être souillé , +6. Sera impur jusqu'au soir, et il ne mangera point des choses qui auront été sanctifiées ; mais après qu'il se sera lavé le corps dans l'eau, +7. Et que le soleil sera couché , alors , étant purifié , il mangera des choses sanctifiées , parce que c'est sa nourri- ture. +5 II, — De la manducation des viandes consacrées ; qualités des victimes. XXII, 1-33. +1" Manducation des viandes consacrées, vers. 1-16. +Chap. XXII. — 1 - 2. Petite introduction. — Loquere... ut caveant... Hébr. : de se tenir éloi- gnés ; par conséquent , de s'abstenir. Même aux prêtres il n'était pas toujours permis de consom- mer les oblations saintes. — Quce consecrata sunt. Le mot qadosim désigne la part d'Aaron et de ses fils dans toute sorte de sacrifices ou d'offrandes : pains de proposition, farine, huile, chairs des vic- times, etc. +3. Règle générale : aucun prêtre devenu léga- lement impur ne pourra , sans s'exposer à un très grave châtiment (peribit...), manger de ces mets gacrés. — Qui accesserit..., dans l'intention de les consommer, comme il est dit explicitement aux vers. 4, 6, 12. +4-9. Application détaillée de la règle générale. +— Première catégorie (vers. 4») : deux impuretés chroniques, la lèpre et la gonorrhéo. Cf. xiii, 2, et XV, 2. Tant que durait ce double état d'im- pureté, non vescetur. — Deuxième catégorie, comprenant quatre souillures passagères (vers. 4^-5) : toucher un objet rendu impur par le contact d'un mort (immundum super mortuo), éprouver un accident nocturne ( ex quo egredi- tur...; cf. XV, 16), toucher un reptile impur (re- ptile dans le sens large du séres hébreu; cf. xi, 29 , 31 , 43 ; XX , 25), toucher enfin n'importe quel objet légalement immonde ( au lieu de quodlibet immundu'ïn, l'hébreu porte : un homme atteint d'une impureté quelconque). Dans ces divers cas, la manducation des offrandes sacrées n'était in- terdite aux prêtres que jusqu'au soir; une ablu- tion leur restituait alors la pureté légale, et ils recouvraient tous leurs droits (cibus illius est). +— Morlicinum et captum... Prescription déjîi +Lev. XXIT, 8-16. +397 +8. Les enfants d'Aaron ne mangeroii! point d'une bête qui est morte d'elle- même, ou qui aura été prise ])ar une autre bête, et ils ne se souilleront point par ces viandes. Je suis le Seigneur. +9. Qu'ils gardent jnes préce})tes, afin qu'ils ne tombent point dans le péché, et qu'ils ne meurent point dans le sanctuaire après qu'ils l'auront souillé. Je suis le Seigneur qui les sanctifie. +10. Nul étranger ne mangera des choses sanctifiées; celui qui est venu du dehors demeurer avec le prêtre , ou le mercenaire qui est chez lui, n'en man- gera point. +11. Mais celui que le prêtre aura acheté, ou qui sera né dans sa maison d'un esclave qui est à lui, en mangera. +12. Si la fille d'un prêtre épouse un homme du peuple, elle ne mangera point des choses qui auront été sanctifiées, ni des prémices; +13. Mais si, étant veuve ou répudiée, et sans enfants, elle retourne ù, la maison de son père, elle mangera des viande- dont mange son père, comme elle le faisait étant jeune fille. Nui étrange:' n'aura le droit de manger de ces viandes. +14. Celui qui aura mangé sans le sa- voir des choses qui ont été sanctifiées ajoutera une cinquième partie à ce qu'il a mangé , et il donnera le tout au prêtre pour le sanctuaire. +15. Que les hommes ne profanent point ce qui aura été sanctifié et offert au Sei- gneur par les enfants d'Israël, +16. De peur qu'ils ne portent la peine +8. Morticinum et captum a bestia nan comedeut, nec poUuentur in eis.Ego sum Dominus. +9. Cnstodiant prsecepta mea, ut non subjaceant })eccato, et moriantur in sanctuario, cum polluerint illud. Ego Dominus qui sanctifico eos. +10. Omnis alienigena non comedet de sanctificatis, inquilinus sacerdotis et mercenarius non vescentur ex eis ; +11. Quem autera sacerdos emerit, et qui vernaculus domus ejus fuerit, hi comedent ex eis. +12. Si filia sacerdotis cuilibet ex populo nupta fuerit, de his quse sanctificata sunt, et de primitiis non vescetur ; +13. Sin autem vidua, vel repudiata, et absque liberis reversa fuerit ad domum patris sui, sicut pnella consueverat, ale- tur cibis patris sui. Omnis alienigena comedendi ex eis non habet potestatem. +14. Qui comederit de sanctificatis per ignorantiam, addet quintam partem cum eo quod comedit, et dabit sacerdoti in sanctuarium. +15. Nec contaminabunt sanctificata filiorum Israël, quae oiïerunt Domino, +16. Ne forte sustineant iniquitatem +imposée à tout le peuple (xi, 39; xvii, 15; Ex XXII, 31), et renouvelée ici à l'adresse de la f..- mille sacerdotale, avec un « a fortiori » mani- feste. — Custodiant... (vers. 9). GraA-e avertisse- ment, pour assurer l'exécution de ces règle- ments. +10-13». En dehors des prêtres et de leur fa- mille , personne ne peut se nourrir de ces aliments consacrés. — Alieyilgena. C.-à-d., el'après le con- texte, quiconque, fût-il Israélite, n'est pas membre de la famille d'Aaron. — Inquilinus sacerdotis et mercenarius... Un hôte et un mercenaire, quel que soit le temps qu'on les garde auprès de soi, n'appartiennent pas à la maison , à la famille ; et c'est là le principe. Au contraire, un esclave fait partie de la maison (quem... emerit, à l'état adulte ; vernaculus , l'esclave né chez son maître ; cf. Gen. XVII, 12-13). Évidemment, dans tout cet alinéa (10-16), les mets en question ne sont pas le « sanctum sanctorum » (voyez vi , 16-18, et le commentaire), que les prêtres seuls pouvaient consommer, et seulement dans l'enceinte du ta- +bernacle, mais le « sanctum », ou les chairs des victimes pacifiques. — Si filia sacerdotis... (ver?. 12-13). Petit cas intéressant, et résolu d'après le principe qui vient d'être cité. Mariée à un Israé- lite ordinaire (cuilibet ex populo'), une fille de prêtre a cessé d'appartenir à la tribu de Lévi : donc, non vescetur. Devenue veuve, ou répu- diée, et n'aj'ant pas d'enfants, elle recouvre, en rentrant dans la maison de son père, ses privi- lèges de pnella; par conséquent, aletur ciils patris. +13*'-14. Après avoir répété la règle omnis alie- nigena..., le Législateur impose une pénitence h l'étranger qui aurait mangé par mégarde (per igno rantiam) de ces saints aliments. — Addet quintam partem... La cinquième partie en sus de la valeur du mets dont on aura privé les prêtres. Amende semblable à celle qui accompagnait les sacrifices pour le délit. Cf. v, 14. +15-16. Encore un grave avertissement, q,ui rap- pelle les vers. 2 - 3. +19* +398 +Lev. XXII, 17-24. +delicti sui , cum sanctificata comederint. Ego Dominus qui sanctifico eos. +17. Locutiisque est Dominus ad Moy- sen, dicens : +18. Loquere ad Aaron et filios ejus et ad omues filios Israël, dicesque ad eos : Homo de domo Israël, et de advenis qui habitant apud vos, qui obtulerit obla- tionem suam, vel vota solvens, vel sponte oiïerens, quidquid illud obtulerit in holo- caustum Domini, +19. Ut oiïeraturper vos, masculus im- maculatus erit ex bobus, et ovibus, et ex capris. +20. Si maculam habuerit , non ofËeretis, neque erit aceeptabile. +21. Homo qui obtulerit victimam pa- cificorum Domino, vel vota solvens, vel sponte ofïerens, tam de bobus quam de ovibus, iramaculatum ofïeret, ut acee- ptabile sit ; omnis macula non erit in eo. +22. Si caecum fuerit, si fractum, si cicatricem liabens, si papulas, aut sca- biem, aut impetiginem, non ofïeretis ea Domino, nec adolebitis ex eis super ai- tare Domini. +23. Bovem et ovem, aure et cauda amputatis,voluntarie ofEerre potes, votum autem ex eis solvi non potest. +24. Omne animal, quod vel contritis. Tel tusis, vel sectis ablatisque testiculis +de leur péché, lorsqu'ils auront mangé les choses sanctifiées. Je suis le Seigneur qui les sanctifie. +17. Le Seigneur parla encore à Moïse, et lui dit : +18. Parlez à Aaron, à ses fils et à tous les enfants d'Israël, et dites -leur : Si un homme de la maison d'Israël, ou des étrangers qui habitent parmi vous, présente son oblation, ou en rendant ses vœux, ou en faisant une offrande volon- taire, quoi que ce soit qu'il offre pour être présenté par les prêtres en holocauste au Seigneur, +19. Si son oblation est de bœufs, ou de brebis , ou de chè^Tes , il faut que ce soit un mâle sans tache. +20. S'il a une tache, vous ne l'offrirez point , et il ne sera point agréable au Sei- gneur. +21. Si un homme offre au Seigneur une victime pacifique, ou en rendant ses vœux, ou en faisant une offrande volon- taire, soit de bœufs, soit de brebis, ce qu'il offrira sera sans tache, afin qu'il soit agréable au Seigneur; il n'y aura aucune tache dans ce qu'il offrira. +22. Si c'est une bête aveugle, ou qui ait quelque membre rompu, ou une ci- catrice en quelque partie, ou des pustules, ou la gale, ou une dartre, vous n'offrirez point des bêtes de cette sorte au Seigneur, et vous n'en ferez rien brûler sur l'autel du Seigneur. +23. Vous pouvez offrir volontairement un bœuf ou une brebis dont on aura coupé une oreille ou la queue, mais on ne peut pas s'en servir pour s'acquitter d'un vœu. +24. Vous n'offi'irez au Seigneur nul animal qui aura les testicules ou froissés. +2» Qualités des victimes destinées aux sacri- fices , vers. 17 - 30. +17 -18». Transition. Dieu s'adresse simultané- ment aux sacrificateurs (ad Aaron... et filios...) et aux donataires ; les uns et les autres devaient veiller au strict accomplissement de ces saintes ordonnances. +18i>-20. Animaux destinés à l'holocauste. — Homo de... Israël, et de advenis; car les sacri- fices des étrangers étaient parfois reçus. Cf. xvi, 29; Ex. XX, 10, etc. — Sui- la distinction vel vota..., vel sponte, voyez vii, 16, et le commen- taire. — Pour l'holocauste, trois conditions sont prescrites ; elles concernent : le sexe de l'animal, masculinus; la qualité, immaculaius (hébreu : famim) ; l'espèce, ex bobus... (le gros ou le menu bétail). Cf. I, 3, 10. +21-25. Animaux destinés aux sacrifices paci- +fiques. Cf. III , 1 , 6. — Deux conditions seulement, relatives à l'espèce (tam de bohus...) et à la qua- lité des victimes. — Le vers. 22 énumère quelques- uns des défauts qui rendaient un animal impropre au sacrifice : la cécité, la fracture d'un membre, une blessure (cicatricem...), un ulcère purulent (papulas), la gale, quelque sorte de dartre. Voy. la liste analogue de xxi, 18-19, — Bovem et ovem (vers. 23)... Par tolérance. Dieu accepte, pour cer- tains sacrifices d'un ordre inférieur (voluntarie offerre; cf. vu, 16), des victimes légèrement im- parfaites. Dans l'hébreu, au lieu des mots aure et cauda, nous retrouvons les adjectifs is'rua'^ et qalut, qui ont été expliqués plus haut, xxi, 18. — Animal quod... (vers. 24). Suite de l'énuméra- tion commencée au vers. 22. Les mots contritis, tusis... représentent les divers procédés employés par les anciens pour émasculer le bétail. — A cette +Lev. XXII, 25-33. +309 +ou écrasés, on coupés, ou arrachés; et gardez-vous absolumeut de faire cela en votre pays. +25. Vous n'offrirez point à votre Dieu des pains de la main d'un étranger, ni quelque autre chose que ce soit qu'il voudra donner ; parce que tous ces dons sont corrompus et souillés, et vous ne les recevrez point, +26. Le Seigneur parla encore à Moïse, et lui dit : +27. Lorsqu'un veau, ou une brebis, ou une chè\Te seront nés, ils demeureront sept jours àtetersous leurs mères; mais, le huitième jour et les jours d'après, ils pourront être offerts au Seigneur. +28. On n'offrira point en un même jour, ou la vache, ou la brebis avec leurs petits. +29. Si vous immolez pour actions de grâces une victime au Seigneur, afin qu'il puisse vous être favorable , +30. Vous la mangerez le même jour, et il n'en demeurera rien jusqu'au matin du jour suivant. Je suis le Seigneur. +31. Gardez mes commandements et exécutez-les. Je suis le Seigneur. +32. Xe souillez point mon nom qui est saint, afin que je sois sanctifié au milieu des enfants d'Israël. Je suis le Seigneur qui vous sanctifie, +33. Et qui vous ai tirés de l'Egypte pour être votre Dieu. Je suis le Sei- gneur. +est, non offeretis Domino; et in terra vestra hoc omnino ne faciatis. +25. De manu alienigenœ non offeretis panes Deo vestro, et quidquid aliud dare voluerit, quia corrupta et maculata sunt omnia ; non suscipietis ea. +26. Locutusque est Dominus ad Moy- sen, dicens : +27. Bos, ovis, et capra, cum genita fuerint, septem diebus erunt sub ubere matris suas; die autem octavo, et dein- ceps offerri poterunt Domino. +28. Sive illa bos , sive ovis , non immo- labuntur una die cum fetibus suis. +29. Si immolaveritis hostiam pro gra- tiarum actione Domino, ut possit esse placabilis, +30. Eodem die comedetis eam : non remanebit quidquam in mane alterius diei. Ego Dominus. +31. Custodite mandata mea, et facite ea. Ego Dominus. +32. Ne poUuatis nomen meum san- ctum, ut sanctificer in medio fib'orum Israël. Ego Dominus qui sanctifico vos, +33. Et eduxi de terra ^g^q^ti , ut essem vobis in Deum. Ego Dominus. +occasion, la castration des animaux est complè- tement interdite aux Israélites : hoc omnino ne faciatis; du moins les Juifs ont ainsi compris ces dernières paroles , quoique d'autres interprètes les regardent comme sjTionTanes de non offeretis Domino. — De manu alienigenœ... (vers. 25). A première rue , cette ordonnance semblerait contredire celle du vers. 18, qui permettait aux étrangers d'ofh'ir des sacrifices ; mais là il était question d"tiolocaustes, et il s'agit ici d'autres sortes d'oblations (ixines... et quidquid...). De plus, le texte primitif distingue entre le gêr (vers. 18) ou étranger ayant un pennis de séjour, et le bèn- vékar ou alienigena , qui n'avait aucune relation d'intimité arec les Israélites ; et c'est de ce der- nier seulement que l'on doit rejeter les offrandes. Au reste, l'hébreu fournit un sens très claii*, qui enlève toute difficulté : De la main d'un étranger TOUS n'offrirez point le pain de Totre Dieu d'au- cune de ces sortes d'animaux, car leur corrup- tion est en eux, leur tache est en eux, etc. Par pain de rieu, il faut donc entendre toutes le» +victimes capables de lui être présentées, et l'on généralise dans ce verset, avec une application spéciale aux étrangers , ce qui a été prescrit au- térieui-ement par rapport aux animaux entachés de quelque défaut. +26-30. Trois autres règles touchant les sacri- fices. — Après une nouvelle transition (vers. 26), nous trouvons la première de ces règles, vers. 27 : pour l'immolation d'un quadrupède, attendre huit jours au moins après sa naissance. Jusque-là il n'était pas considéi'é comme ayant une vie dis- tincte et personnelle. — Deuxième règle, vers. 28 : défense d'immoler en un même jour une mère et son petit. Trait délicat , qui rappelle Es. xxm, 19. Cf. Dent. XXTT, 6-7. — Troisième règle, vers. 29-30 : manger promptemeut la chair des vic- times d'action de grâces. Cf. vn, 15 ; xix, 6. +3° Exhortation à l'obéissance et à la sainteté, vers. 31-33. +31-33. C'est ime grave conclusion du paragi-aphe. Cf. xvni, 29; iix,37. +400 +Lev. XXIII, 1-8. +CHAPITRE XXIII +1. Locutusque est Dominus ad Moysen, dicens : +2. Loquere filiis Israël, et dices ad" eos : HiB sunt f eriae Domini , quas voca- bitis sanctas. +3. Sex diebus facietis opus ; dies se- ptimus, quia sabbati requies est, voca- bitiir sanctiis ; omne opus non facietis in eo ; sabbatum Domini est in cunctis ha- bitationibus vestris. +4. Hae sunt ergo feriae Domini sanctse, quas celebrare debetis temporibus suis : +5. Mense primo, quartadecima die mensis ad vesperum , Phase Domini est ; +6. Et quintadecima die mensis hujus , solemnitas azymorum Domini est. Septem diebus azyma comedetis. +7. Dies primus erit vobis celeberrimus, sanctusque; omne opus servilenon facie- tis in eo ; +8. Sed ofïeretis sacrificium in igné Do- mino septem diebus. Diesautemseptimus erit celebrior et sanctior, nullumque servile opus facietis in eo. +1. Le Seigneur parla de nouveau à +Moïse, et lui dit : +2. Parlez aux enfants d'Israël, et dites- leur : Voici les fêtes du Seigneur que vous appellerez saintes. +3. Vous travaillerez pendant six jours ; le septième s'appellera saint, parce que c'est le repos du sabbat. Vous ne ferez ce jour -là aucun ouvrage; car c'est le sabbat du Seigneur, qui doit être observé partout où vous demeurerez. +4. Voici donc les fêtes du Seigneur qui seront saintes, que vous devez célé- brer chacune en son temps : +5. Au premier mois, le quatorzième jour du mois, sur le soir, c'est la Pâque du Seigneur ; +6. Et le quinzième jour du même mois, c'est la fête solennelle des azymes du Seigneur. Vous mangerez des pains sans levain pendant sept jours. +7. Le premier jour vous sera le plus célèbre et le 'plus saint : vous ne ferez en ce jour-là aucune œuvre servile ; +8. Mais vous offrirez au Seigneur pen- dant sept jours un sacrifice qui se consu- mera par le feu. Le septième jour sera plus célèbre et plus saint que les autres ; vous ne ferez en ce jour-là aucune œuvre servile. +§ III. — La sanctification du sabhat et des fêtes. XXIII, 1-44. +1" Célébration du sabbat , vers. 1-3. +Chap. XXIII. — 1-2«. Introduction générale à tout ce passage. — R : septem diebus, jusqu'au soir du 21 nisan. — 3° L'exclusion du pain fermenté, durant toute cette octave, vers. 6 : solemnitas azymorum...; azyma comedetis. — 4« Cai'actère pai'ticulièi'ement solennel du premier et du septième jour, vers. 7-8. On les chômait, quoique moins rigoui'euse- ment que le sabbat, ainsi qu'il ressort des expres- sions mômes de la di\ ine ordonnance : ornne ojms servile non facietis (vers. 7 ; cf. vers. 8), tandis qu'il est dit du sabbat : « onme opus non facie- tis » (vers. 3). Ainsi donc, le repos subbalique ne tolérait pas la moindre m'iâ'kah (littéral. : occu- pation), telle qu'allumer le feu, préparer les repas. Cf. Ex. xx, 10; xxxr, 14, etc. Aux autres jours chômés (vers. 7, 8, 21, 25, 35, 46), les œuvres api)clécs servilcs {m'ié^ket 'abudah) étaient seules prohibées ; et on désignait par ce nom les tra- vaux manuels proprement dits. Cf. Ex. xxxv, 24; xxxvi, l.etc— 5" Des sacrifices spéciaux (vers. 8: offeretis sacrificium), qui seront énumérés au livre des Nombres, xxviii, 19-24. +Lev. XXIIl, 9-16. +401 +9. Le Seigneur parla encore à Moïse , et lui dit : +10. Parlez aux enfants d'Israël, et dites -leur : Lorsque vous serez entrés dans la terre que je vous donnerai, et que vous moissonnerez le blé , vous por- terez au prêtre une gerbe d'épis, comme les prémices de votre moisson ; +11. Et, le lendemain du sabbat, le prêtre élèvera devant le Seigneur cette gerbe, afin que le Seigneur vous soit fa- vorable en la recevant, et il la consa- crera au Seigneur. +12. Le même jour que cette gerbe sera consacrée, on immolera au Seigneur un holocauste d'un agneau sans tache, âgé d'un an. +13. On présentera pour oiïrande, avec l'agneau, deux dixièmes de pure farine mêlés avec l'huile, comme un encens d'une odeur très agréable au Seigneur ; on présentera aussi, pour offrande de vin, la quatrième partie de la mesure appelée hin. +14. Vous ne mangerez point ni pain, ni bouillie, ni farine desséchée des grains nouveaux , jusqu'au jour où vous offrirez les prémices à votre Dieu. Cette loi sera éternellement observée de race en race, dans tous les lieux où vous demeure- rez. +15. Vous compterez donc, depuis le lendemain du sabbat où vous aurez of- fert la gerbe des prémices, sept semaines pleines , +16. Jusqu'au lendemain du jour où la septième semaine sera accomplie, c'est- à-dire cinquante jours ; et vous offrirez au Seigneur comme un sacrifice nouveau. +9. Locutusque est Dominus ad Moysen, dicens : +10. Loquere filiis Israël, et dices ad eos : Cum ingressi fueritis terram quam ego dabo vobis, et messueritis segetem, feretis manipulos spicarum, primitias messis vestrae , ad sacerdotem , +11. Qui elevabit fasciculum coram Do- mino, ut acceptabile sit pro vobis, altero die sabbati, et sanctificabit illum. +12. Atque in eodem die quo manipulus consecratur, csedetur agnus imraaculatus anniculus in holocaustum Domini. +13. Et libamenta ofîerentur cum eo, duse decimae similse conspersae oleo in incensum Domini, odoremque suavissi- mum ; liba quoque vini, quarta pars hin. +14. Panem , et polentam , et pultes non comedetis ex segete , usque ad diem qua offeretis ex ea Deo vestro. Prœceptum est sempiternum in generationibus , cun- ctisque habitaculis vestris. +15. Numerabitis ergo ab altero die sabbati, in quo obtulistis manipulum primitiarum , septem hebdomadas plenas, +16. Usque ad alteram diem expletionis hebdomadse septimae, id est, quinqua- ginta dies ; et sic oÉeretis sacrificium novuin Domino +9-14, La première gerbe de la moisson. — Locutusque... Transition (9-10») à cette intéres- sante cérémonie, surajoutée alors par Dieu aux rites de la Pâque primitive. — Les vers. 10*>-11 exposent la manière dont avait lieu l'offrande de la première gerbe de chaque moisson annuelle (l'hébreu a « manipulum » au singulier). Le prêtre agitait (au lieu de elevabit) devant le tabernacle, pour les consacrer au Seigneur, ces prémices de la moisson. Cf. vu, 30, et le commentaire. La date altero die sabbati désigne, d'après l'inter- prétation commune, le lendemain du jour le plus solennel de la Pâque, appelé c( sabbat » dans le sens large (cf. vers. 32), par conséquent le 16 nisan. D'autres, mais moins bien, prennent ces mots tout à fait à la lettre , et les appliquent au sabbat de l'octave pascale. — Atque in eodem die..., vers. 12-13. Sacrifices qui accompagnaient l'offrande de la gerbe. — Panem et polentam..., vers. 14. Avant ce rite expi*essif , qui consacrait à Dieu toute la récolte de l'anuéc, il était absolument +interdit de manger du grain nouveau, sous au- cune des trois formes les plus usitées en Orient ; « pain, grains grillés, épis verts » (cf. ii, 14). — Voyez, au livre de Josué, v, 11, le premier ac- complissement de cette prescription. +30 La Pentecôte, vers. 15-22. +15-16. La date de la fête. — Ici, pas de for- mule spéciale de transition (cf. vers. 23, '26, oô), à cause de l'étroite union qui existe enti'e la fixa- tion de cette date et l'offrande de la première gerbe : numerabitis... ab altero die sabbati. — Septem hebdomadas: une semaine de semaines, ou quarante - neuf jours. — Usque ad alteram diem... Ce qui faisait cinquante jours; et de là vient précisément le nom de Pentecôte (Tisvrr,- vcovxa = cinquante ) , quoiqu'il soit d'origine re- lativement récente, et qu'il apparaisse pour la première fois dans la Bible au livre de Tobie, 11, 1. Cf. II Mach. XII, 32; Act. ir, 1, etc. Le Penta- teuque emploie trois autres dénominations : la fête des semaines, Ex. xxxiv, 12; Deut. xvi, 10 ; +402 +Lev. XXIII, 17-25. +17. Ex omnibus habitaculis vestris, panes primitiarum duos de duabus de- cimis similœ fermentatse, quos coquetis in primitias Domini ; +18. Oiïeretisque cum panibus septem agnos immaculatos anniculos, et vitulum de armento unum, et arietes duos, et erunt in holocaustum cura libamentis suis, in odorem suavissimum Domino. +19. Facietis et hircum pro peccato, duosque agnos anniculos bostias pacifico- rum; +20. Cumque elevaverit eos sacerdos cum panibus primitiarum coram Do- mino , cèdent in usum ejus. +21. Et vocabitis hune diem celeberri- mum, atque sanctissimum ; omne opus servile non facietis in eo. Legitimum sempiternum erit in cunctis habitaculis et generationibus vestris. +22. Postquam autem messueritis sege- tem terr£E vestrse, non secabitis eam usque ad solum ; nec rémanentes spicas collige- tis , sed pauperibus et peregrinis dimitte- tis eas. Ego sum Dominus Deus vester. +2.3. Locutusque est Dominus ad Moy- sen, dicens : +24. Loquere filiis Israël : Mense se- ptimo, prima die mensis, erit vobis sab- batum , memoriale , clangentibus tubis ; et vocabitur sanctum. +25. Omne opus servile non facietis in eo, et offeretis holocaustum Domino. +17. De tous les lieux où vous demeu- rerez, deux pains de prémices, de deux dixièmes de pure farine avec du levain, que vous ferez cuire pour être les pré- mices du Seigneur ; +18. Et vous offrirez avec les pains sept agneaux sans tache , âgés d'un an , et un veau pris du troupeau et deux béhers qui seront offerts en holocauste avec les offrandes de liqueur, comme un sacrifice d'une odeur très agréable au Seigneur. +19. Vous offrirez aussi un bouc pour le péché et deux agneaux d'un an comme hosties pacifiques ; +20. Et lorsque le prêtre les aura éle- vés devant le Seigneur avec les pains des prémices, ils lui appartiendront. +21. Vous appellerez ce jour-là très cé- lèbre et très saint ; vous ne ferez aucune œuvre servile en ce jour. Cette ordon- nance sera observée éternellement dans tous les lieux où vous demeurerez , et dans toute votre postérité. +22. Quand vous moissonnerez les ré- coltes de votre terre , vous ne les coupe- rez point jusqu'au pied, et vous ne rar masserez point les épis qui seront restés, mais vous les laisserez pour les pauvres et les étrangers. Je suis le Seigneur votre Dieu. +23. Le Seigneur parla encore à Moïse, et lui dit : +24. Dites ceci aux enfants d'Israël : Au premier jour du septième mois, vous célébrerez par le son des trompettes un sabbat, pom* servir de mémorial, et il sera appelé saint. +25. Vous ne ferez en ce jour-là aucune œuvre servile , et vous offrirez un holo- causte au Seigneur. +la fête de la moisson, Ex. xxm, 16; le jour des premiers fruits, Num. xxviii, 26. +17-20. Les oftrandes du peuple à Jéhovali. — Celle que mentionne le vers. 17 est propre à cette solennité : panes primitiarum duos... D'après l'hébreu : deux pains à agiter ; c.-à-d. à présenter au Seigneur d'après un rite spécial , plusieurs fois mentionné. C'étaient des pains ordinaires , levés (similce fermentatce) ; aussi ne formaient - ils pas un sacrifice proprement dit (cf. ii, 11) : on ne les brûlait pas sur l'autel , mais les prêtres les con- sommaient. — Ta primitias... Le Dieu -roi avait reçu les prémices des gerbes (vers. 10-14); il exi- geait pareillement celles du grain moulu. — Les autres offrandes du jour de la Pentecôte consis- taient en sacrifices proprement dits (vers. 18-20) : holocauste, 18; victime poui* le péché, 19»; sa- crifices pacifiques, IQ''. +2L. Grandeur periiétuelle et importance de la +fête. — Eunc diem, car elle ne durait qu'un jour. La Pentecôte n'avait pas d'octave, comme la Pàque et la fête des Tabernacles. — Omne opus servile. Voir la note du vers. 7. +22. Promulgation nouvelle de la loi relative au droit des pauvi'es. Cf. xix, 9-10. Cette prescrip- tion est fort bien rattachée à la solennité qui couronnait chaque année la moisson. +40 La fête des Trompettes, vers. 23-25. +23-24». Introduction et transition. +24'»- 25. La législation relative à la fête. Cf. Num. XIX, 1. — La date est nettement fixée : Tïiense septimo, priina die; donc, le premier jour de l'année civile des Hébreux ( 1«' tischri ; ef . Ex. XII, 2, et le commentaire), le llosch ha- schânah, comme disent encore les Juifs. — Erit... sabhatum : une fête chômée. — Memoriale. D'a- près les rabbins, en souvenir de la création. — Clangentibus tubis. Le texte original ne men- +Lev. XXIII, 26-36. +403 +26. Le Seigneur parla encore à Moïse, et lui dit : +27. Le dixième jour de ce septième mois sera le jour des expiations ; il sera très solennel, et il s'appellera saint ; vous affligerez vos âmes en ce jour-là, et vous offrirez un holocauste au Sei- gneur. +28. Vous ne ferez aucune œuvre ser- vile dans tout ce jour, parce que c'esi; un jour de propitiation , afin que le Sei- gneur votre Dieu vous devienne favo- rable. +29. Tout homme qui ne se sera point affligé en ce jour-là périra du milieu de son peuple. +30. J'exterminerai encore du milieu de son peuple celui qui en ce jour fera quelque ouvi-age. +31. Vous ne ferez donc aucun ouvrage en ce jour- là; et cette ordonnance sera éternellement observée dans toute votre postérité et dans tous les lieux où vous demeurerez. +32. Ce jour-là vous sera un repos de sabbat, et vous affligerez vos âmes le neu\'ième jour du mois. Vous célébre- rez vos fêtes d'un soir jusqu'à un autre soir. +33. Le Seigneur parla encore à Moïse , et lui dit : +34. Dites ceci aux enfants d'Israël : A partir du quinzième jour de ce sep- tième mois, la fête des tabernacles se célébrera en l'honneur du Seigneur pen- dant sept jours. +35. Le premier jour sera très solennel et très saint ; vous ne ferez aucune œuvre servile en ce jour-là. +36. Et vous offrirez au Seigneur des +26. Locutusque est Dominus ad Moy- sen, dicens : +27. Decimo die mensis hujus septimi, dies expiationum erit celeberrimus , et vocabitur sanctus ; affligetisque animas vestras in eo, et offeretis holocaustum Domino. +28. Omne opus servile non facietis in tempore diei hujus, quia dies propitia- tionis est, ut propitietur vobis Dominus Deus vester. +29. Omnis anima, quse afflicta non fuerit die hac, peribit de populis suis ; +30. Et quœ operis quippiam fecerit, delebo eam de populo suo. +31. Nihil ergo operis facietis in eo; legitimum sempiternum erit vobis in cunctis generationibus et habitationibus +vestris. +32. Sabbatum requietionis est, et affli- getis animas vestras die nono mensis ; a vespera usque ad vesperam celebrabitis sabbata vestra. +33. Et locutus est Dominus ad Moj^sen, dicens : +34. Loquere filiis Israël : A quintode- cimo die mensis hujus septimi, erunt ferias tabernaculorum septem diebus Do- mino. +35. Dies primus vocabitur celeberrimus atque sanctissimus ; omne opus servile non facietis in eo. +36. Et septem diebus offeretis holo- +tionne pas les trompettes en propres termes ; mais l'expression qu'il emploie, Ifrua', sert d'or- dinaire ù désigner le bruit produit par ces ins- truments. CL XXV, 9 : t'rua' sôfar. En outre, la fête était réellement annoncée dans toute la Pa- lestine par des sonneries de trompette ; usage qui a persévéré dans les synagogues. Voyez Stauben , /Scènes de la vie juive en Alsace, Paris, 1860, pp. 147 etss. +5" La fête de l'Expiation, vers. 26-32. +26. Transition. Sur cette solennité, voyez aussi lo chap. XVI, et Num. xxix, 7-11. +27-32. Les rites de la fête. Quelques détails seulement, le principal ayant été marqué au chap. xvx. — 1" La date : encore le septième mois, de la soirée du 9 à celle du 10 (vers. 32). — 2» Le nom : dies expiationum. Hébr. : Yôm hakkippurim. — 3» Exercices de pénitence : affligeas animas... Le Législateur insiste sur ce point (cf. vers. 29 , +32). — 4° Sacrifice à offrir : liolocaustum. Num. xxrx, 8-11, les victimes seront spécifiées. — 6° Abstention de toute œuvre servile, vers. 28, 30, Zl, 32 : autre point sur lequel on insiste. +6° La fête des Tabernacles, vers. 33-44. +33 - 34». Introduction. +34^-36. Les ordonnances relatives à la fête. — La date et la dui'ée : de nouveau le mois de tiscbri, à partir du 15 jusqu'au soir du 22; car cette solennité durait exceptionnellement huit jours entiers. Cf. vers. 36. — Le nom hébreu était Tiag hassukkot, littéralement : fête des Cabanes (voyez la note du vers. 42). — Les principaux rites à obsei'ver étaient, pour le premier jour et le huitième, un chômage semblable à celui des autres fêtes , et l'oblation de divers sacrifices (cf. Num. XXIX, 12-38). — Au vers. 36, qui concerne surtout le huitième jour, les mots cœtus atque cûUectcQ traduisent imparfaitement l'iiébr. 'a§érei, +404 +Lev. XXIII, 37-43. +causta Domino ; dies quoque octavus erit celeberrimus atque sanctissimus, et of£e- retis holocaustum Domino; est enim cœtus atque collectaî ; omne opus servile non facietis in eo. +37. Hœ sunt ferise Domini, quas voca- bitis celeberrimas atque sanctissimas ; oiïeretisque in eis oblationes Domino, holocausta et libamenta juxta ritum uniuscujusque diei ; +38. Exceptis sabbatis Domini, donis- que vestris, et quse offeretis ex voto, vel quse sponte tribuetis Domino. +39. A quintodecimo ergo die mensir. septimi , quando congregaveritis omne - fructus terrée vestrse, celebrabitis ferias Domini septem diebus ; die primo et di(j octavo erit sabbatum , id est requies. +40. Sumetisque vobis die primo fi'uctus arboris pulcherrimœ, spatulasqiie palma- rum, et ramos ligni densarum frondium. et salices de torrente, et laetabimini coram Domino Deo vestro, +41. Celebrabitisque solemnitatem ejup. septem diebus per annum ; legitimum sempiternum erit in generationibus ves- tris. Mense septimo f esta celebrabitis , +42. Et habitabitis in umbraculis septem diebus ; omnis qui de génère est Israël manebit in tabernaculis , +43. Ut discant posteri vestri , quod in tabernaculis liabitare f ecerim filios Israël, +holocaustes pendant les sept jours. Le huitième sera aussi très solennel et très saint, et vous offrirez au Seigneur un holocauste, car c'est le jour d'une as- semblée sainte; vous ne ferez aucune œuvre servile pendant ce jour. +37. Ce sont -là les fêtes du Seigneur, que vous appellerez très solennelles et très saintes; et vous y offrirez au Sei- gneur des oblations, des holocaustes et des offrandes de liqueurs, selon la céré- monie de chaque jour, +38. Outre les sacrifices des autres sab- bats du Seigneur, et les dons que vous lui présenterez, ce que vous offrirez pai- voeu , ou ce que vous donnerez volontai- rement au Seigneur. +39. Ainsi, depuis le quinzième jour du septième mois, lorsque vous aurez recueilli tous les fruits de votre terre, vous célébrerez une fête en l'honneur du Seigneur pendant sept jours; le pre- mier jour et le huitième vous seront dej jours de sabbat, c'est-à-dire de repos. +40. Vous prendrez au premier jour des fruits d'un très bel arbre, des branches de palmier, des rameaux d'arbres touffus, et des saules de rivière; vous vous ré- jouirez devant le Seigneur votre Dieu , +41. Et vous célébrerez chaque année cette fête solennelle pendant sept jours ; cette ordonnance sera observée éternel- lement dans toute votre postérité. Vous célébrerez cette fête au septième mois, +42. Et vous demeurerez sous des tente . de feuillage pendant sept jours ; tout homme qui est de la race d'Israël de- meurera sous les tentes, +43. Afin que vos descendants appren- nent que j'ai fait demeurer les enfants +qui signifie « conclusion » (Josèphe l'a conservô sous la forme légèrement hellénisée 'AcapOâ). S. Jean, vu, 37, fait une allusion manifeste ù ce grand iour. Voyez notre commentaire, Paris, 1886. p. 158. +37-38. Conclusion anticipée, qui comprend les cinq solennités décrites à partir du vers. 4. — Exceptis sabhatis, C.-à-d., d'après le contexte, le sacrifice à offrir aux jours de sabbat. +39-43. Autres ordonnances supplémentaires touchant la fête des Tabernacles. — Quando con- gregaveritis... En Orient, vers la mi -octobre, lorsque a lieu cette solennité , les récoltes sont en effet complètement terminées. — Sumetis... vobis (vere. 40)... Premier rite spécial et complémen- taire. Les Jructus arboris pidcherrimce (hébr. : p'ri 'es hadar) ne sont autres, d'après la tradi- tion juive, que les fruits du citroimier. On ignore 6i un arbre spécial est désigné par ligni densa- +rum frondium (hébr. : 'es 'âbot) ; il vaut proba- blement mieux laisser à l'expression son sens le; plus large. Les coutumes qui ont persévéré en Israël jusqu'à notre époque nous aident à expli- quer ce passage. Pendant la fête des Tabernacles, les Juifs ont à la main gauche un citron ou uro orange, tandis que leur main droite porte et agite xm bouquet dit loidab, composé d'une palme, de branches de saule, de myrte, etc. Voy. VAtl. archéol., pi. cviii, flg, 3. Comp. Jos., Ant. III, 10, 4; xni, 13, 15, etc. — Lcetabimini. Grand contraste avec le Yôm Mppour, vers. 27 - 32. — Autre rite spécial complémentaire , vers. 42-43 : habitabitis in umbraculis. En hébreu : sukkot , nom des cabanes de feuillage, de branchages. Cf. Job, xxxviii, 40 ; Jon. iv, 5. Néhémie, viii, 15-16, a sur ce point quelques détails pleins d'intérêt. Voyez aussi Stauben, Scènes de la vie juive en Alsace, pp. 170 et ss., et l'Atlas archéol., pi. ci, +Lev. XXIII, 44 — XXIV, 8. +405 +d'Israël sous des tentes, lorsque je les ai tirés de l'Egypte, moi qui suis le Sei- gneur votre Dieu. +44. Moïse })arla donc aux enfants d'Israël touchant les fêtes solennelles du +Seigneur. +cum educerem eos de terra -^gypti. Ego Dorainus Deus vester. +44. Locutusque est Moyses super so- lemnitatibus Domini ad filios Israël. +CHAPITRE XXIV +1. Le Seigneur parla encore à Moïse, et lui dit : +2. Ordonnez aux enfants d'Israël de vous apporter de l'huile d'olive très pure et très claire, pour en faire toujours brûler dans les lampes, +3. Hors du voile du témoignage, dans le tabernacle de l'alliance. Aaron les dis- posera devant le Seigneur ^o«r* qu'elles y soient depuis le soir jusqu'au matin ; et cette cérémonie s'observera par un culte perpétuel dans toute votre posté- rité. +4. Les lampes se mettront toujours sur le candélabre très pur devant le Sei- gneur. +5. Vous prendrez aussi de la pure fa- rine, et vous en ferez cuire douze pains, qui seront chacun de deux dixièmes de farine ; +6. Et vous les exposerez sur la table très pure devant le Seigneur, six d'un côté et six de l'autre. +7. Vous mettrez dessus de l'encens très pur, afin que ce pain soit un monu- ment de l'oblation faite au Seigneur. +8. Ces pains seront changés à chaque +1. Et locutus est Dominus ad Moysen, dicens : +2. Prœcipe filiis Israël , ut aiïerant tibi oleum de olivis purissimum, ac lucidura, ad concinnandas lucernas jugiter, +3. Extra vélum testimonii in taberna- culo fœderis. Ponetque eas Aaron a ve- spere usque ad mane coram Domino, cultu rituque perpetuo in generationibus vestris. +4. Super candelabrum mundissimum ponentur semper in conspectu Domini. +5. Accipies quoque similam, et coques ex ea duodecim panes, qui singuli babe- bunt duas décimas ; +6. Quorum senos altrinsecus super mensam purissimam coram Domino sta- tues ; +7. Et pones super eos thus lucidissi- mum, ut sit panis in monimentum obla- tionis Domini. +8. Per sincrula sabbata mutabuntur +flg. 1. — Le but de la fête et de ce second rite est marque au vers. 43 : ut discant posteri... 44. Conclusion générale du paragraphe. +§ IV. — L'huile du candélabre et les pains do proposition; châtiment des blasphémateurs et peine du talion. XXIV, 1-23. +1° L'huile destinée à alimenter les lampes du chandelier h sept branches , vers. 1-4. +Chap. XXIV. — 1-4. Après l'introduction ac- coutumée (vers. 1), nous lisons, répétées presque mot pour mot, les instructions que le Seigneur avait autrefois données sur ce même point. Cf. Ex. xxvn, 20-21. — Prcecipe... ut afferant... Ainsi offerte par tout le peuple, l'huile qui se consumait perpétuellement dans les lampes le figurait lui-même priant sans cesse devant son Dieu. — Super candelabrum. Cf. Ex. xxv, 31-39, et le commentaire. L'épithète mundissimum se rapporte vraisemblablement à l'or très pur qui formait la matière du candélabre. — Sur l'exé- +cution de la présente loi, voyez Num. vin, 1-4. +2° Les pains de proposition, vers. 5-9. +5-7. Préparation de ces pains, et leur arran- gement sur la table. — Duodecim panes. En hébr.: hallot, des gâteaux. Voyez la note de ii, 4. Les « pains de face », c.-à-d. mis en la présence divine, comme ils sont appelés ailleurs. Cf. Ex. XXV, 30 ; XXXV, 13 ; xxxix, 36. Leur volume était strictement déterminé : singuli... duas décimas, ou deux dixièmes d'éphah, c.-à-d. deux fois 3 lit. 88. On croit qu'ils étaient sans levain. — Quorum senos altrinsecus... De manièi'e à for- mer deux piles , d'après l'opinion la plus probable (voyez VAtl. archéol., pi. crv, flg. 3, 6); selon d'autres, sur deux rangées parallèles, mises à plat sur la table. — Mensam... Voj'ez Ex. xxv, 23-30, et l'explication. — Super eos thus. Sur chaque pile, dans une petite coupe d'or. Voy. Josèphe, Ant. III, 10, 7, et VAtl. archéol., pi. civ, flg. 5, 7, 12. Les LXX ajoutent : « et du sel. » +8-9. Le renouvellement des pains et leur +403 +Lev. XXIV, 9-16. +coram Domino suscepti a filiis Israël f œdere sempiterno ; +9. Eruntque Aaron et filîorum ejus, ut comedant eos in loco sancto, quia sanctum sanctorum est de sacriticiis Domini jure perpétue. +10. Ecce autem egressus filius mulieris israelitidis, quem pepererat de viro segy- ptio inter filios Israël, jurgatus est in castris cum viro israelita ; +11. Cumque blasphemasset nomen , et maledixisset ei , adductus est ad Moysen. (Vocabatur autem mater ejus Salumith, èlia Dabri de tribu Dan.) +12. Miseruntque eum in carcerem, donec nossent quid juberet Dominus. +13. Qui locutus est ad Moysen, +14. Dicens : Educ blasphemum extra castra, et ponant omnes qui audierunt manus suas super caput ejus, et lapidet eum populus universus. +15. Et ad filios Israël loqueris : Homo, qui maledixerit Deo suo , portabit pecca- tum suum ; +16. Et qui blasphéma verit nomen Do- mini, morte moriatur ; lapidibus oppri- met eum omnis multitudo, sive ille ci vis, sive peregrinus fuerit. Qui blasphema- verit nomen Domini , morte moriatur. +sabbat devant le Seigneur, et on les re- cevra des enfants d'Israël par un pacte qui sera éternel; +9. Et ils appartiendront à Aaron et à ses enfants, afin qu'ils les mangent dans le lieu saint; parce que c'est une chose très sainte, et qu'ils sont à eux comme une imrt des sacrifices du Seigneur, par un droit perpétuel. +10. Cependant il arriva que le fils d'une femme Israélite, qu'elle avait eu d'un Egyptien parmi les enfants d'Israël , eut une dispute dans le camp avec un Israélite ; +11. Et qu'aj^ant blasphémé le nom saint, et l'ayant maudit, il fut amené à Moïse. (Sa mère s'appelait Salumith, et elle était fille de Dabri, de la tribu de Dan.) +12. Cet homme fut mis en prison, jusqu'à ce que l'on sût ce que le Sei- gneur en ordonnerait. +13. Alors le Seigneur parla à Moïse, +14. Et lui dit : Faites sortir hors du camp ce blasphémateur. Que tous ceux qui ont entendu ses blasphèmes lui met- tent les mains sur la tête, et qu'il soit lapidé par tout le peuple. +15. Vous direz aussi aux enfants d'Israël : Celui qui aura maudit son Dieu portera la peine de son péché. +16. Que celui qui aura blasphémé le nom du Seigneur soit puni de mort ; tout le peuple le lapidera, qu'il soit un con- citoyen ou un étranger. Que celui qui aura blasphémé le nom du Seigneur soit puni de mort. +emploi. — 1° Per singula sabbata... 2° Eruntque Aaron...; mais on ajoute qu'ils devront être con- sommés dans l'intérieur du local sacré, en leur qualité de sanctum. sanctorum. Voyez la note de n, 3, et VI, 14-18. Aussi est-ce d'une manière tout à fait exceptionnelle que le grand prêtre Achimélcch en offrit à David. Cf. I E,eg. sxi, 4-6; Matth. xir, 4. +30 Châtiment des blasphématem's et loi du talion, vers. 10-23. +Un des rares récits contenus dans le Lévitique (vo}-cz l'Introduction, p. 323). II occupe sans doute sa place chronologique. +10-11. Occasion de la loi relative aux blasphé- mateurs. — Le vers. 10 nous fait connaître le triste héros de l'épisode. Il avait quitté l'Egypte à la suite des Hébreux, avec une multitude d'autres étrangci's. Cf. Ex. xii, 28. — Jurgatus...; et, dans la chaleur de la discussion, il jn'oféra un blasphème contre le nom sacré de Jchovah inomen, le nom jiar antonomase, connue l'ex- prime, l'article hébreu). — Donec nossent.^ Ce +crime n'avait été prévu qu'indirectement, et rien n'avait été statué sur la punition qui serait infligée aux blasphémateurs. Cf. Ex. xxi, 17 ; xxii, 28. +13-16. La divine sentence, — 1° Pour le cas ac- tuel, vers. 14 : Educ... extra castra; car jamais aucune exécution n'avait lieu dans l'intérieur du camp. Cf. Hebr. xiii, 12-13. — Ponant... qui au- dierunt... Les témoins rejetaient ainsi sur la propre tête du coupable la responsabilité de sa mort. Cf. Dan. xiii, 34. — 2° Cette sontonca est généralisée pour tous les cas semblables : Tlomo qui... blasphemaverit nomen Domini (de Jého- vah). Le verbe hébreu nâqab, que la Vulgate a très bien traduit par blasphémer, signiflerait, d'après les LXX, Onkélos, le syriaque, etc.: pro- noncer distinctement; et, de là', les anciens inter- prètes juifs ont conclu qu'il était absolument interdit en ce passage, sous peine de sacrilège, de proférer le nom de Jéhovah. Tar suite do cette exégèse superstitieuse, ils cessèrent, en effet, de le prononcer et de l'écrire, mettant à sa place quelque autre appellation divine (Adoniiï, Elôhim), +Lev. XXIV, 17 — XXV, 3. +407 +17. Que celui qui aura frappe et tué un homme soit puni de mort. +18. Celui qui aura tué un animal en rendra un autre t\ sa place, c'est-à-dire il rendra un animal pour un autre ani- mal. +19. Celui qui aura outragé quelqu'un de ses concitoyens sera traité comme il a traité l'autre : +20. Il recevra fracture pour fracture, il perdra œil pour œil , dent pour dent ; il sera contraint de souffrir le môme mal qu'il aura fait souffrir à l'autre. +21. Celui qui aura tué un animal do- mestique en rendra un autre. (>elui qui aura tué un homme sera puni de mort. +22. Que la justice se rende également parmi vous, que ce soit un étranger ou un citoyen qui ait péché, parce que je suis le Seigneur votre Dieu. +23. Moïse ayant déclaré ces choses aux enfants d'Israël, ils firent sortir du camp celui qui avait blasphémé , et ils le lapi- dèrent. Et les enfants d'Israël firent ce que le Seigneur avait ordonné à Moïse. +17. Qui percuRserit et occident homi- nem, morte moriatur. +1 8. Qui percusserit animal , rcddet vi- carium, id est, animam pro anima. +19. Qui irrogaverit maculam cuilibet civium suorum, sicut fecit, sic fiet ei : +20. Fracturam pro factura, oculum pro oculo , dentem pro dente restituet ; qualem inflixerit maculam, talem sustinere co- getur. +21. Qui percusserit jumentum, reddet aliud. Qui percusserit hominem, pu- nietur. +22. ^quum judicium sit inter vos, sive peregrinus, sive civis peccaverit; quia ego sum Dominus Deus vester. +23. Locutusque est Moyses ad filios Israël, et eduxerunt eum, qui blasphé- ma verat, extra castra, ac lapidibus op- presserunt ; feceruntque filii Israël sicut prseceperat Dominus Moysi. +CHAPITRE XXV +1. Le Seigneur parla encore à Moïse sur la montagne du Sinaï, et il lui dit : +2. Parlez aux enfants d'Israël, et dites- leur : Quand vous serez entrés dans la terre que je vous donnerai, observez le sabbat en l'honneur du Seigneur. +3. Vous sèmerez votre cliamp six ans +1. Locutusque est Dominus ad Moysen in monte Sinai , dicens : +2. Loquere fîliis Israël, et dices ad eos : Quando ingressi f ueritis terram quam ego dabo vobis, sabbatizes sabbatum Domino. +3. Sex annis seres agrum tuum , et sex +et c'est ainsi que sa prononciation primitive se perdit peu à, peu. Voyez les notes de Gen. ii, 4, et d'Ex. III, 14. +17-22. A cet incident est rattachée une seconde promulgation, plus complète, de la loi relative atrx meurtres et aux blessures. Cf. Ex. xxi, 12 et ss. Remarquez les répétitions pleines d'emphase. — Macularn, au vers. 12, désigne une injure corporelle. — ^qunm judicium... Noble principe: l'égalité de tous devant la loi. +23, Exécution de la sentence portée contre le blasphémateur. +§ V. — Sanctification de Vannée sabbatique et de l'année jubilaire. XXV, 1-55. +Ces deux institutions, l'année sabbatique et l'année jubilaire, auxquelles on ne trouve rien de comparable chez les païens, ont été justement admii'ées : et comme lois agraires, qui, d'une part, contribuaient à accroître la fertilité du sol, +d'autre part, empêchaient une dangereuse accu- mulation de la pi'opriété foncière entre les mains de quelques rares privilégiés , au détriment de la masse du peuple ; et comme lois sociales , qui éta- blissaient entre tous les citoyens une précieuse égalité, en relevant périodiquement des situations amoindries; et surtout comme lois religieuses, qui proclamaient hautement les droits du souverain Seigneur d'Israël, et qui excitaient la foi et la confiance en lui. +1« Année sabbatique, vers. 1-7. +Chap. XXV. — 1-2». Introduction. Le narra- teur ajoute Ici une circonstance locale, in monte Sinai (cf. vn, 38; xxvi, 46; xxvxi, 34), pour montrer qu'il s'agit toujours de la législation du Sinaï. +2'' -7. En quoi consistera l'année sabbatique. — Quando ingressi... Quatrième et dernière allu- sion du Lévitique à cet heureux avenir d'IsraëL Cf. xiY, 34; XLS., 2a; xxai, 10. — Sabbatizes +408 +Lev. XXV, 4-10. +annis putabis vineam tuam, colligesque fructus ejus ; +4. Septimo autem anno sabbatum eril terrse, requietionis Domini ; agrum non seres, et vineam non putabis. +5. Quae sponte gignet humus, non metes; et uvas primitiarum tuarum non colliges quasi vindemiam ; annus enim requietionis terrae est ; +6. Sed erunt vobis in cibum, tibi et servo tuo, ancillae et mercenario tuo, et advense, qui peregrinantur apud te ; +7. Jumentis tuis et pecoribus , omni i quse nascuntur, praebebunt cibum. +8. Numerabis quoque tibi septem he- bdomadas annorum, id est, septies se- ptem , quse simul faciunt annos quadra- ginta novem; +9. Et clanges buccina mense septimo, décima die mensis, propitiationis tempoie in universa terra vestra. +10. Sanctificabisque annum quinqua- gesimum , et vocabis remissionem cunctis habitatoribus terrse tuse ; ipse est enim jubileus. Revertetur homo ad possessio- nem suam, et unusquisque rediet ad familiam pristinam ; +de suite, et vous taillerez aussi votre vigne et vous en recueillerez les fruits durant six ans ; +4. Mais la septième année, ce sera le sabbat de la terre , en l'honneur du repos du Seigneur ; vous ne sèmerez point votre champ, et vous ne taillerez point A'otrj vigne. +5. Vous ne moissonnerez point ce que la terre aura produit d'elle-même ; vor.s ne recueillerez point les raisins de la vigne, dont iious avez coutume d'offrir des prémices, vous ne les recueillerez point sous forme de vendange ; car c'esi l'année du repos de la terre. +6. Mais tout ce qui naîtra alors de soi- même servira à vous nourrir, vous , votre esclave et votre servante, votre merce naire et l'étranger qui demeure parmi vous ; +7. Et cela servira encore à nourrir vos bêtes de service et vos troupeaux. +8. Vous compterez aussi sept semaines d'années, c'est-à-dire sept fois sept, qui font en tout quarante-neuf ans ; +9. Et au dixième jour du septième mois, qui est le temps de la fête des Expiations, vous ferez sonner de la trom- pette dans tout votre pays. +10. Vous sanctifierez la cinquantième année, et vous publierez la liberté pour tous les habitants du pays, parce que c'est le jubilé. Tout homme rentrera dans le bien qu'il possédait, et chacun retournera à sa famille d'origine, +sabbatum... Dans l'hébreu : « sabbatizabit terra sabbatum... » Proposition générale, qui est ensuite développée ,3-7. C'est donc la terre qui se repo- sera la septième année, de même que les hommes se reposent le septième jour. — Conséquence •• pratiques : septimo anno... non seres... Bien plus, il n'était pas même permis aux propriétaires d^ récolter à la façon ordinaire les produits spoi - tanés du sol; on les laissait dans les champs, dans les vignes et dans les vergers, où chacun allait les prendre librement. — Au vers. 6, l'équi- valent hébr. des mots uvas primitiarum tua- rum serait : « les raisins de ta vigne non taillée, " ou, plus littéralement encore : de ta vigne naz::- réenne ; allusion aux Nazaréens , qui se laissaien . croître les cheveux. Cf. Num. vi, 5. — L'annto sabbatique commençait selon toute probabilil ■ en automne, après que toutes les récoltes avaient été rentrées (note du vers. 9). Sur son observa- tion dans le cours de l'histoire juive, voy. II Pai'. xxxvr , 21 ; Neh. x , 32 ; I Mach. vi , 49 - 50 ; J. - sèphe, Ant., m, 12, 3. +2° La célébration do l'année jubilaire, vers. 8-12. +8- 10*. Règles pour déterminer le jubilé. — +Numerabi.f septem... : c.-ù-d. quarante-neuf ans , comme l'ajoute le traducteur latin. — Clange.i buccina. Hébr. : sôjar, la trompette recourbée, en corne ou en métal, par opposition à, la trom- pette sacrée, qui était droite. Voy. VAtl. archéol . pi. Lxxxvn, fig. 5, 8, 9-11; pi. civ, flg. 4, V2. Cette proclamation solennelle du jubilé avait lieu le jour même de la fête de l'Expiation {septimo mense. décima die; cf. xxiii, 26), alors qu'un j sincère pénitence avait obtenu à Israël le pardon de tous ses péchés {propitiationis tempore...). - Annum quinquagesimum. D'après un certai i nombre d'interprètes juifs et chrétiens, cinquai- tième serait un chiffre rond, pour quarante- neuvième, dans le sens des locutions « huii jours, quinze jours », qui ne marquent en réalité que sept ou quatorze jours. Dans ce cas, Tanné • jubilaire aurait toujours coïncidé avec l'anné.' sabbatique (but désiré par ces commentateurs). Mais le contexte veut que nous nous en tenions ù la rigueur des termes. Voyez les vers. 8, 20-2:?. surtout le vers. 21, qui suppose clairement deux années de suite sans récolte. — Vocabis rcmi."^- sionem... Hébr. : Tu publieras la liberté...; allu- sion à l'un des effets de l'année jubiliaire (vero. +Lev. XXV, 11-19. +409 +11. Parce que c'est le jubilé la cin- quantième année. Vous ne sèmerez point, et vous ne moissonnerez point ce que la ferre aura produit d'elle-même, et vous iie recueillerez point aussi les fruits !e vos vignes, pour en offrir le:^ pré- +iUiC24, +12. Afin de sanctifier le jubilé ; mais vous mangerez les premières choses que vous trouverez. +13. En l'année du jubilé tous rentre- ront dans les biens qu'ils avaient pos- sédés. +14. Quand vous vendrez quelque chose î un de vos concitoyens, ou que vous achèterez de lui quelque chose, n'attris- .""^ez point votre frère ; mais achetez de lui •\ proportion des années qui aeront écou- lées depuis le jubilé. +15. Et il vous vendra à proportion de ce qui reste de temps pour en recueillir le revenu. +16. Plus il restera d'années d'un jubilé jusqu'à l'autre, plus le prix de la chose augmentera ; et moins il restera de temps, moins s'achètera ce qu'on achète; car relui qui vend vous vend le temps des récoltes. +17. N'affligez point ceux qui vous sont unis par une même tribu; mais que cha- cun craigne son Dieu, parce que je suis le Seigneur votre Dieu. +18. Exécutez mes préceptes, gardez mes ordonnances, et accomplissez-les, afin que vous puissiez habiter sur la terre sans aucune crainte, +19. Et que la terre vous produise ses +11. Quia jubileus est et quinquage- ; imus annus. Non seretis, neque metetis sponte in agro nascentia, et piimitias > indemi ae non coUigetis, +12. Ob sanctificationem jubilei ; sed ;-i;atim oblata comedetis. +13. Anno jubilei redient omnes ad possessiones suas. +14. Quando vendes quippiam civi tuo, vel emes ab eo, ne contristes fratrem tuum, sed juxta numerum annorum ju- bilei emes ab eo : +15. Et juxta supputationem frugum vendet tibi. +16. Quanto plures anni remanserint post jubileum, tanto crescet et pretium; et quanto minus temporis numeraveris, lanto minoris et emptio constabit ; tem- pus enim frugum vendet tibi. +17. Nolite affligere contribules vestros, sed timeat unusquisque Deum suum, quia ego Dominus Deus vester. +18. Facite prgecepta mea, et judicia custodite, et impiété ea, ut habitare pos- oitis in terra absque ullo pavore, +19. Et gignat vobis humus fructus +10^ et 39-55). — Ipse jubileus. C'est, avec une fornio latine, le mot hébreu yobcl , que nous avons déjà l'encontré dans l'Exode, xix, 13. Voy. la note. +10'' -12. Les conséquences de l'année jubilaire. — Première conséquence , qui se dédouble elle- même : 1° chacun recouvre les biens -fonds qu'il •ivait aliénés (revertetur ad possessiovem); 2° la liberté est rendue aux esclaves Israélites (rediet ad familiam ). Ces deux points seront successi- vement développés durant le reste du chapitre, vers. 13-34 et 35-56. — Deuxième conséquence : le repos complet du sol, comme durant l'année sabbatique {non seretis...). Cf. vers. 5. — Statim ■>blata : c.-à-d. les produits spontanés de la tcrre. +30 Privilèges de l'année jubilaire relativement :'i la propriété foncière, vers. 13-34. +13-17. Principe général. — Redient omnes... • -ourt énoncé de ce premier privilège. Cf. vers. 10. Par possessiones il faut entendre les biens-fonds I terrains cultivés, vers. 14-28, et maisons, vers. •- J-34). — Ne contristes. L'hébreu signifie plutôt : +« Ne vous surfaites pas l'un l'autre , » soit en ven- dant à un prix exagéré, soit en achetant pour une somme dérisoire. — Sed juxta numerum...: d'après le temps qui doit s'écouler jusqu'au pro- chain jubilé; d'autre part, d'après la valeur ap- .iroximative des récoltes. Ainsi donc, en principe, chez les Hébreux la propriété foncière n'était paa aliénée à perpétuité (voyez au vers. 30, et xxvii, 28 , de rares exceptions) ; le vendeur n'en cédait ([ne l'usufruit jusqu'au prochain jubilé, et il en conservait la nue propriété. Pour fixer le prix de vente, on tenait compte tout ensemble et de la moyenne des produits annuels, et du nombre d'années qui restaient encore jusqu'au jubilé. Le vers. 16 dit cela très nettement. — Nolite affligere (vers. 17). D'après l'hébreu : Ne vous surfaites pas, comme au vers. 14. +18-22. Dieu promet aux Israélites, s'ils lui obéissent fidèlement, qu'ils n'auront rien à souf- frir de l'amoindrissement des récoltes. — Une i-ecommandation générale (vers. 18) introduit cette pensée dominante de l'alinéa. — Absque ullo pavore...; nullius impetum.. L'hébreu dit +410 +Lev. XXV, 20-20. +suos, quibns vescamini usque ad saturi- tatem , imllius impetum formidantes. +20. Quod si dixeritis : Quid comedemus anno septimo, si non severimus, neque collegerimus fruges nostras? +21. Dabo benedictionem meam vobis anno sexto , et f aciet f riictus trium anno- rum ; +22. Seretisque anno octavo, et come- detis veteres fruges usque ad nonum annum ; donec nova nascantur, edetis vetera. +23. Terra quoque non vendetur in per- petuum, quia mea est, et vos advense et coloni mei estis. +24. Unde cuncta regio possessionis vestrîB sub redemptionis conditione ven- detur. +25. Si attenuatus frater tuus vendiderit possessionculam suam , et voluerit pro- pinquus ejus, potest redimere quod ille vendiderat. +26. Sin autem non habuerit proximum, et ipse pretium ad redimendum potuerit invenire , +27. Computabuntur fructus ex eo tem- pore quo vendidit ; et quod reliquum est, reddet emptori, sicque recipiet posses- sionem suam. +28. Quod si non invenerit manus ejus ut reddat pretium , liabebit emptor quod emerat, usque ad annum jubileum. In ipso enim omnis venditio redibit ad do- minum , et ad possessorem pristinum. +fruits, dont vous puissiez manger et vous rassasier, sans appréhender la violence de qui que ce soit. +20. Que si vous dites : Que mangerons- nous la septième année, si nous n'avons point semé, et si nous n'avons point re- cueilli de fruit de nos terres ? +21. Je répandrai ma bénédiction sur vous en la sixième année, et elle portera autant de fi'uit que trois autres. +22. Vous sèmerez à la huitième année, et vous mangerez vos anciens fruits jus- qu'à la neuvième année ; vous vivrez des anciens jusqu'à ce qu'il en soit venu de nouveaux. +23. La terre ne se vendra donc point à perpétuité , parce qu'elle est à moi , et que vous y êtes comme des étrangers à qui je la loue. +24. C'est pourquoi tous les biens-fonds que vous posséderez se vendront toujours sous condition de rachat. +25. Si votre frère, étant devenu pauvre, vend le petit héritage qu'il possédait, le plus proche parent pourra, s'il le veut, racheter ce que celui - là aura vendu. +26. Que s'il n'a point de proches pa- rents, et qu'il puisse trouver de quoi ra- cheter lui-même son bien, +27. On comptera les récoltes depuis le temps de la vente qu'il a faite ; afin que, rendant le surplus à l'acquéreur, il rentre ainsi dans son bien. +28. Que s'il ne peut point trouver de quoi rendre le prix de son bien, celui qui l'aura acheté en demeurera en pos- session jusqu'à l'année du jubilé. Car, cette année -là, tout bien vendu retour- nera au propriétaire qui l'avait possédé d'abord. +simplement , à deux reprises : « en confiance » ; ce qui signifie en cet endroit : sans redouter la fa- mine. — Quod si dixeritis... Objection possible (vers. 20), que Dieu prévient dans les ternies les plus aimables (vers. 21-22) : la sixième année /aciet fructus trium annorum, de sorte qu'on n'aura pas encore épuisé ses produits au com- mencement de la neuvième ; on aura donc attendu sans souffrance les récoltes de la huitième. +23. Pourquoi le Seigneur n'autorise point l'a- liénation pei-pétuelle des biens -fonds. — Terra {quoque n'est pas dans l'hébreu)... Autre prin- cipe, qui commente celui des vers. 10 et 13. Dieu interdit, en Palestine , la vente perpétuelle de la propriété foncière , parce que cette contrée lui ap- partient en propre {mea est), et que les Hébreux ne la possèdent qu'à titre de fermage {advencB et coloni mei). +24-28. Droit perpétuel de rachat. C'est la con- +séquence naturelle de ce qui précède {unde...). Trois hypothèses sont faites tour à tour, afin de mieux préciser les conditions de la loi. — Pre- mière hypothèse, vei's. 25 : Si attenuatus fra- ter... : l'unique circonstance où le Seigneur sup- pose qu'un Israélite puisse songer à se défaire de ses biens -fonds. — Fropinquus... Dans l'hé- breu : son go'el (ou rédempteur) le plus proche. Voyez les vers 48-49, et Job, xix, 25. — Potest (scil. propinquus) redimere... De la sorte, la propriété, tout en changeant de maître, demeu- rera dans la famille. — Seconde hypothèse, vers. 26-27 : le vendeur n'a pas de go'eL ( Vulg. : jjroxi- mum)y mais il a amélioré sa situation, et il désire racheter son bien. On ne pourra s'y oppo- ser; toutefois, les droits de l'acquéreur sont éga- lement sauvegardés par une ordonnance (vers. 27) basée sur cello des vers. 14-16. — Quod rellqmim est...: le nombi'c des années qui restent jusqu'au +Lev. XXV, 20-37. +411 +20. Celui qui aura vendu une maison dans l'enceinte des murs d'une ville aura le pouvoir de la racheter pendant un an. +30. S'il ne la rachète point, et s'il a laissé passer l'année , celui qui l'a achetée la possédera, lui et ses enfants, pour tou- jours, sans qu'elle puisse être rachetée, même au jubilé. +31. Que si cette maison est dans un village qui n'a point de murailles, elle sera vendue d'après les mêmes règles que les terres; et si elle n'a point été rachetée auparavant, elle retournera au propriétaire en l'année du jubilé. +32. Les maisons des Lévites qui sont dans les villes peuvent toujours être ra- chetées. +33. Si elles n'ont point été rachetées, elles retourneront aux propriétaires l'an- née du jubilé ; parce que les maisons que les Lévites ont dans les villes sont l'héritage qu'ils possèdent parmi les en- fants d'Israël. +34. Mais leurs champs situés auprès des villes ne seront point vendus, parce que c'est un bien qu'ils possèdent pour toujours. +35. Si votre frère est devenu pauvre,, et que sa main se soit affaiblie, et si vous l'avez reçu comme un étranger qui est venu d'ailleurs , et qu'il ait vécu avec vous , +36. N'exigez de lui aucun intérêt, et ne tirez point de lui plus que vous ne lui avez donné. Craignez votre Dieu, afin que votre frère puisse vivre chez vous. +37. Vous ne lui donnerez point votre argent à usure, et vous n'exigerez point de lui plus de grains, que vous ne lui en aurez donné. +20. Qui vendiderit domum intra urbis muros, habebit licentiam redimendi do- nec unus impleatur annus. +30. Si non redemerit, et anni circulus fuerit evolutus, emptor possidebit eam, et posteri ejus in perpetuum, et redimi non poterit, etiam in jubileo. +31. Sin autem in villa fuerit domus, quse muros non habet, agrorum jure vendetur ; si ante redempta non fuerit, in jubileo revertetur ad dominum. +32. ^des levitarum, quœ in urbibus sunt, semper possunt redimi. +33. Si redemptse nonfuerint, in jubileo revertentur ad dominos, quia domus urbium levitarum pro possessionibus sunt inter filios Israël. +34. Suburbana autem eorum non veneant, quia possessio sempiterna est. +35. Si attenuatus fuerit f rater tuus, et infirmus manu, et susceperis eum quasi advenam et peregrinum , et vixerit tecum, +36. Ne accipias usuras ab eo, nec amplius quam dedisti. Time Deum tuum, ut vivere possit frater tuus apud te. +37. Pecuniam tuam non dabis ei ad usuram , et frugum superabundantiam non exiges. +temps du jubilé. — Troisième hypothèse, vers. ?8 : Quod si non invenerit... Dans ce cas, l'année jubilaire rendra tout au propriétaire-vendeur, sans qu'il ait à payer d'indemnité. +29-31. Règles spéciales pour la vente des mai- sons. — 1° Cas d'une maison bâtie dans une ville, vers. 29 - 30. Le propriétaire ne conserve le droit de rachat que pendant une anùée; ce temps passé, l'immeuble appartient de iilein droit à l'acquéreur et à ses héritiers : le jl^bilé ne chan- gera rien à cette situation. — 2° Cas d'une mai- son située à la campagne et attenante k une ferme (in villa), vei's. 31. Même réglementation que pour les champs (vers. 14-28), h cause de l'analogie évidente de ces deux sortes de pro- priétés. +S2-34. Privilèges spéciaux accordés aux biens- +fonds des Lévites. — Pour les maisons, droit perpétuel de rachat, avec garantie de retour au propriétaire primitif à chaque jubilé, vers. 32-33. Le motif de cette législation spéciale est exprimé par les mots : dormis... pro posf^essioni- bus... C'était l'unique portion des Lévites. Cf. Num. XXV ; Jos. xxi. — Pour les champs, constante inaliénabilité, vers. 34. +4« Les privilèges de l'année jubilaire relative- ment à la liberté individuelle, vers. 35-55. +35-38. Transition: Dieu recommande instam- ment aux Israélites la miséricorde envers leurs frères appau\Tis. — Infirmus manu. Métaphore , pour exprimer la pauvreté. — Quasi advenam... Au mohis cela ; avoir pour lui les égards que la loi veut que l'on témoigne aux étrangers. Cf. XIX, 33-34; Ex. xxii, 21. — Ne acccipias usu- +\\\ +412 +Ley. XXV. +38. Ego Dominns Deus vester, qui eduxi vos de terra ^gTp»ti, ut darem Tobis tenam Chanaan, et essem vester Deos. . +39. Si paapertate compolsus vendident se tibi frater tons, non eum opprimes servitote famolorum, +40. Sed quasi mereenarius et colonns erit; nsqae ad annnm jabilenm opera- bitur apad te, +41. Et postea egredietnr eum lib«Ts suis, et revertetur ad cognationem et ad possessionem patrum suorum. +42. Mei enim servi sunt, et ego eduxi e>i>s de terra ^Eg\"pti; non veneant con- ditione servorum. +43. Xe afflîgas eum p» potendam, sed metuito Deum tuum. +44. Servns et ancîUa ânt vobis de na- donibus qns in circuitu vestro sunt. +45. Et de advenis qui pieregrinantur apud vo<5» vel qui ex bis nati fiierint in terra vestra, hos habebitis faimnlos ; +46. Et hereditâiio jure transmittetis ad posteros, ac possidebitis in setemum ; âratres autem vestros filios Israël ne op- pTÎmatis per potentîam. +47. Si învalu^t apud vo6 manus ad- vensB atque peregrini , et attenuatus frater tuus vendideiit se eî, ant cuiquam de stirpe ejus, +48. Post venditionem prest reiird. Qui voluerit ex fratribus sais, relii^c: eum. +49. Et patmus, et patruelis, et coosan- guineus, et affinis. &n autem et ipse potuerit, redîmet se, +'. Je suis le Seigneur votre Dieu, ^ ai fait sortir de l'Egypte, pour -jLûer la terre de Chanaan, et pour re Dieu. +-: la pauvreté réduit votre frère +radre à vous, vous ne Toppri- +3int en le traitant comme les +lais vous le traiterez comme un .ire et comme un fermier; il tra- . chez vous jusqu^à Tannée du juté; +4 Et il sortira ensmte avec ses en- fan i, et retournera à la &miUe et à l'hé- ritas de ses pères. +4 Car ils sont mes esclaves; c'est m 1 li les ai tirés de l'Egypte. Ainsi, qu L ne les vende point comme les antres es cires. +^" :ablez donc p(Mnt votre frère ^ issance ; mais craignez votre +Die +T- +pay +\yez dfô esclaves et des servantes mi les nations qui sont autour de +Vous aurez aussi pour esclaves les +:^ qui sont venus parmi vous, +ji^ qui sont nés d'eux dans votre +ioVous les laisserez à vos descen- daatiiiar un droit héréditaire, et vous en ifpE les maîtres pour toujours ; mais n'opf mez point par votre puissance les eiiir/s d'Israël, qui sont vos frères. +4 Si un étranger qui est venu d'aU- le'ii s enrichit chez vous par son travail, et c un de vos frères, étant devenu panv , se vende à lui ou à quelqu'un de sa faille, +4 II pourra être racheté après qu'il a - f. é vendu. Celui de ses parents qui V : acheter, le pourra faire : +^ oncle, ou le fils de son oncle, +et coi qui lui est uni par le sang ou p " e. Que s'il peut lui-même se +r . le fera , +ras, si on lui a prêté de Targcnt: fntgwm m- ptTahvMdautxain f si oo loi a prêcê en nature et qu'on veaille ècro paye de la même façon. +39-43. L«s droits d'un Isiaélite devenu esclave d'un de ses ci^ncicoycns. — Promin' droit , géné- ral, vers, 33-40» : un tiaitement humain, chari- tablo. — DctLsième droit, spécial, vers. 4<0M1 : le avroraeri: :o i. . ::r. 1,3 début de Tannée ::aire.— Mo;:f .:; :: \-:-!.i;!o:;.vvrs. 42-43: tixirn «rri 5-. ^ les +rcux de la sorv _ , _^ ^m +- ^.Ucmont ses esclaves a luL Cf. vers. 14. +44<'. Qne les membres de la. natkm tbêocxar +i t: "t plutôt des étxangcfs pour es- +1 cl. 44-45). Ceux-ci, étant une Tiaie +pr.pr/;, ne bénéficieront pas du jubQé (vers. 46). +4 7-. Cas d*un Israélite derenu rcsclave d"un i étriîH: fixé en Palestine. — S tumlitenl-. [ vi>z''Xi Le contraire de la locutioD c infiniras \ ni£.:.a (vers. 35), qui marquait la pauvreté. — 1 Tr - ) >i^ réiididerit j*-. Dans cette hjrpothèse, ' k Acfaat était peipétœL Lies Tos. 4»^ +1 en -........; les conditions (48-49, quels sont +I ceux q le possèdent: 5«>-ô3, prix à rembourser +-^-r. +liemy^ +ÎSrfeeîc? +tlTjj +.»• +■c: +"Vit. +«11« +lir- +■''*^is;! +i +1 +k +29. Celui qui aura rc-^ dans renceinte des i aura le pouvoir de la rac! un an. +30. Sïl ne la r; laissé passer l'annét , « ^ la possédera, lui €* se^î ^ jours, sans qu'elle puis>; même au jubilé. +31. Que si cette village qui n'a ^ sera vendue g que les ter' rachetée au. propriétaire en +32. Les r dans les vi chetées. +33. Si f elles rt : née du que le- riu ^ +fa +413 +itis duntaxat annis a tem- nis msn usque ad annum pecunia qua venditus fue- oruin numerum et rationem +!])putata. +s fuerint anni qui rémanent ileum, secundum hos reddet +:i, ponet rationem cum eo im numerum, et reddet i reliquum est annorum, += ante servivit mercedibus jn affliget eum violenter in +54. Q)d si per haee redimi non po- rno jubileo egredietur cum libe- +quoc +\ PITRE XXI +'m sunt servi, filii Israël, ; terra ^gypti. +jJieu : ( 1. Er doles ni rez point | t.... , et vous 4 poL' de pierre , e^o e. lerstition , Seigneur +' sabbat , et laire. Je suis ad +Dominus Deus vester : non +idolum et sculptile, nec +is, nec insignem lapidem +a vestra , ut adoretis eum,; +u_L Dominus Deus vester. +r sabbata mea, et pavete a meum. Ero Dominus. +ne manière que pour +c +' — Dans tx)us les +; d'esclaves était +tour du jubi: +' dxc Si.no. +■es. XXVI , +u Livre de +r +'" vvvni- +— 1-2. Ije Seigneur est le Dieu +mé saisUsant des trois +;âIogae, en tmoes né* +1/ et en termes poeitifs (rers. 2). — +YH^rea emploie une expression carac- +élVim, des néancs. CL iix, 4. — +. stèles ( masébah ) , qui parfois n'é- +siniple mémorial (Gcn. xxvm, 19; +V. xxir. A), serraient sourent an +ui. Cf. Ex. xxin , 24 ; xxirr. 13 ; +:.tî, etc.— Irisio/iem lapidem. +xwe jtifxta ocsée de figures ido- +23 +412 +Lev. XXV, 38-49. +38. Ego Dominus Deus vester, qui eduxi vos de terra ^g3^pti, ut darem vobis terrain Chanaan, et essem vester Deus. +39. Si paupertate compulsus vendiderit se tibi frater tuus, non eum opprimes servi tute f amulorura , +40. Sed quasi mercenarius et colonus erit ; usque ad annum jubileum opera- bitur apud te, +41. Et postea egredietur eum liberis suis, et revertetur ad cognationem et ad possessionem patrum suorum. +42. Mei enim servi sunt, et ego eduxi eos de terra iEgypti ; non veneant con- ditione servorum. +43. Ne affligas eum per potentîam, sed metuito Deam tuum. +44. Servus et ancilla sint vobis de na- tionibus qute in circuitu vestro sunt. +45. Et de advenis qui peregrinantur apud vos, vel qui ex his nati fuerint in terra vestra, hos habebitis famulos ; +46. Et hereditario jure transmittetis ad posteros, ac possidebitis in œternum ; fratres autem vestros filios Israël ne op- primatis per potentiam. +47. Si invaluerit apud vos manus ad- venu atque peregrini , et attenuatus frater tuus vendiderit se ei, aut cuiquam de stirpe ejus, +48. Post venditionem potes t redimi. Qui voluerit ex fratribus suis, redimet eum , +49. Et patruus, et patruelis, et consan- guineus, et affinis. Sin autem et ipse potuerit, redimet se, +38. Je suis le Seigneur^ votre Dieu, qui vous ai fait sortir de l'Egypte, pour vous donner la terre de Chanaan, et pour être votre Dieu. +39. Si la pauvreté réduit votre frère à se vendre à vous , vous ne l'oppri- merez point en le traitant comme les esclaves ; +40. Mais vous le traiterez comme un mercenaire et comme un fermier ; il tra- vaillera chez vous jusqu'à l'année du jubilé ; +41. Et il sortira ensuite avec ses en- fants , et retournera à la famille et à l'hé- ritage de ses pères. +42. Car ils sont mes esclaves ; c'est moi qui les ai tirés de l'Egypte. Ainsi, qu'on ne les vende point comme les autres esclaves. +43. N'accablez donc point votre frère par votre puissance ; mais craignez votre Dieu. +44. Ayez des esclaves et des servantes pris parmi les nations qui sont autour de vous. +45. Vous aurez aussi pour esclaves les étrangers qui sont venus parmi vous, ou ceux qui sont nés d'eux dans votre pays. +46. Vous les laisserez à vos descen- dants par un droit héréditaire, et vous en serez les maîtres pour toujours ; mais n'opprimez point par votre puissance les enfants d'Israël, qui sont vos frères. +47. Si un étranger qui est venu d'ail- leurs s'enrichit chez vous par son travail, et qu'un de vos frères, étant devenu pauvre , se vende à lui ou à quelqu'un de sa famille, +48. Il pourra être racheté après qu'il aura été vendu. Celui de ses parents qui voudra le racheter, le pourra faire : +49. Son oncle, ou le fils de son oncle, et celui qui lui est uni par le sang ou par alliance. Que s'il peut lui-même se racheter, il le fera, +ras, si on lui a prêté de l'argent; frugum su- perabundaiitiam , si on lui a prêté en nature et qu'on veuille être payé de la même façon. +39-43. Les droits d'un Israélite devenu esclave d'un de ses concitoyens. — Premier droit, géné- ral, vers. 39-40» : un traitement humain, chari- table. — Deuxième droit, spécial, vers. 40M1 : le recouvrement de sa liberté au début de l'année jubilaire. — Motif de cette législation, vers. 42-43: mn enim servi sunt... Dieu a délivré tous les Hébreux de la servitude égyptionnc, et ils sont tous également ses esclaves à lui. Cf. vei's. 14. +44-46. Que les membres de la nation théocra- tique prennent plutôt des étrangers pour es- claves (vers. 44-45). Ceux-ci, étant ime vraie propriété, ne bénéficieront pas du jubilé (vers. 46). +47-55. Cas d'vm Israélite devenu l'esclave d'un étranger fixé en Palestine. — Si invalueHL.. vianus. Le contraire de la locution « infînnus manu » (vers. 35), qui marquait la pauvreté. — Frater tuus veiididerit se... Dans cette hypothèse, le droit de rachat était perpétuel. Les vers. 48-53 en énumcrcnt les conditions (48-49, quels sont ceux qui le possèdent; 50-53, prix à rembourser +Lev. XXV, 50 — XXVI, 2. +413 +50. En snpputant le nombre des an- nées qui resteront depuis le temps où il am-a été vendu, jusqu'à l'année du ju- Ijilé , et en rabattant à son maître, sur le prix qu'il avait donné en l'achetant, ce qui lui peut être dû à lui - môme pour le temps qu'il l'a servi, en comptant ses journées comme celles d'un merce- naire. +51. S'il reste encore plusieurs années jusqu'au jubilé, il payera aussi plus d'ar- gent ; +52. S'il en reste peu , il comptera avec son maître selon le nombre des années qui resteront , et il lui rendra l'argent à proportion du nombre des années, +53. En rabattant sur le prix ce qui lui sera dû à lui-même pour le temps qu'il l'aura servi. Que son maître ne le traite point avec dureté et avec violence devant vos yeux. +54. Que s'il ne peut être racheté en cette manière, il sortira libre l'année du jubilé avec ses enfants, +55. Car les enfants d'Israël sont mes esclaves, eux que j'ai fait sortir de l'E- gypte. +50. Supputatis duntaxat annis a tera- pore venditionis suse usque ad annum jubileum ; et pecunia qua venditus fue- rat, juxta annorum numerum et rationem mercenarii supputata. +51. Si plures fuei'int anni qui rémanent usque ad jubileum , secundum hos reddet et pretium ; +52. Si pauci, ponet rationem cum eo juxta annorum numerum, et reddet emptori quod reliquum est annorum, +53. Quibus ante servivit mercedibus imputatis ; non affliget eum violenter in conspectu tuo. +54. Quod si per hsec redimi non po- tuerit, anno jubileo egredietur cum libe- ris suis. +55. Mei enim sunt servi, filii Israël, quos eduxi de terra ^gypti. +CHAPITRE XXVI +1. Je suis le Seigneur votre Dieu : Vous ne vous ferez point d'idoles ni d'image taillée , vous ne dresserez point de colonnes ni de monuments, et vous n'érigerez point dans votre terre de pierre remarquable par quelque sujjerstition , pour l'adorer. Car je suis le Seigneur votre Dieu. +2. Gardez mes jours de sabbat , et tremblez devant mon sanctuaire. Je suis le Sei^rneur. +1. Ego Dominus Deus vester : non facietis vobis idolum et sculptile, nec titulos erigetis, nec insignem lapidem ponetis in terra vestra , ut adoretis eurn^- ego enim sum Dominus Deus vester. +2. Custodite sabbata mea, et pavete ad sanctuarium meum. Ego Dominus. +à l'acquéi-eur, réglé de la même manière que pour 4cs biens-fonds, cf. vers. 25-27), — Dans tous les cas, la liberté de cette catégorie d'esclaves était pareillement assurée par le retour du jubilé , "vers. 54-55. +§ VI, — Dieu confirme la législation du Slnaï par des promesses et par des menaces. XXVI, 1-45. +Passagxî semblable à la conclusion du Livre de l'Alliance, Ex. xx, 20-33, et aux cliap. xxvm- XXX du Dcutéronome. +lo Majestueux cxorde, vers. 1-2. +Chap. XXVI. — 1-2. Le Seigneur est le Dieu unique des Israélites. Résumé saisissant des trois premiers préceptes du Décalogue, en termes né- gatifs (vers. 1) et en termes positifs (vers. 2). — Idolum. L'hébreu emploie une expression carac- téristique : 'élilim, des néants. Cf. xix, 4. — Titulos. Les stèles (.maséhah), qui parfois n'é- taient qu'un simple mémorial (Gen. xxvni, 18; XXXV, 14; Ex. XXIV, 4), servaient souvent au culte des faux dieux. Cf. Ex. xxiii , 24 ; xxxiv, 13 ; Deut. VII, 5; xvi , 22 , etc.— Insignem lapidem. D'après Fhébi-eu, une pîerr<; ornée de figures ido- lâtriqucs. - - - • +20 +414 +Lev. XXVI, 3-12. +3. Si in prœceptis meis ambiilaveritis , et mandata mea custodieritis , et feceritis ea, dabo vobis piuvias temporibus suis; +4. Et terra gignet germen suum, et porais arbores replebuntur. +5. Apprehendet messium tritura vin- demiam, et vindemia occupabit semen- tem ; et comedetis panem vestrum in saturitate, et absque pavore habitabitis in terra vestra. +6. Dabo pacem in finibus vestris ; dormietis, et non erit qui exterreat. Au- feram malas bestias ; et gladius non transibit terminos vestros. +7. Persequemini inimicos vestros, et corruent coram vobis. +8. Persequentur quinque de vestris centum alienos , et centum de vobis de- cem millia ; cadent inimici vestri gladio in conspectu vestro. +9. Respiciam vos, et crescere faciam ; multiplicabimini , et firmabo pactum meum vobiscum. +10. Comedetis vetustissima veterum, et vetera novis supervenientibus proji- cietis. +11. Ponam tabernaculum meum in me- dio vestri, et non abjiciet vos anima mea. +12. Ambulabo inter vos, et ero Deus vester, vosque eritis populus meus. +3. Si vous marchez selon mes pré- ceptes, si vous gardez et pratiquez mes commandements, je v^us donnerai les pluies en leur saison. +4. La terre produira ses récoltes, et les arbres seront remplis de fruits. +5. La moisson, avant d'être battue, sera pressée par la vendange ; et la ven- dange sera elle-même, avcnt qu'on l'a- chève, pressée par le temyjs des semences. Vous mangerez votre pain , et vous serez rassasiés, et vous habiterez dans votre terre sans aucune crainte. +6. J'établirai la paix dans l'étendue de votre pays ; vous dormirez en repos, et il n'y aura personne qui vous inquiète. J'éloignerai de vous les bêtes féroces, et l'épée ne passera point par vos terres. +7. Vous poursuivrez vos ennemis, et ils tomberont en foule devant vous. +8. Cinq d'entre vous en poursuivront cent, et cent d'entre vous en poursuivront dix mille; vos ennemis tomberont sous l'épée devant vos yeux. +9. Je vous regarderai favorablement, et je vous ferai croître ; vous vous mul- tiplierez de plus en plus, et j'affermirai mon alliance avec vous. +10. Vous mangerez les fruits de la terre que vous aviez en réserve depuis longtemps, et vous rejetterez à la fin les anciennes récoltes , dans la grande abon- dance des nouvelles. +11. J'établirai ma demeure au milieu de vous, et je ne vous rejetterai point. +12. Je marcherai parmi vous, je serai votre Dieu, et vous serez mon peuple. +2« Gracieuses promesses , à l'adresse des Israé- lites fidèles, vers. 3-13. +?». La condition, brièvement exprimée. Remar- quez la triple répétition : si... ambulaveritis, .., custodieritis , ...feceritis. +2^-5. Première promesse : une fertilité prodi- gieuse.— Pluvia$ temporibus... Ces pluies pério- diques , sans lesquelles la Palestine ne serait qu'une contrée généralement aride, sont souvent mentionnées dans la sainte Écriture sous les noms de pluies hâtives (Vulg.: a temporancœ ») et de pluies tardives («t serotinae »). Les pre- mières ont lieu en novembre et en décembre, au temps des semailles ; les secondes en mars, avant la moisson, La qualité et la quantité des récoltes dépendent d'elles. Cf. Deut. xi, 14; Jer, v, 24 ; Joël, II, 23; Jac. v, 7,, etc. — Apprehendet... Cf. XXV, 21-22; Am. ix, 13. Manière énergique de dire que les récoltes seront extrêmement abon- dantes. Les bras de l'agriculteur pourront à peine suffire à les rentrer. — Absqiie pavore habita' bitis. Dans l'hébreu; « en conflauce »; sans re- douter la famine. +6 - 8. Seconde promesse : la paix , bien si pré- cieux. — Dormietis... Emblème d'une paix con- fortable. Littéral. : vous serez couchés. — Dieu enlèvera tout ce qui pourrait troubler cette heu- reuse tranquillité : malas bestias, car les bètes fauves abondaient primitivement en Palestine ; gladius, la guerre, dont le glaive est le princi- pal instrument. Si on attaque les Israélites , ils seront aussitôt victorieux : persequemini..., cor- ruent. Et avec quelle vigueur cela est dit au vers. 8 ! Expression proverbiale, pour manjuer la certitude du triomphe. Cf. Deut. xxxn, 30; Jos. xxiii, 10; Is. xxx, 17. +9-12. Troisième promesse, d'un ordre supé- rieur : l'alliance entre le Seigneur et son peuple sera de plus en plus affermie. — Respiciam... : regard' bienveillant, protecteur, qui produira l'étonnant accroissement promis à Abraham le jour où fut établie la première base de l'alliance théocratique , Gcn. xvii, 4-6. — Comedetis vetu- stissima... Malgré cette multiplication rapide, les Hébreux ne manqueront de rien. « Manger du vieux, vieilli, » « jeter les vieilles récoltes, » parce +Lev. XXVI, 13-20. +415 +13. Je suis le Seigneur votre Dieu, qui vous ai tirés de la terre des Egyptiens, afin que vous ne fussiez point leurs es- claves, et qui ai brisé les chaînes qui vous faisaient baisser le cou, pour vous faire marcher la tête levée. +14. Que si vous ne m'écoutez point, et que vous n'exécutiez pas tous mes com- mandements ; +15. Si vous dédaignez de suivre mes lois, et que vous méprisiez mes ordon- nances ; si vous ne faites point ce que je vous ai prescrit, et que vous rendiez mon alliance vaine et inutile, +16. Voici la manière dont j'en userai aussi avec vous. Je vous punirai bientôt par l'indigence, et par une ardeur qui vous desséchera les yeux et qui consu- mera votre vie. Ce sera en vain que vous sèmerez vos grains , parce que vos enne- mis les dévoreront. +17. Je tournerai ma face contre vous; vous tomberez devant vos ennemis, et vous serez assujettis à ceux qui vous haïssent ; vous fuirez sans que personne vous poursuive. +18. Que si, après cela même, vous ne m'obéissez point, je vous châtierai en- core sept fois plus, à cause de vos pé- chés, +19. Et je briserai la dureté de votre orgueil. Je ferai que le ciel soit pour vous comme de fer, et la terre comme d'airain. +20. Tous vos travaux seront rendus inutiles ; la terre ne produira point de grains, et les arbres ne produiront point de fruits. +13. Ego Dominus Deus vester, qui eduxi vos de terra iEgyptiorum, ne ser- viretis eis, et qui confregi catenas cer- vicum vestrarum, ut incederetis erecti. +14. Quod si non audicritis me, nec feceritis omnia mandata mea ; +15. Si spreveritis leges meas, et judicia mea contempseritis, ut non faciatis ea quœ a me constituta sunt, et ad irritum perducatis pactum meum, +16. Ego quoque hsec faciam vobis : Visitabo vos velociter in egestate, et ardore qui conficiat oculos vestros, et consumât animas vestras. Frustra seretis sementem , quse ab hostibus devorabitur. +17. Ponam faciem meam contra vos, et corruetis coram hostibus vestris, et subjiciemini his qui oderunt vos ; fu- gietis , nemine persequente. +18. Sin autem nec sic obedieritis mihi, addam correptiones vestras septuplum propter peccata vestra, +19. Et conteram superbiam duritiae vestr£e. Daboque vobis cselum desuper sicut ferrum, et terram seneam. +20. Consumetur incassum labor vester ; non proferet terra germen, nec arbores poma prôebebunt. +qu'on ne saura qu'en faire lorsque surviendront les nouvelles : Images très expressives d'une mer- veilleuse abondance. — Ponam tabernaculv.m..., arnbulabo... C'est le cœur du Dieu -roi qui tient ce langage admirable. +13. Conclusion des promesses. Dieu appose, pour ainsi dire, ici sa signature {Ego Dominus...), afin d'attester la véracité des détails qui précèdent ; et il présente sa conduite passée (eduxi vos...) comme une parfaite garantie de sa conduite fu- ture. — Confregi catenas... En hébr. : le bois de votre joug; belle image. +3° Les menaces , en cas de désobéissance, vers. 14-33. +Cinq avertissements successifs , avec gradation ascendante, commençant aux vers. 14, 18, 21, 23, 27. +14-17. Premier avertissement. — Quod si non audieritis... Début très majestueux ; il y a jus- qu'à cinq locutions synonymes pour exprimer la désobéissance du peuple, son oubli total de la loi du Sinaï (vers. 14-15). — Ego quoque... Dès +ce premier acte de la terrible tragédie, trois mi- nistres de la vengeance divine. 1° La maladie , 16» : Visitabo vos... Voici la traduction littérale de l'hébreu : Je ferai venir contre vous la ter- reur, la consomption et la fièvre, qui font lan- guir les yeux et qui consument la vie. Comp. Ex. xxin, 25, où Dieu promet au contraire d'é- cai'ter d'Israël , s'il est fidèle , tout genre do maladie. — 2° La famine, 16^ -.frustra seretis... — 3° De honteuses défaîtes, 17: corruetis... Détail saisissant : fugietis, nemine persequente. +18-20. Second avertissement: la complète sté- rilité du sol, — Sin autem nec sic... C.-à-d. même après avoir été frappés des maux qui viennent d'être décrits (vers. 16-17). — Addam septuplum. Chiffre rond, pour désigner un grand nombre de nouveaux châtiments. — Superbiam duritiœ. D'après l'hébreu : l'orgueil de votre force ; tout ce qui compose la force matérielle d'une nation, et ici, tout spécialement, la vigueur que procu- rait aux Hébreux la fertilité de leur pays. — Cœlum... ferreum, et terram ceneam. Métaphore +416 +Lev. XXVI, 21-30. +21. Si ambulaveritis ex ad verso mihi, nec volueritis aiidire me, addam plagas vestras in septupliim, propter peccata vestra ; +22. Immittamque in vos bestias agri, quse consumant vos, et pecora vestra, et ad paucitatem cimcta redigant, deser- taeque fiant vise vestrœ. +23. Quod si nec sic volueritis recipere disciplinam, sed ambulaveritis ex adverso mihi , +24. Ego quoque contra vos adversus incedam , et percutiam vos septies propter peccata vestra ; +25. Inducamque super vos gladium ultorem fœderis mei ; cumque confuge- ritis in urbes, mittam pestilentiam in medio vestri, et trademini in manibus hostium , +26. Postquam confregero baculum panis vestri; ita ut decem mulieres in uno clibano coquant panes, et reddant eos ad pondus; et comedetis, et non saturabimini. +27. Sin autem nec per hsec audieritis me, sed ambulaveritis contra me, +28. Et ego incedam adversus vos in furore contrario, et corripiam vos septem plagis propter peccata vestra, +29. Ita ut comedatis carnes filiorum vestrorum et filiarum vestrarum. +30. Destruam excelsa vestra, et simu- lacra confiingam. Cadetis inter ruinas idolorum vestrorum , et abominabitur vos anima mea, +21. Que si vous vous opposez encore à moi, et que vous ne vouliez point m'é- couter, je multiplierai vos plaies sept fois plus, à cause de vos péchés, +22. J'enverrai contre vous des bêtes sauvages , qui vous consumeront , vous et vos troupeaux, qui vous réduiront à un petit nombre, et qui de vos chemins feront des déserts. +23. Que si après cela vous ne voulez point encore vous corriger, et que vous continuiez à marcher contre moi , +24. Je marcherai aussi moi - même contre vous, et je vous frapperai sept fois plus, à cause de vos péchés. +25. Je ferai venir sur vous l'épée qui vous punira d'avoir rompu mon alliance; et quand vous vous serez réfugiés dans les villes, j'enverrai la peste au milieu de vous, et vous serez livrés entre les mains de a'os ennemis , +26. Après que je vous aurai brisé le bâton du pain ; en sorte que dix femmes cuiront du pain dans un même four, et le rendront au poids, et que vous en man- gerez sans être rassasiés. +27. Que si, même après cela, vous ne m'écoutez pas encore, et que vous conti- nuiez à marcher contre moi, +28. Je marcherai aussi contre vous;' j'opposerai ma fureur à la vôtre, et je vous châtierai de sept plaies nouvelles à cause de vos péchés, +29. Jusqu'à vous réduire à manger la chair de vos fils et de vos filles. +30. Je détruirai vos hauts lieux, et je briserai vos statues. Vous tomberez parmi les ruines de vos idoles, et mon âme vous aura en une telle abomination , +d'une grande justesse, pour dire que le ciel ne fournira pas une goutte de pluie, et que la terre, durcie , ne pourra rien produire. +21-22. Troisième avertissement : la multipli- cation des bêtes féroces. — SI ambulaveritis... Motif qui sert de préambule sinistre à chacun des avertissements divins. Cf. vers. 14, 18, 23, 27. — Bestias agri... Voyez la note de Gen. i, 24. — ConséqTiences funestes de cette invasion : quce consuviant vos, et pecora... +23-2G. Quatrième avertissement : Jéhovah mar- chera en personne contre le peuple rebelle, afin de venger l'alliance outragée et profanée. — Quatre châtiments spéciaux sont mentionnés : la guerre (25»), la peste (25b), la captivité (25=), la famine ( 26 ). — Les derniers traits sont par- ticulièrement pittoresques : confregero baculum panis (cf. Ps. crv, IC; Ez. rv, IC, etc.); decem, mulieres in tmo clibano... Ces fours sont très petits (Atl. archéol., pi. xl^, fig. 9-11), et ne^ +cuisent journellement que le pain d'une famille; mais , en ces temps de malheur, ils suffiront pour préparer les provisions de dix ménages, car chaque Israélite n'aura qu'une maigre et insuffisante ra- tion (ad pondus). +27-33. Cinquième avertissement : les maux prédits sont de plus en plus affreux. — l» Encore la famine. Cette fois, les subsistances font com- plètement défaut; aussi les Hébreux en seront- ils réduits à manger leurs propres enfants (vers. 29). Cf. IV Rcg. vi, 28-29 ; Jer. xix, 8-9 i Thren. ii, 10. — 2° Renversement des idoles qui avaient rcînplacé Jéhovah ; leurs adorateurs seront écrasés sous les décombres des temples (vers. 30). Excelsa (héhr.: bamôt) représente les collines , et autres lieux élevés , qui servaient fré- quemment de théâtre aux rites idolâtriques ; simulacra (hébr.: hammânim), les colonnes so- laires dédiées à Baal (voy. YAtl. archéol., pi. cxii, flg. 6; pi. cxvi, fig. 7). —-3« Destruction des +Lev. XXVI, 31-40. +417 +31. Que je changerai vos villes en solitude, je ferai de vos sanctuaires des lieux déserts, et je ne rece^Tai plus de vous l'odeur très agréable des sacrifices. +32. Je ravagerai votre pays, je le ren- drai l'étonneraent de vos ennemis mêmes, lorsqu'ils en seront devenus les maîtres et les habitants. +33. Je vous disperserai parmi les na- tions , je tirerai l'épée derrière vous ; votre pays sera désert, et vos villes ruinées. +34. Alors la terre se plaira dans les jours de son repos , pendant le temps qu'elle demeurera déserte. +35. Quand vous serez dans une terre ennemie, elle se reposera, et elle trou- vera son repos, étant seule et aban- donnée ; parce qu'elle ne l'a point trouvé dans vos jours de sabbat lorsque vous l'habitiez. +36. Quant à ceux d'entre vous qui res- teront, je frapperai leurs cœurs d'épou- vante au milieu de leurs ennemis ; le bruit d'une feuille qui vole les fera trem- bler, ils fuiront comme s'ils voyaient une épée , et ils tomberont sans que personne les poursuive. +37. Ils tomberont chacun sur leurs frères , comme s'ils fuyaient du combat ; nul d'entre vous ne pourra résister à vos ennemis. +38. Vous périrez au milieu des na- tions, et vous mourrez dans une terre ennemie. +39. Que s'il en demeure encore quel- ques-uns d'entre ceux-là, ils sécheront au milieu de leurs iniquités dans la terre de leurs ennemis, et ils seront accablés d'affliction à cause des péchés de leurs pères , et de leurs propres fautes , +40. Jusqu'à ce qu'ils confessent leurs +31. In tantum ut urbes vestras redigam in solitudinem, et déserta faciam san- ctuaria vestra, nec recipiam ultra odorem suavissimum. +32. Disperdamque terram vestram, et stupebunt su])er ea inimici A'-estri, cum habitatores illius fuerint. +33. Vos autem dispergam in gentes, et evaginabo post vos gladium , eritque terra vestra déserta, et civitates vestrae dirutœ. +34. Tune placebunt terrœ sabbata sua cunctis diebus solitudinis suae; quando fueritis +35. In terra hostili, sabbatizabit , et requiescet in sabbatis solitudinis suse, eo quod non requieverit in sabbatis vestris , quando habitabatis in ea. +36. Et qui de vobis remanserint, dabo pavorem in cordibus eorum in regionibus hostium ; terrebit eos sonitus f olii volan- tis, et ita fugient quasi gladium ; cadent, nullo persequente, +37. Et corruent singuli super fratres suos quasi bella f ugientes ; nemo vestrum inimicis audebit resistere. +38. Peribitis inter gentes, et hostilis vos terra consumet. +39. Quod si et de iis aliqui remanse- rint, tabescent in iniquitatibus suis, in terra inimicorum suorum et propter pec- cata patrum suorum et sua affligentur, +40. Donec confiteantur iniquitates suas, +cités, des sanctuaires de l'alliance, cessation du culte tliéocratique (vers, 31). Les mots odorem suavissimum désignent les sacrifices, auxquels Dieu s'était auparavant complu. Cf. i, 9; Gen. VIII, 21; Am. v, 21, etc. — 4° La ruine totale de la Palestine, et la dispersion d'Israël à travers les nations païennes (vers. Z2-ZZ). Evaginabo post vos...: pour les empêcher de rentrer dans la terre sainte après qxi'ils en auront été expulsés. Cf. Gen. m, 24. +4° Résultats produits par ces divers châtiments, vers. 34-45. +34-35. Après la dispersion des Juifs, le sol palestinien se reposera : placebunt terra sab- bata... (personnification remarquable). 11 trou- vera ainsi une compensation aux travaux exces- sifs qu'on lui aura imposés en ne célébrant pas +les années sabbatiques : eo quod non requieverit... Cf. XXV, 1-7, 11-12; II Par. xxxvi, 21. Autre manière de prophétiser la ruine complète du paj'-s, +3G-38. Sort des Israélites dans les contrées où ils auront été exilés. — Ceux d'entre eux qui au- ront survécu aux maux précédemment décrits (qui... remanserint) seront loin de trouver le repos et la paix dans l'exil. Là même ils seront poursuivis par des terreurs indicibles, visiblement surnaturelles, racontées en termes pittoresques (terrebit... sonitus /olii...), et ils finiront par périr misérablement. +39-41. Conversion des derniers l'cstcs d'Isrjiël. — Premier degré de cette conversion, vers. 39-40 : l'humble confession des fautes qui auront causé tant de maux effroyables. — Deuxième degré, +418 +Lev. XXVI, 41 — XXVII, 2. +et majorum suorum, quibus prsevaricati sunt in me, et ambulaverunt ex adverso milii. +41. Ambulabo igitur et ego contra eos, et inducam illos in terram hostilem, donec erubescat incircumcisa mens eorum ; tune orabunt pro irapietatibus suis. +42. Et recordabor foederis mei, quod pe])igi cum Jacob, et Isaac, et Abraham. Terne quoque memor ero, +43. Quae cum relicta fuerit ab eis, complacebit sibi in sabbatis suis, patiens sobtiidinem propter illos. Ipsi vero roga- bunt pro peccatis suis, eo quod abjecerint judicia mea, et leges meas despexcrint. +44. Et tamen etiam cum essent in terra hostili, non penitus abjeci eos, neque sic despexi ut consumerentur, et irritum facerem pactum meum cum eis. Ego enim sum Dominus Deus eorum, +45. Et recordabor f œderis mei pristini, quando eduxi eos de terra -^gypti in conspectu gentium, ut essem Deus eorum. Ego Dominus. Hsec sunt judicia atque praecepta et leges, quas dédit Dominus inter se et filios Israël in monte Sinai per manum Moysi. +iniquités et celles de leurs ancêtres, par lesquelles ils ont violé mes ordonnances, et ont marché contre moi. +41. Je marcherai donc aussi moi-même contre eux, et je les ferai aller dans un pays ennemi, jusqu'à ce que leur âme incirconcise rougisse de honte ; ce sera alors qu'ils prieront pour leurs im- piétés. +42. Et je me souviendrai de l'al- liance que j'ai faite avec Jacob, Isaac et Abraham. Je me souviendrai aussi de la terre, +43. Qui, ayant été abandonnée par eux, se plaira dans ses jours de sabbat, souffrant volontiers d'être seule et délais- sée à cause d'eux. Ils me demanderont alors pardon pour leurs péchés, parce qu'ils auront rejeté mes ordonnances et méprisé mes lois. +44. Toutefois, alors même qu'ils étaient dans une terre ennemie, je ne les ai pas tout à fait rejetés, et je ne les ai point méprisés jusqu'à les laisser périr entière- ment, et rendre vaine l'alliance que j'ai faite avec eux. Car je suis le Seigneur leur Dieu, +45. Et je me souviendrai de cette an- cienne alliance que j'ai faite avec eux, quand je les ai tirés de l'Egypte à la vue des nations, afin d'être leur Dieu. Je suis le Seigneur. Ce sont là les ordonnances, les préceptes et les lois que le Seigneur donna par Moïse sur la montagne du Sinaï, comme un pacte entre lui et les enfants d'Israël. +CHAPITRE XXVII +1. Locutusque est Dominus ad Moysen, dicens : +2. Loquere filiis Israël et dices ad eos : Homo qui votum fecerit, et spoponderit +1. Le Seigneur parla encore à Moïse, et lui dit : +2. Parlez aux enfants d'Israël, et dites- leur : L'homme qui aura fait un vœu et +vers. 41 : une demande sincère de pardon. Mais il faudra encore des châtiments nombreux pour produire ces effets salutaires , comme le disent tous ces versets. — Mens incircumcisa : un cœur rempli de souillures. Voy. Ex. vi , 12 , et la note. +42 - 45». Le rétablissement de l'alliance. — Dé- tails admirables , par lesquels le Seigneur met en relief sa fidélité à ses promesses antiques, et le but qu'il se proposait en châtiant les Hébreux : il ne punissait que pour convertir, et que pour resserrer plus étroitement les liens de l'alliance conclue au Sinaï. +45''. Conclusion des chap. xxv et xxvi. +§ VII. — Les vœux, Voffrande des premiers-nés, la dîme, etc. XXVII, 1-34. +1® Les vœux et leur commutation, vers. 1-25. +Chap. XXVII. — 1-2». Transition et introduc- tion, dans les termes accoutumés. +2'' -8. Si c'est une personne qui a été vouée. — Qui votum fecerit. Pieuse coutume, qu'on trouve dans tous les temps et dans tous les pays. Cf. Gen. xxvin, 20 et ss. On suppose ici que l'auteur du vœu est un homme ; sur les vœux émis par une femme, voyez Num. xxx, 2-16. — Et spoponderit animam suam. L'hébreu emploio +Lev. XXVII, 3-13. +410 +qui aura promis à Dieu de lui consacrer sa vie, payera 2)oiir se décharger de son vœu un certain prix, selon l'estimation suivante : +3. Si c'est un homme, depuis la ving- tième année jusqu'à la soixantième , il donnera cinquante sicles d'argent, selon le poids du sanctuaire; +4. Si c'est une femme, elle en donnera trente. +5. Depuis cinq ans jusqu'à vingt, l'homme donnera vingt sicles ; et la femme dix. +6. Depuis un mois jusqu'à cinq ans, on donnera cinq sicles pour un garçon ; et trois pour une fille. +7. Depuis soixante ans et au-dessus, un homme donnera quinze sicles, et une femme dix. +8. Si c'est un pauvre, qui ne puisse payer le prix de son vœu suivant l'esti- mation ordinaire, il se présentera devant le prêtre, qui en jugera, et il donnera autant que le prêtre le verra capable de payer. +9. Si quelqu'un voue au Seigneur une bête qui lui puisse être immolée, elle sera sainte , +10. Et elle ne pourra être changée ; c'est-à-dire qu'on n'en pourra donner ni une meilleure pour une mauvaise, ni une pire pour une bonne. Si celui qui l'a vouée la change, et la bête qui aura été changée, et celle qu'on aura substi- tuée à sa place, sera consacrée au Sei- gneur. +11. Si quelqu'un voue au Seigneur une bête impure qui ne puisse lui être immolée, elle sera amenée devant le prêtre, +12. Qui jugera si elle est bonne ou mauvaise, et y mettra le prix. +13. Si celui qui offre la bête en veut payer le prix, il ajoutera encore un cin- quième à l'estimation qui en sera faite. +Deo animam suam, sub SGStimatione dabit pretium : +3. Si fuerit masculus, a vigesimo anno usque ad sexagesimum annum, dabit quinquaginta siclos argenti ad mensuram sanctuarii ; +4. Si mulier, triginta. +5. A quinto autem anno usque ad vi- gesimum masculus dabit viginti siclos ; femina decem. +6. Ab uno mense usque ad annum quintum, pro masculo dabuntur quinque sicli ; pro femina très. +7. Sexagenarius et ultra masculus da- bit quindecim siclos ; femina decem. +8. Si pauper fuerit, et sestimationem reddere non valebit, stabit coram sacer- dote, et quantum ille œstimaverit, et viderit eum posse reddere, tantum dabit. +9. Animal autem, quod immolari po- test Domino , si quis voverit, sanctum erit, +10. Et mutari non poterit, id est, nec melius malo, nec pejus bono ; quod si mutaverit, et ipsum quod mutatum est, et illud pro quo mutatum est, consecra- tum erit Domino. +11. Animal immundum, quod immo- lari Domino non potest, si quis voverit, adducetur ante sacerdotem , +12. Qui judicans utrum bonum an malum sit, statuet pretium. +13. Quod si dare voluerit is qui offert, addet supra sestimationem quintam par- tem. +le pluriel : « animas, » c.-à-d. des personnes. Par exemple, en cas de maladie, de péril pour la vie, etc., on pouvait consacrer à Dieu, sous une forme ou sous une autre, sa femme, ses enfants, etc. On rachetait ensuite la personne ainsi vouée moyennant une somme {suh cestimatlone... pre- tium) qui servait aux besoins du culte. — Les vers. 3-7 contiennent une sorte de tarif légal, sUiVant l'âge et le sexe des personnes. +Hommes. Femmes. +D'un mois à 5 ans . . 5 sicles. 3 sicles. +De 5 ans à 20 ans . . 20 — 10 — +De 20 ans à 60 ans. . 50 — 30 — +60 ans et au-dessus, .15 — 10 — +Sur l'expression ad mensuram sanctuarii, voyez +Ex. xxx , 24 , et le commentaire. Le vers. 8 con- tient un tarif spécial pour les pauvres. Au temps du second temple le minimum était d'un sicle. 9-13. Si le vœu a des animaux pour objet. On distingue alors entre les animaux purs (9-10) et les animaux impurs ( 11 - 13 ). — 1° S'il est pur, l'animal ainsi voué sera sanctum, une chose sainte , et le « vovens » ne pourra ni le rachetei', ni l'échanger pour un autre. — 2« S'il s'agit d'un animal impur (un .âne, un chameau, etc.), il sera vendu d'après l'estimation faite par le prêtre ; si l'auteur du vœu désire le racheter lui-même, il payera un cinquième en sus du prix fixé, sorte d'amende pour expier son dédit. +42a- +Lev. XXVII, 14-23. +14. Homo si voverit domiim suam , et sanctificaverit Domino, considerabit eam sacerdos iitriim bona an mala sit, et juxta pretiiim, qiiod ab eo fuerit consti- tutum , venundabitur. +15. Sin autem ille qui voverat vo- luerit redimere eam , dabit quintam partem sestimationis supra, et habebit domum. +16. Quod si agrum possessionis suse voverit, et consecraverit Domino, juxta mensuram sementis sestimabitur pre- tium : si triginta modiis hordei seritur terra, quinquaginta siclis venundetur argenti. +17. Si statim ab anno incipientis jubi- lei voverit agrum, quanto valere potest, tanto sestimabitur. +18. Sin autem post aliquantum tem- poris , supputabit sacerdos pecuniam juxta annorum, qui reliqui sunt, nume- rum usque ad jubileum, et detralietur ex pretio. +19. Quod si voluerit redimere agrum ille qui voverat, addet quintam partem sestimatfe pecuniae, et possidebit eum. +20. Sin autem noluerit redimere, sed alteri cuilibet fuerit venundatus, ultra eum qui voverat redimere non poterit ; +21. Quia eum jubilei venerit dies, sanctificatus erit Domino, et possessio consecrata ad jus pertinet sacerdotum. +22. Si ager emptus est, et non de possessione majorum sanctificatus fuerit Domino , +23. Supputabit sacerdos, juxta anno- rum numerum usque ad jubileum, pre- tium ; et dabit ille qui voverat eum, Domino : +14. Si un homme voue sa maison et la consacre au Seigneur, le prêtre consi- dérera si elle est bonne ou mauvaise , et elle sera vendue selon le prix qu'il y aura mis. +15. Si celui qui a fait le vœu la veut racheter, il ajoutera un cinquième t\ l'es- timation qui en aura été faite, et il aura la maison. +16. Que s'il a voué et consacré au Sei- gneur le champ qu'il possède, on y mettra le prix à proportion de la quantité de grain qu'on emploie pour l'ensemencer ; s'il faut trente mesures d'orge pour ense- mencer le champ, il sera vendu cinquante sicles d'argent. +17. Si un homme fait vœu de don- ner son champ dès le commencement de l'année du jubilé, il sera estimé au- tant qu'il pourra valoir. +18. S'il le voue quelque temps après, le prêtre supputera l'argent selon le nombre des années qui restent jusqu'au jubilé, et il en ôtera autant du prix. +19. Si celui qui avait voué son champ veut le racheter, il ajoutera un cinquième à l'estimation qui en aura été faite, et il le possédera de nouveau. +20. S'il ne veut pas le racheter, et s'il a été vendu à un autre , il ne sera plus au pouvoir de celui qui l'avait voué de le racheter ; +21. Parce que, lorsque le jour du ju- bilé sera venu, il sera consacré au Sei- gneur, et qu'un bien consacré appartient aux prêtres. +22. Si le champ qui a été consacré au Seigneur a été acheté, et n'est pas venu, à celui qui le donne, de la succession de ses ancêtres, +23. Le prêtre en fixera le prix, en supputant les années qui restent jusqu'au jubilé, et celui qui l'avait voué donnera ce prix au Seigneur; +14-15. Si c'est une maison qui a été vouée. — Mêmes règles que pour les animaux impurs. +16-25. Si le vœu portait sur un champ. — Les règles varient selon que ce champ fait partie d'un patrimoine {si agrum possessionis...) , ou qu'il a été simplement acheté par l'auteur du vœu. — Première hj-pothèse, vers. 16-21. D'abord, au vers. 16, une règle générale, pour fixer le prix auquel le champ sera vendu dans l'intérêt du sanctuaire. L'évaluation aura pour base, non pas les récoltes , qui sont trop variables , mais la quantité du grain nécessaire pour ensemencer convenablement la terre. On cite un exemple : +si triginta modiis... (hébr, : trente Tjomer, dix fois dix éphah, c.-à-d. 3 388 lit.). — Les vers. 17-18 contiennent des règles plus spéciales pour déterminer le prix de vente, selon que l'année jubilaire était plus ou moins éloignée. Voy. xxv, 14-16, 26-27, et l'explication. — Aux vers. 19-21, autres règles spéciales , suivant que le « vovens » rachetait ou ne rachetait pas lui-même son champ. Sur l'expression hébraïque hérem , qui correspond à possessio consecrata de la Vulgate, voyez la note du vers. 28. — Deuxième h5T)othèse, vers. 23-24. Si le champ voué à Dieu ne faisait point partie d'un héritage de famille (non de +Lev. XXVII, 24-32. +421 +24. Mais en l'année du jubilé, le champ retournera à l'ancien propriétaire qui l'avait vendu, et qui l'avait possédé comme un bien qui lui était propre. +25. Toute estimation se fera au poids ^ du sicle du sanctuaire. Le sicle a vingt +oboles. +26. Personne ne pourra consacrer ni vouer les premiers -nés, parce qu'ils ap- partiennent au Seigneur ; que ce soit un veau ou une brebis, ils sont au Seigneur. +27. Si la bête est impure, celui qui l'avait offerte la rachètera suivant votre estimation, et il ajoutera encore le cin- quième du prix. S'il ne veut pas la ra- cheter, elle sera vendue à un autre au prix que vous l'aurez estimée. +28. Tout ce qui est consacré au Sei- gneur, que ce soit un homme, ou une bête, ou un champ, ne se vendra point, et ne pourra être racheté. Tout ce qui aura été consacré une fois au Seigneur sera pour lui, comme étant une chose très sainte. +29. Tout ce qui aura été offert par un homme, et consacré au Seigneur, ne se rachètera point ; mais il faudra néces- sairement qu'il meure. +30. Toutes les dîmes de la terre, soit des grains, soit des fruits des arbres, appartiennent au Seigneur, et lui sont consacrées. +31. Mais si quelqu'un veut racheter ses dîmes, il donnera un cinquième en sus du prix qu'elles seront estimées. +32. Tous les dixièmes des bœufs, des brebis et des chèvres, et de tout ce qui +24. In jubileo autem revertetiir ad priorem dominum, qui vendiderat eum, et habuerat in sorte possessionis suae. +25. Omnis œstimatio siclo sanctuarii ponderabitur. Siclus viginti obolos habet. +26. Primogenita, quœ ad Dominum pertinent, nemo sanctiiicare poterit et vovere ; sive bos, sive ovis fuerit, Do- mini sunt. +27. Quod si immundum est animal, redimet qui obtulit, juxta aestimationem tuam, et addet quintam partem pretii ; si redimere noluerit, vendetur alteri quantocumque a te fuerit asstimatum. +28. Omne quod Domino consecratur, sive homo fuerit, sive animal, sive ager, non vendetur, nec redimi poterit. Quid- quid semel fuerit consecratum, sanctum sanctorum erit Domino. +29. Et omnis consecratio, quse offertur ab homine, non redimetur ; sed morte morietur. +30. Omnes decima3 terrœ , sive de frugibus , sive de pomis arborum , Domini sunt, et illi sanctificantur. +31. Si quis autem voluerit redimere décimas suas, addet quintam partem earum. +32. Omnium decimarum bovis et ovis et caprse, quse sub pastoris virga trans- +possessione majorum) ^ mais n'appartenait à l'au- tenr du vœu que par suite d'un achat, comme il devait revenir plus tard à son premier maître en vertu du privilège jubilaire (vers. 24 ; cf. xxv, 23-28), au fond l'usufruit seul avait été consa- cré au Seigneur. Pour fixer la somme due au sanctuaire, il suffisait donc de déterminer le nombre des récoltes jusqu'au jubilé, et leur valeur appi'oximative. — Omnis œstimatio... (vers. 25). Note importante, en vue d'éviter les contestations possibles. Cf. Ex. xxx, 13 ; xxxviii, 24, et les com- mentaires. +2° Rachat des premiers-nés des animaux, vers. 26-27. +26-27. Même distinction que précédemment (vers. 9-13). — Les premiers -nés des animaux purs, appartenant de droit au Seigneur, Ex.xiii, 2; xxn, 30 , ne pouvaient évidemment pas être l'objet d'un vœu (vers, 26). Quant aux premiers-nés des animaux impurs (vers. 27), il était permis de les racheter, d'après les règles fixées plus haut (vers. 11-13). — Ce passage apporte une modifi- cation aux ordonnances qui avaient été antérieu- +rement prescrites sur le même point, Ex. xiii, 13; xxxiv, 20. +3° Objets consacrés sous l'anathème, vers. 28-29. +28-29. Quod... consecratur. En hébr. : hérem, mot dont la racine signifie primitivement : couper; puis , retrancher de l'usage commun ; enfin , con- sacrer à Dieu d'une manière irrévocable, avec destruction de la personne ou de la chose qui était ainsi vouée. L'histoire de la conquête de la Palestine nous fournira maint exemple de cette consécration spéciale. Cf. Num. xxi, 2-3; Deut. II, 34; in, 6; Jos. ii, 10; vni, 26; Jud. i, 17; XXI, 2; I Reg, xv, 33, etc. — Si homo... Non que cette loi autorisât les sacrifices humains, comme on l'a injustement prétendu. Les personnes qu'atteignait le hérc.m méritaient déjà la mort à d'auti'es titres. — Règle unique, réitérée coup sur coup : non vendetur, nec redimi poterit... +40 La dîme et sa commutation , vers. 30 - 33. +30-31. Dîme des fruits de la terre, et règle pour leur rachat. +32-33. Dîme des animaux purs. Même loiquo +20* +422 +Lev. XXVII, 33-34. +eunt, quidqiiid decimum venerit, san- ctificabitur Domino. +33. Non eligetur nec bonum, nec malum , nec altero commutabitur ; si quis mutaverit, et quod mutatum est, et pro quo mutatum est, sanctificabitur Domino , et non redimetur. +34. Hffic sunt prsecepta, quse mandavit Dominus Moysi ad filios Israël, in monte Sinai. +passe sous la verge du pasteur, seront offerts au Seigneur. +33. On ne choisira ni un bon ni un mauvais, et on ne changera point l'un pour l'autre. Si quelqu'un fait ce chan- gement, ce qui aura été changé, et ce qui aura été mis en sa place, sera con- sacré au Seigneur, et ne pourra être ra- cheté. +34. Ce sont là les ordonnances que le Seigneur a données à Moïse pour les enfants d'Israël sur la montagne du Sinaï. +pour les premiers - nés (vers. 26) : impossibilité du rachat. — Suh pastoris virga. Trait pitto- resque. La lioulette du pasteur (Ps. xxii, 4; Jer. XXXIII, 13; Ez. xx, 37), servait à compter le bétail quand il sortait de l'étable ou qu'il y rentrait. Lorsque le temps était venu de payer la dime sainte, disent les rabbins, on trempait +cette houlette dans une teinture rouge, et elle marquait les animaux que le sort avait désignés pour être la portion du Seigneur. Ce trait aide à compi'endre les mots : non eligetur... +3° Conclusion de tout le livre, vers. 34. +34. Eœc sunt prcecepta... Cf. XXYi, 45''. Simple récapitulation du Lévitique, +LES NOMBRES +i° Le nom. — Nombres, du latin Numeri ^ , lequel traduit lui-même le grec 'ApiOfjLot. Ce livre débute, en effet, par le dénombrement soit des Hébreux ca- pables de porter les armes ^, soit des Lévites ^, au moment où s'achevait la législation du Sinaï. Et, plus loin "*, il contient encore un nouveau recensement de l'armée théocratique. Les Juifs emploient parfois les dénominations analogues de Mispârim, « Nombres , » et de PikkucUm, qui équivaut à Recensiones d'Ori- gène^, quoique le nom dont ils se servent le plus fréquemment soit Vayifdah- her ^, le premier mot du livre. Ils disent aussi : Bammidhar, « dans le désert », et cette appellation, empruntée au vers. 1 du chap. I^r, serait assurément la meilleure sous le rapport du sujet, puisque les Nombres racontent surtout les marches et contremarches des Israélites dans le désert de l'Arabie Pétrée. +2» Le sujet traité. — Ainsi donc, trajet d'Israël à travers le désert, depuis le pied du Sinaï jusqu'aux steppes de Moab % c'est-à-dire jusqu'à la limite orien- tale de la Terre promise; ou, en d'autres termes, histoire du peuple hébreu, à partir de la conclusion définitive de l'alliance^, jusqu'aux derniers préparatifs accomplis par Moïse en vue de la conquête de la Palestine cisjordanienne. Tel est, en abrégé, le sujet du quatrième livre du Pentateuque, qui reprend le fil historique presque entièrement interrompu par les prescriptions du Lévitique ^. +A vrai dire, c'est ici que commence l'histoire du « peuple de Dieu » , titre que les Hébreux ne méritèrent d'une manière adéquate qu'après l'achèvement de la législation du Sinaï. Mais dans ces annales, qui comprennent environ trente- neuf ans, le narrateur insiste sur les faits accomplis durant les premiers et les derniers mois, et il glisse très rapidement sur les trente-huit années intermé- diaires, tristes, monotones, et sans autre incident remarquable que la lente destruction d'une génération coupable. +Les Hébreux, pleins d'élan, quittent donc le Sinaï après que la vie théocra- tique a été organisée dans ses parties essentielles , et ils s'en vont conquérir la Palestine, qui leur est réservée d'après d'antiques et nombreuses promesses *o. Mais Dieu les éprouve le long du chemin , pour affermir leur foi et les habituer à ne se confier qu'en lui. Ils subissent mal l'épreuve, et ils s'attirent des châti- ments terribles. Cependant ils ressuscitent peu à peu, après s'être vus presque anéantis par le Seigneur, et nous assistons à leurs premières victoires déci- sives, qui les établissent dans les provinces situées au delà du Jourdain. +* Au nominatif pluriel, et point, comme on l'a parfois supposé, au génitif singulier. +" Chap. I, ^ Chap. III. +* Chap. XXVI. +^ Ap. Euseb., Hist. eccl, Yi, 25. ^ « Et 11 parla. » Voyez la page 15. +' Voyez VAtl. géogr., pi. v. +^ Cf. Lev. xxvu, 34. +^ Voyez l'Introduction, p. 323. +*^ Cf. Gen. XII, 7 ; xiii, 14-17 ; xv, 16 ; xvn, 8 ; XXVi, 3 ; xxviii, 13 ; xxxv, 12 ; XLYI, 4; l, 23-24; Ex. m, 7-8, 16-17; vi. 7-8, etc. +424 LES NOMBRES +Tandis que Thistoire raconte tous ces traits , la législation se perfectionne par quelques nouvelles prescriptions ajoutées aux anciennes. Israël devient Tarmée de Jéhovah; on lui indique comment il devra accomplir la conquête, puis le partage de la Palestine. Mais ces ordonnances sont simplement complémentaires. Par conséquent, comme dans PExode, tissu remarquable de faits et de lois, quoique avec prédominance des faits. +3*^ Plan et division. — Trois parties principales : 1° les préparatifs du départ, ayant pour but la guerre sainte à entreprendre prochainement, i, 1-x, 10; 2^ les marches et contremarches dTsraël depuis le Sinaï jusqu'aux steppes de Moab, x, 11-xxi, 35; 3° les Hébreux dans les steppes de Moab, xxii-xxxvi. +Quatre sections dans la première partie: i, 1-iv, 49, recensement de l'armée théocratique et des lévites; v, 1-vi, 27, quelques ordonnances relatives à la sainteté légale et morale du camp; vn, 1-ix, 14, les derniers événements ac- complis au pied du Sinaï; ix, 15-x, 10, divers signaux pour diriger les haltes et les départs. +Deux sections dans la deuxième partie : x, 11-xiv, 45, du Sinaï à Cadès ; XV, 1-xxi, 35, les pérégrinations à travers le désert. +Trois sections dans la troisième partie : xxii, 1-xxv, 18, les machinations des Moabites et des Madianites contre Israël; xxvi, 1-xxx, 17, ordonnances rela- tives à la prochaine prise de possession de la Palestine; xxxi, 1-xxxvi, 13, les premières conquêtes à Test du Jourdain. +Le commentaire donnera des subdivisions plus complètes *. +4° Chronologie du livre des Nombres. — La période de temps comprise entre le premier et le dernier verset est très clairement déterminée. Le récit commence avec le premier jour du second mois de la seconde année à partir de la sortie d'Egypte, 1,1. Vers la fm du livre, xxxni, 38, le narrateur nous apprend que la mort d'Aaron eut lieu « la quarantième année qui suivit la sortie d'Egypte, au cinquième mois, le premier jour du mois y>. Ce qui fait un intervalle de trente-huit ans trois mois. Mais à ce chiffre nous devons ajouter quelques mois, pour le temps qui s'écoula jusqu'à la date marquée au début du Deutéronome, I, 3, « la quarantième année, le onzième mois, le premier jour du mois. » Nous obtenons ainsi, comme durée totale, un peu moins de trente-neuf ans. +5° Sous le rapport de Vintérêt, le livre des Nombres occupe un des premiers rangs parmi les écrits historiques de l'Ancien Testament. Encore la législation théocratique, des extraits importants de la vie du peuple de Dieu, de précieux détails géographiques, des fragments poétiques remarquables par leur antiquité et leur beauté^, de hautes révélations messianiques, ou sous forme de types, comme l'histoire du serpent d'airain ^, ou en termes directs, comme dans l'épi- sode de Balaam"* : ces sujets pris en eux-mêmes, ou dans leur variété, et dans l'entrain avec lequel ils sont traités, présentent constamment un intérêt spé- cial, et, comme on l'a dit, partout « la vérité de la narration biblique affirme sa puissance ». +Livres à consulter. — Les bons commentaires catholiques anciens et mo- dernes, spécialement ceux de Calmet; parmi les ouvrages contemporains, Ch. Schœbel, Démonstration de l'authenticité du Lévitique et des Nombres; L. de Laborde, Cotwtnentaire géographique de V Exode et des Nombres , 'Taris, 1841; F. Vigoureux, la Bible et les découvertes modernes, t. II, p. 591 et suiv. +* Yoyez aussi notre édition de la BiUia sacra. ' \ ^ Cf. xxi, 4-9, +2 Cf. VI, 21-26; XXI, 11-15, 18, 27-30. 1 ^ Cliap. xxiii-xxiY. +LES NOMBRES +CHAPITRE I +1. La seconde année après la sortie des enfants d'Israël hors de l'Egypte , le premier jour du second mois, le Seigneur parla à Moïse au désert du Sinaï, dans le tabernacle de l'alliance , et lui dit : +2. Faites un dénombrement de toute l'assemblée des enfants d'Israël selon leurs familles, leurs maisons et leurs noms ; faites - le de tous les mfiles +3. Depuis vingt ans et au-dessus, de tous les hommes forts d'Israël; vous les compterez tous selon leurs bataillons, vous et Aaron. +4. Et avec vous seront ceux qui sont, +1 . Locutusque est Dominus ad Moysen in deserto Sinai, in tabernaculo fœderis, prima die mensis secundi, anno altero egressionis eorum ex ^gypto, dicens : +2. Tollite summam universse congre- gationis filiorum Israël per cognationes et domos suas, et nomiua singulorum, quidquid sexus est masculini, +3. A vigesimo anno et supra, omnium virorum fortium ex Israël ; et numera- bitis eos per turmas suas, tu et Aaron. +4. Eruntque vobiscum principes tri- +PREMIERE PARTIE +Préparatifs de la guerre saînie en vue de conquérir la Terre promise. 1,1 — X, 10, +Le but du séjour des Hébreux axiprès du Siiiaï pst luaititenant atteint. L'alliance a été conclue, la loi promulguée dans ses pai'ties essentielles, le sanctuaire érigé; Dieu a établi sa résidence au milieu du peuple qu'il s'est choisi. Israël va .donc bientôt se mettre en route pour posséder le riche pays qui lui était destiné ; mais aupa- ravant le Seigneur lui donne une organisation militaire conforme à ses desseins ultérieurs. +Section I. — Recexsemext de l'armée ïhéocra- +TIQUE ET DES LÉVITES. 1,1 — lY, 49. +C'était, naturellement, le pi'emier acte requis par les circonstances. +§ L — Le dénonibrement des guerriers dans chaque tribu. I, 1-54. +10 Choix des censeurs, vers. 1-16. +Chap. I. — 1. Introduction historique, indi- quant le lieu (in deserto..., in tabernaculo) et le temps (prima die...) de la révélation divine relative à ce dénombrement. +2-3». Objet principal de la nouvelle prescrip- tion de Jéhovah. — Tollite summam... Six mois auparavant, lorsqu'il avait été question de. la capitation sacrée, Dieu avait annoncé à Moïse +qu'elle aurait pour base un dénombrement gé- néral des Tsi'aélites. Voy. Ex. xxx, 11 et ss., et le commentaire; comp. Ex. xxxviir, 25-28, où le résultat du recensement actuel (i, 4'J) a été donné par anticipation. — Manière d'e.vécdter l'opération : per cognationes, et domos... Cela sup- pose quati'e éléments distincts : la tribu ; dans chaque tribu, les mispahot (Vulg. : « cognatio- nes »), sortes de clans; dans la mispahah, les maisons des pères ( hébr. : beyt 'abut ) ; dans ces dernières, les familles isolées et proprement dites ; dans chaque famille , les individus qui tombaient sous le cens (nomina singulorum; l'hébreu ajoute : l'gulgolôtam, selon leurs têtes). Voj'cz dans V Atlas archéol., pi. lxxix, flg. 1 et 7, des scènes de recensement dans l'antique Egypte. — Quelques autres détails plus précis : les hommes seuls étaient recensés (quidquid masculini...), à partir de vingt ans, mais sans limite au-dessus de cet âge, puisque Israël devait être ce qu'on nomme aujourd'hui un peuple armé (omnium... fortium; hébr. : tout ce qui est propre à la guerre en Israël). Le but du dénombrement était donc sur- tout civil et militaii'e, quoiqu'il eût, nous l'avons vu plus haut, son côté religieux. +Si^-ie. Les censeurs. — En premier lieu, comme il était naturel, Moïse et Aaron, placés dès les preiniers jours et de toutes manières à la tête d'Israël. Avec eux, comme auxiliaires, les chefs des douze tribus, mentionnés noamuément aiuc +426 +NuM. I, 5-20. +buum ac domorum in cognationibus suis, +5. Quorum ista sunt nomina : De Ruben, Elisur filius Sedeur. +6. De Simeon, Salamiel filius Surisad- dai. +7. De Juda, Nahasson filius Amina- dab. +8. De Issachar, Nathanael filius Suar. +9. De Zabulon, Eliab filius Helon. +10. Filiorum autem Joseph , de Ephraim, Elisama filius Ammiud ; de Manasse, Gamaliel filius Phadassur ; +11. De Benjamin, Abidan filius Ge- deonis ; +12. De Dan, Ahiezer filius Ammisad- dai ; +13. De Aser, Phegiel filius Ochran; +14. De Gad, Eliasaph filius Duel; +15. De Nephthali, Ahira filius Enan. +16. Hi nobilissimi principes multitu- dinis per tribus et cognationes suas, et capita exercitus Israël ; +17. Quos tulerunt Moyses et Aaron cum omni vulgi multitudine ; +18. Et congregaverunt primo die men- sis secundi, recensentes eos per cogna- tiones, et domos, ac familias, et capita, et nomina singulorum, a vigesimo anno et supra, +19. Sicut prseceperat Dominus Moysi. Numeratique sunt in deserto Sinai. +20. De Ruben, primogenito Israelis, per generationes et familias ac domos Buas, et nomina capitum singulorum, omne quod sexus est masculini a vige- simo anno et supra, procedentium ad bellum , +dans leurs familles, les princes de leurs tribus et de leurs maisons. +5. Voici leurs noms : De la tribu de Ruben, Elisur fils de Sédéiir. +6. De la tribu de Siméon, Salamiel fils de Surisaddaï. +7. De la tribu de Juda, Nahasson fils d'Aminadab. +8. De la tribu tiens et les Assyriens avaient des enseignes et l'équivalent de nos drapeaux, soit pour les corps d'armée, soit pour les simples détachements. Voyez l'Atlas archéol., pi. lxxxvi, flg. 12-13; pi. Lxxxix, flg. 2,4, etc. — Per gyrum... Hébr.: minnéged, « en face, » mais à une certaine dis- tance. La Vulgate exprime bien la pensée. +2» Les tribus campées à l'est du tabernacle, vers. 3-9. +3-4. Juda, en tête de cette partie du campe- ment. — Ad orientem, le poste d'honneur, en avant de l'entrée du tabernacle. — Princeps... Nahasson. Les noms des chefs sont les mêmes qu'au chap. i, vers. 5-15. +5-8. Aux côtés de Juda, et sous ses ordres, +«^H <6 +vt +NuM. ir, 9-19. +431 +9. Tous cenx qne l'on a comptés comme devant être du camp de Juda sont au nombre de cent quatre-vingt-six mille quatre cents, et ils marcheront les pre- miers, chacun selon ses troupes. +10. Du côté du midi, Elisur fils de Sé- déiir sera le prince dans le camp des en- fants de Ruben ; +11. Et tout le corps de ses combattants, dont on a fait le dénombrement, est de quarante-six mille cinq cents. +12. Ceux de la tribu de Siméon cam- peront auprès de Ruhen, et leur prince est Salamiel fils de Surisaddaï. +13. Tout le corps de ses combattants, dont on u fait le dénombrement, est de cinquante-neuf mille trois cents. +14. Éliasaph fils de Duel est le prince dans la tribu de Gad ; +15. Et tout le corps de ses combat- tants, dont on a fait le dénombrement, est de quarante - cinq mille six cent cin- quante. +IG. Tous ceux dont on a fait le dé- nombrement jpour être du camp de Ru- ben sont au nombre de cent cinquante et un mille quatre cent cinquante, dis- tingués tous selon leurs troupes ; ils mar- cheront au second rang. +17. Puis le tabernacle du témoignage sera porté par le ministère des Lévites, qui marcheront selon leurs troupes. On le démontera, et on le dressera de nouveau dans le même ordre, et les Lévites mar- cheront chacun en sa place et en son rang. +18. Les enfants d'Ephraïm camperont du côté de l'occident ; Elisama fils d'Am- miud en est le prince ; +19. Tout le corps de ses combattants, +9. Universi qui in castris Judae annu- merati sunt, fuerunt centum octoginta sex millia quadringenti ; et per turmas suas primi egredientur. +10. In castris filiorum Ruben ad me- ridianam plagam erit princeps Elisur filius Sedeur ; +11. Et cunctus exercitus pugnatorum ejus qui numerati sunt, quadraginta sex millia quingenti. +12. Juxta eum castrametati sunt de tribu Simeon, quorum princeps fuit Sa- lamiel filius Surisaddai. +13. Et cunctus exercitus pugnatorum ejus qui numerati sunt, quinquaginta novem millia trecenti. +14. In tribu Gad princeps fuit Eliasaph filius Duel ; +15. Et cunctus exercitus pugnatorum ejus qui numerati sunt , quadraginta quinque millia sexcenti quinquaginta. +16. Omnes qui recensiti sunt in cas- tris Ruben centum quinquaginta millia et mille quadringenti quinquaginta per turmas suas ; in secundo loco profici- scentur. +17. Levabitur autem tabernaculum testimonii per ofiicia levitarum et turmas eorum ; quomodo erigetur, ita et depo- netur ; singuli per loca et ordines suos proficiscentur. +18. Ad occidentalem plagam erunt castra filiorum Ephraim, quorum prin- ceps fuit Elisama filius Ammiud ; +19. Cunctus exercitus pugnatorum +Issachar (5-6) et Zabiilon (7-8) : tous trois fils de, Lia, Gon. xxix, 35; xxx, 14-20. +9. Nombre total des guerriers de ces trois tribus, et leur ordre de marche. — Centum octoginta...: 186 400 hommes. C'était îe corps d'armée le plu? considérable. — Primi egredientur : à Favant- garde, et encore au poste d'honneur, puisque c'était le poste de péril. +30 Tribus campées au sud du tabernacle , vers. 10-16. +10-11. Ruben, a la tête de cette seconde partie du campement. Quoique fils aîné, 11 est désor- mais inférieur à Juda. Cf. Gen. xux, 3-4. +12-15. Aux côtés de Ruben, Siméon (12-13), né de Lia comme lui (cf. Gen. xxix, 33), et leur demi-frère t\ tous deux, Gad (14-15), fils de Jacob par Zelpha, la servante de leur mère (Gen. xxx, 9-10) +16. Nombre total des guerriers qui formaient +ce second corps d'armée (151450), et leur ordre de marche (secundo loco...). +40 L'ordre de campement et de marche pour les Lévites, vers. 17. +17. Levabitur autem... Hébr. : « Et (ensuite) partira le tabernacle de l'alliance (avec) le camp des Lévites, au milieu des (autres) camps. » Par conséquent, à la suite du corps d'armée formé par Ruben, Siméon et Gad. — Qtiomodo erigetur, ita... Les Lévites, avec le tabernacle, devaient donc constamment occuper le milieu du camp, en marche comme aux temps de halte. Voyez quelques nuances d'expressions dans l'hé- breu, et des détails plus comiilcts au chap. m, 13-39. +50 Tribus campées h l'ouest ùa tabernacle, vers, 18-24. +18-19, En tête, la tribu d'Ephraïm. +432 +NuM. 11, 20-33. +ejns, qui niimerati sunt, quadraginta millia quingeiiti. +20. Et cuni eis tribus filiorum Manasse, quorum princeps fuit Gamaliel filius Phadassur ; +21. Cunctusque exercitus pugnatorura ejus qui nuraerati sunt, triginta duo millia ducenti. +22. In tribu filiorum Benjamin prin- ceps fuit Abidan filius Gedeonis ; +23. Et cunctus exercitus pugnatorum ejus qui recensiti sunt, triginta quinque millia quadringenti. +24. Omnes qui numerati sunt in castris Ephraim , centum octo millia centum per turmas suas ; tertii profici- scentur. +25. Ad aquilonis partem castrametati sunt filii Dan, quorum princeps fuit Ahiezer filius Ammisaddai. +26. Cunctus exercitus pugnatorum ejus qui numerati sunt, sexaginta duo miilia septingenti. +27. Juxta eum fixere tentoria de tribu Azer ; quorum princeps fuit Phegiel filius Ochran ; +28. Cunctus exercitus pugnatorum ejus qui numerati sunt, quadraginta millia et mille quingenti. +29. De tribu filiorum Nephtliali prin- ceps fuit Ahira filius Enan ; +30. Cunctus exercitus pugnatorum ejus, quinquaginta tria millia quadrin- genti. +31. Omnes qui numerati sunt in cas- tris Dan, fuerunt centum quinquaginta septem millia sexcenti ; et novissimi pro- ficiscentur. +32. Hic numerus filiorum Israël, per domos cognationum suarum et turmas divisi exercitus, sexcenta tria millia quingenti quinquaginta. +33. Levitae autem non sunt numerati +dont on a fait le dénombrement , est de quaiante raille cinq cents. +20. La tribu des enfants de Manassé sera auprès d'eux ; Gamaliel fils de Pha- dassur en est le prince ; +21. Et tout le corps de ses combattants, dont on a fait le dénombrement, est de trente-deux mille deux cents. +22. Abidan fils de Gédéon est le prince de la tribu des enfants de Benjamin ; +23. Et tout le corps de ses combat- tants, dont on a fait le dénombrement, est de trente-cinq mille quatre cents. +24. Tous ceux dont on a fait le dénom- brement pour être du camp d'Éphraïm sont au nomhre de cent huit mille cent hommes, distingués tous selon leurs trou- pes ; ils marcheront au troisième rang. +25. Les enfants de Dan camperont du côté de l'aquilon, et Ahiézer fils d'Am- misaddaï en est le prince. +26. Tout le corps de ses combattants, dont on a fait le dénombrement, est de soixante-deux mille sept cents. +27. Ceux de la tribu d'Aser dresseront leurs tentes près de Dan, et leur prince est Phégiel fils d'Ochran ; +28. Tout le corps de ses combattants, dont on a fait le dénombrement, est de quarante et un mille cinq cents. +29. Ahira fils d'Enan est le prince de la tribu des enfants de Nephthali ; +30. Tout le corps de ses combattants est de cinquante-trois mille quatre cents. +31. Le dénombrement de ceux qui seront dans le camp de Dan est de cent cinquante -sept mille six cents, et ils marcheront au dernier rang. +32. Toute l'armée des enfants d'Israël étant divisée en diverses troupes, selon leurs maisons et leurs familles, était donc au nombre de six cent trois mille cinq cent cinquante. +33. Mais les Lévites n'ont point été +20-23. Aux côtés d'Ephi'aïm, son frère Manassé (20-21), et Benjamin, leur oncle (22-23): tous issus de Eachcl. Cf. Ps. lxxix , 3. +24. Nombre total des guerriers qui compo- saient ce troisième corps d'armée (108100), et leur ordi'e de marche {tertii..., immédiatement à la suite du tabernacle et des Lévites). +60 Tribus campées au nord du tabernacle, vers. 25-31. +25-26. En tête, la tribu de Dan, l'aîné des fils de Jacob nés de ses femmes secondaires ( cf. Gen. XXX, 1-6). +27-30. Avec Dan, deux autres fils d'esclaves : +Aser (27-28), né de Zclpha, et Nephthali (29-30), né de Bala comme Dan. +31. Nombre total des guerriers de ce quatrième corps d'armée (157 600), et leur ordre de marche {novissimi..,, à l'arrière - garde). +7» Récapitulation générale , vers. 32 - 34. +32 - 33. De nouveau , l'indication du chiffre total des guerriers Israélites , déduction faite des Lévites : 603 550. Chiffre considérable , si l'on songe aux épreuves infligées au peuple hébreu par les Égyptiens (cf. Ex. i, 8-22 et l'explication); mais l'Israël mystique, le peuple chrétien, sera autrement considérable : « Vidi turbam magnam. +NuM. II, 34 — III, 7. +433 +comptés dans ce dénombrement des en- fants d'Israël ; car le Seigneur l'avait ainsi ordonné à Moïse. +34. Et les enfants d'Israël exécutèrent tout ce que le Seigneur leur avait com- mandé. Ils campèrent en divers corps, et ils marchèrent selon le rang des fa- milles et des maisons de leurs pères. +inter filios Israël ; sic enim prseceperat Dominus Moysi. +34. Feceruntque filii Israël juxta om- nia quœ mandaverat Dominus. Castra- metati sunt per turmas suas, et profecti per familias ac domos patrum suorum. +CHAPITRE III +1. Voici la postérité d'Aaron et de Moïse, au temps où le Seigneur parla à Moïse sur la montagne du Sinaï. +2. Et voici les noms des enfants d'Aaron : Nadab l'aîné, puis Abiu, Eléa- zar et Ithamar. +3. Ce sont les noms des enfants d'Aa- ron qui furent prêtres, qui reçurent l'onc- tion, et dont les mains furent remplies et consacrées pour exercer les fonctions du sacerdoce. +4. Or Nadab et Abiu, ayant ofEert un feu étranger devant le Seigneur au désert du Sinaï , moururent sans enfants ; et Eléazar et Ithamar exercèrent les fonc- tions du sacerdoce du vivant de leur père Aaron. +5. Le Seigneur parla donc à Moïse, et lui dit : +6. Faites approcher la tribu de Lévi , et faites que ceux de cette tribu se tiennent devant le prêtre Aaron, afin qu'ils le servent et qu'ils veillent, +7. qu'ils observent tout ce qui re- +1. H 9e sunt gênera tiones Aaron et Moysi, in die qua locutus est Dominus ad Moysen in monte Sinai. +2. Et haec nomina filiorum Aaron : primogenitus ejus Nadab, deinde Abiu, et Eleazar, et Ithamar. +3. Hsec nomina filiorum Aaron sacer- dotum qui uncti sunt, et quorum repletae et consecratee manus ut sacerdotio f un- gerentur. +4. Mortui sunt enim Nadeb et Abiu, cum ofïerrent ignem alienum in con- spectu Domini in deserto Sinai, absque liberis ; functique sunt sacerdotio Eleazar et Ithamar coram Aaron pâtre suc. +5- Locutusque est Dominus ad Moysen, dicens : +6. Applica tribum Levi, et fac stare in conspectu Aaron sacerdotis ut ministrent ei, et excubent, +7. et observent quidquid ad cultum +quam dinumerare nemo poterat, ex omnibus gen- tibus, et tribubus, et populis, et linguis. » Apoc. VII, 9. +34. Exécution intégrale des ordres du Sei- gneur. Les détails castrametati sunt, profecti, sont insérés par anticipation. — Le camp israé- lite, ainsi organisé, formait une « civitas in quadro poslta », symbole de glorieux mystères, dont la réalisation n'est pas encore achevée. Cf. Ez. XLViii, 30-34; Apoc. xx, 9; xxi, 16. +§ II. — Recensement et fonctions des Lévites. III, 1 — IV, 49. +lo Énumération des fils d'Aaron. III, 1-4. +Chap. III. — 1. Titre qui rappelle ceux des livres de la Genèse , ii , 4 ; v, 1 , etc. — Aaron et Moysi. Tuisqu'il s'agit d'une généalogie (ge- nerationes ) , Aaron est naturellement nommé le premier, en sa qualité d'aîné. D'ailleurs, quoique intitulée « générations d'Aaron et de iloïse », cette liste ne mentionne en réalité que les des- cendants dAarou, qui héritèrent de la dignité +de leur père; le rôle de Moïse, exclusivement personnel, ne passa point à ses fils, que nous trouvons simplement classés parmi les Lévites. Cf. I Par. xxiii, 14. +2-4. Les fils d'Aaron. — Après avoir cité leurs noms (vers. 2), le narrateur rappelle en quelques mots leur consécration sacerdotale (vers. 3) et le triste sort de Nadab et d'Abiu (vers. 4). Pour les détails de ces événements , voyez Ex. xxix , 1-37; Lcv. viii, 1-13 ; x, 1 et ss. — Mortui... absque liberis. Ce trait n'avait pas été signalé pi'écédem- ment. — Functi... sacerdotio... coram pâtre: avec lui, et sous ses ordres. Cf. I Par. xxiv, 9. +2° Dieu associe les Lévites aux prêtres pour les fonctions du culte. III, 5-10. +5-10. Applica. Hébr. : haqreb, fais approcher. Cf. Ex. xxviii, 1. — Et fac stare in conspectu...: en présence de leur chef suprême, le grand prêtre. — Le rôle des Lévites est ensuite déterminé som- mairement : ministrent ei, et excubent... (vers. 6*-8) ; plus bas, ù différentes reprises (vers. 21-37 ; IV, 1-33), il sera précisé dans le détail. — Dabisque +434 +NuM. m, 8-17. +pertinet multitudinis corara tabernaculo testimonii ; +8. et custodiant vasa tabernaculi , ser- vientes in ministerio ejus. +9. Dabisque dono levitas +10. Aaron et filiis ejus, quibus traditi sunt a liliis Israël ; Aaron aiitem et lilios ejus constitues super cultum sacerdotii. Externus, qui ad ministrandum acces- serit, morietur. +11. Locutusque est Dominus ad Moy- sen, dicens : +12. Ego tuli levitas a filiis Israël pro omni primogenito, qui aperit vulvam in filiis Israël ; eruntque levitse mei , +13. meum est enim omne primogeni- tum. Ex que percussi primogenitos in terra ^gypti, sanctificavi mihi quidquid primum nascitur in Israël, ab homine usque ad pecus ; mei sunt. Ego Dominus. +14. Locutusque est Dominus ad Moysen in deserto Sinai , dicens : +15. Numera filios Levi per domos pa- trum suorum et familias, omnem ma- sculum, ab uno mense et supra. +16. Numera vit Moyses, ut prseceperat Dominus. +17. Et inventi sunt filii Levi per no- mina sua : Gerson, et Caatli, et Merari. +garde le culte que le peuple doit me rendre devant le tabernacle du témoi- gnage, +8. qu'ils aient en garde les ustensiles du tabernacle, et qu'ils rendent tous les services qui regardent le saint ministère. +9. Vous donnerez les Lévites +10. à Aaron et à ses fils, auxquels ils ont été livrés par les enfants d'Israël. Mais vous établirez Aaron et ses enfants pour les fonctions du sacerdoce. Tout étranger qui s'approchera du saint minis- tère sera puni de mort. +11. Le Seigneur parla encore à Morse, et lui dit : +12. J'ai pris les Lévites d'entre les enfants d'Israël à la place de tous les premiers-nés, qui sortent les premiers du sein de leur mère d'entre les enfants d'Israël ; c'est pourquoi les Lévites seront à moi, +13. car tous les premiers -nés sont à moi. Depuis que j'ai frappé dans l'Egypte les premiers -nés, j'ai consacré pour moi tout ce qui naît le premier en Israël, dejDuis les hommes jusqu'aux bêtes; ils sont tous à moi. Je suis le Seigneur. +14. Le Seigneur parla de nouveau à Moïse au désert du Sinaï, et lui dit : +15. Faites le dénombrement des en- fants de Lévi selon toutes les maisons de leurs pères et selon leurs familles , et comptez tous les mâles depuis un mois et au-dessus. +16. Moïse en fit donc le dénombrement, comme le Seigneur l'avait ordonné. +17. Et il trouva comme fils de Lévi ceux dont voici les noms : Gerson, Caath et Mérari. +dono... Dieu insiste sur ce point : la famille lé- vitique sera entièrement subordonnée aux prêti-es dans l'exercice du ministère sacré; les Lévites ne seront que les sei'viteurs d'Aaron et de ses fils. De là cette répétition si énergique de l'hébreu : n'tànim, n'tûnim hemmah lô (au lieu de quibus traditi...), a donnés, donnés eux à lui; » pour signifler : entièrement donnés. — A filiis Israël. Plutôt : d'entre les fils d'Israël, — Externus, qui... En dehors des prêtres et des Lévites, pereonne ne pourra s'immiscer aux choses du culte. Cf. i, 51^ etc. +30 Les Lévites sont ainsi choisis pour rem- placer les premiers-nés d'Israël. III, 11-13. +11-13. Pro omni primogenito. Cf. Ex. xiiij 2, 11-16. Au moment de la sortie d'ÉgjiJte, le Sei- gneur s'était réservé les pi-emiers - nés mâles de toutes les familles Israélites, qu'il avait épargnés et sauvés pendant la dixième plaie. C'étaient eux qui, d'après cette consécration, semblaient des- tinés au service du culte : Dieu les remplace +maintenant par les Lévites. Aussi conclut -il en termes expressifs : erunt Levitœ mei, de même que les premiers-nés lui appartenaient. +40 Dénombrement des Lévites, et indication générale de leurs fonctions. III, 14-39. +14-15. L'injonction divine. — Numera filios Levi : ils avaient été exclus du premier reccn • sèment. Cf. i, 47. — Ab uno viense : au lieu de « a vigesimo anno » pour les autres tribus (i, 3). Le motif de cette différence est manifeste. « Il y avait dans les autres tribus des premiers -nés de tout âge ; on prend aussi des Lévites de tout âge. Si l'on se fût restreint h ne prendre des Lé- vites que depuis l'âge de vingt ans jusqu'à soixante, leur nombre n'aurait pu égaler, à beaucoup près, celui de tous les premiers-nés des autres tribus. » Calmet, Comment, littéral sur les Nombres, h. 1. Ce même âge d'un mois sera plus tard fixé pour le rachat des premiers-nés. Cf. xviii, 16. +16-20. Les flls et les petits-fils de Lévi. — Énu« mératiou qui servira de base au dénombrement +NuM. UT, 18-32. +435 +18. Les fils de Gerson sont Lebni et Séméi. +19. Les fils de Cnatli sont Amram , Jésaar, Hébron et Oziel. +20. Les fils de Mérari sont ]\Ioholi et Musi. +21. De Gerson sont sorties deux fa- milles, celle de Lebni et celle de Séméi, +22. dont tous les mâles ayant été comptés depuis un mois et au-dessus, il s'en trouva sept mille cinq cents. +23. Ceux-ci doivent camper derrière le tabernacle, vers l'occident, +24. ayant pour prince Eliasaph , fils de Laël. +25. Et ils veilleront dans le tabernacle de l'alliance , +26. ayant en leur garde le tabernacle même, sa couverture, le voile qu'on tire devant la porte du tabernacle de l'al- liance, et les rideaux du parvis; comme aussi le voile qui est suspendu à l'entrée du parvis du tabernacle , tout ce qui ap- partient au ministère de l'autel, les cor- dages du tabernacle, et tout ce qui est employé à son usage. +27. De Caath sont sorties les familles des Amramites, des Jésaarites, des Hé- bronites et des Oziélites. Ce sont là les familles des Caathites, dont on a fait le dénombrement selon leurs noms. +28. Tous les mâles depuis un mois et au-dessus sont au nombre de huit mille six cents. Ils veilleront à la garde du sanctuaire, +29. et ils camperont vers le midi. +30. Leur prince sera Elisaphan, fils d'Oziel. +31. Ils garderont l'arche, la table, le chandelier, les autels et les vases du sanctuaire qui servent au saint minis- tère , le voile et toutes les choses de cette nature. +32. Eléazar, fils du prêtre Aaron et +18. Filii Gerson : Lebni et Semei. +19. Filii Caath : Amram et Jesaar, Ilebron et Oziel. +20. Filii Merari : Moholi et Musi. +21. De Gerson fuere familiae duœ, Lebnitica, et Semeitica, +22. quarum numeratus est populus sexus masculini ab uno mense et supra, septem millia quingenti. +23. Hi post tabernaculum metabuntur ad occidentem, +24. sub principe Eliasaph filio Lael. +25. Et habebunt excubias in taberna- culo fœderis, +26. ipsum tabernaculum et operimen- tum ejus, tentorium quod trahitur ante fores tecti fœderis , et cortinas atrii ; tentorium quoque quod appenditur in introitu atrii tabernaculi , et quidquid ad ritum altaris pertinet, funes tabernaculi et omnia utensilia ejus. +27. Cognatio Caath habebit populos Amramitas et Jesaaritas et Hebronitas et Ozielitas. Hse sunt familise Caathita- rum, recensitse per nomina sua. +28. Omnes generis masculini ab uno mense et supra, octo millia sexcenti ha- bebunt excubias sanctuarii, +29. et castrametabuntur ad meridia- nam plagam. +30. Princepsque eorum erit Elisaphan filius Oziel. +31. Et custodient arcam, mensamque et candelabrum, altaria et vasa sanctua- rii, in quibus ministratur, et vélum, cunctamque hujuscemodi supellectilem. +32. Princeps autem principum levi- +b +et à l'organisation des Lévites. Trois groupes de Lévites, rattachés aux trois fils do Lévi : les Gcrsonitcs, les Caathites, les Mérarites. Les Ger- sonites divisés en dexix familles; les Caathites, en quatre faniilles; les Mérarites, en deux fa- milles. Cf. Gcn. XLVi, 11 ; Ex. vi, 16 ; I Par. v, 1. 21-26. Dénombrement et fonctions spéciales des G2rsonites. — Leur nombre (vers. 22) : 7 500. Leur place dans le camp d'Israël : à l'ouest, derrière le tabernacle ( vers. 23 ). Leur chef : Eliasaj)h (vers. 24).— Leur ministère (vers. 25-26) concernait les tentures, les rideaux et les cor- dages du tabcrn.iclc. Cf. iv, 24-28. — Au lieu de quidquid ad riitim aliaris, l'hébreu dit seu- +lement : « et autour do l'autel, » pour désigner les rideaux du parvis. Voy. VAtl. archéol., pi. xcvi, fig. 1. +27-32. Dénombrement et fonctions des Caa- thites. — Ils étaient les plus nombreux des trois groupes : 8 600. Leur phxcc dans le camp : au sud du tabernacle. Dieu les honora d'une manière toute spéciale en leur réservant le ministère le plus important : le transport de l'arche , des deux autels, de la table des pains de proposi- tion, du voile qui séparait le Saint et le Saint des saints, des vases sacrés, etc. Cf. iv, 4-20. Outre leur chef immédiat, Elisaphan , ils avaient encore à leur tête Éléazar, l'ainé des ûls survi- +21 +43G +NuM. m, 33-39. +tarum Eleazar, filius Aaron sacerdotis, erit super excubitores custodige san- ctuarii. +33. At vero de Merari erunt popiili ]\Ioholit8e et Musitœ recensiti per nomina sua : +34. omnes geiieiis masculini ab uno mense et supra, sex millia ducenti. +35. Princeps eorum Suriel filius Abi- haiel ; in plaga septentrionali castrame- tabuntur. +36. Erunt sub custodia eorum tabulae tabernaculi et vectes, et columnag ac bases earum, et omnia quae ad cultam liujuscemodi pertinent ; +37. columnseque atrii per circuituni cum basibus suis, et paxilli cum fu- nibus. +38. Castrametabuntur ante taberna- culum fœderis, id est, ad orientalem plagam, Moyses et Aaron cum filiis suis, habentes custodiam sanctuarii in medio filiorum Israël; quisquis alienus acces- serit, morietur. +39. Omnes levitae , quos numeraverunt +prince des princes des Lévites, sera pré- posé à ceux qui veilleront à la garde du sanctuaire. +33. Les familles sorties de Mérari sont les Moholites et les Musites, dont on a fait le dénombrement selon leurs noms. +34. Tous les mâles depuis un mois et au-dessus sont au nombre de six mille deux cents. +35. Leur prince est Suriel, fils d'Abi- haïel ; ils camperont vers le septentrion. +36. Ils auront en garde les ais du ta- bernacle, les barres, les colonnes avec leurs bases, et tout ce qui en dépend; +37. les colonnes qui environnent le parvis avec leurs bases, et les pieux avec leurs cordages. +38. Moïse et Aaron avec ses fils, qui ont la garde du sanctuaire au milieu des enfants d'Israël, camperont devant le tabernacle de l'alliance, c'est-à-dire du côté de l'orient. Tout étranger qui s'en approchera sera puni de mort. +39. Tous les mâles d'entre les Lévites, +vants d'Aaron ; car Moïse et Aaron appartenaient à cotte branche de la famille lévitique. Cf. Ex. VI, 18-20. +33-37. Dénombrement et fonctions spéciales des Mérarites.— Ils étaient les moins nombreux : seulement 6 200. Leur chef : Suriel. Leur place dans le camp : au nord du tabernacle. Leur mi- nistère consistait à transporter toute la char- pente du sanctuaire et du parvis. Cf. iv, 31-33. — Paxilli cum funibus. Les Gersonites étaient chargés des cordages du tabernacle proprement dit (vers. 2G) ; les Mérarites s'occupaient unique- ment de ceux qui maintenaient les rideaux de la +cour. +5° Récapitulation. III, 38-39. +38. Place réservée dans le camp h Moïse et anx prêtres. — Ante tabernaculun , ... au poste d'honneur par conséquent; on ajoute que c'était dans la direction de l'est, d'après l'orientation du lieu saint. Ainsi donc, il y avait, tout autour du tabernacle qui servait de palais h Jéhovah, une double ligne de tentes Israélites : la plus rapprochée était occupée par Moïse, les prêtres et les Lévites ; la seconde, par la masse des douze tribus. Le tableau suivant mettra cette disposi- tion sous les yeux du lecteur. +Nord. +Manassé. +Ouest. Ephraïm. +Aser. +Dax. +Nei^hthali. +Gersonites. +Mérarites. +Moïse Aaron et ses flls. +Issachar +Le Tabernacle. +Judas. +Caathites. +Zabulon +Siméon. +RUBEX. +Sud. +Gad. +Benjamin. +Voyez aussi VAtl. archéol., pi. xcvr, fîg. 1. +39. Nombre total des Lévites a mense uno et supra: 22 000. Et pourtant, si l'on additionne les chiffres partiels mentionnés aux vers. 22, 28, +Est. +34 (7 500 -|- 8 600 -|- 6 200) , on trouve la somme de 22 300. Tourquoi donc cette différence ? La plupart des oxégètes contemporains admettent une erreur de transcription. Les rabbins juifs, +NuM. III, 40-48. +437 +depuis un mois et au-dessus , dont Moïse et Aaron firent le dénombrement selon leurs familles, comme le Seigneur le leur avait commandé, se trouvèrent au nombre de vingt-deux mille. +40. Le Seigneur dit encore à Moïse : Dénombrez tous les premiers -nés mâles des enfants d'Israël, depuis un mois et au-dessus, et vous en tiendrez le compte. +41. Vous prendrez pour moi les Lé- vites à la place des premiers-nés des en- fants d'Israël. Je suis le Seigneur ; et les troupeaux des Lévites seront pour tous les premiers -nés des troupeaux des en- fants d'Israël. +42. Moïse fit donc le dénombrement des premiers- nés des enfants d'Israël, comme le Seigneur l'avait ordonné ; +43. et tous les milles ayant été mar- qués par leurs noms depuis un mois et au-dessus, il s'en trouva vingt-deux mille deux cent soixante-treize. +44. Le Seigneur parla de nouveau à Moïse, et lui dit : +45. Prenez les Lévites pour les pre- miers-nés des enfants d'Israël, et les troupeaux des Lévites pour leurs trou- peaux ; et les Lévites seront à moi. Je suis le Seigneur. +46. Et pour le prix des deux cent soixante - treize aînés des enfants d'Is- raël qui dépassent le nombre des Lé- vites , +47. vous prendrez cinq sicles par tête au poids du sanctuaire. Lé sicle est de vingt oboles. +48. Et vous donnerez cet argent à Aaron et à ses fils pour le prix de ceux qui dépassent le nombre des Lévites. +Moyses et Aaron, juxta prseceptum Do- mini per familias suas in génère mascu- lino, a mense uno et supra, .fuerunt vi- ginti duo millia. +40. Et ait Dominus ad Moysen : Nu- mera primogenitos sexus masculini de filiis Israël ab uno mense et supra, et habebis summam eorum. +41. Tollesque levitas mihi pro omni primogenito filiorum Israël. Ego sum Dominus ; et pecora eorum pro universis primogenitis pecorum filiorum Israël. +42. Recensuit Moyses, sicut praece- perat Dominus, primogenitos filiorum Israël ; +43. et fuerunt masculi per nomina sua, a mense uno et supra, viginti duo millia ducenti septuaginta très. +44. Locutusque est Dominus ad Moy- sen, dicens : ' +45. Toile levitas pro primogenitis filiorum Israël, et pecora levitarum pro pecoribus eorum ; eruntque levitge. mei. Ego sum Dominus. +46. In pretio autem ducentorum se- ptuaginta trium, qui excedunt nume- rum levitarum de primogenitis filiorum Israël, +47. accipies quinque siclos per sin- gula capita ad mensuram sanctuarii. Siclus liabet viginti obolos. +48. Dabisque pecuniam Aaron et filiis ejus, pretium eorum qui supra sunt. +et à leur suite un certain nombre de commen- tateurs chrétiens , attribuent la divergence à une circonstance assez ATaisemblable : le chiffre 300 , omis au vers. 29, l'eprésenterait les premiers-nés mâles venus au monde dans la tribu même de Lévi depiiis la sortie d'Egypte. Les Lévites de- vant désormais remplacer les premiers - nés , il étràt inutile de faire entrer les leurs en ligne de compte, puisqu'ils appartenaient déjà au Sei- gneur à, un autre titre. +6o Eecensement et rachat des premiers - nés. 111,40-51. +40-41. Dicti ordonne à Moïse de dénombrer les premiers -nés mâles d'Israël, en vue de les échanger contre les Lévites. Cf. vers. 11-13. +42-43. Résultat de cette opération : 22 273 pre- miers-nés. On a prétendu de nos jours que ce chiffre était trop restreint pour une nation qui comptait^ G03 550 hommes adultes (cf. ii, 32); +mais le texte même de ia loi par laquelle Dieu avait enjoint autrefois aux Hébreux de lui con- sacrer leui's premiers-nés montre qu'elle ne devait pas avoir d'effet rétroactif, et qu'elle concernait beulement l'avenir. Cf. Ex. xni, 1-2. Et alors ce nombre est au contraire considérable, et dénote, dans le peuple Israélite, une vitalité extraordi- naire, qui s'explique par les bénédictions célestes. Cf. Ex. I, 7. +44 -4S, Le rachat de l'excédant des premiers- nés. — En comparant les résultats des deux dé- nombrements accomplis en dernier lieu, vers. 14-39, 40-43, on trouve que les premiers-nés des douze tribus dépassaient de 273 (22273 — 22 000 ) le chiffre des Lévites. Il fallait donc pour ces 273 un mode particulier de rachat ; Dieu fixa à cette intention une modique somme d'argent : quinque siclos per singnla capita, c.-à-d. cinq fois 2 f r. 83 , puisqu'il s'agit du sicle d'argent. +438 +NuM, III, 49 — IV, 5. +49. Tulit igitur Moj^ses pecuniam eo- rum qui fuerant amplius, et quos rede- merant a levitis : +50. pro priraogenitis filiorum Israël, mille trecentomm sexaginta quinque si- clorum jiixta pondus sanctuarii ; +51. et dédit earn Aaron et filiis ejus, juxta verbum quod prœceperat sibi Do- minus. +49. Moïse prit donc l'argent de ceux qui dépassaient ce nombre, et qu'ils avaient racheté des Lévites : +50. ce qu'il reçut pour les premiers- nés des enfants d'Israël forma la somme de mille trois cent soixante -cinq sicles au poids du sanctuaire ; +51. et il donna cet argent à Aaron et à ses fils, selon l'ordre que le Seigneur lui avait donné. +CHAPITRE IV +1. Locutusque est Dominus ad Moysen et Aaron, dicens : +2. Toile summam filiorum Caath de medio levitarum per donios et familias suas , +3. a trigesimo anno et supra, usque ad quinquagesimum annum, omnium qui ingrediuntur ut stent et ministrent in tabernaculo fœderis. +4. Hic est cultus filiorum Caath : Ta- bernaculum fœderis, et sanctum san- ctorum. +5. Ingredientur Aaron et filii ejus, quando movenda sunt castra; et dépo- nent vélum quod pendet ante fores, in- volventque eo arcam testimonii; +1. Le Seigneur parla encore à Moïse et à Aaron, et il leur dit : +2. Faites le dénombrement des fils de Caath séparément des autres Lévites, par maisons et par familles, +3. depuis trente ans et au-dessus jusqu'à cinquante ans , de tous ceux qui entrent dans le tabernacle de l'alliance pour y assister et pour y servir. +4. Voici quelles seront les fonctions des fils de Caath ; elles concernent le tabernacle de l'alliance et le saint des saints. +5. Lorsqu'il faudra lever le camp, Aaron et ses fils entreront dans le taher- iuœle. Ils détendront le voile qui est sus- pendu devant l'entrée du sanctuaire, et ils en couvriront l'arche du témoignage; +Sur les mots ad mensuram sanctuarii , voyez Ex. XXX, 13, et le commentaire. — Siclus... vi- ginti oholos. Dans l'hébreu : vingt gérah, petite monnaie qui valait environ 14 centimes. — Le vers. 48 prescrit l'emploi de la somme fournie par ce rachat : dabis... Aaron et Jiliis ejus. +49-51. Moïse exécute l'ordre du Seigneur. — Quos redemerant a Levitis. Hébr.: rachetés par les Lévites , c.-à-d. par la substitution des Lévites k leur place. — Produit total qui fut remis à Aaron : 1 365 sicles ( 273 X 5 ) , ou environ 3 862 fr, 95. Le narrateur oublie d'indiquer le moyen par lequel furent déterminés les 273 pre- miers-nés qui furent ainsi rachetés à prix d'ar- gent. On choisit peut-être les plus jeunes; ou bien on recourut au sort , comme le veulent les rabbins. +7° Les fonctions des Caathites. IV, 1-20. +On revient ici au ministère des Lévites, pour en mai'quer plus complètement les détails ; car les Indications données plus haut, m, 25-26, 31, 36-37, n'étaient que sommaires et anticipées. Ce ministère consistait surtout à transporter le mo- bilier sacré, divisé en trois parts d'après le nombre des groupes lévitiques. +Chap. IV. — 1-3. Dieu ordonne de compter les membres de la famille de Caath propres au ser- +vice du culte. — Filiorum Caath. Les Caathites obtiennent maintenant le premier rang, au lieu du second, qui était celui de leur origine : c'est à cause de la prééminence de leurs fonctions, et aussi parce que Moïse et Aaron faisaient partie de leur groupe. — A trigesimo..., ad quinqua- gesimum... Les limites de ce second recensement des Lévites sont bien différentes de celles du pre- mier (m, 15): c'est qu'au lieu d'un nombre total, on veut seulement obtenir la somme des adultes aptes à remplir un service pénible, qui exigeait la plénitude des forces physiques. Il faut se souvenir qu'en Orient on s'affaiblit plus vite qu'en Europe, et qu'on est d'ordinaire un vieillard à cinquante ans. Saint Jean - Baptiste et N.-S. Jésus-Christ commencèrent pareillement leur mi- nistère à trente ans. — Ut stent. Dans l'hébreu : lasaba' , expression qui signifie tout d'abord « armée, milice »; mais qui sert aussi dans la Bible à désigner le service religieux. Cf. viii, 24-25; XXXI, 7, 42; xxxviii, 8, etc. +4-15. L'office spécial des Caathites. — Cet office est d'abord déterminé en gros (vers. 4) : taber- naculum..., et sancta sanctorum. D'après l'hé- breu : « dans le tabernacle de l'alliance, le saint des saints; » c.-à-d., ici, les objets les plus saints. — Viennent ensuite les instructions détaillées +NuM. IV, 6-13. +439 +6. ils mettront encore par -dessus une couverture de peaux de couleur violette , et étendront sur cette couverture un drap de couleur d'hyacinthe, et ils feront passer les bâtons dans les anneaux de l'arche. +7. Ils envelopperont aussi dans un drap d'hyacinthe la table des pains de propo- sition, et ils mettront avec elle les en- censoirs, les petits mortiers, les petits vases et les coupes pour les oblations do liqueur ; et les pains seront toujours sur la table. +8. Ils étendront par -dessus un drap d'écarlate , qu'ils couvriront encore d'une couverture de peaux violettes, et ils fe- ront passer les bâtons daiis les anneaux de la table. +9. Ils prendront aussi un drap d'hya- cinthe, dont ils couvriront le chandelier avec ses lampes, ses pincettes, ses mou- chettes, et tous les vases à huile, c'est- à-dire tout ce qui est nécessaire pour entretenir les lampes. +10. Ils couvriront toutes ces choses avec des peaux violettes, et feront passer les bâtons dans les anneaux. +11. Ils envelopperont aussi l'autel d'or d'un drap d'hyacinthe ; ils étendront par- dessus une couverture de peaux violettes, et ils feront passer les bâtons dans les anneaux. +12. Ils envelopperont de même d'un drap d'hyacinthe tous les vases dont on se sert dans le sanctuaire. Ils étendront par- dessus une couverture de peaux vio- lettes , et ils feront passer les bâtons dans les anneaux. +13. Ils ôteront aussi les cendres de l'autel des holocaustes, et ils l'enveloppe- ront dans un drap de pourpre. +G. et operient rursum velamine ian- thinarum pellium, extendentque desu- per palliimi totum hyacinthinura , et in- ducent vectes. +7. Mensam quoque propositionis in- volvent hyacinthino pallio, et ponent cum ea thuribula et mortariola, cyathos et crateras ad liba fundenda; panes semper in ea erunt. +8. Extendentque desuper pallium coc- cineum, quod rursum operient vela- mento ianthinarum pellium, et induceut vectes. +9. Sument et pallium hyacinthinum , quo operient candelabrum cum lucernis et forcipibus suis et emunctoriis, et cunctis vasis olei, quœ ad concinnandas lucernas necessaria sunt; +10. et super omnia ponent operimen- tum ianthinarum pellium, et inducent vectes. +11. Nec non et al tare aureum invol- vent hj^acinthino vestimento, et exten- dent desuper operimentum ianthinarum pellium, inducentque vectes. +12. Omnia vasa, quibus ministratur in sanctuario, involvent hyacinthino pallio, et extendent desuper operimen- tum ianthinarum pellium, inducentque vectes. +13. Sed et altare mundabunt cinere, et involvent illud purpureo vestimento ; +(vers. 5-15). Mais, par cela mémo que les fonc- tions des Caathites concernaient les objets les plus augustes du culte, presque toutes ces instruc- tions (vers. 5-14) décrivent le rôle préliminaire des prêtres, qui seuls pouvaient toucher cette portion du mobilier sacré, et qui devaient la préparer pour le transport. — l" L'arche, vers. 5 - 6 , qu'on recouvrait de trois enveloppes super- posées : du voile précieux qui séparait les deux chambres du tabernacle (Ex. xxvi, 31), d'une couverture en peau de dugong (ianthinarum pellium; voyez la note d'Ex, xxv, 5), d'une coii- verture d'étoffe couleur hj^acinthe (voyez Ex. XXV, et le commentaire;. On ajoute inducent vectes; car, bien que les barres qui servaient à porter l'arche lui restassent toujours attachées (Ex. xxv, 14 et s.), il fallait les enlever mo- mentanément pour l'emballage qui vient d'être +décrit. — 2» La table des pains de proposition , vers. 7-8 , était aussi recouverte d'une triple en- veloppe, l'une en étoffe couleur hyacinthe, la se- conde en étoffe cramoisie, la troisième en peau de dugong (ianthinamm pellium). Sur les tJiu- ribula, mortariola, etc., qui accompagnaient cette table, voyez Ex. xxv, 29, et l'explication. La note panes semper in ea erunt montre l'im- portance du symbolisme des pains de proposition : comme ils représentaient Israël en face de son Dieu - roi , ils ne devaient pas quitter un seul instant la table, même durant les marches. Cf. Lev. XXIV, 5-9. — 3° Le chandelier à sept branches et ses ustensiles (vers. 9-10), 4» l'autel d'or (vers. 11 ), 5° les vases et autres objets employés dans le tabernacle (vers. 12) n'étaient entourés que de deux couvertures, celles en étoffe couleur hyacinthe et en peau de dugong. — 6° De môme +440 +NuM. IV, 14-20. +14. ponentqiie ciim eo omnia vasa, quibiis in ministerio ejus utuntur, id est, ignium receptacula , fusciniilas ac tridentes, iincinos et Latilla. Cuncta vasa altaris operient simul velamine ianthi- narum pellium, et indiicent vectes. +15. Cumqiie involverint Aaron et filii ejus sanctiiarium et omnia vasa ejus in commotione castrorum, tune intrabunt filii Caath ut portent involuta; et non tangent vasa sanctuarii, ne moriantur. Ista sunt onera filiorum Caath. in taber- naculo f œderis ; +16. super quos erit Eleazarfilius Aaron sacerdotis, ad cujus curam pertinet oleum ad concinnandas lucernas, et compositionis incensum, et sacrificium quod semper offertur, et oleum unctio- nis, et quidquid ad cultum tabernaculi pertinet, omniumque vasorum quae in sanctuario sunt. +17. Locutusque est Dominus ad Moy- sen et Aaron, dicens : +18. Nolite perdere populum Caath de medio levitarum; +19. sed hoc facite eis ut vivant, et non moriantur, si tetigerint sancta san- ctorum. Aaron et filii ejus intrabunt; ipsique disponent opéra singulorum, et divident quid portare quis debeat. +20. Alii nuUa curiositate videant quœ sunt in sanctuario priusquam involvan- tur; alioquin morientur. +14. Ils mettront avec l'autel tous les vases qui sont eraploj'-és au ministère de l'autel, les brasiers, les pincettes, les fourchettes, les crochets et les pelles. Ils couvriront les vases de l'autel tous ensemble d'une couverture de peaux violettes, et ils feront passer les bâtons dans les anneaux. +15. Après qu' Aaron et ses fils auront recouvert le sanctuaire avec tous les us- tensiles, quand le camp se mettra en marche, les fils de Caath s'avanceront pour porter toutes ces choses envelop- pées ; et ils ne toucheront point les vases du sanctuaire, de peur qu'ils ne meurent. C'est là ce que les fils de Caath doivent porter du tabernacle de l'alliance. +16. Eléazar, fils du prêtre Aaron, leur sera préposé, et c'est lui qui aura soin de l'huile pour entretenir les lampes , de l'encens mélangé, du sacrifice perpétuel, de l'huile d'onction, de tout ce qui ap- partient au culte du tabernacle, et de tous les ustensiles qui sont dans le sanc- tuaire. +17. Le Seigneur parla donc à Moïse et à Aaron , et leur dit : +18. N'exposez pas le peuple de Caath à être exterminé du milieu des Lévites ; +19. mais prenez garde qu'ils ne touchent point aux objets très saints , afin qu'ils vivent, et qu'ils ne meurent pas. Aaron et ses fils entreront; ils disposeront ce que cha>cun des fils de Caath doit faire , et ils partageront la charge que chacun devra porter. +20. Que les autres cependant n'aient aucune curiosité, pour voir les choses qui sont dans le sanctuaire avant qu'elles soient enveloppées ; autrement ils seront punis de mort. +pour l'autel d'airain ou des holocaustes, et ses ustensiles variés (A-ers. 13-14; voyez Ex, xxvii, 1 et ss.). — Les LXX et le samaritain intercalent ici un verset relatif au bassin d'airain (cf. Ex. XXX, 10), qu'on aurait enveloppé, disent -ils, de la même façon; mais c'est là une interpolation évidente. Ce bassin n'étant pas mentionné dans le texte, il est probable qu'on l'emportait tel qu'il était. — Enfin on revient aux Caathites (vers. 15), pour leur assigner leur rôle : tune in- trabunt (dans le tabernacle) ^lt portent... — Sanc- tion terrible, plusieurs fois réitérée, et réalisée dans le cours de l'histoire juive : non tangent..., ne moriantur . Cf. vers. 19 ; i, 53 ; xviii, 3 ; Lev. xvx, 2, 13; II Rog. VI, 6-7. +16. Rôle particulier du prêtre Éléazar, — Su- per quos n'a pas d'équivalent dans l'hébreu, où on lit : « Et la surveillance d'Éléazar, fils du prêtre +Aaron, (s'exercera) sur l'huile du candélabre, l'en- cens aromatique, le sacrifice perpétuel et l'huilc! d'onction ; (il aura sous) sa surveillance tout le tabernacle et tout ce qu'il contient, le sanctuaire et ses ustensiles. » Bien beau ministère, qui em- brassait les parties les plus expressives et les plus délicates du culte. Cf. Ex. xxvii, 20; xxix, 38-42; XXX, 23-31. +17 - 20. Pressante recommandation de Dieu , pour empêcher les Caathites de toucher ou do regarder irrespectueusement les objets sacrés dans l'exercice de leurs fonctions. C'est la répétition développée du vers. 15i>. — Colite perdere... Moïse et son fi'èrc auraient été responsables de la mort des Caathites, s'ils ne les avaient pas avertis instamment du danger qui les menaçait. — Nulla curiositate videant... Hébr, : qu'ils ne voient pas un seul instant {k'ballah; littéralement, a dum +NuM. IV, 21-31. +441 +21. Le Seigneur parla encore à Moïse, et lui dit : +22. Faites aussi un dénombrement des fils de Gerson, selon leurs maisons, leurs familles et leur généalogie, +23. depuis trente ans et au - dessus jusqu'à cinquante ans. Comptez tous ceux qui entrent et qui servent dans le taber- nacle de ralliance. +24. Voici quelle sera la charge de la famille des Gersonites : +25. Ils porteront les rideaux du taber- nacle, le toit du tabernacle de l'alliance, la seconde couverture, et la couverture de i)eaux violettes qui se met sur ces deux autres, avec le voile qui est tendu à l'en- trée du tabernacle de l'alliance, +26. les rideaux du parvis, et le voile qui est à l'entrée devant le tabernacle. Les fils de Gerson porteront tout ce qui appartient à l'autel, les cordages et les vases du ministère , +27. selon l'ordre qu'ils en recevront d'Aaron et de ses fils ; et chacun saura quelle est la charge qu'il doit porter. +28. C'est là rem})loi de la famille des Gersonites à l'égard du tabernacle de l'alliance ; et ils seront soumis à Ithamar, fils du prêtre Aaron. +29. Vous ferez aussi le dénombrement des fils de ]Mérari, par familles et par les maisons de leurs pères, +30. en comptant, depuis trente ans et au-dessus jusqu'à cinquante, tous ceux qui viennent faire les fonctions de leur ministère, et qui s'appliquent au culte de l'alliance du témoignage. +31. Voici la charge qui leur sera des- tinée. Ils porteront les ais du tabernacle et les barres, les colonnes avec leurs bases , +21. Locutusque est Dominus ad JNIoy- sen, dicens : +22. Toile summum etiam filiorum Gerson per domos ac familias et cogna- tiones suas, +23. a triginta annis et supra, usque ad annos quinquaginta. Numera omnes qui ingrediuntur et ministrant in taber- naculo fœderis. +24. Hoc est officium familise Gersoni- tarum , +25. ut portent cortinas tabernaculi, et tectum fœderis, operimentum aliud, et super omnia velamen ianthinum, tento- riumque quod pendet in introitu taber- naculi fœderis, +2G. cortinas atrii, et vélum in in- troitu quod est ante tabernaculum. Om- nia quaî ad altare pertinent, funiculos, et vasa ministerii, +27. jubente Aaron et filiis ejus, por- tabunt filii Gerson ; et scient singuli cui debeant oneri mancipari. +28. Hic est cultus familiœ Gersoni- tarum in tabernaculo fœderis ; eruntque sub manu Ithamar, filii Aaron sacerdotis. +29. Filios quoque Merari per familias et domos patrum suorum recensebis, +30. a triginta annis et supra, usque ad annos quinquaginta, omnes qui in- grediuntur ad olficium ministerii sui, et cultum fœderis testimonii. +31. Hsec sunt onera eorum. Portabunt tabulas tabernaculi et vectes ejus, co- lumnas ac bases earum , +deglutitur, scil, saliva, » expression proverbiale dans la Bible et chez les Ai-abes. Cf. Job, vu, 19, et Gesenius, Thésaurus linguœ hebr., pp, 213-214. 'E^âuiva, traduisent fort bien les LXX). Les Bcthsamites périrent en grand nombre pour expier une curiosité de ce genre. Cf. I Reg. vi, 19. +8° Les fonctions des Gersonites. IV, 21-28. +21-23. Le Seigneur ordonne do compter les membres de la famille de Gerson aptes au service du culte. — Qui ingrediuntur. De nouveau, dans l'hébreu, la belle expression suba\ Voyez la note du vers. 3. +24-28. Office spécial des Gersonites. — Déjà nous avons vu, ni, 25-2G, que les Lévites issus de Gerson étaient chargés de transporter la plu- part des tentures soit du tabernacle, soit du parvis, et des cordages qui servaient à assujettir ces tentures. — Vasa ministerii (vers. 26). Dans l'hébreu : « tous les objets de leur ministère ; •>> +c.-à-d. les outils dont Ils avaient besoin pour monter et démonter les tentes et les rideaux, pour enfoncer les piquets, etc. — Suh mana Itha- mar : de même que les Caathites dépendaient d'Éléazar. +9° Les fonctions des Mérarites. IV, 29-33. +29-30. Dieu ordonne de compter les membres de la famille de Mérari propres au service du culte. +31-33. Leur office spécial. Cf. m, 36-37. — Ta- bulas... Les ais , les barres et les colonnes qui for- maient la charpente du tabernacle, leurs bases de métal ; les colonnes, les piquets et les cordages de l'enceinte du parvis, etc. — Ad numerum acci- pient (vers. 32). D'après l'hébreu : « norainatim. » C.-à-d. qu'Ithamar et ses auxiliaires spéciflalcnt les objets que chacun des Mérarites devait por- ter : circonstance qui n'avait pas été signalée pour les deux autres groupes lévitiques. Elle a +442 +NuM. IV, 32-45. +32. columnas quoque atrii per circui- tum cum basibiis et paxillis et funibus suis. Omnia vasa et supellectilem ad numerum accipient, sicque portabunt. +33. Hoc est officium familiœ Merari- tarum et ministerium in tabernaculo f œ- deris ; eruntqiie siib manu Ithamar, fiîii Aaron sacerdotis. +34. Recensuerunt igitur Moj^ses et Aaron et j/iincipes synagogae filios Caath per cognationes et donios patrum suo- rum , +35. a triginta annis et supra, usque ad annum quinquagesimum, omnes qui in- grediuntur ad ministerium tabernaculi fœderis ; +36. et inventi sunt duo millia septin- genti quinquaginta. +37. Hic est numerus populi Caath qui intrant tabernaculum fœderis. Hos nu- meravit Moyses et Aaron juxta sermo- nem Domini per manum Moysi. +38. Numerati sunt et filii Gerson per cognationes et domos patrum suorum , +39. a triginta annis et supra, usque ad quinquagesimum annum, omnes qui ingrediuntur ut ministrent in taberna- culo fœderis ; +40. et inventi sunt duo millia sexcenti triginta. +41. Hic est populus Gersonitarum , quos numeraverimt Moyses et Aaron, juxta verbum Domini. +42. Numerati sunt et filii Merari per cognationes et domos patrum suorum , +43. a triginta annis et supra, usque ad annum quinquagesimum, omnes qui ingrediuntur ad explendos ritus taber- naculi fœderis ; +44. et inventi sunt tria millia ducenti. +45. Hic est numerus filiorum Merari, quos recensuerunt Moyses et Aaron, juxta imperium Domini, per manum +32. comme aussi les colonnes qui sont tout autour du parvis avec leurs bases, les pieux et les cordages. Ils prendront par compte tous les vases, et tout ce qui sert au tabernacle, et ils le porte- ront ensuite. +33. C'est là l'emploi de la famille des Mérarites, et le service qu'ils rendront au tabernacle de l'alliance ; ils seront soumis h Ithamar, fils du prêtre Aaron. +34. Moïse et Aaron firent donc avec les princes de la synagogue le dénom- brement des fils de Caath, par familles et par les maisons de leurs pères, +35. en comptant, depuis trente ans et au-dessus jusqu'à cinquante, tous ceux qui sont employés au ministère du taber- nacle de l'alliance ; +36. et il s'en trouva deux mille sept cent cinquante. +37. C'est là le nombre du peuple de Caath qui entre dans le tabernacle de l'alliance. Moïse et Aaron en firent le dé- nombrement, selon que le Seigneur l'avait ordonné par Moïse. +38. On fit aussi le dénombrement des fils de Gerson, par familles et par les maisons de leurs pères ; +39. et tous ceux qui sont employés au ministère du tabernacle de l'alliance ayant été comptés depuis trente ans et au-dessus jusqu'à cinquante, +40. il s'en trouva deux mille six cent trente. +41. C'est là le peuple des Gersonites, dont Moïse et Aaron prirent le nombre, selon l'ordonnance du Seigneur. +42. On fit aussi le dénombrement des fils de Merari, par familles et par les maisons de leurs pères ; +43. et tous ceux qui sont employés au culte et aux cérémonies du tabernacle de l'alliance ayant été comptés depuis trente ans et au-dessus jusqu'à cinquante, +44. il s'en trouva trois mille deux cents. +45. C'est là le nombre des fils de Me- rari, qui furent comptés par Moïse et Aaron, selon que le Seigneur l'avait commandé à Moïse. +ici pour raison d'être le service plus pénible des Mérarites , et la crainte qne ces fardeaux encom- brants ne fussent inégalement partagés si le choix en eût été laissé à la liberté individuelle. — Sub manu Ithamar : comme les Gersonites. +10° Moïse et Aaron font le dénombrement des Lévites d'après les indications du Seigneur. IV, 34-49. +34-37. Hecensement des Caathites de trente à cinquante ans. Total, 2 750. +38-41. Recensement des Gersonites. Total, 2G30. +42-45. Recensement des Mérarites: 3 200. — La proportion est changée, et ils se trouvent être ici les plus nombreux. Cf. m, 34, et le com- mentaire. +NuM. TV, 46 — V, G. +443 +4G. Tous ceux d'entre les Lévites dont on fit le dénombrement, et que Moïse, Aaron et les princes d'Israël firent mar- quer chacun par leur nom, par familles et par les maisons de leurs pères , +47. depuis trente ans et au-dessus jusqu'à cinquante, et qui étaient em- ployés au ministère du tabernacle et à porter les fardeaux, +48. se trouvèrent en tout au nomb^^e de huit mille cinq cent quatre -vingt. +49. Moïse en fit le dénombrement par l'ordre du Seigneur, marquant chacun d'eux selon son emploi et selon la charge qu'il devait porter, comme le Seigneur le lui avait ordonné. +46. Oranes qui recensiti sunt do le- vitis, et quos recenseri fecit ad nomen Moyses, et Aaron, et principes Israël, per cognationes et domos patrum suo- rum, +47. a triginta annis et supra, usque ad annum quinquagesimum, ingredien- tes ad ministerium tabernaculi, et onera portanda, +48. fuerunt simul octo millia quin- genti octoginta. +49. Juxta verbum Domini recensuit eos Moyses, unumquemque juxta offi- cium et onera sua, sicut prœceperat ei Dominus. +CHAPITRE V +1. Le Seigneur parla encore à Moïse, et lui dit : +2. Ordonnez aux enfants d'Israël de chasser du camp tout lépreux, et celui qui aura une gonorrhée, ou qui sera devenu impur pour avoir touché un mort. +3. Chassez -les du camp, que ce soit un homme ou une femme, de peur qu'ils ne souillent le lieu dans lequel je de- meure au milieu de vous. +4. Les enfants d'Israël firent ce qui leur avait été commandé , et ils chas- sèrent ces personnes hors du camp, se- lon que le Seigneur l'avait ordonné à Moïse. +5. Le Seigneur parla encore à Moïse, et lui dit : +6. Dites ceci aux enfants d'Israël : Lorsqu'un homme ou une femme auront commis quelqu'un des péchés qui arrivent d'ordinaire aux hommes, et qu'ils au- ront violé par négligence le commande- ment du Seigneur, et seront tombés en faute , +1. Locutusque est Dominus ad Moy- sen, dicens : +2. Prsecipe filiis Israël ut ejiciant de castris omnem leprosum, et qui semine fluit, pollutusque est super mortuo. +3. Tam masculum quam feminam ejicite de castris, ne contaminent ea cum habitaverim vobiscum. +4. Feceruntque ita filii Israël, et eje- cerunt eos extra castra, sicut locutus erat Dominus Movsi. +5. Locutusque est Dominus ad Moy- sen, dicens : +6. Loquere ad filios Israël : Vir, sive mulier, cum fecerint ex omnibus pecca- tis quse soient hominibus accidere, et per negligentiam transgressi f uerint man- datum Domini, atquc deliquerint, +46-48. Récapitulation. Le total général est de 8 580. — Le texte insiste à plusieurs reprises sur la parfaite obéissance de Moïse et d'Aaron. Cf. vers. 37, 41, 45, 49. +Section II. — Lois destinées a préserver la +SAINTETÉ LÉGALE ET MORALE DANS L'ARMÉE DE JÉHOVAH. V, 1 — VI, 27. +Apres avoir été organisé comme armée du Sei- gneur, Israël est organisé connue son église. De- vant le Dieu qui manifeste si visiblement sa pré- sence, rien d'impur ne saurait êti'e toléré. Type de ce qui devait se passer dans l'Église du Christ. Cf. Matth. VIII, 22; Apoc. xxi, 27. +1° Tous les individus légalement impurs sont exclus de l'intérieur du camp. V, 1-4. +Chap. V. — 1 - 3. Intimation de l'ordre divin. Trois sortes d'impuretés légales sont mentionnées: leprosum (cf. Lev. xiii, 46; xiv, 3,8), qui se- mine fluit (Lev. XV, 2, 19, 25), pollutus... super mortuo (cf. xix ; Lev. xi, 24-25; xxi, 1). +4. Exécution de l'ordre. — Ejecerunt. Sorte d'excommunication temporaire , jusqu'à guérison ou purification. +2° Expiation de quelques torts matériels faits au prochain. V, 5-8. +5-6. La faute. — Ex... peccatis , quce soient... Le texte dit simplement : de tout péché d'homme. +21* +444 +NuM. V, 7-15. +7. conlîtebuntur peccatum siium, et reddent ipsum caput, quintamque par- tem desuper, ei in qiiem peccaverint. +8. Sin aiitem non fiierit qui recipiat. dabimt Domino, et erit sacerdotis, ex- cepte ariete qui olïertur pro expiatione. ut sit placabilis hostia. +9. Omnes quoque primitiœ, quas ofTe- runt filii Israël, ad sacerdotem perti- nent ; +10. et quidquid in sanctuarium ofïcr- tur a singulis, et traditur manibus sa- cerdotis, ipsius erit. +11. Locutusque est Dominus ad Moy- sen , dicens : +12. Loquere ad lilios Israël, et dices ad eos : Vir, eu jus uxor erraverit, ma- ritumque contemnens , +13. dormierit cum altero viro, et lioc maritus depreliendere non quiverit, sed latet adulterium, et testibus argui non potest, quia non est inventa in stupro ; +14. si spiritus zelotypias concitaverit virum contra uxorem suam, qu8e vel polluta est, vel falsa suspicione appe- titur, +15, adducet eam ad sacerdotem, et +7. ils confesseront leur péché, et ils rendront à celui contre qui ils ont péché le juste prix du tort qu'ils lui auront fait, en y ajoutant encore un cinquième. +8. S'il ne se trouve personne à qui cette restitution se puisse faire, ils la donneront au Seigneur, et elle appartien- dra au prêtre, outre le bélier qui s'offre pour l'expiation, afin que l'hostie soit reçue favorablement du Seigneur. +9. Toutes les prémices qui s'offrent par les enfants d'Israël appartiennent aussi au prêtre ; +10. et tout ce qui est offert au sanc- tuaire par les particuliers, et mis entre les mains du prêtre, appartiendra au prêtre. +11. Le Seigneur parla encore à Moïse, et lui dit : +12. Parlez aux enfants d'Israël, et dites-leur : Lorsqu'une femme sera tom- bée en faute et que, méprisant son mari , +13. elle se sera approchée d'un autre homme, en sorte que son mari n'ait pu découvrir la chose, et que son adultère demeure caché, sans qu'elle en puisse être convaincue par des témoins, parce qu'elle n'a point été surprise dans ce crime ; +14. si le mari est transporté de l'esprit de jalousie contre sa femme, qui aura été souillée véritablement, ou qui en est accusée par un faux soupçon, +15. il la mènera devant le prêtre, et pré- +— l'er iiegligentiam transgressi... D'après l'hé- breu : « prœvaricatione prœvaricantes crga Do- minum ; » toute faute envers le prochain retom- bant sur Dieu, pour l'offenser aussi. L'expression inicCal suppose d'ordinaire une action secrète. +7-8. L'expiation. — 1° Un humble aveu : confi- tebunlur... — 2° La restitution du corps du délit (ipsum caput), et une amende en sus (quintam partem...) , comme dans le cas analogue spéciflé Lev. V, 16. Si celui ù, qui l'on fait tort a disparu et n'a pas de goël, comme dit l'hébreu (Vulg. : qui recipiat), c- il -û. de i-eprésentant , d'héritier (cf. Lev. XXV, 25, et le commentaire), dabunt Domino, et erit sacerdotis.— ^'è° Un sacrifice pro- pitiatoire : ariete. +3» Quelques revenus des prêtres. V, 9-10. +9-10. Omnes quoque... Courte digression, qui se rattache très naturellement aux détails du vers. 8. — Primitiœ. Dans l'hébreu : i'rumah, élévation : les victimes offertes au Seigneur par ce rite. Cf. Ex. xxix, 27 ; Lev. vir, 14, 32, et les notes. +40 La loi de jalousie, en a'uc de préserver la sainteté du mariage. A'', 11-31. +11-12'\ Transition. — Cette loi intéressante esit +longuement commentée dans le ti'aité Sota du Talmud. Un papyrus égyptien, récemment dé- coiivert ( le « Roman de Setnau » ) , mentionne une coutume semblable chez les Égyptiens souô le règne de Piamscs II, par conséquent à l'époque de jMoïse. +12^-14. Exposé du cas. — Vir, en jus uxor... Deux hypothèses. La femme est coupable, quoique les preuves manquent pour établir sa culpabilité ; elle est innocente et injustement soupçonnée par son mari. Du moins celui-ci, en proie au spiritu-< zelotijpice, a recours au jugement de Dieu, établi par Dieu lui-même. Admirable disposition d\i Seigneur, pour sauvegarder tout ensemble l'hon- neiu" et la paix de la famille, soit en excitant chez les épouses une crainte salutaire, soit en calmant et en rassurant les maris. +15. Conduite à tenir par le mari. — Adducet... Il présentera au prêtre, en avant du sanctuaire, la fcnnne suspectée, et il apportera pour elle la matière d'un sacrifice non sanglant. Sacrifice, tou- tefois, d'un genre particulier : de la farine d'orge; au lieu de celle du froment, et pas d'huile ni d'encens, comme si c'eût été une offrande pour iG péché. Cf. Lev. it, 1-2; v, 11. Au lieu de de- +NuM. V, 16-22. +445 +sentera pour elle en offrande la dixième partie d'une mesure de farine d'orge. Il ne répandra point d'huile par-dessus, et il n'y mettra pas d'encens ; parce que c'est un sacrifice de jalousie, et une obla- tion pour découvrir l'adultère. +IG. Le prêtre la présentera donc et la fera tenir debout devant le Seigneur ; +17. et ayant pris de l'eau sainte dans un vase de terre, il y mettra un peu de terre x^rise sur le pavé du tabernacle. +18. Alors, la femme se tenant debout devant le Seigneur, le prêtre lui décou- vrira la tête, et il lui mettra sur les mains le sacrifice destiné à renouveler le souvenir de son crime, et l'oblation de la jalousie ; et il tiendra lui-même entre ses mains les eaux très amères sur les- quelles il aura prononcé les malédictions avec exécration. +19. Il adjurera la femme, et lui dira : Si un homme étranger ne s'est point approché de vous, et que vous ne vous soyez point souillée en quittant le lit de votre mari, ces eaux très amères, que j'ai chargées de malédictions, ne vous nuiront point. +20. Mais si vous vous êtes retirée de votre mari , et que vous vous soyez souillée en vous approchant d'un autre homme, +21. ces malédictions tomberont sur vous. Que le Seigneur vous rende un objet de malédiction et un exemple pour tout son peuple ; qu'il fasse pourrir votre cuisse, et que votre ventre s'enfle, et qu'il éclate enfin ; +22. que ces eaux de malédiction entrent dans votre ventre, et qu'après qu'il aura enflé, votre cuisse se pourrisse. Et la femme répondra: Qu'il en soit ainsi, qu'il en soit ainsi. +ofEeret oblationem pro illa, decimam par- tem sati farinai hordeaceœ. Non fundet super eam oleum, nec imponet thus, quia sacrificium zelotypiaî est, et oblatio investigans adultcrium. +IG. Oflteret igitur eam sacerdos, et statuet coram Domino ; +17. assumetque aquam sanctam in vase fictili, et pauxillum terrœ de pavi- mento tabernaculi mittet in eam. +18. Cumque steterit mulier in con- spectu Domini, discooperiet caput ejus, et ponet super manus illius sacrificium recordationis, et oblationem zelotypiœ ; ipse autem tenebit aquas amarissimas, in quibus cum execratione maledicta congessit ; +19. adjurabitque eam, et dicet : Si non dormi vit vir alienus tecum, et si non polluta es dcserto mariti thoro, non te nocebunt aqua3 istee amarissimœ, in quas maledicta congessi. +20. Sin autem declinasti a viro tuo, atque polluta es, et concubuieti cuo altero viro, +21. his maledictionibus subjacebis : Det te Dominus in maledictionem, exem- plumque cunctorum in populo suo ; pu- trescere faciat fémur tuum, et tumens utérus tuus disrumpatur; +22. ingrediantur aqu?e maledictœ in ventiem tuum, et utero tumescente pu- trescat fémur. Et respondebit mulier : ximen, amen. +cimam partem sati, l'iiébrcu porte : un dixième d'^éfah, c.-à-d. un 'orner ou 'isiajwi, l'équivalent de 3 lit. 88. Le « satxim » ( hébr,, .s' 'ah ) repré- sente le tiers de V'é/ah, environ 13 litres. +16-17. Le rôle du prêtre : préparation des eaux amères. — Statuet... cora,n Domino. Debout de- vant le Seigneur, qui résidait visiblement dans le tabernacle, comme l'attestait la colonne de nuée. — Aquam sanclam. Cette expression n'est employée qu'en cet endroit de l'Ancien Testament. L est probable qu'elle désigne simplement l'eau du bassin d'aii'ain, qui servait aux ablutions sa- cerdotales (Ex. XXX, 18). Selon d'autres inter- prètes, il s'agirait de l'eau lustrale préparée avec les cendres de la vache rousse, dont il sera bientôt question (cliap. xix).— In vnpe ,flctiU, et non dans un des riches vases de métal api^arLeni-nt au +sanctuaire : tout est humble et triste dans cette cérémonie. — Pauxillum terra...: une pmcée de poussière, ramassée sur le sol sanctifié par la di- vine présence ; sans doute pour signifier que c'est le Soigneur lui-même qui conférait à ces eaux leur étonnante puissance. +18-22. Suite du rôle du prêtre: l'adjuration solennelle. — Discooperiet caput: en lui enlevant son voile; ou même, d'après quelques auteurs, en lui coupant les cheveux. — Super m anus illiw^, sacrificium... C.-à-d. la farine d'orge; c'est la femme, en effet, qui offrait le sacrifice. — Aqua^ amarissimas. L'eau sainte est niahitenaut ainsi nommée ( hébr. : les eaux d'amertumes ) à cause de ses terribles résultats. Cf. vers. 21 et 27. — AdjnraMt eam... Les malheurs que l'on souhaite à la femme, dans le cas où elle serait coupable +446 +NuM. V, 23 — YI, 2, +23. Scribetque sacerdos in libello ista maledicta, et delebit ea aquis amaris- sirais, in quas maledicta congessit, +24. et dabit ei bibere. Quas cum ex- hauserit, +25. tollet sacerdos de manu ejus sa- crificium zelotypiae, et elevabit illud coram Domino, imponetque illud super altare, ita duntaxat ut prius +26. pugillum sacrificii tollat de eo quod offertur, et incendat super altare, et sic potum det mulieri aquas amaris- simas. +27. Quas cum biberit, si polluta est, et contempto viro adulteiii rea, pertrans- ibunt eam aquse maledictionis, et in- flato ventre computrescet fémur ; eritque mulier in maledictionem, et in exein- plum omni populo. +28. Quod si polluta non fuerit, erit innoxia, et faciet liberos. +29. Ista est lex zelotypiœ. Si declina- verit mulier a viro suo, et si polluta fuerit , +30. maritusque zelotypise spiritu con- citatus adduxerit eam in conspectu Do- mini, et fecerit ei sacerdos juxta omnia quœ scripta sunt, +31. maritus absque culpa erit, et illa recipiet iniquitatem suam. +23. Alors le prêtre écrira ces malédic- tions sur un livre, et il les effacera en- suite avec ces eaux très amères qu'il aura chargées de malédictions, +24. et il les lui donnera à boire. Lors- qu'elle les aura prises, +25. le prêtre lui retirera des mains le sacrifice de jalousie, il l'élèvera devant le Seigneur, et il le mettra sur l'autel ; en sorte néanmoins +26. qu'il ait séparé auparavant une poignée de ce qui est offert en sacrifice, afin de la faire brûler sur l'autel, et qu'alors il donne à boire à la femme les eaux très amères. +27. Lorsqu'elle les aura bues, si elle a été souillée, et qu'elle ait méprisé son mari en se-rendant coupable d'adultère, elle sera pénétrée par ces eaux de malé- diction, son ventre s'enflera, et sa cuisse pourrira; et cette femme deviendra un objet de malédiction et un exemple pour tout le peuple. +28. Que si elle n'a point été souillée, elle n'en ressentira aucun mal, et elle aura des enfants. +29. C'est là la loi de jalousie. Si, la femme s'étant retirée d'auprès de son mari et s'étant souillée, +30. le mari, poussé par un esprit de jalousie, l'amène devant le Seigneur, et si le prêtre fait tout ce qui a été écrit ici, +31. le mari sera exempt de faute, et la femme recevra la peine de son crime. +CHAPITRE VI +1. Locutusque est Dominus ad Moy- sen , dicens : +2. Loquere ad filios Israël, et dices +1. Le Seigneur parla encore à Moïse, et lui dit : +2. Parlez aux enfants d'Israël, et +(putrescere /aciat..., tumens utérus...) sont en rapport avec la nature du crime. Ils consis- taient dans une hydropisie d'un genre particulier. — Respon débit...: Amen... Première apparition de cette expression, employée si fréquemment de- puis. Elle équivaut à « Vere », oui, ainsi soit-il! 23-26. Conclusion de la cérémonie. — Scrihet... in libello : sur une petite feuille de papyrus. — Delebit ea aquis : en trempant cette feuille dans l'eau , qui délaj-ait l'encre toute fraîche. Symbole énergique, encore usité dans l'Egypte moderne et chez certaines tribus africaines quand on veut assurer à un charme toute son eflicacité. Dans le cas présent, l'eau était, pour ainsi dire, impré- gnée des malédictions. — Dabit... bibere , au vers. 24, est une anticipation. La femme ne bu- vait les eaux amères qu'à l'issue de la cérémonie, +après l'oblation du sacrifice. Cf. vers. 25 et 26. +27. Le résultat produit. Il était infaillible et consistait dans un grand miracle. +29-31. Récapitulation et conclusion. +5° Le nazaréat. VI, 1-21. +Dans toute réunion d'hommes, il y a les pé- cheurs qu'il faut purifier, et tel était, symboli- quement et moralement, l'objet du chap. v; mais il y a aussi les âmes pieuses , zélées , qui aux obli- gations communes surajoutent des devoirs per- sonnels, afin de vivre plus saintement : le divin Législateur passe maintenant à cette catégorie intéressante , en parlant des Nazaréens. Le chap. vi a été également commenté dans un traité du Tal- mud, intitulé Nazir. +Chap. VI. — 1-2». La transition accoutumée. +2''-8. La loi du nazaréat. — En premier lieu, +NuM. VI, 3-10. +447 +dites -leur : Lorsqu'un homme ou une femme auront fait un vœu de se sancti- fier, et qu'ils auront voulu se consacrer au Seigneur, +3. ils s'abstiendront de vin et de tout ce qui peut enivrer; ils ne boiront point de vinaigre fait avec du vin, ou avec tout autre breuvage, ni rien de ce qui se tire des raisins; ils ne mangeront point de raisins nouvellement cueillis, ni de raisins secs. +4. Pendant tout le temps qu'ils seront consacrés au Seigneur, selon le vœu qu'ils lui auront fait, ils ne mangeront rien de tout ce qui peut sortir de la vigne, depuis le raisin sec jusqu'à un pépin. +5. Pendant tout le temps de la sépa- ration du Nazaréen, le rasoir ne passera point sur sa tête, jusqu'à ce que les jours de sa consécration au Seigneur soient accomplis. Il sera saint, laissant croître les cheveux de sa tête. +6. Tant que durera le temps de sa consécration il ne s'approchera point d'un mort, +7. et il ne se souillera point en assis- tant aux funérailles même de son père, ou de sa mère, ou de son frère, ou de sa sœur, parce que la consécration de son Dieu est sur sa tête. +8. Pendant tout le temps de sa sépa- ration il sera saint et consacré au Sei- gneur. +9. Que si quelqu'un meurt subitement devant lui, la consécration de sa tête sera souillée; il se fera raser aussitôt, ce jour même de sa purification, et se rasera encore le septième. +10. Le huitième jour il offrira au +ad eos : Vir, sive mulier, cum fecerint votum ut sanctificentur, et se voluerint Domino consecrare, +3. a vino , et omni quod inebriare po- test, abstinebunt. Acetum ex vino, et ex qualibet alia potione, et quidquid de uva ex})rimitur, non bibent ; uvas récentes siccasque non comedent. +4. Cunctis diebus quibus ex voto Do- mino consecrantur, quidquid ex vinea esse potest , ab uva passa usque ad aci- num, non comedent. +5. Omni tempore separationis suœ novacula non transibit per caput ejus, usque ad completum diem quo Domino consecratur. Sanctus erit, crescente cse- sarie capitis ejus. +6. Omni tempore consecrationis suce super mortuum non ingredietur, +7. nec super patris quidem et matris et fratris sororisque funei'e contamina- bitur, quia consecratio Dei sui super caput ejus est. +8. Omnibus diebus separationis suse sanctus erit Domino. +9. Sin autem mortuus fuerit subito quispiam coram eo, polluetur caput con- secrationis ejus ; quod radet illico in eadem die purgationis suae, et rursum septima. +10. In octava autem die offeret duos +l'hypothèse, vers. 2^ : Vir, sive muUer... La suite est très énergiquement exprimée dans l'hébreu, au moyen de répétitions solennelles : « lorsqu'il voudra (avec l'idée de magnificence dans l'acte : u.syâXfjoç eu^YjTac £Ùxr,v, traduisent les LXX) vouer le vœu de nazir, de manière à être nazir à Jéhovah. » Le substantif nazir, dérivé de la racine nazar, signifie séparer, consacrer ; il devint de bonne heure , chez les Hébreux, un mot tech- nique pour désigner une consécration religieuse d'un genre spécial. Cf. Lev. xxv, 5, 11; Jud. xiii, 5,7; XVI, 17, etc. — En second lieu, les lois qui réglaient cet état de nazir. Première loi, vers. 3-4 : l'abstinence complète du vin, des liqueurs enivrantes autres que le vin {omni quod in- ebriare.,.; hébr. : sékar) , et de toixt produit de la vigne sans exception. Par quidquid de uva exprimitur il faut entendre, d'après l'hébreu, une boisson que l'on préparait en faisant macérer lo raisin dans l'eau. La formule ab uva passa +usque... est encore plus expressive dans le texte primitif : « depuis le pépin jusqu'à l'écorce, » c,-à-d. absolument rien de ce qui fait partie du raisin. — Seconde loi , vers. 5 : porter les cheveux longs durant la période entière du nazaréat. Ce rite marquait la consécration à Dieu de toutes les forces physiques, dont une chevelure luxuriante était censée l'emblème. Cf. II Reg. xiv, 25-26. — Troisième loi, vers. 7-8 : n'avoir aucun rapport avec les morts, fussent-ils le père ou la mère du nazir. Même règlement que pour le grand prêtre, Lev. XXI, 10-11. Tout cadavre était impur, et ceux qui se consacrent à Dieu doivent être très purs , comme l'indiquent les mots quia consecratio ( liébr. : nézer ) Dei... super caput ejus. Belle figure. +9 - 12. Règles à suivre pour purifier le naza- réen qui aurait été souillé par un accident for- tuit.— Mortuus... subito quispiam... Dans ce cas il devra recourir à, trois rites expiatoires : raser +448 +NuM. YI, 11-19. +turtures, vel duos pullos columb,ae saccr- doti in iiitroitu fœdeiis testimonii. +11. Facietque sacerdos iinum pro pec- cato, et. alterum in holocaustum, et de- precabitur pro eo, quia peccavit super mortuo; sanctificabitque caput ejus in die illo; +12. et consecrabit Domino dies sepa- rationis illius, ofïerens agnum annicu- lum pro peccato; ita tamen ut dies priores irriti fiant, quoniam polluta est sanctificatio ejus. +13. Ista est lex consecrationis. Cum dies, quos ex voto decreverat, comple- buntur, adducet eum ad ostium taber- naculi fœderis, +14. et ofîeret oblationem ejus Domino, agnum anniculum immaculatum in ho- locaustum, et ovem anniculam imma- culatam pro peccato, et arielem imma- culatum, hostiam pacificam; +15. canistrum quoque panum azymo- rum qui conspcrsi sint oleo, et lagana absque fermento une ta oleo, ac libamina singulorum ; +16. quse offeret sacerdos coram Do- mino ; et faciet tam pro peccato , quam in holocaustum. +17. Arietem vero immolabit hostiam pacificam Domino, ofiEerens simul cani- strum az3miorum, et libamenta quee ex more debentur. +18. Tune radetur nazarseus ante ostium tabernaculi fœdeiis cœsarie consecra- tionis suse; tolletque càpillos ejus, et ponet super ignem, qui est suppositus sacrificio pacificorum ; +19. et armum coctum arietis, tortam- que absque fermento unam de canistro, et laganum azymum unum, et tradet in +prêtre, ;\ l'entrée du tabernacle de l'al- liance, deux tourterelles, ou deux petits de colombe. +11. Et le prêtre en immolera l'un pour le péché, et l'autre en holocauste, et il priera pour lui, parce qu'il a péché et s'est souillé par la vue de ce mort ; il sanctifiera de nouveau sa tête en ce jour- +12. et il consacrera au Seigneur les jours de sa séparation, offrant un agneau d'un an pour son péché ; en sorte néan- moins que les jours précédents soient annulés, parce que sa consécration a été souillée. +13. Telle est la loi pour la consécra- tion (lu Nazaréen. Lorsque les jours pour lesquels il s'est obligé par son vœu seront accomplis, le prêtre l'amènera à l'entrée du tabernacle de l'alliance, +14. et il présentera au Seigneur son oblation : un agneau d'un an et sans tache pour l'holocauste; une brebis d'un an et sans tache pour le péché, et un bélier sans tache pour l'hostie paci- fique. +15. Il offrira aussi une corbeille de pains sans levain pétris avec de l'huile , et des tourteaux sans levain arrosés d'huile par-dessus, accompagnés de leurs offrandes de liquide. +16. Le prêtre les offrira devant le Sei- gneur, et il sacrifiera l'hostie pour le péché, aussi bien que celle de l'holo- causte. +17. Il immolera encore au Seigneur le bélier pour l'hostie pacifique, et il offrira en même temps la corbeille de pains sans levain, avec les offrandes de liquide qui doivent s'y joindre selon la cou- tume. +18. Alors la chevelure du Nazaréen consacrée à Dieu sera rasée devant la porte du tabernacle de l'alliance ; le prêtre prendra ses cheveux et les brûlera sur le feu qui aura été mis sous le sacri- fice des pacifiques, +19. et il mettra entre les mains du Nazaréen, après que sa tête aura été rasée, l'épaule cuite du bélier, un tour- +deux fois sa cliovelure (9^), olïrir consécutive- ment trois Tictimes (10-12*), recommencer les jours du nazaréat à partir de celui où avait eu lieu la profanation Involontaire (12''). +13-20. Cérémonies à accomplir au moment où le vœu prenait fin. — La tradition juive nous apprend que le nazaréat temporaire durait ordi- nairement trente jours. Il y eut plus tard des +nazir peri)étuels, comme Samson, Samuel, saint Jean-Baptiste. — Première cérémonie, vers. 13"* : adducet eum... Le sujet n'est pas mai'qué : « On le fera venir. » — Deuxième cérémonie, A^ers. 14 - 20 : des sacrifices sanglants et non sanglants, et l'offrande do la chevelure du Nazaréen. Les sacrilices sanglants étant assez dispendieux, les lùclacs aimaient, à une époque plus raiiprociicj +NuM. VI, 20 — VII, 1. +449 +tcau sans levain pris dans la corbeille, et uu gâteau également sans levain. +20. Et le Nazaréen les remettra entre les mains du prêtre , qui les élèvera de- vant le Seigneur ; et ayant été sanctifiés, ils appartiendront au prêtre, comme la poitrine qu'on a commande de séparer, et la cuisse. Le Nazaréen peut ensuite boire du vin. +21. C'est là la loi du Nazaréen lors- qu'il aura voué son oblation au Seigneur pour le temps de sa consécration, sans compter les autres sacrifices qu'il pourra faire de lui-même. Il exécutera, pour achever sa sanctification, ce qu'il avait arrêté dans son esprit lorsqu'il fit son vœu. +22. Le Seigneur parla encore à Moïse, et lui dit : +23. Dites à Aaron et à ses fils : C'est ainsi que vous bénirez les enfants d'Is- raël, et vous leur direz : +24. Que le Seigneur vous bénisse, et qu'il vous conserve. +25. Que le Seigneur vous montre son visage , et qu'il ait pitié de vous. +26. Que le Seigneur tourne son visage vers vous, et qu'il vous donne la paix. +27. C'est ainsi qu'ils invoqueront mon nom sur les enfants d'Israël, et je les bénirai. +manus nazaraei, postquam rasum fuerit capnt ejus ; +20. susceptaqne rursum ab eo, elc- vabit in conspcctu Domini ; et i^anctifi- cata sacerdotis erunt sicut pectusculum, quod sépara ri justum est, et fémur. Post hœc potest bibere nazarœus vinum. +21. Ista est lex nazarsei, cum voverit oblationem suam Domino tempore con- secrationis suse, exceptis his quœ inve- nerit manus ejus. Juxta quod mente devoverat, ita faciet ad perfectionem sanctificationis suse. +22. Locutusque est Dominus ad Moy- sen, dicens : +23. Loquere Aaron et filiis ejus : Sic benedicetis filiis Israël, et dicetis eis : +24. Benedicat tibi Dominus, et custo- diat te. +25. Ostendat Dominus faciem suam tibi , et misereatur tui. +26. Convertat Dominus vultum suum ad te, et det tibi pacem. +27. Invocabuntque nomen meum su- per filios Israël, et ego benedicam eis. +CHAPITRE VII +1. Lorsque Moïse eut achevé le taber- nacle , et qu'il l'eut dressé , qu'il l'eut oint et sanctifié avec tous ses ustensiles, ainsi que l'autel avec tous ses usten- siles , +1. Factum est autem in die qua com- plevit Moyses tabernaculum , et erexit illud, unxitque et sanctificavit cum om- nibus vasib suis, altare similiter et omnia vasa ejus, +de nous, à en faire les frais pour les pauvres. Cf. Act. XXI, 24; Jos., Ant., xix, 6, 1. +21. Conclusion. — Exceptis his... C.-à-d. qu'in- dépoudaniment des oblations prescrites, le nazir était libre d'en présenter d'autres, toutes sponta- nées , autant que le permettaient ses moj'ens {in- venerit manus ejus ). +6° Formule de la bénédiction sacerdotale. VI, 22-27. +22-23. Introduction. — Aaron et filiis ejus: ce ti'ait suppose que l'usage de cotte formule était exclusivement réservé aux prêtres. +24-2G. La formule proprement dite. Cf. Eccli. xxxvi, 17. — Elle est remarquable tout ensemble par la forme et par le fond. Trois phrases paral- lèles, ù deux membres, le second membre pré- cisant l'idée du premier. Trois souhaits eu gra- dation ascendante : la simple protection, la misé- ricorde, la paix. Trois foii le nom sacré de Jéhovah +en avant de la bénédiction partielle. On conçoit que les Pères et les théologiens aient vu dans ces versets une « adumbratio » du mystère de la sainte Trinité. — Ostendat /aciem, ostendat vul- tum. Gracieuse image. C'est comme le regard ai- mant et protecteur d'un père, d'une mère, sur leur enfant. +27. Dieu promet d'exaucer cette bénédiction des prêtres de son peuple : elle ne sera pas un vain souhait. +SeCTIOX III. — DEHXIEIiS IXCIDEXTS DU SEJOUR DES HÉBREUX AUPRÈS DU SiXAÏ. VII, 1 — IX, 14. §1. — Les offrandes des chefs des douze tribus au sanctuaire. VII, 1-89. +10 Les six chars, pour porter diverses parties du mobilier sacré. VII, 1-9. +Chap. VII. — 1-3. La préicatation de ces +450 +NuM. VII, 2-12. +2. obtulerunt principes Israël et ca- pita familiamm, qui erant per singulas tribus, prsefectique eorum qui iiumerati f uerant , +3. niunera coram Domino, sex plau- stra tecta cum duodecim bobus. Unum plaustrum obtulere duo duces, et unum bovem singuli, obtuleruntque ea in con- spectu tabernaculi. +4. Ait autem Dominus ad Moysen : +5. Suscipe ab eis ut serviant in mi- nisterio tabernaculi , et trades ea levitis juxta ordinem ministerii sui. +6. Itaque cum suscepisset Moyses plau- stra et boves , tradidit eos levitis. +7. Duo plaustra et quatuor boves dédit filiis Gerson, juxta id quod habebant necessarium. +8. Quatuor alia plaustra et octo boves dédit filiis Merari, secundum officia et cultum suum, sub manu Ithamar, filii Aaron sacerdotis. +9. Filiis autem Caath non dédit plau- stra et boves, quia in sanctuario serviunt, et onera propriis portant humeris. +10. Igitur obtulerunt duces in dedi- cationem altaris, die qua unctum est, oblationem suam ante altare. +11. Dixitque Dominus ad Moysen : Singuli duces per singulos dies offerant munera in dedicationem altaris. +12. Primo die obtulit oblationem suam Nahasson, filius Aminadab, de tribu Juda; +2. les princes d'Israël, cbefs des fa- milles dans chaque tribu, qui comman- daient à tous ceux dont on avait fait le dénombrement, +3. offrirent leurs présents devant le Seigneur, d'abord six chars couverts, avec douze bœufs. Deux chefs offrirent un char, et chacun d'eux un bœuf, et ils les présentèrent devant le tabernacle. +4. Alors le Seigneur dit à Moïse : +5. Recevez d'eux ces choses pour les employer au service du tabernacle, et vous les donnerez aux Lévites, afin qu'ils s'en servent selon les fonctions de leur ministère. +6. Moïse, ayant donc reçu les chars et les bœufs, les donna aux Lévites. +7. Il donna aux fils de Gerson deux chars et quatre bœufs, selon le besoin qu'ils en avaient. +8. Il donna aux fils de Mérari les quatre autres chars et les huit bœufs, pour s'en servir à toutes les fonctions de leur charge, sous les ordres d'Ithamar, fils du prêtre Aaron. +9. Mais aux fils de Caath il ne donna point de chars ni de bœufs, parce qu'ils s'occupent de ce qui regarde le sanc- tuaire, et qu'ils portent eux-mêmes leurs charges sur leurs épaules, +10. Les chefs firent donc leurs obla- tions devant l'autel pour la dédicace de l'autel, au jour où il fut consacré par l'onction. +11. Et le Seigneur dit à Moïse : Que chacun des chefs offre chaque jour ses présents pour la dédicace de l'autel. +12. Le premier jour, Nahasson, fils d'Aminadab, de la tribu de Juda, offrit son oblation ; +chars. La date in die qua complevit... nous ra- mène à Lev. viii-x. — Les principes Israël, ou chefs des tribus, ont été nommés précédemment, I, 4-16, à propos du recensement général de la nation. — Plaustra tecta traduit plus exactement l'hébreu que l'interprétation moderne : « chars en forme de litières» (portés chacun par deux bœufs, comme des palanquins ; voy. VAtl. arch., pi. Lxxvi, fig. 13). +4-9, L'emploi des chars est d'abord déterminé par Dieu lui-môme d'une manière générale (vers. 5 : in ministerio tabernaculi, ...levitis); Moïse le règle ensuite dans le détail , par une explication pratique des mots juxta ordinem ministerii sui (c.-ù-d. selon les besoins de chaque famille lévi- tique). Deux chars aux Gersonites , qui n'avaient h porter que des tentures ; quatre aux Mérarites, chargés des objets les plus lourds et les plus en- combrants. Les Caathites n'en reçoivent pas un +seul, parce que onera propriis portant humeris (vers. 9), ces fardeaux étant tout à fait saints. Cf. IV, 4-15. +2° Autres offrandes des chefs de tribus. VII, 10-89. +10 - 11. Introduction. — Singuli duces. Ils offrirent leurs présents au nom de la tribu qu'ils représentaient, d'après l'ordre prescrit pour les marches et les campements d'Israël, n, 1 -34. Les dons ne furent pas présentés en même temps , mais en douze jours consécutifs. Ils sont identi- quement les mêmes pour chaque chef, et consis- tent, d'une part en quelques vases précieux pour le service du tabernacle , d'autre part en victimes pour trois sortes de sacrifices. Les répétitions du narrateur sont d'un très bel effet ; elles repro- duisent sous nos yeux le défilé majestueux dont Israël fut témoin. +12-17. Offrande du prince de Juda. — Ka- +NuM. VII, 13-30. +451 +13. et son présent fut un plat d'ar- gent du poids de cent trente sicles, et un vase d'argent de soixante -dix sicles au poids du sanctuaire, tous deux pleins de farine mêlée d'huile pour le sacri- fice; +14. un petit vase d'or du poids de dix sicles, plein d'encens; +15. un bœuf pris du troupeau, un bé- lier, et un agneau d'un an pour Iholo- causte, +16. un bouc pour le péché, +17. et, pour le sacrifice des pacifiques, deux bœufs, cinq béliers, cinq boucs, et cinq agneaux d'un an. Ce fut Iti l'offrande de Nahasson, fils d'Aminadab. +18. Le second jour, Nathanaël, fils de Suar, chef de la tribu d'Issachar, +19. offrit un plat d'argent de cent trente sicles, et un vase d'argent de soixante- dix sicles au poids du sanctuaire, tous deux pleins de farine mêlée d'huile pour le sacrifice; +20. un petit vase d'or du poids de dix sicles, plein d'encens; +21. un bœuf du troupeau, un bélier, et un agneau d'un an pour l'holocauste, +22. un bouc pour le péché , +23. et, pour le sacrifice des pacifiques, deux bœufs, cinq béliers, cinq boucs, et cinq agneaux d'un an. Ce fut là l'offi'ande de Nathanaël, fils de Suar. +24. Le troisième jour, Eliab, fils d'IIé- lon, prince des enfants de Zabulon, +25. offrit un plat d'argent pesant cent trente sicles , et un vase d'argent de soixante-dix sicles au poids du sanctuaire, tous deux pleins de farine mêlée d'huile pour le sacrifice ; +26. un petit vase d'or du poids de dix sicles , plein d'encens ; +27. un bœuf du troupeau, un bélier, et un agneau d'un an pour l'holocauste, +28. un bouc pour le péché, +29. et, pour le sacrifice des pacifiques, deux bœufs, cinq béliers, cinq boucs, et cinq agneaux d'iui an. Ce fut là l'offrande d'Eliab, fils d'Hélon. +30. Le quatrième jour, Elisur, fils de Sédéiir, piince des enfants de Euben, +13. fueruntque in ea acetabulum ar- genteum pondo centum triginta siclo- rum, phiala argentea habens septuaginta siclos, juxta pondus sanctuarii, utrum- que plénum simila conspersa oleo in sa- crificium ; +14. mortariolura ex decem siclis au- reis, plénum incenso; +15. bovem de armento, et arietem, et agnum anniculum in holocaustum ; +16. hircumque pro peccato ; +17. et in sacrificio pacificorum boves duos, arietes quinque, hircos quinque, agnos anniculos quinque. Hsec est obla- tio Nahasson , filii Aminadab. +18. Secundo die obtulit Nathanaël, filius Suar, dux de tribu Issachar, +19. acetabulum argenteum appendens centum triginta siclos, phialam argen- team habentem septuaginta siclos, juxta pondus sanctuarii, utrumque plénum si- mila conspersa oleo in sacrificium; +20. mortariolum aureum habens de- cem siclos, plénum incenso; +21. bovem de armento, et arietem, et agnum anniculum in holocaustum ; +22. hircumque pro peccato ; +23. et in sacrificio pacificorum boves duos, arietes quinque, hircos quinque, agnos anniculos quinque. Hsec fuit obla- tio Nathanaël, filii Suar. +24. Tertio die princeps filiorum Zabu- lon, Eliab, filius Helon, +25. obtulit acetabulum argenteum appendens centum triginta siclos , phia- lam argenteam habentem septuaginta siclos, ad pondus sanctuarii, utrumque plénum simila conspersa oleo in sacri- ficium ; +26. mortariolum aureum appendens decem siclos, plénum incenso ; +27. bovem de armento, et arietem, et agnum anniculum in holocaustum ; +28. hircumc[ue pro peccato ; +29. et in sacrificio pacificorum boves duos, arietes quinque, hircos quinque, agnos anniculos quinque. Hsec est obla- tio Eliab, filii Helon, +30. Die quarto princeps filiorum Eu- ben, Elisur, filius Sedeur, +Tiasson : cet aïeul du Messie ouvre la marche. +— Acetahuhim. Hébr. : q"ârah, un plateau, — Phiala, un bassin, — Mortariolum, une coupe. +— Centum triginta sicloram... Le siclc servait d'unité de poids aussi bien que do monnaie. On l'évalue à 14 gr. 200 : d'où il suit que 130 sicles équivalent à environ 1846 grammes; 70 sicles, +à 994 grammes ; 10 sicles, à 142 grammes. Le sicle d'argent valant 2 fr. 83 , et le sicle d'or 43 f r. 50, les sommes représentées par chacun de ces objets étaient d'environ 368 fr., 198 fr., et 435 fr. +18-23. Offrande du prince d'Issachar. +24-29. Offrande du prince de Zabulon. +30-35. Offrande du prince de Rubcn. +452 +NuM. VII, 31-49. +31. obtulit acetabulum argenteum appendens centum triginta siclos, pliia- lam argenteam habentem septuaginta siclos, ad pondus sanctuarii, utrumque plénum simila couspersa oleo in sacri- ficium ; +32. mortariolum aureum appendens decem siclos , plénum incenso ; +33. bovem de armento , et arietem , et agnum anniculum in holocaustum ; +34. hircumque pro peccato ; +35. et in hostias pacilicorum boves duos, arietes quinque, hircos quinque, agnos anniculos quinque. Hsec fuit obla- tio Elisur, filii Sedeur. +36. Die quinto princeps filiorum Si- meon., Salamiel, fîlius Surisaddai, +37. obtulit acetabulum argenteum ap- pendens centum triginta siclos, phia- lam argenteam habentem septuaginta siclos, ad pondus sanctuarii, utrumque plénum simila conspersa oleo in sacri- ficium ; +38. mortariolum aureum appendens decem siclos , plénum incenso ; +39. bovem de armento, et arietem, et agnum anniculum in holocaustum ; +40. hircumque pro peccato ; +41. et in hostias pacificorum boves duos, arietes quinque, hircos quinque, agnos anniculos quinque. Hœc fuit obla- tio Salamiel , iilii Surisaddai. +42. Die sexto princeps filiorum Gad, Eliasaph, filius Duel, +43. obtulit acetabulum argenteum ap- pendens centum triginta siclos, phia- lam argenteam habentem septuaginta siclos, ad pondus sanctuarii, utrumque plénum simila conspersa oleo in sacri- ficium ; +44. mortariolum aureum appendens decem siclos , plénum incenso ; +45. bovem de armento, et arietem, et agnum anniculum in holocaustum ; +46. hircumque pro peccato ; +47. et in hostias pacificorum boves duos, arietes quinque, hircos quinque, agnos anniculos quinque. Haec fuit obla- tio EHasaph, filii Duel. +48. Die septimo princeps filiorum Ephraim, Elisama, filius Ammiud, +49. obtulit acetabulum argenteum ap- pendens centum triginta siclos, phialam argenteam habentem septuaginta siclos. +31. offrit un plat d'argent qui pesait cent trente sicles, et un vase d'argent de soixante-dix sicles au poids du sanctuaire, tous deux pleins de farine mêlée d'huile pour le sacrifice ; +32. un petit vase d'or du poids de dix sicles, plein d'encens; +33. un bœuf du troupeau, un bélier, et un agneau d'un an pour l'holocauste, +34. un bouc pour le péché, +35. et, pour le sacrifice des pacifiques, deux bœufs, cinq béliers, cinq boucs, et cinq agneaux d'un an. Ce fut là l'offrande d'Elisur, fils de Sédéûr. +36. Le cinquième jour, Salamiel, fils de Surisaddai', prince des enfants de Si m é on , +37. offrit im plat d'argent qui pesait cent trente sicles, et un vase d'argent de soixante-dix sicles au poids du sanctuaire, tous deux pleins de farine mêlée d'huile pour le sacrifice ; +38. un petit vase d'or du poids de dix sicles, plein d'encens; +39. un bœuf du troupeau, un bélier, et un agneau d'un an pour l'holocauste, +40. un bouc pour le péché , +41. et, pour les hosties des pacifiques, deux bœufs, cinq béliers, cinq boucs, et cinq agneaux d'un an. Ce fut là l'offrande de Salamiel, fils de Surisaddai'. +42., Le sixième jour, Eliasaph, fils de Duel, prince des enfants de Gad, +43. offi-it un plat d'argent qui pesait cent trente sicles, et un vase d'argent de soixante-dix sicles au poids du sanctuaire, tous deux pleins de farine mêlée d'huile pour le sacrifice ; +44. un petit vase d'or du poids de dix sicles, plein d'encens; +45. un bœuf du troupeau, un bélier, un agneau d'un an pour l'holocauste, +46. un bouc pour le péché, +47. et, pour les hosties des pacifiques, deux bœufs, cinq béliers, cinq boucs, et cinq agneaux d'un an. Ce fut là l'offrande d'Eliasaph, fils de DueL +48. Le septième jour, Elisama, fils d'Ammiud, prince des enfants d'Ephra'im, +49. oft'rit un plat d'argent qui pesait cent trente sicles, et un vase d'argent de soixante-dix sicles au poids du sanctuaire. +36-41, Offrande du prince de Siméon. 42-47. Offrande du prince de Gad. +48-53. Oiïrando du prince d'Éplir^Jm. +NuM. VII, 50-67. +453 +tans deux pleins de farine mêlée d'huile pour le sacrifice; +50. un petit vase d'or du poids de dix sicles, plein d'encens ; +51. un bœuf du troupeau, un bélier, et un agneau d'un an pour l'holocauste, +52. un bouc pour le péché, +53. et, pour les hosties des pacifiques, deux bœufs, cinq béliers, cinq boucs, et cinq agneaux d'un an. Ce fut là l'oiîrande d'Elisama, fils d'Ammiud. +54. Le huitième jour, Gamaliel, fils de Phadassur, prince des enfants de Ma- nassé , +55. offrit un plat d'argent qui pesait cent trente sicles, et un vase d'argent de soixante-dix sicles au poids du sanctuaire, tous deux pleins de farine mêlée d'huile pour le sacrifice ; +5G. un petit vase d'or du poids de dix sicles, plein d'encens; +57. un bœuf du troupeau, un bélier, un agneau d'un an pour l'holocauste, +58. un bouc pour le péché, +59. et, pour les hosties des pacifiques, deux bœufs, cinq béliers, cinq boucs, et cinq agneaux d'un an. Ce fut là l'offrande de Gamaliel, fils de Phadassur. +60. Le neuvième jour, Abidan , fils de Gédéon, prince des enfants de Ben- jamin , +61. offrit un plat d'argent qui pesait cent trente sicles, et un vase d'argent de soixante-dix sicles au poids du sanctuaire, tous deux pleins de farine mêlée d'huile pour le sacrifice ; +G2. un petit vase d'or du poids de dix sicles, plein d'encens; +63. un bœuf du troupeau, un bélier, un agneau d'un an pour l'holocauste , +64. un bouc pour le péché , +65. et, pour les hosties des pacifiques, deux b-..ufs, cinq béliers, cinq boucs, et cinq agneaux d'un an. Ce fut là l'offrande d'Abidan, fils de Gédéon. +66. Le dixième jour, Ahiézer, fils d'Am- misaddaï , prince des enfants de Dan , +67. offi'it un plat d'argent qui pesait cent trente sicles, et un vase d'argent de soixante-dix sicles au poids du sanctuaire, tous deux pleins de farine mêlée d'huile pour le sacrifice ; +ad ])ondus sanctuarii, utrumque plénum simila conspersa oleo in sacrilicium ; +50. mortariolum aureum appendens decem siclos , plénum incenso ; +51. bovem de armento, et arietem, et agnum anniculum in holocaustum ; +52. hircumque pro peccato ; +53. et in hostias pacificorum boves duos, arietes quinque, hircos quinque, agnos anniculos quinque. Hœc fuit obla- tio Elisama,filii Ammiud. +54. Die octavo princeps filiorum Ma- nasse, Gamaliel, filius Phadassur, +55. obtulit acetabulum argenteum ap- pendens centum triginta siclos, phia- lam argenteam habentem septuaginta siclos, ad pondus sanctuarii, utrumque plénum simila conspersa oleo in sacri- ficium ; +56. mortariolum aureum appendens decem siclos, plénum incenso ; +57. bovem de armento, et arietem, et agnum anniculum in holocaustum ; +58. hircumque pro peccato ; +59. et in hostias pacificorum boves duos, arietes quinque, hircos quinque, agnos anniculos quinque. Hsec fuit obla- tio Gamaliel, filii Phadassur, +60. Die nono princeps filiorum Ben- jamin, Abidan, filius Gedeonis, +61. obtulit acetabulum argenteum ap- pendens centum triginta siclos, phia- lam argenteam habentem septuaginta siclos, ad pondus sanctuarii, utrumque plénum simila consperea oleo in sacri- ficium ; +62. et mortariolum aureum appendens decem siclos, plénum incenso : +63. bovem de armento, et arietem, et agnum anniculum in holocaustum ; +64. hircumque pro peccato ; +65. et in hostias pacificorum boves duos, arietes quinque, hircos quinque, agnos anniculos quinque. Haec fuit obla- tio Abidan , filii Gedeonis, +66. Die decimo princeps filiorum Dan, Ahiezer, filius Ammisaddai, +67. obtulit acetabulum argenteum ap- pendens centum triginta siclos, phia- lam argenteam habentem septuaginta siclos, ad pondus sanctuarii, utrumque plénum simila conspersa oleo in sacri- licium ; +54-59. Offrande du prince de Manassé. C0-G5. OfiEraude du prince de Benjamin, +GG-71. Offrande du prince de Dan. +454 +NuM. VII, 68-86. +68. mortariolura aureum appendens decem siclos, plénum incenso ; +69. bovem de armento, et arietem, et agnum anniculum in holocaustum ; +70. hircumqne pro peccato ; +71. et in hostias pacilicorum boves duos, arietes quinque, hircos qiiinque, agnos anniculos quinque. Hœc fuit obla- tio Ahiezer, filii Ammisaddai. +72. Die undecimo princeps filiorum Azer, Pliegiel, filius Ochran, +73. obtuiit acetabulum argenteum ap- pendens centum triginta siclos, phia- lam argenteam liabentem septuaginta siclos, ad pondus sanctuarii, utrumque plénum simila conspersa oleo in sacri- ficiura ; +74. mortariolum aureum appendens decem siclos, plénum incenso; +75. bovem de armento , et arietem , et agnum anniculum in holocaustum ; +76. hircumque pro peccato ; +77. et in hostias pacificorum boves duos, arietes quinque, hircos quinque, agnos anniculos quinque. Haec fuit obla- tio Phegiel, filii Ochran. +78. Die duodecimo princeps filiorum Nephthali, Ahira, filius Enan, +79. obtuiit acetabulum argenteum appendens centum triginta siclos, phia- lam argenteam habentem septuaginta siclos, ad pondus sanctuarii, utrumque plénum simila oleo conspersa in sacri- ficium ; +80. mortariolum aureum appendens decem siclos, plénum incenso; +81. bovem de armento, et arietem, et agnum anniculum in holocaustum ; +82. hircumque pro peccato ; +83. et in hostias pacificorum boves duos, arietes quinque, hircos quinque, agnos anniculos quinque. Hœc fuit obla- tio Ahira, filii Enan. +84. Haec in dedicatione altaris oblata sunt a principibus Israël, in die qua consecratum est : acetabula argentea duodecim, phialse argentese duodecim, mortariola aurea duodecim ; +85. ita ut centum triginta siclos ar- genti haberet unum acetabulum, et se- ptuaginta siclos haberet una phiala; id est, in commune vasorum omnium ex argento sicli duo millia quadringenti, pondère sanctuarii ; +86. mortariola aurea duodecim plena +^ 68. un petit vase d'or du poids de dix sicles, plein d'encens; +69. un bœuf du troupeau, un bélier, un agneau d'un an pour l'holocauste, +70. un bouc pour le péché , +71. et, pour les hosties des pacifiques, deux bœufs, cinq béliers, cinq boucs, et cinq agneaux d'un an. Ce fut là l'oiïrande d'Ahiézer, fils d'Ammisaddaï. +72. Le onzième jour, Phégiel , fils d'Ochran, prince des enfants d'Aser, +73. offrit un plat d'argent qui pesait cent trente sicles, et un vase d'argent de soixante-dix sicles au poids du sanctuaire, tous deux pleins de farine mêlée d'huile pour le sanctuaire ; +74. un petit vase d'or du poids de dix sicles, plein d'encens; +75. un bœuf du troupeau, un bélier, un agneau d'un an pour l'holocauste, +76. un bouc pour le péché, +77. et, pour les hosties des pacifiques, deux bœufs, cinq béliers, cinq boucs, et cinq agneaux d'un an. Ce fut là l'ofErande de Phégiel, fils d'Ochran. +78. Le douzième jour, Ahira, fils d'É- nan, prince des enfants de Nephthali, +79. offrit un plat d'argent qui pesait cent trente sicles, et un vase d'argent de soixante-dix sicles au poids du sanctuaire, tous deux pleins de farine mêlée d'huile pour le sacrifice ; +80. un petit vase d'or du poids de dix sicles, plein d'encens; +81. un bœuf du troupeau, un bélier, un agneau d'un an pour l'holocauste, +82. un bouc pour le péché, +83. et, pour les hosties des pacifiques, deux bœufs, cinq béliers, cinq boucs, et cinq agneaux d'un an. Ce fut là l'offrande d' Ahira, fils d'Enan. +84. Voilà donc tout ce qui fut offert par les princes d'Israël à la dédicace de l'autel, au jour qu'il fut consacré: douze plats d'argent, douze vases d'argent, et douze petits vases d'or; +85. chaque plat d'argent pesant cent trente sicles, et chaque vase soixante- dix, en sorte que tous les vases d'argent pesaient ensemble deux mille quatre cents sicles au poids du sanctuaire ; +86. douze petits vases d'or pleins d'en- +72-77. Offrande du prince d'Ascr. +78-83. Offrande du prince de Nephthali. +84- £8. Récapitulation qui fait mieux ressortir +la richesse de tous ces dons, et par suite la gé- nérosité du peuple pour son Dieu. — Sicli duo millia quadringenti. C.-h- û. , d'après les évalua- +NuM. vu, 87 — VIII, 4. +455 +cens, dont chacun pesait dix sicles au poids du sanctuaire, et qui faisaient tous ensemble cent vingt sicles d'or ; +87. douze bœufs du troupeau pour l'ho- locauste, douze béliers, douze agneaux d'un an, avec leurs oblations de liqueurs, et douze boucs pour le péché ; +88. et, pour les hosties des pacifiques, vingt - quatre bœufs, soixante béliers, soixante boucs, soixante agneaux d'un an. Ce sont là les offrandes qui furent faites à la dédicace de l'autel, lorsqu'il fut oint et sacré. +89. Et quand Moïse entrait dans le tabernacle de l'alliance pour consulter l'oracle, il entendait la voix de Dieu, qui lui parlait du propitiatoire placé au- dessus de l'arche du témoignage, entre les deux chérubins, d'où il parlait à Moïse. +incenso, denos siclos appendentia pon- dère sanctuarii, id est, simul auri sicli centum viginti ; +87. boves de armento in holocaustum duodccim, arietes duodccim, agni anni- culi du()decim, et libamenta eorum; hirci duodecim pro peccato ; +88. in hostias pacificorum, boves vi- ginti quatuor, arietes sexaginta, hirci sexaginta, agni anniciili sexaginta. Hyec oblata sunt in dedicatione altaris, quando unctum est. +89. Camque ingrederetur Moyses ta- bernaculum fœderis, ut consuleret ora- culum, audiebat vocem loquentis ad se de propitiatorio quod erat super arcam testimonii inter duos cherubira, unde et loqucbatur ei. +CHAPITRE VIII +1. Le Seigneur parla à Moïse, et lui dit : +2. Parlez à Aaron, et dites-lui : Lors- que A'ous aurez placé les sept lampes, que le chandelier soit dressé du côté du midi. Ordonnez donc que les lampes du côté opposé regardent le septentrion , vers la table des pains de pi'oposition ; car elles doivent toujours jeter leur lu- mière vers cette partie qui est vis-à-vis du chandelier. +3. Aaron exécuta ce qui lui avait été dit, et il mit les lampes sur le chande- lier, selon que le Seigneur l'avait ordonné à Moïse. +4. Or voici de quelle manière ce chan- delier était fait : il était tout d'or battu au marteau, tant la tige du milieu, que les branches qui en naissaient des deux côtés ; et Moïse l'avait fait selon le mo- dèle que le Seigneur lui avait fait voir. +1. Locutusque est Dominus ad Moy- sen, dicens : +2. Loquere Aaron , et dices ad eum : Cum posueris septem lucernas, cande- labrum in australi parte erigatur. Hoc igitur prsecipe ut lucernge contra boream e regione respiciant ad meusani panum })ropo:sitionis ; contra eam partem , quam candelabrum respicit, lucere debebunt. +3. Fecitque Aaron, et imposuit lucer- nas super candelabrum, ut prœceperat Domiiuis Moysi. +4. Hsec autem erat factura candelabri, ex auro ductili, tam médius stipes, quam cuncta quse ex utroque calamorum la- tere nascebantur; juxta exemplum quod ostendit Dominus Moysi, ita operatus est candelabrmn. +tions données plus haut, près de 7000 fr. — Auri sicli centum viginti. Environ 5 200 fr. +89. L'approbation divine, témoignée gracieu- sement par des entretiens intimes avec Moïse, le médiateur de l'alliauce. Jéhovah tient ses récentes promesses. Cf. Ex. xxv, 20-22. +§ II. — Consécration des Lévites. VIII, 1-26. +l» Un mot d'introduction, touchant le candé- labre, vers. 1 - 4. +Chap. VIII. — 1-3. La place du candélabre dans le sanctuaire. Cf. Ex. xxv, 31-40; Lev. XXIV, 1-4, passages que celui-ci complète. — +Candelabrum in australi parte : pi-ès de la paroi méridionale du tabernacle , et parallèlement à cette paroi. La table des pains de proposition était située de l'autre côté, près de la paroi sep- tentrionale; de, là ces autres paroles : lucernce contra boream... respiciant , ad mensam. Voyez Y Ail. arcliéol., pi. xcvi, flg, 2, c, d. — Conclu- sion : contra eam partem... hœere...; l'éclat des lampes était projeté du côté du nord. +4. Note rétrospective sur la facture des chande- liers à sept branches. Cf. Ex. xxv, 31 et ss., et VAtl. archéol., pi. cm, flg. 7, 10, 11. +456 +NuM. VIII, 5-13. +5. Et locutus est Dominus ad Moysen, dicens : +6. Toile levitas de medio filiorum Israël, et piirificabis eos +7. juxta liimc ritum : Aspergantur aqiia lustrationis , et radant omnes pilos Garnis suae. Cumque laverint vestimenta sua, et mimdati fuerint, +8. tollent bovem de armentis, et libamentum ejus similam oleo consper- sam; bovem autem alterum de armento tu accipies pro peccatô ; +9. et applicabis levitas eoram taber- naculo fœderis, convocata omiii multi- tudine filiorum Israël. +10. Cumque levitos fuerint coram Do- mino, ponent lilii Israël manus suas super eos , +11. et ofîeret Aaron levitas, munus in conspectu Domini a filiis Israël, ut serviant in ministerio ejus. +12. Levitœ quoque ponent manus suas super capita boum, e quibus unum fa- ciès pro peccato, et alterum in liolocau- stum Domini, ut depreceris pro eis. +13. Statuesque levitas in conspectu Aaron et filiorum ejus, et consecrabis oblatos Domino. +5. Le Seigneur parla encore à Moïse, et lui dit : +6. Prenez les Lévites du milieu des enfants d'Israël, et purifiez -les d'après ce rite. +7. Vous répandrez sur eux de l'eau d'expiation, et ils raseront tout le poil de leur corps. Et après qu'ils auront lavé leurs vêtements , et qu'ils se seront purifiés , +8. ils prendront un bœuf du troupeau, avec l'offrande de farine mêlée "Ihuile qui doit l'accompagner. Vous prendrez aussi un autre bœuf du troupeau pour le péché, +9. et vous ferez approcher les Lévites devant le tabernacle de l'alliance, après que vous aurez fait assembler tous les enfants d'Israël. +10. Lorsque les Lévites seront devant le Seigneur, les enfants d'Israël mettront leurs mains sur eux, +11. et Aaron offrira les Lévites comme un présent que les enfants d'Israël font au Seigneur, afin qu'ils lui rendent ser- vice dans les fonctions de son minis- tère. +12. Les Lévites mettront aussi leurs mains sur la tête des deux bœufs, dont vous sacrifierez l'un pour le péché, et vous offrirez l'autre au Seigneur en ho- locauste, afin d'obtenir par vos prières que Dieu leur soit favorable. +13.' Vous présenterez ensuite les Lé- vites devant Aaron et ses fils, et vous les consacrerez après les avoir offerts au Seigneur. +2" Dieu détermine les rites de lîi consécration des Lévites, vers. 5-19. +Cotte ordination était belle et majestueuse, mais beaucoup moins que celle des prêtres. Cf. Lcv. vni. « LevitîB quippe faciliori ritu sanctifl- cantur quam sacerdotes, » II Par. xxix, 34. +5. Introduction. — Ad Moysen. Moïse avait déjà présidé, en sa qualité de médiateur, à la con- sécration d' Aaron et de ses fils. +6-7. Première partie de la cérémonie : les pu- rifications préliminaires, qui exprimaient la pu- reté requise pour s'approcher du sanctuaire et de l'autel. — 1° Une aspersion d'aqua lustra- tionis, « d'eau de péché » (mè hattaH), comme parle l'hébreu, c.-à-d. d'une eau qui symbolisait la rémission des péchés. On la puisa sans doute dans le bassin d'airain. Ex. xxx , 17-21. — 2° Ra- dant... pilos. Autre emblème de pureté, et aussi do i-enoncement absolu. — 3» Laverint vesti- menta; non leur corps même, comme les prêtres, Lev. VIII, 8-9. +8-9. Deuxième partie de la cérémonie : les Lévites sont présentés au Seigneur, en présence +du peuple, ou du moins de ses délégués (convo- cata omni miiltitudine), avec leurs victimes d'ho- locauste (bovem de armentis...) et de propitiation (bovem... alterum...). +10-15. Troisième partie de la cérémonie : la consécration proprement dite. — Quatre rites suc- cessifs. Premier rite, vers. 10 : ponent filii Is- raël... C'était iine manière expressive de transférer sur les Lévites l'obligation qu'avait eue jusqu'alors le peuple d'offrir ses premiers -nés au Seigneur. Cf. in, 11-13. — Second rite, vers. 11 : offeret Aaron levitas... Littéralement, d'après î'hébreu : « Aaron agitera les Lévites (comme victimes d' ) agitation en présence du Seigneur. » Voyez Ex. XXIX, 27, et le commentaire. On a supposé que cette cérémonie consista dans une procession des Lévites autour de l'autel ou du tabernacle. — Ti'oisième rite, vers. 12, les sacrifices : Levitce quoque ponent..., comme le pratiquaient tous ceux qui offraient un sacrifice sanglant. Cf. Lew iv, 4, etc. La vraie traduction de depreceris pro eis serait : « expies pi'O eis. » Voyez la note de Lev. iv, 20. — Quatrième rite, vers. 13-14 : statues if. cou- +NUM. VIII, 14-24. +457 +14. vous les séparerez du milieu des enfants d'Israël , afin qu'ils soient à moi ; +15. et après cela ils entreront dans le tabernacle de l'alliance pour me ser- vir. Voilà la manière dont vous les pu- rifierez, et dont vous les consacrerez en les offrant au Seigneur ; parce qu'ils m'ont été donnés par les enfants d'Israël. +16. Je les ai reçus à la place de tous les premiers -nés d'Israël, qui sortent les premiers du sein de la mère ; +17. car tous les premiers -nés des en- fants d'Israël , tant des hommes que des bêtes , sont à moi. Je me les suis consa- crés le jour où je frappai en Egj^pte tous les premiers-nés ; +18. et j'ai pris les Lévites pour tous les premiers-nés des enfants d'Israël, +19. et j'en ai fait don à Aaron et à ses fils, après les avoir tirés du milieu du peuple, afin qu'ils me servent dans le tabernacle de l'alliance à la place des enfants d'Israël, et qu'ils prient pour eux, de peur que le peuple ne soit frappé de quelque plaie, s'il osait s'approcher du sanctuaire. +20. Moïse et Aaron et toute l'assem- blée des enfants d'Israël firent donc à l'égard des Lévites ce que le Seigneur avait ordonné à Moïse. +21. Ils furent purifiés, et ils lavèrent leurs vêtements , et Aaron les présenta en offrande devant le Seigneur, et pria pour eux, +22. afin qu'ayant été purifiés, ils en- trassent dans le tabernacle de l'alliance, pour y faire leurs fonctions en présence d' Aaron et de ses fils. Tout ce que le Sei- gneur avait ordonné à Moïse touchant les Lévites fut exécuté. +23. Le Seigneur parla de nouveau à Moïse, et lui dit : +24. Voici la loi pour les Lévites : De- +14. ac separabis de medio fiiiorum Israël , ut sint mei ; +15. et postea ingredientur taberna- culum fœderis, ut serviant mihi. Sicque purificabis et consecrabis eos in obla- tionem Domini, quoniam dono donati sunt mihi a filiis Israël. +16. Pro primogenitis quse aperiunt omnem vulvam in Israël , accepi eos ; +17. mea sunt enim omnia primogenita fiiiorum Israël, tam ex hominibus quam ex jumentis. Ex die quo percussi omne primogenitum in terra ^gypti , sanctifi- cavi eos mihi ; +18. et tuli levitas pro cunctis primo- genitis fiiiorum Israël, +19. tradidique eos dono Aaron et filiis ejus de medio populi, ut serviant mihi pro Israël in tabernaculo fœderis, et orent pro eis, ne sit in populo plaga, si ausi fuerint accedere ad sanctuarium. +20. Feceruntque Moyses et Aaron , et omnis multitudo fiiiorum Israël, super levitis qu£e praeceperat Dominus Moysi ; +21. purificatique sunt, et laverunt ve- stimenta sua ; elevavitque eos Aaron in conspectu Domini , et oravit pro eis , +22. ut purificati ingrederentur ad of- ficia sua in tabernaculum fœderis coram Aaron et filiis ejus. Sicut praeceperat Dominus Moysi de levitis, ita factum est. +23. Locutusque est Dominus ad Moy- sen, dicens : +24. Hsec est lex levitarum : A viginti +speciu Aaron; pour montrer ainsi que les Lé- vites devaient l'obéissance au grand prêti-e et aux prêtres, dont ils étaient les aides inférieurs. — Postea ingredientur... Après avoir été dûment consacrés , ils seront aptes à remplir les fonctions de leur ordre. +16-19. Piécapitulation du rôle des Lévites. — P'O primogenitis... Cf. iii, 5 et ss. ; iv, 4 et ss. — Orent pro eis (vers. 19). Hébr.: « afin qu'ils expient pour les enfants d'Israël. » Haute fonc- tion des prêtres et des Lévites, plus réelle encore sous la Loi nouvelle. — Ne sit... plaga, si ausi... Dieu interdit de nouveau les fonctions du minis- ■.ère sacré à tout Israélite qui ue ferait point partie +de la tribii de Lévi. +3° Moïse et Aaron exécutent les prescriptions divines relatives à la consécration des Lévites, vers. 20-22. +20-22. Feceruntque... Simple abrégé de l'alinéa qui précède. +4° La durée du ministère des Lévites, vers. 23-26. +23-25. Les limites d'âge. — A viginti quinque annis. Cela surprend ; car, peu de temps aupara- vant, IV, 3, 23, 30, le « terminus a quo » de l'entrée des Lévites en fonctions était fixé à trente ans. On résout cette diflticnlté de deux manières. 1° Le chap, iv contenait un règlement temporaire, +458 +NuM. VIII, 25 — IX, 6. +qiiinque annis et supra, ingredientur ut ministrent in tabernaculo f œderis ; +25. cumque quinquagesimura annum œtatis impleverint, serviie cessabunt; +26. eiimtque ministri fratrum suo- rum in tabernaculo f œderis, ut custo- diant quse sibi fuerint commendata; opéra autem ipsa non faciant. Sic dispo- nei levitis in custodiis suis. +puis vingt -cinq ans et au-dessus ils en- treront dans le tabernacle de l'alliance, pour s'employer à leur ministère ; +25. et, lorsqu'ils auront cinquante ans accomplis , ils ne serviront plus ; +26. ils aideront seulement leurs frères dans le tabernacle de l'alliance, pour garder ce qui leur a été confié ; mais ils ne feront plus leurs offices ordinaires. C'est ainsi que vous réglerez les Lé- vites , touchant les fonctions de leurs charges. +CHAPITRE IX +1. Locutusque est Dominus ad Moysen in deserto Sinai, anno secundo post- quam egressi sunt de terra ^gypti^ mense primo , dicens : +2. Faciant filii Israël phase in tem- pore suo, +3. quartadecima die mensis hujus ad vesperam, juxta omnes ceremonias et justificationes ejus. +4. Prsecepitque Moyses filiis Israël ut facerent phase ; +5. qui fecerunt tempore suo, quarta- decima die mensis ad vesperam, in monte Sinai. Juxta omnia quse manda- verat Dominus Moysi, fecerunt filii Israël. +6. Ecce autem quidam immundi super anima hominis, qui non poterant facere phase in die illo, accedentes ad Moysen et Aaron , +1. La seconde année après la sortie du peuple hors de l'Egypte, au premier mois, le Seigneur parla à Moïse dans le désert du Sinaï, et lui dit : +2. Que les enfants d'Israël fassent la Pâque au temps prescrit, +3. c'est-à-dire le quatorzième jour de ce mois sur le soir, selon toutes les céré- monies et les ordonnances qui leur ont été marquées. +4. Moïse ordonna donc aux enfants d'Israël de faire la Pâque ; +5. et ils la firent au temps qui avait été prescrit, le quatorzième jour du mois au soir, près de la montagne du Sinaï. Les enfants d'Israël firent toutes choses selon que le Seigneur l'avait ordonné à Moïse. +6. Or il arriva que quelques-uns, qui étaient devenus impurs pour s'être ajjpro- cliés d'xm mort, et qui ne pouvaient faire la Pâque en ce jour -là, vinrent trouver Moïse et Aaron, +ici Dieu établit une règle pei-pétuelle. Plus clai- i-oment : pendant le séjour au désert, le service des Lévites était beaucoup plus pénible, puisqu'ils devaient démonter, transporter, reconstruire fré- quemment le tabernacle ; une fois le peuple établi en Palestine, leur ministère était notablement simplifié et requérait luie moindre dépense de forces physiques. De là cette différence dages pour les deux périodes. 2« En réalité, le « ter- minus a quo » avait toujours été la trentième année; seulement, de 25 à 30 ans les Lévites se seraient préi)arés à l'exercice complet de leurs fonctions. Plus tard, David avança encore cet âge de cinq années entières. Cf. I Par. xxui, 2-1-28; II Par. xxxi, 17; Esdr. m, 8. +26. Ministère des Lévites à partir de leur cin- quantième année. — Ministri fratrum... Leur retraite n'était pas absolue; mais on les occupait il des emplois secondaires, et moins pénibles. +§ III. — Époque où l'on devra célébrer la Pâque. IX, 1-14. +1° Célébration ordinaire de la Pâque. IX, 1-5. +Chap. IX. — 1. Introduction historique. — Anno secundo..., mense 'primo. Il résulte de cette date que l'épisode actuel fut antérieur au dénom- brement général des Hébreux, qui avait été pres- crit les premiers jours du second mois. Cf. i, 1. +2-3. Dieu renouvelle ses anciennes prescrip- tions relatives soit au temps où il faudrait célé- brer la Pâque (cf. Ex. xii, 2-3 *, Lcv. xxiii, 5), soit aux cérémonies ix accomplir durant la solennité i juxta... ceremonias...). +4-5. IjCs Hébreux célèbrent la seconde Pâque au pied du Sinaï. +2« La célébration extraordinaire de la Pâque. IX, 6-14. +6-8. Occasion de ce nouveau règlement. — +mm 'M i' ih.'ll •' :i' ;l +'Ihi 11 il ''l';ii;M 'ii I +''il 11/1 +22 +NuM. IX, 7-16. +459 +7. et leur dirent : Nous sommes de- venus impurs , parce que nous nous sommes apin-ochés d'un mort; pourquoi serons -nous ]n'ivés pour cela d'offrir en son temps l'oblation au Seigneur, comme tout le reste des enfants d'Israël? +8. Moïse leur répondit : Attendez que je consulte le Seigneur, pour savoir ce qu'il ordonnera de vous. +9. Le Seigneur parla ensuite à Moïse, et lui dit : +10. Dites aux enfants d'Israël : Si un homme de votre peuple est devenu impur pour s'être approché d'un mort, ou s'il est en voyage au loin , qu'il fasse la Pâque du Seigneur +11. au second mois, le quatorzième jour du mois , sur le soir ; il mangera la Paque avec des pains sans levain et des laitues sauvages. +12. Il n'en laissera rien jusqu'au ma- tin, et il n'en rompra point les os, et il observera toutes les cérémonies de la Pâque. +13. Mais si quelqu'un étant pur, et n'étant pas • en voyage , ne fait point néanmoins la Pâque, il sera exterminé du milieu de son peuple , parce qu'il n'a pas offert en son temps le sacrifice au Seigneur ; il portera lui-même la peine de son péché. +14. S'il se trouve parmi vous des étrangers et des gens venus d'ailleurs, ils feront aussi la Pâque en l'honneur du Seigneur, selon toutes ses cérémonies et ses ordonnances. Le môme précepte sera gardé parmi vous, tant par ceux du de- hors que par ceux du paj^s. +15. Le jour donc que le tabernacle fut dressé , il fut couvert d'une nuée. Mais , depuis le soir jusqu'au matin, on vit pa- raître comme un feu sur la tente. +16. Et ceci continua toujours. Une +7. dixerunt eis : Immundi sumus su- per anima hominis ; quare fraudamur ut non valeamus oblationem offerie Do- mino in tempore suo, inter filios Israël? +8. Quibus respondit Moyses : State ut consulam quid prœcipiat Dominus de vobis. +9. Locutusque est Dominus ad Moy- sen, dicens : +10. Loquere filiis Israël : Homo qui fuerit immundus super anima, sive in via procul in gente vestra , faciat phase Domino +11. in mensG secundo, quartadeciraa die mensis ad vesperam ; cum azymis et lactucis agrestibus comedent illud ; +12. non relinquent ex eo quidpiam usque mane, et os ejus non confrin- gent, omnem ritum phase observabunt, +13. Si quis autem et mundus est, et in itinere non fuit, et tamen non fecit phase, exterminabitur anima illa de po- pulis suis, quia sacrificium Domino non obtulit tempore suo; peccatum suum ipse portabit. +14. Peregrinus quoque et advena si fuerint apud vos, facient phase Domino juxta ceremonias et justificationes ejus. Praeceptum idem erit apud vos, tam ad- vense quam indigence. +15. Igitur die qua erectum est taber- naculum , operuit illud nubes. A vespere autem super tentorium erat quasi species ignis usque mane. +16. Sic fiebat jugiter : per diem ope- +Immuncli super anima... C.-à-d. quelques Israé- lites devenus légalement impurs pour avoir tou- ché un cadavre humain. D'après Lev. vu, 21, cette souillure excluait de la participation aux viandes des sacrifices, par conséquent, de la nianducation de l'agneau pascal. — Quare frau- damur...? Paroles empreintes de foi et do tris- tesse. +9-12. Dans sa réponse à la consultation de Moïse, Dieu permet aimablement de reculer la Pâque d'un mois entier, non seulement pour le cas proposé, mais aussi pour celui d'un voyage lointain (in via procul). Il exige toutefois l'ac- coniplissemcnt intégral des rites prescrits. Les rabbins appelèrent plus tard cela « la petite PâtiUC ». +13. Sanction terrible contre ceux qui, sans raison grave , ne célébreraient point la Pâque au temps voulu. +14. Les étrangers et la solennité pascale. — Voyez, Ex. xii, 48-49, des détails plus complets sur ce point, +Sectiox IV. — Signaux pour détermixku les +DÉPAHÏS ET LES ArjlÊTS DE l'aHJIÉE THÉOCRA- TIQCE. IX, 15 — X, 10. +1' Le premier signal, donné par Dieu même. IX, 15-23. +15-16. Souvenirs rétrospectifs et de transition, touchant la colonne de nuée et de feu. — Die qua erectum..., operuit. Cf. Ex. xl, 34. Mais cette manifestation de la présence de Jéhovah au mi- +460 +NuM. IX, 17 — X, 2. +ri ébat illud nubes, et per noctem quasi species ignis. +17. Cumqne ablata fuisset nubes, quae tabeniaculum protegebat, tune profici- scebantur lilii Israël, et in loeo ubi ste- tisset nubes , ibi castrametabantur. +18. Ad imperium Domini poficisce- bantur, et ad imperium iliirs figebant tabeniaculum. Cunctis diebus quibus sta- bat nubes super tabernaculum, mane- bant in eodem loco ; +19. et si evenisset ut multo tempore maneret super illud , erant filii Israël in excubiis Domini, et non proficiscebantur +20. quot diebus fuisset nubes super tabernaculum. Ad imperium Domini eri- gebant tentoria, et ad imperium illius deponebant. +21. Si fuisset nubes a vespere usque mane, et statim diluculo tabernaculum reliquisset, proficiscebantur; et si post diem et noctem recessisset, dissipabant tentoria. +22. Si vero biduo, aut une mense, vel longiori tempore, fuisset super ta- bernaculum, manebant filii Israël in eodem loco, et non proficiscebantur; statim autem ut recessisset, movebant castra. +23. Per verbum Domini figebant ten- toria, et per verbum illius proficisce- bantur; erantque in excubiis Domini, juxta imperium ejus per manum Moysi. +nuée couvrait le tabernacle pendant le jour, et pendant la nuit c'était comme une espèce de feu qui le couvrait. +17. Lorsque la nuée qui recouvrait le tabernacle se retirait de dessus et s'avan- çait, les enfants d'Israël partaient; et lorsque la nuée s'arrêtait, ils campaient en ce même lieu. +18. Ils partaient au commandement du Seigneur, et à son commandement ils dressaient le tabernacle. Pendant tous les jours que la nuée s'arrêtait sur le tabernacle , ils demeuraient au même lieu ; +19. et si elle s'y arrêtait longtemps, les enfants d'Israël veillaient dans l'at- tente du Seigneur, et ils ne partaient point +20. pendant tous les jours que la nuée demeurait sur le tabernacle. Ils dressaient leurs tentes au commandement du Sei- gneur, et à son commandement ils les détendaient. +21. Si la nuée, étant demeurée sur le tabernacle depuis le soir jusqu'au matin, le quittait au point du jour, ils partaient aussitôt; et si elle se retirait après un jour et une nuit, ils détendaient aussitôt leurs tentes. +22. Si elle demeurait sur le tabernacle pendant deux jours ou un mois, ou en- core plus longtemps, les enfants d'Is- raël demeuraient aussi au même lieu, et n'en partaient point; mais aussitôt que la nuée se retirait, ils décampaient. +23. Ils dressaient leurs tentes au com- mandement du Seigneur, ils partaient à son commandement, et ils demeuraient dans l'attente et dans le service du Sei- gneur, selon l'ordre qu'il leur en avait donné par Moïse, +CHAPITRE X +1. Locutusqueest DominusadMoysen, ' 1. Le Seigneur parla encore à Moïse, +dicens : +2. Fac tibi duas tubas argenteas du- +et lui dit : +2, Faites -vous deux trompettes d'ar- +lieu de son peuple remontait jusqu'au moment de la sortie d'Egypte (Ex. xin, 21-22). — Per diem... nubes, per noctem... ignis : de façon à illuminer les ténèbres de la nuit, et à procurer durant le jour une ombre rafraîchissante. Cf. IX, 12; Ps. Lxxvii, 14; Is. iv, 6. +17-23. Manière dont cette double colonne réglait, par ses mouvements , les marches et les stations des Hébreux dans le désert. Remarquez les répéti- tions emphatiques de ce passage. — Ad imperium +Domini... (vers. 18). Il était naturel que le Dieu- roi commandât lui-même les haltes et les départs de son peuple. Les Hébreux n'essayèrent qu'une fois, pour leur malheur (xiv, 40 et ss.), de se soustraire à cette puissante et paternelle direction du Seigneur. +2° Le second signal, donné par les trompettes sacrées. X, 1-10. +Chap, X. — 1-2. Dieu ordonne de fabriquer les instruments destinés à cet usage. — Ijaas +NuM. X, 3-10. +4G1 +gent, battues au marteau, afm que vous puissiez vous en servir pour assembler tout le peuple lorsqu'il faudra lever le camp. +3. Et quand vous aurez sonné de ces trompettes, tout le peuple s'assemblera près de vous , à l'entrée du tabernacle de l'alliance. +4. Si vous ne sonnez qu'une fois, les princes et les chefs du peui)le d'Israël viendront auprès de vous. +5. Mais si vous sonnez plus longtemps de la trompette, et d'un son plus serré et entrecoupé, ceux qui sont du coté de l'orient decamj)eront les premiers. +6. Au second son de la trompette, avec un bruit semblable au premier, ceux qui sont vers le midi détendront leurs tentes ; et les autres feront de même au bruit des trompettes qui sonneront la levée du camp. +7. Mais lorsqu'il faudra seulement as- sembler le peuple, les trompettes son- neront d'un son plus uni, et non de ce son entrecoupé et serré. +8. Les prêtres enfants d'Aaron sonne- ront des trompettes ; et cette ordonnance sera toujours gardée dans toute votre postérité. +9. Si vous sortez de votre pays pour aller à la guerre contre vos ennemis qui vous combattent, vous ferez un bruit éclatant avec ces trompettes, et le Sei- gneur votre Dieu se souviendra de vous, pour vous délivrer des mains de vos en- nemis. +10. Lorsque vous ferez un festin, que vous célébrerez les jours de fêtes et les premiers jours des mois, vous sonnerez des trompettes en offrant vos holocaustes et vos hosties paciliques, afin que votre Dieu se ressouvienne de vous. Je suis le Seigneur votre Dieu. +ctiles, quibus convocare possis multitu- dinem quando movenda sunt castra. +3. Cumque increpueris tubis, congre- gabitur ad te omnis turba ad ostium ta- W bernaculi f œderis. +4. Si semel clangueris, venient ad te principes et capita multitudinis Israël. +5. Si autem prolixior atque concisus clangor increpuerit, movebunt castra primi qui sunt ad orientalem plagam. +6. In secundo autem sonitu, et pari ululatu tubaî, levabunt tentoria qui ha- bitant ad meridiem ; et juxta hune rao- dum reliqui facient, ululantibus tubis in profectionem. +7. Quando autem congregandus est populus, simplex tubarum clangor erit, et non concise ululabunt. +8. Filii autem Aaron, sacerdotes, cl; n- gent tubis; eritque hoc legitiraum sem- piternum in génération ibus vestris. +9. Si exieritis ad bellum c'e terra ve- stra contra hostes qui diraicant adver- sum vos, clangetis ululantibus tubis, et erit recordatio vestri coram Domino Deo vestro, ut eruamini de manibus inimi- corum vestrorum. +10. Si quando habebitis epulum, et dies festos et calendas, canetis tubis su- per holocaustis, et pacificis victimis, ut sint vobis in recordationem Dei vestri. Ego Dominus Deus vester. +tubas. Le mot hasosrot désigne des trompettes droites , semblables à celles des monuments égyp- tiens et de l'ai-c de triomphe de Titus {Atlas archéol., pi. lxxxvi, flg. 2; pi, civ, flg. 2, etc.), par opposition à la trompette recourbée, qu'on nommait qérén ou sofar (iUd., pi. civ, flg. 4). Leur nombre s'accrut notablement par la suite. Cf. I Par. XV, 24 ; II Par. v, 12. — Ductiles, en métal battu au marteau. +3-10. Les différentes sonneries et leur signifl- eation. — 1° Pour convoquer le peuple entier (omvis turba) devant le tabernacle, on sonnait en même temps des deux trompettes (increpueris tubis). — 2° Pour réunir sevilement Iss chefs de la nation , on ne sonnait que d'une seule (hébr. : h"ahat; Vulg. : semel). — 3o Pour annoncer la +levée du camp et le départ (vers. 5 - 6), des son- neries d'un genre spécial {.'Ynlg.'. proUxior atque concisus clangor; hébr. : tâqa' fru'ah, sonner l'alarme), réitérées à quatre intervalles, pour chacun des corps du peuple (ch. ii). Qui... ad orientalem plagam: c.-à-d. les tribus de Juda, d'Issachar et de Zabulon ; qui... ad meridiem : Ruben, Siméon et Gad. Voyez le tableau de la page 436. — Le vers. 7 revient en arrière, pour dire que le peuple sera convoqué ( vers. 3 ) par une simple sonnerie, et non par la t'ru'ah (non concise). Le 8« ordonne que ces signaux, repré- sentant la voix divine , seront exclusivement donnés par les prêtres. Cf. xxxi, 6 ; I Par. xv, 24. — 40 Pour proclamer la guerre, de nouveau la t'ru'ah (vers. 9 ; Vulg. : ululantibus tubis) , qui +462 +NuM. X, 11-19. +11. Anno secundo, mense secundo, vigesima die mensis, elevata est nubes de tabernaculo ilœderis ; +12. profectique siint fllii Israël per turmas suas de deserto Sinai, et recubuit nubes in solitudine Pharan. +13. ]\[overuntque castra primi juxta imperium Domini in manu Moysi, +14. filii Juda per turmas suas, quo- rum princeps erat Naliasson, lilius Ami- nadab. +15. In tribu filiorum Issachar fuit princeps Nathanael, filius Suar. +16. In tribu Zabulon erat princeps Eliab, filius Helon. +17. Depositumque est tabernaculum , quod portantes egressi sunt filii Gerson et Merari. +18. Profectique sunt et filii Euben, per turmas et ordinem suum ; quorum princeps erat Helisur, filius Sedeur. +19. In tribu autem filiorum Simeon +11. Le vingtième jour du second mois de la seconde année, la nuée se leva de dessus le tabernacle de l'alliance, +12. et les enfants d'Israël partirent du désert du Sinaï rangés selon leurs divers groupes, et la nuée se reposa dans le désert de Pharan. +13. Les premiers qui décampèrent par l'ordre du Seigneur, qu'ils reçurent de Moïse , +14. furent les enfants de Juda, selon leurs groupes, dont Naliasson, fils d'Ami- nadab, était le prince. +15. Nathanael, fils de Suar, était le prince de la tribu des enfants d'Issachar. +16. Eliab, fils d'IIélon, était le prince de la tribu de Zabulon. +17. Le tabernacle ayant été détendu, les enfants de Gerson et de Mérari le portèrent, et se mirent en chemin. +18. Les enfants de Euben partirent en- suite, chacun d'après son groupe et selon son rang ; Elisur, fils de Sédéur, en était le prince. +19. Salami el, fils de Surisaddaï, était +rappellera au divin « Imperator » le souvenir de sa milice. — 5° Les trompettes sacrées (levaient servir aussi pour annoncer certaines solennités : epidum (hébr. : au jour de votre joie), festos, calevdas (les néoménies, ou nouvelles lunes). Les deux premières expressions sont générales. Comme exemples des autres fêtes, on peut citer la dédi- cace du temple de Salomon, II Par. v, 13; la purification de ce même sanctuaire par Ézécliias, II Par. XXIX, 27-28. +DEUXIÈME PARTIE +Les marches et contremarches d'Israël de- puis le Sinaï jusqu'aux steppes de Moab. X, 11 — XXI, 35. +Tout est prêt maintenant pour le départ. Israël a été peu à peu organisé au pied du Sinaï, dans la solitude du désert, sous ce triple rapport : comme peuple de Jéhovah, en tant que commu- nauté religieuse de Jéhovah, comme armée de Jéhovah. Son Dieu le lance à la conquête de la Terre promise. +Section I. — Du Sinaï a Cadès. X, 11 — XIV, 45. +§ I. — Les Hébreux quittent le Sinaï. X, 11-36. +10 Le départ, vers. 11-28. +11-12. Du Sinaï au désert de Pharan. — La date du départ est marquée de la façon la plus précise : anno secundo (depuis la sortie d'E- gypte), mense secundo (ahib ou nisan), vigesima die. D'après Ex. xix, 1, les Hébreux étaient ar- rivés axi pied du Sinaï le troisième mois de la première année ; ce qui fait mi séjour d'environ un an. — Elevata... nubes. Dieu donne le signal convenu. Cf. ix, 15 et ss. — Fer turmas suas. +Hébr.: Vmas'èhem, selon leurs départs; allusion aux départs successifs des divers corps d'armée, ainsi qu'il va être exposé plus au long. — Rc cubuit yiubes : le signal des haltes, ix, 17. — In solitudine Pharan (mieux : P''ârân). Nom très ancien (cf. Gen. xrv, 6; xxi, 21) de « ce grand et terrible désert » (Deut. i, 19), dans leqi;el les Hébreux vont passer de longues et pénibles années. Dans la bouche des Ai-abes, il a fait place à celui d'Et-Tih, « l'égarement. » Le désert de Pharan s'étend au nord jusqu'au Négéb , ou Pa- lestine méridionale; à l'est, jusqu'à la vallée pro- fonde de l'Arabah; à l'ouest, jusqu'au désert de Sur ou d'Étham ; il est borné au sud par le massif du Sinaï, dont une ceinture de sable le sépare. Voyez YAtl. géogr., pi. v. Il occupe près de la moitié de la péninsule sinaïtique. C'est un plateau calcaire, désolé, presque sans végétation et sans habitants, souvent coupé par des vallées sans eau, n'ayant que quelques chaînes de collines pour varier sa monotonie. +13-28. Les Hébreux suivent, au départ et pour la route, les règles antérieurement pi'cscrites (Juxta imperium Domini, vers. 13; cf. ii, 1-34). — 1° Départ du premier corps d'armée, vers. 13-16. — 2° Les Gersonitcs et les Mérarites se mettent en marche, conduisant ou portant les objets sacrés qui avaient été confiés à leur garde, vers. 17. Ce détail complète le passage n, 17, en marquant d'une manière plus précise la place des descen- dants de Gerson et de Mérari. On les fait partir immédiatement après l'avant - garde , afin qu'ils eussent le temps, à la station, d'ériger le taber- nacle et le parvis, de sorte que le mobilier sacré , porté par les Caathites (vers. 21), pût être aus- sitôt mis en place. — S» Départ du second corps +JSTuM. X, 20-30. +403 +le prince de la tribu des enfants de Si- méon. +20. Eliasaph, fils de Duel, était le prince de la tribu de Gad. +21. Les Caathites , qui portaient le sanctuaire, partirent après; et on por- tait toujours le tabernacle jusqu'à ce qu'on fût arrivé au lieu où il devait être dressé. +22. Les enfants d'Ephraïm décam- pèrent aussi chacun selon son groupe, et Elisama, fils d'Ammiud, était le prince de leur corps. +23. Gamaliel, fils de Pliadassur, était le prince de la tribu des enfants de Ma- nassé ; +24. et Abidan, fils de Gédéon, était chef de la tribu de Benjamin. +25. Ceux qui partirent les derniers de tout le camp furent les enfants de Dan , qui marchaient chacun selon son groupe; Ahiézer, fils d'Ammisaddaï, était le prince de leur corps. +26. Phégiel, fils d'Ochran, était le prince de la tribu des enfants d'Aser ; +27. et Ahira , fils d'Énan , était le prince de la tribu des enfants de Neph- thali. +28. C'est là l'ordre du camp, et la ma- nière dont les enfants d'Israël devaient marcher selon leurs divers groupes lors- qu'ils décampaient. +29. Alors Moïse dit à Ilobab, fils de Eaguël le Madianite, son allié : Nous allons au lieu que le Seigneur doit nous donner ; venez avec nous , afin que nous vous comblions de biens ; car le Seigneur en a promis de très grands à Israël. +30. Hobab lui répondit : Je n'irai point avec vous, mais je retournerai en mon pays où je suis né. +princeps fuit Salamiel, filins Surisaddai. +20. PoiTO in tribu Gad erat princeps Eliasaph, filins Duel. +21. Profectique sunt et Caathitre por- tantes sanctuarium ; tamdiu tabernacu- lum portabatur, donec venirent ad ere- ctionis locum. +22. Moverunt castra et filii Ephraim per turmas suas, in quorum exercitu princeps erat Elisama, filius Ammiud. +23. In tribu autem filiorum Mauasse princeps fuit Gamaliel, filius Pliadas- sur ; +24. et in tribu Benjamin erat dux Abidan, filius Gedeonis. +25. Novissimi castrorum omnium pro- fecti sunt filii Dan per turmas suas, in quorum exercitu princeps fuit Ahiezer, filius Ammisaddai. +26. In tribu autem filiorum Aser erat princeps Phegiel, filius Ochra.n; +27. et in tribu filiorum Nephthali prin- ceps fuit Ahira, filius Enan. +28. Haec sunt castra, et profectiones filiorum Israël per turmas suas quando egrediebantur. +29. Dixitque Moyses lîobab, filio Ea- guël Madianitse, cognato suo : Profici- scimur ad locum quem Dominus daturus est nobis; veni nobiscum, ut benefacia- mus tibi, quia Dominus bona promisit Israeli. +30. Oui ille respondit : Non vadam tecum , sed revertar in terram meam , in qua natus sum. +d'armée, vers. 18-20. — 4° A sa suite, les Caa- thites se mettent en marche, avec Icui' part des objets sacrés, vers. 21; ils occupaient ainsi tout à fait le centre de l'armée. — 5° Départ du troi- sième corps, vers. 22-24. — 6° Départ du quatrième corps d'ai'mée, vers. 25-27. Au lieu de novissimi castrorum, l'hébreu a l'expression équivalente : a rassemblant ( ou : ramassant ) tout le camp , » comme font les arrière-gardes. Cf. Jos. vi, 9, 13, etc. — 70 Formule de conclusion , vers. 28. +2'^ Moïse invite Hobab à s'associer au peuple de Dieu, vers. 29-33. +29. L'invitation. — Eohab , filius Raguel. Snr Raguël, ou Jéthro, beau -père de Moïse, voyez Ex. n, 18, et l'explication. L'écrivain sacré n'a pas dit à quelle occasion Hobab était venu au camp israélite. — Cognato correspond à l'hébreu i.ôtenj expression assez vague, qui désigne des +relations de parenté créées par le mariage. Gen. XIX, 14, elle signifie « gendre » ; il est très probable qu'ici et Jud. rv, 11, elle signifie « beau-frère », Hobab étant frère de Séphora, la foumo de Moïse, n est naturel, dans ces conditions, que Moïse ait voulu faire participer Hobab aux avan- tages temporels que Jéhovah avait promis aux Israélites. Emblème, a-t-on dit très justement, de l'appel ultérieur des Gentils au salut messia- nique dont les Hébreux étaient alors déposi- taires. +30. Refus d'Hobab. — Non vadam..., sed re- vertar. N'ayant pas la même confiance que Moïse aux promesses divines, il ne songe qu'à rentrer .à Madian, sa patrie (cf. Exod. 11, 25). Trait dé- licat : in qua natus sum. Il est attiré là beau- coup plus que dans le pays de Chauaan. +464 +NuM. X, 31-36. +31. Et ille : Noli, inquit, nos relin- quere ; tu enim nosti in qnibiis locis per desertum castra ponere debeamus, et eris ductor noster ; +32. Clinique nobiscum veneris, quid- quid optimum fuerit ex opibus, quas nobis traditurus est Dominus, dabimus tibi. +33. Profecti sunt ergo de monte Do- mini viam trium dierum ; arcaque f œde- ris Domini prsecedebat eos, per dies très providens castrorum locum. +34. Nubes quoque Domini super eos erat per diem cum incederent. +35. Cumque elevaretur arca, dicebat Moyses : Surge , Domine ; et dissipentur inimici tui, et fugiant qui oderunt te a facie tua. +36. Cum autem deponeretur aiebat : Revertere, Domine, ad multitudinem exercitus Israël. +31. Ne nous abandonnez pas, répondit Moïse, parce que vous savez en quels lieux nous devons camper dans le désert, et vous serez notre guide. +32. Et quand vous serez venu avec nous , nous vous donnerons ce qu'il y aura de plus excellent dans toutes les richesses que le Seigneur doit nous donner, +33. Ils partirent donc de la montagne du Seigneur, et marchèrent pendant trois jours. L'arche de l'alliance du Seigneur allait devant eux, marquant le lieu où ils devaient camper pendant ces trois jours. +34. La nuée du Seigneur les couvrait aussi durant le jour lorsqu'ils marchaient. +35. Et lorsqu'on élevait l'arche, Moïse disait : Levez -vous, Seigneur, et que vos ennemis soient dissipés , et que ceux qui vous haïssent fuient devant votre face. +36. Et lorsqu'on déposait l'arche, il disait : Revenez , Seigneur, à l'armée de votre peuple Israël. +31-32. Moïse réitère sa demande en termes plus pressants , et en alléguant un nouveau motif. — Noli..., nos relinqaere. Cette fois, c'est une prière plutôt qu'une invitation (vers. 29 : « veni no- biscum »). — Tu enim nosti... Les Hébreux aussi devaient trouver leur avantage à conserver Hobab au milieu d'eux. La connaissance intime que sa Tie nomade lui avait procurée des lieux difficiles qu'ils avaient à traverser lui permettrait de leur servir de guide (ducior noster; hébr. : « nos yeux, 3> expression pittoresque; cf. Job, xxix, 15). Quoique plein de foi envers le Seigneur, Moïse ne pouvait négliger aucune précaution utile. La colonne miraculeuse ne fournissait que des indications générales; il importait au bien du peuple d'en avoir de plus spéciales, sur les chemins, les sources, les habitants, etc. — On ne dit pas si Hobab céda h ces nouvelles ins- tances. C'est probable, puisque le texte, cette fois, ne mentionne pas son refus, et aussi parce que d'autres passages, Jud. i, 16; iv, 11; I Reg. XV, 6; III Reg. x, 15; I Pai-. ii, 55, etc., nous montrent un certain nombre de Kénites, descen- dants d'Hobab , vivant parmi les Israélites après la conquête de Chanaan. +3« Les premiers jours de marche api'ès le dé- part du Sinaï, vers. 33-36. +33-34. Viam trium dierum... Le trait du vers. 12 , « recubuit nubes in solitudine Pharan, » marquait la direction générale, et point une pre- mière station. L'historien va désormais préciser. +Trois jours de marche, avec de simples haltes pour la nuit (providens castrorum locum), avant leur premier séjour prolongé, qui dut avoir lieu à Tabérah, xi, 3. — De prime abord, les mots arca prsecedehat semblent en contradiction avec le vers. 21, s'il est vrai, comme on l'a pensé, qu'il attribue à l'arche une place centrale au milieu de l'armée. Toutefois, même d'après cette interprétation du vers. 21, le détail qui suit, nuhes quoque Domini... (vers. 34), suffit pour faire disparaître l'antilogie. Quelle que fût la place de l'arche, ce mystérieux nuage la débordait, recouvrant tout le peuple et le précédant en partie. Cf. Ex. xm, 21 ; Neh. ix, 12 ; Ps. civ, 39. Mais on peut dire , plus simplement , qu'au vers. 21 il n'est pas question de l'arche nommément ; elle pouvait donc être portée en avant des Hé- breux, ainsi que paraissent l'exprimer d'autres passages (Deut. i, 33 et ss.; Jos. m, 3, etc.). +35-36. Prières de Moïse lorsqu'on élevait l'arche au moment du départ, et lorsqu'on la déposait pour les haltes. — Surge... et dissipentur... Israël marchait à la conquête de Chanaan, et Jéhovah était son général en chef : de là cette invoca- tion. — Revertere... ad multitudinem (hébr. : aux mjTiades des mille)... C.-à-d. : Cessez d'avan- cer, et demeurez avec votre peuple pour le pro- téger. Deux prières d'une sainte hardiesse ; « leur caractère poétique cori'espond à la sublimité des pensées. » +NuM. XI, 1-G. +465 +CHAPITRE XI +1. Cependant il s'éleva contre le Sei- gneur un murmure du peuple, se plai- gnant de la fatigue qu'il endurait. Le Seigneur, l'ayant entendu, s'irrita, et une flamme qui venait du Seigneur, s'étant allumée contre eux, dévora l'extrémité du camp. +2. Alors, le peuple ayant crié à Moïse, Moïse pria le Seigneur, et le feu s'étei- gnit. +3. Et il appela ce lieu l'Incendie, parce que le feu du Seigneur s'y était allumé contre eux. +4. Car une troupe de petit peuple qui était venu d' Egypte avec eux, éprouva de vives convoitises ; et s'étant assis et pleurant , et ayant aussi attiré à eux les enfants d'Israël, ils commencèrent à dire : Qui nous donnera de la chair à manger ? +6. Nous nous souvenons des poissons que nous mangions pour rien en Egypte ; les concombres, les melons, les poireaux, les oignons et l'ail nous reviennent à l'esprit. +6. Notre âme est desséchée, nos yeux ne voient rien que la manne. +1. Interea ortum est murmur populi, quasi dolentium pro labore, contra Do- minum. Quod cum audisset Dominus, iratus est; et accensus in eos ignis Domini devoravit extremam castrorum partem. +2. Cumque clamasset populus ad Moy- sen, oravit Moyses ad Dominum, et absorptus est ignis ; +3. vocavitque nomen loci illius In- censio, eo quod incensus fuisset contra eos ignis Domini. +4. Vulgus quippe promiscuum, quod ascenderat cum eis, flagravit desiderio, sedens et flens, junctis sibi pariter tiliis Israël ; et ait : Quis dabit nobis ad ve scendum carnes ? +5. Recordamur piscium quos come- debamus in ^gypto gratis; in mentem nobis veniunt cucumeres, et pepones, porrique et cèpe, et allia. +6. Anima nostra arida est, nihil aliud respiciunt oculi nostri nisi man. +§ II. — Tristes incidents en différentes stations. XI, 1 — XII, 15. +lo Murmures et châtiment du peuple à Tabérah. XI, 1-3. +Chap. XI. — 1-3. Murmur... quasi dolen- tium... Dans l'hébreu : Et le peuple fut comme des gens qui se plaignent d'un mal aux oreilles du Seigneur. La traduction contra Dominum rend bien le sens. Après le repos et l'abondance relative des environs du Sinaï, il a fallu subir, trois jours durant, la fatigue et les privations de la marche, et d'insolents murmures se font entendre. Cf. I Cor. x, 10. — Ignis Domini... extremam partem. Le feu vengeur eût dévoré le camp tout entier, sans le i-epentir des coupables et l'intervention de Moïse. — Nomen... Incensio. Hébr. : Tah'érah, avec la paronomase accoutu- mée : Ki ba'arah (eo quod incensus).,. Quelques géographes confondent cette localité avec El- Ain, dans l'ouadi Ez-Zalakah, à trois jours de marche au nord-est du Sinaï. Voyez la note du vers. 34, et y Atlas géogr., pi. v. +20 La manne produit la satiété et le dégoût. XI, 4-9. +4 - 6. Nouveaux murnmres , à l'occasion de la manne. — Vulgus (quippe; dans l'hébreu, la simple conjonction et) promiscuum. Tels furent, +cette fois, les principaxix auteurs de la plainte. Le mot hébreu qui les désigne Vasafsuf) est employé en ce seul endroit de la Bible, et il éqL-ivaut à notre expression triviale « l'amassis ». +— Quod ascenderat. Cf. Ex. xir, 38, et la note. La description de leur indigne conduite est très pittoresque. Leurs sentiments grossiers : flagra- vit...; leur attitude : sedens etflcns; leurs paroles : quis dabit...? Le texte original montre mieux la part des Hébreux : « Et même les enfants d'Is- raël s'assirent et pleurèrent, et ils dii-ent... » — Recordamur piscium... Dans cette liste, qui si- gnale les divers objets de leurs convoitises sen- suelles, nous trouvons les mets réputés de tout temps en Egypte comme les plus succulents et les plus abondants. Cf. Hérodote, ii, 125. Pour les poissons, voyez Ex. vir, 18, et le commentaii-c. +— Cucumeres. « Pructus in ^gypto omnium vul- gatissiiv.us , totis plantatus agris , » dit Forskal , Flor. (egypt., p. 168. Indépendamment du con- combre commun (Atlas d'hist. nat, pi. xxvi, flg, 3 , 5), l'Egypte possède l'espèce nommée cliatc ou Jcatteh , dont le goût est très savoureux. — Pepones. Les melons d'Égj-pte sont également célèbres, surtovit ses melons d'eau (Atlas d'hist. nat., pi. xxvn, flg. 1 et 5). — Porri. a Lauda- tissimus porrus in .Egypte, » disait Pline, Hist. nat., XIX, 33. Quelques Interprètes voient à tort +22* +4G6 +NuM. XI, 7-15. +7. Erat autem man quasi semeii co- riandii, colons bdellii. +8. Circuibatque populus, et colligens illiid, frangebat mola; sive terebat in mortario, coquens in olla, et faciens ex eo tortulas saporis quasi panis oleati. +9. Cumque descenderet nocte super castra ros, descendebat pariter et man. +10. Audi\dt ergo Moyses flentem po- pulum per familias, singulos per ostia tentorii sui. Iratusque est furor Domini valde ; sed et Moysi intoleranda res visa est, +11. et ait ad Dominum : Cur afflixisti servum tuum? quare non invenio gra- tiam coram te? et cur imposuisti pondus universi populi hujus super me? +12. Nuraquid ego concepi omnem hanc multitudinem, vel genui eam, ut dicas mihi : Porta eos in sinu tuo , si eut portare solet nutrix infantulum, et defer in terram pro qua jurasti pa tribus eo- rum? +13. Unde milii carnes ut dem tantae multitudini ? Fient contra me, dicentes : Da nobis carnes ut comedamus. +14. Non possum solus sustinere om- nem hune populum, quia gravis est mihi. +15. Sin aliter tibi videtur, obsecro ut +7. Or la manne était comme la graine de la coriandre, de la couleur du bdel- lion. +8. Le peuple Fallait chercher autour du camp, et l'ayant ramassée, il la broyait sous la meule, ou il la pilait dans un mortier; ensuite il la cuisait au pot, et il en faisait des tourteaux qui avaient le goût du pain pétri avec de l'huile. +9. Quand la rosée tombait sur le camp durant la nuit, la manne y tombait aussi en même temps. +10. Moïse entendit donc le peuple, qui pleurait chacun dans sa famille, et à l'entrée de sa tente. Alors le Seigneur entra en une grande fureur, et la chose parut aussi insupportable à Moïse ; +11. et il dit au Seigneur : Pourquoi avez -vous affligé votre serviteur? Pour- quoi ne trouvai -je point grâce devant vous? et pourquoi m'avez -vous chargé du poids de tout ce peuple? +12. Est-ce moi qui ai conçu toute cette grande multitude, ou qui l'ai engendrée, pour que vous me disiez : Portez-les dans votre sein, comme une nourrice a cou- tume de porter son petit enfant, et menez- les au pays que j'ai promis à leurs pères avec serment? +13. Où trouverai -je de la chair pour en donner à un si grand peuple ? Ils pleurent et crient contre moi , en disant : Donnez-nous de la viande, afin que nous en mangions. +14. Je ne puis porter seul tout ce peuple, parce qu'il est devenu trop lourd pour moi, +15. Si votre volonté s'oppose en cela +dans l'hébreu hasir la désignation du fenu-grec, espèce de luzerne à fleurs blanches, que les Égyp- tiens modernes mangent volontiers (^Atl. d'hist. nat., pi. XXX, fig. 9). La traduction des LXX (Trpaaa) ne diffère pas de celle de la Vulgate. — Cèpe. L'oignon d'Egypte est devenu prover- bial à cause de ce passage. Il est très gros , d'une saveur douce et délicate. — A ces objets de leur convoitise les Hébreux mécontents opposent le pain du ciel , la manne , dont ils osent dire qu'elle leur dessèche la vie ianima... arida), et qu'ils en ont les regards saturés. +7-9. Quelques détails complémentaires sur la manne. Cf. Ex. xvi, 31, et l'explication. C'est vraisemblablement une protestation tacite contre l'ingratitude des Hébreux. — Bdellii : gomme blanchâtre, ainsi qu'il a été dit à propos de Gen. II, 12. — Différentes manières de préparer cette nourriture céleste : frangebat mola, etc. Sur les moulins à main, les mortiers, Voila, voyez VAtl. archéoL, pi. xx, 3, 8, 11; pi. xxi, 1-3, etc. — +Panis oleati : sorte de gâteau mêlé d'huile d'olive, selon la mode orientale. +3° Moïse adresse lui-même des plaintes au Sei- gneur. XI, 10-15. +10. L'occasion. — D'une part, la vue de ce peuple ingrat et rebelle (flentem... per familias, singulos per ostia...: traits pittoresques) ; d'autre part, la colère pourtant si légitime de Jéhovah. Devant ce double fait, l'émotion de Moïse est à son comble : intoleranda res... L'hébreu a sim- plement : ra\ mauvais. +11-15. La plainte s'exhale en un langage très libre et très énergique. Moïse semble découragé. Sa situation était, en effet, bien triste, bien dé- licate. Mais sa foi demeure très visible, quoi- qu'elle se cache à demi sous ces expressions presque désespérées, — Niimqaid ego concepi... Manière de rappeler h Dieu qu'il s'est engagé, en créant ce peuple, à, le supporter, à subvenir à ses besoins. +NuM. XI, 16-23. +467 +à. mon désir, je vous conjure de me faire plutôt mourir et trouver grâce ii vos yeux, pour que je ne sois point accablé de tant de maux. +16. Le Seigneur répondit à Moïse : Assemblez-moi soixante-dix des anciens d'Israël, que vous saurez être les plus expérimentés et les plus propres à gou- verner, et menez-les à l'entrée du taber- nacle de l'alliance, où ils se tiendront debout avec vous. +17. Je descendrai là pour vous parler; je prendrai de l'esprit qui est en vous, et je leur en donnerai, afin qu'ils soutien- nent avec vous le fardeau de ce peuple, et que vous ne so^'ez point trop chargé en le portant seul. +18. Vous direz aussi au peuple : Puri- fiez-vous, vous mangerez demain de la chair; car je vous ai entendu dire : Qui nous donnera de la viande à manger? Nous étions bien dans l'Egypte. Le Sei- gneur vous donnera donc de la chair, afin que vous en mangiez , +19. non un seul jour, ni deux jours, ni cinq, ni dix, ni vingt, +20. mais pendant un mois entier, jus- qu'à ce qu'elle vous sorte par les narines, et qu'elle vous fasse soulever le cœur ; parce que vous avez rejeté le Seigneur qui est au milieu de vous, et que vous avez pleuré devant lui, en ^disant : Pourquoi sommes-nous sortis d'Egypte ? +21. Moïse lui dit : Il y a six cent mille hommes de pied dans ce peuple, et vous dites : Je leur donnerai de la viande à manger pendant tout un mois! +22. Ferez -vous égorger une multitude de brebis ou de bœufs, afin qu'elle puisse suffire à leur nourriture? ou rassemblerez- vous tous les poissons de la mer afin de les rassasier ? +23. Le Seigneur lui répondit : La main du Seigneur est -elle impuissante? Vous +interficias me, et inveniam gratiam in oculis tuis, ne tantis aiïiciar malis. +16. Et dixit Dominus ad Mo3''sen : Congrega mihi septuaginta viros de se- nibus Israël, quos tu nostiquod senes populi sint ac magistri , et duces eos ad ostium tabernacuii fœderis, faciesque ibi stare tecum, +17. ut descendam et loquar tibi ; et auferam de spiritu tuo, tradamque eis, ut sustentent tecum onus populi, et non tu solus graveris. +18. Populo quoque dices : Sanctifica- mini, cras comedetis cames; ego enim audivi vos dicere : Quis dabit nobis escas carnium? Bene nobis erat in ;^gypto. Ut det vobis Dominus carnes, et comedatis, +19. non uno die, nec duobus, vel quinque aut decem, nec viginti qui- dem, +20. sed usque ad mensem dierum, donec exeat per nares vestras, et vertatur in nauseam; eo quod repuleritis Domi- num, qui in medio vestri est, et fleve- ritis coram eo, dicentes : Quare egi'essi sumus ex ^gypto? +21. Et ait Moyses : Sexcenta millia peditum hujus populi sunt, et tu dicis : Dabo eis esum carnium mense integro! +22. Numquid ovium et boum multi- tudo csedetur, ut possit sufficere ad ci- bum? vel omnes pisces maris in unum congregabuntur ut eos satieut? +23. Cui respondit Dominus : Numquid manus Domini invalida est? Jam nunc +4° Le Seigneur promet à Moïse des coadju- teurs, et au peuple la nourriture qu'il demande. XI, 16-23. +16-17. Les auxiliaires de Moïse. C'est une ré- ponse aux paroles : a Non possum solus susti- nere » (vers. 14). — Septuaginta viros. Même nombre que celui des juges dont Jéthro avait conseillé l'institution, Ex. xviir, 13-27; nombre aussi des notables qui accompagnèrent Moïse au Sinaï, Ex. xxiv, 1,9. — Comme condition du choix, Dieu requiert que ces soixante -dix comptent parmi les senes 2)opuli (cf. Ex. m, 16) ou parmi \c^ magistri (hébr. : âoirim, voyez Ex. V, 16, et le commentaire). — De spiritu tuo: +l'esprit divin qui avait été communiqué à Moïse. Auferam : sans diminuer pourtant sa part ; de même, disent les Pères, qu'on allume un flam- beau à un autre flambeau, sans rien enlever ù l'éclat de celui-ci. +18-23. Promesse de viande pour le peuple. — Sanctificamini : par des ablutions symboliques, afin de recevoir plus dignement la grâce divine. Mais cette grâce, dont la nature et la durée sont précisées avec tant de clarté (cras... carnes; ad mensem dierum, c.-à-d. un mois complet), sera en même temps une punition, ù cause des mur- mures d'Israël. Remarquez l'ironie et la force des expressions (surtout le classique donec exeat per +4G8 +NuM. XI, 24-31. +videbis utrum meus sermo opère com- pleatur. +24. Venit igitur Moyses, et narra vit populo verba Domini, congregans se- ptuaginta viros de seiiibus Israël, quos stare fecit circa tabernaculum. +25. Descenditque Dominus per nubem, et locutus est ad eum, auferens de spi- ritu qui erat in Moyse, et dans septua- ginta viris. C unique requievisset in eis spiritus, proplietaverunt, nec ultra ces- saverunt. +26. Remanserant autem in castris duo viri, quorum unus vocabatur Eldad, et alter Medad, super quos requievit spi- ritus; nam et ipsi descripti fuerant, et non exierant ad tabernaculum. +27. Cumque prophetarent in castris, cucurrit puer, et nuntiavit Moysi, di- eens : Eldad et Medad prophetant in castris. +28. Statim Josue, filius Nun, minister Moysi, et electus e pluribus, ait : Do- mine mi, Moyses, prohibe eos. +29. At ille : Quid, inquit, semularis pro me? Quis tribuat ut omnis populus prophetet, et det eis Dominus spiritum suum? +30. Eeversusque est Moyses, et majo- res natu Israël in castra. +31. Ventus autem egrediens a Do- mino, arreptas trans mare coturnices, detulit, et demisit in castra itinere quantum uno die confici potest, ex omni +allez voir présentement si l'effet suivra ma parole. +24. Moïse, étant donc venu vers le peuple, lui rapporta les paroles du Sei- gneur; et ayant rassemblé soixante- dix hommes choisis parmi les anciens d'Israël, il les plaça près du tabernacle. +25. Alors le Seigneur, étant descendu dans la nuée, parla à Moïse, prit de l'es- prit qui était en lui, et le donna à ces soixante -dix hommes. L'esprit s'étant donc reposé sur eux, ils commencèrent à prophétiser, et continuèrent toujours depuis. +26. Or deux de ces hommes, dont l'un se nommait Eldad, et l'autre Médad , étant demeurés dans le camp, l'esprit se reposa sur eux ; car ils étaient aussi parmi les inscrits, mais ils n'étaient point sortis pour aller au tabernacle. +27. Et tandis qu'ils prophétisaient dans le camp, un jeune homme courut à Moïse, et lui dit : Eldad et Médad prophétisent dans le camp. +28. Aussitôt Josué, fils de Nun, qui excellait entre tous les serviteurs de Moïse, lui dit : Moïse, mon seigneur, em- pêchez-les. +29. Mais Moïse lui répondit : Pourquoi êtes -vous jaloux à mon sujet? Plût à Dieu que tout le peuple prophétisât, et que le Seigneur répandît son esprit sur eux! +30. Après cela Moïse revint au camp avec les anciens d'Israël. +31. En même temps un vent soulevé par le Seigneur, saisissant des cailles au delà de la mer, les amena, et les lit tomber dans le camp et autour du camp, en un +nares.,,). — Moïse se permet une objection fami- lière (vers. 21-22), que Dieu réfute (vers. 23) en faisant appel à sa toute-puissance. +5« Moïse choisit et Dieu bénit les soixante-dix anciens. XI, 24-30. +24-25. L'élection et la consécration. — Stare feclt circa tabernaculum. Moïse présentait ainsi les élus à Jéhovah. Le Seigneur daigne aussitôt ratifier le choix dé son serviteur, à la manière qu'il avait indiquée plus haut (vers. 17 : aufe- rens de spirltu..., et dans). — Prophetaverunt. Dans l'hébreu : itnabVu; expression qui ne dé- signe pas toujours la prophétie dans le sens strict, mais qui marque souvent dans la Bible une émotion surnaturelle , une extase accompagnée d'inspiration, et des louanges divines proférées sous le coup de cette inspiration. Cf. I Reg. x, 6 ; III Reg. xviii, 19, etc. — Non cessaverunt. Le texte original dit au contraire qu'a ils ne conti- nuèrent plus ». Dieu avait ainsi montré qu'il agréait les élus de Moïse ; cela suffisait. +26-29. Un épisode de l'élection. — Hemanse- rant... in castris. On ignore pour quel motif Eldad et Medad n'avaient pas suivi leurs collè- gues auprès du tabernacle. — Statim Josue...: Prohibe eos. Cette conduite de Josué rappelle celle des apôti-es, également jaloux de la gloire de N.-S. Jésus -Christ. Cf. Marc, ix, 38-39. Ces deux notables ayant été saisis de l'Esprit divin loin de Moïse et du tabernacle, le fils de Nun craignit que le prestige de son maître n'en fût amoindri ; car il était manifeste que les soixante- huit autres ne prophétisaient qu'à cause de leur association h Moïse. — Quid cemularis...? Quis tri- buat...? Admirable réponse, digne de cette grande âme. Moïse ne pense qu'à l'extension de la gloire de Jéhovah, point i sa propre glorification. +30. Conclusion de l'incident. +6>^ Le second miracle des cailles. XI, 31-34. +31-32. Le prodige. — Ventus... a Domino : par conséquent un vent surnaturel dans sa cause. — Arreptas trans mare... Voyez Ex. xvi, 3», et le +NuM. XI, 32 — XII, 2. +469 +espace aussi grand qu'est le chemin que l'on peut faire en un jour; et elles vo- laient en l'air, n'étant élevées au-dessus de la terre que de deux coudées. +32. Le peuple, se levant donc, amassa durant tout ce jour, et la nuit suivante, et le lendemain, une si grande quantité de cailles, que ceux qui en avaient le moins en avaient dix mesures , et ils les firent sécher tout autour du camp, +33. Ils avaient encore de la chair entre les dents, et ils n'avaient pas achevé de manger cette viande, que la fureur du Seigneur s'alluma contre le peuple, et le frappa d'une très grande plaie. +34. C'est pourquoi ce lieu fut appelé les Sépulcres de concupiscence , parce qu'ils y ensevelirent le peuple qui avait désiré de la chair. Et étant sortis des Sépulcres de concupiscence, ils vinrent à Haseroth, où ils demeurèrent. +parte castrorum per circuitum; vola- bantque in aère duobus cubitis altitu- dine super terram. +32. Surgens ergo populus toto die illo, et nocte, ac die altero, congregavit co- turnicum, qui parum, decem coros ; et siccaverunt eas per gyrum castrorum. +33. Adhuc carnes erant in dentibus eorum, ncc defecerat hujuscemodi cibus, et ecce furor Domini concitatus in po- pulum, percussit eum plaga magna ni- mis. +34. Vocatusque est ille locus Sepulcra concupiscentise ; ibi enim sepelierunt po- pulum qui desideraverat. Egressi autem de Sepulcris concupiscentire, venerunt in Haseroth, et manserunt ibi. +CHAPITRE XII +1. Alors Marie et Aaron parlèrent contre Moïse, à cause de sa femme, qui était Ethiopienne, +2. et ils dirent : Le Seigneur n'a -t -il +1. Locutaque est Maria et Aaron con- tra Moysen, propter uxorem ejris iEthio- pissam, +2. et dixerunt : Num per solum Moy- +commentaire. La caille, dont le vol est bas et lourd, profite ordinairement du vent pour ses migrations. Cf. Pline, Hist. nat., x, 23. — Quan- tité merveilleuse , selon la promesse de Jéhovah, vers. 19-20: itinere quantum uno die...; toto die..., et nocte, ac die altero congregavit (c.-à-d. pendant trente - six heures consécutives ) ; qui parum, decem coros (hébr, : dix liomer, c.-à-d. dix fois 338 litr. 80). — Volaljant... duobns cu- bitis... La vraie traduction de l'hébreu serait plu- tôt : Il y en avait près de deux coudées au-dessus de la surface de la terre. Une épaisseur d'en- viron 1">05. +33-34. Le châtiment. — Adhuc in dentibus. Locution pittoresque , pour signifier : Avant que leurs provisions fussent consommées. — Percussit eos plaga... : quelque épidémie terrible dont la nature n'est pas déterminée. — Sepulcra concu- piscentiœ. Hébr. : Qihrôt hatta'avah. Voyez le vers. 4 : « flagravit desiderio , » MVavvu ta'avah. Beaucoup de commentateurs supposent que cette station est identique à celle de Tabérah (vers. 3), omise dans l'énumération générale des campe- ments d'Israël au désert, xxxm, 16. Le nom de Tabérah n'aurait été donné qu'à la partie du camp atteinte par le feu vengeur. — Haseroth, la station suivante, a été l'objet de conjectures multiples. M. de Laborde pense à El-Aïn, où d'autres placent Tabérah et Qibrôt hattàavah (voyez la note du vers. 3) ; plusieurs géographes remontent au nord Jusqu'à Bir-et-Témed, vers l'endroit où la route +du Caire à la Mecque coupe le chemin du Sinaï à Hébron ; Burckhardt propose Aïn-Hadéi'ah, au sud de El-Aïn, Impossible de se prononcer avec certitude, La première opinion ne manque pas de vraisemblance. Voyez VAtl. géogr., pi. v. +7° Rébellion de Marie et d'Aaron contre Moïse. XK, 1-15. +Chap. XII. — 1-2». Propos insultants. — Maria et Aaron contra Moysen. Voici l'une des plus rudes épreuves de Moïse : il est maintenant at- taqué par ses plus proches parents. Le narrateur, en nommant Marie la première, et Dieu lui- même, en ne châtiant qu'elle seule (vers. 10-15), montrent qu'elle était l'instigatrice de ce mou- vement d'insubordination. — Occasion de la révolte : propter uxorem... sethiopissam. Quelle est cette femme ? S'agirait - il d'un nouveau ma- riage de Moïse? De nombreux interprètes l'af- firment, en s'appuyant soit sur la tournure hé- braïque (« à cause de la femme éthiopienne qu'il avait prise, car il avait pris une femme éthio- pienne »), qui semblerait indiquer lui fait récent ; soit sur l'épithète kuSit (éthiopienne), qui ne conviendrait pas à la Madianite Séphora (Ex. ir, 16, 21) : d'où ils concluent que Séphora était morte , et que Moïse avait contracté une seconde alliance matrimoniale. Mais ce sentiment présente de graves difficultés : comment supposer que Moïse eût alors épousé, non pas une femme choisie parmi son peuple, mais une païenne? On a raconté naguère, Ex. xviii, 2, que Séphora +470 +NuM. XII, 3-10. +sen locutus est Domîniis ? nonne et nobis si militer est locutus? Quod cum audisset Dominus +3. (erat enim Moyses vir niitissimus super omnes homines qui morabantur in terra), +4. statim locutus est ad eum, et ad Aaron et jMariam : Egredimini vos tan- tum très ad tabernaculum f œderis. Cum- que fuissent egressi, +5. descendit Dominus in columna nu- bis, et stetit in introitu tabevnaculi, vo- caus Aaron et Mariam. Qui cum issent, +6. dixit ad eos : Audite sermones meos : Si quis fuerit inter vos proplieta Domini, in visione apparebo ei, vel per somnium loquar ad illum. +7. At non talis servus meus Moyses, qui in omni domo mea lidelissimus est; +8. ore enim ad os loquor ei, et pa- lam, et non per œnigmata et figuras Dominum videt. Quare ergo non ti- muistis detrahere servo meo Moysi? +9. Iratusque contra eos, abiit. +10. Nubes quoque recessit, quae erat super tabernaculum; et ecce Maria ap- paruit candens lepra quasi nix. Cumque respexisset eam Aaron, et vidisset per- fusam lepra, +parlé que par le seul Moïse? Ne nous a - 1 - il pas aussi parlé comme à lui ? Ce que le Seigneur a^^ant entendu +3. (car Moïse était le plus doux de tous les hommes qui demeuraient sur la terre ) , +4. il parla aussitôt à Moïse , à Aaron et à Marie, et il leur dit : Allez, vous trois seulement, au tabernacle de l'al- liance. Et lorsqu'ils y furent allés, +5. le Seigneur descendit dans la co- lonne de nuée, et, se tenant à l'entrée du tabernacle, il appela Aaron et Marie. Ils s'avancèrent, +6. et il leur dit : Ecoutez mes paroles. S'il se trouve parmi vous un prophète du Seigneur, je lui apparais en vision, ou je lui parle en songe. +7. Mais il n'en est pas ainsi de Moïse, qui est mon serviteur très fidèle dans toute ma maison ; +8. car je lui parle bouche à bouche, et il voit le Seigneur clairement, et non sous des énigmes et sous des figures. Pourquoi donc n'avez-vous pas craint de parler contre mon serviteur Moïse ? +9. Et s'étant irrité contre eux, il se retira. +10. La nuée se retira en même temps du tabernacle, et Marie parut aussitôt toute blanche de lèpre comme de la neige. Aaron ayant jeté les yeux sur elle, et la voyant toute couverte de lèpre. +avait rejoint Moïse au Sinaï ; n'aurait - on pas signalé sa mort si elle avait eu lieu ? Le mot Jcus avait à cette époque une extension considé- rable, et il convenait fort bien comme titre gé- nérique au district occupé par les Madianites (voyez la note de Gen. x, 6). Tout s'explique si l'on suppose que Moïse accorda à Sépliora, quand elle revint à lui, une confiance et une autorité extraordinaires, qui excitèrent la jalousie de sa sœur Marie. — Num per solum Moysen...? Marie, en effet, porte ailleurs le nom de n'by'ah ou prophétcsse (Ex. xv, 20), et Aaron avait été appelé par Dieu « la bouche de Moïse » (cf. Ex. rv, 10-16; XXVIII, 30). Mais quel langage indigne de ces grands personnages? +2^-8. Dieu blâme sévèrement les coupables. — La phrase erat... Moyses mitissimus hominum, si simple, si touchante et si vraie (comme il ressort, au reste, de cet incident même, Moïse n'ayant pas un mot de reproche pour les cou- pables), a occasionné de bien sottes attaques contre l'authenticité de ce passage, puis du livre entier des Nombres, puis de tout le Pentateuque. Pourquoi !Moïse n'aurait-il pas cité ce trait per- sonnel, dès lors qu'il le fait d'une manière tout objective, pour manifester le motif de l'inter- vention divine en sa faveur? En outre, « on doit considérer ici Moïse comme un auteur sacré, qui +est inspiré de Dieu pour écrire ce qu'il raconte de lui-même. C'est pourquoi, comme il se loue ici sans orgueil , il se blâmera ailleurs avec humi- lité (cf. XX, 12 et ss., etc.). » Calmet, //. l. C'est donc â tort qu'on a parfois essayé d'éviter l'ob- jection en traduisant l'adjectif 'anav par « mal- heureux, affligé ». — Statim (vers. 4) : promp- titude qui révèle toute la bonté de Dieu pour son serviteur. — Le Seigneur condescend à ré- futer le langage de Marie et d' Aaron (vers. 6-8); il explique l'énorme différence qui existe entre les prophètes ordinaii'es, comme ils l'étaient l'un et l'antre, et Moïse, son ami spécial. Aux uns il se révèle médiatement , imparfaitement ( in visione g per somnium), d'une manière plus ou moins obscure {per anigmata) ; mais à Moïse, directement (os ad os) et clairement (palam) : degré de révélation que les théologiens appellent précisément « gradus mcsaicus. » — Nuance dans l'hébreu, au milieu du vers. 8 : « ... et non par énigmes, mais il contemple la similitude de Jéhovah. » — Voyez, Hcbr. m, 2 et ss., la belle argumentation de saint Paul sur les mots in omni domo... fideli^simus , pour pi-ouvcr que Jésus-Christ est de beaucoup supérieur h Moïse. 9-15. Punition des coupables. — Abiit, nubes.,. recessit. Dieu commence par retirer le signe vi- sible de sa présence, aUn de manifester la viva- +NuM. XII, 11 — XIII, 4. +471 +11. dit à Moïse : Seigneur, je vous con- jure de ne nous pas imputer ce péché que nous avons conirais follement ; +12. et que celle-ci ne devienne pas comme morte, et comme un fruit avorté qu'on jette hors du sein de sa mère. Vous voyez que la lè})re lui a déjà mangé la moitié du corps, +13. Alors îloïse cria au Seigneur, et lui dit : Mon Dieu, je vous prie, gué- rissez-la. +14. Le Seigneur lui répondit : Si son père lui avait craché au visage, n'aurait- elle pas dû demeurer au moins pendant sept jours couverte de honte ? Qu'elle soit donc hors du camp pendant sept jours ; après quoi on la rappellera. +15. Marie fut donc exclue du camp pendant sept jours ; et le peuple ne sortit point de ce lieu jusqu'à ce que Marie fût rappelée dans le camp. +11. ait ad Moysen : Obsecro, domine mi, ne imponas nobis hoc peccatum, quod stulte commisimus, +12. ne fiât hœc quasi mortua, et ut abortivum quod projicitur de vulva ma- tris sujTG ; ecce jam médium carnis ejus devoratum est a lepra. +13. Clamavitque Moyses ad Domi- num, dicens : Deus, obsecro, sana eam. +14. Cui rcspondit Dominus : Si pater ejus spuisset in faciem illius, nonne de- buerat sa Item septem diebus rubore suf- fundi? Separetur septem diebus extra castra, et postea revocabitur. +15. Exclusa est itaque Maria extra castra septem diebus ; et populus non est motus de loco ilio, donec revocata est Maria. +CHAPITRE XIII +1. Après cela le peuple partit de Ha- seroth, et dressa ses tentes dans le désert de Pharan. +2. Le Seigneur parla à ^loïse en ce lieu-là, et lui dit : +3. Envoyez des hommes pour consi- dérer le pays de Chanaan, que je dois donner aux enfants d'Israël : choisissez- les d'entre les principaux de chaque tribu. +4. Moïse fit ce que le Seigneur lui avait commandé ; et il envoya du désert de Pharan des hommes d'entre les princes, dont voici les noms : +1. Profecttisque est populus de Hase- roth, fixis tentoriis in descrto Pharan. +2. Ibique locutus est Dominus ad Moy- sen, dicens : +3. Mitte viros qui considèrent terram Chanaan, quam daturus suiu iiliis Israël, singulos de singulis tribubus, ex prin- cipibus. +4. Fecit Moyses quod Dominus im- peraverat, de deserto Pharan mittens principes viros, quorum ista sunt no- mina : +cité de son indignation. Il inflige ensuite à Marie une pénitence humiliante : cnndens Icpra... Cf. Ex. IV, 6; Lev. xiii, 2; IV Rcg. v, 27, etc. — Aaron implore en des termes aussi humbles qu'é- nergiques l'intervention de son frèi'e auprès de Dieu. Il l'avoue, ils ont ngi stulte; mais aussi, quel châtiment pour leur sœur : quasi mortua, ut abortivum...! — Deus... sana. Dans cette brève formule, on sent que Moïse fit passer toute son âme. Dieu l'exauce, sous condition : Si pater... spuisset... Le dernier des outrages, surtout ve- nant d'un père. Cf. Job, xxx, 10 ; Is. l, 6, etc. — SeiMm diebus extra castra, conformément aux règles édictées pour les lépreux, Lev. xiii, 4-5. +§ III. — L'exploration de la Terre promise et ses suites désastreuses. XIII, 1 — XIV, 45. +Arrivé non loin des limites de la terre sainte, et sur le point d'en prendre possession, Israël. par suite d'une révolte plus grave que toutes les +autres , voit son bonheur retardé de longues années. +lo Envoi d'explorateurs dans le pays de Cha- naan. XIII, 1-21. +Chap. XIII. — 1. De la station d'Haseroth à celle de Cadès. — In deserto Pharan. A Cadès , d'après le vers. 27. +2-3. Dieu prescrit h Moïse d'envoyer des explo- rateurs en Chanaan. — Locutus... Dominus. Nous lisons plus loin, Deut. i, 12, que le peuple avait le premier proposé cette mesure. Dieu l'approuve et en ordonne l'exécution. — S'mguH de sin- gulis... Donc douze envoyés en tout, choisis ex principibus; non toutefois parmi les chefs des tribus , mais parmi des notables d'un rang secon- daire; en effet, la liste des élus (vers. 4-17) diffèi'C complètement de celle du chap. i, vers. 5-15. La tribu de Lévi ne fut pas repi'ésentéc, à cause de son rôle strictement religieux, +4-17. Énumération des explorateurs. L'ordre +472 +XoL xin. +5. De tribn Euben, Sammua, filium Zecliur: +6. de tiiba Smeon, Saphat, filium Huri: +7. de tribu Jnda, Caleb, filiom Je- phoce ; +8. de izibn Issadiar, Igal, filium Jo- sej»h; +9. de tribn Epbraim, Osée, filiom Xun: +5- De la tribn de Boben, Sammxia, nia de Zôchor. +6. De la tribu de Sméon, Saphat, fils d'Huri. +7. De la tribu de Juda, Caleb, fils de JephoQe. +8. De la tribu d'Issacbar, Igal, fils de Joseph. +9. De la tribu d'Éphraîm, Osée, fils de » Xua. +10. de tribu Beniamin, Phalti, filium 10. De la tribu de Benjamin, Phalti, Rap'ûTi: fils de Baphu. +11. de tribn Zabnlon, Geddiel, filium 11. De la tribu de Zabnlon, Geddiel, Sodi : fils de Sodi. +12. de tribu Joseph, seeptri Manasse. 12. De la tribu de Joseph, eett-à-dirt Gaddi . filium Susi : de la tribn de Manassé . Gaddi , fils de +13. de tribu Dan, Ammiel, filium Ge- malli: +14. de tribu Aser. Sthur, filium Mi- chael : +15. de tribu Xephîhaîi, Xahabi, filhmi Vap'si : +16. de mbu Gad, Guel, filium Machi. +17. Hiçc sunt nomina TÎrorum quos misiî !Moyses ad oasiderandam terram ; YocaYiîqîie Osée, niium Xun, Jœue. +18. Misit ei^o e!>s Movses ad conside- randam tenam Chanaan, et dixit ad eos : Ascendite p«er meridianam plagami : cum- que veneriîis ad montes, +19. conàderate tenam, qualis sit, et populom qui habiîator est ejns; utmm fortis sit an infirmus; si pauci numéro an plures: +20. ipsa tena, bona an mala; urbes qnales. mniat^ an absque mûris; +21. humus, pinguis an stmlis; nemo- Tosa. an absq .le arboribus. Confortamini, et a5er:e nilis de fmcîibus terraD. Erat aniem tempus qnando jam praecoquae UTîfi vesci possunt. +13. De la tribu de Dan, Anmiiel, fils de Gémalli. +14. De la tribu d'Aser, Sthur, fils de Michaël. +15. De la tribu de Xephthali, Xahabi, fils de Vapsi. +16. De la tribu de Gad, Guël, fils de îilaclû. +17. Ce sont là les noms à.çs hommes que Moïse envoya conâdérer le pars ; et il doima à O^ée. ôls de Xua, le nom de Josué. +18. Moïse le? envoya donc pour cansi- dérer le r«ays de CnaLaan. et il leur dit : Montez Y^ar le nii«ii ; et lorsque vous serez arrivés aux montagnes, +19. considérez quelle est cette terre, et quel tet le peup.le qii l'habite, s'il est fort ou faible, s'il y a peu ou beaucoup d^habitants. +20. (y.nsidêres aussi quelle œt la twre, à elle est bonne ou mauvaise; quelles sont les villes, si elles ont des murs, ou si elles n'en ont point ; +21. si le terroir en est gras ou stéiile ; s'il est planté de bois ou s*il fêt sans arbres. Sc»yez courageux, et apportez- nous des âidis du pays. Or c'était alois le temps auquel on pouvait manger les premiers raisins. +des tnbas n'est pas tout à fût le rnSme qnf an cfaap. I. — 0«ee_ Josme. Hébr. : Hoiéa\ c sàtat, * rhiûma', < Jâlonh (est) mon silnL » S, o(»mae a parait vraisemJUaUe, oe dungonent de nom fcc fait dans la ciroonstanee préaatte, TemfkA antâJear du nom de Josoé aoia en Uen par an- ticipatâon. Cf. Ex. xvn, 9, IS ; xxxir, 13, etc. +IS - 31. Les insCracdoos de Moise anx exsàsak- tenrs. — A9cemdUB per wieridiamawt^: par le Xégtb, dû le texte hébreu; c-à-d. par le se: +de la Fssiestîne. Oe dMriet eommenoe an nrad de Cadès es va jusqu'à Beisabé; Q est en partie monlasDeux (ad Moalet). Tojex TAUtt* géogr^ pL T et VIL — Cbnsiderale_ Les détails sur lea- quds jnœte Moise (vos. 19-Sl) sont très Inen dMH^ pour donner une idée exacte du pays;. — Brat autem tempms^ Date intàcssante, qui désigne la fin de jniDtt on le mwmpwnrment +il +NuM. XIII, 22-28. +473 +22. Ces hommes , étant donc partis , explorèrent depuis le désert de Sin jus- qu'à Rohob sur la route d Ématli. +23. Ils montèrent vers le midi et vinrent à Hébron, où étaient Achiman, Sisaï et Thomaï, fils d'Enac : car Ilcbron a été bâti sept ans avant Tanis, ville d'Egypte. +24. Et étant allés jusqu'au Torrent de ia grappe, ils coupèrent une branche de vigne avec la grappe, que deux hommes portèrent au moyen d'une perche. Ils prirent aussi des grenades et des figues de ce lieu-là, +25. qui fut appelé depuis Néhelescol, c'est-à-dire le Torrent de la grappe, parce que les enfants d'Israël emportèrent de là cette grappe de raisin. +26. Ceux qui étaient allés considérer le pays revinrent quarante jours après, en ayant fait tout le tour. +27. Ils vinrent trouver Moïse et Aaron, et toute l'assemblée des enfants d'Israël dans le désert de Pharan, c'est-à-dire à Cadès; et leur ayant fait leur rapport ainsi qu'à tout le peuple, ils leur mon- trèrent des fi'uits du pa3^s, +28. et ils leur dirent : Nous avons été dans le pays où vous nous avez envoyés, +22. Cumque ascendissent, explora ve- runt terram a deserto Sin usque Rohob inti-antibus Eraath. +23. Ascenderuntque ad meridiem, et venerunt in Ilebron , ubi erant Achiman et Sisai et Tholmai , filii Enac ; nam Ilebron septem annis ante Tanim, urbem ^]g3^pti, condita est. +24. Pergentesque usque ad torrentem Botri, absciderunt palmitem cum uva sua, quem portaverunt in vecte duo viri. De malis quoque granatis et de ficis loci illius tulerunt, +25. qui appellatus est Nehelescol, id est, Torrens botri, eo quod botrum por- tassent inde filii Israël. +26. Reversique exploratores terrse post quadraginta dies, omni regione circuita, +27. venerunt ad Moysen et Aaron et ad omnem cœtum filiorum Israël in de- sertum Pharan , quod est in Cades ; locu- tique eis et omni multitudini, ostende- runt fructus terrse, +28. et narraverunt dicentes : Veni- mus in terram, ad quam misisti nos. +2« Voyage et rapport des explorateurs. XIII, 22-34. +22-25. Le voyage. — A deserto Sin (hébr. : Sin). Ce fut le point de départ. On appelait ainsi la partie septentrionale du désert de Phai-an. Cf. XX, 1 ; xxvn, 14 ; xxxiv, 3-4 ; Deut. xxxii, 51 ; Jos. XV, 1, 3, et VAtl. géogr., pi. v. — Usque Rohob. Ce fut la limite extrême du voyage. La ville de R'hob est peut-être identique à Beit-B'hob de Jud. xvni, 28, cité bâtie dans la tribu de Neph- thali, près de Laïs-Dan (AU. géogr., pi. vu), — Intrantibtis Emath. « L'entrée d'Émath, » qui sera signalée plus tard (xxxviii, 4) comme la limite septentrionale de la Terre promise, n'est autre chose que la plaine de la Cœlésyrie, située entre le Liban et l' Anti-Liban : vrai chemin ou- vert pour aller de la Palestine à Émath , ou Epi- phanie, sur rOronte. Cf. Gen. x, 18, et V Atlas géogr., pi. viu et xiir. — Ascenderunt ad meri- diem. Hébr. : par le Négeb. — Sur Hébron, rendue célèbre par le séjour qu'y fit Abraham, voyez Gen. xin, 18, etc. — Ubi... Achiman..., filii Enac. Nous aurons ailleurs, Deut. ii, 11; Jos. XV, 13, etc., quelques renseignements sur cette race géante des Énakites, et sur ses anciennes relations avec Hébron. — Précieux détail rétro- spectif : Hébron septem annis ante Tanim... Tanis est le nom grec et romain de la célèbre cité de T'ân, comme l'appelaient les Égyptiens ( les Hébreux disent So'ân ). Elle était située au Eud du lac Menzalch, et elle paraît avoir servi +de résidence aux pharaons à l'époque de Moïse. Cf. Ps. Lxxvii, 12. — Ad torrentem Botri: tra- duction de l'hébreu Nahal 'Esicol. Il s'agit pro- bablement de l'ouadi Tuffah, vallée voisine d'Hé- bron , par laquelle passe la route de Jérusalem ; elle est encore extrêmement riche en fruits de tous genres, spécialement en raisins, en figues et en grenades. — In vecte duo viri. Non qu'un seul homme eût été incapable de porter la grappe cueillie comme écliantillon , mais ce mode de transport permettait de la conserver plus fraîche jusqu'au retour. On trouve h Hébron des raisins pesant dix, douze livres, et même davantage. +26-27. Le retour. — Post quadraginta dies. Cet intervalle suppose que le pays avait été exploré en entier (omni regione...) et très sérieu- sement. — In Cades. Le nom complet était Cadès- Barné, Deut. i, 19. On a beaucoup discuté de nos jours sur l'emplacement de cette station, et il n'a pas encore été fixé d'une manière certaine. Il faut exclure Aïn-el-Ouéïbeh, dans l'Arabah, au nord-ouest du mont Hor et de Pétra ; cette lo- calité , h laquelle on a pensé, est située beaucoup trop à l'est. D'après le sentiment le plus vraisem- blable, on doit chercher Cadès à l'endroit dit Aïn- Eudes, sur le versant occidental du plateau Aza- zimeh (Atl. géog., pi. v). +28-30. Compte rendu exagéré des explorateurs. — Tout est bien d'abord , quand ils décrivent la fertilité de la contrée {rêvera fluit...; cf. Ex. III, 8) ; mais ils font de graves réserves dès qu'ils +474 +NuM. XIII, 29 — XIV, 3. +quse rêvera fluit lacté et melle, ut ex his fructibus cognosci potest ; +29. sed cultores fortissimos habet, et iirbes grandes atque muratas. Stirpem Enae vidimus ibi. +30. Amalec habitat in meridie; He- tliseus et Jebusaeus et Amorrhœus in montanis ; Chanangeus vero moratiir juxta mare et circa fluenta Jordanis. +31. Inter liasc Caleb compescens mur- mur populi, qui oriebatur contra Moy- sen, ait : Ascendamus, et possideamus terram, quoniam poterimus obtinere eam. +32. Alii vero, qui fuerant cumeo, di- cebant : Nequaquam ad hune populum valemus ascendere, quia fortior nobis; est. +33. Detraxeruntqne terrse, quam in- spexerant, apud tilios Israël, dicentes : Terra quam lustravimus, dévorât habi- tatores suos ; populus , quem aspeximus , procerse staturse est. +34. Ibi vidimus monstra qusedam filiorum Enac de génère giganteo, qui- bus comparati, quasi locustse videba- mur. +et où coulent véritablement le lait et le miel, comme on le peut connaître par ces fruits. +29. Mais elle a des habitants très forts, et de grandes villes fermées de murailles. Nous y avons vu la race d'Énac. +30. Amalec habite vers le midi ; les Héthéens, les Jébuséens et les Amor- rhéens dans le pays des montagnes ; et les Chananéens sont établis le long de la mer et le long du cours du Jourdain. +31. Cependant un murmure commen- çant à s'élever contre Moïse, Caleb fit ce qu'il put pour l'apaiser, en disant : Allons et assujettissons-nous ce pays, car nous pouvons nous en rendre maîtres. +32. Mais les autres qui y avaient été avec lui disaient au contraire : Nous ne pouvons pas aller combattre ce peuple, parce qu'il est plus fort que nous. +33. Et ils décrièrent devant les en- fants d'Israël le pays qu'ils avaient vu, en disant : La terre que nous avons été considérer dévore ses habitants ; le peuple que nous y avons trouvé est d'une taille extraordinaire. +34. Nous avons vu là des hommes qui étaient comme des monstres , des fils d'Énac de la race des géants, auprès des- quels nous ne paraissions que comme des sauterelles. +CHAPITRE XIV +1. Igitur vociferans omnis turba flevit nocte illa; +2. et murmurati sunt contra Moysen et Aaron cuncti filii Israël , dicentes : +3. Utinam mortui essemus in ^Egypto! et in bac vasta solitudine utinam perea- mus, et non inducat nos Dominus in terram istam, ne cadamus gladio, et +1. Tout le peuple se mit donc à crier, et pleura toute la nuit, +2. et tous les enfants d'Israël mur- murèrent contre Moïse et Aaron, en di- sant : +3.^ Plût à Dieu que nous fussions morts en Egypte! Et puissions-nous périr dans cette vaste solitude, plutôt que d'être introduits par le Seigneur dans ce pays- +parlent des habitants et de leurs cités. L'énu- mération du vers. 30 est importante sous le rapport géographique, pour déterminer les dis- tricts occupés par les différentes races. +31. Protestation courageuse de Caleb. — Caleb. Josué s'unit à lui dans le même esprit, comme 11 sera dit plus bas, xiv, 6.-9. Moïse aussi (Dcut. I, 29) adressa au peuple de graves remontrances. — Covipescens murmur... Un effet désasti'cux avait donc été produit en peu de temps. +32-34. Les autres explorateurs continuent de plus belle, alléguant l'impossibilité absolue de la +conquête (nequaquam... valemus), et essayant de prouver leurs dires par quelques faits spé- ciaux. Notez les hypei'boles : dévorât habita- tores (une terre dont les habitants s'entre- dé- truisent par des guerres perpétuelles), monstra... (hébr : hann'filim ; cf. Gen. vi, 4, et la note), et surtout, quasi locustce...! +Z" Eévolte du peuple. XIV, 1-10. +CiiAP. XIV. — 1-4. Début de la sédition. — Vociferans, flevit, murmurati sunt : expressions énergiques (surtout dans le texte hébreu), qui décrivent très bien l'état complet de démoi'ali- +NuM. XIV, 4-11. +475 +\h, de peur que nous ne mourions par l'épée, et que nos femmes et nos en- fants ne soient emmenés captifs ! Ne vaut -il pas mieux que nous retournions en Egypte? +4. Ils commencèrent donc à se dire l'un à l'autre : Nommons-nous un chef, et retournons en Egypte. +5. Moïse et Aaron, ayant entendu cela, se prosternèrent en terre ti la vue de toute la multitude des enfants d'Israël. +G, Mais Josué, lils de Nun, et Caleb, fils de Jéphoné, qui avaient aussi eux- mêmes exploré le pays, déchirèrent leurs vêtements, +7. et dirent à toute l'assemblée des enfants d'Israël : Le pays dont nous avons fait le tour est très bon, +8. Si le Seigneur nous est favorable, iî nous y fera entrer, et il nous donnera cette terre où coulent le lait et le miel. +9. Ne vous rendez point rebelles contre le Seigneur ; et ne craignez pas le peuple de ce pays -là, parce que nous pouvons le dévorer comme un morceau de pain. Ils sont destitués de tout secours ; le Seigneur est avec nous, ne craignez point. +10. Alors tout le peuple jetant de grands cris et voulant les lapider, la gloire du Seigneur parut à tous les en- fants d'Israël sur le tabernacle de l'al- liance. +11. Et le Seigneur dit à Moïse : Jusques à quand ce peuple m'outragera- t-il par ses paroles? Jusques à quand ne me croira- 1 -il point, après tous les miracles que j'ai faits devant leurs j^eux? +uxores ac liberi nostri ducantur captivi! Nonne melius est reverti in ^gyptum? +4. Dixeruntque alter ad alterum : Con- stituamus nobis ducem, et revertamur in /Egyptum. +5. Quo audito, Moyses et Aaron ceci- derunt proni in terram coram omni mnltitudine filiorum Israël. +6. At vero Josue, filius Nun, et Caleb, filius Jephone, qui et ipsi lustraverant terram, sciderunt vestimenta sua, +7. et ad omnem multitudinem filio- rum Israël locuti sunt : Terra, quam circuivimus, valde bona est. +8. Si propitius fuerit Dominus, indu- cet nos in eam, et tradet humum lacté et melle manantem. +9. Nolite rebelles esse contra Domi- num ; neque timeatis populum terrœ hujus, quia sicut panem, ita eos possu- mus devorare. Recessit ab eis omne prte- sidium ; Dominus nobiscum est, nolite metuere. +10. Cumque clamaret omnis multi- tudo, et lapidibus eos vellet opprimere, apparuit gloria Domini super tectum fœderis cunctis filiis Israël. +11. Et dixit Dominus ad Mo3^sen : Usquequo detrahet mihi populus iste? Quousque non credent mihi, in omni- bus signis quae feci coram eis? +sution où se trouvait le peuple. Cf. Deut. i, 28. Le narrateur cite quelques-unes des paroles de CGC rebelles : souhaits lugubres pour le passé (i(Zina7?£ 7no?'ftti...), et pour le présent {et in liac... solitudine,..) ; mépris des grands avantages que Dieu leur avait promis (.7ion inducat nos Domi- nus...) ; projet de rentrer immédiatement en EgjTte (nonne 'melius...?). On voit que, cette fois, la i-évolte est dirigée contre Jéhovah lui-même, et non seulement contre Moïse et Aaron (cf. Ex. XVI, 2 et ss.). +5-10. Efforts infractueux de Moïse et d' Aaron, de Caleb et de Josué, pour calmer l'effei-vescence du peuple. — Moyses et Aaron... proni. Après de vains appels à la foi des séditieux, Deut. i, 29-31 , ils font une amende honorable au Seigneur outragé. — Josue... et CaJeb. Aj'^ant été du nombre des explorateurs (et ipsi lastr avéra: it...), ils pou- vaient protester avec inie grande autorité, — Scidcrxmt vestimenta : en signe de deuil. Cf. Lcv. "x, 6, et l'explication. Leur iwtit di.sconrs C7»-3) est très approprié à la ch'couatuMcc ; il api)uic sur +ces deux pensées : fertilité de la terre promise, et confiance en Jéhovah, qui aidera son peuple à s'en empai'er. — Sicut /panem... devorare. Forte image pour exprimer la facilité de la conquête, Cf, Ps, XIII, 4. — Recessit... prcssidium. Hébr, : letir ombre. Autre image orientale; l'ombre est un précieux abri sous le soleil brûlant de la Pa- lestine. Cf. Gen. XIX, 8 ; Ps. xc, 1, d'après l'hébreu (xci dans la Vulg.), Les peuplades chananéennes étaient mûres, en effet, pour la perdition. Cf. Gen. XV, 16; Lov. xviii, 25, etc. — Piésultat de ces pieux efforts, vers. 10 : une surexcitation de plus en plus vive , et presque des voies de fait contre Caicb et Josué (lapidil/us...). Mais tout h coup Dieu manifeste visiblement sa présence {apparuit... cunctis). Cf. Ex. xvi, 10. +2° L'arrêt de mort. XIV, 11-25. +11-12, Un émouvant dialogue s'engage entre le Seigneur et Moïse ; nous en avons ici le ter- rible exordo, — Usquequo...? quousque...? L'in- dignation de Jéhovah est à sou comble contre ces Ingrats. Detrahet marque un amoindrisse- +476 +NuM. XiV, 12-20. +12. Feriam igitur ens pestilentia, at- que consiiraam; te aiitem faciam prin- cipem super geiitem magnam, et fortio- rem quam hœc est. +13. Et ait Moyses ad Dominum : Ut audiant ^gyptii, de quorum medio edu- xisti populum istum, +14. et liabitatores terrse hujus, qui audierunt quod tu, Domine, in populo isto sis, et facie videaris ad faciem, et nubes tua protegat illos, et in columna nubis prœcedas eos per diem, et in co- lumna ignis per noctem ; +15. quod occideris tantam multitudi- nem quasi unum liominem, et dicant : +16. Non poterat introducere populum in terram, pro qua juraverat; idcirco oc- cidit eos in solitudine? +17. Magnificetur ergo fortitudo Do- mini, sicut jurasti, dicens : +18. Dominus patiens et multae mise- ricordiœ, auferens iniquitatem et sce- lera, nullumque innoxium derelinquens, qui visitas peccata patrum in filios, in tertiam et quartam generationem. +19. Dimitte, obsecro, peccatum populi hujus secundum magnitudinem miseri- cordise tuse, sicut propitius fuisti egre- dientibus de iEgypto usque ad locum istum. +20. Dixitque Dominus : Dimisi juxta verbum tuum. +12. Je les frapperai donc de peste, et je les exterminerai; et pour vous, je vous établirai prince sur un autre peu])le plus grand et plus fort que n'est celui-ci. +13. Moïse répondit au Seigneur: Vous voulez donc que les Egyptiens, du milieu desquels vous avez tiré ce peuple, +14. et que les habitants de ce pays, qui ont entendu dire, Seigneur, que vous habitiez au milieu de ce peuple, que vous y êtes vu face à face, que vous les cou- vrez de votre nuée, et que vous marchez devant eux pendant le jour dans une co- lonne de nuée, et pendant la nuit dans une colonne de feu ; +15. vous voulez qu'ils apprennent que vous avez fait mourir une si grande multitude comme un seul homme, et qu'ils disent : +16. Il ne pouvait faire entrer ce peuple dans le pays qu'il leur avait promis avec serment ; c'est pourquoi il les a fait tous mourir clans le désert. +17. Que le Seigneur fasse donc éclater la grandeur de sa puissance, selon que vous l'avez juré, en disant : +18. Le Seigneur est patient et plein de miséricorde ; il efface les iniquités et les crimes , et il ne laisse impuni aucun cou- pable , visitant les péchés des pères dans les enfants jusqu'à la troisième et à la quatrième génération. +19. Pardonnez, je vous supplie, le péché de ce peuple selon la grandeur de votre miséricorde, de même que vous leur avez été favorable depuis leur sortie d'Egypte jusqu'en ce lieu. +20. Le Seigneur lui répondit : Je leur ai pardonné, selon que vous me l'avez demandé. +ment de la gloire extérieure de Jéhovab, causé par sa nation privilégiée. — Feriam..., sa patience étant à bout. L'équivalent hébreu de consumam serait « déshériter ». — Te autem... Même excep- tion , et même offre glorieuse qu'après l'adoration du veau d'or, Èx. xxxii, 10. +13-19. Moïse intercède pour Israël coupable. Beau type de Notre-Seigneur Jésus-Christ « semper vi- vens ad interpellandum pro nobis », Hebr.vii, 25. — Dans cette prière, très émue (voyez le texte hébreu, où les phrases sont tout entrecoupées), et non moins admirable que celle de l'Exode, XXXII, 11-13, Moïse fait valoir deux arguments pour calmer la juste colère de son Maître. Pre- mier argument, A'ers. 13-16 : désormais l'honneur de Jéhovah est lié indissolublement à la conser- vation des Israélites. Raisonnement tout humain en apparence, mais très fort, parce qu'il s'ap- +puyait sur l'ensemble du plan providentiel. Au vers. 14, excellent résumé des faveurs divines à l'égard des Hébreux (facie ad faciem; litté- ral. : œil à œil , comme deux amis qui s'entre- regardent familièrement). Au vers. 16, ironie mordante : non poterat..., malgi'é son serment (juraverat). Cf. Deut. xxxii, 26-27 ; Jos. vu, 9 ; Is. XLViii, 9-11. — Deuxième argument, vers. 17-18 : la miséricorde du Seigneur, qui lui pro- curera lane plus grande gloire que la vengeance. Quelle habileté, de rappeler à Dieu la définition qu'il avait donnée lui-même de son essence : Do- minus patiens...! Cf. Ex. xxxiv, 6-7, et le com- mentaire. — Conclusion de cette double prémisse, vers. 19 : Dimitte... +20-25. Dieu proclame la sentence, en la miti- gcant. — Dimisi... Douce réponse au « dimitte » do Moïse. Tsi'aël no sera donc pas totalement +NuM. XIV, 21-30. +477 +21. Je jure par moi-même que toute la terre sera remplie de la gloire du Sei- gneur. +22. Mais tous les hommes qui ont vu l'éclat de ma majesté, et les miracles que j'ai faits en Egypte et dans le dé- sert, et qui m'ont déjà tenté dix fois différentes , et n'ont point obéi à ma voix , +23. ne verront pas la terre que j'ai promise k leurs pères avec serment ; et nul de ceux qui m'ont outragé par leurs paroles ne la verra. +24. Quant ti Caleb mon serviteur, qui, étant plein d'un autre esprit, m'a suivi, je le ferai entrer dans cette terre qu'il a parcourue , et sa race la possédera. +25. Comme les Amalécites et les Cha- nanéens habitent dans les vallées voi- sines, décampez demain, et retournez dans le désert par le chemin de la mer Rouge. +26. Le Seigneur parla encore à Moïse et à Aaron, et leur dit : +27. Jusques à quand ce peuple impie et ingrat murmurera-t-il contre moi? J'ai entendu les plaintes des enfants d'Is- raël. +28. Dites-leur donc : Je jure par moi- même, dit le Seigneur, que je vous trai- terai selon le souhait que je vous ai en- tendu faire. +29. Vos cadavres seront étendus dans ce désert. Vous tous qui avez été dénom- brés depuis l'âge de vingt ans et au- dessus , et qui avez murmuré contre moi, +30. vous n'entrerez point dans cette terre, dans laquelle j'avais juré que je vous ferais habiter, excepté Caleb, dis de Jéphoné , et Josué , fils de Nun. +21. Vivo ego, et implebitur gloria Do- mini universa terra. +22. Attamen omnes homines qui vi- derunt majestatem meam, et signa quse feci in ^gypto et in solitudine, et ten- taverunt me jam per decem vices, nec obedierunt voci mese, +23. non videbunt terram pro qua ju- ravi patribus eorum; nec quisquam ex illis qui detraxit mihi , intuebitur eam. +24. Servum meum Caleb, qui, plenus alio spiritu, secutus est me, inducam in terram hanc , quam cire ui vit ; et semen ejus possidebit eam. +25. Quoniam Amalécites et Chanangeus habitant in vallibus, cras movete castra, et revertimini in solitudinem per viam maris Rubri. +26. Locutusque est Dominus ad Moy- sen et Aaron, dicens : +27. Usquequo multitude hsec pessima murmurât contra me? querelas filiorum Israël audivi. +28. Die ergo eis : Vivo ego, ait Do- minus, sicut locuti estis audiente me, sic faciam vobis. +29. In solitudine hac jacebunt cada- vera vestra. Omnes qui numerati estis a viginti annis et supra, et murmurastis contra me, +30. non intrabitis terram, super quam levavi ro.anum meam ut habitare vos facerem, prœter Caleb, filium Jephone. et Josue, filium Nun. +anéanti, déshérité. Néanmoins la justice et la sainteté divines exigent un cliàtiment exemplaire, et Jéhovah jure par lui-même (Vivo ego) que son honneur sera vengé {implebitur gloria..., de la gloii'C qui proviendra de sa puissance ma- nifestée par son éclatante vengeance). — Atta- men... Ce sont (22-23) les termes mêmes de l'arrêt de mort, avec les considérants à l'appui {vide- runt 'majestatem..., signa..., tentaverunt...; decem vicibus est un chiffre rond pour signifier « sou- vent »). — Servum meum Caleb... Exception en faveur de Caleb, dont Dieu relève la sainte et courageuse conduite {alto spiritu, d'autres sen- timents que la masse des rebelles), et auquel il accorde en héritage le riche domaine d'Hébron (semen ejus possidebit; cf. Jos. xiv, 6-14). Plus bas, vers. 30, Josué sera pareillement excepté de la sentence. — Quoniam (l'hébreu a simplement : « et ») Amalécites... Ces premiers mots du vers. 25 +ne sont pas sans obscurité. La meilleure inter- prétation nous paraît être celle qui les rattache à l'ordre concis et énergique : Cras movete... Ils motivent donc la nécessité d'un prompt départ : Puisque des ennemis redoutables sont là en em- Duscade, éloignez -vous au rilus tôt. Voyez les vers. 43-45. — Revertimini in solitudinem. Dans l'affreux désert de Pharan, pour y mourir. +50 Réitération de la sentence, et commence- ment de son exécution. XIV, 26 - 38. +26-35. Dieu renouvelle l'arrêt de mort en le développant. — Bic ergo eis (vers. 28). Plus haut, le Seigneur n'avait parlé directement que pour Moïse ; il lui ordonne maintenant de pro- mulguer son décret à tous les intéressés. — Ar- gument « ad hominem » auquel il n'y avait rien à redire, vers. 28-29» : Sicut locuti..., sic faciam. Voyez le vers. 3. — Spécification plus pi'écise de la partie du peuple atteinte par la sentence, +23 +478 +NujL XIV, 31-40. +31. Parvuios aiiicui vestros, de quibus dixistis quod pl•<^>d^^c hostibus forent, in- troducam, lit videaiit terram qu£G vobis displicuit. +32. Vcstra cadavera jacebunt in soli- tudiiie; +33. filii ve. inte- rierint, et visitavcrit eos pla.a;i|ua et ceteii visitari soient, non niitit e Do- miniis ; +30. sin autem novam rem fcc{t Do- minus, ut aporiens terra os suuiifleglu- tiat eos et omnia quse ad illos ] -Inent, descenderintque viventesin iurnum, scietis quod blasphemaverint Ddinum. +31. Confestim igitur ut cessaviloqui, dirupta est terra sub pedibus cm, +32. et aperiens os suum, 'l/oravit illos cum tàbernaculis suis et liversa substantia eorum ; +33. descenderuntquG vivi in i "enium operti humo, et perierimt de mcjp mul- titudinis. î +34. At vero omnis Israël, nrstabat per gyrum, fugit ad clamoreiueieiin- tium , dicens : Ne forte et nos ira de- glutiat. +35. Sed et ignis egressus a omino, interfecit ducentos quinquagiii viros qui olïerebant incens um. +36. Locutusque e-.t Dominus 5 Moy- sen , dicens : +aux tentes de Dathan et d'Abiron, suivi des anciens d'Israël; +26. et il dit au peuple : Retirez -vous des tentes des hommes impies, et prenez garde de ne pas toucher à aucune chose qui leur appartienne, de peur que vous ne soyez enveloppés dans leurs péchés. +27. Lorsqu'ils se furent retirés de tous les environs de leurs tentes, Dathan et Abiron, sortant dehors, se tenaient h l'entrée de leurs pavillons avec leurs femmes et leurs enfants, et toute leur troupe. +28. Alors Moïse dit au peuple : Vous reconnaîtrez à ceci que c'est le Seigneur qui m'a envoyé pour faire tout ce que vous voj^ez, et que ce n'est point moi qui l'ai tiré de mon propre cœur. +29. Si ces gens meurent d'une mort or- dinaire aux hommes , et s'ils sont frappés d'une plaie dont les autres ont coutume d'être aussi fi-appés, ce n'est point le Seigneur qui m'a envoyé ; +30. mais si le Seigneur, par un pro- dige nouveau, fait que la terre, s'entr'ou- vrant, les engloutisse avec tout ce qui est à eux, et qu'ils descendent tout vi- vants en enfer, vous saurez alors qu'ils ont blasphémé contre le Seigneur. +31. Aussitôt donc qu'il eut cessé de parler, la terre se fendit sous leurs pieds , +32. et, s'entr'ouvrant , elle les dévora avec leurs tentes , et tout ce qui était à eux. +33. Ils descendirent tout vivants dans l'enfer, recouverts de terre, et ils pé- rirent du milieu du peuple. +34. Tout Israël, qui était là autour, s'enfuit au cri des mourants, en disant : Craignons que la terre ne nous englou- tisse aussi. +35. En même temps, le Seigneur fit sortir un feu qui tua les deux cent cin- quante hommes qui offraient de l'en- cens. +36. Et le Seigneur parla à Moïse, et lui dit : +25-27. Les rebelles sont séparés dires te du peuple. — Sequentlbiis... seniorihus fers. 25). Les notables appuyaient ainsi Moïsot Aaron. +— Stabant in introita... (vers. 27). C^uite de plus en plus audacieuse et arrogaii des ré- voltés, t +28 - 30. Moïse explique au peuple Icénditions du jugement qu'il a imploré de Diei 3'est une sorte de dilemme. — Universa qxu •.ernitis : tQut ce qui s'est passé depuis la sort: l'É +— In infernum. llébr. : dans le S"uJ lU séjour +des morts +31-35. Le jugement, déq plus vivants. Il est i; cessavit) et comp sans aucune excj (vers. 31-33) sous les ye Bevoravii culis s appar +fctre,] +sans ce:: laël. +mil +à la race a., prcclier k +Feneens, c +41. Lt ■ des e:iu: Mute e: qui ave: : +42. E: et i]i;e !•? +4i!.:r +ut: +e:.:: , . dii Sti::. +NuM. XVI, 3746. +487 +37. Ordonnez au prêtre Éléazar, fils d'Aaron, de prendre les encensoirs qui sont demeurés au milieu de l'embrase- ment, et d'en jeter le feu de côté et d'autre, parce qu'ils ont été sanctifiés +38. dans la mort des pécheurs ; et après qu'il les aura réduits en lames, qu'il les attache à l'autel, parce qu'on y a offert de l'encens au Seigneur, et qu'ils ont été sanctifiés ; afin qu'ils soient comme un signe et un monument exposé sans cesse aux yeux des enfants d'Is- raël. +39. Le prôtre Eléazar prit donc les encensoirs d'airain dans lesquels ceux qui furent dévorés par l'embrasement avaient offert de l'encens, et, les ayant fait réduire en lames, il les attacha à l'autel, +40. pour servir désormais d'avertisse- ment aux enfants d'Israël ; afin que nul étranger ou tout autre n'appartenant pas à la race d'Aaron n'entreprenne de s'ap- procher du Seigneur pour lui offrir de l'encens, de peur qu'il ne souffre la même peine qu'a soufferte Coré et toute sa troupe, selon que le Seigneur l'avait prédit à Aioïse. +41. Le lendemain, toute la multitude des enfants d'Israël murmura contre Moïse et Aaron , en disant : C'est vous qui avez tué le peuple du Seigneur. +42. Et comme la sédition se formait, et que le tumulte s'augmentait, +43. Moïse et Aaron s'enfuirent au ta- bernacle de l'alliance. Lorsqu'ils y furent entrés, la nuée les couvrit, et la gloire du Seigneur apparut. +44. Et le Seigneur dit à Moïse : +45. Eetirez-vous du milieu de cette multitude ; je vais les exterminer immé- diatement. Et tandis qu'ils étaient pros- ternés contre terre, +46. Moïse dit à Aaron : Prenez votre +31 Prœcipe Eleazaro filio Aaron sacer- dotî ut tollat thuribula quœ jacent in iiidldio, et ignem hue illucque disper- gatquoniam sanctificata sunt +3, in mortibus peccatorum; produ- catce ea in laminas, et affigat altari, eo quo oblatum sit in eis incensum Do- niin, et sanctificata sint, ut cernant ea proigno et monimento filii Israël. +% Tulit ergo Eleazar sacerdos thu- ribà œnea, in quibus obtulerant hi quaincendium devoravit, et produxit ea î laminas , affigens altari , +4. ut haberent postea filii Israël, qui is commonerentur, ne quis accédât ali( igena, et qui non est de semine Aa Q, ad offerendum incensura Domino, ne itiatur sicut passus est Core, et ona 5 congregatio ejus, loquente Do- mi; ad Moysen. +i , ^Murmuravit autem omnis multi- tudfiliorum Israël sequenti die contra ]\Io;cn et Aaron, dicens : Vos interfe- cist populum Domini. +4t. Cumque oriretur seditio, et tu- muiis incresceret , +A i\[oyses et Aaron fugerunt ad ta- beAculum fœderis. Quod, postquam isi sunt, operuit nubes, et apparaît Domini. +Dixitque Dominus ad Moysen : 4 Piecedite de medio hujus mullitu- din:; etiam nunc delebo eos. Cumque i^c :it in terra. +jxit Moyses ad Aaron : Toile tliu- +i««r»l +3" Monument érigé en souvenir de cette ré bellion. XVI, 36-40. +37-38. L'ordre du Seigneur. — Affigat altari, l'autel des holocaustes, qui avait déjà un prj micr revêtement de bronz Motif de cette préserv par l'usage sacré au^ but : pro signo et ino veut que les chrétie: et portés te, +tioii ùiltes-en.,. » +tien de l'ordi'e. +-môme châtié à cause de ses +it de rébellion dans le +llurmuravlt.,. Ils sont +ivôrcs leçons ne leur ont +interfecistis... Le pronom +C'est A'ous qui avez tué... +tabernaculitm : leur refuge na- +Dicu annonce de nottve ji nunc. D'aj; +iNr^ï-c et +488 +NuM. XVI, 47 — XVII, 6. +ribiilum, et haiisto igné de altari, mitte incensum desuper, pergens cito ad popu- lum ut roges pro eis ; jam enim egressa est ira a Domino, et plaga desœvit. +47. Quod cum fecisset Aaron, et cu- currisset ad mediam multitudinem , qiuim jam vastabat incendium, obtulit thjmiiama , +48. et stans inter mortuos ac viven- tcs, pro populo deprecatus est, et plaga cessavit. +49. Fuerunt autem qui percussi sunt , quatuordecim millia hominum et sep- tingenti, absque his qui perierant in se- ditione Core. +50. Reversusque est Aaron ad Moysen ad ostium tabernaculi fœderis, postquam quievit interitus. +encensoir, mettez -y du feu de l'autel et l'encens par - dessus , et allez vite vers le peuple, afin de prier pour lui ; car la co- lère est déjà sortie du trône de Dieu, et la plaie commence à éclater. +47. Aaron fit ce que Moïse lui com- mandait ; il courut au milieu du peuple que le feu embrasait déjà, il offrit l'en- cens , +48. et se tenant debout entre les morts et les vivants, il pria pour le peuple, et la plaie cessa. +49. Le nombre de ceux qui furent frappés de cette plaie fut de quatorze mille sept cents hommes , sans compter ceux qui avaient péri dans la sédition de Coré. +50. Et Aaron revint trouver Moïse à l'entrée du tabernacle de l'alliance, après que la mort se fut arrêtée. +CHAPITRE XVII +1. Et locutus est Dominus ad Moysen, dicens : +2. Loquere ad filios Israël, et accipe ab eis virgas singulas per cognationes suas, a cunctis principibus tribuum, vii'gas duodecim, et uniuscujusque no- men superscribes virgse sua3. +3. Nomen autem Aaron erit in tribu Levi, et una virga cunctas seorsum fa- milias continebit ; +4. ponesque eas in tabernaculo fœde- ris coram testimonio, ubi loquar ad te. +5. Quem ex his elegero, germinabit virga ejus ; et coliibebo a me querimo- nias filiorum Israël, quibus contra vos murmurant. +6. Locutusque est Moyses ad filios Israël ; et dederunt ei omnes principes virgas per singulas tribus ; f ueruntque +1. Le Seigneur parla ensuite à Moïse, et lui dit : +2. Parlez aux enfants d'Israël, et pre- nez d'eux une verge pour la race de chaque tribu, douze verges pour tous les princes des tribus; et vous écrirez le nom de chaque prince sur sa verge. +3. Mais le nom d' Aaron sera sur la verge de la tribu de Lévi , et toutes les tribus seront écrites chacune séparément sur sa verge. +4. Vous mettrez ces verges dans le tabernacle de l'alliance devant l'arche du témoignage, où je vous parlerai. +5. La verge de celui d'entre eux que j'aurai élu fieurira; et j'arrêterai ainsi les plaintes des enfants d'Israël, et les murmures qu'ils excitent contre vous. +6. Moïse parla donc aux enfants d'Is- raël ; tous les princes de chaque tribu ayant chacun donné leurs verges, il s'en +Moyses... C'est ainsi qu'il répond aux Injurieuses accusations du peuple. — Toile thuribulum. L'en- censoir, dit l'hébreu, c.-à-d. l'unique encensoir d'or dont le grand prêtre se servait au jour de l'Expiation. Cf. Lev. xvi, 12; Hebr. ix, 4. — Ut roges. Hébr. : « pour faire l'expiation , » comme en maint autre passage. — Stans inter. ..TahlGaw digne d'un grand maître; mieux encore : vivante image du Clirist rédempteur. +50 La dignité d' Aaron est confirmée par un autre prodige. XVII, 1-13. +CiiAi'. XVII. — 1-5. Dieu désigne lui-même +d'avance la nature du miracle à accomplir. — Virgas. Objet clioisi de préférence, pai'cc que le bâton était l'insigne du commandement. Cf. Gen. XLix , 10. — Duodecim : une baguette par tribu , et, en sus , la verge d'Aaron , comme il est sup- posé au vers. 6. — Uniuscvjusqite nomen. Non l)as les noms des patriarches fondateurs de chaque tribu, mais celui des chefs actuels. — Pones... coram testimonio : devant les tables de la loi. Cf. Ex. XXV, IG. — Quem... elegero : pour le souve- rain pontificat. +6-9. Le prodige est accompli. — Crcrjuinasse... +NuM. XVII, 7 — XVIII, 1. +489 +trouva douze sans compter la verge d'Aaron. +7. Moïse, les ayant mises devant le Seigneur dans le tabernacle du témoi- gnage, +8. trouva le jour suivant, lorsqu'il revint, que la verge d'Aaron, qui repré- sentait la famille de Lévi, avait fleuri, et qu'aj'ant poussé des boutons, il en était sorti des fleurs, d'où, après l'épa- nouis.^cment des feuilles, il s'était formé des amandes. +9. Moïse, ayant donc pris toutes les verges de devant le Seigneur, les porta à tous les enfants d'Israël ; et chaque tribu vit et reçut sa verge. +10. Et le Seigneur dit ù. Moïse : Re- portez la verge d'Aaron dans le taber- nacle du témoignage, afin qu'elle y soit gardée comme un signe de la rébellion des enfants d'Israël, et qu'ils cessent de former des plaintes contre moi, de peur qu'ils ne soient punis de mort. +11. Moïse fit ce que le Seigneur lui avait commandé. +12. Mais les enfants d'Israël dirent à Moïse : Vous voyez que nous sommes tous consumés, et que nous périssons tous ; +13. quiconque s'approclie du taber- nacle du Seigneur est frappé de mort. Serons -nous donc tous exterminés sans qu'il en demeure un seul ? +virgîB duodecim absque virga Aaron. +7. Quas cum posuisset Moyses coram Domino in tabernaculo testimonii, +8. sequenti die regressus invenit ger- minasse virgam Aaron in domo Levi ; et turgentibus gemmis eruperant flores, qui, foliis dilatatis, in amygdalas de- formati sunt. +9. Protulit ergo Moyses omnes virgas de conspectu Domini ad cunctos filios Israël ; videruntque , et receperunt sin- guli virgas suas. +10. Dixitque Dominus ad Moysen : Refer virgam Aaron in tabernaculum testimonii, ut servetur ibi in signurn rebellium filiorum Israël, et quiescant querelse eorum a me, ne moriantur. +11. Fecitque Moyses sicut prseceperat Dominus. +12. Dixerunt autem filii Israël ad Moysen : Ecce consumpti sumus, omnes perivimus ; +13. quicumque accedit ad tabernacu- lum Domini, moritur. Num usque ad internecionem cuncti delendi sumus? +CHAPITRE XVIII +1. Le Seigneur dit à Aaron : Vous serez responsable des fautes qui se com- mettront contre le sanctuaire, vous et vos fils, et la maison de votre père avec vous ; et vous répondrez des péchés de votre sacerdoce, vous et vos fils avec vous. +1. Dixitque Dominus ad Aaron : Tu, et filii tui, et domus patris tui tecum, portabitis iniquitatem sanctuarii ; et tu et filii tui simul sustinebitis peccata sa- cerdotii vestri. +En un clin d'œil tous les phénomènes de la vé- gétation s'étaient succédé sur la verge d'Aaron : les bourgeons, les feuilles , les fleurs et les fruits {in amygdalas), — Protulit... ad cunctos: pour que tous fussent témoins du prodige. +10-il. Le Seigneur ordonne de conserver dans l'archt- la verge miraculeuse. — iïervetur... in signurn : leur rappelant qu' Aaron tenait sa dignité de Dieu même, et qu'il y avait péril à l'attaquer ine moriantur). +12-13. Frayeur du peuple devant cette mani- festation de la présence divine.— JScce consumpti... Ils se croient tous dévoués à une mort prochaine, et perdus sans ressource. La présence de son +Dieu au tabernacle rassure au contraire le chré- tien. +§ III. — Les devoirs et les droits soit des prêtres, soit des lévites. XVIII, 1-32. +Après avoir ainsi confirmé la dignité sacerdo- tale . Dieu en achève l'organisation par quelques détails législatifs. +1° Sonnnaire des obligations des prêtres et des lévites. XVIII, 1-7. +Chap. XVIII. — 1. La responsabilité spéciale des prêtres. — Ad Aaron. Dieu s'adresse natu- rellement ici au grand prêtre, plutôt qu'à Moïse. Le langage est grave et solennel. — Iniquita- +490 +NuM. XVIII, 2-9. +2. Sed et fratrcs tuos de tribu Levi, et sceptriim patris tui siime tecum , prss- stoque sint, et ministrent tibi; tu autem et iilii tui ministrabitis in taberuaculo testimonii. +3. Excubabuntque levitœ ad prœcepta tua, et ad cuncta opéra tabernaculi; ita duntaxat, ut ad vasa sanctuarii et ad altare non accédant, ne et illi moriantur, et vos pcreatis simul. +4. Sint autem tecum, et excubent in custodiis tabernaculi , et in omnibus ce- remoniis ejus. Alienigena non raiscebi- tur vobis. +5. Excubate in custodia sanctuarii, et in ministerio altaris, ne oriatur indignatio super lilios Israël. +G. Ego dedi vobis fratres vestros le- vitas de medio filiorum Israël, et tradidi donum Domino, ut serviant in mini- steriis tabernaculi ejus. +7. Tu autem et filii tui, custodite sa- cerdotium vestrum; et omnia quœ ad cultum altaris pertinent, et intra vélum sunt, per sacerdotes administrabuntur. Si quis externus accesserit, occidetur. +8. Locutusque est Dominus ad Aaron : Ecce dedi tibi custodiam primitiarum mearum. Omnia quœ sanctificantur a filiis Israël, tradidi tibi et filiis tais pro officio sacerdotali légitima sempiterna. +9. Hœc ergo accipies de bis, quee san- ctificantur et oblata surt Domino. Omnis +2. Prenez au^si avec vous vos frères de la tribu de Lévi, et toute la famille de votre père, et qu'ils vous assistent et vous servent ; mais, vous et vos fils, vous exercerez votre ministère dans le taber- nacle du témoignage. +3. Les Lévites seront toujours prêts pour exécuter vos ordres, et tout ce qu'il y aura à faire dans le tabernacle ; sans qu'ils s'approcbent néanmoins ni des vases du sanctuaire, ni de l'autel, de peur qu'ils ne meurent et que vous ne périssiez aussi avec eux: +4. Qu'ils soient avec vous, et qu'ils veillent à la garde du tabernacle et à l'accomplissement de toutes les cérémo- nies. Nul étranger ne se mêlera avec vous. +5. Veillez à la garde du sanctuaire, et servez au ministère de l'autel, de peur que mon indignation n'éclate contre les enfants d'Israël. +6. Je vous ai donné les Lévites qui sont vos frères , en les séparant du mi- lieu des enfants d'Israël, et j'en ai fait un don au Seigneur, afin qu'ils le servent dans le ministère de son tabernacle. +7. Mais, vous et vos fils, conservez votre sacerdoce ; et que tout ce qui ap- partient au culte de l'autel, et qui est au dedans du voile, se fasse par le mi- nistère des prêtres. Si quelque étranger s'en approche, il sera puni de mort. +8. Le Seigneur parla encore à Aaron en ces termes : Je vous ai donné la garde des prémices qui me sont offertes. Je vous ai donné à vous et à vos fils, pour les fonctions sacerdotales, tout ce qui m'est consacré par les enfants d'Israël; et cette loi sera observée à perpétuité. +9. Voici donc ce que vous prendrez des clioses qui auront été sanctifiées et +tem sanctuarii. C.-à-d. les souillures dont le ta- bernacle était entaché par les péchés de la nation. Cf. Ex, xxviii, 38. — Peccata sacerdotii... ; car les prêtres eux-mêmes, bien différents du pon- tife unique de la nouvelle Alliance (Hebr. vn, 2G-28), étaient fragiles et pécheurs. — Portabltis, sustinebitis : dans le sens d'enlever, expier. +2-4. Les lévites subordonnés aux prêtres. — Et sceptram xx^tris tvi. Erreur de traduction qui provient de co que le substantif hébreu sébei signifie tout ensemble tribu et sceptre. La pre- mière acception est seule valable en cet endroit ; Prends tes frères... et la tribu de ton père. — Prasto... sint. Hébr.: iZZca-M, qu'ils soient joints ; allusion à la signiflcation du nom de Lévi. Cf. Gcn. XXIX, 34, et le commentaire. — Miuistva- Vdis in tabernaculo. Dans l'intérieur môme do +la tente sacrée , et point seulement dans le parvis, comme les Lévites. — Alienigena. C.-à-d., ici, quiconque n'appartient pas à la race de Lévi; au vers. 7 (externus), quiconque ne sera pas membre de la famille d'Aaron. +5-7. Fonctions spéciales des prêtres. — Vélum (vei's. 7) désigne en cet endroit le premier voile, placé en avant du Saint. Cf. Ex. xxvi, 3G. +2° Les revenus des prêtres. XVIII, 8-20. +8. Transition et résumé général. — Custodiam : la garde et la jouissance en môme temps. — Pri- mitiarum... Hébr.: de mes offrandes d'élévation. Cf. Lev. vn, ;M, et la note. — Pro ojjicio sacer- dotali. Dans l'hébreu : comme (di'oit d') onction. Cf. Lev. VII, 35. +9-10. Part des prêtres dans les grands sacri- fices.— Qucs sanctiflcanlur et oblata sunt. Liitc- +NuBi. XVIII, 10-18. +491 +offertes au Seigneur. Toute oblation, tout sacrifice , et tout ce qui m'est rendu pour le péché et pour le délit, et qui devient une chose très sainte, sera pour vous et pour vos fils. +10. Vous le mangerez dans le lieu saint ; et i! n'y aura que les mâles qui en mangeront, parce qu'il vous est des- tiné comme une chose consacrée. +11. Mais pour ce qui regarde les pré- mices que les enfants d'Israël m'offri- ront après en avoir fait vœu, je vous les ai données, et à vos fils et à vos filles, par un droit perpétuel; celui qui est pur dans votre maison en mangera. +12. Je vous ai donné tout ce qu'il y a de plus excellent dans l'huile, dans le vin et dans le blé, tout ce qu'on offre de prémices au Seigneur. +13. Toutes les prémices des biens que la terre produit, et qui sont présentées au Seigneur, seront réservées pour votre usage ; celui qui est pur dans votre mai- son en mangera. +14. Tout ce que les enfants d'Israël me donneront pour s'acquitter de leurs vœux sera à vous. +15. Tout ce qui sort le premier du sein de toute chair, soit des hommes, soit des bêtes, et qui est offert au Seigneur, vous appartiendra ; en sorte néanmoins que vo\is receviez le prix pour le premier-né de l'homme, et que vous fassiez racheter tous les animaux qui sont impurs, +16. lesquels se rachèteront, un mois après, pour cinq sicles d'argent, au poids du sanctuaire. Le sicle a vingt oboles. +17. Mais vous ne ferez point racheter les premiers -nés du bœuf, de la brebis et de la chèvre, parce qu'ils sont sancti- fiés et consacrés au Seigneur. Vous en répandrez seulement le sang sur l'autel , et vous en ferez brûler la graisse comme une oblation d'une odeur très agréable au Seigneur, +18. Mais leur chair sera réservée pour votre usage, de même que la poitrine consacrée et l'épaule droite seront pour vous. +oblatio, et sacrificium, et quidquid pro peccato atquc dclicto redditur mihi, et cedit in sancta sanctorum , tuum erit , et filiorum tuorum. +10. In sanctuario comedes illud ; ma- res tantum edent ex eo, quia consecra- tum est tibi. +11. Primitias autem, quas voverint et obtulerint filii Israël, tibi dedi, et filiis tuis, ac filiabus tuis, jure perpetuo; qui mundus est in domo tua, vescetur eis. +12. Omnem medullam olei, et vini, ac frumenti, quidquid offerunt primitiarum Domino, tibi dedi. +13. Universa frugura initia, quas gi- gnit humus, et Domino deportantur, cèdent in usus tuos ; qui mundus est in domo tua, vescetur eis, +14. Omne quod ex voto reddiderint filii Israël, tuum erit. +15. Quidquid primum erumpit e vulva cunctœ carnis, quam offerunt Domii.o, sive ex hominibus, sive de pecoribus fuerit, tui juris erit; ita duntaxat, ut pro hominis primogenito pretium acci- pias, et omne animal quod immundum est , redimi f acias , +16. cujus redemptio erit, post unum mensem, siclis argenti quinque, pondère sanctuarii. Siclus viginti obolos habet. +17. Primogenitum autem bovis et ovis et caprte non faciès redimi , quia sancti- ficata sunt Domino; sanguinem tantum eorum fundes super altare, et adipes ado- lebis in suavissimum odorem Domino. +18. Carnes vero in usum tuum cè- dent , sicut pectusculum consecratum , et armus dexter, tua erunt. +ralemcnt : parmi les choses très saintes qui sont préservées du feu. Sur les yictimcs dites très saintes, voyez Lev. vi, 17. — In sanctuario (dans la cour du tabernacle)..., mares tantum... Réserves déjà signalées antérieurement, Lev. vi, 16, 26; VII, 6, etc. +11-18. Part des prêtres dans quelques autres oblations. — Primitias... quas voverint et obtu- lerint. Xous retrouvons dans le texte primitif +les sacrifices d'élévation (t'ràmah) et d'agitation it'nûfah) mentionnés à différentes reprises. Cf. Ex. XXIX, 26-28; Lev. vu, 34. — Filiis... ac fi- liabus. Pas d'exception cette fois, car il s'agit simplement de choses « saintes » ; une condition est pourtant exigée : qui mundus est. Cf. Lev. XXII, 10-13. — A la suite de cette règle d'en- semble, quelques points sont spécifiés touchant les prémices (vers. 12-13), les dons votifs (vers. 14 ; +492 +NuM. XVIII, 19-28. +19. Omnes primitias sanctiiarii, quas offenmt lîlii Israël Domino, tibi dedi, et filiis ac filiabus tuis, jure perpétue. Pa- ctum salis est sempiternum coram Do- mino, tibi ac filiis tuis. +20. Dixitque Dominus ad Aaron : In terra eorum nihil possidebitis , nec habe- bitis partem inter eos ; ego pars et here- ditas tua in medio filiorum Israël. +21. Filiis autem Levi dedi omnes dé- cimas Israelis in possessionem, pro mi- nisterio quo serviunt mihi in taberna- culo fœderis; +22. ut non accédant ultra filii Israël ad tabernaculum , nec committant pec- catum mortiferum, +23. solis filiis Levi mihi in taberna- culo servientibus, et portantibus peccata populi. Legitimum sempiternum erit in generationibus vestris. Niliil aliud pos- sidebunt , +24. decimarum oblatione contenti, quas in usus eorum et necessaria sepa- ravi. +25. Locutusque est Dominus ad Moy- sen, dicens : +26. Prsecipe levitis, atque denuntia : Ciim acceperitis a filiis Israël décimas, quas dedi vobis, primitias earum offerte Domino, id est, decimam partem decimse, +27. ut reputetur vobis in oblationem primitivorum , tam de areis, quam de torcularibus ; +28. et universis quorum accipitis pri- +19. Je vous ai donné à vous, à vos fils et à vos filles, par un droit perpé- tuel, toutes les prémices du sanctuaire que les enfants d'Israël offrent au Sei- gneur. C'est un pacte inviolable et per- pétuel devant le Seigneur, pour vous et pour vos enfants. +20. Le Seigneur dit encore à Aaron : Vous ne posséderez rien dans la terre des enfants d'Israël ,• et vous ne la par- tagerez point avec eux. C'est moi qui suis votre part et votre héritage au mi- lieu des enfants d'Israël. +21. Pour ce qui est des enfants de Lévi, je leur ai donné en possession toutes les dîmes d'Israël pour les ser- vices qu'ils me rendent dans leur minis- tère au tabernacle de l'alliance ; +22. afin que les enfants d'Israël n'ap- prochent plus à l'avenir du tabernacle, et qu'ils ne commettent point un péché mortel , +23. mais que les seuls fils de Lévi me rendent service dans le tabernacle, et qu'ils portent les péchés du peuple. Cette loi sera observée à perpétuité dans toute votre postérité. Les Lévites ne posséde- ront rien autre chose, +24. et ils se contenteront des obla- tions des dîmes que j'ai séparées pour leur usage et pour tout ce qui leur est nécessaire. +25. Le Seigneur parla aussi à Moïse, et lui dit : +26. Ordonnez et déclarez aux Lévites : Lorsque vous aurez reçu des enfants d'Israël les dîmes que je vous ai don- nées, offrez -en les prémices au Sei- gneur, c'est-à-dire la dixième partie de la dîme ; +27. afin que cela vous tienne lieu de l'oblation des prémices , tant des grains de la terre que du vin ; +28. et offrez au Seigneur les prémices +cf. Lcv. xxvn, 21-28), les premiers-nés tant des hommes que des animaux (vers. 15-18; cf. Lev. XXVii, 6, 2G, 27). +19. Récapitulation. — Pactum salis. C.-à-d. un pacte indissoluble. Voyez la note de Lev. II, 13. +20. L'héritage des prêtres. — In terra eorum nihil... Ainsi pourvus abondamment par leur Maître , et dédiés d'autre part aux soins du culte qui devaient absorber tous leurs instants, les prêtres Israélites sont tenus de renoncer à oc- cuper un territoire spécial dans la Terre pro- mise. Mais combien leur héritage est plus riche, plus relevé: ^iropaî'S.../ Type évident, que doivent +réaliser dans sa plénitude les autres prêtres et lévites, consacrés au service du sanctuaire par la formule « Dominus pars ». +30 Revenus des lévites. XVIII, 21-24. +21-24. Omncs décimas Israelis: la dixième partie de la plupart des produits du sol. Cf. Lev. xxvii, 30 et ss.; Nch. x, 37; xii, 14, et Tob. i, 7. Mais, eux aussi, nihil aliud possidebuni, pour le même motif que les prêtres. +40 Dîme que les lévites devront payer aux prêtres. XVIII, 25-32. +25-29. Locutus... ad Moysen. C'est Moïse qui sert d'intermédiaire pour communiquer ce der- nier règlement. Cf. vers. 1,8.— Ut reputetur +NuM. XVIII, 29 — XIX, 2. +493 +de toutes les choses que vous aurez re- çues, et donnez -les au prêtre Aaron. +29. Tout ce que vous offrirez des dîmes, et que vous mettrez à part pour être offert en don au Seigneur, sera tou- jours le meilleur et le plus excellent. +30. Vous leur direz encore : Si vous offrez ce qu'il y aura dans les dîmes de plus précieux et de meilleur, ce sera con- sidéré comme les prémices que vous au- riez données de vos grains et de voiro vin. +31. Et vous mangerez de ces dîmes, vous et vos familles , dans tous les lieux où vous habiterez ; parce que c'est le prix du service que vous rendrez au ta- bernacle du témoignage. +32. Vous prendrez donc garde de ne pas tomber dans le péché, en réservant pour vous ce qu'il y aura de meilleur et de plus gras, de peur que vous ne souil- liez les oblations des enfants d'Israël, et que vous ne soyez punis de mort. +mitias, offerte Domino, et date Aaron sacerdoti. +29. Omnia quas offeretis ex decimis, et in donaria Domini separabitis, optima et electa erunt. +30. Dicesque ad eos : Si prseclara et meliora quseque obtuleritis ex decimis, reputabitur vobis quasi de area et tor- culari dederitis primitias. +31. Et comedetis eas in omnibus locis vestris, tam vos quam familiae vestrse, quia pretium est pro ministerio quo servitis in tabernaculo testimonii. +32. Et non peccabitis super hoc, egre- gia vobis et pinguia reservantes, ne polluatis oblationes filiorum Israël, et moriamini. +CHAPITRE XIX +1. Le Seigneur parla encore à Moïse et à Aaron, et leur dit : +2. Voici la cérémonie de la victime qui a été ordonnée par le Seigneur. Commandez aux enfants d'Israël de vous amener une vache rousse qui soit dans la force de son âge et sans tache, et qui n'ait point porté le joug ; +1. Locutusque est Dominusad Moysen et Aaron, dicens : +2. Ista est religio victimse quam. con- stituit Dominus. Preecipe filiis Israël, ut adducant ad te vaccam rufam œtatis intégras, in qua nulla sit macula, nec porta verit jugum; +voMs... Les Lévites n'étaient donc pas dispensés de la dîme, bien qu'ils la payassent d'une autre manière que les simples Israélites. +SO-32. Dicesque... Dieu insiste sur l'importance de cette obligation, en la réitérant sous une forme légèrement variée. +§ lY. — Expiation de l'impureté contractée par le contact d'un cadavre humain. XIX, 1-22. +Plusieurs fois déjà il a été question de cette souillure légale, mais seulement d'une manière transitoire. Cf. v, 2; ix, 6 et ss.; Lev.x, 1,7; xi, 8,11; XXI, 1 et ss. Ici, le Législateur entre dans des détails beaucoup plus complets. Les auteurs clas- siques et les voyageurs modernes nous montrent chez d'autres peuples de l'Orient (Égyptiens, Babyloniens , Perses , Romains, Indiens, Bédouins, etc.) des coutumes analogues. Partout, et très naturellement, un cadavre est considéré comme une chose impure ; chez les Hébreux , il y avait quelque chose de plus , car ils regardaient à bon droit la mort comme le fruit du péché. — Un livre entier du Talmud, le traité Para/i^ est consacré à l'explication de ce chapitre. +1° La préparation de l'eau lustrale. XIX, 1-10». +Chap. XIX. — 1-2». Introduction. — Beli- gio victimce. Dans l'hébreu : l'ordonnance de la loi; locution très rare (ici seulement et xxxi, 21). +2^. Choix de la victime. — Vaccam. Le subs- tantif hébreu pârah désigne une jeune vache (LXX : ôa[j.aXtç), la « juvenca » des Latins. — lîufam. Couleur qui représente le péché , disent quelques interprètes d'après Is. i, 18. D'autres préfèrent l'interprétation de Théodorct, Qucest. in Num., xxxv : « Rouge, pour représenter le corps terrestre de l'homme , de même que le nom d'Adam fait allusion ù, la terre rouge de laquelle fut formé le corps du premier homme. » — .^atis intégra, in qua... Le texte ne parle pas de l'âge et porte simplement : t'mlmah , par- faite, sans défaut (comme toutes les victimes). Cf. Lev. IV, 3. — Nec portaverit... Condition qui n'est prescrite qu'en deux autres passages, Deut. XXI, 3, et I Reg. vi, 7. Les Grecs et les Ro- mains choisissaient aussi de préférence comme victimes les génisses àsuye;, « injuges, '» qui +491 +NuM. XIX, 3-10. +3. tradetisque eam Eleazaro sacerdoti, qui eductam extra castra immolabit in conspectu omnium; +4. et tingens digitum in sanguinis ejus, nsperget contra fores tabernaciili septem vicibus, +5. comburetque eam cunctis videnti- bus, tam pelle et carnibus ejus, quam sanguine et fimo flammse traditis. +G. Lignum quoque cedrinum, et liys- sopiim cocciimque bis tinctum sacerdos mittet in flammam, qua3 vaccam vorat. +7. Et tune demum, lotis vestibus et corpore suo, ingredietur in castra, com- maculatusque erit usque ad vesperum. +8. Sed et ille qui combusserit eam, lavabit vestiraenta sua et corpus , et immundus erit usque ad vesperum. +9. Colliget autem vir mundus cineres vaccœ, et efïundet eos extra castra in loco purissimo, ut sint multitiidini filio- rum Israël in custodiam, et in aquam aspersionis, quia pro peccato vacca com- busta est. +10. Cumque laverit, qui vaccaî porta- verat cineres, vestimenta sua, immundus erit usque ad vesperum. Habebunt hoc filii Israël , et advense qui habitant inter eos, sanctum jure perpetuo. +3. et vous la donnerez au prêtre Eléazar, qui, l'ayant menée hors du camp, l'immolera devant tout le peuple ; +4. et trempant son doigt dans le sang de cette vache, il en fera sept fois les aspersions vers la porte du tabernacle , +5. et il la brûlera à la vue de tous , en consumant par la flamme tant la peau et la chair que le sang et les excré- ments de la victime. +6. Le prêtre jettera aussi du bois de cèdre, de l'hysope et de l'écarlate teinte deux fois dans les flammes qui consu- meront la vache. +7. Et alors enfin, ayant lavé ses vê- tements et son corps, il reviendra au camp, et il sera impur jusqu'au soir. +8. Celui qui aura brûlé la vache la- vera aussi ses vêtements et son corps, et il sera impur jusqu'au soir. +9. Un homme qui sera pur recueillera les cendres de la vache, et les déposera hors du camp en un lieu très pur, afln qu'elles soient gardées avec soin par tous les enfants d'Israël, et qu'elles leur servent à faire une eau d'aspersion : parce que la vache a été brûlée pour le péché. +10. Et lorsque celui qui aura porté les cendres de la vache aura lavé ses vête- ments, il sera impur jusqu'au soir. Cette ordonnance sera sainte et inviolable par un droit perpétuel aux enfants d'Israël et aux étrangers qui habitent parmi eux. +étaient naturellement plus fraîches, plus dignes de la divinité. +3-4. L'immolation de la vache rousse. — Elea- zaro sacerdoti. Pourquoi pas le grand prêtre ? Parce que cette cérémonie n'était qu'accessoire, et surtout pour ne pas le rendre légalement impur durant un jour entier. Cf. vers. 7 ; Lev, XXI, 11 et ss. — Extra castra imviolaMt. D'où il suit que ce n'était point là un sacrifice pro- prement dit, car alors la victime eût été néces- sairement immolée devant "le tabernacle. On abattait la vache rousse en dehors du camp à cause de l'impureté légale qui s'attachait à elle. Cf. Lev. XVI, 27, etc. La divine Victime, qui effaça les péchés du monde, subit également la mort a extra castra ». Cf. llebr. xiii, 11-12. Lorsque Israël fut établi en Palestine, on immolait la vache rousse sur le mont des Oliviers. — Asperges con- tra fores... Dans la direction de la porte du taber- nacle ; même cérémonie que dans les sacrifices expiatoires. Cf. Lev. iv, 5. +5 -G. Incinération de la victime. — La vache était brftlée tout entière : avec elle on consumait ligiiUDi cedrinum, hyssopum, coccuimiue... , trois matières qui ont été déjà associées précé- +demment ( Lev. XIV, 4, 6, 49 ) à des rites de puri- fication légale. +7- 8. Souillure contractée par le prêtre ofliciant et son aide. Voyez aussi les vers. 19 et 21. +9-10». L'eau lustrale. — Colliget vir inundus. Un nouveau célébrant devait entrer en scène, les premiers étant impurs d'après ce qui vient d'être dit ; lui aussi était souillé à la suite de ses fonctions (vers. lO'O. — Multitudlni... in. custodiam. Précaution qui s'explique par l'usaga si important et si fréquent de ces cendres. — In aqiiccm aspersionis. L'hébreu dit : « eau de séparation. » On lui donnait ce nom parce qu'elle faisait cesser l'espèce d'excommunication et de séparation occasionnée par le contact des morts. Comp. viii, 7, où la locution « eau du péché >) désigne l'eau qui lavait la tache du péché. +2» Règle générale pour l'emploi de cette eau lustrale. XIX, 10b- 13. +10^-13. Filii Israël et advena... De même que Notre-Seigneur Jésus-Christ purifia Juifs et païens sans distinction. — La souillure produite par le contact d'un cadavre humain durait septemdiebus. Elle cessait moj'ennant deux aspersions d'eau lus- trale, faites die tertio et septimo. — Le vers, l'd +NuM. XIX, 11-20. +495 +11. Celui qui, pour avoir touché le cadavre d'un homme, en demeurera im- pur durant sept jours, +12. recevra l'aspersion de cette eau le troisième et le septième jour, et il sera ainsi purifié. S'il ne reçoit point cette aspersion le troisième jour, il ne pourra être purifié le septième. +13. Quiconque, ayant touché le ca- davre d'un homme, n'aura point reçu l'aspersion de cette eau ainsi mêlée souillera le tabernacle du Seigneur, et il périra du milieu d'Israël ; il sera im- pur, parce qu'il n'a point été purifié par l'eau d'expiation, et son impureté de- meurera sur lui. +14. Voici la loi pour un homme qui meurt dans sa tente. Tous ceux qui se- ront entrés dans sa tente, et tous les vases qui s'y trouveront, seront impurs pendant sept jours. +15. Le vase qui n'aura point de cou- vercle, ou qui ne sera point lié par- dessus, sera impur. +16. Si quelqu'un touche dans un champ le corps d'un homme qui aura été tué, ou qui sera mort de lui-même, ou s'il en touche un os ou le sépulcre , il sera impur pendant sept jours. +17. Ils prendront des cendres de la vache brûlée pour le péché , et ils met- tront de l'eau vive par -dessus ces cen- dre"^ dans un vase; +18. et un homme pur y ayant trempé de rhysope , il en fera les aspersions sur toute la tente , sur tous les meubles , et sur toutes les personnes qui auront été souillées de cette sorte d'impureté ; +19. et ainsi le pur purifiera l'impur le troisième et le septième jour; et celui qui aura été puriiié de la sorte le sep- tième jour se lavera lui-même et ses vêtements, et il sera impur jusqu'au soir. +20. Si quelqu'un n'est point purifié en ■cette manière, il périra du milieu de +11. Qui tetigerit cadaver hominis, c(: propter hoc septem diebus fucrit im- mundus , +12. aspergetur ex hac aqua die tertio et septimo, et sic mundabitur. Si die tertio aspersus non fuerit, septimo non poterit emundari. +13. Omnis qui tetigerit humanœ ani mœ morticinum, et aspersus hac cora mistione non fuerit, poUuct tabernaculum Domini , et peribit ex Israël ; quia aqua expiationi'o non est aspersus, immuntlus erit, et manebit spurcitia ejus super eum. +14. Ista estlex hominis qui moritur in tabernaculo. Omiies qui ingrediimtur tentorium illius, et universa va;-;a quœ ibi sunt, polluta erunt septèm diebus. +15. Vas, quod non habuerit opercu- lum, nec ligaturam desuper, immundum erit. +16. Si quis in agro tetigerit cadaver occisi hominis, aut per se mortui, sive os illius, vel sepulcrum, immundus erit septem diebus. +17. Tollentque de cineribus combu- stionis atque peccati , et mittent aquas vivas super eos in vas ; +18. in quibus cum homo mundus tinxerit hyssopum, asperget ex eo omne tentorium , et cunctam supellectilem , et homines hujuscemodi contagione pollu- tos ; +19. atque hoc modo mundus lustrabit immundum tertio et septimo die ; expia- tusque die septimo, lavabit et se et ve- stimenta sua, et immundus erit usque ad vesperum. +20. Si quis hoc ritu non fucrit expia- tus, peribit anima illius de medio eccle- +contient une sanction sévère contre quiconque né- gligerait ce rite purilicatoii'e (peribit). Motif de ce châtiment : polluet tabernaculum. - 3° Règles particulières pour l'usage de l'eau lustrale. XIX, 14-22. +14 -IG. Détails sur l'impureté que faisait con- tractcT le contact des morts. — Si la mort avait lieu, dans une tente (plus tard, dans une maison), la souillure atteignait omncs qui ingrediuntur, et tout le mobilier (universa vasa). On fait une exception pour les vases munis d'un couvercle (iiijatia-am, le lien quelconque qui servait à main- tciili." le couvercle). — Si le cadavre était in ajro, +en plein air, son contact produisait une souillure analogue. Il suffisait même de toucîier un osse- mcnt humain ou un tombeau pour devenir impur selon la loi. +17-19. Cérémonie de la lustration. — La ma- tière, vers. 17 : un mélange d'eau de source (, aquas vivas, par opposition à l'eau de citerne) et des cendres de la vache rousse. — Le mode , 18-19. Ni prêtre ni lévite n'était requis pour les aspersions ; le premier Israélite venu sufïisait , pourvu qu'il fût viundus. +20-22. Récapitulation. — A l'occasion de cette eau, Dieu édicté xmc loi générale sur la manière +496 +siae, quia sanctuarium Domini polluit, et non est aqua lustrationis aspersus. +21. Erit hoc praeceptum legitimum sempiterniim. Ipse qiioque qui aspergît aquas, lavabit vestimenta sua. Omnis qui tetigeiit aquas expiationis, immundus erit usque ad vesperum. +22. Quidquid tetigerit immundus, im- mundum faciet ; et anima quas horum quippiam tetigerit, immunda erit usque ad vesperum. +NuM. XIX, 21 — XX, 6. +l'assemblée ; parce qu'il a souillé le sanctuaire du Seigneur, et que l'eau d'expiation n'a point été répandue sur lui. +21. Cette ordonnance vous sera une loi qui se gardera éternellement. Celui qui aura fait les aspersions de l'eau la- vera aussi ses vêtements. Quiconque aura touché l'eau d'expiation sera im- pur jusqu'au soir. +22. Celui qui est impur rendra impur tout ce qu'il touchera ; et celui qui aura touché il quelqu'une de ces choses sera impur jusqu'au soir. +CHAPITRE XX +1. Veneruntque filii Israël, et omnis multitude in desertum Sin, mense primo ; et mansit populus in Cades. Mortuaque est ibi Maria, et sepulta in eodem loco. +2. Cumque indigeret aqua populus, convenerunt adversum Moysen et Aaron ; +3. et versi in seditionem, dixerunt : Utinam periissemus inter fi-atres nostros coram Domino! +4. Cur eduxistis ecclesiam Domini in solitudinem, ut et nos et nostra jumenta moriamur ? +5. Quare nos fecistis ascendere de ^gypto, et adduxistis in locum istum pessimum, qui seri non potest, qui nec ficum gignit, nec vineas, nec malogra- nata, insuper et aquam non habet ad bibendum? +6. Ingressusque Moj^ses et Aaron, di- +1. Au premier mois de la quarantième année, toute la multitude des enfants d'Israël vint au désert de Sin; et le peuple demeura à Cadès. Là mourut Marie, et elle fut ensevelie au même lieu. +2. Et comme le peuple manquait d'eau , ils s'assemblèrent contre Moïse et Aaron ; +3. et ayant excité une sédition, ils leur dirent : Plût à Dieu que nous eus- sions péri avec nos frères devant le Sei- gneur ! +4. Pourquoi avez -vous fait venir le peuple du Seigneur dans ce désert, afin que nous mourions , nous et nos bêtes ? +5. Pourquoi nous avez-vous fait sortir de l'Egypte, et nous avez-vous amenés en ce lieu affreux, où l'on ne peut se- mer; où ni les figuiers, ni les vignes, ni les grenadiers ne peuvent venir, et où l'on ne trouve pas même d'eau pour boire? +6. Moïse et Aaron, ayant quitté le +dont se propageait l'impureté légale, et sur sa durée, vers. 22. +§ V.— Derniers incidents du séjour des Israélites dans le désert de Pharan. XX, 1 — XXI, 35. +lo L'eau de contradiction à Cadès. XX, 1-13. +Chap. XX. — 1. Second séjour des Hébreux à Cadès ; mort de Marie. — In desertum Sin. Voyez la note de x, 12. — Mense primo : au mois d'abib ou de nisan. C'était la quarantième année depuis la sortie d'Egypte. — In Cades. Cf. xrii, 27, et le commentaire. La marche des Israélites vers la Terre i)romise, interrompue à Cadès trente-sept années auparavant (cf. xxxiii, 38), va être re- prise en ce mêuie lieu. — Mortua... Maria. Grand deuil pour ses deux frères, qui ne lui survivront +pas longtemps. Elle était l'aînée des trois (Ex. VI, 20). +2-5. Murmures du peuple à cause du manque d'eau. — • Indigeret aqua. Comme autrefois à Mara (Ex. xv, 23-2G), et à Raphidim (Ex. xvn). — Convenerunt adversum.... Cette jeune géné- ration imite en tous points, malgré les leçons de l'histoire, la conduite et jusqu'au langage de l'ancienne. Cf. xix, 2 et ss.; Ex. xvii, 3, etc. — Periissemus inter fratres... Allusion aux 14 000 Hébreux qui avaient péi-i à la suite de la révolte de Coré, XIV, 49. — Le vers. 5 décrit le désert en termes pittoresques, par opposition à, la fer- tilité et à la fraîcheur de l'Egypte. +6-8. L'intercession de Moïse et l'intervention de Jéhovah. — Ingrcssus... Moi/ses... Toujours +NuM. XX, 7-12. +497 +peuple, entrèrent dans le tabernacle de l'alliance, et, s'étant jetés le visage contre terre, ils crièrent au Seigneur, et lui dirent : Seigneur Dieu, écoutez le cri de ce peuple, et ouvrez -leur votre trésor, ouvrez -leur la source d'eau vive, afin qu'étant désaltérés, ils cessent de murmurer. Alors la gloire du Seigneur parut au-dessus d'eux. +7. Et le Seigneur parla à Moïse, et lui dit : +8. Prenez votre verge, et assemblez le peuple , vous et votre frère Aaron ; et parlez à la pierre devant eux, et elle vous donnera des eaux. Et lorsque vous aurez fait sortir l'eau de la pierre, tout le peuple boira et ses bêtes aussi. +y. Moïse prit donc la verge qui était devant le Seigneur, selon qu'il le lui avait ordonné, +10. et ayant assemblé lej^euple de- vant la pierre, il leur dit : Ecoutez, re- belles et incrédules. Pourrons -nous vous faire sortir de l'eau de cette pierre ? +11. Moïse leva ensuite la main, et ayant fi'appé deux fois la pierre avec sa verge, il en sortit une grande abondance d'eau, en sorte que le peuple eut à boire, et les bêtes aussi. +12. En même temps, le Seigneur dit à Moïse et à Aaron : Parce que vous ne m'avez pas cru, et que vous ne m'avez +missa multitudine, tabernaculum fœde- ris, corruerunt proni in terram, clama- veruntque ad Dominum, atque dixerimt : Domine Deus, audi clamorem hujus po- puli, et aperi eis thesaurum tuum fontem aquœ vivœ, ut satiati, cesset murmuratio eorum. Et apparuit gloria Domini super eos. +7. Locutusque est Dominus ad Moy- sen, dicens : +8. Toile virgam, et congrega populum, tu et Aaron frater tuus; et loquimini ad petram coram eis, et illa dabit aquas. Cumque eduxeris aquam de petra, bibet omnis multitudo, et jumenta ejus. +9. Tulit igitur Moyses virgam, quse erat in conspectu Domini, sicut prsece- perat ei, +10. congregata multitudine ante pe- tram, dixitque eis : Audite, rebelles et increduli. Num de petra hac vobis aquam poterimus ejicere? +11. Cumque elevasset Moyses manum, percutiens virga bis silicem, egressœ sunt aquae largissimee, ita ut populus biberet, et jumenta. +12. Dixitque Dominus ad Moysen et Aaron : Quia non credidistis milii, ut sanctificaretis me coram fiiiis Israël, +le recours à Dieu, plein de foi. Cf. xiv, 5, etc. La prière Domine Deus.., manque entièrement dans le texte hébreu. — Toile virgam. « La vergo, » avec l'article : non pas la verge fleurie d' Aaron (xvii, 10); mais, comme le dit expres- sément l'hébreu au vers. 11, celle de Moïse, qui avait joué un rôle si célèbre dans les plaies d'E- gypte (Ex. vn, 8; viii, 5, etc.) et auprès du rocher de Eaphidim (Ex. xvii, 5 et ss.) ; d'après le vers. 9, elle avait été placée dans le tabernacle. — Congrega populuin : pour qu'après avoir été témoins du miracle, ils eussent une confiance plus grande en leur Dieu. +9-12. Le miracle. — Congregata... Quand la masse du peuple fut rassemblée autour du rocher, Moïse adressa d'abord à ces murmurateurs per- pétuels quelques paroles sévères (Audite, re- belles...) ; puis, prenant sa verge, il en frappa deux fois coup sur coup la muraille de pierre, qui laissa aussitôt échapper des eaux abondantes. Mais il est évident qu'il se glissa quelque imper- fection dans la conduite de Moïse , puisqu'il s'at- tira lui-même immédiatement, de la part de Dieu, de si graA'es reproches et le plus pénible des châtiments (vers. 12). En quoi sa faute avait- elle consisté ? On a parfois donné cette réponse : En ce qu'au lieu do parler au rocher (vers. 8), il le frappa. Mais ce motif paraît peu justifiable. +Si Jéhovah commanda à Moïse de prendre sa verge, c'était évidemment pour qu'il en fit usage, comme autrefois à Raphidiin , Ex. xvii, 5-6. Xéannîoins il frappa le rocher à deux reprises et avec un mouvement de vivacité : en cela déjà il dut pécher. Mais ce furent surtout ses paroles qui le rendirent coupable, ainsi que l'exprime ce passage du psaume cv, 32-33 : « Irritaverunt cnm ad aquas contradictionis , et vexatus est Moyses propter eos, quia exacerbaverunt spiri- tum ejus, et distinxit in labiis suis (hébr. : il parla inconsidérément). » Elles dénotent, en elïet, un manque de foi momentané (num de petra jwteriiiLUS...?) ; « non pas qu'il doutât du pouvoir absolu de Dieu ; mais il doutait si, dans cette cir- constance du murmure des Israélites, Dieu vou- drait leur donner des marques de sa bonté et de sa puissance. » (Calmet, Comment, litt., h. 1.) Cela ressort clairement des termes du divin re- proche : quia non credidistis... Voyez S. August., Qnœst. XIX in Num. Aaron participa au péché en ne faisant rien pour l'arrêter, et comme ils avaient failli l'un et l'autre dans l'exercice de leurs fonctions, la punition fut tout â fait sévère. — Ut sanctificaretis... Une manifestation complète de leur foi aurait mis en relief devant le peuple, si facilement incrédule, les perfections de Dieu, et aurait accru sa gloire. +498 +NuM. XX, 13-19. +non introducetis lios populos in terram quam dabo eis. +13. Hœc est aqiia contradictionis, ubi jurgati sunt filii Israël contra Dominum, et sanetificatus est in eis. +14. Misit interea nuntios Moyses de Cades ad regem Edom, qui dicerent : Hœc mandat frater tuus Israël. Nosti omnem laborem qui appreliendit nos ; +15. quo modo descenderint patres no- stri in ^gyptum, et habitaverimus ibi multo tempore, afflixerintque nos -3ilgy- ptii et patres nostros ; +IG. et quo modo clamaverimus ad Dominum , et exaudierit nos , miseritque angelum, qui eduxerit nos de ^g3'pto. Ecce in urbe Cades, quee est in extremis finibus tuis, positi, +17. obsecramus ut nobis transire li- ceat per terram tuam. Non ibimus per agros, nec per vineas, non bibemus aquas de puteis tuis, sed gradiemur via publica, nec ad dexteram nec ad sinistram déclinantes, donec transeamus termines tuos. +18. Cui respondit Edom : Non trans- ibis per me, alioquin armatus occurram tibi.' +19. Dixeruntque filii Israël : Per tri- tam gradiemur viam ; et si biberimus +pas sanctifié devant les enfants d'Is- raël, vous ne ferez point entrer ce peuple dans la terre que je leur donnerai. +13. C'est là l'eau de contradiction, où les enfants d'Israël murmurèrent contre le Seigneur, et où il fit paraître sa puissance et sa sainteté au milieu d'eux. +14. Cependant Moïse envoya de Cadès des ambassadeurs au roi d'Edom pour lui dire : Voici ce que vous mande votre frère Israël. Vous savez tous les maux que nous avons soufferts ; +15. comment nos pères étant descen- dus en Eg3^pte, nous y avons habité longtemps, et les Egyptiens nous ont affligés , nous et nos pères ; +16. et comment enfin ayant crié au Seigneur, il nous a exaucés et a envoyé son ange, qui nous a fait sortir de l'E- gypte. Nous sommes maintenant dans la ville de Cadès, qui est à l'extrémité de votre royaume. +17. Nous vous conjurons de nous per- mettre de passer par votre pa^'s. Nous n'irons point h travers les champs ni dans les vignes , et nous ne boirons point des eaux de vos puits ; mais nous mar- cherons par le chemin public, sans nous détourner ni à droite ni à gauche, jus- qu'à ce que nous soyons passés hors de vos terres. +18. Edom leur répondit : Vous ne pas- serez point sur mes terres, autrement j'irai en armes au-devant de vous. +19. Les enfants d'Israël lui répon- dirent : Nous marcherons par le chemin +13. Conclusion. — Contradictionis. Hébreu : m'ribah. Le nom complet est M'rïbali Eâcles (xxvii, 14; Deut. xxxii, 15), pour empêcher de confondre cette localité avec M'rïbah de l'Exode, XVII, 2 et ss. — Et sanetificatus est : dans le sens de « gloriflcatus est » ; résultat soit du miracle, soit du châtiment infligé aux deux frères. +2» Les Iduméens refusent aux Hébreux l'au- torisation de traverser leur territoire. XX, 14-21. +14-17. La requête de Moïse. — Misit interea. Environ trois mois plus tard, comme on le voit en rapprochant xxxiii, 38 de xx, 1. Ce dut être une période de réorganisation dxi peuple en vue de la conquête de Chanaan, désormais très pro- chaine. — Ad regem Edom; et aussi au roi de Moab, d'après Jud. xi, 17. Moïse a i-cnoncé ù, aborder la Palestine de front, c.-à-d. par la fron- tière méridionale, très fortement gardée; c'est du côté du sud -est qu'il songe maintenant ù y pénétrer. Un regard jeté sur la carte (voyez VAtl. oiio'jr., pi. v) montre que de Cadès, situé au flanc de l'Azâzimeh, la voie la plus courte +pour atteiodre ce district consistait à gagner la vallée profonde de l'Arabah, puis à franchir les montagnes de l'Idumce par l'ouadi El-Ghuwéir, au-dessus de Pétra, et à remonter directement au nord. — Q,ui dicerent... Message des plus ha- biles, où la demande proprement dite (vers. 17) est appuyée sur \m assez long exorde (14^-16), qui résume fort bien l'histoire antérieure d'Is- raël. Notez le traM frater tuus,, destiné à atten- drir les Iduméens, en leur rappelant leur com- munauté d'origine avec les Hébreux : Ésaii, ou Édom, et Jacob étaient frères. — La requête même est extrêmement modeste pour le fond et pour la forme. Moïse promet de ne rien endommager, de respecter les puits, ce bien si précieux en Orient, d'aller droit à son but par le « chemin du roi » {via publica de la Vulgate), c.-à-d. par les l'outes principales. +18-21. Refus du roi d'Édom, avec des menaces ù l'appui (alioquin armatus...) , et suivi bientôt d'un commencement d'exécution de ces menaces. — Quamobrem divertit... Les Hébreux, comp- +NuM. XX, 20-28. +409 +ordinaire ; et si nous buvons de vos eaux, nous et nos troupeaux, nous paye- rons ce qui sera juste ; il n'y aura point de difficulté pour le prix ; souffrez seu- lement que nous passions sans nous ar- rêter. +20. Mais il répondit : Vous ne passe- rez point. Et aussitôt il marcha au-de- vant d'eux avec une multitude infinie et une puissante armée; +21. et quelques prières qu'on lui fît, il ne voulut point les écouter, ni accor- der le passage par son paj^s ; c'est pour- quoi Israël se détourna de ses terres. +22. Et aj'ant décampé de Cadès, ils vinrent à la montagne de Hor, qui est sur les confins du pays d'Edom. +23. Le Seigneur parla en ce lieu à Moïse, +24. et lui dit : Qu'Aaron aille se joindre à son peuple ; car il n'entrera point dans la terre que j'ai donnée aux enfants d'Israël , parce qu'il a été incré- dule aux paroles de ma bouche, au lieu nommé les Eaux de contradiction. +25. Prenez donc Aaron, et son fils avec lui, et menez -les sur la montagne de II or. +26. Et ayant dépouillé le père de sa robe, vous en revêtirez Eléazar, son fils ; et Aaron sera réuni à ses pères, et mourra en ce lieu. +27. jMoïse fit ce que le Seigneur lui avait commandé ; ils montèrent sur la montagne de Hor devant tout le peuple. +28. Et après qu'il eut dépouillé Aaron de ses vêtements, il en revêtit Eléazar, son fils. +aquas tuas nos et pecora nostra, dabi- mus quod justum est; nulla erit in pretio difficultas ; tantum velociter trans- eamus. +20. At ille respondit : Non transibis. Statimque egressus est obvius, cum in- finita multitudine , et manu f orti ; +21. nec voluit acquiescere deprecanti, ut concederet transituni pcr fines suos ; quamobrem divertit ab eo, Israël. +22. Cumque castra movissent de Ca- des, venerunt in montem Ilor, qui est in iinibus terras Edom; +23. ubi locutus est Dominus ad Moy- scn : +24. Pergat, inquit, Aaron ad populos suos ; non enim intrabit terram , quam dedi filiis Israël, eo quod incredulus fuerit ori meo, ad Aquas contradictionis. +25. Toile Aaron et filium ejus cum eo, et duces eos in montem Hor ; +26. cumque nudaveris patrem veste sua, indues ea Eleazarum filium ejus; Aaron colligetur, et morietur ibi. +27. Fecit Moyses ut prœceperat Do- minus ; et ascenderunt in montem Hor coram omni multitudine ; +28. cumque Aaron spoliasset vestibus suis, induit eis Eleazarum filium ejus. +tant obtenir sans peine le droit de passage, s'é- taient mis en route pen après le départ de leurs ambassadeurs; ils durent rétrograder et se diriger vers le sud , quand ils trouvèrent la route barrée h l'est. +30 Moi't d'Aaron. XX, 22-30. +22. De Cadès avi mont Hor. — In montem Eor. Ilébr.: B'iiôr hahâr. « Ilor » est probable- ment ime forme archaïque du substantif hâr, montagne, do manière à désigner la montagne par excellence de ce district. Josèphe, Ant., rv, 4, 7, la tradition juive et les géographes con- tcnii)orains identifient le mont Hor au Djebel Haroûn, qui se dresse à l'est do l'Arabah, au sud de Pétra, et vraiment in flnihus... Edom. C'est un cône tronqué, irrégulier, surmonté de trois aiguilles déchiquetées. Celle du nord -est est la plus haute (environ 5 000 pieds ai\- dessus du niveau de la mer"), et porte la chapelle maho- métane dédiée h Aaron. « Rochers escarpés... se dressant de tous côtés, avec les formes les plus sauvages et les plus fantastiques, ici entassés +d'une manière étrange les uns sur les autres , là s'entre-bâillant et présentant des crevasses d'une profondeur effraj'ante. » Cf. Vigouvoux , la Bible et Us découvertes..., t. II, pp. 610-615. +23-25. Dieu annonce la mort prochaine d'Aa- ron. — Fergat... ad %)opulum suicm. Hébr.: Qu'il soit réuni à son peuple. Sur cette expression, voyez Gen. xxv, 8, et le commentaire. — Nuda- veris veste : il le dépouillera de ces vêtements pontificaux dont 11 l'avait aiitrcfois revêtu au jour de la consécration des prêtres. Cf. Lev. vii-ix. — Indues Eleazarum : pour lui transmettre la dignité et l'autorité de son père. +27-30. Mort d'Aaron. — Ascenderunt... coram... multitudine... Le peuple était alors campé à Maseroth, dans l'Arabah, au pied de la mon- tagne. Cf. xxxiii, 30 ; Deut. s, 6. — lilo mortiio. C'était, d'fiprès xxxiii, 38, le premier jour du cinquième mois de la quarantième aimée depuis i l'exode. Cette mort dii premier grand iirêtre juif ! rap)ielle une profonde parole de saint Paul, 1 Ilobr. vu, 23-24 : « Il y a ou (chez les Juifs ) +500 +NuM, XX, 29 — XXI, 5. +29. Illo mortuo in montis supercilio, descendit cum Eleazaro. +30. Omnis autem multitudo videns oc- ciibuisse Aaron, flevit super eo triginta diebus per cunctas familias suas. +29. Aaron étant mort sur le haut de la montagne , Moïse descendit avec Eléazar. +30. Et tout le peuple, voyant qu' Aaron était mort, le pleura dans toutes ses fa- milles pendant trente jours. +CHAPITRE XXI +1. Quod cum audisset Chananaeus rex Arad, qui habitabat ad meridiem, venisse scilicet Israël per exploratorum viam, pugnavit contra illum, et victor existens, duxit ex eo prsedam. +2. At Israël voto se Domino obligans ait : Si tradideris populum istum in manu mea, delebo urbes ejus. +3. Exaudivitque Dominus preces Is- raël, et tradidit Chananseum, quem ille interfecit subversis urbibus ejus ; et vo- cavit nomen loci illius ïïorma, id est, anathema. +4. Profecti sunt autem et de monte Hor, per viam quae ducit ad mare Eu- brum, ut circumirent terram Edom. Et tgsdere cœpit populum itineris ac la- boris ; +5. locutusque contra Deum et Moysen, +1. Arad, roi des Cliananéens, qui ha- bitait vers le midi, ayant appris qu'Is- raël était venu par le chemin des es- joions, combattit contre Israël, et l'ayant vaincu, il en emporta des dépouilles. +2. Mais Israël s'engagea par un vœu au Seigneur, en disant : Si vous livrez ce peuple entre mes mains, je ruinerai ses villes. +3. Le Seigneur exauça les prières d'Is- raël, et lui livra les Cliananéens, qu'il iit passer au fil de l'épée, ayant détruit leurs villes ; et il appela ce lieu Horma, c'est-à-dire anathème. +4. Ensuite ils partirent de la mon- tagne de Hor par le chemin qui mène à la mer Rouge, pour contourner le pays d'Edom, Et le peuple commença à s'en- nuyer du chemin et du travail; +5. il parla contre Dieu et contre +des prêtres nombreux , parce qiie la mort les empêchait d'être permanents. Mais lui (Jcsus- Clirist), parce qu'il demeure éternellement, 11 possède un sacerdoce éternel. C'est pouniuoi il peut sauver sans cesse ceux qui s'approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour inter- céder en notre faveur. » — Flevit : eu redoutant une autre mort encore plus triste, dont celle-ci était l'avant -coureur. +40 Défaite du roi d'Arad. XXI, 1-3. +Chap. XXI. — 1-3. Arad, ville du Négeb {ad meridiem), située, d'après VOnomasticon d'Eu- sèbe et de saint Jérôme, à vingt milles romains au sud d'Hébron. Son nom a survécu sous la forme de Tell Arad. Cf. xxxiii, 40 ; Jos. xii, 14, et VAtl. géorjr., pi. v et vu. — Per explorato- rum viam. Les versions chaldéenne, samaritaine, syriaque, traduisent aussi par ce explorateurs » le substantif hébreu 'atârim, dont la significa- tion est discutée. Les LXX et l'arabe le traitent comme un nom géographique. Les explorateurs envoyés par Moïse en Chanaan s'étaient dirigés tout droit au noi-d, en partant de Cadès. Cf. xm, 21. — Pugnavit... Fait probablement anté- rieur à la mort d'Aaron ; car il est difficile d'ad- mettre que le roi d'Ai'ad soit venu attaquer les Hébreux dans l'Arabah, assez loin de son terri- toire , ou qu'ils aient eux-mêmes rétrogradé pour le combattre jusqu'à leur campement de Cadcs. +C'est sans doute au moment de leur départ (ve- nisse scilicet...) qii'il tomba sur eux à l'impro- viste , dans la supposition qu'ils voulaient envahir son domaine. — Israël... se obligans : pour se rendre le Seigneur propice , et pour mieux réussir h venger le cruel affront que la nation avait subi (victor existens). Sur la nature du licrem (voto), voyez Lev. xxvii, 28-29, et le commentaire. L'exécution complète de ce vœu n'eut lieu que sous Josué (Jos. XII, 4). — Horma. Hébreu : Ilormah , nom dérivé de ftérem, comme l'explique saint Jérôme en ajoutant : id est, anathema (chose dévouée à la destruction). Sur l'empla- cement de cette localité , voyez la note de xiv, 45. +50 Le serpent d'airain. XXI, 4-9. +4-5. Départ et murmures du peuple. — Per viam qvce... En marchant directement au sud, et en tournant le dos à- la Terre promise. Ils longeaient la vallée d'Arabah, qui s'étend de la mer Morte ad mare Rahrum, c.-à.-d. au golfe d'Akâbah, ou « Sinus claniticus » (voyez VAtl. géogr., pi. v). Ce long détour était nécessaire ut circumirent... Edom, d'après ce qui a été dit plus haut, XX, 14-21. Ils durent descendre jusqu'à quelques lieues au nord d'Eziongaber, à l'endroit où l'ouadi El-Ithm ouvre un passage ù travers les montagnes; ils remontèrent ensuite vers le nord en longeant l'Arabie déserte. — Tœdcre ccBjJit... La soif, la fatigue de la marche sur lo +NuM. XXI, 6-9. +501 +Moïse, auquel il dit :^ Pourquoi nous avez -vous tirés de l'Egypte, afin de nous faire mourir dans ce désert? Le pain nous manque, nous n'avons point d'eau ; notre âme n'a plus que du dé- goût pour cette nourriture si légère. +6. C'est pourquoi le Seigneur envoya contre le peuple des serpents brûlants, par lesquels uu grand nombre furent blessés ou tués. +7. Ils vinrent alors à Moïse, et lui dirent : Nous avons péché, en parlant contre le Seigneur et contre vous ; priez- le qu'il ôte ces serpents du milieu de nous. Moïse pria donc pour le peuple. +8. Et le Seigneur lui dit : Faites un serpent d'airain, et mettez -le pour ser- vir de signe ; celui qui , ayant été blessé des serpents, le regardera, sera guéri. +9. Moïse fit donc un serpent d'airain, et il le mit pour servir de signe ; et les blessés qui le regardaient étaient gué- ris. +ait : Cur eduxisti nos de iEgypto, ut moreremur in solitudine? Deest panis, non sunt aquse; anima nostra jam nau- seat super cibo isto levissimo. +6. Quamobrem misit Dominus in po- pulum ignitos serpentes, ad quorum pla- gas et mortes plurimorum, +7. venerunt ad Moysen, atque dixe- runt : Peccavimus, quia locuti sumus contra Dominum et te ; ora ut tollat a nobis serpentes. Oravitque Moyses pro populo. +8. Et locutus est Dominus ad eum : Fac serpentem œneum, et pone eum pro signo ; qui percussus aspexerit eum , vivet. +9. Fecit ergo Moyses serpentem aene- um, et posuit eum pro signo : quem eum percussi aspicerent, sanabantur. +sable mouvant et sur le gravier de l'Arababjla chaleur brûlante qu'on ressent dans cette gorge affreuse, fermée d'un côté par les rochers cal- caires d'Et-Tîh, de l'autre par le massif grani- tique des monts iduméens, excitèrent bientôt le mécontentement du peuple. — Cur eduxisti...? Leur perpétuel refrain dans leurs peines. — Deest panis, ... aquce. Il était évidemment impossible, en ce désert, d'avoir des provisions fraîches pour deux millions d'hommes; l'eau même est rare dans l'Arabah. — Anima... nauseat. Ils osent parler en ces tei'mes dédaigneux (cibo levissimo; hébr. : q'iôqel, commun, vil) de la manne cé- leste. +6-7». Punition et repentir. — Serpentes ignitos. L'épichète s'râfim exprime l'effet produit par la morsure des serpents. La presqu'île sinaïtique, et tout particulièrement dans l'Arabah, abonde en reptiles très venimeux, d'espèces multiples. De là sans doute l'emploi de l'article dans le texte hé- breu : les serpents les brûlants. — reccavimus..., ora. Jamais les Hébreux ne s'étaient humiliés si promptement, si complètement. +7b-9. Le remède. — Gravit Moyses. Il est tou- jours prêt ù, intercéder pour son peuple bien- aimé, quoique ingrat. — Serpentem cenexun. Dans l'hébreu : Fais-toi un sâraf, c.-à-d., comme le note en effet le vers. 9, la reproduction en bronze du terrible reptile. — Pone pro signo. L'hébreu nés désigne à proprement parler un étendard, une bannière. Le serpent d'airain fut donc placé au sommet d'une pique , à la façon des images ana- logues qui servaient de drapeaux aux Égyptiens. Voyez l'Atlas archéol., pi. lxxxvi, fig. 12, 13; pi. LXxxviii, fig. 2. — Qui percussus aspexerit. D'im regard accompagné de repentir et de foi, selon le beau commentaire du livre de la Sagesse, +XVI, 5-7 : « Des bêtes furieuses ont attaqué vos enfants , et des serpents venimeux leur ont donné la mort ; mais votre colère ne dura pas tou- jours : ... vous leur donnâtes un signe de salut, pour les faire souvenir des commandements de votre loi. Car celui qui regardait ce serpent n'é- tait point guéri par ce qu'il voyait, mais par vous, qui êtes le Sauveur de tous les hommes. » Mais il est un second commentaire autrement élevé, qui provient de Notre-Seigneur Jésus-Christ lui- même, Joan. III, 14-15, d'après lequel ce serpent d'airain était surtout le signe, le type du salut apporté à tous les hommes par le crucifiement de riIomm'> - Dieu : « Sicut Moyses exaltavit ser- pentem in deserto, ita exaltari oportet Filium hominis, ut omnis qui crédit in ipsum non pereat, sed habeat vitam asternam. » Les Pères et les Docteurs ont souvent développé ce parallèle. « De même que le serpent d'airain , dit saint Ambroise ide Apolog. David., i, 3), détruisait la vertu du venin dans ceux qui étaient mordus, ainsi le Sauveur sur la croix détruit toute la vertu du démon , cet ancien seipent ; et comme le serpent, ayant trompé la première femme, répandit le venin de la cori^uption et de la mort dans tous les hommes, ainsi Jésus -Christ, représenté par le serpent d'airain, rend la vie à tous ceux qui le re- gardent et qui mettent en lui toute leur confiance (Tertull., contr. Jud. c. 10; cf. contr. Marcion. m, 18). Le serpent d'airain était sans venin, comme Jésus-Christ était sans péché (Théodoret, Quœst. xxxviii in Exod.). Le Sauveiu* avait pris la chair d'Adam sans en prendre la corruption, comme le serpent d'airain avait la figure d'un animal venimeux et cruel sans en avoir la ma- lignité et la cruauté. » Calmet, Comment, litt., h. 1. +24 +;02 +NuM. XXI, 10-16. +10. Pi'ofectique filii Israël castrame- tati sunt in Oboth ; +11. unde egressi fîxere tentoria in Jeabarira, in solitudine quœ respicit îiloab contra orientalem plagam. +12. Et inde moventes, venerunt ad torrenteni Zared, +13. quem relinqnentes castrametati sunt contra Arnon, quœ est in deserto, et prominet in linibus Amorrliœi. Si- quidem Arnon terminus est Moab, divi- dens Moabitas et Amorrhseos. +14. Unde dicitur in libro bellorum Domini : Sicut fecit in mari Rubro, sic faciet in torrentibiis Arnon. +15. Scopnli torrentium inclinati snnt, ut requiescerent in Ar, et recumberent in finibus Moabitarum. +16. Ex eo loco apparuit puteus, super quo locutus est Dominus ad Moysen : Congrega populum, et dabo ei aquam. +6» Les Hébreux continuent leur route vers la Palestine. XXI, 10-20. +La conquête commence, les rudes privations du désert vont cesser : c'est désormais une vie toute nouvelle, dont la joie et l'entrain se re- flètent dans lu récit. +10-11. Stations d'Oboth et de Jé.nbarim.— Pro- fecti... Apres avoir traversé l'ouadi El - Ithm (note du vers. 4), ils prirent la direction du nord- nord-est. — Oboth. La liste du chap. xxxiii, 41-43, cite deux autres stations avant celle-ci : Salmona (peut-être la localité qui fut témoin de l'incident des serpents, sélem signifiant « image ») et Phu- non. On a parfois phicé Oboth vers l'origine du torrent El-Alisy, qui se jette dans la mer Morte à la pointe sud -est. — La station de Jcàbar'nn était un peu plus au nord, ainsi qu'il résulte du trait : quai respicit Moah... xxxiii, 45, elle est nonnnée Vi/ivi par abréviation. +12-13. Stations du Zared et de l' Arnon. — Ad iurrentem Zaract. Peut-être l'oiiiuli Aïn-Franjy, bmnche de l'oiir.di Kéi'ek, lequel se jette dans la mer Morte au nord de la presqu'île El-Lisân. — Contra Arnon. Torrent impétueux, qui est le principal affluent du lac Asphaltite sur la rive orientale. Son nom actuel est El-Modjib. — Di- videns Moabitas... Excellente limite, en effet, car il coule entre deux rives profondes , escarpées ; aussi les Hébreux durent-ils le franchir non loin de sa source. Le vers. 26 nous dira que le ter- ritoire des Moabites s'était étendu bien au noi'd de l'Arnon ; mais, récemment, les Amori-héens avaient conquis tout ce district septentrional. +14-15. Chant de victoire. — Unde dicitur... A l'occasion du passage de l'Arnon, le narrateur cite quelques lignes d'une ode puisée in libro hcUorum Domini. Ce livre, qui n'est mentionné uulic part ailleurs, contenait sans doute un recueil +10. Les enfants d'Israël, étant partis de ce lieu, campèrent à Oboth, +11. d'où, étant sortis, ils dressèrent leurs tentes à Jéabarim, dans le désert qui regarde Moab vers l'orient. +12. Aj^ant décampé de ce lieu, ils vinrent au torrent de Zared , +13. qu'ils laissèrent ; et ils campèrent vis-à-vis de l'Arnon, qui est dans le dé- sert, et qui est situé près de la fron- tière des Amorrliéens. Car l'Arnon est à l'extrémité de Moab, et sépare les Moa- bites des Amorrliéens. +14. C'est pourquoi il est écrit dans le livre des guerres du Seigneur : Il fera dans les torrents de l'Arnon ce qu'il a fait dans la mer Rouge. +15. Les rochers des torrents se sont abaissés pour descendre vers Ar, et se reposer sur les confins des Moabites. +16. Au sortir de ce lieu parut le puits dont le Seigneur parla à Moïse, en lui disant : Assemblez le peuple, et je lui donnerai de l'eaa. +de chants sacrés, composés aiors par des bardes hébreux pour célébrer la marche triomphale d'Is- raël vers la Terre promise. On suppose que les deux autres petits poèmes qui suivent (vers. 18, 27-30) lui auront été également empruntés. — Sioit fecJi... Voici quelle paraît être la traduction iitLorale du Fhcbi'cu : +... Viiiie!) on ouragan , et tes torrents de l'Arnon , et le cours des torrents 4ui s'incline vers riiabiiation de 'Ar, +et qui touche à la frontière de Moab. +Cela forme deux vers , composés chacun de deux lignes parallèles. Le début est obscur, la cita- tion étant prise au beau milieu de l'ode. Vâ/ieb est probablement le nom d'une citadelle amor- rh;!enne, bâtie sur le bord de l'Arnon. Un sujet et un verbe sont sous - entendus : Israël a con- quis... Et l'ensemble signifie que les Hébreux, sous la conduite de Jéhovah , s'étaient emparés sans peine, avec la rapidité d'une tempête, de toute la partie méridionale du territoire anior- rhéen, attenante à l'Arnon. — Ar (hébr. : 'Ar). C. -à-d. la ville par antonomase, la capitale des Moabites. Son nom complet était « Ar Moab » ( vers. 28 ). On l'identifie tantôt avec Rabbath- Moab, l'Aréopolis des Grecs et des Romains, la Rabba moderne; tantôt avec les ruines de Muhatet- el-IIadj, plus ra]iproc'hées de l'Ai'non. +16-18». Le chant du puits. — Ex eo loco... pnteus. D'après l'hébreu : De là (c. -à-d. de la station de l'Arnon, vers. 13) à B"êr; vraisem- blablement la même localité que B"êr 'Elim d'is. XV, 8, — Super quo... Hébr,: C'est ce B"êr où Jé- hovah dit à Moïse... Le mot b"ér signifiant fon- taine, puits, l'erreur de la Vulgate s'explique aisément. Du moins, c'est à caus.' du i)uits creusé en ce lieu que la station fut ainsi nommée. — +NuM. XXI, 17-23. +503 +17. Alors Israël chanta ce cantique : Que le puits monte. Et ils chantaient tous ensemble : +18. C'est le puits que les princes ont creusé, que les chefs du peuple ont pré- paré, par Tordre de celui qui a donné la loi, et avec leurs bâtons. De ce désert le peuple vint ù Matthana ; +19. de IMatthana à Nahaliel, de Na- haliel ù Bamoth. +20. De Bamoth, on vint à une vallée dans le pays de Moab, près de la mon- tagne de Phasga, qui regarde le dé- sert. +21. Israël envoya de là des ambassa- deurs ù, Sélion, roi des Amorrhéens, pour lui dire : +22. Nous vous supplions de nous per- mettre de passer par votre pays. Nous ne nous détournerons point ni dans les champs ni dans les vignes; nous ne boirons point des eaux de vos puits ; mais nous marcherons par la voie pu- blique, jusqu'à ce que nous soyons pas- sés hors de vos terres. +23. Séhon ne voulut point permettre qu'Israël passât par son pays ; et a3^ant nièrae assemblé son armée, il marcha +17. Tune cecinit Israël carmen istud : Ascondat puteus. Concinebant : +18. Puteus, quem foderunt principes, et paraverunt duces muUitudinis in da- tore legis, et in baculis suis. De solitu- dine, Matthana; +19. de Matthana in Nahaliel; de Na- haliel in Bamoth. +20. De Bamoth, vallis est in regione Moab , in vertice Phasga , quod respicit contra desertum. +21. Misit autem Israël nuntios ad Sehon, regem Amorrhseorum, dicens : +22. Obsecro ut transire mihi liceat per terram tuam ; non declinabimus in agros et vineas ; non bibemus aquas ex puteis ; via regia gradiemur, donec transeamus termiuos tuos. +23. Qui concedere noluit ut transiret Israël per fines suos; quin potius exer- citu congregato, egressus est obviam in +Bobo... aquas. Non par un miracle proprement dit, mais en suggérant à Moïse la pensée de taire creuser un puits , ou même toute une série de puits, par le peuple. — Tune cecinit... Chant joyeux et gracieux, charmant dans sa simpli- cité , vraiment antique , indice de l'excellente disposition morale où se trouvaient alors les Is- raélites. +JailUâ, puits ! Cliantez en son honneur! Faits que les princes ont creusé, 'jue les nobles du peuple ont percé avec le sceptre , avec leur bâton. +Telle est la traduction exacte de l'hébreu, qui diffère légèrement de celle de la Vulgate. Les divergences principales portent sur les mots con- clntbant et in datore legis (hébr. : m'hôqeq, le bâton du commandement; cf. Gen. xlix, 10, et l'explication). — Les chefs eux-mêmes avaient donc pris part à cette opération intéressante, encou- rageant et excitant le peuple. +W'-2Q. Des steppes de l'Arnon au mont Phasga. Voj'ez plus loin, xxxiii , 4G, l'énumération com- plète des stations. — De soUtudine : des steppes de Moab (cf. vers. 1 3) , qui se prolongeaient au delà de B"êr. — Matthana , Nahaliel : localités dont l'emplacement n'a pas encore été fixé avec certitude. — Bamoth, ou plus complètement Bamoth-Baal (cf. xxii, 41; Jos. xni, 17, etc.), (c les hauteurs de Baal ; » au nord do Dibon (Jo.5. XIII, 17), sur l'Attarus, un peu au sud du Zcrka-Maïn. — ]'aUis eut... D'après l'hébreu : « De +Bamoth à la vallée qui est dans la campagne de ]\Ioab. » C'est donc une autre station qui est indi- quée. On nommait «campagne de Moab» le pla- teau garni de pâturages qui s'élève dans le district nord - est de la mer Morte. La situation précise est marquée par les mots in vertice Phasga (hébr.: Pis g ah ) ; en effet, le Pha.sga, qui faisait partie des mont.^ Abârim (cf. xxxiii, 47), n'est autre que le Nébo, du sommet duquel Moïse contempla la terre sainte avant de mourir; et cette montagne célèbre se dresse entre l'embou- chure du Jourdain et la ville d'Hesbon (Atlas géogr., pi. vn). — Contra desertum. En face du Y' Simon, dit le texte; expression qui désigne ici la petite plaine Ghorel-Belku, située sxu" la rive nord-est de la mer Morte, entre l'ouadi Ghuwéir et l'ouadi Es-Suweimeh ; région « désolée » et sté- rile, comme l'indiqu!^ son nom. +7« Expédition contre Séhon, roi des Amor- rhéens. XXI, 21-32. +21-23. Séhon refuse aux Israélites le droit de passage sur son territoire. — M'isit nuntios... Comme au roi de l'Idumée quelque temps aupa- ravant, XX, 14 et ss. Les Amorrhéens avaient conquis ce district en partie sur les Moabites , en partie sur les Ammonites, refoulant les pre- miers au sud, les autres à l'est. Cette humble requête prouve que les Hébreux ne songeaient pas d'abcrd à occuper la Palestine transjorda- uienne, puisqu'ils voulaient traverser pacifique- ment le territoire qui les séparait de Chanaan. — Venit in Jasa. Ville située entre Médaba et Dibon. — In desertum. En hébreu : midhar, et +504 +NuM. XXI, 24-30. +desertum, et vejiit in Jasa, pugnavitque contra eum. +24. A quo percussus est in ore gladii , et possessa est terra ejus ab Arnon usque Jeboc, et filios Ammon; quia forti prae- sidio tenebantur termini Ammonitarum. +25. Tiilit ergo Israël omnes civitates ejiis, et habitavit in urbibus Amorrhaei, in Hesebon scilicet, et viculis ejus. +26. Urbs Hesebon fuit Sehon, régis Amorrhasi, qui pugnavit contra regein Moab, et tulit omnem terram, quse ditio- nis illius fuerat, usque Arnon. +27. Idcirco dicitur in proverbio : Venite in Hesebon ; sedificetur, et construatur civitas Sehon. +28. Ignis egressus est de Hesebon, flamma de oppido Sehon, et dévora vit Ar Moabitarum, et habitatores excelso- rum Arnon. +29. Vœ tibi, Moab! peristi, popule Chamos. Dédit filios ejus in fugam, et filias in captivitatem, régi Amorrhseorum Sehon. +30. Jugum ipsorum disperiit ab Hese- +au- devant de lui dans le désert, vint à Jasa, et lui donna la bataille. +24. Mais il fut taillé en pièces par Israël, qui se rendit maître de son royaume, depuis l'Arnon jusqu'au Jé- boc, et jusqu'aux enfants d'Ammon ; car la frontière des Ammonites était défendue par de fortes garnisons. +25. Israël prit donc toutes les villes de ce prince ; et il habita dans les villes des Amorrhéens, c'est-à-dire dans He- sebon et dans les bourgs de son terri- toire. +26. Car la ville d'Hésébon apparte- nait à Séhon, roi des Amorrhéens, qui avait combattu contre le roi de Moab, et lui avait pris toutes les terres qu'il possédait jusqu'à l'Arnon. +27. C'est pourquoi on dit en proverbe: Venez à Hésébon ; que la ville de Séhon s'élève et se rebâtisse. +28. Le feu est sorti d'Hésébon, la flamme est sortie de Séhon , et elle a dé- voré Ar des Moabites, et les habitants des hauts lieux de l'Arnon. +29. Malheur à toi, Moab! tu es per- du, peuple de Chamos, Chamos a laissé fuir ses enfants , et a livré ses filles cap- tives à Séhon, roi des Amorrhéens. +30. Le joug dont ils opprimaient Hé- +non pins y'simôn; aussi s'agit -il actuellement du plateau mentionné dans la note du vers. 20. 24-26. Les Israélites conquièrent une partie du territoire de Séhon. — Percussus... in ore gladii; c.-à-d. sans quartier. — Al) Arnon usque Jeboc (hébr. : Yabboq). Depuis l'ouadi El-Modjib (note du vers. 13) jusqu'au Zerka, qui se jette dans le Jourdain à peu près à mi -chemin entre le lac de Tibériade et la mer Morte. Cf. Gen. XXXII, 22. — Et filios Ammon. Ils habitaient, avons-nous dit (note des vers. 21-23), à l'est du royaume de Séhon, vers la limite du grand désert arabe. — Quia forti prcesidio... Trait destiné à expliquer pourquoi Séhon n'avait pu refouler les Anunonitcs au delà de cette frontière : c'est qu'ils étaient protégés par leur forteresse inexpu- gnable de Rabbath- Ammon (Atl. géogr., pi. v et vix). — Talit ergo Israël... Magnifique con- quête, soit pour la richesse du paj's, soit pour son étendue. Aussi eut-elle un grand retentisse- ment. Cf. Dcut. II, 26 et ss. ; iv, 46; Jos. ii, 10 et ss., etc. — In Hesebon : antique cité moabite (vers. 27-28), devenue la capitale du royaume de Séhon. Ses ruines, à l'est du Nébo, portent encore le nom d'IIesbân. — Viculis ejus. Hébr.; ses filles. Figure quo nous retrouverons souvent. Cf. vers. 32; xxxir, 44; Jos. xv, 45; xvii, 11, etc., dans le texte original. Ces localités seront énuraérées plus loin, xxxir, S4-38. +27-30. Ode triomphale composée h l'occasion Je cette brillante conquête. — Idcirco... in pro- +verbio. Dans l'hébreu : C'est pourquoi les poètes (hammôSlim) disent. La racine est mâsal, sub- stantif qui désigne fréquemment les compositions poétiques. « En considérant attentivement ce chant de triomphe, on reconnaît à n'en pas douter que son début a ime tournure pleine d'ironie , et qu'il n'est pas le moins du monde un cantique d'action de grâces , semblable, par exemple, à celui de Débora. Rentrez chez vous , venez à Hc sbon , dans cette ville qui ne peut maintenant vous fournir ni maison ni abri; si vous le pouvez, reconstruisez cette cité, qui est ruinée à tout jamais... Voilà ce que, d'un ton railleur, les vain- queiu's chantent aux vaincus, qu'ils ont expulsés et qui ne peuvent plus revenir. Cependant, pour montrer mieux encore la faute et le châtiment des vaincus, une seconde voix remonte à l'his- toire antérieure du pays. C'est pourtant de là, de cette même ville d'Hesbon, qu'est sorti jadis le feu dévastateur de la guerre contre Moab , ce pauvre Moab que son dieu Chamos n'a pu dé- fendre. Mais c'est précisément à l'heure où ces Araorrliéens qui ont dévasté Moab se croient en sûreté, — ainsi chante la voi.v des vainqueurs, revenant ainsi au commencement de l'ode, — c'est à cette heure que notre feu guerrier a tout ravagé, partant d'Hes'oon, la capitale, et se di- rigeant en tous sens jusqu'aux extrêmes fron- tières. Et ainsi Israël a vengé Moab. » D'après cette excellente analyse d'Ewald, ou peut donc partager l'ode en trois strophes : vers. 27-28, 29,, +NuM. XXI, 31 — XXII, 1 +6C5 +sébon a été brisé jusqu'il Dibon. Ils sout venus, tout lassés de leur faite, à Kophé, et jusqu'il Médaba. +31. Israël habita donc dans le paj^s des Amorrhéens. +32. Moïse envoj^a ensuite reconnaître Jazer, et ils prirent les villages qui 'en dépendaient, et se rendirent maîtres des habitants. +33. Ils changèrent ensuite de direc- tion, et montèrent par le chemin de Basan. Og, roi de Basan, vint au-devant d'eux avec tout son peuple , pour les combattre i\ Edraï. +34. Et le Seigneur dit à Moïse : Ne le craignez point, parce que je l'ai livré entre vos mains avec tout son peuple et son pays ; et vous le traiterez comme vous avez traité Séhon, roi des Amor- rhéens, qui habitait à Hésébon. +35. Ils taillèrent donc en pièces ce roi , avec ses enfants et tout son peuple, sans qu'il en restât un seul, et ils se rendirent maîtres de son pays. +bon usque Dibon; lassi pervenerunt in Nophe, et usque Medaba. +31. Habita vit itaque Israël in terra Amorrhœi. +32. Misitque Mo3''ses qui explorarent Jazer, cujus ceperunt viculos, et posse- derunt habitatores. +33. Verteruntque se, et ascenderunt per viam Basan ; et occurrit eis Og , rex Basan, cum omni populo suo, pugnaturus in Edrai. +34. Dixitque Dominus ad Moysen : Ne timeas eum, quia in manu tua tradidi illum, et omnem populum, ac terram ejus; faciesque illi sicut fecisti Sehon, régi Amorrhseorum, habitatori Hesebon. +35. Percusserunt igitur et hune cum filiis suis, universumque populum ejus usque ad internecionem; et possederunt terram illius. +CHAPITRE XXII +1. Étant partis de ce lieu, ils cam- pèrent dans les plaines de Moab , près du Jourdain, au delà duquel est situé Jéricho. +1. Profectique castrametati sunt in campestribus Moab, ubi trans Jordanem Jéricho sita est. +30. — Chamos (hébr. : K'mos) était la divinité nationale des Moabites. Cf. IV Reg. m, 26-27; Jer. XL VIII, 7, 13, etc. — L'emplacement de Nophe est incertain; Mcdaha a été retrouvée au sud d'Hesbon. +31-32. Les Hébreux consolident leur conquête. — Jazer : à 10 milles romains et à l'ouest de Rabbath - Ammon , d'après YOnomasticon d'Eu- sèbe ; ce sont probablement ses ruines qu'on ren- contre à Sir, vers l'origine de l'ouadi du même nom, qui se jette dans le Kéfrôn. +8" Défaite du roi de Basan. XXI, 33-35. +33-35. Basan, Mirai. Deux noms qui expri- ment, à eux seuls, une conquête beaucoup plus considérable encore que la précédente; car ils supposent l'occupation de tout le district situé à l'est du Jourdain, entre le Jaboc et le lac Mérom (AU, géogr., pi. vii). Le riche pays de Basan s'étendait, en effet, jusqu'au pied de l'Her- mon. La ville d'Edraï, aujourd'hui Edràah , ou Darâ, qui fut témoin de la nouvelle victoire des Israélites, était située sur la rive méridionale du aeuve Iliéromax ( Yarmouk ). +TROISIÈME PARTIE +Les Hébreux dans les steppes de Moab. +XXII, 1 — XXXVI, 13. +Israël f-st maintenant su.'" les frontières de la +Terre promise, dont il n'est séparé que par le Jourdain. Ses ennemis essayent en vain de l'ar- rêter. Dieu lui donne ses dernières instructions en vue de la conquête. +Section I. — Machinatioxs des Moabites et +DES MADIANITES CONTRE ISRAËL. XXII, 1 — XXV, 18. +§ I. — Les oracles de Balaam. XXII, 1 — XXIV, 25. +C'est le point culminant du livre des Nombres, un résumé magnifique de toute l'histoire juive dans le passé et dans l'avenir, avec l'image du Messie qui se dresse nettement à l'horizon. +1° Le roi de Moab mande le prophète Balaam pour maudire Israël. XXII, 1-21. +Chap. XXII. — 1. Les Hébreux arrivent aux steppes de Moab. — In campestribus. Hébr. : 'arhôt, pluriel de 'arâbah, steppe, nom par lequel on désigne encore aujourd'hui, comme il a été dit plus haut (note de xxi, 4-5), la vallée qui s'étend du sud de la mer Morte au golfe Élani- tique de la mer Rouge. On appelait alors 'Arhôt Mo'ab (steppes de Moab) la plaine profonde, longue de 11 milles anglais, large de 4 à 5 milles, qui s'étale à l'est de l'embouchure du Jourdain, au pied du mont Phasga (note de xxi, 18"^ -20; voyez VAU. gèogr., pi. v et vu). C'est une sorte +506 +NuM. XXII, 2-6. +2. Videns autem Balac, filins Sephor, oiania quse fecerat Israël Amorrhœo , +3. et quod pertirauissent eiim Moa- bitae, et iinpetum ejus ferre non possent, +4. dixit ad majores natu Madian : Ita delebit hic populus omnes qui in nostris finibus commorantur, quo modo solet bos lierbas usque ad radiées carpere. Ipse erat eo tempore rex in Moab. +5. Misit ergo nuntios ad Balaam, filium Beor, ariolum, qui habitabat super flumen terras filiorum Ammon, ut voca- rent eum, et dicerent : Ecce egressiis est popukis ex MgY])to, qui operuit superfi- ciem terrœ, sedejis contra me. +6. Yeni igitur, et maledic populo huic, quia f ortior me est ; si quo modo possim percutere et ejicere eum de terra mea ; novi enim quod benedictus sit cui bene- dixeris, et maledictus in qaem maledicta congesseris. +2. Mais Balac, fils de Séphor, consi- dérant tout ce qu'Israël avait fait aux Amorrhéens , +3. et voyant que les Moabites en avaient une grande fra3^eur, et qu'ils n'en pourraient soutenir les attaques, +4. dit aux anciens de Madian : Ce peuple exterminera tous ceux qui de- meurent autour de nous, comme le bœuf a coutume de brouter les herbes jusqu'à la racine. Balac, en ce temps -là, était roi de Moab. +5. Il envoya donc des ambassadeurs à Balaam, fils de Béor, qui était un de- vin, et qui demeurait près du fleuve du pays des enfants d'Ammon, afin qu'ib le fissent venir, et qu'ils lui dissent : Voilà un peuple sorti d'Egypte qui couvre toute la face de la terre, et qui s'est établi près de moi. +6. Venez donc pour maudire ce peuple, parce qu'il est plus fort que moi ; ajin que Je tente si je pourrai par quelque moyen le battre et le chasser de mes terres. Car je sais que celui que vous bénirez sera béni, et que celui sur qui vous aurez jeté la malédiction sera maudit. +(l'oasis assez fertile, arrosée par pliisieiirs ruis- seaux qui descendent des montagnes moabites. — Ubi trans Jordanem Jéricho : trait destiné à bien préciser la situation géographique des 'Arbôt Mo'ab au moyen de celle de Jéricho, ville si connue. +2-4. Inquiétudes du roi de Moab. — Balac, films SetJlior (liébr. : Sippo)-). De la note ulté- rieure, dixit ad majores naiu Madian (vers. 4), on a conclu h bon droit, ce semble, à la suite des Targums, que Balac était un Madiauite, et qu'il avait usurpé le trône de Moab à la suite des victoires de Séhon (xxi, 26), qui avaient tant affaibli ce peuple. — Et impetum ejus... Dans l'hébreu : parce qu'il ( Israël ) était nom- breux. Les Moabites ne pouvaient se douter qu'il avait été interdit à la nation théocratiquo de les attaquer (cf. Deut. ii, 9); et ils tremblaient avec raison, en pensant d'une part aux récents triomphes qui l'avaient mise en possession de Galaad et de Basan, d'autre part à leur propre refus, insolent et téméraire, de lui laisser tra- verser leur territoire (Jud. xi, 17). — Ita de- lebit... Littéralement : Maintenant cette multi- tude va brouter tous nos alentours, comme le bœuf broute la verdure des champs. Comparai- son énergique, qui concorde fort bien avec les habitudes pastorales de Moab et de Madian. +5-6. Envoi d'une première ambassade à Ba- laam. — Ad Balaam (hébr.: BiVâm)... ariolum (ce mot manque dans le texte primitif). Person- nage étrange, sur lequel les interprètes ont beau- coup discuté deijuis les premiers siècles de notre +ère. Josèphe, Philon, Origène, saint Ambroise, saint Augustin, etc., le traitent absolument comme un faux prophète ( « prophetam non Dci , sed diaboli, » dit Cornélius a Lap. ); au contraire, d'après TertuUien, saint Jérôme, etc., il eût été un prophète proprement dit, mais que son avarice aurait perdu. Le présent épisode le ma- nifeste, en effet, successivement sous ces deux aspects. Il semble avoir connu et adoré le vrai Dieu, auquel il donne même à plusieurs reprises (vers. 8, 18, 19, etc.) le nom sacré de Jéhovah; on dirait aussi que les traditions antiques d'Is- raël ne lui étaient pas inconnues (voyez la note de XXIII, 10). D'un autre côté, il procède à la façon des devins païens pour obtenir des révéla- tions (xxui, 3,5; XXIV, 1) ; et surtout, la Bible lui applique (Jos. xiii, 22) la dénomination de qosern, toujours prise en mauvaise part, et qui désigne les magiciens et sorciers qu'il fallait extirper de la nation sainte (cf. Deut. xviii, 10-12). Le bien et le mal s'unissaient donc en lui, et, comme plus tard Simon le Magicien, il était prêt à trafiquer des dons divins. L'Esprit de Dieu, qui souffle où il lui plaît, usa de Ba- laam pour de glorieuses révélations ; puis il brisa cet instrument coupable. — Qui habitabat... D'a- près l'hébreu : A Péthor, qui est sur le fleuve, au pays des fils de son peuiile. « Le fleuve '■" i)ar excellence c'est l'Euphrate, comme en d'autres passages. Péthor, Pitru des inscriptions cunéi- formes, était une ville bâtie au confluent du Sagur et de l'Euphrate, dans la Mésoi)otanne. Cf. xxm, 7; Deut. xxm, 4; Vigoureux, Bible +NuM. XXII, 7-17. +507 +7. Les vieillards de ]\îoab et les an- ciens de Madian s'en allèrent donc, por- tant avec eux de quoi payer le devin ; et étant venus trouver Balaam, ils lui exposèrent tout ce que Balac leur avait commandé de lui dire. +8. Balaam leur répondit : Demeurez ici cette nuit, et je vous dirai tout ce que le Seigneur m'aura déclaré. Ils de- meurèrent donc chez Balaam, et Dieu, étant venu à lui, lui dit : +9. Que vous veulent ces hommes qui sont chez vous? +10. Balaam répondit : Balac, fils de Séphor, roi des Moabites, m'a envoyé , +11. dire : Voici un peuple sorti d'E- gypte, qui couvre toute la face de la terre; venez le maudii'e, afin que je tente si je pourrai par quelque moyen le combattre et le chasser. +12. Dieu dit à Balaam : N'allez pas avec eux, et ne maudissez point ce peuple, parce qu'il est béni. +13. Balaam, s'étant levé le matin, dit aux princes : Retournez dans votre pays, parce c|[ue le Seigneur m'a défendu d'al- ler avec vous. +14. Ces princes s'en retournèrent, et dirent à Balac : Balaam n'a pas voulu venir avec nous. +15. Alors Balac lui envoya de nou- veau d'autres ambassadeurs en plus grand nombre, et de plus grande qua- lité que ceux qu'il avait envoyés d'a- bord ; +16. lesquels, étant arrivés chez Ba- laam , lui dirent : Voici ce que dit Balac, fils de SéphOr : Ne différez plus de venir auprès de moi ; +17. je suis prêt à vous honorer, et je vous donnerai tout ce que vous voudrez ; venez , et maudissez ce peuple. +7. Perrexcruntque seniores Moab, et majores natu Madian, habentes divina- tionis pretium in manibus ; cumque ve- nissent ad Balaam, et narrassent ei omnia verba Balac, +8. ille respondit : Manete hic nocte, et respondebo qnidquid mihi dixerit Do- minus. Mancntibus illis apud Balaam, venit Deus, et ait ad eum : +9. Quid sibi volunt homines isti apud te? +10. Respondit : Balac, filius Sephor, rex Moabitarum , misit ad me , +11. dicens : Ecce populus qui egres- sus est de ^gypto, operuit superficiem terrœ ; veni, et maledic ei, si quo modo possim pugnans abigere eum. +12. Dixitque Deus ad Balaam : Noli ire eum eis, neque maledicas populo, quia benedictus est. +13. Qui maneconsurgens dixit ad prin- cipes : Ite in terram vestram, quia pro- hibuit me Dominus venire vobiscum. +14. Reversi principes dixerunt ad Ba- lac : Noluit Balaam venire nobiscura. +15. Rursum ille multo plures et nobi- liores quam ante miserat, misit; +IG. qui, eum venissent ad Balaam, dixerunt : Sic dicit Balac, filius Sephor : Ne cuncteris venire ad me ; +17. paratus sum honorare te, et quid- quid volueris dabo tibi ; veni , et male- dic populo isti. +et découvertes, t. II, ii. 615, etc. Au lieu de 'ammô, son peuple, la Vulgate et d'autres ver- sions ont lu Ammrm, par eri'cur. — Ecce egressus est... Message de Balac à Balaam (5^-6). Le roi comprend que la force des armes ne suffit pas pour vaincre Israël ; mais il a une pleine con- fiance dans la puissance des sortilèges de Balaam (novi enim...). a Les caravanes madianites, qui transportaient les marchandises entre la Mésopo- tamie et rÉgjpte , avaient répandu la réputation (du prophète) sur les confins de la Palestine. » Mar. bihi., t. I, n. 377. +7-14. Les ambassadeurs do Balac auprès de Balaam, qui refuse de les accompagner. — Se- niores Moab et... Madian. Les Moabites et les Madianites sont étroitement unis dans toute cette section. Un danger commun les avait associés. — Divinationis pretium. Hébi*.: q'sâmlm; littéral.: +des divinations. Mais l'interprétation de saint PieiTC, II Petr. ii, 15, nous montre que la Vul- gate a bien rendu la pensée. — Manete... Balaam veut consulter le Seigneur (Dominus , Jéhovah) avant de prendre une décision. Toutefois, n'au- l'ait-il pas dû comprendre aussitôt qu'il ne pou- vait aller maudire le peuple de Celui dont il tenait l'inspiration? Déjà 11 y a lutte entre son avarice et sa conscience, et c'est pour réveiller cette conscience endormie que Dieu condescend ù s'entretenir avec Balaam (vers. 9-12). Cf. III Pi.cg. XIX, 9; Is. XXXIX, 3-4. +15 - 21. Deuxième ambassade et acceptation du prophète. — Plures et nobiliores: pour flatter l'amour-propre de Balaam ; car son refus n'avait fait qu'exciter davantage les désirs de Balac. — Paratus honorare : dans le sens actuel du mot « honoraire ». Cf. I Tim. v, 17, etc. La vénalité +508 +NuM. XXII, 18-26. +18. Eespondit Balaam : Si dederit mihi Balac pleiiam domum suaiii argent! et auri, non potero iramutare verbum Domini Dei mei, ut vel plus, vel minus loquar. +19. Obsecro ut hic maneatis etiam hac nocte, et scire queam quid mihi rursum respondeat Dominus. +20. Venit ergo Deus ad Balaam nocte, et ait ei : Si vocare te venerunt homines isti, surge, et vade cum eis; ita dun- taxat, ut quod tibi prsecepero, facias. +21. Surrexit Balaam mane, et strata asina sua profectus est cum eis. +22. Et iratus est Deus ; stetitque an- gélus Domini in via contra Balaam , qui insidebat asinae, et duos pueros habebat secum. +23. Cernens asina angelum stantem in via, evaginato gladio, avertit se de itinere, et ibat per agrum. Quam cum verberaret Balaam, et vellet ad semitam reducere, +24. stetit angélus in angustiis duarum maceriarum, quibus "sàneœ cingebantur. +25. Quem videns asina, junxit se pa- rieti, et attrivit sedentis pedem. At ille iterum verberabat eam ; +26. et nihilominus angélus ad locum angustum transiens, ubi nec ad dexte- ram nec ad sinistram poterat deviare, obvius stetit. +18. Balaam répondit : Quand Balac me donnerait plein sa maison d'or et d'argent, je ne pourrais pas pour cela changer la parole du Seigneur mon Dieu, pour dire ou plus ou moins qu'il ne m'a dit. +19. Je vous prie de demeurer ici en- core cette nuit , afin que je puisse savoir ce que le Seigneur me répondra de nou- veau. +20. Dieu vint donc la nuit à Balaam, et lui dit : Si ces hommes sont venus vous chercher, levez -vous, allez avec eux ; mais à condition que vous ferez ce que je vous commanderai. +21. Balaam, s'étant levé le matin, sella son ânesse, et se mit en chemin avec eux. +22. Alors Dieu s'irrita , et un ange du Seigneur se présenta dans le chemin devant Balaam, qui était sur son ânesse, et qui avait deux serviteurs avec lui. +23. L'ânesse, voj^ant l'ange qui se te- nait dans le chemin, ayant à la main une épée nue, se détourna du chemin, et allait à travers champs. Tandis que Balaam la battait et voulait la ramener dans le chemin, +24. l'ange se tint dans un lieu étroit, entre deux murailles qui enfermaient des vignes. +25. L'ânesse, le voyant, se serra contre le mur, et pressa le pied de celui qu'elle portait. Il continua à la battre ; +26. mais l'ange, passant en un lieu encore plus étroit, où il n'y avait pas moyen de se détourner ni à droite ni à gauche, s'arrêta devant l'ânesse. +des devins et des sorciers païens était prover- biale : TÔ (xavTty.bv yàp tiôcv çO.âpY'Jpov ysvo;, Soph., AntiQ., 1055. — Si... pîenam domum ar- gcnti. Louable abnégation, qui mallieureiTsement ne durera guère. Dès la phrase suivante {oisecro ut maneatis...) Balaam se trahit, en essayant d'arracher en quelque sorte à Dieu la permission de départ qui lui avait été refusée récemment. — Surge et vade. Le Seigneur permet néanmoins, dans l'intérêt de sa plus grande gloire, ce voyage interdit tout d'abord. +2° L'ânesse de Balaam. XXII, 22-35. +22-27. Apparition de l'ange du Seigneur. Scène très mouvementée , parfaitement décrite. — Ira- tus... Deus. L'hébreu ajoute : tandis qu'U allait; c.-ù-d. moins à cause du départ même, puisque Dieu l'avait autorisé, qu'à cause des dispositions fâcheuses qui s'étaient, chemin faisant, déve- loppées dans l'âme du prophète. L'avarice avait pris le dessus, et Balaam s'était décidé â mau- dire. — Angélus Domini. Cf. Ex. xiv, 19; Jos. v, 13, etc. Peut-être celui-là même qui avait +conduit les Hébreux à travers le désert et qui devait marcher devant eux à la conquête de Cha- naan. Il se tient menaçant (evaginato...) au mi- lieu du chemin, pour arrêter lo prophète qui se disposait à mauflire le peuple béni de Dieu. — In angustiis maceriarum... La description suppose im de ces sentiers étroits et resserrés entre deux murs , comme ou en rencontre fréquemment dans les vignobles. +28-30. Dialogue entre Balaam et l'ânesse. — Aperuilque Dominus... Miracle unique en son genre, souvent attaqué par les rationalistes, qui n'ont rien ménagé pour le tourner en ridicule ; souvent réduit à un phénomène purement interne et subjectif par des croj'ants timides, qui pré- tendent ainsi le rendre plus acceptable. Ces der- niers ont contre eux les paroles mêmes du texte sacré, qui supposent clairement la réalité objec- tive de l'incident. Les autres n'ont pas su oti voulu comprendre combien un pareil prodige était admirablement adapté aux circonstances. « Usus est Dominus voce asinse, tum quia cou- +NuM. XXII, 27-36. +509 +27. Celle-ci, voj-ant l'anime arrêté de- vant elle, tomba sous les pieds de celui qu'elle portait. Balaam, tout transporté de colère, se mit à battre encore plus fort avec un bâton les flancs de l'â- nesse. +28. Alors le Seigneur ouvrit la bouche de l'ânesse, et elle dit à Balaam : Que vous ai -je fait? Pourquoi mV^ez-vous frappée déjà trois fois? +29. Balaam lui répondit : Parce que tu l'as mérité, et que tu t'es moquée de moi. Que n'ai -je une épée pour te tuer ! +30. L'ânesse lui dit : Nesuis-je pas votre bcte, sur laquelle vous avez toujours eu coutume de monter jusqu'à ce jour? Dites -moi si je vous ai jamais rien fait de semblable? Jamais, lui répondit -il. +31. Aussitôt le Seigneur ouvrit les yeux à Balaam , et il vit ^l'ange qui se tenait dans le chemin avec une épée nue ; et il l'adora , s'étant prosterné à terre. +32. L'ange lui dit : Pourquoi avez- vous battu votre ânesse par trois fois ? Je suis venu pour m'opposer à vous, parce que votre voie est corrompue, et qu'elle m'est contraire ; +33. et si l'ânesse ne se fût détournée du chemin en me cédant, lorsque je m'op- posais à son passage, je vous aurais tué, et elle serait demeurée en vie. +34. Balaam lui répondit : J'ai péché , ne sachant pas que vous vous opposiez à moi ; mais maintenant, s'il ne vous plaît pas que j'aille là, je m'en retour- nerai. +35. L'ange lui dit : Allez avec eux; mais prenez bien garde de ne rien dire que ce que je vous commanderai. Il s'en alla donc avec ces princes. +36. Balac, ayaiit appris sa venue, alla au-devant de lui, jusqu'à une ville des Moabites qui est située sur les der- nières limites de l'Arnon. +27. Cumque vidisset asina stantem angelum , concidit sub pedibus sedentis , qui iratus, vehementius caedebat fuste latera ejus. +28. Aperuitque Dominus os asinse, et locuta est : Quid feci tibi? cur percutis me, ecce jam tertio? +29. Respondit Balaam : Quia comme- ruisti, et illusisti mihi. Utinara haberem gladium, ut te percuterem! +30. Dixit asina : Nonne animal tuum sum , cui semper sedere consuevisti us- que in prsesentem diem? Die quid simile unquam fecerim tibi. At ille ait : Nun- quam. +31. Protinus aperuit Dominus oculos Balaam, et vidit angelum stantem in via, evaginato gladio ; adora vitque eum pro- nus in terram. +32. Cui angélus : Cur, inquit, tertio verberas asinam tuam? Ego veni ut ad- versarer tibi, quia perversa est via tua, mihique contraria ; +33. et nisi asina declinasset de via, dans locum resistenti, te occidissem, et illa viveret. +34. Dixit Balaam : Peccavi , nesciens quod tu stares contra me; et nunc, si displicet tibi ut vadam, revertar. +35. Ait angélus : Vade cum istis, et cave ne aliud quam praecepero tibi lo- quaris. Ivit igitur cum principibus. +36. Quod cum audisset Balac, egres- sus est in occursum ejus, in oppido Moa- bitarum, quod situm est in extremis tinibus Arnon. +grue bi-uta mons per brutum docetur ; tiim , ut ait Njssenus (i>e vita Ilosis), ut erudiretiu" et castigaretur vanitas auguris (Balaam), qui rudi- tuni asina; et garritum avium, quasi omnia prœ- futura quaî significarent , observare solebat. » Cornel. a Lap., h. l Cf. II Petr. ii, 15-16. Du reste „ rien de plus naturel et de plus approprié que les détails de ce dialogue entre le prophète et sa monture. +31-35. La leçon de l'ange, pour corroborer celle de l'ânesse. — Cur... tertio...? Voyez les vers. 23, 25, 27 et 2S. — Perversa... via... L'hébreu est +plus concis : La voie se précipite devant moi. Manière de dire à Balaam que sa voie le con- duisait sûrement à la perdition. Cf. xxxi, 8. — Le prophète, effraj'é, se déclare prêt à retourner à Péthor; l'ange lui enjoint de continuer sa route, en ajoutant toutefois, comme Dieu l'avait fait précédemment ( vers. 20 ) : Cave ne aliud... +3" Balaam arrive auprès de Balac. XXII, 36-40. +36-40. Balac egressus est... : tant il était pressé de voir Balaam et d'obtenir le résultat si ardem- ment souhaité. — In oppido Moabitarum... La ville n'est pas nommée, à moins donc qu'il ne faille, +24* +510 +NuM. XXII, 37 — XXIII, 4. +37. Dixitque ad Balaam : Misi nuntios ut vocarent te; cur non statim venisti ad me? An quia mercedem adventui tuo reddere nequeo? +38. Cui ille respondit : Ecce adsum; numquid loqui potero aliud, nisi quod Deus posuerit in ore meo ? +39. Perrexerunt ergo simul, et vene- runt in urbem, quae in extremis regni ejus finibus erat. +40. Cumque occidisset Balac boves et oves, misit ad Balaam, et principes qui cum eo erant, munera. +41. Mane autem facto, duxit eum ad excelsa Baal, et intuitus est extremam partem populi. +37. Et il dit à Balaam : J'ai envoyé des ambassadeurs pour vous faire venir ; pourquoi n'êtes -vous pas venu me trou- ver aussitôt? Est-ce que je ne puis pas vous récompenser pour votre peine? +38. Balaam lui répondit : Me voilà venu. Mais pourrai -je dire autre chose que ce que Dieu me mettra dans la bouche? +39. Ils s'en allèrent donc ensemble, et ils vinrent en une ville qui était à l'ex- trémité de son royaume. +40. Et Balac, ayant fait tuer des bœufs et des brebis, envoya des pré- sents à Balaam et aux princes qui étaient avec lui, +41. Le lendemain, dès le matin, il le mena sur les hauts lieux de Baal, et il lui fit voir de là l'extrémité du camp du peuple d'Israël, +CHAPITRE XXIII +1. Dixitque Balaam ad Balac : iEdi- fica mihi hic septem aras, et para to- tidem vitulos, ejusdemque numeri arie- tes. +2. Cumque fecisset juxta sermonem Balaam, imposuerunt simul vitiilum et arietem super aram. +3. Dixitque Balaam ad Balac : Sta pau- lisper juxta holocaustum tuum, donec vadam, si forte occurrat mihi Domi- nus; et quodcumque imperaverit, loquar tibi.' +4. Cumque abiisset velociter, occm-rit illi Deus, Locutusque ad eum Balaam : +1. Alors Balaam dit à Balac : Faites- moi dresser ici sept autels, et préparez autant de veaux et autant de béliers. +2. Et Balac ayant fait ce que Balaam avait demandé, ils mirent ensemble un veau et un bélier sur chaque autel. +3. Et Balaam dit à Balac : Demeurez un peu auprès de votre holocauste, jus- qu'à ce que j'aille voir si le Seigneur se présentera à moi, afin que je vous dise tout ce qu'il me commandera. +4. Il s'en alla promptement, et Dieu se présenta à lui. Et Balaam dit au +comme le demandent quelques exégètes contem- porains, identifier 'îr Mo'ab avec 'Ar Mo'ab, la capitale des Moabites. Voyez la note de xxi, 15. — L'accueil du roi n'est pas exempt de hauteur {cur non statim...'?) , ni même d'une certaine aigreur (ail quia mercedem... f); Balaam fait ses réserves et se maintient dans le rôle que Dieu lui a tracé. — In urbem, quœ in extremis... D'après l'hébreu : à Qiryat hiinot, ville située, d'après les vers. 36 et 41, entre i'Arnon et Ba- moth-Baal. D'excellents géographes l'identiflent, pour ce motif et à cause de son nom, à Cariathaïm (.Atl. géogr., pi. vu), +§ n. — Balaam, prédit le glorieux avenir â^ Israël. XXII, 41 — XXIV, 25. +Cest là un des plus beaux passages de l'Ancien Testament, « un magniliquc anneau de la chaîne d'or que forment les prophéties » ( Ms"" Meignan, les Prophéties messianiques de l'Ancien Testa- +ment, t. I, p. 459). La richesse et la poésie du style cori-espondent à la splendeur des pensées. +10 Premier oracle. XXII, 41 -XXIII, 12. +41. La scène. — In excelsa Baal. Hébr. : îi Bamôt Bâ'al, ville ainsi nommée parce qu'elle était consacrée à Baal. Sur son emplacement, voyez la note de xxi, 19-20. — Extremam partem. De Bamôt Bâ'al on jouit d'une vue admirable sur la partie méridionale de la Palestine; mais des collines plus élevées masquent presque en entier la plaine où campait Israël. +Chap. XXIII. — 1-6. Les rites préparatoires. +— Septem aras... Le nombre que la plupart do6 peuples anciens regardaient comme sacré. — Toti- dem vitulos (des taureaux d'après l'hébreu). Un taureau et un bélier pour chaque autel. Les sacrifices avaient évidemment pour but de hdtcr les révélations désirées. — Simul. C.-à-d. Balac et Balaam, comme le dit foi'mellement le texte. +— Si forte occurrat... Balaam se conduit loi eu +NuM. XXIII, 5-11. +511 +Seigneur : J'ai dressé sept autels, et j'ai rais un veau et un bélier sur chacun. +5. J\Iais le Seigneur lui mit la parole dans la bouche, et lui dit : Retournez à Balac , et vous lui direz ces choses. +6. Etant revenu, il trouva Balac de- bout auprès de son holocauste, avec tous les princes des Moabitcs ; +7. et commençant à prophétiser, il dit : Balac, roi des Moabites, m'a fait venir d'Aram, des montagnes de l'o- rient. Venez, m'a- 1- il dit, et maudis- sez Jacob; hâtez -vous de détester Is- raël. +8. Comment maudirai -je celui que Dieu n'a point maudit? Comment dé- testerai-je celui que le Seigneur ne dé- teste ]">oint ? +9. Je le verrai du sommet des ro- chers, je le considérerai du haut des collines. Ce peuple habitera tout seul, et il ne sera point mis au nombre des nations. +10. Qui pourra compter la multitude des descendants de Jacob, innombrable comme la poussière, et connaître le nombre des enfants d'Israël? Que je meure de la mort des justes, et que la fin de ma vie ressemble à la leur. +11. Alors Balac dit àBalaam : Qu'est- ce que vous faites? Je vous ai fait ve- +Septem, inquit, aras erexi, et imposui vitulum et arietem desuper. +5. Dominus autem posuit vcrbum in ore ejus, et ait : Eevertere ad Balac, et hsec loqueris. +6. Reversus invenit stantem Balac juxta holocaustum suum, et omncs prin- cipes Moabitarum ; +7. assumptaque parabola sua, dixit : De Aram adduxit me Balac, rex Moa- bitarum, de montibus Orientis. Veni, inquit, et maledic Jacob; propera, et detestare Israël. +8. Quomodo maledicam, cui non ma ledixit Deus? Qua ratione détester, quem Dominus non detestatur? +9. De summis silicibus videbo eum, et de collibus considerabo illum : populus soins habitabit, et inter gentes non re- putabitur. +10. Quis dinumerare possit pulverem Jacob, et nosse numerum stirpis Israël? Moriatur anima mea morte justorum, et fiant novissima mea horum similia! +11. Dixitque Balac ad Balaam : Quid est hoc quod agis? Ut malediceres ini- +vrai qoscm (voyez la note de xxii, 5), puisqu'il va clieicher des présages à la manière des devins du paganisme. Cf. vers. 15 et xxrv, 1. Et pour- tant c'est de Jéhovah (Dominus) qu'il attend l'inspiration. — Velociter (vei's. 4). L'hébr. s'Ji désigne plutôt une hauteur dénudée (Onkélos, etc.), où rien ne gênerait la perspective. +7-10. L'oracle. — Assumpta parabola. La même formule servira d'introduction aux autres pro- phéties. Cf. vers. 18 ; xxiv, 3, 15, 20, 21, 23. Par mâsal il faut entendre ici un langage qui pro- cède par sentences et par images, comme celui des poètes (note de xxi, 17), et qui voile, sous d£s figures, des vérités d'un ordre supérieur. La diction poétique se manifeste en outre par le pa- rallélisme des membres, ainsi qu'il arrive pour de nombreux passages des prophètes juifs. Les vers. et 8 forment un prélude rapide; 9-10 contiennent le corps même de l'oracle. — De Aram. C -à-d. de la Mésopotamie. Cf. xxii, 5, et le commentaire; Deut. xxiii, 4, etc. — Quomodo maledicam...? Motif pour lequel Balaam ne peut maudire les Israélites : ils forment un peuple saint, béni de Dieu. — De summis silicibus,... de nioiiiibus. Allusion à la situation matérielle et physique du prophète. Cf. xxn, 41. — Videbo..., covsiderabo. Mieux : Je vois , je contemple ; au temps présent. De même au vers suivant : il habite , il n'est pas compté. — SoJus... Fait exté- +rieur, qui, pour le prophète divinement éclairé, figurait nettement la position d'Israël à l'égard des autres peuples (inter génies non.,.). Telles étaient bien les volontés de Jéhovah à l'égard de sa nation sainte et séparée. Cf. Ex. xix , 5 - 6 ; xxiii, 32-33, etc. — Grande prospérité réservée au peuple aimé de Dieu : quis... pulverem...? Mots qui rappellent les promesses du Seigneur à Abraham, Gen. xin, 16. Au lieu de 7iosse nu- meruvi..., l'hébreu porte : « et le nombre du quart d'Israël. » On ne pourra pas même compter le qi;art de cette multitude Innombrable. Hy- perbole devenue réalité pour l'Église dti Christ, qui a succédé à Israël. — Moriatur anima mea... Beaucoup d'interprètes ont vu dans ces paroles une preuve de la croj'ance à l'immor- talité de l'âme. — Justorum (hébi*. : y'sârim) désigne évidemment tout le peuple hébreu, en- visagé dans ses relations intimes avec le Sei- gneur, et appelé ailleurs par antonomase Y' sur Cm, le Juste (Deut. xxxii, 15; xxxiii, 5, 26). On meurt si doucement quand on est juste et qu'on partage les espérances d'Israël ! Frappant con- traste entre ce souhait de Balaam et sa mort. Cf. XXXI, 8. +11-12. Conclusion du pi'emier oracle. Elle con- siste en un court dialogue entre Balac, stupé- fait, et le prophète, fidèle malgré lui. — Tit e contra benedicis... Dans l'hébreu : « Tu as béni , +512 +NuM. XXIII, 12-21. +micis meis vocavi te ; et tu e contrario benedicis eis ! +12. Ciii ille respondit : Num aliud possum loqui, nisi quod jiisserit Domi- nus? +13. Dixit ergo Balac : Veni mecum in alterum locum, unde partem Israël vi- deas , et totiim videre non possis ; inde maledicito ei. +14. Camqiie diixisset eum in locum sublimem, super verticem montis Phasga, acdificavit Balaam septem aras, et impo- sitis supra vitulo atque ariete , +15. dixit ad Balac : Sta hic juxta liolo- caustum tuum, donec ego obvius per- gam. +16. Oui cum Dominus occurrisset, posuissetque verbum in ore ejus, ait : Revertere ad Balac, et hœc loqueris ei. +17. Reversus invenit eum stantem juxta holocaustum suum, et principes Moabitarum cum eo. Ad quem Balac : Quid, inquit, locutus est Dominus? +18. At ille, assumpta parabola sua, ait : Sta, Balac, et ausculta; audi, fili Sephor. +19. Non est Deus quasi homo, ut men- tiatur ; nec ut filius hominis, ut mutetur. Dixit ergo, et non faciet? locutus est, et non implebit? +20. Ad benedicendum adductus sum ; benedictionem prohibere non valeo. +21. Non est idolum in Jacob, nec vide- tur simulacrum in Israël. Dominus Deus +nir pour maudire mes ennemis , et au contraire vous les bénissez. +12. Balaam lui répondit : Puis-je dire autre chose que ce que le Seigneur m'aura commandé? +13. Balac lui dit donc : Venez avec moi en un autre lieu , d'où vous aperce- viez une partie d'Israël sans que vous le puissiez voir tout entier, afin que delà A'ous le maudissiez. +14. Et lorsqu'il l'eût mené en un lieu fort élevé, sur la cime du mont Phasga, Balaam y dressa sept autels, mit sur cha- que autel un veau et un bélier, +15. et dit à Balac : Demeurez ici au- près de votre holocauste, jusqu'à ce que j'aille voir si je rencontrerai le Sei- gneur. +16. Le Seigneur, s'étant présenté de- vant Balaam, lui mit la parole dans la bouche , et lui dit : Retournez à Balac, et vous lui direz ces choses. +17. Balaam, étant revenu, trouva Balac debout auprès de son holocauste, avec les princes des Moabites. Alors Balac lui demanda : Que vous a dit le Seigneur ? +18. Mais Balaam, commençant à pro- phétiser, lui dit : Levez -vous, Balac, et écoutez; prêtez l'oreille, fils de Se- phor. +19. Dieu n'est point comme l'homme pour être capable de mentir, ni comme le fils de l'homme pour être sujet au changement. Quand il a dit une chose, ne la fera -t- il pas? Quand il a parlé, n'accomplira -t- il pas sa parole? +20. J'ai été amené ici pour bénir ce peuple; je ne puis m'empêcher de le bénir. +21. Il n'y a point d'idole dans Jacob, et on ne voit point de statue dans is- +bénir, » et la torme rôdiiplicative (piel) : locu- tion pleine d'emphase pour marquer une béné- diction sans mélange. +20 Second oracle. XXIII, 13-26. +13-18. Introduction, analogue à celle de l'oracle qui précède (xxii, 4I-xxiii, 6). — Veni... in alterum locum. Idée toute païenne, qui faisait dépendre la bénédiction de circonstances de lieu, de temps, etc. — Partem... et totum non possis... Auparavant, xxi, 41, Balaam n'avait pu contem- pler que l'extrémité du camp Israélite ; de sa station nouvelle, il en devait apercevoir une partie plus considérable : mais Balac réservait la vue totale pour une dernière expérience. Cf. xxiv, 2. — In locum sublimem. Ilébr. : s'deh sôfim, le champ des gardiens. Les mots suivants, super... verticem Fhasr/a, déterminent l'emplacement +exact de cette localité : c'était vraisemblablement le sommet du Nébo. Voyez la note de xxi, 20, et Deut. III, 27; xxxi, 4. Là, Balaam se trouvait beaucoup plus rapproché du camp hébreu. — Au vers. 17, Balac lui-même désigne à son tour le Dieu d'Israël par son nom caractéristique de Jé- hovah (Dominus). +18-24. L'oracle. — De nouveau un court pré- lude, 18-20 : Sta Balac... — Non... quasi homo. Les hommes sont mobiles d'esprit et de cœur; Dieu est immuable dans ses résolutions : toute tentative pour obtenir qu'il maudisse alors qu'il veut bénir est donc inutile. — Corps de l'oracle , vers. 21-24 : la force invincible d'Israël lui vient de son Dieu, auquel il demeure si étroitement attaclié. — Non idolum..., simidacrnm. D'après l'hébreu : Il ne contemple pas d'iniquité i'avèn) +NuM. XXIII, 22-30. +513 +raël. Le Seigneur son Dieu est avec lui, et on entend parmi eux le son des trompettes, pour marquer la victoire de leur Roi. +22. Dieu l'a fait sortir de l'Egypte, et sa force est semblable à celle du rhi- nocéros. +23. Il n'y a point d'augures dans Ja- cob, ni de devins dans Israël. On dira en son temps à Jacob et à Israël ce que Dieu aura fait parmi eux. +24. Ce peuple s'élèvera comme une lionne, il se dressera comme un lion; il ne se reposera point jusqu'à ce qu'il dé- vore sa proie, et qu'il boive le sang de ceux qu'il aura tués. +25. Balac dit alors h Balaam : Ne le maudissez point, mais ne le bénissez pas non plus. +26. Balaam lui répondit : Ne vous ai -je pas dit que je ferais tout ce que Dieu me commanderait? +27. Amenez, lui dit Balac, et je vous mènerai en un autre lieu, pour voir s'il ne plairait point à Dieu que vous le mau- dissiez de cet endroit -là. +28. Et après qu'il l'eut mené sur le sommet du mont Pliogor, qui regarde vers le désert, +29. Balaam lui dit : Faites -moi dres- ser ici sept autels, et préparez autant de veaux et autant de béliers. +30. Balac fit ce que Balaam lui avait dit, et il mit un veau et un bélier sur chaque autel. +ejus cum eo est, et clangor victoriœ régis in illo. +22. Deus eduxit illum de Mgyi^io ^ cujus f ortitudo similis est rhinocero'tis. +23. Non est augurium in Jacob, nec divinatio in Israël. Temporibus suis di- cetur Jacob et Israeli quid operatus sit Deus. +24. Ecce populus ut leaena consurget, et quasi leo erigetur; non accubabit donec devoret praedam, et occisorum sanguinem bibat. +25. Dixitque Balac ad Balaam : Nec maledicas ei, nec benedicas. +26. Et ille ait : Nonne dixi tibi , quod quidquid mihi Deus imperaret, hoc fa- cerem ? +27. Et ait Balac ad eum : Veni , et ducam te ad alium locura, si forte pla- ceat Deo ut inde maledicas eis. +28. Cumque duxisset eum super ver- ticem montis Phogor, qui respicit soli- tudinem , +29. dixit ei Balaam : ^difica mihi hic septem aras, et para totidem vitulos, ejusdemque numeri arietes. +30. Fecit Balac ut Balaam dixerat; imposuitque vitulos et arietes per sin- gulas aras. +dans Jacob, et il ne voit pas de misère ('amal; le mal physique, en châtiment du mal moral) dans Israël. — Clangor viciorice régis... Littéra- lement : ime acclamation (fru'ah) de roi est en lui. Manière énergique de dire que les Hébreux étaient tout dévoués à leur divin roi, et constam- ment jo5'eux de sa présence au milieu d'eux. — Deus eduxit... La tournure hébraïque (« ducens illos ») exprime un acte encore Inachevé, mais qui persévère. — Fortitudo... rhinocerotis. « Comme des élans de r"êm. » Belle et vigou- reuse comparaison. Le r"êm, objet de discussions sans fin , n'est certainement pas le buffle, et pro- bablement pas le bubale, mais plutôt l'aurochs (a Bos urus » des naturalistes, dont le bison américain est une variété peu distante). Les mo- numents assyriens le représentent souvent, tou- jours sous des traits qui dénotent sa force et sa nature farouche. Voyez VAtl. d'hist. nat.,i)\. lxxvii, fig. 2, 7 ; pi. xci, flg. 4 ; pi. xcii, fig. 2 ; pi. xcin, fig. 4; pi. xcrv, fig. 4. On ne pouvait mieux exprimer la vigueur avec laquelle Israël , soutenu par son Dieu, s'élançait par bonds à la conquête +de la Palestine. — Non est augurium (nahas, l'avenir pronostiqué par la nature, les animaux, etc.), nec divinatio (qésem, les révélations faites directement par les faux dieux, c-à-d. par le démon)... Les Hébreux n'avaient nul besoin de ces choses, puisque Jéhovah leur annonçait lui même ce qu'il voulait d'eux (.temporibus suis dicetur.,.). — Ecce... ut leœna... Autres compa- raisons pleines de noblesse. Cf. Gen. xlix, 9, +25-26. Conclusion du second oracle. — Nec maledicas... Balac voudrait que Balaam observât au moins la neutralité. Cf. vers. 11. +30 Troisième oracle. XXIII, 27 -XXIV, 14. +27-30. Rites préparatoires.— ui(Z aH'um Zocwm, si forte... La ténacité de Balac est remarquable ; il est vrai qu'à ses yeux l'existence même de son royaume était en jeu. — MontiB Pliogor (hébr. : P"ôr). Cette cime, placée à l'ouest du Nébo {Atl, géogr., pi. vu), était plus rapprochée encore du camp Israélite, qu'elle surplombait directement (respicit solitudinem; hébr. ; Y'simôn). Voyez XXI, 20, et l'explication. +5U +NuM. XXIV, 1-7. +CHAPITRE XXIV +1. Cumque "\adisset Balaam quod pla- ceret Domino ut benediceret Israël, neqnaquam abiit ut ante perrexerat, ut augurium quœreret ; sed dirigens contra desertum vultum suum , +2. et elevans oculos, vidit Israël in tentoriis commorantem per tribus suas ; et irruente in se spiritu Dei, +3. assumpta parabola, ait : Dixit Ba- laam, filius Beor; dixit homo, cujus obturatus est oculus ; +4. dixit auditor sermonum Dei, qui visionem Omnipotentis intuitus est, qui cadit, et sic aperiuntur oculi ejus : +5. Quam pulchra tabernacula tua, Jacob! et tentoria tua, Israël! +6. Ut valles nemorosse, ut horti juxta fluvios irrigui, ut tabernacula quse fixit Dominus, quasi cedri prope aquas. +7. Fluet aqua de situla ejus , et semen illius erit in aquas multas. Tolletur propter Agag , rex ejus , et auferetur re- gnum illius. +1. Balaam, voyant que le Seigneur voulait qu'il bénît Israël, n'alla plus comme auparavant pour chercher des augures ; mais , tournant le visage vers le désert, +2. et élevant les yeux, il vit Israël campé dans ses tentes, et distingué par chaque tribu. Alors l'Esprit de Dieu s'étant saisi de lui, +3. il commença à prophétiser, et à dire : Voici ce que dit Balaam, fils de Béor; voici ce que dit l'homme qui a l'œil fermé ; +4. voici ce que dit celui qui entend les paroles de Dieu, qui a vu les visions du Tout -Puissant, qui tombe, et qui en tombant a les yeux ouverts : +5. Que A^os pavillons sont beaux, ô Jacob! que vos tentes sont belles, ô Israël ! +6. Elles sont comme des vallées cou- vertes de grands arbres ; comme des jardins le long des fleuves, toujours ar- rosés d'eau ; comme des tentes que le Seigneur même a affermies ; comme des cèdres plantés sur le bord des eaux. +7. L'eau coulera toujours de son seau, et sa postérité se multipliera comme l'eau des fleuves. Son roi sera rejeté à cause d'Agag, et le roj^aume lui sera enlevé. +Chap. XXIV. — 1-2. Transition Immédiate à l'oracle. — Nequaqiiam abiit... Cf. vers. 3-6, 15-17. A quoi bon s'écarter pour chercher des augures, puisque Jéhovah se révèle directement à lui ? ^ Sed dirigens... Il se contente cette fois de diriger ses regards sur le camp des Hébreux , qui s'étalait au i ied du Phogor, dans l'ordre fixé par Dieu lui-même (commorantem per tribus... Cf. Il, 1-31, et le tableau de la p. 436). — Ir- ruente... spiritu... Circonstance nouvelle. Précé- demment, XXIII, 5 et 15, le Seigneur s'était contenté de a. placer une parole dans la bouche » du prophète ; cette fois , Balaam est ravi en extase et violemment saisi par l'esprit prophé- tique. +3-9. L'oracle.— Exorde solennel, vers. 3-4. Au lieu de dixit , nous lisons coup sur coup dans l'hébreu le substantif n"um, rare et solennel. Cf. xrv, 28; Gen. xxn, 16. — Cvjvis obturatus... Le verbe sdtara, qu'on ne rencontre qu'ici et au vers. 15, signifie plutôt « ouvrir » (les LXX : àXrjOtvco; opwv, l'arabe, le Targ. d'Onkélos, la plupart des modernes). Par consociuent : l'homme dont le regard spirituel est largement ouvert +grâce aux révélations d'en haut. — Qui cadit : prosterné devant Dieu ; comme Saiil (I Pi,eg. xix, 24), comme Ezéchiel (Ez. i, 28), comme Daniel (Dan. viii, 17-18), comme saint Jean (Apoc. i, 17). — Corps de l'oracle, vers. 5-9 : la splendeur et la prospérité d'Israël. Ici encore, la situation exté- rieure du moment sert de base au prophète pour sa description du glorieux avenir des Juifs : Quam pulchra...! L'application de ces paroles ù, l'Église par Bossuet ( Sermon sur l'unité de l'É- glise) est dans toutes les mémoires. — Ut valles (au lieu de nemorosœ , lisez : elles s'étalent), ut horti... Images de fertilité, d'abondance durable (qucB fixit Ijominus). Mais 'ahâlim est inexac- tement traduit au vers. 6 par tabernoAiula ; car ce mot désigne un arbre , l'aloès de l'extrême Orient, dont le bois dégage une très s"uave odeur. Voyez VAtl. d'hist. nat., pi. xxxiv, flg. 5. — Fhtet aqua de situla... La nation est comparée à deux seaux (l'hébreu emploie le pluriel) qu'on rap- porte de la fontaine remplis jusqu'au bord et tout ruisselants : symbole des eaux vives du salut qu'Israël devait abondamment répandre. — Se- men.,.in aquas. Mieux, « in aquis. » La graine +»- .s +NuM. XXIV, 8-15. +515 +8. Dieu l'a fait sortir de l'Éj^-ypte, et sa force est sein])Iable à celle du rhino- céros. Ils dévoreront les peuples qui se- ront leurs ennemis, ils briseront leurs os, et les perceront d'outre en outre avec leurs flèches. +9. Quand il se couche, il dort comme un lion, et comme une lionne que per- sonne n'oserait éveiller. Celui qui te bé- nira sera béni lui-même, et celui qui te maudira sera regardé comme maudit. +10. Balac, s'irritant contre Balaam, fraj^pa des mains, et lui dit : Je vous avais fait venir pour maudire mes enne- mis, et vous les avez au contraire bénis par trois fois. +11. Eetournez en votre maison. J'avais résolu de vous faire des présents magni- fiques ; mais le Seigneur vous a privé de la récompense que je vous avais des- tinée. +12. Balaam répondit à Balac : N'ai-je pas dit à vos ambassadeurs que vous m'avez envoyés : +13. Quand Balac me donnerait plein sa maison d'or et d'argent, je ne pour- rais pas outrepasser les ordres du Sei- gneui- mon Dieu , pour inventer la moindre chose de mon propre esprit ou en bien ou en mal ; mais que je dirais tout ce que le Seigneur m'aurait dit ? +14. Néanmoins, en m'en retournant dans mon paj^s, je vous donnerai un conseil, afin que vous sachiez ce que votre peuple pourra faire enfin contre celui - ci. +15. Il recommença donc à prophétiser de nouveau, en disant : Voici ce que dit Balaam, fils de Béor; voici ce que dit l'homme dont l'œil est fermé ; +8.Deus eduxit illum de -^gj'pto, eu- jus fortitudo similis est rliinocerotis. Devorabunt gentes hostes illius, ossaque eorum confringent, et perforabunt sa- gittis. +9. Accubans dormivit ut leo, et quasi leœna, quam suscitare nullus audebit. Qui benedixerit tibi, erit et ipse bene- dictus; qui maledixerit, in maledictione reputabitur. +10. Iratusque Balac contra Balaam, complosis manibus, ait : Ad maledicen- dum inimicis meis vocavi te, quibus e contrario tertio benedixisti. +11. Revertere ad locum tuum. Decre- veram quidem magnifiée honorare te; sed Dominus privavit te honore dispo- sito. +12. Eespondit Balaam ad Balac : Nonne nuntiistuis, quos misisti ad me, dixi : +13. Si dederit mihi Balac plenam domum suam argenti et auri , non potero prœterire sermonem Domini Dei mei , ut vel boni quid, vel mali proferam ex corde meo ; sed quidquid Dominus dixerit, hoc loquar? +14. Verumtamen pergens ad populum meum, dabo consilium , quid populus tuus populo huic faciat extremo tempore. +15. Sumpta igitur parabola, rursum ait : Dixit Balaam, filius Beor; dixit homo, cujus. obturatus est oculus; +plantée dans un terrain bien arrosé germe promp- tement, et prospère. Cf. Ps. i, 3. — Tolletur propter... D'après la vraie traduction de l'hébreu : Son roi sera plus élevé qu'Agag. Ce nom d'Agag semble avoir été la désignation générique de tous les rois d'Amalec. Cf. I Reg. xv, 8; Esth. m, 1. — Auferetur. C.-ii-d. sera élevé, deviendra puis- sant. — Devorabunt gentes... Bans l'hébreu, plus clairement : Il (Israël) dévore les nations qui lui sont hostiles, il brise leurs os et les abat de ses flèches. — Qui benedixerit... Ce sont les termes dont Dieu s'était servi lui-même pour bénir Abra- ham. Cf. Gen. xii, 3. +10-14. Conclusion du troisième oracle, — Com- plosis manibus. Geste qui exprime une violente colère. Balac est ci'uellement désappointé ; aussi donne- 1- il au prophète un congé brutal (rever- tere..), non sans lui rappeler ironiquement les trésors qu'il aurait pu gagner en se montrant +docile. — Dabo consilium... Dans le sens d'an- noncer, avertir. — Extremo tempore. Sur cette locution, qui dénote toujours l'avenir messia- nique, voyez le commentaire de Gen. xux, 1. Ainsi donc, avant de s'éloigner, Balaam, poussé par l'Esprit divin, achève son discours et con- tinue de décrire le brillant horizon d'Israël, au- quel il oppose la ruine réservée aux peuples païens qui lui étaient hostiles, et particulièrement aux Moabites (^crs. 17). +4° Quatrième oracle, le plus beau et le plus signiflcalif de tous. XXIV, 15-25. +Il est divisé en quatre parties distinctes, par la répétition de la formule suynpta parabola (vers. 15, 20, 21, 23). +15-19. Première partie : les Juifs et le Messie. — D'abord (15^-16) un exorde identique à celui du troisième oracle, vers. S -4. Quelciues mots mystérieux et solennels introduisent ensuite , +516 +NuM. XXiy, 16-20. +16. dixit aiiditor sermonum Dei, qui novit doctrinam Altissimi, et visiones Oranipoteiitis videt, qui cadens apertos habet oculos : +17. VideLo eum, sed non modo; in- tuebor illum, sed non prope. Orietur Stella ex Jacob, et consurget virga de Israël ; et peicutiet duces Moab, vastabit- que omnes lilios Seth. +18. Et erit Idumsea possessio ejus, hereditas Seir cedet inimicis suis ; Israël vero fortiter aget. +19. De Jacob erit qui dominetur, et perdat reliquias civitatis. +20. Cumque vidisset Amalec , assumens parabolam , ait : Principium gentium Amalec, eu jus ex tréma perdentur. +16. voici ce que dit celui qui entend les paroles de Dieu, qui connaît la doc- trine du Très -liant, qui voit les visions du Tout -Puissant, et qui en tombant a les yeux ouverts : +17. Je le verrai, mais non mainte- tenant : je le considérerai, mais non pas de près. Une étoile sortira de Jacob, nn scejjtre s'élèvera d'Israël ; et il frappera les chefs de Moab, et ruinera tous les enfants de Seth. +18. Il possédera l'Idumée, l'héritage de Seïr passera à ses ennemis, et Israël agira avec grand courage. +19. Il sortira de Jacob un domina- teur, qui perdra les restes de la cité. +20. Et aj^ant vu Amalec, il fut saisi de l'esprit prophétique , et il dit : Ama- lec a été le premier des peuples ennemis d'Israël, et à la fin il périra. +d'une manière assez abrupte, l'illustre person- nage sur lequel se concentre la vision du pro- phète : Videbo cum..., iiituctior... Mieux : « Je le vois , mais pas encore ; je le contemple , mais non de près. )•> Assurément ce n'est pas à Israël que Balaam pensait en ce moment, puisqu'il l'avait immédiatement sous les yeux. Du reste, les images Stella, virga, ne peuvent convenir qu'à une personne isolée, à un roi issu de Jacob, ainsi que l'exprime la suite du texte. La se- conde métaphore (hébr. : le sceptre) explique la première, qui est d'ailleurs toute classique pour désigner la grandeur et l'éclat de la ro^'auté. Cf. Virg., Ed., ix, 47 ; Hor., Od., i, 12, 4 ; Eschyl., Agam., 6, etc. Au lieu du futur, orietur, con- surget, l'hébreu emploie le prétérit dit prophé- tique , qui décrit par anticipation les faits comme étant déjà accomplis, marque d'une parfaite cer- titude. La suite de la prophétie (IT^^-ID) raconte en termes brillants les faits valeureux de ce roi : il domptera et brisera tous ses ennemis, parmi lesquels les Moabites et les Iduméens sont cités au premier rang, parce qu'ils étaient des plus acharnés. — J'ercutiet duces... Dans l'hébreu : Il frappera les deux côtés de Moab ; c.-à-d. que les Moabites seront saisis de toutes parts, comme dans un ctavi. — Omnes filios Seth. Ici stt n'est pas un nom propre, mais un nom commun qui signilie « tumulte » ; et les Moabites sont appelés a 111s de tuiiiulte » à cause de leur bravoure ta- pageuse et remuante. Cf. Jer. xlviii, 45. — Idu- mcea pofscssio ej«s... Voici la traduction littérale de l'hcbrcu : +Et Edom sera une conquête , +Séir sera une conciuête de ses ennemis; +mais Israël aAira vaillaïunicnt. +Et un vaimiueur .sortira de Jacob, +et il extirpera les survivants des cités. +L'Idumée, ou Séir, aura donc le môme sort que Moab. — Maintenant, quel est ce roi, ce vain- queur? La tradition juive des premiers siècles et la constante tradition de l'Église chrétienne +répondent unanimement : le Messie. D'autres passages bibliques font de lui un astre éclatant (cf. Zach. ni, 8; Luc. i, 78, etc.); partout, les écrivains sacrés nous le montrent sous les traits d'un roi plein de vaillance et d'un glorieux con- quérant (cf. Ps. II, 6-9; Lxxi, cix; Is. IX, 1-7, etc.). Et en fait, le Messie a seul réalisé d'une manière complète et décisive ce magnifique oracle. Sans doute, divers traits conviennent aussi tout d'abord à David, qui lutta victorieusement contre Moab et l'Idumée (cf. II Reg. vm, 1 et ss ; I Par. xviii, 1 et ss. ); mais ce prince agissait alors comme type et ligure du Christ, de même que les Moabites et les Édomites symbolisent, ici et ailleurs (cf. Is. xxv, 10; Abd. 18-21), les ennemis de l'Église du Christ. On voit par là comment la prophétie de Balaam reprend celle de Jacob pour la développer (Gen. xlix, 8-12). Les cho.ses étant ainsi , il est aisé de comprendre qu'il existe une certaine l'elation entre « l'étoile de Jacob et l'étoile qui conduisit les Mages au berceau de Notre-Seigneur Jésus-Christ (Matth. ii, 1-11) : toutefois ce n'est pas cette étoile matérielle qui est désignée à proprement parler dans le pré- sent oracle, puisque Balaam annonçait l'appari- tion du Messie lui-même et non celle d'un astre. L'astre fut donc simplement lui signe dont la Providence se servit plus tard pour faire con- naître aux Mages l'accomplissement de l'anticiue prophétie de Balaam. » Voyez Calmet, Comment, littéral, h. 1. +20. Deuxième partie de l'oracle : ruine future d' Amalec. — Cumque vidisset... Les Amalécites habitaient au sud de la Palestine (cf. xiii, 29; Gen. xx.wi, 12), et leur territoire est visible du sommet du Phogor (xxiii, 28). — Principium gentium. Amaloc ne méritait cette appellation ni sous le rapport de la durée, ni sous celui de la puissance et de la gloire , car il existait alors des nations plus anciennes et plus célèbres ; elle n'est donc pas un titre élogicux, mais elle s' gnilie que les Amalécites avaient été les premiers +NuM. XXIV, 21 — XXV, 2. +517 +21. Il vit aussi les Cinéens, et, pro- phétisant, il dit : Le lieu où vous de- meurez est fort ; mais quoique vous ayez établi votre nid dans la pierre, +22. et que vous aj^ez été choisis de la race de Cin , combien de temps pourrez- vous subsister? Car l'Assyrien s'empa- rera de vous. +23. Il prophétisa encore en disant : Hélas! qui vivra quand Dieu fera ces choses ? +24. Ils viendront d'Italie dans des vaisseaux ; ils vaincront les Assyriens , ils ruineront les Hébreux, et ù, la fin ils périront aussi eux-mêmes. +25. Après cela, Balaam se leva et s'en retourna dans son pays. Balac aussi s'en retourna par le même chemin qu'il était venu. +I 21. Vidit quoque Cinœum, et as- sumpta parabola, ait : Robustum quidem est habitaculum tuum; sed si in petra posueris nidum tuum, +22. et fueris electus de stirpe Cin, quamdiu poteris permanere ? Assur enim capiet te. +23. Assumptaque parabola iterum lo- cutus est : Heu ! quis victurus est, quando ista faciet Deus? +24. Venient in trieribus de Italia , superabunt Assyrios, vastabuntque He- brseos, et ad extremum etiam ipsi peri- bunt. +25. Surrexitque Balaam, et reversus est in locum suum ; Balac quoque via, qua venerat, rediit. +CHAPITRE XXV +1. En ce temps -là, Israël demeurait à Settim, et le peuple tomba dans la fornication avec les filles de Moab. +2. Elles appelèrent les Israélites à +1. Morabatur autem eo tempore Israël in Settim , et fornicatus est populus cum filiabus Moab ; +2. quse vocaverunt eos ad sacrificia +à ouvrir la lutte contre le peuple de Jéhovah. Cf. Ex. XVII, 1. — Extrema: par contraste avec « principium ». +20-22. Troisième partie de l'oracle : les Cinéens. — Cinceum. Hébr. : les déni. Cette race des Ci- néens avait été désignée à Abraham, Gen. xv, 19, comme l'une de celles dont ses descendants occu- peraient le territoire en Palestine. Peut - être était-ce une race madianite , puisque les Cinéens issus d'Hobab appartenaient à Madian. Voy. Ex. II, 15 et ss.; nr, 1; Jud. i, 16. Une malédiction à l'adresse des Madianites serait tout à fait à sa place en cet endroit , vu qu'ils s'étaient unis aux Moabites (xxii, 4, 7; XiV, 1, 14, 17) pour lutter contre Israël. — Nidum tuum. Nid, en hébreu, se dit qîn; jeu de mots évident. — Assur ca- piet te : t'emmènera captif ; les Assyriens , nous le verrons aillei rs , aimaient à faire des razzias de peuples. +23-24. Quatrième partie de l'oracle : ruine des Assyriens. — Heu! qiiis...? Exorde douloureux; car Balaam ne saurait prédire sans une profonde émotion le désastre de sa propre patrie. — De quelle manière sera accomplie cette ruine ? Dieu en sera le principal auteur, mais les instruments de ses vengeances venient... de Italia: du côté de Kittim, dit l'hébreu; nom qui désigne habi- tuellement l'île de Chypre dans l'Ancien Testa- ment. La locution entière marque donc les pays occidentaux situés au delà de cette île; spécia- lement les empires grecs et romains , qui devaient, en effet, asservir tour à tour l'Assyrie. — Hc- brœos. L'hébreu porte 'Éber an singulier, expres- +sion synonyme de « Transeuphratensis », et, par suite, identique à 'Assur. Les Hébreux ne sau- raient être maudits dans cette prophétie, qui n"a au contraire pour eux que des bénédictions. — Ad extremum et ipsi.... C.-à-d. les vainqueurs d'Assur. — Vision étonnante, aux horizons im- menses. Déjà Balaam nous apprend, sur les grands empires païens de l'est et de l'ouest, sur leurs re- lations mutuelles, sur leurs destinées finales, sur le royaume universel du Christ établi sur leurs ruines, ce que les autres prophètes, surtout Daniel, ne feront que développer. +25. Départ de Balaam. — In locum suum. Du moins il en prit le chemin ; mais 11 s'arrêta chez les Madianites et périt avec eux, xxxi, 8. +§ III.— Le péché d'Israël dans les steppes de Moab. XXV, 1-18. +1° Les Hébreux se livrent au culte honteux de Béelphégor; la colère divine éclate sur eux. XXY, 1-5. +Chap. XXV. -- 1-3». L'acte d'idolâtrie. — In Settim. Hébr. : Siitim , localité située dans la partie septentrionale des steppes de Moab, et dont le nom complet était 'Abel Sitlim (xxxiii, 49). Ce fut la dernière station en dehors de la Terre promise. — Fornicatus est... : au propre, et aussi au figuré, par l'idolâtrie. Cf. Ex. xxxiv, 15-16, etc. — Quce vocaverunt... C'est Balaam, comme il sera dit plus loin, xxxi, 16, qui avait conseillé d'affaiblir les Israélites par la déprava- tion morale. — Comederunt, en prenant part aux festins qui accompagnaient les sacrifices. — Beel- +518 +NuM. XXV, 3-11. +sua. At illi comederunt, et adoraverunt deos earum. +3. Initiatusque est Israël Beelphe- gor ; et iratus Dominus , +4. ait ad Moysen : Toile cunctos prin- cipes populi, et suspende eos contra solem in patibulis, ut avertatur furor meus ab Israël. +6. Dixitque Moyses ad judices Israël : Occidat unusquisque proximos suos, qui initiati sunt Beelphegor. +6. Et ecce unus de filiis Israël intravit coram fratribus suis ad scortum madia- nitidem, vidente Moyse, et omni turba filiorum Israël, qui flebant ante fores tabernaculi. +7. Quod cum vidisset Phinees, filius Eleazari, filii Aaron sacerdotis, surrexit de medio multitudinis ; et arrepto pu- gione, +8. ingressus est post virum israelitem in lupanar; et perfodit ambos simul, virum scilicet et mulierem, in locis geni- talibus ; cessa vitque plaga a filiis Israël. +9. Et occisi sunt viginti quatuor millia hominum. +10. Dixitque Dominus ad Moysen : +11. Phinees, filius Eleazari, filii Aaron sacerdotis, avertit iram meam a filiis Israël, quia zelo meo commotus est contra eos, ut non ipse delerem filios Israël in zelo meo. +leurs sacrifices , et ils en mangèrent , et ils adorèrent leurs dieux, +3. et Israël se consacra au culte de Béelphégor. C'est pourquoi le Seigneur, irrité, +4. dit II Moïse : Prenez -tous les princes du peuple, et pendez -les à des potences en plein jour, afin que ma fu- reur ne tombe point sur Israël. +5. Moïse dit donc aux juges d'Is- raël : Que chacun tue ceux de ses pro- ches qui se sont consacrés au culte de Béelphégor. +6. En ce même temps, il arriva qu'un des enfants d'Israël entra dans la tente d'une Madianite , femme débauchée , à la vue de Moïse et de tous les enfants d'Israël, qui pleuraient devant la porte du tabernacle. +7. Ce que Phinees, fils d'Eléazar, qui était fils du (^ranc^- prêtre Aaron, ayant vu, il se leva du milieu du peuple; et ayant pris un poignard, +8. il entra après l'Israélite dans ce lieu infâme; et il les perça tous deux, l'homme et la femme, d'un même coup dans les parties cachées ; et la plaie dont les enfants d'Israël avaient été frappés cessa aussitôt. +9. Il y eut alors vingt -quatre mille hommes qui furent tués. +10. Et le Seigneur dit à Moïse : +11. Phinees, fils d'Eléazar, fils du grand -jtxèiTQ d' Aaron, a détourné ma colère des enfants d'Israël ; parce qu'il a été animé de mon zèle contre eux, pour m'empêcher d'exterminer moi-même les enfants d'Israël dans la fureur de mon zèle. +phegor. Le vrai nom est Ba'al P"or (par abré- viation : P"orj vers. 18; xxxi, 16 ; Jos. xxii, 17), c.-à-d. le Baal qui avait dans la ville de Bet p"or, située près de Settim, le centre principal de son culte. Les rites de Baal , sous quelque forme que cette divinité fût adorée, étaient toujours exti'ê- mement immondes. Cf. Os. iv, 14; ix, 10. +3''-5. L'indignation divine. — Les principes que Dieu commande à, Moïse d'assembler (toile) ne diffèrent probablement pas des judices Israël mentionnés au vers. 5. — Suspende eos. C.-à-d. les coupables, ainsi désignés par ellipse. L'em- palement ou la pendaison ne devait avoir lieu qu'après la mort i occidat...'). — Contra solem: à la vue de tous. Cf. II Reg. xii, 12. — Unus- quisque fratres... Ceux des coupables qui appar- tenaient à la juridiction de chaque prince. +2° Le zèle de Phinees et sa récompense. XXV, 6-15. +6-9. L'acte courageux de Phinees. — Et ecce unus... Abomination d'une hardiesse effrontée. +que le narrateur expose en termes émus et in- dignés. — Qui flebant... Les bons s'étaient réunis devant le tabernacle, pour faire amende honorable au Seigneur et pour implorer sa pitié. — Lu- panar. Hébr. : haqqubbah, avec l'article; mot emplo3^é en ce seul endroit, et qui, par l'inter- médiaire de l'arabe Calqnbbah) et de l'espagnol (aJcava), a passé dans noti'e langue sous la forme « alcôve ». Il désignait la partie la plus inté- rieure des tentes, réservée aux femmes. — Ces- savit plaga. Il n'avait pas encore été question de ce fléau, qui consista vraisemblablement en une peste très violente. — Viginti quatuor millia. Saint Paul, faisant allusion à ce fait, I Cor. x, 8, ne signale que 23 000 victimes, d'accord en cela avec la tradition juive, d'après laquelle l'autre millier représenterait les hommes mis à mort par les juges, vers. 5. +10-13. Récompense de Phinees, — Dlxit... Do- minus. Au vers. 11 , Dieu fait ressortir, par ma- nière de considérants, la pieuse et vaillante iui- +NuM. XXV, 12 — XXVI, 2. +519 +12. C'est pourquoi dites -lui que je lui donne la paix de mon alliance , +13. et que le sacerdoce lui sera donné, à lui et ù sa race, par un pacte éternel, parce qu'il a été zélé pour son Dieu, et qu'il a expié le crime des enfants d'Is- raël. +14. Or l'Israélite qui fut tué avec la Madianite s'appelait Zambri , fils de Salu , et il était chef d'une des familles de la tribu de Siméon. +15. Et la femme madianite qui fut tuée avec lui se nommait Cozbi, et était lille de Sur, l'un des plus grands princes parmi les Madianites. +16. Le Seigneur parla encore à Moïse, et lui dit : +17. Faites sentir aux Madianites que vous êtes leurs ennemis, et faites -les passer au fil de l'épée, +18. parce qu'ils vous ont aussi traités vous-mêmes en ennemis, et vous ont séduits artificieusement par l'idole de Pliogor et par Cozbi, leur sœur, fille du prince de Madian, qui fut frappée au jour de la plaie à cause du sacrilège de Phogor, +12. Idcirco loquere ad eum : Ecce do ei pacem fœderis mei, +13. et erit tam ipsi quam semini ejus pactum sacerdotii sempiternum, quia zelatus estpro Deo suo, etexpiavit scelus filiorum Israël. +14. Erat autem nomen viri israelittc, qui occisus est cum Madianitide, Zambri, filius Salu, dux de cognatione et tribu Simeonis ; +15. porro mulier madianitis, qu» pari- ter interfecta est, vocabatur Cozbi, filia Sur, principis nobilissimi Madianita- rum. +16. Locutusque est Dominus ad Moy- sen, dicens : +17. llostes vos sentiant Madianitae, et percutite eos , +18. quia et ipsi liostiliter egerunt con- tra vos , et decepere insidiis per idolum Phogor, et Cozbi filiam ducis Madian so- rorem suam, quge percussa est in die plag£e pro sacrilegio Phogor. +CHAPITRE XXVI +1. Après que le sang des criminels eut été répandu, le Seigneur dit à Moïse et k Eléazar, grand--prètve, fils d'Aaron : +2. Faites un dénombrement de tous les enfants d'Israël , depuis vingt ans et au-dessus, en comptant par maisons et par familles tous ceux qui peuvent aller à la guerre. +1. Postquam noxiorum sanguis efiiusus est, dixit Dominus ad Moysen et Elea- zarum filium Aaron sacerdotem : +2. Numerate omnem summam filio- rum Israël, a viginti annis et supra, per domos et cognationes suas, cunctos qui possunt ad bella procedere. +tiative de Phinées (zelo meo commotiLS ; il avait été jaloux de la gloire divine, indignement ou- tragée). — Idcirco... pacem fœderis mei. Hébr. : mon alliance de paix, c.-ù-d. qui procui-e la paix. Le Seigneur établit d'une manière spéciale avec Phinées l'alliance qu'il avait contractée avec tout Israël. — Après cette récompense générale , une autre plus particulière : erit tam ipsi... Phinées succéda, en efiEet, à Éléazar dans le rôle de grand prêtre (Jud. xx, 28); plus tard, après une in- terruption momentanée qui dura d'Héli à David, Sadoc, issu de lui, fut installé dans les fonc- tions pontificales , qui ne quittèrent plus la race de Phinées jusque vers la ruine de l'État juif. +14-15. Note rétrospective sur les deux prin- cipaux coupables, qui étaient de haute lignée l'un et l'autre. — Sur est mentionné plus bas, XXXI, 8, comme l'un des cinq rois madianites qui furent mis à mort par les Hébreux. +30 Décret d'extirpation contre les Madianites. XXV, 16-18. +16-18. Madianitce... Les Moabites seront ac- tuellement épargnés jusqu'à un certain point (cf. Deut. Il, 9), mais leur tour viendra plus tard. +Section IT. — Ordoxxaxces relatives a la pro- chaine PRISE de possession DE LA PALESTINE, XXVI, 1 — XXX, 17. +§ I. — Noziveau dénonibrement de la nation théocratique. XXVI, 1-65. +1° L'ordre divin et son exécution. XXVI, 1-4. +Chap. XXVI. — 1- 2. Jéhovah ordonne un se- cond dénombrement de son peuple. — Postquam... sanguis... Dans l'hébreu : après le fléau. Cf. vers. 8^. Il résulte du vers. 64 que cette peste terrible avait enlevé les derniers survivants de la génération dénombrée au pied du Sinaï et con- damnée à mort ti cause de ses murmures à Cadès. +620 +NuM. XXVI, 3-14. +3. Locuti simt itaqiie Moyses et Elea- zar sacei'dos in campestribus Moab super Jordanem contra Jéricho, ad eos qui erant +4. a viginti annis et supra, sicut Do- minus imperaverat, quorum iste est nuraerus, +5. Ruben primogenitus Israël. Hujus filius Henoch, a quo familia Henocliita- rum; et Phallu, a quo familia Phallui- tarum ; +6. et Hesron, a quo familia Hesroni- tarum ; et Cliarmi , a quo familia Char- mitarum. +7. Hae sunt familias de stirpe Ruben ; quarum numerus inventus est quadra- ginta tria millia et septingenti triginta. +8. Filius Phallu, Eliab; +9. hujus filii, Namuel et Dathan et Abiron. Isti sunt Dathan et Abiron, principes populi, qui surrexerunt con- tra ]Moysen et Aaron in seditione Core, quando adversus Dominum rebellave- runt , +10. et aperiens terra os suum dcA^oravit Core, morientibus plurimis, quando com- bussit ignis ducentos quinquaginta viros. Et factum est grande miraculum, +11. ut, Core pereunte, filii illius non périrent. +12. Filii Simeon per cognationes suas : Namuel, ab hoc familia Namuelitarum ; Jamin, ab hoc familia Jaminitarum ; Ja- chin, ab hoc familia Jachinitarum ; +13. Zare, ab hoc familia Zareitarum ; Saul, ab hoc familia Saulitarum. +14. Hse sunt familise de stirpe Simeon, +3. Moïse donc et le grand-Y)Yêtre Éléa- zar étant dans les plaines de Moab , le long du Jourdain, vis-à-vis de Jéricho, parlèrent à ceux qui avaient +4. vingt ans et au-dessus, selon que le Seigneur l'avait commandé. Voici leur nombre. +5. Ptuben fut l'aîné d'Israël : ses fils furent Hénoch, de qui sortit la famille des E[énochites ; Phallu, de qui sortit la famille des Phalluites ; +6. Hesron , de qui sortit la famille des Hesronites ; et Cliarmi , de qui sortit la famille des Charmites. +7. Ce sont là les familles de la race de Ruben ; et il s'y trouva le nombre de quarante -trois mille sept cent trente hommes. +8. Éliab fut fils de Phallu, +9. et eut pour fils Namuel , Dathan et Abiron. Ce Dathan et cet Abiron, qui étaient des premiers d'Israël , furent ceux qui s'élevèrent contre Moïse et contre Aaron dans la sédition de Coré, lorsqu'ils se révoltèrent contre le Sei- gneur , +10. et que la terre s'entr'ouvrant dé- vora Coré, un grand nombre étant morts en même temps, lorsque le feu brûla deux cent cinquante hommes. Il arriva alors un grand miracle, +11. qui est que Coré, périssant, ses fils ne périrent point avec lui. +12. Les fils de Simeon furent comptés aussi selon leurs familles, savoir : Na- muel, chef de la famille des Namué- lites ; Jamin, chef de la famille des Jaminites; Jachin, chef de la famille des Jachinites ; +13. Zaré, chef de la famille des Za- réites ; Saiil , chef de la famille des Saûlites. +14. Ce sont là les familles de la race +— Numérale. .. Mêmes conditions et mémo mode d'opération qu'au premier recensement : a vi- ginti..., per clomos... Voyez i, 2-3, et le commen- taire. Cependant, cette fois Dieu ne procure pas d'auxiliaires à Moïse et au grand prêtre, au moins directement. +3-4. Exécution de l'ordre. La Vulgate donne plutôt le sens qu'une traduction littérale de l'hébreu. — In campestnbus Moai. Voyez la note de XXI, 1. +29 Les résultats du dénombrement. XXVI, 5-51. +Ils sont indiqués en chiffres ronds, comme au chap. I. Los tribus sont énumérées dans le même ordre, si ce n'est qu'ici Manassé passe avant Lphraïm. Le narrateui-, avant de livrer le résultat +partiel des guerriers de chacune d'elles , rappelle les principales familles dont elles se composaient ; les noms signalés correspondent, h part quelques exceptions, à la liste des petits -flls et arrière- petits -fils de Jacob (Gen. XLvr, 8-27). +5-11. La tribu do Ruben: 43 730 guerriers; ce qui accuse une diminution de 2 770. Il est probable qu'un grand nombre de Rubénites avaient pris part à la révolte de Coré, Dathan et Abiron, comme l'indique l'abrégé sommaire de ce triste fait, inséré aux vers. 9-11. Cf. xvi, 1 et ss. +12-14. La tribu de Simeon : 22 200, avec l'é- norme décroissance de 37 100. On a conjecturé que beaucoup de Siméonites avaient péri pour avoir pris part, comme Zambri, l'un de leurs chefs, au culte de Béelphégor (xxv, 14) +NuM. XXVI, 15-28. +521 +de Siméon, qui faisaient en tout le nombre de vingt -deux mille deux cents hommes. +15. Les fils de Gad furent comptés par leurs familles, savoir : Séphon, chef de la famille des Sé})honiteo ; Aggi, ch3f de la famille des Aggites ; Suni , chef de la famille des Sunites ; +1(3. Ozni, chef de la famille des Oz- nites; Her, chef de la famille des Hé- rites ; +17. Arod, chef de la famille des Aro- dites ; Ariel, chef de la famille des Ariélites. +18. Ce sont là les familles de Gad, qui faisaient en tout le nombre de qua- rante mille cinq cents hommes. +19. Les fils de Juda furent Her et Onan , qui moururent tous deux dans le pa3'S de Chanaan. +20. Et les autres fils de Juda, distin- gués par leurs familles, furent Séla, chef de la famille des Sélaïtes ; Phares , chef de la famille des Pharésites ; Zaré, chef de la famille des Zaréites. +2L Les fils de Phares furent Hesron , chef de la famille des Hesronites; et Uamul, chef de la famille des Hamu- lites. +22. Ce sont là les familles de Juda, qui se trouvèrent au nombre de soixante- seize mille cinq cents hommes. +23. Les fils d'Issachar, distingués par leurs familles, furent Thola, chef de la famille des Tholaïtes; Phua, chef de la famille des Phuaïtes; . +24. Jasub, chef de la famille des Ja- subites ; Semran, chef de la famille des Semranites. +25. Ce sont là les familles d'Issachar, qui se trouvèrent au nombre de soixante- quatre mille trois cents hommes. +26. Les fils de Zabulon, distingués par leurs familles, furent Sared, chef de la famille des Sarédites ; Elon , chef de la famille des Elonites ; Jalel , chef de la famille des Jalélites. +27. Ce sont là les familles de Zabu- lon, qui se trouvèrent au nombre de soixante mille cinq cents hommes. +28. Les fils de Joseph, distingués par familles, furent Manassé et Épliraïm. +quarum omnis numerus fuit viginti duc millia ducenti. +15. Filii Gad per cognationes suas: Sephon, ab hoc familia Sephonitarum ; Aggi, ab hoc familia Aggitarum ; Suni, ab hoc familia Sunitaruni; +16. Ozni, ab hoc familia Oznitarum; lier, ab hoc familia Heritarum ; +17. Arod, ab hoc familia Aroditarum ? Ariel, ab hoc familia Arielitarum. +18. Istas sunt familise Gad, quarum omnis numerus fuit quadraginta millia quingenti. +19. Filii Juda, Her et Onan, qui ambc mortui sunt in terra Chanaan ; +20. fueruntque filii Juda , per cogna- tiones suas : Sela, a quo familia Selai- tarum ; Phares, a qao familia Pharesita- rum ; Zare , a quo familia Zareitarum. +21. Porro filii Phares : Hesron, a quo familia Hesronitarum ; et Hamul , a quo familia Hamulitarum. +22. Istse sunt familias Juda, quarum omnis numerus fuit septuaginta ses miîlia quingenti. +23. Filii Issachar per cognationes suas : Thola, a quo familia ïholaitarum ; Phua, a quo familia Phuaitarum ; +24. Jasub, a quo familia Jasubitarum; Semran, a quo familia Semranitarum. +25. Hse sunt cognationes Issachar, quarum numerus fuit sexaginta quatuor millia trecenti. +26. Filii Zabulon per cognationes suas : Sared, a quo familia Sareditarum ; Elon, a quo familia Elonitarum; Jalel, a quo familia Jalelitarum. +27. H93 sunt cognationes Zabulon, quarum numerus fuit sexaginta millia quingenti. +28. Filii Joseph per cognationes suas : Manasse et Ephraim. +15-18. La tribu de Gad : 40 500. Décrdissance de 5150, +19-22. La tribu de Juda : 7(^ 500. Sur Eer et Onan, voyez Gcn. xxxviii, 1-10. +23-25. La tribu d'Issachar : 64 300. +26-27. Zabulon : 60 500. +28-38». La tribu de Joseph se dédouble, con- formément à ce qui a été raconté Gon. xlviii, 1-7. Manassé (29-34) : 52 700 guerriers ; Éphraïm (35-37): seulement 32500, avec une décrois- +522 +NuM. XXVI, 29-43. +29. De Manasse ortus est Machir, a quo familia Machiiitarum. Machir genuit Galaad, a quo familia Galaaditarum. +30. Galaad liabuit filios : Jezer, a quo familia Jezeritarum ; et Helec, a quo familia Helecitarum ; +31. et Asriel, a quo familia Asrielita- rum ; et Secliem, a quo familia Sechemi- tarum ; +32. et Semida, a quo familia Semi- daitarum; et Hepher, a quo familia Hepheritarum. +33. Fuit autem Hepher pater Sal- phaad, qui filios non habebat, sed tan- tum filias, quarum ista sunt nomina : Maala, et Noa, et Hegla, et Melcha, et Thersa. +34. Hse sunt familise Manasse, et nu- merus earum, quinquaginta duo millia septingenti. +35. Filii autem Ephraim per cognatio- nes suas, fuerunt hi : Suthala, a quo familia Suthalaitarum ; Bêcher, a quo familia Becheritarum ; Thehen, a quo familia Thehenitarum. +36. Porro filius Suthala fuit Heran, a quo familia Heranitarum. +37. H£e sunt cognationes filiorum Ephraim, quarum numerus fuit triginta duo millia quingenti. +38. Isti sunt filii Joseph per famiUas suas. Filii Benjamin in cognationibus suis : Bêla, a quo familia Belaitarum; Asbel, a quo familia Asbelitarum; Ahi- ram , a quo familia Ahiramitarum ; +39. Suphara, a quo familia Suphami- tarum ; Hupham , a quo familia Hupha- mitarum. +40. Filii Bêla : Hered, et Noeman. De Hered, familia Hereditarum; de Noeman, familia Noemanitarum. +41. Hi sunt filii Benjamin per cogna- tiones suas, quorum numerus fuit qua- draginta quinque millia sexcenti. +42. Filii Dan per cognationes suas : Suham, a quo familia Suhamitarum. Hse sunt cognationes Dan per familias suas. +43. Omnes fuere Suhamitœ, quorum +29. De Manasse sortit Machir, chef de la famille des Machirites. Machir en- gendra Galaad, chef de la famille des Galaadites. +30. Les fils de Galaad furent Jézer, chef de la famille des Jézérites; Hélec, chef de la famille des Hélécites ; +31. Asriel, chef de la famille des Asriélites ; Séchem, chef de la famille des Séchémites ; +32. Sémida, chef de la famille des Sémidaïtes; et Hépher, chef de la fa- mille des Héphérites. +33. Hépher fut père de Salphaad, qui n'eut point de fils, mais seulement des filles, dont voici les noms : Maala, Noa, Hégla, Melcha et Thersa. +34. Ce sont là les familles de Ma- nasse, qui se trouvèrent au nombre de cinquante-deux mille sept cents hommes. +35. Les fils d'Ephraïm, distingués par leurs familles, furent ceux-ci : Suthala , chef de la famille des Suthalaïtes ; Bê- cher , chef de la famille des Béchérites ; Théhen, chef de la famille des Théhé- nites. +36. Or le fils de Suthala fut Héran, chef de la famille des Héranites. +37. Ce sont là les familles des fils d'Ephraïm , qui se trouvèrent au nombre de trente-deux mille cinq cents hommes. +38. Ce sont là les fils de Joseph, dis- tingués par leurs familles. Les fils de Benjamin, distingués par leurs familles, furent : Bala, chef de la famille des Ba- laïtes; Asbel, chef de la famille des Asbélites ; Ahiram , chef de la famille des Ahiramites ; +39. Supham, chef de la famille des Suphamites; Hupham, chef de la fa- mille des Huphamites. +40. Les fils de Bêla furent Héred et Noeman. Héred fut chef de la famille des Hérédités ; Noeman fut chef de la famille des Noémanites. +41. Ce sont là les enfants de Benja- min divisés par leurs familles, qui se trouvèrent au nombre de quarante - cinq mille six cents hommes. +42. Les fils de Dan, divisés par leurs familles, furent Suham, chef de la fa- mille des Suhamites. Voilà les enfants de Dan divisés par familles. +43. Ils furent tous Suhamites, et se +sanco de 8 000. Mais Ephraïm roprendra plus tard lo premier rang, qui lui avait été prédit par Jacob. Cf. Gcn. XLvni, 19; Deut. xxxiu, 17. +SSb-él. Benjamin : 45 GOO. 42-43. ïribu de Dan : 64 400. +NuM. XXVI, 44-54. +523 +trouvèrent au nombre de soixante-quatre mille quatre cents hommes. +44. Les fils d'Aser, distingués par leurs familles, furent: Jemna, chef de la famille des Jemnaïtes; Jessui, chef de la famille des Jessuites; Brié, chef de la famille des Briéites. +45. Les fils de Brié furent Iléber, chef de la famille des Hébérites, et Melchiel, chef de la famille des Mel- chiélites. +46. Le nom de la fille d'Aser fut Sara. +47. Ce sont là les familles des fils d'Aser, qui se trouvèrent au nombre de cinquante -trois mille quatre cents hommes. +48. Les fils de Nephthali, distingués par leurs familles, furent: Jésiel, chef de la famille des Jésiéhtes ; Guni, chef de la famille des Gunites ; +49. Jéser, chef de la famille des Jé- sérites ; Sellem , chef de la famille des Sellémites. +50. Ce sont là les familles de Neph- thali distingués par leurs maisons, qui se trouvèrent au nombre de quarante- cinq mille quatre cents hommes. +51. Et le dénombrement de tous les enfants d'Israël ayant été achevé, il se trouva six cent un mille sept cent trente hommes. +52. Le Seigneur parla ensuite à Moïse, et lui dit : +53. La terre sera partagée entre tous ceux qui ont été dénombrés, afin qu'ils la possèdent selon la désignation de leurs noms et de leurs familles. +54. Vous en donnerez une plus grande +numerus erat sexaginta quatuor millia quadringenti. +44. FiKi Aser per cognationes suao : Jemna, a quo familia Jemnaitarum ; Jessui,a quo familia Jessuitarum; Brie, a quo familia Brieitarum. +45. Filii Brie : Heber, a quo familia Heberitarum; et Melcliiel, a quo familia Melchielitarum. +46. Nomen autem filise Aser fuit Sara. +47. Hœ cognationes filiorum Aser, et numerus eorum, quinquaginta tria millia quadringenti. +48. Filii Nephthali per cognationes suas: Jesiel, a quo familia Jesielitarum ; Guni , a quo familia Gunitarum ; +49. Jeser, a quo familia Jeseritarum ; Sellem , a quo familia Sellemitarum. +50. Hae sunt cognationes filiorum Neph- thali per familias suas ; quorum numerus, quadraginta quinque miUia quadringenti. +51. Ista est summa filiorum Israël, qui recensiti sunt, sexcenta millia, et mille septingenti triginta. +52. Locutusque est Dominus ad Moy- sen, dicens : +53. Istis dividetur terra juxta nume- rum vocabulorum in possessiones suas. +54. "Pluribus majorem partem dabis, +44-47. Tribu d'Aser : 53 400. +48-50. Nephthali : 45 400, avec une décroissance de 8 000. +51. Récapitulation pour tout Israël , sans compter les Lévites : 601 730 ; chiffre qui accuse une diminution de 1 820 guerriers depuis le re- censement opéré trente -huit années auparavant. Le tableau ci- joint permettra de comparer aisé- ment les résultats des deux dénombrements. +Chap. II. +Chap. XXVI. +Ruben . Siniéoii . Gad . . Juda. . Issachai. Zabulon. Ephraïin. Manassè. Benjamin Dan . . Aser . . Kephthali +Total. +46 500. . . +. . 43 730 +59 300. . . +. . 22 200 +45 050. . . +. . 40500 +74 600. . , +. . 76 500 +54 400. . . +. . 64 300 +57 400. . . +. . 60 500 +40 500. . , +. . 32 500 +32 200. . . +. . 52 700 +35 400. , . +. . 45 600 +62 700. . . +. . 64 400 +41500. . . +. . 53 400 +53 400. . , +. . 45 400 +603 550. . . +. . 601 730 +3° Règlements pour le partage de la Terre sainte. XXVI, 62-56. +. 62 - 56. Deux principes dirigeront ce partage : l» Dividetur... juxia numerum... L'étendue des terrains accordés aux tribus devait être déter- minée d'après le chiffre de leurs membres ré- cemment dénombrés. 2» Sors terram... On s'en remettrait au sort pour fixer la part soit des tribus, soit des familles, etc. « Ne rixîB et con- cupiscent]» pravae locus esset , » dit Rabbi Bêchai. +4° Recensement des Lévites. XXVI, 57-62. +57-62. Ce dénombrement spécial eut lieu de la même manière que le premier ( ch. m ) , ab uno mense et supra. L'indication du résultat (vers. 62) est précédée d'un court sommaire his- torique et généalogique (57-61), comme pour les autres tribus. — • En tout : 23 000 , avec une aug- mentation de 700. Cf. III, 39, et le commen- taire. +25 +624 +NuM. XXVI, 55-65. +et paucioribus minorem; singulis, sicut nunc recensiti sunt, tradetur possessio , +55. ita duntaxat ut sors terram tribu - bus dividat et familiis. +56. Quidquid sorte contigerit, lioc vel plures accipiant, vel pauciores. +57. Hic quoque est numerus filiorum Levi per familias suas : Gerson, a quo familia Gersonitarum ; Caath, a quo fa- milja Caathitarum ; Merari, a quo familia Meraritarum. +58. Hae sunt familise Levi : familia Lobni, familia Hebroni, familia Moholi, familia Musi, familia Core. At vero Caatli genuit Amram, +59. qui habuit uxorem Jochabed, filiam Levi, quse nata est ei in -^gypto. Hœc genuit Amram viro suo filios, Aaron et Mo^'sen, et Mariam sororem eorum. +60. De Aaron orti sunt Nadab et Abiu , et Eleazar et Ithamar ; +61. quorum Nadab et Abiu mortui sunt, cum obtulissent ignem alienum coram Domino. +62. Fueruntque omnes qui numerati sunt, viginti tria millia generis mas- culirii, ab uno mense et supra; quia non sunt recensiti inter filios Israël , nec eis cum csteris data possessio est. +63. Hic est numerus filiorum Israël, qui descripti sunt a Moyse et Eleazaro sacerdote, in campestribus Moab, supra Jordanem, contra Jericlio; +64. inter quos nullus fuit eorum qui ante numerati sunt a Moyse et Aaron in de.serto Sinai ; +65. prsedixerat enim Dominus, quod omnes morerentur in solitudine. Nullus- que remansit ex eis, nisi Caleb, filius Jeplione, et Josue, filius Nun. +partie à ceux qui seront en plus grand nombre, et une moindre à ceux qui se- ront en plus petit nombre ; et l'héritage sera donné à chacun selon le dénom- brement qui vient d'être fait ; +55. mais en sorte que la terre soit partagée au sort entre les tribus et les familles. +56. Et tout ce qui sera éclm par le sort sera le partage ou du plus grand nombre, ou du plus petit nombre. +57. Voici aussi le nombre des fils de Lévi , distingués par leurs familles : Gerson, chef de la famille des Gerso- nites ; Caath , chef de la famille des Caathites ; Mérari , chef de la famille des Mérarites. +58. Voici les familles de Lévi : la fa- mille de Lobni, la famille d'Hébroni, la famille de Moholi, la famille de Musi, la famille de Coré. Caath engendra Amram , +59. qui eut pour femme Jochabed, fille de Lévi , qui lui naquit en Egypte. Jochabed eut d' Amram , son mari , deux fils, x\aron et Moïse, et Marie, leur sœur. +60. Aaron eut pour fils Nadab et Abiu, Eléazar et Ithamar. +61. Nadab et Abiu, ayant offert un feu étranger devant le Seigneur, furent punis de mort. +62. Et tous ceux qui furent comptés de la famille de Lévi se trouvèrent au nombre de vingt -trois mille hommes, depuis un mois et au -de sus; parce qu'on n'en fit point le dénombrement avec les enfants d'Israël, et qu'on ne leur donna point d'héritage avec les autres. +63. C'est là le nombre des enfants d'Israël, qui furent comptés par Moïse et 'par le grand -\)rç,ivQ, Eléazar dans la plaine de Moab, le long du Jourdain, vis-à-vis de Jéricho. +64. Parmi eux, il ne s'en trouva aucun de ceux qui avaient été dénombrés au- paravant par Moïse et par Aaron dans le désert du Sinaï. +65. Car le Seigneur avait prédit qu'ils mourraient tous dans le désert. C'est pourquoi il n'en demeura pas un seul, hormis Caleb, fils de Jéphoné, et Josué, fils de Nun. +50 Récapitulation générale. XXVI, 63-65. C3-65. Le narrateur insiste sur l'accomplisso- +mont intégral et terrible des menaces du gneur : inter quos nullus^.. Cf. xiv, 20-32. +Sei- +NuM. XXVII, 1-11. +■525 +CHAPITRE XXVII +1. Or les filles de Salpliaad, fils d'IIé- pher, fils de Galaad, fils de Machir, fils de Manassé, fils de Joseph, nommées Maala, Noa, Hégla, Melclia et Thersa, +2. se présentèrent à Moïse, au grand- prétre Eléazar et h tous les princes du peuple, à l'entrée du tabernacle de l'al- liance, et elles dirent : +3. Notre père est mort dans le désert ; il n'avait point eu de part à la sédition qui fut suscitée par Coré contre le Sei- gneur , mais il est mort dans son péché comme les autres, et il n'a point eu d'enfants mâles. Pourquoi donc son nom périra- 1- il de sa famille parce qu'il n'a point eu de fils ? Donnez - nous un héri- tage entre les parents de notre père. +4. Moïse rapporta leur affaire au ju- gement du Seigneur, +5. qui lui dit : +G. Les filles de Salphaad demandent une chose juste. Donnez -leur des terres à posséder entre les parents de leur père , et qu'elles lui succèdent en qualité d'héritières, +7. Et voici ce que vous direz aux en- fants d'Israël : +8. Lorsqu'un homme sera mort sans avoir de fils , son bien passera à sa fille, qui en héritera. +9. S'il n'a point de fille , il aura ses frères pour héritiers. +10. Que s'il n'a pas même de frères, vous donnerez sa succession aux frères de son père ; +11. et s'il n'a pas non plus d'oncles paternels, sa succession sera donnée à +1. Accesserunt autem filiœ Salphaad, filii Ilepher, filii Galaad, filii Macliir, filii Manasse, qui fuit filius Joseph, quanim sunt nomina Maala, et Noa, et Ilegla, et Melcha, et Thersa, +2. steteruntque coram Moyse et Elea- zaro sacerdote, et cunctis principibus populi, ad ostium tabernaculi fœderis, atque dixerunt : +3. Pater noster mortuus est in de- serto ; nec fuit in seditione, quse eon- citata est contra Dominum sub Core, sed in peccato suo mortuus est ; hic non habuit mares filios. Cur toUitur nomen illius de familia sua, quia non habuit filium? Date nobis possessionem inter cognatos patris nostri. +4. Eetulitque j\royses causam earum ad judicium Domini, +5. qui dixit ad eum : +6. Justam rem postulant filiœ Sal- phaad. Da eis possessionem inter cognatos patris sui, et ei in hereditatem succé- dant. +7. Ad filios autem Israël loqueris hsec : +8. Homo cum mortiuis fuerit absque filio, ad filiam ejus transibit hereditas. +9. Si filiam non habuerit, habebit successores fratres suos. +10. Quod si et fratres non fuerint, dabitis hereditatem fratribus patris ejus. +11. Sin autem nec patruos habuerit, dabitur hereditas his qui ei proximi sunt ; +§ II. — Deux lois de succession. XXVII, 1-23. +1° Quel sera l'ordre d'héritage à défaut d'héri- tiers mâles directs. XXVn, 1-11. +Chap. XXVII. — 1-4. Introduction historique et exposé du cas. — Accesserunt filice... : à l'oc- casion de la loi récemment promulguée sur le partage des terres en Palestine. Ces cinq sœurs ont été déjà mentionnées plus haut, xxvi, 33. — Coram Moyse..., principibus... L'affaire fut traitée avec une grande solennité. — In peccato suo... Ces mots sont expliqués par les précédents : nec fuit in seditione... Salphaad ne s'était donc pas rendu coup.ible de l'un de ces crimes énormes dont Dieu avait immédiatement châtié les fau- teurs principaux; U n'avait commis que les pé- +chés ordinaires qui échappent h tous les hommes, et il était mort en vertu de la sentence générale prononcée contre l'ancienne génération. Ses filles relèvent habilement ce fait, pour mieux arriver à leur fin. — Non... mares filios; et, par suite, il n'avait droit à aucime portion de territoire en Palestine, d'après xxvi, 53. — C^lr toUitter nomen...? C'est ce qui serait ai-rivé si l'on n'eût point donné sa part à ses filles. +4-6. Réponse du Seigneur pour ce cas spécial. n daigne approuver la requête : Justam rem postulant. Le chap. xxxvi ajoute quelques autres détails. +7-11. Dieu élargit sa réponse et l'applique ïi tous les cas semblables. — Homo cum mortuus... L'ordre d'héritage est des plus simples : les fils ; +526 +NuM. XXVII, 12-21. +eritque hoc filiis Israël sanctum lege perpétua, sicut prsecepit Dominus Moysi. +12. Dixit quoqiie Dominus ad Moy- sen : Ascende in montem istum Abarini, et contemplare inde terram quam datu- rus sum filiis Israël ; +13. Cumque videris eam, ibis et tu ad populum tuum, sicut ivit f rater tuus Aaron, +14. quia oiïendistis me in deserto Sin in contradictione multitudinis, nec san- ctificaremevoluistiscoramea super aquas; hœ sunt aquae contradictionis in Cades deserti Sin. +15. Cui respondit Moyses : +16. Provideat Dominus Deus spirituum omnis carnis, hominem, qui sit super multitudinem hanc, +17. et possit exire et intrare ante eos, et educere eos vel introducere, ne sit populus Domini sicut oves absque pastore. +18. Dixitque Dominus ad eum : Toile Josue, filium Nun, virum in quo est spi- ritus, et pone manum tuam super eum, +19. qui stabit coram Eleazaro sacer- dote et omni multitudine ; +20. et dabis ei prsecepta cunctis viden- tibus, et partem gloriœ tuse, ut audiat eum omnis synagoga filiorum Israël. +21. Pro hoc, si quid agendum erit, Eleazar sacerdos consulet Dominum ; ad +ses plus proches. Cette loi sera toujours gardée inviolablement par les enfants d'Israël, selon que le Seigneur Ta or- donné à Moïse. +12. Le Seigneur dit aussi à Moïse : Montez sur cette montagne d'Abarim, et contemplez de là la terre que je dois donner aux enfants d'Israël ; +13. et après que vous l'aurez regardée, vous irez aussi à votre peuple, comme Aaron , votre frère , y est allé ; +14. parce que vous m'avez offensé tous deux dans le désert de Sin, au temps de la contradiction du peuple, et que vous n'avez point voulu manifester ma sainteté devant Israël au sujet des eaux; de ces eaux de la contradiction que je fis sortir à Cadès , au désert de Sin. +i 15. Moïse lui répondit : +16. Que le Seigneur, le Dieu des es- prits de tous les hommes, choisisse lui- même un homme qui soit préposé à tout ce peuple ; +17. qui puisse sortir et entrer devant eux, les mener et les ramener; de peur que le peuple du Seigneur ne soit comme des brebis qui sont sans pasteur. +18. Le Seigneur lui dit : Prenez Josué, fils de Nun, cet homme en qui l'esprit réside, et imposez -lui les mains, +19. en le présentant devant le grand- prêtre Eléazar et devant tout le peuple. +20. Donnez -lui des préceptes à la vue de tous, et une partie de votre gloire, afin que toute l'assemblée des enfants d'Israël l'écoute et lui obéisse. +21. C'est pour cela que, lorsqu'il fau- dra entreprendre quelque chose, le grand- +h leur défaut, les filles; à défaut de filles, les frères du défunt ; puis ses oncles paternels ; enfin ses plus proches parents. Voyez Selden, De Suc- cessionibus ad leges Hehrœorum in hona defun- ctorum; Londres, 1636. +2» Josué est donné à Moïse pour successeur. XXVII, 12-23. +12-14. Dieu avertit Moïse que le temps de sa mort est proche. — In moniem istum Abarim. Ce nom est celui de la chaîne qui domine à l'est la rive septentrionale de la mer Morte ; le Phasga ou Nébo (xxi, 20) et le Phogor (xxiii, 28) en formaient les principaux sommets. D'après Deut. XXXII, 49, c'est le Nébo que le Seigneur dési- gnait à Moïse. — Ad populum tuum. Voyez Gen. XXV, 8, et le commentaire. — Quia offendistis... Dieu rappelle ù son serviteur le motif pour lequel il n'entrera pas dans la Terre promise. +15-17. Moïse prie Jéhovah de lui donner un Buccesseur. — Frovideat... Moïse reçoit avec +une résignntion admirable cette réitération de sa sentence; il ne songe qu'aux intérêts de son peuple. Sur l'appellation Deus spirituum omnis carnis, voyez l'explication de xvi, 22. — Possit exire... intrare... Abrégé de toutes les circons- tances où le commandement peut s'exercer. — Oves absque pastore. Comparaison que Notre- Seigneur Jésus -Christ emploiera également pour décrire la triste situation d'Israël. Cf. Matth. ix , 36; Marc, vi, 34. +18-21. Dieu désigne Josué pour remplacer Moïse. — In quo... spiritus. C.-à-d. les qualités requises pour un rôle si délicat. — Pone ma- num : emblème de la transmission des pouvoirs. Cf. Deut. xxxiv, 9. — Partem glorice tuce : de son autorité, de sa dignité. Mais seulement « une partie », car Josué n'héritera pas intégralement des privilèges de Moïse. Ainsi, les communications divines, que Moïse recevait directement, « os ad os, » devaient être transmises à Josué par Tinter- +NuM. XXVII, 22 — XXVIII, 7. +527 +prêtre Éléazar consultera le Seigneur, Et, à la parole d'Éléazar, Josuo sortira et marchera le premier, et tous les en- fants d'Israël après lui, avec tout le reste du peu})le. +22. Moïse lit donc ce que le Seigneur lui avait ordonné. Et ayant pris Josué, il le présenta devant le gi^and -yirètre Éléazar et devant toute l'assemblée du peuple. +23. Et après lui avoir imposé les mains sur la tête , il lui déclara ce que le Seigneur avait commandé. +verbum ejus egredietur et ingredietur ipse, et omnes filii Israël cum eo, et cetera multitude. +22. Fecit Moyses ut prœceperat Domi- nus. Cumque tulisset Josue, statuit eum coram Eleazaro sacerdote et omni fre- quentia populi. +23. Et impositis capiti ejus manibus, cuncta repli cavit quae mandaverat Do- minus. +CHAPITRE XXVIII +1. Le Seigneur dit aussi à Moïse : +2. Ordonnez ceci aux enfants d'Is- raël, et dites -leur : Offrez -moi, aux temps que je vous ai marqués, les obla- tions qui me doivent être offertes, les pains et les hosties qui se brûlent de- vant moi, et dont l'odeur m'est très agréable. +3. Voici les sacrifices que vous devez offrir. Vous offrirez tous les jours deux agneaux d'un an, sans tache, comme un holocauste perpétuel ; +4. l'un le matin, et l'autre le soir ; +5. avec un dixième d'éphi de farine, qui soit mêlée avec une mesure d'huile très pure, de la quatrième partie du hin. +6. C'est l'holocauste perpétuel que vous avez offert sur le mont Sinaï, comme un sacrifice d'une odeur très agréable au Seigneur, et qui était con- sumé par le feu. +7. Et vous offrirez, pour offrande de liqueur, une mesure de vin de la qua- trième partie du hin pour chaque agneau, dans le sanctuaire du Seigneur. +1. Dixit quoque Dominus ad Moysen : +2. Prsecipe filiis Israël , et dices ad eos : Oblationem meam et panes, et incensum odoris suavissimi offerte per tempora sua. +3. Haec sunt sacrificia quse offerre de- betis. Agnes anniculos immaculatos duos quotidie in holocaustum sempiternum ; +4. unum offeretis mane, et alterum ad vesperum ; +5. decimam partem ephi simiLne, quse conspersa sit oleo purissimo, et habeat quartam partem hin. +6. Holocaustum juge est quod obtu- listis in monte Sinai in odorem suavis- simum incensi Domini. +7. Et libabitis vini quartam partem hin per agnos singulos in sanctuario Domini. +médiaire du grand prêtre, « d'après le jugement de V'urim, » ajoute l'hébreu. Voyez Ex.xxvni, 30, et l'explication. +22-'2-i. Josué est installé dans ses fonctions selon le rite marqué par le Seigneur. +§ m. — Quelques règlementsrelatifa aux sacrifices et aux vœux. XXVIII, 1 — XXX, 17. +Encore des lois anciennes , renouvelées et com- plétées. Au moment où l'on va pénétrer dans la Terre promise , Dieu rappelle aux Hébreux le pre- mier de tous leurs devoirs, celui qui concernait le culte sacré. +1° Les sacrifices quotidiens. XXVIII, 1-8. +Chap, XXVTII. — 1-3». Introduction. — O&Za- tionem... et panes. Dans l'hébreu : « mon qorbân, mes pains. » Les chairs des victimes et les autres offrandes matérielles sont envisagées, idéalement, comme formant la nourriture divine. — Ecec... sacrificia. Leur énumération va des sacrifices quotidiens aux sacrifices hebdomadaires, de là aux mensuels et aux annuels (ceux des fêtes). +3*" -8. Les offrandes quotidiennes. — Âgnos... Voyez Ex. xxix, 38-42, et l'explication. — Ho- locaustum sempiternvm : type de l'Agneau de Dieu, immolé une seule fois, mais à tout jamais. +528 +NuM. XXVIII, 8-18. +8. Alterumque agnum similiter oiîe- retis ad vesperani, juxta omiiem ritum sacrificii matutiiii,et libamentorum ejus, oblationem suavissimi odoris Domino. +9. Die autem sabbati ofïeretis duos agnos aiiniculos immaculatos , et diias décimas similse oleo conspersae in sacri- ficio, et liba +10. quae rite funduntur per singula sabbata m liolocaustum sempiternum. +11. In calendis autem ofïeretis holo- caustum Domino, vitulos de armento duos, arietem unum, agnos anniculos septem immaculatos, +12. et très décimas similai oleo con- spersae in sacrificio per singulos vitulos, et duas décimas similse oleo conspersse per singulos arietes ; +13. et decimam decimse similse ex oleo in sacrificio per agnos singulos. Holocaustum suavissimi odoris atque in- censi est Domino. +14. Libamenta autem vini, quœ per singulas fundenda sunt victimas, ista erunt : média pars hin per singulos vitu- los, tertia per arietem, quarta per agnum. Hoc erit holocaustum per omnes menses, qui sibi anno vertente succedunt. +15. Hircus quoque ofîeretur Domino pro peccatis in holocaustum sempiter- num cum libamentis suis. +IG. Mense autem primo, quartade- cima die mensis , phase Domini erit , +17. et quintadecima die solemnitas. Septem diebus vescentur azymis ; +18. quarum dies prima venerabilis et +8. Vous offrirez pareillement, le soir, l'autre agneau avec les mêmes cérémo- nies qu'au sacrifice du matin, et ses offrandes de liqueur, comme une obla- tion d'une odeur très agréable au Sei- gneur. +9. Le jour du sabbat, vous offrirez deux agneaux d'un an, sans tache, avec deux dixièmes de farine mêlée d'huile pour le sacrifice, et les libations +10. qui se répandent chaque jour de la semaine, selon qu'il est prescrit, pour servir à l'holocauste perpétuel. +11. Au premier jour du mois, vous offrirez au Seigneur en holocauste deux veaux du troupeau, un bélier, sept agneaux d'un an sans tache, +12. et trois dixièmes de farine mêlée d'huile pour le sacrifice de chaque veau, et deux dixièmes de farine mêlée d'huile pour chaque bélier. +13. Vous offrirez aussi la dixième par- tie d'un dixième de farine mêlée d'huile pour le sacrifice de chaque agneau. C'est un holocauste d'une odeur très agréable et d'une oblation consumée par le feu à la gloire du Seigneur. +14. Voici les offrandes de vin qu'on doit répandre sur chaque victime : une moitié du hin pour chaque veau, un tiers pour le bélier, et un quart pour l'agneau. Ce sera là l'holocauste qui s'offrira tous les mois qui se succèdent l'un à l'autre dans tout le cours de l'an- née. +15. On offrira aussi au Seigneur un bouc pour les péchés, outre l'holocauste perpétuel, qui s'offre avec ses oblations de farine et de liqueur. +16. Le quatorzième jour du premier mois sera la Pâque du Seigneur, +17. et, le quinzième, la fête solen- nelle. On mangera pendant sept jours des pains sans levain ; +18. le premier jour sera particullère- +Cf. Hebr. X, 12, 14. — Ad vesperam. Plutôt : entr« les deux soirs (Ex. xii, 6, et la note). — Le vers. 7 est incomplet dans la Vulgate; l'hé- breu ajoute : Vous verserez une libation de sékar à Jéhovah. Le mot sékar désigne ici un vin vieux et généreux , comme l'explique le Targum. +2° Le sacrifice dos jours de sabbat. XX VIII, 9-10. +9-10. Duos agiras... Ces diverses offrandes étaient surajoutées à 1'« holocaustum juge » dont il vient d'être parlé. Elles n'avaient pas été pres- crites antérieurement; mais il était juste que le jour du Seigneur fûc honoré et fêté par des sa- criûces spéciaux. +3° Les sacrifices des néoraénies. XXVIII, 11-15. +11-15. Ces sacrifices sont également prescrits ici pour la première fois. — In calendis. Hébi'.: aux commencements de vos mois. HadaS , la nouvelle lune, la néoménie; puis les mois lu- naires des Hébreux. Les néoménies étaient an- noncées par les trompettes sacrées, x, 10; plus tard elles paraissent avoir été chômées (cf. Am, VIII, 5). +4° La fête de Pàque et les sacrifices qui lui étaient propres. XXVIII, 16-25. +16-25. Meuse... pr^mo... Vo^-ez Ex. xii; Lev. XXIII, 4-14. Les offrandes étaient les mêmes que pour les néoménies; seulement elles étaient ré- +NuM. XXVIII, 19-31. +529 +ment vénérable et saint ; vous ne ferez point en ce jour -là d'œuvre servile. +19. Vous offrirez au Seigneur en ho- locauste deux veaux du troupeau, un bélier, et sept agneaux d'un an qui soient sans tache. +20. Les offrandes de farine pour cha- cun seront de farine mêlée d'huile, trois dixièmes pour chaque veau, deux dixièmes pour le béUer, +21. et une dixième partie du dixième pour chaque agneau, c'est-à-dire pour chacun des sept agneaux, +22. avec un bouc pour le péché, afin que vous en obteniez l'expiation , +23. sans compter l'holocauste du ma- tin, que vous offrirez toujours. +24. Vous ferez chaque jour ces obla- tions pendant ces sept jours, pour en- tretenir le feu de l'aulel et l'odeur très agréable au Seigneur qui s'élèvera de l'holocauste, et des oblations qui accom- pagneront chaque victime. +25. Le septième jour vous sera aussi très célèbre et saint ; vous ne ferez point en ce jour -là d'œuvre servile. +26. Le jour des prémices, lorsqu'après l'accomplissement des sept semaines, vous offrirez au Seigneur les nouveaux grains, vous sera aussi vénérable et saint ; vous ne ferez aucune œuvre ser- vile en ce jour-là. +27. Et vous offrirez au Seigneur, en holocauste d'une odeur très agréable, deux veaux du troupeau, un bélier, et sept agneaux d'un an, qui soient sans tache , +28. avec les oblations qui doivent les accompagner dans le sacrifice, savoir : trois dixièmes de farine mêlée d'huile pour chaque veau, deux pour les bé- liers , +29. et la dixième partie d'un dixième pour les agneaux, c'est-à-dire pour chacun des sept agneaux. Vous offrirez aussi le bouc +30. qui est immolé pour l'expiation du 2)échè, outre l'holocauste perpétuel accompagné de ses oblations. +31. Toutes ces victimes que vous of- frirez avec leurs oblations seront sans tache. +sancta erit ; omne opus servile non f acie- tis in ea. +19. Offeretisque incensum holocau- stum Domino, vitulos de arraento duos, arietum unum, agnos anniculos imma- culatos septem ; +20. et sacrificia singulorum ex simila qu8e conspersa sit oleo, très décimas per singulos vitulos, et duas décimas per arietem , +21. et decimam decimse per agnos sin- gulos, id est, per septem agnos, +22. et hircum pro peccato unum, ut expietur pro vobis, +23. praster holocaustum matutinum quod semper oft'eretis. +24. Ita facietis per singulos dies se- ptem dierum in fomitem ignis, et in odo- rem suavissimum Domino, qui surget de holocausto, et de libationibus singulo- rum. +25. Dies quoque septimus celeberri- mus et sanctus erit vobis ; omne opus servile non facietis in eo. +26. Dies etiam primitivorum, quando offeretis novas fruges Domino, expletis hebdomadibus, venerabilis et sancta erit ; omne opus servile non facietis in ea ; +27. offeretisque holocaustum in odo- rem suavissimum Domino, vitulos de armento duos, arietem unum, et agnos anniculos immaculatos septem, +28. atque in sacrificiis eorum, similae oleo conspersse très décimas per singulos vitulos, per arietes duas, +29. per agnos decimam decimœ, qui simul sunt agni septem ; hircum quoque +30. qui mactatur pro expiatione ; pras- ter holocaustum sempiternum et liba ejus. +31. Immaculata offeretis omnia cum libationibus suis. +pétées journellement pendant toute l'octave. L'a- gneau pascal est passé sous silence, pai'ce qu'il ne formait pas un sacrifice ordinaire. +5° La Pentecôte et ses sacrifices. XXVIII, 26-31. +2G~31. Dies 'primitivorum, ... novas /ruges. +Cf. Ex. xxm, 16; xxxiv, 22; Lev. xxm, 15-21. — Expletis hebdomadibus : les sept semaines qui séparaient la Pentecôte de la Pâque, Vo^ez Lev. XXIII, 15-16, et le commentaire. — Vitulos duos, arietem unum. Lors de la première pro- mulgation de cette loi, Lev. xxm, 18, il avait +530 +NuM. XXIX, 1-10. +CHAPITRE XXIX +1. Mensis etiam septimi prima dies venerabilis et sancta erit vobis; omne opus servile non facietis in ea, quia dies clangoris est et tubarum. +2. Ofîeretisqiie holocaustum in odorem suavissimum Domino, vitulum de ar- mento unum, arietem uniim, et agnos anniculos immaculatos septem ; +3. et in sacrificiis eorum, similse olco conspersse très décimas per singulos vi- tulos , duas décimas per arietem , +4. unam decîmam per agnum, qui simul sunt agni septem ; +5. et hircum pro peccato, qui offertur in expiationem populi, +6. prfEter holocaustum calendarum cum sacrificiis suis, et holocaustum sem- j»iternum cum libationibus solitis ; eis- dem ceremoniis oiïeretis in odorem sua- vissimum incensum Domino. +7. Décima quoque dies mensis hujus septimi erit vobis sancta atque venera- bilis , et affligetis animas vestras ; omne opus servile non facietis in ea. +8. OfEeretisque holocaustum Domino in odorem suavissimum, vitulum de armento unum, arietem unum, agnos anniculos immaculatos septem ; +9. et in sacrificiis eorum, similaî oleo conspersse très décimas per singalos vi- tulos, duas décimas per arietem ; +10. decimam decimge per agnos sin- gulos, qui sunt simul agni septem; +1. Le premier jour du septième mois vous sera aussi vénérable et saint ; vous ne ferez aucune œuvre servile en ce jour -là, parce que c'est le jour du son éclatant et du bruit des trompettes. +2. Vous offrirez au Seigneur un holo- causte d'une odeur très agréable, un veau du troupeau, un bélier, et sept agneaux d'un an, qui soient sans tache-, +3. avec les oblations qui doivent les accompagner dans le sacrifice, savoir : trois dixièmes de farine mêlée d'huile pour chaque veau, deux dixièmes pour le bélier, +4. un dixième pour chaque agneau, c'est-à-dire pour chacun des sept agneaux, +5. et le bouc pour le péché, qui est offert pour l'expiation des péchés du peuple, +G. sans compter l'holocauste des pre- miers jours du mois avec ses oblations, et l'holocauste perpétuel avec les of- fi-andes de liqueurs accoutumées, que vous offrirez toujours avec les mêmes cérémonies, comme une odeur très agréable qui se brûle devant le Sei- gneur. +7. Le dixième jour de ce septième mois vous sera aussi saint et vénérable ; vous affligerez vos âmes en ce jour- là, et vous n'y ferez aucune œuvre servile. +8. Vous offrirez au Seigneur, en ho- locauste d'une odeur très agréable, un veau du troupeau, un bélier, et sept agneaux d'un an, qui soient sans tache, +9. avec les oblations qui doivent les accompagner dans le sacrifice, savoir : trois dixièmes de farine mêlée d'huile pour chaque veau, deux dixièmes pour le bélier, +10. la dixième partie d'un dixième pour chaque agneau, c'est-à-dire pour chacun des sept agneaux, +été dit au contraire : un veau et deux béliers. D'un côté ou de l'autre une faute s'est glissée dans le texte, à moins que le Législateur n'ait modifié ses prescriptions. +G» La fête des Trompettes. XXIX, 1-6. +Cfiai'. XXIX. — 1-6. 3!evsis septimi: le mois de l'année religieuse des Hébreux qui contenait le plus de fêtes. Cf. vers. 7 et 12. — Dies clan- goris et tubarum. Voyez la note de Lcv. xxiii, +24. Le texte original ne fait pas une mention expresse des trompettes , bien qu'elles soient implicitement comprises dans le mot t'rii'ah. — Prœter holocaustum calendarum.,. Cf. xxviii, 11-15. La solennité des Trompettes coïncidait, en effet, avec la septième néoménic. +7» Fête de l'Expiation. XXIX, 7-11. +7-11. Sur la fête même, voyez Lev. xvi et xxrii, 26-32. Les sacrilices ici prescrits sont identiques +NuM. XXIX, 11-22. +531 +11. avec le bouc pour le péché, outre les choses qu'on a coutume d'oll'rir pour l'expiation du délit, et sans compter l'holocauste perpétuel avec ses oblations de farine et ses offrandes de liqueur. +12. Au quinzième jour du septième mois, qui vous sera saint et vénérable, vous ne ferez aucune œuvre servile ; mais vous célébrerez en l'honneur du Seigneur une fête solennelle pendant sept jours. +13. Vous offrirez au Seigneur, en ho- locauste d'une odeur très agréable, treize veaux du troupeau, deux béliers, et quatorze agneaux d'un an qui soient sans tache; +14. avec les oblations qui doivent les accompagner, savoir : trois dixièmes de farine mêlée d'huile pour chaque veau, c'est-à-dire pour chacun des treize veaux; deux dixièmes pour un bélier, c'est-à-dire pour chacun des deux bé- liers ; +15. la dixième partie d'un dixième pour chaque agneau, c'est-à-dire pour chacun des quatorze agneaux, +16. et le bouc qui s offre pour le pé- ché , sans compter l'holocauste perpé- tuel et ses oblations de farine et de li- queur. +17. Le second jour, vous offrirez douze veaux du troupeau, deux béliers, quatorze agneaux d'un an, qui soient sans tache. +18. Vous y joindrez aussi, selon qu'il vous est prescrit, les oblations de farine et de liqueur pour chacun des veaux, des béliers et des agneaux, +19. avec le bouc pour le péché, sans compter l'holocauste perpétuel et ses oblations de farine et de liqueur. +20. Le troisième jour, vous offrirez onze veaux , deux béliers , quatorze agneaux d'un an, qui soient sans tache. +21. Vous y joindrez aussi, selon qu'il vous est prescrit, les oblations de farine et de liqueur, pour chacun des veaux, des béliers et des agneaux, +22. avec le bouc pour le péché, sans compter l'holocauste perpétuel et ses oblations de farine et de liqueur. +11. et hircum pro pcccato, absque his quœ oft'erri ])ro delicto soient in expia- tionem, et holocaustum sem])iternum, cum sacriticio et libaminibus eorum. +12. Quintadecima vero die mcnsis se- ptimi, quœ vobis sancta erit atque vene- rabilis, omne opus servile non facietis in ea, sed celebrabitis solemnitatem Do- mino se])tem diebus. +13. Offeretisque holocaustum in odo- rem suavissimum Domino, vitulos de ar- mento tredecim, arietes duos, agnos an- niculos immaculatos quatuordecim ; +14. et in libamentis eorum, similse oleo conspersfB très décimas per vitulos singulos , qui sunt simul vituli tredecim ; et duas décimas arieti uno, id est, simul arietibus duobus ; +15. et decimam decimse agnis singulis, qui sunt simul agni quatuordecim ; +16. et hircum pro peccato, absque ho- locausto sempiterno, et sacrificio, et liba- mine ejus. +17. In die altero offeretis vitulos de armento duodecim , arietes duos, agnos anniculos immaculatos quatuordecim ; +18. sacrificiaque et libamina singulo- rum per vitulos et arietes et agnos rite celebrabitis , +19. et hircum pro peccato, absque holocausto sempiterno, sacrilicioque et libamine ejus. +20. Die tertio offeretis vitulos unde- cim, arietes duos, agnos anniculos im- maculatos quatuordecim ; +21. sacrificiaque et libamina singulo- rum per vitulos et arietes et agnos rite celebrabitis , +22. et hircum pro peccato, absque holocausto sempiterno, sacrilicioque et libamine ejus. +à ceux de la fête des Trompettes. — AfflAgetis animas. Probablement par le jeûne (note de Lev. XVI, 19). +8« Fête des Tabernacles. XXIX, 12-38. +12-34. Sacrifices des sept premiers jours,— Sancta... alque venerabilis. Voyez Lev. xxiii, 33-36, 39-43. — Offeretis... Cette solennité, aux +rites si joyeux, était en outre caractérisée par ses sacrifices multiples : sept boucs, quatorze béliers, quatre-vingt-dix-huit agneaux, soixante- dix taureaux ! Ces derniers étaient immolés d'après un nombre qui allait en décroissant, du premier au septième jour, de treize à, sept ( le chiffre de la perfection, pour terminer). +25* +532 +NuM. XXIX, 23-39. +23. Die quarto ofïeretis vitulos decem, arietes duos, agnos anniculos immacu- latos quatuordecim ; +24. sacrificiaque et libamina singulo- rum per vitulos et arietes et agnos rite celebrabitis , +25. et hircum pro peccato, absque holocausto sempiterno, sacrificioque ejus et libamine. +26. Die quinto offeretis vitulos novem, arietes duos , agnos anniculos immacula- tos quatuordecim ; +27. sacrificiaque et libamina singulo- rum per vitulos et arietes et agnos rite celebrabitis , +28. et hircum pro peccato, absque ho- locausto sempiterno, sacrificioque ejus et libamine. +29. Die sexto ofïeretis vitulos octo, arietes duos , agnos anniculos immacu- latos quatuordecim ; +3G. sacrificiaque et libamina singulo- rum per vitulos et arietes et agnos rite celebrabitis , +31. et hircum j)ro peccato, absque holocausto sempiterno, sacrificioque ejus et libamine. +32. Die septimo ofïeretis vitulos se- ptem, et arietes duos, agnos anniculos immaculatos quatuordecim ; +33. sacrificiaque et libamina singulo- rum per vitulos et arietes et agnos rite celebrabitis , +34. et hircum pro peccato, absque holocausto sempiterno, sacrificioque ejus et libamine. +35. Die octavo, qui est celeberrimus , omne opus servile non facietis, +36. ofïerentes holocaustum in odorem suavissimum Domino, vitulum unum, arietem unum, agnos anniculos imma- culatos septem ; +37. sacrificiaque et libamina singulo- rum per vitulos et arietes et agnos rite celebrabitis , +38. et hircum pro peccato, absque holocausto sempiterno, sacrificioque ejus et libamine. +39. Haec ofïeretis Domino in solemni- +23. Le quatrième jour, vous ofîrirez dix veaux , deux béliers et quatorze agneaux d'un an, qui soient sans tache. +24. Vous y joindrez aussi, selon qu'il vous est prescrit , les oblations de farine et de liqueur pour chacun des veaux, des béliers et des agneaux, +25. et le bouc pour le péché, sans compter l'holocauste perpétuel et ses oblations de farine et de liqueur. +26. Le cinquième jour, vous offrirez neuf veaux, deux béliers et quatorze agneaux d'un an qui soient sans tache. +27. Vous y joindrez aussi, selon qu'il vous est prescrit , les oblations de farine et de liqueur pour chacun des veaux, des béliers et des agneaux, +28. et le bouc pour le péché, sans compter l'holocauste perpétuel et ses oblations de farine et de liqueur. +29. Le sixième jour, vous offrirez huit veaux, deux béliers et quatorze agneaux d'un an , qui soient sans tache. +30. Vous y joindrez aussi, selon qu'il vous est prescrit, les oblations de farine et de liqueur pour chacun des veaux, des béliers et des agneaux, +3L et le bouc pour le péché, sans compter l'holocauste perpétuel et ses oblations de farine et de liqueur. +32. Le septième jour, vous offrirez sept veaux, deux béliers et quatorze agneaux d'un an, qui soient sans tache. +33., Vous y joindrez aussi, selon qu'il vous est prescrit, les oblations de farine et de liqueur pour chacun des veaux, des béliers et des agneaux, +34. et le bouc pour le péché, sans compter l'holocauste perpétuel et ses oblations de farine et de liqueur. +35. Le huitième jour, qui sera le plus célèbre, vous ne ferez aucune œuvre servile, +36. et vous ofîrirez au Seigneur, en holocauste d'une odeur très agréable, un veau , un bélier et sept agneaux d'un an, qui soient sans tache. +37. Vous y joindrez aussi, selon qu'il vous est prescrit, les oblations de farine et de liqueur pour chacun des veaux, des béliers et des agneaux, +38. et le bouc pour le péché, sans compter l'holocauste perpétuel et ses oblations de farine et de liqueur. +39. Voilà ce que vous offrirez au Sei- +35-38. Sacrifices du huitième jour. — Qui est celeberrimus. Sur le mot hébreu 'at^eret, voyez la note de Lev. xxiii, 3C. +&o Conclusion de ce qui regarde les sacrifices prescrits aux jours de fête. XXIX, 39. +39. Prceter voia.,. Les offrandes sanglan tes et +NuM. XXX, 1-7. +533 +gncnr dans vos fêtes solennelles ; sans compter les holocaustes, les oblatious de farine et de liqueur et les hosties paci- fiques que vous offrirez à Dieu, soit pour vous acquitter de vos vœux, soit volontairement. +tatibus vestris, prseter vota et oblationes spontaneas in holocausto, in sacrilicio, in libaminc, et in hostiis pacilicis. +CHAPITRE XXX +1. Moïse rapporta aux enfants d'Is- raël tout ce que le Seigneur lui avait commandé ; +2. et il dit aux princes des tribus des enfants d'Israël : Voici ce que le Sei- gneur a ordonné : +3. Si un homme a fait un vœu au Seigneur, ou s'est lié par un serment, il ne manquera point à sa parole, mais il accomplira tout ce qu'il aura promis. +4. Lorsqu'une femme aura fait un vœu, et se sera liée par un serment, si c'est une jeune fille qui soit encore dans la maison de son père, et que le père, ayant connu le vœu qu'elle a fait et le serment par lequel elle a lié son âme, n'en ait rien dit, elle sera tenue à son vœu ; +5. et elle accomplira effectivement tout ce qu'elle aura promis et juré. +6. jMais si le père s'est opposé à son vœu aussitôt qu'il lui a été connu, ses vœux et ses serments seront nuls, et elle ne sera point obligée à ce qu'elle aura promis, parce que le père s'y est opposé. +7. Si c'est une femme mariée qui ait fait un vœu, et si la parole, étant une fois sortie de sa bouche, a obligé son âme par serment, +1. Narra vitque Moyses filiis Israël om- nia qu9e ei Dominus imperarat ; +2. et locutus est ad principes tribuum filiorum Israël : Iste est sermo quem prœcepit Dominus : +3. Si quis virorum votum Domino voverit, aut se constrinxerit juramento, non faciet irritum verbum suum, sed omne quod promisit implebit. +4. Mulier si quippiam voverit, et se constrinxerit juramento, quse est in domo patris sui, et in tetate adhuc puellari , si cognoverit pater votum quod poUicita est, et juramentum quo obligavit animam suam, et tacuerit, voti rea erit; +5. quidquid pollicita est et juravit, opère complebit. +6. Sin autem, statim ut audierit, con- tra dixerit pater, et vota et juramenta ejus irrita erunt, nec obnoxia tenebitur sponsioni, eo quod contradixerit pater. +7. Si maritum habuerit, et voverit ali- quid, et semel de ore ejus verbum egre- diens animam ejus obligaverit juramento. +non sanglantes dont nous venons de parcourir la nomenclature étaient rigoureusement et offi- ciellement commandées; mais elles ne devaient pas empêcher les oblationes spontaneas des fi- dèles, ni leurs vœux, dont il va être plus lon- guement question au chap. xxx. — In sacri- ficio. Hébi". ; la minhah, ou sacrifice non san- glant. +10» Quelques règles touchant les vœux. XXX, 1-17. +Complément de Lev. xxvii, 1-25. Voyez le traité Kedârim du Talmud. +Ohap. XXX. — 1-2. Transition et Introduction. — Xarravit... qiice... imperarat: tous les détails exposés aux cliap. xxviii et xxix. — Et locutus est...: pour promulguer les conditions ci -jointes des Tooux. — Ad principes... Ceux-ci devaient transmettre les volontés divines à leurs admi- nistrés. +3. Les vœux des hommes. — On les suppose de deux sortes • le oïéder (votum voverit), ou vœu positif , par lequel on promettait d'accomplir un acte; Y'issar (la Vulgate, inexactement: se con- strinxerit juramento) , ou vœu négatif, par le- quel on s'engageait à s'abstenir de telle ou telle chose. — Non faciet irritum, sed... C'est la i-ègle générale : ne pas manquer de parole à Dieu, car ce serait un sacrilège. Cf. Eccl. v, 2-5. +4-17. Les vœux des femmes sont traités assez longuement. Le plus souvent ils engagent im tiers, dont le Seigneur ménage les droits d'une façon toute délicate. — Quatre hypothèses sont faites successivement. 1° Le vœu d'une jeune fille qui vit dans la maison de son père, vers. 4-G : ou le père donne son approbation, soit formelle, soit tacite, et alors la promesse est valide; ou il refuse son consentement dès qu'il a connais- sance du vœu, auquel cas vota... irrita erant. +NuM. XXX, 8-17. +8. quo die audierit vir, et non contra- dixerit, voti rea erit, reddetque quod- cumque promiserat. +9. Sin antem andiens statim contra- dixerit, et irritas fecerit pollicitationes ejiis, verbaque quibus obstrinxerat ani- mam suam,propitiiis erit ei Dominus. +lO.Vidiia et repudiata quidquid vove- rint, reddent. +11. Uxor in domo viri ciim se voto constrinxerit et juraraento, +12. si audierit vir, et tacuerit, nec contradixerit sponsioni,reddet qiiodcum- qiie promiserat. +13. Sin autem extemplo contradixerit, non tenebitur promissionis rea, quia maritus contradixit, et Dominus ei pro- pitius erit. +14. Si voverit, et juramento se con- strinxerit, ut per jejunium, vel cetera- rum rerum abstinentiam, affligat animam suam, in arbitrio viri erit ut faciat, sive non faciat. +15. Quod si audiens vir tacuerit, et in alteram diem distulerit sententiam, quid- quid voverat atque promiserat, reddet, quia statim ut audivit, tacuit. +16. Sin autem contradixerit post- quam rescivit, portabit ipse iniquitatem ejus. +17. Istae sunt leges, quas constituit Dominus Moysi, inter virum et uxorem, inter patrem et filiam, quse in puellari adhuc aetate est, vel quse manet in pa- rentis domo. +8. et que son mari ne l'ait point dé- savouée le jour même qu'il l'a su, elle sera obligée à son vœu, et elle accom- plii'a tout ce qu'elle aura promis. +9. Que si son mari l'ayant su la dé- savoue aussitôt, et rend vaines ses pro- messes et les paroles par lesquelles elle aura lié son âme, le Seigneur lui par- donnera. +10. La femme veuve et la femme ré- ])udiée accompliront tous les vœux qu'elles auront faits. +11. Si une femme étant dans la mai- son de son mari s'est liée par un vœu et par un serment, +12. et que le mari l'ayant su n'en dise mot et ne désavoue point la promesse qu'elle aura faite, elle accomplira tout ce qu'elle avait promis. +13. Mais si le mari la désavoue aus- sitôt, elle ne sera point tenue à sa pro- messe , parce que son mari l'a désavouée, et le Seigneur lui pardonnera. +14. Si elle a fait un vœ.u, et si elle s'est obligée par serment d'affliger son âme ou par le jeûne ou par d'autres sortes d'abstinences, il dépendra de la volonté de son mari qu'elle le fasse ou qu'elle ne le fasse pas. +15. Que si son mari l'ayant su n'en a rien dit, et a différé au lendemain à en dire son sentiment, elle accomplira tous les vœux et toutes les promesses qu'elle avait faites, parce que le mari n'en a rien dit aussitôt qu'il l'a appris. +16. Que si, aussitôt qu'il a connu le vœu de sa femme, il l'a désavouée, il sera lui seul chargé de toute sa faute. +17. Ce sont là les lois que le Seigneur a données à Moïse pour qu'elles fussent observées entre le mari et la femme, entre le père et la fille qui est encore toute jeune, ou qui demeure dans la maison de son père. +— 2» Le cas d'une jeune flUe qui n'est pas en- core mariée au moment où elle formule son vœu , mais qui se marie avant de l'avoir accompli, vers. 7-9 : môme distinction que pour la première hypothèse; le mari peut valider ou annuler le vœu h son gré, — 3o Le vœu d'une femme veuve ou divorcée, vers. 10 : cette fois, reddet, la per- +sonne qui fait le vœu jouissant de sa pleine liberté. — A° Le cas d'une femme contractant un vœu après son mariage, vers. 11-16 : l'exécution de la promesse dépend entièrement du mari, à condition qu'il exprime sa décision aussitôt qu'il connaîtra le vœu. — Au vers. 17, conclusion de ce qui regarde les yœux des femmes. +NuM. XXXI, 1-11. +535 +CHAPITRE XXXI +1. Le Seigneur parla ensuite à IMoïse, | et lui dit : +2. Vengez d'abord les enfants d'Israël des Madianites , et après cela vous serez réuni ;\ votre peuple. +3. Aussitôt Moïse dit au peuple : Faites prendre les armes à quelques-uns d'entre vous, et préparez -les au combat, afin qu'ils puissent exécuter la vengeance que le Seigneur veut tirer des Madia- nites. +4. Choisissez mille hommes de chaque tribu d'Israël pour les envoyer à la guerre. +5. Ils donnèrent donc mille soldats de chaque tribu, c'est-à-dire douze mille hommes prêts à combattre, +6. qui furent envoyés par Moïse avec Phinées, tils du girind-Tprètre Elcazar, auquel il donna encore les vases saints, et les trompettes pour en sonner. +7. Ils combattirent donc contre les Mar'anites; et, les ayant vaincus, ils passèrent tous les mâles au^fil de l'épée, +8. et tuèrent leurs rois Evi, Rôcem, Sur, Hur et Rébé, cinq princes de la nation , avec Balaam , fils de Béor ; +9. et ils prirent leurs femmes, leurs petits enfants, tous leurs troupeaux et tous leurs biens. Ils pillèrent tout ce qu'ils avaient. +10. Ils pillèrent toutes leurs villes, tous leurs villages et tous leurs postes fortifiés. +11. Et ayant emmené leur butin et +1. Locutusque est Dominus ad Moy- seu, diccns : +2. Ulciscere prius filios Israël de Ma- dianitis, et sic colligeris ad populum tuum. +3. Statimque Moj^ses : Armate, inquit, ex vobis viros ad pugnam, qui possint ultionem Domini expetere de Madianitis. +4. Mille viri de singulis tribubus eîi- gantur ex Israël qui mittantur ad hél- ium. +5. Dederuntque millenos de singulis tribubus, id est, duodecim millia expe- ditorura ad pugnam, +6. quoG misit Moyses cum Phinees, filio Eleazari sacerdotis, vasa quoque sancta, et tubas ad clangendum tradidit ei. +7. Cumque pugnassent contra Madia- nitas atque vicissent, omnes mares occi- derunt , +8. et reges eorum, Evi, et Recem, et Sur, et Hur, et Rebe, quinque principes gentis ; Balaam quoque, filium Beor,inter- fecerunt gladio ; +9. ceperuntque mulieres eorum, et parvulos, omniaque pecora, et cunctam supellectilem; quidquid habere potue- rant depopulati sunt; +10. tam urbes quam viculos et castella llamma consumpsit ; +11. et tulerunt prœdam, et uni versa +Section III. — Les Hébreux achèvent leur +. INSTALLATION A l'eST DU JOURDAIN ET LES l'RÉPARATIFS POUR LA CONQUÊTE DE ChANAAN. XXXI, 1 — XXXVI, 13. +§ I. — Jéhovah se venge des Madianites. XXXI, 1-54. +\<> Défaite des Madianites, XXXI, 1-12. +Chap. XXXI. — 1-2. Le Seigneur prescrit à Moïse d'attaquer les Madianites. — Ulciscere... Le 'aoment est venu d'exécuter la sentence lancée ()récédeminent (xxv, 16-18) contre ce peuple, qui «ivait voulu ruiner les corps et les âmes dans la "lation théocratique. — Prius : avant de mourir, comme le dit la fin du vers. 2, et sic colligeris... +3-6. Les préparatifs de l'attaque, soit au point de vue militaire (3-5), soit sous le rapport reli- gieux (6), puisque c'est une guerre sainte qu'on +allait entreprendre. — Duodecim millia... C'était bien peu , surtout contre un peuple si valeureux et si fort que Madian ; Dieu voulait montrer par là qu'il se chargeait lui - même de venger son honneur lésé. — Cum Phinees. Grand privilège pour ce saint prêtre , qui avait manifesté tant de zèle contre les Madianites corrupteurs d'Israël, XXV, 6-5, — Tubas, les trompettes sacrées (x, 9). D'après l'hébreu , qui omet la conjonction et, elles ne différaient pas des vasa sancta ( a les vases saints , les trompettes » ; simple apposition). 7-12. La victoire d'Israël, complète et terrible. +— Omnes viares... Pas tous absolument, d'après le vers, 17; du moins, les combattants qui tom- bèrent vivants entre les mains des vainqueurs. +— Reges eorum : des cheiks supérieurs, ou chefs de tribus. — Balaam, quoque... Fin misérable, mais méritée. Cf. vers. 16. — Cantella. Hcbr. : +536 +NuM. XXXI, 12-22. +qure ceperant, tam ex hominibus quam ex jumentis, +12. et adduxerunt ad Moysen, et Elea- zarum sacerdotem, et ad omnem multi- tiidinem lîliorum Israël ; reliqua autem utensilia portaverunt ad castra in cam- pestribus Moab juxta Jordanem contra Jéricho, +13. Egressi sunt autem Moyses et Elea- zar sacerdos, et omnes principes syna- gogcB, in occursiim eorum extra castra. +14. Iratusque Moyses principibiis exer- citus, tribunis, et centurionibus qui vé- nérant de bello , +15. ait : Cur feminas reservastis? +16. Nonne istœ sunt , quse deceperunt filios Israël ad suggestionem Balaam, et prœvaricari vos f ecerunt in Domino super peccato Phogor, unde et percussus est populus ? +17. Ergo cunctos interfîcite quidquid est generis masculini , etiam in parvulis ; et mulieres, quse noverunt virosin coitu, jugulate ; +18. puellas autem et omnes feminas virgines reservate vobis ; +19. et manete extra castra septem die- bus. Qui occiderit hominem, vel occi- sum tetigerit, lustrabitur die tertio et se- ptimo. +20. Et de omni prseda, sive vestimen- tum fuerit, sive A^as, et aliquid in uten- silia prœparatum, de caprarum pellibus, et pilis, et ligno, expiabitur, +21. Eleazar quoque sacerdos, ad viros exercitus qui pugnaverant, sic locutus est : Hoc est prœceptum legis, quod mandavit Dominus Moysi. +22. Aurum, et argentum, et aes, et fer- rum, et plumbnm, et stannum, +tout ce qu'ils avaient pris, tant les hommes que les animaux , +12. ils les présentèrent à Moïse, au grcmd -Tpi'ètve Eléazar et à toute la mul- titude des enfants d'Israël , et ils por- tèrent au camp, dans la plaine de Moab, le long du Jourdain, vis-à-vis de Jéri- cho, tout le reste de ce qu'ils avaient pris qui pouvait servir à quelque usage. +13. Moïse, le grand-ipi-ëtvQ Eléazar, et tous les princes de la synagogue sor- tirent donc au-devant d'eux hors du camp. +14. Et Moïse s'irrita contre les princi- paux officiers de l'armée, contre les tri- buns et les centurions qui venaient du combat, +15. et il leur dit : Pourquoi avez- vous sauvé les femmes ? +16. Ne sont -ce pas elles qui ont sé- duit les enfants d'Israël, selon le con- seil de Balaam, et qui vous ont fait violer la loi du Seigneur par le péché commis à Phogor, qui attira la plaie dont le peuple fut frappé? +17. Tuez donc tous les mâles, d'entre les enfants même, et faites mourir les femmes dont les hommes se sont appro- chés ; +18. mais réservez pour vous toutes les jeunes filles et toutes les autres qui sont vierges , +19. et demeurez sept jours hors du camp. Celui qui aura tué un homme, ou qui aura touché à un homme qu'on aura tué, se purifiera le troisième et le sep tième jour. +20. Vous purifierez aussi tout le bu- tin, les vêtements, les vases, et tout ce qui peut être à quelque usage, soit qu'il soit fait de peaux, ou de poils de chèvre, ou de bois. +21. Le <7ra/2fZ -prêtre Eléazar parla aussi en ces termes aux gens de l'armée qui avaient combattu : Voici ce qu'or- donne la loi que le Seigneur a donnée à MoÏKe. +22. Que l'or, l'argent, l'airain, le fer, le plomb et Fêtai n, +tirât, sortes de douars à la façon nomade. — Acl- duxerunt ad Moysen (vers. 12) : pour qu'il dé- cidât du sort des prisonniers et des troupeaux, vers. 13 et ss. +2° Le sort dos captifs; purification des com- battants et du butin. XXXI, 13-24. +13-18. Moïse règle le sort des captifs. — Cur feminas...? Les chefs de rcxpédition n'auraicnt- îls pas dû coniprendi-e d'eux-mêmes qu'ayant été la Ciiuse de la récente apostasie d'Israël +(xxv, 1 et ss.), elles ne pouvaient pas être épar- gnées? — Puellas servaic. Bientôt après, Dcut. XXI, 10-14, et probablement à cette occasion, une loi spéciale fut promulguée pour réglemen- ter les mariages entre les Israélites et les captives de ce genre. +10-20. Moïse ordonne une lustration générale des combattants (19) et du butin (20). +21-24. Détails complémentaires sur la lustration du butin. — Eleazar quoque... Ce fut lui qui dé- +NuM. XXXI, 23-3G. +537 +23. et tout ce qui peut passer par les flammes, soit purifié par le feu; et que tout ce qui ne peut souffrir le feu soit sanctifié par l'eau d'expiation. +24. Vous laverez vos vêtements le septième jour, et, après avoir été puri- fiés, vous rentrerez dans le camp. +25. Le Seigneur dit aussi ii Moïse : 26- Faites un dénombrement de tout +ce qui a été pris, depuis les hommes jusqu'aux bêtes, vous, le ^?*«?zc?- prêtre Elcazar et les princes du peuple ; +27. et partagez le butin également entre ceux qui ont combattu, et qui ont été à la guerre, et tout le reste du peuple. +28. Vous séparerez aussi la part du Seigneur, prise sur le butin de ceux qui ont combattu et qui ont été à la guerre. De cinq cents hommes, ou bœufs, ou ânes, ou brebis, vous en prendrez un, +29. que vous donnerez au (jrrancZ-prêtre Éléazar, parce que ce sont les prémices du Seigneur. +30. Quant à l'autre moitié du butin, qui appartiendra aux enfants d'Israël, de cinquante hommes, ou bœufs, ou ânes , ou brebis , ou autres animaux , quels qu'ils soient, vous en prendrez un que vous donnerez aux lévites qui veillent à la garde et aux fonctions du taber- nacle du Seigneur, +31. Moïse et Éléazar firent donc ce que le Seigneur avait ordonné. +32. Et on trouva que le butin que l'armée avait pris était de six cent soixante- quinze mille brebis, +33. de soixante -douze mille bœufs, +34. de soixante et un mille ânes, +35. et de trente -deux mille personnes du sexe féminin, qui étaient demeurées vierges. +36. La moitié fut donnée à ceux qui +23. et omne quod potest transire per flammas, igné purgabitur; quidquid au- tem ignem non potest sustinere, aqua expiationis sanctificabitur. +24. Et lavabitis vestimenta vestra die septimo ; et purificati postea castra intra- bitis. +25. Dixit quoque Dominus ad Moysen : +26. Tollite summam eorum quse capta sunt, ab homine usque ad pecus, tu et Eléazar sacerdos , et principes vulgi ; +27. dividesqueex aequo prsedam, inter eos qui pugnaverunt egressique sunt ad bellum, et inter omnem reliquam mul- titudinem. +28. Et separabis partem Domino ab his qui pugnaverunt et fuerunt in bello, unam animam de quingentis, tam ex hominibus quam ex bobus et asinis et ovibus, +29. et dabis eam Eleazaro sacerdoti, quia primitiae Domini sunt. +30. Ex média quoque parte filiorum Israël accipies quinquagesimum caput hominum, et boum, et asinorum, et ovium, cunctorum animantium, et dabis ea levitis, qui excubant in custodiis ta- bernaculi Domini. +31. Feceruntque Mo3^ses et Eléazar, sicut prœceperat Dominus. +32. Fuit autem prseda, quam exercitus ceperat, ovium sexcenta septuaginta quin- que millia, +33. boum septuaginta duo millia, +34. asinorum sexaginta millia et mille ; +35. animée hominum sexus feminei, quse non cognoverant viros, triginta duo millia. +36. Dataque est média pars his qui in +termina, en sa qualité de grand prêtre, les rites spéciaux à emploj'er : le feu et l'eau, selon la nature des objets h purifier. +30 Partage du butin. XXXI, 25-47. +'.i5-30. Dieu fixe lui-même les conditions du j)artage. — l'olhte summam. L'inventaire, afin de faciliter la répartition. — Divides... Deux parts égales (ex aquo n'est pourtant pas dans le texte), dont l'une appartiendra aux membres de l'expé- dition, l'autre au reste du peuple. Il était juste que ceux qui avaient supporté les fatigues et les dangers de la lutte eussent une part plus consi- dérable ; d'un autre côté, Jéhovah, qui avait remporté personnellement la victoire (cf. vers. 43), veut que tous ses guerriers sans exception par- ticipent aux dépouilles. Cf. Jos. xxii, 8. — Se- +parabis... Sur la première moitié, on prélèvera la part du Seigneur, dont il fait présent à ses lirêti'es (daMs Eleazaro...) : unair>... de quin- gentis, par conséquent la 500e jiartie ; c.-à-d., d'après les cliiffrcs cités au.x vers. 32-S5, 32 jeunes captives, 675 brebis, 72 bœufs, Gl ânes. — Ex... parte filiorum... Sur cette seconde moitié du butin, on prélèvera la part des Lévites, plus considérable parce qu'ils étaient beaucoup plus nombreux que les prêtres : en tout, le 2 p. 100 (quinquagesimum...) ', c.-à-d., d'après les chiffres des vers, 43-46, 320 captives, G 750 brebis, 720 bœufs, 610 ânesses. +31 - 47. Le partage est effectué conformément aux ordres du Seigneur. +538 +NuM. XXXI, 37-51. +prœlio f uerant , ovium trecenta triginta septem millia quingentœ , +37. e quibus in partem Domini sup putatcT simt oves sexcentse septiiaginta quinque ; +38. et de bobus triginta sex millibus, boves' septiiaginta et duo ; +39. de asinis triginta millibus quin- gentis, asini sexaginta unus; +40. de animabus liominum sedecim millibus, cesserunt in partem Domini triginta duœ animse. +41. Tradiditque iloyses numerum pri- mitiarum Domini Eleazaro sacerdoti, sicut fuerat ei impeiatum, +42. ex média parte filiorum Israël, quam separaverat his qui in prselio f ue- rant. +43. De média vero parte quse contige- rat reliquse multitudini, id est de ovibus trecentis triginta septem millibus quin- gentis, +44. et de bobus triginta sex milli- bus, +45. et de asinis triginta millibus quin- gentis, +46. et de hominibus sedecim milli- bus, +47. tulit Moyses quinquagesimum ca- put, et dédit levitis, qui excubabant in tabernaculo Domini, sicut prseceperat Dominus. +48. Cumque accessissent principes exer- citus ad Moj'^sen, et tribuni, centuriones- que, dixerunt : +49. Nos servi tiji recensuimus nume- rum pugnatorum, quos habuimus sub manu nostra ; et ne unus quidem defuit. +50. Ob hanc causam ofïerimus in do- nariis Domini singuli quod in preeda auri potuimus invenire, periscelides et armil- las , annulos et dextralia , ac murœnulas, ut deprecvjris pro nobis Dominum. +51. Susceperuntque Moyses, et Eleazar sacerdos, omne aurum in diversis spe- ciebus, +avaient combattu, savoir : trois cent trente -sept mille cinq cent brebis, +37. dont on réserva pour la part du Seigneur six cent soixante - quinze bre- bis; +38. trente - six mille bœufs , dont soixante -douze furent réservés; +39. trente mille cinq cents ânes, dont soixante et \m. furent réservés; +40. et seize mille personnes, dont trente -deux furent réservées pour la part du Seigneur. +41. Moïse donna au grrawc?- prêtre Eléazar, selon qu'il lui avait été com- mandé, le nombre des prémices du Sei- gneur, +42. qu'il tira de la moitié du butin des enfants d'Israël, mise à part pour ceux qui avaient combattu. +43. Quant à l'autre moitié du butin qui fut donnée au reste du peuple, et qui se montait à trois cent trente -sept mille cinq cents brebis, +44. trente -six mille bœufs, +45. trente mille cinq cents ânes , +46. et seize mille personnes, +47. Moïse en prit la cinquantième partie, qu'il donna aux lévites qui veil- laient à la garde et aux fonctions du tabernacle du Seigneur, selon que le Seigneur l'avait ordonné. +48. Alors les principaux officiers de l'armée, les tribuns et les centurions vinrent trouver Moïse, et lui dirent : +49. Nous avons compté, nous qui sommes vos serviteurs, tous les soldats que nous commandions, et il ne s'en est pas trouvé un seul qui manquât. +50. C'est pourquoi nous apportons cha- cun en offrande au Seigneur ce que nous avons pu trouver d'or dans le butin , chaînettes, bagues, anneaux, bracelets et colliers, afin que vous offriez pour nous vos prières au Seigneur. +51. Moïse et le ^rawcZ- prêtre Eléazar reçurent donc des tribuns et des centu- rions tout l'or en diverses espèces. +4» Dons volontaires offerts à Dieu par les chefs de l'expédition. XXXI, 48-54. +48-50. La reconnaissance, motif de cette of- frande spéciale. — Tribuni. Hébr. : les chefs de mille. — Ne uvus quidem... Pas un des douze mille combattants ne manquait à l'appel, ce qui ne pouvait s'expliquer que par une protection +toute miraculeuse du ciel. — reriseelides : les anneaux précieux, souvent munis de chaînettes, que les Orientaux portent au - dessus du pied {Atl. archéol., pi. vi, flg. 15-17 ; pi, vu, flg. 14-15), 51-54, Moïse et Eléazar acceptent ces présents au nom de Jéhovah. — Sedecim millia... Si le sicle d'or valait 43 fr, 50, la somme entière était +NuM. XXXI, 52 — XXXII, 5. +539 +52. qui pesait seize mille sept cent cinquante sicles. +53. Car chacun avait eu pour soi le butin qu'il avait pris. +54. Et ayant reçu cet or, ils le mirent dans le tabernacle du témoignage, pour être un monument des enfants d'Israël devant le Seigneur. +52. pondo sedecim millia septingentos quinquaginta siclos, a tribunis et centu- rionibus. +53. Unusquisque enim quod in praeda rapuerat, suum erat. +54. Et susceptum intulerunt in taber- naculum testimonii, in raonimentum fi- liorum Israël coram Domino. +CHAPITRE XXXII +1. Or les enfants de Ruben et de Gad avaient un grand nombre de troupeaux, et ils possédaient en bétail des richesses infinies. Voyant donc que les terres de Jazer et de Galaad étaient propres à nourrir des bestiaux, +2. ils vinrent trouver Moïse, et Eléa- zar le grand -Y>rêtTe, et les princes du peuple, et ils leur dirent : +3. Ataroth, Dibon, Jazer, Nemra, Hé- sébon, Eléalé, Saban, Nébo et Béon, +4. toutes terres que le Seigneur a ré- duites sous la domination des enfants d'Israël, sont un pays très fertile et propre à nourrir le bétail ; et nous avons, nous vos serviteurs, beaucoup de trou- peaux. +5. Si nous avons donc trouvé grâce devant vous, nous vous supplions de nous donner la possession de cette terre, à nous vos serviteurs, sans que vous nous fassiez passer le Jourdain. +1. Filii autem Ruben et Gad habebant pecora multa, et erat illis in jumentis infinita substantia. Cumque vidissent Jazer et Galaad aptas animalibus alen- dis terras, +2. venerunt ad Moysen , et ad Eleaza- rum sacerdotem, et principes multitu- dinis, atque dixerunt : +3. Ataroth, et Dibon, et Jazer, et Nemra, et Hesebon, et Eleale, et Saban, et Nebo, et Beon, +4. terra, quam percussit Dominus in conspectu filiorum Israël, regio uberrima est ad pastum animalium; et nos, servi tui, habemus jumenta plurima; +5. prsecamurque , si invenimus gra- tiam coram te, ut des nobis, famulis tiiis, eam in possessionem, nec facias nos trans- ire Jordanem. +de 728 625 fr. Il n'y a rien de surprenant en cela, les tribus nomades de l'Orient, et surtout les Madianites (Jud. viii, 26), ayant un goût extrême l^our les riches parures d'or. +§ II. — Le territoire conquis au delà du Jour- dain est assigné à plusieurs tribus. XXXII, 1-42. +10 Requête des tribus de Ruben et de Gad. XXXII, 1-5. +Chap. XXXII. — 1-2. Introduction et transi- tion. — Ruben et Gad... Ces deux tribus avaient marché et campé l'une près de l'autre durant de longues années (cf. ii, 10, 14); il était naturel qu'elles désirassent n'êti'e plus séparées. — Pecora multa. Les mots et erat illis... sont une para- phrase du traducteur. — Jazer et Galaad. Litté- ralement : La terre de Jazer et la terre de Ga- laad. Sur la ville de Jazer, voyez la note de xxi, 32 ; le district auquel elle donnait son nom paraît avoir correspondu au Belqà moderne; de même que la province de Galaad , qui s'étendait au sud et au nord du Jaboc, est assez bien représentée +par le Djebel Adschlûn (.Atl. géogr. , pi. vn ei XII ) : le tout forme un plateau ondulé, bien arrosé, couvert encore de gras pâturages et çà et là de belles forêts. « C'est le paradis des no- mades, » écrivent les voyageurs qui ont visité cette contrée. Et les Bédouins disent par manière de proverbe : « Tu ne saurais trouver un pays comme le Belqâ. » Il n'est pas étonnant que les Rubénites et les Gadites aient trouvé ces terres aitas ani- malibus alendis, et qu'ils les aient aussitôt con- voitées. +3-5. La requête proprement dite (5), précédée des motifs qui l'appuyaient (3-4). — Ataroth... Sur ces villes et leur situation, voyez le com- mentaire des vers. 34-38. Saban sera alors appelée « Sabama » ; Nemra, « Bethnemra » ; Beo7i, « Beth- meon » : variantes d'orthographe et noms plu^ complets. — Des nobis... Demande d'une instal- lation immédiate dans le district convoité. Par suite, nec facias... translre... ; ce qui, pris à la lettre, signifiait qne les suppliants désiraient ne prendre aucune part h la conquête de la Palestine proprement dite. +540 +NuM. XXXII, 6-16. +6. Quibus respondit Moyses : Num- quid fratres vestri ibunt ad pugnam, et vos hic sedebitis? +7. Cur subveititis mentes filiorum Is- raël, ne transire audeant in locum quem eis daturus est Dominas? +8. Nonne ita egcrunt patres vestri, quando misi de Cadesbarne ad explo- randam terram? +9. Cumque venissent usque ad vailera Botri, lustrata omni regione, subverte- runt cor filiorum Israël, ut non intrarent fines, quos eis Dominus dédit. +10. Qui iratus juravit, dicens : +11. Si videbunt liomines isti, qui as- cenderunt ex'^gypto, a viginti annis et supra, terram, quam sub juramento pol- licitus sum Abraham, Isaac, et Jacob; et noluerunt sequi me, +12. praeter Caleb, filium Jephone, Ce- nezseum, et Josue, filium Nun ; isti im- pleverunt voluntatem meam. +13. Iratusque Dominus adversum Is- raël, circumduxit eum per desertum quadraglnta annis, donec consumeretur universa generatio, quse fecerat malum in conspectu ejus. +14. Et ecce, inquit, vos surrexistis pro patribus vestris, incrementa et alumni hominum peccatorum, ut augeretis fu- rorem Domini contra Israël. +15. Quod si nolueritis sequi eum, in solitudine populum derelinquet, et vos causa eritis necis omnium. +16. At illi prope accedentes,dixerunt : Gaulas ovium f abricabimus , et stabula juraentorura , parvulis quoque nostris urbes munitas ; +6. Moïse leur répondit : Vos frères iront -ils au combat pendant que vous demeurerez ici en repos? +7. Pourquoi découragez -vous les es- prits des enfants d'Israël, afin qu'ils n'osent passer dans le pays que le Sei- gneur doit leur donner ? +8. N'est-ce pas ainsi qu'ont agi vos pères, lorsque je les envoyai de Cades- barne pour considérer ce pays? +9. Car étant venus jusqu'à la vallée de la Grappe de raisin , après avoir con- sidéré tout le pays, ils jetèrent la fraj^eur dans le cœur des enfants d'Israël, pour les empêcher d'entrer dans la terre que le Seigneur leur avait donnée. +10. Et le Seigneur fit ce serment dans sa colère : +11.^ Ces hommes, dit-il, qui sont sortis de l'Egypte depuis l'âge de vingt ans et au-dessus, ne verront point la terre que j'ai promise avec serment à Abraham, à Isaac et à Jacob, parce qu'ils n'ont point voulu me suivre ; +12. excepté Caleb, fils de Jéphoné le Cénézéen , et Josué, fils de Nun, qui ont accompli ma volonté. +13. Et le Seigneur, s'étant irrité contre Israël, l'a fait errer par le désert pen- dant quarante ans, jusqu'à ce que toute cette race d'hommes, qui avait ainsi péché en sa présence, fût entièrement éteinte. +14. Et maintenant, ajouta Moïse, vous avez succédé à vos pères comme des en- fants et des rejetons d'hommes pécheurs, pour augmenter encore la fureur du Sei- gneur contre Israël. +15. Que si vous ne voulez point suivre le Seigneur, il abandonnera le peuple dans ce désert, et vous serez la cause de la mort de tout ce peuple. +16. Mais les enfants de Ruhen et de Gad, s'approchant de Moïse, lui dirent : Nous ferons des parcs pour nos brebis et des étables pour nos troupeaux, et nous bâtirons des villes fortes pour y mettre nos ])etits enfants ; +20 Graves représentations de Moïse. XXXII, 6-15. +6-7. Cet égoïsme et ce manque de patriotisme blessèrent vivement Moïse, comme l'indique le ton ému de sa réponse. — Les autres tribus iraient ad pugnam, tandis que Gad et Ruben jouiraient tranquilles de leur tcrritoii'e (seclebi- iis)7 Contraste ironique. — Cur subvertitis... : dans le sens de troubler, décourager. Le reste du peuple, se voyant afî;iibli, aurait moins d'en- train pour supporter les peines de la conquête. +8-15. Rapprochement historique, pour mieux faire ressortir la faute des Rubénites et le dan- ger auquel ils s'exposent. — Nonne ita... Vo3-cz les chap. xnr et xiv. — Incrementa ( rejetons ) et alumni... Grande vigueur dans cette appli- cation. +3° Arrangement conclu entre Moïse et les sup- pliants. XXXII, 16-32. +Scène tout à fait solennelle. +16-19. Réjionse des fils de Rubon et de Gad ù l'objection de Moïse. -— Prope accedentes est ui\ +NuM. XXXII, 17-27. +541 +17. mais, pour nous, nous marcherons armés et prêts îi combattre à la tête des enfants d'Israël, jusqu'à ce que nons les ayons mis en possession des lieux ou ils doivent s'étahlir. Cependant nos petits enfants demeureront dans les villes ceintes de murailles, avec tout ce que nous pouvons avoir de bien, afin qu'ils ne soient point exposés aux embûche^ des gens du pays. +18. Nous ne retournerons point dans nos maisons, jusqu'à ce que les enfants d'Israël possèdent la terre qui doit être leur héritage ; +19. et nous ne demanderons point de part au delà du Jourdain, parce que nous possédons déjà la nôtre dans le pays qui est à l'orient de ce fleuve. +20. Moïse leur répondit : Si vous êtes résolus à faire ce que vous promettez, marchez devant le èeigneur tout prêts à combattre ; +21. que tous ceux d'entre vous qui peuvent aller à la guerre passent le Jourdain en armes, jusqu'à ce que le Seigneur ait détruit ses ennemis , +22. et que tout le pays lui soit assu- jetti ; et alors vous serez irréprochables devant le Seigneur et devant Israël , et vous posséderez, avec l'assistance du Seigneur, les terres que vous désirez. +23. Mais si vous ne faites point ce que vous dites, il est indubitable que vous pécherez contre Dieu ; et ne dou- tez pas que votre péché ne retombe sur vous. +24. Bâtissez donc des villes pour vos petits enfants, et faites des parcs et des étables pour vos brebis et pour vos troupeaux, et accomplissez ce que vous avez promis. +25. Les enfants de Gad et de Ruben répondirent à Moïse : Nous sommes vos serviteurs , nous ferons ce que notre sei- gneur nous commande. +26. Nous laisserons dans les villes de Galaad nos petits enfants, nos femmes, nos troupeaux et nos bestiaux ; +27. et quant à nous, vos serviteurs, +17. nos autem ipsi armati et accincti pergemus ad praelium ante filios Israël, donec introducamus eos ad loca sua. Par- vuli nostri, et quidquid liabere possumus, erunt in urbibus muratis, propter habi- tatorum insidias. +18. Non revertemur in domos nostras, usque dum possideant filii Israël heredi- tatem suam ; +19. nec quidquam quaeremus trans Jordanem, quia jam habemus nostram possessionem in orientali ejus plaga. +20. Quibus Moyses ait : Si facitis quod promittitis, expediti pergite coram Do- mino ad pugnam ; +21. et omnis vir bellator armatus Jor- danem transeat, donec subvertat Domi- nas inimicos suos, +22. et subjiciatur ei omnis terra; tune eritis inculpabiles apud Domirmm et apud Israël, et obtinebitis regiones, quas vultis, coram Domino. +23. Sin autem quod dicitis non fece- ritis, nulli dubium est quin peccetis in Deum ; et scitote quoniam peccatum ve- strum apprehendet vos. +24-. ^dificate ergo urbes parvulis ve- stris , et caulas et stabula ovibus ac jumentis; et quod polliciti estis im- piété. +25. Dixeruntque filii Gad et Ruben ad Moyseri : Servi tui sumus, faciemus quod jubet dominus noster. +26. Parvulos nostros, et mulieres, et pecora, ac jumenta relinquemus in ur- bibus Galaad ; +27. nos autem, famuli tui , omnes ex- +trait pittoresque. — Caulas ovium. Ces parcs, dans l'Orient biblique, consistent d'ordinaire en murs secs. — Urbes munitas : pour mettre leui-s familles et leurs biens à l'abri d'un coup de inain. Ces villes fortes étaient sans doute celles qu'on a fait conquises sur les Araorrhéens (xxii, 25), et il n"y avait qu'à les réparer. — Nos autem... ante... : ils marcheront les premiers au combat. Langage courageux, pour effacer la mauvaise +impression produite par la forme qu'ils avaient donnée à leur requête, vers. 5. +20-24. Moïse accepte, à ces conditions. —Per- gite coram Domino. C.-à-d. devant l'arche, qui représentait le Seigneur dans l'armée théocra- tique. +25-27. Les deux tribus renouvellent leurs pro- messes. +542 +NuM. XXXII, 28-36. +pediti pergemus ad bellum, sicut tu, domine, loqueris. +28. Pr£ecepit ergo Moyses Eleazaro sa- cerdoti,et Josue, lilio Nun, et principibus familiarurn per tribus Israël, et dixit ad eos : +29. Si transierint filii Gad et filii Ru- ben vobiscum Jordanem omnes armati ad bellum coram Domino, et vobis fuerit terra subjecta, date eis Galaad in pos- sessionem. +30. Sin autem noluerint transira ar- mati vobiscum in terram Chanaan, inter vos habitandi accipiant loca. +31. Responderuntque filii Gad, et filii Ruben : Sicut locutus est Dominus servis suis , ita faciemus. +32. Ipsi armati pergemus coram Do- mino in terram Chanaan ; et possessio- nem jam suscepisse nos confitemur trans Jordanem. +33. Dédit itaque Moyses filiis Gad et Ruben, et dimidise tribui Manasse , filii Joseph, regnum Sehon régis Amorrhaei, et regnum Og, régis Basan, et terram eorum cum urbibus suis per circuitum. +34. Igitur exstruxerunt filii GadDibon, et Ataroth , et Aroer , +35. et Etroth, et Sophan, et Jazer, et Jegbaa, +o6. et Bethnemra, et Betharan, urbes munitas, et caulas pecoribus suis. +nous irons tous à la guerre, prêts à combattre, comme vous, seigneur, nous le commandez. +28. Moïse donna donc cet ordre au grand prêtre Éléazar, à Josué , fils de Nun, et aux princes des familles dans chaque tribu d'Israël, et leur dit : +29. Si les enfants de Gad et les en- fants de Ruben passent tous le Jourdain, et vont en armes avec vous pour com- battre devant le Seigneur, après que le pays vous aura été assujetti, donnez- leur Galaad, afin qu'ils le possèdent comme leur propre héritage. +30. Mais s'ils ne veulent pas passer avec vous en armes dans la terre de Chanaan, qu'ils soient obligés de prendre au milieu de vous le lieu de leur de- meure. +31. Les enfants de Gad et les enfants de Ruben répondirent : Nous ferons ce que le Seigneur a dit à ses serviteurs. +32. Nous marcherons en armes devant le Seigneur dans le pays de Chanaan; et nous reconnaissons avoir déjà, reçu de ce côté du Jourdain la terre que nous devions posséder. +33. Moïse donna donc aux enfants de Gad et de Ruben, et à la moitié de la tribu de Manassé, fils de Joseph, le royaume de Séhon , roi des Amorrhéens, et le ro3^aume d'Og, roi de Basan, et leur pays, avec toutes les villes qui y sont comprises. +34. Les enfants de Gad rebâtirent en- suite les villes de Dibon, d' Ataroth, d'Aroër,^ +35. d'Etroth, de Sophan, de Jazer, de Jegbaa, +36. de Bethnemra et de Betharan , villes fortifiées ; et ils firent des étables pour leurs troupeaux. +28-30. Moïse en prend acte devant les chefs du peuple , et annule la donation au cas où elles ne seraient pas tenues. +31-32. Troisième réitération de l'engagement conclu. +40 Installation d'une partie d'Israël dans les contrées transjordaniennes. XXXII, 33-42. +33. Le fait, exposé sommairement. — Dédit itaque... Le narrateur ajoute ici : dimidice tribui Manasse, quoiqu'il n'eût pas été question de cette tribu dans le cours du récit. Les vers. 39-42 expliquent ce trait. Une partie notable de la tribu de Manassé était alors occupée à conquérir plu- sieurs districts de Galaad et de Basan : elle avait donc sur ces territoires un droit spécial, dont Moïse voulut tenir compte. +34-3G. L'installation de Gad. — Exstruxerunt. +Dans le sens de réparer, fortifier (voyez la note du vers. 16). Plusieurs des villes qui ont été nommées existaient , en effet , depuis quelque temps. Cf. XXI, 30, 32. Il n'est pas possible de les identifier toutes avec certitude ; voici du moins ce qui parait le plus sûr. Dibon, la Dhibâri ac- tuelle, un peu au nord de l'ouadi Modjib (note de XXI, 30). Ataroth, aujourd'hui Attàrus, légè- rement au sud de la colline isolée qui porte le même nom, et au nord -ouest de Dibon. Aroer, ou Arâ'ir, au sud de Dibon et presque sur les bords de l'Arnon. Etroth et Sophan, ne forment qu'une seule ville dans le texte i'Atrôt Sô/an, surnom ajouté pour distinguer cet Atroth d'A- taroth , vers. 34 ) : localité inconnue. Jegbaa : ])eut-êtrc sur l'emplacement des ruines de Djé- beiha, ù deux heures au nord d'Amman. Bttk- +NuM. XXXII, 37 — XXXIII, 3. +543 +37. Les enfants de Ruben rebâtirent aussi Hésébon, Eléalé, Cariathaïm , +38. Nabo, Baalméon et Sabama, en changeant leurs noms, et donnant des noms nouveaux aux villes qu'ils avaient bâties. +39. Et les enfants de Machir, fils de Manassé, entrèrent dans le pays de Ga- laad et le ravagèrent, après avoir tué les Amorrhéens qui l'habitaient. +40. Moïse donna donc le pays de Ga- laad à Machir, fils de Manassé, et Ma- chir y demeura. +41. Jaïr, fils de Manassé, étant entré ensuite dans le pays, se rendit maître de plusieurs bourgs, qu'il appela Ha- voth-Jaïr, c'est-à-dire les bourgs de Jaïr, +42. Nobé y entra aussi, et prit Ca- nath, avec tous les villages qui en dé- pendaient; et il lui donna son nom, l'appelant Nobé. +37.Filii vero Ruben sedificaverunt He- sebon, et Eleale, et Cariathaim , +38. et Nabo , et Baalméon versis nomi- nibus, Sabama quoque, imponentes vo- cabula urbibus quas exstruxeraut. +39. Porro filii Machir, filii Manassé, perrexerunt in Galaad, et vastaverunt eam, interfecto Amorrhaeo habitatore ejus. +40. Dédit ergo Moyses terram Galaad Machir, filio Manassé, qui habita vit in ea. +41. Jair autem , filius Manassé, abiit et occupa vit vicos ejus, quos appellavit Havoth-Jair, id est, villas Jair. +42. Nobe quoque perrexit, et appre- hendit Chanath cum viculis suis ; voca- vitque eam ex nomine suo Nobe. +CHAPITRE XXXIII +1. Voici les stations des enfants d'Is- raël, après qu'ils furent sortis de l'E- gypte en plusieurs troupes, sous la con- duite de Moïse et d'Aaron ; +2. Moïse les nota selon les lieux de campement des Hébreux, qu'ils chan- geaient par le commandement du Sei- gneur. +3. Les enfants d'Israël étant donc +1. Hae sunt mansiones filiorum Israël, qui egressi sunt de ^gypto per turmas suas in manu Moysi et Aaron ; +2. quas descripsit Moyses juxta castro- rum loca, quse Domini jussione muta- bant. +3. Profecti igitur de Ramesse mense +nemra et Beiharan étaient situées dans les steppes de Moab; celle-ci au sud, celle-là au nord {AU. géogr., pi. vu et xii). +37-38. L'installation de Ruben. — Les noms des villes sont plus connus et paraissent indiquer une agglomération plus compacte que celle des Gadites. Sur Eeseion, voyez la note de xxi, 25. Eleale, aujourd'hui El 'Al, à une demi-heure au nord d'Hesbon. Cariathaim, peut-être Qureiyât, au sud d'Ataroth. Nabo, la Nébâ actuelle, sur le Phasga (voyez xxi, 20, et le commentaire). Baalméon , aujourd'hui Ma'în, au nord de l'ouadi Habis , affluent du Zerlsa Main. Sabama fut cé- lèbre plus tard pour ses vins, Is. xvi, 8. — Versis nominibus : à cause des souvenirs païens que ra})pelaient plusieurs de ces anciens noms. +39-41. Installation de la demi-tribu de Manassé. — Par filii Machir il faut entendre les descen- dants de ce personnage. — Perrexerunt, vastave- runt : dans le sens du plus-que-parfait. — Jair descendait de Machir par sa mère. Sur ses exploits, voyez Deut. ni, 14. Nobe n'est pas mentionnée ailleurs dans la Bible. Canath, la Canatha de la période gréco- romaine, la Qennouât actuelle, +aux belles ruines , dans le district du Ledjah, sur le versant occidental du Djebel Hamân (voyez VAtl. géogr., pi. xii; Chauvet et Isambert, Syrie, Palestine, pp. 541 et ss.). +§ III. — Liste des campements des Hébreux depuis la sortie d'Egypte. XXXIII, 1-49. +Conclusion très naturelle de l'histoire des péré- grinations d'Israël entre l'Egypte et la Terre promise. Voyez VAtl. géogr., pi. v et vu; L. de Laborde, Commentaire géographique sur l'Exode et les Nombres; Chauvet et Isambert, Syrie, Palestine, pp. 1-80. +1° De Ramsès au Sinaï. XXXIII, 1-9. +Douze stations, dont deux n'avaient pas été signalées dans l'Exode , celles de Daphca et d'Alus (vers. 13-14). +Chap. XXXIII. — 1-2. Titre général. — Hce... mansiones. La présente liste en compte quarante- deux. — Qu(je Domini jussione... L'hébreu paraît plutôt signifier que Moïse écrivit cette liste sur un commandement exprès du Seigneur. +3-5. La sortie d'Egypte. Cf. Ex. xu, 37-42. +544 +NuM. XXXIII, 4-20. +primo, quintadecima die mensis primi, altéra die Phase, filii Israël in manu ex- celsa, videntibus cunctis ^^gyptiis +4. et sepelientibiis primogenitos, quos percusserat Dominus (nam et in diis eorum exercuerat ultionem), +5. castrametati siint in Soccoth. +6. Et de Soccoth venerunt in Etham, quse est in extremis finibus solitudinis. +7. Inde egressi venerunt contra Phi- hahiroth, quœ respicit Beelsephon, et castrametati sunt ante Magdalum. +8. Profectique de Phihahiroth, trans- ierunt per médium mare in solitudinem ; et ambulantes tribus diebus per deser- tum Etham, castrametati sunt in Mara. +9. Profectique de Mara, venerunt in Elim, ubi erant duodecim fontes aqua- rum , et palmse septuaginta ; ibique ca- strametati sunt. +10. Sed et inde egressi, fixerunt ten- toria super mare Rubrum. Profectique de mari Rubro, +11. castrametati sunt in deserto Sin. +12. Unde egressi, venerunt in Daphca; +13. profectique de Daphca, castrame- tati sunt in Alus ; +14. egressi que de Alus, in Raphidim fixere tentoria, ubi populo defuit aqua ad bibendum ; +15. profectique de Raphidim, castra- metati sunt in deserto Sinai. +16. Sed et de solitudine Sinai egressi, venerunt ad Sepulcra concupiscentiœ ; +17. profectique de Sepulcris concupi- scentise, castrametati sttnt in Haseroth ; +18. et de Haseroth venerunt in Reth- ma ; +19. profectique de Rethma , castrame- tati sunt in Remmonphares ; +20. unde egressi , venerunt in Lebna ; +partis de Ramessé, le quinzième jour du premier moi-^, le lendemain de la Pàque, par un effet de la main puissante du Seigneur, à la vue de tous les Égyp- tiens +4. qui ensevelissaient leurs premiers - nés, que le Seigneur avait frappés (car il avait exercé sa vengeance sur leurs dieux mêmes), +5. allèrent camper à Soccoth. +6. De Soccoth ils vinrent à Etham, qui est, à l'extrémité du désert. +7. Etant sortis de là, ils vinrent vis- à-vis de Phihahiroth, qui regarde Beel- sephon, et ils campèrent devant Magda- lum, +8. De Phihahiroth, ils passèrent par le milieu de la mer dans le désert; et, ayant marché trois jours par le désert d'Etham , ils campèrent à Mara. +9. De Mara ils vinrent à Elim, où il y avait douze sources d'eaux et soixante- dix palmiers : et ils y campèrent. +10. Étant partis de là, ils allèrent dresser leurs tentes près de la mer Rouge. Et étant partis de la mer Rouge, +11. ils campèrent dans le désert de Sin. +12. De Sin, ils vinrent à Daphca. +13. De Daphca, ils vinrent camper à Alus. +14. Et étant sortis d'Alus, ils vinrent dresser leurs tentes à Raphidim, où le peuple ne trouva point d'eau pour boire. +15. De Raphidim, ils vinrent camper au désert de Sinaï. +16. Etant sortis du désert de Sinaï, ils vinrent aux Sépulcres de concupis- cence. +17. Des Sépulcres de concupiscence, ils vinrent camper à Haseroth. +18. De Haseroth, ils vinrent à Rethma. +19. De Rethma, ils vinrent camper à Remmonphares, +20. d'où, étant sortis, ils vinrent à Lebna. +6-15, De Soccoth au Sinaï. Cf. Ex. xin, 20- XIX, 2. +2« Du Sinaï à Cadès, XXXIII, 16-36. +Vingt et une stations. Toutes celles qui sont mentionnées à partir de Rethma (vers. 18) jus- qu'à Asiongaber ( vers. 35 ) n'ont pas encore été nommées. +16-18. Du Sinaï à Cadès. Cf. x, 11-xiii, 27. — Btthma : sans doute l'ouadi Abou Ketraat, situé à l'ouest et à peu de distance de Cadès +(AU. géogr., pi. v). Ce voisinage et la mention do Haseroth immédiatement avant Rethma semblent donner raison aux interprètes qui identifient Rethma et Cadès. Comp. xiii, 1, 26, où la station de Haseroth précède inimédiatcmont aussi celle de Cadès. +19-36, De Cadès à Cadès, Cf, xx, 1, et l'expli- cation, — C'est ici surtout que l'on peut dire : « La route suivie par les Hébreux a été l'objet de longues recherches et de discussions qui n'ont +NuM. XXXIII, 21-40. +545 +21. De Lcbna, ils allèrent camper à +Ressa. +22. Et étant partis de Ressa, ils vinrent à Céélatha. +23. De là, ils vinrent camper au mont Sépher. +24. Et ayant quitté le mont Sépher, ils vinrent à Arada. +25. D'Arada, ils vinrent camper à IMacéloth. +26. Et étant sortis de Macéloth, ils vinrent à Thaliath. +27. De Thaliath, ils allèrent camper à Tharé ; +28. d'où ils vinrent dresser leurs tentes à Metlica. +29. De Methca, ils allèrent camper à Ilesmona. +30. Et étant partis de Hesmona, ils vinrent à Moséroth. +31. De Moséroth, ils allèrent camper à Beuéjaacan. +32. De Benéjaacan, ils vinrent à la montagne de Gagdad ; +33. d'où ils allèrent camper à Jété- batha. +34. De Jétébatha, ils vinrent à Hé- brona. +35. De Hébrona, ils allèrent camper à Asiongaber ; +36. d'où, étant partis, ils vinrent au désert de Sin, qui est Cadès. +37. De Cadès, ils vinrent camper sous la montagne de Hor, à l'extrémité du pays d'Edom. +38. Et le grand prêtre Aaron, étant monté sur la montagne de Hor par Tordre du Seigneur, y mourut le pre- mier jour du cinquième mois de la qua- rantième année après la^ sortie des en- fants d'Israël du paj^s d'Egypte, +39. étant âgé de cent vingt -trois ans. +40. Alors Arad, roi des Chananéens qui habitaient vers le midi, apprit que les enfants d'Israël étaient venus dans le pays de Chanaan. +21. de Lebna, castrametati sunt in Picssa ; +22. egressique de Ressa, venerunt in Ceclatha ; +23. un de profecti , castranàetati sunt in monte Scphor ; +24. egressi de monte Sépher, venerunt in Arada; +25. inde profîciscentes , castrametati sunt in Macéloth ; +26. profectique de Macéloth, venerunt in Thahath ; +27. de Thahath, castrametati sunt in Thare ; +28. unde egressi, fixere tentoria in Methca ; +29. et de IMethca, castrametati sunt in Hesmona; +30. profectique de Hesmona, venerunt in Moséroth ; +31. et de Moséroth, castrametati sunt in Benéjaacan ; +32. profectique de Benéjaacan, vene- runt in montem Gadgad ; +33. unde profecti, castrametati sunt in Jetebatha; +34. et de Jetebatha, venerunt in Hé- brona ; +35. egressique de Hebrona, castrame- tati sunt in Asiongaber; +36. inde profecti, venerunt in deser- tum Sin, haec est Cades. +37. Egressique de Cades, castrametati sunt in monte Hor, in extremis finibus terr;e Edom. +38. Ascenditque Aaron sacerdos in montem Hor, jubente Domino, et ibi mortuus est anno quadragesimo egres- sionis fJiorum Israël ex ^gypto, mense quinto, prima die mensis, +39. cum esset annorum centum viginti trium. +40. Audivitque Chananseus rex Arad, qui habitabat ad meridiem, in terram Chanaan venisse filios Israël. +amené aucun résultat certain. » Chauvet et Isam- bert, l. c, p. 10. Dix -sept stations pour trente- sept ans : preuve que le séjour dans chacune d'elles se prolongeait longuement, et que le peuple était rarement en marche. Cf. Deut. i, 46. — Asiongaber (vers. 35) : port situé à la pointe nord du golfe élanitique de la mer Rouge. Cf. Deut. ii, 8; III Reg. xxii, 49. — Venerunt... Cades: pour la soconde fois, d'après xx, 1. +3' De Cadès aux steppes de Moab. XXXIII, +37-49. +Court résumé de xx, 22-xxii, 1. Neuf sta- tions. +37-40. De Cadès au mont Hor. — Au vers. 38, la date anno quadragesimo... est un détail nou- veau ; de même l'indication de l'âge d'Aaron au moment de sa mort. Cf. xx, 22-30. D'après Ex. VII, 7, Aaron avait 83 ans (123 — 83^:40) quand il se présenta avec son frère devant le pharaon. +546 +NuM. XXXIII, 41-54. +41. El profecti de monte Hor, ca- strametati sunt in Salmona ; +42. unde egressi , venenmt in Phunon ; A3, profectique de Phunon, castra- +metati sunt in Oboth ; +Ai. et de Oboth, venenmt in Ijeaba- rim, qu£e est in finibus Moabitarum ; +45. profectique de Ijeabarim, hxere tentoria in Dibongad ; +AQ. unde egressi, castrametati sunt in Helmondeblathaim. +-47. Egressique de Helmondeblathaim, venerunt ad montes Abarim contra Nabo ; +48. profectique de montibus Abarim, transierunt ad campestria Moab, supra Jordanem contra Jéricho, +49. ibique castrametati sunt de Beth- simoth usque ad Abelsatim, in planio- ribus locis Moabitarum, +50. ubi locutus est Dominus ad Moy- sen : +51. Prsecipe filiis Israël, et die ad eos : Quando transieritis Jordanem, in- trantes terram Chanaan , +52. disperdite cunctos habitatores terrée illius ; confringite titulos, et sta- tuas comminuite, atque omnia excelsa vastate , +53. mundantes terram, et habitantes in ea; ego enim dedi vobis illam in possessionem ; +54. quam dividetis vobis sorte. Plu- ribus dabitis latiorem, et paucis angu- stiorem. Singulis ut sors ceciderit, ita tribuetur hereditas; per tribus et familias possessio dividetur. +41. Etant partis de la montagne de Hor, ils vinrent camper à Salmona ; +42. d'où ils vinrent à Phunon. +43. De Phunon , ils allèrent camper à Oboth. +44. D'Oboth, ils vinrent à Jiéabarim, qui est sur la frontière des Moabites. +45. Etant partis de Jiéabarim, ils vinrent dresser leurs tentes à Dibon- gad ; +46. d'où ils allèrent camper à Hel- mondébhathaïm. +47. Ils partirent de Helmondebla- thaim, et vinrent aux montagnes d'Aba- rim, vis-à-vis de Nabo. +48. Et a5'ant quitté les montagnes d'Abarim, ils passèrent dans les plaines de Moab, sur le bord du Jourdain, vis- à-vis de Jéricho, +49. où ils campèrent dans les lieux les plus plats du pays des Moabites, de- puis Bethsimoth jusqu'à Abelsatim. +50. Ce fut là que le Seigneur parla à Moïse, et lui dit : +51. Ordonnez ceci aux enfants d'Is- raël, et dites -leur : Quand vous aurez passé le Jourdain , et que vous serez en- trés dans le pays de Chanaan, +52. exterminez tous les habitants de ce pays -là; brisez les pierres érigées en l'honneur des fausses divinités; mettez en pièces leurs statues , et renvereez tous leurs hauts lieux, +53. pour purifier ainsi la terre, afin que vous y habitiez ; car je vous l'ai donnée afin que vous la possédiez ; +54. et vous la partagerez entre vous par le sort. Vous en donnerez une plus grande partie à ceux qui seront en plus grand nombre, et une moindre à ceux qui seront moins nombreux. Chacun re- cevra son héritage selon qu'il lui sera échu par le sort, et le partage s'en fera par tribus et par familles. +41-49. Les dernières stations depuis le mont Hor. — Plusieurs sont nommées pour la pre- mière fois {Salmona, Phunon, etc.); d'autres, mentionnées antérieurement, sont omises ici. Cf. xxi, 11-20. — Dibongad (vers. 45) n'est autre que Dibon, récemment occupée par la tribu de Gad (xxxii, 34). Abelsittim est identique à Settim (xxv, 1). La ressemblance des noms porte à croire que Bethsimoth était sur l'emplacement de Sou- éimeh, marqué par des ruines importantes. +§ IV. — Instructions divines concernant la conquête et le partage de la Terre sainte. XXXIII, 50— XXXVI, 13. +1° L'e vtirpation des Chananéens. XXXIII, 50-56. 60-51». Transition. +51i>-54. L'injonction du Seigneur est nette, énergique : disperdite cunctos... Cf. Ex. xxiii, 24, 33; XXXIV, 13, etc. Avec les habitants il fallait extirper toutes les marques de leur idolâ- trie : titulos, les stèles érigées en l'honneur des faux dieux (l'hébreu maskit désigne plutôt des pierres ornées de figures idolâtriques ; cf. I^ev. XXVI, 1) ; statuas (hébr.: les images de leurs cou- lages ) , les idoles de métal ; excelsa , les hauts lieux , souvent consacrés à Baal , etc. ( cf. Lev. XXVI, 30). — Mandantes terram. D'après le texte : Vous prendrez possession du pays. — Dividetis... L'ordre antérieur, relatif au partage de Chanaan (cf. XXVI, 53-56), est réitéré en termes rapides, vers. 54. +NuM. XXXIIT, 55 — XXXIV, 5. +547 +55. Si vous ne voulez pas exterminer les habitants du pays, ceux qui y seront restés seront pour vous comme des clous dans les yeux , et comme des lances aux côtés, et ils vous combattront dans le pays où vous devez habiter; +50. et je vous ferai à vous-mêmes tout le mal que j'avais résolu de leur faire. +55. Sin autem nolueritis interficere habitatores terrœ qui remanserint, erunt vobis quasi clavi in oculis, et lance.TS in lateribus, et adversabuntur vobis in terra habitationis vestrœ ; +56. et quidquid illis cogitaveram fa- cere, vobis faciam. +CHAPITRE XXXIV +1. Le Seigneur parla encore à Moïse, et lui dit : +2. Ordonnez ceci aux enfants d'Is- raël, et dites -leur : Lorsque vous serez entrés dans le pays de Chanaan, et que vous y posséderez chacun ce qui vous sera échu par le sort, voici quelles seront vos limites. +3. Le côté du midi commencera au désert de Sin, qui est près d'Edom ; et il aura pour limites vers l'orient la mer Salée. +4. Ces limites du midi seront le long du circuit que fait la montée du Scor- pion, elles passeront par Senna, et s'éten- dront depuis le midi jusqu'à Cadèsbarné. De là elles iront jusqu'au village nommé Adar, et s'étendront jusqu'à Asémona. +5. D'Asémona, elles iront en tournant jusqu'au torrent d'Egypte, et elles fini- ront au bord de la grande mer. +1. Locutusque est Dominus ad Moy- sen, dicens : +2. Prsecipe tiliis Israël , et dices ad eos : Cum ingressi fueritis terram Cha- naan, et in possessioneni vobis sorte ceciderit, his linibus terminabitur. +3. Pars meridiana incipiet a solitudine Sin, quae est juxta Edom, et habebit terminos contra orientem mare Salsissi- mum. +4. Qui circuibunt australem plagam per ascensum Scorpionis, ita ut trans- eant in Senna, et perveniant a meridie usque ad Cadesbarne, unde egredien- tur confinia ad villam nomine Adar, et tendent usque ad Asemona. +5. Ibitque per gyrum terminus ab Asemona usque ad torrentem ^gypti, et maris magni littore finietur. +S5-56. Sanction pour le cas où l'on épargnerait les ennemis de Jéhovali, — Cette sanction est double. 1° Le châtiment viendra de ceux - là même envers lesquels on aura exercé une pitié coupable, vers. 55. Métaphoi-es expressives: erM7/i,.. clavi in oculis, lancées in lateribus (d'après l'hé- breu : des épines dans vos yeux, des aiguillons dans vos côtés). 2° Dieu se vengera personnelle- ment de cette désobéissance (vers. 56), en trai- tant les Hébreux comme des Chananécns. De fait, ceux des anciens habitants de Chanaan qui y de- meurèrent conjointement avec les Israélites après la conquête, causèrent à la nation théocratique les plus grands maux sous le rapport moral et matériel. +2» Limites de la Terre sainte à l'ouest du Jour- dain. XXXIV, 1-15. +Voyez VAtl. géogr., pi. v, vi, xii et xni. +Chap. XXXIV.— 1-2. Transition.— Terram Chanaan. Ce nom ne convenait qu'à la Palestine cis jordanienne, qui est seule délimitée en cet endroit. +3-5. Limites méridionales. Cf. Jos. xv, 2-4, où elles sont répétées comme formant la frontière sud du ten'ltoire de Juda. — l*» Une indication +générale, vers. 3*. Le désert de Sin occupait la partie sepcentrionale du désert de Pharan (note de xin, 22 ), et s'avançait jusqu'au territoire idu- méen, dont 11 devait séparer désormais celui d'Is- raël. — 2» Ti'acé détaillé de la frontière méridio- nale, de l'est à l'ouest, vers. Z^-?>. Son point de départ était la mer Morte , appelée mare Saisis- simum (hébi*.: mer de Sel; cf. Gen. xrv, 3, etc.) à cause de la très forte salure de ses eaux. De là elle se dirigeait, par un contour {circuihunt a pour sujet « fines » du vers. 2 ) , au sud de Vascensus Scorpionis. Cette montée des Scorpions (hébr. : 'Aqrabbim, d'où vint plus tard le nom d"AxpaêaTTÎvri pour désigner le district voisin, I Mach. V, 3; Jos., Ant. xii, 8, 1) serait repré- sentée , d'après les uns , par les collines calcaires, de couleur blanchâtre, hautes de 20 à 25 mètres en moyenne, par endroits de 40 à 50 mètres, qui ferment au sud le Ghôr, c.-à-d. le bassin de la mer Morte ; d'après les autres, plus probablement peut-être , par la longue et abrupte montée d'Es- Sâfa, dont le sommet accuse une altitude de 466 mètres, et qui sert de voie de communication entre Pétra et Hébron. — De là à Senna, localité iuconuue ; puis, d'après l'hébreu, jusqu'au sud de +26 +ùiS +NuM. XXXIV, 6-15. +6. Plaga autem occidentalis a mari magno incipiet, et ipso fine claudetur. +7. PoiTO ad septentrionalem plagam a mari magno termini incipient, perve- nientes usque ad montem altissimum, +8. a qiio renient in Emath, usque ad termines Sedada ; +9. ibuntque confinia usque ad Ze- phrona, et villam Enan. Hi erunt ter- mini in parte aquilonis. +10. Inde metabuntur fines contra orientalem plagam de villa Enan usque Sephama ; +11. et de Sephama descendent ter- mini in Rebla, contra fontem Daphnim; inde pervenient contra orientem ad mare Cenereth , +12. et tendent usque ad Jordanera , et ad ultimum Salsissimo claudentur mari, Hanc liabebitis terram per fines suos in circuitu, +13. Prsecepitque Moyses filiis Israël, dicens : Hsec erit terra, quam possi- debitis sorte, et quam jussit Dominus dari novem tribubus , et dimidise tri- bui ; +14. tribus enim filiorum Euben per familias suas, et tribus filiorum Gad juxta cognationum numerum, média quoque tribus Manasse, +15. id est, duae semis tribus, accepe- +6. Le coté de l'occident commencera à la grande mer, et s'y terminera pa- reillement. +7. Les limites du côté du septentrion commenceront à la grande mer, et s'é- tendront jusqu'à la haute montagne. +8. De là elles iront vers Émath, jus- qu'aux confins de Sédada; +9. et elles s'étendront jusqu'à Zé- plirona et au village d'Enan, Ce seront là les limites du côté du septentrion. +10. Les limites du côté de l'orient se mesureront depuis ce même village d'Enan jusqu'à Séphama. +11. De Séphama, elles descendront à Piébla, vis-à-vis de la fontaine de Daphnis. De là elles descendront le long de l'orient jusqu'à la mer de Cénéreth, +12. et passeront jusqu'au Jourdain ; et elles se termineront enfin à la mer Salée. Voilà quelles seront les limites et l'étendue du pays que vous devez pos- séder. +13. Moïse donna donc cet ordre aux enfants d'Israël, et leur dit : Ce sera là la terre que vous posséderez par le sort, et que le Seigneur a commandé que l'on donnât aux neuf tribus et à la moitié de la tribu de Manassé. +14. Car la tribu des enfants de Ruben avec toutes ses familles, la tribu des en- fants de Gad, distinguée aussi selon le nombre de ses familles, et la moitié de la tribu de Manassé, +15. c'est-à-dire deux tribus et demie, +Cadesharne. — Adai', Asemona : autres lieux inconnus. — Finalement, usque ad torrentem Mgypti, ou ouadi El-Arisch, et le cours de ce torrent jusqu'à son embouchure dans la Médi- terranée {maris magni). — En termes actuels, la limite méridionale suivait donc l'ouadi El- Fikreh, la partie orientale de l'ouadi Murreh; de là, après avoir contourné Cadcs, l'ouadi Abou- Retmat; puis xme ligne droite jusqu'à l'ouadi El-Arisch , et ce torrent jusqu'à Rhinocolura. Ce sont d'ailleurs les limites naturelles entre le pays habitable et le désert. +6. Limite occidentale : la Méditerranée. +7-9. Limite septentrionale, tracée de l'ouest à l'est. C'est la plus obscure de toutes. — Par- tant a mari magno, la ligne de démarcation devait d'abord atteindre montem altissimuin : l'Hermon, suivant quelques interprètes ; plutôt le Liban et toute sa crête occidentale. — A quo... in Emath. Mieux : jusqu'à l'entrée d'Émath ; locution expliquée plus haut (note de xiu, 22). — Sedada; sans doute le Sadad actuel, au sud d'Émèse et h l'ouest de Palmyre, formant un triangle avec ces deux villes. — Zeplirona : pro- bablement Zifi'ân, à quatorze heures de marche +au nord -est de Damas, où l'on voit des ruines considérables. — Hasar 'Eynân {villa Enan) : localité inconnue. — La limite septentrionale passait donc au nord du Liban et de l'Anti-Liban, de manière à englober ces deux chaînes de mon- tagnes dans la Terre promise. +10-12. Limite orientale. — Elle partait de Hasar 'Eynân et allait par Sephama (lieu in- connu) jusqu'à ReUa, sur l'Oronte, à la même latitude que Tripoli. — Contra fontem Daphn'mi, Simplement, d'après l'hébreu, à l'orient de 'Aïn (fontaine). Cette source n'a pas encore été iden- tifiée avec certitude (peut-être Neba Andjar, près de Chalcis, au sud de l'Anti-Liban, dans la plaine de Béqâa). — Ad -inare Cenereth (hébr. : Kin- néret) : ancien nom du lac de Tibériade; Génc- siireth des Évangiles en est, croit-on, une forme corrompue. De ce beau lac, la limite suivait le cours du Jourdain jusqu'à la mer Morte. +13-15. Moïse, en communiquant ces détails aux Hébreux, leur rappelle que le territoire compris dans ces limites ne sera partagé qu'entre neuf tribus et demie, puisque Ruben, Gad et une moitié de Manassé ont déjà reçu leur portion à l'est du Jourdain. +à +NuM. XXXIV, 16 — XXXV, 3. +549 +ont déjà reçu leur partage en deçà du Jourdain, vis-à-vis de Jéricho, du côté de l'orient. +16. Le Seigneur dit aussi à Moïse : +17. Voici les noms de ceux qui par- tageront la terre entre vous : le grand prêtre Éléazar et Josué, fils de Nun, +18. avec un prince de chaque tribu, +19. dont voici le nom. De la tribu de Juda, Caleb, fils de Jéphoné. +20. De la tribu de Siméon, Samuel, fils d'Ammiud. +21. De la tribu de Benjamin, Elidad, fils de Chasélon. +22. De la tribu des enfants de Dan, Bocci, fils de Jogli. +23. Des enfants de Joseph :^de la tribu de Manassé , Hanniel , ^fils d'Ephod ; +24. et de la tribu d'Ephraïm, Camuel, fils de Sephthan. +25. De la tribu de Zabulon, Élisaphan, fils de Pharnach. +26. De la tribu d'Issachar, le prince Phaltiel, fils d'Osan. +27. De la tribu d'Aser, Ahiud, fils de Salomi. +28. De la tribu de Nephthali, Phe- daël, fils d'Ammiud. +29. Ce sont là ceux à qui le Seigneur a commandé de partager aux enfants d'Israël le pays de Chanaan. +runt partem suam trans Jordanem contra Jéricho ad orientalem plagam. +16. Et ait Dominus ad Moysen : +17. Hœc sunt nomina virorum qui ter- ram vobis divident : Eleazar sacerdos, et Josue, filius Nun , +18. et singuli principes de tribubus singulis, +19. quorum ista sunt vocabula. De tribu Juda, Caleb , filius Jephone ; +20. de tribu Simeon, Samuel, filiue Ammiud ; +21. de tribu Benjamin, Elidad, filius Chasélon ; +22. de tribu filiorum Dan, Bocci, filius Jogli ; +23. filiorum Joseph, de tribu Manasse, Hanniel, fiUus Epliod; +24. de tribu Ephraim, Camuel, filius Sephthan ; +25. de tribu Zabulon, Elisaphan, filius Pharnach ; +26. de tribu Issachar, dux Phaltiel, filius Ozan ; +27. de tribu Aser, Ahiud, filius Sa- lomi ; +28. de tribu Nephthali, Phedael, filius Ammiud. +29. Hi sunt, quibus prœcepit Do- minus ut dividerent filiis Israël terram Chanaan. +CPIAPITRE XXXV +1. Le Seigneur dit encore ceci à Moïse dans les plaines de Moab, le long du Jourdain, vis-à-vis de Jéricho : +2. Ordonnez aux enfants d'Israël que, des terres qu'ils posséderont, ils donnent aux lévites +3. des villes pour y habiter, et les faubourgs qui les environnent ; afin +1. Hœc quoque locutus est Dominus ad Moysen in campestribus Moab supra Jordanem, contra Jéricho : +2. Prsecipe filiis Israël ut dent levitis de possessionibus suis +3. urbes ad habitandum, et subur- bana earum per circuitum ; ut ipsi in +3« Désignation des commissaires qui seront chargés d'effectuer le partage. XXXIV, 16-29. +16-29. Naturellement le grand pi'éti'e Éléazar et Josué sont en tête de la liste. Dieu leur donne pour auxiliaires dix princes choisis dans les tribus entre "esquelles le pays de Chanaan devait être divisé, de manière à assurer une parfaite équité dans le partage. La tribu de Lévi n'est pas re- présentée, puisqu'elle ne devait pas occuper de territoire qui lui appartînt en propre. Cf. xviii , 20, 23. — Dg tribu Juda... Les tribus mentionnées le sont d'après un ordre spécial, qui correspond à peu près ù celui du leurs futures possessions , +en allant du sud au nord. Voyez VAtl. géogr., +pi. VII. +4« Les cités lévitiques. XXXV, 1-8. +Chap, XXXV. — 1-5. Villes et pâturages ré- servés aux prêtres et aux lévites. — Ut dent levitis... urhes : non pas à titre de propriété, d'après ce qui vient d'être dit, mais seulement ad habitandum; et encore n'en étaient -ils pas les habitants exclusifs. — Suburbana. L'hébr. migras désigne plutôt des pâturages; sens con- firmé par le contexte (2:)ecoribus...). — L'étendue de ces pâtiirages est ensuite strictement déli- mitée (vers. 4-5), de crainte qu'on ne se montrât +550 +NuM. XXXV, 4-8. +oppidis maneant, et suburbana sint pe- coribus ac jumentis ; +4. quae a mûris civitatiim forinsecus, per circuitum, mille passuum spatio ten- dentur. +5. Contra orientera duo millia erunt cubiti, et. contra meridiem similiter erunt duo millia; ad mare quoque, quod re- spicit ad occidentem, eadem mensura erit, et septentrionalis plaga sequali ter- mine finietur ; eruntque urbes in medio , et foris suburbana. +6. De ipsis autem oppidis, quse levitis dabitis, sex erunt in fugitivorum auxilia separata, ut fugiat ad ea qui fuderit sanguinem ; et exceptis his , alia qua- draginta duo oppida, +7. id est, simul quadraginta octo cum suburbanis suis. +. 8. Ipsseque urbes, quse dabuntur de possessionibus filiorum Israël , ab bis qui plus habent, plures auferentur; et +qu'ils demeurent dans les villes, et que les faubourgs soient pour leurs trou- peaux et pour leurs bêtes. +4. Ces faubourgs , qui seront en dehors des murailles de leurs villes, s'étendront tout autour, l'espace de mille pas. +5. Leur étendue sera de deux mille coudées du côté de l'orient, et aussi de deux mille du côté du midi. Ils auront la même mesure vers la mer qui regarde l'occident, et le côté du septentrion sera terminé par de semblables limites. Les villes seront au milieu, et les faubourgs seront tout autour au dehors des villes. +6. De ces villes que vous donnerez aux lévites, il y en aura six de séparées pour servir de refuge aux fugitifs, afin que celui qui aura répandu le sang d'un homme s'y puisse retirer. Outre ces six villes, il y en aura quarante - deux autres ; +7. c'est-à-dire qu'il y en aura en tout quarante -huit, avec leurs faubourgs. +8. Ceux d'entre les enfants d'Israël qui posséderont plus de terre donneront aussi plus de ces villes; ceux qui en +parcimonieux si rien n'eût été fixé d'avance : a mûris,., mille passuum ( hébr, : mille coudées , c.-à-d. 0"'525 X 1000 = 525 mètres). Cette pre- mière mesure est très claire ; il est plus difficile de la mettre d'accord avec la suivante (duo milita...). Nous avons à ce sujet deux interpré- tations principales. 1° La tradition juive voit ici trois terrains distincts : la ville ; un carré de pâ- turages dont chacun des côtés était à 1 000 cou- dées de la ville ; un second carré , pour les vigno- bles , etc., dont les côtés étaient à 2 000 coudées du premier. +A +o +o +© +c< +U 1 +"^ ! +"=> 1 +o j +I— 1 1 +lOOO'' +La +lOOO» +ville +u +o +O +o +^ +20ÛÛC +2« Les commentateurs contempoi-ains admettent +plus volontiers l'opinion de J.-D. Michaelis, re- présentée par cet autre diagramme : +i. +lOonc +1000« +La ville +Cela revient donc au premier carré de la fi- gure A. On se bornait à compter, comme le dit le vers. 4 , mille coudées en tous sens à partir des murs de la ville; par là-même, chaque côté du carré avait au moins une longueur de deux mille coudées , sans compter celle des murs , qui y était surajoutée. +6-7. Le nombre des villes lévitiques. — En tout quadraginta octo, dont six devaient être en même temps des villes d'asile. Cf. vers. 9-15. +8. Règle pour le choix de ces villes. — Ab his qui plus... plures. C'est ainsi qu'on en prit neuf sur les territoires réunis de Juda et de Siinéon, trois seulement sur le domaine de Nephthali ; chacune des autres tribus en fournit quatre. — Les prêtres et les lévites se trouvèrent, par suite de cette institution, disséminés à travers toute la Terre sainte, et il leur fut ais-é d'accomplir leur rôle d'instructeurs de la loi divine. Cf. vm, 5 et 63. +posséderont moins en donneront moins ; et cliacun donnera des villes aux lévites à proportion de ce qu'il possède. +9. Le Seigneur dit aussi à ]\Ioïse : +10. Parlez aux enfants d'Israël, et dites -leur : Lorsque vous aurez passé le Jourdain, et que vous serez entrés dans le pays de Chanaan, +IL marquez les villes qui devront ser- vir de refuge aux fugitifs qui auront répandu contre leur volonté le sang d'un homme, +12. afin que le parent de celui qui aura été mis à mort ne puisse tuer le fugitif lorsqu'il s'y sera retiré, jusqu'à ce qu'il se présente devant le peuple, et que son affaire soit jugée. +13. De ces villes qu'on séparera des autres pour être l'asile des fugitifs, +14. il y en aura trois en deçà du Jourdain, et trois dans le pays de Cha- naan , +15. qui serviront et aux enfants d'Is- raël, et aux étrangers qui seront venus du dehors, afin que celui qui aura ré- pandu contre sa volonté le sang d'un homme y trouve un refuge. +16. Si quelqu'un frappe avec le fer, et que celui qui aura été frappé meure, il sera coupable d'hom_icide, et il sera lui-même puni de mort. +17. S'il jette une pierre, et que celui qu'il aura frappé en meure, il sera puni de même. +18. Si celui qui aura été frappé avec du bois meurt, sa mort sera vengée par l'effusion du sang de celui qui l'aura fi-appé. +19. Le parent de celui qui aura été mis à mort tuera l'homicide ; il le tuera aussitôt qu'il l'aura saisi. +NuM. XXXV, 9-19. qui +551 +minus, pauciores. Singuli juxta monsuram hereditatis suœ dabunt op- pida levitis. +9. Ait Dominus ad Moysen : +10. Loquere filiis Israël, et dices ad eos : Quando transgressi fueritis Jorda- nem in terram Chanaan , +11. decernite quse urbes esse debeant in prœsidia fugitivorum, qui nolentes sanguinem f uderint ; +12. in quibus cum fuerit profugus, cognatus occisi non poterit eum occidere, donec stet in conspectu multitudinis , et causa illius judicetur, +13. De ipsis autem urbibus, quœ ad fugitivorum subsidia separantur, +14. très erunt trans Jordanem, et très in terra Chanaan, +15. tam filiis Israël quam advenis atque peregrinis, ut conf ugiat ad eas qui nolens sanguinem fuderit. +16. Si quis ferro percusserit, et mor- tuus fuerit qui percussus est, reus erit homicidii, et ipse morietur. +17. Si lapidem jecerit, et ictus occu- buerit, similiter punietur. +18. Si ligno percussus interierit, per- cussoris sanguine vindicabitur. +19. Prcpinquus occisi homicidam in- terficiet; statim ut apprehenderit eum, interficiet. +5° Les villes de refuge. XXXV, 9-15. +9-12. Pourquoi ces asiles? Les vers. 11 et 12 le disent clairement : les villes de refuge étaient destinées h servir d'abri temporaire ù tous ceux qui nolentes sanguinem /uderint. Il existait, en effet, chez la plupart des peuples anciens, une cou- tume (et elle s'est perpétuée chez les Arabes no- mades) en vertu de laquelle , toutes les fois qu'un fiieurtre était commis, le plus proche parent du mort avait le droit et le devoir de le venger, en tuant à son tour le meurtrier. Le divin Légis- lateur d'Israël, sans abolir complètement cette pratique , en supprime ici les principaux abus par la distinction établie entre les homicides volon- taires et les iuA'olontaires. — Cognatus occisi. Ilébr.: le go^el, c.-à-d. le vengeur, le membre de la famille qui était le plus atteint par le meurtre; celui qui, en d'autres circonstances (Lev. xxv, +25-55), avait été chargé de maintenir l'intégrité du patrimoine héréditaire, etc. — Donec... in conspectu multitudinis. Hébr. : 'édah, le tri- bunal local composé des notables de chaque ville. Cf. Jos. XX, 4. Il appartenait à ce tribunal de décider si le meurtre avait été prémédité, ou s'il était le résultat d'un accident. En attendant la sentence des juges, les villes de refuge étaient là pour empêchor une vengeance précipitée et injuste. +13-15. Nombre et situation de ces asiles. Cf. Deut, IV, 41-43; Jos. xx, 7-8. +6° Lois relatives à l'homicide soit volontaire, soit involontaire. XXXV, 16-34. +A l'occasion des villes de refuge. Dieu réitère et complète ses prescriptions antérieures sur l'ho- micide. Cf. Ex. XX, 13; XXI, 12-14, 18-23, etc. +lG-21. L'homicide volontaire. — Si quis ferro..; +552 +NuM. XXXV, 20-31. +20. Si per odium quis hominem impu- lerit, vel jecerit quippiam in eum per insidias ; +21. aiit cum esset inimicus, manu perçussent, et ille mortuus fuerit, per- cussor liomicidii reus erit ; cognatus oc- cisi statim ut invenerit eum, jugula- bit. +22. Quod si fortuitu, et absque odio, +23. et inimicitiis, quidquam horum fecerit, +24. et hoc audiente populo fuerit comprobatum, atque inter percussorem et propinquum sanguinis qusestio venti- lata, +25. liberabitur innocens de ultoris manu, et reducetur per sententiam in urbem, ad qaam conf ugerat, manebitque ibi, donec sacerdos magnus, qui oleo sancto unctus est, moriatur. +26. Si interfector extra fines urbium, quae exulibus deputatse sunt, +27. fuerit inventus , et percussus ab eo qui ultor est sanguinis, absque noxa erit qui eum occiderit ; +28. debuerat enim profugus usque ad mortem pontifiais in urbe residere ; postquam autem ille obierit, homicida revertetur in terram suam. +29. Haec sempiterna erunt, et légi- tima in cunctis habitationibus vestris. +30. Homicida sub testibus punietur ; ad unius testimonium nuUus condem- nabitur. +31. Non accipietis pretium ab eo qui reus est sanguinis; statim et ipse mo- rietur. +20. Si un homme pousse rudement celui qu'il hait, ou s'il jette quelque chose contre lui par un mauvais des- sein ; +21. ou si, étant son ennemi, il le frappe de la main et qu'il en meure, celui qui aura fi-appé sera coupable d'ho- micide; et le parent de celui qui aura été mis à mort pourra le tuer aussitôt qu'il l'aura trouvé. +22. Que si c'est par hasard et sans haine, +23. et sans aucun mouvement d'ini- mitié qu'il a fait quelqu'une de ces choses, +24. et que cela se prouve devant le peuple ; après que la cause du meurtre aura été agitée entre celui qui aura frappé et le parent du mort, +25. il sera délivré, comme étant inno- cent, des mains de celui qui voulait venger le sang répandu, et il sera ramené par sentence dans la ville où il s'était réfugié, et y demeurera jusqu'à la mort du grand prêtre qui a été sacré de l'huile sainte. +26. Si l'homicide est trouvé hors des limites des villes qui ont été destinées pour les bannis, +27. et qu'il soit tué par celui qui vou- lait venger le sang répandu, celui qui l'aura tué ne sera point censé coupable ; +28. car le fugitif devait demeurer dans la ville jusqu'à la mort du pontife ; mais, après sa mort, le meurtrier retournera dans son pays. +29. Cela sera observé comme une loi perpétuelle dans tous les lieux où vous pourrez habiter. +30. On ne punira l'homicide g'w'après avoir entendu les témoins. Nul ne sera condamné sur le témoignage d'un seul. +31. Vous ne recevrez point d'argent de celui qui veut se racheter de la mort qu'il a méritée pour avoir répandu le sang, mais il mourra lui-même aus- sitôt. +si lapidem... Différentes stippositions , par ma- nière d'exemples , sur le mode dont aura été ac- compli le meurtre. +22-28. L'homicide par accident. — Quod si for- tuitu... Aux vers. 22 et 23, la Vulgate abrège notablement l'hébreu, dont elle donne pourtant la substance. — Hoc audiente ytopulo (vers. 24). D'après le texte : L'assemblée Cédah, comme ci- dessus) jugera suivant ces principes entre celui qui a frappé et le vengeur ( go'el ) du sang. — Manebitque ibi. C'était là en réalité un véritable exil ; châtiment négatif , qui avait pour but de +montrer le prix de la vie humaine et de rendre plus rares les accidents en question. — Donec sacerdos magnus... D'ici là, les sentiments de vengeance avaient le temps de se calmer dans la famille du mort. Symbolisme souvent relevé : le grand prêtre opérait par sa mort cette rémission précieuse ; mais la mort de notre pontife su- prême, Jésus - Christ , a produit la l'cmise totale de fautes et de dettes autrement considérables. 29-34. Récapitulation et conclusion. — Sub testibus : au nombre de deux au moins, sera-t-il dit plus loin, Deut. xvii, 6. — Punietur, ma- +NuM. XXXV, 32 — XXXVI, 4. +553 +32. Les bannis et les fugitifs ne pour- ront nullement revenir dans leur ville avant la mort du pontife, +33. de peur que vous ne souilliez la terre où vous habiterez, et qu'elle ne de- meure impure par le sang impuni des innocents qu'on a répandu; car elle ne peut être autrement purifiée que par l'effusion du sang de celui qui aura versé le sang. +34. C'est ainsi que votre terre devien- dra pure, et que je demeurerai parmi vous. Car c'est moi qui suis le Seigneur, qui habite au milieu des enfants d'Is- raël. +32. Exules et profugi ante mortem pontificis nullo modo in urbes suas re- verti poterunt , +33. ne polluatis terram habitationis vestrse, quae insontium cruore macula- tur; nec aliter expiari potest, nisi per ejus sanguinem qui alterius sanguinem fuderit. +34. Atque ita emundabitnr vestra pos- sessio, me commorante vobiscum; ego enim sum Dominus qui habite inter filios Israël. +CHAPITRE XXXVI +1. Alors les princes des familles de Galaad, fils de Machir, fils de Manassé, de la race des enfants de Joseph, vinrent ])arler à Moïse devant les princes d'Is- raël , et lui dirent : +2. Le Seigneur vous a ordonné, à vous qui êtes notre seigneur, de partager la terre de Clianaan par le sort entre les enfants d'Israël, et de donner aux filles de Salphaad, notre frère, l'héritage qui était dû à leur père. +3. Mais si elles épousent maintenant des hommes d'une autre tribu, leur bien les suivra; et étant transféré à une autre tribu, il sera retranché de l'héri- tage qui nous appartient. +4. Ainsi il anivera que lorsque l'an- née du jubilé, c'est-à-dire la cinquan- tième, qui est celle de la remise de toutes choses, sera venue, les partages qui avaient été faits par le sort seront confondus, et le bien des uns passera aux autres. +1 . Accesserunt autem et principes fa- miliarum Galaad, filii Machir, fiîii Ma- nassé, de stirpe filiorum Joseph, locuti- que sunt Moj'si coram principibus Israël, atque dixerunt : +2. Tibi domino nostro prsecepit Do- minus ut terram sorte divideres filiis Israël, et ut filiabus Salphaad, fratris nostri, dares possessionem debitam pa- tri ; +3. quas si alterius tribus homines uxores acceperint, sequetur possessio sua, et translata ad aliam tribum, de nostra hereditate minuetur. +4. Atque ita fiet, ut cum jubileus, id est, quinquagesimus annus remissio- nis ad\enerit, confundatur sortium dis- tributio, et aliorum possessio ad alios transeat. +ritLur : en vertu de la loi primitive, Gen. ix, 5-6. — Non accipietis pretium... Pas de com- pensation ni de rançon pour le meurtre prémé- dité ; comme aussi, pas de diminution de la peine pour le meurtre involontaire (nullo modo in urbes..., vers. 32 ). — IJgo enim sum... Le sceau divin pour tout conclure. +70 Le mariage des femmes héritières. XXXVI, 1-13. +Chap. XXXVI. — 1. Introduction historique. — Galaad. Le nom de ce personnage était passé au paj^s que ses descendants avaient conquis. Cf. xxxii, 39-40. Sur sa généalogie, voyez xxvi, 30 et ss. +2-4. Proposition du cas. — Comme point de départ, deux règlements antérieui'S, l'un général +(,ut terram dividerea...) , l'autre spécial (ut filia- bus...; cf. xxviii, 6-11), qui amenaient directe- ment la question à traiter. Il n'est pas étonnant que les princes des familles de Galaad aient pris il cette question un intérêt particulier; car, d'après XXVI, 33, Salphaad était précisément im petit- fils de Galaad. — Quas si alterius... Ils font res- sortir les conséqxaences possibles, et pour eux très fâcheuses, de la décision portée en faveur de filles de Salphaad, Le patrimoine de ces héri- tières passerait à leurs maris, c.-à-d. à d'autres tribus, si elles ne se mariaient point dans la leur. — A la suite de l'inconvénient particulier (de nostra... minuetur), les suppliants en signalent un autre, dommageable à la nation entière (vers. 4) : confundatur sortium distributio; ce +554 +NuM. XXXVI, 5-13. +5. Respondit Moj^ses filiis Israël, et Domino preecipiente, ait : Recte tribus filiorum Joseph locuta est; +6. et hsec lex super filiabus Salphaad a Domino promulgata est. Niibant qui- bus volunt, tantiim ut suse tribus homi- nibus ; +7. ne commisceatur possessio filiorum Israël de tribu in tribum. Omnes enim viri ducent uxores de tribu et cognatione sua; +8. et cunctse feminss de eadem tribu maritos accipient, ut hereditas perma- neat in familiis, +9. nec sibi misceantur tribus, sed ita maneant +10. ut a Domino separataî sunt. Fe- cerunt filiae Salphaad ut fuerat impera- tum, +11. et nupserunt, Maala, et Thersa, et Hegla, et Melcha, et Noa, filiis patrui sui, +12. de familia Manasse, qui fuit filius Joseph; et possessio, qiiae illis fuerat attributa, mansit in tribu et familia patris earum. +13. Hsec sunt mandata atque judicia, quae mandavit Dominus per manum Moysi ad filios Israël, in campestribus Moab, supra Jordanem, contra Jéricho. +5. Moïse répondit aux enfants d'Is- raël, et il leur dit, selon l'ordre qu'il en reçut du Seigneur : Ce que la tribu des enfants de Joseph a représenté est très raisonnable ; +6. et voici la loi qui a été établie par le Seigneur au sujet des filles de Sal- phaad. Elles se marieront à qui elles voudront, pourvu que ce soit à des hommes de leur tribu ; +7. afin que l'héritage des enfants d'Is- raël ne se confonde point en passant d'une tribu à une autre. Car tous les hommes prendront des femmes de leur tribu et de leur famille ; +8. et toutes les femmes prendront des maris de leur tribu ; afin que les mêmes héritages demeurent toujours dans les familles, +9. et que les tribus ne soient point mêlées les unes avec les autres, mais qu'elles demeurent +10. toujours séparées entre elles, comme elles l'ont été par le Seigneur. Les filles de Salphaad firent ce qui leur avait été commandé. +11. Ainsi Maala, Thersa, Hégla, Mel- cha et Noa épousèrent les fils de leur oncle paternel, +12. de la famille de Manassé, fils de Joseph ; et le bien qui leur avait été donné demeura de la sorte dans la tribu et dans la famille de leur père. +13. Ce sont là les lois et les ordon- nances que le Seigneur donna par Moise aux enfants d'Israël, dans la plaine de Moab, le long du Jourdain, vis-à-vis de Jéricho. +qui était contraire à l'ordre établi par Jéhovah. Cf. XXVI, 52-56. — Cum juUleus. Cf. Lev. xxv, 10. Le raisonnement est fort juste. Sans doute l'année jubilaire rendait aux propriétaires pri- mitifs leurs biens - fonds aliénés ; mais cette dis- position de la loi était annulée pour le cas pro- posé, les maris étant devenus de vrais proprié- taires. +5-lU*. Solution théorique du cas pour les filles de Salphaad (vers. 5-7), et aussi pour toutes les situations analogues (vers. 8-10») : Nuhant... stca tribus homrnlhus. Par cette simple restriction, tous les droits étaient sauvegardés. +10^-12. Solution pratique. +13. Conclusion du livre des Nombres. +LE DEUTËRONOME +1« Ce nom est grec, comme ceux des trois premiers livres du Pentateuque* La Vulgate nous Ta transmis ^ après l'avoir elle-même emprunté aux Septante : AsuTcpovofjL'.ov, de oeurepoç w[loç, seconde loi, c'est-à-dire loi réitérée. Au reste, il ne fait que traduire l'ancien titre iui( Miëneh hattôrah ^, qu'avait probablement suggéré le texte même du livre : Miëneh hattôrah hazzôt ^. Le nom le plus souvent employé par les Juifs consiste dans les premiers mots du texte hébreu : 'Elleh hadd^bârim ^; ou, par abréviation : D'hârim. Les rabbins se servent en- core de cet autre titre : Se fer tokahôt, Livre des reproches. +2° Le contenu et la division. — Le Deutéronome se compose de deux espèces très distinctes de documents. 11 nous présente en premier lieu ^ les trois discours adressés aux Hébreux par Moïse dans les steppes de Moab, vers la fin de la quarantième année qui s'était écoulée depuis la sortie d'Egypte "^; en second lieu^, une conclusion historique, qui relate les dernières actions et les dernières paroles du libérateur et du médiateur d'Israël. +Les discours forment la partie principale, et, pour ainsi dire, le corps du livre, qui est par là -même divisé en trois parties. +Le premier discours (i, 1-iv, 40), précédé d'un court prologue (i, 1-5), sert d'introduction aux deux autres. C'est, d'une part, un magnifique sommaire de tout ce que Dieu avait accompli en faveur des Hébreux depuis l'institution de l'alliance au pied du Sinaï; d'autre part, une exhortation pressante à l'obéis- sance et à la fidélité. +Le second discours (v, i-xxvi, 19) est le plus long et le plus important des trois. Il promulgue de nouveau, en termes très solennels, la loi théocratique, tout en mêlant encore aux détails législatifs de fréquentes exhortations à l'obéis- sance. +Le troisième discours (xxvii, 1-xxx, 20), très expressif dans sa brièveté, se rapporte soit à la cérémonie future du renouvellement de l'alliance '^ dont il trace les rites, soit aux récompenses ou aux peines qui devaient servir de sanction à la loi. +Le Deutéronome ne contient pas une simple récapitulation des parties légis- latives de TExode, du Lévitique et des Nombres; souvent il abrège et condense, se contentant de renvoyer d'une manière tacite à tels ou tels traits connus de tous; souvent même il omet entièrement certaines catégories de lois, par exemple +* Voyez la p. 15. +2 Deuteronomium. +3 a Eépétition de la loi. » +* Deut. xvu, 18. Dans la Vulg. : « Deuterono- mium legis hujus. » +^1,1. Vulg. : (T Hœc sunt verba. » +^ Chap. i-xxx. +^ Cf. I, 1-5. +^ Chap. XXXI -XXXIV. +^ Cf. Jos. vm, 30-35. +26* +556 +LE DEUTÉRONOME +celles qui concernent les prêtres et les lévites, le sanctuaire, etc. ; souvent aussi il ajoute, ou en fait d'histoire, ou en fait de législation, des données complète- ment neuves ^ +3*^ Caractère distinctif du Deutéronome. — Ce livre possède , comme on Ta dit très justement, « une physionomie à part « entre toutes les autres portions du Pentateuque. Sous le rapport de la forme, le genre adopté n'est pas le même : ici, presque uniquement des discours, au lieu des récits historiques ou des séries de lois que nous trouvons ailleurs; ici, un style majestueux, élevé comme celui des prophètes, coulant à pleins bords, au lieu de la prose très sobre du narra- teur. Sous le rapport du fond : l'association constante de l'exhortation, — tour à tour tendre et paternelle, grave et menaçante, toujours pressante et vive, — à la répétition des lois; les divins décrets, qui avaient été proposés jusque-là d'une manière officielle, sont maintenant commentés par la voix d'un sage pré- dicateur, d'un ami expérimenté, d'un père aimant. +Et cette différence est toute naturelle. Moïse va bientôt mourir, et les Hé- breux sont au seuil de la Terre promise. Trente -huit années se sont écoulées depuis la conclusion de l'alliance auprès du Sinaï, et ceux qui avaient été té- moins de ce grand fait ont disparu pour la plupart; les survivants étaient trop jeunes alors pour avoir parfaitement compris la portée d'un tel acte. Or la loi et son accomplissement étaient toutes choses pour la nation théocratique : voilà pourquoi Dieu inspira à son serviteur la pensée de présenter en bloc aux Israé- lites la collection de leurs devoirs, l'ensemble du code sacré. Mais il était na- turel que Moïse prît, pour cette promulgation nouvelle, un ton spécial, sérieux et cordial tout ensemble, simple et sublime, capable de produire une impression permanente^. +Le Deutéronome est donc, parmi les livres du Pentateuque, ce qu'est l'évan- gile selon saint Jean comparé aux trois premiers. Il a exercé une influence énorme, digne de Moïse: aussi est-il très fréquemment cité par les prophètes (spécialement par Jérémie, qui s'en approprie les pensées et les expressions), et par divers écrivains du Nouveau Testament. +4° V authenticité de ce beau livre est démontrée : 1° par les paroles de Notre- Seigneur Jésus -Christ lui-même et de ses apôtres, qui en attribuent très clai- rement la composition à Moïse ^; 2° par la tradition unanime des anciens Juifs et des chrétiens; 3° par les preuves intrinsèques; notamment: par la couleur locale des moindres traits; par la personnalité de Moïse, — son esprit, son cœur, — gravée à chaque ligne; par la parfaite symétrie de l'ensemble, qui exclut la rapsodie dont parlent les interprètes rationalistes ^. Quant à la con- clusion historique (xxxi-xxxiv), Moïse put en écrire lui-même la plus grande partie; Josué ou quelque autre personnage ajouta le dernier chapitre, qui raconte la mort du héros. +5« Commentaires. — Rien de récent à signaler parmi les œuvres catholiques. Les Quœstiones de Théodoret abondent, ici comme pour le reste du Pentateuque, en suggestions heureuses. Interprètes modernes : Bonfrère, Cornélius a Lapide, Cornélius Jansenius, Calmet. +^ Le commentaire notera les plus intéressantes. Les rationalistes traitent sans raison ces variantes comme des contradictions. +2 Une étude de ce livre en vue de la prédica- tion pourrait être très fructueuse : la morale ne +saurait être mieux prêchée. +3 Comp. Mattli. xix, 7-8, et Deut. xxiv, 7; Act. m, 22; VII, 37, et Deut. xvii, 15. +^ Voyez Vigoureux, les Livres saints et la cri- tique rationaliste, t. III, pp. 17-25. +LE DEUTÉRONOME +CHAPITRE I +1. Voici les paroles que Moïse adressa à tout Israël au deçà du Jourdain, dans la plaine du désert, vis-à-vis de la mer Kouge, entre Pharan et Thophel, Laban et Haseroth, où il y a beaucoup d'or. +2. Il y avait onze journées âe chemin depuis l'Horeb jusqu'à Cadèsbarné , par la montagne de Séir. +3. En la quarantième année depuis la sortie d'Egypte, le premier jour du on- zième mois , Moïse dit aux enfants d'Is- raël tout ce que le Seigneur lui avait ordonné de leur dire ; +4. après la défaite de Séhon, roi des Amorrhéens, qui habitait à Hésébon, et +1. Hœc sunt verba, quse locutus est Moyses ad omnem Israël, trans Jorda- nem, in solitudine campestri, contra mare Rubrum, inter Pharan et Thophel, et Laban et Haseroth, ubi auri est plu- rimum , +2. undecim diebus de Horeb per viam montis Seir usque ad Cadesbarne. +S.Quadragesimo anno, undecimo mense, prima die mensis, locutus est Moyses ad hlios Israël omnia quse prseceperat illi Dominus ut diceret eis ; +4. postquam percussit Sehon, regem Amorrhseorum , qui habitabat in Hese- +PROLOGTJB. I, 1-5. +C'est une sorte de long titre, plein de solen- nité ; il fournit quelques indications relatives au lieu et à l'époque où furent prononcés les trois discours qui forment le fond du Deutéro- nome. +Chap. I. — 1-2. Formule de transition, qui rattache ce livre aux pz'écédents. En effet, elle nous présente les discours de Moïse comme vja. résumé de toutes ses ce paroles » antérieures ihœc sunt verha), c.-ù-d. de toutes les communications qu'il avait faites aux Israélites à partir du Sinaï, en son nom personnel ou de la part de Dieu. Cela ressort très nettement des détails géographiques qui suivent, car ils désignent en abrégé toutes les localités habitées ou traversées naguère par les Hébreux. L'énumération a lieu en remontant la suite des stations et des années, à partir des steppes de Moab (trans Jordanem), où le peuple théocratique était alors campé (cf. vers. 5), jus- qu'au Sinaï. — In solitudine campestri. Hébr. : dans le désert, dans V'Arabah. La première expression, plus générale, représente toute l'A- rabie Pétrés; sur la seconde, voyez la note de Num. XX, 4. — Contra mare Rubrum. Hébr. : eu face de Suf; abréviation probable de yâm +Suf, mer des Roseaux, ou mer Rouge. Selon beaucoup d'interprètes modernes, il s'agirait de la passe Es-Safah, mentionnée à propos de Num. XÂXrv, 4. — Inter Pharan et Thophel : le désert de Pharan (N"um. x, 12) et la moderne Tofileh, ville assez importante, située au sud-est de la mer Morte, dans la partie septentrionale de l'ancienne Idumée. — On identifie habituelle- ment Laban à la station de Lebna ( Num. xxxni, 21); sur Haseroth, voyez la note de Num. xi, 35. — JJhi auri plurimum. Di-Zahab de l'hébreu est encore un nom de lieu, qui n'est mentionné nulle part ailleurs; peut-être le Dahab situé à l'est du Sinaï, sur les bords du golfe Élanitique (Atl. géogr., pi. v). — Undecim diebus de Horeb... La distance est fixée d'une manière très exacte , comme l'ont reconnu les voyageurs. La ville de Cadesbarne est citée comme le point le plus rap- proché de la Terre promise, dont elle formait la limite méridionale (cf. Num. xxxiv, 4). — Sur la différence qui existe entre V Horeb et le Sinaï, voyez Ex. in , et la note ; le premier de ces deux noms est employé de préférence dans le Deuté- ronome. +3-5. Les circonstances de temps et de lieu; nature des discours de Moïse. — Quadragesimo anno... Date très précise, suivie (vers. 4-5») d'une +658 +Deut. I, 5-11. +bon, et Og, regem Basan, qui mansit in Astarotli et in Edrai, +5. trans Jordanem, in terra Moab. Cœpitque Moyses explanare legem, et dicere : +6. Dominus Deus noster locutus est ad nos in Horeb , dicens : Suffîcit vobis quod in hoc monte mansistis ; +7. revertimini , et venite ad montera Amorrhœorum, et ad cetera quse ei proxima sunt campestria atque montana et humiliora loca contra meridiem, et juxta littiis maris, terram Chananseo- rum, et Libani usque ad flumen magnum Euphraten. +8. En, inqiiit, tradidi vobis; ingre- dimini et possidete eam, super qua ju- ra vit Dominus patribus vestris, Abra- ham , Isaac , et Jacob , ut daret illam eis, et semini eorum post eos. +9. Dixique vobis illo in tempore : +10. Non possum solus sustinere vos, quia Dominus Deus vester multiplicavit vos , et estis hodie sicut stellaî cseli , plu- rimi. +11. (Dominus, Deus patrum vestro- rum, addat ad hune numerum multa millia, et benedicat vobis sicut locutus est.) +d'Og, roi de Basan, qui demeurait à Astaroth et à Édraï, +5. les Israélites étant au deçà du Jour- dain, dans le pays de Moab. Et il com- mença à leur expliquer la loi, et à leur dire : +6. Le Seigneur notre Dieu nous parla sur l'Horeb, et il nous dit : Vous êtes assez restés près de cette montagne ; +7. mettez -vous en chemin, et venez vers la montagne des Amorrhéens, et dans tous les lieux voisins : dans les campagnes, les montagnes et les val- lées vers le midi et le long de la côte de la mer ; passez dans le pays des Cha- nanéens et du Liban, jusqu'au grand fleuve de l'Euphrate. +8. Voilà, dit -il, que je vous ai livi-é ce pays : entrez -y et mettez -vous en possession de la terre que le Seigneur avait promis avec serment de donner à vos pères, Abraham, Isaac et Jacob, et à leur postérité après eux. +9. Et moi en ce même temps je vous dis : +10. Je ne puis seul vous porter, parce que le Seigneur votre Dieu vous a telle- ment multipliés, que vous êtes aujour- d'hui comme les étoiles du ciel. +11. (Que le Seigneur, le Dieu de vos pères, ajoute encore à ce nombre plu- sieurs milliers, et qu'il vous bénisse se- lon qu'il l'a promis.) +date plus générale (postquam 2^(^'''cussit...X qui dépeint néanmoins fort bien la situation dans laquelle se troiwaicnt les Israélites. — Locutus... quce prceceperat... Moïse parla donc en vertu d'une inspiration spéciale. — Sur Astaroth et Edrai, voyez Gen. xiv, 5; Nuiii. xxi, 33, et les commentaires. — Cœpit... exjÂanare. Hébr. : lié'er, d'une racine qui signifie graver. +PREMIER DISCOURS +servant d'introduction. 1,6 — lY, 43. +§ I. — Résumé de l'histoire du peuple de Dieu depuis l'alliance du Sinaï. I, 6 — III, 29. +Exorde tout naturel. Moïse se propose de ré- capituler les principales prescriptions de la loi et d'exhorter les Israélites à une parfaite obéis- sance : il ne pouvait mieux préparer ce double thème qu'en rappelant au souvenir du peuple soit les bontés, soit les sévérités du Dieu légis- lateur. +10 Près de l'Horeb. I, 6-18. +6-8. Le Seigneur ordonne aux Hébreux de quitter la région du Sinaï et de s'avancer vers la Terre pi'omise. — Suffi,cit... quod... La période de l'organisation religieuse (Ex. xix-xl; Lev. i-xxvn) et militaire (Num. i-x, 10) d'Israël +avait pris fin. La nation n'avait plus qu'à mar- cher vers ses glorieuses destinées. — Ad montem Amorrhceorum : le district montagneux du Négcb, au nord de Cadès, habité par les Amorrhéens (note du vers. 44, et Atl. gèogr., pi. v et vu). C'était la limite méridionale de la Terre sainte ; les trois autres limites sont également citées en termes généraux : la Méditerranée à l'ouest, le Liban au nord , l'Euphrate à l'est. Quant aux mots cetera quce proxiraa... , ils contiennent une des- cription rapide de la Palestine : campestria (hébr.: Varatah) , ici la vallée px'ofonde du Jourdain entre la mer Morte et le lac de Tibériade ; mon- tana, les montagnes de Judée, d'Éphraïm et de Galilée , formant l'arête centrale du pays ; humi- liora loca (hébr.: la 8'fclah, dépression), c.-à-d. la plaine basse et fertile qui s'étend sur les bords de la Méditerranée entre Gaza et le Carmel iAtl. géogr., pi. vu). +9-15. Moïse, de concert avec le peuple, se choisit des coadjuteurs. — Dixi vobis... : sur le conseil de Jéthro, Cf. xviir, 13 et ss. — Estis... sicut stellce ccbU. La promesse du Seigneur à Abra- ham , Gen. XV, 5 , s'était réalisée pleinement. Le souhait du vers. 11 (addat... multa millia) est délicatement inséré pour expliquer la plainte de l'orateur {non possum solus...) : Moïse se réjouit +Deux. I, 12-21. +559 +12. Je ne puis porter seul le poids de vos affaires et de vos différends. +13. Choisissez d'entre vous des hommes sages et habiles, qui soient d'une vie exemplaire et d'une probité reconnue parmi vos tribus, afin que je les éta- blisse pour être vos juges et vos chefs, +14. Vous me répondîtes alors : C'est une excellente chose que vous voulez faire. +15. Et je pris dans vos tribus des hommes sages et nobles, et je les établis pour être vos princes, vos tribuns, vos chefs de cent hommes, de cinquante et de dix, pour vous instruire de toutes choses. +16. Je leur donnai cet avis en même temps, et je leur dis : Écoutez ceux qui viendront à vous, citoyens ou étrangers, et jugez -les selon la justice. +17. Vous ne mettrez aucune différence entre les personnes ; vous écouterez le petit comme le grand, et vous n'aurez aucun égard à la condition de qui que ce soit, parce que le jugement appar- tient à Dieu. Si vous trouvez quelque chose de plus difficile, vous me le rap- porterez, et je l'écouterai. +18. Et je vous ordonnai alors tout ce que vous deviez faire. +19. Aj'ant quitté l'Horeb, nous pas- sâmes par ce grand et effroyable désert que vous avez vu, par le chemin qui conduit à la montagne des Amorrhéens, selon que le Seigneur notre Dieu nous l'avait commandé. Et étant venus à Cadèsbarné, +20. je vous dis : Vous voilà arrivés vers la montagne des Amorrhéens, que le Seigneur notre Dieu doit nous don- ner. +21. Considérez la terre que le Sei- gneur votre Dieu vous donne ; montez -y, et rendez-vous-en maîtres , selon que le Seigneur notre Dieu l'a promise à vos pères ; ne craignez point, et que rien ne vous étonne. +12. Non valeo solus negotia vestra sustinere, et pondus ac jurgia; +13. date ex vobis viros f.-apientes et gnaros, et quorum conversatio sit pro- bata in tribubus vestris, ut ponam eos vobis principes. +14. Tune respondistis mihi : Bona res est, quam vis facere. +15. Tulique de tribubus vestris viros sapientes et nobiles, et constitui eos principes, tribunos, et centuriones, et quinquagenarios ac decanos, qui doce- rent vos singula. +16. Prsecepique eis, dicens : Audite illos, et quod justum est judicate, sive civis sit ille, sive peregrinus. +17. Nulla erit distantia personarum ; ita parvum audietis ut magnum, nec accipietis cujusquam personam ; quia Dei judicium est. Quod si difficile vobis visum aliquid fuerit, referte ad me, et ego audiam. +18. Praecepique omnia quse facere de- beretis. +19. Profecti autem de Horeb, trans- ivimus per eremum terribilem et maxi- mam, quam vidistis, per viam montis Amorrhaei , sicut praeceperat Dominus Deus noster nobis. Cumque venissemus in Cadesbarne, +20. dixi vobis : Venistis ad montem Amorrhœi, quem Dominus Deus noster daturus est nobis. +21. Vide terram quam Dominus Deus tuus dat tibi; ascende et posside eam, sicut locutus est Dominus Deus noster patribus tuis ; noli timere, nec quidquam paveas. +le premier de la force de sa nation; mais plus Israël est nombreux, moins il est possible à un seul bomme de le conduire. — Tulique. . prin- cipes, tribunos... On a calculé que ces auxiliaires étaient au nombre d'environ 78 600. +16-18. Instructions de Moïse à ses coadjuteurs. — Il leur recommande surtout l'équité (quod justum est...}, l'impartialité (sive civis...). Il se réserve la solution des cas difiSciles (gwod si diffi- cile...). +2° A Cadèsbarné. I, 19-46. +19. Du Sinaï à Cadèsbarné. — • Per eremum ter- +ribilem... La péninsule sinaïtique dans sa plus grande partie. Cf. Num. x, 11-xin, 1, et VAtl. géogr., pi. v. +20-25. Envoi d'explorateurs dans le pays de Chanaan. Cf. Num. xin, 2-28. — Bixi vobis. Ces paroles encourageantes des vers. 20 et 21 n'ont pas été citées dans le premier récit. — Accessistis (vers. 22)... Voyez le commentaire de Num. XIII, 2. Actuellement, ainsi qu'il convenait à son but, Moïse appuie sur les circonstances qui aggravaient la responsabilité du peuple : Israël, après avoir demandé spontanément l'en- +5G0 +Deut. Ij 22-31. +22. Et accessistis ad me omnes, atqne dixistis : ^littamus viros qui considèrent terram, et renuntient per quod iter de- beamus ascendere, et ad quas pergcre civitates. +23. Cumque mihi sermo placuisset, misi ex vobis duodecim viros, singulos de tribubus suis, +24. qui cum perrexissent , et ascendis- sent in montana, venerunt usque ad val- lem Botri ; et considerata teiTa , +25. sumentes de fructibus ejus, ut ostenderent ubertatem, attulerunt ad nos, atque dixerunt : Bona est terra, quam Dominus Deus noster daturus est nobis. +26. Et noluistis ascendere ; sed, incre- duli ad sermonem Domini Dei nostri , +27. murmurastis in tabernaculis ve- stris, atque dixistis : Odit nos Dominus, et idcirco eduxit nos de terra ^gypti, ut traderet nos in manu Amorrliœi, atque deleret. +28. Quo ascendemus? Nuntii terrue- runt cor nostrum, dicentes : Maxima multitudo est, et nobis statura procerior; urbos magnse, et ad cselum usque mu- nitas ; filios Enacim vidimus ibi. +29. Et dixi vobis : Nolite metuere, nec timeatis eos. +30. Dominus Deus, qui ductor est vester, pro vobis ipse pugnabit, sicut fecit in ^gypto cunctis videntibus. +31. Et in solitudine (ipse vidisti) portavit te Dominus Deus tuus, ut solet homo gestare parvulum fîlium suum, in omni via per quam ambulastis, donec veniretis ad locum istum. +22. Alors vous vîntes tous me trou- ver, et vous me dîtes : Envoyons des hommes qui explorent le pays, et qui nous marquent le cliemin par où nous devons entrer, et les villes où nous de- vons aller. +23. Ayant approuvé cet avis, j'en- V03^ai douze hommes d'entre vous , un de chaque tribu , +24. qui, s'étant mis en route, et ayant passé les montagnes , vinrent jusqu'à la vallée de la Grappe de raisin ; et , après avoir exploré le pays, +25. ils prirent des fruits qu'il produit, pour nous faire voir combien il était fertile ; et nous les ayant apportés , ils nous dirent : La terre que le Seigneur notre Dieu veut nous donner est très bonne. +26. Mais vous ne voulûtes point y al- ler; et étant incrédules à la parole du Seigneur notre Dieu, +27. vous murmurâtes dans vos tentes, en disant : Le Seigneur nous hait, et il nous a fait sortir de l'Egypte pour nous livrer entre les mains des Amorrhéens, et pour nous exterminer. +28. Où monterons -nous? Ceux que nous avons envoyés nous ont jeté l'épou- vante dans le coeur, en nous disant : Ce pa5''s est extrêmement peuplé; les hommes y sont d'une taille beaucoup plus haute que nous ; leurs villes sont grandes et fortifiées de murs qui vont jusqu'au ciel ; nçus avons vu là des gens de la race d'Enac. +29. Et je vous dis alors : N'ayez pas peur, et ne les craignez point. +30. Le Seigneur votre Dieu, qui est votre guide, combattra lui-même pour vous, ainsi qu'il a fait en Egypte à la vue de tous les peuples. +31. Et vous avez vu vous-mêmes dans ce désert que le Seigneur votre Dieu vous a portés dans tout le chemin par où vous avez passé, comme un homme a coutume de porter son petit enfant entre ses bras, jusqu'à ce que vous soyez arrivés en ce lieu. +vol des explorateurs , se laissa ensuite décourager par eux. +26-33. Le manque de foi. Cf. Nnm. xiii, 29- XIV, 10. — Noluistis... La génération coupable de cet acte d'Incrédulité était entièrement éteinte (cf. vers. 34-35); les reproches ne s'adressent h l'auditoire actuel qu'en tant qu'il formait avec elle une seule et même personne morale. Figure ora4;oire très frcc^ucute. — Odit nos,», iâcirco..,^ +Trait nouveau, plein d'ingratitude. — Terruerunt (vers. 28)... Hébr.: ils ont fait couler notre cœur ; c.-à-d. ils lui ont enlevé toute fermeté. — Les traits w?-6es... ad cœlum usque munitce, et dixi vobis... n'avaient pas été mentionnés au livre des Nombres. — Portavit te... id solet homo... Lo- cution très expressive , pour dépeindre la conduite si aimante du iSeigneur envers son peuple. Cf. Num. xi„ 12. +Deut. I, 32-42. +561 +32. Mais tout ce que je vous dis alors ne put vous engager à croire au Sei- gneur votre Dieu, +33. qui a marché devant vous le long du chemin, qui vous a marqué le lieu où vous deviez dresser vos tentes , qui vous a montré le chemin, la nuit par la co- lonne de feu, et le jour par la colonne de nuée. +34. Le Seigneur, ayant donc entendu vos murmures, s'irrita et dit avec ser- ment : +35. Nul des hommes de cette race criminelle ne verra l'excellente terre que j'avais juré de donner un jour à vos pères ; +36. excepté Caleb, fils de Jéphoné. Car celui-là la verra, et je lui donnerai, à lui et il ses enfants, la terre où il a marché, parce qu'il a suivi le Seigneur. +37. Et on ne doit pas s'étonner de cette indignation du Seigneur contre le peuple, puisque, s'étant irrité contre moi- même à cause de vous, il me dit : Vous non plus, vous n'y entrerez point ; +38. mais Josué, fils de Nun, votre ministre, y entrera à votre place. Exhor- tez-le et fortifiez-le, car ce sera lui qui divisera la terre par le sort à tout Is- raël. +39. Vos petits enfants, dont vous avez dit qu'ils seraient emmenés captifs, et vos enfants, qui ne savent pas encore discerner le bien et le mal, seront ceux qui entreront dans cette terre. Je la leur donnerai, et ils la posséderont. +40. Mais pour vous, retournez, et al- lez-vous-en dans le désert par le chemin qui conduit vers la mer Rouge. +41. Vous me répondîtes alors : Nous avons péché contre le Seigneur. Nous monterons, et nous combattrons comme le Seigneur notre Dieu nous l'a ordonné. Et lorsque vous marchiez les armes à la main vers la montagne, +42. le Seigneur me dit : Dites -leur : N'entreprenez point de monter et de combattre, parce que je ne suis pas avec vous, et que vous succomberez devant vos ennemis. +32. Et nec sic quidem credidistis Do- mino Deo vestro, +33. qui prsecessit vos in via, et me- tatus est locum in quo tentoria figere deberetis, nocte ostendens vobis iter per ignem, et die per columnam nubis. +34. Cumque audisset Dominus vocem sermonum vestrorum, iratus juravit, et ait : +35. Non videbit quispiam de liomi- nibus generationis hujus pessimse ter- ram bonam, quam sub juramento polli- citus sum patribus vestris, +36. prseter Caleb, filium Jephone;ipse enim videbit eam, et ipsi dabo terram quam calcavit, et filius ejus, quia secutus est Dominum. +37. Nec miranda indignatio in popu- lum, cum mihi quoque iratus Dominus propter vos dixerit : Nec tu ingredieris illuc ; +38. sed Josue, filius Nun, minister tuus, ipse intrabit pro te. Hune exhor- tare et robora , et ipse sorte terram di- videt Israeli. +39. Parvuli vestri, de quibus dixistis quod captivi ducerentur, et filii qui hodie boni ac mali ignorant distantiam, ipsi ingredientur ; et ipsis dabo terram, et possidebunt eam. +40. Vos autem, revertimini, et abite in solitudinem per viam maris Rubri. +41. Et respondistis mihi : Peccavimus Domino; asceudemus et pugnabimus, sicut praecepit Dominus Deus noster. Cumque instructi armis pergeretis in montem , +42. ait mihi Dominus : Die ad eos : Nolite ascendere, neque pugnetis, non enim sum vobiscum, ne cadatis coram inimicis vestris. +34-40. La colère divine, suscitée par l'incré- dulité d'Israël. Cf. Num. xiv, 10-38. — Nec tu ingredieris... En réalité, cette sentence person- nelle contre Moïse ne fut prononcée que trente- sept ans après l'épisode de Cadès (Num. xx, 13); mais, ainsi qu'il a été dit, l'orateur condense les faits pour les présenter d'une façon plus frap- pante. Moïse se proposait Ici de montrer qu'il +n'avait pas échappé lui-même au terrible décret d'exclusion lancé contre la masse du peuple. +41-46. La désobéissance d'Israël est sévère- ment punie. Cf. Num. xiv, 39-45. — Egressus AmorrhcBUs (vers. 44). Au passage parallèle des Nombres (xiv, 45), nous lisons : « L'Amalécite et le Chananéen; » mais ces deux notes con- cordent très bien entre elles; ici et ailleurs, les +5C2 +Deut. I, 43 — II, g. +43. Locutus sum, et non audistis ; sed adversantes imperio Domini, et tu- mentes superbia, ascendistis in mon- tem. +44. Itaqiie egressus Amorrhseus, qui habitabat in montibus, et obviam ve- niens, persecutus est vos, sicut soient apes persequi, et cecidit de Seir usque Horma. +-45. Cumque reversi ploraretis coram Domino , non audivit vos , nec voci ve- strse voluit acquiescere. +46. Sedistis ergo in Cadesbarne multo tempore. +43. Je vous le dis, et vous ne m'écou- tâtes point ; mais , vous opposant au commandement du Seigneur, et étant enflés d'orgueil, vous montâtes sur la montagne. +44. Alors les Amorrhéens qui habi- taient sur les montagnes ayant paru , et étant venus au-devant de vous, vous poursuivirent comme les abeilles pour- suivent celui qui les irrite, et vous tail- lèrent en pièces depuis Séïr jusqu'à Horma. +45. A votre retour, vous vous mîtes à pleurer devant le Seigneur ; mais il ne vous écouta point , et il ne voulut point se rendre à vos prières. +46. Ainsi vous demeurâtes longtemps à Cadèsbarné. +CHAPITRE II +1. Profectique inde venimus in soli- tudinem quse ducit ad mare Eubrum, sicut mihi dixerat Dominus ; et circuivi- mus montem Seir longo tempore. +2. Dixitque Dominus ad me : +3. Suiïicit vobis circuire montem is- tum ; ite contra aquilonem , +4. et populo prsecipe , dicens : Trans- ibitis per termines fratrum vestrorum, filiorum Esau, qui habitant in Seir, et timebunt vos. +5. Yidete ergo diligenter ne movea- mini contra eos ; neque enim dabo vobis de terra eorum quantum potest unius pedis calcare vestigium, quia in posses- sionem Esau dedi montem Seir. +6. Cibos emetis ab eis pecunia, et co- +1. Nous partîmes de ce lieu -là, et nous vînmes au désert qui mène à la mer Eouge, selon que le Seigneur me l'avait ordonné ; et nous tournâmes long- temps autour du mont Séir. +2. Le Seigneur me dit alors : +3. Vous avez assez tourné autour de cette montagne, allez maintenant vers le septentrion ; +4. et ordonnez ceci au peuple, et dites- lui : Vous passerez sur les limites des terres des enfants d'Esaii vos frères, qui habitent à Séir, et ils vous crain- dront. +5. Gardez-vous donc bien de les atta- quer. Car je ne vous donnerai pas un seul pied de terre dans leur pays , parce que j'ai abandonné à Esali le mont Séir, afin qu'il le possédât. +6. Vous achèterez d'eux à prix d'ar- +Amorrhéens sont cités comme les représentants de toutes les peuplades chananéennes , parmi les- quelles ils occupaient le premier rang pour le nombre et pour la force. — Sicut soient apes... Comparaison énergique et toute classique. Sur Horma, voyez Num. xiv, 45, et l'explication. — Cumque... ploraretis... Trait nouveau, drama- tique. — In Cadesbarne m,ulto tempore : pas immédiatement après leur défaite, mais avant l'envoi des explorateui-s , et surtout à l'époque de leur second séjour, trente-sept ans plus tard. Vo3'ez le commentaire de Num. xx, 1. +3° De Cadès au torrent de Zared. II, 1-15. +Chap. II. — 1 - 7. Le Seigneur interdit aux Hébreux d'attaquer les Iduméens. Détails nou- veaux; comparez Num. xx, 14-21. — In solitu- +dinem (hébr. : midbar, le désert) quœ... ad mare... : l'aride vallée d'Arabah. — Circuivimus montem Seir. Cf. Num. xxi, 4, et le commen- taire. Longo tempore, est-il ajouté ; en effet, pour faire ce circuit, il fallait descendre au sud jusque auprès du golfe Élanitique , et remonter au nord de manière à atteindre l'embouchure du Jour- dain par le plateau de Moab. Atl. géogr., pi. v. — Suffi.cit vobis circuire : sans essaj-'er de s'ou- vrir de vive force un passage à travers les ouadis de Séir. — Transibitis per terminos (vers. 5) : le long des frontières de l'ouest, puis de l'est. — Esau dedi... Cf. Gen. xxvii, 39-40, et l'explica- tion ; XXXVI, 8 et ss. — Cibos emetis... Le vers. 29 dit qu'ils le firent en effet, les Iduméens n'aj'ant pas osé leur refuser ce service (cf. vers. 4 : « ti- +Deut. II, 7-13. +5G3 +gent tout ce que vous mangerez, et vous achèterez aussi l'eau que vous puiserez et que vous boirez. +7. Le Seigneur votre Dieu vous a bé- nis dans toutes les œuvres de vos mains ; le Seigneur votre Dieu a eu soin de vous dans votre chemin, lorsque vous avez passé par ce grand désert ; il a habité avec vous pendant quarante ans, et vous n'avez manqué de rien. +8. Après que nous eûmes passé les terres des enfants d'Esaii nos frères, qui habitaient à Scir, marchant par le che- min de la plaine d'Elath et d'Asionga- ber, nous vînmes au chemin qui mène au désert de Moab. +9. Alors le Seigneur me dit : Ne com- battez point les Moabites, et ne leur faites pas la guerre, car je ne vous donnerai rien de leur pays, parce que j'ai donné Ar aux enfants de Lot, afin qu'ils la possèdent. +10. Les Emim, qui ont habité les pre- miers ce pays, étaient un peuple grand et puissant, et d'une si haute taille, qu'on les croyait de la race d'Énac, comme les géants, +11. car ils étaient semblables aux en- fants d'Enac. Enfin les Moabites les ap- pellent Emim. +12. Quant au pays de Séir, les Hor- rhéens y ont habité autrefois ; mais après qu'ils en eurent été chassés et extermi- nés, les enfants d'Esaii y habitèrent, comme le peuple d'Israël s'est établi dans la terre que le Seigneur lui a don- née pour la posséder. +13. Nous nous disposâmes donc à pas- ser le torrent de Zared, et nous vînmes près de ce torrent. +medetis, aquam emptam haurietis et bibetis. +7. Dominus Deus tuus benedixit tibi in omni opère manuum tuarum ; novit iter tuum, quomodo transieris solitudi- nem hanc magnam, per quadraginta annos habitans tecum Dominus Deus tuus, et nihil tibi defuit. +8. Cumque transissemus fratres no- stros, filios Esau, qui habitabant in Seir, per viam campestrem de Elath, et de Asiongaber, venimus ad iter quod ducit in desertum Moab. +9. Dixitque Dominus ad me : Non pugnes contra Moabitas, nec ineas ad- versus eos prselium ; non enim dabo tibi quidquam de terra eorum, quia tiliis Lot tradidi Ar in possessionem. +10. Emim primi fuerunt habitatores ejus, populus magnus, et validus, et tam excelsus, ut de Enacim stirpe, +11. quasi gi gantes, crederentur, et essent similes tiliorum Enacim. D'inique Moabitae appellant eos Emim. +12. In Seir autem prius habitaverunt Horrhœi; quibus expulsis atque deletis, habitaverunt filii Esau, sicut fecit Israël in terra possessionis suse, quam dédit illi Dominus. +13. Surgentes ergo ut transiremus tor- rentem Zared, venimus ad eum. +mebunt vos »). • — Aquam emptam haurietis. C'est le sens. L'hébreu porte : Vous creuserez des eaux à (prix d') argent; c.-à-d. qu'Israël devait acheter le droit de creuser des pviits sur le ter- ritoire iduméen. A ce propos, Moïse excite les Hébreux à la reconnaissance envers Jéhovah, qui n'a laissé son peuple manquer de rien depuis sa sortie d'Egypte (vers. 7). +8-9. Interdiction analogue concernant les Moa- bites (autres détails nouveaux). — Per viam campestrem. Hébr, : par le chemin de V'arabah. — Elath: l'AlXtiv ou Aïky.vri des Grecs, port situé à l'extrémité du golfe de la mer Rouge auquel il a donné son nom (Atl. géogr., pi. v). Sur Asiongaber, autre port situé dans le voisi- nage d'Élath, voyez Num. xxxin, 35. — Non... contra Moabitas. Fils de Lot (Gen. xix, 36-37), ils étaient les frères d'Israël, c.-à-d. de la même race. — Tradidi Ar... : la capitale de Moab. Voyez Kum. XXI, 15, et l'explication. +10-12. Note rétrospective sur les habitants primitifs des territoires de Moab et de Séir. C'est une sorte de parenthèse ethnographique, destinée h prouver que les Moabites et les Idu- méens ne possédaient vraiment qu'en vertu d'un don divin (vers. 5 et 9) les districts qu'ils occu- paient alors. Seuls, comment auraient -Ils réussi à refouler et à extirper des peuplades redou- tables? — Les Emim, comme les Enacim, ap- partenaient à la tribu gigantesque des R'/â'im (nom propre , dont la Vulgate a fait un nom com- mun , gigantes ). Voj'ez les notes de Gen. xiv, 5 , et de Num. xiii, 22, Ces tribus étaient floris- santes dans la Palestine au temps d'Abraham. — In Seir... Horrhœi. Voyez Gen. xrv, 6 (et le commentaii'e ) ; xxxvi, 20-30. — Sicut fecit Is- raël... Allusion aux conquêtes récentes d'Israël dans la Palestine transjordanienne. Cf. vers. 26 et ss. +13-15. Les Hébreux auprès du Zared.— Zared: +664 +Deut. Il, 14-23. +14. Tempns autem quo ambulavimus de Cadesbarne usque ad transitum tor- rentis Zareb, triginta et octo annorum fuit, donec consumeretur omnis gene- ratio hominum bellatorum de castris, sieut juraverat Dominus; +15. eu jus manus fuit adversum eos, ut interirent de castrorum medio. +16. Postquam autem universi cecide- runt pugnatores, +17. locutus est Dominus ad me, di- cens : +18. Tu transibis hodie termines Moab, iirbem nomine Ar; +19. et accedens in vicina filiorum Ammon, cave ne pugnes contra eos, nec movearis ad prœlium ; non enim dabo tibi de terra liiiorum Ammon, quia filiis Lot dedi eam in possessio- nem. +20. Terra gigantum reputata est, et in ipsa olim habitaverunt gigantes, quos Ammonitœ vocant Zomzommim, +21. populus magnus et multus et pro- ceras longitudinis, sicut Enacim quos delevit Dominus a facie eorum, et fecit illos habitare pro eis, +22. sicut fecerat iiliis Esau, qui ha- bitant in Seir, delens Horrhseos, et ter- ram eorum illis tradens, quam possident usque ad prÊesens. +23. Hevœos quoque, qui habitabant in Haserim usque ad Gazam, Cappa- doces expulerunt, qui, egressi de Cap- padocia, deleverunt eos, et habitaverunt pro illis. +14. Or le temps que nous mîmes h marcher depuis Cadèsbarné jusqu'au passage du torrent de Zared fut de trente -huit ans, jusqu'à ce que toute la race des loremiers guerriers eût été exter- minée du camp, selon que le Seigneur l'avait juré ; +15. car sa main a été sur eux, pour les faire tous périr du milieu du camp. +16. Après la mort de tous ces hommes de guerre, +17. le Seigneur me parla, et me dit : +18. Vous passerez aujourd'hui les con- fins de Moab et la ville d'Ar ; +19. et lorsque vous approcherez des fjontières des enfants d'Ammon, gardez- vous bien de les combattre et de leur faire la guerre ; car je ne vous donnerai rien du pays des enfants d'Ammon, parce que je l'ai donné aux enfants de Lot, afin qu'ils le possèdent. +20. Ce pays a été considéré autrefois comme le pays des géants, parce que les géants y ont habité, ceux que les Ammonites appellent Zomzommim. +21. C'était un peuple grand et nom- breux, et d'une taille fort élevée, comme les Enacim. Le Seigneur les a extermi- nés par les Ammonites , qu'il a fait ha- biter dans leur pays à leur place, +22. comme il avait fait à l'égard des enfants d'Esaii qui habitent à Séir, ayant exterminé les Horrhéens, et donné leur pays à ces enfants d'Esaii, qui le possèdent encore aujourd'hui. +23. Les Hévéens de même, qui habi- taient à Hasérim jusqu'à Gaza, en furent chassés par les Cappadociens , qui, étant sortis de la Cappadoce, les extermi- nèrent, et s'établirent à leur place en ce pays -là. +voyez la note de Num, xxi, 12. — Tempus au- tem... Durée des ptrégrinations d'Israël ù travers le désert, entre les stations de Cadès et du Zared, situées l'une et l'autre sur les confins du territoire que devaient posséder les Hébreux. +4û Du Zared à l'Arnon. II, 16-25. +16-19. Dieu interdit aussi à son peuple d'atta- quer les Ammonites (trait qui n'avait pas été en- core mentionné). — Transibis... tervilnos Moab. Continuant leur route vei's le nord , les Hébreux devaient laisser à leur gauche le territoire de iMoab et longer le désert qui s'étendait ù leur droite. — In vicina... Ammon. L'Arnon servait de fron- tière septentrionale aux Moabites; après l'avoir franclii, on pénétrait aussitôt dans le royaume amorrhéen de Séhon du côté de l'ouest, et, du côté de l'est, dans le pays des Ammonites. Yoy. +VAtl. gèogr., pi. v et vu. — Cave ne pugnes (vers. 15)... Ammon était fils de Lot, comme Moab ( Gen. xix , 38 ) ; Jéhovah lui a accordé à ce titre une protection spéciale (dedi... in pos- sessionem), et il veut qu'Israël ménage pour le moment tous ces peuples frères. +20-23. Autre note l'étrospective sur les anciens habitants de ces régions. Elle a pour but, comme la précédente (vers. 10-12), de démontrer le « dedi in possessionem » (Aei's. 19). — Zomzommim: peuplade que l'on croit ne pas différer des Zuzim de Gon. xiv, 5. — IIcvccos : tribu chananéennc mentionnée déjà dans la Table des peuples, Gen. x,17, et qui, à l'époque de Jacob, occupait Si- chcm et les environs ( Gen. xxxiv, 2 ) ; le texte hébreu nous les montre ici installés ^^ dans des villages (Vulg., inexactement : in Haserim) jus- +Dedt. II, 24-31. +i65 +24. Levez -Tons donc, vous dit alors le Seigneur, et passez le torrent de l' Arnon ; car je vous ai livré Séhon l'Amorrhcen, roi d'ilésébon ; commencez à entrer en possession de son pays, et combattez contre lui. +25. Je commencerai aujourd'hui à je- ter la terreur et l'effroi de vos armes dans tous les peuples qui habitent sous le ciel; afin qu'au seul bruit de votre nom ils tremblent, et qu'ils soient péné- trés de frayeur et de douleur comme les femmes qui sont dans le travail de l'en- fantement. +26. J'envoyai donc du désert de Cadé- moth des ambassadeurs vers Séhon, roi d'Hésébon, pour lui porter des paroles de paix , en lui disant : +27. Nous ne demandons qu'à passer par vos terres ; nous marcherons par le grand chemin, nous ne nous détourne- rons ni à droite ni à gauche. +28. Vendez -nous tout ce qui nous sera nécessaire pour manger; donnez- nous aussi de l'eau pour de l'argent, afin que nous puissions boire ; et permettez- nous seulement de passer par votre pays, +29. comme ont bien voulu nous le permettre les enfants d'Esaii qui ha- bitent en Séir, et les Moabites qui de- meurent à Ar ; jusqu'à ce que nous soyons arrivés au bord du Jourdain, et que nous passions dans la terre que le Sei- gneur notre Dieu doit nous donner. +30. Mais Séhon, roi d'Hésébon, ne voulut point nous accorder le passage ; parce que le Seigneur votre Dieu lui avait raidi l'esprit et endurci le cœur, afin qu'il fût livré entre vos mains, comme vous voyez maintenant qu'il l'a été. +31. Alors le Seigneur me dit : J'ai déjà commencé à vous livrer Séhon avec son pays ; commencez aussi à entrer en possession de cette terre. +24. Surgite, et transite torrentem Arnon ; ecce tradidi in manu tua Sehon, regem Hesebon, Amorrhœum; et terram ejus incipe possidere, et committe ad- versus eum prselium. +25. Hodie incipiam mittere terrorem atque formidinem tuam in populos qui habitant sub omni caelo, ut audito no- mine tuo paveant , et in morem partu- rientium contremiscant, et dolore te- neantur. +26. Misi ergo nuntios de solitudine Cademoth ad Sehon, regem Hesebon, verbis pacificis, dicens : +27. Transibimus per terram tuam, publica gradiemur via ; non declinabi- mus neque ad dexteram , neque ad sini - stram. +28. Alimenta pretio vende nobis, ut vescamur ; aquam pecunia tribue , et sic bibemus; tantum est ut nobis concédas transitum , +29. si eut fecerunt filii Esau, qui habi- tant in Seir, et Moabitae, qui morantur in Ar, donec veniamus ad Jordanem, et transeamus ad terram quam Dominus Deus noster daturus est nobis. +30. Noluitque Sehon, rex Hesebon, dare nobis transitum, quia induraverat Dominus Deus tuus spiritum ejus, et obfirriaverat cor illius , ut traderetur in manus tuas, sicut nunc vides. +31. Dixitque Dominus ad me : Ecce cœpi tibi tradere Sehon, et terram ejus ; incipe possidere eam. +qu'à Gaza », c.-à-d. jusqu'au sud -ouest de Cha- uaan. — Cappadoces... de Cappadocia. De même les LXX et les rabbins. Dans l'hébreu : les Kaftorim... de Kaftor ; nom primitif de l'île de Crète (cf. Gcn. x, 14) et des Philistins, qui en étaient originaires. Telle est du moins l'opinion la plus vraisemblable. +24-25, Dieu ordonne à Moïse d'attaquer les Amorrhécns du sud, gouvernés par Séhon (détail nouveau; cf. Num. xxi, 21 et ss.), — Terrorem atque formidinem...: la réalisation de la prophétie de Moïse, Ex. xv, 15-16. +5° Défaite du roi Séhon. II, 26-37. +26-30. Séhon refuse aux Hébreux l'atitorisa- +tion de passer sur ses terres. Cf. Num. xxi, 21-23. La narration actuelle est plus complète et plus développée. — De... Cademoth. Ville ac- cordée plus tard aux Rubénites, Jos. xni, 18 ; elle devait être située à- l'est du territoire amor- rhéen, sur les confins du désert arabique (soli- tudine). — Transibimus... Requête présentée en termes ti*ès modestes. Cf. Num. xx, 17 et ss. — Induraverat Dominus... : comme autrefois pour le pharaon. Voyez Ex. rv, 21-23, et le commen- taire. +31-37. La victoire des Hébreux et ses résultats. Cf. Kum. XXI, 24-26. — Dixit... Dominus... Trait propre au Deutéronome. Le divin général des +566 +Deut. II, 32 — III, 3. +32. Egressusque est Sehon obviam nobis cum omni populo suo ad prœlium in Jasa ; +33. et tradidit eum Dominiis Deus noster nobis ; percussimusque eum cum filiis suis et omni populo suo. +31. Cunctasque urbes in tempore illo cepimus, interfectis habitatoribus ea- rura , viris ac mulieribus et parvulis ; non reliquimus in eis quidquam, +35. absque jumentis, quœ in partem venere praidantium, et spoliis urbium quas ce])imus. +36. Ab Aroer, quse est super ripam torrentis Arnon, oppido quod in valle situm est, usque Galaad, non fuit vicus et civitas, quse nostras efïugeret manus ; omnes tradidit Dominus Deus noster nobis , +37. absque terra filiorum Ammon, ad quam non accessimus, et cunctis quae adjacent torrenti Jeboc,et urbibus mon- tanis, universisque locis, a quibus nos probibuit Dominus Deus noster. +32. Sélion marcha donc au-devant de nous avec tout son peuple, pour nous livrer bataille à Jasa, +33. et le Seigneur notre Dieu nous le livra ; et nous le défîmes avec ses en- fants et tout son peuple. +34. Nous prîmes en même temps toutes ses villes, nous en tuâmes tous les habi- tants, hommes, femmes et petits en- fants , et nous n'}^ laissâmes rien , +35. excepté les troupeaux, qui furent le partage de ceux qui les pillèrent, et les dépouilles des villes que nous prîmes. +36. Depuis Aroër, qui est sur le bord du torrent de l'Arnon, ville située dans la vallée, jusqu'à Galaad, il n'y eut ni village ni ville qui pût échapper de nos mains ; mais le Seigneur notre Dieu nous livra tout, +37. si ce n'est le pays des enfants d'Ammon, dont nous n'avons point ap- proché, et tout ce qui est aux environs du torrent de Jéboc, et les villes situées sur les montagnes, avec tous les lieux où le Seigneur notre Dieu nous a dé- fendu d'aller. +CHAPITRE III +1. Itaque conversi ascendimus per iter Basan ; egressusque est Og , rex Basan , in occursum nobis cum j^opulo suo, ad bellandum in Edrai. +2. Dixitque Dominus ad me : Ne ti- meas eum, quia in manu tua traditus est cum omni populo ac terra sua ; faciesque ei sicut fecisti Sehon, régi Amorrhaeorum, qui habita vit in Hese- bon. +3. Tradidit ergo Dominus Deus noster in manibus nostris etiam Og, regem Basan, et universum populum ejus; percussimusque eos usque ad interne- cionem. +1. Aj'^ant donc pris un autre chemin, nous allâmes vers Basan ; et Og , roi de Basan, marcha au-devant de nous avec tout son peuple, pour nous livrer bataille à Edraï. +2. Alors le Seigneur me dit : Ne crai- gnez point, parce qu'il vous a été livré avec tout son peuple et son pays ; et vous les traiterez comme vous avez traité Séhon, roi des Amorrhéens, qui habitait à Hésébon. +3. Le Seigneur notre Dieu nous livra donc aussi Og, roi de Basan, et tout son peuple; nous les tuâmes tous sans en épargner aucun, +troupes Israélites donne maintenant le signal de l'attaque, do même qu'il avait auparavant in- terdit le combat. — Interfectis... (vers. 34). Hébr.: Nous dévouâmes à l'anathèrae, c.-à-d. à une exter- mination totale. C'est encore un détail nouveau. — Ab Aroer... usque Galaad... : toute la région comprise entre l'Arnon et une ligne qu'on tirerait de Rabbath-Ammon en allant droit au Jourdain i.itl. géogr., pi. vu). — Absque terra (vers. 37)... Cf. vers. lG-19. Le cours supérieur du Jaboc, appelé ici Jeboc, séparait le territoire ammonite du royaume de Séhon (note de Num. xxi, 24). +6° Défaite du roi Og. III, 1-11. +Chap. III. — 1-7. Lg Seigneur livre aux Is- raélites les Amorrhéens du nord. Cf. Num. xxi, 33-35. Ici encore plusieurs détails spéciaux. — Per iter Basan : en remontant au nord - est de Galaad; voyez la note de Num. xxi, 3. — iîe- gionem ( hébr. : hébel , cordeau ; puis , un terri- toire mesuré au cordeau) Argob. La racine de ce nom paraît être r'gob, monceau de pierres, et les interprètes admettent assez généralement aiijourd'hui qu'il désignait la contrée âpre et pierreuse que les Grecs appelèrent plus tard +Deut. m, 4-lK +5G7 +4. et nous ravageâmes toutes leurs villes en un même temps. Il n'y eut point de ville qui pût nous échapper; nous en prîmes soixante, tout le pays d'Argob, qui était du royaume d'Og en Basan. +5. Toutes les villes étaient fortifiées de murailles très hautes , avec des portes et des barres, outre un très grand nombre de bourgs qui n'avaient point de murailles. +6. Nous exterminâmes ces peuples comme nous avions fait Séhon, roi d'Hé- sébon, ruinant toutes leurs villes, tuant les hommes , les femmes et les petits en- fants ; +7. et nous prîmes leurs troupeaux, avec les dépouilles de leurs villes. +8. Nous nous rendîmes donc maîtres en ce temps -là du pays des deux rois des Amorrhéens qui étaient au deçà du Jourdain, depuis le torrent de l'Arnon jusqu'au mont Herraon, +9. que les Sidoniens appellent Sarion, et les Amorrhéens Sanir ; +10. et nous prîmes toutes les villes qui sont situées dans la plaine, et tout le pays de Galaad et de Basan jusqu'à Selclia et Édraï, qui sont des villes du royaume d'Og en Basan. +11. Car Og, roi de Basan, était resté seul de la race des géants. On montre encore son lit de fer dans Rabbath, qui est une ville des enfants d'Ammon ; il a +4. vastantes cunctas civitates illius uno tempore. Non fuit oppidum, quod nos effugeret; sexaginta urbes, omnera regionem Argob, regni Og, in Basan. +5. Cunctse urbes erant munitse mûris altissimis, portisque et vectibus, absque oppidis innumeris, quse non habebant muros. +6. Et delevimus eos, sicut feceramus Sehon, régi Hesebon, disperdentes om- nem civitatem, virosque ac mulieres et parvulos ; +7. jumenta autem et spolia urbium diripuimus. +8. Tulimusque illo in tempore terram de manu duorum regum Amorrhœorum , qui erant trans Jordanem, a torrente Arnon usque ad montem Hermon, +9. quem Sidonii Sarion vocant, et Amorrhgei Sanir ; +10. omnes civitates, quse sitse sunt in planitie, et universam terram Galaad et Basan usque ad Selcha et Edrai, ci- vitates regni Og, in Basan. +11. Solus quippe Og, rex Basan, re- stiterat de stirpe gigantum. Monstratur lectus ejus ferreus, qui est in Rabbath filiorum Ammon, novem cubitos habens +Trachonitide , de Tpa'/wv, lieu rude, raboteux. Cf. Luc. III, 1. C'est l'El-Ledjah moderne iAtl. gcogr., pi. xn), plateau de laves basaltiques, en forme de triangle, situé au sud de Damas, et qui se dresse tout à coup à vingt ou trente pieds au-dessus de la plaine de Basan. Sa sui'face est très inégale , toute raboteuse en réalité , et tra- versée par des fissures multiples en zigzag. Les voyageurs anglais qui ont récemment étudié ce district ont été frappés du nombre étonnant de villes fortes et populeuses qu'il renfermait autre- fois {sexaginta urbes j vers. 5), sans parler des villages ouverts (vers. 5 : oppidis... quce non...). Les restes qu'on en rencontre à chaque instant sont merveilleusement conservés, grâce à la na- ture du basalte , solide et résistant comme le fer. Les murs gigantesques que signale le vers. 5 se profilent sur un ciel limpide ; beaucoup de portes en dolérite subsistent encore et roulent sur leurs gonds. On voit par le récit de jMoïse que les Hé- breux, au sortir des collines fertiles de Basan, presque dénuées de villes, avaient été frappés par la physionomie caractéristique de l' Argob. — Delevimus (vers. 6) : le hérem, comme pour les sujets de Séhon, ii, 34. +8-10. llccapitulation de la double conquête. — +Ad montem Hermon. Majestueuse montagne ù trois sommets, qui s'élève à environ 2 800 mètres au-dessus de la Méditerranée, à 3 200 mètres au- dessus de la vallée du Jourdain. Elle termine magnifiquement au sud la chaîne de l' Anti-Liban ; on aperçoit de la plupart des points de la Pales- tine son cône supérieur, presque toujours couvert de neige. — Sarion (Siriôn) , Sanir (S'nir). Cf. Ps. XXVIII, 6; Cant. iv, 8; Ez. xxvii, 5, etc., où les Hébreux eux-mêmes emploient poétique- ment ces dénominations étrangères. Le nom ac- tuel de l'Hermon est Djébel-esch-Schéikh. — Ci- vitates... in planitie : le plateau élevé de Moab, d'après iv, 43 , etc. Les villes en question étaient donc celles d'Hesbon, de Médeba, etc. (Atlas géogr., pi. vu). L'énumération nous conduit en- suite plus au nord {Galaad, Basan); elle s'a- chève par l'indication des limites orientales des pays conquis : ad Selcha...; la Salkad moderne, que mentionnent aussi Jos. xii, 5; xiii, 11, et I Par. V, 11, située au sud du Djebel Haurcân à l'est de Bosra. +11. Le lit du l'oi Og. — Og... de stirpe gigan- tuvi. Hébr.: de la race des R'fâ'im (voir la note de II, 11). Les voyageurs dont nous avons ré- sumé plus haut les descriptions d'El - Ledjah +568 +,DjiUT. III, 12-17. +loTigitudinis et quatuor latitudinis , ad mensuram cubiti virilis manus. +12. Terramque possedimus tempore illo ab Aroer, quœ est super ripam torrentis Arnon, usque ad mediam par- tem montis Galaad ; et civitates illius dedi Ruben et Gad. +13. Reliquam autem partem Galaad, et omiiera Basan, regni Og, tradidi me- diœ tribui Manasse, omnem regionem Argob ; cunctaque Basan vocatur Terra gigantum. +14. Jair, filius Manasse, possedit om- nem regionem Argob usque ad ter- mines Gessuri et Machati ; vocavitque ex nomine suo Basan, Havoth-Jair, id est, villas Jair, usque in prsesentem diem. +15. Machir quoque dedi Galaad. +16. Et tribubus Ruben et Gad dedi de terra Galaad usque ad torrentem Arnon médium torrentis, et confinium usque ad torrentem Jeboc, qui est ter- minus filiorum Ammon, +17. et planitiem solitudinis, atque Jordanem, et termines Cenereth usque ad mare deserti, quod est Salsissimum, ad radiées montis Phasga contra orien- tem. +neuf coudées de long et quatre de large, selon la mesure d'une coudée ordinaire. +12. Nous entrâmes donc alors en pos- session de ce pays-là, depuis Aroër, qui est sur le bord du torrent de l'Arnon, jusqu'au milieu de la montagne de Ga- laad; et j'en donnai les villes à la tribu de Ruben et de Gad. +13. Je donnai l'autre moitié de Galaad et tout le pays de Basan, qui était du royaume d'Og, et le pays d' Argob, à la t moitié de la tribu de Manasse. Tout ce pays de Basan est appelé la Terre des géants. +14. Jaïr, fils de Manasse, est entré en possession de tout le pays d' Argob, jus- qu'aux confins de Gessuri et de Ma- chati; et il a appelé de son nom les bourgs de Basan, Havoth- Jaïr, c'est- à-dire les bourgs de Jaïr, comme ils se nomment encore aujourd'hui. +15. Je donnai aussi Galaad à Machir. +16. Mais je donnai aux tribus de Ru- ben et de Gad la partie de ce même pays de Galaad qui s'étend jusqu'au torrent de l'Arnon, jusqu'au milieu du torrent, et ses confins jusqu'au torrent de Jéboc, qui est la frontière des en- fants d'Ammon, +17. avec la plaine du désert, le long du Jourdain, et depuis Cénéreth jusqu'à la mer du désert, appelée la mer Salée, et jusqu'au pied de la montagne de Phasga, qui est vers l'orient. +racontent que maint détail , par exemple la hau- teur des portes , atteste la présence de races géantes dans ces contrées. — Lectus ejus. Il est possible que le substantif 'ères serve ici, comme dans la langue araméenne , à désigner un cercueil plutôt qu'un lit ordinaire; dans ce cas, l'épi- thète ferreus conviendrait fort bien au basalte, qui contient 20 p. 100 de fer. <( Quem vocant basalten, ferrei coloris atque duritiœ; unde et nomen ei dédit, » dit Pline, Hist. nat., xxxvi, 11. On a trouvé dans le pays gouverné autrefois par le roi Og d'antiques et gigantesques sarco- phages en basalte. — Qiii in RabbafJi... : la ca- pitale des Ammonites , nommée Philadelphie par les Grecs, aujourd'hui Amman, vers la source du Jaboc. Le lit du roi Og était sans doute tombé entre les mains des Ammonites pendant une in- cursion heureuse qu'ils avaient opérée sur le ter- ritoire amorrhéen, et ils l'avaient gardé comme xm trophée. — Novem cubiios. A 0'»525 la coudée, cela fait 4'"725 de long, sur 2">10 de large. Évi- demment le lit ou sarcophage dépassait d'une manière notable la taille du roi -géant. — Ad mensuram... Hébr.: une coudée d'homme, c.-à-d. d'après la coudée ordinaire et commune. +7° Partage des provinces conquises à l'est du Jourdain. III, 12-20. +12-13, Portions respectives de Ruben, de Gad et de la demi-tribu de Manasse. Cf. Num. xxxir, 33-42. Plusieurs des détails mentionnés ici sont nouveaux. — Ab Aroer,.. Cf. ii, 36, et la note. La partie méridionale du paj'S amorrhéen fut livrée à Ruben et à Gad , d'après le vers. 12 ; la partie septentrionale échut à la demi -tribu de Manasse, d'après le vers. 13. +14-17. Les mêmes indications, plus dévelop- pées, et dans un ordre inverse. — 1° La demi- tribu de Manasse, vers. 14-15. Sur Jair et Ma- chir, voyez Num. xxxii, 39-41, et le commentaire. — Terminos Gessuri et Machati. Deux races antiques, qui habitaient, croit -on, au sud et au pied de l'Hcrmon. Le nom de la première {G' suri) semble s'être conservé dans celui du district de Djédour. Elles ne furent pas entièrement exterminées après la conquête , car il est question d'elles au temps des rois. Cf. II Reg. in, 3. Basan Eavoth-Jair. Hébr. : « les villes de Jaïr en Basan. » — Vsque in prcesentem diem. Cette for- mule, qui revient de temps îi autre dans la Ge- nèse et dans le Deutéx'onome (jamais dans lea +Deut. III, 18-25. +569 +18. Je donnai on ce même temps cet ordre aux trois tribus, et je leur dis : Le Seigneur votre Dieu vous donne ce pays pour votre héritage. Marchez donc en armes devant les enfants d'Israël vos frères, vous tous qui êtes des hommes robustes et courageux, +19. en laissant chez vous vos femmes, vos petits enfants et vos troupeaux. Car je sais que vous avez un grand nombre de troupeaux, et qu'ils doivent demeu- rer dans les villes que je vous ai don- nées, +20. jusqu'à ce que le Seigneur mette vos fi'ères dans le repos où il vous a mis vous-mêmes, et qu'ils possèdent aussi la terre qu'il leur doit donner au delà du Jourdain ; alors chacun do vous re- viendra pour jouir des terres que je vous ai données. +21. Je donnai aussi alors cet avis h Josué : Vos yeux ont vu de quelle ma- nière le Seigneur votre Dieu a traité ces deux rois ; il traitera de même tous les royaumes dans lesquels vous devez en- trer. +22. Ne les craignez donc point, car le Seigneur votre Dieu combattra pour vous. +23. En même temps je fis cette prière au Seigneur, et je lui dis : +24. Seigneur mon Dieu, vous avez commencé à signaler votre grandeur et votre main toute -puissante devant votre serviteur ; car il n'y a point d'autre Dieu, soit dans le ciel, soit sur la terre, qui puisse faire les œuvres que vous faites, ni dont la force puisse être comparée à la vôtre. +25. Permettez donc que je passe au delà du Jourdain, et que je voie cette terre si fertile, cette excellente mon- tagne, et le Liban. +18. Prœcepique vobis in tempore illo, dicens : Dominus Deus vester dat vobis terram liane in haereditatem ; expediti prœcedite fratres vestros ûlios Israël, omnes viri robusti, +19. absque uxoribus, et parvulis, atque jumentis. Novi enim quod plura habeatis pecora, et in urbibus remanere debebunt, quas tradidi vobis, +20. donec requiem tribuat Dominus fi-a tribus vestris, sicut vobis tribuit, et possideant ipsi etiam terram, quam da- turus est eis trans Jordanem ; tune re- vertetur unusquisque in possessionem suam, quam dedi vobis. +21. Josue quoque in tempore illo prœcepi, dicens : Oculi tui viderunt quae fecit Dominus Deus vester duobus his regibus ; sic faciet omnibus regnis , ad quae transiturus es. +22. Ne timeas eos; Dominus enim Deus vester pugnabit pro vobis. +23. Precatusque sum Dominum in tempore illo, dicens : +24. Domine Deus, tu cœpisti osten- dere servo tuo magnitudinem tuam , ma- numque f ortissimam ; neque enim est alius Deus, vel in cselo , vel in terra , qui possit facere opéra tua, et comparari fortitudini tuœ. +25. Transibo igitur, et videbo terram hanc optimam trans Jordanem, et mon- tem istum egregium, et Libanum. +trois livres intermédiaii'es), n'indique pas néces- sairement une glose ajoutée après coup; car elle dénote parfois un laps de temps peu considé- rable. Cf. Jos. xxii, 3; xxiii, 9. — 2° Part des tribus de Ruben et de Gad déterminée plus expli- citement, vers. 16-17. Voyez Y AU. géogr., pi. vn. Cenereth : le lac de Tibériade (note de îsum. xxxiv, 11). — Planitiem soUtudinis. Hcbr. : ha'arabah; ici, la vallée du Jourdain entre la mer de Galilée et la mer Morte. — Sur le mont Phasga, voj'ez Num. xxi, 20, et l'explication. +18-20. Conditions auxquelles ce district fut accordé aux deux tribus et demie. Résumé très succinct de Nam. xxxii, 1-32. +8° Josué est divinement élu pour introduire les Isx'aélites dans la Terre promise. III, 21-29. +Presque tout est nouveau dans ce récit. +21-22. Moïse excite Josué à la confiance en Dieu. — Oculi tui viderunt : avec beaucoup d'emphase. Les merveilles dont il avait été per- sonnellement témoin dans le passé étaient des gages certains de la protection de Jéhovah dans l'avenir. +23-25. Moïse demande au Seigneur de pouvoir entrer dans la Terre promise. — Prière qui res- pire encore une douce et sainte familiarité. Cf. Ex. xxxiii, 12 et ss. Préambule délicat au vers. 24, une vraie « captatio benevolentiaî ». Vers. 25, la requête proprement dite : Transibo... videbo... On conçoit ce désir ardent de Moïse, attristé de laisser sa tâche inachevée et de mourir sur le seuil de la Terre sainte. Montem istum egregium : +570 +Deut. III, 26 — IV, 5. +26. Iratusque est Dominiis mihi pro- pter vos, nec exaudivit me, sed dixit mihi : Sufficit tibi; nequaquam ultra loquaris de hac re ad me. +27. Ascende cacumen Phasgse , et ocii- los tuos circumfer ad occidentem, et ad aquiloiiem, austrumque et orientem, et aspice ; nec enim transibis Jordanem istum. +28. Prsecipe Josue, et corrobora eum atque conforta, quia ipse praecedet po- pulum istum, et dividet eis terram quam visurus es. +29. Mansimusque in fanum Pho.sror. +valle , contra +26. Mais le Seigneur, étant irrité contre moi à cause de vous, ne m'exauça point, et il me dit : C'est assez, ne me parlez plus jamais de cela, +27. Montez sur le haut de la mon- tagne de Phasga, et portez vos yeux de tous côtés, et regardez vers l'occident, vers le septentrion, vers le midi et vers l'orient ; car vous ne passerez point ce fleuve du Jourdain. +28. Donnez mes ordres à Josué, af- fermissez-le et fortiliez-le, parce que c'est lui qui marchera devant ce peuple, et qui lui partagera la terre que vous contemplerez. +29. Nous demeurâmes donc en cette vallée, vis-à-vis du temple de Phogor. +CHAPITRE IV +1. Et nunc, Israël, audi prsecepta et judicia, quœ ego doceo te, utfaciens ea, vivas, et ingrediens possideas terram, quam Dominus Deus patrum vestrorum daturus est vobis. +2. Non addetis ad verbum quod vobis loquor, nec auferetis ex eo : custodite mandata Domini Dei vestri quse ego praecipio vobis. +3. Oculi vestri viderunt omnia quse fecit Dominus contra Beelphegor, quo- modo contriverit omnes cultores ejus de medio vestri ; +4. vos autem qui adhseretis Domino Deo vestro, vivitis universi usque in prsesentem diem. +5. Scitis quod docuerim vos prsecepta atque justitias, sicut mandavit mihi +1. Maintenant, ô Israël, écoutez les lois et les ordonnances que je vous en- seigne; afin que vous trouviez la vie en les observant, et qu'étant entrés dans la terre que le Seigneur le Dieu de vos pères doit vous donner, vous la possédiez comme votre héritage. +2. Vous n'ajouterez ni n'ôterez rien aux paroles que je vous dis. Gardez les commandements du Seigneur votre Dieu que je vous annonce de sa part. +3. Vos yeux ont vu tout ce que le Seigneur a fait contre Béelphégor, et de quelle manière il a exterminé du milieu de vous tous les adorateurs de cette idole ; +4. mais vous, qui vous êtes attachés au Seigneur votre Dieu, vous avez tous été conservés vivants jusqu'à ce jour. +5. Vous savez que je vous ai enseigné les lois et les ordonnances , selon que le +Chanaan est uu district montagneux. Cf. xi, 11, etc. +26-28. La réponse du Seigneur à la prière de son serviteur. — D'abord un refus : Sufficit tibi. Littéral.: Assez pour toi! Cf. Num. xvi, 3, etc. Néanmoins un acquiescement partiel : Ascende cacamen... Cf. xxxiv, 1-4. — Finalement, le choix de Josué pour succéder à Moïse (vers. 28). +29. Séjour des Hébreux « en face de Be} P"or » (Vulg. : contra /anum Phogor). Yoyez Num, xxui, 28 et le commentaire. +§ II. — Moïse exhorte les Hébreux à obéir aux préceptes de Jéhovah. IV, 1-43. +Après avoir brièvement esquissé l'histoire des années qui s'étaient écoulées depuis l'institution +de la théocratie , Moïse passe à la partie pratique de son premier discours, qui consiste dans une exhortation paternelle , mais pressante , à l'obéis- sance. N'est-il pas juste que la fidélité de la nation corresponde à celle de son divin Roi? +1° Écouter, en vue d'agir. IV, 1-8. +Chap. IV. — 1-8. Et nunc (transition) audi... utfacias... C'est l'idée dominante de cette seconde partie : l'obéissance parfaite à la législation du Sinaï. — Non addetis..., non auferetis... Le res- pect pour le souverain Législateur demande qu'on ne change absolument rien à ses volontés. Jésus- Christ lui-même n'enlèvera pas un iota de la Loi. Cf. Matth. V, 17-19. — Oculi vestri viderunt... Appel à l'expérience personnelle de tout le peuple, comme naguère à celle de Josué, m, 21. — Cori' +3eut. IV, 6-12. +571 +Seigneur mon Dieu me l'a commandé ; vous les pratiquerez donc dans la terre que vous devez posséder ; +6. vous les observerez et vous les ac- complirez effectivement. Car c'est en cela que vous ferez paraître votre sa- gesse et votre intelligence devant les peuples, afin qu'entendant parler de toutes ces lois, ils disent : Voilà un peuple vraiment sage et intelligent, voilà une nation grande et illustre. +7. Il n'y a point en effet d'autre na- tion, quelque puissante qu'elle soit, qui ait des dieux aussi proches d'elle que notre Dieu est proche de nous et présent à toutes nos prières. +8. Car où trouver un autre peuple aussi célèbre, qui ait comme celui-ci des céré- monies, des ordonnances pleines de jus- tice, et toute une loi semblable à celle que j'exposerai aujourd'hui devant vos yeux ? +9. Conservez - vous donc vous-même, et gardez soigneusement votre âme. N'oubliez point les grandes choses que vos yeux ont vues, et qu'elles ne s'ef- facent point de votre cœur tous les jours de votre vie. Enseignez-les à vos enfants et à vos petits -enfants, +10. toutes ces choses qui se sont passées depuis le jour où vous vous présentâtes devant le Seigneur votre Dieu, près de l'Horeb, lorsque le Seigneur me parla, et me dit : Faites assembler tout le peuple devant moi, afin quïl entende mes paroles, et qu'il apprenne à me craindre tout le temps qu'il ^dvra sur la terre, et qu'il donne les mêmes instruc- tions à ses enfants. +11. Vous approchâtes alors du pied de cette montagne, dont la flamme mon- tait jusqu'au ciel, et qui était environ- née de ténèbres, de nuages et d'obscu- rités. +12. Le Seigneur vous parla du milieu de cette flamme. Vous entendîtes la voix qui proférait ces paroles ; mais vous ne vîtes en lui aucune forme. +Dominus Deus meus; sic facietis et in terra , quam possessuri estis ; +6. et observabitis et implebitis opère; hsec est enim vestra sapientia et intel- lectus coram populis, ut audientes uni- versa praecepta hœc , dicant : En populus sapiens et intelligens, gens magna. +7. Nec est alia natio tam grandis, quse habeat deos appropinquantes sibi, sicut Deus noster adest cunctis obsecratio- nibus nostris ; +8. quse est enim alia gens sic inclyta, ut habeat ceremonias, justaque judicia, et universam legem, quam ego proponam hodie ante oculos A^estros? +9. Custodi igitur temetipsum, et ani- mam tuam sollicite. Ne obliviscaris ver- borum, quse viderunt oculi tui, et ne excidant de corde tuo cunctis diebus YÏtœ. tuœ. Docebis ea filios ac nepotes tuos , +10. a die in quo stetisli coram Do- mino Deo tuo in Horeb, quando Domi- nus locutus est mihi , dicens : Congrega ad me populum, ut audiant sermones meos, et discant timere me omni tem- père quo vivunt in terra, doceantque filios suos. +11. Et accessistis ad radiées montis, qui ardebat usque ad caelum ; erantque in eo tenebrse, et nubes, et caligo. +12. Locutusque est Dominus ad vos de medio ignis. Vocem verborum ejus audistis, et formam penitus non vidistis. +tra Beelphegor. Dans l'hébreu : h cause de Béel- phégor. Les Hébreux avaient commis un grand crime à l'occasion de ce faux dieu de Moab, Num. XXV, 5 ; mais ils savaient ce que leur avait coûté leur honteuse apostasie (contriverit...) : 24 000 d'entre eux avaient péri. — Scitis quod (vers. 5)... Ce n'est pas en son propre nom que Moïse réclame l'obéissance à la loi , puisqu'il n'en est pas personnellement l'auteur, mais au nom de Dieu même. — IIccc... vestra sapientia... Autres motifs de fidclité : 1° les splendeurs de ce +code venu du ciel, qui attireront l'admiration de tous les peuples (vers. 6 et 8); S» la bonté du Dieu législateur, qui daigne entretenir avec Israël des relations intimes et familières (vers. 7). +2° Ne pas oublier les événements de l'Horeb. IV, 9-14. +9-14. De quelle manière Israël pourra conser- ver son prestige glorieux ( cf. vers. 6-8 ), — Ne oNiviscaris : le mot principal de cet alinéa. — A die in quo (vere. 10)... Dans l'hébreu : (N'ou- blie pas) le jour où... L'Église juive datait,- en +27 +i72 +Deut. IV, 13-22. +13. Et ostendit vobis pactiim suum, quod prœcepit ut faceretis, et decem verba, qufie scripsit in duabus tabulis lapideis. +14. Mihique mandavit in illo tempore nt docerem vos ceremonias et judicia, quse facere deberetis in terra qiiam pos- sessiu'i estis. +15. Custodite igitur sollicite animas vestras. Non Addistis aliqnam similitu- dinem, in die qua locutus est vobis Do- minus in Horeb de medio ignis ; +16. ne forte decepti faciatis vobis sciilptam similitudinem, aut imaginem masculi vel feminse, +17. similitudinem omnium jumento- rum quse sunt super terram, vel avium sub caelo volantium, +18. atque reptiliura quœ moventur in terra, sive piscium qui sub terra mo- rantur in aquis ; +19. ne forte elevatis oculis ad cselum, videas solem et lunam, et omnia astra cœli, et errore deceptus adores ea, et colas quœ creavit Dominus Deustuus in ministerium cunctis gentibus quse sub cselo sunt. +20. Vos autem tulit Dominus, et eduxit de fornace ferrea -^gj^pti, ut haberet populum hereditarium , sicut est in prsesenti die. +21. Iratusque est Dominus contra me propter sermones vestros, et jura vit ut non transirem Jordanem, nec ingre- derer terram optimam quam daturus est vobis. +22. Ecce morior in liac liumo, npn transibo Jordanem ; vos transibitis , et possidebitis terram egregiam. +13. Il vous fit connaître son alliance, qu'il vous ordonna d'observer, et les dix commandements, qu'il écrivit sur les deux tables de pierre. +14. Il m'ordonna en ce même temps de vous apprendre les cérémonies et les ordonnances que vous devez observer dans la terre que vous allez posséder. +15. Appliquez -vous donc avec grand soin à la garde de vos âmes. Vous n'a- vez vu aucune figure extérieure au jour où le Seigneur vous parla sur l'PIoreb du milieu du feu ; +16. de peur qu'étant séduits, vous ne vous fassiez quelque image de sculpture, quelque figure d'homme ou de femme, +17. ou de quelqu'une des bêtes qui sont sur la terre, ou des oiseaux qui volent sous le ciel, +18. ou des animaux qui rampent et se remuent sur la terre, ou des poissons qui sont sous la terre dans les eaux ; +19. ou qu'élevant vos yeux au ciel, et y voyant le soleil, la lune et tous les astres, vous ne tombiez dans l'illusion et dans l'erreur, et que vous ne rendiez un culte d'adoration à des créatures que le Seigneur votre Dieu a faites pour le ser- vice de toutes les nations qui sont sous le ciel. +20. Car, pour vous, le Seigneur vous a tirés et fait sortir de l'Egypte comme d'une fournaise où l'on fond le fer, pour avoir en vous un peuple où il établît son héritage, comme on le voit aujourd'hui. +21. Et le Seigneur, irrité contre moi à cause de vos murmures, a juré que je ne passerais pas le Jourdain, et que je n'entrerais point dans cet excellent pays qu'il doit vous donner. +22. Je vais donc mourir en ce lieu -ci, et je ne passerai point le Jourdain ; mais vous , vous le passerez , et vous posséde- rez ce beau pays. +effet, de cette journée côlcbrc; aussi est -il inté- ressant de lire, dans la traduction des LXX, le verbe £X7.Xr,(7taaov pour exprimer l'idée de con- grega. — Accessistis ad radiées... Jusqu'au pied du Ras-Soufsafoh (Ex. xix, 1, 12, et le commen- taire; Atl. gcogr., pi. v). — Ardébat usque ad otelum. Jusqu'au cœur du ciel, dit l'hébreu, em- ployant une flgure hardie. +30 Fuir l'idolâtrie. IV, 15-24. +15-20. Les différentes formes d'idolâtrie dont Isro-ël devra soigneusement se garder. — Non Vidistis... siviiliiudinem : Jchovah ne s'était pas martfesté au moment de l'alliance sous une forme extérieure et visible (cf. vers. 6), de crainte que les Ilébreux, encore grossiers, ne trouvassent +en cela une occasion de chute (ne... faciatis...). Dans les vers. 17-19, beau résumé de toutes les formes de l'idolâtrie , qui sont ramenées aux deux principales : l'apothéose des ancêtres (imaginem masculi...), et la déiiîcation des forces de la na- ture (similitudinem jumentorum...). — Qucb creavit... in ministerium. Moïse relève la pro- fonde folie qu'il y a à se courber devant des créatures destinées au service de l'homme. — Vos autem tulit (vers. 20)... Gravité spéciale du culte idolâtrique chez les Hébreux. +21-24. Iratus... Dominus... Cf. i, 37, Le mé- diateur de l'alliance rappelle aux Hébreux qu'il lui est interdit de franchir le Jourdain, et qu'il ne sera point auprès d'eux dans la Terre promise +Deut. IV, 23-31. +573 +23. Gardez -vous d'oublier jamais l'al- liancc que le Seigneur votre ]3ieu a faite avec vous, et de vous faire en sculpture l'image d'aucune des choses dont le Sei- gneur a défendu d'en faire ; +24. parce que le Seigneur votre Dieu est un feu dévorant et un Dieu jaloux. +25. Si, après avoir eu des enfants et des petits - enfants , et être demeurés dans ce pays, vous vous laissiez séduire jusqu'à vous fabriquer quelque image sculptée, en commettant devant le Sei- gneur votre Dieu un crime qui attire sur vous sa colère, +26. j'atteste aujourd'hui le ciel et la terre, que vous serez bientôt exterminés de ce pays que vous devez posséder après avoir passé le Jourdain. Vous n'y de- meurerez pas longtemps, mais le Sei- gneur vous détruira ; +27. il vous dispersera dans tous les peuples, et vous ne resterez qu'en petit nombre parmi les nations où le Seigneur vous aura conduits. +28. Vous adorerez là des dieux qui ont été faits par la main des hommes : du bois et de la pierre, qui ne voient point, qui n'entendent point, qui ne mangent point, et qui ne sentent point. +29. Si, dans ces lieux -là, vous cher- chez le Seigneur votre Dieu, vous le trouverez, pourvu toutefois que vous le cherchiez de tout votre cœur, et dans toute l'amertume et l'affliction de votre âme. +30. Après que vous vous serez trouvé accablé de tous ces maux qui vous avaient été prédits, vous reviendrez en- fin au Seigneur votre Dieu, et vous écouterez sa voix ; +31. parce que le Seigneur votre Dieu est un Dieu plein de miséricorde : il ne vous abandonnera point, et ne vous ex- terminera point entièrement, et n'ou- bliera pas l'alliance qu'il a jurée, et qu'il a faite avec vos pères. +23. Cave ne quando obliviscaris pacti Domini Dei tui, quod pepegit tccum, et facias tibi sculptara similitudincm eorum, quœ fieri Dominus prohibait; +24. quia Dominus Deus tuus ignis consumens est, Deus œmulator. +25. Si genueritis filios ac nepotes, et morati fueritis in terra, decepti(]ue fe- ceritis vobis aliquam similitudinem , patrantes malum coram Domino Deo vestro, ut eum ad iracundiam provo- cetis, +26. testes invoco hodie cœlum et ter- ram, cito perituros vos esse de terra, quam transito Jordane possessuri estis. Non habitabitis in ea longo tempore, sed delebit vos Dominus , +27. atque disperget in omnes gentes, et remanebitis pauci in nationibus, ad quas vos ducturus est Dominus. +28. Ibique servietis diis qui hominum manu fabricati sunt, ligno et lapidi qui non vident, nec audiunt, nec come- dunt, nec odorantur. +29. Cumque qusesieris ibi Dominum Deum tuum , invenies eum ; si tamen toto corde qusesieris, et tota tribulatione animse tuée. +30. Postquam te invenerint omnia quae praedicta sunt, novissimo tempore reverteris ad Dominum Deum tuum, et audies vocem ejus ; +31. quia Deus misericors Dominus Deus tuus est ; non dimittet te , nec om- nino delebit, neque obliviscetur pacti in quo jura vit patribus tuis. +pour leur continuer ses avertissements paternels; du moins il profite de ses derniers instants pour leur redire : Cave... ne ohlivlscaris... — Ignis con- sumens, ... cemulator. Noms qui marquent à mer- veille la pxireté, la sainteté de l'Être divin. Cf. IX, 5; Ex. XX, 5; Is. X, 17; Hebr. xir, 29, etc. +4° Redouter les vengeances de Jchovah. IV, 25-40. +Grande solennité et vive émotion dans ce pas- sage. +25-28. L'idolâtrie d'Israël attirerait sur lui des châtiments aussi prompts que redoutables. — +Moïse suppose donc qu'après un long séjour (mo- rati) en Palestine, les Hébreux, sans oublier absolument Jéhovah , imiteront les pratiques ido- lâtriques des païens , et il leur prédit les malheurs successifs qui en résulteront pour eux : expulsion du pays de la promesse, dispersion, amoindris- sement, dégradation complète. — Testes invoco... Majestueuse apostrophe. +29-31. Néanmoins, même alors la miséricorde de Dieu se laissera toucher par leur repentir (si toto corde qucesieris : condition absolument re- quise). +574 +Deut. IV, 32-40. +32. Interroga de diebus antiquis, qui f uerunt ante te ex die quo creavit Deus hominem super terram, a summo cselo usque ad summum ejus, si facta est aliquando hujuscemodi res, aut unquam cognitum est +33. ut audiret populus vocem Dei loquentis de medio ignis, sicut tu au- disti et vixisti ; +34. sic fecit Deus ut ingrederetur, et toUeret sibi gentem de medio nationum, per tentationes, signa, atque portenta, per pugnam, et robustam manum, ex- tentumque bracbium, et liorribiles vi- siones, juxta omnia quie fecit pro vobis Dominus Deus vester in u3ï;gypto,viden- tibus oculis tuis ; +35. ut scires quoniam Dominus ipse est Deus , et non est alius prseter eum. +36. De cselo te fecit audire vocem suam, ut doceret te, et in terra ostendit tibi ignem suum maximum, et audisti verba illius de medio ignis, +37. quia dilexit patres tuos, et elegit semen eorum post eos. Eduxitque te praecedens in virtute sua magna ex ^gypto, +38. ut deleret nationes maximas et fortiores te in introitu tuo, et introdu- ceret te, daretque tibi ten-am earum in possessionem , sicut cernis in prsesenti die. +39. Scito ergo hodie, et cogitato in corde tuo quod Dominus ipse sit Deus in cselo sursum, et in terra deorsum, et non sit alius. +40. Custodi prsecepta ejus atque man- data, quse ego prsecipio tibi, ut bene sit tibi, et filiis tuis post te, et permaneas multo tempore super terram quam Do- minus Deus tuus daturus est tibi. +32. InteiTogez les siècles les plus re culés qui ont été avant vous, et consi- dérez d'une extrémité du ciel jusqu'à l'autre, depuis le jour où le Seigneur créa l'homme sur la terre, s'il s'est ja- mais rien fait de-semblable, et si jamais on a oui dire +33. qu'un peuple ait entendu la voix de Dieu qui lui parlait du milieu des flammes, comme vous l'avez entendue sans avoir perdu la vie ; +34. qu'un Dieu soit venu prendre pour lui un peuple au milieu des nations , en faisant éclater sa puissance par des mi- racles, par des prodiges, par des com- bats où il s'est signalé avec une main forte et un bras étendu , et par des vi- sions horribles , selon tout ce que le Sei- gneur votre Dieu a fait pour vous dans l'Egypte, comme vous l'avez vu de vos yeux; +35. afin que vous reconnussiez que le Seigneur est le véritable Dieu, et qu'il n'y en a point d'autre que lui. +36. Il vous a fait entendre sa voix du haut du ciel pour vous instruire, et il vous a fait voir son feu sur la teiTe, un feu effroyable, et vous avez entendu sortir ces paroles du milieu du feu ; +37. parce qu'il a aimé vos pères, et qu'après eux il a choisi pour lui leur postérité. Il vous a tiré de l'Egypte en .marchant devant vous avec sa grande puissance, +38. pour exterminer à votre entrée de très grandes nations, qui étaient plus fortes que vous ; pour vous faire entrer dans leur pays, et vous faire posséder leur terre comme vous le voyez vous- même aujourd'hui. +39. Reconnaissez donc en ce jour, et que cette pensée soit toujours gravée dans votre cœur, que le Seigneur est l'unique Dieu, depuis le haut du ciel jusqu'au plus profond de la terre, et qu'il n'y en a point d'autre que lui. +40. Gardez ses préceptes et ses com- mandements que je vous j^rescris au- jourd'hui, afin que vous soyez heureux, vous et vos enfants après vous, et que vous demeuriez longtemps dans la terre que le Seigneur votre Dieu vous don- nera. +32-38. Le Seigneur, en effet, n'a pas choisi fit béni Israël entre tous les peuples pour l'aban- donner ensuite totalement, quoique ingrat. Ad- +mirable et touchant raisonnement, présenté en un beau langage. Cf. Kom. xi, 29. +39-40. Péroraison de ce premier discours. +Deut. IV, 41-49. +575 +41. Alors Moïse désigna trois villes au deçà du Jourdain vers l'orient, +42. afin que celui qui aurait tué son prochain contre sa volonté, sans qu'il eût été son ennemi un ou deux jours auparavant, pût se retirer en quelqu'une de ces villes, et y être en sûreté. +43. Ces villes furent Bosor, dans le désert, située dans la plaine qui appar- tient à la tribu de Ruben ; Ilamoth de Galaad , qui est de la tribu de Gad ; et Golan de Basan, qui est de la tribu de Manassé. +44. C'est lii la loi que Moïse proposa aux enfants d'Israël. +45. Ce sont là les préceptes, les céré- monies et les ordonnances qu'il prescri- vit aux enfants d'Israël après qu'ils furent sortis d'Egypte, +46. au deçà du Jourdain, dans la val- lée qui est vis-à-vis du temple de Pho- gor, au pays de Séhon, roi des Amor- rhéens, qui habita à Hésébon, et qui fut défait par Moïse. Car les enfants d'Israël, après être sortis d'Egj^pte, +47. possédèrent ses terres et les terres d'Og, roi de Basan : c'étaient là les deux rois des Amorrhéens qui régnaient au deçà du Jourdain vers le levant, +48. depuis Aroër, qui est située sur le bord du torrent de l'Arnon, jusqu'au mont Sion, qui s'appelle aussi Hermon, +49. c'est-à-dire toute la plaine au deçà du Jourdain vers l'orient, jusqu'à la mer du désert, et jusqu'au pied du mont Phasga. +41. Tune sépara vit Moyses tiCS civi- tates trans Jordanem ad orientalem pla- +42. ut confugiat ad eas qui occident nolens proximum suum, nec sibi fuerit inimicus ante unum et alterum diem, et ad harum aliquam urbium possit evadere : +43. Bosor in solitudine, quse sita est in terra campestri de tribu Ruben ; et Ramoth in Galaad, quse est in tribu Gad; et Golan in Basan, quae est in tribu Manasse. +44. Ista est lex, quam proposuit Moyses coram filiis Israël, +45. et hsec testimonia et ceremonise atque judicia, quse locutus est ad filios Israël, quando egressi sunt de ^gypto, +46. trans Jordanem in valle contra fanum Phogor, in terra Sehon, régis Amorrhsei, qui habitavit in Hesebon, quem percussit Moyses ; filii quoque Israël, egressi ex ^Egypto, +47. possederunt terram ejus, et ter- ram Og, régis Basan, duorum regum Amorrhseorum , qui erant trans Jorda- nem, ad solis ortum, +48. ab Aroer, quse sita est super ri- pam torrentis Arnon , usque ad montem Sion, qui est et Hermon, +49. omnem planitiem trans Jorda- nem, ad orientalem plagam, usque ad mare solitudinis, et usque ad radiées montis Phass:a. +5° Désignation de trois villes de refuge au delà du Jourdain. IV, 41-43. +41-43. C'est là une parenthèse historique entre le premier et le second discours. — Très civi- tates : ce nombre avait été fixé par Dieu lui- même, Num. XXXV, 13-14. Sur la destination des villes de refuge (ut confugiat...), voyez Num. XXXV, 9-34, et le commentaire. — Bosor (hébr. : Béser) n'a pas encore été identifiée avec certi- tude; peut-être serait -elle représentée par les ruines de Kesûr-el-Beschéir, qu'on rencontre au sud-ouest de Dibon (in terra campestri: le haut plateau qui domine la vallée du Jourdain h l'est). — Ramoth in Galaad , célèbre dans la suite par deux épisodes roj-aux (III Reg. xxi ; IV Rcg. ix), nous fait remonter plus au nord. Cette ville s'ap- pelait encore Ramoth - Masphé (Jos. xiir, 86) : on a cru retrouver sou emplacement à Es -Sait, localité intéressante du Belqâ. — Golan in Basan a donné son nom au district de la Gaulanitide +ou de Djaulân : sa situation exacte est inconnue (d'après Josèphe , les environs de Gadara). Yoyez VAtl. géogr., pi. vu et xii. +SECOND DISCOURS Nouvelle promulgation de la Loi. +IV, 44 — XXYI, ID. +Sectiox I. — La substance de la LÉaisLAiroy +DTJ SiNAÏ EN THÉORIE ET EN' PllATIQUE. IV, 44 — +XI, 32. +44-49. Préambule historique. — C'est un titre analogue à celui du premier discours (i, 1-5). Il indique : 1° le sujet traité, vers. 44-45 : Ista est lex... (les quatre substantifs lex, testimonia. ce- remonice, judicia sont synonymes); 2" le théâtre du discours, vers. 46-49 (fanum Phogor, voyez la note de m, 29). Sion est un quatrième nom de l'Hermon (comp. m, 8-9, et le commentaire) ; on l'écrit en hébreu Siy'ôn , tandis que la célèbre colline de Jérusalem s'appelait §iyôn. +576 +Deut. y, 1-9. +CHAPITRE V +1. Vocavitqiie Moyses omnem Israe- lem, et dixit ad eiim : Audi, Israël, cere- monias atque judicia, quœ ego loqiior in auribus vestris liodie; discite ea, et opère complète. +2. Dominus Deiis noster pepigit no- biscum fœdus in Horeb. +3. Non cum patribus nostris iniit pa- ctum , sed nobiscum qui in prsesentiarum sumus, et vivimus. +4. Facie ad faciem locutus est nobis in monte, de medio ignis. +5. Ego sequester et médius fui inter Dominum et vos in tempore illo, ut annuntiarem vobis verba ejus; timuistis enim ignem, et non ascendistis in mon- tem, et ait : +6. Ego Dominus Deus tuus , qui eduxi te de terra ^gypti, de domo ser- vitutis. +7. Non habebis deos alienos in con- spectu meo. +8. Non faciès tibi sculptile, nec simi- litudinem omnium quse in cselo sunt desuper, et qufie in terra deorsum, et quae versantur in aquis sub terra. +9. Non adorabis ea , et non coles ; ego enim sum Dominus Deus tuus, Deus semulator, reddens iniquitatem patrum super filios in tertiam et quartam gene- rationem his qui oderunt me, +1. Moïse, ayant donc fait venir tout le peuple d'Israël, lui dit : Écoutez, Israël, les cérémonies et les ordonnances que je vous fais entendre aujourd'hui; appre- nez-les, et pratiquez -les : +2. Le Seigneur notre Dieu a fait al- liance avec nous à l'Horeb. +3. Il n'a point fait alliance avec nos pères, mais avec nous qui sommes et qui vivons aujourd'hui. +4. Il nous a parlé face à face sur la montagne, du milieu du feu. +5. Je fus alors l'entremetteur et le médiateur entre le Seigneur et vous, pour vous annoncer ses paroles. Car vous appréhendiez ce grand feu , et vous n'êtes point montés sur la montagne ; et il dit : +6. Je suis le Seigneur votre Dieu , qui vous ai tirés de l'Egypte, de la maison de servitude. +7. Vous n'aurez point de dieux étran- gers en ma présence. +8. Vous ne vous ferez point d'image sculptée, ni de représentations de tout ce qui est ou en haut dans le ciel, ou en bas sur la terre, ou qui vit sous terre dans les eaux. +9. Vous ne les adorerez et ne les ser- virez point. Car je suis le Seigneur votre Dieu, un Dieu jaloux, qui punit l'ini- quité des pères sur les enfants jusqu'à la troisième 'et la quatrième génération de ceux qui me haïssent; +§ I. — Le Décalogue. Y, 1-33. +C'est évidemment par lui que devait commencer la récapitulation générale des lois sinaïtiques , auxquelles il avait servi de base, — Sur la divi- sion des dix préceptes, voyez Ex. xx, 1, et l'expli- cation. +1° Exorde solennel. Y, 1 - 5. +Chap. y. — 1». Introduction historique. — Yocavit..., omnem Israelein. Transition majes- tueuse , en rapport avec l'importance spéciale du discours, +l*>-5. Introduction logique , où sont brièvement exposés les motifs pratiques pour lesquels Moïse prenait la parole, — In aurihus vestris. La plus grande partie de la génération présente n'avait pas assisté à la promulgation du Sinaï. — Pe- pigit fœdus (b'rit) : tel était le but essentiel de la loi donnée ù. Israël ; elle avait établi l'alliance théocratique. — Non cum patribus nostris... Fré- quente tournure hébraïque, pour signifier : Ce +n'est pas seulement avec nos pères, mais aussi avec nous que Dieu a fait alliance. Selon d'autres commentateurs , le mot « pères » désignerait les patriarches Abraham, Isaac et Jacob, Nous pré- férons le premier sentiment. — Ugo sequester et médius... Moïse rappelle la part qu'il a prise à cette alliance. Dieu avait d'abord promulgué le Décalogue de sa propre bouche , Ex, xx, 1 ; mais les Hébreux, effi'ayés, s'étaient enfuis du pied de la montagne , en demandant que Moïse leur com- muniquât le reste des volontés divines : il était ainsi devenu le médiateur entre eux et Jéhovah, Cf, vers. 23 et ss.; Gai, m, 19, +2° Les dix commandements de Dieu, Y, 6-21. +Une comparaison établie entre ce passage et Ex. xx, 2-17, ne révèle que des variantes sans importance. La formule sicut prcecepit,.., qui revient ù trois l'epriscs (vers. 12, 15, 16), est en rapport avec le caractère spécial de cette seconde promulgation, +6-11. Les deux premiers commandements. +Deut. y, 10-22. +577 +10. et qui fais miséricorde jusqu'à mille et mille générations à ceux qui m'aiment et qui gardent mes préceptes. +11. Vous ne prendrez point le nom du Seigneur votre Dieu en vain ; car celui qui aura attesté la sainteté de son nom sur une chose vaine ne sera point im- puni. +12. Observez le jour du sabbat, et aj'ez soin de le sanctifier, selon que le Seigneur votre Dieu vous l'a ordonné. +13. Vous travaillerez pendant six jours, et vous ferez alors tous vos ouvrages. +14. Mais le septième jour est celui du sabbat, c'est-à-dire le jour du repos du Seigneur votre Dieu. Vous ne ferez au- cune œuvre servlle en ce jour-là, ni vous, ni votre fils, ni votre fille, ni votre ser- viteur, ni votre servante, ni votre bœuf, ni votre âne , ni aucune de vos bêtes , ni l'étranger qui est au milieu de vous ; afin que votre serviteur et votre servante se reposent comme vous. +15. Souvenez-vous que vous^avez vous- même été esclave dans l'Egypte, et que le Seigneur votre Dieu vous en a tiré par sa main toute -puissante, et en déployant toute la force de son bras. C'est pourquoi il vous a ordonné d'ob- server le jour du sabbat. +16. Honorez votre père et votre mère, selon que le Seigneur votre Dieu vous l'a ordonné, afin que vous viviez long- temps, et que vous soyez heureux dans la terre que le Seigneur votre Dieu vous donnera. +17. Vous ne tuerez point. +18. Vous ne commettrez point d'adul- tère. +19. Vous ne déroberez point. +20. Vous ne porterez point de faux témoignage contre votre prochain. +21. Vous ne désirerez pas la femme de votre prochain , ni sa maison , ni son champ, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui lui appartienne. +22. Le Seigneur prononça ces paroles avec une voix forte, devant vous tous, +10. et faciens misericordiam. in multa millia diligentibus me, et custodientibus prœcepta mea. +11. Non usurpabis nomen Domini Dei tui frustra; quia non erit impuni- tus qui super re vana nomen ejus as- sumpserit. +12. Observa diem sabbati, ut sancti- fiées eura, sicut prœcepit tibi Dominus Deus tuus. +13. Sex diebus operaberis, et faciès omnia opéra tua. +14. Septimus dies sabbati est, id est, requies Domini Dei tui. Non faciès in eo quidquam operis tu, et filius tuus, et filia, servus et ancilla, et bos, et asinus, et omne jumentum tuum, et peregri- nus qui est intra portas tuas ; ut requie- scat servus tuus, et ancilla tua, sicut et tu. +15. Mémento quod et ipse servieris in ^gypto, et eduxerit te inde Dominus Deus tuus in manu forti, et brachio extento. Idcirco prsecepit tibi ut obser- vares diem sabbati. +16. Honora patrem tuum et matrem, sicut prsecepit tibi Dominus Deus tuus, ut longo vivas tempore, et bene sit tibi in terra quam Dominus Deus tuus datu- rus est tibi. +17. Non occides. +18. Neque mœchaberis. +19. Furtumque non faciès. +20. Nec loqueris contra proximum tuum falsum testimonium. +21. Non concupisces uxorem proximi tui, non domum, non agrum, non ser- vum, non ancillam, non bovem, non asinum, et universa quse illius sunt. +22. Hœc verba locutus est Dominus ad omnem multitudinem vestram in +12-15. Le troisième commandement. — Sicut et tu (vers. 14) : trait nouveau et délicat. — Mémento quod et ipse... C'est la modification la plus considérable de la seconde rédaction; elle suggère un motif de fidélité au repos du sabbat plus en rapport avec les circonstances actuelles. Cf. Ex. XX, 11. +16-21. Les sept autres commandements. — Au vers. 21, l'hébreu emploie deux verbes distincts, +au lieu du simple concupisces : Tu ne désireras pas la femme de ton prochain , et tu ne convoi- teras pas sa maison... Remarquez l'addition du mot agrum, inutile autrefois, et qui allait bientôt avoir un sens très pratique. +S' Moïse fait ressortir les circonstances prin- cipales de la première promulgation du Déca- loguc. V, 22-23. +22. Les tables de la loi. — Nihil addens am- +578 +Deut. V, 23-32. +monte, de medio ignis et nubis, et cali- ginis, voce magna, nihil addens amplius ; et scripsit ea in duabus tabulis lapideis, quas tradidit mihi. +23. Vos autem postquam aiidistis vo- cem de medio tenebrariim, et montem ardere vidistis, accessistis ad me omnes principes tribuum, et majores natu, atque dixistis : +24. Ecce ostendit nobis Dominus Deus noster majestatem et magnitu- dinem suam ; vocem ejus audivimns de medio ignis ; et probaviniiis hodie quod, loquente Deo cum bomine, vixerit bomo. +25. Ciir ergo moriemiir, et devorabit nos ignis bic maximus? Si enim aii- dierimus ultra vocem Domini Dei nostri, moriemur. +26. Quid est omnis caro, ut audiat vocem Dei viventis, qui de medio ignis loquitur sicut nos audivimus, et possit vivere? +27. Tu magis accède, et audi cuncta quae dixerit Dominus Deus noster tibi; loquerisque ad nos, et nos audientes faciemus ea. +28. Quod cum audisset Dominus , ait ad me : Audivi vocem verborum populi bujus quse locuti sunt tibi ; bene omnia sunt locuti. +29. Quis det talem eos habere men- tem, ut timeant me, et custodiant uni- versa mandata mea in omni tempore, ut bene sit eis, et filiis eorum in sempi- ternum ? +30. Vade, et die eis : Revertimini in tentoria vestra. +31. Tu vero bic sta mecum, et loquar tibi omnia mandata mea, et ceremouias atque judicia, quae docebis eos, ut fa- ciant ea in terra quam dabo illis in possessionem. +32.Custodite igitur et facite quae prae- cepit Dominus Deus vobis ; non declina- bitis neque ad dexteram, neque ad si- nistram ; +sur la montagne, du milieu du feu, de la nuée et de l'obscurité, sans y ajouter rien de plus; et il les écrivit sur les deux tables de pierre qu'il me donna. +23. Mais après que vous eûtes entendu sa voix du milieu des ténèbres, et que vous eûtes vu la montagne tout en feu, vous m'envoyâtes tous les princes de vos tribus et vos anciens, et vous me dîtes : +24. Le Seigneur notre Dieu nous a fait voir sa majesté et sa grandeur; nous avons entendu sa voix du milieu du feu, et nous avons éprouvé aujour- d'hui que Dieu a parlé à un homme, sans que l'homme en soit mort. +25. Pourquoi donc mourrons -nous, et serons - nous dévorés par ce grand feu ? Car si nous entendons davantage ]a voix du Seigneur notre Dieu , nous mourrons. +26. Qu'est tout homme revêtu de chair, pour pouvoir entendre la voix du Dieu vivant, et parlant du milieu du feu, comme nous l'avons entendue, sans qu'il en perde la vie ? +27. Approchez-vous donc plutôt vous- même de lui; et écoutez tout ce que le Seigneur notre Dieu vous dira : vous nous le rapporterez ensuite, et quand nous l'aurons appris , nous le ferons. +28. Le Seigneur, ayant entendu cela, me dit : J'ai entendu les paroles que ce peuple vous a dites ; il a bien parlé dans tout ce qu'il a dit. +29. Qui leur donnera un tel esprit et un tel cœur, qu'ils me craignent, et qu'ils gardent en tout temps tous mes préceptes, afin qu'ils soient heureux à jamais , eux et leurs enfants ? +30. Allez, et dites -leur : Retournez dans vos tentes. +31. Et pour vous, demeurez ici avec moi, et je vous dirai tous mes comman- dements , mes cérémonies et mes ordon- nances ; et vous les leur enseignerez, afin qu'ils les observent dans la terre que je leur donnerai en héritage. +32. Observez donc et exécutez ce que le Seigneur votre Dieu vous a comman- dé. Vous ne vous détournerez ni à droite ni à gauche ; +plius. C.-à-d. que Dieu se borna à. faire au peuple cette communication directe, et qu'il cessa en- suite de lui parler en personne. — Scripsit ea.^ Un peu plus tard, comme il sera dit au chap. ix, 9-12. +23-27. Requête pressante des Hébreux épou- vantés. Cf. Ex. XX, 18-21. Le récit actuel est plus complet. +28-31. La réponse du Seigneur à cette requête. Détails complètement nouveaux, — Bene... sunt locuti. Leur demande pi'ovenait, en effet, du sentiment qu'ils avaient de leur indignité. +32-33. Conclusion : la parfaite obéissance au Décalogue (neque ad dexteram.^, ti-ait pitto- resque). +Deut. V, 33 — VI, 8. +579 +33. mais vous marcherez par la voie que le Seigneur votre Dieu vous a pres- crite, afin que vous viviez, que vous soyez heureux, et que vos jours se mul- tiplient dans la terre que vous allez pos- séder. +33. sed per viam, quam prsecepit Do- minus Deus vester, ambulabitis, ut vivatis, et bene sit vobis, et protelentur dies in terra possessionis vestrse. +CHAPITRE VI +1. Voici les préceptes, les cérémonies et les ordonnances que le Seigneur votre Dieu m'a commandé de vous enseigner, afin que vous les observiez dans la terre dont vous allez vous mettre en posses- sion ; +2. afin que vous craigniez le Seigneur votre Dieu, et que, tous les jours de votre vie, vous gardiez tous ses com- mandements et ses préceptes que je vous donne, à vous, à vos enfants, et aux en- fants de vos enfants, et que vous viviez longtemps svr la terre. +3. Écoutez, Israël, et ayez grand soin de faire ce que le Seigneur vous a com- mandé, afin que vous soyez heureux, et que vous vous multipliiez de plus en plus, selon la promesse que le Seigneur, le Dieu de vos pères, vous a faite de vous donner une terre où couleraient le lait et le miel. +4. Ecoutez , Israël : le Seigneur notre Dieu est le seul et unique Seigneur. +5. Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de toute votre âme et de toutes vos forces. +6. Ces commandements, que je vous donne aujourd'hui, seront gravés dans votre cœur. +7. Vous en instruirez vos enfants; vous les méditerez quand vous serez as- sis dans votre maison , et que vous mar- cherez dans le chemin, la nuit dans les intervalles du sommeil, le matin à votre réveil. +8. Vous les lierez comme un signe dans votre main ; vous les porterez sur le front entre vos yeux ; +1. Hsec sunt prœcepta, et ceremoniœ atque judicia, quaî mandavit Dominus Deus vester ut docerem vos, et faciatis ea in terra, ad quam transgredimini possidendam ; +2. ut timeas Dominum Deum tuum, et custodias omnia mandata et prgecepta ejus, quse ego prœcipio tibi, et filiis, ac nepotibus tuis, cunctis diebus vitse tuaa, ut prolongentur dies tui. +3. Audi, Israël, et observa ut facias quse praecepit tibi Dominus, et bene sit tibi, et multipliceris amplius, sicut pol- licitus est Dominus Deus patrum tuorum tibi terram lacté et melle manantem. +4. Audi, Israël, Dominus Deus noster, Dominus unus est. +5. Diliges Dominum Deum tuum ex toto corde tuo , et ex tota anima tua , et ex tota fortitudine tua. +6. Eruntque verba hœc, quse ego prse- cipio tibi hodie, in corde tuo ; +7. et narrabis ea filiis tuis, et medi- taberis in eis sedens in domo tua, et ambulans in. itinere, dormiens atque consurgens. +8. Et ligabis ea quasi signum in manu tua, eruntque et movebuntur inter ocu- los tuos ; +§ II. — L'amour de Dieu, motif suirrême d'obéissance à la loi. VI, 1-25. +Après avoir ainsi promulgué à nouveau le Bécaloguc, Moïse, dans une série d'exhortations pressantes (vi-xi), en comraente les points les plus importants, non sans suggérer à son auditoire divers motifs de fidélité : l'amour, la crainte, l'es- pérance. +1° Obéir par amour. VI, 1-9. +Chap. VI. — 1-3. Introduction et transition. +4-9. Aimer Dieu souverainement, et d'une ma- nière pratique. — 1« Un seul Dieu, qui mérite tout l'amour de son peuple, vers. 4-5. Magni- fiques paroles , dont les Juifs ont le droit d'être fiei's , car elles contiennent un grand dogme, celui de l'unité de Dieu, et v.n admirable pi'écepte, celui de la charité parfaite, — Dominv^ Dms..». +27* +580 +Deut. VI, 9-16. +9. scribesqiie ea in limine et ostiis domus tuœ. +10. Cumque introdiixerit te Dominus Deus tuus in terram pro qua juravit patribus tiiis, Abraham, Isaac, et Jacob, et dederit tibi civitates magnas et opti- mas, quas non sedificasti, +11. domos plenas cunctarum opum, quas non exstruxisti, cisternas quas non fodisti, vineta et oliveta quss. non plan- tasti , +12. et comederis , et saturatus fueris ; +13. cave diligenter , ne obliviscaris Domini, qui eduxit te de terra ^gypti, de domo servitutis. Dominum Deum tuum timebis, et illi soli servies, ac per nomen illius jurabis. +14. Non ibitis post deos alienos cun- ctarum gentium, quas in circuitu vestro sunt, +15. quoniam Deus semulator, Dominus Deus tuus in medio tui; nequando ira- scatur f uror Domini Dei tui contra te, et auferat te de superficie terrée. +16. Non tentabis Dominum Deum tuum, sicut tentasti in loco tentationis. +9. vous les écrirez sur le seuil et sur les poteaux de la porte de votre maison. +10. Et lorsque le Seigneur votre Dieu vous aura fait entrer dans la terre qu'il a promise avec serment à vos pères, Abraham, Isaac et Jacob, et qu'il vous aura donné de grandes et de très bonnes villes que vous n'aurez point fait bâtir, +11. des maisons pleines de toutes sortes de biens, que vous n'aurez point cons- truites, des citernes que vous n'aurez point creusées, des vignes et des plants d'oliviers que vous n'aurez pas plantés, +12. et que vous serez nourris et rassa- siés ds toutes ces choses; +13. prenez bien garde de ne pas ou- blier le Seigneur, qui vous a tiré du pays d'Eg3qote et de la maison de servitude. Vous craindrez le Seigneur votre Dieu ; vous ne servirez que lui seul, et vous ne jurerez que par son nom. +14. Vous ne suivrez point les dieux étrangers d'aucune des nations qui sont autour de vous ; +15. parce que le Seigneur votre Dieu, qui est au milieu de vous, est un Dieu jaloux; de peur que la fureur du Sei- gneur votre Dieu ne s'allume contre vous, et qu'il ne vous extermine de des- sus la terre. +16. Vous ne tenterez point le Seigneur votre Dieu, comme vous l'avez tenté au lieu de la tentation. +Dans l'hébr. : Jéliovah notre Dieu, Jéhovah ( est ) unique. Il n'y a donc qu'un seul Dieu, qu.i est Jéhovah, le Dieu d'Israël; les idoles païennes ne sont rien. — Diliges... A ce Dieu unique les Hébreux doivent donner toutes leurs affections, comme l'exprime cette belle formule, qui mul- tiplie les synonymes afin d'insister avec plus d'énergie sur le précepte. Ex toto corde : le cœur, centre des affections ex tota anima : l'âme, centre de la personnalité; ex tota /ortitudine : la puis- sance, en laquelle se concentrent toutes les forces de notre volonté. Toutes les facultés humaines sont donc ainsi conviées à l'amour. Vraiment, c'est là « le premier et le plus grand commandement de la loi » , comme l'a dit Notre-Seigneur Jésus- Christ (Matth. xxii, 37-40). — 2«» Cet amour parfait réclame une parfaite obéissance, vers. 6-9. Verba Jiœc in corde tuo : l'accomplissement de la loi, affaire de l'esprit, qui doit y penser toujours (sedens, ambulans..., charmants détails; dor- miens,en te couchant); bien plus, affaire du cœuri — Du cœur, les prescriptions célestes passeront sur les lèvres des fervents Israélites : narrabis ea... Du cœur, aux mains et aux yeux (sur l'usage des i'flllîn ou phylactères, vo3'ez Ex. xiii, 16, et la note). — Scribes ea in limine (héhr. : m'zuzô0... La coutume de placer des Inscriptions sur les +portes existait déjà dans l'antique Egypte (Atl. arch., pi. XIII, fig. 7; pi. siv, fig. 3), et elle n'a pas disparu dans i'Égypte moderne {ibid., pi. xiv, fig. 6) : Moïse recommande aux Hébreux quelque chose d'analogue. De là l'usage de la m'zuzah, sorte d'étui en bois ou en métal , que l'on sus- pend à l'un des poteaux des portes, après y avoir inséré un rouleau de parchemin sur lequel on a écrit les passages, Deut., vi, 4-9 ;xi, 13-20. Voyez VAtl. ardiéol., pi. ex, fig. 11-12. +2^ Ne pas oublier le Seigneur parmi les délices de Chanaan, VI, 10-19. +10-13. Admirable description de la Terre sainte et de ses joies prochaines. Mais le bonheur a ses périls, et rend facilement oublieux. Donc, cave... ne obliviscaris... — La seconde moitié du vers. 13 (Dominum Deum...) a fourni à Jésus - Christ sa troisième réponse au tentateur. Cf. Matth. iv, 10. Soli a été ajouté par les LXX et par la Vulgate. — Per nomen illius... Le serment , quand il est nécessaire, est un hommage rendu à Dieu et à son saint nom. +14-15. Dangers de l'idolâtrie. +16. Ne pas tenter Dieu. — Non tentabis... Le Sauveur a également cité cette parole au démon, Matth. IV, 7. — In loco tentationis. Hébr. : à Massah. Voy. Ex. xvii, 3, 7, et le commentaire. +Deut. VI, 17 — Vil, 1. +581 +17. Gardez les préceptes du Seigneur votre Dieu, les ordonnances et les céré- monies qu'il vous a prescrites. +18. Faites ce qui est bon et agréable aux yeux du Seigneur, afin que vous soyez heureux, et que vous possédiez cet excellent pays où vous allez entrer, que le Seigneur a juré de donner à vos pères, +19. en leur promettant d'exterminer devant vous tous vos ennemis. +20. Et lorsque vos enfants vous inter- rogeront à l'avenir, et vous diront : Que signifient ces commandements, ces céré- monies et ces ordonnances que le Sei- gneur notre Dieu nous a prescrites ? +21. vous leur direz :^ Nous étions es- claves du pharaon en Egypte, et le Sei- gneur nous a tirés de l'Egypte avec une main forte ; +22. il a fait devant nos yeux en Egypte de grands miracles et des pro- diges terribles contre le pharaon et contre toute sa maison ; +23. et il nous a tirés de ce pays -là pour nous faire entrer dans cette terre, qu'il avait promis avec serment à nos pères de nous donner: +24. et le Seigneur nous a commandé ensuite d'observer toutes ces lois, et de craindre le Seigneur notre Dieu, afin que nous soyons heureux tous les jours de notre vie, comme nous le sommes aujourd'hui. +25. Le Seigneur notre Dieu nous fera miséricorde , si nous observons et si nous pratiquons devant lui tous ses préceptes, selon qu'il nous l'a commandé. +17. Custodi prœcepta Domini Dei tuî, ac testimonia et ceremonias quas prse- cepit tibi ; +18. et fac quod placitum est et bonum in conspectu Domini, ut bene sit tibi, et ingressus possideas terram optimam, de qua jura vit Dominus patribus tuis, +19. ut deleret omnes inimicos tuos coram te, sicut locutus est. +20. Cumque interrogaverit te filius tuus cras, dicens : Quid sibi volunt tes- timonia hsec, et ceremonise, atque judi- cia, quse prsecepit Dominus Deus noster nobis? +21. dices ei : Servi eramus pharaonis in ^gypto, et eduxit nos Dominus de -^gypto in manu f orti ; +22. fecitque signa atque prodigia magna et pessima in ^gypto contra pha- raonem, et omnem domum illius, in conspectu nostro ; +23. et eduxit nos inde, ut introductis daret terram, super qua juravit patribus nostris. +24. Prœcepitque nobis Dominus, ut faciamus omnia légitima hsec , et timea- mus Dominum Deum nostrum, ut bene sit nobis cunctis diebus vitae nostrse, sic- ut est hodie. +25. Eritque nostri misericors, si custo- dierimus et fecerimus omnia prœcepta ejus coram Domino Deo nostro, sicut mandavit nobis. +CHAPITRE VII +1. Lorsque le Seigneur votre Dieu vous aura fait entrer dans cette terre que vous allez posséder, et qu'il aura exterminé devant vous de nombreuses nations, les Héthéens, les Gergézéens, +1. Cum introduxerit te Dominus Deus tuus in terram quam possessurus ingre- deris, et deleverit gentes multas coram te, Hethœum, et Gergezaeum, et Amor- rhaeum, Chananseum, et Pherezseum, et +17-19. Promesses aux obéissants. +30 Prêcher l'amour de Dieu aux générations suivantes. VI, 20-25. +C'est un développement du vers. 7. +20-25. Cras : le concret, pour désigner tous les temps à venir. — La réponse du père à son fils (vers. 21-25) contient un excellent résumé des principaux bienfaits du Seigneur envers Is- raël, cités comme motif d'obéissance. — Erit... nostri misericors. De même les LXX. Dans +l'hébreu ; Et justice sera à nous. C. - à - d. : Dieu nous estimera justes, si nous observons... +§ III. — Extirpation de l'idolâtrie et des idolâtres. VII, 1-26. +lo N'avoir aucun commerce avec les Chananéens, mais les exterminer. TU, 1-10. +Chap. VII. — 1- 5. Conduite à tenir envers les habitants de Chanaan. Cf. Ex. xxin, 27-33, — Septem gentes; les sept principales, pour repré- +582 +Deut. VII, 2-9. +Ilevteum, et Jebusseum, septem gentes multo majoris numeri quam tu es, et robustiores te ; +2. tradideritque eas Dominus Deus tuiis tibi, percuties eas usque ad inter- necionem. Non inibis cum eis fœdus, nec misereberis earum, +3. neque sociabis cum eis conjugia. Filiam tuam non dabis filio ejus, nec filiam illius accipies filio tuo ; +4. quia seducet filium tuum, ne se- quatur me, et ut magis serviat diis alie- nis. Irasceturque f uror Doniini, et delebit te cito. +5. Quin potius hsec facietis eis : Aras +eorum subvertite, et confringite statuas, lucosque succidite, et sculptilia com- burite ^ +6. quia populus sanctus es Domino Deo tuo. Te elegit Dominus Deus tuus, ut sis ei populus peculiaris de cunctis populis qui sunt super terram. +7. Non quia cunctas gentes numéro vincebatis, vobis junctus est Dominus, et elegit vos, cum omnibus sitis populis pauciores ; +8. sed quia dilexit vos Dominus, et custodivit juramentum, quod jura vit pa- tribus vestris; eduxitque vos in manu forti, et redemit de domo servitutis, de manu pharaonis, régis -^gypti. +9. Et scies, quia Dominus Deus tuus. +les Amorrhéens, les Cliananéens, les Phérézéens, les Ilévéens et les Jébu- séens, qui sont sept peuples beaucoup plus nombreux et plus puissants que vous; +2. lorsque le Seigneur votre Dieu vous les aura livrés, vous les ferez tous pas- ser au fil de l'épée, sans qu'il en demeure un seul. Vous ne ferez point d'alliance avec eux, et vous n'aurez aucune com- passion d'eux. +3. Vous ne contracterez point de ma- riage avec ces peuples. Vous ne donne- rez point vos filles à leurs fils, et vos fils n'épouseront point leurs filles ; +4. parce qu'elles séduiront vos fils, et leur persuaderont de m'abandonner, et d'adorer des dieux étrangers plutôt que moi. Ainsi la fureur du Seigneur s'allu- mera contre vous, et vous exterminera dans peu de temps. +5. Voici, au contraire, la manière dont vous agirez avec eux. Eenversez leurs autels, brisez leurs statues, abattez leurs bois profanes, et brûlez toutes leurs sculptures idolâtriques , +6. parce que vous êtes un peuple saint et consacré au Seigneur votre Dieu. Le Seigneur votre Dieu vous a choisi, afin que vous fussiez le peuple qui lui appar- tînt en propre d'entre tous les peuples qui sont sur la terre. +7. Ce n'est point parce que vous sur- passiez en nombre toutes les nations, que le Seigneur s'est uni ù, vous et vous a cboisis pour lui, puisqu'au contraire vous êtes en plus petit nombre que tous les autres peuples ; +8. mais c'est parce que le Seigneur vous a aimés, et qu'il a gardé le ser- ment qu'il avait fait à vos pères, en vous faisant sortir de l'Egypte par sa main toute -puissante, en vous rachetant de cette maison de servitude, et en vous tirant des mains du pharaon, roi d'E- gypte. +9. Vous saurez donc que le Seigneur +senter toutes les autres (sept, le nombre parfait). Sur leurs districts respectifs, voyez VAtl. géogr., pi. V. — Percuties... Hébr. : haharem taharim, l'anathème. Cf. Lev. xxvn, 28 et ss. — A plus forte raison, ne former avec eux aucune sorte d'alliance (non inibis...), à cause de leur dépra- vation contagieuse. Cf. Ex. xxxiv, 15-16. — Quin potius (vers. 5)... Faire disparaître promptement toutes les marques de leur idolâtrie. Cf. Ex. xxin, 24; XXXIV, 13. Statuas : d'après l'hébreu, les «c stèles V érigées eu l'honneur des faux dieux. +Lucas : plutôt les idoles de bois ('aséri^n) qui re- présentaient une impure déesse. +6-10. Trois raisons de se séparer des nations païennes. — En premier lieu, le caractère sacré d'Israël, vers. 6 : populus sanctus, ... peculiaris. Cf. Ex. XIX, 5, et l'explication. En second lieu, les bienfaits de Dieu, complètement gratuits, vers. 6-8 : elegit, dilexit, custodivit...; cum sitis... pauciores (hyperbole oratoire). En troi- sième lieu, la fidélité du Seigneur à ses promesses pour quiconque lui obéira, et ses vengeances +Deut. VII, 10-18. +583 +votre Dieu est lui-même le Dieu fort et fidèle, qui garde son alliance et sa miséricorde jusqu'à mille générations envers ceux qui l'aiment et qui gardent ses préceptes ; +10. et qui au contraire punit prompte- raent ceux: qui le haïssent, sans différer de les perdre entièrement, mais leur rendant sur-le-champ ce qu'ils mé- ritent. +11. Gardez donc les préceptes, les cé- rémonies et les ordonnances que je vous commande aujourd'hui d'observer. +12. Si après avoir entendu ses ordon- nances, vous les gardez et les pratiquez, le Seigneur votre Dieu gardera aussi à votre égard l'alliance et la miséricorde qu'il a promis à vos pères avec serment. +13. Il vous aimera et vous multi- pliera ; il bénira le fi'uit de votre sein et le fruit de votre terre , votre blé , vos vignes, votre huile, vos bœufs et vos troupeaux de brebis, dans la terre qu'il a promis avec serment à vos pères de vous donner. +14. Vous serez béni entre tous les peuples. Il n'y aura point parmi vous de stérile de l'un ou de l'autre sexe, ni parmi les hommes, ni dans vos trou- peaux. +15. Le Seigneur éloignera de vous toutes les langueurs , et il ne vous frap- pera point des plaies très malignes de l'Egypte, que vous connaissez; mais il en frappera au contraire tous vos enne- mis. +16. Vous exterminerez tous les peuples que le Seigneur votre Dieu doit vous li- vrer. Votre œil ne sera touché d'aucune compassion pour eux en les voyant, et vous n'adorerez point leurs dieux, de peur qu'ils ne deviennent le sujet de votre ruine. +17. Si vous dites en votre cœur : Ces nations sont plus nombreuses que nous ; comment pourrons-nous les exterminer? +18. Ne craignez point, mais souve- +ipse est Deus fortis et fidelis, custodiens pactum et misericordiam diligentibusse, et his qui custodiunt praecepta ejus, in mille generationes ; +10. et reddens odientibus se statim,ita ut disperdat eos, et ultra non différât, protinus eis restituens quod merentm*. +11. Custodi ergo praecepta et ceremo- nias atque judicia, quse ego mande tibi liodie ut facias. +12. Si postquam audieris hsec judicia, custodieris ea et feceris, custodiet et Dominus Deus tuus pactum tibi, et mi- sericordiam quam jura vit patribus tuis. +13. Et diliget te ac multiplicabit , be- nedicetque f ructai ventris tui , et f ructui terras tuae, frumento tuo, atque vinde- miae, oleo, et armentis, gregibus ovium tuarum super terram , pro qua jura vit patribus tuis ut daret eam tibi. +14. Benedictus eris inter omnes popu- los. Non erit apud te sterilis utriusque sexus, tam in ho minibus, quam in gre- gibus tuis. +15. Auferet Dominus a te omnem lan- +guorem ; et infirmitates Mgj-pii pessimas, quas novisti, non inf eret tibi, sed cunctis hostibus tuis. +16. Devorabis omnes populos, quos Dominus Deus tuus daturus est tibi. Non parcet eis oculus tuus, nec servies diis eorum, ne sint in ruinam tui. +17. Si dixeris in corde tuo : Plures sunt gentes istae quam ego ; quomodo potero delere eas? +18. Noli metuere, sed recordare quae +toutes prêtes (statim, et ultra..., protinus) contre les Ingrats , vers. 9 - 10. +2° Bénédictions que Jéhovah tient en réserve pour les Israélites fidèles. VII, 11-26. +Développement du vers. 8 et d'autres passages analogues. +11-16. Le Seigneur exécutera sa part du contrat d'alliiinco. — Bénédictions positives, vei^s. 13-14, 16 : une fécondité universelle (fructui ventris tui, les enfants; 'astorct, l'équivalent hébreu de gregibus, n'est employé qu'ici et xxviii, 4, 18, +55 : c'est un mot emprunté à la langue chana- néenne , et qui désignait primitivement la déesse de la fécondité). — Bénédictions négatives, vers. 15 : infirmitates JEgypti; l'Egypte a toujours été lui foyer (« genitrix, » dit Pline l'Ancien) de. maladies contagieuses. +17-24. Israël n'aura rien à craindre des peuples de Clianaan. — Si dixeris... Objection possible, réfutcHî d'avance. Ne rien craindre, car le passé (recordare) est un sûr gai'ant de l'avenir (sic faciet...). A cette occasion, nouvelle description +584 +Deut. VII, 19-26. +fecerit Domîniis Deiis tuus pharaoni, et cunctis -3^gyptiis, +19. plagas raaximas, qiias viderunt oculi tui, et signa atque portenta, ma- numque robustam, et extentum bra- chium, ut educeret te Dominus Deus tuus. Sic faciet cunctis populis, quos metuis. * +20. Insuper et crabrones mittet Do- minus Deus tuus in eos, donec deleat omnes atque disperdat qui te fugerint, et latere potuerint. +21. Non timebis eos, quia Dominus Deus tuus in medio tui est, Deus magnus et terribilis. +22. Ipse consumet nationes bas in conspectu tuo paulatim atque per partes. Non poteris eas delere pariter, ne forte multiplicentur contra te bestise terrse. +23. Dabitque eos Dominus Deus tuus in conspectu tuo, et interficiet illos donec penitus deleantur. +24. Tradetque reges eorum in manus tuas, et disperdes nomina eorum sub caelo ; nullus poterit resistere tibi, donec conteras eos. +25. Sculptilia eorum igné combures; non concupisces argentum et auram, de quibus facta sunt, neque assumes ex eis tibi quidquam, ne offendas, propterea quia abominatio est Domini Dei tui. +26. Nec infères quippiam ex idolo in domum tuam, ne fias anathema, sicut et illud est. Quasi spurcitiam detesta- beris, et velut inquinamentum ac sordes abominationi habebis, quia anathema est. +nez-vous de la manière dont le Seigneur votre Dieu a traité le pharaon et tous les Egyptiens, +19. de ces grandes plaies dont vos yeux ont été témoins, de ces miracles et de ces prodiges, de cette main forte et de ce bras étendu que le Seigneur votre Dieu a fait paraître pour vous tirer de l'Egypte. C'est ainsi qu'il trai- tera tous les peuples que vous pouvez craindre. +20. Le Seigneur votre Dieu enverra même contre eux des fi'elons, jusqu'à ce qu'il ait détruit et perdu entièrement tous ceux qui auront pu vous échapper et se cacher. +21. Vous ne les craindrez donc point, parce que le Seigneur votre Dieu est au milieu de vous, lui le Dieu grand et terrible. ^^ +22. Ce sera lui-même qui perdra de- vant vous ces nations peu à peu et par parties. Vous ne pourrez les exterminer toutes ensemble, de peur que les bêtes de la terre ne se multiplient et ne s'é- lèvent contre vous. +23. Mais le Seigneur votre Dieu vous abandonnera ces peuples, et il les fera mourir jusqu'à ce qu'ils soient détruits entièrement. +24. Il vous livrera leurs rois entre les mains, et vous exterminerez leur nom de dessous le ciel. Nul ne pourra vous résister, jusqu'à ce que vous les ayez écrasés. +25. Vous jetterez dans le feu les images taillées de leurs dieux ; vous ne désirerez ni l'argent ni l'or dont elles sont faites, et vous n'en prendrez rien pour vous ; de peur que ce ne vous soit un sujet de ruine, parce qu'elles sont l'abomination du Seigneur votre Dieu. +26. Il n'entrera rien dans votre mai- son qui vienne de l'idole, de peur que vous ne deveniez anathème comme l'i- dole même. Vous la détesterez comme de l'ordure, vous l'aurez en abomination comme les choses souillées et qui font le plus d'horreur, parce que c'est un anathème. +abrégée des prodiges accomplis en faveur des Hé- breux lors de la sortie d'Égjiite (vers. 18-19). — Eas delere pariter... (22) C.-à-d. toutes à la fois ; le motif est aussitôt donné : ne forte... bestiee. Yoyez Ex. xxni, 29, et le commentaire. +25-26. Moïse réitère énergiquement l'ordre de +ne rien laisser subsister des signes idolâtriques des Chananéens. — Quippiam ex idolo... Les métaux précieux dont les idoles étaient souvent fabriquées pouvaient devenir un objet de tenta- tion matérielle d'abord, et bientôt morale. Témoin Acban (Jos. vu, 21). +Deut. VIII, 1 +6. +685 +CHAPITRE VIII +1. Prenez bien garde d'observer tous les préceptes que je vous prescris au- jourd'hui, afin que vous puissiez vivre, que vous vous multipliiez de plus en plus, et que vous possédiez le pays où vous allez entrer, prorais à vos pères avec serment par le Seigneur. +2. Vous vous souviendrez de tout le chemin par où le Seigneur votre Dieu vous a conduits dans le désert pendant quarante ans, pour vous punir et vous éprouver, afin que ce qui était caché dans votre cœur fût découvert, et que l'on connût si vous seriez fidèle ou infi- dèle à observer ses commandements. +3. Il vous a afiligé de la faim, et il vous a donné pour nourriture la manne qui était inconnue à vous et à vos pères, pour vous faire voir que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. +4. Voici la quarantième année que vous êtes en chemin, et cependant les ha- bits dont vous étiez couvert ne se sont point rompus par la longueur de ce temps, et les souliers que vous aviez à vos pieds ne se sont point usés. +5. Pensez donc en vous-même que le Seigneur votre Dieu s'est appliqué à vous instruire, comme un homme s'ap- plique à instruire son fils ; +6. afin que vous observiez les com- mandements du Seigneur votre Dieu, que vous marchiez dans ses voies, et que vous soyez pénétré de sa crainte. +1. Omne mandatum, quod ego prœ- cipio tibi hodie, cave diligenter ut facias, ut possitis vivere , et multipliceraini , ingressique possideatis terram, pro qua jura vit Dominus patribus vestris. +2. Et recordaberis cuncti itineris, per quod adduxit te Dominus Deus tuus quadraginta annis per desertum , ut- affligeret te, atque tentaret, et nota fiè- rent quai in tuo animo versabantur, utrum custodires mandata illius, an non. +3. Afflixit te penuria, et dédit tibi cibum manna, quod ignorabas tu et patres tui, ut ostenderet tibi quod non in solo pane vivat homo, sed in omni verbo quod egreditur de ore Dei. +4. Vestimentum tuum, quo operiebaris , nequaquam vetustate defecit, et pes tuus non est subtritus, en quadragesimus an- nus est ; +5. ut recogites in corde tuo, quia sicut erudit filium suum homo, sic Dominus Deus tuus erudivit te ; +6. ut custodias mandata Domini Dei tui, et ambules in viis ejus, et timeas eum. +§ IV. — Le souvenir des })ontés du Seigneur. VIII, 1 — X, 11. +1« Dieu , le meilleur des instructeurs à l'égard d'Israël. VIII, 1-6. +Chap. VIII. — 1-6. En tête (vers. 1) et à la fin de cet alinéa ( vers. 6 ), l'exhortation perpé- tuelle : omne (avec emphase) mandatum... custo- dias. Au milieu, l'idée si vraie et si profonde : Dieu , voulant éprouver les Hébreux (ut tentaret), a mêlé les afflictions et les humiliations tempo- raires (affligeret) aux joies sans nombre dont il les a comblés. — Becordaberis cuncti itineris : il ne s'agit pas moins de la voie morale que du chemin matériel. — Nota... qua; in animo. Trait d'une grande finesse psj'^chologique : les souf- frances manifestent le fond des cœurs et des pensées. Cf. II Par. xxxii, 31. — Néanmoins, le bonheur d'Israël avait été plus grand que ses +peines ; deux exemples frappants le montrent : 1° la manne , nourriture céleste , créée tout exprès pour lui (quod ignorabas...) ; 2° un merveilleux équipement (vers. 4). — La parole quod non in solo pane... (vers. 3) fut également opposée par Jésus au démon tentateur (Matth. rv, 4). Elle signifie que si les mets ordinaires et naturels font défaut à ses amis , Dieu n'aura qu'un mot à dire pour leur procurer une nourriture miraculeuse, telle qu'était la manne. — Vestimentum... ne- quaquam defecit... Non contents de prendre ces mots tout à fait à la lettre, les rabbins supposent en outre que les vêtements grandissaient avec ceux qui en étaient vêtus. On exagérerait en un auti*e sens , si l'on se bornait h voir dans ce pas- sage les facilités simplement naturelles (trafic avec les tribus arabes , emploi de la laine et des peaux de leur bétail) que Dieu avait fournies aux Israélites de renouveler leurs vêtements et +586 +Dedt. VIII, 7-15. +7. Dominiis enim Deus tuus intro- ducet te in terram bonam, terram rivo- rum aquaruraque et fontium, in cujus campis et montibus erumpimt fluviorum abyssi ; +8. terram fi-umenti, hordei, ac \i- nearum ; in qua ficus , et malogranata , et oliveta nascuntur; terram olei ac mellis ; +9. ubi absqiie ulla penuria comedes panem tuiim, et reriim omnium abun- dantia perfrueris ; cujus lapides ferrum sunt, et de montibus ejus œris metalla fodiuntur ; +10. ut cum comederis, et satiatus £ue- ris, benedicas Domino Deo tuo pro terra optima, quam dédit tibi. +11. Observa, et cave ne quando obli- viscaris Domini Dei tui, et negligas mandata ejus atque judicia et ceremo- nias, quas ego prœcijjio tibi hodie; +12. ne postquam comederis, et satiatus fueris, domos pulchras s&dificaveris , et liabitaveris in eis, +13. habuerisque armenta boum, et ovium grèges, argenti et auri cuncta- rumque rerum copiam, +14. elevetur cor tuum, et non remi- niscaris Domini Dei tui, qui eduxit te de terra ^gypti, de domo servitutis, +15. et ductor tuus fuit in solitudine magna atque terribili, in qua erat ser- pens flatu adurens, et scorpio, ac dipsas, +7. Car le Seigneur votre Dieu va vous introduire dans une bonne terre, dans une terre pleine de ruisseaux, d'étangs et de fontaines, où les sources des fleuves répandent leurs eaux en abon- dance dans les plaines et le long des montagnes ; +8. dans une terre qui produit du fro- ment, de l'orge et des vignes; oîi naissent les figuiers, les grenadiers, les oliviers ; dans une terre d'huile et de miel, +9. 011 vous mangerez votre pain sans que vous en manquiez jamais, où vous serez dans une abondance de toutes choses ; une terre, dont les pien*es sont du fer, et des montagnes desquelles on tire les métaux d'airain ; +10. afin qu'après avoir mangé et vous être rassasié , vous bénissiez le Seigneur votre Dieu qui vous aura donné une si excellente terre. +11. Prenez garde avec gi-and soin de n'oublier jamais le Seigneur votre Dieu, et de ne point négliger ses préceptes, ses lois et ses cérémonies, que je vous prescris aujourd'hui ; +12. de peur qu'après que vous aurez mangé et que vous vous serez rassasié, que vous aurez bâti de belles maisons , et que vous vous y serez établi , +13. que vous aurez eu des troupeaux de bœufs et des troupeaux de brebis, et une abondance d'or et d'argent et de toutes choses, +14. votre cœur ne s'élève, et que vous ne vous souveniez plus du Seigneur votre Dieu, qui vous a tiré du pays d'Egypte, de la maison de servitude; +15. qui a été votre conducteur dans un désert vaste et affreux, où il y avait des serpents qui brûlaient par leur +leurs chaussures. Les moyens naturels ne furent p05 +12. le Seigneur votre Dieu l'a tou- jours visitée, et il jette sur elle des re- gards favorables de])uis le commence- ment de l'année jusqu'à la fin. +13. Si donc vous obéissez aux com- mandements que je vous fais aujour- d'hui d'aimer le Seigneur votre Dieu, et de le servir de tout votre cœur et de toute votre âme, +14. il donnera à votre terre les pre- mières et les dernières pluies, afin que vous recueilliez de vos champs le fro- ment, le vin et l'huile, +15. et du foin pour nourrir vos bêtes, et que vous aj'ez vous-mêmes de quoi manger et vous rassasier. +16. Prenez bien garde que votre cœur ne se laisse pas séduire, et que vous n'abandonniez pas le Seigneur pour ser- vir et adorer des dieux étrangers ; +17. de peur que le Soigneur, irrité, ne ferme le ciel, que les pluies ne tombent plus, que la terre ne produise plus son fruit, et que vous ne soyez exterminés en peu de temps de cette terre excellente que le Seigneur va vous donner. +18. Gravez ces paroles que je vous dis dans vos cœurs et dans vos esprits, tenez -les suspendues comme un signe dans vos mains, et placez -les entre vos yeux; +19. apprenez -les à vos enfants, afin qu'ils les méditent ; insh^uisez-les lorsque vous êtes assis en votre maison, ou que vous marchez, lorsque vous vous cou- chez , ou que vous vous levez. +20. Ecrivez-les sur les poteaux et sur les portes de votre maison ; +21. afin que vos jours et ceux de vos enfants se multiplient dans la terre que le Seigneur a promis avec serment de donner à vos pères, pour la posséder aussi longtemps que le ciel couvrira la terre. +22. Car si vous observez et si vous +12. quara Dominus Deus tuus semper invisit,et oculi illius in ea sunt a prin- cipio anni usque ad finem ejus. +13. Si ergo obedieritis mandatis meis, qufe ego hodie prœcipio vobis, ut dili- gatis Dominum Deum vestrum, et ser- viatis ei in toto corde vestro, et in tota anima vestra, +14. dabit pluviam terr?e vestraî tcm- poraneam et serotinam, ut colligatis fru- mentum, et vinum, et oleum, +15. fœnumque ex agris ad pascenda jumenta , et ut ipsi comedatis ac satu- remini. +IG. Cavete ne forte decipiatur cor ve- strum, et recedatis a Domino, serviatisque diis alienis , et adoretis eos ; +17. iratusque Dominus claudat cœlum, et pluviag non descendant, ncc terra det germen suum, pereatisque vclociter de terra optima, quam Dominus daturus est vobis. +18. Ponite lisec verba mea in cordi- bus et in animis vestris, et suspendite ea pro signo in manibus, et inter oculos vestros collocate. +19. Docete filios vestros ut illa medi- tentur, quando sederis in domo tua, et ambulaveris in via, et accubueris atque surrexeris. +20. Scribes ea super postes et januas domus tuœ ; +21. ut multiplicentur dies tui, et filio- rum tuorum, in terra quam jura vit Do- minus patribus tuis, ut daret eis quam- diu cgelum imminet terrœ. +22. Si enim custodieritis mandata quse +De cœlo expectans...: directement du ciel, car rindnstric humaine n'y peut rien ; mais , pour cette raison même, nécessité de s'attirer les bonnes grâces de Dieu par une perpétuelle obéissance à ges lois. — Quain Dominus... semper invisit (hébr. : dores, « cherchant » du regard). « Tandis que tu dors sur ton lit, dit un ancien commen- tateur juif, le Saint (qu'il soit béni!) l'arrose en haut et en bas. » En ce regard perpétuel do Jé- hovah consistait le principal privilège de la Pales- tine. +40 Bénédictions et malédictions pour sanc- tionner la Loi. XI, 13-28. +Passages parallèles : Ex. xxni, 20 et ss. ; Lcv. XXVI ; Dcut. XXVIII. +13-15. Promesses. — Pluviam temporaneam: en automne, aussitôt après les semailles; sero- tinam : ai\ printemps, avant la moisson. Cf. Lcv. XXVI, 3-5, et le commentaire. — Ut colli- gatis...: car, sans pluie, pas de récolte en Orient. +16-17. Menaces. — Cavete ne... decipiatur : quand ils auront toutes choses en abondance. Cf. vm, 10-11. +18-21. Exhortation appuyée sur ces pi'omesses' et sur ces menaces. — Ponite hœc verha... Voyez la note de vi, G -9. — Quamdiu ccelum... C.-à-d. jusqu'à la fin des temps. +22-25. Autres promesses, déjà formulées. Cf. VII, 1] IX, 1, etc. +596 +Deux. XI, 23-31. +ego prœcipio vobis, et feceritis ea, ut diligatis Domiiium Deum vestrum, et ambuletis in omnibus viis ejus, adhse- rentes ei, +23. disperdet Dominus omnes génies istas ante faciem vestram, et posside- bitis eas, quse majores et fortiores vobis sunt. +24. Omnis locus , quera calcaverit pes vester, vester erit. A deserto , et a Libano, a flumine magno Euphrate us- que ad mare occidentale erunt termini vestri. +25. Nullus stabit contra vos ; terrorera vestrum et formidinem dabit Dominus Deus vester super omnem terram quam calcaturi estis, sicut locutus est vobis. +26. En propono in conspectu vestro hodie benedictionem et maledictionem : +27. benedictionem, si obedieritis man- datis Domini Dei vestri, quœ ego hodie pr£ecipio vobis ; +28. maledictionem, si non obedieritis mandatis Domini Dei vestri, sed recesse- ritis de via, quam ego nunc ostendo vobis, et ambulaveritis post deos alienos, quos ignoratis. +29. Cum vero introduxerit te Domi- nus Deus tuus in terram ad quam per- gis habitandam, pones benedictionem super montera Garizim, maledictionem super montera Hebal, +30. qui sunt trans Jordanem, post viam quae vergit ad solis occubitum, in terra Chananœi, qui habitat in cam- pestribus contra Galgalara, quae est juxta vallem tendentera et intrantem procul. +31. Vos enim transibitis Jordanem, ut possideatis terram, quam Dominus +pratiquez les commandements que je vous prescris , d'aimer le Seigneur votre Dieu, de marcher dans toutes ses voies , et de demeurer très étroitement unis à lui ; +23. le Seigneur exterminera sous vos yeux toutes ces nations qui sont plus grandes et plus puissantes que vous, et vous posséderez leur pays. +24. Tout lieu où vous aurez mis le pied sera à vous. Les confins de votre paj's seront depuis le désert, depuis le Liban, depuis le grand fleuve d'Eu- phrate, jusqu'à la mer occidentale. +25. Nul ne pourra subsister devant vous. Le Seigneur votre Dieu répandra la terreur et l'efîroi de votre nom sur toute la terre où vous devez mettre le pied, selon qu'il vous l'a prorais. +26. Vous voyez que je mets aujour- d'hui sous vos yeux la bénédiction et la malédiction : +27. la bénédiction, si vous obéissez aux commandements du Seigneur votre Dieu, que je vous prescris aujour- d'hui ; +28. et la malédiction , si vous n'obéis- sez point aux ordonnances du Seigneur votre Dieu, et si vous vous retirez de la voie que je vous montre maintenant, pour courir après des dieux étrangers que vous ne connaissez pas. +29. Et lorsque le Seigneur votre Dieu vous aura fait entrer dans la terre que vous allez habiter, vous mettrez la bénédiction sur le mont Garizim, et la malédiction sur le mont Hébal, +30. montagnes situées au delà du Jourdain, à cùté du chemin qui mène vers l'occident, dans le pays des Cha- nanéens qui habitent les plaines oppo- sées à Galgala, près d'une vallée qui s'étend et s'avance bien loin. +31. Car vous passerez le Jourdain pour posséder la terre que le Seigneur +26-28. L'alternative : ou obéir et être comblés des bénédictions divines; ou être maudits s'ils sont récalcitrants. +4° La cérémonie future des bénédictions et des malédictions sur les monts Garizim et Ébal. XI , 29-32, +Voyez les chap. xxvm-xxx, où ces quelques versets seront amplement commentés par Moïse lui-même. +29-31. Pones 'benedictionem..., maledictionem. « Placer » avec le sens de proclamer. Onkélos traduit par le concret, qui exprime clairement la pensée : Tu placeras ceux qui bénissent, ... ceux qui maudissent. — Garizim, Hebal. Deux +montagnes célèbres , qui se dressent en face l'une de l'autre au cœur même de la Palestine, sépa- rées par la charmante vallée de Sichem ou Na- plouse (cf. Gen. xn, 6 ; Joan. iv, 20, etc.). La hau- teur du Garizim est d'environ 8G0 mètres ; celte de l'Ébal d'un peu plus de 900 mètres. — Au vers. 30, quelques données topographiques pour mieux marquer la situation de ces montagne*. Post viam... Derrière, c.-à-d. au delà. On ren- contre encore çà et là des restes de cette route antique. — In campestribus : la vallée de Sichem, — Contra Galgalam : probablement la Djeldjou- lieh actuelle , au sud du Garizim. Il y avait uno autre Galgala près de Jéricho (Jos. v, 9). — +Deut. XI, 32 — XII, 5. +m +votre Dieu doit vous donner, afin que vous en soyez les maîtres et qu'elle soit votre héiitage. +32. Prenez donc bien garde d'accom- plir les cérémonies et les ordonnances que je vous proposerai aujourd'hui. +Deus vester daturus est vobis , ut habeatis et possideatis illam. +32. Videte ergo ut impleatis ceremonias atque judicia, quse ego hodie ponam in conspectu vestro. +CHAPITRE XII +1. Voici les préceptes et les ordon- nances que vous devez observer dans le pays que le Seigneur, le Dieu de vos pères, vous donnera, afin que vous le possédiez pendant tout le temps que vous serez sur la terre. +2. Renversez tous les lieux où les nations dont vous posséderez le pays ont adoré leurs dieux, sur les hautes montagnes, et sur les collines, et sous tous les arbres touffus. +3. Détruisez leurs autels, brisez leurs statues, brûlez leurs bois profanes, ré- duisez leurs idoles en poussière, et effa- cez de tous ces lieux la mémoire de leur nom. +4. Vous ne vous conduirez pas comme ces nations à l'égard du Seigneur votre Dieu ; +5. mais vous viendrez au lieu que le Seigneur votre Dieu aura choisi d'entre toutes vos tribus pour y établir son nom , et pour y habiter ; +1. Hœc sunt prjecepta atque judicia, quse facere debetis in terra, quam Do- minus Deus patrum tuorum daturus est tibi, ut possideas eam cunctis diebus quibus super humum gradieris. +2. Subvertite omnia loca, in quibus coluerunt gentes, quas possessuri estis, deos suos super montes excelsos , et col- les, et subter omne lignum frondosum. +3. Dissipate aras eorum, et confrin- gite statuas, lucos igné comburite, et idola comminuite ; disperdite nomina eorum de locis illis. +4. Non facietis ita Domino Deo vestro: +5. sed ad locum, quem elegerit Do- minus Deus vester de cunctis tribubus vestris, ut ponat nomen suum ibi, et habitet in eo, venietis ; +Vallem tendentem... Dans l'hébreu : Près des té- rébinthes de Môreh ; nom qui nous ramène au temps d'Abraham, Gen. xii, 6. iAtl. géogr., pi. vu.) 32. Conclusion. +Section II. — L'abrégé de la Loi. XII, 1 — XXVI, 19. +Dans les chapiti'es qui précèdent, nous avons eu surtout un mélange de récits et d'exhorta- tions; dans ceux-ci, l'élément législatif aura la plus large part : tantôt les ordonnances anciennes seront simplement réitérées, tantôt on y ajoutera quelques traits nouveaux pour les compléter ou les modifier, tantôt des lois entièrement neuves seront édictées. C'est la vie prochaine d'Israël dans la Terre promise qui donne le ton : d'abord sa vie religieuse, xii, 1 -xvi, 17; puis sa vie po- litique et sociale, xvi, 18-xvn, 22; enfin sa vie civile et privée, xix, ] -xxvi, 19. +§ I. — Le droit religieux d'Israël. XII, 1 — XVI, 17. +10 Détruire les sanctuaires idolâtriques. XII, 1-3. +Chap. XII. — 1. Préambule. +2-3. Subvertite... Commandement d'une impor- +tance capitale, intimé déjà plusieurs fois. Cf. VII, 5; Ex, xxni, 24; Lev. xxvi, 1, etc. Il faut que toute i.iarque du culte idolâtrique disparaisse de la Terre sainte , dont Jéhovah sera le roi. Au reste ces autels , ces idoles , etc., auraient consti- tué, un grand danger pour les Hébreux , et au- raient pu facilement les détourner du seul vrai Dieu. — Montes..., colles: les païens s'y croyaient plus près de la divinité. — Lignum frondosum: leur ombre mystérieuse était im stimulant d'un autre genre. Cf. Is. i, 29; lvii, 5; Ez. xiii, 28; Os. IV, i:^, et l'Atlas archéoL, pi. cxvi, fig. 5-6. — Disperdite nomina... Cf. vu, 24. Môme les noms constituaient un péril. +20 L'unité du sanctuaire. XII, 4-27. +Autre loi très importante pour assurer la pu- reté du culte dans la nation théocratique, comme le démontrèrent plus tard de fâcheux exemples. Cf. Jud. VIII, XVIII ; III Reg. xiii, etc.; Vigou- reux, les Livres saints et la critique rationaliste , t. III, pp. 134 et ss. +4-7. Après la conquête de la Palestine, n'avoir qu'un sanctuaire proprement dit, comme au Sinaï et au désert. Cf. Lev. xvii, 7-9. — Non facietis ita: à l'imitation des païens, qui avaient des locaux multiples destinés au culte , vers. 2-3. — +598 +Deut. XII, 6-13. +G. et offere'ds in loco illo liolocaiista et victimas vestras, décimas et primi- tias maïuuim vestranim, et vota at- que doiiaria, primogeuita boum et ovium. +7. Et comedetis ibi in conspectu Do- mini Dei vestri , ac lœtabimini in cunctis, ad qiuB miseritis manum, vos et domus vestrte, in quibus benedixerit vobis Do- minus Deus vester. +8. Non facietis ibi qure nos hic facimus hodie, singuli quod sibi rectum vide- tur. +9. Neque enim usque in prœsens tempus venistis ad requiem, et posses- sionem, quam Dominus Deus vester daturus est vobis. +10. Transibitis Jordanem, et babita- bitis in terra, quam Dominus Deus ve- ster daturus est vobis, ut requiescatis a cunctis hostibus per circuitum , et absque ullo timoré habitetis +11. in loco quem elegerit Dominus Deus vester, ut sit nomen ejus in eo. Illuc omnia, quse preecipio, conferetis : holocausta, et hostias, ac décimas, et primitias manuum vestrarum, et quid- quid preecipuum est in muneribus, quœ vovebitis Domino. +12. Ibi epulabimini coram Domino Deo vestro, vos et filii ac filise vestrse, famuli et f amulse , atque lévites qui in urbibus vestris commoratur; neque enim habet aliam partem et possessionem inter vos. +13. Cave ne offeras holocausta tua in omni loco, quem videris; +6. et vous offrirez en ce lieu -là vos holocaustes et vos victimes, les dîmes, les prémices des œuvres de vos mains, vos vœux et vos dons, les premiers -nés de vos bœufs et de vos brebis. +7. Vous mangerez là en la présence du Seigneur votre Dieu ; et vous y goû- terez avec joie, vous et vos familles, de tous les fruits des travaux de vos mains, que le Seigneur votre Dieu aura bénis. +8. Vous n'agirez plus alors comme nous le faisons aujourd'hui, où chacun fait ce qui paraît droit à ses yeux. +9. Car vous n'êtes point encore entrés jusqu'à ce jour dans le repos et Théri- tage que le Seigneur votre Dieu doit vous donner. +10. Vous passerez le Jourdain, et vous habiterez dans le pays que le Seigneur votre Dieu vous donnera, afin que vous y soyez en repos du côté de tous les ennemis qui vous environnent, et que vous demeuriez sans aucune crainte +11. dans le lieu que le Seigneur votre Dieu aura choisi pour y établir sa gloire et son nom. C'est là que vous apporte- rez, selon l'ordre que je vous prescris, vos holocaustes, vos hosties, vos dîmes, et les prémices des œuvres de vos mains, et tout ce qu'il y aura de meilleur dans les dons que vous aurez fait vœu d'of- frir au Seigneur, +12. C'est là que vous ferez des festins de réjouissance devant le Seigneur votre Dieu , vous , vos fils et vos filles , vos serviteurs et vos servantes, et les lévites qui demeurent dans vos villes ; car ils n'ont point d'autre part, et ils ne pos- sèdent point autre chose parmi vous. +13. Prenez bien garde de ne point of- frir vos holocaustes dans tous les lieux que vous verrez ; +Locum quem elegerit...: les lieux où furent suc- cessivement installés le tabernacle (Silo, etc.; cf. Jer. VII , 12 ) , puis la colline du Temple à Jéru- salem. Des circonstances providentielles mon- trèrent que Dieu lui - même avait choisi ces emplacements pour son sanctuaire. — Ponat nomen suam... C.-à-d. qu'il y manifesterait plus visiblement et plus fréquemment sa présence et ses faveurs. — Cumedetis ibi... Cf. vers. 12, 18, etc. Allusion aux repas qui accompagnaient cer- taines oblations, les donateurs devant consommer auprès du sanctuaire la part qui Ijur en revenait (Lev. VII, 15, etc.). +8-12. Xe pas se conduire en Palestine, sous le rapport du culte, avec la liberté qu'avaient au- torisée jusqu'à un certain point les circonstances de la vie au désert. — Siwjuli quod sibi rectum. Evidemnieut cette expression ne doit pas ctjo trop +pressée, comme si toutes les règles du rituel eussent alors été sans application. — Neque enim usqui.,. Excuse de cette conduite , que le Seigneur et ses j représentants avaient tolérée. Le repos complet j ne fut accordé à Israël que vers la fin du règne i de David, et c'est alors que Dieu choisit déflni- ! tivement le lieu de son sanctuaire. — Vos, et filii..., atque lévites (vers. 12). Jéhovah pense dé- licatement à l'honorable entretien de ses ministres. Cf. vers. 19 ; xiv, 27, 29 , etc. Ces gracieuses invi- tations n'excluaient pas le payement de la dîme prescrite (Nura. xviii, 21-24) ; c'est donc un trait surajouté aux prescriptions anciennes, et nulle- ment une contradiction. Voyez Vigoui-oux, les Livres saints et la critique rationaliste, t. III, pp. 166 et ss. +13-14. Récapitulation. — Cave ne... in omni loco. Les sacrifices offerts çà et lu, en dehors du +Deut. XII, 14-19. +m +14. mais offrez vos victimes dans ce- lui que le Sci,2;neui' aura choisi chez l'une de vos tribus, et observez -y tout ce que je vous ordonne. +15. Si vous voulez manger de la viande, si vous aimez à vous nourrir de chair, tuez des bêtes, et mangez-en selon la bénédiction que le Seigneur voti'e Dieu vous aura donnée dans vos villes ; soit que ces botes soient impures, c'est- à-dire qu'elles aient quelque tache ou quelque défaut dans les membres du corps ; soit qu'elles soient pures , c'est-à- dire entières et sans tache, comme celles qui peuvent être offertes à Dieu ; man- gez-en, ainsi que vous mangez de la biche et du cerf. +16. Abstenez -vous seulement de man- ger le sang, et a3^ez soin de le répandre à terre comme de l'eau. +17. Vous ne pourrez manger dans vos villes la dîme de votre froment, de votre vin et de votre huile, ni les premiers- nés des bœufs et des autres bestiaux, ni rien de ce que vous aurez voué, ou que vous voudrez de vous - même offrir à Dieu, ni les prémices des œuvres de vos mains ; +18. mais vous mangerez de ces choses devant le Seigneur votre Dieu , dans le lieu que le Seigneur votre Dieu aura choisi : vous, votre fils et votre fille, votre serviteur et votre servante, et les lévites qui demeurent dans vos villes ; et vous prendrez votre nourriture avec joie devant le Seigneur votre Dieu, en re- cueillant le fruit de tous les travaux de vos mains. +19. Prenez bien garde de ne pas aban- donner le lévite, pendant tout le temps que vous serez sur la terre. +14. sed in eo, quem elegerit Demi nus in una tribuum tuarum, olïcres hostias, et faciès quœcumque prsecipio tibi. +15. Sin autem comedere volueris, et te esus carnium delectaverit, occide, et comede juxta benedictionem Domini Dei tui, quam dédit tibi in urbibus tuis; sive immundum fuerit, hoc est, macu- latum et débile; sive mundum, hoc est, integrum et sine macula, quod offerri licet, sicut capream et cervum, co- medes, +IG. absque esu duntaxat sanguinis, quem super terram quasi aquam effun- des. +17. Non poteris comedere in oppidis tuis decimam frumenti, et vini, et olei tui, primogenita armentorum et peco- i-um, et omnia qu9s voveris, et sponte offerre volueris, et primitias manuum tuarum ; +18. sed coram Domino Deo tuo come- des ea, in loco quem elegerit Dominus Deus tuus, tu et fiHus tuus, et filia tua, et servus et famula, atque lévites qui manet in urbibus tuis ; et laetaberis et reficieris coram Domino Deo tuo, in cunctis ad quse extenderis manum tuam. +19. Cn^e ne derelinquas levitem in omni tempore quo versaris in terra. +sanctuaire, durant le cours de l'histoire juive, furent des exceptions, indiquées et ratifiées par le Seigneur lui-même. Cf. xxvn, 5-6 ; Jud. vi, 24 ; XVI, 16 et ss. ; III Reg. m, 4-5; xviii, 31 et ss., etc. +15-16. On pourra tuer en n'importe quel lieu les animaux destinés à la consommation. — Sin autem comedere... .Jusque-lù, ces animaux mêmes devaient être immolés en avant du tabernacle (cf. Lev. xvii, 3-4, et le commentaire); l'an- cienne ordonnance est abrogée parce qu'elle allait être désormais impraticable. — Sive ivimun- dum..., sive mundum... Dans l'hébreu, ces mots ne se rai)portcnt pas à l'animal immolé, mais aux personnes qui se proposaient d'en faire leur nourriture : « Celui qui sera impur et celui qui sera pur pourront en manger, comme ou mange +de la gazelle (.s'bi, AU. d'hist nat., pi. lxxxvii et Lxxxviii) et du cei'f. » C.-à-d. que la pureté légale n'était pas requise pour manger de ces viandes communes, tandis qu'elle l'était pour par- ticiper aux repas liturgiques. Cf. Lev. vu, 20-21. Los incidentes hoc est, maculât am; hoc est, in- tegrum..., quod offerri licet, sont des gloses expli- catives (inexactes) ajoiitées au texte. — Grave restriction pourtant : ahsque esu... sanguinis. Cf. Gen. IX, 4; Lev. vu, 26, etc. +17-19. La seconde dime devra être consommée auprès du sanctuaire. — Decimam frumenti... Sur cette dime, qu'il ne faut pas confondre avec celle qui était destinée aux lévites, voyez xiv, 22-27, et l'explication. Comme elle avait aussi un caractère sacré. Dieu ne veut pas qu'elle soit traitée en aliment profane. +600 +Deut. XII, 20-30. +20. Qiiando dilataverit Dominus Deus tuiis termines tuos, sicut locutus est tibi, et volueris vesci carnibus, quas desiderat anima tua ; +21. locus autem, quem elegerit Do- minus Deus tuus ut sit nomen ejus ibi, si procul fuerit, occides de armen- tis et pecoribus, quse habueris, sicut prfiecepi tibi , et comedes in oppidis tuis, ut tibi placet. +22. Sicut comeditur caprea et cervus, ita vesceris eis ; et mundus et immundus in commune vescentur. +23. Hoc solum cave, ne sanguinem comedas ; sanguis enim eorum pro anima est, et idcirco non debes animam come- dere cum carnibus ; +24. sed super terram fundes quasi aquam , +25. ut bene sit tibi et filiis tuis post te, cum feceris quod placet in conspectu Domini. +26. Quae autem sanctificaveris , et vo- veris Domino , toiles, et venies ad locum, quem elegerit Dominus ; +27. et ofïeres oblationes tuas carnem et sanguinem super altare Domini Dei tui ; sanguinem hostiarum fundes in altari, carnibus autem ipse vesceris. +28. Observa et audi omnia quse ego prsecipio tibi, ut bene sit tibi et filiis tuis post te in sempiternum, cum fece- ris quod bonum est et placitum in con- spectu Domini Dei tui. +29. Quando disperdiderit Dominus Deus tuus ante faciem tuam gentes, ad quas ingredieris possidendas, et posse- deris eas, atque habita veris in terra earum, +30. cave ne imiteris eas, postquam te fuerint introeunte subversse, et requi- ras ceremonias earum, dicens : Sicut coluerunt gentes istse deos suos, ita et ego colam. +20. Quand le Seigneur votre Dieu aura étendu vos limites, selon qu'il vous l'a promis, et que vous voudrez manger de la chair dont vous aurez envie , +21. si le lieu que le Seigneur votre Dieu aura choisi pour y établir son nom est éloigné , vous pourrez tuer des bœufs et des brebis que vous aurez , selon que je vous l'ai ordonné, et vous en man- gerez dans vos villes comme vous le désirerez. +22. Vous mangerez de cette chair comme vous mangez de celle des chè- vres sauvages et des cerfs ; et le pur et l'impur en mangeront indifféremment. +23. Gardez-vous seulement de manger du sang de ces bêtes ; car leur sang leur tient lieu d'âme ; et ainsi vous ne devez pas manger avec leur chair ce qui est comme leur âme. +24. Mais vous répandrez ce sang à terre comme de l'eau, +25. afin que vous soyez heureux, vous et vos enfants après vous , aj^ant fait ce qui est agréable aux yeux du Seigneur. +26. Quant aux choses que vous aurez consacrées, et que vous aurez vouées au Seigneur, vous les prendrez, et étant venu au lieu que le Seigneur aura choisi , +27. vous présenterez en oblation la chair et le sang sur l'autel du Seigneur votre Dieu. Vous répandrez le sang des victimes autour de l'autel, et vous vous nourrirez vous-même de leur chair. +28. Observez et écoutez bien toutes les choses que je vous ordonne, afin que vous soyez heureux pour jamais, vous et vos enfants après vous, lorsque vous aurez fait ce qui est bon et agréable aux yeux du Seigneur votre Dieu. +29. Quand le Seigneur votre Dieu aura exterminé devant vous les nations dont vous allez posséder le pa3's, que vous en serez actuellement en posses- sion, et que vous habiterez dans leurs terres , +30. prenez bien garde d'imiter ces nations, après qu'elles auront été dé- truites à votre entrée, et de vous infor- mer de leurs cérémonies, en disant : Je veux suivre moi-même le culte dont ces nations ont honoré leurs dieux. +1 +20-25. Répétition développée de l'ordonnance contenue aux vers. 15-16. +26-27. Le local unique des offrandes. Cf. vers. 4-7. 3" Ne pas imiter les Chananéens. XII, 28-32. 28-32. Entre deux exhortations générales (vers. +28 et 32), réitération de cette injonction spéciale. — Ne imiteris. Dans l'hébreu, avec une méta- phore énergique : Ne te laisse pas prendre au piège à leur suite (c.-à-d. en les imitant). — ReqtUras suppose des informations empressées. +Deut. XII, 31 — XIII, G. +601 +31. Vous ne rendrez point de sem- blable culte au Seigneur votre Dieu. Car elles ont fait, pour honorer leurs dieux, toutes les abominations que le Seigneur a en horreur, leur offrant en sacrifice leurs fils et leurs filles, et les brûlant dans le feu. +32. Faites seulement en Thonneur du Seigneur ce que je vous ordonne, sans y rien ajouter ni en rien enlever. +31. Non faciès simili ter Domino Deo tuo ; omnes enini abominationes, quas aversatur Dominus, fecerunt diis suis, offerentes filios et iilias, et comburentes isrni. +32. Quod prœcipio tibi, hoc tantum facito Domino; nec addas quidquam, nec minuas. +CHAPITRE XIII +1. S'il s'élève au milieu de vous un prophète, ou quelqu'un qui dise qu'il a eu une vision en songe, et qui prédise quelque chose d'extraordinaire et de prodigieux, +2. et que ce qu'il avait prédit soit ar- rivé, et qu'il vous dise en même temps : Allons, suivons des dieux étrangers qui vous étaient inconnus , et servons-les ; +3. vous n'écouterez point les paroles de ce prophète ou de cet inventeur de visions et de songes; parce que le Sei- gneur votre Dieu vous tente, afin qu'il paraisse clairement si , oui ou non , vous l'aimez de tout votre cœur et de toute votre âme. +4. Suivez le Seigneur votre Dieu, crai- gnez-le, gardez ses commandements, écoutez sa voix, servez -le, et attachez- vous à lui seul ; +6. mais que ce prophète ou cet inven- teur de songes soit puni de mort, parce qu'il vous a parlé pour vous détourner du Seigneur votre Dieu, qui vous a tirés de l'Egypte, et qui vous a rachetés du séjour de servitude; et pour vous dé- tourner de la voie que le Seigneur votre Dieu vous a presciite ; et vous ôterez ainsi le mal du miheu de vous. +6. Si votre frère, fils de votre mère, ou votre fils, ou votre fille, ou votre +1. Si surrexerit in medio tui prophè- tes, aut qui somnium vidisse se dicat, et prsedixerit signum atque portentum, +2. et evenerit quod locutus est, et dixerit tibi : Eamus, et sequamur deos aliènes quos ignoras, et serviamus eis; +3. non audies vcrba prophétie illius aut somniatoris, quia tentât vos Domi- nus Deus vester, ut palam fiât utrum diligatis eum an non, in toto corde, et in tota anima vestra. +4. Dominum Deum vestrum sequi- mini, et ipsum timete, et mandata illius custodite, et audite vocem ejus; ipsi servietis, et ipsi adhœrebitis ; +5. propheta autem ille aut fictor som- niorum interficietur, quia locutus est ut vos averteret a Domino Deo vestro, qui eduxit vos de terra ^gypti, et redemit vos de domo servitutis, ut errare te faceret de via , quam tibi prœcepit Do- minus Deus tuas ; et auferes malum de medio tui. +6. Si tibi voluerit persuadere frater tuus, filius matris tuse, aut filius tuus +— Siciit coluerunt... Les païens attribuaient b, chaque contrée des divinités tutélaires qu'ils croiraient dangereux de négliger. — Comburentes irjni. Voyez Lev. xviii, 21; xx, 2, et l'expli- cation. +40 S'opposer à la propagande de l'idolâtrie dans Israël. XIII, 1-18. +Chap. XIII. — 1-5, Premier cas : les faux pro- phètes. — 1° Ne pas les écouter, quand, en allé- guant une révélation ou une vision prétendues, et même en affirmant leur autorité par un pro- dige, ils oseront pi'êcher le culte dos faux dieux +(vers. 1-4). — Preedixerit... et evenerit...: par l'intermédiaire du démon (cf. II Thess. ir, 9), et par la permission du Seigneur, qui voudra ainsi mettre à l'épreuve la fidélité de son peuple {quia tentât vos...). — 2^ Les mettre à mort sans pitié, vers. 5, car ils ont commis un crime de lèse-majesté divine (.ut vos averteret...). Ils étaient lapidés, d'après le vers. 10; xvii, 7, et Lev. +XX, 2. — Auferes malum... Locution assez fré- quente dans ce livre. Cf. xvii, 7, 12; xix, 19; +XXI, 21, etc. +6-11. Second cas : les séducteurs secrets. — +28* +G02 +Deut. XIII, 7 -10. +vel filia, sive uxor quae est iu sinu tuo, aut amicus, qiiem diligis ut aiiimam tuam, clam dicens : Eainiis, et servia- miis diis alieiiis , quos ignoras tu , et patres tii, +7. cimctarum in circuitii gentlum, qiue juxta vel procul sunt, ab initio us- que ad fineni terrœ ; +8. non acquiesças ei , nec audias, neque parcat ei ocidus tuus ut miserearis et occultes eum, +9. sed statim interficies. Sit primum manus tua super eum, et postea omnis populus mittat manum. +10. Lapidibus obrutus necabitur, quia voluit te abstrahere a Domino Deo tuo, qui eduxit te de terra iEgypti , de domo servitutis ; +11. ut omnis Israël audiens timeat, et nequaquam ultra faciat quippiam liujus rei similc. +12. Si audieris in una urbium tuarum, quas Dominus Deus tuus dabit tibi ad liabitandum, dicentes aliquos : +13. Egressi sunt filii Belial de medio tui, et averterunt habitatores urbis suœ, atque dixerunt : Eamus, et serviamus diis alienis quos ignoratis ; +14. quœre sollicite et diligenter; rei veritate perspecta, si inveneris certum esse quod dicitiir, et abominationem banc opère pcrperatam, +15. statim percuties habitatores urbis illius in ore gladii, et delebis eam, ac omnia quœ in illa sunt, usque ad pe- cora. +16. Quidquid etiam supellectilis fuerit, congregabis in medio platearum ejus, et eum ipsa civitate succendes, ita ut +femme qui vous est si clière, ou votre ami que vous aimez comme votre âme, veut vous persuader et vient vous dire en secret : Allons, et servons les dieux étrangers qui vous sont inconnus comme ils l'ont été à vos pères, +7. les dieux de toutes les nations dont nous sommes environnés, soit de près, soit de loin, de})uis une extrémité de la terre jusqu'à l'autre ; +8. ne vous rendez point à ses persua- sions, et ne l'écoutez pas; et ne soyez touché d'aucune compassion à son su- jet; ne l'épargnez point, et ne tenez point secret ce qu'il aura dit : +9. mais tuez -le aussitôt. Que votre main lui donne le premier coup, et que tout le peuple le frappe ensuite. +10. Qu'il périsse accablé de pierres, parce qu'il a voulu vous détourner du ISeigneur votre Dieu, qui vous a tiré de l'Egypte et de la maison de servi- tude ; +11. afin que tout Israël, entendant cet exemple, soit saisi de crainte, et qu'il ne se trouve plus personne qui ose entreprendre rien de semblable. +12. Si dans quelqu'une de vos villes, que le Seigneur votre Dieu vous aura données pour les habiter, vous entendez dire à quelques-uns : +13. Des enfants de Bélial sont sortis du milieu de vous, et ont perverti les habitants de leur ville, en leur disant : Allons, et servons les dieux étrangers qui vous sont inconnus, +14. informez -vous avec tout le soin possible de la vérité de la chose, et après l'avoir connue, si vous trouvez que ce qu'on vous avait dit est certain, et que cette abomination a été commise effectivement, +15. vous ferez passer aussitôt au fil de l'épée les habitants de cette ville, et vous la détruirez avec tout ce qui s'y rencontrera, même les animaux. +IC. Vous amasserez aussi au milieu des rues tous les meubles qui s'y trouve- ront, et vous les brûlerez avec la ville, +10 L'hypothèse, vers. 6-7. Frater...filius...: même les personnes les plus chères. Clam dicens : il était du rôle des faux prophètes de parler auda- cieusement et ouvertciucnt; ici, le mal se cache et se. glisse, dans louibre. — 2' La conduite à tenir envers ces séducteurs, vers. 8-11. Mêmes règles que poiir le premier cas : ne pas les écouter, les exterminer proniptement. Sit pri»iiun manus Laa ; la main du dénoJijciiiteur, 'lui assumait aiusi +la plus grande part de responsabilité. Voj^ez la note de xvii, 7. +12-18. Cas d'une ville israélite qui se livrerait tout entière ii l'idolâtrie. — 1° L'hypothèse, vers. 12-13. Si audieris in tina... C.-à-d. : si une cité d'Israiil apprend qu'une autre ville s'est laissé entraîner au culte des faux dieux. La locution fllii l'.cllal apparaît ici pour la première fois ; elle sert à designer les hommes impies et me- +Deut. XIII, 17 — XIV, 7. +C03 +consumant tout en riionneur du Sei- gneur votre Dieu, en sorte que cette ville devienne comme un tombeau éter- nel. Elle ne sera jamais bixtie, +17. et il ne demeurera rien dans vos mains de cet anatlième, afin que le Sei- gneur apaise sa colère et sa fureur, qu'il ait pitié de vous, et qu'il vous multii)lie comme il l'a juré à vos pères, +18. tant que vous écouterez la voix du Seigneur votre Dieu, et que vous obser- verez toutes ses ordonnances que je vous prescris aujourd'hui, afin que vous fas- siez ce qui est agréable aux yeux du Soigneur votre Dieu. +universa consumas Domino Deo tuo, et sit tumulus sempiternus. Non ludifica- bitur amplius, +17. et non adhœrebit de illo anatlie- mate quidquam in manu tua, ut aver- tatur Dominus ab ira furoris sui, et misereatur tui, multiplicetque te sicut juravit patribus tuis, +18. quando audieris voeem Domini Dei tui, custodiens omnia prœcepta ejus quse ego prœcipio tibi hodie, ut facias quod placitum est in conspectu Domini Dei tui. +CHAPITRE XIV +1. Soyez les dignes enfants du Sei- gneur votre Dieu. Ne vous faites point d'incisions , et ne vous rasez point à pro- pos des morts, +2. parce que vous êtes un peuple saint et consacré au Seigneur votre Dieu, et qu'il vous a choisi de toutes les nations qui sont sur la terre, afin que vous fus- siez particulièrement son peuple. +3. Ne mangez point de ce qui est im- pur. +4. Voici les animaux que vous devez manger : le bœuf, la brebis, la chèvre, +6. le cerf, la biche, le bubale, le mou- flon, le chevreuil, l'oryx, la girafe. +6. Vous mangerez de tous les ani- maux qui ont la corne divisée en deux et qui ruminent. +7. Mais vous ne devez point manger de ceux qui ruminent et dont la corne n'est point fendue, comme du chameau. +1. Filii estote Domini Dei vestri. Non vos incidetis, nec facietis calvitium su- per mortuo, +2. quoniam populus sanctus es Do- mino Deo tuo, et te elegit ut sis ei in populum peculiarem, de cunctis genti- bus quse sunt super terram. +3. Ne comedatis quo3 immunda sunt. +4. Hoc est animal quod comedere de- betis : bovem, et ovem, et capram, +5. cervum et capream, bubalum, tra- gelaphum, pygargum, orygem, camelo- pardalum, +6. Omne animal , quod in duas partes findit ungulam, et ruminât, comedetis ; +7. de his autem quse ruminant, et ungulam non findunt, comedere non debetis, ut camelum, leporem, chœro- +chants ( littéral. : des hommes de rien ; car Iflya'al signifie « sine commodo »). — i'' Conduite à tenir envers la ville apostate, vers. 14-18. Après nne sérieuse enquête {qucere sollicite...), si l'accusa- tion est justifiée, dévouer au liérem , ou à luie entière destruction, la localité et tout ce qu'elle contient. +5° Éviter les rites funèbres des païens. XIV, 1-2. +Chap. XIV. — - 1-2. Répétition de Lev. xix, 28 ; XXI, 5 (voyez les notes). — Fllii estote... D'après l'hébi-eu : Vous êtes les fils... Beau titre de no- blesse , qui obligeait les Hébreux à exécuter fidèlement toutes les volontés de leur Père cé- leste. +6*^ Les mets purs et impurs. XIV, 3-21. +Ce passage renouvelle, avec quelques légères +variantes , les prescriptions de Lev. xi ( vo3'cz le commentaire). +3. Le principe général : ne comedatis... im- munda. Hébr. : toute abomination. +4-8. Les quadrupèdes purs et impurs. Cf. Lev. XI, 2-8. — Hoc est animal... La courte énumé- ration contenue aux vers. 4-5 est propre au Deu- téronome. Les animaux destinés aux sacrifices sont cités au premier rang (bovem, ovem, ca- pram ) ; les sept autres sont des ruminants sau- vages, qui, d'après la traduction la plus probable de l'hébreu, appartiennent tous à la famille des cervidés : cervum i'ayyal, le cerf commun; Atl. d'hist. nat., pi. lxxxvi, fig. 1, 9), capream (s'bi, la gazelle, comme xii, lé), bubalum (yahmur, espèce d'antilope dont la taille et les membres lin peu lourds rappellent ceux du boeuf; Ail. +604 +Deut. XIV, 8-21. +gryllum; haec quia ruminant, et non dividunt ungulam , immunda erunt vobis. +8. Sus quoque, quoniam dividit ungu- lam, et non ruminât, immunda erit. Carnibus eorum non vescemini, et ca- davera non tangetis. +9. Hœc comedetis ex omnibus quœ morantur in aquis : quse habent pinnu- las et squamas, comedite. +10. Qu£e absque pinnulis et squamis sunt, ne comedatis, quia immunda sunt. +11. Omnes aves mundas comedite. +12. Immundas ne comedatis : aquilam scilicet, et gryphem, et haliœetum, +13. ixion, et vulturem ac milvum juxta genus suum, +14. et omne corvini generis, +15. et struthionem, ac noctuam, et larum, atque accipitrem juxta genus suum ; +16. herodium ac cygnum, et ibin, +17. ac mergulum, porphyrionem, et nycticoracem, +18. onocrotalum, et cliaradrium, sin- gula in génère suo ; upupam quoque et vespertilionem. +19. Et omne quod reptat et pennulas habet, immundum erit, et non come- detur. +20. Omne quod mundum est, come- dite. +21. Quidquid autem morticinum est, ne vescamini ex eo ; peregrino, qui in- tra portas tuas est, da ut comedat, aut +du lièvre, du chœrogrille. Ces animaux vous seront impurs, parce que, bien qu'ils ruminent, ils n'ont point la corne fendue. +8. Le pourceau aussi vous sera impur, parce que, bien qu'il ait la corne fendue, il ne rumine point. Vous ne mangerez point de la chair de ces animaux, et vous n'y toucherez point lorsqu'ils seront morts. +9. Entre tous les animaux qui vivent dans les eaux, vous mangerez de ceux qui ont des nageoires et des écailles. +10. Vous ne mangerez point de ceux qui n'ont point de nageoires ni d'écaillés, parce qu'ils sont impurs. +11. Mangez de tous les oiseaux qui sont purs ; +12. mais ne mangez point de ceux qui sont impurs, tels que l'aigle, le grif- fon, l'aigle de mer, +13. l'ixion, le vautour et le milan, selon ses espèces ; +14. le corbeau , et tout ce qui est de son espèce ; +15. l'autruche, la chouette, le larus avec l'épervier, et tout ce qui est de la même espèce ; +16. le héron, le cygne, l'ibis, +17. le plongeon, le porphyrion, le hibou , +18. l'onocrotalus et le charadrius, cha- cun selon son espèce, la huppe et la chauve -souris. +19. Tout ce qui rampe sur la terre, et qui a des ailes, sera impur, et on n'en mangera point. +20. Mangez de tout ce qui est pur. +21. Ne mangez d'aucune bête qui sera morte d'elle-même; mais donnez -la, ou vendez-la à l'étranger qui est dans l'en- +d'hist. nat, pi. liXXXvn, fig. 2, 7; selon d'autres, ce nom désignerait le daim, ibid., pi. lxxxvi, flg. 8), tragelaphum Caqqô, peut-être de pré- férence le chevreuil ; AU. d'hist. nat., pi. lxxxvi, fig. 2, 3), pygargum (diSôn, vraisemblablement l'antilope addax, qui ressemble à l'âne par sa taille et sa forme ; AU. dliist. nat., pi. lxxxvii, fig. G), orygem (t"ô, l'antilope oi'yx, aux Immenses cornes recoui'bées; AU. d'hist. nat., pi. Lxxxvir, flg. 8), camelopardalum (traduction calquée sur colle des LXX ; mais zémer représente plutôt le mouflon h. manchettes , nommé plus haut « tra- golaphus »; Atl. d'hist. nat., pi. lxxxvi, flg. 4). — Omne animal quod... Après ces exemples, la règle générale pour distinguer les animaux purs. - De his autem... Règle pour discerner les ani- maux impurs. — ChœrogryUum : le daman (note +de Lev. xi, 5). — Eœc quia ruminant... Sur l'ap- plication de ce caractère au lièvre et au daman, voyez Lev. xi, 5-6, et le commentaire. +9-10. Les poissons purs et impurs. Cf. Lev. xi, 9-12. +11-18. Les oiseaux purs et impurs. — Sur les pi'emiers, on émet seulement un principe géné- ral : mundas comedite, vers. 11. On cite une liste assez longue des seconds. Identique à celle de Lev. xi, 13-19, à part le ra'ah (sorte de vau- tour; Vulg. : ixion), mentionné au vers. 13. +19-20. Les reptiles impurs. Cf. Lev, xi, 29-30. +21. Deux autres lois concernant l'alimentation. — 1° Quidquid... morticinum. Cf. Ex. xxii, 30 ; Lev. XVII, 15, etc. A cette règle ancienne on en ajoute ici une nouvelle : peregrino... da aut vende; les étrangers, en effet, n'étaient soumis +Deut. XIV, 22-29. +605 +ceinte de vos murailles, afin qu'il en mange, parce que, pour vous, vous êtes le peuple saint du Seigneur votre Dieu. Vous ne ferez point cuire le chevreau dans le lait de sa mère. +22. Vous mettrez à part chaque année la dîme de tous vos fruits qui naissent de la terre ; +23. et vous mangerez en la présence du Seigneur votre Dieu, au lieu qu'il aura choisi pour que son nom y soit in- voqué, la dîme de votre froment, de votre vin et de votre huile, et les pre- miers-nés de vos bœufs et de vos bre- bis ; afin que vous appreniez h craindre le Seigneur votre Dieu en tout temps. +24. Mais lorsque vous aurez un trop long chemin à faire jusqu'au lieu que le Seigneur votre Dieu aura choisi, et que le Seigneur votre Dieu vous ayant béni, vous ne pourrez lui apporter toutes ces dîmes, +25. vous vendrez tout, et vous l'échan- gerez pour de l'argent que vous porterez en votre main, et vous irez au lieu que le Seigneur votre Dieu aura choisi. +26. Vous achèterez de ce même argent tout ce que vous voudrez, soit des bœufs, soit des brebis, du vin aussi et des li- queurs fortes, et tout ce que vous dési- rerez ; et vous mangerez devant le Sei- gneur votre Dieu, vous réjouissant, vous et votre famille, +27. avec le lévite qui est dans l'en- ceinte de vos murailles ; prenez bien garde de ne pas l'abandonner, parce qu'il n'a point d'autre part dans la terre que vous possédez. +28. Tous les trois ans vous séparerez encore une autre dîme de tous les biens qui vous seront venus en ce temps-là, et vous les mettrez en réserve dans vos maisons ; +29. et le lévite qui n'a point d'autre part dans la terre que vous possédez, +vende ei, quia tu populus sanctus Do- mini Dei tui es. Non coques hœdum in lacté matris suse. +22. Decimam partem separabis de cunctis fructibus tuis qui nascuntur in terra per annos singulos , +23. et comedes in conspectu Domini Dei tui, in loco quem elegerit ut in eo nomen illius invocetur, decimam fru- menti tui, et vini, et olei, et primogenita de armentis et ovibus tuis, ut discas timere Dominum Deum tuum omni tem- père. +24. Cum autem longior fuerit via, et locus quem elegerit Dorainus Deus tuus, tibique benedixerit, nec potueris ad eum hsec cuncta portare, +25. vendes omnia, et in pretium ré- diges, portabisque manu tua, et profi- ciseeris ad locum quem elegerit Dominus Deus tuus ; +2G. et emes ex eadem pecunia quid- quid tibi placuerit, sive ex armentis, sive ex ovibus, vinum quoque et sice- ram, et omne quod desiderat anima tua; et comedes coram Domino Deo tuo, et epulaberis tu et donius tua , +27. et lévites qui inti'a portas tuas est. Cave ne derelinquas eum, quia non habet aliam partem in possessione tua. +28. Anno tertio separabis aliam deci- mam ex omnibus quœ nascuntur tibi eo tempore, et repones intra januas tuas ; +29. venietque lévites qui aliam non habet partem nec possessionem tecum, +qu'il un petit nombre des ordonnances thcocra- tiques. — 20 Non coques... Yoyez Ex. xxiii, 19; XXXIV, 2G, et l'explication. +7° La seconde dîme et son emploi. XIV, 22-29. +22-23. Première règle : consommer cette dîme en nature au local du futur sanctuaire. — Deci- mam partem... La « seconde » dîme , comme l'appellent les rabbins, par opposition à la dîme prélevée en premier lieu pour les lévites (cf. Nuuj. xviii, 21 et ss.). Les végétaux lui étaient seuls soumis , et elle portait sur les neuf dixièmes qui restaient après le prélèvement de la première dîme. Considérée comme chose sacrée (note de Lev. 11, 3), elle ne pouvait être consommée qu'auprès ' +du sanctuaire, et seulement par des personnes pures légalement. — Primogenita de armentis. Voyez XV, 19 et ss. +24-27. Deuxième règle, pour ceux qui seraient trop éloignés du sanctuaire (.cum... longior via, nec potueris... portare) : vendre les objets soumis à, cette dîme , et en consommer la valeur auprès du tabernacle. +28-29. Troisième règle : l'emploi de la deuxième dîme en certaines années. — Anno tertio : tous les trois ans cette dîme , au lieu d'être consommée à la façon ordinaire , devenait le partage exclusif des lévites et des pauvres. +G06 +Deut. XV, 1-8. +et peregrinus ac pupillus et vidua, qui iiitra portas tuas sunt, et comedent et saturabuntur, ut benedicat tibi Dominus Deus tuus in cunctis operibus maiiuum tuarum quœ feceris. +l'étranger, l'orplielin, et la veuve qui sont dans vos villes, viendront en man- ger et se rassasier, afin que le Seigneur votre Dieu vous bénisse dans tout le travail que vous ferez de vos mains. +CHAPITRE XV +1. Scptimo anno faciès remissionem, +2. quag hoc ordine celebrabitur. Cui debetur aliquid ab amico vel proximo ac fratre suo, repetere non poterit, quia annus remissionis est Domini. +3. A peregrino et advena exiges ; ci- vem et propinquum repetendi non liabe- bis potestatem; +4. et omnino indigens et mendicus non erit inter vos, ut benedicat tibi Dominus Deus tuus in terra, quam tra- diturus est tibi in possessionem. +5. Si tamen audieris vocem Domini Dei tui, et custodieris universa quse jussit, et quse ego liodie prœcipio tibi, benedicet tibi, ut pollicitus est. +6. Fœnerabis gentibus multis, et ipse a nullo accipies mutuum. Dominaberis nationibus plurimis, et tui nemo domi- nabitur, +7. Si unus de fratribus tuis, qui mo- rantur intra portas civitatis tuse, in terra quam Dominus Deus tuus daturus est tibi. ad paupertatem venerit, non obdurabis cor tuum, nec contraires ma- num ; +8. sed aperies eam pauperi, et da- +1. La septième année sera l'année do la remise, +2. qui se fera en cette manière. Un homme à qui il sera dû quelque chose par son ami, ou son prochain et son frère, ne pourra le redemander, parce que c'est l'année de la remise du Sei- gneur. +3. Vous pourrez l'exiger de l'étranger et de celui qui est venu du dehors dans votre pays ; mais vous n'aurez point le pouvoir de le redemander à vos conci- toyens et à vos proches ; +4. et il ne se trouvera parmi vous au- cun pauvre ni aucun mendiant , afin que le Seigneur votre Dieu vous bénisse dans le pays qu'il doit vous donner pour le posséder. +5. Si toutefois vous écoutez la voix du Seigneur votre Dieu , et que vous obser- viez ce qu'il vous a commandé et ce que je vous prescris aujourd'hui, c'est alors qu'il vous bénira, comme il vous l'a promis. +6. Vous prêterez à beaucoup de peu- ples, et vous n'emprunterez rien vous- même de personne ; vous dominerez sur plusieurs nations, et nul ne vous domi- nera. +7. Si , quand vous serez dans le pays que le Seigneur votre Dieu doit vous donner, un de vos frères qui demeurera dans votre ville tombe dans la pauvreté, vous n'endurcirez point votre cœur, et vous ne resserrerez point votre main ; +8. mais vous l'ouvrirez au pauvre, et +8o L'année sabbatique. XV, 1-11. +CompléiuL'nt des ordonnances portées autre- fois sur ce même sujet : Ex. xxiii, 10-11; Lev. XXV, 2-7, etc. +CiiAP. XV. — 1-3. Privilège des débiteurs du- rant l'année sabbatique. — Faciès remissionem. Cette expression ( hébr. : relâche ) est ensuite expliquée : cui debetur..., repetere non poterit. Non que la dette fût alors complètement éteinte, comme l'ont pensé divers auteurs juifs ; elle n'était que suspendue pour un an, après quoi If créancier rentrait dans ses droits. Mesure très uatuivlle, l'iuisqu'il n'y avait pas de récoltes pen- +dant l'année sabbatique. — A percgrinio... c.rigcs. Le privilège n'existait que pour les Israélites. +4-6. Si les Hébreux obéissent h la loi divine, il n'y aura pas de pauvres parmi eux, et pas de nécessité d'emprunter. — Et omnino indigens... Connue aux premiers jours de l'Église, Act. iv, 24. +— Fœnerabis... et ipse a nullo... : indépendance précieuse , créant une grande force pour un peuple. +7-11. Néanmoins, dans le cas où quelques-uns de leurs frères seraient tombés dans la pauvreté, les Israélites doivent les soulager de leur mieux. +— i\on contrahes manum..., aperies: traits pit- +Deut. XV, 9-lG. +G07 +vovis lui prêterez ce dont vous verrez qu'il aura besoin. +9. Prenez garde de ne pas vous lais- ser surprendre par cette pensée impie, et de ne pas dire dans votre cœur : La septième année, qui est l'année de la remise, est proche ; et de détourner ainsi vos yeux de votre frère qui est pauvre, sans vouloir lui prêter ce qu'il vous demande ; de peur qu'il ne crie contre vous au Seigneur, et que cela ne vous soit imputé à péché ; +10. mais vous lui donnerez ce qu'il désire, et vous n'userez d'aucune finesse lorsqu'il s'agit de le soulager dans sa nécessité, afin que le Seigneur votre Dieu vous bénisse en tout temps et dans toutes les choses que vous entre- prendrez. +11. Il y aura toujours des pauvres dans le pays où vous habiterez. C'est pourquoi je vous ordonne d'ouvrir votre main aux besoins de votre frère qui est pauvre et sans secours, et qui demeure avec vous dans votre pays. +12. Lorsque votre frère ou votre sœur, Hébreux d'origine, vous ayant été ven- dus , vous auront servi six ans , vous les renverrez libres la septième année, +33. et vous ne laisserez pas aller les mains vides celui à qui vous donnerez la liberté ; +14. mais vous lui donnerez pour sub- sister en chemin quelque chose de vos troupeaux, de votre grange et de votre pressoir, comme des biaus que vous avez reçus par la bénédiction du Seigneur votre Dieu. +15. Souvenez -vous que vous avez été esclave vous-même dans l'Egypte, et que le Seigneur votre Dieu vous a mis en liberté ; c'est pour cela que je vous donne maintenant cet ordre. +IG. Mais si votre serviteur vous dit qu'il ne veut pas sortir, parce qu'il vous aime, vous et votre maison, et qu'il trouve son avantage à être avec vous , +bis mutuum, quo eum indigere per- spexeris. +9. Cave ne forte subrepat tibi inipia cogitatio, et dicas in corde tuo: Appro- pinquat septimus annus remissionis, et avertas oculos tuos a paupere fratre tuo, nolens ei quod postulat mutuum com- modare, ne clamet contra te ad Domi- num, et fiât tibi in peccatiim. +10. Sed dabis ei, nec âges quippiam callide in ejus necessitatibus sublevan- dis, ut benedicat tibi Dominus Deus tuus in omni tempore, et in cunctis ad quae manum miseris. +11. Non deerunt pauperes in terra habitationis tuae ; idcirco ego prsecipio tibi , ut aperias manum fi-atri tuo egeno et pauperi, qui tecum versatur in terra. +12. Cum tibi venditus fuerit frater tuus Hebr£eus, aut liebrœa, et sex annis servierit tibi, in septimo anno dimittes eum liberum, +13. et quem libertate donaveris, ne- quaquam vacuum abire patieris ; +14. sed dabis viaticum de gregibus, et de area, et torculari tuo, quibus Dominus Deus tuus benedixerit tibi. +15. Mémento quod et ipse servieris in terra ^gypti, et liberaverit te Dominus Deus tuus ; et idcirco ego nunc pryecipio tibi. +16. Sin autem dixerit : Nolo egredi, eo quod diligat te, et domum tuam, et bene sibi apud te esse sentiat. +toresques. — Cave ne... subrepat. A l'approche de la septième année, on aurait pu. se dire : Si je prête maintenant, je ne rentrerai que très tard dans mes fonds; la conséquence probable eût été, vu l'égoïsmc humain : avortas oculos... — Non deerunt pauperes. Cf. Matth. xxvi, 11. Moïse ne prévoit que trop bien la désobéissance d'Israël, qui empêchera la réalisation des pro- messes contenues aux vers. 4 -G. +90 L'affranchissement des esclaves. XV, 12-18. +12-18. Cum tiM... venditus... f rater : en tant +que débiteur insolvable. Cf. Ex. xxi, 2 et ss. ; Lev. XXV, 39 et ss. ; Jer. xxxiv, 9 et ss. — Se- ptimo anno dimitles : autre gracieux privilège de la septième année. — Nequaquain vacuum... Trait nouveau , des plus touchants. — Dabis via- ticuvx. Hébr. : Tu suspendras à son cou... Ces quelques pi'ovisions devaient aider l'esclave af- franchi à recommencer sa nouvelle existence en des conditions qui ne lui fussent pas trop défa- vorables. — Mémento quod ipse... Motif délicat, souvent proposé. Cf. Ex. xxii, 20; xxiii, 9; Lev. +608 +17. assumes subulam, et perforabis aiirem ejus in janua domus tuse, et ser- viet tibi usque in seternum. Ancillse quoque si militer faciès. +18. Non avertas ab eis oculos tuos, quando dimiseris eos liberos, qnoniam juxta mercedem mercenarii per sex annos servi vit tibi, iitbenedicat tibi Do- minus Deus tuus in cunctis operibus quœ agis. +19. De primogenitis , qure nascuntur in armentis, et in ovibus tuis, quidquid est sexus masculini, sanctiticaîjis Do- mino Deo tuo. Non operaberis in pri- mogenito bovis, et non tondebis pri- mogenita oviuni ; +20. in conspectu Domini Dei tui co- medes ea per annos singulos, in loco quem elegerit Dominus, tu et domus tua. +21. Sin autem habuerit maculam, vel claudum fuerit, vel caecum, aut in aliqua parte déforme vel débile, non immola- bitur Domino Deo tuo ; +22. sed intra portas urbis tuse come- des illud ; tam mundus quam immundus similiter vescentur eis, quasi caprea et cervo. +23. Hoc solum observabis, ut san- giiinem eorum non comedas ; sed effun- des in terram quasi aquam. +Deut. XV, 17 — XVI, 1. +17. vous prendrez une alêne, et vous lui percerez l'oreille à la porte de votre maison, et il vous servira à jamais. Vous ferez de même à votre servante. +18. Ne détournez point vos yeux de dessus eux, après que vous les aurez renvoyés libres, puisqu'ils vous ont servi pendant six ans comme vous aurait servi un mercenaire; afin que le Seigneur votre Dieu vous bénisse dans toutes les choses que vous ferez. +19. Vous consacrerez au Seigneur votre Dieu tous les mâles d'entre les premiers -nés de vos bœufs et de vos brebis. Vous ne laboui-erez point avec le premier-né du bœuf, et vous ne tondrez point les premiers-nés de vos moutons ; +20. mais vous les mangerez chaque année, vous et votre maison, en la pré- sence du Seigneur votre Dieu, au lieu que le Seigneur aura choisi. +21. Mais si le premier-né a une tache, s'il est boiteux ou aveugle, s'il a quelque difformité ou quelque défaut en quelque partie du corps , il ne sera point immolé au Seigneur votre Dieu ; +22. mais vous le mangerez dans l'en- ceinte des murailles de votre ville; le pur et l'impur en mangeront indiffé- remment , comme on mange de la chèvre sauvage et du cerf. +23. Vous prendrez garde seulement de ne pas manger de leur sang ; mais vous le répandrez sur la terre comme de l'eau. +CHAPITRE XVI +1. Observa mensem novarum frugum, et verni primum temporis, ut facias phase Domino Deo tuo , quoniam in isto +1. Observez le mois des grains nou- veaux, qui est au commencement du printemps, en célébrant la Pâque en +XIX , 34 , etc. C'est l'équivalent de la pai'ole clas- sique : « Non ignara mali miseris succnrrere clisco, » — Ancillce quoque (vers. 17). Détail qui n'avait pas été mentionné précédemment. — Non avertas... Comme conclusion de ce passage, une pressante exhortation à la miséricorde envers les esclaves. +lO» Les premiers-nés des troupeaux. XV, 19-23. +15-20. La régie générale. Développement de XII, 6, 17; XIV, 2."A — Sanctificabis... Par con- séquent, le propriétaire de ces animaux ne devait tirer d'eux aucun avantage purement matériel ( non opcrabis..., non tondebis ). On lui permet- tait seulement de manger sa part des viandes (comcdcs (Cl, détail nouveau), après que ces pré- mices auraient été immolées au sanctuaii'c et que +les prêtres en auraient reçu la portion la plus notable (cf. Num. xviii, 18). +21-23. L'exception. — Sin autem... Si l'animal avait des défauts qui le rendissent impropre ù être offert en sacrifice (cf. Lev. xxii, 21-24), il ne pouvait non plus être offert comme pré- mices ; le propriétaire était autorisé ù s'en nourrir chez lui comme d'une viande profane. +llo Les principales fêtes religieuses. XVI, 1-17, +Moïse n'en énumère que trois ici, celles qui obligeaient la plupart des Hébreux à faire un pèlerinage au sanctuaire, et il en rappelle briè- vement les rites. +Chai'. XVI. — 1-8. Les cérémonies de la Pâque. Cf. Ex. XII, 1-27 ; Lev. xxiii, 1-8 ; Num. ix, 1-14. — Mensem novarum frurjum. Hébr, : le mois +Deut. XVI, 2-9. +609 +l'honneur du Seiî^neur votre Dieu ; car c'est le mois où le Seii^neur votre Dieu vous a fait sortir de l'Egypte pendant la nuit. +2. Vous immolerez la Pâque au Sei- gneur votre Dieu, en lui sacrifiant des brebis et des bn'ufs, dans le lieu que le Seigneur votre Dieu aura choisi pour y établir la gloire de son nom. +3. Vous ne mangerez pas de pain levé durant cette fête ; mais pendant sept jours vous mangerez du pain d'afflic- tion, où il n'y ait pas^de levain; parce vous êtes sorti de l'Egypte dans une grande frayeur, afin que vous vous sou- veniez du jour de votre sortie d'Egypte tous les jours de votre vie. +4. Il ne paraîtra point de levain dans toute l'étendue de votre paj^s pendant sept jours, et il ne devra rien rester de la chair de la victime qui aura été im- molée au soir du premier jour, jusqu'au matin. +5. Vous ne pourrez pas immoler la Pâque indifféremment dans toutes les villes que le Seigneur votre Dieu vous donnera , +6. mais seulement dans le lieu que le Saigneur votre Dieu aura choisi pour y établir son nom ; et vous immolerez la Pâque le soir au soleil couchant, car c'est le temps où vous êtes sorti d'E- gypte. +7. Vous ferez cuire la victime, et vous la mangerez au lieu que le Seigneur votre Dieu aura choisi; et, vous levant le matin, vous retournerez dans vos mai- sons. +8. Vous mangerez des pains sans le- vain pendant six jours; et, le septième jour, vous ne ferez point d'œuvre se?-- vile, parce que ce sera le jour de l'as- semblée solennelle instituée en l'honneur du Seigneur votre Dieu, +9. Vous compterez sept semaines de- +mense eduxit te Dominas Deus tuus de -^gypto nocte. +2. Immolabisque phase Domino Deo tuo de ovibus, et de bobus, in loco quem elegerit Dominus Deus tuus, ut habitet nomen ejus ibi. +3. Non comedes in eo panem fermen- tatum ; septem diebus comedes absque fermento, afflictionis panem, quoniam in pavore egressus es de ^gypto, ut memineris diei egressionis tuae de ^Egypto, omnibus diebus vitae tuae. +4. Non apparebit fermentum in om- nibus terminis tuis septem diebus, et non remanebit de carnibus ejus quod immolatum est vespere in die primo usque mane. +5. Non poteris immolare phase in qualibet urbium tuorum , quas Dominus Deus tuus daturus est tibi , +6. sed in loco, quem elegerit Domi- nus Deus tuus, ut habitet nomen ejus ibi ; immolabis phase vespere ad solis occasum, quando egressus es de ^gypto. +7. Et coques , et comedes in loco quem elegerit Dominus Deus tuus ; ma- neque consurgens, vades in tabernacula tua. +8. 3ex diebus comedes azyma ; et in die septima, quia collecta est Domini Dei tui, non faciès opus. +9. Septem hebdomadas numerabis +(l"aMt); ou de nisan, le premier de l'année ecclé- siastique. Les mots et verni primum temporis sont une glose ajoutée au texte. — ImmolaUs... phase (vers, 2). Pésah, dans le sens strict, dé- signe la victime par excellence de la Pâque, l'agneau pascal (cf. vers. 6) ; mais ce nom repré- sente actuellement les autres sacrifices qu'on immolait à l'occasion de cette solennité (de ovi- bus et de hohus). Cf. Num, xxviii, 19, et Joan. xvni, 28. — la loco quein elegerit... Ohseryatlon importante, qui revient jusqu'à six fois dans les seize premiers versets de ce chapitre (A'crs. 2, 6, 7, 11, 15, 16), et qui tend ù sauvegarder l'unité du culte. — La locution afflictionis panem (vers, 3) +est expliquée par les mots suivants : quoniam in pavore... Cf, Ex. xii, 34, 39. Partis d'Egypte en toute hâte, les Hébreux n'avaient pas même eu le temps de laisser lever la pâte ; de là l'usage perpétuel des pains azj'^mcs.ou sans levain, pendant l'octave pascale, — Consurgens... vade in taber- nacula. « Tentes,» dans le sens général d'habi- tations. Il était donc permis aux pèlerins, dès le lendemain du jour le plus solennel de la Pâque, c.-à-d. dès le 16 nisan au matin, de s'en retourner dans leur pays. — Quia collecta... Sur le mot 'aséret du texte, voyez la note de Lcv. xxiii, 36. 9-12. La Pentecôte et ses rites. Cf. Ex. xxxiv, 18-23; Lev. XXIII, 15-22; Num. xxviii, 26-31 : +( +610 +Deut. XVI, 10-17. +tibi ab ea die qua falceni in segetem mi- seris , +10. et celebrabis diem festum hebdo- madariim Domino Deo tuo, oblationem spontaneam manus tuaa, qiiam ofïeres juxta benedictionem Domini Dei tui. +11. Et. epulabeiis coram Domino Deo tuo, tu, filins tnus, et filia tua, servns tuus, et ancilla tua, et lévites qui est intra portas tuas , advena ac pupillus et vidiia, qui morantur vobiscum, in loco quem elegerit Dominus Deus tuus, ut habitet nomen ejus ibi; +12. et recordaberis quoniam servus f ueris in u!Î]gypto , custodiesque ac faciès qu£e prœcepta sunt. +13. Solemnitatem quoque tabernacu- lorum celebrabis per septem dies , quando collegeiis de area et torculari fruges tuas ; +14. et epulaberis in festivitate tua, tu, filius tuus et filia, servus tuus et ancilla , lévites quoque et advena , pupil- lus ac vidua qui intra portas tuas sunt. +15. Septem diebus Domino Deo tuo festa celebrabis, in loco quem elegerit Dominus ; benedicetque tibi Dominus Deus tuus in cunctis frugibus tuis, et in omni opère manuum tuarum, erisque in lastitia. +16. Tribus vicibus per annum appa- rebit omne masculinum tuum in con- spectu Domini Dei tui, in loco quem elegerit : in solemnitate azymorum, in solemnitate hebdomadarum, et in so- lemnitate tabernaculorum. Non appa- rebit ante Dominum vacuus ; +17. sed ofîeret unusquisque secun- dum quod habuerit juxta benedictionem Domini Dei sui, quam dederit ei. +puis le jour où vous aurez mis la fau- cille dans les blés, +10. et vous célébrerez la fête des Se- maines en l'honneur du Seigneur votre Dieu, en lui présentant l'oblation volon- taire du travail de vos mains , que vous lui offrirez, selon que le Seigneur votre Dieu y aura donné sa bénédiction. +11. Et vous ferez devant le Seigneur votre Dieu des festins de réjouissance, vous, votre fils et votre fille, votre ser- viteur et votre servante, le lévite qui est dans l'enceinte de vos murailles, l'étranger, l'orphelin et la veuve qui de- meurent avec vous , dans le lien que le Seigneur votre Dieu aura choisi pour établir son nom. +12. Vous vous souviendrez que vous avez été vous - même esclave en Egypte, et vous aurez soin d'observer et de faire ce qui vous a été commandé. +13. Vous célébrerez aussi la fête so- lennelle des Tabernacles pendant sept jours, lorsque vous aurez recueilli de l'aire et du pressoir les fruits de vos champs ; +14. et vous ferez des festins de ré- jouissance en cette fête, vous, votre fils et votre fille, votre serviteur et votre servante, avec le lévite, l'étranger, l'orphelin et la veuve qui sont dans vos villes. +15. Vous célébrerez cette fête pen- dant sept jours en l'honneur du Sei- gneur votre Dieu, dans le lieu que le Seigneur aura choisi ; et le Seigneur votre Dieu vous bénira dans tous les fruits de vos champs, et dans tout le travail de vos mains, et vous serez dans la joie. +16. Tous les mâles paraîtront trois fois l'année devant le Seigneur votre Dieu dans le lieu qu'il aura choi- si : à la fête solennelle des pains sans levain, à la fête solennelle des Se- maines et à la fête solennelle des Ta- bernacles. Ils ne paraîtront point les mains vides devant le Seigneur ; +17. mais chacun offrira à proportion de ce qu'il aura, selon que le Seigneur son Dieu lui aura donné sa bénédiction. +passages que celui-ci résume. — Ah ea die qua falcem... D'après Lev. xxiii, 9-16 (voj'ez l'expli- cation), ce trait désigne l'intéressante cérémonie du IG nisan. +13-15. La fête des Tabernacles. Cf. Lev. xxiii, 33-43. L-.i proiimlgation actuelle se tient dans les généralités, comme pour la PentecôLC. +16-17. Les trois pèlerinages annuels au sanc- tuaii'c. Cf. Ex. XXIII, 14; xxxiv, 20. Il était na- turel de rappeler à part cette obligafKin, après la mention des ti'ois fêtes auxquelles elle se rapportait. — 2\on apparthit,.. vacuus. Cf. Ex. XXIII, 15. +Deuï. XVI, 18 — XVII, 2. +611 +18. Vous étalli;ez des juges et des magistrats à toute; les portes des villes que le Seigneur votre Dieu vous aura données dans chacune de vos tribus, afin qu'ils jugent le peuple selon la jus- tice, +19. sans se détourner ni d'un coté ni de l'autre. Vous n'aurez point d'égard ù, la qualité des personnes, et vous ne re- cevrez point de présents, parce que les présents aveuglent les yeux des sages, et corrompent les sentiments des justes. +20. Vous vous attacherez à ce qui est juste, dans la vue de la justice; afin que vous viviez et que vous possédiez la terre que le Seigneur votre Dieu vous aura donnée. +21. Vous ne planterez ni de grands bois ni aucun arbre auprès de l'autel du Seigneur votre Dieu. +22. Vous ne vous ferez et ne vous dresserez point de statue, parce que le Seigneur votre Dieu hait toutes ces choses. +18. Judices et magistros constitues in omnibus portis tuis, quas Dominus Deus tuus dederit tibi, per singulas tribus tuas, ut judicent populum justo judicio , +19. nec in alteram partem déclinent. Non accipies personam, nec munera, quia munera excœcant oculos sapientum, et mutant verba justorum. +20. Juste quod justum est perseque- ris, ut vivas et possideas terram, quam Dominus Deus tuus dederit tibi. +21. Non plantabis lucum, et omnem arborem juxta altare Domini Dei tui. +22. Nec faciès tibi , neque constitues statuam, quse odit Dominus Deus tuus. +CHAPITRE XVII +1. Vous n'immolerez point au Sei- gneur votre Dieu une brebis ni un bœuf qui ait quelque tache ou quelque dé- faut, parce que c'est une abomination devant le Seigneur votre Dieu. +2. Lorsque l'on aura trouvé parmi vous, dans une des villes que le Sei- gneur votre Dieu vous donnera , un +1. Non immolabis Domino Deo tuo ovem, et bovem, in quo est macula, aut quippiam vitii, quia abominatio est Do- mino Deo tuo. +2. Cum reperti fuerint apudte,intra unam portarum tuarum quas Dominus Deus tuus dabit tibi, vir aut mulier qui +§ II. — Le droit public et x)olitique. XVI, 18 — XXI, 14. +Le législateur passe à la vie sociale d'Israël dans la terre de Clianaan. +1° L'institution et l'instruction des juges lo- caux. XVI, 18 -XVII, 7. +18 -19^ Institution de tribunaux dans toutes les localités. Détail entièrement nouveau, occa- sionné par les exigences nouvelles de la vie des Hébreux après leur installation en Palestine. Le système qui aA'ait fonctionné jusqu'alors (cf. i, 9-18) suffisait pour un peuple groupé dans un même camp ; il ne convenait plus pour les Israé- lites répandus à travers toute une contrée. — Judices et magistros. Ces derniers, appelés en hébreu sotrim, scribes, étaient les assesseurs et les secrétaires des juges. — la omnibus portis. Métaphore orientale, pour dire : dans toutes tes villes. Cf. Ex. XX, 10, etc. +19^-20. Moïse donne aux juges quelques in- eU'uctions générales. — Non accipies... L'impar- +tialité, une parfaite équité. Cf. i, 16-17. Munera excœcant fait image. Au vers. 20, l'équivalent hébreu de juste quod justum... serait : Tu pour- suivras la justice, la justice. Redoublement très énergique. +21-22. Avant de passer à une instruction spé ciale, relative au châtiment que les juges devront infliger aux Hébreux apostats (xvii, 2-7), Moïse renouvelle l'interdiction absolue du culte idolâ- trique : Non plantabis... Dans l'hébreu : Tu ne planteras pas pour toi, comme 'asérah, wn arbre quelconque. Allusion à la coutume païenne de planter en terre, à côté des autels de Baal, un tronc d'arbre sur lequel on avait sculpté les grossiers emblèmes de la fameuse déesse phéni- cienne. Cf. Jud. VI, 25 et ss. — Statuam. Plutôt : une stèle, ou colonne droite (masébah). +Chap. XVII. — 1. Autre grave interdiction réitérée. Voyez Lev. xxii, 17-25, où ce sujet est traité plus complètement. +2-7. Sentence à porter contre les Israélites qui tomberaient dans l'idolâtrie. Cf. xiii, 2-18. — +612 +Deut. XVII, 3-10. +faciant malum in conspectu Domini Dei tui, et transgrediantur pactum illius, +3. ut vadant et serviant diis alienis, et adorent eos, solem et lunam, et omnera militiam caeli, quse non prse- cepi, +4. et hoc tibi fueiit nimtiatum, au- diensque inquisieris diligenter, et verura esse repereris , et abominatio facta est in Israël : +5. educes virum ac mulierem, qui rem sceleratissimam perpetrarunt , ad portas civitatis tuse, et lapidibus ob- ruentur. +6. In ore duorum aut trium testium peribit qui interficietur ; nemo occidatur, uno contra se dicente testimonium. +7. Manus testium prima interficiet eum, et manus reliqui populi extrema mittetur, ut auferas malum de medio tui. +8. Si difficile et ambiguum apud te judicium esse perspexeris inter sangui- nem et sanguinem, causam et causam, lepram et lepram, et judicum intra portas tuas videris verba variari, surge, et ascende ad locum quem elegerit Do- minus Deus tuus ; +9. veniesque ad sacerdotes levitici generis, et ad judicem qui fuerit illo tempore; quseresque ab eis, qui indica- bunt tibi judicii veritatem. +10. Et faciès quodcumque dixerint qui prsesunt loco quem elegerit Dominus, et docuerint te. +homme ou une femme qui commette le mal devant le Seigneur votre Dieu, et qui viole son alliance +3. en servant les dieux étrangers et les adorant, par exemple le soleil et la lune, et toutes les étoiles du ciel, con- trairement à mes ordres, +4. et que l'on vous en aura fait rap- port : si, après l'avoir apj)ris, vous vous en êtes informé très exactement, et que vous ayez reconnu que la chose est véri- table, et que cette abomination a été commise dans Israël, +5. vous amènerez à la porte de votre ville l'homme ou la femme qui auront fait une chose si détestable, et ils seront lapidés. +6. Celui qui sera puni de mort sera condamné sur la déposition de deux ou trois témoins; et nul ne mourra sur le témoignage d'un seul. +7. Les témoins lui jetteront les pre- miers la pierre de leur propre main, et ensuite tout le reste du peuple le lapi- dera, afin que vous enleviez le mal du milieu de vous. +8. Lorsqu'il se trouvera une affaire embrouillée, et où il soit difficile de ju- ger et de discerner entre le sang et le sang, entre une cause et une cause, entre la lèpre et la lèpre ; si vous voyez que dans les assemblées qui se tiennent à vos portes les avis des juges soient partagés, allez au lieu que le Seigneur votre Dieu aura choisi, +9. et adressez -vous aux prêtres de la race de Lévi, et à celui qui aura été éta- bli en ce temps -là le juge du peuple : vous les consulterez, et ils vous décour vriront la vérité du jugement que vous devez en porter. +10. Vous ferez tout ce qu'auront dit ceux qui président au lieu que le Sei- gneur aura choisi , et tout ce qu'ils vous auront enseigné +Transgrediantur pactum. Ce crime constituait, en effet, une complète violation et rupture de l'alliance théocratiquc. — Solem, lunam... Le sabéisme est cité comme exemple ; c'était d'ail- leurs la forme la moins coupable de l'idolâtrie. — Ad portas civitatis (vers. 5) : de la ville où le crime avait été commis, en dehors des portes , sur la petite place qui les précède habituellement en Orient. — In ore duorum... Cf. xix, 15 ; Num. XXXV, 30. Sage mesure pour garantir les droits de l'accusé. — Manus testium prima... Cî. xiii, 10. Autre précaution excellente contre les faux témoi- gnages, qu'une pareille responsabilité était bien propre à contenir. +3-13. Tribunal suprême, pour juger les cas difficiles. — Si difficile... On en signale quelques exemples : inter sanguinem et sanguinem , mort provenant d'un meurtre proprement dit, ou d'un simple accident ; inter causam et causam, quand on ne savait à quelle loi rattacher telle ou telle affaire civile ; « entre coup et coup » ( Vulg. : inter lepram aut lepram, inexactement), quand le doute portait sur l'occasion d'un mauvais trai- tement , etc. — • Intra portas : le local où se trai- taient les affaires judiciaires. — Le vers. 9 dé- signe les membres de ce tribunal suprême , chargé de remplacer Moïse après sa mort (cf. i, 17'>) : en premier lieu les pi'êtrcs , chefs religieux d'Israël , +Deut. XVII, 11-18. +613 +11. selon sa loi ; et vous suivrez leurs avis , sans vous détourner ni à droite ni à gauche. +12. lAIais celui qui, s'enflant d'orgueil, ne voudra point obéir au commandement du pontife qui en ce temps -là sera le ministre du Seigneur votre Dieu, ni à Tarrêt du juge, sera puni de mort, et vous enlèverez le mal du milieu d'Is- raël , +13. afin que tout le peuple, entendant ce jugement, soit saisi de crainte, et qu'à l'avenir nul ne s'enfle d'orgueil. +14. Quand vous serez entré dans le pays que le Seigneur votre Dieu vous donnera, que vous en serez en possession, et que vous y demeurerez , si vous venez à dire : Je choisirai un roi pour me com- mander, comme en ont toutes les nations qui nous environnent; +15. vous établirez celui que le Sei- gneur votre Dieu aura choisi du nombre de vos frères. Vous ne pourrez prendre pour roi un homme d'une autre nation et qui ne soit point votre frère. +16. Et lorsqu'il sera établi roi, il n'a- massera point un grand nombre de che- vaux , et il ne ramènera point le peuple en Eg3'pte, s'appuyant sur cette grande quantité de cavalerie, surtout après que le Seigneur vous a commandé de ne plus retourner à l'avenir par cette même voie. +17. Il n'aura point une multitude de femmes qui attirent son esprit par leurs caresses, ni une quantité immense d'or et d'argent. +18. Après qu'il se sera assis sur le trône, il fera transcrire dans un livre ce +11. juxta legem ejus; sequerisque sententiam eorum, nec declinabis ad dexteram neque ad sinistram. +12. Qui autem superbierit, nolens obedire sacerdotis imperio, qui eo tem- pore ministrat Domino Dec tuo, et de- creto judicis, morietur homo ille, et auferes malum de Israël ; +13. cunctusque populus audiens ti- mebit, ut nullus deinceps intumescat superbia. +14. Cum ingressus fueris terram, quam Dominus Deus tuus dabit tibi, et possederis eam, habitaverisque in illa, et dixeris : Constituam super me regem, si eut habent omnes per circuitum na- tiones , +15. eum constitues, quem Dominus Deus tuus elegerit de numéro fratrum tuorum. Non poteris alterius gentis hominem regem facere , qui non sit frater tuus. +16. Cumque fuerit constitutus, non multiplicabit sibi equos, nec reducet populum in ^gyptum, equitatus numéro sublevatus , prsesertim cum Dominus prseceperit vobis, ut nequaquam amplius per eamdem viam revertamini. +17. Non habebit uxores plurimas, quse alliciant animum ejus, neque argenti et auri immensa pondéra. +18. Postquam autem sederit in solio regni sui, describet sibi Deuteronomium +que Dieu avait autrefois constitués les gardiens et les interprètes officiels de la loi (Lev. x, 11) ; en second lieu, le chef civil du peuple iad judi- cem qui... illo iempore), c.-à-d. Josué et ses suc- cesseurs. — Indicabunt... veritatem : en dernier ressort et d'une manière définitive. On le voit par ces détails , dès l'époque de Moïse , l'autorité et la tradition déterminaient le sens de la loi , par conséquent des Écritures. — • Qui autem super- bierit... (vers. 12-13), Moïse assure par une grave sanction l'obéissance aux décrets de ce tribunal. +2« Ordonnances concernant le choix et les de- voirs des rois, XVII, 14-20, +14-15. L'élection du roi, — Possederis,,. habi- taverisque. Ces Indications supposent que le désir d'avoir un roi ne se fera pas sentir en Israël avant la conquête totale de la Terre sainte. Telle fut la réalité historique. Cf. I Reg, viii, 4-22. — Exm constitues,,. Moïse ne désapprouve nul- lement ce dessein du peuple, il ne l'encourage pas non plus; il se contente de fixer les règles +qui devront diriger l'élection, 1« Qiiem Domi- nus.., elegerit: condition tout évidente, puisque, dans un état chéocratique , le roi ne pouvait être que le délégué et le représentant de Jéhovah. Aussi Dieu désigna- t-il lui-même les premiers rois, Cf, I Reg, ix, xvi, etc, 2° Non.., alterius gentis.,. : un étranger ne méritait pas l'honn ur d'être placé à la tête de la première des nations; de plus, il aurait certainement conduit Israël hors de sa voie (cf, vers. 16), +16-20, Les obligations du roi. — Elles sont d'abord exposées négativement aux vers, 16-17, qui interdisent au futur monarque diverses pra- tiques (non multiplicabit.., equos; non habebit uxores plurimas.,,,, neque argenti...} conformes à l'esprit du paganisme, et par conséquent op- posées à l'esprit théocratique. C'est en manquant ù, toutes ces règles que Salomon et ses successeurs conduisirent peu à peu les Israélites à leur ruine. Cf. III Reg. IV, 26-28; x, 23-29; xi, 1-8; Is. n, 7; 2CXX, 1; xxxi,l; Ez. xvn,15,etc. — Un +614 +Deut. XVII, 19 — XVIII, 5. +legis hujus in volumine, accipiens exem- plar a sacerdotibus leviticœ tribus ; +19. et habebit secum, legetque illud omnibus diebus vitœ suœ , ut cliscat ti- mere Dominum Deum suum, et custo- dire verba et ceremonias ejus, quœ in lege prpecepta sunt. +20. Nec elevetur cor ejus in superbiam super fratres suos, neque declinet in partem dexteram vel sinistram, ut longo tempore regnet ipse, et filii ejus, super Israël. +Deutéronome et cette Loi du Seigneur, dont il recevra une copie des mains des prêtres de la tribu de Lévi. +19. Il l'aura avec lui, et il en lira tous les jours de sa vie, pour apprendre à craindre le Seigneur son Dieu , et à gar- der ses paroles et ses cérémonies qui sont j^rescrites dans la loi. +20. Que son coeur ne s'élève point par orgueil au-dessus de ses frères, et. qu'il ne se détourne ni à droite ni à gauclie, afin qu'il règne longtemps, lui et ses fils, sur le peuple d'Israël. +CHAPITRE XVIII +1. Non habebunt sacerdotes et le- vitœ, et omnes qui de eadem tribu sunt, partem et hereditatem cum reliquo Is- raël, quia sacrificia Domini, et oblationes ejus comedent; +2. et nihil aliud accipient de posses- sione fratrum suorum : Dominus enim ipse est hereditas eorum, sicut locutus est illis. +3. Hoc erit judicium sacerdotum a po- pulo, et ab his qui olïerunt victimas. Sive bovem , sive ovem immolaverint , dabunt sacerdoti armum ac ventricu- lum; +4. primitias frumenti, vini, et olei, et lanarum partem ex ovium tonsione. +5. Ipsum enim elegit Dominus Deus tuus de cunctis tribubus tuis, ut stet, et ministret nomini Domini, ipse, et filii ejus, in sempiternum. +1 . Les prêtres, les lévites, et tous ceux qui sont de cette même tribu, n'auront point de part ni d'héritage avec le reste d'Israël, mais ils mangeront des sacri- fices du Seigneur et des oblations qui lui seront faites ; +2. et ils ne prendront rien autre chose de ce que leurs frères posséderont, parce que le Seigneur est lui-même leur héri- tage , selon qu'il le leur a dit. +3. Voici ce que les prêtres auront droit de prendre du peuple et de ceux qui offrent des victimes. Quand ils immole- ront soit un bœuf, soit une brebis, ils donneront au prêtre l'épaule et la poi- trine. +4. Ils lui donneront aussi les prémices du froment, du vin et de l'huile, et une partie des laines lorsqu'ils feront tondre leurs brebis. +5. Car le Seigneur votre Dieu l'a choisi d'entre toutes vos tribus, afin qu'il se tienne devant le Seigneur, et qu'il serve à la gloire de son nom, lui et ses enfants, à jamais. +devoir positif du roi, vers. 18-20 : descrihet sibi (pas nécessaii'cmont de sa propre main) Deutc- rovomium legis hujus; c.-à-d. une copie ou du Pentatcuquc entier, ou du moins de ses parties légales (sur cette expression, voy. la page 555). +— Autres devoirs négatifs, vers. 20: nec elevetnr..., neque declinet... Ce n'est qu'à ces conditions que la roj'auté deviendrait héréditaire dans la famille du prince : avantage tout ensemble pour le roi et pour Israël. +3° Les revenus des prêtres et des lévites. XYIII, 1-8. +Chap. XVIIT. — 1-5. Les revenus des prêtres. +— En avant (vers. 1 et 2) et ^i la fui (vers. 5), le principe signalé à diverses reprises. Cf. Nura. +XVIII, 20-23, etc. Non hahcdunt... jyartem: c.-à-d. aucune part spéciale de territoire t\ la manière des autres tribus ; leur héritage à eux c'est le Seigneur, et une portion des offrandes sacrées (sacrificia; hébr. : les feux de Jéhovah ; cf. Lcv. I, 9, et le commentaire). — Hoc erit jadi- cium (vers. 3-4)... Le législateur précise ce qui reviendra aux prêtres parmi les offrandes sacrées. l" Leur part des victimes dites pacifiques (cf. Lcv. VII, 11 et ss. ) : armum, l'épaule droite (Lev. VII,. 32-33, et Num. xviii, 18); ventriculum, le quatrième estomac des ruminants, regardé comme une chair succulente (AU. d'Iilst. nat., pi. xci, fig. 7). L'hébreu ajoute : les deux ma choires (détail nouveau). 2° Leur part, des of- +Deut. XVIII, 6-14. +615 +6. Si un lévite sort de l'une de vos villes répandues dans tout Israël, dans laquelle il habite, et qu'il veuille aller demeurer au lieu que le Seigneur aura choisi, +7. il sera emploj'c au ministère du Seigneur votre Dieu , comme tous les lé- vites, ses frères, qui se tiendront pen- dant ce temps -là devant le Seigneur. +8. Il recevra la même part que les autres des viandes qui seront offertes, outre la part qui lui est acquise dans sa ville par la succession aux droits de son père. +1). Lorsque vous serez entré dans le pays que le Seigneur votre Dieu vous donnera, prenez bien garde de ne pas vouloir imiter les abominations de ces peuples ; +10. et qu'il ne se trouve personne par- mi vous qui prétende purifier son fils ou sa fille en les faisant passer par le feu, ou qui consulte les devins, ou qui ob- serve les songes et les augures, ou qui use de maléfices , +11. de sortilèges et d'enchantements, ou qui consulte ceux qui ont l'esprit de python et qui s'occupent de divination, ou qui interroge les morts pour apprendre d'eux la vérité. +• 12. Car le Seigneur a en abomination toutes ces choses, et il exterminera tous ces peuples à votre entrée , à cause de ces sortes de crimes qu'ils ont com- mis. +13. Vous serez parfait et sans tache avec le Seigneur votre Dieu. +14. Ces nations dont vous allez possé- der le pays écoutent les augures et les devins; mais, pour vous, vous avez été instruit autrement par le Seigneur votre Dieu. +6. Si exierit lévites ex una urbium tuarum ex omni Israël in qua habitat, et voluerit venire, desiderans locum quem elegerit Dominus, +7. ministrabit in nomine Domini Dei sui, sicut omnes fratres ejus levitse, qui stabunt eo tempore coram Domino. +8. Partem ciborum eamdem accipiet, quam et ceteri, excepte eo quod in urbe sua ex paterna ei successione debetur. +9. Quando ingressus fueris terram quam Dominus Deus tuus dabit tibi, cave ne imitari velis abominationes illa- rum gentium ; +10. nec inveniatur in te qui lustret filium suum, aut filiam , ducens per ignem, aut qui ariolos sciscitetur, et observet somnia atque auguria, nec sit malefîcus , +11. nec incantator, nec qui pythones consulat , nec divines , aut quaerat a mor- tuis veritatem; +12. omnia enim hœc abominatur Do- minus , et propter istiusmodi scelera de- lebit eos in introitu tuo. +13. Perfectus eris, et absque macula cum Domino Deo tuo. +14. Gentes istse, quarum possidebis terram , augures et divines audiunt ; tu autem a Domino Deo tuo aliter institu- tus es. +frandes non sanglantes : primitias... (cf. Num. XVIII, 12 et ss. ), lanarum partem (cette sorte de pi'émices n'avait pas encore été mentionnée ). +6-8. Revenus des lévites dans nn cas spécial: — Exierit ex una uvMum. Quarante -huit villes devaient être mises à leur disposition, d'après Num. XXXV, 7. — Et voluerit venire.,. L'organi- sation complète du culte, d'après laquelle les lévites furent partagés en un certain nombre de familles qui servaient à tour de rôle dans le sanctuaire, n'eut lieu que sous le règne de David. L'hypothèse est donc très naturelle. — Mini- straUt... Ses frères devront l'accueillir dans leurs rangs et partager avec lui leur casuel (partem eamdem...'), sans le forcer de vivre de sou patri- moine (excepta eo...). +40 Les prophètes faux et vrais. XVIII, 9-22. +9-14. La soicellerie et la magie. Cf. Ex. xxii, 17; Lev. xix, 26, 31; xx, 6, 27. — Ne imitari velis... Moïse ne cesse de répéter cette exhorta- tion; comme exemple des « abominations » du paganisme, il signale actuellement une coutume barbare, mentionnée plusieurs fois déjà (lustret filium...; cf. Lev. xviii, 21, etc.); et surtout le recours aux faux prophètes et h leurs pratiques occultes, dont il indique toute une série, 1° Qui ariolos sciscitetur; sur le nom hébreu, qésem, voyez Num. xxii, 5, et le commentaire. 2o Qui... observet somnia; m^onèn représente plutôt les augures fournis par les nuages, ou bien les sorts Jetés par ce qu'on nomme en Orient le mauvais œil (note de Ljv. xix, 26). 3° Auguria ; m'nahes, les augures fournis par les serpents (Lev. xix, 16). 40 Malcdicus; m'kassef, un charmeur. 5° In- +616 +Peut. XVIII, 15-22. +15. Prophetam de gente tua et de fratribus tuis, sicut me, suscitabit tibi Dominus Deus tims ; ipsura audies , +16. ut petisti a Domino Deo tuo in Horeb, quando concio congregata est, atque dixisti : Ultra non audiam vocem Domini Dei mei, et ignem hune maxi- mum amplius non videbo , ne moriar. +17. Et ait Dominus mihi : Bene omnia sunt locuti. +18. Prophetam suscitabo eis de medio fi'atrum suorum similem tui, et ponam verba mea in ore ejus, loqueturque ad eos omnia quae prèBcepero illi. +19. Qui autem verba ejus, quœ lo- quetur in nomine meo , audire nohierit , ego ultor existam. +20. Propheta autem qui arrogantia de- pravatus voluerit loqui in nomine meo, quse ego non prsecepi illi ut diceret, aut ex nomine alienorum deorum, interfi- cietur. +21. Quod si tacita cogitation e respon- deris : Quomodo possum intelligere ver- bum, quod Dominus non est locutus? +22. hoc habebis signum : Quod in nomine Domini propheta ille prsedixerit, et non evenerit, hoc Dominus non est +15. Le Seigneur votre Dieu vous sus- citera un Prophète comme moi , de votre nation et d'entre vos frères ; c'est lui que vous écouterez , +16. selon la demande que vous fîtes au Seigneur votre Dieu près du mont Ho- reb , où tout le peuple était assemblé , en lui disant : Que je n'entende plus la voix du Seigneur mon Dieu, et que je ne voie plus ce feu effroyable, de peur que je ne meure, +17. Et le Seigneur me dit : Tout ce que ce peuple vient de dire est raison- nable. +18. Je leur susciterai du milieu de leurs frères un Prophète semblable à vous ; je lui mettrai mes paroles dans la bouche, et il leur dira tout ce que je lui ordonnerai. +19. Si quelqu'un ne veut pas entendre les paroles que ce Prophète prononcera en mon nom, c'est moi qui en ferai la vengeance. +20. Si un prophète corrompu par son orgueil entreprend de parler en mon nom, et de dire des choses que je ne lui ai point commandé de dire, ou s'il parle au nom des dieux étrangers , il sera puni de mort. +21. Que si vous dites secrètement en vous-même : Comment puis -je discerner une parole que le Seigneur n'a point dite? +22. voici le signe que vous aurez pour le connaître : Si ce que ce prophète a prédit au nom du Seigneur n'arrive +cantator; littéral.: quelqu'un qui lie un nœud, par (les formules magiques. Q° Qui pythones... Cf. Lev. XX, 28, et Act. xvi. 16. 7° Nec divinos : a ceux qui savent, » dit l'hébreu. 8° Queerat a mortuis..., les nécromanciens. — Omnia enim hœc (vers. 12-15). Motifs pour lesquels les Hébreux doivent fviir ces pratiques coupables. +15-19. Le grand prophète de l'avenir. — Pro- phetam de gente... Oracle justement célèbre, dont le Nouveau Testament renferme plusieurs in- terprétations authentiques. Saint Pierre (Act. m, 22) et saint Etienne (Act. vu, 35) en ont fait une application directe à Notre - Seigneur Jésus -Christ; Jésus lui-même l'a expliqué de sa propre personne, en affirmant (Joan. v, 45-47) que Moïse avait écrit h son sujet ; la masse du peuple juif croyait aussi que ce prophète annoncé par Moïse n'était autre que le Messie, et que le Messie ne différait pas de Jésus (cf. Matth. xxr, 11 ; Joan. i, 45 ; vi, 14 ; vu, 40, etc.) ; les Sama- rit.ains, qui ne reconnaissaient aucun livre ins- piré en dehors du Pentateuque, admettaient, d'après ces cinq versets, le Messie et son rôle +prophétique ( cf. Joan. rv, 25 ) ; les Pères et les interprètes chrétiens croient tous que ces paroles ont été réalisées par Jésus-Christ, second Moïse bien supérieur au premier (sicut me, similem, tui : médiateur, législateur, libérateur, en même temps que prophète ; cf. Hebr. m , 4 - 5 ; voyez aussi Matth. xvii, 5, à propos de Vovdro ipsuyn audies). Le texte même et la tradition ne per- mettent donc pas de donner un sems collectif au mot prophetam, comme s'il représentait toute la série des prophètes juifs. Tout au plus pour- rait-on dire, avec Origène, Théodoret, Ménochius, Tirin, Ms^ Meignan, etc., que l'oracle désigne- rait tout à la fois l'ordre entier des prophètes et le Messie, leur chef, le premier d'entre eux. Mais nous préférons l'application unique et im- médiate h Notre - Seigneur Jésus - Christ. — Ut petisti... in Uoreb. Cf. v, 23 et ss.; Ex. xx, 21. 20-22. Châtiment des faux prophètes ; marque pour les reconnaître. — Le châtiment, vers. 20 : interjicietur . Cf. xiii, 6. — Le signe caractéi'is- tique, vers. 21-22. Rien de plus simple ou do plus clair : ille pradixerit, et non evenerit. +Deut. XIX, 1-6. +617 +point, c'est une marque que ce n'était pas le Seigneur qui l'avait dit, mais que ce pro])liète l'avait inventé par l'orgueil et l'entlure de son esprit. C'est pourquoi vous n'aurez aucun respect pour ce pro- phète. +locutus, sed per tumorem animi gui propbeta confinxit; et idcirco non time- bis eum. +CHAPITRE XIX +1. Quand le Seigneur votre Dieu aura exterminé les peuples dont il doit vous donner la terre, que vous serez en pos- session du paj^s , et que vous demeurerez dans ses villes et dans ses maisons , +2. vous vous destinerez trois villes au milieu du pays dont le Seigneur votre Dieu doit vous mettre en possession. +3. Vous aurez soin d'en rendre le che- min aisé, et de séparer en trois parties égales toute l'étendue du pays que vous posséderez, afin que celui qui sera obligé de s'enfuir pour avoir tué un homme ait un lieu rapproché où il puisse se retirer en sûreté. +4. Voici la loi que vous garderez à l'égard de l'homicide en fuite à qui on devra conserver la vie. Si quelqu'un a frappé son prochain par mégarde , et qu'il soit prouvé qu'il n'avait aucune haine contre lui quelques jours aupara- vant, +5. mais qu'il s'en était allé avec lui simplement en une forêt pour couper du bois , et que le fer de sa hache , lorsqu'il en voulait couper un arbre, s'est échappé de sa main, et, sortant du manche où il était attaché, a frappé son ami et l'a tué , il se retirera dans l'une de ces trois villes , et sa vie y sera en sûreté ; +6. de peur que le plus proche parent de celui dont le sang a été répandu, étant emporté par sa douleur, ne pour- +. suive l'homicide et ne l'atteigne si le chemin est trop long, et ne tue celui qui n'a point mérité la mort, parce qu'il ne paraît point qu'il ait eu auparavant de haine contre celui qui a été tué. +1. Cum disperdiderit Dominus Deus tuus gentes, quarum tibi traditurus est terram, et possederis eam, habitaveris- que in urbibus ejus et in sedibus, +2. très civitates separabis tibi in medio terrse, quam Dominus Deus tuus dabit tibi in possessionem , +3. sternens diligenter viam ; et in très œqualiter partes totam terrae tuae pro- vinciam di vides, ut habeat e vicino qui propter homicidium profugus est, quo possit evadere. +4. H88C erit lex homicidœ fugientis, cujus vita servanda est. Qui percusserit proximum suum nesciens, et qui heri et nudiustertius nullum contra eum odium habuisse comprobatur, +5. sed abiisse cum eo simpliciter in silvam ad ligna cœdenda, et in suc- cisione lignorum securis lugerit manu, ferrumque lapsum de manubrio ami- cum ejus percusserit, et occiderit, hic ad unam supradictarum urbium confugict, et vivet ; +6. ne forsitan proximus ejus, cujus eiïusus est sanguis, dolore stimulatus, persequatur, et appréhendât eum si lon- gior via fuerit, et percutiat animam ejus, qui non est reus mortis, quia nullum contra eum, qui occisus est, odium prius habuisse monstratur. +5° Les villes de refuge. XIX, 1-13. +Chap. XIX. — 1-3. Leur nombre et leur situa- tion. Cf. Ex. XXI, 13, et surtout Nura. xxxv, 9 et ss. — Très. Dieu en avait demandé six ; mais il en existait déjà trois dans les provinces con- quises au delà du Jourdain. Cf. iv, 41 et ss. — Sternens... viam. Prescription nouvelle , d'une grande délicatesse. — In très cequalitcr partes : +encore dans l'intérêt des fugitifs que la loi vou- lait protéger. +4-7. Destination de ces asiles. Cf. Num. xxxv, 16 et ss. L'exemple de meurtre involontaire cité au vers. 5 est aussi un trait nouveau. — Ne proximus. Hébr. : le gô'el. Voyez la note de Num. xxxv, 12. — Dolore stimulatus. Littéralement : Pendant qu'il a le cœur chaud; c.-à-d. tandis +29 +618 Deut. : +7. Idcirco prœcipio tibi , ut très civi- tates sequalis inter se spatii dividas. +8. Cum autem dilataverit Dominus Deus tuus termines tuos, sicut jura vit patribus tuis, et dedeiit tibi cunctam terram, quam eis pollicitus est +9. ( si tamen custodieris mandata ejus, et feceris quse hodie prsecipio tibi, ut diligas Dominum Deum tuum, et am- bules in viis ejus omni tempore), addes tibi très alias civitates , et supradictarum trium urbium numerum duplicabis ; +10. ut non eiïundatur sanguis in- noxius in medio terrée, quam Dominus Deus tuus dabit tibi possidendam, ne sis sanguinis reus. +11. Si quis autem odio habens proxi- mum suum, insidiatus fuerit vitse ejus, surgensque percusserit illum, et mor- tuus fuerit , f ugeritque ad unam de su- pradictis urbibus, +12. mittent seniores civitatis illius, et arripient eum de loco efïugii, tra- dentque in manu proximi, cujus sanguis efïusus est, et morietur. +13. Non misereberis ejus, et auferes innoxium sanguinem de Israël, ut bene sit tibi. +14. Non assumes, et transfères ter- mines proximi tui, quos fixerunt priores in possessione tua, quam Dominus Deus tuus dabit tibi in terra quam acceperis possidendam, +15. Non stabit testis unus contra aliquem , quidquid illud peccati et faci- noris fuerit; sed in ore duorum aut trium testium stabit omne verbum. +Deut. XIX, 7-15. +7. C'est pourquoi je vous ordonne de mettre ces trois villes à une égale dis- tance de l'une à l'autre. +8. IMais lorsque le Seigneur votre Dieu aura étendu vos limites, selon qu'il en a assuré vos pères avec serment, et qu'il vous aura donné toute la terre qu'il leur a promise +9. (au cas néanmoins que vous gar- diez ses ordonnances, et que vous fassiez ce que je vous prescris aujourd'hui, qui est d'aimer le Seigneur votre Dieu, et de marcher dans ses voies en tout temps), vous ajouterez trois antres villes à ces premières, et vous en doublerez ainsi le nombre ; +10. afin qu'on ne répande pas le sang innocent au milieu du pa3^s que le Sei- gneur votre Dieu doit vous faire possé- der, et que vous ne deveniez pas vous- même coupable de "l'effusion du sang. +11. Mais si quelqu'un, haïssant son prochain , a cherché l'occasion de le sur- prendre et de lui ôter la vie, et que, l'at- taquant, il le frappe et le tue, et qu'il s'enfuie dans l'une de ces villes , +12. les anciens de cette ville l'enver- ront prendre, et, l'ayant tiré du lieu où il s'était mis en sûreté, ils le livreront entre les mains du parent de celui dont le sang aura été répandu, et il sera puni de mort. +13. Vous n'aurez point pitié de lui, et vous ôterez du milieu d'Israël le crime commis par l'effusion du sang innocent, afin que vous soyez heureux. +14. Vous ne lèverez pas, et vous ne transporterez pas les bornes de votre prochain placées par vos prédécesseurs dans l'héritage que le Seigneur votre Dieu vous donnera dans le pays que vous devez posséder, +15. Un seul témoin ne s'élèvera point contre quelqu'un, quelle que soit la faute ou le crime dont il l'accuse ; mais tout sera vérifié par la bouche de deux ou de trois témoins. +qu'il est sous la première impression de la colère excitée en lui par la nouvelle du meurtre. +8-10. Ordre de créer plus tard trois autres asiles, en outre des six premiers, — Cum... dila- taverit... Lorsque les Hébreux auront conquis jusqu'à ses limites extrêmes le pays que Jéhovah leur avait promis. Cf. Gen. xv, 18 ; Ex. xxiir, 31 , etc. Mais cette pleine possession de la Terre sainte n'eut lieu que sous David et Salomon , et d'une manière toute transitoire ; aussi est-il pro- bable fin'il n'y eut jamais en tout que six villes de refuge. +11-13. Les homicides proprement dits ne joui- ront xms du droit d'asile. Cf. Num. xxxv, 12, 24, — luttent seniores...: trait propre à ce passage, +60 Ne pas toucher aux limites des prppriétés, XIX, 14. +14. Non assumes... Cette loi n'avait pas encore été promulguée. Elle a pour but de sauvegarder l'intégrité des propriétés. — Quos fixerunt priores. Désignation anticipée du partage qui devait êti'e fait en Chanaan après la conquête. +7° Les témoins judiciaires. XIX, 15-21. +15. C'est la règle « testis unus. testis nullus > . +Deut. XIX, IG — XX, 4. +GIO +16. Si un faux témoin entreprend d'accuser un homme d'avoir violé la loi, +17. dans ce démêlé qu'ils auront en- semble, ils se présenteront tous deux devant le Seigneur en la présence des prêtres et des juges qui seront en charge en ce temps -là. +18. Et lorsqu'après une très exacte recherche ils auront reconnu que le faux témoin a avancé une calomnie contre son frère, +19. ils le traiteront comme il avait dessein de traiter son frère, et vous ôte- rez le mal d'au milieu de vous; +20. afin que les autres, l'apprenant, soient dans la crainte, et qu'ils n'osent entreprendre rien de semblable. +21. Vous n'aurez point compassion du coupable; mais vous ferez rendre vie pour vie, œil pour œil, dent pour dent, main pour main , pied pour pied. +10. Si stetcrit testis mendax contra liomincm, accusans eiim prsevaricatio- +nis , +17. stabunt ambo, quorum causa est, ante Dominum in conspectu sacerdotum et judicum qui fuerint in diebus illis. +18. Cumque diligentissime perscru- tantes, invenerint falsum testem dixisse contra fratrem suum mcndacium, +19. reddent ei sicut fratri suo fa- cere cogitavit , et auferes malum de medio tui , +20. ut audientes ceteri timorem ha- beant, et nequaquam talia audeant facere. +21. Non misereberis ejus, sed ani- mam pro anima, oculum pro oculo, dentem pro dente, manum pro manu, pedem pro pede exiges. +CHAPITRE XX +1. Lorsque vous irez faire la guerre contre vos ennemis, et qu'ayant vu leur cavalerie et leurs chars, vous trouverez que leur armée sera plus nombreuse que la vôtre, vous ne les craindrez point, parce que le Seigneur votre Dieu qui vous a tiré de l'Egj'^pte est avec vous. +2. Et quand l'heure du combat sera proche, le prêtre se présentera à la tête de l'armée, et il parlera ainsi au peuple : +3. Ecoutez, Israël; vous devez aujour- d'hui combattre contre vos ennemis; que votre cœur ne s'étonne point, ne craignez point, ne reculez point devant eux, et n'en ayez aucune peur; +4. car le Seigneur votre Dieu est au milieu de vous, et il combattra pour +1. Si exieris ad bellaui contra hostes tuos, et videris equitatus et currus, et majorera quam tu habeas adversarii exercitus multitudinem, non timebis eos, quia Dominus Deus tuus tecum est, qui eduxit te de terra ^îCgypti. +2. Appropinquaute autem jam prselio, stabit sacerdos ante aciem, et sic lo- quetur ad populum : +3. Audi, Israël ; vos hodie contra inimicos vestros pugnam committitis; non pertimescat cor vestrum, noiite metuere , noiite cedere, nec formidetis eos; +4. quia Dominus Deus vester in me- dio vestri est, et pro vobis contra ad- +Cctte ordonnance , établie précédemment ( cf. xvir, 6) pour les causes capitales, est maintenant généralisée. +16-21. Les faux témoins. Cf. Ex. xxiii, 1 ; liOv. XIX, 16. — Ce crime devait être jugé parle tri- bunal suprême (xvii, 9); par conséquent ante Dominum, auprès du futur sanctuaire. — Red- dent ei sicut...: le talion, comme pour les autres cas similaires. +8° Lois concernant la gueri-e. XX, 1-20. +Elles sont générales, et ne conviennent pas seulement à la prochaine conquête de Chanaan. Si l'on songe aux atrocités qui accompagnaient la guerre chez les anciens peuples, même les plus civilisés, on trouvera qu'elles constituent un pro- +grès considérable, et qu'elles sont pleines d'hu- manité. Sur l'exception relative aux tribus cha- nanéennes, voyez Gen. xv, 16-19; Ex. xxni, 23 et ss., etc. +Chap. XX. — 1-4. Confiance en Jéhovah, qui combattra avec son peuple. — Videris equitatus et currus : les principaux éléments des armées orientales à cette époque. Cf. Ex. xiv, 6-11 ; Jud. I, 19 ; IV, 3 ; III Reg. ni, 5, etc. L'armée Israélite était presque uniquement composée de fantassins. Cf. XVII, 16. — Appropinquante... prcelio. Non pas au dernier moment, quand la bataille allait s'engager; mais lorsque, la guerre étant déclarée, les recrues se présentaient pour être incorporées et organisées. — Stabit sacerdos. Dans l'hébreu ; +620 +Deut. XX, 5-11. +versarios diniicabit, ut eruat vos de periculo. +5. Duces quoqiie per singulas tiirmas audiente exercitu proclamabunt : Quis est homo qui redificavit domum novam, et non dedicavit eam? vadat, et rever- tatur in domum suam, ne forte moriatur in bello, et alius dedicet eam. +6. Quis est homo qui plantavit vi- neam, et necdum fecit eam esse com- munem, de qua vesci omnibus liceat? vadat, et revertatur in domum suam, ne forte moriatur in bello, et alius homo ejus fungatur ofticio. +7. Quis est homo qui despondit uxo- rem, et non accepit eam? vadat, et re- vertatur in domum suam, ne forte mo- riatur in bello, et alius homo accipiat eam. +8. His dictis addent reliqua, et lo- quentur ad populum : Quis est homo formidolosus, et corde pavido? vadat, et revertatur in domum suam, ne pavere faciat corda fratrum suorum, sicut ipse timoré perterritus est. +9. Cumque siluerint duces exercitus, et finem loquendi fecerint, unusquisque suos ad bellandum cuneos prajparabit. +10. Si quando accesseris ad expu- gnandam civitatem, offeres ei primum pacem. +11. Si receperit, et aperuerit tibi +vous contre vos ennemis, afin de vous délivrer du péril. +5. Les officiers aussi crieront chacun à la tête de son corps, en sorte que l'ar- mée l'entende : Y a-t-il quelqu'un qui ait bâti une maison neuve, et qui ne l'ait pas encore habitée? Qu'il s'en aille et retourne en sa maison, de peur qu'il ne meure dans le combat, et qu'un autre ne loge le premier dans sa maison. +6. Y a-t-il quelqu'un qui ait planté une vigne, laquelle ne soit pas encore en un tel état que tout le monde ait la liberté d'en manger ? Qu'il s'en aille, et qu'il retourne en sa maison, de peur que, s'il vient à mourir dans le combat, un autre ne fasse ce qu'il devait faire. +7. Y a-t-il quelqu'un qui ait été fiancé à une femme, et qui ne l'ait pas encore épousée? Qu'il s'en aille et qu'il s'en re- tourne en sa maison, de peur qu'il ne meure dans le combat et qu'un autre ne l'épouse. +8. Après avoir dit ces choses, ils ajou- teront encore ce qui suit, et ils diront au peuple : Y a-t-il quelqu'un qui soit timide, et dont le cœur soit frappé de frayeur? Qu'il s'en aille, et qu'il retourne en sa maison, de peur qu'il ne jette l'é- pouvante dans le cœur de ses frères, comme il est déjà lui-même tout saisi de crainte. +9. Et après que les officiers de l'armée auront cessé de parler, chacun préparera ses bataillons pour le combat. +10. Quand vous vous approcherez d'une ville pour l'assiéger, vous lui offrirez d'abord la paix. +11. Si elle l'accepte, et qu'elle vous +le prêtre, c.-à-d. celui qui avait été choisi pour remplir cette fonction. Cf. Num. xxxi, 16 ; I Reg. IV, 4, II, etc. — Non pertimescat..., nolite... Accumulation de synonymes, pour renforcer la pensée. +5-9. La proclamation des chefs. — Duces quo- que. Hébr. : les sotrim. Cf. xvr, 18, et surtout 1, 15, où les chefs de mille, les centurions, etc., sont appelés de ce même nom. — Quis est..? Trois causes d'exemption sont signalées. \° Mdificavit... et non dedicavit. D'après les anciens commenta- teurs juifs, cette exemption durait une année entière, comme celle du vers. 7. 2» Plantavit... et necdum communem... D'après Lev. xix, 23, les fruits d'une jeune vigne demeuraient sans emploi durant les trois premières années ; ils étaient consacrés à, Dieu pendant la quatrième ; la vigne devenait « commune » ou profane au début de la cinquième année , lorsque le proprié- taii'e en pouvait jouir. 3° Despondit désigne les +simples fiançailles; accepit, le mariage. « Ces motifs d'exemption du service militaire ont leur raison d'être dans le fait psychologique qu'en certaines circonstances l'attachement à la vie est un sen- timent trop puissant pour ne pas neutraliser le courage, et, par suite, rendre contagieuse la fai- blesse. » C'est là en outre un de ces traits déli- cats qui abondent dans la législation mosaïque. — His dictis, addent... (vers. 8). En dernier lieu, le licenciement des timides et des peureux; appel excellent , soit pour remonter leur courage, soit pour éloigner de l'armée des éléments démo- ralisateurs. Cf. Jos. VII, 3. — Cumque siluerint... Dans l'hébi'eu : lorsque les .sotrim auront cessé de parler au peuple, ils placeront les chefs des troupes à la tête du peuple. +10-20. Ordonnances pour régler le siège des villes fortifiées. — Première règle, A^ers. 10-11 : Offeres primum pacem. Si les habitants capitu- laient sans résistance, ils obtenaient des condl- +Deut. XX, 12-20. +621 +ouvre ses portes, tout le peuple qui s'y trouvera sera sauvé, et vous sera assu- jetti moyennant un tribut. +12. Mais si elle ne veut point recevoir les conditions de paix, et qu'elle com- mence à vous déclarer la guerre, vous l'assiégerez. +13. Et lorsque le Seigneur votre Dieu vous l'aura livrée entre les mains, vous ferez passer tous les mâles au fil de l'épée, +14. en réservant les femmes, les en- fants, le bétail et tout le reste de ce qui se trouvera dans la ville. Vous dis- tribuerez le butin à toute l'armée, et vous vous nourrirez des dépouilles de vos ennemis que le Seigneur votre Dieu vous aura données. +15. C'est ainsi que vous en userez à l'égard de toutes les villes qui seront très éloignées de vous, et qui ne sont pas de celles que vous devez recevoir pour les posséder. +16. Mais quant aux villes qui vous seront données , vous ne laisserez la vie à aucun de leurs habitants; +17. mais vous les ferez tous passer au fil de i'épée, c'est-à-dire les Hétliéens, les Amorrhéens, les Chananéens, les Phérézéens, les Hévéens et les Jébu- séens, comme le Seigneur votre Dieu vous l'a commandé ; +18. de peur qu'ils ne vous apprennent à commettre toutes les abominations qu'ils ont commises eux-mêmes dans le culte de leurs dieux, et que vous ne pé- chiez contre le Seigneur votre Dieu. +19. Lorsque vous assiégerez longtemps une ville, et que vous élèverez tout au- tour des forts et des remparts afin de la prendre, vous n'abattrez point les arbres qui portent du fruit dont on peut man- ger, et vous ne renverserez point à coups de hache tous les arbres du pays d'alentour, parce que ce n'est que du bois, et non pas des hommes qui puis- sent accroître le nombre de vos enne- +mis. +20. Si ce ne sont point des arbres +portas, cunctus populus qui in ea est salvabitur, et serviet tibi sub tributo. +12. Sin autem fœdus inire noluerit, et cœperit contra te bellum, oppugnabis eam; +13. cumque tradiderit Dominus Dcus tuus illam in manu tua, percuties omne quod in ea generis masculini est, in ore gladii, +14. absque mulieribus et infantibus, jumentis, et ceteris quae in civitate sunt. Omnem prsedam exercitui divides , et comedes de spoliis hostium tuoram, quse Dominus Deus tuus dederit tibi. +15. Sic faciès cunctis civitatibus , quœ a te procul valde sunt , et non sunt de his urbibus, quas in possessionem ac- cepturus es, +16. De his autem civitatibus, quse dabuntur tibi, nullum omnino permittes vivere ; +17. sed interficies in ore gladii, He- thseum videHcet, et Amorrhseum, et Chananseum, Pherezaeum, et Hevaeum, et Jebusseum, sicut prsecepit tibi Do- minus Deus tuus ; +18. ne forte doceant vos facere cun- ctas abominationes, quas ipsi operati sunt diis suis, et peccetis in Dominum Deum vestrum. +19. Quando obsederis civitatem multo tenipore, et munitionibus circumdederis ut expugnes eam, non succides arbores de quibus vesci potest, nec securibus per circuitum debes vastare regionem, quoniam lignum est, et non homo, nec potest bellantium contra te augere nu- merum. +20. Si qua autem ligna non sunt pomi- +tions très avantageuses : salvabitur, et serviet... — Seconde règle (vers. 12-14), pour le cas où ces offres de paix ne seraient pas acceptées. — Troisième règle (vers. 15-18) : pas de quartier pour les villes chaiianécnnes, ainsi qu'il a été prescrit plusieurs fois déjà. Cf. vu, 14; xir, 31; Lev. XVIII, 24-28; xx, 23. Israël sera aiors l'exé- cuteur des vengeances de Jèhovah contre ces populations corrompues et anatliémaLioées. — +Quatrième règle (vers 19-20), pour les sièges qui traîneraient en longueur. Non succides arbores...: restriction pleine d'humanité. Les Égjqitiens, les Assyriens , les Romains portaient au contraire la hache à travers les vergers, les oliveraies, les bois de palmier, ruinant ainsi la contrée pour plusieurs années. Voyez VAtl. archéol., pi. lxxxv, fig. 1. Machinas : l'hébr. mâsor désigne plutôt des retranchements. +G22 +Deut. XXI, 1-8. +fera, sed agrestia, et in ceteros apta usus, succide, et instrue machinas, do- nec capias civitatem, quœ contra te dimicat. +fruitiers, mais des arbres sauvages qui servent aux autres usages de la vie, vous les abattrez pour en faire des machines, jusqu'à ce que vous aj'^ez pris la ville qui se défend contre vous. +CHAPITRE XXI +1. Quando inventum fuerit in terra, quam Dominus Deus tuus daturus est tibi, hominis cadaver occisi, et igno- rabitur cœdis reus, +2. egredientur majores natu, et ju- dices tui , et metientur a loco cadaveris singularum per circuitum spatia civi- tatura ; +3. et quam viciniorem ceteris esse perspexerint, seniores civitatis illius tollent vitulam de armento, quae non traxit jugum, nec terram scidit vo- mere ; +4. et ducent eam ad vallem asperam atque saxosam, quse nunquam arata est, nec sementem recepit, et caîdent in ea cervices vitulae ; +5. accedentque sacerdotes filii Levi, quos elegerit Dominus Deus tuus ut mi- nistrent ei, et benedicant in nomine ejus, et ad verbum eorum, omne ne- gotium , et quidquid mundum , vel im- mundum est, judicetur ; +6. et venient majores natu civitatis illius ad interfectum, lavabuntque ma- nus suas super vitulam, quse in valle percussa est, +7. et dicent : Manus nostrse non efîuderunt sanguinem hune, nec oculi viderunt, +8. Propitius esto populo tuo Israël, quem redemisti , Domine , et ne reputes +1. Lorsque, dans le pays que le Sei- gneur votre Dieu doit vous donner, on trouvera le cadavre d'un homme qui aura été tué, sans qu'on sache qui a commis ce meurtre, +2. les anciens et ceux que vous aurez pour juges viendront et mesureront l'es- pace qu'il y aura depuis le cadavre jus- qu'à toutes les villes d'alentour ; +3. et ayant reconnu celle qui en sera la plus rapprochée, les anciens de cette ville prendront dans le troupeau une gé- nisse qui n'aura point encore porté le joug ni labouré la terre ; +4. ils la mèneront dans une vallée toute raboteuse et pleine de cailloux, qui n'ait jamais été ni labourée ni ensemen- cée, et là ils couperont le cou à la gé- nisse, +5. Les prêtres, enfants de Lévi, que le Seigneur votre Dieu aura choisis pour exercer les fonctions de leur ministère, afin qu'ils donnent la bénédiction en son nom, et que toute affaire qui survient, tout ce qui est pur ou impur, se juge par leur avis, s'approcheront; +6. et les anciens de cette ville vien- dront près du corps de celui qui aura été tué; ils laveront leurs mains sur la gé- nisse qu'on aura fait mourir dans la val- lée, +7. et ils diront : Nos mains n'ont pas répandu ce sang, et nos yeux ne l'ont point vu répandre. +8. Seigneur, soyez favorable à votre peuple d'Israël que vous avez racheté, et +9» Cérémonies expiatoires à l'occasion des meurtres dont les auteurs n'auront pas été dé- couverts. XXI, 1-9. +Autre mesure excellente pour inspii'er à tous le- respect de la vie humaine et l'horreur de l'ho- micide. +Chap. XXI. — 1-9. Après l'exposition du cas (vers. 1), nous trouvons les divers rites à accom- plir. 1° Déterminer la ville la plus rapprochée du théâtre du meurtre (vers. 2-3») ; c'est à elle que devait Incomber la tâche de l'expiation, car il était vraisemblable que le meurtrier sortait de +ses murs. — 2° Immoler une génisse en des con- ditions spéciales (vers. Z^-à). On exigeait, pour la victime et pour le lieu de l'immolation, des qualités symboliques adaptées au caraetcre de la cérémonie : l'une et l'autre devaient avoir toute leur Intégrité et leur fraîcheur natives (cf. Ex. XX, 25; Num. xix, 2. Au lieu de vallem aspe- ram..., l'hébreu porte : vers un ruisseau coulant toujours). — 3° La protestation d'innocence de la part des habitants (vers. 5-7). Accèdent sa- cerdotes : les prêtres étaient là comme témoins officiels de l'expiation. Majores... lavabuut ma- +Deut. XXI, 9-17. +623 +ne lui imputez pas le sang innocent qui a été répandu au milieu de votre peuple. Ainsi le crime de ce meurtre iie tombera point sur eux , +0. et vous n'aurez aucune part à cette eflinsion du sang innocent, lorsque vous aurez fait ce que le Seigneur vous a commandé. +10. Lorsque vous serez allé combattre vos ennemis, si le Seigneur votre Dieu vous les livre entre les mains, et que, les emmenant captifs, +11. vous voyiez parmi les prisonniers de guerre une femme qui soit belle, que vous conceviez pour elle de l'affection, et que vous vouliez l'épouser, +12. vous la ferez entrer dans votre maison, où elle se rasera les cheveux et se coupera les ongles ; +13. elle quittera la robe avec laquelle elle a été prise, et, se tenant assise en voti'e maison, elle pleui-era son père et sa mère un mois durant; après cela, vous la prendrez pour vous, vous dormi- rez avec elle , et elle sera votre femme. +14. Mais si elle cesse plus tard de vous plaire, vous la renverrez libre, et vous ne pourrez point la vendre pour de l'argent, ni l'opprimer par votre puis- sance, parce que vous l'avez humiliée. +15. Si un homme a deux femmes, dont il aime l'une et n'aime pas l'autre, et que ces deux femmes ayant eu des en- fants de lui , le tils de celle qu'il n'aime pas soit l'aîné , +16. lorsqu'il voudra partager son bien entre ses enfants, il ne pourra pas faire son aîné le fils de celle qu'il aime , ni le préférer au fils de celle qu'il n'aime pas; +17. mais il reconnaîtra pour l'aîné le +sanguinem innocentum in mcdio populi tui Israël. Et auferetur ab eis reatus sanguinis ; +9. tu autem alienus eris ab innocentis cruore, qui fusus est, cum feceris quod prœcepit Dominus. +10. Si egressus fueris ad pugnam contra inimicos tuos, et tradiderit eos Dominus Deus tuus in manu tua, capti- vosque duxeris, +11. et videris in numéro captivorum mulierem pulchram , et adamaveris eam, voluerisque liabere uxorem, +12. introduces eam in domum tuam ; quœ radet cœsariem, et circumcidet ungues, +13. et deponet vestem in qua capta est, sedensque in domo tua, flebit pa- trem et matrem suam uno mense; et postea intrabis ad eam, dormiesque cum illa, et erit uxor tua. +14. Si autem postea non sederit anime tuo, dimittes eam liberam, nec vendere poteris pecunia , nec opprimere per po- tentiam, quia humiliasti eam. +15. Si liabuerit homo uxores duas, unam dilectam, et alteram odiosam, genuerintque ex eo liberos, et fuerit lilius odiosse primogenitus, +16. volueritque substantiam inter filios suos dividere, non poterit filium dilectse facere primogenitum, et prse- ferre fiJio odiosse ; +17. sed fîlium odiosse agnoscet primo- +nus : manière expressive d'attester qu'ils n'avaient pris aucune part au meurtre (cf. Matth. xxvii, 24). — 4l' Prière que prononçaient probablement les prêtres (vers. S»). — Et auferetur... iS^-9): le ré- sultat de cette cérémonie. +10° Traitement des captives. XXI, 10-14. +10-14. Si egressus... Le législateur ajoute un détail important à ce qui a été réglé précédem- ment (ch. XX ) pour la guerre. Il encourage le mariage des Hébreux avec les captives , pour éviter à ces malheureuses le triste sort qui les attendait presque toujours chez les peuples païens de l'antiquité. — Et adamaveris... Il fallait pour- tant, d'après xx, 16, que cette prisonnière n'ap- partînt pas à une race chananéenne. — Intro- duces...: en qualité d'épouse. Quelques conditions sont néanmoins prescrites ; sortes de rites em- blématiques, qui établissaient une séparation +entre la vie antérieure de cette femme, jusque-là païenne, et sa vie nouvelle au milieu de la na- tion choisie. Flebit patrem... : tx'ait délicat. — Si postea... dimittes liberam (vers. 14). Nous avons vu, Ex. xxi, 8, un cas analogue; mais alors la femme répudiée était une esclave is- raélite. +§ III. — Le droit jorivé. XXI, 15 — XXVI, 19. +1° Le droit d'aînesse. XXI, 15-17. +Ce détail est nouveau, comme celui qui pré- cède (vers. 10-14) et celui qui suit (vers. 18-21). +15-17. Uxores duas..., unam dilectam... Un des graves inconvénientî de la polygamie, qui « amenait naturellement dans la maison des femmes de plus en plus jeunes et préférées ». Les enfants de la favorite devenaiont souvent ù leur tour les favoris du père, et ils étaient +G24 +Deut. XXI, 18-23. +geuitum, dabitque ei de liis quae ha- buerit cuncta duplicia; iste est enim pTincipium liberonim ejus, et huic de- bentiir primogenita. +18. Si genuerit homo filium contu- îiricem et protervum , qui non aiidiat patii^ ant matris imperium, et coer- citus oberlire contempserit, +19. apprehemiant eum, et ducent ad seniores civitatiii liiius, et ad portam judicii, +20. dicentque ad eos : Filius noster iste protervus et contumax est, nionita nostra audire contemnit , comessalio- nibus vacat, et luxurise atqiie convi- viis ; +21. lapidibus eum obruet popubis civitatis, et morietur, ut auferatis maluni de medio vestri, et universus Israël au- diens pertimescat. +22. Quando peccaverit homo quod morte plectendum est, et adjudicatus morti appensus fuerit in patibulo, +23. non permanebit cadaver ejus in ligno, sed in eadem die sepelietur, quia maledictus a Deo est qui pendet in li- gno ; et nequaquam contaminabis ter- ram tuam, quam Dominus Deus tuus dederit tibi in possessionem. +fils de celle qu'il n'aime pas, et lai don- nera une portion double de tout ce qu'il possède; parce que c'est lui qui est le premier de ses enfants, et que le droit d'aînesse lui est dû. +18. Si un homme a un fils rebelle et insolent, qui ne se rende pas au com- mandement de son père ni de sa mère, et qui , en aj^ant été réprimandé , refuse avec mépris de leur obéir, +19. ils le prendront et le mèneront aux anciens de sa ville, et à la porte où se rendent les jugements, +20. et ils leur diront : Voici notre fils qui est un rebelle et un insolent ; il mé- prise et refuse d'écouter nos remon- trances, et il passe sa vie dans les dé- bauches, dans la dissolution et dans la bonne chère ; +21. alors le peuple de cette ville le la- pidera, et il sera puni de mort, afin que vous ôtiez le mal du milieu de vous, et que tout Israël, entendant cet exemple, soit saisi de crainte. +22. Lorsqu'un homme aura commis un crime digne de mort, et qu'ayant été condamné à mourir, il aura été attaché à une potence, +23. son cadavre ne demeurera point ■>., cette potence, mais il sera enseveli le même jour, parce que celui qui est pendu au bois est maudit de Dieu. Et vous prendrez garde de ne pas souiller la terre que le Seigneur votre Dieu vous aura donnée pour la posséder. +avantagés par lui en matièi'e d'héritage , aux dé- pens des autres enfants. — Cuncta duplicia : tel était le privilège légal du fils aîné. Supposez deux fils : on faisait trois parts , et l'aîné en ob- tenait deux. — Iste... principium... Dans l'hé- breu : les prémices de sa vigueur. Voyez Gen. XLix, 3, et le commentaire. — Primogenita : le droit d'aînesse. Cf. Gen. xxv, 31-34. +2° Les fils incorrigibles. XXI, 18-21. +Autre ordonnance concernant le bien-être de la famille. +18-21. L'exposition du cas, vers. 18; le droit des parents, vers. 19-20; le châtiment du nls ingrat, vers. 21. La loi juive soutient l'autorité du père; mais elle supprime le droit odieux de vie et de mort sur ses enfants, que les codes imïens lui conféraient. +3» Les cadavres des pendus. XXI, 22-23. +22-23. Appensus fuerit... Après la mort; car +la pendaison n'était pas chez les Hébreux une forme de supplice proprement dit, mais simple- ment un caractère infamant surajouté à la peine. Cf. Gen. XL, 19; Num. xxv, 4; Jos. X, 26-27, 2tc. — Non permanebit... in ligno. Cette règle 3ut un accomplissement célèbre, à Ja passion de Notre - Seigneur Jésus - Christ. Cf. Joan. xix, 31 ât ss. — Qiiia maledictus... : l'objet des malédic- tions divines, à cause des crimes qui avaient mérité ce traitement ignominieux. Sur l'appli- cation de ce texte au Sauveur par saint Paul, voyez Gai. in, 13, et le commentaire. — Nequa- quam contaminabis... Le cadavre d'un mort or- dinaire souillait les maisons , les personnes ; celui d'un si grand coupable aurait en quelque sorte profané tout lu pays : c'est pourquoi on devait l'enterna- If jour même. Cf. Lev. xvni, 25 ; Num. xxxv, 3J. +29* +Deut. XXII, 1-8. +625 +CHAPITRE XXII +1. Lorsque vous verrez le bœuf ou la brebis de votre frèro égarés, vous ne passerez point votre chemin, mais vous les ramènerez à votre frère, +2. quand même il ne serait point votre parent, et ne le connussiez- vous pas; vous les mènerez à votre maison, et ils y demeureront jusqu'à ce que votre frère les cherche et les reçoive de vous. +3. A^ous ferez de même à l'égard de l'âne, ou du vêtement, ou de quoi que ce soit que votre frère ait perdu ; et quand vous l'aurez trouvé, vous ne le néglige- rez point sous prétexte que cela ne vous appartient point, mais à un autre. +4. Si vous voyez l'âne ou le bœuf de votre frère tombé dans le chemin, vous n'y serez point indifférent, mais vous l'aiderez à se relever. +5. Une femme ne prendra point un vêtement d'homme, et un homme ne prendra point un vêtement de femme; car celui qui le fait est abominable de- vant Dieu. +6. Si, marchant dans un chemin , vous trouvez sur un arbre ou à terre le nid d'un oiseau, et la mère sur ses petits ou sur ses œufs, vous ne retiendrez point la mère avec ses petits ; +7. mais, âjaiit pris les petits, vous la laisserez aller, afin que vous soyez heu- reux, et que vous viviez longtemps. +8. Lorsque vous aurez bâti une mai- son neuve, vous ferez un petit mur tout autour du toit ; de peur que le sang ne soit répandu dans votre maison, et que, quelqu'un tombant de ce lieu élevé, vous ne soj^ez coupable de sa mort. +1. Non videbis bovem fratris tui, aut ovem errantem , et prœteribis; sed re- duces fratri tuo , +2. etiamsi non est propinquus frater tuus, nec nosti eum ; duces in domum tuam, et erunt apud te quamdiu quœrat ea frater tuus , et recipiat. +3. Similiter faciès de asino, et de ve- stimento, et de omni re fratris tui, quae perierit; si inveneris eam, ne negligas quasi alienam. +4. Si videris asinum fratris tui aut bovem cecidisse in via, non despicies, sed sublevabis cum eo. +5. Non induetur mulier veste virili, nec vir utetur veste feminea ; abomina- bilis enim apud Deum est qui facit hsec. +6. Si ambuians per viam, in arbore vel in terra nidum avis inveneris, et ma- trem puUis vel ovis desuper incubantem, non tenebis eam cum filiis ; +7. sed abire patieris, captos tenens filios, ut bene sit tibi, et longo vivas tempore. +8. Cum sedificaveris domum novam, faciès murum tecti per circuitum, ne eiïundatur sanguis in domo tua, et sis rous labente alio, et in prseceps ruente. +4P Quelques devoirs de charité. XXII, 1-4. +CiiAP. XXII. — 1-4. Admirables préceptes, tout évangéliques, qui développent le passage analogue Ex. XXIII, 4-5. — Fratris tui : c.-ù-d. d'un autre Israélite. +5° Quelques obligations de droit naturel. XXII, 5-11. +5. Interdiction de porter les vêtements d'un autre sexe. — Veste virili. Le substantif hébreu Ivli est plus général que « vcstis », car il repré- sente en outre tout l'attirail qui caractérise les hommes (armes, ustensiles, etc. ; cxs'j/] avSpoç, traduisent les LXX). — AbominaUIis enim... En effet, disaient les païens eux-mêmes, (( nonne videntur contra naturam vivere qui commutant +cum feminis vestem ? » Senoc, Epist. cxxn. De telles pratiques seraient la ruine de la pudeur et de la chasteté. +6-7. Ne pas prendre simultanément dans un nid la mère et les petits ou les œufs. — Ordon- nance pleine d'humanité, qui rappelle Lov. xxii, 28, et qui est accompagnée de la même sanction (ut bene tibi...) que le quatrième commandement du Décalogue. Cf. v, 16. +8. Fixer des balustrades au bord des toits. — Murum tecti per circuitum. Pour bien comprendre cette mesure, il faut se souvenir que les toits dea maisons sont plats en Orient, et que l'on s'y tient fréquemment pour prier, pour prendre l'air, pour vaquer à divers travaux domestiques. Cf. Jos. n, ,6 ; +626 +Deut. XXII, 9-19. +9. Non seres vîneam tuam altero se- mine, ne et sementis quam sevisti, et quae nascuntur exvinea, pari ter sancti- ficentur. +10. Non arabis in bove simiil et asino. +11. Non indneris vestimento, quod ex lana linoque contextum est. +12. Fimiculos in fimbriis faciès per quatuor angulos pallii tui, quo operieris. +13. Si duxerit vir uxorem, et postea odio habuerit eam , +14. qusesieritque occasiones quibiis dimittat eam, objiciens ei nomen pessi- miim, et dixerit : Uxorem hanc accepi, et ingressus ad eam, non inveni virgi- nem ; +15. tollent eam pater et mater ejas, et ferent secum signa virginitatis ejus ad seniores nrbis qui in porta sunt ; +16. et dicet pater : Filiam meam dedi huic uxorem ; quam quia odit, +17. imponit ei nomen pessimum, ut dicat : Non inveni filiam tuam viigi- nem; et ecce haec sunt signa virgini- tatis filise mese. Expandent vestimentum coram senioribus civitatis ; +18. apprehendentque senes urbis illius virum, et verberabunt illum, +19. conderanantes insuper centum si- clis argenti, quos dabit patri puellœ, quoniam diiïamavit nomen pessimum super virginem Israël ; habebitque eam +9. Vous ne sèmerez point d'autre se- mence dans votre vigne , de peur que la graine que vous aurez semée et ce qui naîtra de la vigne ne se corrompent l'un l'autre. +10. Vous ne labourerez point avec un bœuf et un âne attelés ensemble. +11. Vous ne vous revêtirez pas d'un habit qui soit tissé de laine et de lin. +12. Vous ferez avec de petits cordons des franges que vous mettrez aux quatre coins du manteau dont vous vous cou- vrez. +13. Si un homme, ayant épousé une femme, en conçoit ensuite de l'aver- sion, +14. et que, cherchant un prétexte pour ]a répudier, il lui impute un crime hon- teux, en disant : J'ai épousé cette femme ; mais m'étant approché d'elle, j'ai re- connu qu'elle n'était pas vierge, +15. son père et sa mère la prendront, et ils présenteront aux anciens de la ville, qui se tiennent à la porte, les preuves de la virginité de leur fille ; +16. et le père dira : J'ai donné ma fille à cet homme pour femme ; mais , parce qu'il en a maintenant de l'aver- sion , +17. il lui impute un crime honteux, en disant : Je n'ai pas trouvé que votre fille fût vierge. Et cependant voici les preuves de la virginité de ma fille. Ils présenteront en même temps le linge devant les anciens de la ville ; +18. et ces anciens de la ville, prenant cet homme, lui feront souffrir la peine du fouet , +19. et le condamneront de plus à pa3'er cent sicles d'argent, qu'il donnera au père de la jeune fille, parce qu'il a déshonoré par une accusation d'infamie une vierge +II Reg. XI, etc. On attrait couru le lisque de tomber sans cet appui. Voyez VAtl. archéol., pi. XI, fig. 9; pi. XII, flg. 4, 5; pi. xill, flg. 2, 3. +9-11. Trois mélanges à éviter. — Sur la pre- mière (non seres..., vers. 9) et la troisième (non induei-is... , vers. 11) de ces associations prohi- bées, voyez Lev. XIX, 19, et le commentaire. La seconde est un trait nouveau : in bove simul et aaino; deux animaux de tailles et de forces si diverses, de formes si disparates, ne sont pas faits pour aller ensemble. — Ne... pariter sanctificen- tur. Le blé était « sanctifié » par l'offrande de la première gerbe, le 16 nisan (note de Lev. xxiii, 10 et ss.); les arbres fruitiers ne l'étaient que la quatrième année (note de Lev. xix, 23-25) : ces végétaux devaient donc être séparés les uns des autres. Voy. VAtl. arch., pi. xxxiii, flg. 11-13, 15. +6» Le précepte des franges sacrées. XXII, 12, +12. Funiculos in fimbriis... Répétition abrégée de Num. xv, 37-41 (voyez l'explication). +7° Quelques lois destinées à maintenir la sain- teté du mariage. XXII, 13-30. +13-19. Punition îi infliger au misérable qui accuserait injustement sa femme de s'être mal conduite entre les fiançailles et le mariage. — Qaasierit... occasiones. Dans l'hébreu : Et s'il lui impute des actions criminelles ( littéral. : des actions qui font parler), de manière à lui attirer une mauvaise réputation. — L'expression signa virginitatis est expliquée par les mots suivants : expandent vestimentum (vers. 17). « Linteum sanguine tinctum, quem ex primo congrcssu cum virgine ab illa profluerc aiunt medici, » écri- vent Ménochius et Coruclius a Lap. — Le châ- +Deut. XXII, 20-28. +G27 +d'Israël; elle demeurera sa femme, sans qu'il puisse la répudier tant qu'il vivra. +20. Mais si ce qu'il objecte est véri- table, et s'il se trouve que la jeune femme, quand il l'épousa, n'était pas vierge, +21. on la chassera hors de la porte de la maison de son père , et les habitants de cette ville la lapideront, et elle mourra, parce qu'elle a commis un crime détestable dans Israël , étant tombée en fornication dans la maison de son père ; vous ôterez ainsi le mal du milieu de vous. +22. Si un homme dort avec la femme d'un autre, ils mourront tous deux, l'homme adultère et la femme adultère ; et vous ôterez le mal du milieu d'Israël. +23. Si, après qu'une jeune fille vierge a été fiancée, quelqu'un la trouve dans la ville et la «corrompt, +24. vous les ferez sortir l'un et l'autre à la porte de la ville, et ils seront tous deux lapidés: la jeune fille, parce qu'é- tant dans la ville, elle n'a pas crié; et l'homme, parce qu'il a abusé de la femme de son prochain ; et vous ôterez le mal du milieu de vous. +25. Mais si un homme trouve dans un champ une jeune fille qui est fiancée, et que, lui faisant violence, il la déshonore, il sera seul puni de mort ; +26. la jeune fille ne souffrira rien, et elle n'est point digne de mort, parce que, de même qu'un voleur s'élevant tout à coup contre son frère lui ôte la vie, ainsi cette jeune fille a souffert une semblable violence. +27. Elle était seule dans un champ, elle a crié , et personne n'est venu pour la délivrer. +28. Si un homme trouve une jeune fille vierge qui n'a point été fiancée, et que, lui faisant violence, il la désho- nore, les juges, après avoir pris connais- sance de cette affaire, +uxorem, et non poterit dimittere eam omnibus diebus vitœ suœ. +20. Quod si verum est quod objicit, et non est in puella inventa virginitas , +21. ejicient eam extra fores domus patris sui, et lapidibus obruent viri ci- vitatis illius, et morietur, quoniam fecit nefas in Israël , ut fornicaretur in domo patris sui ; et auf ères malum de medio tui. +_ 22. Si dormierit vir cum uxore alte- rius, uterque morietur, id est, adulter et adultéra ; et auferes malum de Israël. +_ 23. Si puellam virginem desponderit vir, et invenerit eam aliquis in civitate, et concubuerit cura ea, +24. educes utrumque ad portam ci- vitatis illius , et lapidibus obruentur : puella, quia non clamavit, cum esset in civitate ; vir, quia humilia vit uxorem proximi sui ; et auferes malum de medio tui. +25. Sin autem in agro repererit vir puellam, qua) desponsata est, et appre- hendens concubuerit cum ea, ipse mo- rietur soins ; +26. puella nihil patietur, nec est rea mortis, quoniam sicut latro consurgit contra fratreûi suum , et occidit animam ejus, ita et puella perpessa est. +27. Sola erat in agro, clamavit, et nullus aft'ait qui liberaret eam. +28. Si invenerit vir puellam virginem, quae non habet sponsum , et appi'chen- dens concubuerit cum illa, et res ad judicium venerit, +timent du coupable était triple : 1» verberabunt , la bastonnade ( voyez xxv, 1 - 3 , et le commen- taire); 2° 100 sicles, ou 283 fr. , de dommages- Intérêts ; 3° la privation perpétuelle du droit de divorcer (non poterit dimittere...). +20-21. Punition d'une fiancée coupable d'incou- duite. — Lapidibus obruent. On la traitait comme une épouse adultère, car les fiançailles ont tou- jours créé, aux yeux des Israélites, des obligations presque équivalentes à celles du mariage. — Sur l'expression fecit nefas in Israël, voyez Gen. xxxiv, 7, et l'explication. +22. L'adultère et son châtiment. Cf. Lcv. xx, 10; Joan. VIII, 5. +23-27. Le cas d'une fiancée ù laquelle on a fait violence. — Deux hypothèses , et, par suite, deux solutions distinctes : 1° Si... in civitate..., vers. 23-24. 2° Sin autem in agro..., vers. 25-27. Dans la première hypothèse, la jeune fille n'a pas suffi- samment défendu son honneur, et l'on présume qu'elle a consenti ; dans la seconde , les présomp- tions sont en sa faveur. +28-29. Cas semblable, pour une jeune fille non fiancée. — Le coupable était condamné : 1° à payer +628 +Deut. XXII, 29 — XXIII, 7. +29. dabit qui dormivit ciim ea, patri puellae quinquagiuta siclos argent! , et liabebit eam uxorem, quia humilia vit illam ; non poterit dimittere eam cunctis diebns vitf« suîc. +30. Non accipiet liomo uxorem patris sui, nec revelabit opcrimentum ejus. +29. condamneront celui qui l'a désho- norée à donner au père de la jeune fille cinquante sicles d'argent, et il la pren- dra pour femme, parce qu'il a abusé d'elle, et jamais il ne pourra la répu- dier. +30. Un homme n'épousera pas la femme de son père, et il ne découvrira point ce que la pudeur doit cacher. +CHAPITRE XXIII +1. Xon in trahit eunuchus, attritis vel amputatis testiculis, et abscisse veretro, ecclesiara Domini. +2. Non ingredietur mamzer, hoc est , de scorto natus, in ecclesiam Domini, usque ad decimam generationem. +3. Ammonites et Moabites etiam post decimam generationem non intrabunt ecclesiam Domini in œternum, +4. quia noluerunt vobis occurrere cum pane et aqua in via , quando egressi estis de^gypto; et quia conduxerunt contra te Balaam, filium Beor, de • Mesopotamia Syriee, ut malediceret tibi ; +5. et noluit Dominus Deus tuus au- dire Balaam, vertitque maledictionem ejus in benedictionem tuam, eo quod diligeret te. +G. Non faciès cum eis pacsm, nec qu;eras eis bona cunctis diebus vitœ tuœ in serapiternum. +7. Non abominaberis Idumseum, quia +1. L'eunuque, dans lequel ce que Dieu a destiné à la conservation de l'espèce aura été ou retranché ou blessé d'une blessure incurable, n'entrera point dans l'assemblée du Seigneur. +2. Celui qui est bâtard, c'est-à-dire qui est né d'une femme prostituée, n'en- trera point dans l'assemblée du Seigneur jusqu'à la dixième génération. +3. L'Ammonite et le Moabite n'entre- ront jamais dans l'assemblée du Sei- gneur, pas même après la dixième géné- ration , +4. parce qu'ils n'ont pas voulu venir au-devant de vous avec du pain et de l'eau, lorsque vous étiez en chemin, après votre sortie d'Egypte; et parce qu'ils ont gagné et fait venir contre vous Balaam, fils de Béor, de la Mésopotamie de Syrie, afin qu'il vous maudît. +5. Mais le Seigneur votre Dieu ne vou- lut point écouter Balaam ; et, parce qu'il vous aimait, il obligea Balaam de vous donner des bénédictions au lieu des ma- lédictions qu'il voulait vous donner. +6. Vous ne ferez point de paix avec ces peuples, et vous ne leur procurerez jamais aucun bien tant que vous vi- vrez. +7. Vous n'aurez pas l'Iduméen en abo- +50 sicles de dommages - intérêts , 2° à épouser la jeune fille, en perdant tout droit au divorce. Plus haut. Ex. XXII, 16-17, il s'agissait de simple sé- duction sans violence ; de là, la différence du châ- timent. +30. L'inceste. Cf. x.xvn, 20; Lev. xvin, 8; +XX, 11. +8» Du droit de cité dans Israël. XXIII, 1-8. +Chai*. XXIII. — 1-6. Cinq catégories de per- sonnes qui ne pourront jamais obtenir ce droit. — 1« Eunuchus, attritis... testiculis (cf. Lev. +XXI, 17 et ss.); 2» abscisso veretro: ces deux sortes de mutilations , si fréquentes chez les peuples païens de l'antiquité, avilissaient ceux +qui les avaient subies, et les rendaient indignes de faire partie du peuple de Jéhovah. — 3° Mam- zer, mot d'origine et de signification douteuses, qui ne désigne probablement pas un bâtard or- dinaire {de scorto natus), mais le fi-uit do l'in- ceste ou de l'adultère. Usque ad decimam ge- nerationem équivaut à « jamais » d'après le vers. 3. — 4:> et 5° Ammonites et Moabites, vers. 3-6. Cette fois, l'e.Kclusion est motivée et appuyée sur des faits récents. Cf. ii, 29; Num. xxu, 5 et ss. +7-8. Deux peuples admis au droit de cité. — Idumceum , en tant que descendants d'J^^saii ; JSjUPtliim, à cause de la longue liospitalité dont +Deut. XXIII, 8-18. +G29 +mination, parce qu'il est votre fi'cre ; ni l'Egyptien, parce que vous avez été étranger en son pays. +8. Ceux qui seront nés de ces deux peuples entreront à la troisième généra- tion dans l'assemblée du Seigneur. +9. Lorsque vous marcherez contre vos ennemis pour les combattre, vous aurez soin de vous abstenir de toute action mauvaise. +10. Si un homme d'entre vous a souf- fert quelque chose d'impur dans un songe pendant la nuit, il sortira hors du camp, +11. et il n'y reviendra point jusqu'à ce qu'au soir il se soit lavé dans l'eau ; et, a])rcs le coucher du soleil, il revien- dra dans le camp. +12. Vous aurez un lieu hors du camp où vous irez pour vos besoins naturels. +13. Et portant un bâton pointu à votre ceinture, lorsque vous voudrez vous soulager, vous ferez un creux en rond, et vous recouvrirez les excréments de terre +14. après vous être soulagé. (Car le Seigneur votre Dieu marche au milieu de votre camp pour vous délivrer de tout péril, et pour vous livrer vos enne- mis. ) Ainsi vous aurez soin que votre cam}) soit 2^ur et saint, et qu'il n'y pa- raisse rien qui le souille , de peur que le Seigneur ne vous abandonne. +15. Vous ne livrerez point entre les mains de son maître l'esclave qui s'est réfugié chez vous. +16. Il demeurera parmi vous au lieu" où il lui plaira, et il trouvera le repos et la sûreté dans quelqu'une de vos villes, sans que vous lui fassiez aucune peine. +17. Il n'y aura point de femme prosti- tuée d'entre les filles d'Israël, ni de for- nicateur d'entre les enfants d'Israël. +18. Vous n'offrirez point dans la mai- son du Seigneur votre Dieu la récom- +frater tuus est; nec ^gyptium, quia advena fuisti in terra ejus. +8. Qui nati fuerint ex eis, tertia gene- ratione intrabunt in ecclesiam Domini. +9. Quando egressus fueris ad versus hostes tuos in pugnam, custodies te ab omni re mala. +10. Si fuerit inter vos homo, qui no- cturno pollutus sit somnio, egredietur extra castra, +11. et non revertetur, priusquam ad vesperam lavetur aqua ; et post solis occasum regredietur in castra. +12. Habebis locum extra castra, ad quem egrediaris ad requisita naturœ, +13. gerens paxillum in balteo; cum- que sederis, fodies per circuitum, et egesta humo operies +14. quo releva tus es (Dominus enim Deus tuus ambulat in medio castrorum , ut cruat te, et tradat tibi inimicos tuos); et sint castra tua sancta , et nihil in eis appareat fœditatis, ne derelinquat te. +15. Non trades servum Domino suo, qui ad te confugerit. +16. Habitabit tecum in loco, qui ei placuerit, et in una urbium tuarum re- quiescet ; ne contristes eum. +17. Non erit meretrix de filiabus Is- raël , nec scortator de filiis Israël. +18. Non ofïeres mercedem prostibuli, nec pretium canis, in domo Domini Dei +les Hébreux avaient joui en Egypte {advenu fu isti... ). — Une réserve pourtant : tertia gene- ralionc; les arrière - petits - enfants. ^9° La pureté du camp. XXIII, 9-14. +9-11. Veiller, en temps de guerre, à la pureté morale du camp Israélite. — Le principe au vers. 9 : ab omni re mala. Un exemple aux vers. 10-11 : qui nocLurno... Cf. Lev. xv, 16. +12-14. La propreté matérielle du camp. — Ha- hchis locum... De petites choses, relevées par de hautes considérations : Dominus... ambulat... Cf. Matlh. XV, 17-20. +10° rersonncs à protéger ou à proscrire. XXIII, 15-18. +15-16. Accueillir avec bonté les esclaves fugi- tifs. — Non trades servum... L'esclave et son maître sont supposés appartenir h une nation voisine, et le premier s'est réfugié sur le terri- toire Israélite pour échapper à un traitement tjTannique : par ce seul fait il recouvrait sa liberté. +17-18. Ne pas tolérer dans Israël ceux qui sa livraient à une infâme prostitution en l'honneur d'Astarté. — Meretrix, scortator; il y en avait des deux sexes. Le texte les appelle q'désah, qades (voyez la note de Gen. xxxviii, 21). — Non offercs mercedem... Le salaire de leur incon- (luito n'était pas moins ignoble que leurs per- +630 +Deut. XXIII, 19 — XXIV, 1. +tui, quidqnid illud est quod voveris, quia abominatio est utrumque apud Do- minum Deum tuiim. +19. Non fœnerabis fratri tuo ad usu- ram pecimiam, nec fruges, nec quam- libet aliam rem, +20. sed alieno. Fratri autem tuo abs- que usura id, quo indiget, commodabis, ut benedicat tibi Dominus Deus tuus in omni opère tuo in terra, ad quam ingre- dicris possidendam. +21. Cum votum voveris Domino Deo tuo, non tardabis reddere, quia requiret illud Dominus Deus tuus ; et si moratus fueris, reputabitur tibi in peccatum. +22. Si nolueris polliceri, absque pec- cato eris ; +23. quod autem semel egressum est de labiis tuis, observabis, et faciès sicut promisisti Domino Deo tuo, et propria voluntate, et ore tuo locutus es. +24. Ingressus vineam proximi tui, co- medes uvas quantum tibi placuerit ; foras autem ne efîeras tecum. +25. Si intraveris in segetem amici tui, franges spicas , et manu conteres ; f alce autem non metes. +pense de la prostituée, ni le prix du chien, quelque vœu que vous ayez fait; parce que l'un et l'autre est abominable devant le Seigneur votre Dieu. +19. Vous ne prêterez à usure à votre frère ni de l'argent, ni du grain, ni quelque autre chose que ce soit, +20. mais seulement aux étrangers. Vous prêterez à votre frère ce dont il aura besoin , sans en tirer aucun intérêt ; afin que le Seigneur votre Dieu vous bénisse en tout ce que vous ferez dans le pays dont vous devez entrer en pos- session. +21. Lorsque vous aurez fait un vœu au Seigneur votre Dieu, vous ne diffé- rerez point de l'accomplir, parce que le Seigneur votre Dieu vous en demandera compte, et que si vous différez, cela vous sera imputé à péché.. +22. Vous serez exempt de péché si vous ne voulez faire aucune promesse ; +23. mais, lorsqu'une fois la parole sera sortie de votre bouche, vous l'accompli- rez, et vous ferez selon ce que vous avez promis au Seigneur votre Dieu, l'ayant fait de votre propre volonté, et l'ayant déclaré par votre bouche. +24. Quand vous entrerez dans la vigne de votre prochain, vous pourrez manger des raisins autant que vous voudrez ; mais vous n'en emporterez point dehors avec vous. +25. Si vous entrez dans les blés de votre ami, vous en pourrez cueillir des épis et les froisser avec la main ; mais vous n'en pourrez pas couper avec la faucille. +CHAPITRE XXIV +1. Si acceperit homo uxorem, et ha- buerit eam, et non invenerit gratiam ante oculos ejus propter aliquam fœdi- +1. Si un homme, ayant épousé une femme et ayant vécu avec elle, en con- çoit ensuite du dégoût à cause de quelque +sonnes. — Canis doit se prendre au figuré et re- présente le « scortator » du vers. 17 (cf. Apoc. XXII, ]5). +110 Contre l'usure. XXIII, 19-20, +19-20. L'usure était interdite à l'égard des Israélites (fratri tuo), mais permise envers les païens (alieno). Cf. Ex. xxii, 25 et ss. ; Lev. XXV, 36-37. +120 Les vœux. XXIII, 21-23. +21-23. On recommande leur accomplissement prompt et intégral. Cf. Ex. xxii, 29; Lev. xxvii; Num. XXX, 2, etc. +13" Respecter le bien d'autrui, XXIII, 24-25, +24-25, Comede..., franges... Cette tolérance avait lieu surtout au profit des pauvres ; mais on interdit l'abus, en limitant le privilège à la con- sommation sur place : ne efferas , non. m':tcs. Les apôtres usèrent un jour de cette autorisation (cf. Matth, XII, 1), qui subsiste encore dans les pays arabes. +14« Le divorce. XXIV, 1-4. +Chap. XXIV. — 1-4. Propter aliquam fœdi- tatem. L'hébreu 'ervat dâbar signifie littérale- ment : la nudité d'une chose, c.-à-d. une chose +Deut. XXIV, 2-8. +C31 +défaut honteux, il fera un écrit de di- vorce, et, l'ayant mis entre les mains de cette femme, il la renverra hors de sa maison. +2. Et si, après qu'elle est sortie, elle épouse un second mari , +3. qui conçoive aussi de l'aversion pour elle, et qui la renvoie encore hors de sa maison après lui avoir donné un écrit de divorce, ou s'il vient simplement à mourir, +4. le premier mari ne pourra plus la reprendre ])our sa femme, parce qu'elle a été souillée, et qu'elle est devenue abominable devant le Seigneur ; ne souf- frez pas qu'un tel péché se commette dans la terre dont le Seigneur votre Dieu doit vous mettre en possession. +5. Lorsqu'un homme aura épousé une femme depuis peu, il n'ira point à la guerre, et on ne lui imposera aucune charge publique ; mais il pourra sans aucune faute s'appliquer à sa maison, et passer une année en joie avec sa femme. +6. Vous ne recevrez point pour gage la meule inférieure ou supérieure du moulin , parce que celui qui vous l'offre vous engage sa propre vie'. +7. Si un homme est surpris tendant un piège à son frère d'entre les enfants d'Israël, et que, l'ayant vendu comme esclave, il en ait reçu le prix, il sera puni de mort; et vous ôterez le mal du milieu de vous. +8. Evitez avec un soin extrême tout ce qui pourrait vous faire tomber dans la plaie de la lèpre ; faites pour cela +tatem , scribet libellum repudii , et dabit in manu illius, et dimittet eam de domo sua. +2. Cumque egressa alterum maritura duxerit, +3. et ille quoque oderit eam, dede- ritque ei libellum repudii, et dimiserit de domo sua, vel certe mortuus fuerit, +4. non poterit prior maritus recipere eam in uxorem, quia polluta est, et abo- minabihs facta est coram Domino ; ne peccare facias terram tuam , quam Do- minus Deus tuus tradiderit tibi possi- dendam. +5. Cum acceperit homo nuper uxorem, non procedet ad bellum, nec ei quippiam necessitatis injungetur publicœ ; sed va- cabit absque culpa domi sues, ut uno anno Ifetetur cum uxore sua. +6. Non accipies loco pignoris inferio- rem et superiorem molam, quia animam suam opposuit tibi. +7. Si deprehensus fuerit homo sollici- tans fratrem suum de filiis Israël, et vendito eo acceperit pretium, interficie- tur, et auferes malum de medio tai. +8. Observa diligenter ne incurras pla- gam leprse ; sed faciès quœcumque do- cuerint te sacerdotes levitici generis, juxta +honteuse (les LXX, a(7-/-o!J-ov Tipayfxa); ce qui suppose quelques raisons graves et exclut le simple caprice. — Libellum repudii. Cette pièce formait l'acte of&ciel du divorce. — Dimittet. Concession faite à la « dureté de leur cœur », a dit Notrc- Seigneur Jésus -Christ lorsqu'il a solennellement rétabli l'indissolubilité primitive du mariage, Matth. XIX, 2 et ss. Du reste, la restriction éta- blie au vers. 4 {von poterit prior...) et la sévé- rité des expressions employées par le législateur {polluta est, et abominabilis) étaient bien ca- pables de faire réfléchir ceux qui songeaient au divorce. +15° Divers préceptes d'humanité. XXIV, 5-7. +5. Exemption du service militaire pour les hommes nouvellement mariés. Cf. xx, 7. La durée de l'exemption {uno anno) n'avait pas été détei'- minée précédemment. +6. Ne pas prendre en gage la meule de son prochain. — Ivferiorem et superiorem molam. Les petits moulins à bras, toujours usités en +Orient , se composent , en effet , de deux meules , dont l'une repose à terre et demeure immobile, tandis que l'autre tourne par-dessus. Voyez VAtl. archéol., pi. xxi, flg. 1, 2, 3. Comme l'on moud chaque jour la provision de grain nécessaire au ménage, une meule est un objet indispensable {animam snavi.,.; littéralement :ce serait prendre pour gage la vie même). +7. Rapt d'hommes pour les vendre comme es- claves. — ■ Sollicitans. Hébr. : qui aie dérobé un de ses frères. Crime odieux, déjà condamné (Ex. XXI, 16). +160 La lèpre. XXIV, 8-9. +8-9. Observa diligenter ne... Prendre tous les soins possibles pour éloigner ce fléau épouvan- table , et pour cela se conformer fidèlement aux ordonnances des prêtres , que Dieu avait éta- blis juges suprêmes en cette matière. Cf. Lev. XIII et XIV. — Qu(S fecerit... Marice. Cf. Num. XII, 10 et ss. La sœur même de Moïse et d'Aaron dut se soumettre aux prescriptions réglemen- +632 +Deut. XXIV, 9-18. +id qiiod prœcepi eis, et impie sollicite. +9. Mementote qwso. fecerit Dominus Deus vestei- Mariœ in via, cum egredere- mini de ^gypto. +10. Cum répètes a proximo tiio rem aliquam, quam débet tibi, non ingredie- ris domum ejus ut pignus auferas, +11. sed stabis foris, et ille tibi pro- feret quod habuerit. +12. Sin autem pauper est, non per- noctabit apud te pignus; +13. sed statim reddes ei ante solis occasum, ut dormiens in vestimento suo, benedicat tibi, et liabeas justitiam co- ram Domino Deo tuo. +14. Non negabis mercedem indigen- tis, et pauperis fratris tui, sive adveiise, qui tecum moratur in portas tuas est; +terra, et intra +15. sed eadem die reddes ei pretium laboris sui ante solis occasum, quia pau- per est, et ex eo sustentât animam suam ; ne clamet contra te ad Dominum, et reputetur tibi in peccatum. +16. Non occidentur patres pro filiis, nec filii pro patribus ; sed unusquisque pro peccato suo morietur. +17. Non pervertes judicium advenue et pupilli, nec auferes pignoris loco viduse vestimentum. +18. Mémento quod servieris in ^gypto, +tout ce que les prêtres de la race de Lévi vous enseigneront, selon ce que je leur ai commandé, et accomplissez -le exactement. +9. Souvenez -vous de la manière dont le Seigneur votre Dieu a traité Marie durant le voyage, après votre sortie de l'Egypte. +10. Lorsque vous redemanderez à votre prochain quelque chose qu'il vous doit, vous n'entrerez point dans sa maison pour en emporter un gage , +11. mais vous vous tiendrez dehors, et il vous donnera lui-même ce qu'il aura. +12. Et s'il est pauvre, le gage qu'il vous aura donné ne passera pas la nuit chez vous ; +13. mais vous le lui rendrez aussitôt avant le coucher du soleil, afin que, dor- mant dans son vêtement, il vous bénisse, et que vous soyez trouvé juste devant le Seigneur votre Dieu. +14. Vous ne refuserez point à l'indi- gent et au pauvre ce que vous lui devez, soit qu'il soit votre frère, ou qu'étant venu du dehors, il demeure avec vous dans votre pays et dans votre ville ; +15. mais vous lui rendrez le même jour le prix de son travail avant le cou- cher du soleil, parce qu'il est pauvre et qu'il n'a que cela pour vivre ; de peur qu'il ne crie contre vous au Seigneur, et que cela ne vous soit imputé à péché. +16. On ne fera pas mourir les pères pour les enfants , ni les enfants pour les pères; mais chacun mourra pour son péché. +17. Vous ne renverserez pas la justice dans la cause de l'étranger ni de l'or- phelin, et vous n'éterez point à la veuve son vêtement pour qu'il vous tienne lieu de gage. +18. Souvenez -vous que vous avez été +taires, après sa guérison. Selon d'autres inter- prètes, le sens serait; Ne péchez pas, comme Marie ; autrement, Dieu se vengera en vous frap- pant (le la lèpre. +17° Autres préceptes d'humanité et de charité. XXIV, 10 -XXV, 5. +10-13. Encore les gages. — Deux règles déli- cates : l" vers. 10-11 (nouveau détail) : non in- gredieris domum..., le domicile étant une chose inviolable et sacrée; 2° vers 12-13, non perno- ctaUt... pignus, au cas où ce gage consistait dans le grand manteau (vcstimenium) qui servait de couverture aux pauvres pendant la nuit. Cf. Ex. XXII, 26-27. +14-15. Le salaire des ouvriers indigents. Cf. Lcv. XIX, 13; Tob. iv, 15; Jac. v, 4. +16-17. Éviter l'injustice dans les causes judi- ciaires. — Première règle, vers. 16 (trait nou- veau) : ne pas englober toute une famille dans le châtiment d'un crime commis par un de ses membres, ainsi que cela se pratiquait habituel- lement chez les peuples païens (cf. Esth. ix, 13) ; mais unui^qiiisque... « Pœna caput scquitur, w disent les juristes d'après ce passage. Ex. xx, 5, les coupables sont menacés de châtiment jusqu'à la troisième et la quatrième génération ; mais là il est question de la justice divine; ici, de la justice humaine. — Deuxième règle, vers. 17 : être équitable et bon pour les classes faibles et délaissées. Cf. Ex. xxii, 22-24. +18-22. lléscrvcr aux pauvres co qui reste dans les champs après la récolte. Vo^ez Lcv. +Deut. XXIV, 19 — XXV, 3. +G33 +enclave en Egypte, et qne le Seigneur votre Dieu vous en a tiré. C'est pour- quoi voici ce que je vous commande de faire : +19. Lorsque vous aurez coupé vos grains dans votre champ, et que vous y aurez laissé une javelle par oubli, vous n'y retournerez point pour l'emporter; mais vous la laisserez prendre à l'étran- ger, à l'orphelin et à la veuve, afin que le Seigneur votre Dieu vous bénisse dans toutes les œuvres de vos mains. +20. Quand vous aurez recueilli les fruits des oliviers, vous ne reviendrez point reprendre ceux qui seront restés sur les arbres ; mais vous les laisserez à l'étranger, à l'orphelin et à la veuve. +21. Quand vous aurez vendangé votre vigne, vous n'irez point cueillir les rai- sins qui y seront demeurés ; mais ils se- ront pour l'étranger, pour l'orphelin et pour la veuve. +22. Souvenez- vous que vous avez été vous-même esclave en Egypte ; car c'est pour cela que je vous fais ce comman- c. aillent. +et eruerit te Dominus Deus tuns inde. Idcirco prœcipio tibi ut fucias luiiic rem : +19. Quando messueris segetem in agro tuo, et oblitus manipulum reliqueris, non reverteris ut tollas illum ; sed ad- venam, et pupillum, et viduam auferre patieris, ut benedicat tibi Dominus Deus tuus in omni opère manuum tuarum. +20. Si fruges collegeris olivarum, quid- quid remanserit in arboribus, non rever- teris ut colligas; sed relinques advenœ, pupillo , ac viduse, +21. Si vindemiaveris vineam tuam, non coUiges rémanentes racenios ; sed cèdent in usus advense, pupilli, ac vi- duae. +22. Mémento quod et tu servieris in iEgypto ; et idcirco praecipio tibi ut facias liane rem. +CHAPITRE XXV +1. S'il s'excite un différend entre deux hommes, et qu'ils portent l'affaire de- vant les juges, celui qu'ils reconnaî- tront avoir la justice de son côté sera justifié par eux et gagnera sa cause; et ils condamneront d'impiété celui qu'ils auront jugé impie. +2. Et s'ils trouvent que le coupable mérite d'être l;attu, ils ordonneront qu'il soit couché par itrre , et qu'il soit battu devant eux. Le nombre des coups se ré- glera d'après la nature du péché ; +3. en sorte, néanmoins, qu'il ne dé- passe point celui de quarante, de peur ■yae votre frère ne s'en aille après avoir été déchiré misérablement devant vos +1. Si fuerit causa inter aliquos, et in- terpellaverint judices, quem justum esse perspexerint, illi justitise palmam da- bunt ; quem impium, condemnabunt im- pietatis. +2. Sin autem eum qui peccavit, di- gnum viderint plagis, prosternent, et coram se facient verberari. Pro mensura peccati erit et plagarum modus ; +3. ita duntaxat, ut quadragenarium numerum non excédant, ne fœde lace- ratus ante oculos tuos abeat frater tuus. +veux. +xix, 9 10 ; le détail si fruges..'. ollvariim (vers. 20; n'avait pas été mentionné antérieurement. +Chap. XXV. — 1-5. Divers exemples d'équité et d'humanité. — 1° Un principe général pour les juges, vers. 1 : ils ne devront s'inspirer que de la justice pour rendre leurs sentences (jusium, impium ; c.-àd. innocent ou coupable). — 2° Hu- manité dans les cliâtiments, vers. 2-3 : sans doute, punir quand il le fauc ; mais éviter les excès. Le T .Imud a tout un traité {Makkùth) sur ce point. +— Prosternent..., verberari: les monuments égyp- tiens donnent un commentaire plastique de ce passage ; celui qui subit la bastonnade est couché sur le ventre , et on lui assène les coups de bâton sur le dos (A II. archéol., pi. lxxi, fig. 4). Plus tard, le supplicié restait debout; mais on l'at- tachait par les mains à une colonne basse, de manière à le faire courber en avant Hbid., pi. lxxii, fig. 2). — Coram se : en présence dos juges ; excel- lente mesure pour restreindre la brutalité des +634 +Deux. XXV, 4-11. +4. Non ligabis os bovis terentis in area frugestuas. +5. Quando habita verint fratres simul, et unus ex eis absque liberis mortuns fuerit, uxor defuncti non nubet alteri, sed accipiet eam frater ejus, etsuscitabit semen fratris sui; +6. et primogenitum ex ea filium no- mine illius appellabit, ut non deleatur nomen ejus ex Israël. +7. Sin autem noluerit accipere uxorem fratris sui, quse ei lege debetur, perget mulier ad portam civitatis, et interpel- labit majores natu, dicetque : Non vult frater viri mei suscitare nomen fratris sui in Israël, nec me in conjugem su- mere ; +8. statimque accersiri eum facient, et interrogabunt. Si responderit : Nolo eam uxorem accipere, +9. accedet mulier ad eum coram se- nioribus, et tollet calceamentum de pede ejus, spuetque in faciem illius, et dicet: Sic fiet homini, qui non œdificat domum fratris sui ; +10. et vocabitur nomen illius in Israël, domus discalceati. +11. Si habuerint inter se jurgium viri +4. Vous ne lierez pas la bouche du bœuf qui foule vos grains dans l'aire. +6. Lorsque deux frères demeurent en- semble, et que l'un d'eux sera mort sans enfants, la femme du mort n'en épousera point un autre, mais le frère de son mari l'épousera , et suscitera des enfants à son frère ; +6. et il donnera le nom de son frère à l'aîné des fils qu'il aura d'elle, afin que le nom de son frère ne se perde point dans Israël. +7. Mais s'il ne veut pas épouser la femme de son frère, qui lui est due selon la loi, cette femme ira à la porte de la ville, et elle s'adressera aux anciens, et leur dira : Le frère de mon mari ne veut pas susciter dans Israël le nom de son frère, ni me prendre pour sa femme ; +8. et aussitôt ils le feront appeler et ils l'interrogeront. S'il répond : Je ne veux point épouser cette femme , +9. la femme s'approchera de lui de- vant les anciens, et lui ôtera sa chaussure du pied, et lui crachera au visage, en disant : C'est ainsi que sera traité celui qui ne veut pas établir la maison de son frère ; +10. et sa maison sera appelée dans Israël la maison du déchaussé. +11. S'il arrive un démêlé entre deux +bourreaux. — Quadragenarium... non excédant : pour plus de certitude, il fut réglé qu'on s'arrê- terait après le trente - neuvième coup. Cf. II Cor. XI, 24. — Ne /œde laceraius... Le législateur voulait empêcher qu'une punition légitime ne se transformât en une perpétuelle humiliation. — 3° Humanité même pour les animaux, vers. 4 (trait nouveau): Non alligahis os; avec une muselière d'osier ou d'une autre matière. Bovi triiuranti : c'est l'antique méthode de battre le blé; les bœufs ou les clievaux piétinent en tous sens les gerbes étendues sur l'aire ; souvent on active l'opération au moyen de rouleaux ou de traîneaux, auxquels les bœufs sont attelés. Voyez VAtlas archéol., pi, xxxiv, flg. 11-14; pi. xxxv, flg. 6, 11, 12. Or il semblerait dur de priver ces dociles serviteurs d'une bouchée saisie en pas- sant; de là une belle application de saint Paul, I Cor. IX, 9; I Tim. v. 18. +18» Le mariage du lévirat. XXV, 5-10. +Voyez le traité Yebâmoth du Talmud (de yabam, beau -frère; de même que lévirat dérive de « levir »). Cette ordonnance est mentionnée ici pour la première fois, mais elle repose sur une coutume antique, que nous avons rencontrée Gen. xxxvm, 8 (voyez la note). Son but était de préserver l'intégrité des familles dans toutes leurs ramifications, et aussi d'y maintenir les biens en équilibre. Sur l'objection que les saddu- +céens en tirèrent contre Notre -Seigneur Jésus- Christ, comp. Matth. xxii, 24 et ss. +5-6. Une première hypothèse : le beau -frère consent au mariage. — Accipiet eam frater: ou, à défaut d'un frère, le plus proche parent. Cf. Ruth, II, 2, et l'explication. — Nomine illius ap- pellabit : le défunt avait ainsi un fils et un héri- tier, en vertu de cette fiction légale. +7-10. Deuxième hypothèse : le beau -frère se refuse au mariage. — Si... noluerit... C'est pré- cisément pour rendre plus rares ces sortes de refus que l'on faisait passer le beau-frèi'e non- acceptant par deux cérémonies humiliantes. 1° l'ol- let calceamentum..,: acte symbolique, qui expri- mait la renonciation totale à l'héritage du défunt et au mariage avec sa veuve ( cf. Ruth , iv, 7 ) ; de même qu'on attestait des droits de propriété sur un domaine en le foulant aux pieds (cf. Ps. Lix, 10). Le souvenir de cette première cérémonie était perpétué par le nom infamant de domus discalceati (vers. 10; marcher les pieds nus était regardé comme ime marque d'abjection, d'humi- liation, II Reg. XV, 30, etc.). 2» Spuet...: en signe de profond mépris. Cf. Num. xii, 14, etc. — Qui non eediflcat domum (vers. 9) : au moral; c.-ù-d. une famille, des enfants. +190 Une contravention aux bonnes mœurs. XXV, 11-12. +11-12. Volensque uxor.. Ce détail est à bon +Deut. XXV, 12-10. +635 +hommes, et qu'ils commencent à se que- reller l'un l'autre, et que la femme de l'un, voulant tirer son mari d'entre les mains de l'autre qui sera plus fort que lui , étende la main et le prenne par un endroit que la pudeur défend de nom- mer, +12. vous lui couperez la main, sans vous laisser fléchir d'aucune compassion pour elle. +13. Vous n'aurez point en réserve plu- sieurs poids, l'un plus fort et l'autre plus faible ; +14. et il n'y aura pas dans votre mai- son une mesure plus grande et une plus petite. +15. Vous n'aurez qu'un poids juste et véritable ; et il n'y aura chez vous qu'une mesure, qui sera la véritable et toujours la même ; afin que vous viviez longtemps sur la terre que le Seigneur votre Dieu vous aura donnée. +16. Car le Seigneur votre Dieu a en abomination celui qui fait ces choses, et il a horreur de toute injustice. +17. Souvenez -vous de ce que vous a fait Amalec dans le chemin, lorsque vous sortiez d'Egypte; +18. de quelle manière il fondit sur vous, et tailla en pièces la queue de votre armée, que la lassitude avait obligé de s'arrêter lorsque vous étiez vous-même tout épuisé de faim et de travail, sans qu'il ait eu aucune crainte de Dieu. +19. Lors donc que le Seigneur votre Dieu vous aura donné du repos , et qu'il vous aura assujetti toutes les nations si- tuées tout autour de vous dans la terre qu'il vous a promise, vous exterminerez de dessous le ciel le nom d'Amalec. Pre- nez bien garde de l'oublier. +duo, et unus contra alterum rixari cœ- perit, volensque uxor alterius eruere virum suum de manu fortioris, mise- ritque manum , et apprehenderit verenda ejus. +12. abscides manum illius, nec flecte- ris super eam ulla misericordia. +13. Non habebis in sacculo diversa pondéra , majus et minus ; +14. nec erit indomo tua modius major et minor. +15. Pondus habebis justum et verum, et modius œqualis et verus erit tibi, ut multo vivas tempore super terram, quam Dominus Deus tuus dederit tibi. +16. Abominatur enim Dominus Deus tuus eum qui facit hsec, et aversatur omnem injustitiam. +17. Mémento quse fecerit tibi Amalec in via, quando egrediebaris ex ^gypto; +18. quomodo occurrerit tibi, et extre- mos agminis tui, qui lassi residebant, ceciderit, quando tu eras famé et labore confectus, et non timuerit Deum. +19. Cum ergo Dominus Deus tuus de- derit tibi requiem, et subjecerit cunctas per circuitum nationes in terra quam tibi pollicitus est, delebis nomen ejus sub cselo. Cave ne obliviscaris. +droit rattaché au précédent, car il se rapporte aussi à la vie conjugale. Une ordonnance anté- rieure, Ex. XXI, 22, protégeait la femme contre des risques analogues ; il était juste que la loi prît aussi la défense des hommes. — Abscides manum. Sévèi'e, mais légitime punition d'un acte éhonté. +20° L'équité dans les poids et les mesures. XXV, 13-16. +13-16. Répétition de Lev. xix, 35-36, avec quelques nuances dans la forme. — Majus et mi- nus : un gros poids pour les achats , un petit pour les ventes, de façon à gagner des deux parts. — Modius. Hébr. : un 'é/ah, l'équivalent de 3 lit. 88. — Abominatur... Dom,inus... Cf. Prov. xi, 1; Am. vm, 4-8, etc. Ses amis, les pauvres, sont +ceux qui ont le plus à souffrir de ces injustes procédés. +21° L'extermination des Amalécltes. XXV, 17-19. +17-18. Les considérants de la sentence. — Mé- mento gucB /ecerit... Cf. Ex. xvit, 8 et ss. Le vers. 18 contient plusieurs détails nouveaux, dra- matiques, qui mettent mieux au jour toute la cruauté des Amalécitcs. +19. Le décx'et d'extermination. — Delebis... Mission confiée d'abord spécialement à Josué, Ex. XVII, 14. Elle fut exécutée peu à peu, par Barao et par Gédéon ( Jud. v, 14 ; vi, 3, etc.), par SaiU Cl Rcg. xv), par David (I Reg. xxvii, 8-9; XXX, 17}, etc. +G3G +Deut. XXVI, 1-9. +CHAPITRE XXVJ +1. Cumque intravcris terram qnam Dominus Deus tuus tibi daturus est pos- sidendam, et obtiniieris eam, atque ha- bitaveris in ea, +2. toiles de cunctis friigibus tuis pri- mitias, et pones in cartallo, pergesque ad locum qiiem Dominus Deus tuus ele- gerit, ut ibi invocetur nomen ejus; +3. accedesque ad sacerdotem, qui fu- erit in diebus illis , et dices ad eum : Profiteor hodie coram Domino Deo tuo, quod ingressus sum in terram, pro qua juravit patribus nostris, ut daret eam nobis. +4. Suscipiensque sacerdos cartallum de manu tua, ponet aute altare Domini Dei tui ; +5. et loqueris in conspectu Domini Dei tui : Syrus perseqnebatur patrem meum, qui descendit in ^gyptum, et ibi peregrinatus est in paucissimo numéro ; crevitque in gentem magnam ac robu- stam , et infinitte multitudinis. +6. Afïlixerunt que nos«^gyptii,et per- secuti sunt, imponentes onera gravis- sima ; +7. et clamavimus ad Dominum Deum patrum nostrorum, qui exaudivit nos, et respexit humilitatem nostram, et labo- rem , atque angustiam ; +8. et eduxit nos de ^gypto in manu forti, et brachio extento, in ingenti pa- vore, in signis atque portentis ; +9. et introduxit ad locum istum, et tradidit nobis terram lacté et melle manantem. +1. Lorsque vous serez entrés dans le pays dont le Seigneur votre Dieu doit vous mettre en possession, que vous en serez devenu le maître, et que vous y serez établi, +2. vous prendrez les prémices de tous les fruits de votre terre, et, les ayant mis dans une corbeille, vous irez au lieu que le Seigneur votre Dieu aura choisi afin que son nom y soit invoqué. +3. Là, vous approchant du prêtre qui sera en ce temps -là, vous lui direz : Je reconnais aujourd'hui publiquement de- vant le Seigneur votre Dieu que je suis entré dans la terre qu'il avait promis avec serment à nos pères de nous don- ner. +4. Et le prêtre, prenant la corbeille de votre main, la mettra devant l'autel du Seigneur votre Dieu ; +5. et vous direz en la présence du Sei- gneur votre Dieu : Le Syrien poursuivait mon père, qui descendit en Egypte, et il y demeura comme étranger, ayant très peu de personnes avec lui ; mais il s'ac- crut depuis, jusqu'à former un peuple grand et puissant, qui se multiplia jus- qu'à l'infini. +6. Cependant les Egj^ptiens nous af- fligèrent et nous persécutèrent, nous accablant de charges insupportables ; +7. mais nous criâmes au Seigneur, le Dieu de nos pères , qui nous exauça , et qui, regardant favorablement notre af- fliction, nos travaux, et l'extrémité où nous étions réduits, +8. nous tira d'Egj^pte par sa main toute-puissante et en déployant toute la force de son bras, après avoir jeté une frayeur extraordinaire dans ces peuples par des miracles et des prodiges inouïs ; +9. et il nous a fait entrer dans ce pays, et nous a donné cette terre où coulent le lait et le miel. +22° L'offrande des fruits nouveaux. XXVI, 1-U. +Chap. XXVL — 1-4. Apporter régulièrement ces prémices au local du sanctuaire. Cf. xii, 6, 11, 17; xvm, 4; Lev. xxiii, 10 et ss.; Nuni. xviii, 12 et ss. — In cartallo. Dans une de ces corbeilles que les Égj'ptiens et les Syriens ont toujours été si habiles à tresser avec des rameaux flexibles. Voyez VAtl. archéol., pL xvii, flg. 4-6. — Frojl- +teor... Confession rapide, qui sera développée dans une belle prière, vers. 5 et ss. +5-10». Prière d'action de grâces qui devait ac- compagner l'offrande. C'est un résumé de l'his- toire d'Israël et des bienfaits de Jchovah envers son peuple. — Si/ras persequebatur... Dans l'hé- breu : Mon père était un Si'rien i'aramini, ou Araméen) prêt à périr. Allusion au séjour pro- longé de Jacob en Mésopotamie (Gcn. xxix-xxxi), +Deut. XXVI, 10-16. +637 +10. C'est pourquoi j'offre maintenant les prémices des fruits de la terre que le Seigneur m'a donnée. Vous laisserez ces prémices devant le Seigneur votre Dieu, et après avoir adoré le Seigneur votre Dieu, +11. vous ferez \m festin de réjouis- sance en mangeant de tous les biens que le Seigneur votre Dieu vous aura donnes et à toute votre maison , vous , le lévite et l'étranger qui est avec vous. +12. Lorsque vous aurez achevé do donner la dîme de tous vos fi'uits, vous donnerez, la troisième année, les dîmes aux lévites, à l'étranger, à l'orphelin et à la veuve, afin qu'ils mangent au mi- lieu de vous et qu'ils soient rassasiés ; +13. et vous direz ceci devant le Sei- gneur votre Dieu : J'ai ôté de ma mai- son ce qui vous était consacré , et je l'ai donné au lévite, à l'étranger, à l'orphe- lin et à la veuve, comme vous me l'avez commandé ; je n'ai point négligé vos ordonnances , ni oublié ce que vous m'a- vez commandé. +14. Je n'ai pas mangé de ces choses lorsque j'étais dans le deuil; je ne les ai point mises à part pour m'en servir à des usages profanes, et je n'en ai rien employé dans les funérailles des morts ; j'ai obéi à la voix du Seigneur mon Dieu, et j'ai fait tout ce que vous m'a- viez ordonné. +15. Eegardez-nous donc de votre sanc- tuaire et de ce lieu oii vous demeurez au plus haut des cieux, et bénissez votre peuple d'Israël, et la terre que vous nous avez donnée selon le serment que vous en avez fait à nos pères, cette terre où coulent le lait et le miel. +16. Le Seigneur votre Dieu vous com- mande aujourd'hui d'observer ces ordon- +10. Et idcirco nunc offero primitias frugura terrœ, quam Dominus dédit mi- hi. Et dimittes cas in conspectu Domini Dci tui, et adorato Domino Deo tuo ; +11. et epulaberis in omnibus bonis quae Dominus Deus tuus dederit tibi, et domui tuae, tu et lévites, et advena qui tecum est. +12. Quando compleveris decimam cunctarum frugum tuarum, anno deci- marum tertio, dabis levitse, et advense, et pupillo et viduœ, ut comedant intra portas tuas, et saturentur; +13. loquerisque in conspectu Domini Dei tui : Abstuli quod sanctificatum est de domo mea, et dedi illud levitse et ad venge, et pupillo ac viduœ, sicut jus- sisti mihi; non prgeterivi mandata tua, ne. sum oblitus imperii tui. +14. Non comedi ex eis in luctu meo, nec sépara vi ea in qualibet immunditia, nec expendi ex his quidquam in re funebri. Obedivi voci Domini De: mci, et feci omnia sicut prœcepisti mihi. +15. Eespice de sanctuario tuo, et de excelso cselorum habitaculo, et benedic populo tuo Israël , et terrae quam dedisti nobis, sicut jurasti patribus nostris, terrœ lacté et melle mananti. +16. Hodie Dominus Deus tuus prœ- cex>it tibi ut facias mandata haec atque +et h la vie pénible qu'il y avait menée. — In pan- r.issimo numéro. Cf. Gen. xlvi, 27 : « animœ septuaginta. » +IC^-ll. Conclusion joyeuse de la cérémonie. Cf. xrv, 23; xv, 20, etc. +230 La dîme de chaque troisième année. XXVI, 12-15. +12-13*. L'emploi de cette dîme. — Anno tertio... Cf. XIV, 28-29; Tob. i, 7-8. +1?^-15. Prière à réciter au moment oti l'on offrait la dîme. C'est une confession d'un autre genre, par laquelle le donateur attestait qu'il avait rempli toutes les divines ordonran'^os rela- tivement à cette dîme. — Non comedi in iuctu: car alors on était légalement impur, et c'étaient là des mets sacrés. Cf. Lev. vn, 20; xxi, 1 et +ss. , etc. — Nec expendi... in re funebri : Tto TeOvYixôri, traduisent les LXX; ce qui ferait allusion à la coutume, d'origine païenne, de placer des mets sur les tombes des morts, ou même dans l'intérieur des sépulcres. Selon d'autres, ces paroles désignei'aient plutôt l'usage ancien et moderne dans Israël de porter quelques mets aux familles en deuil, comme marque de sym- pathie. Cf. II E,og. III , 35 ; Jer. xvi, 7 ; Os. ix, 4, etc. Or, pour le motif indiqué plus haut, la dîme eût été profanée par un tel emploi. +240 Péroraison du second discours. XXVI, 16-19. +16-19. Elle consiste en une pressante exhor- tation à l'obéissance. Deux motifs ii l'appui : l'ordre formel du Seigneur (vers. 16), et le traité d'alliance +638 +judicia ; et custodias, et impleas ex toto corde tuo , et ex tota anima tua. +17. Dominiim elegisti hodie, ut sit tibi Deus, et ambules in viis ejus, et cu- stodias ceremonias illius , et mandata atque judicia, et obedias ejus imperio ; +18. et Dominus elegit te hodie, ut sis ei populus peculiaris, si eut locutus est tibi, et custodias omnia prsecepta illius ; +19. et faciat te excelsiorem cunctis gentibus quas créa vit, in laudem, et nomen, et gloriam suam, ut sis populus sanctus Domini Dei tui , sicut locutus est. +Deut. XXVI, 17 — XXVII, 3. +nances et ces lois, de les garder et do les accomplir de tout votre coeur et de toute votre âme. +17. Vous avez aujourd'hui choisi le Seigneur, afin qu'il soit votre Dieu, afin que vous marchiez dans ses voies, que vous gardiez ses cérémonies, ses ordon- nances et ses lois , et que vous obéissiez à ses commandements. +18. Et le Seigneur vous a aussi choisi aujoiu'd'hui, afin que vous soyez son peuple particulier, selon qu'il vous l'a déclaré , afin que vous observiez ses pré- ceptes , +19. et qu'il vous rende le peuple le plus illustre de toutes les nations qu'il a créées pour sa louange , pour son nom et pour sa gloire ; et que vous soj-ez le peuple saint du Seigneur votre Dieu, selon sa parole. +CHAPITRE XXVII +1. Prœcepit autem Moyses et seniores Israël, populo dicentes : Custodite omne mandatum quod prsecipio vobis hodie ; +2. cumque transieritis Jordanem in terram quam Dominus Deus tuus dabit tibi, ériges ingentes lapides, et calce levigabis eos , +3. ut possis in eis scribere omnia verba legis hujus, Jordane transmisso, ut introeas terram, quam Dominus Deus tuus dabit tibi, terram lacté et melle manantem, sicut jura vit patribus tuis. +1. Moïse et les anciens d'Israël ordon- nèrent encore ceci au peuple, et lui dirent : Observez toutes les ordonnances que je vous prescris aujourd'hui. +2. Et lorsqu'ayant passé le Jourdain, vous serez entrés dans le pays que le Seigneur votre Dieu vous donnera , vous élèverez de grandes pierres que vous en- duirez de chaux, +3. pour y pouvoir écrire toutes les pa- roles de cette loi quand vous aurez passé le Jourdain ; afin que vous entriez dans la terre que le Seigneur votre Dieu vous donnera, cette terre où coulent le lait et le miel, selon que le Seigneur l'a juré à vos pères. +qui unit les Hébreux à Jéhovah, traité par le- quel ils se sont précisément engagés h obéir (vers. 17-19). +TROISIÈME DISCOURS La rénovation de l'alliance théocratique. XXVII, 1 — XXX, 20. La Loi vient d'être répétée, promulguée de nouveau dans ses parties essentielles. Mais Moïse songe ù l'introduire dans la Terre promise d'une manière visible et en quelque sorte matérielle, aussitôt après la conquête ; il veut aussi en pro- clamer plus solennellement que jamais la double sanction : tel est l'objet de ce troisième discours. +§ I, — Proclamation future de la loi sur +le mont Ébal. XXVII, 1-26. 10 Graver la loi et ériger un autel sur l'Ébal. XXVII, 1-8. +Deux actes symboliques, par lesquels la théo- +cratie et sa législation pi*endraient, pour ainsi dire, possession de la terre sainte. Pour l'accom- plissement, voyez Jos. vin, 30-35. +Chap. XXVII. — ]. Introduction. — Moyses et seniores. C'est la première fois qu'ils sont as- sociés dans ce livre pour exhorter le peuple. Moïse va bientôt mourir ; témoins de ses derniers ordres, les notables en aideront plus tard l'exé- cution. +2-4. Le monument de pierres. — Eriges in- gentes lapides : de manière ù former une stèle gigantesque, comme eu eurent d'autres nations dans un but identique. — Calce levigabis : pour rendre la surface du monument bien blanche et bien plane, et pour donner ainsi plus de relief à l'écriture (?tt 2}ossis scribere). — Ut introeas. Mieux : quand tu seras entré. — In monte Hebal. Voyez la note de xi, 2î>. Les Samaritains ont mis Garizim au lieu de Hebal, afln de rattacher +30 +638 +Deut. XX\ 17 — XXVII, 3. +judicia ; et custodias, et impleas ex t corde tuo , et ex tota anima tua. +17. Dominura elegisti hodie, ut sit Deus, et anibules in viis ejus, et stodias ceremonias illius , et mand atque judicia, et obedias ejus impei +18. et Dominus elegit te hodie, sis ei populus peculiaris, sicut loci est tibi, et custodias omnia prsece illius ; +19. et faciat te excelsiorem cuu gentibus quas créa vit, in laudem. nomen, et gloriam suam, ut sis popi- sanctus Domini Dei tui , sicut loci est. +nances et ces lois, de les garder et do les accomplir de tout votre cœur et de toute votre âme. +17. Vous avez aujourd'hui choisi le Seigneur, afin qu'il soit votre Dieu, afin que vous marchiez dans ses voies, que vous gardiez ses cérémonies, ses ordon- nances et ses lois, et que vous obéissiez à ses commandements. +18. Et le Seigneur vous a aussi choisi aujourd'hui, afin que vous soyez son peuple particulier, selon qu'il vous l'a déclaré , afin que vous observiez ses pré- ceptes , +19. et qu'il vous rende le peuple le plus illustre de toutes les nations qu'il a créées pour sa louange , pour son nom et pour sa gloire ; et que vous soyez le peuple saint du Seigneur votre Dieu, selon sa parole. +GHAPTRE XXVII +1. Prcecepit autem Moj'-ses et seni s Israël, populo dicentes : Custodite oi e mandatum quod prsecipio vobis hodie +2. cumque transieritis Jordanem n terram quam Dominus Deus tuus d t tibi, ériges ingentes lapides, et c; e levigabis eos , +3. ut possis in eis scribere on a verba legis hujus, Jordane transmi >, ut introeas terram, quam Dominus 1 s tuus dabit tibi, terram lacté et m e manantem, sicut juravit patribus tui; +1. Moïse et les anciens d'Israël ordon- nèrent encore ceci au peuple, et lui dirent : Observez toutes les ordonnances que je vous prescris aujourd'hui. +2. Et lorsqu'ayant passé le Jourdain, vous serez entrés dans le pays que le Seigneur votre Dieu vous donnera , vous élèverez de grandes pierres que vous en- duirez de chaux, +3. pour y pouvoir écrire toutes les pa- roles de cette loi quand vous aurez passé le Jourdain ; afin que vous entriez dans la terre que le Seigneur votre Dieu vous donnera , cette terre où coulent le lait et le miel, selon que le Seigneur l'a juré à vos pères. +qui unit les Hébreux à Jéhovali, traité pa 2- quel ils se sont précisément engagés k < ir (vers. 17-19). +TROISIÈME DISCOURS La rénovation de l'alliance théocratiqi- XXVII, 1 — XXX, 20. La Loi Tient d'être répétée, promulgué le nouveau dans ses parties essentielles. Mais i\ se songe à l'introduire dans la Terre promise (i le manière visible et en quelque sorte matéri 3, aussitôt après la conquête ; il veut aussi en o- clamer plus solennellement que jamais la de le sanction : tel est l'objet de ce troisième disci -s. +§ I. — Proclamation future de la loi .s +le mont Ébal. XXVII, 1-26. l» Graver la loi et ériger un autel sur 1'] il. XXVII, 1-8. +Deux actes symboliques, par lesquels la \ o- +cratie et sa législation prendraient, pour ainsi dire, possession de la terre sainte. Pour l'accom- plissement, voyez Jos. vni, 30-35. +Chap. XXVII. — 1. Introduction. — Moyses et seniores. C'est la première fois qu'ils sont as- sociés dans ce livre pour exhorter le peuple. Moïse va bientôt mourir ; témoins de ses derniers ordres, les notables en aideront plus tard l'exé- cution. +2-4. Le monument de pierres. — Eriges in- gentes lapides: de manière à former une stèle gigantesque, comme eu eurent d'autres nations dans un but identique. — Calce levigabis : pour rendre la surface du monument bien blanche ce bien phinc, et pour donner ainsi plus de relier k l'écriture (ut possis scribere). — Ut introeas. Mieux : quand tu seras entré. — In monte Hebal. Voyez la note de xi, 2î>. Les Samaritains ont mis Garizim au lieu de Eebal, afin de ' +ÏTK. +"••«b^TOBobservit i^âKR atouts la +fil ■&: da Seigmr +ic :/iii. +lin /iTn-i J •■- -. i u'i +r: ntm dm- +.,io * +.;*•»»•'• +Deut. XXVII, 4-14. +G39 +4. Lors donc que vous aurez passé le Jourdain, vous élèverez ces pierres sur le mont Hébal, selon que je vous l'or- donne aujourd'hui, et vous les enduirez de chaux. +5. Vous dresserez là aussi au Seigneur votre Dieu un autel de pierres, auxquelles le fer n'aura pas touché, +6. de pierres brutes et non polies ; et vous offrirez sur cet autel des holo- caustes au Seigneur votre Dieu. +7. Vous immolerez en ce lieu des hos- ties pacifiques, dont vous mangerez avec joie devant le Seigneur votre Dieu. +8. Et vous écrirez distinctement et nettement sur les pierres toutes les pa- roles de cette loi que je vous propose. +9. Alors Moïse et les prêtres de la race de Lévi dirent à tout Israël : Soyez attentif, ô Israël, et écoutez. Vous êtes devenu aujourd'hui le peuple du Sei- gneur votre Dieu. +10. Ecoutez donc sa voix, et observez les préceptes et les ordonnances que je vous prescris. +11. Ce jour -là même, Moïse fit ce commandement au peuple, et lui dit : +12. Après que vous aurez passé le Jourdain, Siméon, Lévi, Juda, Issachar, Joseph et Benjamin se tiendront sur la montagne de Garizim pour bénir le peuple ; +13. et Ruben, Gad, Aser, Zabulon, Dan et Nephthali se tiendront de l'autre côté, sur le mont Hébal, pour le mau- dire. +14. Et les lévites prononceront ces +4. Quando ergo transieritis Jordanem , erigite lapides, quos ego hodie prœcipio vobis , in monte Ilebal , et levigabis eos calce ; +5. et sedificabis ibi altare Domino Deo tuo, de lapidibus quos ferrum non te- tigit , +6. et de saxis informibus et impolitis; et ofïeres super eo holocausta Domino Deo tuo, +7. et immolabis hostias pacificas, co- medesque ibi, et epulaberis coram Do- mino Deo tuo. +8. Et scribes super lapides omnia verba legis hujus plane et lucide. +9. Dixeruntque Moyses et sacerdotes levitici generis ad omnem Israelem : Attende, et audi, Israël. Hodie factus es populus Domini Dei tui ; +10. audies vocem ejus, et faciès man- data atque justitias, quas ego prsecipio tibi. +11. Prsecepitque Moyses populo in die illo, dicens : +12. Hi stabunt ad benedicendum po- pulo super montem Garizim, Jordane transmisse : Simeon, Levi, Judas, Issa- char, Joseph, et Benjamin. +13. Et e regione isti stabunt ad maledi- cendum in monte Hebal : Ruben, Gad, et Aser, et Zabulon, Dan, et Nephthali. +14. Et pronuntiabunt levitse, dicent- +ieur fameux temple à ce passags et accroître l'au- torité de leur culte (cf. Joan. iv, 20). +5-7. L'autel. — Sa matière, 5-6»: de lapidibus quos ferrum...., ainsi qu'il avait été prescrit Ex. XX, 25. — Sacrifices à offi'tr sur cet autel, 6^-7 : holocausta, hostias pacificas; les holo- caustes, pour reconnaître le souverain domaine de Jéhovah sur toute la Palestine; les victimes pacifiques, pour le remercier de l'avoir donnée à son peuple. Ce qui resterait de ces dernières après qu'on aurait prélevé la part de Dieu et des prêtres devait être consommé en de joyeux festins : co- mtdes... +H. Texte à graver sur le monument de pierres. — Omvia verba legis hujus: non pas le Penta- leuque tout entier, ni seulement le Décalogue; mais probablement un résumé de toute la légis- lation proprement dite. +20 Bénédictions et malédictions à prononcer sur les monts Ébal et Gar-izim. XXVII, 9-23. +Voyez, XI, 29-30, un abrégé de cette pres- cription, et VAtl. gèogr., pi. vu. +9-10. Préambule : grave exhortation à l'obéis- sance. — Moyses et sacerdotes. Cette fois , les prêtres au lieu des notables (vers. 1), à cause de leur rôle prépondérant dans la cérémonie pres- crite. — Hodie factus es... Il importait de l'appe- ler constamment à Israël sa situation si relevée ; aucun autre motif n'était plus capable de l'exci- ter à la fidélité. +11-13. La place que les différentes tribus oc- cuperont pendant la cérémonie. — Deux groupes : l'un formé par Siméon, Lévi, Juda, Issachar, Joseph et Benjamin (tous fils de Lia et de Eachel), 3t se tenant sur le Garizim (note de xi, 29); l'autre composé des tribus de Ruben (le fils aîné, dépouillé de ses droits), Gad (le dernier fils de Lia), Aser, Zabulon, Dan et Nephthali (quatre fils d'esclaves), et se tenant sur l'Ébal. — Ad benedicendum, maledicendum. C.-à-d., d'après le contexte, pour entendre soit les bénédictions, soit les malédictions prononcées sur la masse du peuple. +14-26. Formule des malédictions. — Pronun- +G40 +Deut. XXVII, 15-24. +que ad omnes vires Israël excelsa voce : +15.Maledictus homo qui facit sculptile et conilatile, abomination em Domini , opus manuum artificum, ponetque illud in abscondito ; et respondebit omnis po- pulus , et dicet : Amen. +16. Maledictus qui non honorât patrem suum , et matrem ; et dicet omnis popu- lus : Amen. +17. Maledictus qui transfert termines proximi sui ; et dicet omnis populus : Amen. +18. Maledictus qui errare facit cœcum in itinere ; et dicet omnis populus : Amen. +19. Maledictus qui. pervertit judicium advenœ, pupilli, et viduœ ; et dicet omnis populus : Amen. +20. Maledictus qui dormit cum uxore patris sui, et révélât operimentum le- ctuli ejus ; et dicet omnis populus : Amen. +21. Maledictus qui dormit cum omni jumento ; et dicet omnis populus : Amen. +22. Maledictus qui dormit cam so- rore sua, filia patris sui vel matris suœ ; et dicet omnis populus : Amen. +23. Maledictus qui dormit cum socru sua ; et dicet omnis populus : Amen. +24. Maledictus qui clam percusserit proximum suum ; et dicet omnis popu- lus : Amen. +paroles à haute voix, et diront devant tout le peuple d'Israël : +15. Maudit est l'homme qui fait une image sculptée ou coulée en fonte, abo- mination du Seigneur et œuvre de la main d'un artisan, et qui la met dans un lieu secret. Et tout le peuple répondra, et dira : Amen. +16. Maudit celui qui n'honore point son père et sa mère. Et tout le peuple répondra : Amen. +17. Maudit celui qui change les bornes de l'héritage de son prochain. Et tout le peuple répondra : Amen. +18. Maudit celui qui fait égarer l'a- veugle dans ]e chemin. Et tout le peuple répondra : Amen. +19. Maudit celui qui viole la justice dans la cause de l'étranger, de l'orphe- lin et de la veuve. Et tout le peuple ré- pondra : Amen. +20. Maudit celui qui dort avec la femme de son père, et qui découvre la couverture de son lit. Et tout le peuple répondra : Amen. +21. Maudit celui qui dort avec toutes sortes de bêtes. Et tout le peuple répon- dra : Amen. +22. Maudit celui qui dort avec sa sœur, qui est la fille de son père ou de sa mère. Et tout le peuple répondra : Amen. +23. Maudit celui qui dort avec sa belle - mère. Et tout le peuple répondra : Amen. +24. Maudit celui qui frappe son pro- chain en secret. Et tout le peuple répon- dra : Amen. +tiabunt levitce. Quelques membres de la tribu de Lévi devaient demeurer au pied des deux mon- tagnes, dans la plaine qui les sépare, pour rem- plir cet office : c'étaient des prêtres d'après Jos. viii, 33. — Les malédictions sont au nombre de douze , comme les tribus ; elles frappent les vio- lateurs de quelques-uns des points les plus saillants de la loi. La première, vers. 15, correspond au premier précepte du Décalogue (Ex. xx, 4); la seconde, vers. 16, au quatrième précepte (Ex. XX, 12); la troisième, vers. 17, au septième com- mandement (Ex. XX, 15; cf. Deut. xix, 14); la quatrième et la cinquième, vers. 18-19, protègent les droits des faibles et des malheureux (cf. xxrv, 17); la sixième, la septième, la huitième et la neuvième, vers. 20-23, enjoignent la pureté des mœurs (cf. Lev. xvm, 7, 9, 17, 23); la dixième, vers. 24, retombe sur l'homicide propre- ment dit (qui clam percusserit; cf. Ex. xx, 13, etc.); la onzième, vers. 25, sur le meurtre ju- diciaire (Ex. XXIII, 7) ; la douzième, vers. 26, est générale et frappe tous ceux qui désobéiraient à +la loi en quelque manière (cf. Num. xxx, 15). li'amen prononcé par la nation entière après chacune des douze formules était une ratifica- tion solennelle des malédictions. — Quant aux bénédictions (vers. 12), elles ne sont pas men- tionnées ; elles consistaient vraisemblablement en douze autres formules opposées à celles qui pré- cèdent. Cette omission même contribue à mieux montrer que, selon la doctrine de saint Paul, la malédiction était le trait le plus apparent de la loi. Cf. Gai. ni, 10. Mais, ajoute le grand apôtre, vers. 13, « le Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, en se faisant pournous objet maudit. >> +§ II. — La double sanction de la loi théocralique. XXVIII, 1-68. +A la cérémonie du Garizim et de l'Ébal, Moïse rattache ce passage saisissant, dans lequel il développe les bénédictions et les malédictions qui n'avaient été qu'indiquées plus haut. De nouveau il insiste sur les malédictions, qui oc- +Deut. XXVII, 25 — XXVIII, 8. +641 +25. Maudit celui qui reçoit des pré- sents pour répandre le sang innocent. Et tout le peuple répondra : Amen. +26. Maudit celui qui ne demeure pas ferme dans les ordonnances de cette loi, et qui ne les accomplit pas effective- ment. Et tout le peuple répondra : Amen. +25. Maledictus qui accipit muncra, ut percutiat animam sanguinis innocentis ; et dicet omnis populus : Amen. +26. Maledictus qui non permanet in sermonibus legis hujus, ncc cos opère perticit ; et dicct omnis populus : Amen. +CHAPITRE XXVIII +1. l\Iais si vous écoutez la voix du Seigneur votre Dieu, en gardant et en observant toutes ses ordonnances que je vous prescris aujourd'hui, le Seigneur votre Dieu vous élèvera au-dessus de toutes les nations qui vivent sur la terre. +2. Toutes ces bénédictions se répan- dront sur vous, et vous en serez com- blé ; pourvu néanmoins que vous obéis- siez à ses préceptes. +3. Vous serez béni dans la ville, vous serez béni dans les champs. +4. Le fruit de votre sein , le fruit de votre terre, et le fruit de votre bétail sera béni ; vos troupeaux de bœufs et vos troupeaux de brebis seront bénis. +5. Vos greniers seront bénis, et les fruits que vous mettrez en réserve seront bénis. +6. A l'entrée et à la fin de toutes vos actions, vous serez béni. +7. Le Seigneur fera que vos ennemis qui s'élèveront contre vous tomberont sous vos yeux. Ils viendront vous atta- quer par un chemin, et ils s'enfuiront par sept routes devant vous. +8. Le Seigneur répandra sa bénédic- tion sur vos celliers et sur tous les tra- vaux de vos mains ; et il vous bénira dans le pays que vous aurez reçu de lui. +1. Si autem audicrîs vocem Domini Dei tui , ut facias atque custodias omnia mandata ejus, quse ego prœcipio tibi hodie, faciet te Dominus Deus tuus ex- celsiorem cunctis gentibus , quae ver- santur in terra. +2. Venientque super te universae be- nedictiones istee, et appréhendent te; si tameu praîcepta ejus audieris. +3. Benedictus tu in civitate, et bene- dictus in agro. +4. Benedictus fructus ventris tui, et fructus terra3 tuse, fructusque jumento- rum tuorum, grèges armentorum tuo- rum , et caulœ ovium tuarum. +5. Benedicta horreatua, et benedictse reliquite tuse. +6. Benedictus eris tu ingrediens et egrediens. +7. Dabit Dominus inimicos tuos, qui consurgunt adversum te, corruentes in conspectu tuo ; per unam viam veulent contra te , et per septem f ugient a f acie tua. +8. Emittet Dominus benedictionem super cellaria tua, et super omnia opéra manuum tuarum ; benedicetque tibi in terra quam acceperis. +cupent quatre fois autant de place que les béné- dictions. C'est aussi xme prophétie remarquable, dont tous les détails furent singulièrement réa- lisés dans la suite des âges. Comparez les mor- ceaux analogues , mais moins longs et moins frappants, Ex. xxiii, 20-33; Lev. xxvi. +10 Los bénédictions promises aux Israélites obéissants. XXVIII, 1-14. +C;iAP. XXVIII. — 1-2. Introduction : promesse générale. — Si audieris... ut facias. La condi- tion , sans cesse réitérée , spécialement au début, au milieu (vers. 9) et à la fin (vers. 13-14) de cet alinéa. — Benedictiones... appréhendent te : forte image. +3-6. Quelques détails, d'un caractère person- nel et privé. — Benedictus..., henedictits... Six fois de suite; accumulation énergique. Béni en tout et partout. — Horrea..., reliquice. Dans l'hébreu: ta corbeille (cf. xxvi, 2) et ta huche (cf. Ex. VIII, 3 ; XII, 34) ; pour exprimer de riches récoltes et une nourriture abondante. — Ingre- diens, egrediens. Locution proverbiale, qui re- présente toutes nos démarches. La vie entière, a-t-on dit, se compose d'entrées et de sorties. +7-14. Détails plus développés, et d'un carac- tère national. — Inimicos... corruentes. Destruc- tion totale des ennemis d'Israël. Trait drama- tique : per unam viam venient, en bon ordre, +642 +Deut. XXVIII, 9-19. +9. Suscitabit te Dominiis sibi in po- pulum sanctum, sicut jura vit tibi; si custodieris mandata Domini Dei tui, et ambulaveris in viis ejiis. +10. Videbuntque omnes terrarum po- puli qiiod nomen Domini invocatum sit super te , et timebunt te. +11. Abundare te faciet Dominus om- nibus bonis, fructu uteri tui,et£ructu jumentorum tuorum, fructu terrae tuse , quam juravit Dominus patribus tuis ut daret tibi. +12. Aperiet Dominus thesaurum suum optimum, cselum, ut tribuat pluviam terrae tuae in tempore suo ; benedicet- que cunctis operibus manuum tuarum. Et fœnerabis gentibus multis, et ipse a nullo fœnus accipies. +13. Constituet te Dominus in caput , et non in caudam, et eris semper supra, et non subter ; si tamen audieris mandata Domini Dei tui, quse ego prsecipio tibi bodie, et custodieris et feceris, +14. ac non declinaveris ab eis, nec ad dexteram, nec ad sinistram; nec se- cutus f ueris deos alienos , neque colueris eos. +15. Quod si audire nolueris vocem Domini Dei tui, ut custodias et facias omnia mandata ejus et ceremonias , quas ego prsecipio tibi hodie, venient super te omnes maledictiones istse, et appréhen- dent te. +16. Maledictus eris in civitate, male- dictus in agro. +17. Maledictum horreum tuum, et maledictae reliquiae tuse. +18. Maledictus fructus ventris tui, et fructus terrse tuse, armenta boum tuo- rum, et grèges ovium tuarum. +19. Maledictus eris ingrediens, et ma- ledictus egrediens. +9. Le Seigneur se suscitera et se for- mera en vous un peuple saint, selon qu'il vous l'a juré ; pourvu que vous ob- serviez les commandements du Seigneur votre Dieu, et que vous marchiez dans ses voies. +10. Tous les peuples de la terre ver- ront que le nom de Dieu a été invoqué sur vous , et ils vous craindront. +11. Le Seigneur vous mettra dans l'abondance de toutes sortes de biens, en multipliant le fruit de votre ventre, le fruit de votre bétail, et le fruit de votre terre, qu'il a juré à vos pères de vous donner. +12. Le Seigneur ouvrira le ciel, qui est son riche trésor, pour répandre sur votre terre la pluie en son temps ; et il bénira tous les travaux de vos mains. Vous prêterez à plusieurs peuples, et vous n'emprunterez de personne. +13. Le Seigneur vous mettra à la tête des peuples, et non derrière eux ; et vous serez toujours au-dessus, et non au-des- sous ; pourvu néanmoins que vous écou- tiez les ordonnances du Seigneur votre Dieu que je vous prescris aujourd'hui, que vous les gardiez et les pratiquiez , +14. sans vous en détourner ni à droite ni à gauche, et que vous ne suiviez ni n'adoriez les dieux étrangers. +15. Que si vous ne voulez point écou- ter la voix du Seigneur votre Dieu, et que vous ne gardiez et ne pratiquiez pas toutes ses ordonnances et les cérémonies que je vous prescris aujourd'hui, toutes ces malédictions fondront sur vous, et vous saisiront. +16. Vous serez maudit dans la ville, et maudit dans les champs. +17. Votre grenier sera maudit, et les fruits que vous aurez mis en réserve se- ront maudits. +18. Le fruit de votre sein et le fruit de votre terre sera maudit, aussi bien que vos troupeaux de bœufs et vos trou- peaux de brebis. +19. Vous serez maudit à l'entrée et à la fin de toutes vos actions. +formant une brillante armée ; per septem fugient, dans toutes les directions à la fois, complètement débandés. Cf. Jud. vu, 21-22; IV Reg. vu, 7. — Suscitabit... in populum sanctum (vers. 9) : la bénédiction centrale et principale. Dieu maintien- dra les relations si intimes établies au Sinaï. — Pluviam (vers. 12) : bien matériel des plus pré- cieux en Orient. — In caput... non in caudam. Métaphore expliquée par les mots suivants : eris... +supra, non suhler. Cf. Is. ix, 13. +20 Les menaces, en cas de désobéissance. XXVIII, 15-68. +15. Préambule, qui correspond ù, celui des bé- nédictions , vers. 1-2. +lG-19, Quelques détails, d'un caractère person- nel, analogues à ceux que nous avons lus aux vers. 3-6. L'arrangement est h peu près le môme. +Deut. XXVIII, 20-29. +643 +20. Le Seigneur enverra parmi vous l'indigence et la famine, et il répandra sa malédiction sur tous vos travaux, jus- qu'à ce qu'il vous écrase et qu'il vous extermine en peu de temps, à cause des actions pleines de malice par lesquelles vous l'aurez abandonné. +21. Le Seigneur vous affligera par la peste, jusqu'il ce qu'il vous ait fait périr dans le pays où vous allez entrer pour le posséder, +22. Le Seigneur vous frappera de mi- sère et de pauvreté, de lièvre, de fi'oid, d'une chaleur brûlante, de corruption d'air et de nielle, et il vous poursuivra jusqu'à ce que vous périssiez entière- ment. +23. Le ciel qui est au-dessus de vous sera d'airain, et la terre sur laquelle vous marcherez sera de fer. +24. Le Seigneur répandra sur votre terre des nuées de poussière au lieu de pluie , et il fera tomber du ciel sur vous de la cendre, jusqu'à ce que vous soyez écrasé, +25. Le Seigneur vous fera tomber de- vant vos ennemis; vous marcherez par un seul chemin contre eux , et vous fui- rez par sept ; et vous serez dispersé dans tous les royaumes de la terre. +26. Vos cadavres serviront de nourri- ture à tous les oiseaux du ciel et à toutes les bêtes de la terre, sans que personne se mette en peine de les chasser. +27. Le Seigneur vous frappera d'ul- cères , comme il en frappa autrefois l'E- gypte ; et il frappera aussi d'une gale et d'une démangeaison incurable la partie du corps par laquelle la nature rejette ce qui lui est resté de sa nourriture. +28. Le Seigneur vous frappera de fré- nésie, d'aveuglement et de fureur; +29. en sorte que vous marclierez à tâ- tons en plein midi, comme fait l'aveugle, étant tout enseveli dans les ténèbres, et +20. Mittet Dominus super te famem et esuriem, et increpationem in omnia opéra tua quœ tu faciès, donec conterat te, et perdat velociter, propter adinven- tiones tuas pessimas in quibus reliquisti me. +2L Adjungat tibi Dominus pestilen- tiam, donec consumât te de terra ad quam ingredieris possidendam. +22. Percutiat te Dominus egestate, fe- bri et frigore, ardore et œstu, et aère corrupto ac rubigine, et persequatur do- nec pereas. +23. Sit caelum quod supra te est, œneum ; et terra quam calcas , f errea. +24. Det Dominus imbrem terrse tuas pulverem, et de cselo descendat super te cinis, donec conteravis. +25. Tradat te Dominus corruentem ante hostes tuos; per unam viam egre- diaris contra eos, et per septem fugias, et dispergaris per omnia régna terrse. +26. Sitque cadaver tuum in escam cunctis volatilibus cseli, et bestiis terrae, et non sit qui abigat. +27. Percutiat te Dominus ulcère ^gypti, et partem corporis per quam stercora egeruntur, scabie quoque et prurigine, ita ut curari nequeas. +28. Percutiat te Dominus amentia, et csecitate ac furore mentis, +29. et palpes in meridie sicut palpare solet csecus in tenebris, et non dirigas vias tuas. Omnique tempore calumniam +20-26. Autres détails, d'un caractère public et national, distribués en cinq groupes distincts, avec gradation ascendante dans les menaces. Nous avons ici le premier groupe des jugements divins : malédiction sur toutes les oeuvres d'Is- raël, famine, maladies, défaites à la guerre. — Perdat, adjungat... Mieux vaudrait le futur, et de même jusqu'à la fin du chapitre. Ce sont des prédictions plutôt que des souhaits. — Ardore (vers. 22). L'hébreu actuel a Ij.ére'b, glaive; la Vulgate et d'autres versions anciennes ont lu liorel), qui s'harmonise mieux avec le contexte. — Imbrem... pulverem (vers. 24). En Orient plus que partout ailleurs , quand la sécheresse se pro- +longe, la surface du sol se transforme en une poussière fine , dont l'air est parfois tout rempli. — Per unam viam (vers. 25) : le contraire de ce qui avait été prédit au vers. 7. — Sitque cada- ver... (vers. 26) ; le dernier des malheurs, d'après les idées des peuples anciens. +27-34. Second groupe de jugements divins : encore la maladie sous toutes ses formes, priva- tion des biens les plus précieux. — Ulcère ^gypli (vers. 27). Cf. Ex. ix, 9, et le commen- taire. — M partem corporis...: les hémorrhoïdes. Cf. I Reg. V, 6. — Scabie , prurigine : quelques- unes des maladies de peau qui sont si fréquentes en Orient. — Amentia..,, furore mentis : les ma- +G44 +Deut. XXVIII, 30-38. +sustineas, et opprimarîs habeas qui liberet te. +violentia, nec +30. Uxorem accipias, et aliiis dormiat cum ea. Domum Êedifices,et non habites in ea. Plantes vineam, et non vindemies eam. +31. Bos tims immoletur eoram te, et non comedas ex eo. Asinus tiius rapiatur in conspectii tiio, et non reddatur tibi. Oves tuse dentur inimicis tuis, et non sit qui te adjuvet. +32. Filii tui et filiîe tuse tradantur al- teri populo, videntibus oculis tuis, et deficientibus ad conspectum eorum tota die, et non sit fortitudo in manu tua. +33. Fructus terrse tuas, et omnes la- bores tuos , comedat populus quem igno- ras ; et sis semper calumniam sustinens , et oppressus cunctis diebus , +34. et stupens ad terrorem eorum quse videbunt oculi tui. +35. Percutiat te Dominus ulcère pes- simo in genibus et in suris, sanarique non possis a planta pedis usque ad ver- ticem tuum. +36. Ducet te Dominus, et regem tuum, quem constitueris super te, in gentem quam ignoras tu et patres tui ; et servies ibi diis alienis, ligne et lapidi; +37. et eris perditus in proverbium ac fabulam omnibus populis, ad quos te introduxerit Dominus. +38. Sementem multam jacies in ter- ram; et modicum congregabis, quia lo- custse devorabunt omnia. +que vous ne réussirez point en ce que vous aurez entrepris. Vous serez noirci en tout temps par des calomnies , et op- primé par des violences, sans que vous ayez personne pour vous délivrer. +30. Vous épouserez une femme, et un autre la prendra pour lui. Vous bâtirez une maison, et vous ne l'habiterez point. Vous planterez une vigne, et vous n'en recueillerez pas le fruit. +31. Votre bœuf sera immolé devant vous, et vous n'en mangerez point. Votre âne vous sera ravi sous vos yeux, et on ne vous le rendra point. Vos brebis se- ront livrées à vos ennemis, et personne ne se mettra en peine de vous secourir. +32. Vos fils et vos filles seront livi-és à un peuple étranger ; vos yeux le verront, et seront tout desséchés par la vue con- tinuelle de leur misère; et vos mains se trouveront sans aucune force pour les délivrer. +33. Un peuple qui vous sera inconnu dévorera tout ce que votre terre avait produit , et tout le fruit de vos travaux ; vous serez toujours abandonné à la ca- lomnie et exposé à l'oppression tous les jours de votre vie ; +34. et vous demeurerez comme inter- dit et hors de vous par la frayeur des choses que vous verrez de vos yeux. +35. Le Seigneur vous fi-appera d'un ulcère très malin dans les genoux et dans le gras des jambes, et d'un mal in- curable depuis la plante des pieds jus- qu'au sommet de la tête. +36. Le Seigneur vous emmènera, vous et votre roi que vous aurez établi sur vous, parmi un peuple que vous aurez ignoré vous et vos pères; et vous ado- rerez là des dieux étrangers, du bois et de la pierre ; +37. et vous serez dans la dernière mi- sère, et comme le jouet et la fable de tous les peuples parmi lesquels le Sei- gneur vous aura conduit. +38. Vous sèmerez beaucoup de grain dans votre terre, et vous en recueillerez peu, parce que les sauterelles mangeront tout. +ladies mentales associées aux physiques. — Palpes in meridie... (vers. 29). Trait douloureusement pittoresque. Cf. Is. lix, 10. — Les vers. 30-34 contiennent une longue énumération de pertes cruelles et désastreuses. +35-44. Troisième groupe de jugements divins: autres maladies, pauvreté, humiliation, exil. — Ulcère... in genibus...: lèpre d'un genre spécial, +qui atteint les articulations des membres infé- rieurs. — In proverbium ac fabulam (vers. 37). L'opposé de la bénédiction du vers. 10, de même que les vers. 38-42 expriment le contraire de Li bénédiction du vers. 11. — Vastabitur vermibus (39). Divers insectes, ou leurs larves, produisent dans les vignes de prompts et d'effrayants ravages. Voyez l'Atl. d'hist.nat., pi. XLvin, fig. 11, 12; +Deut. XXVIII, 39-49. +645 +39. Vous planterez une vigne, et vous la labourerez ; mais vous n'en boirez point de vin, et vous n'en recueillerez rien, jjarce qu'elle sera gâtée par les vers." +40. Vous aurez des oliviers dans toutes vos terres, et vous ne pourrez en avoir d'hiiile pour vos onctions, parce que tout coulera et périra. +41. Vous mettrez au monde des fils et des filles, et vous n'aurez pas la joie de les posséder, parce qu'ils seront emmenés captifs. +42. La nielle consumera tous vos arbres et les fruits de votre terre. +43. L'étranger qui est avec vous dans votre pays s'élèvera au-dessus de vous, et il deviendra plus puissant; et pour vous, vous descendrez et vous serez au- dessous de lui. +44. Ce sera lui qui vous prêtera de l'argent, et vous ne lui en prêterez point. Il sera lui-même à la tête, et vous ne marcherez qu'après lui. +45. Toutes ces malédictions fondront sur vous, et elles vous accableront jus- qu'à ce que vous périssiez entièrement; jDarce que vous n'aurez point écouté la voix du Seigneur votre Dieu , ni observé ses ordonnances et les cérémonies qu'il vous a prescrites. +46. Ces malédictions demeureront à ja- mais et sur vous et sur votre postérité , comme une marque étonnante de la co- lère de Dieu sur vous ; +47. parce que vous n'aurez point servi le Seigneur votre Dieu avec la recon- naissance et la joie du coeur que deman- dait cette abondance de toutes choses. +48. Vous deviendrez l'esclave d'un en- nemi que le Seigneur vous enverra ; vous le servirez dans la faim, dans la soif, dans la nudité, et dans le besoin de toutes choses ; et il vous fera porter un joug de fer, jusqu'à ce que vous en soyez écrasé. +49. Le Seigneur fera venir d'un pays reculé et des extrémités de la terre un peuple qui fondra sur vous comme un aigle fond sur sa proie , et dont vous ne j)ourrez entendre la langue ; +39. Vineam plantabis, et fodios; et vinum non bibes, nec coUigos ex ea quippiam, quoniam vastabitur vermi- bus. +40. Olivas habebis in omnibus ter- mi nis tuis, et non ungcris oleo , quia delluent, et peribunt. +41._ Filios generabis et filias, et non frueris eis, quoniam ducentur in capti- vitatem. +42. Omnes arbores tuas et fruges ter- rse tuse rubigo consuraet. +43. Advena, qui tecum versatur in terra, ascendet super te, eritque subli- mior; tu autem descendes, et eris infe- rior. +44. Ipse fœnerabit tibi, et tu non fœnerabis ei. Ipse erit in caput, et tu eris in caudam. +45. Et venient super te omnes male- dictiones istas, et persequentes appré- hendent te, donec intereas, quia non audisti vocem Domini Dei tui, nec ser- vasti mandata ejus et ceremonias, quas prœcepit tibi. +46. Et erunt in te signa atque prodi- gia , et in semine tuo usque in sempiter- num; +47. eo quod non servieris Domino Deo tuo in gaudio , cordisque laetitia , propter rerum omnium abundantiam. +48. Servies inimico tuo, quem im- mittet tibi Dominus, in famé, et siti, et nuditate, et omni penuria; et ponet ju- gum f erreum super cervicem tuam , do- nec te conterat. +49. Adducet Dominus super te gen- tem de longinquo, et de extremis terrse finibus , in similitudinem aquilse volantis cum impetu, cujus linguam intelligere +non possis ; +pi. Li, fig. 1, 2, 5. — Arljores... riihlgo (vers. 42). L'hébreu désigne encore les Insectes ennemis des végétaux (.AU. d'hist. nat, pi. xlvii, fig. 7-9; pi. XLviii, flg. 13 ; pi. Li, fig. 8-10, 11, 13). — Aux vers. 43-44 , le contraii-e de ce qui avait été promis plus haut (12-13). +45-57. Quatrième groupe de jugements divins : la Terre promise tombera au pouvoir des nations +étrangères, et Israël endurera toutes les horreurs de la guerre. — Transition et préparation, vers. 45-48 : les Hébreux seront ainsi châtiés à cause de leur désobéissance h la loi de Jéhovah. Juguvi fcrrcum (vers. 48) est l'emblème d'un rude asser- vissement. — Description des peuples qui servi- ront d'instruments aux vengeances divines, vers. 4î>-50. Dq lortglnquo : ù l'est, les Assyriens et +30* +646 +Deut. XXVIII, 50-57. +50. gentem procacissimam , quse non déférât seni, nec misereatur parvuli, +51. et devoret fructum jumentorum tuorum, ac fmges terrae tuae, donec in- tereas, et non relinquat tibi triticum, vinura, et oleum, armenta boum, et grèges ovium, donec te disperdat. +52. et conterat In cunctis urbibus tuis , et destruantur mûri tui firmi atque sublimes, in quibus habebas fiduciam in omni terra tua. Obsideberis intra portas tuas in omni terra tua, quam da- bit tibi Dominus Deus tuus ; +53. et comedes fructum uteri tui, et carnes filiorum tuorum et filiarum tuarum, quas dederit tibi Dominus Deus tuus in angustia et vastitate qua oppri- met te hostis tuus. +54. Homo delicatus in te, et luxurio- sus valde, invidebit fratri suo, et uxori, quse cubât in sinu suo , +55. ne det eis de carnibus filiorum suorum, quas comedet, eo quod nihil aliud habeat in obsidione et penuria, qua vastaverint te inimici tui intra om- nes portas tuas. +56. Tenera mulier et delicata, quse super terram ingredi non valebat, nec pedis vestigium figere , propter mollitiem et teneritudinem nimiam , invidebit viro suo, qui cubât in sinu ejus, super filii et filise carnibus, +57. et illuvie secundarum , quse egre- diuntur de medio feminum ejus , et super liberis qui eadem hora nati sunt ; comedent enim eos clam propter rerum omnium penuriam in obsidione et vasti- tate, qua opprimet te inimicus tuus in- tra portas tuas. +50. un peuple tout à fait insolent , qui ne sera touché ni de respect pour les vieillards, ni de pitié pour les plus petits enfants. +51. Il dévorera tout ce qui naîtra de votre bétail, et tous les fruits de votre terre, jusqu'à ce que vous périssiez; il ne vous laissera ni blé, ni vin, ni huile, ni troupeaux de bœufs, ni troupeaux de brebis, jusqu'à ce qu'il vous détruise en- tièrement. +52. 11 vous écrasera dans toutes vos villes ; et vos murailles si fortes et si éle- vées, dans lesquelles vous avez mis votre confiance, tomberont dans toute l'étendue de votre pays. Vous serez assiégé dans toutes les villes du pays que le Seigneur votre Dieu vous donnera ; +53. et vous mangerez le fruit de votre sein, et la chair de vos fils et de vos filles que le Seigneur votre Dieu vous aura donnés, tant sera grande l'extré- mité de la misère où vos ennemis vous auront réduit. +54. L'homme d'entre vous le plus dé- licat et le plus plongé dans ses plaisirs refusera à son frère et à sa femme qui dort auprès de lui , +55. et il ne voudra pas leur donner de la chair de ses fils dont il mangera, parce qu'il n'aura rien autre chose à manger pendant le siège, et dans le besoin ex- trême où vous réduiront vos ennemis par leur violence dans l'enceinte de toutes vos villes. +56. La femme délicate, habituée à une vie molle, qui ne pouvait pas seulement marcher, et qui avait peine à poser un pied sur la terre à cause de son extrême mollesse et délicatesse, refusera à son mari, qui dort auprès d'elle, de lui don- ner de la chair de son fils et de sa fille, +57. de cette masse d'ordures qu'elle a rejetée de son sein en se délivrant de son fruit, et de la chair de son enfant qui ne venait que de naître ; car ils mangeront en cachette leurs propres enfants, n'ayant plus de quoi se nourrir dans cette cruelle famine, à laquelle, pendant le siège, vos ennemis vous réduiront par leur violence dans l'enceinte de vos villes. +les Chaldéens; à l'ouest, les Romains. Rapidité de leurs conquêtes : aquilce volantis... (cf. Hab. I, 6, 8). Leur nature farouche et barbare : gentem procacissimam,,. (cf. II Par. xxxvi, 17; Thren. V, 12). — Énumération des malheurs que les Hébreux auront à supporter : ruine et conquête +successive de tout le pays , vers. 51-52 ; sinistres résultats de la famine causée par la guerre, vers. 53-57. Ce dernier tableau est tracé avec une vi- gueur et un réalisme saisissants. Pour la l'éali- sation, voyez IV Reg. vi, 2G-29; Thrcn. u, 20; IV, 10, etc. +Deut. XXVIII, 58 -GG. +647 +58. Si vous ne gardez et n'accom- plissez pas toutes les paroles de cette loi qui sont écrites dans ce livre, et si vous ne craignez son nom glorieux et terrible, c'est-à-dire le Seigneur votre Dieu , +59. le Seigneur augmentera de plus en plus vos plaies , et les plaies de vos en- fants, plaies grandes et opiniâtres, lan- gueurs malignes et incurables. +60. Il fera retomber sur vous toutes ces plaies dont il a affligé l'Egypte, et dont vous avez été eiïrayés ; et elles s'at- tacheront inséparablement à vous. +61. Le Seigneur fera encore fondre sur vous toutes les langueurs et toutes les plaies qui ne sont point écrites dans le livre de cette loi, jusqu'à ce qu'il vous écrase ; +62. et vous demeurerez en très petit nombre, vous qui vous étiez multipliés auparavant comme les étoiles du ciel, parce que vous n'aurez point écouté la voix du Seigneur votre Dieu. +63. Et de même que le Seigneur avait pris plaisir auparavant à vous combler de biens et à vous multiplier de plus en plus, ainsi il prendra plaisir à vous perdre, à vous détruire, et à vous extir- per de la terre où vous allez entrer pour la posséder. +64. Le Seigneur vous dispersera parmi tous les peuples, depuis une extrémité de la terre jusqu'à l'autre ; et vous adorerez là des dieux étrangers que vous ignoriez, vous et vos pères, des dieux de bois et de pierre. +65. Même parmi ces peuples vous ne trouverez aucun repos, et vous ne trou- verez pas seulement où appuyer en paix la plante de votre pied. Car le Seigneur vous donnera un cœur toujours agité de crainte, des yeux languissants, et une âme tout abîmée dans la douleur. +66. Votre vie sera comme en suspens devant vous ; vous tremblerez nuit et jour, et vous ne croirez pas à votre vie. +58. Nisi custodieris et feceris omnia verba legis hujiis, quœ scripta sunt in hoc volumine, et timueris nomen ejus gloriosum et terribile, hoc est, Dominum Deum tuum ; +59. augebit Dominus plagas tuas, et plagas scminis tui, plagas magnas et persévérantes, infirmitates pessimas et perpétuas. +60. Et convertet in te omnes affli- ctiones ^gypti, quas timuisti, et adhge- rebunt tibi. +61. Insuper et uni versos languores, et plagas, quse non sunt scriptse in volu- mine legis hujus, inducet Dominus su- per te, donec te conterat ; +62. et remanebitis pauci numéro, qui prius eratis sicut astra cseli prse multi- tudine, quoniam non audisti vocem Do- mini Dei tui. +63. Et sicut ante laetatus est Dominus super vos, bene vobis faciens, vosque multiplicans ; sic Igetabitur disperdens vos atque subvertens, ut auferamini de terra, ad quam ingredieris possiden- dam. +64. Disperget te Dominus in omnes populos, a summitate terrae usque ad termines ejus; et servies ibi diis alie- nis, quos et tu ignoras et patres tui, lignis et lapidibus. +65. In gentibus quoque illis non quie- sces, neque erit requies vestigio pedis tui ; dabit enim tibi Dominus ibi cor pavidum, et déficientes oculos, et ani- mam consumptam moerore; +Ç)Q. et erit vita tua quasi pendens ante te. Timebis nocte et die, et non credes vitae tu£e. +58-68. Cinquième groupe des jugements divins : consommation de la ruine et dispersion d'Israël sur la terre entière. — Plagas.,., persévérantes..., perpétuas. Les maux antérieurs étaient simple- ment transitoires. — Omnes afflictiones JEgypti (vers. 60): les plaies épouvantables dont l'Egypte avait été frappée au temps de l'Exode. — Disper- get te... (vers. 64) : trait dont la réalisation est encore placée sous nos yeux. — Vita tua quasi pendens... (vers. 66) : dans une longue et affreuse agonie. Plusieurs Pères (S. Irénée, adv. Hcer., IV, 25; v, 23; TcrtuUicn, contra Jud., xi; Lac- tauce, de Vera Sap., iv, 18, etc.) ont vu dans +cette ligne l'image de Notre-Seigneur Jésus-Christ, la vraie vie des Juifs , suspendu sur la croix en face de ses bourreaux : belle interprétation, mais simplement accommodatice. — Reducet te... in ^gyptum (vers. 68) : pour y être esclave, comme autrefois. C'est le dernier des malheurs pour Israël, et le symbole de sa ruine totale ; de môme que la sortie d'Egypte avait été son plus grand bon- heur, et le moment de sa création comme peuple théocratique. Titus fit vendre en Egypte un grand nombre de ses prisonniers juifs (cf. Jos., Bell. Jud., VI, 9, 2). — Non erit qui emat : marque d'un mépris et d'une haine extrêmes. +648 +Deut. XXVIII, 67 — XXIX, 6. +67. Mane dices : Quis milii det ve- sperum? et vespere : Quis mihi det mane? propter cordis tiii formidinem, qua terreberis, et propter ea quœ tuis videbis oculis. +68. Reducet te Dominus classibus in ^gyptum , per viam de qua dixit tibi ut eam amplius non videres; ibi venderis inimicis tuis in servos et ancillas; et non erit qui emat. +67. Vous direz le matin : Qui me don- nera de voir le soir ? et le soir : Qui me donnera de voir le matin? tant votre cœur sera saisi d'épouvante, et tant la vue des choses qui se passeront devant vos yeux vous effrayera. +G8. Le Seigneur vous ramènera en Egypte sur des vaisseaux, par un chemin dont il vous avait dit que vous ne le re- verriez jamais. Vous serez vendus là à vos ennemis comme esclaves et comme servantes ; et il n'y aura personne pour vous acheter. +CHAPITRE XXIX +1. Haec sunt verba foederis, quod prae- cepit Dominus Moysi ut feriret cum iiliis Israël in terra Moab, prœter illud fœ- dus , quod cum eis pepigit in Horeb. +2. Vocavitque Moyses omnem Israël, et dixit ad eos : Vos vidistis universa quse fecit Dominus coram vobis in terra ^gypti Pharaoni, et omnibus servis ejus, universseque terrse illius, +3. tentationes magnas, quas vide- runt oculi tui, signa illa, portentaque ingentia ; +4. et non dédit vobis Dominus cor in- telligens, et oculos videntes, et aures quse possunt audire, usque in prsesen- tem diem. +6. Adduxit vos quadraginta annis per desertum ; non sunt attrita vestimenta vestra , nec calceamenta pedum vestro- rum vetustate consumpta sunt. +6. Panem non comedistis, vinum et siceram non bibistis , ut sciretis quia ego sum Dominus Deus vester. +1. Voici les paroles de l'alliance que le Seigneur commanda à Moïse de faire avec les enfants d'Israël dans le pays de Moab, outre la première alliance qu'il avait faite avec eux sur le mont Horeb. +2. Moïse fit donc assembler tout le peuple d'Israël , et il leur dit : Vous avez vu tout ce que le Seigneur a fait devant vous en Egypte, de quelle manière il a traité le Pharaon, tous ses serviteurs et tout son royaume. +3. Vos yeux ont^vu les grandes plaies par lesquelles il les a éprouvés , ces mi- racles et ces prodiges épouvantables ; +4. et le Seigneur ne vous a point donné jusqu'à ce jour un cœur qui eût de l'in- telligence , des yeux qui pussent voir, et des oreilles qui pussent entendre. +5. Il vous a conduits jusqu'ici à tra- vers le désert pendant quarante ans ; vos vêtements se sont conservés , et les chaussures de vos pieds n'ont point été usées pendant tout ce temps. +6. Vous n'avez ni mangé de pain, ni bu de vin ou de liqueur fermentée, afin que vous sussiez que c'est moi qui suis le Seigneur votre Dieu. +§ III. — Moïse exhorte instamment les Hébreux à renouveler l'alliance. XXIX, 1— XXX, 20. +1° Comme pressant motif, le souvenir des bien- faits divins. XXIX, 1-8. +CiiAP. XXIX. — 1-2». Introduction. — Ut feriret... in terra Moab. Il n'est pas question d'une alliance nouvelle , mais d'une sorte de ratification de celle du Sinaï. Toutefois, « l'acte solennel de ce renouvellement n'eut lieu qu'après le passage du Jourdain. )j +2^-4, Prodiges qui accompagnèrent la sortie d'Égj-ptc. — Tentationes maynas: les plaies ter- ribles dont furent frappés les Égyptiens, jusqu'à +ce qu'ils eussent autorisé le départ d'Israël. — Et non decZif... Triste restriction. Quoiqu'ils eussent vu de leurs propres yeux {vos vidistis, viderunt oculi tui) ces divines merveilles, ils n'avaient pas manifesté une grande pénétration à l'égard dos devoirs pratiques qu'elles leur imposaient. C'est par leur faute qu'ils n'avaient pas obtenu ce cor intelligens , etc. +6-6. Les miracles qui accompagnèrent les péré- grinations d'Israël à, travers le désert. — Non sunt attrita... Sur ce détail, voyez viii, 4, et le commentaire. — Panem..., vinum... Le pain et le vin ordinaires furent remplacés par la manne, et par l'eau qui s'échappa piraculcusemcnt des +Deut. XXIX, 7-17. +7. Lorsque vous êtes venus en ce lieu, Séhon, roi d'IIésébon, et Og, roi de Ba- san, ont marché au-devant de nous pour nous combattre, et nous les avons taillés en pièces. +8. Nous avons pris leur pays, et nous l'avons donné en possession à llnben, à (îad et à la moitié de la tribu de Ma- riasse. +9. Gardez donc les paroles de cette alliance, et accomplissez -les; afin que vous compreniez tout ce que vous faites. +10. Nous voilà tous aujourd'hui pré- sents devant le Seigneur votre Dieu, les princes de vos tribus, les anciens et les docteurs , et tout le peuple d'Israël , +11. vos enfants, vos femmes, et l'é- tranger qui demeure avec vous dans le camp, outre ceux qui coupent le bois et ceux qui apportent l'eau : +12. vous êtes tous ici, afin que vous entriez dans l'alliance du Seigneur votre Dieu, cette alliance que le Seigneur votre Dieu contracte et jure aujourd'hui avec vous ; +13. afin qu'il fasse de vous son propre peuple, et qu'il soit lui-même votre Dieu, selon qu'il vous l'a promis, et selon qu'il l'a juré à vos pères, Abraham, Isaac et Jacob. +14. Cette alliance que je fais aujour- d'hui, ce serment que je confirme de nouveau , n'est pas pour vous seuls , +15. mais pour tous ceux qui sont pré- sents et qui sont absents. +16. Car vous savez de, quelle manière nous avons séjourné en Egypte, et com- ment nous avons passé au milieu des na- tions, et qu'en passant, +17. vous y avez vu des abominations et des ordures; c'est-à-dire leurs idoles, le bois et la pierre, l'argent et l'or qu'ils adoraient. +G49 +7. Et venistis ad hune locum ; cgres- susque est Sehon, rex Ilesebon, et Og, rex Basan,occurrentes nobis ad pugnam ; et percussimus eos, +8. et tulimus terrani eorum, ac tra- didimus possidendam Ilubcn et Gad, et dimidiœ tribui Manasse. +9. Custodite ergo verba pacti Imjus, et impiété ea, ut inteUigatis uni versa qu3e facitis. +10. Vos statis hodie cuncti coram Do- mino Deo vestro, principes vestri, et tribus, ac majores natu, atque doctores, omnis populus Israël, +11. liberi et uxores vestrse, et ad- vena qui tecum moratur in castris, ex- ceptis liguorum cœsoribus, et lus qui comportant aquas ; +12. ut transeas in fœdere Domini Dei tui, et in jurejurando quod hodie Domi- nus Deus tuus percutit tecum ; +13. ut suscitet te sibi in populum, et ipse sit Deus tuus, sicut locutus est tibi, et sicut jura vit patribus tuis, Abra- ham, Isaac, et Jacob. +14. Nec vobis solis ego hoc fœdus fe- rio, et hœc juramenta confirmo, +15. sed cunctis prsesentibus et absen- tibus. +16. Vos enim nostis quo modo habi- taverimus in terra ^^Egypti, et quo modo transierimus per médium nationum, quas tranreuntes, +17. vidistis abominationes et sordes , id est, idola eorum, lignum et lapidem, argentum et aurum , quse colebant. +rochers. — Ut sciretis quia ego... Le langage de Moïse se transforme en. celui de Dieu, dont il était le représentant. +7-8. La conquête des royaumes de Sélion et d'Og. Cf. m, 1-17, +2° Api)el à tout le peuple, pour le presser d'entrer de plus en plus dans l'alliance. XXIX, 9-15. +9-15. Custodite ergo... Conclusion toute natu- relle des considérations qui précèdent. — Ut in- teUigatis... Plutôt, d'après l'hébreu : afin que vous réussissiez dans tout ce que vous fei'cz. — Vos statis... cuncti. Tous sans exception, petits et grands, sont invités h renouveler le pacte sacré; c'était une affaire nationale (liberi, les petits enfants, dit le texte; au lieu de exceptis..., l'hé- +breu dit au contraire : « depuis celui qui coupe ton bois jusqu'il celui qui puise ton eau, » c.-à-d. même les plus humbles esclaves. Cf. Jos. ix, 11 et ss. ). — Ut transeas... Entrer, pénétrer dans l'alliance; expression vigoureuse, qui marque le désir d'en accomplir intégralement les conditions. — In jurejurando est synonyme de in fœdere :. dans ce contrat scellé par le serment divin. — Ut suscitet te... But général de l'alliance thcocra- tique. +3» Menaces à l'adresse de ceux qui violeraient l'alliance. XXIX, 16-29. +16-17. L'idolâtrie en Egypte et chez les peuples avec lesquels Israël s'était mis récemment en contact. — Ahominationes et sordes. Termes de mépris pour désigner les idoles ; nous les retrou- +G50 +Deut. XXIX, 18-24. +18. Ne forte sit inter vos vir aut mu- lier, familia aut tribus, cujus cor aver- sum est hodie a Domino Deo nostro, ut vadat et serviat diis illarum gentium, et sit inter vos radix germinans fel et amaritudinem ; +19. Clinique audierit verba juramenti hujus, benedicat sibi in corde suo, di- cens : Fax erit mihi, et ambulabo in pravitate cordis mei ; et absumat ebria sitientem. +20. Et Dominus non ignoscat ei ; sed tune quam maxime furor ejus fumet, et zelus contra hominem illum, et sedeant super eum omnia maledicta, quae scripta sunt in hoc volumine ; et deleat Domi- nus nomen ejus sub cselo , +21. et consumât eum in perditionem ex omnibus tribubus Israël, juxta male- dictiones, quse in libro legis hujus ac fœderis continentur. +22. Dicetque sequens generatio, et filii qui nascentur deinceps, et pere- grini, qui de longe venerint, videntes plagas terras illius, et infirmitates qui- bus eam afflixerit Dominus, +23. sulphure, et salis ardore combu- rens, ita ut ultra non seratur, nec virens quippiam germinet, in exemplum sub- versionis Sodomae et Gomorrhse , Ada- mas et Seboim, quas subvertit Dominus in ira et f urore suo ; +24. et dicent omnes gentes : Quare +18. Qu'il ne se trouve donc pas au- jourd'hui parmi vous un homme ou une femme, une famille ou une tribu, dont le cœur, se détournant du Seigneur notre Dieu, aille adorer les dieux de ces na- tions ; qu'il ne se produise pas parmi vous une racine et un germe de fiel et d'a- mertume ; +19. et que personne, après avoir en- tendu les paroles de cette alliance que Dieu a jurée avec vous, ne se flatte en son propre cœur et ne dise : Je vivrai en paix, je m'abandonnerai à la dépravation de mon cœur ; de peur qu'enivré de celte erreur, il n'entraîne avec lui les inno- cents. +20. Le Seigneur ne pardonnera point à cet homme ; mais sa fureur s'allumera alors d'une terrible manière, et sa colère éclatera contre lui ; il se trouvera acca- blé de toutes les malédictions qui sont écrites dans ce livre; le Seigneur effa- cera la mémoire de son nom de dessous le ciel ; +21. il l'exterminera à jamais de toutes les tribus d'Israël, selon les malédictions qui sont contenues dans ce livre de la loi et de l'alliance. +22. La postérité qui viendra après nous, les enfants qui naîtront dans la suite d'âge en âge, et les étrangers qui seront venus de loin, voyant les plaies de ce pays et les langueurs dont le Sei- gneur l'aura affligé, +23. voyant qu'il l'aura consumé par le soufre et par un sel brûlant, de sorte qu'on n'y jette plus aucune semence, et qu'il n'y puisse plus pousser aucune ver- dure, et qu'il y renouvelle une image de la ruine de Sodome et de Gomorrhe, d'A- dama et de Séboïm, que le Seigneur a détruites dans sa colère et dans sa fu- reur ; +24. la postérité et tous les peuples di- +verons souvent dans le prophète Ézéchiel. L'ido- lâtrie était le grand danger pour Israël. Il fallait de toutes manières lui en inspirer l'horreur. +18-21. Fuir ces fâcheux exemples, sous peine d'encourir les vengeances divines. — Ne forte sit... Les germes d'idolâtrie n'existaient que trop parmi le peuple. Cf. xxxi, 16; Ex. xxxii, 1 et ss.; Jud. ii, 10-12, etc. — Radix germinans... Conséquences funestes de l'apostasie. Les mots hébreux traduits par fel et amaritudinem dé- signent, le premier un poison (r'65, vraisem- blablement le pavot; Atl. d'hist. nat., pi. xxxix, flg. 6), le second l'absinthe, herbe si amèrc ila'anah; Atl. d'hist. nat., pi. xxiv, flg. 2, 6). Hebr. xii, 15, saint Paul fait allusion à ce pas- +sage. — Dlcens : Fax erit... Langage effronté , qui brave la colère de Jéhovah. La phrase absu- mat ebria sitientem (littéralement en hébreu : « pour ajouter l'ivrogne, » c.-à-d. l'ivresse , « à l'al- téré, » c.-à-d. à la soif) équivaut à ces mots: j'ajouterai le péché à la tentation ; je suivrai mes désirs dépravés. — Dominus non ignoscat... Ré- sultats de cette conduite Impie, énergiquement décrits (\ers. 20-21). +22-28. Étonnement des générations suivantes, et spécialement des païens, quand ils verront l'état misérable auquel Jéhovah aura réduit sou peuple coupable. — Dicetque... Passage drama- tique, pour mieux faire ressortir l'étendue des châtiments des Israélites apostats. — Au vers. 23 +ï +Deut. XXIX, 25 — XXX, 3. +G51 +ront, en voyant ces choses : Pourqnoi le Seigneur a-t-il traité ainsi ce pa3^s? D'où vient qu'il a fait éclater sa fureur avec tant de violence? +25. Et on leur répondra : Parce qu'ils ont abandonné l'alliance que le Seigneur avait faite avec leurs pères, lorsqu'il les tira d'Egypte, +26. et qu'ils ont servi et adoré des dieux étrangers , qui leur étaient incon- nus, et au culte desquels ils n'avaient point été destinés. +27. C'est pour cela que la fureur du Seigneur s'est allumée contre le peuple de ce pays, qu'il a fait fondre sur eux toutes les malédictions qui sont écrites dans ce livi'e, +28. qu'il les a chassés de leur paj^'s dans sa colère, dans sa fureur et dans son extrême indignation, et qu'il les a envoyés bien loin dans une terre étran- gère, comme on le voit aujourd'hui. +29. Ces secrets étaient cachés dans le Seigneur notre Dieu, et maintenant il nous les a découverts à nous et à nos enfants pour jamais, afin que nous ac- complissions toutes les paroles de cette loi. +sic fecit Dominus terrée huicV quœ est hœc ira furoris ejus immensa? +25. Et respondebunt : Quia dereli- querunt pactum Domini, quod i)epigit cum patribus eorum , quando eduxit eos de terra ^^gypti ; +26. et servierunt diis alienis, et ado- ra verunt eos , quos nesciebant , et quibus non f uerant attributi ; +27. idcirco iratus est furor Domini contra terram istam , ut induceret super eam omnia maledicta, quse in hoc volu- mine scripta sunt ; +28. et ejecit eos de terra sua in ira et in furore, et in indignatione maxima, projecitque in terram alienam, sicut ho- die comj^robatur. +29. Abscondita Domino Deo nostro, quse manifesta sunt nobis et filiis no- stris usque in sempiternum , ut faciamus universa verba legis hujus. +CHAPITRE XXX +1. Lors donc que tout ce que je viens de dire vous sera arrivé, et que les bé- nédictions ou les malédictions que je viens de vous représenter seront venues sur vous , et qu'étant touchés de repentir au fond du cœur, parmi les nations chez lesquelles le Seigneur votre Dieu vous aura dispersés , +2. vous reviendrez à lui avec vos en- fants, et que vous obéirez à ses comman- dements de tout votre cœur et de toute votre âme, selon que je vous l'ordonne aujourd'hui, +3. le Seigneur vous fera revenir de votre captivité, il aura pitié de vous, et +1. Cum ergo venerint super te omnes sermones isti, benedictio, sive maledi- ctio, quam proposui in conspectu tuo, et ductus pœnitudine cordis tui in univer- sis gentibus, in quas disperserit te Do- minus Deus tuus, +2. et reversus fueris ad eum , et obe- dieris ejus imperiis, sicut ego hodie prse- cipio tibi, cum filiis tuis, in toto corde tuo , et in tota anima tua , +3. reducet Dominus Deus tuus cap- tivitatem tuam , ac miserebitur tui , et +isiilphure, et salis ardore ; hébr. : du soufre, du sel, de l'embrasement), allusion à la ruine terrible de la Pentapole. Cf. Gen. xix. +29. Conclusion. — Abscondita Domino... L'hé- breu est un peu moins obscur, a Les choses ca- chées (appartiennent) à Jéhovah notre Dieu; celles qui ont été révélées (appartiennent) à nous et à, nos enfants, à perpétuité, afin que nous accomplissions toutes les paroles de cette loi. » C- à - d. : Dieu seul connaît l'avenir, seul il sait si +nous serons fidèles ou ingrats ; du moins , il est une chose que nous pouvons faire : exécuter ses volontés, telles qu'il nous les a manifestées. +4° La miséricorde de Dieu est promise aux coupables , pourvu qu'ils se repentent. XXX, 1-10. +Chap. XXX. — 1-3. Heureux effet des châti- ments célestes : premier degré, le retour d'exil. — Reducet... captivitatem... Hébraïsme pour a ca- ptives », +652 +Deut. XXX, 4-12. +riirsum congregabit te de cunctis popu- lis , in quos te ante dispersit. +4. Si ad cardines cseli fueris dissipa- tus, inde te retrahet Dominiis Deus tuus , +6. et assumet, atqiie introducet in terram, qiiam possederunt patres tui, et obtinebis eam ; et benedicens tibi, ma- joris numeri te esse faciet quam fuerunt patres tui. +6. Circumcidet Dominus Deus tuus cor tuum, et cor seminis tui, ut diligas Do- minum Deum tuum in toto corde tuo , et in tota anima tua, ut possis vivere. +7. Omnes autem maledictiones lias convertet super inimicos tuos, et eos qui oderunt te et persequuntur. +8. Tu autem reverteris, ut audies vo- cem Domini Dei tui, faciesque uni versa mandata qu£e ego prœcipio tibi hodie ; +9. et abundare te faciet Dominus Deus tuus in cunctis operibus manuum tua- rum, in sobole uteri tui, et in fructu jumentorum tuorum, in ubertate terrse tuae , et in rerum omnium largitate ; re- vertetur enim Dominus, ut gaudeat su- per te in omnibus bonis, sicut gavisus est in patribus tuis ; +10. si tamen audieris vocem Domini Dei tui, et custodieris prsecepta ejus et ceremonias, quse in hac lege conscripta sunt, et revertaris ad Dominum Deum tuum in toto corde tuo , et in tota anima tua. +11. Mandatum hoc, quod ego prae- cipio tibi hodie , non supra te est , neque procul positum, +12. nec in caelo situm, ut possis dicere : Quis nostrum valet ad cselum ascendere, +il vous rassemblera encore en vous reti- rant du milieu de tous les peuples où il vous avait auparavant dispersés. +4. Quand vous auriez été dispersés jus- qu'aux extrémités du monde, le Seigneur votre Dieu vous en retirera; +6. il vous reprendra à lui, et il vous ramènera dans le pays que vos pères au- ront possédé, et vous le posséderez de nouveau; et, vous bénissant, il vous fera croître en plus grand nombre que n'a- vaient été vos pères. +6. Le Seigneur votre Dieu circoncira votre cœur et le cœur de vos enfants, afin que vous aimiez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur et de toute votre âme , et que vous puissiez vivre. +7. Il fera retomber toutes ses malé- dictions sur vos ennemis, sur ceux qui vous haïssent et vous persécutent. +8. Et pour vous, vous reviendrez, et vous écouterez la voix du Seigneur votre Dieu, et vous observerez toutes les or- donnances que je vous prescris aujour- d'hui ; +9. et le Seigneur votre Dieu vous com- blera de biens dans tous les travaux de vos mains , dans les enfants qui sortiront de votre sein , dans tout ce qui naîtra de vos troupeaux, dans la fécondité de votre terre, et dans une abondance de toutes choses. Car le Seigneur reviendra à vous, pour mettre sa joie à vous combler de biens, comme il avait fait à l'égard de vos pères ; +10. pourvu néanmoins que vous écou- tiez la voix du Seigneur votre Dieu, que vous observiez ses préceptes et les céré- monies qui sont écrites dans la loi que je vous propose, et que vous retourniez au Seigneur votre Dieu de tout votre cœur et de toute votre âme. +11. Ce commandement que je vous prescris aujourd'hui n'est ni au-dessus de vous , ni loin de vous. +12. Il n'est point dans le ciel, pour vous donner lieu de dire : Qui de nous +4-10. Second degré : réinstallation d'Israël dans la Terre promise et bénédictions de tout genre. Cette prophétie se réalisa plusieurs fois au temps des Juges, davantage encore après la captivité de Babylone; mais c'est d'une manière idéale, dans la conversion des Juifs au christianisme, qu'elle a trouvé et trouvera son accomplissement le plus parfait. — Si ad cardines ccsli... C.-à-d, aussi loin que possible. — Circumcidet... cor tuum (vers. 6) : pour en enlever toutes les imperfec- tions, et le rendre sensible à la grâce. Sur cette +métaphore, voyez x, 16, et l'explication. — Tu autem reverteris,. ..reverteiur Dominus (vers. 8 et 9). C'est l'état normal, rétabli après la sé- paration. — Si tamen audieris... (vers. 10). Tou- jours la condition « sine qua non ». +50 Combien est aisé l'accomplissement de la loi divine. XXX, 11-14. +11-14. Métaphores saisissantes pour exprimer cette idée. Les Hébreux ne peuvent alléguer ni l'ignorance des commandements divins, ni l'im- possibilité de les mettre en pratique : non supra +Deut. XXX, 13-20. +653 +peut monter au ciel, pour nous apporter ce commandement, afin que, l'a^-ant en- tendu, nous l'accomplissions par nos œuvres ? +13. Il n'est pas non plus au delà de la mer, pour vous donner lieu de vous ex- cuser, en disant : Qui de nous pourra passer la mer, pour l'apporter jusqu'à nous, afin que, l'ayant entendu, nous puissions faire ce qu'on nous ordonne? +14. Mais ce commandement est tout près de vous ; il est dans votre bouche et dans votre cœur, afin que vous l'accom- plissiez, +15. Considérez que j'ai proposé aujour- d'hui devant vos yeux d'un côté la vie et les biens, et de l'autre la mort et les maux ; +16. afin que vous aimiez le Seigneur votre Dieu, et que vous marchiez dans ses voies, que vous observiez ses pré- ceptes, ses cérémonies et ses ordon- nances, et que vous viviez, qu'il vous multiplie et vous bénisse dans la terre où vous entrerez pour la posséder. +17. Mais si votre cœur se détourne de lui, si vous ne voulez pas l'écouter, et que, vous laissant séduire par l'erreur, vous adoriez et serviez des dieux étran- gers, +18. je vous déclare aujourd'hui par avance que vous périrez , et que vous ne demeurerez pas longtemps dans la terre où, après avoir passé le Jourdain, vous devez entrer pour la posséder. +19. Je prends aujourd'hui à témoin le ciel et la terre que je vous ai proposé la vie et la mort, la bénédiction et la ma- lédiction. Choisissez donc la vie, afin que vous viviez, vous et votre posté- rité ; +20. que vous aimiez le Seigneur votre Dieu, que vous obéissiez à sa voix, et que vous demeuriez attaché à lui (car il est votre vie, et celui qui doit vous donner une longue suite de jours), afin que vous habitiez dans le pays que le Seigneur a juré de donner à vos pères, Abraham, Isaac et Jacob. +ut déférât illud ad nos, et audiamus atque opère compleamus? +13. Neque trans mare positum, ut causeris, et dicas : Quis ex nobis poterit transf retare mare, et illud ad nos usque déferre, ut possimus audire et facere quod prœceptum est? +14. Sed juxta te est sermo valde, in ore tuo, et in corde tuo, ut facias illum. +15. Considéra quod hodie proposuerim in conspectu tuo vitam et bonu-m, et e contrario mortem et malum ; +16. ut diligas Dominum Deum tuum, et ambules in viis ejus, et custodias mandata illius ac ceremonias atque ju- dicia; et vivas, atque multiplicet te, benedicatque tibi in terra, ad quam in- gredieris possidendam. +17. Si autem aversum f uerit cor tuum, et audire nolueris, atque errore dece- ptus adoraveris deos alienos, et servieris eis ; +18. prasdico tibi hodie quod pereas, et parvo tempore moreris in terra, ad quam , Jordane transmisso , ingredieris possidendam. +19. Testes invoco hodie cselum et ter- ram, quod proposuerim vobis vitam et mortem, benedictionem et maledictio- nem. Elige ergo vitam, ut et tu vivas, et semen tuum ; +20. et diligas Dominum Deum tuum, atque obedias voci ejus, et illi adhse- reas (ipse est enim vita tua, et longi- tude dierum tuorum) , ut habites in terra, pro qua jura vit Dominus patribus tuis, Abraham, Isaac, et Jacob, ut daret eam iUis. +te.,., neque procul.., sed juxta te... valde. Saint Paul, Rom. x, 6, fait une belle application des vers. 6-8. +6» Péroraison pathétique du troisième discours. XXX, 15-20. +15-19». L'alternative. — Considéra... Magnifique développement de xi, 26-27. +19^-20. Le choix, qui ne saurait être douteux : elige ergo vitam. +654 +Deux. XXXI, 1-8. +CHAPITRE XXXI +1. Abiit itaque Mo3^ses, et locutus est omnia verba hsec ad universum Israël, +2. et dixit ad eos : Centum viginti annorum sum hodie, non possiim ultra egredi, et ingredi, prœsertim cum et Do- minus dixerit mihi : Non transibis Jor- danem istum. +3. Domimis ergo Deus tuiis transibit ante te; ipse delebit omnes gentes bas in conspectu tuo, et possidebis eas; et Josue iste trant-ibit ante te, sicut locutus est Dominus. +4. Facietque Dominus eis sicut fecit Sehon et Og, regibus Amorrhaeorum, et terrse eorum, delebitque eos. +5. Cum ergo et hos tradiderit vobis, similiter facietis eis , sicut prsecepi vo- bis. +6. Yiriliter agite, et confortamini ; nolite timere, nec paveatis ad conspe- etum eorum, quia Dominus Deus tuus ipse est ductor tuus ; et non dimittet, nec derelinquet te. +7. Vocavitque Moj^ses Josue, et dixit ei coram omni Israël : Confortare, et esto robustus ; tu enim introduces po- pulum istum in terram, quam daturum se patribus eorum juravit Dominus, et tu eum sorte divides. +8. Et Dominus , qui ductor est vester, ipse erit tecum; non dimittet, nec de- relinquet te ; noli timere , nec paveas. +1. Moïse alla donc déclarer toutes ces choses à tout le peuple d'Israël , +2. et il leur dit : J'ai actuellement cent vingt ans ; je ne puis plus vous conduire, principalement après que le Seigneur m'a dit : Vous ne passerez point ce Jourdain. +3. Le Seigneur votre Dieu passera donc devant vous; c'est lui-même qui ex- terminera devant vous toutes ces nations dont vous posséderez le pays; et Josué, que vous voyez, marchera à votre tête, selon que le Seigneur l'a ordonné. +4. Le Seigneur traitera ces peuples comme il a traité Séhon et Og, rois des Amorrhéens, avec tout leur pays, et il les exterminera. +5. Lors donc que le Seigneur vous aura livré aussi ces peuples , vous les traiterez comme vous avez traité les autres, selon que je vous l'ai ordonné. +6. Soyez coin-ageux et ayez de la fer- meté ; ne craignez pas, et ne vous lais- sez pas saisir de frayeur en les voyant, parce que le Seigneur votre Dieu est lui- même votre guide, et qu'il ne vous dé- laissera et ne vous abandonnera pas. +7. Moïse appela donc Josué, et lui dit devant tout le peuple d'Israël : Soyez ferme et courageux, car c'est vous qui ferez entrer ce peuple dans la terre que le Seigneur a juré à leurs pères de leur donner, et c'est vous aussi qui la leur partagerez au sort. +8. Le Seigneur, qui est votre guide, sera lui-même avec vous ; il ne vous dé- laissera pas et ne vous abandonnera pas ; ne craignez point, et ne vous laissez pas intimider. +CONCLUSION HISTORIQUE +Les derniers actes et la mort de Moïse. XXXI, 1 — XXXIV, 12. +§ I. — Moïse prend ses dernières dispositions. XXXI, 1-30. +lo L'installation de Josué comme successeur de Moïse. XXXI, 1-8. +Chap. XXXI. — 1-6. Moïse annonce aux Hé- breux sa fin prochaine, et le choix que le Sei- gneur a fait de Josué pour le remplacer. — Cen- tum vif/inti annorum. En effet , quarante années s'étaient écoulées depuis celle où il se présentait devant le pharaon, et il avait alors quatre-vingts ans. Cf. Ex. vu, 7. — Egredi et +ingredi. C.-à-d. vaquer à ses fonctions. Cf. Xum. XXVII, 17. Au lieu du présent non possum, les LXX emploient le futur, ou SuvriCOf^at STt, qui rend fort bien la nuance de la pensée. Moïse, en effet, ne se plaint d'aucune infirmité actuelle (cf. XXXIV, 7), mais il allègue les inconvénients possibles de son gi*and âge, et surtout celui de sa mort qui approche (prcesertim cum...; cf. ni, 27). — Dominus... transibit ante te. Que les Hébreux se rassurent quand même, puisque Je- hovah, leur vrai général, ne les abandonnera pas, et qu'il donnera un digne successeur à Moïse. +7-8. Moïse transmet ses fonctions h Josué en 1 présence de tout le peuple réuni. — Cov/orLar».m. +Deut. XXXI, 9-lG. +655 +9. Moïse écrivit donc cette loi, et il la donna aux prêtres, enfants de Lévi, qui portaient l'arche de l'alliance du Sei- gneur, et à tous les anciens d'Israël. +10. Et il leur donna cet ordre, et leur dit : Tous les sept ans, lorsque l'année de la reroise sera venue, et au temps de la fête des Tabernacles, +11. quand tous les enfants d'Israël s'assembleront pour paraître devant le Seigneur votre Dieu, au lieu que le Sei- gneur aura choisi, vous lirez les paroles de cette loi devant tout Israël, qui l'é- coutera attentivement, +12. tout le peuple étant assemblé, tant les hommes que les femmes, les petits enfants et les étrangers qui se trouve- ront dans vos villes ; afin que l'écoutant ils l'apprennent, qu'ils craignent le Sei- gneur votre Dieu, et qu'ils observent et accomplissent toutes les ordonnances de cette loi, +13. et que leurs enfants mêmes, qui n'en ont encore aucune connaissance, puissent les entendre, et qu'ils craignent le Seigneur leur Dieu pendant tout le temps qu'ils demeureront dans la terre que vous allez posséder, quand vous au- rez passé le Jourdain. +14. Alors le Seigneur dit à Moïse : Le jour de votre mort approche; faites venir Josué , et présentez -vous tous deux devant le tabernacle du témoignage, afin que je lui donne mes ordres. Moïse et Josué allèrent donc se présenter de- vant le tabernacle du témoignage ; +15. et le Seigneur y parut en même temps dans la colonne de nuée, qui s'ar- rêta à l'entrée du tabernacle. +16. Le Seigneur dit alors à Moïse : Vous allez vous reposer avec vos pères , et ce peuple s'abandonnera et se prosti- tuera à des dieux étrangers dans le pays où il va entrer pour y habiter. Il se sé- +9. Scripsit itaque Moyscs legem hanc, et tradidit eam sacerdotibus filiis Lcvi, qui portabant arcam f œderis Domini , et cunctis senioribus Israël. +10. Prsecepitque eis, dicens : Post se- ptem annos, anno remissionis, in solem- nitate tabernaculorum, +11. convenientibus cunctis ex Israël, ut appareant in conspectu Domini Dei tui, in loco quem elegerit Dominus, le- ges verba legis hujus coram omni Israël, audientibus eis, +12. et in unum omni populo congre- gato, tam viris quam mulieribus, par- vulis, et advenis, qui sunt intra portas tuas; ut audientes discant, et timeant Dominum Deum vestrum, et custodiant, impleantque omnes sermones legis hu- +13. filii quoque eorum qui nunc igno- rant, ut audire possint, et timeant Do- minum Deum suum cunctis diebus qui- bus versantur in terra, ad quam vos, Jordane transmisso, pergitis obtinendam. +14. Et ait Dominus ad Moysen : Ecce prope sunt dies mortis tuée ; voca Josue , et state in tabernaculo testimonii, ut prsecipiam ei. Abierunt ergo Moyses et Josue, et steterunt in tabernaculo testi- monii ; +15. apparuitque Dominus ibi in co- lumna nubis, quse stetit in introitu ta- bernaculi. +16. Dixitque Dominus ad Moysen : Ecce tu dormies cum patribus tuis, et populus iste consurgens f ornicabitur post deos alienos in terra, ad quam ingredi- tur ut habitet in ea ; ibi derelinquet me, +La confiance en Jéhovah n'était pas moins né- cessaire au chef qu'à l'armée; de là cette répé- tition des paroles du vers. 6, appropriées au fils de Nun. +2° Moïse confie aux prêtres et aux notables le soin d'annoncer la loi aux Hébreux et de veiller à son accomplissement. XXXI, 9-13. +9. Le livre de la loi est remis aux prêtres et aux anciens du peuple. — Scripsit legem hanc. C.-à-d. qu'il acheva ce travail, antérieurement com- mencé. Cf. vers. 24. — Tradidit... sacerdotibus , aux chefs religieux d'Israël; senioribus, aux chefs civils. +10-13. Ordre de lire la loi au peuple tous les sept ans. — Anno remissionis : l'année sabba- tique. Voyez XV, 1, et la note. — In solemnitate +tabernaculorum; le quinzième jour du septième mois et durant toute l'octave. Cf. Lev. xxm, 34. +— Leges verba legis. Le livre de Néhémie, viii, 1 et ss., raconte l'accomplissement le plus célèbre de cette prescription. +3° Le Seigneur ratifie l'installation de Josué, et ordonne à Moïse de composer son dernier can- tique. XXXI, 14-23. +14-15. Moïse et Josué sont mandés divinement auprès du tabernacle. +' 16-21. Jéhovah leur annonce la future apos- tasie d'Israël et ses décrets de terrible vengeance. +— Au milieu de ces tristes détails est inséré l'ordre : Nunc ergo scribite canticum, le can- tique pi-ophétique du chap. xxxii, — Docete... ut memoriter... Les vers, et spécialement d'aussi +656 +Dedt. XXXI, 17-24. +et irritum faciet fœdus, quod pepigi cum eo; +17. et irascetiir furor meus contra eum in die illo, et derelinquam eum, et abscondam faciem meam ab eo , et erit in devorationem ; invenient eum omnia mala et afflictiones, ita ut dicat in illo die : Vere quia non est Deus me- cum, invenerunt mehœc mala. +18. Ego autem abscondam, et celabo faciem meam in die illo , propter omnia mala quse fecit, quia secutus est deos alienos. +19. Nunc itaque scribite vobis canti- cum istud , et docete filios Israël , ut me- moriter teneant, et ore décantent, et sit mihi Carmen istud pro testimonio inter filios Israël. +20. Introducam enim eum in terram, pro qua jiiravi patribus ejus, lacté et melle manantem. Cumque comederint, et saturati, crassique fuerint, avertentur ad deos alienos , et servient eis , detra- hentque mihi , et irritum f acient pactum raeum. +21. Postquam invenerint eum mala mulra et aiïïictiones , respondebit ei can- ticum istud ])yo testimonio, quod nulla delebit oblivio ex ore seminis sui ; scio enim cogitationes ejus, quae facturus sit liodie, antequam introducam eum in terram, quam ei pollicitus sum. +22. Scripsit ergo Moyses canticum, et docuit filios Isi-ael. +23. Prsecepitqae Dominus Josue, filio Nun, et ait : Confortare, et esto robu- stus ; tu enim introduces filios Israël in terram, quam pollicitus sum, et ego ero tecum. +24. Postquam ergo scripsit Moyses verba legis hujus in volumine, atque complevit , +parera de moi lorsqu'il y sera, et il vio- lera l'alliance que j'avais faite avec lui. +17. Et ma fureur s'allumera contre lui en ce temps-là ; je l'abandonnerai et lui cacherai mon visage, et il sera exposé comme une proie. Tous les maux et toutes les afflictions viendront sur lui, et le contraindront de dire en ce jour-là: Vraiment c'est j^arce que Dieu n'est point avec moi, que je suis tombé dans tous ces maux. +18. Cependant je me cacherai et je lui couvrirai ma face, à cause de tous les maux qu'il aura faits en suivant des dieux étrangers. +19. Maintenant donc écrivez pour vous ce cantique, et apprenez-le aux en- fants d'Israël, afin qu'ils le sachent par cœur, qu'ils l'aient dans la bouche et qu'ils le chantent, et que ce cantique me serve de témoignage au milieu des en- fants d'Israël. +20. Car je les ferai entrer dans la terre que j'ai juré de donner à leurs pères, où coulent le lait et le miel. Et lorsqu'ils auront mangé et qu'ils se seront rassasiés et engraissés, ils se détourne- ront de moi pour aller après des dieux étrangers ; ils les adoreront , ils parleront contre moi, et ils violeront mon alliance. +21. Et lorsque les maux et les afflic- tions seront tombés sur eux, ce cantique portera contre eux un témoignage qui vivra dans la bouche de leurs enfants, sans qu'il puisse jamais être effacé. Car je connais leurs pensées, et je sais ce qu'ils doivent faire aujourd'hui avant que je les fasse entrer dans la terre que je leur ai promise. +22. Moïse écrivit donc le cantique, et il l'apprit aux enfants d'Israël. +23. Alors le Seigneur donna cet ordre à Josué, fils de Nun, et il lui dit : Soj^ez ferme et courageux, car c'est vous qui ferez entrer les enfants d'Israël dans la terre que je leur ai promise, et je serai avec vous. +24. Après donc que Moïse eut achevé d'écrire dans un livre les ordonnances de cette loi. +beaux vers, se retiennent plus aisément ; or Dieu voulait que ce cantique fût fixé dans toutes les mémoires, comme un témoin de ses bienfaits, de l'ingratitude des Hébreux, et de la justice des châtiments qu'il leur infligerait, — Cum... sa- turati... Image très forte, reproduite plus bas, XXXII, 15 (voj'ez la note). +22-23. Moïse écrit le cantique (vers. 22); le Seigneur entre pour la première fois en commu- +nication directe avec Josué, et l'installe ainsi déflniti^femcnt dans ses fonctions (vers. 23). +4° Moïse fait placer le livre de la loi dans le sanctuaire. XXXI, 24-27. +24-27. Postquam... sa'lpsit... atque complevit. Il mit la dernière main au Deutéronome, au Pentatcuque, et y inséra le cantique (xxxii). — Levitis qui portabant...l\ s'agitdes prêtres, comme au vers. 9 ; car ils avaient seuls le droit de tou- +Deut. XXXI, 25 — XXXII, 1. +657 +25. il donna cet ordre aux lévites qui portaient l'arche d'alliance du Seigneur, et il leur dit : +26. Prenez ce livre, et mettez-le à côté de l'arche de l'alliance du Seigneur votre Dieu , afin qu'il y serve de témoignage contre vous. +27. Car je sais quelle est votre obsti- nation, et combien vous êtes durs et in- flexibles. Pendant tout le temps que j'ai vécu et que j'ai agi parmi vous, vous avez toujours disputé et murmuré contre le Seigneur ; combien plus le ferez -vous quand je serai mort ? +28. Assemblez devant moi tous les an- ciens de vos tribus et tous vos docteurs , et je prononcerai devant eux les paroles de ce cantique, et j'appellerai à témoin contre eux le ciel et la terre. +29. Car je sais qu'après ma mort vous vous conduirez fort mal, que vous vous détournerez promptement de la voie que je vous ai prescrite ; et le mal finira par vous atteindre quand vous ferez ce qui est mal devant le Seigneur, au point de l'irriter par les œuvres de vos mains. +30. Moïse prononça donc les paroles de ce cantique, et il le récita jusqu'à la fin devant tout le peuple d'Israël qui l'écoutait. +25. praecepit levitis, qui portabant ar- cam fœderis Domini, dicens : +26. Tollite librum istum, et ponite eum in latere arcse fœderis Domini Dei vestri, ut sit ibi contra te in testimo- nium. +27. Ego enim scio contentionem tuam, et cervicem tuam durissimam. Adhuc vivente me, et ingrediente vobiscum, semper contentiose egistis contra Do- minum; quanto magis cum mortuus f uero ? +28. Congregate ad me omnes majores natu per tribus vestras, atque doctores, et loquar audientibus eis sermones istos, et invocabo contra eos cselum et ter- ram. +29. Novi enim quod post mortem meam inique agetis , et declinabitis cito de via, quam praecepi vobis ; et occurrent vobis mala in extremo tempore, quando fe- ceritis malum in conspectu Domini, ut irritetis eum per opéra manuum ve- strarum. +30. Locutus est ergo Moyses , audiente universo cœtu Israël, verba carminis hu- jus, et ad finem usque complevit. +CHAPITRE XXXII +1. Cieux, écoutez ce que je vais dire; que la terre entende les paroles de ma bouche. +1. Audite, cseli, quse loquor; audiat terra verba oris mei. +clier l'arche immédiatement. Cf. Num. rv, 15. — In laiere arcse. Mieux : « ad latus avcae. » Il n'est pas sûr que le livre de la loi ait été déposé dans l'intérieur même de l'arche. Du moins il devait être , comme le cantique , in testvtnonium, en cas de désobéissance de la part des Hébreux ; désobéissance malheureusement trop vraisem- blable d'après leur triste passé. +50 Introduction au cantique. XXXI, 28-30. +28-29. Moïse fait rassembler autour de lui les anciens du peuple, et les magistrats désignés à plusieurs reprises par le nom de èotrim (Vulg. : doctores), pour leur faire entendre le cantique. — Inique agetis..., occurrent voMs mala : deux idées qui seront développées dans ce beau poème. . 30. Transition directe au cantique. — Vei'ba carminis hujus. On a dit avec justesse que l'his- toire de l'exode d'Israël commence et s'achève par un cantique. Cf. Ex. xv. +§ II. — Le dernier cantique de Moïse. XXXII, 1-52. +a Adaiirablc cantique, » a dit Bossuct. « Gui +adhortationum vi et gravitate, sententiarum prge- stantia imaginumque sublimitate haud facile si- mile inveneris ; » (( poème aussi majestueusement beau dans la forme que terriblement grave et saisissant par le fond, » ont écrit d'autres com- mentateurs. Vrai « chant de cygne », qni est non seulement la plus belle des compositions lyriques de Moïse, mais aussi l'une des plus su- blimes poésies de l'Ancien Testament. — Il est en outre animé d'un souffle prophétique encore plus remarquable que son essor 13'rique. Moïse, par anticipation , contemple les Hébreux installés dans la Terre promise; il découvre et expose leur noire ingratitude, et en même temps les châtiments qu'elle leur attirera : toute leur his- toire passée et à venir est résumée dans ces quelques pages. — Dieu toujours bienfaisant et fidèle , le peuple toujours ingrat abusant des bienfaits divins, voilîi « l'àme du cantique ». +1° Court prélude. XXXII, 1-3. +Chap. XXXII, — 1-3. Audite, cceli,... terra. Grande majesté dès cet cxordc; Moïse prend la nature entière à témoin de la vérité de ses dé- +658 +Deut. XXXII, 2-10. +2. Concrescat ut pluvia doctrina mea ; fluat ut ros eloquium meuiji, quasi im- ber super Iierbam, et quasi stillee super gramina. +3. Quia nomen Domini invocabo, date magnificentiam Deo nostro. +4. Dei perfecta sunt opéra, et omnes vise ejus judicia; Deus fidelis, et absque uUa iniquitate, justus et rectus. +5. Peccaverunt ei , et non filii eJus in sordibus, generatio prava atque per- versa. +6. Haeccine reddis Domino , popule stulte et insipiens ? Numquid non ipse est pater tuus, qui possedit te , et f ecit et créa vit te ? +7. Mémento dieruni antiquorum, co- gita generationes singulas ; interroga pa- trem tuum, et annuntiabit tibi ; majores tuos, et dicent tibi. +8. Quando dividebat Altissimus gentes, quando separabat filios Adam , constituit terminos populorum juxta numerum filiorum Israël ; +9. pars autem Domini, populus ejus, Jacob funiculus hereditatis ejus. +10. Invenit eum in terra déserta, in loco horroris et vastse solitudinis; cir- +2. Que mes instructions soient comme la pluie qui s'épaissit dans les nuées; que mes paroles se répandent comme la ro- sée, comme la pluie sur l'herbe, et comme les gouttes d'eau sur le gazon. +3. Car je proclamerai le nom du Sei- gneur. Rendez gloire à notre Dieu. +4. Les œuvres de Dieu sont parfaites , et toutes ses voies sont pleines d'équité ; Dieu est fidèle à ses promesses, il est éloigné de toute iniquité, et il est rempli de justice et de droiture. +5. Ceux qui portaient si indignement le nom de ses enfants l'ont offensé ; ils se sont souillés : c'est une race pervertie et corrompue. +6. Est-ce là, peuple fou et insensé , ce que vous rendez au Seigneur? N'est-ce pas lui qui est votre père, qui vous a possédé comme son héritage, qui vous a fait , et qui vous a créé ? +7. Consultez les siècles anciens, con- sidérez la suite de toutes les races ; in- terrogez votre père, et il vous instruira; vos aïeux, et ils vous diront ces choses. +8. Quand le Très -Haut a fait la divi- sion des peuples, quand il a séparé les enfants d'Adam , il a marqué les limites des peuples selon le nombre des enfants d'Israël ; +9. mais la portion du Seigneur, c'est son peuple, et Jacob est la part de son héritage. +10. Il l'a trouvé dans une terre dé- serte, dans un lieu affreux, et dans une +clarations. Cf. iv, 26; xxx, 19; Is. i, 2; Jer. ii, 12, etc. — Ut pluvia doctrina mea... Métaphores orientales, par lesquelles le poète marque son ardent désir de produire par ses paroles un effet salutaire sur ses auditeurs : il voudrait qu'elles fussent à leurs cœurs ce qu'est la pluie au gazon desséché. — Date magniflcentiam... Vive et rapide interpellation; en même temps, transition au thème du cantique. +20 Le thème. XXXII, 4-5. +4-5. Contraste entre la fidélité de Jéhovah et l'ingratitude d'Israël. C'est l'idée qui sera déve- loppée dans le corps du poème. — 1° L'équité et la fidélité du Seigneur, vers, 4 : six expressions synonymes accumulées, et, en tête, le nom de « rocher » (s-ur, au lieu de Dei), qui figure si bien l'immutabilité divine, l'inébranlable sécurité que sa protection confère à son peuple. Cette appel- lation reviendra plusieurs autres fois dans la suite du cantique (vers. 15, 18, 31, 37, texte hébreu), et fréquemment dans les psaumes; la Vulgate le traduit d'ordinaire par « Deus ». — 2» L'infidélité des Israélites, décrite (vers. 5) en quelques mots pleins de vigueur. Non filii ejus in sordibus. Littéral. : Non ses enfants, (mais) +leur souillure. C.-à-d. : de vrais enfants ne se se- raient pas conduits d'une manière si indigne ; les coupables ne peuvent être que des hommes dépravés. +30 Les bienfaits de Jéhovah à l'égard d'Israël. XXXII, 6-14. +6-7. Transition. — Sœccine reddis... Appel direct à, la conscience de chacun des membres de la nation. — Numquid non... pater...? Père, le mot qui résumait le mieux les bontés du Sei- gneur pour les Hébreux. — Possedit te : Dieu avale ce acquis » Israël en le délivrant du joug des ÉgyiJtiens; il l'avait créé et formé if ecit, creavit ) au Sinaï. — Mémento... Appel aux tra- ditions historiques, fidèlement transmises de bouche en bouche. Conscience et souvenirs, tout démontrait la fidélité de Dieu. +8-14. Description détaillée des principaux bien- faits de Jéhovah. — 1« Israël a toujoui's eu la première place dans les plans providentiels, vers, 8-9. Quando dividebat... Lorsque les nations commencèrent à se former et à se séparer après le déluge (cf. Gen, x et xi). — Terminos eorum juxta... Marque d'une prédilection extraordinaire pour Israël; Dieu lui réserva un pays approprid +Deut. XXXII, 11-16. +G59 +vaste solitude; il l'a conduit par divers chemins, il Ta instruit, et il l'a conservé comme la prunelle de son œil. +11. Comme une aigle qui excite ses petits ;\ voler, et voltige doucement sur eux, il a de même étendu ses ailes, il a pris son peuple sur lui, et il l'a porté sur ses épaules. +12. Le Seigneur a été seul son con- ducteur, et il n'y avait point avec lui de dieu étranger. +13. Il l'a établi dans une terre élevée, pour lui faire manger les fruits des champs, lui faire sucer le miel de la pierre, et tirer l'huile des plus durs ro- chers ; +14. pour qu'il s'y nourrît du beurre des troupeaux et du lait des brebis, de la graisse des agneaux, des moutons du paj's de Basan, des chevreaux et de la fleur du froment, et pour qu'il y bût le vin le plus pur. +15. Le bien -aimé, étant devenu gras, a regimbé ; étant devenu gras, épais, re- plet, il a abandonné Dieu son Créateur; il s'est éloigné du Dieu qui l'avait sauvé. +16. Ces rebelles l'ont irrité en adorant +cumduxit eum, et docuit, et custodivit quasi pupillam oculi sui. +11. Si eut aquila provocans ad volan- dura pullos suos, et super eos volitans, expandit alas suas, et assumpsit eum, atquc portavit in humeris suis. +12. Dominus solus dux ejus fuit; et non erat eum eo deus alienus. +13. Constituit eum super excelsam terram, ut comederet fructus agrorum, ut sugeret mel de petra, oleumque de saxo durissimo ; +14. butjTum de armento, et lac de ovibus, eum adipe agnorum, et arietum fiiiorum Basan, et hircos eum medulla tritici, et sanguinem uvse biberet mera- cissimum. +15. Incrassatus est dilectus, et recal- citravit; incrassatus, impinguatus, dila- tatus, dereliquit Deum factorem suum, et recessit a Deo salutari suo. +16. Provocaverunt eum in diis alienis, +à ses besoins et à sa destination. Motif de cette bonté spéciale : pars auton ( plutôt : « enim » ) Domini...; n'était -il pas jnste que Dieu prît à cœur les intérêts de son peuple ? Les mots funi- culus hereditatis ejus sont synonymes de « pars Domini » ; il s'agit du cordeau qui servait à mesurer les lots de terrain. — 2° Les bontés de Dieu pour Israël durant les récentes pérégrina- tions à traA'ers le désert, vers. 10-12. D'abord, 10», l'état misérable dans lequel Jéhovab trouva son peuple ; trois synonymes pour décrire les horreurs de l'Arabie Pétrée ( In loco horroris, hébr.: dans le tôhu; voyez la note de Gen. i, 2. Vastce solitudinis , hébr. : le rugissement des steppes; c.-ù-d. dans un lieu rempli de bêtes sauvages). Plus loin, 10^-11, la protection déli- cate dont le Seigneur entoura les Hébreux à tra- vers ce désert (au propre : circumduxit, docuit, ou mieux , d'après l'hébreu : il l'a entouré , il en a pris soin ; au figuré : custodivit quasi pupil- lam..., locution proverbiale pour désigner les attentions les plus délicates ; sicnt aquila..., ma- jestueuse comparaison, déjà employée précédem- ment, Ex. XIX, 4, et qui réunit tout ensemble les idées de protection, d'éducation, de formation complète). Enfin, vers. 12, le poète insiste sur cette pensée importante : Dominns solus...; d'où la conclusion tacite que les Israélites ne devaient jamais avoir d'autre Dieu que Jéliovah, — 3° Les bontés du Seigneur pour son peuple pendant la conquête de la Palestine, vers. 13-14. De ces dé- tiils, les uns s'appliquent aux triomphes dcjù, remportés à l'est du Jourdain, les autres sont anticipés. Super excelsam terram: Chanaun, +contrée montagneuse dans son ensemble (cf. m, 25 ; XI, 11, et les notes). Ut comederet...: description poétique de la prodigieuse fertilité du sol et de l'abondance dans laquelle vivra la nation ; même les lieux les plus improductifs fourniront une délicieuse nourriture {de petra, de saxo...). Sur le district de Basan, voyez i, 4; Num. xxi, 33, et le commentaire ; ses excellents pâturages ont de tout temps engraissé de nombreux troupeaux ( (( des béliers fils de Basan , » liébraïsme ). Me- dulla tritici : le blé le plus exquis et le plus nourrissant. Sanguinem uvee : métaphore déjà rencontrée, Gen. xlix, 11. +4° L'ingratitude des Israélites. XXXII, 15-18. +15. Le fait, simplement énoncé : dereliquit, recessit. Mais on en indique aussi la cause, par une très forte image qui rattache ces vers aux précédents. Un taureau gras et robuste devient bientôt fougueux , récalcitrant ; les avantages matériels dont Israël jouira en Palestine (vers. 13-14) développeront en lui les forces de la na- ture, au détriment de celles de la grâce, et il se révoltera contre son bienfaiteur. Cf. vi, 10-15; viii, 7-19. — Au lieu de dilectus (Israël, le bien -aimé de Jéhovah), l'hébreu emploie l'appel- latif Y'surûn , de la racine yasar , être droit ; par conséquent « rectus » , la nation qui devait être extraordinairement juste et droite. Cf. xxxin, 5, 26; Is. XLiv, 2. +16-18. Le même fait, avec des développements et l'indication de circonstances aggravantes. — ' Provocaverunt eum. Hébr. : ils l'ont rendu ja- loux ; trait emprunté, comme plusieurs autres, aux relations matrimoniales qui étaient censées +31 +660 +Deut. XXXII, 17-25. +et in abominationibus ad iracundiam concitavenint, +17. Immolaverunt daemoniis, et non Deo , diis qiios ignorabant ; novi recen- tesque venerunt, quos non coluerunt patres eorum, +18. Deum qui te genuit dereliquisti, et oblitus es Domini creatoris tui. +19. Vidit Dominus, et ad iracundiam +concitatus est, quia provocaverunt eum filii sui et filiee. +20. Et ait : Abscondam faciem meam ab eis, et considerabo novissima eorum ; generatio enim perversa est, et intideles filii. +21. Ipsi me provocaverunt in eo qui non erat Deus , et irritaverunt in vanita- tibus suis ; et ego provocabo eos in eo qui non est populus, et in gente stulta irritabo illos. +22. Ignis succensus est in furore meo, et ardebit usque ad inferni novis- sima ; devorabitque terram cum germine suo, et montium fundamenta combu- ret. +23. Congregabo super eos mala, et Sdgittas meas complebo in eis. +24. Consumentur famé , et devorabunt eos aves morsu amarissimo; dentés be- stiarum immittam in eos, cum furore trahentium super terram, atque ser- pentium. +25. Foris vastabit eos gladius, et intus pavor : juveiiem simul ac virginem, la- ctentem cum homine sene. +des dieux étrangers ; ils ont attiré sa co- lère par leurs abominations. +17. Ils ont offert leurs sacrifices aux démons , point à Dieu ; à des dieux qui leur étaient inconnus, à des dieux nou- veaux venus, que leurs pères n'avaient jamais révérés. +18. Peuple ingrat, tu as abandonné le Dieu qui t'a donné la vie; tu as oublié ton Seigneur qui t'a créé. +19. Le Seigneur l'a vu, et s'est irrité; parce que ce sont ses fils et ses filles qui l'ont provoqué. +20. Alors il a dit : Je leur cacherai mon visage, et je considérerai leur fin malheureuse ; car ce peuple est une race corrompue, ce sont des enfants infidèles. +21. Ils ont voulu me piquer de jalou- sie en adorant ceux qui n'étaient point dieux, et ils m'ont irrité par leurs vani- tés sacrilèges. Et moi je les piquerai aussi de jalousie, en aimant ceux qui n'étaient point mon peuple, et je les ir- riterai en leur substituant une nation in- sensée. +22. Ma fureur s'est allumée comme un feu; elle pénétrera jusqu'au fond des enfers ; elle dévorera la terre et ses pro- duits ; elle embrasera les montagnes jusque dans leurs fondements. +23. Je les accablerai de maux; je ti- rerai contre eux toutes mes flèches. +24. La famine les consumera, et les oiseaux les déchireront par leurs mor- sures cruelles. J'armerai contre eux les dents des bêtes fauves, et la fureur de celles qui se trament et qui rampent sur la terre. +25. L'épée les désolera au dehors, et la frayeur au dedans : les jeunes hommes avec les vierges, les vieillards avec les enfants qui tètent encore. +exister entre Jéhov.ih et les Hébreux. — Jn abominationibus est expliqué par in diis alienis. — Dœmoniis, et non Deo. Dans l'hébreu : aux démons (sédim, êtres destructeurs, nuisibles), qui ne sont pas Dieu. — Deum qui te genuit... Détails émouvants, qui font ressortir l'ingratitude de cette apostasie. +5° Le terrible décret de vengeance. XXXII, 19-33. +19. L'idée, exprimée en termes généraux. — Filii..., fllice. Circonstance aggravante, comme plus haut. +20-21. Les considérants de la sentence. — M ait. Dieu lui-même prend maintenant la parole pour proclamer son arrêt. Le langage est digne de lui. — Considerabo novissima... : la ruine de ce peuple rebelle. — In eo qui non... Detcs, in +vanitatihus : deux locutions qui marquent les faux dieux. — Et ego provocabo (hébr. : je les rendrai jaloux). C'est la peine du talion. Les mots in eo qui non... populus correspondent à « in eo qui non... Deus »; in gente stulta, à « in vanitatibus » : ce sont les païens qui sont ainsi nommés par opposition à Israël, le peuple par excellence. Saint Paul applique à bon droit ce texte à la conversion des Gentils , qui prendront ainsi la place des Juifs demeurés incrédules. Cf. Rom. x , 9. +22. La colère de Dieu, dramatiquement dé- crite. — Ignis succensus. Image reproduite dans les psaumes et les prophètes. Cf. Is, i, 31 ; ix, 18, etc. — Usque ad inferni... Hébr. : jusqu'au s"ôî inférieur; c.-à-d. jusqu'au fond du séjour des morts, que l'on supposait sous terre. +Deut. XXXII, 26-35. +661 +2G. J'ai dit alors : Où sont -ils main- tenant ? Je venx effacer leur mémoire de l'esprit des hommes. +27. Mais j'ai différé ma i-^cngeance, pour ne pas satisfaire la fureur des en- nemis de mon peuple; de peur que leurs ennemis ne s'élevassent d'orgueil, et ne dissent : Ce n'a point été le Seigneur, mais c'est notre main très puissante qui a fait toutes ces merveilles. +28. Ce peuple n'a pas de sens ; il n'a aucune sagesse. +29. Ah ! s'ils avaient de la sagesse ! s'ils comprenaient et s'ils prévoiraient quelle sera leur fin ! +30. Comment peut -il se faire qu'un seul ennemi batte mille d'entre eux, et que deux en fassent fuir dix mille ? N'est-ce point parce que Dieu les a ven- dus, et parce que le Seigneur les a li- vrés ? +31. Car notre Dieu n'est point comme leurs dieux, et j'en prends pour juges nos ennemis eux-mêmes. +32. Leurs vignes sont des vignes de Sodome, des vignes des faubourgs de Gomorrhe; leurs raisins sont des raisins de fiel, et leurs grappes ne sont qu'amer- tume. +33. Leur vin est un fiel de dragons, c'est un venin d'aspics qui est incurable. +34. Ces choses ne sont -elles pas ca- chées auprès de moi, et scellées dans mes trésors? +35. A moi la vengeance, et c'est moi qui leur rendrai en son temps ce qui leur +26. Dixi : Ubinam sunt? Cessare fa- ciam ex hominibus memoriam eorum. +27. Sed propter irara inimicorum dis- tuli, ne forte superbirent hostes eorum, et dicerent : Manus nostra excelsa, et non Dominus, fecit hœc omnia. +28. Gens absque consilio est, et sine prudentia. +29. Utinam sapèrent , et intelligerent , ac novissima providerent ! +30. Quomodo persequatur unus mille, et duo fugent decem millia? nonne ideo, quia Deus suusvendidit eos,et Dominus conclusit illos? • +31. Non enim est Deus noster ut dii eorum; et inimici nostri sunt judices. +32. De vinea Sodomorum, vinea eo- rum , et de suburbanis Gomorrhge ; uva eorum uva f ellis , et botri amarissimi. +33. Fel draconum vinum eorum, et venenum aspidum insanabile. +34. Nonne liœc condita sunt apud me, et signata in thesauris meis? +35. Mea est ultio, et ego retribuam in tempore, ut labatur pes eorum; juxta +23-25. Les effets de cette colère sur Israël. — Sagittas meas compleho... Dieu se compare à un archer habile, qui lance contre ses ennemis toutes les flèches de son carquois. Voyez VAtl. archéol., pi. Lxxxvi, fig. 11, etc. — Il les accablera encore de cent autres maux : famé, devorabunt aves morsu amarissimo (hébr.: consumés par la fièvre et par la peste amère ) , dentés bestiarum , cum furore trahentium... (hébr. : avec le venin de ceux qui rampent dans la poussière). — Foris, à la campagne ; intus , dans les appartements. Et personne ne sera épargné : juvenem... virgi- nem... +26-27. Pourquoi Jéhovah, cependant, ne dé- truira pas complètement son peuple. — Dixi : Ubinam...? Traduction plus littérale : « Je dirais : Je vais les exterminer, je vais anéantir leur mé- moire..., si je ne redoutais la raillerie de l'ennemi. » Anthropomorphisme semblable à celui que Moïse avait employé après l'adoration du veau d'or, IX, 28-29. +28-33. La folie d'Israël, qui refuse de com- prendre les enseignements les plus clairs. — Gens absque... Le langage devient plus calme; ce n'est +plus Dieu qui parle , mais le poète. — Quomodo persequatur... Exemple de l'inintelligence des Hébreux. Comment ne comprennent - ils pas que leur faiblesse étonnante ( unus, un seul païen ; mille, mille Israélites) provient de ce que leur Dieu les a abandonnés (vendidit, conclusit : expressions ti'ès fortes)? — Inimici nostri... ju- dices. Les ennemis d'Israël avaient,, en effet, attesté à plusieurs reprises la supériorité de Jéhovah sur leurs propres idoles. Cf. Ex. xiv, 25 ; Num. xxm-xxiv. — De vinea Sodomorum... Autre image pour représenter la malice de la nation choisie. Uva f ellis; dans l'hébreu : du vin, de r'os, c.-à-d. du vin empoisonné (note de XXIX, 18). Fel draconum: du venin de serpents. +60 L'exécution de ce décret de vengeance. XXXII, 34-43. +34-36. Dieu reprend la parole, vivement et énergiquement , pour annoncer que l'heure de sa vengeance est pi*oche. — Hœc condita..., signata in thesauris. Pour un temps , les divins arrêts avaient été comme ces objets précieux que l'on cache dans un coffre -fort bien et dûment scellé. — Mea est ultio. Saint Paul cite deux fois +662 +Deut. XXXII, 36-43. +est dies perditionis, et adesse festinant tempora. +36. Judicabit Dominus populum smim , et in servis suis miserebitur ; videbit quod infirmata sit manus , et clausi quo- que defecerunt, residuique consumpti sunt. +37. Et dicet : Ubi sunt dii eorum, in quibus habebant fiduciam, +38. de quorum victimis comedebant adipes , et bibebant vinum libaminum ? Surgaut, et opitulentur vobis, et in ne- cessitate vos protegant. +39. Videte quod ego sim solus, et non sit alius Deus prseter me. Ego occidam , et ego vivere f aciam ; percutiam , et ego sanabo ; et non est qui de manu mea possit eruere. +40. Levabo ad cselum manum meam, et dicam : Vivo ego in œternum. +41. Si acuero ut f ulgur gladium meum, et arripuerit judicium manus mea, red- dam ultionem hostibus meis, et his qui oderunt me retribuam. +42. Inebriabo sagittas meas sanguine, et gladius meus devorabit carnes, de cruore occisorumet de captivitate,nudati inimicorum capitis. +43. Laudate, gentes, populum ejus, quia sanguinem servorum suorum ulci- scetur; et vindictam retribuet in hostes eorum , et propitius erit terrae populi sui. +est dû; leurs pieds ne trouveront que des pièges; le jour de leur perte s'ap- proche, et les moments s'en avancent. +36. Le Seigneur jugera son peuple, et il aura pitié de ses serviteurs, lorsqu'il verra que la main de ceux qui les dé- fendaient sera sans force, que ceux mêmes qui étaient renfermés dans les citadelles auront péri, et que les autres auront été de même consumés. +37. Et il dira: Où sont leurs dieux, dans lesquels ils avaient mis leur con- fiance ; +38. ces dieux dont ils mangeaient la graisse des victimes, et dont ils buvaient le vin des sacrifices? Qu'ils viennent maintenant vous secourir, et qu'ils vous protègent dans l'exti-émité où vous êtes. +39. Qpnsidérez que je suis le Dieu unique, qu'il n'y en a point d'autre que moi seul. C'est moi qui fais mourir, et c'est moi qui fais vivre ; c'est moi qui blesse, et c'est moi qui guéris, et nul ne peut délivrer de ma main. +40. Je lèvei-ai ma main au ciel, et je dirai : C'est moi qui vis éternellement. +41. Si j'aiguise mon glaive comme la foudre, et si ma main saisit la justice, je me vengerai de mes ennemis ; je trai- terai ceux qui me haïssent comme ils m'ont traité. +42. J'enivrerai mes flèches de sang, et mon épée dévorera les chairs; mes armes seront teinter du sang des morts, mes ennemis perdront la liberté avec la vie. +43. Nations, louez son peuple, parce qu'il vengera le sang de ses serviteurs ; il tirera vengeance de leurs ennemis, et il sera propice au pays de son peuple. +ce mot terrible (Rom. xii, 19; Ilebr. x, 30). — In tempore, ut labaiur... Xàâ vraie traduction de l'hébreu serait : Pour le temps où vacillera leur pied. — In servis suis miserebitur. On reconnaît à ce trait, h cette exception, la justice et la mi- séricorde de Jéhovah. Cf. vers. 4, — Infirmata manus : lorsque tout appui aura disparu pour Israël. — Et clai4si... consumpti sunt. Trois mots seulement dans le texte pour cette ligne : v"éfès 'âsur 'if'âzuh; littéral.: et (que) manque l'es- clave et l'homme libre. Locution proverbiale, pour désigner toutes les classes de la société, et pour dire que la ruine sera complète. +37-39. Le vrai Dieu et les faux dieux, — Et dicet. Le Seigneur tiendra alors ce langage iro- nique aux idolâtres qui l'auront abandonné. — Occidam, vivere f aciam. Mieux vaut le présent: Je fais mourir et je fais vivre... +40-42. L'exécution des vengeances. « Paroles de flamme » pour terminer le cantique. — Le- vabo..., dicam. Encore le présent : Je lève, je dis. Serment que Dieu prête , à la façon des hommes , en levant sa droite vers le ciel. — Si acuero..., inebriabo.., devorabit: magnifiques métaphores. — De cruore... D'après l'hébreu : du sang des égorgés et des captifs, de la tête fra- cassée de l'ennemi. Le triomphe du Seigneur est complet. +43. Résultat final : les vrais et fidèles Israélites seront sauvés. — Laudate gentps... Les nations païennes sont ainsi invitées à louer le vrai Dieu , et h le remercier de la protection spéciale qu'il aura accordée à la partie fidèle de son peuple. — Propitius erit terrée... Doux horizon à, la fin de ce chant plein de menaces. +Deut. XXXII, 44-52. +GG3 +44. Moïse prononça donc avec Josué, fils de Nun, toutes les paroles de ce can- tique devant le peuple. +45. Et après qu'il eut aclievé de les réciter devant tout Israël, +46. il leur dit : Gravez dans votre cœur toutes les instructions que je vous donne aujourd'hui, afin de recommander à vos enfants de garder, de pratiquer et d'ac- complir tout ce qui est écrit dans cette loi. +47. Car ce n'est pas en vain que ces ordonnances vous ont été prescrites ; mais c'est afin que chacun de vous y trouve la vie, et que, les gardant, vous demeuriez longtemps dans le pays que vous allez posséder après que vous aurez passé le Jourdain. +48. Le même jour, le Seigneur parla à Moïse , et il lui dit : +49. Montez sur cette montagne d'Aba- rim, c'est-à-dire des passages, sur le mont Nébo, qui est au pays de Moab, vis-à-vis de Jéricho, et contemplez la terre de Chanaan, que je donnerai en possession aux enfants d'Israël ; et mourez sur cette montagne. +50. Quand vous y serez monté, vous serez réuni à votre peuple, comme Aaron votre frcre est mort sur la montagne de Hor, et a été réuni à son peuple ; +51. parce que vous avez péché contre moi au milieu des enfants d'Israël, aux eaux de contradiction, à Cadès, au désert de Sin, et que vous n'avez pas rendu gloire à ma sainteté devant les enfants d'Israël. +52. Vous verrez devant vous le pays que je donnerai aux enfants d'Israël, et vous n'y entrerez point. +44. Venit ergo Moj'^ses, et locutus est omnia verba cantici hujus in auribus populi, ipse et Josue, filius Nun; +45. complevitquo omnes sermones is- tos , loquens ad universum Israël , +46. et dixit ad eos : Ponite corda vestra in omnia verba, quœ ego testificor vobis hodie, ut mandetis ea filiis vestris custo- dire et f acere , et implere universa quas scripta sunt legis hujus ; +47. quia non incassum prsecepta sunt vobis, sed ut singuli in eis viverent, quse facientes, longo perseveretis tempore in terra ad quam, Jordane transmisse, ingredimini possidendam. +48. Locutusque est Dominus ad Moy- sen in eadem die, dicens : +49. Ascende in montem istum Abarim, id est, transituum, in montem Nebo, qui est in terra Moab contra Jéricho, et vide terram Chanaan, quam ego tradam filiis Israël obtinendam; et morere in monte. +50. Quem conscendens jungeris populis tuis, sicut mortuus est Aaron f rater tuus in monte Hor, et appositus populis suis ; +51. quia prsevaricati estis contra me, in medio filiorum Israël, ad aquas con- tradictionis in Cades deserti Sin, et non sanctificastis me inter filios Israël. +52. E contra videbis terram, et non ingredieris in eam, quam ego dabo filiis Israël. +70 Epilogue historique du cantique. XXXII, 44-47. +44-47. Moïse recommande aux Israélites de no pas oublier les instructions contenues dans cette ode. — Venit... ijjse et Josue. Dans l'hébreu, le fils de Nun est appelé de son ancien nom : Eoséa'. Cf. Num. xiii, 8, 16, et les notes. — Ponite corda vestra... ut mandetis... Ils ne de- vaient pas se contenter d'obéir personnellement, mais exhorter aussi leurs fils h l'obéissance. — la eis viverent. Belle expression. Cf. iv, 2C ; +XXX, 20. +80 Dieu ordonne à Moïse de gravir le mont Nébo, pour contempler de là la Terre sainte et pour mourir. XXXII, 48-52. +48. Transition et introduction. — In eadem die : le jour où il avait prononcé le cantique. +49-52. L'ordre divin. C'est, avec quelques dé- veloppements, la répétition de Num. xxvii, 12-14. — Les mots id est, transituum (vers. 49), ont été ajoutés par le traducteur. Sur VAharim, et lo Nébo, voyez le commentaire de Num. itxi, 20. +G64 +Deut. XXXIII, 1-G. +CHAPITRE XXXIII +1. Hœc est benedictio , qiia benedixit Moj'ses , homo Dei , filiis Israël ante mor- tem suam. +2. Et ait : Dominus de Sinai venit, et de Seir ortiis est nobis ; apparuit de monte Pharan, et cum eo sanctorum millia. In dextera ejiis ignea lex. +3. Dilexit populos, omnes sancti in manu illius sunt ; et qui appropinquant pedibus ejus, accipient de doctrina il- lius. +4. Legem prsecepit nobis Moyses, lie- reditatem multitudinis Jacob. +5. Elit apud rectissimum rex, congre- gatis principibus populi cum tribubus Israël. +6. Vivat Euben, et non moriatur, et sit parvus in numéro. +1. Voici la bénédiction que Moïse, homme de Dieu, donna aux enfants d'Is- raël avant sa mort. +2. Il dit : Le Seigneur est venu du Sinaï , il s'est levé sur nous de Séïr ; il a paru sur le mont Pharan, et des milliers de saints avec lui. Dans sa main droite était la loi de feu. +3. Il a aimé les peuples, tous les saints sont dans sa main, et ceux qui se tiennent à ses pieds recevront sa doctrine. +4. Moïse nous a donné la loi, héritage de tout le peuple de Jacob. +5. Dieu sera roi de Jacoh, tant qu'il aura le cœur droit, les princes du peuple étant unis avec les tribus d'Israël. +6. Que Ruben vive, et qu'il ne meure pas; mais qu'il soit en petit nombre. +§ III. — Bénédiction prophétique de Moïse. XXXIII, 1-29. +« Paroles d'or » et très beau passage encore, quoique d'un tout autre genre que le cantique. Le ton est aimable et doux; ce sont des béné- dictions et des promesses au lieu de reproches et de menaces. C'est que le point de vue n'est plus le même : là , Israël nous apparaissait ingrat et coupable; ici, nous avons l'Israël idéal, jQdèle à son Dieu et béni de lui. Les deux paragraphes se complètent mutuellement. Sur le point de mourir, Moïse prophétise, comme autrefois Jacob, Gen. xLix, l'avenir de chaque tribu : les paroles du médiateur de l'alliance se rattachent même souvent à celles du patriarche ; les variantes pro- viennent surtout du changement des situations extérieures (par exemple pour Lévi). +10 Introduction. XXXIII, 1-.5. +Chap. XXXIII. — 1. Titre général. — Moyses, homo Dei. Ce nom glorieux n'apparaît pas ailleurs dans le Pentateuque ; deux autres passages scrip- turaires, Jos. xiv, 6, et Ps. lxxxix, 1, l'appliquent aussi h Moïse. Élie, Elisée, etc., en furent plus tard honorés ù, leur tour, — Ante mortem suam. Probablement aussitôt après que le Seigneur eut ehjoint à Moïse de monter sur le Nébo, xxxii, 48 et ss. +2-5. Exorde de la prophétie : description de l'origine toute céleste et du but de l'alliance thôocratique. — Dominus de Sinai... Ce début contient une peinture vivante de l'apparition du Soigneur au Sinaï, en tant que législateur d'Is- raël. — De Seir, de m.onte Pharan : localités dont les noms résument l'histoire des quarante années de formation du peuple hébreu et les perpétuelles manifestations de Jéhovah. Voyez Num. XX, 12 et ss., et VAtl. géogr., pi. v. — +Sanctorum millia. Hébr. : les saintes myriades. C.-à-d. les anges, la cour du Eoi des cieux. — Ignea lex : épithète qui fait vraisemblablement allusion aux éclairs dont le Sinaï était tout flam- boyant lorsque la loi fut promulguée et l'alliance conclue. Cf. iv, 11. — Populos, sancti: les tribus d'Israël, tant aimées de Jéhovah, et qu'il portait, pour ainsi dire, dans ses mains (trait délicat). D'autre part, ce peuple privilégié avait pris auprès de son Maître l'attitude humble et confiante des disciples : qui appropinquant.., — Rôle spécial de Moïse : legem prcecepit; il avait été chargé par Jéhovah de transmettre aux Hébreux la loi qui était pour eux un précieux héritage (heredi- tatem, apposition à « legem »; en disant -.prce- cepit nobis. Moïse s'identifie avec le peuple, car il recevait aussi la loi pour son propre compte). +— Apud rectissimum (hébr. : T'stirûn; voir la note de xxxii, 15) rex. But principal de l'al- liance : faire de Jéhovah le roi immédiat des Israélites. +2^ Les bénédictions. XXXIII, 6-25. +A part la première, elles sont toutes intro- duites par une courte formule : Hcec est... benc' dictio , Et aitj etc. +6. Ruben. — Vivat et non moriatïtr. A ce premier -né, qui avait perdu son droit d'aînesso par un crime odieux (Gen. xlix, 3-4), Moïse souhaite simplement l'existence. Encore fait -il aussitôt une restriction analogue au « Non cre- scas » de Jacob : sit p)arvus in numéro (littéra- lement dans l'hébreu : et que ses jours soient un nombre ; c.-à-d. qu'on puisse facilement les comp- ter, commme l'on compte un petit nombre. Quelques interprètes modernes adoptent à tort cet autre sens : Que ses jours soient nombreux. Cf. IV, 27, dans l'hébreu; Gen. xxxiv, ôO, etc.). +— Rien sur Siméon, dont ce serait maintenant +Deux. XXXIIT, 7-12. +GC5 +7. Voicîi la bénédiction de Juda : Sei- gneur, écoutez la voix de Juda, et don- nez-lui parmi son peuple la part que vous lui avez destinée ; ses mains combattront pour Israël, et il sera son protecteur contre ceux qui l'attaqueront. +8. Il dit aussi à Lévi : 0 Dieu, votre perfection et votre doctrine a été donnée au saint homme que vous avez choisi, que vous avez éprouvé dans la tentation, et que vous avez jugé auprès des eaux de contradiction ; +9. qui a dit à son père et à sa mère : Je ne vous connais point ; et à ses frères : Je ne sais qui vous êtes; et ils n'ont point connu leurs propres enfants. Voilà ceux qui ont exécuté votre parole, et qui ont gardé votre alliance, +10. qui ont observé vos ordonnances, ô Jacob, et votre loi, ô Israël. Voilà, Seigneur, ceux qui offriront de l'encens au temps de votre colère, et qui mettront rholocauste sur votre autel. +11. Bénissez sa force, Seigneur, et re- cevez les oeuvres de ses mains. Frap- pez le dos de ses ennemis, et que ceux qui le haïssent tombent sans pouvoir se relever. +12. Moïse dit aussi à Benjamin : Celui +7. Ilœc est Judœ benedictio : Audi, Domine, vocem Judae, et ad populum suum introduc eum ; manus ejus i)ugna- bunt pro eo, et adjutor illius contra ad- versarios ejus erit. +8. Levi quoque ait : Perfectio tua, et doctrina tua viro sancto tuo, quem probasti in tentatione, et judicasti ad aquas contradictionis ; +9. qui dixit patri suo et matri suae : Nescio vos; et fratribus suis : Ignoro vos; et nescierunt filios suos. Hi custo- dierunt eloquium tuum, et pactum tuum servaverunt ; +10. judicia tua, o Jacob, et legem tuam, 0 Israël; ponent thymiama in furore tuo, et holocaustum super altare tuum. +11. Benedic, Domine, fortitudini ejus, et opéra maiiuum illius suscipe. Percute dorsa inimicorum ejus; et qui oderunt eum, non consurgant. +12. Et Benjamin ait : Amantissimas +le tour. Cette tribu ne disparut pas absolument ; niais elle fut dispersée en partie, comme l'avait prédit Jacob. Cf. Gen. xlix , 7 ; Jos. xix , 2 - 9 ; I Par. IV, 34 et ss. +7. Juda. — Quoique très courte, la bénédic- tion de Juda est vraiment royale. Elle a lieu sous forme de prière : Audi, Domine..., et elle représente la plus noble des tribus sous les traits d'un vaillant guerrier, qui se met à la tête de son peuple {introduc eum, comme général en ciief), et qui le mène à la victoire {manus ejus...). — Au lieu de adjutor... ejus erit, l'hébreu porte, en continuant la prière : Sois - lui en aide contre ses ennemis. +8-11. Lévi. — Les Lévites reçoivent, avec Jo- seph, la plus longue et la plus belle des béné- dictions de Moïse. C'était sa propre tribu, et il la bénit « du plus profond de son cœur ». Mau- dite autrefois par Jacob , Gen. xlix , 5-7, et dis- persée, elle aussi, parmi les autres tribus, comme l'avait prédit le patriarche , elle avait mérité depuis, par sa fidélité (cf. Ex. xxxii, 29), d'être appelée aux fonctions si relevées du culte. S'a- dressant directement îi Jéhovah, Moïse fait res- sortii les qualités des Lévites, et il trace admi- rablement le portrait d'un saint prêtre. — Per- fectio ttia, et doctrina tua. Dans l'hébreu : Tes tummim et tes 'urim. Sur cet ornement du grand prêtre juit, voyez Ex. xxviii, 30, et le commentaire. — Viro sancto tuo : Aaron , le pre- mier pontife d'Israël. — In tentatior.e : à Mas- sah, dit le texte (et. vi, 16; ix, 22; Ex. xvii, 7); +ad aquas contradictionis : h M'rîbah (cf. xxxn, 51; Num. xx, 13, 24; xxvii, 13, etc.). Deux événements importants de la vie d'Aaron, l'un au début, l'autre vers la fin des quarante années de pérégrinations ; ils résument tout l'ensemble de sa conduite. — Qui dixit patri... Du pontife, Moïse passe à la tribu entière, qui avait, en effet, oublié tous les liens de la chair et du sang, après l'ado- ration du veau d'or, pour venger l'honneur de Jéhovah. Cf. Ex. xxxii, 25-29. — Judicia tua... D'après l'hébreu : Ils enseignent tes commande- ments à Jacob, et ta loi h Israël. C'est un des rôles confiés à la tribu de Lévi, d'après Lev. x, 11. Autres fonctions, qui la mettaient directement en rapports avec Jéhovah : ponent thymiama (sur l'autel des parfums; in furore tuo, pour calmer la colère du Seigneur; mais l'hébi-eu dit simple- ment : sous tes narines; anthropomorphisme), holocaustum (sur l'autel des holocaustes). — Benedic fortitudini. L'hébr. hélô peut signifier : sa substance , c.-à-d. ses dîmes et autres revenus ; ce qui revenait à souhaiter l'abondance à toute la nation. — Opéra... suscipe: les sacrifices offerts par les prêtres. — Percute dorsa... Le seul passage de ce chapitre qui contienne une malédiction ; mais les ennemis des Lévites, comme « Coré et sa bande » (Num. xvi, 1), étaient aussi les ennemis du Seigneur. +12. Benjamin. — Amantissimus Domini. Nom gracieux, justifié par les avantages qui vont être signalés. — Habitabit... in eo : auprès du Sei- gneur, dont il est tant aimé. — Quasi in tha- +666 +Deut. XXXIII, 13-19. +Domini habitabit confidenterin eo ; quasi in tlialamo tota die morabitur, et inter liumeros illius requiescet. +13. Joseph quoque ait : De benedi- ctione Domini terra ejus, de pomis cœli, et rore, atque abysso subjacente ; +14. de pomis fructuum solis ac lunse ; +15. de vertice antiquorum montium, de pomis collium seternorum ; +16. et de frugibus terrse, et de ple- nitudine ejus. Benedictio illius qui appa- ruit in rubo, veniat super caput Joseph, et super verticem Nazarsei inter fi-atres +BUOS. +17. Quasi primogeniti tauri pulchri- tudo ejus ; cornua rhinocerotis cornua illius; in ipsis ventilabit gentes usque ad terminos terrœ. Hœ sunt multitudines Ephraim, et hœc millia Manasse. +18. Et Zabulon ait : Lsetare, Zabulon, in exitu tuo ; et Issachar, in tabernaculis tuis. +19. Populos vocabunt ad montem ; ibi immolabunt victimas justitiae. Qui inun- dationem maris quasi lac sugent, et the- sauros absconditos arenarum. +qui est le bien -aimé du Seigneur habi- tera auprès de lui avec confiance. Le Seigneur habitera au milieu de lui tout le jour comme dans la chambre nup- tiale, et il se reposera entre ses bras. +13. Moïse dit aussi à Joseph : Que la terre de Joseph soit remplie des béné- dictions du Seigneur, des fruits du ciel, de la rosée et des sources d'eaux cachées sous la terre; +14. des fruits produits par l'influence du soleil et de la lune ; +15. des fruits qui croissent au sommet des montagnes anciennes et sur les col- lines éternelles ; +16. de tous les grains et de toute l'a- bondance de la terre. Que la bénédiction de Celui qui a paru dans le buisson ardent vienne sur la tête de Joseph, sur le haut de la tête de celui qui a été comme un Nazaréen entre ses frères. +17. Par sa beauté il ressemble au pre- mier-né du taureau; ses cornes sont comme celles du rhinocéros : avec elles, il lancera en l'air tous les peuples jus- qu'aux extrémités de la terre. Telles se- ront les troupes innombrables d'Ephraïm et les milliers de Manassé. +18. Moïse dit ensuite à Zabulon : Ré- jouissez-vous, Zabulon, dans votre sor- tie, et vous, Issachar, dans vos tentes. +19. Vos enfants appelleront les peuples sur la montagne, où ils immoleront des victimes de justice. Ils suceront comme le lait les richesses de la mer, et les tré- sors cachés dans le sable. +îamo... L'exacte ti-aduction de l'hébreu serait : a II (Jéhovah) te protège tout le jour (c.-à-d. constamment), et il (Benjamin) habite entre ses épaules (du Seigneur; brusque changement du sujet, à la manière hébraïque). » Autres marques d'une vive tendresse. « Habiter entre les épaules : » allusion aux petits enfants, que le père ou la mère portent sur leurs épaules (Atl. archéol., pi. xxv, flg. 4, 6). — Selon quelques commentateurs, c'est Dieu qui devait reposer entre les épaules, on sur le territoire de Benjamin, et Moïse prophé- tiserait le futur choix de Jérusalem, cité ben- jaminite, pour l'érection permanente du sanc- tuaire. +13-17. Joseph. — De benedictione... Dans cette prophétie , beaucoup d'emprunts à celle de Jacob, Gen. xLix, 22-26. — 1° Une prodigieuse abon-: dance est d'abord promise au territoire qui sera occupé par les fils de Joseph, vers. 13-16. Po- wis... : les différentes causes de fertilité sont mentionnées coup sur coup (au-dessus de la terre : cceli, solis, lunce; à sa surface : rore; les eaux souterraines : abysso...). Sur les expressions col- lium aternorum, Nazarcei.. , \oycz la note de +Gen. XLIX, 26. Qui apparuit in rubo: appella- tion qui rappelle la première manifestation du Seigneur à Moïse , Ex. m , 2 et ss. — 2" La force non moins prodigieuse de Joseph, vers. 17. Primo- geniti tauri : emblème d'une vigoureuse beauté. Cornua rhinocerotis (du r"êm; voyez la note de Num. xxiii , 22 ) : symbole d'une force irrésis- tible. — Ii-20. 149 +§ IV. Joseph en prison. XXXIX, 21 — +XL, 23 150 +1« Joseph gagne les faveurs du gouver- neur de la prison, xxxix, 21-23. . . 150 +20 Joseph interprète les songes de deux officiers du pharaon, xl, 1-23 ... . 150 +§ V. — Joseph élevé à la dignité de vice- roi d'Egypte. XLI, 1-57 153 +1« Les songes du pharaon, xli, 1-8. . . 153 +2° Joseph interprète les songes du pha- raon. XLI, 9-36 ,• • • • ^^^ +3° Joseph est institué vice -roi d'Egypte. +XLI, 37-46 156 +40 Les années de fertilité ; les deux fils +de Joseph, xli, 47-52 157 +50 Les années de stérilité, xli, 53-57 . . 157 +Section II. — Les frères de Joseph en Egypte. XLII, 1 — XLV, 28. +§ I. Le premier voyage. XLII, 1-38. . . . 158 1« Jacob envoie ses fils en Egypte, xlii, +1-5 158 +20 Entrevue de Joseph avec ses frères. +XLn, 6-17 158 +30 Siméon est gardé en otage, xlii, 18-25. 160 40 Les neuf frères reviennent auprès de +Jacob. XLn, 26-38 160 +§ II. Second voyage des frères de Joseph. +XLIII, 1 — XLY, 28 162 +10 Jacob consent au départ de Benjamin. XLin, 1-15 162 +20 Les frères de Joseph en présence de son intendant, xliii, 16-25. ..... 163 +30 Nouvelle entrevue avec le vice -roi. xLui, 26-34 1G4 +40 Les frères de Joseph accusés de vol. +XLiv, 1-13 165 +50 Juda offre sa liberté pour celle de Ben- jamin. XLiv, 14-34 167 +60 Joseph se fait reconnaître de ses frères. +XLV, 1-15 169 +70 Départ des frères de Joseph, xlv, 16-28. 170 +Section IIL — Jacob s'établit en Egypte avec les siens. xlvi , 1 — l, 25. +§ I. L'arrivée du patriarche en Egypte. +XLVI, 1-34 172 +lo Départ de Chanaan après la confirma- tion des divines promesses, xlvi, 1-7. 172 +2° Liste des descendants de Jacob, xlvi, +8-27 172 +3° Joseph vient au-devant de son père. +XLVI, 28-34 174 +§ II. Heureux séjour d'Israël en Egypte jusqu'à la fin de la famine. XL VII, 1-28 175 +1° Installation de Jacob dans la terre de Gessen. xLvn, 1-12 175 +2" L'administration de Joseph en Egypte pendant le reste de la famine, xlvii , 13-28 176 +§ III. Les dernières dispositions de Jacoh +et sa mort. XLVII, 29 — L, 13 . . . 178 1° Ordre relatif à sa sépulture, xlvii, 29-31. 178 2° Jacob adopte Éphraïm et Manassé. +XLvin, 1-7^ 178 +30 Jacob bénit Éphraïm et Manassé. XLvni, +8-22 179 +40 La bénédiction prophétique de Jacob. +XLix, 1-28 180 +50 Mort de Jacob, xlls ,29-32 184 +6« Sépulture de Jacob, l, 1-13 185 +§ IV. Mort de Joseph, l, 14-25 186 +L'EXODE +Introduction 189 +1° Le sujet traité 189 +20 Division du livre 189 +30 L'importance de l'Exode 189 +PREMIÈRE PARTIE +Evénements antérieurs à la sortie d'Egypte. +I, 1 — XII, 36. +Section I. — Tableau de l'oppression +DES HÉBREUX. I, 1-22. +1» Énumération des fils de Jacob; leur merveilleux accroissement en Egypte, i, 1-7 . . 190 +2° Les Israélites opprimés par les Égyp- tiens, i, 8-22 190 +Section II. — Les quarante premières années DE Moïse. II, 1-25. +1° Préservation et éducation de Moïse. Il, 1-10 192 +20 Moïse se réfugie chez les Madianites. n, 11-20 193 +30 Moïse épouse Séphora ; Dieu écoute les gémissements d'Israël. 11, 21-25 .. . 195 +Section III. — La vocation de Moïse et son +RETOUR EN EGYPTE. III, 1 — IV, 31. +lo Dieu apparaît à Moïse auprès de l'Ho- reb. m, 1-6 195 +2o Le Seigneur annonce à Moïse qu'il l'a choisi pour délivrer Israël, m , 7-10. . 1 96 +30 Objections de Moïse, in, 11-14 136 +40 Le Seigneur explique davantage h Moïse la nature de son rôle, m, 15-22. . . 197 +50 Trois signes éclatants , pour confirmer la mission de Moïse, iv, 1-9 198 +6° Dieu surmonte les dernières hésitations de Moïse en lui associant Aaron. iv, 10-17 ,• • • • 1^^ +70 Moïse se met en route pour l'Egypte. +IV, 18-20 200 +TABLE ANALYTIQUE +675 +8» Trois incidents du voyage, tv, 21-28. 200 90 Les Israélites accueillent Moïse avec les sentiments d'une foi vive, iv, 29-31. 201 +Section IV. — Vaines tentatives de Moïse et d'Aakon pour obtenir du pharaon le départ d'Israël. V, 1 — VII, 7. +1» Moïse et Aaron communiquent au roi +les ordres de Dieu, v, 1 - 6 202 +20 Recrudcscenco de la persécution, v, +6-18 202 +30 riaintcs amères des Hébreux et de +Moïse. V, 19-23 204 +4° Dieu renouvelle toutes ses promesses. +VI, 1-8 204 +5° Moïse, rejeté par Israël, est de nouveau +rassiu'é par Jéhovah. vi, 9-13 . . . . 205 60 Généalogie de Moïse et d'Aaron. vi, +14-28 206 +7° Dieu réitère à Moïse sa mission, vi, +28 — vn, 7 207 +Section V. — Les neuf premières plaies d'Egypte. VII, 8 — XI, 10. +1° Le miracle de la verge, vn, 8-13 . . 208 20 La première plaie d'Egypte : l'eau chan- gée en sang, vu, 14 -2ô 209 +30 Devixième plaie d'Egypte : les gre- nouilles, vni, 1-15 211 +40 Troisième plaie : les moustiques, vin, +lG-19 212 +50 Quatrième plaie : les mouches, vin, +20-.32 213 +6° Cinquième plaie : la peste du bétail. +IX, 1-7 214 +70 Sixième plaie : les ulcères, rx, 8-12. . 215 8" Septième plaie : la grêle, rx, 13-35. . 215 9° La huitième plaie : les sauterelles, x, +1-20 218 +10° Neuvième plaie : les ténèbres, x, 21-29. 220 11° Prédiction de la dLsième plaie, xi, 1-10. 221 +Section VI. — Ce qui se passa immédiatement avant la sortie d'Egypte. XII, 1-36. +10 Institution des rites de la Pâque. xii, 1-20 223 +2° Célébration de la première Pâque. xii, +21-28 225 +30 Dixième plaie : la mort des premiers- nés. XII, 29-30 226 +40 Préliminaires du départ des Hébreux. +XII, 31-36 227 +DEUXIÈME PAETIE +La sortie d'É-ypte. XII, 37 — XVIII, 27. +Section I. — Le début du voyage, XII, 37 — XIII, 22. +1° Première étape, xii, 37-42 227 +20 Nouvelles instructions sur la mandu- +cation de la Pâque. xii, 43-51. . . . 228 30 Instructions relatives à la consécration +des premiers-nés et aux pains azymes. +xin, 1-16 229 +40 De Socoth à Étham. xiii, 17-22. ... 231 +Section II. — Passage de la mer Rouge. XIV, 1 — XV, 21. +1" D'Étham ù la lucr Rouge, xiv, 1-4.. . 232 +2» Le pharaon poursuit les Hébreux ; leur +désespoir, xiv, 5-14 232 +30 Les Hébreux traversent miraculeuse- ment la mer Rouge; l'armée égyp- tienne est anéantie, xiv, 15-31. . . . 233 +40 Le cantique de Moïse, xv, 1-21. . . . 235 +Section III. — Itinéraire des Hébreux entre LA MER Rouge et le Sinaï. XV, 22 — XVIII,27. +1° Les stations de Mara et d'Elim. xv, +22-27 238 +2° Les cailles et la manne dans le désert de Sin. xvi, 1-36 239 +5° Station de Raphidim; l'eau miracu- leuse du rocher, xvii, 1-7 243 +40 Attaque et défaite des Amalécites. +XVII, 8-16. 244 +50 Visite de Jéthro à Moïse, xviii , 1-12. 245 6° Institution des soixante - dix juges. +XVIII, 13-27 246 +TROISIÈME PARTIE +L'institution de la théocratie et l'érection du tabernacle. XIX, 1 — XL, 36. +Section I. — Station du Sinaï et préparatifs de l'alliance théocratique. XIX , 1-25. +lo Les Israélites arrivent au pied du Si- naï. XIX, 1-2 248 +20 Les Hébreux promettent d'obéir aux préceptes du Seigneur, xix, 3-8». . . 248 +30 Purification du peuple en vue de la conclusion de l'alliance, xix, 8^-15. . 249 +4° Apparition majestueuse et terrible du Seigneur sur la montagne, xix, 16-25. 250 +Section IL — Les conditions de l'alliance. XX, 1 — XXIII, 33. +10 Le Décalogue. xx, 1-17 251 +2° Frayeur du peuple, xx, 18-21 253 +30 L'autel théocratique. xx, 22-26. . . . 254 +40 Lois relatives aux esclaves, xxi, 1-11. 254 50 L'homicide, le manque de respect aux +parents, les rixes, etc. xxi, 12-27. . 256 6» Accidents causés par des animaux, xxi, +28-32 257 +70 Accidents causés à des animaux, xxi, +33-36 258 +80 Lois contre le vol. m, 1-4 258 +90 Lois relatives aux dégâts commis dans les champs et les vignes d'autrui. +XXII, 5-6 259 +10" Lois concernant les dépôts, xxii, 7-13. 259 11° Le prêt et la location, xxii, 14-15. . 260 120 Lois diverses, xxn, 16 — xxiii, 19. . . 260 13° Comment Dieu récompensera l'obéis- sance de son peuple, xxm, 20-33. . 264 +Section III. — Inauguration solennelle de l'alliance théocratique. XXIV, 1-11. +lo Le peuple ratifie les conditions de l'al- liance. XXIV, 1-3 265 +2o La cérémonie de l'alliance, xxiv, 4-8. 266 +676 +TABLE ANALYTIQUE +30 Dieu se manifeste aux anciens du peuple et ratifie à son tour l'alliance. +XXIV, 9-11 266 +Section TV. — Préceptes relatifs au sanc- tuaire ET AUX PRÊTRES. XXIV, 12 — XXXI, 18. +§ I. Le tabernacle et son mobiliei: XXIV, +12 — XXVII, 21 267 +lo Moïse gravit seul la montagne pour recevoir les tables de la loi. XXIV, 12-18 267 +20 Dieu demande des offrandes volontaires pour son sanctuaire, xxv, 1-9 268 +3° Description de l'arche d'alliance, xxv, +10-22 269 +4° La table des pains de proposition. +XXV, 23-30 270 +5° Le candélabre, xxv, 31-40 271 +60 Les couvertures du tabernacle, xxvi, +1-14 272 +70 La charpente du tabernacle, XXVI, 15-30. 273 8° Les diverses parties du tabernacle, sé- parées par un voile, xxvi, 31-37. . . 275 90 L'autel des holocaustes, xxvii, 1-8. . 276 IQo La cour du tabernacle, xxvir, 9-19. . 276 11° L'huile pour le candélabre, xxvii, 20- +21 278 +§ IL Les vêtements des prêtres et les rites de la consécration sacerdotale. XXVIII, +1 — XXIX, 37 278 +1« Introduction, xxvin, 1-5 278 +20 L'éphod. xxvill, 6-14 279 +30 Le pectoral, xxviii, 15-30 280 +40 La robe de l'éphod. xxviii, 31-35. . . 281 50 Le diadème du grand prêtre, xxviii, +36-39 '. . 282 +60 Vêtements des simples prêtres, xxviii, +40-43 282 +7° Eites de la consécration des prêtres. +XXIX, 1-37 283 +80 Le sacrifice perpétueL xxix, 38-46. . 287 +§ III. Suite de la description des objets du +culte. XXX, 1 — XXXI, 18 288 +1° L'autel des parfums ou de l'encense- ment. XXX, 1-10 288 +20 L'impôt sacré, xxx, 11-16 289 +3'^ Le lavoir d'airain, xxx, 17-21 290 +40 L'hnile d'onction, xxx, 22-33 290 +5^^ L'encens sacré, xxx, 34-38 291 +6° Dieu désigne les principaux altistes qui devaient construire le tabernacle. +XXXI, 1-11 , 292 +7° Réitération de la loi du sabbat, xxxi, +12-18 293 +Section V. — L'alliance, honteusement vio- lée PAR LES Hébreux, est aimablement re- constituée PAR JÉHOVAH. XXXII, 1 — XXXIV, 25. +§ I. La violation de l'alliance. XXXII, 1- +'ÎO 294 +J*^ î e veau d'or, xxxii, l-fi 294 +2° L'indignation divine , l'intervention de +Moïse, xxxu, 7-14 295 +30 Moïse brise les tables de la loi et dé- truit le veau d'or, xxxii, 15-24. . . 296 +40 Châtiment des coupables, xxxu, 25-29. 297 +§ II. Moïse travaille au rétablissement de +l'alliance. XXXII, 30 — XXXIII, 23. 298 +1« Nouvelle prière de Moïse pour le peuple coupable, xxxu, 30-35. .. . 298 +20 Dieu menace de retirer sa grâce à Is- raël. XXXIII, 1-6 298 +30 Moïse transporte sa tente en dehors +du camp, xxxiii, 7-11 299 +40 Moïse obtient de Dieu la promesse d'accompagner les Hébreux en Cha- naan. xxxin, 12-23 300 +§ III. Le rétablissement de l'alliance, xxxiv, +1-35 301 +1° Moïse gravit de nouveau le Sinaï avec d'autres tables, xxxiv, 1-9 301 +2° Jéhovah répète à Moïse les principales +conditions de l'alliance, xxxiv, 20-26. 303 +30 Moïse redescend de la montagne tout +rayonnant, xxxiv, 27-35 304 +Section VI. — Construction du tabernacle et de son mobilier. XXXV, 1 — XL, 36. +§ I. Les préparatifs. XXXV, 1 — XXXVI, 7. 305 lo Autre promulgation de la loi du sab- bat. XXXV. 1-3 305 +20 Moïse demande des offrandes volon- taires pour le tabernacle, xxxv, 4-9. . 305 30 Appel aux ouvriers habiles, xxxv, 10- +19 306 +40 Description des offrandes, xxxv, 20-29. 306 50 Béséléel et Ooliab sont mis à la tête +des travaux, xxxv, 30-35 307 +6° Moïse remet aux artistes les offrandes du peuple ; le travail commence, xxxvi, 1-7 308 +§ II. L'exécution de l'œuvre. XXXVI, 8 — +XXXIX, 43 303 +lo Le tabernacle, xxxvi, 8-38 308 +20 Le mobilier du tabernacle, xxxvii, 1 — xxxvui, 20 311 +30 La somme du métal employé pour le tabernacle et son mobilier, xxxviii, 21-31 314 +40 Les vêtements sacerdotaux. XXXIX, 1-31. 31G 50 Tous ces objets sont remis à Moïse après leur achèvement, xxxix, 31-43. 318 +§ III. L'érection du tabernacle. XL, 1-36. . 318 +lo Instructions diverses touchant l'érec- tion et la consécration du tabernacle. XL, 1-11 318 +20 Instructions relatives à la consécration des prêtres, xl, 12-13 319 +30 Moïse exécute les ordres du Seigneur. XL, 14-31 319 +40 Dieu fait son entrée dans le taber- nacle. XL, 32-36 320 +I +TABLE ANALYTIQUE +C77 +LE LÉVITIQUE +Intuoductiox 323 +1° Le nom et le contenu du livre. . . . 323 +2° Plan et division 323 +3» Importance du Lévitique 324 +PREMIÈRE PARTIE +«Lois dont l'observation afiermira l'alliance conclue entre Israël et Jéhovah. 1,1 — XVI, 34. +Section I. — Des sacrifices. I, 1 — YII, 38. +§ I. Les holocaustes. I, 1-17 325 +1° Holocaustes de gros bétail, i, 1-9. . . 325 +2° Holocaustes de petit bétail, i, 10-13. 326 +3° Holocaustes d'oiseaux. l, 14-17. . . . 327 +§ II. Bites des sacrifices non sanglants. II, +1-16 328 +10 Les offrandes de farine, ii, 1-3. . . . 328 2« Les offrandes de pain, il, 4-10. . . . 328 3» Le levain et le miel sont exclus de tous les sacrifices, le sel est requis +dans tous, n, 11-13 329 +40 Offrandes de fruits nouveaux. 11, 14-16, 329 +§ III. Les sacrifices pacifiques. III, 1-17. . 330 1» Rites de ces sacrifices quand la victime était un bœuf ou une génisse, m, +1-5 330 +2° Rites des sacrifices pacifiques quand la victime était de memi bétail, ni, +6-16» 330 +3° Interdiction de la graisse et du sang des animaux pour les usages pro- fanes, m, 16i'-17 331 +§ TV. Rites des sacrifices pour le péché. IV, +1 — V, 13 332 +1» Premier cas : sacrifice pour le péché du grand prêtre, rv, 1-12 332 +2» Sacrifice d'expiation pour le péché de +tout le peuple, iv, 13-21 333 +30 Sacrifice pour le péché du chef civil +du peuple, iv, 22-26 334 +40 Sacrifice pour les péchés d'un simple particulier, iv, 27-35 334 +50 Rites des sacrifices pour le péché, dans quelques autres circonstances spécialement déterminées, v, 1-13. . 335 +§ V. Rites des sacrifices pour le délit. V, +14 — VI, 7 337 +1» Les délits commis envers Dieu et le +culte divin. V, 14-19 337 +2° Los délits commis envers le prochain. VI, 1-7 338 +§ YI. Rôle des prêtres selon les différentes +espèces de sacrifices. VI, 8 — VII, 38. 338 1° Règles ù observer pour l'holocauste. +VI, 8-13 338 +20 Règles que les prêtres devront obser- ver dans les sacrifices non sanglants. VI, 14-18 339 +3» Règles particulières pour le sacrifice non sanglant qui était offert au jour de la consécration du grand prêtre. VI, 19-23 340 +40 Règles que les prêtres devront obser- ver dans les sacrifices pour le péché. +VI, 24-30 340 +50 Règles que les prêtres devaient obser- ver dans les sacrifices pour le délit, vn, 1-10 341 +6° Règles que les prêtres devaient ob- server pour les sacrifices pacifiques. +VII, 11-21 342 +70 Nouvelle interdiction de manger la +graisse et le sang des animaux, vu, 22-27 343 +8° Suite des règles relatives aux sacri- fices pacifiques, vu, 28-34 344 +9° Conclusion de tout ce paragraphe, vu, +35-38. . . 344 +Section IL — Les débuts dit sacerdoce lévi- tique. VIII, 1 — X, 20. +§ I. Consécration d'Aaron et de ses fils. VIII, +1-36 345 +1° Préparation imposante de la cérémo- nie. VIII, 1-5 345 +2° Premiers rites de la consécration, viii, +6-13 345 +30 Les sacrifices qui accompagnèrent la +consécration, viii, 14-30 346 +40 Conclusion de la cérémonie, viii, 31-36. 347 +§ II. L- entrée en fonctions d'Aaron et de ses +fils. IX, 1-24 348 +1» Préparation de la cérémonie, ix, 1-7. 348 2° Les premiers sacrifices offerts par +Aaron. IX, 8-22 349 +30 Conclusion de la cérémonie, ix, 23-24. 350 +§ in. Dieu proclame par ses actes et par ses paroles la sainteté du sacerdoce lévitique. X, 1-20 351 +1° Châtiment terrible de Nadab et d'Abiu. +X, 1-7 351 +20 Dieu intcrilit à ses prêtres de boire des liqueurs enivrantes quand ils se- ront dans l'exercice de leurs fonc- tions. X, 8-12 352 +30 L'emploi de la part des prêtres dans certains sacrifices, x, 12-20 352 +Section III. — Lois relatives a la pureté et a l'impureté légale. XI, 1 — XVI, 34. +§ I. Les animaux purs et impurs. XI, 1-47. 354 10 Les quadrupèdes purs et impurs, xi, +1-8 354 +678 +TABLE ANALYTIQUE +2° Les poissons purs et impurs, xi , 9-12. 355 +30 Les oiseaux impurs, xi, 13-25 355 +40 Contact des cadavres des animaux im- purs. XI, 24-28 357 +5° La catégorie des reptiles, xi, 29-38. . 357 60 Contact du cadavre d'un animal pur. +XI, 39-40 359 +7° Encore les reptiles, xi, 41-42 359 +8° Motifs de cette interdiction, xi, 43-45. 359 +90 Récapitulation. XI, 46-47 359 +§ II. Impureté et purification des femmes +en couches. XII, 1-8 360 +1° Les deux hypothèses, xn, 1-5. . . . 360 2° Rites de la purification, xii, 6-8. . . 360 +§ IIL La lèpre. XIII, 1 — XIV, 57 361 +1° La lèpre humaine et son traitement. +XIII, 1-46 361 +2° La lèpre des vêtements, xiii, 47-59. . 366 3° La purification des lépreux après leur +guérison. xiv, 1-32 367 +4^ La lèpre des maisons, xiv, 33-57. . . . 370 +§ IV. Les impuretés constitutionnelles de l'homme et de la femme et leur pu- rification. XV ,1-33 372 +V> Ces impuretés considérées dans l'homme. +XV, 1-18 372 +2« Les impuretés constitutionnelles de la +femme, xv, 19-31 373 +§ V. La fête de l'Expiation. XVI, 1-34. . 375 +lo Les rites préliminaires, xvi, 1-10. . . 375 +2° Les rites de l'expiation, xvi, 11-28. . 376 3° Instructions pour la célébration an- nuelle et perpétuelle de la fête, xvi, +29-34 378 +DEUXIÈME PARTIE +Le maintien et la croissance d'Israël dans la sainteté exigée par l'alliance théocra- tique. XVII, 1 — XX VU, 34. +SEcnox I. — La sainteté dans la vie de fa- mille ET DANS LES RELATIONS SOCIALES. XVII, 1— XX, 27. +§ I. Sainteté dans la nourriture. XVII, 1-16. 379 1° Dieu exige que tous les animaux des- tinés aux repas des Hébreux soient tués à l'entrée du tabernacle, xvii, +1-9 379 +20 Nouvelle défense de se nourrir du +sang des animaux, xvn, 10-14. . . . 381 Z° Défense de manger la chair des ani- maux morts de mort naturelle, xvii, 15-16 382 +§ II. — Sainteté du mariage et des mœurs. +XVIII, 1-30 382 +1° Majestueux préambule, xvni, 1-5. . . 382 +2« Degrés de parenté qui rendaient le +mariage illicite, xvni, 6-18 382 +30 Le Seigneur condamne quelques tur- pitudes morales, xvni, 19-23 384 +40 Conclusion solennelle, xviix, 24-30. . 384 +§ III. Sainteté à conserver dans les rela- tions avec Dieu et avec le prochain. XIX, 1-37 385 +,1° Quelques devoirs de piété envers Dieu +et envers les parents, xix, 1-8. .. . 385 +2° Quelques devoirs de charité ou de jus- tice envers le prochain, xix, 9-18. . 386 +3° Quelques règles domestiques, xix, 19- +25 387 +40 Quelques préceptes moraux, xix, 26- +31 388 +50 Quelques préceptes sociaux, xix, 32-37. 389 +§ IV. Châtiments qui devront être infligés +pour certains crim,es. XX, 1-27. . . 390 +1° Punition de l'apostasie, xx, 1-8. . . . 390 2» Punition des mauvais fils, xx, 9.. . . 391 33 Punition de l'impudicité. xx, 10-21. . 391 40 Exhortation à la pratique de la sain- teté. XX, 22-26 392 +Section IL — La sainteté a préserver dans +LE CULTE DIVIN. XXI, 1 — XXVII, 34. +§ I. Sainteté spéciale des prêtres. XXI, 1-24. 393 +1° Ordonnances touchant le deuil et le mariage des simples prêtres, xxi, 1-9. 393 +2° Instructions touchant le deuil et le mariage du grand prêtre, xxi, 10-15. 394 +3° Défauts corporels qui rendaient inca- pable d'exercer les fonctions du sa- cerdoce. XXI, 16-24 395 +§ II. De la manducation des viandes consacrées ; qualités des victimes. XXII, 1-33. . . 396 +1° Manducation des viandes consacrées, +XXII, 1-16 396 +2°^ Qualités des viandes destinées aux sa- ci'ifices. xxn, 17-30 398 +3° Exhortation k l'obéissance et à la sain- teté. XXII, 31-33 399 +§ III. La sanctification du sabbat et des +fêtes. XXIII, 1-44 400 +10 Célébration du sabbat, xxiii, 1-3. . . 400 +2° La fête de Pâque. xxni, 4-14 400 +3° La Pentecôte, xxin, 15-22 401 +4° La fête des Trompettes, xxm, 23-25. 402 +50 La fête de l'Expiation, xxill, 26-32. 403 +6° La fête des Tabernacles, xxni, 33 - 44. 403 +§ IV. L'huile du candélabre et les pains de proposition; châtiment des blas- phémateurs et peine du talion. XXIV, 1-23 405 +lo L'huile destinée à alimenter les lampes du chandelier à sept branches, xxiv, 1-4 405 +2° Les pains de proposition, xxiv, 5-9. . 405 3° Châtiment des blasphémateurs et loi +du talion, xxiv, 10-23 406 +§ V. Sanctification de l'année sabbatique +et de l'année jubilaire. XXV, 1-55. . 407 +lo Année sabbatique, xxv, 1-7 407 +2* La célébi'ation de l'année jubilaire. XXV, 8-12 403 +1 +TABLE ANALYTIQUE +30 Privilèges de l'année jubilaire relati- vement à la propriété foncière, xxv, 13-34 409 +40 Les privilèges de l'année jubilaire re- lativement il la liberté individuelle. +XXV, 35-56 411 +§ VI. Dieu confirme la législation du Sinaï par de.i promesses et par des menaces. +XXVI, 1-45 413 +lo Majestueux cxorde. xxvi, 1-2 413 +2° Gracieuses promesses ù. l'adresse des +Israélites fidèles, xxvi, 3-13 414 +30 Les menaces en cas de désobéissance. +XXVI, 14-33 415 +679 +40 Résultats produits par ces divers châ- timents. XXVI, 34-45 417 +§ VII. Les vœux, l'offrande des premiers- nés, la dîme, etc. XXVII, 1-34. . . 418 +lo Les voeux et leur commutation, xxvn, +1-25 418 +2° Rachat des premiers -nés des animaux. +XXVII, 26-27 421 +30 Objets consacrés sous l'anathème. xxvii, +28-29 421 +40 La dîme et sa commutation, xxvir, +30-33 421 +50 Conclusion de tout le livre, xxvii, 34. 422 +LES NOMBRES +Introduction 423 +l» Le nom 423 +2» Le sujet traité 423 +30 Plan et division 424 +40 Chronologie du livre des Nombres . . 424 +50 Intérêt que présente ce livre 424 +PREMIÈRE PARTIE +Préparatifs de la guerre sainte en vue de conquérir la Terre promise- I, 1 — X, 10. +Section I. — Recensement de l'armée théo- +CRATIQUE ET DES LÉVITES. I, 1 — IV, 49, +§ I. Le dènomhrement des guerriers dans +chaque tribu. I, 1-64 425 +lo Choix des censeurs, i, 1-16 425 +2° L'opération du recensement, i, 17-47. 426 3° Pourquoi la tribu de Lévi ne fut pas comprise dans le dénombrement, i, 48-54 429 +§ II. L'ordre des douze tribus pour les cam- pements et pour les marches. II, 1-34. 430 +1° Résumé général. u,l-2 430 +20 Les tribus campées à l'est du taber- nacle. II, 3-9 430 +30 Tribus campées au sud du tabei'nacle. n, 10-16 431 +4° L'ordre de campement et de marche +pour les Lévites. 11, 17 431 +50 Tribus campées à l'ouest du tabernacle. n, 18-24 431 +60 Tribus campées au nord du tabernacle. +II, 25-31 432 +7« Récapitulation générale. 11, 32-34 . . 432 +§ III. Recensement et fonctions des Lévites. +III, 1 — IV, 49 433 +1° Énuméi'atlon des fils d'Aaron. m, 1-4. 433 2° Dieu associe les Lévites aux prêtres +pour les fonctions du culte, in, 5-10. 433 3° Les Lévites sont ainsi choisis pour +remplacer les premiei's - nés d'Israël. +m, 11-13 434 +4° Dénombrement des Lévites et Indica- tion générale de leurs fonctions, m, +14-37 434 +5° Récapitulation, m, 38-39 436 +6" Recensement et rachat des premiers- nés, m, 40-51 437 +7° Les fonctions des Caathites. iv, 1-20. 438 +8° Les fonctions des Gersonites. iv, 21-28. 441 +9° Les fonctions des Mérarites. iv, 29-33. 441 +10° Moïse et Aaron font le dénombrement +des Lévites d'après les Indications du +Seigneur, iv, 34-49 442 +Section II. — Lois destinées a préserver la +SAINTETÉ LÉGALE ET MORALE DANS L'ARMÉE DE JÉHOVAH. V, I — VI, 27. +1° Tous les individus légalement impurs sont exclus de l'intérieur du camp. +V, 1-4 443 +2° Expiation de quelques torts matériels +faits au prochain, v, 5-8 443 +3° Quelques revenus des prêtres, v, 9-10. 444 4° La loi de jalousie en vue de préserver +la sainteté du mariage, v, 11-31 . . . 444 +5» Le nazaréat. vi, 1-21 446 +6" Formule de la bénédiction sacerdotale. +VI, 22-27 449 +Section III. — Derniers incidents du séjour DES Hébreux auprès du Sinaï. VII, 1 — IX, 14. +§ I. Les offrandes des chefs des douze trihus +au sanctuaire. VII, 1-89 449 +1° Les bix chars, pour porter diverses +parties du mobilier sacré, vu, 1-9. . 449 2° Autres offrandes des chefs de tribus. +VII, 10-89 450 +§ II. Consécration des Lévites. YIII, 1-26. 455 +1° Un mot d'introduction touchant le can- délabre. VIII, 1-4 455 +2° Dieu détermine les rites de la consécra- tion des Lévites, viir, 5-19 453 +680 +TABLE ANALYTIQUE +3° Moïse et Aaron exécutent les prescrip- tions divines relatives à la consécra- tion des Lévites, viii, 20-22 457 +4° La durée du ministère des Lévites. +Tin, 23-36 457 +§ III. Époque où Von devra célébrer la Pâque. +IX, 1-14 458 +1° Célébration ordinaire de la Pâque. ix, +1-5 458 +2° La célébration extraordinaire de la +Pâque. IX, 6-14 458 +Sectiox IV. — Signaux pour déterminer les +DÉPARTS ET LES ARRÊTS DE L' ARMÉE THÉOCRA- TIQUE. IX, 15 — X, 10. +1° Le premier signal, donné par Dieu même, ix, 15-23 459 +2" Le second signal , donné par les trom- pettes sacrées, x, 1-10 460 +DEUXIÈME PARTIE +Les marches et contremarches d'Israël de- puis le Sinaï jusqu'aux steppes de Moab. +X, 11 — XXI, 35. +Section I. — Du Sinaï a Cadès. X, 11 — XIV, 45. +§ I. Les Hébreux quittent le Sinaï. X, 11-36. 462 +1° Le départ, x, 11-28 462 +2^ Moïse invite Hobab à s'associer au peuple de Dieu, x, 29-32 463 +3° Les premiers jours de marche après le départ du Sinaï. x, 33-36 464 +§ IL Tristes incidents en différentes sta- tions. XI, 1 — XII, 15 465 +1° Murmures et châtiment du peuple à +Tabérah. xi, 1-3 465 +2" La manne produit la satiété et le dé- goût. XI, 4-9 465 +3° Moïse adresse lui-même des plaintes au Seigneur, xi, 10-15 466 +4° Le Seigneur promet à Moïse des coad- juteurs, et au peuple la nourriture qu'il demande, xi, 16-23 467 +5° Moïse choisit et Dieu bénit les soixante- dix anciens, xi, 24-30 468 +6° Le second miracle des cailles, xi, 31-34. 468 +7° Rébellion de Marie et d' Aaron contre +Moïse. XII, 1-15 469 +§ III. L'exploration de la Terre promise et ses suites désastreuses. XIII , 1 — XIV, 45. . 471 +1° Envoi d'explorateurs dans le pays de +Chanaan. xiii, 1-21 471 +2° Voyage et rapport des explorateurs. +xili, 22-34 473 +3° Révolte du peuple, xiv, 1-10 474 +4° L'arrêt de mort, xiv, 11-25 475 +5° Réitération de la sentence et commen- cement de son exécution, xiv, 26-38 . 477 6° Fausse pénitence, suivie d'un prompt châtiment, xiv, 39-45 478 +Section II. — Les trente -huit années de +PÉUÉCrRINATIONS A TRAVERS LE DÉSERT. XV 1 — XXI, 35. ' +§ I. Quelques préceptes religieux. XV, 1-41. 479 +1° Lois complémentaires sur les sacri- fices. XV, 1-15 479 +2° Loi relative aux prémices du pain. +XV, 16-21 481 +3° Lois relatives aux péchés d'ignorance et de présomption, xv, 22-31 481 +4° Application de la loi qui concernait +l'infraction du sabbat, xv, 32-36. . . 482 +5° Les franges sacrées, xv, 37-41 . . . . 482 +§ IL Dieu venge l'autorité de Moïse et le sacerdoce d' Aaron, injustement atta- qués. XVI, 1 — XVII, 13 483 +1° Révolte de Coré, Dathan et Abiron. +XVI, 1-17 483 +2° L'épreuve et son issue, xvi, 18-35 . . 485 3° Monument érigé en souvenir de cette +rébellion, xvi, 36-40 487 +4° Le peuple est lui-même châtié à cause +de ses mui-mures. xvi, 41-50 487 +5° La dignité d' Aaron est confirmée par +un autre prodige, xvii, 1-13 488 +§ III. Les devoirs et les droits soit des +prêtres, soit des lévites. XVIII, 1-32. 489 +1"* Sommaire des obligations des prêtres +et des lévites, xviii ,1-7 489 +2° Les levenus des prêtres, xviii, 8-20. 490 +30 Revenus des lévites, xvm, 21-24. . . 492 4" Dime que les lévites devront payer +aux prêtres, xvni, 25-32 492 +§ IV. Expiation de l'impureté contractée par le contact d'un cadavre humain. XIX, 1-22 493 +10 La préparation de l'eau lustrale, xix, +1-lOa 493 +2° Règle générale pour l'emploi de cette +eau. XIX, lOb-13 494 +3° Règles particulières pour l'usage de l'eau lustrale, xix ,14-22 495 +§ V. Derniers incidents du séjour des Israé- lites dans le désert de Pharan. XX , 1 — XXI, 35 496 +1« L'eau de contradiction ù Cadès. xx, +1-13 496 +2» Les Iduméens refusent aux Hébreux l'autorisation de traverser leur terri- toire. XX, 14-21 498 +30 Mort d'Anron. xx, 22-30 499 +4" Défaite du roi d'Arad. xxi, 1-3. .. . 500 +5" Le serpent d'airain, xxi, 4-9 500 +6° Les Hébreux contiiment leur route +vers la Palestine, xxi, 10-20 502 +7" Expédition contre Séhon, roi des Amor- +rhécns. xxi, 21-32 503 +8° Défaite du roi de Basan. xxi, 33-35. 505 +TABLE ANALYTIQUE +681 +TROISIÈME PARTIE +Les Hébreux dans lea stoppes de Moab. XXII, 1 — XXXVI, 13. +Section' I. — Machinations des Moabites et +DES MaDIANITES CONTIIE ISRAËL. XXII, 1 — +XXV, 18. +§ I. Les oracles de Balaam. XXII, 1 — +XXIV, 25 505 +1* Le roi de Moab mande le prophète Balnam pour maudire Israël, xxii, +1-21 505 +2» L'ânesse de Balaam. xxil, 22-35.. . . 508 3«> Balaam arrive auprès de Balac. xxii, +36-40 509 +4 n. Balaam prédit le glorieux avenir +d'Israël. XXII, 41 — XXIV, 25 . . . 510 +!• Premier oracle, xxii, 41 — xxm, 12. 510 +20 Second oracle, xxiii, 13-26 512 +3» Troisième oracle, xxiii, 27 — xxiv, 14. 513 4» Quatrième oracle, le plus beau et le +plus significatif de tous, xxrv, 15-25. 515 +§ ni. Le péché d'Israël dans les steppes de +Moab. XXV, 1-18 517 +• Les Hébreux se livrent au culte hon- teux de Béelphégor; la colère divine +éclate sur eux. xxv, 1-6 517 +2* Le zèle de Phinées et sa récompense. +XXV, 6-15 518 +3° Décret d'extirpation conti'e les Ma- +dianites. xxv, 16-18 519 +Section II. — Ordonsaxces relatives a la +PROCHAINE PRISE DE POSSESSION DE LA PALES- TINE. XXVI, 1 — XXX, 17. +5 I. Nouveau dénombrement de la nation +théocratique. XXVI, 1-65 519 +1» L'ordre divin et son exécution, xxvi, 1-4 519 +2* Les résultats du dénombrement, xxvi, +5-51 520 +Jo Règlements pour le partage de la terre +sainte, xxvi , 52-66 523 +4«» Recensement des Lévites, xxvi, 57-62. 523 +fio Récapitulation générale, xxvi, 63-65. 624 +5 U. Deux lois de succession. XXVII, 1-23. 525 +!• Quel sera l'ordre d'héritage à défaut d'héritiers mâles directs, xxvjr 1-11. 525 +2» Josué est donné à Moïse po^^ 6ucces- sear. xxvii, 12-23 52G +I III. Quelques règlements relatifs aux sa- crifices et aux vœux. XXVni, 1 — XXX, 17 527 +1« Les sacrifices quotidiens, xxvm, 1-8. 527 a» Le sucriflce des Jours de sabbat, xxvm, +9-10 628 +*• Les sacrifices des néoménies. xxvm, +31-15 628 +4» La fête de Pâque et les sacrifices qui +lui étalent propres, xxvin, 16-25.. . 528 6° La Pentecôte et ses sacrifices, xxvm, +26-31 529 +60 La fête des Trompettes, xxix, 1-6. . 530 7» Fête de l'Expiation, xxix, 7-11. . . . 530 8° Fête des Tabernacles, xxix, 12-38. . 531 90 Conclusion do ce qui regarde les sa- crifices prescrits aux jours de fête. +XXIX, 39 632 +IQo Quelques règles touchant les vœux. +XXX, 1-17 533 +Section III. — Les Hébreux achèvent leur +INSTALLATION A L'EST DU JOURDAIN ET LE.S PRÉPARATIFS POUR LA CONQUÊTE DE ChaNAAN. +XXXI, 1 — XXXVI, 13. +§ I. Jéhovah se vpuqp. dm Madianites. XXXI, +1-54 535 +1° Défaite des Madianites. xxxi, 1-12. . 535 20 Le sort des captifs; purification des +combattants et du butin, xxxi, 13-24. 536 30 Partage du butin, xxxi, 25-47. . . . 536 40 Dons volontaires offerts h Dieu par les chefs de l'expédition, xxxi, 48-54. 538 +§ II. Le territoire conquis au delà du Jourdain est assigné à plusieurs tribus. XXXII, 1-42 539 +lo Requête des tribus de Ruben et de Gad. XXXII, 1-5 539 +20 Graves représentations de Moïse, xxxn, +8-15 540 +30 Arrangement conclu entre Moïse et les suppliants, xxxii, 16-32 540 +40 Installation d'une partie d'Israël dans les contrées transjordaniennes, xxxn, 33-42 542 +§ III. Liste des campements des Hébreux depuis la sortie d'Egypte. XXXIII, +1-43 ". 543 +lo De Ramsès au Sinaï. xxxni, 1-15. . . 643 2« Du Sinaï à Cadès. xxxiii, 16-36. .. . 641 30 De Cadès aux steppes de Moab. xxxin, +37-49 545 +§ IV. Instructions divines concernant la conquête et le partage de la terre sainte. XXXIII, 60 — XXXVI, 13. 646 +1» Extirpation des Chananéens. xxxm, +50-56 646 +20 Limites de la terre sainte en deçà du JoUidain. xxxiv, 1-15 547 +30 Désignation des commissaires qui se- ront chargés d'effectuer le partage, xxxiv, 16-29 549 +40 Les cités lévitiques, xxxv, 1-8 549 +50 Les villes de refuge, xxxv, 9-15.. , , 551 +6° Lois relatives h l'homicide, soit vo- lontaire, soit involontaire, xxxv, 16- 34 551 +70 Le mariage des femmes héritières, xxxvi, 1-1" 553 +32 +682 +TABLE ANALYTIQUE +LE DEUTERONOME +Introduction 555 +1* Le nom 555 +2° Le contenu et la division 555 +3° Caractère distinctif du Deutéronome . 656 +■ 4° L'authenticité de ce livre 556 +PROLOGUE. I, 1-5 557 +PREMIER DISCOURS servant d'introduction. 1,6 — IV, 43. +§ I. Résumé de l'histoire du peuple de Dieu depuis l'alliance du Sinaï. 1,6 — +III, 29 558 +1» Près de l'Horeb. i, 6-18 558 +2" A Cadesbarné. i, 19-46 559 +3° De Cadès au torrent de Zared. ii, 1-5. 562 +4" Du Zared à l'Arnon. ii, 16-25 564 +5° Défaite du roi Séhon. ii, 26-37. ... 565 +6° Défaite du roi Og. m, 1-11 566 +7° Partage des provinces conquises à l'est +du Jourdain, iri, 12-20 568 +8° Josué est divinement élu pour intro- duire les Israélites dans la Terre pro- mise, m, 21-29 569 +§ II, Moïse exhorte les Hébreux à obéir aux +préceptes de Jèhovah. IV, 1-43. . . . 670 +1° Écouter en vue d'agir, iv, 1-8 . . . , 570 2" Ne pas oublier les événements de l'Ho- reb. IV, 9-14 571 +3» Fuir l'idolâtrie, iv, 15-24 572 +4" Redouter les vengeances de Jéhovah. +IV, 25-40 573 +5° Désignation des tr'ois villes de refuge +au delà du Jourdain, iv, 41-43 ... 575 +SECOND DISCOURS +Nouvelle promulgation de la Loi- +IV, 44 — XXVI, 19. +Section I. — La sttbstance de la législation DU Sinaï en théorie et en pratique. IV, 44 — XI, 32. +Préambule historique, iv, 44-49. +§ I. Le Décalogue. V, 1-33 576 +1" Exorde solennel, v, 1-5 ....... . 576 +2° Les dix commandements de Dieu, v, +6-21 576 +3° Moïse fait ressortir les cii'constances principales de la première promulga- tion du Décalogue. v, 22-33 577 +§ ' II. L'amour de Dieu , motif suprême +d'obéissance à la loi. VI, 1-25. . . . 579 +1° Obéir par amour, vi, 1-9 579 +2° Ne pas oublier le Seigneur parmi les +délices de Chanaan, vi, 10-19 . . . . 580 i" Prêcher l'amour de Dieu aux généra- tions suivantes, vi, 20-25 581 +§ III, Extirpation de l'idolâtrie et des ido- lâtres. VII, 1-26 581 +1" N'avoir aucun commerce avec les Cha- nanéens , mais les exterminer, vn , 1-10 581 +2" Bénédictions que Jéhovah tient en ré- serve pour les Israélites fidèles, ni, 11-26 583 +§ IV. Le souvenir des bontés du Seigneur. +VIII, 1 — X, 11 585 +1° Dieu, le meilleur des instructeurs à l'égard d'Israël, viii, 1-6 585 +2" Se souvenir pratiquement des libéra- lités du Seigneur, viii, 7-20 586 +3" La gratuité des bienfaits du Seigneur. +IX, 1-6 587 +A" La gratuité des bienfaits divins res- sort des nombreuses transgressions d'Israël, ix, 7-24 588 +i" Cette gratuité ressort aussi de Tinter- ■ cession de Moïse , sans laquelle le peuple était infailliblement perdu, ix, 25-29 590 +6° EuPn la gratuité des bienfaits divins ressort surtout du généreux pardon accordé aux Hébreux par Jéhovah. +X, 1-11 591 +§ V. Bénédictions et menaces, pour^xciter plus efficacement à l'obéissance. X, 12 — XI, 32 592 +1** Introduction : l'étonnante bonté du Seigneur excite à la fidélité, x, 12-15. 592 +2° L'étonnante majesté de Jéhovah, autre motif d'obéissance, x, 16-22 593 +3" Les merveilles opérées dans le passé en faveur de la nation théocratique et la dépendance où elle est de son Dieu dans l'avenir, nouveaux motifs de fidélité, xi, 1-12 593 +4" Bénédictions et malédictions pour sanc- tionner la Loi. XI, 13-28 §i>5 +5° La cérémonie future des bénédictions et des malédictions sur les monts Ga- rizim et Ebal. xi, 29-32. ,.,... , 596 +Section IL — L'abrégé de la Loi. XII, 1 — XXVI, 19. +§ T. Le droit religieux d'Israël. XII, 1 — +XVI, 17 597 +1" Détruire les sanctuaires idolâtrlques. +xn, 1-3 597 +2° L'unité du sanctuaire, xii, 4-28 . . . 597 3" Ne pas imiter les Chananéens. xn, +28-32 600 +4" S'opposer à la propagande de l'idolâtrie +dans Israël, xni, 1-18 601 +5° Éviter les rites funèbres des païens. +XIV, 1-2 C03 +Si +TABLE ANALYTIQUE +C83 +6° Les mets purs et Impurs, xiv, 3-21. . GU3 7° La seconde dîme et son emploi, xiv. +22-29 005 +8° L'année sabbatique, xv, 1-11 GOG +9° L'affranchissement des esclaves, xv, +12-18 607 +10" Les premiers -nés des troupeaux, xv, +19-23 G08 +11° Les principales fêtes religieuses, xvi, +1-17 ces +§ II. ie droit public et politique. XVI, 18 — +XXI, 14 611 +1" L'institution et l'instruction des juges +locaux. XVI, 18 -XVII, 13 Gll +2° Ordonnance concernant le choix et les +devoirs des rois, xvii, 14-20 613 +3° Les revenus des prêtres et des lévites. +XVIII, 1-8 614 +4" Les prophètes faux et vrais, xviii, +9-22 G15 +5° Les villes de refuge, xix, 1-13. . . . 617 6° Ne pas toucher aux limites des pro- priétés. XIX, 14 G18 +7° Les témoins judiciaires, xix, 15-21. . 618 8° Lois concernant la guerre, xx, 1-20. 619 9" Cérémonies •«xpiatoiiTS à l'occasion des meurtres dont les auteurs n'auront +pas été découverts, xxi, 1-9 622 +10® Traitement des captives, xxi, 10-14 . 623 +§ III. Le droit privé. XXI, 15 — XXVI, 19. 623 +l" Le droit d'aînesse, xxi, 15-17 «23 +2° Les fils incorrigibles, xxi, 18-21. . . . 624 +s° Les cadavres des pendus, xxi, 22-23. 624 +4° Quelques devoirs de charité, xxii, 1-4. 625 5° Quelques obligations de droit naturel. +XXII, 5-11 625 +6° Le précepte des fivanges sacrées, xxii, +12 626 +7° Quelques lois destinées à maintenir la +sainteté du mariage, xxii, 13-30. . . G26 8® Du droit de cité dans Israël, xxiii, +1-8 628 +9° La pureté du camp, xxiii, 9-14. . . . 629 10° Personnes à protéger ou à proscrire. +XXIII, 15-18 629 +11° Contre l'usure, xxm, 19-20 630 +12° Les vœux, xxiii, 21-23 630 +13° Kespecter le bien d'autrui. xxiir, 24-25. 631 +14° Le divorce, xxiv, 1-4 631 +15° Divers préceptes d'humanité, xxiv, 5-7. 631 +16° La lèpre, xxiv, 8-9 631 +17° Autres préceptes d'humanité et de cha- rité, XXIV, 10 — XXV, 4 632 +18° Le mariage du lé virât, xxv, 5-10. . . 634 19° Une contravention aux bonnes mœurs. +XXV, 11-12 634 +20° L'équité dans les poids et les mesures. +XXV, 13-16 635 +21° L'extermination des Amalécites. xxv, +17-19 635 +22° L'offrande des fruits nouveaux, xxvi, +1-11 636 +23° La dîme de chaque troisième année. +XXVI, 12-15 637 +24° Péroraison du second discours, xxvi, +16-19 637 +TROISIÈME DISCOURS +La rénovation de l'alliance thcocratique- XXVII, 1 — XXX, 20. +§ I. Proclamation future de la loi sur le +r)lont Èbal. XXVII, 1-26 638 +1° Graver la loi et ériger un autel sur +l'Ébal. XXVII, 1-8 638 +2° Bénédictions et malédictions ù pro- noncer sur les monts Ébal et (iarizim, xxvn, 9-26 639 +§ II. La double sanction de la loi théocra- +iiqxœ. XXVIIT, 1-68 640 +1° Les bénédictions promises aux Israé- lites obéissants, xxviii, 1-14 641 +•2" Les menaces en cas de désobéissance. +xxvill, 15-68 642 +§ ni. Moïse eochorte instamment les Hé- breux à renouveler l'alliance. XXIX, 1 — XXX, 20 648 +1° Comme pi*essant motif, le souvenir des bienfaits divins, xxix, 1-8 648 +2° Appel à tout le peuple pour le pres- ser d'entrer de plus en plus dans l'alliance, xxix, 9-15 649 +3° Menaces à l'adresse de ceux qui vio- leraient l'alliance, xxix, 16-29. . . . 649 +4° La miséricorde de Dieu est promise aux coupables, pourvu qu'ils se re- pentent. XXX, 1-10 651 +5° Combien est aisé l'accomplissement de la loi divine, xxx, 11-14 652 +G° Péroraison pathétique du troisième +discours, xxx, 15-20 653 +CONCLUSION HISTORIQUE +Les derniers actes et la mort de Moïse. +XXXI, 1 — XXXIV, 12. +§ I. Moïse prend ses dernières dispositions. +XXXI, 1-30 654 +V L'installation de Josué comme succes- seur de Moïse, xxxi, 1-8 654 +2° Moïse confie aux prêtres et aux no- tables le soin d'annoncer la loi aux Hébreux, et de veiller à son accom- plissement. XXXI, 9-13 655 +3" Le Seigneur ratifie l'installation de Josué, et ordonne à Moïse de com- poser son dernier cantique, xxxi, 14-23 C55 +4° Moïse fait placer le livre de la loi dans le sanctuaire, xxxi, 24-27. ... 656 +5° Introduction au cantique, xxxi, 28-30. 657 +§ II. Le dernier cantique de Moïse, xxxii, +1-52 657 +1° Court prélude, xxxii, 1-3 657 +2° Le thème, xxxii, 4-5 657 +3° Les bienfaits de Jéhovah à l'égard +d'Israël, xxxii, 6-14 668 +4° L'ingra*! tilde des Israélites, xxxii, 15- +18 659 +5° Le terrible décret de vengeance, xxxtt. +19-3:' 660 +684 +6» L'exécution de ce décret de vengeance. +XXXII, 34-43 661 +7" Épilogue historique du cantique, xxxii, +44-47 663 +8" Dieu ordonne à Moïse de gravir le mont Nébo, pour contempler de là la terre sainte et pour mourir, xxxii, 48-52. 663 +§ m. Bénédiction prophétique de Moïse, +XXXIII, 1-29 6C4 +1' Introduction, xxxiii, 1-5 664 +TABLE ANALYTIQUE +2° Les bénédictions, xxxm, 6-25. . +3° Epilogue, xxxiii, 26-29. +§ IV. La mort et la sépulture de Moïse. XXXIV, 1-12 +1° Moïse au sommet du Nébo. xxxiv, 1-4 +2° La mort et la sépulture de Moïse, xxxiv, 5-8 +3" Josué succède à Moïse, xxxiv, 9. . . . +4" Éloge final de Moïse, xxxrv, 10-12. . +664 667 +668 +668 +669 669 670 +i +24287. — Tours, impr. Marne. +y +\ +BIBLE . French . 18Ô9 . La Sainte Bible. +j +Uj +CO +C\J +LO +G) +CO +CO +CO +0^ — -: +-CO +-cg +Q +1 +2 +FIRER-GIÂSS +3 +60 in +4 +5 +6 +7 i 8 +:^i +8 +9 +10 11 1 +2 13 diff --git a/src/main.rs b/src/main.rs index 25a7948..b2aa264 100644 --- a/src/main.rs +++ b/src/main.rs @@ -99,9 +99,9 @@ fn main() -> std::io::Result<()> { } fn display_options() { - println!("compress | c To compress a file."); - println!("uncompress | u To compress a file."); - println!("print | p To print a file compressed."); + println!("--compress , -c [] To compress a file."); + println!("--uncompress, -u [] To uncompress a file."); + println!("--print ,-p To print a file compressed."); } fn get_map_file(mut file: &File) -> Result, std::io::Error> {