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in  2010  with  funding  from
University  of  Ottawa
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LA
SAINTE  BIBLE
COMMENTÉE
TOME   I
DU  MÊME  AUTEUR
INTRODUCTION  GÉNÉRALE  AUX  ÉVANGILES.  Un  vol.  grand  in-S"  de  1
ÉVANGILE    SELON    SAINT    MATTHIEU.    INTRODUCTION  CRITIQUE  ET  COMW grand  in -80  de  570  p.  Paris,  1878.
ÉVANGILE  SELON    SAINT   MARC.    INTRODUCTION  CRITIQUE  ET  COMMENTAII
in -80  de  228  p.  Paris,  1879.
ÉVANGILE  SELON   SAINT   LUC.    INTRODUCTION  CRITIQUE  ET   COMMENTAIRI
in -8°  de  415  p.  Paris,  1882.
ÉVANGILE  SELON   SAINT  JEAN.    INTRODUCTION  CRITIQUE  ET  COMMENTAI!
in-80  de  Lxiv-388  p.  Paris,  1886.
SYNOPSIS   EVANGELICA,  SEU  QUATUOR  SANCTA  JeSU   ChRISTI   EvANGELI. GATAM  EDITIONEM  ORDINE  CHRONOLOGICO  IN  HARMONIAM  CONCINNATA.  l
de  xix-138  p.  Paris,  1882.
ESSAIS    D'EXÉGÈSE.    EXPOSITION,   RÉFUTATION,   CRITIQUE,  MŒURS  JUIVES,
de  XI -35 4  p.  Lyon,  1884.
ATLAS  ARCHÉOLOGIQUE  DE  LA   BIBLE,  d'apriîS  LES  MEILLEURS  DOCUME SOIT   MODERNES,    ET  SURTOUT   d'aPRÈS   LES   DÉCOUVERTES  LES  PLUS  RÉCl
LA  Palestine,  la  Syrie,  la  Phénicie,  l'Egypte  et  l'Assyrie,  di l'intelligence  des  saintes  Ecritures.  Un  vol.  grand  in-A»  de  vi-( de  93  planches  contenant  11U0  figures.  Lyon,  1883.  —  Deuxième  é blement  augmentée.  Lyon,  1886.
ATLAS    D'HISTOIRE    NATURELLE    DE    LA    BIBLE,  d'aprÈs  LES  MONUMENT MEILLEURES  SOURCES  MODERNES  ET  CONTEMPORAINES,  DESTINÉ  A  FACILIT
DES  SAINTES  ECRITURES.  Un  voI.  grand  in-A»  composé  d'un  texte  exp et  de  112  planches  contenant  900  figures.  Lyon,  1884.
ATLAS    GÉOGRAPHIQUE    DE    LA    BIBLE,    d'après    les    MEILLEURES   SOU ANGLAISES  ET  ALLEMANDES  CONTEMPORAINES  (CD  COllaboratlOn  aVOC  M.
Un  vol.  grand  in-4o  composé  d'un  lexique  et  de  18  planches  en  coul BIBLIA  SACRA  JuxTA  Vulgat^  exemplaria  et  correctoria  romana  den
NIBUS    LOGICIS   ANALYSIQUE  CONTINUA,   SENSUM    ILLUSTRANTIBUS ,    ORNA
in -8°  de  près  de  1400  p.,  orné  de  lêtes  de  chapitres  et  de  lettr filets  rouges.  Paris,  1887.  —  Deuxième  édition,  approuvée  par  ph et  de  nombreux  évoques.  Paris,  1891.
NOVUM    TESTAMENTUM     JUXTA    VULGAT^     EXEMPLARIA    ET    C0RRECT0RI7 EDITUM,   D1VI3I0N1DU3  LOGICIS  ANALYSIQUE  CONTINUA,  SENSUM   ILLUSTRA]
Un  vol.  in -32  de  viii-544  p.,  orné  de  vignettes  et  encadré  de  roi (Le  traité  De  Imilalione  Chrisli  et  VOffiaum  parvum  B.  Marix  V type  et  de  même  format,  peuvent  se  relier  avec  ce  volume,  de  man Manuale  dericorum  très  élégant.)  —  Deuxième  édition,  approuv cardinaux  et  de  nombreux  évoques.  Paris,  1891.
L'IDÉE  CENTRALE  DE  LA  BIBLE.  Brochure  in-12  de  vi-54  p.  Lyon,  18
LES  PSAUMES  COMMENTÉS   D'APRÈS   LA  VULGATE  ET  L'HÉBREU.   Un  b(
de  764  pages,  orné  de  160  gravures,  Paris,  1893.  (Cet  ouvrage  est partie,  un  extrait  du  tome  IV  de  la  Sainte  Bible  commentée.)
LA
SAINTE  BIBLE
(TEXTE  LATIN  ET  TRADUCTION  FRANÇAISE)
COMMENTÉE
D'APRÈS     LA     VULGATE
ET  LES  TEXTES  ORIGINAUX
A    l'usage    des    séminaires    et    du    CLBEÛi
PAR
L.-GL.   FILLION
PRETRE   DE    SAINT -SULPICE PROFESSEUR    d'ÉCRITUKE    SAINTE    A    l'iNSTITUT    CATHOLIQUE    DE    PARIS
DEUXIEME     EDITION
PARIS
LETOUZEY  ET  ANÉ,  ÉDITEURS
BUE    DU    VIEUX-COLOMBIER,    17
1894 Tous  droits  réservés.
Impeimatue.
Lugduni,  20^  februarii  1888.
t  JOSEPH,  Arch.  Lugd.
MONSIEUR  F.-M.  VIGOUROUX
PROFESSEUR    D  KCRITUHR    SAINTE    AU    SEMINAIRE    SAINT  -  SULPIGE
HOMMAGE
DE    VIVE    REGONN  AISSANGK ET  DE  FILIAL  DÉVOUEMENT
Cher  et  vénéré  Maître ,
La  Providence  vous  'plaçait  il  y  a  vingt-cinq  ans  sur  ma route,  pour  donner  à  ma  vie  morale  et  à  mes  études,  par  votre intermédiaire,  une  direction  décisive.
Je  nai  oublié  ni  votre  premier  regard,  ni  votre  'première parole;  ni  ces  commentaires  allemands  de  la  Bible  que  je  pué lire,  grâce  à  vous,  pour  la  première  fois,  et  qui  ouvrirent  à  mon ignorance  naïve  des  horizons  si  nouveaux,  si  séduisants;  ni vos  cours  d'Écriture  sainte  et  d'hébreu,  pour  lesquels  vous semblez  avoir  adopté  la  devise  du  célèbre  professeur  hollandaise Mijn  leeren  is  speelen,  «  Mon  enseignement  est  une  récréation  y>:'
J
YI
Quand  feus  quitté  le  séminaire,  vous  avez  encouragé  mes premières  compositions  bibliques,  qui  devaient,  me  disiez-vous avec  bonté,  contribuer  à  développer  mes  goûts  naissants.
Quand  le  moment  fut  venu  pour  moi  d'enseigner  à  mon  tour r Écriture  sainte  et  la  langue  sacrée,  vos  conseils,  non  moins sages  que  dévoués,  ne  me  firent  jamais  défaut.
Puis,  un  jour,  votre  autorité  paternelle,  à  laquelle  je  ne  sais rien  refuser,  plaçait  sur  mes  épaules  un  fardeau  tout  à  la  fois bien  pesant  et  bien  doux  :  vous  me  demandiez  de  commenter successivement  les  quatre  Évangiles.
Enfin,  avant  même  que  celte  tâche  importante  fût  terminée, vous  vous  entendiez  avec  mes  éditeurs  actuels  pour  m'en  im" poser  une  autre,  plus  considérable  encore,  puisqu'elle  consistait à  interpréter  toute  la  Bible.  Foies  vous  souvenez  de  mes  hési- tations, et  de  la  manière  dont  vous  en  avez  triomphé.  Mais  je n'acceptai  qu'à  la  condition  expresse  de  vous  dédier  cette  œuvre, qui  sera  la  principale  de  ma  vie.
Elle  est  vôtre,  du  reste,  à  tous  les  points  de  vue,  puisque vous  Vavez  préparée  de  longue  main  en  faisant  mon  éducation scripturaire ,  directement  provoquée,  constamment  aidée.  En effet,  ce  n'est  pas  seulement  au  frontispice  du  premier  volume que  Von  trouvera  votre  nom  :  presque  chaque  page  le  redira  à mes  lecteurs,  puisque  sans  cesse,  —  et  ce  sera  mon  grand  bonheur, —  je  devrai  les  renvoyer  à  vos  savants  ouvrages  :  La  Bible  et les  découvertes  modernes,  le  Manuel  biblique,  les  Mélanges  bi- bliques, Les  Livres  saints  et  la  critique  rationaliste,  qui  ont  fait et  qui  feront  encore  tant  de  bien.
Durant  les  dernières  heures  que  nous  avons  passées  ensemble, vous  m* avez  dit  gracieusement  :  <i  Puisse  votre  commentaire  durer autant  que  celui  de  Ménochius!  »  Je  désire  en  effet  qu'il  dure  de
Z
—  vil
longues  années,  non  seulement  pour  qu'il  fasse  connaître  et  aimer les  saintes  Écritures,  —  si  je  réussis  à  atteindre  mon  idéal,  — mais  encore  pour  qu'il  soit  un  monument  de  ma  vive  reconnais- sance et  de  mon  affection  filiale  à  votre  égard.
L.'CL.  FILLION.
Lyon,  le  27  décembre  1887.
AVANT-PROPOS
I.  La  dédicace  et  la  lettre  qui  précèdent  indiquent  suffisamment l'origine  de  l'ouvrage  dont  nous  publions  en  ce  moment  la  première partie.  De  nous -même,  nous  aurions  difficilement  osé  assumer  la responsabilité  d'une  telle  entreprise.  Néanmoins,  à  peine  à  l'œuvre, et  malgré  des  difficultés  chaque  jour  renaissantes,  nous  nous  sommes livré  à  notre  noble  tâche  con  amore,  et  aussi  entièrement  que  le  per- mettaient nos  autres  occupations.
II.  Notre  but  est  de  procurer  au  clergé,  spécialement  aux  jeunes lévites  et  aux  prêtres  du  ministère,  qui  n'ont  pas  le  temps  de  lire  les grands  traités  exégétiques,  un  commentaire  succinct  de  toute  la  Bible, écrit  en  langue  française.
Quoique  destinés  plus  directement  aux  ecclésiastiques,  nos  volumes s'adressent  cependant  aussi  aux  laïques  instruits  qui  ont  du  goût  pour les  études  scripturaires.
III.  Ce  but  nous  imposait  une  méthode  spéciale,  dont  voici  les  prin- cipaux linéaments.
1°  Comme  les  travaux  analogues  parus  antérieurement  en  France  et ailleurs,  notre  publication  comprendra  trois  parties  distinctes  :  le  texte latin  de  la  Vulgate  ;  en  regard ,  la  traduction  de  Sacy,  souvent  retou- chée et  rendue  plus  conforme  au  texte;  les  notes,  qui  formeront  natu- rellement le  corps  de  l'ouvrage.  De  courtes  introductions  seront placées  en  tête  de  chaque  livre. *   2*^  Pour  les  notes,  une  rédaction  sobre  et  concise  était  strictement
X   —
obligatoire.  Nous  avons  donc  fait  de  constants  efforts  pour  n'insérer aucun  détail  inutile.  Mais  nous  nous  sommes  dit,  d'autre  part,  que concis  n'est  pas  synonyme  d'incomplet,  et  que  brièveté  ne  signifie  pas aridité.
Quoique  brèves,  les  notes  seront  donc  aussi  complètes  que  possible, et  toujours  au  niveau  de  la  science  biblique  contemporaine.  Nous avons  tâché  de  les  rendre  suggestives,  comme  s'expriment  les  Anglais, de  manière  à  ouvrir  au  lecteur  des  horizons  multiples ,  et  à  exciter  en lui  le  désir  des  recherches  et  des  méditations  approfondies.
3^  Nous  avons  eu  surtout  en  vue  de  bien  faire  connaître  le  sens littéral  des  saints  Livres,  en  appuyant,  ainsi  qu'il  convient,  sur  les passages  difficiles  et  sur  les  textes  les  plus  importants  sous  le  rapport théologique.
4»  Les  renseignements  historiques,  géographiques,  archéologiques, scientifiques,  utiles  à  l'intelligence  du  sens,  seront  toujours  fidèlement fournis.  Nous  signalerons  de  même  les  divergences  des  textes  origi- naux, quand  elles  présenteront  quelque  gravité  ou  quelque  intérêt.  De fréquentes  indications  bibliographiques  renverront  le  lecteur  aux ouvrages  spéciaux,  surtout  aux  écrits  de  nos  meilleurs  commenta- teurs catholiques  de  tous  les  temps,  qui  serviront  constamment  de guides.
Sans  vouloir  réfuter  une  à  une  les  objections  des  hérétiques  et  des incrédules,  nous  les  indiquerons  à  l'occasion,  et  nous  en  donnerons une  solution  rapide.
Nous  nous  proposions  aussi  de  noter  d'un  mot,  comme  nous  Tavons fait  dans  nos  commentaires  sur  les  saints  Évangiles,  les  chefs-d'œuvre artistiques  et  littéraires  inspirés  par  de  nombreux  passages  de  la Bible.  Mais  les  matériaux  de  ce  genre  se  sont  tellement  multipliés entre  nos  mains,  qu'il  nous  a  semblé  préférable  d'en  faire  plus  tard une  œuvre  apologétique  de  longue  haleine,  pour  l'exécution  de  laquelle nous  nous  sommes  dès  maintenant  assuré  le  concours  de  deux  amis intelligents  et  dévoués.
5°  Nous  avons  été  préoccupé  sans  cesse  de  faciUter  la  marche du  lecteur  par  des  divisions  et  subdivisions  multiples,  analogues  à celles  de  notre  Bïblia  sacra  récemment  parue.  Livres  ou  parties, sections,  paragraphes;  dans  les  paragraphes,  des  alinéas  numérotés 1°,  2°,  etc.;  dons  ces  alinéas,  d'autres  séries  plus  petites  de  versets:  le tout  muni  de  titres,  et,  pour  ainsi  dire,  dûment  étiqueté.  Ces  grou- pements équivalent  souvent  à  un  commentaire,  et  ils  forment  un  des principaux  avantages  de  l'exégèse  contemporaine.  Saint  François  de
—  XI
Sales  aurait  dit  que  ce  sont  des  allées  et  des  sentiers ,  qui  permettent de  se  promener  à  l'aise  dans  le  beau  jardin  des  Écritures.
IV.  La  nécessité  d'un  ouvrage  de  ce  genre  n'est  pas  douteuse.  Depuis d'assez  longues  années  il  est  réclamé  par  les  membres  du  clergé français,  plus  spécialement  par  les  professeurs  et  les  élèves  des  grands séminaires.  On  trouve  à  bon  droit  AUioli  insuffisant,  et  Ménochius, quoique  si  excellent,  si  judicieux,  a  besoin  d'être  rajeuni  ou  plutôt refondu.
V.  On  a  bien  voulu  penser  que  nous  étions  ce  préparé  à  ce  grand  œuvre par  seize  années  d'enseignement  exégétique,  par  la  composition  de plusieurs  ouvrages  scripturaires  importants ,  par  la  lecture  de  la  plu- part des  commentaires  anciens  et  contemporains  ».  Du  moins,  nous avons  reçu  de  hauts  et  précieux  encouragements.
Nos  notes  de  professeur  contiennent  déjà  la  plus  grande  partie  de notre  travail.  La  rédaction  définitive  et  la  publication  des  volumes seront,  s'il  plaît  à  Dieu,  assez  rapides.
Daigne  l'Auteur  des  divines  Écritures  nous  donner,  à  cette  fin, lumière  et  sainteté  !
Lyon,  le  17  décembre  1887.
n
^
n
D
a
TABLEAU
POUR  LA  TRANSCRIPTION  DES  LETTRES  HÉBRAÏQUES EN  CARACTÈRES  FRANÇAIS
Alcph  '  (esprit  doux)
Beth  &
Gimel  0  (.àur  comme  dans  ga)
Daleth  d
Hé  h
Vav  V
Zaïn  a
Heth  h
Teth  «
Yod  ?/  ou  i
Caph  fc
Laïued  Z
Mcm  VI
Nun  n
^  Samek
•7  Aïn
3  (sans  daguesch)  Plié 3  (avec  daguesch)  Pé \,^  Tsadé
P 1
u
n
Coph
Resch
Sin
Schin
Thav
s  (dur    comme dans  ça) (esprit  rude) /
P
s  (ts  dur  comme dans  tça)
a
r
s  (s  dur) 5     (  comme    ck dans  chat  ) ?  (th)
Pour  plus  do  simplicité,  nous  n'.ivons  pas  tenu  compte  de  l'effet  du  daguesch  doux  dans  les consonnes  3,,  ^,  1,  3,  n»
Pour  ce  qui  est  des  voyelles,  u  doit  se  prononcer  ou;  le  scheva  quicsccnt  n'a  pas  été  marqué; le  mobile  est  représenté  par  un  petit  e  en  exposant  (yqt'lu,  qôt'lah,  h'raqim).
TABLEAU
DES    PRINCIPALES    ABRÉVIATIONS
Cf.,  ou  cf.  .  .  .  Confer.
Comp    Comparez.
8s    Suivants,  ou  suivantes.
H.  1.  ;  in  h.  1.  .  Eoc  loco;  in  hune  locum.
Man.  un.  .  .  .  Manuel  'biblique,  ou  Cours  d'Écriture  sainte  à  l'usogc  des  séminaires,  par MM.  Vigoureux  (Ane.  Testament)  et  Bacucz  (Nouv.  Testament).  4  vol.  in -12.
Bible  et  découv.  La  Bible  et  les  découvertes  modernes  en  Palestine,  en  Égiipte  et  en  Assyrie, par  F.  Vigoui-oux,  prêtre  de  Saint -Sulpice.  4  vol.  in -12.  Nous  citons  d'après  la quatrième  édition,  18S5.
Atl.  archéol.  .  .  Atlas  archéologique  de  la  Bible,  d'après  les  meilleurs  documents  soit  anciens, soit  modernes...,  destiné  à  faciliter  l'intelligence  des  saintes  Écritures,  par L.-Cl.  Fillion,  prêtre  de  Saint -Sulpice.  Un  vol.  gr.  in -4",  composé  d'un  texte explicatif  et  de  117  planches  contenant  1400  ligures.  Nous  citons  d'après  la deuxième  édition,  1886.
Atl.  d'hist.  nat.  Atlas  d'histoire  naturelle  de  la  Bible,  d'après  les  monuments  anciens  et  les meilleures  sources  modernes  et  contemioraines...,  par  L.-Cl.  Fillion.  Un  vol. grand  in -4«,  composé  d'un  texte  explicatif  et  de  112  planches  contenant 900  figures,  1884.
Atl.  géogr.  .  .  .  Atlas  géographique  de  la  Bible,  d'après  les  meilleures  sources  françaises,  anglaises et  allemandes  contemjioraines,  par  L.-Cl.  Fillion  et  H.  Nicole.  Un  vol.gr.  in-4», composé  d'un  lexique  et  de  17  cartes  teintées  (en  cours  de  publication).
INTRODUCTION
§  1.  —  Ce  qu'est  la  Bible.
l.  Étymologiquement,  c'est  «  le  Livre  »  par  excellence,  le  livre  des  livres. Telle  est,  en  effet,  la  signification  du  mot  Bible,  qui  dérive  du  grec*  par  Tin- termédiaire  du  latin  Biblia'^,  Nom  d'une  parfaite  exactitude,  qui  place  à  bon droit  la  Bible  au-dessus  de  tous  les  autres  livres,  et  lui  donne  un  rang  à  part entre  les  produits  littéraires  du  monde  entier.  Aussi  les  écrivains  sacrés  furent- ils  des  premiers  à  l'employer.  Dan.  ix,  2;  I  Mach.  xii,  9;  II  Mach.  viii,  23; II  Tim.  IV,  13;  de  môme  que  les  dénominations  analogues  de  sainte  Écriture, de  saintes  Lettres,  eic.^.
Mais  qu'y  a-t-il  d'étonnant  à  ce  que  la  Bible  soit  le  plus  beau,  le  plus  riche, le  plus  utile,  le  plus  parfait  et  le  plus  saint  des  livres,  puisqu'elle  a  Dieu  lui- même  pour  auteur?  Omnis  Scriptiira  cUvinitus  inspirata.  Il  Tim.  m,  16;  Spiritu sancto  inspirati  locuti  sunt  sancti  Dei  homines,  II  Petr.  i,  21.  Qui  quidem Veteris  et  Novi  Testamenti  libri,  integri  cum  omnibus  suis  par tibus...,  Spiritu sancto  inspirante  conscripti,  Deum  habent  auctorem,  a  dit  le  concile  du  Vatican (Sess.  III,  Gonst.  dogm.,  c.  ii),  à  la  suite  du  concile  de  Trente  (Sess.  IV).
On  le  voit  par  ces  définitions  officielles,  ce  qui  fait  de  la  Bible  entière  un  livre divin  et  la  parole  de  Dieu  dans  le  sens  strict,  c'est  l'inspiration  en  vertu  de laquelle  toutes  ses  parties  ont  été  composées.  L'impulsion  première  qui  a  excité les  écrivains  sacrés  à  prendre  la  plume,  l'illumination  intérieure  qui  leur  sug- gérait d'une  manière  plus  ou  moins  complète  les  matériaux  à  mettre  en  œuvre, la  direction  ou  surveillance  perpétuelle  exercée  sur  leur  travail  :  tout  cela  venait de  Dieu,  qui  est  ainsi,  selon  la  rigueur  des  termes,  l'auteur  des  saints  Livres'*. Conformément  au  langage  imagé  des  Pères  et  des  Docteurs,  Scriptura  divina convivium  sapientise  est ,  singuli  libri  singula  sunt  ferculn^ ;  Est  autem  omnis
^  BioXsa,  au  pluriel  neutre,  diminutif  de  Bt- ê/vO:;,  et  correspondant  à  libelli.  «  Livres  mul- tiples «lui  sont  devenus  un  seul  livre,»  disait  saint Jean  Clirysoslome.
2  D'abord  également  employé  au  pluriel  neutre  : Biblia,  biliHornyn  ;  puis  iransformé,  au  xiii»  siècle, en  un  subsianlif  féminin  siiiqulicr  :  Biblia,  bi- blix.
^  «  L'l-]criiure:  i>  c'est  l'expression  dont  se  sert habituellement Notre-Seigneur  Jésus-Christ  quand il  cite  les  livres  de  l'Ancien  Testament.
'*  Sur  la  grave  question  de  l'inspiration  (na- ture, existence,  étendue),  voyez  le  Manuel  bibl., t.  I,  nn.  7-23.  Non  seulement  les  protestants, mais  même  des  écrivains  catholiques  ont  émis  sur ce  point  capital  des  théories  relâchées  et  dange- reuses, desquelles  il  résulterait  que  Dieu  n'est pas  Tautciir  de  nombreux  passages  de  la  Bible. Nous  ne  parlons  pas  des  rationalistes,  pour  qui la  sainte  Écriture  n'est  pas  autre  chose  qu'un livre  humain.
^  S.  Ambr.  De  offlc.  min.,  1.  I,  n.lG5.
INTRODUCTION
Scriptura  cor  Bei,  os  Dei,  Ungua  DeiK  Avec  quelle  foi,  quelle  reconnaissance et  quel  amour  on  doit  lire  et  méditer  un  tel  livre  !
II.  Livre  divin,  et  pourtant,  à  un  autre  point  de  vue,  fertile  aussi  en  conso- lantes pensées,  livre  dans  la  composition  duquel  les  hommes,  nous  venons  de le  dire,  ont  joué  un  rôle  impoitant  :  Beus  est  auctor  Scripturarum  per  conscri- ptoves  humanos'^.  Ces  amanuenses  de  TEsprit-Saint  conservaient,  à  part  de rares  circonstances,  telles  que  certaines  extases,  le  libre  exercice  de  leurs  facultés naturelles  3;  c'est  pourquoi  chacun  d'eux  a  laissé,  dans  les  pages  écrites  par  lui, Tcmpreinte  individuelle  de  son  caractère,  de  sa  condition,  de  son  style.  De  là cette  merveilleuse  variété  des  saints  Livres,  qui  ne  plaît  pas  moins  que  leur
unité.
En  tant  que  livre  humain,  la  Bible  appartient  au  temps  et  à  l'espace.  Publiée par  fragments,  elle  mit  près  de  seize  cents  ans  pour  paraître  (de  1500  avant Jésus- Christ  à  l'an  100  de  l'ère  chrétienne).  Sa  patrie  principale  est  la  Pales- tine; mais  plusieurs  livres  furent  composés  bien  loin  de  Jérusalem  :  à  Rome,  par exemple,  ou  à  Babylone.  Les  langues  qu'elle  parle  sont  l'hébreu,  le  grec;  le chaldéen  en  quelques  rares  passages.
III.  Dictée,  pour  ainsi  dire,  par  Dieu,  et  écrite  par  des  hommes,  la  Bible  nous a  été  fidèlement  transmise  et  interprétée  par  l'Église,  comme  le  prouve  de  la façon  la  plus  admirable  l'histoire  du  canon,  soit  chez  les  Juifs,  soit  chez  les chrétiens''.  Elle  est  donc  en  troisième  lieu,  et  c'est  encore  pour  elle  un  beau titre  de  gloire,  le  livre  ecclésiastique  par  antonomase.  Nous  n'avons  pas  à  raconter ici  les  soins  plus  que  maternels  avec  lesquels  deux  institutions  également  di- vines^, quoique  si  dissemblables  sur  bien  des  points,  veillèrent  tour  à  tour  à  sa préservation.  Qu'il  suffise  de  rappeler  que  nul  livre  ancien  ne  présente  d'aussi frappantes  garanties  d'authenticité  et  d'inlégrilé.
§  II.  —  Jésus -Christ,  centre  de  la  Bible.
I.  Mais,  par-dessus  tout,  dans  l'intention  visible  de  Dieu  qui  l'a  donnée  au monde,  et  d'après  l'interprétation  constante  de  la  Synagogue  comme  de  l'Église, la  Bible  est  le  livre  du  Messie,  le  livre  de  Notre -Seigneur  Jésus- Christ.
Telle  est  vraiment  l'idée  mère  et  centrale  des  écrits  inspirés,  idée  vers  laquelle convergent  toutes  les  autres;  telle  est  leur  principale  raison  d'être,  en  dehors de  laquelle  disparaît  toute  leur  unité  et  presque  toute  leur  beauté  :  Jésus,  le Christ,  Fils  de  Dieu.  «  Jésus-Christ,  que  les  deux  Testaments  regardent:  l'An- cien, comme  son  attente,  le  Nouveau,  comme  son  modèle,  tous  deux  comme leur  centre,  »  a  dit  sobrement  et  magnifiquement  Pascal"^.  Ou  mieux  encore, suivant  l'expression  de  saint  PauP  commentée  par  saint  Irénée^,  Jésus-Christ est  lapis  summiis  angularis,  qui  unit  les  deux  Testaments  de  la  manière  la plus  étroite.
II.  Rien  de  plus  facile  à  démontrer  que  cette  noble  thèse.  Les  preuves  extrin- sèques, ou  d'autorité,  et  les  preuves  intrinsèques,  tirées  du  fond  mCme  des saints  Livres,  abondent  en  ce  sens.  Nous  devons  nous  borner  ici  à  indiquer  les
'  s.  Bonav.  In  Ilexaem.  12. -  Cette   heureuse  expression  est  du  cardinal Franzelin  ,  De  traditione  et  Scriptura,  1870. 3  Voy.II  Mach.  i,  1  ;  Lue.  i,  1-4. ^  Voy.  le  il/an.  blbl.,  t.  I,  nn.  24-47. ^  La  Synagogue  et  l'ivglise.
^  Contra  Hser.,  1.  IV,  c.  xxv,  1.  Comparez  ces lignes  de  S.  Augustin,  Contra  Faust.:  «  Nos  au- tora ,  et  ad  commemoratif  ncni  fidci  nostra) ,  et  ad consolationcm  spei  nostraî,  et  ad  cxhortationem charitatis  nostra;,  libros  propheticos  et  apostoli- cos(c.-ù-d.  l'Ancien  et  le  Nouveau  Testament)
'5  Pen.scc9,  édit.  E.  Ilavct;  Paris,  1880,p.  272.    |    logimus,   alterutris    vocibus   sibimet    concinen- ■^  Eph.  II,  20.  ;    tes.  »
INTKODUCTION  3
principales.  Naturellement,  nous  insisterons  davantage  sur  les  écrits  de  Tan- eienne  Alliance,  car  il  est  de  toute  évidence  que  Jésus  est  Valpha  et  Voméga du  Nouveau  Testament.
1"^  Les  preuves  extrinsèques  consistent  dans  le  témoignage  de  Notre-Seigneur Jésus-Christ  lui-même  et  dans  celui  de  ses  apôtres,  dans  la  tradition  juive  et dans  la  tradition  chrétienne.
A  plusieurs  reprises,  le  Seigneur  Jésus  affirme,  dans  les  termes  les  plus  éner- giques, que  toute  la  Bible  est  occupée  de  lui.  Il  y  renvoie  les  pharisiens  hostiles et  incrédules  :  Scrutmnini  Scripturas,  quia  vos  putatis  in  ipsis  vitam  œternam habere,  et  illœ  sunt  quœ  testimoniuyn  perhibent  de  me,  Joan.  v,  39.  Si  cre- deretis  Moysi,  crederetis  forsitan  et  mihi;  de  me  enitn  ille  scripsit,  Joan.  v,  46. Il  y  renvoie  ses  disciples  et  ses  amis  :  Incipiens  a  Moyse  et  otnnibus  prophetis, interpretabatur  illis  in  omnibus  Scripturis  quse  de  ipso  erant,  Luc.  xxiv,  27. Hsec  sunt  verba  quœ  locutus  siitn  ad  vos,  curn  adhuc  essem  vobiscum,  quo- niam  necesse  est  impleri  omnia  quœ  scripta  sunt  in  lege  Moysi,  et  jjrophetis, et  psalmis  de  me,  Luc.  xxiv,  44.  Il  ne  s'en  applique  pas  seulement  l'ensemble, mais  des  détails  spéciaux  et  minutieux  :  par  exemple,  le  symbole  du  serpent d'airain,  Joan.  m,  14;  l'oracle  d'Isaïe  relatif  à  la  conduite  suave  et  miséricor- dieuse du  Messie,  Luc.  m,  16-21;  les  prophéties  qui  concernaient  sa  passion, Matth.  XXVI,  54,  et  Luc.  xxii,  37.  Sur  le  point  d'expirer,  il  pousse  ce  cri  suprême  : Consummatum  est,  Joan.  xix,  30,  signifiant  par  là  qu'il  avait  réalisé  en  entier le>  prophéties  de  l'Ancien  Testament  qui  concernaient  sa  vie,  son  rôle  et  sa  mort.
Comme  leur  Maîlre,  les  évangélistes  et  les  apôtres  en  appellent  sans  cesse  à la  Bible,  puisant  à  pleines  mains  dans  le  riche  trésor  des  prophéties  messianiques, relevant  par  des  textes  nOkmbreux^  la  parfaite  harmonie  qui  existe  entre  la  vie  de Jésus-Christ  et  les  écrits  inspiré?,  montrant  de  toutes  manières  qu'à  leurs  yeux l'Ancien  Testament  tire  sa  principale  valeur  du  Messie  qui  devait  l'accomplir.
Saint  Philippe  s'écrie  au  moment  même  où  il  venait  de  rencontrer  Jésus  pour la  première  fois  :  Queyn  scripsit  Moyses  in  lege,  et  prophetœ,  inveni'>nus  : Jesum,  filium  Joseph,  a  Nazareth,  Joan.  i,  45^.  Les  quatre  biographes  du Sauveur  signalent  à  chaque  pas,  dans  leurs  récits,  les  coïncidences  providen- tielles de  ses  moindres  actes  avec  les  figures  et  les  oracles  de  l'ancienne  Alliance. «  Jésus  a  réalisé,  trait  pour  trait,  le  grand  idéal  messianique  des  prophètes  : telle  est  la  pensée  fondamentale  sur  laquelle  tout  s'appuie,  à  laquelle  tout  est ramené  ^  »  dans  saint  Matthieu  ^.  Les  formule;:,  dont  il  se  sert  pour  introduire ses  citations  sont  significatives  :  Hoc  factum  est  ut  adimpleretur  quod  dictum est  a  Domino  per  pirophetam...;  ou  bien  :  Tune  adimpletum  est  quod  dictum. est.  C'est  dore  le  plan,  le  conseil  de  Dieu  même,  qui  est  ainsi  mis  en  relief;  il ne  s'agit  pas  d'une  simple  accommodation  humaine,  mais  d'un  rigoureux  accom- plissement. Quoiqu'ils  n'aient  point  écrit  pour  des  Juifs  à  la  façon  du  pre- mier évangéliste,  saint  Marc  et  saint  Luc  suivent  une  marche  analogue,  et ils  prouvent  historiquement,  à  leur  tour,  par  des  passages  de  la  loi,  des  pro-
^  On  en  a  compté  jusqu'à  deux  cent  soixante- quinze.  Leur  étude  est  tout  à  fait  instructive. Dans  ce  nombre  ne  sont  pas  comprises  les  simples allusions  de  pensées  et  de  langage,  qui  se  ren- contrent à  tout  instant.  Et  néanmoins,  le  Nou- veau Testament  est  loin  de  tout  citer,  puisqu'il passe  sous  sUence  des  oracles  messianiques  du premier  ordre,  tels  que  Is.  is,  6-7  j  Jer.  xxui, 6-6;  Zach.  vi,  12-13,  etc.
*  Il  est  remarquable  que  les  anges,  pour  an-
noncer à  Zacharie,  à  Marie,  à  Joseph,  aux  pas- teurs, l'avènement  du  Messie,  emploient  les  ex- pressions de  TAncien  Testament,  et  les  images des  prophètes.  Cf.  Matth.  i,  20-21  ;  Luc.  i,  13-17, 30-35;  II,  10-13.
3  Fillion ,  Evang.  selon  S.  Matth.,  Paris,  1878, p.  17.
^  n  cite  r  Ancien  Testament  quarante -troia fois.
4  INTRODUCTION
phètes  et  des  psaumes,  que  Jésus  est  le  Messie  promis  K  Saint  Jean  ^  reprend la  formule  ut  adimpleretnr  de  saint  Matthieu,  et,  constamment  aussi,  il  appuie sa  narration  sur  TAncien  Testament  comme  sur  sa  base  naturelle  :  pour  lui,  la Palestine  est  le  pays  du  Christ,  et  les  Hébreux  forment  sa  nation  spéciale, Joan.  I,  il;  plusieurs  incidents  de  Phistoire  juive  ont  figuré  les  mystères  de  la vie  de  Notre-Sei^^neur  Jésus-Christ,  entre  autres,  la  manne,  l'agneau  pascal,
Joan.  VI,  o2;  xix
36.  Rien  de  plus  saisissant  que  ces  rapprochements,  aux-
quels les  évangélistes  n'auraient  pas  pensé  d'eux-mêmes,  mais  que  l'Esprit- Saint  daigna  leur  suggérer,  Joan.  ii,  22;  xn,  16;  xx,  8,  etc.
C'est  aiissi  l'Ancien  Testament  qui  fournissait  à  tous  les  apôtres  en  général la  substance  de  leurs  discours  et  de  leurs  lettres,  quand  ils  annonçaient  Notre- Seigneur  Jésus-Christ.  De  quoi  saint  Pierre  paraît- il  avant  tout  frappé,  dans les  rares  pages  qui  nous  sont  restées  de  lui?  De  la  réalisation  littérale  et  inté- grale, par  son  Maître,  des  prophéties  antiques.  Il  cite  tour  à  tour,  en  ce  sens, Joël,  Act.  II,  16-21;  David,  Act.  ii,  2o-28,34-3o;  Moïse,  Act.  m,  22-23;  Isaïe, I  Petr.  II,  6.  Mais,  ne  pouvant  tout  dire,  il  résume  sa  pensée  dans  les  lignes  sui- vantes, Act.  m,  24-25  :  Et  omnes  prophetœ  a  Samuel  et  deinceps,  qui  locuti sunt,  annuntiaverunt  aies  istos  (l'ère  messianique).  Saint  Etienne,  le  diacre  au visage  d'ange,  termine  en  ces  termes  son  beau  discours  christologique  :  Quem prophetarum  non  sunt  persecuti  fatres  vestri?  Et  occiderunt  eos  qui  annun- tiahant  de  adventu  Justi,  Act.  vu,  52.  Saint  Paul,  ce  rabbin  converti,  qui s'était  avidement  plongé  dans  l'étude  des  saintes  Écritures  et  des  traditions juives,  a  prouvé  mieux  que  personne,  soit  par  des  principes  généraux,  soit  par des  applications  de  détail,  que  Jésus-Christ  est  vraiment  l'âme  de  la  Bible.  Ses principes  sont  d'une  lucidité  et  d'une  énergie  remarquables  :  Finis  legis  Christus, Rom.  X,  4;  quand  Jésus-Christ  apparaît,  c'est  la plenitudo  temporis  ^,  Gai.  iv,  4, à  laquelle  tout  aspirait  ardemment  sous  l'ancienne  Alliance;  Lex  psedagogus noster  fuit  in  Christo,  ou  mieux,  d'après  le  texte  original,  un  pédagogue  qui nous  conduit  au  Christ,  Gai.  iv,  24;  les  fidèles  sont  super sedificati  super  fun- damentum,  apostolorum  et  prophetarum,  Eph.  ii,  20;  l'Ancien  Testament,  avec ses  lois  et  ses  cérémonies,  n'était  qu'une  ombre,  le  Nouveau  est  le  corps,  la réalité,  Col.  ii,  17;  Jésus  Christus  heri  et  hodie,  hier  sous  le  régime  et  dans  les livres  de  la  théocratie  judaïque,  aujourd'hui  dans  l'Église  chrétienne:  mais  aussi ipse  et  in  sœcula,  Hebr.  xiii,  8  ^.  Ces  phrases  parlent  d'elles-mêmes.  Du  reste, saint  Paul  les  a  personnellement  commentées,  de  vive  voix  et  par  écrit,  au moyen  d'applications  non  moins  riches  que  fréquentes.  Ses  discours  aux  Juifs pourraient  se  réduire  à  quelques  lignes  :  Et  nos  vohis  annuntiamus  eam  quse ad  patres  nostros  repromissio  facta  est,  Act.  xiii,  32;  Testificans  minori  atque majori,  nihil  extra  dicens  quant  ea  quse  prophetœ  locuti  sunt  futura  esse  et Moyses,  Act.  xxvi,  22;  Suadens  eis  de  Jesu  ex  lege  Moysi  et  prophetis, Act.  xxviii,  23.  Ses  magnifiques  épîtres,  toutes  remplies  du  nom  et  de  l'amour de  Notre-Seigneur  Jésus-Christ,  reviennent  constamment  aussi  sur  cette  preuve essentielle.  Parfois,  à  première  vue,  les  applications  semblent  surprenantes  et amenées  de  bien  loin;  par  exemple,  dans  certains  passages  où  l'histoire  des Hébreux  est  mise  en  corrélation  avec  celle  du  Christ  et  de  son  Église  ^.  Mais  le
*  s.  Marc  a  dix-neuf  citations,  S.  Luc  vingt- deux.
*  Quatorze  citatiouB  directes,  indépendamment des  allusions.
^  Expression  d'une  si  grande  beauté.  Cf.  Hebr. rx,  27,  où  l'avoncmont  du  Christ  est  appelé  con- siimmatio  sœculoram.  C'est  Téquivalont  de  V'aha- rii  hayyâmim , ou  a  fln  des  Jours  »,  locution  par
laquelle  l'Ancien  Testament  désigne  plusieurs  fois l'ère  messianique.  Gen.  xlix,  1  ;  Num.  xxiv,  14; Is.  n,  2,  etc.
^  Cf .  1 ,  1  -  2  :  «  Multifariam  multisque  modis olim  Deus  loquens  patribus  in  prophetis,  novis- sime  diebus  istis  locutus  est  nobis  in  Filio.  »
^  Voyez  surtout  I  Cor.  x,  1-10;  Gai.  iv,  21- 31  ;  Hebr.  xi ,  3-40.
INTRODUCTION  5
grand  Apôtre  a  pris  soin  de  citer  cet  autre  profond  principe  :  Hœc  omnia  in figura  continyehant  illis,  I  Cor.  x,  il.
Apollos,  le  célèbre  juif  alexandrin  dont  Aquila  et  Priscilla,  les  amis  de  saint Paul,  aclievèrent  la  conversion,  est  appelé  dans  le  livre  des  Actes,  xviii,  24, vir  potens  in  Scripturis.  Or  en  quoi  consistait  exactement  son  habileté,  sa puissance?  Saint  Luc  l'exprime  en  ces  termes  un  peu  plus  bas,  vers.  28  :  Vehe- nientcv  enim  Judœos  revincebat  j^uhlice ,  ostendens  per  Scriptiiras  esse  Chri- stum  Jesurn.
Si  des  livres  du  Nouveau  Testament  nous  passons  aux  anciennes  interpré- tations juives  de  rÉcriture,  telles  que  les  Targums,  le  Talmud,  le  Midrasch\ les  écrits  des  premiers  rabbins,  nous  voyons  que  ce  fut  en  Israël,  jusqu'au xii<^  siècle  après  Jésus-Christ,  une  tradition  perpétuelle  et  sacrée  de  trouver partout  le  Messie  dans  la  Bible.  Tantôt  on  insère  son  nom  au  milieu  des  textes, pour  indiquer  nettement  qu'il  ne  peut  y  être  question  que  de  lui^;  tantôt  une paraphrase  lui  applique  plus  au  long  des  passages  qui  n'éveillaient  pas  directe- ment son  souvenir^;  tantôt  même,  dans  le  Talmud  et  dans  les  écrits  similaires, d'interminables  et  arides  discussions  sont  ouvertes  entre  les  rabbins  les  plus renommés,  pour  prouver,  bon  gré,  mal  gré,  que  tout  lui  est  applicable.  «  Les prophètes,  dit  un  axiome  rabbinique,  ont  uniquement  prophétisé  sur  le  bonheur des  jours  du  Messie.  «  L'exagération  est  évidente;  néanmoins,  dans  son  en- semble, cette  manière  de  faire  des  docteurs  juifs  était  une  rigoureuse  vérité, puisque  le  Christ  est  le  cœur  des  saintes  Écritures  ^  «  Il  ne  faut  pas  vouloir tout  appliquer  immédiatement  au  Messie;  mais  les  endroits  qui  ne  le  regardent pas  directement  servent  au  moins  de  support  à  ceux  qui  l'annoncent.  Gomme dans  une  lyre,  dit  saint  Augustin,  les  cordes  seules  sont  sonores  de  leur  nature, et  cependant  le  bois  sur  lequel  on  les  monte  n'a  point  d'autre  but  que  de  con- tribuer aussi  à  la  production  des  sons.  Ainsi  en  est- il  de  tout  l'Ancien  Testa- ment, qui  résonne  comme  une  lyre  harmonieuse  le  nom  et  le  règne  de  Jésus- Christ^.  »
On  le  voit  déjà  par  cette  délicate  comparaison  de  saint  Augustin,  les  Pères et  les  Docteurs  chrétiens  des  premiers  siècles,  quand  ils  étudiaient  la  Bible, aimaient  à  regarder  toutes  les  parties  qui  la  composent  comme  autant  de  cercles concentriques,  ou  comme  autant  de  rayons  convergents,  dont  le  Seigneur  Jésus est  le  centre  réel.  A  la  façon  des  Apôtres  et  selon  la  pressante  recommandation du  Sauveur,  ils  scrutaient  les  Écritures  surtout  en  vue  d'y  découvrir  le  Messie promis®.  Saint  Justin  martyr,  dans  son  dialogue  avec  le  Juif  Tryphon;  Athéna- gore,  dans  son  Apologie;  Tertullien,  Adversus  Judœos;  saint  Irénée,  Contra Hœreses'^,  développent  fréquemment  ce  beau  thème.  Christus,  écrivait  ce  der- nier, qui  tune  (dans  l'Ancien  Testament)  per  patriarchas  suos  et  prophetas
*  Yoy.  le  Manuel  Ubl,  t.  I,  nn.  94-101,  190- 199.
*  Num.  XXIV,  17,  d'après  les  Targums  d'Onké- los  et  de  Jonathan  :  «  Un  roi  sortira  de  Jacob, et  le  Messie  s'élèvera  en  Israël.  »  Sur  la  célèbre Mèm'ra ,  équivalant  au  Logos ,  voy.  notre  com- mentaire sur  l'Évangile  selon  S.  Jean,  p.  5.
^  Gen.  XLix,  10,  les  Targums  ajoutent  :  <c  jus- qu'au temps  du  Messie.  i>  Os.  xiv,  8,  le  Targum de  Jonathan  traduit  :  «  Ils  habiteront  à  l'ombre de  leur  Christ.  »  Et  mille  autres  traits  analogues. Voir  Drach ,  Harmonie  entre  l'Église  et  la  syna- gogue, passim,
^  Sur  les  théories  tout  opposées  des  rabbins iTiodornes,  voy.  nos  Es f ai ft  d'excgrse ,ïjyon,lf^84.
pp.  271-276.  Leurs  commentateurs  réputés  les  plus doctes  sont  rationalistes,  et  ne  voient  le  Messie nulle  part.  Comme  le  dit  S.  Paul,  II  Cor.  m,  14- 16, «ils  se  coixvrent  les  yeux  d'un  voile  quand  Us lisent  la  Bible.  »
^  Le  Hir,  les  trois  grands  Prophètes ,  Isaïe, Jérémie ,  Ezéchiel  :  analyses  et  commentaires. Paris,  1877,  p.  14  et  ss.
^  C'est  dans  VÉpître  de  S.  Barnabe,  composée entre  les  années  71  à  120  de  notre  ère,  que  l'on trouve  la  première  discussion  systématique  des passages  de  l'Ancien  Testament  réalisés  par  Jé- sus-Christ.
^  Voy.  en  particulier  le  livre  IV,  chap.  xix-
XXXVI.
INTRODUCTION
(  erat)  prœfigurans  et  prœnimtians  futura  K  D'où  il  concluait  :  Si  quis  igitur  in- tentus  legatScripturas,  invenietin  iisdem  de  Christo  sermonem...  Ahsconsus  in Scripturis  thésaurus  Christus,  quoniamper  typos  et  parabolas  significabatur^. Origène  et  les  autres  écrivains  de  Técole  d'Alexandrie  ^  ne  pouvaient  manquer d'exploiter  à  leur  tour,  non  sans  quelque  exagération  de  détail,  une  mine  aussi féconde.  Il  valait  mieux,  disaient- ils,  chercher  dix  fois  le  Christ  là  où  il  n'était pas,  que  de  l'oublier  une  seule  fois  là  où  il  se  trouvait.  D'après  eux,  l'Écriture, c'est,  pour  ainsi  dire,  le  Verbe  fragmenté;  ce  sont  les  gloires  et  la  bonté  du Verbe  répandues  sous  chaque  pensée  du  texte  sacré  :  Vestimenta  sunt  Verbi Scripturse  dictiones...  Semper  in  Scripturis  Verbum  caro  fit,  ut  habitet  in nobis"^.  Quelques  membres  de  l'école  d'Antioche  tentèrent,  il  est  vrai,  une  réac- tion fâcheuse,  et  en  vinrent,  entre  autres  Théodore  de  Mopsueste,  à  nier  que Jésus-Christ  eût  été  prédit  par  les  prophètes^;  mais  ils  ne  trouvèrent  aucun écho  sérieux,  et  les  Pères  de  l'Occident  comme  ceux  de  TOrient,  les  Jérôme, les  Ambroise,  les  Augustin,  comme  les  Éphrem,  les  Basile,  les  Chrysostome, continuèrent  à  chercher  et  à  trouver  le  Christ  dans  toute  leur  Bible.  «  La  coupe de  la  sagesse  est  entre  vos  mains,  dit  saint  Ambroise®.  Cette  coupe  est  double  : c'est  l'Ancien  et  le  Nouveau  Testament.  Buvez -les,  car  dans  les  deux  vous buvez  le  Christ.  Buvez  le  Christ,  car  c'est  une  fontaine  de  vie...  Buvez  le  Verbe dans  les  deux  Testaments...  On  boit  l'Écriture,  on  la  dévore,  lorsque  le  suc  du Verbe  éternel  descend  dans  les  veines  de  l'esprit  et  dans  Tessence  de  l'âme.  » Lex  gravida  Christo,  s'écriait  saint  Augustin  \  avec  une  vigueur  digne  de  saint Paul.  L'art  chrétien  et  l'épigraphie  chrétienne  à  leur  début,  c'est-à-dire  à  l'ori- gine même  du  christianisme,  n'avaient-ils  pas  été  remplis  de  cette  pensée? Types  et  prophéties,  Abel  et  Jonas,  Isaac  et  Daniel,  l'agneau  immolé  et  le  lion qui  dévore,  la  manne  et  la  toison,  le  déluge  et  l'arc -en -ciel  :  ces  traits  et  cent autres  de  l'Ancien  Testament  sont  rapportés  à  Notre- Seigneur  Jésus- Christ par  les  peintures  des  catacombes  ^,  et  par  les  antiques  inscriptions  de  l'Asie Mineure  ou  de  la  Syrie  ^.
Et  depuis  ces  temps  reculés  jusqu'à  nos  jours,  tous  les  interprètes  croyants sont  venus  de  même  saluer  Jésus-Christ  dans  la  Bible  des  Juifs,  où  il  ne  se  ma- nifeste pas  moins  que  dans  les  écrits  apostoliques  ^°.  Nous  avons  entendu  Pascal, le  profond  penseur  du  xvii'^  siècle;  Bossuet  a  également  jeté  son  regard  de  génie sur  les  pages  sacrées,  et  voici  ce  qu'il  y  a  découvert  :  «  Tous  (les  auteurs inspirés)  ont  écrit  par  avance  l'histoire  du  Fils  de  Dieu,  qui  devait  aussi  être fait  le  fils  d'Abraham  et  de  David.  C'est  ainsi  que  tout  est  suivi  dans  l'ordre des  conseils  divins.  Ce  Messie,  montré  de  loin  comme  le  fils  d'Abraham,  est encore  montré  de  plus  près  comme  le  fils  de  David  ^K  «  A  notre  époque,  Stolberg
'  Ch.  XXI,  n.  3.
'^  Ch.  XXVI,  n.  1.  Voy.  Prat,  Eist.  de  S.  Irénée, Lyon,  1843,  p.  244  et  ss.
3  Man.  bibl.,  t.  I,  n.  205.  Ce  mot  d'Origènc est  bien  connu  :  «  Argumentiim  quo  maxime  ea quae  ad  Jesum  spectant  conflrmrintiir,  nompo  il- lum  a  Judsecrum  proplietis,  a  Moyse  et  ab  iis qui  ante  et  post  Moysen  vixerunt,  fuisse  prœ- nuntiatum.  »  Contra  Cels.,  1.  II,  c.  xiii.
*  Orig.  PliUocal.  c.  xv.  Cf.  In  Levit.  hom.  I. Toir  d'autres  beaux  textes  sur  ce  sujet  dans Mk»'  Landrlot,  le  Christ  de  la  tradition,  t.  I, p.  284  et  ss.  de  la  2«  édition.
^  Ce  sont  les  paroles  mômes  du  second  concile de  Constantinople ,  qui  condamna  Théodore.
^  InPsalm.l,  n.  33.
^  Serm.  XX  de  Sanctis.  Voy.  aussi  les  traités
Dccivit.  Dei,  1.  XVII  et  XVIII,  et  Contra  Faust., 1.  XII ,  où  le  saint  Docteur  fait  tout  au  long  l'ap- plication de  son  principe.
^  Vo3'.  Rossi,  Roma  soifcranca, passim  ;  North- cote  et  Brownlow,  Rome  souterraine,  p. 293-402 do  la  traduction  française;  Paris,  1874.
9  Le  Bas  et  Waddington,  nn.  2551,  2650, 2665,  etc.
^^  «  Jésus -Christ  était  présent  au  milieu  des hommes  avant  son  apparition  visible,  présent  de l'autre  côté  du  Calvaire,  sur  le  versant  de  l'an- cien monde ,  comme  Verbe  et  Sauveur.  »  Mb'  Mei- gnan,  les  Prophéties  messianiques  de  l'Ancien Testament:  prophéties  du  Pentatcuque;  Parla, 1856,  p.  16.
^^  DisrourA  sur  Vhistoire  universelle,  1'«  partie, ch.  rv.  Chaque  page  de  ce  magnifique  ouvrage  a
INTRODUCTION  7
écrivait  au  sujet  de  la  Bible  :  «  Toutes  les  parties  de  ce  livre  sont  uuics  de  la façon  la  plus  étroite  par  une  relation  unique,  la  relation  qu'elles  ont  à  Jésus- Christ,  rOint  de  Dieu,  le  Sauveur  d'Israël,  le  Sauveur  de  Thumanité.  Sans  lui, l'histoire  sainte  entière  n'aurait  ni  enchaînement  ni  but.  Non ,  elle  n'en  aurait pas,  puisqu'il  est  Tobjet  perpétuel  des  promesses,  des  coutumes  religieuses,  de 1  attente  nationale,  des  aspirations  ardentes  des  hommes  de  Dieu  *.  »
2^^  Il  n'est  pas  moins  facile  de  démontrer  par  les  preuves  intrinsèques,  c'est- à-dire  par  le  contenu  môme  des  livres  sacrés,  que  Notre-Seigneur  Jésus-Christ est  le  point  culminant  et  l'idée  centrale  de  la  Bible.  Ce  volume,  composé  par  des auteurs  si  nombreux  et  si  dissemblables,  à  des  intervalles  si  écartés  les  uns  des autres,  sous  des  civilisations  si  différentes,  présente  une  remarquable  unité  : tout  s'y  enchaîne  d'une  manière  vraiment  étonnante.  Or  le  Christ  est  le lien  moral  qui  en  groupe  les  diverses  parties  en  un  faisceau  unique.  Chaque écrit  spécial  présente  l'idée  messianique  sous  une  forme  nouvelle  ;  tous  ils s'expliquent,  se  contrôlent,  se  complètent  mutuellement.  Cet  axiome  que  le moyen  âge  a  extrait  des  écrits  de  saint  Augustin  ^  :
Novum  Testamentum  in  Vetere  latet, Vêtus  Testamentum  in  Novo  patet,
est  un  parfait  sommaire  de  la  pensée  que  nous  avons  à  développer.
1.  Il  est  aisé  de  voir  que  Jésus-Christ  est  le  thème  unique  du  Nouveau  Tes- tament. Les  Évangiles,  les  Actes  des  Apôtres,  les  Épîtres,  l'Apocalypse,  ne s'occupent  que  de  lui  et  de  son  règne.  Mais  déjà  nous  avons  vu  que  les  évan- gélistes  et  les  apôtres  établissent  des  points  de  repère  perpétuels  entre  leurs propres  livres  et  ceux  de  l'ancienne  Alliance^.  Toutefois,  contentons-nous  ici  de deux  pages  des  saints  Évangiles.  Qu'est,  au  fond,  la  généalogie  de  Jésus  telle que  nous  la  lisons  dans  saint  Matthieu,  i,  1-17,  et  dans  saint  Luc,  m,  ^3-38? Que  sont  les  soixante- douze  noms  de  la  liste  la  plus  longue?  Un  résumé  aussi complet  que  possible  de  l'Ancien  Testament.  On  a  élagué  les  faits  accessoires, et  l'on  a  maintenu  seulement  les  faits  essentiels;  or  tout  ce  qui  est  essentiel  se rapporte  au  Messie,  à  Jésus-Christ.  Si  bien  que  la  Bible  pourrait  être  comparée à  ces  beaux  vitraux  et  à  ces  gracieuses  vignettes  des  siècles  passés,  où  le  pieux artiste  a  représenté  un  arbre  gigantesque,  aux  branches  verdoyantes,  qui  a  sa racine  au  cœur  d'Adam  ou  d'Abraham,  et  qui,  de  son  rameau  suprême,  soutient le  Sauveur  et  sa  mère.  Cherchez  bien  dans  les  deux  Testaments,  vous  n'y  trou- verez pas  autre  chose  que  le  Christ.  Le  reste  est  subordonné  à  sa  personne  et à  son  règne.
2.  Si  l'Évangile  est  un  abrégé  de  la  Loi  et  des  prophètes,  on  peut  affirmer également  que  les  écrivains  de  l'ancienne  Alliance  ont  condensé  d'avance  la  vie de  Notre-Seigneur  Jésus-Christ  dans  leurs  plus  beaux  passages  :  ils  sont, comme  on  l'a  si  bien  dit,  les  évangélistes  de  l'Ancien  Testament;  sous  la  dictée
pour  but  do  démontrer  que  Jésus-Christ  est  le centre ,  non  seulement  de  la  Bible  et  de  l'histoire juive ,  mais  de  l'histoire  universelle.
*  J.  Jansson,  Friedrich  LeopoUl  Graf  zu  Stol- berg ,  sein  Enticiclceluvgsgang  ^ind  sein  WirJcen im  Geiste  der  Kirche;  Fribourg-cn-Brisgau,1882, p.  294.  Il  disait  encore,  ibid.,  p.  262  :  «  L'attente du  Messie  jette  de  la  lumière  sur  tous  les  livres de  r Ancien  Testament, qui  forment,  grâce ù elle, la  plus  parfaite  harmonie,  et  qui  seraient  sans elle  un  chaos.  »  Un  autre  écrivain  de  génie,  le P.  Lacordaire,  a  sur  cette  môme  pensée  des pag3s  éioquontcs,  dans  lesquelles  il  se  complaît  ù
montrer,  du  sommet  à  la  base  des  saintes  Écri- tures ,  «  la  figure  du  Christ  éclairant  tout  de  sa lumière  et  de  sa  beauté,  »  Lettres  à  un  jeune homme  sur  la  vie  chrétienne,  Pai'is,  1873 ,  p,  111. La  seconde  lettre,  du  Culte  de  Jésus-Christ  dans les  Ecritures,  se  rapporte  en  grande  partie  au point  que  nous  traitons.
^  Qasest.  IZin  Exod.
^  Un  simple  coup  d'œil  jeté  sur  la  concordance marginale  d'unq  édition  quelconque  du  Nouveau Testament  est  très  instructif  sous  ce  rapport. On  voit  aussitôt  que  Jésus-Christ  est  la  conclusion rigoureuse  des  prémisses  de  l'Ancien  Testament.
8
INTRODUCTION
de  Dieu,  ils  ont  tracé  au  Messie  le  programme  qu'il  devait  réaliser  un  jour;  ils ont  peint  lentement,  mais  sûrement,  son  image  '.Et  ce  n'est  pas  seulement  dans les  écrits  prophétiques  proprement  dits  que  l'on  peut  étudier  ce  portrait  d'une si  exacte  ressemblance;  c'est  à  travers  toute  la  Bible  qu'on  l'aperçoit,  car  les oracles  messianiques  retentissent  partout.
«  La  promesse  d'un  Sauveur,  faite  dans  le  paradis  terrestre,  est  le  premier anneau  d'une  chaîne  non  interrompue  de  prophéties,  depuis  Adam  jusqu'à Zacharie,  père  de  saint  Jean-Baptiste  ^.  »  Aussi  lui  a-t-on  donné  depuis  long- temps le  beau  nom  de  protevangelium  ^.  Brillant  rayon  qu'Adam  et  Eve  empor- tèrent avec  eux  de  l'Éden,  comme  une  vive  consolation  dans  leur  détresse.  Avec Noé,  Gen.  ix,  26,  la  promesse  devient  plus  précise  et  plus  nette  :  le  «  fils  de  la femme  »  sera  le  fils  de  Sem,  auquel  est  alors  rattachée  l'histoire  de  la  rédemption. Le  cercle  se  resserre  davantage  encore  avec  Abraham,  quand  Dieu  lui  annonce qu'en  sa  postérité  toutes  les  nations  seront  bénies,  Gen.  xii,  3.  Semini  tuo, qui  est  Christus ,  ajoute  saint  Paul,  Gai.  ni,  16.  Plus  tard,  Gen.  xxvn,  27  et  ss., la  race  de  Jacob  est  séparée  de  celle  du  profane  Ésaû,  toujours  en  vue  de  la promesse.  Puis  Jacob  lui-même,  divinement  éclairé,  choisit  Juda  parmi  ses  fils pour  être  le  nagid,  ou  prince,  duquel  naîtra  le  Messie,  Gen.  xlix,  8  et  ss. Plusieurs  siècles  s'écoulent  ;  de  nouvelles  révélations  rendent  la  douce  et  glo- rieuse image  du  Rédempteur  de  plus  en  plus  distincte  :  Balaam  prédit  sa royauté,  Num.  xxiv,  17,  et  Moïse,  son  triple  rôle  de  législateur,  de  médiateur et  de  prophète,  Deut.  xviii,  18-19.
Les  rayons  messianiques,  après  avoir  été  ainsi  pendant  longtemps  rares  et isolés,  —  quoiqu'ils  fussent  suffisants  pour  échauff'er  et  pour  illuminer  des périodes  entières,  —  se  multiplient  tout  à  coup,  et  acquièrent  un  éclat  incom- parable à  partir  de  David.  Ce  saint  roi  a  contemplé  de  loin  le  Messie,  et  l'a chanté  dans  ses  Psaumes  avec  une  magnificence  que  rien  n'égalera  jamais.  «  Les autres  prophètes  n'ont  pas  moins  vu  le  mystère  du  Messie^.  Il  n'y  a  rien  de grand  ni  de  glorieux  qu'ils  n'aient  dit  de  son  règne.  L'un  voit  Bethléem,  la  plus petite  ville  de  Judée,  illustrée  par  sa  naissance;  et,  en  même  temps,  élevé  plus haut,  il  voit  une  autre  naissance  par  laquelle  il  sort  de  toute  éternité  du  sein  de son  Père  ^;  l'autre  voit  la  virginité  de  sa  mère*^.  Celui-ci  le  voit  entrer  dans  son temple  '  ;  un  autre  le  voit  glorieux  dans  son  tombeau ,  où  la  mort  avait  été vaincue^.  En  publiant  ses  magnificences,  ils  ne  taisent  pas  ses  opprobres.  Ils l'ont  vu  vendu  ;  ils  ont  su  le  nombre  et  l'emploi  des  trente  pièces  d'argent  dont il  a  été  acheté^.  Afin  que  rien  ne  manquât  à  la  prophétie,  ils  ont  compté  les années  jusqu'à  sa  venue  ^^;  et,  à  moins  de  s'aveugler,  il  n'y  a  plus  moyen  de  le méconnaître  **.  »
Dans  ces  oracles  multiples,  le  progrès  de  la  révélation  est  admirablement accentué.  L'Esprit -Saint  n'a  évoqué  que  peu  à  peu  et  graduellement  cette radieuse  figure  du  Christ,  qui  se  dresse  devant  nous  toujours  plus  vivante,  à mesure  qu'approche  la  plénitude  des  temps,  l'époque  oîi  les  oracles  sacrés doivent  s'accomplir.  Chaque  prophète  ajoute  un  trait  nouveau  :  quand  le  dernier
''  «  Ipse  enim  (  Christus  )  se  in  prophctis  prîe- (licabat,  quoniam  ipse  est  Verbum  Dei.  Nec  illi talc  allquid  diccbant,  nisi  plcni  Vcrbo  Dci.  An- imntiabant  crgo  Christura  pleni  Christo,  et  illi cum  vcntunim  proeccdebant.  »  S.  Aug.  Enarrat. i)i  Psalm.  cxLii,  1.
^  M8r  Mcignan,  loc.  cit.,  p.  13.
3  Gen.  III,  15.
^  Voy.  dans  le  Man.  blU.,  t.  Il,  nn.  902-903, l'indication  sommaire  des  principales  proptiéties
messianiques. ^  Mich.  V,  2. ^  Is.  VII,  14. ■^  Mal.  m,  1.
^   Is.  LUI,   9.
^  Zach.  XI,  12-13.
*0  Dan.  IX.
^^  Bossuot,  Discours  sur  l'histoire  universelle, 2"  part.,  ch.  IV.  Voj'.  aussi  les  ch.  v  et  suiv.,  qui développent  la  même  pensée.
INTRODUCTION  9
d'entre  eux  s'est  retiré,  le  tableau  est  parfait,  et  l'image  est  d'une  telle  préci- sion, qu'il  suffira  de  rencontrer  le  personnag:e  ainsi  représenté  pour  s'écrier aussitôt:  C'est  Lui!  voilà  ce  Christ  dont  la  physionomie  remplit  et  anime  tout l'Ancien  Testament.
3.  Nous  avons  donné  déjà,  pour  ainsi  dire,  deux  sommaires  de  la  Bible,  les généalogies  de  Jésus  et  les  oracles  messianiques,  afin  de  démontrer  que  toul s'y  rapporte  au  Sauveur.  Nous  ajouterons  une  troisième  variation  sur  ce  riche et  fécond  motif.
De  même  que  les  écrits  de  l'ancienne  Alliance  peuvent  se  résumer  dans  une série  de  noms  propres  qui  représentent  les  aïeux  du  Christ,  de  même  que  tour, ces  livres  peuvent  se  réduire  aux  prophéties  relatives  à  Jésus,  de  même  aussi ils  se  ramènent  de  la  manière  la  plus  simple  et  la  plus  naturelle  à  l'histoire  des Juifs,  la  nation  privilégiée;  or  cette  histoire  est  étroitement  unie  à  celle  du Messie,  c'est  une  marche  constante  vers  le  Messie  '.
Longtemps  avant  Abraham,  remarquez,  dans  la  Genèse,  comment  l'écrivain sacré  procède  par  voie  d'élimination.  La  race  humaine  est  traitée  comme  une plante  vigoureuse,  que  l'on  émonde  de  temps  à  autre  pour  lui  conserver  sa fraîcheur  et  sa  beauté.  Les  branches  retranchées  sont  celles  qui  n'ont  aucun rapport  avec  le  Christ  promis  :  branche  de  Caïn  (ch.  iv),  branches  de  Japhet  et de  Cham  (ch.  x),  tous  les  rameaux  sémitiques  à  part  celui  d'Abraham  (ch,  xi et  xni),  branche  d'Ismaël  (ch.  xxv),  branche  d'Ésaû  (ch.  xxxvi).  Et  de  même dans  les  livres  suivants.  Ce  qui  ne  concerne  pas  le  peuple  du  Messie  est  regardé comme  accessoire,  et  l'on  n'y  touche  qu'en  passant.  Au  contraire,  on  insiste avec  amour  et  complaisance  sur  les  plus  petits  détails,  lorsqu'ils  se  rapportent à  Israël  et  à  la  rédemption.  Comparez,  par  exemple,  l'histoire  de  la  chute, Gen.  m,  racontée  si  explicitement,  à  celle  des  nombreuses  générations  patriar- cales sur  lequelles  on  glisse  avec  tant  de  rapidité,  Gen.  v;  les  biographies d'Abraham,  dlsaac,  de  Jacob,  dont  les  moindres  circonstances  sont  notées,  et la  formation  des  premiers  empires,  Gen.  xi,  exposée  d'un  trait  de  plume.  Pour- quoi la  gracieuse  idylle  de  Ruth  a-t-elle  été  préservée  tout  entière,  sinon  à  cause de  la  généalogie  qui  la  termine  et  qui  nous  fait  connaître  plusieurs  ancêtres du  Messie?  Ruth,  iv,  18-22.  De  même  dans  les  autres  écrits.
En  effet,  les  livres  qui  composent  l'Ancien  Testament  viennent  se  ranger d'eux-mêmes  dans  l'une  de  ces  trois  catégories  :  les  livres  historiques,  les  livres prophétiques,  les  livres  poétiques  ou  sapientiaux.  La  première  classe  expose les  péripéties  variées  de  la  théocratie'^,  c'est-à-dire  du  gouvernement  direct  de Jéhovah  sur  les  Juifs.  Mais  pourquoi  le  Seigneur  emploie-t-il  des  méthodes  si diverses  pour  faire  l'éducation  de  son  peuple?  L'alliance  auprès  de  l'autel  du Sinaï,  la  législation  mosaïque,  les  épreuves  du  désert,  l'installation  dans  la Terre  promise  et  à  Jérusalem,  les  victoires  et  les  défaites,  les  phases  de  gloire et  les  périodes  d'humiliation,  l'isolement  de  tous  les  autres  peuples,  l'exil entin  :  tout  cela  avait  pour  but  de  former  la  nation  choisie  et  de  faire,  pour ainsi  dire,  son  éducation  en  vue  du  Christ  à  venir.  Ce  plan  divin  est  visible  à chaque  page  de  la  Bible  ;  il  s'y  déroule  majestueusement,  avançant  toujours malgré  les  obstacles  humains,  jusqu'à  sa  réalisation  au  jour  de  Noël,  ou  plutôt jusqu'à  la  consommation  plus  parfaite  du  ciel ,  que  racontent  les  derniers  cha-
^  «  Omnia  quae  illis  continentur  libris ,  vel  de ipso  dicta  sunt,  vel  propter  ipsum.  »  S.  Atig.  Con- tra Faust.  1.  XII,  c.  vn.  «  C'est  une  suite  d'hommes, durant  quatre  mille  ans,  qui,  constamment  et sans  interruption,  viennent,  l'un  en  suite  de Vautre,  prédire  ce  même  avènement  (de  J.-C).
C'est  un  peuple  tout  entier  qui  l'annonce ,  et  qui subsiste  pendant  quatre  mille  années,  pour  rendre en  corps  témoignage  des  assurances  qu'Ds  en ont,  »  Pascal,  Pensées,  édit.  E.  Havet,  p.  274.
-  Expression  très  juste ,  qui  remonte  à  l'histo- rien Josèphe,  Contr.  Apion.  ii,  16.
1*
10
INTRODUCTION
pitres  de  TApocalypse^  Pour  le  môme  motif,  les  oracles  des  prophètes,  quand ils  ne  se  rapportaient  pas  directement  au  Messie,  étaient  néanmoins  destinés  à préparer  sa  venue,  en  maintenant  tantôt  par  des  menaces,  tantôt  par  des  pro- messes, le  peuple  hébreu  dans  les  saines  croyances,  dans  la  pratique  de  la  loi  et dans  rattachement  à  son  Dieu.  Quant  aux  poèmes  sacrés,  les  uns,  comme  les Psaumes,  sont  les  prières  de  la  nation  messianique;  d'autres,  comme  le  Cantique, expiiment,  sous  une  forme  allégorique,  l'union  d'Israël  avec  son  Christ;  les autres,  comme  les  Proverbes,  rÉcclésiaste,  etc.,  montrent, par  leur  nom  même de  Ilokmah,  «  sagesse,  »  et  aussi  par  plusieurs  détails  très  directs^,  les  relations intimes  qu'ils  ont  avec  le  divin  Logos.  Quoi  d'étonnant  que  les  Israélites,  formés par  de  tels  livres,  eussent  leurs  regards  toujours  dirigés  vers  l'avenir,  et  vé- cussent dans  une  perpétuelle  attente  du  Sauveur?  Durant  toute  leur  histoire, le  seul  nom  de  Messie  fut  un  mot  magique,  qui  exerça  sur  eux  la  plus  vive influeiice.
III.  De  quelque  manière  qu'on  l'envisage,  la  Bible  est  donc  vraiment  le  livre de  Notre -Seigneur  Jésus -Christ.  Les  pas  de  Jéhovah  cherchant  les  premiers hommes  coupables,  moins  pour  les  châtier  que  pour  leur  annoncer  l'évangile du  salut ^,  voilà  les  premiers  pas  du  Messie  sur  la  terre;  et,  à  partir  de  cette lontaine  époque,  on  rencontre  constamment  dans  les  saints  livres  les  traces  du divin  Rédempteur.  L'idée  messianique,  c'est,  de  la  Genèse  à  l'Apocalypse,  le  fil d'or  qui  unit  indissolublement  tous  les  écrits  inspirés.  Aussi  bien,  saint  Jérôme a-t-il  dit  à  bon  droit  qu'ignorer  les  Écritures  c'est  ignorer  le  Christ  lui-même  ■*.
Depuis  un  siècle,  et  de  nos  jours  surtout,  les  rationalistes  ont  étrangement obscurci  la  Bible,  en  voilant  ce  brillant  soleil  qui  en  éclaircit  tous  les  mystères  ;  ils en  ont  fait  un  chaos  semblable  aux  oracles  du  paganisme,  que  rien  n'enchaîne et  ne  domine^;  ils  l'ont  tristement  déprimée,  n'y  voyant  plus  qu'un  livre  humain, qu'une  «  littérature  nationale  des  Hébreux  »,  parce  qu'ils  refusaient  d'y  contempler le  Christ.  Mais,  aux  yeux  de  la  foi,  rien  n'a  changé  malgré  leurs  elïbrts  impies. Aussi  adorons -nous  Notre -Seigneur  Jésus -Christ  dans  la  Bible  avant  d'en commencer  la  lecture  ou  l'étude,  nous  souvenant  que,  si  elle  est  un  livre  scellé de  sept  sceaux,  c'est  l'Agneau,  v  l'Agneau  immolé  dès  le  commencement  »,  Apoc. xiii,  8,  qui  nous  l'ouvrira  et  nous  en  fournira  l'interprétation  ^.  En  lisant, nous  le  contemplerons  partout  avec  bonheur,  puisque  sa  présence  remplit  tout  : Apparet  litterarum  opertus  involucris'^.  Et  quels  admirables  fruits  seront  pro- duits pu  à  peu  dans  nos  cœurs!  «  Les  Écritures  enfantent  le  Verbe,  qui  est  la vérité  du  Père  ^.  »  a  Tous  les  jours  le  Verbe  se  fait  chair  dans  les  Écritures,  afin d'habiter  parmi  nous'^.  »  De  ces  nuées  saintes  derrière  lesquelles  il  se  cache, il  arrosera  et  fécondera  nos  âmes  i".
^  n  est  remarquable  que  la  Bible  s'achève comme  clic  avait  commencé,  par  une  création. Cf.  Gen.  I,  n,  et  Apec.  xxi.  Le  portique  fet  la c^f  de  voûte  du  baau  temple  scripturairc  sont ainsi  intimement  unis.
^  Notamment,  Prov.  xxx,  4;  Sap.  vir-ix,  ctCi
2  Gen.  III,  8.
■*  «  Ignoratio  Scripturarum  ignoratio  Chri^tiest.»
^  «Nos  savants  n'ont  })as  encore  pu  comprendre qu'un  œil  serein,  de  même  qu'un  miroir  concave, rassemble  en  un  soûl  i)oint  les  raj'ons  dispersés. Ils  divisent  et  ils  divisent ,  jusqu'à  ce  que  le  der-
nier atome  disparaisse  dans  l'ombre.  »  Stolberg, loc.  cit.,  p.  292.  Mais  ils  sont  aveuglés  par  leurs préjugés  dogmatiques.
"  Apoc.  V,  6-9.  Cf.  Jean,  i,  18  : 'E|/)yiQ(7ato, il  a  fait  l'exé-gèse.
"^  S.  Ambr ,  Exposit.  in  Luc,  1.  VIT,  12.
8  Clément  d'Alex.,  Stromat,  1.  VU,  c.  xvi.
^  Orig.,  Philocal.  c.  xv.
^^  S.  Aug.,  De  Gen.  contr.  Man.  1.  II,  c.  v  : (i  De  nubibus  cas  irrigat,  id  est  de  Scripturis.  » Vo}'.  Lacordaire,  Lettres  à  un  jeune  lionwie  sar i   la  vie  chrétienne,  p.  164  de  la  3«  édition.
ANCIEN  TESTAMENT
I.  La  division  de  la  Bible.  —  «  L'Écriture,  comme  une  haute  montagne  qui serait  le  phare  du  monde,  se  partage  en  deux  versants  :  le  versant  de  Tantiquité et  celui  des  temps  modernes;  l'un  qui  regarde  l'occident,  et  l'autre  l'orient  de l'humanité.  Tous  les  deux  portent  le  nom  de  Testament,  parce  que  tous  les deux  renferment  le  témoignage  de  Dieu  et  la  charte  de  son  alliance  avec l'homme;  mais,  par  le  côté  qui  regarde  la  préparation  de  cette  alliance,  le  tes- tament prend  le  nom  d'ancien;  par  le  côté  qui  en  regarde  la  consommation,  il prend  le  nom  de  nouveau.  L'un  et  l'autre,  considérés  dans  leur  distribution intérieure,  se  composent  des  mômes  éléments  :  l'histoire,  qui  dit  le  passé;  la prophétie,  qui  dit  l'avenir;  la  théologie,  qui  unit  le  passé  à  l'avenir  dans  le  sein de  l'éternelle  vérité  ^ .  »
Telle  est,  en  effet,  la  grande  division  de  la  Bible  :  l'Ancien  Testament,  qui prépare ,  qui  montre  en  quelque  sorte  du  doigt  le  Nouveau  et  veut  se  trans- forrner  en  lui;  le  Nouveau  Testament,  qui  se  rattache  constamment  à  l'Ancien, qui  i'éclaire  et  le  transfigure,  l'élevant  à  des  hauteurs  sublimes^.  Mais  la préparation  est  si  parfaite,  la  succession  des  événements  et  des  concepts  si régulière,  grâce  à  l'idée  centrale  dont  il  vient  d'être  question,  que  l'on  pourrait supprimer  la  division  extérieure,  puisque  tout  se  suit  et  s'harmonise  si  admira- blement. Seulement,  d'une  part,  on  annonce  et  l'on  attend  la  venue  du  Rédemp- teur; de  l'autre,  on  adore  le  Verbe  incarné,  l'Homme-Dieu  qui  «a  dressé  sa tente  ^  »  parmi  nous.
II.  Le  mot  Testament.  —  Ce  nom  a  sa  racine,  comme  ceux  de  Bible  et d''Écriture,  dans  les  livres  sacrés  eux-mêmes.  Saint  Paul.  II  Cor.  m,  14, appelle  les  écrits  de  l'ancienne  Alliance  ^  TiaXatà  SiaOrixy) ,  ou  «  le  vieux  Testa- ment». Dans  le  texte  grec  du  premier  livre  des  Machabées,  i,  57,  on  men- tionne aussi  le  ptêXtov  SiaOVixYiç,  liber  testamenti.  Dès  le  temps  de  Moïse,  Ex. XXIV,  7,  il  est  parlé  du  volumen  fœderis^,  qui  contenait  la  législation  du Sinaï;  et  telle  est  probablement  l'origine  directe  de  cette  belle  dénomination. Le  substantif  hébreu  h^rit  correspond  au  français  «  alliance  »  ;  mais  le  mot  grec ôiaOYÎxYi,  par  lequel  Font  traduit  les  Septante,  peut  signifier  fœdus  ou  testa-^ mentum  :  les  anciens  écrivains  latins  ont  adopté  de  préférence  cette  seconde acception,  qui  est  aussi  devenue  la  plus  usitée  dans  les  langues  européennes.
^  Lacordaire ,  Lettres  à  un  jeune  homme  sur Ja  vie  chrétienne,  p.  177  et  S3. 2  Mattlu  V,.  17.
2  Joan.  I,  14  :  'EaxTQvœaev. ^  Séfer  habVrit.
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ANCIEN   TESTAMENT
Quant  à  l'épithète  d''anc{en,  indépendamment  du  texte  de  saint  Paul  cité plus  haut,  elle  semble  remonter  jusqu'au  célèbre  passage  de  Jérémie,  xxxi, 31  et  &s.  :  Ecce  dies  venient,  clicit  Bominiis,  et  feriain  clomui  Israël  et domui  Juda  fœdus  novum.  La  nouvelle  Alliance  ne  devant  être  inaugurée  que par  le  Messie,  on  désigna  par  le  surnom  (['ancienne  celle  qui  avait  été  contractée au  Sinaï.  De  même,  les  écrits  qui  racontent Phistoire  de  cette  première  alliance furent  appelés  l'Ancien  Testament.
III.  Les  livres  de  l'Ancien  Testament.  —  En  comptant  ces  livres  un  à  un, tels  qu'ils  sont  partagés  dans  la  Vulgate,  on  arrive  au  total  de  quarante-six: 1°  la  Genèse,  2»  l'Exode,  3°  le  Lévitique,  4«  les  Nombres,  5«  le  Deutéronome, 6°  Josué,  7»  les  Juges,  8»  Ruth,  9°  le  premier  livre  des  Rois,  10»  le  second livre  des  Rois,  11»  le  troisième  livre  des  Rois,  12°  le  quatrième  livre  des  Rois, 13°  le  premier  livre  des  Paralipomênes,  \¥  le  second  livre  des  Paralipomènes, 150  Esdras,  16°  Néhémie,  17«  Tobie,  18°  Judith,  19°  Esther,  20»  Job,  21^  les Psaumes,  22^  les  Proverbes,  23»  FEcclésiaste,  2¥  le  Cantique  des  cantiques, 250  la  Sagesse,  26«  l'Ecclésiastique,  27«  Isaïe,  28»  Jérémie,  29«  les  Thrènes, 30°  Baruch,  31oÉzéchiel,  32°  Daniel,  33o  Osée,  34«  Joël,  35«  Amos,  36°  Abdias, 370  Jonas,  38«  Michée,  39°  Nahum,  40«  Ilabacuc,  41oSophonie,  42«  Aggée, 43"  Zacharie,  44«  Malachie,  45°  le  premier  livre  des  Machabées,  46^  le  second livre  des  Machabées  ^
Envisagés  sous  le  double  rapport  du  fond  et  de  la  forme,  ces  écrits  peuvent être  répartis  en  trois  groupes,  suivant  que  domine  en  chacun  d'eux  l'élément historique,  didactique,  prophétique.  Les  livres  de  la  seconde  catégorie  sont  en même  temps  poétiques.
/       Le  Pentatcuque. Josné. Les  Juges. Ruth.
Les  quatre  livres  des  Rois. Les  deux  livres  des  Paralipomènes. Esdras.
Néhémie  (ou  second  livre  d'Esdras). ToMe. Judith. Esther. Les  deux  livres  des  Machabées.
1«   LIVRES    HISTORIQUES  :
(21  livres)
2°   LIVRES   POÉTIQUES
(8  livres)
30  LIVRES    PROPHÉTIQUES
(17  livres)
Job.
Les  Psaumes.
Les  Proverbes.
L'Ecclésiaste.
Le  Cantique  des  cantiques.
La  Sagesse.
L'Ecclésiastique.
Les  Thrènes.
Isaïe.
.Jérémie.
Baruch.
Ézéchiel.
Daniel.
Les  douze  petits  Prophètes.
*  Comme  l'observe  très  justement  M.  Vigou- reux, Man.  bihl.,  t.  I,  n.  3,  cette  supputation est  en  partie  conventionnelle  ;  de  là  le  chiffre  43 , que  d'autres  ont  trouvé  en  réunissant  les  deux premiers  livres  des  Rois ,  le  troisième  et  le  qua- trième, les  deux  livres  des  Paralipomènes.  —  On a  aussi  adopté  parfois  les  chiffres  de  44  et  de
45.  Le  Nouveau  Testament  contient  vingt -sept livres ,  bien  que ,  par  son  étendue ,  il  ne  soit  pas égal  au  quart  de  l'Ancien.  La  Bible  entière  est partagée  en  1334  chapitres,  dont  1074  pour  l'An- cien Testament,  et  260  pour  le  Nouveau.  L'his- toire du  salut  messianique,  comme  colle  de  la création ,  est  une  préparation  très  longue.
ANCIEN  TESTAMENT
13
Tous  ces  livres  sont  canoniques  et  inspirés,  comme  l'ont  défini  les  conciles  de Trente*  et  du  Vatican^.  Ceux  que  nous  avons  marqués  en  lettres  italiques  dans le  tableau  qui  précède,  c'est-à-dire  Tobie,  Judith,  les  Machabées,  la  Sagesse, l'Ecclésiastique,  Baruch,  avec  quelques  fragments  d'Esther  et  de  Daniel,  forment une  catégorie  à  part,  non  sous  le  rapport  de  leur  autorité,  qui  n'est  pas  moindre que  celle  des  autres  écrits,  mais  au  point  de  vue  du  temps  où  ils  furent  défini- tivement admis  dans  le  canon  des  saintes  Écritures.  Reçus  un  peu  plus  tard, ils  portent  le  nom  de  deutéro canoniques  ;  les  autres  livres  sont  appelés  proto- canoniques.
Ces  derniers  sont  seuls  contenus  dans  la  Bible  hébraïque,  d'après  un  ordre et  une  classification  qui  diff'èrent  des  nôtres,  quoique  les  Juifs  aient  aussi  adopté trois  groupes  :  la  Loi  [tôrah]^  les  Prophètes  (n^6i'im),  les  Hagiographes (  kHubim  ]  ^.
lo    LA  LOI
OU  tôrah
la  Genèse.
l'Exode.
le  Lévitiqne.
les  Nombres.
le  Deutéronome.
2  '   LES   PROPHETES
ou  n'bî'im, divisés  en
rinonim ou  antérieurs
'aharônim
ou  postérieurs,
'  subdivisés  eux  -  mêmes  en
Josué.
les  Juges.
les  deux  livres  de  Samuel  (I  et  II  Rois).
les  deux  livres  des  Ilois  (  III  et  IV  Rois  ).
Ilsaïe. Jérémie. Ézéchiel.
et
petits  prophètes
Osée.
Joël.
Amos.
Abdias.
Jonas.
JMichée.
Nahum.
Habacuc.
Soplionie.
Aggée.
Zacharie.
Malachie.
3°  LES  HAGIOGRAPHES
ou  k'tuMm
Hes  Psaumes, les  Proverbes. Job.
les  cinq  m'gillôt ou  rouleaux  ^
le  Cantique  des  cantiques.
Riath.
les  Thrènes.
l'Ecclésiaste.
Esther.
f  Daniel. f   Esdras. \  Néhémie. les  deux  livres  des  Chroniques  (I  et  II  Paralipomènes  ).
'  Sess.  IV,  De  canonicis  Scripturis  decretum.
^  Sess.  III,  c.  n.
^  Ce  groupement  est  très  ancien,  car  on  le rencontre  déjà  dans  le  prologue  de  l'Ecclésias- tique et  dans  l'Évangile  selon  saint  Luc,  XXTV, 4i.  Comparez  les  passages  Matth.  vu,  12;  Luc. XVI,  16;  Act.  xiu,  15;  Rom.  ru,  21,  où,  pour
abréger,  on  désigne  seulement  la  Bible  par  les deux  premières  catégories  :  «  la  loi  et  les  pro- phètes. »
^  Ces  livres  étaient  ainsi  nommés  parce  qu'ils formaient  de  petits  volumina  à  part,  en  vue  de l'usage  liturgique.
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ANCIEN   TESTAMENT
Cette  classification  correspond  assez  bien  à  la  fondation  [tôrah],  au  déve- loppement [n'hiim]  et  au  couronnement  religieux  [kHuhim]  de  la  théocratie.  La prépondérance  remarquable  des  livres  prophétiques  désigne  très  manifestement la  religion  juive  comme  une  institution  dont  les  tendances  et  le  centre  de  gra- vité étaient  plutôt  dans  Tavenir  que  dans  le  présent,  ainsi  qu'il  a  été  démontré plus  haut^
^  Pages  0-10.
LE  PENTATEUQUE
Noms  et  division.  —  Dans  le  canon  des  Juifs,  les  cinq  premiers  livres  de l'Ancien  Testament  sont  appelés,  d'après  leur  sujet  principal,  Séfer  hattôrah, «le  livre  de  la  Loi,  »  ou  simplement  Tôrah,  «la  Loi  ^  »  Les  rabbins  les  dé- signent assez  souvent  par  un  nom  bizarre  qui  fait  allusion  à  leur  nombre  :  «  les cinq  cinquièmes  de  la  Loi.  »  Le  mot  Pentateuque,  dérivé  du  grec  itévte,  «  cinq,  » et  TsOxoç,  «  volume,  »  a  également  pour  base  la  division  du  livre  de  la  Loi  en cinq  parties  distinctes.
Cette  division  est  très  ancienne,  et  vraisemblablement  antérieure  à  l'époque de  la  traduction  des  Septante.  Elle  est  aussi  d'une  parfaite  exactitude,  car chaque  tome  ou  volume  a  réellement  une  physionomie  à  part,  et  correspond  à des  périodes  diverses  de  la  législation  théocratique.  La  Genèse  est  une  intro- duction, le  Deutéronome  une  récapitulation.  Dans  les  trois  livres  intermédiaires, les  lois  divines  sont  promulguées  peu  à  peu,  et  rattachées  aux  événements  his- toriques qui  les  virent  paraître;  mais  le  Lévitique  se  distingue  à  son  tour  de TExode  et  des  Nombres,  parce  que  seul  il  contient  une  masse  de  décrets  for- mulés sans  interruption  notable.
Quant  aux  titres  spéciaux  dont  on  se  sert  pour  désigner  chaque  partie,  ils viennent  directement  du  grec^,  et  sont  empruntés  à  l'idée  dominante  ou  initiale du  livre.  Les  mots  hébreux  placés  dans  la  Vulgate  au-dessous  de  ces  titres  sont ceux  mêmes  par  lesquels  débutent  les  «  volumes  »  :  on  les  mentionne  parce  que les  Juifs  les  emploient  en  guise  de  titres.
Noms  juifs. B^ré^sit, V^'ellek  s'mot, Vayyk^ra, Vayy^dahher, ''Elleh  hadd'barim j
Noms  grecs.
révccrt;  (origine), "E^o;  (sortie), AeuiTcxov  (lévitique), 'Apîôtxot  (nombres), A£UT£pov6[ji.iov  (seconde  Loi
Noms  latins. Genesis. Exodus. Leviticus. Numeri. DeuteronoYïiium.
La  Genèse  commence  par  le  récit  de  l'origine  du  monde  et  de  l'humanité; l'Exode  raconte  longuement  la  sortie  d'Egypte;  le  Lévitique  est  en  grande  partie consacré  à  la  promulgation  des  lois  relatives  au  culte  juif  et  à  la  tribu  de  Lévi; le  livre  des  Nombres  débute  par  le  recensement  des  Israélites;  le  Deutéronome réitère  et  inculque  de  nouveau  la  Loi.
*  Dcut.  xxsr,  26;  III  Rog.  ii,  3;  IV  Rcg. XXIII,  25;  Ps;  XVIII  (hébr,  xix),  8.  et  en d'autres  nombreux  passages.  Cf.  Luc.  xxiv,  44, ô  VÔU.OÇ.  Les  anciens  écrivains  Israélites  ont  rendu cette  dénomination  plus  significative  encore,  en
comptant,  dans  le  Pentateuque,  jusqu'à  613  pré- ceptes, dont  365  sont  négatifs,  et  248  positifs.
2  X  part  celui  de  Nombres,  qui  est  une  tra- duction de  àpiOfxou
^G
LE   PENTATEUQUE
Le  sujet  traité.  —  Ainsi  qu'il  ressort  de  ces  indications  somnnaires,  au  fond et  dans  sa  partie  essentielle,  le  Pentateuque  a  pour  but  d'exposer  les  origines et  la  fondation  du  royaume  théocratique.  Tous  les  détails  qu'il  renferme  con- vergent vers  ce  grand  fait:  l'alliance,  la  législation  du  Sinaï,  qui  devait  faire (lu  peuple  hébreu  la  nation  privilégiée  de  Jéhovah  en  vue  du  Messie  promis. Le  vrai  point  de  départ  de  l'établissement  de  la  théocratie,  c'est  la  création;  la mort  de  Moïse  en  est  le  dernier  terme;  les  événements  intermédiaires  en  forment les  péripéties  :  tel  est  le  contenu  du  Pentateuque.
De  là  rimportance  capitale  de  ce  livre  aux  cinq  tomes.  Véritable  «océan  de théologie»,  selon  la  parole  de  saint  Grégoire  de  Nazianze.  Vraie  base  de  l'Ancien Testament,  dont  toutes  les  autres  parties  le  supposent;  fondement  de  l'édifice religieux  du  judaïsme,  qui  s'écroulerait  avec  lui;  fondement  de  la  Bible  entière et  de  l'édifice  religieux  du  christianisme,  puisque  tout  se  tient  dans  le  plan divin  de  la  Rédemption.  Le  Pentateuque  est  donc  à  Tancienne  Alliance  ce  que les  Évangiles  sont  à  la  nouvelle.
Authenticité  et  intégrité.  —  C'est  précisément  à  cause  de  son  importance que  le  Pentateuque  a  été,  depuis  un  siècle,  le  point  de  mire  des  plus  violentes attaques  de  la  part  des  incrédules.  Pour  l'ensemble  comme  pour  les  détails  on a  nié,  malgré  la  tradition,  qu'il  fût  l'œuvre  de  Moïse,  et  l'on  a  osé  affirmer  que ses  portions  législatives  et  juridiques  auraient  été  composées  seulement  à  l'époque des  derniers  prophètes  ^
Mais  l''  Moïse  a  pu  écrire  le  Pentateuque.  Il  était  doué,  les  plus  sceptiques sont  bien  obligés  de  le  reconnaître,  d'une  vaste  intelligence,  et  quoi  de  plus naturel  en  soi,  indépendamment  de  l'inspiration,  qu'il  tînt  à  préserver  et  à transmettre  aux  générations  futures  la  législation  dont  il  avait  été  le  médiateur?
2^  Une  tradition  universelle,  qui  remonte  à  plusieurs  milliers  d'années  sans interruption  aucune^,  et  à  laquelle  ont  pris  part  soit  les  juifs,  soit  les  samari- tains, soit  les  chrétiens,  nous  certifie  que  Moïse  est  Fauteur  du  Pentateuque. Or  un  tel  témoignage,  portant  sur  un  fait  si  grave  et  si  facile  à  constater,  pré- sente toutes  les  garanties  désirables;  au  contraire,  avoir  inventé  après  coup  ce livre  et  l'avoir  placé  tardivement  entre  les  mains  de  tout  un  peuple  comme l'œuvre  de  Moïse,  serait  un  phénomène  historique  unique  au  monde,  et  d'une complète  impossibilité.
'S^  L'évidence  interne,  comme  l'on  dit,  vient  s'associer  de  la  façon  la  plus énergique  aux  preuves  extrinsèques,  pour  démontrer  Tauthenticité  du  Penta- teuque. Et  sous  le  rapport  des  idées,  et  sous  celui  du  style,  nous  trouvons  à toutes  les  pages  de  ce  livre  admirable  le  sceau  et  comme  la  signature  de  Moïse: archaïsmes,  grandeur  et  simplicité,  connaissance  étonnante  des  choses  de  l'Egypte et  de  l'ancien  monde,  parfaite  unité,  etc.,  tout  prouve  que  ce  n'est  pas  une main  de  faussaire  qui  a  composé  les  lignes  suivantes  :  Sc^npsit  autem  Moyses universos  sertnones  Boinini,  Ex.  xxiv,  4;  Postqumn  ergo  scripsit  Moyses verba  legis  hujiis  atque  complevit,  Deut.  xxxi,  24 ^.  Moïse,  assurément,  a  pu utiliser  et  incorporer  à  sa  narration  des  documents  plus  anciens  que  lui;  de même,  il  est  visible  çà  et  là  que  des  notes  archéologiques  et  géographiques  ont été  ajoutées  à  son  texte  :  mais  il  n'en  demeure  pas  moins  l'auteur  réel  et  prin- •cipal  du  Pentateuque.
^  Voy.  dans  le  Man.  bibl.,  nn.  248-25.5,  l'his- toire des  attaques  contre  le  Pentateuque,  l'exposé et  la  réfutation  des  objections.  Les  preuves  de l'authenticité  sont  développées  ibid.,  nn.  238-247.
-  Le  livre  de  Josué  en  est  le  premier  chaînon. "^  Cf.  Ex.  XVII,  14;  XXXIV,  27;  Nuni.  xxxili, 2;  Deut.  XVII,  18,  etc.
LA  GENÈSE
Le  sujet  et  le  hut.  —  La  création,  rintroduction  du  péché  sur  la  terre,  l'his- toire des  premières  familles  humaines  et  de  leur  prompte  corruption,  le  déluge envoyé  par  Dieu  comme  un  terrible  châtiment,  la  dispersion  des  peuples, Abraham  choisi  pour  être  le  père  d'une  race  privilégiée  de  laquelle  naîtra  le Rédempteur  promis  aussitôt  après  la  chute,  les  débuts  historiques  de  cette  fa- mille sacrée  :  voilà  le  thème  bien  connu  qui  est  si  noblement  développé  dans  la Genèse,  et  qui  couvre  un  espace  d'environ  2  300  ans^
bi  le  Pentateuque  raconte  les  origines  de  la  théocratie,  la  Genèse,  remontant tout  à  fait  aux  principes,  décrit  les  premières  démarches  entreprises  parle  Sei- gneur pour  établir  ici-bas  son  royaume.  Quoique  Abraham,  le  père  des  croyants, soit  visiblement  la  figure  principale  et  comme  le  héros  de  la  Genèse,  de  même que  le  pays  de  Chanaan,  la  future  Terre  sainte,  est  le  théâtre  sur  lequel  se déroulent  les  principaux  événements  du  livre,  néanmoins  les  annales  de  la  théo- cratie seraient  demeurées  très  incomplètes ,  si  Moïse  n'eût  placé  en  tête  de  sa narration  un  résumé  rapide  de  la  vie  des  premiers  humains.  Pourquoi,  en  effet, une  nation  choisie  entre  toutes  les  autres?  C'est  parce  que  la  grande  masse  des peuples  s'était  éloignée  du  vrai  Dieu.  Mais  quelles  étaient  les  relations  de l'humanité  avec  Dieu,  et  comment  s'était  opérée  cette  séparation  funeste?  Il était  nécessaire  de  le  dire  tout  d'abord ,  afin  de  mieux  montrer  la  nécessité  des institutions  théocratiques,  et  aussi  pour  mettre  le  plan  divin  sous  son  vrai jour:  Jéhovah,  qui  appela  Abraham,  ne  diffère  pas  d'"Elohim,  le  Dieu  créateur. La  création  et  la  rédemption  sont  des  actes  intimement  unis:  un  abîme,  il  est vrai,  s'est  ouvert  entre  Dieu  et  l'homme,  sa  créature  d'élite;  mais  le  Seigneur prend  immédiatement  des  mesures  pour  réparer  (a  chute.  Un  seul  peuple  est choisi;  mais,  en  Israël,  l'humanité  entière  sera  bénie  et  rachetée,  car  toutes  les nations  sont  solidaires  et  proviennent  de  la  même  source.
Plan  et  division.  —  Le  plan  est  très  simple  3t  en  même  temps  des  plus  har- monieux, dévoilant  une  œuvre  bien  proportionnée  et  réglée  minutieusement. a  La  Genèse  est  en  réalité  un  vaste  tableau  généalogique  accompagr.é  d'un  texte explicatif,  un  tableau  généalogique  oîi  les  événements  de  l'histoire  primitive  et de  l'histoire  patriarcale  viennent  s'intercaler  dans  les  intervalles  de  la  ligne principale  et  des  lignes  secondaires,  selon  les  personnages  qui  y  jouent  les rôles  prépondérants,  et  dans  lesquels  les  faits  ainsi  distribués  reçoivent  un  dé- veloppement proportionné  à  leur  importance  dans  l'ensemble  ■^.  »
'  De  la  création  à  la  mort  de  Joseph.  |    Revue  des   Questions    historiques ,  1876,  n"  de
*  Delattre,  le  Plan  de  la   Genèse,    dans   la    i    juillet,  p.  5-43.
18  LA   GENÈSE
Dans  la  Genèse,  les  généalogies  forment  donc  le  cadre  de  l'histoire;  les  évé- nements sont  insérés  dans  les  intervalles  d'une  généalogie  perpétuelle.  Et  l'écri- vain sacré  nous  a  lui-même  manifesté  son  plan  par  une  formule  extraordinaire, qu'il  répète  jusqu'à  dix  fois,  et  au  moyen  de  laquelle  il  partage  ses  matériaux  : Voici  les  générations  du  ciel  et  de  la  terre,  Gen.  ii,  4;  Voici  le  livre  des  gé- nérations d'Adam,  Gen.  v,  1;  Voici  les  générations  de  Noé,  Gen.  vi,  9. Comp.  x,  1;  -XI,  10,  27;  xxv,  12,  19;  xxxvi,  1;  xxxvii,  1.  De  là  dix  sections distinctes,  introduites  par  le  récit  de  la  création,  i,  l-ii,  3  :  loThistoire^  du  ciel et  de  la  terre,  ii,  4-iv,  26;  2»  l'histoire  d'Adam,  v,  1-vi,  8;  3*^  l'histoire  de Noé,  VI,  9-ix,  29;  4»  l'histoire  des  fils  de  Noé,  x,  1-xi,  9;  5«  l'histoire  de  Sem, XI,  10-2t3;  6»  l'histoire  de  Tharé  et  d'Abraham,  xi,  27-xxv,  11;  7«  l'histoire d'Ismaël,  xxv,  12-18;  8»  l'histoire  d'isaac,  xxv,  19-xxxv,  29;  9»  l'histoire  d'Esaii, xxxvi,  1-43;  IQo  l'histoire  de  Jacob,  xxxvii,  1-l,  25.  Ces  sections  sont  très inégales  sous  le  rapport  de  l'étendue,  parce  qu'elles  le  sont  aussi  sous  celui  de l'importance  théocnatique.  Ce  qui  ne  tend  pas  d'une  manière  directe  au  but  que se  proposait  Tauteur  est  aussitôt  éliminé'^,  comme  l'histoire  des  Caïnites,  celle des  Chamites,  des  Japhétides  et  de  la  plupart  des  Sémites,  celle  des  descendants d'Ismaël  et  d'Esaû.  Au  contraire,  les  plus  petits  traits  sont  soigneusement  con- servés quand  ils  présentent  de  l'intérêt  au  point  de  vue  de  la  théocratie  :  on  le voit  surtout  dans  les  biographies  d'Abraham,  d'isaac,  de  Jacob  et  de  Joseph.
Nos  dix  sections  peuvent  se  rattacher  à  deux  grandes  périodes,  dont  la  pre- mière correspond  aux  débuts  de  l'histoire  du  monde,  depuis  la  création  jusqu'à la  dispersion  des  peuples,  tandis  que  la  seconde  a  la  vocation  d'Abraham  pour point  de  départ  et  la  mort  de  Joseph  pour  terme.  Dans  la  première  période, l'histoire  du  monde  et  du  genre  humain  est  esquissée  rapidement,  et  plutôt saisie  par  ses  sommets  que  racontée;  la  seconde  période  est  une  introduction  à l'histoire  du  peuple  juif.  Autant  la  première  est  générale,  autant  la  seconde  est spéciale  :  c'est  la  vie  d'une  famille,  succédant  à  celle  de  toute  la  race  humaine. Chacune  de  ces  parties  comprend  cinq  sections  :  1^  i,  1-xi,  26;  2«  xi,  27-l,  25.
Ce  plan,  si  nettement  accentué,  démontre  à  lui  seul  la  merveilleuse  unité  de la  Genèse,  et  est  une  garantie  de  plus  de  son  autorité.
Beauté,  utilité.  —  Un  ancien  auteur  disait  très  justement  :  Nihil  pulchrius Genesi,  nihil  utilius.  La  Genèse  présente  en  effet  des  beautés  de  tous  genres, qu'on  ne  se  lasse  jamais  d'admirer.  Elle  est  belle  par  le  fond,  qui  est  toujours si  relevé,  si  riclie,  si  varié,  tour  à  tour  sublime  et  gracieusement  idyllique.  Elle est  belle  par  la  forme,  qui  s'harmonise  toujours  avec  les  sujets  traités.  Elle  est belle  par  ses  contrastes  saisissants  :  la  chute  et  le  Rédempteur,  Caïn  et  Abel,  les Caïnites  et  les  Sémites,  Noé  dans  l'arche  et  l'humanité  coupable  submergée  par le  déluge,  Sem  et  Japheth  en  face  de  Cham,  le  paganisme  et  la  théocratie, Abraham  et  Loth,  Isaac  et  Ismaël,  Jacob  et  Esaû,  Joseph  et  ses  frères,  la  vie agricole  des  Israélites  et  la  civilisation  mondaine  des  Égyptiens.  Que  de  sujets d'étude  à  mille  points  de  vue!
Mais  la  Genèse  n'est  pas  moins  utile  que  belle.  Au  double  point  de  vue  de  la religion  et  de  l'histoire,  elle  est  une  mine  inépuisable  de  connaissances,  l^  Elle contient  les  révélations  les  plus  précieuses  et  les  mieux  garanties  sur  l'origine du  monde  et  de  l'humanité,  sur  nos  relations  avec  Dieu,  sur  l'établissement  de l'Eglise  primitive.  Les  principaux  traités  de  dogme  et  de  morale  revendiquent justement  un  grand  nombre  de  ses  textes;  et  surtout,  dès  les  premières  pages, elle  ouvre  le  splendide  horizon  messianique.  2»  Comme  livre  d'histoire,  elle  a un  prix  incomparable.  Pour  l'ancienneté  et  pour  la  valeur  intrinsèque  des  do-
^  Car  tel  est  ici  le  sens  du  mot  «  généraiion  ^\    |      ^  voir  ce  qui  a  été  dit  plus  haut,  p.  9.
LA  GENÈSE
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cuments,  nul  autre  livre  historique  ne  pourrait  lutter  avec  elle;  car,  d'une  part, elle  remonte  au  xv°  siècle  avant  Jésus-Christ,  date  antérieure  de  mille  ans  à  la naissance  d'Hérodote*,  et  les  rares  papyrus  d'Egypte  ou  tablettes  d'Assyrie qui  paraissent  plus  antiques  ne  sont  que  de  modestes  fragments;  d'autre  part, elle  raconte  avec  une  autorité  sans  pareille,  môme  abstraction  faite  de  son caractère  sacré;  et  l'historien  qui  la  prend  pour  guide  ne  risque  pas  d'être induit  en  eireur  à  chaque  pas,  comme  il  arrive  quand  on  étudie  les  annales fabuleuses  et  ampoulées  des  autres  peuples.  Les  découvertes  multiples  des sciences  et  de  l'archéologie  lui  ont  toujours  donné  raison.
Les  sources  de  la  Genèse.  —  Les  sources  auxquelles  Moïse  puisa  pour  com- poser cette  œuvre  unique  au  monde  furent  tout  à  la  fois  divines  et  humaines. De  Dieu  il  reçut  toutes  les  révélations  nécessaires;  mais  il  put  recourir  aussi, soit  aux  traditions  patriarcales,  qui  s'étaient  fidèlement  transmises  de  génération en  génération ,  grâce  à  la  longévité  des  premiers  hommes  ;  soit  aux  documents écrits,  qui  durent  se  former  peu  à  peu  sur  divers  points.
Commentaires.  —  Les  Pères  se  sont  complu  dans  l'étude  et  l'explication  de  la Genèse.  Les  meilleurs  commentaires  qu'ils  nous  ont  laissés  sont  ceux  d'Origène, Selecta  in  Genesùn,  et  Homilise  in  Genesim;  de  saint  Jean  Chrysostome, Homilix  lxvii  in  Genesim,  eiSermones  ix  in  Genesim;  de  saint  Jérôme,  Liber hebraicarum  quœstionwin  in  Genesim;  de  saint  Augustin,  De  Genesi  contra Manichœos  libri  ii,  et  De  Genesi  ad  litteram  libri  xu.  Actuellement,  l'ouvrage catholique  le  plus  complet  est  le  Commentarium  in  librum  Geneseos  de M.  Th.-J.  Lamy  (Malines,  1883-1884  )^
*  Ce  prétendu  «  père  de  l'histoire  »  était contemporain  de  Néhémie,  et  vivait  au  v«  siècle avant  J.-C.
'^  Voyez  aussi  Vigoureux,  les  Livres  saints  et la  critique  rationaliste,  t.  III,  pp.  177-571.
LA  GENÈSE
CHAPITRE   I
1.  In  principio  creavit  Deus  cœlum  et terram.
2.  Terra  aiitem  erat  inanis  et  vacua, et  tenebrse  erant  super  faciem  abyssi; et  Spiritus  Dei  ferebatur  super  aquas.
1.  Au  commencement  Dieu  créa  le  ciel et  la  terre.
2.  Et  la  terre  était  informe  et  nue ,  et les  ténèbres  couvraient  la  face  de  l'abîme, et  l'Esprit  de  Dieu  était  porté  sur  les eaux.
LE  DIVIN  PRÉLUDE
La  création.   I,  1  —  II,  3.
La  Bible  commence  par  une  cosmogonie  ;  c'est comme  Créateur  que  Dieu  se  révèle  tout  d'abord à  nous  dans  son  livre.  Révélation  de  la  plus haute  importance,  qui  ouvre  de  riches  horizons philosophiques  et  théologiques,  et  qui  renverse des  erreurs  multiples.  La  page  qui  la  contient «  vaut  à  elle  seule  tous  les  in-folios  de  la  science et  de  la  philosophie  ».  Le  récit  est  sobre,  simple, précis,  concret,  mais  majestueux  comme  les faits.  Il  signale  seulement  les  grandes  lignes, sans  s'arrêter  aux  détails.  Trois  parties  :  le  dé- but de  la  création,  i,  1  ;  l'œuvre  des  six  jours, 1,2-31;  le  divin  repos,  ii,  1-3.
1.  Le  début  de  la  création.  I,  1-2.
Chap.  I.  —  1.  Ce  verset  ne  contient  pas  un sommaire  de  l'Hcxaméron  ;  il  raconte  le  premier acte  du  Créateur,  la  production  de  la  matière cosmique,  qui  fut  ensuite  façonnée  par  des  éla- borations  progressives.  —  In  principio,  d'une manière  absolue;  au  commencement  du  temps, du  monde.  Cf.  Joan.  i,  1.  Quoique  plein  de beauté,  le  sens  métaphysique  «  in  Filio  »,  atta- ché par  quelques  Pères  à  cette  locution ,  s'écarte de  la  lettre.  —  Creavit.  Dans  les  chap.  i  et  ii  de la  Genèse ,  quatre  verbes  distincts  expriment  l'ac- tion créatrice  de  Dieu  :  bara',  créer  (i,  1,  21, 27);  'aèah,  faire  (i,  7,  16,  25,  etc.);  yasar, former  (  ii ,  19);  banah ,  bâtir  (  n ,  22  ).  Les  trois derniers  désignent  l'organisation  de  substances déjà  existantes  ;  bara',  aux  formes  Ical  et  ni- phal,  signifle  toujours  :  «  creare  ex  nihilo,  »  et n'est  employé  que  pour  marquer  une  œuvre  di- vine. Il  s'agit  donc  ici  d'une  création  dans  le sens  strict.  Cf.  II  Mach.  vu,  28. —  Deus.  Hebr.: 'Elohim,  pluriel  de  majesté;  le  singulier,  'Elo- hah,  est  rare  et  poétique.  La  racine  est  'ul,  être fort;  selon  d'autres,  'alah,  craindre,  vénérer. C'est  le  plus  commun  des  noms  divins;  il  est
répété  plus  de  deux  mille  fois  dans  la  Bible  hé- braïque. —  Ccelum  et  terram  :  c.-à-d.  l'univers entier,  qui,  envisagé  au  point  de  vue  de  l'homme, se  décompose,  en  effet,  en  deux  groupes  d'êtres créés  :  le  ciel  au-dessus  de  nous,  la  terre  sous nos  pieds.  —  Quelle  date  fixer  à  cette  première création?  La  Bible  est  muette  sur  ce  point,  et les  systèmes  de  chronologie  qui  prétendent  nous donner  l'âge  exact  du  monde  sont  tous  en'onés et  sans  base  solide.  Il  paraît  sûr,  du  moins,  d'a- près les  divers  calculs  des  savants,  que  Vin principio  remonte  à  une  très  haute  antiquité. Cf.  Man.  bihl.,  nn.  278-279.  —  Plusieurs  anciens Docteurs  ont  pensé  que  la  création  des  anges est  tacitement  impliquée  dans  le  mot  cselum,  et il  n'y  a  aucune  difficulté  à  l'admettre  après  eux. 2.  Terra  autem.  Transition.  Le  narrateur  va s'occuper  plus  spécialement  de  la  terre,  et  il  en décrit  d'abord  l'état  primordial,  qui  était  un état  de  chaos.  —  Inanis  et  vacua;  en  hébreu, tôhu  vabôhu,  dont  nous  avons  fait  «  tohu-bohu  », pour  désigner  le  pêle-mêle,  le  désordre.  Allité- ration sauvage  et  pittoresque;  sa  vraie  traduc- tion serait  «  vastitas  et  inanltas  »,  à  l'abstrait. —  Et  ienebrœ :  des  ténèbres  opaques,  affreuses, la  lumière  n'existant  pas  encore,  recouvraient faciem  abyssi.  L'hébreu  t'hôm  montre  qu'il s'agit  d'un  immense  océan  sans  rivages,  dans le(iuel  les  rudiments  du  globe  terrestre  étaient plongés.  —  Spiritus  est  ambigu ,  comme  le  ruah du  texte  primitif,  et  peut  signifier  «  vent  »  ou  «  es- prit ».  Si  l'on  adopte  la  première  interprétation avec  les  interprètes  juifs  et  quelques  Pères,  Dei serait  un  superlatif  à  la  façon  hébraïque  (  «  mon- tes Dei,  cedri  Dei  »),  pour  marquer  un  vent violent,  lancé  par  le  Créateur  sur  l'abîme  hu- mide, en  vue  de  le  dessécher.  Mais  il  est  plus conforme  à  la  tradition,  h  l'usage  biblique  des mots  «  Esprit  de  Dieu  »  (Gen.  xli,  38;  Ex. XXXI,  3;  Num.  xxiv,  2;  Jud.  m,  10;  Is.  xi, 2,  etc.),  et  au  contexte,  de  voir  ici  une  énergie et  une  personne    divines,   que   des   révélations
Gen.  I,  3-6.
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3.  Or  Dieu  dit  :  Que  la  lumière  soit, et  la  lumière  fut.
4.  Et  Dieu  vit  que  la  lumière  était bonne,  et  il  sépara  la  lumière  d'avec  les ténèbres.
ô.  Et  Dieu  donna  à  la  lumière  le  nom de  Jour,  et  aux  ténèbres  le  nom  de  Nuit  ; et  du  soir  et  du  matin  se  fit  le  premier jour.
6.  Dieu  dit  aussi  :  Que  le  firmament soit  fait  au  milieu  des  eaux,  et  qu'il  sé- pare les  eaux  d'avec  les  eaux.
3.  Dixitque  Deus  :  Fiat  lux.  Et  facta est  lux.
4.  Et  vidit  Deus  lucem  quod  esset bona.  Et  divisit  lucem  a  tenebris.
5.  Appellavitque  lucem  Diem ,  et  tene- bras  Noctem.  Factumque  est  vespere  et mane,  dies  unus.
6.  Dixit  quoque  Deus  :  Fiat  firmamen- tum  in  medio  aquarum,  et  di vidât  aquas
I  ab  aquis.
subséquentes  devaient  nous  faire  connaître  comme la  troisième  personne  de  la  sainte  Trinité.  Le verbe  m'ï-a/i^/èt,  littéralement  :  «  volitans ,  incu- bans  »  (au  lieu  de  ferebatvr) ,  ne  saurait  con- venir au  vent  ;  mais  il  dépeint  à  merveille  les germes  de  fécondité  déposés  par  Dieu  dans  la niasse  du  cbaos.  —  Quelle  fut  la  durée  de  cet état  préliminaire?  Nous  l'ignorons  encore,  et tout  porte  à  croire  qu'elle  fut  très  longue.    '
2.  L'œuvre  des  six  jours.  1 ,  2-32.
Par  une  admirable  symétrie ,  les  six  jours  se dédoublent  en  deux  triduums  distincts,  que  le divin  Sabbat  clôt  et  unit  harmonieusement.  Les œuvres  de  chaqx;e  triduum  se  correspondent  jour par  jour.  Au  premier  jour  la  lumière,  au  qua- trième les  astres;  au  second  jour  le  firmament et  la  séparation  des  eaux,  au  cinquième  les  oi- seaux et  les  poissons;  au  troisième  jour  la  terre complètement  organisée  et  parée  de  verdure,  au sisième  les  animaux  terrestres  et  l'homme,  aux- quels le  règne  végétal  est  assigné  pour  nourri- ture. L'enchaînement  graduel  des  êtres  et  le mouvement  général  de  bas  en  haut  dans  l'en- semble de  la  création ,  ne  sont  pas  moins  remai'- quables.
1«  Le  premier  jour.  I,  2-5.
3.  Dixitque  Deus.  Anthropomorphisme  pour exprimer  un  décret  tout-puissant,  car  il  n'y  eut point  de  parole  extérieure.  Cette  formule  solen- nelle revient  dix  fois  dans  le  récit.  —  Fiat  lux  ; y'hi  'or.  Le  latin  rend  toute  la  sublime  conci- sion de  l'hébreu.  Le  résultat  fut  instantané,  et il  n'est  pas  exprimé  avec  moins  de  vigueur  :  et facta  est  lux;  vayy'hi  'ôr,  «  Ipse  dixit  et  facta sunt,  »  Ps.  XXXII,  9.  Il  était  nécessaire  que  la lumière  fût  créée  en  premier  lieu,  car  sans  elle il  n'y  a  ni  ordre  ni  vie.  Aujourd'hui,  après  que la  science  a  découvert  partout  la  lumière,  per- sonne ne  s'étonne  plus  de  la  voir  exister  avant le  soleil  et  les  autres  astres.  C'était  sans  doute une  sorte  de  lueur  électrique,  pi'ovenant  de  la condensation  et  du  frottement  des  masses  cos- miques qui  commençaient  à  se  grouper.
4.  Et  vidit  Deus.  Autre  anthropomorphisme  : ils  abondent  au  début  de  la  Genèse.  —  Quod  esset bonum  :  tôb,  beau  et  bon  tout  ensemble.  Le Créateur  admirera  successivement  ses  œuvres, les  voyant  conformes  à  son  idéal.  —  Divisit  lu- eem...  Non  sous  le  rapport  de  l'espace,  mais  sous celui  du  temps  et  de  la  succession  régulière.  Il  j-
eut  des  périodes  de  lumière  alternant  avec  des périodes  de  ténèbres.  On  a  très  justement  appelé les  trois  premiers  jours  «  les  trois  séparations  ». Les  éléments  sont  partagés,  distribués,  coor- donnés.
5.  Appellavitque  lucem...  «  Hoc  totum  ad  in- tellectum  nostrum  dictum  est...  Sic  distinxit omnia  et  ordinavit,  ut  et  discerni  possint  et nomina  accipere,  »  S.  Aug.  En  imposant  des noms  à  ses  créatures,  Dieu  montre  qu'elles  ont désormais  une  existence  à.  part,  d'une  manière durable.  C'est  aussi  une  marque  de  domination et  de  propriété.  —  Diem ,  noctem.  Trois  opinions principales  se  sont  formées  sur  les  jours  géné- siaques.  1°  Tout  a  été  créé  en  même  temps  et  par un  seul  acte  du  Seigneur  ;  les  mots  .Tour  et  Nuit sont  donc  de  simples  métaphores  (Origène,  S.  Au- gustin, S.  Isidore,  etc.).  2°  Il  s'agit  littéralement de  jours  de  vingt-quatre  heures  (  la  plupart  des Pères  et  des  exégètes  du  moyen  âge).  3°  Par  ces jours  et  ces  nuits,  il  faut  entendre  des  périodes d'une  durée  indéterminée,  généralement  très longues ,  pendant  lesquelles  avaient  lieu  les  évo- lutions de  la  matière,  d'après  l'ordre  de  Dieu. Ce  sentiment  est  aujourd'hui  très  communément admis,  et  il  est  de  beaucoup  le  plus  vraisemblable. Le  mot  jour  est  employé  par  Moïse  lui-même dans  ce  sens  large,  Gen.  ii,  3,  4;  Num.  vu, 84,  et".  Ici,  de  nouveau,  nous  pouvons  accorder aux  savants  sérieux  tout  le  temps  qu'ils  deman- dent. Voy.  le  Man.  Mbl.,  n.  267.  —  Factumque est..  Littéralement  dans  l'hébreu  :  Et  il  y  eut  un matin,  et  il  y  eut  un  soir,  jour  premier.  A  la façon  juive,  arabe,  germanique,  gauloise,  athé- nienne (v\)yJ}-rii).epov),  adoptée  aussi  par  l'É- glise, les  jours  sont  comptés  du  soir  au  soir,  «in- ter  duos  solis  occasus  «  (Pline).  Si  les  jours  de la  création  désignent  des  époques,  le  soir  et  le matin  correspondent  au  commencement  et  à  la fin  de  ces  périodes.
2°  Second  jour.  I,  6-8.
6.  Un  des  éléments  du  chaos  a  été  réglé,  et la  lumière  brille.  Une  nouvelle  parole  de  Dieu ajoute  au  monde  primitif  une  nouvelle  beauté.  — Firmamentum  a  été  calqué  sur  le  axepé(D[j.(X  des LXX.  L'hébreu  raqCah  exprime  plutôt  l'expan- sion ,  l'étendue ,  nom  qui  convient  si  bien  à  la voûte  céleste,  en  tant  qu'elle  embrasse  notre  at- mosphère et  le  «  caslum  sidereum  ».  —  Et  divi- dat...  C'était  un  des  buts  principaux  que  Dieu avait  en  vue.
22
G EN.  I,  7-14
7.  Et  fecit  Deus  firmameutum ,  divisit- que  aquas  qiiœ  erant  sub  firmamento,  ab his  quse.  erant  super  firmamentum.  Et factiim  est  ita.
8.  Vocavitque  Deus  firmamentum  Cse- lum.  Et  factum  est  vespere  et  mane, dies  secundus.
9.  Dixit  vero  Deus  :  Congregentur aquae,  quœ  sub  cselo  sunt,  in  locum unum,  et  appareat  arida.  Et  factum  est ita.
10.  Et  rocavit  Deus  aridam  Terram, congregationesque  aquarum  appellavit Maria.  Et  vidit  Deus  quod  esset  bo- num.
11.  Et  ait  :  Germinet  terra  her- bam  virentem  et  facientem  semen,  et lignum  pomiferum  faciens  fi'uctum  jux- ta  genus  suum,  cujus  semen  in  semet- ipso  sit  super  terram.  Et  factum  est  ita.
12.  Et  protulit  terra  herbam  virentem, et  facientem  semen  juxta  genus  suum, lignumque  faciens  fi'uctum,  et  babens unumquodque  sementem  secundum  spe- ciem  suam.  Et  vidit  Deus  quod  esset  bo- num.
13.  Et  factum  est  vespere  et  mane, dies  tertius.
14.  Dixitautem  Deus  :  Fiant  luminaria in  fii*mamento  cœli,  et  dividant  diem  ac
7.  Et  Dieu  fit  le  firmament;  et  il  sé- para les  eaux  qui  étaient  sous  le  firma- ment d'avec  celles  qui  étaient  au-dessus du  firmament.  Et  cela  se  fit  ainsi.
8.  Et  Dieu  donna  au  firmament  le  nom de  Ciel  ;  et  du  soir  et  du  matin  se  fit  le second  jour.
9.  Dieu  dit  encore  :  Que  les  eaux  qui sont  sous  le  ciel  se  rassemblent  en  un seul  lieu,  et  que  Vêlement  aride  paraisse. Et  cela  se  fit  ainsi.
10.  Et  Dieu  donna  à  Y  élément  aride  le nom  de  Terre ,  et  il  appela  Mers  toutes  les eaux  rassemblées.  Et  il  vit  que  cela  était bon.
11.  Dieu  dit  encore  :  Que  la  teiTe  pro- duise de  l'herbe  verte  qui  porte  de  la graine,  et  des  arbres  fruitiers  qui  portent du  fruit  chacun  selon  son  espèce,  et  qui renferment  leur  semence  en  eux-mêmes, pour  se  reproduire  sur  la  terre.  Et  cela  se fit  ainsi.
12.  La  terre  produisit  donc  de  l'herbe verte  qui  portait  de  la  graine  selon  son espèce,  et  des  arbres  fruitiers  qui  renfer- maient leur  semence  en  eux-mêmes,  cha- cun selon  son  espèce.  Et  Dieu  vit  que cela  était  bon.
13.  Et  du  soir  et  du  matin  se  fit  le  troi- sième jour.
14.  Dieu  dit  aussi  :  Que  des  corps  de lumière  soient  faits  dans  le  firmament  du
7.  Et  fecit...  Après  l'ordre,  son  exécution.  — Aquas...  sub  firmamento.  L'abîme  mugissant (  vers.  2  )  est  séparé  en  deux  portions.  Une  quan- tité notable  de  ses  eaux  s'élève  dans  l'air,  où  elle flotte  sous  forme  de  nuages  et  de  vapeurs;  une autre  partie  demeure  sur  la  terre.  —  Et  factum est  ita.  Formule  qui  met  en  relief  la  prompte  et parfaite  obéissance  de  la  nature  à  la  voix  du Créateur.
8.  Cselum.  L'hébreu  samaïm,  d'une  racine qui  signifie  «  être  élevé  »,  est  au  pluriel  d'in- tensité :  les  espaces  indéfinis  du  ciel.  —  A  la  fin du  verset,  les  LXX  ont  ajouté  :  a  Et  Dieu  vit que  c'était  bon.  »
30  Troisième  jour.  I,  9-13.
9.  L'œuvre  de  cette  journée  est  double  :  la distribution  des  eaux  terrestres,  9-10;  la  création des  plantes,  11-13.  —  Congregentur...  in  locum unum  :  dans  le  vaste  lit  de  l'océan.  —  Appa- reat arida.  L'aride,  la  sèche,  c.-à-d.  la  terre ferme ,  dégagée  des  eaux  sous  lesquelles  elle  était encore  totalement  submergée.  —  Factum  est  ita. D'étonnantes  révolutions  et  convulsions  de  notre globe  sont  contenues  en  abrégé  dans  cette  for- mule si  simple.  En  même  temps  que  les  mers  et les  vallées  se  creusaient,  les  montagnes  étaient violemment  soulevées.  Cf.  Ps.  ciu,  6,
10.  Terram.  lîéhr.-.'ére?,  d'une  racine  qui  si-
gnifie (c  être  bas  »,  par  opposition  au  ciel.  — Maria,  pluriel  collectif.
11.  Seconde  partie  de  l'œuvre  du  troisième jour.  Ce  verset  renferme  le  commandement  di- vin ;  le  suivant,  son  exécution. —  Germinet  terra... Dieu  donne  à  la  terre  le  pouvoir  de  produii-e  elle- même  sa  belle  et  utile  pai'ure.  —  Ilerbavi  viren- tem... Trois  catégories  de  végétaux  sont  mention- nées dans  l'hébreu  :  dèiè,  le  tendre  gazon;  '«ieb, les  autres  plantes  herbacées,  surtout  les  céréales, les  légumes;  'es  p'ri  {lignum  pomiferum),  les arbres  à  fruit.  Cette  division  est  celle  qui  frappe les  regards  au  point  de  vue  alimentaire  (  vers.  29 et  30);  elle  est  donnée  ici  par  anticipation,  et elle  embrasse  tout  l'ensemble  des  végétaux.  — Facientem  semen...,  fructum.  Les  1  lantes  se  re- nouvelleront sans  cesse,  grâce  à  cette  faculté  de reproduction;  les  individus  disparaissent  tour  ù. tour,  les  espèces  demeurent,  car  la  reproduction a  lieu  juxta  genus,  d'après  des  lois  constantes et  uniformes.  Ce  texte  est  directement  opposé  au darwinisme  ;  sur  ce  système  et  sa  réfutation , voy.  le  Man.  hibl.,  1. 1,  n.  283.
40  Quatrième  jour.  I,  14-19.
14-15.  Fiant  luminaria.  Les  astres  apparais- sent à  leur  tour,  comme  porte-lumière  (m'  'ôrôt, de 'or),  car  c'est  à  eux  que  la  manifestation  de la  lumière  sera  rattachée  désormais,  vers.  15, —
Gen.  I,  15-22
ciel,  afin  qu'ils  séparent  le  jour  d'avec  la nuit,  et  qu'ils  servent  de  signes  pour marquer  les  temps,  les  jours  et  les  an- nées ;
15.  Qu'ils  hiieent  dans  le  firmament  du ciel,  et  qu'ils  éclairent  la  terre.  Et  cela fut  fait  ainsi.
16.  Dieu  fit  donc  deux  grands  corps lumineux,  l'un  plus  grand  pour  présider au  jour,  et  l'autre  moindre  pour  présider à  la  nuit  :  il  fit  aussi  les  étoiles.
17.  Et  il  les  mit  dans  le  firmament  du ciel  pour  luire  sur  la  terre,
18.  Pour  présider  au  jour  et  à  la  nuit, et  pour  séparer  la  lumière  d'avec  les  té- nèbres. Et  Dieu  vit  que  cela  était  bon.
19.  Et  du  soir  et  du  matin  se  fit  le quatrième  jour.
20.  Dieu  dit  encore  :  Que  les  eaux  pro- duisent des  animaux  vivants  qui  nagent âana  l'eau,  et  des  oiseaux  qui  volent  sur la  terre  sous  le  firmament  du  ciel.
21.  Dieu  créa  donc  les  grands  poissons, et  tous  les  animaux  qui  ont  la  vie  et  le mouvement,  que  les  eaux  produisirent chacun  selon  son  espèce  ;  et  il  créa  aussi tous  les  oiseaux  selon  leur  espèce.  Et  il vit  que  cela  était  bon.
22.  Et  il  les  bénit,  en  disant  :  Croissez et  multipliez-vous ,  et  remplissez  les  eaux de  la  mer;  et  que  les  oiseaux  se  multi- plient sur  la  terre.
noctem,  et  sint  in  signa,  et  tempi dies,  et  annos,
23 lora,  et
15.  Ut  luceant  in  firmamento  cœli,  et illuminent  ternim.  Et  factiim  est  ita.
16.  Fecitque  Deus  duo  luminaria  ma- gna :  luminare  majus,  ut  prœesset  diei, et  luminare  minus,  ut  prœesset  nocti,  et stellas.
17.  Et  posuit  eaJ^  in  firmamento  caeli, ut  lucerent  super  terram,
18.  Et  prseessent  diei  ac  nocti,  et  di- viderent  lucem  ac  tenebras.  Et  vidit  Deus quod  esset  bonum.
19.  Et  factum  est  vespere  et  mane, dies  quart Qs.
20.  Dixit  etiam  Deus  :  Producant  aquse reptile  animas  viventis,  et  volatile  super terram  sub  firmamento  caeli.
21.  Creavitque  Deus  cete  grandia,  et omnem  animam  viventem  atque  motabi- lem ,  quam  produxerant  aquse  in  species suas,  et  omne  volatile  secundum  genus suum.  Et  vidit  Deus  qiiod  esset  bonum.
22.  Benedixitque  eis,  dicens  :  Crescite et  multiplicamini,  et  replète  aquas  ma- ris ;  avesque  multiplicentur  super  terram.
Ils  auront  un  triple  but:  1"  dividant  diem..., le  soleil  éclairant  le  jour,  la  lune  et  les  étoiles illuminant  la  nuit;  2"  sint  in  signa.,.,  leurs phases  diverses  servant  à  distinguer  soit  les  sai- sons et  les  époques  dédiées  à  telles  ou  telles  so- lennités (tempora),  soit  dies  et  annos;  3°  illu- viinent  terram.  La  terre  continue  d'être  envi- sagée comme  le  contre  du  monde,  ce  qui  était vrai  sous  le  rapport  de  la  théocratie.
16-18.  L'exécution  de  l'ordre.  —  Duo  lumi- naria magna.  Hébr.,  «  les  deux  luminaires, les  grands.  »  La  nature  et  la  destination  par- ticulière de  ces  deux  astres  sont  ensuite  déter- minées d'après  leur  dimension,  telle  qu'elle  ap- paraît aux  regards  humains  (majus,  minus), et  d'après  le  temps  durant  lequel  ils  éclairent  le globe  terrestre  (diei,  nocti).  Ce  langage  n'est pas  scientiliqne,  mais  il  est  exact. —  Et  stellas: tous  les  autres  astres  (étoiles  fixes,  planètes).— Et  posait  cas.  Dans  l'hébreu,  le  pronom  retombe sur  les  trois  catégories  qui  précèdent  :  le  soleil, la  lune,  les  étoiles.
60  Cinquième  jour.  I,  20-23.
20.  Avec  les  plantes,  la  vie  était  apparue  sur la  terre ,  mais  d'une  mp.nièrc  très  imparfaite. Voici  les  pi-emicrs  êtres  vraiment  animés  :  les poissons  et  les  oiseaux,  qui  présentent  tant  d'a- nalogies dans  leur  constitution,  —  Producant aquce.  Littéralement,  d'après  l'hébreu,  a  scatu-
riant,  »  qu'elles  pullulent!  Allusion  au  nombre prodigieux  des  êtres  que  les  eaux  devaient  pro- duire. —  Ces  êtres  sont  partagés  en  deux  classes  : reptile  auim.ce  viventis  (pour  «  animam  viven- tem »,  apposition  à  «  reptile  »),  c. -à-d.  tous les  poissons,  et  en  général  tous  les  apodes  aqua- tiques ;  volatile ,  autre  collection  qui  comprend tout  ce  qui  a  des  ailes.  L'hébreu  dit  :  «  et  vola- tile volitet...,  »  sans  affirmer  explicitement,  mais sans  nier  non  plus  que  l'eau  ait  fourni  la  ma- tière première  pour  la  création  des  oiseaux.
21.  Exécution  du  divin  décret.  —  Les  cete grandia  {tanninim,  de  tanah,  s'étendre,  s'al- longer) obtieiment  une  mention  ii  part.  —  Om- nem animam...  motabilem  (rôwèset,  «  l'epen- tem  »).  Hébraïsme ,  pour  :  tous  les  animaux  qui  se meuvent  dans  les  eaux.  —  Quam  produxerant. Ici  encore  :  dont  avaient  pullulé.  —  In  spe- cies..., .secundum  genus.  Comme  pour  les  plantes, vers.  12.
22.  L'apparition  de  la  vie  sur  la  terre  est  si- gnalée par  un  acte  extraordinaire  du  Créatciu*  : Bcnedixit  eis.  La  formule  même  de  la  bénédic- tion divine  montre  qu'elle  avait  pour  but  la  pro- pagation des  espèces  nouvellement  créées  :  Crescite (p^ru,  fructifiez)...  —  Avesque  super  terram  est un  trait  délicat  :  les  oiseaux  volent  a  sub  firma- mento cceli  »  (vers.  20),  mais  ils  ont  la  terre  pour séjour.
24
Gen.  1,  23-28.
23.  Et  factum  est  vespere  et  mane, dies  qiiintus.
24.  Dixit  quoque  Deiis  :  Producat  terra animam  viventem  in  génère  suo,  jumenta et  reptilia,  et  bestias  terrée  secundum species  suas.  Factumque  est  ita.
25.  Et  fecit  Deus  bestias  terrse  juxta species  suas ,  et  jumenta  et  omne  reptile terrœ  in  génère  suo.  Et  vidit  Deus  quod esset  bonum.
26.  Et  ait  :  Faciamus  hominem  ad imaginem  et  similitudinem  nostram  ;  et prœsit  piscibus  maris,  et  volatilibus  caeli, et  bestiis,  universaeque  terrae,  omnique reptili  quod  movetur  in  terra.
27.  Et  creavit  Deus  hominem  ad  ima- ginem suam  ;  ad  imaginem  Dei  creavit illum  ;  masculum  et  f  eminam  creavit  eos.
28.  Benedixitque  illis  Deus,  et  ait  : Crescite,  et  multiplicamini,  et  replète terram,  et  subjicite  eam,  et  dominamini piscibus   maris,  et  volatilibus    cseli,   et
23.  Et  du  soir  et  du  matin  se  fit  le  cin- quième jour.
24.  Dieu  dit  aussi  :  Que  la  terre  pro- duise des  animaux  vivants  chacun  selon son  espèce,  les  animaux  domestiques,  les reptiles  et  les  bêtes  sauvages  de  la  terre selon  leurs  espèces.  Et  cela  se  fit  ainsi.
25.  Dieu  fit  donc  les  bêtes  sauvages  de la  terre  selon  leurs  espèces,  les  animaux domestiques  et  tous  les  reptiles,  chacun selon  son  espèce.  Et  Dieu  vit  que  cela était  bon.
26.  Il  dit  ensuite  :  Faisons  l'homme à  notre  image  et  à  notre  ressemblance, et  qu'il  commande  aux  poissons  de  la mer,  aux  oiseaux  du  ciel,  aux  bêtes,  à toute  la  terre,  et  à  tous  les  reptiles  qui  se remuent  sous  le  ciel.
27.  Dieu  créa  donc  l'homme  à  son image  ;  il  le  créa  à  l'image  de  Dieu ,  et  il les  créa  mâle  et  femelle.
28.  Et  Dieu  les  bénit,  et  il  leur  dit  : Croissez  et  multipliez-vous,  remplissez  la terre,  et  assujettissez -la,  et  dominez  sur les  poissons  de  la  mer,  sur  les  oiseaux  du
6°  Sixième  jour.  I,  24-31.
Deux  créations  distinctes  en  ce  jour,  comme au  troisième  auquel  il  correspond.  La  parole  di- vine retentira  jusqu'à  quatre  fois  :  pour  créer  les animaux  terrestres,  pour  créer  l'homme,  por.r leur  donner  à  tous  la  faculté  de  se  repi'oduire, pour  leur  assigner  leur  nourriture.  Nous  sommes au  magnifique  sommet  de  l'Hexaméron.
24-25.  Producat  terra.  De  nouveau  (voy.  le vers.  11)  la  terre  fournit  la  matière  première.  — Animam  viventem.  Collectif  :  des  animaux  vi- vants. Ils  sont  rangés  en  trois  catégories  :  1°  ju- rfienta,  hébr.  b'hémah,  de  baham,  être  muet, nom  habituel  des  grandes  espèces  ruminantes  que l'homme  ne  tarda  pas  à  assujettir  à  son  service (moutons ,  chèvres ,  bœufs ,  chameaux)  ;  2°  repti- lia, rèmes,  ce  qui  rampe  non  seulement  d'une manière  proprement  dite,  comme  les  seipents  et les  vers,  mais,  d'après  l'idiome  hébraïque,  les animaux  dont  les  pieds  sont  si  petits,  qu'ils  sem- blent se  trainer  plutôt  que  marcher  (lézards, rats,  taupes,  beaucoup  d'insectes);  S»  bestias terrée,  désignation  caractéristique  de  tous  les quadrupèdes  qui  vivent  à  l'état  sauvage,  spécia- lement des  bêtes  féroces.
26.  Après  que  la  terre  a  été  préparée  par  de- grés pour  le  recevoir,  l'homme  sort  à  son  tour des  mains  divines.  Avant  de  commencer  cette nouvelle  œuvre  qui  couronnera  toutes  les  autres, le  Créateur  se  recueille,  et  il  proclame  solennel- lement ses  intentions.  —  Faciamus.  Pluriel  de trinité,  si  nous  envisageons  ce  passage  à  la  lu- mière du  Nouveau  Testament;  si  nous  ne  quit- tons pas  l'ancienne  Alliance ,  pluriel  d'inten- sité, qui  dénote  en  Dieu  des  énergies  distinctes, personnelles,  mais  sans  en  préciser  le  nombre. Ce  ne  sfiurait  être  le  pluriel  de  majesté,  qui  était
inconnu  au  temps  de  Moïse;  encore  moins  un pluriel  délibérattf,  comme  si  Dieu  s'adressait  aux anges ,  car  il  n'avait  pas  besoin  d'eux  pour  créer l'homme.  —  Hominem.  'Adam,  nom  commun  et générique  en  ce  passage.  L'emploi  du  singulier exprime  nettement  l'unité  de  l'espèce  humaine, qui  ressort  d'adleurs  de  toute  la  suite  du  récit. Cf.  Act.  XVII,  26  :  «  ex  uno.  »  —  Ad  imaginem et  similitiidinein.  Deux  mots  pour  exprimer  une même  idée,  avec  nuance  et  gradation  :  le  pre- mier représente  l'idéal,  le  modèle;  le  second,  la réalisation  de  l'idéal,  la  copie.  C'est  de  toutes manières  que  l'image  de  Dieu  resplendit  dans l'homme  :  beauté  physiqvie,  domination  sur  les autres  créatures  ;  mais  surtout  raison  et  facultés intellectuelles,  liberté,  volonté  et  facultés  mo- rales, et,  plus  encore,  les  grâces  surnaturelles.  — Et  prcesit...  L'homme  sera  ainsi  un  vrai  roi  sur la  terre,  roi  suprême  après  Dieu,  et  roi  universel, comme  le  dit  la  nomenclature  qui  termine  le verset.
27.  Et  creavit...  Nous  avons  ici  le  premier  vers de  toute  la  Bible.  Au  souvenir  de  la  dignité  de l'homme,  le  narrateur  devient  poète,  et  il  a  un accent  joyeux  et  fier  pour  chanter  notre  privi- lège. La  même  pensée  est  réitérée  trois  fois  coup sur  coup,  avec  de  légères  variantes,  conformé- ment aux  lois  du  parallélisme.  (  Man.  bibl.,  t.  II , nn.  590-695.)  Remarquez,  au  second  membre,  la place  emphatiqxie  des  mots  ad  imaginem  Dci  ; au  troisième,  le  pluriel  eos  au  lieu  de  illum,  à cause  de  l'important  détail  masculum  et  /emi- nam.
28.  Benedixitque  illis...  A  une  double  fin  :  leur prompte  propagation  (crescite...),  et  l'assujettis- sement intégral  des  êtres  qui ,  dans  le  plan  divin , avaient  été  soumis  à  leur  domination.
Gen.  I,  29  —  II,  3.
25
ciel  et  sur  tous  les  animaux  qui  se  re- muent sur  la  terre.
29.  Dieu  dit  encore  :  Je  vous  ai  donné toutes  les  herbes  qui  portent  leur  graine sur  la  terre,  et  tous  les  arbres  qui  ren- ferment en  eux- mômes  leur  semence chacun  selon  son  espèce ,  afin  qu'ils  vous servent  de  nourriture,
30.  Et  à  tous  les  animaux  de  la  terre , à  tous  les  oiseaux  du  ciel,  à  tout  ce  qui se  remue  sur  la  terre,  et  qui  est  vivant  et animé,  afin  qu'ils  aient  de  quoi  se  nour- rir. Et  cela  se  fit  ainsi.
31.  Et  Dieu  vit  toutes  les  choses  qu'il avait  faites  ;  et  elles  étaient  tout  à  fait bonnes.  Et  du  soir  et  du  matin  se  fit  le sixième  jour.
universis    animantibus    quse    moventur super  terram.
29.  Dixitque  Deus  :  Ecce  dedi  vobis omnem  herbam  alïerentem  semen  super terram,  et  universa  ligna  quae  habent  in semetipsis  sementem  generis  sui ,  ut  sint vobis  in  escam,
30.  Etcunctis  animantibus  terrse,  om- nique  volucri  caeli ,  et  universis  quse  mo- ventur in  terra,  et  in  quibus  est  anima vivens,  ut  habeant  ad  vescendum.  Et factum  est  ita.
31.  Viditque  Deus  cuncta  quae  fecerat  ; et  erant  valde  bona.  Et  factum  est  ve- spere  et  mane,  dies  sextus.
CHAPITRE   II
1.  Le  ciel  et  la  terre  furent  donc  ache- vés avec  tous  leurs  ornements.
2.  Dieu  accomplit  le  septième  jour l'ouvi-age  qu'il  avait  fait ,  et  il  se  reposa le  septième  jour,  après  avoir  achevé  tous ses  ouvrages.
3.  Et  il  bénit  le  septième  jour,  et  il  le sanctifia,  parce  qu'il  avait  cessé  en  ce  jour de  produire  tous  les  ouvrages  qu'il  avait créés.
1.  Igitur  perfecti  sunt  cseli  et  terra, et  omnis  ornatus  eorum.
2.  Complevitque  Deus  die  septimo  opus suum  quod  fecerat;  et  requievit  die  se- ptimo ab  universo  opère  quod  patrarat.
3.  Et  benedixit  diei  septimo,  et  san- ctificavit  illum,  quia  in  ipso  cessaverat ab  omni  opère  suo  quod  creavit  Deus  ut faceret.
£9.  Le  Créateur  ne  pourvoit  pas  moins  à  la conservation  des  individus  qu'à  celle  de  l'espèce, et  il  leur  assigne  la  nourriture  qui  renouvellera constamment  leurs  forces.  —  Omnem  herbam,... ligna.  Les  végétaux  les  plus  succulents.  Voy.  la note  du  vers.  11.  —  VoMs  in  escam.  D'après  le sentiment  le  plus  commun,  l'homme  ne  com- mença qu'après  le  déluge  à  manger  aussi  la  chair des  animaux.  Cf.  Gen.  ix,  3.
30.  Et  cunctis  animantibus...  Les  sujets  et compagnons  de  l'homme  ne  sont  pas  oubliés.  Leur part  consiste,  d'après  le  texte  hébreu,  en  «toute verdure  d'herbe  ».
31.  Admirable  conclusion  de  l'œuvre  des  six jours.  Considéré  isolément,  le  travail  de  chaque journée  avait  paru  simplement  «  bon  »  au  Créa- teur ;  un  regard  d'ensemble  jeté  sur  toute  la  na- ture en  montre  mieux  les  harmonies  réciproques et  la  perfection  inimitable  :  erant  valde  bona.
3.  Le  divin  repos.  II,  1-3.
C'est  en  même  temps  l'origine  du  sabbat  hé- breu, emphatiquement  racontée.
Chap.  II.  —  1.  Ce  verset  est  une  récapitula- tion de  tout  le  premier  chapitre.  —  Omnis  or- natus... Littéral.  :  toute  leur  milice  (kol-s'ba'âm) , c.-à-d.  la  multitude  des  êtres,  maintenant  orga- nisés et  mis  en  ordre  comme  une  armée.  Cf. Neb.  IX,  6.
2.  Die  septimo.  Le  texte  samaritain,  les  LXX, l'arabe,  le  syriaq.  ont  «  sexto  » ,  par  suite  d'une correction  erronée.  Dieu  ne  travailla  pas  le  sep- tième jour,  mais  il  mit  le  sceau  à  ses  œuvres  ; c'est  le  sens  de  complevit.  —  Requievit  (  isbot, de  sabat,  d'où  vient  le  nom  du  sabbat).  Méta- phore pour  dire  que  la  création  du  monde  était arrivé'^  à  son  terme.
3.  Benedixit  diei  septimo...:  en  lui  attachant des  grâces  et  des  privilèges  multiples.  —  Et  san- ctificavit.  Il  le  sépara  des  autres  jours,  pour  qu'il lui  appartînt  en  propre.  Non  que  le  repos  du sabbat  fût  dès  lors  un  précepte  pour  l'homme  ; mais  Moïse  signale  ce  fait  en  vue  du  décalogue. —  Quia  in  ipso  cessaverat...  Cette  idée  est  répétée avec  insistance.  —  Creavit  ut  faceret  est  un  hé- braïsme  qui  serait  mieux  traduit  par  «  creavit producendo  d.
Plusieurs  passages  de  la  Bible  commentent poétiquement  le  récit  de  la  création.  Voy.  surtout Job,  xxxnn,  Ps.  vni  et  cm.  Les  saints  Pères en  ont  fait  souvent  le  thème  des  plus  riches  dé- veloppements ,  entre  autres  saint  Basile,  saint  Gré- goire de  Nazianze,  saint  Ambroise.  Voy.  F.  Vi- goureux, Mélanges  bibliques,  Paris,  1882,  pp.  1-125. La  littérature  et  les  arts  l'ont  orné  dans  tous  les genres  (la  peinture,  Michel -Ange,  Raphaël;  la
2
2'6
Ge.\.  II,  4-Ô.
4.  Istse  sunt  genèrationes  cseli  et  terra?, quandocreata  siint,  in  die  qtio  fecit  Do- minus  Deiis  crelum  et  terram,
5.  Et  omne  virgultum  agri  anteqiiam oriretur  in  terra,  omnemque  herbam  re- gionis  priusquam  germinaret;  non  enim pluerat  Dominus  Deus  super  terram ,  et liomo  non  erat  qui  operaretur  terram  ;
4.  Voici  les  générations  du  ciel  et  de la  terre,  quand  ils  furent  créés,  au  jour que  le  Seigneur  Dieu  iit  le  ciel  et  la terre.
5.  Et  aucun  arbrisseau  des  champs n'était  encore  sorti  de  la  terre,  et  aucune herbe  de  la  campagne  n'avait  encore poussé;  car  le  Seigneur  Dieu  n'avait  point encore  fait  pleuvoir  sur  la  terre,  et  il  n'y avait  point  d'iiomme  pour  la  cultiver.
musique,  Haydn),  mais  sans  en  égaler  la  beauté. —  Sur  les  cosmogonies  païennes  et  leurs  rapports avec  celle  de  Moïse,  voy.  Laniy,  Comment,  in lihr.  Gènes.,  1. 1,  pp.  141  et  ss.  ;  Liiken,  les  Tra- ditions de  l'humanité  ou  la  Révélation  primi- tive de  Dieu  parmi  les  païens,  trad.  franc.,  1862  ; Vigouroux,  la  BiUe  et  les  découvertes  modernes, t.  I,  pp.  191  et  ss.  de  la  4"  édition.  Parmi  des fables  et  des  légendes  sans  fin,  qui  contrastent étrangement  avec  la  sobriété  et  la  véracité  de la  narration  biblique,  on  découvre  pourtant  im ensemble  de  traits  qui  confirment  les  données  de la  Genèse,  et  qui  proviennent  évidemment  des  tra- ditions primitives.  —  Quant  à  la  question  aujour- d'hui si  complexe  de  l'accord  des  sciences  natu- relles avec  la  cosmogonie  mosaïque ,  nous  ne  pou- vons ici  qu'établir  les  principes  généraux  qui doivent  régler  la  discussion.  1°  La  nature,  quoique d'une  autre  manière  que  la  Bible,  est  aussi  le  livre de  Dieu.  Il  ne  saurait  donc  exister  de  contradic- tion proprement  dite  entre  ces  deux  livres  divins  ; mais ,  de  part  et  d'autre ,  les  interprètes  humains peuvent  se  tromper,  exagérer.  2°  La  Bible  se  meut sur  le  domaine  religieux,  les  sciences  dans  les sphères  naturelles.  Les  écrivains  sacrés  n'ont  pas voulu  nous  donner  des  leçons  de  géologie ,  d'astro- nomie ,  etc.  Ils  s'expriment  en  termes  populaires , comme  les  hommes  de  leur  temps.  3°  La  Bible, bien  comprise,  n'a  rien  h  redouter  des  sciences; tout  au  contraire,  elle  peut  gagner  à  leurs  belles découvertes,  é"  Les  systèmes  scientifiques  étant loin  d'être  inébranlables ,  comme  l'ont  prouvé  tant de  l'écentes  expériences,  les  savants  h-réligieux ont  bien  tort  de  les  opposer  à  la  Bible,  et  les  apo- logistes ont  tort  aussi  d'en  vouloir  faire  trop  tôt la  base  de  leurs  défenses.  Pour  les  détails,  voJ^ le  Manuel  Ubl.,  t.  I,  nu.  272-279;  Lamy,  Com- ment., t.  I,  pp.  148  et  ss. ;  Corluy,  Spicilegimn dogmatico -hiblicum,  t.  II,  pp.  210  et  ss.  de  la 2e  édit.,  et  les  ouvrages  spéciaux  de  Ms""  Meignan, de  Mil.  Pianciaui,  Reusch,  Arduin,  etc.
PREMIÈRE  PARTIE
Les  débuts  de  l'histoire  du  monde
depuis  la  création  de  l'homme  jusqu'à  la  dispersion
des  peuples.  Il,  4  —  XI,  26.
LIVRE  I L'histoire  du  ciel  et  de  la  terre.  II,  4  —  lY,  26.
Cette  section  se  subdivise  en  trois  paragraphes: lo  l'état  d'innocence,  n,  4-25;  2"  la  chute,  m, 1-24;  3°  le  schisme  dans  la  première  famille  hu- maine, IV,  1-20.
§  I.  • —  L'état  d'innocence.  II,  4-25.
Beau  récit,  qui  nous  montre  l'homme  installé dans  son  domaine,  entouré  par  le  Créateur  des soins  les  plus  touchants,  vivant  heureux  et  pur au  sein  du  paradis  terrestre.  Un  divin  précepte lui  fournit  l'occasion  de  mettre  en  œuvre  ses facultés  morales ,  la  plus  haute  partie  de  son  être.
1°  Titre  du  livre,  vers.  4.
4.  Ce  verset  contient,  en  effet,  le  titre  de  la Ifs  section.  Yoy.  l'introduction  à  la  Genèse , p.  18.  —  Istoi  sunt  genèrationes.  L'hébr.  toldôt (de  yalad,  il  a  engendré)  signifie  génération, postérité  ;  puis  généalogie,  et  histoire  des  dévelop- pements d'une  famille ,  d'une  race ,  etc.  Ou  ne veut  donc  pas  raconter  ici  une  seconde  fois  l'ori- gine du  ciel  et  de  la  teiTC,  mais  leur  histoire subséquente  en  tant  qu'elle  confine  à  celle  des premiers  humains.  Moïse  revient  seulement  sur quelques  détails  de  la  création  pour  les  complé- ter, et  pour  mettre  en  saillie  le  l'ôle  prépondérant de  l'homme.  —  In  die  quo...  :  i'hexaméron  tout  en- tier.—  Dominu3  Deus.  Y'hovàJi  'Élohim.  Le  nom sacré  de  Jéhovah  (n'in'')  oppai-aît  ici  pour  la pi-emière  fois.  Sa  prononciation  primitive  est  per- due ;  on  disait  probablement  Yahveh,  La  racine  est hayah ,  il  a  été,  et  la  Vulgate  en  donne  une excellente  traduction  :  «  Ego  sum  qui  sum,  » Ex.  m,  14.  En  l'associant  fréquemment,  dans cette  section,  h  l'autre  nom  divin,  'Élohim  (note de  I,  1),  le  narrateur  indique  que  le  Dieu  créa- teur ne  diffère  pas  du  Dieu  de  l'alliance  et  de  la rédemption,  qui  se  manifesta  plus  tard  en  s'ap- pelant  Jéhovah,  Gen.  xv,  7.  Comp.  le  Ps.  xviii. Sur  les  fausses  déductions  que  l'on  a  tirées  de l'emploi  alternatif  de  ces  deux  noms  en  divers passages  de  la  Genèse,  comme  s'ils  témoignaient contre  son  authenticité  ou  son  unité,  voy.  le Man.  Mhl.,  t.  I,  nn.  252-253.  —  Cce'nm  et  ter- ram. Hébr.  :  la  terre  et  le  ciel,  inversion  duo  à l'importance  capitale  quo  la  terre  a  désormais  dans la  narration.
2"  L'homme  placé  dans  le  paradis  terrestre,  5-17.
6.  Omne  virgultum...  antcquam...  Hébraïsme, pour  :  «  Nullum  virgultum  agri  adlmc  aderat, nullaque  herba  agri  adhuc  germinaverat.  »  Ce  qui peut  s'entendre  de  deux  manières  :  1°  en  géné- ral, de  toutes  les  plantes;  on  nous  ferait  renîon- ter  au  troisième  jour,  pour  expliquer  les  motifs qui  avaient  empêché  jusque-là  toute  végétation  ; 2°  en  particulier,  des  végétaux  plus  utiles  à l'homme  et  cultivés  par  lui.  L'expression  nouvelle et  limitée  «  agri  »  (sadeh)  et  la  mention  do l'homme  qui  operaretur,  favorisent  davantage  la
Gen.  II,  6-10.
27
6.  Mais  il  s'élevait  de  la  terre  une fontaine  qui  en  arrosait  toute  la  surface.
7. Le  Seigneur  Dieu  forma  donc  l'homme du  limon  de  la  terre  ;  il  souflla  sur  son  vi- sage un  souille  de  vie,  et  l'homme  devint vivant  et  animé.
8.  Or  le  Seigneur  Dieu  avait  planté  dès le  commencement  un  jardin  délicieux, dans  lequel  il  mit  l'homme  qu'il  avait formé.
9.  Le  Seigneur  Dieu  avait  aussi  pro- duit de  la  terre  toutes  sortes  d'arbres beaux  à  la  vue,  et  dont  le  fruit  était agréable  au  goût  ;  et  l'arbre  de  vie  au miheu  du  paradis,  avec  l'arbre  de  la science  du  bien  et  du  mal.
10.  De  ce  lieu  de  délices  il  sortait,  pour
6.  Sed  fons  ascendebat  e  terra,  irri- gans  universam  superficiem  terrse.
7.  Formavit  igitur  Dominus  Deus  ho- minem  de  limo  tcrrse,  et  inspira  vit  in. faciem  ejus  spiraculum  vit£e,  et  factus est  homo  in  animam  viventem.
8.  Plantaverat  autem  Dominus  Deus paradisum  voluptatis  a  principio  ;  in  quo pobuit  hominem  quem  formavcrat.
9.  Produxitque  Dominus  Deusdehumo omne  lignum  pulchrum  visu,  et  ad  ve- scendum  suave  ;  lignum  etiam  vitge  in medio  paradisi ,  lignumque  scientise  boni et  mali.
10.  Et  fluvius  egrediebatur  de  loco  vo-
seconde  interprétation.  —  Deux  conditions  essen- tielles manquaient  pour  la  culture  :  non  enim phierat...,  et  homo  non  erat.
6.  Le  premier  obstacle  h  la  croissance  des  plantes est  enlevé.  —  Sed  fons.  Hébr.  :  une  vapeur  Céd), ou  ime  nuée,  comme  traduisent  Onkélos  et  Jo- nathan. —  As'cendebat,  par  l'évaporation.  — Irrigans...,  en  retombant  sur  la  terre  sous  forme de  pluie.
7.  Le  second  obstacle  disparait  à  son  tour  par la  création  de  Thomme ,  dont  nous  avons  ici  une description  pittoresque  et  complète.  —  Formavit. L'hébr.  yasar  est  très  expressif  :  «  plasmavit,  » à  la  façon  d'un  potier.  —  Hominem  de  limo (hébr.  «  de  pulverc  »)  terrse.  L'homme,  c.-à-d. sa  partie  matérielle ,  son  corps.  Le  texte  original a  une  belle  paronomase  :  ha-^adâvi  ''afar  min ha-adâmah.  Le  nom  d'Adam  dérive  donc,  comme Adam  lui-même,  de  la  terre  rouge  Cctdâmah) qui  servit  de  matière  première  à  sa  chair.  —  Et in^nravit  spiraculum  vitse  (im  souffle  vivant  et vivifiant).  L'âme  à  la  suite  du  corps.  L'homme appartient  ainsi  à  deux  mondes,  au  ciel  et  à  la terre.  Cf.  Eccl.  xii,  7.  —  In  faciem  ejus  :  dans ses  narines  ;  l'organe  par  lequel  se  manifeste  la respiration,  la  vie.  Voyez  dans  V Atlas  archéol. delà  BiUe,  pi.  ex,  fig.  10,  un  curieux  écho  de cette  tradition  biblique  chez  les  Égyptiens.  — Résultat  :  Factus  est...  in  animam  viventem , dans  un  sens  bien  plus  relevé  que  les  autres  ani- maux, I,  20  ,  21 ,  80.  On  admet  communément,  et il  ressort  de  tout  ce  chapitre,  que  l'homme  fut créé  h.  l'âge  adulte  et  parfait.  Adam  fut  en  réalité le  premier  homme  ;  il  n'y  eut  pas  de  préadamites (il/an.  hiU.,  I,  nn.  299-300).  Quant  îi  l'époque de  son  apparition  sur  la  terre,  la  Bible,  sans  la fixer  d'une  manière  précise,  suppose  qu'elle  est relativement  récente  (environ  6000  ans  avant  J.-C, d'après  la  plus  longue  de  toutes  les  chronologies, celle  des  LXX  ;  seulement  4000  ans  avant  J.-C. d'après  l'hébr.  et  la  Yulg.  ),  et  aucune  découverte scientifique  n'a  pu  démontrer  le  contraire.
8.  Dieu  n'abandonne  pas  le  premier  homme après  l'avoir  formé;  il  prend  soin  de  lui  connue une  uicre,  et  le  place  au  paradis  terrestre.  Ce charmant  séjour  est  assez  longuement   décrit,
vers.  8-15,  Le  récit  a  un  caractère  tout  à  fait historique  :  ce  n'est  point  une  allégorie,  comme l'a  cru  Origène.  —  Paradisum  voluptatis.  Hébr.: gâyi  VÉden,  un  jardin  dans  Éden.  Ce  dernier mot  est  en  effet  un  nom  propre,  qui  désigne  la région  délicieuse  (car  Éden  signifie  délices)  dans laquelle  était  situé  le  jardin  destiné  â  recevoir Adam  et  Eve.  «  Paradis  »  vient,  par  l'intermé- diaire des  LXX  (Tiapaôetaoç),  de  l'antique  persan pairi-dacça ,  parc ,  lieu  planté  d'arbres.  —  .1  prin- cipio. Dès  le  troisième  jour,  d'après  quelques  in- terprètes. Mieux  :  quelqxie  temps  seulement  avant la  création  de  l'homme.  Mais  la  locution  hébraïque miqqèdem  signifie  plutôt  ici  «  ab  oriente  »,  comme traduisent  les  LXX  et  l'Itala.  Le  jardin  était  donc à  l'est  de  l'Éden,  ou  à  l'orient  d'une  manière générale  par  rapport  au  narrateur.
9.  Produxitque. ..Dans  le  sens  de«produxerat». Cette  description  ne  s'applique  pas  â  l'œuvre  du troisième  jour,  mais  seulement  au  paradis  ter- restre. —  Omne  lignum  pulchrum...,  suave.,. Dieu  n'avait  rien  négligé  pour  procurer  h  l'homme d'innocentes  jouissances.  Doux  de  ces  arbres  ob- tiennent une  mention  spéciale,  à  cause  de  leur  im- pontance  capitale  :  1°  Lignum  vitse,  situé  in  medio paradisi,  à  la  place  d'honneur  et  à  l'endroit  le plus  accessible.  Quelle  vie  devait -il  maintenir? Simplement  la  vie  physique ,  d'après  les  commen- tateurs juifs  et  quelques  Pères;  la  vie  spirituelle, d'ajircs  le  plus  grand  nombre  des  anciens  inter- prètes chrétiens.  Cf.  m,  22  ;  Prov.  m,  18  ;  xiii,  12. Sur  les  traditions  relatives  à  l'arbre  de  vie,  voyez le  Manuel  hibl.,  I,  n.  289,  et  V Atlas  archéol.  de  la Bible,  pi.  ex,  fig.  3,  7.  —  2°  Lignum  scientice... Ce  second  arbre  fut  peut-être  ainsi  nommé  par anticipation,  m,  5,  7,  22,  h  cause  du  résultat qu'il  devait  produire.  Mais  on  peut  dire  aussi  que le  précepte  qui  lui  fut  bientôt  rattaché  (vers.  17) dut  suffire  pour  éveiller  dans  lliomme  la  conscience du  bien  et  du  mal,  du  licite  et  de  l'illicite.
10.  Fluvius...  de  loco  voluptatis.  Hébr.  :  de l'Éden.  La  source  du  fleuve  était  donc  en  dehors du  jardin  paradisiaque.  —  Qui  inde  :  au  soi'tir du  jardin  et  après  l'avoir  arrosé.  —  Capita  désigne des  branches,  des  bras  du  fleuve.
28
Gen.  II,  11-17.
luptatis  ad  irrigandum  paradisum,  qui inde  dividitur  in  quatuor  capita.
11.  Nomen  uni  Pliison;  ipse  est  qui circuit  oranem  terram  Hevilath,  ubi  na- scitur  aurum  ;
12.  Et  aurum  terrse  illius  optimum  est  ; ibi  invenitur  bdellium,  et  lapis  onychi- nus.
13.  Et  nomen  fluvii  secundi  Gehon; ipse  est  qui  circumit  omnem  terram .^tliiopiœ.
14.  Nomen  vero  fluminis  tertii,  Ty- gris  ;  ipse  vadit  contra  Assyrios.  Fluvius autem  quartus,  ipse  est  Euphrates.
15.  Tulit  ergo  Dominus  Deus  homi- nem ,  et  posuit  eum  in  paradiso  volupta- tis,  ut  operaretur  et  custodiret  illum;
16.  Prœcepitque  ei,  dicens  :  Ex  omni ligno  paradisi  comede  ;
17.  De  ligno  autem  scientise  boni  et mali  ne  comedas;  in  quocumque  enim die  comederis  ex  eo,  morte  morieris.
arroser  le  paradis ,  un  fleuve  qui  de  là  se divise  en  quatre  branches.
11.  L'un  s'appelle  Phison,  et  c'est  ce- lui qui  court  tout  autour  du  pays  de Hevilath,  où  il  vient  de  l'or.
12.  Et  l'or  de  cette  terre  est  très  bon. C'est  là  aussi  que  se  trouve  le  bdellion  et la  pierre  d'onyx.
13.  Le  second  fleuve  s'appelle  Géhon, et  c'est  ^  celui  qui  coule  tout  autour  du pays  d'Ethiopie.
14.  Le  troisième  fleuve  s'appelle  le Tigre,  qui  se  répand  vers  les  Assyriens. Et  rÉuphrate  est  le  quatrième  de  ces fleuves.
1 5.  Le  Seigneur  Dieu  prit  donc  l'homme, et  le  mit  dans  le  paradis  de  délices,  afin qu'il  le  cultivât  et  qu'il  le  gardât.
16.  Il  lui  fit  aussi  ce  commandement,  et lui  dit  :  Mangez  de  tous  les  fruits  des arbres  du  paradis.
17.  Mais  ne  mangez  point  du  fruit  de l'arbre  de  la  science  du  bien  et  du  mal. Car  au  même  temps  que  vous  en  mange- rez, vous  mourrez  très  certainement.
11-12.  Le  premier  bras  était  le  Phison  (Pisôn, de  la  racine  pus,  «  redundare  »);  il  est  plus  lon- guement caractérisé  que  tous  les  autres.  —  Cir- cuit... terram  Hevilath  (héhr.  :  havilah).  Cette région,  nommée  deux  fois  encore  un  peu  plus bas,  X,  7  et  29,  se  faisait  remarquer  par  trois produits  :  aurum,  et  un  or  non  moins  pur  qu'a- bondant (  optimum  )  ;  en  second  lieu ,  bdelliuvi , c.-i-d.  une  gomme  blanchâtre  et  odorante,  à laquelle  la  manne  ressemblait  extérieurement d'ajirès  Num.  xi,  7  (le  Molah  hébreu  ne  représente vraisemblablement  ni  les  perles  ni  quelque  autre pierre  précieuse);  enfin  lapis  onychinus,  pierre ainsi  nommée  parce  qu'elle  a  la  couleur  de  l'ongle humain  (les  LXX  traduisent  'éhèn  hassohâm  par rubis  ;  Onkélos,  par  béril  ;  l'expression  est  un  peu obscure).
13.  Le  second  bras  s'appelait  Gehon,  ou  mieux, Gihon  (  d'une  racine  signifiant  «  prorumpere  »).
—  La  région  qu'il  entourait  porte  en  hébreu  le nom  de  Kus,  qui  désigna  plus  tard  l'Ethiopie: de  là  la  traduction  de  la  Vulgate.
14.  Nomen...  tertii,  Tygris.  Dans  l'ancienne langue  bactrienne,  tigri  signifie  flèche.  Le  nom bébreu  hiddéqel  ne  diffère  pas  au  fond  du  chal- décn  diglath,  de  l'arabe  dijiath,  du  syriaque diqlath. —  Contra  Assyrios.  La  locution  hébraïque désigne  ici  l'ouest  de  l'Assj'rie.  —  Le  narrateur se  contente  de  citer  le  quatrième  bras  du  fleuve , qui  était  si  connu  des  Hébreux  :  Euphrates  (  en hébr.  F'rat,  dans  l'antique  persan  Ufrâtu,  en babylonien  et  en  assyrien  Burattuv  ou  Purâtu).
—  Quelle  était,  d'après  ces  divers  traits,  l'exacte situation  du  paradis  terrestre  ?  On  a  étonnamment discuté  là-dessus,  et  l'on  pourra  discuter  toujours, car  c'est  une  question  insoluble.  Du  moins,  nous connaissons  deux  des  quatre  fleuves,  ce  qui  suffit
pour  rejeter  les  systèmes  d'après  lesquels  le  jardin d'Éden  eût  été  dans  l'Inde,  à  l'extrême  Orient. D'après  Huet,  Bochart,  etc.,  îe  confluent  de  l'Eu- phrate  et  du  Tigre,  près  de  Bassora,  remplirait toutes  les  conditions  requises;  car  ces  fleuves,  à peine  réunis,  se  séparent  de  nouveau  en  deux branches,  dont  l'une,  à  l'est,  correspondrait  au Gréhon,  et  l'autre,  à  l'ouest,  au  Phison;  dans  ce cas,  il  faudrait  chercher  la  terre  d'Hévilath  au nord -est  de  l'Arabie,  celle  de  Cus  en  Susiane. Mais  l'opinion  la  plus  généralement  reçue,  qui place  l'Éden  et  le  paradis  sur  les  hauts  plateaux de  l'Arménie ,  correspond  beaucoup  mieux  à  l'en- semble du  récit  biblique.  Le  Phison  serait  alors identique  soit  au  Phasis,  qui  se  jette  dans  la  mer Noire,  soit  au  Cyrus  (le  Kur  actuel),  aflluent  de la  mer  Caspienne  ;  le  Gihon  ne  différerait  pas  de l'Araxes  (aujourd'hui  Aras),  autre  aflluent  de  la mer  Caspienne,  nommé  Geihun  par  les  Arabes, les  Syriens  et  les  Turcs.  Havilath  serait  la  Col- chide  antique ,  et  Cus  le  pays  des  Kosséens.  Sans doute,  ces  quatre  fleuves  n'ont  pas  une  source commime  ;  mais  des  bouleversements  subséquents,, en  particulier  ceux  du  déluge,  ont  pu  amener cette  transformation.  Sur  les  traditions  païennes relatives  au  paradis  terrestre,  voyez  le  Man.  bibl., I,  n.  288.
15.  Postât  eum  in  paradiso.  Dans  cet  heureux séjour,  des  devoirs  attendaient  Adam  :  ut  opera- retur, pour  conserver  au  paradis  sa  beauté  pri- mitive; et  custodiret,  mot  solennel  qui  nous  fait entrevoir  un  péril  menaçant  pour  l'homme  et  pour le  jardin.  Noblesse  et  sainteté  du  travail.  Du  reste, sans  la  chute  il  n'aurait  pas  été  fatigant  et pénible.
16-17.  Autre  devoir  plus  grave  encore.  Dieu soumet  Adam  aune  épreuve,  lui  fournissant  ainsi
Gen.  11,  18-24.
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18.  Le  Seigneur  Dieu  dit  aussi  :  Il n'est  pas  bon  que  l'homme  soit  seul  ;  fai- sons-lui un  aide  semblable  à  lui.
19.  Le  Seigneur  Dieu  ayant  donc  formé de  la  terre  tous  les  animau.x  terrestres  et tous  les  oiseaux  du  ciel,  il  les  amena  de- vant Adam,  afm  qu'il  vît  comment  il  les appellerait.  Et  le  nom  qu'Adam  donna  à chacun  des  animaux  est  son  nom  véri- table.
20.  Adam  appela  donc  tous  les  ani- maux d'un  nom  qui  leur  était  propre ,  tant les  oiseaux  du  ciel  que  les  bêtes  de  la terre.  Mais  il  ne  se  trouvait  point  d'aide pour  Adam  qui  lui  fût  semblable.
21.  Le  Seigneur  Dieu  envoya  donc  à Adam  un  profond  sommeil  ;  et  lorsqu'il était  endormi ,  il  tira  une  de  ses  côtes ,  et mit  de  la  chair  à  la  place.
22.  Et  le  Seigneur  Dieu  forma  la  femme de  la  côte  qu'il  avait  tirée  d'Adam ,  et  il l'amena  à  Adam.
23.  Alors  Adam  dit  :  Voilà  maintenant l'os  de  mes  os,  et  la  chair  de  ma  chair. Celle-ci  s'appellera  d'un  nom  qui  marque l'homme,  parce  qu'elle  a  été  prise  de l'homme.
24.  C'est  pourquoi  l'homme  quittera
18.  Dixit  quoque  Dominus  Dcus  :  Non est  bonum  esse  hominem  solum  ;  facia- mus  ci  adjutorium  similc  ;  ibi.
19.  Formatis  igitur,  Dominus  Deus, de  humo  cunctis  animantibus  terrœ,  et universis  volatilibus  c;eli,  adduxit  ea  ad Adam ,  ut  videret  quid  vocaret  ea  ;  omne enim  quod  vocavit  Adam  aiiimœ  viven- tis,  ipsum  est  nomen  ejus.
20.  Appellavitque  Adam  nominibus suis  cuncta  animantia,  et  universa  vola- tilia  cœli,  et  omnes  bestias  terrse.  Adse vero  non  inveniebatur  adjutor  similis ejus.
21.  Immisit  ergo  Dominus  Deus  sopo- rem  in  Adam  ;  cumque  obdormisset ,  tulit unam  de  costis  ejus,  et  replevit  carnem pro  ea.
22.  Et  sedificavit  Dominus  Deus  co- stam,  quam  tulerat  de  Adam,  in  mulie- rem  ;  et  adduxit  eam  ad  Adam.
2.3.  Dixitque  Adam  :  Hoc  nunc  os  ex ossibus  meis,  et  caro  de  carne  mea;  hœc vocabitur  Virago,  quoniam  de  viro  sum- pta  est.
24.  Quamobrem  relinquet  homo  patrem
l'occasion  de  développer  ses  facultés  morales  et démériter  de  nouvelles  faveurs. —  Ex  omni  ligvo... comede  :  aimable  concession  ;  mais ,  aussitôt  après, une  importante  réserve  ;  xme  seule ,  car  cela  suf- fisait au  plan  divin  :  de  ligno  auiem...  Adam  est averti  en  même  temps  des  terribles  conséquences que  la  désobéissance  attirerait  sur  lui  :  morte morieris  ;  hébraïsme ,  pour  dire  :  Tu  mourras  cer- tainement. Non  qu'il  dût  mourir  immédiatement après  son  péché  ;  mais,  dès  cet  instant,  il  devien- drait mortel,  la  mort  commencerait  à  opérer  en lui  son  œuvre  fatale.
3o  L'institution  du  mariage,  vers.  18-25.
18.  Dixit  quoque...  Peut-être  encore  au  sixième Jour.  —  Solum,  seul  de  son  espèce.  Dieu  a  créé l'homme  pour  l'état  social.  Mais  ce  trait  a  de plus,  ici,  une  portée  particulière.  —  Faciamus indique  une  délibération,  comme  plus  haut,  i,  27. Toutefois  l'hébreu  porte  «  faciam  ».  —  Adjuto- rium. Ce  mot  exprime  l'un  des  buts  de  l'existence de  la  femme  et  son  côté  plus  humble.  —  Simile 8ibi,  de  coi-ps  et  d'esprit,  de  manière  à  lui  cor- respondre parfaitement.
19.  Le  narrateur  semble  s'interrompre,  pour ouvrir  une  longue  parenthèse,  vers.  19-20;  mais en  réalité  il  ne  quitte  pas  son  sujet,  car  l'épisode Inséré  servit  d'introduction  directe  à  la  création d'Eve.  —  Formatis  igitur...  Cette  note  n'implique nullement  que  les  animaux  n'auraient  été  formés qu'après  l'homme;  le  détail  essentiel  n'est  pas «  formatis  »,  mais  adduxit.  —  De  humo  ne retombe  pas  nécessairement  sur  volatilibus.  Voyez la  note  de  i,  20.  Les  poissons  ne  soat  pas  men-
tionnés, parce  que,  cachés  au  fond  des  eaux,  Ils ne  cohabitent  pas  avec  l'homme  comme  les  autres animaux.  —  Ut  videret...  Ce  regard  attentif  devait fournir  à  Adam  des  noms  convenables ,  conformes à  la  nature  des  êtres  :  omne  enim...  ipsum  est nomen...  Toute  la  scène  suppose  que  le  premier homme  était  doué  du  langage  et  d'une  belle  in- telligence.
20.  Adse  vero  non  ijiveniebatur...  On  croirait voir,  dans  cette  ligne,  quelque  chose  de  la  tris- tesse que  ressentit  Adam  lui -môme  en  constatant son  isolement.  Mais  Dieu  lui  avait  précisément conduit  les  animaux  pour  exciter  en  lui  le  désir d'avoir  quelqu'un  qui  lui  ressemblât.  Ce  désir  va être  satisfait.
21-22.  /Sopo7-eTO.  L'hébreu  tardémaîi  dénote  un sommeil  profond,  qui,  dans  la  circonstance  pré- sente, fut  extatique,  et  laissa  h  Adam  la  conscience pleine  et  entière  de  ce  qui  se  passait.  —  Replevit carnem...  C.-ù-d.  qu'il  combla  le  vide  avec  delà chair.  Le  premier  homme  fut  ainsi  de  toutes manières  le  principe  du  genre  humain.  —  Et œdijicavit...  Belle  expression.  En  même  temps, grand  mystère  dans  cette  formation,  qui  met  en relief  l'union  intime  de  l'homme  et  de  la  femme. Cf.  Eph.  V,  28-30.  L'Église  aussi,  disent  les  Pères, fut  formée  au  Calvaire  «  e  latere  Christi  dormien- tis  ».
23-24.  Dixitque  Adam.  Transformé  en  prophète par  l'inspiration  divine,  il  décrit  d'avance  l'histoire du  mariage.  L'accent  est  tout  joyeux,  et  le  lan- gage poétique.  —  Hoc  (hébr.  «  hœc  »)  nunc  (hébr.: cette  fois;  par  contraste  avec  le  défilé  des  animaux,
30
C-EN.  II,  25  —  III,  5.
suum   et   matrem ,   et  adhaerebit   uxori suœ;  et  erunt  duo  in  carne  una.
25.  Erat  autem  uterque  nudus ,  Adam scilicetet  uxor  ejiis  ;  et  non  erubescebant.
son  père  et  sa  mère,  et  s'attacnera  à  sa femme,  et  ils  seront  deux  dans  une  seule chair.
25.  Or  Adam  et  sa  femme  étaient  nus tous  deux,  et  ils  ne  rougissaient  point.
CHAPITRE   III
1.  Sed  et  scrpens  erat  callidior  cunctis animantibus  terrœ  quse  fecerat  Dominus Deus.  Qui  dixit  ad  mulierem  :  Cur  prœ- cepit  vobis  Deus  ut  non  comederetis  de omni  ligno  paradisi?
2.  Gui  respondit  mulier  :  De  fructu  li- gnorum,  quœ  sunt  in  paradiso,  vescimur  ;
3.  De  fructu  vero  ligni,  quod  est  in medio  paradisi,  prsecepit  nobis  Deus  ne comederemus,  et  ne  tangeremus  illud, ne  forte  moriamur.
4.  Dixit  autem  serpens  ad  mulierem  : Xequaquam  morte  moriemini.
5.  Scit  enim  Deus  quod  in  quocumque
1.  Or  le  serpent  était  le  plus  rusé  de tous  les  animaux  que  le  Seigneur  Dieu avait  formés  sur  la  terre.  Et  il  dit  à  la femme  :  Pourquoi  Dieu  vous  a-t-il  com- mandé de  ne  manger  du  fi'uit  d'aucun des  arbres  du  paradis?
2.  La  femme  lui  répondit  :  Nous  man- geons du  fruit  des  arbres  qui  sont  dans le  paradis  ;
3.  Mais  pour  ce  qui  est  du  fruit  de l'arbre  qui  est  au  milieu  du  paradis,  Dieu nous  a  commandé  de  n'en  point  manger, et  de  n'y  point  toucher,  de  peur  que  nous ne  mourions.
4.  Le  serpent  repartit  à  la  femme  : Certainement  vous  ne  mourrez  point.
5.  Mais  c'est  que  Dieu  sait  qu'aussitôt
vers.  20)  os  ex  ossihus...  Il  sait  qu'elle  lui  est  alliée par  une  très  proche  parenté,  et  il  tire  de  là  le nom  générique  qu'elle  portera.  Virago  ne  rend pas  si  bien  que  le  vieux  latin  «  vira  »  (comparez le  naïf  «  hommesse  »  dans  une  ancienne  traduction française) le  sens  et  l'allitération  du  texte  original: elle  sera  appelée  hssah,  parce  qu'elle  a  été  tirée de  ^is.  —  Qiiamobrem...  Ces  paroles  seraient, d'après  quelques  interprètes,  une  réflexion  du narrateur;  il  vaut  mieux  les  attribuer  encore  à Adam.  —  Relinquet  Tiomo  patrem...:  car  l'affec- tion mutuelle  des  époux  est  plus  intime  et  plus forte  que  celle  d'im  flls  pour  ses  parents.  —  M ad/iacrebit  :  indissolublement,  comme  Jésus-Christ lui-même  le  conclura  de  ce  texte,  Matth.  xix,  4-5. Voilà,  donc  l'institution  sacrée  du  mariage  et  de  la famille,  comme  base  de  la  société.  Au  début  de ce  chap.,  nous  trouvions  l'origine  du  culte  (vers.  3); ici  nous  avons  l'un  des  sept  sacrements.
25.  Uterque  nudus  :  vêtus  seulement  de  leur innocence.  —  Non  eruhescebant.  Trait  touchant, pour  terminer  cette  belle  narration.  Il  suppose l'état  de  justice  originelle,  une  suave  et  douce harmonie  entre  l'esprit  et  la  chair,  l'absence  des honteuses  passions  qui  troublent  la  raison.  Hélas  ! le  péché  va  bientôt  tout  changer.
§  II.  —  La  chute  et  ses  funestes  conséquences. 111,1-24.
1"  La  chute,  vers.  1-7.
Le  récit  est  d'une  grande  beauté;  tous  ses  détails sont  historiques  et  réels,  nullement  allégoriques et  figurés ,  comme  l'ont  pensé  Clément  d'Alexan- drie, Origône,  Cajetan,  etc.
Chnp.  ni,  —  1.  Serpens.  Héhr.:  hanna^Las,  avec
l'article ,  le  serpent  par  antonomase  ;  ce  qui  nous montre  déjà  que,  sous  le  reptile  matériel  et  vul- gaire, se  cachait  celui  que  les  rabbins  nommaient, en  souvenir  de  cet  événement,  hannahas  haqqad- môni,  «  serpens  antiquus  »  (  Apoc.  xii,  9  ),  le  chef des  démons.  Car  le  mal  avait  déjà  pénétré  dans  le monde  :  une  multitude  d'anges  s'étaient  révoltés contre  Dieu,  et  ils  voulaient  entraîner  l'homme dans  leur  rébellion  comme  dans  leur  ruine.  — Callidior,  ici  en  mauvaise  part.  Cf.  II  Cor.  xi,  3. La  prudence  du  serpent  était  proverbiale  dans l'antiquité,  Matth.  x,  10;  —  Dixit  ad  midierem... Déjà  un  signe  d'astuce ,  la  femme  étant  plus  faible et  plus  facile  à  séduire.  —  Cur  prsecepit...?  Dans l'hébr.iDieu  vous  aurait -il  bien  prescrit...?  Touf habile,  insinuant,  pour  exciter  le  doute.  Puis, exagération  du  précepte  (  de  omni  ligno  ) ,  afin  de le  rendre  odieux.  Dieu  avait  dit  tout  à  fait  le contraire,  ii,  16.
2-3.  Respondit...  Elle  ne  paraît  ni  effrayée  ni même  étonnée  que  le  serpent  lui  parle.  Les  ani- maux ne  présentaient  alors  aucun  danger  pour l'homme,  et  nos  parents  avaient  assisté  déjà  à  tant de  merveilles  I  —  De  fructu  lignorum.  Elle  rétablit la  vérité  ;  mais  elle  exagère  à  son  tour,  en  ajoutant: et  ne  tangeremus,  comme  si  déjà  le  précepte  lui semblait  plus  pesant.  Forte  n'est  pas  dans  l'hébreu.
4-5.  Le  tentateur  frappe  un  grand  coup  pour achever  son  œuvre  si  bien  commencée.  Il  ne  craint pas  d'accuser  Dieu  de  mensonge,  nequaquam morte...  (forte  assertion;  comp.  ii,  17),  puis  d'ime basse  jalousie  envers  l'homme,  scit  enim...  — Aperientur  oculi...  Belle  métaphore  :  Vous  verrez et  connaîtrez  toutl  —  Sicut  dii.  Le  singulier  serait préféi'able,  «  sicut  Deus  »  (.JcÉlôhim).
Gen.  III,  6-14.
31
que  vous  aurez  mangé  de  ce  fruit,  vos yeux  seront  ouverts,  et  vous  serez  comme des  dieux,  connaissant  le  bien  et  le  mal.
6.  La  femme  considéra  donc  que  le fruit  de  cet  arbre  était  bon  à  manger, qu'il  était  beau  à  la  vue ,  et  agréable  à contempler.  Et  en  ayant  pris,  elle  en mangea,  et  elle  en  donna  à  son  mari,  qui en  mangea  aussi.
7.  Eu  môme  temps  leurs  yeux  furent ouverts  à  tous  deux  ;  ils  reconnuient  qu'ils étaient  nus,  et  ils  entrelacèrent  des feuilles  de  figuier,  et  s'en  firent  des  cein- tures.
8.  Et  ayant  entendu  la  voix  du  Sei- gneur Dieu  qui  se  promenait  dans  le  pa- radis à  la  brise  du  soir,  ils  se  retirèrent au  milieu  des  arbres  du  paradis ,  pour  se cacher  de  devant  sa  face.
9.  Alors  le  Seigneur  Dieu  appela  Adam, et  lui  dit  :  Où  êtes -vous?
10.  Adam  lui  répondit  :  J'ai  entendu votre  voix  dans  le  paradis,  et  j'ai  eu peur,  parce  que  j'étais  nu  ;  c'est  pourquoi je  me  suis  caché.
11.  Le  Seigneur  lui  repartit  :  Et  d'où avez -vous  su  que  vous  étiez  nu,  sinon de  ce  que  vous  avez  mangé  du  fruit  de l'arbre  dont  je  vous  avais  défendu  de manger?
12.  Adam  lui  répondit  :  La  femme  que vous  m'avez  donnée  pour  compagne  m'a présenté  du  fruit  de  cet  arbre,  et  j'en  ai mangé.
13.  Le  Seigneur  dit  à  la  femme  :  Pour- quoi avez-vous  fait  cela?  Elle  répondit  : Le  serpent  m'a  trompée;  et  j'ai  mangé.
14.  Alors  le  Seigneur  Dieu  dit  au  ser- pent :  Parce  que  tu  as  fait  cela,  tu  es
die  conicderitis  ex  eo,  aperientur  oculi vestri  ;  et  eritis  sicut  dii ,  scientes  bonum et  malum.
6.  Viditigitur  mulier  quod  bonum  esset lignum  ad  vescendura,  etpulchrum  ocu- lis,  aspcctuque  delectabile;  et  tulit  de fructu  illius,  et  comedit,  deditque  viro suo,  qui  comedit.
7.  Et  aperti  sunt  oculi  amborum  ;  cum- que  cognovissent  se  esse  nudos,  consue- runt  folia  ficus,  et  fecerunt  sibi  perizo- mata.
8.  Et  cum  audissent  vocem  Domini  Dei deambulantis  in  paradiso  ad  auram  post meridiem,  abscondit  se  Adam  et  uxor ejus  a  facie  Domini  Dei  in  medio  ligni paradisi.
9.  Vocavitque  Dominus  Deus  Adam, et  dixit  ei  :  Ubi  es?
10.  Qui  ait  :  Vocem  tuam  audivi  in paradiso  ;  et  timui  eo  quod  nudus  essem , et  abscondi  me.
11.  Gui  dixit  :  Quis  enim  indicavit  tibi quod  nudus  esses,  nisi  quod  ex  ligno  de quo  prœceperam  tibi  ne  comederes,  co- rn edisti?
12.  Dixitque  Adam  :  Mulier,  quam  de- disti  mihi  sociam,  dédit  mihi  de  ligno, et  comedi.
13.  Et  dixit  Dominus  Deus  ad  mulie- rem  :  Quare  hoc  fecisti?  Quse  respondit  : Serpens  decepit  me ,  et  comedi.
14.  Et  ait  Dominus  Deus  ad  serpen- tem  .  Quia  fecisti  hoc,  maledictus  es  in-
6.  Admirable  tableau  psychologique  ;  il  nous rend  témoins  de  la  scène.  —  Vidit  igitur...  Eve avait  souvent  contemplé  cet  arbre  ;  elle  le  regarde maintenant  avec  les  yeux  de  la  convoitise ,  et  lui trouve  des  charmes  inconnus  jusqu'alors.  Je  ne sais  quoi  de  magique  miroite  h  ses  sens  :  bonwn..., piilcUrum....  delectahile.  —  Elle  est  bientôt  vain- cue :  tulit.,.,  comedit.  «  Eva  parens,  quid  fecisti?  » comme  chante  l'Église.  Mais  elle  fera  bien  pis encore  :  deditque  viro;  et  Adam  succombe  à  son tour.  Conséquences  fatales  pour  toute  l'humanité, dans  ce  simple  comedit.
7.  Les  premiers  coupables  les  ressentirent  natu- rellement les  premiers  :  et  averti  sunt...  La  pro- messe de  Satan  se  réalise  ;  mais  de  quelle  façon amcre  !  Ils  connaissent  le  bien  et  le  mal  :  le  bien en  sentant  qu'ils  l'ont  perdu,  et  le  mal  qui  s'agite en  eux,  les  passions  étant  tout  à  coiip  déchaînées. —  Folia  ficus.  L'hébr.  t"ènah  désigne  toujours le  figuier  ordinaire  ;  c'est  à  tort  qu'on  a  pensé  au bananier  ou  pisang  (  Musa  paradisiaca  ).
2°  La  triple  sentence,  7-20.
8.  Cum  audissent...  Ils  se  sont  tristement  sé- parés de  Dieu,  mais  le  Seigneur  ne  veut  pas  se séparer  de  sa  créature  privilégiée.  Voici  que  déjà il  vient  au-devant  des  coupables ,  non  moins  pour bénir  que  pour  châtier.  —  Deambulcuitis...  ad auram...  Le  soir,  à  l'heure  où  une  brise  rafraî- chissante s'élève  en  Orient.  Très  fort  anthropo- morphisme. —  Abscondit  se  :  la  crainte  s'ajoutant à,  la  honte.
9-13.  C'est  l'interrogatoire  avant  la  sentence. Adam  le  subit  tout  d'abord,  9-12,  parce  qu'il était  le  plus  responsable  ;-Ève  seulement  après  son mari,  13.  Qu'ils  se  montrent  petits  l'un  et  l'autre! De  misérables  excuses,  au  lieu  d'un  franc  aveu  et d'une  demande  de  pardon.  Adam  surtout  est  bien lâche  quand  il  rejette  la  faute  sur  sa  compagne.
14.  Voici  maintenant  l'arrêt.  Suivant  le  même ordre  que  le  péché,  il  remontera  jusqu'au  serpent, 14-15,  pour  passer  ensuite  à  la  femme,  16,  et  à l'homme,  17-19.  —  Maledictus  es.  Le  serpent  est
32
Gen.  III,  15-17.
ter  omnia  animantia  et  bestias  terrse  ; super  pectus  tiium  gradieris,  et  terram comedes  cmictis  diebus  vitse  tuse.
15.  Inimicitias  ponam  inter  te  et  mu- lierem,  et  semen  timm  et  semen  illiiis; ipsa  conteret  capiit  tuum,  et  tu  insidia- beris  calcaneo  ejus.
16.  Mulieri  quoque  dixit  :  Multiplicabo œrumnas  tuas ,  et  conceptus  tuos  ;  in  do- lore  paries  filios,  et  sub  viri  potestate eris ,  et  ipse  dominabitur  tui.
17.  Adœ  vero  dixit  :  Quia  audisti  vo- cem  uxoris  tuse,  et  comedisti  de  liguo, ex  quo  prœeeperam  tibi  ne  comederes,
maudit  entre  tous  les  animaux  et  toutes les  bêtes  de  la  terre  :  tu  ramperas  sur  le ventre,  et  tu  mangeras  la  terre  tous  les jours  de  ta  vie.
15.  Je  mettrai  une  inimitié  entre  toi  et la  femme ,  entre  ta  race  et  la  sienne.  Elle te  brisera  la  tête,  et  tu  tâcheras  de  la mordre  par  le  talon.
16.  Dieu  dit  aussi  à  la  femme  :  Je multiplierai  vos  maux  et  vos  grossesses. Vous  enfanterez  dans  la  douleur  :  vous serez  sous  la  puissance  de  votre  mari,  et il  vous  dominera.
17.  Il  dit  ensuite  à  Adam  :  Parce  que vous  avez  écouté  la  voix  de  votre  femme, et    que  vous   avez    mangé  du  fruit  de
directement  maudit ,  parce  qu'il  avait  servi  d'or- gane au  démon  ;  mais  la  malédiction  divine  visait principalement  ce  dernier.  —  Inter  omnia  ani- mavtia  (b'hémah ,  les  animaux  domestiques)  et bestias  terrœ  (les  animaux  sauvages).  Plus  qu'eux tous,  car  eux  aussi  ils  partageront  le  châtiment de  l'homme.  Cf.  Rom.  vni,  19-22.  —  Après  la sentence  générale ,  deux  traits  particuliers  :  super pectus..,,  terram  comedes...  Le  second  trait  se rattache  au  premier,  dont  il  est  la  conséquence  : rampant  dans  la  poussière ,  le  serpent  mange  for- cément la  poussière.
15.  Le  protévangile,  ou  la  première  promesse du  Messie  rédempteur,  est  merveilleusement  en- châssé dans  cette  menace  terrible.  Nous  avons  en effet  ici,  les  Juifs  l'ont  toujours  admis  aussi  bien que  les  chrétiens,  le  début  glorieux  des  prophéties n:essianiques.  Adam  est  tristement  tombé,  le  nouvel Adam  ('Aôà[x  (xéXXcov)  prend  sa  place  et  vient racheter  la  pauvre  humanité.  Voj'ez  Mgr  Meignan, les  Prophéties  messianiq.  de  l'A.  T.:  Prophéties du  Pcntateuq.,  p.  205  et  ss.;  Corluy,  SpiciJegiam dogmatico-biblicam ,  1,247  et  ss.  —  Inimicitias: une  haine  profonde  et  perpétuelle,  avi  lieu  de l'amitié  passagère  qui  avait  abouti  à  la  chute  de l'homme.  —  Inter  te  et  mulierem.  Non  pas  la femme  en  général,  pas  plus  que  le  pronom  ne désigne  le  serpent  en  général.  Ce  sont  deux  indi- vidualités distinctes  qui  sont  opposées  l'une  à l'autre  :1e  sentent  tentateur,  et  la  femme  privilégiée de  laquelle  devait  naître  le  Messie.  Telle  était  déjà l'intei-prétation  de  S.  Justin  et  de  S.  Irénée ,  qui n'hésitent  pas  à  appliquer  ce  passage  h  la  Vierge Marie.  —  Semen  illiits  désigne  donc  le  Christ, car  il  est  le  seul  d'entre  tous  les  hommes  qu'on puisse  appeler  strictement  et  éminemment  «  race de  la  femme  »,  puisqu'il  n'a  pas  de  père  selon  la chair.  —  Résultat  final  de  la  haine  et  do  la  lutte  : ipsa  conteret...  Il  est  certain ,  et  l'cxégète  catho- lique n'a  aucun  embarras  à  le  reconnaître,  que la  leçon  de  l'hébreu  est  ><'in  (hu),  le  pronom masculin  de  la  troisième  personne  :  les  A-crsions anciennes  et  les  Pères  l'attestent  ;  la  grammaire aussi  l'exige  clairement,  car  ce  pronom  ne  peut se  rapporter  qu'à  zéra"  («  semen  »),  qui  est  du masculin,  et  non  au  substantif  féminin  \sSah
(«  mulier  »).  C'est  donc,  d'après  la  force  des  termes, le  Messie  en  personne  qui  devait  briser  la  tête du  serpent;  mais  sa  mère  l'a  fait  aussi  par  lui. Et  l'on  ne  représente  pas  avec  moins  de  justesse laYierge  immaculée  foulant  de  son  pied  le  monstre infernal,  que,  dans  l'antique  monogramme  du Christ,  la  croix  transperçant  le  serpent  de  part en  part.  —  Tu  insidiaberis  calcaneo...  Contraste saisissant  et  pittoresque.  L'homme,  debout,  écrase sous  son  pied  la  tête  du  serpent;  celui-ci  essaye de  mordre  son  adversaire  au  talon.  Mais  il  y  a toute  la  différence  d'un  talon  blessé  et  d'une  tête broyée  1  Le  même  verbe  suf  est  répété  deux  fois de  suite  dans  l'hébreu  :  «  Ipse  conteret...,  tu  con- teres.  »  Telle  fut  l'issue  historique  de  la  lutte  : Satan  a  blessé  N.-S.  Jésus -Christ  en  le  faisant crucifier;  il  a  été  ensuite  complètement  vaincu, écrasé.  Les  traditions  païennes  ont  conservé  aussi le  souvenir  d'un  héx'os  ou  d'une  divinité  qui  rendra le  bonheur  aux  hommes  en  triomphant  du  serpent (Atlas  archéolog.,  pi.  ex,  fîg.  4,6).
16.  Mulieri  quoque...  La  femme  sera  encore atteinte  plus  loin,  17-19,  par  la  sentence  d'Adam; mais,  ayant  joué  un  rôle  si  coupable  dans  l'his- toire de  la  chute ,  elle  aura  son  châtiment  spécial, rattaché  aux  conditions  de  son  existence.  —  Mul- tiplicabo (dans  l'hébreu,  avec  emphase  :  multi- plier, je  multiplierai)  êB/'itmnas...  Cette  première partie  du  divin  décret  affecte  la  mère  :  douleurs durant  la  période  de  gestation ,  douleurs  surtout dans  l'enfantement,  a  Gravida  et  parturicns  est sicut  asgrota  et  moriens,  »  dit  un  ancien  pro- verbe. —  Les  mots  suivants  retombent  sur  l'é- pouse et  la  femme  :  sub  viri...,  et  ipse  domina- bitur... Domination  qui  s'est  exercée  d'une  ma- nière si  l'udc  chez  tous  les  peuples  orientaux ,  et chez  les  païens  en  général,  mais  que  le  christia- nisme a  si  noblement  adoucie.  Au  lieu  do  sub viri  potestate  eris,  l'hébreu  porte  :  «  et  ad  vi- rum  tuum  dcsidcrium  tuum ,  »  ce  oui  exprime rattachement  passionné,  soi;vent  morbide,  de  la femme  iiour  l'homme,  parce  qu'il  lui  est  plus difficile  de  vivre  seule.
17,  Qitia  aitdi.sti...  La  sentence  d'Adam  est introduite  par  d'assez  longs  considérants,  qui  lui rappellent  les  circonstances  et  la  gravité  de  sa
La  tentation  et  la  chute.  Gen.  lU.  (D'après un  cylindre  babylonien.)
Forme  primitive  de  la  harpe. Gen.  IV,  21.
Arahe  assis  à  la  porte  de  sa  tente.  Gen.  xviti,  1.
Une  femme  fait  boire  son  fils  à  une  outre.  Gen.  xxi,  19.  (Bas-relief  assyrien.)
(^EN.  III,  18-24.
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l'arbre  dont  je  vous  avais  défendu  de manger,  la  terre  sera  maudite  à  cause  de ce  que  vous  avez  fait,  et  c'est  à  foroe  de travail  que  vous  en  tirerez  de  quoi  vous nourrir  pendant  toute  votre  vie.
18.  Elle  vous  produira  des  épines  et des  ronces,  et  vous  vous  nourrirez  de riierbe  de  la  terre.
19.  Vous  mangerez  votre  pain  à  la «ueurde  votre  visage,  jusqu'à  ce  que  vous retourniez  en  la  terre  d'oii  vous  avez  été tiré  ;  car  vous  êtes  poussière,  et  vous  re- tournerez en  poussière.
20.  Et  Adam  donna  à  sa  femme  le nom  d'Eve,  parce  qu'elle  était  la  mère de  tous  les  vivants.
21.  Le  Seigneur  Dieu  fit  aussi  à  Adam et  à  sa  femme  des  habits  de  peaux,  dont il  les  revêtit.
22.  Et  il  dit  :  Voilà  Adam  devenu comme  l'un  de  nous ,  sachant  le  bien  et le  mal.  Empêchons  donc  maintenant  qu'il ne  porte  sa  main  à  l'arbre  de  vie,  qu'il ne  prenne  aussi  de  son  fruit,  et  qu'en mangeant  il  ne  vive  éternellement.
23.  Le  Seigneur  Dieu  le  fit  sortir  en- suite du  jardin  délicieux ,  pour  travailler à  la  culture  de  la  terre  dont  il  avait  été tiré.
24.  Et  l'en  ayant  chassé,  il  mit  de- vant le  jardin  de  délices  des  Chérubins  qui faisaient  étinceler  une  épée  de  feu ,  pour garder  le  chemin  qui  conduisait  à  l'arbre de  vie.
maledicta  terra  in  opère  tuo  ;  in  laboribus comedes  ex  ea  cunctis  diebus  vitse  tuse.
18.  Spinas  et  tribulos  germinabit  tibi, et  comedes  lierbam  terrse.
19.  In  sudore  vultus  tui  vesceris  pane, donec  revertaris  in  terram  de  qua  sum- ptus  es;  quia  pulvis  es,  et  in  pulverem reverteris.
20.  Et  vocavit  Adam  nomen  uxoris suse ,  Heva ,  eo  quod  mater  esset  cuncto- rum  viventium.
21.  Fecit  quoque  Dominus^'Deus  Adse et  uxori  ejus  tunicas  pelliceas,  et  induit eos.
22.  Et  ait  :  Ecce  Adam  quasi  unus  ex nobis  factus  est,  sciens  bonum  et  ma- lum;  nunc  ergo  ne  forte  mittat  manum suam,  et  sumat  etiam  de  ligno  vitse,  et comedat ,  et  vivat  in  seternum.
23.  Et  emisit  eum  Dominus  Deus  de paradiso  voluptatis,  ut  operaretur  ter- ram ,  de  qua  sumptus  est.
24.  Ejecitque  Adam ,  et  collocavit  ante paradisum  voluptatis  Cherubim ,  et  flam- meum  gladium  atque  versatilem,  ad  cu- stodiendam  viam  ligni  vitse.
faute.  Il  a  obéi  à  une  femme,  et  il  a,  désobéi  à Dieu.  —  Maledicta  terra.  Trait  délicat.  Comme le  serpent,  la  terre  est  maudite;  mais  l'homme ne  le  sera  pas,  du  moins  directement.  —  In  opère tuo.  Hébr.  :  à  cause  de  toi,  à  cause  de  ton  pé- ché. —  In  lahoribus  est  mis  en  avant  pour  ap- puj^cr  sur  l'idée.  —  Comedes  ex  ea  retentit  comme un  douloureux  refrain.  Cf.  vers.  14.
18.  Spinas  et  tribulos...  La  terre  se  montrera en  quelque  sorte  active  pour  gêner  le  travail  de l'homme.  Les  naturalistes  ont  remarqué  que  des régions  d'abord  incultes,  puis  soumises  aux  ex- ploitations agricoles ,  étaient  bientôt  envahies  par des  plantes  épineuses  et  des  mauvaises  herbec qu'on  n'y  avait  jamais  vues  auparavant.
19.  In  sudore  vultus...  Expression  pittoresque, et  si  juste!  —  Doacc  revertaris...  La  sentence  se termine  par  le  plus  terrible  de  tous  les  châti- ments, celui  qui  avait  été  prédit  dès  la  promul- gation du  précepte,  la  mort.
20.  Et  vocavit...  A  première  vue,  on  croirait voir  ici  une  insertion  malhabile.  C'est  un  acte  de foi  d'une  grande  beauté.  La  première  femme  avait porté  jusqu'alors  le  nom  général  de  'iSèah,  ii,  23  ; au  moment  môme  où  on  le  condamne  h  mourir, Adam  l'appelle  Heva,  en  hébr.  :  Tiavvah,  la  vi- vante, celle  qui  produit  la  vie  (de  haijah,  «  vi-
vus  fuit  »),  parce  qu'il  contemplait  en  elle, grâce  à  la  divine  promesse  (vers.  15),  la  mère des  vivants  (hay,  avec  parononiase).
3°  Adam  et  Eve  expulsés  du  paradis  terrestre 21-24.
21.  Fecit  quoque  Deus...  Dieu  daigne  rempla- cer leur  ceinture  de  feuillage  par  des  vêtements plus  durables  et  plus  appropriés  à  leur  nouvelle situation.  —  Tunicas  pelliceas.  C'était,  a-t-on dit,  la  dépouille  d'animaux  qii'Adam,  instruit par  le  Seigneur,  aurait  immolés  comme  un  sacrifice propitiatoire.
22-23.  Et  ait...  Dieu  veut  expliquer  pourquoi l'homme  déchu  ne  saurait  demeurer  désormais dans  le  jardin  d'Éden.  Il  est  difficile  de  no  pas voir,  dans  son  langage,  une  ironie  terrible.  — Quasi  unus  ex  noMs  :  encore  le  pluriel  d'in- tensité, ou  même  de  trinité  pour  nous.  —  Ntmc ergo,  ne...  Cette  phrase  n'est  pas  achevée  ;  au  lieu des  derniers  mots  de  la  délibération  divine,  nous trouvons  l'exécution  :  et  emisit  eum...,  ce  qui  est d'une  énergie  saisissante.
24.  Ejecitque.  Expression  beaucoup  plus  forte que  emisit  du  vers.  23.  —  Ante  paradisum. Hébr.  :  à  l'orient  du  jardin.  —  CheriCbim.  Adam avait  été  établi  le  gardien  du  paradis,  ii,  15; voici  que  Dieu  installe  d'autres  gardiens,  dont
S4
Gen.  IV,  1-7.
CHAPITRE   IV
1.  Adam  vero  cogno^^t  uxorem  suam Hevam,  quœ  concepit  et  peperit  Gain, dicens  :  Possedi  hominem  per  Deum.
2.  Riirsiimque  peperit  fratrem  ejus Abel.  Fuit  autem  Abel  pastor  ovium ,  et Gain  agricola.
3.  Factum  est  autem  post  multos  dies ut  ofïerret  Gain  de  fructibus  terrœ  mu- rera Domino.
4.  Abel  quoque  obtulit  de  primogenitis gregis  sui ,  et  de  adipibus  eorum  ;  et respexit  Dominus  ad  Abel ,  et  ad  munera ejus.
5.  Ad  Gain  vero ,  et  ad  munera  illius , non  respexit;  iratusque  est  Gain  vehe- menter,  et  concidit  vultus  ejus.
6.  Dixitque  Dominus  ad  eum  :  Quare iratus  es?  et  cur  concidit  faciès  tua?
7.  Nonne  si  bene  egeris ,  recipies  ;  sin
1.  Or  Adam  connut  Eve  sa  femme,  et elle  conçut  et  enfanta  Gain,  en  disant  : Je  possède  un  homme  par  la  grâce  de Dieu.
2.  Elle  enfanta  de  nouveau ,  et  mit  au monde  son  frère  Abel.  Or  Abel  fut  pas- teur de  brebis,  et  Gain  agriculteur.
3.  Or  il  arriva,  longtemps  après,  que Gain  offrit  au  Seigneur  des  fruits  de  la terre  en  sacrifice.
4.  Abel  offrit  aussi  des  premiers-nés  de son  troupeau,  et  de  leur  graisse.  Et  le Seigneur  regarda  favorablement  Abel  et ses  présents.
5.  Mais  il  ne  regarda  point  Gain,  ni  ce qu'il  lui  avait  offert.  G'est  pourquoi  Gain entra  dans  une  très  grande  colère,  et  son visage  en  fut  tout  abattu.
6.  Et  le  Seigneur  lui  dit  :  Pourquoi êtes- vous  en  colère ,  et  pourquoi  votre  vi- sage est -il  abattu?
7.  Si  vous  faites  bien ,  n'en  serez-vous
les  efforts  seront  dirigés  contre  Adam  lui-même. Les  Chérubins  nous  aj  paraissent  dans  toute  la Bible  comme  une  catégorie  supérieure  d'esprits célestes.  Cf.  Ex.  xxxvii,  7-0;  Ps.  lxxix,  2; xcvin,  1;  Ez.  i  et  x,  etc.  La  tradition  assy- l'ienne  en  avait  conservé  le  souvenir,  et  de  là  ces génies  ailés,  que  les  monuments  de  Ninive  nous montrent  à  côté  de  l'arbre  sacré,  ou  en  avant des  palais  et  des  temples,  pour  les  protéger.  Voyez F.  Lcnormand,  Origines  de  l'histoire,  I,  114; F.  Vigoureux,  la  Bible  et  les  découvertes  mo- dernes, t.  I,  pp.  240  et  ss.  ;  notre  Atlas  d'hist. nat.  de  la  Bible,  pi,  cv  et  cvi.  —  Flammeum gladium...  versatilem  :  un  éclair  en  forme  de glaive.  —  La  narration  semble  indiquer  que  le séjour  de  l'homme  dans  le  paradis  fut  de  courte durée.  Adam  et  Eve  s'éloignent  à  tout  jamais, non  cependant  sans  espérance.  Milton  a  chanté majestueusement  the  Faradise  lost  et  the  Para- dise  regained.
§  m.  —  Division  de  la  famille  humaine en  deux  branches.  III,  1-26.
Dès  l'origine,  l'humanité  se  partage  en  deux races ,  tout  k  fait  opposées  sous  le  rapport  moral  : il  y  a  la  race  des  bons,  qui  se  rattache  à  Seth, et  la  race  des  pervers,  dont  Caïn  est  le  chef  si- nistre. L'histoire  des  développements  du  genre humain  et  celle  des  développements  du  péché  se confondent.
1"  Caïn  et  Abel,  1-16.
Chap.  IV. —  1-2.  Naissance  et  occupations  des deux  frères.  —  Adam  vero...  Au  sortir  du  paradis terrestre,  la  famille  est  complétée  par  les  enfants. —  Possedi  (  qaniti  )  hominem.  Joyeuse  exclama-
tion d'Eve  au  milieu  des  douleurs  de  son  pre- mier enfantement,  et  origine  du  nom  de  Gain, qui  signifie  possession,  acquisition.  En  réalité, c'est  un  acte  de  foi  analogue  à  celui  d'Adam,  m, 20  ;  dans  ce  fils  que  Dieu  lui  a  donné  (per  Deum, littéral.  :  «  avec  Jéhovah  »  ) ,  Eve  voit  un  gage du  «  semen  »  h,  venir,  qui  réparera  sa  faute.  — Abel,  en  hébr.  :  habel,  souffle,  vanité;  dénomi- nation de  tristesse,  exprimant  les  misères  qu'Adam et  Eve  avaient  déjà  plus  rudement  éprouvées.  — Les  vocations  diverses  d'Abel  et  de  Caïn  sont  dé- crites d'un  mot  :  pastor  ovium,  agricola.
3-5.  Les  sacrifices  des  deux  frèi'es.  —  Post multos  dies.  Hébr.  :  «  a  fine  dierum  »,  ou  «  post dies  » ,  sans  détermination  de  la  durée.  —  Ut  of- ferret...  Dès  leur  apparition,  les  sacrifices  revêtent la  double  forme  qu'ils  auront  en  tous  lieux,  et spécialement  chez  les  Juifs  :  les  uns  consistent  en fruits  do  la  terre ,  les  autres  sont  sanglants.  Deux circonstances  spéciales  relèvent  la  générosité  de l'offrande  d'Abel  :  elle  avait  été  choisie  de  primo- genitis et  de  adipibvs  ;  les  prémices ,  et  la  partie des  chairs  réputée  la  meilleure.  Marque  évidente d'une  foi  vive  (Hebr.  xi,  4),  dont  Caïn  était dépourvu.  Aussi,  d'un  côté,  respexit  Dominus, avec  complaisance;  de  l'autre,  non  respexit.  Un signe  extérieur,  tel  qu'un  feu  descendant  du ciel,  manifesta  sans  doute  les  sentiments  divins. — Iratusque  est  Gain...  Au  lieu  de  chercher  dans  sa conduite  la  cause  de  son  insuccès,  et  d'y  porter remède,  sa  violente  colère  devint  bientôt  visible sur  sa  physionomie  :  et  concidit...,  trait  pitto- resque.
6-7.  Dieu  condescend  à  lui  donner  un  avertis- sement paternel.  Par  une  première  question ,  ^wa-
Gen.  IV,  8-15.
35
pas  récompensé?  Et  si  vous  faites  mal, le  péché  ne  sera-t-il  pas  aussitôt  à  votre porte  ?  Mais  votre  concupiscence  sera  sous vous,  et  vous  la  dominerez.
8.  Or  Caïn  dit  à  son  frère  Abel  :  Sor- tons dehors.  Et  lorsqu'ils  furent  dans  les champs,  Caïn  se  jeta  sur  son  frère  Abel et  le  tua.
9.  Le  Seigneur  dit  ensuite  à  Caïn  :  Où est  votre  frère  Abel?  Il  lui  répondit  :  Je ne  sais.  Suis- je  le  gardien  de  mon  frère?
10.  Le  Seigneur  lui  repartit  :  Qu'avez- vous  fait?  La  voix  du  sang  de  votre frère  crie  de  la  terre  jusqu'à  moi.
11.  Vous  serez  donc  maintenant  maudit sur  la  terre,  qui  a  ouvert  sa  bouche,  et qui  a  reçu  de  votre  main  le  sang  de  votre frère.
12.  Quand  vous  l'aurez  cultivée ,  elle ne  vous  rendra  point  son  fruit.  Vous  serez fugitif  et  vagabond  sur  la  terre.
13.  Caïn  répondit  au  Seigneur  :  Mon iniquité  est  trop  grande  pour  que  j'en  ob- tienne le  pardon.
14.  Vous  me  chassez  aujourd'hui  de dessus  la  terre,  et  je  m'irai  cacher  de  de- vant votre  face.  Je  serai  fugitif  et  vaga- bond sur  la  terre.  Quiconque  donc  me trouvera ,  me  tuera.
15.  Le  Seigneur  lui  répondit  :  Non ,  cela ne  sera  pas;  mais  quiconque  tuera  Caïn  en sera  puni  sept  fois.  Et  le  Seigneur  mit  un signe  sur  Caïn,  afin  que  ceux  qui  le  trou- veraient ne  le  tuassent  point.
autem  maie,  statim  in  foribus  peccatum aderit?  sed  sub  te  erit  appetitus  ejus,  et tu  dominaberis  illius.
8.  Dixitque  Cain  ad  Abel  fratrem  smim: Egrcdiamur  foras.  Cumque  essent  in  agro, consurrexit  Cain  adversus  fratrem  suum Abel,  et  interfecit  eum.
9.  Et  ait  Dominus  ad  Cain  :  IJbi  est Abel  frater  tuus  ?  Qui  respondit  :  Nescio. Num  custos  fratris  mei  sum  ego?
10.  Dixitque  ad  eum  :  Quid  fecisti? vox  sanguinis  fratris  tui  clamât  ad  me de  terra.
11.  Nunc  igitur  maled ictus  eris  super terram,  quse  aperuit  os  suum,  et  suscepit sanguinem  fratris  tui  de  manu  tua.
12.  Cum  operatus  fueris  eam,  non  da- bit  tibi  fructus  suos  ;  vagus  et  prof ugus eris  super  terram.
13.  Dixitque  Cain  ad  Dominum  :  Ma- jor est  iniquitas  mea,  quam  ut  veniam merear.
14.  Ecce  ejicis  me  hodie  a  facie  terrœ, et  a  facie  tua  abscondar,  et  ero  vagus  et prof  ugus  in  terra  ;  omnis  igitur  qui  inve- nerit  me,  occidet  me.
15.  Dixitque  ei  Dominus  :  Nequaquam ita  fiet;  sed  omnis  qui  occiderit  Gain, septuplum  punietur.  Posuitque  Dominus Cain  signuin,  ut  non  interficeret  eum omnis  qui  invenisset  eum.
re.,.  et  cur...,  il  essaj'c  de  le  faire  rentrer  en  lui- mcmc,  et  il  lui  montre  l'injustice  de  sa  colère; par  une  seconde  question,  posée  sous  forme  de dilemme  (  vers.  7  ) ,  il  lui  révèle  le  danger  auquel il  s'expose.  —  Recipies  :  ma  bienveillance,  comme Abel.  Dans  l'hébreu  «  elevatio  »  (  capitis  )  ;  si tu  as  conscience  d'avoir  bien  agi,  tu  pourras porter  le  front  haut.  —  Statim  in  foribus...  Lo- cution dramatique.  Comme  une  bête  fauve  en embuscade.  —  Sed  sub  te.  L'exhortation  après  la remontrance  ;  elle  exprime  fortement  la  liberté  de l'homme  en  face  de  la  tentation.  L'hébreu  porte  : a  Vers  toi  est  son  désir  (  du  péché  )  ;  mais  toi,  do- mine sur  lui.  »
8.  Le  fratricide  Caïn  s'endurcit  dans  le  mal ,  et prend  une  décision  cruelle.  —  Les  mots  egredia- viur  foras  sont  omis  par  le  texte  original,  où  on lit  simplemcnc  :  n  Et  Caïn  parla  à  son  frère,  et lorsqu'ils  furent  daiic  i£l  campagne...  »  —  Consur- rexit... Tableau  tragique.  Ce  fut  la  première  mort, si  affreuse  de  toutes  manières.
9-10.  Le  Seigneur  fait  subir  au  meurtrier  un interrogatoire  qui  rappelle  celui  d'Adam  et  d'Eve, iTi,  9-13.  —  Nescio...  Réponse  encore  plus  arro- gante que  mensongère.  Mais  on  ne  trompe  pas Dieu  :  Vox  sanguinis  (  «  sanguinum ,  »  au  plu- riel d'intensité  )  fratris  tui...  Belle  et  énergique
prosopopée.  «  Le  sang  de  Notre  -  Seigneur  Jésus- Christ  crie  plus  fortement  encore,  »  dit  saint Paul  ;  mais  en  notre  faveur.  Hebr.  xii,  24.
11-12.  La  sentence.  —  Maledictus.  Adam  et Eve  n'avaient  pas  été  maudits  personnellement. — Super  terram,  quœ  aperuit...  Autre  belle  figure. Cette  terre  vengera  le  sang  d'Abel ,  qu'elle  a  pieu- sement reçu.  D'abord  elle  sera  stérile  pour  Caïn  ; puis  elle  ne  lui  permettra  de  s'arrêter  nulle part  :  vagus  et  profugus.
13-14.  Dixitque  Cain.  A  son  arrogance  a  suc- cédé le  plus  profond  désespoir,  mais  il  ne  mani- feste aucun  repentir;  il  ne  redoute  que  la  con- séquence possible  de  son  crime ,  la  mort  violente dont  il  a  vu  de  près  l'horreur.  —  Omnis  igitur... Quelqu'un  des  autres  enfants  ou  petits  -  enfants d'Adam  et  d'Eve ,  mentionnés  plus  bas ,  iv,  4.
15.  Nequaquam...  Dieu  le  rassure  à  ce  sujet,  car il  entrait  dans  les  plans  providentiels  qu'il  expiât longuement  sa  faute,  et  que  son  seul  aspect  in- spirât aux  autres  hommes  une  vive  aversion  pour le  meurtre.  —  A  sa  promesse,  Dieu  ajoute  une sanction  :  septuplum  punietur,  chiffre  rond, équivalent  à  a  multum  ».  En  outre,  pour  que personne  ne  pût  alléguer  l'ignorance,  posuit  si- gnum  :  signe  extérieur  et  visible,  mais  dont  on ne  saurait  indiouer  la  nature.
36
Gen.  IV,  16-23.
16.  Egressusque  Gain  a  facie  Domini, habitavit  profugus  in  terra,  ad  orienta- lem  plagam  Eden.
17.  Coguovitautem  Gain  uxorem  suam, quœ  concepit  et  peperit  IIenoch;et  œdi- licavit  civitatem,  vocavitque  nomen  ejus ex  nomine  filii  sui,  Ilenoch.
18.  Porro  Ilenoch  genuit  Irad,  et  Irad genuit  Maviael,  et  Maviael  genuit  Ma- tliusael,  et  ^Mathusael  genuit  Lamecli.
19.  Qui  accepit  duas  uxores  :  nomen uni  Ada,  et  nomen  alteri  Sella.
20.  Genuitque  Ada  Jabel,  qui  fuit  pa- ter  habitantium  in  tentoriis,  atque  pa- storum.
21.  Et  nomen  fratris  ejus  Jubal;  ipse fuit  pater  canentium  cithara  et  organo.
22.  Sella  quoque  genuit  Tubalcain,  qui fuit  malleator  et  faber  in  cuncta  opéra ieris  et  ferri.  Soror  vero  Tubalcain , Noema.
23.  Dixitque  Lamech.  uxoribus  suis Adœ  et  Selke  :  Audite  vocem  meam, uxores  Lamech,  auscultate  sermonem meum  :  quoniam  occidi  virum  in  vulnus meum ,  et  adolescent ulum  in  livorem meum.
16.  Gain,  s'étant  retiré  de  devant  la  face du  Seigneur,  fut  vagabond  sur  la  terre, et  il  habita  vers  la  région  orientale d'Eden.
17.  Et  ayant  connu  sa  femme,  elle conçut  et  enfanta  Hénoch.  Et  il  bâtit  une ville  qu'il  appela  Hénoch ,  du  nom  de  son fils.
18.  Or  Hénoch  engendra  Irad,  et  Irad engendra  Maviael,  et  Maviael  engendra Mathusaël,  et  Mathusaël  engendra  La- mech,
19.  Qui  eut  deux  femmes,  dont  l'une s'appelait  Ada ,  et  l'autre  Sella.
20.  Ada  enfanta  Jabel,  qui  fut  père  de ceux  qui  demeurent  dans  des  tentes,  et des  pasteurs.
21.  Son  frère  s'appelait  Jubal  :  et  il  fut le  père  de  ceux  qui  jouent  de  la  harpe et  de  l'orgue.
22.  Sella  enfanta  aussi  Tubalcain ,  qui eut  l'art  de  travailler  avec  le  marteau ,  et qui  fut  habile  en  toutes  sortes  d'ouvrages d'airain  et  de  fer.  Noéma  était  la  sœur de  Tubalcaïn.
23.  Or  Lamech  dit  à  ses  femmes  Ada et  Sella  :  Femmes  de  Lamech,  entendez ma  voix,  écoutez  ce  que  je  vais  dire  :  J'ai tué  un  homme  pour  ma  blessure,  et  un jeune  homme  pour  ma  meurtrissure.
16.  Exécution  de  la  sentence.  —  A  facie  Do- mini, c.-ù-d.,  comme  au  vers.  15,  loin  de  la  con- trée habitée  par  le  reste  de  la  famille  humaine, cil  le  Seigneur  continuait  ses  aimables  manifesta- tions. —  Habilavlt  pro/ugns  in  terra.  D'après l'hébr.  :  il  habita  «  dans  la  terre  de  Nod  » ,  située ad  orientalem  plagam  Eden.  Nod  signifie  exil, fuite;  c'est  à  cause  de  Caïn  qu'on  appela  ainsi  le pays  de  ses  pérégrinations.
2°  La  race  de  Caïn,  17-24.
1 7.  Uxorem  swam.  C'était  en  même  temps  l'une de  ses  sœurs.  — JEdificavit  civitatem.  «i  Y ille  »  qui dut  être  bien  modeste  à  ses  débuts  :  quelques cabanes,  entourées  d'un  retranchement  protec- teur. Néanmoins  c'était  un  progrès.  Nous  trou- verons d'autres  progrès  semblables  parmi  les  des- cendants de  Caïn  :  les  premiers  rudiments  des arts,  de  la  métallurgie,  etc.  Ce  qu'on  nomme  au- jourd'hui la  civilisation  apparut  donc  tout  d'a- bord dans  la  race  maudite  ;  et  rien  de  plus  natu- rel ,  car,  quoique  bonnes  en  elles-mêmes,  les  inven- tions qui  ont  pour  but  principal  le  confort  de  lu vie  marquent  des  tendances  sensuelles,  et  con- duisent aisément  loin  de  Dieu.  —  Eenoch.  En hébr.  :  hanolc,  consacré.  Caïn  demeura  «  vagus et  profugus  »,  malgré  la  construction  de  cette ville.
18.  Quatre  nouvelles  générations  (Eenoch, Irad,  Maviael,  Mathusaël)  nous  conduisent  à Lamech,  le  dernier  dcsccudunt  de  Caïn  dont  la
Bible  ait  conservé  le  nom.  La  sensualité  (19-22) et  l'impiété  (23-24)  de  sa  race  semblent  s'être concentrées  en  lui.
19.  Duas  uxores.  Lamech  fut  ainsi  le  premier à  violer  la  sainte  unité  du  mariage,  instituée  par Dieu  même,  ii,  22-24.  —  Ada  ( 'ada /i,  beauté), {iella  (slllah,  ombre).  Noms  qui  dénotent  une attention  spéciale  dos  hommes  aux  avantr.ges  ex- térieurs, et,  par  suite,  la  «  concupiscentia  ocu- lorum  ».
20-21.  Les  fils  d'Ada.  —  Jahel  pater  /tabttan- tium...:  c.-à-d.  le  fondateur  de  la  vie  nomade, telle  que  la  pratiquent  certaines  tribus  arabes ,  etc. Ces  pasteurs  nomades  changent  constamment  de place,  pour  trouver  des  pâturages  à  leurs  nom- breux troupeaux  ;  ils  ont  donc  besoin  de  tentes mobiles.  —  Jubal...  pater  canentium.  (hébr.  :  de ceux  qui  manient)  cithara:  le  Icinnôr,  sorte  de guitare,  pour  représenter  tous  les  instruments  à cordes;  organo j  le  ^ugab,  probablement  la  flûte de  Pan,  pour  repx'ésenter  tous  les  instruments  à vent.  Voy.  l'^i^as  archéolog.,  pi.  lxi-lxiv.
22.  Les  enfants  de  Sella.  —  Tubalcain...,  l'in- venteur de  la  métallurgie;  Noema,  la  «gra- cieuse ».  D'après  la  tradition  Juive ,  Noéma  aurait inventé  l'art  de  filer  et  de  tisser.
23-24.  Nous  avons  ici  le  plus  ancien  morceau poétique  composé  dans  le  langage  humain.  C'est un  chant  brutal  et  sauvage,  qu'on  nomme  assez communément  le  Chaut  du  glaive ,  parce  qu'il  sa
Gen.  IV,  24  —  V,  4.
37
24.  On  vengera  sept  fois  la  mort  de Caïn,  et  celle  de  Lamech  soixante-dix  fois sept  fois.
25.  Adam  connut  encore  sa  femme ,  et elle  enfanta  nn  fils,  qu'elle  appela  Seth, en  disant  :  Le  Seigneur  m'a  donné  un autre  fils  au  lieu  d'Abel,  que  Caïn  a  tué.
26.  Il  naquit  aussi  à  Seth  un  fils,  qu'il appela  Enos.  C'est  lui  qui  commença  d'in- voquer le  nom  du  Seigneur.
24.  Septuplum  ultio  dabitur  de  Cain; de  Lamech  vero  septuagies  septies.
25.  Cognovit  quoque  adhuc  Adam  uxo- rem  suam,  et  peperit  filium,  vocavitque nomen  ejus  Seth,  dicens  :  Posuit  mihi Deus  seraen  aliud  pro  Abel,  quem  occidit Cain.
26.  Sed  et  Seth  natus  est  filius,  quem vocavit  Enos  ;  iste  cœpit  invocare  nomen Domini.
CHAPITRE  V
1 .  Voici  le  livre  des  générations  d'Adam. Au  jour  que  Dieu  créa  l'homme,  Dieu  le fit  à  sa  ressemblance.
2.  Il  les  créa  mâle  et  femelle,  et  il  les bénit,  et  il  leur  donna  le  nom  d'Adam au  jour  qu'ils  furent  créés.
3.  Adam,  ayant  vécu  cent  trente  ans, engendra  un  fils  à  son  image  et  à  sa  res- semblance, et  il  le  nomma  Seth.
4.  Après  qu'Adam  eut  engendré  Seth, il  vécut  huit  cents  ans ,  et  il  engendra  des fils  et  des  filles.
1.  Hic  est  liber  generationis  Adam.  In die  qua  creavit  Deus  hominem,  ad  simi- litiidinem  Dei  fecit  illum.
2.  Masculum  et  feminam  creavit  eos, et  benedixit  illis ,  et  vocavit  nomen  eo- rum  Adam,  in  die  quo  creati  sunt.
3.  Vixit  autem  Adam  centum  triginta annis  ;  et  genuit  ad  imaginem  et  simili- tudinem  suam,  vocavitque  nomen  ejus Seth.
4.  Et  facti  sunt  dies  Adam ,  postquam genuit  Seth,  octingenti  anni;  genuitque filios  et  filias.
rattacherait  à  la  première  arme  forgée  par  Tu- baîcaïn.  Il  se  compose  d'un  court  prélude  :  Au- dite...  auscultate...,  et  d'une  strophe  unique,  23- 24.  —  Occidi.  Si  l'on  traduit  par  le  parfait,  ce serait  une  allusion  à  un  événement  antérieur; Lamech  se  vanterait  d'un  meurtre.  Il  est  préfé- rable de  traduire  par  le  présent  ou  par  le  futur  ; Lamech  proclame  ses  projets  sanguinaires.  —  Vl- rum,  adolescentulum  ne  désignent  qu'un  seul individu,  en  vertu  du  parallélisme;  de  même, in  vulnus,  in  livorem,  se  rapportent  à  un  fait unique,  quelque  mauvais  traitement  dont  La- mech craignait  d'être  l'objet.  —  Si  on  le  frappe, il  saura  se  venger  amplement,  non  pas  septu- plum (allusion  impie  à  la  parole  divine,  ver- set 15),  mais  septuagies  septies  (hébr.  :  soixante- dix-sept  fois  ).  Son  bras  lui  suffira  pour  cela  ;  il n'aura  pas  besoin  de  Dieu,  comme  Caïn.
3°  Seth  et  sa  race,  25-26.
Le  rameau  de  Caïn  est  tout  à  coup  retranché de  l'arbre  qui  doit  produire  le  Messie.  Après  cette élimination  (  voy.  la  page  9  ),  nous  revenons  à  la branche  principale.
25.  Seth,  dicens  :  Posuit.  Jeu  de  mots  sem- blable h  celui  que  nous  avons  rencontré  pour Caïn,  vers.  1  :  set,  compensation,  et  sat,  il  a compensé.  C'est  encore  une  parole  de  roi  :  Eve sent  que  les  grandes  espérances  de  la  famille  hu- maine sei'ont  rattachées  par  Dieu  à  ce  second Abel.
26.  Enos.  En  hébr.  :  ^énos,  homme  ;  mais l'homme  considéré  dans  sa  faiblesse  (comparez
l'assyrien  ênsu,  fragile).  —  Cœpit  invocare... Beau  titre  de  noblesse  pour  Enos,  Le  culte  divin existait  avant  lui,  comme  nous  l'avons  vu  au commencement  de  ce  chapitre  ;  mais ,  de  privé  il le  rendit  public  :  il  fonda  en  quelque  sorte  l'É- glise. Ces  mots  font  ressortir  le  caractère  reli- gieux des  Séthitcs,  par  opposition  à  l'esprit  mon- dain et  profane  des  Caïnites.
LIYRE  II
Les  générations  d'Adam.  V,  1  —  VI,  8.
§1.  —  Généalogie  des  premiers  fils  de  SetJi.Y,  1-31.
C'est  ici  la  première  des  tables  généalogiques, si  nombreuses  dans  la  Bible,  et  qui  ont  pour  but principal  de  signaler  les  ancêtres  du  Christ.  Cf. Matth.  I,  1-17,  et  Luc.  m,  23-38.  Elle  embrasse une  durée  de  près  de  mille  ans.  Sa  rapidité,  et les  mêmes  formules  qui  reviennent  comme  une sorte  de  refrain,  sont  d'un  bel  effet.
Chap.  V.  —  1.  Eic  est  liber...  Adam.  Ces  mots forment  le  titre  du  livre.  Voy.  ii,  4,  et  la  note. —  Les  suivants,  in  die  qua...  jusqu'à  la  fin  du vers.  2,  contiennent  tin  résumé  de  la  création  de l'homme.  Dieu  est  mis  en  tête  de  la  liste  des  pa- triarches ,  comme  étant  leur  vrai  père  à  tous ,  en tant  que  Créateur.  Cf.  Luc.  m,  38.  —  Ad  simi- litudinem  Dei...  Ce  n'est  pas  sans  fierté  que  IC' narrateur  revient  sur  cette  idée.
3-5.  Sommaire  de  la  vie  d'Adam.  Il  consiste  en quatre  faits  particuliers,  dont  trois  sont  marqués par  des  dates ,  et  en  un  fait  général.  —  Premier
38
Gen.  V,  5-22.
5.  Et  factum  est  omne  tempiis  quod vixit  Adam,  anni  nongenti  triginta,  et mortuiis  est.
6.  Vixit  quoqiie  Seth  centum  qiiinque annis,  et  geniiit  Enos.
7.  Yixitque  Seth  postquam  genuit  Enos, octingentisseptem annis,  genuitque  filios et  filias.
8.  Et  facti  sunt  omnes  dies  Setli  non- gentorum  duodecim  annorum,  et  mor- tuus  est.
9.  Vixit  vero  Enos  nonaginta  annis,  et genuit  Cainan.
10.  Post  cujus  ortum  vixit  octingentis quindecim  annis ,  et  genuit  filios  et  tilias.
11.  Tactique  sunt  omnes  dies  Enos nongenti  quinque  anni,  et  mortuus  est.
12.  Vixit  quoque  Cainan  septuaginta annis,  et  genuit  Malaleel.
13.  Et  vixit  Cainan  postquam  genuit Malaleel ,  octingentis  quadraginta  annis  , genuitque  filios  et  filias.
14.  Et  facti  sunt  omnes  dies  Cainan nongenti  decem  anni,  et  mortuus  est.
15.  Vixit  autem  Malaleel  sexaginta quinque  annis,  et  genuit  Jared.
16.  Et  vixit  Malaleel  postquam  genuit Jared ,  octingentis  triginta  annis  ;  et  ge- nuit filios  et  filias.
17.  Et  facti  sunt  omnes  dies  Malaleel octingenti  nonaginta  quinque  anni,  et mortuus  est.
18.  Vixitque  Jared  centum  sexaginta duobus  annis,  et  genuit  Henoch.
19.  Et  vixit  Jared  postquam  genuit Henoch,  octingentis  annis,  et  genuit  filios et  filias.
20.  Et  facti  sunt  omnes  dies  Jared nongenti  sexaginta  duo  anni ,  et  mortuus est.
21.  Porro  Henoch  vixit  sexaginta  quin- que annis,  et  genuit  Mathusalam.
22.  Et  ambulavit  Henoch  cum  Deo  ; et  vixit,  postquam  genuit  Mathusalam,
5.  Et  tout  le  temps  de  la  vie  d'Adam fut  de  neuf  cent  trente  ans,  et  il  mourut.
6.  Seth  aussi,  ayant  vécu  cent  cinq  ans, engendra  Enos.
7.  Et  après  que  Seth  eut  engendré  Enos, il  vécut  huit  cent  sept  ans,  et  il  engendra des  fils  et  des  filles.
8.  Et  tout  le  temps  de  la  vie  de  Seth fut  de  neuf  cent  douze  ans ,  et  il  mourut.
9.  Enos  ,  a5^ant  vécu  quatre-vingt-dix ans,  engendra  Caïnan.
10.  Depuis  la  naissance  de  Caïnan  il vécut  huit  cent  quinze  ans ,  et  il  engen- dra des  fils  et  des  filles.
11.  Et  tout  le  temps  de  la  vie  d'Enos fut  de  neuf  cent  cinq  ans,  et  il  mourut.
12.  Caïnan  aussi,  ayant  vécu  soixante- dix  ans,  engendra  Malaleel.
13.  Après  avoir  engendi'é  Malaleel,  il vécut  huit  cent  quarante  ans,  et  il  engen- dra des  fils  et  des  filles.
14.  Et  tout  le  temps  de  la  vie  de  Caïnan fut  de  neuf  cent  dix  ans ,  et  il  mourut.
15.  Malaleel,  ayant  vécu  soixante-cinq ans,  engendra  Jared.
16.  Après  avoir  engendré  Jared,  il  vécut huit  cent  trente  ans,  et  il  engendra  des fils  et  des  filles.
17.  Et  tout  le  temps  de  la  vie  de  Mala- leel fut  de  huit  cent  quatre-vingt-quinze ans ,  et  il  mourut.
18.  Jared,  ayant  vécu  cent  soixante- deux  ans ,  engendra  Henoch.
19.  Après  avoir  engendré  Henoch,  il vécut  huit  cents  ans,  et  il  engendra  des fils  et  des  filles.
20.  Et  tout  le  temps  de  la  vie  de  Jared fut  de  neuf  cent  soixante-deux  ans,  et  il mourut.
21.  Or  Henoch,  ayant  vécu  soixante- cinq  ans,  engendra  Mathusala.
22.  Henoch  marcha  avec  Dieu  ;  et  après avoir  engendré  Mathusala,  il  vécut  trois
fait  particulici',  l'âge  d'Adam  au  moment  de  la naissance  de  Seth,  l'héritier  des  pi-omcsses  '.cen- tum triginta  annis...  L'expression  ad  imaginem et  similitudinem  suam,  si  rapprochée  de  la phrase  a  ad  similitudinem  Doi  fecit  illum  ï  (ver- set 1),  est  significative.  Hélas!  Adam  ne  put transmettre  à  ses  flls  qu'une  ressemblance  divine bien  amoindrie.  —  Second  fait  particulier,  l'indi- cation du  reste  de  la  vie  d'Adam  :  octingenti  anni. —  Fait  général  :  genuit  filios  et  filias.  —  Troi- sième fait  particulier,  le  chiffre  total  dos  années d'Adam,  obtenu  en  additionnant  les  deux  nom- bres qui  précèdent  :  aiini  nongenti  triginta.  — Quatrième  fait  particulier,  la  lugubre  constata-
tion de  la  mort  :  et  mortuus  est.  —  Les  autres sommaires  seront  calqués  sur  celui-là.  Des  trois dates,  la  première  est  la  plus  importante,  car c'est  par  elle  que  l'on  connaît  le  temps  écoulé entre  la  création  de  l'homme  et  le  déluge.
6-8.  Sommaire  de  la  vie  de  Seth.
9-11.  Sommaire  de  la  vie  d'Enos.
12-14.  Sommaire  de  la  vie  de  Caïnan.
15-17.  Sommaire  de  la  vie  de  Malaleel.
18-20.  Sommaire  de  la  vie  de  Jared.
21-24.  Sommaire  de  la  vie  d'Henoch.  —  Ici  un premier  trait  nous  frappe  :  la  brièveté  relative des  années  de  ce  patriarche  ;  seulement  trccenti sexaginta  quinque  anni!  Puis,  aux  vers.  22  et
Gen.  V,  23-31.
39
cents  ans,  et  il  engendra  des  fils  et  des filles.
23.  Et  tout  le  temps  qu'Hénoch  vécut fut  de  trois  cent  soixante-cinq  ans.
24.  Il  marcha  avec  Dieu,  et  il  ne  parut plus,  parce  que  Dieu  l'enleva.
25.Mathusala,  ayant  vécu  cent  quatre- vingt-sept  ans,  engendra  Lamech.
26.  Après  avoir  engendré  Lamech,  il vécut  sept  cent  quatre-vingt-deux  ans ,  et il  engendra  des  fils  et  des  filles.
27.  Et  tout  le  temps  de  la  vie  de  Ma- thusala  fut  de  neuf  cent  soixante -neuf ans ,  et  il  mourut.
28.  Lamech ,  ayant  vécu  cent  quatre- vingt-deux  ans,  engendra  un  fils,
29.  Qu'il  nomma  Noé,  en  disant  :  Ce- lui-ci nous  consolera  parmi  nos  travaux et  les  œuvres  de  nos  mains,  sur  la  terre que  le  Seigneur  a  maudite.
30.  Lamech,  après  avoir  engendré  Noé, vécut  cinq  cent  quatre  -  vingt  -  quinze  ans , et  il  engendra  des  fils  et  des  filles.
31.  Et  tout  le  temps  de  la  vie  de  La- mech fut  de  sept  cent  soixante-dix-sept ans,  et  il  mourut.  Or  Noé,  ayant  cinq cents  ans,  engendra  Sem,  Cham  et  Ja- pheth.
trecentis  annis,  et  genuit  filios  et  filias.
23.  Et  facti  sunt  omnes  dies  Henoch trecenti  sexaginta  quinque  anni.
24.  Ambulavitque  cum  Deo,  et  non apparuit,  quia  tulit  eum  Deus.
25.  Vixit  quoque  Mathusala  centum octoginta  septem  annis,  et  genuit  La- mech.
26.  Et  vixit  Mathusala,  postquam  ge- nuit Lamech,  septingentis  octoginta  duo- bus  annis,  et  genuit  filios  et  filias.
27.  Et  facti  sunt  omnes  dies  Mathu- sala nongenti  sexaginta  novem  anni,  et mortuus  est.
28.  Vixit  autem  Lamech  centum  octo- ginta duobus  annis ,  et  genuit  filiuni  ;
29.  Vocavitque  nomen  ejus  Noe,  di- cens  :  Iste  consolabitur  nos  ab  operibus et  laboribus  manuum  nostrarum,  in  terra cui  maledixit  Dorainus.
30.  Vixitque  Lamech,  postquam  ge- nuit Noe,  quingentis  nonaginta  quinque annis,  et  genuit  filios  et  filias.
31.  Et  facti  sunt  omnes  dies  Lamech septingenti  septuaginta  septem  anni,  et mortuus  est.  Noe  vero,  cum  quingento- rum  esset  annorum,  genuit  Sem,  Cham, et  Japheth.
24 ,  la  formule ,  j  asqiie-lù  si  rigide ,  se  transforme, pour  signaler  deux  autres  circonstances  particu- lières :  1°  Ambulavit  cum  Deo.  Hébraïsme,  pour «  sancte  et  pie  vixit  y>,  comme  traduisent  les  Tar- gums  ;  une  douce  intimité  avec  Dieu  est  désignée par  cette  expression  pittoresque,  qui  sera  réité- rée au  sujet  de  Noé,  vi,  9.  2°  Et  non  apparuit, au  lieu  du  «  mortuus  est  »  accoutumé  ;  le  motif de  cette  disparition  subite  est  ensuite  indiqué  : tulit  eum  Deus,  c.-à-d.  que  Dieu  l'enleva  tout vivant  de  ce  monde,  comme  plus  tard  Élie,  IV Reg.  lu,  3,  ainsi  que  l'ont  constamment  ensei- gné les  traditions  juive  et  chrétienne.  Cf.  Eccli. xxrv,  6  ;  Hebr.  xi,  5.  L'un  et  l'autre,  ils  sont  mis en  réserve  pour  jouer  un  grand  rôle  aux  derniers jours  du  monde,  et  pour  lutter  contre  l'Anté- christ, Mal.  IV,  5;  Matth.  xvii,  10;  Apoc.  xi,  4. Hénoc'i  fut  prophète  durant  sa  vie,  comme  le raconte  saint  Jude,  14.
25-27.  Sommaire  de  la  vie  de  Mathusalem,  ce- lui des  patriarches  qui  parvint  h  l'âge  le  plus avancé.
28-3 1\  Sommair.^  de  la  vie  de  Lamech.  —  Pour lui  aussi,  un  trait  spécial  est  signalé,  vers.  29. Comme  Eve,  il  fit  un  bel  acte  de  foi  en  choisis- sant le  nom  de  son  premier-né.  Noe  (  Noah  ),  s'é- cria-t-il  en  faisant  à  son  tour  une  paronoraase  ; car  iste  covsolabitur  (  y'naham  )  nos...  Il  espé- rait sans  doute  qu'en  ce  fils  se  réaliseraient  les promesses  de  salut,  in,  15.
31b.  Début  de  la  vie  de  Noé.  —  On  mentionne
simultanément  ses  trois  fils,  en  vue  de  la  suite du  récit.
*** Les  dates  qui  précèdent  montrent  que  la moyenne  de  la  vie ,  avant  le  déluge ,  était  dix  fois plus  considérable  qu'aujourd'hui.  Quoique  les  an- ciens écrivains  du  paganisme  soient  d'accord  avec la  Bible  pour  attribuer  une  longévité  extraor- dinaire aux  premiers  humains,  ces  chiffres  sont néanmoins  si  élevés ,  qu'on  a  cru  souvent  devoir les  réduire,  dans  un  intérêt  apologétique.  C'est ainsi  que,  dès  les  premiers  siècles  du  christia- nisme, divers  auteurs  ont  prétendu  qu'il  s'agis- sait d'années  d'un  mois,  ou  de  trois  mois,  ana- logues à  celles  que  Diodore  de  Sicile,  Pline  et Plutarque  attribuent  aux  Égyptiens.  Mais ,  d'une part ,  l'ensemble  du  récit  démontre  clairement que  Moïse  a  en  vue  des  années  ordinaires,  com- posées de  douze  mois,  à  trente  jours  par  mois (Cf.  VIII,  3-5);  d'autre  part,  ce  système  produit des  résultats  absurdes ,  tels  que  la  paternité  de Malaléel  et  d'Enos  avant  l'âge  de  six  ans.  Plu- sieurs exégètes  contemporains  ne  vont  pas  moins contre  la  pensée  du  narrateur,  en  affirmant  que chaque  nom  de  patriai-che  représente  une  dynastie, une  période.  —  Il  faut  donc  prendre  les  chiffres  à la  lettre.  Une  vitalité  plus  grande  aux  premiers jours  du  monde,  un  climat  plus  sain,  une  nour- riture probablement  plus  substantielle,  le  plan divin  relatif  à  la  propagation  rapide  de  l'espèce humaine,  et  à  la  parfaite  préservation  des  tra-
40
Gen.  VI,  1-5.
CHAPITRE  VI
1.  Cumque  cœpissent  homines  multi- plicari  super  terram,  et  filias  procréas- sent,
2.  Videntes  filii  Dei  filias  hominum qiiod  essent  pulchrœ ,  acceperunt  sibi uxores  ex  omnibus ,  quas  elegerant.
3.  Dixitque  Deus  :  Non  permanebit spiritus  meus  in  homine  in  œternum, <[uia  caro  est;  eruntque  dies  illius  cen- tum  viginti  annorum.
4.  Gigantes  autem  erant  super  terram in  diebus  illis.  Postquam  enim  ingressi sunt  filii  Dei  ad  filias  hominum ,  illœque genuerunt,  isti  sunt  potentes  a  sœculo viri  famosi.
5.  Videns  autem  Deus  quod  multa  ma-
1.  Après  que  les  hommes  eurent  com- mencé à  se  multiplier  sur  la  terre  et  qu'ils eurent  engendré  des  filles,
2.  Les  enfants  de  Dieu,  voyant  que  les filles  des  hommes  étaient  belles,  prirent pour  leurs  femmes  celles  d'entre  elles  qui leur  avaient  plu.
3.  Et  Dieu  dit  :  Mon  esprit  ne  demeu- rera pas  pour  toujours  avec  l'homme, parce  qu'il  est  chair;  et  le  temps  de l'homme  ne  sera  plus  que  de  cent  vingt ans.
4.  Or  il  y  avait  des  géants  sur  la  terre en  ce  temps-là.  Car  depuis  que  les  enfants deDieu  eurent  épousé  les  filles  des  hommes, il  en  sortit  des  enfants  qui  furent  des hommes  puissants  et  dès  longtemps  fa- meux.
5.  Mais  Dieu,  voyant  que  la  malice  des
ditions  religieuses  :  autant  de  motifs  qui  expli- quent cette  remarquable  longévité.  Voy.  Reusch, la  Bible  et  la  nature,  leçon  sxxi.
Le  désaccord  des  sommes  partielles  ou  totales dans  les  différents  textes  de  la  Bible  (l'hébreu, qu'a  suivi  la  Vulgate  ;  le  samaritain  ;  le  grec des  Septante  )  forme  ici  une  autre  difficulté.  Par exemple,  le  texte  grec  compte  2242  ans  (2262 d'après  quelques  manuscrits  et  quelques  Pères) avant  le  déluge  ;  le  samaritain,  seulement  1 307  ans  ; l'hébreu  et  la  Vulgate,  1G56  ans.  De  même  pour plusieurs  des  dates  particulières.  Ces  divergences sont  évidemment  le  fait  des  copistes  ;  les  erreurs étaient  d'autant  plus  faciles,  que  les  chiffres étaient  représentés  par  des  lettres,  et  que  ces lettres  se  ressemblaient  parfois  beaucoup.  Le problème  est  malheureusement  insoluble.  Voyez \q  Man.  hibl.,  I,  n.  314-316.
§  II.  —  Préparation  à  l'histoire  du  déluge. VI,  1-8.
1°  Profonde  corruption  du  genre  humain, vers.  1-4.
Chap.  VI.  —  1-2.  Les  deux  races  humaines, celle  de  Caïn  et  celle  de  Seth,  après  avoir  vécu séparées,  se  rapprochent,  et  de  leur  union  nais- sent les  plus  grands  maux.  —  Videntes ,  avec  des yeux  profanes  et  sensuels.  —  Les  filii  Dei  ne sauraient  être  les  anges ,  comme  l'ont  pensé  beau- coup d'anciens  intci-prètes ,  même  parmi  les  Pères (S.  Justin,  Clément  d'Alex.,  Tortull.,  Athéna- gore ,  Lactance  ;  plusieurs  poètes  célèbres  de  notre époque  ont  tiré  parti  de  cette  opinion  )  :  les  anges sont  de  purs  esprits,  auxquels  de  telles  alliances seraient  impossibles.  Cf.  Matth.  xxn,  30.  Cette expression  désigne  les  descendants  de  Seth,  qui, par  leur  caractère  religieux, s'étaient  manifestés jusqu'alors  comme  devrais  enfants  du  Seignet
De  même,  par  Jlllas  Jiominum,  il  faut  entendre les  femmes  issues  de  Caïn ,  et  de  sa  race  aux  sen- timents tout  terrestres.  —  Accepermit...  uxores... Et  ils  furent  bientôt  entraînés  eux-mêmes  dans les  voies  mondaines  et  perverses  de  ces  femmes, ainsi  qu'il  est  arrivé  si  souvent  dopiiis.
3.  Dieu  se  venge  en  abrégeant  d'une  manière notable  la  vie  humaine.  —  Spiritus  meus.  Le souffle  vital  par  lequel  le  Créateur  avait  com- muniqué la  vie  à  Adam,  ii,  7.  —  Motif  du  châ- timent :  quia  caro  est;  «  chair  »  en  mauvaise part,  comme  dans  les  écrits  de  saint  Paul.  — Résultat  :  l'âge  normal  et  moyen  sera  notable- ment abaissé  (cent  a  m  viginti  annormn).  — D'après  une  autre  interprétation  beaucoup  moins probable,  le  divin  langage  respirerait,  au  con- traire, la  miséricorde  :  Mon  esprit  ne  jugera pas,  ne  condamnera  pas  trop  sévèrement  les hommes ,  à  cause  de  leur  grande  faiblesse  ;  ils  au- ront encore  cent  vingt  années  de  répit  avant  le déluge.
4.  Gigantes.  Hébr.  :  Jiann'filim  ;  littéral.  : «  ceux  qui  tombent  sur,  »  par  conséquent  des hommes  de  violence,  des  tyrans.  Ce  mot  ne  se retrouve  qu'au  passage  Num.  xni,  33,  où  il  dé- signe les  habitants  gigantesques  de  Chanaan; la  Vulgate  a  donc  bien  traduit.  —  Postqnam enim...  D'après  notre  version  latine,  ces  géants auraient  été  le  fruit  des  mariages  signalés  plus haut  ;  le  texte  hébreu  les  mentionne  indépendam- ment de  ces  unions  profanes.  Ils  existaient  donc auparavant  (a  sœculo,  depuis  longtemps),  mais ils  se  multiplièrent  encore.
2°  L'annonce  du  déluge,  vers.  5 -S.
5.  Description  énergique  des  flots  toujours montants  de  la  malice  humaine.  —  Cuncta  cogi- tatio  cordis...  L'hébreu  est  encore  plus  expres-
_sif  :  ((  Omne  figniontTun  cogitationum  coi'dis  duû- taxàt  jçsset  malum  omnibus  diebus.»
BRARY
)■]
Gen.  VI,  6-14.
41
hommes  qui  vivaient  sur  la  terre  était extrême,  et  que  toutes  les  pensées  de  leur cœur  étaient  en  tout  temps  appliquées  au mal,
6.  Il  se  repentit  d'avoir  fait  l'homme sur  la  terre.  Et  étant  touché  de  douleur jusqu'au  fond  du  cœur,
7.  Il  dit  :  J'exterminerai  de  dessus  la terre  l'homme  que  j'ai  créé;  j'exterminerai tout,  depuis  l'homme  jusqu'aux  animaux, depuis  ce  qui  rampe  sur  la  terre  jus- qu'aux oiseaux  du  ciel  :  car  je  me  repens de  les  avoir  faits.
8.  Mais  Noé  trouva  grâce  devant  le Seigneur.
9.  Voici  les  générations  de  Noé.  Noé fut  un  homme  juste  et  parfait  au  milieu des  hommes  de  son  temps  :  il  marcha avec  Dieu.
10.  Et  il  engendra  trois  fils ,  Sem ,  Cham et  Japheth.
11.  Or  la  terre  était  corrompue  devant Dieu,  et  remplie  d'iniquité.
12.  Dieu  voyant  donc  cette  corruption de  la  terre  (car  la  vie  que  tous  les  hommes y  menaient  était  toute  corrompue) ,
13.  Il  dit  à  Noé  :  J'ai  résolu  de  faire périr  tous  les  hommes.  Ils  ont  rempli toute  la  terre  d'iniquité,  et  je  les  exter- minerai avec  la  terre.
14.  Faites-vous  une  arche  de  pièces  de bois  aplanies.  Vous  y  ferez  de  petites chambres,  et  vous  l'enduirez  de  bitume au  dedans  et  au  dehors.
litia  hominum  essct  in  terra,  et  cuncta cogitatio  cordis  intenta  esset  ad  malum omni  tempore,
6.  Pœnituit  eum  quod  hominem  fecis- set  in  terra.  Et  tactus  dolore  cordis  in- trinsecus,
7.  Delebo ,  inquit ,  hominem ,  quem creavi,  a  facie  terrse,  ab  homine  usque ad  animantia,  a  reptili  usque  ad  volucres cœli  ;  pœnitet  enim  me  fecisse  eos.
8.  Noe  vero  invenit  gratiam  coram Domino.
9.  Hae  sunt  generationes  Noe  :  Noe vir  justus  atque  perfectus  fuit  in  gene- rationibus  suis,  cum  Deo  ambulavit.
10.  Et  genuit  très  filios,  Sem,  Cham et  Japheth.
11.  Corrupta  est  autem  terra  coram Deo,  et  repleta  est  iniquitate.
12.  Cumque  vidisset  Deus  terram  esse corruptam  (omnis  quippe  caro  corruperat viam  suam  super  terram),
13.  Dixit  ad  Noe  :  Finis  universae  car- nis  venit  coram  me  ;  repleta  est  terra iniquitate  a  facie  eorum,  et  ego  disper- dam  eos  cum  terra.
14.  Fac  tibi  arcam  de  lignis  levigatis  ; mansiunculas  in  arca  faciès ,  et  bitumine linies  intrinsecus  et  extrinsecus.
6  -7.  Dieu  ne  peut  supporter  davantage  une  ré- volte si  audacieuse,  et  il  décrète  la  ruine  des coupables.  Ses  sentiments  sont  admirablement  dé- crits au  vers.  6  C  remarquez  les  anthi'opomor- phismes  pœnituit,  tactus  dolore...)  ;  il  énonce  lui- même  son  décret  au  vers.  7.  Les  animaux  seront englobés  dans  le  malheur  de  l'homme ,  parce  qu'ils ont  été  créés  pour  lui.
8.  Koe  vero...  L'unique  exception  dans  la  sen- tence, parce  que  c'était  l'unique  exception  dans le  mal.  Bsl  éloge  de  Noé,  après  ce  qui  précède.
LIVRE    III Les  générations  de  Noé.  YI,  9  —  IX,  29.
L'histoire  de  Noé  est  au  fond  celle  du  déluge , qui  est  assez  longuement  racontée,  à  cause  de son  importance.
§  I.  —  Construction  de  l'arche.  VI,  6-22.
9-10.  —  D'abord  le  titre  du  livre  :  Hce  sunt generationes  Noe.  —  Puis  une  courte  esquisse  des qualités  morales  du  héros  :  Vir  justus...  Les mots  in  oeneratioriibus  suis  sont  un  hébraïsme équivalant  à  «  parmi  ses  contemporains  ».  —  On rappelle  enfin  les  noms  dos  trois  fils  de  Noé.
11.  A  la  vertu  de  Noé,  la  corruption  du  reste
des  hommes  est  encore  opposée.  —  Coram  Dca, hébraïsme  pour  dire  «  tout  à  fait  ».  —  Iniqui- tate, ou  plutôt  :  de  violence,  sans  doute  par  le  fait des  N'fllim,  vers.  4.
12.  Cumque  vidisset.  Répétition  extrêmement frappante  de  la  même  pensée.  —  Caro  désigne  les hommes,  comme  terra  au  vers.  11.  —  Corruperat viam...  est  une  belle  figure  :  au  lieu  de  tendre  à sa  fin  par  la  droite  voie,  l'humanité  s'était  com- plètement égarée.
13.  Dieu,  sur  le  point  d'exécuter  ses  plans  (ver- set 7  ),  daigne  les  communiquer  à  Noé ,  qu'il  veut sauver.  L'arrêt  en  général  (13),  l'ordre  de  cons- truire l'arche  (14-16),  le  mode  d'exécution  de l'arrêt  (15-17),  le  salut  de  Noé  (18)  et  d'un certain  nombre  d'animaux  (19-21)  :  telles  sont les  pensées  exprimées  tour  à  tour.  —  Finis...  vB' nit  coram  me,  c.-à-d.  :  j'ai  résolu  de  détruire tous  les  hommes.
14.  Forme  générale  de  l'arche.  —  Fac  tihi  ar- cam. En  dehors  de  l'histoire  du  déluge ,  l'expres- sion hébraïque  tébat  n'est  emploj^ée  qu'au  passage Ex.  n,  5,  où  elle  désigne  la  petite  nacelle  de  pa- pyrus dans  laquelle  Moïse  fut  exposé  sur  le  Nil. Les  détails  qui  suivent  montrent  que  l'arche  n'é- tait pas  un  vaisseau  proprement  dit,  muni  do
42
Gen.  VI,  15-22.
15.  Et  sic  faciès  eam  :  Trecentonim cubitorum  erit  longitudo  arcae ,  quinqua- ginta  culntorum  latitudo,  et  triginta  cu- bitorum altitude  illius.
16.  Fenestram  in  arca  faciès,  et  in cubito  consummabis  summitatem  ejus; ostium  autem  arcae  pones  ex  latere  ;  de- orsum,  cœnacula,  et  tristega  faciès  in ea.
17.  Ecce  ego  adducam  aquas  diluvii super  terram,  ut  interficiam  omnem  car- nem ,  in  qua  spiritus  vitse  est  subter  cœ- lum.  Universa  quœ  in  terra  sunt,  consu- mentur.
18.  Ponamque  f  œdus  meum  tecum  ;  et ingredieris  arcam  tu,  et  filii  tui,  uxor tua ,  et  uxores  filiorum  tuorum  tecum.
19.  Et  ex  cunctis  animantibus  uni- versse  carnis  bina  induces  in  arcam,  ut vivant  tecum  :  masculini  sexus  et  femi- nini.
20.  De  volucribus  juxta  genus  suum , et  de  jumentis  in  génère  suo,  et  ex  omni reptili  terres  secundum  genus  suum  : bina  de  omnibus  ingredientur  tecum,  ut possint  vivere.
21.  Toiles  igitur  tecum  ex  omnibus escis,  quse  mandi  possunt,  et  comporta- bis  apud  te  ;  et  erunt  tam  tibi ,  quam  illis in  cibum.
22.  Fecit  igitur  Noe  omnia  quge  prae- ceperat  illi  Deus.
15.  Voici  la  forme  que  vous  lui  donne- rez. Sa  longueur  sera  de  trois  cents  cou- dées ,  sa  largeur  de  cinquante ,  et  sa  hau- teur de  trente.
16.  Vous  ferez  à  l'arche  une  fenêtre. Le  comble  qui  la  couvrira  sera  haut  d'une coudée;  et  vous  mettrez  la  porte  de  l'arche au  côté  ;  vous  ferez  un  étage  tout  en  bas, un  au  milieu,  et  un  troisième.
17.  Je  m'en  vais  répandre  les  eaux  du déluge  sur  la  terre,  pour  faire  mourir  toute chair  qui  respire,  et  qui  est  vivante  sous le  ciel.  Tout  ce  qui  est  sur  la  terre  sera consumé.
18.  J'établirai  mon  alliance  avec  vous  ; et  vous  entrerez  dans  l'arche,  vous  et  vos fils ,  votre  femme ,  et  les  femmes  de  vos fils  avec  vous.
19.  Vous  ferez  aussi  entrer  dans  l'arche deux  de  chaque  espèce  de  tous  les  ani- maux, un  mâle  et  une  femelle,  afin  qu'ils vivent  avec  vous.
20.  De  chaque  espèce  des  oiseaux  vous en  prendrez  deux  ;  de  chaque  espèce  des animaux  terrestres,  deux  ;  de  chaque  es- pèce de  ce  qui  rampe  sur  la  terre ,  deux. Deux  de  toute  espèce  entreront  avec  vous dans  l'arche,  afin  qu'ils  puissent  vivre.
21.  Vous  prendrez  aussi  avec  vous  de tout  ce  qui  se  peut  manger,  et  vous  le porterez  dans  l'arche ,  pour  servir  à  votre nourriture  et  à  celle  de  tous  les  ani- maux.
22.  Noé  accomplit  donc  tout  ce  que Dieu  lui  avait  commandé.
mâts,  de  voiles,  d'avirons,  etc.;  c'était  plutôt  une énorme  caisse  flottante.  Cf.  Sap,  xrv,  5.  —  De lignis  levigatis.  Hébr.  :  de  bois  de  go/er ,  sorte d'arbre  résineux  dont  on  ne  saurait  au  juste  pré- ciser la  nature  (  Onkélos  :  le  cèdre  ;  plus  proba- blement, le  cyprès,  que  sa  solidité  et  sa  légèreté rendent  très  apte  à  la  construction  des  navires). —  Mansiunculas.  Hébr.  :  des  nids  ;  c-  à  -  d,  des compartiments  isolés,  pour  recevoir  les  diverses espèces  d'animaux. —  Et  bitumine  Unies...,  comme on  fait  pour  les  vaisseaux ,  afln  de  les  rendre  plus imperméables.
15.  Les  dimensions  de  l'arche.  —  La  coudée hébraïque  équivalant  à  peu  près  à  0'"  52 ,  la  lon- gueur de  l'arche  était  donc  de  156'",  fa  largeur de  26'",  sa  hauteur  de  16"',  en  chiffres  ronds  :  ce qui  donne  une  capacité  de  64  896  mètres  cubes, tspace  qui  suffisait  largement  pour  le  but  pro- posé, ainsi  qu'on  l'a  souvent  et  ingénieusement démontré.  Voyez,  dans  la  Bible  de  Vencc,  la  dis- sertation sur  l'arche  ùe  Noé.
16.  Quelques  autres  détails  sur  la  fabrication  de i'archc.—  1°  Fenestram.  En  liébr.:  .so/Ktr,  lumière. a  Lumen  faciès  arca?,  »  traduit  Onkélos;  «spéculas,  » d'après  le  syriaque.  C'est  donc  plutôt  un  système d'éclairage  qu'une  fenêtre  unique.  —  2°  L'arran-
gement du  toit  :  et  in  cubito..,  summitateyn  ejus (de  l'arche).  Ce  qui  signifle  que  l'inclinaison  du toit,  ou  son  élévation  au-dessus  du  sommet  de l'arche ,  ne  dépassait  pas  une  coudée  ;  il  était  donc presque  jilat.  —  S»  Ostium...  ex  latere:  une  seule porte,  située  h  l'un  des  côtés.  —  4"  Deorsum, cœnacula,  et  tristega.  Dans  l'hébr.  :  «  inferiora, secunda  et  tertia;  »  trois  étages  à  l'intérieur,
17.  L'exécution  du  divin  décret  aura  lieu  per aquas  diluvii  (mabbul,  le  nom  technique  du déluge  en  hébreu),  et  il  détruira  omnem  carnem... quce  in  terra.  Les  animaux  aquatiques  ne  seront pas  atteints.
18.  Double  exception  à  ce  décret  terrible  : quelques  hommes  (18),  lui  certain  nombre  d'ani* maux  terrestres  (19-20)  seront  sauvés.  —  i^cedîts meum.  C'est  pour  la  première  fois  que  nous  ren- controns cette  expression  célèbre  :  b'rit.
19-20.  Le  vers.  19  exprime  la  pensée  en  termes généraux  ;  le  20^  la  répète  avec  quelques  détails. —  Bina  est  complété  par  ma,sculin  i...  et  feminini.
21.  Ordre  l'clatif  aux  provisions  de  nourriture que  Noé  devra  entasser  dans  l'arche.
22.  Fecit  igitur  Noe  omnia...  Plein  de  foi  et d'obéissance,  comme  l'expose  l'épître  aux  Hébr., XI,  7.  Les  autres  hommes  continuaient,  pendant
Gen.  VII,  1-9.
CHAPITRE  VII
1.  Le  Seigneur  dit  ensuite  à  Noé  :  En- trez dans  l'arche,  vous  et  toute  votre  mai- son ;  parce  qu'entre  tous  ceux  qui  vivent aujourd'hui  sur  la  terre  j'ai  reconnu  que vous  étiez  juste  devant  moi.
2.  Prenez  sept  par  sept  de  tous  les  ani- maux purs,  le  mâle  et  sa  femelle,  et  un couple  d'animaux  impurs,  un  mâle  et une  femelle.
3.  Prenez  aussi  sept  par  sept  des  oi- seaux du  ciel,  un  mâle  et  sa  femelle  ;  afin d'en  conserver  la  race  sur  la  face  de  toute la  terre.
4.  Car  je  n'attendrai  plus  que  sept jours,  et  après  cela  je  ferai  pleuvoir  sur la  terre  quarante  jours  et  quarante  nuits, et  j'exterminerai  de  dessus  la  terre  toutes les  créatures  que  j'ai  faites.
5.  Noé  fit  donc  tout  ce  que  le  Seigneur lui  avait  commandé.
6.  Il  avait  six  cents  ans  lorsque  les  eaux du  déluge  inondèrent  toute  la  terre.
7.  Noé  entra  dans  l'arche,  et  avec  lui ses  fils ,  sa  femme ,  et  les  femmes  de  ses fils ,  pour  se  sauver  des  eaux  du  déluge.
8.  Les  animaux  purs  et  impurs ,  et  les oiseaux  avec  tout  ce  qui  se  meut  sur  la terre ,
9.  Entrèrent  aussi  dans  l'arche  avec
1.  Dixitque  Dominus  ad  eum  :  Ingre- dere  tu ,  et  omnis  domus  tua ,  in  arcam  : te  enim  vidi  justum  coram  me  in  gene- ratione  hac.
2.  Ex  omnibus  animantibus  mundis toile  septena  et  septena,  masculum  et feminam  ;  de  animantibus  vero  immun- dis  duo  et  duo,  masculum  et  feminam.
3.  Sed  et  de  volatilibus  caeli  septena et  septena ,  masculum  et  feminam ,  ut salvetur  semen  super  faciem  universaî terrse.
4.  Adhuc  enim,  et  post  dies  septem ego  pluam  super  terram  quadraginta diebus  et  quadraginta  noctibus,  et  delebo omnem  substantiam,  quam  feci,  de  su- perficie terrae.
5.  Fecit  ergo  Noe  omnia  quse  manda- verat  ei  Dominus.
6.  Eratque  sexcentorum  annorum quando  diluvii  aquse  inundaverunt  super terram.
7.  Et  ingressus  est  Noe  et  filii  ejus, uxor  ejus  et  uxores  filiorum  ejus  cum  eo, in  arcam  propter  aquas  diluvii.
8.  De  animantibus  quoque  mundis  et immundis,  et  de  volucribus,  et  ex  omni quod  movetur  super  terram ,
9.  Duo  et  duo  ingressa  sunt  ad  Noe  in
ce  temps,  leur  vie  d'impiété  ou  d'indifférence  sen- suelle. Cf.  Matth.  XXIV,  37  et  ss.
§  II.  —  Le  déluge.  YII,  1  —  YIII,  19.
Le  récit  est  de  nouveau  remarquable  par  son mélange  de  simplicité  et  de  majesté.  Çà  et  là quelques  expressions  poétiques  ;  partout  des  ré- pétitions extraordinaires,  d'un  effet  très  frappant, car  elles  insistent  sur  les  circonstances  princi- pales ;  progrès  perpétuel  dans  la  description.  Les dates  ont  été  notées  avec  une  remarquable  exac- titude, comme  dans  un  journal  de  bord.
lo  Le  commencement  du  déluge.  VIT,  1-16.
Les  vers.  1-6  racontent  les  derniers  préparatifs de  Noé  ;  7-16,  l'entrée  dans  l'arche  et  le  début  du cataclysme.
Cpiap.  VIL  —  1.  Dixitque  Dominus...  Cent ans  s'étaient  écoulés  depuis  les  faits  relatés  plus haut.  Cf.  V,  31  et  vil,  6.  En  prescrivant  à  Noé d'entrer  dans  l'arche  avec  sa  famille,  Dieu  lui indique  pourquoi  il  l'a  choisi  entre  tous  pour  le sauver  :  te  enim...
2-3.  L'ordre  relatif  à  la  conservation  des  ani- maux est  ici  complété. —  De  animantihus  mvndi.'? septena...  C.-à-d.  sept  couples,  suivant  quelques
interprètes  ;  seulement  trois  couples  et  un  animal impair,  d'après  l'opinion  la  plus  probable.  La  for- mule analogue  duo  et  duo,  qui  vient  aussitôt  après, ne  désigne,  en  effet,  qu'un  couple.  Le  partage  des animaux  en  purs  et  en  impurs  existait  donc  avant le  déluge.  Moïse  reviendra  plus  longuement  sur ce  sujet  aux  livres  du  Lévitiq. ,  xi,  et  du  Deu- téron.,  XIV.  —  De  volatilibus  :  le  texte  samaritain ajoute  «  mundis  »  ;  les  oiseaux  impurs  ne  furent également  représentés  que  par  une  paire  unique. —  Il  impoi'tait,  en  vue  soit  des  sacrifices  à  offrir au  Seigneur,  soit  de  la  nourriture  des  hommes ,  que les  animaux  purs  se  reproduisissent  plus  promp- tement  ;  c'est  pour  cela  qu'une  quantité  plus  no- table est  préservée.
4.  Grande  énergie  dans  ces  dernières  paroles prononcées  par  Dieu  avant  le  déluge.  Remarquez surtout  le  deleho  omnem sul)stantiam...'Par  y'qum il  faut  entendre  les  hommes  et  les  animaux  (lit- téral. :  ce  qui  se  tient  debout  ).
5-7.  Entrée  de  Noé  dans  l'arche  avec  sa  fa- mille :  «  octo  animae ,  »  dira  saint  Pierre,  I  Petr. III,  20.  —  Propter  aquas.  D'après  l'hébr.;  de  de- vant les  eaux.
8-9.  Les  animaux  entrent  à  leur  tour.  Il  fut
44
Gen.  y II,  10-18.
arcam,  masculus  et  femina,  siciit  prœ- ceperat  Dominus  Noe.
10.  Cumque  transissent  septem  dies, aqure  diluvii  inundaverunt  super  terram.
11.  Anno  sexcentesimo  vitaî  Noe,  men- se  secundo,  septimodecimo  die  mensis, rupti  sunt  omnes  fontes  abyssi  magnœ, et  cataractœ  oœli  apertœ  sunt  ;
12.  Et  facta  est  plu  via  super  teiTam quadraginta  diebus  et  quadraginta  no- ctibus.
13.  In  articulo  diei  illius  ingressus  est Noe,  et  Sem,  et  Cham,  et  Japheth,  filii ejus,  nxor  illius,  et  très  uxores  filiorum ejus  cum  eis,  in  arcam;
14.  Ipsi  et  omne  animal  secundum genus  suum ,  universaque  jumenta  in génère  suo,  et  omne  quod  movetur  super terram  in  génère  suo,  cunctumque  vola- tile secundum  genus  suum,  universse aves,  omnesque  volucres
15.  Tngressae  sunt  ad  Noe  in  arcam, bina  et  bina  ex  omni  carne ,  in  qua  erat spiritus  vitse.
16.  Et  quse  ingressa  sunt,  masculus  et femina  ex  omni  carne  introierunt,  sicut prfGceperat  ei  Deus  ;  et  inclusit  eum  Do- minus de  foris.
17.  Factumque  est  diluvium  quadra- ginta diebus  super  terram;  et  multi- plicatœ  sunt  aquse,  et  éleva verunt  arcam in  sublime  a  terra.
18.  Veliementer  enim  inundaverunt, et  omnia  repleverunt  in  superficie  terrse  ; porro  arca  ferebatur  super  aquas.
Noé ,  deux  à  deux ,  mâle  et  femelle ,  selon que  le    Seigneur  l'avait    commandé    à
Noé.
10.  Après  donc  que  les  sept  jours  fu- rent passés,  les  eaux  du  déluge  se  répan- dirent sur  la  terre,
11.  L'année  six  cent  de  la  vie  de  Noé, ledix-septième  jour  du  second  mois ,  toutes les  sources  du  grand  abîme  des  eaux  fu- rent rompues,  et  les  cataractes  du  ciel furent  ouvertes  ;
12.  Et  la  pluie  tomba  sur  la  terre  pen- dant quarante  jours  et  quarante  nuits.
13.  Aussitôt  que  ce  jour  parut,  Noé entra  dans  l'arche  avec  ses  fils,  Sem, Cham  et  Japheth ,  sa  femme ,  et  les  trois femmes  de  ses  fils.
14.  Tous  les  animaux  sauvages  selon leur  espèce  y  entrèrent  aussi  avec  eux, tous  les  animaux  domestiques  selon  leur espèce;  tout  ce  qui  se  meut  sur  la  terre selon  son  espèce  ;  tout  ce  qui  vole  chacun selon  son  espèce  ;  tous  les  oiseaux  et  tout ce  qui  s'élève  dans  l'air  ;
15.  Tous  ces  animaux  entrèrent  avec Noé  dans  l'arche  deux  à  deux,  mâle  et femelle  de  toute  chair  vivante  et  animée.
16.  Ceux  qui  y  entrèrent  étaient  donc mâles  et  femelles  et  de  toute  espèce ,  selon que  Dieu  l'avait  commandé  à  Noé  ;  et  le Seigneur  l'y  enferma  par  dehors.
17.  Le  déluge  se  répandit  sur  la  terre pendant  quarante  jours,  et  les  eaux,  s'é- tant  accrues,  élevèrent  l'arche  en  haut au-dessus  de  la  terre.
18.  Elles  inondèrent  tout,  et  couvrirent toute  la  surface  de  la  terre  ;  mais  l'arche était  portée  sur  les  eaux.
aisé  à  Noé  d'en  réunir  un  certain  nombre;  les autres  se  préscntèi-ent  d'eux-mêmes,  guidés  par un  instinct  providentiel.
10-12.  Après  une  courte  pause,  septem  dies, qui  dut  être  pleine  d'émotions  pour  Noé  et  pour les  siens,  tout  à  coup  aqiix  inundaverunt.  — La  date  solennelle  et  le  mode  terrible  de  ce  ca- tach'smc  sont  successivement  indiqués.  1°  C'était la  COO»  année  de  Noé,  le  17  du  second  mois.  Les Juifs  distinguèrent  plus  tard  l'année  civile,  qui commençait  en  automne ,  et  l'année  ecclésiastique, dont  le  début  avait  lieu  au  printemps.  Si,  comme on  l'admet  assez  généralement.  Moïse  désigne  ici l'année  civile,  le  déluge  aura  éclaté  vers  la  rai- novembre,  ce  qui  coïncide  avec  la  saison  des  pluies en  Orient.  2»  La  terre  fut  Inondée  de  toutes  parts en  même  temps  :  les  sources  souterraines  (omnes fontes)  qui  alimentent  les  mers  (abi/ssi  magi/œ) débordèrent  toutes  ensemble  ;  le  ciel  donna  aussi toutes  ses  eau.x  (cataractcc;  dans  l'hébr.  :  les  fe- nêtres; notez  la  force  et  la  beauté  des  expres-
sions). Ce  second  trait  est  développé  au  vers.  12  : et  facta  e^t  plnvia...  Gé5em  marque  habituelle- ment une  pluie  violente. —  Quadraginta  diebus..., sans  interruption.  Les  inondations  qui  portent  de temps  à  autre  le  ravage  dans  nos  contrées  après vingt -quatre  ou  quarante -huit  heures  de  pluie nous  donnent  une  légère  idée  de  ce  que  dut  être ce  déluge.  Les  quarante  jours  font  vraisembla- blement partie  des  cent  cinquante  mentionnés plus  loin,  vers.  24.
13-16.  On  revient  sur  l'entrée  de  Noé,  de  sa famille  et  des  animaux  dans  l'arche,  pour  faire ressortir  la  grandeur  du  salut  que  Dieu  leur  ac- corda si  gracieusement,  tandis  que  tout  le  reste allait  périr.  —  Détail  tout  à  la  fois  pittoresque  et touchant  pour  conclure  :  inclusit  eum  Dominus de  foris,  de  manière  ù  fermer  tout  accès  et  aux eaux  et  aux  hommes.
2°  Les  progrès  du  déluge.  VII,  17-24.
17-23.  Tableau  vivant  et  saisissant.  Ici  encore les  redites  mettent  en  relief  les  principaux  faits  :
Gen.  VII,  19  —  VIII,  2.
45
19.  Et  les  eaux  crCivent  et  grossirent prodigieusement  au-dessus  de  la  terre, et toutes  les  plus  hautes  montagnes  qui  sont sous  le  ciel  entier  furent  couvertes.
20.  L'eau  dépassa  encore  de  quinze coudées  le  sommet  des  montagnes  qu'elle avait  couvertes.
21.  Toute  chair  qui  se  meut  sur  la  terre en  fut  consumée,  tous  les  oiseaux,  tous les  animaux,  toutes  les  bêtes,  et  tout  ce qui  rampe  sur  la  terre  :
22.  Tous  les  hommes  moururent ,  et  gé- néralement tout  ce  qui  a  vie  et  qui  res- pire sous  le  ciel.
23.  Toutes  les  créatures  qui  étaient  sur la  terre,  depuis  l'homme  jusqu'aux  bêtes, tant  celles  qui  rampent  que  celles  qui volent  dans  l'air,  tout  périt  :  il  ne  de- meura que  Noé  seul,  et  ceux  qui  étaient avec  lui  dans  l'arche.
24.  Et  les  eaux  couvrirent  toute  la  terre pendant  cent  cinquante  jours.
19.  Et  aquro  prœvaluerunt  nimis  super terram,  opertique  sunt  omnes  montes excelsi  sub  universo  cœlo.
20.  Quindecim  cubitis  altior  fuit  aqua super  montes,  quos  operaerat.
21.  Consumptaque  est  omnis  caro  qure movebatur  super  terram ,  volucrum ,  ani- mantium,  bestiarum,  omniumque  repti- lium ,  quœ  reptant  super  terram  ;  universi homines,
22.  Et  cuncta,  in  quibus  spiraculum vitœ  est  in  terra ,  mortua  sunt.
23.  Et  delevit  omnem  substantiam, qu93  erat  super  terram,  ab  homine  usque ad  pecus,  tam  reptile  quam  volucres  cseli, et  deleta  sunt  de  terra;  remansit  autem soins  Noe ,  et  qui  cum  eo  erant  in  arca.
24.  Obtinueruntque  aquœ  terram  cen- tum  quinquaginta  diebus.
CHAPITRE  VIII
1.  Mais  Dieu  s'étant  souvenu  de  Noé, de  toutes  les  bêtes  sauvages  et  de  tous les  animaux  domestiques  qui  étaient  avec lui  dans  l'arche,  fit  souffler  an  vent  sur  la terre,  et  les  eaux  commencèrent  à  dimi- nuer.
2.  Les  sources  de  l'abîme  furent  fer- mées, aussi  bien  que  les  cataractes  du ciel,  et  les  pluies  qui  tombaient  du  ciel furent  arrêtées  :
1.  Recordatus  autem  Deus  Noe,  cun- ctorumque  animantium,  et  omnium  ju- mentorum,  quse  erant  cum  eo  in  arca, adduxit  spiritum  super  terram,  et  im-' minutœ  sunt  aquae.
2.  Et  clausi  sunt  fontes  abyssi,  et cataractae  cœli ,  et  prohibitœ  sunt  pluviss de  cœlo.
les  eaiix  montent,  montent  toujours  (17-20);  la vie,  au  contraire,  s'éteint  et  disparaît  peu  à  peu (21-23).  Deux  points  seulement  ont  besoin  d'être, relevés.  !<>  Aux  vers.  19  et  20,  l'universalité  du déluge  est  décrite  en  termes  très  forts  et  très nets  :  operti  sunt  omncs  montes...,  et,  détail  si précis,  quindecim  cubitis  (environ  S"»)  altior fuit  aqua.  Les  meilleurs  exégètes  catholiques  sont toutefois  d'accord  aujourd'hui,  pour  dire  qu'il  n'est pas  nécessaire  d'entendre  ces  expressions  d'une manière  absolue,  comme  si  elles  signifiaient  que l'Himalaya  lui -môme  et  les  pics  les  plus  élevés des  Cordillères  furent  totalement  recouverts  par les  eaux.  D'autres  passages  du  Pentateuque,  tels que  G-en.  xli,  54  et  ss.,  Deut.  n,  25,  etc.,  mon- trent qu'on  peut,  sans  s'écarter  de  la  vérité,  les restreindi-e  à  l'ensemble  de  la  région  habitée  par l'humanité  primitive,  c. -à-d.  au  massif  dont l'Ararat  est  le  centre.  Là,  du  moins,  toutes  les montagnes  avaient  disparu  sous  les  eaux.  Voyez le  Man.  hibl.,  I,  n.  323;  Lambert,  le  Déluge  mo- saïque, pp.  370-387  de  la  2«  édit.;  Eeusch,  la
Bible  et  m  nature,  pp.  3G3-412  de  la  trad.  franc.— 2°  Quant  aux  mots  universi  homines  du  vers.  21, ils  doivent  être  pris  strictement  à  la  lettre,  car le  récit  a  montré  que  le  déluge  avait  pour  but principal  de  détruire  tous  les  hommes,  à  part  la famille  de  Noé  ;  créer  des  exceptions  pour  les nègres  ou  d'autres  races,  comme  l'ont  fait  de nos  jours  quelques  interprètes  même  catholiques , serait  aller  contre  l'intention  directe  et  évidente de  la  narration.  Ces  concessions  au  rationalisme ne  sont  pas  sans  danger.
24.  Durée  totale  de  la  croissance  et  de  l'état stationnaire  des  eaux  du  déluge.
30  La  décroissance  et  la  fin  du  déluge.  YIII, 1-19.
Pour  la  grandeur,  la  beauté,  le  pittoresque, cette  nouvelle  description  ne  le  cède  en  rien  aux précédentes.
Chap.  VIII.  —  1-2.  Recordatus...  Deus.  Bel anthropomorphisme,  qui  rappelle  vi,  6  et  7.  Dieu n'avait  pas  oublié  Noé ,  car  sa  grâce  veillait  sur l'arche  durant  la  terrible  exécution  de  ses  tcn-
46
Gen.  VIII,  3
12.
3.  Eeversœque  sunt  aqiiae  de  terra euntes  et  redeuntes  ;  et  cœperunt  minui post  centum  quinquaginta  dies.
4.  Requievitque  arca  mense  septimo, vigesimo  septimo  die  mensis,  super  mon- tes Armenite.
5.  At  vero  aquse  ibant  et  decrescebant usque  ad  decimum  mensem  ;  decimo  enim mense,  prima  die  mensis,  apparuerunt cacumina  montium.
6.  Ciiraque  transissent  quadraginta dies ,  apericns  Noe  f enestram  arcse ,  quam fecerat,  dimisit  corvum  ;
7.  Qui  egrediebatur,  et  non  reverteba- tur,  donec  siccarentur  aquae  super  ter- ram.
8.  Emisit  quoque  columbam  post  eum, ut  videret  si  jam  cessassent  aquae  super faciem  terrse.
9.  Quse  cum  non  invenisset  ubi  requie- sceret  pes  ejus,  reversa  est  ad  eum  in arcam  ;  aquse  enim  erant  super  univer- sam  terram;  extenditque  manum,  et apprehensam  intulit  in  arcam.
10.  Expectatis  autem  ultra  septem diebus  aliis,  rursum  dimisit  columbam ex  arca.
11.  At  illa  A^enit  ad  eum  ad  vesperam, portans  ramum  olivœ  virentibus  foliis  in ore  suo.  Intellexit  ergo  Noe  quod  cessas- sent aquse  super  terram.
12.  Expectavitque  nihilominus  septem alios  dies;  et,  emisit  columbam,  quae non  est  reversa  ultra  ad  eum.
3.  Les  eaux  se  retirèrent  de  dessus  la terre,  s'en  allant  et  s'éloignant,  et  elles commencèrent  à  diminuer  après  cent  cin- quante jours.
4.  Et  le  vingt-septième  jour  du  septième mois ,  l'arche  se  reposa  sur  les  montagnes d'Arménie.
5.  Cependant  les  eaux  allaient  toujours en  diminuant  jusqu'au  dixième  mois,  au premier  jour  duquel  le  sommet  des  mon- tagnes commença  à  paraître.
6.  Quarante  jours  s'étant  encore  passés, Noé  ouvrit  la  fenêtre  qu'il  avait  faite dans  l'arche,  et  laissa  aller  un  corbeau,
7.  Qui  étant  sorti  ne  revint  plus,  jus- qu'à ce  que  les  eaux  de  la  terre  fussent  sé- chées,
8.  Il  envo3''a  aussi  une  colombe  après le  corbeau ,  pour  voir  si  les  eaux  avaient cessé  de  couvrir  la  terre.
9.  Mais  la  colombe  n'aj^ant  pu  trouver où  mettre  le  pied,  parce  que  la  terre  était toute  couverte  d'eaux,  elle  revint  à  lui; et  Noé,  étendant  la  main,  la  prit  et  la  remit dans  l'arche.
10.  Il  attendit  encore  sept  autres  jours, et  il  envoya  de  nouveau  la  colombe  hors de  l'arche.
11.  Elle  revint  à  lui  sur  le  soir,  portant dans  son  bec  un  rameau  d'olivier,  dont les  feuilles  étaient  toutes  vertes.  Noé  re- connut donc  que  les  eaux  s'étaient  reti- rées de  dessus  la  terre.
12.  Il  attendit  néanmoins  encore  sept jours;  et  il  envoya  la  colombe,  qui  ne  re- vint plus  à  lui.
gcanccs  ;  mais  il  montre  par  des  faits  qu'il  se souA'ient.  —  El  omnium  jumentorum  est  un  de ces  traits  touchants  qui  abondent  dans  la  Bible. —  Le  Seigneur  pi-end  aussitôt  des  mesures  pour mettre  fin  au  déluge.  La  première  est  positive  : adduxit  spiritum... ;  un  vent  chaud  et  intense, pour  dissiper  les  nuages  et  faire  évaporer  les eaux.  —  Deux  autres  mesures,  négatives,  sont décrites  au  vers.  2  :  c'est  l'opposé  de  vu,  11.
'6-5.  Description  dramatique  de  la  décroissance du  déluge.  —  1°  Le  fait  généi-al.  Reversai  sunt... euntes  et  redeuntes  (  JialôJc  vasôb);  ibant  et  de- crescebant (hayu  halôk  vahasôr  ).  —  2°  Les  di- vers degrés  de  la  décroissance  des  eaux.  Pi-emier degré  :  cœperunt  minui;  second  degré  :  requievit arca;  troisième  degré  :  apparuerunt  cacumina... Au  lieu  de  montes  Armenim ,  l'hébreu  porte a  montes  'Ararat  »,  ce  qui  revient  au  même  ; car  le  massif  des  monts  Ararat,  avec  ses  deux sommets  princii)aux,  le  grand  et  le  petit  Ararat, est  situé  au  cœur  de  l'Arménie.  —  a»  Les  dates principales ,  correspondant  à  chacun  des  trois  de- grés -.post  centum  quinquaginta  dies  (Cf.  vu,  24); mense  septimo,  vigesimo  septimo  die  (d'après
l'hébreu,  le  dix -septième  jour);  decimo  mense, prima  die.
6-7.  D'ici  au  vers.  12,  récit  délicat  et  plas- tique. Noé  envoie  tour  à  tour  deux  messagers ailés,  pour  apprendre  quel  était  l'état  de  la  terre et  des  eaux.  Le  corbeau  d'abord,  dont  la  con- duite est  décrite  d'une  manière  si  vivante  par  les imparfaits  de  la  Vulgatc,  egrediebatur  et  non revertebatur,  et  mieux  encore  par  la  phrase  hé- braïque :  a  exiit  egredicndo  et  ingrediendo.  » C.-à-d.  qu'il  demeura  hors  de  l'arche,  volant  çà , et  là  sans  demeure  fixe,  se  reposant  sur  les  ca- davres flottants  qui  lui  servaient  de  nourriture, ou  sur  les  sommets  que  les  eaux  avaient  quittés.
8-12.  La  colombe  fut  plus  fidèle.  Elle  conve- nait d'ailleurs  très  bien  pour  ce  rôle ,  car  elle  se nourrit  de  graines  et  elle  craint  l'humidité.  Elle fut  envoyée  trois  fois  de  suite,  h  sept  jours  d'in- tervalle. 1°  Vers.  8  et  9.  Notez  les  traits  si  pit- toresques du  vers.  9  :  ubi  requiesceret... ,  exten- ditque manum...  2°  Vers.  10  et  11.  C'était  bon signe  qu'elle  revînt  seulement  ad  vesperam  ; meilleur  signe  encore  qu'elle  rapportât  une  petite branche,  ou  une  simple  feuille,  qu'elle  avait  arra-
Gen.  VIII,  13-21.
47
13.  L'an  Rixccntuii,aii  premier  jour  du premier  mois,  les  eaux  qui  étaient  sur  la terre  se  retirèrent  entièrement.  Et  Noé, ouvrant  le  toit  de  l'arche ,  et  regardant  de là,  vit  que  la  surface  de  la  terre  s'était séchée.
14.  Le  vingt -septième  jour  du  second mois ,  la  terre  fut  toute  sèche.
15.  Alors  Dieu  parla  à  Noé,  et  lui  dit  :
16.  Sortez  de  l'arche,  vous  et  votre femme ,  vos  fils  et  les  femmes  de  vos fils.
17.  Faites-en  sortir  aussi  tous  les  ani- maux qui  y  sont  avec  vous,  de  toutes sortes  d'espèces,  tant  des  oiseaux  que  des bêtes,  et  de  tout  ce  qui  rampe  sur  la  terre; et  entrez  sur  la  terre  :  croissez -y,  et  vous y  multipliez.
18.  Noé  sortit  donc  avec  ses  fils,  sa femme,  et  les  femmes  de  ses  fils.
19.  Toutes  les  bêtes  sauvages  sortirent aussi  de  l'arche ,  et  les  animaux  domesti- ques, et  tout  ce  qui  rampe  sur  la  terre, chacun  selon  son  espèce.
20.  Or  Noé  dressa  un  autel  au  Seigneur; et  prenant  de  tous  les  animaux  et  de  tous les  oiseaux  purs,  il  les  offrit  en  holocauste sur  cet  autel.
21  Le  Seigneur  en  reçut  une  odeur  qui lui  fut  très  agréable,  et  il  dit  :  Je  ne  ré- pandrai plus  ma  malédiction  sur  la  terre à  cause  des  hommes  ;  parce  que  l'esprit  de l'homme   et  toutes  les   pensées  de   son
13.  Igitur  sexcentesimo  primo  anno, primo  mense,  prima  die  mensis,  immi- nutge  sunt  aquae  super  terram;  et  ape- riens  Noe  tectum  arcse ,  aspexit ,  viditque quod  exsiccata  esset  superficies  terrse.
14.  Mense  secundo,  septimo  et  vige- simo  die  mensis ,  arefacta  est  terra.
15.  Locutus  est  autem  Deus  ad  Noe, dicens  :
16.  Egredere  de  arca,  tu  et  uxor  tua, filii  tui  et  uxores  filiorum  tuorum  tecum.
17.  Cuncta  animantia  quse  sunt  apud te,  ex  omni  carne,  tam  in  volatilibus  quam in  bestiis  et  universis  reptilibus  quse  re- ptant  super  terram,  educ  tecum,  et  in- gredimini  super  terram  :  crescite  et  mul- tiplicamini  super  eam.
18.  Egressus  est  ergoNoe,  et  filii  ejus, uxor  illius,  et  uxores  filiorum  ejus,  cum eo.
19.  Sed  et  omnia  animantia,  jumenta, et  reptilia  quse  reptant  super  terram, secundum  genus  suum,  egressa  sunt  de arca.
20.  ^dificavit  autem  Noe  altare  Do- mino ;  et  tollens  de  cunctis  pecoribus  et volucribus  mundis,  obtulit  holocausta super  altare.
21.  Odoratusque  est  Dominus  odorem suavitatis ,  et  ait  :  Nequaquam  ultra  ma- ledicam  terras  propter  homines  ;  sensus enim  et  cogitatio  humani  cordis  in  ma- lum  prona  sunt  ab  adolescentia  sua  ;  non
chée  (d'après  l'hébreu)  à  un  olivier.  Noé  eu  con- clut à  bon  droit  que  les  eaux  s'étaient  tout  à fait  retirées  ;  car  évidemment  le  rameau  n'avait pas  été  cueilli  sous  elles.  S»  Vers.  12.  Le  troisième envoi,  plus  décisif  encore.
13-14.  Nouvelles  dates ,  pour  déterminer  la  fin du  déluge,  et  par  suite  sa  durée  entière,  qui  fut d'un  peu  plus  d'un  an.  Comparez  vu,  12,  17, 24;  vni,  3,  4,  6,  6,  7,  10,  12,  13  et  14.
15-19.  Sortie  de  l'arche. —  Noé  était  entré  dans l'arche  sur  un  ordre  spécial  du  Seigneur  ;  c'est aussi  sur  un  ordre  spécial  qu'il  en  sort.  Les vers.  15-17  contiennent  le  commandement  divin, les  deux  suivants  racontent  sou  exécution.
Le  souvenir  du  déluge,  comme  celui  de  la création ,  s'est  conservé  chez  tous  les  peuples ,  et les  ressemblances  étonnantes  qui  se  retrouvent dans  les  divers  récits  supposent  de  nouveau  une base  commune,  authentique,  qui  n'est  autre  que celle  'lur  laquelle  s'appuie  la  narration  de  Moïse lui-même.  Voy.  V Atlas  archéol.  de  la  Bible,  pi.  cv, fig.  2,  et  pi.  ex,  flg.  1.  La  plus  remarquable  des traditions  païennes  est  contenue  dans  le  célèbre poème  assyrien  d'Izdubar,  découvert  en  1872.  Voy. F.  Vigoui'oux,  la  Bible  et  les  découvertes  mo-
dernes ,  I ,  pp.  263  et  ss.  —  Pour  la  solution  des principales  objections  contemporaines  relatives  au déluge,  voy.  le  Man.  hibl.,  I,  nn.  324-325.
§  III.  —  Noé  après  le  déluge.  VIII,  20  —  IX,  29.
1°  Le  sacrifice  de  Noé.  VIII,  20-22.
20.  ^dijlcavU...  altare.  Ce  fut  son  premier acte  au  sortir  de  l'arche.  C'est  aussi  le  premier autel  mentionné  dans  la  Bible  :  le  nom  hébreu, mizbéah ,  signifie  «  ce  sur  quoi  on  immole  ». — De...  pecoribas...  mundis:  déjà  les  animaux  im- purs  étaient  exclus  des  sacrifices.  —  Holocausta. Dans  l'hébr.  :  'olah ,  ce  qui  monte  ;  l'expression latine,  calquée  sur  le  grec  des  LXX,  indique  la nature  spéciale  de  cette  offrande  :  la  victime  en- tièi-e  était  consumée  en  l'honneur  de  Dieu,  tan- dis que ,  dans  les  autres  espèces  de  sacrifices , une  partie  était  réservée  aux  prêtres  ou  aux  do- nataires.
21-22.  Résultat  produit  sur  le  cœur  de  Dieu par  l'holocauste  de  Noé.  —  Ce  fut  d'abord  un  vif sentiment  de  complaisance  :  odoratusque  est... (nouvel  anthropomorphisme  très  énergique)  ;  puis la  résolution  de  ne  plus  châtier  le  monde  par  un cataclysme  analogue  à  celui  qui  venait  d'avoir
48
Gen.  VIII,  22  —  IX,  7.
igitur  ultra  percutiam  omnem  animam viventem,  sicut  feci.
22.  Cunctis  diebus  terras,  sementis  et messis,  frigus  et  œstiis,  sestas  et  hiems, nox  et  dics,  non  requiesceut.
cœur  sont  portées  au  mal  dès  sa  jeunesse. Je  ne  fi*apperai  donc  plus,  comme  j'ai fait,  tout  ce  qui  est  vivant  et  animé.
22.  Tant  que  lu  terre  durera,  la  semence et  la  moisson,  le  froid  et  le  chaud,  l'été et  l'hiver,  la  nuit  et  le  jour  ne  cesseront point  de  s'entresuivre.
CHAPITRE  IX
1.  Benedixitque  Deus  Noe  etfiliis  ejus. Et  dixit  ad  eos  :  Crescite,  et  multiplica- mini,  et  replète  terram.
2.  Et  terror  vester  ac  tremor  sit  super cuncta  animalia  terras  ;  et  super  omnes volucres  cœli,  cum  universis  quae  mo- ventur  super  terram  ;  omnes  pisces  maris manui  vestrae  traditi  sunt.
'à.  Et  omne  quod  movetur  et  vivit,  erit vobis  in  cibum,  quasi  olera  virentia  tra- didi  vobis  omnia;
4.  Excepto,  quod  carnem  cum  san- guine non  comedetis.
6.  Sanguinem  enim  animarum  vestra- rum  requiram  de  manu  cunctarum  be- stiarum;  et  de  manu  hominis,  de  manu viri  et  fi-atris  ejus,  requiram  animam hominis.
6.  Quicumque  efEuderit  humanum  san- guinem, fundetur  sanguis  illius  ;  ad  ima- gmem  quippe  Dei  factus  est  homo.
7.  Vos  autem  crescite  et  multiplica- mini,  et  ingredimini  super  terram,  et impiété  eam.
1.  x\lors  Dieu  bénit  Noé  et  ses  enfants, et  il  leur  dit  :  Croissez  et  multipliez-vous , et  remplissez  la  terre.
2.  Que  tous  les  animaux  de  la  terre  et tous  les  oiseaux  du  ciel  soient  frappés  de terreur  et  tremblent  devant  vous,  avec tout  ce  qui  se  meut  sur  la,  terre.  J'ai  mis entre  vos  mains  tous  les  poissons  de  la mer.
3.  Nourrissez-vous  de  tout  ce  qui  a  vie et  mouvement  :  je  vous  ai  abandonné toutes  ces  choses ,  comme  les  légumes  et les  herbes  de  la  campagne.
4.  J'excepte  seulement  la  chair  mêlée avec  le  sang,  dont  je  vous  défends  de manger.
5.  Car  je  vengerai  votre  sang  de  toutes les  bêtes  qui  l'auront  répandu,  et  je  ven- gerai la  vie  de  l'homme,  de  la  main  de l'homme,  et  de  la  main  de  son  fi'ère.
6.  Quiconque  aura  répandu  le  sang  de l'homme ,  sera  puni  par  l'effusion  de  son propre  sang  :  car  l'homme  a  été  créé  à l'image  de  Dieu.
7.  Croissez  donc,  vous  autres,  et  mul- tipliez-vous, entrez  sur  la  terre  et  rem- plissez-la.
lieu  :  nequaquam  ultra...  —  Sensns  enim...  C'est cependant  pour  ce  même  motif  (vi ,  5  -  7 ,  12)  que Dieu  avait  lancé  sur  la  terre  les  eaux  vengeresses du  déluge.  Dans  la  corruption  innée  de  tous  les êtres  humains,  il  daigne  trouver  désormais  unt base  pour  sa  compassion  et  sa  bonté ,  une  raison suffisante  de  transformer  sa  manière  de  gouver- ner le  monde.  —  Sementis  et  messis...  Le  déluge avait  bouleversé  les  saisons  et  les  travaux  agri- coles qui  s'y  rattachent.
2»  Le  renouvellement  de  l'alliance  et  son symbole.  IX ,  1  - 17.
Chap.  IX.  —  1-3.  Adam,  à  peine  créé,  avait été  béni  par  Dieu;  Noé,  le  nouveau  chef  de  l'hu- manité, est  béni  de  la  même  manière.  La  bénédic- tion divine  porte,  comme  autrefois  (i,  28-30),  sur trois  points  distincts  :  elle  concerne  la  multipli- cation de  l'homme,  vers.  1,  sa  domination  sur les  animaux,  vers.  2,  sa  nourriture,  vers.  3.  — Terror  vester  ac  tremor  est  un  trait  nouveau,
rendu  nécessaire  par  la  chute  de  nos  premiers parents  :  naturellement  soumis  à  l'homme  dans l'état  d'innocence,  les  animaux  ne  lui  obéiront désormais  que  par  force.  —  M  omne  quod  mo- vetur... Autre  détail  nouveau.  D'après  l'opinion la  plus  commune  et  la  plus  conforme  au  texte sacré,  les  hommes  jusqu'alors  s'étaient  nourris exclusivement  de  végétaux  (Cf.  i,  29).
4.  Importante  réserve ,  basée ,  plus  loin  (  Deut. XII,  23),  sur  ce  principe  que  «  le  sang  c'est  la vie  ».  La  prohibition  de  se  nourrir  de  sang  sera réitérée  jusqu'à  sept  fois  dans  la  loi  juive  :  Lev. m,  17;  VII,  25-27;  xvii,  10-14;  Deut.  xii,  16, 23-24;  XV,  26.
5 -G.  Le  sang  humain  est  autrement  précieux que  celui  des  animaux  :  de  là  une  sévère  sanc- tion contre  quiconque  aurait  l'audace  de  le  faire couler.  Sang  pour  sang,  ou  la  peine  du  talion pour  les  homicides,  fussent-ils  des  bêtes  sans  rai- son. Motif  :  ad  imaginem  quippe  Dei...
Gen.  IX,  8-19.
49
8.  Dieu  dit  encore  à  Noé,  et  à  ses  en- i'ants  aussi  bien  qu'à  lui  :
9.  Je  vais  faire  alliance  avec  vous,  et avec  votre  race  après  vous ,
10.  Et  avec  tous  les  animaux  vivants qui  sont  avec  vous,  tant  les  oiseaux  que les  animaux,  ou  domestiques,  ou  de  la campagne,  qui  sont  sortis  de  l'arche,  et avec  toutes  les  bêtes  de  la  terre.
11.  J'établirai  mon  alliance  avec  vous; et  toute  chair  ne  périra  plus  désormais par  les  eaux  du  déluge  ;  et  il  n'y  aura plus  h  l'avenir  de  déluge  qui  extermine toute  la  terre.
12.  Dieu  dit  ensuite  :  Voici  le  signe  de l'alliance  que  j'établis  pour  jamais  entre moi,  et  vous,  et  tous  les  animaux  vivants qui  sont  avec  vous.
13.  Je  mettrai  mon  arc  dans  les  nuées, afin  qu'il  soit  le  signe  de  l'alliance  que j'ai  faite  avec  la  terre.
14.  Et  lorsque  j'aurai  couvert  le  ciel de  nuages,  mon  arc  paraîtra  dans  les nuées  ;
15.  Et  je  me  souviendrai  de  l'alliance que  j'ai  faite  avec  vous  et  avec  toute âme  qui  vit  et  anime  la  chair;  et  il  n'y  aura plus  à  l'avenir  de  déluge  qui  fasse  périr dans  ses  eaux  toute  chair  qui  a  vie.
16.  Mon  arc  sera  dans  les  nuées,  et  en le  voyant  je  me  ressouviendrai  de  l'al- liance éternelle  qui  a  été  faite  entre  Dieu et  toutes  les  âmes  vivantes  qui  animent toute  chair  qui  est  sur  la  terre.
17.  Dieu  dit  encore  à  Noé  :  Ce  sera  là le  signe  de  l'alliance  que  j'ai  faite  avec toute  chair  qui  est  sur  la  terre.
18.  Noé  avait  donc  trois  lils  qui  sortirent de  l'arche,  Sem,  Cham  et  Japheth.  Or Cham  est  le  père  de  Chanaan.
19.  Ce  sont  là  les  trois  fils  de  Noé,  et c'est  d'eux  qu'est  sortie  toute  la  race  des hommes  qui  sont  sur  la  terre.
8.  Hsec  quoque  dixit  Deus  ad  Noe,  et ad  filios  ejus  cum  eo  :
9.  Ecce  ego  statuam  pactum  meum vobiscum,  et  cum  semine  vestro  post  vos,
10.  Et  ad  omneni  animam  viventeni qujB  est  vobiscum,  tam  in  volucribus quam  in  jumentis,  et  pecudibus  terrœ cunctis,  quae  egressa  sunt  de  arca,  et universis  bestiis  terrse.
11.  Statuam  pactum  meum  vobiscum, et  nequaquam  ultra  interficietur  omnis caro  aquis  diluvii,  neque  erit  deinceps diluvium  dissipans  terrara.
12.  Dixitque  Deus  :  Hoc  signum  fœ- deris  quod  do  ir.ter  me  et  vos,  et  ad omnem  animam  viventem,  quse  est  vo- biscum in  generationes  sempiternas  :
13.  Arcum  meum  ponam  in  nubibus, et  erit  signum  fœderis  inter  me  et  inter terram.
14.  Cumque  obduxero  nubibus  cœlum, apparebit  arcus  meus  in  nubibus;
15.  Et  recordabor  fœderis  mei  vobis- cum, et  cum  omni  anima  vivente  quce carnem  végétât  ;  et  non  erunt  ultra  aquœ diluvii  ad  delendum  universani  carnem,
16.  Eritque  arcus  in  nubibus,  et  videbo illum,  et  recordabor  fœderis  sempiterni quod  pactum  est  inter  Deum  et  omneni animam  viventem  aniversse  carnis  quse est  super  terram.
17.  Dixitque  Deus  ad  Noe  :  Hoc  erit signum  fœderis ,  quod  constitui  inter  me et  omnem  carnem  super  terram.
18.  Erant  ergo  fiUi  Noe,  qui  egressi sunt  de  arca,  Sem,  Cham,  et  Japheth; porro  Cham  ipse  est  pater  Chanaan.
19.  Très  isti  filii  sunt  Noe,  et  ab  his disseminatum  est  omne  genus  hominum super  universam  terram.
8-11.  Renouvellement  de  l'alliance  que  Dieu avait  conclue  avec  Noé,  vi,  18,  avant  le  déluge. Mais ,  au  lieu  de  demeurer  toute  personnelle (  «  tecum  »  ) ,  elle  est  généralisée ,  et  embrasse  la famille  du  patriarche  (vobiscum),  ses  descen- dants (cum  semine  vestro) ,  et  les  animaux  eux- mêmes  (vers.  10).  Au  vers.  11,  le  Seigneur  for- mule extérieurement  la  résolution  qu'il  n'avait prise  plus  haut  (viii,  21-22J  qu'au  fond  de  son coeur.
12-17.  Pour  attester  le  caractère  inébranlable de  sa  promesse,  Dieu  la  scelle,  pour  ainsi  dire, au  moyen  d'un  signe  visible  et  perjJétuel,  vers. 12-16.  —  Arcum  meum...  L'arc -en- ciel  :  tel  sera le  gracieux  symbole  de  la  victoire  remportée  par
la  miséricoide  sur  la  stricte  justice.  Il  conve- nait à  merveille,  soit  pour  rassurer  les  hommes contre  le  retour  du  déluge,  vers.  14,  soit  pour rappeler  à  Dieu  lui-même  ses  engagements,  vers. 15-16.  Comp.  Is.  Lrv,  9-10.  L'arc-en-ciel  existait, selon  toute  vraisemblance ,  dès  avant  le  déluge  ; Dieu  se  contente  ici  d'en  faire  le  signe  de  l'al- liance contractée  entre  lui  et  l'humanité  nou- velle.
3'^  La  prophétie  et  la  mort  de  Noé.  IX,  18-29.
18-19.  Ces  versets  forment  un  petit  préambule. Le  trait  Cham  ipse  est  pater  Chanaan,  sur  le- quel le  narrateur  revient  encore  au  vers.  22,  pré- pare d'avance  le  lecteur  à  un  détail  spécial  de  ce grave  épisode  (vers.  25).
50
GExN.  IX,  20-27.
20.  Cœpitque  Noe  vir  agricola  exercere terram ,  et  plaiitavit  vineam  ;
21.  Bibensque  vinum  inebriatus  est, et  niidatus  in  tabeniaculo  suo.
22.  Quod  cum  vidisset  Cham,  pater Chanaan,  verenda  scilicet  patris  sui  esse nudata,  imntiavit  duobus  fratribus  suis foras.
23.  At  vero  Sera  et  Japheth  pallium imposuerir.it  humeris  suis,  et  incedentes retrorsum,  operuerunt  verenda  patris sui;  faciesque  eorum  aversee  erant,  et patris  virilia  non  viderunt.
24.  Evigilans  autem  Noe  ex  vino ,  cum didicisset  quœ  fecerat  ei  filius  suus  mi- nor,
25.  Ait:  Mnledictus  Chanaan,  servus servorum  erit  fratribus  suis.
26.  Dixitque  :  Benedictus  Dominus Deus  Sem,  sit  Chanaan  servus  ejus.
27.  Dilatet  Deus  Japheth,  et  habitet in  taberuacuiis  Sem,  sitque  Chanaan  ser- vus ejus.
20.  Noé  B'ap]:)liquant  à  l'agriculture, commença  à  cultiver  la  terre,  et  il  planta de  la  vigne  ;
21.  Et  ayant  bu  du  vin,  il  s'enivra,  et il  se  dé])0uilla  dans  sa  tente.
22.  Cham,  père  de  Chanaan,  voyant  que ce  que  la  pudeur  obligeait  de  cacher  en son  père  était  découvert,  sortit  dehors  et le  vint  dire  à  ses  frères.
23.  Alors  Sem  et  Japheth,  ayant  étendu un  manteau  sur  leurs  épaules,  marchèrent en  arrière  et  couvrirent  la  nudité  de  leur père.  Et  comme  leur  visage  était  détour- né, ils  ne  virent  pas  la  nudité  de  leur père.
24.  Noé  se  réveillant  après  cet  assoupis- sement que  le  vin  lui  avait  causé,  et  ayant appris  de  quelle  sorte  l'avait  traité  son second  fils,
25.  S'écria  :  Que  Chanaan  soit  mau- dit ;  qu'il  soit  à  l'égard  de  ses  frères  l'es- clave des  esclaves.
26.  Il  dit  encore  :  Que  le  Seigneur,  le Dieu  de  Sem ,  soit  béni ,  et  que  Chanaan soit  son  esclave.
27.  Que  Dieu  multiplie  les  possessions de  Japheth;  et  qu'il  habite  dans  les  tentes de  Sera,  et  que  Chanaan  soit  son  es- clave.
20-23.  Occasion  imiTiédiate  de  la  prophétie. — Pluntavit  vineam,  L'Arménie  est  précisément regai;âée  par  les  botanistes  comme  le  pays  origi- naire de  la  vigne.  —  Bibens...  inebriatus  est.  Sans doute  par  surprise,  puisque  la  vertu  enivrante du  vin  semble  avoir  été  connue  avant  le  déluge. Matth.  XXIII,  3S.  —  Cham...  nuntiavit...  Indice d'une  âme  profane  et  grossière.  —  At  vero  Sem et  Japheth.  Admirable  contraste.  Ce  tableau  de piété  filiale  est  tracé  de  main  de  maître  par  l'é- crivain sacré.
24-27.  La  prophétie.  —  Noé,  divinement  in- spiré, et  prenant  pour  base  la  conduite  de  ses  trois fils ,  pré  dit  l'avenir  entier  des  peuples  dont  ils devaient  être  la  souche. —  1°  La  destinée  de  Cham, vers.  25,  consiste  en  une  malédiction  terrible, exposée  d'abord  d'une  manière  générale  (maJe- dictus  ) ,  puis  spécifiée  par  les  mots  servus  servo- rum (  c.-à-d.  le  dernier  des  esclaves  )...  Cette  der- nière sentence  sera  répétée  deux  autres  fois,  coup sur  coup,  aux  vers.  26  et  27.  —  Pourquoi  Cham n'est-il  pas  directement  maudit?  Origène  cite  déjà une  tradition  juive,  d'après  laquelle  Chanaan  au- rait été  le  premier  témoin  de  la  scène  racontée plus  haut  (vers.  21),  et  par  suite  le  premier  cou- pable. D'autres  pensent  que ,  Cham  ayant  reçu  la bénédiction  divine,  ix,  1 ,  il  ne  convenait  pas qu'il  tombât  personnellement  sous  l'anathème.  En tout  cas,  son  fils  est  maudit  comme  son  repré- sentant; c'est  donc  toute  la  race  de  Cham  qui encourt  ici  la  malédiction  de  Dieu.  —  2°  La  des- tinée de  Sem,  vers.  26,  consiatc  au  contraire  en
une  magnifique  bénédiction.  La  formule  benedi- ctus Dominus  Deus  {Y'hovah  ' Elohim)  Sem  est remarquable.  Le  Dieu  révélateur  et  rédempteur, Jéhovah,  est  appelé  le  propre  Dieu  de  Sem,  et béni  en  cette  qualité.  Ce  qui  signifie  que  les  des- cendants de  Sem  auront  avec  Jéhovah  les  rela- tions les  plus  intimes ,  qu'ils  formeront  sa  nation choisie  ;  plus  clairement  encore ,  que  les  promesses messianiques  leur  seront  désormais  rattachées,  et que  d'eux  naîtra  le  «  semen  mulieris  »  prédit après  la  chute,  m,  15.  Glorieux  avenir  des  Sé- mites! Leur  part  est  la  plus  belle  de  toutes.  — 3°  La  destinée  de  Japheth,  vers.  27,  consiste  non seulement  en  deux  promesses,  comme  celle  do Sem,  mais  en  trois  :  la  première,  temporelle;  la seconde,  religieuse;  la  troisième ,  qui  établit  Ja- pheth à  son  tour  maître  des  Chamites. —  Dilatet... Japheth.  L'hébreu  a  une  paronomase  intéressante: Taft  l'Yéfet;  car  Japheth  signifie  «  celui  qui  s'é- tend au  loin  ».  —  Le  verbe  habitet,  d'après  quel- ques interprètes,  aurait  aussi  Deus  pour  sujet; de  sorte  que  Noé  reviendrait  encore  sur  la  béné- diction de  Sem.  Cette  opinion  est  peu  vraisem- blable :  la  phrase  et  habitet  in  tabernaculis  Sem ouvre  plutôt  à  Japheth  lui-même  un  grandiose horizon  spirituel,  et  annonce  que  ses  descendants se  convertiront  un  jour  au  Dieu  de  Sem.  C'est donc,  en  langage  chrétien,  la  vocation  des  Gen- tils à  la  foi  et  au  salut  qui  est  ici  marquée.  Les deux  frères  avaient  été  unis  intimement  dans  leur acte  do  filial  respect  ;  les  races  issues  d'eux  le  se- ront aussi  dans  l'amour  du  vrai  Dieu,  comme  le
Gen.  IX,  28  —  X,  5.
51
28.  Or  Noé  vécut  encore  trois  cent  cin- quante ans  depuis  le  déluge.
29.  Et  tout  le  temps  de  sa  vie  aj'-ant été  de  neuf  cent  cinquante  ans,  il  mourut.
28.  Vixit  autem  Noe  post  diluvium trecentis  quinquaginta  annis.
29.  Et  impleti  sunt  omnes  dies  ejus nongentorum  quinquaginta  annorum  ;  et mortuus  est.
CHAPITRE  X
1.  Voici  les  générations  des  fils  de Sem,  Cliam  et  Japheth,  enfants  de  Noé; et  ces  fils  naquirent  d'eux  après  le  dé- luge.
2.  Fils  de  Japheth  :  Gomor,  Magog, Madaï,  Javan/rhubal,Mosoch  etThiras.
3.  Fils  de  Gomer  :  Ascénez,  Riphath  et Thogorma.
4.  Fils  de  Javan  :  Elisa,  Tharsis,  Cé- thim  et  Dodanim,
5.  C'est  par  eux  que  furent  peuplées les  îles  des  nations,  selon  la  langue  de chacun,  selon  leurs  familles  et  leurs  peu- ples.
1.  ILb  sunt  gênera tiones  filiorum  Noe, Sem,  Cham,  et  Japheth  :  natique  sunt eis  filii  post  diluvium.
2.  Filii  Japheth  :  Gomer,  et  Magog,  et Madai,  et  Javan,  et  ïhubal,  et  Mosoch, et  Thiras.
3.  Porro  filii  Gomer  :  Ascenez,  et  Ri- phath ,  et  Thogorma.
4.  Filii  autem  Javan  :  Elisa,  et  Tharsis, Cethim,  et  Dodanim.
5.  Ab  his  diviste  sunt  insulse  gentium in  regionibus  suis,  unusquisque  secun- dum  linguam  suam  et  familias  suas  in nationibus  suis.
disait  déjà  le  Targum  de  Jonathan.  —  Ces  trois oracles  sont  devenus  des  faits  historiques.  Les Chamites ,  et  en  particulier  les  Chananéens,  après un  temps  de  prospérité ,  sont  devenus  les  esclaves de  Sem  et  de  Japheth  :  la  malédiction  divine semble  peser  encore  sur  eux.  La  race  princi- pale des  Sémites,  celle  des  Juifs,  a  joui  des  fa- veurs spéciales  de  Jéhovah.  Les  Japhéthides,  après de  brillantes  conquêtes,  qui  leur  ont  obtenu  de- puis tant  de  siècles  l'empire  du  monde ,  sont  de- venus à  leur  tour  le  peuple  du  Seigneur  par leur  conversion  en  masse  au  christianisme.  Voy. MKf  Meignan,  les  Prophéties  messianiques  du Pentateuqne,  p.  311-317.
28-29.  Deux  dates  pour  compléter  la  vie  de  Noé (cf.  V,  31),  et,  comme  pour  les  autres  patriar- ches, le  mortuus  est  final.
LIVRE  IV
Générations  des  dis  de  TSoé.  X,  1  —  XI,  9.
§  I.  —  La  Table  des  peuples.  X,  1-32.
Chap.  X.  —  1.  Héb  sunt  generationes...  C'est le  titre  accoutumé.  La  table  ethnographique  à laquelle  il  sert  d'introduction  directe  est,  tout  le monde  en  convient,  «  le  document  le  plus  an- cien, le  plus  iirécieux  et  le  plus  complet  sur  la distribution  des  peuples  dans  le  monde  de  la haute  antiquité,»  (F.  Lenoi-mant).  Ce  document a  pour  base  dos  traditions  bien  antérieures  à Moïse ,  et  sa  véracité  est  admirablement  confir- mée par  «  l'étude  des  traditions  do  l'histoire,  la comparaison  des  langues  et  l'examen  physiolo- gique des  diverses  nations  ».  Voy.  le  Man.  bibL, I,  nn.  330-334;  Vigouroux,  la  Bible  et  les  décou- vertes modernes,  I,  pp.  299-332  de  la  4«  édit.  ; F.  licnonnant,  Hist.  anc.  de  l'Orient,  I,  pp.  265
et  S3.  de  la  9^  édit.  —  La  Table  des  peuples  a  un triple  but  :  insister  encore  sur  l'unité  du  genre humain  ;  faire  connaître  les  relations  de  parenté qui  unissaient  Israël  aux  autres  nations  ;  indi- quer déjà  d'une  manière  éloignée  les  desseins universels  de  salut  que  Dieu  nourrissait  envers l'humanité.  Cette  nomenclature  n'embi'asse  pas absolument  tous  les  descendants  des  fils  de  Noé, ni,  par  conséquent,  tous  les  peuples  issus  d'eux  : cela  n'entrait  pas  dans  le  plan  du  narrateur.  Le point  de  départ  de  Moïse  est  la  plaine  de  Sen- naar,  xi,  1,  au  moment  de  la  dispersion;  de plus,  il  envisage  surtout  les  nations  ou  tribus qui ,  de  son  temps ,  avaient  été  mises  en  rapport avec  les  Hébreux.  —  Les  dénominations  insérées dans  la  Table  sont  tantôt  des  noms  de  personnes, tantôt  des  désignations  ethnographiques  (vers. 13-14,  16-18,  etc.)  empruntées  sans  doute  au  nom du  fondateur  de  chaque  famille  ;  ici ,  du  moins , elles  personnifient  toutes  des  races.  —  L'identifi- cation, qui  a  été  dès  l'antiquité  l'objet  d'études approfondies  (  Josèphe ,  S.  Jérôme ,  etc.  ) ,  a  fait de  nos  jours  de  grands  progrès,  grâce  aux  don- nées assyriennes  et  égyptiennes.  Nous  signalerons les  résultats  les  plus  sûrs.
2-5.  Filii  Japheth.  La  liste  suit  un  ordre  con- traire à  celui  de  la  naissance  :  Japheth ,  Cham  et Sem.  On  nomme  sept  fils  de  Japheth  (  vers.  2  ) , puis  on  revient  sur  deux  d'entre  eux,  Gomer  (3) et  Javan  (4),  pour  indiquer  leur  postérité.  Le vers.  5  sert  de  conclusion.  —  Gomer  est  le  père des  races  kyraris  ou  celtes  ;  Magog ,  des  Scythes (Josèphe)  ou  des  races  germano-slaves;  Madai, des  Mèdes;  Javan  (le  'lâcov  grec),  des  Ioniens et  de  tous  les  Hellènes  ;  Thubal ,  des  Tibaré- niens ,  qui  habitaient  au  sud  du  Caucase.  Mosoch représente  les  M6(j-/oi  d'Hérodote,  les  Muski  des
62
Gen.  X,  G- 12.
6.  Filii  alitera  Cliam  :  Chus ,  et  Mes- raim,  et  Phuth,  et  Chanaan.
7.  Filii  Chus  :  Saba,  et  Hevila,  et  Sa- batha,  et  Regma,  et  Sabatacha.  Filii Regma  :  Saba ,  et  Dadan,
8.  PoiTo  Chus  genuit  Nemrod;  ipso cœpit  esse  potens  in  terra  ;
9.  Et  erat  robustus  venator  coram  Do- mino. Ob  hoc  exivit  proverbium  :  Quasi Nemrod  robustus  venator  coram  Domino.
10.  Fuit  autera  principium  regni  ejus Babylon,  et  Arach,  et  Achad,  et  Cha- lanne,  in  terra  Sennaar.
11.  De  terra  illa  egressus  est  Assur, et  sedificavit  Niniven,  et  plateas  civita- tis,  et  Chale,
12.  Resen  quoque  inter  Niniven  et Chale  ;  hsec  est  civitas  magna.
G.  Fils  de  Cham  :  Chus,  Mesraïm,  Phuth et  Clianaan.
7.  Fils  de  Chus  :  Saba,  Hévila,  Saba- tha,  Regma  et  Sabatacha.  Fils  de  Regma  : Saba  et  Dadan.
8.  Or  Chus  engendra  Nemrod ,  qui  com- mença à  être  puissant  sur  la  terre.
9.  Il  fut  un  violent  chasseur  devant  le Seigneur.  De  là  est  venu  ce  proverbe  : Violent  chasseur  devant  le  Seigneur, comme  Nemrod.
10.  Le  début  de  son  royaume  fut  Ba- bylone,  et  Arach,  et  Achad,  et  Chalanné dans  la  terre  de  Sennaar.
11.  De  ce  même  pays  il  alla  en  Assyrie, et  il  bâtit  Ninive  et  les  rues  de  cette ville,  et  Chalé.
12.  Il  bâtit  aussi  la  grande  ville  de Résen,  entre  Ninive  et  Chalé.
inscriptions  cunéiformes,  établis  entre  la  mer Noire  et  la  mer  Caspienne;  Thiras,  les  Thraces. —  Filii  Gomer  :  ce  sont  les  races  aryennes  ou Indo  -  germaniques.  Ascenez,  les  Germains  (les Juifs  allemands  disent  être  des  AsJc'nazim  )  ; Thogorma,  les  Arméniens.  —  Filii  Javan  :  les races  grecques.  Élisa ,  les  habitants  de  l'Élide  ; Tharsis  (hébr.,  Tarsis),  ceux  de  Tartessus  en  Es- pagne ;  Cethim  (hébr.,  Kittim),  ceux  de  l'île  de Chypre;  Dodanim,  peut-être  «  Rodanim  »,  les Pthodiens.  —  Par  insulce  gentium,  la  Bible  dé- signe à  plusieurs  reprises  la  partie  méridionale de  l'Europe,  aux  côtes  si  découpées  et  aux  îles nombreuses.
6.  Les  peuples  issus  de  Cham,  6-21.  D'abord, au  vers.  6,  ses  fils  proprement  dits,  nommés  en tant  que  chefs  de  races:  Chus  (en  égyptien,  Ches), les  Éthiopiens,  qui  occupaient,  à  l'origine,  non seulement  les  régions  du  haut  Nil,  mais  l'Asie méridionale  jusqu'au  bas  Indus;  Mesraim,  les Égyptiens;  Phuth,  les  Lybiens  (Phet  des  inscrip- tions hiérogljT)hiques)  ;  Chanaan,  les  habitants primitifs  de  la  Palestine.
7.  On  revient  h  Chus  pour  citer  les  races fondées  par  lui  (7-12).  Celles  que  mentionne  le vers.  7  habitaient  diverses  régions  de  l'Afrique  et de  l'Arabie.  —  Saba  (hébr.,  S'ba'),  le  royaume de  Méroé;  Hevila,  les  AOXÏTOt  des  anciens  géo- graphes, sur  la  côte  africaine,  non  loin  du  dé- troit de  Bab - el - Mandcb.  —  Filii  Regma:  Saba. Hébr.,  S'ba',  nom  que  nous  retrouverons  au  vers.  28 pour  désigner  un  fils  de  Sera.
8-9.  Les  vers.  8-12  sont  consacrés  à  un  fils  de Chus  omis  à  dessein  dans  la  liste  qui  précède; Us  nous  font  remonter  aux  origines,  si  impor- tantes pour  Israël,  de  la  Babylonie  et  de  l'As- syrie. —  Nemrod  :  ipse  cœpit  potens  esse...  :  c.-à-d., d'après  le  contexte,  qu'il  fut  le  premier  roi,  ou mieux  le  premier  conquérant.  —  lîobustus  veiia- tor.  Au  propre  ?  ou  au  figuré,  en  tant  que  chas- seur d'hommes?  Le  mieux  est  de  réunir  ces  deux Idées,  comme  font  les  monuments  assyriens,  où
les  rois  sont  appelés  «  chasseurs  de  peuples  »,  et représentés  sous  les  traits  de  chasseurs  infati- gables, dans  le  sens  strict.  Voy.  V Atlas  archéolog. de  là  Bible,  pi.  xxxix,  fig.  6,  9;  pi.  xl,  fig.  2 et  7. —  Coram  Domino  serait,  d'après  quelques auteurs,  un  superlatif  hébreu  pour  «  robustis- simus  ».  L'étymologie  significative  du  nom  de Nemrod,  «  Révoltons  -  nous  »  (Nimrod,  de  ma- rad) ,  semble  favoriser  ceux  qui  traduisent  lifné 'Elohim  par  «  contre  Dieu  ».
10,  L'empire  babylonien  de  Nemrod.  Ce  fut  le début ,  le  premier  établissement  du  terrible  chas- seur (principium).  —  Quatre  villes  principales sont  signalées  :  Babylon ,  hébr.  Babel,  la  capitale si  célèbre  de  tout  le  royaume  ;  Arach ,  héb.  'EreJc, rOrchoé  des  anciens  écrivains  grecs,  l'Arku  des inscriptions  cunéiformes ,  la  Warka  actuelle,  au sud  de  Babylone;  Achad,  héb.  'AMcad,  si  sou- vent nommée  par  les  documents  assyriens,  sans qu'on  ait  pu  identifier  son  emplacement  d'une manière  certaine  (peut-être  les  ruines  de  Niffer, au  sud  de  Hillah)  ;  Chalanné,  hébr.  Kalneh,  pro- bablement Ctésiphon,  au  nord -est  de  Babylone, sur  le  Tigre.  —  In  terra  Sennaar.  Voy.  xi,  2  et l'explication.
11-12.  L'empire  assyrien  de  Nemrod.  —  Assur ne  désigne  pas  ici  le  fils  de  Sem  (vers.  22)  et n'est  pas  au  nominatif;  c'est  un  nom  de  pays,  à l'accusatif  du  mouvement.  Nemrod  est  encore  le sujet  des  verbes  egressus  est  et  adiflcavit,  et  l'on raconte  comment  ce  Chamite,  déjà  si  puissant, vint  du  sud  au  nord  pour  faire  la  conquête  de l'Assyrie,  occupée  par  les  Sémites.  —  Il  bâtit  éga- lement, sur  ce  nouveau  domaine,  quatre  villes qui  plus  tard  ne  formèrent  qu'une  immense  et unique  cité  :  Niniven ,  hébr.  Nin'veh ,  probable- ment Koyoundjik  ;  plateas  civitatis,  hébr.  JR'ftobot '^yr,  nom  propre  qui  n'a  pas  encore  été  iden- tifié ;  Chale ,  hébr.  Kalah ,  la  Nimroud  actuelle  ; Resen,  peut-être  Salamiyeh,  autre  tumulus  de ruines  ninivites.  —  Les  détails  des  vera.  10-12 sont   admirablement  confirmés  par  les  Inscrip-
Gen.  X,  13-24.
53
13.  Et  Mesraïm  enj^endra  Liidim  et Anamim,  Laabim  et  Nei)lithuim,
14.  Phétnisim  et  Chasluim,  d'où  sont sortis  les  rhilistins,  et  les  Caphtorim.
15.  Chanaan  engendra  Sidon,  qui  fut son  fils  aîné,  l'Héthéen,
16.  Le  Jébuséen,  l'Amorrhéen,  le  Ger- géséen  ;
17.  L'Hévéen,  l'Aracéen ,  le  Sinéen,
18.  L'Aradien,  le  Samaréen  et  l'Ama- théen;  et  c'est  par  eux  que  les  peuples  des Chananéens  se  sont  répandus  depuis  en divers  endroits.  }
19.  Les  limites  de  Chanaan  furent  de-  ! puis  Sidon,  en  venant  à  Gérara,  jusqu'à  , Gaza,  et  du  côté  de  Sodorae,  de  Go-  ; morrhe,  d'Adama,  et  de  Séboïm,  jusqu'à  ; Lésa.  I
20.  Ce  sont  là  les  fils  de  Cham  selon leurs  alliances,  leurs  langues,  leurs  fa- milles, leurs  pays  et  leurs  nations.
21.  Il  naquit  aussi  des  fils  à  Sem,  qui fut  le  père  de  tous  les  enfants  d'Hébei', et  le  frère  aîné  de  Japheth.
22.  Fils  de  Sem  :  Elam,  Assur,  Ar- pliaxad,  Lud  et  Aram.
23.  Fils  d'Aram  :  Us,  Hul,  Géther  et Mes.
24.  Or  Arphaxad  engendra  Salé,  dont est  né  Héber.
13.  At  vero  Mesraim  genuit  Ludim, et  Anamim ,  et  Laabim ,  Nephthuim ,
14.  Et  Phetrusim,  et  Chasluim;  de quibus  egressi  sunt  Philisthiim  et  Caph- torim.
15.  Chanaan  autem  genuit  Sidonem primogenitum  suum,  Hethœum,
16.  Et  Jebusaeum,  et  Amorrhseum, Gergesœum ,
17.  Ilevseum,  et  Aracœum,  Sinaeum,
18.  Et  Aradiam,  Samarœum,  et  Ama- thseum  ;  et  post  hœc  disseminati  sunt populi  ChananEeorum.  i
19.  Factique  sunt  termini  Chanaan venientibus  a  Sidon e  Geraram  usque Gazam,  donec  ingrediaris  Sodoraam  et Gomorrham,  et  Adamam,  et  Seboim, usque  Lésa.
20.  Hi  sunt  filii  Cham  in  cognationi- bus ,  et  linguis ,  et  generationibus ,  terris- que  et  gentibus  suis.
21.  l3e  Sem  quoque  nati  sunt,  pâtre omnium  filiorum  Heber,  fi-atre  Japheth majore.
22.  Filii  Sem  :  ^lam,  et  Assur,  et Arphaxad ,  et  Lud  ,  et  Aram.
23.  Filii  Aram  :  Us,  et  Hul,  et  Gether, et  Mes.
24.  At  vero  Arphaxad  genuit  Sale,  de quo  ortus  est  Heber.
tions  cunéiformes,  desquelles  il  ressort  que  le grand  empire  de  l'est  fut  d'abord  fondé  à  Baby- lone  ;  les  institutions  et  les  traditions  ninitives sont  en  réalité  babyloniennes.
13-14.  Suite  des  races  issues  des  fils  de  Cham, et  spécialement ,  dans  ces  deux  versets,  postérité de  Mesraim.  —  Ludim,  tribu  africaine  qu'il  ne faut  pas  confondre  avec  les  Lydiens  sémitiques (vers.  22).  Anamim,  les  Am,u  des  monuments ég}'ptiens ,  peuplade  nomade  du  nord  de  l'Egypte. Laabim,  les  a  Libyeegypti  »  des  anciens  géo- graphes. Nephthuim,,  la  région  de  Memphis. Phetimsim ,  la  Thébaïde.  PhilisthUm,  le  peuple fameux  qui  fit  tant  souffrir  Isr-aël,  et  dont  le nom  passa  plus  tard  à  toute  la  Palestine.  Caphto- rim, les  habitants  primitifs  de  l'île  de  Crète.
15-19.  Nomenclature  des  peuples  dont  Chanaan fut  la  souche,  —  Sidon,  représentant  des  Phéni- ciens. Hethceum,  les  Hittites,  dont  on  vient  de découvrir  les  monuments  si  pleins  d'importance et  d'intérêt  :  ils  étaient  établis  au  nord  de  la  Pa- lestine. Jebusceum ,  les  premiers  habitants  de Jémsalem,  qui  s'appela  d'abord  Jébus.  Amor- rhœiim,  à  l'orient  du  Jourdain.  Oerges<£um, Sevceum,  au  centre  de  la  Palestine.  Aracceum, Sinœum,  dans  la  région  du  Liban.  Aràdium , les  habitants  primitifs  d'Aradus ,  la  Rouad  ac- tuelle, en  Syrie.  Amathœum,  tribu  qui  se  fixa  à Émath,  aujourd'hui  Hamah,  sur  l'Oronte.
20.  Limites  du  pays  occupé  par  les  Chananéens,
lequel  devait  être  un  jour  l'héritage  de  la  nation choisie.  On  les  indique  d'abord  du  nord  au  sud, ou  dans  le  sens  de  la  longueur  :  Sidone,  limite extrême  au  nord;  usque  Gazam,  limite  extrême au  sud  (Gérara  est  un  peu  au-dessous  de  Gaza). On  les  marque  ensuite  de  l'ouest  à  l'est,  ou  dans le  sens  de  la  largeur  :  de  Gaza  usque  Lésa,  la Callirhoé  des  géographes  grecs,  située  de  l'autre côté  de  la  mer  Morte,  à  l'est  de  Sodome,  Go- morrhe,  Adama  et  Séboïm,  qui  formaient  avec Ségor  les  villes  de  la  Pentapole.  Cf.  siv,  2,  8.
21 -'22.  Nous  passons  aux  peuples  fondés  par Sem,  vers.  21-31.  Au  vers.  21,  la  note  pâtre omnitim  filiorum  Heber  prépare  celle  du  vers.  25. —  Filii  Sem  :  JElam,  les  Élamites  ou  Susiens primitifs.  Assur,  le  fondateur  des  Assyriens.  Ar- phaxad, le  père  de  la  race  juive.  Lud,  les  Ly- diens. Aram,  les  nations  araméennes.
23.  L'écrivain  sacré  reprend  en  sous-œuvre  la postérité  de  deux  des  fils  de  Sem,  Aram  et  Ar- phaxad. Parmi  les  races  sorties  d'Aram,  la  moins inconnue  est  celle  de  Us,  le  pays  de  Job.  Voy.  le commentaire  de  Job,  i,  1.
24-29.  Les  détails  des  vers.  24  et  25  ont  pour but  de  nous  conduire  à  Jecian,  second  fils  d'Hé- ber.  L'aîné,  Phaleg,  n'est  mentionné  qu'en  pas- sant, parce  qu'on  reprendra  plus  bas  sa  généa- logie, xr,  10-26.  On  expose  toutefois  l'origine  de son  nom  (hébr.  Péleg,  division)  :  eo  quod...  divisa sit  inifl'gah)  terra...,  trait  qui  fait  évidemment
30
5^i
Gen.  X,  25
25.  Natique  sunt  Heber  filu  duo  :  no- men  uni  Phaleg,  eo  quod  in  diebus  ejus divisa  sit  terra;  et  nomen  fi-atris  ejus Jectan.
26.  Qui  Jectan  genuit  Elmodad,  et Saleph,  et  Asarmoth,  Jare,
27.  Et  Adurara,  et  Uzal,  etDecla,
28.  Et  Ebaî,  et  Abiraael,  Saba,
29.  Et  Ophir,  et  Hevila,  et  Jobab  ; omnes  isti,  tilii  Jectan.
30.  Et  facta  est  habitatio  eorum  de Messa  pergentibus  usque  Sephar  montem orientaleni.
31.  Isti  filii  Sem,  secundum  cognatio- nes,  et  linguas,  et  regiones,  in  gentibus suis.
32.  Hse  familise  Noe  juxta  populos  et nationes  suas.  Ab  his  divisas  sunt  gentes in  terra  post  diluvium.
—  XI,  4.
25.  Héber  eut  deux  fils  :  l'un  s'appela Phaleg,  parce  que  de  son  temps  la  terre fut  divisée  ;  et  son  frère  s'appelait  Jec- tan.
26.  Jectan  engendra  Elmodad,  Sa- leph, Asarmoth  et  Jaré,
27.  Aduram,  Uzal,  Décla,
28.  Ebal,  Abimaël,  Saba,
29.  Ophir,  Hévila  et  Jobab.  Tous  ceux- là  furent  enfants  de  Jectan.
30.  Le  pays  où  ils  demeurèrent  s'é- tendait depuis  la  sortie  de  Messa  jusqu'à Séphar,  qui  est  une  montagne  du  côté de  l'orient.
31.  Ce  sont  là  les  fils  de  Sem  selon leurs  familles,  leurs  langues,  leurs  ré- gions et  leurs  peuples.
32.  Ce  sont  là  les  familles  des  enfants de  Noé,  selon  leurs  peuples  et  leurs  na- tions. Et  c'est  de  ces  familles  que  se sont  formés  tous  les  peuples  de  la  terre après  le  déluge.
CHAPITRE  XI
1.  Erat  autem  terra  labii  unius,  et sermonum  eorumdem.
2.  Cumque  profîciscerentur  de  oriente, invenerunt  campum  in  terra  Sennaar,  et habitaverunt  in  eo,
3.  Dixitque  alter  ad  proximum  suum  : Venite,  faciamus  lateres,  et  coquamus eos  igni.  Habueruntque  lateres  pro  saxis, et  bitumen  pro  cœmento  ;
4.  Et  dixerunt  :  Venite,  faciamus  no-
1.  La  terre  n'avait  alors  qu'une  seule langue  et  qu'une  même  manière  de  par- ler.
2.  Et  comme  ils  étaient  partis  du  côté de  l'orient,  ayant  trouvé  une  plaine  dans le  pays  de  Sennaar,  ils  y  habitèrent  ;
3.  Et  ils  se  dirent  l'un  à  l'autre  :  Ve- nez, faisons  des  briques,  et  cuisons -les au  feu.  Us  se  servirent  donc  de  briques comme  de  pierres,  et  de  bitume  comme de  ciment.
4.  Us  s'entre  -  dirent  encore  :  Venez,
allusion  à  la  dispersion  des  peuples,  xi,  8.  — Jectan  genuit...:  suivent  treize  noms,  pour  la plupart  assez  difficiles  à  identifler,  mais  qui,  dans leur  ensemble,  font  de  Jectan  le  père  des  an- tiques tribus  avahcs.  Asarmoth  (hébr.,  Hasarva- met)  ne  diffère  pas  de  rHadrhamaut ,  province du  sud-est  de  l'Arabie,  près  du  golfe  Persique. Sur  Ophir,  voy.  I  Reg.  ix,  28,  et  le  commentaire.
30-31.  Limites  du  territoire  occupé  par  les descendants  de  Jectan  (  vers.  30  ) ,  et  conclusion de  ce  qui  concerne  les  races  issues  de  Sem (.vers.  31).
32.  Conclusion  générale  de  la  Table  des  peuples. Dans  l'ensimble,  on  peut  dire  que  l'Asie  fut donnée  à  Sem,  l'Afrique  à.  Cham,  l'Europe  à Japheth.
§  II.  —  La  tour  de  Babel  et  la  dispersion des  peuples.  XI,  1-9.
Après  avoir  cité  la  nomenclature  des  peuple;: , Moïse  raconte  le  grand  fait  historique  qui  occa-
sionna la  séparation  de  la  famille  humaine  ea plusieurs  branches  et  sa  dispersion.
1°  Construction  de  la  tour  de  Babel.  XI,  1-4.
Chap.  XI.  —  1.  Labii  unius.  Belle  métaphore^ pour  désigner  une  même  façon  de  parler;  ser- monum eorumdem  représente  un  trésor  de  mots identique.  Sur  l'unité  primitive  du  langage,  voyez Vigouroux,  la  Bible  et  les  découvertes  modernes, I,  368  et  ss.;  MS""  Meignan,  le  Monde  et  l'homme priviit if  selon  la  Bible,  p.  28  et  ss.
2.  Autre  fait  général.  Les  hommes,  s'étant promptement  multipliés ,  furent  bientôt  h  l'étroit sur  le  plateau  arménien  :  ils  se  dirigèrent  «  vers l'orient  /)  (  hébr.),  plus  exactement  vers  le  S.-  E.,  où ils  trouvèrent  campum  in...  Sennaar  :  le  Tiediov fAÉya  d'Hérodote,  l'immense  et  fertile  plaine  de la  Babylonie.
3-4.  Récit  dramatique  d'un  audacieux  projet formé  par  cette  race  déjà  devenue  impie.  —  Fa- ciamus lateres.  La  pierre  manque  en  Babylonlo, et  on  la  remplace  par  des  briques ,  tantôt  simple-
Gen.  XI,  5-11.
55
faisons -nous  une  ville  et  une  tour  dont le  sommet  touche  le  ciel  ;  et  rendons notre  nom  célèbre  avant  que  nous  nous dispersions  en  toute  la  terre.
5.  Or  le  Seigneur  descendit  pour  voir la  ville  et  la  tour  que  bâtissaient  les  en- fants d'Adam  ;
6.  Et  il  dit  :  Ils  ne  font  tous  mainte- nant qu'un  peuple,  et  ils  ont  tous  le même  langage;  et,  ayant  commencé  à faire  cet  ou^Tage,  ils  ne  quitteront  point leur  dessein  qu'ils  ne  l'aient  achevé  en- tièrement.
7.  Venez  donc,  descendons  en  ce  lieu, et  confondons  tellement  leur  langage, qu'ils  ne  s'entendent  plus  les  uns  les autres.
8.  C'est  en  cette  manière  que  le  Sei- gneur les  dispersa  de  ce  lieu  dans  tous les  paj^s  du  monde ,  et  qu'ils  cessèrent  de bâtir  la  ville.
9.  C'est  aussi  pour  cette  raison  que cette  ville  fut  appelée  Babel,  parce  que c'est  là  que  fut  confondu  le  langage  de toute  la  terre.  Et  le  Seigneur  les  dispersa ensuite  dans  toutes  les  régions.
10.  Voici  les  générations  de  Sem.  Sem avait  cent  ans  lorsqu'il  engendra  Ar- phaxad ,  deux  ans  après  le  déluge  ;
11.  Et  Sem,  après  avoir  engendré  Ar-
bis  civitatem,  et  turrim,  cujus  culmen pertingat  ad  cœlum  ;  et  celebremus  no- men  nostrum  antequam  dividamur  in universas  terras,
j  5.  Descendit  autem  Dominus,  ut  vide- ret  civitatem  et  turrim,  quam  sedificabant
;   filii  Adam;
I  6.  Et  dixit  :  Ecce  unus  est  populus, et  unum  labium  omnibus  ;  cœperuntque hoc  facere,  nec  désistent  a  cogitationi- bus  suis ,  donec  cas  opère  compleant.
7.  Venite  igitur,  descendamus,  et  con- fundamus  ibi  linguam  eorum,  ut  non audiat  unusquisque  vocem  proximi  sui.
8.  Atque  ita  divisit  eos  Dominus  ex illo  loco  in  universas  terras,  et  cessave-
runt  aedificare  civitatem.
9.  Et  idcirco  vocatum  est  nomen  ejus Babel ,  quia  ibi  conf  usum  est  labium  uni- versee  terras;  et  inde  dispersit  eos  Do- minus super  faciem  cunctarum  regionum.
10.  H 88  sunt  generationes  Sem
Sem
erat  centum  annorum  quando  geuuit  Ar- phaxad,  biennio  post  diluvium.
11.   Vixitque   Sem    postquam    genuit
ment  séchées  au  soleil,  tantôt  cuites  au  four; dans  le  cas  présent,  on  préféra  ce  second  mode, en  vue  d'une  plus  grande  solidité.  —  Bitumcn pro  cxmento.  L'asphalte  abonde  aux  environs  de Babylone ,  et  on  l'a  constamment  utilisé  en  guise de  mortier.  —  Le  vers.  4  explique  le  double  but auquel  étalent  destinés  ces  matériaux  :  but  direct , faciannis...  civitatein  et  turrim,..;  but  indirect, mais  supérieur,  celebremus...  Ils  prévoient  la  néces- sité de  migrations  nouvelles  ;  avant  de  se  séparer, ils  veulent  établir  un  monument  impérissable  de leur  passage  et  un  centre  d'unité.
2°  La  confusion  des  langues.  XI,  5-9.
5-8.  Descendit...  Deus...  Anthropomorphisme pour  exprimer,  comme  in,  8,  l'action  judiciaire du  Seigneur.  Au  vers.  5,  Dieu  constate  ;  aux  vers. 6-7,  il  délibère;  au  vers.  8,  il  châtie.  —  Venite  : reproduction  ii-onique  du  langage  des  hommes, vers.  3  et  4.  —  Descendamus ,  confundamus  sont des  pluriels  semblables  à  ceux  des  passages  i,  26  ;
m,  22.  —  Ut  non  audiat   Indication  du  résultat
qui  devait  être  produit  par  le  châtiment  divin  : ne  pouvant  plus  se  comprendre,  les  hommes  seraient obligés  de  laisser  leur  constiiiction  inachevée,  puis de  se  séparer.  —  Divisit  eos...  Sous  le  rapport moral ,  ce  châtiment  fut  un  bien  manifeste  pour l'humanité.  Quelle  puissance  épouvantable  le  mal n'aurait-il  pas  acquise  dans  le  cours  des  siècles, s'il  avait  été  favorisé  par  l'unité  de  langage  et l'unité  nationale!
9.  Conclusion  du  récit. —  Vocatum  est...  Babel,
c.-ù-d.  confusion  (pour  Balbei),  d'après  une paronomase  semblable  à  celles  que  nous  avons déjà  rencontrées:  quia...  confusum  est  (balai, «  confudit  »).  Sur  les  traditions  babyloniennes relatives  à  la  tour  de  Babel,  voyez  Vigoureux, la  Bible  et  les  découvertes  modernes,  i,  334  et  ss. Des  sa-'^ants  distingués,  entre  autres  M.  Oppert, Expédition  en  Mésopotamie ,  i,  135  et  ss.,  ont  cru retrouver  les  restes  de  la  tour  de  Babel  dans  les ruines  de  Birs-Nimroud,  non  loin  de  l'ancienne Babylone.  Ces  ruines  ont  46"»  de  hauteur,  et 710™  de  circonférence  au  niveau  du  sol  ;  les  fon- dements sont  en  briques  cuites,  cimentées  avec  du bitume.
LIVRE  Y Les  générations  de  Sem.  XI,  10-26.
Simple  liste,  visiblement  calquée  sur  celle  des patriarches  d'avant  le  déluge  (v,  1-31),  quoique plus  brève  encore.  La  Table  des  peuples ,  x,  21-31 , avait  mentionné  tous  les  Sémites  ;  ici  on  élimine ceux  des  fils  de  Sem  qui  ne  faisaient  point  partie de  la  race  choisie  :  on  suit  donc  seulement  la branche  principale  et  directe  de  l'arbre  généalo- gique, de  Sem  à  Abraham.
10».  Hce  sunt  generationes...  Titi'e  du  livre.
10^-11.  Sommaii'e  de  la  vie  de  Sem.  Pour  lui  et pour  ses  descendants,  deux  dates  sont  mention- nées :  l'âge  du  patriarche  au  moment  de  la  nais- sance de  son  premier -né,  le  reste  des  années  de sa  vie.
56
Gen.  XI,  12-20.
Arphaxad,  quingentis  annis;  et  genuit filios  et  filias.
12.  PoiTO  Arphaxad  vixit  triginta  quin- que  annis,  et  genuit  Sale.
13.  Vixitque  Arphaxad  postquam  ge- nuit Sale ,  trecentis  tribus  annis  ;  et  ge- nuit filios  et  filias.
14.  Sale  quoque  vixit  triginta  annis, et  genuit  Heber.
15.  Vixitque  Sale  postquam  genuit Heber,  quadringentis  tribus  annis;  et genuit  filios  et  filias.
16.  Vixit  autem  Heber  triginta  qua- tuor annis,  et  genuit  Phaleg.
17.  Et  vixit  Heber  postquam  genuit Phaleg,  quadringentis  triginta  annis;  et genuit  filios  et  filias.
18.  Vixit  quoque  Phaleg  triginta  an- nis, et  genuit  Reu.
19.  Vixitque  Phaleg  postquam  genuit Eeu,  ducentis  novem  annis;  et  genuit filios  et  filias.
20.  Vixit  autem  Reu  triginta  duobus annis,  et  genuit  Sarug.
21.  Vixit  quoque  Reu,  postquam  genuit Sarug,  ducentis  septem  annis;  et  genuit filios  et  filias.
22.  Vixit  vero  Sarug  triginta  annis, et  genuit  Nachor.
23.  Vixitque  Sarug  postquam  genuit Nachor,  ducentis  annis  ;  et  genuit  filios et  filias.
24.  Vixit  autem  Nachor  viginti  novem annis,  et  genuit  Thare.
25.  Vixitque  Nachor  postquam  genuit Thare ,  centum  decem  et  novem  annis  ; et  genuit  filios  et  filias.
26.  Vixitque  Thare  septuaginta  annis, et  genuit  Abram ,  et  Nachor,  et  Aran.
phaxad,  vécut  cinq  cents  ans;  et  il  en- gendra des  fils  et  des  filles.
12.  Arphaxad  ayant  vécu  trente -cinq ans,  engendra  Salé;
13.  Et  Arphaxad,  après  avoir  engendré Salé ,  vécut  trois  cent  trois  ans  ;  et  il  en- gendra des  fils  et  des  filles.
14.  Salé  ayant  vécu  trente  ans,  en- gendra Héber  :
15.  Et  Salé,  après  avoir  engendré  Hé- ber, vécut  quatre  cent  trois  ans;  et  il engendra  des  fils  et  des  filles.
16.  Héber  ayant  vécu  trente  -  quatre ans ,  engendra  Phaleg  ;
17.  Et  Héber,  après  avoir  engendré Phaleg,  vécut  quatre  cent  trente  ans;  et il  engendra  des  fils  et  des  filles.
18.  Phaleg  ayant  vécu  trente  ans,  en- gendra Réu  ;
19.  Et  Phaleg,  après  avoir  engendré Réu,  vécut  deux  cent  neuf  ans;  et  il en2:endra  des  fils  et  des  filles.
20.  Réu  ayant  vécu  trente -deux  ans, engendra  Sarug;
21.  Et  Réu,  après  avoir  engendré  Sarug, vécut  deux  cent  sept  ans  ;  et  il  engendra des  fils  et  des  filles.
22.  Sarug  ayant  vécu  trente  ans,  en- gendra Nachor;
23.  Et  Sarug,  après  avoir  engendré  Na- chor, vécut  deux  cents  ans  ;  et  il  engendra des  fils  et  des  filles.
24.  Nachor  ayant  vécu  vingt-neuf  ans, engendra  Tharé;
25.  Et  Nachor,  après  avoir  engendré Tharé,  vécut  cent  dix -neuf  ans;  et  il engendra  des  fils  et  des  filles.
26.  Tharé  ayant  vécu  soixante-dix  ans, engendra  Abram,  Nachor  et  Aran.
12-13.  Arphaxad.  A  la  sxaite  de  ce  nom  (et  déjà auchap,  x,  24),  les  Septante  intercalent  celui  de Caïnan.  Comp.  Luc.  m,  3G.
14-15.  Salé.
16-17.  Héber.
18-19.  Phaleg.  Ce  patriarche  étant  né  cent  ans après  le  déluge ,  et  ayant  vécu  deux  cent  trente- neuf  ans,  on  peut  déduire  de  là  l'époque  appro- ximative de  la  dispersion  des  peuples.
20-21.  Réu.  Les  LXX  et  S.  Luc  le  nomment Ragaii.
22-23.  Sarug.
24-25.  Nachor.
26.  Tharé.  —  Notez  la  longévité  décroissante de  la  vie  :  nous  sommes  bien  loin  des  chiffres du  chap.  V.  —  Si  l'on  compare  les  données  du texte  hébreu  et  de  la  Vulgate,  celles  des  Sep- tante et  celles  du  texte  samaritain,  on  trouve de  nouveau  des  divergences  étonnantes,  qui  créent encore  une  grande  difflculté  pour  établir  la  chro-
nologie biblique.  Ainsi,  de  la  naissance  d'Ai-phaxad à  celle  d'Abraham,  il  se  serait  écoulé  3G5  ans d'aiii'ès  l'hébreu,  1015  ans  d'après  le  samaritain, 1245  ans  d'après  les  Septante!
DEUXIÈME  PARTIE
Los  débuts  de  l'histoire  des  Hébreux. XI,  27  —  L,26.
LIVRE  VI
lies  générations   de  Tharé.  XI,  27-XXY,  18.
D'universel  qu'il  avait  été  d'abord,  le  récit  de la  Genèse  devient  tout  à  coup  très  spécial ,  et  limité aux  destinées  d'une  seule  famille.  Il  est  vrai  que cette  famille  est  celle  à  laquelle  se  rattachaient, depuis  Adam ,  les  promesses  divines ,  et  que  nous la  verrons  bientôt  devenir  la  souche  du  peuple hébreu.  C'est  donc  ici  que  commence,  à  proprement pai'ler,  l'iiistoire  de  la  nation  théocratique.
Gen.  XI,  27-32.
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27.  Voici  les  générations  de  Tliaré. Tharé  engendra  Abram,  Nachor  et  Aran. Or  Aran  engendra  Lot  ;
28.  Et  Aran  mourut  avant  son  père Tharé  au  paj^s  où  il  était  né,  à  Ur  en Chaldée.
29.  Or  Abram  et  Nachor  prirent  des femmes.  La  femme  d' Abram  s'appelait Saïaï,  et  celle  de  Nachor  s'appelait  Melcha fille  d'Aran,  qui  fut  père  de  Melcha  et père  de  Jescha.
30.  Or  Saraï  était  stérile,  et  elle  n'avait point  d'enfants.
31.  Tharé  ayant  donc  pris  Abram  son fils,  Lot  son  petit -fils,  fils  d'Aran,  et Saraï  sa  belle -fille,  femme  d' Abram  son fils,  les  fit  sortir  d'Ur  en  Chaldée,  pour aller  avec  lui  dans  le  pays  de  Chanaan  ; et  étant  venus  jusques  à  Haran,  ils  y habitèrent.
32.  Et  Tharé,  après  avoir  vécu  deux cent  cinq  ans,  mourut  à  Haran.
27.  Hae  sunt  autem  generationes  Tha- ré. Thare  genuit  Abram,  Nachor,  et  Aran. Porro  Aran  genuit  Lot.
28.  Mortuusque  est  Aran  ante  Thare patrem  suum,  in  terra  nativitatis  suae,  in Ur  Chaldœorum.
29.  Duxerunt  autem  Abram  et  Nachor uxores  :  nomen  uxoris  Abram ,  Sarai  ;  et nomen  uxoris  Nachor,  Melcha,  filia  Aran, patris  Melchœ,  et  patris  Jeschœ.
30.  Erat  autem  Sarai  sterilis,  nec  ha- bebat  liberos.
3L  Tulit  itaque  Thare  Abram  filium suum ,  et  Lot  filium  Aran ,  filium  filii  sui , et  Sarai  nurum  suam,  uxorem  Abram filii  sui,  et  eduxit  eos  de  Ur  Chaldœa- rum ,  ut  irent  in  terram  Chanaan  ;  vene- runtque  usque  Haran,  et  habitaverunt ibi.
32.  Et  facti  sunt  dies  Thare  ducento- rum  quinque  annoram ,  et  mortuus  est  in Haran.
Section  I.  —  La  famille  et  la  MiauATiON DE  Tharé.  XI,  27-32.
Quelques  faits  préliminaires,  pour  servir  d'in- troduction au  Livre  VI.
27».  Le  titre  du  livre.
27*>-28.  Les  noms  des  trois  fils  de  Tharé,  puis deux  détails  sur  Aran  :  1»  genuU  Lot  ;  2°  mortuus est  ante  Thare...,  in  Ur,  par  conséquent  avant  la migration  mentionnée  plus  bas.
29-30.  Aran  étant  ainsi  éliminé,  on  revient aux  deux  autres  fils ,  pour  signaler  leur  mariage  et leurs  circonstances  de  famille.  —  Sarai,  d'après  les auteurs  juifs,  ne  différerait  pas  de  Jescha,  seconde fille  d'Aran,  et  sœur  soit  de  Lot,  soit  de  Melcha  ; du  moins,  nous  verrons  qu'elle  était  parente d'Abram  h  un  degré  très  rapproché,  sa  nièce  sans doute  (xii,  13;  xx,12).  —  Sterilis,  vec...  Trait doulcui'eux,  mais  destiné  à  préparer  de  grandes merveilles.
31.  TiUit  itaque...  Le  nom  de  Nachor  est  omis  ; ce  patriarche  demeura  probablement  quelque  temps encore  à  Ur.  Plus  tard  (  xxiv,  10  ;  xxix,  4  )  néan- moins nous  trouverons  sa  famille  installée  à  Haran, où  II  aura  dû  rejoindre  les  siens.  —  De  Ur  Chal- dxorum  (hébr.  'Ur  Kasdim).  Pendant  assez longtemps  on  a  identifié  cette  ville  à,  Edesse, l'antique  Crhoé,  l'Urfa  actuelle,  située  au  S.  des montagnes  de  l'Arménie;  selon  toute  vraisem-
blance, il  faut  plutôt  la  chercher  sur  l'emplace- ment de  Mughéir,  entre  Babylone  et  le  golfe Persique.  Voyez  Vigouroux,  îa  Bible  et  les  décou- vertes modernes,  i,  398  et  ss.  —  Le  but  de  Tharé était  wi  irent  in...  Chanaan;  toutefois,  après  avoir remonté  l'Euphrate  presque  jusqu'à  sa  source,  il semble  avoir  renoncé  à  son  projet.  —  Haran (hébr.  Ilaran) ,\^âpç>a.i  des  Grecs,  C/iarrœ  des Latins,  h  une  journée  de  marche  au  sud  d'Edesse  ; localité  célèbre  par  la  victoire  des  Parthes  sur  les légions  de  Crassns.
32.  Dies  Thare  ducentorum  quinque  annorum. Ce  passage,  rapproché  de  xi,  26  et  de  xii,  4,  crée une  difficulté  chronologique  assez  notable.  En  effet, d'après  xi,  2G,  Tharé  était  âgé  de  70  ans  quand il  devint  père  d'Abram;  d'après  xii,  4,  Abram avait  lui-même  75  ans  quand  il  quitta  Haran  : d'où  il  suit  que  son  départ  pour  le  pays  de  Cha- naan aurait  eu  lieu  soixante  années  avant  la  mort de  Tharé  (  70  +  75  =  145  ;  205  —  145  =  60  ).  Le texte  samaritain  tranche  la  difficulté  d'une  manière arbitraire,  en  substituant  145  à  205.  L'opinion  de divers  rabbins ,  d'après  laquelle  Abram  est  cité  le premier  parmi  les  fils  de  Tharé,  non  parce  qu'il  était l'aîné ,  mais  en  sa  qualité  de  fondateur  du  peuple juif,  peut  servir  de  base  h  la  vraie  solution;  car alors  le  chiffre  70  ne  retomberait  pas  directement sur  lui.  Voj'cz  le  Manuel  Mhliq.,  I,  n.  342.
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Gen.  XII,  1
CHAPITRE  XII
1.  Dixit  autem  Dominus  ad  Abram  : Egredere  de  terra  tua,  et  de  cognatione tua ,  et  de  domo  patris  tui ,  et  veni  in terram  quam  monstrabo  tibi.
2.  Faciamque  te  in  gentem  magnam, et  benedicam  tibi,  et  magnificabo  no- men  tuam,  erisque  benedictus.
3.  Benedicam  benedicentibus  tibi,  et maledicam  maledicentibus  tibi,  atque in  te  benedicentur  universse  cognationec terrée.
4.  Egressus  est  itaque  Abram  sicut prseceperat  ei  Dominus,  et  ivit  cum  eo Lot;  septuaginta  quinque  annorum  erat Abram  cum  egrederetur  de  Haran.
5.  Tulitque  Sarai  uxorem  suam,  et  Lot filium  fratris  sui ,  universamque  substan- tiam  quam  possederant,  et  animas  quas
1.  Or  le  Seigneur  dit  à  Abram  :  Sor- tez de  votre  pays,  de  votre  parenté,  et de  la  maison  de  votre  père,  et  venez  en la  terre  que  je  vous  montrerai.
2.  Je  ferai  sortir  de  vous  un  grand peuple  ;  je  vous  bénirai  ;  je  rendrai  votre nom  célèbre,  et  vous  serez  béni.
3.  Je  bénirai  ceux  qui  vous  béniront, et  je  maudirai  ceux  qui  vous  maudiront  ; et  tous  les  peuples  de  la  terre  seront  bénis en  vous.
4.  Abram  sortit  donc  comme  le  Sei- gneur le  lui  avait  commandé,  et  Lot alla  avec  lui,  Abram  avait  soixante-quinze ans  lorsqu'il  sortit  de  Haran.
5.  Il  prit  avec  lui  Saraï  sa  femme,  et Lot,  fils  de  son  frère,  tout  le  bien  qu'ils possédaient,  avec  toutes  les   personnes
Section  II.  —  Première  période  de  la  vie d'Abraham.  XII,  1-XIII,  18.
La  biographie  d'Abraham ,  avec  laquelle  se  con- fondent désormais  les  générations  de  Tharé ,  pré- sente quatre  points  culminants,  ou  quatre  révéla- tions importantes ,  qui  la  divisent  en  quatre  pé-  j riodes  distinctes.  Ces  périodes  commencent  avec les  chap.  xii,  xv,  xvn ,  xxn.  Le  nom  de  Jéhovah , le  Dieu  de  la  révélation ,  est  particulièrement fréquent  dans  toute  cette  partie  de  la  Genèse.  — Bur  la  vie  d'Abraham,  voyez  S.  Ambroiso,  De Abraham  patriarcha ,  et  Vigouroux,  ?a  Bible  et les  découvertes  modernes,  i,  379-519.
§1.  —  Abraham  dans  la  terre  de  Chanaan et  en  Egypte.  XII,  1-20.
1°  La  vocation  d' Abram ,  vers.  1-3.
Chap.  XII.  —  1.  Dixit...  Dominus.  D'après Act.  vu,  2,  Abram  avait  entendu  déjà  le  divin appel  à  Ur  Kasdim,  avant  la  migration  de  son père  à  Haran.  C'est  donc  pour  la  seconde  fois  que le  Seigneur  lui  adresse  la  parole.  Les  vers.  1-3 contiennent  tout  ensemble  un  ordre  et  une  pro- messe. L'ordre  a  deux  parties  :  1°  Egredere...  C'est le  renoncement  à  tout  ce  que  l'homme  a  de  plus cher  ici  -  bas  :  patrie ,  parents ,  maison  paternelle. Dieu  arrachait  ainsi  violemment  à  toutes  ses  an- ciennes relations ,  et  au  danger  de  l'idolâtrie ,  celui dont  il  voulait  se  servir  pour  fonder  une  race nouvelle  et  sainte.  2»  Et  veni  in  terram...  Terre qu'une  révélation  ultérieure  devait  déterminer.
2-3.  Promesse  admirable,  en  échange  du  sacrifice exigé.  Elle  se  comiiose  de  quatre  membres ,  rangés en  gradation  ascendante  :  1»  promesse  d'une  posté- rité innombrable  ;  2»  promesse  de  faveurs  insignes, spirituelles  et  temporelles;  3«  promesse  de  grande gloire  ;  4o  Abram  sera  yiour  les  autres  une  source de  bénédictions  (ej'isgwe  benedictus;  hébr.  «  bcnc-
dictio  »).  Cette  dernière  pensée,  la  plus  importante de  toutes ,  est  développée  au  vers.  3.  —  Benedicam benedicentibus...  Les  hommes  seront  bénis  ou maudits,  d'après  la  position  qu'ils  prendront  à l'égard  d'Abram.  —  Maledicam  maledicentibus... L'hébreu  a  deux  expressions  distinctes  (m'qallèllca, aôr);  celle  qui  dénote  la  malédiction  divine  est la  plus  énergique.—  In  te  benedicentur  universse... C'est  au  moment  où  Dieu  sépare  Abram  de  tous les  autres  hommes,  qu'il  fait  de  lui  un  centre général  de  bénédictions  :  preuve  que  ce  qu'on  a appelé  le  «  particularisme  »  juif  devait  former  un jour  la  religion  de  l'univers  entier.  Aussi  bien, les  mots  in  te  ne  se  rapportent  pas  exclusivement à  Abram  :  plus  loin  (xxii,  18),  nous  trouverons à  leur  place  la  formule  «  in  semine  tuo  »,  laquelle désigne  le  Christ  en  personne,  ce  descendant  par excellence  du  Père  des  croyants,  comme  l'ont  si nettement  affirmé  S.  Pierre,  Act.  m,  26,  et  S.  Paul, Gai.  III,  16,  résumant  toute  la  tradition  juive. Oracle  important,  qui  précise  ceux  des  chap.  m et  X,  et  qui  sera  plusieurs  fois  réitéré  coup  sur coup.  Cf.  Gen.  xiii,  14-16  ;  xvn;  xvni,  18;  xxn; XXVI,  3-4;  xxviii,  13  et  s.;  xxxv,  11  et  ss.  Voy.  ' MS"^  Meignan,  les  Prophéties  messianiq.  du  Pen- tateuque,  p.  318  et  ss.
2"  Abram  dans  le  pays  de  Chanaan ,  vers.  4  -  9. 4.  Egressus  est...  Parfait  exemple  de  foi  et d'obéissance.  «  Exiit,  nesciens  quo  iret,  »  Hebr.  xi, 8.  —  Cum  eo  Lot.  Abram  l'avait  en  quelque  sorte adopté  comme  un  flis  après  la  mort  d'Aran ,  xi,  28. —  Septuaginta  quinque  annorum...  Cette  date est  signalée  parce  qu'elle  ouvrait  une  nouvelle  ère pour  Abram  et  pour  l'humanité.
6.  Répétition  du  vers.  4,  avec  quelques  déve- loppements. —  Substantiam...  Ces  biens  consis- taient surtout  en  bétail. —  Animas  quas  fccerant  : locution  hébraïque,  pour  désigner  les  esclaves achetés  à  Haran.
Gen.  XII,  6-12.
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dont  ils  avaient  augmenté  leur  famille à  Haran ,  et  ils  sortirent  pour  aller  dans le  pays  de  Chanaan.  Lorsqu'ils  y  furent arrivés,
6.  Abram  passa  au  travers  du  pays jusqu'au  lieu  appelé  Sichem,  et  jusqu'à la  vallée  illustre.  Les  Chananéens  occu- paient alors  ce  pays -là.
7.  Or  le  Seigneur  apparut  à  Abram, et  lui  dit  :  Je  donnerai  ce  pays  à  votre postérité.  Abram  dressa  en  ce  lieu -là un  autel  au  Seigneur,  qui  lui  était  ap- paru.
8.  Etant  passé  de  là  vers  une  mon- tagne qui  est  à  l'orient  de  Béthel,  il  y tendit  sa  tente,  aj'ant  Béthel  à  l'occi- dent, et  Haï  à  l'orient.  Il  dressa  encore en  ce  lieu -là  un  autel  au  Seigneur,  et  il invoqua  son  nom.
9.  Abram  alla  encore  plus  loin,  mar- chant toujours  et  s'avançant  vers  le  midi.
10.  Mais  la  famine  étant  survenue  en ce  pays -là,  Abram  descendit  en  Egypte pour  y  passer  quelque  temps ,  parce  que la  famine  était  grande  dans  le  pays  qu'il quittait.
11.  Lorsqu'il  était  prêt  d'entrer  en Egypte ,  il  dit  à  Saraï  sa  femme  :  Je  sais que  vous  êtes  belle  ;
12.  Et  que  quand  les  Egyptiens  vous
feccrant  in  Haran  ;  et  egressi  sunt  ut irent  in  terram  Chanaan.  Cumque  venis- sent  in  eam ,
6.  Pertransivit  Abram  terram  usque ad  locum  Sichem,  usque  ad  convallem illustrem  ;  Chananœus  autem  tune  erat in  terra.
7.  Apparuit  autem  Dominus  Abram, et  dixit  ei  :  Seniini  tuo  dabo  terram  hanc. Qui  a3dificavit  ibi  altare  Domino,  qui apparuerat  ei.
8.  Et  inde  transgrediens  ad  montem, qui  erat  contra  orientem  Béthel,  tetendit ibi  tabernaculum  suum,  ab  occidente  ha- bens  Béthel,  et  ab  oriente  Hai;  aîdifica- vit  quoque  ibi  altare  Domino,  et  invo- cavit  nomen  ejus.
9.  Perrexitque  Abram  vadens ,  et  ultra progrediens  ad  meridiem.
10.  Facta  est  autem  famés  in  terra; descenditque  Abram  in  ^gyptum,  ut peregrinaretur  ibi  ;  prsevaluerat  enim famés  in  terra.
11.  Cumque  prope  esset  ut  ingredere- tur  ^gyptum,  dixit  Sarai  uxori  suse  : Novi  quod  pulchra  sis  mulier,
12.  Et  quod  cum  viderint  te -<3Egyptii ,
6.  Pertransivit...  terrarn.  La  caravane  était entrée  dans  le  pays  de  Chanaan  par  le  N.-E.,  du côté  de  Damas.  Elle  en  traversa  environ  la  moitié , et  arriva  ad  locum  Sichem,  aujourd'hui Naplouse, dans  la  délicieuse  vallée  qui  s'étend  aux  pieds  de l'Ebal  et  du  Garizim.  —  Ad  convallem  illustrem,. Hébr.:  jusqu'au  térébinthe  de  Moreh.  —  Le  détail Chananœus...  tune  erat  in  terra  sert  de  prépa- ration au  vers.  7  :  le  pays  n'était  pas  désert ,  mais 11  appartenait  à  une  race  antique.
7.  Apparuit...  Dominus  :  sous  une  forme  exté- rieure. C'est  la  première  apparition  de  ce  genre mentionnée  dans  la  Bible.  —  Semini  tuo  dabo... Sur  les  raisons  providentielles  du  choix  de  la Palestine  comme  terre  du  peuple  de  Dieu ,  voyez le  Manuel  Mblig.,  I ,  n.  345.  —  JEdificavit  altare. Abram  a  compris.  Par  cet  acte ,  il  prend  possession du  pays,  et  il  le  consacre  Domino,  à  Jéhovah,  qui s'y  révélera  de  tant  de  manières.
8-9.  La  station  suivante  d'Abram  fut  contra orientem  Bethél ,  au  sud  de  Sichem.  Béthel  s'ap- pelait alors  Luz,  xxvra,  19.  Le  lieu  du  campement est  indiqué  d'une  façon  très  exacte  :  ah  oecideiite... Bechel,  et  ab  oriente  Hai;  ce  district  fournit  encore aujourd'hui  d'excellents  pâturages,  —  De  là ,  une nouvelle  migration  lente  et  progressive  (vadens et  ultra  progrediens)  vers  le  Négeb  (hébv.),  c.-à-d. vers  l'extrême  sud  de  la  Palestine.
3°  Abram  en  Égj'pte,  vers.  10-20.
10.  Facta  est  famés.  Ce  fut  l'occasion  du  voyage.
La  Palestine  a  été  de  tout  temps  sujette  à  des famines  périodiques;  l'Egypte,  au  contraire,  *& toujours  été  fertile  en  grains.  —  Descendit  :  l'ex- pression technique  pour  aller  de  Chanaan  en Egypte,  à  cause  de  la  différence  d'altitude.  — Ut  peregrinaretur  ibi,  jusqu'à  ce  que  la  famine fût  pasfée.  Ainsi  font  encore  les  Bédouins  dans des  circonstances  analogues.
11-13.  Cumque  prope  esset...  D'après  G-en.  xx, 13,  Abram  avait  conclu  cette  petite  convention avec  Sara  avant  même  de  quitter  la  Chaldée, parce  qu'il  connaissait  la  morale  relâchée  des  pays qu'il  devait  traverser.  Il  la  renouvelle  au  moment de  franchir  la  frontière  de  l'Egypte,  contrée  si dissolue ,  gouvernée  par  des  despotes  licencieux.  — Pulchra  sis.  Quoique  alors  âgée  d'environ  67  ans (  cf.  xn ,  4  et  XVII  ,17),  Sara  n'était  encore  qu'au milieu  de  sa  vie  (xxin,  1),  et,  n'ayant  pas  eu d'enfants,  elle  jouissait  de  tous  ses  avantages. De  plus,  les  Égyptiennes  étaient  généralement dépourvues  de  grâces  extérieures.  —  Interflcient me  :  pour  se  débarrasser  de  lui.  On  redoute  moins un  frère  qu'un  mari,  en  pareil  cas.  —  Soror  mea. C'était  assurément  inexact  dans  le  sens  strict; mais  les  mots  «  frère  »  et  «  sœur  »  ont  une  signi- fication assez  large  en  Orient,  où  ils  désignent même  les  cousins  et  cousines ,  les  neveux  et  nièces. Cf.  xui,  8;  Matth.  xiii,  55-56;  Joan.  vii,  3.
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Gen.  XII,  13  —  XIII,  1.
dicturi  siint  :  Uxor  ipsius  est  ;  et  interfl- cient  me,  et  te  reservabunt.
13.  Die  ego,  obsecro  te,  quod  soror mea  sis,  ut  bene  sit  mihi  propter  te,  et vivat  anima  mea  ob  gratiam  tui.
14.  Cum  itaque  ingressus  esset  Abram ^g3'ptiim,  viderunt  ^gj^-ptii  mulierem quod  esset  pulclira  nimis,
15.  Et  nimtiaverunt  principes  Pha- raoni,  et  laudaverimt  eam  apud  illum; et  sublata  est  mulier  in  domum  Pha- raonis,
IG.  Abram  vero  bene  usi  sunt  propter illam;  fuerimtque  ei  oves,  et  boves,  et asini,  et  servi,  et  famulte,  et  asinse,  et cameli.
17.  Flagellavit  autem  Dominus  Pha- raonem  plagis  maximis,  et  domum  ejus, propter  Sarai  uxorem  Abram.
18.  Vocavitque  Pharao  Abram,  et  dixit ei  :  Quidnam  est  hoc  quod  fecisti  mihi? quare  non  indicasti  quod  uxor  tua  esset  ?
19.  Quam  ob  causam  dixisti  esse  soro- rem  tuam ,  ut  tollerem  eam  mihi  in  uxo- rem? Nunc  igitur  ecce  conjux  tua;  ac- cipe  eam  ,  et  vade.
20.  Prsecepitque  Pharao  super  Abram viris;  et  deduxerunt  eum,  et  uxorem illius,  et  omnia  quge  habebat.
auront  vue,  ils  diront  :  C'est  la  femme de  cet  homme -là;  et  ils  me  tueront,  et vous  réserveront.
13.  Dites  donc,  je  vous  supplie,  qne vous  êtes  ma  sœur;  afin  que  ces  gens -ci me  traitent  favorablement  à  cause  de vous,  et  qu'ils  me  conservent  la  vie  en votre  considération.
14.  Abram  étant  entré  ensuite  en Egypte,  les  Egyptiens  virent  que  cette femme  était  très  belle.
15.  Et  les  princes  du  pays  en  ayant donné  avis  au  Pharaon,  et  l'ayant  fort louée  devant  lui ,  elle  fut  enlevée  et  me- née au  palais  du  Pharaon.
16.  Ils  en  usèrent  bien  à  l'égard  d'A- bram  à  cause  d'elle  ;  et  il  reçut  des  brebis, et  des  bœufs,  et  des  ânes,  et  des  servi- teurs, et  des  servantes,  et  des  ânesses,  et des  chameaux.
17.  Mais  le  Seigneur  frappa  de  trèi grandes  plaies  le  Pharaon  et  sa  maison, à  cause  de  Saraï  femme  d'Abram.
18.  Et  le  Pharaon  ayant  fait  venir Abram,  lui  dit  :  Pourquoi  avez-vous  agi avec  moi  de  cette  sorte  ?  Que  ne  m'avez- vous  averti  qu'elle  était  votre  femme?
19.  D'où  vient  que  vous  avez  dit  qu'elle était  votre  sœur,  pour  me  donner  lieu  do la  prendre  pour  ma  femme?  Voilà  donc maintenant  votre  femme;  prenez -la,  et vous  en  allez.
20.  Et  le  Pharaon  ayant  donné  ordre  à ses  gens  de  prendre  soin  d'Abram ,  ils  le conduisirent  jusque  hors  de  l'Egypte  avec sa  femme,  et  tout  ce  qu'il  possédait.
CHAPITRE  XIII
1.  Ascendit  ergo  Abram  de  ^gypto, ipse  et  uxor  ejus,  et  omnia  quas  habebat, et  Lot  cum  eo,  ad  australem  plagam.
1.  Abram  étant  donc  sorti  de  l'Egypte avec  sa  femme  et  tout  ce  qu'il  possédait, et  Lot  avec  lui ,  alla  du  côté  du  midi.
14-15.  Les  craintes  d'Abram  n'étaient  que  trop fondées.  —  Pharaoni.  Titre  commun  à  tous  les rois  d'Egypte.  Les  égyptologues  ne  sont  pas  ab- solument d'accord  sur  son  étymologie  :pi-ouro, le  roi,  d'après  Jablonski  ;  ph-ra,  le  soleil,  d'après Rosellini ,  Lepsius ,  etc.;  per-aa,  la  grande  maison , d'après  M.  do  Rougé  (  de  même  que  l'on  dit  «  la sublime  Porte  »).  Il  n'est  pas  possible  de  déter- miner le  prince  en  question; on  a  calculé  néanmoins qu'il  appartenait  au  moins  à,  la  XII^  dynastie, peut-ôtre  même  à  une  dynastie  encore  plus  an- tique.
16.  Ahram  vero...  Sara  est  achetée  à  la  façon orientale  par  celui  qui  voulait  l'épouser,  et  l'on donne  au  frère  présumé  les  biens  les  plus  appréciés des  nomades  :  oves  et  bovcs...
17.  Dieu  protège  miraculeusement  l'honneur  de la  future  mère  de  son  peuple.  —  Flagellavit...  Ou ne  dit  pas  ici  de  quelle  manièi'e.  Cf.  xx,  6,  17. Du  moins  le  Pharaon  comprit.
18-19.  Vifs  reproches  du  roi  à  Abram,  lequel n'osa  alléguer  aucune  excuse.
20.  Frœcepit...  Les  particularités  de  Tordra ressortent  des  mots  suivants  :  deduxerunt  eum. Cette  escorte  devait  garantir  Abram  et  Sara ,  tant qu'ils  demeureraient  sur  le  territoire  égyptien.
§  II.  —  Lot  est  éliminé  de  la  race  choisie. XIII,  1-18.
lo  Abram  de  retour  en  Chanaan ,  vers.  1-4. Chap.  XIII.  —  1.  Ascendit  ergo...  L'expression technique  pour  marquer  le  retour  d'Egypte  ea
Gen.  XIII,  2-10.
Cl
2.  Il  était  très  riche,  et  il  avait  beau- coup d'or  et  d'argent.
3.  Il  revint  par  le  même  chemin  qu'il était  venu  du  midi  ;\  Béthel,  jusqu'au lieu  où  il  avait  auparavant  dressé  sa tente,  entre  Béthel  et  Haï,
4.  Où  était  l'autel  qu'il  avait  bâti  ;  et il  invoqua  en  ce  lieu  le  nom  du  Seigneur.
5.  Or  Lot,  qui  était  avec  Abram,  avait aussi  des  troupeaux  de  brebis,  des  trou- pcnux  de  bœufs  et  des  tentes.
G.  Le  pays  ne  leur  suffisait  pas  pour pouvoir  demeurer  l'un  avec  l'autre,  parce que  leurs  biens  étaient  fort  grands,  et ils  ne  pouvaient  subsister  ensemble.
7.  C'est  pourquoi  il  s'excita  une  que- relle entre  les  pasteurs  d'Abram  et  ceux de  Lot.  En  ce  temps -là  les  Chananéens et  les  Phérézéens  habitaient  en  cette  terre.
8.  Abram  dit  donc  à  Lot  :  Qu'il  n'y ait  point,  je  vous  prie,  de  dispute  entre vous  et  moi ,  ni  entre  mes  pasteurs  et  les vôtres,  parce  que  nous  sommes  frères.
9.  Voici  que  vous  avez  devant  vous toute  la  contrée.  Retirez -vous,  je  vous prie,  d'auprès  de  moi.  Si  vous  allez  à la  gauche,  je  prendrai  la  droite;  si  vous choisissez  la  droite,  j'irai  à  gauche.
10.  Lot  élevant  donc  les  yeux,  consi- déra tout  le  pays  situé  le  long  du  Jour- dain, et  qui,  avant  que  Dieu  détruisît Sodome  et  Gomorrhe ,  était  un  pays  tout arrosé  d'eau,  comme  un  paradis  de  Dieu, et  comme  l'Egypte  quand  on  vient  à Sés'or.
2.  Erat  autem  dives  valde  in  posses- sion e  auri  et  argenti.
3.  Reversusque  est  per  iter  quo  véné- rât, a  meridie  in  Béthel,  ur^quc  ad  lo- cum  ubi  prius  fixerat  tabernaculum  inter Béthel  et  liai,
4.  In  loco  altaris  quod  fecerat  prius, et  invocavit  ibi  nom  en  Domini.
5.  Sed  et  Lot  qui  erat  cum  Abram, fuerunt  grèges  ovium,  et  armenta,  et tabernacula.
6.  Nec  poterat  eos  capere  terra,  ut habitarent  simul  ;  erat  quippe  substantia eorum  multa,  et  nequibant  habitare  com- muniter.
7.  Unde  et  facta  est  rixa  inter  pastores greguni  Abram  et  Lot.  Eo  autem  tem- pore  Chananssus  et  Pherezaeus  habita- bant  in  terra  illa.
8.  Dixit  ergo  Abram  ad  Lot  :  Ne, quseso,  sit  jurgium  interme  et  te,  et  inter pastores  meos  et  pastores  tuos  ;  f ratres enim  sumus.
9.  Ecce  uni  versa  terra  coram  te  est  ; recède  a  me,  obsecro  :  si  ad  sinistram ieris,  ego  dexteram  tenebo;  si  tu  dexte- ram  elegeris,  ego  ad  sinistram  pergam.
10.  Elevatis  itaque  Lot  oculis,  vidit omnem  circa  regionem  Jordanis,  quae uni  versa  irrigabatur  antequam  subver- teret  Dominus  Sodomam  et  Gomorrham, sicut  paradisus  Domini,  et  sicut  ^gy- ptus  venientibus  in  Segor.
Palestine.  Cf.  xii,  10.  —  Lot  cum  eo  :  Lot,  qui va  devenir  un  personnage  important  dans  la suite  de  ce  récit.  —  Ad  ausiralem  plagayn.  Hébr.: vers  le  Négeb.  Voy.  la  note  de  xii,  9.
2.  Dives  valde...;  «extrêmement  lourd»,  d'après l'expression  imagée  de  l'hébreu.  L'or  et  l'argent n'étaient  pas  encore  monnayés  ;  dans  les  transac- tions de  vente  on  employait  ces  métaux  sous forme  de  lingots  ou  d'anneaux.  Voy.  V Atlas  ar- chéolog.  de  la  Bible,  pi.  lxiv,  fig.  6  et  9.
3-4.  Per  iter  quo  venerat.  Hébr.  :  selon  ses  cam- pements, c.-à-d.  à  la  façon  d'un  nomade,  qui  campe et  décampe  fréquemment.  —  Inter  Béthel  et  Eai. Toy.  xii,  8.
2°  La  séparation,  vers.  5-13.
5-6.  On  en  indique  d'abord  l'occasion  lointaine  : Lot  aussi  était  très  riche  soit  en  troupeaux  (grèges ovium,  le  petit  bétail,  moutons  et  chèvres;  ar- menta, les  bœufs),  soit  en  serviteurs  (taber- nacula, les  tentes  où  ils  habitaient).  —  Nec  pote- rat... capere  terra:  laquelle,  on  va  le  redire  de nouveau  (  vers.  7  ),  était  occupée  par  les  Chana- néens. Notez  les  répétitions  emphatiques  :  erat quippe...  et  nequibant.
7.  L'occasion  immédiate  :  unde  et...  rira.,.:  h
propos  de  pâturages,  dont  chacune  des  deux  fa- milles (pc'Stores)  revendiquait  l'emploi  exclusif.  — Pherezœas.  Cette  peuplade  n'a  pas  été  mentionnée dans  la  Table  des  peuples  ;  nous  la  retrouverons Jud.  XI,  3;  XVII,  15.
8-9.  Conduite  généreuse  et  condescendante d'Abram.  Pas  de  jurgium  entre  frères  !  Il  com- prend toutefois  que  la  séparation  est  commandée par  les  circonstances  ;  mais  il  abandonne  à  son neveu  le  droit  de  choisir  la  région  qui  lui  con- viendrait. —  Ecce  coram  te...  Le  langage  est  très pittoresque;  de  même  au  vers.  10.
10.  Omnem  circa  regionem  Jordanis.  Hébr.  : tout  le  kikkar  du  Jourdain,  et  le  ghôr  des  Arabes modernes,  c.-à-d.  la  vallée  du  Jourdain  entre  le lac  de  Tibériade  et  la  mer  Morte.  —  Qvse  uni- versa  irrigabatur.  Riche  en  eaux,  cette  vallée  l'est aussi  en  herbages.  —  Antequam  subverteret.  Détail anticipé.  Voy.  le  chap.  xix.  —  Deux  comparaisons relèvent  la  fraîcheur  et  la  beauté  du  ghôr  :  1°  sic- Mi  paradisus  Dei,  le  paradis  terrestre;  2°  sicut JEgyptus ,  l'Egypte  arrosée  et  fécondée  par  le  Nil. —  Venientibus  in  Segor  :  dans  la  direction  de  Sé- gor.  Voy.  XIX,  22  et  ss.
C2
Gen.  XIII,  11-18.
11.  Elegitque  sibi  Lot  regionem  circa Jordanem ,  et  recessit  ab  oriente  ;  divisi- que  sunt  alterutrum  a  fi-atre  suo.
12.  Abram  habitavit  in  terra  Chanaan  ; Lot  vero  moratus  est  in  oppidis,  quse erant  circa  Jordanem,  et  habitavit  in Sodomis.
18.  Homines  autem  Sodomitœ  pessimi erant,  et  peccatores  coram  Domino  ni- mis.
14.  Dixitque  Dominus  ad  Abram,  post- qiiam  divisus  est  ab  eo  Lot  :  Leva  oculos tuos,  et  vide  a  loco,  in  quo  mmc  es,  ad aquilonem  et  meridiem,  ad  orientem  et occidentem.
15.  Omnem  terram,  quam  conspicis, tibi  dabo  et  semini  tuo  usque  in  sempi- ternum.
16.  Faciamque  semen  tuum  sicut  pul- verem  terrae;  si  quis  potest  hominum numerare  pulverem  terrse ,  semen  quoqiie tuum  numerare  poterit.
17.  Surge ,  et  perambula  terram  in  lon- gitudine,  et  in  latitudine  sua;  quia  tibi daturus  sum  eam.
18.  Movens  igitur  tabernaculum  suum Abram,  venit  et  habitavit  juxta  conval- lem  Mambre,  quas  est  in  Hebron,  œdifi- cavitque  ibi  altare  Domino.
11.  Et  il  fit  choix  de  la  région  qui  en- toure le  Jourdain,  et  il  se  retira  de  l'orient. Ainsi  les  deux  frères  se  séparèrent  l'un de  l'autre.
12.  Abram  demeura  dans  la  terre  de Chanaan,  et  Lot  dans  les  villes  qui  étaient aux  environs  du  Jourdain  ;  et  il  habita dans  Sodome.
13.  Or  les  habitants  de  Sodome  étaient devant  le  Seigneur  des  hommes  perdus de  vices  ;  et  leur  corruption  était  montée à  son  comble.
14.  Le  Seigneur  dit  donc  à  Abram, après  que  Lot  se  fut  séparé  d'avec  lui  : Levez  vos  yeux,  et  regardez  du  lieu  où vous  êtes,  au  septentrion  et  au  midi,  à l'orient  et  à  l'occident.
15.  Tout  ce  pays  que  vous  voyez,  je vous  le  donnerai,  et  à  votre  postérité pour  jamais.
16.  Je  multiplierai  votre  race  comme la  poussière  de  la  terre.  Si  quelqu'un d'entre  les  hommes  peut  compter  la  pous- sière de  la  terre,  il  pourra  compter  aussi la  suite  de  vos  descendants.
17.  Levez-vous,  et  parcourez  toute  l'é- tendue de  cette  terre  dans  sa  longueur et  dans  sa  largeur,  parce  que  je  vous  la donnerai.
18.  Abram  levant  donc  sa  tente,  vint demeurer  près  de  la  vallée  de  Mambré, qui  est  vers  Hébron  ;  et  il  dressa  là  un autel  au  Seigneur.
11-12.  Lot,  suivant  l'attrait  de  ses  yeux,  «alla camper  à  l'orient  »  (  hébreu  ).  Sa  vie  nomade  le conduisit  tour  à  tour  dans  les  dififérentes  cités  de la  Pcntapole,  dont  il  était  l'hôte  temporaire. Abraham  demeura  seul  dans  la  contrée  destinée u  sa  postérité.
13.  «Sodomiia?... Cette  triste  circonstance  est  notée d'avance ,  pour  préparer  le  récit  du  chap.  xix.  Les richesses  d'une  part ,  de  l'autre  l'action  énervante du  climat,  ne  tardèrent  pas  à  produire  une  af- freuse corruption.
3"  Nouvelle  promesse  concernant  la  possession de  la  Terre  sainte,  vers.  14-18.
Après  le  départ  de  Lot,  Dieu  manifeste  d'une manière  encore  plus  intime  sa  bienveillance  à,  l'é- gard d'Abraham ,  afin  de  le  consoler.
14.  Beau  et  dramatique  prélude  de  la  promesse. —  Ad  aquilonem...  occidentem.  Dans  toutes  les  di- rections; par  conséquent,  le  pays  tout  entier.
15.  Omnem  terram...  tibi:  à  lui  d'abord  per- sonnellement ;  puis  à  ses  descendants ,  usque  in sempiternum.  On  a  parfois  conclu  de  ces  der- nières paroles  que  le  peuple  juif ,  quand  il  sera  con- verti au  Messie,  reprendra  possession  de  la  Pales- tine ;  d'autres  les  ont  i)rises  dans  un  sens  idéal  et spirituel.  «Par  le  Cbrist,  la  promesse  est  élevée
au-dessus  de  sa  forme  temporelle,..;  par  lui  la terre  entière  devient  Chanaan  ».  Il  paraît  plus naturel,  et  plus  conforme  à  d'autres  passages  du Pentateuque,  Lev.  xxvi,  21-33,  Deut.  iv,  25-40, de  dire  qu'en  réalité  la  Terre  sainte  était  promise aux  Juifs  pour  toujours ,  mais  h  condition  qu'ils demeureraient  fidèles  au  Seigneur  ;  condition  qui ne  fut  pas  remplie.
16.  Faciamque  semen  tuum.  Ses  enfants  selon la  chair,  et  beaucoup  plus  encore  sa  postérité  selon l'esprit.  —  La  comparaison  si  forte,  sicut  pulverem terrse,  redouble  d'énergie  par  le  développement  : si  quis  potest...
17.  Peramlnila  terram...  Abram  devait  ma- nifester de  la  sorte  ses  droits  de  future  propriété  : quia  tibi...
18.  Habitavit...  Sans  cesser  d'être  nomade,  il se  fixa  à  Hébron  d'une  certaine  manière,  et  il  en fit  le  centre  de  ses  pérégrinations  à  travers  la Palestine.  —  Juxta  convallem  (hébr.  :  sous  les térébinthes)  2Iambre.  Mambré,  ou  il/a 7n?-é,  était un  personnage  important  du  pays ,  Amorrhécm  de race.  Cf.  xiv,  13. —  Hebron:  au  sud  do  la  Pales- tine, dans  une  belle  et  riche  situation  ;  aujourd'hui El-Khalïl ,  «  l'ami  »  (  Abraham ,  l'ami  de  Dieu  par excellence  ).
Gen.  XIV,  1-G.
G3
CHAPITRE  XIV
1.  Ea  ce  temps -là,  Amraphel  roi  de Sennaar,  Arioch  roi  du  Pont,  Chodorla- liomor  roi  des  Elamites,  et  Thadal  roi des  Nations,
2.  Firent  la  guerre  contre  Bara  roi  de Sodome,  contre  Bersa  roi  de  Gomorrhe, contre  Sennaab  roi  dAdama,  contre  Sc- méber  roi  de  Séboïm,  et  contre  le  roi  de Bala,  c'est-à-dire  de  Ségor.
3.  Tous  ces  rois  s'assemblèrent  dans  la vallée  des  Bois,  qui  est  maintenant  la mer  salée.
4.  Ils  avaient  été  assujettis  à  Chodorla- homor  pendant  douze  ans,  et  la  treizième année  ils  se  retirèrent  de  sa  domination.
5.  Ainsi  l'an  quatorzième,  Chodorla- homor  vint  avec  les  rois  qui  s'étaient joints  à  lui,  et  ils  délirent  les  Raphaïtes dans  Astaroth  -  Carnaïm ,  les  Zuzites  qui étaient  avec  eux,  les  Emites  dans  Savé- Cariathaïm ,
6.  Et  les  Corrhéens  dans  les  montagnes de  Séir,  jusqu'aux  campagnes  de  Pharan, qui  est  dans  la  solitude.
1.  Factum  est  autem  in  illo  tempore, ut  Amraphel  rex  Sennaar,  et  Arioch  rex Ponti,  et  Chodorlahomor  rex  Elamita- rum,  et  Thadal  rex  Gentium,
2.  Inirerit  bellum  contra  Bara,  regem Sodomorum,  et  contra  Bersa,  regem  Go- morrhse ,  et  contra  Sennaab ,  regem  Ada- mse,  et  contra  Semeber,  regem  Seboim, contraque  regem  Balae,  ipsa  est  Segor.
3.  Omnes  hi  convenerunt  in  vallem Silvestrem,  quae  nunc  est  mare  salis.
4.  Duodecim  enim  annis  servierant Chodorlahomor,  et  tertiodecimo  anno  re- cesserunt  ab  eo.
5.  Igitur  quartodecimo  anno  venit  Cho- dorlahomor, et  reges  qui  erant  cum  eo  ; percusseruntque  Haphaim  in  Astaroth- Carnaim,  et  Zuzim  cum  eis.  et  Emim  in Save-Cariathaim ,
6.  Et  Chorrseos  in  montibus  Seir,  us- que  ad  campestria  Pharan,  quse  est  in
solitudine.
§  m.  —  Abram  et  Melchisédech.  XIY,  1  -  24.
Grand  événement  dans  la  vie  d'Abraham ,  sur- tout à  cause  du  tjT)e  admirable  qu'il  contient. Sous  le  rapport  historique ,  ce  passage  forme  un document  des  plus  précieux  parmi  ceux  que  l'an- tiquité nous  a  conservés.
10  L'invasion  de  la  Pentapolé ,  vers.  1-12.
Chap.  XIV.  —  1.  Les  parties  belligérantes  nous sont  présentées  dans  les  deux  premiers  versets ,  et tout  d'abord  les  agresseurs ,  au  nombre  de  quatro  : Amraphel,  roi  de  Sennaar  (  voy.  la  note  de  x ,  10  ); Arioch,  roi  d"Mlasar  (hébr. ;  d'après  Oppert, Kalah  Scherghât,  à  l'O.  du  Tigre);  Chodorla- homor, roi  (ÏElam,  (cf.  x,  22  et  la  note  ;  le  nom  du. prince  était,  sous  sa  forme  élamite,  «  Kudur-La- gamar  »,  couronne  de  La'gamar  :  un  dieu  d'Elam); Thadal,  roi  de  Goïvi  (Vulg.  :  «  gentium  »),  nom propre  qui  représente  vraisemblablement  les  Guti des  inscriptions  cunéiformes,  peuple  fixé  au  N.  de la  Babylonie.
2.  Liste  des  rois  menacés.  Us  étaient  chacun à  la  tête  d'une  ville,  selon  la  coutume  chana- néenne,  et  leurs  cinq  territoires  confédérés  for- maient ce  qu'on  nomme  la  Pentapolé ,  vers  l'em- placement actuel  de  la  mer  Morte.  —  Balae,  ipsa... Segor.  A  côté  du  nom  antique ,  l'historien  cite  le nom  plus  récent,  So'ar  en  hébreu.  Cf.  xix,  22.
3.  Le  théâtre  du  combat.  Au  lieu  de  vallem Silvestrem ,  l'hébreu  dit  :  la  vallée  de  Siddim.  — Mare  salia  ne  diffère  pas  de  la  mer  Morte,  xix, 21  et  S.
4.  Occasion  de  l'envahissement.  Pendant  douze ans  tributaires  de  Chodorlahomor,  les  cinq  rois s'étaient  ensuite  révoltés  contre  lui.
5-6.  En  venant  châtier  les  rebelles,  Chodorla- homor fait  diverses  conquêtes,  qui  sont  rapide- ment décrites  (  5^-7  ).  —  Raphaim  :  peuple  de géants ,  qui  occupait ,  au  temps  d'Abraham ,  toute la  Palestine  transjordanienne. —  Astaroth  -  Car- naim  :  plus  tard  la  capitale  du  roi  Og ,  issu  des Raphaim  (Deut.  m,  11);  on  a  cru  reconnaître ses  ruires  au  Tell-Aschtérah,  à  quelque  distance de  l'ancienne  Edréi.  —  Zuzim.  Peuple  identique sans  doute  aux  Zomzommim  de  Deut.  li,  20, lesquels  faisaient  également  partie  des  Raphaïm. —  Cum  eis  est  une  traduction  inexacte  pour  «  in Ham  »,  ville  assimilée  par  quelques  interprètes à  Rabbath-Ammon  (Deut.  in,  11).  —  Emin, ou  Emim ,  autre  branche  des  Raphaïm.  Ils  furent battus  dans  la  vallée  (  in  Save  )  de  Cariathaïm , aujourd'hui  Kvirayat,  ville  située  à  l'E.  de  la  mer Morte,  un  peu  au-dessous  de  l'embouchure  du Jourdain.  —  Chorrœos  (  de  hori ,  troglodyte  ),  les antiques  habitants  de  l'Idumée ,  expulsés  plus  tard par  les  fils  d'Esati,  xxxvi ,  20  et  ss.  —  In  montibus Seir,  chaîne  de  montagnes  située  au  S.-O.  de  la  mer Morte.  —  Usque  ad  campestria  Pharan.  Hébr.  : jusqu'à '^i-Pa'mn,  probablement  le  port  d'Aïla ou  d'Elath  (  Deut.  n ,  8  ) ,  au  fond  du  golfe  Éla- nite.  On  ajoute  que  cette  ville  est  bâtie  in  soli- tudine, c.-ù-d.  à  l'extrémité  orientale  du  désert  do Pharan.  Voy.  VAtl.  géogr.,  pi.  v.
G4
Gen.  XIV,  7-14.
7.  Reversique  sunt ,  et  venerunt  ad fontem  Misphat,  ipsa  est  Cades  ;  et  per- cusserunt  omnem  regionem  Amalecita- rum,  et  Amorrhœum  qui  habitabat  in Asason-Thamar.
8.  Et  egressi  sunt  rex  Sodomorum,  et rex  Gomorrhae,  rexque  Adamre,  et  rex Seboim,  necnon  et  rex  Balœ,  quse  est Segor;  et  direxcrunt  aciein  contra  eos  in val  le  Silvestri  ;
9.  Scilicet  ad  versus  Chodorlahomor regem  Elamitarum,  et  Thadal  regem Gentium,  et  Amraphel  regem  Sennaar, et  Arioch  regem  Ponti  :  quatuor  reges adversus  quinque.
10.  Vallis  autem  Silvestrls  habebat puteos  multos  bituminis.  Itaque  rex  So- domorum ,  et  Gomorrhae,  terga  verterunt, cecideruntque  ibi;  et  qui  remanserant, fugerunt  ad  montem.
11.  Tulerunt  autem  omnem  substan- tiam  Sodomorum,  et  Gomorrhae,  et  uni- versa  quaî  ad  cibum  pertinent,  et  abie- runt  ;
12.  Necnon  et  Lot  et  substantiam ejus,  filium  fratris  Abram,  qui  habita- bat in  Sodomis.
13.  Et  ecce  unus  qui  evaserat,  nun- tiavit  Abram  Hebrseo,  qui  habitabat  in convalle  Mambre  Amorrhsei,  fratris  Es- col,  et  fratris  Aner;  hi  enim  pepigerant fœdus  cum  Abram.
14.  Quod  cum  audisset  Abram,  ca- ptum  videlicet  Lot  fratrem  suum,  nu- meravit  expeditos  vernaculos  suos  tre- centos  decem  et  octo  ;  et  persecutus  est usque  Dan.
7.  Etant  retournés,  ils  vinrent  à  la fontaine  de  Misphat,  qui  est  le  même  lieu que  Cadès  ;  et  ils  ravagèrent  tout  le  pays des  Amalécites,  et  défirent  les  Amor- rliéens  dans  Asason-Thamar,
8.  Alors  le  roi  de  Sodome,  le  roi  de Gomorrhe,  le  roi  d'Adama,  le  roi  de  Sé- boïm,  et  le  roi  de  Bala,  qui  est  la  même que  Ségor,  se  mirent  en  campagne,  et rangèrent  leurs  troupes  en  bataille  dans la  vallée  des  Bois  contre  ces  princes  ;
9.  C'est-à-dire,  contre  Chodorlahomor roi  des  Elamites,  Thadal  roi  des  Nations, Amraphel  roi  de  Sennaar,  et  Arioch  roi du  Pont  :  quatre  rois  contre  cinq.
10.  Il  y  avait  beaucoup  de  puits  de bitume  dans  cette  vallée  des  Bois.  Le roi  de  Sodome  et  le  roi  de  Gomorrhe furent  mis  en  fuite ,  et  ils  périrent  là  ;  et ceux  qui  échappèrent  s'enfuirent  sur  la montagne.
11.  Les  vainqueurs  ayant  pris  toutes les  richesses  et  les  vivres  de  Sodome  et de  Gomorrhe ,  se  retirèrent  ;
12.  Et  ils  emmenèrent  aussi  Lot,  fils du  frère  d'Abram,  qui  demeurait  dans Sodome,  et  tout  ce  qui  était  à  lui.
13.  Et  voici  qu'un  homme  qui  s'était échappé  vint  avertir  Abram  l'Hébreu, qui  demeurait  dans  la  vallée  de  Mambré l'Amorrhéen,  frère  d'Escol  et  frère  d'A- ner,  qui  tous  trois  avaient  fait  alliance avec  Abram.
14.  Abram  ayant  su  que  Lot  son  frère avait  été  pris,  choisit  les  plus  braves  de ses  serviteurs,  au  nombre  de  trois  cent dix-huit,  et  poursuivit  ces  rois  jusques  à Dan,
7.  Reversique...  D'Aïla,  la  limite  extrême  qu'ils atteignii'ent  du  côté  du  S.,  les  rois  vainqueurs, revenant  au  N,  et  gravissant  le  haut  plateau  qui s'appuie  contre  les  montagnes  de  Séir,  vinrent  à ''Ein-MiSpat  (fontem  Misphat),  localité  nommée ultérieurement  Cades.^  0 mncm  regione m  A male- citarum  :  tout  le  district  situé  immédiatement  au sud  de  la  Palestine  ;  les  Amalécites  ne  l'occupèrent que  plus  tard.  Cf,  xxxvi,  12,  —  Aviorrhceum, in  Asason-Thamar  :  la  future  Engaddi,  d'après II  Par.  XX,  2  ;  à  l'O,  et  sur  les  bords  de  la  mer Morte.
8-10.  La  bataille  avec  les  rois  rebelles  de  la  Pen- tapole.  Aux  vers.  8  et  9 ,  répétition  solennelle  des noms  des  belligérants;  le  vers.  10  expose  rapide- ment le  résultat  de  la  lutte,  —  Puteos  multos  ht- tuminis.  Ce  détail  a  pour  but  de  montrer  que  le terrain  était  peu  propice  à  la  fuite  des  vaincus. On  trouve  encore  du  bitume  sur  la  rive  occiden- tale du  lac  ""Asphaltite». —  Fugerunt  ad  montem  :
la  chaîne  des  montagnes  de  IMoab,  aux  grottes multiples,  à  l'E.  de  la  mer  Morte.
11-12,  Deux  conséquences  de  la  défaite  :  l'une générale,  vers,  11,  le  pillage  de  Sodome  et  de Gomorrhe,  dont  les  rois  avaient  péri  dans  la mêlée  ;  l'autre  spéciale,  vers.  12 ,  la  capture  de  Lot.
2°  La  victoire  d'Abram,  vers,  13-1  G.
13,  Abram  fut  bientôt  averti  à  Hébron,  par un  fuyard ,  du  malheur  de  son  neveu.  —  Abram nehreeo.  C'est  la  première  apparition  de  ce  nom célèbre.  D'après  l'étymologie  la  plus  vraisemblable, il  dérive  de  ''é'ber,  au  delà,  et  désigne  Abram comme  originaire  du  pays  situé  au  delà  de  l'Eu- phrate,  par  opposition  aux  Amorrhéens,  chea lesquels  il  vivait  -alors.— Pepigerunt  fœdus.  Preuve de  la  puissance  d'Abram ,  et  aussi  de  l'estime  qu'il s'était  conciliée,
14.  Abram  avait  l'âme  d'un  héros  en  même temps  que  d'un  saint,  —  Vernaculos.  Les  esclaves nés  dans  sa  maison,  par  conséquent  les  plus  Ildclos,
Gen.  XIV,  15-21.
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15.  Ayant  formé  plusieurs  corps  de ses  gens  et  de  ses  alliés,  il  fondit  sur  les ennemis  durant  la  nuit,  les  défit,  et  les poursuivit  jusqu'à  Iloba,  qui  est  à  la gauche  de  Damas.
16.  Et  il  ramena  avec  lui  tout  le  butin qu'ils  avaient  pris ,  Lot  son  frère  avec  ce qui  était  à  lui,  les  femmes  et  tout  le peuple.
17.  Et  le  roi  de  Sodome  sortit  au-de- vant de  lui,  lorsqu'il  revenait  après  la défaite  de  Cliodorlaliomor  et  des  autres rois  qui  étaient  avec  lui ,  dans  la  vallée de  Savé,  appelée  aussi  la  vallée  du  Roi.
18.  Et  Melchisédech,  roi  de  Salem, offrant  du  pain  et  du  vin,  parce  qu'il était  prêtre  du  Dieu  très  haut,
19.  Bénit  Abram,  en  disant  :  Qu'Abram soit  béni  du  Dieu  très  haut,  qui  a  créé le  ciel  et  la  terre  ;
20.  Et  que  le  Dieu  très  haut  soit  béni, lui  qui  par  sa  protection  vous  a  mis  vos ennemis  entre  les  mains.  Alors  Abram lui  donna  la  dîme  de  tout  ce  qu'il  avait pris.
21.  Or  le  roi  de  Sodome  dit  à  Abram  : Donnez -moi  les  personnes,  et  prenez  le reste  pour  vous.
15.  Et  divisis  sociis,  irruit  super  eos nocte;  percussitque  eos,  et  persecutus est  eos  usque  Hoba,  qua3  est  ad  leevam Damasci.
16.  Reduxitque  omnem  substantiam, et  Lot  fratrem  suum  cum  substantia  il- lius,  mulieres  quoque  et  populum.
17.  Egressus  est  autem  rex  Sodomo- rum  in  occursum  ejus,  postquam  rever- sus  est  a  csede  Chodorlahomor,  et  regum qui  cum  eo  erant  in  valle  Save ,  quae  est vallis  Régis.
18.  At  vero  Melchisédech  rex  Salem, proferens  panem  et  vinum,  erat  enim sacerdos  Dei  altissimi ,
19.  Benedixit  ei,  et  ait:  Benedictus Abram  Deo  excelso,  qui  creavit  cselum et  terram;
20.  Et  benedictus  Deus  excelsus,  quo protegente,  hostes  in  manibus  tuis  sunt. Et  dédit  ei  décimas  ex  omnibus.
21.  Dixit  autem  rex  Sodomorum  ad Abram  :  Da  mihi  animas,  cetera  toile tibi.
et  aussi  les  plus  vaillauts  (expeditos,  exercés  au combat).  Il  en  forma  un  bataillon  d'élite,  qui, avec  les  troupes  de  ses  alliés  (  d'après  le  vers.  24  ), constituait  une  petite  armée  respectable.  —  Usque Dan.  Selon  divers  interprètes,  Laïs-Dan,  au  N. de  la  Palestine  cisjordanienne ;  selon  d'autres,  et cette  opinion  nous  semble  préférable,  Dan-Ya'an, II  Reg.  xxrv,  6,  dans  la  province  de  Gulaad,au N.  de  la  Pérée.  Cf.  Deut.  xxxiv,  1  et  s.
15.  L'attaque  fut  très  habile, et  conforme  à  la tactique  orientale.  Elle  eut  lieu  de  divers  côtés  à la  fois  (divisis  sociis),  la  nuit,  et  à  l'improviste. Une  panique  indicible  s'empara  des  vainqueurs surpris ,  qui  s'enfuirent  au  plus  vite ,  abandonnant tout  le  butin.  —  Edba,  ad  Isevam  Damasci  :  c.-à-d. au  N.  de  Damas.
16.  Heureux  résultat  de  la  victoire.
S»  La  bénédiction  de  Melchisédech,  vers.  17-24.
17.  Deux  grands  personnages  viennent  au-de- vant d' Abram  pour  le  féliciter.  Le  premier  est le  rex  Sodomorum ,  le  successeur  du  roi  qui  avait été  tué  dans  la  vallée  de  Siddlm,  vers.  10.  La rencontre  eut  lieu  in  valle  Save,  nommée  plus tard  vallis  Régis  (Cf.  II  Reg.  xvin,  18),  pro- bablement la  vallée  du  Cédron,  à  l'E.  de  Jérusalem.
18.  L'autre  personnage  était  Melchisédech,  si vénérable  et  si  mystérieux,  prêtre  et  roi  tout ensemble.  Il  apparaît  tout  à  coup ,  à  la  façon  d'un météore,  pour  disparaître  aussitôt  que  son  rôle aura  été  rempli.  La  Bible  ne  le  mentionne  qu'en deux  autres  passages  :  Ps.  cix,  4,  comme  emblème d'un  novi veau  sacerdoce,  distinct  de  celui  d'Aaron; Hebr.  vu,  où  Jésus-Christ  nous  est  présenté  comme
ayant  été  consacré  prêtre  selon  ce  nouvel  ordre. —  Bex  Salem:  probablement  de  Jérusalem.  — Panem  et  vinum  :  au  dire  des  exégètes  hété- rodoxes ,  pour  réconforter  les  combattants  épuisés  ; d'après  les  Pères  et  les  auteurs  catholiques,  comme double  matière  du  sacrifice  d'action  de  grâces que  Melchisédech  se  proposait  d'offrir.  Les  mots erat  enim  (  hébr.  :  «  et  erat  »  )  sacerdos...  exigent cette  interprétation  ;  car  pourquoi  un  tel  rappro- chement, s'il  s'agissait  d'un  simple  acte  d'hu- manité ,  et  non  d'un  acte  religieux  ?  De  plus ,  les vivres  ne  devaient  pas  manquer  dans  le  butin conquis.  —  Dei  altissimi  Chébr.  :  ^El  'élyôn}  :  du vrai  Dieu ,  par  conséquent.
19-20.  Benedixit  ei,  pour  attirer  sur  lui  toutes les  faveurs  célestes.  La  formule  de  bénédiction nous  a  été  conservée  (I9t'-20a).  Elle  se  compose de  deux  parties,  mises  en  corrélation  et  en  gra- dation ascendante  :  l"  Benedictus  Abram...;  2«  6e- nedictus  Deus  excelsus  (encore  'M  'élyôn),  le véritable  triomphateur  :  quo  protegente...  —  Et dédit  ei  décimas.  Grammaticalement,  la  phrase est  ambiguë  ;  mais  non  logiquement.  C'est  Abram qui  donna  à  Melchisédech ,  en  échange  de  sa  béné- diction et  pour  reconnaître  ses  droits  sacerdo- taux ,  la  dîme  payée  aux  prêtres  dès  une  très  haute antiquité.  Voir,  Hebr.  vn,  le  beau  raisonnement que  saint  Paul  appuie  sur  cet  acte  d'Abram,  pour démontrer  la  supériorité  du  sacerdoce  de  Jésus- Christ  sur  celui  d'Aaron.
21.  Le  roi  de  Sodome  veut  également  se  montrer généx'eux.  Il  se  contente  de  demander  à  Abram animas,  c.-à-d.  ceux  de  ses  sujets  qui  avaient  été
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22.  Qui  respondit  ei  :  Levo  manum meam  ad  Dominum  Deum  excelsum,  pos- sessorem  cseli  et  terrse,
23.  Quod  a  filo  subtegminis  usque  ad corrigiam  caligae ,  non  accipiam  ex  omni- bus quae  tua  sunt,  ne  dicas  :  Ego  ditavi Abram  ;
24.  Exceptis  his ,  quae  comederunt  ju- venes ,  et  partibus  virorum ,  qui  venerunt mecum,  Aner,  Escol,  et  Mambre;  isti accipient  partes  suas.
Gen.  XIV,  22  —  XV,  4.
22.  Abram  lui  répondit  :  Je  lève  la main  et  je  jure  par  le  Seigneur  le  Dieu  très haut,  possesseur  du  ciel  et  de  la  terre,
23.  Que  je  ne  recevrai  rien  de  tout  ce qui  est  à  vous,  depuis  le  moindre  fil jusqu'à  une  courroie  de  sandale  ;  afin  que vous  ne  puissiez  pas  dire  :  J'ai  enrichi Abram.
24.  J'excepte  seulement  ce  que  mes gens  ont  pris  pour  leur  nourriture,  et  ce qui  est  dû  à  ceux  qui  sont  venus  avec  moi, Aner,  Escol  et  Mambré,  qui  pourront prendre  leur  part  du  butin.
CHAPITRE  XV
1.  His  itaque  transactis,  factus  est sermo  Domini  ad  Abram  per  visionem, dicens  :  Noli  timere,  Abram;  ego  pro- tector  tuus  sum,  et  merces  tua  magna nimis.
2.  Dixitque  Abram  :  Domine  Deus, quid  dabis  mihi?  ego  vadam  absque  li- beris,  et  fiUus  procuratoris  domus  mese iste  Damascus  Eliezer.
3.  Addiditque  Abram  :  Mihi  autem non  dedisti  semen;  et  ecce  vernaculus meus,  hères  meus  erit.
4.  Statimque  sermo  Domini  factus  est ad  eum,  diceos  :  Non  erit  hic  hères  tuus,
1.  Après  cela,  le  Seigneur  parla  à Abram  dans  une  vision,  et  lui  dit  :  Ne craignez  point,  Abram  ;  je  suis  votre  pro- tecteur, et  votre  récompense  infiniment grande.
2.  Abram  lui  répondit  :  Seigneur  Dieu, que  me  donnerez -vous?  Je  mourrai  sans enfants  ;  et  le  fils  héritier  de  ma  maison est  cet  Éliézer  de  Damas.
3.  Pour  moi,  ajouta-t-il,  vous  ne  m'a- vez point  donné  d'enfants  :  ainsi  mon esclave  sera  mon  héritier.
4.  Le  Seigneur  lui  répondit  aussitôt  : Ce  n'est  pas  celui-là  qui  sera  votre  héri-
faits  prisonniers  pa.r  Chodorlahomor  et  délivrés par  le  père  des  ci'oyants.  Il  lui  abandonna  cetera, tout  le  reste  du  butin,  même  ce  qui  avait  été enlevé  à  Sodome.
22-23.  Abram  refuse  avec  fierté  ce  présent,  ne voulant  rien  avoir  de  commun  avec  la  cité  cou- pable ine  dicas  :  Ego  ditavi,..).  —  Levo  manum meam...  Serment  énergique.  —  A  filo...  usque... Locution  proverbiale,  pour  dire  :  Pas  la  plus  petite chose.
24.  Exceptis...  Abram  fait  pourtant  une  double exception,  qui  comprend  :  l^  la  part  du  butin que  ses  propres  gens  (juvenes)  avaient  consommée pour  leur  nourriture  ;  2°  la  portion  qui  revenait à  ses  alliés  d'Hébron.
Section  III.  —  Deuxième  période  de  la  vie d'Abraham.  XV,  1  —  XVI,  16.
§  I.  —  L'alliance  conclue  entre  le  Seigneur et  Abram.  XV,  1-21.
Épisode  solennel ,  et  d'une  haute  importance.
1°  La  foi  d' Abram ,  vers.  1-6.
Chap.  XV.  —  1.  His...  transactis  (  hébr.  :  «  post hsec  autem  verba  »  )  :  date  vague  et  indéterminée. —  Sermo  Domini...  Cest  ici  le  premier  emploi  de cette  locution ,  qui  reviendra  fréquemment  dans la  Bible.  —  Per  visionem  :  en  vision  (  bahazeh  ), et  non  en  songe  (.bahalôm).  —  Rien  de  phis  conso-
lant que  le  «sermo  »  divin  :  Noli  timere,  au  milieu de  peuples  méchants  et  puissants.  —  Ego  protector... Hébr.  :  ce  ton  bouclier  »,  comme  en  maint  autre passage.  —  Et  merces  tua...  D'après  les  LXX  et divers  exégètes  modernes,  ces  mots  ne  retombe- raient pas  sur  «  Ego  » ,  mais  ils  formeraient  une phrase  à  part  :  «  Et  ta  récompense  est  grande  ». Le  contexte  favorise  ce  sens.
2-3.  Réponse  pleine  de  candeur  et  de  familia- rité. Les  saints  sont  si  à  l'aise  avec  Dieu  !  —  Quid dabis?...  Les  richesses,  et  les  autres  avantages temporels  qu'Abram  paraît  avoir  envisagés  ici comme  la  récompense  promise  par  le  Seigneur, étaient  peu  de  chose  pour  un  homme  privé  d'en- fants. —  Vadam  absque  liberis  (hébr.  :  '^arîri, expression  énergique  ).  Comme  il  sent  la  solitude- de  sa  tente  !  Son  langage  est  plein  de  tristesse.  — Filius  pi-ocuratoris  domus  mece.  Dans  l'hébr.  : ben  méseq  beyti,  «  le  fils  héritier  de  ma  maison,  » d'après  l'interprétation  la  plus  probable.  —  Iste (dédaigneux)  Damascus  (hébr.  :  Dameseg,  qui forme  un  jeu  de  mots  avec  méseq)  Eliezer.  Da- mas, la  patrie  d'Eliézer,  devait  hériter  d'Abra- ham dans  la  personne  de  ce  serviteur  fidèle,  au- quel son  maître  songeait  à  laisser  tous  ses  biens.  — Au  vers.  3 ,  Abram  insiste  encore  sur  cette  pensée douloureuse.
4  Statimque.  Hébr.  :  ce  Et  ecce!  »  Le  Seigneur 89  hâte  de  protester.  La  vigueur  de  son  langage
Gen.  XV,  5-12.
67
tier  ;  mais  vous  aurez  pour  héritier  celui qui  naîtra  de  votre  sein.
5.  Et  après  l'avoir  fait  sortir  dehors, il  lui  dit  :  Levez  les  yeux  au  ciel,  et comptez  les  étoiles,  si  vous  pouvez.  C'est ainsi,  a  jouta -t -il,  qwe  sera  votre  race.
6.  Abram  crut  à  Dieu,  et  sa  foi  lui fut  imjnitée  à  justice.
7.  Dieu  lui  dit  encore  :  Je  suis  1©  Sei- gneur qui  vous  ai  tiré  d'Ur  en  Chaldée, pour  V0U3  donner  cette  terre,  afin  que vous  la  possédiez.
8.  Abrajn  lui  répondit  :  Seigneur  Dieu, comnxent  puis -je  connaître  que  je  dois la  posséder?
9.  Le  Seigneur  lui  répliqua  :  Prenez une  vache  de  trois  ans,  une  chèvre  de  trois ans ,  et  un  bélier  qui  soit  aussi  de  trois ans ,  aveo  une  tourterelle  et  une  colombe.
10.  Abram  prenant  donc  tou^  ces  ani- maux, les  divisa  par  la  moitié,  et  mit les  deux  parties  qu'il  avait  coupées  vis- à-vis  l'une  de  l'autre;  mais  il  ne  divisa point  la  tourterelle,  ni  la  colombe.
11.  Or  les  oiseaux  venaient  fondre  sur ces  bêtes  mortes,  et  Abram  les  en  chas- sait.
12.  Or,  lorsque  le  soleil  se  couchait, Abraûi  fut  surpris  d'un  profond  som- meil, et  il  tomba  dans  un  horrible  effroi, se  trouvant  comme  tout  enveloppé  de  té- nèbres.
sed  qui  egredietur  de  utero  tuo,  ipsum habebis  heredem.
5.  Eduxitque  eum  foras,  et  ait  illi  : Suspice  cœlum,  et  numera  stellas,  si potes.  Et  dixit  ei  :  Sic  erit  semen  tuum.
6.  Credidit  Abram  Deo ,  et  reputatum est  illi  ad  justitiain.
7.  Dixit({ue  ad  eum  :  Ego  Dominus qui  eduxi  te  de  Ur  Chaldœorum,  ut  da- rem  tibi  terram  istam,  et  possideres  eam.
8.  At  ille  ait  :  Domine  Deus,  unde scire  possum,  quod  possessurus  sim  eam?
9.  Et  respondens  Dominus  :  Sume,  in- quit ,  mihi ,  vaccam  triennem ,  et  capram trimam,  et  arietem  annorum  trium,  tur- turem  quoque  et  columbam.
10.  Qui  tollens  universa  haec,  divisit ea  per  médium ,  et  utrasque  partes  con- tra se  altrinsecus  posuit  ;  aves  autem  non divisit.
11.  Descenderuntque  volucres  super cadavera,  et  abigebat  eas  Abram.
12.  Cumque  sol  occumberet,  sopor irruit  super  Abram,  et  horror  magnus  et tenebrosus  invasit  eum.
est  remai'qxiable  :  Non  hic  (en  avant  pour  ap- puj'er  sur  l'idée),  sed  qui...  de  utero  tuo  (ton propre  fils),  ipswn  (lui,  et  pas  un  autre).
5.  Dieu  daigne  ajouter  un  commentaire  drama- tique de  sa  promesse. —  Sic...  semen  tuum:  in- nombrable comme  les  astres  qui  brillent  au  ciel limpido  de  l'Orient.
6.  Credidit.  Première  mention  de  cette  vertu Û.2  foi,  qui  formera  le  centre  de  la  religion  ré- vélée. Le  narrateur  résume  ainsi  la  belle  conduite d'Abram,  relativement  à  la  divine  promesse.  L'ex- pression hébraïqiic,  Jiè'émeu  haY'hovah ,  marque mieux  encore  l'adhésion  étroite  par  une  foi  vive , non  seulement  h  la  parole,  mais  à  la  personne même  de  Jéhovah.  «  Credere  inDeum,  dit  saint Augustin  à  propos  de  ce  texte,  est  credendo amare ,  credendo  in  eum  ire ,  credendo  ei  adhae- rere.  »  —  Réponse  de  Dieu  à  l'acte  de  foi  du  «  Père des  croj-ants  »  :  et  reputatum  est...  Hébr.  :  «  et Imputavit  hoc  ei  ad  justitiam  ».  Vo}'.  l'admirable commentaire  de  saint  Paul,  si  important  sous  le rapport  dogmatique,  Rom.  iv.  Cf.  Gai.  m,  6,  et aussi  .Jac.  ii,  23.
2»  L'alliance,  vers.  7-21.
7.  Prélude ,  qui  consiste  dans  le  renouvellement du  don  de  la  Terre  sainte  à  Abram.
8  Unde  scire  possum...  ?  Réflexion  analogue  à celle  du  vers.  2.  Abi-am  n'exprime  pas  un  doute,
mais  il  demande  familièrement  à  Dieu  une  expli- cation.
9.  Le  Seigneur  accède  à  la  demande  de  son serviteur,  mais  d'une  manière  toute  mystique. — /Swme,  pour  les  immoler  en  sacrifice.  —  Vaccam... columltam.  Cinq  animaux  purs;  ceux  qui,  plus tard,  dans  le  culte  juif,  devaient  être  le  plus souvent  offerts.  —  Triennem-,  trimam...  :  parce que  cet  âge  est  celui  de  leur  pleine  vigueur (  S.  Jean  Cîirys.).
10.  Utrasque  partes  contra  se...  Chez  les  an- ciens ,  quand  on  voulait  conclure  une  alliance ,  on immolait  un  certain  nombre  de  victimes ,  que l'on  coupait  ensuite  en  deux ,  et  les  contractants passaient  entre  les  morceaux  disposés  sur  deux lignes.  Cf.  Jer.  xxxiv,  18-19.  De  là  les  expressions classiques  :  opy.ia  Té[j,v£'.v,  «  f œdus  percutere,  fe- rire  ».  S.  Ephrem ,  Comm.,  h.  1.,  raconte  que  cet usage  existait  encore  en  Chaldée  de  son  temps.  — Aves...  non  divisit.  Les  oiseaux  furent  probable- ment placés  de  chaque  côté,  en  face  l'un  de l'autre.  Dans  le  rituel  des  sacrifices,  on  interdira de  mettre  les  oiseaux  en  pièces.  Cf.  Lev.  i,  17.
11-12.  Descenderunt  volucres.  Hébr.  :  ha^aït, les  oiseaux  de  proie,  qu' Abram  s'efforçait  de  mettre en  fuite,  jusqu'à  ce  qu'il  fût  lui-même  saisi,  sur le  soir,  tout  ensemble  par  un  sommeil  profond  et surnaturel  (.  tardémah  ,\oy.  la  note  de  ii,  21  ),  et par  un  Indicible  effroi.
68
Gen.  XV,  13-18.
13.  Dictumqiie  est  ad  eum  :  Scito  prœ- noscens  quod  peregrinum  futurum  sit semen  tuum  in  terra  non  sua,  et  siibji- cient  eos  servituti,  et  affligent  quadrin- gentis  annis.
14.  Venimtamen  gentem,  oui  servituri Rimt,  ego  judicabo;  et  post  haec  egre- dientur  cum  magna  substantia.
15.  Tu  autem  ibis  ad  patres  tuos  in pace,  sepultus  in  senectute  bona.
16.  Generatione  autem  quarta  rever- tcntur  hue  ;  necdum  enim  completaî  sunt iniquitates  Amorrhasorum  usque  ad  prse- sens  tempus.
17.  Cum  ergo  occubuisset  sol,  facta  est caligo  tenebrosa,  et  apparuit  clibanus f  umans ,  et  lampas  ignis  transiens  inter divisiones  illas.
18.  In  illo  die  pepigit  Dominus  fœdus cum  Abram,  dicens  :  Semini  tuo  dabo terram  hanc,  a  iiuvio  iEgypti  usque  ad fluvium  magnum  Euphratem,
13.  Alors  il  lui  fut  dit  :  Sachez  dès  main- tenant que  votre  postérité  demeurera  dans une  terre  étrangère,  et  qu'elle  sera  ré- duite en  servitude,  et  accablée  de  maux pendant  quatre  cents  ans.
14.  Mais  j'exercerai  mes  jugements sur  le  peuple  auquel  ils  seront  assujettis, et  ils  sortiront  ensuite  de  ce  pays-là  avec de  grandes  richesses.
15.  Pour  vous,  vous  irez  en  paix  avec vos  pères,  mourant  dans  une  heureuse vieillesse.
16.  Mais  vos  descendants  viendront  en ce  pays-ci  après  la  quatrième  génération  ; car  la  mesure  des  iniquités  des  Amor- rhéens  n'est  pas  encore  remplie  présen- tement.
17.  Lors  donc  que  le  soleil  fut  couché, il  se  forma  une  obscurité  ténébreuse  ;  il parut  un  four  d'où  sortait  une  grande fumée ,  et  une  lampe  ardente  qui  passait au  travers  de  ces  Mtes  divisées.
18.  En  ce  jour -là,  le  Seigneur  fit  al- liance avec  Abram,  en  lui  disant  :  Je donnerai  ce  pays  à  votre  race,  depuis  le fleuve  d'Egypte,  jusqu'au  grand  fleuve d'Euphrate  ;
13.  DirAumque  est...  Dieu  fait  à  Abram  une grande  révélation,  relative  à  l'avenir  des  Hé- breux. Il  annonce  d'abord  une  ère  de  souffrances. —  Perejrinum...  in  terra  non  sua  :  en  Egypte , comme  nous  le  verrons  tout  au  long  vers  la  fin de  la  Genèse  et  au  début  de  l'Exode.  —  Subjl- cient  eos  servituti.  Hébr,  :  «  et  servient  eis ,  »  tes descendants  serviront  ces  étrangers.  —  Quaclrin- gentis  annis.  Cliiffre  rond;  exactement,  d'après Ex.  xn ,  40 ,  quatre  cent  trente  ans.  La  numéra- tion ne  présente  aucune  difficulté  si  l'on  prend pour  point  de  départ,  conformément  à  la  tradi- tion juive  et  à  Gai.  m,  17,  l'entrée  d' Abram  dans le  paj's  de  Chanaan.  On  obtient  ainsi  :  25  ans  pour le  séjour  d'Abram,  60  pour  celui  d'Isaac  jusqu'à la  naissance  de  Jacob,  130  pour  celui  de  Jacob jusqu'à  son  établissement  en  Egypte,  215  à  par- tir de  cette  date  jusqu'à  la  sortie  d'Egypte  ;  en tout  430  ans.
14.  Ver amtamen...  Une  ère  glorieuse  s'ouvrira alors  pour  les  fils  d'Abram.  —  Egojudicaho.  C'est- à-dire  :  je  châtierai  ;  c'est  le  résumé  prophétique des  plaies  d'Egypte.  —  Egredientur...:  chargés  des dépouilles  des  Égyptiens.  Cf.  Ex.  xi,  1-2;  xii, 35-36.
15.  Tu  autem...  Promesse  spéciale  en  faveur d'Abram  :  il  ne  sera  pas  témoin  de  l'affliction des  siens,  mais  il  mourra  heureux  et  plein  de jours.  —  Ibis  ad  patres  tvx)s  :  aux  limbes,  où  il retrouvera  les  âmes  de  ses  aïeux.  Belle  expres- sion pour  désigner  la  mort  et  l'immortalité.  Cf. XXV,  8;  XXXV,  9;  xlix,  33.  Comment  a-t-on  pu prétendre  que  les  anciens  Hébreux  ne  croyaient pas  à  la  survivance  de  l'âme,  alors  que  c'était chez  eux  une  vérité  passée  en  proverbe  ?
16.  Nouveau  détail  chronologique  sur  la  ces- sation de  l'ère  douloureuse.  Les  Hébreux  revien- dront en  Palestine  (hue),  generatione  quarta  à partir  de  l'entrée  de  Jacob  en  Égj-pte.  Voici  ces quatre  générations,  Ex.  vi,  16  et  ss.  :  1°  Lévi, 111s  de  Jacob  ;  2°  Caath ,  fils  de  Lévi  ;  3°  Amram , fils  de  Caath  ;  4»  Moïse ,  fils  d'Amram ,  qui  con- duisit les  Israélites  jusqu'au  seuil  de  la  Terre  pro- mise. —  Necduin  enim...  Motif  de  ce  long  délai  : ceux  qu'Israël  devait  extirper  de  Chanaan  n'é- taient pas  encore  mûrs  pour  le  châtiment.  Les Amorrhéens  représentent  ici  (cf.  Jos.  xxiv,  16,  etc.) toutes  les  tribus  chananéennes  installées  en  Pa- lestine.
17.  Le  récit  nous  ramène  au  vers.  12.  —  Ca- ligo tenebrosa.  Ces  ténèbres ,  comme  les  oiseaux de  proie  et  la  frayeur  d'Abram,  figuraient  les maux  dont  la  race  du  patriarche  était  menacée.
—  Clibanus  fumans.  Un  de  ces  fours  portatifs qui  existent  dans  chaque  ménage  oriental.  Voyez V Atlas  archéoJ.  de  la  Bible,  pi,  xlii,  fig.  9-11. -^ Et  lampas  ignis.  Hébr.  :  une  torche  de  feu  ;  c'est- à-dire  une  flamme  très  vive,  qui  s'échappait  du four  en  même  temps  que  la  fumée.  Emblème  des manifestations  de  Jéhovah  dans  l'histoire  d'Is- raël, avec  leur  double  côté  sombre  et  lumineux.
—  Inter  divisiones  illas  :  dans  l'espèce  d'allée formée  parles  membres  des  victimes,  vers.  10.
18-21.  In  illo  die.  Avec  emphase  :  en  ce  jour solennel.  —  Pepigit...  fœdus.  Alliance  si  pleine de  condescendance  de  la  part  du  Seigneur.  L'un des  points  principaux  du  contrat ,  le  don  formel de  la  Palestine  aux  Hébreux,  est  signalé  à  part. Dieu  prend  soin  de  marquer  les  limites  extrêmes de  la  Terre  promise ,  soit  au  sud-ouest  (  a  fluvio
Gen.  XV,  19  —  XVI,  G.
69
19.  Tout  ce  que  possèdent  les  Cinéens, les  Cénézéens,  les  Cedmonéens,
20.  Les  Héthéens,  les  Phérézéens,  les Raphaïtes ,
21.  Les  Amorrhcens,  les  Chananéens, les  Gergéséens  et  les  Jébuséens.
19.  Cinœos,  et  Cenezoeos,  Cedmonœos,
20.  Et  Hethœos,  et  Pherezaîos,  Ra- l)haim  qiioqne,
21.  Et  AmoiThseos,  et  Chananseos,  et Gergesaeos,  et  Jebusœos.
CHAPITRE  XVI
1.  Or  Saraï,  femme  d'Abram,  ne  lui avait  point  encore  donné  d'enfants  ;  mais, ayant  une  servante  égyptienne  nommée Agar,
2.  Elle  dit  à  son  mari  :  Vous  savez que  le  Seigneur  m'a  mise  hors  d'état d'avoir  des  enfants  ;  prenez  donc  ma servante,  afin  que  je  voie  si  j'aurai  au moins  des  enfants  par  elle.  Et  Abram s'étant  rendu  i\  sa  prière ,
3.  Saraï  prit  sa  servante  Agar,  qui  était Egyptienne,  et  la  donna  pour  femme  à son  mari,  dix  ans  après  qu'ils  eurent commencé  de  demeurer  au  pays  de  Cha- naan.
4.  Abram  en  usa  selon  le  désir  de  Sa- raï. Mais  Agar,  voyant  qu'elle  aA'^ait  conçu, commença  à  mépriser  sa  maîtresse.
5.  Alors  Saraï  dit  à  Abram  :  Vous agissez  avec  moi  injustement.  Je  vous ai  donné  ma  servante  pour  être  votre femme  ;  et  voj'-ant  qu'elle  est  devenue grosse,  elle  me  méprise.  Que  le  Seigneur soit  juge  entre  vous  et  moi.
6.  Abram  lui  répondit  :  Votre  servante est  entre  vos  mains  ;  usez  -  en  avec  elle
1.  Igitur  Sarai,  uxor  Abram,  non  ge- nuerat  liberos  ;  sed  habens  ancillam  segy- ptiam  nomine  Agar,
2.  Dixit  marito  suo  :  Ecce,  conclusit me  Dominus,  ne  parerem;  ingredere  ad ancillam  meam,  si  forte  saltem  ex  illa suscipiam  fîlios.  Cumque  ille  acquiesce- ret  deprecanti,
.3.  Tulit  Agar  segyptiam  ancillam  suam, post  annos  decem  quam  habitare  cœpe- rant  in  terra  Chanaan  ,  et  dédit  eam  viro suo  uxorem.
4.  Qui  ingressus  est  ad  eam.  At  illa concepisse  se  videns,  despexit  dominam suam.
5.  Dixitque  Sarai  ad  Abram  :  Inique agis  contra  me  ;  ego  dedi  ancillam  meam in  sinum  tuum ,  quœ  videns  quod  conce- perit,  despectui  me  habet.  Judicet  Domi- nus inter  me  et  te.
6.  Oui  respondens  Abram  :  Ecce,  ait, ancilla  tua  in  manu  tua  est  ;  utere  ea  ut
^gypti  :  le  Nil ,  suivant  les  uns  ;  plus  commu- nément, l'ouadi  El-Arisch,  ou  Rhinocolura  des  an- ciens ,  à  mi-chemin  entre  la  Palestine  et  l'Egypte), soit  au  nord-est  (Euphratem).  L'intérieur  du  pays est  en  même  temps  désigné  par  les  noms  de  ses principaux  habitants,  vers.  19-21.  Il  n'est  pas  fait mention  ailleurs  des  Cénézéens  et  des  Cedmo- néens.
§  II,  —  Naissance  d'Ismaël,  XVI,  1-16.
1°  Abram  épouse  Agar,  vers.  1-4.
Chap.  XVI.  —  1.  Igitur  Sarai...  Transition. Dix  années  se  sont  écoulées  (cf.  xii,  4;  xvi,  3, 16),  et  Sara,  toujours  stérile,  veut  précipiter l'accomplissement  des  divines  promesses  par  un expédient  humain,  qui  sera  bientôt  pour  elle  la source  d'amers  regrets.  —  Ancillam  cegyptia^n  : peu;-étrc  une  de  celles  qui  lui  avaient  été  données par  le  Pharaon,  xii,  10  et  ss.
2-3.  Conclusit...  Elle  gagne  Abram  h  son  projet, en  lui  disant  qu'elle  a  perdu  tout  espoir  d'être mère.  —  Si  forte...  ex  illa...  Hébr.:  «  si  forte  sedi- flcabor  ex  illa.  »  Belle  métaphore,  dont  la  Vul-
gate  a  rendu  le  sens.  En  pareil  cas,  les  enfants issus  de  la  servante  étaient  censés  provenir  de  la maîtresse  elle-même.  Cf.  xxx,  3.  —  Acquiesceret... deprecanti  (  hébr.  :  et  Abram  écouta  la  voix  de Saraï).  On  dirait  que  le  patriarche  hésita  avant d'accéder  à  cette  demande.  Le  prophète  Malachie, II,  15,  l'excuse  en  affirmant  qu'il  cherchait  avant tout  «  semen  Dei  ».  Or  Dieu,  en  promettant  à Abram  un  fils  héritier,  xv,  4,  n'avait  pas  encore désigné  Saraï  comme  la  mère.
4.  Illa...  despexit.  La  stérilité  a  toujours  été regardée  en  Orient  comme  un  opprobre.  Cf.  I  Reg. I,  6,  etc.  De  là  ce  dédain  d'Agar  pour  sa  mai- tresse  ,  à  laquelle  elle  se  croyait  désormais  supé- rieure.
2«  Agar  au  désert,  vers.  5-14.
5.  Plaintes  amères  de  Saraï,  qui  rend  Abram responsable  de  la  conduite  superbe  et  outrageante d'Agar.
6.  Ancilla...  in  manu  tua...  Abram,  pensant rétablir  la  paix  si  tristement  troublée ,  rappelle à  Saraï  qu'elle  a  tout  pouvoir  sur  son  esclave.  — Affligente...  eam.  La  sainte  Écritui'e  ne  dissimule
70
Gen.  XVI,  7-14.
libet.  Affligente  igitur  eam  Sarai,  fugam iniit.
7.  Cumqiie  invenisset  eam  angélus Domini  juxta  fonlem  aquce  in  solitu- dine ,  qui  est  in  via  Sur  in  deserto ,
8.  Dixit  ad  illam  :  Agar  anci lia  Sarai, unde  venis?  et  quo  vadis?  Quœ  respon- dit  :  A  facie  Sarai  dominge  meae  ego fugio.
9.  Dixitque  ei  angélus  Domini  :  Rever- tere  ad  dominam  tuam,  et  humiliare  sub manu  illius.
10.  Et  rursum  :  Multiplicans ,  inquit, multiplicabo  semen  tuura,  et  non  nume- rabitur  prœ  multitudine.
11.  Ac  deinceps  :  Ecce,  ait,  concepi- sti,  et  paries  tilium;  vocabisque  nomen ejus  Ismael,  eo  quod  audierit  Dominus afûictionem  tuam.
12.  Hic  erit  férus  homo  ;  manus  ejus contra  omnes,  et  manus  omnium  contra eum  ;  et  e  regione  universorum  fratrum suorum  fîget  tabernacula.
13.  Vocavit  autem  nomen  Domini  qui loquebatur  ad  eam  :  Tu  Deus  qui  vidisti me.  Dixit  enim  :  Profecto  liic  vidi  poste- riora  videntis  me.
14.  Propterea  appellavit  puteum  il- lum ,  Puteum  viventis  et  videntis  me.  Ipse est  inter  Cades  et  Barad.
comme  il  vous  plaira.  Saraï  l'ayant  donc châtiée ,  Agar  s'enfuit.
7.  Et  l'ange  du  Seigneur,  k  trouvant dans  le  désert  auprès  de  la  fontaine  qui est  le  long  du  chemin  de  Sur,  dans  la  so- litude,
8.  Lui  dit  :  Agar,  servante  de  Saraï, d'où  venez-vous?  et  où  allez-vous?  Elle répondit  :  Je  fuis  devant  Saraï  ma  maî- tresse.
9.  L'ange  du  Seigneur  lui  repartit  : Retournez  à  votre  maîtresse,  et  humiliez - vous  sous  sa  main.
10.  Et  il  ajouta  :  Je  multiplierai  votre postérité,  de  telle  sorte  qu'elle  sera  in- nombrable.
11.  Et  continuant,  il  lui  dit  :  Vous avez  conçu;  vous  enfanterez  un  fils,  et vous  l'appellerez  Ismaël  ;  parce  que  le Seigneur  a  entendu  le  cri  de  votre  afflic- tion.
12.  Ce  sera  un  homme  fier  et  sauvage  ; il  lèvera  la  main  contre  tous,  et  tous lèveront  la  main  contre  lui  ;  et  il  dres- sera ses  pavillons  vis-à-vis  de  tous  ses frères.
13.  Alors  Agar  invoqua  le  nom  du  Sei- gneur qui  lui  parlait,  et  elle  dit  :  Vous êtes  le  Dieu  qui  m'avez  vue.  Car  il  est certain,  ajouta-t-elle,  que  j'ai  vu  ici  par derrière  celui  qui  me  voit.
14.  C'est  pourquoi  elle  appela  ce  puits  : Le  puits  de  celui  qui  est  vivant  et  qui me  voit.  C'est  le  puits  qui  est  entre  Cadès et  Barad.
pas  les  imperfections  des  plxis  grands  et  des  plus saints  pcrsonnases.
7.  Juxta  fontem  aqitee...  Agar  reprenait  là quelques  forces  pour  continuer  son  triste  voyage. —  In  solitudinc  (hébr.  :  dans  le  désert)...  in  via Sur.  Lq  désert  de  Sur,  appelé  aujourd'hui  Dschi- far,  avoisiue  l'Egypte  au  nord-est.  Il  est  traversé par  la  route  qui  conduit  de  Palestine  au  pays  des Pharaons.  Agar,  dans  sa  fuite,  s'était  donc  im- médiatement tournée  du  côté  de  sa  jiatrie.
8-9.  Intéressant  dialogue,  qui  sert  d'introduc- tion à  un  oracle  consolant  (10-12).
10.  Début  de  l'oracle,  tout  à  fait  général,  et relatif  à  un  avenir  plus  lointain.
11-12.  Prédiction  qui  concerne  dii'ectement l'enfant  d'Agar.  L'ange  indique  1°  la  nature  de cet  enfant,  fdium;  ^»  son  nom,  Ismael,  dont l'explication  est  aussitôt  ajoutée  :  co  quod  au- dierit... (le  mot  Y5ma"él  signifie,  en  effet,  «  Dieu écoute  »);  3»  son  caractèi-o,  qui  est  décrit  en termes  saisissants,  et  qui  survit  encore  dans  les Bédouins,  issus  d'Ismaël.  Premier  détail  :  fems homo.  Hébr.  :  un  onagre  parmi  les  hommes.  L'o- nagre, dont  le  livre  de  Job,  xxxix,  5-8,  contient im  si  beau  porti'ait ,  est  un  animal  gi'acieux,  mais
far'ouche.  Voy.  V Atlas  d'hist.  nat.  de  la  Bible, pi.  Lxxxii,  fîg.  1,  5.  Ismaël  aura  le  même  amour de  la  vie  libre  au  désert,  la  même  horreur  de toute  contrainte.  Second  détail  :  manus  ejus..., manus  omnium.  Nature  belliqueuse  et  attaques incessantes ,  qui  amèneront  de  perpétuelles  repré- sailles. —  4»  Le  séjour  d'Ismaël  et  de  sa  x'ace  sera e  regione,  «  en  face,  »  c.-à.-d.  à  l'est  de  celui  dcô autres  enfants  d'Abram,  ses  frères;  à  l'orient  de la  Palestine.
13.  Tu  Dcu^...  Agar  identifie  l'ange  à  Dieu  lui- môme,  dont  il  était  le  représentant,  —  Qui  vi- disti me.  Ilébr.:  «  qui  vides  me  »  {rd'ï)  :  allusion au  regard  aimable  et  compatissant  du  Seigneur. —  Vidi  posteriora...  :  quand  il  se  retirait  et  dis- paraissait.
14.  Appellavit.  «  On  »  appela,  comme  s'exprime l'hébreu. —  Puteum  videntis...  Eu  hébreu,  avec le  jeu  de  mots  accoutumé  :  B"er  lahaï  ro'ï.  — Inter  Cades  (cf.  xrv,  7)  et  Barad.  Au  sud  de Bersabé,  et  à  l'ouest  de  remplacement  présumé de  Cadès,  se  trouve  la  station  de  caravanes  ap- pelée par  les  Arabes  Moilahhi  Hayar;  le  piutT situé  non  loin  de  là  est  probablement  celui  dj notre  récit.
15.  Agar  enfanta   ensuite  un Abram ,  qui  le  nomma  Ismaël.
16.  Abram  avait  quatre-vingt-six  ans lorsqu'Agar  lui  enfanta  Ismaël.
Gen.  XVI,  15  —  XVII,
fils   à
71
15.  Peperitque  Agar  Abrse  filium  ;  qui vocavit  nomen  ejus  Ismaël.
16.  Octoginta  et  sex  annorum  erat Abram  quando  peperit  ei  Agar  Ismae- lem.
CHAPITRE  XVII
1.  Abram  entrant  déjà  dans  sa  quatre- vingt-dix-neuvième  année,  le  Seigneur lui  apparut,  et  lui  dit  :  Je  suis  le  Dieu tout -puissant;  marchez  devant  moi,  et S03^ez  parfait.
2.  Je  ferai  alliance  avec  vous,  et  je multiplierai  votre  race  jusqu'à  l'infini.
3.  Abram  se  prosterna  le  visage  à  terre.
4.  Et  Dieu  lui  dit  :  C'est  moi  qui  vous parle;  je  ferai  alliance  avec  vous,  et  vous serez  le  père  de  nations  nombreuses.
5.  Vous  ne  vous  appellerez  plus  Abram, mais  vous  vous  appellerez  Abraham  ; parce  que  je  vous  ai  établi  pour  être  le père  d'une  multitude  de  nations,
6.  Je  ferai  croître  votre  race  à  l'infini  ; je  vous  rendrai  chef  de  nations,  et  des rois  sortiront  de  vous.
7.  J'affermirai  mon  alliance  avec  vous, et  après  vous  avec  votre  race  dans  la suite  de  leurs  générations,  par  un  pacte éternel  :  afin  que  je  sois  votre  Dieu,  et le  Dieu  de  votre  postérité  après  vous.
8.  Je  vous  donnerai,  à  vous  et  à  votre race,  la  terre  où  vous  demeurez  maînte-
1.  Postquam  vero  nonaginta  et  novem annorum  esse  cœperat,  apparuit  ei  Do- minus  ,  dixitque  ad  eum  :  Ego  sum  Deus omnipotens;  ambula  coram  me,  et  esto perfectus.
2.  Ponamque  fœdus  meum  inter  me et  te,  et  multiplicabo  te  vehementer  ni- mis.
3.  Cecidit  Abram  pronus  in  faciem.
4.  Dixitque  ei  Deus  :  Ego  sum,  et  pa- ctum  meum  tecum,  erisque  pater  mul- tarum  gentium.
5.  Nec  ultra  vocabitur  nomen  tuum Abram ,  sed  appelîaberis  Abraham  ;  quia patrem  multarum  gentium  constitui  te.
6.  Faciamque  te  crescere  vehementis- sime,  et  ponam  te  in  gentibus,  regesque ex  te  egredientur.
7.  Et  statuam  pactum  meum  inter  me et  te,  et  inter  semen  tuum  post  te  in generationibus  suis,  fœdere  sempiterno, ut  sim  Deus  tuus ,  et  seminis  tui  post  te.
8.  Daboque  tibi  et  semini  tue  terram peregrinationis  tuse,  omnem  terram  Cha-
3°  Naissance  d'Ismaël.
15-16.  Le  fait  est  simplement  indiqué,  vers.  15. Le  narrateixr  y  ajoute  la  mention  de  l'âge  d'A- bram.  vers.  16.
Section  IV.  —  Troisième  période  de  la  vie D' Abraham.  XVII,  1  —  XXI,  34.
§  I.  —  Confirmation  de  la  divine  alliance. XVII,  1-27.
1»  Changement  significatif  du  nom  d' Abram. XVII,  1-8.
Chap.  XVII.  —  1-2.  Nonaginta  novem  anno- rum. L'âge  d' Abram  est  de  nouveau  signalé  au début  de  cette  importante  période.  D'après  le vers.  25,  treize  années  s'étaient  écoulées  depuis les  faits  racontés  plus  haut.  —  Ego...  Deus  omni- potens ihéhv.:  ' El -ëaddaï)  :  majestueux  prélude, jusqu'à  la  fin  du  vers.  2.  —  Amhula  coram  me. Une  locution  analogue ,  mais  plus  énergique (  «  cum  Deo  »  ),  avait  été  employée  pour  Enoch et  pour  Noé;  Gen.  v,  22  et  vi,  9.  Vis  constam- ment en  ma  présence ,  et ,  par  suite ,  esto  perfe- ctus (hébr.:  tamim,  pluriel  d'intensité).
S.  Cecidit...  pronus  :  pour  adorer  et  pour  re- morcirr.
I  4.  Pactum  meum.  L'hébreu  emploie  la  même expression  qu'au  vers.  2  :  b'riti,  mon  alliance. — Pater  multarum  gentium.  Promesse  sur  laquelle Dieu  ne  se  lasse  pas  de  revenir.  Cf.  xii ,  2  ; xiii,  16;  XV,  5.
5-6.  Développement  de  la  seconde  moitié  du vers.  4.  D'abord  par  un  remarquable  changement de  nom  :  non  idtra  Abram,  c.-à-d.  «  père  élevé  », 'ab  râm ;  sed...  Abraham,  «  père  de  la  multi- tude »,  'ab  rahâm.  Puis,  au  propre,  par  un  lan- gage des  plus  expressifs  :  vehementissime ,  po- nam te  in  gentibus  («in  gentes  »),  regesque... La  suite  de  l'histoire  juive  commentera  ces mots.
7.  Développement  de  la  première  partie  du vers.  4.  —  Fœdere  sempiterno  :  grâce  à  la  trans- mission de  l'alliance  à  l'Église,  quand  la  syna- gogue fut  devenue  infidèle.  —  Ut  sim  Deus...  : leur  Dieu  unique,  h  l'exclusion  de  tout  autre. C'est  sur  ce  dogme  de  l'unité  de  Dieu,  et  sur l'attente  du  Messie ,  que  reposait  surtout  l'al- liance.
8.  Daboque...  Autre  promesse  ancienne,  réité- rée avec  une  solennité  particulière.  Cf.  xiii, 15,  etc.
72
Gen.  XVII,  9-16.
naan  in  possessionem  seternam,  eroque Deus  eoriim.
9.  Dixit  iterum  Dens  ad  Abraham  : Et  tu  ergo  custodies  pactum  meiim,  et semen  tuiim  post  te  in  generationibus suis.
10.  Hoc  est  pactum  meum  quod  ob- servabitis  inter  me  et  vos,  et  semen  tuum post  te  :  Circumcidetur  ex  vobis  omne masculinum;
11.  Et  circumcidetis  carnem  prseputii vestri ,  ut  sit  in  signum  f  œderis  inter  me et  vos.
12.  Infans  octo  dierum  circumcidetur in  vobis,  omne  masculinum  in  genera- tionibus vestris;  tam  vernaculus,  quam emptitius  circumcidetur,  et  quicumque non  f  uerit  de  stirpe  vestra.
13.  Erîtque  pactum  meum  in  carne vestra  in  f  œdus  aeternum.
14.  Masculus ,  cujus  prseputii  caro  cir- cumcisa  non  f  uerit,  delebitur  anima  illa de  populo  suo  ;  quia  pactum  meum  irri- tum  fecit.
15.  Dixit  quoque  Deus  ad  Abraham  : Sarai  uxorem  tuam  non  vocabis  Sarai, sed  Saram.
16.  Et  benedicam  ei,  et  ex  illa  dabo tibi  filium  cui  benedicturus  sum,  eritque in  nationes ,  et  reges  populorum  orientur ex  eo.
nant  comme  étranger;  tout  le  pays  de Chanaan,  comme  une  possession  perpé- tuelle ;  et  je  serai  le  Dieu  de  vos  descen- dants.
9.  Dieu  dit  encore  à  Abraham  :  Vous garderez  donc  aussi  mon  alliance,  et votre  postérité  la  gardera  après  vous  de race  en  race.
10.  Voici  le  pacte  que  je  fais  avec vous,  afin  que  vous  l'observiez,  et  votre postérité  après  vous  :  Tous  les  mâles d'entre  vous  seront  circoncis.
11.  Vous  circoncirez  votre  chair,  afin que  ce  soit  la  marque  de  l'alliance  que je  fais  avec  vous.
12.  L'enfant  de  huit  jours  sera  cir- concis parmi  vous  ;  et,  dans  la  suite  de toutes  les  générations,  tous  les  enfants mâles ,  tant  les  esclaves  qui  seront  nés  en votre  maison  que  tous  ceux  que  vous aurez  achetés ,  et  qui  ne  seront  point  de votre  race,  seront  circoncis.
13.  Ce  pacte  sera  marqué  dans  votre chair,  comme  le  signe  d'une  alliance  éter- nelle.
14.  Tout  mâle  dont  la  chair  n'aura point  été  circoncise  sera  exterminé  du milieu  de  son  peuple,  parce  qu'il  aura violé  mon  alliance.
15.  Dieu  dit  encore  à  Abraham  :  Vous n'appellerez  plus  votre  femme  Saraï,  mais Sara.
16.  Je  la  bénirai,  et  je  vous  donnerai un  fils  né  d'elle,  que  je  bénirai  aussi  : il  sera  un  chef  de  nations  ;  et  des  rois  de divers  peuples  sortiront  de  lui.
20  Le  précepte  de  la  circoncision.  XVII,  9-14.
9.  Dixit  iterum...  Transition  à  un  autre  point important  de  l'alliance ,  avec  le  préambule  accou- tumé :  Et  tu  ergo  custodies...
10-13.  Hoc  est  pactum.  C.-à-d.,  d'après  le  con- texte (vers.  11),  le  signe  de  l'alliance.  Dieu  in- dique brièvement  la  nature  de  ce  signe  (circum- cidatur) ,  et  les  personnes  qui  devaient  le  porter (omne  masculinum)  ;  après  quoi ,  il  revient  sur ces  deux  points  pour  les  expliquer  par  quelques détails  (vers.  11  et  12).  —  Époque  précise  où  l'on devra  pratiquer  la  circoncision  :  ivfans  ocio  die- rum. —  Pas  d'exception  :  tam  vernaculus  (bébr., l'esclave  né  ù  la  maison)  quam  emptitius  (l'es- clave acheté  à  l'âgo  adulte);  par  conséquent,  les éti'angcrs  attachés  îi  la  famille  d'Abraham  aussi bien  que  les  membres  de  la  famille.  —  In  fœdus ceternum  :  du  moins  jusqu'à  ce  qu'une  nouvelle alliance  prescrive  un  autre  signe  plus  simple  et plus  parfait.
14.  A  sa  loi  Dieu  ajoute  une  sanction.  Tout Incirconcis  delebitur,  littéral.,  «  sera  retranché  » de  la  race  sainte.  Mais  de  quelle  manière  devait avoir  lieu  cette  extirpation  ?  Par  une  mort  pré-
maturée et  par  la  privation  d'enfants .  disent  les rabbins;  c.-à-d.  par  des  moyens  providentiels. Selon  d'autres,  par  la  peine  capitale,  que  les  ma- gistrats étaient  chargés  de  prononcer  et  de  faire exécuter.  Ou  encore  par  l'exil,  l' excommunica- tion, etc.  —  Les  Juifs  ont  été  et  sont  encore  ri- goui'eusement  fidèles  au  précepte  de  la  circonci- sion. Sur  l'origine  de  ce  rite,  voy.  T.  Lamy, Comm.  in  lihr.  Gen.,  II,  68-76.  Tout  porte  à  croire qu'il  n'était  pas  nouveau,  mais  qu'il  fut  élevé lK)iu'  la  nation  privilégiée,  comme  plus  tard  le baptême,  à  la  dignité  de  cérémonie  sacrée.
3°  Autre  changement  de  nom;  un  fils  promis à  Sara,  vers.  15-22.
15.  Non...  Sarai  (ma  princesse),  sed  Saram (princesse,  par  antonomase).  L'épouse  d'Abraham, au  lieu  d'être  seulement  la  princesse  d'une  tribu isolée ,  deviendra  la  reine  et  la  mère  de  familles nombreuses.
16.  Explication  du  vers.  15.  En  même  temps, Dieu  précise  une  parole  antérieure,  xv,  4,  qui était  demeurée  vague  jusqu'alors.  Notez  l'emphase des  mots  ex  illa...  tibi  filium.  —  Eritque...  Dans l'hébreu,  le  verbe  est  au  féminin  et  se  rapporte
Gen.  XVII,  17-27.
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17.  Abraham  se  prosterna  le  visage contre  terre,  et  il  rit  en  disant  au  fond de  son  cœur  :  Un  homme  de  cent  ans aurait -il  donc  bien  un  lils?  et  Sara  en- fanterait-elle ;\  quatre-vingt-dix  ans?
18.  Et  il  dit  à  Dieu  :  Faites -moi  la gi'âce  qu'lsraaël  vive  !
19.  Dieu  dit  encore  à  Abraham  :  Sara votre  femme  vous  enfantera  un  fils  que vous  nommerez  Isaac,  et  je  ferai  un  pacte avec  lui,  et  avec  sa  race  après  lui,  afin que  mon  alliance  avec  eux  soit  éternelle.
20.  Je  vous  ai  aussi  exaucé  touchant Ismaël.  Je  le  bénirai,  et  je  lui  donnerai une  postérité  très  grande  et  très  nom- breuse. Douze  princes  sortiront  de  lui, et  je  le  rendrai  le  chef  d'un  grand  peuple.
21.  Mais  l'alliance  que  je  fais  avec vous  s'établira  dans  Isaac,  que  Sara  vous enfantera  dans  un  an ,  au  temps  actuel.
22.  L'entretien  de  Dieu  avec  Abraham étant  fini ,  Dieu  se  retira.
23.  Alors  Abraham  prit  Ismaël  son fils,  et  tous  les  esclaves  nés  dans  sa  mai- son ,  tous  ceux  qu'il  avait  achetés ,  et  gé- néralement tous  les  mâles  qui  étaient parmi  ses  serviteurs,  et  il  les  circoncit tous  aussitôt  en  ce  même  jour,  selon  que Dieu  le  lui  avait  commandé.
24.  Abraham  avait  quatre-vingt-dix- neuf  ans  lorsqu'il  se  circoncit  lui  -  même.
25.  Et  Ismaël  avait  treize  ans  accom- plis, lorsqu'il  reçut  la  circoncision.
26.  Abraham  et  son  fils  Ismaël  furent circoncis  en  un  même  jour.
27.  Et  en  ce  même  jour  encore  furent circoncis  tous  les  mâles  de  sa  maison, tant  les  esclaves  nés  chez  lui,  que  ceux qu'il  avait  achetés ,  et  qui  étaient  nés  en des  pays  étrangers.
17.  Cecidit  Abraham  in  faciem  suam, et  risit,  dicens  in  corde  suo  :  Putasne centenario  nascetur  fihus?  et  Sara  nona- genaria  pariet?
18.  Dixitque  ad  Deum  :  Utinam  Ismaël vivat  coram  te!
19.  Et  ait  Deus  ad  Abraham  :  Sara uxor  tua  pariet  tibi  filium ,  vocabisque nomen  ejus  Isaac,  et  constituam  pactum meum  illi  in  f œdus  sempiternum ,  et  se- mini  ejus  post  cum.
20.  Super  Ismaël  quoque  exaudivi  te  ; ecce,  benedicam  ei,  et  augebo  et  multi- plicabo  eum  valde  ;  duodecim  duces  ge- nerabit,  et  faciam  illum  in  gentem  ma- gnam.
21.  Pactum  vero  meum  statuam  ad Isaac ,  quem  pariet  tibi  Sara  tempore  isto in  anno  altero.
22.  Cumque  finitus  esset  sermo  lo- quentis  cum  eo,  ascendit  Deus  ab  Abra- ham.
23.  Tulit  autem  Abraham  Ismaël  filium suum ,  et  omnes  vernaculos  domus  suae , universosque  quos  emerat,  cunctos  ma- res ex  omnibus  viris  domus  suœ  ;  et  cir- cumcidit  carnem  prœputii  eorum  statim in  ipsa  die ,  sicut  prœceperat  ei  Deus.
24.  Abraham  nonaginta  et  novem  erat annorum  quando  circumcidit  carnem prseputii  sui.
25.  Et  Ismaël  filius  tredecim  annos impleverat  tempore  circumcisionis  suse.
26.  Eadem  die  circumcisus  est  Abra- ham et  Ismaël  filius  ejus.
27.  Et  omnes  viri  domus  illius,  tam vernaculi,  quam  emptitii  et  alienigense, pariter  circumcisi  sunt.
à  Sara  ;  on  lit  aussi  «  ex  ea  »  à  la  fin  du  verset au  lieu  de  ex  eo.  Ce  passage  correspond  au Tcrs.  6.
17.  Cecidit...  et  risit.  Détails  pittoresques.  «  Ri- sus  Abrahfc  exultatio  est  gratulantis,  dit  fort  bien S.  Aug.,  de  Civ.  Dci,  xvi,  26,  2,  non  irrisio  diffi- dentis.  Verba  quoque  illa  ejus  in  animo  suo  non sunt  dubitantis,  sed  admirantis.  »  C'est  ce  que saint  Paul  avait  exprimé  plus  fortement  encore, Rom.  IV,  19,
18.  Utinam  Ismaël...  Quoique  plein  de  foi  en la  parole  divine,  le  saint  patriarche  n'ose  for- muler que  cette  humble  demande.  Art  admi- rable de  la  prière,  dont  la  Bible  contient  tant d'exemples.
19-21.  Le  Scigneiu"  insiste  sur  sa  promesse d'une  manière  remarquable  :  c'est  d'un  fils  de
Sara  qu'il  est  question,  d'Isaac  et  non  d'Ismacl . de  l'héritier  des  bénédictions  messianiques  et  non du  chef,  glorieux  sans  doute,  mais  purement temporel,  dont  sortiront  les  duodecim  duces  si- gnalés plus  bas,  XXV,  13-15.  Notez,  au  vers.  21, le  détail  si  précis  :  tempore  isto  in  anno  altero. Les  divins  oracles  ont  une  marche  constamment ascendante,  et  vont  toujours  se  développant  et s'éclaircissant  de  plus  en  plus.
40  La  circoncision  d'Abraham  et  de  toute  sa maison,  vers.  23-27.
23-27.  Encore  la  foi  et  l'obéissance  d'Abraham, relevées,  dans  ces  lignes,  par  des  répétitioas  ma- jestueuses. —  Omnes,  universos,  cunctos,  ex omnibus,  selon  que  Dieu  l'avait  exigé.  L'âge  du patriarche  (vers.  24)  et  celui  de  son  fils  (vers.  25) sont  mentionnés,  à  cause  de  rimportaneo  capi-
4*
Gen.  XVIII,  1-G.
CHAPITRE  XVIII
1.  Apparuit  autem  ei  Dominus  in  con- vallo  ]M ambre,  sedenti  in  ostio  tabenia- culi  sui  in  ipso  fervore  diei.
•  2,  Clinique  elevasset  oculos,  apparue- runt  ei  très  viri  stantes  prope  eum;  quos cum  vidisset,  cucurrit  in  occursum  eo- rum  de  ostio  tabernaculi ,  et  adoravit  in terram.
o.  Et  dixit  :  Domine,  si  inveni  gra- tiam  in  oculis  tuis,  ne  transeas  servum tiium  ;
4.  Sed  afîeram  pauxillum  aquœ,  et lavate  pedes  vestros,  et  reqiiiescite  sub arbore  ;
5,  Ponamque  biiccellam  panis,  et  con- fortate  cor  vestrum,  postea  transibitis; idcirco  enini  declinastis  ad  servum  ve- strum. Qui  dixerunt  :  Fac  ut  locutus  es.
6.  Festinavit  Abraham  in  tabernacu- lum  ad   Saram,  dixitque  ei  :  Accéléra,
1.  Le  Seigneur  apparut  à  Ahraliam  en la  vallée  de  Mambré,  lorsqu'il  était  assis à  la  porte  de  sa  tente  dans  la  plus  grande chaleur  du  jour.
2.  Abraham  ayant  levé  les  j^eux,  trois hommes  lui  apparurent,  debout  près  de  lui. Aussitôt  qu'il  les  eut  aperçus,  il  courut  de la  porte  de  sa  tente  au-devant  d'eux,  et se  prosterna  en  terre.
3.  Et  il  dit  :  Seigneur,  si  j'ai  trouvé grâce  devant  vos  yeux,  ne  passez  pas devant  votre  serviteur  sans  vous  arrêter.
4.  Je  vous  apporterai  un  peu  d'eau  pour laver  vos  pieds,  et  vous  vous  reposerez sous  cet  arbre  ;
5.  Et  je  vous  servirai  un  peu  de  pain pour  reprendre  vos  forces  ;  et  vous  conti- nuerez ensuite  votre  chemin  :  car  c'est pour  cela  que  vous  êtes  venus  vers  votre serviteur.  Ils  lui  répondirent  :  Faites  ce que  vous  avez  dit.
6.  Abraham  entra  promptement  dans sa  tente,  et  dit  à  Sara  :  Pétris^jez  vite
taie  du  fait.  C'est  en  souvenir  d'Ismaël  que  les musulmans  ont  adopté  la  coutume  de  circoncire leurs  jeunes  gens  quand  ils  ont  atteint  leur  trei- zième année.
§  II.  —  La  visite  du  Seigoieur  à  Abraham. XVIII,  1-33.
l»  L'arrivée  des  célestes  visiteurs,  vers.  1-8.
Charmant  récit.  «  La  scène  est  encadrée  dans ■nn  de  ces  tableaux  tout  idj^lliques  des  mœurs patriarcales ,  comme  la  Genèse  en  présente  tant , et  qui  en  font  un  dci  principaux  charmes.  L'hos- pitalité du  désert,  la  politesse  orientale,  les  petits soins  du  ménage  s'y  dessinent  avec  toutes  les grâces  de  l'antique  épopée.  »  C'est  avec  le  même empressement  et  la  même  générosité  que  les  tri- bus arabes  accueillent  encore  leurs  hôtes.  Voy. Vigoureux,  la  Bible  et  les  découvertes  modernes, I,  501  et  ss.
CiiAP.  XVIII.  —  1.  Apparuit  ci  Dominus  : Y^hovah ,  le  Dieu  de  l'alliance.  Au  vers.  2 ,  nous lisons  :  «  apparuerunt  ei  très  viri  »;  au  vers.  22, d'après  l^ébreu  :  «  Les  hommes  partirent  de  là et  s'en  allèrent  à  Sodome,  mais  Abraham  de- meura encore  avec  le  Seigneur  (  Jéhovah  )  »  ;  au chap.  XIX,  vers.  1  :  «  Deux  anges  vinrent  à  So- dome. »  En  combinant  ces  divers  passages,  on arrive  à  cette  conclusion  très  vraisemblable,  que Jéhovah,  l'evêtu  d'une  forme  humaine,  et  ac- compagné de  deux  aiiges  qui  avaient  emprunté  la même  apparence  extérieure,  daigna  se  manifester en  personne  à  Abraham.  «  Très  videt,  unum  ado- rat,  »  remarque  saint  Ambroise  à  propos  des Tcrs.  2  et  3.  Aux  premiers  siècles  de  l'Église,  ou
aimait  à  contempler  le  Verbe  divin  dans  le  per- sonnage principal  (  S.  Justin  martyr,  S.  Irénée , Origène,  etc.)  ;  ou  bien,  les  trois  personnes  de  la sainte  Trinité  dans  cette  triple  apparition  D'après saint  Thomas  d'Aquin  et  d'autres  interprètes,  les trois  personnages  auraient  été  des  anges.  —  In convalle.  Hébr.  :  sous  les  térébinthes.  —  Sedenti in  ostio...  Détail  graphique,  complété  par  le  sui- vant :  in...  fervore  diei,  c.-à-d.  vers  midi.  La  cha- leur est  alors  insupportable  à  l'intérieur  d'une tente.
2.  Cucurrit ,...  adoravit.  Autres  traits  pitto- resques. Les  étrangers  avaient  quelque  chose  de si  digne  et  de  si  majestueux,  qu'Abraham  re- connut aussitôt  leur  nature  super ienre.  Sur-le- champ  il  leur  parla  comme  à  Dieu  lui-même, une  révélation  intime  s'ajoutant  sans  doute  à  la manifestation  externe.
3-5.  Domine.  Hébr.:  'Adonaï.  —  Ne  transeas, sans  vous  arrêter.  —  Lavate  pedes...  C'est  l.i  pre- mière règle  de  l'hospitalité,  dans  ces  contrées  où l'on  est  le  plus  souvent  chaussé  de  simples  san-  ■ dales.  Cf.  xxrv,  32  ;  XLni,  24,  etc.  —  Ponamque  j bucceUam.  La  seconde  et  principale  règle,  dont  ( le  résultat  est  décrit  à  la  façon  hébraïque  :  con-  i fortate  cor.  Le  cœur  est  regardé  dans  la  Bible comme  le  centre  des  fonctions  vitales  et  iutcllcc-  i tuelles.  j
6-7.  Préparation  du  repas.  Le  pain  d'abord (vers.  G),  dont  la  confection  regarde  la  maîtresse de  la  maison.  —  Tria  sata.  Hébr.,  «  trois  s"ah,  » ou  un  éphah,  équivalant  à  38  lit.  88.  —  Simila. Dans  l'hébr.,  deux  substantifs  réunis,  qui  dési- gnent l'un  et  l'autre  la  llcur  de  farine.  —  Subci-
Gen.  XVIII,  7-16.
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trois  mesures  de  farine,  et  faites  cuire des  pains  sous  la  cendre.
7.  Il  courut  en  même  temps  à  son troupeau,  et  il  y  prit  un  veau  très  tendre et  excellent  qu'il  donna  à  un  serviteur, qui  se  hâta  de  le  faire  cuire.
8.  Ayant  pris  ensuite  du  beurre  et  du lait,  avec  le  veau  qu'il  avait  fait  cuire, il  le  servit  devant  eux  ;  et  lui,  cependant, se  tenait  debout  auprès  d'eux  sous  l'arbre.
9.  Après  qu'ils  eurent  mangé,  ils  lui dirent  :  Où  est  Sara  votre  femme?  Il  leur répondit  :  Elle  est  dans  la  tente.
10.  L'un  d'eux  dit  à  Abraham  :  Je reviendrai  vous  voir  dans  un  an,  en  ce même  temps,  et  Sara  votre  femme  aura un  fils.  Ce  que  Sara  ayant  entendu ,  elle se  mit  à  rire  derrière  la  porte  de  la tente.
11.  Car  ils  étaient  vieux  tous  deux  et fort  avancés  en  âge  ;  et  ce  qui  arrive d'ordinaire  aux  femmes  avait  cessé  à Sara.
12.  Elle  rit  donc  secrètement,  disant en  elle-même  :  Après  que  je  suis  devenue vieille,  et  que  mon  seigneur  est  vieux aussi,  penserais -je  à  user  du  mariage?
13.  Mais  le  Seigneur  dit  à  Abraham  : Pourquoi  Sara  a-t-elle  ri ,  en  disant  :  Se- rait-il bien  vi-ai  que  je  puisse  avoir  un enfant,  étant  vieille  comme  je  suis?
14.  Y  a-t-il  rien  de  difficile  à  Dieu?  Je reviendrai  auprès  de  vous,  comme  je  vous l'ai  promis,  dans  un  an,  en  ce  même temps,  et  Sara  aura  un  fils.
15.  Je  n'ai  point  ri ,  répondit  Sara  ;  et elle  le  nia ,  parce  qu'elle  était  tout  épou- vantée. Non,  dit  le  Seigneur,  cela  n'est pas  ainsi  ;  car  vous  avez  ri.
16.  Ces  hommes  s'étant  donc  levés  de ce  lieu,  ils  tournèrent  les  yeux  vers  So- dome,  et  Abraham  allait  avec  eux,  les reconduisant.
tria  sata  similae  commisce,  et  fac  subci- nericios  panes.
7.  Ipse  vero  ad  armentum  cucurrit,  et tulit  inde  vitulum  tenerrimum  et  opti- mum, deditque  puero,  qui  festinavit  et coxit  illum.
8.  Tulit  quoque  butyrum  et  lac,  et vitulum  quem  coxerat,  et  posuit  coram eis  ;  ipse  vero  stabat  juxta  eos  sub  arbore.
9.  Cumque  comedissent,  dixcrunt  ad eum  :  Ubi  est  Sara  uxor  tua?  Ille  respon- dit  :  Ecce  in  tabernaculo  est.
10.  Cui  dixit  :  Revertens  veniam  ad te  tempore  isto,  vita  comité,  et  habebit filium  Sara  uxor  tua.  Quo  audito,  Sara risit  post  ostium  tabernaculi.
11.  Erant  autem  ambo  senes,  prove- ctgeque  setatis,  et  desierant  Sarœ  fieri muliebria.
12.  Quge  risit  occulte,  dicens  :  Post- quam  consenui,  et  dominus  meus  vetu- lus  est ,  voluptati  operam  dabo  ?
13.  Dixit  autem  Dominus  ad  Abra- ham :  Quare  risit  Sara,  dicens  :  Num vere  paritura  sum  anus?
14.  Numquid  Deo  quidquam  est  diffi- cile ?  Juxta  condictum  revertar  ad  te  hoc eodem  tempore,  vita  comité,  et  habebit Sara  filium.
15.  Negavit  Sara,  dicens  :  Non  risi, timoré  perterrita.  Dominus  autem  :  Non est,  inquit,  ita;  sed  risisti.
16.  Cum  ergo  surrexissent  inde  viri, direxerunt  oculos  contra  Sodomam  ;  et Abraham   simul   gradiebatur,  deducens
eos.
nerieios  panes  :  simples  galettes  très  minces,  que l'on  fait  cuire  en  un  instant  sur  la  braise  re- couverte de  cendre.  —  La  viande  est  pareillement de  choix  (vers.  7,  vitulum  tenerrimum  ) ,  et  ap- prêtée en  un  clin  d'œil  à  la  manière  orientale.
8.  Ce  l'epas  a  souvent  embarrassé  les  anciens exégôtes.  Comment  Dieu  et  des  anges  pouvaient- ils  manger?  Mystère  assurément,  mais  qui  n'est pas  plus  difficile  à  expliquer  que  l'action  de  se revêtir  d'un  corps  humain.  Ils  mangeaient  comme le  Christ  ressuscité.  —  Ipse  stabat  :  respectueu- sement, taudis  qu'ils  étaient  assis  pour  prendre leur  repas.
20  Réitération  de  la  promesse  faite  à  Sara, vers.  9-15.
9-15.   Le  renouvellement  de  cette  promesse
était  le  but  principal  de  la  visite  du  Seigneur. L'oracle  promulgué  antérieurement  avec  quelques détails  (xvii,  15-21)  est  reproduit  ici  sous  une forme  abrégée,  mais  vigoureuse,  et  à  deux  re- prises, vers.  10  et  14  (vita  comité;  hébr.,  «  se- cundum  tempus  vitaî,  »  c.-à-d.  dans  un  an  à,  cette même  époque,  lorsque  la  saison  actuelle  revivra  >. La  conduite  de  Sara  est  admirablement  décrite  : son  rire  sceptique  (10)  et  les  pensées  qui  l'occa- sionnèrent (11  et  12),  le  mensonge  que  lui  arra- cha la  crainte  (15).
3°  Prédiction  de  la  ruine  de  Sodome,  vers.  16- 33.
16.  Direxerunt  oculos,  et  leui's  pas  en  mcir.o temps.  —  Abraham  simul...  :  c'était  le  dernier devoir  de  l'hospitalité.
76
Gen.  XVIII,  17-27.
17.  Dixitque  Domimis  :  Num  celare potero  Abraliam  qu.iD  gestiirus  sum,
18.  Cum  futunis  sit  in  gentem  ma- gnam,  ac  robustissimam,  et  benedicendse siiit  in  illo  omnes  nationes  terrse?
19.  Scio  enim  quod  prœcepturus  sit filiis  suis,  et  domui  suœ  post  se,  ut  cu- Btodiant  viam  Domini,  et  faciant  judi- cium  et  justitiam  ;  ut  adducat  Dominus propter  Abraham  omiiia  quœ  locutus  est ad  eu  m.
20.  Dixit  itaque  Dominus  :  Clamor Sodoraorum  et  G-omorrhse  multiplicatus est,  et  peccatum  eorum  aggravatum  est nimis.
21.  Descendam  et  videbo,  utrum  cla- morem  qui  venit  ad  me,  opère  comple- verint,  an  non  est  ita,  ut  sciam.
22.  Converteruntque  se  inde,  et  abie- runt  Sodomam  ;  Abraham  vero  adhuc stabat  coram  Domino.
23.  Et  appropinquans  ait  :  Numquid perdes  justum  cum  impio?
24.  Si  fuerint  quinquaginta  justi  in civitate,  peribunt  simul?  et  non  parées loco  illi  propter  quinquaginta  justes,  si fuerint  in  eo?
25.  Absit  a  te,  ut  rem  hanc  facias,  et occidas  justum  cum  impio,  fiatque  ju- stus  sicut  impius  :  non  est  hoc  tuum  ;  qui judicas  omnem  terram,  nequaquam  fa- ciès judicium  hoc.
2G.  Dixitque  Dominus  ad  eum  :  Si  in- venero  Sodomis  quinquaginta  justes  in medio  ci\T[tatis,  dimittam  omni  loco  pro- pter eos.
27.   Eespondensque    Abraham ,   ait  :
17.  Alors  le  Seigneur  dit  :  Pourrais -je cacher  à  Abraham  ce  que  je  dois  faire,
18.  Puisqu'il  doit  être  le  chef  d'un peuple  très  grand  et  très  puissant ,  et  que toutes  les  nations  de  la  terre  seront  Dé- nies en  lui?
19.  Car  je  sais  qu'il  ordonnera  à  ses enfants ,  et  à  toute  sa  maison  après  lui , de  garder  la  voie  du  Seigneur,  et  d'agir selon  l'équité  et  la  justice  :  afin  que  le Seigneur  accomplisse  en  faveur  d'Abra- ham tout  ce  quïl  lui  a  promis.
20.  Le  Seigneur  ajouta  ensuite  :  Le cri  de  Sodome  et  de  Gomorrhe  s'augmente de  plus  en  plus,  et  leur  péché  est  monté jusqu'à  son  comble.
21.  Je  descendrai  donc,  et  je  verrai  si leurs  œuvres  répondent  à  ce  cri  qui  est venu  jusqu'à  moi ,  pour  savoir  si  cela  est ainsi,  ou  si  cela  n'est  pas.
22.  Alors  deux  de  ces  hommes  partirent de  là,  et  s'en  allèrent  à  Sodome  :  mais Abraham  demeura  encore  devant  le  Sei- gneur.
23.  Et  s'approchant,  il  lui  dit  :  Per- drez-vous  le  juste  avec  l'impie?
24.  S'il  y  a  cinquante  justes  dans  cette ville,  périront -ils  avec  tous  les  autres? Et  ne  pardonnerez -vous  pas  plutôt  à  la ville  à  cause  de  cinquante  justes,  s'il  s'y en  trouvait  autant  ?
25.  Non,  sans  doute,  vous  êtes  bien éloigné  d'agir  de  la  sorte,  de  perdre  le juste  avec  l'impie,  et  de  confondre  les bons  avec  les  méchants.  Cette  conduite ne  vous  convient  en  aucune  sorte  ;  et  ju- geant, comme  vous  faites,  toute  la  terre, vous  ne  pourrez  exercer  un  tel  jugement.
26.  Le  Seigneur  lui  répondit  :  Si  je trouve  dans  Sodome  cinquante  justes,  je pardonnerai  à  cause  d'eux  à  toute  la  ville.
27.  Abraham  dit  ensuite  :  Puisque  j'ai
17-19.  Divin  monologue,  pour  inti'oduiro  la prophétie  relative  à  Sodome  :  il  contient  nn  par- fait éloge  d'Abraham.  —  Num  celare  potero...? On  no  cache  rien  à  un  ami;  or  les  lignes  qui suivent  (18  et  19)  montrent  à  quel  point  le  saint patriarche  était  l'ami  de  Dieu.  —  Ut  adducat... Résultat  de  la  fidélité  d'Abraham  et  de  ses  des- cendants :  le  Seigneur  aussi  sera  Adèle.
20-21.  Terrible  arrêt  contre  la  Pentapole,  mo- tivé par  des  crimes  sans  nombre  (vers.  20  ;  cla- mor est  exi)liqué  par  peccatum  du  second  hémis- tiche). —  Descendam  et  videbo.  Bel  anthropomor- phisme. Dieu  tient  le  langage  d'un  juge  humain qui  veut  prendre  de  sérieuses  informations  avant de  porter  la  sentence.
22,  Converteruntque  se.  L'hébreu  ajoute  «  ho- mines  »;  ce  qui  se  rapporte,  d'après  xix,  1,  aux deux  anges  qui  accompagnaient  Jéhovah. — Abra- liam vero...  Transition  à  sa  prière  si  touchante, 23-31,  accueillie  par  Dieu  avec  une  condescen- dance non  moins  touchante.  Ce  passage  est  clas- sique pour  démontrer  l'efficacité  de  l'intercession des  saints.  D'après  les  traditions  locales,  la  scène se  passa  ù  l'endroit  nommé  Caphar-Berucha,  d'où l'on  aperçoit  la  mer  Moi'te  h  travers  un  ravin.
23-32.  Appropinquans,  hardiment  et  fami- lièrement. Mais  c'est  cette  sainte  hardiesse  qui, six  fois  de  suite ,  remporta  des  victoires  de  plus en  plus  éclatantes  sur  le  cœur  de  Dieu.  Admirez surtout  les  vers.  25,  27,  30,  32.
Gen.  XVIII,  28  —  XIX,  2.
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commencé,  je  parlerai  encore  à  mon  Sei- gneur, quoique  je  ne  sois  que  poussière et  que  cendre.
28.  S'il  s'en  fallait  cinq  qu'il  y  eût cinquante  justes,  perdriez -vous  toute  la ville,  parce  qu'il  n'y  en  aurait  que  qua- rante-cinq? Le  Seigneur  lui  dit  :  Je  ne perdrai  point  la  ville ,  s'il  s'y  trouve  qua- rante-cinq justes.
29.  Ahraliam  lui  dit  encore  :  Mais  s'il y  avait  quarante  justes,  que  ferez -vous? Je  ne  détruirai  point  la  ville,  si  j'y  trouve quarante  justes.
30.  Je  vous  prie,  Seigneur,  dit  Abra- ham, de  ne  pas  trouver  mauvais  si  je parle  encore.  Si  vous  trouvez  dans  cette ville  trente  justes,  que  ferez -vous?  Si j'y  en  trouve  trente,  dit  le  Seigneur,  je ne  la  perdrai  point.
31.  Puisque  j'ai  commencé, reprit  Abra- ham ,  je  parlerai  encore  à  mon  Seigneur  : Et  si  vous  en  trouviez  vingt?  Dieu  lui dit  :  Je  ne  la  perdrai  point  non  plus  s'il y  en  a  vingt.
32.  Seigneur,  ajouta  Abraham,  ne  vous fâchez  pas,  je  vous  supplie,  si  je  parle encore  une  fois.  Et  si  vous  trouvez  dix justes  dans  cette  ville?  Je  ne  la  perdrai point,  dit -il,  s'il  y  a  dix  justes.
33.  Après  que  le  Seigneur  eut  cessé de  parler  à  Abraham,  il  se  retira;  et Abraham  retourna  chez  lui.
Quia  semel  cœpi,  loquar  ad   Dominum meum,  cum  sim  pulvis  et  cinis.
28.  Quid  si  minus  quinquaginta  justis, quinque  fuerint?  delebis,  propter  qua- dragiuta  quinque,  universam  urbem?  Et ait  :  Non  delebo ,  si  invenero  ibi  quadra- ginta  quinque,
29.  Rursumque  locutus  est  ad  eum  : Sin  autem  quadraginta  ibi  inventi  fue- rint, quid  faciès?  Ait  :  Non  percutiam propter  quadraginta.
30.  Ne ,  quœso ,  inquit ,  indigneris , Domine,  si  loquar.  Quid  si  ibi  inventi fuerint  triginta?Respondit  :  Nonfaciam, si  invenero  ibi  triginta.
31.  Quia  semel,  ait,  cœpi,  loquar  ad Dominum  meum.  Quid  si  ibi  inventi  fue- rint viginti?  Ait  :  Non  interficiam  pro- pter viginti.
32.  Obsecro,  inquit,  ne  irascaris,  Do- mine, si  loquar  adhuc  semel.  Quid  si inventi  fuerint  ibi  decem?  Et  dixit  : Non  delebo  propter  decem.
33.  Abiitque  Dominus,  postquam  ces- savit  loqui  ad  Abraham  ;  et  ille  reversus est  in  locum  suum.
CHAPITRE  XIX
1.  Sur  le  soir  deux  anges  vinrent  à Sodorae,  lorsque  Lot  était  assis  à  la  porte de  la  ville.  Les  ayant  vus,  il  se  leva, alla  au-devant  d'eux,  et  se  prosterna jusqu'en  terre.
2.  Puis  il  leur  dit  :  Venez,  je  vous prie,  mes  seigneurs,  dans  la  maison  de votre  serviteur,  et  demeurez -y.  Vous  y laverez  vos  pieds,  et  demain  vous  conti- nuerez votre  chemin.  Ils  lui  répondirent  : Nous  n'irons  point  chez  vous,  mais  nous demeurerons  dans  la  rue.
1.  Veneruntque  duo  angeli  Sodomam vespere,  et  sedente  Lot  in  foribus  civi- tatis.  Qui  cum  vidisset  eos,  surrexit,  et ivit  obviam  eis;  adora vitque  promis  in terram ,
2.  Et  dixit  :  Obsecro,  domini,  decli- nate  in  domum  pueri  vestri,  et  manete ibi;  lavate  pedes  vestros,  et  mane  profi- ciscemini  in  viam  vestram.  Qui  dixe- runt  •  Minime,  sed  in  platea  manebi- mus.
§  III.  —  La  ruine  de  Sodome.  XIX,  1-38.
lo  Infamie  des  habitants  de  Sodome,  vers.  1-14.
CiiAP.  XIX.  —  1.  Duo  angeli.  Hébr.,  «  les  deux anges  ».  Voj\  la  note  de  xviii ,  22.  —  In  foriius civitatis.  Les  portes  des  villes  orientales  ont  été de  tout  temps,  comme  le  forum  romain  et  l'a- gora grecque,  le  rendez -vous  de  la  plupart  des habitants  aux  heures  do  repos ,  et  le  centre  des
affaires.  Cf.  xxiil,  10;  xxxiv,  20;  Deut.  xxi,  19, et  cent  autres  passages.  —  Surrexit,  ivit...,  adora- vit  :  comme  Abraham  au  chapitre  précédent.  Mais Lot  ne  reconnut  que  plus  tard  la  nature  angé- lique  de  ses  hôtes.  Cf.  Hebr.  xiii,  2.
2.  In  domum  pueri  vestri  (de  votre  serviteur). Dans  ces  temps  reculés,  les  villes  mêmes  étaient dénuées  de  tout  ce  qui  ressemble  à  nos  hôtelleries modernes  ;  bien  plus ,  les  khans  ou  caravansérails
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Gen.  XIX,  3-11.
3.  Compulit  illos  oppido  ut  diverterent ad  eum  ;  ingressisque  domum  illiiis  fecit convivium ,  et  coxit  azyma  ;  et  comede- runt.
4.  Prius  autem  quam  irent  ciibitum, viii  civitatis  vallavenint  domum,  a  puero usque  ad  senem,  omnis  populus  simul.
5.  Vocaveruntque  Lot,  et  dixerunt  ei  : Ubi  sunt  viri  qui  introieruut  ad  te  no- cte  ?  educ  illos  hue ,  ut  coguoscamus  eos.
6.  Egressus  ad  eos  Lot,  post  tergum occludens  ostium,  ait  :
7.  Nolite,  quœso,  fratres  mei,  nolite malum  hoc  facere.
8.  Habeo  duas  filias,  qiise  necdum  co- gnoverunt  viriim;  educam  eas  ad  vos, et  abutimini  eis  sicut.vobis  placuerit, dummodo  viris  istis  iiihil  mali  faciatis, quia  ingressi  sunt  sub  umbra  culminis mei.
9.  At  illi  dixerunt  :  Eecede  illuc.  Et  rur- sus  :  Ingressus  es,  inquiunt,  ut  advena; numquid  ut  judices?  te  ergo  ipsum  ma- gis  quam  hcs  affligemus.  Vimque  facie- bant  Lot  vehementissime  ;  jamque  prope erat  ut  eiïringerent  fores.
10.  Et  ecce  miserunt  manum  viri,  et introduxerunt  ad  se  Lot,  clauseruntque ostium ,
11.  Et  eos,  qui  foris  erant,  percusse- runt  C£ecitate,  a  minimo  usque  ad  maxi- mum, ita  ut  ostium  invenire  non  pos- sent.
3.  Il  les  pressa  de  nouveau  avec  grande instance,  et  les  força  de  venir  che;^  lui. Après  qu'ils  furent  entrés  en  sa  maison, il  leur  fit  un  festin  ;  il  fit  cuire  des  pains sans  levain,  et  ils  mangèrent.
4.  Mais  avant  qu'ils  se  fussent  retirés pour  se  coucher,  la  maison  fut  assiégée par  les  habitants  de  cette  ville,  depuis les  enfants  jusqu'aux  vieillards  ;  tout  le peuple  n'y  trouva.
5.  Alors  ayant  appelé  Lot,  ils  lui  di- rent :  Où  sont  ces  hommes  qui  sont  en- trés ce  soir  chez  vous?  Faites -les  sortir, afin  que  nous  les  connaissions.
6.  Lot  sortit  de  sa  maison;  et,  ayant fermé  la  porte  derrière  lui,  il  leur  dit  :
7.  Ne  songez  point,  je  vous  prie,  mes frères,  ne  songez  point  à  commettre  un si  grand  mal.
8.  J'ai  deux  filles  qui  sont  encore vierges;  je  vous  les  amènerai  :  usez -en comme  il  vous  plaira,  pourvu  que  vous ne  fassiez  point  de  mal  à  ces  hommes- là,  parce  qu'ils  sont  entrés  à  l'ombre  de mon  toit.
9.  Mais  ils  lui  répondirent  :  Retirez- vous.  Et  ils  ajoutèrent  :  Vous  êtes  venu ici  comme  un  étranger  parmi  nous ,  est- ce  afin  d'être  notre  juge?  Nous  vous  trai- terons donc  vous-même  encore  plus  mal qu'eux.  Et  ils  se  jetèrent  sur  Lot  avec grande  violence.  Lorsqu'ils  étaient  déjà sur  le  point  de  rompre  les  portes,
10.  Ces  deux  hommes  qui  étaient  au dedans,  prirent  Lot  par  la  main,  et l'ayant  fait  rentrer  dans  la  maison,  ils en  fermèrent  la  porte,
11.  Et  frappèrent  d'aveuglement  tous ceux  qui  étaient  au  dehors,  depuis  le plus  petit  jusques  au  plus  grand,  de sorte  qu'ils  ne  purent  plus  trouver  la porte  de  la  maison.
n'existaient  pas  encore.  Mais ,  d'ordinaire ,  des  in- vitations aimables,  analogues  à  celle  de  Lot,  arri- vaient de  toutes  parts  aux  voj^ageurs.  —  In  platea. En  Orient ,  durant  la  plus  grande  partie  de  l'année , il  n'y  a  pas  le  moindre  inconvénient  à  passer  la nuit  en  plein  air.
3.  Convivium.  L'expression  hébraïque  misteh désigne  habituellement  un  repas  somptueux.  — Azyma,  parce  que  le  pain  sans  levain  est  plus vite  préparé.
4  -  5.  Début  d'une  scène  hideuse,  vigoureusement décrite.  —  Vallaverunt  :  le  choix  de  ce  verbe indique ,  comme  dans  l'hébr.,  des  intentions  hos- tiles. —  Coguoscamus.  Euphémisme  qui  dissimule les  passions  les  plus  révoltantes.  Les  vices  contre nature  étaient  communs  parmi  les  races  chana- néenrios.  Cf.  Lev.  xx ,  22  -  23.
6-8.  Lot  défend  ses  hôtes  de  toutes  ses  forces. Mesure  de  prudence  (post  tergum  occludens ostium),  exhortation  insinuante  (vers.  6),  sacrifice de  son  honneur  paternel  (  vers.  8  )  :  rien  n'est  omis pour  sauvogai'der  les  droits  sacrés  de  l'hospitalité. Les  anciens  auteurs  expliquent,  et  non  sans  raison, par  le  trouble  et  l'embarras  où  se  trouvait  Lot, par  son  désir  de  substituer  un  moinih'e  mal  à  un plus  grand ,  son  offre  étrange  du  vers.  8  ;  néanmoins S.  Augustin  fait  à  ce  sujet  de  légitimes  réserves.
9.  Dure  réponse  :  on  rappelle  à  Lot  qu'il  n'est qu'un  étranger,  et  que  de  lui  on  n'acceptera  ]  as  de loi.  On  passe  bientôt  ù  des  menaces,  qui  reçoivent un  commencement  d'exécution.
10-11.  Les  anges  prennent  alors  leur  propre défense  et  celle  do  leur  hôte  généreux.  Détails dramatiques  dans  ces  deux  versets.  —  Csecitate.
Gen.  XIX,  12-19.
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12.  Ils  dirent  ensuite  à  Lot  :  Avez- vous  ici  quelqu'un  de  vos  proches,  un gendre,  ou  des  fils,  ou  des  filles?  Faites sortir  de  cette  ville  tous  ceux  qui  vous appartiennent  ;
13.  Car  nous  allons  détruire  ce  lieu, parce  que  le  cri  des  abominations  de  ces peuples  s'est  élevé  de  plus  en  plus  de- vant le  Seigneur,  et  il  nous  a  envoyés pour  les  perdre.
14.  Lot  étant  donc  sorti,  parla  à  ses gendres  qui  devaient  épouser  ses  filles, et  il  leur  dit  :  Sortez  promptement  de  ce lieu,  car  le  Seigneur  va  détruire  cette ville.  Mais  ils  s'imaginèrent  qu'il  disait cela  en  se  moquant.
15.  A  la  pointe  du  jour,  les  anges pressaient  fort  Lot  de  sortir,  en  lui  di- sant :  Levez -vous,  et  emmenez  votre femme  et  vos  deux  filles,  de  peur  que vous  ne  périssiez  aussi  vous-même  dans la  ruine  de  cette  ville.
16.  Voyant  qu'il  différait  toujours,  ils le  prirent  par  la  main,  car  le  Seigneur voulait  le  sauver,  et  ils  prirent  de  même sa  femme  et  ses  deux  filles.
17.  L'ayant  ainsi  fait  sortir  de  la  mai- son, ih  le  conduisirent  hors  de  la  ville, et  ils  lui  parlèrent  de  cette  sorte  :  Sau- vez votre  vie  ;  ne  regardez  point  derrière vous,  et  ne  vous  arrêtez  point  dans  tout le  pays  d'alentour;  mais  sauvez-vous  sur la  montagne ,  de  peur  que  vous  ne  péris- siez aussi  vous-même  avec  les  autres.
18.  Lot  leur  répondit  :  Seigneur,
19.  Puisque  votre  serviteur  a  trouvé grâce  devant  vous,  et  que  vous  avez  si- gnalé envers  lui  votre  grande  miséri- corde en  me  sauvant  la  vie,  considérez, je  vous  prie,  que  je  ne  puis  me  sauver sur  la  montagne,  étant  en  danger  que  le malheur  ne  me  surprenne  auparavant,  et que  je  ne  meure.
12.  Dixerunt  autem  ad  Lot  :  Habes  hic quempiam  tuorum  ,  generum  ,  aut  filios , aut  filias?  omnes,  qui  tui  sunt,  educ  de urbc  liac  ;
13.  Delebimus  enim  locum  istum,  eo quod  increverit  clamor  eorum  coram  Do- mino, qui  misit  nos  ut  perdamus  illos.
14.  Egressus  itaque  Lot,  locutus  est  ad generos  suos,  qui  accepturi  erant  filias ejus,  et  dixit  :  Surgite,  egredimini  de loco  isto,  quia  delebit  Dominus  civita- tem  hanc.  Et  visus  est  eis  quasi  ludens loqui.
15.  Cumque  esset  mane,  cogebant  eum angeli,  dicentes  :  Surge,  toile  uxorem tuam ,  et  duas  filias  quas  habes ,  ne  et  tu pariter  pereas  in  scelere  civitatis.
16.  Dissimulante  illo,  apprehenderunt manum  ejus,  et  manum  uxoris,  ac  dua- rum  filiarum  ejus,  eo  quod  parceret  Do- minus illi.
17.  Eduxeruntque  eum,  et  posuerunt extra  civitatem  ;  ibique  locuti  sunt  ad eum ,  dicentes  :  Salva  animam  tuam  ;  noli respicere  post  tergum,  nec  stes  in  omni circa  regione  ;  sed  in  monte  salvum  te f ac ,  ne  et  tu  simul  pereas.
18.  Dixitque  Lot  ad  eos  :  Quaeso,  Do- mine mi,
19.  Quia  invenit  servus  tuus  gratiam coram  te,  et  magnificasti  misericordiam tuam  quam  fecisti  mecum,  ut  salvares animam  meam,  nec  possum  in  monte salvari,  ne  forte  appréhendât  me  malum, et  moriar  ;
Le  substantif  hébr.  corrélatif  n'est  employé  qu'ici etIY  Reg.  vi,18.
12  - 14.  Vains  efforts  pour  associer  au  salut  de Lot  les  fiancés  de  ses  filles.  Visus  est  quasi  ludens loqui,  comme  un  homme  qui  plaisante.
2°  La  divine  vengeance,  vers.  15-29.
Les  vers  15-23  racontent  d'abord  comment  Lot échappa  à  la  destruction  terrible.
15-16.  Ce  ne  fut  pas  sans  quelque  difficulté •que  Lot  lui -môme  et  ses  plus  proches  parents  se décidèi'cnt  à  quitter  Sodome  :  cogebant,  dissi- 'inulante  (  hébr.,  haesitante  )  illo,  apprehenderunt ■maniiin...
17.  Pi'cssante  injonction  des  anges  :  Salva  ani- mam  (pour  «  vitam  »);  c'est  maintenant  son
affaire.  Deux  conditions  lui  sont  prescrites  :  1«  noli respicere...;  épreuve  imposée  à  sa  foi,  ou,  selon d'autres ,  manière  de  lui  dire  qu'il  devait  s'enfuir au  plus  vite,  sans  permettre  à  la  curiosité  de  ralentir sa  marche  ;  2°  In  monte...  La  chaîne  de  montagnes située  à  l'est  de  la  Pentapole.
18-20.  Lot,  avant  de  se  séparer  des  anges,  leur demande  humblement  une  faveur.  Au  vers.  19,  il allègue  les  motifs  sur  lesquels  s'appuyait  sa  re- quête :  1°  la  bonté  de  Dieu  à  son  égard;  2o  la crainte  de  ne  pouvoir  atteindre  assez  promptement les  montagnes  indiquées.  —  Le  vers.  20  contient  la supplique  proprement  dite.  Civitas  hœc  :  pronom pittoresque;  Lot  montrait  du  doigt  la  ville.  Par- va  :  hébr,  mis'âr  (  la  même  expression  est  répé-
80
Gen.  XIX,  20-28.
20.  Est  civitas  liaec  jiixta,  ad  qiiam possiim  fugere,  parva,  et  salvabor  in  ea; nuraquid  non  modica  est,  et  vivet  anima mea?
21.  Dixitqiie  ad  eum  :  Ecce  etiam  in hoc  suscepi  preces  tuas,  ut  non  subver- tam  urbeni  pro  qua  locutus  es.
22.  Festina  et  salvare  ibi,  quia  non potero  facere  quidquam  donec  ingredia- ris  illuc.  Idcirco  vocatum  est  nomen  uibis illius  Segor.
23.  Sol  egressus  est  super  terram,  et Lot  ingressus  est  Segor.
24.  Igitur  Dominus  phiit  super  Sodo- mam  et  Gomorrham  sulphur  et  ignem  a Domino  de  cpelo ,
25.  Et  subvertit  civitates  bas ,  et  om- nem  circa  regionem,  universos  habitato- res  urbium,  et  cuncta  terras  virentia.
26.  Respiciensque  uxor  ejus  post  se, versa  est  in  statuam  salis.
27.  Abraham  autem  consurgens  mane, ubi  steterat  prius  eum  Domino,
28.  Intuitus  est  Sodomam  et  Gomor- rham, ec  universam  terram  regionis  il- lius; viditque  ascendentem  favillam  de terra  quasi  fornacis  fumum.
20.  Mais  il  y  a  près  d'ici  une  ville  où je  puis  fuir;  elle  est  petite,  je  puis  m'y sauver.  Vous  savez  qu'elle  n'est  pas grande,  et  elle  me  sauvera  la  vie.
21.  L'ange  lui  répondit  :  J'accorde encore  cette  gi'âce  à  la  prière  que  vous me  faites,  de  ne  pas  détruire  la  ville  pour laquelle  vous  me  parlez.
22.  Hâtez -vous  de  vous  sauver  en  ce lieu-là,  parce  que  je  ne  pourrai  rien  faire jusqu'à  ce  que  vous  y  soj'ez  entré.  C'est pour  cette  raison  que  cette  ville  fut  ap- pelée Ségor
23.  Le  soleil  se  levait  sur  la  terre  au même  temps  que  Lot  entra  dans  Ségor.
24.  Alors  le  Seigneur  fit  descendre  du ciel  sur  Sodome  et  sur  Gomorrhe  une pluie  de  soufre  et  de  feu,
25.  Et  il  perdit  ces  villes,  et  tout  le pays  d'alentour,  et  tous  les  habitants  des cités ,  et  tout  ce  qui  avait  quelque  verdure sur  la  terre.
26.  Or  la  femme  de  Lot  regarda  der- rière elle,  et  elle  fat  changée  en  une  sta- tue de  sel.
27.  Or  Abraham  s'étant  levé  le  matin, vint  au  lieu  où  il  avait  été  auparavant avec  le  Seigneur,
28.  Et  regardant  Sodome  et  Gomorrhe, et  tout  le  pays  d'alentour,  il  vit  des cendres  enflammées  qui  s'élevaient  de  la terre  comme  la  fumée  d'une  fournaise.
tce  pour  modica).  En  insistant  snr  la  petitesse (le  la  ville,  le  suppliant  voulait  dire  qu'une  loca- lité si  peu  considérable  n'était  pas  sans  doute  cor- rompue comme  Sodome,  et  qu'il  serait  plus  aisé à  Dieu  de  l'épargner.
21-22.  Ecce  etiam  in  hoc...  Aimable  acquiesce- ment, malgré  le  peu  de  foi  de  Lot.  Une  condi- tion, pourtant  -.festina.  —  Conclusion  historique  : idcirco...  Segor;  en  hébr.  :  So'ar,  (jeu  de  mots avec  mis'ar,  petite  ).  Le  nom  primitif  était  Bala, d'après  xrv,  2.  La  plupart  des  interprètes  con- temporains placent  Ségor  dans  l'ouadi  es-Sa- fieh,  à.  une  heure  environ  du  S.-E.  de  la  mer Morte.
24.  Description  de  la  ruine  de  la  Pentapole, 24-28.  —  Super  Sodomam  et  Gomorrham.  D'après Deut.  XXIX,  22,  Adama  et  Seboïm  furent  égale- ment détruites  ;  on  ne  mentionne  ici  que  les  deux villes  principales.  —  Pluit...  sulphur  et  ignem. Les  interprètes  discutent  sur  la  manière  dont  eut lieu  ce  terrible  phénomène  :  vraie  pluie  de  soufre Incandescent,  éruption  volcanique,  ou  la  foudre produisant  une  conflagration  pai'mi  les  matières si  inflammables  (soufre  et  bitume  )  qui  abondent dans  cette  région  ;  telles  sont  les  principales  hy- pothèses.— A  Domino  de  cœlo.  «  Jéhovah  fit  pleu- voir... de  Jéhovah,  du  ciel.  »  L'expression  est remarquable.  Selon  plusieurs  Pères  (  S.  Ignace, S.  Justin  martyr,  Tertullion,  S.  Cypricn,  S.  Atha-
nase,  etc.),  le  premier  «  Dominus  »  désignerait le  Verbe  ;  le  second ,  Dieu  le  Père.
25.  Et  subvertit...  Le  résultat  produit  fut  une destruction  universelle  (omr).em,  universos,  cun- cta )  ;  rien  n'échappa.  C'est  à  tort  qu'on  a  rattaché à  cet  événement  la  formation  do  la  mer  Morte, qui  doit  remonter  à  ime  époque  bien  antérieure. Il  serait  possible,  cependant,  que  la  partie  la plus  méridionale  et  la  moins  profonde  du  bassin datât  de  la  ruine  de  la  Pentapole,  et  recouvdt au  moins  en  partie  l'emplacement  des  cités  mau- dites. Voy.  Chauvet  et  Isambert ,  Syrie  et  Pales- tine, p.  367  et  ss.  ;  de  Saulcy,  Voyage  autour  de la  mer  Morte  ;  de  Luynes ,  Voyage  d'exploration à  la  mer  Morte,  I,  359  et  ss.
26.  Versa  est  in  statuavi  salis.  D'après  l'hébr.  : «  Et  elle  fut  une  stèle  (une  colonne)  de  sel.  » Ou  par  une  incrustation  rapide,  à  la  suite  d'une mort  foudroyante  ;  ou  par  un  soulèvement  des masses  de  sel  gemme  qui  existent  au  sud  de  la mer  Morte  (la  femme  de  Lot  aurait  été  alors saisie  au  milieu  des  blocs  ).  Le  livre  de  la  Sagesse, X,  7,  et  Jésus -Christ  lui-même,  Luc.  xvii,  32, signalent  le  caractère  historique  de  cet  épisode. Cf.  Josèphe,  Ant.  i,  11.
27-29.  L'écrivain  sacré  revient  à  Abraham, pour  lui  attribuer,  après  Diexi,  le  salut  de  Lot. —  Consurgens  mane:  anxieux  de  savoir  ce  qui s'était  passé.  —  Ubi  steterat  :  là  où  il  avait  adressé
Gen.  XIX,  29-38.
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29.  Lorsque  Dieu  détruisait  les  villes de  ce  paj'S-là,  il  se  souvint  d'Abraham, et  délivra  Lot  de  la  ruine  de  ces  villes où  il  avait  demeuré.
30.  Lot  étant  dans  Ségor,  eut  peur  d'y périr,  s'il  y  demeurait.  Il  se  retira  donc sur  la  montagne  avec  ses  deux  filles,  en- tra dans  une  caverne,  et  y  demeura  avec elles.
31.  Alors  l'aînée  dit  à  la  cadette  : Notre  père  est  vieux,  et  il  n'est  resté aucun  homme  sur  la  terre  qui  puisse  nous épouser  selon  la  coutume  de  tous  les pays.
32.  Donnons  donc  du  vin  à  notre  père , et  enivi'ons-le,  et  dormons  avec  lui,  afin que  nous  puissions  conserver  de  la  race de  notre  père.
33.  Elles  donnèrent  donc  cette  nuit-là du  vin  à  boire  à  leur  père;  et  l'aînée dormit  avec  lui,  sans  qu'il  sentît  ni  quand elle  se  coucha,  ni  quand  elle  se  leva.
34.  Le  jour  suivant  l'aînée  dit  à  la  se- conde :  Vous  savez  que  j'ai  dormi  hier avec  mon  père;  donnons -lui  encore  du vin  à  boire  cette  nuit,  et  vous  dormirez aussi  avec  lui;  afin  que  nous  conservions de  la  race  de  notre  père.
35.  Elles  donnèrent  donc  encore  cette nuit-là  du  vin  à  boire  à  leur  père,  et  sa seconde  fille  dormit  avec  lui,  sans  qu'il sentît  non  plus  ni  quand  elle  se  coucha , ni  quand  elle  se  leva.
36.  Ainsi  elles  conçurent  toutes  deux de  Lot  leur  père.
37.  L'aînée  enfanta  un  fils,  et  elle  le nomma  Moab.  C'est  lui  qui  est  le  père des  Moabites,  qui  existent  encore  aujour- d'hui.
38.  La  seconde  enfanta  aussi  un  fils, qu'elle  appela  Ammon,  c'est-à-dire,  le fils  de  mon  peuple.  C'est  [lui  qui  est  le père  des  Ammonites,  que  nous  voyons encore  aujourd'hui.
29.  Cum  enim  subverteret  Deus  civi- tates  regionis  illius,  recordatus  Abrahœ, liberavit  Lot  de  subversione  urbium  in quibus  habitaverat.
30.  Ascenditque  Lot  de  Segor,  et  man- sit  in  monte,  duœ  quoque  filise  ejus  cura eo  (timuerat  enim  manere  in  Segor),  et mansit  in  spelunca  ipse,  et  duae  filise ejus  cum  eo.
31.  Dixitque  major  ad  minorera  :  Pater noster  senex  est,  et  nullus  virorura  re- mansit  in  terra  qui  possit  ingredi  ad  nos juxta  morem  uni  versos  terrœ.
32.  Veni,  inebriemus  eum  vino,  dor- miamusque  cum  eo,  ut  servare  possimus ex  pâtre  nostro  semen.
33.  Dederunt  itaque  patri  suo  bibere vinum  nocte  illa.  Et  ingressa  est  major, dormi vitque  cum  pâtre  ;  at  ille  non  sen- sit,  nec  quando  accubuit  filia,  nec  quando surrexit.
34.  Altéra  quoque  die  dixit  major  ad minorera  :  Ecce  dormivi  heri  cum  pâtre meo  ;  demus  ei  bibere  vinum  etiam  hac nocte,  et  dormies  cum  eo,  ut  salvemus semen  de  pâtre  nostro.
35.  Dederunt  etiam  et  illa  nocte  patri suo  bibere  vinura ,  ingressaque  minor  filia, dormivit  cum  eo;  et  ne  tune  quidem sensit  quando  concubuerit,  vel  quando illa  surrexerit.
36.  Conceperunt  ergo  du8e  filise  Lot  de pâtre  suo.
37.  Peperitque  major  filium ,  et  vocavit nom  en  ejus  Moab  ;  ipse  est  pater  Moabi- tarura  usque  in  prsesentem  diem.
38.  Minor  quoque  peperit  filium,  et vocavit  nomen  ejus  Aramon,  id  est ,  filius popuii  mei;  ipse  est  pater  Ammonita- rum  usque  hodie.
à  Dieu  sa  prière.  Voy.  la  note  de  xvm,  22.  — Fornacis  L'expression  hébraïque  désigne  tin  fonr ù  chaux ,  ou  un  creuset  à  fondre  les  métaux.  — Recordatus  Al)rahce,lil)eravU.  Bel  éloge  du  saint patriarche.
3°  Origine  des  Moabites  et  des  Ammonites, vers.  30-38.
30.  Asceyidit  de  Segor.  Lot  ne  s'y  croyait  pas en  sûreté,  malgré  la  promesse  divine.  Qu'il  est loin  de  la  foi  d'Abraham  !  —  In  spelunca  :  les grottes  naturelles  sont  fréquentes  dans  les  mon- tagnes de  Moab.  —  M  duse  Uliœ.  Transition  au fait  sinistre  qui  A'a  suivre,  et  que  la  Bible  expose avec  sa  simplicité  accoutumée.
31-32.  Au  vers.  32,  l'infâme  proposition;  au vers.  31,  deux  motifs  sur  lesquels  on  l'appuie: lo  Pater  senea3,donc  il  faut  se  hâter;  2»  nullus virorum  remansit,  tous  les  hommes  avaient  péri, d'après  elle.  Mais,  dit  S.  Augustin,  c.  Faust. XXII,  43,  «  potius  nunquam  esse  matres  quam sic  uti  pâtre  debuerunt.  »  Leur  seule  excuse  con- siste dans  le  désir  de  perpétuer  leur  famille.
33-35.  La  motion  est  acceptée,  et  aussitôt réalisée.
36-38.  Lee  conséquences.  —  Moal) ,  nom  dont la  racine  paraît  être  Mé'al),  «  a  pâtre,»  fils  du père  de  sa  mère.  —  Ammon...  filius  populi  mei  : tel  est,  en  effet,  le  sens  des  mots  hen-'^ammi.
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Gen.  XX,  1-7.
CHAPITRE  XX
1.  Profectus  inde  Abraham  in  terram australera,  habita  vit  inter  Cades  et  Sur, et  peregrinatiis  est  in  Geraris.
2.  Dixitqne  de  Sara  uxore  sua  :  Soror mea  est.  Misit  ergo  Abimelech  rex  Ge- rarae,  et  tulit  eam.
3.  Venit  aiitem  Deus  ad  Abimelech per  somnium  nocte,  et  ait  illi  :  En  mo- rieris  propter  mulierem  quam  tulisti  ; habet  enim  virum.
4.  Abimelech  vero  non  tetigerat  eam, et  ait  :  Domine ,  num  gentem  ignorantem et  justam  interficies?
5.  Nonne  ipse  dixit  mihi  :  Soror  mea est;  et  ipsa  ait  :  Frater  meus  est?  In simplicitate  cordis  mei ,  et  munditia  ma- nuum  mearum,  feci  hoc.
6.  Dixitque  ad  eum  Deus  :  Et  ego  scio quod  simi)lici  corde  feceris;  et  ideo  cu- stodivi  te  ne  peccares  in  me,  et  non  di- misi  ut  tangeres  eam.
7.  Nunc  ergo  redde  viro  suo  uxorem, quia  propheta  est;  et  orabit  pro  te,  et vives;  si  autem  nolueris  reddere,  scito
1.  Abraham  étant  parti  de  là  pour  al- ler du  côté  du  midi,  habita  entre  Cadès et  Sur.  Et  étant  allé  à  Gérara  pour  y demeurer  quelque  temps,
2.  Il  dit,  parlant  de  Sara  sa  femme, qu'elle  était  sa  sœur.  Abimelech,  roi  de Gérara,  envoya  donc  chez  lui,  et  fit  en- lever Sara.
3.  Mais  Dieu,  pendant  une  nuit,  ap- parut en  songe  à  Abimelech ,  et  lui  dit  : Vous  serez  puni  de  mort  à  cause  de  la femme  que  vous  avez  enlevée,  parce qu'elle  a  un  mari.
4.  Or  Abimelech  ne  l'avait  point  tou- chée ;  et  il  répondit  :  Seigneur,  punirez- vous  de  mort  l'ignorance  d'un  peuple  in- nocent?
5.  Cet  homme  ne  m'a-t-il  pas  dit  lui- même  qu'elle  était  sa  sœur?  et  elle-même aussi  ne  m'a-t-elle  pas  dit  qu'il  était  son frère?  J'ai  fait  cela  dans  la  simplicité  de mon  cœur,  et  sans  souiller  la  pureté  de mes  mains.
6.  Dieu  lui  dit  :  Je  sais  que  vous  l'a- vez fait  avec  un  cœur  simple  ;  c'est  pour cela  que  je  vous  ai  préservé  afin  que  vous ne  péchassiez  point  contre  moi,  et  que je  ne  vous  ai  pas  permis  de  la  toucher.
7.  Rendez  donc  présentement  cette femme  à  son  mari,  parce  que  c'est  un prophète  ;  et  il  priera  pour  vous ,  et  vous
§  IV.  —  Abraham  à  Gérara.  XX,  1  —  XXI,  34.
lo  Sara  est  encore  merveilleusement  préser- vée. XX,  1  —  18.
Chap.  XX.  —  1.  Profectus  inde:  de  Mambré, près  d'Hébron.  —  In  terram  australem  :  le  Né- geb,  comme  précédemment  (xn,  9).  —  Inter Cudcs  et  Sur.  Dans  quelque  fertile  oasis,  située entre  ces  deux  déserts.  Voy.  les  notes  de  xvi, 7  et  14.  —  In  Geraris.  Cf.  x,  19.  Le  nom  seul do  cette  ville  a  survécu ,  sous  la  forme  de  Khir- bct-el-Gerar  ;  ses  ruines  mêmes  sont  à  peine  vi- sibles. Cf.  V.  Guorin,  Description  de  la  Pales- Une  :  Judée,  ii,  254  et  ss.  Elle  n'était  pas  ti'ès éloignée  de  Gaza  (  au  sud  ) ,  et  appartenait  aussi au  territoire  des  Philistins.  Cf.  xxvi,  1.
2.  Dixit...  :  Soror  mea.  Comme  vingt  ans  aupa- ravant en  Ég3-pte,  xir,  13.  —  Abimelech.  Nom  que l'on  croit  avoir  été  le  titre  commun  des  rois  de cette  contrée.  Il  signifie  :  Père  du  roi,  ou  bien Père -roi.  —  Tulit  eam.  Sara  était  alors  âgée  de quatre-vingt-dix  ans  ;  mais  elle  avait  été  comme rajeunie  miraculeusement  pour  pouvoir  devenir mire.  Pcut-6tre  aussi  Abimelech  désirait -il  la
prendre  pour  épouse,  moins  à  cause  de  sa  beauté qu'afln  de  s'unir  par  les  liens  du  sang  avec  Abra- ham, qu'il  voyait  si  riche  et  si  puissant.  Cf. vers.  22.
3.  Dieu  prend  encore  la  défense  de  la  mère  du peuple  privilégié. —  Morieris.  De  la  maladie  men- tionnée au  vers.  17,  et  dont  il  avait  été  subite- ment atteint.
4  -  5.  Abimelech  se  disculpe  devant  Dieu  (  Do- mine; hébr.,  'Adonaï).  Il  allègue  un  excellent motif  pour  obtenir  indulgence  et  pardon  :  nnm gentem  ignorantem...?  Et  son  ignorance  était vraiment  invincible,  car  ipse  dixit...,  ipsa  ait... En  résumé,  il  a  agi  in  simplicitate  coi'dis  et munditia  manuum:  deux  expressions  qui  dési- gnent l'innocence,  envisagée  sous  le  rapport  soit intérieur,  soit  extérieur.  C'était  pourtant  le  rapt et  la  polygamie  ;  mais  Abimelech  parle  confor- mément à  la  moralité  relâchée  de  son  pays,  qui ne  réprouvait  que  l'adultère  proprement  dit.
6-7.  Dieu  accepte  son  excuse  d'après  la  même règle  (vers.  6)  ;  il  lui  impose  toutefois  une  condi- tion (^lunc  ergo  redde),  avec  promesse  de  par- don s'il  obéit,  avec  menace  de  mort  dans  le  cas
Gen.  XX,  8-16.
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vivrez.  Que  si  vous  ne  voulez  point  la   ' rendre,  sachez  que  vous  serez  frappé  de mort,  vous  et  tout  oc  qui  est  ji  vous.
8.  Abiniélecli  se  leva  aussitôt  lorsqu'il était  encore  nuit,  et  ayant  appelé  tous ses  serviteurs,  il  leur  dit  tout  ce  qu'il avait  entendu;  et  ils  furent  tous  saisis  de fra3'eur.
9.  Il  manda  aussi  Abraham,  et  lui  dit  : Pourquoi  nous  avez -vous  traités  de  la sorte?  Quel  mal  vous  avions -nous  fait, pour  avoir  voulu  nous  engager  moi  et mon  royaume  dans  un  si  grand  péché? Vous  avez  fait  assurément  à  notre  égard ce  que  vous  n'auriez  point  dû  faire.
10.  Et  continuant  encore  ses  plaintes, il  ajouta  :  Qu'avez -vous  envisagé  en agissant  ainsi?
11.  Abraham  lui  répondit  :  J'ai  songé et  j'ai  dit  en  moi-même  :  Il  n'y  a  peut- être  point  de  crainte  de  Dieu  en  ce  pays- ci;  et  ils  me  tueront  pour  avoir  ma femme.
12.  D'ailleurs  elle  est  véritablement ma  sœur,  étant  fille  de  mon  père,  quoi- qu'elle ne  soit  pas  fille  de  ma  mère  ;  et je  l'ai  épousée.
13.  Or  depuis  que  Dieu  m'a  fait  sortir de  la  maison  de  mon  père,  je  lui  ai  dit  : Vous  me  ferez  cette  grâce  dans  tous  les pays  où  nous  irons,  de  dire  que  je  suis votre  frère.
14.  Abimélech  donna  donc  à  Abraham des  brebis,  des  bœufs,  des  servitem's  et des  servantes;  il  lui  rendit  Sara  sa femme  ;
15.  Et  il  lui  dit  :  Vous  voyez  devant vous  toute  cette  terre,  demeurez  partout où  il  vous  plaira.
16.  Il  dit  ensuite  à  Sara  :  J'ai  donné mille  pièces  d'argent  à  votre  frère,  afin qu'en  quelque  lieu  que  vous  alliez,  vous
quod  morte  morieris  tu,  et  omnia  quœ tua  sunt.
8.  Stati nique  de  nocte  consurgens  Abi- mélech, vocavit  omnes  serves  sues,  et locutus  est  universa  verba  hsec  in  auri- bus  eorum ,  timueruntque  omnes  viri valde.
9.  Vocavit  autem  Abimélech  etiam Abraham,  et  dixit  ei  :  Quid  fecisti  nobis? quid  peccavimus  in  te,  quia  induxisti super  me  et  super  regnum  meum  pecca- tum  grande?  quœ  non  debuisti  facere, fecisti  nobis.
10.  Rursumque  expostulans,  ait  :  Quid vidisti,  ut  hoc  faceres?
11.  Respondit  Abraham  :  Cogitavi  me- cum ,  dicens  :  Forsitan  non  est  timor  Dei in  loco  isto;  et  interficient  me  propter uxorem  meam;
12.  Alias  autem  et  vere  soror  mea  est, filia  patris  mei,  et  non  filia  matris  meaî , et  duxi  eam  in  uxorem.
13.  Postquam  autem  eduxit  me  Deus de  domo  patris  mei ,  dixi  ad  eam  :  Hanc misericordiam  faciès  mecum  :  in  omni loco,  ad  quem  ingrediemur,  dices  quod frater  tuus  sim.
14.  Tulit  igitur  Abimélech  oves  et  bo- ves ,  et  servos  et  ancillas ,  et  dédit  Abra- lise  ;  reddiditque  illi  Saram  uxorem  suam,
15.  Et  ait  :  Terra  coram  vobis  est; ubicumque  tibi  placuerit ,  habita.
16.  Sarse  autem  dixit  :  Ecce  mille  ar- gentées dedi  fratri  tuo;  hoc  erit  tibi  in velamen  oculorum  ad  omnes  qui  tecum
contraire.  —  Le  mot  propheta  doit  être  pris  ici , d'après  le  contexte  (orabit) ,  dans  sa  signification primitive,  de  façon  ù  désigner  non  le  prophète qui  l'end  des  oracles,  mais  l'homme  qui  est  uni étroitement  avec  Dieu  et  qui  intercède  (  ce  qui parle  pour  »  )  en  faveur  d'un  autre.
8-10.  Abimélech  obéit  sur-le-champ,  mais  non sans  adresser  à  Abraham  quelques  l'eproches, comme  autrefois  le  Pharaon.  —  Quid  peccavimus in  te...?  Qu'avions-nous  fait  pour  légitimer  ta  dé- fiance?
11-13-  Abraham  justifie  sa  conduite  :  1°  par  la dépravation  morale  de  tout  le  pays  (  au  lieu  de forsitan  non,  il  faudrait  «  omnino  non  »,  as- sertion très  forte  )  ;  2°  par  la  réalité  des  faits  : Sara  est  vraiment  sa  sœur,  étant  issue  du  même père  que  lui  (c.-à-d.  du  môme  aïeul,  comme  l'in-
terprète justement  la  tradition  juive);  S»  par une  convention  conclue  entre  lui  et  Sara  long- temps avant  leur  arrivée  à  Gérara  :  convention , par  conséquent ,  qui  n'avait  rien  de  spécialement injurieux  pour  Abimélech.
14-16.  Heureuse  cessation  du  malentendu.  Le monarque  égyptien  avait  donné  des  présents  h Abraham  au  temps  de  l'enlèvement  de  Sara  ; puis,  quand  il  reconnut  son  erreur,  il  les  obligea l'un  et  l'autre  à  quitter  le  pays.  Abimélech  se montre  plus  noble  et  plus  généreux.  Au  vers.  16, les  mots  fratri  tuo  ne  sont  pas  dépourvus  d'iro- nie. —  Mille  argentées.  Nous  en  ignoi^ons  la  va- leur, car  le  sicle  ne  devait  pas  encore  exister.  — Hoc...  tibi  in  velamen.  D'après  cette  traduction, le  pronom  désignerait  les  mille  pièces  d'argent.  Et alors  deux  explic;itions  sont  possibles  :  1«  Achète
—  ^  (^VWwtJVw
84
Gen.  XX,  17  —  XXI,  8.
sunt ,  et  quocumque  perrexeris  ;  memen- toque  te  deprehensam.
17.  Orante  aiitem  Abraham,  sanavit Deus  Abimelech,  et  uxorem  ancillasque ejus,  et  pepererunt  ;
18.  Concluserat  enim  Dominus  omnem vulvam  domus  Abimelech  propter  Saram uxorem  Abrahfe.
ajT'ez  toujours  un  voile  sur  les  yeux  de- vant tous  ceux  avec  qui  vous  serez  ;  et souvenez -vous  que  vous  avez  été  prise.
17.  Abraham  pria  Dieu  ensuite,  et Dieu  guérit  Abimelech,  sa  femme  et  ses servantes,  et  elles  enfantèrent;
18.  Car  Dieu  avait  frappé  de  stérilité toute  la  maison  d 'Abimelech,  à  cause  de Sara  femme  d'Abraham.
CHAPITRE  XXI
1.  Visitavit  autem  Dominus  Saram  sic- ut  promiserat,  et  implevit  quse  locutus est.
2.  Concepitque  et  peperit  filium  in senectute  sua,  tempore  quo  prœdixerat ei  Deus.
3.  Vocavitque  Abraham  nomen  filii sui ,  quem  genuit  ei  Sara ,  Isaac  ;
4.  Et  circumcidit  eum  octavo  die,  sic- ut  prseceperat  ei  Deus ,
5.  Cum  centum  esset  annorum  ;  hac quippe  setate  patris,  natus  est  Isaac.
6.  Dixitque  Sara  :  Risum  fecit  mihi Deus  ;  quicumque  audierit ,  corridebit mihi.
7.  Rursumque  ait  :  Quis  auditurum crederet  Abraham,  quod  Sara  lactaret filium ,  quem  peperit  ei  jam  seni  ?
8.  Crevit  igitur  puer,  et  ablactatus  est; fecitque  Abraham  grande  convivium  in die  ablactationis  ejus.
1.  Or  le  Seigneur  visita  Sara  ainsi qu'il  l'avait  promis,  et  il  accomplit  sa parole.
2.  Et  elle  conçut  et  enfanta  un  fils  en sa  vieillesse,  au  temps  même  que  Dieu lui  avait  prédit.
3.  Abraham  donna  le  nom  d'Isaac  à son  fils  qui  lui  était  né  de  Sara  ;
4.  Et  il  le  circoncit  le  huitième  jour, selon  le  commandement  qu'il  en  avait reçu  de  Dieu,
5.  Ayant  alors  cent  ans  ;  car  ce  fut  à cet  âge -là  qu'il  devint  père  d'Isaac.
6.  Et  Sara  dit  alors  :  Dieu  m'a  donné un  sujet  de  ris  et  de  joie;  quiconque  l'ap- prendra en  rira  avec  moi.
7.  Et  elle  ajouta  :  Qui  croirait  qu'on aurait  jamais  pu  dire  à  Abraham  que Sara  nourrirait  de  son  lait  un  fils ,  qu'elle lui  aurait  enfanté  lorsqu'il  serait  déjà vieux?
8.  Cependant  l'enfant  crût,  et  on  le sevra;  et  Abraham  fit  un  grand  festin  au jour  qu'il  fut  sevré.
avec  cela  tm  voile  qui  dissimulera  ta  beauté  ; 2°  Que  ce  présent  te  fasse  oublier  l'injure  invo- lontaire que  je  t'ai  faite.  Nous  préféi'ons  cette seconde  interprétation,  qui  est  celle  de  saint  Jean Chrysostome.  Dans  l'hébreu,  le  pronom,  qui  est au  masculin,  peut  retomber  sur  Abraham  :  Que celui-ci  soit  pour  toi  un  voile,  une  protection.— Mémento...  te  deprehensam,  et  sois  désormais plus  prudente.  Hébr.  :  et  tu  es  (maintenant)  jus- tifiée,
17-18.  Conclusion  de  tout  l'épisode.— CowcZm- aerat...  Selon  l'opinion  la  plus  probable,  le  châ- timent avait  consisté  dans  l'impossibilité  de  con- cevoir, non  dans  celle  d'enfanter.  Dieu  mit  fin  à cette  Impuissance  temporaire.
2°  Naissance  d'Isaac.  XXI,  1-7.
Chap.  XXI.  —  1-2.  Visitavit...,  implevit..., tempore  quo  prœdixerat.  On  met  en  relief  l'ad- mirable fidélité  de  Dieu  à  tenir  ses  engagements.
3-4.  Vncavit...,  circumcidit...,  sicut  prcecepe-
ràt.  Abraham  aussi  fut  fidèle  et  obéissant  comme toujours,
5.  Centum  annorum.  Le  narrateur  insiste  sur cette  date.
6-7.  Deux  intéressantes  réflexions  de  Sara. 10  Un  jeu  de  mots ,  qui  roule  sur  le  nom  du nouveau-né  :  risum  (s'hoq)  fecit...,  corrideMt (ysahaq)...  2o  Un  sentiment  d'admiration  pour  la toute-puissance  divine ,  qui  avait  opéré  une  telle merveille  :  quis...  crederet...?
3°  Expulsion  d'Agar  et  d'Ismaël.  XXI,  8-21.-
8.  Crevit...  et  ablactatus  est.  En  général,  le  se- vrage a  lieu  assez  tard  en  Orient  :  à  trois  ans d'après  II  Par,  xxxi,  16  et  II  Mach.  vu,  27;  à un  âge  encore  plus  avancé  d'après  I  Reg,  ii;  24, où  Samuel ,  à  peine  sevré ,  est  laissé  par  sa  mère auprès  du  grand  prêtre  Héli,  —  Grande  convi- vium :  la  même  coutume  subsiste  encore  dans  les contrées  orientales.
Gen.  XXI,  9-17.
85
9.  Mais  Sara  ayant  vu  le  fils  d'Agar rEgyj)tienne,  qui  jouait  avec  Isaac  son fils,  elle  dit  à  Abraham  :
10.  Chassez  cette  servante  avec  son fils  ;  car  le  fils  de  cette  servante  ne  sera point  héritier  avec  mon  fils  Isaac.
11. Ce  discours  parut  dur  à  Abraham, à  cause  de  son  fils  Ismaël.
12.  Mais  Dieu  lui  dit  :  Que  ce  que  Sara vous  a  dit  touchant  votre  fils  et  votre servante  ne  vous  paraisse  point  trop rude.  Faites  tout  ce  qu'elle  vous  dira, parce  que  c'est  d'Isaac  que  sortira  la  race qui  doit  porter  votre  nom.
13.  Je  ne  laisserai  pas,  néanmoins,  de rendre  le  fils  de  votre  servante  chef d'un  grand  peuple,  parce  qu'il  est  sorti de  vous.
14.  Abraham  se  leva  donc  dès  le  point du  jour,  prit  du  pain  et  une  outre  pleine d'eau,  qu'il  mit  sur  l'épaule  d'Agar,  et  il lui  donna  son  fils,  et  la  renvoya.  Elle, étant  sortie,  errait  dans  la  solitude  de Bersabée.
15.  Et  l'eau  qui  était  dans  l'outre  ayant manqué ,  elle  laissa  son  fils  couché  sous un  des  arbres  qui  étaient  là,
16.  S'éloigna  de  lui  d'un  trait  d'arc,  et s'assit  vis-à-vis,  en  disant  :  Je  ne  verrai point  mourir  mon  enfant;  et  élevant  sa voix  dans  le  lieu  où  elle  se  tint  assise, elle  se  mit  à  pleurer.
17.  Or  Dieu  écouta  la  voix  de  l'enfant; et  un  ange  de  Dieu  appela  Agar  du  ciel , et  lui  dit  :  Agar,  que  faites-vous  là?  Ne
9.  Cumque  vidisset  Sara  filium  Agar ^gyptiiG  ludentem  cum  Isaac  filio  suo, dixit  ad  Abraham  :
10.  Ejice  ancillam  hanc ,  et  filium ejus  ;  non  enim  erit  hères  filius  ancilla} cum  filio  meo  Isaac.
11.  Dure  accepit  hoc  Abraham  pro  filio suo.
12.  Cui  dixit  Deus  :  Non  tibi  videatur asperum  super  puero,  et  super  ancilla tua;  omnia  quae  dixerit  tibi  Sara,  audi vocem  ejus  ;  quia  in  Isaac  vocabitur  tibi semen.
13.  Sed  et  filium  ancillas  faciam  in gentem  magnam,  quia  semen  tuum  est.
14.  Surrexit  itaque  Abraham  mane,  et tollens  panem  et  utrem  aquse ,  imposuit scapulge  ejus,  tradiditque  puerum,  et dimisit  eam.  Quse  cum  abiisset,  errabat in  solitudine  Bersabec.
15.  Cumque  consumpta  esset  aquar  in utre,  abjecit  puerum  subter  unam  arbo- rum,  quse  ibi  erant.
16.  Et  abiit,  seditque  e  regione  procul quantum  potest  arcus  jacere  ;  dixit  enim: Non  videbo  morientem  puerum  ;  et  se- dens  contra,  levavit  vocem  sua  m,  et flevit.
17.  Exaudivit  autem  Deus  vocem  pueri, vocavitque  angélus  Dei  Agar  de  cselo, dicens  :  Quid  agis,  Agar?  noli  timere  ;
9.  La  fête  fut  bientôt  troublée.  —  Ludentem est  évidemment  ici  un  euphémisme,  pour  «  lu- dibrio  habentem  »,  ou  «  persequentem  » ,  comme traduit  saint  Paul,  Gai.  iv,  29.  Ismaël  avait  alors au  delà  de  quinze  ans,  et  il  ne  devait  pas  assis- ter sans  peine  à  cette  fête,  qui  lui  rappelait  que tous  ses  privilèges  étaient  perdus  ;  il  manifesta par  quelque  procédé  grossier  son  mépris  pour son  jeune  frère.
10-13.  Ancillam  hanc  (pronom  dédaigneux) et  filium...  Sara  réclame  une  mesure  radicale,  et elle  motive  aussitôt  sa  demande  :  non  enim  erit hères...  Voy.,  Gai.  iv,  22-SO,  le  beau  commentaire allégorique  que  saint  Paul  a  donné  de  cette  pa- role. Du  reste,  Dieu  lui-même,  vers.  12,  approu- vera la  mère  d'Isaac ,  tout  en  assurant  de  grandes destinées  à  Ismaël ,  vers.  13 ,  en  considération  de son  père.  Néanmoins,  dure  accepit...  Abraham: trait  touchant,  qui  nous  fait  lire  au  fond  de  son cœur.
14-16.  Tableau  pittoresque  et  pathétique.  D'a- bord la  conduite  du  père,  14»,  qui  remet  à  la pauvre  Agar  des  vivres  pour  le  voyage  (panem, utrem  aquce  :  une  outre  en  peau  de  chèvre  ;  im- posuit scapulce,  car  c'est  sur  l'épaule  ou  sur  la
A/" — C\..^
tête  que  les  femmes  orientales  portent  les  far- deaux), et,  en  dernier  lieu,  leur  fils,  avec  quel serrement  de  cœur!  Ensuite,  1 4*'-l 6 ,  la  conduite de  la  iMère.  Agar,  prise  au  dépourvu,  découra- gée, se  mit  à  errer  sans  plan  arrêté,  in  solitu- dine Bersabée  (nom  cité  par  anticipation  ;  voy.  le vers.  31),  au  sud -est  de  Gérara.  La  provision d'eaxi  fut  promptement  épuisée ,  et  les  deux  voya- geurs égarés  se  trouvèrent  réduits  à  la  dernière détresse.  Le  récit  est  d'une  extrême  délicatesse. —  Abjecit  :  acte  d'une  mère  au  désespoir.  Tou- tefois Agar  a  soin  de  laisser  son  fils  à  l'ombre d'un  de  ces  arbrisseaux  (hébr.,  èiah)  qui  croissent dans  le  désert.  —  Et  abiit  :  n'ayant  pas  le  cou- rage d'assister  à  son  agonie  ;  cependant  elle  ne s'éloigne  qu'à  une  courte  distance  iqxianttim  po- test arcus...),  et  là  elle  donne  un  libre  cours  à ses  sanglots.--  '     •
17-19.  Le  divin  secours. —  Exaudivit...  vocem pueri  :  non  la  bruyante  douleur  de  la  mère ,  mais la  prière  muette  du  fils  d'Abraham.  L'ange  qui servira  d'intermédiaire  pour  secourir  Agar  n'est plus  appelé  «  angélus  Domini  » ,  comme  au chap.  XVI ,  7  et  9 ,  mais  angélus  Dei  i'Elohim)  ; c'est  que,  désormais,  Isma^çl  et  sa  mère  sont  sé-
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86
Gen.  XXI,  18-27.
exaudivit  enim  Deus  vocem  pueri  de  loco in  qiio  est.
18.  Surge,  toile  piicrum,  et  tene  ma- nuni  iilius;  quia  in  gentcm  magnam faciam  eum.
19.  Apemitque  ociilos  ejus  Deus;  quse videns  puteum  aquae,  abiit,  et  implevit utrem,  deditque  puero  bibere.
20.  Et  fuit  eum  eo  ;  qui  crevit,  et  mo- ratus  est  in  solitudine,  factusque  est  ju- venis  sagittarius.
21.  Habitavitque  in  deserto  Pliaran, et  accepit  illi  mater  sua  uxorem  de  terra ^gypti.
22.  Eodem  tempore  dixit  Abimelecli ,  et Phicol  princeps  exercitus  ejus,  ad  Abra- ham :  Deus  tecum  est  in  universis  quse agis.
23.  Jura  ergo  per  Deum,  ne  noceas mihi,  et  posteris  meis,  stirpique  mese  ; sed  juxta  misericordiam,  quam  feci  tibi, faciès  mihi,  et  terrae  in  qua  versatus  es advena.
24.  Dixitque  Abraham  :  Ego  jurabo.
25.  Et  increpavit  Abimelech  propter puteum  aquse  quem  vi  abstulerant  servi ejus.
26.  Eesponditque  Abimelech  :  Nescivi quis  fecerit  hanc  rem  ;  sed  et  tu  non  in- dicasti  mihi,  et  ego  non  audivi  praeter itodie.
27.  Tulit  itaque  Abraham  oves  et  bo-
craignez  point  ;  car  Dieu  a  écouté  là  voix de  l'enfant  du  lieu  où  il  est.
18.  Levez-vous,  prenez  l'enfant,  et  te- nez-le par  la  main  ;  car  je  le  rendrai  chef d'un  grand  peuple.
19.  En  même  temps  Dieu  lui  ouvrit les  yeux  ;  et  ayant  aperçu  un  puits  plein d'eau ,  elle  y  alla  ;  elle  y  remplit  son outre,  et  elle  donna  à  boire  à  l'enfant.
20.  Et  elle  demeura  avec  l'enfant,  qui crût  et  demeura  dans  les  déserts,  et  qui devint  un  jeune  homme  adroit  à  tirer  de l'arc.
21.  Il  habita  dans  le  désert  de  Pharan, et  sa  mère  lui  fit  épouser  une  femme  du pays  d'Egypte.  ^
22.  En  ce  même  temps,  Abimélecli, accompagné  de  Phicol,  qui  commandait son  armée,  vint  dire  h  Abraham  :  Dieu est  avec  vous  dans  tout  ce  que  vous  faites.
23.  Jurez -moi  donc  par  le  nom  fh Dieu,  que  vous  ne  me  ferez  point  de mal ,  ni  à  moi ,  ni  à  mes  enfants ,  ni  à  ma race  ;  mais  que  vous  me  traiterez ,  et  ce pays  dans  lequel  vous  avez  demeuré comme  étranger,  avec  la  bonté  avec  la- quelle je  vous  ai  traité.
24.  Abraham  lui  répondit  :  Je  vous  le jurerai.
25.  Et  il  fit  ses  plaintes  à  Abimelech, de  la  violence  avec  laquelle  quelques- uns  de  ses  serviteurs  lui  avaient  enlevé un  puits.
26.  Abimelech  lui  répondit  :  Je  n'ai point  su  qui  vous  a  fait  cette  injustice; vous  ne  m'en  avez  point  vous-même averti,  et  jusqu'à  ce  jour  je  n'en  ai  ja- mais ouï  parler.
27.  Abraham  donna  donc  à  Abimelech
pai'és  de  la  famille  sacrée  et  du  Dieu  de  la  révé- lation. —  Tene  manum...:  C.-à-d.  protège-le,  ne l'abandonne  pas.  —  Aperaitque  oculos...  La  dou- leur avait,  pour  ainsi  dire,  aveuglé  Agar,  de  ma- nière à  rcmpôcher  de  voir  la  source  (^puteum aqiia)  qui  était  tout  près  de  là.
20-21.  Quatre  détails  sur  la  vie  subséquente d'isniajl.  —  1«  Sa  mère  demeura  constamment  au- près de  lui,  selon  la  recommandation  divine.  2°  Il étr.blit,  et  sa  postérité  après  lui,  son  séjour  ha- bituel au  désert.  On  ajoute  plus  bas  que  ce  fut au  désert  de  Pharan,  aujourd'hui  Et-Tih,  dans la  partie  nord  de  l'Arabie  Pétréc.  Cf.  xiv,  6. 3"  Il  devint  un  habile  archer,  par  conséquent  un grand  chasseur.  4»  Sa  mère  le  maria  avec  une Égyptienne;  circonstance  naturelle,  puisqu'elle était  elle-même  originaire  d'Égj'pte.
4"  Traité  conclu  entre  Abraham  et  Abimelech. XXI,  22-34.
22-23.  Abimelech  :  le  roi  philistin  mentionné uu  chap.  XX,  2  et  ss.  —  Phicol,  Nom  qui  signifie
ce  la  bouche  de  tous  »,  et  qui  désignait,  à  ce qx;e  l'on  croit,  tous  les  pi'emiers  ministres  du pays  ;  nous  le  reti'ouverons  plus  loin ,  xxvi ,  26. Le  roi  amena  avec  lui  son  princeps  exercitus, pour  donner  un  caractère  public  et  politique  à l'alliance  qu'il  voulait  conclure  avec  Abraham. Ce  ne  devait  pas  être  seulement  un  traité  per- sonnel. —  Deus  tecum  est...  Riilson  s})cciale  pour laquelle  Abimelech  désirait  cette  alliance;  elle fait  honneur  à  son  esprit  religieux.
24-25,  Abraham  consent,  vers.  24;  mais  il profite  de  la  circonstance  pour  déposer  une  plainte bien  légitime,  vers.  25.  Dans  ces  pays  brûlants, l'eau,  qui  est  si  rare  et  si  précieuse,  est  souvent un  objet  de  litige  entre  les  pasteurs.
26.  Excuses  d'Abimélcch ,  qui  attestent  de nouveau  (cf.  xx,  4  et  ss.)  son  caractère  généreux et  loyal.
27-32.  Après  ces  pourparlers  préliminaires, nous  avons  le  cérémonial  de  l'alliance  :  présents d'Abraham  à  Abimelech,  27*;  le  traité  conclu
Gen.  XXI,  28  —XXII,  2.
87
des  brebis  et  des  bœufs ,  et  ils  firent  al- liance ensemble.
28.  Et  Abraham  ayant  mis  à  part  sept jeunes  brebis  qu'il  avait  tirées  de  son troupeau,
29.  Abimélecli  lui  demanda  :  Que  veu- lent dire  ces  sept  jeunes  brebis  que  vous avez  mises  ainsi  à  part  ?
30.  Vous  recevrez,  dit  Abraham,  ces sept  jeunes  brebis  de  ma  main,  afin qu'elles  me  servent  de  témoignage  que c'est  moi  qui  ai  creusé  ce  puits.
31.  C'est  pourquoi  ce  lieu  fut  appelé Bersabée,  parce  qu'ils  avaient  juré  là  tous deux.
32.  Et  ils  firent  alliance  auprès  du  puits du  serment.
•  33.  Abimélech  s'en  alla  ensuite  avec Phicol ,  général  de  son  armée  ;  et  ils  re- tournèrent dans  le  paj^s  des  Philistins. Mais  Abraham  planta  un  bois  à  Bersa- bée,  et  il  invoqua  en  ce  lieu -là  le  nom du  Seigneur,  le  Dieu  éternel.
34.  Et  il  demeura  longtemps  au  pays des  Philistins.
ves,  et  dédit  Abimélech,  percusserunt- que  ambo  fœdus.
28.  Et  statuit  Abraham  septem  agnas gregis  seorsum.
29.  Cui  dixit  Abimélech  :  Quid  sibi volunt  septem  agna3  istœ,  quas  stare  fe- cisti  seorsum?
30.  At  ille  :  Septem,  inquit,  agnas accipies  de  manu  mea,  ut  sint  mihi  in testimonium,  quoniam  ego  fodi  puteum istum.
31.  Idcirco  vocatus  est  locus  ille  Ber- sabee  ;  quia  ibi  uterque  jura  vit.
32.  Et  inierunt  fœdus  pro  puteo  jura- menti.
33.  Surrexit  autem  Abimélech ,  et  Phi- col princeps  exercitus  ejus,  reversique sunt  in  terram  Palœstinorum  ;  Abraham vero  plantavit  nemus  in  Bersabee,  et invocavit  ibi  nomen  Domini  Dei  seterni.
34.  Et  fuit  colonus  terrse  Palsestino- rum  diebus  multis.
GHAPITEE  XXII
1.  Après  cela.  Dieu  tenta  Abraham, et  lui  dit  :  Abraham,  Abraham.  Abraham lui  répondit  :  Me  voici.
2.  Dieu  ajouta  :  Prenez  Isaac,  votre fils  unique  qui  vous  est  .si  cher,  et  allez en  la  terre  de  vision ,  et  là  vous  me  l'of- frirez en  holocauste  sur  une  des  mon- tagnes que  je  vous  montrerai.
1.  Qu£e  postquam  gesta  sunt,  ten- tavit  Deus  Abraham,  et  dixit  ad  eum  : Abraham  !  Abraham  !  At  ille  respondit  : Adsum.
2.  Ait  illi  :  Toile  filium  tuum  uni- genitum ,  quem  dihgis ,  Isaac ,  et  vade  in terram  visionis,  atque  ibi  oiîeres  eum  in holocaustum  super  unum  montium  quem monstravero  tibi.
derant  témoins,  27'';  autre  présent  spécial,  pour confirmer  les  droits  du  patriarche  sur  les  puits litigieux,  28-30;  le  nom  de  Bersabee  (liébr., B"er-sél>ah),  c.-à-d.  «  puits  des  sept  »,  qui  de- vait rappeler  le  contrat  particulier  passé  entre les  deux  amis  au  sujet  de  ce  puits,  31-32,  indé- pendamment de  leur  alliance  générale.  Près  des ruines  de  Bar •  es •  Séba^  on  voit  encore  le  puits creusé  par  Abraham.  Il  est  solidement  construit et  ne  manque  jamais  d'eau;  sa  margelle  est  toute sillonnée  par  les  marques  des  cordes  qui  ont  servi h  puiser.  Alentour  sont  des  auges  de  pierre  ser- vant d'abreuvoirs.  Voy.  VAll.  archéol.  de  la  Bible,
pi.  XXXVIII,  fig.  2.
33 -3i.  Un  mot  de  conclusion  sur  chacun  des contractants.  —  In  terram  Palœstinorum  :  à  Gé- rara.  —  I<emus  :  hébr.,  un  tamaris,  l'ai'bre  du désort  et  des  bords  de  la  mer  ;  simple  arbuste  d'a- grément dans  nos  contrées.  Yoy.VAtl.d'hist.nat. de  la  Bible,  pi.  xxvii,  fig.  8,  et  pi.  xxvm,  fig.  7.
—  Nomen  Domini  Dei  ceterni:  de  Jéhovah  'El ^olâm;  nouvelle  appellation  divine.  —  Fuit  co- lonus. Hébr.,  «  peregrinatus  est.  »
Section  V.  —  Quatrième  période  be  la  vie d'Abraham.  XXII,  1  —  XXV,  11.
§  I.  ^  Le  sacrifice  d'Abraham  et  sa  récompense. XXII,  1-19.
1°  Le  sacrifice,  1-14.
Chap.  XXII.  —  1-2.  Teniavit  Deus.  Jamais Abraham  n'avait  été  aussi  heureux  :  il  est  riche, estimé,  allié  aux  habitants  du  pays;  Sara  lui  a donné  un  fils  aui^iel  il  se  complaît.  Dieu  choisit ce  moment  pour  lui  envo3er  la  plus  grande  et la  plus  décisive  de  toutes  ses  épreuves.  —  Toile... Comme  l'ordre  divin  relève  bien  l'étendue  du  sa- crifice demandé I  Ton  fils,  unique,  chéri;  et  le nom  d'Isaac  à  la  fin  pour  résumer  et  personnifier toutes  ses  qualités.  —  Unigenitum,  en  tant  que fils  unique  de  Sara,  la  véritable  épouse,  et  en
88
Gen.  XXII,  3-10.
3.  Igitiir  Abraham  de  nocte  consur- gens,  stravit  asinum  suum,  ducens  secum duos  juvenes,  et  Isaac  filium  suuni  ;  clini- que concidisset  ligna  in  holocaustum , abiit  ad  locum  quem  prseceperat  ei  Deus.
4.  Die  autem  tertio,  elevatis  oculis, vidit  locum  procul ,
5.  Dixitque  ad  pueros  suos  :  Expe- ctate  hic  cum  asino  ;  ego  et  puer  illuc usque  properantes,  postquam  adorave- rimus,  revertemur  ad  vos,
6.  Tulit  quoque  ligna  holocausti,  et imposait  super  Isaac  filium  suum  ;  ipse vero  portabat  in  manibus  ignem  et  gla- dium.  Cumque  duo  pergerent  simul ,
7.  Dixit  Isaac  patri  suo  :  Pater  mi.  At ille  respondit  :  Quid  vis,  fili?  P]cce,  in- quit,  ignis  et  ligna  ;  ubi  est  victima  holo- causti ?
8.  Dixit  autem  Abraham  :  Deus  provi- debit  sibi  victimam  holocausti,  fili  mi. Pergebant  ergo  pariter  ;
9.  Et  venerunt  ad  locum  quem  osten- derat  ei  Deus,  in  quo  sedificavit  altare, et  desuper  ligna  composuit  ;  cumque  al- ligasset  Isaac  filium  suum,  posuit  eum in  altare  super  struem  lignorum.
10.  Extenditque  manum,  et  arripuit gladium ,  ut  immolaret  filium  suum.
3.  Abraham  se  leva  donc  avant  le  jour, prépara  son  âne,  et  prit  avec  lui  deux jeunes  serviteurs,  et  Isaac  son  fils;  et ayant  coupé  le  bois  qui  devait  servir  à l'holocauste,  il  s'en  alîa  au  lieu  où  Dieu
i   lui  avait  commandé  d'aller.
'  4.  Le  troisième  jour,  levant  les  yeux en  haut,  il  vit  le  lieu  de  loin,
5.  Et  il  dit  à  ses  serviteurs  :  Attendez- moi  ici  avec  l'âne  ;  nous  ne  ferons  qu'aller jusque-là,  mon  fils  et  moi,  et  après  avoir adoré,  nous  reviendrons  aussitôt  à  vous.
6.  Il  prit  aussi  le  bois  pour  l'holocauste, qu'il  mit  sur  son  fils  Isaac  ;  et  lui ,  il  por- tait en  ses  mains  le  feu  et  le  couteau.  Et tandis  qu'ils  marchaient  ainsi  tous  deux,
7.  Isaac  dit  à  son  père  :  Mon  père. Abraham  lui  répondit  :  Mon  fils,  que voulez-vous  ?  Voilà,  dit  Isaac,  le  feu  et  le bois  :  où  est  la  victime  pour  l'holocauste?
8.  Abraham  lai  répondit  :  Mon  fils, Dieu  aura  soin  de  fournir  lui-même  la victime  de  l'holocauste.  Ils  continuèrent donc  à  marcher  ensemble,
9.  Et  ils  vinrent  au  lieu  que  Dieu  avait montré  à  Abraham.  Il  y  dressa  un  autel, disposa  dessus  le  bois  pour  l'holocauste, lia  ensuite  son  fils  Isaac ,  et  le  mit  sur  le bois  qu'il  avait  arrangé  sur  l'autel.
10.  En  même  temps  il  étendit  la  main, et  prit  le  couteau  pour  immoler  son  fils.
tant  qu'unique  héritier;  du  reste,  Ismaël  ne comptait  plus,  pour  ainsi  dire,  depuis  la  sépa- ration racontée  plus  haut.  On  ignore  l'âge  exact d'Isaac  à,  cette  époque;  les  détails  du  vers.  6 démontrent  qu'il  n'était  plus  un  enfant,  mais un  robuste  jeune  homme.  —  In  terrant  visionis. Mieux  :  dans  le  pays  de  Moriah  ;  nom  d'abord de  toute  une  région,  lequel  passa  ensuite  à  la colline  isolée  qui  fut  témoin  du  sacrifice.  Sur cette  même  montagne  fut  plus  tard  construit  le temple  de  Salomon,  d'après  les  traditions  juive et  chrétienne.  Le  lieu  précis  du  sacrifice  serait  le rocher  que  domine  la  splendide  coupole  de  la mosquée  d'Omar,  à  Jérusalem.  Vo^'ez  H.  Nicole, Plan  topographique  de  Jérusalem  et  de  ses  en- virons, Paris,  1886.
3.  Igitur  Ahraham...  Sans  faire  la  moindre objection.  Admirable  simplicité  et  promptitude d'obéissance.  Il  s'occupe  aussitôt  des  préparatifs de  l'holocauste,  qui  sont  si  dramatiquement exposés.  —  Lirjna  :  le  bois  du  bûcher.  Non qu'Abraham  craignit  de  n'en  pas  trouver  au Moriah,  mais  il  désirait  que  tout  fût  prêt  dès qu'il  arriverait  au  lieu  du  sacrifice.
4.  Die  tertio...  Quelles  angoisses  durant  ce  long voyage  1  La  date  coïncide  fort  bien  avec  la  situa- tion du  mont  Moriah.
5.  Revertemur.  Abraham  voulait  dissimuler
jusqu'au  bout  à  ses  serviteurs  la  nature  du  sa- crifice qu'il  allait  offrir;  mieux  encore,  comme l'exprime  l'épître  aux  Hébr.,  xt,  19,  malgré  les inquiétudes  poignantes  du  moment,  un  vif  espoir s'agitait  dans  son  âme,  «  arbitrans  quia  et  a mortuis  suscitare  potens  est  Deus.  »
6.  Imposuit  super  Isaac.  Douce  victime,  qui figurait,  ainsi  que  l'ont  fait  observer  plusieurs Pères,  une  autre  victime  beaucoup  plus  parfaite , Notre-Seigneur  Jésus -Christ  lui-même,  portant au  Calvaire  le  bois  de  son  sacrifice.  —  Ignem et  gladiiim.  De  la  braise  incandescente  ou  une torche  allumée,  pour  mettre  le  fou  au  bûcher; le  couteau,  pour  immoler.
7-8.  Dialogue  vraiment  tragique.  Isaac  pose à  son  père  une  question  naïve,  bien  naturelle dans  la  circonstance  :  Ubi...  victima?  Abraham, désireux  de  ne  l'avei'tu-  qu'au  dernier  moment, et  continuant  d'espérer  a  contra  spem  in  spem  », fait  une  réponse  à  double  entente  :  Deua  pro- videbit.
9-10.  Autres  détails  pleins  de  beauté.  — Altare  :  un  monceau  de  terre  ou  de  pierres,  — Cum...  alligasset,  ainsi  qu'on  faisait  pour  les animaux  qui  servaient  de  victimes.  Isaac  com- prend maintenant,  mais  il  a  généreusement  as- socié sa  volonté  à  celle  de  son  père.  —  Extendit..,, arripuit.  Description  vivante  et  rapide.
1
Gen.  XXII,  11-20.
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11.  Mais  à  rinstant  l'ange  du  Seigneur lui  cria  du  ciel  :  Abraham,  Abraham.  Il lui  répondit  :  Me  voici.
12.  L'ange  ajouta  :  Ne  mettez  point  la main  sur  l'enfant,  et  ne  lui  faites  aucun mal.  Je  connais  maintenant  que  vous craignez  Dieu,  puisque  pour  m'obéir  vous n'avez  point  épargné  votre  fils  unique.
13.  Abraham,  levant  les  yeux,  aperçut derrière  lui  un  bélier  qui  s'était  embar- rassé avec  ses  cornes  dans  un  buisson  ; et  l'ayant  pris,  il  l'ofErit  en  holocauste  au lieu  de  son  fils.
14.  Et  il  appela  ce  lieu  d'un  nom  qui signilie  :  Le  Seigneur  voit.  C'est  pourquoi on  dit  encore  aujourd'hui  :  Le  Seigneur verra  sur  la  montagne.
15.  L'ange  du  Seigneur  appela  Abra- ham du  ciel  pour  la  seconde  fois ,  et  lui dit  :
16.  Je  jure  par  moi-même,  dit  le  Sei- gneur, que  puisque  vous  avez  fait  cette action,  et  que  pour  m'obéir  vous  n'avez point  épargné  votre  fils  unique,
17.  Je  vous  bénirai,  et  je  multiplierai votre  race  comme  les  étoiles  du  ciel  et comme  le  sable  qui  est  sur  le  rivage  de la  mer.  Votre  postérité  possédera  les  villes de  ses  ennemis  ;
18.  Et  toutes  les  nations  de  la  terre seront  bénies  dans  celui  qui  sortira  de vous,  parce  que  vous  avez  obéi  à  ma  voix,
19.  Abraham  revint  ensuite  trouver  ses serviteurs,  et  ils  s'en  retournèrent  en- semble à  Bersabée,  où  il  demeura.
20.  Après  cela,  on  vint  dire  à  Abraham que  son  frère  Nachor  avait  eu  de  sa  femme Melcha  plusieurs  fils.
11.  Et  ecce  angélus  Domini  de  cœlo clamavit,  dicens  :  Abraham!  Abraham! Qui  respondit  :  Adsum.
12.  Dixitque  ei  :  Non  extendas  raanum tuam  super  puerum,  neque  facias  illi quidquam;  nunc  cognovi  quod  times Deum,  et  non  pepercisti  unigenito  filio tuo  propter  me.
13.  Leva  vit  Abraham  oculos  suos, viditque  post  tergum  arietem  inter  vê- pres hserentem  cornibus,  quem  assumens obtulit  holocaustum  pro  filio.
14.  Appellavitque  nomen  loci  illius, Dominus  videt.  Unde  usque  hodie  dici- tur  :  In  monte  Dominus  videbit.
15.  Vocavit  autem  angélus  Domini Abraham  secundo  de  cselo,  dicens  :
16.  Per  memetipsum  juravi,  dicit  Do- minus :  quia  fecisti  hanc  rem,  et  non pepercisti  filio  tuo  unigenito  propter  me ,
17.  Benedicam  tibi,  et  multiplicabo semen  tuum  sicut  stellas  caeli,  et  velut arenam  quee  est  in  littore  maris;  possi- debit  semen  tuum  portas  inimicorum suorum,
18.  Et  benedicentur  in  semine  tuo omnes  gentes  terrse,  quia  obedisti  voci meas.
19.  Reversusque  est  Abraham  ad  pue- ros  suos,  abieruntque  Bersabée  siinul,  et habitavit  ibi.
20.  His  ita  gestis,  nuntiatum  est Abrahse  quod  Melcha  quoque  genuisset filios  Nachor  fratri  suo ,
11-] 3,  La  délivrance  miraculeuse.  —  Nuvc cognovi,  par  une  expérience  plus  manifeste  que toutes  les  autres.  —  Non  pepercisti...  Dieu  non plus  n'épargnera  pas  son  Fils  unique ,  mais  il  le sacrifiera  pour  nous  sans  hésiter.  Cf.  Rom.  viir, 32  :  passage  qui  fait  vraisemblablement  allusion à  cette  rétlexion  de  Jéhovah.  —  Harentem  cor- nihus.  Les  béliers  orientaux  sont  souvent  munis de  quatre  cornes  et  s'embarrassent  aisément  dans les  buissons  épineux.  V.  l'Atlas  d'hist.  nat.  de la  BiUe,  pi.  xc,  fig.  2.
14.  Dominus  videt.  En  Lébr,  :  Y'iiovah  yr'eh  ; au  vers.  8,  Abraham  avait  employé  le  nom  plus commun  de  'Elohim  (  «  Dens  providebit,  »  'Eloliim yr'eh).  —  Dicitur,  par  manière  de  proverbe. — In  monte...  videhit,  avec  le  sens  de  «  providebit  >>. L'hébreu  emploie  la  forme  passive,  avec  un* nuance  (yérâ'eh,  «  videbitur  »).  Ce  qui  revien', dans  le  latin,  h  Mont  de  la  Providence;  dans  le texte  primitif,  à  Mont  de  la  Révélation.
2"  Confirmat'on  des  promesses  divines,  15-19.
15.  Formule  dintroducliou.
16-18.  Dieu  renouvelle  et  confirme  à  Abraham pour  la  dernière  fois  ses  anciennes  promesses.  — Per  memetipsum  juravi.  Ce  serment  est  remar- quable; voyez  le  passage  Hebr.  vi,  13-17,  qui le  commente.  —  Quia  fecisti...  Dieu  fait  ressortir la  générosité  du  sacrifice,  par  conséquent  l'éten- due de  sa  propre  satisfaction.  —  A  la  compa- raison emploj'ée  précédemment,  stellas  maiis, le  Seigneur  en  ajoute  une  autre  encore  plus expressive  :  velut  arenam...  —  Portas  inimico- rum... Posséder  les  portes,  c'est  posséder  les cités;  par  suite,  avoir  triomphé  totalement  des ennemis.  —  Benedicentur  in  semine  suo  :  dans le  Messie,  connue  il  a  été  marqué  plus  haut.
19.  Conclusiou  si  simple  d'un  fait  si  sublime.
§  II.  —  La  postérité  de  Nachor.  Mort  et  sépulture de  Sara.  XXII,  20  —  XXIII,  20.
1"  La  postérité  de  Nachoi'.  XX ,  20  -  24.
20.  Nuntiatum  est...  Message  qui  pai-ait  bien tardif,  puisque  les  fils  de  Nachor  avaient  déjà des  enfants  (vers.  23);  mais  alors  les  commu'
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Gen.  XXII,  21  —  XXIII,  6.
21.  Hiis  primogenitum,  et  Biizfratrem ejiis,  et  Camuel  patrem  Syromin,
22.  Et  Cased,  et  Azau,  Plieldas  quo- que  et  Jedlaph,
23.  Ac  Bathuel,  de  quo  nata  est  Re- becca;  octo  istos  genuit  Melcha,  Naelior fratri  Abrabœ.
24.  Conciibina  vero  illius,  nomine Eoma,  peperit  Tabee,  et  Gaham,  et Tabas,  et  Maacba.
21.  ïïiis,  son  aîné  ;  Buz,  frère  de  celui- ci  ;  Camuel,  père  des  Syriens  ;
22.  Cased,  Azaû,  Pheldas,  Jedlapb,
23.  Et  Bathuel,  dont  Rébecca  était  fille. Ce  sont  là  les  huit  fils  que  Nachor,  frère d'Abraham,  eut  de  Melcha,  sa  femme.
24.  Sa  concubine,  qui  s'appelait  Roma, lui  enfanta  Tabée,  Gaham,  Tahas  et Maacha.
CHAPITRE  XXIII
1.  Vixit  autem  Sara  centum  viginti septem  annis.
2.  Et  mortua  est  in  civitate  Arbee, qnse  est  Hebron,  in  terra  Chanaan  ;  venit- que  Abraham  ut  plangeret ,  et  fleret  eam.
3.  Cumque  surrexisset  ab  officio  f  une- ris,  locutus  est  ad  filios  Heth.  dicens  :
4.  Advena  sum  et  peregrinus  apud  vos; date  mihi  jus  sepulchri  vobiscum,  ut  se- peliam  mortuum  meum.
5.  Responderunt  filii  Heth,  dicentes  :
6.  Audi  nos ,  Domine  ;  princeps  Dei  es apud  nos;   in  electis  sepulchris  nostris
1.  Sara,  aj^ant  vécu  cent  vingt -sept ans,
2.  Mourut  dans  la  ville  d'Arb  Je,  qui  est la  même  qu'Hébron,  au  pays  de  Cha- naan. Abraham  la  pleura,  et  en  fit  le deuil.
3.  Et  s'étant  levé,  après  s'être  acquitté de  ce  devoir  qu'on  rend  aux  morts,  il vint  parler  aux  enfants  de  Heth,  et  il leur  dit  :
4.  Je  suis  parmi  vous  un  étranger  et un  voyageur  ;  donnez-moi  droit  de  sépul- ture au  milieu  de  vous,  afin  que  j'enterre la  personne  qui  m'est  morte.
5.  Les  enfants  de  Heth  lui  répondirent  :
6.  Seigneur,  écoutez -nous.  Vous  êtes panni  nous  comme  un  grand  prince  ;  en-
nlcations  étaient  rares,  parce  qu'elles  étalent  dif- ficiles; et  surtout, les  deux  familles  avaient  vécu complètement  séparées.  Cf.  xii,  1.  —  Melcha, la  nièce  d'Abraham.  Cf.  xi,  27,  29.
21-23.  Liste  des  huit  fils  que  Nachor  eut  de Melcha.  Plusieiirs  de  leurs  noms  ont  déjà  paru dans  la  Table  des  peuples,  entre  autres  celui  de IIus ,  que  nous  retrouverons  encore  parmi  les descendants  d'Esaii,  xxxv,  28;  comme  aujour- d'hui ,  les  mêmes  noms  étaient  répétés  dans  une même  famille.  —  Patrem  Si/rorum  est  une  er- reur de  traduction,  pour  «  père  d'Aram  ».  — Bathuel...  de  quo  Rebecca.  Il  est  évident  que  ce trait  est  mentionné  en  vue  du  rôle  que  Rébecca , la  petite -nièce  d'Abraham,  jouera  bientôt  dans le  récit,  chap.  xxiv.
24.  Concubina  vero...  L'expression  hébraïque filêfjes  n'a  rion  d'ignominieux  ;  elle  désigne  sim- plement une  femme  de  second  rang.
2°  Mort  et  sépulture  de  Sara.  XXIII,  1-20. Chap.  XXIII.  —  1.  Vixit...  Sara.  C'est  la  seule femme,  a-t-on  remarqué  depuis  longtemps,  dont la  Bible  mentionne  l'âge.  Mais  Sara  était  la  mère de  la  nation  théocratique.  —  Centum  viginti  se- ptem... Trente-sept  ans  après  la  naissance  d'Isaac. Cf.  XXI,  5.
2.  In  civitate  Arbee  (hébr.  :  à  Qiryaf-'Arba'), Quce  est  Hebron,  Hébron  était  le  nom  primitif  ;
il  disparut  pour  un  temps ,  puis  les  Israélites  le rétablirent  après  leur  conquête  de  la  Palestine, Jos.  xrv,  15  ;  xv,  13.  —  yeniique,  Abraham.  Peut- être  était -il  absent  lorsque  survint  la  mort  de Sara  ;  toutefois,  l'expression  peut  simplement  si- gnifier qu'il  entra  dans  la  tente  de  sa  femme pour  lui  rendre  les  derniers  devoirs.  —  Ut  plan- geret, et  fleret  :  les  manifestations  bruj'antcs  de la  douleur  usitées  chez  les  Orientaux.
3.  Les  vez's.  3-16  contiennent  l'une  des  scènes les  plus  intéressantes  de  la  Bible.  Ils  décrivent un  contrat  de  vente ,  conclu  devant  témoins , avec  tout  l'apparat  et  l'échange  de  politesses  dont on  a  toujours  été  si  prodigue  en  Orient.  Voyez ,  ' II  Ptcg.  xxiv,  20-24,  un  récit  analogue.  —  Ad filios  Heth.  Les  B'né-Het,  appelés  ailleurs  Hé- théens  (x,  15),  et  célèbres  aujourd'hui  sous  le nom  de  Hittites,  n'étaient  pas  une  simple  famille, mais  une  tribu  qui  possédait  alors  Hébron  et  les alentours.
4.  Abraham  se  présente  à  eux  coumie  un  mo- deste suppliant  :  advena  et  peregrinus.  Mais, d'après  les  idées  de  ces  pays  et  de  ces  temps ,  le titre  d'étranger  était  une  recommandation  puis- sante. —  Jus  sepulchri.  Droit  particulièrement cher  il  ceux  des  Orientaux  auxquels  leur  condi- tion permet  d'i\cquérir  un  tombeau   de  famille.
5  -  G.  Princeps  Dei.  Superlatif  hébreu ,  pour  si-
Gen.  XXIII,  7-15.
91
ten-ez  dans  nos  plus  beaux  sépulcres  la personne  qui  vous  est  morte.  Nul  d'entre nous  ne  pourra  vous  empêcher  de  mettre dans  son  tombeau  la  personne  qui  vous est  morte.
7.  Abraham,  s'étantlevé,  adoralepeuple de  ce  pays-l;\,  c'est-à-dire  les  enfants  de Heth,
8.  Et  il  leur  dit  :  Si  vous  avez  agréable que  j'enterre  la  personne  qui  m'est  morte, écoutez -moi,  et  intercédez  pour  moi  au- près d'Ephron  fils  de  Séor,
9.  Afin  qu'il  me  donne  sa  caverne double,  qu'il  a  à  l'extrémité  de  son champ  ;  qu'il  me  la  cède  devant  vous pour  le  prix  qu'elle  vaut ,  et  qu'ainsi  elle soit  il  moi  pour  en  faire  un  sépulcre.
10.  OrEphron  demeurait  au  milieu  des enfants  de  Heth  ;  et  il  répondit  à  Abra- ham devant  tous  ceux  qui  s'assemblaient à  la  porte  de  la  ville,  et  lui  dit  :
11.  Non,  mon  seigneur,  cela  ne  sera pas  ainsi  ;  mais  écoutez  plutôt  ce  que  je vais  vous  dire.  Je  vous  donne  le  champ, et  la  caverne  qui  y  est,  en  présence  des enfants  de  mon  peuple;  enterrez -y  celle qui  vous  est  morte.
12.  Abraham  se  prosterna  devant  le peuple  du  pays.
13.  Et  il  dit  à  Ephron  au  milieu  de tous  :  Ecoutez-moi,  je  vous  prie  ;  je  vous donnerai  l'argent  que  vaut  le  champ, recevez-le,  et  j'y  enterrerai  ensuite  celle qui  m'est  morte.
14.  Ephron  lui  répondit  :
15.  Mon  seigneur,  écoutez-moi  :  La  terre que  vous  me  demandez  vaut  quatre  cents sicles  d'argent.  C'est  son  prix  entre  vous et  moi  ;  mais  qu'est-ce  que  cela  ?  Enterrez celle  qui  vous  est  morte.
sepeli  mortuum  tuum  ;  nullusque  te  pro- hibere  poterit  quin  in  monumento  ejus sepelias  mortuum  tuum.
7.  Surrexit  Abraham,  et  adoravit  po- pulam  terrse,  filios  videlicet  Heth,
8.  Dixitque  ad  eos  :  Si  placet  animse vestrse,  ut  sepeliam  mortuum  meum, audite  me,  et  intercedite  pro  me  apud Ephron  filium  Seor,
9.  Ut  det  mihi  speluncam  duplicem, quam  liabet  in  extrema  parte  agri  sui; pecunia  digna  tradat  eam  mihi  coram vobis  in  possessionem  sepulchri.
10.  Habitabat  autem  Ephron  in  medio filiorum  Heth.  Eesponditque  Ephron  ad Abraham  cunctis  audi^ntibus  qui  ingre- diebantur  portam  civitatis  illius ,  dicens  :
11.  Nequaquam  ita  fiât,  domine  mi ,  sed tu  magis  ausculta  quod  loquor.  Agrum trado  tibi,  et  speluncam  quse  in  eo  est, prsesentibus  filiis  populi  mei  ;  sepeli  mor- tuum tuum.
12.  Adoravit  Abraham  coram  populo terrse.
13.  Et  locutus  est  ad  Ephron  circum- stante  plèbe  :  Quseso,  ut  audias  me.  Dabo pecuniam  pro  agro;  suscipe  eam,  et  sic sepeliam  mortuum  meum  in  eo.
14.  Eesponditque  Ephron  :
15.  Domine  mi,  audi  me  :  Terra,  quam postulas ,  quadringentis  siclis  argenti  va- let; istud  est  pretium  inter  me  et  te; sed  qu?.ntum  est  hoc?  sepeli  mortuum tuum.
gnifier  un  prince  très  puissant.  —  In  electis  se- pulcris.  Ils  lui  offrent  gracieusement  d'enterrer Sara  dans  un  de  leurs  plus  riclies  sépulcres.
7-9.  Surrexit  et  adoravit  :  pour  remercier  les Hittites  de  leur  proposition.  Abraham  se  garde bien,  toutefois,  de  prendre  à  la  lettre  ce  qui n'était  de  leur  part  qu'une  simple  formalité  ; tout  ce  qu'n  demande,  c'est  l'intercession  des notables  de  la  ville  auprès  d'Éphron ,  le  proprié- taire du  caveau  spécial  qu'il  désirait  acquérir. — Speluncam  duplicem.  L'expression  hébraïque Malipélah  («  double  »)  est  regardée  plus  com- munément comme  un  nom  propre  ;  mais  ce  nom a  pu  provenir  de  ce  que  la  grotte  contenait  deux chambres  distinctes.  La  Palestine  contient  un grand  nombre  de  cavernes  naturelles,  qui  suggé- rèrent de  bonne  heure  ce  genre  de  sépulture  ; on  en  créa  aussi  d'arttflcielles  dans  le  même  but. —  Pecunia  digna;  hébr.  :  «  plena.  »  C.-à-d.  le  prix réel  et  Intégral.
10.  Ephron  est  aussitôt  mandé,  et  la  transac- tion a  lieu  cunctis  audientibus,  à  la  porte  de  la ville.  Cf.  IX,  1.
11.  Nequaquam  ita...  Même  procédé  qu'anté- rieurement, vers.  6.  Et  non  seulement  Ephron semble  donner  la  grotte  souhaitée,  mais  il  y ajoute  le  champ  qui  la  contenait.  La  suite  du récit  démontre  qu'il  connaissait  bien  ses  intérêts.
12-13.  Assaut  de  politesse  de  la  part  d'Abra- ham. Il  consent  à  prendre  le  champ,  mais  il  in- siste encore  sur  le  payement.
14-15.  Le  prix  est  enfin  déterminé,  quadrin- gentis siclis  argenti,  non  sans  une  formule  em- phatique (sed  quantum  est  hoc?),  destinée  à masquer  ce  qu'il  avait  d'exagéré.  Le  sicle  (sèqel, poids)  nous  apparaît  pour  la  première  fois.  Sa valeur  fut  plus  tard  de  2  fr.  83;  mais  on  ne saurait  conjecturer  ce  qu'elle  était  à  cette  époque reculée,  où  l'ai'gent  monnayé  n'existait  probable- ment pas  encore.
92
Gen.  XXIII,  16  —  XXIV,  2.
16.  Quod  cum  audisset  Abraham,  ap- pendit  pecuniam,  quam  Epliron  postu- la verat,  audientibus  iiliis  Hetli ,  qnadrin- geiitos  siclos  argent!  probatae  monetœ publicœ.
17.  Confirmatusque  est  ager  qiiondam Ephronis,  in  quo  erat  spelunca  duplex, respiciens  Mambre,  tam  ipse,  quam  spe- lunca, et  omnes  arbores  ejus  in  cunctis terminis  ejus  per  circuitum,
18.  AbralifE  in  possessionem ,  viden- tibus  iiliis  Heth,  et  cunctis  qui  intrabant portam  civitatis  illiiis.
19.  Atque  ita  sepelivit  Abraham  Sa- ram  uxorem  suam  in  spelunca  agri  du- plici,  quas  respiciebat  Mambre.  Hsec  est Hebron  in  terra  Chanaan.
20.  Et  confirmatus  est  ager,  et  antrum quod  erat  in  eo,  Abrahte  in  possessio- nem monumenti  a  Iiliis  Heth.
16.  Ce  qu'Abraham  ayant  entendu,  il fit  peser  en  présence  des  enfants  de  Heth l'argent  qu'Ephron  lui  avait  demandé, c'est-à-dire  quatre  cents  sicles  d'argent en  bonne  monnaie,  reçue  de  tout  le  monde.
17.  Ainsi,  le  champ  qui  avait  été  au- trefois à  Ephron,  dans  lequel  il  y  avait une  caverne  double  qui  regarde  Mambre, fut  livré  à  Abraham  avec  tous  les  arbres qui  étaient  autour,
18.  Et  lui  fut  assuré  conjme  un  bien qui  lui  devint  propre,  en  présence  des enfants  de  Heth,  et  de  tous  ceux  qui ent]aient  dans  l'assemblée  à  la  porte  de la  ville.
19.  Abraham  enterra  donc  sa  femme Sara  dans  la  caverne  double  du  champ qui  regarde  Mambre,  où  est  la  ville  d'Hé- bron,  au  pays  de  Chanaan.
20.  Et  le  champ,  avec  la  caverne  qui y  était,  fut  assuré  à,  Abraham  par  les enfants  de  Heth,  afin  qu'il  le  possédât comme  un  sépulcre  qui  lui  appartenait légitimement.
CHAPITRE  XXIV
1.  Erat  autem  Abraham  senex,  die- rumque  multorum  ;  et  Dominus  in  cun- clis  benedixerat  ei.
2.  Dixitque  ad  servum  seniorem  do- mus  suae,  qui  prseerat  omnibus  qufe  ha- bebat  :  Pone  manum  tuam  subter  fémur meum,
1.  Or  Abraham  était  vieux  et  fort avancé  en  âge ,  et  le  Seigneur  l'avait béni  en  toutes  choses.
2.  Il  dit  donc  au  plus  ancien  de  ses serviteurs,  qui  avait  l'intendance  sur  toute sa  maison  :  Mets  ta  main  sous  ma  cuisse,
16.  Appendit  x>eciiniam  :  selon  l'antique  cou- tume que  représentent  à  plusieurs  reprises  les monuments  égyptiens.  Voy.  V Atlas  archéol.  de  la Bible,  pi.  Lxrv,  flg.  9.  —  Probatce  monetœ  pu- hliccB.  Hébr.  :  d'argent  ayant  cours  auprès  des marchands.
17-18.  Résultat  final.  Tout  est  précisé  à  mer- veille, jusqu'aux  arbi'es  qui  croissaient  dans  le champ,  à  cause  de  l'importance  de  cette  acquisi- tion pour  l'histoire  juive.  C'est  la  premièi-e  posses- sion fixe  de  la  nation  choisie  sur  le  sol  de  la  Terre promise.  —  Respiciens  Mambre.  Hébr.  :  en  face de  ..  ;  probablement  à  l'est  de  Manibré.
19-20.  Double  conclusion.  La  sépulture  de  Sara est  brièvement  racontée,  vers.  19,  et  l'écrivain sacré  revient  encore  sur  le  droit  de  propriété acquis  par  Abraham  à  cette  douloureuse  occasion, vers.  20.  La  grotte  de  Makpélah  subsiste  à  Hébron, où  elle  est,  de  la  part  des  musulmans,  l'objet d'un  culte  jaloux  et  fanatique.  Une  mosquée  la recouvre,  et  le  local  entier  est  entouré  d'un  mur très  ancien ,  aux  pierres  colossales.  Elle  s'ouvrii-a sans  doute  un  jour  aux  recherches  des  savants chrétiens  ;  mais  déjà  son  authenticité  est  appuyée sur  les  meilleures  garanties.
§  III.  —  Le  mariage  d'Isaac  et  de  Rébecca. XXIV,  1-67.
Autre  narration  charmante,  digne  des  saluta
Livres.
1»  La  mission  d'Éliézer,  vers.  1-9.
Chap.  XXIV. — 1.  Ce  verset  sert  d'introduction. —  Abraham  senex.  D'après  xxv,  20,  Isaac  avait 40  ans  lorsqu'il  épousa  Rébecca.  Abraham  était lui-même  âgé  de  100  ans  (xxi,  5)  quand  naquit le  fils  de  la  promesse  ;  son  âge  actuel  était  donc d'environ  139  ans.  Ces  «  jours  nombreux  »  étaient pour  lui  xm  pressant  motif  d'assurer  l'avenir  de la  race  choisie.  —  Dominus  in  cunctis...  Beau résumé  rétrospectif  de  la  vie  du  patriarche  ;  en même  temps ,  assurance  tacite  que  le  projet  qu'il méditait  alors  serait  pareillement  béni.
2-4.  Ad  servum  seniorem.. .iiMézQr,  ainsi  qu'on le  suppose  généralement.  Cf.  xv,  2.  Le  mot  «  se- nior »  est  sans  doute  employé  dans  un  sens  ho- norifique (comme  «  scheili,  prêtre,  signor  »), pour  désigner  le  premier  des  serviteurs.  Au  reste, plus  de  soixante  années  s'étaient  écoulées  depuis la  première  mention  d'Éliézer.  —  Manum...  subter fe'inur.  Mode  extraordinaire  de  serment,  signalé
Gen.  XXIV,  3-11.
93
3.  Afin  que  je  te  fasse  jurer  par  le  Sei- gneur, le  Dieu  du  ciel  et  de  la  terre, que  tu  ne  prendras  aucune  des  filles  des Chananéens  parmi  lesquels  j'habite,  pour la  faire  épouser  à  mou  fils  ;
4.  Mais  que  tu  iras  au  paj^s  où  sont mes  parents,  afin  d'y  prendre  une  femme pour  mon  fils  Isaac.
5.  Son  serviteur  lui  répondit  :  Si  la  fille ne  veut  pas  venir  en  ce  pays-ci  avec  moi, voulez -vous  que  je  ramène  votre  fils  au lieu  d'où  vous  êtes  sorti  ?
6.  Abraham  lui  répondit  :  Garde -toi bien  de  ramener  jamais  mon  fils  en  ce pays  -  là.
7.  Le  Seigneur,  le  Dieu  du  ciel,  qui m'a  tiré  de  la  maison  de  mon  père  et  du pays  de  ma  naissance,  qui  m'a  parlé  et qui  m'a  juré  en  me  disant  :  Je  donnerai ce  pays  à  votre  race,  enverra  lui-même son  ange  devant  toi ,  afin  que  tu  prennes une  femme  de  ce  pays-  là  pour  mon  fils,.
8.  Que  si  la  fille  ne  veut  pas  te  suivre, tu  ne  seras  point  obligé  à  ton  serment Seulement  ne  ramène  jamais  mon  fils  en ce  pays -là.
9.  Ce  serviteur  mit  donc  sa  main  sous la  cuisse  d'Abraham  son  maître ,  et  s'en- gagea par  serment  à  faire  ce  qu'il  lui avait  ordonné.
10.  En  même  temps,  il  prit  dix  cha- meaux du  troupeau  de  son  maître  ;  il porta  avec  lui  de  tous  ses  biens  ;  et  s'é- tant  mis  en  chemin,  il  alla  en  Mésopo- tamie, en  la  ville  de  Nachor.
11.  Etant  arrivé  siu-  le  soir  près  d'un puits  hors  de  la  ville,  au  temps  où  les
3.  Ut  adjurem  te  per  Dominum  Deum cœU  et  terras,  ut  non  accipias  uxorcm filio  meo  de  filiabus  Chananaeorum ,  inter quos  Jiabito  ;
4.  Sed  ad  terram  et  cognationem  meam proficiscaris ,  et  inde  accipias  uxorem  filio meo  Isaac.
5.  Kespondit  servus  :  Si  noluerit  mu- lier  venire  mecum  in  terram  hanc ,  num- quid  reducere  debeo  filium  tuum  ad  lo- cum,  de  quo  tu  egressus  es?
6.  Dixitque  Abraham  :  Cave  nequando reducas  filium  meum  illuc.
7.  Dominus  Deus  cseli,  qui  tulit  me  de domo  patris  mei ,  et  de  terra  nativitatis mese,  qui  locutus  est  mihi,  et  juravit mihi ,  dicens  :  Semini  tuo  dabo  terram hanc,  ipse  mittet  angelum  suum  coram te,  et  accipies  inde  uxorem  filio  meo;
8.  Sin  autem  muHer  noluerit  sequi  te, non  teneberis  juramento;  filium  meum tantum  ne  reducas  illuc.
9.  Posuit  ergo  servus  manum  sub  fe- more  Abraham  domini  sui,  et  juravit illi  super  sermone  hoc.
10.  Tulitque  decem  camelos  de  grege domini  sui,  et  abiit,  ex  omnibus  bonis ejus  portans  secum;  profectusque  per- rexit  in  Mesopotamiam  ad  urbem  Na- chor.
11.  Cumque  camelos  fecisset  accum- bere  extra  oppidum  juxta  puteum  aquaa
seulement  ici  et  XLvn,  29.  On  en  ignore  ]a  signi- fication précise,  quoique  les  conjectures  soient multiples.  —  Per  Dominum  (Jéhovah)  Deum c<Bli...  Par  le  Dieu  de  l'alliance  et  le  Dieu  créa- tetu".  —  Vt  non  accipias..  C'est  le  côté  négatif de  la  mission  confiée  à  Éliézer.  Abraham  avait TU  de  ses  yeux  l'idolâtrie  et  la  corruption  des tribus  chananéennes  ;  il  ne  voulait  pas  que  leur sang  se  mêlât  â  celui  du  peuple  saint.  —  Sed  ad terram...  Le  côté  positif  de  la  mission.
5.  Objection  bien  naturelle  de  la  part  de  ce serviteur  consciencieux.
6  -  8.  Abraham  répond  à  la  question  d'Éliézer, d'abord  en  termes  directs ,  vers.  6  :  Jamais  1  les liens  d'origine  sont  depuis  longtemps  rompus, et  ils  ne  sauraient  être  renoués  (notez  la  répé- tition de  cet  ordre  à  la  fin  du  vers.  8  )  ;  puis  en termes  indirects,  vers.  7  :  Il  n'est  pas  possible que  Dieu  ne  continue  pas  le  cours  de  ses  bon- tés. Enfin ,  vers.  8 ,  dans  l'hypothèse  d'un  insuc- cès, Éliézer  est  dégagé  d'avance  de  son  serment.
9.  Ainsi  rassuré,  le  fidèle  scrvitexu'  n'hésite plus  à  obéii'.
2«>  répart  d'Éliézer  et  son  arrivée  en  Mésopo- tamie, vers.  10-28.
10.  Decem  camelos.  De  manière  à  former  une petite  caravane.  —  Ex  omnibus  bonis...  portans. Cette  traduction  suggère  l'idée  de  présents  en- voyés par  Abraham  à  sa  famille,  pour  la  rendre plus  propice  h  sou  dessein.  L'hébreu  porte  :  «  Car tous  les  biens  de  son  maître  étaient  en  sa  main  ;  '» ce  qui  explique  comment  Éliézer  put  prendre en  toute  liberté  les  chameaux  d'Abraham,  et  les autres  choses  nécessaires  pour  le  voyage.  —  In Mesopotamiam.  Hébr.  :  'Aram  naharaïm,  la Syrie  des  deux  fleuves;  ce  qui  désigne  pareille- ment la  contrée  située  entre  le  Tigre  et  l'Eu- phrate  ;  Naharina,  comme  l'appellent  les  inscrip- tions égyptiennes  de  plusieurs  dynasties.  —  Ad urbem  Nachor.  C.-à-d.  Ilax-iin.  Cf.  xi,  31;  xxvu,  43; Act.  vn,  2.
11.  Camelos...  accumbere.  Pour  les  décharger et  les  faire  reposer,  comme  cela  a  lieu  pour  ces animaux.  Voy.  l'Atlas  archéolog.  de  la  Bible, pl.  Lxxviii,  fig.  2.  —  Extra  oppidum,  juxia  pu- teum..., vespere.  Détails  graphiques,  qui  dénotent
94
Gen.  XXIV,  12-21.
vespere,    tempore  quo   soient   mulieres egredi  ad  hauriendam  aquam ,  dixit  :
12.  Domine  Deus  domini  mei  Abra- ham ,  occiirre ,  obsecro ,  mihi  hodie ,  et  f ac miseiicordiam  cum  domino  meo  Abra- ham.
13.  Ecce  ego  sto  prope  fontem  aquse, et  tilijie  liabitatorum  hujus  civitatis  egre- dieiitur  ad  hauriendam  aquam.
14.  Igitur  puella,  cui  ego  dixero  :  In- clina hydriam  tuam  ut  bibam,  et  illa responderit  :  Bibe ,  quin  et  camelis  tuis dabo  potum,  ipsa  est,  quam  prseparasti servo  tuo  Isaac,  et  per  hoc  intelligam quod  feceris  misericordiam  cum  domino meo.
15.  Necdum  intra  se  verba  compleve- rat,  et  ecce  Rebecca  egrediebatur,  filia Batliuel ,  filii  Melchse  uxoris  Nachor  fi'a- tris  Abraham,  habens  hydriam  in  sca- pula  sua,
16.  Puella  décora  nimis,  virgoque  pul- cherrima,  et  incognita  viro;  descenderat autem  ad  fontem,  et  impleverat  hydriam, ac  revertebatur.
17.  Occurritque  ei  servus,  et  ait  :  Pau- xillum  aquse  mihi  ad  bibendum  praebe de  hydria  tua.
1 8.  Quae  respondit  :  Bibe ,  domine  mi  ; celeriterque  deposuit  hydriam  super  ul- nam  suam,  et  dédit  ei  potum.
19.  Cumque  ille  bibisset,  adjecit  : Quin  et  camelis  tuis  hauriam  aquam, donec  cuncti  bibant.
20.  Efîundensque  hydriam  in  canalibus, recurrit  ad  puteum  ut  hauriret  aquam; et  haustam  omnibus  camelis  dédit.
21.  Ipse  autem  contemplabatur  eam tacitus,  scire  volens  utrum  prosperum iter  suum  fecisset  Dominus,  an  non.
femmes  avaient  coutume  de  sortir  pour puiser  de  l'eau ,  et  ayant  fait  reposer  ses chameaux,  il  dit  :
12.  Seigneur,  Dieu  d'Abraham,  mon maître,  assistez -moi  aujourd'hui,  je  vous prie,  et  faites  miséricorde  à  Abraham mon  seigneur.
13.  Me  voici  près  de  cette  fontaine,  et les  filles  des  habitants  de  cette  ville  vont sortir  pour  puiser  de  l'eau.
14.  Que  la  fille  donc  à  qui  je  dirai  : Baissez  votre  urne,  afin  que  je  boive;  et qui  me  répondra  :  Buvez ,  et  je  donnerai aussi  à  boire  à  vos  chameaux,  soit  celle que  vous  avez  destinée  à  Isaac  votre serviteur;  et  je  connaîtrai  par  là  que vous  aurez  fait  miséricorde  à  mon  maître.
15.  A  peine  avait -il  achevé  de  parler ainsi  en  lui-même,  qu'il  vit  paraître  Re- becca, fille  de  Bathuel,  fils  de  Melcha, femme  de  Nachor,  frère  d'Abraham,  qui portait  une  outre  sur  son  épaule.
16.  C'était  une  jeune  fille  très  agréable, et  une  vierge  parfaitement  belle,  et  in- connue à  tout  homme  :  elle  était  déjà venue  à  la  fontaine,  et  aj'ant  rempli  sa cruche,  elle  s'en  retournait.
17.  Le  serviteur,  allant  donc  au-devant d'elle,  lui  dit  :  Donnez -moi  un  peu  de l'eau  que  vous  portez  dans  votre  urne, afin  que  je  boive.
18.  Et  elle  lui  répondit  :  Buvez,  mon seigneur;  et  ôtant  aussitôt  sa  cruche  de dessus  son  épaule,  et  la  penchant  sur  son bras,  elle  lui  donna  à  boire.
19.  Après  qu'il  eut  bu,  elle  ajouta  :  Je m'en  vais  aussi  tirer  de  l'eau  pour  vos chameaux,  jusqu'à  ce  qu'ils  aient  tous bu.
20.  Et  aj^ant  versé  dans  les  canaux  l'eau de  sa  cruche,  elle  courut  au  puits  pour en  tirer  d'autre,  qu'elle  donna  ensuite  à tous  les  chameaux.
21.  Cependant  le  serviteur  la  considé- rait sans  rien  dire,  voulant  savoir  si  le Seigneur  avait  rendu  son  voyage  heureux, ou  non.
d'ailleurs  la  perspicacité  d'Éliézer.  H  sait  qu'à cette  heure  du  jour  il  trouvera  auprès  du  puits une  partie  notable  des  jeunes  filles  de  la  ville. Cf.  vers.  13.
12-14.  Ce  serviteur  est  digne  d'Abraham  :  aux moyens  naturels  il  n'oublie  pas  d'associer  une prière  fervente  et  pleine  de  foi.  —  Occurre... mihi.  Hébr.  :  «  Fais  venir  au  -  devant  de  moi  ;  » savoir,  la  personne  que  je  cherche.  —  Igitur puella...  Avec  une  sainte  hardiesse,  il  fixe  lui- même  un  signe  qui  lui  permettra  de  reconnaître
l'épouse  destinée  à  Isaac.
15-20.  Le  narrateur  expose  en  termes  frais, gracieux,  dramatiques,  la  manière  dont  Dieu exauça  sur-le-champ  la  demande  d'Éliézer.  Le portrait  de  Rébecca  et  sa  conduite  sont  peints merveilleusement.  —  In  canalibus.  Les  auges pour  abreuver  le  bétail,  qui  se  trouvent  d'ordi- naire, en  Orient,  auprès  de  chaque  puits.
21.  Contemi)lahatur...  tacitus.  En  proie  sans doute  à  une  vive  émotion;  mais,  avant  d'agir,  11 contrôle  silencieusement  les  faits.
Groupe  d'amphores.  Gen.  xxiv,  16. (  Ancienne  Egypte.)
Chasseur  égyptien.  Gen.  xxvii ,  5.  (  D'après  une  peinture antiaue.)
Gen.  XXIV,  22-32.
95
22.  Après  donc  que  les  chameaux  eu- rent bu,  cet  homme  tira  des  jiendants d'oreille  d'or,  qui  pesaient  deux  sicles ,  et autant  de  bracelets,  qui  en  pesaient  dix.
23.  Et  il  lui  dit  :  De  qui  êtes-vous  lille  ? Indiquez-le-moi.  Y  a-t-il  dans  la  maison de  votre  père  de  la  place  pour  me  loger  ?
24.  Elle  répondit  :  Je  suis  fille  de  Ba- thuel,  fils  de  Melcha  et  de  Nachor  son mari.
25.  Il  y  a  chez  nous,  ajouta-t-elle, beaucoup  de  paille  et  de  foin ,  et  bien  du Ueu  pour  y  demeurer.
20.  Cet  homme  fit  une  profonde  incli- nation, et  adora  le  Seigneur,
27.  En  disant  :  Béni  soit  le  Seigneur, le  Dieu  d'Abraham  mon  maître,  qui  n'a pas  écarté  de  mon  maître  sa  miséricorde et  sa  vérité,  et  qui  m'a  amené  dans  la maison  du  frère  de  mon  maître.
28.  La  jeune  fille  courut  donc  à  la  mai- son de  sa  mère,  et  lui  raconta  tout  ce qu'elle  avait  entendu.
29.  Or  Rébecca  avait  un  frère  nommé Laban,  qui  sortit  aussitôt  pour  aller  trou- ver cet  homme  près  de  la  fontaine.
30.  Et  ayant  déjà  vu  les  pendants  d'o- reille et  les  bracelets  aux  mains  de  sa sœur,  qui  lui  avait  rapporté  en  môme temps  tout  ce  que  cet  homme  lui  avait dit,  il  vint  à  lui  lorsqu'il  était  encore  près de  la  fontaine  avec  les  chameaux  ;
31.  Et  il  lui  dit  :  Entrez,  vous  qui  êtes béni  du  Seigneur  ;  pourquoi  demeurez- vous  dehors?  J'ai  préparé  la  maison,  et un  lieu  pour  vos  chameaux.
32.  Il  le  fit  aussitôt  entrer  dans  le  lo- gis; il  déchargea  ses  chameaux,  leur donna  de  la  paille  et  du  foin,  et  fit  laver les  pieds  de  cet  homme ,  et  de  ceux  qui étaient  venus  avec  lui.
22.  Postquam  aùtem  biberunt  cameli , protulit  vir  inaures  aureas ,  appendente:^ siclos  duos,  et  armillas  totidem  pondo siclorum  decem.
23.  Dixitque  ad  eam  :  Cujus  es  filia? indica  mihi  ;  est  in  domo  patris  tui  locus ad  manendum?
24.  Quse  respondit  :  Filia  sum  Bathue- lis,  filii  Melchae,  quem  peperit  ipsi  Na- chor.
25.  Et  addidit,  dicens  :  Palearum  quo- que  et  fœni  plurimum  est  apud  nos,  et locus  spatiosus  ad  manendum.
26.  Inclina  vit  se  homo,  et  adoravit Dominum,
27.  Dicens  :  Benedictus  Dominus  Deus domini  mei  Abraham,  qui  non  abstulit misericordiam  et  veritatem  suam  a  do- mino meo,  et  recto  itinere  me  perduxit in  domum  fratris  domini  mei.
28.  Cucurrit  itaque  puella,  et  nuntiavit in  domum  matris  suo3  omnia  quœ  au- dierat.
29.  Ilabebat  autera  Rebecca  fratrem nomine  Laban,  qui  festinus  egressus  est ad  hominem,  ubi  erat  fons.
30.  Cumque  vidisset  inaures  et  armil- las in  manibus  sororis  suse,  et  audissct cuncta  verba  referentis  :  Htec  locutus  est mihi  homo  ;  venit  ad  virum ,  qui  stabat juxta  camelos,  et  prope  fontem  aquse,
31.  Dixitque  ad  eum  :  Ingredere,  be- nedicte  Domini  ;  cur  f oris  stas  ?  prœpa- ravi  domum,  et  locum  camelis.
32.  Et  introduxit  eum  in  hospitium  ; ac  destra^dt  camelos,  deditque  paleas  et fœnum,  et  aquam  ad  lavandos  pedes ejus ,  et  virorum  qui  vénérant  eum  eo.
22.  Sortant  enfin  de  son  rôle  passif,  il  offre d'abord  à  Rébecca  de  précieux  présents  pour  la remercier.  —  Inaures.  L'hébr.  nézem  désigne  le bijou  étrange  que  les  Orientales  se  suspendent  tï la  paroi  gauche  du  nez.  Voy.  VAtl.  archéol.  de la  Bible,  pi.  vi,  fig.  6,  7,  —  Appendenles  duos siclos.  D'après  l'hébreu ,  seulement  un  demi-sicle, ou  TS""  100.  Le  sicle,  indépendamment  de  son  ca- ractère monétaire,  était  aussi  l'unité  de  poids chez  les  Hébi'eux.  —  Armillas...  siclorum  decem. C.-à-d.  de  10  fois  14ef200.
23-25.  Éliézer  pose  ensuite  à  Rébecca  deux questions  distinctes  :  1°  eujus  es  filia  f  2°  est  in domo...?  Elle  y  répond  dans  le  même  ordre, vers,  24-25.
26-27.  Action  de  grâces  du  pieux  serviteur. —  IncUnavit  se  :  l'inclination  profonde  ;  et  ado- ravit..,: la  prostration.  —  Misericordia7n  et  ve-
ritatem. Deux  attribirts  divins  très  fréquemment associés  dans  la  Bible.  Le  premier  désigne  ici l'amour  condescendant;  le  second,  la  fidélité  de Dieu  à  ses  pi'omesses.  —  Becto  itinere...  in  do- mum fratris...  Le  Seigneur  avait,  en  effet,  mis le  comble  à  sa  bonté  en  adressant  directement à  Éliézer  la  petite -nièce  d'Abraham.
28.  Conclusion  pittoi'esque  de  cette  partie  du récit.
3°  La  négociation  du  mariage  entre  Éliézer  cfi Laban,  vers.  29-54».
29-32.  Laban...,  festinus  egressus  est:  pour  of- frir l'hospitalité  au  serviteur  de  son  grand-oncl:. Le  vers.  29  expose  le  fait  d'une  manière  générale  ; les  suivants  contiennent  les  détails.  —  Benedicie Domini.  Beau  nom,  si  bien  justifié  dans  la  cir- constance.
96
Gen.  XXIV,  33-44.
33.  Et  appositus  est  in  conspectu  ejus panis.  Qui  ait  :  Non  comedam,  donec loquar  sermones  meos.  Respondit  ei  : Loquere.
34.  At  ille:  Servus,  inquit,  Abraham sum  ;
35.  EtDominus  benedixit  domino  meo valde,  magnificatusque  est;  et  dédit  ei oves  et  boves,  argentum  et  am-um,  ser- vos  et  ancillas ,  camelos  et  asinos.
36.  Et  peperit  Sara  uxor  domini  mei filium  domino  meo  in  senectute  sua,  de- ditque  illi  omnia  quse  habuerat.
37.  Et  adjuravit  me  dominus  meus, dicens  :  Non  accipies  uxorem  filio  meo de  filiabus  Chananseorum ,  in  quorum terra  habito  ;
38.  Sed  ad  domum  patris  mei  perges , et  de  cognatione  mea  accipies  uxorem filio  meo.
39.  Ego  vero  respondi  domino  meo  : Quid  si  noluerit  venire  mecum  mulier  ?
40.  Dominus,  ait,  in  cujus  conspectu ambulo,  mittet  angelum  suum  tecum, et  diriget  viam  tuam,  accipiesque  uxo- rem filio  meo  de  cognatione  mea,  et  de domo  patris  mei.
41.  Innocens  eris  a  maledictione  mea, cum  veneris  ad  propinquos  meos ,  et  non dederint  tibi.
42.  Veni  ergo  hodie  ad  f  ontem  aquse , et  dixi  :  Domine  Deus  domini  mei  Abra- ham, si  direxisti  viam  meam,  in  qua nunc  ambulo,
43.  Ecce  sto  juxta  f  ontem  aquse  ;  et virgo,  quae  egi'edietur  ad  hauriendam aquam ,  audierit  a  me  :  Da  mihi  pauxil- lum  aquse  ad  bibendum  ex  hydria  tua ,
44.  Et  dixerit  mihi  ;  Et  tu  bibe,  et camelis  tuis  hauriam,  ipsa  est  mulier quam  prseparavit  Dominus  filio  domini mei.
33.  En  même  temps  on  lui  servit  à manger.  Mais  il  dit  :  Je  ne  mangerai point,  jusqu'à  ce  que  je  vous  aie  proposé ce  que  j'ai  à  vous  dire.  Parlez,  lui  di- rent-ils.
34.  Et  il  dit  :  Je  suis  serviteur  d'Abra- ham.
35.  Le  Seigneur  a  comblé  mon  maître de  bénédictions,  et  l'a  rendu  grand.  Il lui  a  donné  des  brebis,  des  bœufs,  de  l'ar- gent, de  l'or,  des  serviteurs  et  des  ser- vantes, des  chameaux  et  des  ânes.
36.  Sara,  la  femme  de  mon  maître,  lui a  enfanté  un  fils  dans  sa  vieillesse,  et mon  maître  lui  a  donné  tout  ce  qu'il  avait.
37.  Et  il  m'a  fait  jurer  devant  lui  en me  disant  :  Vous  ne  prendrez  aucune  des filles  des  Chananéens  dans  le  paj^-s  des- quels j'habite,  pour  la  faire  épouser  à mon  fils;
38.  Mais  vous  irez  à  la  maison  de  mon père,  et  vous  prendrez  parmi  ceux  de ma  parenté  une  femme  pour  mon  fils.
39.  Et  je  répondis  à  mon  maître  :  Mais si  la  femme  ne  voulait  point  venir  avec moi  ?
40.  Il  me  dit  :  Le  Seigneur  devant  le- quel je  marche  enverra  son  ange  avec vous,  et  dirigera  votre  voie,  afin  que vous  preniez  pour  mon  fils  une  femme qui  soit  de  ma  famille  et  de  la  maison de  mon  père.
4L  Que  si  étant  arrivé  chez  mes  pa- rents, ils  vous  refusent  ce  que  vous  leur demanderez,  vous  ne  serez  plus  obligé  à votre  serment.
42.  Je  suis  donc  arrivé  aujourd'hui près  de  la  fontaine,  et  j'ai  dit  :  Seigneur, Dieu  d'Abraham  mon  maître,  si  c'est vous  qui  m'avez  conduit  dans  le  chemin où  j'ai  marché  jusqu'à  présent,
43.  Me  voici  près  de  cette  fontaine. Que  la  jeune  fille  donc  qui  sera  sortie pour  puiser  de  l'eau,  à  qui  j'aurai  dit  : Donnez -moi  à  boire  un  peu  de  l'eau  que vous  portez  dans  votre  urne,
44.  Et  qui  me  répondra  :  Buvez,  et  je m'en  vais  en  puiser  aussi  pour  vos  cha- meaux, soit  celle  que  le  Seigneur  a  des- tinée pour  être  la  femme  du  fils  de  mon maître.
33.  Non  comedam,,  donec...  Avant  de  songer à  lui-même,  l'intendant  dévoué  veut  s'acquitter de  son  mandat.
34-49.  Dans  ce  petit  discdui-s,  il  raconte  h  son hôte  l'origine  et  les  péripéties  de  la  mission  dont Abraham  l'avait  chargé.  En  voici  l'analyse  suc- cincte :  34,  position  personnelle  d'Éllézer;  35,
grandeur  et  richesses  d'Abraham;  36,  Isaao,  fils unique  et  héritier  (début  très  habile,  et  si  na- turel !  )  ;  37  - 41 ,  le  mandat  ;  47  - 48,  rencontre  pro- videntielle de  Rébecca  ;  49 ,  péroraison  pleine  de noblesse  et  de  fierté  {ad  dcxtcram,  sive.,.;  c.-à-d. chez  d'autres  familles).
Gen.  XXIV,  45-54.
97
45.  Lorsque  je  m'entretenais  en  moi- mêrae  de  cette  pensée,  j'ai  vu  paraître Rébecca,  qui  venait  avec  son  urne  qu'elle portait  sur  son  épaule,  et  qui,  étant  des- cendue il  la  fontaine,  y  avait  puisé  de l'eau.  Je  lui  ai  dit  :  Donnez -moi  un  peu à  boire.
46.  Elle  aussitôt,  ôtant  son  urne  de dessus  son  épaule,  m'a  dit  :  Buvez  vous- même,  et  je  m'en  vais  donner  aussi  à boire  à  vos  chameaux.  J'ai  donc  bu  ;  et elle  a  fait  boire  aussi  mes  chameaux.
47.  Je  l'ai  ensuite  interrogée,  et  je  lui ai  demandé  :  De  qui  êtes-vous  fille  ?  Elle m'a  répondu  qu'elle  était  fille  de  Bathuel, fils  de  Nachor  et  de  Melcha  sa  femme. Je  lui  ai  donc  mis  ces  pendants  d'oreilles pour  parer  son  visage,  et  lui  ai  mis  ces bracelets  aux  bras.
48.  Aussitôt  me  baissant  profondé- ment, j'ai  adoré  et  béni  le  Seigneur,  le Dieu  d'Abraham  mon  maître,  qui  m'a conduit  par  le  droit  chemin  pour  prendre la  fille  du  frère  de  mon  maître,  et  la donner  pour  femme  à  son  fils.
49.  C'est  pourquoi,  si  vous  avez  véri- tablement dessein  d'obliger  mon  maître , dites -le -moi.  Que  si  vous  avez  résolu autre  chose ,  faites-le-moi  savoir,  afin  que j'aille  chercher  ailleurs.
60.  Laban  et  Bathuel  répondirent  : C'est  Dieu  qui  parle  en  cette  rencontre  ; nous  ne  pouvons  vous  dire  autre  chose que  ce  qui  paraît  conforme  à  sa  volonté.
51.  Rébecca  est  entre  vos  mains;  pre- nez-la, et  l'emmenez  avec  vous,  afin  qu'elle soit  la  femme  du  fils  de  votre  maître, selon  que  le  Seigneur  s'en  est  déclaré.
52.  Le  serviteur  d'Abraham  ayant  en- tendu cette  réponse,  se  prosterna  contre terre ,  et  adora  le  Seigneur.
53.  Il  tira  ensuite  des  vases  d'or  et d'argent,  et  des  vêtements  dont  il  fit présent  à  Rébecca.  Il  donna  aussi  des présents  ti  ses  frères  et  à  sa  mère.
54.  Ils  firent  ensuite  le  festin,  ils  man- gèrent et  burent,   et  demeurèrent  en-
45.  Dumque  hœc  tacitus  mccum  vol- verem,  apparuit  Rébecca  veniens  cum hydria ,  quam  portabat  in  scapula  ;  de- scenditque  ad  fontem,  et  hausit  aquam. Et  aio  ad  eam  :  Da  mihi  paululum  bi- bere.
4G.  Quse  festinans  deposuit  hj''driam de  humero,  et  dixit  mihi  :  Et  tu  bibe, et  camelis  tuis  tribuam  potum.  Bibi,  et adaquavit  camelos.
47.  Interrogavique  eam,  et  dixi  :  Cujus es  filia?  Qufe  respondit:  Fiha  Bathuelis sum,  filii  Nachor,  quem  peperit  ei  Mel- cha. Suspendi  itaque  inaures  ad  ornan- dam  faciem  ejus,  et  armillas  posui  in manibus  ejus.
48.  Pronusque  adoravi  Dominum ,  be- nedicens  Domino  Deo  domini  mei  Abra- ham, qui  perduxit  me  recto  itinere,  ut sumerem  filiam  fi'atris  domini  mei  filio ejus.
49.  Quamobrem  si  facitis  misericor- diam  et  veritatem  cum  domino  meo, indicate  mihi  ;  sin  autem  aliud  placet,  et hoc  dicite  mihi,  ut  vadam  ad  dexteram, sive  ad  sinistram.
50.  Responderuntque  Laban  et  Ba- !  thuel  :  A  Domino  egressus  est  sermo  ; !  non  possumus  extra  placitum  ejus  quid- I  quam  aliud  loqui  tecum.
j  51.  En  Rébecca  coram  te  est,  toile eam ,  et  proficiscere ,  et  sit  uxor  filii  do- mini tui,  sicut  locutus  est  Dominus.
52.  Quod  cum  audisset  puer  Abraham, procijiens  adoravit  in  terram  Dominum.
53.  Prolatisque  vasis  argenteis  et  au- reis,  ac  vestibus,  dédit  ea  Rebeccie  pro munere,  fratribus  quoque  ejus  et  matri dona  obtulit.
54.  Inito  convivio,  vescentes  pariter et  bibentes  manserunt  ibi.  Surgens  au-
50-51.  La&aw  et  Bathuel.  liQiv^vQ  de  Rébecca est  nommé  avant  son  père.  Du  reste ,  Laban  avait été  seul  mentionné  aux  vei's.  29-33,  Dans  ces  con- trées où  régnait  la  polygamie,  les  frères  étaient comme  les  tuteurs  naturels  de  leurs  sœurs.  Cf. XXXIV,  5,  11,  25;  Jud.  XXI,  22;  II  Reg.  Xlll,  22. —  A  Domino  egressus  est...  Rien  de  plus  évi- dent ;  et  comment  ne  pas  s'adapter  eux -mômes au  plan  providentiel  ?  —  Extra  placitum  ejus quidquam...  Hébr.inous  ne  pouvons  te  dire  (quoi que  ce  soit)  de  mau^vais  on  de  bon.  C  -à-d.  :  im-
possible de  rien  ajouter  en  aucun  sens  aux  vo- lontés du  ciel.  —  En  Rébecca.  La  jeune  fille  n'est pas  consultée;  on  décide  sans  elle  de  son  sort, ainsi  que  cela  s'est  toujours  pratiqué  en  Orient.
52-54».  Prociclens  adoravit.  Geste  d'action  de grâces,  comme  au  vers.  16.  —  Prolatisque...  Les présents  de  mariage,  offerts,  selon  la  coutume universelle,  à  la  fiancée  et  à  ses  proches.
4°  Départ  de  Rébecca,  vers.  54'>-61.
54^-56.  Surgens  mane.  Déjà  Éliézer  songe  au retour,  car  11  veut  réjouir  au  plus  tôt  le  cœur
98
Gen.  XXIV,  55-65.
tem  mane,  locutiis  est  puer:  Dimittite me ,  ut  vadam  ad  dominum  meum.
55.  Responderuntque  fratres  ejus  et mater  :  Maneat  puella  saltem  decem  dies apud  nos,  et  postea  proficiscetur.
56.  Nolite,  ait,  me  retinere ,  quia  Do- minus  dircxit  viam  meam  ;  dimittite  me, ut  pergam  ad  dominum  meum.  |
57.  Et  dixerunt  :  Vocemus  puellam,  \ et  quseramus  ipsius  voluntatem.
58.  Cumque  vocata  venisset ,  sciscitati sunt  :  Vis  ire  cum  homine  isto?  Quœ ait  :  Vadam.
59.  Dimiserunt  ergo  eam ,  et  nutricem iliius,  servumque  Abraham,  et  comités ejus,
60.  Imprecantes  prospéra  sorori  suse, atque  dicentes  :  Soror  nostra  es ,  crescas in  mille  millia ,  et  possideat  semen  tuum portas  inimicorum  suorum.
61.  Igitur  Rebecca  et  puellse  iliius, ascensis  camelis ,  secutse  simt  virum ,  qui febtinus  revertebatur  ad  dominum  suum.
62.  Eo  autem  tempore  deambulabat Isaac  per  viam  quee  ducit  ad  puteum, cujus  nomen  est  Viventis  et  videntis; habitabat  enim  in  terra  australi  ;
63.  Et  egressus  fuerat  ad  meditan- dum  in  agro,  inclinata  jam  die  :  cumque elevasset  oculos ,  vidit  camelos  venientes procul.
64.  Rebecca  quoque,  conspecto  Isaac, descendit  de  camelo,
65.  Et  ait  ad  puei'um  :  Quis  est  ille
semble  ce  jour -là.  Le  lendemain  le  ser- viteur s'étant  levé ,  le  matin ,  leur  dit  : Permettez -moi  d'aller  retrouver  mon maître.
55.  Les  frères  et  la  mère  de  Rebecca lui  répondirent  :  Que  la  jeune  fille  de- meure au  moins  dix  jours  avec  nous,  et après  elle  s'en  ira.
56.  Je  vous  prie,  dit  le  serviteur,  de ne  point  me  retenir  davantage,  parce  que le  Seigneur  m'a  conduit  dans  tout  mon chemin.  Permettez  -  moi  d'aller  retrouver mon  maître.
57.  Ils  lui  dirent  :  Appelons  la  jeune fille,  et  sachons  d'elle-même  son  senti- ment.
58.  On  l'appela  donc,  et  étant  venue, ils  lui  demandèrent  :  Voulez -vous  bien aller  avec  cet  homme?  Je  le  veux  bien, répondit -elle.
59.  Ils  la  laissèrent  donc  aller,  accom- pagnée de  sa  nourrice,  avec  le  serviteur d'Abraham  et  ceux  qui  l'avaient  suivi  ;
60.  Et  souhaitant  toutes  sortes  de  pros- pérités à  Rebecca,  ils  lui  dirent  :  Vous  êtes notre  soeur,  croissez  en  mille  et  mille  gé- nérations, et  que  votre  race  se  mette  en possession  des  villes  de  ses  ennemis.
61.  Rebecca  et  ses  suivantes  montèrent donc  sur  les  chameaux,  et  suivirent  cet homme ,  qui  s'en  retourna  en  grande  hâte vers  son  maître.
62.  En  ce  même  temps,  Isaac  se  pro- menait dans  le  chemin  qui  mène  au  puits appelé  le  Puits  de  celui  qui  vit  et  qui voit,  car  il  demeurait  au  pays  du  midi.
63.  Il  était  alors  sorti  dans  les  champs pour  méditer,  le  jour  étant  sur  son  dé- clin. Et  ayant  levé  les  yeux,  il  vit  de loin  venir  les  chameaux.
64.  Rebecca,  ayant  aussi  aperçu  Isaac, descendit  de  dessus  son  chameau ,
65.  Et  elle  dit  au  serviteur  :  Quel  est
do  son  maître.  De  son  côté,  la  famille  de  Rebecca essaj'e  d'obtenir  un  délai  de  quelques  jours,  avant une  séparation  qui  devait  être  perpétuelle.  L'en- voyé d'Abi-aham  insiste,  alléguant  la  volonté  si visible  du  Seigneur  :  quia  Dominas  direxit...
57-58.  La  décision  finale  est  abandonnée  à  Eé- becca,  qui  répond  sans  hésiter,  avec  cette  âme vii'ile  que  nous  lui  retrouverons  :  Vadam.
59 -Cl.  Et  nutricem  iliius.  Trait  charmant. Son  nom  était  Débora,  xxxv,  8.  —  Crescas  in mille  mdlia.  Hébr.  :  des  milliers  de  myriades. Ce  qui  gramlit  encore  l'hyperbole.  —  Posaideat... portas.  L'idée  de  la  puissance  après  celle  de  la multitude.  Cf.  xxii,  17.  —  Festvms  r^vertebalur...
50  La  rencontre  dos  fiancés  et  le  mariage, vers.  62-67.
.  62-63.  Le  l'écit  nous  ramène  maintenant  à Isaac,  dont  la  nature  douce,  calme  et  contem- plative est  décrite  en  quelques  mots.  —  Eo...  tem- pore deambulabat...  L'hébreu  dit  simplement  : Et  Isaac  revenait  du  puits  Lahaïrohi.  Cf.  xvi,  li.
—  In  terra  australi  :  probablement  à  Bersabée.
—  Ad  meditandum.  Les  Targums,  le  samari- tain, l'arabe,  etc.,  traduisent  :  pour  prier,  Lt^ verbe  suah  peut  désigner  une  méditation  reli- gieuse, —  Inclinata...  die  :  l'heure  des  réflexion  j solitaires.
64-65.  Rebecca...  descendit.  L'hébr.  «  cecidit  » marque  mioux  la  rot^'^lité  du  mouvement.  C'est
Gen.  XXIV,  66  ~  XXV,  8.
90
cet  homme  qui  vient  le  long  des  cliamps au-devant  de  nous?  C'est  mon  maître, lui  dit -il.  Elle  prit  aussitôt  son  voile,  et se  couvrit.
66.  Le  serviteur  alla  cependant  dire  à Isaac  tout  ce  qu'il  avait  fait.
67.  Alors  Isaac  la  fit  entrer  dans  la tente  de  Sara  sa  mère,  et  la  prit  pour femme  ;  et  l'afEection  qu'il  eut  pour  elle fut  si  grande,  qu'elle  tempéra  la  douleur que  la  mort  de  sa  mère  lui  avait  causée.
homo  qui  venît  per  agrum  in  occursuni nobis?  Dixitque  ei  :  Ipse  est  dominus meus.  At  illa  tollens  cito  pallium,  opé- rait se.
66.  Servus  autem  cuncta,  quœ  gesse- rat,  narravit  Isaac.
67.  Qui  introduxit  eam  in  tabernacu- lum  Sarse  matris  suse,  et  accepit  eam uxorem  ;  et  in  tantum  dilexit  eam ,  ut dolorem,  qui  ex  morte  matris  ejus  acci- derat,  temperaret.
CHAPITRE  XXV
1.  Abraham  épousa  une  autre  femme, nommée  Cétura,
2.  Qui  lui  enfanta  Zamran,  Jecsan, Madan,  Madian,  Jesboc,  et  Sué.
3.  Jecsan  engendra  Saba  et  Dadan. Les  enfants  de  Dadan  furent  Assurim, Latusim ,  et  Loomim.
4.  Les  enfants  de  Madian  furent  Epha, Opher,  Enoch,  Abida  et  Eldaa.  Tous  ceux- ci  furent  enfants  de  Cétura.
5.  Abraham  donna  à,  Isaac  tout  ce qu'il  possédait  :
6.  Il  lit  des  présents  aux  fils  de  ses  autres femmes,  et  de  son  vivant  il  les  sépara  de son  fils  Isaac,  les  faisant  aile?-  dans  le pays  qui  regarde  l'orient.
7.  Tout  le  temps  de  la  vie  d'Abraham fut  de  cent  soixante  et  quinze  ans.
8.  Et  les  forces  lui  manquant,  il  mou- rut dans  une  heureuse  vieillesse  et  un âge  très  avancé,  étant  parvenu  à  la  plé- nitude de  ses  jours  ;  et  il  fut  réuni  à  son peuple.
1.  Abraham  vero  aliam  duxit  uxorem nomine  Ceturam  :
2.  Quse  peperit  ei  Zamran,  et  Jecsan, et  Madan ,  et  Madian ,  et  Jesboc ,  et  Sue.
3.  Jecsan  quoque  genuit  Saba,  et  Da- dan. Filii  Dadan  fuerunt  :  Assurim ,  et Latusim,  et  Loomim.
4.  At  vero  ex  Madian  ortus  est  Epha, et  Opher,  et  lïenoch,  et  Abida,  et  Eldaa; omnes  hi  filii  Ceturae.
5.  Deditque  Abraham  cuncta  quse  pos- sederat  Isaac  ;
6.  Filiis  autem  concubinaium  largitus est  munera,  et  separavit  eos  ab  Isaac filio  suo,  dum  adhuc  ipse  viveret,  ad plagam  orientalem.
7.  Fuerunt  autem  dies  vitae  xibrahcc centum  septuaginta  quinque  anni.
8.  Et  deficiens  mortuus  est  in  sene- ctute  bona,  provectseque  œtatis,  et  pie- nus  dierum,  congregatusque  est  ad  po- pulum  suum.
assez  l'usage,  en  Orient,  surtout  pour  les  femmes, de  quitter  sa  monture  à  l'approche  d'un  person- nage de  quelque  rang.  —  Tollens  pallium.  Le grand  voile  en  forme  de  manteau  dont  les  Orien- tales s'enveloppent.  Voy.  VAtl.  archcol.  de  la  Bible, pi.  u,  fig.  14  ;  pi.  III ,  fig.  6.
67.  In  tantum  dilexit...  Conclusion  touchante.
§  IV.  —  Les  dernières  années  d'Abraham. XXV,  1-11.
10  Abraham  et  Cétura,  vers.  1-6.
CiiAP.  XXV.  —  1.  Duxit  uxorem  :  la  tradition et  la  place  donnée  à  ce  nouveau  mariage  dans  la narration  supposent  qu'il  eut  lieu  seulement  après la  mort  de  Sara.
2.  Liste  des  enfants  issus  de  cette  luiion  :  Ma- dian devint  le  plus  célèbre.
3-4.  Liste  des  principaux  descendants  de  ce:; six  flls.  Il  va,  pour  tous  ces  noms,  grande  dif- ficulté, parfois  même  impossibilité  d'identiflca- tum.
5-6.  Derniers  actes,  et  en  quelque  sorte  tes- tament d'Abraham.  Isaac  est  institué  l'unique héritier;  h  ses  autres  fils,  le  patriarche  donna des  apanages  (munera),  puis  il  les  éloigna  ad plagam  orientalem,  dans  la  direction  de  l'Ai-abie. Il  importait  que  la  race  choisie  vécût  à  part, isolée  de  tout  élément  étranger  qui  aurait  pu  la corrompre  :  de  là  cette  sage  élimination.
2°  Mort  et  sépulture  d'Abraham,  vers.  7-11.
7-8.  Total  du  nombre  des  années  d'Abraham  : 175  anni.  Isaac  avait  donc  soixante  -  quinze  ans h  la  mort  de  son  père  ;  Ésaii  et  Jacob  en  avaient quinze  (vers.  26).  L'historien  sacré  insiste  d'une manière  solennelle  siir  le  grand  âge  et  la  vigueur du  père  des  croyants,  parce  que  c'était  une  bé- nédiction divine.  —  Congregatus  est  ad  popu- lum...  Cette  locution  ne  saurait  designer  la  sé- pulture ,  dont  il  n'est  question  qu'au  vers.  9  ; "d'ailleurs  Sara  seule  occupait  la  sépulture  de Mambré.  Le  sens  est  donc  que  l'âme  d'Abraham alla  rcjoindi'e  aux  limbes  celles  de  ees  aïexix.
100
Gex.  XXV,  9-19.
■  9.  Et  sepelierunt  eum  Isaac  et  Ismael filii  sui  in  spelunca  duplici ,  quœ  sita  est in  agro  Ephron,  filii  Seor  Hethœi,  e  re- gione  Marabre,
10.  Quem  emerat  a  filiis  Heth  :  ibi  se- pultus  est  ipse,  et  Sara  uxor  ejus.
11.  Et  post  obitum  illius  benedixit Deiis  Isaac  lilio  ejus,  qui  habitabat  juxta puteum  nomine  Viventis  et  videntis.
12.  Hâe  sunt  generationes  Ismael  filii Abra'hœ,  quem  peperit  ei  Agar  ^gyptia, faraula  Sarœ  ;
13.  Et  hœc  nomina  filiorum  ejus  in vocabulis  et  generationibus  suis.  Primo- genitus  Ismaelis  Nabaioth,  deinde  Cedar, et  Adbeel,  et  Mabsam,
14.  Masma  quoqiie ,  et  Duma,  et  Massa,
15.  Hadar,  et  Thema,  et  Jethur,  et IS^aphis,  et  Cedma.
16.  Isti  sunt  filii  Ismaelis,  et  haec  no- mina per  castella  et  oppida  eorum ,  duo- decim  principes  tribuum  suarum.
17.  Et  facti  sunt  anni  vitse  Ismaelis centum  triginta  septem ,  deficiensque mortuus  est,  et  appositus  ad  populum suum.
18.  Habita  vit  autem  ab  Hevila  iisque Sur,  qnae  respicit  ^gyptum  introeun- tibus  Assyrios;  coram  cunctis  fratribus suis  obiit.
19.  Hae  quoque  sunt  generationes  Isaac
9.  Isaac  et  Ismael,  ses  fils,  le  portèrent en  la  caverne  double,  située  dans  le champ  d'Epliron,  fils  de  Séor  l'Héthéen, vis  -  à  -  vis  de  Mambré ,
10.  Qu'il  avait  acheté  des  enfants  de Heth.  C'est  lîi  qu'il  fut  enterré  aussi  bien que  Sara  sa  femme.
11.  Après  sa  mort.  Dieu  bénit  son  fils Isaac,  qui  demeurait  près  du  puits  nommé le  Puits  de  celui  qui  vit  et  qui  voit.
12.  Voici  le  dénombrement  des  enfants d'Ismaël  fils  d'Abraham  et  d'Agar  l'Egy- ptienne, servante  de  Sara;
13.  Et  voici  les  noms  de  ses  enfants, selon  que  les  ont  portés  ceux  qui  sont  des- cendus d'eux.  Le  premier -né  d'Ismaël fut  Nabaioth.  Les  autres  furent  Cédar, Adbéel,  Mabsam,
14.  Masma,  Duma,  Massa,
15.  Hadar,  Théma,  Jéthur,  Naphis,  et Cedma.
16.  Ce  sont  là  les  enfants  d'Ismaël;  et tels  ont  été  les  noms  qu'ils  ont  donnés  à leurs  villages  et  à  leurs  campemeiits, ayant  été  les  douze  chefs  de  leurs  peuples.
17.  Le  temps  de  la  vie  d'Ismaël  fut de  cent  trente -sept  ans;  et  les  forces  lui manquant,  il  mourut,  et  fut  réuni  à  son peuple.
18.  Le  pays  où  il  habita  fut  depuis Hévila  jusqu'à  Sur,  qui  regarde  l'Egypte lorsqu'on  entre  dans  l'Assyrie  ;  et  il  mou- rut au  milieu  de  tous  ses  frères.
19.  Voici  quelle  fut  aussi  la  postérité
Cf.  XV,  15;  Jud.  II,  10.  Ci  simple  trait  contient une  preuve  manifeste  de  la  croyance  à  l'immor- talité.
9-10.  Isaac  et  Ismael.  Les  deux  principaux fils  d'Abraham  sont  associés  pour  lui  rendre  les derniers  devoirs.  On  voit,  par  ce  détail,  qu'Ismaël n'avait  pas  rompu  absolument  toute  relation  avec son  père.
11.  Benedixit  Deus  Isaac  ;  pour  montrer  qu'il était  le  vrai  successeur  d'Abraham,  l'héritier  des bénédictions  spirituelles  aussi  bien  que  de  la  for- tune matérielle.
LIVRE  VII
Les  générations  d'Ismaël.  XXV,  12-17.
Avant  d'être  tout  à  fait  élhniné  de  l'histoire sainte,  Isniaël  obtient  encore  une  courte  notice, qui  résume  sa  vie  et  celle  de  ses  descendants.
12-13.  Titre  du  livre.
14-16.  Liste  des  fils  d'Ismaël.  Ces  noms,  comme dans  les  nomenclatures  analogues  que  nous  avons rencontrées  précédemment,  représentent  tout  en- semble des  personnes  et  des  tribus.  Isaïe  men- tionne Nabaioth,  Cedar  (Is.  lx,  7)  et  Duma (Is.  XXI,  11);  Thema  se  retrouve  au  livre  de Job,  VI,  19.  —  Castella,  les  villages  non  entou- rés de  murs,  par  opposition  aux  villes  fortifiées;
oppida,  simples  réunions  de  tentes,  campements de  nomades.
17-18.  Mort  d'Ismaël,  et  limites  des  régions occupées  par  sa  race.  —  Habitavit.  L'hébreu  a le  pluriel  :  «  habitaverunt.  »  —  Ab  Hevila  iisque Sur.  Voy.  x,  29  et  xvi,  7.  Du  golfe  Persique  à l'Arabie  Pétrée  ;  limites  extrêmes  à  l'est  et  à l'ouest,  —  Coram  cunctis  fratribus...  Dans  l'hé- breu ,  avec  une  signification  bien  différente  :  «  il tomba  (son  lot  tomba)  en  avant  (à  l'orient)  de tous  ses  frères.  »  C.-ù-d.  que  le  territoire  occupé par  les  Ismaélites  était  situé  à  l'est  de  la  Pales- tine, en  Arabie  par  conséquent.
LIVRE  VIII
liCS  générations  d'Isaac.  XXX,  19  —  XXXV,  29.
La  biographie  d'Isaac  se  divise  en  deux  pé- riodes, séparées  par  le  départ  de  Jacob  pour  la Mésopotamie.
Section-  I.  —  Première  périodk  de  la  vie D'ISA.\c.  XXV,  19  —  XXVIII,  9.
§  I.  —  JEsau  et  Jacob.  XXV,  19-34. 1«  Naissance  d'Ésaii  et  de  Jacob,  vers.  19-26. 19».  Titre  du  livre. 19» -20.  Résumé  rapide  des  derniers  chapitres,
Gen.  XXV,  20-27.
101
d'Isaac  fils  d'Abraham.  Abraham  engen- dra Isaac;
20.  Lequel,  ayant  quarante  ans,  épousa Rébeeca  lille  de  Bathuel ,  Syrien  de  Mé- sopotamie ,  et  sœur  de  Laban.
21.  Isaac  pria  le  Seigneur  pour  sa femme,  parce  qu'elle  était  stérile;  et  le Seigneur  l'exauça,  donnant  à  Rébecca la  vertu  de  concevoir.
22.  Mais  les  deux  enfants  dont  elle était  grosse  s'entrechoquaient  dans  son sein  ;  ce  qui  lui  fit  dire  :  Si  cela  devait m'arriver,  qu'était -il  besoin  que  je  con- çusse? Elle  alla  donc  consulter  le  Sei- gneur,
23.  Qui  lui  répondit  :  Deux  nations sont  dans  vos  entrailles,  et  deux  peuples sortant  de  votre  sein  se  diviseront  l'un contre  l'autre.  L'un  de  ces  peuples  sur- montera l'autre  peuple,  et  l'aîné  sera  as- sujetti au  plus  jeune.
24.  Lorsque  le  temps  où  elle  devait enfanter  fut  arrivé,  elle  se  trouva  mère de  deux  jumeaux.
25.  Celui  qui  sortit  le  premier  était roux,  et  tout  velu  comme  une  peau,  et il  fut  nommé  Esaii.  L'autre  sortit  aussitôt, et  il  tenait  de  sa  main  le  pied  de  son  fi-ère. C'est  pourquoi  il  fut  nommé  Jacob.
2G.  Isaac  avait  soixante  ans  lorsque  ces deux  enfants  lui  naquirent.
27.  Quand  ils  furent  grands,  Esaû  de- vint habile  à  la  chasse,  et  homme  des champs  ;  mais  Jacob  était  un  homme simple,  et  il  demeurait  à  la  maison.
filii  Abraham.  Abraham  genuit  Isaac;
20.  Qui  cum  quadraginta  esset  anno- rum,  duxit  Rebeccam  filiam  Bathuelis S3Ti  de  Mesopotamia,  sororem  Laban.
21.  Deprecatusque  est  Isaac  Dominum pro  uxore  sua,  eo  quod  esset  sterilis  ;  qui exaudivit  eum,  et  dédit  conceptum  Re- beccœ.
22.  Sed  collidebantur  in  utero  ejus  par- vuli  ;  qua3  ait  :  Si  sic  mihi  futurum  erat, quid  necesse  fuit  concipere?  Perrexitque ut  consuleret  Dominum.
23.  Qui  respondens  ait  :  Duse  gentes sunt  in  utero  tuo,  et  duo  populi  ex  ven- tre tuo  dividentur,  populasque  populum superabit,  et  major  serviet  minori.
24.  Jam  tempus  pariendi  advenerat, et  ecce  gemini  in  utero  ejus  reperti  sunt.
25.  Qui  prior  egressus  est,  rufus  erat, et  totus  in  morem  pellis  hispidus  ;  voca- tumque  est  nomen  ejus  Esau.  Protinus aiter  egrediens,  plantam  fratris  tenebat manu  ;  et  idcirco  appellavit  eum  Jacob.
26.  Sexagenarius  erat  Isaac  quando nati  sunt  ei  parvuli.
27.  Quibus  adultis  j  factus  est  Esau  vir gnarus  venandi,  et  homo  agricola  ;  Jacob autem  vir  simplex  habitabat  in  taber- naculis.
par  manière  de  transition.  —  Mesopotamia.  En hébr.  :  Paddan-'Aram,  «  le  pays  plat  de  l'Aram  ;  » autre  nom  de  la  Mésopotamie.
21.  Deprecatus  est.  Hébr.,  d'après  le  sens  pri- mitif :  Cl  il  offrit  de  l'encens.  »  —  Sterilis.  Cette stérilité  dura  vingt  ans  (vers,  20  et  26  )  :  Dieu voulut  éprouver  la  foi  d'Isaac  et  de  Rébecca, comme  il  avait  éprouvé  celle  d'Abraham  et  de Sara.
22.  Nouveau  genre  d'épi-euve  après  la  concep- tion :  collidebantur...  parvuli.  Rébecca,  toute troublée,  regrette  le  temps  de  sa  stérilité  :  Si sic...  futurum  erat...?  —  Perrexit...  ut  consule- ret... En  quel  endroit,  et  de  quelle  manière?  On l'ignore  ;  ce  qui  est  sûr,  écrit  S.  Augustin ,  Qucest. Lxxir,  c'est  qu'elle  parla  à  Dieu,  et  que  Dieu  lui répondit.
23.  Qui  respondens.  La  réponse  est  rythmée, en  langage  poétique.  —  Duce  gentes,  duo  populi. Les  Israélites  et  les  Edomites,  deux  races  qui, issues  du  même  sein,  ne  tardèrent  pas  à  devenir si  hostiles  l'une  à  l'autre.  —  Major  (  l'aîné  )  ser- viet minori  (le  cadet).  Le  sens  qui  se  dégage ncttoraont  de  cet  oracle ,  c'est  que  le  premier-né do  llébcicca  ne  jouira  pas  du  droit  d'aînesse,  et
n'héritera  pas  des  promesses  divines.  L'histoire, du  reste,  nous  fournira  peu  à  peu  un  excellent commentcure.
24-25.  Naissance  d'Esaii  et  de  Jacob.  —  Prior... rufus.  En  hébr.  :  ^admôni.  Cette  couleur  fut  un des  motifs  qui  valut  à  Esaii  le  surnom  d'Edom. Cf.  vers.  30.  —  Hispidus.  Comme  s'il  avait  été couvert  d'une  fourrure.  Cf.  xxni,  16.  C'est  le phénomène  connu  sous  le  nom  d'îiypertrychosis. De  là  le  nom  d'JÎJsau  (hébr.  :  'Esav),  velu.  — Protinus  aller...  A  rencontre  de  ce  qui  se  passe habituellement  pour  les  jumeaux,  car  leur  nais- sance est  séparée  par  un  intervalle  appréciable.  — Plantam  ('aqeb)  fratris...;  idcirco...  Jacob  (ya- 'aqolt)  :  l'hébreu  fait  mieux  voir  le  jeu  de  mots. Jacob  désigne  donc  celui  qui  tient  le  talon  d'un autre ,  par  conséquent  un  supplantateur.  Cf.  xxvxi, 36;  Os.  XII,  3;  Jer.  ix,  4.
26,  L'âge  d'Isaac  lors  de  cet  événement  mé- morable.
20  Esaii  vend  son  droit  d'aînesse,  vers.  27-34.
27.  Quibus  adultis...  Les  années,  en  s'écoulant, développèrent  dans  les  deux  frères  des  caractères bien  divers,  que  le  narrateur  peint  en  quclquef; mots.  —  Esau...  gnarus  venandi.  Marque  d'imo
102
28.  Isaac  amabat  Esau,  eo  quod  de venationibus  illius  vesceretur  ;  et  Rebecca diligebat  Jacob.
29.  Coxit  autem  Jacob  pulmentum  ;  ad quem  cum  venisset  Esau  de  agro  lassus ,
30.  Ait  :  Da  mihi  de  coctione  liac  rufa, quia  oppido  lassus  sum.  Quam  ob  cau- sam  vocatum  est  nomen  ejus  Edom.
31.  Cui  dixit  Jacob  :  Vende  mihi  pri- mogenita  tua.
32.  Ille  respoudit  :  En  morior,  quid mihi  proderunt  primogenita?
33.  Ait  Jacob  :  Jura  ergo  mihi.  Jura- vit  ei  Esau ,  et  vendidit  primogenita.
34.  Et  sic  accepte  pane  et  lentis  edu- lio,  comedit,  et  bibit,  et  abiit,  parvi- pendens  quod  primogenita  vendidisset.
Gen   XXV,  28  —  XXVI,  2.
28.  Isaac  aimait  Esaii,  parce  qu'il  man- geait de  ce  qu'il  prenait  à  la  chasse  ;  mais Rébecca  aimait  Jacob.
29.  Un  jour,  Jacob  ayant  fait  cuire  de quoi  manger,  Esaii  retourna  des  champs étant  fort  las  ;
30.  Et  il  dit  à  Jacoh  :  Donne- moi  de ce  mets  roux,  parce  que  je  suis  extrê- mement las.  C'est  pour  cette  raison  qu'il fut  depuis  nommé  Edom.
31.  Jacob  lui  dit  :  Vends-moi  ton  droit d'aînesse.
32.  Esaii  lui  répondit  :  Je  me  meurs  ; de  quoi  me  servira  mon  droit  d'aînesse?
33.  Jure -le -moi  donc,  lui  dit  Jacob. Esaii  le  lui  jura,  et  lui  vendit  son  droit d'aînesse.
34.  Et  ainsi,  ayant  pris  du  pain  et  ce plat  de  lentilles,  il  mangea  et  but,  et s'en  alla,  se  mettant  peu  en  peine  de  ce qu'il  avait  vendu  son  droit  d'aînesse.
CHAPITRE  XXVI
1.  Orta  autem  famé  super  terram,  post eam  sterihtatem  quse  acciderat  in  diebus Abraham,  abiit  Isaac  ad  Abimelech  re- gem  Palsestinorum,  in  Gerara.
2.  Apparuitque  ei  Dominus,  et  ait  :
1.  Cependant  il  arriva  une  famine  en ce  pays-là,  comme  il  en  était  arrivé  une au  temps  d'Abraham  ;  et  Isaac  s'en  alla à  Gérara  vers  Abimelech,  roi  des  Philis- tins.
2.  Et  le  Seigneur  lui  apparut  et  lui
nature  ardente  :  la  vie  calme  de  son  aïeul  et  de  son père  ne  lui  convenait  pas.  —  Agricola  :  non  pas a  agriculteur  »> ,  ce  qui  serait  un  contresens  ;  mais a  homme  des  champs  »,  qui  errait  à  travers  la  cam- pagne pour  chasser.  —  Jacob...  vir  simplex...  De mœurs  plus  douces,  Jacob  menait  une  vie  sédentaire, ne  s'éloignant  pas  du  cercle  de  la  famille ,  et  met- tant son  bonheur  dans  les  travaux  domestiques.
28.  Autre  trait  plein  d'intérêt,  et  d'une  gi'andc vérité  psychologique.  Souvent  les  prédilections naissent  des  contrastes.  Le  doux  Isaac  amabat Esau  ;  l'énei'gique  Rébecca  diligebat  Jacob.
'29-yo.  Puhnentum.  Un  plat  de  lentilles,  d'a- près le  vers.  34.  —  De  agro  lassus  :  comme  le sont  les  chasseurs,  après  une  journée  de  u: arches et  de  conti'emarchcs.  —  De  coctione  hac  rufa. L'hébreu  est  tout  à  fait  expressif  :  Min  ha'adôm, ha'adôm  hazzeh  ;  «  du  rouge,  de  ce  rouge  !  »  Cette ligne  trahit  l'appétit  glouton  d'Esau.  Il  montre le  potage  fumant,  et  se  borne  aie  désigner  par sa  couleur  (  les  lentilles  cuites  ont  une  couleur rougcâtre  ).  —  Edom.  Nous  avons  vu  plus  haut une  première  cause  de  ce  surnom  (vers.  26  ),  nous en  trouvons  ici  une  seconde.
31-33  Dialogue  rapide  et  dramatique.  Comme le  a  suiiplantatem-  »  profite  habilement  de  la  si- tuation! —  Vende  (l'hébr.  ajoute  :  aujourd'hui) ...  primogenita.  En  quoi  consistaient  alors  les  pri-
vilèges du  flls  aîné  ?  Peut-être  avait-il  droit  déjîi à  une  double  part  d'héritage.  Cf.  Deut.  xxi,  15- 17.  Mais  surtout  il  était  le  chef  de  la  famille patriarcale ,  et  c'est  à  sa  personne  qu'étaient  rat- tachées les  bénédictions  promises  à  Abraham  ;  et tels  sont  les  avantages  que  Jacob  convoitait., comme  le  démontrera  toute  sa  vie.  —  En  morior, quid  mihi...?  Esaii,  lui,  ne  pense  qu'ù  la  jouis- sance du  moment  ;  peu  lui  importe  le  reste.  — Jura  mihi.  Jacob  prend  toutes  ses  précautions pour  rendre  la  cession  irrévocable.
34.  Lentis  edulio.  Mets  très  recherché  des  Sy- riens et  des  Égyptiens.  Voy.  V Atlas  archêolog. de  la  Bible,  pi.  xxn,  flg.  6.  —  Comedit,  bibit,, abiit.  Description  très  vivante,  qui  exprime  ù merveille  l'indifférence  d'Esaii  pour  ce  qii'il  y  avait de  plus  sacré  ;  de  là  cette  réflexion  finale  du  nar- rateur :  parvipendens...
§n.
Isaac  à  Gérara.  XXVI,  1-22.
10  Rénovation  des  promesses  d'ivines,  vers,  1-6.
Chap.  XXVI.  —  1.  Orta  famé.  Voy.  xii,10, et  le  commentaire.  —  Ad  Abimelech.  Est-ce  le même  que  celui  qu'avait  connu  Abraham  (ch.  xx)? Difficilement,  car  quatre-vingts  ans  se  sont  écou- lés depuis  lors.
2-5.  ApparuiL..  ei  Dominus.  L'histoire  sainte ne  signale  que  deux  apparitions  de  Dieu  à  Isaac  :
Gen.  XXVI,  3-12.
103
dit  :  N'allez  point  en  Egypte,  mais  de- meurez dans  le  pays  que  je  vous  mon- trerai.
3.  Passez-y  quelque  temps  comme  étran- ger, et  je  serai  avec  vous,  et  je  vous  bé- nirai ;  car  je  vous  donnerai  i\  voue  et  à votre  race  tous  ces  pays  -  ci ,  pour  accom- plir le  serment  que  j'ai  fait  à  Abraham votre  père.
4.  Je  multiplierai  vos  enfants  comme les  étoiles  du  ciel  ;  je  donnerai  à  votre postérité  tous  ces  pays  que  vous  voyez, et  toutes  les  nations  de  la  terre  seront bénies  dans  celui  qui  sortira  de  vous  :
5.  Parce  qu'Abraham  a  obéi  à  ma  voix, qu'il  a  gardé  mes  préceptes  et  mes  com- mandements, et  qu'il  a  observé  les  sta- tuts et  les  lois  que  je  lui  ai  donnés.
6.  Isaac  demeura  donc  à  Gérara.
7.  Et  les  habitants  de  ce  pays -là  lui demandant  qui  était  Rébecca ,  il  leur  ré- pondit :  C'est  ma  sœur.  Car  il  avait  craint de  leur  avouer  qu'elle  était  sa  femme, de  peur  qu'étant  frappés  de  sa  beauté, ils  ne  résolussent  de  le  tuer.
8.  11  se  passa  ensuite  beaucoup  de temps,  et  comme  il  demeurait  toujours dans  le  même  lieu,  il  arriva  qu'Abiraélech, roi  des  Philistins ,  regardant  par  une  fe- nêtre, vit  Isaac  qui  se  jouait  avec  Eé- becca  sa  femme.
9.  Et  l'ayant  fait  venir,  il  lui  dit  :  Il est  visible  que  c'est  votre  femme  ;  pour- quoi avez -vous  fait  un  mensonge,  en  di- sant qu'elle  était  votre  sœur  ?  Il  lui  ré- pondit :  J'ai  eu  peur  qu'on  ne  me  fît mourir  à  cause  d'elle.
10.  Abimélech  ajouta  :  Pourquoi  nous en  avez-vous  ainsi  imposé?  Quelqu'un  de nous  aurait  pu  abuser  de  votre  femme, et  vous  nous  auriez  fait  tomber  dans  un grand  péché.  Il  fit  ensuite  cette  défense à  tout  son  peuple  :
11.  Quiconque  touchera  la  femme  de cet  homme,  sera  puni  de  mort.
12.  Isaac  sema  ensuite  en  ce  pays -là,
Ne  descendas  in  ^gyptum ,  sed  quiesce in  terra  quam  dixero  tibi.
3.  Et  peregrinare  in  ea ,  eroque  tecum , et  bencdicam  tibi  ;  tibi  enim  et  semiui tuo  dabo  uni  versas  regiones  has,  com- plens  juramentum  quod  spopondi  Abra- ham patri  tuo.
4.  Et  multiplicabo  semen  tuum  sicut stellas  cœli  ;  daboque  posteris  tuis  uni- versas  regiones  has,  et  benedicentur  in semine  tuo  omnes  gentes  terrœ,
5.  Eo  quod  obedierit  Abraham  voci mese ,  et  custodierit  praecepta  et  mandata mea,  et  ceremonias  legesque  servaverit.
6.  Mansit  itaque  Isaac  in  Geraris.
7.  Qui  cum  interrogaretur  a  viris  loci illius  super  uxore  sua,  respondit  :  Soror mea  est.  Timuerat  enim  confiteri  quod sibi  esset  sociata  coujugio,  reputans  ne forte  interficerent  eum  propter  illius  pul- chritudinem.
8.  Cumque  pertransissent  dies  plurimi , et  ibidem  moraretur,  prospiciens  Abimé- lech rex  Palaestinorum  per  fenestram , vidit  eum  jocantem  cum  Rebecca  uxore sua.
9.  Et  accersito  eo,  ait  :  Perspicuum est  quod  uxor  tua  sit  ;  cm*  mentitus  es eam  sororem  tuam  esse?  Respondit  :  Ti- mui  ne  morerer  propter  eam.
10.  Dixitque  Abimélech  :  Quare  im- posuisti  nobis?  Potuit  coire  quispiam  de populo  cum  uxore  tua,  et  induxeras  su- per nos  grande  peccatum.  Praecepitque omni  populo,  dicens  :
11.  Qui  tetigerit  hominis  Imjus  uxo- rem,  morte  morietur.
12.  Sévit  autem  Isaac  in  terra  illa,  et
celle-ci,  à  Gérara;  l'autre  à  Bersaloée,Ters.  24.  — Ne  descendas...  Isaac  projetait  sans  doute  de  se réfugier  en  Egypte,  comme  autrefois  son  père. — Le  Seigneur,  après  avoir  intimé  cet  ordre  au  fils d'Abraham, lui  renouvelle  dans  toutes  leiirs par- ties les  promesses  antérieures  :  1"  bénédiction personnelle,  2»  possession  perpétuelle  de  la  Pa- lestine, 3°  postérité  nombreuse,  4->  bénédiction de  l'univers  entier  rattachée  à  la  race  choisie. —  Eo  qnod...  Abraham.  Abraham  a  été  obéis- sant et  Adèle,  Dieu  aussi  sera  fidèle.
2^  Ptébecca  et  Abimélech,  vers.  6-11.
6-11.  Éi.iàode  tout  à  fait  semblable  à  celui  qui
nous  a  été  raconté  plus  haut  (ch.  xx)  au  sujet de  Sai'a.  Même  subterfuge  d'Isaac  (soror  mea, Rébecca  était  sa  cousine  ) ,  et  pour  le  même  mo- tif ;  même  générosité  de  la  part  de  cet  autre Abimélech.  —  Jocantem ,  avi  vers.  8,  indique  des libertés  qu'on  ne  prend  pas  avec  une  sœur.  — Mentitus  es  (vers.  9).  Hébr.  :  «  dixisti.  »
3°  Isaac  s'enrichit;  jalousie  des  Philistins, vers.  12-22.
12-14».  Sévit  autem...  Probablement  à  cause  de la  famine  précédente,  afin  d'être  indépendant  et en  sécurité  si  le  même  cas  se  reproduisait.  — Ccntuplum.  Fait  exti'aord inaire  (Matth.  xiii,  8);
104
Gen.  XXVI,  13-22.
invenit  in  ipso  anno  centuplum;  bene- dixitque  ei  Dominiis.
13.  Et  locupletatus  est  homo,  et  ibat proficiens  atque  succrescens,  donec  ma- guus  vehementer  effectus  est.
14.  Habiiit  quoque  possessiones  ovium et  armentorum,  et  familise  plurimum. Ob  hoc  invidentes  ei  Palestini ,
15.  Omnes  puteos,  quos  foderant  servi patris  illius  Abraham,  illo  tempore  ob- struxerunt,  implentes  humo,
16.  In  tantum,  ut  ipse  Abimelech  di- ceret  ad  Isaac  :  Recède  a  nobis,  quoniam potentior  nobis  f  actus  es  valde.
17.  Et  ille  discedens,  ut  veniret  ad torrentem  Geraree,  habitaretque  ibi,
18.  Rursum  fodit  alios  puteos,  quos foderant  servi  patris  sui  Abraham,  et quos,  illo  mortuo,  olim  obstruxerant  Phi- listhiim  ;  appellavitque  eos  iisdem  nomi- nibus  quibus  ante  pater  vocaverat.
19.  Foderuntque  in  torrente,  et  repe- rerunt  aquam  vivam.
20.  Sed  et  ibi  jurgium  fuit  pastorum Geraraî  adversus  pastores  Isaac,  dicen- tium  :  Nostra  est  aqua.  Quamobrem  no- men  putei ,  ex  eo  quod  acciderat,  vocavit Calumniam.
21.  Foderunt  autem  et  alium;  et  pro illo  quoque  rixati  sunt,  appellavitque eum  Inimicitias.
22.  Prof ectus  inde  fodit  alium  puteum, pro  quo  non  contenderunt  ;  itaque  vocavit nomen  ejus  Latitude,  dicens  :  Nunc  di- lata vit  nos  Dominus,  et  fecit  crescere super  terram.
et  il  recueillit  l'année  même  le  centuj)le  ; et  le  Seigneur  le  bénit.
13.  Ainsi  son  bien  s'augmenta  beau- coup; et  tout  lui  profitant,  il  s'enrichis- sait et  il  croissait  de  plus  en  plus,  jus- qu'à ce  qu'il  devînt  extrêmement  puis- sant.
14.  Car  il  possédait  une  grande  mul- titude de  brebis,  de  troupeaux  de  bœufs, de  serviteurs  et  de  servantes.  Ce  qui  ayant excité  contre  lui  l'envie  des  Philistins,
15.  Ils  bouchèrent  tous  les  puits  que les  serviteurs  d'Abraham  son  père  avaient creusés,  et  les  remplirent  de  terre.
16.  Et  Abimelech  dit  lui-même  à  Isaac  : Retirez-vous  d'avec  nous,  parce  que  vous êtes  devenu  beaucoup  plus  puissant  que nous.
17.  Isaac,  s'étant  donc  retiré,  vint  au torrent  de  Gérara  pour  demeurer  en  ce lieu.
18.  Et  il  fit  creuser  de  nouveau  d'autres puits,  que  les  serviteurs  d'Abraham  son père  avaient  creusés,  et  que  les  Philis- tins après  sa  mort  avaient  obstrués  ;  et il  leur  donna  les  mêmes  noms  que  son père  leur  avait  donnés  auparavant.
19.  Ils  fouillèrent  aussi  au  fond  du torrent,  et  ils  y  trouvèrent  de  l'eau  vive.
20.  Mais  les  pasteurs  de  Gérara  firent encore  là  une  querelle  aux  pasteurs  d'I- saac ,  en  leur  disant  :  L'eau  est  à  nous  ; c'est  pourquoi  il  appela  ce  puits  Injustice , à  cause  de  ce  qui  était  arrivé.
21.  Ils  en  creusèrent  encore  un  autre; et  les  pasteurs  de  Gérara  les  ayant  en- core querellés,  il  l'appela  Inimitié.
22.  Etant  parti  de  là,  il  creusa  un autre  puits,  pour  lequel  ils  ne  disputè- rent point;  c'est  pourquoi  il  lui  donna le  nom  de  Largeur,  en  disant  :  Le  Sei- gneur nous  a  mis  maintenant  au  large,  et nous  a  fait  croître  en  biens  sur  la  terre.
aussi  est-il  mentionné  comme  le  résultat  d'une bùnédiction  spéciale.  Communément,  l'on  récolte en  Palestine  de  25  %  à  50  °/o.  —  Ibat  proficiens atque  swccrescews.  Hébraïsme  très  expressif.
lé^ï-ie.  05  hoc  invidentes.  Cette  basse  jalousie ne  tarda  pas  à  se  manifester  brutalement,  par deux  faits  distincts  :  1°  omnes  puteos...  obstru- xerunt,  ce  qui  était  une  perte  énorme  pour  un homme  dont  la  richesse  consistait  surtout  en troupeaux;  2°  recède  a  nobis,  l'expulsion  du territoire,  enjointe  par  Abimelech  lui-même.
17-19.  Ad  torrentem  Gérara.  Ouadi  étroit,  si- tué à  quelque  distance  de  la  ville.  Il  est  ù,  sec  en été;  mais  on  trouve  de  l'eau  dans  son  lit  en  y creusant  des  puits,  ce  que  flt  Isaac.  Le  travail fut  notablement  simplifié,  grâce  aux  opérations
antérieures  d'Abraham.  —  Aquam  vivam  :  bien préférable  à  l'eau  stagnante  des  puits  ordinarires.
20-21.  Ce  fut  l'occasion  de  persécutions  nou- velles. —  Calumniam.  En  hébr.  :  'Eèeq,  «  que- x'elle,  »  et  l'historien  ajoute  :  parce  qu'ils  s'é- taient querellés  (hit'ass'qu)  avec  lui.  —  Ini' micitias.  Hébr.  :  Sitnah.  Ce  fut  toute  la  ven- geance de  cette  âme  douce  et  paisible.
22.  En  s'éloignant  davantage,  et  c'était  tout ce  que  désiraient  ses  adversaires ,  Isaac  finit  par demeurer  le  maître  de  ses  travaux.  —  Latitudo. Hébr.  :  R'iiobot,  au  pluriel.  On  croit  avoir  re- trouvé ce  puits  dans  l'ouadi  Er-Ruliaibch,  à huit  heures  au  sud  de  Bersabée  ;  il  a  jusqu'à  douze pieds  de  diamètre,  mais  il  est  actuellement  ob- strué.
I
Gen.  XXVI,  23-33.
105
23.  Isaac  retourna  de  là  à  Bersabée  ;
24.  Et  la  nuit  suivante  le  Seigneur  lui apparut,  et  lui  dit  :  Je  suis  le  Dieu  d'A- braham votre  père;  ne  craignez  point, parce  que  je  suis  avec  vous.  Je  vous  bé- nirai et  je  multiplierai  votre  race  à  cause d'Abraham  mon  serviteur.
25.  Il  éleva  donc  un  autel  en  ce  lieu- là  ;  et  ayant  invoqué  le  nom  du  Seigneur, il  y  dressa  sa  tente,  et  il  commanda  à ses  serviteurs  d'y  creuser  un  puits.
26.  Abimélech,  Ochozath  son  favori, et  Phicol,  généra]  de  son  armée,  vinrent de  Gérara  le  trouver  en  ce  rnême  lieu.
27.  Et  Isaac  leur  dit  :  Pourquoi  venez- vous  trouver  un  homme  que  vous  haïssez, et  que  vous  avez  chassé  d'avec  vous  ?
28.  Ils  lui  répondirent  :  Nous  avons vu  que  le  Seigneur  est  avec  vous  ;  c'est pourquoi  nous  avons  résolu  de  faire  une alliance  entre  nous,  qui  sera  jurée  de part  et  d'autre,
29.  Afin  que  vous  ne  nous  fassiez  aucun tort,  comme  nous  n'avons  touché  à  rien qui  fût  à  vous ,  ni  rien  fait  qui  vous  pût offenser,  vous  aj^ant  laissé  aller  en  paix, comblé  de  la  bénédiction  du  Seigneur.
30.  Isaac  leur  fit  donc  un  festin,  et après  qu'ils  eurent  mangé  et  bu  avec  lui,
31.  Ils  se  levèrent  le  matin,  et  l'al- liance fut  jurée  de  part  et  d'autre.  Isaac les  reconduisit  étant  en  fort  bonne  intel- ligence avec  eux,  et  les  laissa  s'en  re- tourner en  leur  pays.
32.  Le  même  jour,  les  serviteurs  d'I- saac  lui  vinrent  dire  qu'ils  avaient  trouvé de  l'eau  dans  le  puits  qu'ils  avaient  creusé.
33.  C'est  pourquoi  il  appela  ce  puits
23.  Ascendit  autem  ex  illo  loco  in Bersabée,
24.  Ubi  apparuit  ei  Dominus  in  ipsa nocte,  dicens  :  Ego  sum  Deus  Abraham patris  tui;  noli  timere,  quia  ego  tecum sum;  benedicam  tibi,  et  multiplicabo semen  tuum  propter  servum  meum  Abra- ham.
25.  Itaque  sedificavit  ibi  altare  ;  et  in- vocato  nomine  Domini,  extendit  taber- naculum,  prsecepitque  servis  suis  ut  fo- derent  puteum.
26.  Ad  quem  locum  cum  venissent  de Geraris  Abimélech,  et  Ochozath  amicus illius,  et  Phicol  dux  militum,
27.  Locutus  est  eis  Isaac  :  Quid  ve- nistis  ad  me,  hominem  quem  odistis,  et expulistis  a  vobis  ?
28.  Qui  responderunt  :  Vidimus  tecum esse  Dominum,  et  idcirco  nos  diximus  : Sit  juramentum  inter  nos,  et  ineamus fœdus,
29.  Ut  non   facias   nobis   quidquam mali,  sicut  et  nos  nihil  tuorum  attigimus, nec  fecimus  quod  te  Isederet;  sed  cum pace  dimisimus  auctum  benedictione  Do mini.
30.  Fecit  ergo  eis  convivium,  et  post cibum  et  potum,
31.  Surgentes  mane,  juraverunt  sibi mutuo  ;  dimisitque  eos  Isaac  pacifiée  in locum  suum.
32.  Ecce  autem  venerunt  in  ipso  die servi  Isaac,  annuntiantes  ei  de  puteo quem  foderant,  atque  dicentes  :  Inveni- mus  aquam.
33.  Unde  appellavit  eum    Abundan-
§  IIL  —  Isaac  à  Bersabée.XXYI,  23  —  XXVIII,  9.
l»  Encore  les  divines  promesses.  XXVI,  23-25.
23-25.  Seconde  apparition  du  Seigneur  à  Isaac (  cf.  vers.  2  ),  et  confirmation  réitérée  de  faveurs spéciales  pour  le  présent  et  pour  l'avenir.  —  Ser- vmn  meum  Abraham.  Beau  titre,  qui  n'est  ac- cordé dans  la  Bible  qu'à  un  petit  nombre  de  per- sonnages distingués,  tels  que  Moïse,  Josué,  le Messie,  etc.  —  j^diflcavit  altare,  ainsi  qu'Abra- ham avait  déjà  fait  dans  le  même  lieu,  xxi,  33.
2°  Alliance  d'Isaac  avec  Abimélech.  XXVI, 26-33.
26.  Ochozath...  Le  Targum  traite  ce  mot  comme un  nom  commun,  et  traduit  :  «  une  compagnie (ou  une  escorte)  d'amis.  »  Sur  Phicol,  voy.  la note  de  xxi,  22.
27.  Qtiicl  venistis...  ?  Isaac  manifeste  à  bon droit  son  étonnement  d'une  telle  visite,  après co  qui  s'était  passé.  Était-ce  la  paix,  ou  la  guerre,
qu'on  lui  apportait?
28-29.  C'était  la  paix  et  un  traité  d'alliance. D'abord  les  considérants,  28»,  puis  la  proposi- tion, 28i'-29.  —  Vidimus  tecum...  Dominum.  Les Philistins  étaient  loin  d'adorer  Jéhovah;  mais ils  avaient  reconnu  la  puissance  du  Dieu  d'A- braham et  d'Isaac,  et,  quoique  païens,  ils  vou- laient se  mettre  indirectement  sous  sa  protection , en  associant  leur  propre  sort  à  celui  de  ses  amis.
—  SU  juramentum...  fœdus.  Une  alliance  con- firmée par  serment.  Chacune  des  parties  contrac- tantes prononçait  une  imprécation  contre  elle- même,  pour  le  cas  où  elle  serait  infidèle  au  traité.
—  Sicut  et  nos...  Étrange  exagération,  après  les détails  véridiques  qui  ont  été  exposés  plus  haut.
30-31.  L'alliance.  Isaac  oublie  généreusement ses  griefs  ;  au  reste,  la  convention  n'était  pas  pour lui  sans  avantages.
32-33.  Coïncidence  heureuse,  dont  Isaac  vou- lut fixer  le  souvenir  par  le  nom  donné  au  nou-
106
Gen.  XXVI,  34  —  XXVII,  6.
tiara  ;  et  nomen  lubi  impositum  est  Ber- sabee,  usqiie  in  praesentem  diem.
34.  Esau  vero  quadragenarius  duxit uxores  :  Judith  filiam  Beeri  Hethsei,  et Basemath  filiam  Elon  ejusdem  loci;
35.  Quœ  ambce  offenderant  animum Isaac  et  Eebeccœ.
Abondance  ;  et  le  nom  de  Bersabée  fut donné  à  la  ville,  et  lui  est  demeuré  jus- qu'aujourd'hui.
34.  Or,  Esaii  ayant  quarante  ans,  épousa Judith,  fille  de  Béer  l'Héthéen,  et  Base- math, fille  d'Elon  du  même  pays;
35.  Qui  toutes  deux  s'étaient  mises  mal dans  l'esprit  d'Isaac  et  de  Rébecca.
GHA^PITRE  XXVII
1.  Senuit  autem  Isaac,  et  caligaverunt oculi  ejus,  et  videre  non  poterat;  voca- vitque  Esau  filium  suum  majorem,  et dixit  ei  :  FiH  mi.  Qui  respondit  :  Adsum.
2.  Gui  pater  :  Vides,  inquit,  quod  se- nuerim ,  et  ignorem  diem  mortis  mese.
3.  Sume  arma  tua,  pharetrani,  et  ar- cum,  et  egredere  foras;  cumque  venatu aliquid  apprehenderis ,
4.  Fac  mihi  inde  pulmentum  sicut velle  me  nosti ,  et  afEer  ut  comedam  ;  et benedicat  tibi  anima  mea  antequam  mo- riar.
5.  Quod  cum  audisset  Rebecca,  et  ille abiisset  in  agrum  ut  jussionem  patris impleret ,
6.  Dixit  filio  suo  Jacob  :  Audivi  pa- trem  tuum  loquentem  cum  Esau  fratre tuo,  et  dicentem  ei  ;
1.  Isaac  étant  devenu  vieux,  ses  yeux s'obscurcirent  de  telle  sorte  qu'il  ne  pou- vait plus  voir.  Il  appella  donc  Esaii  son fils  aîné,  et  lui  dit  :  Mon  fils.  Me  voici, dit  Esaii.
2.  Son  père  ajouta  :  Vous  voyez  que j'ai  vieilli,  et  que  j'ignore  le  jour  de  ma mort.
3.  Prenez  vos  armes,  votre  carquois  et votre  arc ,  et  sortez  dehors  ;  et  lorsque vous  aurez  pris  quelque  chose  à  la  chasse,
4.  Vous  me  l'apprêterez  comme  vous savez  que  je  l'aime  ;  et  vous  me  l'appor- terez afin  que  j'en  mange,  et  que  je  vous bénisse  avant  de  mourir.
5.  Rébecca  entendit  ces  paroles  ;  et Esaii  étant  allé  dans  les  champs  pour faire  ce  que  son  père  lui  avait  commandé,
6.  Elle  dit  à  Jacob  son  fils  :  J'ai  en- tendu votre  père  qui  parlait  à  votre  frère Esaii,  et  qui  lui  disait  :
veau  puits.  —  Bersabée. l'oyez  xxi,  28,  et  le  com- mentaire. Ici,  «  puits  du  serment,  »  B'^er  séba'.
3°  Esaii  épouse  deux  Chananéennes.  XXVI, 34-35.
34-35.  JEsau  quadragenarius.  Son  père  avait le  même  âge  au  moment  de  son  mariage  avec Ptébecca. —  Uxores  :  deux  femmes  en  même  temps, sans  aucx;n  motif  pour  excuser  sa  polj^gamie,  et deux  païennes.  Cf.  Hebr.  xii,16,  où  il  est  appelé «  fornicator  ».  —  En  offensant  Dieu,  il  blessa  non moins  profondément  son  père  et  sa  mère  :  offert- devant  ;  d'après  l'hébr.  :  «.  elles  furent  une  amei'- tume  d'esprit.  »
4°  Jacob  obtient  par  surprise  la  bénédiction  de Bon  père.  XXVII,  1-29.
Passage  décisif,  qu'ont  pi'éparé  la  vente  du droit  d'aînesse  et  le  mariage  d'Esaii.  Ce  «  pro- fane »  sera  éliminé  de  la  famille  sacrée,  comme précédemment  Ismaël.  Dans  l'épisode,  on  admire ■an  singulier  mélange  de  l'humain  avec  le  divin. Quoique  dictée  par  une  foi  vive  et  le  désir  ar- dent de  biens  supérieurs,  la  conduite  de  Jacob et  de  sa  mère  esc  loin  d'être  parfaite  en  tous points.  L'excuse  de  Rébecca,  c'est  qu'elle  con- naissait depuis  longtemps  le  choix  que  Dieu  avait fait  de  Jacob  (  xxv,  22-23  )  ;  sa  faute  consista  îi
vouloir  hâter  l'exécution  du  céleste  décret.  —  La narration  est  dramatique.
Chap.  XXVII.  —  1.  Petite  introduction.  — Senuit  :  on  croit  qu'il  avait  alors  137  ans.  —  Vi- dere von  poterat;  trait  important  pour  la  suite du  récit.
2-i.  Avant  d'exposer  sommairement  son  pro- jet, é^,  Isaac  en  indique  le  pressant  motif ,  2,  et adresse  à  Esaii  une  demande  préalable,  3-4*.  — Diem  mortis.  Il  s'attendait  à  une  mort  prochaine, et  son  entourage  partageait  ses  craintes  (vers.  41). Il  vécut  néanmoins  jusqu'à  180  ans.  Cf.  xxxv,  28.  ■ —  Pharetram.  Le  mot  hébreu  corrélatif  ne  se rencontre  qu'ici,  et  on  en  ignore  le  sons  exact.  On- kélos,  le  syriaque,  etc.,  le  traduisent  par  a.  glaive  ». Sa  racine  signifiant  «  suspendre  » ,  la  version  des LXX  et  de  la  Vulgate  paraît  préférable.  —  M benedicat...  :  d'une  bénédiction  solennelle  et  pro- phétique, qui  transmettrait  à  Esaii  les  faveurs qu'Isaac  avait  lui-même  reçues  d'Abraham.  Voy. le  chap.  XLix.
5-10.  Eébecca,  témoin  de  la  scène,  se  hâte  d'a- vertir Jacob,  vers.  5-7  ;  puis  elle  décrit  un  contre- projet  habilement  combiné,  vei'S.  8-10.  Avec  quelle promptitude  eUe  s'accommode  axix  circojastancea  I
Gen.  XXVII,  7-20.
107
7.  Apportez-moi  quelque  chose  de  votre chasse,  et  préparez-moi  de  quoi  manger, afin  que  je  vous  bénisse  devant  le  Sei- gneur avant  de  mourir.
8.  Suivez  donc  maintenant,  mon.  fils, le  conseil  que  je  vais  vous  donner.
9.  Allez -vous -en  au  troupeau,  et  ap- portez-moi deux  des  meilleurs  chevreaux, afin  que  j'en  prépare  ù,  votre  père  une sorte  de  mets  que  je  sais  qu'il  aime;
10.  Et  qu'après  que  vous  le  lui  aurez présenté  et  qu'il  en  aura  mangé,  il  vous bénisse  avant  de  mourir.
11.  Jacob  lui  répondit  :  Vous  savez que  mon  frère  Esaû  a  le  corps  velu ,  et que  moi  je  n'ai  point  de  poil.
12.  Si  mon  père  vient  donc  à  me  tou- cher et  qu'il  s'en  aperçoive,  j'ai  peur  qu'il ne  croie  que  je  l'ai  voulu  tromper,  et qu'ainsi  je  n'attire  sur  moi  sa  malédiction au  lieu  de  sa  bénédiction.
13.  Sa  mère  lui  répendit  :  Mon  fils,  je me  charge  moi-même  de  cette  malédic- tion :  faites  seulement  ce  que  je  vous conseille,  et  allez  me  chercher  ce  que  je vous  dis.
14.  Il  y  alla ,  il  l'apporta ,  et  il  le  donna à  sa  mère ,  qui  en  prépara  à  manger  à  son père  comme  elle  savait  qu'il  l'aimait.
15.  Elle  fit  prendre  ensuite  à  Jacob  de très  beaux  habits  d'Esaù,  qu'elle  gardait elle-même  à  la  maison.
16.  Et  elle  lui  mit  autour  des  mains la  peau  des  chevreaux ,  et  lui  en  couvrit le  cou  partout  où  il  était  découvert.
17.  Puis  elle  lui  donna  ce  qu'elle  avait préparé  à  manger,  et  les  pains  qu'elle avait  cuits.
18.  Jacob  porta  le  tout  devant  Isaac, et  lui  dit  :  Mon  père.  Je  vous  entends, dit  Isaac.  Qui  êtes -vous,  mon  fils?
19.  Jacob  lui  répondit  :  Je  suis  Esali votre  fils  aîné.  J'ai  fait  ce  que  vous  m'avez commandé  :  levez -vous,  mettez -vous  sur Totre  séant ,  et  mangez  de  ma  chasse  afin que  vous  me  donniez  votre  bénédiction.
20.  Isaac  dit  encore  à  son  fils  :  Mais
7.  Affer  mihi  devenatione  tua,  et  fac cibos  ut  comedam,  et  benedicam  tibi  co- ram  Domino  antequam  moriar.
8.  Nunc  ergo,  fili  mi,  acquiesce  con- siliis  meis,
9.  Et  pergens  ad  gregem ,  aiïer  mihi duos  hsedos  optimos,  ut  faciam  ex  eis escas  patri  tuo ,  quibus  libenter  vescitur  ;
10.  Quas  cum  intuleris,  et  comederit, benedicat  tibi  priusquam  moriatur.
11.  Cui  ille  respondit  :  Nosti  quod Esau  fi-ater  meus  homo  pilosus  sit,  et ego  lenis.
12.  Si  attrectaverit  me  pater  meus,  et senserit,  timeo  ne  putet  me  sibi  voluisse illudere,  et  inducam  super  me  maledi- ctionem  pro  benedictione.
13.  Ad  quem  mater  :  In  me  sit,  ait, ista  maledictio ,  fili  mi  ;  tantum  audi  vo- cem  meam,  et  pergens  affier  quce  dixi.
14.  Abiit,  et  attulit,  deditque  matri. Para  vit  illa  cibos,  sicut  velle  noverat, patrem  illius.
15.  Et  vestibus  Esau  valde  bonis,  quas apud  se  habebat  domi ,  induit  eum  ;
16.  Pelliculasque  hsedorum  circumde- dit  manibus,  et  colli  nuda  protexit.
17.  Deditque  pulmentum,  et  panes, quos  coxerat ,  tradidit.
18.  Quibus  illatis,  dixit  :  Pater  mi. At  ille  lespondit  :  Audio.  Quis  es  tu,  fili mi?
19.  Dixitque  Jacob  :  Ego  sum  primo- genitus  tuus  Esau;  feci  sicut  praecepisti mihi;  surge,  sede,  et  comede  de  vena- tione  mea,  ut  benedicat  mihi  anima  tua.
20.  Karsumque  Isaac  ad  filium  suum  :
11-12.  Jacob  a  calculé  en  tin  instant  les  chances bonnes  et  mauvaises  de  l'enti'eprise  ;  il  lui  semble que  ces  dernlèies  l'emportent  :  de  là  son  objec- tion si  naturelle.  S'exposera -t -il  à  une  malédic- tion terrible  ?
13.  Ré  becca  le  rassure  en  répondant  de  toutes les  conséquences.  Beau  mélange  d'énergie  et  de tendresse  dans  sa  réponse.
14-17.  Les  préparatifs  de  la  fraude,  racontés en  termes  pittoresques.  —  Vestihus  valde  bonis. If  iprès  ce  passage ,  les  vêtements  d'Esaû  devaient «e  faire  remarquer  par  quelque  particularité;
mais  on  ne  saurait  déterminer  sûrement  en  quoi elle  consistait.  Isaac  les  reconnaîtra,  vers.  27,  à l'odeur  des  plantes  aromatiques  dont  ils  s'étaient chargés  durant  les  courses  du  chasseur  à  travers la  campagne.  —  PelUculas  hœdorum.  En  Orient, les  chèvres  ont  un  poil  si  soyeux,  qu'il  sert  de terme  de  comparaison  pour  désigner .  une  belle chevelure.  Gant,  iv,  1.
18-24.  Voici  Jacob  devant  son  père,  18-29.  Les vers.  18-24  forment  les  préliminaires  de  cette  scène émouvante.  Le  «  supplantateur  »  subit  un  inter- rogatoire en  forme,  jusqu'à  ce  qu'il  ait  renversé
108
Gen.  XXVII,  21-29.
Quomodo,  inqiiit,  tam  cito  invenire  po- tiiisti,  fili  mi?  Qui  respondit  :  Voluntas Dei  fuit  ut  cito  occurreret  mihi  quod volebam.
21.  Dixitque  Isaac  :  Accède  hue,  ut tangam  te ,  lili  mi ,  et  probem  utrum  tu sis  filius  meus  Esau,  an  non.
22.  Accessit  ille  ad  patrem,  etpalpato eo ,  dixit  Isaac  :  Vox  quidem ,  vox  Jacob est;  sed  manus,  manus  sunt  Esau.
23.  Et  non  cognoviteum,  quia  pilosse manus  similitudinem  majoris  expresse- rant.  Benedicens  ergo  illi,
24.  Ait  :  Tu  es  filius  meus  Esau  ?  Re- spondit :  Ego  sum.
25.  At  ille  :  Alïer  mihi,  inquit,  cibos de  venatione  tua,  fili  mi,  ut  benedicat tibi  anima  mea.  Quos  cum  oblatos  co- medisset,  obtulit  ei  etiam  vinum;  quo hausto,
26.  Dixit  ad  eum  :  Accède  ad  me,  et da  mihi  osculum,  fili  mi.
27.  Accessit,  et  osculatus  est  eum.  Sta- timque  ut  sensit  vestimentorum  illius fragantiam,  benedicens  illi,  ait  :  Ecce odor  filii  mei  sicut  odor  agri  pleni,  cui benedixit  Dominus.
28.  Det  tibi  Deus  de  rore  caeli,  et  de pinguedine  terras,  abundantiam  frumenti et  vini.
29.  Et  serviant  tibi  populi,  et  adorent te  tribus  ;  esto  dominus  fratrum  tuorum, et  incurventur  ante  te  filii  matris  tu£e  ; qui  maledixerit  tibi ,  sit  ille  maledictus  ; et  qui  benedixerit  tibi,  benedictionibus repleatur.
comment  avez-vous  pu,  mon  fils,  en  trou- ver si  tôt?  Il  lui  répondit  :  Dieu  a  voulu que  ce  que  je  désirais  se  présentât  tout d'un  coup  à  moi.
21.  Isaac  dit  encore  :  Approchez  -  vous d'ici,  mon  fils,  afin  que  je  vous  touche, et  que  je  reconnaisse  si  vous  êtes  mon fils  Esaii  ou  non.
22.  Jacob  s'approcha  de  son  père;  et Isaac,  l'ayant  tâté,  dit  :  Pour  la  voix, c'est  la  voix  de  Jacob  ;  mais  les  mains sont  les  mains  d' Esaii.
23.  Et  il  ne  le  reconnut  point,  parce que  ses  mains,  étant  couvertes  de  poil, parurent  toutes  semblables  à  celles  de  son aîné.  Isaac ,  le  bénissant  donc ,
24.  Lui  dit  :  Etes-vous  mon  fils  Esaii? Je  le  suis,  répondit  Jacob.
25.  Mon  fils,  ajouta  Isaac,  apportez- moi  à.  manger  de  votre  chasse,  afin  que je  vous  bénisse.  Jacob  lui  en  présenta; et  après  qu'il  en  eut  mangé,  il  lui  pré- senta aussi  du  vin  qu'il  but.
26.  Isaac  lui  dit  ensuite  :  Approchez- vous  de  moi,  mon  fils,  et  venez  me  baiser.
27.  Il  s'approcha  donc  de  lui,  et  le baisa.  Et  Isaac,  aussitôt  qu'il  eut  senti la  bonne  odeur  qui  sortait  de  ses  habits , lui  dit  en  le  bénissant  :  L'odeur  qui  sort de  mon  fils  est  semblable  à  celle  d'un champ  plein  de  fleurs  que  le  Seigneur a  comblé  de  ses  bénédictions.
28.  Que  Dieu  vous  donne  une  abon- dance de  blé  et  de  vin,  de  la  rosée  du ciel  et  de  la  graisse  de  la  terre.
29.  Que  les  peuples  vous  soient  assu- jettis, et  que  les  tribus  vous  adorent. Soyez  le  seigneur  de  vos  frères,  et  que les  enfants  de  votre  mère  se  courbent devant  vous.  Que  celui  qui  vous  maudira, soit  maudit  lui-même;  et  que  celui  qui vous  bénira,  soit  comblé  de  bénédictions.
les  cloutes  d'Isaac.  —  Egoprimogenitustuus  Esau. Malgré  l'intéressante  apologie  de  S.  Augustin, on  a  de  la  peine  à  ne  pas  voir  un  mensonge  dans cette  réponse.  Jacob  n'était  pas  Esaii.  Voy.  le  Ma- nuel bihl.,I,  562,  et  T.  Laniy,  Comm.in  Gènes., II,  170  et  ss.  —  Voluntas  Dei  fuit...  On  a  re- marqué assez  délicatement  que  Jacob,  en  tenant ce  pieux  langage,  sortait  du  rôle  qu'il  avait  as- sumé; d'autre  part,  il  était  profane  lui-même, en  attribuant  à  l'action  divine  ce  qui  n'était qu'une  œuvre  très  humaine.  —  Accède  hue.  Le vieillard,  qui  se  défiait  à  bon  droit  de  sa  vue,  et qui  croyait  reconnaître  la  voix  de  Jacob  (vers.  22), veut  faire  une  expérience  plus  concluante.
25-27».  Le  repas,  25,  et  le  remerciement  pa- ternel d'Isaac,  26-27»,  maintenant  que  tout  soup- çon a  disparu.
27" -29.  La  bénédiction  (28-29),  précédée  de son  préambule  solennel,  27".  Elle  est  écrite  en vers,  avec  le  rythme  et  le  parallélisme.  —  Ecçe Oder...  agri  pleni.  Les  auteurs  classiques,  entre autres  Hérodote  et  Pline,  ont  eux-mêmes  noté  le parfum  particulier  qu'exhalent  les  champs  de  la Palestine.  —  De  rore  cceli  et  de  pinguedine...  : les  deux  conditions  essentielles  pour  obtenir  de riches  récoltes.  La  rosée  a  une  importance  spé- ciale en  Orient,  où  les  pluies  sont  si  rares.  — Frumenti  et  vini.  Les  deux  produits  principaux de  l'agriculture.  —  M  serviant...  Des  richesses,  la bénédiction  passe  au  rôle  personnel  prépondérant de  celui  sur  qui  elle  tombât.  —  Populi  et  tribus. C'est  la  préséance  universelle,  exercée  sur  les peuples  d'alentour.  —  Dominus  fratrum...  C'est  la préséance  sur  les  tribusapparentées,— Qt«t  maledi-
Gen.  XXVII,  30-38.
-109
30.  Isaac  ne  faisait  que  d'achever  ces   ! paroles,  et  Jacob  était  à  peine  sorti  de- hors, lorsqii'Esaii  entra,
31.  Et  que,  présentant  à  son  père  ce qu'il  avait  apprêté  de  sa  chasse,  il  lui dit  :  Levez -vous,  mon  père,  et  mangez de  la  chasse  de  votre  fils,  afin  que  vous me  donniez  votre  bénédiction.
32.  Isaac  lui  dit  :  Qui  êtes-vous  donc  V Esaii  lui  répondit  :  Je  suis  Esaii  votre fils  aîné.
33.  Isaac  fut  frappé  d'un  profond  éton- nement;  et,  admirant  au  delà  de  tout  ce qu'on  peut  croire  ce  qui  était  arrivé,  il lui  dit  :  Qui  est  donc  celui  qni  m'a  déjà apporté  de  ce  qu'il  avait  pris  à  la  chasse, et  qui  m'a  fait  manger  de  tout  avant  que vous  vinssiez  ?.et  je  lui  ai  donné  ma  bé- nédiction, et  il  sera  béni.
34.  Esaii,  à  ces  paroles  de  son  père, jeta  un  cri  furieux;  et,  étant  dans  une extrême  consternation,  il  lui  dit  :  Donnez- moi  aussi  votre  bénédiction,  mon  père.
35.  Isaac  lui  répondit  :  Votre  frère m'est  venu  surprendre,  et  il  a  reçu  la bénédiction  qui  vous  était  due.
36.  C'est  avec  raison,  dit  Esaû,  qu'il a  été  appelé  Jacob  ;  car  voici  la  seconde fois  qu'il  m'a  supplanté.  Il  m'a  enlevé auparavant  mon  droit  d'aînesse  ;  et  pré- sentement il  vient  encore  de  me  dérober la  bénédiction  qui  m'était  due.  Mais,  mon père,  ajouta  Esaii,  ne  m'avez-vous  point réservé  aussi  une  iDénédiction  ?
37.  Isaac  lui  répondit  :  Je  l'ai  établi votre  seigneur,  et  j'ai  assujetti  à  sa  do- mination tous  ses  frères.  Je  l'ai  affermi dans  la  possession  du  blé  et  du  vin;  et après  cela,  mon  fils,  que  me  reste -t-il que  je  puisse  faire  pour  vous  ?
38.  Esaii  lui  repartit  :  N'avez -vous donc,  mon  père,  qu'une  seule  bénédic- tion? Je  vous  conjure  de  me  bénir  aussi. Il  jeta  ensuite  de  grands  cris  mêlés  de laiTues.
30.  Vix  Isaac  sermonem  impleverat, et  egresso  Jacob  foras,  venit  Esau,
31.  Coctosque  de  venatione  cibos  in- tulit  patri,  dicens  :  Surge,  pater  mi,  et comede  de  venatione  filii  tui ,  ut  benedi- cat  mihi  anima  tua.
32.  Dixitque  illi  Isaac  :  Quis  enim  es tu?  Qui  rcspondit  :  Ego  sum  filius  tuus primogenitus  Esau.
33.  Expavit  Isaac  stupore  vehementi, et  ultra  quam  credi  potest,  admirans, ait  :  Quis  igitur  ille  est  qui  dudum  captam venationem  attulit  mihi,  et  comedi  ex omnibus  prinsquam  tu  venires?  benedixi- que  ei,  et  erit  benedictus.
34.  Auditis  Esau  sermonibus  patris, irrugiit  clamore  magno  ;  et  consternatus, ait  :  Benedic  etiam  et  mihi,  pater  mi.
35.  Qui  ait  :  Venit  germanus  tuus fi'audulenter,  et  accepit  benedictionem tuam.
36.  At  ille  subjunxit  :  Juste  vocatum est  nomen  ejus  Jacob  :  supplanta  vit  enim me  in  altéra  vice  ;  primogenita  mea  ante tulit,  et  nunc  secundo  surripuit  benedi- ctionem meam.  Rursumque  ad  patrem  : Numquid  non  reservasti,  ait,  et  mihi  be- nedictionem ?
37.  Eespondit  Isaac  :  Dominum  tuum illum  constitui,  et  omnes  fratres  ejus servituti  illius  subjugavi  ;  frumento  et vino  stabilivi  eum,  et  tibi  post  hsec,  fili mi ,  ultra  quid  f aciam  ?
38.  Oui  Esau  :  Num  unam,  inquit, tantum  benedictionem  habes,  pater?  mihi quoque  obsecro  ut  benedicas.  Cumque ejulatu  magno  fleret,
ocerit...  Jacob  sera,  comme  Abraliani,  xii,  3,  source de  bénédiction  ou  de  malédiction,  suivant  l'attitude qu'on  pi'cndi'a  à  son  égard  et  à  l'égard  de  sa  race.
5°  Esau  est  béni  à  son  tour.  XXVII,  30-10.
30-33.  Début  d'une  autre  scène  non  moins  gra- phique que  la  précédente.  Il  consiste  pareille- ment en  un  interrogatoire.  —  Expavit...  stupore vehementi...  La  vigueur  des  expressions  est  re- marquable. Mais,  malgré  sa  stupéfaction,  Isaac ne  songe  nullement  à  s'irriter,  ou  à  retirer  la bénédiction  accordée  par  surprise  ;  il  la  confirme, au  contraire,  erit  benedictus,  reconnaissant  la uiain  de  Dieu  en  tout  cela.
34-38».  Efforts  d'EsaiJ  pour  obtenir  d'être  béni à  son  tour.  —  Irrvgiit...  consternatKS.  On  recon- naît, à  ces  traits, sa  nature  passionnée. Il  semble, mais  ti'op  tard,  comprendre  tout  ce  qu'il  a  perdu. Cf.  Hebr.  xn,  17.  —  Etiam  et  miJii.  Au  moins cela,  pour  rétablir  l'égalité  rompue.  —  Juste... Jacob;  suppJaittavit...  Cf.  xxv,  26,  et  le  commen- taire. La  paronomase  est  f  l'ai^pante  en  hébreu  : Ya'aqôb,  vayija'q'bèni.
38^-40.  Motus  Isaac.  Tout  en  demeurant  ferme sur  le  point  principal  (vers.  37),  Isaac  ne  peut résister  aux  maniiestations  de  plus  en  plus  vio- lentes du  chagrin  d'Esaii.  Mais  les  faveurs  qu'il
6
110
Gen.  XXVIl,  59-46.
39.  Motus  Isaac,  dixit  ad  eum  :  In pinguedine  terrye,  et  in  rore  caeli  desu- per  erit  benedictio  tua.
40.  Vives  in  gladio,  et  fratri  tuo  ser- vies; tempusque  veniet,  cum  excutias et  sol  vas  jugum  ejus  de  cervicibus  tuis.
41.  Oderat  ergo  semper  Esau  Jacob pro  benedictione  qua  benedixerat  ei  pa- ter  ;  dixitque  in  corde  suo  :  Venient  dies luctus  patris  mei ,  et  occidam  Jacob  f  ra- trem  meum.
42.  Nuntiata  sunt  hœc  Rebeccae ,  quse , mittens  et  vocans  Jacob  filium  suum, dixit  ad  eum  :  Ecce  Esau  frater  tuus  mi- natur  ut  occidat  te.
43.  Nunc  ergo,  fili  mi,  audi  vocem meam ,  et  consurgens  f  uge  ad  Laban  f  ra- trem  meum  in  Haran  ;
44.  Habitabisque  cum  eo  dies  paucos, donec  requiescat  furor  fratris  tui,
45.  Et  cesset  indignatio  ejus,  oblivisca- turque  eorum  quse  fecisti  in  eum  ;  postea mittam,  et  adducam  te  inde  hue;  cur utroque  orbabor  filio  in  uno  die?
46.  Dixitque  Rebecca  ad  Isaac  :  Tœdet me  vitse  mese  propter  filias  Heth  ;  si  ac- ceperit  Jacob  uxorem  de  stirpe  hujus terrae,  nolo  vivere.
39.  Et  Isaac ,  en  étant  touché ,  lui  dit  : Votre  bénédiction  sera  dans  la  graisse de  la  terre  et  dans  la  rosée  du  ciel  qui vient  d'en  haut.
40.  Vous  vivrez  de  l'épée,  vous  servirez votre  frère,  et  le  temps  viendra  que  vous secouerez  son  joug,  et  que  vous  vous  en délivrerez.
41.  Esaiï  haïssait  donc  constamment Jacob,  a  cause  de  cette  bénédiction  qu'il avait  reçue  de  son  père  ;  et  il  disait  en lui-même  :  Le  temps  de  la  mort  de  mon père  viendra,  er  aiors  ]e  tuerai  mon  frère Jacob.
42.  Ce  qui  ayant  été  rapporté  à  Re- becca, elle  envoya  chercher  son  fils  Ja- cob, et  lui  dit  :  Voilà  votre  frère  Esaii qui  menace  de  vous  tuer.
43.  Mais ,  mon  tils ,  croyez-moi ,  hâtez- vous  de  vous  retirer  vers  mon  frère  La- ban, qui  est  à  Haran.
44.  Vous  demeurerez  quelques  jours avec  lui,  ]usqu'à  ce  que  la  fureur  de  votre frère  s'apaise ,
45.  Que  sa  colère  se  passe,  et  qu'il oublie  ce  que  vous  avez  fait  contre  lui. J'enverrai  ensuite,  pour  vous  faire  revenir ici.  Pourquoi  perdrais -je  mes  deux  en- fants en  un  même  jour  ?
46.  Rébecca  dit  ensuite  à  Isaac  :  La vie  m'est  devenue  ennuyeuse  à  cause  des filles  de  Heth  qu  Esaii  a  épousées.  Si  Ja- cob épouse  une  fille  de  ce  pays -là,  je  ne veux  plus  vivre.
promet  au  fils  aîné  sont  inférieures,  de  toute manière, à  celles  qu'il  avait  prédites  à  Jacob. — In  pinguedine...  et  in  rore.  On  abandonne  au- jourd'hui assez  généralement  cette  traduction ,  et à  bon  droit,  car  elle  cadre  mal  avec  le  contexte (vers.  37,  40),  et  accorde  à  Esaii  ce  qui  a  déjà été  donné  à  son  frère.  Ici,  le  mèm  hébreu  a  un sens  privatif  :  «  Loin  de  la  graisse  de  la  tei're  et de  la  rosée  du  ciel  sera  ta  bénédiction.  »  Ajou- tons que  l'Idumée,  occupée  durant  tant  de  siècles par  la  i*ace  d'Esaii,  est  une  contrée  aride  et pauvre  dans  son  ensemble;  aussi  ses  habitants ont -ils  surtout  vécu  in  gladio,  de  guerre,  de rapine  et  de  meurtre.  —  Fratri...  servies.  Les Edomites  furent  successivement  domptés  par  Saiil , I  Reg.  xrv,  47;  par  David,  Il  Reg.  viii,  14,  et par  les  rois  suivants  jusqu'au  temps  d'Achaz, IV  Reg.  XIV,  22  ;  domptés  davantage  encore  par Jean  Hyrcan,  et  finalement  amalgamés  avec  les Juifs.  —  Tempus...  ut  excutias.  Cette  unique  con- solation donnée  à  Esaii  s'est  pareillement  réali- eée  à  divers  intervalles  des  règnes  signalés  plus haut;  le  dernier  roi  qui  s'assit  sur  le  trône  de David,  Ilérode  le  Grand,  était  de  race  idu- méenue.
6»  Départ  de  Jacob  pour  la  Mésopotamie. XXVII,  41  — XXVIII,  5.
41,  Oderat  ergo.  Triste  résultat ,  qui  n'était  que trop  à  prévoir.  —  Dies  luctus...  Il  escompte  le  peu de  vie  qui  reste  à  son  père,  et  déjà  il  jouit  par avance  de  ses  cruels  pi'ojets  :  occidam...
42-45,  Nuntiata  sunt...  Esaii  n'avait  pu  garder       j longtemps  «in  corde  suo  »  fvei's.  41)  sa  résolu-       ■ tion  sauvage;  il  dut  la  divulguer,  et  la  nouvelle en  parvint  bientôt  à  Rébecca,  Cette  femme  intré- pide prend  sur-le-champ  son   parti  en  face  du danger  :  il  faut  éloigner  son  flls  bien -aimé,  et         ^ c'est  lui  qu'elle  avertit  d'abord.  —  Dies  paucos. Délicat  palliatif.  Peut-être  espérait -elle  que  la colère  d'Esaii  serait  prompte   à  se   calmer.   En réalité,  l'exil   de  Jacob   dura   40  années,  et  sa mère  ne  le  revit  plus,  —  Utroque  orbabor...  De Jacob  par  la  main  criminelle  d'Esaii  ;  de  celui-ci par  la  main  de  la  justice  A^engeresse  (Cf.  Gen,  ix,  6).
46,  Rébecca ,  pour  faire  accepter  à  Isaac  la  fuite de  Jacob ,  allègue  un  tout  autre  motif  :  la  néces- sité de  marier  leur  second  flls  en  dehors  du  pays de  Chanaan.  Elle  ne  voulait  pas  trop  effrayer  le vieillard.  Son  langage  est  ému,  passionné  :  Taedet me...,  nolo  vivere.  et.  XXVI,  34-35.
Gen.  XXVIII,  1-11.
111
CHAPITRE  XXVIII
1 .  Isaac,  a3'ant  donc  appelé  Jacob ,  le bénit,  et  lui  fit  ce  commandement  :  Ne prenez  point,  lui  dit-il,  une  femme  d'entre les  filles  de  Chanaan  ;
2.  Mais  allez  en  Mésopotamie  de  Syrie, en  la  maison  de  Bathuel,  père  de  votre mère ,  et  épousez  une  des  filles  de  Laban votre  oncle.
3.  Que  le  Dieu  tout -puissant  vous  bé- nisse, qu'il  accroisse  et  qu'il  multiplie votre  race,  afin  que  vous  soyez  le  chef de  plusieurs  peuples.
4.  Qu'il  vous  donne,  et  à  votre  posté- rité après  vous,  les  bénédictions  qu'il  a promises  à  Abraham ,  et  qu'il  vous  fasse posséder  la  terre  où  vous  demeurez  comme étranger,  qu'il  a  promise  à  votre  aïeul.
5.  Jacob,  ayant  pris  ainsi  congé  d'Isaac, partit  pour  se  rendre  en  Mésopotamie  de Syrie,  chez  Laban,  fils  de  Bathuel  Sy- rien ,  frère  de  Rébecca  sa  mère.
6.  Mais  Esaii,  voyant  que  son  père  avait béni  Jacob,  et  l'avait  envoyé  en  Méso- potamie de  S)Tie,  pour  épouser  une  femme de  ce  pays -là;  qu'après  lui  avoir  donné sa  bénédiction,  il  lui  avait  fait  ce  com- mandement :  Vous  ne  prendrez  point  de femme  d'entre  les  filles  de  Chanaan  ;
7.  Et  que  Jacob,  obéissant  à  son  père et  à  sa  mère ,  était  allé  en  Syrie  ;
8.  A3^ant  vu  aussi  par  expérience  que les  filles  de  Chanaan  ne  plaisaient  point à  son  père,
9.  Il  alla  auprès  d'Ismaël,  et  outre les  femmes  qu'il  avait  déjà,  il  épousa  Ma- liélcth,  fille  d'Ismaël,  fils  d'Abraham,  et sœur  de  Nabaioth.
10.  Jacob,  étant  donc  sorti  de  Bersabée, allait  à  Haran  ;
11.  Et  étant  venu  en  un  certain  lieu,
1.  Vocavit  itaque  Isaac  Jacob,  et  be- nedixit  eum,  prœcepitque  ei  dicens  : Noli  accipere  conjugem  de  génère  Cha- naan ;
2.  Sed  vade,  et  proficiscere  in  Meso- potamiam  Syrige,  ad  domum  Bathuel patris  matris  tuse,  et  accipe  tibi  inde uxorem  de  filiabus  Laban  avunculi  tui.
3.  Deus  autem  omnipotens  benedicat tibi,  et  crescere  te  faciat,  atque  multi- plicet ,  ut  sis  in  turbas  populorum  ;
4.  Et  det  tibi  benedictiones  Abrahse, et  semini  tuo  post  te,  ut  possideas  ter- ram  peregrinationis  tuse,  quam  pollici- tus  est  avo  tuo.
5.  Cumque  dimisisset  eum  Isaac,  pro- fectus  venit  in  Mesopotamiam  Syrige  ad Laban  filium  Bathuel  Syri,  fi-atrem  Ee- beccse  matris  suse.
6.  Videns  autem  Esau  quod  benedixis- set  pater  suus  Jacob ,  et  misisset  eum  in Mesopotamiam  Syrise,  ut  inde  uxorem duceret,  et  quod  post  benedictionem  prse- cepisset  ei ,  dicens  :  Non  accipies  uxorem de  filiabus  Chanaan  ;
7.  Quodque  obediens  Jacob  parentibus suis  isset  in  Syriam  ;
8.  Probans  quoque  quod  non  libenter aspiceret  filias  Chanaan  pater  suus,
9.  Ivit  u,d  Ismaelem ,  et  duxit  uxorem , absque  iis  quas  prius  habebat,  Maheletli filiam  Ismael  filii  Abraham,  sororem Nabaioth.
10.  Igitur  egressus  Jacob  de  Bersabée, pergebat  Haran.
11.  Cumque  venisset  ad  quemdam  lo-
Chap.  XXVIII.  —  1-2.  Vocavit  itaque.  Isaac accepte  sans  peine  le  projet  si  raisonnable  de  Ré- becca, se  souvenant  sans  doute  de  ce  que  son projTG  jière  avait  fait  pour  lui.
3-5.  Cette  'fois,  c'est  librement  et  sciemment qu'il  bon it  Jacob.  —  Inturljaspopulorum.Ylehv.  : une  oglisc  de  peuples.  —  Benedictiones  Abrahce. Deux  m(/ts  qui  contiennent  tant  de  choses.
70  Nouveau  mariage  d'Esaii.  XXVIII,  6-9.
6-8.  Vldtvs...  Motifs  sur  lesquels  Esaii  appuya Bi  étrangement  son  dessein.
9.  Conclusion  do  son  raisonnement  :  lui  aussi, 11  vont  se  marier  dans  la  famille.  —  Los  mots absque  iis...  sont  une  condamnation  tacite  de  la
polygamie  d'Esaii.  —   Maheleth...  sororem  Na- baioth. Nabaioth  était  le  premier -né   d'Ismaël,
XXV,   13.
Section  II.  —  Deuxième  période  de  la.  vie d'Isaac.  XXVIII,  10  —  XXXV,  29.
En  réalité,  c'est  exclusivement  l'histoire  de  Jacob qui  sera  désormais  racontée;  Isaac  n'apparaîtra plus  que  pour  mourir. ^I— Jacoben  Mésopotamie.XXYlU, 10— XXX,^^.
1-  La  vision  de  Béthel.  XXVIII,  10-22.
10-11.  Préambule.  —  De  Bersabée...  Haran. C'est  le  voyage  d'Abraham  pris  à  reboui's.  —  Ad quemdam  locum.  En  hébr.  :  «  le  lieu,  »  avec  l'ar-
112
Gen.  XXVIII,  12-18.
cnm ,  et  vellct  in  eo  reqnicscere  post  solis occubitum,  tulit  de  kpidibus  qui  jace- bant,  et  supponens  capiti  suo,  dormi  vit in  eodem  loco.
12.  Viditquein  somnis  scalam  stantem snper  terram,  et  cacumen  illius  tangens cœliim  ;  angelos  quoqiie  Dei  ascendentes et  descendentes  per  oam  ;
13.  Et  Domimim  innixnm  scalae  di- centem  sibi  :  Ego  sum  Dominiis  Deus Abraham  patris  tiii,  et  Deus  Isaac;  ter- ram, in  qua  dormis,  tibi  dabo  et  semini tuo.
14.  Eritque  semen  tuum  quasi  pulvis terrse;  dilataberis  ad  Occidentem,  et Orientem,  et  Septentrionem,  et  Méri- dien! ;  et  benedicentiir  in  te,  et  in  semine tuo ,  cunctge  tribus  terras.
15.  Et  ero  custos  tuus  quocumque  per- rexeris,  et  rcducam  te  in  terram  hanc; ncc  dimittam  nisi  complevero  universa quœ  dixi.
16.  Cumque  evigilasset  Jacob  de  som- no,  ait  :  Vere  Dominus  est  in  loco  isto, et  ego  nesciebam.
17.  Pavensque,  Quam  terribilis  est, inquit,  locus  iste  !  non  est  hic  aliud  nisi domus  Dei,  et  porta  cœli.
18.  Surgens  ergo  Jacob  mane,  tulit lapidem  quem  supposuerat  capiti  suo, et  erexit  in  titulum,  fundens  oleum  de- super.
comme  il  voulait  s'y  reposer  après  le  cou- cher du  soleil ,  il  prit  une  des  pierres  qui étaient  là,  et  la  mit  sous  sa  tête;  et  il s'endormit  au  même  lieu.
12.  Alors  il  vit  en  songe  une  échelle, dont  le  pied  était  appuyé  sur  la  terre ,  et le  haut  touchait  au  ciel  ;  et  des  anges  de Dieu  montaient  et  descendaient  le  long de  l'échelle.
13.  Il  vit  aussi  le  Seigneur  appuyé  sur le  haut  de  l'échelle,  qui  lui  dit  :  Je  suis le  Seigneur,  le  Dieu  d'Abraham  votre père,  et  le  Dieu  d'Isaac.  Je  vous  donne- rai et  à  votre  race  la  terre  où  vous  dor- mez.
14.  Votre  postérité  sera  comme  la  pous- sière de  la  terre  :  vous  vous  étendrez  à l'orient  et  à  l'occident,  au  septentrion  et au  midi  ;  et  toutes  les  nations  de  la  terre seront  bénies  en  vous,  et  dans  celui  qui sortira  de  vous.
15.  Je  serai  votre  protecteur  partout où  vous  irez ,  je  vous  ramènerai  dans  ce pays,  et  ne  vous  quitterai  point  que  je n'aie  accompli  tout  ce  que  j'ai  dit.
16.  Jacob,  s'étant  éveillé  après  son  som- meil, dit  ces  paroles  :  Le  Seigneur  est vraiment  en  ce  lieu-ci,  et  je  ne  le  savais pas.
17.  Et,  tout  effrayé,  il  ajouta  :  Que  ce lieu  est  terrible  !  C'est  véritablement  la maison  de  Dieu  et  la  porte  du  ciel.
18.  Jacob,  se  levant  donc  le  matin,  prit la  pierre  qu'il  avait  mise  sous  sa  tête ,  et l'érigea  comme  un  monument,  répandant de  l'huile  dessus.
ticle  défini  ;  c.-ù-d.  la  localité  que  cet  épisode  ren- dit ensuite  si  célèbi-e.  Ell-e  est  située  au  cœur des  montagnes  grises  d'Ephraïm ,  à  environ  quatre jours  de  marche  de  Bersabée.  —  Reqtiiescere  :  y passer  la  nuit.  —  Tulit  de  lapidibus.  Les  pierres abondent  à  Béthel;  le  rocher  y  est  môme  sou- vent à  fleur  de  sol.
12-13».  Récit  de  la  vision.  —  Vidit.  Hébr.  :  «  Et ecce;  »  de  même  plus  loin  :  «  et  ecce  angeli..., et  ecce  Dominus  innixus...  »  Ces  trois  «  voici  » signalent  les  trois  particularités  prmcipales  de  la vision,  avec  gradation  ascendante.  —  Scalam  : le  substantif  hébreu  peut  désigner  aussi  bien  un escalier  qu'une  échelle.  —  Terram,...  ccelum.  Le ciel  et  la  terre  étaient  donc  ainsi  étroitement unis  ;  entre  Dieu  et  Jacob  il  y  avait  des  commu- nications perpétuelles.  —  Angelos  quoque...  L'in- cessant va-et-vient  des  esprits  célestes  exprime plus  clairement  encore  la  même  pensée  :  ils  mon- taient ,  pour  porter  au  ciel  les  prières  et  les  né- cessités do  Jacob  ;  ils  redescendaient ,  pour  lui transmettre  les  grâces  divines.  Ce  verset  est  un «  locus  classicus  »  en  faveur  de  l'existence  des anges.  Voyez,  Joan.  i,  51,  la  belle  application  que
Jésus-Christ  s'en  fit  à  lui-même.
13^-15.  Le  Seigneur  daigne  confirmer  formelle- ment à  Jacob  les  promesses  faites  autrefois  :;. Abraham  et  à  Isaac,  13b- 14;  n  lui  promet,  en outre,  son  assistance  toute -puissante  jusqu'à  sou retour  en  Palestine,  15.  Passage  messianique.
16-17.  Impression  profonde  pi'oduite  sur  Jacob par  ce  songe  mystérieux.  —  Vere  Dominus  (  Jé- hovah  ) ...,  et...  nesciebam.  Non  qu'il  ignorât  le dogme  de  l'omniprésence  divine  ;  mais  il  né  s'é- tait pas  attendu  à  une  manifestation  du  Seigneur en  cet  endroit  spécial,  si  loin  du  séjour  actuel  de la  famille  saci'ée.  —  Pavensque...  Constamment nous  retrouverons  ce  fait  dans  la  Bible  :  les hommes  éprouvent  de  l'effroi  en  présence  du  sur- naturel. —  Domus  Dei,  porta  cali.  Allusion  aux circonstances  du  songe.
18.  Trois  actes  de  Jacob  à  la  suite  de  cet  inci- dent, 18-22.  —  Premier  acte  :  Lapidem...  in  ti- tulum :  hébr.  massébah ,  stèle  ;  c.-â-d.  qu'il  di'cssa cette  pierre  debout,  comme  un  mémorial  de  la bonté  de  Dieu  à  son  égard.  —  Fundens  oleum: pour  dédier  et  consacrer  la  pierre.  Le  rite  de l'onction  sainte  est  mentioimé  ici  pour  la  première
G  EN.  XXVIII,  19  —  XXIX,  5.
llî
19.  Il  donna  aussi  le  nom  de  Béthel  à la  ville,  qui  auparavant  s'appelait  Luza.
20.  Et  il  fit  en  même  temps  ce  vœu , en  disant  :  Si  Dieu  demeure  avec  moi, s'il  me  protège  dans  le  chemin  par  lequel je  marche,  et  me  donne  du  pain  pour  me nourrir,  et  des  vêtements  pour  me  vêtir  ;
21.  Et  si  je  retourne  heureusement  en la  maison  de  mon  père ,  le  Seigneur  sera mon  Dieu,
22.  Et  cette  pierre  que  j'ai  dressée comme  un  monument  s'appellera  la  mai- son de  Dieu;  et  je  vous  offrirai.  Sei- gneur, la  dîme  de  tout  ce  que  vous  m'au- rez donné.
19.  Appellavitque  nomen  urbis  Bethel, quD3  prius  Luza  vocabatur.
20.  Vovit  etiam  votum,  dicens  :  Si fiierit  Deus  mecum,  et  custodierit  mo in  via  per  quam  ego  ambulo,  et  dederit mihi  panem  ad  vescendum ,  et  vestimen- tum  ad  induendum,
21.  Reversusque  fiiero  prospère  ad  do- mum  patris  mei,  erit  mihi  Dominus  in Deum,
22.  Et  lapis  iste,  quem  erexi  in  titu- lum,  vocabitur  domus  Dei  ;  cunctorum- que  quse  dederis  mihi,  décimas  ofïeram tibi.
CHAPITRE  XXIX
1.  Jacob  continua  srvn  chemin,  et  ar- riva au  pa3^s  de  l'orient.
2.  Il  entra  dans  un  champ  où  il  vit  un puits ,  et  trois  troupeaux  de  brebis  qui  se reposaient  auprès  ;  car  on  y  menait  boire les  troupeaux,  et  l'entrée  en  était  fermée avec  une  grande  pierre.
3.  C'était  la  coutume  de  ne  lever  la pierre  que  lorsque  tous  les  troupeaux étaient  assemblés  ;  et  après  qu'ils  avaient bu,  on  la  remettait  sur  l'ouverture  du puits.
4.  Jacob  dit  donc  aux  pasteurs  :  Mes frères,  d'où  êtes-vous?  Ils  lui  répondirent  : De  Haran.
5.  Jacob  ajouta  :  Ne  connaissez -vous point  Laban,  fils  de  Nachor?  Ils  lui  di- rent :  Nous  le  connaissons.
1 .  Prof  ectus  ergo  Jacob  venit  in  terram
orientalem.
2.  Et  vidit  puteum  in  agro,  très  quo- que  grèges  ovium  accubantes  juxta  eum  ; nam  ex  illo  adaquabantur  pecora,  et  os ejus  grandi  lapide  claudebatur.
3.  Morisque  erat  ut  cunctis  ovibus congregatis  devolverent  lapidem,  ei  re- fectis  gregibus  rursum  super  os  putei ponerent.
4.  Dixitque  ad  pastores  :  Fratres ,  unde estis  ?  Qui  responderunt  :  De  Haran.
5.  Quos  interrogans,  Numquid,  ait,  no- stis  Laban  filium  Nachor?  Dixerunt  : Novimus.
fols.  En  Orient,  un  peu  d'huile  fait  toujours  partie des  provisions  de  voyage.
19.  Second  acte  :  Appellavit...  Bethel,  ou  «  mai- son de  Dieu  ».  —  Prias  Luza.  D'après  Jos.  xvi , 1-2,  Luza  et  Béthel  étaient  deux  localités  dis- tinctes, quoique  rapprochées  l'une  de  l'autre; trait  confirmé  par  le  présent  récit,  qui  laisse  Ja- cob en  dehors  de  la  ville.
20-22.  Troisième  acte,  le  vœu  de  Jacob.  Le patriarche  indique  d'abord  ce  qu'il  attend  du  Sei- gneur :  sa  protection  à  l'aller  (20)  et  au  retour (21»).  Il  expose  ensuite  ce  h  quoi  il  s'oblige  lui- même  relativement  à  Jéhovah  :  1»  Il  le  prendra pour  son  Dieu  spécial,  comme  avaient  fait  son père  et  son  aïeul,  21»>;  2°  il  établira  plus  tard un  sanctuaire  à  Béthel,  22»  (cf.  xxxv,  15);  S»  il consacrera  à  des  oeuvres  pies  la  dîme  de  tous  ses biens,  22*>.
20  L'arrivée  de  Jacob  à  Haran.  XXIX,  1-15.
Idylle  charmante,  parfaitement  racontée.
Chap.  XXIX.  —  1-3,  Profectus.  L'expression hébraïque  est  toute  pittoresque  :  a  Jacob  leva  ses
pieds,  et  vint...  »  Encouragé  par  la  vision  divine, il  reprend  joyeusement  sa  route.  —  Terram  orien- talem. Hébr.:  le  pays  des  fils  de  l'Orient;  ici,  la Mésopotamie.  —  Puteum  in  agro.  Comme  son père,  Jacob  trouve  auprès  d'un  puits  celle  qui sera  bientôt  son  épouse.  Toutefois  le  puits  n'est pas  le  même  ;  celui  d'Éliézer  était  aiiprès  de  la ville,  non  dans  les  champs,  et  il  était  muni  de marches  qui  permettaient  d'atteindre  l'eau  faci- lement. Cf.  XXIV,  11,  16.  —  Très...  grèges  ovium accubantes.  Beau  tableau.  —  Os...  grandi  lapide... Co  qui  a  lieu  souvent  encore  en  Orient  :  soit  pour empêcher  le  sable,  abondant  en  ces  contrées, d'obstruer  peu  h  peu  le  puits  ;  soit  pour  ménager l'eau,  en  empêchant  le  premier  venu  d'ouvrir  à sa  guise.  D'après  les  vers.  3  et  8 ,  tous  les  ayant- droit  s'attendaient.
4-8.  Entretien  de  Jacob  avec  les  pasteurs. Ainsi  qu'il  arrive  d'ordinaire  entre  inconnus,  ils procèdent  par  questions  et  réponses,  d'abord  gé- nérales ,  qui  vont  bientôt  se  particularisant.  — Laban,  filium  Nachor.  En  réalité,  Laban  était
114
Gen.  XXIX,  6-15.
6.  Sanusne  est  ?  inquit.  Valet,  inquiunt  ; et  eece  Rachel  filia  ejus  venit  cum  grege suo.
7.  Dixitque  Jacob  :  Adhuc  multum diei  siiperest,  iiec  est  tempiis  ut  redu- cantur  ad  caulas  grèges;  date  ante  po- tum  ovibus,  et  sic  eas  ad  pastum  redu- cite.
8.  Qui  responderunt  :  Non  possumus, donec  omnia  pecora  congregentur,  et amoveamus  lapidera  de  ore  putei,  ut  ada- quemus  grèges.
9.  Adhuc  loquebantur,  et  ecce  Rachel venicbat  cum  ovibus  patris  sui  ;  nam  gre- gem  ipsa  pascebat.
10.  Quam  cum  vidisset  Jacob ,  et  sciret consobrinam  suam,  ovesque  Laban  avun- culi  sui ,  amovit  lapidem  quo  puteus  clau- debatur.
11.  Et  adaquato  grege,  osculatus  est eam  ;  et  elevata  voce  flevit.
12.  Et  indicavit  ei  quod  frater  esset patris  sui ,  et  filius  Rebeccse  ;  at  illa  fe- stinans  nuntiavit  patri  suo.
13.  Qui,  cum  audisset  venisse  Jacob filium  sororis  suse,  cucurrit  obviam  ei; complexusque  eum,  et  in  oscula  ruens, duxit  in  domum  suam.  Auditis  autem causis  itineris ,
14.  Respondit  :  Os  meum  es,  et  caro mea.  Et  postquam  impleti  sunt  dies  men- sis  unius,
15.  Dixit  ei  :  Num  quia  frater  meus es,  gratis  servies  mihi?  die  quid  merce- dis  accipias.
6.  Se  porte-t-il  bien?  dit  Jacob.  Ils  lui répondirent  :  Il  se  porte  bien;  et  voici sa  fille  Rachel,  qui  vient  ici  avec  son troupeau.
7.  Jacob  leur  dit  :  Il  reste  encore  beau- coup de  jour,  et  il  n'est  pas  temps  de reconduire  les  troupeaux  dans  l'étable; faites  donc  boire  présentement  les  brebis, et  ensuite  vous  les  remènerez  paître.
8.  Ils  lui  répondirent  :  Nous  ne  pou- vons le  faire,  jusqu'à  ce  que  tous  les troupeaux  soient  assemblés,  et  que  nous ayons  ôté  la  pierre  de  dessus  le  puits, pour  leur  donner  à  boire  à  tous  en- semble.
9.  Ils  parlaient  encore ,  lorsque  Rachel arriva  avec  les  brebis  de  son  père  ;  car elle  menait  paître  elle-même  le  trou- peau.
10.  Jacob,  l'ayant  vue,  et  sachant  qu'elle était  sa  cousine,  et  que  ces  ti'oupeaux étaient  à  Laban  son  oncle,  ôta  la  pierre qui  fermait  le  puits.
11.  Et  ayant  fait  boire  son  troupeau, il  la  baisa ,  et  il  pleura  à  haute  voix ,
12.  Et  il  lui  dit  qu'il  était  le  frère  de son  père,  et  le  fils  de  Rébecca.  Rachel courut  aussitôt  le  dire  à  son  père ,
13.  Qui ,  ayant  appris  que  Jacob  fils  de sa  sœur  était  venu,  courut  au-devant  de lui,  l'embrassa  étroitement,  et  l'ayant baisé  plusieurs  fois,  le  mena  en  sa  mai- son. Lorsqu'il  eut  su  de  lui-même  le  su- jet de  son  voyage,
14.  Il  lui  dit  :  Vous  êtes  ma  chair  et mon  sang.  Et  après  qu'un  mois  se  fut passé,
15.  Il  dit  à  Jacob  :  Faut -il  que  vous me  serviez  gratuitement,  parce  que  vous êtes  mon  frère?  Dites -moi  donc  quelle récompense  vous  désirez.
fils  de  Bathuel,  xxiv,  24,  29,  et  petit-flls  de  Na- chor;  .Jacob  cite  de  préférence  ce  dernier,  en tant  que  chef  de  la  famille,  xxn,  20-23.  —Adhuc multum  diei.  Ignorant  les  usages  du  pays,  Jacob 6'étonne  que  les  bergers  attendent  si  longtemps, inactifs,  auprès  du  puits.
9.  Ecce  Rachel..  Autre  tableau  intéressant.  — 2\^am  gregem  ipsa...  Comme  l'ont  toujours  fait, en  Orient,  les  ûUes  des  scheiks  les  plus  riches  et les  plus  considérés.  Cf.  Ex.  n,  16.
10-12.  Première  cnti'cvue  de  Jacob  et  de  Ra- chel. —  Consobrinam...  Hébr.  :  a  lille  de  Laban, frère  de  sa  mère  ».  —  Adaquato  grege.  Il  com- mence par  rendre  service  à  sa  cousine,  puis  il se  fait  connaître  d'elle,  et  donne  un  libre  cours à  son  émotion  :  osculatus  e.-it,  /levit,  indicavit... —  Frater... patris  sui.  A  la  mode  orientale,  plu-
sieurs fois  signalée.  —  Illa  festinans  ;  de  même qu'autrefois  Rébecca,  XXIX,  28.
13  - 15.  Première  entx'evue  de  Jacob  et  de  Laban. —  Cucurrit.  Cet  homme  froid  et  calculateur  était chaud  et  empressé  à  ses  heures.  Cf.  xxiv,  29.  — Complexus ,...  in  oscula  ruens.  Bonne  traduction de  la  forme  réduplicative  employée  dans  le  texte primitif.  —  Os  meum ,  caro  mea.  Un  autre  lui- même,  comme  fils  de  sa  sœur.  Cf.  n,  23.  —  Dies mensis  unius.  Hébr.:  un  mois  de  jours;  c.-à-d. im  mois  plein.  —  Nnm  gratis...?  die  quid  mer- cedis...  Ayant  vu  Jacob  à  l'œuvre  un  mois  du- l'ant,  Laban  avait  compris  qu'il  pourrait  tirer de  lui,  comme  pasteui%  un  excellent  parti.  Mais cet  égoïste  a  soin  de  masquer  sous  les  dehors  de la  générosité  son  amour  du  lucre  et  ses  vues  in- téressées.
Gen.  XXIX,  16-26.
115
16.  Or  Laban  avait  deux  filles,  dont l'aînée  s'appelait  Lia,  et  la  plus  jeune Rachel.
17.  Mais  Lia  avait  les  yeux  chassieux  ; au  lieu  que  Rachel  était  belle  et  très agréable.
18.  Jacob,  ayant  donc  conçu  de  l'alïec- tion  pour  elle,  dit  à  Laban  :  Je  vous servirai  sept  ans  pour  Rachel  votre  se- conde fille.
19.  Laban  lui  répondit  :  Il  vaut  mieux que  je  vous  la  donne  qu'à  un  autre  ;  de- meurez avec  moi.
20.  Jacob  le  servit  donc  sept  ans  pour Rachel  ;  et  ce  temps  ne  lui  paraissait  que peu  de  jours,  tant  l'affection  qu'il  avait pour  elle  était  grande.
21.  Après  cela  il  dit  à  Laban  :  Donnez- moi  ma  femme,  puisque  le  temps  auquel je  dois  l'épouser  est  accompli.
22.  Alors  Laban  fit  les  noces,  ayant invité  au  festin  ses  amis  qui  étaient  en fort  grand  nombre.
23.  Et  le  soir  il  fit  entrer  Lia  sa  fille auprès  de  Jacob,
24.  Et  lui  àonnsijpour  la  servir,  une  es- clave qui  s'appelait  Zelpha.  Jacob,  l'ayant prise  pour  sa  femme,  reconnut  le  matin que  c'était  Lia  ;
25.  Et  il  dit  à  son  beau -père  :  D'où vient  que  vous  m'avez  traité  de  cette sorte?  Ne  vous  ai -je  pas  servi  pour  Ra- chel? Pourquoi  m'avez -vous  trompé?
26.  Laban  répondit  :  Ce  n'est  pas  la coutume  de  ce  pays-ci  de  marier  les  filles les  plus  jeuues  les  premières.
16.  Habebat  vero  duaS  filias,  nomen majoris  Lia  ;  minor  vero  appellabatur  Ra- chel.
17.  Sed  Lia  lippis  erat  oculis  ;  Rachel décora  facie ,  et  venusto  aspeôtu.
18.  Quam  diHgens  Jacob,  ait  :  Serviam tibi  pro  Rachel,  filia  tua  minore,  septem annis.
19.  Respondit  Laban  :  Melius  est  ut tibi  eam  dem  quam  alteri  viro  ;  mane apud  me.
20.  Servi  vit  ergo  Jacob  pro  Rachel  se- ptem annis  ;  et  videbantur  illi  pauci  dies prse  amoris  magnitudine.
21.  Dixitque  ad  Laban  :  Da  mihi  uxo- rem  meam;  quia  jam  tempus  impletum est ,  ut  ingrediar  ad  illam.
22.  Qui ,  vocatis  multis  amicorum  tur- bis  ad  convivium ,  f ecit  nuptias.
23.  Et  vespere  Liam  filiam  suam  in- troduxit  ad  eum,
24.  Dans  ancillam  filiae,  Zelpham  no- mine.  Ad  quam  cum  ex  more  Jacob  fuis- set  ingressus ,  facto  mane ,  vidit  Liam  ;
25.  Et  dixit  ad  socerum  suum  :  Quid est  quod  facere  voluisti  ?  nonne  pro  Ra- chel servi vi  tibi?  quare  imposuisti  mihi?
26.  Respondit  Laban  :  Non  est  in  loco nostro  consuetudinis ,  ut  minores  ante tradamus  ad  nuptias.
3°  Le  double  mariage  de  Jacob.  XXIX,  18-20.
16-17.  Transition.  On  présente  au  lecteur  les deux  filles  de  Laban,  —  Lia  lippis...  oculis.  L'hé- breu dit  simplement  :  «  des  yeux  faibles ,  »  ou  peu éclatants.  Pour  les  Orientaux ,  la  beauté  féminine consiste  surtout  dans  l'éclat  du  regard.  —  Rachel avait  pour  elle  la  régularité  des  formes  en  général (d'après  l'hébreu,  au  lieu  de  décora  facie)  et l'agrément  de  la  physionomie  (venusto...).
18-19.  Le  contrat.  —  Serviam  tibi...  Nous avons  vu  plus  haut,  xxiv,  53,  qu'il  est  d'usage en  Orient  de  payer  une  certaine  somme  aux  pa- rents de  la  femme  que  l'on  veut  épouser.  Jacob, qui  n'avait  pas  apporté  avec  lui  de  riches  pré- sents, comme  Éliézer,  offre  d'acquitter  sa  dette en  travaillant  à  la  sueur  de  son  front.  Les  choses se  passent  souvent  ainsi  de  nos  jours  en  Syrie, Néanmoins,  la  conduite  du  riche  Laban  présen- tait un  caractère  odieux,  que  ses  filles  ressen- tii-ent  vivement.  Cf.  xxxi,  15.  —  3IeHus...  tiM quam  alteri.  Trait  conforme  aux  mœurs  orien- tales; les  solliciteurs  de  ce  genre  obtiennent  d'or- dinaire la  préférence  quand  ils  apijartienncnt  à la  famille.
20-22,  L'exécution  du  contrat,  soit  de  la  part de  Jacob,  20,  soit  de  la  part  de  Laban,  21-22. —  Le  détail  videbantur  pauci  anni...  est  d'une grande  beauté  psychologique.  «  Quœrendruu  quo- modo  hoc  dictum  sit,  cum  magis  etiam  brève tempus  longum  soleat  esse  amantibus.  Dictum est  ergo  proptcr  laborem  scrvitutis,  quem  faci- lem  et  levem  amor  faciebat.  »  S.  Aug.  Qucest. in  Ilep)t.  88.  —  Dixitque  ad  Laban  :  quand  les sept  années  furent  écoulées.
23-27.  Mariage  de  Jacob  avec  Lia. —  Vespere.,, introduxit.  Le  long  voile  qui  enveloppait  com- plètement Lia  à  la  façon  orientale  (Atlas  archéol. de  la  Bible,  pi.  xxv,  flg.  1  et  2)  et  l'obscurité de  la  chambre  nuptiale  rendu-ent  la  substitution airiée.  Évidemment  Lia  se  prêta  sans  peine  à  la fraude.  Jacob,  qui  avait  trompé  Isaac,  fut  vic- time à  son  tour.  —  Dans  anciUam.  On  avait  été plus  généreux  pour  Rébecca,  xxrv,  61.  —  Non l'.st...  consuetudinis.  Coutume  qui  est  de  rigueur dans  les  Indes,  mais  qui  pourrait  bien  n'avoir été  qu'un  subterfuge  pour  l'astucieux  Laban, dont  le  but  manifeste  était  de  profiter  le  plus lougtemi)s  possible  des  services  de  Jacob. — Impie
6*
116
Gen.  XXIX,  27-35.
27.  Impie  hebdoraadam  dierum  hujus copulœ,  et  hanc  quoque  dabo  tibi  pro opère  quo  serviturus  es  mihi  septem  an- nis  aliis.
28.  Acquievit  placito,  et  hebdomada transacta,  Rachel  duxit  uxorem,
29.  Cui  pater  servam  Balam  tradide- rat.
30.  Tandemque  potitus  optatis  nuptiis, araorem  sequentis  priori  prsetulit,  ser- viens  apud  eum  septem  aniiis  aliis.
Sl.Videns  aiitem  Dominus  quoddespi- ceret  Liam,  aperuit  vulvam  ejus,  sorore sterili  permanente.
32.  Qiiœ  conceptum  genuit  filium,  vo- cavitque  nomen  ejus  Ruben,  dicens  :  Yi- dit  Dominus  humilitatem  meam,  nunc amabit  me  vir  meus.
33.  Rursumque  concepit  et  peperit  fi- lium ,  et  ait  :  Quoniam  audivit  me  Domi- nus haberi  contemptui ,  dédit  etiara  istum mihi  ;  vocavitque  nomen  ejus  Simeon.
34.  Concepitque  tertio,  et  genuit  alium filium,  dixitque  :  Nunc  quoque  copula- bitur  mihi  maritus  meus,  eo  quod  pepe- rerim  ei  très  filios  ;  et  idcirco  appellavit nomen  ejus  Levi.
35.  Quarto  concepit,  et  peperit  filium , et  ait  :  Modo  confitebor  Domino  ;  et  ob hoc  vocavit  eum  Judam;  cessavitque parère.
27.  Passez  la  semaine  avec  celle-ci  ;  et je  vous  donnerai  l'autre  ensuite,  pour  le temps  de  sept  années  que  vous  me  ser- virez de  nouveau.
28.  Jacob  consentit  à  ce  qu'il  voulait  ; et  au  bout  de  sept  jours  il  épousa  Ra- chel,
29.  A  qui  son  père  avait  donné  une  ser- vante nommée  Bala.
30.  Jacob  ayant  eu  enfin  celle  qu'il avait  souhaité  d'épouser,  il  préféra  la seconde  à  l'aînée  dans  l'affection  qu'il lui  portait,  et  servit  encore  Laban  pour elle  sept  ans  durant.
31.  Mais  le  Seigneur,  voyant  que  Jacob avait  du  mépris  pour  Lia,  la  rendit  fé- conde, pendant  que  sa  sœur  demeurait stérile.
32.  Elle  conçut  donc,  et  elle  enfanta un  fils  qu'elle  nomma  Ruben,  en  disant  : Le  Seigneur  a  vu  mon  humiliation  ;  mon mari  m'aimera  maintenant.
33.  Elle  conçut  encore,  et  ajaiït  en- fanté un  fils ,  elle  dit  :  Le  Seigneur,  aj^ant connu  que  j'étais  méprisée,  m'a  donné ce  second  fils.  C'est  pourquoi  elle  le nomma  Siméon.
34.  Elle  conçut  pour  la  troisième  fois, et  ayant  encore  enfanté  un  fils ,  elle  dit  : Maintenant  mon  mari  sera  plus  uni  à moi,  puisque  je  lui  ai  donné  trois  fils. C'est  pourquoi  elle  le  nomma  Lévi.
35.  Elle  conçut  pour  la  quatrième  fois , et  elle  enfanta  un  fils ,  et  elle  dit  :  Main- tenant je  louerai  le  Seigneur.  C'est  pour- quoi elle  lui  donna  le  nom  de  Judas  ;  et elle  cessa  pour  lors  d'avoir  des  enfants.
hebdomadam...  Les  fêtes  des  noces  duraient  alors une  semaine  entière.  Cf.  Jud.  xrv,  12.
28-30.  Mariage  de  Jacob  avec  Rachel.  —  Ac- quievit. De  nouveau  la  polygamie  dans  la  famille de  la  promesse!  Mais  Jacob  n'était  guère  libre d'agir  auti'ement  :  comment,  désormais,  répudier Lia?  et  Rachel  ne  lui  appartenait  -  elle  pas  en réalité?  Cf.  S.  Aug.  c,  Faust,  lib.  xxii,  c.  47-48. —  Priori  pratulit.  La  prédilection  de  Jacob  pour Rachel  dura  toute  sa  vie.
40  Les  enfants  de  Jacob.  XXIX,  31  —  XXX,  24.
La  narration  est  dramatique.  Les  caractères de  Lia  et  de  Rachel  nous  apparaissent  avec  leurs frappants  contrastes  :  Lia  est  pieuse  et  surnatu- relle, douce  et  résignée;  Rachel,  au  contraire, moins  plongée  dans  le  divin ,  capricieuse  et  cha- grine.
31-32,  Naissance  de  Ruben.—  Videns  Domi- nus... Dieu  prend  le  parti  de  Lia  contre  Jacob lui-raômc  (.quod  despicerct).  Tout  le  long  de  cette
histoire  des  patriarches,  la  grâce  l'emporte  sur  la nature  et  la  domine.  —  Buhen  (B.éhv.  :  R"uben) , c.-à-d.  :  Voyez,  un  fils  !  —  Humilitatem  meam. Mieux  :  mon  affliction;  la  peine  qu'elle  éprouvait de  n'être  pas  aimée  de  son  mari.  Mais  elle  espère que  désormais  Jacob  l'affectionnera,  à  cause  du fils  qu'elle  lui  a  donné.
33.  Naissance  de  Siméon.  —  Désappointée  dans son  espoir.  Lia  tâche  de  se  consoler  en  Dieu.  — Audivit  (hébr.:  sama')  Dominus...  Ans&i  nomme- t-clle  son  second  fils  Simeon  (Siméon),  «  exau- ditio.  »
34.  Naissance  de  Lévi.  —  Nunc  quoque  copu- làbitur.  lîéhr. lillaveh;  d'oh  le  nom  de  Lévi,  qui signifie  adhésion,  association.
35.  Naissance  de  Juda.  —  Confitebor  (  hébr.  : 'odeh)  ,  je  louerai.  —  Judam  (  Y'hudah),  louange. Lia,  sans  doute,  ne  croj'ait  pas  si  bien  dire:  Juda la  rendra  mère  du  Messie.  —  Cessavit...  :  pour quelque  temps.  Cf.  xxx,  14-21.
Gen.  XXX,  1-13.
117
CHAPITRE  XXX
1.  Rachel,  voyant  qu'elle  était  stérile, porta  envie  h  sa  sœur,  et  elle  dit  à  son mari  :  Donnez -moi  des  enfants,  ou  je mourrai.
2.  Jacob  lui  répondit  en  colère  :  Suis- je,  moi,  comme  Dieu?  et  n'est-ce  pas  lui qui  empêche  que  votre  sein  ne  porte  son fruit?
3.  Rachel  ajouta  :  J'ai  Bala,  ma  ser- vante; allez  à  elle,  afin  que  je  reçoive entre  mes  bras  ce  qu'elle  enfantera,  et que  j'aie  des  enfants  d'elle.
4.  Elle  lui  donna  donc  Bala  pour femme.
5.  Jacob  l'ayant  prise,  elle  conçut,  et elle  enfanta  un  fils.
6.  Alors  Rachel  dit  :  Le  Seigneur  a jugé  en  ma  faveur,  et  il  a  exaucé  ma voix  en  me  donnant  un  fils.  C'est  pour- quoi elle  le  nomma  Dan.
7.  Bala  conçut  encore  ;  et  ayant  enfanté un  second  fils ,
8.  Rachel  dit  de  lui  :  Le  Seigneur  m'a fait  entrer  en  combat  avec  ma  sœur,  et la  victoire  m'est  demeurée.  C'est  pourquoi elle  le  nomma  Nephthali.
9.  Lia ,  voyant  qu'elle  avait  cessé  d'a- voir des  enfants,  donna  à  son  mari  Zel- pha ,  sa  servante ,
10.  Qui  conçut  et  enfanta  un  fils.
1 1 .  Et  Lia  dit  :  A  la  bonne  heure  !  C'est pourquoi  elle  le  nomma  Gad.
12.  Zelpha  ayant  eu  un  second  fils,
13.  Lia  dit  :  C'est  pour  mon  bonheur  ;
1.  Cernens  autem  Rachel  quod  infe- cunda  esset,  invidit  sorori  suse,  et  ait marito  suo  :  Da  mihi  liberos,  alioquin moriar.
2.  Cui  iratus  respondit  Jacob  :  Num pro  Deo  ego  sum,  qui  priva  vit  te  fructu ventris  tui  ?
3.  At  illa  :  Habeo,  inquit,  famulam Balam  ;  ingredere  ad  illam ,  ut  pariât super  genua  mea,  et  habeam  ex  illa  filios.
4.  Deditque  illi  Balam  in  conjugium, quse,
5.  Ingresso  ad  se  viro,  concepit,  et peperit  filium.
6.  Dixitque  Rachel  :  Judicavit  mihi Dominus,  et  exaudivit  vocem  meam,  dans mihi  filium  ;  et  idcirco  appellavit  nomen ejus  Dan,
7.  Rursumque  Bala  concipiens  peperit alterum ,
8.  Pro  quo  ait  Rachel  :  Comparavit me  Deus  cum  sorore  mea,  et  invalui; vocavitque  eum  Nephthali.
9.  Soutiens  Lia  quod  parère  desiisset, Zelpham  ancillam  suam  marito  tradidit ,
10.  Qua  post  conceptum  edente  filium,
11.  Dixit  :  Féliciter!  et  idcirco  vocavit nomen  ejus  Gad.
12.  Peperit  quoque  Zelpha  alterum,
13.  Dixitque  Lia  :  Hoc  pro  beatitudine
Chap.  XXX.  —  1-4.  L'union  de  Jacob  avec Bala.  —  Rachel...  ait  marito  :  avec  humeur  et passion,  au  lieu  de  s'adresser  à  Dieu. —  Alioquin moriar,  de  honte  et  de  chagrin.  —  Cui  iratus... On  le  conçoit,  c'était  une  rude  épreuve  pour Jacob  de  voir  la  discorde  s'établir  à  l'état  aigu dans  sa  famille;  mais  il  traitait  bien  durement Eachel,  en  affirmant  que  Dieu  lui-même  l'avait rendue  stérile.  —  Eabeo  famulam...  Rachel  a recours  au  même  procédé  que  Sara,  xvx,  1-3, pour  avoù*  des  enfants  au  moins  d'une  manière indirecte.  —  Super  genua  m,ea.  Cf.  Job,  ni,  12; Is.  Lxvi,  2.  Recevoir  un  nouveau -né  sur  ses  ge- noux, c'était  le  proclamer  sien ,  l'adopter.  —  Ha- beayn  ex  illa...  Pour  que,  moi  aussi,  je  sois  bâtie par  elle.  Sur  cette  locution  de  l'hébr.,  voyez  la note  de  xvi,  2.
5-6.  Naissance  de  Dan.  —  Dixit  Rachel.  Elle agit  comme  si  elle  était  la  vraie  mère,  et  se charge  d'imposer  le  nom.  — Judicavit  me  (hébr.:
dânanni)...  Dieu  m'a  rendu  justice. — Dan.  C.-à-d. juge.
7-8.  Naissance  de  Nephthali.  —  Comparavit me...  Dans  l'hébreu  :  Des  combats  de  Dieu  j'ai combattus  (naftulé  'Elohim  niftalti)  avec  ma sœur,  et  j'ai  prévalu.  Dans  cette  sorte  de  duel  que se  livraient  les  deux  sœurs  pour  obtenir  les  grâces divines,  Rachel  se  prétendait  maintenant  victo- rieuse. De  là  le  nom  ûq  Nephthali  (héhr -.Naftali), mou  combat.
9.  Union  de  Jacob  avec  Zelpha. —  Sentiens  Lia. Jalouse  à  son  tour,  Lia  use  du  même  moyen  que sa  sœur.
10-11.  Naissance  de  Gad. —  Féliciter  (hébr.: bâgad  )  ;  et  le  nom  de  Gad  signifie  précisément a  heureux  »,
12-13.  Naissance  d'Aser. —  Pro  beatitudine  mea, beatam  quippe...  De  nouveau,  l'hébreu  ib"osri, Jet  'iss'runi...)  rend  le  jeu  de  mots  plus  sensible. —  Aser,  ou  plutôt  'Aser,  bonheur.
118
Gen.  XXX,  14-23.
mea  ;  beatam  quippe  me  dicent  mulieres. Propterea  appellavit  eum  Aser.
14.  Eo-ressus  autem  Euben  tempore niessis  triticeœ  in  agnim,  reperit  man- dragoras ,  qiias  raatri  Liée  detulit.  Dixit- qiie  Eacliel  :  Da  mihi  partem  de  man- dragoris  filii  tui.
15.  Illa  respondit  :  Parumne  tibi  vi- detiir,  quod  prœripueris  maritum  mihi, nisi  etiam  maiidragoras  filii  mei  tuleris? Ait  Rachel  :  Dormiat  teciim  hac  nocte pro  mandragoris  filii  tui.
16.  Redeuntique  ad  vesperam  Jacob de  agro,  egressa  est  in  occursum  ejus Lia,  et,  Ad  me,  inqiiit,  intrabis,  quia mercede  conduxi  te  pro  mandragoris  filii mei.  Dormivitque  cum  ea  nocte  illa.
17.  Et  exaudivit  Deus  preces  ejus  ; Goncepitque  et  peperit  filium  quintum  ;
18.  Et  ait  :  Dédit  Deus  mercedem mihi,  quia  dedi  ancillam  meam  viro  meo  ; appella-\dtque  nomen  ejiis  Issachar.
19.  Rursum  Lia  concipiens,  peperit sextum  filium,
20.  Et  ait  :  Dotavit  me  Deus  dote bona  ;  etiam  hac  vice  mecum  erit  mari- tus  meus,  eo  quod  genuerim  ei  sex  filios  ; et  idcirco  appellavit  nomen  ejus  Zabulou.
2L  Post  quem  peperit  filiam,  nomine Dinam.
22.  Recordatus  quoque  Dominus  Ra- chelis,  exaudivit  eam,  et  aperuit  vulvam ejus.
23.  Quœ  concepit   et  peperit  filium,
car  les  femmes  m'appelleront  bienheu- reuse. C'est  pourquoi  elle  le  nomma Aser.
14.  Or  Ruben  étant  sorti  à  la  campagne, lorsque  l'on  moissonnait  le  froment,  trouva des  mandragores,  qu'il  apporta  à  Lia  sa mère,  à  laquelle  Rachel  dit  :  Donnez -moi des  mandragores  de  votre  fils.
15.  Mais  elle  lui  répondit  :  N'est-ce pas  assez  que  vous  m'ayez  enlevé  mon mari ,  sans  vouloir  encore  avoir  les  man- dragores de  mon  fils?  Rachel  ajouta  : Je  consens  qu'il  dorme  avec  vous  cette nuit,  pourvu  que  vous  me  donniez  de  ces mandragores  de  votre  fils.
16.  Lors  donc  que  Jacob  sur  le  soir revenait  des  champs.  Lia  alla  au-devant de  lui ,  et  lui  dit  :  Vous  viendrez  avec moi,  parce  que  j'ai  acheté  cette  grâce  en échange  des  mandragores  de  mon  fils. Ainsi  Jacob  dormit  avec  elle  cette  nuit- là.
17.  Et  Dieu  exauça  ses  prières  :  elle conçut,  et  elle  enfanta  un  cinquième fils
18.  Dont  elle  dit  :  Dieu  m'a  récom- pensée, parce  que  j'ai  donné  ma  servante à  mon  mari.  Et  elle  lui  donna  le  nom  d'Is- sachar.
19.  Lia  conçut  encore,  et  enfanta  un sixième  hls  ;
20.  Et  elle  dit  :  Dieu  m'a  fait  un  ex- cellent don  ;  mon  mari  demeurera  encore cette  fois  avec  moi ,  parce  que  je  lui  ai donné  six  fils.  Et  elle  le  nomma  Zabu- lon.
21.  Elle  eut  ensuite  une  fille,  qu'elle nomma  Dina.
22.  Le  Seigneur  se  souvint  aussi  de Rachel;  il  l'exauça,  et  lui  ôta  sa  stérilité.
23.  Elle  conçut,  et  elle  enfanta  un  fils,
14-15.  Un  petit  épisode  sert  de  transition  à  la naissance  du  cinquième  fils  de  Lia.  —  Maiidra- goras (hébr.:  dudâ'im).  Petites  pommes  jaunes, à  l'odeur  forte  et  agréable,  produites  par  VAtropa mandrafjora,  plante  de  la  famille  des  Solanacées, et  assez  commune  en  Palestine.  Elles  mûrissent en  môme  temps  que  le  blé.  Voj'.  V Atlas  d'Idst. nat.  de  la  Bible,  pi.  xx,  fig.  2.  Leur  nom  hébreu («  amatoria  »),  la  demande  empressée  de  llachel,  et les  récits  des  anciens  auteurs  prouvent  qu'on  attri- buait à  ecs  fruits  la,  ver  tu  de  faire  cesser  la  sté- rilité: croyance  qui  persiste  encore  chez  les  Arabes. Voy.  Gesenius,  Thésaurus  ling.hebr.  et  chald., p.  324.  —  Illa  respondit,  avec  aigreur.  La  suite du  dialogue  montre  que  Jacob  avait  complètement «délaissé  Lia.
16-18.  Naissance  d'Issachar.  —  Mercede  con-
duxi te  (hébr.  :  salcar  é'kartika).  Le  prix  qu'elle avait  payé ,  c'étaient  les  mandragores  de  son  fils. —  Dédit  Deus  mercedem  mihi  (hébr.:  s'kâri).  De ces  deux  paronomases  vint  le  nom  d'Issachar (hébr.  :   Yssaèkar).
19-20.  Naissance  de  Zabulon.  —  Mecum  erit. Hébr.  :  yzh'lèni;  d'où  Zabulon  {h.éhw.Z'bidûn), habitation.
21.  Naissance  de  Dina.  —  Dinam.  C'est  le  fé- minin de  Dan,  vers.  6.  D'après  xlvi,  7,  Jacob eut  plusieurs  allés  ;  mais  Dina  est  seule  men- tionnée nommément,  ù.  cause  de  l'incident  relaie au  chap,  xxxiv.
22-24.  Naissance  de  Joseph.  —  Recordatus... Dominus.  Dieu  semblait  avoir  oublié  Rachel. Cf.  VIII,  4.  —  En  devenant  mère,  Rachel  pi'ononce deux  paroles,  l'une  de  reconnaissance,  l'autre  de
Gen.  XXX,  24-32.
119
en  disant   :  Le  Seigneur  m'a  tirée  de l'opprobre  où  j'ai  été.
24.  Et  lui  donnant  le  nom  de  Joseph , elle  dit  :  Que  le  Seigneur  me  donne  en- core un  second  fils.
25.  Joseph  étant  né,  Jacob  dit  à  son beau-père  :  Laissez-moi  aller,  afin  que  je retourne  à  mon  pays ,  et  au  lieu  de  ma naissance.
26.  Donnez -moi  mes  femmes  et  mes enfants  pour  lesquels  je  vous  ai  servi, afin  que  je  m'en  aille.  Vous  savez  quel a  été  le  service  que  je  vous  ai  rendu.
27.  Laban  lui  répondit  :  Que  je  trouve grâce  devant  vous.  J'ai  reconnu  par  ex- périence que  Dieu  m'a  béni  à  cause  de
V0U3.
28.  Jugez  vous-même  de  la  récom- pense que  vous  voulez  que  je  vous donne.
29.  Jacob  lui  répondit  :  Vous  savez de  quelle  manière  je  vous  ai  servi,  et comment  votre  bien  s'est  accru  entre mes  mains.
30.  Vous  aviez  peu  de  chose  avant  que je  fusse  venu  avec  vous,  et  présentement vous  voilà  devenu  riche;  Dieu  vous  a béni  aussitôt  que  je  suis  entré  en  votre maison.  Il  est  donc  juste  que  je  songe aussi  maintenant  à  établir  ma  maison.
31.  Laban  lui  dit  :  Que  vous  donne- rai-je?  Je  ne  veux  rien,  dit  Jacob;  mais si  vous  faites  ce  que  je  vais  vous  deman- der, je  continuerai  à  mener  vos  trou- peaux, et  à  les  garder.
32.  Visitez  tous  vos  troupeaux  et  met- tez à  part  toutes  les  brebis  dont  la  laine est  de  diverses  couleurs  ;  tout  ce  qui  naî- tra d'un  noir  mêlé  de  blanc,  ou  tacheté de  couleurs  différentes,  soit  dans  les  bre- bis ou  dans  les  chèvres ,  sera  ma  récom- pense.
dicens  :  Abstulit  Deus  opprobrium  meum.
24.  Et  vocavit  nomen  ejus  Joseph; dicens  :  Addat  mihi  Dominus  filium  al- terum.
25.  Nato  autem  Joseph,  dixit  Jacob socero  suo  :  Dimitte  me  ut  revertar  in patriam ,  et  ad  terram  meam.
26.  Da  mihi  uxores,  et  liberos  meos, pro  quibus  servivi  tibi,  ut  abeam;  tu nosti  servitutem  qua  servivi  tibi.
27.  Ait  illi  Laban  :  Inveniam  gratiam in  conspectu  tuo  ;  experimento  didici , quia  benedixerit  mihi  Deus  propter  te.
28.  Constitue  mercedem  tuam  quam dem  tibi.
29.  At  ille  respondit  :  Tu  nosti  quo- modo  servierim  tibi ,  et  quanta  in  mani- bus  meis  f  uerit  possessio  tua.
30.  Modicum  habuisti  antequam  veni- rem  ad  te  ;  et  nunc  dives  effectus  es , benedixitque  tibi  Dominus  ad  introitum meum,  Justum  est  igitur  ut  aliquando provideam  etiam  domui  meœ.
31.  Dixitque  Laban  :  Quid  tibi  dabo? At  ille  ait  :  Nihil  volo  ;  sed  si  feceris quod  postulo,  iterum  pascam,  et  custo- diam  pecora  tua.
32.  Gyra  omnes  grèges  tuos ,  et  sépara cunctas  oves  varias,  et  sparso  vellere; et  quodcumque  furvum,  et  maculosum, variumque  f  uerit,  tam  in  ovibus  quam in  capris,  erit  merces  mea.
demande ,  avec  1111  double  jeu  de  mots  pour  légi- timer le  nom  donné  par  elle  à  son  fils.  Première parole  :  AhsttiÀit  (hébr.  :  'asaf)...  opprobrium. L'humiliation  de  la  stérilité,  toujours  si  vive- ment ressentie  en  Orient.  —  Deuxième  parole  : Aâdat  iyôsef)...  Ce  souhait  sera  plus  tard  réa- lisé, XXXV,  16  et  ss.,  mais  au  milieu  de  circon- stances douloureuses.  —  Joseph  (hébr.:  Yôsef) signifie  donc  tout  à  la  fois  :  Celui  qui  enlève,  et Celui  qui  ajoute.
5°  Convention  entre  Jacob  et  Laban.  XXX,  25-36.
25-26.  Demande  préalable  de  Jacob.  —  Nato... Joseph.  Les  quatorze  années  de  sei'vice  gratuit, par  lesquelles  Jacob  avait  acheté  Lia  et  Rachel, ont  maintenant  pris  fin.  —  In  patriam...  La  terre de  Chanaan.  —  Tu  nosti  servitutem...  Il  y  a  dans ces  mots  une  amertume  visible,  et  bien  natu- relle.
27-28.  Réponee  de  Laban,  polie  et  gracieuse, au  moins  à  la  surface.  Il  implore  à  son  tour;  car plus  que  jamais  il  apprécie  les  qualités  de  son gendre,  et  il  fera  tout  pour  conserver  un  auxi- liaire aussi  utile.  —  Constitue...  Comme  antérieu- l'ement,  xxix,  15,  mais  d'une  manière  plus  sé- rieuse ,  11  prie  Jacob  de  fixer  lui  -  même  ses  con- ditions.
29  -  30.  Réplique  de  Jacob ,  qui  fait  valoir  fran- chement ses  services,  et  qui  expose  la  nécessité où  il  se  trouve  de  songer  désormais  à  l'avenir des  siens.
31-  33.  La  proposition  de  Jacob. — Nihil  volo. C.-à-d.  :  rien  en  argent ,  pas  de  salaire  fixe  et  pé- riodique. Il  veut  être  payé  en  nature,  d'une  façon beaucoup  plus  avantageuse ,  quoique  modeste  en apparence.  — Voici  la  traduction  du  vers.  32  d'a- près l'hébreu  ;  elle  rend  la  pensée  beaucoup  plus
120
Gen.  XXX,  33-39.
33.  Eespondebitque  mihi  cras  justitia mea,  quando  placiti  tempiis  adyenerit coram  te;  et  omnia  quœ  non  fuerint  va- ria ,  et  maculosa ,  et  f  urva ,  tam  in  ovibus quam  in  capris,  furti  me  arguent.
34.  Dixitque  Laban  :  Gratum  habeo quod  petis.
35.  Et  sépara  vit  in  die  illa  capras,  et oves,  et  hircos,  et  arietes,  varios  atque macalosos  ;  cunctum  autem  gregem  uni- colorem,  id  est,  albi  et  nigri  velleris, tradidit  in  manu  filionim  suorura.
36.  Et  posiiit  spatium  itineris  trium dierum  inter  se  et  generum,  qui  pascebat reliquos  grèges  ejus.
ST.Tollens  ergo  Jacob  virgas  populeas virides,  et  amygdalinas,  et  ex  platanis, ex  parte  decorticavit  eas;  detractisque corticibus,  in  his,  quse  spoliata  fueraiit, candor  apparuit;  illa  vero  quse  intégra fuerant,  viridia  permanserunt  ;  atque  in liunc  modum  color  effectus  est  varius.
38.  Posuitque  eas  in  canalibus,  ubi efÏLindebatur  aqua,  ut  cum  venissent  gre- gem ad  bibendum,  ante  oculos  haberent virga? ,  et  in  aspectu  eariim  conciperent.
39.  Factumque  est  ut  in  ipso  calore coitus  oves  intuerentur  virgas,  et  parè- rent maculosa,  et  varia,  et  diverco  colore respersa.
33.  Et  demain ,  quand  le  temps  sera venu  de  faire  cette  séparation  selon  notre accord ,  mon  innocence  me  rendra  témoi- gnage devant  vous;  et  tout  ce  qui  ne sera  point  tacheté  de  diverses  couleurs ou  de  noir  mêlé  de  blanc,  soit  dans  les brebis  ou  dans  les  clièvres,  me  convaincra- de  larcin.
34.  Laban  lui  répondit  :  Je  trouve  bon ce  que  vous  me  proposez.
35.  Le  même  jour,  Laban  mit  à  part  les clièvres,  les  brebis,  les  boucs  et  les  bé- liers tachetés  et  de  diverses  couleurs.  Il donna  à  ses  enfants  la  garde  de  tout  le troupeau  qui  n'était  que  d'une  couleur, c'est-à-dire  qui  était  ou  tout  blanc  ou tout  noir.
36.  '  Et  il  mit  l'espace  de  trois  journées de  chemin  entre  lui  et  son  gendre,  qui conduisait  ses  autres  troupeaux.
37.  Jacob ,  prenant  donc  des  branches vertes  de  peuplier,  d'amandier,  de  pla- tane, en  ôta  une  partie  de  Fécorce;  les endroits  d'où  l'écorce  avait  été  ôtée  pa- rurent blancs ,  et  les  autres ,  qu'on  avait laissés  entiers,  demeurèrent  verts.  Ainsi  ces branches  devinrent  de  diverses  couleurs.
38.  Il  les  mit  ensuite  dans  les  canaux, qu'on  remplissait  d'eau,  afin  que,  lorsque les  troupeaux  y  viendraient  boire ,  ils eussent  ces  branches  devant  les  yeux ,  et qu'ils  conçussent  en  les  regardant.
3J.  Ainsi  il  arriva  que  les  brebis  étant en  chaleur,  et  ayant  conçu  à  la  vue  des branches ,  eurent  des  agneaux  tachetés  et de  diverses  couleurs.
claire  :  «  Je  parcourrai  aujourd'hui  tout  ton  trou- 1  oan  ;  mets  h  pai-t,  parmi  les  agneaux,  toute béte  tachetée  (naqôcl,  piquetée  de  petites  taches) <ii  marquetée  (talu' ,  marquée  de  grosses  taches), et  toute  bête  noire ,  et ,  parmi  les  chèvres ,  tout ce  qui  est  marqueté  {talu)  et  taclieté  inaqod)  : ce  sera  mon  salaire.  »  La  proposition  de  Jacob  est basée  sur  ce  fait  bien  connu  :  en  Orient ,  les moutons  sont  blancs  pour  l'ordinaire,  rarement noirs  ou  tachetés;  les  chèvres,  au  contraire,  sont communément  noires  ou  brunes ,  rarement  blan- •ches  ou  tachetées.  Le  patriarche  semblait  donc demander  pour  sa  part  une  très  minime  nortion du  troupeau.  —  RespondeUt  mihi  cras...  Demain; car,  d'après  l'hébreu  (vers.  32),  il  avait  propo'-é le  triage  pour  le  jour  même.  Jacob  demande  en outre  une  sorte  de  revue  de  temps  à  autre,  pour constater  et  régler  la  part  de  chacun.  —  Et omnia  qua...  D'après  l'hébr.:  Tout  ce  qui  ne  sera •pas  tacheté  et  max-queté  parmi  les  chèvres,  et noir  parmi  les  agneaux.
34-36  Laban  accepte  sans  hésiter  ce  marché, où  il  croit  n'avoir  qu'à  gagner.  —  Separavit.... D'a;)iCù  l'hébr.:  «  Ce  même  jour,  il  mit  à  part  los
boucs  raj'és  (  "aqud)  et  marquetés ,  et  toutes  les chèvres  tachetées  et  marquetées,  toutes  celles  où il  y  avait  du  blanc,  et  tout  ce  qui  était  noir  parmi les  agneaux.  »  Ainsi,  contraii'ement  à  ce  que  dit la  Vulgate,  les  brebis  blanches  et  les  chèvres noires  furent  seules  confiées  à  S9.c6b.  —  Sp:xtium trium  dierum.  Pour  empêcher  tout  croisement entre  les  différentes  variétés  de  bétail,  et  pour diminuer  ainsi  les  chances  de  Jacob.
6»  Stratagèmes  de  Jacob  pour  s'enrichir.  XXX, 37-43.
37-39.  Première  ruse.  —  !<>  Vers.  37,  le  moyen purement  matériel.  Virgas ,  de  jeunes  pousses  de trois  espèces  d'arbres  au  bois  très  blanc  et  à  l'é- corce sombre  :  le  peuplier  (hébr.  :  libneh;  selon d'autres,  le  Styrax  offlclnalis ;  voyez  V Atlas d'histoire  vat.  de  la  Bible,  pi.  xxni,  fig.  7), l'amandier,  le  platane  (si  commun  en  Mésopo- tamie).—  Mx  parte  decorticavit,  comme  font  les enfants,  au  printemps,  pour  se  fabriquer  des jouets.  De  là  une  bigarrure  de  blanc  éclatant icandor)  et  d'écorce  d'un  vert  sombre  (viridia). —  2°  L'emploi  de  ces  baguettes,  vers.  38.  Jacob les  disposait  de  telle  sorte,  que  les  brebis  les
G  EN.  XXX,  40  —  XXXI,  4.
121
40.  Jacob  divisa  son  troupeau  ;  et ayant  mis  ces  branches  dans  les  canaux, devant  les  yeux  des  béliers,  ce  qui  était tout  noir  était  ti  Laban ,  et  le  reste  ii  Ja- cob ;  ainsi  les  troupeaux  étaient  séparés.
41.  Lors  donc  que  les  brebis  devaient concevoir  au  printemps,  Jacob  mettait les  branches  dans  les  canaux,  devant  les yeux  des  béliers  et  des  brebis,  afin qu'elles  conçussent  en  les  regardant.
42.  Mais  lorsqu'elles  devaient  conce- voir en  automne,  il  ne  les  mettait  point devant  elles.  Ainsi  ce  qui  était  conçu  en automne  fut  pour  Laban,  et  ce  qui  était conçu  au  printemps  fut  pour  Jacob.
43.  Il  devint  de  cette  sorte  extrême- ment riche  ;  et  il  eut  de  grands  trou- peaux, des  serviteurs  et  des  servantes, des  chameaux  et  des  ânes.
40.  Divisitque  gregem  Jacob ,  et  posuit virgas  in  canalibus  ante  oculos  arietum  ; erant  autem  alba  et  nigra  quseque,  La- ban; cetera  vero,  Jacob,  sej^aratis  inter se  gregibus.
41.  Igitur  quando  primo  tempore  ascen- debantur  oves,  ponebat  Jacob  virgas  in canalibus  aquarum  ante  oculos  arietum et  ovium,  ut  in  earum  contemplatione conciperent  ;
42.  Quando  vcro  serotina  admissura erat,  et  conceptus  extremus,  non  pone- bat eas.  Factaque  sunt  ea  quœ  erant  se- rotina, Laban,  et  quae  primi  temporis, Jacob.
43.  Ditatusque  est  homo  ultra  modum, et  habuit  grèges  multos ,  ancillas  et  ser- vos,  camelos  et  asinos.
CHAPITRE  XXXI
1.  Après  cela,  Jacob  entendit  les  en- fants de  Laban  qui  s'entredisaient  :  Ja- cob a  enlevé  tout  ce  qui  était  à  notre père,  et  il  est  devenu  puissant  en  s'en- richissant  de  son  bien.
2.  Il  remarqua  aussi  que  Laban  ne  le regardait  pas  du  même  œil  qu'aupara- vant ;
3.  Et  de  plus,  le  Seigneur  même  lui dit  :  Retournez  au  pays  de  vos  pères  et vers  votre  famille,  et  je  serai  avec  vous.
4.  Il  envoya  donc  chercher  Rachel  et Lia ,  et  les  fit  venir  dans  le  champ  où  il faisait  paître  ses  troupeaux  ;
1.  Postquam  autem  audivit  verba  filio- rum  Laban  dicentium  :  Tulit  Jacob  omnia quae  fuerunt  patris  nostri,  et  de  illius f acultate  ditatus ,  factus  est  inclytus  ;
2.  Animadvertit  quoque  faciem  La- ban ,  quod  non  esset  erga  se  sicut  heri  et nudiustertius ,
3.  Maxime  dicente  sibi  Domino  :  Re- vertere  in  terram  patrum  tuorum ,  et  ad generationem  tuam ,  eroque  tecum  ;
4.  Misit,  et  vocavit  Rachel  et  Liam  in agrum,  ubi  pascebat  grèges  ;
eussent  sous  les  yeux  au  moment  de  la  féconda- tion.—  30  Le  résultat  produit,  vers.  39  :  Parè- rent viaculosa...  (hébr.:  rayés,  tachetés,  marque- tés). Ce  fait  d'histoire  naturelle  est  très  connu des  éleveurs;  on  i'a  surtout  expérimenté  chez les  brebis.  Voy.  Bochart,  Hierozoicon,  I,  618 et  ss.
40.  Autre  ruse  de  Jacob.  Il  séparait  prompte- ment  sa  propre  part  de  celle  de  Laban,  toujours d'après  le  même  principe.  Quand  elles  concevaient, ses  brebis  ou  ses  chèvres  à  lui  n'avaient  jamais ^auprès  d'elles  que  des  animaux  bigarrés.  L'hébreu dit  cela  plus  nettement  que  la  Vulgate.
41-42.  Troisième  ruse.  Jacob  ne  vise  pas  seu- lement ù,  la  quantité,  il  veut  aussi  la  qualité; de  plus,  il  se  garde  bien  de  tout  prendre,  car les  soupçons  de  Laban  eussent  été  excités  trop promptement. —  Quando  primo  tempore...  Kébr.: Toutes  les  fois  que  les  brebis  vigoureuses  en- traient en  chaleur,  c.-ù-d.  en  automne.  —  Quando... serotina.  Hébr.  :  Quand  les  brebis  étaient  ché- tives,  c-à-d.  au  printemps.  En  Orient,  les  brebis
ont  d'ordinaire  deux  portées  :  l'une  au  printemps (résultat  de  la  conception  d'automne) ,  l'autre  en automne;  or  les  anciens  avaient  remarqué  que la  première  de  ces  portées  donne  des  animaux plus  vigoureux  et  plus  sains  que  la  seconde.  Il faut  corriger  la  Yulgate  en  ce  sens.
43.  Ditatusque.  Résultat  final.  —  S.ir  la  mo- ralité de  ces  px'océdés  de  Jacob,  voy.  xxxi,  7-16.
§  II.  —  Jacob  quitte  la  Mésopotamie. XXXI,  1-55.
l»  Projet  de  départ,  vers.  1-16.
Chap.  XXXI.  —  1-3.  Motifs  qui  déterminèrent la  résolution  de  Jacob.  !<>  Audivit  verba  filiorum Laban...  {tulit  omnia...;  c'est  le  langage  pas- sionné, exagéré  de  l'envie.)  2°  Animadvertit...  for ciem  Laban:  trait  pittoresque.  3°  Le  motif  pré- pondéi'ant  (  maxime  )  fut  une  révélation  divine très  expresse.
4.  Misit...  Dans  ces  circonstances  délicates, Jacob  tient  un  conseil  de  famille  avec  Rachel  et Lia  (l'épouse  la  plus  aimée  est  nommée  la  pre^
122
Gen.  XXXI,  5-16.
5.  Dixitque  eis  :  Video  faciem  patris vestri ,  quod  non  sit  erga  me  sicut  heri et.  nudiustertius  ;  Deus  autem  patris  mei tuit  mecura  ;
6.  Et  ipsse  nostis  quod  totis  viribus meis  servierim  patri  vestro.
7.  Sed  et  pater  vester  circumvenit  me, et  mutavit  mercedem  meam  decem  vici- bus  ;  et  tamen  non  dimisit  eum  Deus  ut noceret  mihi.
8.  Si  quando  dixit  :  Varise  erunt  mer- cedes  tuse,  pariebant  omnes  oves  varios fétus  ;  quando  vero  e  contrario  ait  :  Alba quseque  accipies  pro  mercede,  otnnes grèges  alba  pepererunt.
9.  Tulitque  Deus  substantiam  patris vestri,  et  dédit  mihi.
10.  Postquam  enim  conceptus  ovium tempus  advenerat,  levavi  oculos  meos, et  vidi  in  somnis  ascendentes  mares  su- per feminas,  varios  et  maculosos,  et  di- versorum  colorum.
11.  Dixitque  angélus  Dei  ad  me  in somnis  :  Jacob?  Et  ego  respondi  :  Ad- sum.
12.  Qui  ait  :  Leva  oculos  tuos,  et  vide universos  masculos  ascendentes  super  fe- minas, varios,  maculosos,  atque  resper- sos.  Vidi  enim  omnia  quse  fecit  tibi  La- ban.
13.  Ego  sum  Deus  Bethel,  ubi  unxisti lapidem,  et  votum  vovisti  mihi.  Nunc ergo  surge,  et  egredere  de  terra  hac,  re- vertens  in  terram  nativitatis  tuse.
14.  Eesponderuntque  Rachel  et  Lia  : Numquid  habemus  residui  quidquam  in facultatibus  et  hereditate  domus  patris nostri  ?
15.  Nonne  quasi  aliénas  reputavit  nos, et  vendidit,  comeditque  pretium  nostrum  ?
16.  Sed  Deus  tulit  opes  patris  nostri,
5.  Et  il  leur  dit  :  Je  vois  que  votre père  ne  me  regarde  plus  du  même  oeil qu'autrefois  ;  cependant  le  Dieu  de  mon père  a  été  avec  moi.
6.  Et  vous  savez  vous-mêmes  que  j'ai servi  votre  père  de  toutes  mes  forces.
7.  Il  a  même  usé  envers  moi  de  trom- perie, en  changeant  dix  fois  ce  que  je devais  avoir  pour  récompense,  quoique Dieu  ne  lui  ait  pas  permis  de  me  faire tort.
8.  Lorsqu'il  a  dit  :  Les  agneaux  tache- tés seront  ton  salaire,  toutes  les  brebis ont  eu  des  agneaux  tachetés.  Et  lorsqu'il a  dit,  au  contraire  :  Tout  ce  qui  sera blanc  sera  ton  salaire,  tout  ce  qui  est  né des  troupeaux  a  été  blanc.
9.  Ainsi  Dieu  a  ôté  le  bien  de  votre père  pour  me  le  donner.
10.  Car  le  temps  où  les  brebis  devaient concevoir  étant  venu,  j'ai  levé  les  yeux et  j'ai  vu  en  songe  que  les  mâles  qui  cou- vraient les  femelles  étaient  marquetés  et tachetés  de  diverses  couleurs.
11.  Et  l'ange  de  Dieu  m'a  dit  en  songe: Jacob.  Me  voici,  ai -je  répondu.
12.  Et  il  a  ajouté  :  Levez  vos  yeux,  et voyez  que  tous  les  mâles  qui  couvrent  les femelles  sont  marquetés,  tachetés  et  de couleurs  différentes.  Car  j'ai  vu  tout  ce que  Laban  vous  a  fait.
13.  Je  suis  le  Dieu  de  Béthel,  où  vous avez  oint  la  pierre  et  où  vous  m'avez  fait un  vœu.  Sortez  donc  promptement  de cette  terre ,  et  retournez  au  pays  de  votre naissance.
14.  Rachel  et  Lia  lui  répondirent  : Nous  reste-t-il  quelque  chose  du  bien  et de  la  part  que  nous  devons  avoir  dans  la maison  de  notre  père  ?
15.  Ne  nous  a-t-il  pas  traitées  comme des  étrangères  ?  Ne  nous  a-t-il  point  ven- dues, et  n'a- 1 -il  pas  mangé  ce  qui  nous était  dû  ?
16.  Mais  Dieu  a  pris  les  richesses  de
mière).  —  In  agrum,  pour  être  plus  sûr  du  se- cret. Le  petit  discours  de  Jacob,  5-13,  est  tout à  fait  habile.  C'est  un  contraste  perpétuel  entre la  conduite  inique,  égoïste  de  Laban,  et  la  con- duite si  bienveillante  du  Seigneur.
6-6.  Exorde  qui  va  droit  au  fait,  et  qui  con- tient le  thème  du  discours.
7-9.  Exemples  frappants  de  l'injustice  de  Laban et  de  la  protection  divine.  —  Decem  vicibus: nombre  rond  pour  dire  a  souvent  ».  Cf.  Num.  xiv, 12;  Job,  XIX,  3.  Jacob  laisse  dans  l'ombre  ses propres  artifices;  il  montre  du  mohis,  vers.  9, qu'ils  étaient  approuvés  de  Dieu.
10-12.  Autre  excuse  indirecte  encore  plus forte.
13.  Jacob  termine,  comme  précédemment  le narrateur  (vers.  3),  par  l'ordre  formel  de  dé- part qu'il  avait  reçu  du  ciel  même.  —  Deus  De- thel:  nom  significatif.  Cf.  xxviii,  18  et  ss.
14-16.  Réponse  de  Rachel  et  de  Lia.  A  leur tour,  elles  se  plaignent  amèrement  de  leur  père (14-15  ;  remarquez  les  détails  quasi  aliénas...  ven- didit, et  comedit  pretium),  et  elles  admirent  la bonté  de  Dieu.  Elles  concluent  sans  hésiter:  «nde omnia...
Gen.  XXXI,  17-27.
123
notre  père,  et  nous  les  a  données  et  à  nos enfants  ;  c'est  pourquoi  faites  tout  ce que  Dieu  vous  a  commandé.
17.  Jacob  fit  donc  monter  aussitôt  ses femmes  et  ses  enfants  sur  des  chameaux.
18.  Et  emmenant  avec  lui  tout  ce qu'il  avait ,  ses  troupeaux  et  tout  ce  qu'il avait  acquis  en  Mésopotamie,  il  se  mit en  chemin  pour  aller  auprès  de  son  père, au  pays  de  Chanaan.
19.  Or  Laban  étant  allé  en  ce  temps- là  faire  tondre  ses  brebis,  Rachel  déroba les  idoles  de  son  père.
20.  Et  Jacob  ne  voulut  point  décou- vrir son  projet  de  fuite  h  son  beau-père.
21.  Lors  donc  qu'il  s'en  fut  allé  avec tout  ce  qui  était  à  lui,  comme  il  avait déjù,  passé  le  fleuve  et  qu'il  marchait  vers la  montagne  de  Galaad ,
22.  Laban  fut  averti,  le  troisième  jour, que  Jacob  s'enfuyait.
23.  Et  aussitôt,  ayant  pris  avec  lui  ses fi'ères,  il  le  poursuivit  durant  sept  jours et  le  joignit  à  la  montagne  de  Galaad.
24.  Mais  Dieu  lui  apparut  en  songe  et lui  dit  :  Prenez  garde  de  ne  rien  dire d'offensant  à  Jacob.
25.  Jacob  avait  déjà  tendu  sa  tente sur  la  montagne  de  Galaad,  et  Laban, l'y  ayant  rejoint  avec  ses  frères,  y  ten- dit aussi  la  sienne.
26.  Et  il  dit  à  Jacob  :  Pourquoi  avez- vous  agi  de  la  sorte ,  en  m'enlevant  ainsi mes  filles  sans  m'en  rien  dire ,  comme  si c'étaient  des  prisonnières  de  guerre  ?
27.  Pourquoi  avez-vous  pris  le  dessein de  vous  enfuir  sans  que  je  le  susse,  et  ne
et  eas  tradidit  nobis,  ac  filiis  nostris; unde  omnia  quse  precepit  tibi  Deus,  fac.
17.  Surrexit  itaque  Jacob,  et  impositis liberis  ac  conjugibus  suis  super  camelos, abiit.
18.  Tulitque  omnem  substantiam  suam, et  grèges,  et  quidquid  in  Mesopotamia acquisierat,  pergens  ad  Isaac  patrem  suum in  terram  Chanaan.
19.  Eo  tempore  ierat  Laban  ad  ton- dendas  oves,  et  Rachel  furata  est  idola patris  sui.
20.  Noluitque  Jacob  confiteri  socero suo  quod  fugeret.
21.  Cumque  abiisset  tam  ipse  quam omnia  quse  juris  sui  erant,  et  amne  trans- misse pergeret  contra  montem  Galaad,
22.  Nuntiatum  est  Laban  die  tertio quod  fugeret  Jacob.
23.  Qui,  assumptis  fratribus  suis,  per- secutus  est  eum  diebus  septem  ;  et  com- prehendit  eum  in  monte  Galaad.
24.  Viditque  in  somnis  dicentem  sibi Deum  :  Cave  ne  quidquam  aspere  lo- quaris  contra  Jacob.
25.  Jamque  Jacob  extenderat  in  monte tabernaculum  ;  cumque  ille  consecutus f uisset  eum  eum  fratribus  suis ,  in  eodem monte  Galaad  fixit  tentorium.
26.  Et  dixit  ad  Jacob  :  Quare  ita  egisti, ut  clam  me  abigeres  filias  meas  quasi captivas  gladio  ?
27.  Cur  ignorante  me  fugere  voluisti, nec  indicare  mihi ,  ut  prosequerer  te  eum
2«  Le  départ,  vers.  17-18.
17-18.  La  résolution  ainsi  arrêtée  est  exécutée sans  retard.  Jacob  emmène  tout  avec  lui  :  sa  fa- mille, 17,  et  ses  biens,  18. —  Super  camelos.  Ainsi qu'on  le  fait  encore  dans  l'Orient  moderne,  quand une  famille  ou  une  tribu  émigré.  Voy.  l'Atlas archéol.  de  la  Bible,  pi.  lxxvii,  flg.  4.
3°  Laban  sx  la  poursuite  de  Jacob,  vers.  19-24.
19-20.  Détails  rétrospectifs  sur  le  départ  de Jacob.  —  Ad  tondendas  oves.  Opération  qui  de- vait durer  un  certain  temps;  de  plus,  d'après XXX,  36,  les  ti'oupeaux  de  Laban  étaient  très éloignés  de  ceux  de  son  gendre.  —  Idola  patris. Hébr.  :  Les  t^rafim  de  son  père.  C'étaient  des Idoles  à  forme  humaine,  auxquelles  on  ne  paraît pas  avoir  rendu  un  culte  proprement  dit,  mais qu'on  utilisait  pour  la  magie  et  la  divination. Cf.  Jud.  XVIII,  29;  Ez.  xxi,  21  ;  Zach.  x,  2.  Les i'rajim  avaient  toutes  les  tailles ,  depuis  celle d'un  homme  (I  Reg.  xix,  13)  jusqu'à  celle  de simples  statuettes  ;  d'après  le  vers.  34 ,  les  idoles de   Laban   étaient   de   petite   dimension.  Voyez
l'Atlas  archéol.  de  la  Bible,  pi.  cxiv,  flg.  6.  — Noluitque...  confiteri.  La  Vulgate  a  ti'aduit  libre- ment. En  hébreu  :  Jacob  vola  le  cœur  de  Laban l'Araméen,  en  ne  lui  annonçant  pas  qu'il  fuyait d'aupi'ès  de  lui.  C'est  le  xXsTrxetv  voOv  des  Grecs.
21-24.  Laban  est  enfin  averti,  et  se  met  à  la poursuite  des  fugitifs.  —  Arane  désigne  ici  l'Eu- phrate.  La  «  montagne  de  Galaad  »  porte  ce  nom par  anticipation  (voy.  les  vers.  46-47).  Elle  re- présente en  ce  passage  le  plateau  élevé  qui  do- mine la  rive  gauche  du  Jourdain,  au  nord  du Jaboc.  —  Cave...  Dieu  prend  encore  la  défense  de son  serviteur.
4"  Alliance  conclue  entre  Jacob  et  Laban, vers.  25-55.
25.  Les  deux  campements,  à  quelque  distance l'un  de  l'autre.
26-30.  Les  plaintes  de  Laban  contenues  dans ces  versets  présentent  un  singulier  mélange  d'hy- pocrisie et  de  l'affection  paternelle  la  plus  sin- cère. —  Quasi  captivas  gladio.  Expression  très heureuse;  on  enlève  violemment  les  prisonniers
124
Gen.  XXXI,  28-36.
g-nudio,  et  canticis,  et  tympaiiis,  et  ci- tharis  ?
28.  Non  es  passus  ut  oscularer  filios meos  et  filias  :  stulte  operatus  es  ;  et  nunc quidem
29.  Valet  manus  mea  reddere  tibi  ma- lam  ;  sed  Deiis  patiis  vestri  heri  dixit milii  :  Cave  ne  loquaris  contra  Jacob qnidquam  durius.
30.  Esto  ;  ad  tuos  ire  cupiebas ,  et  de- siderio  erat  tibi  domus  patris  tui;  cur furatus  es  deos  meos  ?
31.  Respondit  Jacob  :  Quod  inscio  te prof ectus  sum ,  timui  ne  violenter  auf er- res filias  tuas.
32.  Quod  autem  furti  me  arguis,  apud quemcumque  inveneris  deos  tuos,  nece- tur  coram  fratribus  nostris.  Scrutare  quid- quid  tuorum  apud  me  inveneris,  et  aufer. Hœc  dicens,  ignorabat  quod  Rachel  fu- rata  esset  idoîa.
33.  Ingressus  itaque  Laban  tabernacu- lum  Jacob  et  Lise,  et  utriusque  famulse,^ non  invenit.  Cumque  intrasset  tentorium Raclielis ,
34.  Illa  festinans  abscondit  idola  sub- ter  stramenta  cameli,  et  sedit  desuper, scrutantique  omne  tentorium,  et  niliil invenienti ,
35.  Ait  :  Ne  irascatur  dominus  meus , quod  coram  te  assurgere  nequeo,  quia juxta  consuetudinem  feminarum  nunc accidit  raihi  ;  sic  delusa  sollicitudo  quœ- rentis  est.
36.  Tumensque  Jacob ,  eum  jurgio  ait
ni'avez-vous  point  averti  ?  Je  vous  aurais reconduit  avec  des  chants  de  joie,  au son  des  tambourins  et  des  harpes  ?
28.  Vous  ne  m'avez  pas  même  permis de  donner  à  mes  filles  et  à  mes  fils  le dernier  baiser.  Vous  n'avez  pas  agi  sa- gement. Et  maintenant
29.  Je  pourrais  bien  vous  rendre  le mal  pour  le  mal;  mais  le  Dieu  de  votre père  me  dit  hier  :  Prenez  bien  garde  de ne  rien  dire  d'ofïensant  à  Jacob.
30.  Vous  aviez  peut-être  envie  de  re- tourner vers  vos  proches ,  et  vous  souhai- tiez de  revoir  la  maison  de  votre  père  ; mais  pourquoi  m'avez -vous  dérobé  mes idoles  ?
31.  Jacob  lui  répondit  :  Ce  qui  m'a fait  partir  sans  vous  en  avoir  averti ,  c'est que  j'ai  eu  peur  que  vous  ne  me  voulus- siez ravir  vos  filles  par  violence.
32.  Mais  pour  le  larcin  dont  vous  m'ac- cusez, je  consens  que  quiconque  sera trouvé  avoir  pris  vos  idoles  soit  puni  de mort  en  présence  de  nos  frères.  Cherchez partout,  et  emportez  tout  ce  que  vous trouverez  à  vous  ici.  En  disant  cela,  il ne  savait  pas  que  Rachel  avait  dérobé ses  idoles.
33.  Laban  étant  donc  entré  dans  la tente  de  Jacob,  de  Lia  et  des  deux  ser- vantes, ne  trouva  point  ce  qu'il  cherchait. Il  entra  ensuite  dans  la  tente  de  Ra- chel ;
34.  Mais  elle ,  ayant  caché  prompte- ment  les  idoles  sous  la  litière  d'un  cha- meau, s'assit  dessus  ;  et  lorsqu'il  cher- chait partout  dans  la  tente  sans  y  rien trouver,
35.  Elle  lui  dit  :  Que  mon  seigneur  ne se  fâche  pas  si  je  ne  puis  me  lever maintenant  devant  lui,  parce  que  le  mal qui  est  ordinaire  aux  femmes  vient  de me  prendre.  Ainsi  Rachel  rendit  inutile cette  recherche  qu'il  faisait  avec  tant de  soin.
36.  Alors  Jacob,  tout  ému,  fit  ce  re-
de  guerre, —  Cum...  canticis,  et  tympanis...  Cou- tume qui  subsiste  encore  en  Orient.  —  Valet  ma- nus  mea.  Laban  prend  tout  à  coup  un  ton  me- naçant ;  mais  il  est  aussitôt  obligé  d'avouer  qu'un plus  fort  que  lui  le  retient.  —  Cur  furatus  es...? Dernier  rej)roche,  qui  n'est  pas  le  moins  grave. 31-32.  Courte  apologie  de  Jacob,  Il  justifie d'abord  son  dt'i)art  précipité  :  timui  ne  violen- ter..., crainte  parfaitement  légitime.  Il  proteste ensuite  contre  l'accusation  de  vol,  et  autorise une  enquête  immédiate,  —  Eœc  dicens,  ignora- bat... Remarque  dramatique  du  narrateur,  Jacob
aurait- il  dit  :  Necetur,  s'il  eût  connu  l'acte  de Rachel  ?
33-35,  L'enquête  de  Laban,  Le  récit  est  plein de  vie  et  de  vérité.  —  Subter  stramenta.  L'ex- pression hébraïque  désigne  les  grands  palanquins, munis  de  coussins  et  de  rideaux,  qui  servaient  à porter  les  femmes  et  les  enfants,  V.  VAtl.  archéol. de  la  Bible,  pi.  lxxviii,  fig.  1,3,  —  Assurgere nequeo  :  ce  qu'une  fille  aurait  dû  faire  devant son  père.  —  Quia  juxta...  Cf,  Lev.  xv,  19  et  ss.
36-42,  Reproches  très  vifs  de  Jacob, —  Tu- mens;  il  laisse  mahitenant  un  libre  cours  h  sa
Gen.  XXXI,  37-45.
125
proche  ù  Laban  :  Quelle  faute  avais- je commise,  et  en  quoi  vous  avais-je  of- fensé, pour  vous  obliger  de  courir  après moi  avec  tant  de  clialeur,
37.  Et  de  fouiller  tout  ce  qui  est  h moi?  Qu'avez -vous  trouvé  ici  de  toutes les  choses  qui  étaient  dans  votre  maison? Faites -le  voir  devant  mes  frères  et  de- vant les  vôtres,  et  qu'ils  soient  juges entre  vous  et  moi.
38.  Est-ce  donc  pour  cela  que  j'ai passé  \ingt  années  avec  vous  ?  Vos  bre- bis et  vos  chèvres  n'ont  point  été  stériles; je  n'ai  point  mangé  les  moutons  de  votre troupeau  ;
39.  Je  ne  vous  ai  rien  montré  de  ce qui  avait  été  pris  par  les  bêtes  :  je  pre- nais sur  moi  tout  ce  qui  avait  été  perdu et  vous  en  tenais  compte,  et  vous  exi- giez de  moi  tout  ce  qui  avait  été  dé- robé ;
40.  J'étais  brûlé  par  la  chaleur  pen- dant le  jour  et  par  le  froid  pendant  la nuit,  et  le  sommeil  fuyait  de  mes  yeux.
41.  Je  vous  ai  servi  ainsi  dans  votre maison  vingt  ans  durant,  quatorze  pour vos  filles  et  six  pour  vos  troupeaux. Vous  avez  aussi  changé  dix  fois  ce  que je  devais  avoir  pour  récompense,
42.  Si  le  Dieu  de  mon  père  Abraham , et  le  Dieu  que  craint  Isaac,  ne  m'eût assisté,  vous  m'auriez  peut-être  renvoyé tout  nu  de  chez  vous.  Mais  Dieu  a  regardé mon  affliction  et  le  travail  de  mes  mains, et  il  vous  a  arrêté  cette  nuit  par  ses  me- naces.
43.  Laban  lui  répondit  :  Mes  filles  et mes  petits -ûh,  vos  troupeaux  et  tout  ce que  vous  voyez  est  à  moi.  Que  puis-je faire  à  mes  filles  et  à  mes  petits-fils?
44.  Venez  donc,  et  faisons  une  alliance qui  serve  de  témoignage  entre  vous  et moi.
45.  Alors  Jacob  prit  une  pierre,  et,  en ayant  dressé  un  monument ,
Quani  ob  culpam  meam,  et  ob  quod  pec- catum  meum  sic  exarsisti  post  me,
37.  Et  scrutatus  es  omnem  supellecti- lem  meam?  Quid  invenisti  de  cuncta substantia  domus  tua3?  Pone  hic  coram fratribus  meis  et  fratribus  tuis,  et  judi- cent  inter  me  et  te.
38.  Idcirco  viginti  annis  fui  tecum  ? Oves  tuœ  et  caprœ  stériles  non  fuerunt, arietes  gregis  tui  non  comedi  ;
39.  Nec  captum  a  bestia  ostendi  tibi , ego  damnum  omne  reddebam  ;  quidquid furto  peribat,  a  me  exigebas.
40.  Die  noctuque  aestu  urebar,  et  gelu , fugiebatque  somnus  ab  oculis  meis.
41.  Sicque  per  viginti  annos  in  domo tua  servi vi  tibi,  quatuordecim  pro  filia- bus ,  et  sex  pro  gregibus  tuis  ;  immutasti quoque  mercedem  meam  decem  vicibus.
42.  Nisi  Deus  patris  mei  Abraham,  et timor  Isaac,  afïuisset  mihi,  forsitan  modo nudum  me  dimisisses  ;  afflictionem  meam et  laborem  manuum  mearum  respexit Deus ,  et  arguit  te  heri.
43.  Respondit  ei  Laban  :  Filise  mese et  filii,  et  grèges  tui,  et  omnia  quse  cer- nis,  mea  sunt;  quid  possum  facere  filiis et  nepotibus  meis  ?
44.  Veni  ergo,  et  ineamus  fœdus  ut sit  testimonium  inter  me  et  te.
45.  Tulit  itaque  Jacob  lapidem,  et erexit  illum  in  titulum.
colère,  après  l'avoir  contenue  précédemment.  Les hébraïsnnts  ont  remarqué  qtie  son  langage  est plein  de  distinction.  —  Quam  ob  culpam...  Il  se plaint  d'abord,  36'' -37,  de  cette  odieuse  perqui- sition de  Laban,  qu'il  avait  seulement  tolérée pour  faire  constater  son  innocence.  —  Idcirco viginti...?  Il  se  plaint  aussi,  38-41,  de  la  dureté de  son  beau -père  pendant  les  longues  années qu'ils  avaient  passées  ensemble.  —  Notez  surtout les  détails  des  vers.  39  et  40.  1°  Ego  damnum omne...  Jacob  était  responsable'  de  toutes  les pertes,  même  eu  cas  de"  force  majeure.  2"  JEstu... et  gelu.  Dans  les  régions  orientales,  à  la  brûlante chaleur  du  jour  succède  sans  transition  une  fraî-
cheur très  intense  durant  la  nuit  :  ce  brusque changement  est  aussi  pernicieux  que  pénible.  — Nisi  Deus...  Pensée  de  foi  pour  achever  ce  dis- cours. —  Timor  Isaac  est  une  métonymie  pour «  l'objet  de  la  crainte  d'Isaac  »  (cf.  Is.  vrri,  13); cette  locution  équivaut  donc  à  «  Dieu  d'Isaac  ».
43  -  44.  Laban ,  radouci  par  ces  justes  re- proches, propose  une  alliance  pacifique.  Les  pa- roles du  vers.  43  ne  manquent  pas  de  délicatesse. Omnia...  mea  sunt;  par  conséquent  :  Ne  crains rien,  puisque  te  faire  du  mal  serait  en  faire  à ma  propre  chair;         -
45-47.  Éroction  d'un  monument  en  signe  d'al- liance. —  Titulum.  Ilébr.  :  maséhaU,  une  stclc  ou
126
Gen.  XXXI,  46-55.
46.  Dixitque  fratribus  suis  :  Afferte lapides.  Qui  congregantes  fecerunt  tu- mulum,  comederuntque  super  eum.
47.  Quem  vocavit  Laban  Tumulum testis;  et  Jacob,  Acervum  testimonii, uterque  juxta  proprietatem  linguae  suse.
48.  Dixitque  Laban  :  Tumulus  iste erit  testis  inter  me  et  te  hodie ,  et  idcirco appellatum  est  nomen  ejus  Galaad,  id est,  Tumulas  testis.
49.  Intueatur  et  judicet  Dominus  in- ter nos  quando  recesserimus  a  nobis.
50.  Si  afflixeris  filias  meas,  et  si  intro- duxeris  alias  uxores  super  eas;  nullus sermonis  nostri  testis  est  absque  Deo, qui  prsesens  respicit.
51.  Dixitque  rursus  ad  Jacob  :  En  tu- mulus hic,  et  lapis  quem  erexi  inter  me et  te ,
52.  Testis  erit;  tumulus,  inquam,  iste et  lapis  sint  in  testimonium,  si  aut  ego transiero  illum  pergens  ad  te,  aut  tu prseterieris ,  malum  mihi  cogitans.
53.  Deus  Abraham,  et  Deus  Nachor, judicet  inter  nos,  Deus  patris  eorum.  Ju- ravit  ergo  Jacob  per  timorem  patris  sui Isaac ;
54.  Immolatisque  victimis  in  monte, vocavit  fratres  suos  ut  ederent  panem. Qui,  cum  comedissent,  manserunt  ibi.
55.  Laban  vero,  de  nocte  consurgens, osculatus  est  filios  et  filias  suas,  et  bene- dixit  illis  ;  reversusque  est  in  locum suura.
46  II  dit  à  ses  frères  :  Apportez  des pierres  ;  et  en  ayant  ramassé  plusieurs ensemble,  ils  en  firent  un  lieu  élevé  et mangèrent  dessus.
47.  Laban  le  nomma  le  Monceau  du témoin,  et  Jacob  le  Monceau  du  témoi- gnage, chacun  selon  la  propriété  de  sa langue.
48.  Et  Laban  dit  ;  Ce  monument  sera témoin  aujourd'hui  entre  vous  et  moi  ; c'est  pourquoi  il  a  été  nommé  Galaad, c'est-à-dire  le  Monceau  du  témoin.
49.  Que  le  Seigneur  nous  regarde  et nous  juge,  lorsque  nous  nous  serons  re- tirés l'un  de  l'autre.
50.  Si  vous  maltraitez  mes  filles,  et  si vous  prenez  encore  d'autres  femmes qu'elles,  nul  n'est  témoin  de  nos  paroles que  Dieu,  qui  est  présent  et  qui  nous  re- garde.
51.  Il  dit  encore  à  Jacob  ;  Ce  monu- ment, et  cette  pierre  que  j'ai  dressée entre  vous  et  moi
52.  Nous  serviront  de  témoin  ;  ce  mo- nument, dis-je,  et  cette  pierre  porteront témoignage  si  je  passe  au  delà  pour  aller à  vous,  ou  si  vous  passez  vous-même dans  le  dessein  de  me  venir  faire  quelque mal.
53.  Que  le  Dieu  d'Abraham,  le  Dieu de  Nachor  et  le  Dieu  de  leur  père  soit notre  juge.  Jacob  jura  donc  par  le  Dieu que  craignait  Isaac  ;
54.  Et  après  avoir  immolé  des  vic- times sur  la  montagne,  il  invita  ses  pa- rents pour  manger  ensemble;  et,  aj^ant mangé ,  ils  demeurèrent  là  pour  y  passer la  nuit.
55.  Mais  Laban ,  se  levant  avant  qu'il fît  jour,  embrassa  ses  fils  et  ses  filles, les  bénit  et  s'en  retourna  chez  lui.
pierre  droite.  Cf.  xxvm,  19  et  la  note.  —  Corne- derunt  super  eum  :  pour  rendre  le  symbole  en- core plus  significatif  par  cette  marque  d'union  et de  sympathie.  —  Chacun  des  contractants  imposa un  nom  au  monument ,  juxta  proprietatem  lin- guœ  suce  (explication  ajoutée  par  le  traducteur latin).  Tumulum  testis,  ou  Y'gar  sahadutah  : c'est  de  l'araméen,  la  langue  parlée  en  Mésopo- tamie. Acervum  testimonii,  ou  GaVed:  c'est  la même  locution  en  langue  hébraïque ,  l'idiome  cha- nanéen ,  qu'Abraham  et  les  siens  avaient  adopté au  temps  de  leur  installation  dans  ce  pays. Cf.  X,  1.
48-53».   Les  stipulations  de  Laban. —  Testis inter  me  et  te.  Laban  explique  et  commente  ce
nom  qu'ils  avaient  donné  de  concert  à  la  stèle. Elle  sera,  ou  plutôt,  au-dessus  d'elle  Dieu  sera témoin  de  deux  choses  :  1°  que  Rachel  et  Lia  au- ront en  Jacob  un  époux  bon  et  fidèle  (vei*s.  50)  ; 2°  que  le  gendre  et  le  beau -père  ne  franchiront jamais  ce  monument  pour  aller  s'attaquer  l'un l'autre  (51-52).  —  Deus  Abraham ,  et  Deus  Na- chor: association  remarquable.
SSi'-SS.  Conclusion  de  l'épisode.  Jacob  scelle le  contrat  par  un  serment  (juravit  ergo....  )  et par  un  sacrifice  (  c'est  en  ce  sens  du  moins  que de  nombi'eux  interprètes  expliquent  les  mots immolatis  victimis)  ;  puis ,  le  lendemain  matin , on  se  sépara  d'une  manière  toute  pacifique.
Gen.  XXXII,  1-9.
127
CHAPITRE  XXXII
1.  Jacob,  continuant  son  chemin ,  ren- contra des  anges  de  Dieu.
2.  Et,  les  ayant  vus,  il  dit  :  Voici  le camp  de  Dieu,  et  il  appela  ce  lieu -là Mahanaïm,  c'est-à-dire  le  camp.
3.  Il  envoya  en  même  temps  des  gens devant  lui  pour  donner  avis  de  sa  venue à  son  frère  Ésaii,  en  la  terre  de  Séir,  au pays  d'Edom  ;
4.  Et  il  leur  donna  cet  ordre.  Voici  la manière  dont  vous  parlerez  à  Ésaii  :  Mon seigneur,  Jacob,  votre  frère,  vous  envoie dire  ceci  :  J'ai  demeuré  comme  étranger chez  Laban,  et  j'y  ai  été  jusqu'à  ce jour.
5.  J'ai  des  bœufs,  des  ânes,  des  brebis, des  serviteurs  et  des  servantes;  et  j'en- voie maintenant  vers  mon  seigneur,  afin que  je  trouve  grâce  devant  lui.
6.  Ceux  que  Jacob  avait  envoyés  re- vinrent lui  dire  :  Nous  sommes  allés  vers votre  fi'ère  Esaii,  et  le  voici  qui  vient lui-même  en  grande  hâte  au-devant  de vous  avec  quatre  cents  hommes.
7.  A  ces  mots,  Jacob  eut  une  grande peur  ;  et  dans  la  frayeur  dont  il  fut saisi ,  il  divisa  en  deux  troupes  tous  ceux qui  étaient  avec  lui,  et  aussi  les  trou- peaux, les  brebis,  les  bœufs  et  les  cha- meaux ,
8.  En  disant  :  Si  Ésaii  vient  attaquer une  des  troupes ,  l'autre  qui  restera  sera sauvée.
9.  Jacob  dit  ensuite  :  Dieu  d'Abra- ham mon  père.  Dieu  de  mon  père  Isaac,
1.  .Jacob  quoque  abiit  itinere  quo  cœ- perat,  fueruntque  ei  obviam  angeli  Dei.
2.  Quos  cum  vidisset,  ait  :  Castra  Dei sunt  haec  ;  et  appellavit  nomen  loci  illius Mahanaim,  id  est,  Castra.
3.  Misit  autem  et  nuntios  ante  se  ad Esau  fi-atrem  suum  in  terram  Seir,  in regionem  Edom  ;
4.  Prascepitque  eis,  dicens  :  Sic  loqui- mini  domino  meo  Esau  :  Haec  dicit  fi-ater tuus  Jacob  :  Apud  Laban  peregrinatus sum ,  et  fui  usque  in  prsesentem  diem.
5.  Habeo  boves ,  et  asinos ,  et  oves ,  et serves,  et  ancillas;  mittoque  nunc  le- gationem  ad  dominum  meum,  ut  inve- niam  gratiam  in  conspectu  tuo.
6.  Reversique  sunt  nuntii  ad  Jacob, dicentes  :  Venimus  ad  Esau  fratrem tuum,  et  ecce  properat  tibi  in  occursum cum  quadringentis  viris.
7.  Timuit  Jacob  valde,  et  perterritus divisit  populum  qui  secum  erat,  grèges quoque  et  oves  et  boves  et  camelos,  in duas  turmas,
8.  Dicens  :  Si  venerit  Esau  ad  unam turmam ,  et  percusserit  eam ,  alla  turma , quse  reliqua  est,  salvabitur.
9.  Dixitque  Jacob  :  Deus  patris  mei Abraham,  et  Deus  patris  mei  Isaac,  Do-
§  III.  —  Jacob  à  Mahanaïm.  XXXII,  1-32.
1°  Mesures  de  Jacob  en  vue  de  se  concilier Esaii,  vers.  1-21.
Chap.  XXXII.  —  1-2.  Apparition  des  anges. — Jacob...  abiit.  Délivré  d'une  vive  Inquiétude,  il est  aussitôt  saisi  par  un  autre  sujet  d'angoisse  ; Esaii  sera  peut-être  un  adversaire  plus  dangereux que  Laban.  Mais  Jacob  reçoit  un  nouvel  encou- ragement divin.  Les  anges  lui  apparaissent  au moment  de  son  retour,  comme  à  celui  de  son départ,  xxviii,  12.  —  Castra  (hébr.  imahanch) Dei...  De  là  le  nom  de  Mahanaïm,  au  duel  ;  c.-à-d. les  deux  camps  (  deux  troupes  d'anges  ;  ou  bien, le  camp  des  anges  et  celui  de  Jacob).  Cette  lo- calité, située  au  N.  et  non  loin  du  confluent  du Jaboc,  devint  plus  tard  une  ville  importante. Cf.  Jos.  XXI,  36;  II  Reg.  xvn,  24.
3-5.  Ambassade  de  Jacob  à  Esaii.  —  In  terram Seir  :  la  future  Idumée  (  regionem  Edom  ),  ajoute
l'historien  par  anticipation.  Esaii  y  faisait  alors une  expédition  guerrière.  Séir  était  un  prince horréen,  qui  occupa  le  territoire  édomite  avant Esaii.  Cf.  xxxvi,  20-28.  —  Sic  loquimini.  Dans  ce message  court  et  modeste ,  après  avoir  donné  un résumé  de  sa  vie  depuis  son  départ  de  Chanaan (4P),  Jacob  expose  sa  situation  présente  (5»  :  habeo boves...,  trait  habile;  il  peut  se  suffire,  et  il  n'ap- pauvrira point  son  frère),  et  indique  finalement le  but  de  l'ambassade  (6*>).
6-8.  Effroi  et  précautions  préliminaires  de  Ja- cob, h  la  nouvelle  ecce  properat...  —  Les  qua- dringenti  viri  étaient  évidemment  armés,  et formaient  une  portion  de  la  troupe  avec  laquelle Esaii  avait  envahi  le  pays  de  Séir.  —  In  duas turmas,  dicens...  Sage  calcul,  pour  sauver  au moins  la  moitié  de  sa  famille  et  de  ses  biens,
9-12.  Amirable  prière,  où  la  foi  de  Jacob  éclate dans  toute  sa  beauté.  C'est  une  perpétuelle  «  ca- ptatio  benevolentiae  ». —  In  baculo  meo  (vers.  10>,
128
Gen.  XXXII,  10-20.
mine  qui  dixisti  mihi  :  Revertere  in  ter- rain tuam,  et  in  locum  nativitatis  tuse, et  benefaciam  tibi,
10.  ]\Iinor  sum  cunctis  miserationibus tuis,  et  vcritate  tua  quam  explevisti  servo tuo.  In  baculo  meo  transivi  Jordanem istum,  et  nunc  cum  duabus  turmis  regre- dior.
11.  Erue  me  de  manu  fratris  mei Esau,  quia  valde  eum  timeo;  ne  forte veniens  percutiat  matrem  cum  filiis.
12.  Tu  locutus  es  quod  benefaceres mihi,  et  dilatares  semen  meum  sicut arenam  maris,  quœ  prœ  multitudine  nu- merari  non  potest.
13.  Cumque  dormisset  ibi  nocte  illa, separavit  de  his  quse  habebat,  munera Esau  fratri  suo  :
14.  Capras  ducentas,  liircos  viginti, oves  ducentas ,  et  arietes  viginti  ;
15.  Camelos  fêtas  cum  pullis  suis  tri- ginta,  vaccas  quadraginta,  et  tauros  vi- ginti ,  asinas  viginti ,  et  pullos  earum  de- cem.
16.  Et  misit  per  manus  servorum  suo- rum  singulos  seorsum  grèges,  dixitque pueris  suis  :  Antecedite  me,  et  sit  spa- tium  inter  gregem  et  gregem.
17.  Et  prfBcepit  priori,  dicens  :  Si  ob- ^dura  habueris  fratrem  meum  Esau,  et interrogaverit  te,  Cujus  es?  aut,  Quo  va- dis?  aut,  Cujus  sunt  ista  quse  sequeris?
18.  Respondebis  :  Servi  tui  Jacob, munera  misit  domino  meo  Esau  ;  ipse quoque  post  nos  venit.
19.  Similiter  dédit  mandata  secundo, et  tertio ,  et  cunctis  qui  sequebantur  grè- ges, dicens  :  lisdem  verbis  loquimini  ad Esau ,  cum  inveneiitis  eum.
20.  Et  addetis  :  Ipse  quoque  servus tuus  Jacob  iter  nosti*um  insequitur;  dixit enim   :    Placabo   illum  muneribus  quas
Seigneur  qui  m'avez  dit  :  Retournez  en votre  pays  et  au  lieu  de  votre  naissance, et  je  vous  comblerai  de  bienfaits  ;
10.  Je  suis  indigne  de  toutes  vos  misé- ricordes, et  de  la  vérité  que  vous  avez gardée  envers  votre  serviteur.  J'ai  passé ce  fleuve  du  Jourdain  n'ayant  qu'un  bâ- ton, et  je  retourne  maintenant  avec  ces deux  troupes,
11.  Délivrez  -  moi ,  je  vous  2:>rie,  de  la main  de  mon  fi'ère  Bsali,  parce  que  je le  crains  extrêmement,  de  peur  qu'à  son arrivée  il  ne  fi-appe  la  mère  avec  les enfants.
12.  Vous  m'avez  promis  de  me  com- bler de  biens  et  de  multiplier  ma  race comme  le  sable  de  la  mer,  dont  la  multi- tude est  innombrable.
13.  Jacob  ayant  passé  la  nuit  en  ce même  lieu ,  il  sépara  de  tout  ce  qui  était à  lui  ce  qu'il  avait  destiné  pour  en  faire l)résent  à  Esaii,  son  frère  :
14.  Deux  cents  chèvres,  vingt  boucs, deux  cents  brebis  et  vingt  béliers  ;
15.  Trente  femelles  de  chameaux  avec leurs  petits,  quarante  vaches,  vingt  tau- reaux, vingt  ânesses  et  dix  ânons.
16.  Il  envoya  séparément  chacun  de ces  troupeaux,  qu'il  fit  conduire  par  ses serviteurs ,  et  il  dit  à  ses  hommes  :  Mar- chez toujours  devant,  et  qu'il  y  ait  de l'espace  entre  un  troupeau  et  l'autre.
17.  Il  dit  à  celui  qui  marchait  le  pre- mier :  Si  vous  rencontrez  Esaii,  mon fi'ère,  et  qu'il  vous  demande  :  A  qui êtes-vous  ?  ou  bien  :  Où  allez -vous  ?  ou  : A  qui  sont  ces  bêtes  que  vous  menez  ?
18.  Vous  lui  répondrez  :  Elles  sont  à Jacob,  votre  serviteur,  qui  les  envoie pour  présent  k  mon  seigneur  Esau,  et  il vient  lui-même  après  nous.
19.  Il  donna  aussi  le  même  ordre  au second,  au  troisième,  et  à  tous  ceux  qui conduisaient  les  troupeaux,  en  leur  di- sant :  Lorsque  vous  rencontrerez  Esaii, vous  lui  direz  la  même  chose.
20.  Et  vous  ajouterez  :  Jacob,  votre serviteur,  vient  aussi  lui-même  après nous.   Car  Jacob   disait  :  Je  l'apaiserai
...  et  nunc...  est  un  sommaire  pittoresque  des bienfaits  divins.  Le  vers.  11  contient  la  demande proprement  dite ,  exposée  en  termes  naïfs  {valde timeo)  et  expressifs  (^percutiat  matrem  cum  fi- nis, pour  désigner  un  massacre  barbare,  uni- versel).
13-15.  Énumération  des   présents   destinés  ù Esati.  Leur  ensemble  formait  un  .très  riche  ca-
deau. Les  animaux  sont  cités  en  gradation  ascen- dante, d'après  leur  utilité  et  leur  valeur  en Orient.
16-21.  Singulos  seorsum  grèges.  Autre  mesure pleine  d'habileté,  pour  produire  une  impression favorable  sur  Esaii,  comme  il  est  dit  en  toutes lettres  au  vers.  20  :  Placabo  illum...  (hébr.  :  Je couvrk-ai  sa  face  de  présents).
Gen.  XXXII,  21-31.
129
par  les  présents  qui  vont  devant  moi  ;  et ensuite,  quand  je  le  verrai,  peut-être  me regardera-t-il  favorablement.
21.  Les  présents  marchèrent  donc  de- vant Jacob,  et  pour  lui  il  demeura  pen- dant cette  nuit  dans  son  camp.
22.  Et  s'étant  levé  de  fort  bonne  heure, il  prit  ses  deux  femmes  et  leurs  deux  ser- vantes, avec  t^es  onze  iils,  et  passa  le gué  du  Jaboc.
23.  Après  avoir  fait  passer  tout  ce qui  était  ù,  lui,
24.  Il  demeura  seul  en  ce  lieu-là.  Et  il parut  en  même  temps  un  homme  qui lutta  contre  lui  jusqu'au  matin.
25.  Cet  homme,  voyant  qu'il  ne  pou- vait le  surmonter,  lui  toucha  le  nerf  de la  cuisse,  qui  se  sécha  aussitôt.
26.  Et  il  lui  dit  :  Laissez-moi  aller,  car l'aurore  commence  déjà  à  paraître.  Jacob lui  répondit  :  Je  ne  vous  laisserai  point aller  que  vous  ne  m'ayez  béni.
27.  Cet  homme  lui  demanda  :  Com- ment vous  appelez -vous  ?  Il  lui  répon- dit :  Je  m'appelle  Jacob.
28.  Et  le  même  homme  ajouta  :  On ne  vous  nommera  plus  à  l'avenir  Jacob , mais  Israël;  car  si  vous  avez  été  fort contre  Dieu,  combien  le  serez -vous  da- vantage contre  les  hommes?
29.  Jacob  lui  fit  ensuite  cette  demande  : Dites-moi,  je  vous  prie,  comment  vous vous  appelez.  Il  lui  répondit  :  Pourquoi demandez-vous  mon  nom  ?  Et  il  le  bénit en  ce  même  lieu.
30.  Jacob  donna  le  nom  de  Phanuel à  ce  lieu-là,  en  disant  :  J'ai  vu  Dieu face  à  face,  et  mon  âme  a  été  sauvée.
31.  Aussitôt  qu'il  eut  passé  ce  lieu,
prsecedunt,  et  postea  videbo  ilium,  for- sitan  propitiabitur  mihi.
21.  Prsecesserunt  itaque  munera  an<e eum  ;  ipse  vero  mansit  nocte  illa  in  ca- stris.
22.  Cumque  mature  surrexisset,  tulit duas  uxores  suas,  et  totidem  famulas, cura  undecim  filiis,  et  transivit  vudiim Jaboc.
23.  Traductisque  omnibus  quse  ad  se pertinebant,
24.  Mansit  solus  ;  et  ecce  vir  luctaba- tur  cum  eo  usque  mane.
25.  Qui  cum  videret  quod  eum  supe- rare  non  posset,  tetigit  nervum  femoris ejus,  et  statim  emarcuit.
26.  Dixitque  ad  eum  :  Dimitte  me, jam  enim  ascendit  aurora.  Respondit  : Non  dimittam  te ,  nisi  benedixeris  mihi.
27.  Ait  ergo  :  Quod  nomen  est  tibi? Respondit  :  Jacob.
28.  At  ille,  Nequaquam,  inquit,  Jacob appellabitur  nomen  tuum,  sed  Israël; quoniam  si  contra  Deum  fortis  fuisti, quanto  magis  contra  homines  preevalebis  !
29.  Interrogavit  eum  Jacob  :  Die  mihi, quo  appellaris  nomine?  Respondit  :  Cur quseris  nomen  meum  ?  Et  benedixit  ei  in eodem  loco.
30.  Vocavitque  Jacob  nomen  loci  illius Phanuel,  dicens  :  Vidi  Deum  facie  ad f aciem ,  et  salva  facta  est  anima  mea.
31.  Ortusque  est  ei  statim  sol,  post-
2«  La  lutte  avec  l'ange,  vers.  22-32.
22-2:5.  Jacob  et  les  siens  passent  le  gué  du  Ja- boc. Le  Jaboc,  appelé  aujourd'hui  Ouadi  es  Zerka, ou  Torrent  bleu ,  est  le  plus  considérable  des  af- fluents du  Jourdain  ;  il  servit  plus  tard  de  limite aux  tribus  de  Gad  et  de  Manassé ,  à  l'est  de  ce fleuve.  Il  coule  rapidement  ù  travers  un  ravin profond.
24-25.  Description  de  la  lutte  mystérieuse.  — Mansit  solus  :  sur  la  rive  septentrionale  du  Ja- boc ,  après  avoir  sui'veillé  le  passage  du  gué.  — Ecce  vir...  Un  ange  sous  la  forme  humaine,  d'a- près Os.  XII ,  4  ;  ou  Dieu  lui-même ,  comme  plu- sieurs Pères  et  commentateurs  le  concluent  du vers.  30.  —  Luctahatur...  Fait  réel,  et  non  pas allégorie  plus  ou  moins  vague.  Jacob  conserva longtemps  les  traces  de  la  lutte.  —  Nervum  fe- moris. Le  mot  liébreu  désigne  1'  «  ischion  »,  ou la  cavité  osseuse  dans  laquelle  s'emboite  et  se meut  l'os  du  fémur.
26-29.  Jacob,  malgré  sa  blessure,  remporte  inio double  victoire.  Victoire  matérielle  d'abord  :  Non dimiltam  te;  puis  victoire  morale,  en  forçant  son adversaire  de  le  bénir.  Il  avait  on  effet  compris, à  la  durée  du  combat,  la  nature  supérieure  de celui  contre  qui  il  luttait.  —  Nomen  tuum...  Israël, Nom  qui  se  décompose  ainsi  :  isra,  il  a  été  fort contre;  'El,  Dieu.  Ce  changement  de  nom  est ensuite  expliqué  avec  la  paronomase  habituelle  : contra  Deum  fortis  fuisti  (èaryta  '^im  'Eioliim). —  Quanto  magis...  Cette  dernière  parole  con- tient l'explication  du  duel  symbolique.  Dieu  avait voulu  rassurer  ainsi  Jacob  au  sujet  de  son  frère  : «  Israël  »  n'a  rien  à  craindre  de  personne.  Déno- mination glorieuse,  qui  ne  tardera  pas  à  devenir celle  de  la  race  de  Jacob.
30  -  32.  Triple  conclusion  de  l'épisode,  l»  No- men loci...  Phanuel.  Hébr.  :  P'nyel,  face  de Dieu.  2°  Claudicadat  pede.  Jacob  ne  s'aperçut de  sa  luxation  que  lorsqu'il  se  mit  à  marcher.
130
Gen.  XXXII,  32  —  XXXIII,  8.
qu.am  transgressus  est  Phanuel  ;  ipse  vero claudicabat  pede.
32.  Quam  ob  causam  non  comedunt nervum  filii  Israël,  qui  emarcuit  in  fe- more  Jacob,  usque  in  prœsentem  diem, eo  quod  tetigerit  nervum  femoris  ejus, et  obstupuerit.
qu'il  venait  de  nommer  Phanuel ,  il  vit  le soleil  qui  se  levait,  mais  il  se  trouva boiteux  d'une  jambe.
32.  C'est  pour  cette  raison  que  jus- qu'aujourd'hui les  enfants  d'Israël  ne mangent  point  du  nerf  des  hétes,  se  sou- venant de  celui  qui  fut  touché  en  la cuisse  de  Jacob,  et  qui  demeura  sans mouvement.
CHAPITRE  XXXIII
ï.  Elevans  autem  Jacob  oculos  suos, vidit  venientem  Esau,  et  cum  eo  qua- dringentos  viros  ;  divisitque  filios  Lise  et Rachel ,  ambarumque  f amularum ,
2.  Et  posuit  utramque  ancillam,  et liberos  earum,  in  principio;  Liam  vero, et  filios  ejus,  in  secundo  loco  ;  Rachel autem  et  Joseph  novissimos.
3.  Et  ipse  progrediens  adoravit  pronus in  terram  septies,  donec  appropinquaret frater  ejus.
4.  Currens  itaque  Esau  obviam  fratri suo ,  amplexatus  est  eum  ;  stringensque collum  ejus,  et  osculans  fievit.
5.  Levatisque  oculis,  vidit  mulieres  et parvulos  earum,  et  ait  :  Quid  sibi  volunt isti?  et  si  ad  te  pertinent?  Respondit  : Parvuli  sunt,  quos  donavit  milii  Deus servo  tuo.
6.  Et  appropinquantes  ancilla3  et  filii earum,  incurvati  sunt.
7.  Accessit  quoque  Lia  cum  pueris suis ,  et  cum  similiter  adorassent,  extremi Joseph  et  Pvachel  adoraverunt.
8.  Dixitque  Esau  :  Qusenam  sunt  istas turmse  quas  obviam  habui?  Respondit  : Ut  invenirem  gratiam  coram  domino meo.
1.  Jacob,  levant  ensuite  h^  yeux,  vit Esaii,  qui  s'avançait  avec  quatre  cents hommes,  et  il  partagea  les  enfants  de Lia,  de  Rachel  et  des  deux  servantes.
2.  Il  mit  à  la  tête  les  deux  servantes avec  leurs  enfants,  Lia  et  ses  enfants  au second  rang,  Rachel  et  Joseph  au  der- nier.
3.  Et  lui,  s'avançant,  se  prosterna  sept fois  en  terre,  jusqu'à  ce  que  son  fi'ère fût  près  de  lui.
4.  Alors  Esau  courut  au-devant  de son  frère,  l'embrassa,  le  serra  étroite- ment et  le  baisa  en  versant  des  larmes.
5.  Et,  aj^ant  levé  les  yeux,  il  vit  lès femmes  et  leurs  enfants,  et  il  dit  à  Ja- cob :  Qui  sont  ceux-là?  Sont-ils  à  vous? Jacob  lui  répondit  :  Ce  sont  les  petits enfants  que  Dieu  a  donnés  à  votre  servi- teur.
6.  Et  les  servantes,  s'approchant  avec leurs  enfants ,  le  saluèrent  profondé- ment,
7.  Lia  s'approcha  avec  ses  enfants,  et, l'ayant  aussi  salué,  Joseph  et  Rachel  le saluèrent  les^ derniers.
8.  Alors  Esaii  lui  dit  :  Quelles  sont ces  troupes  que  j'ai  rencontrées?  Jacob lui  répondit  :  Je  les  ai  envoyées  pour trouver  grâce  devant  mon  seigneur.
Z°  Non  comedunt  nervum...  Le  «  nerviis  ischia- ticus,  »  que  les  Grecs  appellent  le  tendon  d'A- chille. —  Usque  in  hodiernum  diem  :  ce  que  les Israélites  contemporains  pratiquent  encore.
§  IV.  —  La  rencontre  de  Jacob  et  d'Esaîl. XXXIII,  1-20.
Scène  toute  dramatique.  Les  caractères  des deux  frères  sont  peints  sur  le  vif.
Chap.  XXXIII.  —  1-2.  Dernières  mesures  de Jacob  pour  se  concilier  les  bonnes  grâces  d' Esaii.
—  Elevans...  vidit.  Moment  si  redouté;  mais Dieu  avait  calmé  les  craintes  de  son  serviteur.
—  Divisitque  filios...  :  ea  trois  groupes,  l'angcs
d'après  l'ordre  de  la  dignité  et  de  l'affection.
3-4.  Début  touchant  de  l'entrevue.  Jacob  salue son  frère  avec  tout  l'apparat  de  la  politesse  orien- tale ;  Esaii,  laissant  de  côté  tout  formalisme,  s'a- bandonne aux  caresses  et  aux  larmes.
6-7.  Jacob  présente  à  Esaii  ses  femmes  et  ses enfants.  Gracieux  détails.
8-11.  Le  genre  simple  et  cordial  d'Esaii  et les  manières  plus  solennelles  de  Jacob  se  re- trouvent dans  la  scène  suivante,  où  le  i)remier  ac- cepte,  quoique  avec  hésitation,  le  cadeau  de  son frère.  —  Quxnam...  istx  turmse?  Il  le  savait, d'après  xxxii,  17-21  ;  mais  il  voulait  préparer  un refus  délicat  (cf.  vers.  9).  —  Le  comi liment  de
I
Gen.  XXXIII,  9-17.
131
9.  Ésaû  lui  répondit  :  J'ai  des  biens  en abondance,  mon  iïère  ;  gardez  pour  vous ce  qui  est  h  vous.
10.  Jacob  ajouta  :  Ne  parlez  pas  ainsi, je  vous  prie  ;  mais  si  j'ai  trouvé  grâce devant  vous,  recevez  de  ma  main  ce  petit présent.  Car  j'ai  vu  aujourd'hui  votre visage  comme  si  je  vo3''ais  le  visage  de Dieu.  So3^ez-moi  rfowc  favorable ,
11 .  Et  recevez  ce  présent  que  je  vous ai  offert  et  que  j'ai  ^reçu  de  Dieu,  qui donne  toutes  choses.  Esaii,  après  ces  ins- tances de  son  frère,  reçut  avec  peine  ce qu'il  lui  donnait  ;
12.  Et  il  lui  dit  :  Allons  ensemble,  et je  vous  accompagnerai  dans  votre  che- min.
13.  Jacob  lui  répondit  :  Vous  savez, mon  seigneur,  que  j'ai  avec  moi  des  en- fants fort  petits,  et  des  brebis  et  des vaches  pleines  ;  si  je  les  lasse  en  les  fai- sant marcher  trop  vite,  tous  mes  trou- peaux mourront  en  un  même  jour.
14.  Que  mon  seigneur  marche  donc devant  son  serviteur,  et  je  le  suivrai  tout doucement,  selon  que  je  verrai  que  mes petits  le  pourront  faire,  jusqu'à  ce  que j 'arrive ^chez  mon  seigneur,  en  Séir.
15.  Ésaii  lui  dit:  Je  vous  prie,  qu'il demeure  au  moins  quelques-uns  des  gens que  j'ai  avec  moi  pour  vous  accompa- gner dans  votre  chemin.  Jacob  lui  ré- pondit :  Cela  n'est  pas  nécessaire;  je n'ai  besoin,  mon  seigneur,  que  d'une seule  chose,  qui  est  de  trouver  grâce  de- vant vous.
16.  Esaû  s'en  retourna  donc  le  même jour  en  Séir,  par  le  même  chemin  qu'il était  venu.
17.  Et  Jacob  vint  à  Socoth,  où,  ayant bâti  une  maison  et  dressé  ses  tentes,  il appela  ce  lieu -là  Socoth,  qui  veut  dire les  tentes.
9.  At  ille  ait  :  Habeo  plurima,  fi'atcr mi,  sint  tua  tibi.
10.  Dixitque  Jacob  :  Noli  ita ,  obsecro  ; sed  si  inveni  gratiam  in  oculis  tuis ,  ac- cipe  munusculum  de  manibus  meis  ;  sic enim  vidi  faciem  tuam,  quasi  viderim vultum  Dei  ;  esto  mihi  propitius ,
11.  Et  suscipe  benedictionem  quam attuli  tibi,  et  quam  donavit  mihi  Deus tribuens  omnia.  Vix  fratre  compellente, suscipiens,
12.  Ait  :  Gradiamur  simul,  eroque  so-
cius  itineris  tui.
13.  Dixitque  Jacob  :  Nosti,  domine mi,  quod  parvulos  habeam  teneros,  et oves  et  boves  fêtas ,  mecum ,  quas  si  plus in  ambulando  fecero  laborare,  morientur una  die  cuncti  grèges.
14.  Praccedat  dominus  meus  ante  ser- vum  suum,  et  ego  sequar  paulatim  ve- stigia  ejus,  sicut  videro  parvulos  mecs posse,  donec  veniam  ad  dominum  meum in  Seir.
15.  Kespondit  Esau  :  Oro  te,  ut  de  po- pulo qui  mecum  est,  saltem  socii  rema- neant  vise  tuse.  Non  est,  inquit,  necesse; hoc  uno  tantum  indigeo,  ut  inveniam gratiam  in  conspectu  tuo,  domine  mi.
16.  Reversus  est  itaque  illo  die  Esau itinere  quo  venerat,  in  Seir;
17.  Et  Jacob  venit  in  Socoth,  ubi  sedi- ficata  domo  et  fixis  tentorns,  appellavit nomen  loci  illius  Socoth,  id  est,  taber- nacula.
Jacob,  vidi  faciem  tuam,  quasi...  vultum  Dei, signifie,  dépouillé  de  toute  hyperbole  :  Ton  visage m'est  apparu  favorable  et  propice.  Cf.  Esth.  xv, 6;  II  Reg.  xix,  27.  —  Suscipe  benedictionem: dans  le  sens  de  présent.  Cf.  Jud.  i,  15;  I  E,eg. XXV,  27;  XXX,  26;  IV  Reg.  v,  15,  etc.
12-14.  Esaii  propose  à  Jacob  de  faire  route  avec lui  :  offre  qui  fut  aussitôt  déclinée,  pour  des raisons  d'ailleurs  très  plausibles  (parvulos...  te- neros, etc.),  quoique  la  principale,  un  reste  de crainte ,  soit  évidemment  passée  sous  silence.  — Au  vers.  14,  au  lieu  de  sequar  paulatim  vestigia..., l'hébr.  porte  :  à  mon  aise ,  selon  le  pas  dii  bétail qui  est  devant  moi ,  et  solon  le  pas  des  enfants. —  Donec  veniam...  On  ne  dit  pas  si  Jacob  exé-
cuta plus  tard  ce  dessein.
15.  Ut  de  populo...  Esaii  presse  Jacob  d'ac- cepter au  moins  une  escorte.  Nouveau  refus,  dis- simulé sous  un  compliment  qui  coupa  court  à  la discussion  (hoc  uno  tantum...).
16-17.  Fin  de  l'entrevue.  Esaii  retourne  à  Séir; Jacob  s'établit  pour  un  temps  à  Socoth  (  mieux  : Sukkot),  localité  située,  d'après  Jos.  xni,  27,  et Jud.  vni,  4-5,  dans  la  vallée  et  sur  la  rive  gaucho du  Jourdain,  au  sud  du  Jaboc.  —  Fixis  tento- riis;  hébr.  :  suJcJcot,  d'où  le  nom  donné  au  cam- pement. —  Le  trait  œdificata  domo  est  à  noter  ; 11  prouve  un  commencement  de  stabilité  dans  la vie  nomade  des  patriarches.
132
Gen.  XXXIII,  18  —  XXXIV,  6.
18.  Transivitque  in  Salem,  urbem  Si- chimonim,  qu?e  est  in  terra  Chanaan, postquam  reversus  est  de  Mesopotamia Syricie  ;  et  liabitavit  juxta  oppidum.
19.  Emitque  partem  agri  in  qua  fixerat t<ibernacula,  a  filiis  Heraor  patris  Sichem, centum  agnis.
20.  Et  erecto  ibi  altari,  invocavit  su- per illud  fortissimum  Deum  Israël.
18.  Il  passa  ensuite  jusqu'à  Salem, qui  est  une  ville  des  Sichimites,  dans  le pays  de  Chanaan,  et  il  demeura  près  de cette  ville  après  son  retour  de  Mésopo- tamie ,  qui  est  en  Syrie.
19.  Il  acheta  une  partie  du  champ dans  lequel  il  avait  dressé  ses  tentes,  et il  la  paya  cent  agneaux  aux  enfants d'Hémor,  père  de  Sichem.
20.  Et,  ayant  dressé  là  un  autel,  il  y invoqua  le  Dieu  très  fort  d'Israël.
CHAPITRE  XXXIV
1.  Egressa  est  autem  Dina  lilia  Lise, ut  Adderet  mulieres  regionis  illius.
2.  Quam  cum  vidisset  Sichem  filius Hemor  Hevsei,  princeps  terrse  illius,  ad- amavit  eam,  et  rapuit,  et  dormivit  cum illa,  vi  opprimens  virginem.
3.  Et  conglutinata  est  anima  ejus  cum ea,  tristemque  delinivit  blanditiis.
4.  Et  pcrgens  ad  Hemor  patrem  suum  : Accipe,  inquit,  mihi  puellam  hanc  con- jugem.
6.  Quod  cum  audisset  Jacob,  absenti- bus  filiis,  et  in  pastu  pecorum  occupatis, siluit  donec  redirent.
6.  Egresso  autem  Hemor  pâtre  Sichem ut  loqueretur  ad  Jacob ,
1.  Alors  Dina,  fille  de  Lia,  sortit  pour voir  les  femmes  du  pays.
2.  Et  Sichem,  fils  d'Hémor  Hévéen, prince  du  pays,  l'ayant  vue,  conçut  un grand  amour  pour  elle  et  l'enleva ,  et dormit  avec  elle  par  force  et  par  violence.
3.  Son  cœur  demeura  fortement  atta- ché à  Dina ,  et ,  la  voyant  triste ,  il  tâcha de  la  gagner  par  ses  caresses.
4.  Il  alla  ensuite  trouver  Hémor,  son père,  et  il  lui  dit  :  Obtenez -moi  cette jeune  fille  pour  femme.
5.  Jacob  ayant  été  averti  de  cette  vio- lence ,  lorsque  ses  enfants  étaient  absents et  occupés  à  la  conduite  de  leurs  trou- peaux ,  il  ne  parla  de  rien  jusqu'à  ce qu'ils  fussent  revenus.
6.  Cependant  Hémor,  père  de  Sichem, vint  pour  lui  parler.
2»  Jacob  à  Salem,  vers.  18-20.
18-20.  Trois  faits  sont  signalés  tour  à  tour.  — l»  L'établissement  de  Jacob  à  Salem,  vers.  18. Le  Pentateuque  samar.,  Onkélos ,  et  d'assez  nom- breux commentateurs  contemporains  traduisent Salem  par  «  sain  et  sauf»,  ou  «en  paix»,  trai- tant ce  mot  comme  un  adjectif.  Les  LXX  et  le syr.  sont  d'accord  avec  la  Vulgate ,  et  leur  leçon nous  paraît  préférable.  Salem  était  donc  alors, comme  aujourd'hui  (Y.  Guérin,  Descript.  de  la Samarie,  I,  456-457),  un  petit  village  situé  au- près de  Sichem.  —  2°  Emitque  partem  agri.  C'est la  seconde  propriété  foncière  acquise  en  Chanaan par  la  famille  sacrée.  Cf.  xxni,  17.  Ce  champ  fut légué  plus  tard  à  Joseph,  Gen.  XLvni,  21.  Le prix  (centum  agnis;  d'après  l'hébr.  :  cent  q'si- tah  )  est  difTicilement  appréciable,  quoiqu'il  semble avoir  été  considérable  pour  l'époque.  La  q'sitah était  vi-aisemblablement  un  lingot  d'un  poids  dé- terminé, qui  servait  de  monnaie  courante.  — 30  Erecto  altari...  L'hébr.  ajoute  :  Il  l'appela (cet  autel)  'El  'Elo?ié  Israël.
§  V.  —  Jacob,  de  Sichem  à  Hébron. XXXIV,  1— XXXV,  29.
]o  Le  rapt  de  Dina.  XXXIV,  1-4.
CflAP.  XXXIV.  —  1.  Egressa  Dina.  Elle  avait
alors  au  moins  quinze  ans,  Comp.  xxxvii,  2,  où il  est  dit  que,  peu  de  temps  après  cet  épisode, Joseph ,  son  frère  puîné ,  était  entré  dans  sa  dix- septième  année.  —  Ut  videret  mulieres.  Hébr.  : «  les  filles;  »  c.-à-d.  les  jeunes  filles  de  son âge.  D'après  Josèphe,  Ant.  i,  21,  1,  c'était  h l'occasion  d'une  fête  que  célébraient  les  Sichi- mites.
2-4,  Eevœi.  Nous  avons  vu,  x,  17,  que  les Hévéens  étaient  une  race  chananéenne.  —  Tri- stem  delinivit...  L'hébr.  porte  :  Et  il  pai*la  au cœur  de  la  jeune  tille.  Locution  tout  orientale. Cf.  L,  2;  Jud.  XIX,  3;  Is.  XL,  2,  etc. —  Et  per- gens...  Sichein  est  prêt  à  réparer  sa  faute,  en épousant  Dina.
2°  Le  stratagème  des  frères  de  Dina.  XXXIV, 5-24.
5.  Siluit.  Ce  mot  résume  les  impressions  de Jacob,  lorsqu'il  apprit  pendant  l'absence  de  ses fils  un  fait  si  douloureux.  C'est  lui,  l'homme prudent  et  réservé.
6-7.  Impressions  des  frères  de  Dina  :  irati sunt  valde.  —  Fœdain  rem  in  Israël.  Le  nom le  plus  honorable  du  patriarche  est  employé  à dessein ,  pour  mieux  faire  ressortir  la  grandeur de  l'attentat.
Gen.  XXXIV,  7-i«.
133
7.  En  même  temps  les  enfants  de  Ja- cob revinrent  des  champs  ;  et  ayant  ap- pris ce  qui  était  arrivé,  ils  entrèrent  en une  grande  colère,  à  cause  de  l'action honteuse  que  cet  homme  avait  commise contre  Israël,  en  violant  et  traitant  si outrageusement  la  fille  de  Jacob.
8.  Hémor  leur  parla  donc  et  leur  dit  : Le  cœur  de  mon  fils  Sichem  est  forte- ment attaché  ù.  votre  fille.  Donnez-la-lui, afin  qu'il  l'épouse.
9.  Allions-nous  réciproquement  les  uns avec  les  autres.  Donnez-nous  vos  filles  en mariage,  et  prenez  aussi  les  nôtres.
10.  Habitez  avec  nous  ;  la  terre  est  en votre  puissance;  cultivez-la,  trafiquez-y et  possédez-la.
11.  Sichem  dit  aussi  au  père  et  aux frères  de  Dina  :  Que  je  trouve  grâce devant  vous,  et  je  vous  donnerai  tout  ce que  vous  désirerez.
12.  Augmentez  la  dot;  demandez  des présents,  et  je  vous  donnerai  volontiers ce  que  vous  voudrez  ;  donnez -moi  seule- ment cette  jeune  fille,  afin  que  je  l'épouse.
13.  Les  enfants  de  Jacob  répondirent à  Sichem  et  à  son  père,  avec  dessein  de les  tromper,  étant  tout  transportés  de  co- lère, à  cause  de  l'outrage  fait  à  leur sœur  :
14.  Nous  ne  pouvons  faire  ce  que  vous demandez,  ni  donner  notre  sœur  à  un homme  incirconcis  ;  ce  qui  est  une  chose défendue  et  abominable  parmi  nous.
15.  Mais  nous  pourrons  bien  faire  al- liance avec  vous,  pourvu  que  vous  vou- liez devenir  semblables  à  nous,  et  que  tout mâle  parmi  vous  soit  circoncis.
16.  Nous  vous  donnerons  alors  nos filles  en  mariage,  et  nous  prendrons  les vôtres  ;  nous  demeurerons  avec  vous,  et nous  ne  serons  plus  qu'un  peuple.
17.  Que  si  vous  ne  voulez  point  être  cir- concis, nous  reprendrons  notre  fille  et nous  nous  retirerons.
18.  Cette  offre  plut  à  Hémor  et  à  Si- chem ,  son  fils  ;
7.  Ecce  filii  ejus  veniebant  de  agro  ; auditoque  quod  acciderat,  irati  sunt  valde, eo  quod  fœdam  rem  operatus  esset  in Israël ,  et ,  violata  filia  Jacob ,  rem  illici- tam  perpetrasset.
8.  Locutus  est  itaque  Hemor  ad  eos  : Sichem  filii  mei  adhaesit  anima  filise  ve- strse  ;  date  eam  illi  uxorem ,
9.  Et  jungamus  vicissim  connubia  ;  fi- lias  vestras  tradite  nobis ,  et  filias  nostras accipite  ;
10.  Et  habitate  nobiscum  ;  terra  in potestate  vestra  est;  exercete,  negotia- mini,  et  possidete  eam.
11.  Sed  et  Sichem  ad  patrem  et  ad fratres  ejus  ait  :  Inveniam  gratiam  co- ram  vobis,  et  qusecumque  statueritis, dabo.
12.  Augete  dotem,  et  munera  postu- late ,  et  libenter  tribuam  quod  petieritis  ; tantum  date  mihi  puellam  hanc  uxorem.
13.  Responderunt  filii  Jacob  Sichem  et patri  ejus  in  dolo,  ssevientes  ob  stuprum sororis  :
14.  Non  possumus  facere  quod  petitis, nec  dare  sororem  nostram  homini  incir- cumciso;  quod  illicitum  et  nefarium  est apud  nos.
15.  Sed  in  hoc  valebimus  fœderari,  si volueritis  esse  similes  nostri,  et  circum- cidatur  in  vobis  omne  masculini  sexus.
16.  Tune  dabimus  et  accipiemus  mu- tuo  filias  vestras  ac  nostras,  et  habita- bimus  vobiscum,  erimusque  unus  po- pulus.
17.  Si  autem  circumcidi  nolueritis, toUemus  filiam  nostram ,  et  recedemus.
18.  Placuit  oblatio  eorum  Hemor,  et Sichem  filio  ejus  ;
8-10.  Propositions  d'Hémor,  père  du  coupable. Elles  sont  habiles ,  et  habilement  présentées  :  1°  le mariage  de  Dina  avec  Sichem ,  vers.  8  ;  2«  d'autres unions  semblables  entre  les  devix  races,  vers.  9  ; 3°  en  échange  des  concessions  de  Jacob ,  le  droit de  résidence  et  de  propriété  dans  la  contrée, vers.  10.
11-12.  Les  ofiEx-es  particulières  de  Sichem.  Lui, il  ne  demande  qu'une  chose  :  Tantum  date...  puel- lam; prêt  à  tout  accorder,  s'il  peut  l'obtenir. C'est  bien  le  langage  de  la  passion.  —  Augete âotem  :  la  somme  qu'il  devait  payer  d'après  leg
coutumes  orientales.  Cf.  xxtx,  18,  et  l'explication.
13-17.  Ce  n'est  point  Jacob  qui  répond;  les frères  de  Dina  prennent  l'afEaii'e  en  mains,  comme les  tuteurs  de  leur  sœur.  Voy.  la  note  de  xxrv, 50.  Ils  imposent  à  Hémor  et  à  Sichem  une  con- dition très  légitime,  puisqu'elle  avait  pour  base un  principe  religieux  (cf.  xvn,  10  et  ss.),  mais dans  laquelle  Us  ne  voyaient  qu'un  moyen  de vengeance.
18-19.  La  condition  est  aussitôt  acceptée  par le  prince  et  son  fils.  Détail  psychologique  plein  de vérité  au  vers.  19.
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Gen.  XXXIV,  19-29.
19.  Nec  distiilit  adolescens  quin  sta- tim  qiiod  petebatur  expleret  ;  amabat enim  piiellam  valde,  et  ipse  erat  inclytus in  omni  domo  patris  sui.
20.  Ingressique  portam  urbis,  locuti sunt  ad  populum  :
21.  Viri  isti  pacifici  sunt,  et  volunt habitare  nobiscum  ;  negotientur  in  terra , et  exerceant  eam,  quse  spatiosa  et  lata cultoribus  indiget;  tilias  eoriim  accipie- mus  uxores,  et  nostras  illis  dabimus.
22.  Unum  est,  quo  differtur  tantum bonum  :  si  circumcidamus  masculos  no- stros,  ritum  gentis  imitantes;
23.  Et  substantia  eorum ,  et  pecora ,  et ouucta  quae  possident ,  nostra  erunt  ;  tan- tum in  hoc  acquiescamus ,  et  habitantes simul,  unum  efficiemus  populum.
24.  Assensique  sunt  omnes,  circamci- sis  cunctis  maribus.
25.  Et  ecce  die  tertio,  quando  gravis- simus  vuhierum  dolor  est,  arreptis,  duo filii  Jacob,  Simeon  et  Levi  fratres  Dinœ, gladiis,  ingressi  sunt  urbem  confidenter  ; interfectisque  omnibus  masculis.
26.  Hemor  et  Sichem  pariter  necave- runt,  tollentes  Dinam  de  domo  Sichem sororem  suam.
27.  Quibus  egressis,  irruerunt  super occisos  ceteri  filii  Jacob,  et  depopulati sunt  urbem  in  ultionem  stupri  ;
28.  Oves  eorum,  et  armenta,  et  asinos, cunctaque  vastantes  quae  in  domibus  et in  agris  erant  ;
29.  Parvulos  quoque  eorum  et  uxores duxerunt  captivas.
19.  Et  ce  jeune  homme  ne  différa  pas davantage  à  exécuter  ce  qu'on  lui  avait proposé,  parce  qu'il  aimait  la  jeune  fille avec  passion.  Or  il  était  très  considéré dans  la  maison  de  son  père.
20.  Étant  donc  entrés  dans  l'assemblée qui  se  tenait  à  la  porte  de  la  ville,  ils parlèrent  ainsi  au  peuple  :
21.  Ces  hommes  sont  paisibles,  et  ils veulent  habiter  a\ec  nous.  Permettons- leur  de  trafiquer  dans  cette  terre  et  de la  cultiver  ;  car,  fci)acieuse  et  étendue comme  elle  est,  elle  a  besoin  de  gens  qui s'appliquent  k  la  calliver;  nous  pren- drons leurs  filles  en  i.iariage,  et  nous leur  donnerons  les  nôtres.
22.  Il  n'}^  a  qu'une  chose  qui  pourrait différer  un  si  grand  bien  :  c'est  qu'aupa- ravant nous  devons  circoncire  tous  les mâles  parmi  nous,  pour  nous  conformer à  la  coutume  de  ce  peuple.
23.  Et  après  cela  leurs  biens,  leurs troupeaux  et  tout  ce  qu'ils  possèdent sera  à  nous.  Donnons -leur  seulement cette  satisfaction,  et  nous  demeurerons ensemble  pour  ne  faire  plus  qu'un  même peuple.
24.  Ils  donnèrent  tous  leur  consen- tement ,  et  tous  les  mrdes  furent  cir- concis.
25.  Mais  le  troisième  jour,  lorsque  la douleur  des  plaies  de  la  circojicision  est le  plus  violente,  deux  des  enfants  de  Ja- cob, Siméon  et  Lévi,  qui  étaient  frères de  Dina,  entrèrent  hardiment  dans  la ville  l'épée  à  la  main,  tuèrent  tous  les mfdeô,
26.  Et  entre  autres  Hémor  et  Sichem , et  ensuite  ils  emmenèrent  de  la  maison de  Sichem  leur  sœur  Dina.
27.  Après  qu'ils  furent  sortis ,  les autres  enfants  de  Jacob  se  jetèrent  sur les  morts,  pillèrent  toute  la  ville  pour venger  l'outrage  fait  à  leur  sœur,
28.  Prirent  les  brebis,  les  bœufs  et  les ânes ,  ruinèrent  tout  ce  qui  était  dans  les maisons  et  dans  les  champs ,
29.  Et  emmenèrent  les  'femmes  cap- tive; avec  leurs  petits  enfants.
20-24.  Acquiescement  des  habitants  de  Sichem. —  Ingressi...  portam.  L'endroit  où  se  traitaient les  affaires  publiques  et  privées. Cf.  xix,  20  ;  xxiii, 10, 18.  —  Le  petit  discours  d'Hémor  et  de  Sichem, 21-23,  fait  merveilleusement  valoir  les  avantages que  les  Sicb imites  pourront  retirer  de  ralliance proposée.  Notez  surtout  le  trait  final  :  et  substan- tia eorum...  Hémor  avait  dit  le  contraire  ù  Ja- l'ob,  vers.  10.
3o  La  vengeance.  XXXIV,  25-31.
25-29.  Fratres  Dina.  Parmi  les  flls  de  Jacob, d'autres  que  Siméon  et  Lévi  étaient  les  frère» utérins  de  Dina  (cf.  XLvr,  9-15);  mais  ceux-ci avaient  une  nature  particulièrement  farouche (XLix,  5-7)  :  c'est  pourquoi  ils  jouent  ici  un  rôle l)roémincnt.  D'après  le  vers.  27,  les  autres  furent loin  de  demeurer  inactifs.  La  vengeance  fut  com- I    plcte  et  terrible.
Gen.  XXXIV,  30  —  XXXV,  6.
135
30.  Après  cette  exécution  violente, Jacob  dit  il  Siméon  et  ii  Lévi  :  Vous m'avez  troublé,  et  vous  m'avez  rendu odieux  aux  Chananéens  et  aux  Pliéré- zéens  qui  habitent  ce  pays.  Nous  ne sommes  que  peu  de  monde  ;  et  ils  s'assem- bleront tous  pour  m'attaquer,  et  ils  me perdront  avec  toute  ma  mai;^on.
31.  Ses  enfants  lui  répondirent  :  .De- vaient-ils abuser  ainsi  de  notre  soeur comme  d'une  prostituée?
30.  Quibus  patratis  audacter,  Jacob dixit  ad  Simeon  et  Levi  :  Turbastis  me , et  odiosum  fecistis  me  Clianana?,is  et rherezîcis  habitatoribiis  terrse  liujus.  Nos pauci  sumus  ;  illi  congregati  percutient me,  et  delebor  ego,  et  domus  Luua.
31.  Responderunt  :  Numquid  ut  scorto
abuti  dcbuere  sorore  nostra  V
CHAPITRE  XXXV
1.  Cependant  Dieu  parla  à  Jacob  et lui  dit  :  Levez-vous,  et  montez  à  Béthel  ; demeurez-y,  et  dressez  un  autel  au  Dieu qui  vous  apparut  lorsque  vous  fuyiez Esaii,  votre  frère.
2.  Alors  Jacob,  ayant  assemblé  tous ceux  de  sa  maison ,  leur  dit  :  Jetez  loin de  vous  les  dieux  étrangers  qui  sont  au milieu  de  vous,  purifiez-vous,  et  changez de  vêtements.
3.  Venez,  montons  à  Béthel  pour  y dresser  un  autel  à  Dieu,  qui  m'a  exaucé au  jour  de  mon  affliction,  et  qui  m'a  ac- compagné pendant  mon  voyage.
4.  Ils  lui  donnèrent  donc  tous  les  dieux étrangers  qu'ils  avaient,  et  leurs  pen- dants d'oreilles  ;  et  Jacob  les  enfouit sous  un  térébinthe  qui  est  derrière  la ville  de  Sichem.
5.  Et  lorsqu'ils  se  furent  mis  en  che- min. Dieu  fi-appa  de  terreur  toutes  les villes  voisines,  et  on  n'osa  pas  les  pour- suivre dans  leur  retraite.
6.  Ainsi  Jacob,  et  tout  le  peuple  qui était  avec  lui,  vint  à  Luza,  surnommée Béthel,  qui  était  dans  le  j)ays  de  Cha- naan.
1.  Interea  locutus  est  Deus  a:l  Jacob  : Surge,  et  ascende  Béthel,  et  habita  ibi, facque  altare  Deo,  qui  apparuit  tibi quando  f ugiebas  Esau  fratrem  tuum.
2.  Jacob  vero  convocata  omni  domo sua,  ait  :  Abjicite  deos  aliènes  qui  in medio  vestri  sunt,  et  mundamini,  ac mutate  vestimenta  vestra.
3.  Surgite,  et  ascendamus  in  Béthel, ut  faciamus  ibi  altare  Deo,  qui  exaudivit me  in  die  tribulationis  me^,  et  socius fuit  itineris  niei.
4.  Dederunt  ergo  ei  omnes  deos  aliènes quos  habebant,  et  inaures  qu93  erant  in auribus  eorum  ;  at  ille  infodit  ea  subter terebinthum,  quse  est  post  urbem  Si- chem.
5.  Dumque  profecti  essent,  terror  Dei invasit  omnes  per  circuitum  civitates,  et non  sunt  eusi  persequi  recedentes.
6.  Venit  igitur  Jacob  Luzam ,  quse  est in  terra  Chanaan,  cognomento  Béthel; ipse  et  omnis  populus  cum  eo.
30-31.  Ro  roches  du  patriarche  à  ses  fils.  On sent  une  vive  émotion  dans  chacune  des  i^aroles de  Jacob.  Il  mdique  les  dangers  très  graves  que pouvait  leur  faire  courir  à  tous  une  conduite  si inconsidérée.  De  nouveau  l'homme  prudent  et timide.
4°  Jacob  reçoit  une  nouvelle  révélation  à  Béthel. XXXV,  1-15.
Chap.  XXXV.  —  1.  L'ordre  divin.  Le  Seigneur vient  encore  réconforter  Jacob  parmi  des  circon- stances pénibles.
2-4.  Préparatifs  de  départ.  Avant  de  monter  à Béthel,  lieu  consacré  plusieurs  fois  par  la  pré- sence de  Jéhovah,  Jacob  prescrit  aux  siens  une
purification  religieuse ,  dont  le  triple  rite  est  ici marqué.  1°  Abjicite  deos  aliènes...  Les  terâfim de  Rachel,  et  les  objets  analogues  que  d'autres pouvaient  avoir  rapportés  de  Mésopotamie,  ou conservés  du  pillage  de  Sichem.  Voy.  le  vers.  4. 2°  Des  ablutions,  tniindamini.  3o  Mutate  vesti- menta (èimlot,  les  vêtements  extérieurs)...  Autre symbole  de  la  pureté  de  l'âme.  —  Dederunt...  in- aures. Les  pendants  d'oreilles  servent  souvent d'amulettes  chez  les  Orientaux.  —  Subter  tere- binthum. Avec  l'article  en  hébreu  ;  peut  -  être  le même  arbre  sous  lequel  Abraham  avait  campé, XII,  6.
5-7.  —  Départ  de  Sichem  et  arrivée  à  Béthel.  —
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Gen.  XXXV,  7-18.
7.  ^dificavitque  ibi  altare,  et  appel- lavit  nomen  loci  illius ,  Domus  Dei  ;  ibi enim  apparuit  ei  Deus  cum  fugeret  fra- trem  suum.
8.  Eodem  tempore  mortua  est  Debora niitrix  Kebecc£e,  et  sepulta  est  ad  radiées Betliel  subter  quercum  ;  vocatumque  est nomen  loci  illius,  Quercus  fletiis.
9.  Appamit  autem  iterum  Deus  Jacob postquam  reversus  est  de  Mesopotamia Syriœ,  benedixitque  ei,
10.  Dicens  :  Non  vocaberis  ultra  Ja- cob, sed  Israël  erit  nomen  tuum.  Et  ap- pellavit  eum  Israël.
11.  Dixitque  ei  :  Ego  Deus  omnipo- tens  ;  cresce ,  et  multiplicare  ;  gentes  et populi  nationum  ex  te  erunt,  reges  de lumbis  tuis  egrediuntur.
12.  Terramque  quam  dedi  Abrabam et  Isaac ,  dabo  tibi  et  semini  tuo  post  te.
13.  Et  recessit  ab  eo.
14.  Ille  vero  erexit  titulum  lapideum in  loco  quo  locutus  fuerat  ei  Deus,  libans super  eum  libamina,  et  effundens  oleum,
15.  Vocansque  nomen  loci  illius,  Be- thel.
16.  Egressus  autem  inde,  venit  verno tempore  ad  terram  quas  ducit  Epbra- tam  ;  in  qua  cum  parturiret  Kachel ,
17.  Ob  difficultatem  partus  periclitari cœpit.  Dixitque  ei  obstetrix  :  Noli  ti- mere,  quia  et  hune  habebis  filium.
18.  Egrediente  autem  anima  prse  do- lore,  et  imminente  jam  morte,  vocavit nomen  filii  sui  Benoni,  id  est,  filius  do- loris  mei  ;  pater  vero  appellavit  eum  Ben- jamin, id  est,  filius  dextrse.
7.  Il  y  bâtit  un  autel  et  nomma  ce lieu  la  Maison  de  Dieu,  parce  que  Dieu lui  était  apparu  en  ce  lieu- là  lorsqu'il fuyait  Esaû,  son  frère.
8.  En  ce  même  temps,  Débora,  nour- rice de  Rébecca,  mourut  et  fut  enterrée sous  un  cliêne  au  pied  de  Béthel,  et  ce lieu  fut  nommé  le  Chêne  des  pleurs.
9.  Or  Dieu  apparut  encore  à  Jacob depuis  son  retour  de  Mésopotamie,  qui est  en  Syrie  ;  il  le  bénit,
10.  Et  lui  dit  :  Vous  ne  serez  plus nommé  Jacob ,  mais  Israël  sera  votre nom.  Et  Dieu  le  nomma  Israël.
11.  Il  lui  dit  encore  :  Je  suis  le  Dieu tout  -  puissant  ;  croissez  et  multipliez- vous.  Vous  serez  le  chef  de  nations  et d'une  multitude  de  peuples,  et  des  rois sortiront  de  vous,
12.  Je  vous  donnerai,  et  à  votre  race après  vous,  la  terre  que  j'ai  donnée  à Abraham  et  à  Isaac.
13.  Dieu  se  retira  ensuite.
14.  Et  Jacob  dressa  un  monument  de pierre  au  lieu  où  Dieu  lui  avait  parlé  ; il  offrit  du  vin  dessus  et  y  répandit  de l'huile  ;
15.  Et  il  appela  ce  lieu  Béthel.
16.  Après  qu'il  fut  parti  de  ce  lieu-là, il  vint  au^  printemps  sur  le  chemin  qui mène  à  Ephrata,  où  Rachel  étant  en travail ,
17.  Et  ayant  grande  peine  à  enfanter, elle  se  trouva  en  péril  de  sa  vie.  La sage-femme  lui  dit  :  Ne  craignez  point, car  vous  aurez  encore  ce  fils.
18.  Mais  Rachel,  qui  sentait  que  la violence  de  la  douleur  la  faisait  mourir, étant  prête  d'expirer,  nomma  son  fils Bénoni,  c'est-à-dire  le  fils  de  ma  dou- leur ;  et  le  père  le  nomma  Benjamin, c'est-à-dire  fils  de  la  droite.
Terror  Dei  invasit.  Une  crainte  très  vive  et  toute surnaturelle.  —  Non  sant  aasi  persequi  :  pour venger  les  Sichimites,  comme  le  craignait  Jacob, XXXIV,  30.  —  Venit  Luzam.  Cf.  xxviii,  li)  et  l'ex- plication. —  Nomen  loci...  Domus  Del.  Enhébr.  : 'El  Dcyt'el,  Dieu  de  Béthel,
8.  Touchant  incident  :  mortua  est  Dehora.  Il est  probable  quo  Rébecca  était  morte  elle  -  même quelque  temps  auparavant;  c'est  pour  cela  que tious  trouvons  sa  vieille  nourrice  auprès  de  Jacob, —  Ad  radiées...  Hébr.  :  au-dessous  de  Béthel.  — Quercus  fletus.  En  hébr.  :  'Allôn  balcut.
9-13.  Dans  cette  nouvelle  ai)parltion,  le  Sei- gneur réitère  et  confirme  solennellement  ù  Jacob toutes  ses  promesses  antérieures.
14-15.  liC  patriarche,  de  son  côté,  exécute  deux
des  clauses  de  son  vœu,  xxviii,  22  :  erexit  titu- lum, et  vocavs...  Béthel.
5°  Naissance  de  Benjamin  et  mort  de  Rachel. XXXV,  16-20.
16-18.  Événement  joyeux  et  douloureux  tout ensemble. —  Au  lieu  de  la  date  verno  tempore, on  lit  dans  l'hébr.  :  Et  il  y  avait  encore  une certaine  distance  (jusqu'il  Ephrata).  —  Ephra- ta ,  l'ancien  nom  de  Bethléem ,  au  sud  de  Béthel. —  Dixit  obstetrix  :  pour  consoler  Rachel  au  mi- lieu de  ses  vives  douleurs,  —  Et  hvnc  filium  : ce  second  flls,  qu'elle  avait  si  ardemment  désiré, XXX,  24,  —  Pater  vero...  Jacob  change  aussitôt en  «■  Benjamin  »  (hébr,  :  Binyâmin)  le  no\n  trop triste  de  Bén'oni.  —  Filius  dexirce  signifie  pro- bablement icia  flls  de  bonheur:^.
Gen.  XXXV,  19-29.
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19.  Eachel  mourut  donc  ;  et  elle  fut ensevelie  dans  le  chemin  qui  conduit  à  la ville  d'Ephrata,  appelée  depuis  Bethléem.
20.  Jacob  dressa  un  monument  de pierre  sur  son  sépulcre.  C'est  ce  monu- ment de  Racliel  que  l'on  voit  encore  au- jourd'hui.
21.  Après  qu'il  fut  sorti  de  ce  lieu,  il dressa  sa  tente  au  delci  de  la  Tour  du troupeau.
22.  Et  lorsqu'il  demeurait  en  ce  lieu- là,  Ruben  dormit  avec  Bala,  qui  était femme  de  son  père,  et  cette  action  ne put  lui  être  cachée.  Or  Jacob  avait  douze tils.
23.  Les  fils  de  Lia  étaient  Ruben, l'aîné  de  tous ,  Siméon ,  Lévi ,  Juda,  Issa- char  et  Zabulon.
24.  Les  fils  de  Rachel  sont  Joseph  et Benjamin.
25.  Les  fils  de  Bala,  servante  de  Ra- chel, Dan  et  Nephthali.
26.  Les  fils  de  Zelpha ,  servante  de Lia,  Gad  et  Azer.  Ce  sont  là  les  fils  de Jacob ,  qu'il  eut  en  Mésopotamie  de Syrie.
27.  Jacob  \ànt  ensuite  trouver  Isaac, son  père,  à  Mambré,  à  la  ville  d'Arbé, appelée  depuis  Hébron,  où  Abraham  et Isaac  avaient  demeuré  comme  étrangers.
28.  Isaac  avait  alors  cent  quatre-vingts ans  accomplis  ;
29.  Et  ses  forces  étant  épuisées  par son  grand  âge,  il  mourut.  Ayant  donc achevé  sa  carrière  dans  une  extrême vieillesse,  il,  fut  réuni  à  son  peuple,  et ses  enfants  Esaii  et  Jacob  l'ensevelirent.
19.  Mortua  est  ergo  Rachel,  et  se- pulta  est  in  via  quse  ducit  Ephratam, liœc  est  Bethlehem.
20.  Erexitque  Jacob  titulum  super  se- pulcrum  ejus  ;  hic  est  titulus  monu- ment! Rachel ,  usque  in  prsesentem  diem.
21.  Egressus  inde,  fixit  tabernaculum trans  Turrem  gregis.
22.  Cumque  habitaret  in  illa  regione, abiit  Ruben,  et  dormi  vit  cum  Bala,  con- cubina  patris  sui  ;  quod  illam  minime  la- tuit.  Erant  autem  filii  Jacob  duodecim.
23.  Filii  Lise  :  primogenitus  Ruben, et  Simeon,  et  Levi,  et  Judas,  et  Issa- char,  et  Zabulon.
24.  Filii  Rachel  :  Joseph  et  Benjamin.
25.  Filii  Baise  ancillfe  Rachelis  :  Dan et  Nephthali,
26.  Filii  Zelphse  ancillse  Lias  :  Gad  et Aser,  Hi  sunt  filii  Jacob,  qui  nati  sunt ei  in  Mesopotamia  Syrise.
27.  Venit  etiam  ad  Isaac  patrem  suum in  Mambre,  civitatem  Arbee,  hsec  est Hebron  ;  in  qua  peregrinatus  est  Abra- ham et  Isaac.
28.  Et  completi  sunt  dies  Isaac  cen- tum  octoginta  annorum.
29.  Consumptusque  setate  mortuus  est , et  appositus  est  populo  suo  senex  et plenus  dierum  ;  et  sepelierunt  eum  Esau et  Jacob  filii  sui.
19-20.  Mort  et  séptdture  de  Rachel.  —  Titu- lum :  une  masébaJi  ou  stèle.  —  Usque  in  prce- sentem  diem  :  jusqu'à  l'époque  de  Moïse,  et  aussi jusqu'à  nos  jours,  car  on  vénère  encore,  à  peu  de distance  de  Bethléem,  le  tombeau  de  la  femme préférée  de  Jacob.  Yoyez  Guérin,  Judée,  I,  230. L'authenticité  de  l'emplacement  ne  saurait  faire l'objet  du  moindre  doute.
6°  Crime  de  Ruben;  énumération  des  fils  de Jacob.  XXXY,  21-26.
21-22*.  Une  faute  griève  d'un  de  ses  fils,  qui atteignait  l'honneur  de  toute  la  famille,  vint hientôt  aviver  encore  la  douleur  de  Jacob.  — Turrem  gregis.  Ce  devait  être,  primitivement, une  tour  destinée  à  abriter  les  gardiens  qui  dé- fendaient, à  tour  de  rôle,  les  troupeaux  contre les  voleurs  et  les  bêtes  fauves.  Cf.  IV  Reg.  xvin, 8;  II  Par.  XXVI,  10,  etc.,  et  VAllasarcheolog.de la  Bihle,  pi.  xxxvi,  flg.  5.  Migdal-''Eder {c'estlQ nom  hébreu)  était  peu  éloigné  de  Bethléem.  —
nium  minime  latuit.  Néanmoins  il  semble  tout d'abord  avoir  gardé  le  silence;  mais,  plus  tard, il  donnera  un  libre  cours  à  son  indignation,  et infligera  au  coupable  un  châtiment  perpétuel.
22^-26.  Après  avoir  raconté  la  naissance  du  der- nier enfant  de  Jacob,  l'écrivain  saci'é  récapitule, et  donne  la  liste  des  douze  fils  du  patriarche, groupés  autour  de  leurs  mères.  —  Nati  in  Meso- potamia :  à  part  Benjamin,  comme  il  vient  d'être dit.
7o  Mort  d'Isaac.  XXXY,  27-29.
27.  Venit...  ad  Isaac.  Il  s'agit  vraisemblable- ment ici  de  la  dernière  visite  de  Jacob  à  son  père  ; car  il  n'est  guère  possible  qu'il  soit  demeuré  des années  si  près  de  lui  sans  venir  le  saluer.  —  Con- sumptu^  cetate...  senex...  Répétitions  pleines d'emphase.  —  Sepelierunt  eum...  Auprès  d'Abra- ham et  de  Sara,  dans  la  grotte  funéraire  do Macpéla.  Cf.  xlix,  31.
138
Gen.  XXXVI,  1-11.
CHAPITRE  XXXVI
1.  Hœ  sunt  aiitem  generationes  Esau, ipse  est  Edom.
2.  Esau  accepit  iixores  de  filiabus  Cha- naan  :  Ada  filiam  Elon  Hethasi,  et  Ooli- bama  filiam  Anse  filise  Sebeon  Hevœi  ;
3.  Basemath  quoque  filiam  Ismael,  so- rorem  Nabaioth.
4.  Peperit  autem  Ada ,  Eliphaz  ;  Base- math genuit  Rahuel.
5.  Oolibama  genuit  Jehus  et  Ihelon et  Core.  Hi  filii  Esau  qui  nati  sunt  ei in  terra  Chanaan.
6.  Tulit  autem  Esau  uxores  suas  et filios  et  filias,  et  omnem  animam  domus suœ,  et  substantiara,  et  pecora,  et  cuncta qure  habere  poterat  in  terra  Chanaan  ; et  abiit  in  alteram  regionem,  recessitque a  fratre  suo  Jacob.
7.  Divites  enim  erant  valde,  et  simul habitare  non  poterant;  nec  sustinebat eos  terra  peregrinationis  eorum  prse  mul- titudine  gregum.
8.  Habitavitque  Esau  in  monte  Seir, ipse  est  Edom.
9.  H  se  autem  sunt  generationes  Esau patris  Edom  in  monte  Seir,
10.  Et  hsec  nomina  filiorum  ejus.  Eli- phaz filius  Ada  uxoris  Esau  ;  Rahuel  quo- que filius  Basemath  uxoris  ejus.
11.  Fueruntque  Eliphaz  filii  :  Theman, Omar,  Sepho,  et  Gatham,  et  Cenez.
1.  Voici  le  dénombrement  des  enfants d'Ésaii,  appelé  aussi  Edom.
2.  Esati  épousa  des  femmes  d'entre les  filles  de  Chanaan  :  Ada,  fille  d'Elon, Héthéen,  et  Oolibama,  fille  dAna,  fille de  Sébéon,  Hévéen.
3.  Il  épousa  aussi  Basemath,  fille d'Ismaël  et  sœur  de  Nabaioth.
4.  Ada  enfanta  Eliphaz  ;  Basemath  fut mère  de  Rahuel.
5.  Oolibama  eut  pour  fils  Jéhus,Jhé- lon  et  Coré.  Ce  sont  là  les  fils  d'Esaii, qui  lui  naquirent  au  pays  de  Chanaan.
6.  Or  Esau  prit  ses  femmes,  ses  fils, ses  filles  et  toutes  les  personnes  de  sa maison,  son  bien,  ses  bestiaux  et  tout  ce qu'il  possédait  en  la  terre  de  Chanaan, et  il  s'en  alla  en  un  autre  pa3^s,  loin  de son  frère  Jacob.
7.  Car,  comme  ils  étaient  extrêmement riches,  ils  ne  pouvaient  demeurer  en- semble, et  la  terre  où  ils  séjournaient  ne pouvait  les  contenir  à  cause  de  la  multi- tude de  leurs  troupeaux.
8.  Esaii,  appelé  aussi  Edom,  habita sur  la  montagne  de  Séir.
9.  Voici  la  postérité  d'Esaii,  père d'Edom,  dans  la  montagne  de  Séir,
10.  Et  voici  les  noms  de  ses  enfants. Eliphaz  fut  fils  d'Ada,  femme  d'Esaii, et  Rahuel  fils  de  Basemath,  qui  fut  aussi sa  femme.
11.  Les  fils  d'Eliphaz  furent  Théman, Omar,  Sépho,  Gatham  et  Cénez.
LIVRE   IX Les  générations  d'Esaii.  XXXVI,  1-43.
Avant  cVéliminei*  Ésaii  de  l'histoire  de  la  révé- lation, on  donne  sur  sa  race,  et  sur  celle  qui avait  possédé  avant  lui  l'Iduniéo,  quelques  ren- seignements généalogiques,  historiques  et  géo- graphiques.
CiiAP.  XXXVI.  —  1.  Hcc  sunt...  Titre  du  livre.
1°  Les  débuts  d'Ésaii  soit  en  Chanaan,  soit  à Séir,  vers.  2  -  8.
2-3.  Les  femmes  d'Ésaû  sont  mentionnées  ici pour  la  troisième  fois  (cf.  xxvi,  34  etxxviii,  9), avec  quelques  modifications  de  détail  qui  pro- viennent ou  d'un  changement  de  nom  au  moment du  mariage,  ou  d'erreurs  de  transcription.  L'ac- '^ord  est  complet  sur  les  points  principaux  :  trois femmes,  dont  deux  Chananécnncs  et  l'autre  Is- maélite.
4-5.  Enumération  des  cinq  fils  issus  de  ces femmes.
G-8.  Ésaii  va  se  fixer  sur  le  territoire  de  Séir, ou  de  ridumée.  —  Tulit  autem...  Plus  haut, xxxii,  3,  nous  avons  déjà  vu  Ésaii  dans  l'Idu- mée,  mais  il  en  faisait  alors  la  conquête;  actuel- lement il  est  question  de  son  établissement  dé- finitif. —  Divites...,  et  simul  habitare...  Motif de  la  séparation  des  deux  frères.  Tel  avait  été  le cas  pour  Abraham  et  son  neveu,  xiii,  5  et  ss.  — In  monte  Seir  :  la  contrée  montagneuse  située entre  le  sud  de  la  mer  Morte  et  le  golfe  Élanite, à  l'ouest  de  l'Arabah.  Voy.  YAtl.  géogr.,  pi.  v.
2°  Les  fils  et  les  petits-fils  d'Ésaii,  vers.  9-14.
9-14,  D'abord  le  titre  de  ce  petit  alinéa, 9-10»;  puis,  10^,  la  nouvelle  mention  do  deux des  fils  d'Ésaii.  Plus  loin,  les  enfants  légitimes, 11,  et  un  fils  illégitime,  12,  d'Eliphaz.  Au  vers.  13, les  fils  de  Rahuel.  Au  vers,  14,  on  répète  les  noms des  fils  d'Ésaii  par  Oolibama  ,sans  indiquer  leur postérité.
Gen.  XXXVI,  12-25.
139
12.  Éliphaz,  fils  d'Ésaïi,  avait  encore une  femme  nommée  Thamna,  qui  lui  en- fanta Amniech.  Ce  sont  là  les  fils  d'Ada, femme  d'Esaii.
13.  Les  fils  de  Rahuel /«ren^  Nahatli, Zara ,  Samma  et  J\Icza.  Ce  sont  \ix  les  fils de  Bascmath,  femme  d'Esaii.
14.  Jéhus,  Ihélon  et  Coré  furent  fils d'Oolibaraa,  femme  d'Ésaû;  elle  était fille  d'Ana,  fille  de  Sébéon.
15.  Voici  les  princes  d'entre  les  en- fants d'Ésaû,  fils  d'Élipliaz,  fils  aîné d'Éi^aû  :  le  prince  Théman  ,  le  prince Omar,  le  prince  Sépho,  le  prince  Cénez,
16.  Le  prince  Coré,  le  prince  Gatham, le  ^prince  Amalech.  Ce  sont  là  les  fils d'Elipliaz,  dans  le  pays  d'Edom,  et  les fils  d'Ada.
17.  Les  enfants  de  Rahuel,  fils  d'Esaû, furent  le  prince  Nahath,  le  prince  Zara, le  prince  Samma  ,  le  prince  Méza.  Ce sont  là  ^les  princes  issus  de  Rahuel,  au pays  d'Edom  ;  et  ce  sont  les  fils  de  Base- math,  femme  d'Esaû.
18.  Les  fils  d'Oolibama,  femme  d'Esaû, furent  le  prince  Jéhus ,  le  prince  Ihélon, le  prince  Coré.  Ce  sont  là  les  princes issus  d'Oolibama,  fille  d'Ana  et  femme d'Ésaû,
19.  Voilà  les  fils  d'Ésaû,  appelé  aussi Édom,  et  ceux  d'entre  eux  qui  ont  été princes.
20.  Les  fils  de  Séir,  Horréen,  qui  ha- bitaient alors  ce  pays -là,  sont  Lotan, Sobal,  Sébéon  et  Ana,
21.  Dison,  Éser  et  Disan.  Ce  sont  là les  princes  horréens,  fils  de  Séir,  dans  le pays  d'Edom.
22.  Les  fils  de  Lotan  furent  Hori  et Héman  ;  et  ce  Lotan  avait  une  sœur nommée  Thamna.
23.  Les  fils  de  Sobal  furent  Alvan, Manahat,  Ébal,  Sépho  et  Onam.
24.  Les  fils  de  Sébéon  furent  Aïa  et Ana,  C'est  cet  Ana  qui  trouva  des  eaux chaudes  dans  le  désert,  lorsqu'il  condui- sait les  ânes  de  Sébéon ,  son  père.
25.  Il  eut  un  fils  nommé  Dison,  et une  fille  nommée  Oolibama.
12.  Erat  autem  Thamna,  concubina Eliphaz  filii  Esau  ;  quse  peperit  ei  Ama- lech. Hi  sunt  filii  Ada  uxoris  Esau.
13.  Filii  autem  Rahuel  :  Nahath  et Zara ,  Samma  et  Meza.  Hi  filii  Basematli uxoris  Esau.
14.  Isti  quoque  erant  filii  Oolibama filiœ  Ange  filicT,  Sebeon,  uxoris  Esau,  quos genuit  ei  :  Jehus  et  Ihélon  et  Core.
15.  Hi  duces  filiorum  Esau  :  Filii  Eli- phaz primogeniti  Esau  :  dux  Theman, dux  Omar,  dux  Sepho,  dux  Cenez,
16.  Dux  Core,  dux  Gatham,  dux  Ama- lech. Hi  filii  Eliphaz  in  terra  Edom,  et hi  filii  Ada.
17.  Hi  quoque  filii  Rahuel  filii  Esau  : dux  Nahath,  dux  Zara,  dux  Samma,  dux Meza.  Hi  autem  duces  Rahuel  in  terra Edom  ;  isti  filii  Basemath  uxoris  Esau.
18.  Hi  autem  filii  Oolibama  uxoris Esau  :  dux  Jehus ,  dux  Ihélon ,  dux  Core. Hi  duces  Oolibama  filiae  Anae  uxoris Esau.
19.  Isti  sunt  filii  Esau,  et  hi  duces  eo- rum  ;  ipse  est  Edom.
20.  Isti  sunt  filii  Seir  Horraei,  habita- tores  terrae  :  Lotan ,  et  Sobal ,  et  Sebeon , et  Ana ,
21.  Et  Dison,  et  Eser,  et  Disan.  Hi  du- ces Horrsei ,  filii  Seir,  in  terra  Edom.
22.  Facti  sunt  autem  filii  Lotan  : Hori  et  Heman  ;  erat  autem  soror  Lotan, Thamna.
23.  Et  isti  filii  Sobal  :  Alvan  et  Ma- nahat et  Ebal,  et  Sepho  et  Onam.
24.  Et  hi  filii  Sebeon  :  Aia  et  Ana. Iste  est  Ana  qui  invenit  aquas  calidas  in solitudine,  cum  pasceret  asinos  Sebeon patris  sui  ;
25.  Habuitque  filium  Dison,  et  filiam Oolibama.
3«  Chefs  issus  d'Èsaii,  vers,  15-19.
15-19,  Bi  duces  :  chefs  de  tribus,  ou  sorte  de philarques  héréditaii'es.  Pour  cotte  liste,  comp. I  Par.  I,  Zh-^7.
4°  Les  fils  de  Séir,  vers.  20  -  30.
20-30,  Isii...  filii  Seir.  Cf,  I  Par.  l,  38-42. D'après  les  vers,  29-30,  11  s'agit  de  ceux  des  des- cendants de  Séir  qui  gouvernaient  la  contrée avant  la  conquête  d'Ésaû,  —  Eorrcei.  C,-à-d,  tro-
glodyte ,  qui  habite  les  cavernes.  Les  grottes  na- turelles abondent  en  Idumée,  Cf,  xrv,  6  ;  Dent,  ii, 12,  22.  —  Le  A'crs,  24  raconte  un  petit  épisode intéressant  :  invenit  aquas  calidas...  Les  mon- tagnes de  Séir  contiennent  plusieurs  sources  ther- males. Il  est  vrai  que  divers  hébraïsants  tra- diiisent  l'expression  hayyémim  ■par  «  géants  J>  ou par  «  mules  ».
140
Gen.  XXXVI,  26-41.
26.  Et  isti  filii  Dison  :  Hamdan,  et Eseban ,  et  Jethram ,  et  Charan.
27.  Hi  quoque  filii  Eser  :  Balaan,  et Zavan,  et  Acan.
28.  Habuit  autem  filios  Disan  :  Eus,  et Aram.
29.  Hi  duces  Horrseorum  :  dux  Lotan, duxSobal,  dux  Sebeon,  dux  Ana,
30.  Dux  Dison,  dux  Eser,  dux  Disan. Isti  duces  Horrseorum  qui  imperaverunt in  terra  Seir.
31.  Reges  autem  qui  regnaverunt  in terra  Edom  antequam  haberent  regem filii  Israël ,  f  uerunt  hi  :
32.  Bêla  filius  Beor,  nomenque  urbis ejus  Denaba.
33.  Mortuus  est  autem  Bêla ,  et  regna- vit  pro  eo  Jobab ,  filius  Zarse  de  Bosra.
34.  Cumque  mortuus  esset  Jobab,  re- gna\dt  pro  eo  Husam  de  terra  Thema- norum.
35.  Hoc  quoque  mortuo,  regnavit  pro eo  Adad  filius  Badad ,  qui  percussit  Ma- dian  in  regione  Moab;  et  nomen  urbis ejus  Avith.
36.  Cumque  mortuus  esset  Adad,  re- gnavit pro  eo  Semla  de  Masreca.
37.  Hoc  quoque  mortuo,  regnavit  pro eo  Saul  de  fluvio  Rohoboth.
38.  Cumque  et  hic  obiisset,  successit in  regnum  Balanan  filius  Achobor.
39.  Isto  quoque  mortuo,  regnavit  pro eo  Adar,  nomenque  urbis  ejus  Phau  ;  et appellabatur  uxor  ejus  Meetabel,  filia Matred  filise  Mezaab.
40.  Hœc  ergo  nomina  ducum  Esau,  in cognationibus,  et  locis,  et  vocabulis  suis  : dux  Thamna,  dux  Al  va,  dux  Jetheth,
41.  Dux  Oolibama,  dux  Ela,  dux  Phi- non,
26.  Les  fils  de  Dison  fure7it  Hamdan, Eséban ,  Jéthram^  et  Charan.
27.  Les  ûh  à' Èser  furent  Balaan,  Za- van et  Acan.
28.  Les  fils  de  Disan  furent  Hus  et Aram.
29.  Voici  les  princes  des  Horréens  : le  prince  Lotan ,  le  prince  Sobal ,  le prince  Sébéon,  le  prince  Ana,
30.  Le  prince  Dison,  le  prince  Eser, le  prince  Disan.  Ce  sont  là  les  princes  des Horréens,  qui  commandèrent  dans  le  pays de  Séir.
31.  Les  rois  qui.  régnèrent  aux  pays d'Edom  avant  que  les  enfants  d'Israël eussent  un  roi  furent  ceux-ci  :
32.  Bêla,  fils  de  Béor;  et  sa  ville  s'ap- pelait Dénaba.
33.  Bêla  étant  mort,  Jobab,  fils  do Zara,  de  Bosra,  régna  en  sa  place.
34.  Après  la  mort  de  Jobab,  Husam, qui  était  du  pays  des  Thémanites,  lui succéda.
35.  Celui-ci  étant  mort,  Adad,  fils  de Badad,  régna  après  lui.  Ce  fut  lui  qui défit  les  Madianites  au  pays  de  Moab. Sa  ville  s'appelait  Avith.
36.  Adad  étant  mort,  Semla,  qui  était de  Masréca,  lui  succéda.
37.  Après  la  mort  de  Semla,  Saiil,  qui était  sur  le  fleuve  de  Eohoboth,  régna en  sa  place.
38.  Saùl  étant  mort,  Balanan,  fils d' Achobor,  lui  succéda.
39.  Après  la  mort  de  Balanan,  Adar régna  en  sa  place.  Sa  ville  s'appelait Phau,  et  sa  femme  se  nommait  Mééta- bel,  fille  de  Matred,  fille  de  Mézaab.
40.  Voici  les  noms  des  princes  issus d'Esaii,  selon  leurs  familles,  leurs  terri- toires et  leurs  noms  :  le  prince  Thamna, le  prince  Alva,  le  prince  Jétheth,
41.  Le  ])rince  Oolibama,  le  prince  Ela, le  prince  Phinon,
5°  Les  l'Ois  édomites  antérieurs  à  l'établisse- ment de  la  royauté  chez  les  Hébreux,  vers.  31-39.
31-39.  Comp.  I  Par.  i,  43-51.  —  Beges.  On  en cite  huit  seulement.  Ces  rois  gouvernaient  tout le  pays  ;  les  «  duces  »  mentionnés  précédemment n'étaient  à  la  tête  que  d'un  district.  La  royauté était  élective ,  comme  le  montre  la  présente  liste, où  aucun  fils  ne  succède  à  son  Tpèra.— Antequam haberent  regem...  Ce  n'est  point  là  nécessairement une  note  tardive,  qui  n'aurait  été  insérée  qu'a- près l'institution  de  la  royauté  dans  Israël.  Plu- sieurs fois,  xvn,  6;  xxvi,  3;  xxxv,  11,  Dieu avait  promis  aux  patriarches  qu'ils  donne- raient le  jour  à  des  rois;  il  était  donc  naturel que  Moïse  rappelât  indirectement  cette  promesse
au  moment  où  il  signalait  la  succession  des  mo- narque i  qui  avaient  régné  en  Idumée  jusqu'à  son époque.  Voy.  Lamy,  Coinm.  in  Gen.,  II,  247.  — Jobab  du  vers.  33  serait,  au  dire  des  LXX  et de  quelques  Pères ,  le  même  personnage  que  Job. Sur  la  ville  de  Bosra ,  voy.  Is.  xxxiv,  SQ;  lui,  1. —  Adar  (vers.  39),  qui  clôt  la  liste,  est  le  seul dont  la  mort  no  soit  pas  mentionnée  ;  sans  doute parce  qu'il  vivait  encore  au  temps  de  Moïse.
go  Territoires  des  chefs  issus  d'Ésaii,  vers.  40-43.
40-43.  Les  mots  in  cognationibus,  et  locis... prouvent  que  nous  n'avons  pas,  dans  ce  passage, une  nouvelle  énumération  des  fils  d'Ésaii.  Les noms  représentent  vraisemblablement  les  villes chefs -lieux  où  siégeait  chaque  diix.
Gen.  XXXVI,  42  —  XXXVII,  5.
42.  Le  prince  Cénez,  le  prince  Thé- man,  le  prince  Mabsar,
43.  Le  prince  Magdiel  et  le  prince Hiram.  Ce  sont  là  les  princes  sortis d'Edom,  qui  ont  habité  dans  les  terres de  son  empire.  C'est  là  Ésaii,  père  des Iduméens.
141
dux
42.  Dux  Cenez,  dux   Theman, Mabsar,
43.  Dux  Maî^diel,  dux  Hiram;  hi  du- ces Edom  habitantes  in  terra  imperii sui  ;  ipse  est  Esau  pater  Idumseorum.
CHAPITRE  XXXVII
1.  Jacob  demeura  dans  le  pays  de Chanaan,  où  son  père  avait  été  comme étranger  ;
2.  Et  voici  ses  générations.  Joseph, âgé  de  seize  ans,  et  n'étant  encore  qu'un enfant,  conduisait  le  troupeau  de  son père  avec  ses  frères,  et  il  était  avec  les enfants  de  Bala  et  de  Zelpha,  femmes de  son  père.  Il  accusa  alors  ses  frères, devant  son  père,  d'un  crime  énorme.
3.  Israël  aimait  Joseph  plus  que  tous ses  autres  enfants ,  parce  qu'il  l'avait  eu étant  déjà  vieux  ;  et  il  lui  avait  fait  faire une  robe  de  plusieurs  couleurs.
4.  Ses  frères,  voyant  donc  que  leur père  l'aimait  plus  que  tous  ses  autres  en- fants, le  haïssaient  et  ne  pouvaient  lui parler  avec  douceur.
5.  Il  arriva  aussi  que  Joseph  rapporta
1.  Habitavit  autem  Jacob  in  terra  Cha- naan, in  qua  pater  suus  peregrinatus  est  ;
2.  Et  hse  sunt  generationes  ejus.  Jo- seph citm  sedecim  esset  annorum,  pa- scebat  gregem  cum  fratribus  suis  adhuc puer;  et  erat  cum  fihis  Baise  et  Zelphœ uxorum  patris  sui;  accusavitque  fratres suos  apud  patrem  crimine  pessimo.
3.  Israël  autem  diligebat  Joseph  super omnes  filios  suos,  eo  quod  in  senectute genuisset  eum  ;  f ecitque  ei  tunicam  poly- mitam.
4.  Videntes  autem  fratres  ejus  quod a  pâtre  plus  cunctis  filiis  amaretur,  ode- rant  eum,  nec  poterant  ei  quidquam  pa- cifiée loqui.
5.  Accidit  quoque  ut  visum  somnium
LIVKE   X Les  générations  de  Jacob.  XXXVII,  1  —  L,  25.
Section  I.  —  Première  période  de  l'histoire DE  Joseph.  XXXVII,  1  —  XLI,  57.
§  I.  —  Joseph  vendu  par  ses  frères.  XXXVII,  1-3G.
Chap.  XXXVII.  —  1-2».  Titre  du  livre.  — Hœ...  generationes...  De  même  que  le  livre  inti- tulé «■  les  générations  d'Isaac  »  contenait  surtout l'histoire  de  Jacob ,  de  même  ici  nous  avons  l'his- toire des  fils  de  Jacob ,  et  plus  particulièrement celles  de  Joseph  et  de  Juda,  appelés  à  jouer  un rôle  prépondérant  dans  leur  famille.  Sur  Joseph , voyez  S.  Ambroise,  De  Josepho;  S.  Augustin, Sermo  cccxliii,  De  Susanna  et  Joseph;  Pascal, Pensées,  u,  9,  2;  Cuvon ,  Essai  sur  les  rapports entre  le  saint  patriarche  Joseph  et  N.-S.  Jésus- Christ,  1825.
l»  Jalousie  des  frères  de  Joseph,  vers.  2i'-ll.
2t>.  Première  occasion  de  haine,  l'accusation que  Joseph  dut  porter  contre  ses  frères.  —  D'a- bord quelques  détails  sur  le  héros  :  Sedecim  an- norum; dix -sept  ans  d'après  l'iiébreu.  —  Pasce- hat...  cum  fUiis  Balce...  Bala  avait  été  l'esclave de  Rachel,  et  il  est  probable  qu'on  lui  avait  confié Joseph  quand  il  eut  perdu  sa  mère.  Il  semble aussi  que  les  fils  de  Jacob  étaient  dispersés  çà et  là  dans  le  pa5's  par  détachements,  selon  l'a- ■bondanco  des  pâturages.  —  Crimine  pessimo...
L'hébreu  peut  recevoir  une  double  traduction  : Et  il  rapportait  à  leur  père  leurs  mauvais  pro- pos ;  ou  bien  :  Et  il  rapportait...  leur  infamie , c.-à-d.  leur  mauvaise  réputation ,  occasionnée  par leur  conduite  irrégulière.
3  -  4.  Deuxième  occasion  de  haine ,  la  prédilec- tion trop  marquée  de  Jacob.  La  narration  signale un  des  motifs  de  cette  prédilection  :  eo  quod  in senectute...  Jacob  avait  environ  quatre-vingt-dix ans  à  la  naissance  de  Joseph  ;  et  c'est  Rachel  qui lui  avait  donné  ce  fils ,  après  une  longue  attente. Benjamin,  quoique  plus  jeune,  rappelait  im  dou- loureux souvenir;  et  le  caractère  parfaitement doué  de  Joseph  avait  encore  accru  l'affection  de son  père.  —  Tunicam  polymitam.  Les  peintures de  Bcni- Hassan  nous  donnent  une  idée  de  ces gracieux  et  riches  vêtements,  qui  consistaient  en étoffes  de  diverses  couleurs,  habilement  juxtapo- sées (Atlas  archéol.  de  la  Bible,  pi.  lxxv,  fig.  8). Il  est  probable,  toutefois,  que  l'expression  hé- braïque désigne  plutôt  ime  longue  tunique  (lit- téral.: une  tunique  d'extrémités,  la  (c  tunica  ma- nicata  et  talaris  »)  qui  descendait  jusqu'aux talons,  et  dont  les  manches  recouvraient  les mains.  Voy.  VAtl.  arch.,  pi.  i,  fig.  13.  Au  vers.  23, la  Vulgate  réunit  les  deux  opinions.
5-8.  Troisième  motif  de  haine,  un  songe  do Joseph.  —  Majoris  odii...  Ce  fut  comme  de  l'huile sur  le  feu.  —  Circumstantes  adorare...  Tandis que  la  gerbe  de  Joseph  se  tenait  debout  au  centre,
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Gen.  XXXVII,  6-16.
referret  fratribus  suis;  quse  causa  ma- joris  odii  scminaiium  fuit.
6.  Dixitque  ad  eos  :  Audite  somnium meum  qiiod  vidi.
7.  Piitabam  nos  ligare  maiiipulos  in agro,  et  quasi  consurgere  manipulum meuni,  et  stare,  vestrosque  maaipulos circumstantes  adorare  manipulum  meum.
8.  Responderunt  fi-atres  ejus  :  Num- quid  rex  noster  eris?  aut  subjiciemur ditioni  tuae?  Hsec  ergo  causa  somniorum atque  sermonum,  invidiae  et  odii  fomi- tem  ministravit.
9.  Aliud  quoque  vidit  somnium,  quod narrans  fratribus,  ait  :  Vidi  per  somnium, quasi  solem  et  lunam  et  stellas  undecim adorare  me.
10.  Quod  cum  patri  suo  et  fratribus retulisset,  increpavit  eum  pater  suus,  et dixit  :  Quid  sibi  vult  hoc  somnium  quod vidisti  ?  num  ego  et  mater  tua  et  fratreo tui  adorabimus  te  super  terram  ?
11.  Invidebant  ei  igitilr  fratres  sui  ; pater  vero  rem  tacitus  considerabat.
12.  Cumque  fi'atres  illius  in  pascendis gregibus  patris  morarentur  in  Sicliem,
13.  Dixit  ad  eum  Israël  :  Fratres  tui pascunt  oves  in  Sicbimis;  veni,  mittam te  ad  eos.  Quo  respondente ,
14.  Prsesto  sum,  ait  ei  :  Vade,  et  vide si  cuncta  prospéra  sint  erga  fratres  tuos, et  pecora  ;  et  renuntia  milii  quid  agatur, Missus  de  valle  Hebron,  venit  in  Sichem  ;
15.  Invenitque  eum  vir  errantem  in agro,  et  interrogavit  quid  quœreret.
16.  At  ille  respondit  :  Fratres  meos quœro  ;  indica  mihi  ubi  pascant  grèges.
h  ses  fi^ères  un  songe  qu'il  avait  eu ,  qui fut  enco7'e  la  semence  d'une  plus  grande haine.
6.  Car  il  leur  dit  :  Ecoutez  le  songe que  j'ai  eu.
7.  Il  me  semblait  que  je  liais  avec vous  des  gerbes  dans  la  campagne,  que ma  gerbe  se  leva  et  se  tint  debout,  et que  les  vôtres,  entourant  la  mienne,  l'a- doraient.
8.  Ses  frères  lui  répondirent  :  Est-ce que  tu  seras  notre  roi,  et  serons -nous soumis  à  ta  puissance  ?  Ces  songes  et ces  entretiens  allumèrent  donc  encore davantage  l'envie  et  la  haine  qu'ils avaient  contre  lui.
9.  Il  eut  encore  un  autre  songe,  qu'il raconta  à  ses  frères ,  en  leur  disant  :  J'ai vu  en  songe  que  le  soleil,  et  la  lune,  et onze  étoiles  m'adoraient.
10.  Lorsqu'il  eut  rapporté  ce  songe  à son  père  et  à  ses  frères ,  son  père  lui  en fit  réprimande,  et  il  lui  dit  :  Que  vou- drait dire  ce  songe  que  tu  as  eu  ?  Est-ce que  ta  mère,  tes  fi^ères  et  moi  nous  t'a- dorerons sur  la  terre  ?
11.  Ainsi  ses  frères  étaient  transportés d'envie  contre  lui  ;  mais  le  j)ère  considé- rait tout  cela  en  silence.
12.  Il  arriva  alors  que  les  frères  de Joseph  s'arrêtèrent  à  Sichem ,  où  ils  fai- saient paître  les  troupeaux  de  leur  père.
13.  Et  Israël  dit  à  Joseph  :  Tes  frères font  paître  nos  brebis  dans  le  pa3^s  de Sichem  ;  viens,  et  je  t'enverrai  vers  eux.
14.  Je  suis  tout  prêt,  lui  dit  Joseph. Jacoh  ajouta  :  Va,  et  vois  si  tes  frères  se portent  bien  et  si  les  troupeaux  sont  en bon  état ,  et  tu  me  rapporteras  ce  qui  se passe.  Ayant  donc  été  envoyé  de  la  vallée d'Hébron,  il  vint  à  Sichem;
15.  Et  un  homme,  l'ayant  trouvé  errant dans  la  campagne,  lui  demanda  ce  qu'il cherchait.
16.  Il  lui  répondit  :  Je  cherche  me  ■• frères  ;  je  vous  prie  de  me  dire  où  ils  font paître  leurs  troupeaux.
celles  de  ses  frères  se  prosternaient  devant  elle. Le  symbole  était  clair,  et  les  frères  envieux  l'in- terprètent  sans  peine  :  Numquid  rex...?
9-10.  Quatrième  cause  d'envie,  un  nouveau songe  providentiel  qui  confirmait  la  vérité  du premier.  —  Increpavit  cum  iiater...  A  son  tour Jacob  se  fait  l'interprète  de  la  vision  ;  mais  il se  hâte,  et  sur  un  ton  sévère,  d'en  rejeter  l'ac- complissement, qui  lui  paraissait  contraire  au respect  qu'un  fils  devait  à  ses  parents.  Cette fois,  en  effet,  outre  les  frères,  c'étaient  le  père
et  la  mère  qui  rendaient  hommage  à  Joseph. Néanmoins,  tacitus  considerabat,  frappé  malgré lui  de  ces  incidents.  Cf.  Luc,  ii,  51.
2°  Joseph  à  Dothaïn,  vers.  12-24.
12-14».  Jacob  confie  h  Joseph  une  mission,  dont les  conséquences  inuuédiates  seront  bien  dures pour  l'un  et  pour  l'autre.
lé^-n.  Joseph  à  la  recherche  de  ses  frères. — De...  Hebron...  in  Sichem  ;  environ  trois  jours  de marche  séparaient  ces  deux  localités.  —  Erran- tem in  agro:  dans  la  campagne,  à  travers  les
Gen.  XXXVII,  17-25.
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17.  Cet  homme  lui  répondit  :  Ils  se sont  retirés  de  ce  lieu,  et  j'ai  entendu qu'ils  se  disaient  :  Allons  vers  Dothaïn. Joseph  alla  donc  après  ses  frères,  et  il les  trouva  à  Dothaïn.
18.  Lorsqu'ils  l'eurent  aperçu  de  loin, avant  qu'il  se  fût  approché  d'eux,  ils  ré- solurent de  le  tuer  ;
19.  Et  ils  se  disaient  l'un  tï  l'autre  : Voici  notre  songeur  qui  vient.
20.  Allons,  tuons-le  et  jetons-le  dans une  vieille  citerne  ;  nous  dirons  qu'une bête  sauvage  l'a  dévoré,  et  après  cela  on verra  à  quoi  ses  songes  lui  auront  servi.
21.  RuLen,  les  ayant  entendus  parler ainsi ,  tâchait  de  le  tirer  d'entre  leurs mains,  et  il  leur  disait  :
22.  Ne  le  tuez  point  et  ne  répandez point  son  sang,  mais  jetez-le  dans  cette citerne  qui  est  au  désert,  et  conservez vos  mains  pures.  Il  disait  cela  dans  le dessein  de  le  tirer  de  leurs  mains  et  de le  rendre  à  son  père.
23.  Aussitôt  donc  que  Joseph  fut  ar- rivé près  de  ses  frères ,  ils  lui  ôtèrent  sa robe  de  plusieurs  couleurs ,  qui  le  cou- vrait jusqu'en  bas  ;
24.  Et  ils  le  jetèrent  dans  cette  vieille citerne,  qui  était  sans  eau.
25.  S'étant  ensuite  assis  pour  manger, ils  virent  des  Ismaélites  qui  passaient,  et qui,  venant  de  Galaad,  portaient  sur leurs  chameaux  des  parfums,  de  la  ré- sine et  de  la  myii-he,  et  s'en  allaient  en Egypte.
17.  Dixitque  ei  vir  :  Recesserunt  de loco  isto;  audivi  autem  eos  dicentes  : Eamus  in  Dothain.  Perrexit  ergo  Joseph post  fratres  suos,  et  invenit  eos  in  Do- thain.
18.  Qui  cum  vidissent  eum  procul,  an- tequam  accederet  ad  eos,  cogitaverunt illum  occidere;
19.  Et  mutuo  loquebantur  :  Ecce  som- niator  venit ;
20.  Venite,  occidamus  eum,  et  mitta- mus  in  cisternam  veterem ,  dicemusque  : Fera  pessima  devoravit  eum  ;  et  tune apparebit  quid  illi  prosint  somnia  sua.
21.  Audiens  autem  hoc  Ruben,  nite- batur  liberare  eum  de  manibus  eorum, et  dicebat  :
22.  Non  interfîciatis  animam  ejus ,  nec effundatis  sanguinem  ;  sed  projicite  eum in  cisternam  liane,  quse  est  in  solitudine, manusque  vestras  servate  innoxias.  Hoc autem  dicebat,  volens  eripere  eum  de manibus  eorum,  et  reddere  patri  suo.
23.  Confestim  igitur  ut  pervenit  ad fratres  suos,  nudaverunt  eum  tunica  ta- lari ,  et  polymita  ;
24.  Miseruntque  eum  in  cisternam  ve- terem, quse  non  habebat  aquam.
25.  Et  sedentes  ut  comederent  panem, viderunt  Ismaelitas  viatores  venire  de Galaad,  et  camelos  eorum ,  portantes  aro- mata,  et  resinam,  et  stacten,  in  Mgj- ptum.
collines  ondulées  du  centre  de  la  Palestine.  — Dothain.  Village  situé  an  nord  de  Sichem  et  de Sébaste,  dans  nne  petite  A'allée  qui  possédait  de gras  pâturages.
18-20.  Le  projet  de  vengeance.  —  Cum,  vidis- sent... Ils  le  reconnaissent,  même  de  loin,  à  son vêtement  spécial.  —  Somniator.  En  hébr.  :  maître des  songes.  Ironie  mordante.  —  In  cisternam veterem.  Les  citernes  sont  nombreuses  dans  ce district,  qui  manque  de  soiirces  et  de  ruisseaux  ; on  y  recueille  l'eau  des  pluies.
21-22.  Le  contre -projet  de  Euben.  —  Ruben nitébatur...  Noble  conduite,  digne  cette  fois  de l'aîné  de  la  famille.  —  Non  interficiatis  :  direc- tement ,  en  versant  vous  -  mêmes  le  sang  de  votre frère.  Ce  qu'il  conseillait  (projicite...  in  cister- nam havc)  semblait  deA^oir  aussi  aboutir  à  la mort;  car,  dans  ce  lieu  désert  (in  solitudine) ,  il était  impossible  que  Joseph  pût  sortir  seul  d'une citerne  profonde,  dont  le  sommet  formait  un entonnoir  renversé,  à  l'orifice  étroit  ;  mais  Ruben voulait  gagner  du  temps ,  et  sauver  son  frère  dès que  les  autres  se  seraient  éloignés.
23-24.  Exécution  du  projet  de  Ruben,  après un  premier  acte  de  basse  et  vulgaire  vengeance ,
exercé  contre  le  vêtement  qui  avait  excité  leur jalousie.  —  Miseruntque...,  à  l'aide  de  cordes.
30  Joseph  est  conduit  en  Egypte  et  vendu  à Putiphar,  vers.  25-36.
25.  Les  marchands  ismaélites.  —  Et  sedentes. Trait  graphique.  —  Ismaelitas.  Aux  vers.  28 et  36 ,  ils  sont  appelés  Madianites.  Ces  deux  races, issues  d'Abraham ,  avaient  centralisé  le  commerce antique  :  leurs  noms  étaient  devenus  synonymes de  celui  de  mai'chands.  Dothaïn  était  situé  sur la  grande  ligne  des  caravanes  entre  les  Indes  et l'Egypte.  —  Aromata.  Hébr.  :  n'k'ôt;  probable- ment la  gomme  tragacanthe  ou  adragante ,  fruit de  l'astragale  (Atlas  d'hist.  nat.  de  la  Bible, pi.  XXXI,  flg.  2  et  3)  ;  selon  d'autres,  la  gomme également  parfumée  que  produit  le  styrax  (ib., pi.  xxiii,  fig.  7).  —  Resinam.  Hébr.  :  s'ri;  la  ré- sine du  «  Balsamodendron  Gileadense  »  (Atlas d'hist.  nat.,  pi.  xxxiii,  flg.  2).  —  Stacten.  Hébr.: lot;  le  ladanum,  autre  gomme  exquise,  exsudée par  le  ciste  (ibid.,  pi.  xl,  fig.  1,2,  7).  C'étaient là  trois  produits  palestiniens  très  estimés  (cf. XLiii,  11  ),  et  l'Egypte  faisait  un  grand  usage  do toute  sorte  d'aromates.
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Gen.  XXXVII,  26-35.
26.  Dixit  ergo  Judas  fratribus  suis  : Quid  nobis  prodest  si  occiderimus^  fra- trem  nostrum ,  et  celaverimus  sanguinem ipsius  ?
27.  Melius  est  ut  venundetur  Ismae- litis,  et  manus  nostrse  non  polluantur; frater  enim  et  caro  nostra  est.  Acquieve- riint  fratres  sermonibus  illius.
28.  Et  prsetereuntlbus  Madianitis  ne- gotiatoribus,  extrahentes  eum  de  cisterna, vendiderunt  eum  Ismaelitis,  viginti  ar- genteis,  qui  duxerunt  eum  in  ^gyptum.
29.  Reversusque  Ruben  ad  cisternam, non  iuvenit  puerum ,
30.  Et  scissis  vestibus  pergens  ad  fra- tres suos,  ait  :  Puer  non  comparet,  et ego  quo  ibo  ?
31.  Tulerunt  autem  tunicam  ejus,  et ia  sanguine  hsedi,  quem  occiderant,  tinxe- runt ,
32.  Mittentes  qui  ferrent  ad  patrem, et  dicerent  :  Hanc  invenimus  ;  vide  utrum tunica  filii  tui  sit,  an  non.
33.  Quam  eum  agnovisset  pater,  ait  : Tunica  filii  mei  est;  fera  pessima  com- edit  eum,  bestia  devoravit  Joseph.
34.  Scissisque  vestibus,  indutus  est cilicio,  lugens  filium  suum  multo  tem- pore.
35.  Congregatis  autem  cunctis  liberis ejus  ut  leiiirent  dolorem  patris,  noluit consolationem  accipere,sed  ait  :  Descen- dam  ad  filium  meum  lugens  in  infer- num.  Et  illo  persévérante  in  fletu,
26.  Alors  Juda  dit  à  ses  fi-ères  :  Que nous  servira  d'avoir  tué  notre  frère  et d'avoir  caché  sa  mort  ?
27.  Il  vaut  mieux  le  vendre  à  ces  Is- maélites et  ne  point  souiller  nos  mains, car  il  e^:  Motre  frère  et  notre  chair.  Ses fi'ères  consentirent  à  ce  qu'il  disait.
28.  L'ayant  donc  tiré  de  la  citerne,  et voyant  ces  marchands  madianites  qui passaient,  ils  le  vendirent  vingt  pièces d'argent  aux  Ismaélites ,  qui  le  menèrent en  Egypte.
29.  Ruben  étant  retourné  à  la  citerne, et  n'y  ayant  point  trouvé  l'enfant,
30.  Déchira  ses  vêtements  et  vint  dire à  ses  frères  :  L'enfant  ne  paraît  plus  ;  et que  deviendrai-je  ?
31.  Après  cela  ils  prirent  la  robe  de Joseph,  et  l'ayant  trempée  dans  le  sang d'un  chevreau  qu'ils  avaient  tué ,
32.  Ils  l'envoyèrent  à  son  père ,  lui faisant  dire  par  ceux  qui  la  lui  portaient: Voici  une  robe  que  nous  avons  trouvée  ; voyez  si  c'est  celle  de  votre  fils ,  ou  non.
33.  Le  père,  l'ayant  reconnue,  dit  : C'est  la  robe  de  mon  fils  ;  une  bête cruelle  l'a  dévoré,  une  bête  a  dévoré Joseph.
34.  Et  ayant  déchiré  ses  vêtements,  il se  couvrit  d'un  cilice,  pleurant  son  fils fort  longtemps.
35.  Alors  tous  ses  enfants  s'assem- blèrent pour  tâcher  de  soulager  leur père  dans  sa  douleur  ;  mais  il  ne  voulut point  recevoir  de  consolation,  et  il  leur dit  :  Je  pleurerai  toujours,  jusqu'à  ce que  je  descende  avec  mon  fils  au  séjour des  morts.  Ainsi  il  continua  toujours  de pleurer.
26-27.  La  proposition  de  Juda,  —  Dixit...  Ju- das. Lui  aussi  il  a  son  projet,  destiné  à  épai'gner la  vie  de  Joseph;  mais  il  fera  échouer  le  plan plus  humain  de  Ruben.  —  Acquieverunt.  Leurs premiers  sentiments  s'étant  un  peu  calmés,  ils comprennent  mieux  l'horreur  du  crime  qu'ils avaient  décidé.
28.  Joseph  est  vendu  aux  Ismaélites ,  qui  fai- saient également  le  commerce  d'esclaves.  —  Vi- ginti argenteis.  Au  temps  de  Moïse,  Lcv.  xxvii,  7, cette  somme  était  regardée  comme  le  prix  d'un jeune  esclave.  Si  le  sicle  d'argent  valait  dès  lors 2  f  r.  83 ,  Joseph  aura  été  vendu  pour  moins  de 60  fr.
29-30.  Désespoir  de  Ruben,  lequel,  évidemment, n'était  pas  avec  ses  frères  au  moment  de  leur marché  infâme.  —  Scissis  vestibus.  Geste  de  dou- leur et  de  deuil,  que  nous  retrouverons  souvent dans  la  Bible.  Cf.  vers.  34.  On  déchirait  le  haut du  vêtement  supérieur  jusqu'à  la  poitrine.
31-33.  La  tunique  de  Joseph  est  envoyée  à  son père.  — Tulerunt  tunicam...  Ils  prirent  ce  moyen pour  écarter  d'eux  tout  soupçon  relativement  à la  disparition  de  leur  frère.  —  Vide  utrum...  Ils se  bornent  à  exprimer  un  doute,  laissant  à  Jacob le  soin  de  tii'er  la  conclusion.
34-35,  Désespoir  de  Jacob.  Scène  très  pathé- tique. —  Indutus...  cilicio.  En  hébr.  :  èaq,  d'où vient  notre  mot  «  sac  »,  C'était  une  espèce  de tunique  en  étoffe  grossière,  parfois  même  en poils  de  chameau,  dont  on  se  revêtait  en  signe de  deuil  ou  de  pénitence.  Cf.  Jos,  vu ,  6  ;  I  Reg, IV,  12  ;  II  Reg.  m,  31  ;  Job,  i,  20  ;  Jon.  m,  6,  etc. —  Congregatis  cunctis...  Cette  violente  douleur émut  les  enfants  de  Jacob  (  hébr.  :  tous  ses  fils et  toutes  ses  filles),  qui  accoururent  pour  essayer de  le  consoler.  —  In  infernum.  Hébr.  :  dans  le s"ôl,  ou  séjour  des  morts.  Sur  les  limbes  des  Hé- breux, si  souvent  mentionnées  dans  les  saints Livres,  et  qui  attestent  une  croyance  primordiale
Gen.  XXXVII,  36  —  XXXVIII,  8.
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36.  Cependant^  les  Madianites  vendi- rent Joseph  en  Egypte  à  Piiiij)har,  eu- nuque du  Pharaon,  et  général  de  ses troupes.
36.  Madianitas  vendiderunt  Joseph  in ^g_ypto  Putiphari,  eunucho  Pharaonis, mafiistro  militum.
CHAPITRE  XXXVIII
1.  En  ce  même  temps,  Juda  quitta  ses frères  et  vint  chez  un  homme  d'Odollam, qui  s'appelait  Hira.
2.  Et  ayant  vu  en  ce  lieu  la  fille  d'un Chananéen,  nommé  Sué,  il  Fépousa  et vécut  avec  elle.
3.  Elle  conçut  et  enfanta  un  fils,  qui fut  nommé  Her.
4.  Ayant  conçu  une  seconde  fois ,  elle eut  encore  un  fils,  qu'elle  nomma  Onan.
5.  Et  elle  en  enfanta  encore  un  troi- sième qu'elle  nomma  Séla,  après  lequel elle  cessa  d'avoir  des  enfants.
6.  Juda  fit  épouser  à  Her,  son  fils aîné,  une  fille  nommée  Thamar.
7.  Ce  Her,  fils  aîné  de  Juda,  fut  un très  méchant  homme,  et  le  Seigneur  le frappa  de  mort.
8.  Juda  dit  donc  à  Onan,  son  second fils  :  Épouse  la  femme  de  ton  frère  et vis  avec  elle ,  afin  que  tu  suscites  des  en- fants à  ton  frère.
1.  Eodem  tempore  descendens  Judas a  fratribus  suis,  divertit  ad  viruni  Odol- lamitem,  nomine  Hiram.
2.  Viditque  ibi  filiam  hominis  cha- nanasi,  vocabulo  Sue,  et  accepta  uxore, ingressus  est  ad  eam.
3.  Quœ  concepit,  et  peperit  filium,  et vocavit  nomen  ejus  Her.
4.  Rursumque  concepto  fétu,  natum filium  vocavit  Onan.
5.  Tertium  quoque  peperit,  quem  ap- pellavit  Sela  ;  quo  nato ,  parère  ultra  ces- savit.
6.  Dédit  autem  Judas  uxorem  primo- genito  suo  Her,  nomine  Thamar,
7.  Fuit  quoque  Her  primogenitus  Judae, nequam  in  conspectu  Domini  ;  et  ab  eo occisus  est.
8.  Dixit  ergo  Judas  ad  Onam  filium suum  :  Ingredere  ad  uxorem  fratris  tui, et  sociare  illi,  ut  suscites  semen  fratri tuo.
à,  l'immortalité  de  l'âme,  voy.  T.  Lamy,  Comm. in  Gen.,  Il,  259-263,  et  Vigoui'oux,  la  Bible  et les  découvertes  modernes,  III,  101-189.
36.  Joseph  est  vendu  à  Putiphar.  Les  LXX orthographient  ce  nom  :  XIsxsçp-^ç ,  ce  qui  est  sa ti'anscription  hiéroglyphique  très  exacte,  car  il était  assez  répandu  en  Egjipte.  Il  signifie  proba- blement :  consacré  à,  Ra ,  c.  -  à  -  d.  au  soleil.  — Eunucho.  Primitivement,  la  plupart  des  officiers, dans  les  cours  orientales,  étaient  en  réalité  des eunuques,  coutume  qui  subsiste  encore  de  nos jours  pour  divers  emplois;  mais  peu  à  peu  le mot  eunuque  semble  avoir  reçu  la  signification plus  étendue  de  fonctionnaire  royal.  En  effet, Putiphar  était  marié.  Cf.  xxxix ,  7  et  ss.  —  Ma- gistro  militum.  Hébr.  :  chef  des  bourreaux.  Cf IV  Reg.  XXV,  8.  Les  LXX  ont  l'étrange  traduc- tion :  chef  des  cuisiniers.
§11.  — La  famille  de  Juda.  XXXVIII,  1-30.
Triste  lignée,  au  premier  regard,  et  grand  con- traste avec  l'image  si  pure  de  Joseph.  Mais  gé- néalogie de  la  plus  haute  importance  en  réalité, puisque  ce  sera  celle  du  Messie  lui-même.  Cf. Matth.  I,  3  et  ss.
lo  Les  enfants  de  Juda  par  son  épouse  cha- nanéenne,  vers.  1-11.
Chap.  XXXVIIL  — 1-2.  Mariage  de  Juda.— Eodem  tempure.  La  formule  hébraïque  est  plus
vague  :  «  en  ce  temps  -  là.  »  —  Odollamitem. D'Adullam,  localité  célèbx'e  dans  l'histoire  de David.  Elle  était  située  au  sud  de  Succoth,  au nord  d'Hébron,  un  peu  au-dessous  du  plateau central  de  la  Palestine  ;  de  là  l'expression  descen- dens. —  Sue  est  le  nom  du  père,  non  pas  de  la  fille. Comp.  le  v'ers.  12.  —  Accepta  uxore.  Ce  mariage avec  une  Chananéenne  attestait  des  sentiments peu  conformes  à  ceux  d'Abraham,  xxrv,  3,  et d'Isaac,  xxviii,  1.
3-5.  Naissance  des  trois  premiers  fils  de  Juda. Au  vers.  5 ,  on  lit  dans  l'hébr.  :  «  et  il  (  Juda  ) était  à  K'zib  quand  elle  l'enfanta,  »  au  lieu  de quo  nato,  parère...  ces^savit.  K^zib,  l'Achzib  de Jos.  XV,  44,  et  de  Mich.  i,  14-15,  était  un  vil- lage bâti  aux  environs  d'Adullam.
6-7.  Abrégé  de  l'histoire  de  Her,  le  premier- né  de  Juda.  —  Thamar  est  un  nom  gracieux,  qui signifie  palmier.  —  Nequam  in  conspectu  Dei. Sorte  de  superlatif,  pour  dire  «  très  mauvais  ». —  Occisus  est  :  cette  expression  désigne  proba- blement une  mort  subite.
8-10.  Histoire  abrégée  d'Onan.  —  Ingredere... Cet  ordre  de  Juda  à  son  second  fils  suppose,  dès ces  temps  reculés,  l'existence  de  la  coutume  qui deviendra  plus  tard,  sous  Moïse,  la  loi  du  «  lé- virat  ».  Cf.  Deut.  xxv,  5,  Pour  empêcher  l'ex- tinction complète  d'une  famille,  quand  un  homme mourait  sans  enfants,  son  frère  ou  son  parent
14G
Gen.  XXXVIII,  9-16.
9.  Ille  sciens  non  sibi  nasci  filios,  in- troiens  ad  uxorem  fratris  siii,  semen fundebat  in  terram,  ne  liLeii  fratris  no- mine  nascerentur.
10.  Et  idcirco  percussit  eum  Dominus, quod  rem  detestabilem  faceret.
11.  Quamobrem  dixit  Judas  Thamar nurui  suae  :  Esto  vidua  in  domo  patris tui,  donec  crescat  Sela  filius  meus;  ti- mel3at  enim  ne  et  ipse  moreretur,  sicut fratres  ejus.  QuaB  abiit,  et  habita  vit  in domo  patris  sui.
12.  Evolutis  autem  multis  diebus,  mor- tua  est  lilia  Sue  uxor  Judœ  ;  qui  post luctum  consolatione  suscepta,  ascende- bat  ad  tonsores  ovium  suarum,  ipse  et Hiras  opilio  gregis  Odollamites,  in  Tliam- nas.
13.  Nuntiatumque  est  Thamar,  quod socer  illius  ascenderet  in  Thamnas  ad tondendas  oves  ;
14.  Quse,  depositis  viduitatis  vestibus, assumpsit  theristrum,  et  mutato  habitu, sedit  in  bivio  itineris,  quod  ducitTham- nam;  eo  quod  crevisset  Sela,  et  non eum  accepisset  maritum.
15.  Quam  eum  vidisset  Judas,  suspi- catus  est  esse  meretricem  ;  operuerat  enim vultum  suum,  ne  agnosceretur.
16.  Ingrediensque  ad  eam,  ait  :  Di- mitte  me  ut  coeam  tecura  ;  nesciebat enim  quod  nurus  sua  esset.  Qua  respon- dente  :  Quid  dabis  mihi  ut  fruaris  con- cubitu  meo  ?
9.  Onan,  voyant  la  femme  de  son  frère, et  sachant  que  les  enfants  qui  naîtraient d'elle  ne  seraient  pas  à  lui,  empêchait qu'elle  ne  devînt  mère,  de  peur  que  ses enfants  ne  portassent  le  nom  de  son frère.
10.  C'est  pourquoi  le  Seigneur  le frappa  de  mort,  parce  qu'il  faisait  une chose  détestable.
11.  Juda  dit  donc  à  Thamar,  sa  belle- fille  :  Demeurez  veuve  dans  la  maison de  votre  père,  jusqu'à  ce  que  mon  fils Séla  devienne  grand  ;  car  il  avait  peur que  Séla  ne  mourût  aussi,  comme  ses autres  frères.  Ainsi  Thamar  retourna demeurer  dans  la  maison  de  son  père.
12.  Beaucoup  de  temps  s'étant  passé, la  fille  de  Sué,  femme  de  Juda,  mourut. Juda,  après  l'avoir  pleurée  et  s'être  con- solé de  cette  perte,  alla  à  Thamnas  avec Hiras  d'Odollam ,  le  pasteur  de  ses  trou- peaux, pour  voir  ceux  qui  tondaient  ses brebis,
13.  Thamar  ayant  été  avertie  que  Juda, son  beau -père,  allait  à  Thamnas  pour faire  tondre  ses  brebis ,
14.  Quitta  ses  habits  de  veuve,  se couvrit  d'un  grand  voile ,  et ,  s'étant  dé- guisée, s'assit  dans  un  carrefour,  sur  le chemin  de  Thamnas;  parce  que  Séla étant  en  âge  d'être  marié ,  Juda  ne  le  lui avait  point  fait  épouser.
15.  Juda,  l'ayant  vue,  s'imagina  que c'était  une  femme  de  mauvaise  vie  ;  car elle  s'était  couvert  le  visage,  de  peur d'être  reconnue.
16.  Et  l'abordant,  il  lui  dit  :  Laisse- moi  m'approcher  de  toi  ;  car  il  ne  savait pas  que  ce  fût  sa  belle -fille.  Elle  lui  ré- pondit :  Que  me  donnerez -vous  pour  ce que  vous  me  demandez  ?
le  plus  proche  devait  épouser  la  veuve.  Le  pre- mier-n6  issu  de  ce  second  mariage  était  regardé comme  le  fils  du  défunt,  et  il  héritait  de  ses biens  (suscites  semen  /ratri  tiio).  Mais  Onan convoitait  tout  l'héritage;  de  là,  son  infâme  et brutal  égoïsme  (non  sihi  nasci).  —  Percussit eum  :  subitement  aussi.
11.  Thamar  est  renvoyée  à  son  père,  donec crescat...,  du  moins  en  ai^parence.  Au  fond  Juda, guidé  par  une  crainte  superstitieuse  (timehat enim...),  voulait  l'éloigner  h  tout  jamais.  Tran- sition aux  faits  qui  vont  suivre.
2»  Les  fils  de  Juda  par  Thamar,  vers.  12-30.
12.  Mort  de  la  femme  de  Snù-à.  —  Ascendeliat ad  tonsores,  afin  de  surveiller  en  personne  cette importante  (  pération.  Cf.  xxxi,  19.  —  Opilio (iregis.  La  Vulgate  et  d'autres  versions  antiques ont  dû   lire   ro'êhu,   son   pasteur,   au  lieu   de
rê'êhu,  son  ami,  leçon  actuelle  du  texte  hébreu. De  même  au  vers.  20,  —  Thamnas.  En  hébr.  : Timna.  Aujourd'hui  Kirbet  -  Tibneh ,  dans  la  di- rection de  l'ouest,  auprès  de  l'ancien  territoire des  Philistins  (Guérin,  Judée,  II,  30-31),
13-19.  Le  stratagème  de  Thamar.  Cette  femme, se  A'oyant  oubliée  volontairement  (eo  quod  cre- visset...,\crs.  14;  comp.  le  vers.  11),  et,  d'autre part,  comme  l'enseignent  plusieurs  Pères  (S.  Ephr., S.  J.  Chrys.,  S.  Ambr.) ,  ayant  un  extrême  désir d'appartenir  à  la  famille  qui  avait  reçu  les  di- vines promesses,  profita  du  déplacement  de  Juda pour  exécuter  un  dessein  très  coupable  en  lui- même,  malgré  une  certaine  bonne  foi.  Cf.  S.  Aug,, c.  Faustum,  xxii,  61-64.  —  Viduitatis  vestibus: costume  spécial ,  qui  aurait  pu  la  faire  recon- naître. —  Theristrum  :  grand  voile  qui  la  recou- vrait tout  entière.  —  In  bivio  itineris.  De  même
Gen.  XXXVIII,  17-26.
147
17.  Je  vous  enverrai,  dit-il,  un  che- vreau de  mon  troupeau.  Elle  repartit  : Je  consentirai  i\  ce  que  vous  voulez, pourvu  que  vous  me  donniez  un  gage, en  attendant  que  vous  m'envoyiez  ce  que vous  me  promettez.
18.  Que  voulez- vous  que  je  vous  donne pour  gage?  lui  dit  Juda.  Elle  lui  répon- dit :  Donnez -moi  votre  anneau,  votre bracelet  et  le  bâton  que  vous  tenez  à  la main.  Ainsi  elle  conçut  de  lui ,
19.  Et  s'en  allant  aussitôt,  et  ayant quitté  le  costume  qu'elle  avait  pris,  elle se  revêtit  de  ses  habits  de  veuve.
20.  Juda  envoya  ensuite  le  chevreau par  son  pasteur  d'Odollam,  afin  qu'il  reti- rât le  gage  qu'il  avait  donné  à  cette femme.  Mais,  ne  l'ayant  point  trouvée,
21.  Il  demanda  aux  habitants  de  ce lieu  :  Où  est  une  femme  qui  était  assise dans  ce  carrefour?  Tous  lui  répondirent: Il  n'y  a  pas  eu  en  cet  endroit  de  femme débauchée.
22.  Il  retourna  auprès  de  Juda  et  lui dit  :  Je  ne  l'ai  point  trouvée  ;  et  même les  habitants  de  ce  lieu  m'ont  dit  que jamais  femme  de  mauvaise  vie  ne  s'était assise  en  cet  endroit.
23.  Juda  dit  :  Qu'elle  garde  ce  qu'elle a  ;  elle  ne  peut  pas  au  moins  m'accuser d'avoir  manqué  à  ma  parole.  J'ai  envoyé le  chevreau  que  je  lui  avais  promis,  et vous  ne  l'avez  point  trouvée.
24.  Mais  trois  mois  après ,  on  vint  dire à  Juda  :  Thamar,  votre  belle -fille,  est tombée  en  fornication,  car  on  commence à  s'apercevoir  qu'elle  est  grosse.  Juda répondit  :  Qu'on  la  produise  en  public, afin  qu'elle  soit  brûlée.
25.  Et  lorsqu'on  la  menait  au  supplice, elle  envoya  dire  à  son  beau -père  :  J'ai conçu  de  celui  à  qui  sont  ces  gages. Voyez  à  qui  est  cet  anneau,  ce  bracelet et  ce  bâton.
26.  Juda,  ayant  reconnu  ce  qu'il  lui
17.  Dixit  :  Mittam  tibi  hœdum  de  gre- gibus.  Rursumque  illa  dicente  :  Patiar quod  vis,  si  dederis  mihi  arrhabonem, donec  mittas  quod  polliceris  ;
18,  Ait  Judas  :  Quid  tibi  vis  pro  ar- rhabone  dari  ?  Respondit  :  Annulum  tuum, et  armillam,  et  baculum  quem  manu  te- nes.  Ad  unum  igitur  coitum  mulier  con- cepit,
19,  Et  surgens  abiit  ;  depositoque  ha- bitu  quem  sumpserat,  induta  est  vidui- tatis  vestibus.
20,  Misit  autem  Judas  haedum  per pastorem  suum  Odollamitem,  ut  recipe- ret  pignus  quod  dederat  mulieri.  Qui  cum non  invenisset  eam,
21,  Interrogavit  homines  loci  illius  : Ubi  est  mulier  quse  sedebat  in  bivio? Respondentibus  cunctis  :  Non  fuit  in  loco isto  meretrix:
22,  Reversus  est  ad  Judam,  et  dixit ei  :  Non  inveni  eam  ;  sed  et  homines loci  illius  dixerunt  mihi,  nunquam  se- disse  ibi  scortum.
23,  Ait  Judas  :  Habeat  sibi  ;  certe mendacii  arguere  nos  non  potest;  ego misi  hsedum  quem  promiseram,  et  tu non  invenisti  eam.
24,  Ecce  autem  post  très  menses  nun- tiaverunt  Judse,  dicentes  :  Fornicata  est Thamar  nurus  tua,  et  videtur  utérus  il- lius intumescere.  Dixitque  Judas  :  Pro- ducite  eam  ut  comburatur.
25,  Quse  cum  duceretur  ad  pœnam, misit  ad  socerum  suum,  dicens  :  De  viro, cujus  haecsunt,  concepi  ;  cognosce  cujus sit  annulus,  et  armilla,  et  baculus.
26,  Qui,  agnitis  muneribus,  ait  :  Ju-
le  syriaque  et  les  intei-prètes  juifs.  D'après  l'iiébr.  : à  la  porte  d^'i^ynaïm ,  qui  est  sur  la  route  de Tiniiia.  Ce  hameau  est  mentionné  dans  Jos.  xv,  34. —  Meretriceni.  D'après  Thébr.  au  vers.  21 ,  une qadésah,  c.-à-d.  une  hiérodule,  consacrée,  au  moins temporairement,  aux  rites  impurs  d'Astarté.  Cf. IV  Reg.  xxni,  7.  —  Annulum  (vers.  18)  :  un arncau  à  cachet,  Voy.  l'Atl.  archéol.  de  la  Bible, pi.  IX ,  flg,  6,7.  —  Armillam.  Dans  l'hébr.  :  ta corde ,  c.-à-d,  le  cordon  par  lequel  on  suspendait souvent  à  son  cou  l'anneau  qui  vient  d'être mentionné.  —  Baculum.  Les  bâtons  des  anciens étaient  d'ordinaii-e  sculptés  et  très  ornés,
20-23.  Juda  veut  racheter  son  gage.  —  lu
bivio.  Hébr.  :  à  Ej'naïm,  comme  au  vers.  14.  — Mendacii  arguere...  Le  texte  original  a  cette autre  idée  :  «  Ne  simus  contemptui  ;  )->  c.-à-d.  que Juda  craignait,  en  continuant  ses  recherches,, d'ébruiter  la  chose  aux  dépens  de  sa  réputation, 24-26.  Les  aveux  de  Thamar.  —  Comburatur. En  Orient ,  les  fautes  des  femmes  contre  les  mœurs ont  toujours  été  sévèrement  châtiées.  Juda  pro- nonce la  sentence  comme  chef  de  la  famille,  Tha- mar étant  censée  la  fiancée  de  Séla.  —  Justior me.  Juda  ne  parle  pas  ici  d'après  les  règles  gé- nérales de  la  moralité  ;  1  juge  la  conduite  do Thamar  à  un  point  de  vue  tout  personnel.  11 excuse  sa  bru  de  l'avoir  trompé,  parce  qu'il  avait
148
stior  me  est,  quia  non  tradidi  eara  Sela filio  meo.  Attamen  ultra  non  cognovit eam.
27.  Instante  autem  partu,  apparuerunt gemini  in  utero  ;  atque  in  ipsa  elïusione infantium,  unus  protulit  manum,  in  qua obstetrix  li2:avit  coccinum,  dicens  :
28.  Iste  egredietur  prier.
29.  Illo  vero  retraliente  manura ,  egres- sus  est  alter  ;  dixitque  mulier  :  Quare  di- visa est  propter  te  maceria  ?  Et  ob  hanc causam  vocavit  nomen  ejus  Phares.
30.  Postea  egressus  est  f rater  ejus,  in eu  jus  manu  erat  coccinum  ;  quem  appel- lavit  Zara.
Gen.  XXXVIIT,  27  —  XXXIX,  5.
avait  donné ,  dit  :  Elle  a  moins  de  tort que  moi,  puisque  je  ne  l'ai  pas  donnée pour  épouse  à  Séla ,  mon  fils.  Et  il  ne  la connut  plus  depuis.
27.  Comme  elle  fut  sur  le  point  d'en- fanter, il  parut  qu'il  y  avait  deux  ju- meaux dans  son  sein.  Et  lorsque  ces  en- fants étaient  prêts  à  sortir,  l'un  des  deux passa  sa  main,  à  laquelle  la  sage-femme lia  un  ruban  écarlate,  en  disant  :
28.  Celui-ci  sortira  le  premier.
29.  Mais  cet  enfant  ayant  retiré  sa main,  l'autre  sortit.  Alors  la  sage-femme dit  :  Pourquoi  le  mur  s'est- il  divisé  à cause  de  toi  ?  C'est  pom'quoi  il  fut  nommé Phares.
30.  Sou  frère ,  qui  avait  le  ruban  écar- late à  la  main,  sortit  ensuite,  et  on  le nomma  Zara.
CHAPITRE  XXXIX
1.  Igitur  Joseph  ductus  est  in  Egy- ptum,  emitque  eum  Putiphar  eunuchus Pharaonis ,  princeps  exercitus,  vir  JEgy- ptius,  de  manu  Ismaelitarum ,  a  quibus perductus  erat.
2.  Fuitque  Dominus  cum  eo,  et  erat vir  in  cunctis  prospère  agens  ;  habita- vitque  in  domo  domini  sui ,
3.  Qui  optime  noverat  Dominum  esse cum  eo ,  et  omnia,  quse  gereret ,  ab  eo  di- rigi  in  manu  illius.
4.  Invenitque  Joseph  gratiam  coram domino  suo,  et  ministrabat  ei,  a  quo prœpositus  omnibus,  gubernabat  credi- tam  sibi  domum,  et  uni  versa  quae  ei tradita  fuerant;
5.  Bensdixitque  Dominus  domui  Mgy-
1.  Joseph  a3'ant  donc  été  mené  en Egypte,  Putiphar,  Egyptien,  eunuque  du Pharaon  et  général  de  ses  troupes,  l'a- cheta des  Ismaélites,  qui  l'y  avaient conduit.
2.  Le  Seigneur  était  avec  lui ,  et  tout lui  réussissait  heureusement.  Il  demeu- rait dans  la  maison  de  son  maître ,
3.  Qui  savait  très  bien  que  le  Seigneur était  avec  lui,  et  qu'il  le  favorisait  et  le bénissait  en  toutes  ses  actions.
4.  Joseph,  ayant  donc  trouvé  grâce  de- vant son  maître,  se  donna  tout  entier  à son  service  ;  et  ayant  reçu  de  lui  l'auto- rité sur  toute  sa  maison ,  il  la  gouvernait avec  tout  ce  qui  lui  avait  été  mis  entre les  mains.
5.  Le  Seigneur   bénit  la   maison    de
lui-même  lésé  les  droits  de  Thamar  en  ne  lui  don- nant pas  son  ti'oisième  fils  :  quia  non  tradidi... 27-30.  Naissance  de  Phares  et  de  Zara.  — Unus  'protulit...  C'était  l'aîné;  fait  important, que  l'on  veut  aussitôt  constater  :  ligavit  cocci- num. —  Divisa...  maceria.  Dans  l'hébr.  :  Pour- quoi t'es  -  tu  déchiré  une  brèche  ?  Mah  parasta '^aleyka  pare?.  D'où  le  nom  de  Phares  (Pares), qui  signifie  brèche,  irruption.  —  Zara;  mieux  : Zârah,  sans  jeu  de  mots  cette  fois.  C'est  Phares qui  eut  l'honneur  d'être  l'aïeul  du  Messie,  Cf. Matth.  I,  3.
§  III.  —  Joseph  dans  la  maison  de  Putiphar. XXXIX,  1-20.
A  partir  d'ici  jusqu'à  la  fin  do  la  Genèse,  la narration  est  admirablement  confirmée  par  tout
ce  que  les  découvertes  les  plus  récentes  nous  ont révélé  des  mœurs  de  l'antique  Ég^-pte.  Voy.  Vi- gouroux,  la  Bible  et  les  découvertes  modernes, II ,  5  et  ss.  C'est  une  preuve  très  forte  d'authen- ticité.
10  Joseph ,  grand  intendant  de  Putiphar,  vers. 1-G».
Chap.  XXXIX.  —  1.  Récapitulation  d'événe- ments déjà  relatés  plus  haut,  xxxvii,  36,  afin de  reprendre  le  fil  du  récit,  interrompu  par  le chap.  xxxvin.
2-3.  Dieu  protège  visiblement  son  serviteur,  à tel  point  que  le  païen  Putiphar  reconnaît  lui- même  l'intervention  céleste.
4-6».  Confiance  absolue  de  Putiphar  en  Joseph. —  Prapositus  omnibus.  Toutes  les  familles riches,  en  TÎgypte,  avaient  leur  intendant  ou  ma-
Gen.  XXXIX,  6-15.
140
l'Égyptien  à  cause  de  Joseph ,  et  il  mul- tiplia tout  son  bien,  tant  à  la  ville  qu'à la  campagne  ;
6.  En  sorte  que  Putlphar  n'avait d'autre  soin  que  de  se  mettre  à  table  et de  manger.  Or  Joseph  était  beau  de  vi- sage et  très  agréable.
7.  Longtemps  après,  sa  maîtresse  jeta les  yeux  sur  lui  et  lui  dit  :  Dormez  avec moi.
8.  Mais  Joseph,  ayant  horreur  de  con- sentir à  une  action  si  criminelle,  lui  dit  : Vous  voyez  que  mon  maître  m'a  confié toutes  choses ,  qu'il  ne  sait  pas  même  ce qu'il  a  dans  sa  maison  ;
9.  Qu'il  n'y  a  rien  qui  ne  soit  en  mon pouvoir,  et  que  m'aj-ant  mis  tout  entre les  mains ,  il  ne  s'est  réservé  que  vous seule,  qui  êtes  sa  femme.  Comment  donc pourrais-je  commettre  un  si  grand  crime, et  pécher  contre  mon  Dieu  ?
10.  Cette  femme  continua  durant  plu- sieurs jours  à  solliciter  Joseph  par  de semblables  paroles,  et  lui  à  résister  à son  infâme  désir.
11.  Or  il  arriva  un  jour  que  Joseph étant  entré  dans  la  maison,  et  y  remplis- sant quelque  fonction  sans  que  personne fût  présent,
12.  Sa  maîtresse  le  prit  par  son  man- teau et  lui  dit  :  Dormez  avec  moi.  Alors Jo:-cph,  lui  laissant  le  manteau  entre  les mains,  s'enfuit  et  sortit  au  dehors.
13.  Cette  femme,  voyant  le  manteau entre  ses  mains,  et  se  voyant  elle-même méprisée ,
14.  Appela  les  gens  de  sa  maison  et leur  dit  :  Voyez ,  il  nous  a  amené  ici  cet Hébreu  pour  nous  insulter.  Il  est  venu  à moi  dans  le  dessein  de  me  séduire  ;  mais je  me  suis  mise  à  crier,
15.  Et  lorsqu'il  a  entendu  ma  voix,  il m'a  laissé  son  manteau,  que  je  tenais, et  s'est  enfui  dehors.
ptii  propter  Joseph ,  et  multipiicavit  tam in  œdibus  quam  in  agris  cunctam  ejus substantiam  ;
6.  Nec  quidquam  aliud  noverat,  nisi panem  quo  vescebatur.  Erat  autcm  Jo- seph pulchra  facie,  et  decorus  aspectu.
7.  Post  multos  itaque  dies,  injecit  do- mina sua  oculos  suos  in  Joseph,  et  ait  : Dormi  mecum.
8.  Qui  nequaquam  acquiescens  operi nefario,  dixit  ad  eam  :  Ecce  dominus meus,  omnibus  mihi  traditis ,  ignorât quid  habeat  in  domo  sua  ;
9.  Nec  quidquam  est  quod  non  in  mea sit  potestate,  vel  non  tradiderit  milii, prseter  te,  quse  uxor  ejus  es;  quomodo ergo  possum  hoc  malum  facere,  et  pec- care  in  Deum  meum?
10.  Hujuscemodi  verbis  per  singiilos dies  et  mulier  molesta  erat  adolesceiiti , et  ille  recusabat  stuprum.
11.  Accidit  autem  quadam  die,  ut  in- traret  Joseph  domum,  et  operis  quippiam absque  arbitris  faceret  ;
12.  Et  illa,  apprehensa  lacinia  vesti- menti  ejus,  diceret  :  Dormi  mecum.  Qui relicto  in  manu  ejus  pallio  fugit,  et  egres- sus  est  foras.
13.  C unique  vidisset  mulier  vestem in  manibus  suis,  et  se  esse  contem- ptam ,
14.  Vocavit  ad  se  homines  domus SU8B ,  et  ait  ad  eos  :  En  introduxit  virum hebrseum ,  ut  illuderet  nobis  ;  ingressus est  ad  me,  ut  coiret  mecum  ;  cumque  ego succlamassem ,
15.  Et  audisset  vocem  meam,  reliquit pallium  quod  tenebam,  et  fugit  foras.
jordome.  Ces  fonctionnaires  sont  souvent  repré- sentés sur  les  fresques  et  les  bas  -  reliefs ,  où  on les  voit  surveiller  et  noter  soigneusement  tout ce  qui  concernait  la  maison,  le  jardin,  les  ré- coltes. —  Nec  quidquam...  nisi  jjanem.  Char- mant détail.  Putiphar  ne  s'inquiétait  que  de prendre  ses  repas,  quand  l'heure  en  était  venue.
2»  La  chasteté  de  Joseph,  vers.  61" -20.
Il  existe  une  coïncidence  remarquable  entre  cet épisoc'e  et  le  roman  égyptien  «  les  Deux  frères  ». Voy.  Yigouroux,  l.  c,  pp.  43  et  ss.
6^.  Introduction  et  transition.  La  même  for- mule avait  été  employée  pour  Rachel,  la  mère de  Joseph.  Cf.  xxix,  17  et  l'explication.
7-9.  Iiijcc'd   domina.   Hérodote,   Diodore  de
Sicile  et  les  monuments  antiques  signalent  la grande  corruption  des  Égyptiennes.  —  Ecce  do- minus.... Magnifique  réponse  de  Joseph.  Il  ne saurait  offenser  ni  son  maîti'e  ni  son  Dieu.
10-12.  Nouvelles  victoires  du  chaste  jeune homme.  La  scène  des  vers.  11-12  est  dramatique. —  Lacinia  vestimenti  et  pallio  sont  représen- tés dans  l'hébreu  par  une  seule  et  même  expres- sion, qui  désigne  ici  le  manteau  flottant  des  Orien- taux (béged).
13-18.  La  vengeance.  —  Cum  vidisset  vestem. Cet  objet  matériel  rappelle  la  misérable ,  un  ins- tant troublée  par  la  brusque  fuite  de  Joseph,  à la  vraie  situation  (se...  contemptam ) ,  et  il  lui suggère  un  facile  moyeu  de  venger  sa  honte.
150
Gen.  XXXIX,  16  —  XL,  2.
16.  In  argumentnm  ergo  fidei  reten- tum  pallium  ostendit  marito  revertenti domum ,
17.  Et  ait  :  Ingressus  est  ad  me  ser- vus  hebraeus,  quem  adduxisti  ut  illude- ret  mihi  ;
18.  Cumqiie  audisset  me  clamare, reliquit  pallium  quod  tenebam,  et  fugit foras.
19.  ïïis  auditis  dominus,  et  nimium credulus  verbis  conjugis ,  iratus  est valde  ;
20.  Tradiditque  Joseph  in  carcerem, ubi  vincti  régis  custodiebantur.  Et  erat ibi  clausus.
21.  Fuit  autem  Dominus  cum  Joseph, et  misertus  illius  dédit  ei  gratiam  in conspectu  princij)is  carceris  ;
22.  Qui  tradidit  in  manu  illius  univer- sos  vinctos  qui  in  custodia  tenebantur  ;  et quidquid  fiebat,  sub  ipso  erat.
23.  Nec  noverat  aliquid,  cunctis  ei creditis;  Dominus  enim  erat  cum  illo,  et omuia  opéra  ejus  dirigebat.
16.  Lorsque  son  mari  fut  de  retour  à la  maison,  elle  lui  montra  ce  manteau, qu'elle  avait  retenu  comme  une  preuve de  sa  fidéhté,
17.  Et  lui  dit  :  Cet  esclave  hébreu que  vous  nous  avez  amené  est  venu  pour me  faire  violence  ;
18.  Et  m'ayant  entendu  crier,  il  m'a laissé  son  manteau,  que  je  tenais,  et s'est  enfui  dehors.
19.  Le  maître,  trop  crédule  aux  accu- sations de  sa  femme,  entra,  à  ces  pa- roles, dans  une  grande  colère,
20.  Et  il  fit  mettre  Joseph  dans  la prison  oii  l'on  gardait  ceux  que  le  roi faisait  arrêter.  Il  était  donc  renfermé en  ce  liea-là.
21.  Mais  le  Seigneur  fut  avec  Joseph; il  en  eut  compassion ,  et  il  lui  fit  trouver grâce  devant  le  gouverneur  de  la  pri- son,
22.  Qui  lui  remit  le  soin  de  tous  ceux qui  y  étaient  enfermés.  Il  ne  se  faisait rien  que  par  son  ordre.
23.  Et  le  gouverneur,  lui  ayant  tout confié,  ne  prenait  connaissance  de  quoi que  ce  soit,  parce  que  le  Seigneur  était avec  Joseph  et  qu'il  le  faisait  réussir  en. toutes  choses.
CHAPITRE  XL
1.  His  ita  gestis,  accidit  ut  peccarent duo  eunuchi ,  pincerna  régis  iEgypti ,  et pistor,  domino  suo.
2.  Iratusque  contra  eos  Pharao  (nam alter  pincernis  praeerat,  alter  pistoribus),
1.  Il  arriva  ensuite  que  deux  eunuques du  roi  d'Egypte,  son  grand  échanson  et son  grand  panetier,  offensèrent  leur maître.
2.  Et  le  Pharaon  étant  irrité  contre ces  deux  officiers,  dont  l'un  commandait à  ses  échansons  et  l'autre  à  ses  pane- tiers  ,
Beau  détail  psychologique.  Entre  le  premier  conte, narré  aux  gens  de  sa  maison,  14-15,  et  le  se- cond, 16-18,  résumé  pour  Putiphar,  il  existe  de légères  variations ,  adaptées  aux  circonstances.
19-20.  L'innocent  puni,  —  In  carcerem.  Le mot  hébreu ,  employé  seulement  dans  ce  passage et  au  chap.  xl,  désigne  une  tour,  ou  une  con- struction de  forme  l'onde ,  servant  de  prison.  — Vincti  régis:  nous  dirions  aujourd'hui,  les  pri- sonniers d'État.  —  Ibi  clausus.  Le  Ps.  civ,  17-18, mentionne  plusieurs  circonstances  douloureuses de  cet  emprisonnement;  et  pourtant  il  y  a  lieu de  s'étonner  que  Joseph  n'ait  pas  été  mis  à  mort sur-le-champ  par  son  maître.  Peut-être  Putiphar doutait-il  de  la  véracité  de  l'accusation.
§  lY.  —  Joseph  en  prison.  XXXIX,  21  —  XL,  23.
1°  Joseph  gagne  les  faveurs  du  gouverneur  de la  prison.  XXXIX,  21-23.
21-23.  Fuit  Dominus.  Sans  appui  lu  côté  des hommes,  Joseph  n'est  pas  abandonné  de  Dieu, et  grâce  à,  lui,  il  acquiert  bientôt,  même  dans  ce triste  séjour,  une  situation  relativement  hono- rable. Remarquez  les  répétitions  solennelles  du récit.
2°  Joseph  interprète  les  songes  de  deux  offi- ciers du  Pharaon.  XL,  1-23.
Incident  providentiel,  qui  conduira  plus  tard le  jeune  prisonnier  aux  plus  hautes  dignités.
Chap.  XL.  —  1  -  4.  Les  préliminaires  de  l'inci-
Gen.  XL,  3-13.
151
3.  Les  fit  mettre  dans  la  prison  du  gé- néral de  ses  troupes,  où  Joseph  était prisonnier.
4.  Le  gouverneur  de  la  prison  les  re- mit entre  les  mains  de  Joseph,  qui  les servait  et  avait  soin  d'eux.  Quelque temps  s'étant  passé,  pendant  lequel  ils demeuraient  toujours  prisonniers,
5.  Ils  eurent  tous  deux ,  eu  une  même nuit ,  un  songe  qui  pouvait  recevoir  une interprétation  distincte.
6.  Joseph  entra  le  matin  auprès  d'eux, et  les  ayant  vus  tristes,
7.  Il  leur  en  demanda  le  sujet,  et  leur dit  :  D'où  vient  que  vous  avez  le  visage plus  abattu  aujourd'hui  qu'à  l'ordinaire?
8.  Ils  lui  répondirent  :  Nous  avons  eu un  songe ,  et  nous  n'avons  personne  pour nous  l'expliquer.  Joseph  leur  dit  :  N'est-ce pas  à  Dieu  qu'appartient  l'interprétation des  songes  ?  Dites  -  moi  ce  que  a^ous  avez vu.
9.  Le  grand  échanson  lui  rapporta  le premier  son  songe  en  ces  termes  :  Je voyais  devant  moi  un  cep  de  vigne ,
10.  Sur  lequel  il  y  avait  trois  sarments qui  poussaient  peu  à  peu,  d'abord  des boutons,  ensuite  des  fleurs,  et  à  la  fin des  raisins  mûrs  ;
11.  Et  ayant  dans  la  main  la  coupe du  Pharaon,  j'ai  pris  ces  grappes  de  rai- sins, je  les  ai  pressées  dans  la  coupe  que je  tenais,  et  j'en  ai  donné  à  boire  au roi.
12.  Joseph  lui  dit  :  Voici  l'interpréta- tion de  votre  songe  :  Les  trois  sarments de  la  vigne  marquent  trois  jours,
13.  Après  lesquels  le  Pharaon  se  sou- viendra de  vos  services  :  il  vous  rétablira
3.  Misit  eos  in  carcerem  principis  mi- litum,  iu  quo  erat  vinctus  et  Joseph.
4.  At  custos  carceris  tradidit  eos  Jo- seph, qui  et  ministrabat  eis.  Aliquantu- lum  temporis  fluxerat,  et  illi  in  custodia tenebantur,
5.  Videruntque  ambo  somnium  nocte una,  juxta  interpretationem  congruam sibi  ;
6.  Ad  quos  cum  introisset  Joseph mane,  et  vidisset  eos  tristes,
7.  Sciscitatus  est  eos  dicens  :  Cur  tri- stior  est  hodie  solito  faciès  vestra?
8.  Qui  responderunt  :  Somnium  vidi- mus,  et  non  est  qui  interpretetur  nobis. Dixitque  ad  eos  Joseph  :  Numquid  non Dei  est  interpretatio?  Eeferte  mihi  quid videritis.
9.  Narravit  prior  prsepositus  pincerna- rum,  somnium  suum  :  Videbam  coram me  vitem,
10.  In  qua  erant  très  propagines,  cre- scere  pauîatim  in  gemmas,  et  post  flores uvas  maturescere;
11.  Calicemque  Pharaonis  in  manu mea  :  tuli  ergo  uvas,  et  expressi  in  cali- cem  quem  tenebam,  et  tradidi  poculum Pharaoni.
12.  Respondit  Joseph  :  Hsec  est  inter- pretatio somnii  :  Très  propagines,  très adhuc  dies  sunt,
13.  Post  quos  recordabitur  Pharao ministerii  tui,  et  restituet  te  in  gradum
dent.  —  Peccarent.  Souvent  il  faut  peu  de  chose pour  déplaire  aux  despotes  de  l'Orient.  —  Pin- cerna ,  pistor.  Deux  fonctions  très  hautes  et  très enviées  à  la  cour  égyptienne  ;  les  monuments  les signalent  nommément.  —  Joseph...  ministrabat eis.  Même  dans  leur  disgrâce,  le  gouverneur  de  la prison  a  pour  eux  cette  attention.
5-8.  Introduction  directe  à  l'épisode,  —  Juxta interpretationem..,  C.-à-d.  que  le  songe  de  cha- cun avait  sa  signification  propre  et  providentielle. —  Tristes.  Le  motif  est  indiqué  plus  bas  :  Non est  qui  interpretetur.  Les  deux  officiers  avaient été  vivement  frappés  de  ces  songes,  dans  lesquels ils  croyaient  voir  des  pronostics  de  l'avenir  ; mais ,  privés  de  liberté ,  ils  ne  pouvaient  consul- ter les  devins.  Sur  l'extrême  importance  que  les Égyptiens  attachaient  aux  songes,  voy.  Vigou- reux, la  Bible  et  les  découvertes  mod.,  IT,  61 et  ss.  —  Numquid  non  Dei...?  Encore  un  bel  acte de  foi  de  Joseph.  —  Referte.  Une  voix  intérieure
lui  disait  qu'il  allait  lui-même  servir  d'organe  au Seigneur  pour  l'interprétation  désirée.
9-11.  Le  songe  du  grand  échanson.  Tous  les détails  des  deux  songes  sont  empruntés  aux  fonc- tions que  remplissaient  antérieurement  les  pri- sonniers ;  rien  de  plus  naturel.  —  Vitem.  L'exis- tence des  vignes  dans  l'antique  Egypte  est  certi- fiée par  les  monuments,  qui  nous  font  assister  à des  scènes  intéressantes  de  vendanges,  de  fabri- cation du  vin,  etc.  Voy.  VAtl.  archéol.  de  la Bible,  pi.  xxxvi  et  xxxvii.  —  Tuli...  uvas  et expressi.  Ce  trait  aussi  a  sa  réalisation  littérale sur  les  fresques  et  bas -reliefs  antiques.  —  Tra- didi poculum.  C'était  un  heureux  augure  ;  le Pharaon  acceptait  ainsi  de  nouveau  les  services de  l'échanson.
12-14.  Interprétation  du  songe  du  grand  échan- son. —  Au  vers.  13,  au  lieu  de  recordabitur... ministerii  tui,  on  lit  dans  l'hébr.  :  «  le  Pharaon élèvera  ta  tête.  »
8
152
Gen.  XL,  14-22.
pristinum  ;  dabisque  ei  calicem  juxta  offi- cium  tuum,  sicut  ante  facere  consueve- ras.
14.  Tantum  mémento  raei,  cum  bene tibi  fuerit,  et  facias  mecum  misericor- diam,  ut  suggéras  Pharaoni  ut  educat me  de  isto  carcere;
15.  Quia  furto  sublatus  sum  de  terra Hebrseorum,  et  hic  innocens  in  lacum missus  sum.
16.  Videns  pistorum  magister  quod prudenter  somnium  dissolvisset ,  ait  :  Et ego  vidi  somnium,  quod  tria  canistra faringe  haberem  super  caput  meum;
17.  Et  in  uno  canistroquod  erat  excel- sius,  portare  me  omnes  cibos  qui  fiunt arte  pistoria,  avesque  comedere  ex  eo.
18.  Respondit  Joseph  :  Hœc  est  inter- pretatio  somnii  :  Tria  canistra,  très  ad- huc  dies  sunt,
19.  Post  quos  auferet  Pharao  caput tuum,  ac  suspendet  te  in  cruce,  et  lace- rabunt  volucres  carnes  tuas.
20.  Exinde  dies  tertius  natalitius  Pha- raonis  erat  ;  qui  faciens  grande  convi- vium  pueris  suis ,  recordatus  est  in  ter epulas  magistri  pincernarum,  et  pisto- ruto  principis  ;
21.  Restituitque  alterum  in  locum suum,  ut  porrigeret  ei  poculura,
22.  Alterum  suspendit  in  patibulo,  ut conjectoris  veritas  probaretur.
dans  votre  première  charge,  et  vous  lui présenterez  à  boire  selon  que  vous  aviez coutume  de  le  faire  auparavant,  d'après vos  fonctions.
14.  Seulement  souvenez -vous  de  moi quand  ce  bonheur  vous  sera  arrivé,  et rendez -moi  le  bon  office  de  supplier  le Pharaon  qu'il  daigne  me  tirer  de  la  pri- son où  je  suis  ;
15.  Parce  que  j'ai  été  enlevé  par fraude  et  par  violence  du  pays  des  Hé- breux, et  que  l'on  m'a  renfermé  malgré mon  innocence.
16.  Le  grand  panetier,  voyant  qu'il avait  interprété  ce  songe  si  sagement, lui  dit  :  J'ai  eu  aussi  un  songe.  Je  por- tais sur  ma  tête  trois  corbeilles  de  fa- rine ,
17.  Et  dans  celle  qui  était  au-dessus des  autres,  il  y  avait  de  tous  les  mets que  peut  apprêter  l'art  du  pâtissier,  et les  oiseaux  en  venaient  manger.
18.  Joseph  lui  répondit  :  Voici  l'inter- prétation de  votre  songe.  Les  trois  cor- beilles signifient  qu'il  se  passera  encore trois  jours,
19.  Après  lesquels  le  Pharaon  vous fera  couper  la  tête,  et  vous  fera  ensuite attacher  à  un  gibet,  où  les  oiseaux  dé- chireront votre  chair.
20.  Le  troisième  jour  suivant  étant celui  de  la  naissance  du  Pharaon,  il  fit un  grand  festin  à  ses  serviteurs,  pendant lequel  il  se  souvint  du  grand  échanson et  du  grand  panetier.
21.  Il  rétablit  l'un  dans  sa  charge, afin  qu'il  continuât  de  lui  présenter  la coupe ,
22.  Et  il  fit  attacher  l'autre  à  un  gibet, ce  qui  vérifia  l'interprétation  que  Joseph avait  donnée  à  leurs  songes.
14-15.  A  ses  explications  Joseph  joint  une humble  et  touchante  prière, en  vue  d'obtenir,  par l'Intermédiaire  de  l'officier  gracié,  sa  propre  li- berté.
16-17.  Le  songe  du  grand  panetier. —  Videns... quod  prudenter...  La  sûre  et  prompte  décision du  jeune  homme  était  un  encouragement  pour  le second  dignitaire.—  Canistra  /arinœ.  De  même les  LXX,  le  syr.,  Aquila,  Onk.,  etc.  C'est  un  com- mentaire d'ailleurs  excellent.  L'hébr.  n'a  que  ces mots  :  «  trois  paniers  blancs.  »  Les  musées  euro- péens ont  de  nombreux  échantillons  de  ces  cor- beilles, faites  d'osier  ou  de  jonc.  —  Super  caput. Les  Égyptiens  portaient,  en  effet,  les  fardeaux sur  la  tête.  Voy.  dans  VAtl.  archéoL,  pi.  xlii, flg.  14,  une  gravure  qui  représente  précisément un  panetier  dans  la  situation  ici  décrite.  —  Arte pistoria.  On  excellait,  en  Egypte,  h  fabriquer
toute  sorte  de  pâtisserie  fine.  Voyez  encore  V Atlas archéol.,  pi.  xlii,  fig.  8-16.  —  Aves  comedere. Funeste  pronostic  :  il  ne  pouvait,  lui,  accomplir ses  fonctions  jusqu'au  bout.
18-19.  Interprétation  du  second  songe.  —  Au- feret... caput.  Dans  l'hébr.,  ne  us  lisons  la  même expression  qu'au  vers.  13  :  «  Le  Pharaon  élèvera ta  tête  ;  »  mais  avec  l'addition  significative  :  «  do dessus  toi.  »  Jeu  de  mots  que  nous  pouvons rendre  en  français  par  les  verbes  «  élever  »  et «  enlever  ».
20  -  23.  Accomplissement  intégral  des  deux songes.  —  Natalitius  :  anniversaire  fêté  à  toutes les  époques  et  dans  tous  les  pays;  et  une  partie considérable  de  la  solennité  consistait  déjà  en  un grande  convivium.  —  Recordatus  est.  Toujours aussi ,  les  princes  ont  aimé  à  rattacher  à  leurs  an- niversaires la  concession  de  grâces  et  de  privilèges.
Gen.  XL,  23  —  XLI,  8.
153
23.  Cependant  le  grand  échanson,  se voyant  rentré  en  faveur  après  sa  dis- grâce, ne  se  souvint  plus  de  son  inter- prète.
23.  Et  tamen  succedentibus  prosperis, prœpositus  pincernarum  oblitus  est  inter- pretis  sui.
CHAPITRE  XLI
1.  Deux  ans  après,  le  Pharaon  eut  un songe.  Il  lui  semblait  qu'il  était  sur  le bord  du  fleuve,
2.  D'où  sortaient  sept  vaches  fort belles  et  extrêmement  grasses,  qui  pais- saient dans  les  marécages  ;
3.  Qu'ensuite  il  en  sortit  sept  autres toutes  défigurées  et  extraordinairement maigres,  qui  paissaient  sur  le  bord  du même  fleuve,  en  des  lieux  pleins  d'herbes  ;
4.  Et  que  celles-ci  dévorèrent  les  pre- mières, qui  étaient  si  grasses  et  si  belles. Le  Pharaon,  s'étant  éveillé,
5.  Se  rendormit,  et  il  eut  un  second songe.  Il  vit  sept  épis  pleins  de  grains et  très  beaux,  qui  sortaient  d'une  même tige.
6.  Il  en  vit  aussi  paraître  sept  autres fort  maigres,  qu'un  vent  brûlant  avait desséchés  ;
7.  Et  ceux-ci  dévorèrent  les  premiers, qui  étaient  si  beaux.  Le  Pharaon ,  s'étant éveillé
8.  Le  matin,  fut  saisi  de  frayeur;  et ayant  envoyé  chercher  tous  les  devins et  tous  les  sages  d'Egypte,  il  leur  ra-
1.  Post  duos  annos  vidit  Pharao  som- nium.  Putabat  se  stare  super  fluvium,
2.  De  quo  ascendebant  septem  boves, pulchrae  et  crassse  nimis,  et  pascebantur in  locis  palustribus  ;
3.  Aliae  quoque  septem  emergebant de  flumine,  fœdse  confectseque  macie  ; et  pascebantur  in  ipsa  amnis  ripa,  in locis  virentibus  ;
4.  Dévora veruntque  eas ,  quarum  mira species  et  habitudo  corporum  erat.  Exper- gefactus  Pharao,
0.  Rursum  dormivit,  et  vidit  alterum somnium.  Septem  spicse  pullulabant  in culmo  uno,  plen<3e  atque  formosae.
6.  Alise  quoque  totidem  spicse  tenues et  percussas  uredine  oriebantur,
7.  Dévorantes  omnem  priorum  pul- chritudinem.  Evigilans  Pharao  post  quie- tem,
8.  Et  facto  mane ,  pavore  perterritus , misit  ad  omnes  conjectores  ^Egypti , cunctosque  sapientes,  et  accersitis  nar-
— In  patibulo,  après  la  décapitation. —  Oblitus  est. La  facilité  avec  laquelle  les  gens  heureux  ou- blient l'infortune  d'autrui  est  justement  prover- biale.
§  V.  —  Joseph  élevé  à  la  dignité  de  vice  •  roi d'Égijpte.  XLI,  1-67.
l»  Les  songes  du  Pharaon,  vers.  1-8.
Chap.  XLI.  —  1-4».  Premier  songe  :  les  vaches grasses  et  les  vaches  maigres.  Scène  pastorale. — Post  duos  annos.  Deux  années  bien  longues  pour Joseph  ;  du  moins  Dieu  va  lui  montrer  qu'il  se souvient  de  lui.  —  Pharao.  On  a  fait  de  nombreux calculs  pour  retrouver  le  vrai  nom  de  ce  roi  dans la  liste  des  monarques  égj'ptiens.  D'après  l'opinion traditionnelle ,  qui  est  la  plus  communément  ad- mise, ce  serait  Apophis  ou  Apapi  II,  le  plus  cé- lèbre des  rois  dits  Pasteurs,  ou  Hyksos.  Voyez T.  Lamj',  Comm.  in  Gen.,  II,  299  et  ss.,  et  Vi- gouroux,  la  Bible  et  les  découvertes  mod.,  II, 96  et  ss.  D'autres  interprètes  prennent  le  parti d'Aménémha  III,  de  la  12=  d3'nastie,  le  dernier roi  qui  gouverna  l'Egypte  entière.  —  Super  flu- vium. Le  Nil,  qui  est  le  fleuve  égyptien  par excellence.  Le  texte  primitif  a  y"ôr,  mot  d'ori-
gine égyptienne  {aur,  en  copte  tapo),  signifiant c(  grande  rivière,  canal  ».  —  Septem  boves.  L'a- nimal que  les  Égyptiens  estimaient  par -dessus tous  les  autres.  Pour  eux  la  génisse ,  consacrée  à la  déesse  Isis,  était  un  symbole  de  la  terre,  de sa  culture  et  de  ses  produits.  Cf.  Clém.  Alex., Strom.,  V.  —  In  locis  palustribus.  Hébr.  :  ba'ahu; autre  expression  d'origine  égyptienne,  pour  dési- gner les  joncs  qui  bordent  les  marécages  et  les rivières.
4*»  -  7».  Second  songe  du  Pharaon  :  les  épis  pleins et  les  épis  maigres.  Scène  agricole.  —  Spicee. Autre  symbole  qui  convient  parfaitement  à  l'E- gypte, où  le  blé  a  toujours  été  si  abondant.  — In  culmo  uno.  Ce  trait  prouve  qu'il  s'agissait  du «  tritlcum  compositum  »,  commun  en  Egypte, qui  porte  plusieurs  épis  au  sommet  d'une  seule et  même  tige.  Voy.  VAtl.  d'hist.  nat.  de  la  Bible, pi.  VI,  fig.  3.  —  Uredine.  D'après  rhébr.,le  vent  du sud-est,  qui  souffle  du  désert  d'Arabie.  Il  est  brû- lant et  consume  proraptement  toute  végétation.
7»» -8.  Crainte  et  embarras  du  Pharaon.  —  Evi- gilans...  Hébr.  :  Et  le  Pharaon  s'éveilla  ;  et  voici, c'était  un  songe.  La  double  scène  avait  tellement frappé  l'imagination  du  roi,  qu'au  premier  1ns-
154
Gen.  XLI,  9-21.
ravit  somnium  ;  nec  erat  qui  interpreta- retur.
9.  Tune  demum  reminiscens  pincer- narum  magister,  ait  :  Confiteor  peccatum meum.
10.  Iratus  rex  servis  suis,  me  et  ma- gistrum  pistorum  retrudi  jussit  in  carce- rem  principis  militum,
11.  Ubi  una  nocte  uterque  vidimus somnium  prsesagum  futurorum.
12.  Erat  ibi  puer  hebrseus,  ejusdem ducis  militum  famulus;  oui  narrantes somnia ,
13.  Audivimus  quidquid  postea  rei probavit  eventus  ;  ego  enim  redditus sum  officio  meo,  et  ille  suspensus  est  in cruce.
14.  Protinus  ad  régis  imperium  edu- ctum  de  carcere  Joseph  totonderunt,  ac veste  mutata,  obtulerunt  ei.
15.  Cui  ille  ait  :  Vidi  somnia,  nec  est qui  edisserat  ;  quee  audivi  te  sapientis- sime  conjicere.
16.  Respondit  Joseph  :  Absque  me Deus  respondebit  prospéra  Pharaoni.
17.  Narravit  ergo  Pharao  quod  viderai  : Putabam  me  stare  super  ripam  fluminis,
18.  Et  septem  boves  de  amne  conscen- dere,  pulchras  nimis,  et  obesis  carnibus, quae  in  pastu  paludis  virecta  carpebant.
19.  Et  ecce,  has  sequebantur  alise  se- ptem boves,  in  tantum  déformes  et  maci- lentfe  ut  nunquam  taies  in  terra  ^gypti viderim  ;
20.  Quae,  devoratis  et  consumptis  prio- ribus ,
21.  Nullum  satiiritatis   dedere  vesti-
conta  son  songe,  sans  qu'il  s'en  trouvât un  seul  qui  pût  l'interpréter.
9.  Le  grand  échanson,  s'étant  enfin souvenu  de  Joseph ,  dit  au  roi  :  Je  con- fesse ma  faute.
10.  Lorsque  le  roi,  irrité  contre  ses serviteurs,  commanda  que  je  fusse  mis avec  le  grand  panetier  dans  la  prison  du général  de  ses  troupes,
11.  Nous  eûmes  tons  deux  en  une même  nuit  un  songe,  qui  nous  prédisait ce  qui  nous  arriva  ensuite.
12.  Il  y  avait  alors  en  cette  prison  un jeune  Hébreu,  serviteur  du  m.ême  géné- ral de  l'armée  ;  nous  lui  avons  raconté chacun  notre  songe,
13.  Et  il  nous  dit  tout  ce  que  l'événe- ment confirma  depuis  ;  car  je  fus  rétabli dans  ma  charge,  et  le  grand  panetier fut  pendu  à  un  gibet.
14.  Aussitôt  Joseph  fut  tiré  de  la prison  par  ordre  du  roi  ;  on  le  rasa ,  on lui  fit  changer  de  vêtements  et  on  le présenta  au  prince.
15.  Le  Pharaon  lui  dit  :  J'ai  eu  des songes  ;  je  ne  trouve  personne  qui  les interprète,  et  l'on  m'a  dit  que  vous  aviez une  grande  sagesse  pour  les  expliquer.
16.  Joseph  lui  répondit  :  Ce  sera  Dieu, et  non  pas  moi ,  qui  rendra  au  Pharaon une  réponse  favorable.
17.  Le  Pharaon  lui  raconta  donc  ce qu'il  avait  vu.  Il  me  semblait,  dit-il,  que j'étais  sur  le  bord  du  fleuve,
18.  D'où,  sortaient  sept  vaches  fort belles  et  extrêmement  grasses,  qui  pais- saient l'herbe  dans  des  marécages  ;
19.  Et  qu'ensuite  il  en  sortit  sept autres,  si  défigurées  et  si  prodigieuse- ment maigres,  que  je  n'en  ai  jamais  vu de  telles  en  Egypte.
20.  Ces  dernières  dévorèrent  et  con- sommèrent les  premières,
21.  Sans  qu'elles  parussent  en  aucune
tant  elle  lui  semblait  réelle.  Néanmoins  ce  songe le  troubla ,  et  il  voulut  aussitôt  en  ayoir  l'inter- prétation. —  Conjectures.  Probablement  les  scribes sacrés  ou  tepoYpx[j.fj.aT£Îç,dont  la  fonction  prin- cipale consistait  à  écrire  ou  à  lire  les  hiéroglyphes. La  science,  comme  la  religion,  était  alors  entre  les mains  de  la  caste  sacerdotale.  —  Sapientes  est une  expression  plus  générale.
2°  Joseph  interprète  les  songes  du  Pharaon,  9-36.
9-13.  Au  milieu  de  l'embarras  universel,  le grand  échanson  se  souvient  tout  à  coup  de  Joseph, qu'il  fait  connaître  au  roi,  non  sans  un  mot  d'ex- cuse :  Confileor...
14-16.  Josejth  en  présence  du  roi  d'Égyiite. — Totonderunt,  Dans  le  texte  :  11  se  rasa.  Les  Hé-
breux portaient  toute  leur  barbe  ;  les  Egyptiens, au  contraire,  étaient  complètement  rasés,  si  Cô n'est  lorsqu'ils  portaient  le  deuil  de  leurs  proches parents.  Joseph  dut  s'adapter  aux  coutumes  du ]iays  avant  d'être  présenté  au  Pharaon.  —  Au vers.  15,  un  mot  encourageant  du  prince;  au vers.  16,  tm  compliment  délicat  de  Joseph,  mais compliment  qui  retombe  tout  d'abord  sur  Dieu. 17-24.  Le  Pharaon  raconte  ses  songes  k  Joseph (18-21'*,  le  premier  songe;  21»^ -24,  le  second). H  ajoute  quelques  détails  à  ceux  du  narrateur (2-7),  notant,  par  exemple,  ses  impressions  per- sonnelles (19,  ut  nunquam  taies...;  21,  sed  si- mili rnacie.,.,  etc.).  Son  récit  est  en  outre  un  peu plus  orné.
Gen.  XLI,  22-33.
155
sorte  en  être  rassasiées  ;  mais  elles  de- meurèrent aussi  maigres  et  aussi  affreuses qu'elles  étaient  auparavant.  M'étant  éveil- lé, je  me  rendormis,
22.  Et  j'eus  un  second  songe.  Je  vis sept  épis  pleins  de  grains  et  très  beaux qui  sortaient  d'une  même  tige.
23.  Il  en  parut  en  même  temps  sept autres  fort  maigres,  qu'un  vent  brûlant avait  desséchés.
24.  Et  ces  derniers  dévorèrent  les  pre- miers, qui  étaient  si  beaux.  J'ai  dit  mon songe  à  tous  les  devins,  et  je  n'en trouve  point  qui  me  l'explique.
25.  Joseph  répondit  :  Les  deux  songes du  roi  signifient  la  même  chose  :  Dieu a  montré  au  Pharaon  ce  qu'il  fera  dans la  suite.
26.  Les  sept  vaches  si  belles  et  les sept  épis  si  pleins  de  grains,  que  le  roi a  vus  en  songe,  marquent  la  même chose,  et  signifient  sept  années  d'abon- dance.
27.  Les  sept  vaches  maigres  et  dé- faites, qui  sont  sorties  du  fleuve  après les  premières,  et  les  sept  épis  maigres et  frappés  d'un  vent  brûlant,  marquent sept  autres  années  d'une  famine  qui  doit arriver.
28.  Et  cela  s'accomplira  de  cette  sorte:
29.  Il  viendra  d'abord,  dans  toute l'Egypte ,  sept  années  d'une  fertilité extraordinaire ,
30.  Qui  seront  suivies  de  sept  autres d'une  si  grande  stérilité,  qu'elle  fera oublier  toute  l'abondance  qui  l'aura  pré- cédée :  car  la  famine  consumera  toute la  terre  ;
31.  Et  cette  fertilité  si  extraordinaire sera  comme  absorbée  par  l'extrême  indi- gence qui  la  suivra.
32.  Quant  au  second  songe  que  vous avez  eu,  et  qui  signifie  la  même  chose, c'est  une  marque  que  cette  parole  de Dieu  sera  ferme,  qu'elle  s'accomplira infailliblement  et  bientôt.
33.  Il  est  donc  de  la  prudence  du  roi de  choisir  un  homme  sage  et  habile,  à qui  il  donne  le  commandement  sur  toute l'Egypte;
gium  ;  sed  simili  macie  et  squalore  tor- pebant.  Evigilans,  rursus  sopore  depres-
sus,
22.  Vidi  somnium.  Septem  spicse  pul- lulabant  in  culmo  uno  plenœ  atque  pul- cherrimœ.
23.  Aliae  quoque  septem  tenues  et  per- çusse uredine ,  oriebantur  e  stipula  ;
24.  Quse  priorum  pulchritudinem  de- voraverunt.  Narravi  conjectoribus  som- nium ,  et  nemo  est  qui  edisserat.
25.  Respondit  Joseph  :  Somnium  régis unum  est  :  quœ  facturas  est  Deus,  osten- dit  Pharaoni.
26.  Septem  boves  pulchrse,  et  septem spicse  plense,  septem  ubertatis  anni  sunt  ; eamdemque  vim  somnii  comprehendunt.
27.  Septem  quoque  boves  tenues  atque macilentœ ,  quse  ascenderunt  post  eas, et  septem  spicse  tenues,  et  vento  urente percussae,  septem  anni  venturse  sunt f  amis ,
28.  Qui  hoc  ordine  complebuntur  :
29.  Ecce  septem  anni  venient  fertili- tatis  magnas  in  universa  terra  ^gypti,
30.  Quos  sequentur  septem  anni  alii tantae  sterilitatis ,  ut  oblivioni  tradatur cuncta  rétro  abundantia  ;  consumptura est  enim  famés  omnem  terram,
31.  Et  ubertatis  magnitudinem  perdi- tura  est  inopiae  magnitudo.
32.  Quod  autem  vidisti  secundo  ad eamdem  rem  pertinens  somnium,  firmi- tatis  indicium  est,  eo  quod  fiât  sermo Dei,  et  velocius  impleatur.
33.  Nunc  ergo  provideat  rex  virum  sa- pientem  et  industrium,  et  prÊeficiat  eum terras  ^gypti;
25  -  32.  Interprétation  des  songes.  —  Somnium unum.  Les  deux  visions  n'en  faisant  qu'une  seule en  réalité,  Joseph  les  réunit  dans  son  explica- tion ,  si  claire  et  si  sûre ,  qui  rend  tout  commen- taire superllu.  Aux  vers.  26-27,  la  chose  signifiée est  juxtiiposée  ù  la  figure;  puis,  28-31,  elle  Gst répétée  sans  aucune  inmge. —  Quod  autem...  se- cundo. Pourquoi  deux  songes  successifs,  puisqu'ils
retombaient  l'un  dans  l'autre  ?  Pour  marquer  la certitude  et  la  proximité  des  événements  pré- dits.
33-36.  Nu7ic  ergo.  Voulant  accomplir  jusqu'au bout  sa  mission,  Joseph  signale  les  mesures  ù prendre  afin  de  paralyser  d'avance  les  terribles effets  de  la  future  disette  :  un  habile  et  énergique vice  -  roi  ;  sous  ses  ordres ,  des  ofîicicrs  spéciaux  ;
156
Gen.  XLI,  34-44.
34.  Qui  constituât  prsepositos  per  cun- ctas  regiones,  et  quintam  partem  fru- ctuum  per  septem  annos  fertilitatis,
35.  Qui  jam  nunc  futuri  sunt,  con- greget  in  horrea;  et  omne  frumentum sub  Pharaonis  potestate  condatur,  serve- turque  in  urbibus  ;
36.  Et  prœparetur  f  uturse  septem  anno- rura  fami,  quse  oppressura  est  ^gyptum, et  non  consumetur  terra  inopia.
37.  Placuit  Pharaoni  consilium  et  cun- ctis  ministris  ejus  ;
38.  Locutusque  est  ad  eos  :  Num  inve- nire  poterimus  talem  virum,  qui  spiritu Dei  plenus  sit?
39.  Dixit  ergo  ad  Joseph  :  Quia  osten- dit  tibi  Deus  omnia  qusc  locutus  es ,  num- quid  sapientiorem  et  consimilem  tui  inve- nir e  potero?
40.  Tu  eris  super  domum  meam ,  et ad  tui  oris  imperium  cunctus  populus obediet  ;  uno  tantum  regni  solio  te  prse- cedam.
41.  Dixitque  rursus  Pharao  ad  Joseph  : Ecce,  constitui  te  super  universam  terram x^gypti.
42.  Tulitque  annulum  de  manu  sua,  et dédit  eum  in  manu  ejus  ;  vestivitque  eum stola  byssina,  et  collo  torquem  auream circumposuit,
43.  Fecitque  eum  ascendere  super  cur- riim  suum  secundum,  clamante  prsecone, ut  omnes  coram  eo  genu  flecterent,  et prœpositum  esse  scirent  universse  terrée iEgypti.
44.  Dixit  quoque  rex  ad  Joseph  :  Ego sum  Pharao  ;  absque  tuo  imperio  non movebit  quisquam  manum  aut  pedem  in omni  terra  ^^ïlgypti.
34.  Afin  qu'il  établisse  des  officiers dans  toutes  les  provinces,  et  que,  pen- dant les  sept  années  de  fertilité  qui vont  venir,  ils  amassent  dans  les  greniers publics  la  cinquième  partie  des  fruits  de la  terre,
35.  De  sorte  que  tout  le  blé  se  serre et  se  garde  dans  les  villes,  sous  l'auto- rité du  roi  ;
36.  Et  qu'ainsi  il  soit  réservé  pour  les sept  années  de  la  famine,  qui  doit  acca- bler l'Egypte,  et  que  ce  pays  ne  soit  pas consumé  par,  la  faim.
37.  Ce  conseil  plut  au  Pharaon  et  ù tous  ses  ministres  ;
38.  Et  il  leur  dit  :  Où  pourrions-nous trouver  un  homme  comme  celui-ci,  qui fût  aussi  rempli  de  l'esprit  de  Dieu  ?
39.  Il  dit  donc  à  Joseph  :  Puisque Dieu  vous  a  fait  voir  tout  ce  que  vous nous  avez  dit,  où  pourrai -je  trouver quelqu'un  plus  sage  que  vous,  ou  même semblable  à  vous  ?
40.  C'est  vous  qui  aurez  l'autorité  sur ma  maison.  Quand  vous  ouvrirez  la bouche  pour  commander,  tout  le  peuple vous  obéira,  et  je  n'aurai  au-dessus  de vous  que  le  trône  et  la  qualité  de  roi.
41.  Le  Pharaon  dit  encore  à  Joseph  : Je  vous  établis  aujourd'hui  pour  com- mander à  toute  l'Egypte.
42.  En  même  temps  il  ôta  son  anneau de  sa  main  et  le  mit  en  celle  de  Joseph; il  le  fit  revêtir  d'une  robe  de  fin  lin,  et lui  mit  au  cou  un  collier  d'or.
43.  Il  le  fit  ensuite  monter  sur  l'un  de ses  chars,  qui  était  le  second  après  le sien,  et  fit  crier  par  un  héraut  que  tout le  monde  fléchît  le  genou  devant  lui,  et que  tous  reconnussent  qu'il  avait  été établi  pour  commander  à  toute  l'Egypte.
44.  Le  roi  dit  encore  à  Joseph  :  Je suis  le  Pharaon  ;  nul  ne  remuera  ni  le pied  ni  la  main  dans  toute  l'Egypte  que par  votre  commandement.
xin  impôt  extraordinaire  ;  d'abondantes  provisions accumulées  et  soigneusement  gardées  dans  les greniers  du  roi.  Ces  greniers  d'Egypte  existaient à  l'état  habituel;  ils  sont  souvent  représentés sur  les  fresques  des  tombeaux.  Voy.  VAtl.  arch. de  la  Bible,  pi.  xxxv,  fig.  6,  9,  10.
30  Joseph  est  institué  vice-roi  d'Egypte ,  37-46.
37-40.  L'effet  produit  par  les  paroles  du  jeune Interprète.  —  Placuit  :  non  seulement  au  Pharaon, mais  cunctis  ministris,  tant  il  s'était  montré plein  de  sagesse.  —  Num  invenire...?  Le  prince tire  aussitôt  la  conclusion  pratique.  Une  élévation si  soudaine  n'a  rien  que  de  conforme  aux  cou-
tumes de  l'ancien  Orient.  Cf.  Dan.  n,  48.  Du  reste, les  circonstances  la  justifiaient  pleinement.  —  Ad tui  oris...  La  traduction  littérale  de  l'hébreu  se- rait :  Et  tout  mon  peuple  baisera  ta  bouche,  c.-à-d. te  rendra  un  fidèle  hommage.  Cf.  I  Reg.  x,  1.
41-44.  La  cérémonie  d'investiture  a  lieu  sans retard.  —  Annulum  suum  :  son  propre  sceau. C'était  le  signe  principal  de  l'autorité  déléguée, puisque  les  décrets  étaient  marqués  du  sceau royal.  —  Stola  byssina.  lia.  robe  de  fin  lin  était le  vêtement  h.abituel  des  prêtres  égyptiens.  — Torquem  auream.  Voyez  dans  VAtïas  arch.,  pi. Lxxxii,  fig.  6,  une  scène  pittoresque,  où  l'on  voit
i
Gen.  XLI,  45-54.
157
45.  Il  changea  a.ussi  sou  nom,  et  il l'appela,  en  langue  égyptienne,  le  Sau- veur du  monde.  Et  il  lui  fit  épouser  Asé- netli,  fille  de  Putipharé,  prêtre  d'Hélio- polis.  Après  cela  Joseph  alla  visiter l'Egypte
4G.  (Il  avait  trente  ans  lorsqu'il  parut devant  le  Pharaon),  et  il  fit  le  tour  de toutes  les  pro\^nces  d'Egypte.
47.  Les  sept  années  de  fertilité  vin- rent donc  ;  et  le  blé,  aj^ant  été  mis  en gerbes,  fut  serré  ensuite  dans  les  gre- niers de  l'Egypte.
48.  On  mit  aussi  en  réserve  dans toutes  les  villes  cette  grande  abondance de  grains.
49.  Car  il  y  eut  une  si  grande  quan- tité de  froment,  qu'elle  égalait  le  sable de  la  mer  et  qu'elle  ne  pouvait  pas  même se  mesurer.
50.  Avant  que  la  famine  vînt,  Joseph eut  deux  enfants  de  sa  femme  Aséneth, fille  de  Putipharé,  prêtre  d'Héliopolis.
51.  Il  nomma  l'aîné  Manassé,  en  di- sant :  Dieu  m'a  fait  oublier  tous  mes travaux  et  la  maison  de  mon  père.
52.  Il  nomma  le  second  Ephraïm,  en disant  :  Dieu  m'a  fait  croître  dans  la terre  de  ma  pauvreté.
63.  Ces  sept  années  de    la  fertilité d'Egypte  étant  donc  passées, 54.  Les  sept  années  de  stérilité  vin-
45.  Vertitque  nomen  ejus,  et  vocavit eum  lingua  aegyptiaca,  Salvatorem  mundi. Deditque  illi  uxorem  Aseneth,  filiam  Pu- tipharé sacerdotis  Heliopoleos.  Egressus est  itaque  Joseph  ad  terram  iEgypti
46.  (Triginta  autem  annorum  erat quando  stetit  in  conspectu  régis  Pharao- nis) ,  et  circuivit  omnes  regiones  ^gypti.
47.  Venitque  fertilitas  septem  anno- rum ;  et  in  manipules  redactse  segetes congregàtse  sunt  in  horrea  ^gypti.
48.  Omnis  etiam  frugum  abundantia in  singulis  urbibus  condita  est.
49.  Tantaque  fuit,  abundantia  tritici, ut  arenee  maris  cosequaretur,  et  copia mensuram  excederet.
50.  Nati  sunt  autem  Joseph  filii  duo antequam  veniret  famés ,  quos  peperit  ei Aseneth,  filia  Putipharé  sacerdotis  He- liopoleos.
,  51.  Vocavitque  nomen  piimogeniti, Manasses,  dicens  :  Oblivisci  me  f ecit  Deus omnium  laborum  meorum,  et  domus  pa- tris  mei.
52.  Nomen  quoque  secundi  appellavit Ephraim,  dicens  :  Crescere  me  fecit  Deas in  terra  paupertatis  mese.
53.  Igitur  transactis  septem  ubertatis annis,  qui  fuerant  in  ^gypto,
54.  Cœperunt  venire  septem  anni  in-
un  dignitaire  égyptien  receA'ant  également  l'in- vestiture par  le  collier.  —  Fecitqiie  eum  ascen- dere...  L'intronisation  se  termine  par  une  brillante chevauchée  à  travers  la  ville,  afin  de  présenter le  nouvel  élu  à  ses  administrés.  —  Clamante... ut  omnes.  Hébr.  :  Et  l'on  criait  devant  lui  : 'AhreJc;  expression  égyptienne  qui  signifie,  sui- vant les  uns  :  Incline  la  tête  ;  suivant  les  autres  : Réjouis -toi.
45.  Le  changement  de  nom  et  le  mariage  de Joseph.  — Salvatorem  mundi.  En  hébr.  :  Safaat pa'^ncah.  Les  LXX,  qui  ont  ^ovTOixcpavex, semblent  mieux  repi'oduire  la  prononciation  du nom  égj'ptien.  La  traduction  de  la  Vulgate  est adoptée  par  d'assez  nombreux  égyi^tologues  et par  la  plupart  des  commentateurs.  Les  Targums, le  sj'r.,  l'arabe,  etc.,  traduisent  :  Révélateur  des  se- crets ;  d'autres  :  La  nourriture  de  vie.  —  Aseneth (,'Asyiat).  C.-à-d.  :  dévouée  à  Neith,  la  Minerve égj'ptienne.  —  Filiam  Putipharé.  Hébr.  :  Poti fera  ,  nuance  de  Potifar  (xxxvii,  36),  «  qui  ap- partient à  Ra.  »  Ce  nom  convenait  fort  bien  à un  prêtre  d'Héliopolis  (hébr.  :  'On),  ville  qui  était le  grand  centre  d'adoration  du  dieu  soleil.  Elle était  située  au  nord  de  Memphis,  sur  la  rive orientale  du  îvTil.
46.  L'âge  de  Joseph  au  moment  de  son  éléva- tion, et  sa  prise  de  possession  du  pouvoir. —  Tri- ginta annorum.  Son  séjour  en  ÉgjiJte  avait  donc déjà  duré  treize  ans.  Cf.  xxxvii,  2.
4°  Les  années  de  fertilité;  les  deux  fils  de Joseph,  vers.  47-5-2.
47-49.  Belle  description,  rehaussée  par  l'hyper- bole finale  :  ut  arenee  maris...
50-52.  Manasses.  Hébr.  :  M'naséh,  celui  qui fait  oublier.  Motif  de  ce  nom  :.  Ohlivisci  me  fecit (héhr. masanni)...,  avec  la  paronomase  habituelle. —  Domus  patris...  JSTon  par  le  fait  d'un  cœur  in- grat, mais  en  tant  que  ce  souvenir  rappelait  de douloureux  événements.  Joseph  avait  maintenant sa  propre  famille.  —  Ephraim.  Hébr,  :  'Efraïm, au  duel;  c.-à-d.  deux  fois  fertile.  Motif  de  ce second  nom  :  Crescere  me  fecit.  (hébr.  :  hifrani). ■ —  In  terra  paupertatis.  Mieux  :  de  mon  affliction. L'Egypte  avait  été  d'abord  pour  Joseph  ime  con- trée de  rudes  épreuves.
5°  Les  années  de  stérilité,  vers.  53-57.
63-55.  Débuts  de  la  famine.  Deux  degrés  sont marqués  :  1°  la  disette  atteint  tous  les  pays  voi- sins (  in  universo  crie  ) ,  mais  non  l'Egypte ,  où les  provisions  privées  mamtinrent  pendant  quel- que temps  une  certaine  aisance;  2°  ces  provisions
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Gen.  XLI,  55  —  XLII,  6.
opise ,  quos  praedixerat  Joseph  ;  et  in  uni- verso  orbe  famés  prœvaluit,  in  cuncta autem  terra  ^gypti  panis  erat.
55.  Qua  esuriente,  clama  vit  populus ad  Pharaonem,  alimenta  petens.  Quibus ille  respondit  :  Ite  ad  Joseph,  et  quidquid ipse  vobis  dixerit,  facite.
56.  Crescebat  autem  quotidie  famés  in omni  terra  ;  aperuitque  Joseph  uni  versa horrea,  et  vendebat^gyptiis  ;  nam  et  illos oppresserai  famés.
57.  Omnesque  provincise  veniebant  in ^gyptum,  ut  emerent  escas,  et  malum inopiœ  temperarent.
rent  ensuite,  selon  la  prédiction  de  Jo- seph ;  une  grande  famine  survint  dans tout  le  monde,  mais  il  y  avait  du  blé dans  toute  l'Egypte.
55.  Quand  le  peuple  de  ce  pays  fut aussi  pressé  de  la  famine,  il  cria  vers  le Pharaon  et  lui  demanda  de  quoi  vivre. Mais  il  leur  dit  :  Allez  à  Joseph,  et faites  tout  ce  qu'il  vous  dira.
56.  Cependant  la  famine  croissait  tous les  jours  dans  toute  la  terre;  et  Joseph, ouvrant  tous  les  greniers,  vendait  du  blé aux  Égyptiens ,  parce  qu'ils  étaient  tour- mentés eux-mêmes  de  la  famine.
57.  Et  on  venait  de  toutes  les  pro- vinces en  Egypte  pour  acheter  de  quoi vivre,  et  pour  trouver  quelque  soulage- ment dans  la  rigueur  de  cette  famine.
CHAPITRE  XLII
1.  Audiens  autem  Jacob  quod  alimenta venderentur  in  ^gypto ,  dixit  filiis  suis  : Quare  neghgitis?
2.  Audivi  quod  triticum  venundetur in^Egypto;  descendite,  et  emite  nobis necessaria,  ut  possimus  vivere,  et  non consumamur  inopia.
3.  Descendentes  igitur  fratres  Joseph decem,  ut  emerent  frumenta  in  ^gypto,
4.  Benjamin  domi  retento  a  Jacob, qui  dixerat  fratribus  ejus  :  Ne  forte  in itinere  quidquam  patiatur  mali.
5.  Ingressi  sunt  terram  ^gypti  cum aliis  qui  pergebant  ad  emendum.  Erat autem  famés  in  terra  Chanaan.
6.  Et  Joseph  erat  princèps  in  terra ^gypti,  atque  ad  ejus  nutum  frumenta populis  vendebantur.  Cumque  adorassent eum  fratres  sui.
1.  Cependant  Jacob,  ayant  entendu dire  qu'on  vendait  du  blé  en  Eg3^pte,  dit à  ses  enfants  :  Pourquoi  cette  négli- gence ?
2.  J'ai  appris  qu'on  vend  du  blé  en Egypte  ;  allez -y  acheter  ce  qui  nous  est nécessaire,  afin  que  nous  puissions  vivre et  que  nous  ne  mourions  pas  de  faim.
3.  Les  ,dix  frères  de  Joseph  allèrent donc  en  Egypte  pour  y  acheter  du  blé.
4.  Jacob  retint  Benjamin  avec  lui, ayant  dit  à  ses  frères  qu'il  craignait qu'il  ne  lui  arrivât  quelque  accident  en chemin.
5.  Ils  entrèrent  dans  l'Egypte  avec  les autres  qui  y  allaient  pour  y  acheter  du blé;  car  la  famine  était  dans  le  pays  de Chanaan.
6.  Or  Joseph  commandait  dans  toute l'Egypte,  et  le  blé  ne  se  vendait  aux peuples  que  par  son  ordre.  Ses  frères s'étant  prosternés  devant  lui.
épuisées,  l'Egypte  elle-même  commença  à  souf- frir de  la  faim.  —  Ite  ad  Joseph...  La  confiance du  Pharaon  en  son  premier  ministre  n'a  pas  di- minué.
56  -  57.  Le  mal  s'aggrave  ;  mais  le  remède  est là  :  aperuit  horrea.  Et  les  greniers  étaient  ou- verts aux  étrangers  eux  -  mêmes  (omnes  provin- ciœ;  hébr.  :  toute  la  terre).
Section  II.  —  Les  frères  de  Joseph  en  Egypte. XLII,  1  — XLV,  28.
§  I.  —  Le  premier  voyage.  XLII,  1-38. 10  Jacob  envole  ses  fils  en  Egypte,  vers.  1-5. CiiAP.  XLII.  —  1-2.  Quare  negligitis?  Hébr.  :
Pourquoi  vous  regardez  -  vous  mutuellement (comme  des  gens  indécis)?  Le  langage  du  pa- triarche est  pressant  :  Descendite,  emite...  On voit  que  sa  famille  souffrait  de  la  disette.
3-5.  Le  départ  et  l'arrivée.  —  Benjamin...  re- tento. Jacob  avait  reporté  sur  ce  second  fils  de Rachel  une  partie  de  l'affection  qu'il  avait  eue pour  Joseph.  —  Ingressi  sunt  cum,  aliis.  Les caravanes  d'acheteurs  aËBuaient  de  tous  côtés  en Egypte.
2°  Entrevue  de  Joseph  avec  ses  frères,  vers.  6-17.
6-8.  Début  de  l'entrevue.  —  Joseph  erat... Courte  récapitulation,  pour  passer  à  la  scène  qui suit.  —  Ad  ejus  nutum...  Dans  l'hébreu  :  <r  Et
Gen.  XLII,  7-16.
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7.  Il  les  reconnut;  et,  leur  parlant assez  rudement,  comme  à  des  étrangers, il  leur  dit  :  D'où  venez-vous  ?  Ils  lui  ré- pondirent :  Du  pays  de  Chanaan,  pour acheter  ici  de  quoi  vivre.
8.  Et  quoi  qu'il  connût  bien  ses  frères, il  ne  fut  néanmoins  pas  reconnu  d'eux.
9.  Alors ,  se  souvenant  des  songes  qu'il avait  eus  autrefois,  il  leur  dit  :  Vous êtes  des  espions,  et  vous  êtes  venus  ici pour  considérer  les  endroits  les  plus faibles  de  l'Egypte.
10.  Ils  répondirent  :  Seigneur,  cela n'est  pas  ainsi  ;  mais  vos  serviteurs  sont venus  ici  pour  acheter  du  blé.
11.  Nous  sommes  tous  fils  d'un  même homme;  nous  venons  avec  des  pensées de  paix,  et  vos  serviteurs  n'ont  aucun mauvais  dessein.
12.  Il  leur  répondit  :  Non,  cela  n'est pas  ;  mais  vous  êtes  venus  pour  remar- quer ce  qu'il  y  a  de  moins  fortifié  dans l'Egypte.
13.  Ils  lui  dirent  :  Nous  sommes  douze frères,  tous  enfants  d'un  même  homme du  pa^^s  de  Chanaan,  et  vos  serviteurs. Le  dernier  est  avec  notre  père,  et  l'autre n'est  plus.
14.  Voilà,  dit  Joseph,  ce  que  je  disais: Vous  êtes  des  espions.
15.  Je  m'en  vais  éprouver  si  vous  dites la  vérité.  Vive  le  Pharaon  !  vous  ne  sor- tirez point  d'ici  jusqu'à  ce  que  le  dernier de  vos  frères  y  soit  venu.
16.  Envoyez  l'un  de  vous  pour  l'ame- ner; pendant  ce  temps,  vous  demeurerez en  prisoa  jusqu'à  ce  que  j'aie  reconnu  si ce  que  vous  dites  est  vrai  ou  faux  ;  au- trement, vive  le  Pharaon!  vous  êtes  des espions.
7.  Et  agnovisset  eos,  quasi  ad  alienos durius  loquebatur,  interrogans  eos  :  Unde venistis  ?  Qui  responderunt  :  De  terra Chanaan,  ut  emamus  victui  necessaria.
8.  Et  tamen  fratres  ipse  cognoscens, non  est  cognitus  ab  eis.
9.  Recordatusque  somniorum ,  quse aliquando  viderat,  ait  ad  eos  :  Explora- tores  estis  ;  ut  videatis  infirmiora  terrae venistis.
10.  Qui  dixerunt  :  Non  est  ita,  do- mine ;  sed  servi  tui  venerunt  ut  emerent cibos.
11.  Omnes  filii  unius  viri  sumus;  pa- cifici  venimus,  nec  quidquam  famuli  tui machinantur  mali.
12.  Quibus  ille  respondit  :  Aliter  est  ; immunita  terrae  hujus  considerare  ve- nistis.
13.  At  illi  :  Duodecim,  inquiunt,  servi tui,  fratres  sumus,  filii  viri  unius  in  terra Chanaan  ;  minimus  cum  pâtre  nostro  est, alter  non  est  super.
14.  Hoc  est,  ait,  quod  loeutus  sum  : Exploratores  estis.
15.  Jam  nunc  experimentum  vestri  ca- piam  :  per  salutem  Pharaonis ,  non  egre- diemini  hinc,  donec  veniat  frater  vester minimus.
16.  Mittite  ex  vobis  unum,  et  adducat eum;  vos  autem  eritis  in  vinculis,  donec probentur  quse  dixistis  utrum  vera  an falsa  sint  ;  alioquin,  per  salutem  Pharao- nis, exploratores  estis.
c'était  lui  qui  vendait.  ï  La  Vulgate  rend  fort bien  le  sens  ;  car  évidemment  Joseph  ne  dirigeait pas  la  vente  en  personne.  Il  semble,  d'après  le contexte,  qu'on  lui  présentait  par  groupes  les étrangers  qui  venaient  acheter  du  blé ,  afin  qu'il réglât  avec  eux  les  conditions  du  marché,  etc. —  Durius  loquebatur:  pour  les  éprouver;  de même  dans  tout  le  reste  de  cette  section.  Le temps  n'est  plus  où  l'on  accusait  Joseph  de cruauté  envers  les  siens  ;  les  incrédules  sont aujourd'hui  les  premiers  à  reconnaître  la  bonté dont  il  fait  preuve  dans  le  récit.  Il  fallait  bien qu'il  s'assurât  des  dispositions  de  ses  frères  en- vers leur  père  et  Benjamin ,  avant  de  leur  accor- der ses  faveurs.  —  Non  est  cognitus.  Comment reconnaître  sous  le  costume  égyptien,  et  dans une  si  haute  dignité,  celui  qu'ils  n'avaient  pas vu  depuis  vingt  ans  ?  Quant  à  eux ,  ils  n'avaient pas  subi  les  mêmes  transformations.
9-13.  L'accusation  d'espionnage. -^  JBecortïafws
somniorum  :  en  les  voyant  prosternés  devant  lui, vers.  6.  —  Infirmiora  terrce.  Dans  l'hébreu  :  la nudité  du  pays  ;  expression  toute  classique  («  nuda urbs  prsesidio,  »  etc.)  pour  désigner  les  points faibles  et  découverts.  Or  telle  était  la  frontière égyptienne  au  nord  -  est.  Les  Chananéens  et  les Arabes  faisaient  par  là  de  perpétuelles  incursions. —  Non...  ita...  Les  frères  protestent,  et  racontent brièvement  leur  histoire.  Le  détail  omnes  filii unius  viri  contenait  le  meilleur  des  arguments  : qui  aurait  songé  à  exposer  aùasi  l'avenir  de  toute une  maison?
14-17.  Joseph  maintient  énergiquement  son dire,  et  les  traite  en  espions.  —  Per  salutem  Pha- raonis. Hébr.  :  Par  la  vie  du  Pharaon  !  Asser- tion très  forte.  Cf.  I  Reg.  i,  26  ;  xvii,  55  ;  II  Reg. XIV,  19,  etc.  —  Vos...  in  vinculis:  jusqu'à  ce que  l'un  d'eux,  détaché  comme  messager,  amène Benjamin  en  Egypte.
160
Gen.  XLII,  17-26.
17.  Tradidit  ergo  illos  custodiœ-  tribus diebus.
18.  Die  aiitem  tertio  eductis  de  car- cere,  ait  :  Facite  quse  dixi,  et  vivetis  ; Deum  enim  timeo.
19.  Si  pacifici  estis ,  frater  vester  unus ligetur  in  carcere;  vos  autem  abite,  et ferte  frumenta  quae  emistis ,  in  domos vestras ;
20.  Et  fi-atrem  vestriim  minimum  ad me  adducite,  ut  possim  vestros  probare sermones,  et  non  moriamini.  Fecerunt ut  dixerat,
21.  Et  locuti  sunt  ad  invicem  :  Merito hsec  patimur,  quia  peccavimus  in  fra- trem  nostrum,  videntea  angustiam  animée illius ,  dum  deprecaretur  nos ,  et  non  au- divimus  ;  idcirco  venit  super  nos  ista  tri- bulatio.
22.  E  quibus  unus  Euben ,  ait  :  Num- quid  non  dixi  vobis  :  Nolite  peccare  in puerum?  et  non  audistis  me;  en  sanguis ejus  exquiritur.
23.  Nesciebant  autem  quod  intelli- geret  Joseph,  eo  quod  per  interpretem loqueretur  ad  eos.
24.  Avertitque  se  parumper,  et  flevit, et  reversus  locutus  est  ad  eos.
25.  Tollensque  Simeon,  et  ligans  illis prsesentibus ,  jussit  ministris  ut  imple- rent  eorum  saccos  tritico,  et  reponerent •pecunias-  singulorum  in  sacculis  suis, datis  supra  cibariis  in  viam;  qui  fece- runt ita.
26.  At  iili  portantes  frumenta  in  asinis suis,  profecti  sunt.
17.  Il  les  fit  donc  mettre  en  prison pour  trois  jours.
18.  Et  le  troisième  jour,  il  les  fit  sortir de  prison  et  il  leur  dit  :  Faites  ce  que  je vous  dis,  et  vous  vivrez;  car  je  crains  Dieu.
19.  Si  vous  venez  ici  dans  un  esprit  de paix,  que  l'un  de  vos  frères  demeure enchaîné  dans  la  prison  ;  pour  vous , allez-vous-en,  emportez  dans  votre  pays le  blé  que  vous  avez  acheté ,
20.  Et  amenez -moi  le  dernier  de  vos frères,  afin  que  je  puisse  reconnaître  si ce  que  vous  dites  est  véritable,  et  que vous  ne  mouriez  point.  Ils  firent  ce  qu'il leur  avait  ordonné.
21.  Et  ils  se  disaient  l'un  à  l'autre  : C'est  justement  que  nous  souffrons  tout cela ,  parce  que  nous  avons  péché  contre notre  frère,  et  que,  voyant  l'angoisse  de son  âme  lorsqu'il  nous  implorait,  nous  ne l'avons  pas  écouté  ;  c'est  pour  cela  que nous  sommes  tombés  dans  cette  affliction.
22.  Ruben,run  d'entre  eux,  leur  di- sait :  Ne  vous  ai -je  pas  dit  :  Ne  com- mettez pas  un  sL  grand  crime  contre  cet enfant  V  et  vous  ne  m'avez  point  écouté. C'est  son  sang  maintenant  que  Dieu  nous redemande.
.  23.  Ils  ne  savaient  pas  que  Joseph  les comprenait ,  parce  qu'il  leur  parlait  par un  interprète.
24.  Mais  il  s'éloigna  quelques  instants, et  il  pleura.  Et  étant  revenu,  il  leur parla  de  nouveau.
25.  Il  fit  prendre  Siméon  et  le  fit  lier devant  eux,  et  il  commanda  à  ses  offi- ciers de  remplir  leurs  sacs  de  blé,  et  de remettre  l'argent  de  chacun  dans  son sac,  en  y  ajoutant  encore  des  vivres  pour se  nourrir  pendant  le  chemin  ;  ce  qui  fut exécuté  aussitôt.
26.  Les  frères  de  Joseph  s'en  allèrent donc,  emportant  leur  blé  sur  leurs  ânes.
3°  Siméon  est  garde  en  otage,  vers.  18-25.
18-20.  Nouvelle  proposition  de  Joseph  à  ses frères.  Il  consent  à  se  contenter  d'un  seul  otage. Son  langage  est,  cette  fois,  plein  de  douceur.  — Deum...  timeo.  Par  conséquent,  je  suis  honnête et  juste.
21-22.  Les  dix  frères  tiennent  une  consulta- tion rapide.  —  Merito...  Leurs  aveux  sont  pathé- thiques,  surtout  le  trait  :  videntes  angustiam...
23-24.  Émotion  de  Joseph.  —  Nesciebant...  Et Ils  pouvaient  d'autant  moins  s'en  douter,  que  le vice -roi  se  servait  d'un  interprète  pour  mieux cacher  son  jeu.  —  Avertit  se...  Tableau  délicat  et vivant.
25.  Tollens...  Simeon.  Pourquoi  ce  choix  ?  Peut- être  Siméon  s'était -il  montré  plus  cruel  envers
Joseph  ;  nous  avons  vu  la  rudesse  de  sa  nature , ■xxxiv,  25.  Cf.  XLix,  5.  —  Saccos.  Le  mot  hébreu (k'iè)  est  très  général,  et  désigne  tous  les  objets que  les  fils  de  Jacob  avaient  apportés  pour  les faire  remplir  de  provisions.  Il  serait  étrange  de se  représenter  seulement  dix  sacs  de  blé,  chargés sur  dix  ânes,  pour  nourrir  une  nombreuse  fa- mille. —  Reponerent  pecuniam.  Comme  don  gra- cieux, et  non  pas  en  vue  d'une  nouvelle  épreuve.
—  Sacculis.  Ici ,  dans  l'hébreu ,  le  mot  èaq.
4»  Les  neuf  frères  reviennent  auprès  de  Jacob, vers.  26-38.
26-28.  Départ,  et  incident  à  la  première  étape.
—  In  diversorio.  L'Orient  antique  n'a  jamais  eu l'équivalent  de  nos  hôtelleries  modernes.  Depuis de  longs  siècles  il  offre  aux  voyageurs  un  simple
Gen.  XLII,  27-37.
161
27.  Et  l'un  d'eux  ayant  ouvert  son  sac dans  l'hôtellerie,  pour  donner  à  manger à  son  âne,  vit  son  argent  à  l'entrée  du sac;
28.  Et  il  dit  à  ses  frères  :  On  m'a  rendu mon  argent  ;  le  voici  dans  mon  sac.  Ils furent  tous  saisis  d'étonnement  et  de trouble ,  et  ils  s'entredisaient  :  Quelle  est cette  conduite  de  Dieu  sur  nous  ?
29.  Lorsqu'ils  furent  arrivés  chez  Ja- cob, leur  père,  au  pays  de  Chanaan,  ils lui  ra^contèrent  tout  ce  qui  leur  était  ar- rivé, en  disant  :
30.  Le  seigneur  de  ce  pays  -  là  nous  a parlé  durement,  et  il  nous  a  pris  pour des  espions  qui  venaient  observer  le ro3^aume.
31.  Nous  lui  avons  répondu  :  Nous sommes  des  gens  paisibles,  et  très  éloi- gnés d'avoir  aucun  mauvais  dessein.
32.  Nous  étions  douze  frères,  enfants d'un  même  père.  L'un  n'est  plus,  le  plus jeune  est  avec  notre  père  au  pays  de Chanaan.
33.  Il  nous  a  répondu  :  Je  veux  éprou- ver s'il  est  vrai  que  vous  n'ayez  que  des pensées  de  paix.  Laissez -moi  donc  ici l'un  de  vos  frères  ;  prenez  le  blé  qui  vous est  nécessaire  pour  vos  maisons,  et  allez- v^ous-en  ;
34.  Et  amenez -moi  le  plus  jeune  de vos  frères,  afin  que  je  sache  que  vous n'êtes  point  des  espions,  que  vous  puis- siez ensuite  emmener  avec  vous  celui que  je  retiens  prisonnier,  et  qu'il  vous soit  permis  à  l'avenir  d'acheter  ici  ce que  vous  voudrez.
35.  Cela  dit,  comme  ils  versaient  leur blé ,  ils  trouvèrent  chacun  leur  argent  lié à  l'entrée  du  sac,  et  ils  en  furent  tous épouvantés.
36.  Alors  Jacob,  leur  père,  leur  dit  : Vous  m'avez  réduit  à  être  sans  enfants  ; Joseph  n'est  plus ,  Siméon  est  en  prison , et  vous  voulez  m'enlever  Benjamin. Tous  ces  maux  sont  retombés  sur  moi.
37.  Ruben  lui  répondit  :  Faites  mourir mes  deux  enfants,  si  je  ne  vous  le  ra- mène pas.  Confiez -le  moi,  et  je  vous  le rendrai.
27.  Apertoque  unus  sacco,  ut  daret jumento  pabulum  in  diversorio,  contem- platus  pecuniam  in  ore  sacculi,
28.  Dixit  fratribus  suis  :  Reddita  est mihi  pecunia  ;  en  habetur  in  sacco.  Et obstupefacti  turbatique,  mutuo  dixerunt: Quidnam  est  hoc  quod  fecit  nobis  Deus?
29.  Veneruntque  ad  Jacob  patrem suum  in  terram  Chanaan ,  et  narraverunt ei  omnia  quae  aceidissent  sibi,  dicentes  :
30.  Locutus  est  nobis  dominus  terras dure,  et  putavit  nos  exploratores  esse provinciae.
31.  Cui  respondimus  :  Pacifici  sumu3, nec  ullas  molimur  iusidias.
32.  Duodecim  fratres  uno  pâtre  geniti sumus  ;  unus  non  est  super,  .minimus cum  pâtre  nostro  est  in  terra  Chanaan.
33.  Qui  ait  nobis  :  Sic  probabo  quod pacifici  sitis.  Fratrem  vestrum  unum dimittite  apud  me,  et  cibaria  domibus vestris  necessaria  sumite,  et  abite;
34.  Fratremque  vestrum  minimum  ad- ducite  ad  me,  ut  sciam  quod  non  sitis exploratores,  et  istum,  qui  tenetur  in vinculis,  recipere  possitis  ;  ac  deinceps quae  vultis,  emendi  habeatis  licentiam.
35.  His  dictis,  cum  frumenta  effunde- rent ,  singuli  repererunt  in  ore  saccorum ligatas  pecunias  ;  exterritisque  simul omnibus,
36.  Dixit  pater  Jacob  :  Absque  liberis me  esse  fecistis;  Joseph  non  est  super, Simeon  tenetur  in  vinculis ,  et  Benjamin auferetis;  in  me  hase  omnia  mala  reci- derunt.
37.  Cui  respondit  Ruben  :  Duos  filios meos  interfice,  si  non  reduxero  illum tibi  ;  trade  illum  in  manu  mea,  et  ego eum  tibi  restituam.
abri  dans  les  khans  ou  caravansérails  ;  mais peut-être  ces  établissements  n'existaient -ils  pas encore  à  l'époque  de  Joseph  :  dans  ce  cas,  le substantif  malôn  ne  désignerait ,  conformément  à l'iitymologie,  qu'une  station  pour  la  nuit. —  Ob- stupefacti. Ils  ne  pouvaient  s'expliquer  ce  fait c  trange ,  dont  les  conséquences  leiir  paraissaient dangereuses.
29-34.  Récit  qu'ils  font  à  Jacob  des  péripéties du  voyage.
35-38.  Singuli  repererunt...  Cette  seconde  dé- couverte sembla  plus  terrible  encore.  Aussi  Jacob refusa -t- il  obstinément  d'envoyer  Benjamin  en Egypte.  La  parole  deducetis  canos...  cum  dolore est  tout  à  fait  touchante  ;  elle  représente  une mort  sans  joie  ni  consolation.  —  L'intervention
162
38.  At  ille  :  Non  descendet,  inquit, filius  meus  vobiscum  ;  frater  ejus  mortuus est,  et  ipse  solus  remansit  ;  si  quid  ei adversi  accident  in  terra  ad  quam  per- gitis,  deducetis  canos  meos  cum  dolore ad  inferos.
Gen.  XLII,  38  —  XLIII,  8.
38.  Non,  dit  Jacob,  mon  fils  n'ira point  avec  vous.  Son  frère  est  mort,  et il  est  demeuré  seul.  S'il  lui  arrive  quelque malheur  au  pays  où  vous  allez ,  vous  ac- cablerez ma  vieillesse  d'une  douleur  qui m'emportera  au  tombeau.
CHAPITRE  XLIII
1.  Intérim  famés  omnem  terramvebe- menter  premebat  ;
2.  Consumptisque  cibis  quos  exiEgypto detulerant,  dixit  Jacob  ad  filios  suos  : Eevertimini,  et  emite  nobis  pauxillum escarum.
3.  Respondit  Judas  :  Denuntiavit  nobis vir  ille  sub  attestatione  jurisjurandi,  di- cens  :  Non  videbitis  faciem  meam,  nisi fratrem  vestrum  minimum  adduxeritis vobiscum.
4.  Si  ergo  vis  eum  mittere  nobiscum , pergemus  pariter,  et  ememus  tibi  neces- saria  ;
5.  Sin  autem  non  vis ,  non  ibimus  ;  vir enim,  ut  ssepe  diximus,  denuntiavit  no- bis, dicens  :  Non  videbitis  faciem  meam absque  fratre  vestro  minimo.
6.  Dixit  eis  Israël  :  In  meam  hoc  fe- cistis  miseriam,  ut  indicaretis  ei  et  alium habere  vos  fratrem.
7.  At  illi  responderunt  :  Interrogavit nos  homo  per  ordinem  nostram  proge- niem  :  si  pater  viveret ,  si  haberemus fratrem  ;  et  nos  respondimus  ei  conse- quenter  juxta  id  quod  fuerat  sciscitatus. Numquid  scire  poteramus  quod  dicturus esset  :  Adducite  fratrem  vestrum  vobis- cum?
8.  Judas  quoque  dixit  patri  suo  :  Mitte puerum  mecum,  ut  proficiscamur,  et  pos- simus  vivere,  ne  moriamur  nos  et  par- vuli  nostri.
1.  Cependant  la  famine  désolait  extra- ordinairement  tout  le  pays  ;
2.  Et  le  blé  que  les  enfants  de  Jacob avaient  apporté  d'Egypte  étant  consommé, Jacob  leur  dit  :  Retournez  en  Egypte,  et achetez-nous  un  peu  de  blé.
3.  Juda  lui  répondit  :  Celui  qui  com- mande là -bas  nous  a  déclaré  sa  vo- lonté avec  serment,  en  disant  :  Vous  ne verrez  point  mon  visage,  à  moins  que vous  n'ameniez  avec  vous  le  plus  jeune de  vos  frères.
4.  Si  donc  vous  voulez  l'envoyer  avec nous,  nous  irons  ensemble,  et  nous  achè- terons ce  qui  vous  est  nécessaire.
5.  Si  vous  ne  le  voulez  pas,  nous  n'i- rons point;  car  cet  homme,  comme  nous vous  l'avons  dit  plusieurs  fois,  nous  a déclaré  que  nous  ne  verrions  pas  son visage  si  nous  n'avions  avec  nous  notre jeune  frère.
6.  Israël  leur  dit  :  C'est  pour  mon malheur  que  vous  lui  avez  appris  que vous  aviez  encore  un  autre  frère.
7.  Mais  ils  lui  répondirent  :  Il  nous demanda  par  ordre  toute  la  suite  de notre  famille  :  si  notre  père  vivait,  si nous  avions  un  autre  frère  ;  et  nous  lui avons  répondu  conformément  à  ce  qu'il nous  avait  demandé.  Pouvions  -  nous  de- viner qu'il  nous  dirait  :  Amenez  avec vous  votre  frère  ?
8.  Juda  dit  encore  à  son  père  :  En- voyez l'enfant  avec  moi,  afin  que  nous puissions  partir  et  avoir  de  quoi  vivre ,  et que  nous  ne  mourions  pas,  nous  et  nos petits  enfants.
de  Ruben  (  vers.  37  ) ,  quoique  noble  et  digne  du flls  aîné ,  est  exagérée  dans  les  termes  :  duos  filios meos  interflce...  Comp.  celle  de  Juda,  xliii,  9, plus  sincère  parce  qu'elle  est  plus  modérée.
§  II.  —  Second  voyage  des  frères  de  Joseph. XLIII,  1  —  XLV,  28.
lo   Jacob   consent   au    départ   de   Benjamin. XLIII,  1-15.
CriAP.  XLIII.  —  1-2.  Transition  et  introduc-
tion. —  Dixit  Jacob.  Le  patriarche  prend  l'ini- tiative comme  la  première  fois,  xlii,  1.
3-5.  Intervention  de  Juda.  Par  quelques  pa- roles pleines  de  sens,  il  montre  l'inutilité  d'un autre  voyage  si  la  condition  expressément  posée par  le  vice -roi  n'est  pas  remplie.
6-10.  Suite  de  la  discussion,  en  conseil  de  fa- mille. Tous  les  détails  sont  naturels  et  pathé- tiques, surtout  la  nouvelle  intervention  de  Juda, vers.  8-10.
Gen.  XLIII,  9-18.
163
9.  Je  me  charge  de  cet  enfant ,  et  c'est à  moi  que  vous  en  demanderez  compte. Si  je  ne  vous  le  ramène  pas,  et  si  je  ne vous  le  rends  pas,  je  consens  que  vous ne  me  pardonniez  jamais  cette  faute.
10.  Si  nous  n'avions  point  tant  différé, nous  serions  déjà  revenus  une  seconde fois,
11.  Israël,  leur  père,  leur  dit  donc  : Si  c'est  une  nécessité  absolue,  faites  ce que  vous  voudrez.  Prenez  avec  vous  des plus  excellents  fruits  de  ce  pays-ci, pour  en  faire  présent  à  celui  qui  com- mande :  un  peu  de  résine ,  de  miel ,  de storax,  de  myrrhe,  de  térébenthine  et d'amandes.
12.  Portez  aussi  deux  fois  autant  d'ar- gent qu'au  premier  voyage,  et  reportez celui  que  vous  avez  trouvé  dans  vos  sacs, de  peur  que  ce  ne  soit  une  méprise.
13.  Enfin  menez  votre  frère  avec  vous, et  allez  vers  cet  homme.
14.  Je  prie  mon  Dieu  tout-puissant  de vous  le  rendre  favorable ,  afin  qu'il  ren- voie avec  vous  votre  frère  qu'il  tient piisonnier,  et  Benjamin;  cependant  je demeurerai  seul,  comme  si  j'étais  sans enfants.
15.  Ils  prirent  donc  avec  eux  les  pré- sents et  le  double  de  l'argent ,  avec  Ben- jamin;  et  étant  partis,  ils  arrivèrent  en Egypte,  oii  ils  se  présentèrent  devant Joseph.
1 6.  Joseph  les  aj^ant  vus,  et  Benjamin avec  eux,  dit  à  son  intendant  :  Faites entrer  ces  hommes  chez  moi,  tuez  des victimes  et  préparez  un  festin,  parce qu'ils  mangeront  à  midi  avec  moi.
17.  L'intendant  exécuta  ce  qui  lui avait  été  commandé,  et  il  les  fit  entrer dans  la  maison.
18.  Alors  étant  saisis  de  crainte,  ils s'entredisaient  :  C'est  à  cause  de  cet  ar- gent que  nous  avons  remporté  dans  nos sacs  qu'il  nous  fait  entrer  ici ,  pour  faire
9.  Ego  suscipio  puerum  ;  de  manu  mea require  illum.  Nisi  reduxero,  et  reddidero eum  tibi,  ero  peccati  reus  in  te  omni  tem- pore.
10.  Si  non  intercessisset  dilatio,  jara vice  altéra  venissemus.
11.  Igitur  Israël  pater  eorum  dixit  ad eos  :  Si  sic  necesse  est,  facite  quod  vul- tis  ;  sumite  de  optimis  terrae  fructibus in  vasis  vestris,  et  deferte  viro  munera, modicum  résinée,  et  mellis,  et  storacis, stactes,  et  terebinthi,  et  amygdalarum.
12.  Pecuniam  quoque  duplicem  ferte vobiscum  ;  et  illam ,  quam  invenistis  in sacculis,  reportate,  ne  forte  errore  factum sit;
13.  Sed  et  fratrem  vestrum  tollite,  et ite  ad  virum.
14.  Deus  autem  meus  omnipotens  fa- ciat  vobis  eum  placabilem  ;  et  remittat vobiscum  fratrem  vestrum  quem  tenet,  et hune  Benjamin  ;  ego  autem  quasi  orbatus absque  liberis  ero.
15.  Tulerunt  ergo  viri  munera,  et  pe- cuniam duplicem,  et  Benjamin;  descen- deruntque  in  ^Egyptum,  et  steterunt  co- ram  Joseph.
16.  Quos  eum  ille  vidisset,  et  Benjamin simul ,  pr£ecepit  dispensatori  domus  suse , dicens  :  Introduc  viros  domum ,  et  occide victimas ,  et  instrue  convivium ,  quoniam mecum  sunt  comesturi  meridie.
17.  Fecit  ille  quod  sibi  f uerat  impera- tum,  et  introduxit  viros  domum.
18.  Ibique  exterri ti,  dixerunt  mutuo  : Propter  pecuniam,  quam  retulimus  prius in  saccis  nostris,  introducti  sumus,  ut devolvat  in  nos  calumniam ,  et  violenter
11-15.  Si  sic  necesse...  Jacob  cède  enfin  à  de si  justes  raisons  ;  mais ,  toujours  prudent,  11  pense à  rendre  le  vice  -  roi  propice  par  des  présents choisis  de  optimis  terra  fructibus  (hébr.:  de  la chanson  du  pays,  c.-à-d.  parmi  les  produits  les plus  célèbres  de  Chanaan).  Dans  la  liste  qui  suit, nous  retrouvons  le  baume  de  Galaad  (resinœ), la  gomme  adragante  (storacis),  et  le  ladanum istactes),  déjà  mentionnés  plus  haut,  xxxvn,  25 (voyez  la  note)  ;  en  outre,  le  miel  si  parfumé  de la  Palestine,  les  pistaches  (terebinthi ;  noix  fines, qui  formaient  un  excellent  assaisonnement.  Voy. VAtl.  d'hist.  rtat.  de  la  Bible,  pi.  xxxv,  flg.  1,  3,  5),
et  les  amandes.  —  Deus  autem  meus...  Belle  et ardente  prière  ;  et ,  pour  conclusion ,  une  phrase de  résignation  pleine  d'angoisse  :  ego  autem  or- batus...
20  Les  frères  de  Joseph  en  présence  de  son intendant.  XLIII,  16-25.
16-18.  Joseph  ne  reçoit  pas  tout  d'abord  per- sonnellement ses  frères ,  mais  il  donne  des  ordres immédiats  en  vue  de  l'accueil  le  plus  hospitalier. —  Ibique  exterriti...  Prenant  le  change,  ils  se croyaient  déjà  prisonniers  du  vice-roi.  La  beauté et  la  vérité  psychologique  du  récit  continuent d'éclater  à  chaque  verset.
lG-1
Gen.  XLIIT,  19-29.
siibjiciat  servitiiti,    et   nos,    et   asinos nostros.
19.  Quamobrera  in  i^Dsis  foribus  acce- dentes  ad  dispensatorem  domus,
20.  Locuti  sunt:  Oramiis,  domine,  ut audias  nos.  Jam  ante  descendimus  ut emeremus  escas,
21.  Quibus  emptis,  cum  venissemus  ad diversorium,  aperuimus  saccos  nostros, et  invenimus  pecuniam  in  ore  saccorum; quam  nunc  eodem  pondère  reportavi- mus,
22.  Sed  et  aliud  attulimus  argentum, ut  emamus  quas  nobis  necessaria  sunt; non  est  in  nostra  couscientia  quis  posue- rit  eam  in  marsupiis  nostris.
23.  At  ille  respondit  :  Pax  vobiscum, nolite  timere.  Deus  vester,  et  Deus  patris vestri  dédit  vobis  thesauros  in  saccis vestris;  nam  pecuniam,  quam  dedistis mihi,  probatam  ego  habeo.  Eduxitque  ad «os  Simeon ,
24.  Et  introductis  domum  attulit aquam,  et  laverunt  pedes  suos,  deditque pabulum  asinis  eorum.
25.  Illi  vero  parabant  munera,  donec ingrederetur  Joseph  meridie  ;  audierant enim  quod  ibi  comesturi  essent  panem.
26.  Igitur  ingressus  est  Joseph  domum suam ,  obtuleruntque  ei  munera ,  tenentes in  manibus  suis  ;  et  adoraverunt  prani  in terram.
27.  At  ille,  clementer  resalutatis  eis, interrogavit  eos,  dicens  :  Salvusne  est  pa- ter  vester  senex,  de  quo  dixeratis  mihi? Adhuc  vivit?
28.  Qui  responderunt  :  Sospes  est  ser- vus  tuus  pater  noster,  adhuc  vivit.  Et  in- curvât!, adoraverunt  eum.
29.  Attollens  autem  Josepb.  oculos,  vi-
retomber  sur  nous  ce  reproche,  et  nous opprimer  en  nous  réduisant  en  servi- tude, ainsi  que  nos  ânes.
19.  C'est  pourquoi  étant  encore  à  la porte,  ils  s'approchèrent  de  l'intendant de  Joseph.
20.  Et  ils  lui  dirent  :  Seigneur,  nous vous  supplions  de  nous  écouter.  Nous sommes  déjà  venus  une  fois  acheter  du blé,
21.  Et  après  l'avoir  acheté,  lorsque nous  fûmes  arrivés  à  l'hôtellerie,  en  ou- vrant nos  sacs,  nous  y  trouvâmes  notre argent  que  nous  vous  rapportons  main- tenant au  même  poids.
22.  Et  nous  vous  en  rapportons  encore d'autre,  pour  acheter  ce  qui  nous  est  né- cessaire ;  mais  nous  ne  savons  en  aucune manière  qui  a  pu  remettre  cet  argent  dans nos  sacs.
23.  L'intendant  leur  répondit  :  Ayez l'esprit  en  repos  ;  ne  craignez  point. Votre  Dieu  et  le  Dieu  de  votre  père  vous a  donné  des  trésors  dans  vos  sacs  ;  car pour  moi  j'ai  reçu  l'argent  que  vous m'avez  donné ,  et  j'en  suis  content.  Il  fit sortir  aussi  Siméon  de  la  prison,  et  il  le leur  amena.
24.  Après  les  avoir  fait  entrer  dans  la maison ,  il  leur  apporta  de  l'eau  ;  ils  se lavèrent  les  pieds ,  et  il  donna  à  manger à  leurs  ânes.
25.  Cependant  ils  tinrent  leurs  pré- sents tout  prêts,  attendant  que  Joseph entrât  à  midi,  parce  qu'on  leur  avait  dit qu'ils  devaient  manger  en  ce  lieu-là.
26.  Joseph  étant  donc  entré  dans  sa maison,  ils  lui  offrirent  leurs  présents, qu'ils  tenaient  en  leurs  mains,  et  ils  le saluèrent  en  se  baissant  jusqu'à  terre.
27.  Il  les  salua  aussi,  en  leur  faisant bon  visage,  et  il  leur  demanda  :  Votre père,  ce  vieillard  dont  vous  m'aviez parlé,  vit-il  encore  ?  Se  porte-t-il  bien?
28.  Ils  lui  répondirent  :  Notre  père, votre  serviteur,  est  encore  en  vie,  et  il  se porte  bien  ;  et  se  baissant  profondément, ils  le  saluèrent.
29.  Joseph,  levant  les  yeux,  vit  Ben.-
19-22.  In  ipsis  foribus:  trait  graphique.  Les confidences  des  frères  à  l'intendant  (20-22)  sont délicates.  —  Ad  diversorium,  aperuimus.  Nuance de  narration.  Ils  généralisent  un  fait  particulier. Cf.  XLii,  27.
23-25,  L'intendant,  qui  avait  évidemment  reçu des  instructions  spéciales,  rassure  les  dix  frères, soit  par  de  bonnes  paroles ,  soit  en  amenant  Si- méon auprès  d'eux,  soit  enJia  par  une  gracicuso
réception.  —  Illi...  parabant...  Autre  trait  pitto- resque.
3°  Nouvelle  entrevue  avec  le  vice  -  roi.  XLIII , 26-34,
2'6-28.  Début  de  reutreTue.  La  scène  est  très vivante.  —  Salvusne  pater...?  On  devine  l'émo- tion avec  laquelle  Joseph  dut  poser  cette  ques- tion.
29-30.  Joseph  et  Benjamin.  Narration  de  plti3
Gen.  XLIII,  30  —  XLIV,  2.
165
jamin,  son  frère,  fils  de  Rachel,  sa  mère, et  il  leur  dit  :  Est-ce  là  le  plus  jeune  de vos  fi'ères,  dont  vous  m'aviez  parlé?  Mon fils,  ajouta-t-il,  je  prie  Dieu  qu'il  vous Boit  toujours  favorable.
30.  Et  il  se  hâta  de  sortir,  parce  que ses  entrailles  avaient  été  émues  en  voyant son  frère,  et  qu'il  ne  pouvait  plus  retenir ses  larmes.  Passant  donc  dans  une  autre chambre,  il  pleura.
31.  Et  après  s'être  lavé  le  visage,  il revint,  se  faisant  violence,  et  il  dit  :  Ser- vez à  manger.
32.  On  servit  Joseph  à  part,  et  ses frères  à  part,  et  les  Egyptiens  qui  man- geaient avec  lui  furent  aussi  servis  à  part (car  il  n'est  pas  permis  aux  Egyptiens de  manger  avec  les  Hébreux,  et  ils croient  qu'un  festin  de  cette  sorte  serait profane).
33.  Ils  s'assirent  donc  en  présence  de Joseph,  l'aîné  le  premier  selon  son  rang, et  le  plus  jeune  selon  son  âge.  Et  ils furent  extrêmement  surpris ,
34.  En  voyant  les  parts  qu'il  leur  avait données  ;  la  part  la  plus  grande  vint  à Benjamin ,  elle  était  cinq  fois  plus grande  que  celle  des  autres.  Ils  burent ainsi  avec  Joseph,  et  ils  firent  grande chère.
dit  Benjamin  fratrem  suum  uterinum ,  et ait  :  Iste  est  frater  vester  parvulus,  de quo  dixeratis  mihi?  Et  rursum  :  Deus, inquit,  misereatur  tui,  fili  mi.
30.  Festinavitque ,  quia  commota  fu- erant  viscera  ejus  super  fratre  suo,  et erumpebant  lacrymse  ;  et  introiens  cubi- culum,  flevit.
31.  Eursumque  Iota  facie  egressus, continuit  se,  et  ait:  Ponite  panes.
32.  Quibus  appositis,  seorsum  Joseph, et  seorsum  fratribus,  ^Egyptiis  quoque qui  vescebantur  simul,  seorsum  (illici- tum  est  enim  ^gj^ptiis  comedere  cum Hebraeis,  et  profanum  putant  hujusce- modi  convivium);
33.  Sederunt  coram  eo,  primogenitus juxta  primogenita  sua,  et  minimus  juxta aitatem  suam ,  et  mirabantur  nimis ,
34.  Sumptis  partibus  quas  ab  eo  acce- perant  ;  majorque  pars  venit  Benjamin, ita  ut  quinque  partibus  excederet.  Bibe- runtque  et  inebriati  sunt  cum  eo.
CHAPITRE  XLIV
1.  Or  Joseph  donna  des  ordres  à  l'in- tendant de  sa  maison ,  et  lui  dit  :  Mettez dans  leurs  sacs  autant  de  blé  qu'ils  en pourront  tenir,  et  l'argent  de  chacun  à l'entrée  du  sac  ;
2.  Et  mettez  ma  coupe  d'argent  à  l'en- trée du  sac  du  plus  jeune,  avec  l'argent qu'il  a  donné  pour  le  blé.  Cet  ordre  fut donc  exécuté.
1.  Prsecepit  autem  Joseph  dispensatori domus  suae ,  dicens  :  Impie  saccos  eorum frumento,  quantum  possunt  capere,  et pone  pecn.niam  singulorum  in  summitate sacci  ;
2.  Scyphum  autem  meum  argenteum , et  pretium  quod  dédit  tritici,  pone  in  ore sacci  jmiioris.  Factumque  est  ita.
en  plus  touchante.  —  Attollens...  oculos.  Ce  fut son  premier  geste,  si  naturel  1  —  Fili  mi...  Il parle  à  Benjamin  comme  un  père.  Tout  son  coeur était  dans  ces  mots  ;  il  est  aussi  dans  sa  conduite, admirablement  décrite  au  vers.  30. ^  31  -  34.  Le  repas.  —  Lota  facie  :  comme  l'on fait  pour  effacer  la  trace  de  larmes  récentes.  — Le  placement  des  convives  (vers.  32)  est  pleine- ment conforme  aux  usages  égyptiens  :  seorsum Joseph ,  à  cause  de  sa  dignité  ;  seorsum... JEgyptiis,  pour  le  motif  qui  est  ensuite  marqué  : iUicitum,...  enim,.  Les  Egyptiens  auraient  cru  se profaner  en  mangeant  avec  des  étrangers.  Voyez Hérodote,  n,  41. —  Mirabantur  nimis.  Comment pouvait -on  si  bien  connaître  leur  ordi'e  de  nais-
sance? —  Partibus  quas  ab  eo...  En  Orient, l'hôte,  pour  honorer  ses  convives,  leur  envoie  in- dividuellement quelque  portion  d'un  mets  ;  la  plus grosse  part  et  le  plus  grand  honneur  revinrent à  Benjamin.  Cf.  I  Reg.  ix,23-24.  —  Bibcrunt  et inebriati  sunt.  Locution  hébraïque  pour  marquer un  joyeux  festin ,  mais  non  pas  nécessairement ses  conséquences  fàciicuses.
4P  Les  frères  de  Joseph  accusés  de  vol.  XLIV, 1  - 13.
Chap.  XLIV. — 1-3.  La  coupe  du  vice -roi  est cachée  dans  le  sac  de  Benjamin.  Les  faits  vont  so précipiter,  et  Us  amèneront  bientôt  le  dénouement providentiel.  —  Scyphum.  Le  substantif  hébreu désigne  un  vase  large  et  profond. — Sacci  junioris.
166
Gen.  XLIV,  3-13.
3.  Et  orto  mane,  dimissi  sunt  cum asiuis  suis.
4.  Jamque  urbem  exierant,  et  proces- serant  paiilulum  ;  tune  Joseph  accersito dispensatore  domus  :  Surge,  inquit,  et persequere  viros,  et  apprehensis  dicito  : Quare  reddidistis  malum  pro  bono?
5.  Scyphus,  quem  f urati  estis ,  ipse  est in  quo  bibit  dominus  meus,  et  in  quo augurari  solet;  pessimam  rem  fecistis.
6.  Fecit  ille  ut  jusserat.  Et  apprehen- sis per  ordinem  locutus  est.
7.  Qui  responderunt  :  Quare  sic  loqui- tur  dominus  noster,  ut  servi  tui  tantum flagitii  commiserint?
8.  Pecuniam,  quam  invenimus  in summitate  saceorum,  reporta vimus  ad te  de  terra  Chanaan  ;  et  quo  modo  con- sequens  est  ut  furati  simus  de  domo  do- mini  tui  aurum  vel  argentum  ?
9.  Apud  quemcumque  fuerit  inventum servorum  tuorum  quod  quseris,  moriatur, et  nos  erimus  servi  domini  nostri.
10.  Qui  dixit  eis  :  Fiat  juxta  vestram sententiam  ;  apud  quemcumque  fuerit inventum,  ipse  sit  servus  meus,  vos  au- tem  eritis  innoxii.
11.  Itaque  festinato  déponentes  in  ter- ram  saccos  aperuerunt  singuli.
12.  Quos  scrutatus ,  incipiens  a  majore usque  ad  minimum,  invenit  scyphum  in sacco  Benjamin.
13.  Atilli,  scissis  vestibus,  oneratis- que  rursum  asinis,  reversi  sunt  in  oppi- dum.
3.  Et  le  lendemain  matin,  on  les  laissa aller  avec  leurs  ânes.
4.  Lorsqu'ils  furent  sortis  de  la  ville , comme  ils  n'avaient  fait  encore  que  peu de  chemin ,  Joseph  appela  l'intendant  de sa  maison  et  lui  dit  :  Courez  vite  après ces  hommes,  arrêtez -les  et  dites -leur  : Pourquoi  avez-vous  rendu  le  mal  pour  le bien?
5.  La  coupe  que  vous  avez  dérobée  est celle  dans  laquelle  boit  mon  maître,  et dont  il  se  sert  pour  deviner.  Vous  avez fait  une  très  méchante  action.
6.  L'intendant  fit  ce  qui  lui  avait  été commandé ,  et ,  les  ayant  arrêtés ,  il  leur dit  tout  ce  qui  lui  avait  été  prescrit.
7.  Ils  lui  répondirent  :  Pourquoi  mon seigneur  parle  - 1  -  il  ainsi  à  ses  serviteurs et  les  croit-il  capables  d'une  action  si honteuse  ?
8.  Nous  vous  avons  rapporté  du  pays de  Chanaan  l'argent  que  nous  avions trouvé  à  l'entrée  de  nos  sacs.  Comment donc  se  pourrait -il  faire  que  nous  eus- sions dérobé  de  la  maison  de  votre maître  de  l'or  ou  de  l'argent  ?
9.  Que  celui  de  vos  serviteurs,  quel qu'il  puisse  être,  auprès  de  qui  l'on  trou- vera ce  que  vous  cherchez,  soit  mis  à  mort, et  nous  serons  esclaves  de  mon  seigneur.
10.  Il  leur  dit  :  Que  ce  que  vous  pro- noncez soit  exécuté.  Quiconque  se  trou- vera avoir  pris  ce  que  je  cherche  sera mon  esclave,  et  vous  en  serez  innocents
11.  Ils  déchargèrent  donc  aussitôt leurs  sacs  à  terre,  et  chacun  ouvrit  le sien.
12.  L'intendant  les  ayant  fouillés,  en commençant  depuis  le  plus  grand  jus- qu'au plus  petit,  trouva  la  coupe  dans  le sac  de  Benjamin.
13.  Alors  ayant  déchiré  leurs  vêtements et  rechargé  leurs  ânes ,  ils  revinrent  à  la ville.
Joseph  voulait  ainsi  compléter  l'épreuve ,  et  con- naître les  vrais  sentiments  do  ses  frères  pour  Ben- jamin. Prendraient -ils  sa  défense,  ou  l'abandon- neraient -  ils  lâchement  entre  ses  mains  ?
4-6.  L'arrestation. —  Malum  pro  bono.  L'in- tendant accuse  d'abord  les  frères  d'une  noire  in- gratitude, puis  il  précise  le  crime  spécial  pour lequel  il  les  poursuivait.  —  Ipse...  in  quo...  Cir- constances aggravantes.  —  Augurari.  La  divina- tion au  moj'cn  d'une  coupe  est  mentionnée  par les  auteurs  classiques  sous  les  noms  do  kuliko- mantie  et  d'hydromantie.  Après  avoir  versé  do .Veau  dans  une  coupe,  on  y  jetait  des  piôcos  d'or
ou  d'argent,  des  pierres  précieuses,  etc.,  et  l'on conjecturait  l'avenir  suivant  les  mouvements  du liquide  ou  la  réfraction  de  la  lumière.
7-10.  Vivo  protestation  des  accusés.  L'argu- ment pecuniam...  reportavimus  était  d'une grande  force.  Leur  proposition  du  vers.  9  montre davantage  encore  combien  ils  étaient  sûrs  d'eux- mêmes.  Ainsi  qu'il  convenait,  l'intendant  ne  l'ac- cepte que  partiellement.
11-13.  L'enquête  et  son  résultat.  —  Festinato déponentes.  Nouvelle  garantie  pittoresque  de  leur innocence.  Ils  ne  redoutent  pas  les  recherches.  — Scissis  vestibus,  et  le  cœur  encore  plus  déchiré.
Gen.  XLIV,  14-22.
1G7
14.  Juda  se  présenta  le  premier  avec ses  frères  devant  Joseph,  qui  n'était  pas encore  sorti  du  lieu  où  il  était;  et  ils  se prosternèrent  tous  ensemble  à  terre  de- vant lui.
15.  Joseph  leur  dit  :  Pourquoi  avez- vous  agi  ainsi?  Ignorez -vous  qu'il  n'y  a personne  qui  m'égale  dans  la  science  de deviner  les  choses  cachées?
16.  Juda  lui  dit  :  Que  répondrons-nous à  mon  seigneur?  que  lui  dirons-nous,  et que  pouvons -nous  lui  représenter  avec quelque  ombre  de  justice  pour  notre  dé- fense? Dieu  a  trouvé  l'iniquité  de  vos serviteurs.  Nous  sommes  tous  les  esclaves de  mon  seigneur,  nous  et  celui  à  qui  ou a  trouvé  la  coupe.
17.  Joseph  répondit  :  Dieu  me  garde d'agir  de  la  sorte.  Que  celui  qui  a  pris ma  coupe  soit  mon  esclave  ;  et  pour vous,  allez  en  liberté  retrouver  votre père.
18.  Juda,  s'approchant  alors  plus  près de  Joseph ,  lui  dit  avec  assurance  :  Mon seigneur,  permettez,  je  vous  prie,  à  votre serviteur,  de  vous  adresser  la  parole,  et ne  vous  irritez  pas  contre  votre  esclave  ; car,  après  le  Pharaon,  c'est  vous  qui  êtes
19.  Mon  seigneur.  Vous  avez  demandé d'abord  à  vos  serviteurs  :  Avez -vous encore  votre  père  ou  quelque  autre  frère?
20.  Et  nous  vous  avons  répondu ,  mon seigneur  :  Nous  avons  un  père  qui  est âgé ,  et  un  jeune  fi'ère  qu'il  a  eu  dans  sa vieillesse,  dont  le  fi-ère  qui  était  né  de la  même  mère  est  mort  :  il  ne  reste  plus que  celui-là,  et  son  père  l'aime  tendre- ment.
21.  Vous  dites  alors  à  vos  serviteurs  : Amenez -le -moi  pour  que  mes  yeux  le contemplent.
22.  Mais  nous  vous  répondîmes,  mon seigneur  :  Cet  enfant  ne  peut  quitter son  père  ;  car,  s'il  le  quitte ,  il  le  fera mourir.
14.  Primusque  Judas  cum  fratribus ingressus  est  ad  Joseph  (necdum  enim de  loco  abierat)  ;  omnesque  ante  eum pariter  in  terram  corruerunt.
15.  Quibus  ille  ait  :  Cur  sic  agere  vo- luistis?  An  ignoratis  quod  non  sit  simiHs mei  in  augurandi  scientia?
16.  Cui  Judas  :  Quid  respondebimus , inquit,  domino  meo?  vel  quid  loquemur, aut  juste  poterimus  obtendere?  Deus  in- venit  iniquitatem  servorum  tuorum  ;  en omnes  servi  sumus  domini  mei,  et  nos, et  apud  quem  inventus  est  scyphus.
17.  Kespondit  Joseph  :  Absit  a  me  ut sic  agam!  Qui  furatus  est  scyphum,  ipse sit  servus  meus  ;  vos  autem  abite  liberi ad  patrem  vestrum.
18.  Accedens  autem  propius  Judas , confidenter  ait  :  Oro ,  domine  mi ,  loqua- tur  servus  tuus  verbum  in  auribus  tuis, et  ne  irascaris  famulo  tuo  ;  tu  es  enim post  Pharaonem,
19.  Dominus  meus.  Interrogasti  prius serves  tuos  :  Habetis  patrem,  aut  fra- trem  ?
20.  Et  nos  respondimus  tibi  domino meo  :  Est  nobis  pater  senex ,  et  puer parvulus,  qui  in  senectute  illius  natus est;  cujus  uterinus  frater  mortuus  est; et  ipsum  solum  habet  mater  sua,  pater vero  tenere  diligit  eum.
21.  Dixistique  servis  tuis  :  Adducite eum  ad  me ,  et  ponam  oculos  meos  super illum.
22.  Suggessimus  domino  meo  :  Non potest  puer  relinquere  patrem  suum  ;  si enim  illum  dimiserit,  morietur.
5°  Juda  offre  sa  liberté  pour  celle  de  Benjamin. XLIV,  14-34.
14-15.  Les  reproches  duTico-roi,  —  Primus,.. Judas.  Il  a  désormais  la  pan  principale ,  s'étant fait  caution  pour  son  jeune   frère,  xliii,  8-10.
—  Omnes  corruerunt ,  dans  une  douleur  muette.
—  In  augurandi  scievtia.  A  coup  sûr,  Joseph n'avait  rien  de  commun  avec  la  magie.  Cf. XLi,  16.  De  même  que  son  intendant  au  vers.  5, il  adapte  son  langage  au  rôle  qu'il  voulait  jouer, ou  à  l'opinion  que  les  Égyptiens  s'étaient  faite  de lui.  Voy.  S.  Thom.  Aq, ,  Summa  theol.,  2^  2*, q.  195,  a.  7.
16-17.  Une  première  proposition  de  Juda  (en
omnes  servi...),  rejetée  par  Joseph  comme  une chose  injuste.  —  Quid  respondebimus...?  Juda n'essaye  de  disculper  personne.  S'ils  sont  inno- cents du  crime  dont  on  les  accuse,  une  autre  faute griève  pèse  sur  eux,  pour  laquelle  Dieu  les châtie.
18-34.  Admirable  et  pathétique  discoui's  de Juda  pour  plaider  la  cause  de  Benjamin.  Quoique très  simple,  le  langage  est  net  et  vigoureux  ;  c'est en  outre  un  noble  appel  aux  sentiments  du  vice- roi.  Le  vers,  18  contient  une  petite  formule  d'in- troduction (accedens  propius,  afin  d'être  mieux entendu  ) ,  et  un  rapide  exorde  qui  est  une  «  ca- ptatio  benevolentiae  »  délicate.  Aux  vers.  19-29,
168
Gen.  XLIV,  23-34.
23.  Et  dixisti  servis  tuis  :  Nisi  venerit fi-ater  rester  minimus  vobiscum ,  non videbitis  amplius  faciem  meam.
24.  Ciim  ergo  ascendissemus  ad  famu- lum  tiium  patrem  nostrum,  narra vimus ei  omnia  quœ  locutus  est  dominus  meus.
25.  Et  dixit  pater  noster  :  Revertimini, et  emite  nobis  parum  tritici.
26.  Cui  diximus  :  Ire  non  possumus. Si  fi-ater  noster  minimus  descenderit  no- biscum,  proficiscemur  simul;  alioquin, illo  absente,  non  audemus  videre  faciem viri.
27.  Ad  quse  ille  respondit  :  Vos  scitis quod  duos  genuerit  mihi  uxor  mea.
28.  Egressus  est  unus,  et  dixistis  : Bestia  devora^dt  eum,  et  hucusque  non comparet.
29.  Si  tuleritis  et  istum,  et  aliquîd  ei in  via  contigerit,  deducetis  canos  meos cum  moerore  ad  inferos.
30.  Igitur  si  intravero  ad  servum  tuum patrem  nostrum,  et  puer  defuerit,  cum anima  illius  ex  hujus  anima  pendeat,
31.  Videritque  eum  non  esse  nobis- cum,  morietur,  et  deducent  famuli  tui canos  ejus  cum  dolore  ad  inferos.
32.  Ego  proprie  servus  tuus  sim,  qui in  meam  hune  recepi  fidem,  et  spopondi dicens  :  Nisi  reduxero  eum,  peccati reus  ero  in  patrem  meum  omni  tem- pore.
33.  Manebo  itaque  servus  tuus  pro puero  in  ministerio  domini  mei,  et  puer ascendat  cum  fratribus  suis.
34.  Non  enim  possum  redire  ad  patrem meum  ,  absente  puero ,  ne  calamitatis , quœ  oppressura  est  patrem  meum,  testis assistam.
23.  Vous  dîtes  à  vos  serviteurs  :  Si  le dernier  de  vos  fi'ères  ne  vient  avec  vous, vous  ne  verrez  plus  mon  visage.
24.  Lors  donc  que  nous  fûmes  retour- nés vers  notre  père,  votre  serviteur,  nous lui  rapportâmes  tout  ce  que  vous  aviez dit,  mon  seigneur.
25.  Et  notre  père  nous  ayant  dit:  Re- tournez en  Egypte  pour  nous  acheter  un peu  de  blé ,
26.  Nous  lui  répondîmes  :  Nous  ne pouvons  y  aller  seuls.  Si  notre  jeune  frère vient  avec  nous,  nous  irons  ensemble; mais  à  moins  qu'il  ne  vienne,  nous  n'o- sons nous  présenter  devant  celui  qui  com- mande en  ce  pays- là.
27.  Il  nous  répondit  :  Vous  savez  que j'ai  eu  deux  fils  de  Bachel  ma  femme.
28.  L'un  d'eux  étant  allé  aux  champs, vous  m'avez  dit  qu'une  bête  l'avait  dé- voré, et  il  ne  paraît  plus  jusqu'à  cette heure.
29.  Si  vous  emmenez  encore  celui-ci, et  qu'il  lui  arrive  quelque  accident  en chemin,  vous  accablerez  ma  vieillesse d'une  affliction  qui  la  conduira  au  tom- beau.
30.  Si  je  me  présente  donc  à  mon  père, votre  serviteur,  et  que  l'enfant  n'y  soit pas,  comme  sa  vie  dépend  de  celle  de son  fils,
31.  Lorsqu'il  verra  qu'il  n'est  point avec  nous,  il  mourra,  et  vos  serviteurs accableront  sa  vieillesse  d'une  douleur qui  le  mènera  au  tombeau.
32.  Que  ce  soit  donc  plutôt  moi  qui sois  votre  esclave,  puisque  je  me  suis rendu  caution  de  cet  enfant,  et  que  j'en ai  répondu  à  mon  père,  en  lui  disant  :  Si je  ne  le  ramène,  je  veux  bien  que  mon père  m'impute  cette  faute,  et  qu'il  ne  me la  pardonne  jamais.
33.  Ainsi  je  demeurerai  votre  esclave, et  servirai  mon  seigneur  à  la  place  de l'enfant ,  afin  qu'il  retourne  avec  ses frères.
34.  Car  je  ne  puis  pas  retourner  vers mon  père  sans  que  l'enfant  soit  avec nous,  de  peur  que  je  ne  sois  moi-même témoin  de  l'extrême  afidiction  qui  acca- blera notre  père.
Juda  résume  les  faits  précédemment  racontés (19-23,  l'histoii'c  de  leur  premier  voyage  ;  24-29, la  manière  dont  les  frères  avaient  décidé  Jacob à  leur  conflcr  Benjamin).  Il  signale  ensuite,  30-31, les  conséquences  terribles  et  inévitables  de  la  dé- tention de  Benjamin  {cum  anima  illius...,  bien
beau  détail).  Enfin,  32-34,  11  offre  généreusement sa  liberté  en  échange  de  celle  de  son  jeune  frère. Ses  dernières  paroles,  non  enim  possum,...,  tci'- minent  dignement  cette  magnifique  page  d'élo- quence naturelle  et  spontanée.
Gen.  XLV,  1-9.
1G9
CHAPITRE  XLV
1.  Joseph  ne  pouvait  plus  se  contenir devant  tous  ceux  qui  l'entouraient;  il commanda  donc  que  l'on  fît  sortir  tout le  monde,  afin  que  nul  étranger  ne  fût présent  lorsqu'il  se  ferait  reconnaître  de ses  frères.
2.  Il  éleva  la  voix  en  pleurant,  et  il fut  entendu  des  Égyptiens  et  de  toute la  maison  du  Pharaon.
3.  Et  il  dit  à  ses  frères  :  Je  suis  Jo- seph. Mon  i^ère  vit -il  encore?  Mais  ses frères  ne  purent  lai  répondre,  tant  ils étaient  saisis  de  frayeur.
4.  Il  leur  dit  avec  bonté  :  Approchez  - vous  de  moi.  Et  ils  s'approchèrent.  Il ajouta  :  Je  suis  Joseph  votre  frère,  que vous  avez  vendu  pour  être  conduit  en Egypte.
6.  Ne  craignez  point,  et  ne  vous  affli- gez pas  de  ce  que  vous  m'avez  vendu pour  être  conduit  en  ce  paj^s  ;  car  Dieu m'a  envoyé  en  Egypte  avant  vous  pour votre  salut.
6.  Il  y  a  déjà  deux  ans  que  la  famine a  commencé  dans  cette  contrée,  et  il  en reste  encore  cinq,  pendant  lesquels  on  ne pourra  ni  labourer  ni  recueillir.
7.  Dieu  m'a  fait  venir  ici  avant  vous pour  vous  conserver  la  vie,  et  afin  que vous  puissiez  avoir  des  vivres  pour  sub- sister.
8.  Ce  n'est  point  par  votre  conseil  que j'ai  été  envoyé  ici,  mais  par  la  volonté de  Dieu,  qui  m'a  rendu  comme  le  père du  Pharaon,  le  maître  de  sa  maison,  et le  prince  de  toute  l'Egypte.
9.  Hâtez -vous  d'aller  trouver  mon père,  et  dites -lui  :  A'^oici  ce  que  vous mande  votre  fils  Joseph  :  Dieu  m'a  éta- bli seigneur  de  toute  l'Egypte.  Venez  me trouver,  ne  différez  point;
1.  Non  se  poterat  ultra  cohibere  Jo- seph multis  coram  astantibus  ;  unde  prse- cepit  ut  egrederentur  cuncti  foras,  et nullus  interesset  alienus  agnitioni  mu- tuœ.
2.  Elevavitque  vocem  cum  fletu,  quam audierunt  iEgyptii ,  omnisque  domus Pharaonis.
3.  Et  dixit  fratribus  suis  :  Ego  sum Joseph;  adhuc  pater  meus  vivit?  Non poterant  respondere  fratres  nimis  terrore perterriti.
4.  Ad  quos  ille  clementer  :  Accedite , inquit,  ad  me.  Et  cum  accessissent  prope  : Ego  sum,  ait,  Joseph,  frater  vester,  quem vendidistis  in  ^gyptum.
5.  Nolite  pavere,  neque  vobis  durum esse  videatur  quod  vendidistis  me  in  his regionibus;  pro  sainte  enim  vestra  misit me  Deus  ante  vos  in  ^gyptum.
6.  Biennium  est  enim  quod  cœpit  fa- més esse  in  terra;  et  adhuc  quinque anni  restant,  quibus  nec  arari  poterit, nec  meti.
7.  Prsemisitque  me  Deus  ut  reserve- mini  super  terram ,  et  escas  ad  vivendum habere  possitis.
8.  Non  vestro  consilio ,  sed  Dei  volun- tate  hue  missus  sum ,  qui  f ecit  me  quasi patrem  Pharaonis,  et  dominum  universse domus  ejus,  ac  principem  in  omni  terra ^gypti.   _
9.  Festinate,  et  ascendite  ad  patrem meum,  et  dicetis  ei  :  Hsec  mandat  filius tuus  Joseph  :  Deus  fecit  me  dominum universse  tervae  ^gypti  ;  descende  ad  me, ne  moreris  ;
6°  Joseph  se  fait  reconnaître  de  ses  frères. XLV,  ]  -15.
Une  des  scènes  les  plus  attendrissantes  de  la Bible,  et  même  de  la  littérature  entière.
Chap.  XLV.  —  1-3.  Egrederentur  cuncti.  Il répugne  ù.  la  sincère  émotion  d'avoir  des  étran- gers pour  témoins.  —  Adhuc  pater...?  Joseph  s'é- tait déjà  fait  renseigner  sur  ce  point  (xLin,  27-28); mais  il  est  si  naturel  qu'il  réitère  maintenant  sa demande,  à  un  nouveau  titre!  —  Non  poterant... Violemment  émus  à  leur  tour,  et  surtout  perter- riti au  souvenir  de  leur  indigne  conduite  envers lui.
4  -  8.  Joseph  rassure  tendrement  ses  frères.  — Clementer  est  omis  dans  l'hébreu.  —  Pro  sainte vestra...  A  trois  reprises,  en  quelques  lignes  con- sécutives, Joseph  palliera  délicatement  le  crime de  ses  frères,  en  lui  substituant  les  desseins  de la  Pi'ovidence.  —  Bienniiim.  Date  intéressante. —  Patrem  Pharaonis.  D'autres  premiers  minis- tres reçoivent  dans  la  Bible  un  titre  analogue. Cf.  II  Par.  II,  13;  Esth.  xiii,  6;  I  Mach.  xi,  32.
9-13.  Pressant  message  que  Joseph  adresse  à son  père,  pour  qu'il  vienne  bientôt  s'établir  en Egypte.  Il  lui  offre  d'avance  la  terre  de  Gessen (hébr.  :  (îosen),  disti'ict  des  plus  feitiles,  situé
170
Gen.  XLV,  10-20.
10.  Et  habitabis  in  terra  Gessen,  eris- que  jiixta  me  tu,  et  filii  tui,  et  filii  filio- rum  tuorum,  oves  tua3,  et  armenta  tua, et  universa  quee  possides.
11.  Ibique  te  pascam  (adhuc  enim quinque  anni  residui  sunt  famis),  ne  et tu  pereas,  et  domus  tua,  et  omnia  quse possides.
12.  En  oculi  vestri,  et  oculi  fratris  mei Benjamin,  vident  quod  os  meum  loquatur ad  vos.
13.  Nuntiate  patri  meo  universam  glo- riam  meam,  et  cuncta  quae  vidistis  in iEgypto.  Festinate,  et  adducite  eum  ad me.
14.  Cumque  amplexatus  recidisset  in collum  Benjamin  fratris  sui,  flevit,  illo quoque  similiter  fiente  super  collum ejus.
15.  Osculatusque  est  Joseph  omnes fratres  suos ,  et  ploravit  super  singulos  ; post  quae  ausi  sunt  loqui  ad  eum.
16.  Auditumque  est,  et  celebri  ser- mone  vulgatum  in  aula  régis  :  Venerunt fratres  Joseph;  et  gavisus  est  Pharao, atque  omnis  familia  ejus.
17.  Dixitque  ad  Joseph  ut  imperaret fratiibus  suis,  dicens  :  Onerantes  ju- menta ,  ite  in  terram  Chanaan  ;
18.  Et  tollite  inde  patrem  vestrum  et cognationem ,  et  venite  ad  me  ;  et  ego dabo  vobis  omnia  bona  ^g3^pti,  ut  come- datis  medullam  terrse.
19.  Prœcipe  etiam  ut  tollant  plaustra de  terra  iEg3'pti,  ad  subvectionem  par- vulorum  suorum  ac  conjugum  ;  et  dicito  : Tollite  patrem  vestrum,  et  prosperate quantocius  venientes  ;
20.  Nec  dimittatis  quidquam  de  su- pellectili  vestra,  quia  omnes  opes  JEgy^ti vestrse  erunt
10.  Vous  demeurerez  dans  la  terre  de Gessen  ;  vous  serez  près  de  moi ,  vous  et vos  enfants,  et  les  enfants  de  vos  en- fants ,  vos  brebis ,  vos  troupeaux  de bœufs,  et  tout  ce  que  vous  possédez.
11.  Et  je  vous  nourrirai  là,  parce  qu'il reste  encore  cinq  années  de  famine  ;  de peur  qu'autrement  vous  ne  périssiez  avec toute  votre  famille  et  tout  ce  qui  est  à vous.
12.  Vous  voyez  de  vos  yeux,  vous  et mon  frère  Benjamin ,  que  c'est  mol- même  qui  vous  parle  de  ma  propre bouche.
13.  Annoncez  à  mon  père  quelle  est ma  gloire,  et  tout  ce  que  vous  avez  vu dans  l'Egypte.  Hâtez -vous  de  me  l'a- mener.
14.  Et  s'étant  jeté  au  cou  de  Benja- min son  fi'ère,  pour  l'embrasser,  il  pleura; et  Benjamin  pleura  aussi  en  le  tenant embrassé.
15.  Joseph  embrassa  aussi  tous  ses frères  ;  il  pleura  sur  chacun  d'eux  ;  et après  cela  ils  se  rassurèrent  pour  lui parler.
16.  Aussitôt  le  bruit  se  répandit  dans toute  la  cour  du  roi  que  les  frères  de Joseph  étaient  venus ,  et  le  Pharaon  s'en réjouit  avec  toute  sa  maison.
17.  Et  il  dit  à  Joseph  :  Dites  à  vos frères  :  Chargez  vos  ânes  de  blé ,  retour- nez en  Chanaan ;
18.  Et  amenez  de  là  votre  père  avec toute  votre  famille ,  et  venez  me  trouver. Je  vous  donnerai  tous  les  biens  de  l'E- gjq^te,  et  vous  serez  nourris  de  ce  qu'il y  a  de  meilleur  dans  ce  pays.
19.  Ordonnez  -^leur  aussi  d'emmener des  chariots  de  l'Egypte,  pour  faire  venir leurs  femmes  avec  leurs  petits  enfants, et  dites -leur  :  Amenez  votre  père,  et hâtez-vous  de  venir  le  plus  tôt  que  vous pourrez ,
20.  Sans  rien  laisser  de  ce  qui  est  dans vos  maisons  ,^  parce  que  toutes  les  ri- chesses de  l'Egypte  seront  à  vous.
au  nord -est  de  la  basse  Egypte  et  dans  une  si- tuation indépendante.  Voy.  Vigouroux,  la  Bible et  les  dccoicvertes  modernes,  II,  232  et  ss.
14-15.  Témoignages  d'affection  réciproque  pour clore  cette  scène  inimitable.  —  Osculatus  est... a  Osculabatur  ergo  singulos ,  et  per  singulos flebat,  et  irriguis  laci'ymis  paventium  colla  per- fundebat,  Itaque  odium  fratrum  charitatis  la- cryniis  abluebat.  »  S.  Aug.,  h.  l.  Il  fallut  toutes ces  démonstrations  de  tendresse  pour  les  rassurer pleinement  :  pot^t  qu(S  avsi  sunt...
70  Départ  des  frères  de  Joseph.  XLV,  16-28.
16-20.  Les  bontés  du  Pharaon  ici  décrites  dé- démontrent combien  avaient  grandi  son  attache- ment et  son  estime  pour  Joseph.  —  Medullam... Hébr.  :  la  graisse  de  la  terre.  —  Plaustra.  L'E- gypte était  par  excellence ,  dans  l'antiquité ,  le pays  des  chars.  Voy.  dans  VAtl.  arch.,  pi.  lxxv, fig.  6 ,  et  pi.  Lxxvi,  fig.  8,  11,  quelques  spécimens des  modestes  voitures  qui  servaient  pour  voyager. Les  chars  de  guerre  étaient  plus  brillants.  —  Nec dimittatis...  Plutôt,  d'après  l'hébr.  et  plusieurs
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Gen.  XLV,  21-28.
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21.  Les  enfants  d'Israël  firent  ce  qui leur  avait  été  ordonné.  Et  Joseph  leur fit  donner  des  chariots,  selon  l'ordre  qu'il en  avait  reçu  du  Pharaon,  et  des  vivres pour  le  chemin.
22.  Il  commanda  aussi  que  l'on  don- nât deux  robes  à  chacun  de  ses  frères  ; mais  il  en  donna  cinq  des  plus  belles  ti Benjamin,  et  trois  cents  pièces  d'argent.
23.  Il  envoya  autant  d'argent  et  de robes  pour  son  père,  avec  dix  ânes  char- gés de  tout  ce  qu'il  y  avait  de  plus  pré- cieux dans  l'Eg^'pte,  et  autant  d'ânesses qui  portaient  du  blé  et  du  pain  pour  le chemin.
24.  Il  renvoya  donc  ses  frères,  et  il leur  dit  au  départ  :  Ne  vous  querellez point  le  long  du  chemin.
25.  Ils  vinrent  donc  de  l'Egypte  au pays  de  Chanaan,  vers  Jacob  leur  père,
26.  Et  ils  lui  dirent  cette  nouvelle  : Votre  fils  Joseph  est  vivant,  et  il  gou- verne tout  le  pays  d'Egypte.  Ce  que Jacob  ayant  entendu ,  il  se  réveilla comme  d'un  profond  sommeil,  et  cepen- dant il  ne  pouvait  croire  ce  qu'ils  lui disaient.
27.  Ses  enfants  insistaient,  au  contraire, en  lui  rapportant  comment  toute  la  chose s'était  passée.  Enfin,  aj^ant  vu  les  cha- riots et  tout  ce  que  Joseph  lui  envoyait, il  reprit  ses  esprits  ;
28.  Et  il  dit  :  Je  n'ai  plus  rien  ù,  sou- haiter, puisque  mon  fils  Joseph  vit  en- core. J'irai,  et  je  le  verrai  avant  de mourir.
21.  Feceruntquc  fihi  Israël  ut  eis  man- datum  fuerat.  Quibus  dédit  Joseph  plau- stra,  secundum  Pharaonis  imperium,  et cibaria  in  itinere.
22.  SinguHs  quoque  proferri  jussit binas  stolas  ;  Benjamin  vero  dédit  tre- centos  argeuteos  cum  quinque  stolis  opti- mis  ;
23.  Tantumdem  pecunise  et  vestium mittens  patri  suo,  addens  et  asinos  de- cem,  qui  subveherent  ex  omnibus  divi- tiis  ^gypti,  et  totidem  asinas,  triticum in  itinere  panesque  portantes.
24.  Dimisit  ergo  fratres  suos,  et  profi- ciscentibus  ait  :  Ne  irascamini  in  via.
25.  Qui  ascendentes  ex  JEgypto,  vene- runt  in  terram  Chanaan  ad  patrem  suum Jacob ,
26.  Et  nuntiaverunt  ei,  dicentes  :  Jo- seph filius  tuus  vivit,  et  ipse  dominatur in  omni  terra  ^gypti,  Quo  audito  Jacob, quasi  de  gravi  somno  evigilans,  tamen non  credebat  eis.
27,  Illi  e  contra  referebant  oranem  or- dinem  rei.  Cumque  vidisset  plaustra,  et universa  quse  miserat,  revixit  spiritus ejus,
28.  Et  ait  :  Sufficit  mihi  si  adhuc  Jo- seph filius  meus  vivit;  vadam,  et  videbo illum  antequam  moriar.
versions  :  «  Que  votre  œil  ne  regi'ette  pas...  » Dans  une  migration  de  ce  gem'e ,  il  fallait  aban- donner beaucoiip  d'objets  qu'il  eût  été  difficile  ou impossible  de  transporter.  Le  prince  promet  une large  compensation.
21-24.  Joseph  congédie  gracieusement  ses  frères.
—  Binas  stolas.  La  èimlah,  ou  grand  manteau. Cette  coutume  d'honorer  des  inférieurs  en  leur donnant  de  riches  vêtements  subsiste  toujours dans  l'Orient  moderne.  Benjamin  reçoit  de  nou- veau une  part  quintuple,  et,  en  outre,  une  somme d'argent  considérable.  Yoy.  la  note  de  xxxvn,  28.
—  Dernière  recommandation  au  moment  du  dé- part :  Ise  irascamini.  Joseph  craignait,  non  sans
quelque  raison,  qu'ils  ne  se  querellassent  à  son sujet,  en  rejetant  les  uns  sur  les  autres  la  res- ponsabilité du  crime  de  Dothaïn.
25-28.  Le  retour,  et  la  joie  de  Jacob. —  Quasi de...  somno...  Comme  s'il  eût  rêvé.  L'hébreu  porte: Mais  son  cœur  l'esta  froid  ;  locution  expliquée  par les  mots  suivants  :  non  credebat. —  Le  patriarche dut  pourtant  se  rendre  à  la  réalité  matérielle  : cum...  vidisset  planstra...  Alors,  revixit  spiritus ejus;  car  il  avait  été  plongé  dans  ime  sorte  de léthargie  morale.  —  Sufficit  mihi...  Toute  l'affec- tion de  Jacob  pour  Joseph  est  dans  cette  courte et  forte  parole.
172
Gen.  XLVI,  1-9.
CHAPITRE  XLVI
1.  Profectusque  Israël  cum  omnibus quœ  habebat,  venit  ad  puteum  Jura- menti  ;  et  mactatis  ibi  victimis  Deo  pa- tris  sui  Isaac,
2.  Audivit  eum  per  visionem  noctis vocaritem  se,  et  dicentem  sibi  :  Jacob  ! Jacob  !  Oui  respondit  :  Ecce  adsum.
3.  Ait  illi  Deus  :  Ego  sum  fortissimus Deus  patris  tui;  noli  timere;  descende in  ^gyptum,  quia  in  gentem  magnam faciam  te  ibi.
4.  Ego  descendam  tecum  illuc ,  et  ego inde  adducam  te  revertentem  ;  Joseph quoque  ponet  manus  suas  super  oculos tuos.
5.  Surrexit  autem  Jacob  a  puteo  Jura- menti  ;  tuleruntque  eum  filii  cum  par- vulis  et  uxoribus  suis  in  plaustris  quse miserat  Pharao  ad  portandum  senem,
6.  Et  omnia  quse  possederat  in  terra Chanaan  ;  venitque  in  uî]g3^ptum  cum omni  semine  suo,
7.  Filii  ejus,  et  nepotes,  filiae,  et  cun- cta  simul  progenies.
8.  Haec  sunt  autem  nomina  filiorum Israël,  qui  ingressi  sunt  in  iEgj'ptum, ipse  cum  liberis  suis  :  Primogenitus Êuben.
9.  Filii  Ruben  :  Henoch  et  Pliallu  et Hesron  et  Charmi.
1.  Israël  partit  donc  avec  tout  ce  qu'il avait,  et  vint  au  Puits  du  serment;  et ayant  immolé  en  ce  lieu  des  victimes  au Dieu  de  son  père  Isaac,
2.  Il  l'entendit  dans  une  vision,  pen- dant la  nuit,  qui  l'appelait,  et  qui  lui disait  :  Jacob,  Jacob.  Il  lui  répondit  :  Me voici.
3.  Et  Dieu  ajouta  :  Je  suis  le  Dieu très  puissant  de  votre  père,  ne  craignez point;  allez  en  Egypte,  parce  que  je vous  y  rendrai  le  chef  d'un  grand peuple.
4.  J'irai  là  avec  vous,  et  je  vous  en ramènerai  lorsque  vous  en  reviendrez. Joseph  aussi  vous  fermera  les  yeux  de ses  mains.
5.  Jacob  étant  donc  parti  du  Puits  du serment,  ses  enfants  l'amenèrent  avec ses  petits-enfants  et  leurs  femmes,  dans les  chariots  que  le  Pharaon  avait  envoyés pour  porter  ce  vieillard ,
6.  Avec  tout  ce  qu'il  possédait  au  pays de  Chanaan  ;  et  il  arriva  en  Egypte  avec toute  sa  race,
7.  Ses  fils,  sei  petits -fils,  ses  filles,  et tout  ce  qui  était  né  de  lui.
8.  Or  voici  les  noms  des  enfants  d'Is- raël qui  entrèrent  dans  l'Egypte,  lorsqu'il y  vint  avec  toute  sa  race.  Son  fils  aîné était  Ruben.
9.  Les  fils  de  Ruben  étaient  Hénoch, Phallu,  Hesron  et  Charmi.
Section  III.  —  Jacob  s'établit  en  Egypte
AVEC  LES  SIENS.  XLVI,  1  —  L,   25.
§  I.  —  L'arrivée  du  patriarche  eyi  Egypte. XLVI,  1-34.
1°  Départ  de  Chanaan,  après  la  confirmation des  divines  promesses,  vers.  1-7.
Chap.  XLVI.  —  1-4.  La  vision  de  Bersabée.
—  Profectus...  Israël.  L'emploi  de  ce  nom  cadi'e avec  la  solennité  de  la  circonstance.  —  Ad  pu- teum Jura7nenti,c.-h-(l.  à  Borsabée,  au  sud  d'Hé- bron ,  sur  la  route  d'Egypte.  Cf.  xxi,  33;  xxvi,  25.
—  Mactatis...  victimis.  Jacob  se  proposait  de  con- sulter le  Seigneur  sur  sa  grave  démarche.  —  Per visionem.  Ce  fut  pour  Jacob  la  dernière  des  ap- paritions divines.  La  révélation  qui  y  fut  associée (3-4)  est  nette,  et  décisive  dans  sa  brièveté.  Dieu ordonne  la  migration ,  et  promet  de  protéger Jacob  et  ses  descendants  en  Egypte,  puis  de  ra- mener ceux-ci  en  Palestine  h  l'état  de  peuple puissant  Ue  revertentem:  pas  lui-même  en  per-
sonne, mais  la  nation  issue  de  lui).  —  Joseph... ponet...  Douce  consolation  promise  au  patriarche. Déjà  prévalait  la  coutume  de  fermer  les  yeux  aux morts,  et  c'est  un  des  plus  proches  parents  qui accomplissait  ce  triste  devoir.
5-7.  Le  voyage  et  l'arrivée,  brièvement  si- gnalés.
2^  Liste  des  descendants  de  Jacob,  vers.  8-27.
C'est  Va  un  document  plein  d'importance.  Sur le  seuil  de  l'Egypte ,  l'écrivain  sacré  suppute  les membres  dont  se  composait  la  race  choisie.  Il  les divise  en  quatre  groupes ,  correspondant  aux  qua- tre femmes  de  Jacob.
8=*.  Titre  de  cet  alinéa.  —  Qui  ingressi  sunt doit  s'entendre  moralement  ;  car  plusieurs  étaient déjà  morts,  et  d'autres  étaient  nés  en  Égj'pte. Voyez  les  vers.  12  et  27.
8i»-15.  Premier  groupe  :  les  enfants  de  Jacob par  Lia.  —  Triglnta  très  (vers.  15)  :  six  fils,  une fille,  vingt-trois  petits-fils,  deux  arrière-petits-flls, et  Jacob  lui-même.
Gen.  XLVI,  10-26.
173
10.  Les  fils  de  Siméon  étaient  Jamucl, Jamin,  Ahod,  Jachin,  Sohar,  et  Saûl, fils  d'une  femme  de  Chanaan.
11.  Les  fils  de  Lévi  étaient  Gerson, Caatli  et  Mérari.
12.  Les  fils  de  Juda  :  lier,  Onan,  Séla, Phares  et  Zara.  lier  et  Onan  moururent dans  le  pa3^s  de  Chanaan.  Les  fils  de Phares  étaient  Hesron  et  Haraul.
13.  Les  fils  d'Issachar  :  Thola,  Phua, Job  et  Semron.
14.  Les  fils  de  Zabulon  :  Sared,  Elon et  Jahélel.
15.  Ce  sont  là  les  fils  de  Lia  qu'elle eut  en  Mésopotamie  de  Syrie,  outre  sa fille  Dina.  Ses  fils  et  ses  filles  étaient  en tout  trente -trois  personnes.
16.  Les  fils  de  Gad  étaient  Séphion, Haggi,  Suni,  Esebon,  Héri,  Arodi  et Aréli.
17.  Les  fils  d'Aser  :  Jamné,  Jésiia, Jessui ,  Béria ,  et  Sara  leur  sœur.  Les  fils de  Béria  étaient  liéber  et  Melchiel.
18.  Ce  sont  là  les  fiJs  de  Zelpha,  que Laban  avait  donnée  à  Lia  sa  fille  ;  elle les  enfanta  à  Jacob  ;  en  tout  seize  per- sonnes.
19.  Les  fils  de  Raclicl,  fomme  de  Ja- cob, étaient  Joiie]}]i  et  Benjamin.
20.  Joseph,  étant  en  Egypte,  eut  deux fils  de  sa  femme  Aséneth,  fille  de  Puti- l]haré,  prêtre  d'Héliopolis  :  Manassé  et Ephraïm.
21.  Les  fils  de  Benjamin  étaient  Bêla, Béclior,  Asbel,  Géra,  Naaman,  Echi, Ros,  Mophim,  Ophim,  et  Ai-ed.
22.  Ce  sont  là  les  fils  que  Jacob  eut de  Rachel,  qui  font  en  tout  quatorze personnes.
23.  Dan  n'eut  qu'un  fils,  Husim.
24.  Les  fils  de  Nephthali  étaient  Jasiel, Guni,  Jéser  et  Sallem.
25.  Ce  sont  là  les  fils  de  Bala,  que  La- ban avait  donnée  à  Rachel  sa  fille  ;  elle les  enfanta  à  Jacob  ;  en  tout  sept  per- sonnes.
26.  Tous  ceux  qui  vinrent  en  Egypte avec  Jacob,  et  qui  étaient  sortis  de  lui, sans  compter  les  femmes  de  ses  fils, étaient  en  tout  soixante -six  personnes.
10.  Filii  Simeon  :  Jamuel  et  Jamin  et Ahod  et  Jachin  et  Sohar,  et  Saul  filius Chanaanitidis.
11.  Filii  Levi  :  Gerson  et  Caath  et Mcrari.
12.  JTilii  Juda  :  lier  et  Onan  et  Sela et  Phares  et  Zara  ;  mortui  sunt  autem lier  et  Onan  in  terra  Chanaan.  Natique sunt  filii  Phares,  Hesron  et  Hamul.
13.  Filii  Issachar  :  Thola  et  Phua  et Job  et  Semron.
14.  Filii  Zabulon  :  Sared  et  Elon  et Jahelel.
15.  Hi  filii  Lise  quos  genuit  in  Mesopo- tamia  Syrise  cum  Dina  filia  sua.  Omnes animse  filiorum  ejus  et  filiarum,  triginta très.
16.  Filii  Gad  :  Sephion  et  Haggi  et Suni  et  Esebon  et  Heri  et  Arodi  et  Âreli.
17.  Filii  Aser  :  Jamne  et  Jesua  et  Jes- sui et  Beria,  Sara  quoque  soror  eorum. Filii  Beria  :  Heber  et  Melchiel.
18.  Hi  filii  Zelphœ,  quam  dédit  Laban Lise  filise  suaj  ;  et  hos  genuit  Jacob  sede- cim  animas.
19.  Filii  Rachel  uxoris  Jacob  :  Jossph et  Benjamin.
20.  Natique  sunt  Joseph  filii  in  terra ^gypti,  quos  genuit  ei  Aseneth  filia  Puti- phare  sacerdotis  Heliopoleos  :  Manasses et  Ephraim.
21.  Filii  Benjamin  :  Bêla  et  Bechor  et Asbel  et  Géra  et  Naaman  et  Echi  et  Ros et  Mophim  et  Ophim  et  Ared.
22.  Hi  filii  Rachel  quos  genuit  Jacob  ; omnes  animae ,  quatuordecim.
23.  Filii  Dan  :  Husim.
24.  Filii  Nephthali  :  Jasiel  et  Guni  et Jeser  et  Sallem.
25.  Hi  filii  Baise,  quam  dédit  Laban Racheli  filise  suse  ;  et  hos  genuit  Jacob  ; omnes  animée,  septem.
26.  Cunctse  animse,  quse  ingressse  sunt cum  Jacob  in  Mgyptum,  et  egressse  sunt de  femore  illius,  absque  uxoribus  filio- rum ejus,  sexaginta  sex.
16-18.  Second  groupe  :  les  enfants  de  Jacob par  Zelpha.  Seize  en  tout  :  deux  fils,  onze  petits- fils,  une  petite -fille,  et  deux  arrière  -  petits  -  fils.
19-22.  Troisième  groupe  :  les  enfants  de  Jacob par  Rachel.  En  tout  quatorze  :  deux  fils  et  douze petits -fils.  En  rapprochant  le  vers.  21  de  Num. XXVI,  38-40,  et  de  I  Par.  vni,  1-5,  on  trouve une  divergence  notable  pour  ce  qui  regarde  les
fils  de  Benjamin,  Cela  tient,  soit  aux  erreurs  des copistes  (voyez  Vercellone,  Varice  lectiones  Vul- gatce,  h.  1.),  soit  à  d'autres  causes  qu'il  n'est  pas possible  d'expliquer  avec  exactitude.
23-25.  Quatrième  groupe  :  les  enfants  de  Jacob par  Bala.  Deux  fils  et  cinq  petits -fils  seule- ment.
26-27.  Récapitulation  générale.  Pour  obtenir
174
Gen.  XLVI,  27-34.
27.  Filii  autein  Joseph,  qui  nati  sunt ei  in  terra  ^gj^pti,  animÊe  duse.  Omnes animas  domus  Jacob,  qnœ  ingressse  sunt in  ^g3^ptum,  fuere  septuaginta.
28.  Misit  autem  Judam  ante  se  ad  Jo- seph, ut  nuntiaret  ei,  et  occurreret  in Gessen.
29.  Quo  cum  pervenisset,  juncto  Jo- seph eurru  suo,  ascendit  obviam  patri suo  ad  eumdem  locum  ;  vidensque  eum, irruit  super  coUum  ejus,  et  inter  am- plexus  flevit.
30.  Dixitque  pater  ad  Joseph  :  Jam Isetus  moriar,  quia  vidi  faciem  tuam,  et superstitem  te  relinquo.
31.  At  ille  locutus  est  ad  fratres  suos, et  ad  omnem  domum  patris  sui  :  Ascen- dam  et  nuntiabo  Pharaoni,  dicamque  ei  : Fratres  mei,  et  domus  patris  mei,  qui erant  in  terra  Chanaan,  venerunt  ad  me  ;
32.  Et  sunt  viri  pastores  ovium,  cu- ramque  habent  alendorum  gregum  ;  pe- cora  sua ,  et  armenta ,  et  omnia  qu£e  ha- bere  potuerunt,  adduxerunt  secum.
33.  Cumque  vocaverit  vos,  et  dixerit: Quod  est  opus  vestrum?
34.  Eespondebitis  :  Viri  pastores  su- mus  servi  tui,  ab  infantia  nostra  usque in  praesens,  et  nos  et  patres  nostri.  Hcec autem  dicetis ,  ut  habitare  possitis  in terra  Gessen,  quia  detestantur  ^gyptii omnes  pastores  ovium.
27.  Il  y  faut  joindre  les  deux  enfants de  Joseph  qui  lui  étaient  nés  en  Egypte. Ainsi  toutes  les  personnes^  de  la  maison de  Jacob  qui  vinrent  en  Egypte  furent au  nombre  de  soixante  -  dix.
28.  Or  Jacob  envoya  Juda  devant  lui vers  Joseph  pour  l'avertir  de  sa  venue, afin  qu'il  vînt  au-devant  de  lui  en  la  terre de  Gessen.
29.  Quand  Jacob  y  fut  arrivé,  Joseph fit  atteler  son  char,  et  vint  au  même  lieu au-devant  de  son  père;  et  le  voyant,  il se  jeta  à  son  cou,  et  l'embrassa  en  pleu- rant.
30.  Jacob  dit  à  Joseph  :  Je  mourrai maintenant  avec  joie,  puisque  j'ai  vu votre  visage,  et  que  je  vous  laisse  après moi.
31.  Joseph  dit  à  ses  frères  et  à  toute la  maison  de  son  père  :  Je  m'en  vais  dire au  Pharaon  que  mes  frères  et  tous  ceux de  la  maison  de  mon  père  sont  venus me  trouver  de  la  terre  de  Chanaan  où  ils demeuraient  ;
32.  Que  ce  sont  des  pasteurs  de  brebis, qui  s'occupent  à  nourrir  des  troupeaux, et  qu'ils  ont  amené  avec  eux  leurs  brebis, leurs  boeufs  et  tout  ce  qu'ils  pouvaient avoir.
33.  Et  lorsque  le  Pharaon  vous  fera venir,  et  vous  demandera  :  Quelle  est votre  occupation?
34.  Vous  lui  répondrez  :  Vos  serviteurs sont  pasteurs  depuis  leur  enfance  jusqu'à présent,  et  nos  pères  l'ont  toujours  été comme  nous.  Vous  direz  cela  pour  pou- voir demeurer  dans  la  terre  de  Gessen , parce  que  les  Egyptiens  ont  en  abomina- tion tous  les  pasteurs  de  brebis.
le  premier  chiffre  de  sexaginta  sex ,  il  faut omettre  Jacob,  avec  Joseph  et  ses  deux  fils,  men- tionnés à  part  au  vers.  27.
3°  Joseph  vient  au-devant  de  son  père,  28-34.
28-30.  La  rencontre,  racontée  en  termes  pa- thétiques. Beau  tableau  de  l'affection  réciproque du  vieux  père  et  de  son  fils  privilégié.
31-34.  Quelques  recommandations  de  Joseph à  ses  frères,  pour  faciliter  leur  installation  en Egypte.  Il  leur  annonce  d'abord,  31-32,  ce  qu'il dira  lui-même  à  leur  sujet  au  Pharaon;  puis, 33-34,  il  leur  indique  le  langage  qu'ils  devront tenir  personnellement  au  roi,  quand  ils  lui  seront présentés.  —  Ut  hahdare  possiils...  Motif  de  ces
précautions  minutieuses.  Joseph  tenait  à  ce  que sa  famille  fût  installée  dans  la  province  de  Ges- sen (xLV,  10),  qui  convenait  à  merveille  aux  Is- raélites à  cause  de  ses  gras  pâturages  et  de  son isolement;  or  il  obtiendrait  plus  facilement  cette installation  si  ses  frères  proclamaient  leur  con- dition de  pasteurs,  quia  detestantur  ^gupt'd... Ce  trait  curieux  est  confirmé  par  les  monuments, où  les  pasteurs  sont  souvent  représentés  comme des  êtres  difformes ,  à  l'état  de  vraies  caricatures. Cette  haine  datait  peut-être,  comme  l'a  conjecturé D.  Calmet,  de  l'invasion  des  Hj'ksos  ou  Pasteurs, et  de  leur  conquête  du  pays.  Voj'cz  VAtl.  arcli., pi.  xxxviii ,  ûg.  8.
Gen.  XLVII,  1-10.
175
CHAPITRE  XLVII
1.  Joseph,  étant  donc  allé  trouver  le Pharaon,  lui  dit  :  Mon  père  et  mes  frères sont  venus  du  paj^s  de  Chanaan  avec leurs  brehis,  leurs  troupeaux,  et  tout  ce qu'ils  possèdent,  et  ils  se  sont  arrêtés  en la  terre  de  Ge:^sen.
2.  Il  présenta  aussi  au  roi  cinq  de  ses frères  ;
3.  Et  le  roi  leur  ayant  demandé  :  A quoi  vous  occupez -vous  ?  Ils  lui  répon- dirent :  Vos  serviteurs  sont  pasteurs  de brebis,  comme  l'ont  été  nos  pères.
4.  Nous  sommes  venus  passer  quelque temps  dans  vos  terres,  parce  que  la  fa- mine est  si  grande  dans  le  paj^s  de  Cha- naan, qu'il  n'y  a  plus  d'herbe  pour  les troupeaux  de  vos  serviteurs.  Et  nous  vous supplions  d'agréer  que  vos  serviteurs  de- meurent dans  la  terre  de  Gessen.
5.  Le  roi  dit  donc  à  Joseph  :  Votre  père et  vos  frères  sont  venus  vous  trouver.
6.  Vous  pouvez  choisir  dans  toute  l'E- gypte ;  faites-les  demeurer  dans  l'endroit du  pays  qui  vous  paraîtra  le  meilleur,  et donnez -leur  la  terre  de  Gessen.  Que  si vous  connaissez  qu'il  y  ait  parmi  eux  des hommes  habiles,  donnez-leur  l'intendance sur  mes  troupeaux.
7.  Joseph  introduisit  ensuite  son  père devant  le  roi,  et  il  le  lui  présenta.  Jacob salua  le  Pharaon ,  et  le  bénit.
8.  Le  roi  lui  ayant  demandé  quel  âge il  avait,
9.  Il  lui  répondit  :  Les  jours  de  ma pérégrination  sont  de  cent  trente  ans  ; ils  ont  été  peu  nombreux  et  mauvais,  et ils  n'ont  point  atteint  ceux  de  la  pérégri- nation de  mes  pères.
10.  Et  après  avoir  souhaité  toute  sorte de  bonheur  au  roi ,  il  se  retira.
1.  Ingressus  ergo  Joseph  nuntiavit Pharaoni ,  dicens  :  Pater  meus  et  fratres , oves  eorum  et  armenta,  et  cuncta  quee possident,  venerunt  de  terra  Chanaan; et  ecce  consistunt  in  terra  Gessen.
2.  Extremos  quoque  fratrum  suorum quinque  viros  constituit  coram  rege,
3.  Quos  ille  interrogavit  :  Quid  ha- betis  operis?  Ptesponderunt  :  Pastores ovium  sumus  servi  tui ,  et  nos ,  et  patres nostri.
4.  Ad  peregrinandum  in  terra  tua  ve- nimus,  quoniam  non  est  herba  gregibus servorum  tuorum ,  ingravescente  famé in  terra  Chanaan  ;  petimusque  ut  esse nos  jubeas  servos  tuos  in  terra  Gessen.
5.  Dixit  itaque  rex  ad  Joseph  :  Pater tuus  et  fratres  tui  venerunt  ad  te.
6.  Terra  ^gypti  in  conspectu  tuo  est; in  optimo  loco  fac  eos  habitare,  et  trade eis  terram  Gessen.  Quod  si  nosti  in  eis esse  viros  industries,  constitue  illos  ma- gistros  pecorum  meorum.
7.  Post  hsec  introduxit  Joseph  patrem suum  ad  regem,  et  statuit  eum  coram eo  ;  qui  benedicens  illi ,
8.  Et  interrogatus  ab  eo  :  Quot  sunt dies  annorum  vitse  tuse  ?
9.  Kespondit  :  Dies  peregrinationis meae  centum  triginta  annorum  sunt,  par- vi  et  mali,  et  non  pervenerunt  usque  ad dies  patrum  meorum  quibus  peregrinati sunt.
10.  Et  benedicto  rege,  egressus  est foras.
§11.  —  Heureux  séjour  d' Israël  en  Egypte  jusqu'à la  fin  de  la  famine.  XLVII,  1-28.
1°  Installation  de  Jacob  dans  la  terre  de  Ges- sen, vers.  1-12.
Chap.  XLVII.  — 1-4.  Joseph  présente  cinq  de ses  frères  au  Pharaon.  —  Extremos.  Hébr.  :  du nombre  de  ses  frères.  —  Besponderunt  :  d'une manière  toute  conforme  aux  instructions  du  vice- roi,  XLYI,  Si.
5-6.  Le  roi  donne  à  Jacob  et  à  sa  famille  la riche  province  de  Gessen.  —  Terra...  in  conspectu tuo.  C.-à-d.  :  choisis  à  ton  gré.  —  Quod  si  nosti... Les  Pharîions  ont  toujours  possédé  de  nombreux
troupeaux  comme  propriétés  privées;  les  monu- ments antiques  en  font  foi.  —  Magistros  peco- rum :  inspecteurs  et  intendants.
7  - 10.  Jacob  lui-même  est  présenté  au  roi.  Tou- chante scène,  —  Benedicens.  Le  vénérable  pa- triarche associa  à  ses  salutations,  conformément à  l'usage  de  ces  temps,  des  prières  et  des  sou- haits pour  la  prospérité  du  prince.  —  Dies  pere- grinationis... Belle  définition  de  la  vie  de  Jacob en  particulier,  et  de  la  vie  humaine  en  général. «  Pèlerinage,  »  par  allusion  d'abord  au  va-et- vient  perpétuel  de  Jacob ,  et  aussi  à  l'inconstance des  choses  de  la  terre  relativement  à  celles  du ciel;  inconstance  dont  la  vie  nomade  du  patriarche
176
Gen.  XLVII,  11-20.
11.  Joseph  vero  patri  et  fi-atribiis  suis (ledit  possessionem  in  ^gypto  in  optimo terrœ  loco  Ramesses ,  ut  prœceperat Pharao.
12.  Et  alehat  eos,  omnemque  domum patris  sui ,  prœbens  cibaria  singulis.
13.  In  toto  enim  orbe  panis  deerat,  et oppresserat  famés  terram,  maxime  Mgy- pti  et  Chanaan.
14.  E  quibus  omnem  pecuniam  con- gregavit  pro  venditione  frumenti,  et  in- tulit  eam  in  œrarium  régis.
15.  Cumque  defecisset  emptoribus  pre- tiuip,  venit  cuncta  j^Sgj^ptus  ad  Joseph, ^cens  :  Da  nobis  panes  ;  quare  morimur coram  te,  déficiente  pecunia?
16.  Quibus  ille  respondit  :  Adducite pecora  vestra,  et  dabo  vobis  pro  eis  cibos, si  pretium  non  liabetis.
17.  Quse  cum  adduxissent,  dédit  eis alimenta  pro  equis,  et  ovibus,  et  bobus, et  asinis  ;  sustenta vitque  eos  illo  anno pro  commutatione  pecorum.
18.  Venerunt  quoque  anno  secundo, et  dixerunt  ei  :  Non  celabimus  dominum nostrum  quod  déficiente  pecunia,  pecora simul  defecerunt;  nec  clam  te  est,  quod absque  corporibus  et  terra  idhil  habea- mus.
19.  Cur  ergo  moriemur  te  vidente?  et nos  et  terra  nostra  tui  erimus  ;  eme  nos in  servitutem  regiam,  et  prsebe  semina, ne  pereunte  cultore  redigatur  terra  in  so- litudinem.
20.  Emit  igitur  Joseph  omnem  terram iEg3^pti,  vendentibus  singulis  possessio- nes  suas  prse  magnitudine  famis.  Subje- citque  eam  Pliaraoni,
11.  Joseph,  selon  le  commandement du  Pharaon,  mit  son  père  et  ses  frères en  possession  de  Ramesses,  dans  le  pays le  plus  fertile  de  l'Egypte.
12.  Et  il  les  nourrissait  avec  toute  la maison  de  son  père,  donnant  à  chacun ce  qui  lui  était  nécessaire  pour  vivre.
13.  Car  le  pain  manquait  dans  tout  le pays,  et  la  famine  affligeait  toute  la terre,  mais  principalement  l'Egypte  et le  pays  de  Chanaan.
14.  Joseph,  ayant  amassé  tout  l'argent qu'il  avait  reçu  des  Egyptiens  et  des Chananéens  pour  le  blé  qu'il  leur  avait vendu,  le  porta  au  trésor  du  roi.
15.  Et  lorsqu'il  ne  resta  plus  d'argent à  personne  pour  en  acheter,  tout  le  peuple de  l'Egypte  vint  dire  à  Joseph  :  Donnez- nous  du  pain.  Pourquoi  nous  laissez-vous mourir  faute  d'argent?
16.  Joseph  leur  répondit  :  Si  vous n'avez  plus  d'argent,  amenez  vos  trou- peaux, et  je  vous  donnerai  du  blé  en échange.
17.  Ils  lui  amenèrent  donc  leurs  trou- peaux, et  il  leur  donna  du  blé  pour  le prix  de  leurs  chevaux,  de  leurs  brebis, de  leurs  bœufs  et  de  leurs  ânes  ;  et  il  les nourrit  cette  année-là  pour  les  troupeaux qu'il  reçut  d'eux  en  échange.
18.  Ils  revinrent  l'année  d'après,  et ils  lui  dirent  :  Nous  ne  vous  cacherons point,  mon  seigneur,  que  l'argent  nous ayant  manqué  d'abord,  nous  n'avons également  plus  de  troupeaux.  Et  vous n'ignorez  pas  qu'excepté  nos  corps  et nos  terres  nous  n'avons  rien.
19.  Pourquoi  donc  mourrons-nous  sous vos  yeux?  Nous  nous  donnons  à  vous, nous  et  nos  terres  :  achetez -nous  pour être  les  esclaves  du  roi,  et  donnez -nous de  quoi  semer,  de  peur  que  la  terre  ne demeure  en  friche,  si  vous  laissez  périr ceux  qui  peuvent  la  cultiver.
20.  Ainsi  Joseph  acheta  toutes  les terres  de  l'Egypte,  chacun  vendant  tout ce  qu'il  possédait,  à  cause  de  l'extrémité de  la  famine  :  et  il  acquit  de  cette  sorte au  Pharaon  toute  l'Egypte,
était  une  frappante  figure.  Cf.  Hebr,  xi,  9,  13. —  Non pervenerunt...  Jacob  avait  alors  130  ans; mais  Abraham  en  avait  vécu  175,  et  Isaac  180.
11  -12.  L'installation  définitive  d'Israël  à  Ges- sen ,  suivant  l'ordre  du  roi.  —  Ramesses  est  ici un  synonyme  de  Gesscn.  —  Cibaria  singulis. Hébr.  :  selon  la  bouche  des  enfants.  Locution gracieuse  et  pittoresque.  C'est  le  nombre  des  en- fants qui  détermine  les  besoins  spéciaux  de  chaque fauilllc.
2"  L'administration  de  Joseph  en  Egypte  pen- dant le  reste  de  la  famine,  vers.  13-28.
13-14.  Premier  degré  :  la  vente  du  blé  à  prix d'argent,  li'œrarium  royal  fut  rempli.
15  17.  Second  degré  :  vente  du  blé  en  échange des  troupeaux.
18-22,  Troisième  degré  :  vente  du  blé  en échange  des  terres.  —  Anno  secundo  :  la  seconde à  partir  de  celle  où  avait  eu  lieu  la  vente  du  bé- tail, vers.  17.  —  Au  vers.  21,  l'hébreu  porte  :  Et
Gen.  XL VII,  21-28.
177
21.  Avec  tous  les  peuples,  depuis  une extrémité  du  royaume  jusqu'à  l'autre,
22.  Excepté  les  seules  terres  des  prêtres, qui  leur  avaient  été  données  par  le  roi  : car  on  leur  fournissait  une  certaine  quan- tité de  blé  des  greniers  publics  ;  c'est pourquoi  ils  ne  furent  point  obligés  de vendre  leurs  terres.
23.  Après  cela  Joseph  dit  au  peuple  : Vous  voyez  que  vous  êtes  au  Pharaon, vous  et  toutes  vos  terres.  Je  vais  donc vous  donner  de  quoi  semer,  et  vous  ense- mencerez vos  champs,
24.  Afin  que  vous  puissiez  recueillir des  grains.  Vous  en  donnerez  la  cin- quième partie  au  roi;  et  je  vous  aban- donne les  quatre  autres  pour  semer  les terres,  et  pour  nourrir  vos  familles  et  vos enfants.
25.  Ils  lui  répondirent  :  Notre  salut est  entre  vos  mains.  Eegardez-nous  seu- lement, mon  seigneur,  d'un  œil  favorable, et  nous  servirons  le  roi  avec  joie.
26.  Depuis  ce  temps-là  jusqu'à  ce  jour, on  paye  aux  rois  dans  toute  l'Egypte  la cinquième  partie  du  revenu  des  terres,  et cela  est  comme  passé  en  loi  ;  excepté  la terre  des  prêtres,  qui  est  demeurée  exempte de  cette  sujétion.
27.  Israël  demeura  donc  en  Egypte, c'est-à-dire  dans  la  terre  de  Gessen,  dont il  jouit  comme  de  son  bien  propre,  et  où sa  famille  s'accrut  et  se  multiplia  extraor- dinairement.
28.  Il  y  vécut  dix -sept  ans,  et  tout  le temps  de  sa  vie  fut  de  cent  quarante-sept ans.
21.  Et  cunctos  populos  ejus,  a  novi^si- mis  terminis  iEgypti  usque  ad  extrêmes fines  ejus,
22.  Pra^ter  terram  sacerdotum,  quîc  a rege  tradita  f  uerat  eis  ;  quibus  et  statuta cii)aria  ex  horreis  publicis  prœbebantur  ; et  idcirco  non  sunt  compulsi  vendere possessiones  suas.
23.  Dixit  ergo  Joseph  ad  populos  :  En ut  cernitis,  et  vos,  et  terram  vestram Pharao  possidet;  accipite  semina,  et  se- rite  agros ,
24.  Ut  fruges  habere  possitis.  Quintam partem  régi  dabitis  ;  quatuor  reliquas permitto  vobis  in  sementem,  et  in  cibum familiis  et  liberis  vestris.
25.  Qui  responderunt  :  Salus  nostra  in manu  tua  est  ;  respiciat  nos  tantum  do- minus  noster,  et  Iseti  serviemus  régi.
26.  Ex  eo  tempore  usque  in  prsesen- tem  diem,  in  universa  terra  ^gypti  regi- bus quinta  pars  solvitur,  et  factum  est quasi  in  legem ,  absque  terra  sacerdotali , quœ  libéra  ab  hac  conditione  fuit.
27.  Habitavit  ergo  Israël  in  iEgypto, id  est,  in  terra  Gessen,  et  possediteam; auctusque  est,  et  multiplicatus  nimis.
28.  Et  vixit  in  ea  decem  et  septem annis  ;  factique  sunt  omnes  dies  vitse illius  centum  quadraginta  septem  an- norum.
il  fit  passer  le  peuple  dans  les  villes,  d'un  bout ù  l'autre  des  confins  de  l'Egypte  ;  ce  qui  offre  un sens  moins  net  que  celui  de  la  Vulgate  (et  aussi des  LXX  et  du  samaritain).  Les  documents  égyp- tiens confirment  cette  aliénation  universelle  des domaines  privés,  au  profit  de  l'État;  ils  ne manquent  pas  de  signaler  pareillement  l'exception faite  en  faveur  de  la  caste  sacerdotale.
23-26.  Convention  entre  Joseph  et  les  Égyp- tiens. —  Une  nation  dont  tous  les  membres  au- raient été  dénués  de  propriétés  foncières  fût  bien- tôt devenue  ingouvernable  ;  d'autre  part,  l'État, propriétaire  universel ,  eût  été  dans  le  plus  grand embarras  pour  cultiver  ses  terres  :  de  là  cette proposition  du  vice-roi  aux  Égyptiens  (vers.  23-24), acceptée  sans  hésitation,  et  même  avec  une satisfaction  visible.  L'Égyiite  est  assez  fertile pour  que  le  20  «/o  (  quintam  partem  )  d'impôts
en  nature  ne  soit  pas  une  charge  trop  lourde. Comme  leurs  ancêtres,  les  fellahs  actuels  s'écrie- raient :  Lceii  serviemus ,  s'ils  n'avaient  à  donner que  la  cinquième  partie  de  leurs  récoltes.  —  Ex eo  tempore...  Résultat  général  produit  par  la  con- vention. —  En  tout  cela ,  Joseph ,  loin  d'être  un cruel  despote,  ainsi  qu'on  le  lui  a  souvent  re- proché, s'est  conduit  comme  un  homme  d'État très  habile.  Ses  mesures  toui'nèrent  à  l'avantage tout  ensemble  du  peuple,  qu'elles  rendirent  heu- reux en  des  temps  difficiles,  et  du  pouvoir, qu'elles  contribuèrent  à  consolider  pour  le  bien du  pays.  Voy.  Vigoureux,  la  Bible  et  les  décou- vertes modernes,  II,  201  et  ss.
27  -  28.  Résumé  du  séjour  de  Jacob  dans  la  terre de  Gessen.  —  Decem  et  septem...,  centum  quadra- ginta septem  :  deux  dates  importantes  pour  la chronologie  de  cette  époque.
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29.  Cumque  appropinquare  cerneret diem  mortis  suse,  vocavit  filiura  simm Joseph  ;  et  dixit  ad  eum  :  Si  iiiveni  gra- tiam  in  conspectu  tuo,  poiie  manum tuam  sub  feraore  meo;  et  faciès  mihi misericordiam  et  veritatem,  ut  non  se- pelias  me  in  ^gypto  ;
30.  Sed  dormiam  cum  patribus  meis, et  auferas  me  de  terra  liac,  condasque in  sepulcro  majorum  meorum.  Oui  re- spondit  Joseph  :  Ego  faciam  quod  jus- sisti.
31.  Et  ille  :  Jura  ergo,  inquit,  mihi. Quo  jurante,  adora  vit  Israël  Deum,  con- versus  ad  lectuli  caput.
Gen.  XLVII,  29  —  XLVIII,  5.
29.  Comme  il  vit  que  le  jour  de  sa mort  approchait,  il  appela  son  fils  Jo- seph ,  et  lui  dit  :  Si  j'ai  trouvé  grâce  de- vant vous,  mettez  votre  main  sous  ma cuisse ,  et  donnez  -  moi  cette  marque  de bonté,  de  me  promettre  avec  vérité  que vous  ne  m'enterrerez  point  en  Eg3q3te  ;
30.  Mais  que  je  reposerai  avec  mes pères,  que  vous  me  transporterez  hors de  ce  pays,  et  me  mettrez  dans  le  sé- pulcre de  mes  ancêtres.  Joseph  lui  ré- pondit :  Je  ferai  ce  que  vous  me  com- mandez.
31.  Jurez -le -moi  donc,  dit  Jacob.  Et pendant  que  Joseph  jurait,  Israël  adora Dieu,  se  tournant  vers  le  chevet  de  son lit.
CHAPITRE  XLVIII
1.  His  ita  transactis,  nuntiatum  est Joseph  quod  œgrotaret  pater  suus;  qui, assumptis  duobus  filiis  Manasse  et Ephraim,  ire  perrexit.
2.  Dictumque  est  seni  :  Ecce  filius tuus  Joseph  venit  ad  te.  Qui  confortatus sedit  in  lectulo ,
3.  Et  ingresso  ad  se  ait  :  Deus  omni- potens  apparuit  mihi  in  Luza,  quœ  est in  terra  Chanaan,  benedixitque  mihi,
4.  Et  ait  :  Ego  te  augebo  et  multipli- cabo,  et  faciam  te  in  turbas  populorum  ; daboque  tibi  terram  hanc,  et  semini  tuo post  te,  in  possessionem  sempiternam.
5.  Duo  ergo  filii  tui,  qui  nati  sunt  tibi in  terra  ^gypti  antequam  hue  venirem ad  te,  mei  erunt  :  Ephraim  et  Manasses, sicut  Ruben  et  Simeon  reputabuntur mihi.
1.  Après  cela  on  vint  dire  un  jour  à Joseph  que  son  père  était  malade  ;  alors prenant  avec  lui  ses  deux  fils  Manassé et  Éphraïm,  il  l'alla  voir,
2.  On  dit  donc  à  Jacob  :  Voici  votre fils  Joseph  qui  vient  vous  voir.  Jacob, reprenant  ses  forces ,  se  mit  sur  son  séant dans  son  lit,
3.  Et  il  dit  à  Joseph  lorsqu'il  fut  en- tré :  Le  Dieu  tout -puissant  m'a  apparu à  Luza,  qui  est  au  pays  de  Chanaan  ;  et m'ayant  béni ,
4.  11  m'a  dit  :  Je  ferai  croître  et  mul- tiplier beaucoup  votre  race  ;  je  vous  ren- drai le  chef  d'une  multitude  de  peuples , et  je  vous  donnerai  cette  terre,  et  à  votre race  après  vous,  afin  que  vous  la  possé- diez à  jamais.
5.  C'est  pourquoi  vos  deux  fils  Ephraïm et  Manassé ,  que  vous  avez  eus  en  Egypte avant  que  je  vinsse  ici  auprès  de  vous,  se- ront à  moi,  et  ils  seront  mis  au  nombre de  mes  enfants,  comme  Ruben  et  Siméon.
§  in.  —  Les  dernières  dispositions  de  Jacob et  sa  mort.  XLVlI,  29  — L,  13.
1«  Ordre  relatif  à  sa  sépulture.  XLVII,  29-31.
29-31.  Vocavit...  Joseph ,  en  qui  il  avait  la  plus entière  confiance.  —  Pone  manum...  C'est  par  ce même  rite  qu'Abraham  avait  fait  prêter  serment à  Éliézcr,  xxrv,  2.  —  Non...  in  uEgypto...,  sed... Marque  de  foi  très  vive  aux  divines  promesses, qui  avaient  désigné  l'Egypte  comme  un  lieu  de passage  pour  Israël;  la  Palestine,  au  contraire, comme  son  habitation  perpétuelle.  —  Adoravit, ... conversus...  De  môme  les  Targums,  Aq.  et  Symm., d'aprèa  la  pouctuatiou  massorétique.  Les  LXX,
le  syr.  et  l'épître  aux  Hébr.  xi,  28,  ont  lu  matteh (bâton)  au  lieu  de  mittah  (lit);  et  ils  traduisent: Il  adora  (en  s'inclinant)  sur  le  sommet  de  son bâton.
2°  Jacob  adopte  Éphraïm  et  Manassé.  XLVIII, 1-7.
Chap.  XLVIII.  —  1.  Introduction  à  ce  nouvel épisode.
2  -  6.  L'adoption.  —  Confortatus  sedit...  Trait graphique.  Comp.  le  vers.  12  et  xlix,  33. —  Duo... filii  tui...  mei  erunt.  C.-à-d.  qu'il  ne  les  regar- dera pas  comme  des  petits  -  flls ,  mais  comme  ses propres  enfants,  sicut  Ruben  et  Simeon.  C'est en  vertu  de  cette  adoption  qu'Éphraïm  et  Ma-
à
Gen.  XLVIII,  6-16.
179
6.  Mais  les  autres  que  vous  aurez  après eux  seront  h  vous,  et  ils  porteront  le  nom de  leurs  frères  dans  les  terres  qu'ils  pos- séderont.
7.  Car  lorsque  je  revenais  de  Mésopo- tamie je  perdis  Èacliel,  qui  mourut  en chemin ,  au  pays  de  Chanaan  :  c'était  au printemps,  à  l'entrée  d'Ephrata,  et  je l'enterrai  sur  le  chemin  d'Ephrata,  qui s'appelle  aussi  Bethléem.
8.  Alors  Jacob,  voyant  les  fils  de  Jo- seph, lui  demanda  :  Qui  sont  ceux-ci?
9.  Joseph  lui  répondit  :  Ce  sont  mes enfants,  que  Dieu  m'a  donnés  dans  ce pays.  Approchez  -  les  de  moi ,  dit  Jacob , afin  que  je  les  bénisse.
10.  Car  les  yeux  d'Israël  s'étaient  obs- curcis à  cause  de  sa  grande  vieillesse, et  il  ne  pouvait  bien  voir.  Les  ayant  donc fait  approcher  de  lui,  il  les  embrassa  et les  baisa  ;
11.  Et  il  dit  à  son  fils  :  Dieu  m'a  voulu donner  la  joie  de  vous  voir,  et  il  y  ajoute encore  celle  de  voir  vos  enfants.
12.  Joseph,  les  ayant  retirés  d'entre  les bras  de  son  père,  adora  en  se  proster- nant à  terre.
13.  Et  ayant  mis  Ephraïm  i\sa  droite, c'est-à-dire  à  la  gauche  d'Israël,  et  Ma- nassé  à  sa  gauche,  c'est-à-dire  à  la  droite de  son  père,  il  les  approcha  tous  deux  de Jacob  ;
14.  Lequel,  étendant  sa  main  droite, la  mit  sur  la  tête  d'Ephraïm,  qui  était  le plus  jeune,  et  mit  sa  main  gauche  sur  la tête  de  Manassé ,  qui  était  l'aîné ,  chan- geant ainsi  ses  deux  mains  de  place.
15.  Et  bénissant  les  enfants  de  Joseph, il  dit  :  Que  le  Dieu  en  la  présence  de  qui ont  marché  mes  pères  Abraham  et  Isaac, le  Dieu  qui  me  nourrit  depuis  ma  jeu- nesse jusqu'à  ce  jour  ;
10.  Que  l'ange  qui  m'a  délivré  de  tous
6.  Reliquos  autem  quos  genueris  post eos ,  tui  erunt ,  et  nomine  f ratrum  suorum vocabuntur  in  possessionibus  suis.
7.  Mihi  enim,  quando  veniebam  de  Me- sopotamia,  mortua  est  Rachel  in  terra Chanaan  in  ipso  itinere  ;  eratque  vernum tempus  ;  et  ingrediebar  Ephratam,  et  se- pelivi  eam  juxta  viam  Ephratœ,  qua3  alio nomine  appellatur  Bethlehem.
8.  Videns  autem  filios  ejus,  dixit  ad eum  :  Qui  sunt  isti?
9.  Respondit  :  Filii  mei  sunt,  quos donavit  mihi  Deus  in  hoc  loco.  Adduc, inquit,  eos  ad  me,  ut  benedicam  illis.
10.  Oculi  enim  Israël  caligabant  prse nimia  senectute,  et  clare  videre  non  po- terat.  Applicitosque  ad  se  deosculatus, et  circumplexus  eos,
11.  Dixit  ad  filium  suum  :  Non  sum fraudatus  aspectu  tuo  ;  insuper  ostendit mihi  Deus  semen  tuum.
12.  Cumque  tulisset  eos  Joseph  de gremio  patris ,  adora  vit  pronus  in  ter- ram,
13.  Et  posuit  Ephraim  ad  dexteram suam,  id  est,  ad  sinistram  Israël;  Ma- nassen  vero  in  sinistra  sua,  ad  dexteram scilicet  patris,  applicuitque  ambos  ad eum  ;
14.  Qui  extendens  manum  dexteram, posuit  super  caput  Ephraim  minoris  fra- tris  ;  sinistram  autem  super  caput  Ma- nassé, qui  major  natu  erat,  commutans manus.
15.  Benedixitque  Jacob  filiis  Joseph, et  ait  :  Deus ,  in  cujus  conspectu  ambu- laverunt  patres  mei  Abraham  et  Isaac, Deus  oui  pascit  me  ab  adolescentia  mea usque  in  praesentem  diem;
IG.  Angélus,  qui  eruit  me  de  cunctis
nasse  devinrent  des  éponymes ,  les  chefs  de  deux tribus  distinctes ,  au  lieu  de  ne  former  ensemble qu'une  seule  et  même  tribu,  celle  de  Joseph. — Reliquos  autem...  La  Bible  ne  signale  nulle  part d'autres  fils  de  Joseph  ;  mais  Jacob  établit  cette hypothèse  pour  bien  marqiier  ses  intentions.
7.  Mortua  est...  A  cette  occasion,  Jacob  men- tionne un  douloureux  souvenu'.  Cf.  xxxv,  16-19.
3°  Jacob  bénit  Éphraïp  et  Manassé.  XLVIII, 8-22.
8-11.  Nouvelle  introduction,  pathétique  et  pit- toresque, de  même  que  l'ensemble  du  récit.
12-14.  La  substitution.  —  De  gremio.  Hébr.  : d'entre  les  genoux.  Jacob  était  assis  sur  son  lit , les  pied>!  à  terre,  et  il  avait  rapproché  de  lui  ses deux  petits-fils  pour  les  caresser.  —  Ad  dexteram
suam...  Ce  détail  et  les  suivants  deviennent  très nets,  si  l'on  se  représente  Joseph  agenouillé  en face  de  son  père  et  entouré  de  ses  deux  fils. Éphraïm,  le  plus  jeune,  a  la  place  la  moins  ho- norable ,  ad  sinistram  Israël.  —  Extendens  ma- num. Le  geste  de  la  bénédiction,  signalé  ici  pour la  première  fois.  —  Commutans  manus  :  en  les croisant  l'une  pai"-dessus  l'autre.  L'hébreu  porte  : Il  rendit  ses  mains  intelligentes  ;  pour  signifier qu'il  les  guida  ainsi  librement  et  sciemment.
15-16.  Triple  formule  de  bénédiction,  qui  rap- pelle en  abrégé  tous  les  bienfaits  de  Dieu  sur  la famille  choisie.  Par  angélus  il  faut  entendre  1q Seigneur  lui-même,  l'Ange  de  l'alliance ,  comme le  nomme  Malachie,  iii,  1.
180
Gen.  XLVIII,  17  —  XLIX,  1.
malis ,  benedicat  pueris  istis,  et  invocetur super  eos  nomen  meum,  nomina  quoque patrum  meoriim  Abraham  et  Isaac,  et crescant  in  multitudinem  super  terram.
17.  Vidensautem  Joseph  quod  posuis- set  pater  suus  dexteram  manum  super caput  Ephraim,  graviter  accepit;  et  ap- prehensam  manum  patris  levare  conatus est  de  capite  Ephraim,  et  transferre  su- per caput  Manasse  ;
18.  Dixitque  ad  patrem  :  Non  ita  con- venit,  pater;  quia  hic  est  primogenitus, pone  dexteram  tuam  super  caput  ejus.
19.  Qui  renuens,  ait  :  Scio,  fili  mi, scio  ;  et  iste  quidem  erit  in  populos ,  et multiplidabitur  ;  sed  frater  ejus  minor major  erit  illo,  et  semen  illius  crescet  in gentes.
20.  Benedixitque  eis  in  tempore  illo, dicens  :  In  te  benedicetur  Israël,  atque dicetur  :  Faciat  tibi  Deus  sicut  Ephraim , et  sicut  Manasse.  Constituitque  Ephraim ante  jManassen.
21.  Et  ait  ad  Joseph  filium  suum  :  En ego  morior,  et  erit  Deus  vobiscum,  redu- cetque  vos  ad  terram  patrum  vestrorum.
22.  Do  tibi  partem  unam  extra  fratres tuos,  quam  tuli  de  manu  Amorrheei  in gladio  et  arcu  meo.
maux ,  bénisse  ces  enfants  ;  qu'ils  portent mon  nom,  et  les  noms  de  mes  pères  Abra- ham et  Isaac ,  et  qu'ils  se  multiplient  de plus  en  plus  sur  la  terre.
17.  Mais  Joseph,  voj^ant  que  son  père avait  mis  sa  main  droite  sur  la  tête  d'E- phraïm ,  en  eut  de  la  peine  ;  et  prenant la  main  de  son  père,  il  tâcha  de  la  lever de  dessus  la  tête  d'Ephraïm,  pour  la mettre  sur  la  tête  de  Manasse,
18.  En  disant  à  son  père  :  Vos  mains ne  sont  pas  bien ,  mon  père ,  car  celui  -  ci est  l'aîné.  Mettez  votre  main  droite  sur sa  tête.
19.  Mais,  refusant  de  le  faire,  il  lui dit  :  Je  le  sais,  mon  fils,  je  le  sais;  lui aussi  sera  chef  de  peuples,  et  sa  race  se multipliera  ;  mais  son  frère,  qui  est  plus jeune,  sera  plus  grand  que  lui,  et  sa  pos- térité se  multipliera  dans  les  nations.
20.  Jacob  les  bénit  donc  alors,  et  dit  : Israël  sera  béni  en  vous,  et  on  dira  :  Que Dieu  vous  bénisse  comrne  Ephraïm  et Manasse.  Ainsi  il  mit  Ephraïm  avant Manasse.
21.  Il  dit  ensuite  à  Joseph  son  fils  : Vous  voyez  que  je  vais  mourir.  Dieu  sera avec  vous,  et  il  vous  ramènera  au  pays de  vos  pères.
22.  Je  vous  donne  de  plus  qu'à  vos frères  cette  part  de  mon  bien  que  j'ai gagnée  sur  les  Amorrhéens  avec  mon  épée et  mon  arc.
CHAPITRE  XLIX
1.  Vocavit  autem  Jacob  filios  suos, et  ait  eis  :  Congregamini ,  ut  annuntiem quaî  Ventura  sunt  vobis  in  diebus  novis- simis.
1.  Or  Jacob  appela  ses  enfants,  et  leur dit  :  Assemblez -vous  tous,  afin  que  je vous  annonce  ce  qui  doit  vous  arriver dans  les  derniers  temps.
17-20.  Jacob  calme  les  scrupules  de  Joseph. —  Le  mot  do  la  fin ,  Ephraim  ante  Manassen , se  réalisa  durant  toute  l'histoire  juive  :  dès  l'é- poque des  Juges,  Ephraïm  est  supérieur  en  nombre et  en  puissance  à  Manasse;  ce  dernier,  au  con- traire ,  perdra  chaque  jour  en  influence.
21-22.  L'héritage  spécial  de  Joseph.  —  Par- tem... extra  fratres  tuos.  Le  mot  hébreu  s'Jcem est  ambigu.  Employé  comme  nom  commun,  il signifie  :  i)art,  portion;  comme  nom  propre  il  dé- signe la  ville  de  Sichem,  près  de  laquelle  était précisément  situé  le  champ  auquel  Jacob  fait allusion.  Cf.  xxxra,  19.  Il  y  a  donc  ici  un  jeu de  mots.  Ce  domaine  avait  été  acheté  d'une  façon toute  pacifique  ;  aussi  n'est-ce  point  par  lui-même, ra:iis  par  ses  descendants,  lors  de  la  conquête  de la  Palestine,  que  Jaeob  dit  l'avoir  obtenu  in gladio  et  arcu.
3°  La  bénédiction  prophétique  de  Jacob. XLIX,  1-28.
L'un  des  passages  les  plus  solennels,  les  plus beaux  et  les  plus  importants  de  la  Genèse.  Les sentiments  et  les  pensées  atteignent  des  hauteurs sxiblimes,  les  images  sont  d'une  grande  richesse, le  style  est  admirablement  poétique.  Surtout,  le dogme  du  Messie  fait  un  grand  pas  en  avant. Voy.  S.  Ambr. ,  De  benediclionibus  patriarcha- rum;  Me""  Mcignan,  les  Prophéties  messianiques du  Pentateuque,  pp.  357-457;  T.  Lamy,  Com- ment, in  Gènes.,  II,  351  et  ss.;  Vigoureux,  Manuel hibl.,  I,  n.  357;  Corluy,  Spicilegium  dogmp.tico- UUicum,  I,  456-474.
Chap.  XLIX.  —  1  -  2.  Introduction  historique (la)  et  rapide  cxordc  iV>-2).  — Annuntiem... Ventura.  Jacob  se  sentait  divinement  inspiré,  et il  avait  conscience  que  ses  paroles  seraient  sti'lc-
Gen.  XLIX,  2-8.
181
2.  Venez  tous  ensemble,  et  écoutez, enfants  de  Jacob,  écoutez  Israël  votre père.
3.  Ruben,  mon  premier-né,  ma  force, et  la  principale  cause  de  ma  douleur  :  ta devais  être  le  plus  favorisé  dans  les  dons, et  le  plus  grand  en  autorité,
4.  Mais  tu  t'es  répandu  comme  l'eau. Puisses -tu  ne  point  croître,  parce  que tu  es  monté  sur  le  lit  de  ton  père ,  et  que tu  as  souillé  sa  couche.
5.  Siméon  et  Lévi  sont  frères ,  instru- ments d'un  carnage  plein  d'injustice.
6.  A  Dieu  ne  plaise  que  mon  âme  ait aucune  part  à  leurs  conseils,  et  que  ma gloire  soit  ternie  en  me  liant  avec  eux  ; parce  qu'ils  ont  cignalé  leur  fureur  en tuant  des  hommes,  et  leur  volonté  cri- minelle en  renversant  une  ville.
7.  Que  leur  fureur  soit  maudite ,  parce qu'elle  est  opiniâtre,  et  que  leur  colère soit  en  exécration,  parce  qu'elle  est  dure. Je  les  diviserai  dans  Jacob,  et  je  les  dis- perserai dans  Israël.
8.  Juda,  tes  frères  te  loueront,  ta main  sera  sur  le  cou  de  tes  ennemis  ;  les enfants  de  ton  père  se  prosterneront  de- vant toi.
2.  Congregamîni,  et  audite,  filii  Jacob, audite  Israël  patrem  vestrum.
3.  Ruben  primogenitus  meus,  tu  for- titudo  mea ,  et  principium  doloris  mei  : prier  in  donis,  major  in  imperio.
4.  Effusus  es  sicut  aqua.  Non  crescas  ; quia  ascendisti  cubile  patris  tui,  et  ma- culasti  stratum  ejus.
5.  Simeon  et  Levi  fratres,  vasa  ini- quitatis  bellantia.
6.  In  consilium  eorum  non  veniat  ani- ma mea,  et  in  cœtu  illorum  non  sit  glo- ria  mea  ;  quia  in  furore  suo  occiderunt virum,  et  in  voluntate  sua  suffoderunt murum.
7.  Maledictus  furor  eorum,  quia  per- tinax;  et  indignatio  eorum,  quia  dura* Dividam  eos  in  Jacob ,  et  dispergam  eos in  Israël.
8.  Juda,  te  laudabunt  fratres  tui  ;  ma- nus  tua  in  cervicibus  inimicorum  tuo- rum  ;  adorabunt  te  filii  patris  tui.
tement  prophétiques,  —  In  novissimis  diehus. Sous  cette  formule  (hébr.  :  'aliarit  hayyâmim) il  faut  voir,  d'après  l'usage  qu'en  fait  la  Bible, non  pas  l'avenir  en  général,  mais  l'avenir  dans ses  relations  avec  le  Messie ,  par  conséquent  l'ère messianique.  Cf.  Num.  xxiv,  14;  Is.  ii,  2  ;  Jer. XXX,  24;  Ez.  xxxviii,  16;  Dan.  x,  14;  Os.  m,  5; Mich.  IV,  1,  etc.  Non  que  cette  prophétie  de  Jacob concerne  exclusivement  l'époque  du  Christ;  car, dans  son  ensemble,  ce  sont  les  linéaments  de l'histoire  des  fils  de  Jacob  qu'elle  esquisse  d'une façc?!  grandiose,  en  prenant  pour  point  de  départ les  jours  où  les  douze  tribus  issues  du  patriarche seront  établies  sur  le  sol  de  la  terre  pi'omise  : néanmoins,  le  principal  et  l'essentiel  a  trait  au îlessie,  qui  est  vraiment  le  point  central  de  l'o- racle. Voyez  les  vers.  8-12,  18.
3-4.  Ruben.  —  Le  vers.  3  indique  les  privilèges qui  étaient  réservés  à  Ruben  en  vertu  de  sa  primo- géniture  ;  le  vers.  4  exprime  le  châtiment  de  son crime.  —  Au  lieu  de  principium  doloris,  il  serait préférable  de  traduire  :  «  les  prémices  de  ma force.  »  Cf.  Deut.  xxi,  17.  —  Major  in  donis..., in  imperio.  Un  héritage  double,  et  l'hégémonie sur  ses  frères  :  tels  étaient  les  avantages  du  fils aîné.  —  E_ffusus...  sicut  aqua.  Selon  d'autres  : instable  comme  l'eau.  L'image  marque  fort  bien l'ardeur  des  passions.  —  Non  crescas.  Cette  ter- rible malédiction  porta  ses  fruits  ;  rien  de  grand n'est  signalé  dans  les  annales  des  E.ubénites.
5-7.  Siméon  et  Lévi.  —  Fratres  avec  emphase, pour  désigner  ici  une  frappante  ressemblance dans  les  défauts,  spécialement  dans  la  violence
(vasa  iniquitaiis  bellantia).  —  In  consilium eorum...  Leurs  projets  sanguinaires.  —  Gloria mea  est  synonyme  de  anima  mea  de  l'hémis- tiche qui  précède.  C'est  un  hébraïsme  assez  fré- quent. —  Qaia  in  furore...  Comme  pour  Ruben, Jacob  motive  son  jugement  sévère.  Voyez,  xxxiv, 25-29,  l'incident  cruel  auquel  il  fait  allusion. — Suffoderunt  murum  :  les  murs  de  Sichem.  Mais l'hébreu  porte  :  ils  ont  coupé  le  nerf  du  taureau. C'avait  été  un  autre  trait  de  leur  vengeance  ;  ils n'avalent  rien  épargné.  —  Longtemps  contenu (cf.  xxxiv,  30),  le  ressentiment  du  patriarche éclate  en  termes  énergiques  :  Maledictus... — Divi- dam... La  tribu  de  Siméon,  qui  était  déjà  la  plus faible  de  toutes  au  temps  de  la  sortie  d'Egypte , Num.  XVI,  14,  est  entièrement  passée  sous  silence dans  la  bénédiction  de  Moïse,  Deut.  xxxiii;  son territoire  ne  fut  jamais  bien  distinct,  mais  il formait  comme  une  enclave  dans  celui  de  Juda. Le  dispergatn  se  réalisa  davantage  encore  pour les  enfants  de  Lévi,  disséminés  à  travers  toute la  Palestine ,  et  sans  province  qui  leur  appartînt en  propre;  il  est  vrai  que  Dieu,  en  les  prenant à  son  service,  transforma  la  malédiction  en  bé- nédiction.
8-12.  Juda  et  le  Messie.  —  Juda,  te  lauda- bunt. Hébr.  :  Y'hudah  'attah,  yoduka...;  avec la  paronomase  signalée  plus  haut,  xxix,  35,  et un  «  toi  »  emphatique.  —  Manus  tua  in  cervi- cibus... Promesse  de  victoires  nombreuses  et  dé- cisives.— Adorabunt  te...  Promesse  de  l'hégémonie sur  les  autres  tribus.  Le  vers.  9  contient  une magnifique  image  pour  décrire  cette  suprématie.
182
Gen.  XLIX,  9-16.
9.  Catùlus  leonis  Juda.  Ad  prœdanij fili  mi,  ascendisti.  Requiescens  accubuisti ut  leo,  et  quasi  leaena;  quis  suscitabit eum?
10.  Non  auferetur  sceptrum  de  Juda, et  dux  de  f emore  ejus ,  douce  veniat  qui mittendus  est,  et  ipse  erit  expectatio gentium.
11.  Ligans  ad  vineam  pullum  suum,  et ad  vitem ,  o  fili  mi ,  asinam  suam.  Lava- bit  in  vino  stolam  suam,  et  in  sanguine uvse  pallium  suum.
12.  Pulcliriores  sunt  oculi  ejus  vino, et  dentés  ejus  lacté  candidiores.
13.  Zabulon  in  littore  maris  habitabit, et  in  statione  navium  pertingens  usque ad  Sidonem.
14.  Issachar  asinus  fortis  accubans inter  terminos  ;
15.  Vidit  requiem  quod  esset  bona,  et terram  quod  optima  ;  et  supposuit  liume- rum  suum  ad  portandum,  factusque  est tributis  servions.
16.  Dan  judicabit  populum  suum  sicut et  alia  tribus  in  Israël.
9.  Juda  est  un  jeune  lion.  Tu  t'es levé ,  mon  fils,  pour  ravir  la  proie.  En  te reposant,  tu  t'es  couché  comme  un  lion et  une  lionne;  qui  osera  le  réveiller?
10.  Le  sceptre  ne  sera  point  ôté  de Juda,  ni  le  prince  de  sa  postérité,  jus- qu'à ce  que  soit  venu  celui  qui  doit  être envoyé  ;  et  c'est  lui  qui  sera  l'attente  des nations.
11.  Il  liera  son  ânon  à  la  vigne,  il liera,  ô  mon  fils,  son  ânesse  à  la  vigne. Il  lavera  sa  robe  dans  le  vin,  et  son manteau  dans  le  sang  des  raisins.
12.  Ses  yeux  sont  plus  beaux  que  le vin,  et  ses  dents  plus  blanches  que  le lait.
13.  Zabulon  habitera  sur  le  rivage  de la  mer  et  près  du  port  de 3  navires,  et  il s'étendra  jusqu'à  Sidon.
14.  Issachar,  comme  un  âne  robuste, se  tient  couché  dans  son  étable.
15.  Et  voyant  que  le  repos  est  bon  et que  la  terre  est  excellente,  il  a  baissé l'épaule  sous  les  fardeaux,  et  il  s'est  as- sujetti à  -payer  les  tributs.
16.  Dan  gouvernera  son  peuple  aussi bien  que  les  autres  tribus  d'Israël.
C'est  Notre  -  Seigneur  Jésus  -  Christ  qui  est  le  vrai lion  de  la  tribu  de  Juda.  Cf.  I  Cor.  xv,  25; Apec.  V,  5.  —  Non  auferetur...  Ici  commence  la partie  principale  de  toute  la  prédiction  ;  les  juifs et  les  chrétiens  sont  d'accord  pour  l'appliquer  au Messie  d'une  manière  exclusive.  —  Sceptrum,  le eymbole  du  commandement  ;  puis  le  dux  en  per- sonne, ou  le  législateur,  d'après  une  interpréta- tion assez  commune  de  l'hébr.  m'hoqeq.  Mais peut-être  vaut -il  mieux  encore  traduire  cette expression  par  bâton  de  commandement,  ce  qui serait  un  synonyme  de  sceptre.  —  De  f  emore  ejus. C.-à-d.  parmi  ses  descendants.  L'hébr.  («  d'entre ses  pieds  »  )  peut  se  ramener  à  cette  idée  ;  ou bien,  pris  à  la  lettre,  il  fait  allusion  h  la  manière dont  les  anciens  monai'qucs  tenaient  leur  long sceptre  :  quand  ils  étaient  assis,  son  extrémité inférieure  reposait  entre  leurs  pieds. —  Qui  mit- tendus est.  Le  siloh  du  texte  hébreu  a  donné lieu  ù  de  nombreuses  discussions ,  et  on  l'a  com- menté en  sens  divers  (LXX  :  xà  aTtoxcctj.eva qc'JTÔ) ,  «  quae  reposita  sunt  ei  ;  »  Aq.  et  Symm.  : cj)  wKOy.zix'xi ,  «  cul  destinatum  est,  »  scil. sceptrum  ;  Samar.  :  le  Pacifique  ;  etc.).  La  version du  syr.,  de  l'arabe,  d'Onkélos,  des  Targums  de Jonathan  et  de  Jérusalem,  adoptée  par  S.  Justin, S,  Jean  Clirys.,  ïhéodorct,  a  conquis  justement les  suffrages  des  meilleurs  hébraïsants  modernes  : au  lieu  de  slloh,  on  lit  sclloh,  abrégé  de  'aSer lô,  a  que  à  lui_  »  (le  sceptre),  ou  «  le  proprié- taire ».  C'est  Ézéchiel,  xxi,  32,  qui  a  mis  les commentateurs  sur  la  A'oie  de  cette  explication. Quoi  qu'il  en  soit,  les  traductions  antiques  ap- pliquent un:inimen)cnt  ce  mot  au  Messie.  —  Expe- ctatio (/entium.  Mieux  :  «  ix  lui  sera  l'obéissance
des  nations.» —  Ainsi  donc,  le  Christ  naîtra  de la  tribu  de  Juda,  et  son  avènement  aui-a  lieu  à une  époque  où  cette  tribu  aui'a  perdu  la  supré- matie longtemps  exercée  sur  le  reste  de  la  na- tion. L'accomplissement  est  manifeste ,  comme  le disait  déjà  saint  Augustin,  et  comme  l'ont  dé- montré à  l'envi,  dans  le  cours  des  siècles ,  les  exé- gètes  et  les  théologiens.  Voyez  A.  Lémann,  le Sceptre  de  la  tribu  de  Juda,  Lyon,  1880.  —  Le cercle  messianique  va  se  rétrécissant  de  plus  en plus  :  le  Sauveur  appartiendra  à  la  race  humaine en  général  (m,  16),  à  la  race  de  Scm  (ix,  26), à  la  race  d'Abraham  (xxii,  18),  d'Isaac  (xxvi,  4) et  de  Jacob  (xxviii,  14);  il  fera  partie  de  la  race de  Juda.  Jamais  encore  son  caractère  personnel n'avait  été  mis  aussi  nettement  en  relief.  —  Li- gans... Les  vers.  11  et  12  conviennent  surtout  ù, la  prospérité  matérielle  des  enfants  de  Juda.  Le vin  et  le  lait  abondaient  sur  leur  territoire.
13.  Zabulon.  —  In  littore  maris.  Non  pas  ab- solument sur  le  rivage  de  la  Méditerranée  ni  du lac  de  Tibériade,  mais  dans  un  district  situé entre  ces  deux  mers,  qtii  faisaient  sa  richesse.  — Usque  ad  Sidonem.  Également  dans  le  sens large,  pour  dire  :  jusqu'à  la  Phénicie,  dont  Si- don  fut  longtemps  la  capitale.  Cet  autre  voisi- nage fut  aussi  un  grand  avantage  pour  Zabulon.
14-15.  Issachar.  —  Asinus  fortis...  Comparai- son qui  n'a  rien  de  mortifiant  dans  les  contrées bibliques.  Issachar,  ayant  reçu  en  héritage  une des  provinces  les  plus  fertiles  de  la  Palestine, s'en  contenta  naturellement,  et  mena  une  vie mi -partie  de  travail  et  de  repos.
16-17.  Dan  jadiralilt.  En  hébreu,  avec  paro- nomase  :  Dân  yud'in.  Quoique  né  d'une  esclave,
Gen.  XLIX,  17-25.
183
17.  Que  Dan  devienne  comme  nn  ser- pent dans  le  chemin,  et  comme  un  céraste dans  le  sentier,  qui  mord  le  pied  du  che- val ,  afin  que  celui  qui  le  monte  tombe  i\ la  renverse.
18.  Seigneur,  j'attendrai  votre  salut.
19.  Gad  combattra  tout  armé  à  la  tête d'Israël,  et  il  retournera  ensuite  couvert de  ses  armes.
20.  Le  pain  d'Aser  sera  excellent,  et les  rois  y  trouveront  leurs  délices.
21.  Nephthali  sera  comme  un  cerf  qui s'échappe,  et  la  grâce  sera  répandue  sur ses  paroles.
22.  Joseph  croîtra  et  se  multipliera  de plus  en  plus.  Il  est  agréable  à  contem- pler ;  ses  rameaux  courent  le  long  de  la muraille.
23.  Mais  ceux  qui  étaient  armés  de dards  l'ont  exaspéré,  l'ont  querellé,  et  lui ont  porté  envie.
24.  Il  a  mis  son  arc  et  sa  confiance dans  le  Très  Fort,  et  les  chaînes  de  ses mains  et  de  ses  bras  ont  été  rompues  par la  main  du  Tout -Puissant  de  Jacob.  De là  est  sorti  le  pasteur  et  le  rocher  d'Is- raël.
25.  Le  Dieu  de  ton  père  sera  ton  pro- tecteur, et  le  Tout -Puissant  te  comblera des  bénédictions  du  haut  du  ciel,  des  bé- nédictions de  l'abîme  des  eaux  d'en  bas, des  bénédictions  du  lait  des  mamelles  et du  fruit  des  entrailles.
17.  Fiat  Dan  coluber  in  via,  cérastes  in semita,  mordens  ungulas  equi,  ut  cadat ascensor  ejus  rétro.
18.  Salutare  tuum  expectabo.  Domine.
19.  Gad  accinctus  prîeliabitur  ante eum  ;  et  ipse  accingetur  retrorsum.
^  20.  Aser,  pinguis  panis  ejus,  et  praebe- bit  delicias  regibus.
21.  Nephthali  cervus  emissus,  et  dans eloquia  pulchritudinis.
22.  Filius  accrescens  Joseph,  filius  ac- crescens  et  decorus  aspectu  ;  filiae  discur- rerunt  super  murum.
23.  Sed  exaspéra verunt  eum,  et  jur- gati  sunt,  invideruntque  illi  habentes jacula.
24.  Sedit  in  Forti  arcus  ejus,  et  dis- soluta  sunt  vincula  brachiorum  et  ma- nuum  illius  per  manus  potentis  Jacob  ; inde  pastor  egressus  est  lapis  Israël.
25.  Deus  patris  tui  erit  adjutortuus, et  Omnipotens  benedicet  tibi  benedi- ctionibus  casli  desuper,  benedictionibus abyssi  jacentis  deorsum ,  benedictionibus uberum  et  vulvse.
Dan  aura  les  mêmes  privilèges  que  alia  tribus in  Israël.  Peut-être  est-ce  une  allusion  à  la  ju- dicature  du  Danite  Samson.  —  Coluber,  cérastes. Le  premier  de  ces  noms  désigne  le  serpent  en général;  le  second  est  bien  celui  du  serpent  à cornes,  ou  xspacT"/)? ,  reptile  extrêmement  dan- gereux, qui  se  cache  dans  le  sable,  près  des chemins  fréquentés ,  et  qui  s'élance  sur  le  cava- lier et  sur  sa  monture,  comme  le  dit  cette  pré- diction en  termes  pittoresques.  Voy  VAtl.  d'hist. nat.,  pi.  Lx,  flg.  8,  10.  Dan  aura  lui-même la  ruse  du  serpent.  Cf.  Jud,  xviii,  28-29.  De ces  images  peu  favorables,  plusieurs  Pères  ont conclvT  que  l'Antéchrist  appartiendrait  à  la  tribu de  Dan.
18.  Salutare  tuum...  Soupir  messianique,  inter- calé entre  le  premier  et  le  second  groupe  des prédictions  de  Jacob  (la  pléiade  dominée  par Jtida,  et  celle  qui  a  Joseph  pour  centre).  Cette sorte  d'oraison  jaculatoire  est  vraiment  remar- quable.
19.  Gad,  —  Le  texte  hébreu  forme  un  Jeu  de mots  continuel  :  Gad  g'dud  y'gudennu,  v'hu yagud  'aqeb.  Littéral.  :  Gad ,  une  foule  (d'enne- mis) le  foule  ;  mais  lui  (les)  foulera  sous  son  ta- lon. Établie  à  l'est  du  Jourdain ,  la  tribu  de  Gad devait  être  sans  cesse  assaillie  par  les  belliqueux Arabes;  mais  on  lui  prédit  le  triomphe.
20.  Aser.  —  Pinguis  panis...;  prcebebit...  Belles figures  pour  marquer  un  district  très  fertile.  Cf. Deut,  XXXIII,  24-25;  III  Reg.  v,  11,  où  l'on vante  la  richesse  d'Aser  en  froment  et  en  huile.
21.  Nephthali  cervus...  Hébr.:  une  biche  affran- chie. Image  obscure,  quoique  gracieuse.  Débora, Jud.  IV,  10,  célèbre  les  brillants  exploits  de Nephthali.
22-26.  Joseph  a  la  plus  longue  part  dans  cette bénédiction  prophétique ,  de  même  qu'il  avait  la plus  large  place  au  cœur  de  Jacob.  L'amour  pa- ternel déborde  dans  ces  lignes  qui  lui  sont  con- sacrées, et  si  Joseph  n'obtient  pas  le  sublime privilège  de  Juda,  du  moins  est-il  comblé  d'avan- tagos  matériels.  —  Filius  accrescens...;  filiœ... L'hébreu ,  traduit  littéralement ,  indique  dans quel  sens  il  faut  entendre  la  Vulgate  :  «  Joseph est  le  rejeton  d'un  arbre  fertile,  le  rejeton  d'un arbre  fertile  près  d'une  source  ;  ses  branches  s'é- lèvent au-dessus  de  la  muraille.  »  Il  s'agit  donc d'une  vigne  ou  de  tout  autre  arbre  fruitier  planté en  espalier,  non  loin  d'une  source  qui  accroît  sa fécondité.  —  Exaspcraverunt...  Prédiction  de luttes  à  soutenir  :  Joseph  aura  des  ennemis  qui le  provoqueront.  Mais  il  saura  leur  tenir  tête  : sedit  in  forti...  (au  lieu  de  dissoluta  sunt..., l'hébreu  a  :  «  ses  bras  demeurent  flexibles  »  pour la  lutte).  Et  la  cause  de  sa  vigueur  invincible,
184
Gen.  XLIX,  26-32.
26.  Benedictionespatristiii  confortatse siint  benedictionibus  patrum  ejus ,  donec veniret  desiderium  collium  aeternorum. Fiant  in  capite  Joseph ,  et  in  vertice  na- zaraei  inter  fratres  siios.
27.  Benjamin  lupus  rapax,  mane  co- medet  praedam,  et  vespere  dividet  spolia.
28.  Omnes  hi  in  tribubus  Israël  duo- decim.  Hœc  locutus  est  eis  pater  suus, benedixitque  singulis ,  benedictionibus propriis.
29.^t  prsecepit  eis,  dicens:  Ego  con- gregor  ad  populum  meum  ;  sepelite  me cum  patribus  meis  in  spelunca  duplici quse  est  in  agro  Ephron  Hetbsei,
30.  Contra  Mambre  in  terra  Chanaan, quam  émit  Abraham  cum  agro  ab  Ephron Hethaso  in  possessionem  sepulcri.
31.  Ibi  sepelierunt  eum,  et  Saram uxorem  ejus.  Ibi  sepultus  est  Isaac  cum Rebecca  conjuge  sua  ;  ibi  et  Lia  condita jacet.
32.  Finitisque  mandatis  quibus  filios instruebat,  collegit  pedes  suos  super lectulum,  et  obiit;  appositusque  est  ad populum  suum.
26.  Les  bénédictions  que  te  donne  ton père  surpassent  celles  qu'il  a  reçues  de ses  pères  ;  et  elles  dureront  jusqu'à  ce  que le  désir  des  collines  éternelles  soit  accom- pli. Que  ces  bénédictions  se  répandent sur  la  tête  de  Joseph,  et  sur  le  haut  de la  tête  de  celui  qui  est  un  nazaréen  entre ses  frères.
27.  Benjamin  sera  un  loup  ravissant; il  dévorera  la  proie  le  matin,  et  le  soir il  partagera  les  dépouilles.
28.  Ce  sont  là  les  chefs  des  douze  tri- bus d'Israël.  Leur  père  leur  parla  en  ces termes,  et  il  bénit  chacun  d'eux  en  leur donnant  les  bénédictions  qui  leur  étaient propres.
29.  Il  leur  donna  aussi  cet  ordre,  et  il leur  dit  :  Je  "^ais  être  réuni  à  mon  peuple  ; ensevelissez  -  moi  avec  mes  pères  dans  la caverne  double  qui  est  dans  le  champ d'Ephron  Héthéen,
30.  Laquelle  est  en  face  de  Marabré, au  pays  de  Chanaan,  et  qu'Abraham acheta  d'Ephron  Héthéen,  avec  tout  le champ  où  elle  est,  pour  y  avoir  son  sé- pulcre.
31.  C'est  là  qu'il  a  été  enseveli  avec Sara  sa  femme.  C'est  là  qu'aussi  Isaac  a été  enseveli  avec  Rébecca  sa  femme,  et que  Lia  est  pareillement  ensevelie.
32.  Après  avoir  achevé  de  donner  ces ordres  et  ces  instructions  à  ses  enfants, il  joignit  ses  pieds  sur  son  lit,  et  mourut  ; et  il  fut  réuni  à  son  peuple.
ce  sera  «  le  fort  de  Jacob ,  le  pasteur  et  le  rocher d'Israël  »,  c.-à-d.  Dieu  lui-même.  De  nouveau l'hébreu  éclaircit  les  obscurités  de  la  Yulgate.  — Au  vers.  25,  trois  sortes  de  bénédictions  maté- rielles sont  promises  coup  sur  coup  à  Joseph  : celles  du  ciel ,  produites  par  la  pluie  et  le  soleil  ; celles  de  la  terre ,  c.-à-d.  un  sol  fertile ,  rafraîchi par  des  sources  intérieures;  enfin  la  fécondité des  mères.  —  Belle  conclusion  au  vers.  26.  Jacob affirme  qu'il  bénit  Joseph  plus  qu'il  n'avait  été lui-même  béni  par  Isaac,  plus  que  celui-ci  ne l'avait  été  par  Abraham.  —  Le  desideriam  col- lium œternorum  ne  saurait  désigner  le  Messie en  cet  endroit.  Ou  lit  dans  l'hébreu  :  (  Ces  béné- dictions s'élèvent)  au-dessus  dos  plus  anciennes montagnes.  Et  don  Calmet  ramène  par  la  para- phrase suivante  la  Vulgate  au  texte  primitif  : a  Je  souhaite  que  les  bénédictions  que  je  vous donne  vous  pr.o£urent  plus  de  biens...  qu'il  n'en
vint  dans  ces  montagnes  si  anciennes  et  si  fé- condes ,  ces  montagnes  si  belles  et  si  désii'albles.  » Comp,  le  passage  parallèle,  Deut.  xxxra,  15.  — Nazarcei  inter  fratres.  En  hébreu  nazir  signifie «  séparé,  consacré  »  ;  Joseph  avait  été  mis  à  part entre  tous  ses  frères,  grâce  à  sa  dignité.
27.  Benjamin.  —  Lupus  rapax...  Éloge  du  ca- ractère belliqueux  de  la  tribu  issue  du  plus  jeune fils  de  Jacob.  Le  portrait  est  brièvement,  noaia énergiquement  tracé.
28.  Récapitulation  de  tout  l'oracle. 50  Mort  de  Jacob.  XLIX,  29-32.
29-31.  Les  dernières  volontés  du  patriarche.  Il revient  sur  la  demande  qu'il  avait  déjà  adressée  à Joseph,  XLVii,  29-31.
32.  Le  détail  graphique,  collegit  pedes..., exprime  une  mort  douce  et  calme.  —  Apposituft est...:  dans  les  limbes.  Cf.  xxv,  8, 17;  xxx:v,  29.
Gen.  L,  1-10.
185
CHAPITRE  L
1.  Joseph,  voj^ant  son  père  mort,  se jeta  sur  son  visage,  et  le  baisa  en  pleu- rant.
2.  Il  commanda  aux  médecins  qu'il avait  à  son  service  d'embaumer  le  corps de  son  père.
3.  Et  ils  exécutèrent  l'ordre  qu'il  leur avait  donné;  ce  qui  dura  quarante  jours, parce  que  c'était  la  coutume  d'employer ce  temps  pour  embaumer  les  morts. Et  l'Egypte  pleura  Jacob  soixante- dix jours.
4.  Le  temps  du  deuil  étant  passé ,  Jo- seph dit  aux  officiers  du  Pharaon  :  Si  j'ai trouvé  gi'âce  devant  vous,  je  vous  prie de  représenter  au  roi
5.  Que  mon  père  m'a  dit  :  Tu  vois  que je  me  meurs;  promets -moi  sous  le  ser- ment que  tu  m'enseveliras  dans  mon  sé- pulcre que  je  me  suis  préparé  au  pays  de Chanaan.  J'irai  d.onc  ensevelir  mon  père, et  je  reviendrai  aussitôt.
6.  Le  Pharaon  lui  dit  :  Allez ,  et  ense- velissez votre  père  selon  qu'il  vous  y  a engagé  par  serment.
7.  Et  lorsque  Joseph  y  alla,  les  pre- miers officiers  de  la  maison  du  Pharaon, et  les  plus  grands  de  l'Egypte  l'y  accom- pagnèrent tous,
8.  Avec  la  maison  de  Joseph  et  tous ses  frères  qui  le  suivirent,  laissant  au pays  de  Gessen  leurs  petits -enfants  et tous  leurs  troupeaux.
9.  Il  y  eut  aussi  des  chariots  et  des cavaliers  qui  le  suivirent  ;  et  il  se  trouva là  une  grande  multitude  de  personnes.
10.  Lorsqu'ils  furent  venus  à  l'aire d' Atad ,  qui  est  située  au  delà  du  Jour-
1.  Quod  cernens  Joseph,  mit  super faciem  patris  flens,  et  deosculans  eum.
2.  Prcecepitque  servis  suis  medicis  ut aromatibus  condirent  patrem  ;
3.  Quibus  jussa  explentibus,  transie- runt  quadraginta  dies  ;  iste  quippe  mos erat  cadaverum  conditorum  ;  flevitque eum  -^gyptus  septuaginta  diebus.
4.  Et  expleto  planctus  tempore,  locu- tus  est  Joseph  ad  familiam  Pharaonis  : Si  inveni  gratiam  in  conspectu  vestro , loquimini  in  auribus  Pharaonis,
5.  Eo  quod  pater  meus  adjura verit  me, dicens  :  En  morior  ;  in  sepulcro  meo quod  fodi  mihi  in  terra  Chanaan  sepelies me.  Ascendam  igitur,  et  sepeliam  patrem meum,  ac  revertar.
6.  Dixitque  ei  Pharao  :  Ascende,  et  se- peli  patrem  tuum  sicut  adjuratus  es.
7.  Quo  ascendente,  ierunt  eum  eo omnes  senes  domus  Pharaonis,  cunctique majores  natu  terrée  -^gypti,
8.  Domus  Joseph  eum  fratribus  suis, absque  parvulis  et  gregibus,  atque  ar- mentis,  quse  dereliquerant  in  terra  Ges- sen.
9.  Habuit  quoque  in  comitatu  currus et  equitej  ;  et  facta  est  turba  non  mo- dica.
10.  Veneruntque  ad  aream  Atad ,  quse sita  est  trans  Jordanem  ;  ubi  célébrantes
6°  Sépulture  de  Jacob.  L,  1-13,
Chap.  L.  — 1-3.  Le  deuil  et  l'embaumemeiit. —  Joseph  mit...  Trait  pathétique,  digne  de  Jo- seph. Cf.  XLVi,  29.  —  Servis  suis  medicis.  Les médecins  étaient  nombreux  dans  l'antique  Egypte, et  assez  habiles  pour  l'époque.  —  Aromatibus condirent...  Voy.  dans  Lenormant,  Hist.  anc.  de V Orient,  9«  éd.,  III,  236-280,  et  dans  Vigoureux, Za  Bible  et  les  découvertes  modernes,  II,  202 et  ss.,  la  description  de  l'embaumement  funéraire tel  que  le  pratiquaient  les  Égyptiens.  On  a  cal- culé que  500  000  000  de  corps  furent  ainsi  pré- servés. —  Flevit...  septuaginta...  Y  compris  les quarante  jours  mentionnés  plus  haut.
4  -  6.  Joseph  obtient  du  Pharaon  l'autorisation d'enterrer  son  père  en  Palestine.  —  Ad  farailiam
Pharaonis.  Il  paraît  d'abord  étonnant  que  Jo- seph ne  présente  pas  en  personne  sa  requête  au roi;  l'étiquette  du  deuil  devait  s'y  opposer.
7-9.  Description  du  cortège  funèbre.  —  Le convoi  fut  des  plus  solennels  :  on  signale  la  pré- sence des  principaux  officiers  de  la  cour  (senes domus  Pharaonis),  des  gouverneui's  de  provinces (majores  natu  tei-rce...),  de  la  famille  de  Jacob, et  de  soldats  (currus  et  équités)  qui  devaient  sex*- vir  d'escorte.
10-11.  La  cérémonie  d'Atad. —  Trans  Jorda- nem :  sur  la  rive  orientale  du  fleuve ,  non  loin  de Jéricho.  Le  cortège  funèbre  avait  donc  suivi,  pour entrer  en  Palestine,  le  long  circuit  que  feront plus  tard  les  Hébreux  sous  la  conduite  de  Moïse  : ce  trajet  était  le  plus  sûr.  —  Célébrantes  exe-
186
Gen.  L,  11-20.
exequias  planctn  magno  atque  vehementi, impleverunt  septem  dies.
11.  Quod  ciim  vidissent  habitatores tei-rœ  Chanaan,  dixernnt  :  Planctus  ma- gnus  est  iste  ^gyptiis.  Et  idcirco  vo- catum  est  nomen  loci  illiiis ,  Planctus iEgypti.
12.  Fecei'unt  ergo  filii  Jacob  sicut  prae- ceperat  eis  ;
13.  Et  portantes  eiim  in  terram  Cha- naan, sepelierunt  eiim  in  spelunca  du- plici,  qnam  emerat  Abraham  cum  agro in  possessionem  sepulcri  ab  Ephron  He- thseo  contra  faciem  Mambre.
14.  Reversnsqiie  est  Joseph  in  ^gy- ptum  cum-Jratribus  suis,  et  omni  comi- tatu ,  sepulto  pâtre.
15.  Quo  mortuo,  timentes  fratres  ejus, et  mutuo  colloquentes  :  Ne  forte  memor sit  injurise  quam  passus  est,  et  reddat nobis  omne  malum  quod  f ecimus ,
16.  Mandaverunt  ei  dicentes  :  Pater tuus  prsecepit  nobis,  antequam  more- retur,
17.  Ut  haec  tibi  verbis  illius  dicere- mus  :  Obsecro  ut  obliviscaris  sceleris fratrum  tuorum,  et  peccati  atque  mali- tise  quam  exercuerunt  in  te.  Nos  quoque oramus  ut  servis  Dei  patris  tui  dimittas iniquitatem  hanc.  Quibus  auditis,  flevit Joseph.
18.  Veneruntque  ad  eum  fratres  sui  ; et  proni  adorantes  in  terram  dixerunt  : Servi  tui  sumus.
19.  Quibus  ille  respondit  :  Nolite  ti- mere;  num  Dei  possumus  resistere  vo- luntati?
20.  Vos  cogitastis  de  me  malum  ;  sed Deus  vertit  illud  in  bonum,  ut  exaltaret me,  sicut  in  prœsentiarum  cernitis,  et salves  faceret  multos  populos.
dain,  ils  y  célébrèrent  les  funérailles  pen- dant sept  jours  avec  beaucoup  de  pleurs et  de  grands  cris.
11.  Ce  que  les  habitants  du  pays  de Chanaan  ayant  vu,  ils  dirent:  Voilîi  un grand  deuil  parmi  les  Egyptiens.  C'est pourquoi  ils  nommèrent  ce  lieu  le  Deuil d'Eg3^pte.
12.  Les  enfants  de  Jacob  accomplirent donc  ce  qu'il  leur  avait  commandé;
13.  Et  l'ayant  porté  au  pays  de  Cha- naan, ils  l'ensevelirent  dans  la  caverne double  qu'Abraham  avait  achetée  d'E- phron  Héthéen,  avec  le  champ  qui  re- garde Mambré,  pour  en  faire  le  lieu  de son  sépulcre.
14.  Aussitôt  que  Josep^h  eut  enseveli son  père ,  il  retourna  en  Egypte  avec  ses frères  et  toute  sa  suite.
15.  Après  la  mort  de  Jacob,  les  frères de  Joseph  eurent  peur,  et  ils  s'entre- dirent  :  Joseph  pourrait  bien  maintenant se  souvenir  de  l'injure  qu'il  a  soufferte, nous  rendre  tout  le  mal  que  nous  lui avons  fait.
16.  Ils  lui  envoyèrent  donc  dire  : Votre  père,  avant  de  mourir,  nous  a commandé
17.  De  vous  dire  de  sa  part  :  Je  te conjure  d'oublier  le  crime  de  tes  frères, et  cette  noire  malice  dont  ils  ont  usé contre  toi.  Nous  vous  conjurons  aussi  de pardonner  cette  iniquité  aux  serviteurs du  Dieu  de  votre  père.  Joseph  pleura  en entendant  ces  paroles.
18.  Et  ses  frères,  étant  venus  le  trou- ver, se  prosternèrent  devant  lui,  et  lui dirent  :  Nous  sommes  vos  serviteurs.
19.  Il  leur  répondit:  Ne  craignez  point; pouvons -nous  résister  à  la  volonté  de Dieu?
20.  Vous  avez  eu  le  dessein  de  me faire  du  mal  ;  mais  Dieu  a  changé  ce  mal en  bien,  afin  de  m'élever  comme  vous voyez  maintenant,  et  de  sauver  plusieurs peuples.
quias....  Les  Egyptiens  qui  avaient  accompagné jusque-là  le  corps  de  Jacob  ne  se  proposaient probablement  pas  d'entrer  dans  la  terre  de  Cha- naan ;  de  \h  cette  cérémonie  d'adieu.  —  Plan- ctus... JEgyptiis.  En  hébr.  :  'Ebel...  l'Mizraïm; d'où  le  nom  de  'Ahel  Mizraïm  donné  h  la  loca- lité.
12-13.  L'enterrement  de  Jacob  à  Hébron.
§  IV.  —  Mort  de  Joseph.  L,  14-25.
14-17.  De  retour  en  Égj'pte,  les  frères  de  Jo- seph conçoivent  les  craintes  les  plus  vives  :  ne
forte  memor  sit...,  maintenant  que  levir  père  n'é- tait plus  là  pour  les  défendre.  Soupçon  bien  in- juste envers  la  grande  âme  de  Josejih.  —  Pater... prcBcepit...  Il  n'y  a  pas  lieu  de  croire  que  ce  trait fût  une  invention  de  leur  i)art,  ainsi  que  l'ont supposé  divers  exégètes.  Ce  langage  rappelle  le bon  cœur  de  Jacob.
18-21.  Joseph  rassure  doucement  ses  frères. —  Num  Dei  possumits...  ?  D'après  l'hébr.  :  Suis- je  à  la  place  de  Dieu?  C.-à-d.:  Suis-jc  donc  votre juge?  —  Vos  cogitastis...,  sed  Dcus.  Joseiih  no pouvait  pallier  la  vérité  des  faits;  du  moins  il
ë
Gen.  L,  21-25.
187
21.  Ne  craignez  point  ;  je  vous  nour- rirai ,  vous  et  vos  enfants.  Et  il  les  con- sola en  leur  parlant  avec  beaucoup  de douceur  et  de  tendresse.
22.  Il  demeura  dans  l'Egypte  avec toute  la  maison  de  son  père,  et  jl  vécut cent  dix  ans.  Il  vit  les  enfants  d'Éphraïm jusqu'à  la  troisième  génération.  Machir, fils  de  Manassé,  eut  aussi  des  enfants, qui  naquirent  sur  les  genoux  de  Joseph.
23.  Joseph  dit  ensuite  à  ses  frères  : Dieu  A^ous  visitera  après  ma  mort,  et  il vous  fera  passer  de  cette  terre  à  celle qu'il  avait  juré  de  donner  à  Abraham,  à Isaac  et  t\  Jacob.
24.  Et  il  exigea  d'eux  une  promesse sous  le  sceau  du  serment,  et  il  leur  dit  : Dieu  vous  visitera;  transportez  mes  os avec  vous  hors  de  ce  lieu.
25.  Il  mourut  ensuite  âgé  de  cent  dix ans  accomplis;  et  son  corps,  ayant  été embaumé,  fut  mis  dans  un  cercueil  en Egypte.
21.  Nolite  timere;  ego  pascam  vos  et parvulos  vestros,  Gonsolatusque  est  eos , et  blande  ac  leniter  est  locutus.
22.  Et  habitavit  in  ^gypto  cum  omni domo  patris  sui,  vixitque  centum  decem annis.  Et  vidit  Ephraim  filios  usque  ad tertiam  generationem.  Filii  quoque  Ma- chir filii  Manasse  nati  sunt  in  genibus Joseph.
23.  Quibus  transactis ,  locutus  est  fra- tribus  suis  :  Post  mortem  meam  Deus visitabit  vos ,  et  ascendere  vos  faciet  de terra  ista  ad  terram  quam  juravit  Abra- ham ,  Isaac ,  et  Jacob.
24  Cumque  adjurasset  eos  atque  dixis- set  :  Deus  visitabit  vos  ;  asportate  ossa mea  vobiscum  de  loco  isto ,
25.  Mortuus  est,  expîetis  centum  de- cem vit£e  suse  annis.  Et  conditus  aroma- tibus,  repositus  est  in  loculo  in  ^gypto.
insiste,  comme  autrefois,  xlv,  5-8,  sur  les  des- seins providentiels  qui  avaient  transformé  le  mal en  bien.  Il  ne  pouvait  pas  dire  plus  fortement qu'il  avait  tout  pardonné.
22.  Résumé  des  dernières  années  de  Joseph.  — Tertiam  generationem:  par  conséquent ,  ses  ar- rière-petits -flls,  —  In  genibus  Joseph.  Manière de  dire  qu'il  les  adopta  comme  siens.  Voir  la  note de  XXX,  3.
23  -  25.  Recommandations  suprêmes  et  mort  de
Joseph.  —  Grand  acte  de  fol  aux  vers.  23  et  24. Joseph  ne  doute  pas  de  l'accomplissement  des promesses  divines  ;  aussi  exprime  - 1  -  il ,  comme son  père,  un  vif  désir  (cum,  adjurasset...)  d'être enterré  plus  tard  en  Palestine ,  quoiqu'il  eût  été comblé  d'honneurs  en  Egypte.  Sur  l'exécution  de son  désir,  voy.  Ex.  xni,  19  ;  Jos.  xxrv,  32.  —  In loculo  :  dans  un  cofîret  à  momie,  suivant  la  cou- tume égyptienne.  Voy.  VAtl.  archéol.  de  la  BiNe , pi.  xxvu.
I
J
L'EXODE
1»  Ze  s}(jct  traité.  —  Le  second  livre  du  Pentateuque,  que  les  Juifs  désignent par  ses  premiers  mots  :  V^'ellé  s'mot,  «  Voici  les  noms,  »  mais  que  les  Septante, et  par  suite  la  Vulgate,  ont  appelé  Exode  ("E^oSoç,  Exodus],  c'est-à-dire  «  sortie, départ  »,  raconte  les  circonstances  au  milieu  desquelles  les  Hébreux,  après  s'être étonnamment  multipliés  en  Egypte,  abandonnèrent  cette  contrée  devenue  subi- tement inhospitalière.  Toutefois  ce  n'est  là  qu'une  partie  du  sujet  traité,  car l'Exode  expose  en  outre,  avec  de  grands  détails,  de  quelle  manière  l'alliance théocratique  fat  instituée  au  Sinaï.
Ce  livre  est  étroitement  uni  à  layOenèse;  il  commence  là  où  elle  s'achève,  à la  mort  de  Joseph.  Seulement,  le 'gèrlfé  n'est  plus  le  même.  La  Genèse  contient une  série  de  biographies  patriarcales  et  d'antiques  tableaux  généalogiques;  ici nous  lisons  l'histoire  d'une  nation  toute  formée.  La  Genèse  offrait  des  promesses et  des  espérances;  ici  nous  assistons  au  premier  accomplissement  de  ces  pro- messes.
L'Exode  embrasse  l'intervalle  des  trois  cent  soixante  années  qui  s'écoulèrent entre  la  mort  de  Joseph  et  l'érection  du  tabernacle  (un  peu  plus  d'un  an  après la  sortie  d'Egypte).  Mais  le  récit  glisse  rapidement  sur  la  plus  grande  partie  de cette  période  (chap.  i  et  ii);  trente-huit  chapitres  sur  quarante  (hi-xl)  sont consacrés  aux  événements  des  deux  dernières  années,  celle  qui  précéda  et  celle qui  suivit  immédiatement  la  sortie.
2^  Division  du  livre.  —  Nous  ne  retrouvons  pas  dans  l'Exode  les  formules par  lesquelles  l'écrivain  sacré  lui-même  avait  si  ostensiblement  partagé  les  pé- riodes décrites  au  livre  de  la  Genèse;  néanmoins,  la  matière  se  divise  assez  bien en  trois  parties  :  1^  les  événements  antérieurs  à  la  sortie  d'Egypte,  i,  1-xii,  36; 2°  l'exode  proprement  dit,  xii,  37-xvin,  27;  3«  l'alliance  contractée  au  Sinaï, xix,  1-XL,  36.  Les  deux  premières  parties  sont  historiques,  et  décrivent  la  ré- demption merveilleuse  d'Israël;  la  troisième  est  surtout  juridique,  et  expose  la législation  du  Sinaï  dans  ses  points  essentiels.  Le  commentaire  indiquera  l^s différentes  subdivisions.
3°  L'importance  du  livre  de  l'Exode  est  évidente  d'après  le  court  exposé qui  précède.  Avec  lui,  l'histoire  4e  la  révélation  entre  dans  une  ère  complètement  y nouvelle.  Israël,  qui  n'était  naguère  qu'une  simple  famille,  Gen.  l,  22,  nous^ apparaît  tout  à  coup  comme  un"pcuple  qui  compte  deux  millions  d'âmes,  et  qui a  ses  chefs,  son  sacerdoce,  son  culte,  ses  lois  spéciales  :  la  théocratie  est  fondée. Alors  même  que  l'Exode  contiendrait  seulement  le  Décalogue,  il  offrirait  un  in- térêt tout  à  fait  extraordinaire  sous  le  rapport  religieux  et  moral.   .  -,
La  grande  variété  des  matières,  —  histoire,  géographie,  législation,  beaux- arts,  religion,  etc.,  —  rehausse  encore  cette  importance  du  livre.  Aussi  a-t-il été  de  nos  jours,  à  la  lumière  de  documents  nouveaux,  l'objet  d'études  très approfondies.  Voyez  F.  Vigoureux,  la  Bible  et  les  découvertes  modernes,  III, 229-590;  Crelier,  Commentaire  sur  l'Exode,  Paris,  1886;  L.  de  Laborde, Commentaire  géographique  sur  l'Exode  et  les  Nombres,  Paris,  1841.
L'EXODE
CHAPITRE  I
1.  Hsec  sunt  nomina  filiorum  Israël  qui ingressi  sunt  m.^gyptum  cum  Jacob  ; singuli  cum  domibus  suis  introierunt  :
2.  Ruben,  Simeon,  Levi,  Judas,
3.  Issachar,  Zabulon  et  Benjamin,
4.  Dan  et  Nephthali ,  Gad  et  Aser.
5.  Erant  igitur  omnes  anim^  eorum qui  egressi  sunt  de  femore  Jacob,  sep- tuaginta  ;  Joseph  autem  in  iEgypto  erat.
6.  Quo  mortuo,  et  universis  iiratribus ejus ,  omnique  cognatione  illa ,
7.  Filii  Israël  creverunt,  et  quasi  ger- minantes  multiplicati  sunt;  ac  roborati nimis ,  impleverunt  terram.
8.  Surrexit  interea  rex  novus  super ^gyptum,  qui  ignorabat  Joseph;
9.  Et  ait  ad  populum  suum  :  Ecce,
1.  Voici  les  noms  des  enfants  d'Israël qui  vinrent  en  Egypte  avec  Jacob ,  et  qui y  entrèrent  chacun  avec  sa  famille  :
2.  Ruben,  Siméon,  Lévi,  Juda,
3.  Issachar,  Zabulon,  Benjamin,
4.  Dan ,  Nephthali ,  Gad  et  Aser.
5.  Tous  ceux  qui  étaient  sortis  de  Ja- cob étaient  donc,  en  tout,  soixante -dix personnes.  Or  Joseph  était  en  Egypte.
6.  Et  après  sa  mort,  et  celle  de  tous ses  frères,  et  de  toute  cette  génération,
7.  Les  enfants  d'Israël  s'accrurent  et se  multiplièrent  extraordinairement  ;  et étant  devenus  extrêmement  forts,  ils remplirent  la  contrée.
8.  Cependant  il  s'éleva  dans  l'Egypte un  roi  nouveau,  à  qui  Joseph  était  in- connu ;
9.  Et  il  dit  à  son  peuple  :  Vous  voyez
PREMIÈRE  PARTIE
Êrénements  antérieurs  à  la  sortie  d'Egypte.
1,1  —  XII,  36.
EscuoN  I.  —  Tableau  de  l'oppression  des
HÉBREUX.   I,   1-22.
lo  Énumération  des  fils  de  Jacob;  leur  mer- VGiUeux  accroissement  en  Egypte,  vers.  1-7.
Chap.  I.  —  1-5.  Cette  liste  des  douze  pa- triarches issus  de  Jacob ,  placée  en  tête  du  livre , lui  sert  d'introduction  et  le  rattache  à  la  Ge- nèse. —  La  locution  cu7n  domibus  comprend  les serviteurs  aussi  bien  que  les  enfants.  —  Ruben, Simeon...  Les  fils  de  Lia  sont  mentionnés  les  pre- miers. Benjamin  les  suit;  les  fils  des  deux  ser- vantes occupent  le  dernier  rang  ;  Joseph  est  si- gnalé à  part.  —  Septuaginta.  Vo3^  Gen.  xlv,  11  ; XL VI,  27,  et  les  notes  correspondantes.
6-7.  Multiplication  des  Israélites,  décrite  en quelques  mots  pittoresques.  —  Qno  mortuo..., omnique  cognatione...  Cette  locution  suppose  un laps  de  temps  considérable.
2»  Les  Israélites  opprimés  par  les  Égyptiens, Tcrs.  8-22.
8.  Le  nouveau  roi  d'Egypte.  —  Des  expressions
rex  novus...,  qui  ignorabat  Josc^ih ,  divers  com- mentateurs concluent  que  ce  Pharaon  n'était  pas monté  sur  le  trône  d'après  une  succession  régu- lière et  pacifique,  mais  d'une  façon  violente,  par usun^ation  ou  par  conquête.  Aussi  l'a  - 1  -  on  par- fois identifié  à  Ahmès  ou  Amosis  I^'',  fondateur de  la  xviiie  dynastie,  qui  chassa  définitivement les  Hyksos  de  la  basse  Egypte.  Mais,  de  l'avis commun  des  égyptologues  et  des  exégètes,  c'est ù  Ramsès  II,  le  Sésostris  des  Grecs,  et  l'un  des plus  grands  rois  de  la  xix«  dynastie,  que  revient le  triste  honneur  d'avoir  persécuté  les  Hébreux. Les  fouilles  les  plus  récentes  nous  ont  révélé non  seulement  les  annales  de  son  règne  glorieux, ses  statues,  ses  portraits,  mais  jusqu'à  sa  momie parfaitement  conservée.  Voy.  Vigouroux ,  la  Bible et  les  découv.,  II ,  249  et  ss.
9-10.  Le  projet  de  persécution.  —  Ait  ad  po- pulum... Au  peuple,  représenté  par  les  grands  et les  notables.  —  Ecce...,  multus  et  fortior  iiobls.  Ce sont  les  considérants  du  projot,  habilement  pro- posés. Le  roi  exagère,  pour  mieux  arriver  à  ses fins.  —  Sapienter  opprimanius.  Hébr.  :  Montrons- nous  habiles  à  son  égard.  La  Vulgate  a  du  moins bien  rendu  la  pensée.  Le  but  du  Pharaon  est
Momie
,,ee...n.  a.co>,vene  e,  ami.ue  statue  ae  B..se.
..J.r^rh^^^^^  ^^
Ex.  I,  10-16.
191
que  le  peuple  des  enfants  d'Israël  est devenu  très  nombreux,  et  qu'il  est  plus fort  que  nous,
10.  Venez,  opprimons -les  avec  sa- gesse, de  peur  qu'ils  ne  se  multiplient encore  davantage,  et  que  si  nous  nous trouvons  surpris  de  quelque  guerre,  ils  ne se  joignent  à  nos  ennemis,  et  qu'après nous  avoir  vaincus,  ils  ne  sortent  de  l'É-
gypte.
11.  Il  établit  donc  des  intendants  des travaux ,  afin  qu'ils  accablassent  les  Hé- breux de  corvées.  Et  ils  bâtirent  au  Pha- raon des  villes  pour  servir  de  magasins, Phitliom  et  Eamessès.
12.  Mais  plus  on  les  opprimait,  plus leur  nombre  se  multipliait  et  croissait.
13.  Or  les  Égyptiens  haïssaient  les  en- fants d'Israël,  et  ils  les  affligeaient  en leur  insultant  ;
14.  Et  ils  leur  rendaient  la  vie  amère en  les  employant  à  des  travaux  pénibles de  mortier  et  de  briques,  et  à  toute  sorte d'ouvrages  agricoles  dont  ils  étaient  ac- cablés.
15.  Le  roi  d'Egypte  parla  aussi  aux sages  -  femmes  qui  accouchaient  les femmes  des  Hébreux ,  dont  l'une  se nommait  Séphora,  et  l'autre  Phua;
16.  Et  il  leur  fit  ce  commandement  :
populus  filiorum  Israël  multus,  et  fortior nobis  est.
10.  Venite,  sapienter  opprimamus  eum, ne  forte  multiplicetur  ;  et  si  ingruerit contra  nos  bellum,  addatur  inimicis nostris,  expugnatisque  nobis  egrediatur de  terra.
11.  Prseposuit  itaque  eis  magistros operum ,  ut  affligèrent  eos  oneribus  ;  œdi- ficaveruntque  urbes  tabernaculorum  Pha- raoni ,  Phithom  et  Eamessès.
12.  Quantoque  opprimebant  eos,  tanto magis  multiplicabantur,  et  crescebant  ;
13.  Oderantque  filios  Israël  -^îgyptii, et  affligebant  illudentes  eis  ;
14.  Atque  ad  amaritudinem  perduce- bant  vitam  eorum  operibus  duris  luti  et lateris,  omnique  famulatu,  quo  in  terrse operibus  premebantur.
15.  Dixit  autem  rex  ^gypti  obstetrici- bus  Hebrseorum,  quarum  una  vocabatur Sephora,  altéra  Phua,
16.  Prsecipiens  eis  :  Quando  obstetri-
d' affaiblir  les  Hébreux ,  sans  les  pousser  à  la  ré- volte. —  Si  ingruerit  bellum.  Nous  avons  vu,  à propos  de  Gen.  xlii,  9-12,  que,  du  côté  de  la  fron- tière du  nord -est,  ce  danger  n'était  nullement imaginaire.  —  Egrediatur...  Ce  qui  eût  été  pour l'Egypte  une  très  grande  perte.
11-14.  Premières  mesures  d'oppression  :  on impose  aux  Hébreux  de  rudes  travaux  publics. —  Magistros  operum.  Fonctionnaires  supérieurs, secondés,  ainsi  qu'il  sera  dit  plus  loin,  par  des maîtres  de  corvée.  —  Parmi  les  constructions colossales,  alors  de  mode  en  Egypte,  auxquelles les  Hébreux  donnèrent  leur  collaboration  forcée, on  signale  ici  deux  urbes  tahernaculorum  (hébr.: 'âré  misk'not) ,  c'est-à-dire  des  villes  destinées  à contenir  de  vastes  dépôts  de  provisions  et  de munitions  de  guerre.  Cf.  II  Pai-.  xxxii,  28.  — Phithom  (hébr.  :  Pitom)  et  Raviesses  (hébr.  : Ra'aoïsès).  Ces  deux  villes,  agrandies  et  forti- fiées par  Ramsès  II,  sont  souvent  mentionnées sur  les  monuments  égyptiens.  La  première  a  été retrouvée  en  1883,  par  M.  Naville,  sur  l'empla- cement de  Tell-el-Maskhûta  (Vigouroux,  l.  c, 2Z7  et  ss.).  On  ignore  encore  le  site  exact  de  la seconde  ;  mais  plusieurs  documents  du  règne  de Ramsès  II  attribuent  sa  construction  aux  Abé- riu  ou  Apériu ,  c.-à-d.  aux  Hébreux.  Voy.  Chabas, Mélanges  égyptologiques ,  séries  1  et  2.  —  Tanto magis  multiplicabantur.  En  vertu  d'une  protec- tion divine  bien  évidente.  Mais,  de  lu,  surcroit  de haine  chez  les  Égyptiens ,  vers.  13  et  14.  —  Luti
et  lateris.  «  Une  grande  partie  des  constructions de  Ramsès  II  furent  exécutées  en  briques.  Quoique la  plupart  de  ces  édifices  n'aient  pas  duré  jusqu'à nos  jours,  il  y  en  a  cependant  des  restes  qui mettent  le  fait  hors  de  doute.  »  H.  Brugsch,  Hist. d'Egypte,  p.  174.  IsTotamment,  les  murs  d'enceinte et  les  magasins  de  Phithom  sont  construits  en grandes  briques,  reliées  entre  elles  par  du  mor- tier (Jutï)-  Qui  ne  connaît  la  célèbre  fresque  de Thèbes,  qui  représente  des  captifs  occupés  à  fa- briquer des  briques,  sous  le  regard  d'un  inspec- teur et  sous  le  fouet  des  maîtx'es  de  corvée  ? «  Travaillez  sans  relâche  !  »  leur  crient  rudement ces  derniers.  Voyez  VAtl.  archéol.  de  la  Bible , pi.  XLix,  fig.  3,  6,  9.  —  Par  omni  famulatu.,. in  terrœ  operibus,  il  ne  faut  pas  seulement  en- tendre les  travaux  ordinaires  de  l'agriculture; mais  le  creusage  et  le  nettoyage  des  canaux  d'ir- rigation, l'arrosage  au  schadouf  {Atl.  archéol., pi.  xxxviii,  flg.  1,  3,  4),  si  pénible  sous  un  soleil brûlant,  etc.
15-22.  Seconde  mesure  d'oppression  :  le  meurtre des  enfants  mâles.  —  Dixit  rex...  obstetricibus Hebrceorum.  En  secret,  bien  entendu;  ce  n'est que  plus  tard ,  vers.  22,  que  le  prince  aura  recours ù  la  violence  ouverte.  Ces  deux  sages -femmes étaient  sans  doute  les  principales,  car  elles  au- raient pu  difficilement  suffire ,  à  elles  seules ,  pour tout  le  peuple  hébreu.  Josèphe  et  divers  exégètes supposent  qu'elles  étaient  égyptiennes.— Si  mascu- lus,  intcrficite.  Dans  l'intention  du  roi,  cet  ordre
10
192
Ex.  I,  17
cabitis  Hebrseas,  et  partus  tempus  ad- venerit,  si  masculus  f  iierit,  inteificite  eum  ; si  femiiia ,  réservai e.
17.Timueruntautem  obstetrices  Deiim, et  non  fecerunt  juxta  prœceptum  régis ^gypti  ;  sed  conservabant  mares.
18.  Quibus  ad  se  accersitis,  rex  ait  : Quidnam  est  lioc  quod  facere  voluistis, ut  pueros  servaretis?
19.  Quœ  responderunt  :  Non  sunt  lie- brasEe  sicut  ^gyptiœ  mulieres  ;  ipsœ  enim obstetricandi  habent  scientiam,  et  priiis- quam  veniamus  ad  eas ,  pariuut.
20.  Bene  ergo  f ecit  Deus  obstetricibus  ; et  crevit  populus,  confortatusque  est nimis.
21.  Et  quia  timuerunt  obstetrices Deum,  sedificavit  eis  domos.
22.  Prœcepit  ergo  Pharao  omni  po- pulo suo,  dicens  :  Quidquid  masculini sexus  natum  fuerit,  in  flumen  projicite  ; quidquid  feminini,  reservate.
—  II,  3.
Quand  vous  accoucherez  les  femmes  des Hébreux ,  au  moment  où  l'enfant  naîtra , si  c'est  un  enfant  mule,  tuez  -le;  si  c'est une  tille,  laissez -la  vivre.
17.  Mais  les  sages -femmes  furent  tou- chées de  la  crainte  de  Dieu ,  et  ne  firent point  ce  que  le  roi  d'Ég_ypte  leur  avait commandé,  mais  elles  conservèrent  les enfants  mâles.
18.  Le  roi,  les  ayant  donc  fait  venir, leur  dit  :  Pourquoi  avez-vous  agi  ainsi  et avez -vous  épargné  les  enfants  mâles?
19.  Elles  lui  répondirent:  Les  femmes des  Hébreux  ne  sont  pas  comme  celles d'Egypte;  car  elles  savent  elles-mêmes comment  il  faut  accoucher,  et  avant  que nous  soyons  venues  les  trouver,  elles  sont déjà  accouchées.
20.  Dieu  fit  donc  du  bien  à  ces  sages- femmes  ,  et  le  peuple  s'accrut  et  se  for- tifia extraordinairement.
21.  Et  parce  que  les  sages -femmes avaient  craint  Dieu,  il  établit  leurs  mai- sons.
22.  Alors  le  Pharaon  fit  ce  commande- ment à  tout  son  peuple  :  Jetez  dans  le fleuve  tous  les  enfants  mâles  qui  naîtront, et  ne  réservez  que  les  filles.
CHAPITRE  II
1.  Egressus  est  post  hœc  vir  de  domo Levi,  et  accepit  uxorem  stirpis  suas;
2.  Quœ  concepit,  et  peperit  filium;  et videns  eum  elegantem,  abscondit  tribus mensibus.
3.  Cumque    jam   celare    non    poFset,
1.  Quelque  temps  après,  un  homme  de la  maison  de  Lévi  ayant  épousé  une femme  de  sa  tribu,
2.  Sa  femme  conçut  et  enfanta  un  fils, et,  voyant  qu'il  était  beau,  elle  le  cacha pendant  trois  mois.
3.  Mais  comme  elle  vit  qu'elle  ne  pou-
barbare  ne  devait  demeurer  en  vigueur  que  pour un  temps,  parce  qu'ii  eût  été  contraire  à  sa  po- litique d'anéantir  tout  à  fait  les  Hébreux.  —  Si femina,  reservate:  pour  en  faii'e  des  esclaves, ou  pour  les  marier  aux  Égyptiens.  —  N07i  sunt Hehrœai...  Excuse  en  partie  exacte,  car  en  Orient les  femmes  du  peuple  savent  souvent  se  passer des  services  d'une  sage-femme  ;  mais  le  fait  est évidemment  exagéré  à  dessein,  pour  détourner les  soupçons  du  roi.  —  ^dificavit  cis  domos. Locution  proverbiale.  Dieu  aidant,  elles  fondèrent elles-mêmes  des  familles  prospères.  —  Prœcepit ergo...  L'exécution  de  la  cruelle  mesure  est  main- tenant confiée  à  tous  les  Égj-ptiens  :  r^arnsès  II comptait  sur  leur  Imine,  déjà  si  vivement  su- rexcitée.
Section  IL  —  Les  quarante  niEMiÈRES  anxées DE  Moïse.  II,  1-25.
Jéhovah  n'oublie  pas  son  peuple  si  durement
éprouvé  ;  il  va  se  servir  des  mesures  mêmes  de l'oppression  pour  lui  préparer  un  libérateur.
1°  Préservation  et  éducation  de  Moïse,  vers. 1-10.
Chap.  II.  —  1-2.  Naissance  de  Moïse. —  Vir... uxorem.  Leurs  noms  étaient  Amram  et  Jochabcd , VI,  20.  —  Peperit  filium.  Elle  avait  déjà  une fille,  Marie  (vers.  4),  et  un  autre  fils,  Aaron (vu,  7),  nés  avant  l'édit  d'extirj)ation,  —  Vi- dens... elerjantem  (hébr.  :  tôh ;  cf.  Gon.  vi,  7).  En voyant  la  beauté  extraordinaire  de  l'enfant,  la mère,  par  une  induction  pleine  de  foi,  Hcbr. XI,  23,  suppose  que  Dieu  avait  sur  lui  des  des- seins tout  spéciaux  :  r^v  acTcto;  to)  Osco  ,  dit saint  Etienne  pour  marquer  ce  trait  providentiel, Act.  VII ,  20.
3-4.  Moïse  est  exposé  sur  le  Nil.  Récit  très pittoresque.  —  Fiscellam  (héhi::  téhah ,  le  même nom  que  pour  l'arche  de  Noé)  scirpeam.  L'hébr. gomc'  désigne  le  papyrus,  alors  si  fréquent  dans
Ex.  II,  4-11
193
vait  plus  tenir  la  chose  secrète,  elle  prit un  panier  de  jonc,  et,  la^'ant  enduit  de bitume  et  de  poix,  elle  mit  dedans  le petit  enfant,  l'exposa  parmi  les  roseaux de  la  rive  du  fleuve,
4.  Et  fit  tenir  sa  sœur  à  quelque  dis- tance ,  pour  voir  ce  qui  arriverait.
5.  Or  voici  que  la  fille  du  Pharaon  vint au  fleuve  pour  se  I)aigneT,  accompagnée de  ses  suivantes,  qui  marchaient  le  long du  bord  de  l'eau.  Et,  ayant  aperçu  ce  pa- nier parmi  les  roseaux,  elle  envoya  une de  ses  filles  qui  le  lui  apporta.
6.  Elle  l'ouvrit,  et,  trouvant  dedans  ce petit  enfant  qui  criait,  elle  fut  touchée de  compassion,  et  elle  dit  :  C'est  un  des enfants  des  Hébreux.
7.  La  sœur  de  l'enfant,  s' étant  appro- chée, lui  dit:  Vous  plaît -il  que  je  vous aille  chercher  une  femme  des  Hébreux qui  puisse  nourrir  ce  petit  enfant  ?
8.  Elle  lui  répondit  :  Allez.  La  jeune fille  s'en  alla  donc,  et  fit  venir  sa  mère.
9.  La  fille  du  Pharaon  lui  dit  :  Pi-enez cet  enfant  et  nourrissez -le -moi,  et  je vous  en  récompenserai.  La  mère  prit l'enfant  et  le  nourrit  ;  et  lorsqu'il  fut assez  fort ,  elle  le  donna  à  la  fille  du  Pha- raon ,
10.  Qui  l'adopta  pour  son  fils  et  le nomma  Moïse  ;  car,  disait-elle,  je  l'ai  tiré de  l'eau.
11.  En  ces  jours,  lorsque  Moïse  fut devenu  grand,  il  sortit  pour  aller  voir  ses frères.  Il  vit  leur  afiiiction  et  un  Égyp-
sumpsit  fiscellam  scirpeam,  et  linivit cam  bitumine  ac  pice  ;  posuitque  intus infantulum,  et  ex^josuit  eum  in  carecto ripœ  fluminis,
4.  Stante  procul  sorore  ejus,  et  consi- dérante eventum  rei.
5.  Ecce  autera  descendebat  filia  Pha- raonis  ut  lavaretur  in  flumine,  et  puella) ejus  gradiebantur  pcr  crei)idinem  alvei. Quœ  cum  vidisset  fiscellam  in  papy- rione,  misit  unam  e  famulabus  suis,  et allatam
6.  Aperiens,  cernensque  in  ea  parvu- lum  vagientcm,  miserta  ejus,  ait  :  De infantibus  Ilebrseorum  est  hic.
7.  Cui  soror  pueri  :  Vis,  inquit,  ut vadam,  et  vocem  tibi  mulierera  Ple- brseam,  quse  nutrire  possit  infantulum?
8.  Eespondit  :  Vade.  Perrexit  puella, et  vocavit  matrem  suam.
9.  Ad  quam  locuta  filia  Pharaonis  : Accipe,  ait,  puerum  istura,  et  nutri mihi  ;  ego  dabo  tibi  mercedem  tuam. Suscepit  mulier,  et  nutri  vit  puerum, adultumque  tradidit  filiœ  Pharaonis.
10.  Qoem  illa  adopta  vit  in  locum  filii , vocavitijue  nomeri  ejus  Mo3'ses,  dicens  : Quia  de  aqua  tuli  eum.
11.  In  diebus  illis  postquam  crèvera  t Moyses,  egressus  est  ad  fratres  suos,  vi- ditque  afflictionem  eorum,  et  virum ^gy-
toute  l'Egypte,  et  qu'on  employait  à  construire des  barques  légères.  Voy.  VAtl.  d'hist.  nai.  de  la Bible,  pi.  Lxxm,  flg.  5, 12,  et  Y  Atlas  archéol., pi.  VII,  flg.  4;  pi.  VIII,  flg.  1,3.  —  Bitumine  et pice.  La  poix  minérale,  et  la  poix  proprement dite,' ou  végétale  :  deux  excellents  enduits.  —  In carecto...  Dans  les  roseaux  de  différente  sorte  qui ont  toujours  abondé  le  long  des  rives  du  Nil.  — Considérante  eventum..  Jochabed  ne  doutait  pas qu'une  main  charitable  ne  recueillît  promptcment son  fils.
5-10.  Moïse  est  adopté  par  la  fille  du  Pharaon. Scène  encore  plus  dramatique.  —  Ecce...  ut  lava- retur. Peut-être  la  princesse  avait -elle  coutume de  se  baigner  en  cet  endroit  du  fleuve.  La  sain- teté et  la  force  vivifiante  du  Nil  étaient  univer- sellement appréciées,  et  les  femmes  jouissaient alors  en  Egypte  d'une  liberté  qui  leur  a  été  re- tirée peu  à  peu. — Farvulum  vagientevi,  mii^.erta  : traits  touchants.  La  conjecture  de  infamibus Eeb^t-ceorum...  était  aisée,  vu  les  circonstances. —  Oui  soror...  Marie  fait  preuve  d'une  grande perspicacité  dans  tout  ce  récit.—  Nidrivit  pice- rum...  Probablement  jusque  vers  l'âge  de  trois ans.  Cf.  Gen.  xxi,  8,  et  le  connnentaire.  Cette
première  éducation  de  Moïse  fut  toute  providen- tielle :  avec  le  lait  de  sa  mère  il  suça  le  zèle  de la  vraie  religion  et  le  sentiment  de  patriotisme ardent  qui  éclateront  bientôt  en  lui.  —  Adopta- vit.  Devenu  ainsi  membre  de  la  famille  royale. Moïse  reçut  une  seconde  éducation  non  moins providentielle  que  la  première,  a  Eruditus  est, dit  saint  Etienne,  Act.  vu,  22,  omni  scientia iEgyptiorum  ;  »  ce  qui  accrut  son  influence  soit auprès  des  Égyptiens,  soit  auprès  des  Hébreux eux  -  mômes.  —  Nomen  ejus  Aloyses  (  hébr.  : Moseh) ...  Le  nom  est  ensuite  expliqué  :  quia... tnli  im'5itl)  eum.  Au  dire  de  Josèphe,  Ant.  ii , 9,6,  l'étymologie  eût  encore  été  plus  frappante dans  la  langue  égjTptienne  :  a  Les  Égyptiens donnent  à  l'eau  le  nom  de  mô ,  et  celui  de  y.sè.v à  ceux  qui  sont  tirés  des  eaux.  »  Mais  les  savants modernes  contestent  l'exactitude  de  cette  déri- vation.
2°  Moïse  se  réfugie  chez  les  Madianites,  vers. 11-20.
11-12.  Intervention  de  Moïse  pour  protéger ses  frères.  —  lyi  diebus  illis.  Vague  formule,  que précise  saint  Etienne,  Act.  vu,  23,  en  disant  que Moïse  avait  alors  quarante  ans.  —  Eyressus  est.
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ptium  percutientem  quemdam  de  Hebrseis ÊratriLiis  suis.
12.  Cumque  circumspexisset  hue  atque illuc,  et  nnllum  adesse  vidisset,  pereus- sum  ^gy ptium  abscondit  sabulo.
13.  Et  egressus  die  altero  conspexit duos  Hebrœos  rixantes  ;  dixitque  ei  qui faciebat  injuriam  :  Quare  percutis  proxi- mum  tuum?
14.  Qui  respondit  :  Quis  te  constituit principem  et  judicem  super  nos?  Num occidere  me  tu  vis,  si  eut  heri  occidisti iEgyptium?  Timuit  Moyses,  était  :  Quo- modo  palam  factum  est  verbum  istud?
15.  Audivitque  Pharao  sermonem  hune, et  quœrebat  occidere  Moyseii  ;  qui  f u- giens  de  conspectu  ejus ,  moratus  est  in terra  Madian,  et  sedit  juxta  puteum.
16.  Erant  autem  sacerdoti  Madian septem  filiœ,  quse  venerunt  ad  haurien- dam  aquam  ;  et  impletis  canalibus  ada- quare  cupiebant  grèges  patris  sui.
17.  Supervenere  pastores,  et  ejecerunt eas;  surrexitque  Moyses,  et  defensis puellis,  adaquavit  oves  earum.
18.  Quse  cum  revertissent  ad  Eaguel patrem  suum ,  dixit  ad  eas  :  Cur  velocius venistis  solito?
19.  Eesponderunt  :  Vir  ^gj^ptius  libé- ra vit  nos  de  manu  pastorum  ;  insuper  et hausit  aquam  nobiscum,  potumque  dédit ovibus.
20.  At  ille  :  Ubi  est?  inquit.  Quare  di- misistis  hominem?  Vocate  eum  ut  come- dat  panem.
Ex.  II,  12-20.
tien  qui  frappait  un  Hébreu  d'entre  ses frères.
12.  Il  regarda  de  coté  et  d'autre ,  et,  ne voyant  personne  auprès  de  lui,  il  tua l'Egyptien  et  le  cacha  dans  le  sable.
13.  Le  lendemain,  il  trouva  deux  Hé- breux qui  se  querellaient ,  et  il  dit  à  celui qui  outrageait  l'autre  :  Pourquoi  frappez- vous  votre  frère  ?
14.  Cet  homme  répondit  :  Qui  vous  a établi  chef  et  juge  sur  nous  ?  Est-ce  que vous  voulez  ^me  tuer,  comme  vous  avez tué  hier  un  Égyptien  ?  Moïse  eut  peur,  et il  dit  :  Comment  cela  s'est  -  il  découvert  ?
15.  Le  Pharaon,  en  ayant  été  averti, cherchait  à  faire  mourir  Moïse.  Mais  ce- lui-ci se  cacha  et  s'enfuit  au  pays  de Madian,  où  il  s'arrêta,  et  s'assit  près d'un  puits.
16.  Or  le  prêtre  de  Madian  avait  sept filles,  qui,  étant  venues  pour  puiser  de l'eau  et  en  ayant  rempli  les  canaux,  vou- laient faire  boire  les  troupeaux  de  leur père.
17.  Mais  des  pasteurs,  étant  survenus, les  chassèrent.  Alors  Moïse,  se  levant  et prenant  la  défense  de  ces  filles ,  fit  boire leurs  brebis.
18.  Lorsqu'elles  furent  retournées  chez Raguël  leur  père ,  il  leur  dit  :  Pourquoi êtes -vous  revenues  plus  tôt  qu'à  l'ordi- naire ?
19.  Elles  lui  répondirent  :  Un  Egjrp- tien  nous  a  délivrées  de  la  violence  des pasteurs ,  et  il  a  même  tiré  de  l'eau  avec nous  et  a  donné  à  boire  à  nos  brebis.
20.  Où  est -il?  dit  leur  père.  Pourquoi avez -vous  laissé  aller  cet  homme?  Ap- pelez-le, afin  que  nous  le  fassions  man- ger.
Non  pour  une  visite  passagère,  mais  dans  l'in- tention de  se  fixer  désormais  auprès  de  «  ses frères  »  ;  ce  qui  suppose  qu'il  avait  abandonné  la cour  et  renoncé  à  toute  espérance  mondaine.  Saint Paul  a  décrit,  Hebr.  xi,  24-26,  l'acte  de  foi  qui était  à  la  base  de  cette  démarche  généreuse.  — Circumspexisset...  Détail  graphique.  —  Perçus- sum  Mgyptium.  Il  le  tua  dans  un  moment  d'in- dignation patriotique,  que  saint  Augustin,  C. Faust.,  1.  xxn,  c.  70,  n'excuse  pas  de  tout blâme.
13-15.  Moïse  s'exile  à  Madian;  ni  lui  ni  son peuple  ne  sont  mûrs  pour  la  délivrance.  —  Quis te  constituit...?  L'Hébreu  interpellé  refuse  une telle  ingérence  dans  leurs  affaires.  Il  porte  même au  médiateur  un  coup  brutal  :  Num  occidere...? —  In  terra  Madian.  La  vaste  contrée  occupée par  les  Madianites  s'étendait  sur  les  deux  rives du  golfe  Élanite ,  en  partie  dans  la  péninsule  de
Sinaï,  en  partie  dans  l'Arabie  proprement  dite.
—  Juxta  puteum.  Fatigué ,  indécis  sur  l'avenir. 16-20.  Moïse  et  les  filles  de  Raguël.  —  Septem
filiœ...  Comme  Rébecca,  comme  Rachel ,  comme tant  d'autres  jeunes  filles  appartenant  à  de  riches familles,  elles  paissaient  elles-mêmes  les  brebis de  leur  père.  —  Ejecerunt  eas  :  pour  abreuver d'abord  leurs  propres  troupeaux.  Moïse  se  fait  de nouveau  le  champion  courageux  des  opprimés  ; mais  cette  fois  avec  plus  de  calme  et  de  succès.
—  Raguël.  'iîéhr,:B'\i^el,  a  ami  de  Dieu.»  C'était probablement  son  nom  personnel  ;  celui  de  Jé- thro  (hébr.:  Ytro ,  «  son  excellence  »),  sous  lequel 11  sera  désigné  plus  tard ,  ressemble  davantage  h un  titre  officiel.  Cf.  in,  1,  etc.  —  Vir  JEgyptius. Elles  l'avaient  pris  pour  un  Égyptien  à  son  cos- tume, à  son  langage.  —  Qiiare  dimisistis...?  San» lui  offrir  l'hospitalité.
Ex.  II,  21  —  III,  3.
195
21.  Moïse  lui  jura  donc  qu'il  demeure- rait avec  lui.  Il  épousa  ensuite  sa  fille, qui  s'appelait  Séphora.
22.  Et  elle  lui  enfanta  un  fils,  qu'il nomma  Gersam  ,  en  disant  :  J'ai  été  voya- geur dans  une  terre  étrangère.  Elle  eut encore  un  autre  fils,  qu'il  nomma  Eliézer, en  disant  :  Le  Dieu  de  mon  père,  qui  est mon  protecteur,  m'a  délivré  de  la  main du  Pharaon.
23.  Longtemps  après,  le  roi  d'Egypte mourut,  et  les  enfants  d'Israël,  gémis- sant sous  le  poids  des  ouvrages  qui  les accablaient,  poussèrent  de  grands  cris, et  ces  cris,  que  tirait  d'eux  l'excès  de leurs  travaux,  s'élevèrent  jusqu'à  Dieu.
24.  Il  entendit  leurs  gémissements,  et il  se  souvint  de  l'alliance  qu'il  avait  faite avec  Abraham,  Isaac  et  Jacob.
25.  Et  le  Seigneur  regarda  favorable- ment les  enfants  d'Israël ,  et  il  les  recon- nut pour  son  peuple.
21.  Juravit  ergo  Moyses  quod  habi- taret  cum  eo.  Accepitque  Sephoram  filiam ejus  uxorem  ;
22.  Quse  peperit  ei  filmm,  quem  vo- cavit  Gersam,  dicens  :  Advena  fui  in  terra aliéna.  Alterum  vero  peperit,  quem  vo- cavit  Eliezer,  dicens  :  Deus  enim  patris mei  adjutor  meus  eripuit  me  de  manu Pharaon  is.
23.  Post  multum  vero  temporis  mor- tuus  est  rex  jî]gypti;  et  ingemiscentes filii  Israël,  propter  opéra  vociferati  sunt  ; ascenditque  clamor  eorum  ad  Deum  ab operibus.
24.  Et  audivit  gemitum  eorum,  ac  re- cordatus  est  fœderis  quod  pepigit  cum Abraham,  Isaac,  et  Jacob.
25.  Et  respexit  Dominus  filios  Israël, et  cognovit  eos.
CHAPITRE    III
1.  Cependant  Moïse  conduisait  les  bre- bis de  Jéthro,  son  beau -père,  prêtre  de Madian  ;  et  ayant  mené  son  troupeau  au fond  du  désert,  il  vint  à  la  montagne  de Dieu ,  nommée  Horeb.
2.  Alors  le  Seigneur  lui  apparut  dans une  flamme  de  feu  qui  sortait  du  milieu d'un  buisson ,  et  il  voyait  brûler  le  buis- son sans  qu'il  fût  consumé.
3.  Moïse  dit  donc  :  Il  faut  que  j'aille
1.  Moyses  autem  pascebat  oves  Jethro soceri  sui  sacerdotis  Madian  ;  cumque minasset  gregem  ad  interiora  deserti, venit  ad  montem  Dei  Horeb.
2.  Apparuitque  ei  Dominus  in  flamma ignis  de  medio  rubi  ;  et  videbat  quod  ru- bus  arderet,  et  non  combureretur.
3.  Dixit  ergo  Moyses  :  Vadam,  et  vi-
3°  Moïse  épousa  Séphora  ;  Dieu  écoute  les  gé- missements d'Israël,  vers.  21-25.
21-22.  Juravit...  Simplement,  d'après  l'hébreu  : il  consentit  à  habiter  avec  lui.  —  Gersam  (hébr.  : Gersom)  :  «  advena  ibi,  »  traduisait  saint  Jé- rôme; et  Moïse  explique  lui-même  ce  nom,  en disant  :  Advena  (gêr)  fui...—  Eliezer.  C.-à-d.  : Mon  Dieu  (est  un)  secours,  Deus...  adjutor  meus. La  naissance  d'Éliézer  n'est  pas  mentionnée  ici dans  le  texte  hébreu.
23-25.  Post...  multum  temporis  :  un  nouvel intervalle  de  quarante  ans.  Cf.  vir,  7,  et  Act. VII,  30.  —  Mortuus  est  rex...  Détail  qui  convient fort  bien  à  Ramsès  II,  dont  le  règne  fut  de  très longue  durée. —  Ingemiscentes...  vocijerati  sunt. Ces  gémissements  et  ces  cris  d'angoisse  étaient une  ardente  prière  ;  aussi  montèrent -ils  jusqu'au ciel. —  Audivit,  recordatns  est,  respe.xlt,  cogno- vit. Traits  admirables.  Le  cœur  de  Dieu  est  tou- ché, l'heure  de  la  délivrance  a  sonné.  Belle  tran- sition aux  événements  qui  vont  suivre.
Section  III.  —  La  vocation  de  Moïse  et  son RETOUR  en  Egypte.  III,  1  —  IV,  31.
Faits  d'une  extrême  importance  pour  l'histoire de  la  révélation  ;  aussi  sont  -  ils  racontés  avec  de nombreux  détails.
10  Dieu  apparaît  à  Moïse  auprès  de  l'Horeb, III,  1-6.
Chap.  III.  —  1.  Introduction  historique. —  Ad interiora  deserti.  Hébr.  :  «  derrière  le  désert  ;  »  à l'ouest  du  désert  qui  s'étend  entre  le  golfe  Éla- nite  et  le  Sinaï.  Par  conséquent,  au  cœur  même  du massif  de  l'Horeb,  dont  le  Sinaï  est  le  pic  prin- cipal. Il  y  a  là  de  fertiles  vallées  et  de  gras  pâtu- rages. —  Montem  Dei  :  ce  nom  est  emplo3'é  par anticipation.
2-3.  Le  buisson  ardent.  —  Apparuit...  Dominus (Y'Jwvah).  Hébr.  :  un  ange  de  Jéhovah.  Mais, au  vers.  4,  ce  même  personnage  est  pareillement appelé  Jéhovah  et  Eloïm  dans  le  texte  original. C'étaient,  disent  les  Pères,  la  seconde  personne
196
Ex.  III,  4-11,
debo  visionem  liane  magnam,  quare  non comburatur  rubus.
4.  Cernens  aiitem  Dominiis  quod  per- geret  ad  videndum,  vocavit  eum  de  me- dio  nibi,  et  ait  :  Moyses  !  Moyses!  Qui respondit  :  Adsum.
6.  At  ille  :  Ne  appropies,  inquit,  hue  ; solve  caleeamcntiim  de  pedibus  tuis  ; locus  enim,  in  quo  stas,  terra  sancta  est,
6.  Et  ait  :  Ego  sum  Deus  patris  tui, Deus  Abraliam,  Deus  Isaac,  et  Deus  Ja- cob. Abscondit  Moyses  facicm  suam; non  enim  aiidebat  aspicere  contra  Deum.
7.  Cui  ait  Dominus  :  Vidi  afflictionem populi  mei  in  zEgypto;  et  clamorem  ejus audivi  propter  duritiam^orum  qui  prse- sunt  operibus.
8.  Et  sciens  dolorem  ejus,  descendi ut  liberem  eum  de  manibus  ^g3''ptio- rum,  et  educam  de  terra  illa  in  terram bonam,  et  spatiosam  ;  in  terram  quse  fiuit lacté  et  melle,  ad  loca  Cliananœi,  et  He- thaei,  et  Amorrhasi,  et  Pherezsei,  et  He- vrei,  et  Jebussei.
9.  Clamor  ergo  filiorum  Igrael  venit  ad me  ;  vidique  afflictionem  eorum ,  qua  ab ^gyptiis  opprimuntur.
10.  Sed  veni,  et  mittam  te  ad  Pharao- nem,  ut  educas  populum  meum,  filios Israël,  de  iEg^'-pto.
11.  Dixitque  Moyses  ad  Deum  :  Quis
reconnaître  quelle  est  cette  merveille  que je  vois,  et  pourquoi  ce  buisson  ne  se consume  point,
4.  Mai«  le  Seigneur,  le  voyant  venir pour  considérer  ce  pliénomène,  l'appela du  milieu  du  buisson,  et  lui  dit:  Moïse, Moïse  !  Il  lui  ]"épondit  :  Me  voici,
5.  Et  Dieu  dit  :  N'approchez  pas  d'ici  ; Ctez  vos  souliers  de  vos  pieds ,  parce  que le  lieu  où  vous  êtes  est  une  terre  sainte.
6.  Il  dit  encore  :  Je  suis  le  Dieu  de votre  père,  le  Dieu  d'Abraham,  le  Dieu d'Isaac  et  le  Dieu  de  Jacob.  Moïse  se cacha  le  visage,  parce  qu'il  n'osait  re- garder Dieu,
7.  Le  Seigneur  lui  dit  :  J'ai  vu^l'afflic- tioii  de  mon  peuple,  qui  est  en  Egypte; j'ai  entendu  le  cri  qu'il  jette  à  cause  de la  dureté  de  ceux  qui  président  aux  tra- vaux.
8.  Et,  sachant  quelle  est  sa  douleur,  je suis  descendu  pour  le  délivrer  des  mains des  Egyptiens,  et  pour  le  faire  passer  de cette  terre  en  une  terre  bonne  et  spa- cieuse ;  en  une  terre  où  coulent  le  lait  et le  miel,  au  pays  des  Chananéens,  des Héthéens,  des  Amorrhéens,  des  Pliéré- zéens,  des  Hévéens  et  des  Jébuséens.  .
9.  Le  cri  des  enfants  d'Israël  est  donc venu  jusqu'à  moi  ;  j'ai  vu  leur  affliction et  de  quelle  manière  ils  sont  opprimés par  les  Eg^^ptiens,
10.  Mais  venez,  et  je  vous  enverrai vers  le  Pharaon,  afin  que  vous  fassiez sortir  de  l'Egypte  mon  peuple,  les  en- fants d'Israël,
11.  Mo'ïse   dit  à  Dieu:  Qui   suis -je,
de  la  sainte  Trinité.  —  RuM.  Hébr.  :  hass'neh , avec  l'article,  le  buisson  célèbx'e.  Le  s'neh  est une  sorte  d'acacia  rabougri  qui  abonde  dans  ces régions;  voyez  V Atlas  d'hist.  nat.  de  la  Bible, pi.  XXXI,  fig.  1.  D'après  une  antique  tradition, le  monastère  du  Siiiaï  s'élève  ii  l'endroit  même de  l'apparition  divine.  Cf.  Acia  Sanctorum,  maii  ii, p.  22.  —  Visionem  hanc  magnam.  Expression solennelle.
4-6.  Dieu  se  l'évèle  h  Moïse.  —  Cernens  Do- minus... Hébr.  :  «  Quand  Jéhovah  vit  que  Moïse s'approchait,... Eioïni  l'appela... »  Cette  juxtaposi- tion des  deux  noms  divins  est  remarquable.  — Solve  culceamentum.  Hébr.  :  «  tes  sandales ,  »  la chaussure  habituelle  des  Égyptiens,  et  en  géné- ral des  Orientaux  soit  anciens,  soit  modernes. Voy.  VAtl.  archéol.  de  La  Bible,  pi.  vi,  fig.  il. En  Orient,  il  a  toujours  été  d'usage  d'ôter  ses chaussures  iiour  pénétrer  dans  un  lieu  sacré  ou même  simplement  respectable  (cf.  Jos.  v,  15)  : locus  enim...,  terra  sancta.  —  Ego  sum  Deus... La  révélation  ne  pouvait  pas  être  plus  claire,  ni plus  explicite.  Sur  l'apiilication  dogmatique  que
N.-S.  Jésus-Christ  fit  de  ce  texte,  voy.  Matth.  xii, 26.  —  Abscondit  Moyses...  Épouvanté,  comme  au- trefois Jacob  à  Béthel,  Gen,  xxviii,  17.
2°  Le  Soigneur  annonce  à  Moïse  qu'il  l'a  choisi pour  délivrer  Israël.  III,  7-10.
7-9.  La  pitié  de  Dieu  pour  son  peuple.  — Vidi. Hébr.  :  a  Voir,  j'ai  vu  ;  »  formule  très  expressive, —  Descendi.  Anthropomorphisme,  qui  rappelle Gen.  XI,  5,  7.  Cette  miséricordieuse  intervention a  un  double  but  :  l'un  négatif,  ut  liberem...; l'autre  positif ,  et  educcun...  —  In  terram  bo- nam... Description  poétique  mais  exacte  de  la terre  promise.  La  Palestine  était  et  pourrait  re- devenir très  fertile  dans  son  ensemble  ;  son  lait et  son  miel  ont  toujours  été  renommés  :  de  là l'expression  proverbiale,  qui  reviendra  souvent, quee  fiait  lacté  et  melle.  Les  mots  suivants,  ad loca  CJucnancci...,  développent  i'épithète  spatio- sam. Cf.  Gen.  XV,  18-20.
10.  llôle  spécial  de  Moïse  dans  ce  gracieux  plan de  rédemiition.
3"  Objections  de  Moïse.  III,  11-14.
11  -12.  Première  objection,  générale  :  Quis  sum
Ex.  III,  12-17.
197
pour  aller  vers  le  Pharaon  et  pour  faire sortir  d'Egypte  les  enfants  d'Israël?
12.  Dieu  lui  répondit  :  Je  serai  avec vous,  et  ceci  sera  pour  vous  le  signe  que c'est  moi  qui  vous  ai  envoyé.  Lorsque vous  aurez  tiré  mon  peuple  de  l'Egypte, vous  offrirez  à  Dieu  un  sacrifice  sur  cette montagne.
13.  Moïse  dit  à  Dieu  :  J'irai  donc  vers les  enfants  d'Israël,  et  je  leur  dirai  :  Le Dieu  de  vos  pères  m'a  envoyé  vers  vous. Mais  s'ils  me  disent  :  Quel  est  son  nom  '? que  leur  répondrai -je?
14.  Dieu  dit  à  Moïse  :  Je  suis  celui  qui est.  Voici,  ajouta-t-il,  ce  que  vous  direz aux  enfants  d'Israël  :  Celui  qui  est  m'a envoyé  vers  vous.
15.  Dieu  dit  encore  à  Moïse  :  Vous  di- rez ceci  aux  enfants  d'Israël  :  Le  Sei- gneur, le  Dieu  de  vos  pères,  le  Dieu d'Abraham,  le  Dieu  d'Isaac,  le  Dieu  de Jacob ,  m'a  envoyé  vers  vous.  Voilà  mon nom  pour  l'éternité ,  et  voilà  mon  mémo- rial de  génération  en  génération.
16.  Allez,  assemblez  les  anciens  d'Is- raël, et  dites-leur  :  Le  Seigneur,  le  Dieu de  vos  pères,  m'est  apparu.  Le  Dieu d'Abraham,  le  Dieu  d'Isaac,  le  Dieu  de Jacob  m'a  dit  :  Je  suis  venu  vous  visiter, et  j'ai  vu  tout  ce  qui  vous  est  arrivé  en Egypte.
17.  J'ai  résolu  de  vous  tirer  de  l'op- pression des  Egyptiens  et  de  vous  faire passer  au  pays  des  Chananéens,  des  Hé-
sum  ego  ut  vadam  ad  Pharaonem,  et  edu- cam  lilios  Israël  de  ^gypto?
12.  Qui  dixit  ei  :  Ego  ero  tecum;  et hoc  habebis  signum,  quod  miserim  te  : Cum  eduxeris  populum  meum  de  -Egy- pte, immolabis  Deo  super  montem  istum.
13.  Ait  Mojj-ses  ad  Deum  :  Ecce  ego vadam  ad  filios  Israël,  et  dicam  eis  : Deus  patrum  vestrorum  raisit  me  ad  vos. Si  dixerint  mihi  :  Quod  est  nomen  ejus? quid  dicam  eis?
14.  Dixit  Deus  ad  Moysen  :  Ego  sum qui  sum.  Ait  :  Sic  dices  iiliis  Israël  :  Qui est ,  misit  me  ad  vos.
15.  Dixitque  iterum  Deus  ad  Moysen  : Htec  dices  filiis  Israël  :  Dominus  Deus patrum  vestrorum,  Deus  Abraham,  Deus Isaac ,  et  Deus  Jacob ,  misit  me  ad  vos  ; hoc  nomen  mihi  est  in  seternum  ;  et  hoc memoriale  meum  in  generationem  et  gé- nération em.
16.  Vade,  et  congrega  seniores  Israël, et  dices  ad  eos  :  Dominus  Deus  patrum vestrorum  apparuit  mihi,  Deus  Abraham, Deus  Isaac ,  et  Deus  Jacob ,  dicens  :  Vi- sitans  visitavi  vos,  et  vidi  omnia  quae acciderunt  vobis  in  ^gypto  ;
17.  Et  dixi  uteducamvos  deafflictione ^gypti,  in  terram  Chanansei,  et  Hethsei, et  Amorrhsei,  et  Pherezœi,  et  Hev^sei,  et
ego...?  Moïse  avait  été  mieux  préparé  que  per- sonne pour  la  mission  qui  lui  était  confiée  ;  mais on  conçoit  son  hésitation.  Il  ne  songe  plus,  comme autrefois,  ii,  11-13,  à  asstimer  de  lui-même  le  rôle de  libérateur.  —  Ego  ero  tecum.  A  cette  promesse rassurante,  Dieu  daigne  ajouter  un  signe  :  cum eduxeris...,  immolabis,..;  signe,  11  est  vrai,  qui faisait  appel  à  la  foi  de  Moïse.  Voyez-en  plus  loin la  réalisation,  xxiv,  4-8.
13-14.  Deuxième  objection.  —  Si  dixerint..., Quod...  nomen...?  C.-ù-d.  le  nom  qui  exprime  le mieux  sa  nature  et  ses  attributs,  le  nom  qui  le distingue  plus  complètement  des  fausses  divini- tés. —  Ego  sum  qui  sum.  En  hébreu  :  'Eh'yeh 'a5er  'eh'gith  (HMN  T>1JK  nMN).Nom  sans pareil,  en  effet,  qui  décrit  avec  une  exactitude et  une  brièveté  incomparables  l'unité,  la  sim- plicité, l'éternité,  l'immutabilité,  la  perfection  de l'Êtie  divin.  C'était  un  parfait  commcntau'e  du nom  de  Jéhovah  (("1*1(1"' ,  Yahvch),  «  l'Éternel.  » Cf.  Apoc.  I,  4,  8;  IV,  8,  etc.  —  Qui  est.  Hébr.: «  Je  suis  »  CEh'yeh),  le  premier  mot  de  la  for- mule précédente,  employé  à  la  façon  d'un  nom propre  :  ((  Je  suis  »  m'a  envoyé.  —  Ce  nom  sacré
était  ancien  et  nouveau  tout  ensemble  :  ancien, puisque  les  patriarches  l'avaient  connu  et  révéré (Gen,  IV,  2G;  ix,  26;  xv,  7,  etc.);  nouveau,  ù cause  de  l'interprétation  officielle  et  sublime  qui venait  de  lui  être  associée.  Cette  double  circon- stance faisait  de  lui  un  gage  infaillible  de  la mission  de  Moïse.  Celui  qui  promettait  le  salut aux  Israélites  était  le  Dieu  créateur,  tout -puis- sant, plein  de  bonté,  qui  avait  tant  de  fois  béni et  protégé  leurs  pères.  Une  appellation  inconnue jusqu'alors  n'aurait  pas  eu  la  même  force.
4°  Le  Seigneur  explique  davantage  à  Moïse  la nature  de  son  rôle.  III,  15-ii2.
15.  Transition.  —  Dominus  Deus...  «  Je  suis  » du  vers.  14  reparaît  sous  la  forme  plus  familière de  Jéhovah.  —  Nomen...  in  œternum.  Ce  nom glorieux  n'a  pas  cessé  d'être  employé,  soit  chez les  Juifs,  soit  chez  les  chrétiens,  et  jusqu'à  la fin  des  temps  il  sera  un  memoriale  qui  préser- vera le  souvenir  du  Dieu  de  la  révélation.
16-17.  Message  que  Moïse  devra  porter  de  la part  du  Seigneur  aux  anciens,  c.-à-d.  aux  nota- bles d'Israël.  —  Dixi.  Autrefois  à  Abraham,  Gen. XV,  18-20;  tout  récemment  h  Moïse,  vers.  8.
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Ex.  III,  18  —  IV,  4.
Jebussei,  ad  terram  fluentem  lacté   et melle.
18.  Et  audient  vocem  tuam;  ingredie- risque  tu,  et  seniores  Israël,  ad  regem iEgypti,  et  dices  ad  eum  :  Dominus  Deus Hebraeorum  vocavit  nos  ;  ibimus  viam trium  dierum  in  solitudinem,  ut  immo- lemus  Domino  Deo  nostro.
19.  Sed  ego  scio  quod  non  dimittet vos  rex  ^gypti  ut  eatis,  nisi  per  manum validam.
20.  Extendam  enim  manum  meam,  et percutiam  ^gyptum  in  cunctis  mirabi- libus  meis,  quae  facturus  sum  in  medio eorum  ;  post  hsec  dimittet  vos.
21.  Daboque  gratiam  populo  huic  co* rara  ^gyptiis  ;  et  cum  egrediemini ,  non exibitis  vacui  ;
22.  sed  postulabit  mulier  a  vicina sua ,  et  ab  bospita  sua ,  vasa  argentea et  aurea ,  ac  vestes  ;  ponetisque  eas  super filios  et  filias  vestras,  et  spoliabitis  -^gy- ptum.
théens,  des  Amorrhéens,  des  Phérézéens, des  Hévéens  et  des  Jébuséens;  en  une terre  où  coulent  le  lait  et  le  miel.
18.  Ils  écouteront  votre  voix,  et  vous irez,  vous  et  les  anciens  d'Israël,  vers  le roi  d'Egypte ,  et  vous  lui  direz  :  Le  Sei- gneur, le  Dieu  des  Hébreux,  nous  a  ap- pelés ;  nous  sommes  obligés  d'aller  à trois  jours  de  chemin  dans  le  désert,  pour sacrièer  au  Seigneur  notre  Dieu.
19.  Mais  je  sais  que  le  roi  d'Egypte ne  vous  laisFera  point  aller,  s'il  n'y  est contraint  par  une  main  forte.
20.  J'étendrai  donc  ma  main,  et  je frapperai  l'Egypte  par  toutes  sortes  de prodiges  que  je  ferai  au  milieu  d'eux  ;  et après  cela  il  vous  laissera  aller.
21.  Et  je  ferai  trouver  grâce  à  ce peuple  dans  l'esprit  des  Egyptiens  ;  et lorsque  vous  partirez,  vous  ne  sortirez pas  les  mains  vides.
22.  Mais  chaque  femme  demandera  à sa  voisine  et  à  celle  qui  demeurera  chez elle  des  vases  d'or  et  d'argent,  et  des vêtements  dont  vous  habillerez  vos  fils  et vos  filles  ;  et  vous  dépouillerez  l'Egypte.
CHAPITRE  IV
1.  Kespondens  Moj^ses  ait  :  Non  cre- dent  mihi,  neque  audient  vocem  meam, sed  dicent  :  Non  apparuit  tibi  Dominus.
2.  Dixit  ergo  ad  eum  :  Quid  est  quod tenes  in  manu  tua?  Eespondit  :  Virga.
3.  Dixitque  Dominus  :  Projice  eam  in terram.  Projecit,  et  versa  est  in  colu- brum,  ita  ut  fugeret  Moyses.
4.  Dixitque  Dominus  :  Extende  ma- num tuam,  et  appréhende  caudam  ejus. Extendit,  et  tenuit,  versaque  est  in  vir- gam.
1.  Moïse  répondit  :  Ils  ne  me  croiront pas,  et  ils  n'écouteront  point  ma  voix; mais  ils  diront  :  Le  Seigneur  ne  vous  a point  apparu.
2.  Dieu  lui  dit  donc  :  Que  tenez -vous en  votre  main  ?  Il  répondit  :  Une  verge,
3.  Le  Seigneur  ajouta  :  Jetez-la  à  terre. Moïse  la  jeta,  et  elle  fut  changée  en  ser- pent, de  sorte  que  Moïse  s'enfuit.
4.  Le  Seigneur  lui  dit  encore  :  Etendez votre  main ,  et  prenez  ce  serpent  par  la queue.  Il  étendit  la  main  et  le  prit,  et aussitôt  la  verge  changée  en  serpent  re- devint verge.
18.  Message  destiné  au  pharaon.  —  Yiain  trium dierum.  Le  but  du  pèlerinage  n'est  indiqué  que d'une  manière  générale  :  in  solitudinem,  le  dé- sert Et-Tih,  du  côté  de  l'est.  Même  à  la  cara- vane la  plus  rapide  il  serait  impossible  d'aller en  trois  jours  de  Gessen  au  Sinaï;  il  n'est  donc pas  ici  question  de  cette  montagne.  Au  reste ,  le départ  des  Hébreux  ne  sera  pas  tout  d'abord présenté  au  roi  comme  un  fait  perpétuel  ;  on lui  demandera  seulement  l'autorisation  de  fran- chir la  frontière.  Voy.  l'Atl.  gèogr.,  pi.  y.
19-20.  Dieu  prédit  le  refus  du  pharaon ,  et  les moyens  terribles  par  lesquels  son  consentement ser.1  finalement  obtenu.  —  Per  manum  validam. Expression  pittoresque ,  qui  est  ensuite  commen-
tée :  extendam  enim...
21-22.  Compensation  promise  aux  Hébreux pour  les  persécutions  qu'ils  auront  endurées  en Egypte.  —  Postulabit  :  en  don,  et  non  sous  forme de  prêt,  idée  qui  n'est  pas  dans  l'expression.  Yoy. XII,  35-36,  et  le  commentaire.
5°  Trois  signes  éclatants,  pour  confirmer  la mission  de  Moïse.  IV,  1-9.
Chap.  IV.  —  1-  5.  Le  premier  signe,  —  Respon- dens  Moyses...  Il  hésite  encore,  et  propose  une nouvelle  objection  :  Non  credent...  Dieu  la  réfute cette  fois  par  des  faits.  —  Virga.  Sa  houlette de  pasteur,  ou  plutôt  un  simple  bâton.  —  Pro- jecit... Le  prodige  est  raconté  en  termes  drama- tiques.
Ex.  IV,  5-14.
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5.  Le  Seigneur  ajouta  :  J'ai  fait  ceci afin  qu'ils  croient  que  le  Seigneur,  le Dieu  de  leurs  pères,  vous  est  apparu, le  Dieu  d'Abraham,  le  Dieu  d'Isaac  et  le Dieu  de  Jacob.
6.  Le  Seigneur  lui  dit  encore  :  Mettez votre  main  dans  votre  sein.  Et  l'ayant mise  dans  son  sein,  il  l'en  retira  pleine d'une  lèpre  Manche  comme  la  neige.
7.  Eemettez ,  dit  le  Seigneur,  votre main  dans  votre  sein.  Il  la  remit,  et  l'en retira  toute  semblable  au  reste  de  son corps.
8.  S'ils  ne  vous  croient  pas  ,  dit  le Seigneur,  et  s'ils  n'écoutent  pas  la  voix du  premier  miracle,  ils  écouteront  celle du  second.
9.  Que  s'ils  ne  croient  point  encore  à ces  deux  miracles  et  qu'ils  n'écoutent point  votre  voix,  prenez  de  l'eau  du fleuve,  répandez -la  sur  la  terre,  et  tout ce  que  vous  en  aurez  puisé  sera  changé en  sang.
10.  Moïse  dit  alors  :  Ah!  Seigneur,  je n'ai  jamais  eu  la  facilité  de  parler,  et depuis  que  vous  avez  commencé  à  parler à  votre  serviteur,  j'ai  la  langue  encore moins  libre  et  plus  empêchée.
11.  Le  Seigneur  lui  répondit  :  Qui  a fait  la  bouche  de  l'homme  ?  Qui  a  formé le  muet  et  le  Eourd,  celui  qui  voit  et celui  qui  est  aveugle?  N'est-ce  pas  moi  ?
12.  Allez  donc,  je  serai  dans  votre bouche,  et  je  vous  apprendrai  ce  que  vous aurez  à  dire,
13.  Je  vous  prie,  Seigneur,  repartit Moïse,  envoyez  celui  que  vous  devez envoyer.
14.  Le  Seigneur  s'irrita  contre  Moïse et  lui  dit  :  Je  sais  qu'Aaron  votre  frère , le  Lévite,  s'exprime  aisément;  il  va venir  au-devant  de  vous,  et  quand  il vous  verra,  son  cœur  sera  plein  de  joie.
5.  Ut  credant,  inquit,  quod  apparuerit tibi  Dominus  Deus  patrum  suorum,  Deus Abraham,  Deus  Isaac,  et  Deus  Jacob.
6.  Dixitque  Dominus  rursum  :  Mitte manum  tuam  in  sinum  tuum.  Quam  cum misisset  in  sinum,  protulit  leprosam  instar ni  vis.
7.  Retrahe,  ait,  manum  tuam  in  sinum tuum.  Retraxit,  et  protulit  iterum,  et  erat similis  carni  reliquse.
8.  Si  non  crediderint ,  inquit ,  tibi , neque  audierint  sermonem  signi  prioris  , credent  verbo  signi  sequentis.
9.  Quod  si  nec  duobus  quidem  his  si- gnis  crediderint,  neque  audierint  vocera tuam,  sume  aquam  fluminis,  et  eiïunde eam  super  aridam,  et  quidquid  hauseris de  fluvio,  vertetur  in  sanguinem.
10.  Ait  Moyses  :  Obsecro,  Domine, non  sum  eloquens  ab  heri,  et  nudius- tertius  ;  et  ex  quo  locutus  es  ad  servum tuum,  impeditioris  et  tardioris  linguse sum.
11.  Dixit  Dominus  ad  eum  :  Quis  fecit os  hominis?  aut  quis  fabricatus  est  mu- tum  et  surdum,  videntem  et  caecum  ? nonne  ego?
12.  Perge  igitur,  et  ego  ero  in  ore  tuo  ; doceboque  te  quid  loquaris.
13.  At  ille  :  Obsecro,  inquit,  Domine, mitte  quem  missurus  es.
14.  Iratus  Dominus  in  Moysen ,  ait  : Aaroii  frater  tuus  Lévites,  scio  quod eloquens  sit  ;  ecce  ipse  egreditur  in occursum  tuum,  Addensque  te  Isetabitur corde.
6-8,  Le  second  signe.  —  Leprosam  instar nivis.  C'est  là ,  en  effet ,  le  caractère  de  la  lèpre la  plus  commune.  Cf,  Lev,  xiii.  Quand  elle  est parvenue  à  son  complet  développement,  la  peau, les  poils,  les  cheveux  deviennent  entièrement blancs,  —  Sermonem  signi.  Les  miracles  ont  leur langage,  extrêmement  frappant.  Jamais  encore aucun  homme  n'avait  reçu  le  pouvoir  d'en  ac- complir,
9.  Troisième  signe.  Les  deux  premiers  avaient eu  lieu  sur  place,  le  troisième  est  réservé  à  un prochain  avenir,
6»  Dieu  surmonte  les  dernières  hésitations  de Moïse  en  lui  associant  Aaron,  IV,  10-17.
10-12,  Quatrième  objection  de  Moïse  :  Non  sum eloquens.  Et  ce  défaut,  qu'il  dit  remonter  ab
heri  et  nudiustertius  (formule  hébraïque  pour désigner  le  passé  en  général),  s'est  encore  accru, assure -t- il,  depuis  que  Dieu  lui  a  confié  une mission  qui  l'intimide.  Une  curieuse  légende  juive prétend  qu'il  ne  pouvait  qu'à  grand'psine  pro- noncer les  labiales.  —  Jéhovah  encourage  aima- blement son  serviteur,  soit  en  lui  rappelant  sa puissance  créatrice  (quis  fecit  os...?),  soit  en  lui promettant  une  assistance  spéciale  (  ego...  in  ore tuo ,  locution  très  forte  ),
13-17.  Cinquième  objection  de  Moïse  :  Mitte quem  missurus...  C.-à-d.  un  autre  plutôt  que moi.  Malgré  toute  sa  foi,  malgré  la  condescen- dance si  aimable  du  Seigneur,  il  est  comme  écrasé en  pensant  aux  difficultés  qui  l'attendent.  —  Ira- tus Dominus.  La  bonté  de  Dieu  éclate  au  milieu
10*
200
Ex.  IV,  15-23.
15.  Loquere  ad  eiim,  et  pone  verba mea  in  ore  ejiis;  et  ego  ero  in  ore  tuo, et  in  ore  illius ,  et  ostendam  vobis  quid ccgere  debeatis.
16.  Ipse  loquetur  pro  te  ad  populum, et  erit  os  tuum  ;  tu  autem  eris  ei  in  his quœ  ad  Deum  pertinent.
17.  Virgam  quoque  banc  sumeinmanu tua ,  in  qua  facturus  es  signa.
18.  Abiit  Moyses,  et  reversus  est  ad Jethro  socerum  suum,  dixitque  ei  :  Va- dam  et  revertar  ad  fratres  meos  in j3^g3q3tum,  ut  videam  si  adhuc  vivant. Cui  ait  Jethro  :  Vade  in  pace.
19.  Dixit  ergo  Dominus  ad  Moysen  in ]\[adian  :  Vade,  et  revertere  in^gyptum; mortui  sunt  enim  omnes  qui  quaerebant animam  tuam.  .___^
20.  Tulit  ergo  Moyses  uxorem  suam, et  filios  suos,  et  imposuit  eos  super  asi- num,  reversusque  est  in  ^g3^ptuni,  por- tai! s  virgam  Dei  in  manu  sua.
21.  Dixitque  ei  Dominus  revertenti  in ^gyptum  :  Vide  ut  omnia  ostenta  quae posui  in  manu  tua,  facias  coram  Pha- raone;  ego  indurabo  cor  ejus,  et  non dimittet  populum.
22.  Dicesque  ad  eum  :  Hsec  dicit  Do- minus :  Filius  meus  primogenitus  Israël.
23.  Dixi  tibi  :  Dimitte  filium  meiim ut  serviat  mihi;  et  noluisti  dimittere eum;  ecce  ego  interficiam  filium  tuum primogenitum.
15.  Parlez -lui  et  mettez  mes  paroles dans  sa  bouche.  Je  serai  dans  votre bouche  et  dans  la  sienne,  et  je  vous montrerai  ce  que  vous  aurez  à  faire.
16.  Il  parlera  pour  vous  au  peuple,  et il  sera  votre  bouche ,  et  vous  le  conduirez dans  tout  ce  qui  regarde  Dieu.
17.  Prenez  aussi  cette  verge  en  votre main ,  car  c'est  avec  elle  que  v^ous  ferez des  miracles.
18.  Moïse  s'en  alla  donc  et  retourna chez  Jethro  son  beau-père,  etillui^dit:  Je m'en  vais  retrouver  mes  frères  en  Egypte, pour  voir  s'ils  sont  encore  en  vie.  Jethro lui  dit  :  Allez  en  paix.
19.  Or  le  Seigneur  dit  à  Moïse  lorsqu'il était  encore  en  Madian  :  Allez ,  retournez en  Egypte,  car  ceux  qui  voulaient  vous ôter  la  vie  sont  tous  morts.
20.  Moïse  prit  donc  sa  femme  et  ses fils,  les  mit  sur  un  âne  et  retourna  en Egypte,  portant  à  la  main  la  verge  de Dieu.
21.  Et  le  Seigneur  lui  dit  lorsqu'il  re- tournait en  Egypte  :  Ne  manquez  pas  de faire  devant  le  Pharaon  tous  les  miracles que  je  vous  ai  donné  le  pouvoir  de  faire. J'endurcirai  son  coeur,  et  il  ne  laissera point  aller  mon  peuple.
22.  Vous  lui  direz  donc  :  Voici  ce  que dit  le  Seigneur  :  Israël  est  mon  fils  aîné.
23.  Je  vous  ai  dit  :  Laissez  aller  mon fils,  afin  qu'il  me  rende  le  culte  qui m'est  dû;  et  vous  n'avez  point  voulu  le laisser  aller  :  c'est  pourc[uoi  je  tuerai votre  filo  aîné.
même  de  son  juste  mécontentement,  et  il  donne à  Moïse  son  frère  Aaron  pour  porte  -  parole,  — Ip-e  egreclitur...  Bonne  et  encourageante  nou- velle. —  Loquere  ad  eum...  Le  rôle  spécial  des deux  frères  est  nettement  précisé  (vers.  15-17). comme  aussi  la  nature  du  divin  concours  à  l'é- gard dvj  l'un  et  de  l'autre.  —  In  his  quœ  ad Deum.  Hébr.  :  «  loco  Dei;  »  tu  seras  (en  quel- que sorte)  son  Dieu.  Le  Seigneur  ne  faisait  di- rectement ses  révélations  qu'à  Moïse  ;  celui-ci  les transmettait  à  Aaron.  —  Virgam  hanc:  la  verge récennnent  changée  en  serpent ,  vers.  2-4.
7°  Moïse  se  met  en  route  pour  l'Egypte.  IV, 18-20.
18.  Reversus...  ad  Jethro...:  Vadam.  Moïse n'indique  pas  à  son  beau -père  la  vraie  cause  do son  départ;  il  allègue  la  vague  «  raison  de  fa- mille »  (  lit  videam...  ).  —  Vade  in  pace.  Jethro est  remarquable  par  sa  douceur  et  sa  bonté  dans toutes  les  circonstances  où  la  Bible  nous  le montre.  Cf.  xvm,  2,  etc.  Quelle  différence  avec Laban  !  Voy.  Gen.  xxxi.
19.  Dieu  hâte  le  départ  de  son  serviteur,  etl'ii annonce  qu'il  n'a  rien  à  craindre  en  Egypte  :
viortui  sunt  enim...
20.  Détails  pittoresques.  Qui  eût  soupçonné, dans  un  appareil  si  simple,  le  futur  libérateur d'Israël  ?  —  Imposuit  eos  super  asinura.  On croirait  les  reconnaître  dans  les  deux  enfants  de la  frasque  de  Béni  -  Hassan ,  qui  occupent  chacun un  côté  d'un  bât  antique.  Voy.  V Atlas  archéol. de  la  Bible,  pi.  lxv,  flg.  8.
8»  Trois  incidents  du  voyage.  IV,  21-28.
21  -  23.  Premier  incident  :  une  recommandation de  Dieu  à  Moïse  relativement  au  pharaon.  — Omnia  ostenta.  Non  seulement  les  trois  prodiges signalés  plus  haut,  vers.  3-9,  mais  encore  lus autres  mù'acles  que  Moïse  devait  successivement accomplir  sur  l'ordre  de  Jéhovah.  —  Ego  indu- rabo... Expression  célèbre  dans  l'histoire  de  la théologie  ;  mal  comprise  par  les  incrédules ,  elle a  souvent  occasionné  d'injustes  attaques  contre la  Bible.  Une  rapide  étude  du  texte  sacré  répond à  tout.  Dans  les  chap.  iv  à  xiv  de  l'Exode,  il est  question  à  vingt  reprises  de  1'  «  endurcisse- ment »  du  pharaon;  mais,  si  cet  acte  moi'al  est attribué  dix  fois  à  Dieu  (iv,  21;  vu,  3;  ix,  12; X,  ],  20,  27;   XI,  10;  xiv,  4,  8,  17),   dix  fois
E,x.  IV,  24-31.
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24.  Moïse  étant  en  chemin,  le  Sei- gneur se  présenta  à  lui  dans  l'hôtellerie, et  il  voulait  lui  cter  la  vie.
25.  Séj)hora  prit  aussitôt  une  pierre très  aiguo  et  circoncit  la  chair  de  son  fils; et  touchant  les  pieds  de  Ilo'ise,  elle  dit  : Vous  m'êtes  un  époux  de  sang.
26.  Alors  le  Seigneur  laissa  Moïse après  qu'elle  eut  dit,  à  cause  de  la  cir- concision :  Vous  m'êtes  un  époux  de sang.
27.  Cependant  le  Seigneur  dit  à  Aaron  : Allez  au  désert  au-devant  de  Moïse.  Et Aaron  alla  au-devant  de  lui  sur  la  mon- tagne de  Dieu,  et  il  le  baisa.
28.  Moïse  raconta  à  Aaron  tout  ce  que le  Seigneur  lui  avait  dit  en  l'envoj^ant,  et les  miracles  qu'il  lui  avait  ordonné  de faire.
29.  Et,  étant  arrivés  ensemble,  ils firent  assembler  tous  les  anciens  des  en- fants d'Israël.
30.  Et  Aaron  rapporta  tout  ce  que  le Seigneur  avait  dit  à  Moïse,  et  fit  des miracles  devant  le  peuple.
31.  Et  le  peuple  crut,  et  ils  com- prirent que  le  Seigneur  avait  visité  les enfants  d'Israël  et  qu'il  avait  regardé leur  affliction  ;  et ,  se  prosternant ,  ils l'adorèrent.
24.  Cumque  esset  in  itinere,  in  diver- sorio  occurrit  ei  Dominus,  et  volebat occidere  eum.
25.  Tulit  illico  Sephora  acutissimam petram,  et  circumcidit  pricputium  filii sui;  tetigitque  pedes  ejus,  et  ait  :  Spon- sus  sanguinum  tu  mihi  es.
26.  Et  dimisit  eum  postquam  dixerat  : Sponsus  sanguinum ,  ob  circumcisionem.
27.  Dixit  autem  Dominus  ad  Aaron  : Vade  in  occursum  IMoysi  in  desertum. Qui  perrexit  obviam  ei  in  montem  Dei , et  osculatus  est  eum,
28.  Narravitque  Moyses  Aaron  omnia verba  Domini  quibus  miserat  eum,  et signa  quse  mandaverat.
29.  Venerùntque  simul,  et  congrega- verunt  cunctos  seniores  filiorum  Israël.
30.  Locutusque  est  Aaron  omnia  verba quEB  dixerat  Dominus  ad  Moysen;  et  fe- cit  signa  coram  populo  ;
31.  Et  credidit  populus.  Audieruntque quod  visitasset  Dominus  lilios  Israël, et  quod  respexisset  afflictionem  illorum  ; et  proni  adoraverunt.
aussi  le  roi  d'Egypte  en  est  rendu  directement i-esponsable  (vn,  13,  14,  22;  vm,  15,  19,  32; IX,  7,  34,  35;  xni,  15).  a  Ipse  ergo  Pharao  pro- prie et  positive  se  induravit,  Deus  vero  permis- sive et  indirecte,  »  conclut  à  bon  droit  Cornélius a  Lapide.  Et  rien  de  plus  légitime  que  de  retirer la  grâce  à  un  homme  qui,  averti  par  de  nom- breux et  d'oclatants  prodiges,  s'obstinait  quand même  volontairement  dans  le  mal.  Cf.  S.  Aug., Qucest.  XVIII,  XXIV,  xxxvi  in  Exod.  —  Filius meus...  Israël.  Adoption  tout  aimable,  dont  nous trouvons  ici  la  prcmiôre  mention.  Cf.  Os.  xi,  1; Rom.  VIII,  14-17,  etc.  Israël  est  appelé  le  fils primogcnitus  par  allusion  aux  Gentils,  les  en- fants puînés.  —  Tnterficiain  filium  luam.  La  loi du  talion  sera  appliquée  au  roi  impie.
24-26.  Deuxième  incident.  —  In  diversorlo. Voyez  la  note  de  Gen.  xlii,  27.  —  Volehat  occi- dere... L'expression  est  un  peu  obscure  :  on  ne dit  pas  de  quelle  manière  la  vie  de  Moïse  fut menacée.  Du  moins,  Séphora  comprit  aussitôt  que ce  dîingor  provenait  de  ce  qu'elle  avait  omis  de ■circoncire  un  de  ses  fils.  —  Acutissimam  petram.
En  guise  de  couteau,  ainsi  que  firent  plus  tard les  Hébreiix  dans  une  circonstance  analogue , Jos.  V,  11.  —  Tetigit...  Hébr.  :  «  elle  fit  toucher  » ses  pieds.  C.-à-d.  que,  dans  un  mouvement  de colère,  Séphora  jeta  aux  pieds  de  Moïse  le  mor- ceau de  chair  retranché ,  ou  la  pierre  ensanglan- tée. Ses  paroles  expliquaient  son  geste  :  Sponsus sanguinum...;  un  mari  dont  la  religion  exi- geait l'sffusion  du  sang  de  ses  enfants.  —  Di- misit  eum.  Dieu,  satisfait,  épargna  la  vie  de Moïse.
27-28.  Troisième  incident  :  Dieu  envoie  Aaron au-devant  de  Moïse.  —  In  montem  Dei.  Dans  la région  de  l'Horeb,  m,  1.
9°  Les  Israélites  accueillent  Moïse  avec  les  sen- timents d'une  foi  vive.  IV,  29-31.
29-31.  Congregaverunt...  Dès  son  arrivée,  Moïse exécute  son  mandat.  Cf.  in,  16.  Aaron  aussi inaugure  sa  mission  spéciale  :  locutusque  est...  — Le  résultat  fut  admirable  :  credidit  popidus;  et tous,  comprenant  que  Dieu  allait  enfin  les  sau- ver, proni  adoraverunt.  Beau  début  de  la  déli- vrance.
202
Ex.  V,  1-7.
CHAPITRE  V
1.  Post  hœc  ingressi  sunt  Moyses  et Aaron ,  et  dixerunt  Pliaraoni  :  Hœc  dicit Dominus  Deus  Israël  :  Dimitte  populum meum  ut  sacrificet  mihi  in  deserto.
2.  At  ille  respondit  :  Qiiis  est  Domi- nus, ut  audiam  vocem  ejus,  et  dimittam Israël?  Nescio  Dominum,  et  Israël  non dimittam.
3.  Dixeruntque  :  Deus  Hebrseorum  vo- cavit  nos,  ut  eamus  viam  triura  dierum in  solitudinem,  et  sacrificemus  Domino Deo  nostro,  ne  forte  accidat  noJ)ig_-pestis aut  gladius.
4.  Ait  ad  eos  rex  ^gypti  :  Quare, Moyses  et  Aaron ,  sollicitatis  populurn  ab operibus  suis?  Ite  ad  onera  vestra.
5.  Dixitque  Pharao  :  Multus  est  popu- lus  terrœ  ;  videtis  quod  turba  succreve- i-it;  quanto  magis,  si  dederitis  eis  requiem ab  operibus!
6.  Praecepit  ergo  in  die  illo  prsefectis operum  et  exactoribus  populi ,  dicens  :
7.  Nequaquam  ultra  dabitis  paleas populo  ad  conliciendos  lateres,  sicut prius;  sed  ipsi  vadant,  et  coUigant  sti- i)ulas.
1.  Après  cela.  Moïse  et  Aaron  vinrent trouver  le  Pharaon ,  et  ils  lui  dirent  :  Voici ce  que  dit  le  Seigneur,  le  Dieu  d'Israël  : Laissez  aller  mon  peuple,  afin  qu'il  me sacrifie  dans  le  désert.
2.  Mais  il  répondit  :  Qui  est  ce  Sei- gneur, pour  que  je  sois  obHgé  d'écouter sa  voix  et  de  laisser  sortir  Israël?  Je  ne connais  point  ce  Seigneur,  et  je  ne  lais- serai point  sortir  Israël.
3.  Ils  lui  dirent  encore  :  Le  Dieu  des Hébreux  nous  a  ordonné  d'aller  à  trois journées  de  chemin  dans  le  désert,  pour sacrifier  au  Seigneur  notre  Dieu ,  de  peur que  nous  ne  soyons  frappés  de  peste  ou du  glaive.
4.  Le  roi  d'Egypte  leur  répondit  : jMoïse  et  Aaron,  pourquoi  détournez- vous le  peuple  de  leurs  ouvrages?  Allez  à votre  travail.
5.  Le  Pharaon  dit  encore  :  Ce  peuple s'est  fort  multiplié  dans  le  pays  ;  vous vo3'ez  que  cette  populace  s'est  beaucoup accrue.  Que  serait-ce  si  vous  lui  relâchiez quelque  chose  de  son  travail  ?
().  Il  donna  donc,  ce  jour-là  même,  cet ordre  aux  inspecteurs  des  travaux  et  aux commissaires  du  peuple,  et  il  leur  dit  :
7.  Vous  ne  donnerez  plus,  comme  au- paravant, de  paille  h  ce  peuple  pour faire  les  briques,  mais  qu'ils  en  aillent chercher  eux-mêmes.
f-ECTiox  IV.  —  Vaixes  tentatives  de  Moïse  et d'Aarox  pour  obtenir  du  pharaon  le  départ d'Israël.  V,  1  —  VII,  7.
1»  INIoïse  et  Aaron  communiquent  au  roi  les ordres  de  Dieu.  V,  1-5.
Chap.  V.  —  1-2.  La  première  ouverture.  — Dixervnt  Pharaoni.  C'était ,  selon  toute  vrai- semblance, Ménephtah  I"^"",  fils  et  successeur  de Ramsès  II ,  qui  continua  la  politique  et  imita  les cruautés  de  son  père.  Voyez  son  portrait  dans VAtlaa  cl'hist.  nat.de  la  Bible,  pi.  cvii,  fig.  1. D'après  le  psaume  Lxxvn,  12,  43,  c'est  ù  Tanis que  se  passèrent  les  graves  incidents  qui  précé- dèrent la  sortie  d'Egypte.  —  Quis  est  Domi- nus...? Nescio.  A  la  demande  si  modeste  des envoyés  de  Jéhovah ,  le  prince  répond  en  termes arrogants,  dédaigneux.  Il  commence  déjà  sa  lutte impie.
3  -  5.  Moïse  et  Aaron  insistent  en  vain.  —  Deus JJchrceorum.  Si  le  pharaon  ne  connaît  point  Jé- hovah, les  Hébreux  le   connaissent,  et  ils  ne
peuvent  sans  danger  désobéir  à  ses  ordres  for- mels. —  Pestis  aut  gladius.  Une  mort  violente dans  les  deux  cas.  «  Le  glaive  »  par  une  inva- sion subite  des  Schasou,  les  Sémites  nomades des  frontières  du  nord-est.  —  Sollicitatis...  Mé- nephtah affecte  de  ne  voir  dans  la  demande  de iloïse  qu'un  moyen  dissimulé  de  faire  chômer  les Israélites,  et  il  congédie  brutalement  les  deux frères  :  Jte  ad  on^ra...  L'expression  2^'''Pulus icrrce  désigne  la  masse  du  peuple  hébreu.
2»  Rocrudoscence  de  la  i)ersécution.  V,  6-18.
6-9.  Le  roi  impose  aux  Hébreux  de  nouvelles corvées.  —  Pne/cctis  operum  :  les  maîtres  de corvée,  subordonnés  aux  intendants  supt'rleurs dont  il  a  été  question  plus  haut,  i,  11.  —  ExaciO' oibus...  Hébr.  :  sotrim,  ou  scribes  (LXX  :  toÎç ypaa[J.aT£0(7tv).  Cette  troisième  catégorie  de  sur- veillants était  prise,  d'après  le  vers.  14,  dans  les rangs  mômes  des  Hébreux;  ils  notaient,  comme l'indique  leur  nom  primitif,  l'ouvrage  d'un  cha- cun, et  ils  étaient  responsables  de  l'exécution des  travaux.  —  Nequaquam...  paleas.  Cette  paille
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Ex,  V,  8-16.
203
8.  Et  TOUS  ne  laisserez  pas  d'exiger d'eux  la  même  quantité  de  briques  qu'ils rendaient  auparavant,  sans  en  rien  dimi- nuer. Car  ils  n'ont  pas  de  quoi  s'occuper  ; c'est  pourquoi  ils  crient  et  disent  :  Allons sacrifier  à  notre  Dieu.
9.  Qu'on  les  accable  de  travaux,  qu'ils les  exécutent,  afin  qu'ils  n'acquiescent plus  à  des  paroles  de  mensonge.
10.  Alors  ceux  qui  avaient  l'intendance des  ou\Tages  et  qui  les  exigeaient  du peui)le  dirent  aux  Hébreux  :  Voici  l'ordre du  Pharaon  :  Je  ne  vous  donnerai  plus de  paille.
11.  Allez,  et  cherchez -en  où  vous pourrez  en  trouver  ;  et  néanmoins  on  ne diminuera  rien  de  votre  ouvrage.
12.  Le  peuple  se  répandit  donc  dans toute  l'Egypte,  afin  d'amasser  de  la paille.
13.  Et  ceux  qui  avaient  Tintendance des  travaux  les  pressaient,  en  leur  di- sant :  Kendez  tous  les  jours  la  même quantité  de  briques  que  vous  rendiez lorsqu'on  vous  donnait  de  la  paille.
14.  Ceux  donc  qui  étaient  préposés  aux ouvrages  des  enfants  d'Israël  furent battus  de  verges  par  les  exacteurs  du Pharaon,  qui  leur  disaient  :  Pourquoi n'avez -vous  pas  rendu,  ni  hier  ni  au- jourd'hui, la  même  quantité  de  briques que  vous  faisiez  auparavant  ?
15.  Alors  ceux  qui  étaient  préposés  aux travaux  des  enfants  d'Israël  vinrent  crier au  Pharaon,  en  lui  disant  :  Pourquoi traitez -vous  ainsi  vos  serviteurs?
16.  On  ne  nous  donne  point  de  paille et  on  nous  commande  de  rendre  le  même nombre  de  briques  qu'auparavant.  Nous sommes  battus  de  verges,  nous  qui sommes  vos  serviteurs ,  et  on  tourmente injustement  votre  peuple.
8.  Et  mensuram  laterum,  quam  prius faciebant,  imponetis  super  eos,  nec  mi- nuetis  quidquam;  vacant  enim,  et  idcirco vociferantur,  dicentes  :  Eamus,  et  sa- crificomus  Deo  nostro.
9.  Opprimantur  opcribus,  et  expleant ea,  ut  non  acquiesçant  verbis  menda- cibus.
10.  Igitur  egressi  prîefecti  operum  et exactorcs  ad  populum,  dixerunt  :  Sic dicit  Pharao  :  Non  do  vobis  paleas.
11.  Ite,  et  colligite  sicubi  invenire  po- teritis  ;  nec  minuetur  quidquam  de  opère vestro.
12.  Dispersusque  est  populus  per omnem  terram  ^gypti  ad  colligendas paleas.
13.  Prœfecti  quoque  operum  insta- bant,  dicentes  :  Complète  opus  vestrum quotidie,  ut  prius  facere  solebatis  quando dabantur  vobis  palea3.
14.  Flagellatique  sunt  qui  praeerant operibus  filiorum  Israël,  ab  exactoribus Pharaonis,  dicentibus  :  Quare  non  im- pletis  mensuram  laterum  sicut  prius, nec  heri ,  nec  liodie  ?
15.  Yeneruntque  praepositi  filiorum Israël ,  et  vocif erati  sunt  ad  Pharaonem , dicentes  :  Cur  ita  agis  contra  serves tuos  ?
16.  Palese  non  dantur  nobis,  et  lateres similiter  imperantur;  en  famuli  tui  fla- gellis  cœdimur,  et  injuste  agitur  contra populum  tuum.
ne  servait  point  à,  ci;ire  les  briques,  lesquelles, d'ordinaire,  étaient  simplement  sécliées  au  soleil; mais  on  la  hachait  et  on  la  mélangeait  à,  l'ar- gile, pour  donner  aux  briques  plus  de  solidité. Comme  il  en  fallait  des  quantités  énormes,  le travail  des  Hébreux  était  doublé  par  cette  réqui- sition nouvelle.  «  Je  n'ai  personne  pour  m'aider à  faire  des  briques ,  point  de  paille ,  »  s'écrie  avec amei'tume  un  Égyptien  de  la  xix^  dynastie.  — Vacant  enim.  Cruelle  ironie.
10-14.  On  exécute  l'ordre  du  roi.  —  Dispersus... ad  collvicndas...  L'hébreu  ajoute:  dans  les  champs. Il  a  toujours  été  d'usage  en  Egypte  de  moisson- ner le  blé  très  haut ,  presque  au-dessous  de  l'épi  ; la  plus  grande  partie  du  chaume  restait  sur  pied, abandonnée  aux  premiers  occupants. Voy.  V Atlas avchùol.  de  la  BlUs,  pi.  xxxiv,  %.  5,  —  l'iœ-
fecti...  instahant  :  car  évidemment  ces  nouvelles exigences  mirent  les  ouvriers  en  retard.  —  Fia- gellati...  qui  prœerant.  Dans  l'iiébr.  :  On  battit les  commissaires  (les  sotrim)  des  enfants  d'Is- raël ,  établis  sur  eux  par  les  inspecteurs  du  pha- raon. Selon  la  coutume  orientale,  on  s'en  prend aux  officiers  responsables,  et  on  les  châtie  sans pitié.  La  bastonnade  ég3iitienne  était  aussi  cruelle que  fréquente.  Voyez  l'Atlas  archéol,  pi.  lxxi, fig.  4  et  5.
15-18.  Les  commissaires  Israélites  vont  se plaindre  au  pharaon.  —  Venerunt...  ad  Pha- raonem. Les  rois  d'Egypte  se  mettaient  assez volontiers  ù,  la  disposition  de  leurs  sujets  pour entendre  les  plaintes ,  redresser  les  torts ,  etc.  — Injuste...  contra  populum  tuum.  C.-à-d.  contre  les Hébreux,  qui  comptaient  aussi  parmi  les  sujets  du
204
Ex.  V,  17  —  VI,  1.
17.  Qui  ait  :  Vacatis  otio;  et  idcirco dicitis  :  Eamus,  et  sacrificemiis  Domino.
18.  Ite  ergo,  et  operamini  ;  palese  non dabuntur  vobis,  et  reddetis  consuetum numerum  laterum.
19.  Videbantque  se  prsepositi  filioriim Israël  in  malo,  eo  quod  diceretur  eis  : Non  minuetur  quidqnam  delateribus  per singulos  dies.
20.  Occurreruntqiie  Moysi  et  Aaron, qui  stabant  ex  adverso,  egredientibus  a Pliaraone  ;
21.  Et  dixemnt  ad  eos  :  Videat  Domi- nus  et  JLidicet,  quoniam  fœtere  fccistis odorem    nostmm    coram     Phanione    et servis  ejus,  et  prœbuistis  ei  gladtum,  ^ occideret  nos.
22.  Eeversusque  est  Moyses  ad  Domi- num,  et  ait  :  Domine,  cur  afflixisti  po- pulum  istum?  Quare  misisti  me?
2.3.  Ex  eo  enim  quo  ingressus  sum ad  Pharaonem  ut  loquerer  in  nomine tuo,  afflixit  populum  tuum  ;  et  non  libé- ras ti  eos.
17.  Il  leur  répondit  :  Vous  avez  trop de  loisir,  et  c'est  ce  qui  vous  fait  dire  : Allons  sacrifier  au  Seigneur.
18.  Allez  donc,  et  travaillez;  on  ne vous  donnera  point  de  paille,  et  vous rendrez  toujours  la  même  quantité  de briques.
19.  Ainsi  ceux  qui  étaient  préposés  aux travaux  des  enfants  d'Israël  se  trouvèrent dans  une  grande  extrémité,  parce  qu'on leur  disait  :  Que  rien  ne  soit  diminué  des briques  de  chaque  jour.
20.  Et  ayant  rencontré  Moïse  et  Aaron, qui  s'étaient  tenus  près  de  là,  attendant que  ces  Israélites  sortissent  d'auprès  du Pharaon,
21.  Ils  leur  dirent  :  Que  le  Seigneur voie  ceci  et  en  soit  le  juge.  Car  vous nous  avez  mis  en  mauvaise  odeur  devant le  Pharaon  et  devant  ses  serviteurs,  et vous  lui  avez  donné  un  glaive  pour  nous tuer.
22.  Moïse,  étant  retourné  vers  le  Sei- gneur, lui  dit  :  Seigneur,  pourquoi  avez- vous  affligé  ce  peuple  ?  pourquoi  m'avez- vous  envoyé  ?
23.  Car  depuis  que  je  me  suis  présenté devant  le  Pharaon  pour  lui  parler  en votre  nom,  il  a  tourmenté  encore  plus votre  peuple,  et  vous  ne  l'avez  point  dé- livré.
CHAPITRE  VI
1.  Dixitque  Dominus  ad  Moysen  : Nunc  videbis  quse  facturus  sim  Pha- raoni  ;  per  manum  enim  fortem  dimittet eos,  et  in  manu  robusta  ejiciet  illos  de terra  sua.
1.  Le  Seigneur  dit  à  Moïse  :  Vous  ver- rez maintenant  ce  que  je  vais  faire  au Pharaon.  Car  je  le  contraindrai  par  la force  de  mon  bras  à  laisser  aller  les Israélites,  et  ma  main  puissante  l'obli- gera de  ]es  chasser  de  son  pays.
pharaon.  Mais  l'hébreu  porte  :  Ton  peuple  pèche. C.-à-d.  la  faute  eu  est  aux.  Égyptiens,  ton  peuple.
—  Le  monarque  se  contente  encore  (cf.  vers.  4-5) d'une  réponse  ironique  (^;acai^s...),  et  il  couHruie froidement  la  sentence.
3°  Plaintes  amères  des  Hébreux  et  de  Moïse. V,  19-23.
19-21.  Les  commissaires  Israélites  se  plaignent à  Moïse  et  à  Aaron,  leur  attribuant  l'accroisse- ment de  leurs  maux.  —  In  malo  :  dans  un  mau- vais cas,  en  danger  de  mort  d'après  le  vers.  21.
—  Qui  stabant  ex  adverso.  Les  deux  frères attendaient,  en  dehors  du  palais,  l'issue  i^e  l'au- dience accordée  aux  Botrim.  Ceux  -  ci ,  mécon- tents ,  leur  adressèrent  de  vifs  reproches.  —  Fœ-
tere fecistis...  Locution  imagée,  qu'employaient également  les  Égyptiens.
22-23.  Moïse  se  plaint  h  son  tour  h  Jéhovah de  ce  que  son  intervention  n'a  fait  qu'aggraver les  maux  d'Israël.  Le  langage  est  d'une  familia- rité étonnante,  à  la  manière  des  saints.
4°  Dieu  renouvelle  toutes  ses  promesses.  VI, 1-8.
Chap.  VI.  —  1.  Introduction  solennelle.  — Videbis...  Moïse  s'était  plaint  que  Dieu  différât l'accomplissement  de  ses  promesses  ;  le  Seigneur répond  :  Nunc,  sans  délai.  —  Dimittet...,  ejiciet. Non  content  d'autoriser  le  départ  des  Hébreux , le  pharaon  le  hâtera  de  toutes  ses  forces.
I
Ex.  VI,  2-12.
205
2.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse, et  lui  dit  :  Je  suis  le  Seigneur,
3.  Qui  ai  ap[)aru  à  Abraham ,  à  Isaac et  à  Jacob  comme  le  Dieu  tout-puissant  ; mais  je  ne  leur  ai  point  fait  connaître mon  nom  de  Jôhovah.
4.  Et  j'ai  fait  alliance  avec  eux  en leur  promettant  de  leur  donner  la  terre de  Chanaan,  la  terre  de  leurs  pérégrina- tions, où  ils  ont  demeuré  comme  étran- gers.
5.  J'ai  entendu  les  gémissements  des enfants  d'Israël  parmi  les  travaux  dont les  Égyptiens  les  accablent,  et  je  me suis  souvenu  de  mon  alliance.
6.  C'est  pourquoi  dites  aux  enfants d'Israël  :  Je  suis  le  Seigneur  ;  c'est  moi qui  vous  tirerai  de  la  prison  des  Egyp- tiens, qui  A^ous  délivrerai  de  la  servitude et  qui  vous  rachèterai  par  la  force  de mon  bras  et  par  des  jugements  éclatants.
7.  Je  vous  prendrai  pour  mon  peuple et  je  serai  votre  Dieu ,  et  vous  saurez  que c'est  moi  qui  suis  le  Seigneur  votre  Dieu lorsque  je  vous  aurai  délivrés  de  la  pri- son des  Egyptiens  ;
8.  Et  que  je  vous  aurai  fait  entrer  dans cette  terre  que  j'ai  juré  de  donner  à Abraham ,  à  Isaac  et  à  Jacob  ;  car  je vous  la  donnerai  et  vous  en  mettrai  en possession,  moi  qui  suis  le  Seigneur.
9.  Moïse  rapporta  donc  tout  cela  aux enfants  d'Israël  ;  mais  ils  ne  l'écoutèrent point,  à  cause  de  leur  extrême  angoisse et  de  leurs  rudes  travaux.
10.  Dieu  parla  ensuite  à  Moïse  et  lui dit  :
11.  Allez  trouver  le  Pharaon,  le  roi d'Egypte,  et  parlez -lui,  afin  qu'il  per- mette aux  enfants  d'Israël  de  sortir  de son  pays.
12.  Moïse  répondit  au  Seigneur  :  Vous voyez  que  les  enfants  d'Israël  ne  m'é-
2.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moy- sen,  dicens  :  Ego  Dominus,
3.  Qui  apparui  Abraham,  Isaac  et Jacob ,  in  Deo  omnipotente  ;  et  nomen meum  Adonai  non  indicavi  eis.
4.  Pepigique  fœdus  cum  eis,  ut  da- rem  eis  terram  Chanaan,  terram  pere- grinationis  eorum,  in  qaa  fuerunt  ad- venae.
5.  Ego  audivi  gemitum  filiorum  Israël , quo  ^^gyptii  oppresserunt  eos,  et  recor- datus  sum  pacti  mei.
6.  Ideo  die  filiis  Israël  :  Ego  Domi- nus, qui  educam  vos  de  ergastulo  ^gy- ptiorum,  et  eruam  de  servitute,  ac  re- dimam  in  brachio  excelso,  et  judiciis magnis.
7.  Et  assumam  vos  mihi  in  populum, et  ero  vester  Deus  ;  et  scietis  quod  ego sum  Dominus  Deus  vester,  qui  eduxerim vos  de  ergastulo  ^gyptiorum  ;
8.  Et  induxerim  in  terram,  super  quam levavi  manum  meam  ut  darem  eam  Abra- ham, Isaac  et  Jacob  ;  daboque  illam  vobis possidendam,  ego  Dominus.
9.  Narravit  ergo  Moyses  omnia  filiis Israël,  qui  non  acquieverunt  ei,  propter angustiam  spiritus,  et  opus  durissimum.
10.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moy- sen,  dicens  :
11.  Ingredere,  et  loquere  ad  Pharao- nem  regem  ^gypti,  ut  dimittat  filios Israël  Je  terra  sua.
12.  Kespondit  Moyses  coram  Domino  : Ecce  filii  Israël  non  audiunt  me  ;  et  quo-
2-5.  Jéhovah  se  soi;viciit  de  ses  antiques  ser- ments. —  ^pîia/'Mi...  in  Deo  omnipotente.  Hé- braïsme ,  pour  dire  :  J'ai  apparu  à  Abraham , ... sous  le  nom  de  Dieu  tout  -  puissant  {'El-Saddaï). Comp.,  en  effet,  les  passages  Gen.  xvir,  1,  pour Abraham;  Gen.  xxviii,  3,  pour  Isaac;  Gen. XXXV,  n ,  pour  Jacob.  —  Nomen...  Adonai  (hébr.: Y'hovah)  non  indicavi...  Voyez  les  notes  de  in, 13-15.  Les  ti'ois  grands  patriarches  avaient  connu ce  nom  sacré  ;  mais  Dieu  n'en  avait  pas  fait  pour eux  son  appellation  distinctive  et  caractéxns- tique,  ainsi  que  cela  avait  récemment  eu  lieu. — Pepigi...  fœdus...  Cf.  Gen.  xv,  18-21  ;  xvn,  7-8; xxvi,  3-4;  XXXV,  12,  etc.
6  -  8.  L'ancien  pacte  est  renoiivelé ,  élargi.  Trois promesses  sont  réitérées  coup  sur  coup  :  la  déli-
vrance du  joug  égyptien,  vers.  6;  l'adoption  de» Hébreux  comme  nation  privilégiée ,  vers.  7  ;  leur établisse Jient  en  Palestine,  vers.  8.
5°  Moïse,  rejeté  par  Israël,  est  de  nouveau rassuré  par  Jéhovah.  VI,  9-13.
9.  Les  Hébreux  refusent  d'écouter  Moïse.  — Aigris  par  leur  surcroît  de  travail  et  de  souf- frances, non  acqvÀeverunt.  Leur  généreux  en- thousiasme des  premières  heures,  iv,  31,  s'est refroidi  propter  angustiam  spiritus...
10-11.  Dieu  confie  à  Moïse  un  second  message pour  le  pharaon.  —  Ut  dimittat.  Cette  fois ,  ce n'est  pas  une  sortie  momentanée  que  l'on  deman- dera (cf.  m,  18;  V,  3),  mais  un  départ  défi- nitif.
12-13.  Moïse  hésite,  le  Seigneur  insiste.  —
206
Ex.  VI,  13-24.
modo  audiet  Pliarao,  praesertim  cum  in- circumcisus  sim  labiis?
13.  Locutiisque  est  Dominus  ad  Moysen et  Aaron,  et  dédit  mandatum  ad  filios Israël,  et  ad  Phai-aonem  regcm  ^gypti, ut  educerent  filios  Israël  de  terra  -^-
14.  Isti  sunt  principes  domorum  per familias  suas.  Filii  Ruben  primogeniti Israelis  :  Henoch  et  Phallu,  Hesion  et Charmi.  Hœ  cognationes  Ruben.
15.  Filii  Siraeon  :  Jamuel,  et  Jamin,  et Aliod,  et  Jachin,  et  Soar,  et  Saul  filius Clianaanitidis.  Hse  progenies  Simeon.
16.  Et  liœc  nomina  filiorum  Levi  per cognationes  suas  :  Gerson  et  Caatli  et Merari.  Anni  autem  vitee  Levi  fuerunt centum  triginta  septem.
17.  Filii  Gerson  :  Lobni  et  Semei,  per cognationes  suas.
18.  Filii  Caath  :  Amram,  et  Isaar,  et Hebron,  et  Oziel.  Anni  quoque  vitae Caath,  centum  triginta  très.
19.  Filii  Merari  :  Moboli  et  Musi.  Hse cognationes  Levi  per  familias  suas.
20.  Accepit  autem  Amram  uxorem  Jo- cliabed,  patruelem  suam,  quse  peperit  ei Aaron  et  Moysen  ;  f  ueruntque  anni  vitce Amram,  centum  triginta  septem.
21.  Filii  quoque  Isaar  :  Core,  et  Ne- pheg,  et  Zechri.
22.  Filii  quoque  Oziel  :  Misael,  et  Eli- saplian,  et  Ôethri.
23.  Accepit  autem  Aaron  uxorem  Eli- sabeth, filiam  Aminadab,  sororem  Nahas- sou,  qusfc  peperit  ei  Nadab,  et  Abiu,  et Eleazar,  et  Itliamar.
24.  Filii  quoque  Core  :  Aser,   et  El-
coutent  point  ;  comment  donc  le  Pharaon m'écouterait-il,  d'autant  plus  que  je  suis incirconcis  des  lèvres  ?
13.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse et  à  Aaron;  il  leur  donna  ordre  d'aller trouver  les  enfants  d'Israël  et  le  Pha- raon, roi  d'Egypte,  pour  faire  sortir  d'E- gypte les  enfants  d'Israël.
14.  Voici  les  noms  des  princes  des maisons  selon  leurs  familles.  Les  enfants de  Ruben,  fils  aîné  d'Israël,  furent Hénoch,  Phallu,  Hesron  et  Charmi.  Ce sont  là  les  familles  de  Ruben,
15.  Les  enfants  de  Siméon  furent  Ja- muel, Jamin,  Ahod,  Jachin,  Soar  et Saûl,  fils  d'une  femme  de  Chanaan.  Ce sont  là  les  familles  de  Siméon.
16.  Voici  les  noms  des  enfants  de Lévi  et  la  suite  de  leurs  familles.  Ses enfants  furent  Gerson,  Caath  et  Merari.
TLe  temps  de  la  vie  de  Lévi  fut  de  cent trente -sept  ans.
17.  Les  enfants  de  Gerson  furent Lobni  et  Seméi,  qui  eurent  chacun  leurs familles.
18.  Les  enfants  de  Caath  furent Amram,  Isaar,  Ilébron  et  Oziel.  Le temps  de  la  vie  de  Caath  fut  de  cent trente-trois  ans.
19.  Les  enfants  de  Merari  furent Moholi  et  Musi.  Ce  Sont  là  les  enfants sortis  de  Lévi,  chacun  dans  sa  famille.
20.  Or  Amram  épousa  Jochabed,  fille de  son  oncle  paternel ,  dont  il  eut  Aaron et  Moïse  ;  et  le  temps  que  vécut  Amram. fut  de  cent  trente -sept  ans.
21.  Les  enfants  d'Isaar  furent  Coré, Népheg  et  Zéchri.
22.  Les  enfants  d'Oziel  furent  Misaël, Elisaphan  et  Séthri.
23.  Aaron  épousa  Elisabeth,  fille d'Aminadab ,  sœur  de  Nahasson ,  dont  il eut  Nadab ,  Abiu ,  Éléazar  et  Ithamar.
24.  Les  enfants  de  Coré  furent  Aser,
Ecce  filii  Israël...,  quomodo  PJiarao...?  Argu- mentation «  a  fortiori  »  assez  légitime.  Moïse revient  en  outre  sur  sa  djflaculté  d'élocution,  qu'il pi'ésente  sous  une  forte  image  :  incircumcisus labiis.  Comp.  les  locutions  semblables  :  «  une âme  incirconcise  »  (Lev.  xxvi,  41),  c.-à-d.  qui ne  peut  comprendre  ;  «  des  oreilles  incirconcises  » (Jer.vi,  10),  c.-à-d.  incapables  d'entendre. —  Dédit mandatum  :  oi'dre  formel,  auquel  il  était  impos- sible de  ne  pas  obéii*.
•  60  Généalogie  de  Moïse  et  d' Aaron.  VI,  14-28.
Au  moment  où  il  a  reçu  ce  mandat  irrésistible
et  où  U  va  l'exécuter  sans  faiblir,  Moïse  insère
sa  généalogie  et  celle  de  son  frère  dans  le  récit sacré.
14».  Titre  de  cet  alinéa.  Dans  l'hébr.  :  Voici les  chefs  des  maisons  de  leurs  pères  ;  c.-à-d.  les chefs  de  familles.
14^-15.  Pour  mieux  fixer  la  situation  de  sa propre  famille  dans  la  nation  sainte.  Moïse  men- tionne d'abord  les  deux  frères  aînés  de  Lévi (Ruben,  14^,  et  Siméon,  15).
16-25.  Il  s'étend  plus  longuement  sur  la  posté- rité de  son  aïeul,  ajoutant  même  des  dates  aux principaux  noms  (Lévi,  Caath,  Amram,  ses  as- cendants dii-ccts).  Cf.  Num.  m,  18-33;  I  Pur.  vi,
Ex.  VI,  25  —  VII,  5.
207
Elcana  et  Abiasaph.  Ce  sont  là  les  fa- milles sorties  de  Coré.
25.  Éléazar,  lils  d'Aaron,  épousa  une des  filles  de  Plmtiel,  dont  il  eut  Phinées. Ce  sont  là  les  chefs  des  familles  de  Lévi, qui  eurent  chacun  leurs  enfants.
26.  Aaron  et  Moïse  sont  ceux  auxquels le, Seigneur  commanda  de  faire  sortir  de l'Egypte  les  enfants  d'Israël ,  selon  leurs troupes.
27.  Ce  sont  eux  qui  parlèrent  au  Pha- raon, roi  d'Egypte,  pour  faire  sortir  de l'Egypte  les  enfants  d'Israël.  Ce  sont  là ce  Moïse  et  cet  Aaron
28.  Auxquels  le  Seigneur  donna  ses ordres  dans  l'Egypte.
29.  Car  le  Seigneur  parla  à  Moïse ,  et il  lui  dit  :  Je  sui^s  le  Seigneur  ;  dites  au Pharaon,  roi  d'Egypte,  tout  ce  que  je vous  ordonne  de  lui  dire.
30.  Et  Moïse  répondit  au  Seigneur  : Vous  vo3'ez  que  je  suis  incirconcis  des lèvres;  comment  le  Pharaon  m'écoute- ra-t-il?
cana,  et  Abiasaph.  Hae  sunt  cognationes Coritarum.
25.  At  vero  Eleazar,  filius  Aaron,  ac- cepit  uxorem  de  filiabus  Phutiel;  quœ peperit  ei  Phinees.  Ili  sunt  principes  fa- miliarum  Leviticarum  per  cognationes suas.
26.  Iste  est  Aaron  et  Moyses,  quibus prœcepit  Dominus  ut  educerent  filios Israël  de  terra  ^gypti  per  "turmas  suas.
27.  Ili  sunt  qui  loquuntur  ad  Pharao- nem  regem  JEgyj)ti^  ut  educant  filios Israël  de  iEgypto  ;  iste  est  Moyses  et Aaron ,
28.  In  die  qua  locutus  est  Dominus  ad Moysen,  in  terra  ^gypti.
29.  Et  locutus  est  Dominus  ad  Moysen, dicens  :  Ego  Dominus  ;  loquere  ad  Pha- raonem,  regem  iEgypti,  omuia  quse  ego loquor  tibi.
30.  Et  ait  Moyses  coram  Domino  :  En incircumcisus  labiis  sum;  quomodo  au- diet  me  Pharao?
CHAPITRE  VII
1.  Alors  le  Seigneur  dit  à  Moïse  :  Je vous  ai  établi  le  Dieu  du  Pharaon,  et Aaron  votre  ù'ère  sera  votre  prophète.
2.  Vous  direz  à  Aaron  tout  ce  que  je vous  ordonne  de  dire,  et  Aaron  parlera au  Pharaon,  afin  qu'il  permette  aux  en- fants d'Israël  de  sortir  de  son  pays.
3.  Mais  j'endurcirai  son  cœur,  et  je multiplierai  dans  l'Egypte  mes  prodiges et  mes  merveilles  ;
4.  Et  le  Pharaon  ne  vous  écoutera point,  et  j'étendrai  ma  main  sur  l'E- gypte, et,  après  y  avoir  fait  éclater  la sévérité  de  mes  jugements,  j'en  ferai sortir  mon  armée  et  mon  peuple,  les  en- fants d'Israël.
5.  Les  Eg3''ptiens  apprendront  que  je suis  le  Seigneur,  après  que  j'aurai  étendu
1.  Dixitque  Dominus  ad  Moysen  :Ecce constitui  te  Deum  Pliaraonis  ;  et  A.aron frater  tuus  erit  propheta  tuus.
2.  Tu  loqueris  ei  omnia  quœ  mando tibi  ;  et  ille  loquetur  ad  Pharaonem ,  ut dimittat  filios  Israël  de  terra  sua.
3.  Sed  ego  indurabo  cor  ejus,  et  mul- tiplicabo  signa  et  ostenta  mea  in  terra ^gypti  ;
4.  Et  non  audiet  vos  ;  immittamque manum  meam  super  ^gyptum ,  et  edu- cam  exercitum  et  populum  meum  filios Israël  de  terra  iEgypti  per  judicia  ma- xima.
5.  Et  scient  ^^Egyptii  quia  ego  sum Dominus  qui  extenderim  manum  meam
17-19.  —  Dans  Aminaddh  et  Nahasson  (vers.  23), le  père  et  le  frère  de  la  femme  d'Aaron,  il  faut saluer  les  ancêtres  du  Messie.  Cf.  Matth.  i ,  4.
26-27.  Conclusion  solennelle  de  cette  liste  gé- néalogique. —  Per  turmas  suas.  Hébr.  :  selon leurs  armées.  Expression  qui  suppose  un  com- mencement d'organisation  militaire  en  Israël,  dès avant  la  sortie  d'Egypte.  Ils  voulurent  sans  doute, au   temps  de   l'oppression ,  se  préparer  ainsi  ù
tout  événement.  Cf.  vu,  4;  xii,  17,  51;  xiii,  18.
7°  Dieu  réitcrj  à  Moïse  sa  mission.  VI,  28  — VII,  7.
29-30.  Récapitulation  du  passage  vi,  1-13, pour  renouer  le  fil  historique  interrompu  par  la généalogie  de  Moïse.
Chap.  VII.  —  1-5.  Le  mandat.  —  Te  Dcuvi Pliaraonis.  Expression  énci'gique,  qui  réduit  tout ù  fait  à  néant  la   dernière  objection  de  Moïse,
2U8
Ex.  VII,  6-12.
snper  ^gyptum,  et  eduxerim  filios  Israël de  medio  eorum.
6.  Fecit  itaque  Moyses  et  Aaron  siciit prœceperat  Dominus  ;  ita  egerunt.
7.  Erat  autem  Moyses  octoginta  anno- rura,  et  Aaron  octoginta  trium,  quando locuti  simt  ad  Pharaonem.
8.  Dixitque  Dominus  ad  Moysen  et Aaron  :
9.  Cum  dixerit  vobis  Pharao  :  Osten- dite  signa,  dices  ad  Aaron  :  Toile  virgam tuam,  et  projice  eam  coram  Pharaone, ac  vertetur  in  colubrum.
10.  Ingressi  itaque  Moyses  et  Aaron ad  Pharaonem,  fecerunt  sicut  praeceperat Dominus  ;  tulitque  Aaron  virgam  coram Pharaone  et  servis  ejus,  quge  versa  est in  colubrum.
11.  Vocavit  autem  Pharao  sapientes et  maleficos,  et  fecerunt  etiam  ipsi  per incantationes  segyptiacas  et  arcana  quse- dam  similiter.
12.  Projeceruntque  singuli  virgas  suas, quse  versas  sunt  in  dracones  ;  sed  devo- ravit  virga  Aaron  virgas  eorum.
ma  main  sur  rÉg3^te  et  que  j'aurai  fait sortir  les  enfants  d'Israël  du  milieu  d'eux.
6.  Moïse  et  Aaron  firent  donc  selon que  le  Seigneur  le  leur  avait  ordonné  ; c'est  ainsi  qu'ils  agirent.
7.  Moïse  avait  quatre-vingts  ans,  et Aaron  quatre-vingt-trois,  lorsqu'ils  par- lèrent au  Pharaon.
8.  Le  Seigneur  dit  encore  à  Moïse  et à  Aaron  :
9.  Lorsque  le  Pharaon  vous  dira  : Faites  des  miracles  devant  nous,  vous direz  à  Aaron  :  Prenez  votre  verge,  et jetez -la  devant  le  Pharaon,  et  elle  sera changée  en  serpent.
10.  Moïse  et  Aaron,  étant  donc  allés trouver  le  Pharaon,  firent  ce  que  le  Sei- gneur leur  avait  commandé.  Aaron  jeta sa  verge  devant  le  Pharaon  et  ses  ser- viteurs ,  et  elle  fut  changée  en  serpent.
Hv^e  Pharaon  ayant  fait  venir  les sages  et  les  magiciens ,  ils  firent  aussi  la même  chose  par  les  enchantements  du pays  et  par  les  secrets  de  leur  art.
12.  Et  chacun  d'eux  ayant  jeté  sa verge,  elles  furent  changées  en  serpents  ; mais  la  verge  d' Aaron  dévora  leurs verges.
VI,  30.  Tu  auras  sur  lui  une  puissance  vraiment divine.  —  Propheta  iuus.  Hébr.  :  ton  nabi'  ;  dans le  sens  primitif  de  ce  mot,  c.-à-d.  celui  qui  par- iera en  ton  nom.
6  •  7.  Moïse  et  Aaron  se  conforment  aux  ordres du  Seigneur.  —  Fecit  itaque...  ;  ita  egerunt.  Ré- pétition emphatique;  leur  résistance  a  mainte- nant pris  fin. —  Le  vers.  7  note  l'âge  qu'ils  avaient l'un  et  l'autre  à  ce  moment  si  grave.
Section  V.  —  Les  neuf  premières  plaies
D'EGYPTE.  VII,  8  —  XI,   10.
l"  Ce  nom  de  «  plaies  »  correspond  assez  bien à  moftim  (littéral.  :  coups) ,  mot  qui  les  désigne dans  le  texte  hébreu.  —  2°  On  l'a  surtout  remar- qué de  nos  jours ,  depuis  que  l'on  connaît  l'Orient plus  à  fond,  ces  dix  plaies  célèbres  et  terribles ont  une  analogie  frappante  avec  divers  fléaux  qui ravagent  de  temps  en  temps  l'Égj'pte.  Les  ven- geances de  Jéhovah,  ainsi  rattachées  à  des  phé- nomènes naturels  du  paj's,  deviennent  encore plus  éclatantes  et  plus  significatives  :  le  vrai  Dieu montrait  par  là  qu'il  gouvernait  en  maître  même cette  contrée  si  fière  de  ses  idoles.  Le  caractère miraculeux  de  chaque  plaie  est  tout  à  fait  visible. —  30  Ce  qui  ne  l'est  pas  moins,  c'est  la  marche ascendante  et  progressive  des  prodiges.  Les «  coups  »  portés  par  la  main  divine  sont  de  plus en  plus  rudes;  les  effets  produits  sont  de  plus en  plus  forts.  On  semble  d'abord  peu  saisi,  d'au- tant mieux  que  les  magiciens  imitent  les  premiers I)rodigcs  ;  puis  on  s'alarme,  finalement  on  est  ter- rifié, subjugué.  —  40  Les  trois  premières  plaies
atteignent  toute  l'Egypte  ;  aux  suivantes ,  les  Hé- breux demeurent  indemnes,  ce  qui  constituait «  miraculum  in  miraculo  ».  —  5°  Notons  encore que  la  première  plaie ,  la  deuxième,  la  quatrième, là  cinquième,  la  septième,  la  huitième  et  la dixième  sont  annoncées  d'avance  au  pharaon, tandis  que  les  autres  arrivent  soudain,  sans  aver- tissement préalable.
1°  Le  miracle  de  la  verge.  VII,  8-13.
C'est  im  acte  pi'éliminaire ,  qui  devait  dès l'abord  garantir  au  pharaon  que  Moïse  n'était  pas un  imposteur.
8  - 10.  Le  prodige.  —  Virgam  tuam.  Le  bâton mentionné  plus  haut,  iv,  2,  20.  —  In  colubrum. L'hébreu  n'emploie  pas  le  même  substantif  qu'au chap.  IV,  3  :  là  nahas ,  ici  taniiin.  Ce  sont  des noms  génériques  ;  on  rencontre  le  second  dans  la langue  égj^ptienne  sous  la  forme  tanem.
11-13.  La  contrefaçon  du  prodige  parles  sor- ciers égyptiens.  —  Vocavit  Pharao...  Les  magi- ciens ont  toujours  été  la  grande  ressource  des rois  orientaux  dans  les  circonstances  difficiles. Cf.  Gen.  XLi ,  8  ;  Dan.  iv,  4  ;  v,  7,  etc.  —  Sapien- tes et  maleficos.  La  première  expression  est  géné- rale, et  souvent  prise  en  mauvaise  part  dans  la Bible,  pour  désigner  ceux  qui  s'occupent  de  sciences occultes;  d'après  le  texte  original  (m'kasiî'fim), la  seconde  représente  des  hommes  qui  muriuurent des  charmes  à  mi-voix.  —  Per  incantationes... Dans  l'hébr.  :  hartummé  Mizraïm,  les  scribes d'Égj'pte  ;  troisième  nom,  pour  indiquer  un  autre groupe  de  sorciers,  ceux  qui  écrivaient  les  for- mules magiques.  —  Arcana  :  la  magie  s'est  tou-
Ex.  VII,  13-19.
209
13.  Alors  le  cœur  du  Pharaon  s'endur- cit, et  il  n'écouta  point  Moïse  et  Aaron, selon  que  le  Seigneur  l'avait  ordonné.
14.  Et  le  Seigneur  dit  à  Moïse  :  Le cœur  du  Pharaon  s'est  endurci,  il  ne veut  point  laisser  aller  mon  peuple.
15.  Allez  le  trouver  dès  le  matin  ;  il sortira  pour  aller  près  de  l'eau,  et  vous vous  tiendrez  sur  le  bord  du  fleuve  pour venir  au-devant  de  lui.  Vous  prendrez en  votre  main  la  verge  qui  a  été  changée en  serpent,
16.  Et  vous  lui  direz  :  Le  Seigneur,  le Dieu  des  Hébreux  m'a  envoyé  vers  vous pour  vous  dire  :  Laissez  aller  mon  peuple, afin  qu'il  me  sacrifie  dans  le  désert  :  et jusqu'à  présent  vous  ne  m'avez  pas voulu  écouter.
17.  Voici  donc  ce  que  dit  le  Seigneur  : Vous  connaîtrez  en  ceci  que  je  suis  le Seigneur  :  je  vais  frapper  l'eau  de  ce fleuve  avec  la  verge  que  j'ai  en  ma main,  et  elle  sera  changée  en  sang.
18.  Et  les  poissons  qui  sont  dans  le fleuve  périront  ;  les  eaux  se  corrompront, et  les  Égyptiens  souffriront  beaucoup  en buvant  de  l'eau  du  fleuve.
19.  Le  Seigneur  dit  encore  à  Moïse  : Dites  à  Aaron  :  Prenez  votre  verge  et étendez  votre  main  sur  les  eaux  d'Egypte,
13.  Induratumque  est  cor  Pharaonis, et  non  audivit  eos,  sicut  prasceperat  Do- minus.
14.  Dixit  autem  Dominus  ad  Moysen  : Ingravatum  est  cor  Pharaonis,  non  vult dimittere  populum.
15.  Vade  ad  eum  mane  ;  ecce  egre- dietur  ad  aquas,  et  stabis  in  occursum ejiis  super  ripam  fluminis;  et  virgam, quse  conversa  est  in  draconem,  toiles  in manu  tua,
16.  Dicesque  ad  eum  :  Dominus  Deus Hebrseorum  misit  me  ad  te,  dicens  : Dimitte  populum  meum  ut  sacrificet mihi  in  deserto,  et  usque  ad  pressens  au- dire  noluisti.
17.  Hsec  igitur  dicit  Dominus  :  In  hoc scies  quod  sim  Dominus  :  ecce  percutiam virga,  quae  in  manu  mea  est,  aquam fluminis,  et  vertetur  in  sanguinem.
18.  Pisces  quoque,  qui  sunt  in  fluvio, morientur,  et  computrescent  aquse,  et affligentur  2Egj]^tii  bibentes  aquam  flu- minis.
19.  Dixit  quoque  Dominus  ad  Moy- sen :  Die  ad  Aaron  :  Toile  virgam  tuam, et  extende   manum  tuam   super   aquas
jours  enveloppée  du  secx'et  et  du  mystère.  Sur  les développements  extraordinaires  qu'elle  avait  reçus dans  l'antique  Egypte ,  voyez  Chabas,  le  Papyrus magique  Barris,  186G,  et  F.  Lenormant,  la Magie  chez  les  Accadiens ,  1874,  chap.  ii,  pp.  63 et  ss.  Les  interprètes  anciens  et  modernes  ont beaucoup  discuté  sur  sa  nature.  Il  est  certain que  pai-fois  les  enchantements  étaient  réels  et diaboliques.  Cf.  Matth.  ix,  34;  xn,  24;  II  Thess, n,  9.  Souvent  ce  n'était  que  de  la  a  magie blanche  i ,  et  de  la  prestidigitation  plus  ou  moins habile.  Voy.  Calmet,  Dissertation  sur  les  vrais et  faux  miracles  (en  avant  de  son  commentaire de  l'Exode).  —  Vtrscs...  in  dracoti.es.  Ou  réelle- ment, ou  seulement  en  apparence,  ainsi  qu'il vient  d'être  dit.  Les  «  psylles  »  égyptiens,  ou charmeurs  de  serpents ,  se  sont  transmis  de  père en  fils  des  procédés  étranges ,  grâce  auxquels  ils manient,  engourdissent  les  reptiles  les  plus  dan- gereux ,  les  rendent  raides  comme  des  bâtons,  etc. Voy.  Vigouroux,  la  Bible  et  les  découo.  modernes, t.  II,  p.  319  et  ss,,  et  V Atlas  arch.  de  la  Bible, pi.  cxv,  fig.  13,  15,  16.  —  Sed  devoravit...  Aucun symbolisme  ne  pouvait  mieux  démontrer  la  su- périorité des  pouvoirs  de  Moïse  et  d' Aaron,  S.  Paul, II  Tim,  m,  8,  a  conservé,  d'après  la  tradition juive,  les  noms  des  deux  principaux  magiciens qui  luttèrent  avec  Moïse  :  Jannès  et  Mambrès (Jambrès  dans  le  texte  grec).
2«  La  première  plaie  d'Egypte  :  l'eau  changée en  sang.  VII,  14-25.
14-18.  Dieu  ordonne  à  Moïse  d'annoncer  la première  plaie  au  Pharaon.  —  Egredietur  ad aquas  :  les  eaux  du  Nil.  L'heure  de  cette  sortie (mane)  a  fait  conjecturer  que  le  roi  se  rendait au  bord  du  fleuve  pour  ses  dévotions  du  matin. Déjà  nous  avons  vu,  à  propos  de  Gen,  xli,  1,  que le  Nil  était  une  rivière  sacrée,  qui  était  adorée sous  divers  noms  et  symboles.  Le  prodige  qui l'atteindra  n'en  sera  que  plus  significatif, — Virga, quae  in  manu  mea  :  c.-à-d.  dans  la  main  de  son représentant.  —  Les  divers  effets  de  la  première plaie  sont  clairement  prédits  aux  vers.  17  et  18  : 1°  l'effet  général  et  principal,  vertetur  in  san- guinem; 2°  pisces...  Tnorientur,  ces  poissons  qui abondent  dans  le  Nil ,  et  qui  formaient  une  partie notable  de  la  nourriture  des  Égyptiens  (voyez YAtl.  archéol.  de  la  Bible,  pi,  xli,  fig.  1,  2,4, 6 ,  8  ;  pi.  XLii,  fig,  1,  et  VAtl.  d'hist.  nat.,  pi,  lui, fig.  7,  10,  11;  pi.  LVi,  fig.  3);  3°  computrescent aquce;  4"  conséquence  finale,  affligentur...  L'E- gypte n'a  pas  d'eau  de  sources  ;  l'eau  des  citernes est  à  peine  potable  ;  celle  du  Nil ,  fraîche  et  sa- voureuse ,  forme  la  boisson  principale  du  pays  :  en être  privé  était  une  grande  souffrance.
19,  Toile  virgam...  Dieu  donne  l'ordre  d'ac- complir le  miracle,  —  On  a  constaté  que  les  dé- tails de  ce  verset  supposent,  chez  l'écrivain,  une connaissance  exacte  et  minutieuse  du  système d'irrigation  qui  fonctionnait  alors  en  Egypte, —  Aquas  désigne  de  nouveau  le  Nil  ;  fluvioa inaharot),  ses  divers  bras  dans  la  basse  Egypte;
210
Ex.  VII,  20-25.
aEgypti,  et  super  fluvios  eorum,  et  rivos ac  paludeR,  et  omnes  lacus  aquarum,  ut veitantur  in  saiiguinem,  et  sit  cruor  in omni  tena  iEgypti,  tam  in  ligneis  vasis quam  in  saxeis.
20.  Feceruntque  Moyses  et  Aaron  sic- ut  praeceperat  Dominus  ;  et  elevans virgam,  percussit  aquam  fluminis  coram Pliaraoiie  et  servis  ejus,  quae  versa  est in  sunguinem.
21.  Et  pisces,  qui  erant  in  flumine, mortui  sunt,  computruitque  fluvius,  et non  poterant  iEgyptii  bibere  aquam  fiu- minis,  et  fuit  sanguis  in  tota  terra  ^-
gypti.
22.  Feceruntque  similiter  malelici  i^gy- ptiorum  incantationibus  suis  ;  et  iudura- tum  est  cor  Pharaonis,  nec  audivit  eos, sicut  prœceperat  Dominus,
23.  Avertitque  se,  et  ingressus  est  do- mum  suam  ;  nec  apposuit  cor  etiam  liac vice.
24.  Foderunt  "autem  omnes  JEgyptii per  circuitum  fluminis  aquam  ut  bibe- rent  ;  non  enim  poterant  bibere  de  aqua fluminis.
25.  Impletique  sunt  septem  dies,  post- quam  percussit  Dominus  fluvium.
sur  les  fleuves,  sur  les  ruisseaux,  sur  les marais  et  sur  les  eaux  de  tous  les  lacs, afin  qu'elles  soient  changées  en  sang et,  qu'il  n'y  ait  que  du  sang  dans  toute l'Egypte,  dans  tous  les  vases  de  bois  ou de  pierre.
20.  Moïse  et  Aaron  firent  donc  ce  que le  Seigneur  leur  avait  ordonné.  Aaron, éle\'ant  sa  verge,  frappa  l'eau  du  fleuve devant  le  Pliaraon  et  ses  serviteurs,  et l'eau  fut  changée  en  sang.
21.  Les  poissons  qui  étaient  dans  le fleuve  moururent  le  fleuve  se  corrompit, les  Egyptiens  ne  pouvaient  boire  de  ses eaux,  et  il  y  eut  du  sang  dans  tout  le pays  d'Egypte.
22.  Les  magiciens  d'Egypte  firent  la même  chose  avec  leurs  enchantements, et  le  cœur  du  Pharaon  s'endurcit.  Il n'écouta  point  Moïse  et  Aaron,  selon  que le  Seigneur  l'avait  ordonné.
23V  II  se  retira  de  devant  eux  et  entra dans  sa  maison,  et  il  ne  fléchit  point encore  son  cœur  pour  cette  fois.
24.  Tous  les  Egyptiens  creusèrent  la terre  le  long  du  fleuve,  et  y  cherchèrent de  l'eau  pour  boire,  parce  qu'ils  ne  pou- vaient boire  de  l'eau  du  fleuve.
25.  Et  il  se  passa  sept  jours  entiers depuis  la  plaie  dont  le  Seigneur  avait frappé  le  fleuve.
rivos  (  y"ôrim  ) ,  les  canaux  muliiplcs  de  cette même  province;  pa'auies  i'agâmim) ,  les  lacs  et étangs  natiirels  ;  lacus  aquai-um  (miqvch  maïm), les  réservoirs  artificiels  où  l'on  recueillait  le  trop- plein  du  fleuve  au  temps  de  l'inondation,  pour s'en  servir  durant  la  période  des  basses  eaux  ; ligneis  vasis , ...  saacis,  les  provisions  de  chaque ménage.
20-21.  Le  prodige  est  accompli.  —  Versa...  in savguinem.  Chaque  année,  au  plus  fort  de  ses inondations,  le  Nil  présente  un  phénomène  sin- giUicr,  que  les  voyageurs  ont  souvent  décrit (voj-ez  Vigoiu'oux,  la  Bible  et  les  découv...,  t.  II, p.  334  et  ss.).  Il  prend  une  couleur  d'ocre  rouge, que  l'on  attribuait  autrefois  au  limon  rougeâtra du  Sennaar  charrié  par  les  eaux,  mais  qui  pro- vient en  réalité  de  myriades  de  champignons  et d'infusoires  microscopiques.  D'après  quelques commentateurs,  le''miracle  de  la  premièz'e  plaie aurait  simplement  consisté  dans  ce  phénomène, produit  à  une  époque  et  avec  une  intensité extraordinaires.  Dans  ce  cas,  les  mots  ver.sa  est in  sarguiiicm  ne  marqueraient  pas  absolument
du  sang,  mais  l'apparence,  la  couleur  de  ce  li- quide. Toutefois ,  ce  sentiment  n'est  conforme  ni au  texte,  simplement  et  littéralement  entendu, ni  à  l'interprétation  biblique  (cf.  Sap.  xi,  7  : «  nam  pro  fonte...  sempiterni  fluminis,  huvianum sanguinem  dedisti  injustis  »),  ni  à  l'avis  comumn dos  Pères  et  des  Docteurs,  dont  plusieurs  con- naissaient pourtant  le  phénomène  annuel  dit  du «  Nil  rouge  '».  Il  s'agit  donc  de  sang  proprement dit.
22-23.  La  contrefaçon  du  prodige  et  l'endur- cissement du  pharaon.  —  Fecerunt...  similiter  : sur  une  petite  quantité  d'eau ,  provenant',  de quelque  puits  (vers.  24).
24-25.  Résultat  et  durée  du  miracle. —  Fode- runt.,.: ce  qui  a  lieu  facilement  dans  ce  terrain d'alluvion  ;  mais  l'eau  des  ptUts  est  mauvaise  et saiimâtre  en  Egypte,  parce  que  le  sol  est  tout imprégné  de  nitre.  Il  est  probable  que  les  eaux souterraines  n'avaient  pas  été  atteintes  par  le  fléau. —  Dies  scplcm:  ces  mots  déterminent  la  durée de  la  première  plaie.
4
Ex.  VIIT,  1-9.
211
CHAPITRE  VIII
1.  Le  Seigneur  dit  encore  à  Moïse  : Allez  trouver  le  Pharaon,  et  dites-lui  : Voici  ce  que  dit  le  Seigneur  :  Laissez aller  mon  peuple,  afin  qu'il  me  sacrifie.
2.  Que  si  vous  ne  voulez  pas  le  laisser aller,  je  frapperai  toutes  vos  terres,  et  je les  couvrirai  de  grenouilles.
3.  Le  fleuve  fourmillera  de  grenouilles qui  entreront  dans  votre  maison,  qui monteront  dans  la  chambre  où  vous couchez  et  sur  votre  lit,  dans  les  maisons de  vos  serviteurs  et  dans  celles  de  tout votre  peuple,  dans  vos  fours  et  sur  les restes  de  vos  viandes  ;
4.  et  ces  grenouilles  monteront  vers vous ,  vers  votre  peuple  et  vers  tous  vos serviteurs.
5.  Le  Seigneur  dit  donc  à  Moïse  : Dites  à  Aaron  :  Étendez  votre  main  sur les  fleuves,  sur  les  ruisseaux  et  sur  les marais,  et  faites  venir  des sur  la  terre  d'Egypte.
6.  Aaron  étendit  sa  main  sur  les  eaux d'Egypte,  et  les  gTcnouilles  en  sortirent et  couvrirent  l'Egypte.
7.  Les  magiciens  firent  aussi  la  même chose  par  leurs  enchantements,  et  ils firent  venir  des  grenouilles  sur  la  terre d'Egypte.
8.  Le  Pharaon  appela  ensuite  Moïse  et Aaron,  et  il  leur  dit  :  Priez  le  Seigneur, afin  qu'il  me  délivre,  moi  et  mon  peuple, de  ces  grenouilles,  et  je  laisserai  aller  le peuple,  afin  qu'il  sacrifie  au  Seigneur.
9.  Moïse  répondit  au  Pharaon  :  Mar- quez -  moi  le  temps  auquel  vous  voulez que  je  prie  pour  vous,  pour  vos  servi- teurs et  pour  votre  peuple,  afin  que  les
grenouilles
1.  Dixit  quoque  Dominus  ad  Mo3''sen  : Ingredere  ad  Pharaonem,  et  dices  ad eum  :  Hœc  dicit  Dominus  :  Dimitte  po- pulum  meum,  ut  sacrificet  mihi  ;
2.  sin  autem  nolueris  dimittere,  ecce ego  percutiam  omnes  terminos  tuos  ra- nis.
3.  Et  ebulliet  fluvius  ranas,  quse  as- cendent,  et  ingredientur  domum  tuam, et  cubiculum  lectuli  tui,  et  super  stra- tam  tuum,  et  in  domos  servorum  tuo- rum,  et  in  populum  tuum,  et  in  furnos tuos,  et  in  reliquias  ciborum  tuorum;
4.  et  ad  te,  et  ad  populum  tuum,  et ad  omnes  serves  tuos,  intrabunt  ranse.
5.  Dixitque  Dominus  ad  Moysen  :  Die ad  Aaron  :  Extende  manum  tuam  super fluvios,  ac  super  rivos  et  paludes,  et  educ ranas  super  terram  M^y^ii.
6.  Et  extendit  Aaron  manum  super aquas  ^gypti ,  et  ascenderunt  ranos , operueruntque  terram  ^gypti.
7.  Fecerunt  autem  et  malefici  per  in- cantationes  suas  similiter,  eduxeruntque ranas  super  terram  -^gypti.
8.  Vocavit  autem  Pharao  Moysen  et Aaron,  et  dixit  eis  :  Orate  Dominum  ut auferat  ranas  a  me  et  a  populo  meo  ;  et dimittam  populum  ut  sacrificet  Domino.
9.  Dixitque  Moyses  ad  Pharaonem  : Constitue  mihi  quando  deprecer  pro  te, et  pro  servis  tuis,  et  pro  populo  tuo,  ut abigantur  ranas  a  te,  et  a  domo  tua,  et
3'  Deuxième  plaie  d'Egypte  :  les  grenotiilles.
VIII,  1-15.
Chap.  VIII.  —  1-4.  Annonce  de  ce  second fléau. —  Dixit  quoque  Dominas...  D'abord  la  de- mande accoutumée,  dimitte...,  que  le  Seigneur réitérera  jusqu'à  ce  qu'elle  soit  accordée.  —  Ranis. Chaque  année,  à  la  suite  de  la  grande  inonda- tion du  Nil,  les  grenouilles  se  multiplient  sur  ie territoire  égyptien  (on  s^ignale  surtout  la  rana punctata;  voyez  VAtL  d'hist.  nat.  de  la  Bible, pi.  Lvii,  fig.  4);  parfois  même  cette  hideuse  in- vasion' y  prend  les  proportions  d'un  véritable fléau  ;  mais  cela  n'est  rien  à  côté  de  l:i  descrip- tion des  vers.  3-4,  qui  nous  montre  toutes  choses souillées  et  infectées  par  cette  masse  grouillante. —  Fumas  :  les  petits  fcurs  portatifs ,  représen-
tés fréquemment  sur  les  fresques.  Voyez  l'Atlas archéol.,  pi.  xlii,  fig.  10,  11. —  Reliquias  ci- borum... Héb.  :  les  pétrins.
5-7.  Le  prodige  (5-6)  et  sa  contrefaçon  par les  sorciers  (  7  ).  —  Exiende...  super  fluvios...  Le fléau  est  encore  rattaché  au  fleuve  sacré.  —  Si- militer. En  faisant  à  leur  tour  sortir  des  eaux une  grande  quantité  de  grenouilles ,  les  magiciens ne  réussirent  qu'à  aggraver  la  plaie.
8-11.  Le  pharaon  demande  grâce  et  commence à  céder.  —  Constitue  mihi  (  de  même  les  LXX  et le  syriaque  ).  L'hébreu  porte  littéralement  :  Glo- rifle-toi  sur  moi  !  Expression  un  peu  obsc\ire, qui  équivaut  peut-être  à  notre  formule  de  poli- tesse :  Faites  -  moi  l'honneur  de  me  dire...  Moïse accepte  donc  l'offre  du  rol,.jaais  il  le  prie  déli-
212
Ex.  VIII,  10-18.
a  servis  tuis ,  et  a  populo  tuo ,  et  tantum in  flumine  remaneant.
10.  Qui  respondit  :  Cras.  At  ille  : Juxta,  inquit,  verbum  tuum  faciam, ut  scias  quoniam  non  est  si  eut  Doniinus Deus  noster.
11.  Et  recèdent  ranae  a  te,  et  a  domo tua,  et  a  servis  tuis,  et  a  populo  tuo;  et tantum  in  flumine  remanebuut.
12.  Egressique  sunt  Moj'-ses  et  Aaron a  Pharaone  ;  et  clama  vit  Moyses  ad  Do- minum  pro  sponsione  ranarum  quam condixerat  Pharaoni.
13.  Fecitque  Dominus  juxta  verbum Moysi  ;  et  mortuse  sunt  ranae  de  domi- bus,  et  de  villis,  et  de  agris.
14.  Congregaveruntque  eas  in  immen- sos  aggeres,  et  computruit  terra.
15.  Videns  autem  Pharao  quod  data esset  requies,  ingrava  vit  cor  suum,  et non  audivit  eos,  sicut  prseceperat  Do- minus.
16.  Dixitque  Dominus  ad  Moysen  : Loquere  ad  Aaron  :  Extende  virgam tuam,  et  percute  pulverem  terrée,  et  sint sciniphes  in  universa  terra  ^gypti.
17.  Feceruntque  ita  ;  et  extendit  Aaron manum,  virgam  tenens,  percussitque pulverem  terrse  ;  et  facti  simt  sciniphes in  hominibus,  et  in  jumentis;  omnis pulvis  terrse  versus  est  in  sciniphes  per totam  terram  ^gypti.
18.  Feceruntque  similiter  malefici  in- cantationibus  suis,  ut   educerent   scini-
grenouilles  soient  chassées  loin  de  vous et  de  votre  maison,  de  vos  serviteurs  et de  votre  peuple ,  et  qu'elles  ne  demeurent que  dans  le  fleuve.
10.  Demain,  répondit  le  Pliaraon.  Je ferai,  dit  Moïse,  ce  que  vous  me  deman- dez, afin  que  vous  sachiez  que  rien  n'est égal  au  Seigneur  notre  Dieu.
11.  Les  grenouilles  se  retireront  de vous,  de  votre  maison,  de  vos  serviteurs et  de  votre  peuple,  et  elles  ne  demeure- ront plus  que  dans  le  fleuve.
12.  Moïse  et  Aaron  étant  sortis  de  de- vant le  Pharaon ,  Moïse  cria  au  Seigneur au  sujet  de  la  promesse  qu'il  avait  faite au  Pharaon  de  le  délivrer  des  grenouilles au  jour  qu'il  avait  marqué.
13.  Et  le  Seigneur  fit  ce  que  Moïse  lui avait  demandé  ;  et  les  grenouilles  mou- rurent dans  les  maisons ,  dans  les  fermes et  dans  les  champs.
14.  Giries  amassa  en  de  grands  mon- ceaux ,  et  la  terre  en  fut  infectée.
15.  Mais  le  Pharaon,  voyant  qu'il  avait un  peu  de  relâche,  appesantit  son  cœur, et  il  n'écouta  point  Moïse  et  Aaron, comme  le  Seigneur  l'avait  ordonné.
16.  Alors  le  Seigneur  dit  à  Moïse  : Dites  à  Aaron  :  Étendez  votre  verge  et fi-appez  la  poussière  de  la  terre,  et  que toute  la  terre  de  l'Egypte  soit  remplie  de moucherons.
17.  Ils  firent  ce  que  Dieu  leur  avait dit,  et  Aaron,  tenant  sa  verge,  étendit la  main  et  frappa  la  poussière  de  la  terre; et  les  hommes  et  les  bêtes  furent  cou- verts de  moucherons,  et  toute  la  pous- sière de  la  terre  fut  changée  en  mouche- rons dans  toute  l'Egypte.
18.  Les  magiciens  voulaient  faire  la même  chose  par  leurs  enchantements  et
catcment  de  fixer  lui-même  le  moment  (quando...) où  il  désirait  que  le  fléau  cessât.  La  toute -puis- sance divine  n'en  devait  que  mieux  ressortir.
12-15.  Cessation  de  la  deuxième  plaie,  grâce h  l'intervention  de  Moïse.  Toutefois,  Dieu  le  per- mettant ainsi  pour  châtier  le  prince  coupable, les  grenouilles  périrent  sur  place ,  au  lieu  de rentrer  dans  les  eaux,  et  computruit  terra.  — Jmmensos  aggeres. 'Daxïs  l'hébr.  :  des  monceaux, des  monceaux.  —  Videns  autem...  A  peine  déli- vré ,  le  roi  refuse  d'exécuter  sa  promesse.
4«  Troisième  plaie  :  les  moustiques.  VIII,  16-19.
16-17.  L'ordre  divin  et  son  exécution.  — Extende  virgam.  Cette  fois,  pas  d'avertissement préalable;  de  même  pour  la  sixième  et  la  neu- vième i)laie.  —  Percute  pulverem...  Les  doux  pre- miers fléaux  étaient  sortis  du  Nil;  celui-ci  est rattaché  au  sol,  que  les  Égyptiens  regardaient
pareillement  comme  sacré ,  presque  comme  divin. —  Sciniphes.  D'apiès  Josèphe,  Saadia,  et  divers commentateurs  juifs  et  chrétiens ,  le  mot  hébreu kinnim  désignerait  les  poux  ;  mais  tout  porte  à croire  que  la  Vulgate  donne  le  vrai  sens,  car  les LXX,  Philon,  Origcnc  (interprètes  auxquels  leurs relations  avec  l'Egypte  confèrent  une  autorité  spé- ciale), traduisent  aussi  kinnim  par  moustiques. Même  en  temps  ordinaire,  ces  insectes  rendent très  pénible  le  séjour  en  Egypte  ;  ils  sont  luie torture  du  jour  et  de  la  nuit.  Cf.  Hérodote, II,  95,  et  Laborde,  Comment,  géographique  de l'Exode,  p.  32.  Mais  ce  dut  être  une  plaie  into- lérable, quand  omnis  pulvis...  versus  est  in  sci- niphes. Vo3-ez  V Atlas  d'hist.  nat.  de  la  Bible, pi.  XLVIII,  flg.  1,  2,  3.
18-19.    L'essai   de    contrefaçon    aboutit  cette fols  à  un  complet  échec.  —  Digitus  Dei...  Aveu
Ex.  VIII,  19-25.
213
f)rcduire  de  ces  moucherons,  mais  ils  ne e  purent  ;  et  les  hommes  et  les  bêtes  en étaient  couverts.
19.  Ces  magiciens  dirent  donc  au  Pha- raon :  C'est  le  doigt  de  Dieu  qui  agit ici.  Et  le  cœur  du  Pharaon  s'endurcit,  et il  n'écouta  point  Moïse  et  Aaron ,  comme le  Seigneur  l'avait  ordonné.
20.  Le  Seigneur  dit  aussi  à  Moïse  : Levez-vous  dès  la  pointe  du  jour  et  pré- sentez -  vous  devant  le  Pharaon  ;  car  il sortira  pour  aller  près  de  l'eau,  et  vous lui  direz  :  Voici  ce  que  dit  le  Seigneur  : Laissez  aller  mon  peuple,  afin  qu'il  me sacrifie.
21.  Que  si  vous  ne  le  laissez  point aller,  j'enverrai  contre  vous,  contre  vos serviteurs,  contre  votre  peuple  et  dans vos  maisons,  des  mouches  de  toutes sortes,  et  les  maisons  des  Egyptiens  et tous  les  lieux  où  ils  se  trouveront  seront remplis  de  toutes  sortes  de  mouches.
22.  Et  je  rendrai  ce  jour- là  la  terre de  Gessen ,  où  est  mon  peuple ,  une  terre miraculeuse  où  il  ne  se  trouvera  aucune de  ces  mouches,  afin  que  vous  sachiez que  c'est  moi  qui  suis  le  Seigneur  de toute  la  terre.
23.  Je  séparerai  ainsi  mon  peuple d'avec  votre  peuple  ;  demain  ce  miracle se  fera.
24.  Le  Seigneur  fit  ce  qu'il  avait  dit. Une  multitude  de  mouches  très  mau- vaises vint  dans  les  maisons  du  Pharaon, de  ses  serviteurs  et  par  toute  l'Egypte, et  la  terre  fut  corrompue  par  cette  sorte de  mouches.
25.  Alors  le  Pharaon  appela  Moïse  et Aaron ,  et  leur  dit  :  Allez  sacrifier  à  votre Dieu  dans  ce  pays -ci.
plies,  et  non  potuerunt;  erantque  sci- niphes  tam  in  hominibus  quam  in  ju- mentis.
19.  Et  dixerunt  malefici  ad  Pharao- nem  :  Digitus  Dei  est  hic  ;  induratumque est  cor  Pharaonis,  et  non  audivit  eos sicut  prœceperat  Dominus.
20.  Dixit  quoque  Dominus  ad  Moy- sen  :  Consurge  diluculo,  et  sta  coram Pharaone  ;  egredietur  enim  ad  aquas ,  et dices  ad  eum  :  Hsec  dicit  Dominus  : Dimitte  populum  meum,  ut  sacrificet mihi.
21.  Quod  si  non  dimiseris  eum,  ecce ego  immittam  in  te ,  et  in  servos  tuos , et  in  populum  tuum,  et  in  domos  tuas, omne  genus  muscarum  ;  et  implebun- tur  domus  .^gyptiorum  muscis  diversi generis,  et  universa  terra  in  qua  fue- rint.
22.  Faciamque  mirabilem  in  die  illa terram  Gessen,  in  qua  populus  meus  est, ut  non  sint  ibi  muscse,  et  scias  quoniam ego  Dominus  in  medio  terrse.
23.  Ponamque  divisionem  inter  popu- lum meum  et  populum  tuum  ;  cras  erit signum  istud.
24.  Fecitque  Dominus  ita.  Et  venit musca  gravissima  in  domos  Pharaonis et  servorum  ejus,  et  in  omnem  terram JEgjipti  ;  corruptaque  est  terra  ab  hu- juscemodi  muscis.
25.  Vocavitque  Pharao  Moysen  et  Aa- ron ,  et  ait  eis  :  Ite  et  sacrificate  Deo vestro  in  terra  hac.
significatif,  dont  il  ne  faut  cependant  pas  exa- gérer la  portée.  Les  magiciens  se  bornent  à  re- connaître le  caractère  divin  du  prodige,  mais  ils ne  vont  pas  jusqu'à  l'attribuer  à  Jéhovah  ou  à son  représentant.  «  C'est  un  dieu  qui  a  fait cela  » ,  tel  est  le  sens  de  leur  réflexion.
5°  Quatrième  plaie  :  les  mouches.  VIII,  20-32.
20-23.  L'annonce  du  fléau.  —  Egredietur enim...  Voyez  la  note  de  vii,  15.  —  Omne  genus muscarum.  Hébr.  :  'et-hé'arob,  l'essaim,  sans 4)réciser  davantage  ;  TiatxijL'JÎa ,  traduit  Sym- maque ,  toutes  sortes  de  mouches  ;  d'après  les LXX,  plus  spécialement  la  x'jv6(ji.uta  ou  les taons,  l'une  des  mouches  les  plus  redoutables. Au  fond,  la  Vulgate  a  donné  le  vrai  sens  (de même  les  Targums,  AquUa,  le  syriaque,  l'arabe, etc.).  Pays  humide  et  chaud,  l'Egypte  est  tout natxrrellement  un  pays  de  mouches  :  le  miracle consistera  à  centupler  ces  essaims  insupportables.
Voyez  V Atlas  d'hist.  nat.  de  la  Blhie,  pi.  xlvii, flg.  5,  6,  7,  10-13;  pi.  xlviii,  fig.  4,  5,  6,  8.  — Faciamque  m,irabilem...  Circonstance  merveil- leuse qui  se  renouvellera  désormais  à  toutes  les plaies  ;  en  outre ,  pour  celle-ci  et  pour  la  suivante, c'est  Dieu  lui-même  qui  opère  le  prodige,  sans se  servir  du  ministère  d'Aaron.  Cf.  vers.  24,  et IX,  6.
24-29.  Le  prodige  et  l'impression  qu'il  pro- duisit sur  le  roi.  —  Ite...  Le  pharaon  n'avait  pas été  aussi  formel  lors  de  son  premier  bon  mouve- ment, vin,  8;  toutefois  il  n'accorde  qu'une  partie de  l'autorisation  demandée ,  puisqu'il  interdit  que l'on  franchisse  les  frontières  (  sacrificate.,,  in terra...)  —  Moïse  refuse  cette  transaction,  allé- guant une  raison  locale  très  frappante  :  abomi- nationes  enim...  :  c.-à-d.  des  animaux  dont  l'im- molation eût  paru  abominable  et  monstrueuse aux  Égyptiens ,  qui  les  regardaient  comme  sacrés.
11
214
Ex.  VIII,  26  —  IX,  3.
26.  Et  ait  Moyses  :  Non  potest  ita fieri  ;  abominatioiies  enim  ^gyptiorum iramolabimus  Doraino  Deo  nostro  :  quod si  raactaverimus  ea  qu?e  colunt  ^gyptii coram  eis,  lapidibiis  nos  obruent.
27.  Viam  trium  dierum  pergemus  in Rolitiidinem,  et  sacrificabimiis  Domino Deo  nostro,  siciit  prœcepit  nobis.
28.  Dixitque  Pharao  :  Ego  dimittam vos  ut  sacrificetis  Domino  Deo  vestro  in deserto  ;  veriimtamen  longius  ne  abea- tis  ;  rogate  pro  me.
29.  Et  ait  Moyses  :  Egressus  a  te,  orabo Dominiim,  et  recedet  musca  a  Pharaone, et  a  servis  suis,  et  a  populo  ejus  cras; verumtamen  noli  ultra  fallcre,  ut  non dimittas  populum  sacrificare  Domino.
30.  Egressusque  Moyses  a  Pharaone, oravit  Dominum,
31.  Qui  fecit  juxta  verbum  illius  ;  et abstulit  muscas  a  Pharaone,  et  a  servis suis,  et  a  populo  ejus;  non  superfuit ne  nna  quidem.
32.  Et  ingravatum  est  cor  Pharaonis, ita  ut  nec  hac  quidem  vice  dimitteret populum.
26.  Moïse  répondit  :  Cela  ne  se  peut point  faire,  car  nous  sacrifierions  au  Sei- gneur notre  Dieu  des  animaux  dont  la mort  paraHrait  une  abomination  aux Egyptiens.  Que  si  nous  tuons  sous  les yeux  des  Égyptiens  ce  qu'ils  adorent,  ils nous  lapideront.
27.  Nous  irons  dans  le  désert,  à  trois journées  de  chemin,  et  nous  sacrifierons au  Seigneur  notre  Dieu  comme  il  nous l'a  commandé.
28.  Et  le  Pharaon  lui  dit  :  Je  vous laisserai  aller  dans  le  désert  pour  sacri- fier au  Seigneur  votre  Dieu  ;  seulement n'allez  pas  plus  loin  ;  priez  pour  moi.
29.  Moïse  répondit  :  Je  prierai  le  Sei- gneur aussitôt  que  je  serai  sorti  d'auprès de  vous,  et  demain  toutes  les  mouches s'éloigneront  du  Pharaon,  de  ses  servi- teurs et  de  son  peuple.  Mais  ne  me  troni- pez  plus  en  ne  laissant  point  aller  le peupie^)bur  sacrifier  au  Seigneur.
30.  Moïse,  étant  sorti  d'auprès  du  Pha- raon, pria  le  Seigneur,
31.  Qui  fit  ce  que  JMoïse  lui  avait  de- mandé ;  et  il  éloigna  toutes  les  mouches du  Pharaon ,  de  ses  serviteurs  et  de  son peuple,  sans  qu'il  en  restât  une  seule.
32.  Mais  le  cœur  du  Pliaraon  s'en- durcit, de  sorte  qu'il  ne  voulût  point permettre  encore  pour  cette  fois  que  le peu[)le  s'en  all.li'.
CHAPITRE  IX
1.  Dixit  autem  Dominus  ad  Moysen  : Ingredere  ad  Pharaonem,  et  loquerc ad  euin  :  Haec  dicit  Dominus  Deus  He- brœorum  :  Dimitte  populum  raeum  ut sacrificet  milii.
2.  Quod  si  adhuc  renuis,  et  rétines eos,
3.  Ecc  mai) us  mea  erit  supei-  agros tuos;  et  super  equos,  et  asinos,  et  ca- melos,  et  boves,  et  oves,  pestis  valdo gravis  ;
1.  Le  Seigneur  dit  à  Moïse  :  Allez trouver  le  Pharaon,  et  dites -lui  :  Voici ce  que  dit  le  Seigneur,  le  Dieu  des  Hé- breux :  Laissez  aller  mon  peuple ,  afin qu'il  me  sacrifie.
2.  Si  vous  refusez  encore  et  si  vous  le retenez ,
3.  J'étendrai  ma  main  sur  vos  champs, et  les  clievaux,  les  ânes,  les  chameaux, les  b(jeufs  et  les  brebis  seront  frappés d'une  peste  très  dangereuse.
—  Lapidibus...  obi-uent.  Première  mention  de  ce supplice  dans  la  Bible.  —  In  deserto.  Le  iha- raon  paraît  céder  peu  à  peu  ;  mais ,  le  fléau  passé, l'endurcissement  reprendra  le  dessus.
30-31.  Cessation  miraculeuse  de  la  quatrième plaie.  Notez  le  détail  emphatique  :  ne  una  qui- dem.
6°  Cinquième  plaie  :  la  peste  du  bétail.  IX, 1-7.
Chap.  IX.  —  1-5.  L'annonce  de  la  plaie.  —
ManuH  mea  super  agros...  Pour  frapper,  d'après la  ligne  suivante,  les  animaux  qui  s'engraissaient dnns  les  riches  pâturages  de  Gessen,  —  Pestis  : une  sorte  d'épizootie  d'une  extrême  violence,  s"at- taquant  à  toute  sorte  de  bétail.  —  Constltuit- que...  tempus.  Les  épizooties  ne  sont  pas  rares  en Egypte  :  la  fixation  si  nette  d'une  date  très  rap- procliée  relevait  le  caractère  absolument  divin  de cette  nouvelle  plaie.
1
Ex.  IX,  4-13.
215
4.  Et  le  Seigneur  fera  un  miracle pour  discerner  les  possessions  des  en- fants d'Israël  d'avec  les  possessions  des Égyptiens  ;  en  sorte  qu'il  ne  périsse  ab- solument rien  de  ce  qui  appartient  aux enfants  d'Israël.
5.  Le  Seigneur  en  a  marqué  lui-même le  temps,  en  disant  :  C'est  demain  que  le Seigneur  fera  cette  merveille  dans  le pa3's.
6.  Le  Seigneur  fit  donc  le  lendemain ce  qu'il  avait  dit,  et  toutes  les  bêtes  des Égyptiens  moururent,  mais  nulle  de toutes  celles  des  enfants  d'Israël  ne périt.
7.  Le  Pharaon  envoya  voir,  et  l'on trouva  que  rien  n'était  mort  de  tout  ce que  possédait  Israël.  Mais  le  cœur  du Pharaon  s'endurcit,  et  il  ne  laissa  point aller  le  peuple.
8.  Alors  le  Seigneur  dit  à  Moïse  et à  Aaron  :  Prenez  plein  vos  mains  de cendre  de  fournaise,  et  que  Moïse  la jette  vers  le  ciel  devant  le  Pharaon.
9.  Et  que  cette  poussière  se  répande sur  toute  l'Egypte.  11  s'en  formera  des ulcères  et  des  tumeurs  dans  les  hommes et  dans  les  animaux,  par  toute  l'E- gypte.
10.  Ayant  donc  pris  de  la  cendre  de fournaise,  ils  se  présentèrent  devant  le Pharaon,  et  Moïse  la  jeta  vers  le  ciel. En  même  temps  il  se  forma  des  ulcères et  des  tumeurs  dans  les  hommes  et  dans les  animaux.
11.  Et  les  magiciens  ne  pouvaient  se tenir  devant  Moïse,  à  cause  des  ulcères qui  leur  étaient  survenus  comme  à  tout le  reste  des  Égyptiens.
12.  Et  le  Seigneur  endurcit  le  cœur du  Pharaon,  et  il  n'écouta  point  Moïse et  Aaron,  selon  que  le  Seigneur  l'avait prédit  à  Moïse.
13.  Le  Seigneur  dit  encore  à  Moïse  : Levez -vous  dès  le  point  du  jour  et  pré-  |
4.  Et  faciet  Dominus  mirabile  inter possessiones  Israël,  et  possessiones  iEgy- ptiorum  ;  ut  nihil  omnino  pereat  ex  tas quae  pertinent  ad  filios  Israël.
5.  Constituitque  Dominus  tempus,  di- cens  :  Gras  faciet  Dominus  verbum  istud in  terra.
6.  Fecit  ergo  Dominus  verbum  hoc altéra  die,  mortuaque  sunt  omnia  ani- mantia  ^gyptiorum  ;  de  animalibus  vero filiorum  Israël  nihil  omnino  periit.
7.  Et  misit  Pharao  ad  videndum  ;  nec erat  quidquam  mortuum  de  his  quœ possidebat  Israël.  Ingravatumque  est  cor Pharaonis,  et  non  dimibit  populum.
8.  Et  dixit  Dominus  ad  Moysen  et Aaron  :  Tollite  plenas  manus  cineris  de camino,  et  spargat  illum  Mo^^ses  in  cœ- lum  coram  Pharaone,
9.  Sitque  pulvis  super  omnem  terram ^gypti  ;  erunt  enim  in  hominibus  et jumentis  ulcéra,  et  vesicse  turgentes,  in universa  terra  ^gypti.
10.  Tuleruntque  cinerem  de  camino, et  steterunt  coram  Pharaone,  et  sparsit illum  Moyses  in  cselum  ;  factaque  sunt ulcéra  vesicarum  turgentium  in  homini- bus, et  jumentis.
11.  Nec  poterant  malefici  stare  coram Moyse,  propter  ulcéra  quœ  in  illis  erant, et  in  omni  terra  ^gypti.
12.  Induravitque  Dominus  cor  Pha- raonis, et  non  audivit  eos,  si  eut  locutus est  Dominus  ad  Moysen.
13.  Dixitque  Dominus  ad  Moysen  : Mane  consurge,  et  sta  coram  Pharaone,
6-7.  Le  prodige  et  sa  constatation.  —  Omnia animantia.  Les  vers.  9  et  19  s'opposent  à  ce  que nous  prenions  ces  mots  tout  à  fait  à  la  lettre  ;  du moins  la  plus  grande  partie  des  troupeaux  périt , ce  qui  atteignait  l'Egypte  dans  l'une  de  ses  prin- -Cipales  ressources.
70  Sixième  plaie  :  les  ulcères.  IX,  8-12.
8-9.  L'ordre  divin.  —  Cineris  de  camino.  Le substantif  kibsan  peut  désigner  les  fours  à  chaux, les  fours  métallurgiques,  les  fours  à  briques  :  il est  plus  probablement  question  de  ces  derniers, dont  la  terre  de  Gessen  était  alors  remplie.  Voy. l'Atlas  archèol.  de  la  Bible,  pi.  xlix,  fig.  2.  — Ulcéra  cl  vesica...  Le  mal  devait  consister  en  de
graves  désordres  cutanés,  accompagnés  d'ulcères et  de  pustules  :  genre  d'éruption  assez  fréquent en  Egypte,  mais  qui  n'est  jamais  si  violent,  si rapide,  si  universel.
10-12.  Le  miracle;-^-  Nec  poterant  malefici... Détail  significatif;  les  sorciers,  que  l'on  croyait si  puissants,  sont  atteints  comme  les  autres.  — Induravitque...  Sinistre  refrain.
8°  Septième  plaie  :  la  grôle.  IX,  13-35.
13-19.  Long  et  terrible  message  de  Jéhovah au  pharaon.  —  Omnes  plagas...  super  cor  tuum. Ce  cœur  si  dur  serait  bien  obligé  de  s'amollir sous  les  coups  réitérés,  et  plus  rudes  que  jamais, dont  il  allait  encore  être  frappé.  —  Perçut iam
216
Ex.  IX,  14-23.
et  dices  ad  eum  :  Haec  dicit  Dominus Deus  Hebrœorum  :  Dimitte  populum meum  ut  sacrificet  mihi  ;
14.  Quia  in  hac  vice  mittam  omnes plagas  meas  super  cor  tuum,  et  super servos  tuos,  et  super  populum  tuum,  ut scias  quod  non  sit  similis  mei  in  omni terra.
15.  Nunc  enim  extendens  manum  per- cutiam  te  et  populum  tuum  peste,  peri- bisque  ds  terra.
16.  Idcirco  autem  posui  te,  ut  osten- dam  in  te  fortitudinem  meam,  et  nar- retur  nomen  meum  in  omni  terra.
17.  Adhuc  rétines  populum  meum,  et non  vis  dimittere  eum?
18.  En  pluam  cras  hac  ipsa  hora  gran- dinem  multam  nimis,  qualis  non  fuit  in ^gypto,  a  die  qua  f  undata  est,  usque  in prœsens  tempus.
19.  Mitte  ergo  jam  nunc,  et  congrega jumenta  tua,  et  omnia  quae  habes  in agro  ;  homines  enim,  et  jumenta,  et  uni- versa  quse  inventa  fuerint  foris,  nec  con- gregata  de  agris,  cecideritque  super  ea grando ,  morientur.
20.  Qui  timuit  verbum  Domini  de  ser- vis Pharaonis,  fecit  conf ugere  servos  suos et  jumenta  in  domos  ;
21.  Qui  autem  neglexit  serraonem  Do- mini ,  dimisit  servos  suos  et  jumenta  in agris.
22.  Et  dixit  Dominus  ad  Moysen  : Extende  manum  tuam  in  cselum,  ut  fiât grando  in  universa  terra  ^gypti,  super homines,  et  super  jumenta,  et  super  om- nem  herbam  agri  in  terra  JEgjpti.
23.  Extenditque  Moyses  virgam  in  cae- lum,  et  Dominus  dédit  tonitrua,  et  gran- dinem,    ac   discurrentia   fulgura   super
sentez-vous  devant  le  Pharaon,  et  dites- lui  :  Voici  ce  que  dit  le  Seigneur,  le Dieu  des  Hébreux  :  Laissez  aller  mon peuple,  afin  qu'il  me  sacrifie.
14.  Car  c'est  maintenant  que  je  vais envoyer  toutes  mes  plaies  sur  votre  cœur, sur  vos  serviteurs  et  sur  votre  peuple, afin  que  vous  sachiez  que  nul  n'est  sem- blable à  moi  dans  toute  la  terre.
15.  C'est  maintenant  que  je  vais étendre  ma  main  et  vous  frapper  de la  peste ,  vous  et  votre  peuple  ;  et  vous périrez  de  dessus  la  terre.
16.  Car  je  vous  ai  établi  pour  faire éclater  en  vous  ma  force  et  pour  rendre mon  nom  célèbre  dans  toute  la  terre.
17.  Quoi!  vous  retenez  encore  mon peuple,  et  vous  ne  voulez  pas  le  laisser aller?
18.  Voici  !  demain,  à  cette  même heure,  je  ferai  pleuvoir  une  grêle  extrê- mement-forte ,  et  telle  qu'on  n'en  a  point vu  de  semblable  dans  l'Egypte,  depuis qu'elle  a  été  fondée  jusqu'à  présent.
19.  Envoyez  donc  dès  maintenant  à  la campagne,  et  faites -en  retirer  vos  bêtes et  tout  ce  que  vous  y  avez  ;  car,  et  les hommes  et  les  bêtes ,  et  toutes  les  choses qui  se  trouveront  dehors  et  qu'on  n'aura point  retirées  des  champs,  mourront frappés  de  la  grêle.
20.  Ceux  d'entre  les  serviteurs  du  Pha- raon qui  craignirent  la  parole  du  Sei- gneur firent  retirer  leurs  serviteurs  et leurs  bêtes  dans  leurs  maisons.
21.  Mais  ceux  qui  néghgèrent  ce  que le  Seigneur  avait  dit  laissèrent  leurs serviteurs  et  leurs  bêtes  dans  les  champs.
22.  Alors  le  Seigneur  dit  à  Moïse  : Etendez  votre  main  vers  le  ciel,  afin qu'il  tombe  de  la  grêle  dans  toute l'Egypte,  sur  les  hommes,  sur  les  bêtes et  sur  toute  l'herbe  de  la  campagne.
23.  Moïse  ayant  levé  sa  verge  vers  le ciel,  le  Seigneur  fit  tomber  de  la  grêle au  milieu   du  tonnerre  et  de  feux  qui
te...  peste...  Il  serait  plus  conforme  au  contexte de  traduire  ainsi  les  vers.  15  et  16  :  Et  mainte- nant, étendant  ma  main,  j'aurais  pu  te  frapper de  la  peste ,  toi  et  ton  peuple ,  et  alors  tu  aurais disparu  de  la  terre  ;  mais  je  t'ai  laissé  vivre  afin de  montrer...  —  Narretur  nomen...  L'endurcis- sement du  pharaon  devait  servir  à  mieux  mani- fester la  puissance  de  Jéhovah.  —  Adliuc  rétines. En  hébreu  :  tu  te  fais  digue.  Belle  image.  — Grandinem...  qualis...  La  grêle  n'est  pas  inconnue en  Egypte ,  mais  elle  y  tombe  rarement  et  d'une façon  bénigne.  —  Le  vers.  19  contient  un  aver-
tissement plein  de  bonté  :  Dieu  daigne  indiquer un  moyen  partiel  de  salut  h  ceux  qui  croiront  en sa  parole.  Congrega;  en  hébr.  :  fais  fuir;  pour marquer  la  rapidité  avec  laquelle  devait  s'opérer ce  sauvetage.
20-21,  Manière  dont  la  menace  fut  reçue.  Il y  eut  les  croyants  (20)  et  les  incrédules  (21).
22-26.  L'accomplissement  du  prodige.  —  To- nitrua. Hébr.  :  qôlôt,  des  voix;  au  vers,  28,  des voix  de  Dieu.  Nom  habituel  du  tonnerre  dans  l;i Bible.  Voj'ez  surtout  le  psaume  xxvni,  3-9.  — Discurrentia  fulgura...  Les  éclairs  rasaient  le
Ex.  IX,  24-32.
217
rampaient  à  terre  ;  le  Seigneur  fit  pleu- voir la  grêle  sur  la  terre  d'Egypte.
24.  La  grêle  et  le  feu ,  mêlés  l'un  avec l'autre,  tombaient  ensemble;  et  cette grêle  fut  d'une  telle  grosseur,  qu'on  n'en avait  jamais  vu  auparavant  de  semblable dans  toute  l'étendue  de  l'Egypte,  depuis l'établissement  de  son  peuple.
25.  Et  dans  tout  le  pays  de  VÈgypte la  grêle  frappa  de  mort  tout  ce  qui  se trouva  dans  les  champs,  depuis  les hommes  jusqu'aux  bêtes.  Elle  frappa toute  l'herbe  de  la  campagne,  et  elle rompit  tous  les  arbres.
26.  Il  n'y  eut  qu'au  pays  de  Gessen, où  étaient  les  enfants  d'Israël ,  que  cette grêle  ne  tomba  point.
27.  Alors  le  Pharaon  envoya  appeler Moïse  et  Aaron ,  et  il  leur  dit  :  J'ai  pé- ché encore  cette  fois  ;  le  Seigneur  est juste,  moi  et  mon  peuple  nous  sommes des  impies.
28.  Priez  le  Seigneur,  afin  qu'il  fasse cesser  ces  grands  tonnerres  et  la  grêle, et  que  je  vous  laisse  partir  sans  que  vous demeuriez  ici  davantage.
29.  Moïse  lui  répondit  :  Quand  je  serai sorti  de  la  ville,  j'élèverai  mes  mains vers  le  Seigneur,  et  les  tonnerres  cesse- ront, et  il  n'y  aura  plus  de  grêle,  afin que  vous  sachiez  que  la  terre  est  au  Sei- gneur.
30.  Mais  je  sais  que  vous  ne  craignez point  encore  le  Seigneur  Dieu,  ni  vous ni  vos  serviteurs.
31.  Le  lin  et  l'orge  furent  donc  gâtés pai-  la  grêle,  parce  que  l'orge  avait  déjà poussé  son  épi  et  que  le  lin  commençait à  produire  ses  feuilles.
32.  Mais  le  froment  et  l'épeautre  ne furent  point  gâtés,  parce  qu'ils  étaient plus  tardifs.
terram  ;    pluitque    Dominus    grandinem super  terram  ^gypti.
24.  Et  grando  et  ignis  mista  pariter ferebantur  ;  tantœque  fuit  magnitudinis, quanta  ante  nunquam  apparuit  in  uni- versa  terra  ^gypti,  ex  quo  gens  illa condita  est.
25.  Et  percussit  grando  in  omni  terra ^gypti  cuncta  quse  fuerunt  in  agris,  ab homine  usque  ad  jumentum  ;  cunctam- que  herbam  agri  percussit  grando,  et omne  lignum  regionis  confi-egit.
26.  Tantum  in  terra  Gessen,  ubi  erant fihi  Israël,  grando  non  cecidit.
27.  Misitque  Pharao,  et  vocavit  Moy- sen  et  Aaron,  dicens  ad  eos  :  Peccavi etiam  nunc  ;  Dominus  justus  ;  ego  et  po- pulus  meus,  impii.
28.  Orate  Dominum  ut  desinant  toni- trua  Dei,  et  grando  ;  ut  dimittam  vos,  et nequaquam  hic  ultra  maneatis.
29.  Ait  Moyses  :  Cum  egressus  fuero de  urbe,  extendam  palmas  meas  ad  Do- minum, et  cessabunt  tonitrua,  et  grando non  erit  ;  ut  scias  quia  Domini  est  terra.
30.  Novi  autem  quod  et  tu,  et  servi tui,  necdum  timeatis  Dominum  Deum.
31.  Linum  ergo  et  hordeum  laesum est,  eo  quod  hordeum  esset  virons,  et linum  jam  folliculos  germinaret.
32.  Triticum  autem  et  far  non  sunt Isesa,  quia  serotina  erant.
sol,  ce  qui  marque  une  abondance  considérable de  fluide  électrique.  Toute  la  description  est  ma- gnifique, et  terrible  comme  les  faits.
27-28.  Le  monarque  demande  grâce,  avouant qu'il  a  péché  et  reconnaissant  la  justice  des  châ- timents divins.
29-30.  Promesses  (vers.  29)  et  en  môme  temps réserves  (  vers.  30  )  du  serviteur  de  Dieu.  —  Do- mini est  terra:  même  l'orgueilleuse  Egypte.  — Novi  autem...  Moïse  montre  qi;'il  n'est  pas  dupe du  repentir  superficiel  de  Ménephtah.
31-32.  Note  rétrospective  sur  les  dégâts  pro- duits par  la  grêle.  —  Linum  et  hordeum.  Deux plantes  très  cultivées  dans  l'ancienne  Égj-pte.  La première  (le  linum  usitatissimum  des  bota- nistes; voyez  V Atlas  dliist.  nat.  de  la  Bible,
pi.  XXXIX,  flg.  2)  servait  h  fabriquer  les  vête- ments de  la  plupart  des  habitants ,  surtout  ceux des  prêtres,  les  bandelettes  des  momies,  etc.;  la seconde  était  employée  à,  la  fabrication  de  la bière,  et  pour  la  nourriture  soit  des  hommes, soit  des  animaux.  —  Lcesum...  eo  quod...  Ces végétaux ,  se  trouvant  dans  un  état  assez  avancé à  l'époque  du  fléau ,  furent  particulièrement  en- dommagés. —  Virens;  d'après  l'hébr.  :  en  épis. Folliculos  germinaret;  hébr.  :  le  lin  était  bouton de  fleur.  Ces  circonstances  placent  la  septième plaie  vers  la  mi -février.  —  Triticum...  et  far. D'après  l'hébr.  :  le  froment  et  l'épeautre  (  îcussé- met,  une  variété  du  blé  commun;  voyez  l'Atlas d'hist.  nat.  de  la  Bible,  pi.  v,  flg.  3).  —  Sero- tina :  tardifs  et  peu  avancés.
218
33.  Egressusque  Moyses  a  Pharaone  ex urbe,  tetendit  maiius  ad  Dominum;  et cessaverunt  tonitraa  et  grande,  nec  ultra stillavit  pluvia  super  terrain.
34.  Videns  autem  Pliarao  quod  cessas- set  pluvia,  et  grando,  et  tonitrua,  auxit peccatum  ;
35.  Et  ingravatum  est  cor  ejus,  et servorum  illius,  et  induratum  nimis; nec  dimisit  filios  Israël,  sicut  prsecepe- rat  Dominus  per  manum  Moysi.
Ex.  IX,  33  —  X,  5.
33.  Après  que  Moïse  eut  quitté  le  Pha- raon et  qu'il  fut  sorti  de  la  ville,  il  éleva les  mains  vers  le  Seigneur,  et  les  ton- nerres et  la  grêle  cessèrent,  sans  qu'il tombât  plus  une  goutte  d'eau  sur  la  terre.
34.  Mais  le  Pharaon,  voyant  que  la pluie,  la  grêle  et  les  tonnerres  avaient cessé,  augmenta  encore  son  péché.
35.  Son  cœur  et  celui  de  ses  serviteurs s'appesantit  et  s'endurcit  de  plus  en plus,  et  il  ne  laissa  point  aller  les  en- fants d'Israël,  selon  que  le l'avait  ordonné  par  Moïse.
Seigneur
CHAPITRE  X
1.  Et  dixit  Dominus  ad  Moysen  :  In- gredere  ad  Pharaonem;  ego  enim  indu- ravi  cor  ejus,  et  servorum  illius,  ut faciam  signa  mea  haec  in  eo  ;
2.  Et  narres  in  auribus  filii  tui,  et nepotum  tuorum,  quoties  contriverim ^gyptios,  et  signa  mea  fecerim  in  eis  ; et  sciatis  quia  ego  Dominus.
3.  Introierunt  ergo  Moyses  et  Aaron ad  Pharaonem,  et  dixerunt  ei  :  Hsec dicit  Dominus  Deus  Hebrgeorum  :  Usque- quo  non  vis  subjici  mihi?  Dimitte  po- pulum  meum,  ut  sacrificet  mihi.
4.  Sin  autem  resistis,  et  non  vis  di- mittere  eum,  ecce  ego  inducam  cras  lo- custam  in  fines  tuos.
5.  Quse  operiat  superficiem  terras,  ne quidquam  ejus  appareat,  sed  comedatur quod  residuum  f  uerit  grandini  ;  corro- det  enim  omnia  ligna  quse  germinant  in agris.
1.  Alors  le  Seigneur  dit  à  Moïse  : Allez  trouver  le  Pharaon,  car  j'ai  en- durci son  cœtîr  et  celui  de  ses  serviteurs, afin  que  j'accomplisse  sur  lui  mes  pro- diges ,
2.  Et  que  vous  racontiez  à  vos  enfants et  aux  enfants  de  vos  enfants  de  com- bien de  plaies  j'ai  frappé  les  Egyptiens , et  combien  de  merveilles  j'ai  faites  parmi eux,  et  pour  que  vous  sachiez  que  je  suis le  Seigneur.
3.  Moïse  et  Aaron  vinrent  donc  trou- ver le  Pharaon ,  et  ils  lui  dirent  :  Voici ce  que  dit  le  Seigneur,  le  Dieu  des  Hé- breux :  Jusques  à  quand  refuserez  -  vous de  vous  assujettir  à  moi  ?  Laissez  aller mon  peuple,  afin  qu'il  me  sacrifie.
4.  Si  vous  résistez  encore  et  si  vous  ne voulez  pas  le  laisser  aller,  je  ferai  venir demain ,  dans  votre  pays ,  des  sauterelles
5.  Qui  couvriront  la  surface  de  la terre,  en  sorte  qu'elle  ne  paraîtra  plus, et  qui  mangeront  tout  ce  que  la  grêle n'aura  pas  gâté  ;  car  elles  rongeront  tous les  arbres  qui  poussent  dans  les  champs.
33-35.  La  fin  du  fléau.  —  Egressus...  ex  urlie. Moïse  va  au  beau  milieu  de  l'orage  pour  lutter contre  lui.  —  Tetendit  manus.  Le  geste  de  la prière.  —  Pharao...  auxit  peccatum.  Aj'ant  été plus  touché  cette  fois  (cf.  vers.  27-28;  vin,  8, 25-28),  il  manifestait  une  malice  plus  grande par  son  nouvel  acte  d'endurcissement.
9°  La  huitième  plaie  :  les  sauterelles.  X,  1  -  20.
Chap.  X.  —  1-6.  L'annonce  du  fléau. —  Co7'... servorum  illius.  Eux  aussi,  ils  s'étaient  d'abord volontairement  endurcis.  Cf.  ix,  21,  27,  35.  Mais Dieu  saura  tirer  de  là  sa  gloire  (ut  faciam signa...),  et  les  Hébreux  devront  tirer  de  leur côté  une  grande  et  belle  leçon  (et  sciatis...).  — Locustam...  En  hébr.  :  'arbeh,  le  «  multiple  »; nom  ordinaire  de  la  sauterelle,  par  allusion  à  ses
essaims  innombrables.  Voy.  YAtl.  d'hist.  nat.  de  la Bible,  pi.  XLVi,  fig.  2,  3,  5-9;  pi.  XLvn,  flg.  1-3. Cet  insecte ,  dont  personne  n'a  mieux  décrit  que le  prophète  Joël,  i,  2-18  et  n,  2-11,  les  ravages efCroj-ables ,  ne  vit  pas  d'tme  manière  habituelle en  Egypte;  quand  il  l'envahit,  ce  qui  arrive  de temps  à  autre,  11  vient  des  districts  syriens, nubiens,  arabes,  etc.  De  là  l'expression  inducam. —  Qmcb  operiat...  Ce  détaU  et  les  suivants  sont d'une  rigoureuse  exactitude.  «  Le  sol  est  couvert de  sauterelles  sur  plusieurs  lieues.  »  Volney. «  Sur  une  aire  de  1600  à  1800  milles  carrés,  la surface  entière  du  sol  en  était  littéralement  cou- verte. »  Barrow.  Dès  qu'un  essaim  s'abat  sur  une province,  toute  verdure  disparait  aussitôt;  l'écorce même  des  arbres  est  l'ongée.  Les  maisons  sont
Ex.  X,  6-13.
219
6.  Elles  rempliront  vos  maisons,  les maisons  de  vos  serviteurs  et  de  tous  les Égyptiens  ;  de  sorte  que  ni  vos  pères  ni vos  aïeux  n'en  ont  jamais  vu  une  si grande  quantité,  depuis  le  temps  qu'ils sont  nés  sur  la  terre  jusqu'à  aujourd'hui. Moïse  se  détourna  aussitôt  de  devant  le Pharaon,  et  se  retira.
7.  Mais  les  serviteurs  du  Pharaon dirent  à  ce  prince  :  Jusques  à  quand souffrirons  -  nous  ce  scandale?  Laissez aller  ces  gens,  afin  qu'ils  sacrifient  au Seigneur  leur  Dieu.  Ne  voj^ez-vous  pas que  l'Egypte  est  perdue?
8.  Ils  rappelèrent  donc  Moïse  et  Aaron auprès  du  Pharaon,  lequel  leur  dit  : Allez  sacrifier  au  Seigneur  votre  Dieu  ; mais  qui  sont  ceux  qui  doivent  y  aller  ?
9.  Moïse  lui  répondit  :  Nous  irons  avec nos  petits  enfants  et  nos  vieillards,  avec nos  fils  et  nos  filles,  avec  nos  brebis  et nos  troupeaux  ;  car  c'est  la  fête  solen- nelle du  Seigneur  notre  Dieu.
10.  Le  Pharaon  lui  repartit  :  Que  le Seigneur  soit  avec  vous  en  la  même  ma- nière que  je  vous  laisserai  aller  avec  vos petits  enfants.  Qui  doute  que  vous  n'ayez un  très  mauvais  dessein  ?
11.  Il  n'en  sera  pas  ainsi;  mais  allez seulement  vous ,  les  hommes ,  et  sacrifiez au  Seigneur,  car  c'est  ce  que  vous  avez demandé  vous-mêmes.  Et  aussitôt  ils furent  chassés  de  devant  le  Pharaon.
12.  Alors  le  Seigneur  dit  à  Moïse  : Étendez  votre  main  sur  l'Egypte,  pour faire  venir  les  sauterelles,  afin  qu'elles montent  sur  la  terre  et  qu'elles  dévorent toute  l'herbe  qui  est  restée  après  la  grêle.
13.  Mçïse  étendit  donc  sa  verge  sur  la terre  d'Egypte,  et  le  Seigneur  fit  souf- 11er  un  vent  brûlant  tout  le  jour  et  toute la  nuit.  Le  matin,  ce  vent  brûlant  fit élever  les  sauterelles,
G.  Et  iniplebunt  domos  tuas,  et  ser- vorum  tuorum,  et  omnium  iEgyptiorum, quantam  non  viderunt  patres  tui,  et  avi, ex  quo  orti  sunt  super  terram,  usque  in prœsentem  diem.  Avertitque  se,  et  egres- sus  est  a  Pharaone.
7.  Dixerunt  autera  servi  Pharaonis  ad eum  :  Usquequo  patiemur  hoc  scanda- lum?  Dimitte  homines,  ut  sacrificent Domino  Deo  suo.  Nonne  vides  quod  pe- rierit  ^gyptus?
8.  Revocaveruntque  Moysen  et  Aaron ad  Pharaonem,  qui  dixit  eis  :  Ite,  sacri- ficate  Domino  Deo  vestro.  Quinam  sunt qui  ituri  sunt?
9.  Ait  Moyses  :  Cum  parvulis  nostris  et senioribus  pergemus,  cum  filiis  et  filia- bus,  cum  ovibus  et  armentis  ;  est  enim solemnitas  Domini  Dei  nostri.
10.  Et  respondit  Pharao  :  Sic  Dominus sit  vobiscum,  quo  modo  ego  dimittam vos,  et  parvulos  vestros.  Oui  dubium est  quod  pessime  cogitetis?
11.  Non  fiet  ita;  sed  ite  tantum  viri, et  sacrificate  Domino  ;  hoc  enim  et  ipsi petistis.  Statimque  ejecti  sunt  de  con- spectu  Pharaonis.
12.  Dixit  autem  Dominus  ad  Moysen  : Extende  manum  tuam  super  terram ^gypti  ad  locustam,  ut  ascendat  super eam,  et  devoret  omnem  herbam  quœ residua  fuerit  grandini.
13.  Et  extendit  Moyses  virgam  super terram  ^Egypti  ;  et  Dominus  induxit  ven- tum  urentem  tota  die  illa  et  nocte.  Et mane  facto,  ventus  urens  levavit  lo- custas.
enyahies  et  souillées.  —  Avertit...  se.  Trait  pitto- resque. Son  message  délivré ,  Moïse  s'éloigne,  car il  n'attend  rien  du  pharaon.  Ct.  ix,  30.
7-11.  Concessions  partielles  du  monarque.  — Dixerunt...  servi...  Les  ofiiciers  de  la  cour  sont ù  leur  tour  épouvantés  par  l'annonce  de  cet  autre fléau,  et  ils  pressent  vivement  le  pharaon  de céder.  —  Hoc  scandalum.  Hébr.:  Jusques  à  quand celui-ci  (Moïse)  sera -t- il  pour  nous  an  piège? ComT)araison  empruntée  aux  usages  de  la  chasse. —  Revocaverunt.  D'eux-mêmes,  sans  attendre  un ordre  exprès  du  roi.  —  Quinam...  qui  ituri...? Il  le  savait  fort  bien  :  vm ,  8 ,  il  a  parlé  sponta- nément de  laisser  partir  le  peuple  entier;  mais il  prépare  un  nouveau  refus.  —  Cum  paradis... Réponse  nette  et  ferme    de    Moïse  :  la   nation
Israélite  devra  se  présenter  au  complet  devant son  Dieu ,  même  avec  ses  troupeaux ,  petits  iovi- l)us)  et  grands  (armentis). —  Sic  Dominus... vobiscum.  C'est  la  belle  et  pieuse  formule  de  sa- lutation des  Hébreux,  employée  d'une  manière ironique  :  Que  le  Seigneur  soit  avec  vous  ai;tant que  je  vais  vous  laisser  aller...  I  —  Pessime  cogi- tetis est  une  bonne  interprétation  de  la  phrase hébraïque  :  Du  mal  est  devant  vos  faces.  C.-à-d. vous  voulez  me  nuii'e  en  quittant  l'Egypte.  — Tantum  viri  :  les  femmes  et  les  enfants  demeu- reront comme  otages.  —  Hoc  enim...  ipsi.  Rien  de plus  faux ,  comme  le  prouvent  toutes  les  somma- tions antérieures  des  deux  frères.
12-15.  Ll;  fléau  éclate,  aussi  rigoureux  que Moïse  l'avait  prédit.  —  Ventum  urentem.  Hébr.;
220
Ex.  X,  14-22.
14.  Qnœ  ascenderunt  super  universam terram  ^g3^pti,  et  sederunt  in  cunctis  fi- nibus  ^g3^ptiorum  innumerabiles ,  qua- les  ante  illiid  tempus  non  fuerant,  nec postea  futurae  siint.
15.  Operueruntque  universam  siiper- iîciem  terras,  vastantes  omnia,  Devorata est  igitiir  herba  terrse,  et  quidquid  po- moriim  in  arboribus  fuit,  quse  grando  di- miserat;  nihilque  omnino  virens  reli- ctum  est  in  lignis  et  in  herbis  terrae,  in cuncta  ^g3'pto.  .
16.  Quamobrem  festinus  Pharao  vo- cavit  Moysen  et  Aaron,  et  dixit  eis  :  Pec- cavi  in  Dominum  Deum  vestrum,  et  in vos.
17.  Sed  nunc  dimittite  peccatum  mihi etiam  hac  vice ,  et  rogate  Dominum Deum  vestrum,  ut  auferat  a  me  mortem istam.
18.  Egressusque  Moyses  de  conspectu Pharaonis,  oravit  Dominum,
19.  Qui  flare  fecit  ventum  ab  occi- dente  vehementissimum,  et  arreptam  lo- custam  projecit  in  mare  Rubrum,  Non remansit  ne  una  quidem  in  cunctis  fini- bus  ^gypti.
20.  Et  induravit  Dominus  cor  Pharao- nis, nec  dimisit  filios  Israël.
21.  Dixit  autem  Dominus  ad  Moysen  : Extende  manum  tuam  in  cselum  ;  et  sint tenebrae  super  terram  ^gypti,  tam  den- sse,  ut  palpari  queant.
22.  Extenditque  Moyses  manum  in  cse- lum ;  et  factae  sunt  tenebrse  horribiles in  universa  terra  Mgypti  tribus  diebus.
14.  Qui  vinrent  fondre  sur  toute l'Egypte  et  s'arrêtèrent  dans  toutes  les terres  des  Egyptiens,  en  une  quantité  si effroyable,  que,  ni  avant  ni  après,  on n'en  vit  jamais  un  si  grand  nombre.
15.  Elles  couvrirent  toute  la  surface de  la  terre  et  ravagèrent  tout.  Elles mangèrent  toute  l'herbe  et  tout  ce  qui se  trouva  de  fruits  sur  les  arbres  qui avaient  échappé  à  la  grêle;  et  il  ne resta  absolument  rien  de  vert,  ni  sur  les arbres  ni  sur  les  herbes  des  champs,  dans toute  l'Egypte.
16.  C'est  pourquoi  le  Pharaon  se  hâta de  faire  venir  Moïse  et  Aaron,  et  il  leur dit  :  J'ai  péché  contre  le  Seigneur  votre Dieu  et  contre  vous.
17.  Mais  pardonnez  -  moi  ma  faute  en- core cette  fois,  et  priez  le  Seigneur  votre Dieu,  afin  qu'il  retire  de  moi  cette  mort.
18.  Moïse,  étant  sorti  de  devant  le Pharaon,  pria  le  Seigneur,
19.  Qui,  ayant  fait  souffler  un  vent très  violent  du  côté  de  l'occident,  enleva les  sauterelles  et  les  jeta  dans  la  mer Rouge.  Il  n'en  demeura  pas  une  seule dans  toute  l'Egypte.
20.  Mais  le  Seigneur  endurcit  le  cœur du  Pharaon,  et  il  ne  laissa  point  encore aller  les  enfants  d'Israël.
21.  Le  Seigneur  dit  donc  à  Moïse  : Etendez  votre  main  vers  le  ciel,  et  qu'il se  forme  sur  la  terre  de  l'Egypte  des ténèbres  si  épaisses,  qu'on  puisse  les  tou- cher.
22.  Moïse  étendit  sa  main  vers  le  ciel , et  des  ténèbres  horribles  couvrirent  toute la  terre  d'Egypte  pendant  trois  jours.
ruah  qâdim,  -un  vent  d'est.  —  Levavit  locu- stas.  D'elles-mêmes  les  sauterelles  ne  sauraient voler  bien  loin;  mais  un  coup  de  vent  soulève un  essaim,  et  le  transporte  rapidement  à  de  grandes distances.  Cf.  Joël,  i,  6;  ii,  20.  —  Vastantes omnia.  Hébr.  :  et  la  terre  fut  dans  les  ténèbres. Ces  myriades  d'insectes  forment  «un  voile  vivant», dit  un  voyageur.  —  Résultat  final  de  l'invasion  : nihil...  omnino  virens...
16-17.  Le  pharaon  demande  grâce.  —  Festi- nans...  vocavit.  C'est  un  trait  nouveau.  Lui  qui venait  do  congédier  brutalement  Moïse  et  Aaron (vers.  11)  !  Aussi,  à  sa  formule  habituelle  :  J'ai  pé- ché contre  Jéhovah,  ajoute-t-il  :  et  in  vos.  —  Au- ferat mortevi  istam.  C.-à-d.  cette  cause  de  ruine totale  Cf.  vers.  7.
18 -2u.  Cessation  de  la  huitième  plaie.  —  Ven- tum a&  accidente.  Hébr.  :  un  vent  de  mer  ;  un vent  qui  soufflait  de  la  Méditerranée.  C'est  le môme  sens.  Le  vent,  qui  apporte  les  sauterelles,
les  fait  disparaître  de  la  même  manière.  —  Mare Rubrum.  Son  nom  hébreu  est  yâm  su/,  la  mer des  algues,  parce  que  ces  végétaux  flottent  par masses  à  sa  surface  et  s'accumulent  sur  le  rivage.
—  Ne  una  quidem.  Circonstance  qui  rehausse l'éclat  du  miracle,  car«  souvent  il  en  reste  beau- coup après  le  départ  général  ».  Niebuhr.
10°  Neuvième  plaie  :  les  ténèbres.  X,  21-29.
21-23.  Le  prodige  a  lieu  tout  à  coup,  sans aucun  avertissement. —  Tam  dense,  ut  palpari. Locution  imagée  et  populaire ,  usitée  dans  toutes les  langues.  En  Egypte ,  il  arrive  parfois  que  l'air s'assombrit  d'une  manière  notable  sous  l'influence du  khamsin,  vent  brûlant  qui  vient  du  désert, et  qui  charge  l'atmosphère  d'une  fine  et  dense poussière,  au  point  de  cacher  le  soleil  plus  que ne  le  font  nos  brouillards.  Mais  quelle  différence' avec  ces  tenehra  îiorribiles ,  plus  complètement décrites  au  livre  de  la  Sagesse,  xvn,  1-xvni,  41
—  Nemo  vidit...  :  comme  dans  la  nuit  la  plus
iV
Ex.  X,  23  —  XI,  2.
221
23.  Nul  ne  vit  son  frère  ni  ne  se  re- mua du  lieu  où  il  était;  mais  le  jour luisait  partout  où  habitaient  les  enfants d'Israël.
24.  Alors  le  Pharaon  fit  venir  Moïse et  Aaron,  et  leur  dit  :  Allez  sacrifier  au Seigneur;  que  vos  brebis  seulement  et vos  troupeaux  demeurent  ici ,  et  que  vos petits  entants  aillent  avec  vous.
25.  Moïse  lui  répondit  :  Vous  nous donnerez  aussi  des  victimes  et  des  holo- caustes pour  les  offrir  au  Seigneur  notre Dieu.
26.  Tous  nos  troupeaux  marcheront avec  nous,  et  il  ne  demeurera  pas  une corne  de  leurs  pieds,  parce  que  nous en  avons  besoin  pour  le  culte  du  Sei- gneur notre  Dieu  ;  d'autant  plus  que nous  ne  savons  pas  ce  qui  doit  lui  être immolé,  jusqu'à  ce  que  nous  soyons  ar- rivés au  lieu  même  qu'il  nous  a  marqué.
27.  Mais  le  Seigneur  endurcit  le  cœur du  Pharaon,  et  il  ne  voulut  point  les laisser  aller.
28.  Le  Pharaon  dit  donc  à  Moïse  :  Pte- tirez-vous,  et  gardez -vous  bien  de  pa- raître jamais  devant  moi;  carie  jour  où vous  vous  montrerez  à  moi,  vous  mour- rez.
29.  Moïse  répondit  :  Ce  que  vous  or- donnez sera  fait  :  je  ne  verrai  plus jamais  votre  visage.
23.  Nemo  vidit  fratrem  suura,  neo movit  se  de  loco  in  quo  erat.  Ubicumque autem  habitabant  filii  Israël,  lux  erat.
24.  Vocavitque  Pharao  Moysen  et  Aa- ron, et  dixit  eis  :  Ite,  sacrilicate  Domino  ; oves  tantum  vestrse  et  armenta  rema- neant,  parvuli  vestri  eant  vobiscum.
25.  Ait  Mo5^ses  :  Hostias  quoque  et liolocausta  dabis  nobis,  qua3  olïeramus Domino  Deo  nostro.
26.  Cuncti  grèges  pergent  nobiscum  ; non  remancbit  ex  eis  ungula,  quse  ne- cessaria  sunt  in  cultum  Domini  Dei  no- stri  ;  prsesertim  cum  ignoremus  quid debeat  immolari,  donec  ad  ipsum  locum perveniamus.
27.  Induravit  autem  Dominus  cor  Pha- raonis,  et  noluit  dimittere  eos.
28.  Dixitque  Pharao  ad  Moysen  :  Re- cède a  me,  et  cave  ne  ultra  videas  faciem meam  ;  quocumque  die  apparueris  mihi , morieris.
29.  Respondit  Moyses  :  Ita  fiet  ut  lo- cutus  es  :  non  videbo  ultra  faciem  tuam.
CHAPITRE  XI
1.  Et  le  Seigneur  dit  à  Moïse  :  Je  frap- perai encore  le  Pharaon  et  l'Egypte d'une  seule  plaie,  et  après  cela  il  vous laissera  aller,  et  vous  pressera  même  de partir.
2.  Vous  direz  donc  à  tout  le  peuple  :
1.  Et  dixit  Dominus  ad  Moysen  :  Ad- huc  una  plaga  tangam  Pharaonem  et iEg3^ptum,  et  post  hsec  dimittet  vos,  et exire  compellet.
2.  Dices  ei'go  omni  plebi,  ut  postulet
obscure.  —  Fratrem  est  ua  hébraïsme  povir (c  proximum  ».  —  Nec  movit  se...  La  terreur  les clouait  tous  ù  leur  place.
24-26.  Nouvelle  concession  du  roi,  rejetée  par Moïse.  —  Le  pharaon  cède  encore  sur  un  point important  :  pxrvuli...  eant  ;  par  conséquent le  peuple  entier.  Toutefois,  il  veut  s'assurer  de leur  retour  en  retenant  leurs  troupeaux,  qui  for- maient leur  principale  richesse.  Il  y  a  une  gra- dation intéressante  dans  l'histoire  de  ses  restric- tions et  de  ses  concessions.  —  Non  remancbit ungula  (expression  pittoresque).  Moïse  refuse  plus énergiquement  que  jamais  (cf.  viir,  26;  x,  9)  la condition  du  prince;  il  invoque  à  trois  reprises le  prétexte  religieux  :  hosltas  quûj_ue...;  yieccs-
saria  ad  cultum;  prœsertim  cum  ignoremus... Relativement  à  ce  dernier  trait,  en  réalité  Dieu n'avait  pas  encore  déterminé  les  rites  spéciaux  de la  cérémonie.
27-29.  Endurcissement  final  du  pharaon.  — Recède...  A  ce  langage  dur  et  menaçant.  Moïse oppose  une  attitude  noble  et  fière  tout  ensemble  : Itx  fiet...
Il"*  Prédiction  de  la  dixième  plaie.  XI,  1-10.
Chap.  XI.  —  1-3.  Ces  versets  forment  une  sorte de  parenthèse ,  dont  la  place  chronologique  serait à  la  suite  de  x,  23.  Ils  contiennent  une  révéla- tion communiquée  à  Moïse  avant  la  dernière  do SOS  entrevues  avec  le  i)haraon,  x,  24-29.  —  Di- mlttct,  compellet.  Gradation,  que  les  faits  réali-
222
Ex.  XI,  3-9.
vir  ab  amico  suo,  et  mulier  a  vicina  sua, vasa  argentea  et  aurea  ;
3.  Dabit  autem  Dominus  gratiam  po- pulo suo  coram  iEgyptiis.  Fuitque  Moyses vir  magnus  valde  in  terra  iEgypti,  coram servis  Pharaonis  et  omni  populo.
4.  Et  ait  :  Haec  dicit  Dominus  :  Media nocte  egrediar  in  ^gyptum  ;
5.  Et  morietur  omne  primogenitum  in terra  iEgyptiorum,  a  primogenito  Pha- raonis qui  sedet  in  solio  ejus,  usque  ad primogenitum  ancillse  quse  est  ad  molam, et  omnia  primogenita  jumentorum.
6.  Eritque  clamor  magnus  in  universa terra  ^gypti,  qualis  nec  ante  fuit,  nec postea  f Liturus  est.
7.  Apud  omnes  autem  filios  Israël  non mutiet  canis  ab  liomine  usque  ad  pecus  ; ut  sciatis  quanto  miraculo  dividat  Domi- nus iEgyptios  et  Israël.
8.  Descendentque  omnes  servi  tui  isti ad  me,  et  adorabunt  me,  dicentes  :  Egre- dere  tu,  et  omnis  populus  qui  subjectus est  tibi  ;  post  haec  egrediemur.
9.  Et  exivit  a  Pharaone  iratus  nimis. Dixit  autem  Dominus  ad  Moysen  :  Non audiet  vos  Pharao,  ut  multa  signa  fiant in  terra  lEgy^pii.
Que  chaque  homme  demande  à  son  amJ, et  chaque  femme  à  sa  voisine ,  des  vases d'argent  et  d'or.
3.  Et  le  Seigneur  fera  trouver  grâce  à son  peuple  devant  les  Egyptiens.  Or Moïse  était  devenu  très  grand  dans  toute l'Egypte,  tant  aux  yeux  des  serviteurs du  Pharaon  que  de  tout  son  peuple.
4.  Et  il  lui  dit  avant  de  le  quitter: Voici  ce  que  dit  le  Seigneur  :  Je  sortirai au  milieu  de  la  nuit  et  je  parcourrai l'Egypte,
5.  Et  tous  les  premiers -nés  mourront dans  le  pays  des  Egyptiens,  depuis  le premier-né  du  Pharaon ,  qui  est  assis  sur son  trône,  jusqu'au  premier-né  de  la  ser- vante qui  tourne  la  meule,  et  jusqu'aux premiers-nés  des  bêtes.
6.  Et^  il  s'élèvera  un  grand  cri  dans toute  l'Egypte,  tel  qu'il  n'y  en  eut  et  n'y en  aura  jamais  un.  semblable  avant  et après.
7.  Mais  parmi  tous  les  enfants  d'Israël, depuis  les  hommes  jusqu'aux  bêtes,  on n'entendra  pas  seulement  un  chien  crier, afin  que  vous  sachiez  par  quel  grand miracle  le  Seigneur  discerne  Israël  d'avec les  Egyptiens.
8.  Alors  tous  vos  serviteurs  que  vous voyez  ici  viendront  à  moi,  et  ils  m'ado- reront en  disant  :  Sortez,  vous  et  tout  le peuple  qui  vous  est  soumis.  Et  après  cela nous  sortirons.
9.^  Et  Moïse  se  retira  de  devant  le Pharaon  dans  une  très  grande  colère.  Or le  Seigneur  dit  à  Moïse  :  Le  Pharaon  ne vous  écoutera  point,  afin  qu'il  se  fasse un  grand  nombre  de  prodiges  dans  l'E- gypte.
sèrent  à  la  lettre.  Cf.  xn,  31 ,  34. —  Bices  ergo... Voy.  in,  21-22.  Les  mots  vit  ab  amico  sont  un trait  nouveau.  —  Fuitque  Moyses...  Quoi  qu'on ait  dit,  Moïse  pouvait  fort  bien  parler  en  ces termes  de  sa  propre  personne.  Il  se  borne  à  consta- ter un  fait  déjà  connu  de  tous,  l'influence  énorme qu'il  exerçait  soit  sur  les  Égyptiens ,  soit  sur Israël ,  et  cette  constatation  a  lieu  ici  pour  aider à  l'intelligence  des  événements  qui  vont  suivre. 4-8.  Annonce  de  la  dixième  plaie.  —  Et  ait  : au  pharaon,  lorsqu'il  le  quittait,  x,29.  —  Media vocte.  La  nuit  exacte  n'est  pas  précisée,  ce  qui devait  accroître  la  terreur  des  Égyptiens.  — Omne  primogenitum.  L'hébreu  emploie  le  mas- culin. —  A  primogenito  Pharaonis  :  le  prince héi'éditaire  ;  l'erpa  suten  sa,  comme  on  le  nom- mait en  Egypte.  —  Ad  primogenitum  ancillœ. Du  plus  haut  degré  de  l'échelle  sociale  on  passe au  rang  le  plus  infime.  Le  détail  pittoresque  quce est  ad  molam  montre,  en  effet,  qu'il  s'agit  des
dernières  esclaves,  auxquolleg  était  réservée  la pénible  fonction  de  moudre  le  blé.  Voyez  V Atlas archéol.  de  la  Bible,  pi.  xxi,  fig.  1-3.  —  Même les  primogenita  des  animaux  domestiques  seront frappés.  —  Clamor  magnus.  On  le  conçoit ,  h  la suite  d'un  malheur  si  grand,  si  universel.  Les  cris funèbres  des  Orientaux  sont  aigus,  perçants,  parti- culièrement douloureux.  —  Apud...  filios  Israël. Fnxppant  contraste,  exprimé  au  moyen  d'une locution  proverbiale  (cf.  .Jos.  x,  21)  et  très  éner- gique :  iVon  mutiet  canis.  Hébr.  :  Pas  un  chien ne  tirera  la  langiie  ;  c.-à-d.  que  tous,  hommes  et bêtes ,  jouiront  d'une  tranquillité  parfaite.  — Descendentque...  Les  premiers  officiers  de  la  cour viendront  implorer  de  Moïse,  en  se  prosternant devant  lui  {adorabunt),  le  prompt  départ  des Israélites.
9-10.  Conclusion,  et  court  sommaire  des  faits racontés  à  partir  de  iv,  1.
Ex.  XI,  10  —  XII,  G.
223
10.  Moïse  et  Aaron  firent,  devant  le Pharaon  tous  les  prodiges  qui  sont  écrits ici.  Mais  le  Seigneur  endurcit  le  cœur  du Pharaon,  et  ce  prince  ne  permit  point aux  enfants  d'Israël  de  sortir  de  ses terres.
10.  Moyses  autem  et  Aaron  fecerunt omnia  ostenta  quge  scripta  sunt,  coram Pharaone.  Et  induravit  Dorainus  cor Pharaonis,  nec  dimisit  filios  Israël  de terra  sua.
CHAPITRE  XII
1.  Le  Seigneur  di^t^aussi  à  Moïse  et  à Aaron  sur  la  terre  d'Egypte  :
2.  Ce  mois -ci  sera  pour  vous  le  com- mencement des  mois  ;  ce  sera  le  premier des  mois  de  l'année.
3.  Parlez  à  toute  l'assemblée  des  en- fants d'Israël,  et  dites -lenr  :  Qu'au dixième  jour  de  ce  mois,  chacun  prenne un  agneau  pour  sa  famille  et  pour  sa maison.
4.  Que  s'il  n'y  a  pas  dans  la  maison assez  de  personnes  pour  pouvoir  manger l'agneau,  il  en  prendra  de  chez  son  voisin dont  la  maison  tient  à  la  sienne,  autant qu'il  en  faut  pour  pouvoir  manger  l'a- gneau.
5.  Cet  agneau  sera  sans  tache  ;  ce  sera un  mâle,  et  il  n'aura  qu'un  an.  Vous pourrez  aussi  prendre  un  chevreau  qui ait  ces  mêmes  conditions.
6.  Vous  le  garderez  jusqu'au  qua- torzième jour  de  ce  mois,  et  toute  la multitude  des  enfants  d'Israël  l'immolera au  soir.
1.  Dixit  quoque  Dominus  ad  Moysen et  Aaron  in  terra  iEgypti  :
2.  Mensis  iste ,  vobis  principium  men- sium,  primus  erit  in  mensibus  anni.
3.  Loquimini  ad  universum  coetum  fi- liorum  Israël,  et  dicite  eis  :  Décima  die mensis  hujus  tollat  unusquisque  agnum per  familias  et  domos  suas.
4.  Sin  autem  minor  est  numerus  ut sufficere  possit  ad  vescendum  agnum, assumet  vicinum  suum  qui  junctus  est domui  suas,  juxta  numerum  animarum quse  sufficere  possunt  ad  esum  agni.
5.  Erit  autem  agnus  absque  macula, masculus,  anniculus;  juxta  quem  ritum tolletis  et  haîdum.
6.  Et  servabitis  eum  usque  ad  quar- tam  decimam  diem  mensis  hujus;  im- molabitque  eum  universa  multitudo  fi- liorum  Israël  ad  vesperam.
Section  VI.  —  Ce  qui  se  passa  immédiatement
AVANT  LA   SORTIE  D'ÉgYPTE.   XII,   1  -  3G.
10  Institution  des  rites  de  la  Pâque.  XII,  1-20.
De  ces  rites,  les  uns  ne  concernent  que  la première  célébration  de  la  Pàque,  la  ce  Pâque égj'ptienne  »,  comme  la  nomment  les  rabbins (vers.  1-14)  ;  les  autres  sont  relatifs  à  la  «  Pâque perpétuelle  »,  ou  à  toutes  les  solennités  pascales de  l'avenir  (vers.  15-20).
Chap.  XII.  —  1-2.  Institution  de  l'année  ecclé- siastique chez  les  Hébreux.  —  Mensis  iste.  Le mois  d"ahib,  qui  reçut  plus  tard  le  nom  de nisan.  Cf.  î^eh.  ii,  1  ;  Esth.  m,  7.  Il  équivaut  à, peu  près  h  notre  mois  d'avril.  —  Principium mensium.  C.-à-d,  le  début  de  l'année.  Les  Hé- breux eurent  depuis  lors  deux  sortes  d'années  : l'année  ecclésiastique,  qui  s'ouvre  avec  le  mois de  nisan,  et  l'année  civile,  qui  commence  six mois  plus  tard.  Cf.  Lev.  xxv,  0;  Josèphe,  Ant. I,  25,  0.
3-5.  Choix  de  l'agneau  pascal.  —  Décima  die: le  10  abib,  quatre  jours  avant  l'immolation  de la  victime.  —  Agnum.  Hébr.  :  seJi,  expression assez  vague,  qui  peut  désigner  un  mouton  ou
une  chèvre.  L'âge  et  le  sexe  de  l'animal  seront précisés  au  vers.  5.  —  Sin  axitem  minor...  Comme la  victime  pascale  devait  être  consommée  tout entière,  vers.  9  et  10,  il  y  a  une  prescription spéciale  pour  atteindre  ce  but.  —  Juxta  nume- rum,. D'après  les  traditions  juives,  ce  chiffre  était au  moins  de  dix ,  de  vingt  au  plus.  L'hébreu porte  :  (Vous  compterez)  chaque  homme  d'après ce  qu'il  peut  manger,  —  Erit  autem...  Conditions rigoui'eusement  requises  :  1«  absque  macula (hébr.  :  tamim,  parfait),  car  il  convient  qu'une victime  offerte  au  Seigneur  soit  exempte  de  dé- fauts (cf.  Lev.  XXI,  19-25;  Mal.  i,  8);  2°  ma- sculus, puisqu'il  devait  remplacer  le  premier-né mâle  dans  chaque  famille  juive;  3°  anniculus, suffisamment  formé.  —  Heedum.  Bien  que  la  loi ne  manifeste  aucune  préférence ,  l'usage  s'est  dé- cidé universellement  en  faveur  de  l'agneau.
6-7.   L'immolation   de  la  victime,  —  Serva- bitis: h  l'écart  du  troupeau,  durant  quatre  jours.
—  Immolabit...  m,ultitudo...  Il  n'y  avait  pas  en- core de  prêtres  en  Israël  ;  du  reste ,  même  après l'institution  du  sacerdoce,  le  privilège  d'immoler l'agneau  pascal  fut  réservé  aux  pères  de  famille.
—  Ad  vesperam.   L'expression    hébraïque    bèn
224
Ex.  XII,  7-13.
7.  Et  siimcnt  de  sanguine  ejus,  ac ponent  super  utrumque  postem,  et  in superliminaribus  domorum  in  quibus  co- medent  illum.
8.  Et  edent  carnes  nocte  illa  assas igni,  et  azymos  panes  cum  lactucis  agre- stibus.
9.  Non  comedetis  ex  eo  crudum  quid , nec  coctum  aqua,  sed  tantum  assum igni  ;  caput  cum  pedibus  ejus  et  inte- stinis  vorabitis.
10.  Nec  remanebit  quidquam  ex  eo usque  mane;  si  quid  residuum  fuerit, igné  comburetis.
11.  Sic  autem  comedetis  illum:  Renés vestros  accingetis,  et  calceamenta  habe- bitis  in  pedibus,  tenentes  baculos  in manibus,  et  comedetis  festinanter;  est enim  Phase  (id  est  transitus)  Domini.
12.  Et  transibo  per  terram  ^gypti nocte  illa,  percutiamque  omne  primoge- nitum  in  terra  ^gypti  ab  homine  usque ad  pecus  ;  et  in  cunctis  diis  ^gypti  fa- ciam  judicia,  ego  Dominus.
13.  Erit  autem  sanguis  vobis  in  signum in  sedibus  in  quibus  eritis  ;  et  videbo i^anguinem,  et  transibo  vos;  nec  erit  in
7.  Ils  prendront  de  son  sang,  et  ils  en mettront  sur  l'un  et  l'autre  poteau  et  sur le  haut  des  portes  des  maisons  où  ils  le mangeront.
8.  Et  cette  même  nuit  ils  en  mange- ront la  chair  rôtie  au  feu,  et  des  pains sans  levain  avec  des  laitues  sauvages.
9.  Vous  n'en  mangerez  rien  qui  soit cru  ou  qui  ait  été  cuit  dans  l'eau,  mais il  sera  rôti  au  feu.  Vous  en  mangerez  la tête  avec  les  pieds  et  les  intestins.
10.  Et  il  n'en  demeurera  rien  jusqu'au matin.  S'il  en  reste  quelque  chose,  vous le  brûlerez  au  feu.
11.  Voici  comment  vous  le  mangerez  : Vous  vous  ceindrez  les  reins ,  vous  aurez aux  pieds  des  sandales  et  un  bâton  à  la main,  et  vous  mangerez  à  la  hâte;  car c'est  la  Pâque  (c'est-à-dire  le  passage)  du Seigneur.
12.  Je  passeî'aT  cette  nuit -là  par l'Egypte;  je  frapperai  dans  le  pays  des Egyptiens  tous  les  premiers -nés,  depuis l'homme  jusqu'aux  bêtes,  et  j'exercerai mes  jugements  sur  tous  les  dieux  de l'Egypte ,  moi  qui  suis  le  Seigneur.
13.  Or  le  sang  dont  seront  marquées les  maisons  où  vous  demeurerez  servira de  signe  à  votre  égard.  Je  verrai  ce  sang
ha'arhaïm,  entre  les  deux  soirs,  a  été  inter- prétée de  plusieurs  manières.  Onkélos,  Aben- esra,  etc.,  pensent  que  le  premier  soir  commen- çait au  coucher  du  soleil,  et  le  second  au  cré- puscule; l'intervalle  serait  d'environ  une  heure (de  six  à  sept  heures).  Suivant  Raschi,  etc.,  le premier  soir  aurait  commencé  vers  trois  heures de  l'après-midi,  au  moment  où  le  soleil  s'incline vers  l'horizon,  et  le  second  au  coucher  de  cet astre.  Le  passage  Deut.  xvi,  6,  favorise  la  pre- mière opinion.  Si,  plus  tard,  la  coutume  plaça les  deux  soirs  entre  trois  et  six  heures,  ce  fut en  vue  de  gagner  du  temps ,  parce  qu'on  se  trou- vait trop  pressé  pour  accomplir,  dans  un  seul  et même  local  (la  cour  du  temple),  les  cérémonies de  l'immolation.  —  Ac  ponent...  Au  moyen  d'une branche  d'hysope,  vers.  22.  La  porte  représentait toute  la  maison  dans  laquelle  elle  introduit  ;  et le  sang  dont  elle  devait  être  teinte  était  substi- tué ,  comme  un  moyen  d'expiation  et  de  propitia- tion ,  à  celui  des  premiers-nés  que  Dieu  daignait épargner.
8-11.  La  manducation  de  l'agneau.  —  Tout  est minutieusement  réglé.  1°  Le  temps  :  nocte ,  après le  second  soir.  2°  Les  autres  mets  qui  accompa- gneront l'agneau  :  azymos  panes  (liébr.  :  massot), cum  lactucis...  Pour  cette  première  Pâque,  le pain  sans  levain  était  commandé  par  les  circon- stances, puisque  le  départ  devait  être  précipité, et  que  les  Orientaux  ne  font  habituellement  du pain  que  pour  un  repas  (cf.  Gen.  xviii,  6);  plus tard  ce  fut  un  mémorial,  indépjiidamment  du
symbolisme  décrit  par  saint  Paul,  I  Coi',  v,  7. Les  m,'rôrim, ,  ou  herbes  amères ,  comme  les  ap- pelle l'hébreu  d'une  manière  générale,  figuraient les  souffrances  endurées  par  Israël  en  Egypte. La  tradition  juive  en  énumère  plusieurs  espèces  : laitue,  chicorée  amère,  raifort,  etc.  3°  Le  genre de  préparation  :  assas  igni,  non...  crudum  quid, nec  coctum  aqua.  En  outre,  l'animal  doit  être rôti  d'une  seule  pièce  :  caput  cum  pedihjis... (c'est  le  sens  assez  clair  de  l'hébreu  :  Il  sera  rôti au  feu,  la  tête  avec  les  jambes  et  l'intérieur). 4°  L'emploi  des  restes  :  igné  comburetis,  la  nuit même  de  la  Pâque.  5»  L'attitude  des  convives devait  être  celle  de  voyageurs  qui  ont  hâte  de  se mettre  en  route  :  renés...  accingetis ,  pour  relever les  plis  flottants  de  la  longue  tunique  orientale qui  auraient  gêné  la  mai'che  {Atl.  archéol.  de  la Bible,  pi.  I,  fig.  9  et  10);  calceamenta...,  les sandales,  dont  les  Orientaux  se  passent  souvent à  la  maison,  mais  qui  sont  nécessaires  sur  leurs mauvais  chemins;  baculum...,  le  bâton  de  voyage (cf.  Gen.  xxxn,  11).  —  Est  enim  l'hase.  En  hébr.: Pésah,  dont  les  Grecs  et  les  Latins  ont  fait Faucha  (en  vieux  français,  Pasque;  puis  Pâque). Saint  Jérôme  a  très  littéralement  traduit  ce  mot par  transitus.
12-1.3.  Explication  de  ce  nom  donné  à  la  fête. La  première  Pâque  devait  consister,  en  effet,  en un  double  passage  de  Jéhovah  :  l'un,  terrible,  au milieu  des  Ég>'ptiens  ;  l'autre ,  doux  et  protecteur, parmi  les  Israélites.  —  hi  cunctis  diis...  judicia. Les  dieux  de  l'Egypte  seront,  pour  ainsi  dii'c,  chl-
Ex.  XII,  14-21.
225
et  je  passerai  vos  maisons,  et  la  ])laie  de mort  ne  vous  touchera  point  lorsque  je frapperai  toute  l'Egypte.
14.  Ce  jour  vous  sera  un  mémorial,  et vous  le  célébrerez  de  race  en  race  par  un culte  perpétuel,  comme  une  fête  solen- nelle à  la  gloire  du  Seigneur.
15.  Vous  mangerez  des  pains  sans levain  pendant  sept  jours.  Dès  le  pre- mier jour,  il  ne  se  trouvera  point  de levain  dans  vos  maisons'.  Quiconque  man- gera du  pain  avec  du  levain  depuis  le premier  jour  jusqu'au  septième,  périra du  milieu  d'Israël.
16.  Le  premier  jour  sera  saint  et  so- lennel, et  le  septième  sera  une  fête  éga- lement vénérable.  Vous  ne  ferez  aucune œuvre  servile  durant  ces  sept  jours, excepté  ce  qui  regarde  la  nourriture.
17.  Vous  garderez  donc  cette  fête  des pains  sans  levain,  car  en  ce  même  jour je,  ferai  sortir  toute  votre  armée  de l'Egypte,  et  vous  observerez  ce  jour  de race  en  race  par  un  culte  perpétuel.
18.  Depuis  le  quatorzième  jour  du premier  mois,  sur  le  soir,  vous  mangerez des  pains  sans  levain  jusqu'au  soir  du vingt  et  unième  jour  de  ce  même  mois.
19.  Il  ne  se  trouvera  point  de  levain dans  vos  maisons  pendant  sept  jours. Quiconque  mangera  du  pain  avec  du levain  périra  du  milieu  de  l'assemblée d'Israël,  qu'il  soit  étranger  ou  indigène du  pays.
20.  Vous  ne  mangerez  rien  avec  du levain.  Vous  userez  de  pain  sans  levain dans  toutes  vos  maisons.
21.  Moïse  appela  ensuite  tous  les  an- ciens des  enfants  d'Israël ,  et  il  leur  dit  : Allez,  prenez  un  agneau  dans  chaque famille  et  immolez  la  Pâque.
vobis  plaga   disperdens   quando  percus- sero  terram  A^gy\-)ti.
14.  Ilabebitis  autem  hune  diem  in monumentum  ;  et  celebrabitis  eam  so- lemnem  Domino  in  generationibus  ve- stris  cultu  scmpiterno.
15.  Septem  diebus  azyma  comedetis. In  die  primo  non  erit  fermentum  in domibus  vestris.  Quicumque  comederit fermentatum,  peribit  anima  illa  de  Is- raël, a  primo  die  usque  ad  diem  septi- mum.
16.  Dies  prima  erit  sancta  atque  so- lemnis,  et  dies  septima  eadem  festivitate venerabilis.  Nihil  operis  facietis  in  eis, exceptis  his  quse  ad  vescendum  per- tinent.
17.  Et  observabitis  azyma  :  in  eadem enim  ipsa  die  educam  exercitum  ve- strum  de  terra  .zEgypti,  et  custodietis diem  istum  in  génération  es  vestras  ritu perpetuo.
18.  Primo  mense,  quartadecima  die mensis,  ad  vesperam,  comedetis  azyma, usque  ad  diem  vigesimam  primam  ejus- dem  mensis  ad  vesperam.
19.  Septem  diebus  fermentum  ncn  in- venietur  in  domibus  vestris.  Qui  come- derit fermentatum,  peribit  anima  ejus de  cœtu  Israël,  tam  de  advenis  quam  de indigenis  terras.
20.  Omne  fermentatum  non  comede- tis; in  cunctis  habitaculis  vestris  edetis azyma.
21.  Vocavit  autem  Moyses  omnes  se- niores  nliorum  Israël,  et  dixit  ad  eos  : Ite  tollentes  animal  per  familias  vestras, et  immelate  Phase.
tiés  en  même  temps  que  cette  contrée ,  qu'ils n'auront  pu  défendre.  —  Bgo  Dominufs.  Expres- sion énergique  et  solennelle,  que  nous  retrouverons souvent  employée  à  la  suite  des  décrets  divins, —  Sanguis...  in  signum  :  un  signe  pour  Dieu, en  faveur  de  son  peiiple  (vobis).
14,  Institution  perpétuelle  de  la  solennité.  — In  ■înonumentum.  Hébr.:  en  mémorial.
15-20.  Instructions  portant  sur  quelques  autres rites  de  la  Pâque.  —  Dieu  revient  avec  insistance (vers.  15,  ls-20)  sur  l'interdiction  absolue  du levain,  et  sur  l'usage  exclusif  du  pain  azyme  pen- dant toute  l'octave  pascale  (cf.  vers.  8).  Les  .Juifs sont  encore  scrupuleusement  fidèles  à  ce  précepte. Sur  la  sanction  pc;'iMiajinna„.,voy.Gen.  xvii,  14, et  le  commentaire,  —  Le  Seigneur  attribue  en outre  une  importance  particulière  au  iircmier  et au  huitième  jour  de  la  fête  (vers.  16),  ordonnant
qu'ils  soient  chômés  comme  le  sabbat  (niJiil  ope- ris...). Il  ajoute  pourtant  :  exceptis  ?iis  quce  ad vescendum...  ;  ce  qui  n'était  pas  permis  aux  jours de  sabbat.  —  Advenis  (vers.  19)  :  c.-à-d,  les  étran- gers qui  s'étaient  associés  à  Israël  par  la  circon- cision. — Indigenis  ter r ce  :  les  Hébreux  proprement dits,  originaires  de  la  terre  par  excellence,  la Terre  promise.
2°  Célébration  de  la  première  Pâque,  XII, 21-28,
Moïse  communique  les  ordres  de  Dieu  aux  an- ciens du  peuple  (vers.  21-27*);  ceux-ci  les  font exécuter  (vers.  27"^- 28),
21-23.  Promulgation  des  rites  de  la  Pâque, —  Vo- cavit... Conformément  au  précepte  formel  du  Sei- gneur, vers.  8, —  Phase  désigne  ici  l'agneau  pascal. —  Fascicidum...  hyssopi  (  hébr,  :  'ézoh  ).  Plante au  sujet  de  laquelle  on  a  beaucoup  discuté.  C'est
226
Ex.  XII,  22-30.
22.  Fasciculuraque  hyssopi  tingite  in sanguine  qui  est  in  limine,  et  aspergite ex  eo  superliminare,  et  utrumque  pos- tem.  Nullus  vestrum  egrediatur  ostium domus  suae  usque  mane  ;
23.  Transibit  enim  Dominus  percu- tions ^g3'ptios  ;  cumque  viderit  sangui- nem  in  superliminari ,  et  in  utroque poste,  transcendet  ostium  domus,  et  non sinet  percussorem  ingredi  domos  vestras, et  lœdere.
24.  Custodi  verbum  istud  legitimum tibi  et  filiis  tuis  usque  in  aeternum.
25.  Cumque  introieritis  terram,  quam Dominus  daturus  est  vobis  ut  pollicitus est,  observabitis  ceremonias  istas.
26.  Et  cum  dixerint  vobis  filii  vestri  : Quse  est  ista  religio?
27.  Dicetis  eis  :  Victima  transitus  Do- mini  est,  quando  transi  vit  super  domos filiorum  Israël  in  ^Egypto,  percutiens ^gyptios,  et  domos  nostras  liberans.  In- curvatusque  populus  adoravit.
28.  Et  egressi  filii  Israël  fecerunt  sicut prseceperat  Dominus  Moysi  et  Aaron.
29.  Factum  est  autem  in  noctis  medio, percussit  Dominus  omne  primogenitum in  terra  .iï^gypti,  a  primogenitoPharaonis, qui  in  solio  ejus  sedebat,  usque  ad  pri- mogenitum captivas  quse  erat  in  carcere, et  omne  primogenitum  jumentorum.
30.  Surrexitque  Pharao  nocte,  et  om- nes  servi  ejus ,  cunctaque  ^gyptus  ;  et ortus  est  clamor  magnus  in  iEgypto  ;  ne-
22.  Trempez  un  petit  bouquet  d'hj'-sope dans  le  sang  que  vous  aurez  mis  sur  le seuil  de  votre  porte,  et  vous  en  ferez une  aspersion  sur  le  haut  de  la  porte  et sur  les  deux  poteaux.  Que  nul  de  vous ne  franchisse  la  porte  de  sa  maison  jus- qu'au matin.
23.  Car  le  Seigneur  passera  en  frap- pant les  Égyptiens,  et  lorsqu'il  verra  ce sang  sur  le  haut  de  vos  portes  et  sur  les deux  poteaux,  il  passera  la  porte  de votre  maison,  et  il  ne  permettra  pas  à Vange  exterminateur  d'entrer  dans  vos maisons  et  de  vous  frapper.
24.  Observez  cela  comme  une  loi  pour vous  et  pour  vos  enfants  à  tout  jamais.
25.  Lorsque  vous  serez  entrés  dans  la terre  que  le  Seigneur  vous  donnera ,  selon sa  promesse,  vous  observerez  ces  céré- monies.
26.  Et  quand  vos  enfants  vous  diront  : Quel  est  ce  culte  religieux  ?
27.  Vous  leur  direz  :  C'est  la  victime du  passage  du  Seigneur,  lorsqu'il  passa par-dessus  les  maisons  des  enfants  ^d'Is- raël dans  rÉgypte,  frappant  les  Egyp- tiens et  délivrant  nos  maisons.  Alors  le peuple,  s'inclinant,  adora  le  Seigneur.
28.  Les  enfants  d'Israël,  étant  sortis, firent  ce  que  le  Seigneur  avait  ordonné  à Moïse  et  à  Aaron.
29.  Et  il  arriva,  au  milieu  de  la  nuit, que  le  Seigneur  frappa  tous  les  premiers- nés  de  l'Egypte,  depuis  le  premier-né  du Pharaon,  qui  était  assis  sur  son  trône, jusqu'au  premier -né  de  la  femme  esclave qui  était  en  prison,  et  jusqu'au  premier- né  de  toutes  les  bêtes.
30.  Le  Pharaon  se  leva  pendant  la nuit ,  ainsi  que  tous  ses  serviteurs  et  toute l'Egypte,  et  il  s'éleva  un  grand  cri  dans
Bans  raison  suffisante  que  plusieurs  interprètes modernes  l'identifient  au  câprier.  Elle  diffère  aussi de  Vhyssopus  offlcinalis.  C'est  vraisemblablement un  origanum.  Voy.  l'Atl.  d'hist.  nat.  de  la  Bible, pi.  XX,  fig.  6;  pi.  XXI,  fig.  7.  Elle  était  associée aux  aspersions  chez  les  Hébreux.  Cf.  Lev.  xiv,  4, 49  -52  ;  Num.  xix,  6  ;  Ps.  L,  7.  —  In  limine.  De même  les  LXX  ;  selon  d'autres  :  «  dans  le  bassin  » où  le  sang  de  l'agneau  avait  été  recueilli.  — Nullus  egrediatur.  Pas  de  salut  en  dehors  de l'enceinte  protectrice  marquée  du  sang  de  l'agneau. —  Non  sinet  percussorem...  La  «  plaga  disper- dens  »  du  vers.  13;  l'ange  exterminateur  qui  de- vait servir  d'instrument  à  Jéhovah,  Ps.  Lxxvn, 49.
21-27«.  Fidélité  avec  laquelle  les  Hébreux,  une fois  installés  dans  la  terre  sainte,  devront  célé-
brer la  Pâque  (vers.  24-25),  et  transmettre  les souvenirs  qu'elle  rappelle  (vers.  26-27»).
27'' -28.  L'exécution  des  ordres  divins.  —  Pro- nus  adoravit.  En  signe  de  soumission.  L'hébreu marque  deux  gestes  successifs  :  Le  peuple  s'in- clina et  se  prosterna.  Par  «  le  peuple  »  il  faut entendre  ses  représentants  (vei's.  21),  Icsqiiels allèrent  aussitôt  {egressi)  avertir  les  groupes  dont ils  étaient  chargés.
3°  Dixième  plaie:  la  mort  des  premiers -nés.. XII,  29-30.
29-30.  Le  récit  est  court,  mais  terrible.  Tout se  passe  comme  Moïse  l'avait  prédit  au  pharaon , XI,  4-7.  —  Notez  la  petite  nuance  :  captiv(r. quce...  in  carcere,  au  lieu  de  «  ancillœ  quae...  ad molam  »,  et  le  trait  douloureusement  pitto- l'esque  :  surrexit  Pharao...  cunctaque  JEgyptvs..
Ex.  XII,  31-38.
227
rÉjrypte,  et  il  n'y  avait  aucune  maison où  il  n'y  eût  un  mort.
31.  Et  le  Pharaon,  ayant  fait  venir cette  nuit  même  Moïse  et  Aaron,-  leur dit:  Levez -vous  et  retirez -vous  d'avec mon  peuple,  vous  et  les  enfants  d'Israël  ; allez  sacrifier  au  Seigneur,  comme  vous le  dites.
32.  Emmenez  vos  brebis  et  vos  bœufs, selon  que  vous  l'avez  demandé,  et  en vous  en  allant,  bénissez -moi.
33.  Les  Égyptiens  pressaient  aussi  le peuple  de  sortir  promptement  de  leur pays,  en  disant  :  Nous  mourrons  tous.
34.  Le  peuple  prit  donc  la  farine  qu'il avait  pétrie  avant  qu'elle  fût  levée,  et, la  liant  en  des  manteaux,  la  mit  sur  ses épaules.
35.  Les  enfants  d'Israël  firent  aussi  ce que  Moïse  leur  avait  ordonné,  et  ils  de- mandèrent aux  Egyptiens  des  vases  d'ar- gent et  d'or,  et  beaucoup  de  vêtements.
36.  Et  le  Seigneur  rendit  les  Égyptiens favorables  à  son  peuple,  afin  qu'ils  leur prêtassent  ce  qu'ils  leur  demandaient, et ainsi  ils  dépouillèrent  les  Égyptiens.
37.  Les  enfants  d'Israël  partirent  donc de  Eamessès  et  vinrent  à  Socoth,  au nombre  d'environ  six  cent  mille  hommes de  pied,  sans  les  enfants.
38.  Ils  furent  suivis  d'une  multitude
que  enim  erat  domus  in  qua  non  jaceret mortuus.
31.  Vocatisque  Pharao  Moyse  et  Aaron nocte,  ait  :  Surgite  et  egredimini  a  po- pulo meo,  vos  et  filii  Israël;  ite,  immo- late  Domino  sicut  dicitis.
32.  Oves  vestras  et  armenta  assumite ut  petieratis,  et  abeuntes  benedicite mihi.
33.  Urgebantque  ^gyptii  populum  de terra  exire  velociter,  dicentes  :  Omnes moriemur.
34.  Tulit  igitur  populos  conspersam farinam  antequam  fermentaretur  ;  et  li- gans  in  palliis,  posuit  super  humeros suos.
35.  Feceruntque  filii  Israël  sicut  prae- ceperat  Moyses  ;  et  petierunt  ab  iEgyptiis vasa  argentea  et  aurea,  vestemque  plu- rimam.
36.  Dominus  autem  dédit  gratiam  po- pulo coraiti  ^gyptiis  ut  commodarent eis  ;  et  spoliaverunt  -3i]gyptios.
37.  Profectique  sunt  filii  Israël  de  Ra- messe  in  Socoth,  sexcenta  fere  millia  pe- ditum  virorum,  absque  parvulis.
38.  Sed  et  vulgus  promiscuum  innu-
49  Préliminaires  du  départ  des  Hébreux.  XIÎ, 31-36.
31-32.  Le  roi  autorise  le  départ.—  Vocatis... nocte.  Sans  le  moindre  délai,  tant  son  épouvante était  grande,  —  Surgite...  Pas  de  condition  ni  de réserve;  tout  ce  que  Moïse  avait  demandé  au nom  du  Seigneur  est  maintenant  accordé.  —  Be- nedicite mihi.  Trait  final,  qui  montre  jusqu'à quel  point  le  pharaon  était  dompté.  Il  désire humblement  que  ces  hommes ,  dédaignés  et  humi- liés par  lui ,  implorent  en  sa  faveur  les  grâces  de leur  Dieu.
33.  Les  Égyptiens  pressent  les  Hébreux  de  par- tir. Cas  détails  dénotent  une  panique  universelle dans  le  pays.
34  -  3G.  Deux  traits  relatifs  au  départ.  — l»  Ligans.  L'hébreu  ajoute  :  les  pétrins.  Il  en existait  de  portatifs ,  analogues  sans  doute  à  ceux des  Arabes.  Voyez  V Atlas  archéol.  de  la  Bible, pi.  XLH,  fig.  6-8.  —  In  palliis.  D'après  l'hébreu  : la  simlah ,  large  pièce  d'étoffe  qui  sert  aux  Orien- taux de  manteau,  de  couverture,  et  parfois  de sac  pour  porter  toute  sorte  d'objets.  Cf.  Ruth, in,  15;  IV  Reg.  iv,  39,  et  VAtl.  archéol.  de  la Bible,  pi.  n,  fig.  11,  14;  pi.  m,  fig.  6.  —  2°  Fe- cerunt  sicut...  Cf.  m,  21-22  et  le  commentaire. —  Commodarent...  L'idée  de  prêt  n'est  pas  dans le  verbe  hébreu,  qui,  d'après  les  meilleurs  hé- braïsants,  signifie:  donner  en  présent.  C'est  la meilleure  justification  de  la  conduite  des  Hébreux.
DEUXIEME   PARTIE La  sortie  d'Egypte.  XII,  37  — XVIII,  27.
Section  I.  —  Le  début  du  voyage. XII,  37  — XIII,  22.
1°  Première  étape.  XII,  37-42.
37-38.  Les  Hébreux  quittent  Ramsès.  —  De Ramesse.  Voyez  la  note  de  i,  11.  La  ville  de Ramsès,  située,  selon  toute  vraisemblance,  non loin  de  Tell  -  el  -  Maskhûta  et  de  Pithom,  à  l'ouest du  lac  Timsah  et  au  cœur  même  de  Gessen, convenait  fort  bien  pour  être  le  rendez- vous  gé- néral des  Hébreux  avant  le  départ  définitif.  — In  Socoth  (  hébr.  :  Snlckôt  ).  Les  découvertes  les plus  récentes  démontrent  que  cette  autre  ville  ne différait  pas  de  Pithom,  i,  11.  Elle  avait  deux noms ,  l'un  religieux  et  sacré ,  Pa  -  tum ,  «  la  de- meure de  Tum  »  (divinité  égyptienne),  l'autre civil  et  profane,  Thelcut  (ou  Sekut,  Sokkoth). De  Ramsès  à  Soccoth  il  n'y  a  qu'une  très  courte étape  ;  mais  rien,  de  plus  naturel ,  car  il  fallait donner  aux  Israélites  le  temps  de  se  concentrer. Sur  le  point  de  départ  des  Hébreux  et  sur  la direction  qu'ils  suivirent  jusqu'à  la  mer  Rouge, voyez  Vigouroiix,  la  Bible  et  les  découv.  mod.,  t.  II, p.  370  et  ss.  :  les  opinions  anciennes  et  modernes sont  très  lucidement  exposées  et  critiquées  dans ces  savantes  pages.  —  Sexcenta  fere  millia.  Exac- tement 603  550,  d'après  Num.  i,  46.  —  Peditum
228
Ex.  XII,  39-47.
merabile  ascendit  cum  eis,  oves  et  ar- iiienta,  et  animaiitia  divers!  generis  multa nimis.
39.  Coxeruntque  farinam,  quam  du- dum  de  iE<:^ypto  conspersam  tulerant, et  fecerunt  subcinericios  panes  azymos  ; neqiie  eiiim  poterant  fermentari,  cogen- tibus  exire  ^gyptiis,  et  nuUam  facere sinentibus  moram  ;  nec  pulmenti  quid- quam  occurrerat  prœparare.
40.  Habitatio  autem  filiorum  Israël  qua manserunt  in  ^gypto,  fuit  quadringen- torum  triginta  annorum.
41.  Quibus  expletis,  eadem  die  egres- sus  est  omnis  exercitus  Domini  de  terra ^gypti.
42.  Nox  ista  est  observabilis  Domini, quando  eduxit  eos  de  terra  ^^gypti  ;  hanc observare  debent  omnes  filii  Israël  in generationibus  suis.
43.  Dixitque  Dominus  ad  Moysen  et Aaron  :  Hœc  est  religio  Phase  ;  Omnis alienigena  non  comedet  ex  eo.
44.  Omnis  autem  servus  emptitius  cir- cumcidetur,  et  sic  comedet.
45.  Advena  et  mercenarius  non  edent ex  eo.
46.  In  una  domo  comedetur  ;  nec  efîe- retis  de  carnibus  ejus  foras,  nec  os  illius confringetis.
47.  Omnis  coetus  filiorum  Israël  facict illud.
innombrable  de  gens  de  toute  espèce,  et ils  avaient  avec  eux  une  infinité  de  bre- bis, de  troupeaux  et  de  bêtes  de  toutes sortes.
39.  Ils  firent  cuire  la  farine  ^  qu'ils avaient  auparavant  emportée  de  l'Egypte toute  pétrie,  et  ils  en  firent  des  pains sans  levain  cuits  sous  la  cendre  ;  parce qu'ils  n'avaient  pu  le  3  faire  lever,  les Egyptiens  les  contraignant  de  partir  et ne  leur  permettant  pas  de  tarder  un  mo- ment ;  et  ils  n'avaient  pas  eu  non  plus  le temps  de  préparer  d'autre  nourriture.
40.  Le  temps  que  les  enfants  d'Israël étaient  restés  en  Egypte  fut  de  quatre cent  trente  ans,
41.  Après  lesquels,  ce  même  jour, toute  l'armée  du  Seigneur  sortit  de l'Egypte.
42.  Cette  nuit  dans  laquelle  le  Sei- gneur les  a  tirés  de  l'Egypte  doit  être consacrée  en  l'honneur  di^^Seigneur,  et tous  les  enfants  d'Israël  doivent  l'obser- ver dans  la  suite  des  âges.
43.  Le  Seigneur  dit  aussi  à  Moïse  et  à Aaron  :  Voici  une  ordonnance  au  sujet de  la  Pâque  :  Nul  étranger  n'en  mangera.
44.  Tout  esclave  que  l'on  aura  acheté sera  circoncis,  et  après  cela  il  en  man- gera.
45.  Mais  l'étranger  et  le  mercenaire n'en  mangeront  point.
46.  L'agneau  se  mangera  dans  une même  maison.  Vous  ne  transporterez  rien de  sa  chair  au  dehors,  et  vous  ne  rom- prez aucun  de  ses  os.
47.  Toute  l'assemblée  d'Israël  fera  la Pâque.
virorum.  Littéral.  :  hommes -piétons,  par  oppo- sition à,  ceux  qui  ne  pouvaient  faire  la  route  à pied.  Cf.  rv,  20;  Gen.  xxxi,  17.  On  les  comptait à  partir  d'environ  douze  ans.  Ce  qui  donne  un chiffre  approximatif  de  deux  millions  d'âmes  pour tout  Israël  au  moment  de  la  sortie  d'Egypte  ; chiffre  considérable  assurément ,  mais  qui  n'a  rien d'excessif,  ainsi  qu'on  l'a  maintes  fois  démontré. Il  faut  d'ailleurs  tenir  compte  des  bénédictions spéciales  de  Jéhovah.  Cf.  i,  7,  12;  Gen.  xlvi,  9. — Aux  Hébreux  s'associa  un  vulgus  promiscuum (hébr.  :  'éreb)  innumerahile,  recruté  vraisem- blablement parmi  les  prisonniers  de  guerre,  si nombreux  en  Egypte ,  qui  prolitèrent  de  cette occasion  pour  se  soustraire  à  la  tyrannie  des Égyptiens.  Les  récents  prodiges  n'avaient  pas  peu contribué  à  les  décider.
39.  La  confection  des  pains  azymes.  —  Subci- nericios. Voyez  la  note  de  Gen.  xvni,  6.
40.  Durée  totale   du  séjour  des  Hébreux  en Egypte.  Cf.  Gen.  xv,  13-14.
^1-42.  Note  rétrospective  et  solennelle  sur  le
départ.  —  Nox...  observabilis:  que  l'on  doit  célé- brer, garder  religieusement.
2°  Nouvelles  Instructions  sur  la  manducation de  la  Pâque.  XII,  43-51.
43-49.  Les  ordres  du  Seigneur  (religio;  hé- breu :  précepte ,  ordonnance  )  se  rapportent  à  trois points.  1*^  De  nombreux  étrangers  étaient  venus grossir  les  rangs  d'Israël  (vers.  38);  parmi  eux, qui  serait  admis  à  la  manducation  de  l'agneau pascal?  qui  en  serait  exclu?  Ils  sont  rangés  eu quatre  catégories  :  alienigena  (hébr.  :  ben-nékar, fils  d'étranger),  servus  emptitius  (l'esclave  pro- prement dit),  advena  (hébr.  :  tosab,  ou  ger;  de race  étrangère  comme  le  ben-nélcar,  mais  domi- cilié au  milieu  d'Israël),  mercenarius  (hébr.  : sakir;  c'était  un  serviteur  à  gages  pour  un  temps déterminé,  ou  un  simple  journalier).  Ils  sont  tous exclus  de  la  participation  à  la  Pâque,  tant  qu'ils demeureront  incirconcis;  tous  admis,  s'ils  de- viennent membres  de  la  nation  sainte  par  la  cir- concision. 2°  L'agneau  pascal  devra  être  con- sommé dans  l'intérieur  des   maisons,   vers.   46.
1
Ex.  XII,  48  —  XIII,  5.
229
48.  Que  si  quelqu'un  des  étrangers veut  vous  être  associé  et  faire  la  Pâque du  Seigneur,  tout  ce  qu'il  y  aura  de mâle  avec  lui  sera  circoncis  auparavant; et  alors  il  la  pourra  célébrer,  et  il  sera comme  un  habitant  de  votre  terre;  mais celui  qui  ne  sera  point  circoncis  n'en mangera  point.
49.  La  même  loi  se  gardera  pour  les habitants  du  pays  et  pour  les  étiangers qui  demeurent  avec  vous.
50.  Tous  les  enfants  d'Israël  exécu- tèrent ce  que  \q  Seigneur  avait  com- mandé à  Moïse  et  à  Aaron.
51.  Et  en^ce  même  jour  le  Seigneur  fit sortir  de  l'Egypte  les  enfants  d'Israël, selon  leurs  armées.
48.  Quod  si  quis  peregrinorum  in  ve- stram  voluerit  transire  coloniam,  et  facere Phase  Domini ,  circumcidetur  prius  omnc masculinum  ejus,  et  tune  rite  cele- brabit,  eritque  sicut  indigena  terrée  ;  si quis  autcm  circumcisus  non  fuerit,  non vescetur  ex  eo.
49.  Eadem  lex  erit  indigenae  et  colono qui  peregrinatur  apud  vos.
50.  Feceruntque  omnes  filii  Israël  sic- ut praeceperat  l3ominus  Moysi  et  Aaron.
51.  Et  eadem  die  eduxit  Dominus  filios Israël  de  terra  ^gypti  per  turmas  suas.
GPIAPITRE  XIII
1.  Le  Seigneur  parla  e?zcore  à  Moïse, et  il  lui  dit  :
2.  Consacrez-moi  tous  les  premiers-nés qui  ouvrent  le  sein  de  leur  mère  parmi les  enfants  d'Israël,  tant  des  hommes que  des  bêtes  ;  car  toutes  choses  sont  à moi.
3.  Et  Moïse  dit  au  peuple  :  Souvenez- vous  de  ce  jour  auquel  vous  êtes  sortis de  l'Egypte  et  de  la  maison  de  servitude  ; souvenez-vous  que  le  Seigneur  vous  a  tirés de  ce  lieu  par  la  force  de  son  bras,  et gardez-vous  de  manger  du  pain  avec  du levain.
4.  Vous  sortez  aujourd'hui,  dans  ce mois  des  nouveaux  blés.
5.  Et  lorsque  le  Seigneur  vous  aura fait  entrer  dans  la  terre  des  Chananéens, des  Héthéens ,  des  Amorrhéens ,  des  Hé- véens  et  des  Jébuséens,  qu'il  a  juré  à vos  pères  de  vous  donner,  dans  cette  terre où  coulent  le  lait  et  le  miel,  vous  célé- brerez en  ce  mois  ce  culte  sacré.
1.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moysen, dicens  :
2.  Sanctifica  mihi  omne  primogeni- tum  quod  aperit  vulvam  in  filiis  Israël, tam  de  hominibus  quam  de  jumentis; mea  sunt  enim  omnia.
3.  Et  ait  Moyses  ad  populum  :  Meraen- tote  diei  hujus  in  qua  egressi  estis  de 7Eg3q:)to  et  de  domo  servitutis,  quoniam in  manu  forti  eduxit  vos  Dominus  de loco  isto,  ut  non  comedatis  fermentatum panem.
4.  Hodie  egredimini  mense  novarum frugum.
6.  Cumque  introduxerit  te  Dominus  in terram  Chananœi  et  Hethœi  et  Amorrhgei et  Hevsei  et  Jebusaei,  quam  jura  vit  pa- tribus  tuis  ut  daret  tibi,  terram  fluen- tem  lacté  et  melle,  celebrabis  hune  mo- rem  sacrorum  mense  isto.
3°  Nec  os  illius  confringetis.  Prescription  impor- tante, dont  saint  Jean,  xix,  33-36,  nous  a  ré- vélé le  grandiose  symbolisme,  réalisé  par  Jésus- Christ.  Toutes  les  autres  victimes  étaient  d'abord découpées  en  morceaux  avant  d'être  portées  sur l'autel  ;  seul  l'agneau  pascal  faisait  exception.
50-61.  Exécution  des  ordres  de  Dieu,  et  départ de  Sccotli.
3°  Instructions  relatives  à  la  consécration  des premiers-nés  et  aux  pains  azymes.  XIII,  1-18.
Chap.  XIII.  — 1-2.  Dieu  exige  la  consécration des  premiers -nés.  —  Sacrificata  mihi...  Comme une  propriété  sacrée,  à  laquelle  il  eût  été  sacri- lège de  toucher.  —  Primitivement,  les  premiers-
nés  de  hominibus  étaient  destinés  à  être  les  mi- nistres du  culte  théocratique ;  plus  tard,  quand Dieu  institua  le  sacerdoce  lévitique,  il  permit  de les  racheter  moyennant  une  petite  somme  d'ar- gent (vers,  13).  Les  premiers -nés  de  jumentis devaient  servir  de  victimes,  à  moins  que  ce  ne fussent  des  animaux  impurs  (vers.  13). —  Motif de  cette  consécration  spéciale  :  viea  sunt,  en  tant qu'il  les  avait  épargnés  au  moment  de  la  dixième plaie  (vers.  14-15).
3-16.  Moïse  exhorte  solennellement  les  Israé- lites ,  en  souvenir  des  merveilles  de  la  sortie d'Ég5T)te,  à  obéir  aux  diverses  ordonnances  qui concernaient  les  pains  azymes  et  la  consécration
230
Ex.  XIII,  6-16.
6.  Septem  diebus  vesceris  azymis;  et in  die  septimo  erit  solemnitas  Domini.
7.  Azyma  comedetis  septem  diebus  ; non  apparebit  apud  te  aliquid  fermen- tatum,  nec  in  cunctis  finibns  tuis.
8.  Narrabisque  filio  tuo  in  die  illo, dicens  :  Hoc  est  quod  fecit  mihi  Domi- nus  quando  egressus  sum  de  ^gypto.
9.  Et  erit  quasi  signum  in  manu  tua, et  quasi  monumentum  ante  oculos  tuos, et  ut  lex  Domini  semper  sit  in  ore  tuo  ; in  manu  enim  forti  eduxit  te  Dominus de  ^gypto.
10.  Custodies  hujuscemodi  cultum  sta- tuto  tempore  a  diebus  in  dies.
11.  Cumque  introduxerit  te  Dominus in  terram  Chanansei,  sicut  jura  vit  tibi et  patribus  tuis,  et  dederit  tibi  eam,
12.  Separabis  omne  quod  aperit  vul- vam  Domino,  et  quod  primitivum  est  in pecoribus  tuis  ;  quidquid  habueris  mas- culini  sexus,  consecrabis  Domino.
13.  Primogenitum  asini  mutabis  ove  ; quod  si  non  redemeris,  interficies.  Omne autem  primogenitum  liominis  de  filiis tuis,  pretio  redimes.
14.  Cumque  interrogaverit  te  filius tuus  cras,  dicens  :  Quid  est  hoc?  re- spondebis  ei  :  In  manu  forti  eduxit  nos Dominus  de  terra  ^Egypti,  de  domo  ser- vitutis.
15.  Nam  cum  induratus  esset  Pharao, et  nollet  nos  dimittere,  occidit  Dominus omne  primogenitum  in  terra  ^gypti ,  a primogenito  hominis  usque  ad  primo- genitum jumentorum  ;  idcirco  immole Domino  omne  quod  aperit  vulvam  ma- sculini  sexus,  et  omnia  primogenita  fi- liorum  meorum  redimo.
16.  Erit  igitur  quasi  signum  in  manu tua,  et  quasi  appensum  quid,  ob  recor-
6.  Vous  mangerez  des  pains  sans  levain pendant  sept  jours,  et  le  septième  sera encore  la  fête  solennelle  du  Seigneur.
7.  Vous  mangerez  des  pains  sans  levain pendant  sept  jours;  il  n'y  aura  pas  de pain  levé  chez  vous  dans  toute  l'étendue de  vos  limites.
8.  Et  en  ce  jour -là  vous  direz  à  votre fils  :  C'est  en  mémoire  de  la  grâce  que  le Seigneur  m'a  faite  lorsque  je  sortis d'Egypte.
9.  Et  ceci  sera  comme  un  signe  dans votre  main  et  comme  un  monument  de- vant vos  yeux,  afin  que  la  loi  du  Sei- gneur soit  toujours  dans  votre  bouche, parce  que  le  Seigneur  vous  a  tiré  d'E- gypte par  la  force  de  son  bras.
10.  Vous  observerez  ce  culte  tous  les ans  au  jour  qui  vous  a  été  ordonné.
11.  Et  lorsque  le  Seigneur  vous  aura fait  entrer  dans  la  terre  des  Chananéens, selon  le  serment  qu'il  vouf^  en  a  fait  et  à vos  pères,  et  qu'il  vous  l'aura  donnée,
12.  Vous  séparerez  pour  le  Seigneur tout  ce  qui  ouvre  le  sein  de  sa  mère,  et tous  les  premiers -nés  de  vos  bestiaux,  et vous  consacrerez  au  Seigneur  tous  les mâles  que  vous  aurez.
13.  Vous  échangerez  le  premier-né  de l'âne  pour  une  brebis;  si  vous  ne  le rachetez  point,  vous  le  tuerez.  Et  vous rachèterez  avec  de  l'argent  tous  les  pre- miers-nés de  vos  enfants.
14.  Quand  donc  votre  fils  vous  inter- rogera un  jour  et  vous  dira  :  Que  signifie ceci  ?  vous  lui  répondrez  :  Le  Seigneur nous  a  tirés  de  l'Egypte,  de  la  maison de  servitude  par  la  force  de  son  bras.
15.  Car  le  Pharaon  étant  endurci  et  ne voulant  pas  nous  laisser  aller,  le  Sei- gneur fit  mourir  dans  l'Egj'pte  tous  les premiers -nés,  depuis  les  premiers -nés des  hommes  jusqu'aux  premiers -nés  des bêtes.  C'est  pourquoi  j'immole  au  Sei- gneur tous  les  mâles  qui  ouvrent  le  sein de  leur  mère,  et  je  rachète  tous  les  pre- miers-nés de  mes  enfants.
16.  Ceci  donc  sera  comme  un  signe  en votre  main  et  comme  une  chose  suspen-
des premiers -nés.  Quelques  mots  seulement  de- mandent une  explication.  —  Mense  novarum frugum,  (vers.  4).  Hébr.  :  au  mois  d'abib.  Voy.  la note  de  xii,  2.  — Signum  in  manu,  monumen- tum ante  oculos  (  vers.  9  et  16  ).  Métaphore expressive,  dont  saint  Jérôme  a  fort  bien  rendu le  sens  :  «  Praecepta  mea  sint  in  manu  tua,  ut opère  compleantur  ;  sint  ante  oculos  tuos ,  ut noctc  et  die   mediteris  in   illis.   »  (/n   Malth.
xxm,  5.)  Mais  la  tradition  juive  a  pris  ces  pa- roles à  la  lettre ,  et  y  a  vu  l'ordre  exprès  de  porter au  bras  gauche  et  au  front  les  tephillîn  ou  phy- lactères, petites  boîtes  de  pai'chemin  qui  con- tiennent divers  textes  du  Pentateuque ,  et  qu'on attache  au  moyen  de  longues  lanières  de  cuir. Vo3^ez  VAtl.  archcol.  de  la  Bible,  pi.  cix,  flg.  4, 6,  7,  11,  et  notre  Comment,  sur  l'Evang.  selon saint  MatfJi.,  p.  439.
Ex.  XIII,  17-22.
231
due  devant  vos  yeux  pour  exciter  votre souvenir,  parce  que  le  Seigneur  nous  a tirés  d'Egypte  par  la  force  de  son  bras.
17.  Or  le  Pharaon  ayant  fait  sortir  de ses  terres  le  peuple  d'Israël,  le  Seigneur ne  les  conduisit  point  par  le  chemin  du pa3''s  des  Philistins  qui  est  voisin,  de peur  qu'ils  ne  vinssent  à  se  repentir d'être  ainsi  sortis ,  s'ils  voyaient  s'élever des  guerres  contre  eux,  et  qu'ils  ne  re- tournassent en  Egypte.
18.  Mais  il  leur  fit  faire  un  long circuit  par  le  chemin  du  désert,  qui  est près  de  la  mer  Kouge.  Les  enfants d'Israël  sortirent  ainsi  en  armes  de  l'E-
gypte.
19.  Et  Moïse  emporta  aussi  avec  lui les  os  de  Joseph,  selon  que  Joseph  l'avait fait  promettre  avec  serment  aux  enfants d'Israël,  en  leur  disant  :  Dieu  vous  visi- tera ;  emportez  d'ici  mes  os  avec  vous.
20.  Étant  donc  partis  de  Socoth,  ils campèrent  à  Etham,  à  l'extrémité  du désert.
21.  Et  le  Seigneur  marchait  devant eux  pour  leur  montrer  le  chemin,  pa- raissant durant  le  jour  en  une  colonne de  nuée ,  et  pendant  la  nuit  en  une colonne  de  feu ,  pour  leur  servir  de  guide le  jour  et  la  nuit.
22.  Jamais .  la  colonne  de  nuée  ne manqua  de  paraître  devant  le  peuple pendant  le  jour,  m  la  colonne  de  feu pendant  la  nuit.
dationem,  inter  oculos  tuos  ;  eo  quod  in manu  forti  eduxit  nos  Dominus  de .^gypto.
17.  Igitur  cum  emisisset  Pharao  po- pulum,  non  eos  duxit  Deus  per  viam terrse  Philisthiim  quae  vicina  est,  repu- tans  ne  forte  pœniteret  eum,  si  vidisset adversum  se  bella  consurgere,  et  rever- teretur  in  ^Egyptum.
18.  Sed  circumduxit  per  viam  deserti, quse  est  juxta  mare  Rubrum  ;  et  armati ascenderunt  filii  Israël  de  terra  ^Egypti.
19.  Tulit  quoque  Moyses  ossa  Joseph secum,  eo  quod  adjurasset  filios  Israël, dicens  :  Visitabit  vos  Deus  ;  efîerte  ossa mea  hinc  vobiscum.
20.  Profectique  de  Socoth  castrametati sunt  in  Etham,  in  extremis  finibus  soli- tudinis.
21.  Dominus  autem  prsecedebat  eos ad  ostendendam  viam,  per  diem  in  co- lumna  nubis ,  et  per  noctem  in  columna ignis,  ut  dux  esset  itineris  utroque  tem- pore.
22.  Nunquam  defuit  columna  nubis per  diem,  nec  columna  ignis  per  no- ctem, coram  populo.
40  De  Socoth  à  Étham.  XIII,  17-22.
17-18.  Raison  qui  détermina  le  choix  de  cette route.  Deux  chemins  conduisent  d'Egypte  en Palestine  :  le  premier,  qui  est  appelé  ici  via  terrce Philisthiim,  est  de  beaucoup  le  plus  court  (vi- cina est;  environ  quinze  jours  de  marche),  et  il est  généralement  facile  ;  le  second ,  qui  a  été déjà  signalé  à  l'occasion  des  funérailles  de  Jacob (Gen.  L,  10),  était  très  long  et  très  pénible  (via deserti...).  Néanmoins  c'est  celui-ci  que  Dieu choisit  pour  son  peuple.  En  entrant  dans  le  pays de  Chanaan  par  le  sud-ouest ,  district  occupé  par les  Philistins,  les  Hébreux  auraient  eu  à  sou- tenir une  guerre  terrible  contre  cette  nation puissante  et  belliqueuse.  Peu  prépai'és  à  la  lutte, quoique  organisés  militairement  (armati) ,  ils  se seraient  découragés  et  seraient  bientôt  rentrés  en Egypte.  Yoy.  VAtl.  géogr.,  pi.  v.
19.  Les  ossements  de  Joseph.  Cf.  Gen.  l,  25. —  La  demande  de  Joseph  avait  été  un  bel  acte  de foi  ;  c'est  aussi  un  acte  de  foi  que  fait  Moïse  en
la  réalisant.
20.  Le  campement  à' Etham.  —  Il  est  difficile d'en  indiquer  la  situation  exacte.  Les  uns  placent Etham  au  sud  des  lacs  Amers  ;  les  autres ,  à l'extrémité  nord -est  de  ces  mêmes  lacs;  d'autres enfin,  et  cette  opinion  nous  paraît  la  plus  pro- bable, encore  plus  au  nord -est,  en  face  du Birket  -  Ballah ,  emplacement  qui  est  vraiment  in extremis  solitudinis ,  c.-à-d,  sur  la  lisière  du désert  de  Sur,  xv,  22,  ou  d'Btham,  Num. xxxiii,  8.  Voy.  VAtl.  géogr.  pi.  v.
21-22.  Les  colonnes  de  feu  et  de  nuée.  — Dominus...  prcecedebat.  En  Orient,  les  caravanes et  les  armées  ont  de  tout  temps  employé  des signaux  de  fumée  ou  de  feu  pour  diriger  leur marche  ;  Jéhovah,  le  général  en  chef  des  Hébreux, se  sert  de  moyens  analogues,  mais  entièrement surnaturels,  pour  conduire  ses  troupes  à  travers le  désert.  Admirable  trait  de  sa  providence,  qui se  prolongea  pendant  de  longues  années.
232
Ex.  XIV,  1-7.
CHAPITRE  XIV
1.  Locutus  est  autem  Dominus  ad Moysen,  diceiis  :
2.  Loquere  filiis  Israël  :  Eeversi  ca- strameteiitur  e  regione  Phihahiroth,  quœ est  inter  Magdalum  et  mare  contra  Beel- sephon;  in  conspectu  ejus  castra  ponetis super  mare.
3.  Dicturusque  est  Pharao  super  filiis Israël  :  Coarctati  sunt  in  terra,  conclusit eos  desertum.
4.  Et  indurabo  cor  ejus,  ac  perseque- tur  vos;  et  glorificabor  in  Pharaone,  et in  omni  exercitu  ejus,  scientque  ^gj^ptii quia  ego  sum  Dominus.  Feceruntque  ita.
5.  Et  nuntiatum  est  régi  ^gyptio- rum  quod  f  ugisset  populus  ;  immutatum- que  est  cor  Pharaonis  et  servorum  ejus super  populo,  et  dixerunt  :  Quid  volui- mus  facere,  ut  dimitteremus  Israël,  ne serviret  nobis?
6.  Junxit  ergo  currum,  et  omnem  po- pulum  suum  assumpsit  secum.    '
7.  Tulitque  sexcentos  currus  electos, et  quidquid  in  Egypte  curruum  fuit,  et duces  totius  exercitus.
1.  Et  le  Seigneur  parla  à  Moïse  et  lui dit:
2.  Dites  aux  enfants  d'Israël  :  Qu'ils retournent  et  qu'ils  campent  devant  Phi- hahiroth, qui  est  entre  Magdala  et  la mer,  vis-à-vis  de  Béelséphon,  Vous  cam- perez vis-à-vis  de  ce  lieu  sur  le  bord  de la  mer.
3.  Car  le  Pharaon  va  dire  des  enfants d'Israël  :  Ils  sont  embarrassés  en  des lieux  étroits,  et  renfermés  par  le  désert.
4.  Je  lui  endurcirai  le  cœur,  et  il  vous poursuivra  ;  et  je  serai  glorifié  dans  le Pharaon  et  dans  toute  son  armée,  et  les Egyptiens  sauront  que  je  suis  le  Sei- gneur. Les  enfants  d'Israël  firent  ce  que le  Seigneur  leur  avait  ordonné.
5.  Et  l'on  vint  dire  au  ro'y  des  Egyp- tiens que  le  peuple  avait  pris  la  fuite. Alors  le  coeur  du  Pharaon  et  de  ses  ser- viteurs fut  changé  à  l'égard  du  peuple, et  ils  dirent  :  Qu'avons-nous  fait  en  lais- sant aller  les  Israélites,  afin  qu'ils  ne nous  fussent  plus  assujettis  ?
6.  Il  fit  donc  préparer  son  char,  et  il prit  avec  lui  tout  son  peuple.
7.  Il  emmena  aussi  six  cents  chars d'élite  et  tout  ce  ^qui  se  trouva  de  chars de  guerre  dans  l'Egypte,  avec  les  chefs de-  toute  l'armée.
Section  II.  —  Passage  de  la  mek  Rouge. XIV,  1  —  XV,  21.
1°  D'Etliara  à  la  mer  Rongo.  XIV,  1-4.
Chap.  XIV.  —  1-4.  Locutus...  Dominus.  Jé- hovah  commande  en  personne  tous  les  mouve- ments de  son  armée.  Jusqu'ici  la  marche  avait eu  lieu  dans  la  direction  de  l'est  et  du  nord-est  ; tout  à  coup  les  Hébreux  reçoivent  l'ordre  de  se tourner  vers  le  sud  (reversi),  de  manière  à  at- teindre la  pointe  septentrionale  de  la  mer  Rouge, après  avoir  longé  les  lacs  Amers,  qu'ils  tenaient à  leur  gauche. —  Phihahiroth,  Magdalum,  Bcel- sephon.  Il  est  Impossible  d'identilîer  avec  exac- titude ces  trois  localités.  Mais,  par  sa  netteté,  la note  topographique  dont  elles  font  partie  dé- montre l'authenticité  et  la  véracité  du  récit  ;  de plus,  l'inspection  des  lieux  a  suscité  des  conjec- tures très  vraisemblables.  Vers  l'extrémité  nord du  golfe  de  Suez,  sur  la  rive  droite,  il  existe une  assez  vaste  plaine,  bornée  au  sud  par  le mont  Attâkah  dont  la  mer  vient  baigner  le  pied. C'est  là  que  les  Hébreux  durent  camper.  La  res- semblance des  noms  nous  autorise  à  confondre Phihiihiroth  (hébr.:  n-halnvot;  2n  est  l'article
égyptien)  avec  le  lieu  dit  Adjroud,  à  l'angle nord  -  ouest  de  la  plaine.  Béelséphon  ne  différerait pas  du  Djebel  Attâkah.  —  Coarctati...;  conclusit... Expressions  fort  bien  choisies  ;  car  Israël  allait se  trouver  pris  entre  la  mer  Rouge  à  l'est,  le mont  Attâkah  au  sud,  le  désert  à  l'ouest,  et  l'ar- mée égyptienne  au  nord.  {Atl.  yéngr.,  pi.  v.)
20  Le  pharaon  poursuit  les  Hébreux;  leur  dé- sespoir, XIV,  5-14.
5  -  8.  La  poursuite.  —  Quod  fugisset.  Le  pha- raon avait  compté  sur  le  retour  des  Hébreux; leur  brusque  changement  de  direction,  dont  ses espions  l'avertirent  aussitôt,  lui  manifesta  leui's A'éritablos  desseins.  —  Immutalum  cor...  Locu- tion orientale,  pour  marquer  un  revirement  d'idées. La  cour  comprend  mieux  que  jamais  toutes  les conséqiiences  du  départ  de  deux  millions  d'hommes industrieux.  —  Currunj,...,  currus  electos.  Les chars  de  guerre  égyptiens  étaient  nombreux  et célèbres  :  à  deux  roues ,  traînés  par  deux  chevaux rapides ,  montés  par  deux  hommes ,  ils  paraissent à  tout  instant  sur  les  sculptures  et  les  fresques. Voyez  VAtl.  archéol.  de  la  Bible,  pi.  Lxxxvnr, fig.  11-12;  pi.  xcr,  fi  g.  6;  pi.  xcin,  fig.  7.  On voit  souvent  le  pharaon  sur  le  sien,  à  la  tête  des
Ex.  XIV,  8-16.
233
8.  Et  le  Seigneur  endurcit  le  cœur  du Pharaon,  roi  d'Egyi>te,  et  il  se  mit  à jioursuivre  les  entants  d'Israël.  Mais  ils étaient  sortis  sous  la  conduite  d'une main  puissante.
9.  Les  P^gyptiens  poursuivant  donc  les Israélites  qui  étaient  en  avant,  et  mar- chant sur  leurs  traces,  les  atteiî^nirent cainiK^s  sur  le  bord  de  la  mer.  Toute  la cavalerie  et  les  chars  du  Pharaon  avec toute  son  armée  étaient  à  Phihahiroth, vis-à-vis  de  Béelséplion.
10.  Lorsque  le  Pharaon  était  déjà proche,  les  enfants  d'Israël,  levant  les yeux  et  ayant  aperçu  les  Egyptiens  der- rière eux,  furent  saisis  d'une  grande crainte.  Et  ils  crièrent  au  Seigneur.
11.  Et  ils  dirent  à  Moïse  r  Peut-être n'y  avait-il  point  de  sépulcres  en  Egypte , et  c'est  pour  cela  que  vous  nous  avez amenés  ici,  afin  que  nous  mourions  dans le  désert.  Quel  dessein  aviez-yous  quand vous  nous  avez  fait  sortir  d'Eg3q)te  ?
12.  N'est; ce  pas  là  ce  que  nous  vous disions  en  Egypte  :  Retirez -vous  de  nous aliîi  que  nous  servions  les  Egyptiens  ?  Car il  valait  beaucoup  mieux  que  nous  fus- sions leurs  esclaves  que  de  mourir  dans ce  désert.
13.  Moïse  répondit  au  peuple  :  Ne craignez  point,  demeurez  fermes  et  con- sidérez les  merveilles  que  le  ,  Seigneur doit  faire  aujourd'hui  ;  car  ces  Egyptiens que  vous  voyez  devant  vous ,  vous  ne  les verrez  plus  jamais.
14.  Le  Seigneur  combattra  pour  vous, et  vous  demeurerez  dans  le  silence.
15.  Le  Seigneur  dit  ensuite  à  Moïse  : Pourquoi  criez-vous  vers  moi?  Dites  aux enfants  d'Israël  de  se  mettre  en  route.
IG.  Et  vous,  élevez  votre  verge  et étendez  votre  main  sur  la  mer,  et  divisez- la,  afin  que  les  enfants  d'Israël  marchent à  sec  au  milieu  de  la  mer.
8.  Induravitque  Dominus  cor  Pharac- nis  régis  iEgypti,  et  persccutrs  est  iilios Israël  ;  at  illi  egressi  erant  in  manu  ex- celsa.
9.  Cumque  persequerentur  JEgyptii vestigia  prfp.cedentium,  repererunt  eos in  castris  super  mare;  omnis  equitatus et  currus  Pliaraonis,  et  universus  exer- citus,  erant  in  Phihahiroth  contra  Beel- sephon.
10.  Cumque  appropinquasset  Pharao, levantes  filii  Israël  oculos,  viderunt  ^gy- ptios  post  se;  et  timuerunt  valde,  clama- veruntque  ad  Dominum.
11.  Et  dixerunt  ad  Moysen  :  Forsitan non  erant  sepulcra  in  JEgjTpto  ;  ideo tulisti  nos  ut  moreremur  in  solitudine. Quid  hoc  facere  voluisti,  ut  educeres  nos ex  ^gypto?
12.  Nonne  iste  est  sermo,  quera  loque- bamur  ad  te  in  iEgj-pto,  dicentes  :  Re- cède a  nobis,  ut  serviamus  iEgyptiis? multo  enim  melius  erat  servire  eis, quam  mori  in  solitudine.
13.  Et  ait  Moyses  ad  populum  :  Nolite timere  ;  state,  et  videte  magnalia  Domini quae  facturas  est  hodie  ;  -SCgyptios  enim , quos  nunc  videtis,  nequaquam  ultra  vi- debitis  usque  in  sempiternum.
14.  Dominus  pugnabit  pro  vobis,  et vos  tacebitis,
15.  Dixitque  Dominus  ad  Moj-sen  : Quid  clamas  ad  me?  Loquere  filiis  Is- raël ut  proficiscantur.
16.  Tu  autem  éleva  virgam  tuam,  et extende  manum  tuam  super  mare,  et divide  iilud,  ut  gradiantur  filii  Israël  in medio  mari  per  siccum.
troupes.  —  Populum  suum  :  la  garde  roj'ale. Malgré  ce  redoutable  déploiement  de  forces,  les Hébreux  n'avaient  rien  à  craindre,  car  la  manus excelsa  de  Jéliovah  les  protégeait.
9.  L'armée  égyptienne  atteint  les  Israélites. Nous  apprenons  ici  qu'en  oi;tre  des  chars,  elle se  composait  de  cavalerie  {equitatus)  et  d'infan- terie {uiiive.rsus  exerciius),  cette  dernière  for- mant la  masse  principale.  —  In  Phihahiroth  : voyez  la  note  du  vers.  2.
10  - 12.  Effroi  des  Hébreux ,  qui  comprirent aussitôt  la  gravité  de  la  situation  {yl<Jgyptios  post se).  Leur  premier  mouvement  fut  néanmoins  im élan  de  foi  vers  Dieu  ;  mais ,  la  nature  reprenant le  dessus,  ils  adressent  bientôt  à  Moïse  des  re-
proches amers  et  injustes.
13-14.  Moïse  essaye  de  rassurer  le  peuple.  — State,  videte...  Il  est  absolument  sûr  de  la  pro- tection divine ,  et  tout  à  fait  à  la  hauteur  de  ces circonstances  difficiles.  —  Tacchitia.  C.-à-d.  a'ous n'aurez  qu'à  contempler  et  à  admirer  en  silence, Dieu  se  chargeant  seul  de  la  lutte.
3°  Les  Hébreux  traversent  miraculeusement la  mer  Rouge,  l'armée  égyptienne  est  anéantie. XIV,  15-31.
15-18.  Jéhovah  donne  ses  ordres  à  Moïse,  et lui  communique  son  plan.  —  Quid  clamas...  ? Après  sa  réponse  aux  Israélites,  le  serviteur  de Dieu  s'était  mis  en  prière.  —  Premier  ordre,  cehii d'un  départ  immédiat  :  proficiscantur.  —  Second
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Ex.  XIV,  17-26.
17.  Ego  aiitem  indurabo  cor  ^Egyptio- rum  ut  persequantiir  vos  ;  et  gloriHcabor in  Pharaone,  et  in  omni  exercitu  ejus, et  in  curribus  et  in  equitibus  illius.
18.  Et  scient  ^gj^ptii  quia  ego  sum Dominus,  cum  glorificatus  f  uero  in  Pha- raone, et  in  curribus  atque  in  equitibus ejus.
19.  Tollensque  se  angélus  Dei,  qui prciecedebat  castra  Israël,  abiit  post  eos  ; et  cum  eo  pariter  columna  nubis,  priora dimittens,  post  tergum
20.  Stetit,  inter  castra  ^gyptiorum et  castra  Israël  ;  et  erat  nubes  tenebrosa, et  illuminans  noctem,  ita  ut  ad  se  invi- cem  toto  noctis  tempore  accedere  non valerent.
21.  Cumque  extendisset  Moyses  ma- num  super  mare ,  abstulit  illud  Dominus fiante  vento  vehementi  et  urente  tota nocte,  et  vertit  in  siccum;  divisaque  est aqua.
22.  Et  ingressi  sunt  filii  Israël  per médium  sicci  maris;  erat  enim  aqua quasi  murus  a  dextra  eorum  et  Iseva.
23.  Persequentesque  ^gyptii  ingressi sunt  post  eos,  et  omnis  equitatus  Pha- raonis,  currus  ejus  et  équités,  per  mé- dium maris.
24.  Jamque  advenerat  vigilia  matu- tina,  et  ecce  respiciens  Dominus  super castra  ^gj^ptiorum  per  columnam  ignis et  nubis ,  interf  ecit  exercitum  eorum  ;
25.  Et  subvertit  rotas  curruum,  fere- banturque  in  profundum.  Dixerunt  ergo ^gyptii  :  Fugiamus  Israelem  ;  Dominus enim  pugnat  pro  eis  contra  nos.
26.  Et  ait  Dominus  ad  Moysen  :  Ex- tende  manum  tuam  super  mare,  ut  re-
17.  J'endurcirai  le  cœur  des  Égyptiens, afin  qu'ils  vous  poursuivent,  et  je  serai glorifié  dans  le  Pharaon  et  dans  toute son  armée,  dans  ses  chars  et  dans  sa  ca- valerie.
18.  Et  les  Egyptiens  sauront  que  je suis  le  Seigneur,  lorsque  j'aurai  été  ainsi glorifié  dans  le  Pharaon,  dans  ses  chars et  dans  sa  cavalerie.
19.  Alors  l'ange  de  Dieu,  qui  marchait devant  le  camp  des  Israélites,  alla  der- rière eux,  et  en  même  temps  la  colonne de  nuée,  quittant  la  tête  du  peuple,
20.  Se  mit  aussi  derrière,  entre  le camp  des  Égyptiens  et  le  camp  d'Israël, et  la  nuée  était  ténébreuse  d'une  part, et  de  l'autre  éclairait  la  nuit,  en  sorte que  les  deux  armées  ne  purent  s'appro- cher dans  tout  le  temps  de  la  nuit.
21.  Moïse  ayant  étendu  sa  main  sur  la mer,  le  Seigneur  l'entr'ouvrit  en  faisant souffler  un  vent  violent  et  brûlant  pen- dant toute  la  nuit,  et  il  la  sécha,  et  l'eau fut  divisée  en  deux.  /
22.  Et  les  enfants  d'Israël  marchèrent à  sec  au  milieu  de  la  mer,  ayant  l'eau  à droite  et  à  gauche,  qui  leur  servait comme  d'un  rnur.
23.  Et  les  Egyptiens,  marchant  après eux ,  se  mirent  à  les  poursuivre  au  milieu de  la  mer,  avec  toute  la  cavalerie  du Pharaon,  ses  chars  et  ses  chevaux.
24.  Lorsque  la  veille  du  matin  fut venue,  le  Seigneur,  ayant  regardé  le camp  des  Egyptiens  à  travers  la  colonne de  feu  et  de  la  nuée ,  fit  périr  toute  leur armée.
25.  Il  renversa  les  roues  des  chars,  et ils  furent  entraînés  dans  le  fond  de  la mer.  Alors  les  Egyptiens  s'entre -dirent  : Fuyons  les  Israélites,  parce  que  le  Sei- gneur combat  pour  eux  contre  nous.
26.  En  même  temps  le  Seigneur  dit  à Moïse  :  Étendez  votre  main  sur  la  mer,
ordre  :  Tu..,  éleva...,  et  divide...  Moïse  est  chargé d'ouvrir  lui-même  un  chemin  h  travers  les  eaux.
—  Ego  autem...  Le  Seigneur  annonce  en  même temps,  mais  sans  spécifier  les  circonstances,  la ruine  prochaine  des  forces  égyptiennes.
19-20.  Le  mouvement  de  la  colonne  de  nuée.
—  Angélus...  L'ange  qui  dirigeait  la  colonne  de nuée  et  de  feu  passe  tout  à  coup  de  Favant-garde à  Tarrièrc-garde  des  Hébreux,  de  manière  à  se  tenir entre  les  deux  armées.  Le  but  de  ce  mouvement était  double  :  jeter  la  confusion  dans  l'armée  égyp- tienne, qui  fut  ainsi  plongée  dans  les  ténèbres (erat  nubes  tenebrosa)  ;  favoriser  le  passage  d'Is- raël par  une  lumière  surnaturelle  (illuminare...').
21-22.  Les  Hébreux  entrent  dans  la  mer  Rouge.
—  Extendisset...  manum.  Geste  si  simple,  qui produisit  une  étonnante  merveille  :  divisa  est aqua,  aqua  quasi  murus... —  Et  ingressi  sunt... Ce  fut,  dit  saint  Paul,  I  Cor.  x,  2,  comme  le baptême  de  la  nation  théocratique.
23-28.  L'armée  égyptienne  est  engloutie  sous les  flots.  —  Vigilia  matutina.  Les  anciens  Hé- breux partageaient  la  nuit  en  trois  «  veilles  »,  qui duraient  chacune  quatre  heures  (de  6  à  10,  de  10 à,  2,  de  2  à  6  ).  C'est  de  la  troisième  qu'il  s'agit.  — Respiciens  Dominus.  Bel  anthropomorphisme.  — Subvertit...  La  catastrophe  est  magnifiquement décrite  :  de  tous  les  Égyptiens  qui  avaient  péné- tré dans  le  lit  ouvert  de  la  mer  Rouge,  pas  un ne  put  s'échapper  (25-28).
Ex.  XIV,  27  —  XV,  2.
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afin  que  les  eaux  retournent  sur  les Egyptiens,  sur  leurs  chars  et  sur  leur cavalerie.
27.  Moïse  étendit  donc  la  main  sur  la mer,  et  vers  la  pointe  du  jour  elle retourna  au  même  lieu  où  elle^était  au- paravant. Ainsi  lorsque  les  Egyptiens s'enfuyaient,  les  eaux  vinrent  au-devant d'eux,  et  le  Seigneur  les  enveloppa  au milieu  des  flots.
28.  Les  eaux  revinrent  et  couvrirent les  cliars  et  la  cavalerie  de  toute  l'armée du  Pharaon,  qui  était  entrée  dans  la  mer en  poursuivant  Isi'aël,  et  il  n'en  échappa pas  un  seul.
29.  Mais  les  enfants  d'Israël  passèrent à  sec  au  milieu  de  la  mer,  ayant  les  eaux à  droite  et  à  gauche,  qui  leur  tenaient lieu  de  mur.
30.  En  ce  jour-lti  le  Seigneur  délivra Israël  de  la  mam  des  Egyptiens.
^31.  Et  ils  virent  les  cadavres  des Egyptiens  sur  le  rivage  de  la  mer,  et  les efftts  de  la  main  puissante  que  le  Sei- gneur avait  étendue  contre  eux.  Alors  le peu])le  craignit  le  Seigneur;  il  crut  au Seigneur  et  à  Moïse  son  serviteur.
vertantur  aquse  ad  iEgyptios,  super  cur- rus  et  équités  eorum.
27.  Cumque  extendisset  Moyses  ma- num  contra  mare,  reversum  est  primo diluculo  ad  priorem  locum  ;  fugientibus- que  ^gyptiis  occurrerunt  aqufe,  et  invol- vit  eos  Dominus  in  mcdiis  ^uctibus.
28.  Reversaeque  sunt  aquœ,  et  ope- ruerunt  currus  et  équités  cuncti  exer- citus  Pharaonis,  qui  sequentes  ingressi fuerant  mare,  nec  unus  quidem  super- fuit ex  eis.
29.  Filii  autem  Israël  perrexerunt  per médium  sicci  maris,  et  aquae  eis  erant quasi  pro  muro  a  dextris  et  a  sinistris.
30.  Liberavitque  Dominus  in  die  illa Israël  de  manu  iEgyptiorum.
31.  Et  viderunt  ^gyptios  mortuos super  littus  maris,  et  manum  magnam quam  exercuerat  Dominus  contra  eos  ; timuitque  populus  Dominum,  et  credi- derunt  Domino,  et  Moysi  servo  ejus.
CHAPITRE  XV
1.  Alors  Moïse  et  les  enfants  d'Israël chantèrent  ce  cantique  au  Seigneur,  et  ils dirent  :  Chantons  au  Seigneur,  car  il  a fait  éclater  sa  gloire  ;  il  a  précipité  dans la  mer  le  cheval  et  le  cavalier.
2.  Le  Seigneur  est  ma  force  et  le  sujet de  mes  louanges,  c'est  lui  qui  m'a  sauvé  : il  est  mon  Dieu,  et  je  publierai  sa gh)ire;  il  est  le  Dieu  de  mon  père,  et  je l'exalterai.
1.  Tune  cecinit  Moyses  et  filii  Israël Carmen  hoc  Domino,  et  dixerunt  :  Can- temus  Domino  ;  gloriose  enim  magnifi- catus  est,  equum  et  ascensorem  dejecit in  mare.
2.  Fortitudo  mea,  et  laus  mea  Domi- nus, et  factus  est  mihi  in  salutem  ;  iste Deus  meus,  et  glorificabo  eum  ;  Deus patris  mei,  et  exaltabo  eum.
29-31.  Les  Israélites  sauvés.  Frappant  con- traste. Comme  résultat  final  :  crediderunt  Do- viliio ,  et  Moysi.  —  Cet  éclatant  prodige  du  pas- sage (le  la  mer  Rouge  est  fréquemment  célébré dans  les  livres  soit  de  l'Ancien  Testament,  soit du  Nouveau.  Voyez  surtout  Ps.  lxxvi,  17-21;
kcxm,  1-8;  Sap,  x,  18-19;  Is.  xr.iii,  16-17;  Act. VII,  36;  Hebr.  xi,  29.  D'après  l'interprétation  la jjlus  probable  du  vers.  2  (  voyez  la  note  ) ,  il  eut ilieu  au-dessous  de  Suez,  en  face  et  un  peu  au jiord  du  Djebel -Attâkah, :  4"  Le  cantique  de  Moïse.  XV,  1-  21. Chap.  XV.  —  1».  Petit  préambule  historique.  — Tune  cecinit  Moyses.  On  ne  pouvait  pas  dire  plus clairement  que  Moïse  composa  lui-même  ce  re- marquable poème.  Sur  ses  beautés  littéraires  du premier  ordre,  voyez  Rollin,  Traité  des  Éludes,
t.  II,  p.  138  et  ss.  Il  est  simple  autant  que  majes- tueux. La  vigueur  et  la  fraîcheur  des  images dénotent  le  témoin  oculaire.  Il  a  exercé  une  très grande  influence  sur  la  poésie  religieuse  des  Hé- breux. A  la  fin  du  vohime  sacré,  Apoc.  xv,  .3, il  est  associé  au  triomphe  de  l'Église  durant  les derniers  jours  du  monde.  —  Il  se  divise  en  trois strophes  d'inégale  longueur,  qui  commencent toutes  par  une  louange  adressée  au  Seigneur.
l^-S.  Première  strophe. —  Cantemus  Domino... C'est  le  thème  du  cantique  :  Louange  à  Dieu  !  Le motif  de  la  louange  est  ensuite  rapidement  indi- qué :  gloriose  enim...  (hébr.  :  ga'oh  ga'ah,  il  a été  glorieusement  glorieux  ;  LXX  :  IvSciEcoç Oîôô^acrirat  ). —  Fortitudo  mea...  Développement du  thème  (2-5).  Les  vers.  2  et  3  commentent noblement  le  premier  hémistiche  (cxntemus...,
12
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Ex.
17.  Ego  aiitem  indurabo  cor  ^gypti rum  ut  persequantiir  vos  j  et  gloriiicabr in  Pharaone,  et  in  omni  exercitu  eju et  in  curribus  et  in  equitibus  illius.       ^
18.  Et  scient  ^gyptii  quia  ego  su Dominus,  cum  glorificatus  fuero  inPh raone,  et  in  curribus  atque  in  equitib ejus.
19.  Tollensque  se  angélus  Dei,  r prœcedebat  castra  Israël,  abiit  post  ec et  cum  eo  pariter  columna  nubis,  prie dimittens,  post  tergum
20.  Stetit,  inter  castra  égyptien et  castra  Israël  ;  et  erat  nubes  tenebro et  illiiminans  noctem,  ita  ut  ad  se  iii cem  toto  noctis  tempore  accedere  n . valerent.
21.  Cumque  extendisset  Moyses  r  • num  super  mare,  abstulit  illud  Domii  i fiante  vento  vehementi  et  urente  ta nocte,  et  vertit  in  siccum;  divisaque  t aqua.
22.  Et  ingressi  sunt  filii  Israël  r médium  sicci  maris;  erat  enim  ai  i quasi  murus  a  dextra  eorum  et  laeva.
l
23.  Persequentesque  JEgyptu  ingi(  i sunt  post  eos,  et  omnis  equitatus  P  - raonis,  currus  ejus  et  équités,  per  p- dium  maris.
24.  Jamque  advenerat  vigilia  m;  - tina,  et  ecce  respiciens  Dominus  si;  r castra  ^gj^ptiorum  per  columnam  II  s et  nubis,  interfecit  exercitum  eorum
25.  Et  subvertit  rotas  curruum,  f  3- banturque  in  profundum.  Dixerunt  <  o -(Egyptii  :  Fugiamus  Israelem  ;  Demi  is enim  pugnat  pro  eis  contra  nos.
26.  Et  ait  Dominus  ad  Moysen  :  v- tende  manum  tuam  super  mare,  ut  3-
ordre  :  Tu...  éleva...,  et  divide...  Moïse  est  cl^é d'ouvrir  lui-même  un  chemin  à  travers  les  t  jc.
—  Ego  autem...  Le  Seigneur  annonce  en  nue temps ,  mais  sans  spécifier  les  circonstance^  la i-ulne  prochaine  des  forces  égyptiennes.
19-20,  Le  mouvement  de  la  colonne  de  ?ée.
—  Angélus...  L'ange  qui  dirigeait  la  coloni  de nuée  et  de  feu  passe  tout  à  coup  de  l'avant-iMe à  Tarrière-garde  des  Hébreux,  de  manière  à  se  air entre  les  deux  armées.  Le  but  de  ce  mouvcsnt était  double  :  jeter  la  confusion  dans  l'armée  c/p- tiennc,  qui  fut  ainsi  plongée  dans  les  téiues (erat  nubes  tenebrosa)  ;  favoriser  le  passage  Is- raël par  une  lumière  surnaturelle  (illumina...).
21-22.  Les  Hébreux  entrent  dans  la  mer  Rige.
17-26.
17.  J'endurcirai  le  cœur  des  Égyptiens afin  qu'ils  vous  poursuivent,  et  je  serai glorifié  dans  le  Pharaon  et  dans  toute son  armée,  dans  ses  chars  et  dans  sa  ca- valerie.
18.  Et  les  Egyptiens  sauront  que  je suis  le  Seigneur,  lorsque  j'aurai  été  ainsi glorifié  dans  le  Pharaon,  dans  ses  chars et  dans  sa  cavalerie.
19.  Alors  l'ange  de  Dieu,  qui  marchait devant  le  camp  des  Israélites ,  alla  der- rière eux,  et  en  même  temps  la  colonne de  nuée,  quittant  la  tête  du  peuple,
20.  Se  mit  aussi  derrière,  entre  le camp  des  Égyptiens  et  le  camp  d'Israël, et  la  nuée  était  ténébreuse  d'une  part, et  de  l'autre  éclairait  la  nuit,  en  sorte que  les  deux  armées  ne  purent  s'appro- cher dans  tout  le  temps  de  la  nuit.
21.  Moïse  ayant  étendu  sa  main  sur  la mer,  le  Seigneur  l'entr'ouvrit  en  faisant souffler  un  vent  violent  et  brûlant  pen- dant toute  la  nuit,  et  il  la  sécha,  et  l'eau fut  divisée  en  deux.
22.  Et  les  enfants  d'Israël  marchèrent à  sec  au  milieu  de  la  mer,  ayant  l'eau  à droite  et  à  gauche,  qui  leur  servait comme  d'un  rnur.
23.  Et  les  Egyptiens,  marchant  après eux ,  se  mirent  à  les  poursuivre  au  miheu de  la  mer,  avec  toute  la  cavalerie  du Pharaon,  ses  chars  et  ses  chevaux.
24.  Lorsque  la  veille  du  matin  fut venue,  le  Seigneur,  ayant  regardé  le camp  des  Egyptiens  à  travers  la  colonne de  feu  et  de  la  nuée ,  fit  périr  toute  leur armée.
25.  Il  renversa  les  roues  des  chars,  et ils  furent  entraînés  dans  le  fond  de  la mer.  Alors  les  Egyptiens  s'entre  -  dirent  : Fuyons  les  Israélites,  parce  que  le  Sei- gneur combat  pour  eux  contre  nous.
26.  En  même  temps  le  Seigneur  dit  à Moïse  :  Etendez  votre  main  sur  la  mer.
—  Extendisset...  manum.  Geste  si  simple,  qu' produisit  une  étonnante  merveille  :  divisa aqua,  aqua  quasi  murus... —  Et  ingressi  ' Ce  fut,  dit  saint  Paul,  I  Cor.  x,  2,  «^ baptême  de  la  nation  théocratique.
23-28.  L'armée  égyptienne  est les  flots.  —  Vigilia  matutina. breux  partageaient  la  nuit  en duraient  chacune  quatre  h-- à  2,  de  2  à  6  ).  C'est  de  la, Bespiciens  Dominus^ Subvertit...  La  ca décrite  :  de  to\ tré  dans  le . ne  put  s'éi
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Ex.  XIV,  27  —  W,  2.
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afin  que  les  eaux  retournent  sur  les É'H'ptiens,  sur  leurs  chars  et  sur  leur cavalerie.
27.  Moïse  étendit  donc  la  main  sur  la mer,  et  vers  la  pointe  du  jour  elle retourna  au  même  lieu  où  elle^était  au- paravant. Ainsi  lorsque  les  Égyptiens s'enfuj'aient,  les  eaux  vinrent  au  -  devant d'eux,  et  le  Seigneur  les  enveloppa  au milieu  des  flots.
28.  Les  eaux  revinrent  et  couvrirent les  chars  et  la  cavalerie  de  toute  l'armée du  Pharaon ,  qui  était  entrée  dans  la  mer en  poursuivant  Israël,  et  il  n'en  échappa pas  un  seul.
29.  Mais  les  enfants  d'Israël  passèrent à  sec  au  milieu  de  la  mer,  ayant  les  eaux à  droite  et  à  gauche,  qui  leur  tenaient Heu  de  mur.
30.  En  ce  jour -là  le  Seigneur  délivi'a Israël  de  la  mam  des  Egj^ptiens.
^31.  Et  ils  virent  les  cadavres  des Egyptiens  sur  le  rivage  de  la  mer,  et  les effets  de  la  main  puissante  que  le  Sei- gneur avait  étendue  contre  eux.  Alors  le peu])le  craignit  le  Seigneur;  il  crut  au
Seigneur  et  à  Moïse  son  serviteur.
vertitur  aquse  ad  iEgyptios,  super  cur- rus  (  équités  eorum.
27  Cumque  extendisset  Moyses  ma- numcontra  mare,  reversum  est  primo diludo  ad  priorem  locum  ;  fugientibus- que  îgyptiis  occurrerunt  aquae,  et  invol- vit  6  Dominus  in  mediis  fluctibus.
2i  Reversseque  sunt  aquœ,  et  ope- ruemt  currus  et  équités  cuncti  exer- citufPharaonis ,  qui  sequentes  ingressi f lient  mare,  nec  unus  quidem  super- fuit x  eis.
21  Filii  autem  Israël  perrexerunt  per medm  sicci  maris,  et  aquae  eis  erant quatpro  muro  a  dextris  et  a  sinistris.
3(  Liberavitque  Dominus  in  die  illa Isra  de  manu  ^gyptiorum.
3-  Et  viderunt  ^gyptios  mortuos supc  littus  maris,  et  manum  magnam quaj  exercuerat  Dominus  contra  eos; timtque  populus  Dominum,  et  credi- derut  Domino,  et  Moysi  servo  ejus.
GHAPITREKV
1.  Alors  Moïse  et  les  enfants  d'Israël chantèrent  ce  cantique  au  Seigneur,  et  ils dirent  :  Chantons  au  Seigneur,  car  il  a fait  éclater  sa  gloire  ;  il  a  précipité  dans la  raer  le  cheval  et  le  cavalier.
2.  Le  Seigneur  est  ma  force  et  le  sujet de  mes  louanges ,  c'est  lui  qui  m'a  sauvé  : il  est  mon  Dieu,  et  je  publierai  sa gloire;  il  est  le  Dieu  de  mon  père,  et  je l'exalterai.
l.runc  cecinit  Moyses  et  fîHi  Israël carnn  hoc  Domino,  et  dixerunt  :  Can- temi  Domino;  gloriose  enim  magnifi- catuest,  equum  et  ascensorem  dejecit in  Ere.  y\
2.Fortitudo  mea,  et  laus  mea  Domi- nus/t  factus  est  mihi  in  salutem  ;  iste Deu  meus,  et  glorificabo  eum;  Deus patr  mei,  et  exaltabo  eum.
29-31.  Les  Israélites  sauvés.  Frappant  con- traste. Comme  résultat  final  :  crediderunt  Do- mino ,  et  Moysi.  —  Cet  éclatant  prodige  du  pas- sage de  la  raer  Rouge  est  fréquemment  célébré dans  les  livres  soit  de  l'Ancien  Testament,  soit du  Nouveau.  Voyez  surtout  Ps.  lxxvi,  17-21 cxiii,  1-8;  Sap,  x,  18-19;  Is.  xliii,  16-17;  Act^ VII,  36;  Hebr.  xi,  29.  D'après  i"  '"ta  '
plus  probable  du  vers.  2  (  voj lieu  au-dessous  de  Suez, nord  du  Djebel -Attâkah,j,
4"  Le  cantique
Chat.  XV.  — Tune  cecinit clairement marquable^ prcmioi
t.  II,  138  et  ss.  Il
s 'ois 'cent r.
ino...
Jieu  !  Le
.lent  indi-
ja'ah,  il  a
:    IvSôEwç
vcloppement
commentent
cxntemi
i
i
23G
Ex.  XV,  3-13.
3.  Dominus  quasi  vir  piignator  ;  Omni- potens  nomen  ejus.
4.  Currns  Pliaraonis  et  exercitum  ejus projecit  in  mare;  electi  principes  ejus submersi  sunt  in  mari  Rubro.
5.  Abyssi  operuerunt  eos  ;  descende- runt  in  profundum  quasi  lapis.
6.  Dextera  tua,  Domine,  magnificata est  in  fortitudine;  dextera  tua,  Domine, percussit  inimicum.
7.  Et  in  multitudine  gloriœ  tuse  de- posuisti  adversarios  tuos;  misisti  iram tuam,  quai  dévora  vit  eos  sicut  stipulam.
8.  Et  in  spiritu  furoris  tui  congregatae sunt  aqutc;  stetit  unda  fluens,  congre- gatos  sunt  abyssi  in  medio  mari.
9.  Dixit  inimicus  :  Persequar  et  com- prebendam  ;  dividam  spolia ,  implebitur anima  mea;  evaginabo  gladium  meum, interficiet  eos  manus  mea.
10.  Flavit  spiritus  tuus,  et  operuit  eos mare  ;  submersi  sunt  quasi  plumbum  in aquis  vehementibus.
11.  Quis  similis  tui  in  fortibus,  Do- mine? quis  similis  tui,  magnilicus  in sanctitate,  terribilis  atque  laudabilis, faciens  mirabilia?
12.  Extendisti  manum  tuam,  et  devo- ravit  eos  terra.
13.  Dux  fuisti  in  misericordia  tua populo  quem  redemisti  ;  et  portasti  eum
3.  Le  Seigneur  a  paru  comme  un guerrier;  le  Tout -Puissant,  voilà  son nom,
4.  Il  a  fait  tomber  dans  la  mer  les cliars  du  Pharaon  et  son  armée.  Les  plus grands  d'entre  les  princes  ont  été  sub- mergés dans  la  mer  Piouge.
5.  Ils  ont  été  ensevelis  dans  les  abîmes, ils  sont  tombés  comme  une  pierre  au fond  des  eaux.
6.  Votre  droite,  Seigneur,  a  signalé  sa force;  votre  droite,  ÎSeigneur,  a  frappé l'ennemi.
7.  Et  vous  avez  renversé  vos  adver- saires par  la  grandeur  de  votre  gloire. Vous  avez  lancé  votre  colère,  qui  les  a dévorés  comme  du  chaume.
8.  Et  au  souffle  de  votre  fureur  les eaux  se  sont  amoncelées,  l'onde  mobile s'est  dressée,  les  flots  se  sont  accumulés au  milieu  de  la  mer.
9.  L'ennemi  avait  dit  :  Je  les  poursui- vrai et  je  les  atteindrai  ;  je  p^artagerai leurs  dépouilles,  et  je  me  satisferai  plei- nement; je  tirerai  monépée,  et  ma  main les  fera  mourir,
10.  Votre  haleine  a  soufflé,  et  la  mer les  a  enveloppés  ;  ils  ont  été  submergés sous  la  violence  des  eaux  comme  du plomb.
11.  Qui  d'entre  les  forts  est  semblable à  vous ,  Seigneur  ?  Qui  vous  est  sem- blable, à  vous  qui  êtes  magnifique  en sainteté,  terrible  et  digne  de  louange,  et opérant  des  prodiges  ?
12.  Vous  avez  étendu  votre  main,  et la  terre  les  a  dévorés.
13.  Vous  vous  êtes  fait,  par  votre  mi- séricorde, le  guide  du  peuple  que  vous
magniflcatus  est)  ;  les  vers.  4  et  5  expliquent  le sccontl  {equum...  in  mare).  —  Quasi  vir  pugna- tor.  Métaphore  très  hardie.  —  Omnipotens  no- men ejus.  Hcbr.  :  Jéhovah  est  sin  nom,  —  In jn'ofundum  quasi  lapis.  Auxcrs.  10,  quasi  pi nm- buvi.  Les  chars  et  les  cavaliers  égj^ptiens  étaient bardés  de  fer,  et  par  suite  très  pesants.
6  -10.  Deuxième  strophe.  La  première  était  un prélude  général;  celle-ci  insiste  sur  la  ruine  des Égyptiens.  D'abord  l'action  de  Dieu ,  énergique  et rapide ,  vers.  6  -  7  ;  puis  la  catastrophe  produite , vers.  8-10.  —  Stetit  unda  est  un  trait  particu- lièrement beau  :  l'eau,  si  mobile  par  sa  nature i fluens),  se  dressant  de  chaque  côté  comme  un mur.  —  Dlxit  inimicus...  Le  langage  orgueilleux et  sauvage  des  Égyptiens,  qui  comptaient  sur une  facile  victoire  et  un  riche  butin ,  est  parfai- tement reproduit  par  des  phrases  très  courtes, entrecoupées,  haletantes  :  Persequar,  compre- hcndam...  Et  tout  ù  coup,  d'une  manière  non jooins  prompte,  Jlavit,  operuit,  suhmcrsi  sunt.
Les  nuances  du  texte  hébreu  sont  plus  sublimes encore.
10-18.  Troisième  strophe.  Après  l'éloge  accou- tumé (vers.  11-12;  comp.  les  vers.  1  et  6),  le poète  chante  la  délicate  bonté  de  Dieu  ])our  son peuple  (vers.  13);  surtout  il  contemple  dans l'avenir  les  conséquences  glorieuses  de  ce  triomphe (vers.  14-18).  Il  A'oit  les  nations  voisines  terri- fiées, Israël  installé  heureusement  et  solidement dans  la  Terre  promise,  enfin  Jéhovah  régnant  au milieu  du  peuple  clioisi.  La  description  poétique devient  donc  une  vraie  prophétie.  —  Jn  /ortibus. Plutôt  :  parmi  les  dieux.  Cf.  Ps.  lxxxv,_8.  Le poète  pensait  aux  fausses  divinités  de  l'Egypte et  d'ailleurs.  —  Terribilis  atque  laudabilifi. Hébr.  :  terrible  en  louanges;  c.-ù-d.  redoutable pour  ceux  qui  ont  ù  le  louer,  tant  ses  perfec- tions incomjiarables  sont  au-dessus  de  nos  pauvres petits  éloges  humains.  Et  pourtant  Moïse  le  loue magnifiquemeirt  ici.  —  rortasli...ad  hubilacnlum. Prétérit  prophétique.  L'habitation  sainte  de  Je-
J
Ex.  XV,  14-21.
237
avez  racheté,  et  vous  l'avez  porté  par votre  puissance  jusqu'à  A-^otre  demeure sainte.
14.  Les  peuples  se  sont  élevés  et  ils  se sont  irrités  ;  ceux  qui  habitaient  la  Pa- lestine ont  été  saisis  de  vives  douleurs.
15.  Alors  les  princes  d'Édom  ont  été troublés,  l'épouvante  a  surpris  les  forts de  Moab,  et  tous  les  habitants  de  Cha- naan  ont  séché  de  crainte.
16.  Que  l'épouvante  et  l'effroi  tombe sur  eux,  Seigneur,  i\  cause  de  la  puis- sance de  votre  bras;  qu'ils  deviennent immobiles  comme  une  pierre  jusqu'à  ce que  votre  peuple  ait  passé,  jusqu'à  ce qu'ait  passé  ce  peuple  que  vous  vous êtes  acquis.
17.  Vous  les  introduirez  et  vous  les établirez.  Seigneur,  sur  la  montagne  de votre  héritage,  sur  cette  demeure  très ferme  que  vous  vous  êtes  préparée  vous- même.  Seigneur,  dans  votre  sanctuaire aiïermi  par  vos  mains.
18.  Le  Seigneur  régnera  dans  l'éter- nité et  au  delà  des  siècles.
19.  Car  le  Pharaon  est  entré  à  cheval dans  la  mer  avec  ses  chars  et  ses  cava- liers ,  et  le  Seigneur  a  ramené  sur  eux  les eaux  de  la  mer  ;  mais  les  enfants  d'Israël ont  passé  à  sec  au  milieu  des  eaux.
20.  Marie  la  prophétesse,sœur  d'Aaron, prit  à  sa  main  un  tambourin,  et  toutes les  femmes  marchèrent  après  elle  avec des  tambourins,  formant  des  chœurs  de danse.
21.  Et  Marie  chantait  la  première  en disant  :  Chantons  au  Seigneur,  car  il  a fait  éclater  sa  gloire  et  il  a  précipité dans  la  mer  le  cheval  et  le  cavalier.
in  fortitudine  tua ,  ad  habitaculum  san- ctum  tuum.
14.  Ascendenmt  populi,  et  irati  sunt  ; dolores  obtinuerunt  habitatores  Phili- sthiim.
15.  Tune  conturbati  sunt  principes Edom,  robustes  Moab  obtinuit  tremor; obriguerunt  omnes  liabitatorcs  Chanaan.
16.  Irruat  super  eos  formido  et  pavor, in  magnitudine  brachii  tui  ;  fiant  immo- biles quasi  lapis,  donec  pertranseat  po- pulus  tuus,  Domine,  donec  pertranseat populus  tuus  iste,  quem  possedisti.
17.  Introduces  eos,  et  plantabis  in monte  hereditatis  tuse,  firmissimo  habi- taculo  tuo  quod  operatus  es,  Domine; sanctuarium  tuum,  Domine,  quod  firma- verunt  manus  tuse.
18.  Dominus  regnabit  in  seternum  et ultra.
19.  Ingressus  est  enim  equen  Pharao cum  curribus  et  equitibus  ejus  in  mare, et  rediixit  super  eos  Dominus  aquas  ma- ris ;  fiiii  autem  Israël  ambuiaverunt  per siccum  in  medio  ejus.
20.  Sumpsit  ergo  Maria  prophetissa, soror  Aaron ,  tympanum  in  manu  sua  ; egressseque  sunt  omnes  mulieres  post eam  cum  tympanis  et  choris  ;
21.  Quibus  prsecinebat,  dicens  :  Can- temus  Domino  ;  gloriose  enim  magnifi- catus  est,  equum  et  ascensorem  ejus  de- jecit  in  mare.
►
hovah ,  c'est  la  Pa,lestiue ,  où  il  conduit  actuelle- ment son  peuple.  —  Ascendenmt... ,  irati  sunt. Hébr.  :  les  peuples  l'apprennent ,  et  ils  tremblent. Parmi  les  nations  païennes  alors  domiciliées  en Palestine,  celles  qui  étaient  le  plus  au  sud  sont mentionnées  à  part  :  les  Philistins  au  sud -ouest, les  Idunicens  et  les  Moabites  au  sud -est.  Elles sont  toutes  comprises  sous  l'expression  générale omnes  habitatores  Chanaan.  Remarquez  l'énergie de  tous  les  verbes  :  dolores  obtinuerunt...,  obri- guerunt. —  Irruat...  Les  LXX  et  d'autres  ver- sions anciennes  traduisent  également  par  l'op- tatif ;  les  hébraïsants  contemporains  préfèrent l'emploi  du  futur.  —  Immobiles  quasi  lapis. Forte  image ,  qui  marque  en  même  temps  la  ter- reur et  l'impossibilité  de  nuire;  en  effet,  les  Is- raélites devaient  traverser  le  territoire  de  plu- sieurs de  ces  peuples,  et  s'installer  victorieuse- ment à  la  place  des  autres,  ainsi  que  l'indique le  contexte  (donec  pertixinscai...).  Cette  installa-
tion, Moïse,  dans  les  dernières  lignes  de  son  can- tique (vers.  17-18),  la  contemple  comme  un  évé- nement sûr  et  prochain ,  Dieu  la  voulant  et  l'ayant préparée  de  longue  date.  Les  mots  in  monte hereditatis  ttice,  firmissimo  hahitaculo,  et  san- ctuarium peuvent  désigner  soit  la  Palestine  en- tière, soit  les  collines  de  Sionet  de  Moriah  d'une manière  plus  spéciale.  —  lu  ceternum  et  ultra. Hébr.  :  l"olam  va'ed,  locution  qui  exprime  un avenir  sans  fin.
19.  Conclusion  historique  et  sommaire  du  chant triomphal.  Ce  verset  est  écrit  en  simple  prose.
20-21.  Maria...,  soror  Aaron.  De  même  que IToïso  présidait  le  chœur  des  hommes,  de  môme sa  sœur  Miriam  présidait  celui  des  femmes,  qui répétait  de  temps  à  autre  les  iircmiçrs  vers  du cantique ,  par  manière  de  rcf  rain.  Sur  le  nom  de prophetissa,  voyez  Num.  xii,  2,  où  il  est  dit expressément  que  Marie  avait  reçu  des  commu- nications divines.  —  Cum  tympanis  et  choris.  La
238
Ex.  XV,  22-27.
22.  Tulit  autem  Moj^ses  Israël  de  mari Rubro ,  et  egressi  sunt  in  desertum  Sur  ; ambulaveruntqiie  tribus  diebus  per  soli- tudinem ,  et  non  inveniebant  aquam,
23.  Et  venerunt  in  Mara  ;  nec  poterant bibere  aquas  de  Mara,  eo  quod  essent amarœ  ;  unde  et  congruum  loco  nomen imposuit,  vocans  illum  Mara,  id  est  ama- ritudinem.
24.  Et  murmura  vit  populus  contra Moysen,  dicens  :  Quid  bibemus?
25.  At  ille  clamavit  ad  Dominum,  qui ostendit  ei  lignum  ;  quod  cum  misisset in  aquas,  in  dulcedinem  versae  sunt.  Ibi constituit  ei  prœcepta,  atque  judicia,  et ibi  tenta  vit  eum,
26.  Dicens  :  Si  audieris  vocem  Do- mini  Dei  tui,  et  quod  rectum  est  coram 60  feceris,  et  obedieris  mandatis  ejus, custodierisque  omnia  prœcepta  illius, cunctum  languorem,  quem  posui  in ^gypto ,  non  inducam  super  te  ;  ego enim  Dominus  sanator  tuus.
27.  Venerunt  autem  in  Elim  filii  Is- raël, ubi  erant  duodecim  fontes  aqua- rum ,  et  septuaginta  palmse  ;  et  castra- metati  sunt  juxta  aquas.
22.  Or  Moïse  fit  partir  les  Israélites  de la  mer  Rouge,  et  ils  entrèrent  au  désert de  Sur;  et  ayant  marché  trois  jours  dans le  désert,  ils  ne  trouvaient  point  d'eau.
23.  Ils  arrivèrent  à,  Mara,  et  ils  ne pouvaient  boire  des  eaux  de  Mara,  parce qu'elles  étaient  amères.  C'est  pourquoi  on donna  à  ce  lieu  un  nom  qui  lui  était propre,  en  l'appelant  Mara,  c'est-à-dire amertume.
24.  Alors  le  peuple  murmura  contre Moïse,  en  disant:  Que  boirons -nous  ?
25.  Mais  Moïse  cria  au  Seigneur,  le- quel lui  montra  un  bois  qu'il  jeta  dans les  eaux,  et  les  eaux  devinrent  douces. Dieu  leur  donna  en  ce  lieu  des  préceptes et  des  ordonnances,  et  il  y  éprouva  son peuple,
26.  En  disant  :  Si  vous  écoutez  la  voix du  Seigneur  votre  Dieu  et  que  vous  fas- siez ce  qui  est  juste  devant  ses  yeux,  si vous  obéissez  à  ses  commandements  et si  vous  gardez  tous  ses  préceptes,  je  ne vous  frapperai  point  de  toutes  lés  ma- ladies dont  j'ai  frappé  l'Egypte,  parce que  je  suis  le  Seigneur  qui  vous  guérit.
27.  Les  enfants  d'Israël  vinrent  en- suite à  Elim,  où  il  y  avait  douze  fon- taines et  soixante -dix  palmiers,  et  ils campèrent  auprès  des  eaux.
danse  et  le  tambourin  ont  toujours  été  intime- ment unis  en  Orient.  Cf.  Jud.  xi,  34;  I  Reg. xviir,  6,  etc.,  et  V Atlas  archéol.  de  la  Bible, pi.  LX,  fig.  14-16;  pi.  LXi,  flg.  1,  2,  7,  12.  Le tambourin  servait  à  marquer  la  mesure  ;  la  danse, souvent  associée  à  la  religion,  et  où  les  deux sexes  n'étaient  jamais  mêlés  (voyez  encore  II  Reg. VI,  5;  Ps.  cxLix,  3;  cl,  4),  était  très  grave  à l'origine  et  peu  mouvementée;  AU.  archéol.  de la  Bible,  pi.  lx,  flg.  10-12;  pi.  lxi,  flg.  14.
Section  III. — Itinéraire  des  Hébreux  entre  la
MER  ROUGE  ET  LE  SiNAÏ.  XV,  22  —  XVIII ,  27.
Ce  voyage,  y  compris  les  stations  intermé- diaires, dura  environ  deux  mois.  La  péninsule îiiiaïtique,  qui  sera  pendant  quelque  temps  le théâtre  de  l'histoire  du  peuple  de  Dieu,  est  en forme  de  cœur  ou  de  triangle.  Elle  se  compose de  deux  districts  très  dissemblables  :  au  nord ,  le désert  Et-Tih,  plateau  élevé,  de  calcaire  gri- sâtre ,  qu'entoure  une  ceinture  de  sable  jaune  ou de  grès;  au  sud,  le  massif  gigantesque,  nu, silencieux,  confus  du  Sinaï,  aux  couleurs  vrai- ment étranges,  entrecoupé  de  vallées  ou  ouadis parfois  assez  fertiles.  Voyez  Vigouroux ,  Bible  et découv.,  t.  II,  p.  469  et  ss.;  Atl.  géogr.,  pi.  v.
10  Les  stations  de  Mara  et  d'Élim.  XV,  22-27.
22-26.  Mara.  —  De  mari  liubro.  La  tradition fixe  comme  point  de  départ  la  localité  d'Ayoûn- Mouça,  ou  Fontaines  de  Moïse,  située  sur  la  rive orientale  du  golfe  de  Suez ,  en  face  de  l'Attâkah  ;
on  y  trouve  des  sources  abondantes  et  une  riche végétation.  —  In  desertum  Sur  (hébr.  :  Sur).  Ce nom  représente  toute  la  région  déserte  qui,  après avoir  servi  de  limite  à  l'Egypte  au  nord -est (voir  la  note  de  xin,  20,  et  de  Num.  xxxni,  8), longe  encore  pendant  quelque  temps  le  golfe  de Suez  du  côté  de  l'est.  Ici  c'est  évidemment  cette partie  méridionale  qui  est  désignée.  —  Ambula- verunt...  Marche  pénible  sur  le  sable  et  le  gra- vier, parfois  entre  des  collines  calcaires  sans  vé- gétation; le  manque  d'eau  ajoutait  encore  à  la fatigue.  —  Mara  ne  doit  pas  différer  de  Aïn- Aouara,  station  dont  les  eaux,  tout  imprégnées de  nitre,  sont  encore  réputées  actuellement  les plus  mauvaises  et  les  plus  amères  de  la  pénin- sule (de  là  la  dénomination  de  Marah,  amer), —  Murmuravit  populus.  Que  de  fois  nous  en- tendrons ces  murmures  ingrats  d'Israël  contre le  Seigneur  et  son  représentant  !  —  Ostendit  ei lignum...  Miracle  évident.  Quel  était  ce  bois  ? Peut  -  être  n'avait  -  il  par  lui  -  même  aucune  vertu spéciale,  hormis  celle  que  Dieu  lui  communiqua pour  la  circonstance.  —  Ibi...  tentavit.  C.-à-d. que  le  Seigneur  éprouva  son  peuple  à  Mara,  et qu'il  profita  de  cette  occasion  pour  lui  donner une  leçon  (l'hébreu  emploie  le  singulier,  au  lieu du  pluriel  prœcepta  et  judicia  ).  Cette  leçon  est contenue  au  vers.  26  :  qu'Israël  obéisse  à  son Dieu,  et  il  n'aura  aucun  mal  à,  craindre.
27.  Station  d'Élim.  Ce  fut  probablement  la  beUo vallée  de  Gharandel,  aux  frais  herbages  et  aux
Ex.  XVI,  1-7.
2S0
CHAPITRE  XVI
1.  Toute  la  multitude  des  enfants d'Israël,  étant  partie  d'Elim,  vint  au  dé- sert de  Sin,  qui  est  entre  Eliui  et  le  Sinaï, le  quinzième  jour  du  second  mois  depuis leur  sortie  d' Egypte.
2.  Les  enfants  d'Israël  murmurèrent tous  contre  Moïse  et  Aaron  dans  le  dé- sert ,
3.  En  leur  disant  :  Plût^  à  Dieu  que nous  fussions  morts  dans  l'Egypte  par  la main  du  Seigneur,  lorsque  nous  étions assis  près  des  marmites  pleines  de  viandes et  que  nous  mangions  du  pain  à  satiété  ! Pourquoi  nous  avez -vous  amenés  dans ce  désert,  pour  y  faire  mourir  de  faim tout  le  peuple  ?
4.  Alors  le  Seigneur  dit  à  Moïse  :  Je vais  vous  faire  pleuvoir  des  pains  du ciel;  que  le  peuple  aille  en  amasser  ce qui  lui  suffira  pour  chaque  jour,  afin  que j'éprouve  s'il  marche  ou  uon  dans  ma  loi.
5.  Qu'ils  en  ramassent  le  sixième  jour pour  la  garder  chez  eux,  et  qu'ils  en recueillent  deux  fois  autant  qu'en  un autre  jour.
6.  Alors  Moïse  et  Aaron  dirent  à  tous les  enfants  d'Israël  :  Vous  saurez  ce  soir que  c'est  le  Seigneur  qui  vous  a  tirés  de l'Egypte,
7.  Et  vous  verrez  demain  matin  éclater la  gloire  du  Seigneur,  parce  qu'il  a  en- tendu vos  murmures  contre  lui.  Mais  qui sommes-nous,  pour  que  vous  murmuriez contre  nous  ?
1.  Profectique  sunt  de  Elim,  et  ve- nit  omnis  multitude  filiorum  Israël  in desertum  Sin,  quod  est  inter  Elim  et Sinai,  quihtodeeimo  die  mensis  secundi, postquam  egressi  sunt  de  terra  JEgy\)ti.
2.  Et  murmuravit  omnis  congregatio filiorum  Israël  contra  Moysen  et  Aaron in  solitiidine  ;
3.  Dixeruntque  filii  Israël  ad  eos  : Utinam  mortui  essemus  per  manum  Do- mini  in  terra  iEgypti ,  quando  sedeba- mus  super  ollas  carniura,  et  comedeba- mus  panem  in  saturitate!  Cur  eduxistis nos  in  desertum  istud,  ut  occideretis omnem  multitudinem  famé?
4.  Dixit  autem  Dominus  ad  Moysen  : Ecce,  ego  pluam  vobis  panes  de  cselo  ; egrediatur  populus,  et  colligat  quse  suf- ficiunt  per  singulos  dies,  ut  tentem  eum utrum  ambulet  in  lege  mea,  an  non.
5.  Die  autem  sexto  parent  quod  infé- rant; et  sit  duplum  quam  colligere  so- lebant  per  singulos  dies.
6.  Dixeruntque  Moyses  et  Aaron  ad omnes  tilios  Israël  :  Vespere  scietis  quod Dominus  eduxerit  vos  de  terra  ^Egypti  ;
7.  Et  mane  v^idebitis  gloriam  Domini  ; audivit  enim  uiurmur  vestrum  contra Dominum  ;  nos  vero  quid  sumus,  quia mussitastis  contra  nos?
eaux  excellentes,  à  deux  heures  seulement  au Bud  de  Aïn-Aouara  {AU.  géogr.,  pi.  v).  On  y  flt un  séjour  d'un  mois  environ,  d'après  xvi,  1.
20  Les  cailles  et  la  manne  dans  le  désert  de Sin.  XVI,  1-36.
Chap.  XVI.  —  1.  Station  du  désert  de  Sin.  — Au  sortir  d'Élim,  le  pays  change  de  caractère, et  l'on  entre  peu  k  peu  dans  les  montagnes.  Le livre  des  Nombres,  xxxin,  10,  mentionne  une station  intermédiaire,  qui  amena  de  nouveau  les Hébreux  au  bord  de  la  mer,  vraisemblablement à  l'entrée  de  l'ouadi  Tayibeh,  au-dessous  des sources  thermales  nommées  Hammâm-Farôn.  Là commence  le  desertus  Sin,  longue  plaine  sablon- neuse qui  borde  le  rivage,  dans  la  direction  du sud.  Le  lieu  du  campement  fut,  croit -on,  Aïn- Murkah ,  au  nord  -  ouest  de  l'ouadi  Mokatteb.  — Quintodecimo....  Les  Hébreux  s'étaient  mis  en route  le  14  du  premier  mois,  au  soir.
2-3.  Mui-mures  du  peuple.  Cf.  xiv,  11-12; XV,  24.  —  Mortui...  par  manum  Domini:  c.-à-d.
par  les  plaies  l'Egypte ,  d'une  manière  rapide. Ils  redoutent  de  mourir  lentement  de  faim  dans le  désert  (vers.  3).  —  Quando...  super  allas... Description  pittoresque  de  leur  bien-être  anté- rieur. [Is  oublient  leurs  rudes  corvées,  pour  ne songer  qu'à  la  nourriture  abondante  et  appétis- sante de  l'Egypte.  Cf.  Num.  xi,  5,  et  l'Atlas crchéol.  de  la  Bible,  pi.  xxi,  fig.  8-8,  10-13; pi.  xxir,  flg.  3.
4-5.  Dieu  promet  aux  Hébreux  un  pain  cé- leste, surnaturel.  Mais  à  son  bienfait  il  ajoute, comme  précédemment,  l'épreuve  de  la  foi  (ut tenttm...  ).  Cette  épreuve  sera  double  :  1»  colli- gat quce  saffi,ciunt... ,  il  rien  de  plus  ;  2°  die... sexto ,  la  vedle  du  sabbac  ils  devront  recueillir leur  ration  pour  deux  jours.  Ils  seront  ainsi abandonnés  à  la  merci  de  la  Providence.  "Voir  les détails  aux  vers.  16  et  ss.
6-8.  Moïse  et  Aaron  annoncent  à  Israël  les deux  mh'acles  consécutifs  que  Jéhovah  leur  pré- pare. D'abord  un  exorde  solennel  aux  vers.  6  et  7;
240
Ex.  XVI,  8-16.
8.  Et  ait  Moj'ses  :  Dabit  vobis  Domi- nus  vespere  carnes  edere,  et  mane  panes in  satiiritate,  eo  quod  audierit  murmura- tiones  vestras  quibus  murmurati  estis contra  eum;  nos  enim  quid  sumus?  nec contra  nos  est  murmur  vestrum,  sed contra  Dominum.
9.  Dixit  quoque  Moyses  ad  Aaron  : Die  univers £8  congregationi  filiorum  Is- raël :  Accedite  coram  Domino  ;  audivit enim  murmur  vestrum.
10.  Cumque  loqueretur  Aaron  ad  om- nem  cœtum  filiorum  Israël,  respexerunt ad  solitudinem  ; apparuit  in  nube
et  ecce  gioria   Domini
11.  Locutus  est  autem  Dominus  ad Moysen,  dicens  :
12.  Audivi  murmurationes  filiorum Israël  ;  loquere  ad  eos  :  Vespere  come- detis  carnes,  et  mane  saturabimini  pa^ nibus,  scietisque  quod  ego  sum  Domi- nus Deus  vester.
13.  Factum  est  ergo  vespere,  et  ascen- dens  coturnix,  coopérait  castra;  mane quoque  ros  jacuit  per  circuitum  castro- rum.
14.  Cumque  operuisset  superficiem terrae,  apparuit  in  solitudine  minutum, et  quasi  pilo  tusum,  in  similitudinem pruinae  super  terram.
15.  Quod  cum  vidissent  filii  Israël, dixerunt  ad  invicem  :  Manhu?  quod  si- gnificat  :  Quid  est  hoc?  ignorabant  enim quid  esset.  Quibus  ait  Moyses  :  Iste  est panis,  quem  Dominus  dédit  vobis  ad  ves- cendum.
16.  Hic  est  sermo,  quem  prœcepit  Do- minus :  Colligat  unusquisque  ex  eo  quan- tum sufficit  ad  vescendum  ;  gomor  per singula  capita,  juxta  numerum  anima-
8.  Moïse  ajouta  :  Le  Seigneur  vous donnera  ce  soir  de  la  chair  à  manger,  et au  matin  il  vous  rassasiera  de  pains, parce  qu'il  a  entendu  les  paroles  de  mur- mure que  vous  avez  fait  éclater  contre lui.  Car  pour  nous,  qui  sommes -nous? Ce  n'est  point  nous  que  vos  murmures attaquent,  c'est  le  Seigneur.
9.  Moïse  dit  aussi  à  Aaron  :  Dites  ù, toute  l'assemblée  des  enfants  d'Israël  : Approchez-vous  devant  le  Seigneur,  car il  a  entendu  vos  murmures.
10.  Et  lorsque  Aaron  parlait  encore  à toute  l'assemblée  des  enfants  d'Israël ,  ils regardèrent  du  côté  du  désert,  et  la gloire  du  Seigneur  parut  tout  d'un  coup sur  la  nuée.
11.  Alors  le  Seigtieur  parla  à  Moïse  et lui  dit  :
12.  J'ai  entendu  les  murmures  des  en- fants d'Israël;  dites -leur  :  Vous  man- gerez ce  soir  de  la  chair,  et  au  matin vous  serez  rassasiés  de  pains,  et/ vous saurez  que  je  suis  le  Seigneur  votre  Dieu.
13.  Et  il  vint  donc  le  soir  un  grand nombre  de  cailles  qui  couvrirent  tout  le camp,  et  le  matin  il  y  eut  aussi  une couche  de  rosée  tout  autour  du  camp.
14.  Et  la  surface  de  la  terre  en  étant couverte,  on  vit  paraître  dans  le  désert quelque  chose  de  menu  et  comme  pilé au  mortier,  qui  ressemblait  à  de  la  gelée blanche  sur  la  terre.
15.  Ce  que  les  enfants  d'Israël  Siya,nt vu,  ils  se  dirent  l'un  à  l'autre  :  Manhu, c'est-à-dire  :  Qu'est-ce  que  cela  ?  Car  ils ne  savaient  ce  que  c'était.  Moïse  leur dit  :  C'est  là  le  pain  que  le  Seigneur  vous donne  à  manger.
16.  Et  voici  ce  que  le  Seigneur  or- donne :  Que  chacun  en  ramasse  ce  qu'il lui  en  faut  pour  manger.  Prenez -en  un gomor  pour  chaque  personne,   selon  le
puis  la  promesse  proprement  dite  :  vespere  carnes, les  cailles;  mane  panes,  la  mamie  (vers.  8»); enfin  un  juste  reproche  (8*>)  :  eo  quod  audierit...
9-12.  Le  Seigneur  manifeste  sa  gloire  et  réitère les  promesses  faites  en  son  nom.  —  Gloria...  in nuhe  :  dans  la  colonne  de  nuée,  qui  devint  sans doute  alors  tout  éclatante  de  lumière.
IS».  Les  caiUes.  —  Cooperuit  castra.  Au  prin- temps, des  quantités  innombrables  de  cailles, émigrant  du  sud  au  nord ,  abordent  sur  les  rives septentrionales  de  la  mer  Rouge,  et,  fatiguées par  leur  long  vol,  elles  se  laissent  prendre  à  la main  ou  tuer  à  coups  de  bâton.  Ce  miracle  con- sista, comme  les  pêches  miraculeuses  de  l'Évan- gile, dans  la  coïncidence  parfaite  de  l'événement avec  la  proi»hétie.
131^-15.  La  manne.  —  Eos  jacuit...  La  rosée, avec  la  brume  qui  l'accompagne.  —  Ilinulum, pilo  tusum,  pruince.  Divers  traits  qui  donnent une  idée  assez  exacte  de  l'apparence  extérieure de  la  maime.  Cf.  vers.  31.  Sur  l'usage  culinaire du  mortier  et  du  pilon  chez  les  Égyptiens,  voyez VAtl.  archéol.  de  la  Bible,  pi.  xx,  fig.  18. — Manhu. Racine  :  màn ,  forme  populaire  de  mah ,  «  quid,  » et  liu,  ceci.  Selon  d'autres,  le  premier  mot  dé- riverait de  manali ,  mesurer,  et  signifierait  :  don, portion.
16-18.  Moïse  transmet  au  peuple,  de  la  part de  Dieu,  quelques  règles  concernant  la  récolte de  la  manne.  Ces  trois  versets  déterminent  la quantité  à  recueillir  chaque  jour  :  en  principe, quantum  svfflcit  pour  la  nourriture  quotidienne;
Ex.  XVI,  17-27.
241
nombre    de    ceux  qui   deiacurent    dans chaque  tente.
17.  Les  enfants  d'Israël  firent  ce  qui leur  avait  été  ordonné,  et  ils  en  ramas- sèrent les  uns  pluf^,  les  autres  moins.
18.  Et  rayant  mesuré  ii  la  mesure  du gomor,  celui  qui  en  avait  plus  amassé n'en  eut  pas  davantage,  et  celui  qui  en avait  moins  préparé  n'en  avait  pas  moins, mais  il  se  trouva  que  chacun  en  avait amassé  selon  qu'il  en  pouvait  manger.
19.  Moïse  leur  dit  :  Que  personne  n'en garde  jusqu'au  matin.
20.  Mais  ils  ne  l'écoutèrent  point,  et quelques-uns  en  aj^ant  gardé  jusqu'au matin,  il  s'y  mit  des  vers,  et  cela  se  cor- rompit. Et  Moïse  s'irrita  contre  eux.
21.  Chacun  donc  en  recueillait  le  matin autant  qu'il  lui  en  fallait  pour  se  nourrir, et  lorsque  la  chaleur  du  soleil  était  venue, elle  se  fondait.
22.  Le  sixième  jour  ils  en  recueillirent une  fois  plus  qu'à  l'ordinaire,  c'est-à-dire deux  gomors  pour  chaque  personne.  Or tous  les  princes  du  peuple  en  vinrent donner  avis  à  Moïse,
23.  Qui  leur  dit  :  C'est  ce  que  le  Sei- gneur a  déclaré  ;  demain  est  le  jour  du sabbat,  dont  le  repos  est  consacré  au Seigneur.  Faites  donc  aujourd'hui  tout  ce que  vous  avez  à  faire,  faites  cuire  tout ce  que  vous  avez  à  cuire,  et  gardez  pour demain  matin  ce  qui  vous  restera.
24.  Ils  firent  ce  que  Moïse  leur  avait commandé,  et  la  manne  ne  se  corrompit point,  et  on  n'}--  trouva  pas  de  vers.
25.  Moïse  leur  dit  ensuite  :  Mangez aujourd'hui  ce  que  vous  avez  gardé, parce  que  c'est  le  sabbat  du  Seigneur  et que  vous  n'en  trouverez  point  aujourd'hui dans  la  campagne.
2G.  Recueillez  donc  la  manne  pendant six  jours;  mais  le  septième  jour  est  le sabbat  du  Seigneur,  c'est  pourquoi  vous n'en  trouverez  pas.
27.  Le  septième  jour  étant  venu,  quel-
rum  vestrarum  quse  habitant  m  tabcrna- culo,  sic  tollctis,
17.  Feceruntque  ita  filii  Israël  et  col- legerunt,  alius  plus,  alius  minus.
18.  Et  mensi  sunt  ad  mensuram  go- mor; nec  qui  plus  coUegerat,  habuit amplius  ;  nec  qui  minus  paraverat,  re- l)erit  minus;  sed  singuli  juxta  id  quod edere  potcrant,  congregaverunt.
19.  Dixitque  Moyses  ad  eos  :  Nullus relinquat  ex  eo  in  mane.
20.  Qui  non  audierunt  eum,  sed  di- miserunt  quidam  ex  eis  usque  mane,  et scatere  cœpit  vermibus,  atque  compu- truit  ;  et  iratus  est  contra  eos  Moyses.
21.  Colligebant  autem  mane  singuli, quantum  sufficere  poterat  ad  vescen- dum;  cumque  incaluisset  sol,  liqueôe- bat.
22.  In  die  autem  sexta  collegerunt cibos  duplices,  id  est,  duo  gomor  per singulos  homines.  Venerunt  autem  omnes principes  multitudinis,  et  narraverunt Moysi,
23.  Qui  ait  eis  :  Hoc  est  quod  locutus est  Dominus  :  Requies  sabbati  sanctifi- cata  est  Domino  cras  ;  quodcumque  ope- randum  est  facite,  et  quae  coquenda  £unt coquite  ;  quidquid  autem  reliquum  fuerit, reponite  usque  in  mane.
24.  Feceruntque  ita  ut  prœceperat Moyses,  et  non  computruit,  neque  ver- mis  inventus  est  in  eo.
25.  Dixitque  Moyses  :  Comedite  illud hodie,  quia  sabbatum  est  Domini  ;  non invenietur  hodie  in  aerro.
26.  Sex  diebus  colligite  ;  in  die  autem septimo  sabbatum  est  Domini,  idcirco non  invenietur.
27.  Venitque  septima  dies  ;  et  egressi
d'une  façon  précise  :  un  gomor  (hébr.  :  'orner) par  tête,  c. -ù-d.  la  dixième  partie  d'un  'éfah, Tors.  36  (3  litres  88). —  Alius  plus ,  alius  minus. -Déjà  un  manque  de  foi  et  d'obéissance.  Aussi  le Seigneur  opère -t -il  *ï  miraculum  in  miraculo  » pour  instruire  les  siens  (vers.  18).
19-21.  Seconde  règle  :  ne  pas  faire  de  réserve pour  le  lendemain.  —  Non  audierunt.  Autre désobéissance,  et  autre  miracle  :  scatere...  ver- mibus. —  Au  vers.  21,  détail  intéressant  sur l'heure  de  la  récolte  :  mane;  plus  tard,  la  manne non  recueillie  et  laissée  à  terre  se  fondait  aux r.i\'ons  du  soleil.
22-30.  Troisième  règle,  propre  au  jour  du sabbat.  Ce  passage  est  important,  parce  qu'il contient  les  premières  prescriptions  directes  rela- tives au  repos  du  sabbat  chez  les  Hébreux.  — Cibos  duplices;  par  conséquent  deux  '^omer,  en vertu  des  ordres  donnés  par  Dieu  à  Moïse  (vers.  5), et  transmis  par  celui-ci  au  peuple.  Les  notables virent  donc  à  tort  en  cela  une  nouvelle  trans- gression des  lois  imposées.  —  Requies  sabbati. En  héhv. -.sabbaton  sabbat.  Le  mot  sabbat  signifie repos.  —  Los  vers.  24  et  25  signalent  deux  nou- A'clles  cirrîonstaiices  miraculeuses  :  non  compu- ffuit...,  iou  iiiLcuiciar.  —  Au  vers.  21),  les  mois
212
Ex.  XVI,  28-36.
(le  populo  ut  colligerent,  non  invene- lunt.
28.  Dixit  autem  Dominus  ad  Moysen: Usquequo  non  vultis  custodire  mandata mea,  et  legem  meam?
29.  Videte  quod  Dominus  dederit  vobis sabbatum,  et  propter  hoc  die  sexta  tri- buit  vobis  cibos  duplices  ;  maneat  unus- quisque  apud  semetipsum,  nullus  egre- diatur  de  loco  suo  die  septimo.
30.  Et  sabbatizavit  populus  die  septi- mo.
31.  Appellavitque  domus  Israël  no- men  ejus  Man.  quod  erat  quasi  semen coriandri  album,  gustusque  ejus  quasi similœ  cum  nielle.
32.  Dixit  autem  Moyses  :  Iste  est  ser- mo,  quem  prsecepit  Dominus  :  Impie  go- mor  ex  eo,  et  custodiatur  in  futuras rétro  generationes ,  ut  noverint  panem quo  alui  vos  in  solitudine,  quando  educti estis  de  terra  JEgypti.
33.  Dixitque  Moyses  ad  Aaron  :  Sume vas  unum,  et  mitte  ibi  man,  quantum potest  capere  gomor,  et  repone  coram Domino  ad  servandum  in  generationes vestras ,
34.  Sicut  prsecepit  Dominus  Moysi. Posuitque  illud  Aaron  in  tabernaculo  re- servandum.
35.  Filii  autem  Israël  comederunt  man quadraginta  annis,  donec  venirent  in terram  habitabilem  ;  hoc  cibo  aliti  sunt, usquequo  tangerent  fines  terrae  Chanaan.
36.    Gomor   autem    décima   pars    est cphi.
ques-uns  du  peuple  allèrent  pour  re- cueillir de  la  manne,  et  ils  n'en  trou- vèrent point.
28.  Alors  le  Seigneur  dit  à  Moïse  : Jusques  à  quand  refuserez -vous  de  gar- der mes  commandements  et  ma  loi?
29.  Considérez  que  le  Seigneur  a  établi le  sabbat  parmi  vous  et  qu'il  vous  donne pour  cela,  le  sixième  jour,  une  double nourriture.  Que  chacun  donc  demeure chez  soi ,  et  que  nul  ne  sorte  de  sa  place au  septième  jour.
30.  Ainsi  le  peuple  garda  le  sabbat  au septième  jour.
31.  Et  la  maison  d'Israël  donna  à  cette nourriture  le  nom  de  manne.  Elle  res- semblait à  la  graine  de  coriandre;  elle était  blanche,  et  elle  avait  le  goût  de  la farine  mêlée  avec  du  miel.
32.  Moïse  dit  encore  :  Voici  ce  qu'a ordonné  le  Seigneur  :  Emplissez  de  manne un  gomor,  et  qu'on  la  garde  pour  les races  à  venir,  afin  qu'elles  sachent  quel a  été  le  pain  dont  je  vous  ai  nourris  dans le  désert,  après  que  vous  avez  été  tirés de  l'Egypte.
33.  Moïse  dit  donc  à  Aaron  :  Prenez un  vase  et  mettez-y  de  la  manne  autant qu'un  gomor  en  peut  tenir,  et  placez -le devant  le  Seigneur,  afin  qu'elle  se  garde pour  les  races  h  venir,
34.  Selon  que  le  Seigneur  l'a  ordonné à  Moïse.  Et  Aaron  mit  ce  vase  en  ré- serve dans  le  tabernacle.
35.  Or  les  enfants  d'Israël  mangèrent de  la  manne  pendant  quarante  ans,  jus- qu'à ce  qu'ils  vinssent  dans  la  terre  où ils  devaient  habiter.  C'est  ainsi  qu'ils furent  nourris  jusqu'à  ce  qu'ils  tou- chassent les  frontières  du  pays  de  Cha- naan.
3G.  Or  le  gomor  est  la  dixième  partie de  l'éphi.
rtullus  egrediatur  ne  s'appliquent  pas  aux  tentes individuelles,  mais  à  l'enscirble  du  camp.
31.  Xote  rétrospective  sur  le  nom,  l'apparence et  le  goût  de  la  manne.  —  Semen  coriandri.  La coriandre  est  une  plante  de  la  famille  des  ombel- lifcres  ;  elle  abonde  en  Orient.  Sa  graine  est  ronde, petite,  et  d'un  gris  blanchâtre  ou  jaunâti'e.  Voy. VAil.  d'hist.  nat.  de  la  Bible,  pi.  xxv,  flg.  4,  — Giistus...  similcc  cum  mtUe.  Num.  xi,  8,  le  goût de  la  manne  est  comparé  à  celui  de  l'huile  d'olive fraîche.
32-31.  Autre  prescription  :  on  devra  conserver un  gomor  de  manne  comme  un  mémorial  per- l)étuel  du  prodige.  —  Custodiatur  in...  genera- tiones. Encore  un  nouveau  miracle.  —  Coram Domino  in  tabernaculo.  Le  tabernacle  n'existant
pas  encore  à  cette  époque,  cette  dernière  règle est  peut-être  insérée  ici  par  anticipation.  Ou  bien, ces  mots  désignent  le  lieu  provisoire  où  l'on  offrait les  sacrifices.  Cf.  xviii,  12^.
35-36.  La  durée  de  la  manne.—  Quadraginta annis,  jusqu'au  moment  où  les  Hébreux  fran- chirent le  Jourdain  pour  prendre  possession  de la  Palestine.  Cf.  Jos.  v,  10-12,  Toutefois,  la  manne ne  fut  pas  leur  nourritiu'e  exclusive  :  leurs  trou- peaux leur  fournissaient  du  lait,  du  beurre,  de la  viande.  Ils  purent,  du  reste,  se  procurer  des provisions  de  divers  genres  auprès  des  Arabes  du désert  (Dcut.  ii,  6  ;  Jos.  l,  11) ,  et  même  cultiver du  blé  pendant  leurs  stations  les  plus  prolongées. Le  récit  sacré,  Num.  vu,  13-14,  nous  les  montre possédant,  jusqu'au  bout,  de  la  farine  pour  les  sa-
12*
I
Ex.  XVII,  1-6.
241
CHAPITRE  XVII
1.  Tons  les  enfants  d'Israël  étant  donc partis  du  désert  de  Sin ,  selon  les  stations que  le  Seigneur  leur  avait  marquées,  ils campèrent  à  Raphidim,  où  il  ne  se trouva  point  d'eau  à  boire  pour  le  peuple.
2.  Alors  ils  murmurèrent  contre  Moïse, et  lui  dirent  :  Donnez -nous  de  l'eau  à boire.  Moïse  leur  répondit  :  Pourquoi murmurez  -  vous  contre  moi  ?  Pourquoi tentez -vous  le  Seigneur?
3.  Le  peuple,  se  trouvant  donc  en  ce lieu  pressé  de  la  soif  et  sans  eau,  mur- mura contre  Moïse,  en  disant  :  Pourquoi nous  avez-voLis  fait  sortir  d'Egypte,  pour nous  faire  mourir  de  soif,  nous  et  nos enfants ,  et  nos  troupeaux  ?
4.  Moïse  cria  alors  au  Seigneur,  et  lui dit  :  Que  ferai -je  à  ce  peuple?  Il  s'en faut  peu  qu'il  ne  me  lapide.
5.  Le  Seigneur  dit  à  Moïse  :  Passez devant  le  peuple,  menez  avec  vous  des anciens  d'Israël,  prenez  en  votre  main la  verge  dont  vous  avez  fi-appé  le  fleuve, et  allez.
6.  Voici  !  Je  me  trouverai  présent  de- vant vous  sur  le  rocher  d'Horeb  ;  vous frapperez  le  rocher,  et  il  en  sortira  de l'eau,  afin  que  le  peuple  ait  à  boire.  Et Moïse  fit  ainsi,  en  présence  des  anciens d'Israël.
1.  Igifur  profecta  omnis  multitude  fî- liorum  Israël  de  deserto  Sin  per  mansio- nes  suas,  juxta  sermonem  Domini,  ca- strametati  sunt  in  Raphidim,  ubi  non erat  aqua  ad  bibendum  populo.
2.  Qui  jurgatus  contra  Moysen,  ait  : Da  nobis  aquam,  ut  bibamus.  Quibus respondit  Moyses  :  Quid  jurgamini  con- tra me?  cur  tentatis  Dominum?
3.  Sitivit  ergo  ibi  populus  pr£e  aquœ penuria,  et  murmuravit  contra  Moysen, dicens  :  Cur  fecisti  nos  exire  de  ^gypto, ut  occideres  nos,  et  liberos  nostros,  ac jumenta,  siti?
4.  Clamavit  autem  Moyses  ad  Domi- num, dicens  :  Quid  faciam  populo  huic? adhuc  paululum,  et  lapidabit  me.
5.  Et  ait  Dominus  ad  Moysen  :  Ante- cede  populum,  et  sume  tecum  de  senio- ribus  Israël  ;  et  virgam  qua  percussisti fluvium,  toile  in  manu  tua,  et  vade.
6.  En  ego  stabo  ibi  coram  te,  supra petram  Horeb  ;  percutiesque  petram ,  et exibit  ex  ea  aqua,  ut  bibat  populus.  Fecit Moyses  ita  coram  senioribus  Israël  ;
criflcos,  —  Sur  les  vaines  tentatives  des  rationa- listes pour  identifier  la  manne  des  Hébreux  avec la  gomme  épaisse  et  mielleuse  qu'exsude  le  «  Ta- niarix  mannifera  »  aux  envii'ons  du  Sinaï,  voyez Yigouroux,  la  Bible  et  les  découv.  modernes, 11,492  etss.;  le  Man.  Ubl.,t.  I,  n.  374;  C.  James, les  Hébreux  dans  l'isthme  de  Suez,  Paris,  1872; VAtl.  d'hist.  nat.  de  la  Bible,  pi.  xxviii,  fig.  6. Outre  que  ce  pi'oduit  est  lui  médicament  plutôt qu'une  nourriture,  la  péninsule  n'en  aurait  pas fourni  suffisamment  aux  Hébreux  pour  un  seul repas.  Mais  siirtout,  la  manne  est  constamment présentée  dans  le  récit  sacré  comme  un  aliment surnaturel,  miraculexix  de  toutes  manières.
3'^  Station  de  Raphidim  ;  l'eau  miraculeuse  du rocher.  XYII,  1-7.
Chap.  XVII.  —  L.  Du  désert  de  Sin  à  Raphi- dim. —  Per  mansiones  suas.  Le  livre  des  Nombres, xxxin,  12-14,  dans  la  nomenclature  complète  des stations  du  désert ,  signale  ici  celles  de  Daphca  et d'Alus.  Les  Israélites  pénètrent  maintenant  dans les  vallées  qui  conduisent  directement  au  cœur du  massif  sinaïtique.  —  Raphidim.  Ce  nom  si- gnifie :  haltes,  lieux  de  repos.  L'emplacement traditionnel  de  Raphidim  est  à  l'endroit  où  l'ouadi
Féirân  est  rejoint  par  l'ouadi  Aléyat,  au  nord- est  du  mont  Serbal.  Il  y  a  là  une  vallée  large  et fertile  ;  les  montagnes  se  dressent  en  formes  fan- tastiques, et  l'on  est  à  un  jour  de  marche  du Sinaï.  Cf.  xix,  2. —  Non  erat  aqua.  Les  sources qui  arrosent  d'ordinaire  l'ouadi  Féirân  sont  par- fois complètement  à  sec.  (Atl.  géogr.,  pi.  v.)
2-4.  Plaintes  du  peuple;  prière  de  Moïse. Comme  précédemment,  les  plaintes  sont  amères, injustes,  violentes,  et  Moïse  se  maintient  à  la hauteur  de  son  rôle.
5-7.  Le  miracle  (l'ordre  divin ,  5  -  6»  ;  son  exé- cution, e*»;  conclusion  historique,  7). — Anteccda populum.  Moïse  reçoit  l'ordre  de  s'éloigner  à quelque  distance  du  camp  Israélite  ;  il  sembl donc  que  le  prodige  n'eut  point  lieu  en  présence de  tout  le  peuple,  et  c'est  pour  ce  motif  que Dieu  voulut  associer  quelques  «  anciens  »  à  Moïse, pour  qu'ils  sei-vissent  ensuite  de  témoins.  —  Ego stabo...  De  quelle  manière?  Peut-être  sous  la forme  de  la  colonne  de  nuée,  pour  déterminer ainsi  le  rocher. —  Fecit  Moyses  ita.  Les  allusions à  ce  grand  miracle  ne  manquent  ni  dans  les  autres écrits  bibliques ,  ni  même  dans  l'histoire  profane. Cf.  Deut.  VI,  16;  Ps.  lxxyu,  15-16;  cxm,  8;
244
Ex.  XVII,  7-13.
7.  Et  vocavit  iiomen  loci  illius,  Ten- tatio,  propter  jnrgium  liliorum  Israël, et  quia  tentaverunt  Dominum,  dicentes  : Estne  Dominas  in  nobis,  an  non?
8.  Yenit  autem  Amnlec,  et  pugnabat co'.itra  Israël  in  Raphidim,
9.  Dixitque  Moyses  ad  Josue  :  Elige viros,  et  egressus,  pugna  contra  Amalec  ; cras  ego  stabo  in  vertice  collis,  habens virgam  Dei  in  manu  mea.
10.  Fecit  Josue  ut  locutus  erat  Moyses, et  pugnavit  contra  Amalec  ;  Moyses  au- tem et  Aaron  et  Hur  ascenderunt  super verticem  collis.
11.  Cumque  levaret  Moyses  manus, vincebat  Israël  ;  sin  autem  paululum  re- misisset,  superabat  Amalec.
12.  Manus  autem  Moysi  erant  graves  ; sumentes  igitur  lapidem ,  posuerunt  sub- ter  eum ,  in  quo  sedit  ;  Aaron  autem  et Hur  sustentabant  manus  ejus  ex  utraque parte.  Et  factum  est  ut  manus  illius  non lassarentur  usque  ad  occasum  solis.
13.  Fugavitque  Josue  Amalec  et  popu- lum  ejus,  in  ore  gladii.
7.  Et  il  appela  ce  lieu  la  Tentation,  à cause  du  murmure  des  enfants  d'Israël et  parce  qu'ils  tentèrent  là  le  Seigneur, en  disant  :  Le  Seigneur  est -il  au  milieu de  nous,  ou  n'y  est -il  pas  ?
8.  Cependant  Amalec  vint  à  Raphidim combattre  contre  Israël.
9.  Et  Moïse  dit  à  Josué  :  Choisissez des  hommes,  et  allez  combattre  contre Amalec.  Je  me  tiendrai  demain  sur  le haut  de  la  colline,  ayant  en  main  la verge  de  Dieu.
10.  Josué  fit  ce  que  Moïse  lui  avait dit,  et  il  combattit  contre  Amalec.  Mais Moïse,  Aaron  et  Hur  montèrent  sur  le haut  de  la  colline.
11.  Et  lorsque  Moïse  tenait  les  mains élevées,  Israël  était  victorieux;  mais lorsqu'il  les  abaissait  un  peu,  Amalec avait  l'avantage.
,  12.  Cependant  les  mains  de  Moïse étaient  fatiguées.  C'est  pourquoi  ils prirent  une  pierre  qu'ils  placèrent  soi^ lui ,  et  il  s'y  assit  ;  et  Aaron  et  Hur  lui soutenaient  les  mains  des  deux  côtés. Ainsi  ses  mains  ne  se  lassèrent  point jusqu'au  coucher  du  soleil.
13.  Josué  mit  donc  en  fuite  Amalec et  son  peuple  au  fil  de  l'épée.
Tacit.,  Eist.,  v,  3.  Voir  surtout  l'étonnant  com- mentaire de  saint  Paul,  I  Cor.  x,  4  :  «  Petra autem  erat  Cliristus.  »  —  Nomen  loci...  Tentatio. Dans  l'hébreu  :  Il  appela  ce  lieu  Massah  et M^rihali.  Les  mots  suivants  expliquent  ce  double nom  :  propter  jurgium  (hébr.:  '^al-rib)...,et  quia tentaceruiit  (hébr.  :  ^al-nassotân).
4'>  Attaque  et  défaite  des  Amalécites.  XVII, 8-lG.
8-10.  Début  du  combat.  —  Venit...  Amalec.  Ce peuple,  issu  d'Ésavi,  Gen.  xxxvi,  12,  était  le  plus puissant  parmi  ceux  qui  habitaient  alors  la  pé- ninsule du  Sinaï.  Cf.  JSTixm,  xxiv,  20.  Ses  luttes fréquentes  avec  les  Égyptiens  avaient  contribué à  l'aguerrir.  Il  occupait  d'ordinaire  le  district  sep- tentrional de  la  presqu'île  ;  mais ,  à  la  façon  des Bédouins  actuels,  11  avait  été  attiré  auprès  du Sinaï  par  les  pâturages  qui  y  sont  très  frais  à cette  époque  de  l'année.  —  Pugnabat.  Pour  dé- fendre ces  précieux  herbages.  D'après  Deut. XXV,  18,  les  Amalécites  attaquèrent  tout  d'abord l'arrière  -  garde  des  Hébreux ,  qui  fut  bientôt mise  en  déroute.  —  Josue  fait  ici  sa  première apparition ,  déjà  toute  glorieuse ,  sur  la  scène historique.  Son  autorité  ira  toujours  grandissant. Cf.  XXXV,  13;  XXXII,  17;  xxxiii,  11;  Num.  xiv, 6-9;  xxvii,  18  et  ss.  —  Elige  viras.  Dans  ces vallées,  resserrées  entre  les  montagnes,  il  était Impossible  que  tous  les  Hébreux  prissent  part  au combat,  et  il  importait  de  n'engager  que  les troupes  d'élite.  —  Pugna...;  ego  stabo...  Lais- Baut  h  Josué  le  rôle  de  général  eu  chef.  Moïse
se  réserve  celui  d'intercesseur  et  de  médiateur. L'attaque  avait  eu  lieu  probablement  le  soir; c'est  pour  cela  que  la  bataille  est  remise  au  len- demain icras).  —  Ilabens  virgam...  Cette  verge, qui  avait  accompli  déjà  tant  de  miracles,  rap- pellerait à  Dieu  toutes  ses  promesses.  Trait  dé- licat.—  Aaron  et  Hur.  Cf.  xxiv,  14,  où  nous retrouvons  ces  deux  personnages  associés  à  Moïso pour  un  rôle  analogue  Hur  appai'tcnait  à  la  tribu de  Juda;  il  était  l'aïeul  de  Béséléel,  ce  célèbre artiste  qui  dirigea  la  construction  du  tabernacle et  de  son  mobilier.  Cf.  xxxi,  2-5;  I  Par.  ii,  18-19.
11-12.  Au  fort  du  combat. —  Cum...  levaret... manus.  Le  geste  de  la  prière ,  si  souvent  signalé dans  la  Bible  et  sur  les  monuments  anciens.  Voy. VAtl.  archéol.  de  la  Bible,  pi.  xcvi,  flg.  5,  6; pi.  cix,  îig.  1.  Moïse  étendant  ses  bras  en  forme de  croix  a  été  souvent  regardé  par  les  Pères comme  une  figure  de  Notre-Seigneur  Jésus-Christ. —  Si...  remisisset.  C'était  une  position  pénible, surtout  pour  un  vieillard  de  quatre-vingts  ans. Dieu  voulait  évidemment  montrer,  par  les  deux résultats  produits  (vincebat...,  superabat...),  qu'il était  seul  capable  de  protéger  Israël.  —  Lapi- dem... subtcr  eum;  ...  sustentabant...  Détails  pit- toresques. La  durée  du  combat  usque  ad  occasum solis  prouve  la  vigueur  des  assaillants.
13 -IG.  Fin  du  combat  et  double  mémorial  de la  victoire. —  In  ore  gladii...  Locution  hébraïque, qui  dénote  ici  un  très  grand  carnage.  —  Premier mémorial,  sur  l'injonction  de  Dieu  môme  (14)  : Scribe  hoc  in  llbro.  D'après  l'hébr.tdans  Zc  livre.
Ex.  XVII,  14  —  XVIII,  7.
245
14.  Alors  le  Seigneur  dit  à  Moïse  : Ecrivez  ceci  dans  un  livre,  afin  que  ce soit  un  monument ,  et  faites  -  le  entendre à  Josué  ;  car  j'elïacerai  la  mémoire d'Amalec  de  dessous  le  ciel.
15.  Moïse  dressa  là  un  autel  qu'il  ap- pela de  ce  nom  :  Le  Seigneur  est  ma gloire.  Car,  dit -il,
16.  La  main  du  Seigneur  s'élèvera  de son  trûne  contre  Amalec,  et  le  Seigneur lui  fera  la  guerre  dans  la  suite  de  toutes les  races.
14.  Dixit  autem  Dominus  ad  Moysen* Scribe  hoc  ob  monimentuni  in  libro,  et trade  auribus  Josue;  delebo  enim  me- moriam  Amalec  sub  cœlo,
15.  ^dificavitque  Moyses  al  tare;  et vocavit  nomen  ejus,  Dominus  exaltatio mea,  dicens  :
16.  Quia  manus  solii  Domini,  et  bel- lum  Domini  erit  contra  Amalec,  a  géné- ration e  in  generationem.
CHAPITRE   XVIII
1.  Or  Jéthro,  prêtre  de  Madian  et  allié de  Moïse,  a3^ant  appris  tout  ce  que  Dieu avait  fait  en  faveur  de  Moïse  et  d'Israël, son  peuple,  et  comment  il  l'avait  fait sortir  d'Egypte,
2.  Prit  Séphora,  femme  de  Moïse,  qu'il lui  avait  renvoyée,
3.  Et  ses  deux  fils,  dont  l'un  avait  été nommé  Gersam,  son  père  ayant  dit  :  J'ai été  vo^'ageur  en  une  terre  étrangère  ;
4.  Et  l'autre  Eliézer,  Moïse  ayant  dit encore  :  Le  Dieu  de  mon  père  a  été  mon protecteur,  et  il  m'a  sauvé  de  l'épée  du Pharaon.
5.  Jéthro,  allié  de  Moïse,  vint  donc  le trouver  avec  ses  enfants  et  sa  femme, dans  le  désert  oîi  il  avait  fait  camper  le peuple,  près  de  la  montagne  de  Dieu.
6.  Et  il  envoya  dire  à  Moïse  :  C'est Jéthro,  votre  allié ,  qui  vient  vous  trou- ver avec  votre  femme  et  vos  deux  en- fants.
7.  Moïse,  étant  allé  au-devant  de  son beau -père,  se  prosterna  et  le  baisa;  et
1.  Cumque  audisset  Jéthro,  sacerdos Madian,  cognatus  Moysi,  omnia  quse  fe- cerat  Deus  Moysi,  et  Israeli  populo  suo, et  quod  eduxisset  Dominus  Israël  de ^gypto,
2.  Tulit  Sephoram  uxorem  Moysi  quam remiserat ,
3.  Et  duos  filios  ejus,  quorum  unus vocabatur  Gersam,  dicente  pâtre  :  Ad- vena  fui  in  terra  aliéna  ;
4.  Alter  vero  Eiiezer  :  Deus  enim,  ait, patris  mei  adjiitor  meus,  et  eruit  me  de gladio  Pharaonis.
5.  Venit  ergo  Jéthro  cognatus  Moysi, et  filii  ejus,  et  uxor  ejiLS,  ad  Moj^sen  in desertum,  ubi  erat  castrametatus  juxta montem  Dei  ;
6.  Et  mandavit  Moysi,  dicens  :  Ego Jéthro  cognatus  tuus  venio  ad  te,  et uxor  tua,  et  duo  filii  tui  cum  ea.
7.  Qui  egressus  in  occursum  cognati sui,  adora  vit,  et  osculatus  est  eum  ;  salu-
L'emploi  de  l'article  Indique  un  livre  déjà  com- mencé, qui  racontait  les  premiers  faits  de  la délivrance.  —  Delebo  Amalec.  Jéhovah  prescri- vait ainsi  à  Moïse,  à  Josué  {trade  aurihus...)  et à  leurs  successeurs  une  guerre  d'extermination contre  les  Amalécites.  Cf.  Deut.  xxv,  19. —  Second mémorial  (15-16)  :  altare.  Le  nom  donné  à  cet autel  (Dominus  exaltatio  mea;  hébr.  :  Jéhovah est  ma  bannière)  était  un  bel  acte  de  foi.  — Manus  solii...  Expression  un  peu  obscure.  L'hé- breu porte  littéralement  :  leur  main  sur  le  trône de  Jéhovah;  c.-à-d,  :  puisque  Amalec  a  porté  la main  sur  le  trône  du  Seigneur,  le  Seigneur  fera une  guerre  sans  trêve  à  Amalec.  Les  LXX  ont suivi  une  autre  leçon  :  e/  "/--P'  y.p'J^ata 'Ko'ke\i.tX.
50  Visite  de  Jéthro  à  Moïse.  XVIII,  1-12.
Chap.  XVIIL  —  1  -  4.  Jéthro  ramène  à  Moïse
sa  femme  et  ses  enfants.  —  Jéthro ,...  cognatus... Voyez  II,  16;  m,  1,  et  le  commentaire.  Après avoir  rencontré  leurs  premiers  ennemis  depuis  la sortie  d'Egypte,  les  Hébreux  trouvent  mainte- nant leur  premier  ami.  —  Cum...  audisset...  La renommée  des  merveilles  accomplies  par  le  Sei- gneur en  faveur  de  son  peuple  se  répandit  bien- tôt à  travers  toute  la  contrée.  Nous  avons  vu (note  de  ii,  15)  que  le  territoire  madianite  n'était pas  très  éloigné  du  Sinaï.  —  Sephoram,  Gersam, Eiiezer.  Voyez  ii,  21-22.
5-8.  Jéthro  arrive  au  camp  Israélite.  —  Juxta montem  Dei.  A  la  station  de  Raphidim  (xvii,  1), située  en  plein  dans  le  massif  de  l'Horeb.  — Egressus  in  occursum.  Il  était  conforme  à  l'éti- quette orientale  que  Moïse  allât  en  personne  à  la rencontre  de  cet  hôte  distingué.  Il  en  est  de même  de  la  prostration  et  du  baiser.  —  Saluta-
246
Ex.  XVIII,  8-16.
'taveruntque  se  mutiio   verbis  pacificis. Cumque  intrasset  tabernaculum ,
8.  Narra  vit  Mo3''ses  cognato  siio  cimcta qiiae  fecerat  Dominus  Pharaoni,  et  ^gy- ptiis  propter  Israël  ;  universumque  labo- rem,  qui  accidisset  eis  in  itinere,  et quod  liberaverat  eos  Dominus.
9.  Lœtatusque  est  Jetliro  super  omni- bus bonis,  quge  fecerat  Dominus  Israeli, eo  quod  eruisset  eum  de  manu  ^gyptio- rum  ;
10.  Et  ait  :  Benedictus  Dominus,  qui liberavit  vos  de  manu  ^g3'ptiorum,  et de  manu  Pharaonis,  qui  eruit  populum suum  de  manu  ^gypti.
11.  Nunc  cognovi,  quia  magnus  Do- minus super  omnes  deos,  eo  quod  su- perbe egerint  contra  illos.
12.  Obtulit  ergo  Jetliro  cognatus  Moysi holocausta  et  hostias  Deo  ;  veneruntque Aaron  et  omnes  seniores  Israël,  ut  co- mederent  panem  cum  eo  coram  Deo.
13.  Altéra  autem  die  sedit  Moyses  ut judicaret  populum,  qui  assistebat  Moysi a  mane  usque  ad  vesperam.
14.  Quod  cum  vidisset  cognatus  ejus, omnia  scilicet  qu8s  agebat  in  populo, ait  :  Quid  est  hoc  quod  facis  in  plèbe? cur  solus  sedes,  et  omnis  populus  prse- stolatur  de  mane  usque  ad  vesperam?
15.  Cui  respondit  Moyses  :  Venit  ad  me populus ,  quserens  sententiam  Dei  ;
16.  Cumque  acciderit  eis  aliqua  dis-
ils  se  saluèi'ent  en  se  souhaitant  l'un  à l'autre  toute  sorte  de  bonheur.  Jéthro entra  ensuite  dans  la  tente  de  Moïse,
8.  Qui  raconta  ù,  son  beau -père  toutes les  merveilles  que  le  Seigneur  avait  faites contre  le  Pharaon  et  contre  les  Egyptiens en  faveur  d'Israël,  toutes  les  souffrances qu'ils  avaient  éprouvées  en  chemin,  et  la manière  dont  le  Seigneur  les  avait  sau- vés.
9.  Jéthro  se  réjouit  beaucoup  de  toutes les  grâces  que  le  Seigneur  avait  faites  à Israël  et  de  ce  qu'il  l'avait  tiré  de  la puissance  des  Egyptiens  ;
10.  Et  il  dit  :  Béni  soit  le  Seigneur,  qui vous  a  délivrés  de  la  main  des  Egyptiens et  de  la  main  du  Pharaon,  et  qui  a  sauvé son  peuple  de  la  main  de  l'Egypte.
11.  Je  reconnais  maintenant  que  le Seigneur  est  grand  au-dessus  de  tous  les dieux ,  comme  il  a  paru  lorsqu'ils  se  sont élevés  si  insolemment  contre  son  peuple.
12.  Jéthro,  allié  de  Moïse,  offrit  don;^ à  Dieu  des  holocaustes  et  des  hosties,  et Aaron  et  tous  les  anciens  d'Israël  vinrent participer  au  repas  avec  lui  devant  le Seigneur.
13.  Le  lendemain,  Moïse  s'assit  pour rendre  justice  au  peuple,  qui  se  présen- tait devant  lui  depuis  le  matin  jusqu'au soir.
14.  Et  son  beau-père,  ayant  vu  tout  ce qu'il  faisait  pour  ce  peuple,  lui  dit  :  D'où vient  que  vous  agissez  ainsi  à  l'égard  du peuple?  Pourquoi  siégez -vous  seul,  et tout  le  peuple  attend -il  ainsi  depuis  le matin  jusqu'au  soir?
15.  Moïse  lui  répondit  :  Le  peuple vient  à  moi  pour  consulter  Dieu  ;
16.  Et  lorsqu'il    leur   arrive  quelque
verunt...  Hébr. :  Ils  se  souhaitèrent  mutuellement la  paix.  Allusion  à  la  formule  de  salutation  usitée chez  les  Sémites  :  La  paix  soit  avec  vous  I  —  Ta- hernaculum  désigne  la  tente  de  Moïse.
9-12.  Pieux  sentiments  de  Jéthro.  Ces  senti- ments se  traduisirent  par  des  paroles  (9-11)  et par  des  actes  (12).  Le  tout  est  remarquable,  car le  prêtre  madianitc  manifeste  une  foi  sincère  en Jéhovah  {Dominus),  dont  il  proclame  la  puis- sance souveraine.  —  Eolocausta  et  hostias.  Deux sacrifices  distincts  :  le  premier  exigeait  la  des- truction complète  de  la  victime  ;  dans  le  second , une  partie  des  chairs  étMt  conservée  pour  servir au  repas  religieux  qui  est  désigné  par  les  mots ut  comederent.  Cf.  Lev.  i;  vu,  11-18.
60  Institution  des  soixante -dix  juges,  XVIII, 13-27.
13-15.  L'occasion.  —  Sedit...  ut  judicaret.  Cette fonction  de  juge,  qui  est  une  des  plus  essen-
tielles parmi  celles  que  confère  la  souveraineté , a  toujours  été  exercée  par  les  rois  et  princes orientaux  d'une  manière  personnelle,  directe; mais  ns  y  emploient  aussi  de  nombreux  délégués. Moïse,  jusque-là,  avait  jugé  seul  toutes  les  causes; de  là  des  audiences  interminables  (a  mane...  ad vesperam),  tant  les  cas  étaient  multipliés.  — Quid  est  hoc...?  Jéthro  relève  fort  bien  les  incon- vénients de  cette  méthode ,  soit  pour  Moïse ,  soit pour  le  peuple.  Moïse  allègue,  pour  se  justifier, deux  raisons  qui  ne  manquent  pas  de  force  : 1°  le  peuple  vient  à  lui  de  préférence ,  comme  au représentant  de  Dieu,  qui  formulera,  mieux  que tout  autre,  sententiam  Dei,  et  ses  jugements sont  acceptés  comme  des  oracles  ;  2°  Moïse  pro- fite de  ces  occasions  pour  instruire  les  Hébreux , en  leur  expliquant,  à  propos  des  sentences  ren- dues par  lui,  pracepta  Dei  et  Icr/cs,
Ex.  XVIIT,  17-25.
247
différend,  ils  viennent  à  moi  afin  que j'en  sois  le  juge  et  que  je  leur  fasse  con- naître les  ordonnances  et  les  lois  de  Dieu.
17.  Vous  ne  faites  pas  bien,  répondit Jéthro.
18.  Il  y  a  de  l'imprudence  à  vous  con- sumer ainsi  par  un  travail  inutile,  vous et  le  peuple  qui  est  avec  vous.  Cette  en- treprise est  au-dessus  de  vos  forces,  et vous  ne  pourrez  la  soutenir  seul.
19.  Mais  écoutez  mes  paroles  et  mes conseils,  et  Dieu  sera  avec  vous.  Donnez- vous  au  peuple  pour  toutes  les  choses qui  regardent  Dieu,  pour  lui  rapporter les  demandes  et  les  besoins  du  peuple,
20.  Et  pour  apprendre  au  peuple  les ordonnances,  la  manière  d'honorer  Dieu, la  voie  par  laquelle  ils  doivent  marcher et  ce  qu'ils  doivent  faire.
21.  Mais  choisissez  d'entre  tout  le peuple  des  hommes  fermes  qui  craignent Dieu ,  qui  aiment  la  vérité  et  qui  soient ennemis  de  l'avarice,  et  donnez  la  con- duite aux  uns  de  mille  hommes,  aux autres  de  cent,  aux  autres  de  cinquante, et  aux  autres  de  dix.
22.  Qu'ils  soient  occupes  à  rendre  la justice  au  peuple  en  tout  temps;  mais qu'ils  réservent  pour  vous  lès  plus  grandes affaires,  et  qu'ils  jugent  seulement  les j)lus  petites.  Ainsi  ce  fardeau  qui  vous accable  deviendra  plus  léger,  étant  par- tagé avec  d'autres.
23.  Si  vous  faites  ce  que  je  vous  dis, vous  accomplirez  le  commandement  de Dieu ,  vous  pourrez  suffire  à  exécuter  ses ordres ,  et  tout  ce  peuple  retournera  chez lui  en  paix.
24.  Moïse,  ayant  entendu  son  heau-père parler  de  la  sorte,  fit  tout  ce  qu'il  lui avait  conseillé.
25.  Et    ayant  choisi   d'entre   tout  le
ceptatio,  veniunt  ad  me  ut  judicem inter  eos,  et  ostendam  prœcepta  Dei.  et loges  ejus.
17.  At  ille  :  Non  bonam,  inquit,  rem facis  ;
18.  Stulto  labore  consumeris,  et  tu,  et populus  iste  qui  tecum  est;  ultra  vires tuas  est  negotium,  solus  illud  non  po- teris  sustinere.
19.  Sed  audi  verba  mea  atque  consilia, et  erit  Deus  tecum.  Esto  tu  populo  in  his quœ  ad  Deum  pertinent,  ut  referas  quee dicuntur  ad  eum,
20.  Ostendasque  populo  ceremonias  et ritum  colendi,  viamque  per  quam  ingredi debeant,  et  opus  quod  facere  debeant.
21.  Provide  autem  de  omni  plèbe  viros potentes  et  timentes  Deum,  in  quibus sit  Veritas ,  et  qui  oderint  avaritiam  ;  et constitue  ex  eis  tribunos,  et  centuriones, et  quinquagenarios,  et  decanos,
22.  Qui  judicent  populum  omni  tem- père ;  quidquid  autem  majus  fuerit,  ré- férant ad  te,  et  ipsi  minora  tantummodo judicent;  leviusque  sit  tibi,  parti to  in alios  onere.
23.  Si  hoc  feceris,  implebis  imperium Dei,  et  prsecepta  ejus  poteris  sustentare  ; et  omnis  hic  populus  revertetur  ad  loca sua  cum  pace.
24.  Quibus  auditis,  Moyses  fecit  omnia quse  ille  suggesserat.
25.  Et  electis  viris  strenuis  de  cuncto
17-18.  Jétliro  insiste  et  réprouve  énergiquc- nient  cette  manière  fie  faire,  qu'il  appelle  non ionam  rem  et  un  vain  labeur.
19-23.  Jéthro  propose  son  contre -projet,  avec un  intéressant  mélange  de  modestie  et  de  sage expérience.  Établissant  une  distinction  entre  les divers  offices  de  Moïse ,  il  lui  laisse  ce  qu'ils contenaient  de  iilus  important  et  de  plus  relevé (19b-20);  mais  il  lui  conseille  de  se  décharger  du reste  sur  lui  certain  nombre  d'auxiliaires  bien choisis  (21-22).  —  Esto  tu  'popido.  C.-à-d.  sois  un intermédiaire  entre  le  peuple  et  Dieu  (  au  lieu de  :  ut  referai,..,  l'hébreu  dit  :  Et  toi.,  i)ortc  les paroles  [du  peuple]  à  Dieu).  —  Ostendasque... C.-à-d.  sois  un  intermédiaire  entre  Dieu  et  le l>cuplc.  Les  quatre  mots  ceremonias  (hébr.  :  les ordonnances),  rit  uni...  (hébr.  :  les  lois),  viam,
opus,  sont  à  peu  près  synonymes.  —  Provide...  viros potenles  :  des  hommes  capables  ;  qualité  générale à  requérir  des  futurs  juges.  Jéthro  nomme  en- suite trois  qualités  spéciales  :  la  piété,  la  véra- cité, l'intégrité. — Après  le  choix  des  juges,  leur organisation ,  basée  sur  celle  du  peuple  lui-même  : tribunos  (  hébr.  :  des  chefs  de  mille  ) ,  centu- riones... Système  simple  et  excellent  tout  en- semble, qui  devait  fournir  des  juges  nombreux, aisément  abordables.  Naturellement,  les  causes d'une  certaine  gravité  (quidquid...  majus)  de- vaient être  réservées  h  Moïse.
24-27.  Moïse  suit  le  conseil  de  son  bcau-pci'c. —  Moy.'!es  fecit...  D'après  Deut.  i,  9-15,  cette mise  à  exécution  n'eut  lieu  qu'après  l'érection  du tabernacle  ;  en  outre,  Moïse  confia  au  peuple  l'é- lection des  juges.
248
Ex.  XVIIT,  26  —  XIX,  4.
Israël,  constituit  eos  principes^  populi, tribunos,  et  centuriones,  et  quinquage- narios,  et  decanos.
26.  Qui  judicabant  plebem  omni  tem- pore;  quidquid  aiitem  gravius  erat,  re- ferebaiit  ad  eum,  faciliora  tantummodo judicantes.
27.  Dimisitque  cognatum  suum  ;  qui reversus  abiit  iu  terram  suam.
peuple  d'Israël  des  hommes  fermes,  il les  établit  princes  du  peuple,  pour  com- mander les  uns  mille  hommes ,  les  autres cent,  les  autres  cinquante,  et  les  autres dix.
26.  Ils  jugeaient  le  peuple  en  tout temps  ;  mais  ils  rapportaient  à  Moïse toutes  les  affaires  les  plus  difficiles,  ju- geant seulement  les  plus  aisées.
27.  Après  cela  Moïse  laissa  partir  son beau -père,  qui  s'en  retourna  dans  son pays.
CHAPITRE  XIX
1.  Mense  tertio  egressionis  Israël  de terra  ^gypti,  in  die  hac  venerunt  in solitudinem  Sinai.
2.  Nam  profecti  de  Eaphidim,  et  per- venientes  usque  in  desertum  Sinai,  ca- strametati  sunt  in  eodem  loco;  ibique Israël  fixit  tentoria  e  regione  montis.
3.  Moyses  autem  ascendit  ad  Deum, vocavitque  eum  Dominus  de  monte,  et ait  :  Hsec  dices  domui  Jacob,  et  annun- tiabis  fihis  Israël  :
4.  Vos  ipsi  vidistis,  quse  fecerim  ^gy-
1.  Le  troisième  mois  après  leur  sortie d'Egypte,  les  enfants  d'Israël  vinrent  ce jour- là  au  désert  de  Sinaï.
2.  Etant  partis  de  Eaphidim  et  arrivés au  désert  de  Sinaï,  ils  campèrent  au même  lieu ,  et  Israël  y  dressa  ses  tentei vis-à-vis  de  la  montagne.
3.  Moïse  monta  ensuite  auprès  de Dieu ,  et  le  Seigneur  l'appela  du  haut  de la  montagne  et  lui  dit  :  Voici  ce  que vous  direz  à  Iq,  maison  de  Jacob  et  ce que  vous  annoncerez  aux  enfants  d'Is- raël :
4.  Vous  avez  vu  vous-mêmes  ce  que
TROISIEME  PARTIE
L'institution  de  la  théocratie  et  l'érection du  tabernacle.  XIX,  1  —  XL,  36.
Section  I.  —  Station  du  Sixaï  et  pképaratifs DE  l'alliance  théocratique.  XIX,  1-25.
1°  Les  Israélites  arrivent  au  pied  du  Sinaï. XIX,  1-2.  (Voy.  VAtl.  géogr.,  pi.  vi.)
CiiAP.  XIX.  —  1-2.  Mense  tertio.,.,  in  die  hac. Le  jour  du  mois  n'est  pas  déterminé  ;  l'expression signifie  que  le  départ  de  Rapliidim  et  l'arrivée au  Sinaï  eurent  lieu  en  un  seul  et  même  jour. —  In  solitudinem,  Sinai.  Les  Hébreux  durent camper  dans  l'ouadi  Er-Rahah ,  assez  vaste  plaine située  au  nord -ouest  et  tout  à  fait  au  pied  du Djébol  Mouça  (  «  montagne  de  Moïse  »  ) ,  qu'une très  ancienne  tradition  identifie  avec  le  Sinaï,  et qui  répond  d'ailleurs  fort  bien  à  toutes  les  exi- gences topographiques  du  récit.  Voy.  Vigoureux, la  Bible  et  les  découv.  modernes,  II,  519-536. «  C'est  un  massif  élevé ,  de  forme  oblongue ,  d'en- viron deux  milles  de  long  sur  \\n  mille  de large...  Son  altitude  est  d'une  hauteur  moyenne de  6  500  pieds  au-dessus  du  niveau  de  la  mer; 1  500  au-dessus  des  ouadis  environnants.  Sa  crête est  hérissée  d'une  multitude  de  pics  et  de  dômes de  granit  de  syène ,  et  terminée  aux  deux  extré- mités par  des  pics  plus  élevés  :  au  sud ,  par  un pic  unique  de  7  3tj3  pieds;...  au  nord-ouest,  par
trois  ou  quatre  escarpements,  nommés  collecti- vement Ras  -  Souf safeh ,  du  nom  du  plus  haut d'entre  eux,  qui  a  6  937  pieds...  De  tous  les  côtés, à  l'exception  du  sud  -  est ,  la  pente  est  très  abrupte et  très  rapide.  »  (Ibid.,  p.  529.)  La  scène  entière a  un  caractère  majestueux ,  solennel ,  qui  la  ren- dait très  propre  au  but  que  se  proposait  le  Sei- gneur. Nul  autel  ne  convenait  mieux  que  ce gigantesque  et  magnifique  Sinaï  pour  célébrer l'union  de  Jéhovah  et  de  son  peuple.  —  De  Ea- phidim, les  Hébreux  parvinrent  au  Sinaï  en longeant  l'ouadi  Es  -  Scheick ,  large  vallée  qui  est, pour  ainsi  dire,  coupée  à  travers  la  masse  gra- nitique. La  route  complète  d'Israël  depuis  Ayoûn- Mouça  avait  été  d'environ  285  kilomètres.
2°  Les  Hébreux  promettent  d'obéir  aux  pré- ceptes du  Seigneur.  XIX,  3-8*.
3-6.  La  proposition  de  Jéhovah.  —  Moyses ascendit...  :  dans  l'espoir  qu'il  recevrait  une  com- munication céleste.  En  effet,  avant  qu'il  fût  par- venu au  sommet,  le  Seigneur  l'appela  de  monte, c.-à-d.,  selon  l'opinion  conunune,  du  Ras-Souf- safeh,  ])rojeté  en  avant  du  Sinaï,  et  visible  de toute  la  plaine  d' Er-Rahah.  —  Dices  domui  Jacob (nom  significatif,  que  l'on  ne  trouve  pas  ailleui's dans  le  Pentateuque ).  Grave  message,  qui  ren- ferme les  préliminaires  de  l'alliance.  Dieu  rap- pelle d'abord  ses  bienfaits  passés,  vers.  4;  puis il  fait  ses  propositions  et  ses  promesses  pour  l'a-
Ex.  XIX,  5-11.
249
j'ai  fait  aux  Égj'ptiens ,  et  de  quelle  ma- nière je  vous  ai  portés  sur  des  ailes d'aigle,  et  je  vous  ai  pris  pour  être  à moi.
5.  Si  donc  vous  écoutez  ma  voix:  et  si vous  gardez  mon  alliance ,  vous  m'appar- tiendrez entre  tous  les  peuples  comme mon  bien  propre;  car  toute  la  terre  est à  moi.
6.  Vous  serez  pour  moi  un  royaume de  prêtres  et  une  nation  sainte.  C'est  là ce  que  vous  direz  aux  enfants  d'Israël.
7.  Moïse,  étant  donc  venu  vers  le peuple,  en  fit  assembler  les  anciens  et leur  exposa  tout  ce  que  le  Seigneur  lui avait  commandé  de  leur  dire.
8.  Le  peuple  répondit  tout  d'une  voix  : Nous  ferons  tout  ce  que  le  Seigneur  a dit.  Moïse  rapporta  au  Seigneur  les  pa- roles du  peuple,
9.  Et  le  Seigneur  lui  dit  :  Je  vais  venir à  vous  dans  une  nuée  sombre,  afin  que le  peuple  m'entende  parler  et  qu'il  vous croie  à  tout  jamais.  Après  que  Moïse  eut rapporté  au  Seigneur  les  paroles  du peuple,
10.  Il  lui  dit  :  Allez  trouver  le  peuple, et  sanctifiez -le  aujourd'hui  et  demain. Qu'ils  lavent  leurs  vêtements,
11.  Et  qu'ils  soient  prêts  pour  le  troi-
ptiis,  quomodo  portaverim  vos  super  alas aquilarum,  et  assumpserim  milii.
5.  Si  ergo  audieritis  vocem  meam,  et custodicritis  pactum  meum,  eritis  milii in  peculium  de  cunctis  populis  ;  mea  est enim  ornais  terra.
6.  Et  vos  eritis  milii  in  regnum  sacer- dotale, et  gens  sancta.  Hœc  sunt  verba quœ  loqueris  ad  filios  Israël.
7.  Venit  Moyses,  et  convocatis  majo- ribus  natu  populi,  exposuit  omnes  ser- mones  quos  mandaverat  Dominus.
8.  Responditque  omnis  populus  simuî  : Cuncta  quœ  locutus  est  Dominus,  fa- ciemus.  Gamque  retulisset  Moyses  verba populi  ad  Dominum,
9.  Ait  ei  Dominus  :  Jam  nunc  veniam ad  te  in  caligine  nubis,  ut  audiat  me populus  loquentem  ad  te,  et  credat  tibi in  perpetuum.  Nuntiavit  ergo  Moyses verba  populi  ad  Dominum ,
10.  Qui  dixit  ei  :  Vade  ad  populum, et  sanctifica  illos  hodie  et  cras;  lavent- que  vestimenta  sua,
11.  Et  sint  parati  in  diem  tertium;
venir,  vers.  5-6.  —  Vos  ipsi  (avec  emphase)  ... qiise  fecerim...,  bienifait  négatif;  quomodo  por- taverim..., bienfait  positif ,  retracé  sous  une  figure d'une  extrême  délicatesse ,  que  nous  retrouverons ailleurs,  Deut.  xxxji,  11,  avec  des  développements plus  complets.  L'aigle,  dit -on,  exerce  ses  petits à  voler,  et  se  tient  auprès  d'eux  pour  les  encou- rager, tout  prêt  à,  les  recevoir  au  besoin  sur  ses ailes  étendues.  L.'amour  de  Dieu  est  donc  fort  et tendre  tout  ensemble.  —  Assumpserim  mihi  : sous  ma  protection  spéciale.  —  Si  ergo  audieri- tis... C'est  l'unique  condition  exigée  :  une  pai'- faite  obéissance.  En  échange  viennent  les  pro- messes :  eritis...  peculium.  Hébreu  :  s^gullah  ; expression  souvent  employée  désormais  pour  dé- signer Israël  comme  la  propriété  particulière de  Jéhovah,  et  comme  son  peuple  de  prédilec- tion de  cunctis  populis.  Cf.  Deut.  vu,  6  ;  xiv,  2  ; Mal.  III,  17;  Tit.  ii,  14,  etc.  —  In  regnum  sa- cerdotale. Hébr.  :  un  royaume  de  prêtres.  Les Targums  et  Onkélos  rendent  toute  la  force  de cette  locution  :  «  des  rois -prêtres;  »  ou  :  «  des prêtres  et  des  rois.  »  Israël,  pris  collectivement, sera  une  race  dont  chaque  membre  possédera  les deux  plus  grandes  dignités  qui  soient  au  monde , la  royauté  et  le  sacerdoce.  Privilèges  qui  furent naturellement  transmis  aux  chrétiens.  Cf.  Gai. VI,  16;  I  Petr.  ii,  9;  Apec,  i,  6.  —  Gens  sancta. Conséquence  toute  naturelle,  les  Hébreux  ayant des  rapports  si  intimes  avec  le  Dieu  trois  fois saint.
7  -  S\  Réponse  du  peuple.  —  Convocatis  majo» ribus.  Ces  anciens ,  divers  détails  nous  l'ont  ap- pris (iv,  29;  xii,  21;  xvii,  5-6;  xviii,  2),  ser- vaient d'intermédiaires  entre  Moïse  et  le  peuple. —  Omnis  populus.  Touchante  unanimité.  Israël se  montre  digne  du  choix  divin.  —  Cuncta  (en avant  par  emi.)hase)  ...  faciemus.  Il  est  prêt  à obéir,  quoi  qu'on  exige  de  lui.
30  p-niflcation  du  peuple,  en  vue  de  la  con- clusion de  l'alliance.  XIX,  S^-ls.
8''-9.  Dieu  annonce  qu'il  va  promulguer  per- sonnellement les  conditions  de  l'alliance  théccra- tique.  —  In  caligine  nuMs.  Si  les  Hébreux  ne purent  supporter  l'éclat  dont  brillait  le  visage de  Moïse  à  la  suite  de  ses  entretiens  avec  Dieu (xxxiv,  33-35),  comment  auraient -ils  soutenu celui  de  la  divine  présence?  Cf.  XL,  85;  II  Par. V,  14;  VII,  2.  —  Jéhovah  se  proposait  un  double but  en  proclamant  lui  -  même  les  parties  les  plus essentielles  de  la  loi  :  1°  inspirer  aux  Israélites tine  sainte  frayeur  et  les  mieux  exciter  à  l'obéis- sance (ut  audiat  me...')  ;  2°  accroître  l'autorité  de Moïse  son  repi'ésentant  (credat  tihi...).
10-13.  Quelques  instructions  divines  pour  pré- parer le  peuple  h  la  prochaine  cérémonie.  —  Pre- mière instruction ,  relative  à,  la  sanctification  du peuple,  vers.  10-11:  lavent...  vestimenta.  Ce  rite est  fréquemment  presciit  au  livre  du  Lévitiquc comme  un  symbole  de  la  pureté  intérieure.  Deux jours  sont  accordés  au  peuple  pour  cette  purifi- cation. —  Deuxième  instruction ,  vers.  12-13»;
250
Ex.  XIX,  12-19.
in  die  enim  tertia  descendet  Dominus coram  omni  plèbe  super  montem  Sinai.
12.  Constituesque  terminos  populo per  circuitum,  et  dices  ad  eos  :  Cavete ne  ascendatis  in  montera,  nec  tangatis fines  illiiis;  omnis  qui  tetigerit  montem, morte  morietur.
13.  Manus  non  tanget  eum,  sed  lapi- dibus  opprimetur  aut  confodietur  jaculis; sive  jumentum  fuerit,  sive  homo,  non vivet.  Cum  cœperit  clangere  buccina, tune  ascendant  in  montem.
14.  Descenditque  Moyses  de  monte  ad populum,  et  sanctilicavit  eum.  Cumque lavissent  vestimenta  sua,
15.  Ait  ad  eos  :  Estote  parati  in  diem tertium,  et  ne  appropinquetis  uxoribus vestris.
16.  Jamque  advenerat  tertius  dies,  et mane  inclaruerat  ;  et  ecce  cœperunt  au- diri  tonitrua,  ac  micare  fulgura,  et  nu- bes  deilsissima  operire  montem,  clan- gorque  buccin£e  vehementius  perstrepe- bat;  et  timuit  populus  qui  erat  in  ca- stris.
17.  Cumque  eduxisset  eos  Moyses  in occursum  Dei  de  loco  castrorum,  stete- runt  ad  radiées  montis.
18.  Totus  autem  mons  Sinai  fumabat, eo  quod  descendisset  Dominus  super eum  in  igné,  et  ascenderet  fumus  ex  eo quasi  de  f ornace  ;  eratque  omnis  mons terribilis.
19.  Et  sonitus  buccinse  paulatim  cre- scebat  in  majus,  et  prolixius  tendebatur. Moyses  loquebatur,  et  Deus  responde- bat  ei.
sième  jour  ;  car  dans  trois  jours  le  Sei- gneur descendra  devant  tout  le  peuple sur  la  montagne  du  Sinaï.
12.  Vous  marquerez  tout  autour  des limites  pour  le  peuple ,  et  vous  leur  direz  : Prenez  bien  garde  de  ne  pas  monter  sur la  montagne  ni  d'en  toucher  les  bords. Quiconque  touchera  la  montagne  sera puni  de  mort.
13.  On  ne  mettra  pas  la  main  sur  lui, mais  il  sera  lapidé  ou  percé  de  flèches  ; que  ce  soit  un  animal  ou  un  homme,  il perdra  la  vie.  Quand  la  trompette  com- mencera à  sonner,  qu'ils  montent  alors  à la  montagne.
14.  Moïse,  étant  descendu  de  la  mon- tagne, vint  trouver  le  peuple,  et  il  le sanctifia.  Et  après  qu'ils  eurent  lavé leurs  vêtements,
15.  Il  leur  dit  :  Soyez  prêts  pour  le troisième  jour,  et  ne  vous  approchez  point de  vos  femmes.
16.  Le  troisième  jour  étant  arrivé,  sur le  matin,  comme  le  jour  était  déjà  bril/ lant,  on  commença  à  entendre  des  ton- nerres et  à  voir  briller  des  éclairs  ;  une nuée  très  épaisse  couvrit  la  montagne, la  trompette  sonna  avec  grand  bruit,  et le  peuple  qui  était  dans  le  camp  fut  saisi de  frayeur.
17.  Alors  Moïse  le  fit  sortir  du  camp pour  aller  au  -  devant  de  Dieu ,  et  ils  de- meurèrent au  pied  de  la  montagne.
18.  Tout  le  mont  Sinaï  était  cou- vert de  fumée,  parce  que  le  Seigneur  y était  descendu  au  milieu  du  feu.  La fumée  s'en  élevait  comme  d'une  four- naise ,  et  toute  la  montagne  était  terrible.
19.  Le  son  de  la  trompette  s'augmen- tait aussi  peu  à  peu  et  devenait  plus  fort et  plus  perçant.  Moïse  parlait,  et  Dieu  lui répondait.
défense  expresse  de  gravir  la  sainte  montagne, ou  même  simplement  d'en  toucher  les  parois. C'était  une  autre  manière  d'inculquer  la  sainteté et  la  majesté  de  la  pi'ésence  de  Dieu.  —  Tervii- nos...  per  circuitnm  :  des  limites  matérielles; par  exemple,  au  moyen  de  piquets  et  de  cordes. —  Nec  tangatis.  Nous  avons  dit  que  la  masse roclieuse  du  Sinaï  se  dresse  en  avant  de  la  plaine d'Kr  -  Rahah  comme  un  mur  gigantesque ,  que l'on  peut  toucher  de  la  main.  —  Morte  morie- tur :  sanction  sévère ,  qui  atteignait  même  les animaux  inconscients.  —  Manus  non  tanget  eum: le  coupable,  contaminé  et  souillé  par  sa  trans- gression. On  devait  le  tuer  à  distance,  à  coups de  pierres  ou  de  javelots ,  sans  se  profaner  à  son contact.  —  Troisième  instniction,  vers.  15^.  Buc- cina: la  trompette  divine  (cf.  vers.  16).  —  Tune  as-
cendant :  non  pas  le  peuple,  puisqu'on  le  lui  a formellement  interdit,  mais  Moïse  et  son  frère, d'après  le  vers.  24.
14-15.  Moïse  sanctifie  les  Israélites ,  conformé- ment aux  instructions  reçues.
40  Apparition  majestueuse  et  terrible  du  Sei- gneur sur  la  montagne.  XIX,  16-25.
16-20.  La  narration  est  vivante,  magnifique, digne  des  phénomènes  qu'elle  décrit.  La  théo- phanie  eut  lieu  le  matin  (mane)  du  troisième jour  qui  suivit  l'arrivée  des  Hébreux  auprès  du Sinaï.  Les  phénomènes  dont  elle  fut  accompagnée sont  d'une  manière  générale  ceux  d'un  violent orage  (tonitrua,  fulgura,  nubes),  d'une  érup- tion volcanique  (in  igné,  fumus...  quasi  de  f  or- nace) ,  et  d'un  tremblement  de  terre  (  vers.  1 8 ,  au lieu  de  erat...  vions  terrihilis,  l'hébreu  a  :et  touto
Ex.  XIX,  20  --  XX,  1.
251
20.  Et  le  Seigneur  descendit  sur  la montagne  du  Sinaï,  sur  le  sommet  de  la montagne,  et  il  appela  Moïse  sur  la cime.  Et  lorsqu'il  y  fut  monté,
21.  Dieu  lui  dit  :  Descendez  vers  le peuple  et  déclarez -lui  hautement  ma volonté,  de  peur  que,  dans  le  désir  de voir  le  Seigneur,  il  ne  passe  les  limites, et  qu'un  grand  nombre  d'entre  eux  ne périsse.
22.  Que  les  prêtres  aussi  qui  s'ap- prochent du  Seigneur  se  sanctifient,  de peur  qu'il  ne  les  frappe  de  inort.
23.  Moïse  répondit  au  Seigneur  :  Le peuple  ne  pourra  monter  sur  la  montagne du  Sinaï,  parce  que  vous  m'avez  fait vous-même  ce  commandement  très  ex- près, en  me  disant  :  Mettez  des  limites autour  de  la  montagne,  et  sanctifiez  le •peuple.
24.  Le  Seigneur  lui  dit  :  Allez ,  des- cendez. Vous  monterez  ensuite,  vous  et Aaron  avec  vous.  Mais  que  les  prêtres  et le  peuple  ne  passent  point  les  limites,  et qu'ils  ne  montent  point  où  est  le  Sei- gneur, de  peur  qu'il  ne  les  fasse  mourir.
25.  Moïse  descendit  donc  vers  le  peuple et  lui  rapporta  tout  ce  que  Dieu  lui  avait dit.
20.  Dcscenditque  Dominus  super  mon- teni  Sinai  in  ipso  raontis  vertite,  et  vo- cavit  Moysen  in  cacumen  ejus.  Quo  cum ascendisset,
21.  Dixit  ad  eum  :  Descende,  et  con- testare  populum,  ne  forte  velit  trans- cendere  terminos  ad  videndum  Domi- num,  et  pereat  ex  eis  plurima  multitudo.
22.  Sacerdotes  quoque  qui  accedunt ad  Dominum,  sanctificentur,  ne  percutiat eos.
23.  Dixitque  Moyses  ad  Dominum  : Non  poterit  vulgus  ascendere  in  montem Sinai;  tu  enim  testificatus  es,  et  jussisti dicens  :  Pone  terminos  circa  montem,  et sanctifica  illum.
24.  Cui  ait  Dominus  :  Vade,  descende  ; ascendesque  tu,  et  Aaron  tecum;  sacer- dotes autem  et  populus  ne  transeant  ter- minos, nec  ascendant  ad  Dominum,  ne forte  interficiat  illos.
25.  Descenditque  Moyses  ad  populum, et  omnia  narravit  eis.
CHAPITRE  XX
1.  Le  Seigneur  prononça  ensuite  toutes ces  paroles  :
1.    Locutusque  est  Dominus  cunctos sermones  hos  :
la  montagne  tremblait  extrêmement).  Et  parmi tout  cela,  clangor  huccincs.  Manifestation  unique, qui  ne  sera  surpassée  que  par  celle  du  jugement dernier.  Au5si  conçoit-on  sans  peine  la  terreur  des Hébreux.  Cf.  Deut.  iv,  11-12. —  Cum...  eduxisset... Moyses  (vers.  17).  Le  camp  s'étalait  dans  la  vallée, à  quelque  distance  du  Ras  -  Soufsaféh  ;  voir  la note  du  vers.  1 ,  et  VÂtl.  géogr.,  pi.  vr.
21-2.5.  Dieu  avertit  encore  le  peuple  de  ne  pas trop  s'approcher  de  la  montagne.  —  Contestare... ne  forte  velit...  Quoique  la  plupart  fussent  terri- fiés, il  était  h  craindre  que  la  curiosité  n'en  pous- sât quelques-uns  au  delà  des  limites  fixées,  ad videndum.  —  Sacerdotes  quoque...  Los  prêtres, accoutumés  à  traiter  avec  Dieu,  devaient  éprou- ver une  crainte  moins  vive;  aussi  reçoivent -ils un  avertissement  spécial.  Avant  l'institution  du sacerdoce  lévitique,  c'étaient  probablement  les chefs  de  familles  qui  remplissaient  les  fonctions de  prêtre.  —  Non  poterit  vulgus...  Moïse  rappelle à  Dieu  que  toutes  les  mesures  sont  prises  pour que  personne  ne  s'approche  de  la  montagne  ;  le Seigneur  demande  néanmoins  que  ses  ordres  soient de  nouveau  transmis  au  peuple.
Section  II.  —  Les  conditions  de  l'alliance. XX,  1  —XXIII,  33.
Ces  conditions  consistent  naturellement  en  un certain  nombre  de  lois  spéciales,  imposées  aux Hébreux  par  Jéhovah.  Elles  sont  contenues  ici en  abrégé ,  dans  le  Décalogue  et  dans  le  Livre  de l'alliance.
10  Le  Décalogue.  XX,  1-17.
Chap.  XX.  —  1.  Petite  introduction  histo- rique.—  Locutus  est  Dominus.  Lui-même,  en  per- sonne. Cf.  vers.  19,  et  Deut.  v,  4,  22.  —  Cunctos sermones  hos.  C.-à-d.  toutes  les  pai'oles  comprises entre  les  vers.  2  et  17  :  «  les  dix  paroles  »  (hébr.  : d'bârim  ) ,  ou  le  Décalogue.  —  Nous  n'avons  pas à  nous  étendre  ici  sur  la  beauté,  sur  l'impor- tance de  ces  dix  préceptes.  L'Église  chrétienne les  a  reçus  des  mains  de  la  synagogue  comme un  précieux  dépôt ,  et  ils  sont  à  la  base  de  toute vraie  civilisation.  Ils  l'emportent  infiniment  sur ce  que  les  anciennes  législations  contiennent  de plus  parfait  ;  rien  d'humain  ne  saurait  leur  être comparé,  et  ils  justifient  pleinement  leur  céleste origine.  Le  Décalogue,  assurément,  n'est  pas  l'É-
252
Ex.  XX,  2-8.
2.  Ego  sum  Dominus;  Deus  tuus,  qui eduxi  te  de  terra  iEgypti,  de  domo  ser- vitutis.
3.  Non  habebis  deos  alienos  coram  me.
4.  Non  faciès  tibi  sciilptile,  neque oranem  simili-tudinem  qiiœ  est  in  cœlo deïuper,  et  quse  in  terra  deorsum,  nec eorum  quœ  simt  in  aquis  sub  terra.
5.  Non  adorabis  ea ,  neque  coles  ;  ego sum  Dominus  Deus  tuus  fortis,  zelotes, visitans  iniquitatem  patrum  in  filios,  in tertiam  et  quartam  generationem  eorum qui  oderunt  me,
6.  Et  faciens  misericordiam  in  millia his  qui  diligunt  me,  et  custodiunt  praî- cepta  mea.
7.  Non  assumes  nomen  Domini  Dei tui  in  vanum  ;  nec  enim  habebit  inson- tem  Dominus  eum  qui  assumpserit  no- men Domini  Dei  sui  frustra.
8.  Mémento  ut  diem  sabbati  sancti- fiées.
2.  Je  suis  le  Seigneur  votre  Dieu,  qui vous  ai  tirés  de  l'Egypte,  de  la  maison de  servitude.
3.  Vous  n'aurez  point  d'autres  dieux devant  moi.
4.  Vous  ne  vous  ferez  point  d'image taillée,  ni  aucune  ligure  de  tout  ce  qui  est en  haut  dans  le  ciel,  et  en  bas  sur  la terre,  ni  de  tout  ce  qui  est  dans  les  eaux sous  la  terre.
5.  Vous  ne  les  adorerez  point  et  vous ne  leur  rendrez  point  le  souverain  culte  ; car  je  suis  le  Seigneur  votre  Dieu,  fort et  jaloux,  qui  venge  l'iniquité  des  pères sur  les  enfants  jusqu'à  la  troisième  et quatrième  génération  de  ceux  qui  me haïssent,
6.  Et  qui  fais  miséricorde  jusqu'à  mille générations  à  ceux  qui  m'aiment  et  qui gardent  mes  préceptes.
7.  Vous  ne  prendrez  point  en  vain  le nom  du  Seigneur  votre  Dieu,  car  le  Sei- gneur ne  tiendra  poij.it  pour  innocent celui  qui  aura  pris  eii  vain  le  nom  du Seigneur  son  Dieu.  /
8.  Souvenez -vous  de  sanctifier  le-joùr du  sabbat.
vangile,  puisque  l'Évangile  viendra  le  relever encore  et  l'ennoblir  ;  du  moins ,  11  nous  enseigne avec  une  concision  étoiuiante  nos  devoirs  envers Dien  et  envers  le  procliain.  —  La  manière  de diviser  les  dix  commandements  a  varié  dans  le cours  des  siècles,  et,  même  de  nos  jours,  il  règne sur  ce  point  d'assez  notables  divergences.  Le vers.  2  n'est  qu'un  prélude,  quoique  les  Juifs en  fassent  le  premier  précepte.  Les  Églises  orien- tales et  reformées  scindent  en  deux  commande- ments distincts  les  paroles  contenues  aux  vers.  3-6; elles  adoptent  l'ordre  si;ivant,  patronné  dans  l'an- tiquité par  saint  Irénée,  Origène,  TertuUien, saint  Éphrem,  saint  Épiphane,  etc.  :  !<>  l'idolâ- trie, 2°  le  culte  des  images,  3°  la  profanation du  nom  divin,  4"  le  sabbat,  5o  les  parents, 6°  l'homicide ,  7°  l'adultère ,  8°  le  vol ,  9°  le  faux témoignage,  10°  toutes  les  convoitises  coupables. Depuis  le  iv^  siècle,  à  la  suite  de  saint  Augustin, les  Latins  réunissent  l'idolâtrie  et  le  culte  des Images  en  un  seul  précepte  ;  et  ils  mettent  à  part (vers.  17)  les  convoitises  charnelles,  pour  en  faii'e tm  commandement  spécial.  Nous  nous  conforme- rons à  ce  dernier  arrangement,  tout  en  recon- naissant qu'il  est  moins  conforme  que  l'autre  à la  lettre  du  texte  sacré  (voyez  le  vers.  17).
2.  Prélude  solennel.  Le  divin  législateur  rap- pelle, en  tête  du  Décalogue,  qu'il  a  un  double droit  à  l'obéissance  d'Israël:  il  est  son  Dieu,  il est  son  bienfaiteur  {qui  eduxi...).
3-6.  Premier  commandement  :  proscription  de l'idolâtrie  ;  l'unité  et  la  spiritualité  de  Dieu.  — Deos  aliénas  coram  me.  C.-à-d.  à  côté  de  moi  ; par  conséquent,  avec  moi,  L'hypothèse  n'est  pas
qu'Israël  puisse  oublier  entièrement  Jéhovah, mais  qu'il  n'en  vienne  à  adorer  simultanément le  vrai  Dieu  et  les  fausses  divinités.  —  Non faciès...  sculptile.  Cette  défense  n'est  point  ab- solue, comme  l'ont  tardivement  prétendu  les rabbins  ;  témoins  les  chérubins  de  l'arche  et  du Saint  des  saints ,  les  bœufs  ■  de  la  mer  d'airain , les  lions  du  trône  de  Salomon,  3tc.  Ce  qui  est interdit,  c'est  de  sculpter  ou  de  fondre  des  images pour  leur  rendre  un  culte  (won  adorabis,  le culte  extéi'ieur,  marqué  par  la  prostration  ;  neque coles,  le  culte  intérieur).  —  In  cœlo,  in  terra, in  aqnis.  En  Egypte,  les  Hébreux  avaient  pu  voir des  idoles  dont  la  l'cprésentation  était  limpruntée à  ces  trois  parties  de  l'univers  ;  pour  eux ,  la prohibition  est  universelle.  Cf.  Deut.  tv,  16-19. —  Ego  sum...  (5''- 6)  :  c'est  la  sanction  du  pre- mier précepte;  sanction  terrible  pour  les  ti-ans- gresseurs,  infiniment  douce  pour  les  Isi'aélites obéissants.  Remarquez  l'opposition  qui  existt- entre  les  mots  in  qttartavi  gêner alionein  et  in millia  (mille  générations.  Deut.  va.  G). —  Zelotes: un  Dieu  jaloux,  qui  ne  peut  souffrir  de  rival. Cf.  xxxiv,  14;  Deut.  iv,  24;  v,  9  ;  Jos.  xrv,  19; Nah.  1,  2.  Anthropomorphisme  très  expressif.
7.  Deuxième  commandement  :  contre  la  pro- fanation du  nom  divin.  —  Non  assumes...  in vaiium.  Ces  mots  condamnent  à  la  fois  les  faux serments,  le  blasphème,  et  aussi  les  serments prêtés  à  la  légère.  —  Nec  enim...  insontein.  De nouveau  la  sanction  :  Jéhovah  saura  venger  l'hon- neur de  son  nom.
8-11.  Troisième  commandement  :  la  sanctifi- cation du  sabbat.  Dieu  msisto  assez  longuement
Ex.  XX,  9-19.
253
9.  Vous  travaillerez  durant  six  jours, et  vous  y  ferez  tous  vos  travaux  ;
10.  Mais  le  septième  jour  est  le  jour du  repos  du  Seigneur  votre  Dieu.  Vous ne  ferez  en  ce  jour  aucun  ouvrage,  ni vous,  ni  votre  lils,  ni  votre  lille,  ni votre  serviteur,  ni  votre  servante,  ni votre  bétail,  ni  l'étranger  qui  est  dans vos  portes.
11.  Car  le  Seigneur  a  fait  en  six  jours lo  ciel,  la  terre  et  la  mer,  et  tout  ce  qui y  est  renfermé,  et  il  s'est  reposé  le  sep- tième jour.  C'est  pom-quoi  le  Seigneur  a béni  le  jour  du  sabbat  et  l'a  sanctifié,
12.  Honorez  votre  père  et  votre  mère, afr.i  que  vous  viviez  longtemps  sur  la terre  que  le  Seigneur  votre  Dieu  vous donnera.
13.  Vous  ne  tuerez  point.
14.  Vous  ne  commettrez  point  d'adul- tère.
15.  Vous  ne  déroberez  point.
16.  Vous  ne  porterez  point  de  faux témoignage  contre  votre  prochain.
17.  Vous  ne  désirerez  point  la  maison de  votre  prochain;  vous  ne  désirerez point  sa  femme,  ni  son  serviteur,  ni  sa servante,  ni  son  bœuf,  ni  son  âne,  ni aucune  de  toutes  les  choses  qui  lui  ap- partiennent.
18.  Or  tout  le  peuple  entendait  les tonneiTes  et  le  son  de  la  trompette,  et voyait  les  lampes  ardentes  et  la  mon- tagne toute  couverte  de  fumée.  Et  dans la  crainte  et  l'effroi  dont  ils  étaient  saisis, ils  se  tinrent  éloignés.
19.  Et  ils  dirent  à  Moïse  :  Parlez -nous
9.  Sex  diebus  opcraberis,  et  faciès omnia  opéra  tua.
10.  Sei)timo  autem  die,  sabbatum  Do- mini  Dci  tui  est  ;  non  faciès  omne  opus in  eo,  tu,  et  iilius  tuus  et  filia  tua,  servus tuuB  et  ancilla  tua,  jumentum  tuum,  et advena  qui  est  intra  portas  tuas.
11.  Sex  enim  diebus  fecit  Dominus caslum  et  terram,  et  mare,  et  omnia  quse in  eis  sunt,  et  requievit  in  die  septimo  ; idcirco  benedixit  Dominus  diei  sabbati, et  sanctificavit  eum.
12.  Honora  patrem  tuum  et  matrem tuam,  ut  sis  longsevus  super  terram,  quam Dominus  Deus  tuus  dabit  tibi.
13.  Non  occides.
14.  Non  mœchaberis.
15.  Non  furtum  faciès.
16.  Non  loqueris  contra  proximum tuum  falsum  tesiimonium.
17.  Non  concupisces  domum  proximi tui;  nec  desiderabis  uxorem  ejus,  non servum,  non  ancillam,  non  bovem,  non asinum,  nec  omnia  quse  iilius  sunt.
18.  Cunctus  autem  populus  videbat voces  et  lampades ,  et  sonitum  buccinse , montemque  f umantem  ;  et  perterriti  ao pavore  concussi,  steterunt  procul,
19.  Dicentes  Moysi  :  Loquere  tu  no-
sur  ce  prcccpto ,  à  caiTse  de  son  importance  par- ticulière. II  l'introduit  d'une  manière  solennelle et  unique,  par  l'expression  mémento.  —  Sancti- fiées :  surtout  par  la  cessation  de  toute  œuvre servile,  ainsi  qu'il  est  ensuite  expliqué.  Cf.  xvi, 23-30;  xxin,  12;  Deut.  v,  12-17,  etc.  La  famille entière  devra  prendre  part  à  ce  repos  sacré, même  les  serviteurs,  les  bêtes  de  somme,  et  les étrangers  qui  séjournaient  au  milieu  d'Israël (intra  po)-tas  :  les  portes  du.  camp;  plus  tard, des  villes).  —  Sex  cnim  diebus...  Motif  de  l'in- stitution du  sabbat.  Cf.  Gen.  ii ,  2-3  ;  Ex.  xxxi,  7.
12.  Cinqviième  précepte  :  le  l'espect  dû  aux parents.  De  nos  devoirs  envers  Dieu  nous  passons à  nos  devoirs  envers  nos  semblables  ;  or,  nos  pa- rents sont  notre  premier  prochain.  —  Honora... Terme  parfaitement  choisi,  qui  dit  pliis  que  la simple  affection.  —  Ut  sis  long<Bvus...  C'est  la sanction.  Cf.  Eph.  vi,  2.
13.  Cinquième  commandement  :  contre  l'ho- micide. Le  Décalogue  va  sauvegarder  tour  à  tour les  divers  biens  de  notre  prochain  :  sa  vie,  l'hon- neur de  son  foyer,  ses  biens  matériels,  sa  répu-
tation. La  gradation  est  descendante.  —  Non occides.  Précepte  si  important  poiir  la  sécurité des  nations,  non  moins  que  pour  celle  des  indi- vidus. Cf.  Gen.  IV,  15;  ix,  5. —  Ces  derniers  pré- ceptes sont  énoncés  simplement  et  rapidement.
14.  Sixième  commandement  :  contre  l'adultère. Les  détails  viendront  plus  loin  (Lev.  xx,  10; Deut.  xxii,  22-24).
15.  Septième  commandement:  contre  le  vol.
16.  Huitième  commandement  :  contre  le  faux témoignage.  Il  est  donc  interdit  de  violer  les  di'oits du  prochain,  soit  en  actes  (13-15),  soit  en  paroles (16),  soit  même  par  de  simples  désirs  (17).
17.  Neuvième  et  dixième  commandement  :  les convoitises  coupables.  Ces  remarquables  préceptes atteignent  jusqu'aux  pensées  les  plus  Intimes,  et pénètrent  au  fond  même  de  l'âme.
2«  Frayeur  du  peuple.  XX,  18-21.
18-21.  Voces  et  lampades...  Tandis  que  la  A'oix de  Dieii  articulait  lentement  le  Décalogue,  le majestueux  appareil  de  la  théophanie  (xis,  16-18) se  prolongeait  au  sommet  et  sur  les  flancs  de  la montagne.  —  Perterriti...  stetcrimt  procul  :  l'a-
254
Ex.  XX,  20  —  XXI,  2.
bis,   et  audiemus;   non  loquatur    nobis Dominus,  ne  forte  moriamur.
20.  Et  ait  Moyses  ad  populum  :  Nolite timere  ;  ut  enira  probaret  vos  venit  Deus, et  ut  terror  illius  esset  in  vobis,  et  non peccaretis,
21.  Stetitque  populus  de  longe;  Moy- ses autem  accessit  ad  caliginem  in  qua erat  Deus.
22.  Dixit  prseterea  Dominus  ad  Moy- sen  :  Hoc  dices  filiis  Israël  :  Vos  vidistis quod  de  caelo  locutus  sim  vobis.
23.  Non  facietis  deos  argentées,  nec deos  aureos  facietis  vobis,
24.  Altare  de  terra  facietis  mihi,  et offeretis  super  eo  holocausta  et  pacifica vestra,  oves  vestras  et  boves,  in  otnni loco  in  quo  memoria  f  uerit  nominis  mei  ; veniam  ad  te,  et  benedicam  tibi.
25.  Quod  si  altare  lapideum  feceris mihi,  non  sedificabis  illud  de  sectis  lapi- dibus;  si  enim  levaveris  cultrum  super eo,  polluetur.
26.  Non  ascendes  per  gradus  ad  altare meum,  ne  reveletur  turpitudo  tua.
vous-même,  et  nous  vous  écouterons; mais  que  le  Seigneur  ne  nous  parle  point, de  peur  que  nous  ne  mourions.
20.  Moïse  répondit  au  peuple  :  Ne craignez  point,  car  Dieu  est  venu  pour vous  éprouver  et  pour  imprimer  sa  crainte en  vous,  afin  que  vous  ne  péchiez  point.
21.  Le  peuple  demeura  donc  à  dis- tance, et  Moïse  s'approcha  de  la  nuée  où était  Dieu.
22.  Le  Seigneur  dit  encore  à  Moïse  : Vous  direz  ceci  aux  enfants  d'Israël  : Vous  avez  vu  que  c'est  du  ciel  que  je vous  ai  parlé.
23.  Vous  ne  ferez  point  de  dieux  d'ar- gent, ni  de  dieux  d'or.
24.  Vous  me  dresserez  un  autel  de terre  sur  lequel  vous  m'offrirez  vos  holo- caustes et  vos  hosties  pacifiques,  vos  brebis et  vos  bœufs ,  en  tous  les  lieux  où  la  mé- moire de  mon  nom  sera  établie  ;  je  vien- drai à  vous  et  je  vous  bénirai.
25.  Que  si  vous  me  faites  un  autel  de pierre ,  vous  ne  le  bâtirez  point  de  pierres taillées  ;  car  si  vous  y  employez  le  ciseau, il  sera  souillé.  ,
26.  Vous  ne  monterez  point  par  des degrés  à  mon  autel,  de  peur  que  votre nudité  ne  soit  découverte.
CHAPITRE  XXI
1.  Ilœc  sunt  judicia  quae  propones  eis  :
2.  Si  emeris  servum   hebrseum,  sex
1.  Voici  les  ordonnances  de  justice  quo vous  proposerez  au  peuple  :
2.  Si  vous  achetez  un  esclave  hébreu,
pouvante  entraîna  les  IK-brenx  jusque  dans  leurs tentes,  assez  loin  du  Ras-Soufsafeh.  Cf.  xix,  17 et  Deut.  V,  30.  —  Loquere...  Le  pronom  tu  est très  emphatique.  Beau  conti'aste  au  livre  de  l'Imi- tation, 1.  III,  ch.  II.  —  Nolite  timere.  Moïse  les rassure  de  son  mieux  ;  toutefois  le  Seigneur  dai- gna approuver  la  demande  de  son  peuple ,  Deut. v,  28-30,
30  L'autel  théocratique.  XX,  22-26, A  partir  de  ce  passage,  jusqu'à  la  fin  du chap,  XXIII,  nous  trouvons  une  série  de  lois  qui forment  comme  un  second  stade  dans  la  révéla- tion du  Sinaï.  C'est  le  «  Livre  de  l'alliance  », ainsi  que  le  nomme  Moïse  lui-même,  xxiv,  7. n  se  décompose  comme  il  suit  :  1°  lois  concer- nant le  culte,  XX,  22-26;  2°  droits  personnels, XXI,  1-32  ;  3»  droits  de  propriété,  xxi,  33-xxii,  15  ; 40  lois  de  nature  mixte,  xxii,  16-xxni,  19; 50  quelques  promesses,  xxiii,  20-33.  Le  tout  est présenté  sous  une  forme  très  condensée  ;  mais  la plupart  de  ces  prescriptions  seront  ensuite  réité- rées avec  des  développements  notables.
22-23,  Petite  introduction  aux  lois  qui  con-
cernent l'autel.  —  Vidistis  quod  de  ccelo...  Il faudra  donc  qu'il  n'y  ait  rien  de  grossier,  de  ter- restre ,  dans  le  culte  qu'on  rendra  à  ce  Seigneur du  ciel  :  non...  deos  argenteos...
24-26.  Détails  sur  la  construction  de  l'autel. Il  sera  simple  et  primitif  :  de  terra;  néanmoins Dieu  ne  refuse  pas  des  autels  plus  solides  (si.., lapideum)  :  mais,  c'est  à  la  condition  que  les pierres  n'en  seront  pas  taillées,  par  crainte  des marques  et  sculptures  idolâtriques  en  usage  chez toutes  les  nations  limitrophes.  —  Si...  cultruyn..., polluetur  :  et  Dieu  réprouvera  comme  immondes toutes  les  victimes  offertes  sur  un  autel  de  ce genre.  —  Non...  per  gradus  :  mais  par  un  plan incliné.  Voir,  xxvii,  42-43,  une  autre  mesure  qui complète  celle-ci.
40  Lois  relatives  aux  esclaves.  XXI,  1-11,
De  Dieu,  la  législation  sinaïtique  redescend au  plus  bas  degré  de  l'échelle  sociale ,  aux  esclaves  ; car,  eux  aussi,  ils  ont  leurs  droits,  qui  sont  sau> vegardés  avec  une  grande  délicatesse.
Chap.  XXI.  —  1-6.  Les  hommes  esclaves. — Hcec  judicia  :  les  règles,  les  décisions  légales.  Cj
Ex.  XXI,  3-10.
255
il  vous  servira  durant  six  ans ,  et  au  sep- tième il  sortira  libre  sans  vous  rien  don- ner.
3.  Il  s'en  ira  de  chez  vous  avec  le même  vêtement  qu'il  y  est  entré  ;  et  s'il avait  une  femme,  elle  sortira  aussi  avec lui.
4.  Mais  si  son  maître  lui  en  a  fait  épou- ser une  dont  il  ait  eu  des  fils  et  des  filles, sa  femme  et  ses  enfants  seront  à  son maître,  et  pour  lui  il  sortira  avec  son vêtement.
5.  Que  si  l'esclave  dit  :  J'aime  mon maître,  et  ma  femme  et  mes  enfants;  je ne  veux  point  sortir  pour  être  libre  ;
6.  Son  maître  le  présentera  devant  les dieux,  et  ensuite,  l'ayant  fait  approcher des  poteaux  de  la  porte,  il  lui  percera l'oreille  avec  un  poinçon,  et  il  demeurera son  esclave  à  jamais.
7.  Si  quelqu'un  a  vendu  sa  fille  pour être  esclave ,  elle  ne  sortira  point  comme les  autres  esclaves  ont  coutume  de  sortir,
8.  Si  elle  déplaît  au  maître  à  qui  elle avait  été  donnée,  il  la  laissera  aller; mais,  l'ayant  ainsi  méprisée,  il  n'aura pas  le  pouvoir  de  la  vendre  à  un  peuple étranger.
9.  Que  s'il  la  fait  épouser  à  son  fils ,  il la  traitera  comme  ses  filles.
10.  Mais,  s'il  épouse  une  autre  femme, il  donnera  à  l'esclave  ce  qui  lui  est  dû pour  son  mariage,  des  vêtements  et  le prix  de  sa  virginité.
annis  serviet  tibi  ;  in  septimo  egredietur liber  gratis.
3.  Cum  qnali  veste  intraverit,  cum  tali exeat;  si  habens  uxorem,  et  uxor  egre dietur  simul.
4.  Sin  autem  dominus  dederit  illi  uxo- rem, et  pepererit  filios  et  filias,  mulier et  liberi  ejus  erunt  domini  sui;  ipse  vero exibit  cum  vestitu  suo.
5.  Quod  si  dixerit  servus  :  Diligo  do- minum  meum  et  uxorem  ac  liberos,  non egrediar  liber,
G.  Ofîeret  eum  dominus  diis,  et  appli- cabitur  ad  ostium  et  postes,  perforabit- que  aurem  ejus  subula,  et  erit  ei  servus in  sseculum.
7.  Si  quis  vendiderit  filiam  suam  in famulam,  non  egredietur  sicut  ancillœ exire  consueverunt.
8.  Si  displicuerit  oculis  domini  sui cui  tradita  fuerat,  dimittet  eam;  populo autem  alieno  vendendi  non  habebit  po- testatem,  si  spreverit  eam.
9.  Sin  autem  filio  suo  desponderit  eam, juxta  morem  filiarum  faciet  illi.
10.  Quod  si  alteram  et  acceperit,  pro- videbit  puellse  nuptias,  et  vestimenta,  et pretium  pudicitise  non  negahit.
titre  domine  toutes  les  matières  contenues  aux chap.  xxi-xxiu.  —  Servum  hebrœum.  Pour  les esclaves  étrangei's,  voyez  Lev.  xxv,  44,  46.  Un Hébreu  pouvait  être  réduit  à  l'esclavage  ou  par suite  d'un  délit,  xxii,  3,  ou  comme  débiteur insolvable ,  Lev.  xxv,  39.  —  In  sejMmo...  gratis  : sans  avoir  rien  à  payer  pour  son  affranchissement. Bien  plus,  son  maître  était  obligé  par  la  loi, Deut.  XV,  12-18,  de  lui  faire  quelques  présents. —  Cum  quali  veste...  D'après  l'hébr.  :  S'il  est  entré seul  (  non  marié  ) ,  il  sortira  seul.  C'est  une  pre- mière hypothèse  établie  par  le  législateur.  — Deuxième  hypothèse  :  Si  Jiabens  uxorem  ;  s'il  était marié  au  moment  où  il  devint  esclave.  Dans  ce cas,  uxor  egredietur  simul.  —  Troisième  hypo- thèse :  Si...  dominus. . .  uxorem  :  une  de  ses esclaves,  comme  l'indique  le  contexte.  Alors  le maître  conservera  ses  droits  soit  sur  la  femme, soit  sur  les  enfants  issus  de  cette  imion,  et l'homme  s'en  ira  «  seul  »  (au  lieu  de  cum  ve- stitu suo).  —  Quatrième  hypothèse  :  Quod  si dixerit...  Le  cas  devait  être  assez  fréquent  pour les  esclaves  hébreux  mariés ,  car  ils  étaient  habi- tuellement traités  avec  égard  et  indulgence.  — Offeret  eum...  diis.  O.-à-d.  aux  juges.  Cf.  xxii, 8-0:  Ps.  TA'xxi,  6,  etc.—  Ai^plicahitur...,  perjo-
rahit  :  de  manière  à  le  clouer  momentanément  à  la porte  de  l'habitation  ;  symbole  dont  la  significa- tion est  manifeste.  Désormais  cet  esclave  faisait, pour  ainsi  dire,  partie  intégrante  de  la  maison.  La coutume  de  percer  l'oreille  aux  esclaves  parait avoir  été  assez  commune  chez  les  anciens;  les classiques  la  mentionnent  souvent.
7-11.  Les  femmes  esclaves.  Elles  sont  l'objet d'une  protection  spéciale,  attendu  que  l'on  pou- vait plus  facilement  abuser  d'elles.  —  Si  quis  ven- diderit filiam.  Triste  droit,  qui  faisait  autrefois partie  de  la  «  patria  potestas  ».  Cf.  Neh.  v,  5.  — In  famulam.  Non  comme  une  esclave  ordinaire  , car  alors  elle  aurait  recouvré  sa  liberté  au  début de  la  septième  année  (cf.  Deut.  xv,  12);  mais, d'après  le  vers.  8,  comme  une  femme  de  second rang.  —  Non...  sicut  ancillœ.  L'hébreu  emploie le  masculin  :  comme  les  hommes  esclaves  dont on  vient  de  parler.  Une  esclave  mariée  à  son  maître jouissait  d'une  situation  avantageuse;  il  était  donc inutile  de  lui  appliquer  le  privilège  accoutumé. Toutefois,  ici  encore,  différentes  hypothèses  pou- vaient se  présenter;  le  divin  Législateur  en  si- gnale quatre,  dont  il  donne  aussitôt  la  solution. —  10  Si  displicuerit...  L'hébreu  est  plus  clair  :  Si elle  déplaît  à  son  maître  qui  se  l'était  destinée
13
256
Ex.  XXI,  11-20.
11.  Si  tria  ista  non  fecerit,  egTedietur gratis  absque  pecimia.
12.  Qui  percusserit  hominem  volens occidere,  morte  moriatur.
13.  Qui  autem  non  est  insidiatus,  sed Deus  illum  tradidît  in  manus  ejus, constituam  tibi  locum  in  quem  fugere debeat.
14.  Si  quis  per  industriam  occiderit proximum  suum,  et  per  insidias,  ab  al- tari  meo  evelles  eum ,  ut  moriatur.
15.  Qui  percusserit  patrem  suum  aut matrem,  morte  moriatur.
16.  Qui  furatus  fuerit  hominem,  et vendiderit  eum,  convictus  noxse,  morte moriatur.
17.  Qui  maledixerit  patri  suo,  vel matri,  morte  moriatur.
18.  Si  rixati  fuerint  viri,  et  percus- serit alter  proximum  suum  lapide  vel jTLigno,  et  ille  mortuus  non  fuerit,  sed jacuerit  in  lectulo;
19.  Si  surrexerit,  et  ambulaverit  foris super  baculum  suum,  innocens  erit  qui percusserit,  ita  tamen  ut  opéras  ejus  et impenses  in  medicos  restituât.
20.  Qui  percusserit  servum  suum  vel
11.  Que  s'il  ne  fait  point  ces  trois choses,  elle  sortira  libre  sans  qu'il  en puisse  tirer  d'argent.
12.  Si  quelqu'un  frappe  un  homme avec  dessein  de  le  tuer,  qu'il  soit  puni de  mort.
13.  Quant  à  celui  qui  ne  lui  a  point dressé  d'embûches ,  mais  entre  les  mains duquel  Dieu  l'a  fait  tomber,  je  vous marquerai  un  lieu  où  il  pourra  se  réfu- gier.
14.  Si  quelqu'un  tue  son  prochain  de dessein  prémédité  et  lui  ayant  dressé  des embûches,  vous  l'arracherez  même  de mon  autel  pour  le  faire  mourir.
15.  Celui  qui  aura  frappé  son  père  ou sa  mère  sera  puni  de  mort.
16.  Celui  qui  aura  enlevé  un  homme et  l'aura  vendu,  s'il  est  convaincu  de  ce crime,  sera  puni  de  mort.
17.  Celui  qui  aura  maudit  son  père  ou sa  mère  sera  puni  de  mort.
18.  Si  deux  hommes  se  querellent,  et que  l'un  frappe  l'autre  avec  une  pierre, ou  avec  le  poing,  et  que  le  blessé  n'efi meure  pas,  mais  qu'il  soit  oblige  de garder  le  lit  ;
19.  S'il  se  lève  ensuite  et  qu'il  marche dehors,  s'appuyant  sur  son  bâton,  celui qui  l'avait  blessé  sera  regardé  comme innocent;  mais  il  sera  obhgé  de  le  dé- dommager pour  son  interruption  de  tra- vail, et  de  lui  rendre  tout  ce  qu'il  aura donné  à  ses  médecins.
20.  Si  un  homme  fi-appe  son  esclave
(pciir  femme;  cui  tradlla  erat),  qu'il  la  fasse raclir^tcr  (an  lieu  de  dimittet  eam)  ;  il  n'aura  pas le  droit  de  la  vendre  à  des  étrangers,  après  lui avoir  été  infidèle.  Dans  ce  premier  cas ,  le  maître pouvait  donc  vendre  son  esclave  ù,  un  autre  Is- raélite; mais  il  lui  était  interdit  de  la  céder  h un  païen  (populo  aliéna).  —  2°  Si...  filio  suo... S'il  la  donne  pour  femme  à  son  fils  au  lieu  de l'épouser  lui-même,  il  devra  la  traiter  comme sa  fille.  —  3»  Quod  si  alteram...;  car  la  polj-ga- raie  était  tolérée  en  Israël.  Dans  cet  autre  cas, le  maître  devra  continuer  de  bien  traiter  l'esclave épousée  en  premier  lieu.  Trois  points  sont  préci- sés :  une  bonne  nouiTiture  (littéral.  :  do  la  viande, au  lieu  do  mlptias} ,  les  vêtements,  le  droit  con- jugal (Vulg.  :  pretium  pudicitiœ).  —  4,°  Si  tria hœc...  L'esclave  recouvrait  alors  sa  pleine  liberté.
5°  L'homicide,  le  manque  de  respect  aux  pa- rents, les  rixes,  etc.  XXI,  12-27.
12-14.  I/homicide.  —  Qui  percusserit...  volens... Pour  l'homicide  délibéré ,  pas  de  rémission  : morte  morietur.  Cf.  Gen.  ix,  6.  On  arrachera  le meurtrier  du  sanctuaire  môme  pour  le  conduire KU  supplice  (vers.  14).  Cf.  Lev.  iv,  7;  III  Reg.  i,  50; n,  28.  —  Q«i...  non  est  insidiatas.  C'est  le  cas
du  meurtre  sans  préméditation,  par  suite  d'une rencontre  fortuite  (Deus  illum  tradidit...).  — Constituam...  locum:  les  villes  dites  de  refuge, dont  il  sera  parlé  plus  tard.  Cf.  Num.  xxxv,  6  -34  ; Dcut.  IV,  41-43;  Jos.  xx,  2-9,  etc.
15-17.  Trois  autres  crimes  imnis  de  mort  : frapper  ses  parents  (vers.  15  ;  percusserit  ne  s'ap- plique pas  au  parricide  proprement  die,  dont  la loi  mosaïque  ne  suppose  pas  même  la  possibilité)  ; le  rapt  d'un  Israélite,  pour  le  vendre  (vers.  16; c'avait  été  le  crime  des  frères  de  Joseph)  ;  mau- dire ses  parents  (vers.  17).  Sur  ces  trois  points, comp.  Deut.  xxvii,  16;  xxrv,  7;  Lev.  xx,  9.
18-19.  Rixes,  coups  et  blessures.  Premier  cas , présenté  d'une  manière  très  vivante  (jacuerit..., surrexit...,  super  baculum).  Le  coupable  est  con- damné à  des  dommages -intérêts,  de  manière  h. indemniser  le  blessé,  soit  de  ses  portes  de  temps (opéras...),  soit  des  dépenses  faites  pour  se  guérir (impensas  in  medicot^).
20-21.  Deuxième  cas  :  on  suppose  que  c'est  un maître  qui  a  frappé  ses  esclaves.  —  Qui  i)ercus- serit...  virga  :  le  châtiment  habituel  des  esclaves. Voyez  YAtl.  arch.  de  la  Bible,  pi.  lxxi,  flg.  4-5.  Si la  mort  avait  été  immédiate  (in  vianibus...),  le
Ex.  XXI,  21-29.
257
ou  sa  servante  avec  une  vcrg-e,  et  qu'ils meurent  entre  ses  mains ,  il  sera  coupable de  crime.
21.  IMais  s'ils  survivent  un  ou  deux jours,  il  n'en  sera  point  jmni,  car  c'est son  argent.
22.  Si  des  hommes  se  querellent,  et  que l'un  d'eux  ayant  frappé  une  femme  en- ceinte, elle  accouche  d'un  enfant  mort, sans  qu'elle  meure  elle-même,  il  sera obligé  de  payer  ce  que  le  mari  de  la femme  voudra  et  ce  qui  aura  été  ordonné par  des  arbitres.
23.  Mais,  si  la  femme  en  meurt,  il rendra  vie  pour  vie,
24.  Œ'û  pour  œil,  dent  pour  dent, main  pour  main,  pied  pour  pied,
25.  Brûlure  pour  brûlure,  plaie  pour plaie,  meurtrissure  pour  meurtrissure.
26.  Si  un  homme  frappe  l'œil  de  son esclave  ou  de  sa  servante,  et  qu'il  leur fasse  perdre  l'œil,  il  les  renverra  libres pour  l'œil  qu'il  leur  a  fait  perdre,
27.  S'il  fait  tomber  une  dent  à  son esclave  ou  à  sa  servante,  il  leur  rendra pareillement  la  liberté.
28.  Si  un  bœuf  frappe  de  sa  corne  un homme  ou  une  femme,  et  qu'ils  en meurent,  le  bœuf  sera  lapidé,  et  on  ne mangera  point  de  sa  chair  ;  mais  le maître  du  bœuf  sera  jugé  innocent.
29.  S'il  y  a  déjà  quelque  temps  que  le bœuf  frappait  de  la  corne,  et  que  le maître  ne  l'ait  point  renfermé  après  en avoir  été  averti,  de  sorte   qu'ensuite  il
ancillam    virga,    et    mortui    fuerint    in manibus  ejus,  criminis  reus  erit.
21.  Sin  autem  uno  die  vel  duobus  su- pervixerint,  non  subjaccbit  pœ^nœ,  quia pecunia  illius  est.
22.  Si  rixati  fuerint  viri,  et  perçus- sent quis  mulierem  prœgnantem,  et  abor- tivum  quidem  fecerit,  sed  ip^^a  vixerit, subjacebit  damno  quantum  maritus  mu- lieris  expetierit,  et  arbitri  judicaverint.
23.  Sin  autem  mors  ejus  fuerit  sub- secuta,  reddet  animam  pro  anima,
24.  Oculum  pro  oculo,  dentem  pro dente,  manum  pro  manu,  pedem  pro pede ,
25.  Adustionem  pro  adustione,  vulnus pro  vulnere,  livorem  pro  livorc.
26.  Si  percusserit  quispiam  oculum servi  sui  aut  ancillse,  et  luscos  eos  fe- cerit, dimittet  eos  liberos  pro  oculo quem  eruit.
27.  Dentem  quoque  si  excusserit  serve vel  ancillse  suse,  similiter  dimittet  eos liberos.
28.  Si  bos  cornu  percusserit  virum aut  mulierem,  et  mortui  fuerint,  lapi- dibus  obruetur,  et  non  comedentur  carnes ejus  ;  dominus  quoque  bovis  innocens erit.
29.  Quod  si  bos  cornupeta  fuerat  ab heri  et  nudiustertius ,  et  contestât!  sunt dominum  ejus,  nec  recluserit  eum,  occi- deritque   virum    aut  mulierem,   et   bos
maître  devenait  criminis  reus,  et  était  condamné, suivant  le  Talmnd ,  à  stibir  la  peine  capitale  ; selon  beaucoup  d'interprètes,  la  sentence  était abandonnée  à  la  décision  des  juges.  Si  le  blessé si^rvivait  au  moins  un  jour  on  deux,  le  maître n'encourait  aucune  peine ,  l'esclave  étant  regardé comme  sa  propriété  {pecunia  ejus).  Ces  restric- tions paraissent  défectueuses  en  plein  christia- nisme, et  pourtant  aucune  législation  ancienne n'a  fait  autant  en  faveur  des  esclaves.
22-25.  Troisième  cas  de  rixe,  et  loi  du  talion. —  Percusserit  quis  mulierem.  On  semble  sup- poser que  cette  femme  se  serait  jetée  d'elle-même dans  la  mêlée  pour  défendre  son  mari.  —  Sub- jacebit damno...,  d'après  l'arbitrage  officiel  des juge'i.  —  Si...  mors...  subsecuta.  Hébr.  :  S'il  y  a dommage.  En  effet,  les  lignes  suivantes  con- viennent à  toute  sorte  d'accidents,  et  pas  seule- ment à  la  mort.  —  Animam  pro  anima...  C'est le  «  jus  talionis  »,  si  célèbre  chez  la  plupart  des nations  anciennes ,  et  réitéré ,  pour  les  Hébreux , au  Lévitique,  xxiv,  19-21,  et  au  Deut.,  xix,  21. Rlon  de  plus  légitime  en  théorie  ;  mais  la  mise en  pratique  est  si  ditlicile  dans  la  plupart  des  cas ,
que  la  tradition  juive,  se  refusant  à  interpréter  lit- téralei.icnt  les  détails  oculum  pro  oculo,  etc.,  s'est contentée  d'y  voir  une  base  d'après  laquelle  on appréciait  la  compensation  pécunia're  due  au blessé.
26-27.  Quatrième  cas.  Le  talion  ne  s'appliquait point  aux  esclaves  blessés  ;  mais  si ,  en  les  frap- pant ,  leur  maître  leur  infligeait  un  dommage  cor- porel permanent ,  ne  fût  -  ce  que  celiii  d'une  dent brisée ,  ils  recouvraient  aussitôt  leur  liberté ,  sans condition.
6"  Accidents  causés  par  des  animaux.  XXI, 28-32.
26.  Premier  cas,  le  plus  ordinaire  :  l'accident est  tout  à  fait  fortuit.  —  Lapidibus  obruetur, conformément  à,  la  loi  antique ,  Gen,  ix ,  6 ,  et  la chair  de  l'animal  sera  traitée  comme  un  cadavi'e immonde  (non  comedentur...).  —  Dominus  inno- cens..., car  on  suppose  qu'il  n'y  a  pas  eu  de  sa faute.
29  -  32.  Deuxième  cas  :  le  propriétaire  aurait  dû prévoir  et  empêcher  l'accident.  Alors  il  sera  res- ponsable, digne  de  mort  (vers.  29);  on  lui  per- met cependant  de  racheter  sa  vie  par  une  forte
258
Ex.  XXI,  30  —  XXII,  3.
lapidibus  obruetur,  et  dominum  ejus  oc- cident.
30.  Quod  si  pretium  fuerit  ei  imposi- tiim,  dabit  pro  anima  sua  quidquid  fuerit postulatus.
31.  Filium  quoque  et  filiam  si  cornu percusserit,  simili  sententise  subjacebit.
32.  Si  servum  ancillamque  invaserit, triginta  siclos  argenti  domino  dabit,  bos vero  lapidibus  opprimetur.
33.  Si  quis  aperuerit  cisternam,  et  fo- derit,  et  non  operuerit  eam,  cecideritque bos  aut  asinus  in  eam,
34.  Eeddet  dominus  cisternsB  pretium iumentormïi;  quod  autem  mortuum  est, ipsius  erit.
35.  Si  bos  alienus  bovem  alterius vulneraverit , et  ille  mortuus  fuerit,  ven- dent bovem  vivum,  et  divident  pretium, cadaver  autem  mortui  inter  se  disper- tient.
36.  Sin  autem  sciebat  quod  bos  cor- nupeta  esset  ab  heri  et  nudiustertius ,  et non  custodivit  eum  dominus  suus,  reddet bovem  pro  bove,  et  cadaver  integrum accipiet.
tue  un  homme  ou  une  femme,  le  bœuf sera  lapidé  et  le  maître  puni  de  mort.
30.  Que  si  on  le  taxe  à  une  somme d'argent,  il  donnera,  pour  racheter  sa  vie, tout  ce  qu'on  lui  demandera.
31.  Si  son  bœuf  frappe  aussi  un  fils ou  une  fille,  le  même  jugement  sera rendu.
32.  Si  son  bœuf  frappe  un  esclave  ou une  servante,  il  payera  à  leur  maître trente  si  clés  d'argent,  et  le  bœuf  sera lapidé.
33.  Si  quelqu'un  a  ouvert  sa  citerne ou  en  creuse  une  sans  la  couvrir,  et  qu'il y  tombe  un  bœuf  ou  un  âne,
34.  Le  maître  de  la  citerne  rendra  le prix  de  ces  bêtes,  et  la  bête  qui  sera morte  sera  pour  lui.
35.  Si  le  bœuf  d'un  homme  blesse  le bœuf  d'un  autre  et  qu'il  en  meure,  ils vendront  le  bœuf  qui  est  vivant  et  ils en  partageront  le  prix  entre  eux;  ils partageront  de  même  le  bœuf  mort.
36.  Que  si  le  maître,  sachant  qu'il  V/ avait  déjà  quelque  temps  que  son  bœuf frappait  de  la  corne,  n'a  pas  eu  soin  de le  garder,  il  rendra  bœuf  pour  bœuf,  et tout  le  bœuf  mort  sera  pour  lui.
CHAPITRE   XXII
1.  Si  quis  furatus  fuerit  bovem,  aut ovem,  et  occident  vel  vendiderit,  quin- que  boves  pro  uno  bove  restituet,  et quatuor  oves  pro  una  ove.
2.  Si  efîringens  fur  domum  sive  suffo- diens  fuerit  inventus,  et  accepte  vul- nere  mortuus  fuerit,  percussor  non  erit reus  sanguinis.
3.  Quod  si  orto  sole  hoc  fecerit,  ho- micidium  perpétra  vit,  et  ipse  morietur.
1.  Si  quelqu'un  vole  un  bœuf  ou  une brebis,  et  qu'il  les  tue  ou  qu'il  les  vende, il  rendra  cinq  bœufs  pour  un  bœuf  et quatre  brebis  pour  une  brebis.
2.  Si  un  voleur  est  surpris  brisant  la porte  d'une  maison  ou  perçant  la  mu- raille pour  y  entrer,  et  qu'étant  blessé, il  en  meure,  celui  qui  l'aura  blessé  ne sera  point  coupable  de  sa  mort.
3.  Que  s'il  a  tué  le  voleur  en  plein jour,  il  a  commis  un  homicide,  et  il  sera
amende,  si  c'est  un  homme  libre  qui  a  été  tué (30-31)  ;  par  la  somme  fixe  de  30  sicles,  ou  d'en- viron 90  francs ,  si  c'est  un  esclave.  Cf.  Lev,  xxv, 44-46,  et  Zach.  xi,  11.
7°  Accidents  causés  à  des  animaux.  XXI,  33-36.
33-34.  Premier  cas  :  l'accident  provient  de  ce qu'on  a  laissé  par  négligence  une  citerne  ouverte. Les  puits  et  les  citernes  de  l'Orient  sont  souvent à  fleur  de  terre  et  dépourvus  de  margelle  ;  on  les ferme  au  moyen  d'une  large  pierre  roulée  sur l'orifice.  Cf.  Gcn.  xxix,  3  ;  AU.  archêol.  de  la  Bible, pi.  xxxvni,  fig.  1-2.  —  Bos  aut  asinus:  les  deux animaux  domestiques  les  plus  communs  chez  les Ilébrcux,  et  aussi  les  plus  utiles.  —  Reddet...
pretium.  Et  rien  de  plus  juste;  mais  il  aura  le corps  de  l'animal.
35-  36.  Deuxième  cas  :  l'accident  provient  d'un autre  annual.  Distinction  analogue  à  celle  des vers.  28  et  29.
8°  Lois  contre  le  vol.  XXII,  1-4.
Chap.  XXII. —  1-4  Furatus...  bovem...,  ovem. Le  vol  du  bétail  est  signalé  entre  tous,  parce qu'il  avait  une  gravité  particulière  chez  un  peuple agricole.  —  Occlderit...  vendiderit.  On  suppose vnie  aliénation  quelconque  de  l'animal  A'olé.  La diversité  de  la  restitution  {quinque,  quatuor) est  assez  étonnante  ;  elle  a  pour  cause  probable la  plus  grande  utilité  du  bœuf. — Si  effr ingens.,.
Ex.  XXII,  4-9.
259
puni  de  mort.  Si  le  voleur  n'a  pas  de quoi  rendre  ce  qu'il  a  dérobé,  il  sera vendu  lui-même.
4.  Si  ce  qu'il  avait  dérobé  se  trouve encore  vivant  chez  lui,  que  ce  soit  un biruf ,  ou  un  âne,  ou  une  brebis,  il  ren- dra le  double.
6.  Si  un  homme  fait  quelque  dégât dans  un  champ  ou  dans  une  vigne,  et  y laisse  aller  sa  bête  pour  manger  ce  qui n'est  pas  ù,  lui,  il  donnera  ce  qu'il  aura de  meilleur  dans  son  champ  ou  dans  sa vigne  pour  payer  le  dommage,  selon  l'es- timation qui  en  sera  faite.
6.  Si  le  feu,  gagnant  peu  à  peu, trouve  des  épines  et  se  prend  ensuite  à un  tas  de  gerbes,  ou  aux  blés  qui  sont encore  sur  pied  dans  les  champs,  celui qui  aura  allumé  le  feu  payera  le  dom- mage.
7.  Si  quelqu'un  met  en  dépôt  de  l'ar- gent chez  son  ami  ou  quelque  objet  en garde,  et  qu'on  le  dérobe  chez  celui  qui en  était  le  dépositaire,  si  l'on  trouve  le voleur,  il  rendra  le  double.
8.  Si  le  voleur  ne  se  trouve  point,  le maître  de  la  maison  sera  obligé  de  se présenter  devant  les  dieux,  et  il  jurera qu'il  n'a  point  pris  ce  qui  était  à  son prochain ,
9.  Et  qu'il  n'a  point  eu  de  part  à  ce vol,  que  ce  soit  un  bœuf,  ou  un  âne, ou  une  brebis,  ou  généralement  quelque autre  chose  qui  ait  été  perdue.  Les  dieux examineront  la  cause  de  l'un  et  de  l'autre, et  s'ils  condamnent  le  dépositaire,  il rendra  le  double  à  son  prochain.
Si  non  habuerit  quod  pro  furto  rcddat, ipse  venundabitur.
4.  Si  inventum  fuerit  apud  eum  quod furatus  est,  vivens,  sive  bos,  sive  asinus, sive  ovis,  duplum  restituet.
5.  Si  Iseserit  quispiam  agrum  vel  vi- neam,  et  dimiserit  jumentum  suum  ut depascatur  aliéna,  quidquid  optimum habuerit  in  agro  suo,  vel  in  vinea,  pro damni  aestimatione  restituet.
6.  Si  egressus  ignis  invenerit  spinas, et  comprehenderit  acervos  fi-ugum,  sive stantes  segetes  in  agris,  reddet  damnum qui  ignem  succenderit.
7.  Si  quis  commendaverit  amico  pecu- niam  aut  vas  in  custodiam,  et  ab  eo, qui  susceperat,  furto  ablata  fuerint;  si invenitur  fur,  duplum  reddet.
8.  Si  latet  fur,  dominus  domus  appli- cabitur  ad  deos,  et  jurabit  quod  non extenderit  manum  in  rem  proximi  sui,
9.  Ad  perpetrandam  fraudem,  tam  in bove,  quam  in  asino,  et  ove  ac  vesti- mento,  et  quidquid  damnum  inferre potest  ;  ad  deos  utriusque  causa  perve- niet;  et  si  illi  judicaverint,  duplum  re- stituet proximo  suo.
Vol  aA-cc  effraction  (vers.  2-3»),  et  deux  règles pour  protéger  la  vie  soit  du  propriétaire  (2),  soit du  voleur  (3»).  —  Si  orto  sole  :  en  plein  jour  on a  moins  à  craindre ,  et  l'on  peut  mieux  se  rendre compte  des  intentions  de  l'assaillant.  —  Ipse  mo- rietur..  Hébr. :  il  fera  restitution;  mots  qui  com- mencent une  nouvelle  phrase ,  et  qui  s'appliquent au  voleur.  On  revient  au  vers.  1.  —  Si  non..., vcnuiidahitur:  comme  esclave  ;  le  prix  de  la  vente défrayait  en  partie  le  propriétaire  lésé.  —  Si inventus...  La  restitution  était  notablement  ré- duite {duplum,  deux  pour  un)  quand  l'objet  volé n'avait  pas  été  aliéné.
90  Lois  relatives  aux  dégâts  commis  dans  les champs  et  les  vignes  d'autrui.  XXII,  5-6.
5-6.  Deux  hypothèses  et  deux  jugements  dis- tincts, selon  que  le  dommage  a  été  causé  volon- tairement (5)  ou  involontairement  (6).  La  resti- tution était  plus  considérable  dans  le  premier  cas  : quidquul  optimum...  —  Eyressas ignis:  ces  feux qu'on  allume  dans  les  champs  pour  brûler  les  mau- vaises herbes,  etc.
IQo  Lois  concernant  les  dépôts.  XXII,  7-13.
Ces  lois  protègent,  tout  ensemble,  les  dépôts contre  l'infidélité  ou  la  négligence  des  déposi- taires, et  les  dépositaires  eux-mêmes  conti'e  les accidents  fortuits  ou  la  force  majeure.
7-9.  Cas  d'un  dépôt  volé  chez  le  dépositaire. —  Pecunia7)z  aut  vas  (  l'hébr.  kclim  désigne toute  sorte  d'objets).  Il  était  très  fréquent  chez les  anciens,  avant  qu'il  n'existât  des  banquiers ou  des  dépositaii'es  de  profession,  de  confier  à  un ami  de  l'argent  ou  des  objets  précieux.  —  Appli- cabitur  ad  deos  :  les  juges,  comme  précédem- ment, XXI,  6.  —  Et  jui-abit...  :  afin  de  dégager ainsi  sa  responsabilité  devant  Dieu  et  devant  les hommes.  —  Ad  perpetrandam...  L'hébreu  com- mence Ici  une  nouvelle  phrase,  et  insère  une décision  générale,  à  propos  de  la  pi-escription «  applicabitur  ad  deos  »  :  «  En  toute  affaire frauduleuse  concernant  un  bœuf ,  un  âne ,  un mouton ,  un  vêtement ,  ou  tout  objet  perdu dont  quelqu'un  dit  :  C'est  cela  !  la  cause  des deux  parties  sera  portée  aux  dieux...  »  On  nous
2C0
Ex.  XXII,  10-20.
10.  Si  qiiis  coramendaverit  proximo s.uo  asinum,  bovem,  ovem,  et  omne  jii- mentuni  ad  custodiam,  et  mortuum  fue- rit,  aut  debilitatum,  vel  captum  ab  ho- stibus ,  nullusque  hoc  viderit  ;
11.  jusjurandum  erit  in  medio,  quod non  extenderit  manum  ad  rem  proximi sui;  suscipietque  dominus  juramentum, et  ille  reddere  non  cogetur.
12.  Quod  si  furto  ablatum  fuerit,  re- stituet  damnum  domino.
13.  Si  comestum  a  bestia,  déférât  ad eum  qui  occisum  est,  et  non  restituet.
14.  Qui  a  proximo  suo  quidquam  lio- rum  mutuo  postula verit,  et  debilitatum aut  mortuum  fuerit,  domino  non  pré- sente, reddere  compelletur.
15.  Quod  si  imprœsentiarum  dominus fuerit,  non  restituet,  maxime  si  con- ductum  venerat  pro  mercede  operis  sui.
16.  Si  seduxerit  quis  virginem  nec- dum  desponsatam,  dormieritque  cum  ea, dotabit  eam ,  et  habebit  eam  uxorem.
17.  Si  pater  virginis  dare  noluerit, reddet  pecuniam  juxta  modum  dotis, quam  virgines  accipere  consueverunt.
18.  Maleficos  non  patieris  vivere.
19.  Qui  coi  erit  cum  jumento,  morte moriatur.
20.  Qui  immolât  diis,  occidetur,  prœ- terquam  Domino  soli.
10.  Si  un  homme  donne  à  garder  à  un autre  un  âne,  un  bœuf,  une  brebis  ou quelque  autre  bête,  et  que  ce  qu'il  avait eu  en  garde  ou  meure  ou  dépérisse,  ou soit  pris  par  les  ennemis  sans  que  per- sonne l'ait  vu,
11.  il  fera  serment  devant  les  juges qu'il  n'a  point  pris  le  bien  de  son  pro- chain, et  le  maître  de  ce  qui  aura  été perdu  s'en  tiendra  à  ce  serment,  sans qu'il  puisse  le  contraindre  de  payer  la perte.
12.  Si  ce  qu'il  avait  en  garde  est  dé- robé, il  dédommagera  le  propriétaire.
13.  Mais,  si  l'animal  est  mangé  par une  bête  fauve,  il  rapportera  au  proprié- taire ce  qui  en  sera  resté ,  sans  être obligé  à  rien  rendre.
14.  Si  quelqu'un  emprunte  d'un  autre quelqu'une  de  ces  choses,  et  qu'elle vienne  à  dépérir  ou  à  mourir  en  l'absence du  propriétaire,  il  sera  obHgé  de  la rendre.
15.  Si  le  maître  est  présent,  celui  qui se  servait  de  la  bête  ne  la  restituera point,  principalement  s'il  l'avait  louée pour  en  paj^er  l'usage  qu'il  en  tirerait.
16.  Si  quelqu'un  séduit  une  vierge  qui n'était  point  encore  fiancée  et  qu'il  la corrompe,  il  payera  sa  dot  et  il  l'épousera lui-même.
17.  Si  le  père  de  la  jeune  fille  ne  veut pas  la  lui  donner,  il  payera  an  père autant  d'argent  qu'il  en  faut  d'ordinaire aux  vierges  pour  se  marier.
18.  Vous  ne  laisserez  pas  vivre  les magiciens.
19.  Celui  qui  aura  commis  un  crime abominable  avec  une  bête  sera  puni  de mort,
20.  Quiconque  sacrifiera  h  d'autres dieux  qu'au  seul  Seigneur  véritable  sera puni  de  mort.
montre  dramatiquement  le  propriétaire,  au  mo- ment où  il  reconnaît  chez  un  autre  son  bien volé,
10-13,  Cas  spécial  d'un  dépôt  de  bétail,  qui disparait  ou  s'amoindrit  chez  le  dépositaire.  Trois règles  (10-11,  12,  13)  claires  et  précises.  Au vers.  12,  on  suppose  évidemment  que  le  déposi- taire est  coupable  de  quelque  négligence.
11°  Le  prêt  et  la  location.  XXII,  14-15.
14-15.  Deux  hj-pothèses  pour  le  prêt  :  l»  si l'objet  prêté  est  endommagé  domino  non  pré- sente, l'emprunteur  devra  restituer;  2°  si  le  pro- priétaire était  présent,  il  encourt  lui-même  la responsabilité.  —  Quant  àla  location  (conductum), elle  laissait  les  dommages  à  la  charge  du  pro- priétaire, qui  é'ait  censé  les  avoir  prévus  et  com- pris dans  le  prix  du  loj'ei*.
12°  Lois  diverses.  XXII,  16  —  XXIII,  19.
16-17.  Le  séducteur  d'une  jeune  flUe  non  fiancée encourait  deux  pénalités  :  1°  dotabit,  c.-ù-d.  qu'il était  condaumé  à  payer  au  père  la  somme  que celui-ci  aurait  exigée,  suivant  la  coutune  orien- tale (note  de  Gen.  xxxiv,  12),  pour  donner  sa lille  en  mariage;  2°  habehit  eam  uxorem.  La somme  d'argent  était  regardée  comme  une  com- pensation suffisante  si  le  père  s'opposait  à  ce  ma- riage (vers.  17).  —  Pour  la  séduction  d'une  fiancée, voyez  Deut.  xxii,  23,  27.
18.  Loi  contre  la  magie.  Ce  crime  est  puni  de mort,  car  dans  l'État  théocratique  il  constituait un  sacrilège.  ~  Maleficos.  L'hébreu  emploie  le féminin  :  la  sorcière.
19.  La  bestialité.
20.  Pratiques  idolàtriques.—  Occidetur.  Hébr.  :
Ex.  XXII,  21-31.
2G1
2t.  Vous  n'attristerez  point  et  vous n'alHigcrez  point  l'étranger,  car  vous avez  été,  étrangers  vous-mêmes  dans  le pays  d'Egypte.
22.  Vous  ne  ferez  aucun  tort  ti  la veuve  et  ti  l'orphelin.
23.  Si  vous  les  offensez  en  quelque cliose,ils  crieront  vers  moi,  et  j'écouterai leurs  cris.
24.  Et  ma  fureur  s'allumera  contre vous:  je  vous  ferai  périr  par  l'épée,  et vos  femmes  deviendront  veuves,  et  vos enfants  orphelins.
25.  Si  vous  prêtez  de  l'argent  à  ceux de  mon  peuple  qui  sont  pauvres  parmi vous ,  vous  ne  les  presserez  point  comme un  exacteur  impitoj'able ,  et  vous  ne  les accablerez  point  par  des  usures.
26.  Si  votre  prochain  vous  a  donné son  vêtement  pour  gage,  vous  le  lui rendrez  avant  le  coucher  du  soleil  ;
27.  Car  c'est  la  seule  couverture  dont il  enveloppe  sa  chair,  et  il  n'en  a  point d'autre  pour  mettre  sur  lui  quand  il  dort; s'il  crie  vers  moi,  je  l'exaucerai,  parce que  je  suis  bon  et  compatissant.
28.  Vous  ne  parlerez  point  mal  des dieux,  et  vous  ne  maudirez  point  les princes  de  votre  peuple.
29.  Vous  ne  différerez  point  à  payer les  dîmes  et  les  prémices  de  vos  biens, et  vous  me  consacrerez  le  premier-né  de vos  fils.
30.  Vous  ferez  la  même  chose  pour vos  bœufs  et  pour  vos  brebis  :  vous  les laisserez  sept  joui's  avec  la  mère,  et  vous me  les  offrirez  le  huitième.
31.  Vous  serez  pour  moi  des  hommes saints.  Vous  ne  mangerez  point  de  la chair  dont  les  bêtes  auront  mangé  avant vous,  mais  vous  la  jetterez  aux  chiens.
21.  Advenam  non  contristabis ,  nequc affliges  oum  ;  advenae  enim  et  ipsi  fuistis in  terra  yEgypti.
22.  Viduae  et  pupillo  non  nocebitis.
23.  Si  lœseritis  eos,  vociferabuntur ad  me,  et  ego  audiam  clamorem  eorum;
24.  Et  indignabitur  furor  meus,  pcr- cutiamque  vos  gladio,  et  erunt  uxores vestrse  viduae,  et  filii  vestri  pupilli.
25.  Si  pecuniam  mutuam  dederis  po- pulo meo  pauperi  qui  habitat  tecum, non    urgebis    eum    quasi    exactor,    nec
usuris  opprimes.
26.  Si  pignus  a  proximo  tuo  acceperis vestimentum,  ante  solis  occasum  reddes ei;
27.  Ipsum  enim  est  solum,  quo  ope- ritur,  indumentum  carnis  ejus,  nec  ha- bet  aliud  in  quo  dormiat  ;  si  clamaverit ad  me,  exaudiam  eum,  quia  misericors sum.
28.  Diis  non  detrahes,  et  principi  po- puli  tui  non  maledices.
29.  Décimas  tuas  et  primitlas  tuas  non tardabis  reddere  ;  primogenitum  filiorum tuorum  dabis  mihi.
30.  De  bobus  quoque,  et  ovib'us  simi- liter  faciès  :  septem  diebus  sit  eum  matre sua,  die  octava  reddes  illum  mihi.
31.  Viri  sancti  eritis  mihi;  carnem, quse  a  bestiis  fuerit  prsegustata,  non  co- medeti^;,  sed  projicietis  canibus.
yaharam,  il  sera  dévoilé  (à  la  destruction). Expression  très  énergique.  Cf.  Lev.  xxvii,  28-29.
21-24.  Prescriptions  relatives  aux  étrangers, aux  veuves  et  aux  orphelins.  —  La  législation du  Sinaï  accorde  une  protection  touchante  à  ces trois  catégories  d'infortunés,  qu'il  est  aisé  d'op- primer, mais  dont  la  peine  et  la  faiblesse  crient vers  Dieu. —  Remarquez  (vers.  21)  le  trait  dé- licat -:  advenoi  enim...;  et  le  talion  :  uxores  vc- stra...  (21).
25-27.  Le  prêt  à  intérêt  (25)  et  ix  gages  (26-27). Cf.  Deut.  XXIV,  6,  10-13.  —  Si  i)irjnus...  vesii- mentum:  la  slmlah,  dit  l'hébreu  ;  c.-à-d.  le  large marteau  qui  forme  la  meilleure  pièce  de  l'ha- billement des  gens  du  peuple  en  Orient.  Voyez la  noto  de  xii,  34.  Moins  utile  durant  le  jour, ce  vêlement  était  presque  indispensable  pendant la  nuit,  parce  qu'on  l'employait  en  guise  de  cou- verture; ainsi  s'explique  la  restricLion  :  ante  soh'f!
occasum...  —  Si  clamaverit...  Noble  sanction, sortie  du  cœur  de  Dieu.
28.  Respect  dû  aux  autorités.  —  Diis  :  proba- blement les  juges,  comme  plus  haut.  Selon  d'autres, le  Seigneur  lui-même  CEloMvi).
29-30.  Les  prémices,  tribut  h  payer  au  roi théocratique.  —  Décimas...  et  primitias.  Hébr.  : les  prémices  de  tes  fruits  (  les  céréales ,  etc.  )  et de  tes  liqueurs  (le  vin  et  l'huile).  La  dîme  n'est pas  mentionnée  ici.  Sur  l'offrande  des  premiers- nés,  voj-ez  xni,  2,  13.
31.  Une  règle  concernant  la  nourriture.  — A  hestiis  prcegustata ,  et  devenue  par  là  môme légalement  impure. —  Sublime  motif  placé  en  tête de  cette  loi,  et  d'autres  encore  :  Sancti  eritis mihi.  Jusque  dans  les  plus  petits  détails  de  la  vie pratique,  les  Hébreux  devaient  se  rappeler  leur haute  dignité.  Cf.  xix,  6.
2C2
Ex.  XXIII,  1-10.
CHAPITRE  XXIII
1.  Non  suscipies  vocem  mendacii,  nec jiinges  maniim  tuam  ut  pro  impio  dicas ihalsum  testimoniiim.
2.  Non  sequeris  turbam  ad  faciendum maliim;  nec  in  judicio,  plurimorum  ac- quiesces sententiae,  ut  a  vero  dévies.
3.  Pauperis  quoque  non  misereberis  in judicio.
4.  Si  occurreris  bovi  inimici  tui,  aut asino  erranti,  reduc  ad  eum.
5.  Si  videiis  asinum  odientis  te  ja- cere  sub  onere,  non  pertransibis,  sed  sub- levabis  cum  eo.
6.  Non  declinabis  in  judicium  pau- peris.
7.  Mendacium  fugies.  Insontem  et justum  non  occides,  quia  aversor  im- pium.
8.  Nec  accipies  munera,  quse  etiam excœcant  prudentes,  et  subvertunt  verba justorum,
9.  Peregrino  molestus  non  eris  ;  scitis eniin  advenarum  animas,  quia  et  ipsi peregrini  fuistis  in  terra  ^gypti.
10.  Sex  annis  seminabis  terram  tuam, et  congregabis  fruges  ejus  ;
1.  Vous  ne  recevrez  point  la  parole  du mensonge,  et  vous  ne  prêterez  point  la main  à  l'impie  pour  porter  un  faux témoignage  en  sa  faveur.
2.  Vous  ne  suivrez  point  la  multitude pour  faire  le  mal,  et,  dans  le  jugement, vous  ne  vous  rendrez  point  à  l'avis  du grand  nombre  pour  vous  détourner  de  la vérité.
3.  Vous  ne  favoriserez  pas  le  pauvre dans  vos  jugements.
4.  Si  \ous  rencontrez  le  bœuf  de  votre ennemi  ou  son  âne  lorsqu'il  est  égaré, ramenez -le -lui.
5.  Si  vous  voyez  l'âne  de  celui  qui vous  hait  tombé  sous  sa  charge ,  vous  ne passerez  point  outre,  mais  vous  l'aiderez à  le  relever.
6.  Vous  ne  vous  écarterez  point  de  la justice  pour  condamner  le  pauvre.
7.  Vous  fuirez  le  mensonge  ;  vous  ne ferez  point  mourir  l'innocent  et  le  juste, parce  que  j'abhorre  l'impie.
8.  Vous  ne  recevrez  point  de  présents, parce  qu'ils  aveuglent  les  sages  mêmes et  qu'ils  corrompent  les  jugements  des justes.
9.  Vous  ne  ferez  point  de  peine  à l'étranger,  car  vous  connaissez  l'état  des étrangers,  puisque  vous  , avez  été  vous- mêmes  étrangers  dans  l'Egypte.
10.  Vous  sèmerez  votre  terre  pendant six  années,  et  vous  en  recueillerez  les fruits.
Chap.  XXIII.  —  1-3,  Quelques  développements du  huitième  précepte  du  Décalogue.  —  Non  susci- pies... De  même  les  LXX;  plus  probablement, d'après  l'hébr.  :  Tu  ne  susciteras  pas  de  faux  rap- ports. Cf.  Lev.  XIX,  16,  —  Nec...  ut  pro  impio... Hébr.  :  «  Cum  impio.  »  Cette  association  avec  le méchant,  en  vue  de  rendre  un  faux  témoignage, est  bien  dépeinte  par  la  locution  junges  manum. —  Non  sequeris  turbam...  Ne  pas  se  mettï'C  ti- midement et  sottement  à  la  suite  d'une  majorité Inique.  —  Pauperis...  non  misereberis...:  de  façon à  devenir  partial  en  sa  faveur,  La  pitié  égare parfois.
4-5.  Défendre  les  droits  même  de  ses  ennemis. Exemples  dramatiques,  pleins  de  charité,  qui rappellent  ceux  de  l'Évangile.  (Matth.  v,  40-42.)
6-9.  Quatre  règles  pour  les  juges.  —  Première règle:  être  juste  pour  les  pauvres  (vers.  6).  — Non  declinabis...  Hébr.  :  Tu  ne  courberas  pas (en  mauvaise  part  ;  c.-à-d,  tu  ne  fausseras  pas)  le
droit  du  pauvre.  Corap,  le  vers.  3.  Donc  se  tenir dans  un  juste  milieu.  —  Seconde  règle  :  n'in- fliger la  peine  capitale  que  lorsque  le  crime  est clairement  démontré  (vers,  7),  —  Mendacium, dans  l'acception  de  sentence  injuste  (hébr.  :  tu t'éloigneras  de  la  parole  de  mensonge).  —  Aversor impium.  Mieux  :  Je  n'innocenterai  pas  le  cou- pable. D'où  il  suit  que  les  cas  douteux  devaient être  abandonnés  au  souverain  Juge,  puisque  les criminels  étaient  sûrs  de  ne  pas  échapper  à  ses vengeances ,  quand  même  ils  auraient  été  absous par  les  tribunaiix  humains, —  Troisième  règle  (8): interdiction  aux  juges  d'accepter  des  présents (qu<B...  excaecant,  etc.;  traits  pittoresques).  La justice  a  toujours  été  si  vénale  en  Orient!  —  Qua- trième règle  (  9  )  :  soutenir  les  droits  des  étran- gers. C'est  une  simple  nuance  de  xxii,  20.  —  Ad- venarum, animas.  C.-à-d.  les  sentiments  qu'é- pi'ouvent  les  étrangers.
10-12.  L'année  sabbatale  et  le  sabbat.  Ces  deux
Ex.  XXIII,  11-19.
263
11.  Mais  vous  ne  la  cultiverez  point la  septième  année,  et  vous  la  laisserez reposer,  afin  que  les  pauvres  de  votre l)eu})le  trouvent  de  quoi  manger  et  que ce  qui  restera  soit  pour  les  bêtes  des cljamps.  Vous  ferez  la  même  chose  à regard  de  vos  vignes  et  de  vos  plants d'oliviers.
12.  Vous  travaillerez  durant  six  jours, et  le  septième  vous  ne  travaillerez  point, afin  que  votre  bœuf  et  votre  âne  se  re- posent, et  que  le  fils  de  votre  servante  et l'étranger  aient  quelque  relâche.
13.  Observez  toutes  les  choses  que  je vous  ai  commandées.  Ne  jurez  point  par le  nom  des  dieux  étrangers,  et  que  leur nom  ne  sorte  jamais  de  votre  bouche.
14.  Vous  célébrerez  des  fêtes  en  mon honneur  trois  fois  chaque  année.
15.  Vous  garderez  la  fête  solennelle des  pains  sans  levain.  Vous  mangerez, comme  je  vous  l'ai  ordonné,  des  pains sans  levain  pendant  sept  jours  dans  le mois  des  fruits  nouveaux,  temps  auquel vous  êtes  sortis  d'Egypte.  Vous  ne  vous présenterez  point  devant  moi  les  mains vides.
16.  Vous  célébrerez  aussi  la  fête  so- lennelle de  la  moisson  et  des  prémices de  votre  travail,  de  tout  ce  que  vous aurez  semé  dans  les  champs,  et  la  troi- sième fête  solennelle  à  la  fin  de  l'année, lorsque  vous  aurez  recueilli  tous  les  fruits de  vos  champs.
17.  Tous  les  mâles  qui  sont  parmi  vous viendront  se  présenter  trois  fois  l'année devant  le  Seigneur  votre  Dieu.
18.  Vous  ne  m'offrirez  point  avec  du levain  le  sang  de  la  victime  qui  m'est immolée,  et  la  graisse  de  l'hostie  offerte en  ma  solennité  ne  demeurera  point  jus- qu'au lendemain.
19.  Vous  viendrez  offrir  en  la  maison du  Seigneur  votre  Dieu,  les  prémices  des fruits  de  votre  terre.  Vous  ne  ferez  point cuire  le  chevreau  dans  le  lait  de  sa  mère.
11.  Anno  autem  septimo  dimittes eam,  et  requiescere  faciès,  ut  comedant pauperes  populi  tui  ;  et  quidquid  reli- quum  fuerit,  edant  bestise  agri.  Ita  faciès in  vinea,  et  in  oliveto  tuo.
12.  Scx  diebus  operaberis,  septimo die  cessabis,  ut  requiescat  bos  et  asinus tuus,  et  refrigeretur  filius  ancillse  tuse, et  advena.
13.  Omnia  qujB  dixi  vobis,  custodite. Et  per  nomen  externorum  deorum  non jurabitis,  neque  audietur  ex  ore  vestro.
14.  Tribus  vicibus  per  singulos  annos milii  festa  celebrabitis.
15.  Solemnitatem  azymorum  custo- dies.  Septem  diebus  comedes  azyma, sicut  prœcepi  tibi,  tempore  mensis  no- vorum,  quando  egressus  es  de  ^gypto. Non  apparebis  in  conspectu  meo  va- cuus.
16.  Et  solemnitatem  messis  primiti- vorum  operis  tui,  qusecumque  semina- veris  in  agro  ;  solemnitatem  quoque  in exitu  anni,  quando  congregaveris  omnes fruges  tuas  de  agro.
17.  Ter  in  anno  apparebit  omne  ma- sculinum  tuum  coram  Domino  Deo  tuo.
18.  Non  immolabis  super  fermente sanguinem  victimœ  mese,  nec  remanebit adaps  solemnitatis  meœ  usque  mane.
19.  Primitias  frugum  terrœ  tuie  dé- fères in  domum  Domini  Dei  tui.  Non coques  hœdum  in  lacté  matris  su.se.
Institutions  sont  envisagées  ici  à  un  point  de  vue spécial,  en  tant  qu'elles  favorisaient  les  intérêts des  pauvres.  Les  détails  sont  très  délicats.  —  Ut refrigeretur.  Hébr.  :  pour  que  respire.
13.  Contre  l'idolâtrie.  Ce  précepte  est  précédé d'une  courte  introduction  (omnia...  custodite)  qui en  relève  l'importance.  —  Fer  nomen...  Cf.  Dcut. IV,  9;  VI,  13-14.
14-17.  Les  trois  grandes  solennités  religieuses des  Juifs  :  la  Pâque  (vei"s.  15);  la  Pentecôte,  ou fête  des  prémices  de  la  moisson  (16»)  ;  la  fête  des récoltes,  ou  des  Tabernacles  (16'':  iyi  exitu  anni, à  la  fln  de  l'année  civile.  Voj'.  la  note  de  xii,  2).
Pour  les  détails,  cf.  xii  et  xiii;  Lev.  xxni.  Ac- tuellement, le  Législateur  se  borne  à  signaler  deux conditions  communes  à  ces  trois  solennités  :  1°  des sacrifices  à  offrir  (non  apparebis...  vacuns),  2°  un pèlerinage  de  tous  les  hommes  au  sanctuaire (vers.  17).
18-19.  Trois  lois  cérémoniales.  —  La  première, vers.  18,  se  raj^porte  visiblement  aux  fêtes  pas- cales, puisqu'elle  interdit  l'usage  du  levain  (super fermenta;  c.-à-d.  avec  du  levain),  et  qu'elle  réi- tère l'ordre  de  consommer  en  entier  l'agneau pascal  dès  la  première  nuit  iadeps,  la  partie  pour le  tout).  —  D'après  l'interprétation  commune,  la
13*
•264
Ex;  XXIII,  20-28.
20.  Ecce  ego  mittam  angelum  meiim, qui  prœcedat  te,  et  ciistodiat  in  via,  et introducat  in  locum  quem  paravi.
21.  Observa  eura,  et  aiidi  vocem  ejus, nec  contemnendum  putes,  quia  non  di- mittet  cum  peccaveris,  et  est  nomen méum  in  illo.
22.  Quod  si  audieris  vocem  ejus,  et feceris  omnia  qu£e  loquor,  inimicus  ero inimicis  tuis,  et  affiigam  affligentes  te.
23.  Prsecedetque  te  angélus  meus,  et ijitroduoet  te  ad  Amorrhieum,  et  He- thœum,  et  Pherezasum,  Chananseumque, et  Hevœum,  et  Jebusœum,  quos  ego  con- teram.
24.  Non  adorabis  deos  eorum,  nec coles  eos;  non  faciès  opéra  eorum,  sed destrues  eos,  et  confringes  statuas  eorum.
25.  Servietisque  Domino  Deo  vestro, ut  benedicam  panibus  tuis  et  aquis,  et auferam  infirmitatem  de  medio  tui.
26.  Non  erit  infœcunda,  nec  sterilis in  terra  tua  ;  numerum  dierum  tuorum iraplebo.
27.  Terrorem  meum  mittam  in  prœ- cursum  tuum,  et  occidam  omnem  po- puium  ad  quem  ingredieris,  cuncto- rumque  inimicorum  tuorum  coram  te terga  vertam,
28.  Emittens  crabrones  prius,  qui  fu-
20.  Voici  que  j'enverrai  mon  ange, afin  qu'il  marche  devant  vous,  qu'il  vous garde  pendant  le  chemin  et  qu'il  vous fasse  entrer  dans  la  terre  que  je  vous  ai préparée.
21.  Respectez -le,  écoutez  sa  voix  et gardez -vous  bien  de  le  mépriser,  parce qu'il  ne  vous  pardonnera  point  lorsque vous  pécherez,  et  parce  que  mon  nom est  en  lui.
22.  Si  vous  écoutez  sa  voix  et  si  vous faites  tout  ce  que  je  vous  dis,  je  serai l'ennemi  de  vos  ennemis  et  j'affligerai ceux  qui  vous  affligent.
23.  Mon  ange  marchera  devant  vous, et  il  vous  fera  entrer  dans  la  terre  des Amorrhéens,  des  Héthéens,  des  Phéré- zéens,  des  Chananéens,  des  Hévéens  et des  Jébuséens  ;  car  je  les  exterminerai.
24.  Vous  ne  vous  prosternerez  pas  de- vant leurs  dieux  et  vous  ne  les  servirez pas.  Vous  n'imiterez  point  leurs  œuvres, mais  vous  les  détruirez  et  vous  briserez leurs  statues.
25.  Vous  servirez  le  Seigneur  votre Dieu,  afin  que  je  bénisse  votre  pain  et les  eaux  que  vous  huves,  et  que  je  ban- nisse toutes  les  maladies  du  milieu  de vous.
26.  Il  n'y  aura  point  dans  votre  terre de  femme  stérile  et  inféconde,  et  je  rem- plirai le  nombre  de  vos  jours.
27.  J'enverrai  ma  terreur  devant  vous  ; j'exterminerai  tous  les  peuples  auprès desquels  vous  entrerez,  et  je  ferai  fuir tous  vos  ennemis  devant  vous.
28.  J'enverrai  des  frelons  devant  vous.
seconde  loi  (19»)  concerne  la  célébi'ation  de  la Pentecôte  :  primitias  fragum,  deux  pains,  est-il dit  au  L6vitique,  xxiii,  17.  —  La  troisième  loi (19b)  a  été  rattachée  par  divers  interprètes  ù  la fête  des  Tabernacles  ;  mais  il  est  préférable  de lui  donner  une  portée  généx'ale.  Elle  est  répétée deux  fois  ailleurs  (xxxviii,  26;  Deut.  xxv,  21), d'une  manière  tout  à  fait  indépendante.  Quoique si  simple,  elle  a  servi  de  thème  à  des  discussions sans  lin,  assez  bien  résumées  par  Bochart, Hierozoicon,  I,  634-C35.  Quelques  interprètes  la regardent  comme  une  défense  de  tuer  et  de  man- ger un  chevreau  avant  qu'il  ait  été  sevré.  Les Juifs  l'ont  prise  pour  base  d'une  pratique  étrange, en  vigueur  chez  eux  depuis  des  siècles,  et  qui consiste  à  répudier  absolument,  dans  leurs  repas, l'usage  simultané  de  la  viande  et  dix  lait  (ou  de ses  équivalents,  le  beuri'e  et  le  fi'omage).  Voyez Buxtovf,  Syna(joga  judaica,  chap.  xxvi.  Le  xxxiexxx est  de  prendre  le  px'écepte  à  la  letti'C,  sans  chex'- chcr  au  delà  ;  il  y  avait,  ù  faire  cuii-e  un  chevi-eau dans  le  lait  qui  avait  servi  à  le  nourrir,  xuxe  sorte
de  cx'xxauté  qixe  cette  législation  délicate  voixlait exxxpêchei'.
13'  Comment  Dieu  récompensex'a  l'obéissance de  son  peuple.  XXIII,  20-3:-.
Belles  pi'omcsses ,  accompagnées  d'exhortations solennelles.  C'est  xxne  excellexxte  conclusion  du  Livx'e de  l'alliance.
20-22.  Premièx'e  px'omesse  :  Dieu  sei-a  constam- ment pi'ésent  à  son  pexxple  fidèle,  pour  le  con- duii-e  au  terme  de  son  voyage.  —  Angelum  meum. Pas  un  ange  ox'dinaix'e,  mais  l'Ange  de  l'alliance, qui  xx'ost  autre  que  Jéhov;ih  lui-même  (est  no- men meum  in  il/o,  vex's.  21).  Cf.  xiii,  21;  xxxir,  34; XXXIII,  2,  15-16;  Gcn.  xii,  7,  etc.  —  In  locum quem  paravi  :  la  TexTe  promise,  —  Le  vei's.  20 décx'it  les  fonctions  de  cet  ange  ;  le  vers.  21 ,  les devoiï's  des  Israélites  envers  lui;  levers.  22,  les avantages  qu'ils  tx'ouvex'ont  à  lui  obéu'.
23-30.  Deuxième  promesse:  l'extirpation  des Chananéens.  Le  Seigneur,  en  la  faisant,  exhorte forteoiexxt  son  peuple  ù,  vivre  dans  une  séiiai'ation coniplète  do  ces  nations  païennes,  si  viciéo.;,  et
Ex.  XXIII,  29  —  XXIV,  3.
2G5
qui  mettront  en  fuite  les  Ilévéens,  les Chananéens  et  les  ^étliéens,  avant  que vous  entriez  dans  leur  pays.
29.  Je  ne  les  chasserai  pas  de  devant votre  face  en  une  seule  année,  de  peur que  la  terre  ne  soit  réduite  en  solitude  et que  les  bêtes  ne  se  multiplient  contre vous.
30.  Je  les  chasserai  peu  ii  peu  de  de- vant vous,  jusqu'à  ce  que  vous  croissiez en  nombre  et  que  vous  vous  rendiez maîtres  de  tout  le  paj^s.
31.  Les  limites  que  je  vous  marquerai seront  depuis  la  mer  Rouge  jusqu'à  la mer  des  Philistins,  et  depuis  le  désert jusqu'au  fleuve.  Je  livrerai  entre  vos mains  les  habitants  de  cette  terre,  et  je les  mettrai  en  fuite  devant  vous.
32.  Vous  ne  ferez  point  d'alliance  avec eux  ni  avec  les  dieux  qu'ils  adorent.
33.  Ils  n'habiteront  point  dans  votre terre,  de  peur  qu'ils  ne  vous  portent  à m'ofïenser  en  servant  les  dieux  qu'ils .adorent,  ce  qui  sera  certainement  votre ruine.
gabunt  Ilevœum,  et  Chananœum,  et  He- thœum,  antequam  introeas,
29.  Non  ejiciam  eos  a  facie  tua  anno uno,  ne  terra  in  solitudinem  redigatur, et  crescant  contra  te  bestiai.
30.  Paulatim  expellam  eos  de  con- spectu  tuo,  donec  augearis,  et  possideas terram.
31.  Ponara  autem  terminos  tuos  a mari  Rubro  usque  ad  mare  Pahicstino- rum,  et  a  deserto  usque  ad  fluvium; tradam  in  manibus  vestris  habitatores terrœ,  et  ejiciam  eos  de  conspectu  ve- stro.
32.  Non  inibis  cum  eis  fœdus,  nec cum  diis  eorum.
33.  Non  habitent  in  terra  tua,  ne forte  peccare  te  faciant  in  me,  si  servieris diis  eorum  ;  quod  tibi  certe  erit  in  scan- dalum.
CHAPITRE  XXIV
1.  Diou  dit  aussi  à  MoiV^e  :  Montez  vers le  Seigneur,  vous  et  Aaron,  Nadab  et Abiu,  et  les  soixante-dix  anciens  d'Israël, et  vous  adorerez  de  loin.
2.  Moïse  seul  montera  auprès  du  Sei- gneur; les  autres  n'approcheront  point, et  le  peuple  ne  montera  pas  avec  lui.
3.  Moïse  vint  donc  rapporter  au  peuple toutes  les  paroles  et  toutes  les  ordon- nances du  Seigneur,  et  le  peuple  répondit
1.  Moysi  qu.oque  dixit  :  Ascende  ad Dominum  tu,  et  Aaron,  Nadab,  et  Abiu, et  septuaginta  senes  ex  Israël  ;  et  ado- rabitis  procul.
2.  Solusque  Moyses  ascendet  ad  Do- minum, et  illi  non  appropinqnabunt  ;  nec populus  ascendet  cum  eo.
3.  Venit  ergo  Moyses  et  narravit  plebi omnia  verba  Domini,  atque  judicia; responditque  omnis  populus   una  voce  :
il  décrit  en  très  beaux  termes  les  bénédictions qu'il  réserve  aux  Hébreux  pour  le  temps  de  leur installation  en  Palestine.  —  Namerum  dieriim... (vers.  26).  C.-ù-d.:  Je  donnerai  à  chacun  de  vous une  longue  vie.  —  Mittam  crabrones  (vers.  28). Ces  insectes,  quand  ils  se  multiplient  dans  une région,  finissent  par  la  rendre  inhabitable. Voyez Bochart,  Hierozoicon ,  I,  409.  Les  passages  Jos. XXIV,  12,  et  Sap,  XII,  8-9,  paraissent  exiger  l'in- terprétation littérale  de  cette  menace  divine.  Cf. Deut.  VII,  20.  Néanmoins  beaucoup  de  commen- tateurs modernes  l'expliquent  au  figuré,  dans  le sens  de  terreur, épouvante.  —  Non.. .in  anno  uno (vers.  29).  Détail  d'une  exquise  délicatesse.
3i-33.  A  ses  deux  promesses,  le  Seigneur ajoute,  pour  les  compléter,  Tindication  des  limites de  la  riche  contrée  qu'il  destine  à  IsraL'l  :  au sud -est,  la  pointe  sui)éricure  du  golfe  Elanitc (a  mari  Rubro);  à  l'ouest,  la  Méditerranée {.mare  Palœstinorum,  ainsi  nonuuée  parce  qu'elle
baignait  le  territoire  des  Philistins);  au  sud,  le désert  de  Pharan  (a  deserto);  au  nord,  l'IIu- phrate  (ad  fluvium).  L'empire  juif  s'étendit,  en effet,  jusque-là  sous  David  et  Salomon.  Voy. YAtl.  gcogr.,  pi,  vu.  —  In  scandalum.  Hébr.  : en  piège.  Fréquente  métaphore.
Sectiox  III.  —  Inauguration  solennelle  de
l'alliance  THÉOCIÎATIQUE.   XXIV,   1-lL
10  Le  peuple  ratifie  les  conditions  de  l'alliance. XXIV,  1-3.
CiiAP.  XXIV.  —  1-3.  Moysi  quoque  dixit  : tandis  qu'il  était  sur  la  montagne.  Cf.  xx,  21-22. —  Aaron,  Nadab...  La  présence  d'Aaron,  de  ses deux  fils  aînés  et  des  soixante-dix  notables  (qu'il ne  faut  pas  confondre  avec  les  soixante-dix  juges, cf.  xviii,  21-26)  avait  pour  but  de  donner  nu caractère  plus  imposant  à  la  ratification  de  l'al- liance théocratique.  —  Venit  err/o  Moyses,  Après que  le  Seigneur  lui  eut  exposé  les  lois  contenue^
266
Ex.  XXIV,  4-11.
Omnia  verba  Domini,  quse  locutus  est, faciemiis.
4.  Scripsit  autem  Moyses  universos serraones  Domini;  et  mane  consurgens, fiedificavit  altare  ad  radiées  montis,  et duodecim  titulos  per  duodecim  tribus Israël  ;
6.  Mi^itque  jiivenes  de  filiis  Israël, et  obtulerunt  holocausta,  immolaverunt- que  victimas  pacificas  Domino,  vitulos.
6.  Tulit  itaqiie  Moyses  dimidiam  par- tem  sanguinis,  et  misit  in  crateras  ;  par- tem  autem  residuam  fudit  super  altare.
7.  Assumensque  volumen  fœderis, legit  audiente  populo,  qui  dixerunt  : Omnia  qu£e  locutus  est  Dominus,  facie- mus,  et  erimus  obedientes.
8.  Ille  vero  sumptum  sanguinem  re- spersit  in  populum,  et  ait  :  Hic  est  san- guis  fœderis  quod  pepigit  Dominus  vo- biscum  super  cunctis  sermonibus  his.
9.  Ascenderuntque  Moyses  et  Aaron, Nadab  et  Abiu,  et  septuaginta  de  senio- ribus  Israël  ;
10.  Et  viderunt  Deum  Israël  ;  et  sub pedibus  ejus  quasi  opus  lapidis  sap- phirini,  et  quasi  cœlum,  cum  serenum est.
11.  Kec  super  eos  qui  procul  reces- serant    de    filiis    Israël,    misit   manum
tout  d'une  voix  :  Nous  ferons  tout  ce  que le  Seigneur  a  dit.
4.  Moïse  écrivit  toutes  les  ordonnances du  Seigneur,  et,  se  levant  dès  le  point  du jour,  il  dressa  un  autel  au  pied  de  la montagne,  et  douze  pierres,  selon  le nombre  des  douze  tribus  d'Israël.
5.  Et  il  envoya  des  jeunes  gens  d'entre les  enfants  d'Israël,  et  ils  offiirent  des holocaustes  et  immolèrent  des  victimes pacifiques  au  Seigneur,  de  jeunes  tau- reaux.
6.  Et  Moïse  prit  la  moitié  du  sang, qu'il  mit  en  des  coupes,  et  il  répandit l'autre  moitié  sur  l'autel.
7.  Il  prit  ensuite  le  livre  de  l'alliance et  il  le  lut  devant  le  peuple,  qui  dit, après  l'avoir  entendu  :  Nous  ferons  tout ce  que  le  Seigneur  a  dit,  et  nous  lui  se- rons obéissants.
8.  Alors  prenant  le  sang^^t"  était  dans les  coupes,  il  le  répandit  sur  le  peuple, et  il  dit  :  Voici  le  sang  de  l'alliance  que le  Seigneur  a  faite  avec  vous,  afin  que vous  accomplissiez  toute:?  ces  choses.  ^
9.  Et  Moïse,  Aaron,  Nadab,  Abiu  et les  soixante -dix  anciens  d'Israël  mon- tèrent ,
10.  Et  ils  virent  le  Dieu  d'Israël;  et son  marchepied  paraissait  être  un  ouvrage fait  de  saphir  et  ressemblait  au  ciel lorsqu'il  est  serein.
11.  La  main  de  Dieu  ne  fi'appa  point ces  princes  qui  avaient  laissé  bien  loin
au  Livre  de  l'alliance,  xx,  22-xxiii,  33,  lois qu'il  communiqua  lui-même  au  peuple  (narratit pleli...). —  Populus  unavoce.  Adhésion  unanime, prompte,  généreuse,  universelle.  Cf.  xix,  8.
2°  La  cérémonie  de  l'alliance.  XXIV,  4-8.
Tout  est  simple  et  majestueux  en  même  temps.
4.  Les  préparatifs.  —  Scrijjsit...  universos  ser- Vfiones...  :  ce  qui  est  compris  entre  xx ,  23  et XXIII ,  33.  Moïse  dressait  ainsi  l'acte  de  l'alliance. —  Altare  ad  radices...  :  au  pied  du  E,as  -  Souf- safeh.  —  Et  duodecim  titulos.  Hébr.  :  viasébah  ; des  stèles,  ou  de  longues  pierres  en  forme  de colonnes.  Elles  figuraient  les  douze  tribus  {per, selon) ,  de  même  que  l'autel  représentait  Jéhovah. Les  deux  parties  contractantes  se  tenaient  donc doublement  en  face  l'une  de  l'aiitre  :  en  figure  et en  réalité.
5.  Premier  rite  de  l'alliance  :  des  sacrifices d'adoration ,  de  propitiation  (holocausta)  et  d'ac- tions de  grâces  (victimas  pacificas).  Cf.  xviii,  12. Les  juvenes  de  filiis  Israël,  choisis  par  Moïse pour  immoler  les  victimes,  n'étaient  pas  néces- Balrement  les  premiers -nés  des  familles  (les  Tar- 'yums,  l'arabe,  etc.).
G,  Second  rite  :  Moïso  fait  deux  parts  du  sang des  victimes  ;  une  moitié  est  réservée  pour  un
usage  ultérieur  (vers.  8),  l'autre  est  immédia- tement répandue  sur  l'autel  et  offerte  au  Sei- gneur.
7.  Troisième  rite  :  lecture  du  livre  de  l'al- liance, et  ratification  du  contrat  par  toute  l'as- semblée.
8.  Quatrième  rite  :  l'autre  moitié  du  sang  des victimes  est  répandue  sur  le  peuple.  Voyez  le beau  commentaire  de  saint  Paul ,  Hebr.  ix , 19-22.  Notre  -  Seigneur  Jésus -Christ  fit  tme allusion  évidente  à  la  formule  :  Eic  est  san- ijuis  fœderis ,  quand  il  consacra  la  coupe  eucha- ristique. Cf.  Matth.  XXVI,  28.
3«"  Dieu  se  manifeste  aux  anciens  du  peuple  et ratifie  à  son  tour  l'alliance.  XXIV,  0-11.
9-11.  Ascenderunt...  Conformément  ù,  l'ordre du  Seigneur,  vers.  1 ,  Josué  accompagnait  Moïse et  les  notables,  vers.  13. — Viderunt  Deum  Israël. Nom  parfaitement  adapté  à  la  circonstance.  Le mode  de  l'apparition  n'est  pas  indiqué  ;  Moïse dira  plus  tard,  Deut.  rv,  12,  que  Dieu  ne  se montra  pas  sous  une  forme  distincte. —  Sitb  pe- dibus doit  se  prendre  au  figuré,  et  désigne  la  partie inférieure  de  l'apparition,  quelle  qu'elle  fût.  — Quasi  opus..,,  et  cœlum.  Ces  deux  expressions marquent  un  beau  bleu  transparent.  —  J^ec...
I
Ex.  XXIV,  12-18.
267
derrière  eux  les  enfants  d'Israël;  mais ils  virent  Dieu,  et  ils  mangèrent  et burent.
12.  Or  le  Seigneur  dit  à  Moïse  :  Montez auprès  de  moi  en  haut  de  la  montagne, et  vous  y  demeurerez  ;  je  vous  donnerai des  tables  de  pierre,  et  la  loi  et  les  com- mandements que  j'ai  écrits,  afin  que vous  instruisiez  le  peuple.
13.  Et  Moïse  se  leva  avec  Josué  qui le  servait,  et,  montant  sur  la  montagne de  Dieu,
14.  Il  dit  aux  anciens  :  Attendez  ici jusqu'à  ce  que  nous  revenions  à  vous. Vous  avez  avec  vous  Aaron  et  Hur;  s'il survient  quelque  difficulté,  vous  vous  en rapporterez  à  eux.
15.  Moïse  étant  monté,  la  nuée  cou- viit  la  montagne.
16.  La  gloire  du  Seigneur  reposa  sur le  Sinaï,  l'enveloppant  d'une  nuée  pen- dant six  jours,  et  le  septième  jour.  Dieu appela  Moïse  du  milieu  de  cette  obscu- rité.
17.  Ce  qui  paraissait  de  cette  gloire da  Seigneur  était  comme  un  feu  ardent au  plus  haut  de  la  montagne,  qui  se  fai- sait voir  à  tous  les  enfants  d'Israël.
18.  Et  Moïse,  passant  au  travers  delà nuée,  monta  sur  la  montagne  et  y  de- meura quarante  jours  et  quarante  nuits.
suam  ;   vidcnmtque   Deum,   et  comede- runt,  ac  biberunt.
12.  Dixit  autera  Domjnus  ad  Moy- ;  en  :  Ascende  ad  me  in  montem,  et c  to  ibi;  daboque  tibi  tabulas  lapideas, et  legem  ac  mandata  quœ  scripsi,  ut doceas  eos.
13.  Surrexerunt  Moyses  et  Josue  mi- nister  ejus  ;  ascendensque  Moyses  in montem  Dei,
14.  Senioribus  ait  :  Expectate  hic  donec revertamur  ad  vos.  Habetis  Aaron  et Hur  vobiscum;  si  quid  natum  fuerit quœstionis,  referetis  ad  eos.
15.  Cumque  ascendisset  Moyses,  ope- ruit  nubes  montem,
16.  Et  habitavit  gloria  Domini  super Sinai ,  tegens  illum  nube  sex  diebus  ; septimo  autem  die  vocavit  eum  de  medio caliginis.
17.  Erat  autem  species  glorise  Do- mini quasi  ignis  ardens  super  verticem montis,  in  conspectu  filiorum  Israël.
18.  Ingressusque  Moyses  médium  ne- bulse,  ascendit  in  montem;  et  fuit  ibi quadraginta  diebus,  et  quadraginta  no- ctibus.
misit  manum  :  pour  les  anéantir.  C'était  une antique  croyance  que  l'on  ne  pouvait  voir  Dieu sans  mourir.  Cf.  xxxiii,  20;  G-en.  xxxri,  30,  etc. —  Eos  qui  procul.  Hébr.:  les  nobles  des  enfants d'Israël,  c.-à-d.  les  personnages  mentionnés  au vei^.  9.  —  Viderunt  (ils  contemplèrent,  yéhézu) ..., et  comederunt...  Cf.  xviii,  12.  Sous  le  regard  de Dieu,  ils  consommèrent  ce  qui  restait  des  victimes dites  pacifiques.
SectionIV.— Préceptes  RELATIFS  AU  SANCTUAIRE
ET  AUX   PRÈTUE3.    XXIV,   12  —  XXXI,   18.
Dieu  n'a  donné  jusqu'ici  qu'un  sommaire  de la  législation  théocratique  ;  il  va  la  compléter  dé- sormais peu  à  peu.  Au  roi  d'Israël  il  faut  d'abord un  palais  et  des  ministres;  ce  roi  étant  Dieu, son  palais  est  un  sanctuaire,  ses  ministres  sont des  prêtres.
§  I.  —  Le  tabernacle  et  son  mobilier. XXIV,  12  —  XXVII,  21.
1"  Moïse  gravit  seul  la  montagne  pour  recevoir les,  tables  de  la  loi.  XXIV,  12-18.
12-14.  Le  Soigneur  appelle  Moïse  auprès  de
lui.  —  Ascende...,  et  esta  ibi  :  ces  derniers  mots impliquaient  un  séjour  prolongé.  —  Tabiilas  la- indeas ,  et  legem...  Le  contenant  et  le  contenu.  Cf. Deut.  V,  12.  Ces  tables  devaient  être  un  mémo- rial perpétuel  de  l'alliance,  en  rappelant  aux I^ébreux  les  principales  obligations  qu'elle  leur imposait.  —  Ascendens...  in  montem.  Au  sommet du  Ras-Soufsafeh,  ou  même  du  Djebel  Mouça. —  Expectate  hic:  non  pas  à  l'endroit  précis  où Moïse  parlait,  mais  au  camp  d'Er-Kahah,  avec tout  le  peuple,  sans  avancer  plus  loin.  Voy.  VAtl. géogr.,  pi.  VI.  —  Si  quid  natum  fuerit...  Pré- voyant une  longue  absence  (vers.  12),  Moïse  dé- lègue son  autorité  à  Aaron  et  à  Hur.
15-18.  Moïse  sur  le  Sinaï.  —  Operuit  nubes. Dans  l'hébr.  :  la  nuée  dont  il  a  été  question  plu- sieurs fois.  Moïse,  on  le  conçoit,  n'osa  pas  péné- trer de  lui-même  dans  ce  Saint  des  saints;  il attendit  que  Dieu  l'y  invitât.  —  Quasi  ignis... Comme  si  le  faîte  de  la  montagne  eût  été  en  pleine conflagration.  —  Quadraginta  diebus...:  y  com- pris les  six  jours  d'attente  (vers.  16).  Pendant tout  ce  temps,  Moïse  ne  prit  aucune  nourriture, Deut.  IX,  9.
268
Ex.  XXV,  1-7.
CHAPITRE  XXV
1.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moysen, dicens  :
2.  Loquere  filiis  Israël,  ut  tollaut mihi  priiiiitias  ;  ab  omni  homine  qui  of- feret  ultroneus,  accipietis  eas.
3.  Hœc  sunt  autem  quse  accipere  de- betis  :  aurum,  et  argentum,  et  ses,
4.  Hyacintlium  et  purpuram,  coccum- que  bis  tinctum,  et  byssum,  pilos  capra- rum ,
5.  Et  pelles  arietum  rubricatas ,  pelles- que  iantliinas,  et  ligna  setim  ;
6.  Oleum  ad  luminaria  concinnanda, aromata  in  unguentum,  et  thymiamata boni  odoris  ;
7.  Lapides  onycliinos,  et  gemmas  ad ornandum  ephod  ac  rationale.
1.  Le  Seigneur  parla  donc  à  Moïse,  et lui  dit  :
2.  Ordonnez  aux  enfants  d'Israël  de m'apporter  des  prémices,  et  vous  les  re- cevrez de  tous  ceux  qui  me  les  présente- ront avec  une  pleine  volonté.
3.  Voici  ce  que  vous  devez  recevoir d'eux  :  de  l'or,  de  l'argent  et  de  l'airain  ;
4.  De  l'hyacinthe,  de  la  pourpre,  de l'écarlate  teinte  deux  fois,  du  fin  lin,  des poils  de  chèvres,
5.  Des  peaux  de  mouton  teintes  en rouge,  et  d'autres,  teintes  en  violet,  et des  bois  de  sétim,
6.  De  l'huile  pour  entretenir  les  lampes, des  aromates  pour  l'huile  d'onction,  et des  parfums  d'excellente  odeur;
7.  Des  pierres  d'onyx  et  des  pierres précieuses  pour  orner  l'éphod  et  le  ratio- nal.
2«  Dieu  demande  des  offrandes  volontaires  pour son  sanctuaire.  XXV,  1-9.
Chap.  XXV.  —  1-2.  Introduction.  —  Primi- lias.  Hébr.  :  t'rumah,  de  la  racine  rùm,  être élevé.  On  nommait  ainsi  les  offrandes  sacrées, parce  qu'on  les  élevait  vers  le  ciel  pour  les  pré- senter à  Dieu.  —  Ab  omni...  qui...  ultroneus. Littéralement,  dans  l'hébr.  :  De  tout  homme  que son  cœur  y  disposera.  Dieu  ne  veut  que  des dons  spontanés.  Cf.  I  Par.  xix,  3,  9,  14;  Esdr. n,  68-69;  I  Cor.  vra,  11-12;  ix,  7.
3-7.  Tiiste  des  matièi'es  à  offrir  pour  le  culte.
—  D'abord  trois  métaux,  rangés  en  gradation descendante  :  aurum,  argenium,  ces  (du  bronze). Ils  abondaient  dans  le  camp  hébreu,  et  prove- naient, soit  de  la  fortune  qui  s'était  peu  à,  peu accumulée  en  Israël  depuis  l'époque  d'Abraham, soit  des  présents  faits  par  les  Égj^ptiens  au  mo- ment du  départ  (xii,  35),  soit  des  dépouilles  ré- cemment conquises  sur  les  Amalécites,  xvii,  8-13.
—  En  second  lieu ,  différentes  sortes  d'étoffes teintes ,  ou  plutôt  simi)leraent  les  fils  teints (A'ers.  4).  1"  IlyacluthiDn  (d'din-bs  les  LXX,qui traduisent  l'hébr.  fkélet  par  ûây.ivOo:)  :  le  violet, le  bleu  foncé,  ou  le  bleu  de  ciel,  suivant  les  di- verses interprétations.  C'est  la  couleur  qui  prédo- minera dans  le  sanctuaire.  2°  Purpuram  (LXX  : 7zop9"jpa;  Yiéhr.:  'argamân)  :  la  pourpre  propre- ment dite,  ou  pourpi'e  de  Tyr,  la  plus  estimée de  toutes  (cf.  Jud.  viii,  26;  Esth.  i,  6;  Prov. XXXI,  21,  etc.),  extraite  de  iJlusieurs  sortes  de coquillages,  mais  surtout  du  Murex  brandaris et  du  M.  trunculus.  Voyez  l'Atlas  d'hist.  nat., pi.  LU,  flg.  4,7,  8,  10,  12.  Elle  était  d'un  beau rouge  foncé.  3»  Coccam...  bis  tinctum  (  LXX  : y.ôy.y.ivo;  6'.ir),oOç).  L'hébr.  tola'^af  sâni  (litté- ral.: ver  à  écarlatc)  désigne  la  pourpre  écarlate,
ou  cramoisie ,  moins  précieuse  que  la  précédente , et  fournie  par  la  cochenille  ou  Coccus  ilicis.  Voy. VAtl.  d'hist.  nat.,  pi.  xlvi,  flg.  1,  4.  4:'^-  Byssum (hébr.:  ses,  expression  d'origine  égyptienne):  le fin  lin,  d'une  éclatante  blancheur,  si  recherché des  anciens  (cf.  Gen.  xli,  42;  I  Par.  xv,  27; Prov.  XXXI,  22;  Ez.  xvi,  10;  Luc.  xvi,  19,  etc.). 5°  Pilos  caprarum.  Les  poils  longs,  soyeux  et flexibles  des  chèvres  orientales  (Atl.  d'hist.  nat., pi.  Lxxxix,  flg.  1)  étaient  et  sont  encore  tissés de  manière  à  former  une  étoffe  solide  dont  on  re- couvre les  tentes.  —  En  troisième  lieu,  des  peaux de  deux  espèces,  également  pour  couvrir  le  ta- bernacle, ou  la  tente  divine,  l»  Pelles  arietum rubricatas,  tannées  et  préparées  à  la  manière  du maroquin  rouge  du  Levant.  2°  Pelles  ianthinas. Hébr.  :  des  peaux  de  tahas;  nom  du  dauphin, selon  les  uns  ;  plus  probablement  du  dugong ,  q\ii abonde  dans  les  eaux  de  la  mer  Eouge,  et  dont la  peau  est  utilisée  pour  faire  des  tentures,  des sandales,  etc.  Yoy.  Y  AU.  d'hist.  nat.,  pi.  lxxviii, flg.  1.  —  Eu  quatrième  lieu,  du  bois  pour  la  char- pente, les  brancards,  etc.  Une  seule  essence  est mentionnnée ,  ligna  setim  (  mieux  :  sittiia  ) ,  l'a- cacia sej'al,  assez  commun  alors  dans  l'Arabie Pétrée.  Son  bois  est  dur,  incorruptible  (  LXX  : ^uXa  àc7y]TCTa),  à  grains  fins,  de  couleur  orangée. Voj^  Y  Atl.  d'hist.  nat,  pi.  xxx,  flg.  6;  pi.  xxxii, flg.  1.  —  En  cinquième  lieu  :  oleum,  de  l'huile d'olive  de  première  qualité,  pour  les  lampes  du candélabre  (voy.  la  note  de  xxvii,  20);  aromata, pour  l'huile  d'onction  (cf.  xxx,  22-25);  thymia- mata, l'encens  le  plus  exquis,  pour  l'autel  des parfums  (cf.  xxx,  34-35).  —  En  sixième  lieu, des  pierres  précieuses  pour  les  vêtements  du grand  prêtre.  1°  Lapides  onychinos.  Hébr.:  des pierres  de  So/iani,  Vojfez  Gen.  ii,  12,  et  le  coni-
Ex.  XXV,  8-18.
2G9
8.  Et  ils  me  dresseront  un  sanctuaire, afin  que  j'habite  au  milieu  d'eux;
9.  Selon  la  forme  très  exacte  du  ta- bernacle que  je  vous  montrerai  et  de tous  les  vases  qui  y  serviront  au  culte sacré.  Voici  la  manière  dont  vous  ferez ce  sanctuaire.
10.  Vous  ferez  une  arche  de  bois  de séiim,  qui  ait  deux  coudées  et  demie  do long,  ane  coudée  et  demie  de  large  et une  coudée  et  demie  de  haut.
11.  Vous  la  couvrirez  d'un  or  très  pur en  dedans  et  en  dehors;  vous  y  ferez au-dessus  une  couronne  d'or  tout  autour.
12.  Vous  mettrez  quatre  anneaux  d'or aux  quatre  coins  do  l'arche,  deux  d'un côté  et  deux  de  l'autre.
13.  Vous  ferez  aussi  des  bâtons  de bois  de  sétim,  que  vous  couvrirez  d'or,
14.  Et  vous  les  ferez  entrer  dans  les anneaux  qui  sont  aux  côtés  de  l'arche, afin  qu'ils  servent  à  la  porter.
15.  Les  bâtons  demeureront  toujours dans  les  anneaux,  et  on  ne  les  en  tirera jamais.
16.  Vous  mettrez  dans  rarche  les tables  de  la  loi,  que  je  vous  donnerai.
17.  Vous  ferez  aussi  le  propitiatoire d'un  or  très  pur.  Il  aura  deux  coudées  et demie  de  long  et  une  coudée  et  demie de  large.
18.  Vous  mettrez  aux  deux  extrémités de  l'oracle  deux  chérubins  d'or  battu  ;
8.  Facientque  mihi  sanctuarium,  et habitabo  in  medio  eorum,
9.  Juxta  omnem  similitudinem  taber- naculi  quod  ostendam  tibi,  et  omnium vasorum  in  cultum  ejus.  Sicque  facietis illud  :
10.  Arcam  de  lignis  setim  compingite, cujus  longitudo  liabeat  duos  et  semis cubitos  ;  latitudo,  cubitum  et  diraidium  ; altitudo,  cubitum  similiter  ac  semissem.
11.  Et  deaurabis  eam  auro  mundissimo intus  et  foris;  faciesque  supra,  çoronam auream  per  circuitum  ;
12.  Et  quatuor  circulos  aureos,  quos pones  per  quatuor  arcœ  angulos  ;  duo circuli  sint  in  latere  uno,  et  duo  in  al- tero.
13.  Faciès  quoque  vectes  de  lignis setim ,  et  operies  eos  auro  ;
14.  Inducesque  per  circulos  qui  sunt in  arcaj  lateribus,  ut  portetur  in  eis;
15.  Qui  semper  erunt  in  circulis,  neo unquani  extrahentur  ab  eis.
16.  Ponesque  in  arca  testificationem quam  dabo  tibi.
17.  Faciès  et  propitiatorium  de  auro mundissimo.  Duos  cubitos  et  dimidium tenebit  longitudo.  ejus,  et  cubitum  ac  se- missem  latitudo.
18.  Duos  quoque  Cherubim  aureos et  productiles  faciès,  ex  utraque  parte oraculi.
montaire.  2"  Gemmas.  Hébr.  :  des  pierres  à  en- châsser. Cf.  xxvni,  17-20.  Sur  Vephod  et  le  ratio- 7iaZe,  voyez  xxvni,  6-30.
8-9.  La  destination  de  ces  divers  objets.  — Facient...  sanctuarium.  Le  roi  théocratique  veut naturellement  avoir  un  palais,  c. -à-d.  un  sanc- tuaire ,  au  milieu  de  son  peuple.  —  Juxta  omnem similitudinem...  Fait  remarquable  :  pour  la  con- sti^uction  de  ce  palnis,  rien  ne  sera  laissé  à  l'ini- tiative humaine  ;  l'hôte  divin  du  tabernacle  en  est lui-même  l'architecte,  jusqu'aux  plus  petits  dé- tails. Cf.  Act.  VII,  44;  Hebr.  viii,  5;  ix,  23.  — Quod  ostendam.  Littéral.  :  que  je  te  montre.  Allu- sion ou  à  la  description  qui  suit,  ou  à  un  modèle que  Dieu  aurait  montré  à  Moïse ,  soit  matérielle- ment, soit  en  vision.
3»  Description  de  l'arche  d'alliance.  XXV,  10-22.
10-16.  L'arche  proprement  dite.  —  Son  nom hébreu,  'arôn,  désigne  un  coffret  de  bois.  Ses dimensions  étaient ,  d'après  notre  système  mé- trique, environ  1"',75  en  longueur,  0'",80  en  lar- geur, et  autant  en  hauteur.  Sur  la  coudée,  voy. la  note  de  Gen.  vi,  15.  —  Le  vers.  11  contient  deux détails  relatifs  à  la  décoration  de  l'arche:  l"  deau- rabis..., vraisemblablement  au  moyen  de  plaques
d'or;  2»  coronam...  per  circuitum,  un  rebord ouvragé,  dépassant  légèrement  tout  le  pourtour supérieur.  —  Appendices  poiu*  la  porter  (12-15)  : quatuor  circulos,  ou  anneaux,  placés,  dit  l'hé- breu, aux  quatre  pieds  (angulos  de  la  Vulg. ), c.-à-d.  aux  quatre  coins  inférieurs  de  l'arche  ;  et deux  bâtons  {vectes)  qui  devaient  rester  constam- ment insérés  dans  les  anneaux ,  sans  doute  pour qu'on  ne  touchât  jamais  l'arche  même.  —  Dans ce  meuble,  on  devait  placer  testificationem ,  ou les  tables  de  la  loi,  ainsi  nommées  parce  qu'elles étaient  les  témoins  de  Dieu  en  face  de  son  peuple, Deut.  XXXI,  26.
17.  Le  propitiatoire.  —  Propitiatorium.  C'est la  traduction  antique  de  l'hébr.  Jcapporet  :  expia- tion, ou  ])ropitiation.  Ija  plupart  d(;s  interprètes contemporains,  à  la  suite  de  la  version  arabe, traduisent  ce  mot  par  «  couvercle  )'.  Le  Icappore'. était,  en  effet,  une  plaque  d'or  qui  l'ecouvraic l'arche.
18-21.  Les  chérubins  du  propitiatoire.  —  Che- rubim. Anges  supérieurs,  dont  il  a  été  question h  propos  de  Gen.  m,  24.  —  Froductiles.  Hébr.  : battus  (au  marteau)  ;  ce  qui  marque  un  ouvrage très  soigné.  Leurs  dimensions  étaient  évidemment
270
Ex.  XXV,  19-29.
19.  Charub  unus  sit  in  latere  uno,  et aller  in  altero.
20.  Utrumque  latus  propitiatorii  te- gant,  expandentes  alas,  et  operientes oraculum,  respiciantque  se  mutuo  versis vultibus  in  propitiatorium  quo  operienda est  arca,
21.  In  qua  pones  testimonium  quod dabo  tibi.
22.  Inde  prfccipiam,  et  loqiiar  ad  te supra  propitiatorium,  ac  de  medio  duo- rum  Cherubim,  qui  erunt  super  arcam testimonii,  cuncta  quse  mandabo  per  te filiis  Israël.
23.  Faciès  et  mensam  de  lignis  setim, habentem  duos  cubitos  longitudinis,  et  in latitudine  cubitum,  et  in  altitudine  cubi- tum  ac  semissem.
24.  Et  inaurabis  eam  auro  purissimo  ; faciesque  illi  labium  aureum  per  circui- tum,
25.  Et  ipsi  labio  coronam  interrasilem altam  quatuor  digitis  ;  et  super  illam , alteram  coronam  aureolam.
26.  Quatuor  quoque  circules  aureos prseparabis,  et  pones  eos  in  quatuor  an- gulis  ejusdem  mens  se  per  singulos  pe- des,
27.  Subter  coronam  erunt  circuli  au- rei,  ut  mittantur  vectes  per  eos,  et  possit mensa  portari.
28.  Ipsos  quoque  vectes  faciès  de  li- gnis setim,  et  circumdabis  auro  ad  sub- veliendam  mensam.
29.  Parabis  et  acetabula,  ac  phialas.
19.  Un  chérubin  d'un  côté  et  l'autre de  l'autre  côté.
20.  Ils  tiendront  leurs  ailes  étendues des  deux  côtés  du  propitiatoire,  et  ils couvriront  l'oracle,  et  ils  se  regarderont l'un  l'autre,  ayant  le  visage  tourné  vers le  propitiatoire  qui  couvrira  l'arche,
21.  Où  vous  mettrez  les  tables  de  la loi  que  je  vous  donnerai.
22.  C'est  de  là  que  je  vous  donnerai- mes  ordres.  Je  vous  parlerai  de  dessus  le propitiatoire,  du  milieu  des  deux  ché- rubins qui  seront  au-dessus  de  l'arche  du témoignage,  pour  vous  faire  savoir  tout ce  que  je  voudrai  commander  aux  enfants d'Israël.
23.  Vous  ferez  aussi  une  table  de  bois de  sétim,  qui  aura  deux  coudées  de  long, une  coudée  de  large  et  une  coudée  et demie  de  haut.
24.  Vous  la  couvrirez  d'un  or  très  pur et  vous  y  ferez  tout  autour  une  bordure d'or.
25.  Vous  appliquerez  sur  la  bordure une  couronne  de  sculpture  à  jour,  haute de  quatre  doigts ,  et  vous  mettrez  encore au-dessus  une  autre  couronne  d'or.
26.  Vous  ferez  aussi  quatre  anneaux d'or,  que  vous  mettrez  aux  quatre  coins de  la  table,  un  à  chaque  pied.
27.  Les  anneaux  d'or  seront  au-des- sous de  la  couronne  pour  y  passer  les b/itons,  afin  qu'on  s'en  serve  à  porter  la table.
28.  Vous  ferez  aussi  de  bois  de  sétim ces  bâtons  sur  lesquels  la  table  sera portée,  et  vous  les  couvrirez  d'or.
29.  Vous  ferez  aussi  d'un  or  très  pur
en  rapport  avec  celles  de  l'arche  et  du  propitia- toire, par  conséquent  assez  restreintes.il  ressort du  vers.  21  qu'ils  avaient  la  forme  humaine ,  avec des  ailes  dont  ils  ombrageaient  le  propitiatoire comme  d'une  sorte  de  dais.  Ils  figuraient,  ainsi  que l'exprime  S.  Aug.,  Qucest.  in  Exod.,  cv,  les  ado- rations et  les  hommages  rendus  à  Dieu  par  toutes les  créatures.
22.  Destination  du  propitiatoire.  —  Inde  prm- cipiam...  C'était  donc  la  partie  la  plus  sacrée  de l'arche,  et,  pour  ainsi  dire,  le  trône  du  roi  tliéo- cratique.  —  Sur  l'arche,  les  chérubins  et  leurs analogies  égyptiennes,  voy.  Vigoureux,  Bible  et découv.,  II,  568  et  ss.,  et  VAtl.  archéol.,  pi.  cii, fig.  5-6;  pi.  cm,  flg.  1-6.
4'  La  table  des  pahis  de  proposition.  XXV, 23-30.
23-25.  La  table  proprement  dite. —  Ses  dimen- Eions  étaient  im  peu  moins  considérables  que  celles de  l'arche  :  en.  longueur,  deux  coudées  au  lieu  de
deux  et  demie  ;  en  largeur,  une  coudée  au  lieu d'une  et  demie  ;  en  hauteur,  une  coudée  et  demie de  part  et  d'auti'e.  —  Labium  aureum...:  un  re- bord semblable  ù  celui  de  l'arche,  vers.  11.  — Quant  à  ia  corona  interrasilis  (sculptée  à  jour), haiite  de  quatre  doigts  (  hébr.  :  d'un  petit  palme, tofah,  0'»,0875),  elle  consistait  en  «  ime  large bande  de  bois  plaqué,  destinée  à  relier  entre  eux et  à  tenir  fermes  les  quatre  pieds  de  la  table  ». Elle  n'adhérait  donc  pas  ipsi  labio ,  comme  le  dit notre  version  latine  ;  mais  elle  était  située  vers le  milieu  de  la  hauteur  des  pieds.  Voir  les  figures indiquées  plus  bas.
26-28.  Les  anneaux  et  les  barres  pour  porter la  table.  Comp.  les  vers.  12-14.
29-30.  Les  divers  objets  qui  accompagnaient la  table  des  pains  de  proposition.  —  D'abord quelques  ustensiles,  vers.  29  :  acetabula,  des  vases larges  et  peu  profonds  pour  recevoir  les  pains; phialas,  de  petites  coupes    pour  verser  le  vin
1
Ex.  XXV,  30-37.
271
des  plats,  des  coupes,  des  encensoirs  et des  tasses  dans  lesquelles  vous  mettrez les  liqueurs  que  l'on  doit  m'ofïrir.
30.  Et  vous  mettrez  sur  cette  table  les pains  qui  seront  toujours  exposés  devant moi.
31.  Vous  ferez  aussi  un  chandelier  de l'or  le  plus  pur,  battu  au  marteau,  avec sa  tige,  ses  branches,  ses  coupes,  ses pommes  et  ses  lis  qui  en  sortiront.
32.  Six  branches  sortiront  des  côtés  de sa  tige,  trois  d'un  côté  et  trois  de  l'autre.
33.  Il  y  aura  trois  coupes  en  forme  de noix ,  avec  une  pomme  et  un  lis  à  une des  branches  ;  il  y  aura  de  même  trois coupes  en  forme  de  noix,  avec  une pomme  et  un  lis  à  une  autre  branche  ; et  il  en  sera  ainsi  à  toutes  les  six  bran- ches qui  sortiront  de  la  tige;
34.  Mais  la  tige  du  chandelier  aura quatre  coupes  en  forme  de  noix,  accom- pagnées chacune  de  sa  pomme  et  de  son Hs.
35.  Il  y  aura  trois  pommes  en  trois endroits  de  la  tige,  et  de  chaque  pomme sortiront  deux  branches,  qui  feront  en tout  six  branches  naissantes  d'une  même tige.
36.  Ces  pommes  et  ces  branches  sorti- ront donc  du  chandelier,  étant  toutes d'un  or  très  pur  battu  au  marteau.
37.  Vous  ferez  aussi  sept  lampes  que vous  mettrez  au-dessus  du  chandelier, afin  qu'elles  éclairent  ce  qui  est  vis-à-vis.
thuribula,  et  cyathos,  in  quibus  oiïerenda sunt  libamina,  ex  auro  purissimo.
30.  Et  pones  super  mensam  panes propositionis  in  conspectu  meo  semper.
31.  Faciès  et  candelabrum  ductile  de auro  mundissimo,  hastile  ejus,  calamos, scyphos  et  sphœrulas,  ac  lilia  ex  ipso procedentia.
32.  Sex  calami  egredientur  de  lateri- bus,  très  ex  uno  latere,  et  très  ex  altero.
33.  Très  scyphi  quasi  in  nucis  modum per  calamos  singulos,  sphaerulaque  simul et  lilium  ;  et  très  similiter  scyphi  instar nucis  in  calamo  altero,  sphœrulaque simul  et  lilium  ;  hoc  erit  opus  sex  ca- lamorum,  qui  producendi  sunt  de  ha- stili  ;
34.  In  ipso  autem  candelabro  erunt quatuor  scyphi  in  nucis  modum,  sphse- rulseque  per  singulos,  et  lilia.
35.  Sphserulse  sub  duobus  calamis  per tria  loca,  qui  simul  sex  fiunt,  proce- dentes  de  hastili  uno.
36.  Et  sphœrulse  igitur  et  calami  ex ipso  erunt,  universa  ductilia  de  auro  pu- rissimo.
37.  Faciès  et  lucernas  septem,  et pones  eas  super  candelabrum,  ut  luceant ex  adverso.
des  libations;  thuribula  (LXX  :  ôuco-xat),  des navettes  ù,  encens  ;  cyathos,  de  grandes  coupes qui  contenaient  le  vin  des  libations.  Ensuite ,  les pains  «  de  face  »,  comme  les  nomme  l'hébreu, parce  qu'ils  étaient  mis  sous  les  yeux  du  Seigneur. Cf.  Lev.  XXIV,  5-9.  —  Sur  cette  table  et  ses  us- tensiles, voyez  VAtl.  archéol.,  pi.  civ,  flg.  3,  5-9. La  représentation  de  la  table  sur  l'arc  de  triomphe de  Titus  pi'ésente  un  intérêt  particulier  (Ibid., flg.  12).
50  Le  candélabre.  XXV,  31-40.
31.  Description  générale.  —  Ductile  :  en  or battu,  comme  au  vers.  18.  —  Les  différentes  par- ties du  candélabre,  hastile,...  lilia,  sont  simple- ment énumérées  dans  ce  verset  ;  elles  seront  en- suite reprises  une  à  une  pour  la  description  dé- taillée. L'hébreu  doit  se  ti'aduire  ainsi  :  Son  pied (c.-à-d.  sa  base),  sa  tige,  son  calice,  ses  pommes et  ses  fleurs  seront  tout  d'une  pièce  avec  lui  (ex ipso  procedentia).  —  Voy.  encore  VAtl.  archéol., pi.  cm,  flg.  7,  10,  11.
32-36.  Description  détaillée. —  Le  sens  est  assez clair.  Comme  ensemble,  une  tige  centrale,  droite, reposant  sur  une  base  ;  de  chaque  côté  de  cette tige,  trois  branches  recourbées  (calami),  de différentes  grandeurs,  accouplées  deux  à  deux;
six  branches  en  tout ,  sur  un  même  plan ,  et  for- mant avec  la  tige  un  éventail  ;  les  sept  extrémi- tés supérieures  au  même  niveau.  Pour  chaque branche,  une  triple  rangée  successive  des  trois objets  qui  suivent,  de  manière  à  produire  une gracieuse  décoration  :  un  calice  imitant  la  fleur d'amandier  (Vulg.  :  in  nucis  modum),  une  petite boule  ou  grenade  (sphmrula) ,  une  fleur  de  lis au-dessus  de  la  boule  (lilium).  La  tige  avait quatre  de  ces  rangées  (  vers.  34  )  :  une  au  point de  départ  de  chaque  paire  de  branches,  la  qua- trième au  sommet.
37.  Les  lampes  du  candélabre.  —  Comme  les lampes  de  l'Egypte  et  de  tout  l'Orient,  elles étaient  petites,  ovales,  munies  de  deux  ouver- tures (l'une  au  milieu,  pour  verser  l'huile; l'auti'e  à  l'un  des  bouts,  par  oii  sortait  la  mèche). Voy.  VAtl.  archéol.,  pi.  xvin,  flg.  5,  8,  10,  14.— Super  candelabrum  :  au  sommet  de  la  tige  et des  six  branches.  —  Ut  luceant  ex  adverso.  Lit- téral, :  de  manière  à  éclairer  en  face.  Expression un  peu  obscure.  Elle  signifie  probablement  que le  candélabre,  placé  près  d'une  des  parois  du tabernacle,  «  projetait  sa  lumière  vers  la  paroi opposée,  c.-à-d.  à  travers  tout  l'espace.  »
272
Ex.  XXV,  38  —  XXVI,  6.
38.  Emunctoria  quoque,  et  iibi  qiiae einuncta  suiit  extinguantur,  fiant  de  aiiro purissimo.
39.  Orane  pondus  candelabri  ciim  uni- versis  vasis  suis  liabebit  talentum  auri purissimi.
40.  Inspice,  et  fac  secundum  exem- plar  quod  tibi  in  monte  monstratum  est.
38.  Vous  ferez  encore  des  moucbettes et  les  vases  destinés  pour  y  éteindre  ce qui  aura  été  mouché  des  lampes,  le  tout d'un  or  très  pur.
39.  Le  chandelier,  avec  tout  ce  qui sert  il  son  usage,  pèsera  un  talent  d'un or  très  pur.
40.  Kegardez  et  faites  tout  selon  le modèle  qui  vous  a  été  montré  sur  la montagne.
CHAPITRE  XXVI
1.  Tabernaculum  vero  ita  faciès  :  De- cem  cortinas  de  bysso  retorta,  et  hyacin- tho,  ac  purpura,  coccoque  bis  tincto, variatas  opère  plumario,  faciès.
2.  Longitudo  cortinœ  unius  habebit viginti  octo  cubitos;  latitudo,  quatuor cubitorum  erit.  Unius  mensurce  fient universa  tentoria.
3.  Quinque  cortinac  sibi  jungentur mutuo,  et  alise  quinque  nexu  simili  co- haerebunt.
4.  Ansulas  h3'acinthinas  in  lateribus ac  summitatibus  faciès  cortinarum,  ut possint  invicem  copulari.
5.  Quinquagenas  ansulas  cortina  ha- bebit in  utraque  parte,  ita  insertas,  ut ansa  contra  ansam  veniat,  et  altéra  al- teri  possit  aptari.
6.  Faciès  et  quinquaginta  circules  au- reos  quibus  cortinarum  vêla  jungenda sunt,  ut  unum  tabernaculum  fiât.
1.  Vous  ferez  le  tabernacle  en  cette manière  :  Il  y  aura  dix  rideaux  de  fin  lin retors,  de  couleur  d'hyacinthe,  de  pour- pre et  d'écarlate  teinte  deux  fois.  Ils seront  parsemés  d'ouvrages  de  broderie.
2.  Chaque  rideau  aura  vingt-huit  cou- dées de  long  et  quatre  de  large.  Tous les  rideaux  seront  d'une  même  mesure.
3.  Cinq  de  ces  rideaux  tiendront  l'un à  l'autre,  et  les  cinq  autres  seront  joints de  même.
4.  Vous  mettrez  aussi  des  cordons d'hyacinthe  au  coté  et  à  l'extrémité  des rideaux,  afin  qu'ils  puissent  s'attacher l'un  à  l'autre.
5.  Chaque  ?'ideau  aura  cinquante  cor- dons de  chaque  côté,  placés  de  telle sorte  que  lorsqu'on  approchera  les  ri- deaux, les  cordons  de  l'un  répondent  à ceux  de  l'autre  et  qu'on  les  puisse  atta- cher ensemble.
6.  Vous  ferez  aussi  cinquante  anneaux d'or,  qui  serviront  à  joindre  ensemble  les deux  voiles  composés  chacun  des  cinq rideaux,  afin  qu'il  ne  s'en  fasse  qu'un seul  tabernacle.
38-39.  Autres  détails  conceriiaut  le  candélabi'e. —  1°  Ustensiles  de  deux  sortes  à,  son  usage  :  des emunctoria ,  ou  petites  pinces  pour  ajuster  et  net- to3'er  les  mèches  ;  ubi  quœ  emuncta...,  des  vases plats  pour  recevoir  les  débris  des  mèches.  Voyez VAtl.  archéol.,  pi.  xvii,  fig.  9  ;  xviii,  fig.  9  ;  civ, flg.  1.  —  2°  Valeur  du  candélabre  et  de  ses  usten- siles :  talentum  avrl,  environ  132  000  francs.
40.  Conclusion  solennelle  :  Inspice  etfac.Yoy. le  vers.  9  et  la  note  correspondante.
6°  Les  couvertures  dix  tabernacle.  XXVI,  1-14.
Comme  son  nom  l'indique,  le  tabernacle  avait la  forme  générale  d'une  tente,  mais  d'une  tente de  la  plus  grande  richesse.  Or  les  toiles  qui  la recouvrent  forment  la  partie  essentielle  d'une tente.
Chap.  XXVI.  —  1».  Tabarnaculum...  fades. Titre  (jui  domine  tout  ce  cha:>;tro.
1^-6.  La  couverture  inférieure.  —  Decem  cor- tinas :  des  rideaux  ou  toiles  en  tissu  de  lin  blanc, couleur  d'hyacinthe,  pourpre  et  écarlato  (voyez la  note  de  xxv,  4).  L'expression  «  lin  retors  J» désigne  plusieurs  flis  réunis  ensemble  pour  plus de  solidité,  selon  la  coutume  égyptienne. —  Va- riatas opère  plumario...  La  traduction  littérale de  l'hébreu  serait  :  Des  chérubins,  de  l'œuvre d'habilo  tisseur  tu  les  fei-as  (les  ridcaixx).  C.-îi-d. qu'il  fallait  représenter,  dans  le  tissu,  des  figures de  chérubins.  —  Quinque  cortince...  jungentur  : dans  le  sens  de  la  longueur;  chacun  des  deux grands  tapis  ainsi  formés  avait  donc  28  coudées de  long  et  20  de  large.  —  Ansulas...  cortinarum. Il  s'agit  maintenant  de  la  jonction  de  ces  deux tapis  (hébr.  :  «  assemblages  >)),  do  manière  ù,  pro- duire une  tenture  unique.  L'hébreu  porte,  au vers.  4  :  Tu  feras  aussi  des  attaches  d'hyacinthe
Ex.  XXVI,  7-16.
273
7.  Vous  ferez  encore  onze  toiles  de poils  de  chèvres,  pour  couvrir  le  dessus du  tabernacle.
8.  Chacune  de  ces  toiles  aura  trente coudées  de  long  et  quatre  de  large,  et elles  seront  toutes  de  la  même  mesure.
9.  Vous  en  joindrez  cinq  ensemble  par le  bas,  et  les  six  autres  se  tiendront aussi  l'une  à  l'autre,  en  sorte  que  vous repliiez  en  deux  la  sixième  en  avant  du tabernacle.
10.  Vous  mettrez  aussi  cinquante  cor- dons aux  bords  d'une  de  ces  couvertures , afin  qu'on  la  puisse  joindre  avec  l'autre , et  cinquante  aux  bords  de  l'autre,  pour Fattaclier  ;\  celle  qui  la  touchera,
11.  Vous  ferez  aussi  cinquante  agrafes d'airain ,  par  lesquelles  vous  ferez  ])asser ces  cordons ,  afin  que  de  tous  ces  rideaux il  ne  se  fasse  qu'une  seule  couverture.
12.  Et  parce  que,  de  ces  toiles  desti- nées à  couvrir  le  tabernacle  il  y  en  aura une  de  surplus,  vous  en  emploierez  la moitié  pour  couvrir  le  fond  du  taber- nacle.
13.  Et  comme  ces  toiles  déborderont d'une  coudée  d'un  côté  et  d'une  coudée de  l'autre,  ce  qui  pendra  de  surplus  ser- vira à  couvrir  les  deux  côtés  du  taber- nacle.
14.  Vous  ferez  encore,  pour  mettre  à couvert  le  tabernacle,  une  troisième  cou- verture de  peaux  de  mouton,  teintes  en rouge,  et  par -dessus  vous  en  mettrez encore  une  quatrième,  de  peaux  teintes en  bleu  céleste.
15.  Vous  ferez  des  ais  de  bois  de  sétim pour  le  tabernacle,  qui  se  tiendront  de- bout.
16.  Chacun  de  ces  ais  aura  dix  coudées de  haut  et  une  coudée  et  demie  de  large.
7.  Faciès  et  saga  cilicina  undecim , ad  operiendum  tectum  tabernaculi.
8.  Longitudo  sagi  unius  habebit  tri ginta    cubitos;    et    latitudo,    quatuor; œqua  erit  mensura  sagorum  omnium.
9.  E  quibus  quinque  junges  seorsum, et  sex  sibi  mutuo  copulabis,  ita  ut  sex- tum  sagum  in  frontc  tecti  duplices.
10.  Faciès  et  quinquaginta  ansas  in ora  sagi  unius,  ut  conjungi  cum  altero queat  ;  et  quinquaginta  ansas  in  ora  sagi alterius,  ut  cum  altero  copuletur.
11.  Faciès  et  quinquaginta  fibulas eeneas,  quibus  jungantur  ansœ,  ut  unum ex  omnibus  operimentum  fiât.
12.  Quod  autem  superfuerit  in  sagis quse  parantur  tecto,  id  est,  unum  sagum quod  amplius  est,  ex  medietate  ejus  ope- ries  poster i ora  tabernaculi.
13.  Et  cubitus  ex  una  parte  pendebit, et  alter  ex  altéra,  qui  plus  est  in  sago- rum longitudine,  utrumque  latus  taber- naculi protegens.
14.  Faciès  et  operimentum  aliud  tecto de  pellibus  arietum  rubricatis  ;  et  super hoc  rursum  aliud  operimentum  de  ian- thinis  pellibus.
15.  Faciès  et  tabulas  stantes  taber- naculi de  lignis  setim.
16.  Quse  singulae  denos  cubitos  in  lon- gitudine habeant,  et  in  latitudine  sin- gulos  ac  semissem.
au  bord  de  la  toile  qui  termine  l'un  des  assem- blages ,  et  tu  feras  de  même  au  bord  de  la  toile qui  termine  le  second  assemblage.  —  Quinqua- ginta circulos.  Mieux  :  des  agrafes,  dont  chacune retenait  deux  des  ansulcR  mentionnées  au  vers.  6.
—  Uniim  tahcrnaculitm.  La  longueur  totale  de cette  première  tenture  était  de  40  coudées  ;  sa largeur,  de  28  coudées.
7-13,  La  couverture  intermédiaire,  en  poils  de chèvres,  destinée  à  protéger  la  tenture  d'étoffe.
—  Saga  cilicina.  Ces  toiles  grossières,  mais  so- lides, ont  été  de  tout^  temps  utilisées  par  les Arabes  pour  couvrir  leurs  tentes.  —  Undecim. Au  lieu  de  dix  (vers.  1);  de  plus,  pour  la  longueur de  chaque  tapis,  30  coïKlécs  au  lieu  de  28  (vers.  2). Cette  seconde  tenture  devait  donccacheren  entier la  première.  Elle  la  dépassait  d'une  coudée  de chaque  côté  du  tabernacle,  comme  le  dit  le  vers.  13,
et  de  deux  coudées  aux  faces  antérieure  et  pos- térieure, d'après  les  vers.  9  et  12.  —  Quinque junges...  et  sex.  De  façon  ù,  former  encore  deux grands  tapis ,  inégaux  cette  fois,  lesquels  devaient être  ensuite  réunis  eu  un  seul ,  comme  précédem- luent  (  vers.  4  -  5  ) ,  mais  avec  moins  de  richesse (vers.  10-11  :  simplement  ansas,  et  fibulas ceneas  ).
14.  La  troisième  couverture,  de  pellibus  arie- tum rubricatis,  et  la  quatrième,  en  peaux  de dugong  (de  ianiJiinis  pellibus).  Voy.  la  note  de XXV,  .5.
7°  La  charpente  du  tabernacle.  XXYI,  15-30.
15-17.  Les  ais.  —  Tabulas  stantes.  Des  i)lanches d'acacia  sej'al  (setim),  debout  et  ajustées  l'une à  l'autre  (  incastraturce  :  des  tenons ,  avec  les mortaises  correspondantes).  Vo3^  Y  Atlas  archéol., pi,  xcv,  fig.  4.
274
Ex.  XXVI,  17-29.
17.  In  lateribus  tabulœ,  diiœ  incastra- turœ  fient,  quibus  tabula  alteri  tabulse connectatur;  atqiie  in  hune  modum cunctœ  tabulœ  parabuntur.
18.  Quarum  viginti  erunt  in  latere meridiano  quod  vergit  ad  austrum.
19.  Quibus  quadraginta  bases  argen- teas  fundes,  ut  binse  bases  singiilis  ta- bulis  per  duos  angulos  subjiciantur.
20.  In  latere  quoque  secundo  taber- naculi  quod  vergit  ad  aquilonem,  viginti tabulée  erunt,
21.  Quadraginta  habentes  bases  ar- genteas  ;  binse  bases  singulis  tabulis  sup- ponentur.
22.  Ad  occidentalem  vero  plagam  ta- bernaculi  faciès  sex  tabulas,
23.  Et  rursum  alias  duas  quœ  in  an- gulis  erigantur  post  tergum  tabernaculi.
24.  Eruntque  conjunctse  a  deorsum usque  sursum,  et  una  omnes  compago retinebit.  Duabus  quoque  tabulis  quse in  angulis  ponendse  sunt,  similis  jun- ctura  servabitur.
25.  Et  erunt  simul  tabulse  octo,  bases earum  argentese  sedecim,  duabus  basi- bus  per  unam  tabulam  supputatis.
26.  Faciès  et  vectes  de  lignis  setim quinque  ad  continendas  tabulas  in  udo latere  tabernaculi,
27.  Et  quinque  alios  in  altero,  et ejusdem  numeri  ad  occidentalem  pla- gam;
28.  Qui  mittentur  per  médias  tabulas a  summo  usque  ad  summum.
29.  Ipsas  quoque  tabulas  deaurabis,
17.  Chaque  ais  aura  deux  tenons,  afin qu'ils  s'emboîtent  l'un  dans  l'autre,  et tous  les  ais  seront  disposés  de  cette  même manière.
18.  Il  y  en  aura  vingt  du  côté  méri- dional, qui  regarde  le  midi.
19.  Vous  ferez  fondre  aussi  quarante bases  d'argent,  afin  que  chaque  ais  soit porté  sur  deux  bases  qui  en  soutiennent les  deux  angles.
20.  Il  y  aura  aussi  vingt  ais  au  second côté  du  tabernacle,  qui  regarde  l'aquilon,
21.  Ils  seront  soutenus  sur  quarante bases  d'argent,  chaque  ais  en  ayant  deux pour  le  porter.
22.  Mais  vous  ferez  six  ais  pour  le côté  du  tabernacle  qui  regarde  l'occi- dent,
23.  Et  deux  autres  qui  seront  dressés aux  angles  du  fond  du  tabernacle.
24.  Ils  seront  joints  depuis  le  bas  jus- qu'au haut,  et  ils  seront  tous  emboîtés l'un  dans  l'autre.  Les  deux  ais  aussi  qui seront  mis  aux  angles  seront  joints comme  les  six  autres.
25.  Il  y  aura  huit  ais  en  tout,  qui  au- ront seize  bases  d'argent,  chaque  ais  en ayant  deux  pour  le  soutenir.
26.  Vous  ferez  aussi  des  barres  de  bois de  sétim ,  cinq  pour  tenir  fermes  tous  les ais  d'un  des  côtés  du  tabernacle,
27.  Cinq  autres  pour  l'autre  côté,  et cinq  de  même  pour  celui  qui  regarde l'occident.
28.  Elles  s'appliqueront  de  travers contre  tous  ces  ais  depuis  un  bout  jus- qu'à l'autre.
29.  Vous  couvrirez  les  ais  de  lames
18-19.  La  paroi  méridionale  de  la  charpente. —  Viginti.  Chaque  planche  étant  large  d'une coudée  et  demie  (vers  16),  cela  faisait  une  lon- gue ar  totale  de  trente  coudées  pour  le  tabernacle proprement  dit.  —  Quadraginta  hases.  Des  sup- ports massifs,  qiii  tout  à  la  fois  soutenaient  et protégeaient  les  planches  iAtl.  archéoL,  pi.  xcv, fig.  7).
20-21.  La  paroi  septentrionale,  identique  à  la précédente.
22-25.  La  paroi  occidentale,  qui  formait  le fond  du  sanctuaire.  —  Sex  tabulas  seulement,  au lieu  de  vingt;  ce  qui  faisait  neuf  coudées,  la dixième  étant  prise  par  les  ais  des  angles.  — Dtias...  in  angulis.  Ces  planches,  à  cause  de  leur situation,  étaient  naturellement  liées  avec  plus de  solidité.  Le  texte  est  un  peu  obscur  ;  il  sem- blerait indiquer,  ainsi  qu'on  l'a  supposé,  a  moins des  planches  que  des  poutres  creusées  en  forme d'ai'ête,  formant  angle  saillant,  »  et  dont  l'un  des
côtés  doublait  une  partie  du  dernier  ais  des  pa- rois méridionale  et  septentrionale.  —  Bases  sede- cim (au  lieu  de  quarante)  :  deux  pour  chaque planche  angulaii'c,  et  deux  pour  chacun  des  autres ais.
26-28.  Les  barres  ou  traverses  de  bois  qui soutenaient  les  ais.  —  Quinque...  Cinq  pour chaque  paroi;  quinze  en  tout.  —  Mittentur  per médias...  D'après  l'hébr.  :  «  La  barre  du  milieu, au  milieu  des  ais,  traversera  les  ais  d'une  extré- mité à  l'autre.  »  Des  cinq  traverses  de  chacune des  parois,  quatre  par  conséquent  n'avaient  que la  moitié  de  la  longueur  de  la  paroi,  c.-à-d. 15  coudées  pour  les  faces  latérales,  5  pour  le fond;  la  cinquième,  placée  au  milieu,  occupait toute  la  longueur,  et  mesurait  30  ou  10  coudées. Voyez  VAtl.  archéol.,  pi.  xcv,  flg.  2,  5,
29.  La  décoration  de  la  charpente  ideaurahis), et  les  anneaux  pour  les  ais.
Ex.  XXVI,  30-37.
275
d'or,  et  vous  y  ferez  des  anneaux  d'or pour  y  passer  des  barres  de  bois  qui tiendront  ensemble  tous  les  ais,  et  vous couvrirez  aussi  ces  barres  de  bois  de lames  d'or.
30.  Vous  dresserez  le  tabernacle  selon le  modèle  qui  vous  en  a  été  montré  sur la  montagne.
31.  Vous  ferez  aussi  un  voile  de  cou- leur d'hj'acinthe,  de  pour])re,  d'écarlate teinte  deux  fois  et  de  fin  lin  retors,  où vous  tracerez  un  ouvrage  de  broderie avec  une  agréable  variété.
32.  Vous  le  suspendrez  à  quatre  co- lonnes de  bois  de  sétim,  qui  seront  cou- vertes d'or  et  qui  auront  des  chapiteaux d'or  et  des  bases  d'argent.
33.  Le  voile  tiendra  aux  colonnes  par des  anneaux.  Vous  mettrez  au  dedans  du voile  l'arche  du  témoignage,  et  le  voile séparera  le  Saint  d'avec  le  Saint  des saints.
34.  Vous  mettrez  aussi,  dans  le  Saint des  saints,  le  propitiatoire  au-dessus  de l'arche  où  sera  enfermée  la  loi.
35.  Vous  mettrez  la  table  au  dehors du  voile,  et  le  chandelier  vis-à-vis  de  la table,  du  côté  du  tabernacle  qui  est  au midi,  parce  que  la  table  sera  placée  du côté  du  septentrion.
36.  Vous  ferez  aussi,  pour  l'entrée du  tabernacle,  un  voile  qui  sera  d'hya- cinthe, de  pourpre,  d'écarlate  teinte  deux fois,  de  fin  lin  retors  sur  lequel  vous ferez  un  ouvrage  de  broderie.
37.  Le  voile  sera  suspendu  à  cinq  co- lonnes de  bois  de  sétim  couvertes  d'or, dont  les  chaj)iteaux  seront  d'or  et  les bases  d'airain.
et  fundes  in  eis  annules  aureos,  per quos  vectes  tabulata  contineant;  quos operies  laminis  aureis.
30.  Et  ériges  tabernaculum  juxta  exem- plar  quod  tibi  in  monte  monstratum  est.
31.  Faciès  et  vélum  de  hyacinthe,  et purpura,  coccoque  bis  tincto,  et  bj^sso retorta,  opère  plumario  et  pulchra  varie- tate  contextum  ;
32.  Quod  appendes  ante  quatuor  co- lumnas  de  lignis  setim,  quœ  ipsse  qui- dem  deauratse  erunt,  et  habebunt  capita aurea,  sed  bases  argenteas.
33.  Inseretur  autem  vélum  per  circu- los  ;  intra  quod  pones  arcam  testimonii , quo  et  Sanctuarium,  et  Sanctuarii  san- ctuaria  dividentur.
34.  Pones  et  propitiatorium  super  ar- cam testimonii  in  Sancto  sanctorum ,
35.  Mensamque  extra  vehim,  et  con- tra mensam  candelabrum  in  latero  ta- bernaculi  meridiano;  mensa  enim  stabit in  parte  aquilonis.
36.  Faciès  et  tentorium  in  introitu  ta- bernaculi,  de  hyacintho,  et  purpura  coc- coque bis  tincto,  et  bysso  retorta,  opère plumarii.
37.  Et  quinque  columnas  deaurabis lignorum  setim,  ante  quas  ducetur  ten- torium; quarum  erunt  capita  aurea,  et bases  renejB.
30.  Conclusion,  qui  rappelle  les  passages  xxv, 9,  40.
8°  Les  diverses  parties  du  tabernacle ,  séparées par  un  voile.  XXVI,  31-37.
31-33*.  Le  voile,  en  avant  du  Saint.  —  Vélum de  hyacintho.,.:  de  mêmes  matériaux  et  de  même travail  que  la  couverture  intérieure  du  taber- nacle (vers.  1).  —  Opère  plumario  et...  varietate. Hébr.  :  «  De  l'œuvre  de  l'habile  tisseur  on  le fera,  avec  des  chérubins.  »  Voyez  la  note  du vci's.  1.  —  Quatuor  columnas:  pour  supporter ce  voile.  Au  lieu  de  capita  aurea,  l'hébi'cu  a «  des  crochets  d'or  »  ;  crochets  placés  au  sommet des  colonnes.
33*»- 3S.  Le  mobilier  du  sanctuaire.  —  Intra quod...  En  dedans  du  voile  ;  c.-à-d.  dans  la  partie la  plus  intime  du  tabernacle,  dans  le  Saint  des saints,  qui  devait  contenir  seulement  l'arche  d'al- liance. —  Extra  vélum.  En  avant  du  voile,  dans
la  partie  antérieure  du  tabernacle,  nommée  Saint. —  Mensam:  la  table  des  pains  de  proposition, placée  auprès  de  la  paroi  septentrionale,  ou  h. droite  quand  on  entrait.  —  Contra  mensam  can- delabrum. A  l'autre  paroi ,  du  côté  gauche. Ajoutez  l'autel  des  parfums,  dont  il  sera  parlé plus  loin,  XXX,  1-10.  Voyez  V Atlas  archéol., pi.  xcv,  flg.  1,  5;  pi.  xcvi,  flg.  2.
36-37.  Les  tentures  de  la  porte.  C'était  un auti-e  voile,  placé  en  avant  du  Saint. —  D'abord sa  matière  et  sa  décoration  (vers.  36)  :  Opère plumarii;  l'hébreu  aussi  désigne  le  «  brodeur», et  non  1'  «  habile  tisseur  »,  comme  aux  vers.  1 et  31.  Ce  n'était  donc  pas  le  même  genre  de  tra- vail. —  Pais  les  supports  de  ce  voile  (vers.  37)  : cinq  colonnes  (au  lieu  de  quatre,  vers.  32),  éga- lement munies  de  crochets  d'or  (Vulg.:  capita)^ mais  n'ayant  que  des  bases  d'airain.
276
Ex.  XXVII,  1-10.
CHAPITRE  XXVII
1.  Faciès  et  al  tare  de  lignis  setim, quod  habebit  quinque  cubitos  in  longi- tudine,  et  totidem  in  latitudine,  id  est quadrum ,  et  très  cubitos  in  altitudine.
2.  Cornua  aiitem  per  quatuor  angulos ex  ipso  erunt  ;  et  operies  illud  œre.
3.  Faciesque  in  usus  ejus  lebetes  ad suscipiendos  cineres,  et  forcipes  atque fuscinulas,  et  ignium  receptacula  ;  omnia vasa  ex  sere  fabricabis.
4.  Craticulamque  in  modum  retis seneam,  per  cujus  quatuor  angulos  erunt quatuor  annuli  senei.
5.  Quos  pones  subter  arulam  altaris  ; eritque  craticula  usque  ad  altaris  mé- dium.
6.  Faciès  et  vectes  altaris  de  lignis setim  duos ,  quos  operies  laminis  Êcneis  ;
7.  Et  induces  per  circulos,  eruntque ex  utroque  latere  altaris  ad  portandum.
8.  Non  solidum,  sed  inane  et  cavum intrinsecus  faciès  illud,  sicut  tibi  in monte  monstratum  est.
9.  Faciès  et  atrium  tabernaculi,  in cujus  australi  plaga  contra  meridiem erunt  tentoria  de  bysso  retorta  ;  centum cubitos  unum  latus  tenebit  in  longitu- dine;
10.  Et  columnas  viginti  cum  basibus
1.  Vous  ferez  aussi  un  autel  de  bois de  sétim,  qui  aura  cinq  coudées  de  long et  autant  de  large,  c'est-à-dire  qu'il  sera carré  ;  il  aura  trois  coudées  de  haut.
2.  Quatre  cornes  s'élèveront  des  quatre coins  de  l'autel,  et  vous  le  couvrirez d'airain.
3.  Vous  ferez ,  pour  l'usage  de  l'autel, des  vases  qui  serviront  à  en  recevoir  les cendres,  des  tenailles,  des  pincettes,  des brasiers;  et  vous  ferez  toutes  ces  choses d'airain.
4.  Vous  ferez  aussi  une  grille  d'airain en  forme  de  rets,  qui  aura  quatre  an- neaux d'airain  aux  quatre  coins.
5.  Et  vous  les  mettrez  au-dessous  du foyer  de  l'autel.  La  grille  s'étendra  jus- qu'au milieu  de  l'autel.
6.  Vous  ferez  aussi  pour  l'autel  deux bâtons  de  bois  de  sétim,  que  vous  cou- vrirez de  lames  d'airain.
7.  Vous  les  ferez  passer  dans  les  an- neaux des  deux  côtés  de  l'autel,  et  ils serviront  à  le  porter.
8.  Vous  ne  ferez  point  l'autel  solide; mais  il  se^a  vide  et  creux  au  dedans, selon  le  modèle  qui  vous  en  a  été  montré sur  la  montagne.
9.  Vous  ferez  aussi  le  parvis  du  taber- nacle. Au  côté  du  midi,  vous  dresserez des  rideaux  de  fin  lin  retors.  Chaque côté  aura  cent  coudées  de  long.
10.  Vous  y  placerez   vingt  colonnes
90  L'autel  des  holocaustes.  XXVII,  1-8.
Chap.  XXYII. — 1-2.  L'autel  proprement  dit. —  1°  Sa  matière  :  du  bois  d'acacia  recouvert d'airain.  2®  Ses  dimensions  :  un  carré  de  cinq  cou- dées de  côté ,  une  hauteur  de  trois  coudées.  S»  Un ornement  d'un  genre  particulier  :  quatre  px-ojec- tions  en  forme  de  cornes  (cornua  autem...),  adhé- rentes à  l'autel  et  fondues  avec  lui  (ex  ipso erunt).  Sur  leur  destination,  voy.  xxix,  12;  Lev. rv,  7;  vra,  19,  etc.
3.  Les  ustensiles  de  l'autel.  —  Lehetes...  ad cineres.  Dans  l'hébr.:  les  cendres  grasses  ;  à  cause de  la  graisse  brûlée  qu'elles  contenaient.  —  For- cipes. Hébr.:  des  pelles  à  feu.  —  Fuscinulas  :  de grandes  fourchettes  pour  remuer  et  arranger  les chairs  des  victimes  sur  l'autel.  Voy.  VA  II.  arcJiéol., pi.  cin,  flg.  8. —  Ignium  receptacula  :  probable- ment des  brasiers  portatifs.  Entre  «  forcipes  »  et a  fuscinulas  »  l'hébreu  ajoute  :  des  coupes  ;  sans doute  pour  recevoir  et  répandre  le  sang  des  vic-
times, (AtK  arcMol.,  pi.  en,  Hg.  2.)
4-8,  Suite  de  la  description  de  l'autel.  —  Cra- tlculam...  in  modum  retis.  Les  interprètes  ne sont  pas  d'accord  sur  la  place  occupée  par  cette grille.  Les  uns  la  mettent  à  la  partie  supérieure de  l'autel  ;  les  autres  en  bas ,  plus  probablement. Voy,  VAtî.  archéol.,  pi,  xcvni,  fîg,  6.  —  Subter arulam...  Dans  l'hébr,:  sous  le  rebord  de  l'autel. C'était  une  sorte  de  passerelle  extérieure  qui facilitait  le  service  des  prêtres.  —  Non  solidum. Si  l'autel  eût  été  d'airain  massif,  on  aiu'ait  éprouvé la  plus  grande  difficulté  à  le  transporter  à  la  suite du  peuple  jusqu'en  Palestine,
10°  La  cour  du  tabernacle.  XXVII,  9-19, 9-10,  La  clôture  méridionale  de  la  cour.  — Atrium  tabernaculi.  Enclos  sacré,  comme  en avaient  la  ])lupart  des  anciens  sanctuaires. —  Ten- toria. De  simples  toiles  de  lin,  pour  séparer  ce parvis  du  reste  du  camp.  —  Columnas  viginti  : pour  soutenir  les  tentures  de  lin.  —  Capita  cum
Ex.  XXVII,  11-19.
277
d'airain,  avec  le  même  nombre  de  bases  ; leurs  chapiteaux  et  leurs  ornements  se- ront d'argent.
11.  Il  y  aura  de  même,  du  côté  de l'aquilon,  des  rideaux  de  cent  coudées de  long,  avec  vingt  colonnes  qui  auront chacune  leurs  bases  d'aii-ain,  leurs  cha- piteaux et  leurs  ornements  d'argent.
12.  La  largeur  du  parvis  qui  regarde l'occident  aura  cinquante  coudées,  le long  de  laquelle  vous  mettrez  des  ri- deaux et  dix  colonnes  avec  autant  de bases.
13.  La  largeur  du  parvis  qui  regarde l'orient  aura  aussi  cinquante  coudées.
14.  Vous  y  mettrez  des  rideaux  d'un côté,  dans  l'espace  de  quinze  coudées, et  trois  colonnes  avec  autant  de  bases.
15.  Vous  mettrez,  de  l'autre  côté,  des rideaux  dans  le  même  espace  de  quinze coudées,  avec  trois  colonnes  et  autant  de bases.
16.  A  l'entrée  du  parvis,  vous  mettrez, dans  l'espace  de  vingt  coudées,  des  ri- deaux d'hyacinthe  et  de  pourpre,  d'écar- late  teinte  deux  fois  et  de  fin  lin  retors, le  tout  en  ouvrage  de  broderie.  Cette entrée  aura  quatre  colonnes,  avec  autant de  bases.
17.  Toutes  le3  colonnes  du  parvis seront  revêtues  tout  autour  de  lames d'argent;  elles  auront  leurs  chapiteaux d'argent  et  leurs  bases  d'airain.
18.  Le  parvis  aura  cent  coudées  de long,  cinquante  de  large  et  cinq  de  haut. Ses  rideaux' se  feront  de  fin  lin  retors, et  les  bases  seront  d'airain.
19.  Tous  les  vases  qui  serviront  à  tous le'^  usages  et  à  toutes  les  cérémonies  du tabernacle,  et  tous  les  pieux  qui  seront employés,  tant  au  tabernacle  qu'au  par- vis, seront  d'airain.
totidem  œneis,  quœ  capita  cum  cselaturis suis  habebunt  argentea.
11.  Similiter  et  in  latere  aquilonis per  longum  erunt  tentoria  centum  cubi- torum,  columnœ  viginti,  et  bases  seneso ejusdem  numeri,  et  capita  earum  cum cœlaturis  suis  argentea.
12.  In  latitudine  vero  atrii,  quod  re- spieit  ad  occidentem,  erunt  tentoria  per quinquaginta  cubitos,  et  columna;  de- cem,  basesque  totidem.
13.  In  ea  quoque  atrii  latitudine,  quae respicit  ad  orientem,  quinquaginta  cu- biti  erunt.
14.  In  quibus  quindecim  cubitorum tentoria  lateri  uno  deputabuntur,  co- lumnœque  très  et  bases  totidem  ;
15.  Et  in  latere  altero  erunt  tentoria cubitos  obtinentia  quindecim,  columnge très,  et  bases  totidem.
16.  In  introitu  vero  atrii  fiet  tento- rium  cubitorum  viginti  ex  h^^acintho  et purpura,  coccoque  bis  tincto,  et  bysso retorta,  opère  plumarii  ;  columnas  habe- bit  quatuor,  cum  basibus  totidem.
17.  Omnes  columnœ  atrii  per  circui- tum  vestitse  erunt  argenteis  laminis,  ca- pitibus  argenteis,  et  basibus  aeneis.
18.  In  longitudine  occupabit  atrium cubitos  centum,  in  latitudine  quinqua- ginta ,  altitudo  quinque  cubitorum  erit  ; fietque  de  bysso  retorta,  et  habebit  bases œneas.
19.  Cuncta  vasa  tabernaculi  in  omnes usus  et  ceremonias,  tam  paxillos  ejus quam  atrii,  ex  œre  faciès.
ccslaiuris.  Lisez  plutôt,  d'après  l'hébr.:  Les  cro- chets des  colonnes  et  leurs  tringles  seront  d'ar- gent. Voy.  VAtl.  archéoL,  pi.  xcvii,  fig.  1  et  2.
11.  La  clôture  septentrionale ,  identique  à  celle du  sud.
12.  Clôture  occidentale,  semblable  aux  précé- dentes, sauf  ses  proportions  réduites  de  moitié.
13-16.  Clôture  de  l'est.  —  Quinquaginta  cuhiti. La  longueur  est  la  même  que  pour  la  face  occi- dentale ;  mais  l'arrangement  de  la  tenture  subit  des modifications,  nécessitées  par  l'entrée,  qui  était  de ce  côté.  Trois  colonnes  à  droite,  trois  à  gauche,  sup- portant quinze-;  coudées  de  toiles  de  part  et  d'autre; au  milieu,  quatre  colonnes,  auxquelles  était  sus-
pendue  une  portière,  longue  de  vingt  coudées.
17  - 18.  La  matière  et  les  dimensions  de  la  clô- ture. —  Omnes  columnœ.  Il  y  en  avait  en  tout soixante,  sépai'ées  les  unes  des  autres  par  un intervalle  de  cinq  coudées.  Voyez  VAtl.  archéol., pi.  xcvi,  flg.  ].
19.  Les  ustensiles  du  tabernacle.  —  Vasa,  en effet,  ne  désigne  pas  des  vases  proprement  dits; mais,  selon  l'usage  du  mot  hébreu  Ic'li,  des  usten- siles en  général,  tels  que  maillets,  marteaux,  etc., qui  servaient  à  monter  et  à  démonter  le  taber- nacle. —  Paxillos  :  les  piquets  enfoncés  en  terre, auxquels  on  attachait  les  cordages  qui  soutenaient les  tentures.
278
Ex.  XXVII,  20  —  XXVIII,  4.
20.  Prsecipe  filiis  Israël  ut  afïerant  tibi oleum  de  arboribus  olivarum  purissi- mum,  piloqiie  contusum,  ut  ardeat  lu- cerna  semper
21,  In  tabernaculo  testimonii,  extra vélum  quod  oppansum  est  testimonio. Et  collocabunt  eam  Aaron  et  filii  ejus, ut  usque  mane  luceat  coram  Domino. Perpetuus  erit  cultus  per  successiones eorum  a  filiis  Israël.
20.  Ordonnez  aux  enfants  d'Israël  de vous  apporter  l'huile  la  plus  pure  des olives,  celle  qui  aura  été  pilée  au  mor- tier, afin  que  les  lampes  brûlenj;  toujours
21.  Dans  le  tabernacle  du  témoignage, en  dehors  du  voile  qui  est  suspendu  de- vant l'arche  du  témoignage.  Aaron  et  ses enfants  placeront  les  lampes ,  afin  qu'elles luisent  jusqu'au  matin  devant  le  Seigneur, Ce  culte  se  continuera  toujours  et  pas- sera de  race  en  race  parmi  les  enfants d'Israël.
CHAPITRE  XXVIII
1.  Applica  quoque  ad  te  Aaron  fratrem tuum  cum  filiis  suis  de  medio  filiorum Israël,  ut  sacerdotio  fungantur  mihi  : Aaron,  Nadab,  et  Abiu,  Eleazar,  et  Itha- mar.
2,  Faciesque  vestem  sanctam  Aaron fratri  tuo  in  gloriam  et  decorem,
3,  Et  loqueris  cunctis  sapientibus corde,  quos  replevi  spiritu  prudentise, ut  faciant  vestes  Aaron,  in  quibus  sancti- ficatus  ministret  mihi.
4.  Hœc  autem  erunt  vestimenta  quœ facient  :  rationale,  et  superhumerale , tunicam  et  lineam  strictam,  cidarim  et balteum,  Facient  vestimenta  sancta  fi'a- tri  tuo  Aaron  et  filiis  ejus,  ut  sacerdotio fungantur  mihi.
1.  Faites  aussi  approcher  de  vous  Aaron votre  fi'ère  avec  ses  enfants ,  en  les  sépa- rant du  milieu  d'Israël ,  afin  qu'ils  exercent devant  moi  les  fonctions  du  sacerdoce, Aaron,  Nadab,  Abiu,  Eléazar  et  Itha- mar,
2,  Vous  ferez  un  vêtement  saint  à Aaron  votre  frère,  pour  la  gloire  et  l'or- nement du  culte  divin.
3,  Vous  parlerez  à  tous  ceux  qui  sont sages  de  cœur,  que  j'ai  rem^plis  de  l'es- prit de  prudence,  afin  qu'ils  fassent  des vêtements  à  Aaron,  et  qu'étant  ainsi sanctifié,  il  exerce  mon  sacerdoce.
4.  Voici  les  vêtements  qu'ils  feront  : le  rational,  l'éphod,  la  robe  de  l'éphod, la  tunique  de  lin  qui  sera  plus  étroite,  la mitre  et  la  ceinture.  Ce  seront  là  les  vê- tements saints  qu'ils  feront  pour  Aaron votre  frère  et  pour  ses  enfants,  afin qu'ils  exercent  devant  moi  les  fonctions du  sacerdoce.
11°  L'huile  pour  le  candélabre.  XXVII,  20-21, 20-21.  Oleum...  purissivium.  Nous  avons  ici tin  complément  de  xxv,  6.  —  Pilo...  contusum. L'iiuile  la  plus  pure  s'obtient  en  écrasant  sim- plement les  olives  au  pilon  dans  un  mortier  ;  on extrait  la  qualité  commune  par  l'emploi  simul- tané du  pressoir  et  de  la  chaleur.  —  Ut  ardeat... semper.  G. -à-d.  toute  la  nuit.  On  allumait  les lampes  le  matin,  xxx,  8;  on  les  éteignait  le  soir, I  Reg,  in,  6.  —  Extra  vélum:  dans  le  Saint. Cf.  XXVI ,  31  et  ss.  —  Testimonio  désigne  l'arche. Yoy.  XXV,  16,  22.
§  II.  —  Les  vêtements  des  x)rêtres
et  les  rites  de  la  consécration  sacerdotale.
XXVIII,  1  —XXIX,  37.
1°  Introduction,  XXVIII  ,1-5,
Chap,  XXVIII.  —  1.  Aaron  et  ses  fils  sont  dési- gnés comme  les  ministres  du  culte  théocratique, —  Applica...  ad  te.  Littéral.  :  Fais  approcher  de toi.  Moïse,  médiateur  de  l'alliance,  devait  ainsi
séparer  du  reste  du  peuple  les  futurs  prêtres  de Jéhovah,
2  -  5.  Détails  généraux  sur  les  vêtements  sacer- dotaux et  sur  leur  préparation.  —  Vestem  san- ctam. L'hébreu  emploie  le  pluriel  :  les  vêtements de  sainteté.  Ils  sont  ainsi  nommés  à  cause  de  leur étroite  association  au  culte  sacré.  Presque  par- tout dans  l'antiquité,  notamment  chez  les  Égj'p- tiens  (Atl.  archéol.,  pi.  cxrv,  flg,  11),  les  prêtres se  revêtaient  d'im  costume  spécial  quand  ils  exer- çaient leurs. fonctions.  —  In  gloriam  et  decorem. Expression  qui  marque  le  double  but  de  ces  vê- tements litiu-giques  :  glorifier  le  Seigneur  et  em- bellir le  culte,  —  Loqueris...  sapientibus  corde (hébraïsme  fréquent,  le  cœur  étant  regardé  comme le  centre  de  la  sagesse).  Pour  que  ces  ornements soient  dignes  du  culte  divin,  il  faudra  des  ar- tistes spéciaux,  préparés  par  Dieu  lui-même,  — In  quibus  sanctificatus...  C. -à-d,  consacré.  La vêture  d' Aaron  fut  une  partie  importante  de  son ordination.  Cf.  Lev,  vin,  7-9,  13,  —  Le  vers.  4
Pétrin  égyptien.  Ex.  xii,  34.  (Statuette  antique.)
Table  des  pains  de  proposition  et  trompettes  sacrées.  Ex.  xxxvii ,  17. (Arc  de  triomphe  de  Titus.)
Prêtre  égyptien  muni  de  l'éphod.
Ex.  XXXIX,  41.
Sorciers  égyptiens.  Ex.  vu,  22. (Fresque  antique.)
14
Ex.  XXVIII,  5-13.
279
5.  Ils  y  emploieront  l'or,  l'hyacinthe, la  pourpre,  l'écarlate  teinte  deux  fois  et le  tin  lin.
6.  Ils  feront  l'éphod  d'or,  d'hyacinthe, de  pourpre,  d'écarlate  teinte  deux  fois et  de  fin  lin  retors,  dont  l'ouvrage  sera tissu  du  mélange  de  ces  couleurs.
7.  L'éphod,  par  le  haut,  aura  deux ouvertures  sur  les  épaules,  qui  répon- dront l'une  à  l'autre,  de  manière  à  se rejoindre.
8.  Tout  l'ouvrage  sera  tissu  avec  une agréable  variété  d'or,  d'h^^icinthe ,  de pourpre,  d'écarlate  teinte  deux  fois  et  de tin  lin  retors.
9.  Vous  prendrez  aussi  deux  pierres d'onyx,  où  vous  graverez  les  noms  des enfants  d'Israël.
10.  Il  y  aura  six  noms  sur  une  pierre et  six  sur  l'autre,  selon  l'ordre  de  leur naissance.
11.  Vous  y  emploierez  l'art  du sculpteur  et  du  lapidaire  ;  vous  }'■  grave- rez les  noms  des  enfants  d'Israël,  après avoir  enchâssé  les  pierres  dans  l'or.
12.  Vous  les  mettrez  sur  l'éphod  de côté  et  d'autre,  comme  un  mémorial ])Our  les  enfants  d'Israël.  Et  Aaron  por- tera leurs  noms  devant  le  Seigneur,  gra- vés sur  les  deux  pierres  qui  seront  sur ses  épaules,  pour  en  renouveler  le  sou- venir.
13.  Vous  ferez  aussi  des  boucles  d'or.
5.  Accipientque  aurum,  et  hyacinthum, et  purpuram,  coccumque  bis  tinctum,  et byssum.
6.  Facient  autem  superhumerale  de auro  et  hj^acintho  et  purpura,  coccoque bis  tincto,  et  bysso  retorta,  opère  poly- mito.
7.  Duas  oras  junctas  habebit  in  utroque latere  summitatum,  ut  in  unum  redeant.
8.  Ipsa  quoque  textura  et  cuncta  operis varietas  erit  ex  auro,  et  hyacintho,  et purpura,  coccoque  bis  tincto,  et  bysso retorta.
9.  Sumesque  duos  lapides  onychinos, et  sculpes  iu  eis  nomina  filiorum  Israël  :
10.  Sex  nomina  in  lapide  uno,  et  sex reliqua  in  altero,  juxta  ordinem  nativi- tatis  eorum.
11.  Opère  sculptoris  et  cselatura  gem- marii  sculpes  eos  nominibus  filiorum Israël,  inclusos  auro  atque  circumdatos,
12.  Et  pones  in  utroque  latere  super- humeralis,  meraoriale  filiis  Israël.  Porta- bitque  Aaron  nomina  eorum  coram  Do- mino super  utrumque  humeram,  ob  re- cordationem.
13.  Faciès  et  micinos  ex  auro,
contient  la  nomenclature  des  vêtements  du  grand prêtre,  qui  seront  ensuite  décrits  en  détail  :  le pectoral  irationale),  Y éphod  (superhumerale) , la  robe  de  l'éphod  (tunicam),  la  tunique  à  mailles (Yulg.  :  lineam  strictam),  la  tiare  et  la  ceinture. Les  matériaux  de  ces  vêtements  (  vers.  5  )  sont , avec  l'or  en  sus  et  les  pierres  précieuses  (vers.  9, 17-21),  les  mêmes  que  pour  la  tente  et  les  voiles du  tabernacle.  Cf.  xxvi,  1,  31,  36.
2°  L'éphod.  XXVIII,  6-14.
6-8.  Sa  forme  générale.  —  Superhumerale. Hébr.  :  'éfod.  Le  nom  latin  a  été  calqué  sur  le grec  des  LXX,  £7ro)[j.:r.  D'après  l'ensemble  de  la description,  cet  ornement  paraît  avoir  consisté en  deux  pièces  d'étoffe  qui  recouvraient  soit  la poitrine,  soit  le  dos  du  grand  prêtre,  et  qui  étaient attachées  l'une  à  l'autre  par  deux  bandes  ou  épau- lières  surmontées  chacune  d'une  pierre  précieuse. Voy.  V Atlas  archéoL,  pi.  cvi,  flg.  7, 11. —  Duas 'oras  junctas...  D'après  l'hébr.  :  On  y  fera  deux épaulières,  qui  le  joindront  par  ses  deux  extré- mités (supérieures).  —  Ipsa...  textura  ('j:?aaf;.a des  LXX  )..,  Ici  encore  l'hébreu  donne  un  sens plus  clair  :  «  La  ceinture  qu'on  passera  sur  lui pour  le  serrer  sera  de  même  travail,  et  fixée  sur lui.  »  Il  s'agit  d'une  sorte  d'écharpe  tissée  aux deu.x  extrémités  inférieures ,  pour  les  retenir  au- tour du  corps
9-12.  Les  deux  pierres  gravées  qui  adhéraient aux  épaulières  de  l'éphod.  —  Lapides  ovychinos. Hébr.  :  des  pierres  de  soham.  Voy.  le  commentaire de  Gen.  ii,  12.  —  Nomina  filiorum...  :  c'étaient en  même  temps  les  noms  des  douze  tribus.  Il  est probable  q  le  celui  de  Joseph  représentait  simul- tanément les  tribus  d'Éphraïm  et  de  Manassé; autrement  l'on  aurait  eu  treize  noms.  —  Juxta ordinem...  D'après  la  tradition  juive,  les  noms des  six  aînés  étaient  sur  l'épaule  droite,  ceux  des six  puînés  sur  l'épaule  gauche.  —  Oj^ere  seul- ptoris...  On  excellait  alors  à  graver  les  métaux et  les  pierres  pi'écieuses ,  en  Egypte  surtout.  L'é- quivalent hébreu  de  ccelatura  gemmarii  est  :  gra- vure de  cachet.  Voy.  la  note  de  Gen.  xxxviri,  18. —  Inclusos  auro.  D'après  le  texte,  l'enchâssure devait  avoir  lieu  au  moyen  de  fils  d'or  entre- lacés. —  La  place  de  ces  deux  pierres  était  in utroque  latere...,  sur  les  épaulières  mentionnées plus  haut.  Elles  uvaient  la  noble  destination  d'êtro un  memoriale.  non  pas /iîns  Israël,  mais  «  fi- liorum... »  ;  car  le  grand  prêtre ,  quand  il  appa- raissait devant  Dieu  couvert  de  ce  beau  vêtement, lui  rappelait  ainsi  tout  son  peuple  (o&  recorda- tionem).
13-14.  Les  rosettes  et  les  chaînettes  pour  rat- tacher le  pectoral  à  l'éphod.  —  Vncinos.  C.-ù-d, des  crochets;  suivant  l'hébreu,  des  rosettes  ou
280
Ex.  XXVIII,  14-25.
14.  Et  duas  catenulas  ex  auro  puris- simo  sibi  invicem  cohserentes ,  quas  in- sères uncinis.
15.  Eationale  quoque  judicii  faciès opère  polymito  juxta  texturam  super- Immeralis,  ex  auro,  hyacinthe,  et  pur- pura, coccoque  bis  tincto,  et  bysso  re- torta.
16.  Quadrangulum  erit  et  duplex; raensuram  pahni  habebit  tam  in  longi- tudine  quam  in  latitudine.
17.  Ponesque  in  eo  quatuor  ordines lapidum  :  in  primo  versu  erit  lapis  sar- dius ,  et  topazius ,  et  smaragdus  ;
18.  In  secundo  carbunculus,  sapphi- rus,  et  jaspis;
19.  In  tertio  ligurius,  achates,  et  ame- thystus  ;
20.  In  quarto  chrysolithus,  onychinus, et  beryllus.  Inclusi  auro  erunt  per  ordi- nes suos.
21.  Habebuntque  nomina  filiorum  Is- raël :  duodecim  nominibus  caelabuntur, singuli  lapides  nominibus  singulorum per  duodecim  tribus.
22.  Faciès  in  rationali  catenas  sibi  in- vicem cohaerentes  ex  auro  purissimo  ;
23.  Et  duos  annulos  aureos,  quos pones  in  utraque  rationalis  summitate  ;
24.  Catenasque  aureas  junges  annulis, qui  sunt  in  marginibus  ejus  ;
25.  Et  ipsarum  catenarum  extrema duobus  copulabis  uncinis  in  utroque  la- tere  superhumeralis  quod  rationale  re- spicit.
14.  Et  deux  petites  chaînes  d'un  or très  pur,  dont  les  anneaux  soient  enlacés les  uns  dans  les  autres,  que  vous  ferez entrer  dans  ces  boucles.
15.  Vous  ferez  aussi  le  rational  du jugement,  qui  sera  tissu,  comme  l'éphod, d'or,  d'hyacinthe,  de  pourpre,  d'écarlate teinte  deux  fois  et  de  fin  lin  retors, mêlés  ensemble.
16.  Il  sera  carré  et  double,  et  aura  la grandeur  d'un  palme,  tant  en  longueur qu'en  largeur.
17.  Vous  y  mettrez  quatre  rangs  de pierres  précieuses.  Au  premier  rang,  il  y aura  la  sardoine,  la  topaze  et  l'émeraude;
18.  Au  second,  l'escarboucle,  le  saphir et  le  jaspe  ;
19.  Au  troisième,  le  ligure,  l'agathe et  l'améthyste  ;
20.  Au  quatrième,  la  chrysolithe, l'onyx  et  le  béryl.  Ils  seront  enchâssés dans  l'or,  selon  leur  rang.
21.  Vous  y  mettrez  les  noms  des  en- fants d'Israël  :  leurs  douze  noms  y  se- ront gravés  selon  leurs  douze  tribus, chaque  nom  sur  chaque  pierre.
22.  Vous  ferez,  pour  le  rational,  deux petites  chaînes  d'un  or  très  pur,  dont  les anneaux  soient  entrelacés  l'un  dans l'autre  ;
23.  Et  deux  anneaux  d'or,  que  vous mettrez  au  haut  du  rational,  à  ses  deux côtés.
,  24.  Vous  joindrez  les  deux  chaînes d'or  dans  ces  deux  anneaux,  qui  seronc aux  extrémités  du  rational,
25.  Et  vous  attacherez  les  extrémités de  ces  deux  chaînes  à  deux  agrafes  d'or situées  aux  deux  côtés  de  l'éphod  qui répond  au  rational.
boutons  en  filigrane.  —  Catenulas...  sibi...  coTiœ- rentes.  Hébr.  :  des  chaînettes  en  forme  de  cordon. Ce  n'étaient  donc  point  des  chaînes  ordinaires ,  à anneaux,  mais  des  fils  d'or  tressés  à  la  façon d'une  corde  ;  ornement  assez  commun  dans  l'an- tique Egypte.
3°  Le  pectoral.  XXVIII,  15-30.
15-16.  L'étoffe,  la  forme  et  les  dimensions  du pectoral.  —  Rationale.  Nom  calqué  sur  Xoyeîov ou  Xoyiov  des  LXX  et  d'Eccli.  xlv,  10.  Sym- maque  traduit  l'hébr.  hosen  par  ôo^'ov,  sac, poche  ;  l'étoffe  qui  formait  la  base  de  cette  parure semble,  en  effet,  avoir  formé  une  sorte  de  po- chette (duplex).  L'épithète  judicii  exprime  l'u- sage que  le  grand  prêtre  faisait  du  rational  pour manifester  les  jugements  divins.  Cf.  vers.  30.  — Mensuram  palmi  :  une  demi -coudée.
17-21.  Les  quatre  rangées  de  pierres  précieuses du  pectoral.  —  Sardiv^,  topazius...  Quelques-uns de  ces  noms  présentent  de  grandes  difiScultés,  et
l'identification  n'est  pas  toujours  certaine.  La Vulgate  suit  en  général  la  traduction  des  LXX. La  sardoine  est  d'une  couleur  brune  dans  une nuance  orangée  ;  la  topaze ,  d'un  jaune  d'or  mêlé de  vert;  l'émeraude,  d'un  vert  étincelant;  l'es- carboucle, ou  rubis,  d'un  rouge  brillant  ;  le  saphir, d'un  beau  bleu  ;  le  jaspe  est  varié  et  bigarré  ;  le ligure,  ou  hyacinthe,  est  d'un  jaune  tirant  sur le  rouge  ;  l'agate  est  du  quartz  aux  couleiirs variées;  l'améthyste  est  habituellement  violette; la  chrysolithe  a  des  reflets  d'or,  comme  l'indique son  nom.  Sur  l'onyx  et  le  béryl,  voyez  Gen.  n,  12 et  le  commentaire.  —  Inclusi  auro  (  vers.  20  )  : dpns  une  monture  de  filigrane  (note  du  vers.  11). —  Eabebunt  nomina...:  autre  précieux  mémorial pour  le  Seigneur.
22-28.  Manière  de  suspendre  le  pectoral  à l'éphod.  —  En  haut  du  pectoral  (vers.  22-25), deux  chaînettes  en  forme  de  cordons ,  les  mêmes qui  ont  été  mentionnées  plus  haut  (vers.  13-14);
Ex.  XXVIII,  26-32.
281
26.  Vous  ferez  aussi  deux  anneaux d'or,  que  vous  mettrez  aux  deux  côtés d'en  bas  du  rational  qui  regardent  vers le  bas  de  l'éphod ,  et  vers  ce  qui  n'en  est point  exposé  à  la  vue.
27.  Vous  ferez  encore  deux  autres  an- neaux d'or,  que  vous  mettrez  aux  deux côtés  du  bas  de  l'éphod,  qui  répondent aux  deux  anneaux  d'or  du  bas  du  ratio- nal, afin  que  l'on  puisse  ainsi  attacher le  rational  avec  l'éphod,
28.  Et  que  les  anneaux  du  rational soient  attachés  aux  anneaux  de  l'éphod par  un  ruban  de  couleur  d'h3^acinthe, afin  qu'ils  demeurent  liés  l'un  avec  l'autre et  que  le  rational  et  l'éphod  ne  puissent être  séparés.
29.  Aaron  portera  les  noms  des  enfants d'Israël  sur  le  rational  du  jugement, qu'il  aura  sur  sa  poitrine  lorsqu'il  entrera dans  le  sanctuaire,  afin  qu'il  serve  d'un monument  éternel  devant  le  Seigneur.
30.  Vous  graverez  sur  le  rational  du jugement  les  deux  mots  Doctrine  et  Vé- rité, qui  seront  sur  la  poitrine  d' Aaron lorsqu'il  entrera  devant  le  Seigneur,  et  il portera  toujours  sur  sa  poitrine  le  juge- ment des  enfants  d'Israël  devant  le  Sei- gneur.
31.  Vous  ferez  aussi  la  tunique  de l'éphod.  Elle  sera  toute  de  couleur  d'hya- cinthe.
32.  Il  y  aura  en  haut  une  ouverture au  milieu  et  un  bord  tissu  tout  autour, comme  on  fait  d'ordinaire  aux  extrémités des  vêtements,  de  peur  qu'il  ne  se  rompe.
26.  Faciès  et  duos  annulos  aureos , quos  pones  in  summitatibus  rationalis, in  oris  quae  e  région  e  sunt  superhume- ralis,  et  posteriora  ejus  aspiciunt.
27.  Ncc  non  et  alios  duos  annulos aureos,  qui  ponendi  sunt  in  utroque latere  superhumeralis  deorsum,  quod  re- spicit  contra  faciem  juncturœ  inferioris, ut  aptari  possit  cura  superhumerali ,
28.  Et  stringatur  rationale  annulis suis  cum  annulis  superhumeralis  vitta hyacinthina,  ut  maneat  junctura  fabre- facta,  et  a  se  invicem  rationale  et  super- humerale  nequeant  separari.
29.  Portabitque  Aaron  nomina  filiorum Israël  in  rationali  judicii  super  pectus suum,  quando  ingredietur  sanctuarium, memoriale  coram  Domino  in  seternum.
30.  Pones  autem  in  rationali  judicii Doctrinam  et  Veritatem,  quse  erunt  in pectore  Aaron,  quando  ingredietur  co- ram Domino  ;  et  gestabit  judicium  filio- rum Israël  in  pectore  suo,  in  conspectu Domini  semper.
31.  Faciès  et  tunicam  superhumeralis totam  hyacinthinam ,
32.  In  cujus  medio  supra  erit  capi- tium,  et  ora  per  gyrum  ejus  textilis, sicut  fieri  solet  in  extremis  vestium  par- tibus,  ne  facile  rumpatur.
passées  dans  deux  anneaux,  elles  venaient  s'agrafer aux  épaullères  de  l'éphod.  Aux  angles  inférieurs de  ce  même  ornement,  deux  anneaux,  qui  cor- respondaient à  d'autres  anneaux  de  l'éphod  ;  ces quatre  anneaux  étaient  réunis  par  un  ruban couleur  d'hyacinthe,  pour  empêcher  le  rational de  flotter  sur  l'éphod.  Voyez  VAtlas  archéol., pi.  cvi,  flg.  7,  11,  12.  Pour  les  analogies  égyp- tiennes, voyez  V.  Anccssi,  Moïse  et  V Egypte; 1«  partie  :  les  vêtements  du  grand  prêtre...,  Paris, 1875,  pp.  32  et  ss.  ;  Vigouroux,  Bible  et  découv., II,  572  et  ss. ;  Atlas  archéol.,  pi.  cxvi,  flg.  4.
20-30.  Encore  le  mémorial;  V'urim  et  le tumrnim.  —  C'est  îi  ces  deux  noms  hébreux  que correspondent  les  mots  latins  doctrinam  et  ve- ritatem (LXX  :  -r]  or^XtxXji^  v.a\  r\  àXv^Ôcta; Aquila  et  Symmaque  :  cpcoTiafj.o'i  '/.où  lekeiô- T/;T£r),  littéralement:  Lumières  et  Perfections. Ils  soulèvent  une  graA'C  question,  «  célèbre  par ses  inextricables  difficultés.  »  Que  désignent -ils au  juste?  D'après  les  uns,  quelque  chose  de  ma- tériel (  par  exemple,  ces  mots  mêmes,  inscrits  sui* le  rational  )  ;  suivant  Josèphe  et  plusieurs  auteurs modernes,  un  x'eflet  particulier  qui  s'échappait
des  douze  pierres  précieuses,  et  grâce  auquel  le grand  prêtre  avait  le  don  de  lire  l'avenir.  Etc. Ce  qui  est  sûr,  c'est  que  V'urim  et  le  tummim étaient  un  moyen  que  Dieu  avait  donné  à  son peuple  de  le  consulter  par  l'intermédiaire  du  pon- tife suprême  (cf.  Num.  xxvii,  21;  I  Reg.  xxviii,  6); mais  il  n'est  plus  possible  d'en  déterminer  la nature  exacte.  Voj'ez  d'autres  opinions  dans Calmet,  h.  l.
4°  La  robe  de  l'éphod.  XXVIII,  31-35.
31-32.  Le  haut  de  la  robe.  —  Tunicam.  En hébr. :  ?ft"iZ,une  longue  robe  (T:oôvîp-/iç,  comme traduisent  les  LXX),  portée  sur  la  tunique  ordi- naire et  adhérente  à  l'éphod  (superhumeralis).
—  Totam  hyacinthinam:  d'un  beau  bleu  violacé.
—  In  medio...  capitium  :  une  ouverture  pour passer  la  tête,  comme  dans  une  blouse,  ou,  dit l'hébr.,  «  connue  si  c'était  l'ouverture  d'un  cor- selet. »  (Vulg.  :  sicut  in  extremis  vestium...). Los  Égyptiens,  portaient  souvenu  des  corselets  de lin,  munis  d'une  ouverture  de  ce  genre,  que  l'on entourait  d'une  forte  bordure  pour  l'empêclier  de se  déchirer  (oraper  gyrum...).Yoy.  VAtl.  archéol., pi.  LXXXIV,  flg.  12.
282
Ex.  XXVIII,  33-40.
33.  Deorsum  vero,  ad  pedes  ejusdem tunicfB,  per  circuitum,  quasi  mala  pu- nica  faciès,  ex  liyacintho,  et  purpura, et  cocco  bis  tiucto,  mixtis  in  medio  tin- tinnabulis ,
34.  Ita  ut  tintinnabulum  sit  aureum  et malum  punicum,  rursumque  tintinna- bulum aliud  aureum  et  malum  puni- cum.
35.  Et  vestietur  ea  Aaron  in  officio ministerii,  ut  audiatur  sonitus  quando ingreditur  et  egreditur  sanctuarium  in conspectu  Domini,  et  non  moriatur.
36.  Faciès  et  laminam  de  auro  puris- simo,  in  qua  sculpes  opère  cselatoris  : Sanctum  Domino.
37.  Ligabisque  eam  vitta  hyacinthina, et  erit  super  tiaram,
38.  Imminens  fronti  pontificis.  Por- tabitque  Aaron  iniquitates  eorum,  qua3 obtulerunt  et  sanctificaverunt  filii  Is- raël, in  cunctis  muneribus  et  donariis suis.  Erit  autem  lamina  semper  in  fronte ejus,  ut  placatus  sit  eis  Dominus.
39.  Stringesque  tunicam  bysso,  et  tia- ram  byssinam  faciès,  et  balteum  opère plumarii.
40.  Porro  filiis  Aaron  tunicas  lineas parabis  et  balteos  ac  tiaras,  in  gloriam et  decorem  ;
33.  Vous  mettrez  au  bas  et  tout  au- tour de  la  même  robe,  comme  des  gre- nades faites  d'hyacinthe  et  de  pourpre et  d'écarlate  teinte  deux  fois ,  entremêlées de  sonnettes  ;
34.  En  sorte  qu'il  y  aura  une  sonnette d'or  et  une  grenade,  une  sonnette  d'or  et une  grenade.
35.  Aaron  sera  revêtu  de  cette  robe quand  il  fera  les  fonctions  de  son  mi- nistère, afin  qu'on  entende  le  son  de  ces sonnettes  lorsqu'il  entrera  dans  le  sanc- tuaire devant  le  Seigneur,  ou  qu'il  en sortira,  et  qu'il  ne  meure  point.
36.  Vous  ferez  aussi  une  lame  d'un  or très  pur,  sur  laquelle  vous  ferez  graver par  un  ouvrier  habile  :  La  sainteté  est  au Seigneur.
37.  Vous  l'attacherez  sur  la  tiare  avec un  ruban  de  couleur  d'hyacinthe,
38.  Sur  le  front  du  souverain  pontife. Et  Aaron  portera  toutes  les  iniquités  que les  enfants  d'Israël  commettront  dans tous  les  dons  et  tous  les  présents  qu'ils offriront  et  qu'ils  consacreront  au  Sei- gneur. Il  aura  toujours  cette  lame  au front,  afin  que  le  Seigneur  leur  soit favorable.
39.  Vous  ferez  aussi  une  tunique étroite  de  fin  lin.  Vous  ferez  encore  la tiare  de  fin  lin,  et  la  ceinture  sera  d'un ouvrage  de  broderie.
40.  Vous  préparerez  des  tuniques  de lin  pour  les  fils  d'Aaron,  des  ceintures et  des  tiares  pour  la  gloire  et  pour  l'or- nement de  leur  ministère.
33-35.  Le  bas  de  la  robe.  —  Une  autre  bor- dure tout  autour,  mais  d'un  geni'e  et  dans  un but  très  différents  :  quasi  mala  "punica,  des pelotes  en  forme  de  grenades  ;  ornement  que  l'on rencontre  parfois  sur  les  vêtements  assyriens. Voy.  VAtl.  archéol.,  pi.  cvi,  fig.  2-5,  et  V Atlas d'hist.  nat.,  pi.  xxx,  fig.  2-4.  —  Tintinnabula. Atl.  archéol.,  ibid.,  fig.  1,  6,  11.  Le  bruit  de  ces clochettes  (vers.  35)  permettait  aux  Israélites  de suivre  tous  les  mouvements  du  grand  prêtre,  au jour  de  la  fête  de  l'Expiation,  quand  il  entrait dans  le  Saint  des  saints,  et  de  s'associer  plus étroitement  aux  cérémonies  sacrées.  Cf.  Eccli. XLV,  10-11.  —  Ne  moriatur  :  Aaron  et  ses  suc- cesseurs ,  s'ils  venaient  h  négliger  ce  rite  impor- tant.
5°  Le  diadème  du  grand  prêtre.  XXVIII,  36-39.
36-38.  La  lame  d'or.  —  Sur  cette  lame,  qui formait  la  partie  principale  de  la  coiffure  du  pon- tife, étaient  gravés  les  mots  :  Qodes  laY'hovah, Sainteté  au  Seigneur I  Rien  de  plus  significatif, soit  pour  le  grand  prêtre,  soit  pour  la  nation entièi'c.  Cf.  xix,  6.  —  Lijahis  vitta.  La  lame
d'or  était  évidemment  munie,  à  ses  deux  extré- mités, d'ouvertures  par  lesquelles  on  passait  ce ruban.  Voy.  VAtl.  archéol.,  pi.  cvi,  flg.  9,  11.  — Portant. ..  iniquitates...  Les  plus  pures  offrandes, quand  elles  sont  présentées  par  de  misérables pécheurs  à  un  Dieu  si  saint,  participent  à  l'im- pureté des  donataires  ;  mais  la  sainteté  en  quelque sorte  officielle  du  grand  prêtre  juif,  exprimée par  la  lame  d'or  qu'il  portait  au  front,  leur  en- levait ce  caractère  profane.  —  Semper  in  fronte, C.-à-d.  toutes  les  fois  qu'il  était  en  fonctions.
39.  Matière  du  turban  :  byssinam,  le  lin  blanc. A  ce  détail  on  en  ajoute  deux  autres,  relatifs, d'une  part  à  la  tunique  intérieui'e  du  pontife, laquelle  était  également  de  lin  ;  d'autre  part ,  à sa  ceinture,  richement  brodée  à,  l'aiguille  (iiaJ- teum  opère  plumarii).
6°  Vêtements  des  simples  prêtres.  XXVIII, 40-43.
40  -  43.  On  en  signale  quatre  :  1»  tunicas  lineas, blanches  comme  celle  du  grand  prêtre  (Atlas archéol.,  pi.  cvii,  fig.  5,  6);  2»  balteos;  3"  tiaras, des  sortes  de  toques  ou  de  bonnets  en  lin  blanc  ;
Ex.  XXVIII,  41  —  XXIX,  5.
283
41.  Vous  revêtirez  Aaron  votre  frère, et  ses  fils  avec  lui,  de  tous  ces  vête- ments. Vous  leur  consacrerez  les  mains à  tous  et  vous  les  sanctifierez,  afin  qu'ils exercent  les  fonctions  de  mon  sacerdoce.
42.  Vous  leur  ferez  aussi  des  caleçons de  lin  pour  couvrir  ce  qui  n'est  pas  hon- nête dans  le  corps,  depuis  les  reins  jus- qu'au bas  des  cuisses.
43.  Aaron  et  ses  enfants  s'en  serviront lorsqu'ils  entreront  dans  le  tabernacle  du témoignage,  ou  lorsqu'ils  approchent  de l'autel  pour  servir  dans  le  sanctuaire,  de peur  qu'ils  ne  soient  coupables  d'iniquité et  qu'ils  ne  meurent.  Cette  ordonnance sera  stable  et  perpétuelle  pour  Aaron  et pour  sa  postérité  après  lui.
41.  Vestiesque  his  omnibus  Aaron fratrem  tuuni,  et  filios  ejus  cum  eo.  Et cunctorum  consecrabis  manus,  sanctifi- cabisque  illos,  ut  sacerdotio  fungantur mihi.
42.  Faciès  et  feminalia  linea,  ut  ope- riant  carnem  turpitudinis  suae,  a  renibus usque  ad  f  emora  ;
43.  Et  utentur  eis  Aaron  et  filii  ejus quando  ingredientur  tabernaculum  testi- monii,  vel  quando  appropinquant  ad altare  ut  ministrent  in  sanctuario,  ne iniquitatis  rei  moriantur.  Legitimum sempiternum  erit  Aaron,  et  semini  ejus post  eum.
CHAPITRE  XXIX
1.  Voici  ce  que  vous  ferez  pour  con- sacrer prêtres  Aaron  et  ses  fils.  Prenez dans  le  troupeau  un  veau  et  deux  béliers sans  tache,
2.  Des  pains  sans  levain,  des  gâteaux aussi  sans  levain  arrosés  d'huile,  des galettes  sans  levain  sur  lesquelles  on aura  versé  de  l'huile.  Vous  ferez  toutes ces  choses  de  la  plus  pure  farine  de  f ro  - ment.
3.  Et,  les  ayant  mises  dans  une  cor- beille, vous  rae  les  offrirez.  Vous  amè- nerez le  veau  et  les  deux  béliers.
4.  Vous  ferez  approcher  Aaron  et  ses enfants  de  l'entrée  du  tabernacle  du  té- moignage, et  lorsque  vous  aurez  lavé avec  de  l'eau  le  père  et  les  enfants,
5.  Vous  revêtirez  Aaron  de  ses  vête- ments, c'e.^t-à-dire  de  la  tunique  de  lin, de  la  robe,  de  Téphod  et  du  rational, que  vous  lierez  avec  la  ceinture.
1.  Sed  et  hoc  faciès,  ut  mihi  in  sa- cerdotio consecrentur  :  Toile  vitulum  de armento,  et  arietes  duos  immaculatos,
2.  Panesque  azymos,  et  crustulam absque  fermente,  quse  conspersa  sit  oleo, lagana  quoque  azyma  oleo  lita  ;  de  simila triticea  cuncta  faciès  ;
3.  Et  posita  in  canistro  offeres  ;  vitu- lum autem  et  duos  arietes,
4.  Et  Aaron  ac  filios  ejus  applicabis  ad ostium  tabernaculi  testimonii  ;  cumque laveris  patrem  cum  filiis  suis  aqua,
5.  Indues  Aaron  vestimentis  suis,  id est,  linea  et  tunica,  et  superhumerali , et  rationali,  quod  constringes  balteo;
4°  feminalia  linea,  des  caleçons  courts,  à  la manière  égyptienne  iAtl.  archéol.,  pi.  i,  fig.  4; pi.  XXII ,  fig.  3).  —  Sur  les  mots  in  gloriam  et  deco- rem,  voyez  la  note  du  vers.  2.  —  Le  trait  cun- ctorum consecrahis...  prépare  ce  qui  va  êti-e  dit Inuuédiatement  de  la  consécration  du  grand  prêtre et  des  prêtres.
7°  Rites  de  la  consécration  des  prêtres.  XXIX , 1-37.
Ces  rites  consistent  en  des  actes  symboliques (ablutions,  vêture,  onctions, sacriflces,  etc.),  qui marquent  tous  la  nécessité  d'une  sainteté  extra- ordinaire dans  les  prêtres.  Cf.  Lev.  viii-ix.
Chap.  XXIX.  —  1-  3.  Le  choix  et  la  séparation des  victimes  qu'on  devait  immoler  au  jour  de  la consécration  d'Aaron  et  de  sci  fils.  —  Pour  les
sacriflces  sanglants  :  vitulum,  duos  arietes  (.imma- culatos; bébr.  :  parfaits,  sans  défauts)  ;  pour  les sacrifices  non  sanglants  :  azyma,  crustulam... (sorte  de  gâteau  épais,  arrosé  d'buile),  lagana (autres  gâteaux,  mais  très  minces).
4-9.  Les  premiers  rites  de  la  consécration, — Applicabis.  Tu  feras  approcher.  Tout  auprès  de Vostium  tabernaculi  se  trouvait  le  lavoir  d'ai- rain (xxx,  18;  Atl.  archéol.,  pi.  xcvi,  fig.  1); or  le  premier  rite  devait  précisément  consister en  une  ablution  (cumque  laveris).  Cette  céré- monie, que  nous  avions  déjà  rencontrée  Gcn. XXXV,  2,  est  d'une  très  haute  antiquité,  et d'un  symbolisme  clair  et  naturel  ;  elle  est  encore d'un  fréquent  usage  dans  les  divers  cultes  de l'Orient.  —  Deuxième  rite  :  la  vêture  d'Aaron
284
Ex.  XXIX,  6-15.
6.  Et  pones  tiaram  in  capite  ejus,  et laminam  sanctam  super  tiaram,
7.  Et  oleum  unctionis  fundes  super caput  ejus;  atque  lioc  ritu  consecra- bitur.
8.  Filios  quoque  illius  applicabis,  et indues  tunicis  lineis,  cingesque  balteo.
9.  Aaron  scilicet  et  liberos  ejus,  et impones  eis  mitras  ;  eruntque  sacerdotes mihi  religione  perpétua.  Postquam  ini- tiaveris  manus  eorum,
10.  Applicabis  et  vitulum  coram  ta- bernaculo  testimonii  ;  imponentque  Aaron et  filii  ejus  manus  super  caput  illius;
11.  Et  mactabis  eum  in  conspectu Domini,  juxta  ostium  tabernaculi  testi- monii.
12.  Sumptumque  de  sanguine  vituli, pones  super  cornua  altaris  digito  tuo, reliquum  autem  sanguinem  fundes  juxta basim  ejus.
13.  Sûmes  et  adipem  totum  qui  operit intestina,  et  reticulum  jecoris,  ac  duos renés,  et  adipem  qui  super  eos  est,  et offeres  incensum  super  altare  ;
14.  Carnes  vero  vituli  et  corium  et fimum  combures  foris  extra  castra,  eo quod  pro  peccato  sit.
15.  Unum  quoque  arietem  sûmes,  su- per cujus  caput  ponent  Aaron  et  filii ejus  manus  ;
G.  Et  vous  lui  mettrez  la  tiare  sur  la tête  et  la  lame  sainte  sur  la  tiare.
7.  Vous  répandrez  ensuite  sur  sa  tête de  l'huile  de  consécration,  et  il  sera sacré  de  cette  sorte.
8.  Vous  ferez  approcher  aussi  ses  en- fants, vous  les  revêtirez  de  leurs  tuniques de  lin  ;  vous  les  ceindrez  de  leurs  cein- tures ;
9.  Ce  que  vous  ferez  pour  Aaron  et pour  ses  enfants.  Vous  leur  mettrez  la mitre  sur  la  tête,  et  ils  seront  mes prêtres  pour  me  rendre  un  culte  perpé- tuel. Après  que  vous  aurez  consacré  leurs mains ,
10.  Vous  amènerez  le  veau  devant  le tabernacle  du  témoignage,  et  Aaron  et ses  enfants  lui  mettront  les  mains  sur  la tête.
11.  Et  vous  le  sacrifierez  devant  le Seigneur  à  l'entrée  du  tabernacle  du  té- moignage.
12.  Vous  prendrez  du  sang  du  veau, que  vous  mettrez  avec  le  doigt  sur  les cornes  de  l'autel,  et  vous  répandrez  le reste  du  sang  au  pied  de  l'autel.
13.  Vous  prendrez  aussi  toute  la  graisse qui  couvre  les  entrailles  et  la  membrane qui  enveloppe  le  foie ,  avec  les  deux  reins et  la  graisse  qui  les  couvre,  et  vous  les offrirez  en  les  brûlant  sur  l'autel.
14.  Mais  \ous  brûlerez  dehors  et  hors du  camp  toute  la  chair  du  veau,  sa  peau et  ses  excréments,  parce  que  c'est  une hostie  pour  le  péché.
15.  Vous  prendrez  aussi  un  des  béliers, et  Aaron  et  ses  enfants  mettront  leurs mains  sur  sa  tête.
(vers.  5-6).  Cf.  Lev.  vin,  7-9.  L'ordre  des  vête- ments est  bien  marqué  (linea,  la  simple  tunique de  lin,  xxvni,  39;  iunica,  la  robe  de  l'éphod, XXVIII,  ai -35).  —  Troisième  rite  (vers.  7)  :  l'onc- tion avec  l'huile  sainte  (xxv,  6;  xxviii,  41;  xxx, 23-25),  SMper  caput,  pour  exprimer  une  abon- dante effusion  de  grâces.  Cf.  Ps.  cxxxii,  2.  — Quatrième  rite  (vers.  8-9»)  :  la  vêture  des  fils d' Aaron.  Religione  perpétua;  en  hébr.  :  d'après une  règle  permanente.  C.-à-d.  que  non  seulement ils  seront  eux-mêmes  prêtres  durant  toute  leur vie,  mais  que  leurs  descendants  le  deviendront aussi  à  jamais.
S^J-H.  Nous  passons  au  cinquième  rite,  l'un des  plus  importants,  qui  consiste  dans  les  sacri- fices ù  offrir  pour  les  futurs  prêtres  (A'ers.  9''-23). Et  d'abord,  ici,  le  sacrifice  du  taureau.  Cf.  vers.  1. —  Initiaveris  manus...  Hébr.  :  Et  tu  rempliras la  main  d'Aaron  et  la  main  de  ses  fils.  Voyez  le vers.  24.  Placer  dans  leurs  mains  une  partie  des offrandes  équivalait  ù  les  installer  dans  leui'S fonctions  saintes.  —  Imponent...  manus.  Geste
symbolique ,  que  nous  retrouverons  dans  tous  les sacrifices  propitiatoires.  Cf.  Lev.  rv,  15,  24,  29,  etc. Les  prêtres,  par  cette  imposition  des  mains,  trans- féraient en  quelque  sorte  les  péchés  du  donataire sur  la  victime ,  afin  qu'ils  fussent  expiés  par  elle. —  IlactaUs...  juxta  ostium...  Entre  cette  porte et  l'autel  des  holocaustes.  Voyez  VAtlas  archéol., pi.  xcvi,  fi^.  1.  —  Le  double  emploi  du  sang, vers.  12  :  pones  super  cornua  (  voyez  la  note  de xxvn,2)...;  reliquum...  fundes.  Autre  cérémonie commune  à  tous  les  sacrifices  propitiatoires. —  Le double  emploi  des  chairs  :  les  parties  les  plvis grasses ,  regardées  en  Orient  comme  les  plus  dé- licates {adipem...;  reticulum  jecoris,  duos  renés), devaient  être  brûlées  sur  l'autel  des  holocaustes; le  reste  de  la  chair,  la  peau,  les  matières  renfer- mées dans  les  intestins  au  moment  de  l'immo- lation, devaient  être  consumés  en  dehors  du camp,  comme  des  objets  impurs  (eo  quod  pro peccato...).
15  - 18.  Sdcriflce  du  premier  bélier. —  Plusieurs des  rites  pi*escrits  sont  identiques  à  ceux  que  nous
Ex.  XXIX,  16-24.
285
16.  Et  lorsque  vous  l'aurez  immolé, vous  en  prendrez  du  sang  et  le  répan- drez autour  de  l'autel.
17.  Vous  couperez  ensuite  le  bélier  par morceaux,  et  en  ayant  lavé  les  intestins et  les  pieds,  vous  les  mettrez  sur  les parties  de  son  corps  que  vous  aurez  ainsi coupées  et  sur  sa  tête.
18.  Et  vous  offrirez  le  bélier  en  le brûlant  tout  entier  sur  l'autel  ;  car  c'est l'oblation  du  Seigneur  et  une  hostie  dont l'odeur  lui  est  très  agréable.
19.  Vous  prendrez  aussi  l'autre  bélier, et  Aaron  et  ses  enfants  mettront  leurs mains  sur  sa  tête.
20.  Et  l'ayant  égorgé,  vous  prendrez de  son  sang  et  vous  en  mettrez  sur  le bas  de  l'oreille  droite  d'Aaron  et  de  ses enfants ,  sur  le  pouce  de  leur  main  droite et  de  leur  pied  droit,  et  vous  répandrez le  reste  du  sang  sur  l'autel,  tout  autour.
21.  Vous  prendrez  aussi  du  sang  qui est  sur  l'autel  et  de  l'huile  d'onction  ; vous  en  ferez  l'aspersion  sur  Aaron  et sur  ses  vêtements ,  sur  ses  enfants  et  sur leurs  vêtements,  et  après  les  avoir  con- sacrés avec  leurs  vêtements,
22.  Vous  prendrez  la  graisse  du  bélier, la  queue,  la  graisse  qui  couvre  les  en- trailles, la  membrane  qui  enveloppe  le foie,  les  deux  reins  et  la  graisse  qui  est dessus  et  l'épaule  droite ,  parce  que  c'est un  bélier  de  consécration.
23.  Vous  prendrez  aussi  une  partie d'un  pain,  un  des  gâteaux  trempés  dans l'huile  et  une  galette  dé  la  corbeille  des azymes  qui  aura  été  exposée  devant  le Seigneur.
24.  Vous  mettrez  toutes  ces  choses  sur les  mains  d'Aaron  et  de  ses  fils,  et  vous les  sanctifierez  en  élevant  ces  dons  de- vant le  Seigneur.
16.  Quem  cum  mactaveris,  toiles  de sanguine  ejus,  et  fundes  circa  altare.
17.  Ipsum  autem  arietem  secabis  in fi'usta,  lotaque  intestina  ejus  ac  pedes pones  super  concisas  carnes,  et  super caput  illius.
18.  Et  offeres  totum  arietem  in  incen- sum  super  altare;  oblatio  est  Domino, odor  suavissimus  victimse  Domini.
19.  Toiles  quoque  arietem  alterum, super  cujus  caput  Aaron  et  filii  ejus ponent  manus;
20.  Quem  cum  immolaveris,  sûmes de  sanguine  ejus,  et  pones  super  extre- mum  auriculse  dextrse  Aaron  et  filiorum ejus,  et  super  pollices  manus  eorum  ac pedis  dextri,  fundesque  sanguinem  su- per altare  per  circuitum.
21.  Cumque  tuleris  de  sanguine  qui est  super  altare,  et  de  oleo  unctionis, asperges  Aaron  et  vestes  ejus,  filios  et vestimenta  eorum;  consecratisque  ipsis et  vestibus ,
22.  Toiles  adipem  de  ariete,  et  cau- dam  et  arvinam,  quse  operit  vitalia,  ac reticulum  jecoris,  et  duos  renés,  atque adipem  qui  super  eos  est,  armumque dextrum,  eo  quod  sit  aries  consecra- tionis  ;
23.  Tortamque  panis  unius,  crustulam conspersam  oleo,  laganum  de  canistro azymorum,  quod  positum  est  in  con- spectu  Domini  ;
24.  Ponesque  omnia  super  manus Aaron  et  filiorum  ejus,  et  sanctificabis eos  elevans  coram  Domino.
venons  de  lire  (vers.  15-16)  ;  les  autres  diffèrent, parce  qu'il  s'agit  maintenant  d'un  holocauste  pro- prement dit.  —  Secabis  in  frusta.  Ce  même  usage existait  également  chez  les  païens ,  probablement en  vue  d'accélérer  la  combustion  des  chairs.  Voy. l'Atlas  archéol.,  pi.  cvi,  flg.  10,  13.  —  Offeres totum  arietem.  Dans  l'holocauste ,  la  victime  en- tière était  pure  et  agréable  à  Dieu  ;  aussi  n'y avait-il  pas  lieu  îi  la  distinction  établie  plus  haut, vers.  13  et  14.  —  Odor  suavissimus.  Belle  méta- phore. Cf..  Gen.  vin,  21.
19-21.  Sacrifice  du  second  bélier,  appelé  «bé- lier de  la  consécration  »  (vers.  22).  —  Ici  nous trouvons  quelques  rites  spéciaux  :  1°  une  sorte d'onction  avec  le  sang  de  ce  bélier,  soit  super extremum  auriculce...,  pour  rappeler  aux  prêtres qu'ils  devaient  être  constamment  attentifs  aux
ordres  de  Dieu  leur  maître  ;  soit  super  pollices manus...  ac  pedis...,  pour  marquer  la  sainteté  qui devait  accompagner  leurs  actions  et  leurs  dé- mai'ches  ;  2«  une  aspersion  avec  un  mélange  de sang  et  d'huile  sainte  (vers.  21).
22-24.  L'entrée  en  fonctions  des  nouveaux prêtres.  —  Toiles  adipem...  Voyez  la  note  du vers.  13,  et  Lev.  m,  9-11.  —  Caudam:  l'énorme queue,  pleine  de  graisse,  des  béliers  orientaux. Voy.  YAtl.  d'hist.  nat.,  pi.  lxxxix,  fig,  6,8.  — Tortamque  panis...  C.-tVd.  les  offrandes  non  san- glantes. Cf.  vers.  3.  —  Ponesque  super  manus... Moïse  lui-même  devait  donc  placer  ses  mains  sous celles  d'Aaron  et  de  ses  flls,  aidant,  comme  mé- diateur de  l'alliance,  les  prêtres  théocratiques dans  ce  premier  accomplissement  de  leurs  fonc- tions. —  Sanctificabis...  elevans.  Dans   l'hébr.  :
14*
286
Ex.  XXIX,  25-33.
25.  Suscipiesque  universa  de  manibus eorum,  et  incendes  super  altare  in  holo- caustiim,  odorem  siiavissimum  in  con- spectii  Domini,  quia  oblatio  ejus  est.
2G.  Sûmes  quoque  pectusculum  de arietc,  quo  initiatus  est  Aaron,  sanctiii- cabisque  illud  elevatum  coram  Domino, et  cedet  in  partem  tuam.
27.  Sanctificabisque  et  pectusculum consecratum ,  et  armum  quem  de  ariete separasti
28.  Quo  initiatus  est  Aaron  et  filii ejus,  cedentque  in  partem  Aaron  et  filio- rum  ejus  jure  perpetuo  a  filiis  Israël; quia  primitiva  sunt  et  initia  de  victimis eorum  paciiicis  quse  ofîerunt  Domino.
29.  Vestem  autem  sanctam,  qua  utetur Aaron,  habebunt  filii  ejus  post  eum,  ut ungantur  in  ea,  et  consecrentur  manus eorum.
30.  Septem  diebus  utetur  illa  qui  pon- tifex  pro  eo  fuerit  constitutus  de  filiis ejus,  et  qui  ingredietur  tabernaculum  te- stimonii  ut  ministret  in  sanctuario.
31.  Arietem  autem  consecrationis  toi- les, et  coques  carnes  ejus  in  loco  sancto.
32.  Quibus  vescetur  Aaron  et  filii  ejus. Panes  quoque,  qui  sunt  in  canistro, in  vestibulo  tabernaculi  testimonii  com- edent,
33.  Ut  sit  placabile  sacrificium,  et sanctificentur  oiïerentium  manus.  Alie- nigena  non  vescetur  ex  eis,  quia  sancti sunt.
25.  Vous  reprendrez  ensuite  toute'"^  ces choses  de  leurs  mains  et  vous  les  brûlerez sur  l'autel  en  holocauste,  pour  répandre une  odeur  très  agréable  devant  le  Sei- gneur, parce  que  c'est  son  oblation.
26.  Vous  prendrez  aussi  la  poitrine  du bélier  qui  aura  servi  à  la  consécration d'Aaron ,  et  vous  la  sanctifierez  en  l'éle- vant devant  le  Seigneur,  et  elle  sera réservée  pour  votre  part.
27.  Vous  sanctifierez  aussi  la  poitrine qui  a  été  consacrée,  l'épaule  que  vous aurez  séparée  du  bélier
28.  Par  lequel  Aaron  et  ses  enfants auront  été  consacrés,  et  elles  seront  ré- servées des  ohlatlons  des  enfants  d'Israël, pour  être  la  part  d'Aaron  et  de  ses  en- fants par  un  droit  perpétuel,  parce  qu'elles sont  comme  les  prémices  et  les  premières parties  des  victimes  pacifiques  qu'ils offrent  au  Seigneur.
29.  Les  enfants  d'Aaron  porteront après  sa  mort  les  saints  vêtements  qui lui  auront  servi ,  afin  qu'en  étant  revêtus, ils  reçoivent  l'onction  sainte  et  que  leurs mains  soient  consacrées  au  Seigneur.
30.  Celui  d'entre  ses  enfants  qui  aura été  établi  pontife  en  sa  place,  et  qui  entrera dans  le  tabernacle  du  témoignage  pour exercer  ses  fonctions  dans  le  sanctuaire, portera  ces  vêtements  pendant  sept  jours.
31.  Vous  prendrez  aussi  le  bélier  qui sera  offert  à  la  consécration  du  pontife, et  vous  en  ferez  cuire  la  chair  dans  le lieu  saint.
32.  Aaron  en  mangera  avec  ses  en- fants. Ils  mangeront  aussi ,  à  l'entrée  du tabernacle  du  témoignage,  les  pains  qui seront  demeurés  dans  la  corbeille,
33.  Afin  que  ce  soit  un  sacrifice  qui rende  Dieu  favorable,  et  que  les  mains de  ceux  qui  les  offrent  soient  sanctifiées. L'étranger  ne  mangera  point  de  ces viandes,  parce  qu'elles  sont  saintes.
Et  tu  agiteras  de  côté  et  d'autre  (les  offrandes) cil  présence  de  Jéhovah.  Voyez  l'explication  du vers,  25,
25-28,  lia  fin  du  sacrifice  de  consécration,  — Suscipiesque...  Moïse  redevient  le  seul  célébrant. —  Pectusculiun  de  ariete.  Cf.  Lcv,  vu,  29-31. Dans  plusieurs  sortes  de  sacrifices,  la  poitrine  de la  victime  était  attribuée  au  prêtre  ofUciant  (cedet in  partem  ..),  après  qu'elle  avait  été  agitée  sur  le brasier  de  l'autel  (sanctijicabis...  elevatum).  — Armam:  l'épaule  gauche;  autre  portion  réservée aux  prêtres  dans  certains  sacrifices. —  La  traduc- tion littérale  du  vers.  27  d'après  l'hébreu  serait  : Tu  consacreras  la  poitrine  d'agitation  et  l'épaule d'élévation,  huiuelle  aura  été  agitée,  et  laquelle
aura  été  élevée,  du  bélier  d'inauguration,..  On imprimait  donc  ù,  quelques  parties  de  la  victime , pour  les  offrir  au  Seigneur,  deux  mouvements successifs  :  le  premier,  nommé  agitation,  avait lieu  en  avant  et  en  arrière,  dans  le  sens  hori- zontal et  à  plusieurs  reprises,  au-dessus  de  l'autel des  holocaustes  ;  le  second  consistait  dans  une élévation  perpendiculaire  vers  le  ciel.
29-30.  L'emploi  des  ornements  pontificaux. — Vestem...  qua  utetur  Aaron...  Ce  qui  fut  prati- qué, d'après  Num.  xx,  28,  pour  l'investiture d'Éléazar.
31-34.  Le  repas  qui  devait  suivre  la  consécra- tion des  prêtres.  —  Coques  (en  les  faisant  bouillir) carnes...  Celles  des  chairs  du   second  bélier  qui
Ex.  XXIX,  34-43.
287
34.  S'il  demeure  quelque  chose  de cette  chair  consacrée  ou  de  ces  pains jusqu'au  matin,  vous  brûlerez  au  feu tous  ces  restes  ;  on  n'en  mangera  point, parce  qu'ils  sont  sanctifiés.
35.  Vous  aurez  soin  de  faire  tout  ce que  je  vous  commande  touchant  Aaron et  ses  enfants.  Vous  consacrerez  leurs mains  pendant  sept  jours,
36.  Et  vous  offrirez  chaque  jour  un veau  pour  l'expiation  du  péché.  Lorsque vous  aurez  immolé  l'hostie  de  l'expiation, vous  purifierez  l'autel  et  vous  y  ferez  les onctions  saintes  pour  le  sanctifier  de nouveau.
37.  Vous  purifierez  et  sanctifierez  l'au- tel pendant  sept  jours,  et  il  sera  très saint.  Quiconque  le  touchera  se  sancti- fiera auparavant.
38.  Voici  ce  que  vous  ferez  sur  l'autel  : Vous  sacrifierez  chaque  jour,  sans  y  man- quer, deux  agneaux  d'un  an,
39.  Un  le  matin,  et  l'autre  le  soir.
40.  Vous  offrirez  avec  le  premier agneau  la  dixième  partie  de  la  plus  pure farine  de  fi'oment ,  mêlée  avec  de  l'huile d'olives  pilées ,  plein  le  quart  de  la  me- sure appelée  hin,  et  autant  de  vin  pour la  libation.
41.  Vous  ofEi'irez  au  soir  le  second agneau  comme  un  sacrifice  d'une  excel- lente odeur,  d'après  le  même  rite  que l'oblation  du  matin.
42.  C'est  le  sacrifice  qui  doit  être offert  au  Seigneur  par  une  succession continuée  de  race  en  race  à  l'entrée  du tabernacle  du  témoignage  devant  le  Sei- gneur, où  j'ai  résolu  de  vous  parler.
43.  C'est  de  là  que  je  donnerai  mes
34.  Quod  si  remanserit  de  carnibus consecratis,  sive  de  panibus  usque  mane, combures  reliquias  igni  ;  non  comeden- tur,  quia  sanctificata  sunt.
35.  Orania,  quœ  prœcepi  tibi,  faciès super  Aaron  et  filiis  ejus.  Scptem  die- bus  consecrabis  manus  eorum,
36.  Et  vitulum  pro  peccato  oiïeres  per singulos  dies  ad  expiandum.  Mundabis- que  altare  cum  immolaveris  expiationis hostiam,  et  unges  illud  in  sanctificatio- nem.
37.  Septem  diebus  expiabis  altare,  et sanctificabis ,  et  erit  sanctum  sancto- rum  ;  omnis ,  qui  tetigerit  illud ,  sanctifi- cabitur,
38.  Hoc  est  quod  faciès  in  altari  : Agnos  anniculos  duos  per  singulos  dies jugiter,
39.  Unum  agnum  mane,  et  alterum vespere ,
40.  Decimam  partem  similse  conspersee oleo  tuso,  quod  habeat  mensuram  quar- tam  partem  hin,  et  vinum  ad  libandum ejusdem  mensurse  in  agno  uno.
41.  Alterum  vero  agnum  offeres  ad vesperam  juxta  ritum  matutinse  oblatio- nis,  et  juxta  ea  quœ  diximus,  in  odorem suavitatis.
42.  Sacrificium  est  Domino,  oblatione perpétua  in  generationes  vestras , .  ad ostium  tabernaculi  testimonii  coram  Do- mino, ubi  constituam  ut  loquar  ad  te.
43.  Ibique   prsecipiam    filiis   Israël ,
ne  revenaient  ni  à  Dieu  (  vers.  £2  )  ni  à  Moïse (vers.  26).  —  In  loco  sancto  :  prôs  de  la  porte du  tabernacle,  Lev.  viii,  31.  —  Alicnigena ,  au vex's.  33 ,  désigne  les  laïques.  —  Quod  si  reman- serit...Ce  que  les  prôti'es  n'auraient  pas  consommé devait  être  brûlé,  et  non  pas  livré  à  des  usages profanes.
35-37.  Ordre  de  répéter  durant  sept  jours  con- sécutifs tout  le  cérémonial  de  la  consécration sacerdotale.  —  Autre  précepte  ajouté  à  celui-là, la  sanctification  de  l'autel  :  Mundabis  altare...,  en l'aspergeant  sept  fois  de  suite  avec  l'huile  sainte. Cf.  Lev.  VIII,  11.  —  Conclusion:  omnis  qui  teti- gerit...; d'où  il  résulte  que  quiconque  était  léga- lement impur  devait  bien  se  garder  de  toucher l'autel.
80  Le  sacrifice  perpétuel.  XXIX,  38-46.
38-42.  Hoc...  faciès  in  altari.  Transition  à  l'un des  principaux  usages  de  l'autel  des  holocaustes.
—  Le  sacrifice  perpétuel,  auquel  les  Hébreux demeurèrent  si  fidèles  jusqu'à  la  prise  de  Jéru- salem par  les  Romains,  était  offert  chaque  jour, matin  et  soir  (hébr.  :  entre  les  deux  soirs  ;  voyez la  note  de  xn,  6),  et  il  se  composait  de  deux parties  :  1°  l'offrande  sanglante,  agnum...;  2«  l'of- frande non  sanglante  :  une  certaine  quantité  de fai'ine,  mêlée  d'huile,  à  brûler  sur  l'autel  ( tZeci- mam  partem,  un  dixième  d'éphah,  c,-à-d.  un gomor,  ou  3  lit.  88  ;  oleo  tuso,  de  rhuUe  très  pure, d'après  xxvii,  20),  et  une  libation  de  vin  autour de  l'autel  (le  hin  équivalait  h  environ  6  lit.  50).
—  TJhi  constituam  ut  loquar...  Hébr.  :  C'est  là. que  je  me  rencontrerai  avec  vous,  et  que  je  te parlerai.  Admirable  définition  du  tabernacle  :  un lieu  de  l'encoutre  et  de  conversation  entre  Jéhovah et  son  peuple.
43-46.  Promesses  divines,  en  échange  du  sacri- fice perpétuel.  Elles  se  résument  dans  ces  parolc3
288
Ex.  XXIX,  44  —  XXX,  7.
et  sanctificabitur  altare   in  gioria  mea.
44.  Sanctificabo  et  tabernaculum  testi- monii  cum  altari,  et  Aaron  cum  filiis suis,  ut  sacerdotio  fuugantur  mihi.
45.  Et  habitabo  in  medio  filiorum Israël,  eroque  eis  Deus,
46.  Et  scient  quia  ego  Dominus  Deus eorum,  qui  eduxi  eos  de  terra  Mgy\)ti, ut  manerem  inter  illos,  ego  Dominus Deus  ipsorum.
ordres  pour  les  enfants  d'Israël,  et  l'aa- tel  sera  sanctifié  par  la  présence  de  ma gloire.
44.  Je  sanctifierai  aussi  le  tabernacle du  témoignage  avec  l'autel,  et  Aaron  avec ses  fils ,  afin  qu'ils  exercent  les  fonctions de  mon  sacerdoce.
45.  J'habiterai  au  milieu  des  enfants d'Israël  et  je  serai  leur  Dieu  ;
46.  Et  ils  connaîtront  que  je  suis  leur Seigneur  et  leur  Dieu,  qui  les  ai  tirés  de rÉgypte  afin  de  demeurer  au  milieu d'eux ,  moi  qui  suis  leur  Seigneur  et  leur Dieu.
CHAPITRE  XXX
1.  Faciès  quoque  altare  ad  adolendum thymiama,  de  lignis  setim,
2.  Habens  cubitum  longitudinis ,  et alterum  latitudinis,  id  est,  quadran- gulum,  et  duos  cubitos  in  altitudine. Cornua  ex  ipso  procèdent.
3.  Vestiesque  illud  auro  purissimo, tam  craticulam  ejus,  quam  parietes  per circuitum,  et  cornua.  Faciesque  ei  coro- iiam  aureolam  per  gyrum,
4.  Et  duos  annules  aureos  sub  co- rona  per  singula  latera,  ut  mittantur in  eos  vectes,  et  altare  portetur.
5.  Ipsos  quoque  vectes  faciès  de  lignis 5etim ,  et  inaurabis.
6.  Ponesque  altare  contra  vélum,  quod ante  arcam  pendet  testimonii  coram propitiatorio  quo  tegitur  testimonium, ubi  loquar  tibi  ;
7.  Et  adolebit  incensum  super  eo Aaron,  suave  fragrans,  mane.  Quando componet  lucernas,  incendet  illud;
1.  Vous  ferez  aussi  un  autel  de  bois de  sétim  pour  y  brûler  des  parfums.
2.  Il  aura  une  coudée  de  long  et  une coudée  de  large,  de  sorte  qu'il  soit  carré. Il  aura  deux  coudées  de  haut,  et  ses cornes  lui  seront  adhérentes.
3.  Vous  couvrirez  d'un  or  très  pur  la table  de  cet  autel  et  les  quatre  côtés  avec ses  cornes ,  et  vous  y  ferez  une  couronne d'or  qui  régnera  tout  autour,
4.  Et  deux  anneaux  d'or  de  chaque côté  sous  la  couronne,  pour  y  faire  en- trer les  bâtons  qui  serviront  à  le  porter.
5.  Vous  ferez  aussi  les  bâtons  de  bois de  sétim  et  vous  les  couvrirez  d'or.
6.  Vous  mettrez  cet  autel  vis-à-vis  du voile  qui  est  suspendu  devant  l'arche  du témoignage,  devant  le  propitiatoire  qui couvre  V arche  du  témoignage,  où  je  vous parlerai.
7.  Et  Aaron  y  brûlera  de  l'encens d'excellente  odeur  ;  il  le  brûlera  le  matin lorsqu'il  préparera  les  lampes,
si  glorieuses  pour  Israël  :  J5?ro...  eis  Deus;  ego Dominus  Deus  ipsorum,
§  III.  —  Suite  de  la  description  des  objets  du  culte. XXX,  1  — XXXI,  18.
1°  L'autel  des  parfums  ou  de  l'encensement. XXX,  1-10.
Chap.  XXX.  —  1-5.  Description  de  cet  autel. Tour  h  tour,  comme  pour  les  autres  objets  pré- cédemment décrits,  le  but,  la  matière,  les  di- mensions, la  décoration,  les  anneaux  et  les  barres ])our  le  porter.  —  Ad  adolendum  tlvjmiayna. C'était  un  autre  genre  de  sacrifice,  plus  délicat, ])lus  mystique;  de  là  le  nom  d'autel  pour  cet encensoir  en  grand.  —  Cubitum  :  0'",525  ;  duos cubitos:  l'",050.  —  Cornua.  Voyez  xxvii,  2,  et le  commentaire.  —  Craticulam  :  la  tablette  supé-
rieure, son  «  toit  »  plat,  comme  dit  l'hébreu. — Coronam:  le  rebord  orné,  analogue  à  celui  de la  table  des  pains  de  proposition.  —  Duos  annu- tos...  Au  lieu  de  quatre,  ce  meuble  étant  moins considérable  que  l'arche  et  la  table.  —  Voyez l'Atlas  arcliéol.,  pi.  civ,  fig.  2.
6.  La  place  de  cet  autel  dans  le  tabernacle. — Contra  vélum  :  le  voile  qui  séparait  le  Saint  du Saint  des  saints.  L'arche  était  dans  la  partie  la plus  intime  du  sanctuaire,  derrière  ce  voile, XXVI,  33;  l'autel  était  donc  dans  le  Saint,  en avant  du  voile,  xl,  22-24.  {Atl.  archéol.,  pi.  xcvi, fig.  2.)
7-10.  Usage  de  l'autel  des  parfums.  —  1°  Un usage  quotidieii,  deux  fois  répété  :  adolebit... super  eo.  Deux  encensements  par  jour,  correspon- dant aux  deux  actes  du  sacrifice  perpétuel.  Ct,
Ex.  XXX,  8-16.
289
8.  Et  lorsqu'il  les  allumera  au  soir,  il brûlera  encore  de  l'encens  devant  le  Sei- gneur ;  ce  qui  s'observera  continuellement parmi  vous  dans  la  succession  de  tous les  âges.
9.  Vous  n'offrirez  point  sur  cet  autel des  parfums  d'une  autre  composition  que celle  que  je  vous  prescrirai,'  vous  n'y présenterez  point  d'oblations  ni  de  vic- times ,  et  vous  n'y  ferez  aucune  libation de  liqueurs.
10.  Aaron  priera  une  fois  l'an  sur  les cornes  de  l'autel  en  y  répandant  du  sang de  l'hostie  qui  aura  été  offerte  pour  le péché ,  et  cette  expiation  continuera  tou- jours parmi  vous  de  race  en  race.  Ce sera  là  un  culte  très  saint  pour  honorer le  Seigneur.
11.  Le  Seigneur  parla  aussi  à  Moïse et  lui  dit  :
12.  Lorsque  vous  ferez  le  dénombre- ment des  enfants  d'Israël,  chacun  don- nera quelque  chose  au  Seigneur  pour  le prix  de  son  âme,  et  ils  ne  seront  point frappés  de  plaies  lorsque  ce  dénombre- ment aura  été  fait.
13.  Tous  ceux  qui  seront  compris  dans ce  dénombrement  donneront  un  demi- sicle,  selon  la  mesure  du  temple.  Le sicle  a  vingt  oboles.  Le  demi-sicle  sera offert  au  Seigneur.
14.  Celui  qui  entre  dans  ce  dénombre- ment, c'est-à-dire  qui  a  vingt  ans  et  au- dessus,  donnera  ce  prix.
15.  Le  riche  ne  donnera  pas  plus  d'un demi-sicle,  et  le  pauvre  n'en  donnera  pas moins.
16.  Et  ayant  reçu  l'argent  qui  aura
8.  Et  quando  collocabit  eas  ad  ve- sperum,  uret  thymiama  sempiternum coram  Domino  in  generationes  vestras.
9.  Non  offeretis  super  eo  thymiama compositionis  alterius,  nec  oblationem, et  victimam,  nec  libabitis  libamina.
10.  Et  deprecabitur  Aaron  super  cor- nua  ejus  semel  per  annum,  in  sanguine quod  oblatum  est  pro  peccato  ;  et  pla- cabit  super  eo  in  generationibus  vestris. Sanctum  sanctorum  erit  Domino.
11.  Locutusque  est  Dominus  ad  lÂoy- sen,  dicens  :
12.  Quando  tuleris  summam  filiorum Israël  juxta  numerum,  dabunt  singuli pretium  pro  animabus  suis  Domino  ;  et non  erit  plaga  in  eis,  cum  fuerint  re- censiti.
13.  Hoc  autem  dabit  omnis  qui  transit ad  nomen,  dimidium  sioli  juxta  men- suram  templi,  Siclus  viginti  obolos  ha- bet.  Media  pars  sicli  offeretur  Domino.
14.  Qui  habetur  in  numéro,  a  viginti annis  et  supra,  dabit  pretium.
15.  Dives  non  addet  ad  médium  sicli, et  pauper  nihil  minuet.
?  6.  Susceptamque  pecuniam,  quae  col-
Ps.  CXL,  2.  Les  moments  sont  déterminés  d'une manière  très  précise  :  quando  componet...  (cf. XXVII,  31),  quando  collocaMt...  —  Non  avfe- retis...  Une  quadruple  interdiction  est  ajoutée  à ce  premier  précepte  :  pas  d'autre  parfum  que l'encens  normal  (  compositionis  alterius  ;  cf. vers.  34-35),  pas  de  sacriflce  non  sanglant  (obla- tionem,  hôbr.:  minhah),  pas  de  sacriflce  sanglant (victimam),  pas  de  libation  :  ces  ti'ois  dernières choses  étaient  réservées  h  l'autel  des  holocaustes.
—  2°  Usage  spécial,  une  fois  l'an,  au  jour  de  la fête  de  l'Expiation  :  et  deprecabitur...  Cf.  Lev.  xvi, 14-15.
2°  L'impôt  sacré.  XXX,  11-16.
11-15.  Règles  pour  le  payement  de  cet  impôt.
—  Quando  ttderis  summam...  :  par  le  dénom- brement exact  des  sujets  de  la  théoci'atie.  — Sin- guli pretium...  Hébr.:  chacun  la  rançon  de  sa  vie. L'exi)lication  vient  ensuite  :  et  non  erit  plaga... (mieux  :  «  ut  non  sit  »)  ;  en  s'acquittant  avec fidélité  de  cette  dette  sainte ,  on  se  rendra  Jého- vah  propice ,  car  ce  sera  lui  rappeler  que  l'on  fait
partie  de  son  peuple  (cum  fuerint  recensiti).  — La  somme  à  payer  était  modique  :  dimidium sicli,  c.-à-d.  environ  1  fr.  42.  Personne  ne  pou- vait être  gêné  par  cet  impôt.  Les  mots  juxta mensuram  templi  (hébr.  :  d'après  le  gicle  du sanctuaire)  semblent  désigner  un  sicle  étalon  que l'on  conservait  dans  le  sanctuaire,  pour  prévenir, dans  la  monnaie  publique,  une  fluctuation  qui serait  devenue  facilement  désastreuse.  C'est  pour le  même  motif  que  l'écrivain  sacré  ajoute,  afin  de mieux  préciser  :  siclus  (  le  sicle  du  sanctuaire  ) viginti  cbolos...  Dans  le  texte  :  vingt  gérak, monnaie  divisionnaire  valant  0  fr.  14.  —  Pour être  astreint  h  l'impôt  sacré,  il  fallait  avoir  été inscrit  in  numéro  (  cf.  vers.  12  ) ,  et  être  âgé  de vingt  ans,  comme  pour  la  milice  (Num.  i,  3). — Dives  non  addet...,  pauper...  Égalité  absolue  pour le  paj'ement,  car  tout  Israélite  avait  des  relations Identiques  avec  le  Dieu -roi;  peu  importait  la situation  extérieure.
16.  L'emploi  de  cet  impôt  devait  être  in  usus tabernaculi ,  comme  11  convenait  dans  une  théo-
290
Ex.  XXX,  17-25.
lata  est  a  filiis  Israël ,  trades  in  usus  ta- bernaciili  testimonii,  ut  sit  monumentum eorum  coram  Domino,  et  propitietur  ani- mabus  eorum.
17.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moy- sen,  dicens  :
18.  Faciès  et  labrum  œneum  cum  basi sua  ad  lavandum  ;  ponesque  illud  iiiter tabernaculum  testimonii  et  altare.  Et missa  aqua,
19.  Lavabunt  in  ea  Aaron  et  filii  ejus manus  suas  ac  pedes,
20.  Quando  ingressuri  sunt  taberna- culum testimonii,  et  quando  accessuri sunt  ad  altare,  ut  offerant  in  eo  thy- miama  Domino,
21.  Ne  forte  moriantur.  Legitimum sempiternum  erit  ipsi,  et  semini  ejus per  successiones.
22.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moy- sen,
23.  Dicens  :  Sume  tibi  aromata,  primse myrrhse  et  electse  quingentos  siclos,  et einnamomi  médium,  id  est,  ducentos quinquaginta  siclos ,  calami  similiter  du- centos quinquaginta  ;
24.  Casiae  autem  quingentos  siclos,  in pondère  sanctuarii,  olei  de  olivetis  men- suram  hin  ;
25.  Faciesque  unctionis  oleum  san- ctum,  unguentum  compositum  opère  un- guentarii ,
été  donné  par  les  enfants  d'Israël,  vous l'emploierez  pour  les  usages  du  taber- nacle du  témoignage,  afin  que  cette oblation  porte  le  Seigneur  cà  se  souvenir d'eux,  et  qu'elle  serve  ù,  l'expiation  de leurs  âmes.
17.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse et  lui  dit  :
18.  Vous  ferez  aussi  un  bassin  d'airain élevé  sur  une  base  pour  qu'on  s'y  lave, et  vous  le  mettrez  entre  le  tabernacle  du témoignage  et  Fautel.  Et  après  que  vous y  aurez  mis  de  l'eau,
19.  Aaron  et  sei  fils  en  laveront  leurs mains  et  leurs  pieds
20.  Lorsqu'ils  devront  entrer  au  taber- nacle du  témoignage,  ou  quand  ils  de- vront approcher  de  l'autel  pour  y  offrir des  parfums  au  Seigneur,
21.  De  peur  qu'autrement  ils  ne  soient punis  de  mort.  Cette  ordonnance  subsis- tera éternellement  pour  Aaron  et  pour tous  ceux  de  sa  race  qui  lui  doivent  suc- céder.
22.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse
23.  Et  lui  dit  :  Prenez  des  aromates, le  poids  de  cinq  cents  sicles  de  la  pre- mière et  de  la  plus  excellente  myrrhe  ; la  moitié  moins  de  cinnamome,  c'est- à-dire  le  poids  de  deux  cent  cinquante sicles,  et  de  même  deux  cent  cinquante sicles  de  la  canne  aromatique^
24.  Cinq  cents  sicles  de  cannelle  au poids  du  sanctuaire,  et  un  hin  d'huile d'olive.
25.  Vous  ferez  de  toutes  ces  .choses une  huile  sainte  pour  servir  aux  onctions, un  parfum  composé  selon  l'art  du  parfu- meur.
cratie.  Cf.  xsxviii,  24-25.  —  Ut  sit  monumen- tum... Encore  un  mémorial,  pour  rappeler  en quelque  sorte  à  Dieu  l'existence  de  son  peuple choisi.
30  Le  lavoir  d'aii-ain.  XXX,  17-21.
17-18.  Sa  description,  et  la  place  qu'il  occu- pait dans  le  lieu  saint.  —  Labrum.  Le  mot  hébreu désigne  un  bassin  profond,  en  forme  de  coupe, soutenu  sur  un  pied  {cum  basi).  —  Ad  lavan- dum: pour  les  ablutions  des  prêtres,  pour  laver certaines  parties  des  victimes,  etc.  Cf.  xxix,  27; Lev.  1,  9.  —  Intel'  tabernaculum...  et  altare  : par  conséquent,  dans  la  cour  extérieure ,  et  à  peu de  distance  de  l'autel,  pour  la  commodité  du service.  Voy.  VAtl.  archéol.,  pi.  xcvi,  flg.  1.
19-21.  Quelques  détails  sur  l'usage  de  ce  bassin. —  Lavabunt...  manus...  ac  pedes:  leurs  mains, en  vue  des  actions  saintes  qu'elles  devaient  ac- complir; leurs  pieds,  pour  fouler  (lignenient  le  sol snr.j.^  —  l^e  forte  moriaiur.  Cf.  xxvur,  35, 43.  Au
service  d'un  Dieu  si  grand  et  si  saint,  toute  né- gligence est  grave,  et  mérite  le  dernier  supplice.
40  L'huile  d'onction.  XXX. ,  22-33.
22  -  25.  Sa  composition.  —  Sume  aromata {b'iiâmim)  :  les  aromates  sont  très  nombreux  et très  goûtés  en  Orient.  —  Quatre  espèces  sont  dé- signées pour  former  l'huile  sainte.  1°  Myrrhce... electœ  quingentos  siclos  (c-k-d.  cinq  cents  fois 14  gr.  200,  ou  7  kilog.  100).  L'hébreu  parle  de «  la  myrrhe  (môr)  de  liberté  »,  désignant  ainsi celle  qui  coule  spontanément,  la  mcillcui-e  de toutes;  on  obtient  la  myrrhe  infériexure  par  des incisions  faites  au  Balsamodendron  myrrha , l'arbre  qui  produit  cette  résine  odorante.  Voyez VAtl.  d'hist.  nat.,  pi.  xxxii,  flg.  7. — 2«  Cinnamomi médium  (seulement  3  kilog.  550).  Le  kinnamôm est  récorce  intérieure,  agréablement  parfumée, du  Laurus  cinnamomuyn ,  qui  ne  croît  qu'en d'assez  rares  contrées  de  l'extrême  Orient  (la Chine,  la  Cochiuchiuc,  Sumatra,  etc.).  Voy.  VAtl.
Ex.  XXX,  26-35.
291
26.  Vous  en  oindrez  le  tabernacle  du témoignage  et  l'arche  du  testament,
27.  La  table  avec  ses  vases,  le  chan- delier et  tout  ce  qui  sert  à  son  usage, l'autel  des  parfums
28.  Et  celui  des  holocaustes,  et  tout ce  qui  est  nécessaire  pour  le  service  et  le culte  qui  s'y  doit  rendre.
29.  Vous  sanctilicrez  toutes  ces  choses, et  elles  deviendront  saintes  et  sacrébs. Celui  qui  y  touchera  sera  sanctifié.
30.  Vous  en  oindrez  Aaron  et  ses  fils et  vous  les  sanctifierez,  afin  qu'ils exercent  les  fonctions  de  mon  sacerdoce.
31.  Vous  direz  aussi  aux  enfants  d'Is- raël :  Cette  huile  qui  doit  servir  aux onctions  me  sera  consacrée  parmi  vous et  parmi  les  enfants  qui  naîtront  de  vous.
32.  On  n'en  oindra  point  la  chair  de l'homme  et  vous  n'en  ferez  point  d'autre de  même  composition,  parce  qu'elle  est sanctifiée  et  que  vous  la  considérerez comme  sainte.
33.  Quiconque  en  composera  de  sem- blable et  en  donnera  à  un  étranger  sera exterminé  du  milieu  de  son  peuple,
34.  Le  Seigneur  dit  encore  à  Moïse  : Prenez  des  aromates,  du  stacté,  de  l'onyx, du  galbanum  odoriférant  et  de  l'encens le  plus  luisant,  et  que  le  tout  soit  de même  poids.
35.  Vous  ferez  un  parfum  composé  de toutes  ces  choses  selon  l'art  du  parfu- meur, qui,  étant  mêlé  avec  soin,  sera très  pur  et  très  digne  de  m' être  offert.
26.  Et  unges  ex  eo  tabernaculum  te- stimonii,  et  arcam  testamenti,
27.  Mensamque  cum  vasis  suis,  can- delabruni,  et  utensilia  ejus,  altaria  thy- miamatis
28.  Et  holocausti,  et  universam  supel- lectilem  quœ  ad  cultum  eorum  pertinet.
29.  Sanctificabisque  omnia,  et  erunt sancta  sanctorum;  qui  tetigerit  ea,  san- ctificabitur.
30.  Aaron  et  filios  ejus  unges,  sancti- ficabisque eos,  ut  sacerdotio  fungantur mihi.
31.  Filiis  quoque  Israël  dices  :  Hoc oleum  unctionis  sanctum  erit  mihi  in generationes  vestras.
32.  Caro  hominis  non  ungetur  ex  eo, et  juxta  compositionem  ejus  non  facietis aliud,  quia  sanctificatum  est,  et  san- ctum erit  vobis.
33.  Homo  quicumque  taie  compo- suerit,  et  dederit  ex  eo  aiieno,  extermi- nabitur  de  populo  suo.
34.  Dixitque  Dominus  ad  Moysen  : Sume  tibi  aromata,  stacten  et  onycha, galbanum  boni  odoris,  et  thus  lucidis- simum  ;  sequalis  ponderis  erunt  omnia  ;
35.  Faciesque  thymiama  compositum opère  unguentarii,  mixtum  diligenter,  et purum,  et  sanctificatione  dignissimum.
d'hist.  nat.,  pl.xxiii,  fig.  5.  —  3°  Calami...  (hébr.  : kaneh)  :1e  calame,  ou  roseau  aromatique.  L'Inde en  produit  plusieurs  espèces,  entre  autres  YAn- dropogon  schcenanthus  et  VAcorus  calamus  (Atl. d'hist.  nat.,  pi.  m,  fig.  5  ;  pi.  iv,  fig.  4).  La  quan- tité à  employer  était  la  même  que  pour  le  cin- naniome.  —  4°  Casiœ...  (hébr.  :  Iciddah)  :  écorce intérieure  d'un  autre  arbre  de  l'Orient,  le  Cinna- momiun  casia  {Atl.  d'hist.  nat. ,  pi.  xxiv,  fig.  1)  ; son  parfum  n'est  pas  sans  analogie  avec  celui  du cinnamome,  mais  il  a  plus  d'âcreté.  —  Olei... mensuram  hin  (voyez  la  note  de  xxix,  40). L'huile  d'olive  devait  former  la  base  de  ce  précieux onguent  i  et  amalgamer  les  quatre  substances  qui viennent  d'être  mentionnées.  —  Opère  unguen- tarii :  c.-ù-d.  que  la  composition  devait  être exquise  et  délicate.
26-30,  L'emploi  de  l'huile  sainte,  —  Elle  devait servir  h  l'onction  soit  du  tabernacle  et  de  son mobilier  (vers.  26-29) ,  soit  des  prêtres  (vers.  30), ainsi  qu'il  a  été  dit  plus  haut  (xxix,  7,  21).
31-33,  Sainteté  de  ce  précieux  onguent.  — Filiis...  Israël  dices.  Avertissement  gravxî  et  so- lennel à  communiquer  au  peuple  entier,  —  Hoc oUum...  sancium  mihi.  Dieu  se  réserve  l'usage
exclusif  de  l'huile  d'onction;  il  interdit  absolu- ment, et  à  tout  jamais  {in  generationes...) ,  et sous  les  peines  les  plus  sévères  {exterminabitur...), de  l'emploj'er  d'une  manière  profane  {caro  ho- minis...; les  onctions  ont  toujours  formé  une partie  importante  de  la  toilette  orientale),  ou d'en  imiter  la  composition.
5°  L'encens  sacré,  XXX,  34-38,
34-35,  Quatre  substances  diverses,  artistement mélangées  {opère  unguentarii) y  le  composaie'.it aussi.  1°  Stacten  (hébr.:  nataf;  littéral.:  ce  qui dégoutte),  le  storax  des  droguistes,  gomme  que fournit  le  Styrax  officinalis.  Voyez  YAtl.  d'hist, nat.,  pi.  xxin,  fig.  7.  —  2°  Onycha  (hébr.  : s'hélet,  ici  seulement  dans  la  Bible),  l'opercule de  VUnguis  odoratus ,  ou  ongle  odorant,  coquil- lage qui  abonde  dans  la  mer  Rouge.  {Atl.  d'hist. nat.,  pi.  LUI,  fig,  1).  —  30  Galbanum  (hébr.  : helb'nah),  gomme  au  parfum  assez  âci'e,  quoique agréable,  produite  par  le  bubon  galvanifcre  {Atl. d'hist.  nat.,  pi.  xxv,  fig,  7),  —  4«  Thus  (hébr.  : rbônah),  la  célèbre  résine  du  Bosivellia  serrato, ou  du  Boswellia  thurifera,  arbres  cultivés  dans les  Indes  {Atlas  d'hist.  nat.,  pi.  xxxin,  fig.  4; pi,  XXXIV,  fig.  4;  pi.  XXXV,  fig,  6).  —  Jilixtuvi
292
Ex.  XXX,  36  —  XXXI,  8.
36.  Cumque  in  tenuissimum  pulverem imiversa  contudeiis ,  pones  ex  eo  coram tabcrnaculo  testimonii,  in  quo  loco  ap- parebo  tibi.  Sanctum  sanctorum  erit  vo- bis  thymiama.
37.  Talem  compositionem  non  facietis in  usus  vestros,  quia  sanctum  est  Do- mino.
38.  Homo  quicumque  fecerit  simile, ut  odore  illius  perfruatur,  peribit  de  po- pulis  suis.
36.  Et  lorsque  vous  les  aurez  réduites toutes  en  une  poudre  très  fine,  vous  en mettrez  devant  le  tabernacle  du  témoi- gnage, au  lieu  où  je  vous  apparaîtrai. Ce  parfum  vous  deviendra  saint  et  sacré.
37.  Vous  n'en  composerez  point  de semblable  pour  votre  usage,  parce  qu'il est  consacré  au  Seigneur.
38.  L'homme,  quel  qu'il  soit,  qui  en fera  de  pareil  pour  en  sentir  l'odeur,  pé- rira du  milieu  de  son  peuple.
CHAPITRE  XXXI
1.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moysen, dicens  :
2.  Ecce,  vocavi  ex  nomine  Beseleel filium  Uri  filii  Hur  de  tribu  Juda,
3.  Et  implevi  eum  spiritu  Dei,  sa- pientia,  et  intelligentia,  et  scientia  in omni  opère,
4.  Ad  excogitandum  quidquid  fabre- fieri  potest  ex  auro ,  et  argento ,  et  œre ,
5.  Marmore,  et  gemmis,  et  diversitate lignorum.
6.  Dedique  ei  socium  Ooliab  filium Achisamech  de  tribu  Dan  ;  et  in  corde omnis  eruditi  posui  sapientiam,  ut  fa- ciant  cuncta  quas  prsecepi  tibi  :
7.  Tabernaculum  fœderis,  et  arcam testimonii,  et  propitiatorium  quod  super eam  est,  et  cuncta  vasa  tabernaculi,
8.  Mensamque  et  vasa  ejus,  candela- brum  purissimum  cum  vasis  suis,  et  al- taria  thymiamatis
1.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse, et  lui  dit  :
2.  J'ai  appelé  nommément  Béséléel, fils  d'Uri,  qui  était  fils  de  Hur,  de  la tribu  de  Juda.
3.  Et  je  l'ai  rempli  de  l'esprit  de  Dieu, je  l'ai  rempli  de  sagesse,  d'intelligence et  de  science  pour  toutes  sortes  d'ou- vrages,
4.  Pour  inventer  tout  ce  que  l'art  peut faire  avec  l'or,  l'argent,  l'airain,
5.  Le  marbre,  les  pierres  précieuses  et tous  les  bois  divers.
6.  Je  lui  ai  donné  pour  auxiliaire Ooliab,  fils  d' Achisamech ,  de  la  tribu de  Dan,  et  j'ai  répandu  la  sagesse  dans le  cœur  de  tous  les  artisans  habiles,  afin qu'ils  fassent  tout  ce  que  je  vous  ai  or- donné de  faire  :
7.  Le  tabernacle  de  l'alliance,  l'arche du  témoignage,  le  propitiatoire  qui  est au-dessus,  et  tout  ce  qui  doit  servir  dans le  tabernacle;
8.  La  table  avec  ses  vases,  le  chande- lier d'or  très  pur  avec  tout  ce  qui  sert  à son  usage,  l'autel  des  parfums
cliligenter.  Le  Talmud  et  plusieurs  hébraïsants contemporains  traduisent  l'expi-ession  correspon- dante du  texte,  m'mullah,  par  «  salé  »,  d'où  il suivrait  qu'un  peu  de  sel  serait  entré  dans  la composition  de  l'encens.  Cette  opinion  n'est  pas invraisemblable.
36-38.  L'emploi  et  la  sainteté  de  cet  encens. —  Coram  tahernaculo  :  sur  l'autel  des  parfums, d'après  la  description  donnée  antérieurement.  Cf. vers.  6-8. —  Talem  compositionem...  Instruction semblable  à  celle  qui  concernait  l'huile  d'onction, vers.  32-33.
60  Dieu  désigne  les  principaux  artistes  qui  de- vaient construire  le  tabernacle.  XXXI,  1-11.
Chap.  XXXI.  —  1-6.  Béséléel  et  Ooliab.  — Après  avoir  décrit  tout  le  travail  à  exécuter,  le Seigneur  désigne  directement  ceux  qu'il  a  choisis
(vocavi  ex  nomine)  et  comblés  de  dons  surna- turels (implevi...  spiritu  Dei)  en  vue  de  cette entreprise  non  moins  délicate  que  sacrée.  —  Sa- pieritia,  intelligentia ,  scientia.  Nuances  assez difficiles  à  préciser;  peut-être  :  le  jugement,  le discernement,  les  connaissances  pratiques.  —  Mar- more et  gemmis.  Hébr.  :  pour  graver  les  pierres à  enchâsseï-.  Cf.  xxviii,  11-12,  17-21.  —  Diver- sitate lignorum.  Dans  l'hébr.  :  pour  travailler  le bois.  —  Beseleel  fou  ITsaCel)  devait  avoir  la  di- rection générale  des  travaux;  Ooliab  (ou' OhoWah) lui  fut  associé  comme  second  ;  leur  équipe  d'ou- vriers est  désignée  par  les  mots  in  corde  omnis eruditi.  Cf.  xxviii,  3,  et  le  commentaire.
7-11»  Énumération  des  objets  à  exécuter.  — C'est  en  abrégé,  mais  dans  un  autre  ordre,  la liste  de  tout  ce  qui  a  été  décrit  dans  les  chap.
Ex.  XXXI,  9-18.
293
9.  Et  l'autel  des  holocaustes  avec  tous leurs  vases ,  et  le  bassin  avec  sa  base  ;
10.  Les  vêtements  saints  destinés  au ministère  du  grand  prêtre  Aaron  et  de ses  fils,  afin  qu'ils  soient  revêtus  d'orne- ments sacrés  en  exerçant  les  fonctions de  leur  sacerdoce  ;
11.  L'huile  d'onction  et  le  parfum  aro- matique qui  doit  servir  au  sanctuaire.  Ils exécuteront  tout  ce  que  je  vous  ai  com- mandé de  faire.
12.  Le  Seigneur  parla  encore  ù,  Moïse et  lui  dit  :
13.  Parlez  aux  enfants  d'Israël  et dites -leur  :  Ayez  grand  soin  d'observer mon  sabbat,  parce  que  c'est  la  marque que  j'ai  établie  entre  moi  et  vous,  et  qui doit  passer  après  vous  à  vos  enfants, afin  que  vous  sachiez  que  c'est  moi  qui suis  le  Seigneur  qui  vous  sanctifie.
14.  Observez  mon  sabbat,  parce  qu'il vous  doit  être  saint.  Celui  qui  l'aura violé  sera  puni  de  mort.  Si  quelqu'un travaille  ce  jour -là,  il  périra  du  milieu de  son  peuple.
15.  Vous  travaillerez  pendant  six jours  ;  mais  le  septième  jour  est  le  sab- bat et  le  repos  consacré  au  Seigneur. Quiconque  travaillera  ce  jour -là  sera puni  de  mort.
16.  Que  les  enfants  d'Israël  observent le  sabbat  et  qu'ils  le  célèbrent  d'âge  en âge.  C'est  un  pacte  éternel
17.  Entre  moi  et  les  enfants  d'Israël et  une  marque  qui  durera  toujours  ;  car le  Seigneur  a  fait  en  six  jours  le  ciel  et la  terre,  et  il  a  cessé  d'agir  au  septième.
18.  Le  Seigneur,  ayant  achevé  de  par- ler en  ces  termes  sur  la  montagne  du Sinaï,  donna  à  Moïse  les  deux  tables  du témoignage,  qui  étaient  de  pierre  et écrites  du  doigt  de  Dieu.
9.  Et  holocausti,  et  omnia  vasa  eo- rum,  labrum  cum  basi  sua,
10.  Vestes  sanctas  in  ministerio  Aaron sacerdoti  et  filiis  ejus,  ut  fungantur  of- ficio  suo  in  sacris  ;
11.  Oleum  unctionis,  et  thymiama aromatum  in  sanctuario  :  omnia  quse prsecepi  tibi,  facient.
12.  Et  locutus  est  Dominus  ad  Moy- sen,  dicens  :
13.  Loquere  filiis  Israël,  et  dices  ad eos  :  Videte  ut  sabbatum  meum  custo- diatis,  quia  signum  est  inter  me  et  vos in  generationibus  vestris  ;  ut  sciatis  quia ego  Dominus,  qui  sanctifico  vos.
14.  Custodite  sabbatum  meum,  san- ctum  est  enim  vobis.  Qui  poUuerit  illud, morte  morietur.  Qui  fecerit  in  eo  opus, peribit  anima  illius  de  medio  populi  sui.
15.  Sex  diebus  facietis  opus  ;  in  die septimo  sabbatum  est,  requies  sancta Domino  ;  omnis  qui  fecerit  opus  in  hac die,  morietur.
16.  Custodiant  filii  Israël  sabbatum, et  célèbrent  illud  in  generationibus  suis. Pactum  est  sempiternum
17.  Inter  me  et  filios  Israël,  signum- que  perpetuum;  sex  enim  diebus  fecit Dominus  cœlum  et  terram,  et  in  sep- timo ab  opère  cessavit.
18.  Deditque  Dominus  Moysi,  com- pletis  hujuscemodi  sermonibus  in  monte Sinai,  duas  tabulas  testimonii  lapideas, scriptas  digito  Dei.
XXV - XXX  :  vers.  7-9,  le  tabernacle  et  son  mo- bilier; vers.  10,  les  ornements  sacerdotaux  (ve- stes... in  ministerio  ;  hébr.  :  les  vêtements  d'of- fice) ;  vers.  11,  l'huile  d'onction ,  l'encens.
7»  Réitération  de  la  loi  du  sabbat.  XXXJ, 12-18.
Ce  pi'écepte,  qui  formait  une  des  conditions les  plus  importantes  de  l'alliance  théocratique , n'est  pas  répété  sans  un  motif  spécial  :  Dieu craignait  qu'on  ne  crût  pouvoir  le  violer  impu- nément pour  exécuter  les  travaux  sacrés  qu'il venait  de  prescrire.  Ce  passage  est  très  solennel.
13  - 15.  Le  repos  du  sabbat  et  sa  sanction  ter- rible. —  Sig7ium  inter  me...  Cf.  Ex.  xx,  8 ,  et l'explication.  Ce  fut  vraiment  durant  toute  l'his- toire juive,  et  c'est  encore  pour  les  Israélites actuels,  un  signe  caractéristique  qui  distingue leur  l'eligion  de  toutes  les  autres.  —  Morte  mo-
rietur. Nous  lirons  plus  loin,  Num.  xv,  35,  la première  application  de  cette  pénalité.  Les  mots peribit  anima  ejus...  ne  sont  pas  synonymes  de mourir;  ils  doivent  s'entendre  au  moral,  et  ils signifient  que  le  coupable  se  sera  mis  en  dehors de  l'alliance,  et  en  quelque  sorte  excommunié  : c'est  pour  cela  même  qu'on  lui  fera  subir  le  der- nier supplice.
16-17.  Motif  principal  de  l'institution  du  sabbat: imiter  le  divin  repos.  —  Cessavit.  Hébr.  :  11  res- pira. Anthropomorphisme  hardi.
18.  Dieu  congédie  Moïse  en  lui  donnant  les tables  de  la  loi.  —  Deditque...  :  conformément  à sa  promesse,  xxiv,  22.  —  Scriptas  digito  Dei. Ces  deux  tables  contenaient ,  écrits  d'une  ma- nière surnaturelle ,  les  cent  soixante  mots  hé- breux dont  se  compose  le  Décalogue  proprement dit  (xx,  2-17).
294
Ex.  XXXII,  1-5.
CHAPITRE  XXXII
1.  Videns  autera  populus  quod  moram faceret  descendendi  de  monte  Moyses, congregatus  adversus  Aaron ,  dixit  :  Sur- ge,  fac  nobis  deos,  qui  nos  précédant; Sloysi  enim  huic  vire,  qui  nos  eduxit  de terra  ^gypti,  ignoramus  quid  acciderit.
2.  Dixitque  ad  eos  Aaron  :  Tollite  inau- res  aureas  de  uxorum,  filiorumque  et filiarum  vestrarum  auribus,  et  afferte  ad me.
3.  Fecitque  populus  quse  jusserat,  de- ferens  inaures  ad  Aaron.
4.  Quas  cum  ille  accepisset,  formavit opère  fusorio,  et  fecit  ex  eis  vitulum conllatilem  ;  dixeruntque  :  Hi  sunt  dii tiii,  Israël,  qui  te  eduxerunt  de  terra ^gypti.
5.  Quod  cum  vidisset  Aaron,  œdifica- vit  altare  coram   eo,  et  prseconis  voce
1.  Mais  le  peuple,  voyant  que  Moïse différait  longtemps  à  descendre  de  la montagne ,  s'assembla  en  s  élevant  contre Aaron,  et  lui  dit  :  Venez,  faites -nous des  dieux  qui  marchent  devant  nous  ; car  pour  ce  qui  est  de  Moïse,  cet  homme qui  nous  a  tirés  de  l'Egypte,  nous  ne savons  ce  qui  lui  est  arrivé.
2.  Aaron  leur  répondit  :  Otez  les  pen- dants d'oreilles  de  vos  femmes,  de  vos fils  et  de  vos  filles,  et  apportez-les-moi.
3.  Le  peuple  fit  ce  qu' Aaron  lui  avait commandé  et  lui  apporta  les  pendants d'oreilles.
4.  Aaron,  les  ayant  pris,  les  jeta  en fonte,  et  il  en  forma  un  veau.  Alors  les Israélites  dirent  :  Voici  vos  dieux,  ô Israël,  qui  vous  ont  tiré  de  l'Egypte.
5.  Ce  qu'Aaron  ayant  vu,  il  dressa  un autel  devant  le  veau,  et  il  fit  crier  par
Section  V.  —  L'alliance  ,  honteusement  violée
par  les  hébreux,
est  aimablement  reconstituée  par  jéhovah.
XXXII,  1  — XXXIV,  35.
§1.  —  La  violation  de  l'alliance.  XXXII,  1-29.
10  Le  vciui  (l'or.  XXXII,  1-6.
Chap,  XXXII.  —  1.  L'occasion.  —  Videns... %iopulus  quod  moram...  Ce  peuple  impression- nable est  visiblement  désappointé,  rendu  impa- tient par  l'absence  prolongée  de  Moïse.  Il  finit par  supposer  que  son  chef  avait  été  consumé  par le  feu  surnaturel  qui  embrasait  le  sommet  du Sinaï  :  Ignoramus...  —  Adversus  Aaron.  Plutôt  : «  autour  »  d'Aaron,  qui  remplaçait  alors  Moïse à  la  tête  d'Israël.  Cf.  xxiv,  14.  —  Fac  nobis  deos. Il  serait  mieux  de  traduire  'Eloliim  par  le  sin- gulier («  Deum  »),  à  la  façon  ordinaire.  Il  ré- sulte, en  effet,  du  contexte  (voy.  les  vers.  4  et  5) que  les  Hébreux  songeaient  moins  en  ce  mo- ment à  abandonner  Jéliovah,  qu'à  se  procurer son  image  visible,  pour  en  être  accompagnés  dans leurs  marches  (qiLi  nos prcscedant).  Désobéissance étrange,  après  tant  de  merveilles  opérées  ])ar  le Seigneur  en  faveur  de  son  peuple.  Mais  l'idolâtrie égyptienne  avait  laissé  de  si  profondes  traces  dans ces  âmes  d'enfants,  extrêmement  mobiles!  Cf. Lev.  xvii,  7;  Jos.  xxiv,  14;  Ez.  xx,  8;  xxiii, 3,8.  —  Moysl...  huic  vira.  Qualificatif  non  moins éti'ange,  empreint  d'indifférence,  et  môme  d'un certain  mépris.
2-4.  La  fabrication  du  veau  d'or.  —  Dixit... Aaron  :  Tollite...  Counncnt  Aaron  à  son  tour put -il  se  rendre  si  facilement  coupable  d'une  telle
faiblesse?  Il  est  évident  qu'il  céda  à  la  peur,  et à  regret.  De  plus  il  espérait  peut-être,  comme l'ont  pensé  Théodoret  et  saint  Augustin ,  arrêter les  projets  idolâ triques  des  Hébreux  en  leur  de- mandant le  sacrifice  de  leurs  bijoux  (inaures aureas),  parure  chère  aux  Orientaux  de  tous  les temps.  —  Filiorumque.  Dans  les  contrées  bi- bliques, les  hommes  portaient  des  pendants  d'o- reilles aussi  bien  que  les  femmes.  Cf.  Jud.  vin,  26. Voy.  aussi  F  Atlas  archcoL,  pi.  iv,  fig.  2,  etc. — Fecitque  populus...  L'hébreu  ajoute  un  a  o  nis  » significatif.  Quel  enthousiasme  et  quelle  unani- mité pour  le  mal!  —  Formavit  opère  fusorio. De  même  le  syriaque,  l'arabe,  etc.  D'après  les LXX,  Onkélos  et  d'ciutres  :  Il  reçut  (les  bijoux) de  leurs  mains,  les  lia  dans  un  sac,  et  fit  un veau  moulé.  Nous  préférons  la  première  inter- prétation de  ce  texte  un  peu  obscur.  —  Vilxdum. Il  parait  évident  que  cette  image  fut  choisie  à dessein,  en  souvenir  du  bœuf  Apis,  si  célèbre  en Egypte  (voy.  VAtl.  archéol.,  pi.  cxi,  fig.  5,  9, 11), et  qui  représentait  les  forces  de  la  nature  ;  néan- moins, ainsi  qu'il  a  déjà  été  insinué  plus  haut (note  du  vers.  1),  les  Israélites  ne  se  proposaient pas  d'adresser  directement  leurs  hommages  au veau  d'or  :  c'est  Jéhovah  lui-même  qu'ils  itréten- daient  adorer  sous  ce  symbole.  Voilà  i)our(iuoi  ils s'écrient:  Hi...  dii  lui  (plutôt  encore: Ton  Dieu)..., qiii  te  edaxeruvt...  Monstrueux  assemblage,  na- guère proscrit  par  le  Seigneur.  Cf.  xx,  4-5.
5-6.  L'adoration  du  veau  d'or.  —  JEdificavit altare  :  la  première  concession  d'Aaron  en  amena bientôt  u;ie  autre.  Il  tâche  de  tout  sauvegarder quand  même,  en  présentant;  le  culte  de  cette  idole
Ex.  XXXII,  6-12.
295
un  héraut  :  Demain  sera  la  fête  solen- nelle du  Seigneur.
6.  S'étant  levés  de  grand  matin,  ils offrirent  des  holocaustes  et  des  hosties pacifiques.  Tout  le  peuple  s'assit  pour manger  et  pour  boire,  et  ils  se  levèrent ensuite  pour  jouer.
7.  Alors  le  Seigneur  parla  à  Moïse  et lui  dit  :  Allez,  descendez;  car  votre peuple,  que  vous  avez  tiré  de  l'Egypte, a  péché.
8.  Ils  se  sont  bientôt  retirés  de  la  voie que  vous  leur  aviez  montrée  ;  ils  se  sont fait  un  veau  en  fonte,  ils  l'ont  adoré,  et, lui  immolant  des  victimes,  ils  ont  dit  : Ce  sont  là  vos  dieux,  Israël,  qui  vous ont  tiré  de  l'Egypte.
9.  Le  Seigneur  dit  encore  à  Moïse  :  Je vois  que  ce  peuple  a  la  tête  dure.
10.  Laissez -moi  faire,  afin  que  la  fu- reur de  mon  indignation  s'allume  contre eux  et  que  je  les  extermine,  et  je  vous rendrai  le  chef  d'un  grand  peuple.
11.  Mais  Moïse  conjurait  le  Seigneur son  Dieu ,  en  disant  :  Seigneur,  pourquoi votre  fureur  s'allume- 1- elle  contre  votre peuple,  que  vous  avez  fait  sortir  de l'Egypte  avec  une  grande  force  et  une main  puissante  ?
12.  Ne  permettez  pas,  je  vous  prie, que  les  Eg3^ptiens  disent  :  Il  les  a  tirés
clamavit  dicens  :  Cras  solemnitas   Do- mini  est.
6.  Sargentesque  mane,  obtulerunt  ho- locausta,  et  hostias  pacificas;  et  sedit populus  manducare,  et  bibere,  et  sur- rexerunt  ludere.
7.  Locutus  est  autem  Dominus  ad Moysen,  dicens  :  Vade,  descende;  pec- cavit  populus  tuus,  quem  eduxisti  de terra  ^gypti.
8.  Recesserunt  cito  de  via,  quam  osten- disti  eis  ;  feceruntque  sibi  vitulum  con- flatilem,  et  adoraverunt;  atque  immo- lantes ei  hostias,  dixerunt  :  Isti  sunt dii  tui,  Israël,  qui  te  eduxerunt  de  terra ^gypti.
9.  Rursumque  ait  Dominus  ad  Moy- sen :  Cerno  quod  populus  iste  durée  cer- vicis  sit,
10.  Dimitte  me,  ut  irascatur  furor meus  contra  eos,  et  deleam  eos  ;  faciam- que  te  in  gentem  magnam.
11.  Moj'ses  autem  orabat  Dominum Deum  suum,  dicens  :  Gur,  Domine, irascitur  furor  tuus  contra  populum tuum,  quem  eduxisti  de  terra  ^gypti, in  fortitudine  magna,  et  in  manu  ro- busta?
12.  Ne,  quseso,  dicant  iEg3^ptii  :  Callide eduxit  eos,  ut  interficeret  in  montibus,  et
comme  la  solemnitas  Domini  (de  Jéhovali).  — Surgentes...  mane.  De  gi-and  matin,  tant  leur impatience  était  vive.  —  Manducare  et  Mbere. Ils  venaient  d'offrir  des  «  victimes  pacifiques  »  ; or  nous  avons  vu  que  des  festins  religieux  étaient associés  à  ces  sortes  de  sacrifices.  Cf.  xviii,  12; XXTY,  5,  11. —  Surrexerunt  (détail  pittoresque; auparavant  ils  étaient  assis)  ludere.  Hébr.  : ce  pour  rire,  »  pour  jouer;  c'est  la  danse,  et d'ordinaire  la  danse  la  plus  inconvenante  (cf. vers.  19,  25),  qui  servait  d'accompagnement  au culte  idclâtrique.
2»  L'indignation  divine,  l'interrention  de  Moïse. XXXII,  7-14.
Moïse  est  admirablement  fidèle  à  son  rôle  de médiateur  :  il  prend  les  intérêts  du  Seigneur,  mais il  n'oublie  pas  ceux  du  peuple  égaré.
7-8.  Jéhovah  révèle  à  Moïse  l'apostasie  d'Is- raël. —  Vade,  descende.  Le  but  de  l'entrevue était  du  reste  atteint.  Cf.  xxx,  18.  —  Populus tuus.  Expression  ironique.  Dieu  répudie  Israël, et  semble  oublier  ce  qu'il  avait  fait  pour  lui (quem  eduxisti,  comme  si  Moïse  eût  opéré  en  son propre  nom  la  déli\Tance  des  Hébreux).  —  lie- cesserunt  cito.  Circonstance  aggravante  :  si  promp- tement ,  alors  qu'ils  étaient  pleins  du  souvenir  des divins  bienfaits.
9  - 10.  Dieu  annonce  ses  prochaines  vengeances.
—  Cerno  quod...  dur  ce  cervicis.  Comme  un  cour- sier qui  raidit  le  cou  contre  les  rênes  ;  pour  si- gnifier :  incorrigible ,  de  qui  l'on  ne  peut  rien espérer.  Reproche  souvent  adressé  à  Israël  (cf. xxxni,  3,  5;  Deut.  rx,  6,  13,  etc.),  et  trop  jus- tifié par  son  histoire.  —  Dimitte  me...  Trait  dé- licat. Dieu  paraît  interdire  à  Moïse  d'intercéder pour  les  coupables  ;  mais,  en  réalité,  c'était  «  de- precandi  ansam  prœbere  »  (S.  Grégoire  le  Grand).
—  Te  in  gentem  magnam.  Après  avoir  anéanti l'Israël  actuel.  Dieu  en  aurait  reconstitué  un autre ,  issu  de  Moïse ,  qui  serait  devenu  ainsi  un second  Abraham.  Offre  glorieuse,  mais  tentation de  la  vertu  du  médiateur.  Il  subira  noblement l'épreuve.
11-14.  Le  Seigneur  est  apaisé  par  la  prière  de Moïse.  —  Orahat.  Littéral.  :  Il  caressait  le  visage de  Jéhovah.  Figure  ti'ès  expi-essive;  la  prière môme  est  du  reste  admirable.  —  D'abord  les  con- sidérants, 11-12»:  Moïse,  revenant  sur  les  paroles de  Jéhovah  (  7  - 10  ) ,  rétablit  la  vérité  des  faits {populum  tuum,  quem  eduxisti),  et  montre  à Dieu  combien  l'exéciition  de  ses  projets  de  ven- geance serait  préjudiciable  à  sa  gloire  (ne...  di- cant ^gyptii...  :  ses  ennemis  seraient  triom- phants!).—  Puis  l'intercession  proprement  dite, 12'' -13  :  Quiescat  ira  tua...  Moïse  rappelle  à Jéhovah  ses   antiques  et  solennelles  promesses
296
Ex.  XXXII,  13-20.
deleret  e  terra.  Quiescat  ira  tua,  et  esto placabilis  super  nequitia  populi  tui.
13.  Kecordare  Abraham,  Isaac,  et  Is- raël, servorum  tuorum,  quibus  jurasti per  temetipsum ,  dicens  :  Multiplicabo semen  vestrum  sicut  stellas  cseli,  .et  uni- versam  terram  hanc,  de  qua  locutus sum,  dabo  semini  vestro,  et  possidebitis eam  semper.
14.  Placatusque  est  Dominus  ne  face- ret  malum  quod  locutus  fuerat  adversus populum  suum.
15.  Et  reversus  est  Moyses  de  monte, portans  duas  tabulas  testimonii  in  manu sua,  scriptas  ex  utraque  parte,
16.  Et  factas  opère  Dei  ;  scriptura  quo- que  Dei  erat  sculpta  in  tabulis.
17.  Audiens  autem  Josue  tumultum populi  vocif erantis ,  dixit  ad  Moysen  : Ululatus  pugnae  auditur  in  castris.
18.  Qui  respondit  :  Non  est  clamor adhortantium  ad  pugnam,  neque  vocife- ratio  compellentium  ad  f  ugam  ;  sed  vo- cem  cantantium  ego  audio.
19.  Cumque  appropinquasset  ad  castra, vidit  vitulum,  et  clioros  ;  iratusque  valde, projecit  de  manu  tabulas,  et  confregit eas  ad  radicem  montis  ;
20.  Arripiensque  vitulum  quem  fece- rant,  combussit,  et  contrivit  usque  ad
d'Egypte  avec  ruse  pour  les  tuer  sur  les montagnes  et  pour  les  exterminer  de  la terre.  Que  votre  colère  s'apaise,  et  laissez- vous  fléchir  pour  pardonner  à  l'iniquité de  votre  peuple.
13.  Souvenez-vous  d'Abraham,  d'Isaac et  d'Israël  vos  serviteurs,  auxquels  vous avez  juré  par  vous-même  en  disant  :  Je multiplierai  votre  race  comme  les  étoiles du  ciel,  et  je  donnerai  à  votre  postérité toute  cette  terre  dont  je  vous  ai  parlé,  et vous  la  posséderez  pour  jamais.
14.  Alors  le  Seigneur  s'apaisa,  et  il  ré- solut de  ne  point  faire  à  son  peuple  le mal  qu'il  lui  voulait  faire.
15.  Moïse  revint  donc  de  dessus  la  mon- tagne, portant  en  sa  main  les  deux tables  du  témoignage  écrites  des  deux côtés,
16.  Qui  étaient  l'ouvrage  du  Seigneur; et  l'écriture  qui  était  gravée  sur  ces tables  était  aussi  de  la  main  de  Dieu.
17.  Or  Josué,  entendant  le  tumulte  et les  cris  du  peuple,  dit  à  Moïse  :  On  en- tend dans  le  camp  comme  les  cris  de personnes  qui  combattent.
18.  Moïse  lui  répondit  :  Ce  n'est  point là  le  cri  de  personnes  qui  s'exhortent  au combat,  ni  les  voix  confuses  d'hommes qui  s'excitent  à  prendre  la  fuite;  mais j'entends  la  voix  de  personnes  qui chantent.
19.  Et  s'étant  approché  du  camp,  il vit  le  veau  et  les  danses.  Alors  il  entra en  une  grande  colère;  il  jeta  les  tables qu'il  tenait  à  la  main  et  les  brisa  au  pied de  la  montagne.
20.  Et  prenant  le  veau  qu'ils  avaient fait,  il  le  mit  dans  le  feu  et  le  réduisit
(recordare...),  auxquelles  il  ne  saurait  être  infi- dèle (jurasti  per  temetipsum).  —  Résultat  de  la prière  :  Placatusque  est...  Toutefois  Moïse  ne connut  qu'un  peu  plus  tard,  au  bas  de  la  mon- tagne, ce  précieux  résultat,  vers.  30-34.
3°  Moïse  brise  les  tables  de  la  loi  et  détruit  le veau  d'or.  XXXII,  15-24,
15-18.  Moïse  et  Josué  redescendent  du  Sinaï. —  In  manu  sua  :  dans  ses  deux  mains ,  d'après Deut.  IX,  15.  —  ScrijHas  ex  utraque  parte  est un  détail  nouveau.  —  Audiens  Josue.  Moïse  ne lui  avait  point  fait  part  de  la  révélation  divine si  douloureuse.  —  Ululatus  pugnce,  semblable  à celui  qu'n  avait  entendu  naguère  dans  sa  lutte avec  les  Amalécites,  xvii,  8  et  ss.  La  Bible  nous apprend,  III  Reg.  xviii,  28;  Act.  xix,  34,  etc., qu'on  associait  parfois  de  violentes  clameurs  aux cérémonies  idolâtriques.  —  Moïse  corrige  les  im- pressions de  Josué  :  non...  clamor  adhortan- tium.. (les  cris  des  vainqueurs  qui  s'excitent  à un  dernier  effort);  neque  vociferatio...  (les  cris
des  vaincus);  sed  vocem  cantantium... L'hébreu indique  des  chœurs  alternant  et  se  répondant.
19-20.  Destruction  des  tables  (19)  et  du  veau d'or  (20).  Récit  rapide,  saisissant,  comme  les  faits. —  Iratus  valde.  Quoique  aA^erti ,  Moïse  éprouve une  vive  indignation  en  contemplant  de  ses  propres yeux  la  triste  conduite  du  peuple  {vitulum  et choros).  —  Confregit...  ad  radicem...:  contre  la paroi  de  rocher  qui  forme  la  base  du  Sinaï.  Les tables  étaient  un  symbole  de  l'alliance  ;  Moïse  les brise  pour  signifier  que  le  contrat  est  désormais rompu.  —  Arripiens  vitulum...  Il  était  naturel qu'il  songeât  aussi  à  faire  disparaître  immédia- tement et  entièrement  l'objet  d'une  si  honteuse défection.  —  ComMissit  :  pour  le  faire  fondre  ; contrivit  :  à  coups  de  marteau,  de  manière  à réduire  en  poussière  la  masse  fondue;  dédit... potum,  en  répandant  cette  poussière  dans  le  ruis- seau qui  coule  au  pied  du  Sinaï.  (Cf.  Deut.  lx,  21 et  ss.)  Actes  symboliques,  qui,  d'une  part,  mon- traient le  néant  de  l'idole  ;  qv;i ,  de  l'autre,  obli-
Ex.  XXXII,  21-29.
297
en  poudre  ;  il  jeta  cette  poudre  dans l'eau  et  il  la  fit  boire  aux  enfants  d'Is- raël.
21.  Moïse  dit  ensuite  à  Aaron  :  Que vous  a  fait  ce  peuple  pour  que  vous  atti- riez sur  lui  un  si  grand  péché?
22.  Il  lui  répondit  :  Que  mon  seigneur ne  s'irrite  point,  car  vous  connaissez  ce peuple,  et  vous  savez  combien  il  est  porté au  mal.
23.  Ils  m'ont  dit  :  Faites -nous  des dieux  qui  marchent  devant  nous  ;  car nous  ne  savons  ce  qui  est  ^arrivé  à  ce Moïse  qui  nous  a  tirés  de  l'Egypte.
24.  Je  leur  ai  dit  :  Qui  d'entre  vous  a de  l'or?  Ils  l'ont  apporté  et  me  l'ont donné  ;  je  l'ai  jeté  dans  le  feu,  et  ce  veau en  est  sorti.
25.  Moïse,  vo3^ant  donc  que  le  peuple était  demeuré  tout  nu  (car  Aaron  l'avait dépouillé  par  cette  abomination  honteuse et  l'avait  mis  tout  nu  au  milieu  de  ses ennemis),
26.  Se  mit  à  la  porte  du  camp  et  dit  : Si  quelqu'un  est  au  Seigneur,  qu'il  se joigne  à  moi.  Et  les  enfants  de  Lévi s'étant  tous  assemblés  autour  de  lui ,
27.  Il  leur  dit  :  Voici  ce  que  dit  le Seigneur,  le  Dieu  d'Israël  :  Que  chaque homme  mette  son  épée  à  son  côté.  Pas- sez et  repassez  au  travers  du  camp  d'une porte  à  l'autre,  et  que  chacun  tue  son frère,  son  ami  et  ses  proches.
28.  Les  enfants  de  Lévi  firent  ce  que Moïse  avait  ordonné,  et  il  y  eut  environ vingt -trois  mille  hommes  de  tués  en  ce jour-là.
29.  Alors  Moïse  leur  dit  :  Vous  avez chacun  consacré  vos  mains  au  Seigneur
pulverem,   quem  sparsit  in  aquam,  et dédit  ex  eo  potum  filiis  Israël.
21.  Dixitque  ad  Aaron  :  Quid  tibi  fecit hic  populus,  ut  induceres  super  eum peccatum  maximum?
22.  Oui  ille  rospondit  :  Ne  indignetur dominus  meus  ;  tu  enim  nosti  populum istum,  quod  pronus  sit  ad  malum.
23.  Dixerunt  mihi  :  Fac  nobis  deos, qui  nos  procédant;  huic  enim  Moysi, qui  nos  eduxit  de  terra  ^gypti,  nescimus quid  acciderit.
24.  Quibus  ego  dixi  :  Quis  vestrum habet  aurum?  Tulerunt,  et  dederunt mihi  ;  et  projeci  illud  in  ignem,  egressus- que  est  hic  vitulus.
25.  Videns  ergo  Moyses  populum  quod esset  nudatus  (spoliaverat  enim  eum Aaron  propter  ignominiam  sordis ,  et  in- ter  hostes  nudum  constituerat),
26.  Et  stans  in  porta  castrorum,  ait  : Si  quis  est  Domini,  jungatur  mihi.  Con- gregatique  sunt  ad  eum  omnes  filii  Levi ,
27.  Quibus  ait  :  Hsec  dicit  Dominus Deus  Israël  :  Ponat  vir  gladium  super fémur  suum.  Ite,  et  redite  de  porta  us- que  ad  portam  per  médium  castrorum, et  occidat  unusquisque  fratrem  et  ami- cum,  et  proximum  suum.
28.  Feceruntque  filii  Levi  juxta  ser- monem  Moysi,  cecideruntque  in  die  illa quasi  viginti  tria  millia  hominum.
29.  Et  ait  Moyses  :  Consecrastis  ma- nus  vestras  hodie  Domino,  unusquisque
geaient  le  peuple  à  s'incorporer  en  quelque  sorte son  péclié,  et  à  en  subir  les  conséquences.  Cf. Mich.  vn,  13-14.
21-24.  Reproches  de  Moïse  à  Aaron.  —  Quid tibi  fecit  (grave  ironie)  ...  ut  induceres...?  En accédant  au  désir  coupable  du  peuple,  au  lieu de  résister  énergiquement,  Aaron  avait  occasionné ce  peccatuvi  maximum.  —  Cui  ille...  Fausses excuses,  qui  reproduisent,  il  est  vrai,  la  réalité  des faits ,  mais  qui  dénotent  une  grande  faiblesse  de caractère.  Remarquez  l'aveu  significatif,  nosti... quod  pronus...,  et  les  mots  de  la  fin  :  egressus est  hic  vitulus;  comme  si  cette  idole  eût  été  le résultat  d'un  hasard  !
4»  Châtiment  des  coupables.  XXXII,  25-29.
25-26.  Les  Lévites  s'empressent  autour  de Moïse.  —  Nudatus  (spoliaverat  enim...).  Nous avons  dit  plus  haut  (note  du  vers.  6)  que  les danses  orientales ,  surtout  quand  elles  sont  asso- ciées au  culte  des  faux  dieux,  dégénèrent  faci- lement en  licence.  Quelques  anciennes  veioions
traduisent  par  «  licencieux  »  le  mot  hébreu  qui correspond  à  «  nudatus  ».  —  Propter  ignomi- niam... et  inter...  Plus  simplement  et  plus  clai- rement en  hébr.  :  (  Aaron  l'avait  )  exposé  à  l'op- probre parmi  ses  ennemis.  —  Moïse  fait  appel  aux vrais  serviteurs  de  Jéhovah  (si  quis...  Domini) pour  châtier  les  coupables.  Il  est  beau  de  voir  les hommes  de  sa  tribu,  les  Lévites,  se  rallier  les premiers  autour  de  lui,  et  préluder  ainsi  à  leur ministère  sacré.
27-29.  Les  principaux  coupables  sont  mis  à mort.  —  Vers.  27.  L'ordre  de  Moïse.  Occidat...  : traiter  sans  pitié,  fussent-ils  de  proches  parents ou  des  amis  intimes ,  tous  ceux  qui  seraient  sur- pris en  flagrant  délit  d'idolâtrie.  —  Vers.  28. L'exécution  de  l'ordre.  Au  lieu  de  viginti  tria millia,  l'hébreu,  le  grec,  le  chaldéen,  l'arabe, etc.,  ont  seulement  «  trois  mille  ».  La  grande masse  du  peuple  dut  demander  grâce  et  reve- nir aussitôt  à  résipiscence.  —  Vers.  29.  Éloge de  Moïse  aux  Lévites  après  cet  acte  courageux.
298
Ex.  XXXII,  30  —  XXXIII,  1.
in  filio  et  in  fratre  suo,  ut  detur  vobis benedictio.
30.  Facto  autem  altero  die,  locutiis est  Moyses  ad  populum  :  Peccastis  pec- catum  maximum  ;  ascendam  ad  Domi- nnm,  si  quo  modo  quivero  eum  depre- cari  pro  scelere  vestro.
31.  Eeversusque  ad  Dominum,  ait  : Obsecro,  peccavit  populus  iste  peccatum maximum  feceruntque  sibi  deos  aureos  ; aut  dimitte  eis  hanc  noxam,
32.  Aiit,  si  non  facis,  dele  me  de  libro tuo  quem  scripsisti.
33.  Cui  respondit  Dominus  :  Qui  pec- caverit  mihi,  delebo  eum  de  libro  meo  ;
34.  Tu  autem  vade,  et  duc  populum istum  quo  locutus  sum  tibi.  Angélus meus  prsecedet  te;  ego  autem  in  die ultionis  visitabo  et  hoc  peccatum  eo- rum.
35.  Percussit  ergo  Dominus  populum pro  reatu  vituli ,  quem  fecerat  Aaron.
en  tuant  votre  fils  et  votre  frère,  afin que  la  bénédiction  de  Dieu  vous  soit donnée.
30.  Le  lendemain ,  Moïse  dit  au  peuple: Vous  avez  commis  un  très  grand  péché. Je  monterai  vers  le  Seigneur  pour  voir si  je  pourrai  le  fléchir  en  quelque  manière et  obtenir  le  pardon  de  votre  crime.
31.  Et  étant  retourné  vers  le  Seigneur, il  lui  dit  :  Ce  peuple  a  commis  un  très grand  péché,  et  ils  se  sont  fait  des  dieux d'or;  mais  je  vous  conjure  de  leur  par- donner cette  faute  ;
32.  Ou,  si  vous  ne  le  faites  pas,  effa- cez-moi de  votre  livre  que  vous  avez écrit.
33.  Le  Seigneur  lui  répondit  :  J'effa- cerai de  mon  livre  celui  qui  aura  péché contre  moi.
34.  Mais  pour  vous ,  allez  et  conduisez ce  peuple  au  lieu  que  je  vous  ai  dit.  Mon ange  marchera  devant  vous,  et  au  jour de  la  vengeance  je  visiterai  et  punirai  ce péché  qu'ils  ont  commis.
35.  Le  Seigneur  frappa  donc  le  peuple pour  le  crime  relatif  au  veau  qu'Aaron leur  avait  fait.
CHAPITRE  XXXIII
1.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moyssn, dicens  :  Vade,  ascende  de  loco  isto  tu, et  populus  tuus  quem  eduxisti  de  terra ^g3q>ti,  in  terram  quam  juravi  Abraham, Isaac,  et  Jacob,  dicens  :  Semini  tuo  dabo eam;
1.  Le  Seigneur  parla  ensuite  à  Moïse, et  lui  dit  :  Allez ,  sortez  de  ce  lieu ,  vous et^  votre  peuple  que  vous  avez  tiré  de l'Egypte,  et  allez  en  la  terre  que  j'ai promise  avec  serment  à  Abraham,  à Isaac  et  à  Jacob ,  en  disant  :  Je  donnerai cette  terre  à  votre  race;
Conserrastis...  Hébi'.:  Eemplissez  votre  main  an- jourd'hiii  pour  Jéhovah  ;  c.-à-d.  préparez  de  quoi lui  offrir  un  sacrifice.  Voyez  les  notes  de  xxix, 9  et  24.  Ut  detiir...  'benedictio  :  bénédiction  qu'ils reçurent  lorsque  Dieu  les  prit  à  son  si.i'vice  d'une manière  toute  spéciale,  Num.  m,  6-13.
§  II.  —  Moïse  travaille  au  rétablissement de  l'alliance.  XXXII,  30  —  XXXIII,  23.
1°  Nouvelle  prière  de  Moïse  pour  le  peuple  cou- pable. XXXII,  30-35.
30.  Avertissement  aux  Israélites.  —  Peccastis. Moïse  leur  met  sous  les  yeux  toute  la  gravité  de leur  faute  ;  il  leur  promet  en  même  temps  de  ne point  les  abandonner  (ascendam...),  et  de  plaider leur  cause  auprès  de  Dieu.
31-32.  L'intercession  auprès  de  Jéhovah.  — Magnifique  et  généreux  dilemme  :  aut  dimitte..., aut...  dele...  Plus  tard  saint  Paul  s'offrira  aussi pour  expier  d'une  manière  semblable  les  crimes de  son  peuple.  Rom,  ix,  3.  —  De  libro  viventium.
Figure  empruntée  aux  recensements  humains. Nous  la  retrouverons  assez  souvent.  (Cf.  Is.  rv,  3; Dan.  xir,  1;  Apoc.  m,  5,  etc.)
33-35.  Dieu  s'engage  à  ne  punir  que  les  cou- pables :  peccavit,  delebo...;  mais  il  refuse  d'ac- cepter l'offre  sublime  de  Moïse,  et  il  lui  impose  de remplir  jusqii'au  bout  le  rôle  précédemment  confié: duc  populum...  —  In  die  ultionis...  Au  moment choisi  par  le  Seigneur;  d'où  il  suit  que  l'accom- plissement de  la  menace,  signalé  au  vers.  35,  ne dut  avoir  lieu  que  plus  tard.  On  ne  dit  pas  de quelle  manière.
20  Dieu  menace  de  retirer  sa  grâce  à  Israël. XXXIII,  1-6.
Chap.  XXXIII.—  1-3.  Le  Seigneur  consent  à ne  pas  annuler  ses  antiques  promesses  relatives h  l'installation  des  Hébreux  en  Chanaan ,  mais  11 annonce  qu'il  ne  conduira  pas  personnellement le  peuple  dans  la  Terre  sainte.  C'est  un  dévelop- pement de  XXXII ,  34».  —  Ascende  de  loco  isto  : de  la  station  du  Sinaï,  pour  aller  in  terram  quam
Ex.  XXXIII,  2-8.
299
2.  Et  j'cnveiTai  im  ange  ponr  vous servir  de  précurseur,  afin  que  j'en  chasse les  Chananéens,  les  Amorrhéens,  les Héthéens,  les  Phérézéens,  les  Hévéens et  les  Jébuséens,
3.  Et  que  vous  entriez  dans  im  pays  où coulent  le  lait  et  le  miel.  Car  je  n'y monterai  pas  avec  vous,  de  peur  que  je ne  vous  extermine  pendant  le  chemin, parce  que  vous  êtes  un  peuple  d'une  tête dure.
4.  Le  peuple,  entendant  ces  paroles  si fâcheuses,  se  mit  à  pleurer,  et  nul  d'entre eux  ne  prit  ses  ornements  accoutumés.
5.  Le  Seigneur  dit  à  Moïse  :  Dites  aux enfants  d'Israël  :  Vous  êtes  un  peuple d'une  tête  dure.  Si  je  viens  une  fois  au milieu  de  vous,  je  vous  exterminerai. Quittez  donc  dès  à  présent  tous  vos  or- nements, afin  que  je  sache  de  quelle manière  j'agirai  avec  vous.
6.  Les  enfants  d'Israël  quittèrent  donc Jeur  ornement  au  pied  de  la  montagne d'Horeb.
7.  Moïse  aussi,  prenant  sa  tente,  la dressa  bien  loin  hors  du  camp,  et  l'appela le  tabernacle  de  l'alliance.  Et  tous  ceux du  peuple  qui  avaient  quelque  difficulté sortaient  hors  du  camp  pour  aller  au  ta- bernacle de  l'alliance.
8.  Lorsque  Moïse  sortait  pour  aller  au tabernacle,  tout  le  peuple  se  levait,  et chacun  se  tenait  à  l'entrée  de  sa  tente et  regardait  Moïse  par  derrière,  jusqu'à ce  qu'il  fût  entré  dans  le  tabernacle.
2.  I]t  mittam  prœcursorcm  tui  ange- lum,  ut  ejiciam  Chananœum,  et  Amor- rhseura,  et  Hethseum,  et  Pherezseum,  et Hevaeum,  et  Jebusaeum,
3.  Et  intres  in  terram  fluentem  lacté et  melle;  non  enim  ascendam  tecum, quia  populus  durœ  cervicis  es,  ne  forte disperdam  te  in  via.
4.  Audiensque  populus  sermonem  hune pessimum ,  luxit  ;  et  nullus  ex  more  in- dutus  est  cultu  suo.
5.  Dixitque  Dominus  ad  Moysen  :  Lo- quere  filiis  Israël  :  Populus  duras  cer- vicis es  ;  semel  ascendam  in  medio  tui , et  delebo  te.  Jam  nunc  depone  ornatum tuum,  ut  sciam  quid  faciam  tibi.
6.  Deposuerunt  ergo  filii  Israël  orna- tum suum  a  monte  Horeb.
7.  Moyses  quoque,  tollens  tabernacu- lum,  tetendit  extra  castra  procul,  voca- vitque  nomen  ejus,  Tabernaculum  foe- deris.  Et  omnis  populus,  qui  habebat aliquam  quœstionem,  egrediebatur  ad tabernaculum  fœderis,  extra  castra.
8.  Cumque  egrcderetur  Moyses  ad  ta- bernaculum, surgebat  universa  plebs,  et stabat  unusquisque  in  ostio  papilionis sui,  aspiciebantque  tergum  Moysi,  do- nec  iniîrederetur  tentorium.
proynisi...  —  Populus  tuus  quem  eduxisti.  Voy.  i la  note  de  xxxii,  7. —  Pre€Cursorem...  angelum. Kou  pas  l'ange  de  l'alliance,  car  il  ne  différait pas  du  Seigneur  lui-même  (voy.  le  commentaire de  XXIII,  20-23)  ;  mais  un  ange  ordinaire,  puisque Dieu  établit  ici  une  distinction  entre  cet  ange  et sa  propre  personne  {non...  ascendam  tecum).  — Ne  forte  disperdam...  Même  en  punissant  les Israélites,  Jéhovah  se  montre  miséricordieux  pour eux.  Il  connaît  leur  obstination  dans  le  mal,  et il  craindrait,  s'il  les  accompagnait,  que  de  nou- Tclles  fautes  ne  l'obligeassent  de  les  détruire.
4-6.  Le  deuil  du  peuple.  —  Luxit...  Belle  con- duite d'Israël  pour  expier  son  crime.  Ce  fut  un deuil  national ,  profond ,  manifesté  au  dehors  par des  lamentations  et  par  l'abandon  spontané  des parures  les  plus  chères  aux  Orientaux  {nullus... indntus  est...).  —  Semel  ascendam  et  delebo... D'après  le  contexte  (  vers.  3  ) ,  l'hébreu  semble plutôt  signifier  :  «  Si  j'allais  au  milieu  de  toi,  ne fût-ce  que  pour  un  moment,  je  t'anéantirais.  » C'est  une  hypothèse  que  Dieu  fait,  mais  sans  s'y arrêter.  —  Depone  ornatum...  Jéhovah  exige  que les  Hébreux  persévèrent  d'une  manière  perma- nente dans  la  manifestation  de  repentir  et  de
deuil  qu'ils  avaient  adoptée  d'eux-mêmes  (vers.  4). —  Vt  sciam...  Hébr.  :  et  je  saurai  (par  votre  con- duitt)  qiiid  faciam...  —  Deposuerunt...  a  monte Eoreb.  C.-à-d.  à  partir  de  cet  instant,  jusqu'à  des jours  lomtains  et  plus  heureux.
3°  Moïse  transporte  sa  tente  en  dehors  du camp.  XXXIII,  7-11.
7.  Tollens  tabernaculum.  Non  pas  le  taber- nacle, qui  n'était  pas  encore  construit,  mais  sa propre  tente. —  Extra  castra,  procul.  Moïse  vou- lait montrer,  par  ce  frappant  symbole,  que  l'al- liance était  rompue  entre  Jéhovah  et  Israël.  Il ne  convenait  plus  que  les  communications  de Dieu  avec  Moïse  eussent  lieu  dans  ce  camp  pro- fané. —  Tabernaculum  fœderis.  Mieux  :  de  la rencontre  {mo'ed)  ;  le  Seigneur  et  Moïse  s'y  ren- contraient fréquemment.  —  Et  omnis  populus... C'est  là  que  les  Hébreux  allaient  proposer  à  Moïse leurs  difficultés  et  leurs  querelles.  Cf.  xviii,  13 et  ss.
8  - 10.  Touchante  conduite  du  peuple,  manifes- tant son  désir  de  reconquérir  les  faveurs  de  Jé- hovah. —  Tous  les  traits  sont  pittoresques,  et attestent  en  même  temps  un  grand  esprit  de  foi  ; stabat  unusquisque ,  par   respect  pour  Moïse  ;
300
Ex.  XXXIII,  9-16.
9.  Ingresso  autem  illo  tabernaculum fœderis,  descendebat  columna  nubis,  et stabat  ad  ostium,  loquebaturqiie  cum Moyse ,
10.  Cernentibiis  universis  quod  co- lumna nubis  staret  ad  ostium  taberna- culi.  Stabantque  ipsi,  et  adorabant  per fores  tabernaculorum  suorum.
11.  Loquebatur  autem  Dominus  ad Moysen  facie  ad  faciem,  sicut  solet  loqui Lomo  ad  amicum  suum.  Cumque  ille reverteretur  in  castra,  minister  ejus  Josue iilius  Nun,  puer,  non  recedebat  de  ta- bernaculo.
12.  Dixit  autem  Moyses  ad  Dominum  : Prsecipis  ut  educam  populum  istum,  et non  indicas  mihi  quem  missurus  es  me- cum,  praîsertim  cum  dixeris  :  Novi  te  ex nomine,  et  invenisti  gratiam  coram  me.
13.  Si  ergo  inveni  gratiam  in  con- spectu  tuo,  ostende  mihi  faciem  tuam, ut  sciam  te,  et  inveniam  gratiam  ante oculos  tuos.  Respice  populum  tuum,  gen- tem  hanc.
14.  Dixitque  Dominus  :  Faciès  mea prœcedet  te,  et  requiem  dabo  tibi.
15.  Et  ait  Moyses  :  Si  non  tu  ipse prsecedas,  ne  educas  nos  de  loco  isto.
16.  In  quo  enim  scire  poterimus  ego  et populus  tuus  invenisse  nos  gratiam  in conspeetu  tuo,  nisi  ambulaveris  nobis- cum ,  ut  glorificemur  ab  omnibus  populis qui  habitant  super  terram?
9.  Quand  Moise  était  entré  dans  le tabernacle  de  l'alliance,  la  colonne  de nuée  descendait  et  se  tenait  à  la  porte, et  le  Seigneur  parlait  avec  Moïse.
10.  Tous  les  enfants  d'Israël,  voyant que  la  colonne  de  nuée  se  tenait  à  l'en- trée du  tabernacle,  se  tenaient  eux- mêmes  debout  à  l'entrée  de  leurs  tentes et  y  adoraient  le  Seigneur.
11.  Or  le  Seigneur  parlait  à  Moïse  face à  face,  comme  un  homme  a  coutume de  parler  à  son  ami.  Et  lorsqu'il  retour- nait dans  le  camp,  le  jeune  Josué,  fils de  Nun,  qui  le  servait,  ne  sortait  point du  tabernacle.
12.  Or  Moïse  dit  au  Seigneur  :  Vous me  commandez  d'emmener  ce  peuple ,  et vous  ne  me  dites  pas  qui  vous  devez envoyer  avec  moi,  quoique  vous  m'ayez dit  :  Je  vous  connais  par  votre  nom,  et vous  avez  trouvé  grâce  devant  moi.
13.  Si  j'ai  donc  trouvé  grâce  devant vous,  faites -moi  voir  votre  visage,  afin que  je  vous  connaisse  et  que  je  trouve grâce  devant  vos  yeux.  Regardez  favo- rablement cette  multitude,  qui  est  votre peuple.
14.  Le  Seigneur  lui  dit  :  Je  marcherai en  personne  devant  vous,  et  je  vous  pro- curerai le  repos.
15.  Moïse  lui  dit  :  Si  vous  ne  marchez vous-même  devant  nous,  ne  nous  faites point  sortir  de  ce  lieu.
16.  Car  comment  pourrons-nous  savoir, moi  et  votre  peuple,  que  nous  avons  trouvé grâce  devant  vous,  si  vous  ne  marchez avec  nous ,  afin  que  nous  soyons  en  hon- neur et  en  gloire  parmi  tous  les  peuples qui  habitent  sur  la  terre  ?
aspiciebant,  poui'  voir  ce  qui  allait  se  passer; descendebat  columna...,  comme  cette  colomie  de nuée  représentait  la  divine  présence ,  le  narrateur ajoute  :  loquebatur...  cum  Moyse;  stabant  ipsi,  ... adorabant,  ils  s'étaient  assis  après  le  passage  de Moïse,  ils  se  relèvent  et  se  prosternent  pour  adorer Dieu.
11.  Loquebatur...  facie  ad  faciem  («  de  bouche à  bouche,  »  d'après  Num.  xii,  8),  sicut  solet... Quelle  condescendance  divine,  et  quelle  délica- tesse d'expression  !  Néanmoins  pas  «  face  à  face  » dans  le  sens  strict,  puisque  Moïse  ne  voyait  pas Jéhovah,  vers.  20.  —  Josue...  non  recedebat.  Il était  le  gardien  de  ce  sanctuaire.  Puer  doit  s'en- tendre dans  le  sens  large  de  l'hébr.  na'ar,  qui peut  désigner  un  homme  de  quarante  ans.
4«  Moïse  obtient  de  Dieu  la  promesse  d'ac- compagner les  Hébreux  en  Chanaan.  XXXIII, 12-23.
Admirable  dialogue,  qui  rappelle  la  prièi'e d'Abrah.im   pour   Sodouie,  Gen.  xviii,   16-32.
Avec  une  vraie  familiarité  d'ami ,  Moïse  demande à  Dieu  le  rétablissement  complet  de  l'alliance.
12-14.  Première  partie  du  dialogue.  —  Non indicas...  Moïse  trouve  ambiguës  les  promesses xxxii,  33,  et  xxxui,  2;  il  voudrait  que  Dieu s'expliquât  davantage.  —  Novi...  ex  nomine  : expression  qui  signifie  connaître  à  fond ,  et  qui désigne  des  relations  très  intimes.  Cf.  Is.  xliii,  1; XLix,  1. —  Ostende...  faciem.  Dans  l'hébr.  :«viam tuam,  »  c.-à-d.  tes  intentions. — Populum  tuum...: ce  peuple ,  qui  est  ta  nation.  Bien  des  choses  en peu  de  mots.  —  Le  Seigneur  est  à  demi  gagné  : Fades  mea...,  et  pas  seulement  «  un  ange  y>.  — Requiem...  tibi:  dans  la  Terre  promise,  qui  sera un  lieu  de  repos  pour  tout  Israël.  Cf.  Deut.  m,  20.
15-17.  Deuxième  partie  du  dialogue.  Moïse  in- siste pour  avoir  une  promesse  encore  plus  pré- cise que  les  mots  «  Faciès  mea  prascedet  te  ». — ^e  educas  :  il  renonce  à  cette  terre  enviée,  si  ce n'est  pas  Jéhovah  personnellement  qui  les  y  con- duit. —  Ut  glorificemur...  Ilébr.  :  pour  que  noua
Ex.  XXXIII,  17  —  XXXIV,  2.
301
17.  Le  Seigneur  dit  ù,  Moïse  :  Je  ferai tout  ce  que  vous  venez  de  me  demander, car  vous  avez  trouvé  grâce  devant  moi , et  je  vous  connais  par  votre  nom.
18.  Moïse  lui  dit  :  Faites -moi  voir votre  gloire.
19.  Le  Seigneur  lui  répondit  :  Je  vous ferai  voir  toute  sorte  de  biens,  et  je  pro- noncerai devant  vous  le  nom  du  Seigneur. Je  ferai  miséricorde  à  qui  je  voudrai, et  j'userai  de  clémence  envers  qui  il  me plaira.
20.  Dieu  dit  encore  :  Vous  ne  pourrez voir  mon  visage,  car  nul  homme  ne  me verra  sans  mourir.
21.  Il  ajouta  :  Il  y  a  un  endroit  auprès de  moi,  où  vous  vous  tiendrez  sur  la pierre  ;
22.  Et  lorsque  ma  gloire  passera,  je vous  mettrai  dans  l'ouverture  de  la  pierre, et  je  vous  couvrirai  de  ma  main  jusqu'à ce  que  je  sois  passé.
23.  J'ôterai  ensuite  ma  main,  et  vous me  verrez  par  derrière  ;  mais  vous  ne pourrez  voir  mon  visage.
17.  Dixit  autem  Dominus  ad  Moj'^sen  : Et  verbum  istud,  quod  locutas  es,  fa- ciam  ;  invenisti  enim  gratiam  coram  me, et  teipsum  novi  ex  nomine.
18.  Qui  ait  :  Ostende  mihi  gloriam tuam.
19.  Respondit  :  Ego  ostendam  omne bonum  tibi,  et  vocabo  in  nomine  Do- mini  coram  te  ;  et  miserebor  cui  vo- luero,  et  clemens  ero  in  quem  mihi placuerit.
20.  Rursumque  ait  :  Non  poteris  vi- dere  f  aciem  meam  ;  non  enim  videbit  me homo,  et  vivet.
21.  Et  iterum  :  Ecce,  inquit,  est  locus apud  me ,  et  stabis  supra  petram  ;
22.  Cumque  transibit  gloria  mea,  po- nam  te  in  foramine  petrse,  et  protegam dextera  mea,  donec  transeam;
23.  Tollamque  manum  meam,  et  vide- bis  posteriora  mea  ;  faciem  autem  meam videre  non  poteris.
CHAPITRE  XXXIV
1.  Le  Seigneur  dit  ensuite  :  Faites- vous  deux  tables  de  pierre  qui  soient comme  les  premières,  et  j'y  écrirai  les paroles  qui  étaient  sur  les  tables  que vous  avez  brisées.
2.  Soyez  prêt  dès  le  matin  pour  monter aussitôt  sur  la  montagne  du  Sinaï,  et vous  demeurerez  avec  moi  sur  le  haut  de la  montagne.
1.  Ac  deinceps  :  Praecide,  ait,  tibi duas  tabulas  lapideas  instar  priorum,  et scribam  super  eas  verba  quae  habuerunt tabulée  quas  fregisti.
2.  Esto  paratus  mane,  ut  ascendas statim  in  montem  Sinai,  stabisque  me- cum  super  verticem  montis.
soyons  distingués  d'entre  toutes  les  nations...  La présence  directe  du  Seigneur  au  milieu  d'Israël était,  en  effet,  une  distinction  unique,  caracté- ristique. —  Et  verbum  istud...  faciam.  Plus  d'am- biguïté désormais;  Dieu  concède  tout.  L'alliance est  déjà  rétablie  en  principe.
18-23.  Troisième  partie  de  l'entretien. — Ostende mihi...  Moïse ,  ainsi  victorieux ,  s'enhardit  encore, et  adresse  à  Dieu  une  requête  toute  personnelle. —  Gloriam  tuam.  C.-à-d.  la  personne  même  du Seigneur,  contemplée,  non  plus  derrière  un  nuage, mais  dans  toute  sa  splendeur  et  sa  majesté.  —  Dieu accède  ù,  cette  nouvelle  demande  :  Ostendam  omne tonum.  liébr.  :  Je  ferai  passer  ma  beauté  devant toi.  —  Vocabo  in  nomine  Domini...  Mieux  :  Je prononcerai  le  nom  de  Jéhovah.  Signe  par  lequel Dieu  avertira  Moïse  de  sa  présence,  quand  il  dai- gnera se  manifester  à  lui.  —  Et  miserebor...  Prin- cipe général  rattaché  à  cette  faveur  spéciale  :  les gi-âccs  célestes  sont  des  dons  tout  ù  fait  libres, que  l'homme  ne  saurait  mériter.  Voyez  le  beau
raisonnement  de  saint  Paul  sur  ces  paroles, Rom.  IX,  15.  —  Non  poteris...  Une  restriction pourtant.  Un  œil  mortel  ne  pourrait  contem- pler tout  l'éclat  de  la  majesté  divine  (/aciem meam)  sans  s'exposer  aux  plus  funestes  consé- quences. Cf.  XIX,  21.  —  Et  iterum.  Pauses  éton- nantes ;  cf.  vers.  19  et  20.  On  dirait  que  Dieu réfléchit ,  pour  voir  dans  quelle  mesure  il  pourra exaucer  Moïse,  sans  danger  pour  son  fidèle  servi- teur. Là -dessus,  une  indication  nette  de  la  ma- nière dont  aura  lieu  l'entrevue  désirée  :  Ecce... locus  (sur  le  Sinaï) ...  —  Posteriora...  :  un  rejail- lissement de  la  splendeur  de  Jéhovah.
§  IIL  —  Le  rétablissement  de  l'alliance. XXXIV,  1-35.
1°  Moïse  gravit  de  nouveau  le  Sinaï  avec  d'autres tables.  XXXIV,  1-9.
CiiAP.  XXXIV.—  1-4.  L'ordre  divin  et  son
exécution.  —  Cet  ordre  est  double  :  1°  préparer de  nouvelles  tables  ;  les  premières  avaient  été  de
3.5
:302
Ex.  XXXIV,  3-11.
3.  Nnlliis  ascendat  tecum,  nec  videa- tur  quispiam  per  totum  montem  ;  boves quoqiie  et  oves  non  pascantur  e  contra.
4.  Excidit  ergo  duas  tabulas  lapideas, quales  antea  fuerant;  et  de  nocte  con- surgens  ascendit  in  montem  Sinai,  sicut prœceperat  ei  Dominus,  portans  secum tabulas.
5.  Cumque  descendisset  Dominus  per nubem,  stetit  Moyses  cum  eo,  invocans nomen  Domini.
6.  Quo  transeunte  coram  eo,  ait  :  Do- minator  Domine  Deus,  misericors  et  cle- mens,  patiens  et  multae  miserationis ,  ac verax  ;
7.  Qui  custodis  misericordiam  in  mil- lia,  qui  aufers  iniquitatem,  et  scelera, atque  peccata,  nullusque  apud  te  per  se innocens  est  ;  qui  reddis  iniquitatem  pa- trum  filiis  ac  nepotibus,  in  tertiam  et quartam  progeniem.
8.  Festinusque  Moj^ses,  curvatus  est pronus  in  terrani,  et  adorans,
9.  Ait  :  Si  inveni  gratiam  in  conspectu tuo,  Domine,  obsecro  ut  gradiaris  nobis- cum  (populus  enim  durée  cervicis  est), et  auferas  iniquitates  nostras  atque  pec- cata, nosque  possideas.
10.  Eespondit  Dominus  :  Ego  inibo pactum  videntibus  cunctis  ;  signa  faciam quse  nunquam  visa  sunt  super  terram, nec  in  ullis  gentibus  ;  ut  cernât  populus iste,  in  eu  jus  es  medio,  opus  Domini terribile  quod  facturas  sum.
11.  Observa  cuncta  quse  hodie  mando
3.  Que  personne  ne  monte  avec  vous, et  que  nul  ne  paraisse  sur  toute  la  mon- tagne ;  que  les  bœufs  mêmes  et  les  brebis ne  paissent  point  vis-à-vis.
4.  Moïse  tailla  donc  deux  tables  de pierre,  telles  qu'étaient  les  premières, et,  se  levant  avant  le  jour,  il  monta  sur la  montagne  du  Sinaï,  portant  avec  lui les  tables,  selon  que  le  Seigneur  le  lui avait  ordonné.
0.  Alors  le  Seigneur  étant  descendu  au milieu  de  la  nuée,  Moïse  demeura  avec lui,  et  il  invoqua  le  nom  du  Seigneur.
6.  Et  lorsque  le  Seigneur  passait  de- vant Moïse ,  il  dit  :  Dominateur  souverain, Seigneur  Dieu,  qui  êtes  plein  de  com- passion et  de  clémence,  patient,  riche en  miséricorde  et  véritable  ;
7.  Qui  conservez  votre  miséricorde  jus- qu'à mille  générations,  qui  effacez  l'ini- quité ,  les  crimes  et  les  pécliés  ;  devant lequel  nul  n'est  innocent  par  lui-même, •et  qui  rendez  l'iniquité  des  pères  aux enfants  et  aux  petits  -  enfants  jusqu'à  la troisième  et  la  quatrième  génération.
8.  En  cet  instant,  Moïse  se  prosterna contre  terre,  et,  adorant  Dieu,
9.  Il  ajouta:  Seigneur,  si  j'ai  trouvé grâce  devant  vous,  marchez,  je  vous supplie,  avec  nous,  puisque  ce  peuple  a la  tête  dure  ;  effacez  nos  iniquités  et  nos péchés,  et  possédez-nous  comme  voiî^e  hé- ritage.
10.  Le  Seigneur  lui  répondit  :  Je  ferai alliance  avec  ce  peuple  à  la  vue  de  tout le  monde  ;  je  ferai  des  prodiges  qui  n'ont jamais  été  vus  sur  la  terre  ni  dans  au- cune nation,  afin  que  ce  peuple  au  milieu duquel  vous  êtes  considère  l'œuvre  ter- rible que  doit  faire  le  Seigneur.
11.  Gardez  toutes  les   choses   que  je
toutes  manières  l'œuvre  du  Seigneur  lui-même (xxxn,  16);  2°  que  Moïse  rejoigne  Jéhovah  sur la  montagne.  —  Les  instructions  du  vers.  3  sont analogues  à  celles  de  xix,  12-13;  mais  elles  ont quelque  chose  de  plus  strict.
5-9.  Dieu  manifeste  sa  gloire  h  Moïse.  —  Stetit Moyses...:  dans  la  fissure  d'un  rocher,  comme  il a  été  dit  plus  haut,  xxxiii,  21-22.  —  Invocans nomen.  Hébr.  :  Et  il  (  le  Seigneur  )  prononça  le nom  de  Jéhovah.  C'était  le  signe  promis,  xxxm,  19. —  Quo  transeunte ,  ait...  Ces  paroles  admirables, vers.  G -7,  qui  définissent  si  bien  la  nature  di- vine, furent  encore  prononcées  par  Jéhovah,  non par  Moïse.  L'iiébreu  est  très  clair  sur  ce  point  : (C  Et  Jéhovah  passa  devant  lui  et  s'écria  :  Jého- vah !  Jéhovali  1  Dieu  miséricordieux  et  compatis- sant...,  etc.  »  Accumulation  frappante  de  syno- nymes et  de  répétitions;  association  non  moins
saisissante  de  la  jxistice  de  Dieu  et  de  sa  misé- ricorde. —  Festinus  Moyses...  La  description  est dramatique,  émue.  —  Si  inveni...  Encore  une belle  prière  théocratique  de  Moïse,  De  nouveau il  plaide  en  faveur  d'Israël,  bien  qu'il  soit  déjà assuré  du  pardon.  Le  trait  final  sxirtout  est  ma- gnifique :  nosque  possideas  ;  q\i'Israël  soit  vrai- ment le  peuple  de  la  «  propriété  »  divine.  Cf. XV,  16;  xix,  5.
20  Jéhovah  répète  à  Moïse  les  principales  con- ditions de  l'alliance.  XXXIY,  20-26.
10.  En  tête,  une  promesse  générale.  — Inito pactum  :  l'alliance  {Vrit)  momentanément  rom- pue. —  Videntibus  cunctis...  :  au  grand  jour  ; expression  solennelle.  —  Signa  faciam...  Ces  mi- racles sont  indiqués  sommairement  au  vers.  11. Cf.  Deut.  vn,  1.
11-16.  Los  conditions  négatives  de  l'alliancG  :
Ex.  XXXIV,  12-21.
303
vous  ordonne  anjonrdlmi.  Je  chasserai -moi-même  devant  vous  les  Amorrhôens, les  Chananéens,  le>  ITétliéens.  les  Phé- rézéens,les  Hévcens  et  les  Jébuséens.
12.  Prenez  garde  de  ne  jamais  faire amitié  avec  les  habitants  de  ce  pays,  ce qui  causerait  votre  ruine  ;
13.  Mais  détruisez  tous  leurs  autels, brisez  leurs  statues,  coupez  leurs  bois consacrés  à  leurs  dieux.
14.  N'adorez  point  de  dieu  étranger. Le  Seigneur  s'appelle  le  Dieu  jaloux; Dieu  veut  être  aimé  uniquement.
15.  Ne  faites  point  d'alliance  avec  les habitants  de  ce  pays -là,  de  peur  que lorsqu'ils  se  seront  corrompus  avec  leurs dieux  et  qu'ils  auront  adoré  leurs  statues, quelqu'un  d'entre  eux  ne  vous  invite  à manger  des  viandes  qu'il  leur  aura  im- molées.
16.  Vous  ne  ferez  point  épouser  leurs filles  à  vos  fils ,  de  peur  qu'après  qu'elles se  seront  corrompues  elles-mêmes,  elles ne  portent  vos  fils  à  se  corrompre  aussi comme  elles  avec  leurs  dieux.
17.  Vous  ne  vous  ferez  point  de  dieux jetés  en  fonte.
18.  Vous  observerez  la  fête  solennelle des  pains  sans  levain.  Vous  mangerez, sept  jours  durant,  des  pains  sans  levain, au  mois  des  nouveaux  fi'uits,  comme  je vous  l'ai  ordonné  ;  car  vous  êtes  sorti  de l'Egypte  au  mois  où  commence  le  prin- temps.
19.  Tout  mâle  qui  sort  le  premier  du sein  de  sa  mère  sera  à  moi  ;  les  premiers de  tous  les  animaux ,  tant  des  bœufs  que des  brebis,  seront  à  moi.
20.  Vous  rachèterez  avec  une  brebis le  premier-né  de  l'âne  ;  si  vous  ne  le  ra- chetez point,  vous  le  tuerez.  Vous  rachè- terez le  premier -né  de  vos  fils,  et  vous ne  paraîtrez  point  devant  moi  les  mains "vides.
21.  Vous  travaillerez  pendant  six  jours, et  le  septième  jour  vous  cesserez  de  la- bourer la  terre  et  de  moissonner.
tibi  ;  ego  ipse  ejiciam  ante  fac^'em  tuam Amorrhœum,  et  Chananaîum,  et  He- thœum,  PherezEBum  quoque,  et  Hevseum, et  Jebusœum.
12.  Cave  ne  unquam  cum  habitatoribus terrœ  illius  jungas  amicitias,  quae  sint tibi  in  ruina  m  ;
13.  Sed  aras  eorum  destrue,  confiinge statuas,  lucosque  succide.
14.  Noli  adorare  Deum  alienum.  Do- minus  zelotes  nomen  ejus  ;  Deus  est œmulator.
15.  Ne  ineas  pactum  cum  hominibus illarum  regionum,  ne,  cum  fornicati  fue- rint  cum  diis  suis,  et  adoraverint  simu- lacra  eorum ,  vocet  te  quispiam  ut  come- das  de  immolatis.
16.  Nec  uxorem  de  filiabus  eorum  ac- cipies  filiis  tuis,  ne,  postquam  ipsse  fue- rint  fornicatse,  fornicari  faciant  et  filios tuos  in  deos  suos.
17.  Deos  conflatiles  non  faciès  tibi.
18.  Solemnitatem  azymorum  custo- dies.  Septem  diebus  vesceris  azymis, sicut  prsccepi  tibi,  in  tempore  mensis novorum  ;  mense  enim  verni  temporis egressus  es  de  iEgypto.
19.  Omne  quod  aperit  vulvam  generis masculini,  meum  erit  ;  de  cunctis  ani- mantibus,  tam  de  bobus,  quam  de  ovibus, meum  erit.
20.  Primogenitum  asini  redîmes  ove; sin  autem  nec  pretium  pro  ea  dederis, occidetur.  Primogenitum  filiorum  tuorum redîmes  ;  nec  apparebis  in  conspectu  meo vacuus.
21.  Sex  diebus  operaberis,  die  septimo cessabis  arare  et  metere.
Israël  devra  éviter  tout  rapport  d'intimité  avec les  peuples  païens,  de  crainte  qu'il  ne  se  laisse entraîner  à  l'idolâtrie.  Cf.  xxiii,  24,  32-33.  — 'Statuas  (vers.  13).  Mieux  :  des  stèles;  ici,  des pierres  dressées  en  l'honneur  des  faux  dieux. Lucos;  hébr.  :  'asérim,  probablement  des  statues d'Âstarté.  —  Fornicati...  cum  diis.  Expression figurée  qui  reviendra  souvent  désormais  pour désigner  le  culte  idolâtrique.  Depuis  l'alliance contractée  au  Sinaï,  les  relations  d'Israël  avec Dieu  consistent,  pour  ainsi  dire,  dans  une  union luatrimoniale.  Jéhovali  est  le  céleste  époux ,  Israël
l'épouse  ;  les  Hébreux,  quand  ils  se  livreront  à  l'ido- lâtrie, ressembleront  donc  à  une  épouse  infidèle. 17-26.  Les  conditions  positives  de  l'alliance, ou  règles  qui  concernent  le  culte  divin.  —  Pros- cription de  l'idolâtrie ,  vers.  17.  Cf.  xx,  40.  —  La Pâque,  vers.  18.  Cf.  xxiii,  15  {mensis  novorum, mense  verni  temporis;  hébr,:  au  mois  CCdbib, ou  de  nisan  ).  —  Offrande  des  premiers  -  nés , vers.  19-20.  Cf.  xm,  2,  12.  —  Le  sabbat  vers.  21. Cf.  XX,  9;  xxni,  12  {avare  et  metere;  deux  grands travaux  agricoles  signalés  par  manière  d'exemple). —  Les  fêtes  de  la  Pentecôte  et  des  Tabernacle? ,
304
Ex.  XXXIV,  22-31.
22.  Solemnitatem  hebdomadarum  fa- ciès tibi  in  primitiis  friigum  messis  tiise triticeoB;  et  solemnitatem,  quando  re- deunte  anni  tempore  cuncta  conduntur.
23.  Tribus  temporibus  anni  apparebit omne  masculinum  tuum  in  conspectu omnipotentis  Domini  Dei  Israël.
24.  Cum  enim  tulero  gentes  a  facie tua,  et  dilatavero  termines  tuos,  nullus insidiabitur  terrse  tuas,  ascendente  te, et  apparente  in  conspectu  Domini  Dei tui  ter  in  anno.
25.  Non  immolabis  super  fermento sanguinem  hostise  mese  ;  neque  residebit mane  de  victima  solemnitatis  Phase.
26.  Primitias  frugum  terrse  tuse  oiïe- res  in  domo  Domini  Dei  tui.  Non  coques hœdum  in  lacté  matris  suœ.
27.  Dixitque  Dominus  ad  Moysen  : Scribe  tibi  verba  haec,  quibus  et  tecum et  cum  Israël  pepigi  fœdus.
28.  Fuit  ergo  ibi  cum  Domino  qua- draginta  dies  et  quadraginta  noctes  ;  pa- nem  non  comedit ,  et  aquam  non  bibit  ; et  scripsit  in  tabulis  verba  fœderis  de- cem.
29.  Cumque  descenderet  Moyses  de monte  Sinai,  tenebat  duas  tabulas  testi- monii  ;  et  ignorabat  quod  cornuta  esset faciès  sua  ex  consortio  sermonis  Domini.
30.  Videntes  autem  Aaron  et  filii  Is- raël cornutam  Moysi  faciem,  timuerunt prope  accedere.
31.  Vocatique  ab  eo,  reversi  sunt  tam Aaron  quam  principes  synagogae.  Et postquam  locutus  est  ad  eos,
22.  Vous  célébrerez  la  fête  solennelle des  semaines  en  oiïrant  des  prémices  des fi-uits  de  la  moisson  de  froment,  et  vous ferez  la  fête  de  la  récolte  des  fruits  à  la fin  de  l'année,  lorsqu'on  les  aura  tous recueillis.
23.  Tous  vos  enfants  mâles  se  présen- teront trois  fois  l'année  devant  le  Sei- gneur tout-puissant ,  le  Dieu  d'Israël.
24.  Car  lorsque  j'aurai  chassé  les  na- tions de  devant  votre  face  et  que  j'aurai étendu  les  limites  de  votre  pays,  si  vous montez  et  si  vous  vous  présentez  trois fois  l'année  devant  le  Seigneur  votre Dieu,  nul  ne  formera  des  entreprises secrètes  contre  votre  pays.
25.  Vous  ne  m'offrirez  point  avec  du levain  le  sang  de  la  victime  qui  m'est immolée,  et  il  ne  restera  rien  de  l'hostie de  la  fête  solennelle  de  Pâques  jusqu'au matin.
26.  Vous  offrirez  les  prémices  des fi'uits  de  votre  terre  dans  la  maison  du Seigneur  votre  Dieu.  Vous  ne  ferez  point cuire  le  chevreau  dans  le  lait  de  sa  mère.
27.  Le  Seigneur  dit  encore  à  Moïse  : Ecrivez  pour  vous  ces  paroles,  par  les- quelles j'ai  fait  alliance  avec  vous  et avec  Israël.
28.  Moïse  demeura  donc  quarante jours  et  quarante  nuits  avec  le  Seigneur sur  la  montagne.  Il  ne  mangea  point  de pain  et  il  ne  but  point  d'eau  pendant  ce temps,  et  le  Seigneur  écrivit  sur  les  tables les  dix  paroles  de  l'alliance.
29.  Après  cela,  Moïse  descendit  de  la montagne  du  Sinaï,  portant  les  deux tables  du  témoignage ,  et  il  ne  savait  pas que  de  l'entretien  qu'il  avait  eu  avec  le Seigneur,  il  était  resté  des  rayons  de  lu- mière sur  son  visage.
30.  Mais  Aaron  et  les  enfants  d'Israël, voyant  que  le  visage  de  Moïse  jetait  des rayons,  craignirent  d'approcher  de  lui.
31.  Moïse  appela  donc  Aaron  et  les princes  de  la  synagogue,  qui  revinrent le  trouver.  Et  après  qu'il  leur  eut  parlé,
vers.  22.  Cf.  xxm,  16.  —  Les  trois  pèlerinages annuels  au  sanctuaire,  vers.  23-24.  Cf.  xxiii, 14,  17,  23,  31  iinsidlaMtur  ;  hébr.:  convoitera). —  Une  règle  relative  à  la  Pâque,  vers.  25.  Cf. xxm,  18.  —  Les  prémices,  vers,  26».  —  Une  loi cérémoniale,  vers.  26^.  Cf.  xxm,  19.
3°  Moïse  redescend  de  la  montagne  tout  rayon- nant. XXXIV,  27-35.
27-28.  Dieu  charge  Moïse  de  consigner  par écrit  les  conditions  de  l'alliance  théocratique  ;  11 grave  lui-même  le  Décalogue  sur  les  nouvelles tables.  —  Scribe...  verba  hcec  :  le  contenu  des  vers.
10-26.  —  Scripsit  in  tabulis:  Jéhovah  en  per- sonne ,  d'après  le  vers.  1.
29-32.  Moïse  revient  au  camp  Israélite  le  visage resplendissant.  —  Cornuta...  fades.  Cette  expres- sion a  donné  lieu  aux  représentations  artistiques qui  dotent  Moïse  de  deux  cornes,  tandis  qu'il s'agit  de  rayons  lumineux  qui  s'échappaient  de son  visage.  C'était  un  reflet  permanent  de  la  gloire divine  ;  le  Seigneur  le  lui  laissa  miraculeusement pour  confirmer  son  autorité.  —  Videntes...  timuC' runt:  de  la  crainte  qu'inspire  toujours  le  sur- naturel. —  Vocati  ab  eo.  Moïse  les  rassure,  et
Ex.  XXXIV,  32  —  XXXV,  6.
305
32.  Tous  les  enfants  d'Israël  vinrent aussi  vers  lui ,  et  il  leur  prescrivit  toutes les  choses  qu'il  avait  entendues  du  Sei- gneur sur  la  montagne  du  Sinaï.
33.  Quand  il  eut  achevé  de  leur  parler, il  mit  un  voile  sur  son  visage.
34.  Lorsqu'il  entrait  dans  le  tabernacle et  qu'il  parlait  avec  le  Seigneur,  il  ôtait ce  voile  jusqu'à  ce  qu'il  en  sortît,  et  il rapportait  ensuite  aux  enfants  d'Israël toutes  les  choses  que  Dieu  lui  avait  com- mandé de  leur  dire.
35.  Lorsque  Moïse  sortait  du  taher- nacle,  les  Israélites  voyaient  que  son visage  jetait  des  rayons  ;  mais  il  le  voi- lait de  nouveau  toutes  les  fois  qu'il  leur parlait.
32.  Venerunt  ad  eum  etiam  omnes  filii Israël  ;  quibus  prsecepit  cuncta  quse  au- dierat  a  Domino  in  monte  Sinai.
33.  Impletisque  sermonibus,  posuit  ve- lamen  super  faciem  suam,
34.  Quod  ingressus  ad  Dominum,  et loquens  cum  eo,  auferebat  donec  exiret, et  tune  loquebatur  ad  filios  Israël  omnia quae  sibi  f  uerant  imperata.
35.  Qui  videbant  faciem  egredientis Moysi  esse  cornutam  ;  sed  operiebat  ille rursus  faciem  suam,  si  quando  loqueba- tur ad  eos.
CHAPITRE  XXXV
1.  Moïse,  aj^ant  donc  assemblé  tous  les enfants  d'Israël,  leur  dit  :  Voici  les choses  que  le  Seigneur  a  commandé  que l'on  fasse.
2.  Vous  travaillerez  pendant  six  jours, et  le  septième  jour  vous  serez  saints,  car il  est  le  sabbat  et  le  repos  du  Seigneur. Celui  qui  fera  quelque  travail  en  ce  jour- là  sera  puni  de  mort.
3.  Vous  n'allumerez  point  de  feu  dans toutes  vos  maisons  au  jour  du  sabbat.
4.  Moïse  dit  encore  à  toute  l'assemblée des  enfants  d'Israël  :  Voici  ce  que  le Seigneur  a  ordonné.  Il  a  dit  :
5.  Mettez  à  part  chez  vous  les  prémices de  vos  biens  j^90wr  les  offrir  au  Seigneur. Vous  les  lui  offrirez  de  bon  coeur  et  avec une  pleine  volonté:  l'or,  l'argent,  l'ai- rain ,
6.  L'hyacinthe,  la  pourpre,  l'écarlate teinte  deux  fois,  le  fin  lin,  les  poils  de chèvres ,
1.  Igitur  congregata  omni  turba  filio- rum  Israël,  dixit  ad  eos  ;  Hsec  sunt  quse jussit  Dominus  fieri.
2.  Sex  diebus  facietis  opus  ;  septimus dies  erit  vobis  sanctus,  sabbatum,  et  re- quies  Domini;  qui  fecerit  opus  in  eo, occidetur.
3.  Non  succendetis  ignem  in  omnibus habitaculis  vestris  per  diem  sabbati.
4.  Et  ait  Moyses  ad  omnem  catervam filiorum  Israël  :  Iste  est  sermo  quem  prse- cepit  Dominus,  dicens  :
5.  Separate  apud  vos  primitias  Do- mino. Omnis  voluntarius  et  prono  animo offerat  eas  Domino  :  aurum  et  argentum, et  ses ,
6.  Hyacinthum  et  purpuram,  coccum- que  bis  tinctum,  et  byssum,  piles  ca- prarum .
tous  peu  à  peu  s'appi'ochent  de  lui  et  reçoivent SCS  communications  faites  au  nom  de  Dieu.
33-35.  Moïse  couvre  son  visage  d'un  voile. — De  cette  mesure  délicate,  prise  par  Moïse  pour ne  pas  incommoder  les  Hébreux  dans  ses  rela- tions journalières,  saint  Paul  a  tiré  une  belle  et profonde  déduction,  II  Cor.  m,  13-16.
Section  VI.  —  Coxstructio.v  du  taberxaclb
ET  DE  SON  MOBILIER,  XXXV,  1  —  XL  ,  36.
La  plupart  des  détails  contenus  dans  cette section  ne  sont  qu'une  répétition  de  ceux  que nous  avons  lus  aux  chap.  x\v-xxxi;  il  suffira de  renvoj'cr  aux  pages  qui  précèdent,  en  insis- tant seulement  sur  les  traits  nouveaux.
§  I.  —  Les  préparatifs.  XXXV,  1  —  XXXVI,  7.
1°  Autre  promulgation  de  la  loi  du  sabbat. XXXV,  1-3.
Chap.  XXXV.  —  1-3.  Il  faudra  respecter  le repos  du  sabbat,  même  pour  ce  travail  sacré. Cf.  XXXI,  13-17. —  Congregata  omni  turta...  : à  cause  do  la  gravité  de  ce  précepte.  —  Non succendetis...  Particularité  qui  n'avait  pas  encore été  mentionnée  en  propres  termes.  Allumer  du feu  supposait  alors  un  travail  assez  considérable.
2°  Moïse  demande  des  offrandes  volontaires pour  le  tabernacle.  XXXV,  4-9.
4-9.  Isie  est  sermo...  Voy.  xxv,  1-7,  et  le  com- mentaire.
306
Ex.  XXXV,  7-22.
7.  Pellesqiie  arietiim  rubricatas,  et ianthinas,  ligna  setim,
8.  Et  oleum  ad  luminaria  concin- nanda,  et  ut  conficiatur  ungueiitum,  et thj'miama  suavissimiim ,
9.  Lapides  onycliinos,  et  gemmas  ad ornatum  superhumeralis  et  ratioiialis.
10.  Quisqiiis  vestrum  sapiens  est,  ve- niat,  et  faciat  qiiod  Dominus  imperavit  :
11.  Tabernaciilum  scilicet,  et  tectum ejus,  atque  operimentum,  annulos,  et  ta- bulata  cum  vectibus,  paxillos  et  bases;
12.  Arcam  et  vectes,  propitiatorium, et  vélum  quod  ante  illud  oppanditur  ;
13.  Mensam  cum  vectibus  et  vasis,  et propositionis  panibus  ;
14.  Candelabrum  ad  luminaria  susten- tanda,  vasa  illius  et  lucernas,  et  oleum ad  nutrimenta  ignium  ;
15.  Altare  thymiamatis,  et  vectes,  et oleum  unctionis  et  thjaniama  ex  aro- matibus  ;  tentorium  ad  ostium  tabcrna- culi  ;
16.  Altare  holocausti,  et  craticulam ejus  seneam  cum  vectibus  et  vasis  suis  ; labrum  et  basim  ejus;
17.  Cortinas  atrii  cum  columnis  et  ba- sibus,  tentorium  in  foribus  vestibuli;
18.  Paxillos  tabernaculi  et  atrii  cum funiculis  suis  ;
19.  Vestimenta,  quorum  usus  est  in ministerio  sanctuarii,  vestes  Aaron  pon- tificis  ac  filiorum  ejus,  ut  sacerdotio  f  un- gant  ur  milii.
20.  Egressaque  omnis  multitude  filio- rum Israël  de  conspectu  Moysi,
21.  Obtulerunt  mente  promptisslma atque  devota  primitias  Domino,  ad  fa- ciendum  opus  tabernaculi  testimonii. Quidquid  ad  cultum  et  ad  vestes  sanctas necessarlum  erat ,
22.  Viri  cum  mulieribus  praebuerunt:
7.  Les  peaux  de  moutons  teintes  en rouge,  des  peaux  violettes,  des  bois  de sétim ,
8.  De  l'huile  pour  entretenir  les  lampes et  pour  composer  des  onctions  et  des  par- fums d'excellente  odeur,
9.  Les  pierres  d'onyx  et  les  pierres  pré- cieuses pour  orner  l'éphod  et  le  rational.
10.  Quiconque  parmi  vous  est  habile  à travailler,  qu'il  vienne  pour  faire  ce  que le  Seigneur  a  commandé  :
11.  Savoir,  le  tabernacle  avec  son  toit et  sa  couverture,  les  anneaux,  les  ais  et les  barres ,  les  pieux  et  les  bases  ;
12.  L'arche  avec  les  bâtons  pour  la porter,  le  propitiatoire  et  le  voile  qui  doit être  suspendu  devant  l'arche  ;
13.  La  table  avec  les  bâtons  pour  la porter,  et  ses  vases,  et  les  pains  qu'on expose  devant  le  Seigneur  ;
14.  Le  chandelier  qui  doit  soutenir  les lampes ,  tout  ce  qui  sert  à  son  usage ,  les lampes  et  l'huile  pour  entretenir  le  feu  ;
15.  L'autel  des  parfums  avec  les  bâtons pour  le  porter,  l'huile  pour  faire  les  onc- tions, le  parfum  composé  d'aromates,  le voile  suspendu  à  l'entrée  du  tabernacle;
16.  L'autel  des  holocaustes,  sa  grille d'airain  avec  ses  bâtons  pour  le  porter,  et tout  ce  qui  sert  ti  son  usage;  le  bassin avec  sa  base  ;
17.  Les  rideaux  du  parvis  avec  leurs colonnes  et  leurs  bases,  et  le  voile  de l'entrée  du  vestibule  ;
18.  Les  pieux  du  tabernacle  et  du  par- vis avec  leurs  cordes  ;
19.  Les  vêtements  qui  doivent  être  em- ployés au  culte  du  sanctuaire  et  les  orne- ments destinés  au  pontife  Aaron  et  à  ses fils ,  afin  qu'ils  exercent  les  fonctions  de mon  sacerdoce.
20.  Après  que  tous  les  enfants  d'Israël furent  partis  de  devant  Moïse,
21.  Ils  offrirent  au  Seigneur,  avec  une volonté  prompte  et  pleine  d'affection ,  les prémices  de  leurs  biens,  ^^om:  tout  ce  qu'il y  avait  à  faire  au  tabernacle  du  témoi- gnage, et  pour  tout  ce  qui  était  nécessaire pour  le  culte  sacré  et  pour  les  ornements sacerdotaux.
22.  Les  hommes  avec  les  femmes  don-
30  Appel  aux  ouvriers  habiles,  XXXV,  10-19.
10-19.  Quisquis  vestrum...  Cf.  xxviir,  3, L'appel  est  universel,  pourvu  qu'on  possède  la condition  requise  (^aapitns).  —  Tabernaciilum... Longue  énumération  des  objets  à  préparer  :  le tabernacle  (vers.  11),  le  mobilier  du  Saint  des saints  (12),  le  mobilier  du  Saint  (13-15),  le  mo-
bilier du  parvis  (16-18),  les  vêtements  sacerdo- taux (19).
40  Description  des  offrandes.  XXXV,  20-29,
20-24.    Offrandes   du    peuple   en   général.  —
Omnis  multitiulo...  Tous  accourent  avec  le  zèle
le  plus  louable.  —  Egressa  est  un  trait  pittoresque.
Ils  quitLorcnt  le  lieu  où  Moïse  les  avait  réunis,
nèrent  leurs  cliaînes,  leurs  pendants d'oreilles ,  leurs  bagues  et  leurs  bracelets  ; tous  les  vases  d'or  furent  mis  à  part  pour être  présentés  au  Seigneur.
23.  Ceux  qui  avaient  de  l'hyacinthe, de  la  pourpre,  de  l'écarlate  teinte  deux fois,  du  fin  lin,  des  poils  de  chèvres,  des peaux  de  moutons  teintes  en  rouge,  des peaux  violettes,
24.  De  l'argent  et  de  l'airain,  les  of- frirent au  Seigneur  avec  des  bois  de sétim  pour  les  employer  à  divers  usages.
25.  Les  femmes  qui  étaient  habiles donnèrent  aussi  ce  qu'elles  avaient  filé d'hyacinthe,  de  pourpre,  d'écarlate,  de fin  lin
26.  Et  de  poils  de  chèvres,  et  donnèrent tout  de  grand  cœur.
27.  Les  princes  offrirent  des  pierres d'onyx  et  des  pierres  précieuses  pour l'éphod  et  le  rational,
28.  Des  aromates  et  de  l'huile  pour  en- tretenir les  lampes,  et  pour  préparer  l'huile d'onction  et  composer  le  parfum  d'excel- lente odeur.
29.  Tous  les  hommes  et  toutes  les femmes  firent  leurs  offrandes  de  bon cœur  pour  faire  les  ouvrages  que  le  Sei- gneur avait  ordonnés  par  Moïse.  Tous  les enfants  d'Israël  firent  ces  offrandes  au Seigneur  avec  une  pleine  volonté.
30.  Alors  Moïse  dit  aux  enfants  d'Is- raël :  Le  Seigneur  a  appelé  Béséléel,  fils d'Uri,  qui  était  fils  de  Hm*,  de  la  tribu de  Juda ;
31.  Et  il  l'a  rempli  de  l'esprit  de  Dieu, de  sagesse,  d'intelligence,  de  science  et d'une  parfaite  connaissance,
32.  Pour  inventer  et  pour  exécuter  tout ce  qui  se  peut  faire  en  or,  en  argent  et en  airain,
33.  Pour  tailler  et  graver  les  pierres et  pour  tous  les  ouvrages  d'art,
34.  Il  lui  a  mis  dans  l'esprit  tout  ce
Ex.  XXXV,  23-34.  307
armillas  et  inaures,  annules  et  dextra- lia  ;  omne  vas  aureum  in  donaria  Domini separatum  est.
23.  Si  quis  habebat  hyacinthum,  et purpuram,  coccumque  bis  tinctum,  bys- sum  et  pilos  caprarum,  pelles  arietum rubricatas,  et  ianthinas,
24.  Argenti  serisque  metalla  obtulerunt Domino,  lignaque  setim  in  varios  usus.
25.  Sed  et  mulieres  doctœ,  (^use  neve- rant,  dederunt  hyacinthum,  purpuram, et  vermiculum,  ac  byssum,
26.  Et  pilos  caprarum,  sponte  propria cuncta  tribuentes.
27.  Principes  vero  obtulerunt  lapides onychinos,  et  gemmas  ad  superhumerale et  rationale,
28.  Aromataque  et  oleum  ad  lumi- naria  concinnanda,  et  ad  prseparandura unguentum,  ac  thymiama  odoris  suavis- simi  componendum.
29.  Omnes  viri  et  mulieres  mente devota  obtulerunt  donaria,  ut  fièrent opéra  quae  jusserat  Dominus  per  manum Moysi.  Cuncti  filii  Israël  voluntaria  Do- mino dedicaverunt.
30.  Dixitque  Moyses  ad  filios  Israël  : Ecce,  vocavit  Dominus  ex  nomine  Be- seleél  filium  Uri  filii  Hur  de  tribu  Juda  ;
3L  Implevitque  eum  spiritu  Dei,  sa- pientia  et  intelligentia ,  et  scientia  et omni  doctrina,
32.  Ad  excogitandum,  et  faciendum opus  in  auro,  et  argento,  et  œre,
33.  Sculpendisque  lapidibus,  et  opère carpentario;  quidquid  fabre  adinveniri potest ,
34.  Dédit  in  corde  ejus  ;  Ooliab  quo-
pour  allei'  cherclicr  dans  leurs  tentes  ce  qu'ils avaient  de  plus  précieux.  —  Armillas...  Hébr.  : des  agrafes,  des  anneaux  pour  le  nez  (cf.  Gen. xxrv,  22,  et  le  commentaire),  des  anneaux  à  ca- chet (G-en.  xxxviii ,  18)  et  des  globules  (proba- blement deci  bracelets  ou  des  colliers  composés  de petites  boules  d'or)..
25-26.  Dons  spéciaux  des  femmes  habiles  à filer.  —  Doctœ.  Hébr.  :  «ï  sages  de  cœur,  »  pour dire  :  intelligentes.  —  Quce  neverant.  Leurs  of- frandes consistèrent  en  fils,  non  en  tissus.  Sur  l'art de  filer  chez  les  Égyptiens,  voy.  VAtl.  archéoL, pi.  XLUX,  fig.  6,  15;  pi.  XLiv,  lig.  2.
27-28.  Offrandes  spéciales  des  chefs  du  peuple. —  Principes  vero...  Plus  riches,  ils  offrent  natu- rellement des  dons  d'un  plus  grand  prix.
29.  Récapitulation  pleine  d'emphase.
5°  Béséléel  et  Ooliab  sont  mis  à  la  tête  des travaux.  XXXV,  30-35.
30-35.  Cf.  XXXI,  1-6.—  Béséléel,  vers.  30-34*; Ooliab,  Z4P;  puis  éloge  simultané  de  l'un  et  de l'autre,  35.  —  Opéra  abietarii;  hébr.  :  du  gra- veur; polymitarii;  hébr.  :  de  celui  qui  compte (les  fils  pour  tisser);  plumarii,  du  brodeur  à l'aiguille.
308  XXXV,  35
que  filinm  Achisamech  de  tribu  Dan;
35.  Ambos  erudivit  sapientia,  ut  fa- ciant  opéra  abietarii,  polymitarii,  ac plumarii,  de  hyacintlio  ac  purpura,  coc- coque  bis  tincto,  et  bysso,  et  texant omnia,  ac  nova  quaeque  reperiant.
XXXVI,  8.
que  l'art  peut  inventer,  et  il  lui  a  associé Ooliab,  fils  d' Achisamech ,  de  la  tribu  de Dan.
35.  Il  les  a  remplis  tous  deux  de  sa- gesse pour  faire  tous  les  ouvrages  qui  se peuvent  faire  en  bois,  en  étoffes  de  dif- férentes couleurs  et  en  broderie,  d'hya- cinthe, de  pourpre,  d'écarlate  teinte  deux fois  et  de  lin  lin ,  afin  qu'ils  travaillent  à tout  ce  qui  se  fait  avec  la  tissure  et  qu'ils fassent  toutes  sortes  d'inventions  nou- velles.
CHAPITRE  XXXVI
1.  Fecit  ergD  Beseleel,  et  Ooliab,  et  | omnis  vir  sapiens,  quibus  dédit  Domi- nus  sapientiam  et  intellectum,  ut  sci- rent  fabre  operari  quae  in  usus  san- ctuarii  necessaria  sunt,  et  quse  praecepit Dominus.
2.  Cumque  vocasset  eos  Moyses,  et omnem  eruditum  virum,  cui  dederat Dominus  sapientiam,  et  qui  sponte  sua obtulerant  se  ad  faciendum  opus,
3.  Tradidit  eis  universa  donaria  filio- rum  Israël.  Qui  cum  instarent  operi, quotidie  mane  vota  populus  ofîerebat.
4.  Unde  artifices  venire  compulsi,
5.  Dixerunt  Moysi  :  Plus  offert  popu- lus quam  necessarium  est.
6.  Jussit  ergo  Moyses  prseconis  voce cantari  :  Nec  vir  nec  mulier  quidquam offerat  ultra  in  opère  sanctuarii.  Sicque cessatum  est  a  muneribus  offerendis,
7.  Eo  quod  oblata  sufficerent  et  super- abundarent.
8.  Feceruntque  omnes  corde  sapientes ad  explendum  opus  tabernaculi,  cortinas
1.  Béséléel  travailla  donc  à  tous  ces ouvrages  avec  Ooliab  et  tous  les  hommes habiles  à  qui  le  Seigneur  avait  donné  la sagesse  et  l'intelligence,  afin  qu'ils  sussent faire  excellemment  ce  qui  était  néces- saire pour  l'usage  du  sanctuaire  et  tout ce  que  le  Seigneur  avait  ordonné.
2.  Or  Moïse  les  ayant  fait  venir  avec tous  les  hommes  habiles  auxquels  le  Sei- gneur avait  donné  la  sagesse  et  ceux  qui s'étaient  offerts  d'eux-mêmes  pour  tra- vailler à  cet  ouvrage,
3.  Il  leur  mit  entre  les  mains  toutes  les offrandes  des  enfants  d'Israël.  Et  comme ils  s'appliquaient  à  avancer  cet  ouvrage, le  peuple  offrait  encore  tous  les  jours  au matin  de  nouveaux  dons.
4.  C'est  pourquoi  les  ouvriers  furent obligés
5.  De  venir  dire  à  Moïse  :  Le  peuple offre  plus  qu'il  n'est  nécessaire.
6.  Moïse  commanda  donc  qu'on  fît cette  déclaration  publiquement  par  la voix  d'un  héraut  :  Que  nul  homme  et nulle  femme  n'offre  plus  rien  à  l'avenir pour  les  ouvrages  du  sanctuaire.  Ainsi  on cessa  d'offrir  des  présents  à  Dieu,
7.  Parce  que  ce  qu'on  avait  déjà  offert suffisait,  et  qu'il  y  en  avait  même  plus qu'il  n'en  fallait.
8.  Tous  ces  hommes  dont  le  cœur  était rempli  de  sagesse  pour  travailler  aux  ou-
60  Moïse  remet  aux  artistes  les  offrandes  du peuple;  le  travail  commence.  XXXVI,  1-7.
CiiAP.  XXXVI.  — 1-3».  Les  ouvi'iers  se  mettent à  l'oeuvre.
S»» -7.  Moïse  fait  cesser  les  offrandes  du  peuple, qui  devenaient  surabondantes.  —  Plus  offert... Bien  beaux  détails.  La  vraie  religion  a  constam-
ment produit  des  merveilles  sous  ce  rapport.
§  II.  —  L'exécution  de  l'œuvre.  XXXVI,  8  — XXXIX,  43.
10  Le  tabernacle.  XXXVI,  8-38, 8-13.  La  couverture  inférieure  du  tabernacle Cf.  XXVI,  1-6,  et  le  commentaire.
Ex.  XXXVI,  9-22.
309
vrages  du  tabernacle,  firent  donc  dix rideaux  de  fin  lin  retors,  d'hyacinthe,  de pourjn-e  et  d'écarlate  teinte  deux  fois,  le tout  en  broderie  et  d'un  ouvrage  excel- lent de  différentes  couleurs.
9.  Chaque  rideau  avait  vingt -huit coudées  de  long  et  quatre  de  large,  et tous  les  rideaux  étaient  d'une  même  me- sure.
10.  Cinq  de  ces  rideaux  tenaient  l'un à  l'autre,  et  les  cinq  autres  étaient  de même  joints  ensemble.
11.  L'un  des  rideaux  avait  des  cordons d'hyacinthe  sur  le  bord  dos  deux  côtés, et  l'autre  rideau  avait  de  même  des  cor- dons au  bord,
12.  Afin  que  les  cordons  se  trouvant vis-à-vis  l'un  de  l'autre,  les  rideaux fussent  joints  ensemble.
13.  C'est  pourquoi  ils  firent  aussi  fondre cinquante  anneaux  d'or  où  se  pussent attacher  les  cordons  des  rideaux,  afin qu'il  ne  s'en  fît  qu'une  seule  tenture.
14.  Ils  firent  aussi  onze  couvertures  de poils  de  chèvres  pour  servir  de  couver- ture et  de  toit  au  tabernacle.
15.  Chacune  de  ces  couvertures  avait trente  coudées  de  long  et  quatre  de  large, et  elles  étaient  toutes  de  même  mesure.
16.  Ils  en  joignirent  cinq  ensemble  et les  six  autres  séparément.
17.  Ils  firent  aussi  cinquante  cordons au  bout  de  l'une  des  couvertures  et  cin- quante au  bord  de  l'autre,  afin  qu'elles fussent  jointes  ensemble.
18.  Ils  firent  encore  cinquante  boucles d'airain  pour  les  tenir  attachées,  afin qu'il  ne  s'en  fît  qu'un  toit  et  qu'une  seule couverture.
19.  Ils  firent  de  plus  une  troisième couverture  du  tabernacle,  de  peaux  de moutons  teintes  en  rouge,  et  par -dessus encore  une  quatrième  de  peaux  teintes en  bleu  céleste.
20.  Ils  firent  aussi  des  ais  de  bois  de sétim  pour  le  tabernacle ,  plantés  debout.
21.  Chacun  de  ces  ais  avait  dix  cou- dées de  long  et  une  coudée  et  demie  de large.
22.  Chaque  ais  avait  un  tenon  et  une mortaise,  afin  qu'ils  entrassent  l'un  dans l'autre.  Tous  les  ais  du  tabernacle  étaient faits  de  cette  sorte.
decem  de  bysso  retorta,  et  hyacintho,  et purpura,  coccoque  bis  tincto,  opère  vario, et  arte  polymita;
9.  Quarum  una  habebat  in  longitudine viginti  octo  cubitos,  et  in  latitudine  qua- tuor; una  mensura  erai  omnium  corti- narum.
10.  Conjunxitque  cortinas  quinque, alteram  alteri ,  et  alias  quinque  sibi  in- vicem  copulavit.
11.  Fecit  et  ansas  hyacinthinas  in  ora cortinœ  unius  ex  utroque  latere,  et  in ora  cortinse  alterius  similiter,
12.  Ut  contra  se  invicem  venirent ansse,  et  mutuo  jungerentur,
13.  Unde  et  quinquaginta  fudit  cir- culos  aureos,  qui  morderent  cortinarum ansas ,  et  fieret  unum  tabernaculum.
14.  Fecit  et  saga  undecim  de  pilis  ca- prarum  ad  operiendum  tectum  taberna- culi.
15.  Unum  sagum  in  longitudine  ha- bebat cubitos  triginta,  et  in  latitudine cubitos  quatuor;  unius  mensurse  erant omnia  saga  ;
16.  Quorum  quinque  junxit  seorsum, et  sex  alia  separatim.
17.  Fecitque  ansas  quinquaginta  in ora  sagi  unius,  et  quinquaginta  in  ora  sagi alterius,  ut  sibi  invicem  jungerentur;
18.  Et  fibulas  asneas  quinquaginta, quibus  necteretur  tectum,  ut  unum  pal- lium  bx  omnibus  sagis  fieret.
19.  Fecit  et  opertorium  tabernaculi  de pellibus  arietum  rubricatis ,  aliudque  de- super  velamentum  de  pellibus  iantkinis.
20.  Fecit  et  tabulas  tabernaculi  de lignis  setim  stantes.
21.  Decem  cubitorum  erat  longitudo tabulas  unius  ;  et  unum  ac  semis  cubitum latitudo  retinebat.
22.  Binœ  incastraturse  erant  per  sin- gulas  tabulas,  ut  altéra  alteri  jungeretur. Sic  fecit  in  omnibus  tabernaculi  tabulis.
14-18.  La  couverture  intermédiaire,  en  étoffe de  poils  de  chèvre.  Cf.  xxvi,  7-13.
19.  Les  deux  couvertures  supérieures,  en  peaux
de  bélier  et  de  dugong.  Cf.  xxvi,  14.
20  -  34.  La  charpente  du  tabernacle  avec  les  ais et  leurs  bases.  Cf.  xxvi,  15-29.
15*
310
Ex.  XXXVI,  23-37.
23.  E  qiiibus  viginti  ad  plagam  meri- dianam  erant  contra  austnim,
24.  Cum  quadraginta  basibus  argen- teis.  Duœ  bases  sub  una  tabula  pone- bantiir  ex  iitraque  parte  angulorum ,  ubi incastraturse  laterum  in  angulis  termi- nant ur.
25.  Ad  plagam  quoque  tabernaculi, quai  respicit  ad  aquilonem,  fecit  viginti tabulas ,
26.  Cum  quadraginta  basibus  argen- teis  ;  duas  bases  per  singulas  tabulas.
27.  Contra  occidentem  vero,  id  est, ad  eam  partem  tabernaculi  quse  mare respicit ,  fecit  sex  tabulas ,
28.  Et  duas  alias  per  singulos  angulos tabernaculi  rétro  ;
29.  Quae  junctae  erant  a  deorsum  us- que  sursum,  et  in  unam  compaginem pariter  ferebantur.  Ita  fecit  ex  utraque parte  per  angulos,
30.  Ut  octo  essent  simul  tabulœ,  et haberent  bases  argenteas  sedecim,  binas scilicet  bases  sub  singulis  tabulis.
31.  Fecit  et  vectes  de  lignis  setim, quinque  ad  continendas  tabulas  unius lateris  tabernaculi,
32.  Et  quinque  alios  ad  alterius  late- ris coaptandas  tabulas;  et  extra  hos, quinque  alios  vectes  ad  occidentalem plagam  tabernaculi  contra  mare.
33.  Fecit  quoque  vectem  alium,  qui per  médias  tabulas  ab  angulo  usque  ad angulum  perveniret.
34.  Ipsa  autem  tabulata  deauravit, fusis  basibus  earum  argenteis.  Et  cir- culos  eorum  fecit  aureos,  per  quos  vectes induci  possent;  quos  et  ipsos  laminis aureis  operuit.
35.  Fecit  et  vélum  de  hyacintho,  et purpura,  vermiculo,  ac  bysso  retorta, opère  polymitario  varium  atque  distin- ctum  ;
36.  Et  quatuor  columnas  de  lignis setim,  quas  cum  capitibus  deauravit, fusis  basibus  earum  argenteis.
37.  Fecit  et  tentorium  in  introitu  ta- bernaculi ex  liyacintlio,  purpura,  vermi- culo, byssoque  retorta,  opère  plumarii  ;
23.  Or  il  y  en  avait  vingt  du  côté  mé- ridional ,  qui  regarde  le  midi,
24.  Avec  quarante  bases  d'argent. Chaque  ais  était  porté  sur  deux  bases  de chaque  côté  des  angles,  à  l'endroit  où l'enchâssure  des  côtés  se  termine  dans les  angles.
25.  Ils  firent  aussi,  pour  le  côté  du tabernacle  qui  regardait  l'aquilon,  vingt ais
26.  Avec  quarante  bases  d'argent,  deux bases  pour  chaque  ais.
27.  Mais  pour  le  côté  du  tabernaclo qui  est  à  l'occident  et  qui  regarde  la mer,  ils  ne  firent  que  six  ais,
28.  Et  deux  autres  qui  étaient  dressés aux  angles  du  fond  du  tabernacle.
29.  Ils  étaient  joints  depuis  le  bas jusqu'au  haut  et  ne  composaient  qu'un corps  tous  ensemble.  Ils  gardèrent  cette disposition  dans  les  angles  des  deux côtés.
30.  Il  y  avait  huit  ais  en  tout ,  qui avaient  seize  bases  d'argent,  deux  bases pour  chaque  ais.
31.  Us  firent  aussi  de  grandes  barres de  bois  de  sétim,  cinq  pour  traverser  et tenir  ensemble  tous  les  ais  d'un  des  côtéâ du  tabernacle,
32.  Cinq  autres  pour  traverser  et  tenir ensemble  les  ais  de  l'autre  côté ,  et  outre celles-là,  cinq  autres  encore  pour  le  côté du  tabernacle  qui  est  à  l'occident  et  qui regarde  la  mer.
33.  Us  firent  aussi  une  autre  barre  qui passait  par  le  milieu  des  ais,  depuis  une extrémité  jusqu'à  l'autre.
34.  Ils  couvrirent  de  lames  d'or  tous ces  ais  soutenus  par  des  bases  d'argent qui  avaient  été  jetés  en  fonte.  Ils  y mirent  de  plus  des  anneaux  d'or,  pour  y faire  entrer  des  barres  de  bois  qu'ils  Cou- vrirent aussi  de  lames  d'or.
35.  Us  firent  un  voile  d'h3'acinthe ,  de pourpre,  d'écarlate,  de  fin  lin  retors,  le tout  en  broderie  et  d'un  ouvrage  admi- rable par  son  excellente  variété.
36.  Us  firent  quatre  colonnes  de  bois de  sétim,  qu'ils  couvrirent  de  lames  d'or avec  leurs  chapiteaux  ;  leurs  bases  étaient d'argent.
37.  Us  firent  encore,  pour  l'entrée  du tabernacle,  le  voile  qui  était  d'hyacinthe, de  pourpre ,  d'écarlate ,  de  fin  lin  retors , le  tout  en  broderie.
ZÔ-.Z&,  Le  yoilc  qui  séparait  les  deux  pai'ties du  tabernacle.  Cf.  Xïvi,  31-32.
37-38.  La  tenture  et  les  colonnes  placées  en avant  du  tabernacle.  Cf.  xxvi,  36-37.
Ex.  XXXVI,  38  —  XXXVII,  13.
311
38.  Ils  firent  aussi  cinq  colonnes  avec leurs  chapiteaux  :  ils  les  couvrirent  d'or, et  leurs  bases  furent  jetées  en  fonte  et faites  d'airain.
38.  Et  columnas  quïnque  cura  capiti- bus  suis,  quas  operuit  auro,  basesque earum  f  udit  seneas.
CHAPITRE  XXXVII
1.  Béséléel  fit  aussi  l'arche  de  bois  de sétim.  Elle  avait  deux  coudées  et  demie de  long,  une  coudée  et  demie  de  large et  une  coudée  et  demie  de  haut  ;  il  la couvrit  d'un  or  très  pur  au  dedans  et  au dehors ,
2.  Et  il  fit  une  couronne  d'or  qui  ré- gnait tout  autour.
3.  Il  fit  jeter  en  fonte  quatre  anneaux d'or  qu'il  mit  aux  quatre  coins  de  l'arche, deux  d'un  côté  et  deux  de  l'autre.
4.  Il  fit  aussi  des  bâtons  de  bois  de sétim,  qu'il  couvrit  d'or,
5.  Et  il  les  fit  entrer  dans  les  anneaux qui  étaient  aux  côtés  de  l'arche,  pour  la porter.
6.  Il  fit  encore  le  propitiatoire,  c'est- à-dire  l'oracle ,  d'un  or  très  pur  ;  il  avait deux  coudées  et  demie  de  long  et  une coudée  et  demie  de  large.
7.  Comme  aussi  deux  chérubins  d'or battu,  qu'il  mit  aux  deux  côtés  du  pro- pitiatoire :
8.  Un  chérubin  à  l'extrémité  d'un  des deux  côtés,  et  l'autre  chérubin  à  l'extré- mité de  l'autre  côté.  Ainsi  chacun  des deux  chérubins  était  à  l'une  des  extré- mités du  propitiatoire.
9.  Us  étendaient  leurs  ailes,  dont  ils couvraient  le  propitiatoire,  et  ils  se  re- gardaient l'un  l'autre,  aussi  bien  que  le propitiatoire.
10.  Il  fit  encore  une  table  de  bois  de sétim  qui  avait  deux  coudées  de  long, une  coudée  de  large  et  une  coudée  et demie  de  haut.
11.  Il  la  couvrit  d'un  or  très  pur,  et  il y  lit  tout  autour  une  bordure  d'or,
12.  Et,  sur  la  bordure,  une  couronne d'or  de  sculpture  à  jour,  haute  de  quatre doigts,  et  il  mil  encore  au-dessus  une autre  couronne  d'or.
13.  Il  fit  fondre  aussi  quatre  anneaux
1.  Fecit  autem  Beseleel  et  arcam  de lignis  setim,  habentem  duos  semis  cu- bitos  in  longitudine,  et  cubitum  ac  se- missem  in  latitudine;  altitudo  quoque unius  cubiti  fuit  et  dimidii  ;  vestivitque eam  auro  purissimo  intus  ac  foris  ;
2.  Et  fecit  illi  coronam  auream  per gyi-um,
3.  Conflans  quatuor  annules  aureos per  quatuor  angulos  ejus  :  duos  annulos in  latere  uno,  et  duos  in  altero.
4.  Vectes  quoque  fecit  de  lignis  setim, quos  vestivit  auro,
5.  Et  quos  misit  in  annulos,  qui  erant in  lateribus  arcae  ad  portandum  eam.
6.  Fecit  et  propitiatorium ,  id  est ,  ora- culum,  de  auro  mundissimo,  duorum cubitorum  et  dimidii  in  longitudine,  et cubiti  ac  semis  in  latitudine.
7.  Duos  etiam  Cherubim  ex  auro  du- ctili ,  quos  posuit  ex  utraque  parte  propi- tiatorii  :
8.  Cherub  unum  in  summitate  unius partis,  et  Cherub  alterum  in  summitate partis  alterius  ;  duos  Cherubim  in  singu- lis  summitatibus  propitiatorii,
9  Extendentes  alas,  et  tegentes  pro- pitiatorium, seque  mutuo  et  illud  respi- cientes.
10.  Fecit  et  mensam  de  lignis  setim in  longitudine  duorum  cubitorum,  et  in latitudine  unius  cubiti,  qu8B  habebat  in altitudine  cubitum  ac  semissem.
11.  Circumdeditque  eam  auro  mundis- simo, et  fecit  illi  labium  aureum  per gyrum ,
12.  Ipsique  labio  coronam  auream interrasiiem  quatuor  digitorum,  et  super eamdem,  alteram  coronam  auream.
13.  Fudit  et  quatuor  circules  aureos,
2°  Le  mobilier  du  tabernacle.  XXXVII,  1  —  I  —  Fecit...  Beseleel...  arcam.  Ooliab  s'occupa  plus XXXVIII,  20.  spécialement  des  étoffes,  d'après  xxxviii,  23.
CfiAP.  XXXVII.  —  1  -  9.  L'arche  d'alliance  avec  10-16.  La  table  des  pains  de  proposition  et  ses
le  propitia(,oire  et  les  chérubins.  Cf.  xxv,  10-22.  j   ustensiles.  Cf.  xxv,  23-30.
312
Ex.  XXXVII,  14-27.
quos  posuit  in  quatuor  angulis  per  sin- gulos  pedes  meiisse
14.  Contra  coronam;  misitque  in  eos vectes ,  ut  possit  mensa  portari.
15.  Ipsos  quoque  vectes  fecit  de  lignis setim,  et  circumdedit  eos  auro.
16.  Et  vasa  ad  di versos  usus  mensse, acetabula,  phialas,  et  sc3^athos,  et  thuri- bula,  ex  auro  puro,  in  quibus  ofîerenda sunt  libamina.
17.  Fecit  et  candelabrum  ductile  de auro  mundissimo.  De  eu  jus  vecte  ca- lami,  scyplii,  spliœrulasque  ac  lilia  pro- cedebant ;
18.  Sex  ia  utroque  latere,  très  calami ex  parte  una ,  et  très  ex  altéra  ;
19.  Très  scyplii  in  nucis  modum  per calamos  singulos,  sphserulseque  simul  et lilia  ;  et  très  scyplii  instar  nucis  in  ca- lamo  altero,  spbserulseque  simul  et  lilia. -^quum  erat  opus  sex  calamorum,  qui procedebant  de  stipite  candelabri.
20.  In  ipso  autem  vecte  erant  quatuor sc}q)ln  in  nucis  modum,  spbserulseque per  singulos  simul  et  lilia  ;
21.  Et  sphserulse  sub  duobus  calamis per  loca  tria,  qui  simul  sex  fiunt  calami précédentes  de  vecte  uno.
22.  Et  sphserulsB  igitur,  et  calami  ex ipso  erant,  universa  ductilia  ex  auro  pu- rissimo.
23.  Fecit  et  lucernas  septem  cum emunctoriis  suis,  et  vasa  ubi  ea  quas emuncta  sunt  extinguantur,  de  auro mundissimo.
24.  Talentum  auri  appendebat  cande- labrum cum  omnibus  vasis  suis.
25.  Fecit  et  altare  tliymiamatis  de  lignis setim,  per  quadrum  singulos  habens  cu- bitos,  et  in  altitudine  duos;  e  cujus  an- gulis procedebant  cornua.
26.  Vestivitque  illud  auro  purissimo, cum  craticula  ac  parietibus  et  cornibus.
27.  Fecitque  ei  coronam  aureolam  per gjTum,  et  duos  annules  aureos  sub  co- rona  per  siugula  latera,  ut  mittantur  in eos  vectes,  et  possit  altare  portari.
d'or,    qu'il  mit  aux  quatre  coins   de   la table,  im  à  chaque  pied,
14.  Au-dessous  de  la  couronne,  et  il  y fit  passer  les  bâtons,  afin  qu'ils  servissent à  porter  la  table.
15.  Les  bâtons  qu'il  fit  étaient  de  bois dje  sétim ,  et  il  les  couvrit  de  lames  d'or.
16.  Pour  les  différents  usages  de  cette table,  il  fit  des  plats  d'un  or  très  pur, des  coupes,  des  encensoirs  et  des  tasses pour  servir  aux  libations.
17.  Il  fit  aussi  le  chandelier  de  l'or  le plus  pur,  battu  au  marteau.  Il  y  avait des  branches,  des  coupes,  des  pommes et  des  lis  qui  sortaient  de  sa  tige.
18.  Six  branches  sortaient  des  deux Cotés  de  sa  tige,  trois  d'un  côté  et  trois de  l'autre.
19.  Il  j  avait  trois  coupes  en  forme  de noix,  avec  des  pommes  et  des  lis  en  l'une des  branches,  et  de  même  trois  coupes en  forme  de  noix,  avec  desi>^ommes  et des  lis  en  l'autre  branche.  Et  toutes  les six  branches  qui  sortaient  de  la  tige étaient  travaillées  de  même.
20.  Mais  la  tige  du  chandelier  avait quatre  coupes  en  forme  de  noix ,  accom- pagnées chacune  de  sa  pomme  et  de  son lis.
21.  Il  y  avait  trois  pommes  en  trois endroits  de  la  tige ,  et  de  chaque  pomme sortaient  deux  branches ,  qui  faisaient  en tout  six  branches  naissant  d'une  même tige.
22.  Ces  pommes  et  ces  branches  sor- taient donc  du  chandelier,  étant  toutes d'un  or  très  pur  battu  au  marteau.
23.  Il  fit  aussi  d'un  or  très  pur  sept lampes  avec  leurs  mouchettes  et  les  vases destinés  pour  y  éteindre  ce  qui  avait  été mouché  des  lampes.
24.  Le  chandelier,  avec  tout  ce  qui servait  à  son  usage ,  pesait  un  talent  d'or.
25.  Il  fit  encore  l'autel  des  parfums  de bois  de  sétim,  qui  avait  une  coudée  en carré  et  deux  coudées  de  haut,  et  d'où sortaient  quatre  cornes  aux  quatre  angles.
26.  Il  le  couvrit  d'un  or  très  pur,  avec sa  grille,  ses  quatre  côtés  et  ses  quatre cornes.
27.  Il  fit  une  couronne  d'or  qui  régnait tout  autour,  et  il  y  avait  des  deux  côtés, au-dessous  de  la  couronne,  deux  anneaux d'or  pour  y  faire  entrer  les  bâtons  qui devaient  servir  à  porter  l'autel.
17-24.  Le  candélabre  et  ses  ustensiles.  Cf.  xxv, 31-39.
25-28.  L'axiteldes  parfums..  Cf.  xsx,  1-10  et le  commentaire..
Ex.  XXXVII,  28  —  XXXVIII,  11.
313
28.  Il  fit  ces  bâtons  de  bois  de  sétim et  les  couvrit  de  lames  d'or.
29.  Il  composa  aussi  l'huile  pour  en faire  les  onctions  de  consécration  et  les parfums  composés  d'aromates  très  exquis, selon  l'ai't  des  plus  habiles  parfumeurs.
28.  Ipsos  autem  vectes  fecit  de  lignis setim ,  et  operuit  laminis  aureis.
29.  Composuit  et  oleum  ad  sanctifica- tionis  unguentum,  et  thymiama  de  aro- matibus  mundissimis,  opère  pigmen- tarii.
CHAPITRE  XXXVIII
1.  Bêsi'.léel  fit  aussi  l'autel  des  holo- caustes de  bois  de  sétim  ;  il  avait  cinq coudées  en  carré  et  trois  de  haut.
2.  Quatre  cornes  s'élevaient  de  ses quatre  coins;  et  il  le  couvrit  de  lames d'airain.
3.  Il  fit  d'airain  divers  objets  pour l'usage  de  cet  autel,  des  chaudières,  des tenailles,  des  pincettes,  dco  crocs  et  des brasiers  ;
4.  Une  grille  d'airain  en  forme  de  rets, et  au-dessous  un  îojqy  au  milieu  de l'autel.
6.  Il  jeta  en  fonte  quatre  anneaux qu'il  mit  aux  quatre  coins  de  cette  grille, pom*  y  passer  des  bâtons  qui  intssent servir  à  porter  l'autel.
6.  Il  fit  aussi  ces  bâtons  de  bois  de sétim  ;  il  les  couvrit  de  lames  d'airain ,
7.  Et  les  fit  passer  dans  les  anneaux qui  sortaient  des  côtés  de  l'autel.  Or l'autel  n'était  pas  solide,  mais  il  était composé  d'ais,  étant  creux  et  vide  au dedans.
8.  Il  fit  encore  un  bassin  d'airain  et  sa base  avec  les  miroirs  des  femmes  qui veillaient  à  la  porte  du  tabernacle.
9.  Il  fit  aussi  le  parvis  ;  au  côté  du midi  il  y  avait  des  rideaux  de  fin  lin retors ,  dans  l'espace  de  cent  coudées.
10.  Il  y  avait  vingt  colonnes  d'airain avec  leurs  bases,  et  les  chapiteaux  de ces  colonnes  avec  tous  leurs  ornements étaient  d'argent.
H.  Du  côté  du  septentrion,  il  y  avait des  rideaux  qui  tenaient  le  même  espace. Les  colonnes  avec  leurs  bases  et  leurs chapiteaux  étaient  de  même  mesure,  de même  métal  et  travaillés  de  même.
1.  Fecit  et  al  tare  holocausti  de  lignis setim,  quinque  cubitorum  per  quadrum, et  trium  in  altitudine  ;
2.  Cujus  cornua  de  angulis  procede- bant,  operuitque  illud  laminis  aaneis.
3.  Et  in  usus  ejus  paravit  ex  gère  vasa di versa,  lebetes,  forcipes,  fuscinulas, uncinos,  et  ignium  receptacula.
4.  Craticulamque  ejus  in  modum  retis fecit  seneam,  et  subter  eam  in  altaris medio  arulam,
5.  Fusis  quatuor  annulis  per  totidem retiaculi  summitates,  ad  immittendos vectes  ad  portandum  ;
6.  Quos  et  ipsos  fecit  de  lignis  setim, et  operuit  laminis  seneis ;
7.  Induxitque  in  circulos,  qui  in  late- ribus  altaris  eminebant.  Ipsum  autem altare  non  erat  solidum,  sed  cavum  ex tabulis,  et  intus  vacuum.
8.  Fecit  et  labrum  œneum  cum  basi sua  de  speculis  mulierum,  quse  excuba- bant  in  ostio  tabernaculi.
9.  Fecit  et  atrium,  in  cujus  australi plaga  erant  tentoria  de  bysso  retorta, cubitorum  centum.
10.  Columnse  senese  viginti  cum  basi- bus  suis,  capita  columnarum,  et  tota operis  cœlatura,  argentea.
11.  ^que  ad  septentrionalem  plagam tentoria,  columnae,  basesque  et  capita columnarum,  ejusdem  mensurae,  et  ope- ris ac  metalli,  erant.
29.  L'huile  d'onction  et  l'encens.  Cf.  xxx, 22-38.
Chap.  XXXVIII.  —  1-7.  L'autel  des  holocaustes et  ses  ustensiles.  Cf.  xxvii,  1-8.
8.  Le  lavoir  d'airain.  Cf.  xxx,  18-21.  —  On ajoute  ici  qu'il  fut  fait  de  speculis  mulierum. Les  biiroirs  étaient  alors  en  métal  poli.,  le  plus souvent  en  bronze.  Sur  leur  forme,  voyez  V Atlas
archéol.,  pi.  ix,  fîg.  10.  Ce  trait  dénote  un  gé- néreux triomphe  remporté  sur  la  vanité  fémi- nine.—  Quce  excubabant...  Hébr.:  qui  se  rassem- blaient ;  évidemment  pour  les  exercices  du  culte, comme  le  «  devotus  femineus  scxus  »  l'a  toujours fait  depuis.
9-20.  Le  parvis.  Cf.  xxvir,  1-8.
314
Ex.  XXXVIII,  12-23.
12.  In  ea  vero  plaga,  qiise  ad  occiden- tem  respicit,  fuemnt  tentoria  cubitorum quinquaginta,  coliiranre  decem  cum  ba- sibus  suis  œnese,  et  capita  columnarum, et  tota  operis  cselatura,  argentea.
13.  PoiTO  contra  orientem,  quinqua- ginta cubitorum  para  vit  tentoria  ;
14.  E  quibus,  quindecim  cubitos  co- lumnarum trium,  cum  basibus  suis, unum  tenebat  latus  ;
15.  Et  in  parte  altéra  (quia  inter  utra- que  introitum  tabernaculi  fecit)  quinde- cim geque  cubitorum  erant  tentoria,  co- lumnœque  très,  et  bases  totidem.
16.  Cuncta  atrii  tentoria  byssus  retorta texuerat.
17.  Bases  columnarum  fuere  seneœ, capita  autem  earum  cum  cunctis  cœla- turis  suis  argentea;  sed  et  ipsas  colum- nas  atrii  vestivit  argento.
18.  Et  in  introitu  ejus  opère  plumario fecit  tentorium  ex  hyacintho,  purpura, vermiculo,  ac  bysso  retorta,  quod  liabe- bat  viginti  cubitos  in  longitudine  ;  alti- tude vero  quinque  cubitorum  erat,  juxta mensuram,  quam  cuncta  atrii  tentoria habebant.
19.  Columnse  autem  in  ingressu  fuere quatuor  cum  basibus  seneis,  capitaque earum  et  cselaturse  argentese.
20.  Paxillos  quoque  tabernaculi  et  atrii per  gyrum  fecit  seneos.
21.  Hœc  sunt  instrumenta  tabernaculi testimonii,  quse  enumerata  sunt  juxta praeceptum  Moysi  in  ceremoniis  Levita- rum  per  manum  Ithamar,  filii  Aaron  sa- cerdotis  ;
22.  Quse  Beseleel  filius  Uri  filii  Hur de  tribu  Juda,  Domino  per  Moysen  ju- bente,  compleverat,
23.  Juncto  sibi  socio  Ooliab  filio  Aclii- samech  de  tribu  Dan  ;  qui  et  ipse  artif  ex lignorum  egregius  fuit,  et  polymitarius atque  plumarius  ex  hyacintho,  purpura, vermiculo  et  bysso.
12.  Mais  au  côté  du  parvis  qui  regar- dait l'occident,  les  rideaux  ne  s'éten- daient que  dans  l'espace  de  cinquante coudées  ;  il  y  avait  seulement  dix  co- lonnes d'airain  avec  leurs  bases,  et  les chapiteaux  des  colonnes  avec  tous  leurs ornements  étaient  d'argent.
13.  Du  coté  de  l'orient,  il  mit  de  même des  rideaux  qui  occupaient  cinquante coudées  de  long,
14.  Dont  il  y  avait  quinze  coudées  d'un côté  avec  trois  colonnes  et  leurs  bases,
15.  Et  quinze  coudées  aussi  de  l'autre côté ,  avec  les  rideaux ,  trois  colonnes  et leurs  bases;  car  au  milieu,  entre  les deux,  il  fit  rentrée  du  tabernacle.
16.  Tous  ces  rideaux  du  parvis  étaient tissus  de  fi.n  lin  retors.
17.  Les  bases  des  colonnes  étaient d'airain  ;  leurs  chapiteaux  avec  tous  leurs ornements  étaient  d'argent,  et  il  couvrit les  colonnes  mêmes  du  parvis  de  lames d'argent.
18.  Il  fit  le  grand  voile  qui  était  à l'entrée  du  parvis,  d'un  ouvrage  de  bro- derie d'hyacinthe,  de  pourpre,  d'écarlate et  de  fin  lin  retors.  Il  avait  vingt  coudées de  long  et  cinq  coudées  de  haut,  selon  la hauteur  de  tous  les  rideaux  du  parvis.
19.  Il  y  avait  quatre  colonnes  à  l'en- trée du  tabernacle,  avec  leurs  bases  d'ai- rain ;  et  leurs  chapiteaux  ainsi  que  leurs ornements  étaient  d'argent.
20.  Il  fit  aussi  des  pieux  d'airain  pour mettre  tout  autour  du  tabernacle  et  du parvis.
21.  Ce  sont  là  toutes  les  parties  qui composaient  le  tabernacle  du  témoignage, que  Moïse  commanda  à  Ithamar,  fils d'Aaron  le  grand --piètie,  de  donner  par compte  aux  Lévites ,  afin  qu'ils  en  fussent chargés.
22.  Béséléel,  fils  d'Uri,  qui  était  fils de  Hur,  de  la  tribu  de  Juda ,  acheva  tout l'ouvrage,  selon  l'ordre  que  le  Seigneur en  avait  donné  par  la  bouche  de  Moïse.
23.  Il  eut  pour  compagnon  Ooliab,  fils d'Achisamech,  de  la  tribu  de  Dan,  qui savait  aussi  travailler  excellemment  en bois,  en  étoffes  tissées  de  fils  de  diffé- rentes couleurs,  et  en  broderie  d'hya- cinthe, de  pourpre,  d'écarlate  et  de  fin lin.
30  La  somme  du  m(?tal  employé  pour  le  taber- nacle et  son  mobilier.  XXXVIII,  21-31.
21-23.  Introduction  et  transition.  —  Ucec...  in-
strumenta. Hébr.:  les  comptes.  Cf.  Num.  xxvi,  63. —  Enumeyata...  in  ceremoniis  Levitarutn.  D'a- près riiébr,  :  calculés ,  d'après  l'ordre  de  Moïse ,
Ex.  XXXVIII,  24-31.
315
24.  Tout  l'or  qui  fut  employé  pour  les ouvrages  du  sanctuaire,  et  qui  fut  offert i\  Dieu  dans  les  dons  volontaires  du peuple,  était  de  vingt-neuf  talents  et  de sept  cent  trente  sicles,  selon  la  mesure du  sanctuaire.
25.  Ces  oblations  furent  faites  par ceux  qui  entrèrent  dans  le  dénombrement, ayant  vingt  ans  et  au-dessus,  et  qui étaient  au  nombre  de  six  cent  trois  mille cinq  cent  cinquante  hommes  portant  les armes.
26.  Il  y  eut  de  plus  cent  talents  d'ar- gent, dont  furent  faites  les  bases  du sanctuaire  et  l'entrée  où  le  voile  était suspendu.
27.  Il  fit  cent  bases  de  cent  talents  ; chaque  base  était  d'un  talent.
28.  Il  employa  mille  sept  cent  soixante- quinze  sicles  d'argent  aux  chapiteaux des  colonnes,  et  il  revêtit  ces  mêmes  co- lonnes de  lames  d'argent.
29.  On  offrit  aussi  soixante-dix  talents d'airain  et  deux  mille  quatre  cents  sicles,
30.  Qui  furent  employés  à  faire  les bases  à  l'entrée  du  tabernacle  du  témoi- gnage, et  l'autel  d'airain  avec  sa  grille, et  tous  les  vases  qui  devaient  servir  à son  usage,
31.  Et  les  bases  du  parvis  qui  étaient tout  autour  et  à  l'entrée,  avec  les  pieux qui  s'employaient  autour  du  tabernacle et  du  parvis.
24.  Omne  aurum  quod  expensum  est in  opère  sanctuarii ,  et  quod  oblatum  est in  donariis,  viginti  novem  talentorum fuit,  et  septingentorum  triginta  siclo- rum,  ad  mensuram  sanctuarii.
25.  Oblatum  est  autem  ab  lus  qui transierunt  ad  numerum,  a  viginti  annis et  supra,  de  sexcentis  tribus  millibus et  quingentis  quinquaginta  armatorum.
26.  Fuerunt  praeterea  centum  talenta argenti,  e  quibus  conflatse  sunt  bases sanctuarii,  et  introitus  ubi  vélum  pendet.
27.  Centum  bases  factae  sunt  de  talen- tis  centum,  singulis  talentis  per  bases singulas  supputatis.
28.  De  mille  autem  septingentis  et septuaginta  quinque,  fecit  capita  colum- narum,  quas  et  ipsas  vestivit  argento.
29.  ^ris  quoque  oblata  sunt  talenta septuaginta  duo  millia,  et  quadringenti supra  sicli,
30.  Ex  quibus  fusse  sunt  bases  in  in- troitu  tabernaculi  testimonii,  et  altare asneum  cura  craticula  saa,  cmniaque vasa  quse  ad  usum  ejus  pertinent,
31.  Et  bases  atrii  tam  in  circnitu quam  in  ingressu  ejus,  et  paxilli  taber- naculi atque  atrii  per  gyrum.
par  les  soins  des  Lévites  sons  la  main  d'Ithamar. C.-à-d.  que  les  Lévites ,  sons  la  direction  du  plus jeune  d'entre  les  flls  d'Aaron,  Ithamar,  suppu- tèrent le  poids  des  métaux  employés  à  la  con- struction du  sanctuaire.  —  Ooliah...  artifex  ligno- rum.  Hébr.  :  graveur.  Yoy.  la  note  de  xxxv,  35. 24-25.  Somme  de  l'or  employé. —  Viginti  no- vem talentorum.  Le  talent  d'or  yalait  131850  fr. Cela  fait  donc  un  total  considérable,  auquel  il faut  ajouter  730  sicles  d'or  (à  43  fr.  50).  —  De sexcentis...  Cf.  Num.  i,  46.  D'après  l'hébreu,  lo vers.  25  se  rapporte  à  l'alinéa  suivant  :  «  L'ar- gent de  ceux  de  l'assemblée  dont  on  fit  le  dénom- brement montait  à  cent  talents  et  mille  sept  cent soixante  -  quinze  sicles,  selon  le  sicle  du  sanc-
tuaire. »  Cette  somme  spéciale  fut  donc  produite par  la  capitation  sacrée.  Le  sicle  d'argent  valait environ  2  fr.  83.
26-28.  Total  de  l'ai-gcnt  employé. —  Centum talenta...  Le  talent  d'argent  valait  8  500  fr.  — Bases...  et  introitus.  Cf.  xxvi,  19,  21,  25,  32.
—  Capita  columnarum.  Hébr.  :  des  crochets  (pour suspendre  les  tentures).  Cf.  xxvii,  10, 17;  xxxvni, 10-12.
29-31.  L'airain  employé.—  Septuaginta  duo millia...  Hébr.:  soixante-dix  talents  et  deux  mille quatre  cents  sicles.  Il  ne  fallait ,  en  effet ,  qu'une quantité  d'airain  relativement  peu  considérable.
—  Ex  quibus  fusce...  Sur  les  détails,  voyez  le chap.  xxvn.
316
Ex.  XXXIX,  1-14.
CHAPITRE  XXXIX
1.  De  hyacintho  vero  et  purpura,  ver- miculo  ac  bysso,  fecit  vestes,  quibus  in- dueretur  Aaron  quaudo  ministrabat  in sanctis,  sicut  preecepit  Dominus  Moysi.
2.  Fecit  igitur  superhumerale  de  auro, hyacintho,  et  purpura,  coccoque  bis tincto,  et  bysso  retorta,
3.  Opère  polymitario;  inciditque  bra- cteas  aureas,  et  exténua  vit  in  fila,  ut possent  torqueri  cum  priorum  colorum subtegmine.
4.  Duasque  oras  sibi  invicem  copu- latas  in  utroque  latere  summitatum  ;
5.  Et  balteum  ex  eisdem  coloribus,  sic- ut prseceperat  Dominus  Mo3^si.
6.  Para  vit  et  duos  lapides  onychinos, astrictos  et  incluses  auro,  et  sciilptos arte  gemmaria,  nominibus  filiorum  Israël  ;
7.  Posuitque  eos  in  lateribus  super- humeralis,  in  monimentum  filiorum  Is- raël, sicut  prasceperat   Dominus  Moysi.
8.  Fecit  et  rationale  opère  polymito juxta  opus  superhumeralis ,  ex  auro, hyacintho,  purpura,  coccoque  bis  tincto, et  bysso  retorta  ;
9.  Quadrangulum,  duplex,  mensurae palmi.
10.  Et  posuit  in  eo  gemmarum  ordi- nes  quatuor.  In  primo  versu  erat  sar- dius,  topazius,  smaragdus.
11.  In  secundo,  carbunculus,  sapphi- rus,  et  jaspis.
12.  In  tertio,  ligurius,  achates,  et  ame- thystus.
13.  In  quarto,  chr^'^solithus,  onychinus, et  ber3'-llus;  circumdati  et  inclusi  auro per  ordines  suos.
14.  Ipsique  lapides  duodecim  sculpti erant  nominibus  duodecim  tribuum  Is- raël, singuli  per  nomina  singulorum.
1.  Béséléel  fit  aussi  d'hj^acinthe ,  de pourpre,  d'écarlate  et  de  fin  lin,  les  vê- tements dont  Aaron  devait  être  revêtu dans  son  ministère  saint,  selon  l'ordre que  Moïse  en  avait  reçu  du  Seigneur.
2.  Il  fit  donc  l'éphod  d'or,  d'hyacinthe, de  pourpre,  d'écarlate  teinte  deux  fois et  de  fin  lin  retors ,
3.  Le  tout  étant  d'un  ouvrage  tissé  de différentes  couleurs.  Il  coupa  des  feuilles d'or  fort  mmces  qu'il  réduisit  en  fils  d'or pour  les  faire  entrer  dans  le  tissu  de  ces autres  fils  de  plusieurs  couleurs.
4.  Les  deux  côtés  de  l'éphod  se  ve- naient joindre  au  bord  de  l'extrémité d'en  haut;
5.  Et  il  fit  la  ceinture  du  mélange  des mêmes  couleurs,  selon  l'ordre  que  Moïse en  avait  reçu  du  Seigneur.
6.  Il  tailla  deux  pierres  d'onyx,  qu'il enchâssa  dans  de  l'or,  sur  lesquelles  les noms  des  enfants  d'Israël  furent  écrits selon  l'art  du  lapidaire.
7.  Il  les  mit  aux  deux  côtés  de  l'éphod comme  un  monument  pour  les  enfants d'Israël,  selon  que  le  Seigneur  l'avait ordonné  à  Moïse.
8.  Il  fit  le  rational,  tissé  du  même mélange  de  fils  que  l'éphod ,  d'or,  d'hya- cinthe, de  pourpre,  d'écarlate  teinte  deux fois  et  de  fin  lin  retors.
9.  Sa  forme  était  carrée,  l'étoffe  double, la  longueur  et  la  largeur  de  la  mesure d'un  palme.
10.  Il  mit  dessus  quatre  rangs  de pierres  précieuses.  Au  premier  rang,  il  y avait  la  sardoine,  la  topaze  et  l'éme- raude ;
11.  Au  second,  l'escarboucle,  le  saphir et  le  jaspe  ;
12.  Au  troisième,  le  ligure ,  l'agathe  et l'amctliyste  ;
13.  Au  quatrième,  la  chrysolithe", l'onyx  et  le  béryl  ;  et  il  les  enchâssa  dans l'or,  chacune  à  son  rang.
14.  Les  noms  des  douze  tribus  d'Israël étaient  gravés  sur  ces  douze  pierres  pré- cieuses, chaque  nom  sur  chaque  pierre.
4"  Les  vêtements  sacerdotaux.  XXXIX,  1-31.
Ch.^p.  XXXIX.  —  1.  Transition.
2-7.  L'éphod.  Cf.  x.wiii,  6-14.  —  Incidit  bra- cfrnp...,  cxtcnuavit...  Procédé  très  primitif  pour obtenir  des  fils   d'or.  —  Torqueri  cum...   sub-
tegmine. Ces  fils  n'étaient  donc  introduits  dans l'étoffe  qu'après  qu'elle  avait  été  elle-même  pré- parée.
8-19.  Le  pectoral.  Cf.  xxviii,  15-30.
Ex.  XXXIX,  15-30.
317
15.  Ils  firent  au  rational  deux  petites chaînes  d'un  or  très  pur,  dont  les  chaî- nons étaient  enlacés  l'un  dans  l'autre,
16.  Deux  agrafes  et  autant  d'anneaux d'or.  Ils  mirent  les  anneaux  aux  deux côtés  du  rational,
17.  Et  ils  y  suspendirent  les  deux chaînes  d'or,  qu'ils  attachèrent  aux agrafes  qui  sortaient  des  angles  de  l'é- pliod.
18.  Tout  cela  se  rapportait  si  juste  de- vant et  derrière,  que  l'éphod  et  le  ratio- nal demeuraient  liés  l'un  avec  l'autre,
19.  Étant  resserrés  vers  la  ceinture,  et liés  étroitement  par  des  anneaux  dans lesquels  était  passé  un  ruban  d'hyacinthe, afin  qu'ils  ne  fussent  point  lâches  et  qu'ils ne  pussent  s'écarter  l'un  de  l'autre,  selon que  le  Seigneur  l'avait  ordonné  à  Moïse.
20.  Ils  firent  aussi  la  tunique  de l'éphod,  toute  d'hj^acinthe.
21.  Il  y  avait  en  haut  une  ouverture au  milieu,  et  un  rebord  tissé  autour  de cette  ouverture.
22.  Au  bas  de  la  robe,  vers  les  pieds, il  y  avait  des  grenades  faites  d'hyacinthe, de  pourpre,  d'écarlate  et  de  fin  lin  retors ,
23.  Et  des  sonnettes  d'un  or  très  pur, qu'ils  entremêlèrent  avec  les  grenades, tout  autour  du  bas  de  la  robe.
24.  Les  sonnettes  d'or  et  les  grenades étaient  ainsi  entremêlées,  et  le  pontife était  revêtu  de  cet  ornement  lorsqu'il  fai- sait les  fonctions  de  son  ministère,  selon que  le  Seigneur  l'avait  ordonné  à  Moïse.
25.  Ils  firent  encore  pour  Aaron  et pour  ses  fils  des  tuniques  tissées  de  fin  lin,
26.  Des  mitres  de  fin  lin  avec  leurs petites  couronnes ,
27.  Et  des  caleçons  qui  étaient  de  fin lin,
28.  Avec  une  ceinture  d'un  mélange  de fils  différents  d'un  fin  lin  retors,  d'hya- cinthe, de  pourpre  et  d'écarlate  teinte deux  fois,  selon  que  le  Seigneur  l'avait ordonné.
29.  Ils  firent  la  lame  sacrée  et  digne de  vénération,  d'un  or  très  pur,  et  ils  y gravèrent,  en  la  manière  qu'on  écrit  sur les  pierres  précieuses  :  La  sainteté  est  au Seigneur.
30.  Ils  l'attachèrent  à  la  mitre  avec un  ruban  d'hyacinthe,  comme  le  Sei- gneur l'avait  ordonné  à  Moïse.
15.  Fecerunt  in  rationali  et  catenulas sibi  invicem  cohœrentes,  de  auro  puris- simo  ;
16.  Et  duos  imcinos,  totidemque  an- nulos  aureos.  Porro  aimulos  posuerunt  in utroque  latere  rationalis,
17.  E  quibus  pondèrent  du  .ne  catense aureœ,  quas  inseruerunt  uncinis,  qui  in superhumeralis  angulis  eminebant.
18.  Hœc  et  ante  et  rétro  ita  convenie- bant  sibi,  ut  superhumerale  et  rationale mutuo  necterentur,
19.  Stricta  ad  balteum,  et  annulis fortius  copulata,  quos  jungebat  vitta hyacinthina,  ne  laxa  fluerent,  et  a  se invicem  moverentur,  sicut  prascepit  Do- miuus  Moysi.
20.  Fecerunt  quoque  tunicam  super- humeralis totam  hyacinthinam ,
21.  Et  capitium  in  superiori  parte contra  médium,  oramque  per  gyrum  ca- pitii  textilem  ;
22.  Deorsum  autem  ad  pedes  mala punica  ex  hyacintho,  purpura,  vermi- culo,  ac  bysso  retorta;
23.  Et  tintinnabula  de  auro  purissimo, quœ  posuerunt  inter  malogranata  in  ex- trema  parte  tunicse,  per  gyrum;
24.  Tintinnabulum  autem  aureum,  et malum  punicum,  quibus  ornatus  ince- debat  pontifex  quando  miuisterio  f unge- batur,  sicut  prseceperat  Dominus  Moysi.
25.  Fecerunt  et  tunicas  byssinas  opère textili  Aaron  et  fihis  ejus;
26.  Et  mitras  cum  coronulis  suis  ex bysso  ;
27.  Feminalia  quoque  linea,  b3'ssina  ;
28.  Cingulum  vero  de  bj^sso  retorta, hyacintho,  purpura,  ac  vermiculo  bis tincto,  arte  plumaria,  sicut  prseceperat Dominus  Moysi.
29.  Fecerunt  et  laminam  sacrée  vene- rationis  de  auro  purissimo,  scripserunt- que  in  ea  opère  gemmario  :  Sanctum Domini  ;
30.  Et  strinxerunt  eam  cum  mitra vitta  hyacinthina,  sicut  prseceperat  Do- minus Moysi.
20-24.  La  robe  de  l'éphocl.  Cf.  xr\'iir,  31-35.
25 -(28.  Les  tnnifiiios  ordinaires,  les  mitres,  les
caloçolis,  les  ceintures  pour  le  grand  prêtre  et
les  simples  prêtres.  Cf.  xxviii,  39-40,  42.
29-30.  Le  diadème  du  grand  prêtre.  Cf.  xxvm, 36-38.
318
Ex.  XXXIX,  31  —  XL,  2.
31.  Perfectum  est  igitur  omne  opus tabernaculi  et  tecti  testimonii  ;  fecerunt- que  filii  Israël  cuncta  quse  prœceperat Dominus  Moj^si.
32.  Et  obtulenmt  tabernaculum  et tectum  et  imiversam  supellectilem ,  an- nules, tabulas,  vectes,  columnas  ac bases ,
33.  Opertorium  de  pellibus  arietum rubricatis,  et  aliud  operimentum  de  ian- thinis  pellibus,
34.  Vélum,  arcam,  vectes,  propitiato- rium ,
35.  Mensam  cum  vasis  suis  et  propo- sitionis  panibus  ;
36.  Candelabrum,  lucernas,  et  uten- silia  earum  cum  oleo  ;
37.  Altare  aureum,  et  unguentum,  et thymiama  ex  aromatibus  ;
38.  Et  tentorium  in  introitu  taberna- culi ;
39.  Altare  seneum,  retiaculum,  vectes, et  vasa  ejus  omnia,  labrum  cum  basi sua  ;  tentoria  atrii ,  et  columnas  cum  ba- sibus  suis  ;
40.  Tentorium  in  introitu  atrii,  funi- culosque  illius  et  paxillos.  Nihil  ex  vasis defuit,  quse  in  ministerium  tabernaculi, et  in  tectum  fœderis,  jussa  sunt  fieri,
41.  Vestes  quoque,  quibus  sacerdotes utuntur  in  sanctuario,  Aaron  scilicet  et filii  ejus,
42.  Obtulerunt  filii  Israël,  sicut  prse- ceperat  Dominus.
43.  Quse  postquam  Moyses  cuncta  vi- dit  compléta,  benedixit  eis.
31.  Ainsi  tout  l'ouvrage  du  tabernacle et  de  la  tente  du  témoignage  fut  achevé. Les  enfants  d'Israël  firent  tout  ce  que  le Seigneur  avait  ordonné  à  Moïse.
32.  Ils  offiirent  le  tabernacle  avec  sa couverture  et  tout  ce  qui  servait  à  son usage,  les  anneaux,  les  ais,  les  bâtons, les  colonnes  avec  leurs  bases,
33.  La  couverture  de  peaux  de  moutons teinte  en  rouge,  et  l'autre  couverture  de peaux  violettes,
34.  Le  voile,  l'arche,  les  bâtons  pour  la porter,  le  propitiatoire ,
35.  La  table  avec  ses  vases  et  les  pains toujours  exposés  devant  le  Seigneur,
36.  Le  chandelier,  les  lampes  et  tout  ce qui  y  devait  servir,  avec  l'huile,
37.  L'autel  d'or,  l'huile  destinée  aux onctions,  les  parfums  composés  d'aro- mates,
38.  Et  le  voile  à  l'entrée  du  tabernacle  ;
39.  L'autel  d'airain  avec  la  grille,  les bâtons  pour  le  porter  et  toutes  les  choses qui  y  servaient  ;  le  bassin  avec  sa  base, les  rideaux  du  parvis  et  les  colonnes  avec leurs  bases  ;
40.  Le  voile  à  l'entrée  du  parvis,  ses cordons  et  ses  pieux.  Il  ne  manqua  rien de  tout  ce  que  Dieu  avait  ordonné  de faire  pour  ie  ministère  du  tabernacle  et pour  la  tente  de  l'alliance.
41.  Les  enfants  d'Israël  offrirent  aussi les  vêtements  dont  les  prêtres,  Aaron  et ses  fils,  devaient  se  servir
42.  Dans  le  sanctuaire,  selon  que  le Seigneur  l'avait  ordonné.
43.  Et  Moïse,  voyant  que  toutes  ces choses  étaient  achevées,  les  bénit.
CHAPITRE  XL
1.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moysen, dicens  :
2.  Mense  primo,  prima   die  mensis, ériges  tabernaculum  testimonii.
1.  Le  Seigneur  parla  ensuite  à  Moïse, et  lui  dit  :
2.  Vous  dresserez  le  tabernacle  du  té- moignage au  premier  jour  du  premier mois.
50  Tous  ces  objets  sont  remis  à  Moïse  après leur  achèvement.  XXXIX,  31-43.
31.  L'heureuse  fin  du  travail.
32-42.  Nouvelle  énumération  des  objets  pré- parés.
43.  La  bénédiction  de  Moïse.  —  Postquam... vidit:  quand  il  eut  vu  que  tout  était  conforme au  divin  modèle  qui  lui  avait  été  manifesté.  —
Benedixit  eis  :  il  bénit  le  peuple  au  nom  de  Jé- hovah  pour  marquer  sa  satisfaction.
§  III.  —  L'érection  du  tahernacle.  XL ,  1-36.
10  Instructions  diverses  touchant  l'érection  ei; la  consécration  du  tabernacle.  XL,  1-11.
Chap.  XL.  —  1-2.  Époque  de  l'érection.  — Mense  primo.  C.-à.-d.  au  mois  d'abib  ou  de  nisan.
Ex.  XL,  3-18.
319
3.  Vous  y  mettrez  rarclie,et  vous  sus- pendrez le  voile  par  devant.
4.  Vous  apporterez  la  table,  et  vous  y mettrez  dessus  ce  que  je  vous  ai  com- mandé ,  selon  l'ordre  qui  vous  a  été  pres- crit. Vous  placerez  le  chandelier  avec  ses lampes ,
6.  Et  l'autel  d'or  sur  lequel  se  brûle l'encens,  devant  l'arche  du  témoignage. Vous  mettrez  le  voile  à  l'entrée  du  ta- bernacle,
6.  Et  au-devant  du  voile  l'autel  des holocaustes.
7.  Le  bassin,  que  vous  remplirez  d'eau, sera  entre  l'autel  et  le  tabernacle.
8.  Vous  entourerez  de  rideaux  le  par- vis et  son  entrée.
9.  Et  prenant  l'huile  d'onction,  vous  en oindrez  le  tabernacle  avec  ses  vases,  afin qu'ils  soient  sanctifiés  ;
10.  L'autel  des  holocaustes  et  tous  ses vases ,
11.  Le  bassin  avec  sa  base  ;  vous  con- sacrerez toutes  choses  avec  l'huile  desti- née aux  onctions,  afin  qu'elles  soient saintes  et  sacrées.
12.  Vous  ferez  venir  Aaron  et  ses  fils à  l'entrée  du  tabernacle  du  témoignage , et  les  ayant  fait  laver  dans  l'eau ,
13.  Vous  les  revêtirez  des  vêtements saints,  afin  qu'ils  me  servent,  et  que  leur onction  passe  pour  jamais  dans  tous  les prêtres  qui  leur  succéderont,
14.  Et  Moïse  fit  tout  ce  que  le  Seigneur lui  avait  commandé.
15.  Ainsi,  le  tabernacle  fut  dressé  le premier  jour  du  premier  mois  de  la  se- conde année.
16.  Moïse,  l'ayant  dressé,  mit  les  ais avec  les  bases  et  les  barres  de  bois ,  et  il posa  les  colonnes.
17.  Il  étendit  le  toit  au-dessus  du  ta- bernacle et  mit  dessus  la  couverture,  selon que  le  Seigneur  le  lui  avait  commandé.
18.  Il  mit  le  témoignage  dans  l'arche, et  au-dessous,  des  deux  côtés,  les  bâtons pour  la  porter,  et  l'oracle  tout  au-dessus.
3.  Et  pones  in  eo  arcam,  demittesque ante  illam  vélum  ;
4.  Et  illata  mensa,  pones  super  eam quae  rite  pryecepta  sunt.  Candelabrum stabit  cum  lucernis  suis.
5.  Et  al  tare  aureum  in  quo  adoletur incensum,  coram  arca  testimonii.  Ten- torium  in  introitu  tabernaculi  pones,
6.  Et  ante  illud  altare  holocausti  ;
7.  Labrum  inter  altare  et  tabernacu- lum,  quod  implebis  aqua.
8.  Circumdabisque  atrium  tentoriis, et  ingressum  ejus.
9.  Et  assumpto  unctionis  oleo,  unges tabernaculum  cum  vasis  suis,  ut  sanc- tificentur  ;
10.  Altare  holocausti  et  omnia  vasa ejus  ;
11.  Labrum  cum  basi  sua;  omnia unctionis  oleo  consecrabis,  ut  sint  sancta sanctorum.
12.  Applicabisque  Aaron  et  filios  ejus ad  fores  tabernaculi  testimonii,  et  lotos aqua
13.  Indues  sanctis  vestibus,  ut  mini- strent  mihi,  et  unctio  eorum  in  sacerdo- tium  sempiternum  proficiat.
14.  Fecitque  Moyses  omnia  quae  prse- ceperat  Dominus.
15.  Igitur  mense  primo  anni  secundi, prima  die  mensis,  collocatum  est  taber- naculum.
16.  Erexitque  Moyses  illud,  et  posuit tabulas  ac  bases  et  vectes,  statuitque columnas ,
17.  Et  expandit  tectum  super  taber- naculum, imposito  desuper  operimento, sicut  Dominus  imperaverat.
18.  Posuit  et  testimonium  in  arca, subditis  infra  vectibus,  et  oraculum  de- super.
Voyez  les  notes  de  xii,l-6.  —  Prima  die.  Les Hébreux  avaient  quitté  l'Egypte  le  14  abib  pré- cédent. Le  début  de  la  nouvelle  année  convenait fort  bien  pour  cette  belle  cérémonie.  On  voit  par là  que  l'exécution  des  travaux  avait  été  très rapide  ;  elle  avait  duré  moins  de  six  mois.  Cf. XIX,  1;  xxiv,  18;  xxxiv.  28,  etc.
3-8.  Organisation  des  principaux  objets  du culte  :  le  mobilier  du  Saint,  vers.  3;  le  mobilier du  Saint  des  saints,  vers.  4-5;  le  parvis  et  son mobilier,  vers.  6-8.
9-11.  La  consécration  du  tabernacle  et  des  objets
qu'il  renfermait.  Cf.  xxx,  23-29.    .
2°  Instructions  relatives  à  la  consécration  des prêtres.  XL,  12-13.
12-13.  Applicaiisque...  Cf.  xxix,  4  et  ss.  Trois rites  seulement  sont  mentionnés  en  ce  passage  : les  ablutions,  la  vêture,  l'onction.
3°  Moïse  exécute  les  ordres  du  Seigneur.  XL, 14-31.
14.  Sommaire  général.
15-17.  Érection  du  tabernacle  proprement  dit.
18-19.  L'arche  est  déposée  dans  le  Saint  des saints.  —  Testimonium  désigne  les  tables  de  la
220
Ex.  XL,  19-33.
19.  Cumque  intulisset  arcam  in  ta- bernaculum,  appenclit  aiite  eam  vélum, ut  expleret  Domiiii  jussionem.
20.  Posuit  et  mensam  in  tabernaculo testimonii,  ad  piagam  septentrionalem extra  vélum,
21.  Ordinatis  coram  propositionis  pa- nibus,  sicut  prœceperat  Douiirius  Moysi.
22.  Posuit  et  candelabrum  in  taber- naculo testimonii  e  regione  mensas,  in parte  australi,
23.  Locatis  per  ordinem  lucernis, juxta  prseceptum  Domini.
24.  Posuit  et  altare  aureum  sub  tecto testimonii  contra  vélum,
25.  Et  adolevit  super  eo  incensum  aro- matum,  sicut  jasserat   Dominus  Moj^si.
26.  Posuit  et  tentorium  in  introitu  ta- bernaculi  testimonii ,
27.  Et  altare  holocausti  in  vestibulo testimonii,  offerens  in  eo  bolocaustum , et  sacrificia,  ut  Dominus  imperaverat.
28.  Labrum  quoque  statuit  inter  ta- bernaculum  testimonii  et  altare,  im- plens  illud  aqua  ;
29.  Laveruntque  Moyses  et  Aaron  ac filii  ejus  manus  suas  et  pedes,
30.  Cum  ingrederentur  tectum  fœde- ris,  et  accédèrent  ad  altare,  sicut  prsece- perat  Dominus  Moysi.
31.  Erexit  et  atrium  per  gyrum  taber- naculi  et  altaris,  ducto  in  introitu  ejus tentorio.  Postquam  omnia  perfecta  sunt,
32.  Operuit  nubes  tabernaculum  testi- monii, et  gloria  Domini  implevit  illud.
33.  Nec  poterat  Moyses  ingi-edi  tectum fœderis,  nube  operiente  omnia,  et  ma-
19.  Et  ayant  porté  l'arclie  dans  le  ta- bernacle, il  suspendit  le  voile  par  devant, pour  accomplir  le  commandement  du  Sei- gneur.
20.  Il  mit  la  table  dans  le  tabernacle du  témoignage,  du  côté  du  septentrion, hors  du  voile,
21.  Et  il  plaça  dessus  en  ordre,  devant le  Seigneur,  les  pains  qui  devaient  être toujours  exposés,  selon  que  le  Seigneur le  lui  avait  commandé.
22.  Il  mit  aussi  le  chandelier  dans  le tabernacle  du  témoignage,  du  coté  du midi,  vis-à-vis  de  la  table,
23.  Et  il  y  disposa  les  lampes  selon leur  rang,  comme  le  Seigneur  le  lui  avait ordonné.
24.  Il  mit  encore  l'autel  d'or  sous  la tente  du  témoignage  devant  le  voile,
25.  Et  il  brûla  dessus  l'encens  com- posé d'aromates,  selon  que  le  Seigneur le  lui  avait  commandé.
26.  Il  mit  aussi  le  voile  ii  l'entrée  du tabernacle  du  témoignage ,
27.  Et,  dans  le  \'estibule  du  témoi- gnage ,  l'autel  de  l'holocauste ,  sur  lequel il  offrit  l'holocauste  et  les  sacrifices ,  selon que  le  Seigneur  l'avait  commandé.
28.  Il  posa  aussi  le  bassin  entre  le  ta- bernacle du  témoignage  et  l'autel,  et  il le  remplit  d'eau.
29.  Moïse  et  Aaron  et  ses  fils  y  la- vèrent leurs  mains  et  leurs  pieds,
30.  Avant  d'entrer  dans  le  tabernacle de  l'alliance  et  de  s'approcher  de  l'autel , comme  le  Seigneur  l'avait  ordonné  à Moïse.
31.  Il  dressa  aussi  le  parvis  autour  du tabernacle  et  de  l'autel ,  et  mit  le  voile à  l'entrée.  Après  que  toutes  choses  eurent été  achevées,
32.  La  nuée  couvrit  le  tabernacle  du témoignage,  et  il  fut  rempli  de  la  gloire du  Seigneur.
33.  Et  Moïse  ne  pouvait  entrer  dans la  tente  de  l'alliance,  pai-ce  que  la  nuée
loi  (cf.  XXV,  16);  oraculum,  le  propitiatoire  et les  chérubins.
20-25.  Le  mobilier  du  Çaint.  —  La  table  clos pains  de  proposition,  vers.  20-21.  Ad  piagam septentrionalem  :  à  main  droite  quand  on  entrait. Yoy.  VAtl.  archéol.,  pi.  xcvi,  fig.  2.  —  Ordinatis... panibus  :  en  deux  piles  de  six  pains  chacune.  Cf. Lev.  xxrv,  6,  et  VAtl.  archéol.,  pi.  crv,  fig,  5. — Le  chandelier  à  sept  branches,  vers.  22-23. ■E  regione  mensce  :  auprès  de  la  paroi  opposée  du tabernacle  ;  par  conséquent,  in  parte  australi ,  à main  gauche. —  L'autel  des  parfums,  vers.  24-25:
tout  auprès  et  en  avant  du  voile,
26-31.  La  cour  et  son  mobilier.  —  Ce  parvis était  séparé  du  tabernacle  par  un  tentorium, vers.  26.  Il  contenait  l'autel  des  holocaustes (vei's.  27)  et  le  bassin  d'airain  pour  les  ablutions des  prêtres,  Voj\  YAtl.  archéol.,  pi.  xcvi,  fig.  1. —  Erexit  et  atrium....  Tenture  du  parvis,  vers.  31.
40  Dieu  fait  son  entrée  dans  le  tabernacle. XL,  32-36.
32-33.  Operuit  nubes:  la  nuée,  avec  l'article dans  l'hébreiT,  pour  représenter  la  colonne  de nuée  qui  a  été  signalée  à  plusieurs  reprises  depuis
Ex.  XL,  34-3G
couvrait  tout,  et  que  la  majesté  du  Sei- gneur éclatait  de  toutes  parts,  tout  étant couvert  de  cette  nuée.
34.  Quand  la  nuée  se  retirait  du  taber- nacle, les  enfants  d'Israël  partaient  par diverses  troupes  :
35.  Si  elle  s'arrêtait  au-dessus,  ils  de- meuraient dans  le  même  lieu.
36.  Car  la  nuée  du  Seigneur  se  reposait sur  le  tabernacle  durant  le  jour,  et  une flamme  y  paraissait  pendant  la  nuit,  tout Israël  la  voyant  dans  toutes  ses  étapes.
jestate  Domini  coruscante,  quia mibes  opcruerat.
321
cuncta
34.  Si  quando  nubes  tabernaculum deserebat,  proficiscebantur  filii  Israël  per turmas  suas  ;
35.  Si  pendebat  desuper,  manebant  in eodem  loco.
3G.  Nubes  quippe  Domini  incubabat per  diem  tabernaculo,  et  ignis  in  nocte, videntibus  cunctis  populis  Israël  per cunctas  mansiones  suas.
sa  première  apparition  h  Socoth,  xiir,  20-22. Tandis  que  cette  nuée  s'abaissait  et  se  reposait sur  le  toit  du  tabernacle,  f/Zo  ri  a  Domini  imple- vit  illud,  gloire  manifestée  à  l'intérieur  du  sanc- tuaire par  de  brillants  rayons.  Jéhovah  prenait ainsi  possession  de  son  palais.
34-36.  Rôle  de  la  colonne  de  nuée  pour  les marches  et  les  campements  du  peuple.  Voyez Num.  IX,  15-23,  et  x,  11-12,  33,  où  les  détails sei'ont  plus  complets.  Dieu  conduisait  ainsi  per- sonnellement son  peuple,  comme  il  l'avait  promis.
4,^  ^
LE  LÉVITIOUE
1°  Le  nom  et  le  contenu  du  Livre.  —  La  troisième  partie  du  Pentateuqiie, que  les  Juifs  désignent  d'ordinaire  par  le  nom  de  Vayycfra'\  a  été  très  conve- nablement nommée  Lévitiqiie  dans  le  canon  chrétien  ^,  puisqu'elle  traite  du  culte, des  sacrifices,  des  fêtes,  des  différentes  espèces  de  purifications  et  de  plusieurs autres  sujets  analogues  :  toutes  choses  qui  concernaient  d'une  manière  intime et  immédiate  les  prêtres,  membres  de  la  tribu  de  Lévi.  Au  reste,  les  rabbins eux-mêmes  emploient  parfois  les  dénominations  semblables  de  Torat  kohânim, Loi  des  prêtres,  et  de  Séfer  torat  haqqarhonôt ,  Livre  de  la  loi  des  offrandes.
Le>Lévitique  ne  raconte  que  deux  faits  historiques  proprement  dits  :  i*^  la consécration  d'Aaron  et  de  ses  fils,  suivie  du  châtiment  terrible  de  Nadab  et d'Abiu  (chap.  viii-x);  2°  la  punition  du  blasphémateur  (xxiv,  10-23).  Il  diffère notablement,  sous  ce  rapport,  des  livres  de  l'Exode  et  des  Nombres,  dont  les pages  ne  sont  pas  moins  consacrées  à  l'histoire  qu'à  la  législation.  De  plus, nous  venons  de  l'insinuer  en  parlant  de  son  nom,  les  lois  qui  fe  remplissent  ont un  caractère  spécial,  constamment  religieux,  et  sont  surtout  relatives  à  la  vie spirituelle  de  la  nation  théocratique.  Le  Lévitique  renferme  donc  la  partie  la  plus relevée  de  la  législation  du  Sinaï;  aussi  l'a-t-on  justement  défini  :  «  le  code  de l'organisation  religieuse  d'Israël  en  tant  que  communauté  de  Jéhovah.  «  Toutes les  prescriptions  qu'il  contient  tendent  à  établir  entre  le  Seigneur  et  son  peuple l'union  la  plus  étroite.
2°  Plan  et  division.  —  Moïse,  le  rédacteur  inspiré,  se  borne  à  exposer  les divines  instructions  du  Lévitique,  selon  l'ordre  d'après  lequel  Jéhovah  les  lui communiqua;  mais  cette  suite  historique  et  chronologique  coïncidant  fort  bien avec  la  nature  même  des  choses,  des  groupes  de  lois,  par  conséquent  des  di- visions et  subdivisions  du  livre,  se  forment  de  la  façon  la  plus  naturelle.
Deux  parties:  1^  comment  Israël  s'approchera  de  son  Dieu,  pour  inaugurer avec  lui  les  relations  d'intimité  en  vue  desquelles  il  a  élé  mis  à  part  entre  tous les  peuples  (chap.  i-xvi);  2»  croissance  perpétuelle  d'Israël  dans  la  sainteté, afin  de  resserrer  chaque  jour  ces  liens  sacrés  (chap.  xvii-xxvii).  La  première partie  se  subdivise  en  trois  sections  :  les  sacrifices  (chap.  i-vii),  les  prêtres ]chap.  viii-x),  le  pur  et  l'impur  (chap.  xi-xvi).  Deux  sections  seulement  dans  la deuxième  partie  :  la  sainteté  personnelle  dans  les  différentes  circonstances  de  la vie  de  famille  et  de  la  vie  sociale  (chap.  xvii-xx],  la  sainteté  du  culte  (chap.  xxi- XXVII  )  ^.
*  «  Et  il  appela,  i>  le  premier  mot  dans  le texte  hébreu.  Voyez  l'Introduction  au  Pcntu- teuque,  p.  115.
^  Leviticus  (scil.  liber). ^  Voir  des  divisions  plus  complètes  dans  le  com- mentaire et  dans  notre  Biblia  sacra,
10
324  LE   LÉVITIQUE
3«  Imjiortance  du  Lévitique.  —  Elle  ressort  soit  du  but  direct  et  immédiat du  livre,  soit  de  son  but  indirect,  quoique  principal.
Le  but  direct,  c'est  la  sanctification  de  tout  Israël,  collectivement  et  indivi- duellement. Les  détails  sont  nombreux,  minutieux;  mais  tout  est  grand,  quand il  s'agit  d'un  tel  sujet.  Notez  surtout  les  passages  suivants.  Sainteté  du  culte  : II,  3,  10;  VI,  17,  2o,  29;  vu,  1,  6;  x,  12,  17;  xiv,  13;  xvi,  4,  etc.  Sainteté  des prêtres  :  xxi,  6-8,  15,  etc.  Sainteté  de  la  nation  :  vi,  18,  27;  vu,  21  ;  x,  3,  10; XI,  43-43;  xv,  31;  xviii,  21;  xix,  2;  xx,  7,  20,  etc.
Le  but  indirect,  mais  principal,  c'est  Notre-Seigneur  Jésus-Christ,  qu'il  faut voir  sous  chacune  des  prescriptions  du  Lévitique.  Exemplar  et  umhra  cœle- stium,  dit  saint  PauP.  In  protnptu  est  Leviticus  liber,  écrit  pareillement  saint Jérôme  ^,  in  quo  singula  sacrificia,  imo  singulse  pêne  syllahœ,  et  vestes  Aaron, et  totus  ordo  Leviticus,  spirant  cselestia  sacramenta.  Saint  Thomas  d'Aquin tient  un  langage  identique  :  Sic  igitur  rationes  prœceptorum  ceremonialium Veteris  Legis  dupliciter  accipi  possunt  :  uno  '.nodo  ex  ratione  cultus  divini, qui  erat  pro  tempore  illo  ohservandus...  Alio  modo  possunt  eorum  rationes assignari,  secundmn  quod  ordinantur  ad  figurandinn  Christwn  ^.  Mais,  si les  moindres  traits  prophétisent  le  Christ,  ils  prophétisent  aussi  la  sainteté  de son  royaume,  de  ses  sujets,  particulièrement  de  ses  prêtres,  et  avec  cette  diffé- rence que  la  sainteté  d'Israël  était  surtout  extérieure  et  légale,  tandis  que  celle du  Nouveau  Testament  l'emporte  immensément  par  son  caractère  spirituel, intérieur.  Cf.  Matth.  v,  17-48;  S.  Thom.,  Summ.  theoL,  1^  2=«,  q.  103,  a.  2.
4<*  Livres  à  consulter.  —  S.  Augustin,  Quœstiones  in  Leviticum;  Théodoret, Quœstiones  in  Leviticum  ;  les  commentaires  de  Calmet  et  de  Cornélius  a  Lapide  ; Texplication  récente  de  M.  Crelier  (Paris,  1887),  basée  sur  les  meilleurs  tia- vaux  anciens  et  contemporains;  F.  Vigoureux,  les  Livres  saints  et  la  critique rationaliste,  t.  III,  pp.  146  et  ss.,  616  et  ss.
^  Hebr,  vin,  5.  Voyez  les  chap.  ix-x  en  entier,    |        ^  Summa  theol.,  1*  2"^,  q.  102,  a.  2.  Cf.  ïbid., 2  Epist.  ad  Paulin.  \  a.  3  et  6.
LE  LÉVITIQUE
CHAPITRE   I
1.  Le  Seigneur  appela  Moïse,  et,  lui parlant  du  tabernacle  du  témoignage,  il lui  dit  :
2.  Vous  parlerez  aux  enfants  d'Israël, et  vous  leur  direz  :  Lorsque  quelqu'un d'entre  vous  offrira  au  Seigneur  une  hostie de  bêtes  à  quatre  pieds,  c'est-à-dire  de gros  et  de  petit  bétail;  lors,  dls-je,  qu'il offrira  ces  victimes ,
3.  Si  son  oblation  est  un  holocauste, et  si  elle  est  de  gros  bétail,  il  prendra
1.  Vocavit  autem  Moysen,  et  locutus est  ei  Dominus  de  tabernaculo  testimo- nii,  dicens  :
2.  Loquere  filiis  Israël,  et  dices  ad  eos  : Homo  qui  obtulcrit  ex  vobis  hostiam Domino  de  pecoribus ,  id  est,  de  bobus  et ovibus  offerens  victimas.
3.  Si  holocaustum  fuerit  ejus  oblatio, ac  de  armento,  masculum  immaculatum
PREMIERE  PARTIE
Lois   dont  l'observation  afiermira  l'alliance conclue  entre  Israël  et  Jéhovah.
1,1  —  XVI,  a4.
Section  L  —  Des  sacuifices.  1,1  —  VII,  38.
Les  sacrifices  de  la  loi  ancienne  avaient  pour but  direct  le  culte  sacré  de  Jéhovah;  leur  but indirect  consistait  h  écarter  les  Hébreux  de  l'ido- lâtrie. Cf.  S.  Thom.,  1»  2=^  q.  102 ,  a.  2  et  3.  Leur signification  était  tout  ensemble  typique  et  mo- rale :  typique ,  de  la  façon  la  plus  noble  ;  car «  omnia  sacrificia,  dit  encore  le  Docteur  angé- lique ,  Z.  c,  a.  3 ,  offerebantur  in  Veteri  Lege  ut hoc  unum  et  singulare  sacriflcium  (Christi)  figu- raretur,  tanquam  perfectum  per  iniperfccta  ;  » morale ,  parce  qu'ils  portaient  à  la  sainteté.  Leur valeur  était  avant  tout  extérieure,  «  ad  emun- dationem  carnis,  »  comme  dit  S.  Paul,  Hebr. IX,  13,  pxiisqu'ils  aA'aient  été  établis  pour  pro- duire la  pureté  légale,  c.-à-d.  pour  répai-cr  «  la violation  d'un  certain  nombre  de  prescriptions mosaïques  qui  n'avaient  point  pour  objet  de  dé- fendre des  actes  mauvais  en  eux-mêmes  »  Olcin. ^biU.,  t.  I,  n.  394);  mais  Ils  n'avaient  pas  de force  pour  effacer  directement  les  péchés,  bien •qu'ils  pussent  opérer  cette  rémission  indirecte- ment, par  im  effet  anticipé  du  sacrifice  de  Notre- Seigneur  Jésus -Christ,  dont  ils  étaient  la  ligure. Voi'.  les  beaux  développements  de  S.ïhomas,  1»  2^, •q.  103,  a,  2.  Comp.  Bossuct,  Élév.  sur  les  Mystères, ixe  Élévlat.  de  la  9«  scmamc. —  Le  Législateur
parlera  tour  à  tour  des  holocaustes,  des  sacri- fices non  sanglants ,  des  sacrifices  pacifiques,  des sacrifices  propitiatoires,  et  du  rôle  des  prêtres dans  les  sacrifices.
§  L  —  Les  holocaustes.  I,  1-17.
1°  Holocaustes  de  gros  bétail,  vers.  1-9.
Chap.  I.  —  1  -  2».  Introduction  historique ,  qui domine  les  chap.  i-ni, —  Vocavit...  Dominus.  Jé- hovah ,  le  Dieu  de  l'alliance  récemment  instituée. —  De  tabernaculo...  Non  plus  du  sommet  du Sinaï,  comme  pour  la  promulgation  du  Décalogue et  des  premières  lois  théocratiques  (Ex.  xix,  3 et  ss.  ),  mais  du  tabernacle  récemment  érigé  et consacré  (Ex.  xxxvi-xl),  qui  servait  maintenant de  palais  au  Seigneur  (Ex.  xl,  32).  —  Filiis Israël.  Plusieurs  des  instructions  du  Lévitique concernaient  directement  les  prêtres  (cf.  vi,  8- VII,  21,  etc.)  ;  mais  un  grand  nombre  d'entre  elles intéressaient  aussi  les  laïques,  c.-à-d.  le  peuple entier,  puisque  tous  les  Hébreux  avaient  ù,  offrir des  sacrifices.
2*'-  3.  Le  choix  de  la  victime  dans  l'holocauste de  gros  bétail.  —  L'équivalent  hébr.  de  hostiam est  qorbân  (littéral.  :  «  ce  qu'on  approche,  »  ce qu'on  offre)  ;  c'est  l'expression  générale  pour  dé- signer toute  sorte  d'offrandes  et  de  sacrifices.  Cf. Marc.  VII,  11.  Elle  est  souvent  employée  dans ces  premiers  chapitres  du  Lévitique.  —  De  peco- ribus, L'hébr.  b'hémah  désigne  ici  les  quadru- pèdes domestiques  légalement  purs  (  note  de 'Gen.  I,  24);  le  Législateur  les  pai'tag-e  aussitôt.
326
Lev.  I,  4-10.
oiïeret  ad  ostium  tabernnculi  testiraonii, ad  placandum  sibi  Domiiium;
4.  Ponctque  manum  super  caput  ho- stiœ,  et  acceptabilis  erit,  atque  in  expia- tionem  ejus  proficiens  ;
5.  Immolabitque  vitulum  coram  Do- mino, et  ofïerent  filii  Aaron  sacerdotes sanguinem  ejus,  fundeutes  per  altaris circuitum,  quod  est  ante  ostium  taber- naculi.
6.  Detractaque  pelle  liostise,  artus  in frusta  concident  ;
7.  Et  subjicient  in  altari  ignera ,  strue lignorum  ante  composita  ;
8.  Et  membra  qiisB  sunt  cœsa,  desuper ordinantes,  caput  videlicet,  et  cuncta quae  adhaerent  jecori,
9.  Tntestinis  et  pedibus  lotis  aqua  ; adolebitque  ea  sacerdos  super  altare  in holocaustum  et  suavem  odorem  Domino.
10.  Quod  si  de  pecoribus  oblatio  est, de  ovibus  sive  de  capris  holocaustum, masculum  absque  macula  ofEeret  ;
un  mâle  sans  taclie  et  l'offrira  à  la  porte du  tabernacle  du  témoignage,  pour  se rendre  le  Seigneur  favorable.
4.  Il  mettra  la  main  sur  la  tcte  de  la victime,  et  elle  sera  reçue  de  Dieu  et  lui servira  d'expiation.
5.  Il  immolei'a  le  veau  devant  le  Sei- gneur, et  les  prêtres,  enfants  d' Aaron,  en offiiront  le  sang,  en  le  répandant  autour de  l'autel  qui  est  devant  la  porte  du  ta- bernacle.
G.  Ils  enlèveront  la  peau  de  la  victime, et  ils  en  couperont  les  membres  par  mor- ceaux.
7.  Ils  mettront  le  feu  sous  l'autel , après  avoir  auparavant  préparé  le  bois.
8.  Ils  arrangeront  dessus  les  membres qui  auront  été  coupés  ;  savoir  :  la  tête  et tout  ce  qui  tient  au  foie,
9.  Les  intestins  et  les  pieds,  lavés  au- paravant dans  l'eau  ;  et  le  prêtre  les  brû- lera sur  l'autel  pour  être  au  Seigneur  un holocauste  d'agréable  odeur.
10.  Que  si  l'offrande  est  de  petit  bétail, c'est-à-dire  si  c'est  un  holocauste  de  bre- bis ou  de  chèvres ,  celui  qui  l'offre  choi- sira un  mâle  sans  tache,
en  vue  des  instructions  qui  suivent,  en  gros  bé- tail (de  bobus ,  hébr.  bâqar)  et  en  petit  bétail iovlbïis,  hébr.:  s'ôn).  —  Si  holocaustum.  Le  sub- stantif 'olah  n'indique  étj'mologiquemeDt  que  «  ce qui  monte  »  sur  l'autel  ;  mais  il  devint  de  bonne heure  technique ,  pour  marquer  les  victimes  que l'on  brûlait  intégralement  sur  l'autel  ;  de  lu, l'exacte  traduction  de  la  Vulg.,  d'après  les  LXX. Cf.  Gen.  vus,  20,  et  le  commentaire. —  Oblatio: de  nouveau  qorbân.  —  De  annento  :  baqâr,  le  mot traduit  plus  haut  par  «  bobus  ».  —  Masculum. De  même  dans  tous  les  sacrifices  les  plus  impor- tants, les  animaux  mâles  aj'ant  plus  de  valeur. L'offrande  des  femelles  était  autorisée  pour  les sacrifices  pacifiques  (m,  1,  6),  et  rigoureusement prescrite  pour  certains  sacrifices  expiatoires  (iv, 28,  32  ;  V,  6,  etc.). —  Immaculatum.  Mieux  :  sans défaut  ( favnim ) ;  autrement,  c'eiit  été  faire  in- jure à  Dieu.  —  Ad  ostium  tabernaculi.  C. -à-d. dans  la  cour,  entre  l'autel  et  l'entrée  du  Saint. Voy.  Ex.  XL,  26-27,  et  VAtl.  arcMol.,  pi.  xcvi, flg.  1.  —  Ad  placandum,...  L'hébr.  dit  avec  une nuance  :  pour  obtenir  la  faveur  de  Jéhovah.
4-5.  La  consécration  et  l'immolation  de  la  vic- time.—  Ponet...  manum...  Belle  cérémonie,  ac- complie par  le  donataire,  qui  s'identifiait  ainsi avec  la  victime,  et  faisait  d'elle  son  représentant devant  Dieu  in  expiationcm.  Nous  retrouverons ce  rite  dans  la  plupart  des  sacrifices.  Cf.  m,  2,
7,  13;  IV,  4,  15,  24;  vur,  14,  22,  etc.  —  Immo- labit...  coram  Domino.  C.-à-d.  en  avant  du  ta- bernacle. Les  deux  expressions  sont  employées alternativement  dans  le  même  sens.  Cf.  m,  2,
8,  13,  etc.  Le  donataire  immolait  la  victime  en
lui  tranchant  rapidement  la  gorge.  Un  prêtre était  là  pour  recueillir  le  sang  dans  une  coupe et  pour  le  verser  ensuite  per  altaris  circuitum (l'autel  des  holocaustes).  Voyez  l'Atlas  archéol., pi.  cvi,  fig.  8.
G -9.  La  victime  est  consumée  sur  l'autel.  — Toute  cette  partie  de  la  cérémonie  était  accom- plie par  les  prêtres.  !<>  Detracta  pelle  :  cette  dé- pouille était  assignée,  dans  l'holocauste,  au  mi- nistre offlciant  (cf.  vu,  8);  2°  artus  in  frusta..., non  d'une  façon  arbitraire ,  mais  en  séparant  les membres  un  à  un ,  d'a])rès  leur  conformation  na- turelle; 3°  membra...  dtsuper  ordinantes,  éga- lement d'une  manière  systématique,  en  reconsti- tuant à  peu  près  l'animal  sur  l'autel  (Atlas  ar- cliéol.,  pi.  cvi,  fîg.  10  et  13)  ;  4°  intestinis...  lotis..., par  respect  pour  la  majesté  divine.  Le  trait subjicient...  ignem  (vers.  7)  ne  se  rapporte  qu'au premier  de  tous  les  sacrifices,  puisque,  à  partir de  ce  moment,  le  feu  sacré  dut  être  toujours entretenu  avec  le  plus  grand  soin  (vi,  13).  — Adolebit  est  une  excellente  ti'aduction  de  l'hébr. hiqtir,  expression  délicate,  qui  n'est  employée  dans la  Bible  que  pour  désigner  la  combustion  litur- gique de  l'encens,  de  l'huile  sainte  et  des  vic- times. —  Sur  la  métaphore  suavem  odorem  Do- mino,  fréquemment  répétée,  voy.  Gen.  viii,  21,
2°  Holocaustes  de  petit  bétail,  vers.  10-13.
10-11.  Le  choix  et  l'immolation  de  la  victime. —  De  pecoribus.  Hébr.  :  s' on  ;  le  menu  bétail ,  par opposition  aux  bœufs.  Cf.  vers.  2  et  3.  On  spé- cifie ensuite  :  de  ovibus  (les  moutons  en  géné- ral), ...de  capris.  —  Masculum...  Mêmes  règles que  précédemment.  Les  LXX  ajoutent,  à  la  fin
Lev.  I,  11-17.
327
1 1.  Et  il  l'immolera  devant  le  Seigneur, au  cCté  de  l'autel  qui  regarde  l'aquilon  ; et  les  enfants  d'Aaron  en  répandront  le sang  sur  l'autel,  tout  autour.
12.  Ils  en  couperont  les  membres,  la tête  et  tout  ce  qui  tient  au  foie,  qu'ils arrangeront  sur  le  bois  au-dessous  duquel ils  doivent  mettre  le  feu.
13.  Ils  laveront  dans  l'eau  les  intestins et  les  pieds,  et  le  i)rctre  brûlera  le  tout sur  l'autel  ai)rès  l'avoir  offert ,  pour  être au  Seigneur  un  holocauste  de  très  agréa- ble odeur.
14.  Si  l'on  offre  en  holocauste  au  Sei- gneur des  oiseaux,  savoir  :  des  tourte- relles ou  des  petits  de  colombe,
15.  Le  prêtre  offrira  la  victime  à  l'au- tel ;  et  lui  tournant  avec  violence  la  tête en  arrière  sur  le  cou,  il  lui  fera  une  plaie, par  laquelle  il  fera  couler  le  sang  sur  le bord  de  l'autel.
16.  Il  jettera  la  petite  vessie  du  gosier et  les  plumes  auprès  de  l'autel ,  du  côté de  l'orient,  au  lieu  où  l'on  a  coutume de  jeter  les  cendres.
17.  Il  lui  rompra  les  ailes  sans  les couper,  et  sans  diviser  la  victime  avec  le fer,  et  il  la  brûlera  sur  l'autel  après  avoir mis  le  feu  sous  le  bois.  C'est  un  holo- causte offert  au  Seigneur,  et  uneoblation d'une  très  agréable  odeur.
11.  Immolabitque  ad  latus  altaris, quod  respicit  ad  aquiloncm,  coram  Do- mino ;  sanguinem  vero  illius  fundent super  altare  tilii  Aaron  per  circuitum  ;
12.  Dividentque  membra,  caput,  et omnia  quae  adhœrent  jecori;  et  ponent super  ligna ,  quibus  subjiciendus  est ignis  ;
13.  Intestina  vero  et  pedes  lavabunt aqua  ;  et  oblata  omnia  adolebit  sacerdos super  altare,  in  holocaustum  et  odorem suavissimum  Domino.
14.  Si  autem  de  avibus  holocausti oblatio  fuerit  Domino,  de  turturibus,  aut pullis  columbse,
15.  Offeret  eam  sacerdos  ad  altare  ;  et retorto  ad  coUum  capite,  ac  rupto  vul- neris  loco,  decurrere  faciet  sanguinem super  crepidinem  altaris  ;
16.  Vesiculam  vero  gutturis,  et  plumas projiciet  prope  altare  ad  orientalem  pla- gam,  in  loco  in  quo  cineres  effundi soient  ;
17.  Confringetque  ascellas  ejus,  et  non secabit,  neque  ferro  dividet  eam,  et adolebit  super  altare,  lignis  igné  sup- posito.  Holocaustum  est  et  oblatio  sua- vissimi  odoris  Domino.
du  vers.  10  :  xa\  tTzib'f\<jii,  x-rjv  x^'P"^  ^'^'^  ''^^'^ y.eçaXriV  auToO.  Quoique  ces  mots,  relatifs  à  la consécration  de  la  victime  (  vers.  4  ) ,  ne  soient pas  dans  le  texte  primitif,  le  fait  qu'ils  expriment est  exact.  — Ad  latus...  quod...  ad  aquUonem  : sans  doute  parce  que  c'était  l'endroit  le  plus  com- mode. En  effet,  on  jetait  les  cendres  de  l'autel à  l'est,  vers.  16;  à  l'ouest  se  trouvait  le  bassin d'airain  ;  au  sud ,  l'escalier  ou  plan  incliné  qui conduisait  à  l'autel  ;  le  côté  du  nord  restait  donc seul  libre  et  dégagé.  Nous  trouverons  (iv,  24, 29,  33;  vu,  2)  une  prescription  analogue  pour les  sacriflcos  pi'opitiatoires.  D'après  la  tradition juive,  les  sacrifices  pacifiques,  pour  lesquels  il n'y  a  aucune  indication  de  ce  genre,  étaient  im- molés en  n'importe  quel  endroit  de  la  cour,
12-13.  La  victime  est  dépecée  et  brûlée  sur l'autel,  comme  plus  haut,  vers.  6-9.  —  Quce adhœrcnt  jecori.  Hébr.  :  la  graisse.  De  même  au vers.  8,
30  Holocaustes  d'oiseaux,  vers.  14-17.
14.  Choix  de  la  victime.  —  D'abord  l'idée  gé- nérale :  de  avibus.  Remarquez  la  gradation  des- ccnda.i..e  :  bœufs,  moutons  ou  chôvrcs,  simples oiseaux.  Le  Seigneur  ne  voulait  pas  quo  son  culte fut  u.ie  trop  lourde  charge  aux  indigents.  Cf.  v, 7-il  :  x;i.  8,  etc.  En  outre,  les  sacrifices  d'oiseaux étaient  .lomniémcnt  prescrits  en  différentes  cir- constances (xv,  14,  20;  Nuni.  vi,  10).  —  On  dé- tcrmlnciplus  clairement  les  deux  espèces  d'oiseaux
qui  pouvaient  servir  aux  holocaustes  :  1°  de  tur- turibus, la  tourterelle  commune,  ou  «■  turtur auritus  » ,  qui  fréquente  la  Palestine  par  grandes troupes  durant  ime  partie  notable  de  l'année  (cf. Cant.  II,  11-12;  Jer.  viri,  7;  voyez  VAtl.  d'hist. nat.,  pi.  Lxvni,  fig.  6);  2°  2^''^^lis  cohnnbce,  les  pi- geons de  toutes  sortes ,  qui  abondent  pareillement en  Terre  sainte  (cf.  Is.  lx,  8;  voy.  VAtl.  d'hist. nat,  pi.  Lxviii ,  flg.  3  et  4  ).
15-17.  L'immolation  et  la  combustion  de  la victime.  —  Un  rite  spécial  est  marqué  pour l'immolation  des  oiseaux.  Il  consistait  en  quatre opérations  successives,  accomplies  par  le  prêtre de  service.  1«  Retorto...,  ac  rupto  vulneris  loco. Le  verbe  hébr.  malaq,  employé  seulement  ici  et V,  8,  signifierait,  suivant  les  uns,  replier  vivement en  arrière;  selon  les  autres,  ouvrir  avec  l'ongle: la  Vulgato  a  réuni  les  deux  interprétations  dans ce  passage,  et  il  est  probable  qu'elle  a  raison. Les  monuments  égyptiens  reproduisent  assez  fré- quemment cette  cérémonie  (Atl.archéol.,  pi.  cviii, fig.  7).  —  2°  Decurrere  faciet...  En  hébr.:  il  fera couler  goutte  .'i  goutte;  trait  naturel  et  pitto- resque. —  3»  Vesiculam...  et  plumas.  D'après  On- kélos ,  le  syriaque ,  etc.  :  «  le  gésier  et  sa  fiente.  » Le  second  mot  hébreu  est  obscur.  —  In  loco  quo cl'ûeres...  On  enlevait  fréquemment  les  cendres  de l'autel,  qu'elles  auraient  encombré,  et  on  les  ac- cumulait d'abord  tout  à  côté,  à  la  face  orientale; puis,  lorsqu'elles  formaient  un  amas  gênant,  on  les
Î28
Lev.  II,  1-5
CHAPITRE   II
1.  Anima  cum  obtulerit  oblationem Scicrificii  Domino,  simila  erit  ejus  obla- tio  ;  fundetque  super  eam  oleum,  et ponet  tLus,
2.  Ac  deferet  ad  filios  Aaron  sacerdotes  ; quorum  unus  tollet  pugillum  plénum similas  et  olei,  ac  totum  thus,  et  ponet memoriale  super  altare  in  odorem  sua- vissimum  Domino.
3.  Quod  autem  reliquum  fuerit  de saerificio,  erit  Aaron  et  filiorum  ejus, sanctum  sanctorum  de  oblationibus  Do- mini.
4.  Cum  autem  obtuleris  sacrificium coctum  in  clibano ,  de  simila ,  panes  sci- licet  absque  fermento,  conspersos  oleo, et  lagana  azyma  oleo  lita.
5,  Si  oblatio  tua  fuerit  de  sartagine, similse  conspersse  oleo  et  absque  fer- mento.
1.  Lorsqu'un  homme  présentera  au  Sei- gneur une  oblation  en  sacrifice,  son  obla- tion  sera  de  pure  farine ,  sur  laquelle  il répandra  de  l'huile  et  y  ajoutera  de  l'en- cens.
2.  Il  la  portera  aux  prêtres  enfants d' Aaron  ;  et  l'un  d'eux  prendra  une  poi- gnée de  farine,  et  de  l'huile,  et  tout  l'en- cens, et  il  les  fera  brûler  sur  l'autel comme  un  mémorial  et  comme  un  parfum très  agréable  au  Seigneur.
3.  Ce  qui  restera  du  sacrifice  sera  pour Aaron  et  ses  fils ,  et  sera  très  saint  parmi les  oblations  du  Seigneur.
4.  Mais  lorsque  vous  offiirez  un  sa- crifice de  farine  cuite  au  four,  ce  seront des  pains  sans  levain,  dont  la  farine aura  été  mêlée  d'huile,  et  de  petits  gâ- teaux sans  levain  arrosés  d'huile  par- dessus.
5.  Si  votre  oblation  se  fait  d'une  chose frite  dans  la  poêle,  elle  sera  de  fleur  do farine  détrempée  dans  l'huile  et  sans  le- vain ;
portait  hors  du  camp,  dans  un  lieu  spécialement choisi.  Cf.  rv,  12  ;  vi,  11,  —  Confringet  ascellas,.. C.-à-d.  qu'il  fallait  arracher  les  ailes  à  demi,  sans les  séparer  du  corps  de  l'oiseau.  Autre  opération représentée  sur  les  monuments  égyptiens  (Atl. archéol.,  pi.  cvin,  fig.  7).  Quelques  interprètes traduisent  :  Il  fendra  l'oiseau  entre  les  aUes (pour  enlever  les  entrailles),  il  ne  le  divisera pas  (en  entier,  comme  on  le  pratiquait  pour  les grandes  victimes).  Voyez  V.  Ancessi,  l'Egypte et  Moïse,  Paris,  1875,  pp.  113  et  ss.  :  le  sacri- fice des  colombes  d'après  les  monuments  égyp- tiens.
§  II.  —  Rites  des  sacrifices  non  sanglants. II,  1-16.
1°  Les  offi'andes  de  farine,  vers.  1-3.
Chap.  IL  —  1-2.  La  part  de  Dieu.  —  OUa- tlonem  sacrificii.  D'après  l'hébr.  :  un  qorhân minhah.  Sur  le  premier  de  ces  noms,  voyez  la note  de  i ,  2''.  Le  second  désigne  en  général un  don ,  un  présent ,  offert  à  quelqu'un  pour obtenir  sa  faveur  (cf.  Gen.  xxxii,  21-22;  xlhi, 11,  15,  etc.);  mais,  dans  le  rituel  Israélite,  il  est synonyme  de  sacrifice  non  sanglant,  d'offrande végétale,  par  opposition  aux  sacrifices  sanglants (z'bâhim).  —  Simila.  L'hébr.  solet  représente  la fine  fleur  de  la  farine  du  froment.  Cf.  Ex.  xxix,  2. —  Quatre  rites  à  observer  pour  cette  sorte  d'o- blation.  Les  trois  premiers  (fundet...  oleum,  ponet thus,  deferet...)  étaient  accomplis  par  le  dona-
taire ;  le  quatrième ,  par  les  prêtres  :  tollet  pu- gillum... L'expression  ponet  memoriale  est  gra- cieuse et  énergique.  L'acte  du  prêtre  rafraîchis- sait en  quelque  sorte  dans  le  cœur  de  Dieu  le souvenir  du  donataire,  de  même  qu'un  présent nous  rappelle  l'ami  qui  nous  l'a  offert.
3.  La  part  des  prêtres.  —  Quod  reliquum... de  saerificio  (de  la  minhah).  Ces  restes  étaient parfois  considérables,  quand  l'offrande  avait  été généreuse.  —  Sanctum  sanctorum.  Superlatif  à la  façon  hébraïque  :  tout  à  fait  sainte.  Cf.  Ex. XXVI,  33,  etc.  Les  différentes  oblations  étaient rangées  en  deux  catégories  :  les  très  saintes , comme  celle  dont  il  est  ici  question ,  et  les  moins saintes  (  «  sanctum  »  ).  Les  premières  étaient  ré- servées exclusivement,  dans  leur  intégrité,  à l'autel  et  aux  prêtres,  et  ceux-ci  devaient  con- sommer leur  part  dans  la  cour  du  tabernacle, sans  en  rien  porter  au  dehors.  Cf.  \i,  17-18; vn,  1,6;  XXIV,  9,  etc.  Une  portion  des  secondes revenait  au  donataire,  et  les  prêtres  pouvaient manger  leur  propre  part  chez  eux  avec  leurs femmes  et  leurs  enfants.  Cf.  x,  12-14;  xxn.  H, 13;  xxiii,  20;  Num.  vi,  20;  xviii,  17.
2»  Les  offrandes  de  pain,  vers.  4-10.
4-7.  Énumération  de  ces  offrandes,  d'après leurs  différentes  espèces.  Plus  haut,  vers.  1-3, les  sacrifices  consistaient  simplement  en  farine  ; ici  on  offre  de  la  farine  pétrie  et  ayant  subi  di- vers genres  de  cuisson.  —  1°  Offrandes  cuites au  four  (tanmir,  le  petit  four  portatif  usité  en
Lev.  II,  G -14.
329
6.  Vous  la  couperez  par  petits  mor- ceaux et  vous  répaudrez  de  l'huile  par- dessus.
7.  Si  le  sacrifice  se  fait  d'une  chose cuite  sur  le  gril,  vous  môierez  aussi  la fleur  de  farine  avec  l'huile  ;
8.  Et  l'oi^raut  ou  Soigneur,  vous  la mettrez  entre  les  mains  du  prêtre,
9.  Qui,  l'ayant  olïerte,  prélèvera  du sacrifice  ce  qui  doit  en  être  le  mémorial, et  le  brûlera  sur  l'autel  comme  un  par- fum agréable  au  Seigneur.
10.  Tout  ce  qui  en  restera  sera  pour Aaron  et  pour  ses  fils ,  comme  une  chose très  sainte  parmi  les  oblations  du  Sei- gneur.
11.  Toute  oblation  qui  s'offre  au  Sei- gneur se  fera  sans  levain ,  et  vous  ne  brû- lerez sur  l'autel  ni  levain  ni  miel  en  sa- crifice au  Seigneur.
12.  Vous  les  offrirez  seulement  comme des  prémices  et  comme  des  dons  ;  mais on  ne  les  mettra  point  sur  l'autel  pour être  une  oblation  d'agréable  odeur.
13.  Vous  assaisonnerez  avec  le  sel  tout ce  que  vous  offiirez  en  sacrifice,  et  vous ne  retrancherez  point  de  votre  sacrifice le  sel  de  l'alliance  de  votre  Dieu.  Vous ofîi'irez  le  sel  dans  toutes  vos  oblations.
14.  Si  vous  présentez  au  Seignem*  une oblation  des  prémices  de  vos  grains ,  des épis  encore  verts ,  vous  les  ferez  rôtir  au
6.  Di vides  eam  minutatim,  et  fundes super  eam  oleum.
7.  Sin  autem  de  craticula  fuerit  sacri- ficium ,  œque  simila  oleo  conspergetur  ;
8  Quam  offercns  Domino,  trades  ma- nibns  sacerdotis,
9.  Qui  jum  obtulerit  eam,  tollet  me- moriale  de  sacrilicio;  et  adolebit  su})er altare,  in  odorem  suavitatis  Domino.
10  Quidquid  autem  reliquum  est,  erit Aaron,  et  fiîiorum  ejus,  sanctum  sancto- rum  de  oblationibus  Domini.
11.  Omnis  oblatio,  qu^ie  offertur  Do- mino, absque  fermento  fiet,  nec  quid- quam  fermenti  ac  mellis  adolebitur  in sacrifîcio  Domino.
12.  Primitias  tantum  eorum  offeretis ac  munera  ;  super  altare  vero  non  impo- nentur  in  odorem  suavitatis.
13.  Quidquid  obtuleris  sacrificii,  sale condies,  nec  auferes  sal  fœderis  Dei  tui de  sacrifîcio  tuo.  In  omni  oblatione  tua offeres  sal.
14.  Si  autem  obtuleris  munus  priraa- rum  frugum  tuarum  Domino  de  spicis adhuc  virentibus,  torrebis  igni,  et  con-
Orient;  A'oyez  Ex.  xii,  34  et  le  commentaire,  et V Atlas  archéol.,  pi,  xlii,  fig.  9-11).  Le  Législa- teur établit  une  distinction  entre  les  pains  ou gâteaux  plus  épais,  nommés  liàllot  en  hébreu, parce  qu'ils  étaient  ce  piquetés  »  à  la  surface , comme  les  pains  azymes  actuels  (.AU.  archéol., pi.  cv,  fig.  4),  et  les  lagana  (.T'qiqim,  les «  grêles  »),  ou  galettes  très  minces.  —  2°  De sartagine  (vers.  5-6).  Dans  ce  cas,  les  gâteaux devaient  être  brisés  minutatim  avant  d'être  of- ferts. Sur  la  sartago,  voj'cz  Ez,  rv,  3,  et  VAtl. archéol.,  pi.  xx,  fig.  12;  pi.  xlii,  fig.  15.  — 3°  De  craticula.  Non  pas  le  gril,  mais,  d'après les  meilleurs  hcbraïsants,  un  pot  plus  profond que  la  poêle,  où  l'on  faisait  bouillir  les  gâteaux dans  l'huile,  comme  plusieurs  de  nos  pâtisseries.
8-10.  La  part  de  Dieu  et  celle  des  prêtres,  sans mesure  bien  déterminée.    .
30  Le  levain  et  le  miel  sont  exclus  de  tous  les sacrifices,  le  sel  est  requis  dans  tous,  vers.  11-13.
11-12.  Proscription  du  levain  et  du  miel.  — Omnis  ohlatio.  Hébr,  :  minliah,  tout  sacrifice non  sanglant.  —  Absque  fermento,  le  levain  étant l'cgardé  comme  impur.  Voyez  I  Cor.  v,  7.  — Nec  quidquam...  vieVis.  Le  motif  est  le  même, car  les  anciens  cmploj%aicnt  le  miel  pour  produire la  fermentation.  Cf.  Pline,  Hist.  nat.,  xt,  15; XXI,  49.  —  Primitias...  eoram  et  munera.  Hébr.: Vous  les  offrirez  au  Seigneur  en  offrande  iqorbân)
do  prémices.  Quoique  exclus  comme  matières  de sacrifices,  le  levain  et  le  miel  rentraient  donc dans  la  catégorie  des  productions  soumises  à  la loi  des  prémices.  Cf.  xxiii,  17;  II  Par.  xxxi,  5. 13.  Le  sel  est  requis  dans  tous  les  sacrifices.
—  La  présente  ordonnance  ne  s'applique  d'une manière  immédiate  qu'aux  sacrifices  non  san- glants (les  mots  sacrificii  et  oblatione  tradui- sent l'hébreu  minkah  )  ;  mais  nous  savons  par d'autres  passages  qu'elle  concernait  aussi  les  sa- crifices sanglants.  Cf.  Ez.  xliii,  24;  Marc,  ix, 49-50.  Le  sel  est  le  contraire  du  levain,  puis- qu'il empêche  la  putréfaction.  Il  est  par  là  même le  symbole  de  la  fidélité,  de  la  stabilité.  De  là vient  la  belle  expression  sal  fœderis,  qu'on  re- trouve Num.  xviii,  19  ;  II  Par.  xiii,  5.  Les  Ai'abes la  réalisent  à  la  lettre  lorsqu'ils  concluent  une con^•ention ,  chacune  des  parties  contractantes mangeant  une  pincée  de  sel.
4"  Offrandes  de  fruits  nouveaux,  vers.  14-16.
14-16,  Miinus  représente  à  son  tour  le  mot minliah,  qui  revient  si  fréquemment  dans  ce chapitre.  —  De  spicis  adhuc  virentibus  :  telle  est la  matière  de  cette  troisième  espèce  de  sacrifice non  sanglant.  On  suppose  des  épis  de  froment dans  lequel  le  grain  est  déjà  bien  formé,  quoi- qu'il no  soit  pas  encore  parvenu  à  sa  maturité.
—  Torrebis  igni.  Premier  rite.  Les  épis,  ainsi grillés,  ont  toujours  été  un  mets  très  goûté  des
330
Lev.  Il,  15  —  III,  6.
fringes  in  morem  fariis,  et  sic  offeres primitias  tuas  Domino,
15.  Fundens  supra  oleum,  et  thus imponens,  quia  oblatio  Domini  est;
IG.  De  qua  adolebit  sacerdos  in  me- moriara  muneris,  partem  farris  fracti,  et olei,  ac  totum  tlius.
feu,  vous  les  broierez  comme  l'on  fait des  grains  de  froment,  et  vous  offrirez ainsi  a^os  prémices  au  Seigneur,
15.  Képandant  l'huile  par-dessus  et  y ajoutant  l'encens,  parce  que  c'est  l'obla- tion  du  Seigneur.
16.  Le  prêtre  brûlera,  en  mémoire  du présent  qui  aura  été  fait  à  Dieu,  une partie  du  froment  qui  aura  été  broyé,  et de  l'huile,  et  tout  l'encens.
CHAPITRE  III
1.  Quod  si  hostia  pacificorum  fuerit ejus  oblatio,  et  de  bobus  voluerit  ofïerre, maremsive  feminam,  immaculata  offeret coram  Domino  ;
2.  Ponetque  manum  super  caput  vi- ctimae  suœ,  quse  immolabitur  in  introitu tabernaculi  testimonii,  fundentque  filii Aaron  sacerdotes  sanguinem  per  altaris circuitum ,
3.  Et  ofîerent  de  hostia  pacificorum, in  oblationem  Domino ,  adipem  qui operit  vitalia,  et  quidquid  pinguedinis est  intrinsecus,
4.  Duos  renés  cum  adipe  quo  teguntur ilia,  et  reticulum  jecoris  cum  renunculis  ;
5.  Adolebuntque  ea  super  altare  in holocaustum,  lignis  igné  supposito,  in oblationem  suavissimi  odoris  Domino.
6.  Si  vero  de  ovibus  fuerit  ejus  obla- tio et  pacificorum  hostia,  sive  masculum obtulerit ,  sive  feminam  ,  immaculata erunt.
1.  Si  quelqu'un  offre  une  hostie  paci- fique, et  s'il  veut  faire  une  oblation  de bœufs ,  il  offrira  au  Seigneur  un  mâle  ou une  femelle  sans  tache ,
2.  Et  il  mettra  la  main  sur  la  tête  de la  victime,  qui  sera  immolée  à  l'entrée  du tabernacle  du  témoignage;  et  les  prêtres, fils  d'Aaron,  répandront  le  sang  autour de  l'autel.
3.  Ils  offriront  au  Seigneur  la  graisse qui  couvre  les  entrailles  de  l'hostie  paci- fique, et  tout  ce  qu'il  y  a  de  graisse  au dedans,
4.  Les  deux  reins  avec  la  graisse  qui couvre  les  flancs ,  et  la  taie  du  foie  avec les  reins  ;
5.  Et  ils  feront  brûler  tout  cela  sur l'autel  en  holocauste ,  après  avoir  mis  le feu  sous  le  bois,  pour  être  une  oblation d'une  odeur  très  agréable  au  Seigneur,
6.  Si  quelqu'un  offre  une  hostie  paci- fique de  menu  bétail,  soit  qu'il  offre  un mâle  ou  une  femelle,  ils  seront  sans tache.
Orientaux.  Cf.  xxm,  14;  Jos.  v,  11;  I  Reg.  xvii, 17;  Ruth,  II,  14,  etc.  —  Confringcs...  Second rite.  Les  rites  suivants,  fundens...  oleum,  thus imponens,  adolehit,  ne  diffèrent  pas  de  ceux qui  ont  été  marqués  plus  haut  (vers.  2).
§  III.  —  Les  sacrifices  pacifiques.  III,  1-17.
1°  Rites  de  ces  sacrifices  quand  la  victime était  tin  bœuf  ou  ime  génisse,  vers.  1-5.
Chap.  III. —  1-2».  Le  rôle  du  donataire.  — Hostia  pacifLCorum.  En  liébr.:  è'iâmim,  de  la  ra- cine §alôm,  paix.  C'est  le  nom  tecbniqvie  de  ces sacrifices,  qui  avaient  pour  but  direct  tantôt l'action  de  grâces,  tantôt  l'irapétration  de  nou- velles faveurs. —  Marem  aut  feminam ,  au  gré du  donataire.  Voyez  la  note  de  i,  3. —  Ponet... manum...  La  plupart  des  rites  sont  identiques à  ceux  de  l'holocauste  ;  ceux  qui  diffèrent  con- cernent l'emploi  des  chairs, aux  versets  suivants.
2'' -5.  Le  rôle  des  prêtres.  —  Au  lieu  de  brûler
toute  la  victime  en  riionneur  de  Jéhovah,  on n'en  consumait  qu'une  partie  sur  l'autel  (in  obla- tionem; hébr.  'isseh,  de  'es,  feu),  savoir  :  adipem qui...  vitalia,  c.-ù-d.  le  réseau  de  graisse  qui entoure  les  entrailles  des  mammifères,  et  sur- tout des  ruminants;  quidquid...  intrinsecus,  la graisse  qui  adhère  immédiatement  aux  viscères; les  doux  rognons  et  la  graisse  dont  ils  sont  en- vironnés; reticulum  jecoris  {cum  renunculis; hébr.:  qu'il  détachera  près  des  rognons),  c- il -d. r  «  omentum  minus  »,  ou  enveloppe  graisseuse  du foie  (selon  d'autres,  d'après  les  LXX ,  le  gros  lobe du  foie).  Plus  bas,  vu,  15-20,  nous  verrons  que le  reste  de  la  chair  des  victimes  pacifiques  était réservé  soit  au  prêtre  officiant,  soit  au  donataire.
2°  Rites  des  sacrifices  pacifiques  quand  la  vic- time était  de  menu  bétail,  vers.  6-16».
6.  Règle  générale  pour  le  choix  de  la  victime  : immaculata  erant. —  De  ovibus.  L'hébr.  .s'dn  dé- signe simultanément  les  moutons  et  les  chèvres.
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7.  S'il  offre  un  agneau  devant  le  Sei- gneur,
8.  Il  mettra  la  main  sur  la  tête  de  sa victime,  qui  sera  immolée  à  l'entrée  du tabernacle  du  témoignage  ;  les  fils  d'Aa- ron  en  répandront  le  sang  autour  de  l'au- tel,
9.  Et  ils  offriront  de  cette  hostie  paci- fique, en  sacrifice  au  Seigneur,  la  graisse et  la  queue  entière ,
10.  Avec  les  reins  et  la  graisse  qui couvre  le  ventre  et  toutes  les  entrailles, l'un  et  l'autre  rein  avec  la  graisse  qui couvre  les  flancs,  et  la  membrane  du foie  avec  les  reins  ;
11.  Et  le  prêtre  fera  brûler  tout  cela sur  l'autel  pour  être  la  pfiture  du  feu ,  et servir  à  l'oblation  qu'on  fait  au  Sei- gneur.
12.  Si  rofïi'ande  consiste  en  une  chèvre, celui  qui  la  présentera  au  Seigneur
13.  Lui  mettra  la  main  sur  la  tête,  et l'immolera  à  l'entrée  du  tabernacle  du témoignage  ;  les  fils  d'Aaron  en  répan- dront le  sang  autour  de  l'autel ,
14.  Et  ils  prendront  de  la  victime,  pour entretenir  le  feu  du  Seigneur ,  la  graisse qui  couvre  le  ventre  et  toutes  les  en- trailles ,
15.  Les  deux  reins  avec  la  taie  qui  est dessus,  pi"ès  des  flancs,  et  la  graisse  du foie  avec  les  reins  ;
16.  Et  le  prêtre  les  fera  brûler  sur  l'au- tel, afin  qu'ils  soient  la  nourriture  du feu  et  une  oblation  d'agréable  odeur. Toute  la  graisse  aj^partiendra  au  Sei- gneur ,
17.  Par  un  droit  perpétuel  de  race  en race,  et  dans  toutes  vos  demeures,  et vous  ne  mangerez  jamais  ni  sang  ni graisse.
Lev.  m,  7-17.  331
7.  Si  agnum  obtulerit  coram  Domino,
8.  Ponet  manum  suam  super  caput victimse  suce,  quœ  immolabitur  in  vesti- bule tabernaculi  testimonii  ;  f  undentque filii  Aaron  sanguinem  ejus  per  circuitum altaris ,
9.  Et  ofEerent  de  pacificorum  hostia  ; sacrificium  Domino  :  adipem  et  caudam totam  ^
10.  Cum  renibus,  et  pinguedinem  quse operit  ventrem  atque  universa  vitalia, et  utrumque  renunculum  cura  adipe  qui est  juxta  ilia,  reticulumque  jecoris  cum renunculis  ;
1 1.  Et  adolebit  ea  sacerdos  super  altare, in  pabulum  ignis  et  oblationis  Domini.
12.  Si  capra  fuerit  ejus  oblatio,  et  ob- tulerit eam  Domino,
13.  Ponet  manum  suam  super  caput ejus,  immolabitque  eam  in  introitu  ta- bernaculi testimonii  ;  et  f  undent  filii Aaron  sanguinem  ejus  per  altaris  cir- cuitum ,
14.  Tollentque  ex  ea ,  in  pastum  ignis dominici,  adipem  qui  operit  ventrem  et qui  tegit  universa  vitalia,
15.  Duos  renunculos  cum  réticule, quod  est  super  eos  juxta  ilia,  et  arvinam jecoris  cum  renunculis  ;
16.  Adolebitque  ea  super  altare  sacer- dos, in  alimoniam  ignis,  et  suavissimi odoris.  Omnis  adeps  Domini  erit
17.  Jure  perpétue  generationibus  et cunctis  habitaculis  vestris;  nec  sangui- nem nec  adipem  omnino  comedetis.
7-11.  Règles  spéciales  pour  le  sacrifice  des montons.  —  Agnum.  Le  mot  Jdseh  du  texte  pri- mitif indique  plutôt  un  animal  entièrement formé.  —  Dans  les  rites  à  accomplir  par  le  prêtre, nous  n'avons  à  relever  que  le  détail  caudam totara  (vers.  9)  :  la  queue  épaisse,  lourde  et graisseuse,  déjà  mentionnée  antérieurement,  Ex. XXIX,  22.
12 -IG».  Règles  spéciales  pour  le  sacrifice  des chèvres.  —  La  différence  ne  provient  guèi'C  que de  cette  même  queue  grasse,  dont  les  chèvres orientales  sont  dépourvues  comme  les  nôtres.
3°  Interdiction  de  la  graisse  et  du  sang  des animaux  pour  les  usages  profanes,  vers.  IC^J-l?.
1G''-17.  A  la  combustion  des  parties  grasses
des  victimes  sur  l'autel,  le  divin  Législateur  rat- tache une  prescription  générale.  —  Omnis  adeps Domini  erit.  C'est  le  principe,  solennellement énoncé  ;  d'où  la  conclusion  :  nec...  omnino  come- detis. Par  adeps,  il  faut  entendre  ici  les  parties grasses  citées  plus  haut  (vers.  3-4,  9-10,  14-15), non  toutefois  la  graisse  qui  est  mêlée  aux  chairs. Dieu  se  réservait  ainsi  les  portions  de  viande  ré- putées les  meilleures  par  les  Orientaux  ;  mais  ce sont  en  même  temps  les  plus  malsaines  dans les  pays  chauds.  Il  y  a  donc  tout  ensemble,  dans cette  prohibition ,  une  base  religieuse  et  une  base hygiénique.  Cf.Guéneau  de  Mussy,  Étude  sur  VJiy- giène  de  Moïse,  Paris,  1885.  —  Nec  sanguinem.,. Voyez  G  en.  ix,  3.
Lev.  IV,  1-7.
CHAPITRE    IV
1.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moysen, dicciis  :
2.  Loquere  fiiiis  Israël  :  Anima  quse peccaverit  ])er  ignoraiitiam,  et  de  uni- versis  niandatis  Domini,  quse  prsecepit ut  non  lièrent ,  quidpiam  f  ecerit  ;
3.  Si  sacerdos,  qui  unctus  est,  pecca- verit, delinquere  faciens  populum,  ofïe- ret  pro  peccato  suo  vituluni  immaculatum Domino  ;
4.  Et  adducet  illum  ad  ostium  taber- naculi  testimonii  coram  Domino,  ponet- que  manum  super  caput  ejus,  et  immo- labit  eum  Domino.
5.  Hauriet  quoque  de  sanguine  vituli, inferens  illum  in  tabernaculiim  testi- monii ;
6.  Cumque  intinxerit  digitum  in  san- guine, asperget  eo  septies  coram  Domino contra  vélum  sanctuarii.
7.  Ponetque  de  eodem  sanguine  super coi'uua  altaris  tliymiamatis  gratissimi Do:nino,  quod  est  in  tabernaculo  testi- monii; omnem  autem  reliquum  sangui- nem  fundet  in  basim  altaris  holocausti in  introitu  tabernaculi.
1.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse, et  lui  dit  :
2.  Dites  ceci  aux  enfants  d'Israël  :  Lors- qu'un homme  aura  péché  par  ignorance, et  violé  quelqu'un  de  tous  les  comman- dements du  Seigneur,  en  faisant  quelque chose  qu'il  a  défendu  de  faire  ;
3.  Si  c'est  le  grand  prêtre,  muni  de l'onction  sainte,  qui  ait  péché,  faisant ainsi  pécher  le  peuple,  il  offrira  au  Sei- gneur, pour  son  péché,  un  veau  sans tache  ;
4.  Et  l'ayant  amené  à  l'entrée  du  ta- bernacle du  témoignage,  devant  le  Sei- gneur, il  lui  mettra  la  main  sur  la  tête, et  il  l'immolera  au  Seigneur.
5.  Il  prendra  aussi  du  sang  de  ce  veau, qu'il  portera  dans  le  tabernacle  du  té- moignage ;
6.  Et  ayant  trempé  son  doigt  dans  le sang,  il  en  fera  l'aspersion  sept  fois  en présence  du  Seigneur  devant  le  voile  du sanctuaire.
7.  Il  mettra  de  ce  même  sang  sur  les cornes  de  l'autel,  parfum  très  agréable au  Seigneur,  lequel  est  dans  le  taber- nacle du  témoignage  ;  et  il  répandra  tout le  reste  du  sang  au  pied  de  l'autel  des holocaustes  qui  est  à  l'entrée  du  taber- nacle.
§  IV.  —  Rites  des  sacrifices  pour  le  péché. IV,  1  —  V,  13.
lo  Preiilicr  cas  :  sacrifice  pour  le  péché  du grand  prôtrc.  IV,  1-12.
CiiAP.  IV.  —  1-2.  Formule  d'introduction, analogue  k  celle  de  i,  1-2.  Elle  domino  tout  ce q;ii  est  compris  jusqu'à  v,  13.  —  Peccaverit.  C'est là  l'idée  générale,  que  précisent  ensuite  les  mots per  ignorantiam.  L'iiébr.  hiSgâgcûi  signifie  lit- téralement :  par  égarement,  par  erreur  (de  la racine  sagah,  errer;  cf.  v,  18  dans  le  texte  ori- ginal; Num.  XV,  24-29).  D'après  les  LXX  : av.O'jn'.M^;  dans  l'ancienne  Itala  :  «  impruden- te". y>  Il  ne  s'agit  point  de  fautes  tout  à  fait  in- volontaires, assurément,  car  elles  n'auraient  pas eu  besoin  d'être  expiées  par  des  sacrifices  ;  néan- moins on  les  suppose  sans  préméditation,  sans malice  grave  :  quelque  négligence  ou  irréflexion coupable  les  avait  causées.  —  i:t  de  mandatis. La  conjonction  et  n'est  pas  dans  l'hébreu ,  où  on lit  simxjlcment  :  Lorsque  quelqu'un  (anima)  aura péché  par  erreur  contre  l'un  des  commande- ments... Dans  les  divers  cas  qui  vont  être  expo- sés, les  sacrifices  étaient  strictement  obligatoires,
et  point  laissés  à  la  dévotion  d'un  chacun,  comme aux  chap.  i-iii.  Le  Législateur  établit  différentes distinctions ,  selon  que  le  péché  avait  été  commis par  le  grand  prêtre  (iv,  3-12),  par  la  nation  en- tière (13-21),  par  le  chef  civil  du  peuple  (22-26), ou  par  un  simple  particulier  (27-35).  C'est  une gi'adation  descendante.
3-4.  La  victime  pour  le  péché  du  grand  prêtre.
—  Sacerdos,  qui  unctus...  Ces  mots  désignent  clai- rement le  pontife  suprême  de  la  théocratie;  car il  recevait  seul ,  parmi  tous  les  prêtres,  une  onc- tion complète.  Cf.  vers.  16;  vi,  12;  viii,  12;  xxi,  10; Ex.  XXIX,  7,  etc.  —  Delinquere  faciens...  Le  grand prêtre  étant  le  représentant  supérieur  de  la  nation Israélite ,  celle  -  ci  tout  entière  était  censée  avoir partagé  sa  faute. —  Vitulum:  un  jeune  taureau, la  victime  imposée  dans  ce  cas.
5  -  7.  L'emploi  du  sang  de  la  victime.  C'est  ici surtout  que  nous  trouvons  des  différences  carac- téristiques avec  les  autres  sacrifices.  —  Inferens in  tabernaculum  :  dans  la  partie  ap])elée  le  Saint.
—  Asperget...  contra  vélum  :  le  voile  qui  sépa- rait le  Saint  du  Saint  des  saints.  Derrière  ce  voile était  l'arche,  le  trône  de  Jéhovah  (coram  Do- mino).—Septies  >  parce  que  c'est  le  nombre  qui
Lev.  IV,  8-17.
333
8.  Il  prendra  la  graisse  du  veau  offert pour  le  péché,  tant  celle  qui  couvre  les entrailles  que  toute  celle  qui  est  au dedans  :
9.  Les  deux  reins,  et  la  taie  qui  est sur  les  reins ,  près  des  flancs ,  et  la  graisse du  foie  avec  les  reins ,
10.  Comme  on  les  ôte  du  veau  de l'hostie  pacifique;  et  il  les  brûlera  sur l'autel  des  holocaustes.
11.  Et  pour  ce  qui  est  de  la  peau  et  de toutes  les  chairs,  avec  la  tête,  les  pieds, les  intestins,  les  excréments,
12.  Et  tout  le  reste  du  corps,  il  les emportera  hors  du  camp,  dans  un  lieu pur,  où  l'on  a  coutume  de  répandre  les cendres  ;  et  il  les  brûlera  sur  du  bois  où il  aura  mis  le  feu ,  afin  qu  ils  soient  con- sumés au  lieu  où  les  cendres  sont  je- tées.
13.  Que  si  c'est  tout  le  peuple  d'Israël qui  se  soit  égaré,  et  qui  par  ignorance ait  commis  quelque  chose  contre  les  com- mandements du  Seigneur,
14.  Et  qu'il  reconnaisse  ensuite  son  pé- ché, il  offrira  pour  son  péché  un  veau qu'il  amènera  à  l'entrée  du  tabernacle.
15.  Les  plus  anciens  du  peuple  met- tront leurs  mains  sur  la  tête  de  la  vic- time devant  le  Seigneur,  et,  ayant  im- molé le  veau  en  la  présence  du  Sei- gneur ,
16.  Le  grand  prêtre  qui  a  reçu  l'onc- tion portera  du  sang  du  veau  dans  le tabernacle  du  témoignage;
17.  Et  ayant  trempé  son  doigt  dans  ce sang,  il  fera  sept  fois  l'aspersion  devant le  voile.
8.  Et  adipem  vituli  auferet  pro  pec- cato,  tam  eum  qui  vitalia  operit,  quam omnia  qute  intrinsecus  sunt  :
9.  Duos  renunculos ,  et  reticulum  quod est  super  eos  juxta  ilia,  et  adipem  jecoris cum  renunculis,
10.  Sicut  aufertur  de  vitulo  hostiae pacificorum  ;  et  adolebit  ea  super  altare holocausti.
11.  Pellem  vero  et  omnes  carnes,  cum capite  et  pedibus ,  et  intestinis  et  fimo ,
12.  Et  reliquo  corpore,  efferet  extra castra  in  locum  mundum,  ubi  cineres effundi  soient  ;  incendetque  ea  super lignorum  struem,  quae  in  loco  effusorum cinerum  cremabuntur.
13.  Quod  si  omnis  turba  Israël  igno- raverit,  et  per  imperitiam  fecerit  quod contra  mandatum  Domini  est,
14.  Et  postea  intellexerit  peccatum suum,  offeret  pro  peccato  suo  vrtulum, adducetque  eum  ad  ostium  tabernaculi.
15.  Et  ponent  seniores  populi  manus super  caput  ejus  coram  Domino  ;  immo- latoque  vitulo  in  conspectu  Domini,
16.  Inferet  sacerdos,  qui  unctus  est, de  sanguine  ejus  in  tabernaculum  testi- monii,
17.  Tincto  digito  aspergens  septics contra  vélum.
exprime ,  d'après  le  symbolisme  des  Hébreux ,  la perfection  d'un  acte.  —  Super  cornua  altaris... Voyez  Ex.  xxvn,  2,  et  le  commentaire.
8-10.  Emploi  des  meilleures  portions  de  la chair:  sicut...  liosliœ  'pacificorum.  Cf.  lu,  3-5. Elles  étaient  donc  consumées  sur  l'autel  des  ho- locaustes.
11  - 12.  Emploi  du  reste  des  chairs.  —  Nous allons  trouver  d'autres  rites  cai-actéristiques.  Pour les  holocaustes,  tout  était  brûlé  sur  l'autel;  tan- dis que,  dans  les  sacrifices  pacifiques,  une  portion notable  de  la  victime  revenait  aux  prêtres  et  aux donataires;  ici,  ce  qui  n'appartenait  pas  directe- ment à  Dieu  était  comme  profané  par  le  péché ^  expier  :  aussi  brûlait-on  la  peau  et  le  reste  des chairs  extra  castra,  loin  de  Dieu  en  quelque sorte.  Voyez,  Hebr.  xiii,  11-13,  une  très  belle application  de  ce  passage  au  sacrifice  de  Jésus- Christ,  qui  eut  lieu  en  dehors  de  Jérusalem.  — In  locum  mundum  ubi  cineres...  Cf.  i,  16,  et l'exiilication.  On  veillait  à  ce  que  le  local  choisi fût  convenable,  à  cause  du  caractère  sacré  de
ces  cendres,  tout  imprégnées  de  la  graisse  des victimes.
2»  Sacrifice  d'expiation  pour  le  péché  de  tout le  peuple.  IV,  13-21.
13-15.  Le  coupable  et  la  victime.  —  Omnis turba  Israël.  Voilà,  cette  fois,  l'auteur  de  la transgression  :  tout  Israël ,  envisagé  solidaire- ment ,  comme  formant  la  nation  théocratique.  — Ignoraverit.  Hébr.:  iSgu,  «  erraverint.  »  Voy.  la note  du  vers.  2.  —  Et  per  imperitiam...  Hébr.  : né'élam.  La  chose ,  d'abord,  «  était  restée  cachée;  » en  la  faisant,  on  n'avait  pas  complètement  re- marqué que  c'était  un  péché.  —  Ponent  seniores populi...  Les  notables  accomplissaient  ce  rite  au nom  de  tout  le  peuple.
16-21.  Emploi  du  sang  (16-18)  et  des  chairs (19-21)  de  la  victime.  Mêmes  règles  qu'aux  vers. 5-12.  —  Le  vers.  20  contient  pourtant  un  nou- veau détail,  qui  reviendra  très  fréquemment  : rogante  pro  eis  sacerdote ;  ou  plutôt,  d'après l'hébr.  :  Et  le  prêtre  fera  (  ainsi  )  pour  eux  l'ex- piation ilcippcr).
334
Lev.  IV,  18-29.
18.  Ponetqne  de  eodem  sanguine  in cornibus  altaris,  qnod  est  coram  Domino in  tabernaculo  testimonii  ;  reliquuni  au- tem  sanguinem  fundet  juxta  basim  alta- ris holocaustorum,  qiiod  est  in  ostio  ta- bernaculi  testimonii.
19.  Omnemqne  ejus  adipem  tollet,  et adolebit  sui)er  altare  ;
20.  Sic  faciens  et  de  lioc  vitulo  quo- modo  fecit  et  prius  ;  et  rogante  pro  eis sacerdote,  propitius  erit  eis  Dominus.
21.  Ipsum  autem  vitulum  efïeret  extra castra,  atque  comburet  sicut  et  priorem ^dtulum,  quia  est  pro  peccato  multitu- dinis.
22.  Si  peccaverit  princeps,  et  fecerit unum  e  pluribus  per  ignorantiam ,  quod Domini  lege  proliibetur,
23.  Et  postea  intellexerit  peccatum suum,  ofïeret  liostiam  Domino,  hircum de  capris  immaculatum,
24.  Ponetque  manum  suam  super  ca- put  ejus  ;  cumque  immolaverit  eum  in loco  ubi  solet  mactari  holocaustum  coram Domino,  quia  pro  peccato  est,
25.  Tinget  sacerdos  digitum  in  san- guine liostise  pro  peccato,  tangens  cor- nua  altaris  holocausti,  et  reliquum  fun- dens  ad  basim  ejus.
26.  Adipem  vero  adolebit  supra,  sicut in  victimis  pacificorum  fieri  solet  ;  roga- bitque  pro  eo  sacerdos ,  et  pro  peccato ejus,  et  dimittetur  ei.
27.  Quod  si  peccaverit  anima  per ignorantiam  de  populo  terrée,  ut  faciat quidquam  de  liis  quge  Domini  lege  probi- bentur,  atque  delinquat,
28.  Et  cognoverit  peccatum  suum, offeret  capram  immaculatam  ;
29.  Ponetque  manum  super  caput bostiae  quse  pro  peccato  est,  et  immo- labit  eam  in  loco  holocausti.
18.  Il  mettra  du  même  sang  sur  les cornes  de  l'autel  qui  est  devant  le  Sei- gneur, dans  le  tabernacle  du  témoignage  ; et  il  répandra  tout  le  reste  du  sang  au pied  de  l'autel  des  holocaustes  qui  est  à l'entrée  du  tabernacle  du  témoignage.
19.  Il  en  prendra  toute  la  graisse,  et il  la  brûlera  sur  l'autel,
20.  Faisant  de  ce  veau  comme  il  a  été dit  qu'on  ferait  de  l'autre  ;  et ,  le  prêtre priant  pour  eux ,  le  Seigneur  leur  pardon- nera leur  péché.
21.  Le  prêtre  emportera  aussi  le  veau hors  du  camp,  et  le  brûlera  comme  il  a été  dit  du  premier,  parce  que  c'est  pour le  péché  de  tout  le  peuple.
22.  Si  un  prince  pèche,  et  qu'ayant  fait par  ignorance  quelqu'une  des  choses  qui sont  défendues  par  la  loi  du  Seigneur,
23.  Il  reconnaît  ensuite  son  péché,  il offrira  pour  hostie  au  Seigneur  un  bouc sans  tache  pris  d'entre  les  chèvres.
24.  Il  lui  mettra  la  main  sur  la  tête , et  lorsqu'il  l'aura  immolé  au  lieu  où  l'on a  coutume  de  sacriiier  les  holocaustes devant  le  Seigneur,  parce  que  c'est  un sacrifice  pour  le  péché ,
25.  Le  prêtre  trempera  son  doigt  dans le  sang  de  la  victime  offerte  pour  le péché  ;  il  en  touchera  les  cornes  de  l'autel des  holocaustes,  et  répandra  le  reste  au pied  de  l'autel.
26.  Il  fera  brûler  la  graisse  sur  l'autel, comme  on  a  coutume  de  faire  aux  vic- times pacifiques  ;  et  le  prêtre  priera  jDOur lui  et  pour  son  péché,  et  il  lui  sera  par- donné.
27.  Que  si  quelqu'un  d'entre  le  peuple pèche  par  ignorance,  et  qu'ayant  fait quelqu'une  des  choses  qui  sont  défendues par  la  loi  du  Seigneur,  étant  tombé  en faute ,
28.  Il  reconnaisse  son  péché ,  il  offrira une  chèvre  sans  tache  ;
29.  Il  mettra  la  main  sur  la  tête  de cette  victime  offerte  pour  le  péché,  et  il l'immolera  au  lieu  destiné  pour  l'holo- causte.
3°  Sacrifice  pour  le  péché  du  chef  civil  du peuple.  IV,  22-26.
22  -  24».  Le  coupable  et  la  victime.  —  Princeps. Le  substantif  hébreu  nain'  sert  ti  désigner  le  chef d'une  tribu  (cf.  Num.  i,  4-16),  ou  du  moins d'une  partie  de  tribu  (Num.  xxxiv,  18  A  —  La victime,  dans  ce  cns,  était  un  simple  bouc.
24'» -26.  Le  sacrifice.  —  In  loco  nhi...  holocau- stum. C'était  au  côté  septentrional  de  l'autel. €f,  1, 11 ,  et  l'explication.  —  Cornua  altaris  holo-
causti. Le  sang  n'était  pas  porté  dans  le  Saint, comme  précédemment  (vers.  6-7,  16-18),  la  faute n'étant  pas  aussi  grave.  —  Sicut  in  victimis  pa- cificorum. Cf.  m,  14-16,  et  le  commentaire.  — RogaUtque...  Il  fera  l'expiation.  Voyez  la  note  du vers.  20.
4°  Sacrifice  pour  les  péchés  d'un  simi)Ic  parti- culier. IV,  27-35.
27-28».  Le  coupable  -.anima...  de  populo  terra, un  membre  isolé  du  peuple.
Lev.  IV,  30  —  V,  2.
335
30.  Le  prêtre, ayant  pris  avec  son  doigt du  sang  de  la  chèvre,  en  touchera  les cornes  de  l'autel  des  holocaustes,  et  ré- pandra le  reste  au  pied  de  l'autel.
31.  Il  ôtera  aussi  toute  la  graisse, comme  on  a  coutume  de  l'ôter  aux  vic- times pacifiques  ;  il  la  fera  brûler  sur l'autel  devant  le  Seigneur,  comme  une ohlation  d'agréable  odeur  ;  il  priera  pour celui  qui  a  commis  la  faute,  et  elle  lui sera  pardonnée.
32.  Que  s'il  offre  pour  le  péché  une brebis  comme  victime,  il  j)rendra  une brebis  qui  soit  sans  tache.
33.  Il  lui  mettra  la  main  sur  la  tête, et  il  l'immolera  au  lieu  où  l'on  a  coutume d'égorger  les  hosties  des  holocaustes.
34.  Le  prêtre,  ayant  pris  avec  son  doigt du  sang  de  la  brebis,  en  touchera  les cornes  de  l'autel  des  holocaustes ,  et  ré- pandra le  reste  au  pied  de  l'autel.
35.  Il  ôtera  aussi  toute  la  graisse, comme  on  a  coutume  de  l'ôter  au  bélier offert  en  hostie  pacifique;  il  la  brûlera sur  l'autel  comme  un  encens  offert  au Seigneur;  il  priera  pour  celui  qui  offre et  pour  son  péché,  et  il  lui  sera  par- donné.
30.  Tolletque  sacerdos  de  sanguine  in digito  suo  ;  et  tangens  cornua  altaris holocausti ,  reliquum  fundet  ad  basim cjus.
3L  Omnem  autem  adipem  auferens, sicut  auferri  solet  de  victimis  pacifico- rura,  adolebit  super  altare  in  odorem suavitatis  Domino  ;  rogabitque  pro  eo,  et dimittetur  ei.
32.  Sin  autem  de  pecoribus  obtulerit victimam  pro  peccato,  ovem  scilicet immaculatam ,
33.  Ponet  manum  super  caput  ejus ,  et immolabit  eam  in  loco  ubi  soient  cœdi holocaustorum  hostiœ.
34.  Sumetque  sacerdos  de  sanguine ejus  digito  suo,  ettaugens  cornua  altaris holocausti,  reliquum  fundet  ad  basim ejus^.
35.  Omnem  quoque  adipem  auferens, sicut  auferri  solet  adeps  arietis  qui immolatur  ])ro  pacificis,  cremabit  super altare  in  incensum  Domini  ;  rogabitque pro  eo,  et  pro  peccato  ejus,  et  dimitte- tur ei.
CHAPITRE  V
1.  Si  un  homme  pèche,  en  ce  qu'ayant entendu  quelqu'un  qui  faisait  un  serment, et  pouvant  être  témoin  de  la  chose,  ou pour  l'avoir  vue ,  ou  pour  en  être  assuré , il  ne  veut  pas  en  rendre  témoignage,  il portera  la  peine  de  son  iniquité.
2.  Si  un  homme  touche  à  une  chose impure,  soit  qu'elle  ait  été  tuée  par  une bête,  ou  qu'elle  soit  morte  de  soi-même, ou  que  ce  soit  quelque  bête  qui  rampe, encore  qu'il  ait  oublié  cette  impureté,  il ne  laisse  pas  d'être  coupable  et  il  a  com- mis une  faute  ;
1.  Si  peccaverit  anima,  et  audierit voceni  jurantis,  testisque  fuerit  quod aut  ipse  vidit,  aut  conscius  est,  nisi indicaverit,   portabit  iniquitatem  suam.
2.  Anima  quse  tetigerit  aliquid  immun- dum,  sive  quod  occisum  a  bestia  est,  aut per  se  mortuum,  aut  quodlibet  aliud reptile ,  et  oblita  fuerit  immunditise  sute, rea  est,  et  deliquit;
28b -31.  Une  première  sorte  de  victime  :  ca- pram...  Les,  rites  de  ce  sacrifice  sont  analogues à  ceux  des  vers.  24-26.
32-35.  Une  deuxième  sorte  de  victime,  au  gré du  coupable  :  si  autem  de  pecoribus...  L'hébr.  dit simplement  :  si  c'est  un  mouton.  —  Sicut  auferri solet  (vers.  35)...  Voyez  les  notes  de  m,  9-11.
5«  Rites  des  sacrifices  pour  le  péché,  dans  quel- ques autres  circonstances  spécialement  détermi- nées, V,  1-13.
Ciiir.Y.  —  1-4.  Trois  cas  sont  exposés. Premier cas,  vers.  1  :  vocem  jurantis.  Mieux,  peut-être, «  adjuraiitis;  »  la  voix  du  juge,  adjurant  eu
termes  solennels  le  témoin  de  dire  toute  la  vérité. Le  cas  paraît  être,  en  effet,  celui  d'un  témoia qui  refuse  de  déposer,  dans  des  circonstances  où il  serait  cependant  tenu  de  déclarer  ce  qu'il  a  vu ou  entendu.  Nous  avons,  Matth.  xxvi,  63,  un mémorable  exemple  d'une  adjuration  de  ce  genre, mais  adressée  à  l'accusé.  —  Portabit  iniquita- tem... Il  en  restera  chargé,  et  en  subira  toutes les  conséquences.  Ces  mots  reviennent  fréquem- ment dans  le  Lévitique.  —  Second  cas,  vers.  2-3  : impureté  légale  contractée  de  différentes  manières, lesquelles  sont  simplement  énuméréos  ici,  mais dont  nous  trouverons  le  développement  plus  loin,,
336
Ley.  y,  3-11.
3.  Et  si  tetigerit  quidquam  de  immun- ditia  hominis,  juxta  omnem  impuritatem qua  pollui  soîet,  oblitaque  cognoverit postea,  subjacebit  delicto.
4.  Anima  quse  juraverit,  et  protulerit labiis  suis,  ut  vel  maie  quid  faceret,  vel bcne,  et  idipsum  juramento  et  sermone fu-maverit.  oblitaque  postea  intellexerit delictum  suum ,
5.  Agat  pœnitentiam  pro  peccato,
G,  Et  offerat  de  gregibus  agnam  sive capram  ;  orabitque  pro  ea  sacerdos  et pro  peccato  ejus.
7.  Sin  autem  non  potuerit  ofïerre pecus,  offerat  duos  turtures,  vel  duos pullos  columbarum  Domino,  unum  pro peccato ,  et  alterum  in  tiolocaustum  ;
8.  Dabitque  eos  sacerdoti,  qui  pri- mum  offereas  pro  peccato,  retorquebit caput  ejus  ad  pennulas,  ita  ut  collo haireat,  et  non  penitus  abrumpatur.
9.  Et  asperget  de  sanguine  ejus  parie- tem  altaris;  quidquid  autem  reliquum fuerit,  faciet  distillare  ad  fundamentum ejus,  quia  pro  peccato  est.
10.  Alterum  vero  adolebit  in  holo- caustum,  ut  fieri  solet  ;  rogabitque  pro eo  sacerdos  et  pro  peccato  ejus,  et  dimit- tetur  ei.
11.  Quod  si  non  quiverit  manus  ejus duos  offerre  turtures,  aut  duos  pullos columbarum ,  offeret  pro  peccato  suo similœ  partem  ephi  decimam  ;  non  mit-
3.  Et  s'il  a  touché  quelque  chose  d'un homme  qui  soit  impur,  selon  toutes  les impuretés  dont  l'homme  peut  être  souillé, et  que  n'y  ayant  pas  pris  garde  d'abord , il  le  reconnaisse  ensuite ,  il  sera  coupable de  péché.
4.  Si  un  homme  ayant  juré  et  prononcé de  ses  lèvres,  etconiirmé  par  serment  et par  sa  parole  qu'il  ferait  quelque  chose de  bien  ou  de  mal,  l'oublie  ensuite,  et après  cela  se  ressouvienne  de  sa  faute,
5.  Qu'il  fasse  pénitence  pour  son  pé- ché,
6.  Et  qu'il  prenne  dans  les  troupeaux une  jeune  brebis  ou  une  chèvre  qu'il  of- frira ;  et  le  prêtre  priera  pour  lui  et  pour son  péché.
7.  Mais  s'il  n'a  pas  le  moyen  d'offrir une  brebis  ou  une  chèvre ,  qu'il  oft're au  Seigneur  deux  tourterelles  ou  deux petits  de  colombes ,  l'un  pour  le  péché  et l'autre  en  holocauste.
8.  Il  les  donnera  au  prêtre,  qui,  offrant le  premier  pour  le  péché,  lui  fera  retour- ner la  tête  du  côté  des  ailes,  en  sorte néanmoins  qu'elle  demeure  toujours  atta- chée au  cou,  et  qu'elle  n'en  soit  pas  tout à  fait  arrachée.
9.  Il  fera  ensuite  l'aspersion  du  sang de  l'hostie  sur  les  côtés  de  l'autel  ;  et  il en  fera  distiller  tout  le  reste  au  pied, parce  que  c'est  pour  le  péché.
10.  Il  brûlera  l'autre  et  en  fera  un holocauste,  selon  la  coutume;  et  le  prêtre priera  pour  cet  homme  et  pour  son  péché, et  il  lui  sera  pardonné.
11.  Que  s'il  n'a  pas  le  moyen  d'offrir deux  tourterelles  ou  deux  petits  de  co- lombes, il  offrira  pour  son  péché  la  dixième partie  d'un  épi  de  fleur  de  farine.  Il  ne  l'ar-
chap.  XI -XV.  —  Et  oblita...  Des  purifications  spé- ciales étaient  requises  pour  laver  ces  souillures (cf.  XI,  24-25,  28,  39-40;  XV,  5,  8,  21;  Num. XIX,  10-12),  et  l'on  suppose  qu'elles  ont  été  né- gligées par  suite  d'un  oubli  coupable.  C'est  pour réparer  cet  oubli  qu'un  sacrifice  va  être  exigé.  — Troisième  cas,  vers.  4  :  l'abus  du  serment.  Les mots  protulerit  labiis  expriment  d'une  façon énergique  et  pittoresque,  surtout  dans  l'hébreu O'batté'  bis/ataïm),  la  légèreté  avec  laquelle  on aura  proféré  la  formule  du  serment.  —  Ut  vel maie...,  vel  bene  :  locution  générale,  qui  comprend tous  les  actes  humains.
5-6.  Premier  mode  d'expiation  :  le  sacrifice d'une  brebis  ou  d'une  chèvre.  —  Agat  pœniten- tiam... Le  vers.  5  est  plus  explicite  dans  le  texte original  :  Celui  qui  se  rendra  coupable  de  l'une de  ces  choses  confessera  son  péché.  Il  s'agit  donc des  trois  cas  cités  plus  haut.  —  De  gregibus:  un sacrilice  de  menu  bétail  (.ifôn),  savoii-  :  agnam
sive  capram,  d'après  les  rites  décrits  au  chap.  iv, vers.  27-35.  —  Orabitque...  Hébr,  :  Et  le  prêtre fera  l'expiation...  (  au  moyen  du  sacrifice  ).  Tra- duire ainsi  cette  expression  toutes  les  fois  qu'elle se  représentera.
7  - 10.  Deuxième  mode  d'expiation ,  si  le  cou- pable est  pauvre  :  le  sacrifice  de  deux  tourte- relles ou  de  deux  pigeons.  —  Si...  non  potuerit... Ici,  et  en  plusieurs  autres  endroits,  le  céleste Législateur  a  des  attentions  délicates  pour  les pauvres.  Dieu  ne  veut  pas  que  son  culte  devienne la  cause  d'une  trop  grande  gêne.  —  Turturea..., columbarum.  Voy.  i,  14,  et  le  commentaire.  — Les  vers.  8-10  contiennent  quelques  détails  sur le  double  sacrifice  pro  peccato  (8-9)  et  ia  holo- caustum  (10).  —  Retorquebit  caput...  Ce  rite  a été  expliqué  précédemment,  i,  14-16.
11-13.  Troisième  mode  d'expiation ,  pour  ceux qui  seront  tout  à  fait  indigents  :  une  simple offrande  de  farine.  —  Partem   ephi  decimam:
Lev.  V,  12-18.
337
roscra  point  d'huile  et  n'y  ajoutera  point d'encens,  parce  que  c'est  pour  le  pcclic.
12.  Il  la  présentera  au  prêtre,  lequel en  prendra  une  poignée,  la  brûlera  sur l'autel  en  mémoire  de  celui  qui  l'aura offerte,
13.  Priant  pour  lui  et  expiant  sa  faute  ; et  il  aura  le  reste  comme  un  don  qui  lui appartient.
14.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse, et  lui  dit  :
15.  Si  un  homme  pèche  par  ignorance contre  les  cérémonies  dans  les  choses  qui sont  sanctifiées  au  Seigneur,  il  otïrira pour  sa  faute  un  bélier  sans  tache  pris dans  les  troupeaux,  qui  peut  valoir  deux sicles,  selon  le  poids  du  sanctuaire  ;
16.  Il  restituera  le  dommage  qu'il  a fait,  en  y  ajoutant  une  cinquième  partie qu'il  donnera  au  prêtre,  lequel,  offrant  le bélier,  priera  pour  lui,  et  son  jiéché  lui sera  pardonné.
17.  Si  un  homme  pèche  par  ignorance, en  faisant  quelqu'une  des  choses  qui sont  défendues  par  la  loi  du  Seigneur, et  qu'étant  coupable  de  cette  faute,  il reconnaisse  ensuite  son  iniquité,
18.  Il  prendra  du  milieu  des  troupeaux un  bélier  sans  tache  qu'il  offrira  au  prêtre selon  la  mesure  et  l'estimation  du  péché  ;
tet  in  eam  oleum ,    nec  thuiis   aliquid imponet,  quia  pro  peccato  est  ;
12.  Tradetque  eam  sacerdoti,  qui  plé- num ex  ea  pugillum  hauriens,  cremabit super  altare,  in  monimentum  ejus  qui obtulerit,
13.  Hogans  pro  illo  et  expians  ;  reli- quam  vero  partem  ipse  habebit  in  mu- nere.
14.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moy- sen,  dicens  :
15.  Anima,  si  praevaricans  ceremonias, per  errorem,  in  his  quse  Domino  sunt sanctificata,  peccaverit,  offeret  pro  de- licto  suo  arietem  immaculatum  de  gre- gibus,  qui  emi  potest  duobus  siclis,  juxta pondus  sanctuarii  ;
16.  Ipsumquc  quod  intulit  damni  re- stituet,  et  quintam  partem  ponet  supra, tradens  sacerdoti ,  qui  rogabit  pro  eo  offe- rens  arietem,  et  dimittetur  ei.
17.  Anima  si  peccaverit  per  ignoran- tiam ,  f  eceritque  unum  ex  his  quee  Domini lege  prohibentur,  et  peccati  rea  intel- lexerit  iniquitatem  suam,
18.  Offeret  arietem  immaculatum  de gregibus  sacerdoti,  juxta  mensuram  sesti- mationemque  peccati  ;  qui  orabit  pro  eo,
C.-à-d.  un  gomor,  ou  'orner,  l'équivalent  de  3  lit.  88. Cf.  Ex.  XVI,  36;  XXIX,  40,  etc.  —  Non  mittet... oleum...  Ce  sacrifice  pro  peccato  différait  ainsi  de la  minhah  ordinaire,  h  laquelle  on  ajoutait  de l'huile  et  de  l'encens.  Cf.  ii,  1-3.  —  Reliquam... partem...  (vers.  13).  C'était  la  part,  et  en  quelque sorte  le  casuel  du  prêtre  officiant.
§  V.  —  Rites  des  sacrifices  pour  le  délit. Y,  14  —  VI,  7.
Dans  le  paragraphe  qui  précède ,  il  était  ques- tion des  sacrifices  à  offrir  jjro  peccato  (  hébr. hatVat)  ;  on  réglemente  maintenant  ceux  qui  de- vaient être  offerts  pro  delicto  (hébr.  'asam).  En quoi  différaient  exactement  le  péché  et  le  délit  ? Les  exégètes  n'ont  pu  réussir  à  s'accorder  sur ce  point,  malgré  de  longues  et  savantes  discus- sions. Fautes  de  commission  (le  péché),  fautes d'omission  (le  délit);  péchés  commis  contre  les préceptes  affirmatifs,  ou  contre  les  préceptes  né- gatifs ;  péchés  volontaires ,  péchés  d'ignorance  : telles  sont  les  distinctions  qu'on  a  le  plus  sou- vent apportées;  à  tort,  croyons -nous,  surtout pour  la  troisième  (  voyez  la  note  de  iv,  2  ).  Le délit  pai'aît  supposer  une  faute  plus  gi-ave,  à laquelle  s'adjoignait  un  préjudice  matériel  causé soit  h  Dieu  en  tant  que  roi  théocratique,  soit au  prochain.  Aussi  la  loi  exige- 1 -elle  iu:ie  resti- tution, indépendanunent  du  siîcrificc.Voy.  Calmet, Commçyit.  littér.  sur  iJ  Lévitique,  éd.  de  1717, pp.  G^li-ii'ôi.
1°  Les  délits  commis  envers  Dieu  et  le  culte divin.  V,  14-19.
14-16.  Premier  cas.  —  Locutusque...  Formule d'introduction.  Cf.  i,  1;  iv,  1;  vi,  1,  etc.  — Prcevaricans...  Au  lieu  de  ceremonias,  il  faudrait «  prœvaricationem  ».  Cette  prévarication  aura consisté ,  dans  le  cas  présent ,  à  frustrer  le  sanc- tuaire, par  suite  d'une  erreur  coupable  (per  er- rorem, hébr.  Usgâgah;  voyez  la  note  de  iv,  2), de  l'une  ou  l'autre  des  redevances  imposées  : dîmes,  prémices,  etc.  Cf.  Ex.  xxviii,  38;  Num. V,  6-8.  Tel  est  le  sens  des  mots  in  his  qiia Domino...  sanctificata.  —  L'expiation  consistait  : lo  dans  le  sacrifice  d'un  bélier,  d'après  le  rite marqué  plus  bas,  vn,  1-10;  2"  dans  la  restitu- tion de  la  somme  ou  de  la  chose  soustraite  au sanctuaire ,  car  le  sacrifice  effaçait  le  péché ,  non la  dette;  3»  dans  ime  amende,  qui  montait  au cinquième  de  la  dette  (quintam  partem...  supra). — Relativement  au  premier  point,  il  règne  quelque obscurité  sur  les  mots  qui  emi  potest...  L'hébreu porte  :  «  selon  ton  estimation,  des  sicles  d'ar- gent, »  sans  préciser  le  nombre  des  sicles.  Plu- sieurs rabbins  pensent,  comme  saint  Jérôme,  que c'est  une  manière  de  dire  que  le  bélier  devait valoir  au  moins  deux  sicles  (  5  f  r.  66  ),  —  Sur  le pondus  (ou  sicle)  sanctuarii,  voy.  Ex.  xxx,  13, et  la  note.
17-19.  Deuxième  cas.  A  première  vue,  ce  cas semble  général ,  car  les  termes  qui  le  définissent sonc  Llenciqucs  h  la  formule  employée  plus  haut,
338  Lev.  V,  19
quia  nesciens  f ecerit  ;  et  dimittetur  ei ,
19.  Quia  per  errorem  deliquit  in  Do- minum.
—  VI,  9.
le  prêtre  priera  pour  lui,  parce  qu'il  a fait  cette  faute  sans  la  connaître ,  et  elle lui  sera  pardonnée,
19.  Parce  qu'il  a  péché  par  ignorance contre  le  Seigneur.
CHAPITRE  VI
1.  Locutus  est  Dominus  ad  Moysen, dicens  :
2.  Anima  quœ  peccaverit,  et  contem- pto  Domino,  negaverit  proximo  suo  depo- situm  quod  fidei  ejus  creditum  fuerat, vel  vi  aliquid  extorserit,  aut  calumniam f  ecerit ,
3.  Sive  rem  perditam  invenerit,  et inficians  insuper  pejeraverit,  et  quodlibet aliud  ex  pluribus  f  ecerit,  in  quibus  soient peccare  homines.
4.  Convicta  delicti,  reddet
5.  Omnia  quse  per  fraudem  voluit obtinere,  intégra,  et  quintam  insuper partem  domino  qui  damnum  intulerat.
6.  Pro  peccato  autem  suo  oiïeret  arie- tem  iramaculatum  de  grege,  et  dabit eum  sacerdoti,  juxta  sestimationem  men- suramque  delicti  ;
7.  Qui  rogabit  pro  eo  coram  Domino, et  dimittetur  ilii  pro  singuiis  quae  fa- ciendo  peccavit.
8.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moysen, dicens  :
9.  Prœcipe  Aaron  et  filiis  ejus  :  Ii£ec
1.  Le  Seigneur  parla  à  Moïse,  et  lui dit  :
2.  L'homme  qui  aura  péché  en  mépri- sant le  Seigneur  et  en  refusant  à  son prochain  ce  qui  avait  été  commis  à  sa honne  foi,  ou  qui  aura  par  violence  ravi quelque  chose,  ou  qui  l'aura  usurpé  par fraude  ou  par  tromperie  ;
3.  Ou  qui ,  ayant  trouvé  une  chose  qui était  perdue,  le  nie  et  y  ajoute  encore un  faux  serment  ;  ou  qui  aura  fait  quel- qu'autre  faute  de  toutes  celles  de  cette nature  que  les  hommes  ont  coutume  de commettre  ;
4.  Etant  convaincu  de  son  péché,  il rendra
5.  En  son  entier  tout  ce  qu'il  a  voulu  usur- per injustement.  Il  donnera  de  plus  une cinquième  partie  à  celui  qui  en  était  le  pos- sesseur, et  à  qui  il  avait  voulu  faire  tort;
6.  Et  il  offrira  pour  son  péché  un  bé- lier sans  tache  pris  dans  le  troupeau, qu'il  donnera  au  prêtre,  selon  l'estima- tion et  la  qualité  de  la  faute.
7.  Le  prêtre  priera  pour  lui  devant  le Seigneur,  et  tout  le  mal  qu'il  a  fait  en péchant  lui  sera  pardonné.
8.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse, et  lui  dit  :
9.  Ordonnez  ceci  à  Aaron  et  à  ses  fils  :
rv,  27-28,  pour  le  simple  péché;  mais  la  position qu'il  occupe  dans  ce  passage  consacré  aux  délits détermine  nettement  sa  nature.  Il  s'agit  donc  de nouveau  de  préjudices  portés  au  sanctuaire,  — Offerens  arietem...  Comme  pour  le  premier  cas, vers.  16.  —  Juxta  mensuram...  peccati.  Simple- plement,  dans  l'hébr.  :  d'après  ton  estimation. — Quia  per  errorem...  Le  texte  primitif  est  d'une grande  énergie  :'asam  hu'aSom  'asam  laYhovali; «  c'est  un  sacrifice  de  délit,  car  il  avait  commis  un délit  envers  le  Seigneur.  »
20  Les  délits  commis  envers  le  prochain. VI,  1-7.
Chap.  VI.  —  1-3.  On  expose  d'abord  plusieurs manières  dont  on  aura  pu  léser  le  prochain  dans ses  biens  matériels  :  «  en  mentant  à  son  prochain au  sujet  d'un  objet  déposé  chez  lui,  ou  confié  à sa  garde,  ou  dérobé,  ou  extorqué,  ou  d'un  objet perdu  qu'il  a  trouvé,  et  s'il  fait  un  faux  serment
à  l'égard  d'un  pareil  délit  »  (traduction  de  l'hé- breu). —  Contempto  Domino  :  parce  que  se  rendre coupable  de  n'importe  quel  délit,  c'est  toujours, finalement,  offenser  Dieu.
4-7.  Le  mode  d'expiation.  Voyez  v,  15-16,  et le  commentaire.
§  V.  —  Rôle  des  prêtres  selon  les  différentes espèces  de  sacrifices.  VI,  8  —  VII,  38.
1°  Règles  à  observer  pour  l'holocauste.  VI. 8-13.
8-9».  D'abord  une  formule  d'introduction  (lo- cutus est...)  qui  embrasse  les  vers.  S*" -18  de  ce chap.  VI ;  puis  le  titre  du  présent  alinéa  {7iœc... lex  liolocausti).  —  Frœcipe  Aaron...  Les  lois  qui précèdent,  i,  l-vr,  7,  s'adressaient  à  tout  le  peuple  ; celles-ci  concernent  particulièrement  les  prêtres, en  tant  que  sacrificateurs.
Qi".  Le  feu  perpétuel  pendant  la  nuit.  —  CVe-
Lev.  VI,  10-16.
33&
Voici  quelle  est  la  loi  de  Tholocauste  :  il brûlera  sur  l'autel  toute  la  nuit  jusqu'au matin  ;  le  feu  sera  pris  de  l'autel  même.
10.  Le  prêtre,  étant  vêtu  de  sa  tunique par -dessus  le  vêtement  de  lin  qui  lui couvre  les  reins,  prendra  les  cendres  qui resteront  après  que  le  feu  aura  tout  con- sumé,  et,  les  mettant  près  de  l'autel,
11.  Il  quittera  ses  premiers  vêtements, en  prendra  d'autres ,  portera  les  cendres hoi"s  du  camp,  et  achèvera  de  les  faire entièrement  consumer  dans  un  lieu  très pur.
12.  Le  feu  brûlera  toujours  sur  l'autel, et  le  prêtre  aura  soin  de  l'entretenir,  en y  mettant,  le  matin  de  chaque  jour,  du bois  sur  lequel  il  placera,  'holocauste, et  fera  brûler  la  graisse  des  hosties  paci- fiques.
13.  C'est  là  le  feu  qui  brûlera  toujours sur  Fautel,  sans  qu'on  le  laisse  jamais éteindre.
14.  Voici  la  loi  du  sacrifice  et  des  of- frandes de  fleur  de  farine ,  que  les  fils d'Aaron  ofl:nront  devant  le  Seigneur  et devant  l'autel  :
15.  Le  prêtre  prendra  une  poignée  de la  plus  pure  farine  mêlée  avec  l'huile, et  tout  l'encens  qu'on  aura  mis  dessus, et  les  fera  brûler  sur  l'autel,  comme  un monument  d'une  odeur  très  agréable  au Seigneur.
16.  Et  pour  ce  qui  reste  de  la  pure farine,  Aaron  la  mangera  sans  levain avec  ses  fils  ;  et  il  la  mangera  dans  le lieu  saint,  dans  le  parvis  du  tabernacle.
est  lex  holocausti  :  Cremabitur  in  altari tota  nocte  usque  mane  ;  ignis  ex  eodem altari  erit.
10.  Vestietur  tunica  sacerdos  et  femi- nalibus  lineis  ;  tolletque  cineres,  quos vorans  ignis  exussit,  et  ponens  juxta altare ,
11.  Spoliabitur  prioribus  vestiraentis , indutusque  aliis,  efferet  eos  extra  castra, et  in  loco  mundissimo  usque  ad  favillam consumi  faciet.
12.  Ignis  autem  in  altari  semper  ar- debit,  quem  nutriet  sacerdos  subjiciens ligna  mane  per  singulos  dies,  et  imposito holocausto,  desuper  adolebit  adipes  pa- cificorum.
13.  Ignis  est  iste  perpetuus,  qui  nun- quam  deficiet  in  altari.
14.  Hœc  est  lex  sacrificii  et  libamen- torum,  quae  offerent  filii  Aaron  coram Domino,  et  coram  altari  :
15.  Tollet  sacerdos  pugillum  similse , quse  conspersa  est  oleo,  et  totum  thus, quod  super  similam  positum  est  ;  adole- bitque  illud  in  altari,  in  monimentum odoris  suavissimi  Domino;
16.  Keliquam  autem  partem  similœ comedet  Aaron  cum  filiis  suis,  absque f ermento  ;  et  comedet  in  loco  sancto  atrii tabernaculi.
7na62Ï«r(scilic.  holocaiTstum)...  tota  nocie.  Cf.  Ex. XXIX,  38-46.  Par  conséquent,  le  feu  aussi  devait brûler  toute  la  nuit  sur  l'autel  clos  holocaustes.  C'est ce  que  l'hébreu  dit  plus  clairement  :  Et  le  feu  de l'autel  y  sera  allumé  (sur  l'autel  ;  au  lieu  de  ignis ex  eodem...).
10-11.  Ce  que  le  prêtre  officiant  devait  faire chaque  matin  pour  l'entretien  du  feu  sacré.  — Vestietur  tunica,  ...  feniinalibus.  C'étaient  les parties  principales  du  costume  des  simples  prêtres. Cf.  Ex.  XXVIII,  41-43.  —  Tolletque  cineres...  Les cendres ,  d'abord  accumulées  auprès  de  l'autel (ci.  I,  16,  et  la  note),  étaient  ensuite  portées extra  castra  (voir  iv,  12,  et  l'explication);  mais pour  cette  seconde  opération,  qui  le  conduisait hors  du  sanctuaire,  le  prêtre  quittait  ses  vête- ments de  cérémonie  et  en  prenait  de  plus  com- muns.
12-13.  Le  feu  perpétuel  durant  le  jour.  — rvcmarquez  les  répétitions  pleines  d'eniphase  qui relèvent  l'importance  de  ce  rite  symbolique.  Le fou  sacré  figurait,  en  effet,  les  adorations  per- pétuelles de  la  nation  théocratique.  Il  ne  s'étei- gnit, disent  les  rabbins,  qu'au  moment  de  la  des-
truction du  temple  de  Jéi'usalem  par  Nabucho- donosor;  mais  les  saints  Livres  nous  racontent qu'il  fut,  alors  même,  merveilleusement  préservé. Cf.  Il  Mach.  I,  19-22.
2°  Règles  que  les  prêtres  devront  observer  dans les  sacrifices  non  sanglants.  VI,  14-18.
14-15.  Titre  de  ce  nouvel  alinéa  (vers  14),  et description  sommaire  du  sacrifice  en  question (vers.  15).  Cf.  II,  2-3.  —  Sacrificii  et  Uhamento- rum.  L'hébreu  n'a  qu'un  seul  substantif  :  minhah Voy.  la  note  de  ii,  1.
16-18.  Détails  nouveaux  :  la  part  des  prêtres et  son  emploi.  —  Comedet...  absque  fermenta. C.-à-d.  qu'avec  le  reste  de  la  farine  on  devait  faire des  pains  sans  levain,  que  les  prêtres  et  leurs enfants  mâles  (mares,  vers.  18)  avaient  seuls  le droit  de  manger,  et  seulement  dans  l'enceinte  du tabernacle  (in  loco  sancto  atrii...,  vers  16)  ;  car ces  restes  étaient  tout  ù  fait  sacrés  (sur  l'expres- sion sanctum  sanctorum,  voy.  ii,  3,  et  le  com- mentaire). —  Au  lieu  de  pars  ejus...  inccnsum , lisez,  d'après  l'hébr.  :  Je  le  leur  ai  donné  comme leur  part  de  mes  feux;  c.-à-d.  des  offrandes qu'on  m'avait  faites  pour  qu'elles  fussent  consu-
340
Lev.  VI,  17-26.
17.  Ideo  aiitem  non  fermentabitur,  quia pars  ejus  in  Domini  ofïertur  incensum; Banctiim  sanctorum  erit ,  sicut  pro  peccato atque  delicto.
18.  ]\rares  tantnm  stirpis  Aaron  come- dent  illud.  Legitimum  ac  sempiternum crit  in  generationibiis  vestris  de  sacri- ficiis  Domini  :  omnis  qui  tetigerit  illa, sanctificabitur.
19.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moy- sen ,  dicens  :
20.  Hœc  est  oblatio  Aaron  et  iiliornm ejus,  quam  ofïerre  debent  Domino  in  die unctionis  suœ  :  Decimam  partem  ephi olïerent  similse  in  sacrificio  sempiterno, médium  ejus  mane,  et  médium  ejus  ve- spere ;
21.  Qu8e  in  sartagine  oleo  conspersa frigetur.  Oiïeret  autem  eam  calidam  in odorem  suavissimum  Domino
22.  Sacerdos,  qui  jure  patri  succes- serit  ;  et  tota  cremabitur  in  altari  ;
23.  Omne  enim  sacrificium  sacerdotum igné  consumetur,  nec  quisquam  comedet ex  eo.
24.  Locutus  est  autem  Dominus  ad Mo3^sen,  dicens  :
25.  Lcquere  Aaron  et  filiis  ejus  :  Ista est  lex  hostiae  pro  peccato  :  In  loco  ubi ofîertur  holocaustum ,  immolabitur  coram Domino.  Sanctum  sanctorum  est.
26.  Sacerdos  qui  offert,  comedet  eam in  loco  sancto,  in  atrio  tabernaculi.
17.  On  ne  mettra  point  de  levain  dans cette  farine,  parce  qu'on  en  prend  une partie  qu'on  offre  comme  un  encens  au Seigneur.  Ce  sera  donc  une  chose  très sainte,  comme  ce  qui  s'offre  pour  le péclié  et  pour  le  délit  ;
18.  Et  il  n'y  aura  que  les  nifiles  de  la race  d'Aaron  qui  en  mangeront.  Ce  sera là  une  loi  éternelle  touchant  les  sacri- fices du  Seigneur,  qui  passera  parmi  vous de  race  en  race  :  que  tous  ceux  qui  tou- cheront à  ces  choses  soient  saints  et purs.
19.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse, et  lui  dit  :
20.  Voici  l'oblation  d'Aaron  et  de  ses fils  qu'ils  doivent  offiir  au  Seigneur  le jour  de  leur  onction  :  Ils  offriront  en  sa- crifice perpétuel  la  dixième  partie  d'un éplii  de  fleur  de  farine,  la  moitié  le  matin, et  l'autre  moitié  le  soir.
21.  Elle  sera  mêlée  avec  de  l'huile,  et se  cuira  dans  la  poêle.  Le  pontife  qui aura  succédé  légitimement  à  son  père l'offrira  toute  chaude  pour  être  d'une odeur  très  agréable  au  Seigneur,
22.  Et  elle  brûlera  tout  entière  sur l'autel.
23.  Car  tous  les  sacrifices  des  prêtres seront  consumés  par  le  feu,  et  personne n'en  mangera.
24.  Or  le  Seigneur  parla  à  Moïse,  et lui  dit  :
25.  Dites  ceci  à  Aaron  et  à  ses  fils  : Voici  la  loi  de  l'hostie  offerte  pour  le  pé- ché :  Elle  sera  immolée  devant  le  Sei- gneur ,  au  lieu  où  l'holocauste  est  offert. C'est  une  chose  très  sainte  ;
26.  Et  le  prêtre  qui  l'offre  la  mangera dans  le  lieu  saint,  dans  le  parvis  du  ta- bernacle.
mécs  en  holocauste.  —  Qui  tetigerit...  sanctifica- hitar.  Deux  interprétations  sont  possibles  :  l»  pour toucher  ces  oblations  saintes ,  les  prêtres  devront posséder  une  grande  sainteté  morale  ;  2«  qui- conque les  aura  touchées  sans  être  prêtre  sera établi  dans  un  état  particulier  de  sanctification,  état qui  créait  des  obligations  spéciales.  Cf.  xxi,  1-8. Ci  second  sens  est  le  meilleur;  voyez  le  vers.  27.
3"  Règles  particulières  pour  le  sacrifice  non sanglant  qui  était  offert  au  jour  de  la  conséci'a- tion  du  grand  prêtre.  VI,  19-23.
19-20».  Double  transition  :  Locutus  est...  IIccc est  oblatio  (hébr.  qorbân).  —  Far  filiorum ,  il  ne faut  pas  entendre  tous  les  fils  d'Aaron,  mais  seu- lement ceux  qui  devaient  lui  succéder  au  titre de  pontifes,  en  recevant  l'onction  complète  (in die  iinctionis. ..).\oye2  la  note  de  iv,  3.
20*>-23.  Description  du  sacrifice.  —  La  quan-
tité :  un  'orner,  comme  i)lu3  haut  (v,  11  ;  deci- mam  partem...  ).  —  La  perpétuité  :  sempiterno. Tous  les  jours  de  la  vie  du  grand  prêtre,  suivant la  tradition  juive,  que  paraissent  favoriser  les passages  Kccli.  xlv,  14;  Hebr.  vu,  17;  d'après d'autres  intei"prètes,  une  fois  seulement,  le  jour de  la  consécration. — Le  mode  :1°  médium  mane..., vespere ;  2°  in  sartagine...  frigetur  (cf.  ii ,  5 ) ; 3°  tota  cremabitur,  par  conséquent  nec  quisquam comedet...
4»  Règles  que  les  prêtres  devront  observer  dans les  sacrifices  pour  le  péché.  VI,  24-30.
24-25».  Double  transition,  comme  aux  vers.  8-9, 19-20.
25i>-30.  Quelques  règles  complémentaires.  — 1"  La  victime  sera  immolée  in  loco  ubi...  ho- locaustum; c.-à-d.  en  avant  de  l'entrée  du  taber- nacle, et  au  côté  septentrional  de  l'autel.  Cf.  i,
Lev.  VI,  27  —  VII,  6.
341
27.  Tout  ce  qui  en  aura  touché  la  chair sera  sanctifié.  S'il  rejaillit  du  sang  de riiostie  sur  un  vêtement,  il  sera  lavé  dans le  lieu  saint.
28.  Le  vase  de  terre  dans  lequel  elle aura  été  cuite  sera  brisé.  8i  le  vase  est d'airain,  on  le  nettoiera  avec  grand  soin  , et  on  le  lavera  avec  de  l'eau.
29.  Tout  mâle  de  la  race  sacerdotale n^angera  de  la  chair  de  cette  victime,  parce qu'elle  est  très  sainte.
30.  Car,  quant  à  l'hostie  qui  s'immole pour  le  péché ,  et  dont  on  porte  le  sang dans  le  tabernacle  du  témoignage  pour faire  l'expiation  dans  le  sanctuaire,  on n'en  mangera  point,  mais  elle  sera  brû- lée par  le  feu.
27.  Quidquid  tetigerit  carnes  ejus, sanctificabitur.  Si  de  sanguine  illius  ve- stis  fuerit  aspersa,  lavabitur  in  loco sancto.
28.  A^as  autem  fictile,  in  quo  cocta  est, confringetur  ;  quod  si  vas  {eneum  fuerit, defricabitur,  et  lavabitur  aqua.
29.  Omnis  masculus  de  génère  sacer- dotali  vescetur  de  carnibus  ejus,  quia sanctum  sanctorum  est.
30.  Ilostia  enim  quœ  casditur  pro  pec- cato,  cujus  sanguis  infertur  in  taberna- culum  testimonii  ad  expiandum  in sanctuario,  non  comedetur,  sed  combu- retur  igni.
CHAPITRE  VII
1.  Voici  la  loi  de  la  victime  poui  le délit  :  Cette  hostie  est  très  sainte.
2.  C'est  pourquoi  on  t-'acriliera  la  vic- time pour  le  délit  à  l'endroit  où  l'on  im- mole l'holocauste  ;  son  sang  sera  répandu autour  de  l'autel.
3.  On  en  offrira  la  queue  et  la  graisse qui  couvre  les  entrailles,
4.  Les  deux  reins,  la  gj-aisse  qui  est près  des  flancs,  et  la  taie  du  foie  avec les  reins.
5.  Le  prêtre  les  fera  brûler  sur  l'autel; c'est  comme  l'encens  du  Seigneur  qu'on offre  pour  le  péché.
6.  Tout  mâle  de  la  race  sacerdotale mangera  de  la  chair  de  cette  victime dans  le  lieu  saint,  parce  qu'elle  est  très sainte.
1.  Hflec  quoque  lex  hostise  pro  delicto  : Sancta  sanctorum  est  ;
2.  Idcirco  ubi  immolabitur  holocaus- tum ,  mactabitur  et  victima  pro  delicto  ; sanguis  ejus  per  gyrum  altaris  fundetur.
3.  Offerent  ex  ea  caudam  et  adipem qui  operit  vitalia,
4.  Duos  renunculos,  et  pinguedinem quse  juxta  ilia  est,  reticulumque  jecoris cum  renunculis.
5.  Et  adolebit  ea  sacerdos  super  altare  ; incensum  est  Domini  pro  delicto.
6.  Omnis  masculus  de  sacerdotali génère,  in  loco  sancto  vescetur  his  car- nibus .  quia  sanctum  sanctorum  est.
11.  —  2o  Sanctum  saudorum  est.  Cf.  ii,  3.  De ce  second  point  découlent  toutes  les  prescriptions que  renferment  les  vei's.  "26-30  ;  elles  se  rap- portent soit  à  l'emploi  que  les  prêtres  devaient faire  de  leur  part  (26  et  29;  comp.  les  vers.  16 et  18),  soit  à  l'état  de  sanctification  dans  lequel le  moindre  contact  avec  le  sang  ou  la  chair  des victimes  plaçait  les  personnes  et  les  choses  (27-28), De  là  un  lavage  dans  le  lieu  saint,  pour  les  vê- tements et  pour  les  vases  de  métal  ;  quant  au vas  fictile,  que  le  jus  des  viandes  sacrées  avait pénétré  pendant  la  cuisson,  on  devait  le  briser complètement  ;  il  ne  devait  plus  servir  à  des usages  profanes.  Il  est  bon  de  i-emarquer  ici  que les  Orientaux  vernissent  très  raremert  leurs  po- teries communes.  —  Hostia  enim...  C'est  «  au- tem )J  qu'il  faudrait  ;  car  on  va  établir  ime  excep- tion. La  chair  de  certains  sacrifices  offerts  pour le  péc^ô  non  comeditur,  sed  comburetur;  et  ces
sacrifices  sont  désignés  par  la  formule  générale  : ci'jus  sanguis  inferltir  in  tahernncuhim.  Il  s'agit donc  de  csux  qui  était-nt  immolés  pour  le  péché du  grand  prêtre  (  iv,  5  -  7  ) ,  pour  le  péché  de  la nation  entière  (iv,  lû-18),  et  à  la  fête  de  l'Expia- tion (xvi,  27  )j  puisque,  dans  ces  trois  cas,  une partie  du  sang  de  la  victime  était  portée  dans l'intérieur  du  tabernacle.
5o  Règles  que  les  prêtres  devaient  observer dans  les  sacrifices  pour  le  délit,  VII,  1-10.
Chap.  VII.  —  1-7,  Hcec...  lex...  pro  delicto. Cf,  V,  1-13.  Après  ce  titre,  nous  trouvons  un principe  général,  sancta  sanctorum  est,  auquel se  rattachent  comme  précédemment  (vi,  25)  la plupart  des  détails  qui  suivent:  cérémonies  de  l'im- molation, vers.  2  ;  combustion  des  parties  grasses , vers.  3  -  5  ;  la  portion  des  prêtres  et  son  emploi , vers  6.  Le  vers,  7  établit  une  comparaison,  sur- tout au  point  de  vue  de  V\  ■^^^rt  des  prêtres,  prtro
342
Lev.  VII,  7-16.
7.  Sicut  pro  peccato  ofïertur  hostia, ita  et  pro  delicto  ;  iitdusque  hostiae  lex nua  erit  :  ad  sacerdotem  ;  qui  eam  obtu- lerit,  pertinebit.
8.  Sacerdos  qui  offert  holocausti  victi- niam,  habebit  pellem  ejus.
9.  Et  omne  sacrilicium  simiise,  quod coquitur  in  clibaiio,  et  quidquid  in  cra- ticula,  vel  in  sartagine  prœparatur,  ejus erit  sacerdotis  a  quo  oiîertur  ;
10.  Sive  oleo  conspersa,  sive  arida fuerint,  cunctis  filiis  Aaron  mensura œoua  per  singulos  dividetur.
11.  Hsec  est  lex  hostise  pacificorum qiise  ofïertur  Domino  :
12.  Si  pro  gratiarum  actione  oblatio fuerit,  ofîerent  panes  absque  fermento conspersos  oleo,  et  lagana  azyma  uncta oleo,  coctamque  similam,  et  coUyridas oiei  adriiistione  conspersas  ;
13.  Panes  quoque  f ermentatos ,  cum liostia  gratiarum,  quae  immolatur  pro pacifiais  ;
14.  Ex  quibus  unus  pro  primitiis ofîeretur  Domino,  et  erit  sacerdotis  qui fundel  liostiœ  sanguinem.
15.  Cujus  carnes  eadem  cornedentur die,  nec  remanebit  ex  eis  quidquam usque  mane..
16.  Si  voto,  vei  sponte  qnispiam  obtu- lerit  tiostiam ,  eadem  similiter  edetur die  ;  sed  et  si  quid  in  crastinum  reman- bfcrit,  vesci  licitnm  est  ;
7.  Comme  on  offre  une  victime  poiu-  le péché,  on  l'offre  de  même  pour  le  délit; il  n'y  aura  qu'une  seule  loi  pour  ces  deux hosties.  L'une  et  l'autre  appartiendra  au prêtre  qui  l'aura  offerte.
8.  Le  prêtre  qui  offre  la  victime  de l'holocauste  en  aura  la  peau.
9.  Toute  offrande  de  fleur  de  farine qui  se  cuit  dans  le  four,  ou  qui  se  rôtit sur  le  gril,  ou  qui  s'apprête  dans  la  poêle, appartiendra  au  prêtre  par  lequel  elle  est oft'erte.
10.  Si  elle  est  mêlée  avec  de  l'huile , ou  si  elle  est  sèche,  elle  sera  partagée également  entre  tous  les  fils  d' Aaron.
11.  Voici  la  loi  des  hosties  pacifiques qui  s'offrent  au  Seigneur.
12.  Si  c'est  une  oblation  pour  l'action de  grâces,  on  offrira  des  pains  sans  le- vain mêlés  d'huile ,  des  gâteaux  sans  le- vain arrosés  d'huile  par-dessus,  de  la plus  pure  farine  qu'on  aura  fait  cuire, et  des  tourteaux  arrosés  et  mêlés  d'huile.
13.  On  offrira  aussi  des  pains  levés avec  l'hostie  d'action  de  grâces,  qui  s'im- mole pour  le  sacrifice  pacifique  ;
14.  L'un  d'eux  sera  offert  au  Seigneur pour  les  prémices ,  et  il  appartiendra  au prêtre  qui  répandra  le  sang  de  la  vic- time.
15.  On  mangera  la  chair  de  la  victime le  jour  même,  et  il  n'en  demeurera  rien jusqu'au  lendemain.
16.  Si  quelqu'un  offre  une  victime après  avoir  fait  un  vœu,  ou  spontané- ment, on  la  mangera  aussi  le  même jour,  et  quand  il  en  demeurera  quelque chose  pour  le  lendemain,  il  sera  encore permis  d'en  manger  ;
ifcs  sacrifices  pour  le  péctié  ei  les  sacrifices  pour Ib  aélit.
8-10.  l-'art  attribuée  aux  prêtres  dans  les  holo- caustes et  les  sacrifices  non  sanglants.  Ces  détails fcont  insérés  ici  à  cause  de  leui  analogie  avec  ceux des  "Vers.  6-7.  —  Dans  l'holocauste,  l'otticiant  ha- bebit pellem;  probablement  aussi  dans  les  sacri- fices pour  le  péché  et  pour  le  délit,  à  part  de rares  exceptions.  Cf.  rv,  11,  21.  Suivant  la  tra- dition juive,  la  peau  revenait  au  donataire  dans les  sacrifices  pacifiques.  —  Pour  les  offrandes  non sanglantes,  vers.  9-10,  on  établit  une  distinction basée  sur  leurs  différentes  espèces  (il,  4-7;  voyez les  notes).  Tout  ce  qui  était  cuit  in  clibano ,  in craticulx,  in  sartagine,  appartenait  au  célébrant, car  on  Dffrait  ces  choses  en  quantité  moindre; .au  contraire,  la  farine  crue  était  partagée  entre tous  les  prêtres,  parce  quo  les  restes  en  étalent beaucoup  plus  abondants.
(><'   Règles  que  les  prêtres  devaient   observer
pour  les  sacrifices  pacifiques.  VII,  11-21.
11-15.  A  la  suite  du  titra  qui  introduit  l'ali- néa (vers.  11:  Hcec  ast  lex...),  on  établit  trois catégories  d'hosties  pacifiques.  Nous  avons  la première  aux  vers.  12-15  :  pro  gratiarum  actione. —  Offerent  panes,  ...  lagana,  ...  coUyridas...  Énu- mération  (12-14)  des  offrandes  non  sanglantes qui  accompagnaient  les  sacrifices  pucifiques.  Voyez II,  4,  et  le  commentaire.  —  Panes  quoque  fer- mcntatos.  Trait  qui  surprend,  après  la  prohibi- tion si  formelle  du  levain  dans  les  sacrifices, II,  11.  Mais  ces  pains  n'étaient  pas  destinés  h servir  d'oblations ,  comme  ceux  qui  ont  été  men- tionnes au  vers.  12  ;  ils  devaient  simplement  ser- vir au  repas  qui  suivait  les  sacrifices  d'action  de grâces  (cujus  carnes  cornedentur...,  vers.  15).
lG-18.  Deuxième  et  troisième  catégories  des  sa- crifices pacifiques.  —  La  seconde  est  contenue  dans le  substantif  voto  (par  suite  d'un  vœu),  la  troi- sième dans  l'adverbe  sponte  (sans  autre  motif
Lev.  vu,  17-26.
343
17.  Mais  tout  ce  qui  s'en  trouvera  de reste  au  troisième  jour  sera  consumé  par le  feu.
18.  Si  quelqu'un  mange  de  la  chair  de la  victime  paciliquc  le  troisième  jour,  l'o- Mation  deviendra  nulle  et  elle  ne  servira de  rien  ;\  celui  qui  l'aura  ofierte  ;  mais,  au contraire,  quiconque  se  sera  souillé  en mangeant  ainsi  de  cette  hostie  sera  cou- pable d'avoir  violé  la  loi.
19.  La  chair  qui  aura  touché  quelque chose  d'impur  ne  se  mangera  point,  mais elle  sera  consumée  par  le  feu  ;  celui  qui sera  pur  mangera  de  la  chair  de  la  vic- time pacifique.
20.  L'homme  qui,  étant  souillé,  man- gera de  la  chair  des  hosties  pacifiques offertes  au  Seigneur,  périra  du  milieu  de son  peuple.
21.  Celui  qui,  aj'ant  touché  à  quelque chose  d'impur,  soit  d'un  homme  ou  d'une bête,  ou  généralement  à  toute  autre  chose qui  peut  souiller,  ne  laisse  pas  de  man- ger de  cette  chair  sainte,  périra  du  mi- lieu de  son  peuple.
22.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse, et  lui  dit  :
23.  Dites  aux  enfants  d'Israël  :  Vous ne  mangerez  point  la  graisse  de  la  bre- bis, du  bœuf,  ni  de  la  chèvre;
24.  Ni  de  celle  d'une  bête  qui  sera morte  d'elle-même,  ni  de  celle  qui  aura été  prise  par  une  autre  bête  ;  mais  vous vous  en  servirez  à  d'autres  usages.
25.  Si  quelqu'un  mange  de  la  graisse  qui doit  être  offerte  et  brûlée  devant  le  Sei- gneur comme  un  encens,  il  périra  du  mi- lieu de  son  peuple.
26.  Vous  ne  prendrez  point  non  plus
17.  Quidquid  autem  tertius  invenerit dies,  ignis  absumet.
18.  Si  quis  de  carnibus  victimse  paci- iicorum  die  tertio  comederit,  irrita  fiet oblatio,  nec  proderit  offerenti  ;  quin potius  quœcumque  anima  tali  se  edulio contaminaverit,  pra3varicationis  rea  erit.
19.  Caro  quse  aliquid  tetigerit  immun- dum  ,  non  comedetur,  sed  comburetur igni  ;  qui  fuerit  mundus ,  vescetur  ex  ea.
20.  Anima  polluta  quse  ederit  de  car- nibus hosties  pacificorum,  quse  oblata est  Domino ,  peribit  de  populis  suis  ;
21.  Et  quse  tetigerit  immunditiam hominis,  vel  jumenti,  sive  omnis  rei quas  polluere  potest,  et  comederit  de hujuscemodi  carnibus,  interibit  de  po- pulis suis.
22.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moy- sen,  dicens  :
23.  Loquere  filiis  Israël  :  Adipem  ovis, et  bovis,  et  caprse,  non  comedetis.
24.  Adipem  cadaveris  morticiui,  et ejus  animalis  quod  a  bestia  captum  est, liabebitis  in  varios  usus.
25.  Si  quis  adipem,  qui  offerri  débet in  incensum  Domini,  comederit,  peribit de  populo  suo.
26.  Sanguinem  quoque  omnis  animalis
spécial  que  la  dévotion  et  la  piété).  —  Sed  et si  in  crastinum. . .  Règles  propres  à  ces  deux classes  d'hosties  pacifiques.  On  accorde  plus  de temps  pour  consommer  le  reste  des  chairs.  Néan- moins, quidquid...  tertius  dies,  ignis  absumet; la  viande  aurait  pu  se  corrompre ,  ce  qui  eût  été une  profanation  du  sacrifice,  et  même  son  anni- hilation devant  Dieu,  ainsi  qu'il  est  expliqué  au vers.  18.
19-21.  Quelques  autres  prescriptions  relatives à  la  manducation  des  hosties  pacifiques.  Elles  ont pour  but  de  relever  le  caractère  sacré  de  tout ce  qui  touchait  au  culte  divin.  —  1°  Caro,  quce... tetigerit  immundum...  Cette  viande,  ainsi  pi'o- f anée,  était  également  condamnée  au  feu.  —  2°  Qui fuerit  'mundus,  vescetur...  Et  les  versets  suivants insistent  siu'  cette  loi,  avec  une  terrible  sanction  : peribit...,  interibit.  Voy.  Ex.  xxxr,  14,  et  le  com- mentaire.
î'o  Nouvelle  interdiction  de  manger  la  graisse
et  le  sang  des  animaux.  VII ,  22  -  27.
22-23».  Transition  et  introduction.  —  Filiis Israël,  et  pas  seulement  aux  pi'êtres  (cf.  vi,  8, 14,19,  24)  ;  le  peuple  entier  était  intéressé  à  bien connaître  cette  grave  injonction.  C'est  le  dévelop- pement de  ni,  17,
23''- 25.  Trois  règles  relatives  à  l'emploi  de  la graisse.  —  Première  règle  :  Adipem  ovis...  La graisse  des  trois  espèces  de  quadrupèdes  qui  for- maient la  matièi'e  des  sacrifices  est  absolument interdite  pour  les  usages  profanes ,  Dieu  se  l'étant formellement  "-éservée.  Voyez,  sur  ce  qu'il  faut entendre  par  vt  adeps  »,  la  note  de  m,  17.  — Deuxième  règle  :  Adipem...  morticini...  in  varios usus;  par  exemple  pour  l'éclairage,  etc.  Mais  ou se  serait  rendu  impur  en  la  mangeant.  —  Troi- sième règle  :  Si  quis  adipem...,  peribit.  La  sanc- tion accoutxmiée.
26-27.  Prohibition  du  sang,  plus  étendue  que celle  de  la  graisse.
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,111.  Qivi  aHAlehit  a<lipem  sn|Jer  alta»:; p<*r!tn«^^lnm  aiitf?m^eftt-A«aroiv  et  ffliornfis^ (rjiis.
;>2-.  ArmiiR  qn/)qne  àe^tpr'  de  pacifico—
i    f)htnlerit,
:u  et  ari' i-    iiAbehit   - le  sna  :
T^r.pinsnnliTm  enim  devat.îonis ,  et
tionis,  tnli  a  rtliis  Israei
■    Maciftcis,  et  rledi  Aaroa
ejnn,  leg-e  perpétua.,
34.
armn
?)5.  rimn  est  nnctio  Aai'on  et  fllioriua ejn»  in  ceremoniis  Domiai,  die  qua  ob-- ^iV.ir  eos  Moyses,  iit  sacerdotio  fange- rf.niiir  ;
?>6.  Kt  qnfft  prflftcepit  ejs  dari  Dominus a  filiis  rsrael  religione  p«petiia  in  g«ie- rationibii»  nuis.
37.  ÏHtfh  fîst  lex  holnoauRti,  et  sacrificii -ro  penr^-to  atf|iie  rlelicto,  et  pro  conse- ■ratione  et  pacificonim  victimis,
t«
tel;  et  la  poiitme  seca.  pour  AaroiL  et {joiffses  ftis.
32-  r!*-" «vaille  droite  dela.vfcttnie  |jaci-
)rétre  comme
•  iea  riia
,1.1  J.  "  -         ^^       i£L       _  *  .Xi.-j.-:C  ,         ùtxi.jj*
ail  .    .  :e  poux  la  pomon.  du
sacruice.
34%  Caj"  j'^ai  réserré:  de  la  chair  dea lioBties  paciâques  des  enfanta  d-'Israël^ la  poitrine  qu'oa  élève  (ievani  moi^  etr répanle  qu-'oiL  ea  a  séoarée,  et  ie  les  ai données  a'
par  une  loi  -
tOTTt  le  peuple  a'IsraéL
35.  C'est  là  le  droit  de  ronction.  d'Aa- roit  et  de  ses  lila  dans  les  cérémonies  du i^gnenr,  qu'ils  <■:  i  jour  ou Moïse  les  présenta  oui  exer- cer les  fonctions  du  saceraoce  :
36.  Et  c'est  ce  que  le  Seigneur  a  com- mandé  aux    enfants    dTiraël    de  leur donnw  par  une  ''  '  - qui  doit  passer  dT.  -            -
leur  postérité.
37.  C'est  là  la  loi  de  l'Iiolocauste,  du sacrifice  pour  le  péché  et  pom'  le  délit , et  dn  î^acrifice  des  consécrations  et  des ^dctimes  nacifiques ,
r>
8»  S-ntfp.  de»  r^«^c8  relatives  aux  sacrifices  pa-
28-2ft».  Tnt.roHiict.inn  pour  rpnoner  la  snlte  des
,.i,V-      .11,.  'inyiiift  par  les  vers.
le  parenthèse.  —
.<  jArrud,
c.H  donataires
■^     <i^.or\f\r
les,  un  plus
rôlH
|i.*-
iMons.
;<4.   F
i^-
>■  roiir  à  tf>vT
l>  yuvt  d©  DU'M  et  c^iUi  d^M  yt'cwcw. —■(!>/ ii*Mf  et
sacriflcium  C  vers.  29).  Hébr.  minhah,  rme  of- frande non  sanglante.  —  3ur  les  (îxpr  -  <.- ctusculum  elevationis ,  et  armum  st. Ters.  34  ('mieux  :  la  poitrine  < l'agitation  -i  _  e- paule  d'élévation),  voyez  Ex.  xxix,  27,  et  le  com- mentaire.
3°  Conclusion  de   tout   ce   paragraphe.  YII, 36-38.
35-:ifi.  C'est  un  sommaire  rapide,  mais  solen- nel, des  divers  détails  que  noua  vfnon**^  île  lire.
Lev.  VII,  38  —  VIII,  9.
345
38.  Que  le  Seigneur  donna  à  Moïse  sur i  montagne  du  Sinaï,  lorsqu'il  ordonna ux  enfants  d'Israël  d'offrir  leurs  obla- ions  au  Seigneur  dans  le  désert  du iuaï.
38.  Quara  constituit  Dominns  Movsi in  monte  Sinai,  quando  mandavit  filiis Israël  ut  offerrent  oblationes  suas  Do- mino in  deserto  Sinai.
CHAPITRE  VIII
1.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse, t  lui  dit  :
2.  Prenez  Aaron   avec  ses  fils,  leurs ôtements,    l'huile    d'onction,    le    veau
;iti  doit  être  offert  pour  le  péché,  deux MÙiiers  et  une  corbeille  de  pains  sans  le- vain ,
3.  Et  assemblez  tout  le  peuple  à  l'en- rée  du  tabernacle.
4.  Moïse  fit  ce  que  le  Seigneur  lui  avait •  •ommandé  ;  et  aj^ant  assemblé  tout  le l^euple  devant  la  porte  du  tabernacle ,
5.  Il  leur  dit  :  Voici  ce  que  le  Seigneur a  ordonné  que  l'on  fasse.
G.  En  même  temps  il  présenta  Aaron et  ses  fils  ;  et  les  ayant  lavés ,
7.  Il  revêtit  le  grand  prêtre  de  la  tu- m«]ue  de  fin  lin,  et  le  ceignit  avec  la ceinture;  il  le  revêtit  par -dessus  de  la robe  d'hyacinthe ,  mit  l'éphod  sur  sa robe ,
8.  Et  le  serrant  avec  la  ceinture ,  il  y attacha  le  rational,  sur  lequel  étaient écrits  ces  mots  :  Doctrine  et  vérité.
9.  Il  lui  mit  aussi  la  tiare  sur  la  tête  ; et  au  bas  de  la  tiare  qui  couvrait  le fi'ont,  il  mit  la  lame  d'or  consacrée  par le  saint  nom  quelle  portait,  selon  que  le Seiarneur  le  lui  avait  ordonné.
1.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moy- sen ,  dicens  :
2.  Toile  Aaron  cum  filiis  suis ,  vestes eorum,  et  unctionis  oleum,  vitulum  pro peccato,  duos  arietes,  canistrum  cum azymis ,
3.  Et  congregabis  omnem  cœtum  ad ostium  tabernaculi.
4.  Fecit  Moyses  ut  Dominus  impera- verat  ;  congregataque  omni  turba  ante fores  tabernaculi,
5.  Ait  :  Iste  est  sermo,  quem  jussit Dominus  fieri.
6.  Statimque  obtulit  Aaron  et  filios ejus  ;  cumque  lavisset  eos ,
7.  Vesti^dt  pontificem  subucula  linea, accingens  eum  balteo,  et  induens  eum tunica  hyacinthiua,  et  desuper  humerale imposuit,
8.  Quod  astringens  cingulo  aptavit rationali,  in  quo  erat  :  Doctrina  et  Ve- ritas.
9.  Cidari  quoque  texit  caput  ;  et  super eam,  contra  frontem,  posuit  laminam auream  consecratam  in  sanctificatione, sicut  prœceperat  ei  Dominus.
—  Hœc  est  unctio...  Dans  le  sens  de  «  droit  con- féré par  l'onction  ».
Section  II.  —  Les  débuts  du  sacerdoce
LÉVITIQUE.  YIII,   1  —  X,   20.
§  I.  —  Consécration  d' Aaron  et  de  ses  fils. YIII,  1-36.
Maintenant  qne  le  tabernacle  est  érigé  et  qtie tont  a  été  réglé  pour  les  sacrifices,  les  prêtres peuvent  enti'er  en  fonctions;  mais,  auparavant, ils  sont  consacrés  d'après  les  rites  que  Dieu  lui- même  avait  longuement  fixés.  Toy.  Ex.  xxnn, 1-43;  XL,  12-13,  et  surtout  le  chap.  xxix,  où nous  avons  donné  la  plupart  des  explications nécessaires.
1°  Préparation  imposante  de  la  cérémonie, vers.  1-5.
Chap.  VIII. —  1-3.  Dieu  avertit  Moïse  qu'il est  temps  de  procéder  h  la  consécration  d' Aaron et  de  ses  fils.  —  Toile...  vestes  :  les  vêtements  sa-
crés, décrits  au  chap.  xxviii  de  l'Exode;  unctio- nis oleum,  cf.  Ex.  xxx,  22-33  ;  les  victimes  san- glantes (vitulum...)  duos  arietes),  et  non  san- glantes (canistnnn...),  cf.  Ex.  xxix,  1-3.  —  Congre- gabis omnem  cœtum...  Le  peuple  entier  était  invité à  cette  cérémonie  vi-aiment  nationale,  qui  allait établii-  des  médiateurs  entre  son  Dieu  et  lui.
4-5.  Moïse  exécute  les  ordres  de  Jéhovah.  — Iste  est  serino...  Ce  n'est  là,  évidemment,  qu'une formule  abrégée  des  paroles  que  Moïse  adressa aux  Israélites.
2'»  Premiers  rites  de  îa  consécration,  vers.  6-13.
6.  L'ablution.  —  Obtulit.  Hébr.  :  il  fit  appro- cher. —  Lavisset:  un  bain  complet  (cf.  xvi,  4), qui  figurait  une  grande  sainteté.  Cf.  Hebr.  vu,  26.
7-9.  La  vêture  d'Aaron,  emblème  de  sa  situa- tion ofiScielle.  —  Subucula  linea,  la  timique (Ex.  xxvin,  39)  :  balteo,  la  ceinture  (Ex.  xxvni, 39);  tunica  Jvjacinthina,  la  robe  de  l'éphod  (Ex. XXVIII,  31-35);  humerale,  l'éphod  (Ex.  x:x;vrn,
17
344
Lev.  VII,  27-37.
non  sumetis  in  cibo,  tam  de  avibus  quam de  pecoribus.
27.  Omnis  anima,  qiiœ  ederit  sangui- nem,  peribit  de  populis  suis.
28.  Locutusqiie  est  Dominus  ad  Moy- sen,  dicens  :
29.  Loquere  filiis  Israël,  dicens  :  Qui offert  victimam  pacificorum  Domino, offerat  simul  et  sacrificium,  id  est,  liba- menta  ejus.
30.  Tenebit  manibus  adipem  hostiae et  pectusculum  ;  cumque  ambo  oblata Domino  consecraverit,  tradet  sacerdoti,
31.  Qui  adolebit  adipem  super  altare; pectusculum  autem  erit  Aaron  et  filiorum ejus.
32.  Armus  quoque  dexter  de  pacifico- rum liostiis  cedet  in  primitias  sacerdotis.
33.  Qui  obtulerit  sanguinem  et  adi- pem, filiorum  Aaron,  ipse  habebit  et armum  dextrum  in  portione  sua  ;
34.  Pectusculum  enim  elevationis,  et armum  separationis ,  tuli  a  filiis  Israël de  hostiis  eorum  pacificis,  et  dedi  Aaron sacerdoti,  et  filiis  ejus,  lege  perpétua, ab  omni  populo  Israël.
35.  Hœc  est  unctio  Aaron  et  filiorum ejus  in  ceremoniis  Domini,  die  qua  ob- tulit  eos  Moyses,  ut  sacerdotio  funge- rentur ;
36.  Et  quse  praecepit  eis  dari  Dominus a  filiis  Israël  religione  perpétua  in  gene- rationibus  suis.
37.  Ista  est  lex  holocausti,  et  sacrificii pro  peccato  atque  delicto,  et  pro  conse- cratione  et  pacificorum  victimis.
pour  votre  nourriture  du  sang  d'aucun animal,  tant  des  oiseaux  que  des  trou- peaux.
27.  Toute  personne  qui  aura  mangé  du sang  périra  du  milieu  de  son  peuple.
28.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse , et  lui  dit  :
29.  Parlez  aux  enfants  d'Israël,  et dites-leur  :  Que  celui  qui  offre  au  Sei- gneur une  hostie  pacifique  lui  offre  en même  temps  le  sacrifice  non  sanglant, c'est-à-dire  les  libations  dont  elle  doit être  accompagnée.
30.  Il  tiendra  dans  ses  mains  la  graisse et  la  poitrine  de  la  victime  ;  et  lorsqu'il aura  consacré  l'une  et  l'autre  au  Seigneur en  les  offrant,  il  les  donnera  au  prêtre,
31.  Qui  fera  brûler  la  graisse  sur  l'au- tel ;  et. la  poitrine  sera  pour  Aaron  et pour  ses  fils.
32.  L'épaule  droite  de  la  victime  paci- fique appartiendra  aussi  au  prêtre  comme les  prémices  de  l'ohlalion.
33.  Celui  d'entre  les  fils  d'Aaron  qui aura  offert  le  sang  et  la  graisse,  aura aussi  l'épaule  droite  pour  la  portion  du sacrifice.
34.  Car  j'ai  réservé  de  la  chair  des hosties  pacifiques  des  enfants  d'Israël, la  poitrine  qu'on  élève  devant  moi,  et l'épaule  qu'on  en  a  séparée,  et  je  les  ai données  au  prêtre  Aaron  et  à  ses  fils, par  une  loi  qui  sera  toujours  observée  par tout  le  peuple  d'Israël.
35.  C'est  là  le  droit  de  l'onction  d'Aa- ron et  de  ses  fils  dans  les  cérémonies  du Seigneur,  qu'ils  ont  acquis  au  jour  où Moïse  les  présenta  devant  lui  pour  exer- cer les  fonctions  du  sacerdoce  ;
36.  Et  c'est  ce  que  le  Seigneur  a  com- mandé aux  enfants  d'Israël  de  leur donner  par  une  observation  religieuse, qui  doit  passer  d'âge  en  âge  dans  toute leur  postérité.
37.  C'est  là  la  loi  de  l'holocauste,  du sacrifice  pour  le  péché  et  pour  le  délit , et  du  sacrifice  des  consécrations  et  des victimes  pacifiques,
8»  Suite  des  règles  relatives  aux  sacrifices  pa- cifiques. VII,  28-34.
28-29».  Introduction  pour  renouer  la  suite  des idées,  momentanément  interrompue  par  les  vers. 22-27,  qui  formaient  une  sorte  de  parentlièse. — De  nouveau  filiis  Israël,  parce  que  les  donataires jouaient,  dans  les  sacrifices  pacifiques,  un  plus grand  rôle  que  dans  les  autres  oblations.
2n*'-:i4.  Lo  lojislatenr  (Ic'tenniiic  tour  à  tour la  piirt  de  Dieu  et  c^lle  des  iiroLiv.s.  —  Hiinul  et
sacrificium  (vers.  29).  Hébi*.  minhah,  une  of- frande non  sanglante.  —  Sur  les  expressions  pe- ctusculum elevationis,  et  armum  separationis , vers.  34  (  mieux  :  la  poitrine  d'agitation  et  l'é- paule d'élévation),  voyez  Ex.  xxix,  27,  et  le  com- mentaire.
9°  Conclusion  de  tout  ce  paragraphe.  VII, 35-38.
35 -.S8.  C'est  un  sommaire  rapide,  mais  solen- nel, dos  divers  détails  (jnc  nous  venons  de  lire.
Lev.  VII,  38  —  VIII,  9.
345
38.  Que  le  Seigneur  donna  à  Moïse  sur la  montagne  du  Sinaï,  lorsqu'il  ordonna anx  enfants  d'Israël  d'offrir  leurs  obla- tions  au  Seigneur  dans  le  désert  du Sinaï.
38.  Quara  constituit  Dominus  Moysi in  monte  Sinai,  quando  mandavit  filiis Israël  ut  offerrent  oblationes  suas  Do- mino in  deserto  Sinai.
CHAPITRE  VIII
1.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse, et  lui  dit  :
2.  Prenez  Aaron  avec  ses  fils,  leurs vêtements,  l'huile  d'onction,  le  veau qui  doit  être  offert  pour  le  péché,  deux béliers  et  une  corbeille  de  pains  sans  le- vain ,
3.  Et  assemblez  tout  le  peuple  à  l'en- trée du  tabernacle.
4.  Moïse  fit  ce  que  le  Seigneur  lui  avait commandé  ;  et  ayant  assemblé  tout  le peuple  devant  la  porte  du  tabernacle ,
5.  Il  leur  dit  :  Voici  ce  que  le  Seigneur a  ordonné  que  l'on  fasse.
6.  En  même  temps  il  présenta  Aaron et  ses  fils;  et  les  ayant  lavés,
7.  Il  revêtit  le  grand  prêtre  de  la  tu- nique de  fin  lin,  et  le  ceignit  avec  la cei  iiture  ;  il  le  revêtit  par  -  dessus  de  la robe  d'hyacinthe ,  mit  l'éphod  sur  sa robe ,
8.  Et  le  serrant  avec  la  ceinture ,  il  y attacha  le  rational,  sur  lequel  étaient écrits  ces  mots  :  Doctrine  et  vérité.
9.  Il  lui  mit  aussi  la  tiare  sur  la  tête  ; et  au  bas  de  la  tiare  qui  couvrait  le front,  il  mit  la  lame  d'or  consacrée  par le  saint  nom  qu'elle  portait,  selon  que  le Seiofneur  le  lui  avait  ordonné.
1.  Locutusque  est  Dominus  ad  ]\Ioy- sen,  dicens  :
2.  Toile  Aaron  cum  filiis  suis ,  vestes eorum,  et  unctionis  oleum,  vitulum  pro peccato,  duos  arietes,  canistrum  cum azymis,
3.  Et  congregabis  omnem  cœtum  ad ostium  tabernaculi.
4.  Fecit  Moyses  ut  Dominus  impera- verat;  congregataque  omni  turba  ante fores  tabernaculi,
5.  Ait  :  Iste  est  sermo,  quem  jussit Dominus  fieri.
6.  Statimque  obtulit  Aaron  et  filios ejus  ;  cumque  lavisset  eos ,
7.  Vestivit  pontificem  subucula  linea, accingens  eum  balteo,  et  induens  eum tunica  hyacinthina,  et  desuper  humerale imposuit,
8.  Quod  astringens  cingulo  aptavit rationali,  in  quo  erat  :  Doctrina  et  Ve- ritas.
9.  Cidari  quoque  texit  caput  ;  et  super eam,  contra  frontem,  posuit  laminam auream  consecratam  in  sanctificatione, sicut  prseceperat  ei  Dominus.
—  Ilœc  est  unctio...  Dans  le  sens  de  «  droit  con- féré par  l'onction  ».
Section  II,  —  Les  débuts  du  sacerdoce
LÉVTTIQUE.   YIII,    1  —  X,   20,
§  I.  —  Consécration  cl' Aaron  et  de  ses  fils. VIII,  1-36.
Maintenant  que  le  tabernacle  est  érigé  et  que tont  a  été  réglé  pour  les  sacrifices,  les  prêtres peuvent  entrer  en  fonctions;  mais,  auparavant, ils  sont  consacrés  d'après  les  rites  que  Dieu  lui- même  avait  longuement  fixés,  Yoy,  Ex,  xxviii, 1-43;  XL,  12-13,  et  surtoiit  le  chap.  xxix,  où nous  avons  donné  la  plupart  des  explications nécessaires,
l»  Préparation  imposante  de  la  cérémonie , vers.  1-5.
Chap.  VIIL —  1-3.  Dieu  avertit  Moïse  qu'il est  temps  de  procéder  à  la  consécration  d' Aaron et  de  ses  fils,  —  Toile...  vestes  :  les  vêtements  sa-
crés, décrits  au  chap.  xxviii  de  l'Exode  ;  unctio- nis oleum,  cf.  Ex,  xxx,  22-33  ;  les  victimes  san- glantes (vitulum...,  duos  arietes),  et  non  san- glantes {canistrum...},  cf.  Ex.  xxix,  1-3,  —  Congre- gabis omnem  cœtum...  Le  peuple  entier  était  invité h  cette  cérémonie  vraiment  nationale,  qui  allait établir  des  médiateurs  entre  son  Dieu  et  lui,
4-5.  Moïse  exécute  les  ordres  de  Jéliovah.  — Iste  est  sermo...  Ce  n'est  là,  évidemment,  qu'une formule  abrégée  des  paroles  que  Moïse  adressa aux  Israélites.
20  Premiers  rites  de  la  consécration,  vers.  6-13.
6.  L'ablution.  —  Obtnlit.  Hébr.  :  il  fit  appro- cher. —  Lavisset:  un  bain  complet  (cf.  xvi,  4), qui  figurait  une  grande  sainteté.  Cf.  Hebr.  vu,  26.
7-9.  La  vêture  d'Aaron,  emblème  de  sa  situa- tion officielle.  —  Subucula  linea,  la  tunique (Ex.  xxviii,  39);  balteo,  la  ceinture  (Ex.  xxviii, 39);  tunica  hyacinthina,  la  robe  de  l'éphod  (Ex. xxvur,  31-35);  humerale,  l'éphod  (Ex.  xxvin,
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346
10.  Tiilit  et  unctionis  oleum,  quo  lini- vit  tabernaculum  cum  omni  supellectili sua  ;
11.  Cumque  sanctificans  aspersisset altare  septem  vicibus,  imxit  illud,  et omnia  vasa  ejus;  labriimque  cum  basi sua  sanctiticavit  oleo.
12.  Quod  fundens  super  caput  Aaron, unxit  eum ,  et  consecravit  ;
13.  Filios  quoque  ejus  oblatos  vestivit tunicis  lineis,  et  cinxit  balteis ,  imposuit- que  mitras,  ut  jusserat  Dominus.
14.  Obtulit  et  vitulum  pro  peccato  ; cumque  super  caput  ejusposuisset  Aaron, et  filii  ejus,  manus  suas,
15.  Immolavit  eum,  bauriens  sangui- 11  em,  et  tincto  digito,  tetigit  cormia altaris  per  gyrum  ;  quo  expiato  et  san- ctificato,  fudit  reliquum  sanguinem  ad fundamenta  ejus.
16.  Adipem  vero  qui  erat  super  vitalia, et  reticulum  jecoris,  duosque  renuncu- los  cum  arvinulis  suis  adolevit  super altare  ;
17.  Vitulum  cum  pelle,  et  carnibus, et  fimo,  ci'emans  extra  castra,  sicut  prse- ceperat  Dominus.
18.  Obtulit  et  arietem  in  holocaustum  ; super  eu  jus  caput  cum  imposuissent Aaron  et  filii  ejus  manus  suas,
19.  Immolavit  eum,  et  fudit  sangui- nem ejus  per  circuitum  altaris.
20.  Ipsumque  arietem  in  fi'usta  con- cidens,  caput  ejus,  et  artus,  et  adipem adolevit  igni ,
21.  Lotis  prius  intestinis  et  pedibus, totumque  simul  arietem  incendit  super altare ,  eo  quod  esset  holocaustum  sua- vissimi  odoris  Domino,  sicut  praeceperat ei.
Lev.  VIII,  10-21.
10.  Il  prit  aussi  l'huile  d'onction,  donl; il  mit  sur  le  tabernacle  et  sur  toutes  les choses  qui  servaient  à  son  usage  ;
11.  Et  ayant  fait  sept  fois  les  asper- sions sur  l'autel  pour  le  sanctifier,  il  y versa  l'huile,  aussi  bien  que  sur  tous  ses ustensiles  ;  et  il  sanctifia  de  même  avec l'huile  le  lavoir  di  airain  avec  la  base  qui le  soutenait.
12.  Il  répandit  aussi  sur  la  tête  d' Aa- ron l'huile  dont  il  l'oignit  et  le  con- sacra ;
13.  Et  ajï'ant  de  même  présenté  les  fils d'Aaron,  il  les  revêtit  de  tuniques  de  lin, les  ceignit  de  leurs  ceintures,  et  leur  mit des  mitres  sur  la  tête,  comme  le  Seigneur l'avait  commandé.
14.  Il  offrit  aussi  un  veau  pour  le  pé- ché ;  et  Aaron  et  ses  fils  ayant  mis  leurs mains  sur  la  tête  du  veau ,
15.  Moïse  regorgea  et  en  prit  le  sang  ; il  y  trempa  son  doigt  et  en  mit  sur  les cornes  de  l'autel  tout  alentour  ;  et  l'ayant ainsi  purifié  et  sanctifié,  il  répandit  le reste  du  sang  au  pied  de  l'autel.
16.  Il  fit  brûler  sur  l'autel  la  graisse qui  couvre  les  entrailles,  la  taie  du  foie, et  les  deux  reins  avec  la  graisse  qui  y  est attachée  ;
17.  Et  il  brûla  le  veau  hors  du  camp, avec  la  peau,  la  chair  et  la  fiente,  comme le  Seigneur  l'avait  ordonné.
18.  Il  offrit  aussi  un  bélier  en  holo- causte ;  et  Aaron  avec  ses  fils  lui  ayant mis  les  mains  sur  la  tête,
19.  Il  regorgea,  et  en  répandit  le  sang autour  de  l'autel.
20.  Il  coupa  aussi  le  bélier  en  mor- ceaux, et  il  en  fit  brûler  dans  le  feu  la tête,  les  membres  et  la  graisse,
21.  Avec  les  intestins  et  les  pieds, après  les  avoir  lavés.  Il  brûla  sur  l'autel le  bélier  tout  entier,  parce  que  c'était  un holocauste  d'une  odeur  très  agréable  au Seigneur,  comme  il  le  lui  avait  ordonné.
G-14);  rationali,  le  rational,  avec  Vurim  et  le tummim  (Ex.  xxviii,  15-30);  cidari,  la  mitre (Ex.  xxvm,  39)  ;  laminam,  auream,  le  diadème et  la  lame  d'or  (Ex.  xxviii,  36-38).
10-11.  L'onction  du  tabernacle,  de  l'autel  des holocaustes ,  du  bassin  d'airain  et  de  leurs  usten- siles.
12.  L'onction  d'Aaron,  tout  abondante  (super caput).  Cf.  Ps.  cxxxii,  2.
13.  La  vêture  des  fils  d'Aaron.  Leur  onction n'est  pas  mentionnée  en  cet  endroit;  mais  Dieu l'avait  autrefois  prescrite,  Ex.  xxviii,  41  ;  xl,  15, et  d'autres  passages  la  supposent  (Lev.  vu,  36,
etc.).  Elle  fut  évidemment  pratiquée.
3°  Les  sacrifices  qui  accompagnèrent  la  consé- cration, vers.  14-30.
Moïse,  qui  était  jusqu'à  présent  le  médiateur unique  de  l'alliance ,  remplit  le  rôle  de  célébrant.
14-17.  Sacrifice  d'un  jeune  taureau  pi-o  pec- cato, en  vue  de  la  sanctification  des  nouveaux prêtres.  Il  eut  lieu  d'après  les  règles  décrites  plus haut,  IV,  3-12.  —  Sicut  prceceperat  (vers.  17)... Cf.  Ex.  XXIX,  10-14.
18-21.  Sacrifice  du  premier  bélier,  d'après  les rites  de  l'holocauste,  i,  3-9.  —  SictU  prœceperat... (vers.  21).  Cf.  Ex.  xxix,  15-18.
Lev.  VIII,  22-31.
347
22.  Il  offrit  encore  un  second  bélier pour  la  consécration  des  prêtres  ;  et  Aa- ron  avec  ses  fils  lui  ayant  mis  les  mains sur  la  tête,
23.  Moïse  regorgea,  et,  prenant  de son  sang,  il  en  toucha  l'extrémité  de l'oreille  droite  d' Aaron ,  et  le  pouce  de  sa main  droite  et  de  son  pied  droit.
24.  Aj'^ant  aussi  présenté  les  fils  d'Aa- ron ,  il  prit  du  sang  du  bélier  qui  avait été  immolé,  en  toucha  l'extrémité  de l'oreille  droite  de  chacun  d'eux,  et  les pouces  de  leur  main  droite  et  de  leur pied  droit,  et  répandit  sur  l'autel,  tout autour,  le  reste  du  sang.
25.  Il  mit  à  part  la  graisse,  la  qaeue, et  toutes  les  graisses  qui  couvrent  les  in- testins, la  taie  du  foie  et  les  deux  reins avec  la  graisse  qui  y  est  attachée,  et l'épaule  droite.
26.  Et  prenant  de  la  corbeille  des pains  sans  levain  qui  étaient  devant  le Seigneur  un  pain  sans  levain,  un  tour- teau arrosé  d'huile  et  un  gâteau,  il  les mit  sur  les  graisses  de  l'hostie  et  sur  l'é- paule droite.
27.  Il  mit  toutes  ces  choses  entre  les mains  d' Aaron  et  de  ses  fils ,  qui  les  éle- vèrent devant  le  Seigneur.
28.  Moïse,  les  ayant  prises  de  nouveau et  reçues  de  leurs  mains,  les  brûla  sur l'autel  des  holocaustes ,  parce  que  c'était l'hostie  de  la  consécration  et  un  sacri- fice d'une  odeur  très  agréable  au  Sei- gneur.
29.  Il  prit  aussi  la  poitrine  du  bélier immolé  pour  la  consécration  des  prêtres, et  il  réleva  devant  le  Seigneur,  comme la  part  qui  lui  était  destinée,  selon  l'ordre qu'il  en  avait  reçu  du  Seigneur.
30.  Ayant  pris  ensuite  l'huile  d'onc- tion et  le  sang  qui  était  sur  l'autel,  il  fit l'aspersion  sur  Aaron  et  sur  ses  vêtements, sur  les  fils  d'Aaron  et  sur  leurs  vête- ments ;
31.  Et  après  les  avoir  sanctifiés  dans leurs  vêtements,  il  leur  donna  cet  ordre et  leur  dit  :  Faites  cuire  la  chair  des  vic- times devant  la  porte  du  tabernacle,  et mangez -la  en  ce  même  lieu.  Mangez -y
22.  Obtulit  et  arietem  secundum,  in consecratione  sacerdotum  ;  posueruntque super  caput  ejus  Aaron  et  filii  ejus  manus suas.
23.  Quem  cum  immolasset  Moyses, sumens  de  sanguine  ejus,  tetigit  extre- mum  auriculse  dextrae  Aaron ,  et  pollicem manus  ejus  dextrse,  similiter  et  pedis.
24.  Obtulit  et  filios  Aaron  ;  cumque de  sanguine  arietis  immolati  tetigisset extremum  auriculae  singulorum  dextrae, et  pollices  manus  ac  pedis  dextri,  reli- quum  fudit  super  altare  per  circuitum.
25.  Adipem  vero,  et  caudam,  omnem- que  pinguedinem  quae  operit  intestina, reticulumque  jecoris ,  et  duos  renés  cum adipibus  suis  et  armo  dextro  separavit.
26.  Tollens  autem  de  canistro  azy- morum ,  quod  erat  coram  Domino ,  panem absque  fermento,  et  collyiidam  consper- sam  oleo,  laganumque,  posuit  super  adi- pes,  et  armum  dextrum,
27.  Tradens  simul  omnia  Aaron  et  filiis ejus.  Qui  postquam  levaverunt  ea  coram Domino,
28.  Rursum  suscepta  de  manibus eorum,  adolevit  super  altare  holocausti, eo  quod  consecrationis  esset  oblatio ,  in odorem  suavitatis,  sacrificii  Domino.
29.  Tulitque  pectusculum,  elevaus illud  coram  Domino ,  de  ariete  consecra- tionis in  partem  suam,  sicut  praeceperat ei  Dominus.
30.  Assumensque  unguentum,  et  san- guinem  qui  erat  in  altari ,  aspersit  super Aaron  et  vestimenta  ejus,  et  super  filios illius  ac  vestes  eorum.
31.  Cumque  sanctificasset  eos  in  ve- stitu  suo,  prsecepit  eis,  dicens  :  CoQuite carnes  ante  fores  tabernaculi,  et  ibi  co- medite  cas  ;  panes  quoque  consecrationis édite,  qui  positi  sunt  in  canistro,  sicut
22-30.  Sacrifice  du  second  bélier,  d'après  les rites  dos  sacrifices  pacifiques.  Ce  fut  la  partie principale  de  la  cérémonie  (cf.  Ex.  xxix,  19-26, et  le  commentaire),  ainsi  que  l'exprime  le  noai donné  à  la  victime  :  «  bélier  de  la  consécration  » {in  consecratione...  Les  LXX  :  ô  xpio;  t-^ç  tî- V.c'.œcrsf»);.  L'Itala  :  «  aries  perfectionis.  »  S.  Aug.: tt  sacrificium  consummationis.»  De  même  les  Tar-
gums.  Ce  rite  achevait,  en  effet,  et  consommait l'ordination  sacerdotale).
4o  Conclusion  de  la  cérémonie,  vers.  31-36.
31-32.  Moïse  communique  à  Aaron  et  à  ses fils  les  ordres  de  Dieu  touchant  l'usage  qu'ils doivent  faire  de  leur  pai't  des  victimes.  —  Co- quite  carnes  :  le  reste  des  chairs  du  second  bé- lier, puisque  les  deux  autres  hosties  avaient  été
348
Lev.  YIII,  32  —  IX,  4.
prsecepit  mihi  Dominus ,  dicens  :  Aaroii et  tilii  ejus  comedent  eos  ;
32.  Quidquid  aiitem  rcliqunm  fuerit de  carne  et  panibus,  ignis  absumet.
33.  De  ostio  quoqiie  tabernaculi  non exibitis  septem  diebus,  iisque  ad  diem qiio  complebitur  tempns  consecratioiiis vestrse  ;  septem  enim  diebus  liuitur  con- secratio ,
34.  Sicut  et  imprsesentianim  factuni est,  ut  ritiis  sacrificii  compleretur.
35.  Die  ac  nocte  manebitis  in  taber- naciilo  observantes  custodias  Domini ,  ne moriamini  ;  fcic  enim  mihi  prœceptum est.
36.  Fecervmtqiie  Aaron  et  filii  ejus cuncta  quœ  locutus  est  Dominus  per mannm  Moysi.
aussi  les  pains  de  consécration  qui  ont été  mis  dans  la  corbeille,  selon  que  le Seigneur  me  l'a  ordonné,  en  disant  : Aaron  et  ses  fils  mangeront  de  ces pains ,
32.  Et  tout  ce  qui  restera  de  cette chair  et  de  ces  pains  sera  consumé  par le  feu.
33.  De  plus,  vous  ne  sortirez  point  de l'entrée  du  tabernacle  pendant  sept  jours, jusqu'au  jour  où  le  temps  de  votre  con- sécration sera  accompli  ;  car  la  consécra- tion s'achève  en  sept  jours,
34.  Comme  vous  venez  de  le  voir  pré- sentement, afin  que  les  cérémonies  de  ce sacrifice  soient  accomplies.
35.  Vous  demeurerez  jour  et  nuit  dans le  tabernacle  en  veillant  devant  le  Sei- gneur, de  peur  que  vous  ne  mouriez,  car il  m'a  été  ainsi  commandé.
36.  Et  Aaron  et  ses  fils  firent  tout  ce que  le  Seigneur  leur  avait  ordonné  par Moïse.
CHAPITRE  IX
1.  Facto  autem  octavo  die,  vocavit Moyses  Aaron  et  filios  ejus,  ac  majores natu  Israël,  dixitque  ad  Aaron  :
2.  Toile  de  armento  vitulum  pro peccato,  et  arietem  in  holocaustum, utrumque  immaculatum,  et  ofïer  illos coram  Domino.
3.  Et  ad  filios  Israël  loqueris  :  Tollite hircum  pro  peccato,  et  vitulum  atque agnum  anniculos  et  sine  macula ,  in holocaustum ,
4.  Bovem  et  arietem  pro  pacificis,  et immolate  eos  coram  Domino ,  in  sacrificio singulorum    sirailam     conspersam    oleo
1.  Le  huitième  jour.  Moïse  appela Aaron  et  ses  fils ,  et  les  anciens  d'Israël , et  il  dit  à  Aaron  :
2.  Prenez  de  votre  troupeau  un  veau pour  le  péché,  et  un  bélier  pour  en  faire un  holocauste,  l'un  et  l'autre  sans  tache, et  offrez-les  devant  le  Seigneur.
3. Vous  direz  aussi  aux  enfants  d'Israël  : Prenez  un  bouc  jiour  le  péché ,  un  veau et  un  agneau  d'un  an  sans  tache,  pour en  faire  un  holocauste,
4.  Un  bœuf  et  un  bélier  pour  les  hos- ties pacifiques  ;  et  immolez -les  devant  le Seigneur,  en  offrant  avec  chacun  de  ces
entièrement  consnmtîscs  (vers.  14-17,  18-21).  Cf. Ex.  XXIX,  31-34.
33  -  35.  Il  est  interdit  aux  nouveaux  préti-es  de quitter  le  tabernacle  pendant  sept  jours  consé- cutifs ,  leur  consécration  devant  durer  toute  une octave.  Cf.  Ex.  xxix,  35-36.  —  De  ostio...  taber- naculi  :  la  partie  pour  le  tout,  d'après  le  vers.  35  ; c.-à-d.  l'ensemble  de  l'enclos  sacré,  le  tabernacle et  son  parvis.
36.  Exécution  des  ordres  divins.
§  II.  —  L'entrée  en /onctions  d' Aaron  et  de  sesflls. IX,  1-24.
1"  Préparation  de  la  cérémonie ,  vers.  1  -  7.
Chap.  IX.  —  1-4.  Instructions  données  par Moïse  aux  prêtres  récemment  consacrés  et  aux iinciens  du  peuple,  en  vue  de  cette  solennité. —
Octavo  die  :  aussitôt  qu'eut  été  achevée  la  con- sécration. Cf.  VIII,  33.  —  Les  ordres  de  Moïse concernent  les  sacrifices  à  offrir  soit  par  les  prêtres (dixit...  ad  Aaron...:  Toile...,  vers.  2),  soit  par  le peuple  (ad  filios  Israël...:  Tollite...,  vers.  3-4), que  ses  chefs  représentaient.  Doux  victimes  pour les  prêtres  :  vitulum  pro  peccato,  arietem  in  ho- locaustum ;  cinq  pour  le  peuple  :  hircum  pro peccato,  vitulum  atque  agnum...  in  holocaustum, bovem  et  arietem  pro  pacificis.  C'est  Aaron  lui- même,  en  tant  que  pontife  suprême,  qui  devait exiger  du  peuple  ces  cinq  victimes  (vers.  3  :  lo- queris). —  In  sacrificio  (hébr.  :  b'minhah)  sin- gidorum...  Offrande  non  sanglante ,  qui  devait accompagner  les  sacrifices  sanglants.  —  Dominus apparchit...  Promesse  d'une  théophanio,  ou  ma- nifestation divine.  Cf.  vers.  23-24;  Ex.  xvi,  7.
Lev.  IX,  5-16.
349
sacrificeo  de  la  puie  farine  mêlée  d'huile  ; car  le  Seigneur  vous  apparaîtra  aujour- d'hui.
6.  Ils  mirent  donc  à  l'entrée  du  taber- nacle tout  ce  que  Moïse  leur  avait  or- donné, et  toute  l'assemblée  du  peuple  s^^ tenant  là  debout,
G.  Moïse  leur  dit  :  C'est  là  ce  que  le Seii^neur  vous  a  commandé  ;  faites-le,  et sa  gloire  vous  apparaîtra.
7.  Alors  il  dit  à  Aaron  :  Approchez- vous  de  l'autel,  et  immolez  pour  votre  pé- ché ;  offrez  l'holocauste,  et  priez  pour vous  et  pour  le  peu])le  ;  et  lorsque  vous aurez  sacrifié  l'hostie  pour  le  peuple , liriez  pour  lui ,  selon  que  le  Seigneur  l'a ordonné.
8.  Aaron  aussitôt,  s'approchant  de  l'au- tel ,  immola  un  veau  pour  son  péché  ;
9.  Et  ses  fils  lui  en  a3^ant  présenté  le sang,  il  y  trempa  le  doigt,  dont  il  toucha les  cornes  de  l'autel,  et  il  répandit  le  reste du  sang  au  pied  de  l'autel.
10.  Il  fit  brûler  aussi  sur  l'autel  la graisse ,  les  reins  et  la  taie  du  foie  qui sont  pour  le  péché ,  selon  que  le  Seigneur l'avait  commandé  à  Moïse  ;
11.  Mais  il  consuma  par  le  feu  hors du  camp  la  chair  et  la  peau.
12.  Il  immola  aussi  la  victime  de  l'ho- locauste ,  et  ses  fils  lui  en  ayant  pré- senté le  sang,  il  le  répandit  autour  de l'autel.
13.  Ils  lui  présentèrent  aussi  la  vic- time coupée  par  morceaux,  avec  la  tête et  tous  les  membres ,  et  il  brûla  le  tout sur  l'autel ,
14.  Après  avoir  lavé  dans  l'eau  les  in- testins et  les  pieds.
15.  Il  égorgea  aussi  un  bouc  qu'il  of- frit pour  le  péché  du  peuple  ;  et  ayant purifié  l'autel,
16.  Il  offrit  l'holocauste,
offereutes  ;  hodie  enira  Dominuj  appa- rebit  vobis.
5.  Tulerunt  ergo  cuncta  quae  jusserat Moyses  ad  ostium  tabernaculi  ;  ubi  cum omnis  multitudo  astaret,
6.  Ait  Mo3'ses  :  Iste  est  sermo,  qucm praîcepit  Dominus;  facite,  et  apparebit vobis  gloria  ejus.
7.  Et  dixit  ad  Aaron  :  Accède  ad altare ,  et  immola  pro  peccato  tuo  ;  offer holocaustum ,  et  deprecare  pro  te  et  ])ro populo  ;  cumque  mactaveris  hostiam  po- puli,  ora  pro  eo,  sicut  prsecepit  Domi- nus.
8.  Statimque  Aaron  accedens  ad  altare, immolavit  vitulum  pro  peccato  suo,
9.  Cujus  sanguinem  obtulerunt  ei  filii sui  ;  in  quo  tingens  digitum ,  tetigit  cor- nua  altaris ,  et  f udit  residuum  ad  basim ejus.
10.  Adipemque  et  renunculos ,  ac  reti- culum  jecoris,  quae  sunt  pro  peccato, adolevit  super  altare,  sicut  prseceperat Dominus  Moysi  ;
11.  Carnes  vero  et  pellem  ejus  extra castra  combussit  igni.
12.  Immolavit  et  holocausti  victimam  ; obtuleruntque  ei  filii  sui  sanguinem  ejus, quem  f  udit  per  altaris  circuitum.
13.  Ipsam  etiam  hostiam  in  frusta concisam,  cum  capite  et  membris  sin- gulis,  obtulerunt;  quse  omnia  super altare  cremavit  igni,
14.  Lotis  aqua  prius  intestinis  et  pe- dibus.
15.  El  pro  peccato  populi  offerens, mactavit  hircum  ;  expiatoque  altari ,
16.  Fecit  holocaustum,
5-7.  Les  préparatifs  immédiats.  —  Iste  est sermo...  est  une  formule  abrégée,  analogue  à  celle de  VIII,  5.  Moïse  dut  expliquer  au  peuple  ce  qui allait  se  passer,  —  Accecbe  ad  altare...  Aaron  est ainsi  invité  à  inaugurer  solennellement  ses  fonc- tions. S.  Paul  fait  un  admirable  rapprochement entre  la  vocation  de  N,-  S,  Jésus  -  Christ ,  le  Pon- tife de  la  nouvelle  Alliance ,  et  la  vocation  d'Aa- ron.  Cf.  Hebr.  v,  4-5. —  Deprecare.,.,  ora.  Dans l'hébreu,  à  deux  reprises  :  kapper,  fais  l'expia- tion.
2°  Les  premiers  sacrifices  offerts  par  Aaron, vei's  8-22,
8-14,  Aaron,  assisté  de  ses  flls,  offre  poar  lui- même  un  double  sacrifice.  —  l»  Vitidum  pro  pec- cato SMO' (8-11),  conformément  aux  rites  du  sa-
crlflce  immolé  pour  le  péché  du  grand  prêtre,
IV,  3-12.  Néanmoins  il  ne  p(^-ta  pas  du  sang  de la  victime  dans  l'intérieur  du  Tabernacle  (rv, 5-7),  n'y  ayant  pas  encore  été  introduit  par Moïse.  Cf,  vers.  23.   S.  Paul  relève  aussi,  Hebr.
V,  3  ;  VII,  27-28,  cette  autre  circonstance  signi- ficative du  sacerdoce  lévitique  :  le  premier  acte du  premier  prêtre  juif  consiste  à  offrir  un  sacri- fice pour  ses  propres  péchés,  —  Tetigit  cornua altaris  :  de  l'autel  des  holocaustes,  —  2°  Holo- causti victimam  (12-14),  d'après  les  règles  ac- coutumées. Cf,  I,  3-9,
15-22.  Aaron  immole  des  victimes  pour  lo peuple,  —  10  Pro  peccato  populi...  Mrcum , vers,  15;  2»  l'holocauste,  accompagné  d'offrandes non  sanglantes  (lihamenta,  hébr.  viinhah,  «  dont
350
17.  Addens  in  sacrificio  libamenta, qure  pariter  offeruntur,  et  adolens  ea super  altare,  absque  ceremoniis  holo- causti  matutini.
18.  Immola  vit  et  bovem  atque  arietem, hostias  pacificas  populi  ;  obtiileruntque ei  filii  sui  sanguinem,  quem  fudit  super altare  in  circuitum.
19.  Adipem  autem  bovis,  et  caudam arietis ,  renunculosque  cum  adipibus  suis, et  reticulum  jecoris
20.  Posuerunt  super  pectora  ;  cumque cremati  essent  adipes  super  altare,
21.  Pectora  eorum,  et  armos  dextros sépara  vit  Aaron ,  elevans  coram  Domino, sicut  prseceperat  Moyses.
22.  Et  extendens  manus  ad  populum, benedixit  ei.  Sicque  completis  hostiis pro  peccato,  et  holocaustis ,  et  pacificis, descendit.
23.  Ingressi  autem  Moyses  et  Aaron in  tabernaculum  testimonii,  et  deinceps egressi,  benedixerunt  populo.  Apparuit- que  gloria  Domini  omni  multitudini  ;
24.  Et  ecce  egressus  ignis  a  Domino, devoravit  holocaustum,  et  adipes  qui erant  super  altare.  Quod  cum  vidissent turbœ,  laudaverunt  Dominum,  ruentes in  faciès  suas.
Lev.  IX,  17-24.
17.  Et  il  ajouta  à  ce  sacrifice  lesobla- tions  non  sanglantes  qui  se  présentent  en même  temps ,  qu'il  fit  brûler  sur  l'autel , outre  les  cérémonies  de  l'holocauste  qui  ■ s'offre  tous  les  matins.
18.  Il  immola  aussi  un  bœuf  et  un  bé- lier, qui  étaient  les  hosties  pacifiques pour  le  peuple  ;  et  ses  fils  lui  en  présen- tèrent le  sang,  qu'il  répandit  sur  l'autel tout  autour.
19.  Ils  mirent  aussi  sur  la  poitrine  de ces  victimes  la  graisse  du  bœuf,  la  queue du  bélier,  les  reins  avec  leur  graisse,  et la  taie  du  foie.
20.  Et  les  graisses  ayant  été  brûlées sur  l'autel ,
21.  Aaron  mit  à  part  la  poitrine  et  l'é- paule droite  des  victimes,  les  élevant  de- vant le  Seigneur,  comme  Moïse  l'avait ordonné.
22.  Il  étendit  ensuite  ses  mains  vers  le peuple  et  il  le  bénit.  Ayant  ainsi  achevé les  ohlations  des  hosties  pour  le  péché, des  holocaustes  et  des  pacifiques,  il  des- cendit.
23.  Moïse  et  Aaron  entrèrent  alors dans  le  tabernacle  du  témoignage ,  et  en étant  ensuite  sortis,  ils  bénirent  le  peu- ple. En  même  temps  la  gloire  du  Seigneur apparut  à  toute  l'assemblée  du  peuple;
24.  Et  voici  qu'un  feu  sorti  du  Sei- gneur dévora  l'holocauste  et  les  graisses qui  étaient  sur  l'autel.  Ce  que  tout  le peuple  ayant  vu ,  ils  louèrent  le  Seigneur et  se  prosternèrent  le  visage  contre terre.
il  remplit  sa  main  »),  vers.  lG-17;  3°  hovem... arietem,  hostias  pacificas,  vers.  18-21.  —  Au vers.  21,  les  mots  absque  ceremoniis  sacriflcii  ma- tutini font  allusion  au  sacrifice  dit  perpétuel  (voy. Ex.  XXIX,  39,  et  la  note),  qui  fut  alors  offert pour  la  première  fois.
23.  Aaron  bénit  le  peuple. —  Extendens  manus. Beau  geste,  si  naturel  pour  bénir,  et  usité  par- tout. Peut-être  Aaron  employa -t- il  dès  lors  la formule  citée  au  livre  des  Nombres,  vi,  24-26,  dont les  Israélites  se  servent  encore  à  certains  jours. —  Descendit:  de  la  plate -forme  de  l'autel,  par l'escalier  ou  le  plan  incliné  décrit  plus  haut (Ex.  XX,  26;  voy.  V Atlas  archéol.,  pi.  xcvni, flg.  6).
3'  Conclusion  de  la  cérémonie,  vers.  23-24.
23».  Moïse  introduit  Aaron  dans  l'intérieur  du sanctuaire.  Le  grand  prêtre  n'avait  jusqu'alors exercé  ses  fonctions  que  dans  le  parvis,  à  l'autel des  holocaustes;  il  avait  à  inaugurer  encore  un rôle   plus  élevé,  plus  mystique.  —  Ingressi...,
egressi.  Ils  allèrent  auprès  de  l'autel  des  parfums, dans  le  Saint  (cf.  Ex.  xxx,  7),  puis  ils  sortii'ent aussitôt.  —  Benedixerunt...  Ils  auraient  dit  alors, d'après  le  Targum  de  Jérusalem  :  «  Que  vos  of- frandes soient  acceptées,  et  que  le  Seigneur  habite parmi  vous  et  vous  pardonne  vos  péchés.  »
23*» -24.  La  divine  apparition.  —  Apparuit... gloria...  Le  Seigneur  daignait  ratifier  ainsi  l'ins- tallation de  ses  prêtres.  Voyez ,  Ex.  xl  ,  34 ,  et III  Reg.  VIII,  10-12,  des  manifestations  semblables à  l'occasion  du  tabernacle  et  du  temple.  —  Egres- sus ignis  a  Domino.  C.-à-d.,  selon  toute  vrai- semblance, «  ab  eo  loco...  ubi  erat  arca  testi- monii, »  S.  Aug.,  Qucest.  in  Lev.  xxx.  —  Devo- ravit... Dieu  fit  de  même,  plus  tard,  pour  les sacrifices  de  Gédéon,  de  Salomon,  d'Élie.  Cf.  Jud. VI,  20-21;  III  Reg.  xviii,  28;  II.  Par.  vn,  1-2. —  Laiidctverunt.  L'hébr.  yarônnu  suppose  des cris  d'allégresse.  —  Ruentes  in  fades...:  l'attitude de  la  profonde  adoration.
Lev.  X,  1-5.
351
CHAPITRE  X
1.  Alors  Nadab  et  ALiii,  fils  d'Aaron, ayant  pris  leurs  encensoirs,  y  mirent  du feu,  et  de  l'encens  par-dessus,  et  ils  of- frirent devant  le  Seigneur  un  feu  étran- ger ,  ce  qui  ne  leur  avait  point  été  com- mandé ;
2.  Et  aussitôt  un  feu  étant  sorti  du  Sei- gneur les  dévora,  et  ils  moururent  devant le  Seigneur.
3.  Alors  Moïse  dit  à  Aaron  :  Yoilà  ce que  le  Seigneur  a  dit  :  Je  serai  sanctifié dans  ceux  qui  m'approchent,  et  je  serai glorifié  devant  tout  le  peuple.  Aaron,  en- tendant cela,  se  tut,
4.  Et  Moïse,  ayant  appelé  Misaël  et Elisaphan,  fils  d'Oziel,  qui  était  oncle d'Aaron ,  leur  dit  :  Allez ,  ôtez  vos  frères de  devant  le  sanctuaire,  et  emportez -les hors  du  camp.
5.  Ils  allèrent  aussitôt  les  prendre  cou- chés et  morts  comme  ils  étaient,  vêtus de  leurs  tuniques  de  lin ,  et  ils  les  jetè- rent dehors,  selon  qu'il  leur  avait  été commandé.
1.  Arreptisque  Nadab  et  Abiu  filii Aaron  thuribulis,  posuerunt  ignem,  et incensum  desuper,  ofïerentes  coram  Do- mino ignem  alienum  ;  quod  eis  prœce- ptum  non  erat.
2.  Egressusque  ignis  a  Domino,  dévo- ra vit  eos ,  et  mortui  sunt  coram  Domino.
3.  Dixitque  Moyses  ad  Aaron  :  Hoc  est quod  locutus  est  Dominus  :  Sanctificabor in  iis  qui  appropinquant  mihi,  et  in conspectu  omnis  populi  glorificabor.  Quod audiens  tacuit  Aaron.
4.  Vocatis  autem  Moyses  Misaele  et Elisaphan  filiis  Oziel,  patrui  Aaron,  ait ad  eos  :  Ite  et  tollite  fratres  vestros  de conspectu  sanctuarii,  et  asportate  extra castra.
5.  Confestimque  pergentes,  tulerunt eos  sicut  jacebant,  vestitos  lineis  tunicis, et  ejecerunt  foras,  ut  sibi  fuerat  impe- ratum.
§  III.  —  Dieu  proclame  par  ses  actes  et  par  ses
paroles  la  sainteté  du  sacerdoce  lévitique.
X,  1-20.
Il  résulte  du  vers.  19  que  les  incidents  i-acon- tés  dans  ce  chapitre  se  passèrent  le  jour  même de  l'entrée  en  fonctions  des  nouveaux  prêtres.
1»  Châtiment  terrible  de  Nadab  et  d'Abiu, vers.  1-7.
Chap,  X.  —  1-2.  La  faute,  aussitôt  punie.  — Nadab  et  Ahiu.  C'étaient  les  deux  fils  aînés d'Aaron  (Ex.  vi,  23)  ;  ils  avaient  eu  naguère  (Ex. XXIV,  1-2)  l'honneur  insigne  d'accompagner  Moïse sur  le  Sinaï.  —  Thuribulis.  Cf.  Ex.  xxv,  38,  et VAtl.  archéol.,  pi.  xcviii,  flg.  9.  —  Offerentes... ignem  alienum  (les  mots  quod  eis  prœceptum non  erat  expriment,  à  la  façon  hébi'aïque,  une grave  prohibition).  On  a  étonnamment  discuté sur  la  nature  précise  de  la  faute  commise  par Nadab  et  Abiu.  Selon  les  uns,  l'encens  n'aurait pas  été  préparé  selon  les  injonctions  divines  (Ex. XXX,  34-38);  d'autres  ont  cru  que  l'encensement aurait  eu  lieu  à  i^ne  heure  indue,  et  non  au  temps du  sacrifice  du  soir  ou  du  matin,  ainsi  qu'il  avait été  prescrit  (Ex.  xxx,  7);  d'autres  encore,  s'ap- puyant  sur  l'interdiction  des  liqueurs  enivrantes , rattachée  à  cet  incident  (vers.  8-11),  supposent que  Nadab  et  Abiu  étaient  alors  en  état  d'ivresse. Mais  il  vaut  mieux  dire,  avec  la  majorité  des interprètes  juifs  et  chrétiens,  et  d'après  les  paroles mômeà  du  texte ,  que  les  deux  coupables  avaient
employé  du  feu  profane,  au  lieu  de  garnir  leurs encensoirs  à  l'autel  des  holocaustes.  Cf.  Ex.  xxx, 7,  19.  —  Egressiis  ignis...  Expressions  identiques à  celles  de  ix ,  24  ;  mais  quelle  différence  dans le  résultat  produit!  —  Levoravit  eos.  Ils  furent foudroyés,  non  consumés  (cf.  vers.  5).^  Coram Domino.  En  avant  du  tabernacle,  à  l'endroit  même où  ils  avaient  péché  (vers.  1).
3.  Moïse  explique  à  Aaron,  sur  l'ordre  de  Dieu, le  sens  de  cette  punition  sévère.  —  Sanctifica- bor... Si  les  prêtres  de  Jéhovah  oublient  de  pro- clamer sa  sainteté  par  leur  conduite ,  il  saura  la manifester  lui-même  par  les  jugements  dont  il les  frappera  ;  et,  de  la  sorte,  il  sera  glorilié  en  pré- sence de  tout  son  peuple.  La  locution  ii  qui  ap- propinquant tnihi  désigne  les  ministres  sacrés par  le  plus  beau  côté  de  leurs  fonctions.  Cf. Ex.  XIX,  22;  Num.  xvi,  5;  Ez.  xlii,  13,  etc. ^  Tacuit  Aaron.  Trait  bien  touchant.  Quoique frappé  dans  ses  affections  les  plus  chères ,  Aaron ne  profère  pas  un  mot  de  plainte  ;  il  se  soumet en  silence  aux  justes  jugements  de  Dieu.
4-5.  On  emporte  les  cadavres  de  Nadab  et d'Abiu.  —  Misael  et  Elisaphan  étaient  les  cou- sins-germains d'Aaron;  leur  père,  Oziel,  était son  oncle.  Cf.  Ex.  vi,  22.  Proches  parents  des deux  victimes,  et  ne  faisant  point  partie  de  la famille  sacerdotale,  ils  convenaient  fort  bien  pour le  rôle  douloureux  qui  allait  leur  être  confié  (cf. vers.  6-7). —  Fratres,  dans  le  sens  large.  Cf.  Gen. XIII,  8;  xrv,  16,  etc.  —  Asportate  extra  castra:
352
Lev.  X,  6-12.
6.  Locutusque  est  Moyses  ad  Aaron, et  ad  Eleazar,  et  Ithamar,  filios  ejus  : Capita  vestra  nolite  nudare,  et  vesti- menta  nolite  scindere,  ne  forte  moria- mini,  et  super  omnem  cœtum  oriatur indignatio.  Fratres  vestri,  et  omnis  do- mus  Israël,  plangant  incendium  quod Dominus  suscita  vit  ;
7.  Vos  autem  non  egrediemini  fores tabernaculi ,  alioquin  peribitis  ;  oleum quippe  sanctœ  unctionis  est  super  vos. Qui  fecerunt  oninia  juxta  prœceptum Moysi.
8.  Dixit  quoque  Dominus  ad  Aaron  :
9.  Vinuni,  et  omne  quod  inebriare potest,  non  bibetis  tu  et  filii  tui,  quando intratis  in  tabernaculum  testimonii,  ne moriamini  ;  quia  prseceptum  semj)iter- num  est  in  generationes  vestras  ;
10.  Et  ut  habeatis  scientiam  discer- nendi  inter  sanctum  et  profanum,  inter pollutum  et  mundum ,
11.  Doceatisque  filios  Israël  omnia légitima  mea  quse  locutus  est  Dominus. ad  eos  per  manum  Moysi.
12.  Locutusque  est  Moyses  ad  Aaron, et  ad  Eleazar,  et  Ithamar,  filios  ejus,  qui
6.  Alors  Moïse  dit  à  Aaron,  et  à  Elea- zar et  Ithamar,  ses  autres  fils  :  Prenez garde  de  ne  pas  découvrir  votre  tête  et de  ne  pas  déchirer  vos  vêtements ,  de peur  que  vous  ne  mouriez  et  que  la  co- lère du  Seigneur  ne  s'élève  contre  tout le  peuple.  Que  vos  frères  et  que  toute  la maioon  d'Israël  pleurent  l'embrasement qui  est  venu  du  Seignem*  ;
7.  Mais,  pour  vous,  ne  sortez  point hors  des  portes  du  tabernacle  ;  autrement vous  périrez,  parce  que  l'huile  de  l'onc- tion sainte  a  été  répandue  sur  vous.  Et ils  firent  tout  selon  que  Moïse  le  leur avait  ordonné.
8.  Le  Seigneur  dit  aussi  à  Aaron  :
9.  Voas  ne  boirez  point,  vous  et  vos enfants ,  de  vin ,  ni  rien  de  ce  qui  peut enivrer,  quand  vous  entrerez  dans  le  ta- bernacle du  témoignage,  de  peur  que vous  ne  soyez  punis  de  mort  ;  parce  que c'est  une  ordonnance  éternelle  pour  toute votre  postérité  ;
10.  Afin  que  vous  ayez  la  science  de discerner  entre  ce  qui  est  saint  ou  profane, entre  ce  qui  est  souillé  et  ce  qui  est  pur ,
11.  Et  que  vous  appreniez  aux  enfants d'Israël  toutes  mes  lois  et  mes  ordon- nances que  je  leur  ai  prescrites  par Moïse.
12.  Moïse  dit  alors  à  Aaron,  et  i\  Elea- zar et  Ithamar,  ses  fils  qui  lui  étaient
pour  les  enterrer  somiiiairemeut,  —  Slcut  jace- hant.  Détail  pittoresque.
6-7.  Moïse  défend  aux  prêtres  de  porter  le deuil  de  Nadab  et  d'AbiUi  interdiction  qui  sera bientôt  généralisée  pour  les  prêtres,  xxi,  10-12. Ce  deuil,  dans  les  circonstances  actuelles ,  eût  été comme  une  protestation  contre  la  conduite  du Seigneur.  —  CajjUa...  rtolite  riudare:  en  coupant leurs  cheveux ,  et  en  se  les  arrachant  ;  ce  qui était  un  signe  de  deuil.  Cf.  Esdr.  ix ,  3  ;  Job , I,  20;  Is.  XV,  2,  etc.  —  Vestitnenta...  scindere: autre  signe  de  deuil  en  Orient.  Cf.  Gen.  xxxvii, 29,  34;  XLiv,  13;  Jos.  vu,  6,  etc.  —  Ne...  super omnevi  cœtum...  ^  h  cause  de  la  solidarité  qui existe  entre  le  peuple  et  ses  prêtres.  Cf.  iv,  3. —  Non  egrediemini...  :  pour  suivre  le  cortège funèbre.  —  Oleum  quippe...  Cf.  vni,  SO.  L'onc- tion sacerdotale  était  un  symbole  d'union  avec Dieu  et  de  joie  sainte  ;  il  eût  été  inconvenant  de porter  hors  du  tabernacle ,  surtout  pour  une  cé- rémonie funèbre,  l'huile  sainte,  tout  humide encore  sur  les  membres  des  prêtres.
2°  Dieu  interdit  à  ses  prêtres  de  boire  des  li- queurs enivrantes  quand  ils  seront  dans  l'exercice de  leurs  fonctions,  vers.  8-12.
8.  Formule  d'introduction.  —  Diocit...  Dominus ad  Aaron.  Directement,  ce  semble,  et  sans  l'in- termédiaire (le  Moïse.  Marque  d'une  grande  inti- mité.
9.  La  prohibition.  —  Non  seulement  vivum, mais  aussi  omne  quod  ineiriare  potest.  L'hébr. sélcar  (LXX  :  ac'xepa)  désigne  habituellement toutes  les  boissons  enivrantes,  en  dehors  du  vin. Les  anciens  en  fabriquaient  de  bien  des  sortes, avec  le  miel,  les  dattes,  le  blé,  l'orge,  le  millet, etc.  —  Quando  intratis...  L'interdiction  n'était donc  pas  absolue  ;  elle  ne  s'appliquait  qu'au  temps où  les  prêtres  étaient  de  service.  Cf.  Ez.  xliv,  21.
10-11.  Motifs  de  cette  prohibition.  —  Ut  ha- beatis scientiam...  L'abus  des  liqueurs  enivrantes enlève  si  aisément  cette  science  et  ce  discerne- ment !  —  Inter  sanctum  et  profanum  :  ce  qui était  consacré  au  culte,  et  ce  qui  en  devait  être écarté.  —  Inter  pollutum  et  mundum  :  autre distinction ,  dont  les  chap.  xi-xv  nous  révéleront toute  l'importance  pour  les  prêtres  théocratiques. —  Doceatisque.  E,ôle  non  moins  important,  car Aaron  et  ses  fils  n'avaient  pas  seulement  à trancher  des  cas  de  conscience  isolés  ;  ils  devaient aussi  instruire  le  peuple  de  ses  devoirs  relative- ment aux  lois  divines  (légitima...).  De  même,  et «  a  fortiori  »,  pour  les  prêtres  de  la  nouvelle Alliance.
3°  L'emploi  de  la  part  des  prêtres  dans  certains sacrifices,  vers.  12-20.
12-15.  Moïse  rappelle  à  Aaron  et  à  ses  fils  les ordres  antérieurs  de  Jéhovah  sur  ce  point.  — Au  vers,  li»,  la  transition  accoutumée  :  Locii-
Lev.  X,  13-19.
353
restes  :  Prenez  le  sacrifice  qui  est  de- meuré de  l'oblation  du  Seigneur,  et  man- gez-le sans  levain  près  de  l'autel,  parce que  c'est  une  chose  très  sainte.
I3.V0US  le  mangerez  dans  le  lieu  saint, comme  aj'ant  été  donné  îi  vous  et  à  vo:j enfants,  des  oLlations  du  Seigneur,  selon qu'il  m'a  été  commandé.
14.  Vous  mangerez  aussi,  vous,  vos fils  et  vos  filles  avec  vous,  dans  un  lieu très  pur ,  la  poitrine  qui  en  a  été  offerte et  ré])aule  qui  a  été  mise  à  part.  Car  c'est ce  qui  a  été  réservé  pour  vous  et  pour vos  enfants,  des  hosties  pacifiques  des enfants  d'Israël  ;
15.  Parce  qu'ils  ont  élevé  devant  le Seigneur  l'épaule ,  la  poitrine  et  les graisses  de  la  victime  qui  se  brûlent  sur l'autel,  et  que  ces  choses  vous  appartien- nent, à  vous  et  à  vos  enfants,  par  une ordonnance  perpétuelle ,  selon  l'ordre  que le  Seigneur  en  a  donné.
16.  Cependant  Moïse,  cherchant  le bouc  qui  avait  été  offert  pour  le  péché, trouva  qu'il  avait  été  brûlé  ;  et  s'irritant contre  Eléazar  et  Ithamar,  les  fils  survi- vants d' Aaron ,  il  leur  dit  :
17.  Pourquoi  n'avez -vous  pas  mangé dans  le  lieu  saint  l'hostie  qui  s'offre  pour le  péché ,  dont  la  chair  est  très  sainte ,  et qui  vous  a  été  donnée  afin  que  vous  por- tiez l'iniquité  du  peuple,  et  que  vous priiez  pour  lui  devant  le  Seigneur  ;
18.  Et  d'autant  plus  qu'on  n'a  point porté  du  sang  de  cette  hostie  dans  le sanctuaire ,  et  que  vous  devriez  l'avoir mangée  dans  le  lieu  saint,  selon  qu'il m'avait  été  ordonné  ?
19.  Aaron  lui  répondit  :  La  victime pour  le  péché  a  été  offerte  aujourd'hui, et  l'holocauste  a  été  présenté  devant  le Seigneur  ;  mais  pour  moi ,  il  m'est  arrivé
erant  residui  :  Tollite  sacrificium,  quod remansit  de  oblatione  Domini,  et  come- dite  illud  absque  fcrmento  juxta  altare, quia  sanctum  sanctorum  est.
13.  Comedetis  autem  in  loco  sancto, quod  datum  est  tibi  et  filiis  tuis  de oblationibus  Domini,  sicut  prœceptum est  mihi.
14.  Pectusculum  quoque  quod  oblatum est,  et  armum  qui  separatus  est,  cdetis in  loco  mundissimo  tu  et  filii  tui ,  et  iiliae tuic  tecum  ;  tibi  enim  ac  liberis  tuis  re- posita  sunt  de  hostiis  salutaribus  filiorum Israël  ;
15.  Eo  quod  armum  et  pectus,  et  adi- pes  qui  cremantur  in  altari ,  elevaverunt coram  Domino ,  et  pertineant  ad  te ,  et  ad filios  tuos,  lege  perpétua,  sicut  prœcepit Dominus.
16.  Inter  hœc,  hircum,  qui  oblatus fuerat  pro  peccato,  cum  quœreret  Moj^ses, exustum  reperit  ;  iratusque  contra  Eléa- zar et  Ithamar  filios  Aaron,  qui  reman- serant,  ait  :
17.  Cur  non  comedistis  hostiam  pro peccato  in  loco  sancto,  quse  sancta  san- ctorum est,  et  data  vobis  ut  portetis  ini- quitatem  multitudinis,  et  rogetis  pro  ea in  conspectu  Domini  ;
18.  Prsesertim  cum  de  sanguine  illius non  sit  illatum  intra  sancta ,  et  comedere debueritis  eam  in  sanctuario,  sicut  prae- cepturn  est  mihi  ?
19.  Pespondit  Aaron  :  Oblata  est  ho- die  victima  pro  peccato,  et  holocaustum coram  Domino;  mihi  autem  accidit, quod    vides.    Quomodo    potui   comedere
tusque...  Eléazar  et  Ithamar  étaient  désormais les  seuls  survivants  (resklul)  parmi  les  fils  d'Aa- ron.  —  Tollite  sacrificium.  Leur  part  de  la  minhah (hébr.) ,  c.-ù-d.  des  sacrifices  non  sanglants  offerts en  ce  même  jour,  ix,  17. —  Sanctum  sanctorum est:  portion  tout  à  fait  sainte  (voir  11,  3,  et  la note);  aussi  ne  pouvait -elle  être  con?ommée  que par  les  prêtres,  dans  l'enclos  sacré  (vers.  13).— Pcctuscutum  quoque...  et  armum.  Leur  pai-t  des sacrifices  sanglants.  Cf.  vu,  30  et  ss.  Cette  autre portion  étant  simplement  sainte,  les  prêtres  pou- vaient la  manger  en  dehors  du  tabernacle,  et tous  les  membres  de  leur  famille,  sans  excepter les  femmes  (.et  fiUcc  tacs),  avaient  le  droit  d'y participer.
lG-20.  Un  oubli  très  grave  touchant  les  sacri- fie^ récemment  immolés  pour  le  péché.  —  Rir-
cum  qui  ohlaiiis...  Moïse,  voulant  s'assurer  par lui-même  de  la  complète  exécution  des  rites  sa- crés, s'aperçut  que  les  nouveaux  prêtres,  au  lieu de  manger  leur  part  des  chairs  de  cette  victime (cf.  VI,  26,  29;  ix,  15),  l'avaient  brûlée  pour s'en  défaire.  Il  prit  vivement  à  cœur  cette  né- gligence (iratus...),  et  adressa  de  sévères  remon- trances aux  fils  d'Aaron  (17-18),  en  leur  rappe- lant le  grand  rôle  qu'ils  accomplissaient  dans  les sacrifices  (ut  portetis...,  et  rogetis;  hébr.  :  pour que  vous  fassiez  l'expiation). —  Prœsertim  cum... Ce  trait  ne  contient  pas  un  reproche;  il  a  pour but  de  répéter  plus  clairement  encore  à  Aaron que  «  cette  victime  n'était  pas  de  celles  dont  on porte  le  sang  dans  le  Saint,  et  dont  on  consume toutes  les  parties  par  le  feu  »  (Calmet).  Cf.  iv, 5-12,  lG-11.  —  Ilespondit  Aaron.  Humbles  eC
17*
354
Lev.  X,  20  —  XI,  5.
eam,  aut  placere  Domino  in  ceremoniis,
mente  lugubri?
20.  Qiiod  cum  audisset  Moyses ,  recepit satisfactionem.
ce  que  vous  voyez.  Comment  aurais -je pu  manger  de  cette  hostie,  ou  plaire  au Seigneur  dans  ces  cérémonies  saintes, avec  un  esprit  abattu  d'affliction  ?
20.  Ce  que  Moïse  ayant  entendu ,  il  re- çut l'excuse  qu'il  lui  donnait.
CHAPITRE  XI
1.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moysen et  Aaron,  dicens  :
2.  Dicite  filiis  Israël  :  Hsec  sunt  ani- malia  quse  comedere  debetis  de  cunctis animantibus  terrae  :
3.  Omne  quod  habet  divisam  ungu- lam,  et  ruminât  in  pecoribus,  comedetis.
4.  Quidquid  autem  ruminât  quidem, et  habet  ungulam,  sed  non  dividit  eam, ricut  camelus  et  cetera,  non  comedetis illud,  et  inter  immunda  reputabitis.
5.  Chœrogryllus  qui  ruminât,  ungu- lamque  non  dividit,  immundus  est.
1.  Le  Seigneur  parla  ensuite  à  Moïse et  à  Aaron,  et  il  leur  dit  :
2.  Déclarez  ceci  aux  enfants  d'Israël  : Entre  tous  les  animaux  de  la  terre,  voici quels  sont  ceux  dont  vous  mangerez  :
3.  De  toutes  les  bêtes  à  quatre  pieds, vous  pourrez  manger  celles  dont  la  corne du  pied  est  fendue  et  qui  ruminent.
4.  Quant  à  celles  qui  ruminent,  mais dont  la  corne  du  pied  n'est  point  fendue, comme  le  chameau  et  les  autres,  vous n'en  mangerez  point,  et  vous  les  considé- rerez comme  impures.
5.  Le  lapin  qui  rumine,  mais  qui  n'a point  la  corne  fendue,  est  impur.
touchantes  axcuscs  du  pontife  :  MiM...  accidit quod  vides;  il  désignait  ainsi  la  mort  affreuse  de ses  deux  fils  aînés.  —  Moyses,  recepit  satisfa- ctionem. Autre  trait  délicat,  qui  mit  fin  à  cet incident  lugubre.
Section  III.  —  Lois  relatives  a  la  pureté  et A  l'impureté  légale.  XI,  1  —  XVI,  34.
§  I.  —  Les  animaux  pars  et  impurs.  XI,  1-47.
C'est  là  une  partie  très  importante  de  la  légis- lation du  Sinaï,  puisque  les  règles  qu'elle  con- tient avaient  pour  but  de  taire  d'Israël,  même dans  sa  nourriture,  un  peuple  spécial,  an  peuple moralement  pur  et  rempli  de  sainteté.  Cf.  vers. 43-47.  Non  que  tout  soit  nouveau  dans  ces  prescrip- tions. D'après  Gen.  vu,  2-3,  et  viii,  20,  la  clas- sification des  animaux  en  purs  et  en  impurs existait  dès  l'époque  du  déluge;  et  l'on  trouve çà  et  là ,  chez  les  Égyptiens,  les  Perses,  les  Arabes, les  Hindous,  quelques  lois  analogues.  Mais  l'en- semble est  vraiment  caractéristique  d'Israël.  — Quant  au  principe  qui  a  servi  de  base  à  ce  régime alimentaire ,  il  est  à  la  fois  matériel  et  spirituel. La  chair  des  animaux  dits  impurs  est  générale- ment malsaine,  surtout  en  Orient;  les  instincts mêmes  de  notre  nature  la  proscrivent  la  plupart du  temps,  comme  l'ont  remarqué  saint  Cyrille, Contr.  Jul.,  IX,  et  saint  Jérôme,  Adv.  Jovin., II,  7.  Celle  des  animaux  purs  forme  au  contraire le  meilleur  des  aliments.  Voyez  Vigouroux,  les Livres  saints  et  la  critique  rationaliste,  t.  III, pp.  616  et  ss.  D'autre  part,  il  y  a  plus  que  de l'hygiène  en  tout  cela  :  l'union  intime  qui  existe entre  nos  goûts  extérieurs  et  notre  conduite  mo- rale est  un  fuit  évident.  Or  plusieurs  des  ani- maux interdits  comme  impurs  ont  des  liabitudes
ignobles,  et  Dieu  visait  plus  haut  que  Ja  santé d'Israël  en  les  écartant  de  l'alimentation  de  la race  choisie;  «  par  cette  pureté  extérieure  et  fi- gurative, il  voulait  élever  les  Juifs  à  une  pureté plus  réelle  et  plus  excellente,  qui  est  celle  du cœur.  »  Calmet,  h.  l.  Les  peuples  païens  d'alors et  d'aujourd'hui,  auxquels  rien  ne  i-épugne  sn fait  de  nourriture,  sont  aussi  les  plus  grossiers souS  le  rapport  de  la  religion  et  de  la  morale.
1°  Les  quadrupèdes  purs  et  impurs,  vers.  1  -8.
Chap.  XI.  —  ].  Courte  introduction.  —  Ad Moysen  et  Aaron.  Cf.xiii,  1,  et  xv,  l,où  le  Seigneur s'adresse  aussi  conjointement  aux  deux  frères  : au  premier,  en  tant  que  médiateur  de  l'Alliance; au  second,  en  tant  que  grand  prêtre.  Les  règles relatives  au  pur  et  à  l'impur  concernaient  les prêtres  de  très  près.  Cf.  x,  10,  et  Num.  ix,  3.
2.  Hcec  sunt...  Titre  de  ce  premier  alinéa.  — De  cunctis  animantibus.  L'hébr.  b'hémah  dé- signe ici  les  quadrupèdes  ruminants.
3.  Règle  générale  pour  distinguer  les  quadru- pèdes purs  (  in  pecoribus  ;  l'hcbr.  a  de  nouveau b'kémah).  —  Deux  conditions  sont  requises  : 1°  divisam,  nngulam,  un  sabot  divisé  en  deux parties  bien  nettes  ;  2«  ruminât.  Voy.  dans  VAtl, (l'hist.  nat.  de  la  Bible,  pi.  xci,  flg.  7,  l'estomac d'un  ruminant.  —  Les  animaux  qui  réunissent  ces deux  conditions  sont  assez  rares  :  le  bœuf,  le mouton,  la  chèvre,  le  cerf,  la  gazelle,  etc.  Cf. Deut.  xrv,  14  et  ss.
4-8.  Les  quadrupèdes  impxu's,  ou  application  de la  loi  qui  précède,  au  moyen  de  quelques  exemples. —  Et. .  ungulam,  sed  non  dividit...  Comme  le  che- val et  l'âne.  Le  chameau,  qui  est  cité  nommé- ment, a  le  pied  fendu  en  haut;  mais  une  mem- brane élastique  réunit  les  deux  parties  par- des-
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■V.
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eam,autplacere  Domino  in  <emoniis,
mente  lugubn  ?
20.  Qnod  cum  audisset  Moy   ,  recepit satisfactionem.
fev.  X,  20  —  XI,  5.
ce  que  vous  voyez.  Comment  aurais -je pu  manger  de  cette  hostie,  ou  plaire  au Seigneur  dans  ces  cérémonies  saintes, avec  un  esprit  abattu  d'affiiction  ?
20.  Ce  que  Moïse  ayant  entendu,  il  re- çut l'excuse  qu'il  lui  donnait.
CHAPITRE  XI
1 .  Locutusque  est  Dominus  Moysen et  Aaron,  dicens  :  ^^  ,       •
2  Dicite  filiis  Israël  :  Ha  sunt  am- malia  qu^  comedere  debetis  e  cunctis animantibus  terrée  :
3  Omne  quod  habet  divi  m  ungu- lam,  et  ruminât  in  pecoribus .  3medetis.
4  Quidquid  autem  rumiiK  quidem, et  habet  ungulam,  sed  non  didit  eam, f.icut  camelus  et  cetera,  noiîomedetis illud,  et  inter  immunda  repu  ^itis.
5.  Chœrogryllus  qui  rumut,  ungu- lamqiie  non  dividit,  immundi  est.
PURETE  ET CVI,  34.
touchantes  3xcuscs  du  pontife  :  -Ui...  accidit quod  vides;  il  désignait  ainsi  la  m.  affreuse  de ses  deux  fils  aînés.—  Moyses,  r.plt  satisfa- ctionem. Autre  trait  délicat,  qui  '  "n  à  cet incident  lugubre.
Section  III.  —  Lois  relatives A  l'impureté  légale.  XI,  1 §  I,  —  Les  animaux  pars  et  imp-a.  XI,  1-47.
C'est  là  une  partie  très  importai i  de  la  légis- lation du  Sinaï,  puisque  les  régi- qu'elle  con- tient avaient  pour  but  de  faire  (Israël,  même dans  sa  nourriture,  un  peuple  spi'd,  un  peuple moralement  pur  et  rempli  de  saiitté.  Cf.  vers. 43-47.  Non  que  tout  soit  nouveau  daices  prescrip- tions. D'après  Gen.  vri,  2-3,  et  vi.  20,  la  clas- sification des   animaux  en   purs      en  impurs existait  dès  l'époque  du  déluge  ;    l'on  trouve çà  et  là,  chez  les  Égyptiens,  les  Peu,  les  Arabes, les  Hindous,  quelques  lois  analogti.  Mais  l'en- semble est  vraiment  caractéristiin  d'Israël.  — Quant  au  principe  qui  a  servi  de  ba  à  ce  régime alimentaire,  il  est  à  la  fois  mater  et  spirituel. La  chair  des  animaux  dits  impursst  générale- ment malsaine,  surtout  en  Orient  les  instincts mêmes  de  notre  nature  la  proscriit  la  plupart du  temps,  comme  l'ont  l'emarqiuaint  Cyrille, Contr.  JuL,  ix,  et  saint  Jérôme  ,ldu.  Jovin., Il ,  7.  Celle  des  animaux  purs  f orrBiu  contraire le  meilleur  des  aliments.  Voyez  fouroux ,  les Livres  saints  et  la  critique  ratinuiste,  t.  III, pp.  616  et  ss.  D'autre  part,  il  y  plus  que  de l'hygiène  en  tout  cela  :  l'union  iiime  qui  existe entre  nos  goûts  extérieurs  et  noticonduite  mo- rale est  un  fuit  évident.  Or  pluéirs  des  ani- maux Interdits  comme  impurs  on  es  habitudes
1.  Le  Seigneur  parla  ensuite  à  Moïse et  à  Aaron ,  et  il  leur  dit  :
2.  Déclarez  ceci  aux  enfants  d'Israël  : Entre  tous  les  animaux  de  la  terre,  voici quels  sont  ceux  dont  vous  mangerez  :
3.  De  toutes  les  bêtes  à  quatre  pieds, vous  pourrez  manger  celles  dont  la  corne du  pied  est  fendue  et  qui  ruminent.
4.  Quant  à  celles  qui  ruminent,  mais dont  la  corne  du  pied  n'est  point  fendue, comme  le  chameau  et  les  autres,  vous n'en  mangerez  point,  et  vous  les  considé- rerez comme  impures.
5.  Le  lapin  qui  rumine,  mais  qui  n'a point  la  corne  fendue .  est  impur.
ignobles,  et  Dieu  visait  plus  haut  que  la  santé d'Israël  en  les  écartant  de  l'alimentation  de  la race  choisie  ;  «  par  cette  pureté  extérieure  et  fi- gurative, il  voulait  élever  les  Juifs  à  une  pureté plus  réelle  et  plus  excellente,  qui  est  celle  du cœur.  »  Calmet,  h.  l.  Les  peuples  païens  d'alors et  d'aujourd'hui,  auxquels  rien  ne  répugne  sn fait  de  nourriture,  sont  aussi  les  plus  grossiers soufe  le  rapport  de  la  religion  et  de  la  morale.
10  Les  quadrupèdes  purs  et  impurs,  vers.  1-8.
Ciiap.  XI.  —  1.  Courte  hitroduction.  —  Ad Moysen  et  Aaron.  Cf.  xiir,  1 ,  et  xv,  1,  où  le  Seigneur s'adresse  aussi  conjointement  aux  deux  frères: •lu  premier,  en  tant  que  médiateur  de  l'Alliance; au  second,  en  tant  que  grand  prôtre.  Les  règles relatives  au  pur  et  à  l'impur  concernaient  les prêtres  de  très  près.  Cf.  x,  10,  et  Num.  ix,  3.
2.  Bac  mnt...  Titre  de  ce  premier  alinéa.  - De  cunctis  animantibus.  L'hébr.  b'hémah  dé- signe ici  les  quadrupèdes  ruminants.
3.  Règle  générale  pour  distinguer  les  quadru- pèdes purs  Un  pecoribus;  l'hcbr.  a  <^
b'hémah).  —  Deux   conditions   sœ   
lo  divisam  uvgulam,  un  sabot parties  bien  nettes  ;  2°  ruminât <l'hist.  nat.  de  la  Bible,  pi.  x .l'un  ruminant.  —  Les  anim  ■ deux  conditions   sont  asp mouton,  la  chèvre,  le Deut.  xrv,  14  et  ss.
4-8.  Les  quadrupè la  loi  qui  précède,  a' —  Et. .  ungulam val  et  l'âne.   I ment,  a  le  r' brane  éla
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6.  Le  lièvre  aussi  est  impur,  parce que,  quoiqu'il  rumine,  il  n'a  point  la corne  fendue.
7.  Le  pourceau  aussi  est  impur,  parce que,  quoiqu'il  ait  la  corne  fendue,  il  ne rumine  point.
8.  Vous  ne  mangerez  point  de  la  chair de  ces  bêtes,  et  vous  ne  toucherez  point à  leurs  cadavres,  parce  que  vous  les  tien- drez comme  impurs.
9.  Voici  celles  des  bêtes  qui  naissent dans  les  eaux  dont  il  vous  est  permis  de manger  :  Vous  mangerez  de  tout  ce  qui a  des  nageoires  et  des  écailles,  tant  dans la  mer  que  dans  les  rivières  et  dans  les étangs.
10.  Mais  tout  ce  qui  se  remue  et  qui vit  dans  les  eaux  sans  avoir  de  nageoires ni  d'écaillés  vous  sera  en  abomination  et en  exécration.
11.  Vous  ne  mangerez  point  de  la chair  de  ces  animaux,  et  vous  n'y  tou- cherez point  lorsqu'ils  seront  morts.
12.  Tous  ceux  qui  n'ont  point  de nageoires  ni  d'écaillés  dans  les  eaux  vous seront  impurs.
13.  Entre  les  oiseaux,  voici  quels  sont ceux  dont  vous  ne  mangerez  point,  et que  vous  aurez  soin  d'éviter  :  l'aigle, le  griffon,  le  faucon.
6.  Lepus  quoque  ;  nam  et  ipse  ruminât, sed  ungulam  non  dividit.
7.  Et  sus,  qui  cum  ungulam  dividat, non  ruminât.
8.  Horum  carnibus  non  vescemini, nec  cadavera  contingetis,  quia  immunda sunt  vobis
9.  ILt-c  sunt  quse  gignuntur  in  aquis, et  vesci  licitum  est  :  Omne  quod  habet pinnulas  et  squamas,  tam  in  mari  quam in  fluminibus  etstagnis,  comedetis.
10.  Quidquid  autem  pinnulas  et  squa- mas non  habet ,  eorum  qua3  in  aquis moventur  et  vivunt,  abominabile  vobis
1 1.  Execrandumque  erit  ;  carnes  eorum non  comedetis ,  et  morticina  vitabitis.
12.  Cuncta  quœ  non  habent  pinnulas et  squamas  in  aquis ,  polluta  erunt.
13.  Hœc  sunt  quse  de  avibus  come- dere  non  debetis ,  et  vitanda  sunt  vobis  : aquilam,  et  gryphem,  et  haligeetum,
soxis.  Voyez  V Atlas  d'hist.  nat.,  \)\.  lxxxv,  fig,  3.
—  Chœrogryllus.  Hébr.  :  sâfân,  le  daman,  ou a  Hj'i'ax  syriacus  »,  animal  gracieux  et  inoffen- sif, qui  a  la  taille  d'un  lièvre  et  une  certaine ressemblance  avec  la  marmotte  {AU.  d'hist.  nat., pi,  LXXXV,  fig.  7  ).  Il  est  encore  question  de  lui au  Ps.  civ,  18,  et  Prov.  xxx,  26.  Cf.  S.  Jérôme, Epîst.  cvi  ad  Suniam.  La  Vulgate  a  suivi  la traduction  des  LXX  (^^oipoypuAXtoç,  le  porc-épic ou  le  hérisson)  ;  les  rabbins,  etc.,  supposent  qu'il s'agit  du  lapin.  Il  est  ajouté,  h  propos  du  sâfân: qui  ruminât,  ce  qui  est  inexact  à  proprement parler,  car  le  daman  n'a  point  l'estomac  des  ru- minants ;  mais,  lorsqu'il  est  au  repos,  il  agite constamment  ses  mâchoires ,  comme  s'il  ruminait en  réalité.  Ici,  comme  en  beaucoup  d'autres  en- droits, la  Bible  emploie  donc  le  langage  popu- laire ;  le  but  du  Législateur  n'était  pas  de  donner une  leçon  d'histoire  naturelle,  mais  de  marquer par  ime  note  distinctive,  facile  à  reconnaître  au dehors,  un  animal  qu'il  était  interdit  de  manger.
—  Lepus  quoque...  ruminât.  Même  observation qu'à  propos  du  daman ,  car  le  lièvre  non  plus  ne rumine  pas  (Atl.  d'hist.  nat.,  pi.  xcv,  fig.  1-3); mais  les  mouvements  perpétuels  qu'il  exécute avec  les  lèvres  et  le  nez  lui  donnent  l'air  de mâcher  toujours.  Yoy.  de  Foville ,  la  Jiible  et  la science,  Paris,  1883,  pp.  S3-34.  —  Et  sus.  Le porc  a  toujoiu's  été  l'objet  d'une  véritable  horreur dr.ns  les  contrées  bibliques.  Cf.  Is.  lxv,  4;  lxvi, 3,  17;  II  Mach.  vi,  18-19.  Ceux  qui  s'en  nour-
rissent contractent  aisément  des  maladies  cuta- nées. Cf.  Bochart,  Hierozoicon,  II,  57  et  s.  — Le  vers.  8  conclut  l'alinéa.  Le  détail  nec  cada- vera contingetis  sera  développé  plus  bas,  vers. 24-28.
2°  Les  poissons  purs  et  impurs,  vers.  9-12.
9*.  Le  titre.  —  Qurn  in  aquis.  La  classification est  la  mùme  qu'au  récit  de  la  création  :  les  qua- drupèdes, les  animaux  aquatiques,  les  animaux aériens,  les  reptiles.  Cf.  vers.  2,  13,  21,  29.
9b.  Les  poissons  piu's.  —  On  donne  une  règle très  simple  pour  les  reconnaître  :  quod  habet pirniaculas  (des  nageoires)  et  squamas  (des écailles).  Par  conséquent,  deux  conditions  aussi, tant  pour  les  poissons  d'eau  salée  (in  mari)  que pour  les  poissons  d'eau  douce  {in  fluminibus...).
10-12.  Les  poissons  impurs.  Remarquez  les répétitions  pleines  de  solennité ,  qui  insistent  siu' l'idée.  —  Belativement  aux  poissons,  aucun  exem- ple particulier  n'est  signalé.  Parmi  ceux  qui rentrent  dans  la  catégorie  des  impurs ,  il  faut compter  les  anguilles,  les  siluroïdes,  les  raies, etc.,  tous  les  cétacés.  Voyez  V Atlas  d'hist.  nat., p.  60,  n.  177,  avec  les  figui-es  correspondantes.
3°  Les  oiseaux  impurs,  vers.  13-19.
13».  Titre  de  l'alinéa  :  Ece  sunt  quce  de  avi- bus...
13'>-19.  Énumération  des  oiseaux  impurs.  — Cette  fois,  pas  de  règle  générale,  mais  une  simple liste,  composée  de  vingt  noms,  qu'il  n'est  pas toujours  possible  d'identifier  avec  certitude.  Cf.
356
Lev.  XI,  14-20.
14.  Et  milvum,  ac  vulturem  juxta geniis  suum ,
15.  Et  omne  corvini  generis  in  simili- tudinem  suam,
16.  Struthionem,  et  noctuam,  et  larum, et  acci])itrem  juxta  genus  suum,
17.  13ubonem,  et  mergulum,  et  ibin,
18.  Et  cygnum,  et  onocrotalum,  et porphyrionem ,
19.  Herodionem  et  charadrion  juxta genus  suum ,  upupam  quoque ,  et  vesper- tilionem.
20.  Omne  de  volucribus  quod  graditur super  quatuor  pedes,  abominabile  erit vobis.
14.  Le  milan,  le  vautour  et  tous  ccu:: de  son  espèce ,
15.  Le  corbeau  et  tout  ce  qui  est  de  la même  espèce,
16.  L'autruche,  le  hibou,  la  mouette, l'épervier  et  toute  son  espèce ,
17.  Le  chat-huant,  le  cormoran,  l'ibis,
18.  Le  cygne,  le  butor,  le  porphy- rion,
19.  Le  héron,  la  cigogne  et  tout  ce qui  est  de  la  même  espèce,  la  huppe  et la  chauve-souris.
20.  Tout  ce  qui  vole  et  qui  marche  sur quatre  pieds  vous   sera  en  abomination.
Dcut.  XIV,  où  cette  liste  est  reproduite  avec quelques  légères  modifications. —  Aquilam  (hébr.  : ncSer)  :  le  roi  des  oiseaux  est  naturellement  p  .acé en  tête.  Probablement ,  l'aigle  doré  et  l'aigle  im- périal sont  compris  ensemble  sous  cette  unique désignation.  Voj'cz  VAtl.  d'hist.  naL ,  pJ.  Lxxiii, fig.  4,  6,  7.  Quelques  interprètes  préfèrent  néan- moins voir  ici  dans  le  ncèer  le  griffon,  ou  «  Vultur fulvus  »  des  naturalistes  {Atlas  d'hist.  iiat., pi.  LXXR',  fig.  7)  ;  soit  à  cause  du  nom  identique de  nisr,  que  lui  donnent  les  Arabes,  soit  parce que,  disent -ils,  on  ne  peut  appliquer  à  l'aigle la  ligne  suivante  de  Michée  (i,  16),  laquelle  con- vient fort  bien  au  vautour  fauve,  dont  la  tête est  toute  dénudée  :  «  Rends -toi  chauve  comme le  néiicr.  »  —  Gryphem  (LXX  :  ypû'i;).  L'iiébr. pérés  signifie  «  celui  qui  brise  »  ;  dénomination qui  conviendrait  à  1'  «  ossif ragus  »  des  anciens , c.-à-d.  à  l'orfraie  ou  aigle  pêcheur  (  «  Haliœetus albicilla  »;  voj'ez  V Atlas  d'hist.  nat.,  pi.  lxxiii, fig.  9).  D'autres  identifient  le  pérés  au  lammer- geier  ou  aigle -vautour  («  Gypaetus  barbatus;  » Atl.  d'hist.  nat.,  pi.  lxxii,  fig.  5).  —  Saliceetum (LXX:  àXiatSTo;;  hébr.:  'oznïah)  ;  l'aigle  de mer  (  a  Pandion  halia^ctus  ;  »  Atl.  d'hist.  nat., pi.  LXXIII,  fig.  5;  pi.  Lxxiv,  fig.  5).  Peut-être, suivant  une  autre  interprétation,  le  circaète  Jean- le- blanc  (Atlas  d'hist.  nat.,  pi.  lxxii,  fig.  4).  — Milmim  (LXX:  yu^")-  L'hébr.  dâ'ah,  comme l'arabe  dayah,  désigne,  en  effet,  le  milan  (Atl. d'hist.  nat.,  pi.  lxxi,  flg.  8). —  Vulturem  (hébr.: 'ayi/ah ,  LXX  :  ixilv)  ;  plutôt  le  faucon  avec  ses différentes  espèces  (juxta  ijenus...  Vo3"ez  V Atlas d'hist.  nat.,  pi.  lxxi,  fig.  2,  4,  5,  6).  —  Omne corvini  generis  (  hébr.  :  'oreh  ).  Toute  la  famille des  a  Corvidae  » ,  qui  comprend  le  corbeau  pro- prement dit,  le  choucas,  la  corneille,  etc.  (AtL d'hist.  nat.,  pi.  lxviii,  flg.  7;  pi.  lxix,  fig.  1, 3,7).  —  Struthionem.  L'hébr.  est  très  expressif  : bat  hayya'anah;  littéral.  :  la  fille  des  cris.  L'au- truche est  ainsi  nommée  à  cause  de  ses  cris plaintifs  et  retentissants  (Atlas  d'hist.  nat., pi.  lxxvi,  flg.  1,2,5,6).  —  Noctuam  (hébr,  : tahmas,  le  a  violent  »  ;  LXX  :  vXau^  ).  Probable- ment le  hibou  commun.  Selon  quelques  exégètes, le  coucou,  ou  l'hirondelle.  —  Larum  (LXX  : Xâpoç).  Le  mot  hébr.  ïu/ia/ n'est  employé  qu'ici et  Deut.  XIV,  15  ;  il  semble  fort  bien  convenir  ù
la  mouette  (Atl.  d'hist.  nat.,  pi.  lxiv,  flg.  2).  — • Âccipitrem  (hébr.:  nés;  LXX  :  l'epa^);  l'éper-' vier  et  ses  différentes  espèces  (Atl.  d'hist.  nat., pi.  LXXI,  flg.  1  et  7).  —  Bubonem  (hébr.:  kôs; LXX  :  vuxtr/opa^)  ;  la  chevêche  («  Athene  per- sica  y>;  Atl.  d'hist.  nat,  pi.  lxxv,  fig.  2),  ou l'oiseau  de  Minerve  (  «  Athene  meridionalis  »  ; îMd.,  pi.  Lxxiv,  flg.  4)  ;  deux  variétés  qui  abon- dent en  Palestine.  —  Mergulum  (hébi*.  :  salak, le  plongeur;  LXX  :  •/.y.-apâ.Y.Tr,!;)  :  le  cormoran commun  (Atl.  d'hist.  nat.,  pi.  lxvi,  fig.  1).  — Ibiii.  Les  LXX  aussi  et  Onkélos  sont  favorables à  1'«  Ibis  rcligiosa  »  ;  mais  ce  bel  oiseau  est  plutôt indiqué  dans  l'hébreu  par  le  mot  suivant.  Ici, l'expression  yunsuf  paraît  désigner  le  grand-duc («  Bubo  mf.ximus  ;  »  Atl.  d'hist.  nat.,  pi.  lxxv, fig.  4).  Cf.  Is.  xxxiv,  11.  —  Cygnum;  de  même les  LXX.  Mieux  :  l'ibis  (hébr.  :  tinsémet),  ainsi qu'il  vient  d'être  dit.  Voyez  l'Atlas  d'hist.  nat, pi.  Lxiv,  fig.  4. —  Onocrotalum  (hébr.  :  qâ'at; LXX  :  TTcXsxâv).  Il  s'agit,  en  effet,  du  pélican. V(>3'.  VAtl.  d'hist.  nat.,  pi.  lxiii,  flg.  5  et  7.  — Porphyrionem  :  le  porphyrion  ou  la  poule  sul- tane (Atlas  d'hist.  nat,  pi.  lxiv,  fig.  6);  mais l'hébr.  raham  représente  vraisemblablement,  d'a- près l'analogie  de  l'arabe  rahmah,  le  hideux vautour  ég5^pticn ,  ou  percnoptère  stercoraire (fc  Neophron  percnnpterus ;  »  Atl.  d'hist.  nat., pi.  Lxxiv,  flg.  6). — Herodionem  (liXX:  £,5(oôt6v): le  héron.  On  croit  plus  communément  que  l'hébr. hasidah  désigne  la  cigogne  (Atlas  d'hist.  nat., pi.  Lxv,  flg.  8).  —  Charadrion;  de  même  les LXX  :  le  pluvier  doré  (  «  Charadrius  pluvialis  ;  » AU.  d'hist  nat,  pi.  lxv,  flg.  3),  ou  bien  le  grand pluvier.  L'expression  'anafah  du  texte  original s'applique  mieux  au  héron  (Atlas  dhist  nat, pi.  LXV,  flg.  7  ).  —  Upupam  est  une  bonne  tra- duction de  dukifat;  la  huppe  immonde  (Atlas d'hist.  nat,  pi.  lxxi,  fig,  3).  —  Enfin  vesperti- lionem  (vûxxepiç,  'atallef)  :  la  chauve  -  souris commune,  rangée  parmi  les  oiseaux  conformé- ment au  langage  populaire  (Atlas  d'hist.  nat., pi.  civ,  fig.  8).
20-25.  Les  insectes  ailés. —  Omne  de  volucri- bus. L'hébr.  signifie  littéralement  :  Toute  chose rampante  (kol-séres)  qui  a  des  ailes;  c.-à-d.  les insectes  munis  d'ailes ,  que  l'on  rattache  aux oiseaux  pour  ce  motif.  —  Des  mots  super  qua-
Lev.  XI,  21-29.
357
21.  Mais  pour  tout  ce  qui  marche  sur quatre  pieds,  et  qui,  ayant  les  jambes  de derrière  plus  longues,  saute  sur  la  terre,
22.  Vous  pouvez  en  manger,  comme le  bruchus  selon  son  espèce,  l'attacus, l'opliiomachus  et  la  sauterelle,  chacun selon  son  espèce.
23.  Tous  les  animaux  qui  volent  et qui  n'jnt  que  quatre  pieds  vous  seront en  exécration.
24.  Quiconque  y  touchera  lorsqu'ils  se- ront morts  en  sera  souillé  et  demeurera impur  jusqu'au  soir.
25.  S'il  est  nécessaire  qu'il  porte  quel- qu'un de  ces  animaux  quand  il  sera  mort, il  lavera  ses  vêtements  et  il  sera  impur jusqu'au  coucher  du  soleil.
26.  Tout  animal  qui  a  de  la  corne  au pied,  mais  dont  la  corne  n'est  point fendue,  et  qui  ne  rumine  point,  sera  im- pur ;  et  celui  qui  l'aura  touché  après  sa mort  sera  souillé.
27.  Entre  tous  les  animaux  à  quatre pieds,  ceux  qui  ont  comme  des  mains sur  lesquelles  ils  marchent  seront  impurs  : celui  qui  y  touchera  lorsqu'ils  seront morts  sera  souillé  jusqu'au  soir.
28.  Celui  qui  portera  de  ces  bêtes  lors- qu'elles seront  mortes  lavera  ses  vête- ments, et  il  sera  impur  jusqu'au  soir; parce  que  tous  ces  animaux  vous  seront impurs.
29.  Entre  les  animaux  qui  se  remuent sur  la  terre,  vous    considérerez   encore
21.  Quidquid  autem  ambulat  quidem super  quatuor  pedes,  sed  habet  longiora rétro  crura,  per  quœ  salit  super  terram,
22.  Comedere  debetis,  ut  est  bruchus in  génère  suo,  et  attacus,  atque  ophio- machus,  ac  locusta,  singula  juxta  genus suum.
23.  Quidquid  autem  ex  volucribus quatuor  tantum  habet  pedes  execrabile erit  vobis  ;
24.  Et  quicumque  morticina  eorum tetigerit,  polluetur,  et  erit  immundus usque  ad  vesperum  ;
25.  Et  si  necesse  f  uerit  ut  portet  quip- piam  horum  mortuum,  lavabit  vesti- menta  sua,  et  immundus  erit  usque  ad occasum  solis.
26.  Omne  animal  quod  habet  quidem ungulam,  sed  non  dividit  eam,  nec ruminât,  immundumerit;  et  qui  tetigerit illud ,  contaminabitur.
27.  Quod  ambulat  super  manus,  ex cunctis  animantibus  quœ  incedunt  qua- drupedia,  immundum  erit;  qui  tetigerit morticina  eorum ,  polluetur  usque  ad vesperum.
28.  Et  qui  portaverit  hujuscemodi cadavera ,  lavabit  vestimenta  sua ,  et  im- mundus erit  usque  ad  vesperum  ;  quia omnia  hœc  immunda  sunt  vobis.
29.  Hsec  quoque  inter  polluta  reputa- buntur  de  liis  quse  moventur  in  terra  :
tuor  pedes,  divers  commentateurs  ont  conclu que  le  verset  20  s'appliqiie  encore  aux  chauves- souris  ,  les  coléoptères  et  les  auti'es  Insectes  ailés ayant  d'ordinaire  six  pattes  ;  mais  le  nombre quatre  n'est  ici  qu'un  minimum,  pour  distinguer les  insectes  des  oiseaux,  qui  sont  simplement  bi- pèdes. —  Quidquid...  longiora  rétro  crura.  Excep- tion en  faveiir  des  insectes  dits  «  saltatoria  », qui  étaient  légalement  purs,  et  que  l'on  pouvait manger.  Quatre  espèces  spéciales  sont  signalées par  manière  d'exemple  :  hi-uclius  (hébr.  : 'ar&c7i), attacus  (hébr.  :  soVam),  ophiomacus  (hébr.  : haryol),  locusta  (hébr,:  hagab).  La  Vulgate  a suivi  la  traduction  des  LXX;  il  est  très  pro- bable que  les  noms  hébreux  désignent  tous  des variétés  de  sauterelles.  Voyez  V Atlas  d'hist.  nat., pi.  XLvr,  fig.  2,  3,  5,  6,  8  ;  pi.  xlvii,  flg.  1-3. —  Quidquid  autem....  (vers.  23).  Après  avoir signalé  l'exception,  on  réitère  la  règle  générale (vers.  20).
3°  Contact  des  cadavres  des  animaux  impurs, vers.  24-28.
24-25.  Première  instruction,  relative  aux  vo- latiles impurs  dont  il  a  été  question  aux  vers. 20-23. —  Deux  sanctions,  selon  qu'on  aura  sim- plement touché,  ou  que  l'on  aura  dû  porter  ces
morticina.  Dans  le  premier  cas ,  immundus usque  ad  vesperum;  dans  le  second,  un  lavage des  vêtements  était  en  outre  de  rigueur.
26-28.  Deuxième  instruction ,  relative  aux quadrupèdes  impurs.  —  Deux  sanctions  iden- tiqiies  à  celles  qui  précèdent.  Le  vers.  26  com- prend tous  les  animaux  spécifiés  au  premier  ali- néa de  ce  chapitre  (vers.  3-7).  Par  quod  ambu- lat super  tnanus,  il  faut  entendre  les  chiens,  1(!S chats,  les  lions,  etc.,  dont  les  pieds  sont  des  sortes de  mains.
40  La  catégoxie  des  rciitiles,  vers.  29-38.
29*.  Titre  de  l'alinéa,  —  De  his  quce  moven- tur... L'hébreu  est  plus  clair  :  parmi  les  reptiles (séres)  qui  rampent  {sores)  sur  la  terre.  «  Ram- per »  est  pris  dans  le  sens  large,  pour  marquer des  animaux  dont  les  jambes  sont  si  courtes , qu'ils  en  semblent  dépourvus.  Voyez  Gen.  i,  24, et  le  commentaire.  Aux  vers.  20-23,  nous  avions déjà,  des  séres,  mais  munis  d'ailes.
29i>-30.  Liste  des  reptiles  impurs.  —  Mustela (hébr.:  holed),  la  belette.  —  Mus  (hébr.  :  'aJcbar), la  souris;  d'après  d'autres,  la  gerboise  («Dipus aîgj'ptius  »  ;  Atl.  d'hist.  nat.,  pi.  xcv,  flg.  5),  gra- cieux animal  commun  en  Egypte,  en  Palestine et   en  Syrie.  —  Crocodilus  (hébr.  :  sab)  :  pro-
358
Ley.  XI,  30-3G.
mustela  et   mus  et  crocodilus,   singula juxta  genus  suum,
30.  Mygale,  et  chamœleon,  et  stellio, et  lacerta ,  et  talpa  ;
31.  Omnia  \vcec  immunda  sunt.  Qui tctigerit  morticina  eorum,  immundus erit  usque  ad  vesperum  ;
32.  Et  super  quod  ceciderit  quidquam de  morticinis  eorum,  polluetur,  tam  vas ligneiim  et  vestimentum,  quam  pelles  et cilicia ,  et  in  quocumque  fit  opus  ;  tingen- tur  aqua,  et  poUuta  erunt  usque  ad vesperum,  et  sic  postea  muudabuntur;
33.  Vas  autem  fictile,  in  quod  horum quidquam  intro  ceciderit,  polluetur,  et idcirco  frangendum  est.
34.  Omnis  cibus,  quem  comedetis,  si fusa  fuerit  super  eum  aqua,  immundus erit  ;  et  omne  liquens  quod  bibitur  de universo  vase,  immundum  erit.
35.  Et  quidquid  de  morticinis  liujus- cemodi  ceciderit  super  illud,  immun- dum erit  ;  sive  clibani ,  sive  cîiytropodes, destruentur,  et  immundi  erunt.
36.  Fontes  vero  et  cisternœ,  et  omnis aquarum  congregatio  munda  erit.  Qui morticinum  eorum  tetigerit,  polluetur.
ceux-ci  comme  impurs  :  la  belette,  la souris  et  le  crocodile,  chacun  selon  son espèce,
30.  La  musaraigne,  le  caméléon,  le stellion ,  le  lézard  et  la  taupe  ;
31.  Tous  ces  animaux  seront  impurs. Celui  qui  y  touchera  lorsqu'ils  seront morts  sera  impur  jusqu'au  soir;
32.  Et  tout  objet  sur  lequel  il  tombera quelque  chose  de  leurs  corps  morts  sera souillé,  que  ce  soit  un  vase  de  bois,  ou un  vêtement,  ou  des  peaux  et  des  ci- lices,  tout  objet  dont  on  fait  usage  ;  ils seront  lavés  dans  l'eau,  ils  demeureront souillés  jusqu'au  soir,  et  après  cela  ils seront  purifiés.
33.  Mais  le  vase  de  terre  dans  lequel quelqu'une  de  ces  choses  sera  tombée en  sera  souillé,  c'est  pourquoi  il  le  faut briser.
34.  Si  on  répand  de  l'eau  de  ces vases  souillés  sur  la  viande  dont  vous mangerez ,  elle  deviendra  impure  ;  et toute  liqueur  qui  se  peut  boire  sortant de  quehpi'un  de  tous  ces  vases  impurs sera  souillée.
35.  Tout  objet  sur  lequel  il  tombera quelque  chose  de  ces  bêtes  mortes  de- viendra impur  ;  que  ce  soit  des  fourneaux ou  des  marmites,  ils  seront  censés  im- purs et  seront  brisés.
36.  Mais  les  fontaines,  les  citernes  et tous  les  réservoirs  d'eaux  seront  purs. Celui  qui  touchera  les  cadavres  de  ces animaux  sera  impur.
bablcment  le  dhàb  des  Arabes,  c.-ù-d.  le  croco- dile terrestre,  grand  lézard  qui  a  jusqu'à  deux pieds  de  long  {Atl.  d'hist.  nai.,  pi.  lx,  fig.  4). —  Mygale,  la  musaraigne  (Atlas  d'hist.  nat., pi.  cm,  fig.  8);  le  substantif  hcbr.  'anâqah  dé- signe plutôt  l'espèce  de  lézard  qu'on  nomme  gecko '.Atl.  d'hist.  nut.,  pi.  lix,  fig.  3,7).—  Chamcel.eon (hébr.  :  Icoah).  La  grenouille,  d'après  d'autres ihterprètes  ;  ou  bien,  un  lézard  de  l'espèce  Moni- tor  (notamment  le  «  Lacerta  nilotici;  >j  Atlas d'hist.  nat.,  pi.  ltx,  fig.  2,  3). —  Stellio  (hébr.  : l'tâ'uh)  :  autre  sorte  de  lézard  (Atl.  d'hist.  nat., pi.  Lix,  fig.  1 ,  5).  —  Lacerta  Qiômet)  :  peut-être le  lézard  des  sables.  Suivant  le  Talmud  et  les rabbins,  la  limace  et  l'escargot.  —  Talpa.  Le mot  hébreu  tinsémct  représentait  précédemment un  oiseau  (note  du  vers.  18).  Il  signifie  littéra- lement :  celui  qui  se  gonfle;  d'où  l'on  a  conclu qu'il  conviendrait  fort  bien  au  caméléon  (Atlas d'hist.  nat.,  pi.  lx,  fig.  2,  5).
31-38.  Règles  concernant  la  souillure  que  pou- vaient occasionner  les  cadavres  de  ces  divers reptiles.  —  Première  règle  (vers.  31),  identique il  celles  des  vers.  24,  26-27».  —  Seconde  règle, vers.  32  :  .^uper  (^uod  ceciderit...;  non  sculcm.ut
les  personnes  (vers.  31),  mais  les  ustensiles  du ménage  (ras  ligneum;  l'hébr.  h'ii  est  plus  géné- ral), les  vêtements  de  tout  genre  (d'étoffe,  ve- stimentum; de  peau,  pelles;  en  poils  de  chèvre , etc.,  cilicia)  étaient  souillés  par  ce  contact.  — Troisième  règle  (vers.  33),  spécialement  appli- cable aux  vases  et  ustensiles  d'argile:  ras...  fictile... frangendum.  Voyez  vi,  28,  et  le  commentaire. —  Quatrième  règle  (vers.  34)  :  les  mets  et  les boissons.  Cibus...  si  fusa...  aqua  :  donc ,  tout mets  dans  la  préparation  duquel  il  enti'ait  de l'eau,  tels  que  les  potages,  la  viande  bouillie; voyez  une  autre  interprétation  dans  la  traduc- tion.—  Omne  liquens:  l'eau,  le  lait,  le  vin, l'huile,  etc. —  Cinquième  l'ègle  (vers.  35):  d'abord générale  (quiquid...  super  illud),  puis  particu- lière {clibani,  les  fours  portatifs  en  terre,  plu- sieurs fois  mentionnés,  ii,  4,  etc.;  chylropodes , en  hébr.  kir  aï  m ,  expression  obscure,  au  sujet  de laquelle  on  a  fait  de  nombreuses  hypothèses  ; peut-être  désigne-t-elle  un  four  d'un  autre  genre, qui  pouvait  porter  deux  pots  à  la  fois).  —  Sixième règle  (vers.  36)  :  les  fontaines,  citernes  et  autres masses  d'eau  considérables  n'étaient  pas  souillées  ; néanmoins  celui  qui  enlevait  le  cadavre  impur
Lev.  XI,  37-46.
359
37.  S'il  en  tombe  quelque  chose  sur  la semence,  elle  ne  sera  point  souillée.
38.  Mais  si  quelqu'un  répand  de  Peau sur  la  semence,  et  qu'après  cela  elle touche  à  un  de  ces  cadavres,  elle  en  sera aussitôt  souillée.
39.  Si  un  animal  de  ceux  qu'il  vous est  permis  de  manger  meurt  de  lui- même,  celui  qui  en  touchera  le  cadavre sera  impur  jusqu'au  soir.
40.  Celui  qui  en  mangera,  ou  qui  en portera  quelque  chose ,  lavera  ses  vête- ments et  sera  impur  jusqu'au  soir.
41.  Tout  ce  qui  rampe  sur  la  terre  sera abominable,  et  on  n'en  prendra  point  pour manger.
42.  Vous  ne  mangerez  point  de  tout  ce qui  ayant  quatre  pieds  marche  sur  le ventre,  ni  de  ce  qui  a  plusieurs  pieds ou  qui  se  traîne  sur  la  terre,  parce  que ces  animaux  sont  abominables.
43.  Prenez  garde  de  ne  pas  souiller vos  âmes,  et  ne  touchez  aucune  de  ces choses,  de  peur  que  vous  ne  soyez  impurs.
44.  Car  je  suis  le  Seigneur  votre  Dieu  ; soyez  saints  parce  que  je  suis  saint.  Ne souillez  point  vos  âmes  par  l'attouche- ment c?'aucun  des  reptiles  qui  se  remuent sur  la  terre.
45.  Car  je  suis  le  Seigneur  qui  vous  ai tirés  du  pays  de  l'Egypte  pour  être  votre Dieu.  Vous  serez  donc  saints  parce  que  je suis  saint.
46.  C'est  là  la  loi  pour  les  bêtes ,  pour les  oiseaux  et  pour  tout  animal  vivant qui  se  remue  dans  l'eau  ou  qui  rampe sur  la  terre  ;
37.  Si  cecidcrit  super  sementem,  non polluet  eam.
38.  Si  autem  quispiam  aqua  sementem perfuderit,  et  postea  morticinis  tacta fuerit,  illico  polluetur.
39.  Si  mortuum  fuerit  animal,  quod licet  vobis  comcdere,  qui  cadaver  ejus tetigerit,  immundus  erit  usque  ad  ves- perum  ;
40.  Et  qui  comederit  ex  eo  quippiam, sive  portaverit,  lavabit  vestimenta  sua, et  immundus  erit  usque  ad  vesperum.
41.  Omne  quod  reptat  super  terram, abominabile  erit,  nec  assumetur  in cibum.
42.  Quidquid  super  pectus  quadrupes graditur,  et  multos  habet  pedes ,  sive  per humum  trahi tur,  non  comedetis,  quia abominabile  est.
43.  Nolite  contaminare  animas  vestras, nec  tangatis  quidquam  eorum,  ne  im- mundi  sitis.
44.  Ego  enim  sum  Dominus  Deus vester  ;  sancti  estote ,  quia  ego  sauctus sum.  Ne  polluatis  animas  vestras  in omni  reptili  quod  movetur  super  terram.
45.  Ego  enim  sum  Dominus ,  qui eduxi  vos  de  terra  ^gypti,  ut  essem vobis  in  Deum.  Sancti  eritis,  qua  ego sanctus  sum.
46.  Ista  est  lex  animantium  ac  volu- crum,  et  omnis  animée  viventis,  quse movetur  in  aqua,  et  reptat  in  terra,
tombé  dans  ces  endroits  devenait  lui-même  impur (il  faut  entendre  en  ce  sens  les  mots  qui  tetige- rit...). —  Septième  règle  (vers.  37-38)  :  cas  des céréales  destinées  à  servir  de  semence  (  super sementem).  On  distingue  :  si  les  grains  en  ques- tion étaient  secs,  non  polluet;  s'ils  étaient  mouil- lés, polluetur,  à  la  façon  des  ustensiles  d'argile, et  pour  le  même  motif.  Cf.  vers.  33,  et  vi,  28.
6«  Contact  du  cadavre  d'un  animal  pur,  vers. 39  -  40.
39-40.  Instruction  rattachée  très  naturellement ù  celles  que  nous  venons  de  lire. —  Si  mortuum..., de  mort  naturelle.  —  Qui  tetigerit...  Deux  règles, tout  à  fait  semblables  à  celles  qui  concernaient les  cadavres  des  quadrupèdes  impurs,  vers.  26-28  ; à  part  les  mots  qià  comederit,  puisqu'il  s'agit d'animaux  purs.
7"  Encore  les  x*cptiles,  vers.  41-42.
41-42.  Omne  quod  reptat...  De  nouveau,  dans l'hébr.  :  séres  ïore.y.  Après  cette  prohibition  gé- nérale, le  Législateur  précise,  afin  de  complé- ter ce  qui  a  été  dit  aux  vers.  29-30.  —  Quidquid super  pectus.  Toutes   les   bêtes   dépourvues  de
pieds  :  los  serpents ,  les  vers ,  les  mollusques ,  etc. —  Quadrupes  (la  construction  de  l'hébr.  montra qu'il  s'agit  d'une  nouvelle  catégorie).  Quatre  pieds ou  davantage;  les  scorpions,  les  aptères,  etc. — Multos  pedes  habet  :  les  myriapodes,  les  chenilles, les  araignées,  etc.
80  Motifs  de  cette  interdiction,  vers.  43-45.
43.  Premier  motif  :  Nolite  contaminare...  Du dehors,  la  souillure  passe  facilement  au  dedans, à  l'âme.
A4:- 4:5.  Deuxième  motif  :  la  sainteté  de  Dieu, à  laquelle  le  «  peuple  saint  »  doit  se  conformer  ; les  bienfaits  du  Seigneur,  que  des  mœurs  saintes récompenseront  mieux  que  toute  autre  sorte  d'ac- tion de  grâces.  —  Remaniuez  les  répétitions  so- lennelles de  cet  alinéa.
9"  Récapitulation,  vers.  46-47.
46-47.  Animantium...  volucrum.  Cette  for- mule de  conclusion  n'est  pas  tout  à  fait  conforme à  l'ordre  suivi  dans  l'énumération  des  lois  ;  elle place  les  oiseaux  avant  les  poissons.  Cf.  vers.  9 et  18.
JGO
Lev.  XI,  47  —  XII,  6.
47.  Ut  dilïerentias  noveiitis  mundi  et immundi,  et  sciatis  quid  comedere  et quid  respuere  debeatis.
47.  Afin  que  vous  connaissiez  la  dif- férence de  ce  qui  est  pur  ou  impur,  et que  vous  sachiez  ce  que  vous  devez  man- ger ou  rejeter.
CHAPITRE  XII
1.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moysen, dicens  :
2.  Loquere  filiis  Israël,  et  dices  ad eos  :  Mulier,  si  suscepto  semine  pepererit masculum,  immunda  erit  septem  diebus, juxta  dies  separationis  menstruae.
3.  Et  die  octavo  circumcidetur  infan- tulus  ;
4.  Ipsa  vero  triginta  tribus  diebus manebit  in  sanguine  purificationis  suse. Omne  sanctum  non  tanget,  nec  mgre- dietur  in  sanctuarium ,  donec  impleantur dies  purificationis  suse.
5.  Sin  autem  feminam  pepererit,  im- munda erit  duabus  hebdomadibus ,  juxta ritum  fluxus  menstrui,  et  sexaginta  sex diebus  manebit  in  sanguine  purificationis suse.
6.  Cumque  expleti  fuerint  dies  puri- ficationis suse,  pro  filio,  sive  pro  filia, deferet  agnum  anniculum  in  holocau- stum,  et  pullum  columbaî  sive  turturem
1.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse, et  lui  dit  :
2.  Parlez  aux  enfants  d'Israël,  et  dites- leur  :  Si  une  femme  étant  devenue  grosse enfante  un  enfant  mâle ,  elle  sera  impure pendant  sept  jours,  selon  le  temps  qu'elle demeurera  séparée  à  cause  de  son  indis- position mensuelle.
3.  L'enfant  sera  circoncis  le  huitième jour;
4.  Et  elle  demeurera  encore  trente- trois  jours  pour  être  purifiée  de  la  suite de  ses  couches.  Elle  ne  touchera  à  rien qui  soit  saint,  et  elle  n'entrera  point dans  le  sanctuaire  jusqu'à  ce  que  les jours  de  sa  purification  soient  accom- plis.
5.  Si  elle  enfante  une  fille,  elle  sera impure  pendant  deux  semaines,  comme lorsqu'elle  est  séparée  à  cause  de  son  in- disposition mensuelle;  elle  demeurera soixante-six  jours  pour  être  purifiée  de  la suite  de  ses  couches.
6.  Lorsque  les  jours  de  sa  purification auront  été  accomplis ,  ou  pour  un  fils  ou pour  une  fille,  elle  portera  ù,  l'entrée  du tabernacle  du  témoignage  un  agneau  d'un
§  II,  —  Impureté  et  purification  des  femmes en  couches.  XII,  1-8.
Tous  les  peuples  anciens  ont  prescrit  des  cé- rémonies lustrales  pour  le  cas  dont  traite  ce  cha- pitre ;  mais  ici  les  prescriptions  de  la  loi  sont de  nouveau  «  placées  sous  la  sanction  religieuse, et  mises  dans  un  rapport  intime  avec  l'idée  île la  piu-eté  »  exigée  de  la  nation  choisie.  <-<■  Comme pour  marquer,  dit  Origène,  Hom.  viii  in  Levit., que  la  naissance  de  tous  les  honnnes  est  souillée, et  que  personne  ne  naît  exempt  de  faute.  »
l»  Les  deux  hypothèses,  vers.  1-5.
Chap.  XII.  —  1-4,  Transition  (l-S")  et  règles à  suivre  après  l'enfantement  d'un  fils.  —  Pre- mière période ,  d'impureté  complète  :  septem diebus.  Les  moU  juxta  dies...  menstraa-  font  allu- sion à,  la  souillure  analogue,  et  de  même  durée, qui  sera  décrite  plus  bas,  xv,  19  et  s.  —  Deuxième période,  de  trente -trois  jours  cette  fois,  mais d'impureté  seulement  partielle  (m  sanguine  pu- rificationis...). La  mère   ne  communiquait  plus
alors  son  impureté  à  tout  ce  qu'elle  touchait  ;  il lui  était  cependant  interdit  de  se  joindre  aux cérémonies  sacrées  (omne  sanctum...,  c.-à-d.  les dîmes  et  les  prémices,  la  chair  des  hosties  paci- fiques, etc.).  Ces  deux  périodes  sont  basées  sur le  temps  qu'il  faut  à  une  mère  pour  se  remettre tout  à  fait  des  suites  de  l'enfantement.  —  Et  die octavo  (vers.  3)...  Le  Législateur  inculque,  à  cette occasion ,  le  grave  précepte  de  la  circoncision.  Cf. Gen.  XVII,  10,  13.
5.  Les  règles  à  suivre  après  la  naissance  d'une fille  sont  au  fond  les  mêmes,  avec  cette  diffé- rence que  la  durée  des  périodes  est  doublée  : quatorze  jours  et  soixante -six  jours.  Différence (lue  de  graves  auteurs  attribuent  ù  l'introduction du  péché  sur  la  terre  par  la  femme  ;  ce  serait comme  un  châtiment  réitéré  de  la  faiblesse  d'Eve. Cf.  I  Tim.  Il,  13-15  ;  I  Petr.  m,  7,
2«  Rites  de  la  purification,  vers.  6-8.
6  -  7.  Un  double  sacrifice ,  offert  d'après  les  lois ox'dinaires  :  agnum  in  holocaustum ,  pullum... pro  pcccato.  Cela  fait,  mundahitur.
Lev.  XII,  7  —  XIII,  3.
3G1
an  pour  être  offert  en  holocauste,  et  pour le  péché  le  petit  d'une  colombe,  ou  une tourterelle,  qu'elle  donnera  au  prêtre,
7.  Qui  les  offrira  devant  le  Seigneur et  priera  pour  elle  ;  et  elle  sera  ainsi  pu- rifiée de  toute  la  suite  de  ses  couches. Telle  est  la  loi  pour  celle  qui  enfante  un enfant  mâle  ou  une  fille.
8.  Si  elle  n'a  pas  le  moyen  de  se  pro- curer un  agneau,  elle  prendra  deux  tour- terelles ou  deux  petits  de  colombes,  l'un pour  être  offert  en  holocauste,  et  l'autre pour  le  péché;  et  le  prêtre  priera  pour elle ,  et  elle  sera  ainsi  purifiée.
pro  peccato ,  ad  ostium  tabernaculi  testi- monii ,  et  tradet  sacerdoti ,
7.  Qui  offeret  illa  coram  Domino,  et orabit  pro  ea ,  et  sic  mundabitur  a  pro- fluvio  sanguinis  sui.  Ista  est  lex  parien- tis  masculum  aut  feminam.
8.  Quod  si  non  invenerit  manus  ejus, nec  potuerit  offerre  agnum,  sumet  duos turtures  vel  duos  pullos  columbarum, unum  in  holocaustum,  et  alterum  pro peccato;  orabitque  pro  ea  sacerdos,  et sic  mundabitur.
CHAPITRE  XIII
1.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse  et à  Aaron ,  et  il  leur  dit  :
2.  L'homme  dans  la  peau  ou  dans  la chair  duquel  il  se  sera  formé  une  diver- sité de  couleur,  ou  une  pustule,  ou quelque  chose  de  luisant  qui  paraisse  la plaie  de  la  lèpre,  sera  amené  au  prêtre Aaron  ou  à  quelqu'un  de  ses  fils.
3.  Et  s'il  voit  que  la  lèpre  paraisse  sur la  peau,  que  le  poil  ait  changé  de  cou- leur et  soit   devenu  blanc,  que  les  en-
1.  Locutusque  est  Dominus  ad  Mo3^sen, et  Aaron,  dicens  :
2.  Homo,  in  cujus  cute  et  carne  ortus faerit  diversus  color  sive  pustula,  aut quasi  lucens  quippiam,  id  est  plaga leprse,  adducetur  ad  Aaron  sacerdotem, vel  ad  unum  quemlibet  filiorum  ejus.
3.  Qui  cum  viderit  lepram  in  cute,  et pilos  in  album  mutatos  colorem,  ipsam- que  speciem  leprse  humiliorem  cute  et
8.  Le  sacrifice  des  pauvres  :  duos  turtures... Ce  fut  celui  de  Marie,  au  jour  de  sa  puritlcation. Cf.  Luc.  n,  22-24.
§  III.  —  La  lèpre.  XIII,  1  —  XIV,  57.
Parmi  les  impuretés  légales ,  il  n'est  pas  éton- nant de  trouver  cette  maladie  affreuse ,  tout  im- monde extérieurement,  et  frappant  emblème  de la  souillure  morale  produite  par  le  péché.  A  toutes les  époques ,  la  lèpre  a  été  relativement  fréquente dans  l'Orient  biblique ,  où  elle  n'a  pas  encore cessé  d'exercer  ses  ravages.  Elle  est,  sinon  épi- démique,  du  moins  héréditaire,  se  transmettant d'une  manière  presque  infaillible  par  la  généra- tion. Ce  n'est  pas  seulement  ime  maladie  cuta- née ;  elle  réside  dans  le  sang  môme ,  par  lequel le  corps  entier  est  promptement  infecté.  Quoique d'ordinaire  assez  lente,  son  action  dissolvante  est sûre  et  terrible  :  le  visage  est  peu  à  peu  rongé , et  les  membres  tombent  en  lambeaux.  Voy.  l'AiL archéol.,  pi.  xxvi,  flg.  ],  2,  3.  Lorsqu'elle  s'est complètement  déclarée,  elle  résiste,  aujourd'hui comme  autrefois,  aux  efforts  des  médecins  les plus  habiles.  Cf.  IV  Reg.  v,  7;  S.  Aug.  Serm. ad  pop.,  Lxxviii.  Voyez  aussi  la  Dissertation  de D.  Calmet,  en  avant  de  son  commentaire  sur l'Exode  et  le  Lévitique,  et  les  articles  de  T.  Rayer dans  le  Dictionnaire  de  médecine  (aux  mots Lèpre  et  Lépreux).  —  Voici  l'oi-dre  général  des idées  dans  ce   paragraphe  :  la  lèpre   humaine,
xin,  1-46;  la  lèpre  des  vêtements,  xiii,  47-59; la  purification  des  lépreux,  xiv,  1-32;  la  lèpre des  maisons,  xiv,  33-57.
1"  Le  diagnostic  de  la  lèpre  humaine.  XIII, 1-43.
Ce  point  est  magistralement  traité ,  comme  le reconnaissent  les  médecins  spécialistes  qui  se  sont occupés  de  ce  sujet.  On  étudie  les  différentes  ma- nifestations de  la  lèpre  ù,  son  début ,  soit  sur  la peau  en  général  (1-28),  soit  sur  la  tête  et  an menton  (29-37),  de  nouveau  sur  la  peau  (38-39), enfin  dans  la  calvitie  (40-43).
Chap.  XIII.  —  1.  Transition  et  introduction. —  Ad  Moysen  et  Aaron.  Cf.  x,  10;  xi,  1,  et  les commentaires.
2  -  8.  Les  signes  de  la  lèpre  se  manifestant  sur l'ensemble  de  la  peau  :  premier  cas.  —  In...  cute et  carve.  Hébr.:  dans  la  peau  de  sa  chair.  —  Les expressions  diversus  color  (hébr.:s"éi,  élévation, enflure),  pustiUa  (hébr.  :  sappahat,  croûte), lucens  quippiam  (hébr.  :  haliéret,  tache  bril- lante), sont  probablement  techniques,  et  comme officielles,  pour  marquer  le  premier  degré  du  mal. Cf.  XIV,  5G.  —  Adducetur  ad  Aaron...  Le  grand prêtre ,  et  les  prêtres  en  général  {vel  ad  unum....), sont  ainsi  constitués  juges  sans  appel  pour  la constatation  de  la  lèpre.  —  Plaga  leprce.  La  lèpre (hébr.:  sâra'at)  était  appelée  une  plaie,  ou  mieux, un  coup  (néga' ;  cf.  vers.  3,  9,  etc.),  parce  qu'on la  regardait,  en  effet,  comme  un  châtiment  tout
362
carne   reliqua,   plaga   lepree  est, arbitrium  ejus  separabitur.
4.  Sin  autem  lucens  candor  fuerit  in cute,  nec  liumilior  carne  reliqua,  et  pili coloris  pristini,  recludet  eum  sacerdos septem  diebus  ;
5.  Et  considerabit  die  septimo  ;  et siquidem  lepra  ultra  non  creverit,  nec transierit  in  cute  priores  terminos,  rur- sum  recludet  eum  septem  diebus  aliis.
6.  Et  die  septimo  contemplabitur  ;  si obscurior  fuerit  lepra,  et  non  creverit  in cute,  mundabit  eum,  quia  scabies  est; lavabitque  liomo  vestimenta  sua,  et mundus  erit.
7.  Quod  si  postquam  a  sacerdote  visus est,  et  redditus  munditi£e,  iterum  lepra creverit,  adducetur  ad  eum,
8.  Et  immunditise  condemnabitur.
9.  Plaga  leprœ  si  fuerit  in  liomine, adducetur  ad  sacerdotem,
10.  Et  videbit  eum.  Cumque  oolor albus  in  cute  fuerit,  et  capillorum  mu- taverit  aspectum,  ipsa  quoque  caro  viva apparuerit ,
11.  Lepra  vetustissima  judicabitur, atque  inolita  cuti.  Contaminabit  itaque eum  sacerdos,  et  non  recludet,  quia perspicuae    immunditiae    est.
12.  Sin   autem   eiïloruerit   discurrens
Lev.  XIII,  4-12 et  ad
droits  où  la  lèpre  paraît  soient  plus  en- foncés que  la  peau  et  que  le  reste  de  la chair,  il  déclarera  que  c'est  la  plaie  de  la lèpre,  et  il  le  fera  séparer  de  la  compa- gnie des  autres.
4.  Que  s'il  paraît  une  blancheur  lui- sante sur  la  peau,  sans  que  cet  endroit soit  plus  enfoncé  que  le  reste  de  la  chair, et  si  le  poil  est  de  la  couleur  qu'il  a  tou- jours eue,  le  prêtre  le  renfermera  pen- dant sept  jours;
5.  Et  il  le  considérera  le  septième  jour  ; et  si  la  lèpre  n'a  pas  crû  davantage,  et n'a  point  pénétré  dans  la  peau  plus  qu'au- paravant, il  le  renfermera  encore  sept autres  jours.
6.  Au  septième  jour  il  le  considérera, et  si  la  lèpre  paraît  plus  obscure  et  ne s'est  point  plus  répandue  sur  la  peau,  il le  déclarera  pur,  parce  que  c'est  la  gale, et  non  la  lèpre;  cet  homme  lavera  ses vêtements ,  et  il  sera  pur.
7.  Que  si  après  qu'il  aura  été  vu  par le  prêtre  et  déclaré  pur,  la  lèpre  croît  de nouveau ,  on  le  lui  ramènera,
8.  Et  il  sera  condamné  comme  im- pur.
9.  Si  la  plaie  de  la  lèpre  se  trouve  en un  homme,  on  l'amènera  au  prêtre,
10.  Et  il  le  considérera  ;  et  lorsqu'il  pa- raîtra sur  la  peau  une  couleur  blanche, que  les  cheveux  auront  changé  de  cou- leur, et  qu'on  verra  même  paraître  la chair  vive,
11.  On  jugera  que  c'est  une  lèpre  très invétérée  et  enracinée  dans  la  peau. C'est  pourquoi  le  prêtre  le  déclarera  im- pur, et  il  ne  le  renfermera  point,  parce que  son  impureté  est  toute  visible.
12.  Que  si  la  lèpre  paraît  comme  en
spécial,  directement  infligé  par  Dieu.  —  Pilos  in album...  Un  des  symptômes  caractéristiques  de la  lèpre  :  les  poils ,  ordinairement  forts  et  très noirs  dans  la  race  Israélite,  deviennent  fins  et blanchâtres.  —  Autre  symptôme  décisif  :  ipsam specicm...  humiliorem...,  une  légère  dépression dans  les  endroits  atteints.  —  Alors  le  cas  est clair  :  plaga  leprce  est ,  et  on  séparera  le  malade du  reste  de  la  communauté.  Cf.  vei's.  44-46.  — Si  rabïcnce  des  deux  signes  principaux  (nec humilior...,  vers.  4)  laisse  des  doutes  dans  l'es- prit du  prêtre,  le  malade  subira  une  sorte  de quarantaine,  dont  les  délais  successifs,  accompa- gnés d'autant  d'inspections  (vers.  5-6),  permet- tront de  suivre  les  progrès  ou  la  décroissance du  mal.  —  Obscurior  lepra  (vers.  6).  C.-à-d.  que le  «  lucens  quippiam  »  ou  «  lucens  candor  »  dis- parait, et  que  la  cluiir  reprend  sa  couleur  natu- relle.—  Mundabit  eum.  Dans  le  sens  de  :  «  il  le
déclarera  pur,  »  non  atteint  de  la  lèpre.  —  Sca- bies est.  Hébr.  :  mispahat ,  une  éruption  passa- gère. —  Si,  après  la  déclaration  favorable  du prêtre  {rcddiiiis  mnnd'd'isp) ,  le  mal  réapparaît plus  intense,  il  n'y  aura  plus  à  hésiter  :  condem- nabitur.
9-11.  Les  signes  de  la  lèpre  se  manifestant  sur la  peau  :  second  cas.  On  suppose  que  le  malade n'a  pas  été  conduit  immédi.;tement  au  prêtre, et  que,  lorsqu'on  le  lui  présente,  le  mal  est  tout à  fait  évident.  —  Ipsa...  caro  viva...  Autre  symp- tôme, ajouté  ici  aux  précédents  (color  albus..., et  capillorum...)  :  quelque  plaie  vive  et  très  sen- sible. —  Le  cas  étant  extrêmement  net  (  Icj/ra vetii.stissima) ,  le  malade  sera  déclaré  impur  (œn- taminabit...) ,  sans  quarantaine  préalable  {non recludet;  cf.  vers.  4  et  ss.).
12-17.  Troisième  ca=5  (ou,  selon  d'autres,  suite du  second  cas):  la  lèpre  bénigne,  dite  a  vul-
Lev.  XIII,  13-24.
363
fleur,  en  sorte  qu'elle  coure  sur  la  peau, et  qu'elle  la  couvre  depuis  la  tcte  jus- qu'aux pieds,  dans  tout  ce  qui  en  peut paraître  à  la  vue,
13.  Le  prêtre  le  considérera,  et  il  ju- gera que  la  lèpre  qu'il  a  est  la  plus  pure de  toutes,  parce  qu'elle  est  devenue  toute blanche  ;  c'est  pourquoi  cet  homme  sera déclaré  pur.
14.  Mais  quand  la  chair  vive  paraîtra sur  lui,
15.  Alors  il  sera  déclaré  impur  par  le jugement  du  prêtre,  et  il  sera  mis  au rang  des  impurs.  Car  si  la  chair  A'ive  est mêlée  de  lèpre,  elle  est  impure.
16.  Que  si  elle  se  change  et  devient encore  toute  blanche,  et  qu'elle  couvre l'homme  tout  entier ,
17.  Le  prêtre  le  considérera  et  décla- rera qu'il  est  pur.
18.  Quand  il  y  aura  eu  dans  la  chair ou  dans  la  peau  de  quelqu'un  un  ulcère qui  aura  été  guéri,
19.  Et  qu'il  paraîtra  une  cicatrice blanche  ou  tirant  sur  le  roux  au  lieu  où était  l'ulcère,  on  amènera  cet  homme  au prêtre ,
20.  Qui,  voyant  que  l'endroit  de  la lèpre  est  plus  enfoncé  que  le  reste  de la  chair  et  que  le  poil  s'est  changé  et est  devenu  blanc,  le  déclarera  impur; car  c'est  la  plaie  de  la  lèpre  qui  s'est formée  dans  l'ulcère.
21.  Que  si  le  poil  est  de  la  couleur qu'il  a  toujours  eue  et  la  cicatrice  un  peu obscure,  sans  être  plus  enfoncée  que  la chair  du  voisinage ,  le  prêtre  le  renfer- mera pendant  sept  jours.
22.  Et  si  le  mal  croît,  il  déclarera  que c'est  la  lèpre.
23.  S'il  s'arrête  dans  le  même  lieu, c'est  seulement  la  cicatrice  de  l'ulcère ,  et l'homme  sera  déclaré  pur.
24.  Lorsqu'un  homme  aura  été  brûlé
lepra  in  cute,  et  operucrit  omnem  cutem a  capite  usque  ad  pedes,  quidquid  sub aspectum  oculorum  cadit,
13.  Considerabit  eum  sacerdos,  et teneri  lepra  mundissima  judicabit,  eo quod  omnis  in  candorem  versa  sit,  et idcirco  homo  mundus  erit.
14.  Quando  vero  caro  vivens  in  eo apparuerit,
15.  Tune  sacerdotis  judicio  polluetur, et  inter  immundos  reputabitur  ;  caro enim  viva  si  lepra  as^ergitur,  immunda est.
16.  Quod  si  rursum  versa  fuerit  in alborem,  et  totum  hominem  operuerit,
17.  Considerabit  eum  sacerdos,  et mundum    esse    decernet.
18.  Caro  autem  et  cutis  in  qua  ulcus natum  est  et  sanatum,
19.  Et  in  loco  ulceris  cicatrix  alba apparuerit,  sive  subrufa,  adducetur  homo ad  sacerdotem  ;
20.  Qui  eum  viderit  locum  leprse  hu- miliorem  carne  reliqua,  et  pilos  versos in  candorem,  contaminabit  eum;  plaga enim  leprse  orta  est  in  ulcère.
21.  Quod  si  pilus  coloris  est  pristini, et  cicatrix  subobscura,  et  vicina  carne non  est  humilior,  recludet  eum  septem diebus.
22.  Et  si  quidem  creverit,  adjudicabit eum  leprse.
23.  Sin  autem  steterit  in  loco  suo, ulceris  est  cicatrix,  et  homo  mundus erit.
24.  Caro  autem  et  cutis  quam  ignis
gaire  ».  —  Effloruerit... ,  sans  les  autres  signes décrits  aux  vers.  2  et  9.  Cette  sorte  de  lèpre commence  en  n'importe  quel  endroit  du  corps, et  elle  voyage  d'un  membre  à  l'autre  (discur- reni^)  ;  la  lèpre  propi'ement  dite  se  manifeste  or- dinairement en  premier  lieu  sur  les  parties  expo- sées à  l'air  (le  visage,  les  mains,  les  oreilles).  — Lepra  mundissima  :  c-k-d.  très  bénigne,  qui  ne rend  pas  impur.  Elle  atteint  à  peine  la  santé  géné- rale* ,  quoiqu'elle  puisse  se  prolonger  pendant  des années.  —  Quando...  caro  vivens. ..'DiYer?,es  alter- natives (vers.  14-17)  de  cette  «  lepra  mimdissima  » avant  la  guérison  complète.
18-23.  Quatrième  cas:  la  lèpre  naissant  sur la  cicatrice  d'un  ulcère.  —  Un  premier  fait  est
signalé  (vers.  18)  :  cutis  in  qua  ulcus  natum..., sanatum.  L'hébr.  s'hln  dénote  un  ulcère  malin. Cf.  Ex.  IX,  9;  Job,  n,  7-8;  Is.  xxxvm,  21.  — Autre  fait  :  cicatrix  (hébr.  :  une  tumeur)  alba sive  sutrufa ,  apparaissant  à  l'endroit  même  où était  l'ulcère.  —  C'était  un  indice  inquiétant  ;  de là  l'inspection  du  prêtre  (vers.  20-23),  à  la  ma- nière indiquée  plus  haut ,  vers.  3  -  8.  Seulement , il  n'y  avait  qu'une  quarantaine  de  sept  jours  ;  il était  inutile  de  recommencer  l'expérience ,  la  cica- trice de  l'ulcère  fournissant  une  explication  suf- fisante.
24-28.  Cinquième  cas,  analogue  au  quatrième  : la  lèpre  naissant  sur  la  cicatrice  d'une  brûlure. —  Les  mots  ignis  exusserit  ont  été  interprétés
364
Lev.  XIII,  25-34.
exusserit,  et  sanata  albam  sive  rufam habuerit  cicatricem,
25.  Considerabit  eam  sacerdos ,  et  ecce Tersa  est  in  alborem,  et  locus  ejus reliqua  cute  est  hiimilior  ;  contaminabit eum,  quia  plaga  leprae  in  cicatrice  orta est.
2G.  Qiiod  si  piloriim  color  non  fuerit immutatus,  nec  humilior  plaga  carne reliqua,  et  ipsa  leprae  species  fuerit  sub- obscura,  recludet  eum  septem  diebus,
27.  Et  die  septimo  contemplabitur.  Si creverit  in  cute  lepra ,  contaminabit eum  ;
28.  Sin   autem   in   loco    suo   candoi' steterit  non  satis  clarus,  plaga  combu stionis  est,  et  idcirco  mundabitur,  quia cicatrix  est  combusturae.
29.  Vir,  sive  mulier,  in  cujus  capite vel  barba  germinaverit  lepra ,  videbit  eos sacerdos.
30.  Et  siquidem  humilior  fuerit  locus carne  reliqua,  et  capillus  flavus,  solito- que  subtilior,  contaminabit  eos,  quia lepra  capitis  ac  barbaî  est.
31.  -Sin  autem  viderit  locum  maculae œqualem  vicinee  carni,  et  capillum  ni- grum,  recludet  eum  septem  diebus,
32.  Et  die  septimo  intuebitur.  Si  non creverit  macula,  et  capillus  sui  coloris est,  et  locus  plagse  carni  reliquse  œqua- lis,
33.  Radetur  homo  absque  loco  maculœ, et  includetur  septem  diebus  aliis.
34.  Si  die  septimo  visa  fuerit  stetissc plaga  in  loco  suo,  nec  humilior  carne reliqua,  mundabit  eum,  lotisque  vestibus Buis  mundus  erit.
dans  la  chair  ou  sur  la  peau,  et  que,  la brûlure  étant  guérie,  la  cicatrice  en  de- viendra blanche  ou  rousse,
25.  Le  prêtre  la  considérera,  et  s'il voit  qu'elle  est  devenue  toute  blanche,  et que  cet  endroit  est  plus  enfoncé  que  le reste  de  la  peau,  il  le  déclarera  impur, parce  que  la  plaie  de  la  lèpre  s'est  for- mée dans  la  cicatrice.
26.  Si  le  poil  n'a  pas  changé  de  cou- leur, si  l'endroit  blessé  n'est  pas  plus  en- foncé que  le  reste  de  la  chair,  et  si  la lèpre  même  paraît  un  peu  obscure,  le prêtre  le  renfermera  pendant  sept  jours,
27.  Et  il  le  considérera  le  septième jour.  Si  la  lèpre  s'est  étendue  sur  la  peau , il  le  déclarera  impur.
28.  Si  cette  tache  blanche  s'arrête  au même  endroit  et  devient  un  peu  plus sombre,  c'est  seulement  la  plaie  de  la brûlure  ;  c'est  pourquoi  il  sera  déclaré pur,  parce  que  cette  cicatrice  est  l'effet du  feu  qui  l'a  brûlé.
29.  Si  la  lèpre  paraît  et  pousse  sur  la tête  ou  au  menton  d'un  homme  ou  d'une femme ,  le  prêtre  les  considérera  ;
30.  Et  si  cet  endroit  est  plus  enfoncé que  le  reste  de  la  chair,  et  le  poil  tirant sur  le  jaune,  et  plus  délié  qu'à  l'ordi- naire, il  les  déclarera  impurs,  parce  que c'est  la  lèpre  de  la  tête  et  du  menton.
31.  Mais  s'il  voit  que  l'endroit  de  la tache  est  égal  à  la  chair  d'auprès ,  et  que le  poil  soit  noir,  il  renfermera  le  malade pendant  sept  jours,
32.  Et  il  le  considérera  le  septième jour.  Si  la  tache  ne  s'est  point  agrandie, si  le  poil  a  retenu  sa  couleur,  et  si  l'en- droit du  mal  est  égal  à  tout  le  reste  de la  chair,
33.  On  rasera  tout  le  poil  de  l'homme , excepté  l'endroit  de  cette  tache ,  et  on  le renfermera  pendant  sept  autres  jours.
34.  Le  septième  jour,  si  le  mal  semble s'être  arrêté  dans  le  même  endroit,  et  s'il n'est  point  plus  enfoncé  que  le  reste  de la  chair,  le  prêtre  le  déclarera  pur,  et après  avoir  lavé  ses  vêtements,  il  sera tout  à  fait  pur.
de  différentes  inanières  :  une  inflammation,  le charbon,  une  brûlure  dans  le  sens  strict;  ce dernier  sens  est  le  plus  naturel  et  le  meilleur.  — Considerabit  eam...  Mêmes  règles  que  pour  le  cas précédent.
29-37.  Les  signes  de  la  lèpre  sur  la  tête  ou au  menton.  —  Vir  sive  mulier...  Indication  gé- nérale de  la  maladie  (vers.  29).  C'est  un  genre ppr':cial  de  lèpre,  ayant  son  siège  soit  in  capite, fcoit  in  harha,  c.-:Vd.  au  menton.  Aussi  porte-t-il
dans  l'hébr.  un  nom  nouveau  :  néteq  (vers.  30). —  Les  vers.  30-37  contiennent  le  diagnostic  et les  règles  à  suivre  pour  ce  cas  particulier.  Pre- mière règle,  vers.  30  :  Si...  humilior...,  une  dé- pression, comme  aa  vers.  5;  capillus  flavus... , roussâtre,  jaune  d'or  (hébr.  :  §âhôb).  Quand  ce double  symptôme  existera,  le  prêtre  déclarera les  malades  impurs  (  contaminabit  ) ,  sans  la moindre  hésitation.  —  Seconde  règle,  pour  les cas  douteux,  vers.  31-34,  Des  quarantaines  de
Lev.  XIII,  35-45.
3G5
35.  Si ,  après  qu'il  aura  été  jugé  pur, cette  tache  croît  encore  sur  la  peau,
36.  On  ne  recherchera  plus  si  le  poil a  changé  de  couleur  et  est  devenu  jaune, parce  qu'il  est  visiblement  impur.
37.  Mais  si  la  taclie  demeure  dans  le même  état,  et  si  le  poil  est  noir,  que  le prêtre  reconnaisse  par  là  que  l'homme  est guéri,  et  qu'il  prononce  sans  rien  craindre qu'il  est  pur.
38.  S'il  paraît  une  blancheur  sur  la peau  d'un  homme  ou  d'une  femme,
39.  Le  prêtre  les  considérera,  et  s'il reconnaît  que  cette  blancheur  qui  paraît sur  la  peau  est  un  peu  sombre,  qu'il sache  que.  ce  n'est  point  la  lèpre,  mais seulement  une  tache  d'une  couleur  blan- che, et  que  l'homme  est  pur.
40.  Lorsque  les  cheveux  tombent  de  la tête  d'un  homme,  il  devient  chauve,  et il  est  pur.
41.  Si  les  cheveux  tombent  du  devant de  la  tête ,  il  est  chauve  par  devant ,  et il  est  pur.
42. Que  si  sur  la  peau  de  la  tête,  ou  du devant  de  la  tête  qui  est  sans  cheveux, il  se  forme  une  tache  blanche  ou  rousse ,
43.  Le  prêtre, l'ayant  vue,  le  condam- nera indubitablement ,  comme  frappé d'une  lèpre  qui  s'est  formée  au  lieu  d'où ses  cheveux  sont  tombés.
44.  Tout  homme  donc  qui  sera  infecté de  lèpre ,  et  qui  aura  été  séparé  des  autres par  le  jugement  du  prêtre,
45.  Aura  ses  vêtements  décousus,  la tête  nue,  le  visage  couvert  de  son  vête- ment, et  il  criera  qu'il  est  impur  et souillé.
35.  Sin  autem  post  emundationem rursus  creverit  macula  in  cute ,
36.  Non  quseret  ami)lius  utrum  capil- lus  in  flavum  colorem  sit  immutatus, quia  aperte  immundus  est.
37.  Porro  si  steterit  macula,  et  capilli nigri  fuerint,  noverit  hominem  sanatum esse ,  et  confidenter  eum  pronuntiet mundum.
38.  Vir,  sive  mulier,  in  eu  jus  cute candor  apparuerit,
39.  Intuebitur  eos  sacerdos  ;  si  depre- henderit  subobscurum  alborem  lucere in  cute,  sciât  non  esse  lepram,  sed maculam  coloris  candidi,  et  hominem mundum.
40.  Vir  de  eu  jus  capite  capilli  fluunt, calvus  et  mundus  est;
41.  Et  si  a  f route  ceciderint  pili, recalvaster  et  mundus  est.
42.  Sin  autem  in  calvitio  sive  in  recal- vatione  albus  vel  rufus  color  fuerit exortus ,
43.  Et  hoc  sacerdos  viderit,  condem- nabit  eum  haud  dubie  leprae,  quae  orta est  in  calvitio.
44.  Quicumque  ergo  maculatus  fuerit lepra,  et  separatus  est  ad  arbitrium sacerdotis,
45.  Habebit  vestimenta  dissuta,  caput nudum,  os  veste  contectum,  contamina- tuin  ac  sordidum  se  claraabit.
sept  jours  sont  prescrites,  comme  aux  vers.  4 -G, en  vue  d'un  examen  sérieux.  Avant  la  deuxième , radetur  homo,  pour  rendre  l'inspection  plus  facile. Ces  ï)6riodcs  de  sept  et  de  quatorze  jours  étaient assurément  basées  sur  l'expérience  :  le  mal  met- tait ce  temps  pour  croître  ou  pour  décroître. Au  vers.  31,  les  LXX  remplacent  nigrum  par «  flavum  »;  peut-être  à  bon  droit,  car,  d'après la  Vulgate  et  l'hébreu ,  les  deux  symptômes  prin- cipaux de  la  lèpre  seraient  absents.  —  Troisième règle,  vers.  35-37  :  ce  qu'il  faut  faire  dans  l'hy- pothèse d'un  retour  du  mal  qui  avait  paru guéri.
38-39.  Une  blancheur  sur  la  peau,  troisième signe  de  la  lèpre.  —  Candor...  D'après  le  con- texte ,  de  simples  taches  blanches  sur  la  peau , sans  décoloration  des  cheveux  et  des  poils.  — Sciât...  maculam.  Le  nom  hébr.  iôhaq  s'est  con- servé en  Orient  (fiahaq  des  Arabes),  pour  dési- gner le  même  mal,  c.-à-d.  une  sorte  de  dartre ou  d'eczéma.
40-43.  Autre  signe  de  la  lèpre:  la  calvitie. —
Le  Législateur  distingue  deux  sortes  de  calvities, selon  qu'elle  atteint  la  partie  antérieure  icalvxis) ou  la  partie  postérieure  de  la  tête  (d'après  l'iiébr."). La  calvitie  pure  et  simple  n'a  évidemment  rien de  commun  avec  la  lèpre  (vers,  40-41);  mais  elle devra  être  assimilée  à  ce  mal  dans  certains  cas (vers.  42-43).
44-46.  Traitement  à  faire  subir  aux  lépreux quand  la  maladie  sera  entièrement  déclarée.  ^ Separatus... ,  par  une  sorte  d'excommunication extérieure.  —  Vestimenta  dissuta:  à  la  façon  des personnes  en  deuil.  Cf.  x,  6;  Ex.  xxiv,  17.  — Caput  nudum.  Autre  signe  de  deuil,  x ,  6.  —  Os veste  contectum:  afin  de  cacher  la  barbe,  orne- ment dont  les  Orientaux  sont  si  fiers.  Cf.  Ex. XXIV,  17,  22.  —  Contaminatum...  Dans  l'hébr.  : «  Et  il  criera  :  Impur,  impur  !  »  Cf.  Thi'en.  iv, 14-15.  Les  lépreux  devaient  ainsi  avertir  les  pas- sants de  leur  présence,  capable  de  contaminer. —  Solus...  extra  castra.  Et,  plus  tard,  hors  des villes  et  des  villages.  Cf.  Num.  v,  2-4  ;  xii,  14-15. Cependant  11  leur  était  permis  de  se  réunir  et
366
Lev.  XIII,  46-59.
46.  Omni  tempore,  quo  leprosus  est et  immundus ,  soins  habitabit  extra castra.
47.  Vestis  lanea  sive  linea ,  quse  lepram habuerit
48.  In  staminé  atque  subtegmine,  aut certe  pellis,  vel  quidquid  ex  pelle  con- fectum  est,
49.  Si  alba  vel  rufa  macula  fuerit infecta,  lepra  reputabitur,  ostendeturque sacerdoti ,
50.  Qui  consideratam  recludet  septem diebus,
51.  Et  die  septimo  rursus  aspiciens,  si deprelienderit  crevisse ,  lepra  perseverans est  ;  pollutum  judicabit  vestimentum,  et omne  in  quo  fuerit  inventa  ;
52.  Et  idcirco  comburetur  flammis.
53.  Quod  si  eam  viderit  non  crevisse,
54.  Praecipiet,  et  lavabunt  id  in  quo lepra  est,  recludetque  illud  septem  die- bus aliis.
55.  Et  cum  viderit  faciem  quidem pristinam  non  reversam,  nec  tamen crevisse  lepram,  immundum  judicabit, et  igné  comburet,  eo  quod  infusa  sit  in superficie  vestimenti  vel  per  totum  lepra.
56.  Sin  autem  obscurior  fuerit  locus leprae,  postquam  vestis  est  Iota,  abrum- pet  eum,  et  a  solido  dividet.
57.  Quod  si  ultra  apparuerit  in  his locis,  quœ  prius  immaculata  erant,  lepra volatilis  et  vaga ,  débet  igné  comburi.
58.  Si  cessaverit,  lavabit  aqua  ea,  qu£e pura  sunt,  secundo,  et  munda  erunt.
59.  Ista  est  lex  lepree  vestimenti  lanei
46.  Pendant  tout  le  temps  qu'il  sera lé})reux  et  impur ,  il  demeurera  seul  hors du  camp.
47.  Si  un  vêtement  de  laine  ou  de  lin est  infecté  de  lèpre
48.  Dans  la  chaîne  ou  dans  la  trame, ou  si  c'est  une  peau  ou  quelque  chose  fait de  peau ,
49.  Quand  on  y  verra  des  taches  blan- ches ou  rousses,  on  jugera  que  c'est  la lèpre ,  et  on  les  fera  voir  au  prêtre ,
50.  Qui,  les  aj^ant  considérés, les  tien- dra enfermés  pendant  sept  jours.
51.  Le  septième  jour  il  les  considérera encore,  et  s'il  reconnaît  que  ces  taches  se sont  accrues,  ce  sera  une  lèpre  enraci- cinée  ;  il  jugera  que  ces  vêtements  et toutes  les  autres  choses  où  ces  taches  se trouveront  sont  souillés  ;
52.  C'est  pourquoi  on  les  consumera par  le  feu.
53.  S'il  voit  que  les  taches  ne  se  sont point  accrues ,
54.  Il  ordonnera  qu'on  lave  ce  qui  pa- raît infecté  de  lèpre ,  et  il  le  tiendra  en- fermé pendant  sept  jours.
55.  Et  voyant  qu'il  n'a  point  repris  sa première  couleur,  quoique  la  lèpre  ne soit  pas  augmentée,  il  jugera  que  ce  vê- tement est  impur,  et  il  le  brûlera  dans le  feu ,  parce  que  la  lèpre  s'est  répandue sur  la  surface  ou  l'a  même  tout  péné- tré.
56.  Mais  si,  après  que  le  vêtement aura  été  lavé,  l'endroit  de  la  lèpre  est plus  sombre,  il  le  déchirera  et  le  sépa- rera du  reste.
57.  Que  si,  après  cela, il  paraît  encore une  lèpre  vague  et  volante  dans  les  en- droits qui  étaient  sans  tache  auparavant, le  tout  doit  être  brûlé.
58.  Si  ces  taches  s'en  vont,  on  lavera une  seconde  fois  avec  l'eau  les  parties pures,  et  elles  seront  purifiées,
59.  C'est  la  la  loi  touchant  la  lèpre
de  vivre  ensemble,  comme  le  montrent  les  pas- sages II  PiCg.  vu,  3;  Luc.  XVII,  12,  etc.  —  La plupart  de  ces  règlements  furent  adoptés  en  Eu- rope au  mo.ven  âge,  quand  les  lépreux  se  multi- plièrent d'une  manière  inquiétante.
2'  La  lè)>re  des  vêtements.  XIII,  47-59.
47-49.  Les  symptômes.  —  Vefitis  (héhr.  :l)éged) est  un  mot  général,  qui  s'api^lique  ù  toute  sorte de  vêtements.  —  Lanea  sive  linea.  La  laine  et le  lin  furent  longtemps,  chez  les  Hébreux,  la matière  i)rincipale  des  vêtements.  Cf.  Prov.  xxxr, 13;  Os.  Il,  9,  etc.  TiO  i)lus  souvent  la  tunique était  de  lin,  l'anîple  manteau  qu'on  jetait  par- dessus était  de  laine.  —  In  staminé  atque  sub-
tegmine :  dans  la  chaîne  ou  dans  la  trame.  De même  les  LXX.  Les  mots  hébreux  sont  assez obscurs.  —  Aut  certe  pellis...  La  peau  des  animaux servait  aussi  à  confectionner  différentes  espèces d'habillements.  —  Alba  vel  ruja.  Hébr,:  verdàtrc ou  roussâtre.
50-58.  L'inspection  du  prêtre,  et  les  divers modes  de  traitement,  suivant  les  circonstances. —  Première  insi)ection ,  après  une  réclusion  de sept  jours  (vers.  50-52).  —  Deuxième  inspection, si  la  prcmièi'e  a  lai.ssé  quelque  doute  (vers.  5;)-58).
59.  Conclusion  de  cet  alinéa.  --  Tons  ces  dé- tails sont  clairs;  ce  qui  l'est  moins,  c'est  la  na- ture même  du  mal ,  qui  n'a  pu  être  déterminée
Lev.  XIV,  1-7.
367
d'un  vêtement  de  laine  ou  de  lin,  de  la chaîne  ou  de  la  trame,  et  de  tout  ce qui  est  fait  de  peau,  afin  qu'on  sache comment  on  le  doit  juger,  ou  pur  ou impur.
et  linei,  staminis  atque  subtegminis, omnisque  supellectilis  pelliceae ,  quomodo mundari  debeat,  vel  contaminari.
GflAPITRE  XIV
1.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse, et  lui  dit  :
2.  Voici  ce  que  vous  observerez  tou- chant le  lépreux ,  lorsqu'il  doit  être  dé- claré pur.  Il  sera  mené  au  prêtre  ;
3.  Et  le  prêtre  étant  sorti  du  camp, et  ayant  reconnu  que  la  lèpre  est  bien guérie ,
4.  Ordonnera  à  celui  qui  doit  être purifié  d'offrir  pour  lui-même  deux  pas- sereaux vivants,  dont  il  est  permis  de manger  ;  du  bois  de  cèdre ,  de  l'écarlate et  de  l'hysope.
5.  Il  ordonnera,  de  plus,  que  l'un  des passereaux  soit  immolé  dans  un  vase  de terre  sur  de  l'eau  vive.
6.  Il  trempera  l'autre  passereau,  resté vivant,  avec  le  bois  de  cèdre,  l'écarlate, et  l'hysope,  dans  le  sang  du  passereau qui  aura  été  immolé.
7.  Il  fera  sept  fois  les  aspersions  avec ce  sang  sur  celui  qu'il  purifie,  afin  qu'il soit  légitimement  purifié.  Après  cela,  il laissera  aller  le  passereau  vivant,  afin qu'il  s'envole  dans  les  champs.
1.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moysen, dicens  :
2.  Hic  est  ritus  leprosi,  quando  mun- dandus  est.  Adducetur  ad  sacerdotem  ;
3.  Qui  egressus  de  castris,  cum  inve- nerit  lepram  esse  mundatam,
4.  Prœcipiet  ei  qui  purificatur,  ut offerat  duos  passeres  vivos  pro  se,  quibus vesci  licitum  est,  et  lignum  cedrinum, vermiculumque  et  hyssopum.
5.  Et  nnum  ex  passeribus  immolari jubebit  in  vase  fictili  super  aquas  vi- ventes ;
6.  Alium  autem  vivum  cum  ligno cedrino,  et  cocco,  et  hyssopo,  tinget  in sanguine  passeris  immoîati,
7.  Quo  asperget  illum,  qui  mundan- dus  est,  septies,  ut  jure  purgetur;  et dimittet  passerem  vivum,  ut  in  agrum avolet.
avec  certitude.  Toutefois  il  est  évident  quo  cette lèpre  présentait  de  grandes  ressemblances  avec celles  des  hommes.
30  La  purification  des  lépreux  après  leur  gué- rison.  XIV,  1-32.
Chap.  XIV.  —  1-2».  Introduction.  Aaron  n'est pas  mentionné  cette  fois.
21^ -9*.  Le  lépreux  avait  été  exclu  tout  à  la  fois du  camp  et  du  sanctuaire  :  il  faudra  donc  deux cérémonies  pour  le  réintégrer  totalement  dans ses  droits  de  citoj'en  thcocratique.  Nous  avons ici  la  première ,  qui  devait  lui  rouvrir  les  portes du  camp,  ou,  plus  tard,  de  sa  ville  d'habitation. —  Adducetur...  :  du  lieu  séparé  où  il  vivait.  Cf. _xni,  4  6.  —  Egressus  de  castris.  Le  prêtre  allait le  rejoindre  au  deliors  du  camp  pour  cette  pre- mière cérémonie.  —  Duos  passeres.  L'hébr.  sippor convient,  d'après  les  mots  qitibus  vesci  licitum..., à  tous  les  petits  oiseaux  purs.  —  Lignum  cedri- num :  suivant  la  tradition  juive,  une  branche longue  d'une  coudée.  —  Vermicidum.  Selon  la même  tradition ,  une  bandelette  de  laine  écarlate, pour  attacher  ensemble  les  trois  autres  objets (vers.  G).  —  Eussopum.  Cette  plante  avait  été
employée  déjà,  avant  la  sortie  d'Egypte,  pour répandre  le  sang  de  l'agneau  pascal  sur  les  portes des  Hébreux  (Ex.  xii,  22),  et  ensuite  pour  l'as- persion qui  accompagna  l'inauguration  de  l'al- liance (Ex.  x::rv,  2).  Voyez  aussi  Num.  xix,  6, et  Ps.  L,  9.  —  Il  y  a  là  un  symbolisme  très  clair, marqué  par  les  propriétés  antiseptiques  et  l'in- corruptibilité du  cèdre,  par  la  couleur  fraîche de  l'écarlate  qui  figure  le  sang  purifié,  par  le parfum  de  l'hysope,  surtout  par  les  deux  oiseaux  , dont  l'un  meurt  à  la  place  du  lépreux,  tandis que  l'autre,  rendxi  à  la  liberté,  figurait  la  vie nouvelle  et  la  santé  rendue.  —  Unum  ex  passe- ribus... L'immolation  de  l'un  des  oiseaux  (vers.  5). Un  rite  spécial  l'accompagnait  :  elle  avait  lieu au-dessus  (Vulg.  :  in)  d'un  vase  d'argile,  qu'on avait  eu  soin  de  remplir  d'eau  courante  (super aquas  viventes  ) ,  c.  -  à  -  d.  d'eau  de  source  ou  de fontaine  ;  le  sang  se  mêlait  par  conséquent  à  cette eau.  —  L'usage  que  l'on  faisait  du  second  oiseau est  tout  à  fait  intéressant  (vers.  6-7)  :  avec  les deux  extrémités  de  ses  ailes  et  les  objets  men- tionnés au  vers.  4,  on  formait  une  sorte  d'asper- soir,  dont  le  prêtre  se  servait  pour  purifier  le
18
368
Lev.  XIV,  8-17.
8.  Cnmqiie  lavent  homo  vestimenta sua,  radet  omnes  pilos  corporis,  et  la- vabitur  aqua  ;  purificatusque  ingredietur castra,  ita  duntaxat  ut  mancat  extra tabernaculum  suum  septem  diebus,
9.  Et  die  septimo  radet  capillos  capi- tis,  barbamque  et  supercilia,  ac  totius corporis  pilos.  Et  lotis  rursum  vestibus et  corpore,
10.  Die  octavo  assumet  duos  agnos immaculatos ,  et  ovem  anniculam  absque macula,  et  très  décimas  similse  in  sacri- ficium,  quse  conspersa  sit  oleo,  et  seor- sum  olei  sextarium.
11.  Cumque  sacerdos  purifîcans  ho- minem,  statuerit  eum,  et  hœc  omnia coram  JDomino,  in  ostio  tabernaculi  testi- monii ,
12.  Tollet  agnum,  et  offeret  eum  pro delicto ,  oleique  sextarium  ;  et  oblatis ante  Dominum  omnibus,
13.  Immolabit  agnum,  ubi  solet  im- molari  hostia  pro  peccato,  et  holocau- stum,  id  est,  in  loco  sancto.  Sicut  enim pro  peccato,  ita  et  pro  delicto  ad  sacer- dotem  pertiuet  liostia  ;  sancta  sanctorum est.
14.  Assumensque  sacerdos  de  sanguine hostise,  quse  immolata  est  pro  delicto, ponet  super  extremum  auriculae  dextrse ejus  qui  mundatur,  et  super  pollices manus  dextrae  et  pedis  ;
15.  Et  de  olei  sextario  mittet  in  ma- num  suam  sinistram,
16.  Tingetque  digitum  dextrum  in  eo, et  asperget  coram  Domino  septies.
17.  Quod  autem  reliquum  est  olei  in lœva  manu,  fundet  super  extremum  au- riculae dextrse  ejus  qui  mundatur,  et super  pollices  manus  ac  pedis  dextri,  et super  sanguinem  qui  efïusus  est  pro delicto.
8.  Et  lorsque  cet  homme  aura  lavé  ses vêtements ,  il  rasera  tout  le  poil  de  son corps ,  et  il  sera  lavé  dans  l'eau ,  et  étant ainsi  purifié, il  entrera  dans  le  camp,  de telle  sorte  néanmoins  qu'il  demeure  sept jours  hors  de  sa  tente.
9.  Le  septième  jour  il  rasera  les  che- veux de  sa  tête,  la  barbe  et  les  sourcils, et  tout  le  poil  du  corps  ;  et  ayant  encore lavé  ses  ATtements  et  son  corps  ,
10.  Le  huitième  jour  il  prendra  deux agneaux  sans  tache,  et  une  brebis  d'un an  qui  soit  aussi  sans  tache,  et  trois dixièmes  de  fleur  de  farine  mêlée  d'huile, pour  être  employée  au  sacrifice,  et  de plus  un  setier  d'huile  à  part.
11.  Et  lorsque  le  prêtre  qui  purifie  cet homme  l'aura  présenté  avec  toutes  ces choses  devant  le  Seigneur ,  à  l'entrée  du tabernacle  du  témoignage,
12.  Il  prendra  un  des  agneaux,  et  il l'offrira  pour  le  délit,  avec  le  setier d'huile  ;  et  ayant  offert  toutes  ces  choses devant  le  Seigneur,
13.  Il  immolera  l'agneau  au  lieu  où l'hostie  pour  le  péché  et  la  victime  de l'holocauste  sont  habituellement  immo- lées, c'est-à-dire  dans  le  lieu  saint.  Car l'hostie  qui  s'offre  pour  le  délit  appar- tient au  prêtre,  comme  celle  qui  s'offre pour  le  [péché  ;  et  la  chair  en  est  très sainte.
14.  Alors  le  prêtre,  prenant  du  sang de  la  victime  qui  aura  été  immolée  pour le  délit,  en  mettra  sur  l'extrémité  de l'oreille  droite  de  celui  qui  se  purifie,  et sur  les  pouces  de  sa  main  droite  et  de  son pied  droit.
15.  Il  versera  aussi  une  partie  du  setier d'huile  dans  sa  main  gauche,
16.  Et  il  trempera  le  doigt  de  sa  main droite  dans  cette  huile,  et  en  fera  sept fois  les  aspersions  devant  le  Seigneur  ;
17.  Et  il  répandra  ce  qui  restera  d'huile dans  sa  main  gauche,  sur  l'extrémité  de l'oreille  droite  de  celui  qui  est  purilié,  sur les  pouces  de  sa  main  droite  et  de  son pied  droit,  et  sur  le  sang  qui  a  été  ré- pandu pour  le  délit.
lépreux  ;  après  quoi  dimittet...  vivum.  —  Les  vers. 8  -  9  contiennent  les  derniers  détails  de  cette  pre- mière cérémonie.  Jlcinc  après  avoir  été  introduit dans  le  camp  ou  dans  la  cit6,  le  lépreux  était encore  exclu,  sept  jours  durant,  de  la  vie  de famille  (extra  tabernaculum  saura,  sa  propre tente).
9*» -20.  Autre  cérémonie,  le  huitième  jour,  pour ouvrii-  au  malade  guéri  les  portes  du  sanctuaire.
Elle  débutait  par  de  nouvelles  ablutions  Co^'),  et s'achevait  par  divers  sacrifices,  dont  les  rites rappellent  la  consécration  des  prêtres,  chap.  viii. —  Sacriflce  d'un  mouton  pro  delicto,  h  la  façon accoutumée  (vers.  10-13).  Le  log  d'huile  (Vulg.  : sextarium),  qui  lui  était  associé  comme  offrande non  sanglante,  équivaut  h  0  lit.  29  (un  douzième de  hin).  —  Ubi  solet  immolari...  C.-à-d.  au  nord de  l'autel  des  holocaustes.  Cf.  i,  11;  vi,  2ô.  —
Lev.  XIV,  18-32.
3G9
18.  Et  sur  la  tête  de  cet  homme.
19.  Le  prêtre  en  môme  temps  priera pour  lui  devant  le  Seigneur,  et  il  offrira le  sacrifice  pour  le  péché.  Alors  il  im- molera l'holocauste,
20.  Et  il  le  mettra  sur  l'autel  avec  les libations  qui  doivent  l'accompagner;  et ^  jt  liomme  sera  purifié  selon  la  loi.
21.  S'il  est  pauvre,  et  s'il  ne  peut  pas trouver,  tout  ce  qui  a  été  marqué,  il ]n'endra  un  agneau  qui  sera  offert  pour le  délit,  afin  que  le  prêtre  prie  pour lui,  et  un  dixième  de  fleur  de  farine mêlée  d'huile  pour  être  offert  en  sacri- fice, avec  un  setier  d'huile,
22.  Et  deux  tourterelles  ou  deux  petits de  colombe,  dont  l'un  sera  pour  le  péché, et  l'autre  pour  l'holocauste.
23.  Et  au  huitième  jour  de  sa  purifi- cation il  les  offrira  au  prêtre  à  l'entrée du  tabernacle  du  témoignage,  devant  le Seigneur.
24.  Alors  le  prêtre,  recevant  l'agneau pour  le  délit  et  le  setier  d'huile,  les élèvera  ensemble;
25.  Et  ayant  immolé  l'agneau,  il  en prendra  du  sang,  qu'il  mettra  sur  l'extré- mité de  l'oreille  droite  de  celui  qui  se purifie,  et  sur  les  pouces  de  sa  main droite  et  de  son  pied  droit.
26.  Il  versera  aussi  une  partie  de riiuile  dans  sa  main  gauche;
27.  Et  y  ayant  trempé  le  doigt  de  sa main  droite,  il  en  fera  sept  fois  les  as- persions devant  le  Seigneur.
28.  Il  en  touchera  l'extrémité  de  l'o- reille droite  de  celui  qui  se  purifie ,  et  les pouces  de  sa  main  droite  et  de  son  pied droit,  au  même  lieu  qui  avait  été  arrosé du  sang  répandu  pour  le  délit  ;
29.  Et  il  mettra  sur  la  tête  de  celui qui  est  purifié  le  reste  de  l'huile  qui  est dans  sa  main  gauche,  afin  de  lui  rendre le  Seigneur  favorable.
30.  Il  offrira  aussi  une  tourterelle,  ou le  petit  d'une  colombe,
31.  L'un  pour  le  délit,  et  l'autre  pour servir  d'holocauste  avec  les  libations  qui l'accompagnent.
32.  C'est  là  le  sacrifice  du  lépreux  qui ne  peut  pas  avoir  pour  sa  purification tout  ce  qui  a  été  ordonné.
18.  Et  super  caput  ejus  ;
19.  liogabitque  pro  eo  coram  Domino, et  faciet  sacrificium  pro  peccato  ;  tune immolabit  holocaustum ,
20.  Et  ponet  illud  in  altari  cum libamentis  suis,  et  homo  rite  muiida- bitur.
21.  Quod  si  pauper  est,  et  non  potest manus  ejus  invenire  quae  dicta  sunt,  pro delicto  assumet  agnum  ad  oblationem, ut  roget  pro  eo  sacerdos,  decimamque partem  similœ  conspersse  oleo  in  sacri- ficium, et  olei  sextarium,
22.  Duosque  turtures  sive  duos  pullos colurabœ,  quorum  unus  sit  pro  peccato, et  alter  in  holocaustum  ;
23.  Offeretque  ea  die  octavo  purifica- tionis  suse  sacerdoti,  ad  ostium  taberna- culi  testimonii  coram  Domino.
24.  Qui  suscipiens  agnum  pro  delicto et  sextarium  olei ,  levabit  simul  ;
25.  Immolatoque  agno,  de  sanguine ejus  ponet  super  exti'emum  auriculœ dextra'  illius  qui  mundatur,  et  super pollices  manus  ejus  ac  pedis  dextri.
26.  Olei  vero  partem  mittet  in  manum suam  sinistram  ;
27.  In  quo  tingejis  digitum  dextra manus ,  asperget  septies  coram  Domino  ;
28.  Tangetque  extremum  dextrœ  au- ricuiaî  illius  qui  mundatur,  et  pollices manus  ac  pedis  dextri ,  in  loco  sanguinis qui  eff  usus  est  pro  delicto  ;
29.  Eeliquam  autem  partem  olei,  quse est  in  sinistra  manu,  mittet  super  caput purificati,  ut  piacet  pro  eo  Dominum.
30.  Et  turturem  sive  pullum  columbas offeret ,
31.  Unum  pro  delicto,  et  alterum  in holocaustum  cura  libamentis  suis.
32.  ïloc  est  sacrificium  leprosi,  qui habere  non  poiest  omnia  in  emundatio- nem  sui.
Application  du  sang  de  la  victime  et  de  l'huile sur  plusieurs  parties  du  corps  du  lépreux  (vers. 14-18).  Voj-ez  vui,  23;  Ex.  xxix,  20,  et  le  coin- nieiitairp.  —  Enfin  ininiol.ition  ties  deux  autres viciiines  :  pro  ycccato... ,  holocaustum  (vers. 19  -  L'U  ).
21-32.  Réduction  de  ces  sacrifices  pour  les  in- digents. Cf.  v,  7,  11;  XII,  8.—  La  brebis  et  l'un des  moutons  sont  remplacés  par  deux  tourte- relles ou  deux  pigeons,  à  offrir  jnv  peccato  ei  in Jiolocaustu^n  :  pour  la  farine,  l'on  n'exige  qu'un dixième  d'épliah  au  lieu  de  trois  dixièmes  (vers.
370
Lev.  XIV,  33-42.
33.  Locutusqne  est  Dominus  ad  Moysen et  Aaron ,  dicens  :
34.  Cum  ingressi  fueritis  terram  Cha- naan,  quam  ego  dabo  vobis  in  posses- sionem,  si  fuerit  plaga  leprse  in  aedibus,
35.  Ibit  eu  jus  est  domus,  nuntians sacerdoti,  et  dicet  :  Quasi  plaga  leprae videtur  mihi  esse  in  domo  mea.
36.  x\t  ille  prœcipiet  ut  efïerant  uni- versa  de  domo,  priusquam  ingrediatur eam,  et  videat  utrum  leprosa  sit,  ne immunda  fiant  omnia  quœ  in  domo  sunt. Intrabitque  postea  ut  consideret  lepram domus  ;
37.  Et  cum  vident  in  parietibus  illius quasi  valliculas  pallore  sive  rubore  de- formes,  et  humiliores  superficie  reliqua,
38.  Egredietur  ostium  domus,  et  statim claudet  illam  septem  diebus.
39.  Reversusque  die  septimo,  consi- derabit  eam  ;  si  invenerit  crevisse  le- pram ,
40.  Jubebit  erui  lapides  in  quibus lepra  est,  et  projici  eos  extra  civitatem in  locum  immundum  ;
41.  Domum  autem  ipsam  radi  intrin- secus  per  circuitum,  et  spargi  pulverem rasura3  extra  urbem  in  locum  immun- dum,
42.  Lapidesque  alios  reponi  pro  liis qui  ablati  fuerint,  et  luto  alio  liniri  do- mum.
.33.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse et  à  Aaron ,  et  il  leur  dit  :
34.  Lorsque  vous  serez  entrés  dans  le pays  de  Chanaan,  que  je  vous  donnerai en  possession,  s'il  se  trouve  une  maison frappée  de  la  plaie  de  la  lèpre,
35.  Celui  à  qui  appartient  la  maison ira  en  avertir  le  prêtre,  et  il  lui  dira  : Il  semble  que  la  lèpre  paraisse  dans  ma maison.
36.  Alors  le  prêtre  ordonnera  qu'on emporte  tout  ce  qui  est  dans  la  maison, avant  qu'il  y  entre  et  qu'il  voie  si  la lèpre  y  est,  de  peur  que  tout  ce  qui  est dans  cette  maison  ne  devienne  impur.  Il entrera  ensuite  dans  la  maison ,  pour  con- sidérer si  elle  est  frappée  de  lèpre  ;
37.  Et  s'il  voit  dans  les  murailles comme  de  petits  creux,  et  des  endroits défigurés  par  des  taches  pâles  ou  rou- geâtres,  et  plus  enfoncés  que  le  reste de  la  muraille,
38.  Il  sortira  hors  de  la  porte  de  la maison,  et  la  fermera  aussitôt,  sans l'ouvrir  pendant  sept  jours.
39.  Il  reviendra  le  septième  jour,  et la  considérera  ;  et  s'il  trouve  que  la  lèpre se  soit  augmentée,
40.  Il  commandera  qu'on  arrache  les pierres  infectées  de  lèpre ,  qu'on  les  jette hors  de  la  ville  dans  un  lieu  impur  ;
4L  Qu'on  racle  au  dedans  les  murailles de  la  maison  tout  autour,  qu'on  jette toute  la  poussière  qui  en  sera  tombée  en les  raclant,  hors  de  la  ville  dans  un  lieu impur  ;
42.  Qu'on  remette  d'autres  pierres  au lieu  de  celles  qu'on  aura  ôtées,  et  qu'on crépisse  de  nouveau  avec  d'autre  terre les  murailles  de  la  maison.
21-23). —  Aucun  changement  dans  le  sacriflce pro  delicto ,  parce  que  c'était  la  partie  princi- pale de  la  puriflcation  des  lépreux  (vers.  24  -  29  ; cf.  vers.  12-18).  —  Sacrifice  des  deux  oiseaux (vers.  30-31). —  Conclusion  de  cet  alinéa  (vers.  32).
4°  La  lèpre  des  maisons.  XIV,  33-53.
33.  L'introduction  accoutumée.  Cette  fois,  îo- cutiis  est...  ad  Moysen  et  Aaron.  Cf.  xiv,  1.
34-35.  Ce  que  devait  faire  le  propriétaire  d'une maison,  quand  il  croyait  y  avoir  remarqué  les indices  de  la  lèpre.  —  Cum  ingressi...  Chanaan. Les  Ilébi'eux  habitaient  en  ce  moment  sous  la tente  ;  le  cas  proposé  ne  deviendra  pratique qu'après  leur  installation  dans  la  Terre  promise. Voj'cz  d'autres  lois  d'avenu-  aux  passages  xix,  23; XXIII,  10;  XXV,  2.  —  Si  fuerit  plaga...  Hébr.  : Et  si  je  mets  la  |ilaie  de  la  lèpre...  Dieu  lui-même se  nomme  comme  cause  efficiente.  —  Nuntians sacerdoti  :  comme  pour  la  lèpre  des  hommes  et des  vêtements.
36».  Les  vers.  36-48  exposent  en  grand  détail la  conduite  du  prêtre.  D'abord,  une  précaution prélhninaire  (prcecipiet  ut  offerant  omnia...), dont  le  motif  est  aussitôt  indiqué.  Dans  l'hypo- thèse où  le  prêtre  reconnaîtrait  dès  la  première inspection  que  la  maison  est  infectée,  tout  le mobilier  serait  impur.  C'est  donc  \h  un  de  ces traits  délicats  qui  abondent  dans  la  législation mosaïque.
36^-38.  Symptômes  douteux.  —  Quasi  valli- culas. Hébr.  :  des  dépressions.  —  Pallore.  sive ruhore.  Le  texte  dit  :  vcrdâtres  ou  rougeâtrcs. Ces  symptômes  sont  donc  analogues  ù  ceux  qui ont  été  mentionnés  pour  la  lèpre  des  hommes  et des  étoffes.  Cf.  xiii,  3,  49.  —  Les  précautions  à prendre  sont  les  mêmes  aussi  :  claudet...  septem dieMis.
.39-42.  Ce  qu'il  faudra  faire  si  la  maladie  a progressé  durant  cette  quarantaine.  —  Première opération  :  erui  lapides...  et  projici...  Seconde
Lev.  XIV,  43-54.
371
43.  Mtais  si ,  après  qu'on  aura  ôté  les pierres  des  murailles,  qu'on  aura  raclé la  poussière,  et  qu'on  les  aura  crépies avec  d'autre  terre,
44.  Le  prêtre,  y  entrant,  trouve  que la  îoi)re  y  est  revenue,  et  que  les  mu- railles sont  gâtées  de  ces  mêmes  taches, il  jugera  que  c'est  une  lèpre  enracinée, et  que  la  maison  est  impure.
45.  Elle  sera  détruite  aussitôt,  et  on en  jettera  les  pierres,  le  bois,  toute  la terre  ou  la  poussière  hors  de  la  ville  en un  lieu  impur.
46.  Celui  qui  entrera  dans  cette  maison lorsqu'elle  a  été  fermée,  sera  impur  jus- qu'au soir;
47.  Et  celui  qui  y  dormira  et  y  man- gera quelque  chose,  lavera  ses  vête- ments.
48.  Si  le  prêtre,  entrant  en  cette  mai- son ,  voit  que  la  lèpre  ne  s'est  pas  répan- due sur  les  murailles  après  qu'elles  au- ront été  enduites  de  nouveau,  il  la  puri- fiera, comme  étant  devenue  saine;
49.  Et  il  prendra  pour  la  purifier  deux passereaux,  du  bois  de  cèdre,  de  l'écar- late  et  de  l'hysope  ;
50.  Et  ayant  immolé  l'un  des  pas- sereaux dans  un  vase  de  terre  sur  des eaux  vives,
51.  Il  trempera  dans  le  sang  du  pas- sereau qui  a  été  immolé,  et  dans  les eaux  Adves,  le  bois  de  cèdre,  l'hysope, l'écarlate,  et  l'autre  passereau  qui  est vivant.  Il  fera  sept  fois  les  aspersions dans  la  maison,
52.  Et  il  la  purifiera,  tant  par  le  sang du  passereau  qui  aura  été  immolé,  que par  les  eaux  vives ,  par  le  passereau  qui sera  vivant,  par  le  bois  de  cèdre,  par l'hj^sope  et  par  l'écarlate.
53.  Et  lorsqu'il  aura  laissé  aller  l'autre passereau,  afin  qu'il  s'envole  en  liberté dans  les  champs,  il  priera  pour  la  maison, et  elle  sera  purifiée  selon  la  loi.
54.  C'est  là  la  loi  qui  regarde  toutes les  espèces  de  lèpre ,  et  de  plaie  qui  dégé- nère en  lèpre,
43.  Sin  autem  postquam  eruti  sunt lapides,  et  pulvis  erasus,  et  alia  terra lita,
44.  Ingressus  sacerdos  viderit  rever- sam  lepram,  et  parietes  respersos  ma- culis,  lopra  est  perseverans,  et  immunda domus  ;
45.  Quam  statim  destruent,  et  lapides ejus  ac  ligna,  atque  universum  pulve- rem  projicient  extra  oppidum  in  locum immundum.
4G.  Qui  intraverit  domum  quando clausa  est,  immundus  erit  usque  ad vesperum  ;
47.  Et  qui  dormierit  in  ea,  et  come- derit  quippiam,  lavabit  vestimenta  sua.
48.  Quod  si  introiens  sacerdos  viderit lepram  non  crevisse  in  domo,  postquam denuo  lita  fuerit,  purificabit  eam  reddita sanitate  ;
49.  Et  in  purificationem  ejus  sumet duos  passeres,  lignumque  cedrinum,  et vermiculum  atque  hyssopum  ;
50.  Et  immolato  uno  passere  in  vase fictili  super  aquas  vivas,
51.  Tollet  lignum  cedrinum,  et  hys- sopum, et  coccum,  et  passerem  vivum, et  tinget  omnia  in  sanguine  passeris immolati,  atque  in  aquis  viventibus,  et asperget  domum  septies,
52.  Purificabitque  eam  tam  in  san- guine passeris  quam  in  aquis  viventibus, et  in  passere  vivo,  lignoque  cedrino  et hyssopc  atque  vermiculo.
53.  Cumque  dimiserit  passerem  avo- lare  in  agrum  libère,  orabit  pro  domo, et  jure  mundabitur.
54.  Ista  est  lex  omnis  leprœ  et  percns- surse ,
opération  :  domum...  radi  intrinsccus...  Troisièmo opération  :  lapides  alios  reponi...  Quatrième  opé- ration :  luto  alio  liniri...  —  In  locum  immuyi- dum  :  un  endroit  spécial,  en  dehors  de  chaque viUo ,  où  l'on  jetait  les  Immondices  de  tout genre.
43-48.  Troisième  inspection  du  prêtre  et  ré- sultat définitif.  Ou  la  lèpre  s'est  complètement déclarée,  et  alors  la  maison  est  déclarée  impure, et  aussitôt  déti'uite  de  fond  en  comble  (43-47)  ; ou  bien  le  mal  a  disparu,  et  dans  ce  cas  l'on
procède  à  la  purification.  —  Aux  vers.  46  et  47, des  pénalités  sont  imposées  à  ceux  qui  violeraient en  diverses  manières  (intraverit ,  dormierit,  co- mederit)  la  quarantaine  imposée  par  le  prêtre.
49-53.  Purification  des  maisons  atteintes  de  la lèpre.  Elle  avait  lieu  par  des  cérémonies  Iden- tiques à  celles  qui  ont  été  marquées  aux  vers, 3-6.  —  Orat'it  pro  domo.  L'hébreu  signifie, comme  en  maint  autre  passage  :  il  fera  uno expiation.
54-57.  Conclusion  du  paragraphe  relatif  à  la
372  Lev.  XIV,  55  —  XV,  8
55.  Leprse  vestium  et  domorum,
56.  Cicatricis  et  erumpeiitium  papu- larum,  liicentis  maculai,  et  in  varias species ,  coloribus  immutatis  ;
57.  Ut  possit  sciri  quo  tempore  mun- dum  quid,  vel  immundum  sit.
55.  Comme  aussi  la  lèpre  des  vêtements et  des  maisons,
5ô.  Les  cicatrices ,  les  pustules ,  les taches  luisantes,  et  les  divers  change- ments de  couleurs  qui  arrivent  sur  le corps  ;
57.  Afin  que  l'on  puisse  reconnaître quand  une  chose  sera  pure  ou  impure.
CHAPITRE  XV
1.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moysen    ' et  Aaron,  dicens  :
2.  Loquimini  filiis  Israël,  et  dicite  eis  : Vir,  qui  patitur  fluxum  seminis ,  immun- dus  erit.
3.  Et  tune  judicabitur  huic  vitio  sub- jacere,  cum  per  singula  momenta  adhœ- serit  carni  ejus,  atque  concreverit  fœdus humor.
4.  Omne  stratum,  in  quo  dormierit, immundum  erit,  et  ubicumque  sederit.
5.  Si  quis  hominum  tetigerit  lectum ejus,  lavabit  vestimenta  sua;  et  ipse lotus  aqua,  immundus  erit  usque  ad vesperum.
6.  Si  sederit  ubi  ille  sedebat,  et  ipse lavabit  vestimenta  sua  ;  et  lotus  aqua, immundus  erit  usque  ad  vesperum.
7.  Qui  tetigerit  carnem  ejus,  lavabit vestimenta  sua;  et  ipse  lotus  aqua,  im- mundus erit  usque  ad  vesperum.
8.  Si  salivam  hujuscemodi  homo  jece- rit  super  eum  qui  mundus  est,  lavabit vestimenta  sua;  et  lotus  aqua,  immun- dus erit  usque  ad  vesperum.
1.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse et  ù,  Aaron ,  et  il  leur  dit  :
2.  Parlez  aux  enfants  d'Israël ,  et dites -leur:  L'homme  qui  est  atteint  de gonorrhée  sera  impur.
3.  Et  on  jugera  qu'il  éprouve  cet  acci- dent lorsqu'à  chaque  moment  il  s'amas- sera une  humeur  impure,  qui  s'attachera à  sa  personne.
4.  Tous  les  lits  où  il  dormira  et  tous les  endroits  où  il  se  sera  assis  seront impurs.
6.  Si  quelqu'un  touche  son  lit,  il  lavera ses  vêtements;  et  s'étant  lui-même  lavé dans  l'eau,  il  demeurera  impur  jusqu'au soir.
6.  S'il  s'assied  où  cet  homme  se  sera assis ,  il  lavera  aussi  ses  vêtements  ;  et s'étant  lavé  dans  l'eau ,  il  demeurera impur  jusqu'au  soir.
7.  Celui  qui  aura  touché  la  chair  de cet  homme  lavera  ses  vêtements  ;  et  s'é- tant lui-même  lavé  dans  l'eau ,  il  demeu- rera impur  jusqu'au  soir.
8.  Si  cet  homme  jette  de  sa  salive  sur celui  qui  est  pur,  celui  -  ci  lavera  ses  vê- tements; et  s'étant  lavé  dans  l'eau,  il demeurera  impur  jusqu'au  soir.
lèpre.  —  Lex  leprce,  et  percussura...  Énumération des  différentes  soi'tes  de  lèpres,  ou  de  sj'mptômos de  lèpre,  dont  il  a  été  successiA'ement  question. —  Ut  possit  sciri  quo  tempore...  Dans  l'hébr,  : pour  donner  des  instructions  (aux  prêtres)  sur le  temps  du  pur  et  de  l'impur.
§  IV.  —  Les  impuretés  constitutionnelles
de  l'homme  et  de  la  femme  et  leur  purification.
XV,  1-33.
Les  mêmes  prescriptions  se  retrouvent  plus  ou moins  chez  la  plupart  des  nations  de  l'antiquité  ; mais,  ici  encore,  c'est  la  sainteté  mox-ale  des  Is- raélites que  le  Seigneur  a  surtout  en  vue.  «  Quand on  aura  bien  compris  que  Dieu  voulait  que  son peuple  vécût  en  sa  présence  en  quelque  sorte comme  des  prêtres  dans  xm  temi)le,on  ne  trou- Tcra  rien  de  trop  resserré  dans  toutes  ces  lois,  v
!  Calmet,  Ccmm.  littéral  sur  le  Lévit.,  p.  756. Voj^ez  le  vers.  31.
lo  Ces  impuretés  considérées  dans  l'homme, vers.  1-18.
Chap.  XV.  —  1-2*.  Transition  et  introduction.
2''-12.  La  gonorrhée  de  l'homme.  —  Qui  pa- titur fiuxum...,  immundus.  C'est  le  principe  gé- néral. Levers.  3,  d'après  la  Vulgate,  donne  >t marques  de  cet  état  maladif  ;  mais  l'hébreu exprime  un  aiitre  sens  :  Cette  impureté  existe , que  l'écou'ement  soit  permanent  ou  intermittent. —  Omne  stratum,...  Non  seulement  l'homme  at- teint de  gonorrhée  devenait  lui-même  impur devant  la  loi,  mais  quiconque  le  touchait,  ou entrait  en  contact  avec  quelque  objet  touché  par lui,  contractait  aussi  une  souillure.  Différents cas  sont  exposés  aux  vers.  4-12.  — Si  salivam... jecerit  (vers.  8)  :  sans   doute  par  accident.  —
Lev.  XV,  9-20.
373
9.  La  selle  sur  laquelle  il  se  sera  assis sera  impure;
10.  Et  tout  ce  qui  aura  été  sous  celui qui  souffre  cet  accident  sera  ini])ur  jus- qu'au soir.  Celui  qui  portera  quehpi'une de  ces  choses  lavera  ses  vêtements  ;  et après  avoir  été  lui-même  lavé  avec  l'eau, il  sei'a  impur  jus(|u'au  soir.
11.  Que  si  un  homme  en  cet  état, avant  d'avoir  lavé  ses  mains,  en  touche un  autre,  celui  qui  aura  été  touché  la^-era ses  vêtements  ;  et  a3-ant  été  lavé  dans l'eau,  il  sera  impur  jusqu'au  soir.
12.  Quand  un  A'ase  aura  été  touché par  cet  homme,  s'il  est  de  terre,  il  sera brisé;  s'il  est  de  bois,  il  sera  lavé  dans l'eau.
13.  Si  celui  qui  souffre  cet  accident est  guéri,  il  comptera  sept  jours  après en  avoir  été  délivré,  et  ayant  lavé  ses habits  et  tout  son  corps  dans  des  eaux vives,  il  sera  pur.
14.  Le  huitième  jour  il  prendra  deux tourterelles,  ou  deux  petits  de  colombe, et,  se  présentant  devant  le  Seigneur  à l'entrée  du  tabernacle  du  témoignage,  il les  donnera  au  prêtre,
15.  Qui  en  immolera  l'un  pour  le péché  et  offrira  l'autre  en  holocauste, et  qui  priera  pour  lui  devant  le  Sei- gneur, afin  qu'il  soit  purifié  de  cette impureté.
16.  L'homme  à  qui  il  arrive  une  pol- lution lavera  d'eau  tout  son  corps,  et  il sera  impur  jusqu'au  soir.
17.  Il  lavera  dans  l'eau  la  robe  et  la peau  qu'il  aura  eue  sur  lui,  et  elle  sera impure  jusqu'au  soir.
18.  La  femme  dont  il  se  sera  approché se  lavera,  et  elle  sera  impure  jusqu'au soir.
19.  La  femme  qui  souffre  ce  qui  dans l'ordre  de  la  nature  arrive  chaque  mois, sera  séparée  pendant  sept  jours.
20.  Quiconque  la  touchera  sera  impur jusqu'au  soir;
9.  Sagma,  super  quo  sederit,  immun- dum  erit  ;
10.  Et  quidquid  sub  eo  fuerit  qui fluxum  seminis  patitur,  pollutum  erit usque  ad  vesperum.  Qui  portaverit  horura aliquid,  lavabit  vestimenta  sua  ;  et  ipse lotus  aqua,  immundus  erit  usque  ad vesperum.
11.  Omnis,  quem  tetigerit  qui  talis est,  non  lotis  an  te  raanibus,  lavabit vestimenta  sua;  et  lotus  aqua,  immun- dus erit  usque  ad  vesperum.
12.  Vas  fictile  quod  tetigerit,  confrin- getur  ;  vas  autem  ligneum  lavabitur  aqua.
13.  Si  sanatus  fuerit  qui  hujuscemodi sustinet  passionem ,  numerabit  seprem dies  post  emundationem  sui,  et  lotis vestibus  et  toto  corpore  in  aquis  viven- tibus ,  erit  mundus.
14.  Die  autem  octave  sumet  duos  tur- tures,  aut  duos  puUos  columbae,  et  ve- niet  in  conspectum  Domini  ad  ostium tabernaculi  testimonii,  dabitque  eos  sa- cerdoti ,
15.  Qui  faciet  unum  pro  peccato  et alterum  in  holocaustum  ;  rogabitque  pro eo  coram  Domino,  ut  emundetur  a  ïluxu seminis  sui.
16.  Vir  de  quo  egreditur  semen  coitus, lavabit  aqua  omne  corpus  suum  ;  et  im- mundus erit  usque  ad  vesperum.
17.  Vestem  et  pellem,  quam  habuerit, lavabit  aqua,  et  immunda  erit  usque  ad vesperum.
18.  Mulier,  cum  qua  coi  erit,  lavabitur aqua,  et  immunda  erit  usque  ad  vespe- rum.
19.  Mulier,  quœ  redeunte  mense  pa- titur fluxum  sanguinis,  septem  diebus separabitur.
20.  Omnis  qui  tetigerit  eam,  immun- dus erit  usque  ad  vesperum  ;
L'équivalent  hébr.  de  sagma  (vQrs.  9)  est  peut- être  le  palanquin.  Cf.  Gcn.  xxxi,  34,  et  le  com- mentaire. —  Sur  la  distinction  entre  le  vas  fcLUe et  le  vas  ligneum,  voyez  la  note  de  vi,  28,  et XI,  '.i'3,  35.
13- 15.  Rites  pour  la  purification  de  cette  infir- Riité.  —  Si  sanatus...  Condition  iratureHeaicnt indispensable.  Sept  jours  après  la  guérison,  deux- ablutions  préi)aratoire3  (lotis  veslihus ,  et  toto corpore  >  avec  de  l'eau  de  source  ou  de  livicTc (in  aquis  riventibus ;  comyt.  la  note  de  xiv,  5).  Le huitième  jeu:',  un  double  sacrlflcc  de  toaricielles
ou  de  colombes ,  d'après  les  rites  ordinaires (vers.  14-15).
16-17.  Les  accidents  nocturnes  et  leur  purifi- cation. —  Veslem  et  pellem  :  des  vêtements  d'é- toffe ou  de  peau.  Cf.  xiii,  48.
18.  Le  devoir  conjugal.
2«>  Les  impuretés  constitutionnelles  de  la  fennne, vers.  19-31.
19-24.  Les  règles  mensuelles.  —  Scp<CH7  cZ!eL?(5 separabitur.  C.-àd.  qu'elle  sera  légalement  imiaire durant  ce  temp'?.  Cf.  xii,  2.  —  Omnis  qui  teti- gerit... PrescrijiMoiii  (.vers.  20-23)  analogues  à
374
Lev   XV,  21-32.
21.  Et  in   quo  dormierit  vel   sederit diebus  separatioiiis  suse,  polluetur.
22.  Qui  tetigerit  lectiim  ejiis,  lavabit vestimenta  sua;  et  ipse  lotus  aqua,  im- mundus  erit  usque  ad  vesperum.
23.  Omne  vas,  super  quo  illa  sederit, quisquis  attigerit,  lavabit  vestimenta sua;  et  ipse  lotus  aqua,  pollutns  erit usque  ad  vesperum.
24.  Si  coierit  cum  ea  vir  tempore  san- guinis  menstrualis ,  immundus  erit  septem diebus;  et  omne  stratum,  in  quo  dor- mierit, polluetur.
25.  Mulier,  quse  patitur  multis  diebus fluxum  sanguinis  non  in  tempore  men- struali ,  vel  quse  post  menstruum  sangui- nem  fluere  non  cessât,  quamdiu  subjacet liuic  passioni,  immunda  erit  quasi  sit  in tempore  menstruo.
26.  Omne  stratum  in  quo  dormierit,  et vas  in  quo  sederit,  pollutum  erit.
27.  Quicumque  tetigerit  ea,  lavabit vestimenta  sua  ;  et  ipse  lotus  aqua ,  im- mundus erit  usque  ad  vesperum.
28.  Si  steterit  sanguis,  et  fluere  ces- saverit,  numerabit  septem  dies  purifi- cationis  suse  ;
29.  Et  die  octavo  ofîeret  pro  se  sa- cerdoti  duos  turtures,  aut  duos  pullos columbarum,  ad  ostium  tabernaculi  tes- timonii  ;
30.  Qui  unum  faciet  pro  peccato,  et alterum  in  holocaustum,  rogabitque  pro ea  coram  Domino,  et  pro  fluxu  immun- ditise  ejus.
31.  Docebitis  ergo  filios  Israël  ut  ca- veant  immunditiam,  et  non  moriantur in  sordibus  suis,  cum  polluerint  taber- naculum  meum  quod  est  inter  eos.
32.  Ista  est  lex  ejus,  qui  patitur fluxum  seminis,  et  qui  poUuitur  coitu,
21.  Et  toutes  les  choses  sur  lesquelles elle  aura  dormi,  et  où  elle  se  sera  assise pendant  les  jours  de  sa  séparation,  seront souillées.
22.  Celui  qui  aura  touché  à  son  lit lavera  ses  vêtements  ;  et  après  s'être  lui- même  lavé  dans  l'eau,  il  sera  impur  jus- qu'au soir.
23.  Quiconque  aura  touché  à  toutes  les choses  sur  lesquelles  elle  se  sera  assise lavera  ses  vêtements  ;  et  s'étant  lui-même lavé  dans  l'eau,  il  sera  souillé  jusqu'au soir.
24.  Si  un  homme  s'approche  d'elle lorsqu'elle  sera  dans  cet  état  qui  vient chaque  mois,  il  sera  impur  pendant  sept jours  ;  et  tous  les  lits  sur  lesquels  il  dor- mira seront  souillés.
25.  La  femme  qui ,  hors  le  temps  ordi- naire, souffre  plusieurs  jours  cet  accident qui  ne  doit  arriver  qu'à  chaque  mois,  ou pour  laquelle  cet  accident  ordinaire  con- tinue lors  même  qu'il  aurait  dû  cesser, demeurera  impure,  comme  elle  est  chaque mois,  tant  qu'elle  sera  sujette  à  cet  acci- dent.
26.  Tous  les  lits  sur  lesquels  elle  aura dormi,  et  toutes  les  choses  sur  lesquelles elle  se  sera  assise,  seront  impures.
27.  Quiconque  les  aura  touchées  lavera ses  vêtements;  et  après  s'être  lui-même lavé  dans  l'eau,  il  demeurera  impur  jus- qu'au soir.
28.  Si  cet  accident  s'arrête  et  n'a  plus son  effet,  elle  comptera  sept  jours  pour sa  purification  ;
29.  Et  au  huitième  jour  elle  offiira pour  elle  au  prêtre  deux  tourterelles  ou deux  petits  de  colombes,  à  l'entrée  du tabernacle  du  témoignage.
30.  Le  prêtre  en  immolera  l'un  pour le  péché,  et  offrira  l'autre  en  holocauste  ; et  il  priera  devant  le  Seigneur  pour  elle, et  pour  ce  qu'elle  a  souffert  d'impur.
31.  Vous  apprendrez  donc  aux  enfants d'Israël  à  se  garder  de  l'impureté,  afin qu'ils  ne  meurent  point  dans  leurs  souil- lures, après  avoir  violé  la  sainteté  de mon  tabernacle  qui  est  au  milieu  d'eux.
32.  C'est  là  la  loi  qui  regarde  celui  qui souffre  de  gonorrhée,  ou  qui  se  souille en  s'approchant  d'une  femme.
colles  des  vers.  4-12.  —  Si  coierit...  (vers.  24).  Ce même  cas  est  signalé  plus  loin  (xviii,  19;  xx,  18) comme  un  crime  énorme  ;  c'est  donc  que  l'on  sup- pose ici  quelque  ch'constance  atténuante,  telle que  l'ignorance.
25-30.  L'hémorrhagio.  —  Mulier  quce  patitur...
Le  mal  dont  souffrait  Thémorrhoïsse  de  l'Evan- gile, Matth.  IX,  20  et  ss.  Il  produisait  la  même impureté,  directe  et  indirecte,  que  celle  qui  a été  décrite  aux  vers.  1-15,  et  exigeait  la  même purification.
31-33.  Conclusion  solennelle ,  qui  résume  tout
Lev.  XV,  33  —  XVI,  5.
375
33.  Et  c'est  là  aussi  la  loi  qui  regarde la  femme  qui  est  séparée  à  cause  de ce  qui  lui  arrive  chaque  mois,  ou  en laquelle  ce  même  accident  continue  dans la  suite;  et  qui  regarde  aussi  l'homme qui  se  sera  approché  d'elle  en  cet  état.
33.  Et  quîB  menstruis  temporibus  sc- paratur,  vel  quaî  jugi  fluit  sanguine ,  et îiominis  qui  dormi erit  cum  ea.
CHAPITRE  XVI
1.  Le  Seigneur  parla  à  Moïse  après  la mort  des  deux  fils  d'Aaron,  lorsqu'ils furent  tués  pour  avoir  offert  à  Dieu  un feu  étranger;
2.  Et  il  lui  donna  cet  ordre,  et  il  lui dit  :  Dites  à  Aaron  votre  frère  qu'il n'entre  pas  en  tout  temps  dans  le  sanc- tuaire qui  est  au  dedans  du  voile,  devant le  propitiatoire  qui  couvre  l'arche,  de peur  qu'il  ne  meure;  car  j'apparaîtrai sur  l'oracle  dans  la  nuée.
3.  Qu'il  n'entre  qu'après  avoir  fait  ceci  : Il  offrira  un  veau  pour  le  péché,  et  un bélier  en  holocauste.
4.  Il  se  revêtira  de  la  tunique  de  lin  ; il  couvrira  sa  nudité  avec  des  caleçons de  lin  ;  il  se  ceindra  d'une  ceinture  de lin;  il  mettra  sur  sa  tête  une  tiare  de lin  :  car  ces  vêtements  sont  saints  ;  et  il les  prendra  tous  après  s'être  lavé.
5.  Il  recevra  de  toute  la  multitude des  enfants  d'Israël  deux  boucs  pour  le
1.  Locutusque  est  Dominus  ad  Mo3''sen post  mortem  duorum  filiorum  Aaron, quando  ofterentes  ignem  alienum  inter- fecti  sunt  ;
2.  Et  praecepit  ei ,  dicens  :  Loquere  ad Aaron  fratrem  tuum,  ne  omni  tempore ingrediatur  sanctuarium,  quod  est  intra vélum  coram  propitiatorio  quo  tegitur arca,  ut  non  moriatur  (quia  in  nube  ap- parebo  super  oraculum),
3.  Nisi  hase  ante  fecerit  :  Vitulura  pro peccato  offeret,  et  arietem  in  holocau- stum.
4.  Tunica  linea  vestietur,  feminalibus lineis  verenda  celabit,  accingetur  zona linea ,  cidarim  lineam  imponet  capiti  ; hsec  enim  vestimenta  sunt  sancta,  auibus cunctis,  cum  lotus  fuerit,  induetur.
5.  Suscipietque  ab  universa  multitu- dine    filiorum    Israël    duos   hircos    pro
ce  paragraphe.  —  Docebitis  ergo...  A  la  façon  ac- covitumée,  le  Législateur  relève  et  agrandit  ces petits  détails  par  un  principe  supérieur,  la  sain- teté morale  de  son  peuple;  non  sans  y  ajouter ime  terrible  sanction  :  ne  morianhir.
§  Y.  —  La  fête  de  l'Expiation.  XYI,  1-34.
]o  Les  rites  préliminaires,  vers.  1-10.
Chap.  XVL  —  1-2».  Introduction  historique, Pofit  mortem...  Cf.  x,  1-2.  Le  Seigneur  rappelle à  dessein  ce  fait  douloureux,  pour  avertir  le grand  prêtre  (loquere  ad  Aaron...)  du  danger qu'il  courrait  à  son  tour,  s'il  n'était  fidèle  à  toutes les  cérémonies  qui  vont  lui  être  prescrites  {ut non  moriatur).
2^-?j.  Choix  des  victimes  que  le  pontife  devra immoler  tant  pour  lui-même  que  pour  sa  famille. —  Ne  omni  tempore...  Le  grand  prêti'e  n'avait pas  le  droit  de  pénétrer  à  son  gré  dans  le  Saint des  saints,  auprès  de  l'arche  qui  repi'ésentait  le trône  de  Dieu ,  mais  seulement  «.  semel  in  anno  » <Hebr.  ix,  7),  pour  cette  fête  de  l'Expiation.  — Sanctuarium  quod...  intra  vélum.  Cf.  Ex.  xxvj, 31  -  33 ,  et  le  commentaire.  Le  texte  et  le  contexte démontrent  qu'il  s'agit  vraiment  de  la  partie  la plus  intime  du  tabernacle;  de  même  aux  vers. 12,  16,  17,  20,  27.  —  Oraculum  a  le  môme  sens
que  propitiatorium.  Voy.  Ex.  xxv,  17,  20,  et  les notes.  —  Vitulum...,  arietem...  La  destination  spé- ciale de  ces  deux  victimes  sera  marquée  plus  bas (vers.  6  et  11).
4.  Vêtements  dont  le  pontife  devra  se  couvrir pendant  une  partie  de  la  solennité.  Laissant  de côté  ses  riches  ornements  (Ex.  xxviii),  appelés «  vêtements  d'or  »,  11  prenait  un  costume  très simple,  qui  se  rapprochait  beaucoup  de  celui  des simples  prêtres,  et  qui  consistait  en  quatre  pièces  : tunica  linea  (hébr.  :  une  sainte  tunique  de  lin), feminalibus  lineis,  zona  linea  (au  lieu  de  la  cein- ture à  plusieurs  couleurs,  décrite  Ex.  xxviii,  40-43), cidarim  lineccm  (sans  lame  d'or;  cf.  Ex.  xxviii, 36-38).  Était-ce  en  signe  d'himiilité,  ainsi  qu'il convenait  dans  ce  jour  d'expiation?  Les  auceurs juifs,  saint  Cyrille  d'Alexandrie,  Cornel.  a  Lap., etc.,  l'ont  pensé.  Peut  -  être  est  -  il  mieux  de  dire, à  la  suite  d'Origène,  d'Hésychius,  etc.,  que  ce costiime  particulier  figurait,  par  son  éclatante blancheur,  la  sainteté  que  les  cérémonies  mêmes du  Tôm  Kippour  devaient  restituer  à  la  nation entière.
5.  Choix  des  victimes  de  l'expiation,  c.-à-d. des  victimes  propres  à  cette  solennité.  —  Susci- piet  ab  unii:ersa...  Ce  sacrifice  devait  être  offert pour  tout  le  peuple  ;  c'est  donc  lui,  naturellement,
18*
376
Lev.  XVI,  G- 13.
peccato,  et  unum  aiietem  in  holocau- stum.
6.  Clinique  obtulerit  vitiilum,  et  ora- verit  pro  se  et  pro  domo  sua ,
7.  Duos  hircos  stare  faciet  coram  Do- mino in  ostio  tabernaculi  testimonii  ;
8.  Mittensque  super  utrumque  sortem, unam  Domino,  et  alteram  capro  emis- sario ,
9.  Cujus  exierit  sors  Domino,  offeret illum  pro  peccato  ;
10.  Cujus  autem  in  caprum  emissa- rium,  statuet  eum  vivum  coram  Domino, ut  fundat  preces  super  eo,  et  emittat eum  in  solitudinem.
11.  His  rite  celebratis,  ofîeret  vitulum, et  rogans  pro  se  et  pro  domo  sua,  immo- labit  eum  ;
12.  Assumptoque  tburibulo,  quod  de prunis  altaris  impleverit ,  et  hauriens raanu  compositum  th^'^miama  in  incen- sum,  ultra  vélum  intrabit  in  sancta.
13.  Ut  positis  super  ignem  aromatibus, nebula  eorum  et  vapor  operiat  oraculum, quod  est  supra  testimonium,  et  non moriatur.
pcclic,  et  un  bélier  pour  être  offert  en holocauste.
G.  Et  lorsqu'il  aura  offert  le  veau , et  qu'il  aura  prié  pour  soi  et  pour  sa maison ,
7.  Il  présentera  devant  le  Seigneur  les deux  boucs  à  Feutrée  du  tabernacle  du témoignage  ;
8.  Et  jetant  le  sort  sur  les  deux  boucs, l'un  pour  le  Seigneur  et  l'autre  pour  le bouc  émissaire,
9.  Il  offrira  pour  le  péché  le  bouc  sur lequel  sera  tombé  le  sort  qui  le  destinait au  Seigneur;
10.  Et  il  présentera  vivant  devant  le Seigneur  le  bouc  sur  qui  sera  tombé  le sort  qui  le  destinait  à  être  l'émissaire, afin  qu'il  fasse  les  prières  sur  lui,  et  qu'il l'envoie  dans  le  désert.
11.  Ayant  fait  ces  choses  selon  l'ordre qui  lui  est  prescrit,  il  offrira  le  veau,  et, priant  pour  soi  et  pour  sa  maison,  il l'immolera.
12.  Puis  il  prendra  l'encensoir  qu'il aura  rempli  de  charbons  de  l'autel,  et prenant  avec  la  main  les  parfums  qui auront  été  composés  pour  servir  d'en- cens ,  il  entrera  au  dedans  du  voile  dans le  Saint  des  saints  ;
13.  Afin  que  les  parfums  aromatiques étant  mis  sur  le  feu,  la  fumée  et  la  va- peur qui  en  sortiront  couvrent  l'oracle  qui est  au-dessus  du  témoignage,  et  qu'il  ne meure  point.
qui  en  faisait  les  frais ,  de  même  que  les  victimes mentionnées  au  vers.  3  étaient  fournies  par  le pontife  et  par  les  i)rêtros.
6-10.  Présentation  des  victimes. —  Cum...  obtu- lerit vitulum.  Il  s'agit,  en  effet,  d'une  simple présentation  (cf.  vers.  7);  l'immolation  n'aura  lieu qu'un  peu  plus  tard  (vers.  11).  —  Et  oraverit... Hébr.  :  Et  il  fei'a  l'expiation  poui*  lui  et  pour  sa maison.  —  Hircos  stare  faciet...  Les  doux  boucs étaient  présentés  ensemble,  car  ils  formaient  une seule  et  môme  victime,  bien  qu'ils  fussent  sa- crifiés de  difféx'entos  manières.  —  Mittenf^qxie... sortem.  Pour  ne  pas  laisser  le  choix  de  cette  dif- férence à  la  volonté  arbitraire  des  hommes,  on l'ccourait  au  sort,  dans  lequel  les  anciens,  si  pleins de  foi ,  aimaient  à  voir  l'expression  des  volontés divines.  Cf.  Jon.  i,  7;  Act.  i,  16,  etc.  —  Unam (scil.  sortem)  Domino...  Il  est  possible  qu'on  ait adoi)té  dès  l'origine  les  usages  que  signale  la tradition  juive.  Deux  petites  tablettes  de  bois,  ou d'ivoii'e,  étaient  mises  dans  une  boîte;  elles  por- taient chacune  une  inscription:  La F/iOva/i,  à  Jého- vah;  ou  bien  :  La'aza'zel,  à  Azazel  (voir  la  note qui  suit)  :  le  grand  prcti'e  les  prenait  l'une  après l'autre,  et  on  marquait  successivement  les  deux boucs. —  Capro  cinisaario.  Dans  l'hébi*.  :  la'aza'zel
(de  même  aux  vers.  10,  26).  On  ne  trouve  nulle part  ailleurs  ce  nom  de  Azazel,  dont  l'étymolo- gie ,  et  par  conséquent  la  signification,  sont  assez discutées.  Comme  la  Vulgate,  les  trois  traducteurs grecs  Aquila,  Symmaque  et  Théodotion  se  sont arrêtés  à  la  double  racine  'cz,  chèvre,  et  'azal, conduire;  de  là  le  sens  de  «  bouc  émissaire  », c.-à-d.  celui  des  deux  boucs  qui  est  mis  en  li- berté, et  non  pas  immolé.  D'autres  interprètes juifs  ont  vu  dans  'Aza'zel  le  nom  d'une  localité située  au  désert.  L'opposition  établie,  aux  vers. 8-10,  entre  Jéhovah  et  'Aza'zel,  semble  exiger que  ce  second  terme  soit,  comme  le  premier,  \m nom  propre  de  personne  ;  et  l'on  est  assez  d'ac- cord aujourd'hui  pour  voir  dans  'Aza'zel  le  prince des  démons ,  par  contraste  avec  le  Seigneur.  C'é- tait déjà  l'opinion  de  plusieurs  rabbins  et  d'Ori- gène. —  Les  vers.  9  et  10  seront  commentés  plus loin,  vers.  1.5-19,  20-22,  par  Dieu  lui-même.
2»  Les  rites  de  l'expiation,  vers.  11-28.
11.  Premier  rite  :  l'immolation  du  jeune  tau- reau, pour  les  péchés  du  grand  prêtre  et  de  sa famille.  Cf.  vers.  3  et  6.
12-13.  Second  rite:  le  pontife  pénètre  dans  le Saint  des  saints  pour  y  faire  l'enccnsemenl.  — Assumpto  thuribulo  :  un  encensoir  portatif.  Cf.
Lev.  XVI,  14-21.
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14.  Il  prendra  aussi  du  sang  du  veau, et  y  a^'ant  treuiiié  sou  doigt,  il  en  fera sept  fois  l'aspersion  vers  le  propitiatoire du  côté  de  l'orient.
15.  Et  après  avoir  immolé  le  bouc  pour le  pcclié  du  peuple,  il  en  portera  le  sang au  dedans  du  voile,  selon  qu'il  lui  a  été ordonné  touchant  le  sang  du  veau,  aiin qu'il  en  fasse  l'aspersion  devant  l'oracle,
16.  Et  qu'il  })uri[ie  le  sanctuaire  des impuretés  des  enfants  d'Israël,  des  viola- tions qu'ils  ont  commises  contre  la  loi,  et de  tous  leurs  péchés.  Il  fera  la  même  chose au  tabernacle  du  témoignage,  qui  a  été dressé  parmi  eux  au  milieu  des  impu- retés qui  se  commettent  dans  leurs tentes.
17.  Que  nul  homme  ne  soit  dans  le tabernacle,  quand  le  pontife  entrera  dans le  Saint  des  saints ,  pour  prier  pour  lui- même,  pour  sa  maison  et  pour  toute l'assemblée  d'Israël,  jusqu'à  ce  qu'il  en soit  sorti.
18.  Et  lorsqu'il  en  sera  sorti  pour venir  à  l'autel  qui  est  devant  le  Seigneur, qu'il  prie  pour  lui-même,  et  ayant  pris du  sang  du  veau  et  du  bouc ,  qu'il  en répande  sur  les  cornes  de  l'autel  tout autour.
19.  Ayant  aussi  trempé  son  doigt  dans le  sang,  qu'il  en  fasse  sept  fois  l'asper- sion ,  et  qu'il  expie  l'autel  et  le  sanctifie, le  purifiant  des  impuretés  des  enfants d'Israël.
20.  Après  qu'il  aura  purifié  le  sanc- tuaire, le  tabernacle  et  l'autel,  il  offrira le  bouc  vivant  ;
21.  Et  lui  ayant  mis  les  deux  mains sur  la  tête,  il  confessera  toutes  les  ini- quités des  enfants  d'Israël,  toutes  leurs
14.  Tollet  quoque  de  sanguine  vituli, et  asperget  digito  septies  contra  propi- tiatorium  ad  orientem.
15.  Cumque  mactaverit  hircum  pro peccato  populi,  inferet  sanguinem  ejus intra  vélum,  sicut  pra'ceptum  est  de sanguine  vituli,  ut  aspergat  e  regione oraculi ,
16.  Et  expiet  sanctuarium  ab  immun- ditiis  filiorum  Israël,  et  a  prsevaricatio- nibus  eorum,  cunctisque  pcccatis.  Juxta hune  ritum  faciet  tabernaculo  testimonii, quod  fixum  est  inter  eos  in  medio  sordium liabitationis  eorum.
17.  Nulîus  hominum  sit  in  taberna- culo, quando  pontifex  sanctuarium  in- greditur,  ut  roget  pro  se  et  pro  domo sua,  et  pro  universo  cœtu  Israël,  donec egrediatur.
18.  Cum  autem  exierit  ad  altare  quod coram  Domino  est,  oret  pro  se,  et  sum- ptum  sanguinem  vituli  atque  hirci  f  undat super  cornua  ejus  per  gyrum  ;
19.  Aspergensque  digito  septies,  ex- piet, et  sanctificet  illud  ab  immunditiis filiorum  Israël.
20.  Postquam  emundaverit  sanctua- rium ,  et  tabernaculum ,  et  altare ,  tune offerat  hircum  viventem  ;
21.  Et  posita  utraque  manu  super  ca- put  ejus,  confiteatur  omnes  iniquitates filiorum  Israël,  et  universa  delicta  atque
X,  1;  Ex.  XXV,  38,  et  VAtl.  ardiéoL,  pi.  xcviii, fig.  7,  9.  —  De  prunis  altaris  :  de  l'autel  des holocaustes ,  où  le  feu  sacré  brûlait  constamment, VI,  8-12.  Sur  le  compositum  thymiama ,  y ojqz Ex.  XXX,  7-8. —  Ultra  vélum...  in  sancta.  C.-à-d. dans  le  Saint  des  saints ,  comme  il  a  été  noté  plus haut.  —  Positis...  aromatibus.  Arrivé  auprès  de l'arche,  le  pontife  déposait  devant  elle  son  en- censoir fumant,  dont  la  vapeur  et  les  parfums entouraient  le  propitiatoire  (oraculum).
14.  Troisième  rite  :  le  grand  prêtre  pénètre  une seconde  fois  dans  le  Saint  des  saints,  et  y  fait une  aspersion  (digito  septies...)  avec  le  sang  de la  victime  immolée  pour  le  péché  des  prêtres  (de sanguine  vituli;  cf.  vers.  3,  G,  11).  —  Tollet quoque...  Il  avait  laissé  son  encensoir  au  pied de  l'arche ,  et  était  retourné  dans  la  cour  pour chercher  le  sang.
15  - 19.  Quatre  autres  rites.  Ceux  qui  précèdent avaient  eu  pour  but  l'expiation  des  prêtres;  on
passe  maintenant  à  l'expiation  du  peuple.  —  Qua- trième rite,  vers.  15»:  l'immolation  du  bouc  qy.3 le  sort  avait  consacré  au  Seigneur  (cf.  vers.  9',  — Cinquième  rite  :  le  grand  prêtre  pénètre  pour  la troisième  fois  dans  le  Saint  des  saints,  et  il  y porte  le  sang  du  bouc,  15^-10».  But  si.écial  de  ce rite  :  expiet  sanctuarium  (le  Saint  des  saints)  ah immunditiis...  ;  les  iniquités  commises  par  Israël dans  le  cours  d'une  année  entière  avaient  comme profané  tout  le  sanctuaire.  —  Sixième  rite  :  pu- rification analogue  du  Saint  (juxta  hune  ritum... tabernaculo). —  Nullus  hominum...  (vers.  17). Note  rétrospective  d'une  grande  importance.  — Septième  rite  :  la  purification  de  l'autel  des  liolo- caustes  (altare  quod  coram  Domino;  c.-à-d. en  avant  du  tabernacle  ),  vei'S.  18-19.
20  -  22.  Huitième  rite  :  l'expulsion  du  bouc 'Aza'zel.  —  Posita  utraque  manu...  :  pour  faire passer  sur  lui  tous  les  péchés  du  peuple,  qui étaient  proclamés  en  même  temps  d'une  manièro
378
Lev.  XVI,  22-30.
peccata  eonim  ;  qnse  imprecans  capiti ejiis,  emittet  illum  per  hominem  para- tum,  in  desertum.
22.  Cumque  porta verit  hircus  omnes iniquitates  eorum  in  terram  solitariam , et  dimissus  fuerit  in  deserto,
23.  Revertetiir  Aaron  in  tabernacnlum testimonii,  et  depositis  vestibus,  quibus prius  indutus  erat  cum  intraret  sanctua- rium,  relictisqne  ibi,
24.  Lavabit  carnem  suam  in  loco sancto,  indueturque  vestibus  suis.  Et postquam  egressus  obtulerit  holocaustum suum,  ac  plebis,  rogabit  tam  pro  se quam  pro  populo  ;
25.  Et  adipera,  qui  oblatus  est  pro peccatis,  adolebit  super  altare.
26.  Ille  vero,  qui  dimiserit  caprum emissarium,  lavabit  vestimenta  sua  et corpus  aqua ,  et  sic  ingredietur  in  castra.
27.  Vitulum  autem  et  hircum,  qui  pro peccato  fuerant  immolati,  et  quorum sanguis  illatus  est  in  sanctuarium  ut expiatio  compleretur,  asportabunt  foras castra,  et  comburent  igni  tam  pelles quam  carnes  eorum  ac  fimum  ;
28.  Et  quicumque  combusserit  ea,  la- vabit vestimenta  sua  et  carnem  aqua,  et sic  ingredietur  in  castra.
29.  Eritque  vobis  hoc  legitimum  sem- piternum.  Mense  septimo,  décima  die mensis,  affligetis  animas  vestras,  nul- lumque  opus  facietis,  sive  indigena,  sive advena  qui  peregrinatur  inter  vos.
30.  In  hac  die  expiatio   erit    vestri,
offenses  et  tous  leurs  péchés  :  il  en  char- gera avec  imprécation  la  tête  de  ce  bouc, et  l'enverra  au  désert  par  un  homme  des- tiné ù,  cela.
22.  Après  que  le  bouc  aura  porté toutes  leurs  iniquités  dans  un  lieu  soli- taire, et  qu'on  l'aura  laissé  aller  dans  le désert,
23.  Aaron  retournera  au  tabernacle du  témoignage,  et  ayant  quitté  les  vête- ments dont  il  était  auparavant  revêtu lorsqu'il  entrait  dans  le  sanctuaire,  et  les ayant  laissés  là,
24.  Il  lavera  son  corps  dans  le  lieu saint,  et  il  se  revêtira  de  ses  habits  ordi- noires.  Il  sortira  ensuite,  et  après  avoir offert  son  holocauste  et  celui  du  peuple, il  priera  tant  pour  lui-même  que  pour  le peuple  ;
25.  Et  il  fera  brûler  sur  l'autel  la graisse  qui  a  été  offerte  pour  les  péchés.
26.  Quant  à  celui  qui  sera  allé  conduire le  bouc  émissaire,  il  lavera  dans  l'eau  ses vêtements  et  son  corps,  et  après  cela  il rentrera  dans  le  camp.
27.  On  emportera  hors  du  camp  le veau  et  le  bouc  qui  avaient  été  immolés pour  le  péché ,  et  dont  le  sang  avait  été porté  dans  le  sanctuaire  pour  en  faire la  cérémonie  de  l'expiation,  et  on  en brûlera  dans  le  feu  la  peau,  la  chair  et la  fiente.
28.  Quiconque  les  aura  brûlées  lavera dans  l'eau  ses  vêtements  et  son  corps ,  et après  cela  il  rentrera  dans  le  camp.
29.  Cette  ordonnance  sera  gardée  éter- nellement parmi  vous.  Au  dixième  jour du  septième  mois  vous  affligerez  vos âmes;  vous  ne  ferez  aucun  travail,  soit ceux  qui  sont  nés  en  votre  pays,  soit  ceux qui  sont  venus  du  dehors  et  qui  sont étrangers  parmi  vous.
30.  C'est  en  ce  jour  que  se  fera  votre
générale  iconflteatur  omnes  iniquitates...).  — Emittet...  in  desertum.  Symbolisme  très  expres- sif :  le  bouc  émissaire  était  censé  porter  au  loin (vers.  22)  les  iniquités  dont  on  l'avait,  pour  ainsi dire,  chargé.  Plus  tard,  au  lieu  d'égarer  simple- ment ce  bouc  dans  le  désert,  on  avait  soin  de le  faire  périr  en  le  lançant  dans  un  précipice.
23-24».  Neuvième  rite  :  le  grand  prêtre  dépose ses  vêtements  blancs  (voy.  la  note  du  vers.  4), fait  une  ablution  complète ,  et  reprend  ses  riches ornements.  —  Revertetur...  in  tahernaculum  : pour  la  quatrième  fois  depuis  le  commencement de  la  cérémonie  (voyez  les  vers.  12,  14,  15).
2l'>-25.  Dixième  rite  :  holocaustes  pour  le  grand prêtre  et  pour  le  peuple  (voy.  les  vers.  3  et  5) , et  combustion  de  la  graisse  des  victimes  immolées
«  pro  peccato  »  (le  jeune  taureau  et  le  bouc; vers.  11  et  15).
26.  Autre  note  rétrospective.  Une  double  ablu- tion (vestimenta  et  corpus)  est  prescrite  pour celui  qui  aura  accompagné  le  bouc  émissaire.
27-28.  Onzième  et  dernier  rite  :  les  chairs  des deux  victimes  immolées  pour  le  péché  sont  brû- lées hors  du  camp.
30  Instructions  pour  la  célébration  annuelle  et perpétuelle  de  la  fête,  vers.  29-34.
Hemarquez  les  répétitions  pleines  d'emphase, comme  en  d'autres  circonstances  semblables.
29-31.  Dieu  inculque  la  nécessité  de  cette  cé- rémonie. —  Legitimum  est  pris  substantivement, dans  le  sens  de  loi,  ordonnance.  —  Mense  septi- mo. Au  mois  de  tischrl,  le  premier  de  l'année
Lev.  XVI,  31  —  XVII,  2.
379
expiation  et  la  purilicatiou  de  tous  vos péchés  ;  vous  serez  purifiés  devant  le  Sei- gneur.
31.  Car  c'est  le  sabbat  et  le  grand jour  du  repos,  et  vous  y  affligerez  vos âmes  en  vertu  d'une  loi  perpétuelle.
32.  Cette  expiation  se  fera  par  le grand  prêtre,  qui  aura  reçu  l'onction sainte,  dont  les  mains  auront  été  consa- crées pour  faire  les  fonctions  du  sacer- doce en  la  place  de  son  père;  et  s'étant revêtu  de  la  robe  de  lin  et  des  vêtements saints ,
33.  Il  expiera  le  sanctuaire,  le  taber- nacle du  témoignage  et  l'autel,  les  prêtres aussi,  et  tout  le  peuple.
34.  Et  cette  ordonnance  sera  gardée éternellement  parmi  vous,  de  prier  une fois  l'année  pour  tous  les  enfants  d'Israël et  pour  tous  leurs  péchés.  Moïse  fit  donc tout  ceci,  selon  que  le  Seigneur  le  lui avait  ordonné.
atque  mundatio  ab  omnibus  peccatis  ve- stris  ;  coram  Domino  mundabimini.
31.  Sabbatum  enim  requietionis  est, et  affligetis  animas  vestras  religione  per- pétua.
32.  Expiabit  autem  sacerdos,  qui  un- ctus  fuerit,  et  cujus  manus  initiatœ  sunt ut  sacerdotio  fungatur  pro  pâtre  suo  ; indueturque  stola  linea  et  vestibus  san- ctis  :
33.  Et  expiabit  sanctuarium  et  taber- naculum  testimonii  atque  altare,  sacer- dotes  quoque  et  universum  populum.
34.  Eritque  vobis  hoc  legitimum  sem- piternum,  ut  oretis  pro  filiis  Israël,  et pro  cunctis  peccatis  eorum  semel  in  anno. Fecit  igitur  sicut  prœceperat  Dominus Moysi.
CHAPITRE  XVII
1.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse, et  lui  dit  :
2.  Parlez  à  Aaron,  à  ses  fils,  et  à  tous
1.  Et  locutus  est  Dominus  ad  Moj'sen, dicens  :
2.  Loquere   Aaron   et   filiis   ejus,   et
civile,  le  septième  de  l'année  ecclésiastique  des Hébreux.  Voy.  Ex.  xii,  2,  et  le  ccmmcntaire.  Il correspond  à  peu  près  à  notre  mois  de  sc]itembre. —  Affligetis  animas...  Expression  générale  en  elle- même,  qui  désigne  ici  le  jeûne,  l'unique  jeûne Imposé  par  la  loi  mosaïque.  Cf.  Is.  lviu,  3,  5,  10; Act.  xxvni,  19.
32  -  33.  Rôle  spécial  du  grand  prêtre  et  résumé des  cérémonies  qu'il  devra  accomplir  au  joiu*  so- lennel de  l'Expiation.
34.  Conclusion.  Le  Seigneur  insiste  encore  sur l'importance  de  la  fête,  et  le  narrateur  ajoute que  les  ordres  divins  furent  exécutés  (fecit, s.-  ent.  «  Aaron  »  ).  —  Sur  la  manière  dont  les  Is- raélites contemporains  célèbrent  le  Yôm  kippour, vo3'cz  Buxtcrf,  Si/nagoga  judaica,  cap.  xxxvi; Othc,  Lexicon  raliJiiinco-plnlologicum ,  pp.  216 et  ss.  —  Cette  solennité  exprimait  en  grand,  et avec  une  énergie  particulière,  ce  que  chaque  sa- crifice «.  pro  peccato  »  proclamait  en  détail  :  la nature  humaine  est  pro^'ondément  viciée  et  cor- rompue ;  la  nation  sainte  elle  -  môme  doit  faire pénitence;  surtout,  les  sacrifices  sont  tous  insuf- fisants, et  le  llédempteur  i>romis  réparera  seul complètement  toutes  les  fautes.  En  effet,  comme les  saints  Pères  l'ont  dit  fréquennnent  j\  la  suite de  saint  Paul,  c'est  Jésus -Christ  qui  est  notre vrai- bouc  émissaire,  et  «  toute  la  cérémonie  qui se  pratiquait  à  la  fête  do  l'Expiation  était  figu- rative..., et  l'Apôtre  nous  en  dévelopi)e  le  mystère dans  l'Éititre  aux  Hébreux  (ix,  il  et  ss. ).  Le grand  prêtre  qui  entrait  dans  le  Saint  des  saints
avec  le  sang  des  victimes,  marquait  Jésus-Chi-ist, qui  est  le  Pontife  des  biens  à  venir;  qui  entre, non  pas  dans  un  sanctuaire  fait  de  la  main  des hommes,  ni  avec  le  sang  des  boucs  et  des  tau- reaux ,  mais  qui  entre  dans  le  sanctuaire  éternel avec  son  propre  sang.  Il  entre  dans  le  ciel,  pour se  présenter  à  son  Père  et  pour  intercéder  pour nous.  Il  n'a  pas  besoin,  comme  le  grand  prêtre des  Juifs,  d'entrer  dans  ce  sanctuaire  tous  les ans ,  avec  un  sang  étranger  ;  11  est  entré  une  fois dans  le  ciel ,  api'ès  avoir  détruit  le  péché  par  sa mort.  Le  môme  apôtre  remarque  que,  comme  on brûle  hors  du  camp  les  corps  des  animaux  dont on  porte  le  sang  dans  le  sanctuaire,  ainsi  Jésus a  voulu  mourir  hors  de  la  ville,  pour  sanctifler le  peuple  par  eon  sang.  »  Calmet,  Comment,  littéral sur  le  Lêvit.,  p.  770.  Cf.Théodoret,  Qucest.  xxn  in Levit.
DEUXIÈME  PARTIE
Le  maintien  et  la  croissance  d'Israël  dans  la sainteté  exigée  par  1  alliance  théocratique.
XVII,  1  — XXVII,  34.
Sectiox  I.--  La  sainteté  dans  la  vie  de  famille
ET  DANS   LES   RELATIONS  SOCIALES.   XVII,  1  —
XX,  27. §  I.  —  Sainteté  dans  la  nourriture.  XVII,  1-16.
10  Dieu  exige  que  tous  les  animaux  destinés aux  repas  des  Hébreux  soient  tués  à  l'entrée  du tabernacle,  vers.  1-9.
CiiAP.  XVII.  —  1-2.  Introduction  :  Moïse  devra communiquer  cette  nouvelle  ordonnance  de  Jého-
380
Lev.  XVII,  3-7.
ciinctis  filiis  Israël,  diccns  ad  eos  :  Iste est  sermo  quem  mandavit  Dominus, dicens  :
3.  Homo  quilibet  de  domo  Israël,  si occiderit  bovem  aut  ovem,  sive  capram, in  castris  vel  extra  castra,
4.  Et  non  obtulerit  ad  ostium  taberna- culi  oblationem  Domino,  sanguinis  reus erit  ;  quasi  si  sanguiuem  fuderit,  sic peribit  de  medio  populi  s  ni.
5.  Ideo  sacerdoti  ofïerre  debent  filii Israël  hostias  suas,  quas  occident  in agro,  ut  sanctificentur  Domino  ante  os- tium tabernaculi  testimonii,  et  immolent eas  iiostias  pacificas  Domino.
6.  Fundetque  sacerdos  sanguinem  su- per altare  Domini  ad  ostium  tabernaculi testimonii ,  et  adolebit  adipem  in  odoreni suavitatis  Domino  ;
7.  Et  nequaquam  ultra  immolabunt hostias  suas  daemonibus,  cum  quibus fornicati  sunt.  Legitimum  sempiternum erit  illis  et  posteris  eorum.
les  enfants  d'Israël,  et  dites -leur:  Voici ce  que  le  Seigneur  a  ordonné,  voici  ce qu'il  a  dit  :
3.  Tout  homme  de  la  maison  d'Israël qui  aura  tué  un  bnouf,  ou  une  brebis, ou  une  chèvre  dans  le  camp  ou  hors  du camp ,
4.  Et  qui  ne  l'aura  pas  présenté  à l'entrée  du  tabernacle  comme  offrande au  Seigneur,  sera  coupable  de  meurtre,  et' il  périra  du  milieu  de  son  peuple,  comme sïl  avait  répandu  le  sang.
5.  C'est  pourquoi  le3  enfants  d'Israël doivent  présenter  les  victimes  au  prêtre au  lieu  de  les  égorger  dans  les  champs, afin  qu'elles  soient  consacrées  au  Sei- gneur devant  la  porte  du  tabernacle  du témoignage,  et  qu'ils  les  immolent  au Seigneur  comme  des  hosties  pacifiques.
6.  Le  prêtre  en  répandra  le  sang  sur l'autel  du  Seigneur  ;\  l'entrée  du  taber- nacle du  témoignage,  et  il  en  fera  brûler la  graisse  comme  un  parfum  agréable  au Seigneur  ;
7.  Et  ainsi  ils  n'immoleront  plus  à l'avenir  leurs  victimes  aux  démons,  au culte  desquels  ils  se  sont  abandonnés. Cette  loi  sera  éternelle  pour  eux  et  pour leur  postérité.
vah ,  non  seulement  à  Aaron  et  aux  prêtres ,  mais aussi  CLinctis  filiis  Israël  (formule  qui  ne  se  ren- contre pas  ailleurs  dans  le  Lévitique  ;  cf.  xviii,  1  ; XIX,  1,  etc.);  elle  concernait,  en  effet ,  le  peuple entier,  soit  d'une  manière  générale,  soit  indivi- duellement (voyez  le  vers.  3).
3-4.  Les  termes  mêmes  de  l'ordonnance  divine.
—  Si  occident...  Cette  expression  (hébr.  :  ishat) montrerait,  ù,  elle  seule,  qu'il  ne  s'agit  pas  ici de  sacrifices  proprement  dits ,  comme  on  l'a  par- fois supposé ,  mais  plutôt  d'animaux  tués  en  vue de  la  consommation.  Pour  les  sacrifices,  on  eût dit  izbah,  «  immola verit.  »  Voyez  Théodoret, Quicst.  xxin  in  Levit.;  en  sens  contraire ,  S.  Au- gustin, Quœst.  Lvi  in  Levit.  —  Bovem,  ovem, capram  :  les  trois  animaux  purs  qui  ont  partout et  toujours  formé  une  des  bases  de  la  nourriture.
—  Et  non  obtulerit...  Naturellement,  cette  loi  ne devait  pas  subsister  au  delà  du  temps  des  péré- grinations d'Israël  à  travers  le  désert;  car  il  eût été  impossible  de  l'accomplir  lorsque  le  peuple fut  dispersé  loin  du  tabernacle,  dans  toutes  les régions  de  la  Palestine.  Cf.  Deut.  xn,  15-16, 20-24.  —  Sanguinis  reus...  Sanction  qui  montre l'importance  attachée  par  le  Législateur  ù  ce  pré- cepte. Y  désobéir  sera  se  rendre  en  quelque  sorte coupable  de  meurtre.  Cf.  Gen.  ix,  4-6.
5  -  7.  Quelques  détails  pratiques.  —  Ideo  sacer- doti... Jusque-là,  les  Hébreux  avaient  tué  eux- mêmes  n'importe  où  (occident  in  agro;  mieux vaudrait  le  présent  a  occidunt  »)  les  animaux
dont  ils  voulaient  se  nourrir;  désormais  ils  les conduiront  en  avant  du  tabernacle ,  et  ils  les  im- moleront d'après  un  rite  spécial.  —  Ut  sccuctlfl,- centur  Domino.  Motif  de  la  loi.  Les  aliments mêmes  du  peuple  saint  devaient  être  saints  ;  ils seraient  ainsi  consacrés  à  Dieu,  et  transformés en  victimes  pacifiques  (immolent  eas  hondas...). —  Fnndet...  sacerdos  sanguinem...;  adolebit  adi- pem: C3  sont  les  deux  rites  de  ce  demi-sacrifice. — ■  Indépendamment  du  but  positif  qui  a  été  in- diqué au  vers.  5,  Dieu  s'en  proposait  un  autre, négatif ,  mais  d'une  égale  importance  dans  le  plan théocratique ,  nequaqaam  ultra...  dcemonibus. Comme  plusieurs  nations  païennes  de  l'antiquité, les  Hébreux  avaient  donc  parfois  associé  des  pra- tiques idolâtriques  à  l'immolation  des  bêtes  qu'ils destinaient  à  leurs  repas  ;  la  présente  ordonnance devait  mettre  lin  à  ces  tristes  abus.  Sur  la  mé- taphore fornicati  sunt,  voyez  Ex.  xxxiv,  15,  et le  commentaire.  L'équivalent  hébr.  de  «  daimones  » en  ce  passage  et  en  plusieurs  autres  (Jos.  xxiv, 14,  23;  II  Par.  ir,  15;  Is.  xiii,  21  ;  xxxrv,  14; Ez.  X,  7,  16,  etc.)  est  s"irim,  substantif  qui désigne ,  à  proprement  parler,  les  boucs  très  velus de  l'Orient;  puis,  les  dieux  ou  demi -dieux  que l'on  adorait  en  quelques  contrées,  surtout  en Egypte,  sous  la  forme  de  cet  animal.  Cf.  Héro- dote, II,  46;  Josèphe,  Contr.  Apion.,  ii,  7.  De là  est  venue  l'ancienne  coutume  de  représenter le  démon  avec  les  cornes  et  les  pieds  fourchue d'une  chèvre.
Lev.  XVII,  8-14.
381
8.  Et  vous  leur  direz  encore  :  Si  un homme  de  la  maison  d'Israël,  ou  de  ceux qui  sont  venus  du  deliors  et  qui  sont étrangers  parmi  vous  offre  un  holocauste ou  une  victime,
9.  Sans  l'amener  à  l'entrée  du  taber- nacle du  témoignage,  aiin  qu'elle  soit offerte  au  Seigneur,  il  périra  du  milieu de  son  peuple.
10.  Si  un  liomrae,  quel  qu'il  soit,  ou de  la  maison  d'Israël,  ou  des  étrangers qui  sont  venus  du  deliors  parmi  eux , mange  du  sang ,  j'affirmerai  ma  face contre  lui,  et  je  le  perdrai  du  milieu  de son  peuple.
11.  Car  la  vie  de  la  chair  est  dans  le sang;  et  je  vous  l'ai  donné  afin  qu'il vous  serve  sur  l'autel  pour  l'expiation  de vos  âmes ,  et  que  l'âme  soit  expiée  par  le sang.
12.  C'est  pourquoi  j'ai  dit  aux  enfants d'Israël,  que  nul  d'entre  vous,  ni  même des  étrangers  qui  sont  venus  d'ailleurs parmi  vous,  ne  mange  du  sang.
13.  Si  quelque  homme  d'entre  les  en- fants d'Israël,  ou  d'entre  les  étrangers qui  sont  venus  d'ailleurs  parmi  vous , prend  à  la  chasse  et  au  filet  quelqu'une des  bêtes  ou  quelqu'un  des  oiseaux  dont il  est  permis  de  manger,  qu'il  en  répande le  sang,  et  qu'il  le  couvre  de  terre.
14.  Car  la  vie  de  toute  chair  est  dans le  sang;  c'est  pourquoi  j'ai  dit  aux  en- fants d'Israël  :  Vous  ne  mangerez  point
8.  Et  ad  ipsos  dices  :  Homo  cle  domo Israël,  et  de  advenis  qui  peregrinantur a])ud  vos,  qui  obtulerit  liolocaustum  sive vie  ti  ma  m,
9.  Et  ad  ostium  tabernaculi  testimonii non  adduxerit  eam,  ut  offeratur  Domino, interibit  de  populo  suo.
10.  Homo  quilibet  de  domo  Israël,  et de  advenis  qui  peregrinantur  inter  eos, si  comederit  sanguinem,  obfirmabo  fa- ciem  meam  contra  animam  illius,  et disperdam  eam  de  populo  suo,
11.  Quia  anima  carnis  in  sanguine  est  ; et  ego  dedi  illum  vobis,  ut  super  altare in  eo  expietis  pro  animabus  vestris,  et sanguis  pro  animae  piaculo  sit.
12.  Idcirco  dixi  filiis  Israël  :  Omnis anima  ex  vobis  non  comedet  sanguinem, nec  ex  advenis  qui  peregrinantur  apud vos.
13.  Homo  quicumque  de  filiis  Israël, et  de  advenis  qui  peregrinantur  apud  vos, si  venatione  atque  aucupio  ceperit  feram vel  avem,  quibus  vesci  licitum  est, f undat  sanguinem  ejus ,  et  operiat  illum terra.
14.  Anima  enira  omnis  carnis  in  san- guine est  ;  unde  dixi  filiis  Israël  :  San- guinem universae  carnis  non  comedetis,
8-9.  Dieu  interdit  les  sacrifices  en  tout  autre endroit  que  la  cour  du  tabernacle.  Ordonnance qui  se  rattache  de  la  façon  la  plus  naturelle  à celle  qui  précède  :  des  animaux  égorgés  pour  ser- vir de  nourriture  on  passe  à  ceux  qui  étaient immolés  directement  pour  Dieu.  —  Homo  de... Israël,  et  aussi  de  advenis;  car  il  était  permis aux  étrangers  qui  résidaient  au  milieu  d'Israël d'offrir  des  sacrifices  au  Dieu  de  l'alliance.  — HoJocaustuvi ,  sive  victimam  :  c.-à-d.  d'autres Tictimes  que  celles  qui  étaient  offertes  en  holo- causte. —  Et  ad  ostium  tabernaculi...  Mainte- nant que  le  sanctuaire  existe,  le  Seigneur  restreint la  liberté  laissée  auparavant  aux  Hébreux  d'im- moler leurs  sacrifices  en  tous  lieux.
2°  Nouvelle  défense  de  se  nourrir  du  sang  des animaux,  vers.  10-14,
10.  La  loi,  exposée  en  termes  énergiques.  Plu- sieurs fois  déjà  nous  l'avons  rencontrée  (Gon. K,  4;  Lev.  nr,  17;  vn,  26-27.  etc.),  mais  nulle part  aussi  complète.  —  Obfirmabo  faciem...  Bel anthropomorphisme ,  pour  signifier  que  Dieu  fera vivement  sentir  sa  colère  aux  coupables.  Cf.  xx, 3,  6;  xxvi,  17.
11-12.  Motifs  de  cette  prohibition.  —  1°  Amma (c.-ù-d.  la  vie)  carnis  in  sanguine.  Principe  dont
les  plus  grandes  autorités  médicales  reconnaissent la  rigoureuse  exactitude.  Le  sang  est  «  le  siège de  la  vie  »,  «  la  fontaine  de  la  vie,  »  etc.  Voilà pourquoi  Dieu  se  l'est  exclusivement  réservé.  — 2°  Dedi  illum...  ut...  expietis...  Tout  en  se  le  ré- servant, le  Seigneur  l'a  donné  à  son  peuple  comme un  moyen  d'expiation  ;  car,  toutes  les  fois  que  le sang  des  victimes  coulera  au  pied  do  l'autel,  la vie  des  animaux  immolés  com})ensera  les  péchés des  donataii'es.  Cf.  Hebr.  ix,  22.  Voyez  aussi  la note  qui  précède  le  chap.  le^.
13.  Autre  application  de  la  loi.  —  Homo  qui- libet... Formule  très  expressive ,  employée  quatre fois  de  suite  dans  l'intervalle  de  quelques  versets (cf.  3,  8,  10).  —  Si  venatione...  Les  animaux  purs pris  à  la  chasse  tombaient  donc  sous  le  décret divin  (vers.  10)  quand  ils  étaient  destinés  à  servir d'aliments.
14.  Réitération  du  motif.  —  Cette  ordonnance, si  solennelleiuent  inculquée,  a  toujours  fait  ime vive  impression  sur  les  Juifs ,  qui  y  sont  demeu- rés fidèles  jusqu'à  notre  époque.  De  là  vint  aussi,  à l'origine  du  christianisme,  l'interdiction  tempo- raire de  se  nourrir  de  sang  ou  d'animaux  sim- plement étouffés.  Cf.  Act.  XV,  20,  29;  xxi,  25.
382
Lev.  XVII,  15  —  XVIII,  6.
quia  anima  carnis  in  sanguine  est  ;   et quicumque  comederit  illum ,  inteiibit.
15.  Anima,  qnœ  comederit  raortici- num,  vel  captum  a  bestia,  tam  de  indi- genis,  qnam  de  advenis,  lavabit  vesti- menta  sua  et  semetipsum  aqua ,  et contaminatus  erit  usque  ad  vesperum  ; et  hoc  ordine  mundus  fiet.
IG,  Quod  si  non  laverit  vestimenta  sua et  corpus,  portabit  iniquitatem  suam.
du  sang  de  toute  chair,  parce  que  la  vie de  la  chair  est  dans  le  sang  ;  et  quiconque en  mangera  sera  puni  de  mort.
15.  Si  quelqu'un,  ou  du  peuple  d'Is- raël ou  des  étrangers,  mange  d'une  bête qui  sera  morte  d'elle-même,  ou  qui  aura été  prise  par  une  autre  bête,  il  lavera ses  vêtements,  et  se  lavera  lui-même dans  l'eau  ;  il  sera  impur  jusqu'au  soir, et  il  deviendra  pur  en  cette  manière.
16.  Que  s'il  ne  lave  point  ses  vêtements et  son  corps,  il  portera  la  peine  de  son iniquité.
CHAPITRE  XVIII
1.  Locutus  est  Dominus  ad  Moysen, dicens  :
2.  Loquere  filiis  Israël,  et  dices  ad eos  :  Ego  Dominus  Deus  vester.
3.  Juxta  consuetudinem  terne  ^g3^pti, in  qua  habitastis,  non  facietis,  et  juxta morem  regionis  Chanaan,  ad  quam  ego introducturus  sum  vos,  non  agetis ,  nec  in legitimis  eorum  ambulabitis.
4.  Facietis  judicia  mea,  et  prsecepta mea  servabitis,  et  ambulabitis  in  eis. Ego  Dominus  Deus  vester.
5.  Custodite  leges  meas  atque  judicia, quse  faciens  homo,  vivet  in  eis.  Ego Dominus.
6.  Omnis  homo  ad  proximam  sangui-
1.  Le  Seigneur  parla  à  Moïse,  et  lui dit  :
2.  Parlez  aux  enfants  d'Israël,  et  dites- leur  :  Je  suis  le  Seigneur  votre  Dieu.
3.  Vous  n'agirez^  point  selon  les  cou- tumes du  pays  d'Egypte,  où  vous  avez habité  ;  et  vous  ne  vous  conduirez  point selon  les  mœurs  du  pays  de  Chanaan , dans  lequel  je  vous  ferai  entrer  ;  vous  ne suivrez  point  leurs  règles.
4.  Vous  exécuterez  mes  ordonnances, vous  observerez  mes  préceptes,  et  vous marcherez  selon  ce  qu'ils  vous  prescri- vent. Je  suis  le  Seigneur  votre  Dieu.
5.  Gardez  mes  lois  et  mes  ordonnances. L'homme  qui  les  gardera  y  trouvera  la vie.  Je  suis  le  Seigneur.
6.  Nul    homme    ne   s'approchera    de
3°  Défense  de  manger  la  chair  des  animaux morts  de  mort  naturelle,  vers.  15-16.
15-16.  Morticinum ,  vel  capium  a  hestla.  Cf. XI,  39;  Ex.  XXII,  21.  De  telles  viandes  étaient regardées  comme  impures,  et  elles  n'étaient  bonnes que  pour  les  chiens.  —  Lavahit  vestimenta  et semetipsum...  Outre  ces  ablutions,  un  sacrifice propitiatoire  était  requis,  v,  2-3.
§  II.  —  Sainteté  riu  mariage  et  des  mœurs. XVIII,  1-SO.
1°  Majestueux  préambule,  vers.  1-5.
Chap.  XVIII. — 1-2.  Transition.  Notez,  au  vers.  2, la  formule  Ego  Dominus  Deus  vester  (Y'hovah 'Elohim) ,  fréquemment  répétée  dans  ce  chapitre (vers.  4,  5,  6,  21,  30)  et  dans  les  suivants.  Celui  qui commande  est  le  Dieu  créateiu*  et  le  Dieu  de  l'al- llance.
3-5.  Fuir  les  coutumes  païennes,  obéir  aux injonctions  de  Jéhovah.  —  Juxta  consuetudi- nem... Deux  peuples  sont  cités  nommément  parmi ceux  dont  il  faut  éviter  les  mœurs  honteuses  : les  Égyptiens,  en  vue  du  passé  (in  qua  habi-
tastis) ;  les  Chananéens ,  en  vue  de  l'avenir  (  ad quam  introducturus...).  Ils  étaient  particulière- ment dépravés.  Cf.  Gen.  xix,  5;  xxix,  30-31; XXXIX,  6-7,  etc.  —  Facietis  judicia  mea:  par oi)position  à  «  légitima  eorum  »  (vers.  3).  Remar- quez les  répétitions  emphatiques  des  vers.  4-5, — ■  Quce  foxiens...,  vivet  in  eis  (c.-à-d.  par  eux). Douce  récompense  promise  aux  Israélites  fidèles  : le  vrai  bonheur,  la  vie  éternelle;  car  «  il  est visible  que  Dieu  promet  ici...  quelque  chose  de plus  que  la  simple  exemption  des  peines  tempo- relles. »  Calmet,  h.  l.  Voy.,  Rom,  x,  5  ;  Gai.  m,  12, une  fra])]iante  argumentation  de  saint  Paul  sur ce  passage.
2o  Degrés  de  parenté  qui  rendaient  le  mariage illicite,  vers.  6-18.
6.  Règle  générale. — •  Proximam  sanguinis  sui. Hébr.  :  la  chair  de  sa  chair.  Cf.  Gen.  ii,  24. Expression  qui  désigne  soit  la  consanguinité,  soit l'affinité.  —  Ut  revelet...  C.-à-d.  de  façon  ù,  l'épou- ser. Mais  cette  formule  condamne  aussi  les  l'cla- tions  illégitimes.
Lev.  XVIII,  7-16.
383
celle  qui  lui  est  unie  par  la  proximité du  sang,  pour  découvrir  ce  que  la  pu- deur veut  laisser  caché.  Je  suis  le  Sei- gneur.
7.  Vous  ne  découvrirez  point  dans  votre mère  ce  qui  doit  être  caché,  en  violant le  respect  dû  à  votre  père  ;  elle  est  votre mère ,  vous  ne  découvrirez  rien  en  elle contre  la  pudeur.
8.  Vous  ne  découvrirez  point  dans  la femme  de  votre  père  ce  qui  doit  être caché,  parce  que  vous  blesseriez  le  res- pect dû  ti  votre  père.
9.  Vous  ne  découvrirez  point  ce  qui doit  être  caché  dans  celle  qui  est  votre sœur  de  père  ou  votre  sœur  de  mère, qu'elle  soit  née  ou  dans  la  maison  ou  hors de  la  maison.
10.  Vous  ne  découvrirez  point  ce  qui doit  être  caché  dans  la  fille  de  votre  fils, ou  dans  la  fille  de  votre  fille ,  parce  que ce  serait  votre  propre  confusion.
11.  Vous  ne  découvrirez  point  ce  qui doit  être  caché  dans  la  fille  de  la  femme de  votre  père ,  et  qu'elle  a  enfanté  à  votre père  ;  car  elle  est  votre  sœur.
12.  Vous  ne  découvrirez  point  ce  qui doit  être  caché  dans  la  sœur  de  votre père,  parce  que  c'est  la  chair  de  votre père.
13.  Vous  ne  découvrirez  point  ce  qui doit  être  caché  dans  la  sœur  de  votre mère,  parce  que  c'est  la  chair  de  votre mère.
14.  Vous  ne  découvrirez  point  ce  que le  respect  dû  à  votre  oncle  paternel  veut laisser  caché ,  et  vous  ne  vous  approche- rez point  de  sa  femme,  parce  qu'elle  vous est  unie  par  une  étroite  alliance.
15.  Vous  ne  découvrirez  point  ce  qui doit  être  caché  dans  votre  belle -fille, parce  qu'elle  est  la  femme  de  votre  fils , et  vous  y  laisserez  couvert  ce  que  le  res- pect veut  laisser  caché.
16.  Vous  ne  découvrirez  point  ce  qui
nis  sui  non  accedet,  ut  revelet  turpitu- dinem  ejus.  Ego  Dominus.
7.  Turpitudinem  patris  tui,  et  turpi- tudinem  raatris  tuœ  non  discooperies  ; mater  tua  est,  non  revelabis  turpitudi- nem ejus.
8.  Turpitudinem  uxoris  patris  tui  non discooperies  ;  turpitudo  enim  patris  tui
est.
9.  Turpitudinem  sororis  tu  se  ex  pâtre, sive  ex  matre,  quas  domi  vel  foris  genita est,  non  revelabis.
10.  Turpitudinem  filiae  filii  tui  vel ncptis  ex  filia  non  revelabis  ;  quia  turpi- tudo tua  est.
11.  Turpitudinem  filise  uxoris  patris tui,  quam  peperit  patri  tuo,  et  est  soror tua,  non  revelabis.
12.  Turpitudinem  sororis  patris  tui non  discooperies  ;  quia  caro  est  patris tui.
13.  Turpitudinem  sororis  matris  tuœ non  revelabis ,  eo  quod  caro  sit  matris tuse.
14.  Turpitudinem  patrui  tui  non  reve- labis, nec  accèdes  ad  uxorem  ejus,  quse tibi  affinitate  conjungitur.
15.  Turpitudinem  nurus  tuae  non  reve- labis, quia  uxor  filii  tui  est,  nec  disco- operies ignominiam  ejus.
16.  Turpitudinem    uxoris    fratris   tui
7-18.  Les  détails,  pour  préciser  la  règle  géné- rale. —  D'après  l'ordre  des  versets,  personne  ne pouvait  épouser  sans  crime  :  1°  sa  propre  mère (vers.  7);  2°  sa  belle -mère  (vers.  8  :  uxorem  pa- tris; on  suppose  que  le  père  s'est  remarié);  3°  sa sœur  consanguine  ou  utérine  (vers.  9  :  ex  pâtre, sive  ex  matre.  Les  mots  domi  vel  foris  genita ont  été  expliqués  en  divers  sens  :  légitime  ou  illé- gitime ;  fllle  légitime  du  père,  ou  de  la  mère  ;  fille du  père ,  ou  de  la  mère  par  un  premier  mariage. Cette  dernière  interprétation  nous  paraît  la  meil- leure :  une  fllle  de  la  mère ,  née  d'un  premier lit,  par  conséquent  dans  une  autre  maison); 49  sa  petite-fille  (vers.  10  :  filicc  fdli...  velneplis
ex  filia.  La  locution  turpitudo  tua  est  signifie  : Tu  l'as  toi-même  engendrée);  5°  sa  demi -sœur, née  d'un  second  mariage  de  son  père  (vers.  11  ; au  vers.  9  il  était  question  d'une  demi  -  sœur  issue du  premier  mariage  du  père  :  c'est  là  toute  la différence)  ;  6°  sa  tante  du  côté  paternel  (vers.  12) ou  du  côté  maternel  (vers.  13)  ;  7«  la  femme  de son  oncle  (vers.  14);  8°  sa  bru  (vers.  15);  9»  sa belle -sœur  (vers.  16;  pour  l'exception  spéciale dite  du  lévirat,  voyez  Dcut.  xxv,  5);  10°  la  fille ou  la  petite  -  fille  provenant  d'un  premier  ma- riage de  sa  femme  (vers.  17.  Incestus  est;  hébr.: un  crime);  11°  la  sœur  de  sa  femme,  du  vivant de  celle-ci  (vers.  18;  in  peliicatum  ejus  ;  hùhr.:
384
Ley.  XVIII,  17-24.
non  revelabis  ;  quia  turpitudo  fi'atris  tui est.
17.  Turpitudinem  uxoris  tuœ  et  filiœ ejiis  non  revelabis.  Filiam  filii  ejiis,  et filiam  liliœ  illius  non  sûmes,  ut  révèles ignominiam  ejus  ;  quia  caro  illius  sunt, et  talis  coitus  ince^tus  est.
18.  Sororem  uxoris  tuœ  in  pellicatum illius  non  accipies ,  nec  revelabis  turpitu- dinem ejus  adhuc  illa  vivente.
19.  Ad  mulierem  qu93  patitur  men- strua,  non  accèdes,  nec  revelabis  fœdi- tatem  ejus.
20.  Cmn  uxore  proximi  tui  non  coibis, nec  seminis  commistione  maculaberis.
21.  De  semine  tuo  non  dabis  ut  conse- cretur  idolo  Moloch,  nec  pollues  nomen Dei  tui.  Ego  Dominus.
22.  Cum  masculo  non  commiscearis coitu  f  emineo ,  quia  abominatio  est.
23.  Cum  omni  pécore  non  coibis,  nec maculaberis  cum  eo.  Mulier  non  suc- cumbet  jumento,  nec  miscebitur  ei,  quia scelus  est.
24.  Nec  polluamini  in  omnibus  liis, quibus  contaminatas  sunt  universse  gen- tes,  quas  ego  ejiciam  ante  conspectum vestrum ,
doit  être  caché  dans  la  femme  de  votre frère,  parce  que  ce  respect  est  dû  à  votre frère.
17.  Vous  ne  découvrirez  point  tout  en- semble dans  votre  femme  et  dans  sa  fille ce  qui  doit  être  caché.  Vous  ne  prendrez point  la  fille  de  son  fils ,  ni  la  fille  de  sa fille,  pour  découvrir  ce  que  l'honnêteté veut  laisser  caché,  parce  qu'elles  sont  la chair  de  votre  femme,  et  qu'une  telle alliance  est  un  inceste.
18.  Vous  ne  prendrez  point  la  sœur  de votre  femme  pour  la  rendre  sa  rivale,  et vous  ne  découvrirez  point  en  elle ,  du vivant  de  votre  femme,  ce  que  la  pudeur veut  laisser  caché.
19.  Vous  ne  vous  approcherez  point d'une  femme  qui  souffre  ce  qui  arrive tous  les  mois,  et  vous  ne  découvrirez point  en  elle  ce  qui  n'est  pas  pur.
20.  Vous  ne  vous  approcherez  point  de la  femme  de  votre  prochain,  et  vous  ne vous  souillerez  point  par  cette  union  hon- teuse et  illégitime.
21.  Vous  ne  donnerez  point  de  vos enfants  pour  être  consacrés  à  l'idole  de Moloch,  et  vous  ne  souillerez  point  le  nom de  votre  Dieu.  Je  suis  le  Seigneur.
22.  Vous  ne  commettrez  point  cette abomination  où  l'on  se  sert  d'un  homme comme  si  c'était  une  femme.
23.  Vous  ne  vous  approcherez  d'au- cune bête,  et  vous  ne  vous  souillerez point  avec  elle.  La  femme  ne  se  prosti- tuera point  aussi  en  cette  manière  à  une bête,  parce  que  c'est  un  crime  abomi- nable.
24.  Vous  ne  vous  souillerez  point  par toutes  ces  infamies  dont  se  sont  souillés tous  les  peuples  que  je  chasserai  devant vous,
a  pour  la  vexer,  »  en  excitant  sa  jalousie.  C'était le  cas  de  Lia  et  de  Rachel).  —  Ces  différentes lois  ont  formé  la  base  des  empêchements  diri- mants  du  mai'iage  dans  l'Église  chrétienne  ;  ce sont  elles  qui  ont  sauvegardé  l'honneur  de  la famille.
3°  Le  Seigneur  condamne  quelques  turpitudes morales,  vers.  19-23.
19.  CLuce  patitur...  Le  devoir  conjugal  est  in- terdit au  temps  des  règles.  Cf.  xv,  19-24.
20.  Contre  l'adultère.  Cf.  Ex.  xx,  14.
21.  Contre  une  cruelle  pratique  d'idolâtrie.  Cf. XX,  2-5.  —  De  .semine  tuo.  C.-à-d.  de  tes  enfants. —  Ut  consecretur...  Moloch.  C'est  ici  la  première mention  de  cette  divinité  chananéenne,  appelée ailleurs  «  l'abomination  des  Ammonites  »,  III  Reg. XI,  5,  11.  On  représentait  Moloch  avec  ime  tête de  taureau,  et  sur  ses  mains  étendues  on  plaçait
les  petits  enfants  qu'on  lui  consacrait;  de  là  ils retombaient  dans  un  brasier  ardent  dissimulé dans  l'intérieur  de  la  statue.  On  appelait  cette cérémonie  «  faire  passer  par  le  feu  »,  ou  sim- plement «  faire  passer  »  (hébr.:  ha'ahir,  au  lieu de  «  consecretur  »).  Cf.  Diodore  de  Sicile,  xx,  14. Les  enfants  n'étaient  cependant  pas  toujours  dé- voués à  la  mort;  le  rite  en  question  équivalait, alors  à  une  sorte  de  purification.
22.  Contre  la  sodomie,  vice  infâme  des  païens. Cf.  Gen.  XIX,  5  ;  Rom.  i,  27,  etc.
23.  Contre  le  crime  non  moins  hideux  de  la bestialité,  assez  commun  eu  Ég3'pte  et  chez  les Chananéens.
4°  Conclusion  solennelle ,  vers.  24  -  30.
24-30.  Ce  sont  les  pensées  de  l'exorde  (1-5), auxquelles  le  Seigneur  ajoute ,  indirectement (vers.  25)  et  dirccLeiuent  (vers.  28-29),  des  me-
Lkv.  XVIII,  25  —  XIX,  2.
385
25.  Qui  ont  déshonoré  ce  pays  -  là  ; et  je  punirai  moi-même  les  crimes  dé- testables de  cette  terre,  afin  qu'elle  re- jette avec  horreur  ses  habitants  hors  de son  sein.
26.  Gardez  mes  lois  et  mes  ordon- nances, et  que  ni  les  Israélites  ni  les étrangers  qui  sont  venus  d'ailleurs  de- meurer chez  vous  ne  commettent  aucune de  toutes  ces  abominations.
27.  Car  ceux  qui  ont  habité  cette  terre avant  vous  ont  commis  toutes  ces  infa- mies exécrables ,  et  l'ont  tout  à  fait souillée.
28.  Prenez  donc  garde  que,  si  vous commettez  les  mêmes  crimes  qu'ils  ont commis,  cette  terre  ne  vous  rejette  avec, horreur  hors  de  son  sein,  comme  elle  en a  rejeté  tous  ces  peuples  qui  l'ont  habitée avant  vous.
29.  Tout  homme  qui  aura  commis  quel- qu'une de  ces  abominations  périra  du milieu  de  son  peuple.
30.  Gardez  mes  commandements.  Ne faites  point  ce  qu'ont  fait  ceux  qui étaient  avant  vous,  et  ne  vous  souillez point  par  ces  infamies.  Je  suis  le  Sei- gneur votre  Dieu.
25.  Et  quibus  polluta  est  terra  ;  cuj  as ego  scelera  visitabo,  ut  evomat  habita- tores  suos.
26.  Custodite  légitima  mea  atque  ju- dicia,  et  non  faciatis  ex  omnibus  abo- minationibus  istis,  tam  indigena  quam colonus  qui  peregrinantur  apud  vos.
27.  Omnes  enim  execrationes  istas fecerunt  accolas  terrse,  qui  fuerunt  ante vos,  et  polluerunt  eam.
28.  Cavete  ergo  ne  et  vos  similiter evomat,  cum  paria  feceritis,  sicut  evo- muit  gentem  quee  fuit  ante  vos.
29.  Omnis  anima,  quse  fecerit  de  abo- minationibus  his  quippiam ,  peribit  de medio  populi  sui.
30.  Custodite  mandat*  mea.  Nolite facere  quse  fecerunt  hi  qui  fuerunt  ante vos,  et  ne  polluamini  in  eis.  Ego  Domi- nus  Deus  vester.
CHAPITRE  XIX
1.  Le  Seigneur  parla  à  Moïse  et  lui dit:
2.  Parlez  à  toute  l'assemblée  des  en- fants d'Israël  et  dites-leur  :  Soyez  saints, parce  que  je  suis  saint,  moi  qui  suis  le Seigneur  votie  Dieu.
1.  Locufcus  est  Dominus  ad  Moysen, dicens  :
2.  Loquere  ad  omuem  cœtum  filiorum Israël,  et  dices  ad  eos  :  Sancti  estote, quia  ego  sanctus  sum,  Dominus  Deus ve.ster.
naces  terribles,  pour  rendre  plus  énergique  cet appel  à  la  conscience  d'Israël.  —  Quibus  conta- minatce  sunt...  Par  exemple,  les  Perses  et  les Mèdes  no  craignaient  pas  d'épouser  leurs  mères et  leurs  filles  ;  le  mariage  entre  frères  et  sœurs était  très  commun  en  Egypte.  Cf.  Clem.  Alex., Strom.,  1.  m;  Euscb.,  Prœp.  evang.,  1.  vi,  c.  10, etc.  —  Quas  ego  ei'iciam.  Le  temps  est  venu  pour le  Seigneur  d'exercer  les  vengeances  qu'il  avait pi-éditcs  autrefois  à  Abraham,  Gen.  xv,  16.  —  Ut evomat  {terra)...  Étonnante  personnification,  qui relève  très  bien  l'énormité  des  crimes  dénoncés. —  Euo  Dominus  Deus...  L'allocution  divine  se termine  absolument  comme  elle  avait  connnoncé. Cf.  vers.  2».
§  III.  —  Sainteté  à  conserver  dans  les  relations avec  Dieu  et  avec  le  prochain.  XIX,  1-37.
Nous  trouvons  dans  ce  paragraphe  un  certain nombre  de  lois  qui  avaient  déjà  été  promulguées antérieurement;  e'ies   sont  répétées  sans  beau-
coup d'ordre,  mais  avec  le  but  évident  de  re- commander aux  Israélites  une  sainteté  univer- selle.
1°  Quelques  devoirs  de  piété  envers  Dieu  et envers  les  parents,  vers.  1-8.
Chap.  XIX.  —  1-2».  L'introduction  habituelle. —  Ad  omnem  r.œlum...  L'expression  hébraïque Cadah)  n'apparaît  que  cette  fois  dans  le  Lévitique, et  seulement  une  autre  fois  dans  le  Pentateuque, Ex,  xn,  3.
2''.  Sancti  estote.  Grand  et  admirable  précepte , qu'on  a  très  justement  appelé  la  «  note  domi- nante »  de  ce  chapitre,  dont  il  unit  les  divers aUnéas,  et  du  Lévitique  tout  entier,  spécialement de  la  seconde  partie. —  Quia  ego  sanctus.,.  Deui vister.  Motif  pressant  de  sanctification  pour  la nation  théocratique.  «  Conservez  -  a'ous  purs  de toutes  souillures  extérieures  et  légales,  parce  que je  suis  saint,  et  que  j'exige  de  vous  cette  pureté, qui  est  le  symbole  d'une  autre  sainteté  plus  ex- cellente. »  Calmct,  h.  l.
S8G
Lev.  XIX,  3-13.
3.  Unusqiiisque  patrem  suum,  et  ma- trem  suam  timeat.  Sabbata  mea  custodite. Ego  Dominus  Deus  vester.
4.  Nolite  converti  ad  idola,  nec  deos coiiflatiles  faciatis  vobis.  Ego  Dominus Deus  vester.
5.  Si  immola veritis  hostiam  pacifico- rum  Domino,  ut  sit  placabilis,
G.  Eo  die  quo  fuerit  immolata,  come- detis  eam ,  et  die  altero  ;  quidquid  autem residuum  fuerit  in  diem  tertium,  igné comburetis.
7.  Si  quis  post  biduum  comederit  ex  ea, prof  anus  erit ,  et  impietatis  reus ,
8.  Portabitque  iniquitatem  suam,  quia sanctum  Doraini  polluit,  et  peribit  anima illa  de  populo  suo.
9.  Cum  messueris  segetes  terres  tuse, non  tondebis  usque  ad  solum  superficiem terrée,  nec  rémanentes  spicas  colliges.
10.  Neque  in  vinea  tua  racemos  et grana  decidentia  congregabis,  sed  pau- peribus  et  peregrinis  carpenda  dimittes. Ego  Dominus  Deus  vester.
11.  Non  facietis  furtum.  Non  mentie- mini ,  nec  decipiet  unusquisque  proximum suum.
12.  Non  perjurabis  in  nomine  meo,  nec pollues  nomen  Dei  tui.  Ego  Dominus.
13.   Non    faciès  calumniam  proximo ::uo ,  nec  vi  opprimes  eum.  Non  morabitur
3.  Que  chacun  respecte  avec  crainte son  père  et  sa  mère.  Gardez  mes  jours de  sabbat.  Je  suis  le  Seigneur  votre  Dieu.
4.  Ne  vous  tournez  point  vers  les idoles,  et  ne  vous  faites  point  de  dieux jetés  en  fonte.  Je  suis  le  Seigneur  votre Dieu.
5.  Si  vous  immolez  au  Seigneur  une hostie  pacifique,  afin  qu'il  vous  soit  favo- rable ,
6.  Vous  la  mangerez  le  même  jour,  et le  jour  d'après  qu'elle  aura  été  immolée  ; et  vous  consumerez  par  le  feu  tout  ce qui  en  restera  le  troisième  jour.
7.  Si  quelqu'un  en  mange  après  les d-eux  jours,  il  sera  profane  et  coupable d'impiété  ;
8.  Il  portera  la  peine  de  son  iniquité, parce  qu'il  a  souillé  ce  qui  est  consacré au  Seigneur,  et  cet  homme  périra  du milieu  de  son  peuple.
9.  Lorsque  vous  ferez  la  moisson  dans vos  champs,  vous  ne  coujjerez  point  jus- qu'au pied  ce  qui  aura  crû  sur  la  terre, et  vous  ne  ramasserez  point  les  épis  qui seront  restés.
10.  Vous  ne  recueillerez  point  aussi dans  votre  vigne  les  grappes  qui  restent, ni  les  grains  qui  sont  tombés  ;  mais  vous les  laisserez  prendre  aux  pauvres  et  aux étrangers.  Je  suis  le  Seigneur  votre Dieu.
11.  Vous  ne  déroberez  point.  Vous  ne mentirez  point,  et  nul  ne  trompera  son prochain.
12.  Vous  ne  jurerez  point  faussement en  mon  nom,  et  vous  ne  profanerez  pas le  nom  de  votre  Dieu.  Je  suis  le  Sei- gneur.
13.  Vous  ne  calomnierez  pas  votre  pro- chain ,  et  vous  ne  l'opprimerez  point  par
3.  Deux  préceptes  du  Décalogue  :  le  respect  dû aux  parents,  et  la  fidèle  observation  du  sabbat. Cf.  Ex.  XX,  8,  12;  XXXI,  13,  14,  etc.  Les  seuls qui  fussent  formulés  en  termes  positifs  sur  les deux  tables.
4.  Prohibition  du  culte  idolâtrique  ;  autre  pré- cepte du  Décalogue.  Cf.  Ex.  xx,  4-6.  —  Idola. Hébr.:  'élUim,  des  riens.  Nom  très  expressif.  Cf. I  Cor.  VIII,  4.
5-8.  Règlements  relatifs  aux  victimes  dites pacifiques ,  qui  étaient  très  fréquemment  offertes. Ou  recommande  une  fidélité  ihtégrale  aux  rites prescrits.  Cf.  vu,  15-18,  et  le  commentaire.—  Ut sit  placabilis.  ITél)r.  :  Quand  vous  offrirez  au  Sei- gneur un  sacrifice  pacifique,  offrez-le  de  telle  sorte qu'il  soit  agréé.
20  Quelques  devoirs  de  charité  ou  de  justice envers  Je  prochain,  vers.  9-18.
9-10.  Les  droits  des  pauvres.  Cf.  Deut.  xxrv, 19-21.  —  Non  tondehis  usque  ad  solum.  Dans l'hébr.:  Tu  ne  moissonneras  pas  en  entier  le  bord de  ton  champ.  C.-à-d.  que  chaque  propriétaire devait  laisser  sur  pied ,  pour  les  pauvres,  un  petit coin  de  sa  moisson  (au  moins  la  soixantième partie  du  champ,  disent  les  rabbins). —  In  vinea... racemos  et  grana...  Les  grappes  oubliées  sur  les ceps,  et  les  grains  tombés  h  terre.
11 -13^  Prohibition  du  vol,  du  mensonge  pro- féré pour  se  disculper  d'un  préjudice  causé  au prochain,  de  la  fraude  (vers.  11),  du  parjure associé  à  la  fraude  dans  l'intention  de  la  dissi- muler (vers.  12) ,  de  la  violence  ouverte  (vers.  13»).
13b -14.  Pitié  à  l'égard  des  faibles.  —  Trois traits  sont  signalés  par  manière  d'exemple.  1°  Non morabitur  opus...  C.-à-d.  le  salaire  du  travail. Un  manœuvre  qui  travaille  au  jour  le  jour  a
violence.  Le  salaire  du  mercenaire  qui vous  donne  son  travail  ne  demeurera  point chez  vous  jusqu'au  matin.
14.  Vous  ne  maudirez  point  le  sourd, et  vous  ne  mettrez  rien  devant  l'aveugle pour  le  faire  tomber  ;  mais  vous  craindrez le  Seigneur  votre  Dieu,  parce  que  je  suis le  Seigneur.
15.  Vous  ne  ferez  rien  contre  l'équité, et  vous  ne  jugerez  point  injustement. N'ayez  point  d'égard  contre  la  justice à  la  personne  du  pauvre,  et  ne  respectez point  contre  la  justice  la  personne  de rhomnie  puissant.  Jugez  votre  prochain selon  la  justice.
16.  Vous  ne  serez  point  parmi  votre peuple  ni  un  calomniateur  public  ni  un médisant  secret.  Vous  ne  ferez  point d'entreprises  contre  le'  sang  de  votre prochain.  Je  suis  le  Seigneur.
17.  Vous  ne  haïrez  point  votre  frère dans  votre  cœur,  mais  vous  le  reprendrez publiquement,  de  peur  que  vous  ne  pé- chiez vous-même  à  son  sujet.
18.  Ne  cherchez  point  à  vous  A^enger, et  ne  conservez  point  le  souvenir  de  l'in- jure de  vos  concitoyens.  Vous  aimerez votre  prochain  comme  vous-même.  Je suis  le  Seigneur.
19.  Gardez  mes  lois.  Vous  n'accou- plerez point  une  bête  domestique  avec des  animaux  d'une  autre  espèce.  Vous
Lev.  XIX,  14-19.  387
opus  mercenarii  tui  apud  te  usque  mane.
14.  Non  maledices  surdo,  nec  coram caeco  pones  offendiculum  ;  sed  tiraebis Dominum  Deum  tuum,  quia  ego  sum Dominus.
15,  Non  faciès  quod  iniquum  est,  nec injuste  judicabis.  Non  considères  per- sonam  pauperis ,  nec  honores  vultum  po- tentis.  Juste  judica  proximo  tuo.
16.  Non  eris  criminator,  nec  susurre in  populo.  Non  stabis  contra  sanguinem proximi  tui.  Ego  Dominus.
17,  Non  oderis  fi'atrem  tuum  in  corde tuo,  sed  publiée  argue  eum,  ne  habeas super  illo  peccatum.
18,  Non  quseras  ultionem,  nec  memor eris  injurias  civium  tuorum.  Diliges  ami- cum  tuum  sicut  teipsum.  Ego  Dominus.
19.  Leges  meas  custodite.  Jumentum tuum  non  faciès  coire  cum  alterius  ge- neris    animantibus.    Agrum    tuum    non
besoin  de  recevoir  dès  le  soir  même  son  salaire, pour  subvenir  à  de  pressantes  nécessités.  Cf.  Dent. XXIV,  14-15;  Jer.  xxxii,  13;  Mal.  m,  5;  Jac. V,  4.  —  2°  Non  maledices  surdo  :  maudire  un  sourd, ou  se  moquer  de  lui.  3*^  Coram  caeco...  offendi- culurfi,  pour  le  faire  tomber.  Deux  lâchetés  et deux  cruautés,  que  Dieu  vengera  sévèrement.
15-16.  La  justice  dans  les  jugements.  —  La  pro- position générale  non  fades...  iniquum  est  aus- sitôt précisée  par  la  suivante  :  nec  injuste  judi- cabis. Deux  exemples  sont  ensuite  cités  :  Non considères  personam  pauperis,  ou  pour  le  favo- riser, dans  un  sentiment  de  pitié,  ou  surtout  pour le  condamner  injustement;  nec  honores  vultum 230teritis,  de  manière  à  se  laisser  influencer  par sa  situation,  par  ses  présents.  Cf.  Jac.  ii,  2-9.  — —  Non...  criininator.  La  locution  hébraïque  cor- respondante est  très  pittoresque  :  «  Tu  n'iras  pas calomniant  parmi  ton  peuple.  »  On  croirait  voir le  susurro  qui  répand  une  calomnie  à  chaque  pas qu'il  fait.  —  Non  stabis  contra  sanguinem...  Cela, paraît  être  h  l'adresse  des  faux  témoins,  dont  les dépositions  iniques  peuvent  arracher  aux  juges une  sentence  de  mort  contre  l'accusé.  Cf.  Ex.  x.xiir, 1,  7.  D'après  une  antre  interprétation  moins  pro- bable, le  sens  serait:  Ne  demeurez  point  calmes et  insensibles  quand  vous  voj'cz  que  votre  pro- chain court  quelque  danger  pour  sa  vie.
17-18.  Des  actes  extérieurs  on  passe  aux  sen- timents du  cœur.  —  Non  oderis...  in  corde.  Plu- tôt que  de  se  laisser  aller  à  cette  haine  intérieure, qui  est  pleine  de  dangers,  il  vaudra  mieux  re- prendre ouvertement  son  prochain ,  s'il  le  mérite (argue...;  puhlice  n'est  pas  dans  l'hébreu).  —  Ne habeas...  peccatum  :  on  portera  la  responsabilité des  fautes  qu'il  continuerait  de  commettre, n'ayant  pas  été  averti.  —  Non...  ultionem  :  la vengeance  privée.  —  Diliges  amicum...  Hébr,  : ton  prochain.  La  loi  roj'ale  de  la  charité  frater- nelle est  magnifiquement  résumée  dans  ces  quel- ques mots.  Cf.  Matth.  vu,  12.
3°  Quelqiies  règles  domestiques,  vers.  19-25.
19.  Une  courte  transition  {leges  meas  custo- dite) introduit  cette  nouvelle  série  d'ordonnances. Le  Législateur  condamne  d'abord  trois  pratiques anormales ,  qui  sembleraient  aller  contre  le  plan providentiel,  si  bien  caractérisé  par  l'unité  et  la simplicité.  Cf.  Deut.  xxii,  9-11. —  1°  Jitmentum...: de  manière  à  obtenir  des  produits  hybrides.  Par- fois, néanmoins,  la  Bible  signale  la  présence  du mulet  chez  les  Hébreux  (cf.  II  Reg.  xiii,  29  ; III  Rcg.  I,  33,  etc.);  c'est  qu'ils  se  procuraient cet  animal  à  l'étranger.  —  2»  Agrum...  non  di- verso  seminc.  Par  exemple,  du  froment  et  de l'orge  ;  des  haricots  et  des  lentilles.  Voyez  VAtl. archcol,  pi.  xxxiii,  flg.  11-13,  15.  —  3«  Veste...
388
Lev.  XIX,  20-26.
seres    diverse    semine.   Veste,    quse    ex duobus  texta  est,  non  indiieris.
20.  Homo  si   dormierit  cum  muliere coitu  seminis,  qu?e  sit  ancilla  etiara  nu-   i bilis,  et  tamen  pretio  non  redcmpta,  nec libertate   donata,  vapulabunt   ambo,   et non  morientur,  quia  non  fuit  libéra.
21.  Pro  delicto  autem  suo  ofïeret  Do- mino ad  ostium  tabernaculi  testimonii arietem  ;
22.  Orabitqne  pro  eo  sacerdos,  et  pro peccato  ejus  coram  Domino,  et  repropi- tiabitur  ei ,  dimitteturque  peccatum.
23.  Quando  ingressi  fueritis  terram, et  plantaveritis  in  ea  ligna  pomifera, auf eretis  prseputia  eorum  ;  poma ,  quœ germinant,  immunda  erunt  vobis,  nec edetis  ex  eis.
24.  Quarto  autem  anno  omnis  fructus eorum  sanctificabitur  laudabilis  Domino.
25.  Quinto  autem  anno  comedetis  fru- ctus, congregantes  poma  quœ  proferunt. Ego  Dominus  Deus  vester.
26.  Non  comedetis  cum  sanguine.  Non
ne  sèmerez  point  votre  cliamp  de  se- mences différentes.  Vous  ne  vous  revê- tirez point  d'un  vêtement  tissé  de  fils différents.
20.  Si  un  homme  dort  avec  une femme,  et  abuse  de  celle  qui  était  es- clave et  en  âge  d'être  mariée,  mais  qui n'a  point  été  rachetée  à  prix  d'argent,  et c\  qui  on  n'a  point  donné  la  liberté,  ils seront  battus  tous  deux,  mais  ils  ne mourront  pas ,  parce  que  ce  n'était  point une  femme  libre.
21.  L'homme  offrira  au  Seigneur  «pour sa  faute  un  bélier  à  l'entrée  du  taber- nacle du  témoignage  ;
22.  Le  prêtre  priera  pour  lui  et  pour son  péché  devant  le  Seigneur,  et  il  ren- trera en  grâce  devant  le  Seigneur,  et  son péché  lui  sera  pardonne.
23.  Lorsque  vous  serez  entrés  dans  la terre  que  je  vous  ai  promise,  et  que  vous y  aui'ez  planté  des  arbres  fruitiers,  vous aurez  soin  de  les  circoncire,  c'est-à-dire que  les  premiers  fruits  qui  en  sortiront vous  étant  impurs,  vous  n'en  mangerez point.
24.  La  quatrième  année  tout  leur  fruit sera  sanctifié  et  consacré  à  la  gloire  du Seigneur  ;
25.  Et  la  cinquième  année  vous  en mangerez  Tes  fruits ,  en  recueillant  ce que  chaque  arbre  aura  porté.  Je  suis  le Seigneur  votre  Dieu.
26.  Vous  ne  mangerez   rien  avec  le
ex  duohus  texta.  C.-à-d.  de  laine  et  de  lin  mé- langés, ainsi  qu'il  est  ajouté  au  Deutéron.,  xxii,  11. Ce  mélange  du  lin  et  de  la  laine  était  cependant prescrit  pour  quelques-uns  dos  vêtements  du  grand prêtre  (cf.  Ex.  xxrv,  8);  d'où  plusieurs  interprètes ont  conclu  que  l'interdiction  ne  portait  j)as  sur la  composition  du  tissu,  mais  sur  celle  des  fils eux-mêmes ,  lesquels  ne  devaient  contenir  qu'une seule  matière.  Sur  l'expression  hébraïque  sa'atncz, omise  par  la  Vulgate,  et  diversement  traduite  par les  versions  anciennes,  voj^ez  Gesenius,  Thesaur. linrj.  hehr.,  t.  III,  p.  1456.
20-22.  Cas  d'une  esclave  fiancée  et  séduite.  — Ancilla  etiam  nubilis.  Hébr.  :  Et  si  c'est  une esclave  fiancée  à  un  homme.  —  Non  redempta, à  prix  d'argent;  nec  libertate  donata,  par  l'af- franchissement pur  et  simple  :  les  deux  moyens par  lesquels  l'esclavage  pouvait  cesser.  —  Vapu- labunt ambo.  L'hébreu  se  contente  de  dii'e  :  Il y  aura  châtiment  ;  mais  la  Vulgr.tc  rend  bien  la pensée.  —  Non  morientur,  quia...  Quand  la  fiancée était  de  condition  libre,  la  peine  de  mort  était infligée  aux  deux  coupables.  Cf.  Deut.  xxii,  23-24. —  Pro  delicto  autem...  C'est  le  séducteur  qui offrait  ce  sacrifice,  d'après  les  rites  marqués  plus haut.  Cf.  v,  14.
23-25.  Ordonnance  relative  aux  arbres  frui- tiers nouvellement  plantés  iquando  ingrcssi...; cf.  XIV,  34;  XXIII,  10;  xxv,  2  :  les  quatre  lois  du Lévitique  qui  ne  deviendront  obligatoires  qu'a- près l'installation  des  Hébreux  en  Palestine).  — On  distingue  trois  périodes  à  partir  de  la  plan- tation. 1»  Pendant  les  trois  premières  années ,  les fruits  étaient  traites  comme  impurs,  et  il  était interdit  de  les  mangei\  L'expression  figui'ée  au- feretis  prceputia  fait  allusion  à  l'état  profane  et antithéocratique  des  hommes  incirconcis.  Cf.  Gen. XVII,  9-14.  —  2°  Les  fruits  de  la  quatrième  année étaient  offerts  en  prénùcos  {laudabilis  Domino; hébr.  :  un  sanctuaire  de  louanges  pour  Jéhovah , c.-à-d.  un  sacrifice  agréable).  —  3o  Le  proprié- taire jouissait  librement  des  récoltes  suivantes. —  C'était  là,  pour  les  arbres  fruitiers,  l'équivalent des  premiers-nés  des  animaux,  consacrés  au  divin roi  d'Israël.  Cf.  Ex.  xm,  12;  xxxiv,  19.  Du  reste, un  traitement  de  ce  genre  était  loin  de  nuire aux  jeunes  plantations.
40  Quelques  autres  préceptes  moraux,  ver-». 26-31.
26-31.  Diverses  superstitions  païennes  sont  suc- cessivement condamnées.  —  1°  Nouvelle  interdic- tion de  manger  de  la  viande  où  il  est  resté  du
Lev.  XIX,  27-35.
389
Bang.  Vous  n'userez  point  d'augures ,  et vous  n'observerez  point  les  songes.
27.  Vous  ne  couperez  point  vos  che- veux en  rond,  et  vous  ne  raserez  point les  coins  de  votre  barbe.
28.  Vous  ne  ferez  point  d'incisions dans  votre  chair  en  pleurant  les  morts, et  vous  ne  ferez  aucune  figure  ni  au- cune marque  sur  votre  corps.  Je  suis  le Seigneur.
20.  Ne  prostituez  point  votre  fille,  de peur  que  la  terre  ne  soit  souillée,  et  qu'elle ne  soit  remplie  d'impiété.
30.  Gardez  mes  jours  de  sabbat,  et tremblez  devant  mon  sanctuaire.  Je  suis le  Seigneur.
31.  Ne  vous  détournez  point  de  votre Dieu  pour  aller  chercher  des  magiciens, et  ne  consultez  point  les  devins,  de  peur de  vous  souiller  en  vous  adressant  à  eux. Je  suis  le  Seigneur  votre  Dieu.
32.  Levez -vous  devant  ceux  qui  ont les  cheveux  blancs ,  honorez  la  personne du  vieillard;  et  craignez  le  Seigneur  votre Dieu.  Je  suis  le  Seigneur.
33.  Si  un  étranger  habite  dans  votre pays  et  demeure  au  milieu  de  vous,  ne lui  faites  aucun  reproche  ;
34.  Mais  qu'il  soit  parmi  vous  comme s'il  était  né  dans  votre  pays,  et  aimez-le comme  vous-mêmes;  car  vous  avez  été aussi  vous-mêmes  étrangers  dans  l'E- gj^pte.  Je  suis  le  Seigneur  votre  Dieu.
35.  Ne  faites  rien  contre  l'équité,  ni
augurabimini,  nec  observabitis  somnia.
27.  Neque  in  rotundum  attondebitis comam ,  nec  radetis  barbam.
28.  Et  super  mortuo  non  incidetis carnem  vestram,  neque  figuras  aliquas autstigmatafacietis  vobis.  Ego  Dominus.
29.  Ne  prostituas  filiam  tuam,  ne  con- taminetur  terra,  et  impleatur  })iaculo.
30.  Sabbata  mea  custodite,  et  sanctua- rium  meum  metuite.  Ego  Dominus.
31.  Non  déclin etis  ad  magos,  nec  ab ariolis  aliquid  sciscitemini,  ut  polluamini per  eos.  Ego  Dominus  Deus  vester.
32.  Coram  cano  capite  consurge,  et honora  personam  senis  ;  et  time  Domi- num  Deum  tuum.  Ego  sum  Dominus.
33.  Si  habitaverit  advena  in  terra vestra,  et  moratus  fuerit  inter  vos,  non exprobretis  ei  ;
34.  Sed  sit  inter  vos  quasi  indigena,  et diligetis  eum  quasi  vosmetipsos  ;  f  aistis enim  et  vos  advense  in  terra  u35]gypti. Ego  Dominus  Deus  vester.
35.  Nolite  facere  iniquum  aliquid  in
sang  {cum  sanguine),ycY^.  2C*.  Cf.  vu,  26  ;  xvii,  10. —  2»  Contre  les  augures,  yers.  26b.  L'iiébreu peut  se  traduire  ainsi  :  Vous  n'observerez  ni  les serpents  ni  les  nuages  pour  en  tirer  des  augures. Selon  d'autres,  le  second  verbe  {t"ôriénu)  dési- gnerait plutôt  le  mauvais  œil,  ou  sort  jeté  par un  regard,  dont  les  Orientaux  redoutent  si  fort l'inîluence.  —  3°  Dieu  prohibe  une  certaine  coupe des  cheveux  et  de  la  barbe,  vers.  27.  In  rotun- dum... comam  ;  dans  l'hébr.  :  Vous  ne  couperez pas  en  rond  le  coin  de  votre  chevelure.  Héro- dote, m,  8,  raconte  que  les  Arabes,  en  l'honneur de  lei;rs  faux  dieux ,  se  rasaient  les  cheveux  sur les  tempes  et  derrière  la  tête,  de  manière  à  n'en garder  que  sur  le  crâne.  —  Nec...  harham.  Hébr.: Et  tu  ne  raseras  pas  le  coin  de  ta  barbe.  Cou- tume arabe  analogue  à  la  précédente,  et  men- tionnée par  Pline,  Rist.  nat.,  vi,  32.  Cf.  Jer. IX,  26  ;  XXT,  23,  etc.,  et  V Atlas  archéol.,  pi.  cxvi, fig.  12. —  4"  Vers.  28»  :  Super  mortuo  non  inci- detis... Cf.  Dei;t.  XIV,  1;  Jer.  xvi,  6,  etc.  Usa- ge barbare,  qui  était  fréquent  chez  les  anciens peuples  de  l'Orient  (cf.  Hérodote,  rv,  71;  Xéno- l>hr»n,  Cyrop.,  in,  1,  13,  etc.),  et  qui  subsiste Encore  en  Abyssinie,  en  Perse,  etc.  Voy.  V Atlas
archéol.,  pi.  cxv,  fig.  4.  —  5°  Figuras...  aut  sti- gmata,yeïs.  28''.  Proscription  du  tatouage ,  con- stammenu  cher  aux  Orientaux,  et  souvent  associé par  eux  à  l'idolâtrie.  Cf.  Théodoret,  Quœst.  in Lev.  xxviii,  et  VAtl.  archéol.,  pi.  vu,  fig.  1,2, 7,  16-19.  —  6°  Ne  prostituas...  Crime  odieux,  qui profanerait  la  Terre  sainte,  et  attirerait  des  ven- geances toutes  spéciales,  vers.  29.  Il  s'agit  surtout de  la  prostitution  en  l'honneur  de  quelques  idoles infâmes.  Cf.  Deut.  xxiii,  17.  —  7°  Encore  le  sab- bat, et  le  respect  dû  au  sanctuaire,  vers.  30.  — 8°  Prohibition  de  la  magie,  vers.  31.
5°  Quelques  préceptes  sociaux,  vers.  32-37.
32.  Respect  dû  aux  vieillards.  Tous  les  peuples anciens  ont  attaché  à  bon  droit  une  très  grande importance  à  cette  règle.  Ici ,  elle  est  associée  au respect  qu'on  doit  éprouver  pour  Dieu  lui-même  : tim.c  Dominum.
33  -  34.  Sentiments  d'humanité  pour  les  étran- gers. Cf.  Ex.  XXII,  21  ;  XXIII,  9.  Non  seulement ne  pas  les  opprimer  (non  exprobretis...),  mais les  aimer  quasi  vosmetipsos.  Autre  loi  admi- rable.
35-36».  L'équité  dans  les  relations  sociales. — Modius,  sextarius.  L"éfah  (38  lit.  88)  et  sa  dixième
390
Lev.  XIX,  36  —  XX,  5.
judicio,  in  régula,  in  pondère,  in  men- sura.
36.  Statera  justa,  et  œqua  sint  pon- déra, justus  modiiis,  œqimsque  sextarius. Ego  Dominus  Deus  vester,  qui  eduxi  vos de  terra  ^Egypti.
37.  Custodite  omnia  prsecepta  mea,  et universa  judicia,  et  facite  ea.  Ego  Do- minus.
dans  les  jugements,  ni  dans  ce  qui  sert de  règle,  ni  dans  les  poids,  ni  dans  les mesures.
36.  Que  la  balance  soit  juste,  et  les poids  tels  qu'ils  doivent  être  ;  que  le  })ois- seau  soit  juste,  et  que  le  setier  ait  sa mesure.  Je  suis  le  Seigneur  votre  Dieu, qui  vous  ai  tirés  de  l'Egypte.
37.  Gardez  tous  mes  préceptes  et  toutes mes  ordonnances,  et  exécutez-les.  Je  suis le  Sei^rneur.
CHAPITRE  XX
1.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moysen, dicens  :
2.  Hsec  loqueris  iiliis  Israël  :  Homo  de filiis  Israël,  et  de  advenis  qui  habitant in  Israël,  si  quis  dederit  de  semine  suo idolo  Moloch ,  morte  moriatur  ;  populus terne  lapidabit  eum.
3.  Et  ego  ponam  faciem  raeam  contra illum  ;  succidamque  eum  de  medio  po- puli  sui,  eo  quod  dederit  de  semine  suo Moloch,  et  contamina verit  sanctuarium meum ,  ac  polluerit  nomen  sanctum meum.
4,  Quod  si  negligens  populus  terrœ,  et quasi  parvipendens  imperium  meum ,  di- miserit  hominem  qui  dédit  de  semine  suo Moloch,  nec  voluerit  eum  occidere,
5.  Ponam  faciem  meam  super  homi- nem illum,  et  super  cognatiouem  ejus, succidamque  et  ipsum,  et  omnes  qui consenserunt  ei  ut  fornicaretur  eum Moloch,  de  medio  populi  sui.
1.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse, et  lui  dit  :
2.  Vous  direz  ceci  aux  enfants  d'Is- raël :  Si  un  homme  d'entre  les  enfants d'Israël  ou  des  étrangers  qui  demeurent dans  Israël  donne  de  ses  enfants  à l'idole  de  Moloch,  qu'il  soit  puni  de mort,  et  que  le  peuple  du  pays  le  la- pide.
3.  Et  moi  je  tournerai  ma  face  contre cet  homme,  et  je  le  retrancherai  du  mi- lieu de  son  peuple,  parce  qu'il  a  donné de  sa  race  à  Moloch,  qu'il  a  profané mon  sanctuaire,  et  quïl  a  souillé  mon saint  nom.
4.  Que  si  le  peuple  du  pays,  faisant paraître  de  la  négligence  et  comme  du mépris  pour  mon  commandement,  laisse aller  cet  homme  qui  aura  donné  de  ses enfants  à  Moloch,  et  ne  veut  pas  le  mettre à  mort,
5.  Je  tournerai  ma  face  contre  cet homme  et  contre  sa  famille,  et  je  le  re- trancherai du  milieu  de  son  peuple,  lui et  tous  ceux  qui  auront  consenti  à  la  for- nication par  laquelle  il  s'est  prostitué  à Moloch.
partie,  le  hXn  (6  lit.  49),  déjà  cité  plusieurs  fols. Cf.  Ex.  XVI,  36;  XXIX,  40,  etc.,  et  le  Man.  Uhl., t.  I,  n.  188.
36b .  37,  Conclusion  solennelle  do  tout  ce  para- graphe.
§  IV.  —  Châtiments  qui  devront  être  infligés jJOîir  certains  crimes.  XX ,  1-27.
10  Punition  de  l'apostasie ,  vers.  1-8.
Chap.  XX.  —  1-2».  Introduction.
2^-5.  Le  culte  cruel  de  Moloch.  —  Cette  inter- diction s'adresse  non  seulement  aux  Israélites, mais  encore  aux  étrangers  (de  advenis)  qui avaient  un  permis  de  séjour  au  milieu  d'eux.  Sur l'expression  dederit  de  semine  suo,  voy.  la  note
de  xvin,  21.  —  Populus...  lajndahit  eum.  La lapidation  était  alors ,  chez  les  Hébreux,  la  forme la  plus  ordinaire  de  la  peine  capitale.  Elle  con- sistait ù.  assommer  le  coupable  avec  de  grosses pierres,  que  chacun  était  libre  de  jeter  sur  luL —  Et  ego  ponam...  Cf.  xvii,  17.  Le  Seigneur  lui- même  s'associera  au  châtiment  d'un  si  grand crime  (eo  quod  contamtnaverit...).  Et  dans  le cas  où  les  membres  de  la  nation  sainte,  par  suite d'une  négligence  coupable,  n'extirperaient  pas  de leur  sein  l'auteur  du  scandale,  Dieu  se  charge- rait directement  du  soin  de  se  venger  (vers.  4-5). Au  lieu  de  negligens,  l'hébreu  aune  belle  méta- phore :  «  s'ils  se  mettaient  un  voile.  »
19
Lev.  XX,  6-16.
591
6.  Si  lin  liomme  se  détourne  de  moi pour  aller  chercher  les  magiciens  et  les devins,  et  s'abandonne  à  eux  par  une espèce  de  fornication,  je  tournerai  ma face  contre  lui,  et  je  l'exterminerai  du milieu  de  son  peuple.
7.  Sanctifiez  -  vous  et  soyez  saints , parce  que  je  suis  le  Seigneur  votre  Dieu.
8.  Gardez  mes  préceptes,  et  exé- cutez-les. Je  suis  le  Seigneur  qui  vous sanctifie.
9.  Que  celui  qui  aura  maudit  son  père ou  sa  mère  soit  puni  de  mort;  son  sang retombera  sur  lui,  parce  qu'il  a  maudit son  père  ou  sa  mère.
10.  Si  quelqu'un  abuse  de  la  femme d'un  autre,  et  commet  un  adultère  avec la  femme  de  son  prochain ,  que  l'homme adultère  et  la  femme  adultère  meurent tous  deux.
11.  Si  un  homme  abuse  de  sa  belle- mère,  et  viole  à  son  égard  le  respect qu'il  aurait  dû  porter  h  son  père,  qu'ils soient  tous  deux  punis  de  mort  ;  leur  sang retombera  sur  eux.
12.  Si  quelqu'un  abuse  de  sa  belle-fille, qu'ils  meurent  tous  deux ,  parce  qu'ils ont  commis  un  grand  crime  ;  leur  sang retombera  sur  eux.
13.  Si  quelqu'un  abuse  d'un,  homme comme  si  c'était  une  femme,  qu'ils  soient tous  deux  punis  de  mort,  comme  ayant commis  un  crime  exécrable  ;  leur  sang retombera  sur  eux.
14.  Celui  qui,  après  avoir  épousé  la fille ,  épouse  encore  la  mère ,  commet  un crime  énorme  ;  il  sera  brûlé  tout  vif avec  elles,  et  une  action  si  détestable  ne demeurera  pas  impunie  au  milieu  de vous.
15.  Celui  qui  se  sera  corrompu  avec une  bête,  quelle  qu'elle  soit,  sera  puni de  mort;  et  vous  ferez  aussi  mourir  la bête.
16.  La  femme  qui  se  sera  aussi  cor-
6.  Anima,  quse  declinaverit  ad  magos et  ariolos,  et  fornicata  fuerit  cum  eis, ponam  faciem  meam  contra  eam ,  et  in- terficiam  illam  de  medio  populi  sui.
7.  Sanctificamini  et  estote  sancti ,  quia ego  sum  Dominus  Deus  vester.
8.  Custodite  prœcepta  mea,  et  facite ea.  Ego  Dominus  qui  sanctifico  vos.
9.  Qui  maledixerit  patri  suo,  aut  matri, morte  moriatur;  patri  matrique  male- dixit,  sanguis  ejus  sit  super  eum.
10.  Si  mœchatus  quis  fuerit  cum  uxore alterius,  et  adulterium  perpetraverit  cum conjuge  proximi  sui ,  morte  moriantur  et moechus  et  adultéra.  .    '"
11.  Qui  dormierit  cum  noverca  sua,  et revelaverit  ignominiam  patris  sui ,  morte moriantur  ambo  ;  sanguis  eorura  sit  super eos.
12.  Si  quis  dormierit  cum  nuru  sua, uterque  moriatur,  quia  scelus  operati sunt  ;  sanguis  eorum  sit  guper  eos.
13.  Qui  dormierit  cum  masculo  coitu f  emineo ,  uterque  operatus  est  nef  as  ; morte  moriatur  ;  sit  sanguis  eorura  su- per eos.
14.  Qui  supra  uxorem  filiara,  duxerit matrem  ejus,  scelus  operatus  est;  vivus ardebit  cum  eis ,  nec  permanebit  tantum nefas  in  medio  vestri.
15.  Qui  cum  jumento  et  pécore  coierit, morte  moriatur;  pecus  quoque  occidite.
16.  Mulier,  quae  succubuerit  cuilibet
6.  Châtiment  de  ceux  qm  consultaient  les  ma- giciens. —  La  formule  fornicata  fiterit...  est  syno- nyme de  «  polluamini  per  eos  »,  xix,  31,  et  marque une  infidélité  d'Israël  à  rallianco  théocratique.
7-8.  Nécessité  pour  les  Hébreux  de  vivre  dans une  sainteté  spéciale,  étant  unis  à  un  Dieu  si saint.  Cf.  xviu,  4-5;  xix,  2,  etc.
2°  Punition  des  mauvais  fils,  vers.  9.
9.  Qui  maledixerit  patri...  Cf.  Ex.  xxi,  17,  et aussi  Matth.  xv,  14,  où  N.-S.  Jésus  -  Christ  cite ce  passage.  —  Sanguis  ejus...  super  eum.  C.-à-d. que  ce  fils  monstiiieueement  ingrat  sera  seul  res- ponsable de  sa  propre  mort.
3»  runidon  de  l'iuipudicitô,  vers.  10-21.
10.  L'adultère.  Cf.  xvra,  20;  Ex.  xx,  14.  Peine de  mort  pour  les  deux  coupables.
11-12.  L'inceste  avec  une  belle-mère  (11)  ou avec  une  bru  (12).
13.  La  sodomie.  Cf.  xvin,  22.
14.  Épouser  simultanément  une  femme  et  la fille  qu'elle  aura  eue  d'un  premier  mariage.  Cf. xvin,  17,  Un  genre  spécial  de  mort  est  décrété: le  supplice  du  feu,  ardebit...  Cf.  Gren.  xxxviii,  24. Beaucoup  d'interprètes  pensent  que  les  coupables étaient  d'abord  lapidés  ou  étranglés  ;  les  cadavres seuls  auraient  été  brûlés.  Cf.  Jos.  vu,  15,  25.
15-16.  La  bestialité.  Cf.  xvm,  28.
392
Lev.  XX,  17-24.
juraento,  simul  interficietur  cum  eo  ;  san- guis  eomm  sit  super  eos.
17.  Qui  acceperit  sororem  suam,  filiam patris  sui,  vel  tiliam  matris  suae,  et  vide- nt turjntudinem  ejus,  illaque  conspexerit ft-atris  ignominiam ,  nefaiiain  rem  operati surit  ;  occidentur  in  conspectu  populi  sui, eo  quod  turpitudinem  suam  mutuo  reve- laverint,  et  portabunt  iniquitatem  suam.
18.  Qui  coierit  cum  muliere  in  fluxu menstruo,  et  révéla verit  turpitudinem ejus,  ipsaque  aperuerit  fontem  sanguinis sui ,  interficientur  ambo  de  medio  populi sui.
19.  Turpitudinem  materterae  et  amitae tuœ  non  discooperies  ;  qui  hcc  fecerit, ignominiam  carnis  suœ  nudavit;  porta- bunt ambo  iniquitatem  suam.
20.  Qui  coierit  cum  uxore  patrui,  vel avunculi  sui,  et  revelaverit  ignominiam fognationis  suœ,  portabunt  ambo  pecca- tum  suum  ;  absque  liberis  morientur.
21.  Qui  duxerit  uxorem  f  ratris  sui,  rem facit  illicitam,  turpitudinem  f  ratris  sui rovelavit  ;  absque  liberis  erunt.
22.  Custodite  leges  meas ,  atque  judicia, et  facite  ea ,  ne  et  vos  evomat  terra  quam i.itraturi  estis  et  habitaturi.
23.  Nolite  ambulare  in  legitimis  natio- num,  quas  ego  expulsurus  sum  ante  vos. '  )mnia  enim  heec  fecerunt,  et  abominatus i  um  eas.
24.  Vobis  autem  loquor  :  Possidete  ter- ram  eorum,  quam  dabo  vobis  in  heredita- lom,  terram  fluentem  lacté  et  melle.  Ego ])ominus  Deus  vester,  qui  sépara vi  vos  a ccteris  populis.
rompue  avec  une  bête,  quelle  qu'elle  soit, sera  punie  de  mort  avec  la  bete,  et  leur sang  retombera  sur  elles.
17.  Si  un  homme  s'approche  de  sa  sœur qui  est  fille  de  son  père,  ou  fille  de  sa mère,  et  s'il  voit  en  elle,  ou  si  elle  voit en  lui  ce  que  la  pudeur  veut  être  ca- ché, ils  ont  commis  un  crime  énorme; et  ils  seront  tués  devant  le  peuple,  parce qu'ils  ont  découvert  l'un  à  l'autre  ce  qui aurait  dû  les  faire  rougir,  et  ils  porteront la  peine  due  à  leur  iniquité.
18.  Si  un  homme  s'approche  d'une femme  qui  souffre  alors  l'accident  du sexe,  et  découvre  ce  que  l'honnêteté  au- rait dû  cacher,  et  si  la  femme  elle-même se  fait  voir  en  cet  état,  ils  seront  tous deux  exterminés  du  milieu  de  leur  peuple.
19.  Vous  ne  découvrirez  point  ce  qui doit  être  caché  dans  votre  tante  mater- nelle ou  dans  votre  tante  paternelle  ; celui  qui  le  fait  découvre  la  honte  de  sa propre  chair,  et  ils  porteront  tous  deux l'a  peine  de  leur  iniquité.
20.  Si  un  homme  s'approche  de  la Eemme  de  son  oncle  paternel  ou  ma- ternel, et  découvre  ce  qu'il  aurait  dû cacher  par  le  respect  qu'il  doit  à  ses proches ,  ils  porteront  tous  deux  la  peine de  leur  péché,  et  ils  mourront  sans  en- fants.
21.  Si  un  homme  épouse  la  femme  de son  fi-ère,  il  fait  une  chose  que  Dieu défend,  il  découvre  ce  qu'il  devait  ca- cher pour  l'honneur  de  son  frère,  et  ils n'auront  point  d'enfants.
22.  Gardez  mes  lois  et  mes  ordon- nances, et  exécutez -les,  de  peur  que  la terre  où  vous  devez  entrer  et  où  vous devez  demeurer  ne  vous  rejette  aussi avec  horreur  de  son  sein.
23.  Ne  vous  conduisez  point  selon  les lois  et  les  coutumes  des  nations  que  je dois  chasser  de  la  terre  où  je  veux  vous établir.  Car  elles  ont  fait  toutes  ces choses,  et  je  les  ai  eues  en  abomination.
24.  Mais,  pour  vous,  voici  ce  que  je vous  dis  :  Possédez  la  terre  de  ces  peuples, que  je  vous  donnerai  en  héritage,  cette terre  où  coulent  le  lait  et  le  miel.  Je  suis le  Seigneur  votre  Dieu,  qui  vous  ai  sé- parés de  tout  le  reste  des  peuples.
17.  Autre  genre  d'inceste.  Cf.  xviii,  9,  11.
18.  La  cohabitation  au  temps  des  règles.  Cf. ::v,  19;  xviu,  19.
19-21.  Trois  autres  sortes  d'inceste.  Cf.  xvni, 12-14,  16.  On  ne  signale  pas  de  peine  civile  à i.ifliger  pour  ces  cas,  mais  on  menace  les  inces-
tueux des  châtiments  divins  :  portabunt  iniqui- tidem...,  absque  liberis  erunt,
4»  Exhortation  à  la  pratique  de  la  sainteté, vers.  22-26.
22-24.  Dieu  insiste,  comme  au  cliap.  xvm, 24-30,  sur  les  pressants  motifs  qu'ont  les  Hé-
Lev.  XX,  23  —  XXI,  5.
3C3
25.  Séparez  donc  aussi  vous-mêmes  le; bêtes  pures  d'avec  les  impures,  les  oi- seaux purs  d'avec  les  impurs;  ne  souille', point  vos  Ames  en  mangeant  des  bêtts ou  des  oiseaux,  et  de  ce  qui  a  mouve- ment et  vie  sur  la  terre,  que  je  vous  lÀ marqués  comme  impurs.
26.  Vous  serez  mon  peuple  saint,  parco que  je  suis  saint,  moi  qui  suis  le  Sei- gneur, et  que  je  vous  ai  séparés  de  ton  •; les  autres  peuples  afin  que  vous  fussiez particulièrement  à  moi.
27.  Si  un  homme  ou  une  femme  a  un esprit  de  p3'^lhon  ou  un  esprit  de  divi- nation, qu'ils  soient  punis  de  mort;  ils seront  la[)idés,  et  leur  sang  retomberai sur  leurs  têtes.
25.  Separate  ergo  et  vos  jumentuii mundum  ab  immundo,  et  avem  mundai  ■ ab  immunda  ;  ne  i)olluatis  animas  vestra- in  pécore,  et  avibus,  et  cunctis  quœ  mc-- ventur  in  terra,  et  quîe  vobis  ostenc. esse  polluta.
26.  Eritis  mihi  sancti,  quia  sanctur sum  ego  Dominus,  et  sépara vi  vos  a  ce- teris  populis,  ut  essetis  mei.
_  27.  Vir,  sive  mulier,  in  quibus  pytho- nicus,  vel  divinationis  fuerit  spiritus, morte  moriantur  ;  lapidibus  obruent  eos  ; sanguis  eorum  sit  super  illos.
CHAPITRE  XXI
1.  Le  Seigneur  dit  aussi  à  Moïse  : Parlez  aux. prêtres,  enfants  d'Aaron,  et dites-leur  :  Que  le  prêtre  ne  se  rende  pas impur  à  l'occasion  de  la  mort  de  ses concitoyens,
2.  A  moins  que  ce  ne  soit  pour  ceux qui  lui  sont  unis  très  étroitement  par  le sang,  et  qui  sont  les  plus  proches  ;  c'est- à-dire  son  père  et  sa  mère,  son  fils  et  sa fille,  son  frère
3.  Et  sa  sœur  vierge  et  non  encore mariée.
4.  Même  à  la  mort  du  prince  de  son peuple,  il  ne  fera  rien  de  ce  qui  le  peut rendre  impur  selon  la  loi.
5.  Les  prêtres  ne  raseront  point  leurs têtes  ni  leurs  barbes  ;  ils  ne  feront  point d'incisions  dans  leurs  corps.
1.  Dixit  quoque  Dominus  ad  Moysen  : Loquere  ad  sacerdotes  filios  Aaron,  et dices  ad  eos  :  Ne  contaminetur  sacerdo.- in  mortibus  civium  suorum ,
2.  Nisi  tantum  in  consanguineîs ,  ac propinquis,  id  est,  super  pâtre,  et  matre, et  filio,  et  filia,  fratre  quoque,
3.  Et  sorore  virgine,  quse  non  est  nupta viro.
4.  Sed  nec  in  principe  populi  sui  con- taminabitur.
5.  Non  radent   caput,   nec   barbam, neque  in  carnibus  suis  facient  incisuras.
breux  de  vivre  dans  une  sainteté  extraordinaire. Seulement,  à  la  menace  {ve  et  vos  evomat...)  il daigne  ajouter  ici  une  gracieuse  promesse  ipos- sidett  terram...  fluentem...  ;  cf.  Ex.  m,  8,  17; xm,  5;  xxxiii,  3,  etc.).
25  -  26.  Se  séparer  de  tout  ce  qui  est  impur.  — Ne  polluatis...  in  pécore ,  et  avibus...  Sommaire des  lois  relatives  aux  animaux  purs  et  impurs, chap.  XI.
40  Châtiment  des  magiciens,  vers.  27. -    27.  Le  vers.  6  concernait  ceux  qui  allaient  con- sulter les  magiciens;  actuellement  il  s'agit  des magiciens  eux-mêmes.
Sectxcx  II.  —  La  sainteté  a  mésERVER  dans
LE   CULTE   DIVIN'.   XXI,  1  —  XX VII,  34.
5  î.  —  Sainteté  spéciale  des  prêtres.  XXI,  1-24.
1"  Ordonnances  touchant  le  deuil  et  le  mariage des  simples  prêtres,  vers.  1-9.
Chai'.  XXI.  —  1*.  L'introduction  habituelle.  —
Loquere  ad  sacerdotes  :  les  détails  qui  suivent regardent  directement  et  exclusivement  les  prêtres. l*>-6.  Le  deuil  pour  les  morts  est  interdit  aux prêtres,  à  part  de  rares  exceptions.  —  Ne  conta- minetur... in  mortibus...  On  devenait,  en  effet, légalement  impur  non  seulement  par  le  contacr, d'un  cadavre,  mais  même  en  entrant  dans  l'ap- partement ou  dans  la  tente  qui  le  contenait.  Cï. Nura.  v,  2;  vi,  6;  xix,  11,  14.—  In  consangui- neîs, ac  propinquis.  D'après  l'hébreu  :  pour  soîi sang  le  plus  proche.  C.-à-d.,  comme  l'indique rénumération  super  pâtre...,  pour  ceux  qui  lui tenaient  de  ti'ès  près  pai*  les  liens  du  sang,  et qui  formaient  avec  lui  une  seule  et  même  fa- mille (remarquez  le  trait  sorore...  non  nupta). —  Sed  nec  in  principe...  D'après  cette  traduc- tion ,  qui  est  aussi  celle  du  s}-riaque ,  les  prêtre , ne  pouvaient  pas  assister  aux  funérailles,  ni  porter le  deuil  d'un  chef  de  tribu,  ou  d'un  prince  pré- posé à  tout  le  peuple  (voyez  iv,  22,  et  la  note),
394
Lev.  XXI,  6-13.
6.  Sancti  enmt  Deo  suo,  et  non  pol- luent nomen  ejus;  incensiim  enim  Do- mini  ,  et  panes  Dei  sui  offerunt  ;  et  ideo sancti  erunt.
7.  Scortum  et  vile  prostibulum  non ducent  uxorem,  nec  eam  quœ  repudiata est  a  marito  ;  quia  consecrati  sunt  Deo suo,
8.  Et  panes  propositionis  oiïerunt.  Sint ergo  sancti,  quia  et  ego  sanctus  sum, Dominus,  qui  sanctifico  eos.
9.  Sacerdotis  filia  si  depreliensa  f  uerit in  stupro,  et  violaverit  nomen  patris sui ,  flammis  exuretur.
10.  Pontifex,  id  est,  sacerdos  maximus inter  fratres  suos,  super  cujus  caput fusum  est  unctionis  oleum,  et  cujus manus  in  sacerdotio  consecratae  sunt, vestitusque  est  sanctis  vestibus,  caput suum  non  discooperiet,  vestimenta  non scindet,
11.  Et  ad  omnem  mortuum  non  ingre- dietur  omnino  ;  super  pâtre  quoque  suo et  matre  non  contaminabitur.
12.  Nec  egredietur  de  sanctis,  ne polluât  sanctuarium  Domini ,  quia  oleum sanctse  unctionis  Dei  sui  super  eum  est. Ego  Dominus.
1 3.  Virginem  ducet  uxorem  ;
6.  Ils  se  conserveront  saints  pour  leur Dieu,  et  ils  ne  souilleront  point  son  nom; car  ils  présentent  l'encens  du  Seigneur, et  ils  offrent  les  pains  de  leur  Dieu  ;  c'est pourquoi  ils  seront  saints.
7.  Ils  n'épouseront  point  une  femme déshonorée,  ou  qui  ait  été  prostituée  à l'impudicité  publique,  ni  celle  qui  aura été  répudiée  par  son  mari  ;  parce  qu'ils sont  consacrés  à  leur  Dieu ,
8.  Et  qu'ils  offrent  les  pains  qu'on expose  devant  lui.  Qu'ils  soient  donc saints ,  parce  que  je  suis  saint  moi- même,  moi  qui  suis  le  Seigneur  qui  les sanctifie.
9.  Si  la  fille  d'un  prêtre  est  surprise dans  un  crime  contre  son  honneur,  et qu'elle  ait  déshonoré  le  nom  de  son  père, elle  sera  brûlée.
10.  Le  pontife,  c'est-à-dire  celui  qui est  le  grand  prêtre  parmi  ses  frères,  sur la  tête  duquel  l'huile  de  l'onction  a  été répandue,  dont  les  mains  ont  été  consa- crées pour  faire  les  fonctions  du  sacer- doce, et  qui  est  revêtu  des  vêtements saints,  ne  se  découvrira  point  la  tête,  ne déchirera  point  ses  vêtements,
11.  Et  n'ira  jamais  auprès  d'aucun mort,  quel  qu'il  puisse  être.  Il  ne  fera rien  qui  puisse  le  rendre  impur  selon  la loi,  même  à  la  mort  de  son  père  ou  de sa  mère.
12.  Il  ne  sortira  point  non  plus  des lieux  saints,  de  crainte  qu'il  ne  viole  le sanctuaire  du  Seigneur  ;  parce  que  l'huile de  Fonction  sainte  de  son  Dieu  a  été  ré- pandue sur  lui.  Je  suis  le  Seigneur.
13.  Il  prendra  pour  femme  une  vierge.
Les  hébraïsants  modernes  interprètent  ainsi  le texte  :  «  il  ne  se  profanera  pas  même  en  tant  que mari  ;  »  c.-à-d.,  suivant  eux,  qu'un  prêtre  n'avait  pas le  droit  de  participer  aux  funérailles  de  sa  propre femme.  Cela  paraît  être  une  exagération.  Cf.  Ez. XXIV,  16,  où  cette  pi'ohibition  n'a  lieii  que  d'une manière  exceptionnelle. —  Non  radent...  L'hébreu porte,  comme  au  chap.  xix,  vers.  27-28  (voyez le  commentaire)  :  Ils  ne  se  feront  point  de  place chauve  sur  la  tête,  et  ils  ne  raseront  pas  les coins  de  leur  barbe.  Voyez,  Bar.  vi,  31 ,  la  des- cription d'une  scène  de  deuil  parmi  des  prêtres païens.  —  Le  vers.  6  exprime  le  motif  de  tous  ces règlements  :  Sancti  erunt..,  incensum  enim...
7-8.  La  sainteté  des  prêtres  dans  le  mariage. —  Toujours  ù  cause  de  leur  caractère  sacré (sint  ergo  sancti...),  on  leur  impose  quelques limites  bien  légitimes  pour  le  choix  de  leux's femmes.  Au  lieu  de  vile  prostibulum,  lisez,  d'a- près l'hébreu  :  une  femme  déshonorée.
9.  Sainteté  de  la  famille  des  prêtres.  —  Sacer- dotis filia...  Celle  qui  aurait  oublié  à  ce  point  le
respect  qu'elle  doit  à  la  tribu  sacerdotale  devait être  condamnée  au  supplice  du  feu  (  voyez  pour- tant la  note  de  xx,  14).
2°  Instructions  touchant  le  deuil  et  le  mariage du  grand  prêtre,  vers.  10-15.
10-12.  Le  deuil  du  grand  prêtre.  —  Le  texte sacré  commence  par  relever,  en  termes  solennels, la  dignité  du  pontife  suprême  de  la  théocratie Csacerdos  maximus,  son  rôle  proéminent;  super cujus  caput...,  son  onction  toute  spéciale,  men- tionnée encore  au  vers.  12,  cf.  vni,  12  ;  cujus  ma- nus..., ses  fonctions  au  saint  autel;  vestitusque..., ses  ornements  glorieux  )  ;  d'où  il  conclut  qu'en axicun  cas  il  lui  sera  permis  d'approcher  d'un mort  et  d'en  porter  le  deuU,  alors  même  qu'il s'agirait  de  son  père  et  de  sa  môi'e. —  Les  mots nec  egredietur  de  sanctis  ne  doivent  pas  se  prendre d'une  façon  absolue  ;  ils  signiflent ,  d'après  le  con- texte, sortir  pour  assister  à  des  funérailles.
13-15.  Le  mariage  du  grand  prêtre.— Fir<7i. nem...  uxorem ,  et  pas  d'autre  (sordidam  ;  d'après l'hébreu,  une  femme  déshonorée).  Encore  cette
I
Lev.  XXI,  14-24.
'3%
14.  Il  n'épousera  point  une  veuve,  ou une  femme  qui  ait  été  répudiée,  ou  qui ait  été  déshonorée ,  ou  une  infâme  ;  mais il  prendra  une  fille  du  peuple  d'Israël.
15.  Il  ne  mêlera  point  le  sang  de  sa race  avec  une  personne  du  commun  du peuple,  parce  que  je  suis  le  Seigneur  qui le  sanctifie.
16.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse, et  lui  dit  :
17.  Dites  ceci  à  Aaron  :  Si  un  homme d'entre  les  familles  de  votre  race  a  une tache  sur  le  corps,  il  n'offiira  point  les pains  à  son  Dieu,
18.  Et  il  ne  s'approchera  point  du  mi- nistère de  son  autel  :  s'il  est  aveugle,  s'il est  boiteux,  s'il  a  le  nez  ou  trop  petit, ou  trop  grand ,  ou  tordu ,
19.  S'il  a  une  fractm-e  au  pied  ou  à la  main,
20.  S'il  est  bossu,  s'il  est  chassieux, s'il  a  une  taie  sur  l'œil,  s'il  a  une  gale qui  ne  le  quitte  point,  ou  une  dartre  ré- pandue sur  le  corps ,  ou  une  hernie.
21.  Tout  homme  de  la  race  du  prêtre Aaron  qui  aura  quelque  tache  ne  s'ap- prochera point  pour  offrir  des  victimes au  Seigneur  ou  des  pains  à  son  Dieu.
22.  Il  mangera  néanmoins  des  pains qui  sont  offerts  dans  le  sanctuaire  ;
23.  Mais  de  telle  sorte  qu'il  n'entre point  au  dedans  du  voile,  et  qu'il  ne s'approche  point  de  l'autel,  parce  qu'il  a une  tache ,  et  qu'il  ne  doit  point  souiller mon  sanctuaire.  Je  suis  le  Seigneur  qui les  sanctifie.
24.  Moïse  dit  donc  à  Aaron,  à  ses  fils et  à  tout  Israël,  tout  ce  qui  lui  avait  été commandé.
14.  Viduam  autem  et  repudiatam,  et sordidam,  atque  meretricem  non  acci- piet,  sedpuellam  de  populo  suo,
15.  Ne  commisceat  stirpem  generis sui  vulgo  gentis  suœ  ;  quia  ego  Domînus qui  sanctifico  eum.
16.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moy- sen ,  dicens  :
17.  Loquere  ad  Aaron  :  Homo  de  se- mine  tuo  per  familias  qui  habuerit  ma- culam ,  non  offeret  panes  Deo  suo ,
18.  Nec  accedet  ad  ministerium  ejus  : si  csecus  fuerit,  si  claudus,  si  parvo  vel grandi  vel  torto  naso ,
19.  Si  fracto  pede,  si  manu,
20.  Si  gibbus,  si  lippus,  si  albugihem habens  in  oculo,  si  jugem  scabiem,  si impetiginem  in  corpore,  vel  herniosus.
21.  Omnis  qui  habuerit  maculam  de semine  Aaron  sacerdotis,  non  accedet offerre  hostias  Domino,  nec  panes  Deo suo  ;
22.  Vescetur  tamen  panibus  qui  offe- runtur  in  sanctuario.
23.  Ita  duntaxat,  ut  intra  vélum  non ingrediatur,  nec  accédât  ad  altare,  quia maculam  habet,  et  contaminare  non débet  sanctuarium  meum.  Ego  Dominus qui  sanctifico  eos.
24.  Locutus  est  ergo  Moyses  ad  Aaron, et  ad  filios  ejus,  et  ad  omnem  Israël, cuncta  quse  f  uerant  sibi  imperata.
vierge  cTevra-t-elle  être  de  populo  suo,  par  con- séquent de  la  race  sainte  ;  tandis  qn'il  était  per- mis aux  simples  prêtres  d'épouser  une  étrangère, pourvu  qu'elle  se  fût  convertie  au  vi-ai  Dieu.  — Ne  commisceat...  Toute  autre  alliance  aurait  plus ou  moins  profané  un  sang  qui  était  regardé comme  des  plus  purs  en  Israël.
3°  Défauts  corporels  qui  rendaient  incapable d'exercer  les  fonctions  du  sacerdoce,  vers.  16-24.
16-18».  Courte  introduction  (vers.  16)  et  prin- cipe général  (  17  - 18»).  —  Qui,  habuerit  maculam (hébr. :  m,um,  [J-to[j.o?  du  gi'ec,  un  vice  coi'porel) non  offeret...  Les  païens  aussi  exigeaient  que  leurs prêtres  fussent  o).ciy.Ar,po:,  ou  «  integri  corporis».
18''-20.  Liste  dos  défauts  qui  créaient  cette incapacité.  L'hébreu  cite  douze  cas  spéciaux  : 1°  la  cécité,  totale  ou  partielle;  2°  la  claudica- tion ;  3°  l'absence  d'un  organe,  spécialement  d'un organe  du  visage,  ou  sa  mutilation  (Ijarum; LXX  :  y.oÀooôppiv  ;  Vulg.  :  parvo  vaso)',  4«>  un organe  superflu,  tel  qu'un  sixième  doigt  au  pied
ou  à  la  main  (sarua' ;  Yu[g.:vel  grandi  vel  torto naso)  ;  5°  une  fracture  à  la  jambe  ;  6»  une  frac- ture au  bras  ;  7»  une  bosse  ;  8°  une  atrophie  des membres  (  hébr.  :  daq  ;  Vulg.  :  lippus  )  ;  S»  une tache  à  l'œil;  10»  la  gale;  11°  une  dartre  (Vulg.: impetiginem  in  corpore)  ',  12°  les  testicules  écra- sés (Vulg.  :  herniosus).
21-23.  Ceux  qui  étaient  atteints  de  ces  divers défauts  jouissaient  néanmoins  dans  une  certaine mesure  des  privilèges  sacerdotaux.  —  Vescetur... panihus...  Ils  avaient  le  droit  de  prendre  leur part  des  oblations  même  les  plus  sacrées,  réser- vées pour  l'usage  exclusif  des  prêtres.  Cf.  ii,  3; VI,  16, 18.  —  Motif  pour  lequel  ils  étaient  exclus du  service  actif  :  maculam  habet,  et  contami- nare... Toujours  de  hautes  idées,  ou  plutôt  des tj'pes  grandioses  relevant  d'humbles  détails.
24.  Moïse  transmet  les  ordres  de  Dieu  aux prêtres  et  au  peuple.  Cette  note  semble  se  rap-
i   ])orter  à  tous  les  détails  mentionnés  à  partir  du
i   chap.  XVII.  Cf.  XVI,  34.  .
396
Lev.  XXII,  1-7.
CHAPITRE  XXII
1.  Locutus  quoque  est  Dominus  ad Moysen,  dicens  :
2.  Loquere  ad  Aaron  et  ad  filios  ejus , ut  caveant  ab  his  quse  consecrata  sunt filiorum  Israël,  et  non  contaminent  no- men  sanctificatorum  mihi,  quse  ipsi  offe- runt.  Ego  Dominus.
3.  Die  ad  eos,  et  ad  posteros  eorum  : Omnis  homo,  qui  accesserit  de  stirpe vestra  ad  ea  quae  consecrata  sunt,  et  quae obtulerunt  filii  Israël  Domino ,  in  quo  est immunditia,  peribit  coram  Domino.  Ego sum  Dominus.
4.  Homo  de  semine  Aaron,  qui  fuerit leprosus,  aut  patiens  fluxum  seminis, non  vescetur  de  his  quse  sanctificata  sunt mihi,  donec  sanetur.  Qui  tetigerit  im- mundum  super  mortuo,  et  ex  quo  egre- ditur  semen  quasi  coitus ,
5.  Et  qui  tangit  reptile,  et  quodlibet immundum,  eu  jus  tactus  est  sordidus,
6.  Immundus  erit  usque  ad  vesperum , et  non  vescetur  his  quae  sanctificata  sunt  ; sed  cum  laverit  carnem  suam  aqua,
7.  Et  occubuerit  sol,  tune  mundatus vescetur  de  sanctificatis ,  quia  cibus  illius est.
1.  Le  Seigneur  parla  aussi  à  Moïse,  et lui  dit  :
2.  Parlez  ù,  Aaron  et  à  ses  fils,  afin qu'ils  ne  touchent  pas  en  certains  cas aux  oblations  sacrées  des  enfants  d'Is- raël ,  pour  ne  pas  vsouiller  ce  qu'ils  m'of- frent, et  qui  m'est  consacré.  Je  suis  le Seigneur.
3.  Dites-leur  ceci  pour  eux  et  pour  leur postérité  :  Tout  homme  de  votre  race  qui, étant  devenu  impur,  s'approchera  des choses  qui  auront  été  consacrées ,  et  que les  enfants  d'Israël  auront  offertes  au Seigneur,  périra  devant  le  Seigneur.  Je suis  le  Seigneur.
4.  Tout  homme  de  la  race  d'Aaron qui  sera  lépreux  ou  qui  souffrira  de  go- norrhée  ne  mangera  point  des  choses qui  m'ont  été  sanctifiées,  jusqu'à  ce  qu'il soit  guéri.  Celui  qui  touchera  un  homme devenu  impur  pour  avoir  touché  à  un mort,  ou  à  un  homme  auquel  il  sera  sur- venu un  accident  nocturne,
5.  Ou  qui  touchera  ce  qui  rampe  sur la  terre ,  et  généralement  tout  ce  qui  est impur,  et  que  Ton  ne  peut  toucher  sans être  souillé ,
6.  Sera  impur  jusqu'au  soir,  et  il  ne mangera  point  des  choses  qui  auront  été sanctifiées  ;  mais  après  qu'il  se  sera  lavé le  corps  dans  l'eau,
7.  Et  que  le  soleil  sera  couché ,  alors , étant  purifié ,  il  mangera  des  choses sanctifiées ,  parce  que  c'est  sa  nourri- ture.
5 II, —  De  la  manducation  des  viandes  consacrées  ; qualités  des  victimes.  XXII,  1-33.
1"  Manducation  des  viandes  consacrées,  vers. 1-16.
Chap.  XXII.  —  1  -  2.  Petite  introduction.  — Loquere...  ut  caveant...  Hébr.  :  de  se  tenir  éloi- gnés ;  par  conséquent ,  de  s'abstenir.  Même  aux prêtres  il  n'était  pas  toujours  permis  de  consom- mer les  oblations  saintes. —  Quce  consecrata  sunt. Le  mot  qadosim  désigne  la  part  d'Aaron  et  de  ses fils  dans  toute  sorte  de  sacrifices  ou  d'offrandes  : pains  de  proposition,  farine,  huile,  chairs  des  vic- times, etc.
3.  Règle  générale  :  aucun  prêtre  devenu  léga- lement impur  ne  pourra ,  sans  s'exposer  à  un  très grave  châtiment  (peribit...),  manger  de  ces  mets gacrés.  —  Qui  accesserit...,  dans  l'intention  de  les consommer,  comme  il  est  dit  explicitement  aux vers.  4,  6,  12.
4-9.  Application  détaillée  de  la  règle  générale.
—  Première  catégorie  (vers.  4»)  :  deux  impuretés chroniques,  la  lèpre  et  la  gonorrhéo.  Cf.  xiii,  2, et  XV,  2.  Tant  que  durait  ce  double  état  d'im- pureté, non  vescetur.  —  Deuxième  catégorie, comprenant  quatre  souillures  passagères  (vers. 4^-5)  :  toucher  un  objet  rendu  impur  par  le contact  d'un  mort  (immundum  super  mortuo), éprouver  un  accident  nocturne  (  ex  quo  egredi- tur...;  cf.  XV,  16),  toucher  un  reptile  impur  (re- ptile dans  le  sens  large  du  séres  hébreu;  cf.  xi, 29 ,  31 ,  43  ;  XX ,  25),  toucher  enfin  n'importe  quel objet  légalement  immonde  (  au  lieu  de  quodlibet immundu'ïn,  l'hébreu  porte  :  un  homme  atteint d'une  impureté  quelconque).  Dans  ces  divers  cas, la  manducation  des  offrandes  sacrées  n'était  in- terdite aux  prêtres  que  jusqu'au  soir;  une  ablu- tion leur  restituait  alors  la  pureté  légale,  et  ils recouvraient  tous  leurs  droits  (cibus  illius  est).
—  Morlicinum   et  captum...   Prescription  déjîi
Lev.  XXIT,  8-16.
397
8.  Les  enfants  d'Aaron  ne  mangeroii! point  d'une  bête  qui  est  morte  d'elle- même,  ou  qui  aura  été  prise  ])ar  une autre  bête,  et  ils  ne  se  souilleront  point par  ces  viandes.  Je  suis  le  Seigneur.
9.  Qu'ils  gardent  jnes  préce})tes,  afin qu'ils  ne  tombent  point  dans  le  péché,  et qu'ils  ne  meurent  point  dans  le  sanctuaire après  qu'ils  l'auront  souillé.  Je  suis  le Seigneur  qui  les  sanctifie.
10.  Nul  étranger  ne  mangera  des choses  sanctifiées;  celui  qui  est  venu  du dehors  demeurer  avec  le  prêtre ,  ou  le mercenaire  qui  est  chez  lui,  n'en  man- gera point.
11.  Mais  celui  que  le  prêtre  aura acheté,  ou  qui  sera  né  dans  sa  maison d'un  esclave  qui  est  à  lui,  en  mangera.
12.  Si  la  fille  d'un  prêtre  épouse  un homme  du  peuple,  elle  ne  mangera  point des  choses  qui  auront  été  sanctifiées,  ni des  prémices;
13.  Mais  si,  étant  veuve  ou  répudiée, et  sans  enfants,  elle  retourne  ù,  la  maison de  son  père,  elle  mangera  des  viande- dont  mange  son  père,  comme  elle  le faisait  étant  jeune  fille.  Nui  étrange:' n'aura  le  droit  de  manger  de  ces  viandes.
14.  Celui  qui  aura  mangé  sans  le  sa- voir des  choses  qui  ont  été  sanctifiées ajoutera  une  cinquième  partie  à  ce  qu'il a  mangé ,  et  il  donnera  le  tout  au  prêtre pour  le  sanctuaire.
15.  Que  les  hommes  ne  profanent  point ce  qui  aura  été  sanctifié  et  offert  au  Sei- gneur par  les  enfants  d'Israël,
16.  De  peur  qu'ils  ne  portent  la  peine
8.  Morticinum  et  captum  a  bestia  nan comedeut,  nec  poUuentur  in  eis.Ego  sum Dominus.
9.  Cnstodiant  prsecepta  mea,  ut  non subjaceant  })eccato,  et  moriantur  in sanctuario,  cum  polluerint  illud.  Ego Dominus  qui  sanctifico  eos.
10.  Omnis  alienigena  non  comedet  de sanctificatis,  inquilinus  sacerdotis  et mercenarius  non  vescentur  ex  eis  ;
11.  Quem  autera  sacerdos  emerit,  et qui  vernaculus  domus  ejus  fuerit,  hi comedent  ex  eis.
12.  Si  filia  sacerdotis  cuilibet  ex  populo nupta  fuerit,  de  his  quse  sanctificata sunt,  et  de  primitiis  non  vescetur  ;
13.  Sin  autem  vidua,  vel  repudiata,  et absque  liberis  reversa  fuerit  ad  domum patris  sui,  sicut  pnella  consueverat,  ale- tur  cibis  patris  sui.  Omnis  alienigena comedendi  ex  eis  non  habet  potestatem.
14.  Qui  comederit  de  sanctificatis  per ignorantiam,  addet  quintam  partem  cum eo  quod  comedit,  et  dabit  sacerdoti  in sanctuarium.
15.  Nec  contaminabunt  sanctificata filiorum   Israël,   quae   oiïerunt  Domino,
16.  Ne   forte   sustineant  iniquitatem
imposée  à  tout  le  peuple  (xi,  39;  xvii,  15;  Ex XXII,  31),  et  renouvelée  ici  à  l'adresse  de  la  f..- mille  sacerdotale,  avec  un  «  a  fortiori  »  mani- feste. —  Custodiant...  (vers.  9).  GraA-e  avertisse- ment, pour  assurer  l'exécution  de  ces  règle- ments.
10-13».  En  dehors  des  prêtres  et  de  leur  fa- mille ,  personne  ne  peut  se  nourrir  de  ces  aliments consacrés.  —  Alieyilgena.  C.-à-d.,  el'après  le  con- texte, quiconque,  fût-il  Israélite,  n'est  pas  membre de  la  famille  d'Aaron.  —  Inquilinus  sacerdotis et  mercenarius...  Un  hôte  et  un  mercenaire,  quel que  soit  le  temps  qu'on  les  garde  auprès  de  soi, n'appartiennent  pas  à  la  maison ,  à  la  famille  ; et  c'est  là  le  principe.  Au  contraire,  un  esclave fait  partie  de  la  maison  (quem...  emerit,  à  l'état adulte  ;  vernaculus ,  l'esclave  né  chez  son  maître  ; cf.  Gen.  XVII,  12-13).  Évidemment,  dans  tout  cet alinéa  (10-16),  les  mets  en  question  ne  sont  pas le  «  sanctum  sanctorum  »  (voyez  vi ,  16-18,  et le  commentaire),  que  les  prêtres  seuls  pouvaient consommer,  et  seulement  dans  l'enceinte  du  ta-
bernacle, mais  le  «  sanctum  »,  ou  les  chairs  des victimes  pacifiques.  —  Si  filia  sacerdotis...  (ver?. 12-13).  Petit  cas  intéressant,  et  résolu  d'après  le principe  qui  vient  d'être  cité.  Mariée  à  un  Israé- lite ordinaire  (cuilibet  ex  populo'),  une  fille  de prêtre  a  cessé  d'appartenir  à  la  tribu  de  Lévi  : donc,  non  vescetur.  Devenue  veuve,  ou  répu- diée, et  n'aj'ant  pas  d'enfants,  elle  recouvre,  en rentrant  dans  la  maison  de  son  père,  ses  privi- lèges de  pnella;  par  conséquent,  aletur  ciils patris.
13*'-14.  Après  avoir  répété  la  règle  omnis  alie- nigena..., le  Législateur  impose  une  pénitence  h l'étranger  qui  aurait  mangé  par  mégarde  (per  igno rantiam)  de  ces  saints  aliments. —  Addet  quintam partem...  La  cinquième  partie  en  sus  de  la  valeur du  mets  dont  on  aura  privé  les  prêtres.  Amende semblable  à  celle  qui  accompagnait  les  sacrifices pour  le  délit.  Cf.  v,  14.
15-16.  Encore  un  grave  avertissement,  q,ui  rap- pelle les  vers.  2  -  3.
19*
398
Lev.  XXII,  17-24.
delicti  sui ,  cum  sanctificata  comederint. Ego  Dominus  qui  sanctifico  eos.
17.  Locutiisque  est  Dominus  ad  Moy- sen,  dicens  :
18.  Loquere  ad  Aaron  et  filios  ejus  et ad  omues  filios  Israël,  dicesque  ad  eos  : Homo  de  domo  Israël,  et  de  advenis  qui habitant  apud  vos,  qui  obtulerit  obla- tionem  suam,  vel  vota  solvens,  vel  sponte oiïerens,  quidquid  illud  obtulerit  in  holo- caustum  Domini,
19.  Ut  oiïeraturper  vos,  masculus  im- maculatus  erit  ex  bobus,  et  ovibus,  et  ex capris.
20.  Si  maculam  habuerit ,  non  ofËeretis, neque  erit  aceeptabile.
21.  Homo  qui  obtulerit  victimam  pa- cificorum  Domino,  vel  vota  solvens,  vel sponte  ofïerens,  tam  de  bobus  quam  de ovibus,  iramaculatum  ofïeret,  ut  acee- ptabile sit  ;  omnis  macula  non  erit  in  eo.
22.  Si  caecum  fuerit,  si  fractum,  si cicatricem  liabens,  si  papulas,  aut  sca- biem,  aut  impetiginem,  non  ofïeretis  ea Domino,  nec  adolebitis  ex  eis  super  ai- tare  Domini.
23.  Bovem  et  ovem,  aure  et  cauda amputatis,voluntarie  ofEerre  potes,  votum autem  ex  eis  solvi  non  potest.
24.  Omne  animal,  quod  vel  contritis. Tel  tusis,  vel  sectis  ablatisque  testiculis
de  leur  péché,  lorsqu'ils  auront  mangé les  choses  sanctifiées.  Je  suis  le  Seigneur qui  les  sanctifie.
17.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse, et  lui  dit  :
18.  Parlez  à  Aaron,  à  ses  fils  et  à tous  les  enfants  d'Israël,  et  dites -leur  : Si  un  homme  de  la  maison  d'Israël,  ou des  étrangers  qui  habitent  parmi  vous, présente  son  oblation,  ou  en  rendant  ses vœux,  ou  en  faisant  une  offrande  volon- taire, quoi  que  ce  soit  qu'il  offre  pour  être présenté  par  les  prêtres  en  holocauste  au Seigneur,
19.  Si  son  oblation  est  de  bœufs,  ou de  brebis ,  ou  de  chè^Tes ,  il  faut  que  ce soit  un  mâle  sans  tache.
20.  S'il  a  une  tache,  vous  ne  l'offrirez point ,  et  il  ne  sera  point  agréable  au  Sei- gneur.
21.  Si  un  homme  offre  au  Seigneur une  victime  pacifique,  ou  en  rendant  ses vœux,  ou  en  faisant  une  offrande  volon- taire, soit  de  bœufs,  soit  de  brebis,  ce qu'il  offrira  sera  sans  tache,  afin  qu'il soit  agréable  au  Seigneur;  il  n'y  aura aucune  tache  dans  ce  qu'il  offrira.
22.  Si  c'est  une  bête  aveugle,  ou  qui ait  quelque  membre  rompu,  ou  une  ci- catrice en  quelque  partie,  ou  des  pustules, ou  la  gale,  ou  une  dartre,  vous  n'offrirez point  des  bêtes  de  cette  sorte  au  Seigneur, et  vous  n'en  ferez  rien  brûler  sur  l'autel du  Seigneur.
23.  Vous  pouvez  offrir  volontairement un  bœuf  ou  une  brebis  dont  on  aura coupé  une  oreille  ou  la  queue,  mais  on ne  peut  pas  s'en  servir  pour  s'acquitter d'un  vœu.
24.  Vous  n'offi'irez  au  Seigneur  nul animal  qui  aura  les  testicules  ou  froissés.
2»  Qualités  des  victimes  destinées  aux  sacri- fices ,  vers.  17  -  30.
17 -18».  Transition.  Dieu  s'adresse  simultané- ment aux  sacrificateurs  (ad  Aaron...  et  filios...) et  aux  donataires  ;  les  uns  et  les  autres  devaient veiller  au  strict  accomplissement  de  ces  saintes ordonnances.
18i>-20.  Animaux  destinés  à  l'holocauste.  — Homo  de...  Israël,  et  de  advenis;  car  les  sacri- fices des  étrangers  étaient  parfois  reçus.  Cf.  xvi, 29;  Ex.  XX,  10,  etc.  —  Sui-  la  distinction  vel vota...,  vel  sponte,  voyez  vii,  16,  et  le  commen- taire. —  Pour  l'holocauste,  trois  conditions  sont prescrites  ;  elles  concernent  :  le  sexe  de  l'animal, masculinus;  la  qualité,  immaculaius  (hébreu  : famim)  ;  l'espèce,  ex  bobus...  (le  gros  ou  le  menu bétail).  Cf.  I,  3,  10.
21-25.  Animaux  destinés  aux  sacrifices  paci-
fiques. Cf.  III ,  1 ,  6.  —  Deux  conditions  seulement, relatives  à  l'espèce  (tam  de  bohus...)  et  à  la  qua- lité des  victimes. —  Le  vers.  22  énumère  quelques- uns  des  défauts  qui  rendaient  un  animal  impropre au  sacrifice  :  la  cécité,  la  fracture  d'un  membre, une  blessure  (cicatricem...),  un  ulcère  purulent (papulas),  la  gale,  quelque  sorte  de  dartre.  Voy. la  liste  analogue  de  xxi,  18-19, —  Bovem  et  ovem (vers.  23)...  Par  tolérance.  Dieu  accepte,  pour  cer- tains sacrifices  d'un  ordre  inférieur  (voluntarie offerre;  cf.  vu,  16),  des  victimes  légèrement  im- parfaites. Dans  l'hébreu,  au  lieu  des  mots  aure et  cauda,  nous  retrouvons  les  adjectifs  is'rua'^  et qalut,  qui  ont  été  expliqués  plus  haut,  xxi,  18. —  Animal  quod...  (vers.  24).  Suite  de  l'énuméra- tion  commencée  au  vers.  22.  Les  mots  contritis, tusis...  représentent  les  divers  procédés  employés par  les  anciens  pour  émasculer  le  bétail.  —  A  cette
Lev.  XXII,  25-33.
309
ou  écrasés,  on  coupés,  ou  arrachés;  et gardez-vous  absolumeut  de  faire  cela  en votre  pays.
25.  Vous  n'offrirez  point  à  votre  Dieu des  pains  de  la  main  d'un  étranger,  ni quelque  autre  chose  que  ce  soit  qu'il voudra  donner  ;  parce  que  tous  ces  dons sont  corrompus  et  souillés,  et  vous  ne  les recevrez  point,
26.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse, et  lui  dit  :
27.  Lorsqu'un  veau,  ou  une  brebis,  ou une  chè\Te  seront  nés,  ils  demeureront sept  jours  àtetersous  leurs  mères;  mais, le  huitième  jour  et  les  jours  d'après,  ils pourront  être  offerts  au  Seigneur.
28.  On  n'offrira  point  en  un  même jour,  ou  la  vache,  ou  la  brebis  avec  leurs petits.
29.  Si  vous  immolez  pour  actions  de grâces  une  victime  au  Seigneur,  afin  qu'il puisse  vous  être  favorable ,
30.  Vous  la  mangerez  le  même  jour,  et il  n'en  demeurera  rien  jusqu'au  matin  du jour  suivant.  Je  suis  le  Seigneur.
31.  Gardez  mes  commandements  et exécutez-les.  Je  suis  le  Seigneur.
32.  Xe  souillez  point  mon  nom  qui  est saint,  afin  que  je  sois  sanctifié  au  milieu des  enfants  d'Israël.  Je  suis  le  Seigneur qui  vous  sanctifie,
33.  Et  qui  vous  ai  tirés  de  l'Egypte pour  être  votre  Dieu.  Je  suis  le  Sei- gneur.
est,  non  offeretis   Domino;  et  in  terra vestra  hoc  omnino  ne  faciatis.
25.  De  manu  alienigenœ  non  offeretis panes  Deo  vestro,  et  quidquid  aliud  dare voluerit,  quia  corrupta  et  maculata  sunt omnia  ;  non  suscipietis  ea.
26.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moy- sen,  dicens  :
27.  Bos,  ovis,  et  capra,  cum  genita fuerint,  septem  diebus  erunt  sub  ubere matris  suas;  die  autem  octavo,  et  dein- ceps  offerri  poterunt  Domino.
28.  Sive  illa  bos ,  sive  ovis ,  non  immo- labuntur  una  die  cum  fetibus  suis.
29.  Si  immolaveritis  hostiam  pro  gra- tiarum  actione  Domino,  ut  possit  esse placabilis,
30.  Eodem  die  comedetis  eam  :  non remanebit  quidquam  in  mane  alterius diei.  Ego  Dominus.
31.  Custodite  mandata  mea,  et  facite ea.  Ego  Dominus.
32.  Ne  poUuatis  nomen  meum  san- ctum,  ut  sanctificer  in  medio  fib'orum Israël.  Ego  Dominus  qui  sanctifico  vos,
33.  Et  eduxi  de  terra  ^g^q^ti ,  ut  essem vobis  in  Deum.  Ego  Dominus.
occasion,  la  castration  des  animaux  est  complè- tement interdite  aux  Israélites  :  hoc  omnino  ne faciatis;  du  moins  les  Juifs  ont  ainsi  compris ces  dernières  paroles ,  quoique  d'autres  interprètes les  regardent  comme  sjTionTanes  de  non  offeretis Domino.  —  De  manu  alienigenœ...  (vers.  25). A  première  rue ,  cette  ordonnance  semblerait contredire  celle  du  vers.  18,  qui  permettait  aux étrangers  d'ofh'ir  des  sacrifices  ;  mais  là  il  était question  d"tiolocaustes,  et  il  s'agit  ici  d'autres  sortes d'oblations  (ixines...  et  quidquid...).  De  plus,  le texte  primitif  distingue  entre  le  gêr  (vers.  18) ou  étranger  ayant  un  pennis  de  séjour,  et  le  bèn- vékar  ou  alienigena ,  qui  n'avait  aucune  relation d'intimité  arec  les  Israélites  ;  et  c'est  de  ce  der- nier seulement  que  l'on  doit  rejeter  les  offrandes. Au  reste,  l'hébreu  fournit  un  sens  très  claii*,  qui enlève  toute  difficulté  :  De  la  main  d'un  étranger TOUS  n'offrirez  point  le  pain  de  Totre  Dieu  d'au- cune de  ces  sortes  d'animaux,  car  leur  corrup- tion est  en  eux,  leur  tache  est  en  eux,  etc.  Par pain  de  rieu,  il  faut  donc  entendre  toutes  le»
victimes  capables  de  lui  être  présentées,  et  l'on généralise  dans  ce  verset,  avec  une  application spéciale  aux  étrangers ,  ce  qui  a  été  prescrit  au- térieui-ement  par  rapport  aux  animaux  entachés de  quelque  défaut.
26-30.  Trois  autres  règles  touchant  les  sacri- fices. —  Après  une  nouvelle  transition  (vers.  26), nous  trouvons  la  première  de  ces  règles,  vers.  27  : pour  l'immolation  d'un  quadrupède,  attendre  huit jours  au  moins  après  sa  naissance.  Jusque-là  il n'était  pas  considéi'é  comme  ayant  une  vie  dis- tincte et  personnelle.  —  Deuxième  règle,  vers.  28  : défense  d'immoler  en  un  même  jour  une  mère et  son  petit.  Trait  délicat ,  qui  rappelle  Es.  xxm, 19.  Cf.  Dent.  XXTT,  6-7. —  Troisième  règle,  vers. 29-30  :  manger  promptemeut  la  chair  des  vic- times d'action  de  grâces.  Cf.  vn,  15  ;  xix,  6.
3°  Exhortation  à  l'obéissance  et  à  la  sainteté, vers.  31-33.
31-33.  C'est  ime  grave  conclusion  du  paragi-aphe. Cf.  xvni,  29;  iix,37.
400
Lev.  XXIII,  1-8.
CHAPITRE  XXIII
1.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moysen, dicens  :
2.  Loquere  filiis  Israël,  et  dices  ad" eos  :  HiB  sunt  f eriae  Domini ,  quas  voca- bitis  sanctas.
3.  Sex  diebus  facietis  opus  ;  dies  se- ptimus,  quia  sabbati  requies  est,  voca- bitiir  sanctiis  ;  omne  opus  non  facietis  in eo  ;  sabbatum  Domini  est  in  cunctis  ha- bitationibus  vestris.
4.  Hae  sunt  ergo  feriae  Domini  sanctse, quas  celebrare  debetis  temporibus  suis  :
5.  Mense  primo,  quartadecima  die mensis  ad  vesperum ,  Phase  Domini  est  ;
6.  Et  quintadecima  die  mensis  hujus , solemnitas  azymorum  Domini  est.  Septem diebus  azyma  comedetis.
7.  Dies  primus  erit  vobis  celeberrimus, sanctusque;  omne  opus  servilenon  facie- tis in  eo  ;
8.  Sed  ofïeretis  sacrificium  in  igné  Do- mino septem  diebus.  Diesautemseptimus erit  celebrior  et  sanctior,  nullumque servile  opus  facietis  in  eo.
1.  Le  Seigneur  parla  de  nouveau  à
Moïse,  et  lui  dit  :
2.  Parlez  aux  enfants  d'Israël,  et  dites- leur  :  Voici  les  fêtes  du  Seigneur  que vous  appellerez  saintes.
3.  Vous  travaillerez  pendant  six  jours  ; le  septième  s'appellera  saint,  parce  que c'est  le  repos  du  sabbat.  Vous  ne  ferez ce  jour -là  aucun  ouvrage;  car  c'est  le sabbat  du  Seigneur,  qui  doit  être  observé partout  où  vous  demeurerez.
4.  Voici  donc  les  fêtes  du  Seigneur qui  seront  saintes,  que  vous  devez  célé- brer chacune  en  son  temps  :
5.  Au  premier  mois,  le  quatorzième jour  du  mois,  sur  le  soir,  c'est  la  Pâque du  Seigneur  ;
6.  Et  le  quinzième  jour  du  même  mois, c'est  la  fête  solennelle  des  azymes  du Seigneur.  Vous  mangerez  des  pains  sans levain  pendant  sept  jours.
7.  Le  premier  jour  vous  sera  le  plus célèbre  et  le  'plus  saint  :  vous  ne  ferez  en ce  jour-là  aucune  œuvre  servile  ;
8.  Mais  vous  offrirez  au  Seigneur  pen- dant sept  jours  un  sacrifice  qui  se  consu- mera par  le  feu.  Le  septième  jour  sera plus  célèbre  et  plus  saint  que  les  autres  ; vous  ne  ferez  en  ce  jour-là  aucune  œuvre servile.
§  III.  —  La  sanctification  du  sabhat  et  des  fêtes. XXIII,  1-44.
1"  Célébration  du  sabbat ,  vers.  1-3.
Chap.  XXIII.  —  1-2«.  Introduction  générale à  tout  ce  passage. —  R<s...  ferice  (mo'adim;  lit- téral.: temps  déterminés.  Cf.  Gen.  i,  14)  Do77imi... Dans  l'hébreu  :  «  Voici  les  fêtes  de  Jéhovah,  que vous  proclamerez  comme  des  convocations  saintes (c. -à-d.  comme  dos  jours  de  saintes  réunions). Voici  mes  fêtes  !  »  C'est  ce  texte  qui  donna  lieu  ù, l'usage  juif  d'annoncer  les  fêtes  ù.  son  de  trompe.
3.  L'observation  du  sabbat.  Cf.  Ex.  xxiii, 12;  xxxiv,  21-23;  Nura.  xxviii,  9  et  ss.  Cette solennité  hebdoraadaii-e  est  signalée  en  premier lieu ,  parce  qu'elle  était  un  des  principaux  signes de  l'alliance  théocratlque.  —  Sabbatum  Domini. Son  jour  propre,  qui  marquait  son  repos  après la  création.  Cf.  Gen.  ii,  2-3.
2°  La  fcte  de  Pâque,  vers.  4-14.
4.  Introduction  si)éciale  aux  fêtes  proprement dites.  —  Au  lieu  de  cslebrare,  l'hébreu  a  de  nou- veau :  proclamer.
5-8.  Quelques  détails  sur  la  célébration  de  la Pâque.  C'est  un  résumé  rapide,  basé  sur  Ex.  xii.
6,  11,  15-20.  —  1°  La  date,  5-0»  :  le  14  nisan au  soir  (dans  l'hébr.  :  entre  les  deux  soirs  ;  voy. Ex.  XII,  6,  et  la  note).  —  2o  La  durée,  6*>  : septem  diebus,  jusqu'au  soir  du  21  nisan.  — 3°  L'exclusion  du  pain  fermenté,  durant  toute cette  octave,  vers.  6  :  solemnitas  azymorum...; azyma  comedetis. —  4«  Cai'actère  pai'ticulièi'ement solennel  du  premier  et  du  septième  jour,  vers. 7-8.  On  les  chômait,  quoique  moins  rigoui'euse- ment  que  le  sabbat,  ainsi  qu'il  ressort  des  expres- sions mômes  de  la  di\  ine  ordonnance  :  ornne  ojms servile  non  facietis  (vers.  7  ;  cf.  vers.  8),  tandis qu'il  est  dit  du  sabbat  :  «  onme  opus  non  facie- tis »  (vers.  3).  Ainsi  donc,  le  repos  subbalique  ne tolérait  pas  la  moindre  m'iâ'kah  (littéral.  :  occu- pation), telle  qu'allumer  le  feu,  préparer  les repas.  Cf.  Ex.  xx,  10;  xxxr,  14,  etc.  Aux  autres jours  chômés  (vers.  7,  8, 21,  25,  35,  46),  les  œuvres api)clécs  servilcs  {m'ié^ket  'abudah)  étaient  seules prohibées  ;  et  on  désignait  par  ce  nom  les  tra- vaux manuels  proprement  dits.  Cf.  Ex.  xxxv,  24; xxxvi,  l.etc— 5"  Des  sacrifices  spéciaux  (vers. 8: offeretis  sacrificium),  qui  seront  énumérés  au  livre des  Nombres,  xxviii,  19-24.
Lev.  XXIIl,  9-16.
401
9.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse , et  lui  dit  :
10.  Parlez  aux  enfants  d'Israël,  et dites -leur  :  Lorsque  vous  serez  entrés dans  la  terre  que  je  vous  donnerai,  et que  vous  moissonnerez  le  blé ,  vous  por- terez au  prêtre  une  gerbe  d'épis,  comme les  prémices  de  votre  moisson  ;
11.  Et,  le  lendemain  du  sabbat,  le prêtre  élèvera  devant  le  Seigneur  cette gerbe,  afin  que  le  Seigneur  vous  soit  fa- vorable en  la  recevant,  et  il  la  consa- crera au  Seigneur.
12.  Le  même  jour  que  cette  gerbe  sera consacrée,  on  immolera  au  Seigneur  un holocauste  d'un  agneau  sans  tache,  âgé d'un  an.
13.  On  présentera  pour  oiïrande,  avec l'agneau,  deux  dixièmes  de  pure  farine mêlés  avec  l'huile,  comme  un  encens d'une  odeur  très  agréable  au  Seigneur  ; on  présentera  aussi,  pour  offrande  de  vin, la  quatrième  partie  de  la  mesure  appelée hin.
14.  Vous  ne  mangerez  point  ni  pain, ni  bouillie,  ni  farine  desséchée  des  grains nouveaux ,  jusqu'au  jour  où  vous  offrirez les  prémices  à  votre  Dieu.  Cette  loi  sera éternellement  observée  de  race  en  race, dans  tous  les  lieux  où  vous  demeure- rez.
15.  Vous  compterez  donc,  depuis  le lendemain  du  sabbat  où  vous  aurez  of- fert la  gerbe  des  prémices,  sept  semaines pleines ,
16.  Jusqu'au  lendemain  du  jour  où  la septième  semaine  sera  accomplie,  c'est- à-dire  cinquante  jours  ;  et  vous  offrirez au  Seigneur  comme  un  sacrifice  nouveau.
9.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moysen, dicens  :
10.  Loquere  filiis  Israël,  et  dices  ad eos  :  Cum  ingressi  fueritis  terram  quam ego  dabo  vobis,  et  messueritis  segetem, feretis  manipulos  spicarum,  primitias messis  vestrae ,  ad  sacerdotem ,
11.  Qui  elevabit  fasciculum  coram  Do- mino, ut  acceptabile  sit  pro  vobis,  altero die  sabbati,  et  sanctificabit  illum.
12.  Atque  in  eodem  die  quo  manipulus consecratur,  csedetur  agnus  imraaculatus anniculus  in  holocaustum  Domini.
13.  Et  libamenta  ofîerentur  cum  eo, duse  decimae  similse  conspersae  oleo  in incensum  Domini,  odoremque  suavissi- mum  ;  liba  quoque  vini,  quarta  pars hin.
14.  Panem ,  et  polentam ,  et  pultes  non comedetis  ex  segete ,  usque  ad  diem  qua offeretis  ex  ea  Deo  vestro.  Prœceptum est  sempiternum  in  generationibus ,  cun- ctisque  habitaculis  vestris.
15.  Numerabitis  ergo  ab  altero  die sabbati,  in  quo  obtulistis  manipulum primitiarum ,  septem  hebdomadas  plenas,
16.  Usque  ad  alteram  diem  expletionis hebdomadse  septimae,  id  est,  quinqua- ginta  dies  ;  et  sic  oÉeretis  sacrificium novuin  Domino
9-14,  La  première  gerbe  de  la  moisson.  — Locutusque...  Transition  (9-10»)  à  cette  intéres- sante cérémonie,  surajoutée  alors  par  Dieu  aux rites  de  la  Pâque  primitive.  —  Les  vers.  10*>-11 exposent  la  manière  dont  avait  lieu  l'offrande  de la  première  gerbe  de  chaque  moisson  annuelle (l'hébreu  a  «  manipulum  »  au  singulier).  Le  prêtre agitait  (au  lieu  de  elevabit)  devant  le  tabernacle, pour  les  consacrer  au  Seigneur,  ces  prémices  de la  moisson.  Cf.  vu,  30,  et  le  commentaire.  La date  altero  die  sabbati  désigne,  d'après  l'inter- prétation commune,  le  lendemain  du  jour  le  plus solennel  de  la  Pâque,  appelé  c(  sabbat  »  dans  le sens  large  (cf.  vers.  32),  par  conséquent  le  16  nisan. D'autres,  mais  moins  bien,  prennent  ces  mots tout  à  fait  à  la  lettre ,  et  les  appliquent  au  sabbat de  l'octave  pascale.  —  Atque  in  eodem  die...,  vers. 12-13.  Sacrifices  qui  accompagnaient  l'offrande de  la  gerbe.  —  Panem  et  polentam...,  vers.  14. Avant  ce  rite  expi*essif ,  qui  consacrait  à  Dieu toute  la  récolte  de  l'anuéc,  il  était  absolument
interdit  de  manger  du  grain  nouveau,  sous  au- cune des  trois  formes  les  plus  usitées  en  Orient  ; «  pain,  grains  grillés,  épis  verts  »  (cf.  ii,  14).  — Voyez,  au  livre  de  Josué,  v,  11,  le  premier  ac- complissement de  cette  prescription.
30  La  Pentecôte,  vers.  15-22.
15-16.  La  date  de  la  fête.  —  Ici,  pas  de  for- mule spéciale  de  transition  (cf.  vers.  23,  '26,  oô), à  cause  de  l'étroite  union  qui  existe  enti'e  la  fixa- tion de  cette  date  et  l'offrande  de  la  première gerbe  :  numerabitis...  ab  altero  die  sabbati.  — Septem  hebdomadas:  une  semaine  de  semaines, ou  quarante  -  neuf  jours.  —  Usque  ad  alteram diem...  Ce  qui  faisait  cinquante  jours;  et  de  là vient  précisément  le  nom  de  Pentecôte  (Tisvrr,- vcovxa  =  cinquante  ) ,  quoiqu'il  soit  d'origine  re- lativement récente,  et  qu'il  apparaisse  pour  la première  fois  dans  la  Bible  au  livre  de  Tobie,  11,  1. Cf.  II  Mach.  XII,  32;  Act.  ir,  1,  etc.  Le  Penta- teuque  emploie  trois  autres  dénominations  :  la fête  des  semaines,  Ex.  xxxiv,  12;  Deut.  xvi,  10  ;
402
Lev.  XXIII,  17-25.
17.  Ex  omnibus  habitaculis  vestris, panes  primitiarum  duos  de  duabus  de- cimis  similœ  fermentatse,  quos  coquetis in  primitias  Domini  ;
18.  Oiïeretisque  cum  panibus  septem agnos  immaculatos  anniculos,  et  vitulum de  armento  unum,  et  arietes  duos,  et erunt  in  holocaustum  cura  libamentis suis,  in  odorem  suavissimum  Domino.
19.  Facietis  et  hircum  pro  peccato, duosque  agnos  anniculos  bostias  pacifico- rum;
20.  Cumque  elevaverit  eos  sacerdos cum  panibus  primitiarum  coram  Do- mino ,  cèdent  in  usum  ejus.
21.  Et  vocabitis  hune  diem  celeberri- mum,  atque  sanctissimum  ;  omne  opus servile  non  facietis  in  eo.  Legitimum sempiternum  erit  in  cunctis  habitaculis et  generationibus  vestris.
22.  Postquam  autem  messueritis  sege- tem  terr£E  vestrse,  non  secabitis  eam  usque ad  solum  ;  nec  rémanentes  spicas  collige- tis ,  sed  pauperibus  et  peregrinis  dimitte- tis  eas.  Ego  sum  Dominus  Deus  vester.
2.3.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moy- sen,  dicens  :
24.  Loquere  filiis  Israël  :  Mense  se- ptimo,  prima  die  mensis,  erit  vobis  sab- batum ,  memoriale ,  clangentibus  tubis  ; et  vocabitur  sanctum.
25.  Omne  opus  servile  non  facietis  in eo,  et  offeretis  holocaustum  Domino.
17.  De  tous  les  lieux  où  vous  demeu- rerez, deux  pains  de  prémices,  de  deux dixièmes  de  pure  farine  avec  du  levain, que  vous  ferez  cuire  pour  être  les  pré- mices du  Seigneur  ;
18.  Et  vous  offrirez  avec  les  pains  sept agneaux  sans  tache ,  âgés  d'un  an ,  et  un veau  pris  du  troupeau  et  deux  béhers qui  seront  offerts  en  holocauste  avec  les offrandes  de  liqueur,  comme  un  sacrifice d'une  odeur  très  agréable  au  Seigneur.
19.  Vous  offrirez  aussi  un  bouc  pour le  péché  et  deux  agneaux  d'un  an  comme hosties  pacifiques  ;
20.  Et  lorsque  le  prêtre  les  aura  éle- vés devant  le  Seigneur  avec  les  pains des  prémices,  ils  lui  appartiendront.
21.  Vous  appellerez  ce  jour-là  très  cé- lèbre et  très  saint  ;  vous  ne  ferez  aucune œuvre  servile  en  ce  jour.  Cette  ordon- nance sera  observée  éternellement  dans tous  les  lieux  où  vous  demeurerez ,  et  dans toute  votre  postérité.
22.  Quand  vous  moissonnerez  les  ré- coltes de  votre  terre ,  vous  ne  les  coupe- rez point  jusqu'au  pied,  et  vous  ne  rar masserez  point  les  épis  qui  seront  restés, mais  vous  les  laisserez  pour  les  pauvres et  les  étrangers.  Je  suis  le  Seigneur  votre Dieu.
23.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse, et  lui  dit  :
24.  Dites  ceci  aux  enfants  d'Israël  : Au  premier  jour  du  septième  mois,  vous célébrerez  par  le  son  des  trompettes  un sabbat,  pom*  servir  de  mémorial,  et  il sera  appelé  saint.
25.  Vous  ne  ferez  en  ce  jour-là  aucune œuvre  servile ,  et  vous  offrirez  un  holo- causte au  Seigneur.
la  fête  de  la  moisson,  Ex.  xxm,  16;  le  jour  des premiers  fruits,  Num.  xxviii,  26.
17-20.  Les  oftrandes  du  peuple  à  Jéhovali. — Celle  que  mentionne  le  vers.  17  est  propre  à  cette solennité  :  panes  primitiarum  duos...  D'après l'hébreu  :  deux  pains  à  agiter  ;  c.-à-d.  à  présenter au  Seigneur  d'après  un  rite  spécial ,  plusieurs  fois mentionné.  C'étaient  des  pains  ordinaires ,  levés (similce  fermentatce)  ;  aussi  ne  formaient  -  ils  pas un  sacrifice  proprement  dit  (cf.  ii,  11)  :  on  ne  les brûlait  pas  sur  l'autel ,  mais  les  prêtres  les  con- sommaient. —  Ta  primitias...  Le  Dieu -roi  avait reçu  les  prémices  des  gerbes  (vers.  10-14);  il  exi- geait pareillement  celles  du  grain  moulu.  —  Les autres  offrandes  du  jour  de  la  Pentecôte  consis- taient en  sacrifices  proprement  dits  (vers.  18-20)  : holocauste,  18;  victime  poui*  le  péché,  19»;  sa- crifices pacifiques,  IQ''.
2L.  Grandeur  periiétuelle  et  importance  de  la
fête. —  Eunc  diem,  car  elle  ne  durait  qu'un  jour. La  Pentecôte  n'avait  pas  d'octave,  comme  la  Pàque et  la  fête  des  Tabernacles.  —  Omne  opus  servile. Voir  la  note  du  vers.  7.
22.  Promulgation  nouvelle  de  la  loi  relative  au droit  des  pauvi'es.  Cf.  xix,  9-10.  Cette  prescrip- tion est  fort  bien  rattachée  à  la  solennité  qui couronnait  chaque  année  la  moisson.
40  La  fête  des  Trompettes,  vers.  23-25.
23-24».  Introduction  et  transition.
24'»- 25.  La  législation  relative  à  la  fête.  Cf. Num.  XIX,  1.  —  La  date  est  nettement  fixée  : Tïiense  septimo,  priina  die;  donc,  le  premier  jour de  l'année  civile  des  Hébreux  (  1«'  tischri  ;  ef . Ex.  XII,  2,  et  le  commentaire),  le  llosch  ha- schânah,  comme  disent  encore  les  Juifs. —  Erit... sabhatum  :  une  fête  chômée.  —  Memoriale.  D'a- près les  rabbins,  en  souvenir  de  la  création.  — Clangentibus  tubis.  Le  texte  original  ne  men-
Lev.  XXIII,  26-36.
403
26.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse, et  lui  dit  :
27.  Le  dixième  jour  de  ce  septième mois  sera  le  jour  des  expiations  ;  il  sera très  solennel,  et  il  s'appellera  saint  ; vous  affligerez  vos  âmes  en  ce  jour-là, et  vous  offrirez  un  holocauste  au  Sei- gneur.
28.  Vous  ne  ferez  aucune  œuvre  ser- vile  dans  tout  ce  jour,  parce  que  c'esi; un  jour  de  propitiation ,  afin  que  le  Sei- gneur votre  Dieu  vous  devienne  favo- rable.
29.  Tout  homme  qui  ne  se  sera  point affligé  en  ce  jour-là  périra  du  milieu  de son  peuple.
30.  J'exterminerai  encore  du  milieu de  son  peuple  celui  qui  en  ce  jour  fera quelque  ouvi-age.
31.  Vous  ne  ferez  donc  aucun  ouvrage en  ce  jour- là;  et  cette  ordonnance  sera éternellement  observée  dans  toute  votre postérité  et  dans  tous  les  lieux  où  vous demeurerez.
32.  Ce  jour-là  vous  sera  un  repos  de sabbat,  et  vous  affligerez  vos  âmes  le neu\'ième  jour  du  mois.  Vous  célébre- rez vos  fêtes  d'un  soir  jusqu'à  un  autre soir.
33.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse , et  lui  dit  :
34.  Dites  ceci  aux  enfants  d'Israël  : A  partir  du  quinzième  jour  de  ce  sep- tième mois,  la  fête  des  tabernacles  se célébrera  en  l'honneur  du  Seigneur  pen- dant sept  jours.
35.  Le  premier  jour  sera  très  solennel et  très  saint  ;  vous  ne  ferez  aucune  œuvre servile  en  ce  jour-là.
36.  Et  vous  offrirez  au  Seigneur  des
26.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moy- sen,  dicens  :
27.  Decimo  die  mensis  hujus  septimi, dies  expiationum  erit  celeberrimus ,  et vocabitur  sanctus  ;  affligetisque  animas vestras  in  eo,  et  offeretis  holocaustum Domino.
28.  Omne  opus  servile  non  facietis  in tempore  diei  hujus,  quia  dies  propitia- tionis  est,  ut  propitietur  vobis  Dominus Deus  vester.
29.  Omnis  anima,  quse  afflicta  non fuerit  die  hac,  peribit  de  populis  suis  ;
30.  Et  quœ  operis  quippiam  fecerit, delebo  eam  de  populo  suo.
31.  Nihil  ergo  operis  facietis  in  eo; legitimum  sempiternum  erit  vobis  in cunctis  generationibus  et  habitationibus
vestris.
32.  Sabbatum  requietionis  est,  et  affli- getis  animas  vestras  die  nono  mensis  ;  a vespera  usque  ad  vesperam  celebrabitis sabbata  vestra.
33.  Et  locutus  est  Dominus  ad  Moj^sen, dicens  :
34.  Loquere  filiis  Israël  :  A  quintode- cimo  die  mensis  hujus  septimi,  erunt ferias  tabernaculorum  septem  diebus  Do- mino.
35.  Dies  primus  vocabitur  celeberrimus atque  sanctissimus  ;  omne  opus  servile non  facietis  in  eo.
36.  Et  septem  diebus  offeretis  holo-
tionne  pas  les  trompettes  en  propres  termes  ; mais  l'expression  qu'il  emploie,  Ifrua',  sert  d'or- dinaire ù  désigner  le  bruit  produit  par  ces  ins- truments. CL  XXV,  9  :  t'rua'  sôfar.  En  outre,  la fête  était  réellement  annoncée  dans  toute  la  Pa- lestine par  des  sonneries  de  trompette  ;  usage qui  a  persévéré  dans  les  synagogues.  Voyez Stauben , /Scènes  de  la  vie  juive  en  Alsace,  Paris, 1860,  pp.  147  etss.
5"  La  fête  de  l'Expiation,  vers.  26-32.
26.  Transition.  Sur  cette  solennité,  voyez  aussi lo  chap.  XVI,  et  Num.  xxix,  7-11.
27-32.  Les  rites  de  la  fête.  Quelques  détails seulement,  le  principal  ayant  été  marqué  au chap.  xvx. —  1"  La  date  :  encore  le  septième  mois,  de la  soirée  du  9  à  celle  du  10  (vers.  32).  —  2»  Le nom  :  dies  expiationum.  Hébr.  :  Yôm  hakkippurim. —  3»  Exercices  de  pénitence  :  affligeas  animas... Le  Législateur  insiste  sur  ce  point  (cf.  vers.  29 ,
32).  —  4°  Sacrifice  à  offrir  :  liolocaustum.  Num. xxrx,  8-11,  les  victimes  seront  spécifiées.  — 6°  Abstention  de  toute  œuvre  servile,  vers.  28, 30,  Zl,  32  :  autre  point  sur  lequel  on  insiste.
6°  La  fête  des  Tabernacles,  vers.  33-44.
33  -  34».  Introduction.
34^-36.  Les  ordonnances  relatives  à  la  fête. — La  date  et  la  dui'ée  :  de  nouveau  le  mois  de tiscbri,  à  partir  du  15  jusqu'au  soir  du  22;  car cette  solennité  durait  exceptionnellement  huit jours  entiers.  Cf.  vers.  36.  —  Le  nom  hébreu  était Tiag  hassukkot,  littéralement  :  fête  des  Cabanes (voyez  la  note  du  vers.  42).  —  Les  principaux rites  à  obsei'ver  étaient,  pour  le  premier  jour  et le  huitième,  un  chômage  semblable  à  celui  des autres  fêtes ,  et  l'oblation  de  divers  sacrifices  (cf. Num.  XXIX,  12-38).  —  Au  vers.  36,  qui  concerne surtout  le  huitième  jour,  les  mots  cœtus  atque cûUectcQ  traduisent  imparfaitement  l'iiébr.  'a§érei,
404
Lev.  XXIII,  37-43.
causta  Domino  ;  dies  quoque  octavus  erit celeberrimus  atque  sanctissimus,  et  of£e- retis  holocaustum  Domino;  est  enim  cœtus atque  collectaî  ;  omne  opus  servile  non facietis  in  eo.
37.  Hœ  sunt  ferise  Domini,  quas  voca- bitis  celeberrimas  atque  sanctissimas  ; oiïeretisque  in  eis  oblationes  Domino, holocausta  et  libamenta  juxta  ritum uniuscujusque  diei  ;
38.  Exceptis  sabbatis  Domini,  donis- que  vestris,  et  quse  offeretis  ex  voto,  vel quse  sponte  tribuetis  Domino.
39.  A  quintodecimo  ergo  die  mensir. septimi ,  quando  congregaveritis  omne  - fructus  terrée  vestrse,  celebrabitis  ferias Domini  septem  diebus  ;  die  primo  et  di(j octavo  erit  sabbatum ,  id  est  requies.
40.  Sumetisque  vobis  die  primo  fi'uctus arboris  pulcherrimœ,  spatulasqiie  palma- rum,  et  ramos  ligni  densarum  frondium. et  salices  de  torrente,  et  laetabimini coram  Domino  Deo  vestro,
41.  Celebrabitisque  solemnitatem  ejup. septem  diebus  per  annum  ;  legitimum sempiternum  erit  in  generationibus  ves- tris. Mense  septimo  f esta  celebrabitis ,
42.  Et  habitabitis  in  umbraculis  septem diebus  ;  omnis  qui  de  génère  est  Israël manebit  in  tabernaculis ,
43.  Ut  discant  posteri  vestri ,  quod  in tabernaculis  liabitare f ecerim  filios  Israël,
holocaustes  pendant  les  sept  jours.  Le huitième  sera  aussi  très  solennel  et  très saint,  et  vous  offrirez  au  Seigneur  un holocauste,  car  c'est  le  jour  d'une  as- semblée sainte;  vous  ne  ferez  aucune œuvre  servile  pendant  ce  jour.
37.  Ce  sont -là  les  fêtes  du  Seigneur, que  vous  appellerez  très  solennelles  et très  saintes;  et  vous  y  offrirez  au  Sei- gneur des  oblations,  des  holocaustes  et des  offrandes  de  liqueurs,  selon  la  céré- monie de  chaque  jour,
38.  Outre  les  sacrifices  des  autres  sab- bats du  Seigneur,  et  les  dons  que  vous lui  présenterez,  ce  que  vous  offrirez  pai- voeu ,  ou  ce  que  vous  donnerez  volontai- rement au  Seigneur.
39.  Ainsi,  depuis  le  quinzième  jour du  septième  mois,  lorsque  vous  aurez recueilli  tous  les  fruits  de  votre  terre, vous  célébrerez  une  fête  en  l'honneur du  Seigneur  pendant  sept  jours;  le  pre- mier jour  et  le  huitième  vous  seront  dej jours  de  sabbat,  c'est-à-dire  de  repos.
40.  Vous  prendrez  au  premier  jour  des fruits  d'un  très  bel  arbre,  des  branches de  palmier,  des  rameaux  d'arbres  touffus, et  des  saules  de  rivière;  vous  vous  ré- jouirez devant  le  Seigneur  votre  Dieu ,
41.  Et  vous  célébrerez  chaque  année cette  fête  solennelle  pendant  sept  jours  ; cette  ordonnance  sera  observée  éternel- lement dans  toute  votre  postérité.  Vous célébrerez  cette  fête  au  septième  mois,
42.  Et  vous  demeurerez  sous  des  tente  . de  feuillage  pendant  sept  jours  ;  tout homme  qui  est  de  la  race  d'Israël  de- meurera sous  les  tentes,
43.  Afin  que  vos  descendants  appren- nent que  j'ai  fait  demeurer  les  enfants
qui  signifie  «  conclusion  »  (Josèphe  l'a  conservô sous  la  forme  légèrement  hellénisée  'AcapOâ). S.  Jean,  vu,  37,  fait  une  allusion  manifeste  ù ce  grand  iour.  Voyez  notre  commentaire,  Paris, 1886.  p.  158.
37-38.  Conclusion  anticipée,  qui  comprend  les cinq  solennités  décrites  à  partir  du  vers.  4.  — Exceptis  sabhatis,  C.-à-d.,  d'après  le  contexte,  le sacrifice  à  offrir  aux  jours  de  sabbat.
39-43.  Autres  ordonnances  supplémentaires touchant  la  fête  des  Tabernacles. —  Quando  con- gregaveritis... En  Orient,  vers  la  mi -octobre, lorsque  a  lieu  cette  solennité ,  les  récoltes  sont  en effet  complètement  terminées.  —  Sumetis...  vobis (vere.  40)...  Premier  rite  spécial  et  complémen- taire. Les  Jructus  arboris  pidcherrimce  (hébr.  : p'ri 'es  hadar)  ne  sont  autres,  d'après  la  tradi- tion juive,  que  les  fruits  du  citroimier.  On  ignore 6i  un  arbre  spécial  est  désigné  par  ligni  densa-
rum frondium  (hébr.  :  'es  'âbot)  ;  il  vaut  proba- blement mieux  laisser  à  l'expression  son  sens  le; plus  large.  Les  coutumes  qui  ont  persévéré  en Israël  jusqu'à  notre  époque  nous  aident  à  expli- quer ce  passage.  Pendant  la  fête  des  Tabernacles, les  Juifs  ont  à  la  main  gauche  un  citron  ou  uro orange,  tandis  que  leur  main  droite  porte  et agite  xm  bouquet  dit  loidab,  composé  d'une palme,  de  branches  de  saule,  de  myrte,  etc.  Voy. VAtl.  archéol.,  pi.  cviii,  flg,  3.  Comp.  Jos.,  Ant. III,  10,  4;  xni,  13, 15,  etc.  —  Lcetabimini.  Grand contraste  avec  le  Yôm  Mppour,  vers.  27  -  32.  — Autre  rite  spécial  complémentaire ,  vers.  42-43  : habitabitis  in  umbraculis.  En  hébreu  :  sukkot , nom  des  cabanes  de  feuillage,  de  branchages.  Cf. Job,  xxxviii,  40  ;  Jon.  iv,  5.  Néhémie,  viii,  15-16, a  sur  ce  point  quelques  détails  pleins  d'intérêt. Voyez  aussi  Stauben,  Scènes  de  la  vie  juive  en Alsace,  pp.  170  et  ss.,  et  l'Atlas  archéol.,  pi.  ci,
Lev.  XXIII,  44  —  XXIV,  8.
405
d'Israël  sous  des  tentes,  lorsque  je  les  ai tirés  de  l'Egypte,  moi  qui  suis  le  Sei- gneur votre  Dieu.
44.    Moïse    })arla    donc    aux    enfants d'Israël  touchant  les  fêtes  solennelles  du
Seigneur.
cum  educerem  eos  de  terra  -^gypti.  Ego Dorainus  Deus  vester.
44.  Locutusque  est  Moyses  super  so- lemnitatibus  Domini  ad  filios  Israël.
CHAPITRE  XXIV
1.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse, et  lui  dit  :
2.  Ordonnez  aux  enfants  d'Israël  de vous  apporter  de  l'huile  d'olive  très  pure et  très  claire,  pour  en  faire  toujours brûler  dans  les  lampes,
3.  Hors  du  voile  du  témoignage,  dans le  tabernacle  de  l'alliance.  Aaron  les  dis- posera devant  le  Seigneur  ^o«r*  qu'elles y  soient  depuis  le  soir  jusqu'au  matin  ; et  cette  cérémonie  s'observera  par  un culte  perpétuel  dans  toute  votre  posté- rité.
4.  Les  lampes  se  mettront  toujours sur  le  candélabre  très  pur  devant  le  Sei- gneur.
5.  Vous  prendrez  aussi  de  la  pure  fa- rine, et  vous  en  ferez  cuire  douze  pains, qui  seront  chacun  de  deux  dixièmes  de farine  ;
6.  Et  vous  les  exposerez  sur  la  table très  pure  devant  le  Seigneur,  six  d'un côté  et  six  de  l'autre.
7.  Vous  mettrez  dessus  de  l'encens très  pur,  afin  que  ce  pain  soit  un  monu- ment de  l'oblation  faite  au  Seigneur.
8.  Ces  pains  seront  changés  à  chaque
1.  Et  locutus  est  Dominus  ad  Moysen, dicens  :
2.  Prœcipe  filiis  Israël ,  ut  aiïerant  tibi oleum  de  olivis  purissimum,  ac  lucidura, ad  concinnandas  lucernas  jugiter,
3.  Extra  vélum  testimonii  in  taberna- culo  fœderis.  Ponetque  eas  Aaron  a  ve- spere  usque  ad  mane  coram  Domino, cultu  rituque  perpetuo  in  generationibus vestris.
4.  Super  candelabrum  mundissimum ponentur  semper  in  conspectu  Domini.
5.  Accipies  quoque  similam,  et  coques ex  ea  duodecim  panes,  qui  singuli  babe- bunt  duas  décimas  ;
6.  Quorum  senos  altrinsecus  super mensam  purissimam  coram  Domino  sta- tues ;
7.  Et  pones  super  eos  thus  lucidissi- mum,  ut  sit  panis  in  monimentum  obla- tionis  Domini.
8.  Per    sincrula  sabbata  mutabuntur
flg.  1.  —  Le  but  de  la  fête  et  de  ce  second  rite est  marque  au  vers.  43  :  ut  discant  posteri... 44.  Conclusion  générale  du  paragraphe.
§  IV.  —  L'huile  du  candélabre  et  les  pains  do proposition;  châtiment  des  blasphémateurs et  peine  du  talion.  XXIV,  1-23.
1°  L'huile  destinée  à  alimenter  les  lampes  du chandelier  h  sept  branches ,  vers.  1-4.
Chap.  XXIV.  —  1-4.  Après  l'introduction  ac- coutumée (vers.  1),  nous  lisons,  répétées  presque mot  pour  mot,  les  instructions  que  le  Seigneur avait  autrefois  données  sur  ce  même  point.  Cf. Ex.  xxvn,  20-21.  —  Prcecipe...  ut  afferant... Ainsi  offerte  par  tout  le  peuple,  l'huile  qui  se consumait  perpétuellement  dans  les  lampes  le figurait  lui-même  priant  sans  cesse  devant  son Dieu.  —  Super  candelabrum.  Cf.  Ex.  xxv,  31-39, et  le  commentaire.  L'épithète  mundissimum  se rapporte  vraisemblablement  à  l'or  très  pur  qui formait  la  matière  du  candélabre.  —  Sur  l'exé-
cution de  la  présente  loi,  voyez  Num.  vin,  1-4.
2°  Les  pains  de  proposition,  vers.  5-9.
5-7.  Préparation  de  ces  pains,  et  leur  arran- gement sur  la  table.  —  Duodecim  panes.  En hébr.:  hallot,  des  gâteaux.  Voyez  la  note  de  ii,  4. Les  «  pains  de  face  »,  c.-à-d.  mis  en  la  présence divine,  comme  ils  sont  appelés  ailleurs.  Cf.  Ex. XXV,  30  ;  XXXV,  13  ;  xxxix,  36.  Leur  volume  était strictement  déterminé  :  singuli...  duas  décimas, ou  deux  dixièmes  d'éphah,  c.-à-d.  deux  fois 3  lit.  88.  On  croit  qu'ils  étaient  sans  levain.  — Quorum  senos  altrinsecus...  De  manièi'e  à  for- mer deux  piles ,  d'après  l'opinion  la  plus  probable (voyez  VAtl.  archéol.,  pi.  crv,  flg.  3,  6);  selon d'autres,  sur  deux  rangées  parallèles,  mises  à  plat sur  la  table.  —  Mensam...  Voj'ez  Ex.  xxv,  23-30, et  l'explication.  —  Super  eos  thus.  Sur  chaque pile,  dans  une  petite  coupe  d'or.  Voy.  Josèphe, Ant.  III,  10,  7,  et  VAtl.  archéol.,  pi.  civ,  flg.  5, 7,  12.  Les  LXX  ajoutent  :  «  et  du  sel.  »
8-9.  Le  renouvellement    des    pains    et  leur
403
Lev.  XXIV,  9-16.
coram   Domino   suscepti  a  filiis   Israël f  œdere  sempiterno  ;
9.  Eruntque  Aaron  et  filîorum  ejus,  ut comedant  eos  in  loco  sancto,  quia  sanctum sanctorum  est  de  sacriticiis  Domini  jure perpétue.
10.  Ecce  autem  egressus  filius  mulieris israelitidis,  quem  pepererat  de  viro  segy- ptio  inter  filios  Israël,  jurgatus  est  in castris  cum  viro  israelita  ;
11.  Cumque  blasphemasset  nomen ,  et maledixisset  ei ,  adductus  est  ad  Moysen. (Vocabatur  autem  mater  ejus  Salumith, èlia  Dabri  de  tribu  Dan.)
12.  Miseruntque  eum  in  carcerem, donec  nossent  quid  juberet  Dominus.
13.  Qui  locutus  est  ad  Moysen,
14.  Dicens  :  Educ  blasphemum  extra castra,  et  ponant  omnes  qui  audierunt manus  suas  super  caput  ejus,  et  lapidet eum  populus  universus.
15.  Et  ad  filios  Israël  loqueris  :  Homo, qui  maledixerit  Deo  suo ,  portabit  pecca- tum  suum  ;
16.  Et  qui  blasphéma verit  nomen  Do- mini, morte  moriatur  ;  lapidibus  oppri- met  eum  omnis  multitudo,  sive  ille  ci  vis, sive  peregrinus  fuerit.  Qui  blasphema- verit  nomen  Domini ,  morte  moriatur.
sabbat  devant  le  Seigneur,  et  on  les  re- cevra des  enfants  d'Israël  par  un  pacte qui  sera  éternel;
9.  Et  ils  appartiendront  à  Aaron  et  à ses  enfants,  afin  qu'ils  les  mangent  dans le  lieu  saint;  parce  que  c'est  une  chose très  sainte,  et  qu'ils  sont  à  eux  comme une  imrt  des  sacrifices  du  Seigneur,  par un  droit  perpétuel.
10.  Cependant  il  arriva  que  le  fils  d'une femme  Israélite,  qu'elle  avait  eu  d'un Egyptien  parmi  les  enfants  d'Israël ,  eut une  dispute  dans  le  camp  avec  un Israélite  ;
11.  Et  qu'aj^ant  blasphémé  le  nom saint,  et  l'ayant  maudit,  il  fut  amené  à Moïse.  (Sa  mère  s'appelait  Salumith,  et elle  était  fille  de  Dabri,  de  la  tribu  de Dan.)
12.  Cet  homme  fut  mis  en  prison, jusqu'à  ce  que  l'on  sût  ce  que  le  Sei- gneur en  ordonnerait.
13.  Alors  le  Seigneur  parla  à  Moïse,
14.  Et  lui  dit  :  Faites  sortir  hors  du camp  ce  blasphémateur.  Que  tous  ceux qui  ont  entendu  ses  blasphèmes  lui  met- tent les  mains  sur  la  tête,  et  qu'il  soit lapidé  par  tout  le  peuple.
15.  Vous  direz  aussi  aux  enfants d'Israël  :  Celui  qui  aura  maudit  son  Dieu portera  la  peine  de  son  péché.
16.  Que  celui  qui  aura  blasphémé  le nom  du  Seigneur  soit  puni  de  mort  ;  tout le  peuple  le  lapidera,  qu'il  soit  un  con- citoyen ou  un  étranger.  Que  celui  qui aura  blasphémé  le  nom  du  Seigneur  soit puni  de  mort.
emploi.  —  1°  Per  singula  sabbata...  2°  Eruntque Aaron...;  mais  on  ajoute  qu'ils  devront  être  con- sommés dans  l'intérieur  du  local  sacré,  en  leur qualité  de  sanctum.  sanctorum.  Voyez  la  note  de n,  3,  et  VI,  14-18.  Aussi  est-ce  d'une  manière tout  à  fait  exceptionnelle  que  le  grand  prêtre Achimélcch  en  offrit  à  David.  Cf.  I  E,eg.  sxi, 4-6;  Matth.  xir,  4.
30  Châtiment  des  blasphématem's  et  loi  du talion,  vers.  10-23.
Un  des  rares  récits  contenus  dans  le  Lévitique (vo}-cz  l'Introduction,  p.  323).  II  occupe  sans doute  sa  place  chronologique.
10-11.  Occasion  de  la  loi  relative  aux  blasphé- mateurs. —  Le  vers.  10  nous  fait  connaître  le triste  héros  de  l'épisode.  Il  avait  quitté  l'Egypte à  la  suite  des  Hébreux,  avec  une  multitude d'autres  étrangci's.  Cf.  Ex.  xii,  28.  —  Jurgatus...; et,  dans  la  chaleur  de  la  discussion,  il  jn'oféra un  blasphème  contre  le  nom  sacré  de  Jchovah inomen,  le  nom  jiar  antonomase,  connue  l'ex- prime, l'article  hébreu).  —  Donec  nossent.^  Ce
crime  n'avait  été  prévu  qu'indirectement,  et  rien n'avait  été  statué  sur  la  punition  qui  serait  infligée aux  blasphémateurs.  Cf.  Ex.  xxi,  17  ;  xxii,  28.
13-16.  La  divine  sentence,  —  1°  Pour  le  cas  ac- tuel, vers.  14  :  Educ...  extra  castra;  car  jamais aucune  exécution  n'avait  lieu  dans  l'intérieur  du camp.  Cf.  Hebr.  xiii,  12-13.  —  Ponant...  qui  au- dierunt... Les  témoins  rejetaient  ainsi  sur  la propre  tête  du  coupable  la  responsabilité  de  sa mort.  Cf.  Dan.  xiii,  34.  —  2°  Cette  sontonca  est généralisée  pour  tous  les  cas  semblables  :  Tlomo qui...  blasphemaverit  nomen  Domini  (de  Jého- vah).  Le  verbe  hébreu  nâqab,  que  la  Vulgate a  très  bien  traduit  par  blasphémer,  signiflerait, d'après  les  LXX,  Onkélos,  le  syriaque,  etc.:  pro- noncer distinctement;  et,  de  là',  les  anciens  inter- prètes juifs  ont  conclu  qu'il  était  absolument interdit  en  ce  passage,  sous  peine  de  sacrilège, de  proférer  le  nom  de  Jéhovah.  Tar  suite  do  cette exégèse  superstitieuse,  ils  cessèrent,  en  effet,  de le  prononcer  et  de  l'écrire,  mettant  à  sa  place quelque  autre  appellation  divine  (Adoniiï,  Elôhim),
Lev.  XXIV,  17  —  XXV,  3.
407
17.  Que  celui  qui  aura  frappe  et  tué un  homme  soit  puni  de  mort.
18.  Celui  qui  aura  tué  un  animal  en rendra  un  autre  t\  sa  place,  c'est-à-dire il  rendra  un  animal  pour  un  autre  ani- mal.
19.  Celui  qui  aura  outragé  quelqu'un de  ses  concitoyens  sera  traité  comme  il a  traité  l'autre  :
20.  Il  recevra  fracture  pour  fracture, il  perdra  œil  pour  œil ,  dent  pour  dent  ; il  sera  contraint  de  souffrir  le  môme  mal qu'il  aura  fait  souffrir  à  l'autre.
21.  Celui  qui  aura  tué  un  animal  do- mestique en  rendra  un  autre.  (>elui  qui aura  tué  un  homme  sera  puni  de  mort.
22.  Que  la  justice  se  rende  également parmi  vous,  que  ce  soit  un  étranger  ou un  citoyen  qui  ait  péché,  parce  que  je  suis le  Seigneur  votre  Dieu.
23.  Moïse  ayant  déclaré  ces  choses  aux enfants  d'Israël,  ils  firent  sortir  du  camp celui  qui  avait  blasphémé ,  et  ils  le  lapi- dèrent. Et  les  enfants  d'Israël  firent ce  que  le  Seigneur  avait  ordonné  à Moïse.
17.  Qui  percuRserit  et  occident  homi- nem,  morte  moriatur.
1 8.  Qui  percusserit  animal ,  rcddet  vi- carium,  id  est,  animam  pro  anima.
19.  Qui  irrogaverit  maculam  cuilibet civium  suorum,  sicut  fecit,  sic  fiet  ei  :
20.  Fracturam  pro  factura,  oculum  pro oculo ,  dentem  pro  dente  restituet  ;  qualem inflixerit  maculam,  talem  sustinere  co- getur.
21.  Qui  percusserit  jumentum,  reddet aliud.  Qui  percusserit  hominem,  pu- nietur.
22.  ^quum  judicium  sit  inter  vos,  sive peregrinus,  sive  civis  peccaverit;  quia ego  sum  Dominus  Deus  vester.
23.  Locutusque  est  Moyses  ad  filios Israël,  et  eduxerunt  eum,  qui  blasphé- ma verat,  extra  castra,  ac  lapidibus  op- presserunt  ;  feceruntque  filii  Israël  sicut prseceperat  Dominus  Moysi.
CHAPITRE  XXV
1.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse sur  la  montagne  du  Sinaï,  et  il  lui dit  :
2. Parlez  aux  enfants  d'Israël,  et  dites- leur  :  Quand  vous  serez  entrés  dans  la terre  que  je  vous  donnerai,  observez  le sabbat  en  l'honneur  du  Seigneur.
3.  Vous  sèmerez  votre  cliamp  six  ans
1.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moysen in  monte  Sinai ,  dicens  :
2.  Loquere  fîliis  Israël,  et  dices  ad eos  :  Quando  ingressi  f ueritis  terram  quam ego  dabo  vobis,  sabbatizes  sabbatum Domino.
3.  Sex  annis  seres  agrum  tuum ,  et  sex
et  c'est  ainsi  que  sa  prononciation  primitive  se perdit  peu  à,  peu.  Voyez  les  notes  de  Gen.  ii,  4, et  d'Ex.  III,  14.
17-22.  A  cet  incident  est  rattachée  une  seconde promulgation,  plus  complète,  de  la  loi  relative atrx  meurtres  et  aux  blessures.  Cf.  Ex.  xxi,  12 et  ss.  Remarquez  les  répétitions  pleines  d'emphase. —  Macularn,  au  vers.  12,  désigne  une  injure corporelle.  —  ^qunm  judicium...  Noble  principe: l'égalité  de  tous  devant  la  loi.
23,  Exécution  de  la  sentence  portée  contre  le blasphémateur.
§  V.  —  Sanctification  de  Vannée  sabbatique et  de  l'année  jubilaire.  XXV,  1-55.
Ces  deux  institutions,  l'année  sabbatique  et l'année  jubilaire,  auxquelles  on  ne  trouve  rien de  comparable  chez  les  païens,  ont  été  justement admii'ées  :  et  comme  lois  agraires,  qui,  d'une part,  contribuaient  à  accroître  la  fertilité  du  sol,
d'autre  part,  empêchaient  une  dangereuse  accu- mulation de  la  pi'opriété  foncière  entre  les  mains de  quelques  rares  privilégiés ,  au  détriment  de  la masse  du  peuple  ;  et  comme  lois  sociales ,  qui  éta- blissaient entre  tous  les  citoyens  une  précieuse égalité,  en  relevant  périodiquement  des  situations amoindries;  et  surtout  comme  lois  religieuses, qui proclamaient  hautement  les  droits  du  souverain Seigneur  d'Israël,  et  qui  excitaient  la  foi  et  la confiance  en  lui.
1«  Année  sabbatique,  vers.  1-7.
Chap.  XXV.  —  1-2».  Introduction.  Le  narra- teur ajoute  Ici  une  circonstance  locale,  in  monte Sinai  (cf.  vn,  38;  xxvi,  46;  xxvxi,  34),  pour montrer  qu'il  s'agit  toujours  de  la  législation  du Sinaï.
2'' -7.  En  quoi  consistera  l'année  sabbatique. —  Quando  ingressi...  Quatrième  et  dernière  allu- sion du  Lévitique  à  cet  heureux  avenir  d'IsraëL Cf.  xiY,  34;  XLS.,  2a;  xxai,  10.  —  Sabbatizes
408
Lev.  XXV,  4-10.
annis  putabis  vineam  tuam,  colligesque fructus  ejus  ;
4.  Septimo  autem  anno  sabbatum  eril terrse,  requietionis  Domini  ;  agrum  non seres,  et  vineam  non  putabis.
5.  Quae  sponte  gignet  humus,  non metes;  et  uvas  primitiarum  tuarum  non colliges  quasi  vindemiam  ;  annus  enim requietionis  terrae  est  ;
6.  Sed  erunt  vobis  in  cibum,  tibi  et servo  tuo,  ancillae  et  mercenario  tuo,  et advense,  qui  peregrinantur  apud  te  ;
7.  Jumentis  tuis  et  pecoribus ,  omni  i quse  nascuntur,  praebebunt  cibum.
8.  Numerabis  quoque  tibi  septem  he- bdomadas  annorum,  id  est,  septies  se- ptem ,  quse  simul  faciunt  annos  quadra- ginta  novem;
9.  Et  clanges  buccina  mense  septimo, décima  die  mensis,  propitiationis  tempoie in  universa  terra  vestra.
10.  Sanctificabisque  annum  quinqua- gesimum ,  et  vocabis  remissionem  cunctis habitatoribus  terrse  tuse  ;  ipse  est  enim jubileus.  Revertetur  homo  ad  possessio- nem  suam,  et  unusquisque  rediet  ad familiam  pristinam  ;
de  suite,  et  vous  taillerez  aussi  votre vigne  et  vous  en  recueillerez  les  fruits durant  six  ans  ;
4.  Mais  la  septième  année,  ce  sera  le sabbat  de  la  terre ,  en  l'honneur  du  repos du  Seigneur  ;  vous  ne  sèmerez  point  votre champ,  et  vous  ne  taillerez  point  A'otrj vigne.
5.  Vous  ne  moissonnerez  point  ce  que la  terre  aura  produit  d'elle-même  ;  vor.s ne  recueillerez  point  les  raisins  de  la vigne,  dont  iious  avez  coutume  d'offrir des  prémices,  vous  ne  les  recueillerez point  sous  forme  de  vendange  ;  car  c'esi l'année  du  repos  de  la  terre.
6.  Mais  tout  ce  qui  naîtra  alors  de  soi- même  servira  à  vous  nourrir,  vous ,  votre esclave  et  votre  servante,  votre  merce naire  et  l'étranger  qui   demeure  parmi vous  ;
7.  Et  cela  servira  encore  à  nourrir  vos bêtes  de  service  et  vos  troupeaux.
8.  Vous  compterez  aussi  sept  semaines d'années,  c'est-à-dire  sept  fois  sept,  qui font  en  tout  quarante-neuf  ans  ;
9.  Et  au  dixième  jour  du  septième mois,  qui  est  le  temps  de  la  fête  des Expiations,  vous  ferez  sonner  de  la  trom- pette dans  tout  votre  pays.
10.  Vous  sanctifierez  la  cinquantième année,  et  vous  publierez  la  liberté  pour tous  les  habitants  du  pays,  parce  que c'est  le  jubilé.  Tout  homme  rentrera dans  le  bien  qu'il  possédait,  et  chacun retournera  à  sa  famille  d'origine,
sabbatum...  Dans  l'hébreu  :  «  sabbatizabit  terra sabbatum...  »  Proposition  générale,  qui  est  ensuite développée  ,3-7.  C'est  donc  la  terre  qui  se  repo- sera la  septième  année,  de  même  que  les  hommes se  reposent  le  septième  jour.  —  Conséquence •• pratiques  :  septimo  anno...  non  seres...  Bien  plus, il  n'était  pas  même  permis  aux  propriétaires  d^ récolter  à  la  façon  ordinaire  les  produits  spoi  - tanés  du  sol;  on  les  laissait  dans  les  champs, dans  les  vignes  et  dans  les  vergers,  où  chacun allait  les  prendre  librement.  —  Au  vers.  6,  l'équi- valent hébr.  des  mots  uvas  primitiarum  tua- rum serait  :  «  les  raisins  de  ta  vigne  non  taillée,  " ou,  plus  littéralement  encore  :  de  ta  vigne  naz::- réenne  ;  allusion  aux  Nazaréens ,  qui  se  laissaien . croître  les  cheveux.  Cf.  Num.  vi,  5.  —  L'annto sabbatique  commençait  selon  toute  probabilil  ■ en  automne,  après  que  toutes  les  récoltes  avaient été  rentrées  (note  du  vers.  9).  Sur  son  observa- tion dans  le  cours  de  l'histoire  juive,  voy.  II  Pai'. xxxvr ,  21  ;  Neh.  x ,  32  ;  I  Mach.  vi ,  49  -  50  ;  J.  - sèphe,  Ant.,  m,  12,  3.
2°  La  célébration  do  l'année  jubilaire,  vers. 8-12.
8- 10*.   Règles  pour  déterminer  le  jubilé.  —
Numerabi.f  septem...  :  c.-ù-d.  quarante-neuf  ans , comme  l'ajoute  le  traducteur  latin.  —  Clange.i buccina.  Hébr.  :  sôjar,  la  trompette  recourbée, en  corne  ou  en  métal,  par  opposition  à,  la  trom- pette sacrée,  qui  était  droite.  Voy.  VAtl.  archéol  . pi.  Lxxxvn,  fig.  5,  8,  9-11;  pi.  civ,  flg.  4,  V2. Cette  proclamation  solennelle  du  jubilé  avait  lieu le  jour  même  de  la  fête  de  l'Expiation  {septimo mense.  décima  die;  cf.  xxiii,  26),  alors  qu'un j sincère  pénitence  avait  obtenu  à  Israël  le  pardon de  tous  ses  péchés  {propitiationis  tempore...).  - Annum  quinquagesimum.  D'après  un  certai  i nombre  d'interprètes  juifs  et  chrétiens,  cinquai- tième  serait  un  chiffre  rond,  pour  quarante- neuvième,  dans  le  sens  des  locutions  «  huii jours,  quinze  jours  »,  qui  ne  marquent  en  réalité que  sept  ou  quatorze  jours.  Dans  ce  cas,  Tanné  • jubilaire  aurait  toujours  coïncidé  avec  l'anné.' sabbatique  (but  désiré  par  ces  commentateurs). Mais  le  contexte  veut  que  nous  nous  en  tenions ù  la  rigueur  des  termes.  Voyez  les  vers.  8,  20-2:?. surtout  le  vers.  21,  qui  suppose  clairement  deux années  de  suite  sans  récolte.  —  Vocabis  rcmi."^- sionem...  Hébr.  :  Tu  publieras  la  liberté...;  allu- sion à  l'un  des  effets  de  l'année  jubiliaire  (vero.
Lev.  XXV,  11-19.
409
11.  Parce  que  c'est  le  jubilé  la  cin- quantième année.  Vous  ne  sèmerez  point, et  vous  ne  moissonnerez  point  ce  que  la ferre  aura  produit  d'elle-même,  et  vous iie  recueillerez  point  aussi  les  fruits !e  vos  vignes,  pour  en  offrir  le:^  pré-
iUiC24,
12.  Afin  de  sanctifier  le  jubilé  ;  mais vous  mangerez  les  premières  choses  que vous  trouverez.
13.  En  l'année  du  jubilé  tous  rentre- ront dans  les  biens  qu'ils  avaient  pos- sédés.
14.  Quand  vous  vendrez  quelque  chose î  un  de  vos  concitoyens,  ou  que  vous achèterez  de  lui  quelque  chose,  n'attris- .""^ez  point  votre  frère  ;  mais  achetez  de  lui •\  proportion  des  années  qui  aeront  écou- lées depuis  le  jubilé.
15.  Et  il  vous  vendra  à  proportion  de ce  qui  reste  de  temps  pour  en  recueillir le  revenu.
16.  Plus  il  restera  d'années  d'un  jubilé jusqu'à  l'autre,  plus  le  prix  de  la  chose augmentera  ;  et  moins  il  restera  de  temps, moins  s'achètera  ce  qu'on  achète;  car relui  qui  vend  vous  vend  le  temps  des récoltes.
17.  N'affligez  point  ceux  qui  vous  sont unis  par  une  même  tribu;  mais  que  cha- cun craigne  son  Dieu,  parce  que  je  suis le  Seigneur  votre  Dieu.
18.  Exécutez  mes  préceptes,  gardez mes  ordonnances,  et  accomplissez-les, afin  que  vous  puissiez  habiter  sur  la terre  sans  aucune  crainte,
19.  Et  que  la  terre  vous  produise  ses
11.  Quia  jubileus  est  et  quinquage- ;  imus  annus.  Non  seretis,  neque  metetis sponte  in  agro  nascentia,  et  piimitias >  indemi ae  non  coUigetis,
12.  Ob  sanctificationem  jubilei  ;  sed ;-i;atim  oblata  comedetis.
13.  Anno  jubilei  redient  omnes  ad possessiones  suas.
14.  Quando  vendes  quippiam  civi  tuo, vel  emes  ab  eo,  ne  contristes  fratrem tuum,  sed  juxta  numerum  annorum  ju- bilei emes  ab  eo  :
15.  Et  juxta  supputationem  frugum vendet  tibi.
16.  Quanto  plures  anni  remanserint post  jubileum,  tanto  crescet  et  pretium; et  quanto  minus  temporis  numeraveris, lanto  minoris  et  emptio  constabit  ;  tem- pus  enim  frugum  vendet  tibi.
17.  Nolite  affligere  contribules  vestros, sed  timeat  unusquisque  Deum  suum, quia  ego  Dominus  Deus  vester.
18.  Facite  prgecepta  mea,  et  judicia custodite,  et  impiété  ea,  ut  habitare  pos- oitis  in  terra  absque  ullo  pavore,
19.  Et    gignat   vobis   humus  fructus
10^  et  39-55).  — Ipse  jubileus.  C'est,  avec  une fornio  latine,  le  mot  hébreu  yobcl ,  que  nous avons  déjà  l'encontré  dans  l'Exode,  xix,  13.  Voy. la  note.
10'' -12.  Les  conséquences  de  l'année  jubilaire. —  Première  conséquence ,  qui  se  dédouble  elle- même  :  1°  chacun  recouvre  les  biens -fonds  qu'il •ivait  aliénés  (revertetur  ad  possessiovem);  2°  la liberté  est  rendue  aux  esclaves  Israélites  (rediet ad  familiam  ).  Ces  deux  points  seront  successi- vement développés  durant  le  reste  du  chapitre, vers.  13-34  et  35-56.  —  Deuxième  conséquence  : le  repos  complet  du  sol,  comme  durant  l'année sabbatique  {non  seretis...).  Cf.  vers.  5.  —  Statim ■>blata  :  c.-à-d.  les  produits  spontanés  de  la tcrre.
30  Privilèges  de  l'année  jubilaire  relativement :'i  la  propriété  foncière,  vers.  13-34.
13-17.  Principe  général.  —  Redient  omnes... • -ourt  énoncé  de  ce  premier  privilège.  Cf.  vers.  10. Par  possessiones  il  faut  entendre  les  biens-fonds I  terrains  cultivés,  vers.  14-28,  et  maisons,  vers. •- J-34).  —  Ne  contristes.  L'hébreu  signifie  plutôt  :
«  Ne  vous  surfaites  pas  l'un  l'autre ,  »  soit  en  ven- dant à  un  prix  exagéré,  soit  en  achetant  pour une  somme  dérisoire.  —  Sed  juxta  numerum...: d'après  le  temps  qui  doit  s'écouler  jusqu'au  pro- chain jubilé;  d'autre  part,  d'après  la  valeur  ap- .iroximative  des  récoltes.  Ainsi  donc,  en  principe, chez  les  Hébreux  la  propriété  foncière  n'était  paa aliénée  à  perpétuité  (voyez  au  vers.  30,  et  xxvii, 28 ,  de  rares  exceptions)  ;  le  vendeur  n'en  cédait ([ne  l'usufruit  jusqu'au  prochain  jubilé,  et  il  en conservait  la  nue  propriété.  Pour  fixer  le  prix de  vente,  on  tenait  compte  tout  ensemble  et  de la  moyenne  des  produits  annuels,  et  du  nombre d'années  qui  restaient  encore  jusqu'au  jubilé. Le  vers.  16  dit  cela  très  nettement.  —  Nolite affligere  (vers.  17).  D'après  l'hébreu  :  Ne  vous surfaites  pas,  comme  au  vers.  14.
18-22.  Dieu  promet  aux  Israélites,  s'ils  lui obéissent  fidèlement,  qu'ils  n'auront  rien  à  souf- frir de  l'amoindrissement  des  récoltes.  —  Une i-ecommandation  générale  (vers.  18)  introduit cette  pensée  dominante  de  l'alinéa.  —  Absque ullo  pavore...;  nullius  impetum..  L'hébreu  dit
410
Lev.  XXV,  20-20.
suos,  quibns  vescamini  usque  ad  saturi- tatem ,  imllius  impetum  formidantes.
20.  Quod  si  dixeritis  :  Quid  comedemus anno  septimo,  si  non  severimus,  neque collegerimus  fruges  nostras?
21.  Dabo  benedictionem  meam  vobis anno  sexto ,  et  f aciet  f riictus  trium  anno- rum  ;
22.  Seretisque  anno  octavo,  et  come- detis  veteres  fruges  usque  ad  nonum annum  ;  donec  nova  nascantur,  edetis vetera.
23.  Terra  quoque  non  vendetur  in  per- petuum,  quia  mea  est,  et  vos  advense  et coloni  mei  estis.
24.  Unde  cuncta  regio  possessionis vestrîB  sub  redemptionis  conditione  ven- detur.
25.  Si  attenuatus  frater  tuus  vendiderit possessionculam  suam ,  et  voluerit  pro- pinquus  ejus,  potest  redimere  quod  ille vendiderat.
26.  Sin  autem  non  habuerit  proximum, et  ipse  pretium  ad  redimendum  potuerit invenire ,
27.  Computabuntur  fructus  ex  eo  tem- pore  quo  vendidit  ;  et  quod  reliquum  est, reddet  emptori,  sicque  recipiet  posses- sionem  suam.
28.  Quod  si  non  invenerit  manus  ejus ut  reddat  pretium ,  liabebit  emptor  quod emerat,  usque  ad  annum  jubileum.  In ipso  enim  omnis  venditio  redibit  ad  do- minum ,  et  ad  possessorem  pristinum.
fruits,  dont  vous  puissiez  manger  et  vous rassasier,  sans  appréhender  la  violence  de qui  que  ce  soit.
20.  Que  si  vous  dites  :  Que  mangerons- nous  la  septième  année,  si  nous  n'avons point  semé,  et  si  nous  n'avons  point  re- cueilli de  fruit  de  nos  terres  ?
21.  Je  répandrai  ma  bénédiction  sur vous  en  la  sixième  année,  et  elle  portera autant  de  fi'uit  que  trois  autres.
22.  Vous  sèmerez  à  la  huitième  année, et  vous  mangerez  vos  anciens  fruits  jus- qu'à la  neuvième  année  ;  vous  vivrez  des anciens  jusqu'à  ce  qu'il  en  soit  venu  de nouveaux.
23.  La  terre  ne  se  vendra  donc  point à  perpétuité ,  parce  qu'elle  est  à  moi ,  et que  vous  y  êtes  comme  des  étrangers  à qui  je  la  loue.
24.  C'est  pourquoi  tous  les  biens-fonds que  vous  posséderez  se  vendront  toujours sous  condition  de  rachat.
25.  Si  votre  frère,  étant  devenu  pauvre, vend  le  petit  héritage  qu'il  possédait,  le plus  proche  parent  pourra,  s'il  le  veut, racheter  ce  que  celui  -  là  aura  vendu.
26.  Que  s'il  n'a  point  de  proches  pa- rents, et  qu'il  puisse  trouver  de  quoi  ra- cheter lui-même  son  bien,
27.  On  comptera  les  récoltes  depuis  le temps  de  la  vente  qu'il  a  faite  ;  afin  que, rendant  le  surplus  à  l'acquéreur,  il  rentre ainsi  dans  son  bien.
28.  Que  s'il  ne  peut  point  trouver  de quoi  rendre  le  prix  de  son  bien,  celui qui  l'aura  acheté  en  demeurera  en  pos- session jusqu'à  l'année  du  jubilé.  Car, cette  année -là,  tout  bien  vendu  retour- nera au  propriétaire  qui  l'avait  possédé d'abord.
simplement ,  à  deux  reprises  :  «  en  confiance  »  ;  ce qui  signifie  en  cet  endroit  :  sans  redouter  la  fa- mine. —  Quod  si  dixeritis...  Objection  possible (vers.  20),  que  Dieu  prévient  dans  les  ternies  les plus  aimables  (vers.  21-22)  :  la  sixième  année /aciet  fructus  trium  annorum,  de  sorte  qu'on n'aura  pas  encore  épuisé  ses  produits  au  com- mencement de  la  neuvième  ;  on  aura  donc  attendu sans  souffrance  les  récoltes  de  la  huitième.
23.  Pourquoi  le  Seigneur  n'autorise  point  l'a- liénation pei-pétuelle  des  biens -fonds.  —  Terra {quoque  n'est  pas  dans  l'hébreu)...  Autre  prin- cipe, qui  commente  celui  des  vers.  10  et  13.  Dieu interdit,  en  Palestine ,  la  vente  perpétuelle  de  la propriété  foncière ,  parce  que  cette  contrée  lui  ap- partient en  propre  {mea  est),  et  que  les  Hébreux ne  la  possèdent  qu'à  titre  de  fermage  {advencB et  coloni  mei).
24-28.  Droit  perpétuel  de  rachat.  C'est  la  con-
séquence naturelle  de  ce  qui  précède  {unde...). Trois  hypothèses  sont  faites  tour  à  tour,  afin  de mieux  préciser  les  conditions  de  la  loi.  —  Pre- mière hypothèse,  vei's.  25  :  Si  attenuatus  fra- ter... :  l'unique  circonstance  où  le  Seigneur  sup- pose qu'un  Israélite  puisse  songer  à  se  défaire de  ses  biens -fonds.  —  Fropinquus...  Dans  l'hé- breu :  son  go'el  (ou  rédempteur)  le  plus  proche. Voyez  les  vers  48-49,  et  Job,  xix,  25.  —  Potest (scil.  propinquus)  redimere...  De  la  sorte,  la propriété,  tout  en  changeant  de  maître,  demeu- rera dans  la  famille.  —  Seconde  hypothèse,  vers. 26-27  :  le  vendeur  n'a  pas  de  go'eL  ( Vulg.  :  jjroxi- mum)y  mais  il  a  amélioré  sa  situation,  et  il désire  racheter  son  bien.  On  ne  pourra  s'y  oppo- ser; toutefois,  les  droits  de  l'acquéreur  sont  éga- lement sauvegardés  par  une  ordonnance  (vers.  27) basée  sur  cello  des  vers.  14-16.  —  Quod  rellqmim est...:  le  nombi'c  des  années  qui  restent  jusqu'au
Lev.  XXV,  20-37.
411
20.  Celui  qui  aura  vendu  une  maison dans  l'enceinte  des  murs  d'une  ville aura  le  pouvoir  de  la  racheter  pendant un  an.
30.  S'il  ne  la  rachète  point,  et  s'il  a laissé  passer  l'année ,  celui  qui  l'a  achetée la  possédera,  lui  et  ses  enfants,  pour  tou- jours, sans  qu'elle  puisse  être  rachetée, même  au  jubilé.
31.  Que  si  cette  maison  est  dans  un village  qui  n'a  point  de  murailles,  elle sera  vendue  d'après  les  mêmes  règles que  les  terres;  et  si  elle  n'a  point  été rachetée  auparavant,  elle  retournera  au propriétaire  en  l'année  du  jubilé.
32.  Les  maisons  des  Lévites  qui  sont dans  les  villes  peuvent  toujours  être  ra- chetées.
33.  Si  elles  n'ont  point  été  rachetées, elles  retourneront  aux  propriétaires  l'an- née du  jubilé  ;  parce  que  les  maisons que  les  Lévites  ont  dans  les  villes  sont l'héritage  qu'ils  possèdent  parmi  les  en- fants d'Israël.
34.  Mais  leurs  champs  situés  auprès des  villes  ne  seront  point  vendus,  parce que  c'est  un  bien  qu'ils  possèdent  pour toujours.
35.  Si  votre  frère  est  devenu  pauvre,, et  que  sa  main  se  soit  affaiblie,  et  si vous  l'avez  reçu  comme  un  étranger  qui est  venu  d'ailleurs ,  et  qu'il  ait  vécu  avec vous ,
36.  N'exigez  de  lui  aucun  intérêt,  et ne  tirez  point  de  lui  plus  que  vous ne  lui  avez  donné.  Craignez  votre  Dieu, afin  que  votre  frère  puisse  vivre  chez vous.
37.  Vous  ne  lui  donnerez  point  votre argent  à  usure,  et  vous  n'exigerez  point de  lui  plus  de  grains, que  vous  ne  lui  en aurez  donné.
20.  Qui  vendiderit  domum  intra  urbis muros,  habebit  licentiam  redimendi  do- nec  unus  impleatur  annus.
30.  Si  non  redemerit,  et  anni  circulus fuerit  evolutus,  emptor  possidebit  eam, et  posteri  ejus  in  perpetuum,  et  redimi non  poterit,  etiam  in  jubileo.
31.  Sin  autem  in  villa  fuerit  domus, quse  muros  non  habet,  agrorum  jure vendetur  ;  si  ante  redempta  non  fuerit, in  jubileo  revertetur  ad  dominum.
32.  ^des  levitarum,  quœ  in  urbibus sunt,  semper  possunt  redimi.
33.  Si  redemptse  nonfuerint,  in  jubileo revertentur  ad  dominos,  quia  domus urbium  levitarum  pro  possessionibus  sunt inter  filios  Israël.
34.     Suburbana     autem    eorum    non veneant,  quia  possessio   sempiterna  est.
35.  Si  attenuatus  fuerit  f rater  tuus, et  infirmus  manu,  et  susceperis  eum quasi  advenam  et  peregrinum ,  et  vixerit tecum,
36.  Ne  accipias  usuras  ab  eo,  nec amplius  quam  dedisti.  Time  Deum  tuum, ut  vivere  possit  frater  tuus  apud  te.
37.  Pecuniam  tuam  non  dabis  ei  ad usuram  ,  et  frugum  superabundantiam non  exiges.
temps  du  jubilé.  —  Troisième  hypothèse,  vers. ?8  :  Quod  si  non  invenerit...  Dans  ce  cas,  l'année jubilaire  rendra  tout  au  propriétaire-vendeur,  sans qu'il  ait  à  payer  d'indemnité.
29-31.  Règles  spéciales  pour  la  vente  des  mai- sons. —  1°  Cas  d'une  maison  bâtie  dans  une  ville, vers.  29  -  30.  Le  propriétaire  ne  conserve  le  droit de  rachat  que  pendant  une  anùée;  ce  temps passé,  l'immeuble  appartient  de  iilein  droit  à l'acquéreur  et  à  ses  héritiers  :  le  jl^bilé  ne  chan- gera rien  à  cette  situation. —  2°  Cas  d'une  mai- son située  à  la  campagne  et  attenante  k  une ferme  (in  villa),  vei's.  31.  Même  réglementation que  pour  les  champs  (vers.  14-28),  h  cause  de l'analogie  évidente  de  ces  deux  sortes  de  pro- priétés.
S2-34.  Privilèges  spéciaux  accordés  aux  biens-
fonds  des  Lévites.  —  Pour  les  maisons,  droit perpétuel  de  rachat,  avec  garantie  de  retour au  propriétaire  primitif  à  chaque  jubilé,  vers. 32-33.  Le  motif  de  cette  législation  spéciale  est exprimé  par  les  mots  :  dormis...  pro  posf^essioni- bus...  C'était  l'unique  portion  des  Lévites.  Cf. Num.  XXV  ;  Jos.  xxi. —  Pour  les  champs,  constante inaliénabilité,  vers.  34.
4«  Les  privilèges  de  l'année  jubilaire  relative- ment à  la  liberté  individuelle,  vers.  35-55.
35-38.  Transition:  Dieu  recommande  instam- ment aux  Israélites  la  miséricorde  envers  leurs frères  appau\Tis.  —  Infirmus  manu.  Métaphore , pour  exprimer  la  pauvreté.  —  Quasi  advenam... Au  mohis  cela  ;  avoir  pour  lui  les  égards  que  la loi  veut  que  l'on  témoigne  aux  étrangers.  Cf. XIX,  33-34;  Ex.  xxii,  21.  —  Ne  acccipias  usu-
\\\
412
Ley.  XXV.
38.  Ego  Dominns  Deus  vester,  qui eduxi  vos  de  terra  ^gTp»ti,  ut  darem Tobis  tenam  Chanaan,  et  essem  vester Deos.  .
39.  Si  paapertate  compolsus  vendident se  tibi  frater  tons,  non  eum  opprimes servitote  famolorum,
40.  Sed  quasi  mereenarius  et  colonns erit;  nsqae  ad  annnm  jabilenm  opera- bitur  apad  te,
41.  Et  postea  egredietnr  eum  lib«Ts suis,  et  revertetur  ad  cognationem  et  ad possessionem  patrum  suorum.
42.  Mei  enim  servi  sunt,  et  ego  eduxi e>i>s  de  terra  ^Eg\"pti;  non  veneant  con- ditione  servorum.
43.  Xe  afflîgas  eum  p»  potendam,  sed metuito  Deum  tuum.
44.  Servns  et  ancîUa  ânt  vobis  de  na- donibus  qns  in  circuitu  vestro  sunt.
45.  Et  de  advenis  qui  pieregrinantur apud  vo<5»  vel  qui  ex  bis  nati  fiierint  in terra  vestra,  hos  habebitis  faimnlos  ;
46.  Et  hereditâiio  jure  transmittetis  ad posteros,  ac  possidebitis  in  setemum  ; âratres  autem  vestros  filios  Israël  ne  op- pTÎmatis  per  potentîam.
47.  Si  învalu^t  apud  vo6  manus  ad- vensB  atque  peregrini ,  et  attenuatus  frater tuus  vendideiit  se  eî,  ant  cuiquam  de stirpe  ejus,
48.  Post  venditionem  prest  reiird. Qui  voluerit  ex  fratribus  sais,  relii^c: eum.
49.  Et  patmus,  et  patruelis,  et  coosan- guineus,  et  affinis.  &n  autem  et  ipse potuerit,  redîmet  se,
'.   Je  suis  le  Seigneur  votre  Dieu, ^  ai  fait  sortir  de  l'Egypte,  pour -jLûer  la  terre  de  Chanaan,  et  pour re  Dieu.
-:  la  pauvreté  réduit  votre  frère
radre  à  vous,  vous  ne  Toppri-
3int  en  le  traitant  comme  les
lais  vous  le  traiterez  comme  un .ire  et  comme  un  fermier;  il  tra- .   chez  vous  jusqu^à  Tannée  du juté;
4  Et  il  sortira  ensmte  avec  ses  en- fan  i,  et  retournera  à  la  &miUe  et  à  l'hé- ritas de  ses  pères.
4  Car  ils  sont  mes  esclaves;  c'est m  1  li  les  ai  tirés  de  l'Egypte.  Ainsi, qu  L  ne  les  vende  point  comme  les  antres es  cires.
^"     :ablez  donc  p(Mnt  votre  frère ^  issance  ;  mais  craignez  votre
Die
T-
pay
\yez  dfô  esclaves  et  des  servantes mi  les  nations  qui  sont  autour  de
Vous  aurez  aussi  pour  esclaves  les
:^  qui   sont  venus  parmi  vous,
ji^  qui  sont  nés  d'eux  dans  votre
ioVous  les  laisserez  à  vos  descen- daatiiiar  un  droit  héréditaire,  et  vous en  ifpE  les  maîtres  pour  toujours  ;  mais n'opf  mez  point  par  votre  puissance  les eiiir/s  d'Israël,  qui  sont  vos  frères.
4  Si  un  étranger  qui  est  venu  d'aU- le'ii  s  enrichit  chez  vous  par  son  travail, et  c  un  de  vos  frères,  étant  devenu panv  ,  se  vende  à  lui  ou  à  quelqu'un  de sa  faille,
4  II  pourra  être  racheté  après  qu'il a  -  f.  é  vendu.  Celui  de  ses  parents  qui V  :  acheter,  le  pourra  faire  :
^    oncle,  ou  le  fils  de  son  oncle,
et  coi  qui  lui  est  uni  par  le  sang  ou p  "  e.  Que  s'il  peut  lui-même  se
r .  le  fera ,
ras,  si  on  lui  a  prêté  de  Targcnt:  fntgwm  m- ptTahvMdautxain  f  si  oo  loi  a  prêcê  en  nature  et qu'on  veaille  ècro  paye  de  la  même  façon.
39-43.  L«s  droits  d'un  Isiaélite  devenu  esclave d'un  de  ses  ci^ncicoycns.  —  Promin'  droit ,  géné- ral, vers,  33-40»  :  un  tiaitement  humain,  chari- tablo.  —  DctLsième  droit,  spécial,  vers.  4<0M1  :  le avroraeri:    :o  i.  .  ::r.     1,3  début  de  Tannée ::aire.— Mo;:f  .:;      ::    \-:-!.i;!o:;.vvrs.  42-43: tixirn  «rri  5-.  ^  les
rcux  de  la  sorv  _        ,    _^  ^m
-  ^.Ucmont  ses  esclaves  a  luL  Cf.  vers.  14.
44<'.  Qne  les  membres  de  la.  natkm  tbêocxar
i   t:  "t   plutôt  des  étxangcfs  pour  es-
1   cl.  44-45).  Ceux-ci,  étant  une  Tiaie
pr.pr/;,  ne  bénéficieront  pas  du  jubQé  (vers.  46).
4  7-.  Cas  d*un  Israélite  derenu  rcsclave  d"un i    étriîH:  fixé  en  Palestine.  —  S  tumlitenl-. [    vi>z''Xi  Le  contraire  de  la  locutioD  c  infiniras \   ni£.:.a  (vers.  35),  qui  marquait  la  pauvreté. — 1    Tr  -  )    >i^  réiididerit  j*-.  Dans  cette  hjrpothèse, '    k  Acfaat  était  peipétœL  Lies  Tos.  4»^
1   en  -........;  les  conditions  (48-49,  quels  sont
I   ceux  q  le  possèdent:  5«>-ô3,  prix  à  rembourser
-^-r.
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29.  Celui  qui  aura  rc-^ dans   renceinte    des   i aura  le  pouvoir  de  la  rac! un  an.
30.  Sïl  ne  la  r; laissé  passer  l'annét ,  «  ^ la  possédera,  lui  €*  se^î  ^ jours,  sans  qu'elle  puis>; même  au  jubilé.
31.  Que  si  cette village  qui  n'a  ^ sera  vendue   g que  les  ter' rachetée  au. propriétaire  en
32.  Les  r dans  les  vi chetées.
33.  Si  f elles  rt  : née  du que  le- riu  ^
fa
413
itis  duntaxat  annis  a  tem- nis  msn  usque  ad  annum pecunia  qua  venditus  fue- oruin  numerum  et  rationem
!])putata.
s  fuerint  anni  qui  rémanent ileum,  secundum  hos  reddet
:i,  ponet  rationem  cum  eo im    numerum,    et    reddet i  reliquum  est  annorum,
=  ante  servivit  mercedibus jn  affliget  eum  violenter  in
54.  Q)d  si  per  haee  redimi  non  po- rno jubileo  egredietur  cum  libe-
quoc
\  PITRE  XXI
'm  sunt  servi,  filii  Israël, ;  terra  ^gypti.
jJieu  :  (       1.    Er doles    ni rez  point  |  t.... ,  et  vous  4  poL' de  pierre  ,  e^o  e. lerstition , Seigneur
'   sabbat ,  et laire.  Je  suis      ad
Dominus   Deus  vester  :  non
idolum  et  sculptile,  nec
is,  nec  insignem  lapidem
a  vestra ,  ut  adoretis  eum,;
u_L  Dominus  Deus  vester.
r  sabbata  mea,  et  pavete a  meum.  Ero  Dominus.
ne  manière  que  pour
c
'   —  Dans  tx)us  les
;  d'esclaves  était
tour  du  jubi:
'  dxc  Si.no.
■es.  XXVI ,
u  Livre  de
r
'"   vvvni-
—  1-2.  Ije  Seigneur  est  le  Dieu
mé  saisUsant  des  trois
;âIogae,  en  tmoes  né*
1/  et  en  termes  poeitifs  (rers.  2). —
YH^rea  emploie  une  expression  carac-
élVim,  des  néancs.  CL  iix,  4.  —
.  stèles  (  masébah  ) ,  qui  parfois  n'é-
siniple  mémorial  (Gcn.  xxvm,  19;
V.  xxir.  A),  serraient  sourent  an
ui.  Cf.  Ex.  xxin ,  24  ;  xxirr.  13  ;
:.tî,  etc.—  Irisio/iem  lapidem.
xwe  jtifxta  ocsée  de  figures  ido-
23
412
Lev.  XXV,  38-49.
38.  Ego  Dominus  Deus  vester,  qui eduxi  vos  de  terra  ^g3^pti,  ut  darem vobis  terrain  Chanaan,  et  essem  vester Deus.
39.  Si  paupertate  compulsus  vendiderit se  tibi  frater  tuus,  non  eum  opprimes servi tute  f amulorura ,
40.  Sed  quasi  mercenarius  et  colonus erit  ;  usque  ad  annum  jubileum  opera- bitur  apud  te,
41.  Et  postea  egredietur  eum  liberis suis,  et  revertetur  ad  cognationem  et  ad possessionem  patrum  suorum.
42.  Mei  enim  servi  sunt,  et  ego  eduxi eos  de  terra  iEgypti  ;  non  veneant  con- ditione  servorum.
43.  Ne  affligas  eum  per  potentîam,  sed metuito  Deam  tuum.
44.  Servus  et  ancilla  sint  vobis  de  na- tionibus  qute  in  circuitu  vestro  sunt.
45.  Et  de  advenis  qui  peregrinantur apud  vos,  vel  qui  ex  his  nati  fuerint  in terra  vestra,  hos  habebitis  famulos  ;
46.  Et  hereditario  jure  transmittetis  ad posteros,  ac  possidebitis  in  œternum  ; fratres  autem  vestros  filios  Israël  ne  op- primatis  per  potentiam.
47.  Si  invaluerit  apud  vos  manus  ad- venu atque  peregrini ,  et  attenuatus  frater tuus  vendiderit  se  ei,  aut  cuiquam  de stirpe  ejus,
48.  Post  venditionem  potes t  redimi. Qui  voluerit  ex  fratribus  suis,  redimet eum ,
49.  Et  patruus,  et  patruelis,  et  consan- guineus,  et  affinis.  Sin  autem  et  ipse potuerit,  redimet  se,
38.  Je  suis  le  Seigneur^ votre  Dieu, qui  vous  ai  fait  sortir  de  l'Egypte,  pour vous  donner  la  terre  de  Chanaan,  et  pour être  votre  Dieu.
39.  Si  la  pauvreté  réduit  votre  frère à  se  vendre  à  vous ,  vous  ne  l'oppri- merez point  en  le  traitant  comme  les esclaves  ;
40.  Mais  vous  le  traiterez  comme  un mercenaire  et  comme  un  fermier  ;  il  tra- vaillera chez  vous  jusqu'à  l'année  du jubilé  ;
41.  Et  il  sortira  ensuite  avec  ses  en- fants ,  et  retournera  à  la  famille  et  à  l'hé- ritage de  ses  pères.
42.  Car  ils  sont  mes  esclaves  ;  c'est moi  qui  les  ai  tirés  de  l'Egypte.  Ainsi, qu'on  ne  les  vende  point  comme  les  autres esclaves.
43.  N'accablez  donc  point  votre  frère par  votre  puissance  ;  mais  craignez  votre Dieu.
44.  Ayez  des  esclaves  et  des  servantes pris  parmi  les  nations  qui  sont  autour  de vous.
45.  Vous  aurez  aussi  pour  esclaves  les étrangers  qui  sont  venus  parmi  vous, ou  ceux  qui  sont  nés  d'eux  dans  votre pays.
46.  Vous  les  laisserez  à  vos  descen- dants par  un  droit  héréditaire,  et  vous en  serez  les  maîtres  pour  toujours  ;  mais n'opprimez  point  par  votre  puissance  les enfants  d'Israël,  qui  sont  vos  frères.
47.  Si  un  étranger  qui  est  venu  d'ail- leurs s'enrichit  chez  vous  par  son  travail, et  qu'un  de  vos  frères,  étant  devenu pauvre ,  se  vende  à  lui  ou  à  quelqu'un  de sa  famille,
48.  Il  pourra  être  racheté  après  qu'il aura  été  vendu.  Celui  de  ses  parents  qui voudra  le  racheter,  le  pourra  faire  :
49.  Son  oncle,  ou  le  fils  de  son  oncle, et  celui  qui  lui  est  uni  par  le  sang  ou par  alliance.  Que  s'il  peut  lui-même  se racheter,  il  le  fera,
ras,  si  on  lui  a  prêté  de  l'argent;  frugum  su- perabundaiitiam ,  si  on  lui  a  prêté  en  nature  et qu'on  veuille  être  payé  de  la  même  façon.
39-43.  Les  droits  d'un  Israélite  devenu  esclave d'un  de  ses  concitoyens. —  Premier  droit,  géné- ral, vers.  39-40»  :  un  traitement  humain,  chari- table. —  Deuxième  droit,  spécial,  vers.  40M1  :  le recouvrement  de  sa  liberté  au  début  de  l'année jubilaire. —  Motif  de  cette  législation,  vers.  42-43: mn  enim  servi  sunt...  Dieu  a  délivré  tous  les Hébreux  de  la  servitude  égyptionnc,  et  ils  sont tous  également  ses  esclaves  à  lui.  Cf.  vei's.  14.
44-46.  Que  les  membres  de  la  nation  théocra- tique  prennent  plutôt  des  étrangers  pour  es- claves (vers.  44-45).  Ceux-ci,  étant  ime  vraie propriété,  ne  bénéficieront  pas  du  jubilé  (vers.  46).
47-55.  Cas  d'vm  Israélite  devenu  l'esclave  d'un étranger  fixé  en  Palestine.  —  Si  invalueHL.. vianus.  Le  contraire  de  la  locution  «  infînnus manu  »  (vers.  35),  qui  marquait  la  pauvreté. — Frater  tuus  veiididerit  se...  Dans  cette  hypothèse, le  droit  de  rachat  était  perpétuel.  Les  vers.  48-53 en  énumcrcnt  les  conditions  (48-49,  quels  sont ceux  qui  le  possèdent;  50-53,  prix  à  rembourser
Lev.  XXV,  50  —  XXVI,  2.
413
50.  En  snpputant  le  nombre  des  an- nées qui  resteront  depuis  le  temps  où il  am-a  été  vendu,  jusqu'à  l'année  du  ju- Ijilé ,  et  en  rabattant  à  son  maître,  sur  le prix  qu'il  avait  donné  en  l'achetant,  ce qui  lui  peut  être  dû  à  lui  -  môme  pour le  temps  qu'il  l'a  servi,  en  comptant ses  journées  comme  celles  d'un  merce- naire.
51.  S'il  reste  encore  plusieurs  années jusqu'au  jubilé,  il  payera  aussi  plus  d'ar- gent ;
52.  S'il  en  reste  peu ,  il  comptera avec  son  maître  selon  le  nombre  des années  qui  resteront ,  et  il  lui  rendra l'argent  à  proportion  du  nombre  des années,
53.  En  rabattant  sur  le  prix  ce  qui lui  sera  dû  à  lui-même  pour  le  temps qu'il  l'aura  servi.  Que  son  maître  ne  le traite  point  avec  dureté  et  avec  violence devant  vos  yeux.
54.  Que  s'il  ne  peut  être  racheté  en cette  manière,  il  sortira  libre  l'année  du jubilé  avec  ses  enfants,
55.  Car  les  enfants  d'Israël  sont  mes esclaves,  eux  que  j'ai  fait  sortir  de  l'E- gypte.
50.  Supputatis  duntaxat  annis  a  tera- pore  venditionis  suse  usque  ad  annum jubileum  ;  et  pecunia  qua  venditus  fue- rat,  juxta  annorum  numerum  et  rationem mercenarii  supputata.
51.  Si  plures  fuei'int  anni  qui  rémanent usque  ad  jubileum ,  secundum  hos  reddet et  pretium  ;
52.  Si  pauci,  ponet  rationem  cum  eo juxta  annorum  numerum,  et  reddet emptori  quod  reliquum  est  annorum,
53.  Quibus  ante  servivit  mercedibus imputatis  ;  non  affliget  eum  violenter  in conspectu  tuo.
54.  Quod  si  per  hsec  redimi  non  po- tuerit,  anno  jubileo  egredietur  cum  libe- ris  suis.
55.  Mei  enim  sunt  servi,  filii  Israël, quos  eduxi  de  terra  ^gypti.
CHAPITRE  XXVI
1.  Je  suis  le  Seigneur  votre  Dieu  : Vous  ne  vous  ferez  point  d'idoles  ni d'image  taillée ,  vous  ne  dresserez  point de  colonnes  ni  de  monuments,  et  vous n'érigerez  point  dans  votre  terre  de  pierre remarquable  par  quelque  sujjerstition , pour  l'adorer.  Car  je  suis  le  Seigneur votre  Dieu.
2.  Gardez  mes  jours  de  sabbat ,  et tremblez  devant  mon  sanctuaire.  Je  suis le  Sei^rneur.
1.  Ego  Dominus  Deus  vester  :  non facietis  vobis  idolum  et  sculptile,  nec titulos  erigetis,  nec  insignem  lapidem ponetis  in  terra  vestra ,  ut  adoretis  eurn^- ego  enim  sum  Dominus  Deus  vester.
2.  Custodite  sabbata  mea,  et  pavete ad  sanctuarium  meum.  Ego  Dominus.
à  l'acquéi-eur,  réglé  de  la  même  manière  que  pour 4cs  biens-fonds,  cf.  vers.  25-27),  —  Dans  tous  les cas,  la  liberté  de  cette  catégorie  d'esclaves  était pareillement  assurée  par  le  retour  du  jubilé , "vers.  54-55.
§  VI,  —  Dieu  confirme  la  législation  du  Slnaï par  des  promesses  et  par  des  menaces.  XXVI, 1-45.
Passagxî  semblable  à  la  conclusion  du  Livre  de l'Alliance,  Ex.  xx,  20-33,  et  aux  cliap.  xxvm- XXX  du  Dcutéronome.
lo  Majestueux  cxorde,  vers.  1-2.
Chap.  XXVI.  —  1-2.  Le  Seigneur  est  le  Dieu unique  des  Israélites.  Résumé  saisissant  des  trois premiers  préceptes  du  Décalogue,  en  termes  né- gatifs (vers.  1)  et  en  termes  positifs  (vers.  2). — Idolum.  L'hébreu  emploie  une  expression  carac- téristique :  'élilim,  des  néants.  Cf.  xix,  4.  — Titulos.  Les  stèles  (.maséhah),  qui  parfois  n'é- taient qu'un  simple  mémorial  (Gen.  xxvni,  18; XXXV,  14;  Ex.  XXIV,  4),  servaient  souvent  au culte  des  faux  dieux.  Cf.  Ex.  xxiii ,  24  ;  xxxiv,  13  ; Deut.  VII,  5;  xvi ,  22 ,  etc.—  Insignem  lapidem. D'après  Fhébi-eu,  une  pîerr<;  ornée  de  figures  ido- lâtriqucs.    -    -  -  •   
20
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Lev.  XXVI,  3-12.
3.  Si  in  prœceptis  meis  ambiilaveritis , et  mandata  mea  custodieritis ,  et  feceritis ea,  dabo  vobis  piuvias  temporibus  suis;
4.  Et  terra  gignet  germen  suum,  et porais  arbores  replebuntur.
5.  Apprehendet  messium  tritura  vin- demiam,  et  vindemia  occupabit  semen- tem  ;  et  comedetis  panem  vestrum  in saturitate,  et  absque  pavore  habitabitis in  terra  vestra.
6.  Dabo  pacem  in  finibus  vestris  ; dormietis,  et  non  erit  qui  exterreat.  Au- feram  malas  bestias  ;  et  gladius  non transibit  terminos  vestros.
7.  Persequemini  inimicos  vestros,  et corruent  coram  vobis.
8.  Persequentur  quinque  de  vestris centum  alienos ,  et  centum  de  vobis  de- cem  millia  ;  cadent  inimici  vestri  gladio in  conspectu  vestro.
9.  Respiciam  vos,  et  crescere  faciam  ; multiplicabimini ,  et  firmabo  pactum meum  vobiscum.
10.  Comedetis  vetustissima  veterum, et  vetera  novis  supervenientibus  proji- cietis.
11.  Ponam  tabernaculum  meum  in  me- dio  vestri,  et  non  abjiciet  vos  anima  mea.
12.  Ambulabo  inter  vos,  et  ero  Deus vester,  vosque  eritis  populus  meus.
3.  Si  vous  marchez  selon  mes  pré- ceptes, si  vous  gardez  et  pratiquez  mes commandements,  je  v^us  donnerai  les pluies  en  leur  saison.
4.  La  terre  produira  ses  récoltes,  et les  arbres  seront  remplis  de  fruits.
5.  La  moisson,  avant  d'être  battue, sera  pressée  par  la  vendange  ;  et  la  ven- dange sera  elle-même,  avcnt  qu'on  l'a- chève, pressée  par  le  temyjs  des  semences. Vous  mangerez  votre  pain ,  et  vous  serez rassasiés,  et  vous  habiterez  dans  votre terre  sans  aucune  crainte.
6.  J'établirai  la  paix  dans  l'étendue de  votre  pays  ;  vous  dormirez  en  repos, et  il  n'y  aura  personne  qui  vous  inquiète. J'éloignerai  de  vous  les  bêtes  féroces,  et l'épée  ne  passera  point  par  vos  terres.
7.  Vous  poursuivrez  vos  ennemis,  et ils  tomberont  en  foule  devant  vous.
8.  Cinq  d'entre  vous  en  poursuivront cent,  et  cent  d'entre  vous  en  poursuivront dix  mille;  vos  ennemis  tomberont  sous l'épée  devant  vos  yeux.
9.  Je  vous  regarderai  favorablement, et  je  vous  ferai  croître  ;  vous  vous  mul- tiplierez de  plus  en  plus,  et  j'affermirai mon  alliance  avec  vous.
10.  Vous  mangerez  les  fruits  de  la terre  que  vous  aviez  en  réserve  depuis longtemps,  et  vous  rejetterez  à  la  fin  les anciennes  récoltes ,  dans  la  grande  abon- dance des  nouvelles.
11.  J'établirai  ma  demeure  au  milieu de  vous,  et  je  ne  vous  rejetterai  point.
12.  Je  marcherai  parmi  vous,  je  serai votre  Dieu,  et  vous  serez  mon  peuple.
2«  Gracieuses  promesses ,  à  l'adresse  des  Israé- lites fidèles,  vers.  3-13.
?».  La  condition,  brièvement  exprimée.  Remar- quez la  triple  répétition  :  si...  ambulaveritis, ..,  custodieritis ,  ...feceritis.
2^-5.  Première  promesse  :  une  fertilité  prodi- gieuse.—  Pluvia$  temporibus...  Ces  pluies  pério- diques ,  sans  lesquelles  la  Palestine  ne  serait qu'une  contrée  généralement  aride,  sont  souvent mentionnées  dans  la  sainte  Écriture  sous  les noms  de  pluies  hâtives  (Vulg.:  a  temporancœ  ») et  de  pluies  tardives  («t  serotinae  »).  Les  pre- mières ont  lieu  en  novembre  et  en  décembre,  au temps  des  semailles  ;  les  secondes  en  mars,  avant la  moisson,  La  qualité  et  la  quantité  des  récoltes dépendent  d'elles.  Cf.  Deut.  xi,  14;  Jer,  v,  24  ; Joël,  II,  23;  Jac.  v,  7,,  etc.  —  Apprehendet...  Cf. XXV,  21-22;  Am.  ix,  13.  Manière  énergique  de dire  que  les  récoltes  seront  extrêmement  abon- dantes. Les  bras  de  l'agriculteur  pourront  à  peine suffire  à  les  rentrer.  —  Absqiie  pavore  habita' bitis.  Dans  l'hébreu;  «  en  conflauce  »;  sans  re- douter la  famine.
6  -  8.  Seconde  promesse  :  la  paix ,  bien  si  pré- cieux. —  Dormietis...  Emblème  d'une  paix  con- fortable. Littéral.  :  vous  serez  couchés.  —  Dieu enlèvera  tout  ce  qui  pourrait  troubler  cette  heu- reuse tranquillité  :  malas  bestias,  car  les  bètes fauves  abondaient  primitivement  en  Palestine  ; gladius,  la  guerre,  dont  le  glaive  est  le  princi- pal instrument.  Si  on  attaque  les  Israélites ,  ils seront  aussitôt  victorieux  :  persequemini...,  cor- ruent. Et  avec  quelle  vigueur  cela  est  dit  au vers.  8  !  Expression  proverbiale,  pour  manjuer  la certitude  du  triomphe.  Cf.  Deut.  xxxn,  30;  Jos. xxiii,  10;  Is.  xxx,  17.
9-12.  Troisième  promesse,  d'un  ordre  supé- rieur :  l'alliance  entre  le  Seigneur  et  son  peuple sera  de  plus  en  plus  affermie.  —  Respiciam...  : regard'  bienveillant,  protecteur,  qui  produira l'étonnant  accroissement  promis  à  Abraham  le jour  où  fut  établie  la  première  base  de  l'alliance théocratique ,  Gcn.  xvii,  4-6.  —  Comedetis  vetu- stissima... Malgré  cette  multiplication  rapide,  les Hébreux  ne  manqueront  de  rien.  «  Manger  du vieux,  vieilli,  »  «  jeter  les  vieilles  récoltes,  »  parce
Lev.  XXVI,  13-20.
415
13.  Je  suis  le  Seigneur  votre  Dieu,  qui vous  ai  tirés  de  la  terre  des  Egyptiens, afin  que  vous  ne  fussiez  point  leurs  es- claves, et  qui  ai  brisé  les  chaînes  qui vous  faisaient  baisser  le  cou,  pour  vous faire  marcher  la  tête  levée.
14.  Que  si  vous  ne  m'écoutez  point, et  que  vous  n'exécutiez  pas  tous  mes  com- mandements ;
15.  Si  vous  dédaignez  de  suivre  mes lois,  et  que  vous  méprisiez  mes  ordon- nances ;  si  vous  ne  faites  point  ce  que  je vous  ai  prescrit,  et  que  vous  rendiez  mon alliance  vaine  et  inutile,
16.  Voici  la  manière  dont  j'en  userai aussi  avec  vous.  Je  vous  punirai  bientôt par  l'indigence,  et  par  une  ardeur  qui vous  desséchera  les  yeux  et  qui  consu- mera votre  vie.  Ce  sera  en  vain  que  vous sèmerez  vos  grains ,  parce  que  vos  enne- mis les  dévoreront.
17.  Je  tournerai  ma  face  contre  vous; vous  tomberez  devant  vos  ennemis,  et vous  serez  assujettis  à  ceux  qui  vous haïssent  ;  vous  fuirez  sans  que  personne vous  poursuive.
18.  Que  si,  après  cela  même,  vous  ne m'obéissez  point,  je  vous  châtierai  en- core sept  fois  plus,  à  cause  de  vos  pé- chés,
19.  Et  je  briserai  la  dureté  de  votre orgueil.  Je  ferai  que  le  ciel  soit  pour vous  comme  de  fer,  et  la  terre  comme d'airain.
20.  Tous  vos  travaux  seront  rendus inutiles  ;  la  terre  ne  produira  point  de grains,  et  les  arbres  ne  produiront  point de  fruits.
13.  Ego  Dominus  Deus  vester,  qui eduxi  vos  de  terra  iEgyptiorum,  ne  ser- viretis  eis,  et  qui  confregi  catenas  cer- vicum  vestrarum,  ut  incederetis  erecti.
14.  Quod  si  non  audicritis  me,  nec feceritis  omnia  mandata  mea  ;
15.  Si  spreveritis  leges  meas,  et  judicia mea  contempseritis,  ut  non  faciatis  ea quœ  a  me  constituta  sunt,  et  ad  irritum perducatis  pactum  meum,
16.  Ego  quoque  hsec  faciam  vobis  : Visitabo  vos  velociter  in  egestate,  et ardore  qui  conficiat  oculos  vestros,  et consumât  animas  vestras.  Frustra  seretis sementem ,  quse  ab  hostibus  devorabitur.
17.  Ponam  faciem  meam  contra  vos, et  corruetis  coram  hostibus  vestris,  et subjiciemini  his  qui  oderunt  vos  ;  fu- gietis ,  nemine  persequente.
18.  Sin  autem  nec  sic  obedieritis  mihi, addam  correptiones  vestras  septuplum propter  peccata  vestra,
19.  Et  conteram  superbiam  duritiae vestr£e.  Daboque  vobis  cselum  desuper sicut  ferrum,  et  terram  seneam.
20.  Consumetur  incassum  labor  vester  ; non  proferet  terra  germen,  nec  arbores poma  prôebebunt.
qu'on  ne  saura  qu'en  faire  lorsque  surviendront les  nouvelles  :  Images  très  expressives  d'une  mer- veilleuse abondance.  —  Ponam  tabernaculv.m..., arnbulabo...  C'est  le  cœur  du  Dieu -roi  qui  tient ce  langage  admirable.
13.  Conclusion  des  promesses.  Dieu  appose,  pour ainsi  dire,  ici  sa  signature  {Ego  Dominus...),  afin d'attester  la  véracité  des  détails  qui  précèdent  ; et  il  présente  sa  conduite  passée  (eduxi  vos...) comme  une  parfaite  garantie  de  sa  conduite  fu- ture. —  Confregi  catenas...  En  hébr.  :  le  bois  de votre  joug;  belle  image.
3°  Les  menaces ,  en  cas  de  désobéissance,  vers. 14-33.
Cinq  avertissements  successifs ,  avec  gradation ascendante,  commençant  aux  vers.  14,  18,  21, 23,  27.
14-17.  Premier  avertissement. —  Quod  si  non audieritis...  Début  très  majestueux  ;  il  y  a  jus- qu'à cinq  locutions  synonymes  pour  exprimer  la désobéissance  du  peuple,  son  oubli  total  de  la loi  du  Sinaï  (vers.  14-15).  —  Ego  quoque...  Dès
ce  premier  acte  de  la  terrible  tragédie,  trois  mi- nistres de  la  vengeance  divine.  1°  La  maladie , 16»  :  Visitabo  vos...  Voici  la  traduction  littérale de  l'hébreu  :  Je  ferai  venir  contre  vous  la  ter- reur, la  consomption  et  la  fièvre,  qui  font  lan- guir les  yeux  et  qui  consument  la  vie.  Comp. Ex.  xxin,  25,  où  Dieu  promet  au  contraire  d'é- cai'ter  d'Israël ,  s'il  est  fidèle ,  tout  genre  do maladie.  —  2°  La  famine,  16^  -.frustra  seretis... —  3°  De  honteuses  défaîtes,  17:  corruetis...  Détail saisissant  :  fugietis,  nemine  persequente.
18-20.  Second  avertissement:  la  complète  sté- rilité du  sol,  —  Sin  autem  nec  sic...  C.-à-d.  même après  avoir  été  frappés  des  maux  qui  viennent d'être  décrits  (vers.  16-17).  —  Addam  septuplum. Chiffre  rond,  pour  désigner  un  grand  nombre de  nouveaux  châtiments.  —  Superbiam  duritiœ. D'après  l'hébreu  :  l'orgueil  de  votre  force  ;  tout ce  qui  compose  la  force  matérielle  d'une  nation, et  ici,  tout  spécialement,  la  vigueur  que  procu- rait aux  Hébreux  la  fertilité  de  leur  pays.  — Cœlum...  ferreum,  et  terram  ceneam.  Métaphore
416
Lev.  XXVI,  21-30.
21.  Si  ambulaveritis  ex  ad  verso  mihi, nec  volueritis  aiidire  me,  addam  plagas vestras  in  septupliim,  propter  peccata vestra  ;
22.  Immittamque  in  vos  bestias  agri, quse  consumant  vos,  et  pecora  vestra, et  ad  paucitatem  cimcta  redigant,  deser- taeque  fiant  vise  vestrœ.
23.  Quod  si  nec  sic  volueritis  recipere disciplinam,  sed  ambulaveritis  ex  adverso mihi ,
24.  Ego  quoque  contra  vos  adversus incedam ,  et  percutiam  vos  septies  propter peccata  vestra  ;
25.  Inducamque  super  vos  gladium ultorem  fœderis  mei  ;  cumque  confuge- ritis  in  urbes,  mittam  pestilentiam  in medio  vestri,  et  trademini  in  manibus hostium ,
26.  Postquam  confregero  baculum panis  vestri;  ita  ut  decem  mulieres  in uno  clibano  coquant  panes,  et  reddant eos  ad  pondus;  et  comedetis,  et  non saturabimini.
27.  Sin  autem  nec  per  hsec  audieritis me,  sed  ambulaveritis  contra  me,
28.  Et  ego  incedam  adversus  vos  in furore  contrario,  et  corripiam  vos  septem plagis  propter  peccata  vestra,
29.  Ita  ut  comedatis  carnes  filiorum vestrorum  et  filiarum  vestrarum.
30.  Destruam  excelsa  vestra,  et  simu- lacra  confiingam.  Cadetis  inter  ruinas idolorum  vestrorum ,  et  abominabitur  vos anima  mea,
21.  Que  si  vous  vous  opposez  encore  à moi,  et  que  vous  ne  vouliez  point  m'é- couter,  je  multiplierai  vos  plaies  sept fois  plus,  à  cause  de  vos  péchés,
22.  J'enverrai  contre  vous  des  bêtes sauvages ,  qui  vous  consumeront ,  vous  et vos  troupeaux,  qui  vous  réduiront  à  un petit  nombre,  et  qui  de  vos  chemins feront  des  déserts.
23.  Que  si  après  cela  vous  ne  voulez point  encore  vous  corriger,  et  que  vous continuiez  à  marcher  contre  moi ,
24.  Je  marcherai  aussi  moi  -  même contre  vous,  et  je  vous  frapperai  sept fois  plus,  à  cause  de  vos  péchés.
25.  Je  ferai  venir  sur  vous  l'épée  qui vous  punira  d'avoir  rompu  mon  alliance; et  quand  vous  vous  serez  réfugiés  dans les  villes,  j'enverrai  la  peste  au  milieu de  vous,  et  vous  serez  livrés  entre  les mains  de  a'os  ennemis ,
26.  Après  que  je  vous  aurai  brisé  le bâton  du  pain  ;  en  sorte  que  dix  femmes cuiront  du  pain  dans  un  même  four,  et le  rendront  au  poids,  et  que  vous  en  man- gerez sans  être  rassasiés.
27.  Que  si,  même  après  cela,  vous  ne m'écoutez  pas  encore,  et  que  vous  conti- nuiez à  marcher  contre  moi,
28.  Je  marcherai  aussi  contre  vous;' j'opposerai  ma  fureur  à  la  vôtre,  et  je vous  châtierai  de  sept  plaies  nouvelles  à cause  de  vos  péchés,
29.  Jusqu'à  vous  réduire  à  manger  la chair  de  vos  fils  et  de  vos  filles.
30.  Je  détruirai  vos  hauts  lieux,  et  je briserai  vos  statues.  Vous  tomberez  parmi les  ruines  de  vos  idoles,  et  mon  âme  vous aura  en  une  telle  abomination ,
d'une  grande  justesse,  pour  dire  que  le  ciel  ne fournira  pas  une  goutte  de  pluie,  et  que  la  terre, durcie ,  ne  pourra  rien  produire.
21-22.  Troisième  avertissement  :  la  multipli- cation des  bêtes  féroces.  —  SI  ambulaveritis... Motif  qui  sert  de  préambule  sinistre  à  chacun des  avertissements  divins.  Cf.  vers.  14,  18,  23, 27.  —  Bestias  agri...  Voyez  la  note  de  Gen.  i,  24. —  ConséqTiences  funestes  de  cette  invasion  :  quce consuviant  vos,  et  pecora...
23-2G.  Quatrième  avertissement  :  Jéhovah  mar- chera en  personne  contre  le  peuple  rebelle,  afin de  venger  l'alliance  outragée  et  profanée.  — Quatre  châtiments  spéciaux  sont  mentionnés  :  la guerre  (25»),  la  peste  (25b),  la  captivité  (25=), la  famine  (  26  ).  —  Les  derniers  traits  sont  par- ticulièrement pittoresques  :  confregero  baculum panis  (cf.  Ps.  crv,  IC;  Ez.  rv,  IC,  etc.);  decem, mulieres  in  tmo  clibano...  Ces  fours  sont  très petits  (Atl.  archéol.,  pi.  xl^,  fig.  9-11),  et  ne^
cuisent  journellement  que  le  pain  d'une  famille; mais ,  en  ces  temps  de  malheur,  ils  suffiront  pour préparer  les  provisions  de  dix  ménages,  car  chaque Israélite  n'aura  qu'une  maigre  et  insuffisante  ra- tion (ad  pondus).
27-33.  Cinquième  avertissement  :  les  maux prédits  sont  de  plus  en  plus  affreux.  —  l»  Encore la  famine.  Cette  fois,  les  subsistances  font  com- plètement défaut;  aussi  les  Hébreux  en  seront- ils  réduits  à  manger  leurs  propres  enfants (vers.  29).  Cf.  IV  Rcg.  vi,  28-29  ;  Jer.  xix,  8-9  i Thren.  ii,  10.  —  2°  Renversement  des  idoles qui  avaient  rcînplacé  Jéhovah  ;  leurs  adorateurs seront  écrasés  sous  les  décombres  des  temples (vers.  30).  Excelsa  (héhr.:  bamôt)  représente  les collines ,  et  autres  lieux  élevés ,  qui  servaient  fré- quemment de  théâtre  aux  rites  idolâtriques  ; simulacra  (hébr.:  hammânim),  les  colonnes  so- laires dédiées  à  Baal  (voy.  YAtl.  archéol.,  pi.  cxii, flg.  6;  pi.  cxvi,  fig.  7).  —-3«  Destruction  des
Lev.  XXVI,  31-40.
417
31.  Que  je  changerai  vos  villes  en solitude,  je  ferai  de  vos  sanctuaires  des lieux  déserts,  et  je  ne  rece^Tai  plus  de vous  l'odeur  très  agréable  des  sacrifices.
32.  Je  ravagerai  votre  pays,  je  le  ren- drai l'étonneraent  de  vos  ennemis  mêmes, lorsqu'ils  en  seront  devenus  les  maîtres et  les  habitants.
33.  Je  vous  disperserai  parmi  les  na- tions ,  je  tirerai  l'épée  derrière  vous  ; votre  pays  sera  désert,  et  vos  villes ruinées.
34.  Alors  la  terre  se  plaira  dans  les jours  de  son  repos ,  pendant  le  temps qu'elle  demeurera  déserte.
35.  Quand  vous  serez  dans  une  terre ennemie,  elle  se  reposera,  et  elle  trou- vera son  repos,  étant  seule  et  aban- donnée ;  parce  qu'elle  ne  l'a  point  trouvé dans  vos  jours  de  sabbat  lorsque  vous l'habitiez.
36.  Quant  à  ceux  d'entre  vous  qui  res- teront, je  frapperai  leurs  cœurs  d'épou- vante au  milieu  de  leurs  ennemis  ;  le bruit  d'une  feuille  qui  vole  les  fera  trem- bler, ils  fuiront  comme  s'ils  voyaient  une épée ,  et  ils  tomberont  sans  que  personne les  poursuive.
37.  Ils  tomberont  chacun  sur  leurs frères ,  comme  s'ils  fuyaient  du  combat  ; nul  d'entre  vous  ne  pourra  résister  à  vos ennemis.
38.  Vous  périrez  au  milieu  des  na- tions, et  vous  mourrez  dans  une  terre ennemie.
39.  Que  s'il  en  demeure  encore  quel- ques-uns d'entre  ceux-là,  ils  sécheront au  milieu  de  leurs  iniquités  dans  la terre  de  leurs  ennemis,  et  ils  seront accablés  d'affliction  à  cause  des  péchés de  leurs  pères ,  et  de  leurs  propres  fautes ,
40.  Jusqu'à  ce  qu'ils  confessent  leurs
31.  In  tantum  ut  urbes  vestras  redigam in  solitudinem,  et  déserta  faciam  san- ctuaria  vestra,  nec  recipiam  ultra  odorem suavissimum.
32.  Disperdamque  terram  vestram,  et stupebunt  su])er  ea  inimici  A'-estri,  cum habitatores  illius  fuerint.
33.  Vos  autem  dispergam  in  gentes,  et evaginabo  post  vos  gladium ,  eritque terra  vestra  déserta,  et  civitates  vestrae dirutœ.
34.  Tune  placebunt  terrœ  sabbata  sua cunctis  diebus  solitudinis  suae;  quando fueritis
35.  In  terra  hostili,  sabbatizabit ,  et requiescet  in  sabbatis  solitudinis  suse,  eo quod  non  requieverit  in  sabbatis  vestris , quando  habitabatis  in  ea.
36.  Et  qui  de  vobis  remanserint,  dabo pavorem  in  cordibus  eorum  in  regionibus hostium  ;  terrebit  eos  sonitus  f  olii  volan- tis,  et  ita  fugient  quasi  gladium  ;  cadent, nullo  persequente,
37.  Et  corruent  singuli  super  fratres suos  quasi  bella  f  ugientes  ;  nemo  vestrum inimicis  audebit  resistere.
38.  Peribitis  inter  gentes,  et  hostilis vos  terra  consumet.
39.  Quod  si  et  de  iis  aliqui  remanse- rint, tabescent  in  iniquitatibus  suis,  in terra  inimicorum  suorum  et  propter  pec- cata  patrum  suorum  et  sua  affligentur,
40.  Donec  confiteantur  iniquitates  suas,
cités,  des  sanctuaires  de  l'alliance,  cessation  du culte  tliéocratique  (vers,  31).  Les  mots  odorem suavissimum  désignent  les  sacrifices,  auxquels Dieu  s'était  auparavant  complu.  Cf.  i,  9;  Gen. VIII,  21;  Am.  v,  21,  etc.  —  4°  La  ruine  totale de  la  Palestine,  et  la  dispersion  d'Israël  à  travers les  nations  païennes  (vers.  Z2-ZZ).  Evaginabo  post vos...:  pour  les  empêcher  de  rentrer  dans  la  terre sainte  après  qxi'ils  en  auront  été  expulsés.  Cf. Gen.  m,  24.
4°  Résultats  produits  par  ces  divers  châtiments, vers.  34-45.
34-35.  Après  la  dispersion  des  Juifs,  le  sol palestinien  se  reposera  :  placebunt  terra  sab- bata... (personnification  remarquable).  11  trou- vera ainsi  une  compensation  aux  travaux  exces- sifs qu'on  lui  aura  imposés  en  ne  célébrant  pas
les  années  sabbatiques  :  eo  quod  non  requieverit... Cf.  XXV,  1-7,  11-12;  II  Par.  xxxvi,  21.  Autre manière  de  prophétiser  la  ruine  complète  du paj'-s,
3G-38.  Sort  des  Israélites  dans  les  contrées  où ils  auront  été  exilés.  —  Ceux  d'entre  eux  qui  au- ront survécu  aux  maux  précédemment  décrits (qui...  remanserint)  seront  loin  de  trouver  le repos  et  la  paix  dans  l'exil.  Là  même  ils  seront poursuivis  par  des  terreurs  indicibles,  visiblement surnaturelles,  racontées  en  termes  pittoresques (terrebit...  sonitus /olii...),  et  ils  finiront  par  périr misérablement.
39-41.  Conversion  des  derniers  l'cstcs  d'Isrjiël. —  Premier  degré  de  cette  conversion,  vers.  39-40  : l'humble  confession  des  fautes  qui  auront  causé tant  de  maux  effroyables.  —  Deuxième  degré,
418
Lev.  XXVI,  41  —  XXVII,  2.
et  majorum  suorum,  quibus  prsevaricati sunt  in  me,  et  ambulaverunt  ex  adverso milii.
41.  Ambulabo  igitur  et  ego  contra  eos, et  inducam  illos  in  terram  hostilem, donec  erubescat  incircumcisa  mens eorum  ;  tune  orabunt  pro  irapietatibus suis.
42.  Et  recordabor  foederis  mei,  quod pe])igi  cum  Jacob,  et  Isaac,  et  Abraham. Terne  quoque  memor  ero,
43.  Quae  cum  relicta  fuerit  ab  eis, complacebit  sibi  in  sabbatis  suis,  patiens sobtiidinem  propter  illos.  Ipsi  vero  roga- bunt  pro  peccatis  suis,  eo  quod  abjecerint judicia  mea,  et  leges  meas  despexcrint.
44.  Et  tamen  etiam  cum  essent  in terra  hostili,  non  penitus  abjeci  eos, neque  sic  despexi  ut  consumerentur,  et irritum  facerem  pactum  meum  cum  eis. Ego  enim  sum  Dominus  Deus  eorum,
45.  Et  recordabor  f  œderis  mei  pristini, quando  eduxi  eos  de  terra  -^gypti  in conspectu  gentium,  ut  essem  Deus  eorum. Ego  Dominus.  Hsec  sunt  judicia  atque praecepta  et  leges,  quas  dédit  Dominus inter  se  et  filios  Israël  in  monte  Sinai  per manum  Moysi.
iniquités  et  celles  de  leurs  ancêtres,  par lesquelles  ils  ont  violé  mes  ordonnances, et  ont  marché  contre  moi.
41.  Je  marcherai  donc  aussi  moi-même contre  eux,  et  je  les  ferai  aller  dans un  pays  ennemi,  jusqu'à  ce  que  leur âme  incirconcise  rougisse  de  honte  ;  ce sera  alors  qu'ils  prieront  pour  leurs  im- piétés.
42.  Et  je  me  souviendrai  de  l'al- liance que  j'ai  faite  avec  Jacob,  Isaac et  Abraham.  Je  me  souviendrai  aussi  de la  terre,
43.  Qui,  ayant  été  abandonnée  par eux,  se  plaira  dans  ses  jours  de  sabbat, souffrant  volontiers  d'être  seule  et  délais- sée à  cause  d'eux.  Ils  me  demanderont alors  pardon  pour  leurs  péchés,  parce qu'ils  auront  rejeté  mes  ordonnances  et méprisé  mes  lois.
44.  Toutefois,  alors  même  qu'ils  étaient dans  une  terre  ennemie,  je  ne  les  ai  pas tout  à  fait  rejetés,  et  je  ne  les  ai  point méprisés  jusqu'à  les  laisser  périr  entière- ment, et  rendre  vaine  l'alliance  que  j'ai faite  avec  eux.  Car  je  suis  le  Seigneur leur  Dieu,
45.  Et  je  me  souviendrai  de  cette  an- cienne alliance  que  j'ai  faite  avec  eux, quand  je  les  ai  tirés  de  l'Egypte  à  la  vue des  nations,  afin  d'être  leur  Dieu.  Je  suis le  Seigneur.  Ce  sont  là  les  ordonnances, les  préceptes  et  les  lois  que  le  Seigneur donna  par  Moïse  sur  la  montagne  du Sinaï,  comme  un  pacte  entre  lui  et  les enfants  d'Israël.
CHAPITRE  XXVII
1.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moysen, dicens  :
2.  Loquere  filiis  Israël  et  dices  ad  eos  : Homo  qui  votum  fecerit,  et  spoponderit
1.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse, et  lui  dit  :
2.  Parlez  aux  enfants  d'Israël,  et  dites- leur  :  L'homme  qui  aura  fait  un  vœu  et
vers.  41  :  une  demande  sincère  de  pardon.  Mais il  faudra  encore  des  châtiments  nombreux  pour produire  ces  effets  salutaires ,  comme  le  disent tous  ces  versets.  —  Mens  incircumcisa  :  un  cœur rempli  de  souillures.  Voy.  Ex.  vi ,  12 ,  et  la  note.
42  -  45».  Le  rétablissement  de  l'alliance.  —  Dé- tails admirables ,  par  lesquels  le  Seigneur  met  en relief  sa  fidélité  à  ses  promesses  antiques,  et  le but  qu'il  se  proposait  en  châtiant  les  Hébreux  : il  ne  punissait  que  pour  convertir,  et  que  pour resserrer  plus  étroitement  les  liens  de  l'alliance conclue  au  Sinaï.
45''.  Conclusion  des  chap.  xxv  et  xxvi.
§  VII.  —  Les  vœux,  Voffrande  des  premiers-nés, la  dîme,  etc.  XXVII,  1-34.
1®  Les  vœux  et  leur  commutation,  vers.  1-25.
Chap.  XXVII.  —  1-2».  Transition  et  introduc- tion, dans  les  termes  accoutumés.
2'' -8.  Si  c'est  une  personne  qui  a  été  vouée. —  Qui  votum  fecerit.  Pieuse  coutume,  qu'on trouve  dans  tous  les  temps  et  dans  tous  les  pays. Cf.  Gen.  xxvin,  20  et  ss.  On  suppose  ici  que l'auteur  du  vœu  est  un  homme  ;  sur  les  vœux émis  par  une  femme,  voyez  Num.  xxx,  2-16. — Et  spoponderit  animam  suam.  L'hébreu  emploio
Lev.  XXVII,  3-13.
410
qui  aura  promis  à  Dieu  de  lui  consacrer sa  vie,  payera  2)oiir  se  décharger  de  son vœu  un  certain  prix,  selon  l'estimation suivante  :
3.  Si  c'est  un  homme,  depuis  la  ving- tième année  jusqu'à  la  soixantième ,  il donnera  cinquante  sicles  d'argent,  selon le  poids  du  sanctuaire;
4.  Si  c'est  une  femme,  elle  en  donnera trente.
5.  Depuis  cinq  ans  jusqu'à  vingt, l'homme  donnera  vingt  sicles  ;  et  la femme  dix.
6.  Depuis  un  mois  jusqu'à  cinq  ans, on  donnera  cinq  sicles  pour  un  garçon  ; et  trois  pour  une  fille.
7.  Depuis  soixante  ans  et  au-dessus, un  homme  donnera  quinze  sicles,  et  une femme  dix.
8.  Si  c'est  un  pauvre,  qui  ne  puisse payer  le  prix  de  son  vœu  suivant  l'esti- mation ordinaire,  il  se  présentera  devant le  prêtre,  qui  en  jugera,  et  il  donnera autant  que  le  prêtre  le  verra  capable  de payer.
9.  Si  quelqu'un  voue  au  Seigneur  une bête  qui  lui  puisse  être  immolée,  elle  sera sainte ,
10.  Et  elle  ne  pourra  être  changée  ; c'est-à-dire  qu'on  n'en  pourra  donner  ni une  meilleure  pour  une  mauvaise,  ni  une pire  pour  une  bonne.  Si  celui  qui  l'a vouée  la  change,  et  la  bête  qui  aura été  changée,  et  celle  qu'on  aura  substi- tuée à  sa  place,  sera  consacrée  au  Sei- gneur.
11.  Si  quelqu'un  voue  au  Seigneur une  bête  impure  qui  ne  puisse  lui  être immolée,  elle  sera  amenée  devant  le prêtre,
12.  Qui  jugera  si  elle  est  bonne  ou mauvaise,  et  y  mettra  le  prix.
13.  Si  celui  qui  offre  la  bête  en  veut payer  le  prix,  il  ajoutera  encore  un  cin- quième à  l'estimation  qui  en  sera  faite.
Deo   animam    suam,    sub    SGStimatione dabit  pretium  :
3.  Si  fuerit  masculus,  a  vigesimo  anno usque  ad  sexagesimum  annum,  dabit quinquaginta  siclos  argenti  ad  mensuram sanctuarii  ;
4.  Si  mulier,  triginta.
5.  A  quinto  autem  anno  usque  ad  vi- gesimum  masculus  dabit  viginti  siclos  ; femina  decem.
6.  Ab  uno  mense  usque  ad  annum quintum,  pro  masculo  dabuntur  quinque sicli  ;  pro  femina  très.
7.  Sexagenarius  et  ultra  masculus  da- bit quindecim  siclos  ;  femina  decem.
8.  Si  pauper  fuerit,  et  sestimationem reddere  non  valebit,  stabit  coram  sacer- dote,  et  quantum  ille  œstimaverit,  et viderit  eum  posse  reddere,  tantum  dabit.
9.  Animal  autem,  quod  immolari  po- test  Domino ,  si  quis  voverit,  sanctum  erit,
10.  Et  mutari  non  poterit,  id  est,  nec melius  malo,  nec  pejus  bono  ;  quod  si mutaverit,  et  ipsum  quod  mutatum  est, et  illud  pro  quo  mutatum  est,  consecra- tum  erit  Domino.
11.  Animal  immundum,  quod  immo- lari Domino  non  potest,  si  quis  voverit, adducetur  ante  sacerdotem ,
12.  Qui  judicans  utrum  bonum  an malum  sit,  statuet  pretium.
13.  Quod  si  dare  voluerit  is  qui  offert, addet  supra  sestimationem  quintam  par- tem.
le  pluriel  :  «  animas,  »  c.-à-d.  des  personnes.  Par exemple,  en  cas  de  maladie,  de  péril  pour  la  vie, etc.,  on  pouvait  consacrer  à  Dieu,  sous  une  forme ou  sous  une  autre,  sa  femme,  ses  enfants,  etc. On  rachetait  ensuite  la  personne  ainsi  vouée moyennant  une  somme  {suh  cestimatlone...  pre- tium) qui  servait  aux  besoins  du  culte.  —  Les vers.  3-7  contiennent  une  sorte  de  tarif  légal, sUiVant  l'âge  et  le  sexe  des  personnes.
Hommes.  Femmes.
D'un  mois  à  5  ans  .    .      5  sicles.  3  sicles.
De  5  ans  à  20  ans  .    .    20      —  10      —
De  20  ans  à  60  ans.    .    50      —  30      —
60  ans  et  au-dessus,   .15     —  10     —
Sur  l'expression  ad  mensuram  sanctuarii,  voyez
Ex.  xxx ,  24 ,  et  le  commentaire.  Le  vers.  8  con- tient un  tarif  spécial  pour  les  pauvres.  Au  temps du  second  temple  le  minimum  était  d'un  sicle. 9-13.  Si  le  vœu  a  des  animaux  pour  objet. On  distingue  alors  entre  les  animaux  purs  (9-10) et  les  animaux  impurs  (  11  - 13  ).  —  1°  S'il  est  pur, l'animal  ainsi  voué  sera  sanctum,  une  chose sainte ,  et  le  «  vovens  »  ne  pourra  ni  le  rachetei', ni  l'échanger  pour  un  autre.  —  2«  S'il  s'agit  d'un animal  impur  (un  .âne,  un  chameau,  etc.),  il  sera vendu  d'après  l'estimation  faite  par  le  prêtre  ;  si l'auteur  du  vœu  désire  le  racheter  lui-même,  il payera  un  cinquième  en  sus  du  prix  fixé,  sorte d'amende  pour  expier  son  dédit.
42a-
Lev.  XXVII,  14-23.
14.  Homo  si  voverit  domiim  suam ,  et sanctificaverit  Domino,  considerabit  eam sacerdos  iitriim  bona  an  mala  sit,  et juxta  pretiiim,  qiiod  ab  eo  fuerit  consti- tutum ,  venundabitur.
15.  Sin  autem  ille  qui  voverat  vo- luerit  redimere  eam ,  dabit  quintam partem  sestimationis  supra,  et  habebit domum.
16.  Quod  si  agrum  possessionis  suse voverit,  et  consecraverit  Domino,  juxta mensuram  sementis  sestimabitur  pre- tium  :  si  triginta  modiis  hordei  seritur terra,  quinquaginta  siclis  venundetur argenti.
17.  Si  statim  ab  anno  incipientis  jubi- lei  voverit  agrum,  quanto  valere  potest, tanto  sestimabitur.
18.  Sin  autem  post  aliquantum  tem- poris ,  supputabit  sacerdos  pecuniam juxta  annorum,  qui  reliqui  sunt,  nume- rum  usque  ad  jubileum,  et  detralietur ex  pretio.
19.  Quod  si  voluerit  redimere  agrum ille  qui  voverat,  addet  quintam  partem sestimatfe  pecuniae,  et  possidebit  eum.
20.  Sin  autem  noluerit  redimere,  sed alteri  cuilibet  fuerit  venundatus,  ultra eum  qui  voverat  redimere  non  poterit  ;
21.  Quia  eum  jubilei  venerit  dies, sanctificatus  erit  Domino,  et  possessio consecrata  ad  jus  pertinet  sacerdotum.
22.  Si  ager  emptus  est,  et  non  de possessione  majorum  sanctificatus  fuerit Domino ,
23.  Supputabit  sacerdos,  juxta  anno- rum numerum  usque  ad  jubileum,  pre- tium  ;  et  dabit  ille  qui  voverat  eum, Domino  :
14.  Si  un  homme  voue  sa  maison  et la  consacre  au  Seigneur,  le  prêtre  consi- dérera si  elle  est  bonne  ou  mauvaise ,  et elle  sera  vendue  selon  le  prix  qu'il  y aura  mis.
15.  Si  celui  qui  a  fait  le  vœu  la  veut racheter,  il  ajoutera  un  cinquième  t\  l'es- timation qui  en  aura  été  faite,  et  il  aura la  maison.
16.  Que  s'il  a  voué  et  consacré  au  Sei- gneur le  champ  qu'il  possède,  on  y  mettra le  prix  à  proportion  de  la  quantité  de grain  qu'on  emploie  pour  l'ensemencer  ; s'il  faut  trente  mesures  d'orge  pour  ense- mencer le  champ,  il  sera  vendu  cinquante sicles  d'argent.
17.  Si  un  homme  fait  vœu  de  don- ner son  champ  dès  le  commencement de  l'année  du  jubilé,  il  sera  estimé  au- tant qu'il  pourra  valoir.
18.  S'il  le  voue  quelque  temps  après, le  prêtre  supputera  l'argent  selon  le nombre  des  années  qui  restent  jusqu'au jubilé,  et  il  en  ôtera  autant  du  prix.
19.  Si  celui  qui  avait  voué  son  champ veut  le  racheter,  il  ajoutera  un  cinquième à  l'estimation  qui  en  aura  été  faite,  et  il le  possédera  de  nouveau.
20.  S'il  ne  veut  pas  le  racheter,  et  s'il a  été  vendu  à  un  autre ,  il  ne  sera  plus au  pouvoir  de  celui  qui  l'avait  voué  de le  racheter  ;
21.  Parce  que,  lorsque  le  jour  du  ju- bilé sera  venu,  il  sera  consacré  au  Sei- gneur, et  qu'un  bien  consacré  appartient aux  prêtres.
22.  Si  le  champ  qui  a  été  consacré  au Seigneur  a  été  acheté,  et  n'est  pas  venu, à  celui  qui  le  donne,  de  la  succession  de ses  ancêtres,
23.  Le  prêtre  en  fixera  le  prix,  en supputant  les  années  qui  restent  jusqu'au jubilé,  et  celui  qui  l'avait  voué  donnera ce  prix  au  Seigneur;
14-15.  Si  c'est  une  maison  qui  a  été  vouée. — Mêmes  règles  que  pour  les  animaux  impurs.
16-25.  Si  le  vœu  portait  sur  un  champ.  —  Les règles  varient  selon  que  ce  champ  fait  partie  d'un patrimoine  {si  agrum  possessionis...) ,  ou  qu'il a  été  simplement  acheté  par  l'auteur  du  vœu.  — Première  hj-pothèse,  vers.  16-21.  D'abord,  au vers.  16,  une  règle  générale,  pour  fixer  le  prix auquel  le  champ  sera  vendu  dans  l'intérêt  du sanctuaire.  L'évaluation  aura  pour  base,  non  pas les  récoltes ,  qui  sont  trop  variables ,  mais  la quantité  du  grain  nécessaire  pour  ensemencer convenablement  la  terre.  On  cite  un  exemple  :
si  triginta  modiis...  (hébr,  :  trente  Tjomer,  dix fois  dix  éphah,  c.-à-d.  3  388  lit.).  —  Les  vers. 17-18  contiennent  des  règles  plus  spéciales  pour déterminer  le  prix  de  vente,  selon  que  l'année jubilaire  était  plus  ou  moins  éloignée.  Voy.  xxv, 14-16,  26-27,  et  l'explication.  —  Aux  vers.  19-21, autres  règles  spéciales ,  suivant  que  le  «  vovens  » rachetait  ou  ne  rachetait  pas  lui-même  son champ.  Sur  l'expression  hébraïque  hérem ,  qui correspond  à  possessio  consecrata  de  la  Vulgate, voyez  la  note  du  vers.  28.  —  Deuxième  h5T)othèse, vers.  23-24.  Si  le  champ  voué  à  Dieu  ne  faisait point  partie  d'un  héritage  de  famille  (non  de
Lev.  XXVII,  24-32.
421
24.  Mais  en  l'année  du  jubilé,  le champ  retournera  à  l'ancien  propriétaire qui  l'avait  vendu,  et  qui  l'avait  possédé comme  un  bien  qui  lui  était  propre.
25.  Toute  estimation  se  fera  au  poids ^  du  sicle  du  sanctuaire.  Le  sicle  a  vingt
oboles.
26.  Personne  ne  pourra  consacrer  ni vouer  les  premiers -nés,  parce  qu'ils  ap- partiennent au  Seigneur  ;  que  ce  soit  un veau  ou  une  brebis,  ils  sont  au  Seigneur.
27.  Si  la  bête  est  impure,  celui  qui l'avait  offerte  la  rachètera  suivant  votre estimation,  et  il  ajoutera  encore  le  cin- quième du  prix.  S'il  ne  veut  pas  la  ra- cheter, elle  sera  vendue  à  un  autre  au prix  que  vous  l'aurez  estimée.
28.  Tout  ce  qui  est  consacré  au  Sei- gneur, que  ce  soit  un  homme,  ou  une bête,  ou  un  champ,  ne  se  vendra  point, et  ne  pourra  être  racheté.  Tout  ce  qui aura  été  consacré  une  fois  au  Seigneur sera  pour  lui,  comme  étant  une  chose très  sainte.
29.  Tout  ce  qui  aura  été  offert  par  un homme,  et  consacré  au  Seigneur,  ne  se rachètera  point  ;  mais  il  faudra  néces- sairement qu'il  meure.
30.  Toutes  les  dîmes  de  la  terre,  soit des  grains,  soit  des  fruits  des  arbres, appartiennent  au  Seigneur,  et  lui  sont consacrées.
31.  Mais  si  quelqu'un  veut  racheter ses  dîmes,  il  donnera  un  cinquième  en sus  du  prix  qu'elles  seront  estimées.
32.  Tous  les  dixièmes  des  bœufs,  des brebis  et  des  chèvres,  et  de  tout  ce  qui
24.  In  jubileo  autem  revertetiir  ad priorem  dominum,  qui  vendiderat  eum, et  habuerat  in  sorte  possessionis  suae.
25.  Omnis  œstimatio  siclo  sanctuarii ponderabitur.  Siclus  viginti  obolos  habet.
26.  Primogenita,  quœ  ad  Dominum pertinent,  nemo  sanctiiicare  poterit  et vovere  ;  sive  bos,  sive  ovis  fuerit,  Do- mini  sunt.
27.  Quod  si  immundum  est  animal, redimet  qui  obtulit,  juxta  aestimationem tuam,  et  addet  quintam  partem  pretii  ; si  redimere  noluerit,  vendetur  alteri quantocumque  a  te  fuerit  asstimatum.
28.  Omne  quod  Domino  consecratur, sive  homo  fuerit,  sive  animal,  sive  ager, non  vendetur,  nec  redimi  poterit.  Quid- quid  semel  fuerit  consecratum,  sanctum sanctorum  erit  Domino.
29.  Et  omnis  consecratio,  quse  offertur ab  homine,  non  redimetur  ;  sed  morte morietur.
30.  Omnes  decima3  terrœ ,  sive  de frugibus ,  sive  de  pomis  arborum ,  Domini sunt,  et  illi  sanctificantur.
31.  Si  quis  autem  voluerit  redimere décimas  suas,  addet  quintam  partem earum.
32.  Omnium  decimarum  bovis  et  ovis et  caprse,  quse  sub  pastoris  virga  trans-
possessione  majorum)  ^  mais  n'appartenait  à  l'au- tenr  du  vœu  que  par  suite  d'un  achat,  comme il  devait  revenir  plus  tard  à  son  premier  maître en  vertu  du  privilège  jubilaire  (vers.  24  ;  cf.  xxv, 23-28),  au  fond  l'usufruit  seul  avait  été  consa- cré au  Seigneur.  Pour  fixer  la  somme  due  au sanctuaire,  il  suffisait  donc  de  déterminer  le nombre  des  récoltes  jusqu'au  jubilé,  et  leur  valeur appi'oximative.  —  Omnis  œstimatio...  (vers.  25). Note  importante,  en  vue  d'éviter  les  contestations possibles.  Cf.  Ex.  xxx,  13  ;  xxxviii,  24,  et  les  com- mentaires.
2°  Rachat  des  premiers-nés  des  animaux,  vers. 26-27.
26-27.  Même  distinction  que  précédemment (vers.  9-13). —  Les  premiers -nés  des  animaux purs,  appartenant  de  droit  au  Seigneur,  Ex.xiii,  2; xxn,  30 ,  ne  pouvaient  évidemment  pas  être  l'objet d'un  vœu  (vers,  26).  Quant  aux  premiers-nés  des animaux  impurs  (vers.  27),  il  était  permis  de les  racheter,  d'après  les  règles  fixées  plus  haut (vers.  11-13).  —  Ce  passage  apporte  une  modifi- cation aux  ordonnances  qui  avaient  été  antérieu-
rement prescrites  sur  le  même  point,  Ex.  xiii,  13; xxxiv,  20.
3°  Objets  consacrés  sous  l'anathème,  vers. 28-29.
28-29.  Quod...  consecratur.  En  hébr.  :  hérem, mot  dont  la  racine  signifie  primitivement  :  couper; puis ,  retrancher  de  l'usage  commun  ;  enfin ,  con- sacrer à  Dieu  d'une  manière  irrévocable,  avec destruction  de  la  personne  ou  de  la  chose  qui était  ainsi  vouée.  L'histoire  de  la  conquête  de  la Palestine  nous  fournira  maint  exemple  de  cette consécration  spéciale.  Cf.  Num.  xxi,  2-3;  Deut. II,  34;  in,  6;  Jos.  ii,  10;  vni,  26;  Jud.  i,  17; XXI,  2;  I  Reg,  xv,  33,  etc.  —  Si  homo...  Non que  cette  loi  autorisât  les  sacrifices  humains, comme  on  l'a  injustement  prétendu.  Les  personnes qu'atteignait  le  hérc.m  méritaient  déjà  la  mort à  d'auti'es  titres.  —  Règle  unique,  réitérée  coup sur  coup  :  non  vendetur,  nec  redimi  poterit...
40  La  dîme  et  sa  commutation ,  vers.  30  -  33.
30-31.  Dîme  des  fruits  de  la  terre,  et  règle  pour leur  rachat.
32-33.  Dîme  des  animaux  purs.  Même  loiquo
20*
422
Lev.  XXVII,  33-34.
eunt,  quidqiiid  decimum  venerit,  san- ctificabitur  Domino.
33.  Non  eligetur  nec  bonum,  nec malum ,  nec  altero  commutabitur  ;  si quis  mutaverit,  et  quod  mutatum  est, et  pro  quo  mutatum  est,  sanctificabitur Domino ,  et  non  redimetur.
34.  Hffic  sunt  prsecepta,  quse  mandavit Dominus  Moysi  ad  filios  Israël,  in  monte Sinai.
passe  sous  la  verge  du  pasteur,  seront offerts  au  Seigneur.
33.  On  ne  choisira  ni  un  bon  ni  un mauvais,  et  on  ne  changera  point  l'un pour  l'autre.  Si  quelqu'un  fait  ce  chan- gement, ce  qui  aura  été  changé,  et  ce qui  aura  été  mis  en  sa  place,  sera  con- sacré au  Seigneur,  et  ne  pourra  être  ra- cheté.
34.  Ce  sont  là  les  ordonnances  que  le Seigneur  a  données  à  Moïse  pour  les enfants  d'Israël  sur  la  montagne  du Sinaï.
pour  les  premiers  -  nés  (vers.  26)  :  impossibilité du  rachat.  —  Suh  pastoris  virga.  Trait  pitto- resque. La  lioulette  du  pasteur  (Ps.  xxii,  4; Jer.  XXXIII,  13;  Ez.  xx,  37),  servait  à  compter le  bétail  quand  il  sortait  de  l'étable  ou  qu'il  y rentrait.  Lorsque  le  temps  était  venu  de  payer la  dime  sainte,  disent  les  rabbins,  on  trempait
cette  houlette  dans  une  teinture  rouge,  et  elle marquait  les  animaux  que  le  sort  avait  désignés pour  être  la  portion  du  Seigneur.  Ce  trait  aide à  compi'endre  les  mots  :  non  eligetur...
3°  Conclusion  de  tout  le  livre,  vers.  34.
34.  Eœc  sunt  prcecepta...  Cf.  XXYi,  45''.  Simple récapitulation  du  Lévitique,
LES  NOMBRES
i°  Le  nom.  —  Nombres,  du  latin  Numeri  ^ ,  lequel  traduit  lui-même  le  grec 'ApiOfjLot.  Ce  livre  débute,  en  effet,  par  le  dénombrement  soit  des  Hébreux  ca- pables de  porter  les  armes  ^,  soit  des  Lévites  ^,  au  moment  où  s'achevait  la législation  du  Sinaï.  Et,  plus  loin  "*,  il  contient  encore  un  nouveau  recensement de  l'armée  théocratique.  Les  Juifs  emploient  parfois  les  dénominations  analogues de  Mispârim,  «  Nombres ,  »  et  de  PikkucUm,  qui  équivaut  à  Recensiones  d'Ori- gène^,  quoique  le  nom  dont  ils  se  servent  le  plus  fréquemment  soit  Vayifdah- her  ^,  le  premier  mot  du  livre.  Ils  disent  aussi  :  Bammidhar,  «  dans  le  désert  », et  cette  appellation,  empruntée  au  vers.  1  du  chap.  I^r,  serait  assurément  la meilleure  sous  le  rapport  du  sujet,  puisque  les  Nombres  racontent  surtout  les marches  et  contremarches  des  Israélites  dans  le  désert  de  l'Arabie  Pétrée.
2»  Le  sujet  traité.  — Ainsi  donc,  trajet  d'Israël  à  travers  le  désert,  depuis  le pied  du  Sinaï  jusqu'aux  steppes  de  Moab  %  c'est-à-dire  jusqu'à  la  limite  orien- tale de  la  Terre  promise;  ou,  en  d'autres  termes,  histoire  du  peuple  hébreu, à  partir  de  la  conclusion  définitive  de  l'alliance^,  jusqu'aux  derniers  préparatifs accomplis  par  Moïse  en  vue  de  la  conquête  de  la  Palestine  cisjordanienne.  Tel est,  en  abrégé,  le  sujet  du  quatrième  livre  du  Pentateuque,  qui  reprend  le  fil historique  presque  entièrement  interrompu  par  les  prescriptions  du  Lévitique  ^.
A  vrai  dire,  c'est  ici  que  commence  l'histoire  du  «  peuple  de  Dieu  » ,  titre  que les  Hébreux  ne  méritèrent  d'une  manière  adéquate  qu'après  l'achèvement  de  la législation  du  Sinaï.  Mais  dans  ces  annales,  qui  comprennent  environ  trente- neuf  ans,  le  narrateur  insiste  sur  les  faits  accomplis  durant  les  premiers  et  les derniers  mois,  et  il  glisse  très  rapidement  sur  les  trente-huit  années  intermé- diaires, tristes,  monotones,  et  sans  autre  incident  remarquable  que  la  lente destruction  d'une  génération  coupable.
Les  Hébreux,  pleins  d'élan,  quittent  donc  le  Sinaï  après  que  la  vie  théocra- tique a  été  organisée  dans  ses  parties  essentielles ,  et  ils  s'en  vont  conquérir  la Palestine,  qui  leur  est  réservée  d'après  d'antiques  et  nombreuses  promesses  *o. Mais  Dieu  les  éprouve  le  long  du  chemin ,  pour  affermir  leur  foi  et  les  habituer à  ne  se  confier  qu'en  lui.  Ils  subissent  mal  l'épreuve,  et  ils  s'attirent  des  châti- ments terribles.  Cependant  ils  ressuscitent  peu  à  peu,  après  s'être  vus  presque anéantis  par  le  Seigneur,  et  nous  assistons  à  leurs  premières  victoires  déci- sives, qui  les  établissent  dans  les  provinces  situées  au  delà  du  Jourdain.
*  Au  nominatif  pluriel,  et  point,  comme  on l'a  parfois  supposé,  au  génitif  singulier.
"  Chap.  I, ^  Chap.  III.
*  Chap.  XXVI.
^  Ap.  Euseb.,  Hist.  eccl,  Yi,  25. ^  «  Et  11  parla.  »  Voyez  la  page  15.
'  Voyez  VAtl.  géogr.,  pi.  v.
^  Cf.  Lev.  xxvu,  34.
^  Voyez  l'Introduction,  p.  323.
*^  Cf.  Gen.  XII,  7  ;  xiii,  14-17  ;  xv,  16  ;  xvn,  8  ; XXVi,  3 ;  xxviii,  13 ;  xxxv,  12 ;  XLYI,  4;  l,  23-24; Ex.  m,  7-8,  16-17;  vi.  7-8,  etc.
424  LES   NOMBRES
Tandis  que  Thistoire  raconte  tous  ces  traits ,  la  législation  se  perfectionne  par quelques  nouvelles  prescriptions  ajoutées  aux  anciennes.  Israël  devient  Tarmée de  Jéhovah;  on  lui  indique  comment  il  devra  accomplir  la  conquête,  puis  le partage  de  la  Palestine.  Mais  ces  ordonnances  sont  simplement  complémentaires. Par  conséquent,  comme  dans  PExode,  tissu  remarquable  de  faits  et  de  lois, quoique  avec  prédominance  des  faits.
3*^  Plan  et  division.  — Trois  parties  principales  :  1°  les  préparatifs  du  départ, ayant  pour  but  la  guerre  sainte  à  entreprendre  prochainement,  i,  1-x,  10; 2^  les  marches  et  contremarches  dTsraël  depuis  le  Sinaï  jusqu'aux  steppes  de Moab,  x,  11-xxi,  35;  3°  les  Hébreux  dans  les  steppes  de  Moab,  xxii-xxxvi.
Quatre  sections  dans  la  première  partie:  i,  1-iv,  49,  recensement  de  l'armée théocratique  et  des  lévites;  v,  1-vi,  27,  quelques  ordonnances  relatives  à  la sainteté  légale  et  morale  du  camp;  vn,  1-ix,  14,  les  derniers  événements  ac- complis au  pied  du  Sinaï;  ix,  15-x,  10,  divers  signaux  pour  diriger  les  haltes et  les  départs.
Deux  sections  dans  la  deuxième  partie  :  x,  11-xiv,  45,  du  Sinaï  à  Cadès  ; XV,  1-xxi,  35,  les  pérégrinations  à  travers  le  désert.
Trois  sections  dans  la  troisième  partie  :  xxii,  1-xxv,  18,  les  machinations  des Moabites  et  des  Madianites  contre  Israël;  xxvi,  1-xxx,  17,  ordonnances  rela- tives à  la  prochaine  prise  de  possession  de  la  Palestine;  xxxi,  1-xxxvi,  13,  les premières  conquêtes  à  Test  du  Jourdain.
Le  commentaire  donnera  des  subdivisions  plus  complètes  *.
4°  Chronologie  du  livre  des  Nombres.  —  La  période  de  temps  comprise  entre le  premier  et  le  dernier  verset  est  très  clairement  déterminée.  Le  récit  commence avec  le  premier  jour  du  second  mois  de  la  seconde  année  à  partir  de  la  sortie d'Egypte,  1,1.  Vers  la  fm  du  livre,  xxxni,  38,  le  narrateur  nous  apprend  que la  mort  d'Aaron  eut  lieu  «  la  quarantième  année  qui  suivit  la  sortie  d'Egypte, au  cinquième  mois,  le  premier  jour  du  mois  y>.  Ce  qui  fait  un  intervalle  de trente-huit  ans  trois  mois.  Mais  à  ce  chiffre  nous  devons  ajouter  quelques  mois, pour  le  temps  qui  s'écoula  jusqu'à  la  date  marquée  au  début  du  Deutéronome, I,  3,  «  la  quarantième  année,  le  onzième  mois,  le  premier  jour  du  mois.  »  Nous obtenons  ainsi,  comme  durée  totale,  un  peu  moins  de  trente-neuf  ans.
5°  Sous  le  rapport  de  Vintérêt,  le  livre  des  Nombres  occupe  un  des  premiers rangs  parmi  les  écrits  historiques  de  l'Ancien  Testament.  Encore  la  législation théocratique,  des  extraits  importants  de  la  vie  du  peuple  de  Dieu,  de  précieux détails  géographiques,  des  fragments  poétiques  remarquables  par  leur  antiquité et  leur  beauté^,  de  hautes  révélations  messianiques,  ou  sous  forme  de  types, comme  l'histoire  du  serpent  d'airain  ^,  ou  en  termes  directs,  comme  dans  l'épi- sode de  Balaam"*  :  ces  sujets  pris  en  eux-mêmes,  ou  dans  leur  variété,  et  dans l'entrain  avec  lequel  ils  sont  traités,  présentent  constamment  un  intérêt  spé- cial, et,  comme  on  l'a  dit,  partout  «  la  vérité  de  la  narration  biblique  affirme  sa puissance  ».
Livres  à  consulter.  —  Les  bons  commentaires  catholiques  anciens  et  mo- dernes, spécialement  ceux  de  Calmet;  parmi  les  ouvrages  contemporains, Ch.  Schœbel,  Démonstration  de  l'authenticité  du  Lévitique  et  des  Nombres; L.  de  Laborde,  Cotwtnentaire  géographique  de  V Exode  et  des  Nombres , 'Taris,  1841;  F.  Vigoureux,  la  Bible  et  les  découvertes  modernes,  t.  II,  p.  591 et  suiv.
*  Yoyez  aussi  notre  édition  de  la  BiUia  sacra.  '  \        ^  Cf.  xxi,  4-9,
2  Cf.  VI,  21-26;  XXI,  11-15,  18,  27-30.  1        ^  Cliap.  xxiii-xxiY.
LES  NOMBRES
CHAPITRE    I
1.  La  seconde  année  après  la  sortie des  enfants  d'Israël  hors  de  l'Egypte ,  le premier  jour  du  second  mois,  le  Seigneur parla  à  Moïse  au  désert  du  Sinaï,  dans  le tabernacle  de  l'alliance ,  et  lui  dit  :
2.  Faites  un  dénombrement  de  toute l'assemblée  des  enfants  d'Israël  selon leurs  familles,  leurs  maisons  et  leurs noms  ;  faites  -  le  de  tous  les  mfiles
3.  Depuis  vingt  ans  et  au-dessus,  de tous  les  hommes  forts  d'Israël;  vous  les compterez  tous  selon  leurs  bataillons, vous  et  Aaron.
4.  Et  avec  vous  seront  ceux  qui  sont,
1 .  Locutusque  est  Dominus  ad  Moysen in  deserto  Sinai,  in  tabernaculo  fœderis, prima  die  mensis  secundi,  anno  altero egressionis  eorum  ex  ^gypto,  dicens  :
2.  Tollite  summam  universse  congre- gationis  filiorum  Israël  per  cognationes et  domos  suas,  et  nomiua  singulorum, quidquid  sexus  est  masculini,
3.  A  vigesimo  anno  et  supra,  omnium virorum  fortium  ex  Israël  ;  et  numera- bitis  eos  per  turmas  suas,  tu  et  Aaron.
4.  Eruntque  vobiscum  principes   tri-
PREMIERE  PARTIE
Préparatifs   de   la   guerre    saînie  en  vue   de conquérir  la  Terre  promise.  1,1  —  X,  10,
Le  but  du  séjour  des  Hébreux  axiprès  du  Siiiaï pst  luaititenant  atteint.  L'alliance  a  été  conclue, la  loi  promulguée  dans  ses  pai'ties  essentielles, le  sanctuaire  érigé;  Dieu  a  établi  sa  résidence au  milieu  du  peuple  qu'il  s'est  choisi.  Israël  va .donc  bientôt  se  mettre  en  route  pour  posséder le  riche  pays  qui  lui  était  destiné  ;  mais  aupa- ravant le  Seigneur  lui  donne  une  organisation militaire  conforme  à  ses  desseins  ultérieurs.
Section  I.  —  Recexsemext  de  l'armée  ïhéocra-
TIQUE  ET  DES   LÉVITES.  1,1  —  lY,  49.
C'était,  naturellement,  le  pi'emier  acte  requis par  les  circonstances.
§  L  —  Le  dénonibrement  des  guerriers  dans chaque  tribu.  I,  1-54.
10  Choix  des  censeurs,  vers.  1-16.
Chap.  I.  —  1.  Introduction  historique,  indi- quant le  lieu  (in  deserto...,  in  tabernaculo)  et le  temps  (prima  die...)  de  la  révélation  divine relative  à  ce  dénombrement.
2-3».  Objet  principal  de  la  nouvelle  prescrip- tion de  Jéhovah.  —  Tollite  summam...  Six  mois auparavant,  lorsqu'il  avait  été  question  de.  la capitation  sacrée,  Dieu  avait  annoncé  à  Moïse
qu'elle  aurait  pour  base  un  dénombrement  gé- néral des  Tsi'aélites.  Voy.  Ex.  xxx,  11  et  ss.,  et le  commentaire;  comp.  Ex.  xxxviir,  25-28,  où le  résultat  du  recensement  actuel  (i,  4'J)  a  été donné  par  anticipation.  —  Manière  d'e.vécdter l'opération  :  per  cognationes,  et  domos...  Cela  sup- pose quati'e  éléments  distincts  :  la  tribu  ;  dans chaque  tribu,  les  mispahot  (Vulg.  :  «  cognatio- nes »),  sortes  de  clans;  dans  la  mispahah,  les maisons  des  pères  (  hébr.  :  beyt  'abut  )  ;  dans  ces dernières,  les  familles  isolées  et  proprement  dites  ; dans  chaque  famille ,  les  individus  qui  tombaient sous  le  cens  (nomina  singulorum;  l'hébreu ajoute  :  l'gulgolôtam,  selon  leurs  têtes).  Voj'cz dans  V Atlas  archéol.,  pi.  lxxix,  flg.  1  et  7,  des scènes  de  recensement  dans  l'antique  Egypte.  — Quelques  autres  détails  plus  précis  :  les  hommes seuls  étaient  recensés  (quidquid  masculini...),  à partir  de  vingt  ans,  mais  sans  limite  au-dessus de  cet  âge,  puisque  Israël  devait  être  ce  qu'on nomme  aujourd'hui  un  peuple  armé  (omnium... fortium;  hébr.  :  tout  ce  qui  est  propre  à  la  guerre en  Israël).  Le  but  du  dénombrement  était  donc  sur- tout civil  et  militaii'e,  quoiqu'il  eût,  nous  l'avons vu  plus  haut,  son  côté  religieux.
Si^-ie.  Les  censeurs.  —  En  premier  lieu,  comme il  était  naturel,  Moïse  et  Aaron,  placés  dès  les preiniers  jours  et  de  toutes  manières  à  la  tête d'Israël.  Avec  eux,  comme  auxiliaires,  les  chefs des  douze  tribus,  mentionnés  noamuément  aiuc
426
NuM.  I,  5-20.
buum  ac  domorum  in  cognationibus  suis,
5.  Quorum  ista  sunt  nomina  :  De Ruben,  Elisur  filius  Sedeur.
6.  De  Simeon,  Salamiel  filius  Surisad- dai.
7.  De  Juda,  Nahasson  filius  Amina- dab.
8.  De  Issachar,  Nathanael  filius  Suar.
9.  De  Zabulon,  Eliab  filius  Helon.
10.  Filiorum  autem  Joseph  ,  de Ephraim,  Elisama  filius  Ammiud  ;  de Manasse,  Gamaliel  filius  Phadassur  ;
11.  De  Benjamin,  Abidan  filius  Ge- deonis  ;
12.  De  Dan,  Ahiezer  filius  Ammisad- dai  ;
13.  De  Aser,  Phegiel  filius  Ochran;
14.  De  Gad,  Eliasaph  filius  Duel;
15.  De  Nephthali,  Ahira  filius  Enan.
16.  Hi  nobilissimi  principes  multitu- dinis  per  tribus  et  cognationes  suas,  et capita  exercitus  Israël  ;
17.  Quos  tulerunt  Moyses  et  Aaron cum  omni  vulgi  multitudine  ;
18.  Et  congregaverunt  primo  die  men- sis  secundi,  recensentes  eos  per  cogna- tiones, et  domos,  ac  familias,  et  capita, et  nomina  singulorum,  a  vigesimo  anno et  supra,
19.  Sicut  prseceperat  Dominus  Moysi. Numeratique  sunt  in  deserto  Sinai.
20.  De  Ruben,  primogenito  Israelis, per  generationes  et  familias  ac  domos Buas,  et  nomina  capitum  singulorum, omne  quod  sexus  est  masculini  a  vige- simo anno  et  supra,  procedentium  ad bellum ,
dans  leurs  familles,  les  princes  de  leurs tribus  et  de  leurs  maisons.
5.  Voici  leurs  noms  :  De  la  tribu  de Ruben,  Elisur  fils  de  Sédéiir.
6.  De  la  tribu  de  Siméon,  Salamiel  fils de  Surisaddaï.
7.  De  la  tribu  de  Juda,  Nahasson  fils d'Aminadab.
8.  De  la  tribu  <Z'.Issachar,  Nathanael fils  de  Suar.
9.  De  la  tribu  de  Zabulon,  Eliab  fils d'Hélon.
10.  Et  pour  les  enfants  de  Joseph  : d'Ephraïm ,  Elisama  fils  d'Ammiud  ;  de Manassé,  Gamaliel  fils  de  Phadassur.
11.  De  Benjamin,  Abidan  fils  de  Gé- déon.
12.  De  Dan,  Ahiézer  fils  d'Ammisad- daï.
13.  D'Aser,  Pliégiel  fils  d'Ochran.
14.  De  Gad,  Eliasaph  fils  de  Duel.
15.  De  Nephthali,  Ahira  fils  d'Énan.
16.  C'étaient  là  les  princes  du  peuple les  plus  illustres  dans  leurs  tribus  et  dans leurs  familles,  et  les  principaux  chefs de  l'armée  d'Israël.
17.  Moïse  et  Aaron,  les  ayant  pris  avec toute  la  multitude  du  peuple,
18.  Les  assemblèrent  au  premier  jour du  second  mois,  et  en  firent  le  dénom- brement d'après  les  généalogies,  les maisons  et  les  familles,  en  comptant chaque  personne  et  prenant  le  nom  de chacun,  depuis  vingt  ans  et  au-dessus,
19.  Selon  que  le  Seigneur  l'avait  or- donné à  Moïse.  Le  dénombrement  se  fit dans  le  désert  du  Sinaï.
20.  On  fit  le  dénombrement  de  la  tribu de  Ruben,  fils  aîné  d'Israël.  Tous  les mâles  depuis  vingt  ans  et  au-dessus,  qui pouvaient  aller  à  la  guerre,  furent  comptés selon  leur  généalogie,  leurs  familles  et leurs  maisons,  et  tous  ayant  été  inscrits par  leurs  noms ,
versets  5-15.  Parmi  eux  Nahasson,  prince  de Juda,  et  Elisama,  prince  d'Ephraïm,  ont  une célébrité  à  part  :  le  premier  était  beau -frère d'Aaron  d'après  Ex.  vi,  23,  mais  surtout  il  eut l'honneur  d'être  l'ancêtre  de  David,  et  par  con- séquent du  Messie  ;  le  second ,  d'après  I  Par.  vu, 26-27,  fut  le  grand -père  de  Josué.  —  Hi  nobi- lissimi... (vers.  16).  Récapitulation  de  la  liste  des censeurs.  Sa  traduction  exacte  selon  l'hébreu  se- rait :  Tels  furent  les  élus  (du  sein)  de  la  congré- gation, princes  des  tribus  de  leurs  pères,  chefs de  milliers  dans  Israël.
20  L'opération  du  recensement,  vers.  17-47.
17-19.  Relation  sommaire  du  fait. —  Prima die  menais  secundi.  Le  jour  même  où  Dieu  avait
donné  ses  ordres.  Cf.  vers.  1.  —  Recensentes  eos. L'expression  hébraïque  correspondante,  ityaldu (  littéral.  :  ils  se  firent  enregistrer  )  marque  fort bien  l'empressement  et  la  spontanéité  du  peuple , qui  se  prêta  de  son  mieux  à  cette  délicate  opé- ration. —  Les  résultats  du  dénombrement  pour chaque  tribu  sont  notés  aux  vers.  20-43 ,  en  des formules  à  peu  près  identiques.  L'ordre  suivi pour  rénumération  des  tribus  est  réglé  en  grande partie  d'après  celui  des  marches  et  des  campe- ments de  la  nation,  ii,  3-31.
20-21.  Tribu  de  Ruben:  46  500  hommes  au- dessus  de  vingt  ans.  —  Procedentium  ad  ôeïîtiw. C.-ù-d.  en  état  de  porter  les  armes.
NuM.  I,  21-33.
427
21.  Il  s'en  trouva  quarante -six  mille cinq  cents.
22.  On  fit  le  dénombrement  des  en- fants de  Siméon.  Tous  les  mâles  depuis vingt  ans  et  au-dessus,  qui  pouvaient aller  à  la  guerre,  furent  comptés  selon leur  généalogie,  leurs  familles  et  leurs maisons,  et  étant  tous  inscrits  par  leurs noms,
23.  Il  s'en  trouva  cinquante-neuf  mille trois  cents.
24.  On  fit  le  dénombrement  des  en- fants de  Gad.  Tous  ceux  qui  avaient  vingt ans  et  au-dessus,  et  qui  pouvaient  aller à  la  guerre,  furent  comptés  par  tiges,  par familles  et  par  maisons,  et  étant  tous inscrits  par  leurs  noms ,
25.  Il  s'en  trouva  quarante-cinq  mille six  cent  cinquante.
26.  On  fit  le  dénombrement  des  en- fants de  Juda.  Tous  ceux  qui  avaient vingt  ans  et  au-dessus ,  et  qui  pouvaient aller  à  la  guerre,  furent  comptés  par  tiges, par  familles  et  par  maisons,  et  étant  tous marqués  par  leur  propre  nom ,
27.  Il  s'en  trouva  soixante  -  quatorze mille  six  cents.
28.  On  fit  le  dénombrement  des  enfants d'Issachar.  Tous  ceux  qui  avaient  vingt ans  et  au-dessus,  et  qui  pouvaient  aller à  la  guerre,  furent  comptés  par  tiges,  par familles  et  par  maisons,  et  étant  tous marqués  par  leur  propre  nom ,
29.  Il  s'en  trouva  cinquante -quatre mille  quatre  cents.
30.  On  fit  le  dénombrement  des  enfants de  Zabulon.  Tous  ceux  qui  avaient  vingt ans  et  au-dessus,  et  qui  pouvaient  aller à  la  guerre,  furent  comptés  par  tiges, par  familles  et  par  maisons,  et  étant tous  marqués  par  leur  propre  nom ,
31.  Il  s'en  trouva  cinquante-sept  mille quatre  cents.
32.  On  fit  le  dénombrement  des  en- fants de  ^Joseph,  et  premièrement  des  en- fants d'Ephraïm.  Tous  ceux  de  cette  trihu qui  avaient  vingt  ans  et  au-dessus,  et qui  pouvaient  aller  à  la  guerre,  ayant  été comptés  par  tiges,  par  familles  et  par maisons ,  et  étant  tous  marqués  par  leur propre  nom,
33.  Il  s'en  trouva  quarante  mille  cinq cents.
21.  Quadraginta  sex  millla  quingenti.
22.  De  filiis  Simeon  per  generationes et  familias  ac  domos  cognationum  sua- rum  recensiti  sunt  per  nomina  et  capita singulorum  omne  quod  sexus  est  mascu- lini  a  vigesimo  anno  et  supra,  proce- dentium  ad  bellum,
23.  Quinquaginta  novem  millia  tre- centi.
24.  De  filiis  Gad  per  generationes  et familias  ac  domos  cognationum  suarum recensiti  sunt  per  nomina  singulorum  a viginti  annis  et  supra,  omnes  qui  ad bella  procédèrent,
25.  Quadraginta  quinque  millia  sex- centi  quinquaginta.
26.  De  filiis  Juda  per  generationes  et familias  ac  domos  cognationum  suarum, per  nomina  singulorum  a  vigesimo  anno et  supra,  omnes  qui  poterant  ad  bella procedere ,
27.  Recensiti  sunt  septuaginta  quatuor millia  sexcenti.
28.  De  filiis  Issachar,  per  generationes et  familias  ac  domos  cognationum  sua- rum ,  per  nomina  singulorum  a  dgesimo anno  et  supra,  omnes  qui  ad  bella  pro- cédèrent,
29.  Recensiti  sunt  quinquaginta  qua- tuor millia  quadringenti.
30.  De  filiis  Zabulon  per  generationes et  familias  ac  domos  cognationum  sua- rum recensiti  sunt  per  nomina  singulo- rum a  vigesimo  anno  et  supra,  omnes qui  poterant  ad  bella  procedere,
31.  Quinquaginta  septem  millia  qua- dringenti.
32.  De  filiis  Joseph,  filiorum  Ephraim per  generationes  et  familias  ac  domos cognationum  suarum  recensiti  sunt  per nomina  singulorum  a  vigesimo  anno  et supra,  omnes  qui  poterant  ad  bella  pro- cedere ,
33.  Quadraginta  millia  quingenti.
22-23.  Tribu  de  Siméon  :  59  300  hommes. 24-25.  Tribu  de  Gad  :  45  650  hommes. 26-27.  Tribu  de  Juda  :  74  600  hommes. 28-29.  Tribu  d'Issachar  :  54  400  hommes. 30-31.  Tribu  de  Zabulon  :  57  400  hommes.
32  -  33.  Tribu  d'Ephraïm  :  40  500  hommes.  — De  filiis  Joseph  :  les  descendants  de  Joseph  sont aussitôt  scindés  en  deux  tribus,  h  cause  de  l'a- doption faite  par  Jacob  sur  son  lit  de  mort. Voyez  Geu.  xlyui,  1-7,  et  le  commentaire.
428
NuM.  I,  34-43.
34.  PoiTo  filiorum  Manasse  per  gene- rationes  et  familias  ac  domos  cognatio- iium  suarum  recensiti  siint  per  nomina singulorum  a  viginti  annis  et  supra, omnes  qui  poteraiit  ad  bella  procedere,
35.  Triginta  duo  millia  ducenti.
-  36.  De  filiis  Benjamin  per  generationes et  familias  ac  domos  cognationum  sua- rum recensiti  sunt  nominibus  singulorum a  vigesimo  anno  et  supra,  omnes  qui poterant  ad  bella  procedere,
37.  Triginta  quinque  millia  quadrin- genti.
38.  De  filiis  Dan  per  generationes  et familias  ac  domos  cognationum  suarum recensiti  sunt  nominibus  singulorum  a vigesimo  anno  et  supra,  omnes  qui  pote- rant ad  bella  procedere ,
39.  Sexaginta  duo  millia  septingenti.
40.  De  filiis  Aser  per  generationes  et familias  ac  domos  cognationum  suarum recensiti  sunt  per  nomina  singulorum  a \dgesimo  anno  et  supra,  omnes  qui  po- terant ad  bella  procedere,
41.  Quadraginta  millia  et  mille  quin- genti.
42.  De  filiis  Nephthali  per  genera- tiones et  familias  ac  domos  cognationum suarum  recensiti  sunt  nominibus  singu- lorum a  vigesimo  anno  et  supra,  omnes qui  poterant  ad  bella  procedere,
43.  Quinquaginta  tria  millia  quadrin- genti.
34.  On  fit  ensuite  le  dénombrement
des  enfants  de  Manassé  ;  et  tous  ceux  qui avaient  vingt  ans  et  au-dessus,  et  qui pouvaient  aller  à  la  guerre,  ayant  été comptés  selon  leur  généalogie,  leurs  fa- milles et  leurs  maisons,  et  étant  tous marqués  par  leur  propre  nom ,
35.  Il  s'en  trouva  trente -deux  mille deux  cents.
36.  On  fit  le  dénombrement  des  en- fants de  Benjamin;  et  tous  ceux  qui avaient  vingt  ans  et  au-dessus,  et  qui pouvaient  aller  à  la  guerre,  ayant  été comptés  par  tiges,  par  familles  et  par maisons,  et  étant  tous  marqués  par  leur propre  nom ,
37.  Il  s'en  trouva  trente -cinq  mille quatre  cents.
38.  On  fit  le  dénombrement  des  en- fants de  Dan  ;  et  tous  ceux  qui  avaient vingt  ans  et  au-dessus,  et  qui  pouvaient aller  à  la  guerre,  ayant  été  comptés  par tiges,  par  familles  et  par  maisons,  et étant  tous  marqués  par  l^m:  propre  nom,
39.  Il  s'en  trouva  soixante-deux  mille sept  cents.
40.  On  fit  le  dénombrement  des  en- fants d'Aser;  et  tous  ceux  qui  avaient vingt  ans  et  au-dessus,  et  qui  pouvaient aller  à  la  guerre,  ayant  été  comptés  par tiges,  par  familles  et  par  maisons,  et étant  tous  marqués  par  leur  propre  nom,
41.  Il  s'en  trouva  quarante  et  un  mille cinq  cents.
42.  On  fit  le  dénombrement  des  en- fants de  Nephthali  ;  et  tous  ceux  qui avaient  vingt  ans  et  au-dessus,  et  qui pouvaient  aller  à  la  guerre,  ayant  été comptés  par  tiges,  par  familles  et  par maisons ,  et  étant  tous  marqués  par  leur propre  nom,
43.  Il  s'en  trouva  cinquante-trois  mille quatre  cents.
34-35.  Tribu  de  Manassé  :  32  200  hommes.
36-37.  Tribu  de  Benjamin  :  35  400  hommes.
38-39.  Tribu  de  Dan  :  62  700  hommes.
40-41.  Tribu  d'Aser  :  41  503  hommes.
42-43.  Tribu  de  Nephthali:  53  400  hommes. —  Ajoutons  ici  quelques  remarques  générales. 1«  La  .tribu  de  Lévi  sera  l'objet  d'un  dénombre- ment-à  part  (vers.  47-53,  et  chap.  lu);  Toilà pourquoi  elle  a  été  omise  dans  l'énumération  qui précède.  2»  La  tribu  la  plus  nombreuse  et  la  plus puissante  est  celle  de  Juda,  qui  l'éalise  ains-i  la prophétie  de  Jacob,  Gen.  xlix,  9;  les  tribus  de Dan,  de  Siméon,  de  Zabulon,  occupent  api'ès •elle  les  premiers  rangs.  Conformément  îi  une autre  prédiction  de  Jacob  (cf.  Gen.  XLVin,  19 et  6.)j  Éphi'aïm  l'emporte  sur  Haoassé.  lies  tribus
les  plus  faibles  et  les  plus  petites  sont  celles  de Benjamin  et  de  Manassé.  3»  Quand  on  lit  avec attention  les  chiffres  marqués  pour  chaque  tribu, on  est  surpris  de  leur  rondeur  :  nulle  part  d'u- nités ;  une  fois  seulement  des  dizaines ,  poxu; Gad;  pour  les  onze  autres  tribus,  les  centaines sont  toujours  complètes.  Mais  il  faut  se  rappeler que  ce  dénombrement  avait  lieu  en  vue  de  l'or- ganisation militaire  d'Israël  (voyez  les  vers.  2, 20,  etc.);  or  nous  savons  d'après  d'autres  pas- sages, tels  que  IV  Reg.  i,  9,  11,  13,  que  cette organisation  avait  le  système  décimal  pour  base  : des  milliers,  des  centaines,  des  cinquantaines (cf.  Ex.  xviii,  21,  25,  pour  l'organisation  judi- ciaire) :  on  comprend  ainsi  que  l'on  n'ait  pas tenu  compte  des  unités  dans  cette  li^te.  JBlvis
NuM.  I,  44-53.
429
44.  C'est  là  le  déiiombrement  des  en- fants d'Israël,  qui  fut  fait  par  jNIoïse,  par Aaron  et  par  les  douze  princes  d'Israël, chacun  étant  marqué  d'après  sa  maison et  d'après  sa  famille.
45.  Et  le  com})te  des  enfants  d'Israël, qui  avaient  vingt  ans  et  au-dessus,  et qui  pouvaient  aller  à  la  guerre,  ayant  été fait  par  maisons  et  par  familles,
46.  Il  s'en  trouva  en  tout^ix.  cent  trois mille  cinq  cent  cinquante.
47.  ^lais  les  Lévites  ne  furent  point comptés  parmi  eux  selon  les  familles  de leur  tribu.
48.  Car  le  Seigneur  parla  à  Moïse,  et lui  dit  :
49.  Ne  faites  point  le  dénombrement de  la  tribu  de  Lévi,  et  n'en  marquez  point le  nombre  avec  celui  des  enfants  d'Is- raël ;
50.  Mais  établissez-les  pour  avoir  soin du  tabernacle  du  témoignage,  de  tous ses  vases  et  de  tout  ce  qui  regarde  les  cé- rémonies. Ils  porteront  eux-mêmes  le  ta- bernacle et  tout  ce  qui  sert  à  son  usage  ; ils  s'emploieront  au  ministère  du  Sei- gneur, et  ils  camperont  autour  du  taber- nacle.
51.  Lorsqu'il  faudra  partir,  les  Lévites démonteront  le  tabernacle  ;  lorsqu'il  fau- dra camper,  ils  le  dresseront.  Si  quelque étranger  se  joint  à  eux,  il  sera  puni  de mort.
52.  Les  enfants  d'Israël  camperont  tous selon  les  diverses  compagnies  et  les divers  bataillons  dont  leurs  troupes  se- ront composées.
53.  Mais  les  Lévites  dresseront  leurs tentes  autour  du  tabernacle,  de  peur que  l'indignation  ne  tombe  sur  la  multi- tude des  enfants  d'Israël,  et  ils  veille- ront à  la  garde  du  tabernacle  du  témoi- gnage.
44.  Hi  sunt,  quos  numeravtrunt  l\Ioy- ses  et  Aaron,  et  duodecim  principes Israël,  singulos  per  domos  cognationum suarum.
45.  Fueruntque  omnis  numerus  filio- rum  Israël  per  domos  et  familias  suas  a vigesimo  anno  et  supra,  qui  poterant  ad bella  procedere,
46.  Sexcenta  tria  millia  virorum  quin- genti  quinquaginta.
47.  Levitœ  autem  in  tribu  familiarum suarum  non  sunt  numerati  cum  eis.
48.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moy- sen,  dicens  :
49.  Tribum  Levi  noli  numerare,  neque pones  summam  eorum  cum  filiis  Israël  ;
50.  Sed  constitue  eos  super  taberna- culum  testimonii,  et  cuncta  vasa  ejus, et  quidquid  ad  ceremonias  pertinet.  Ipsi portabunt  tabernaculum  et  omnia  uten- silia  ejus  ;  et  erunt  in  ministerio,  ac  per gyrum  tabernaculi  metabuntur.
51.  Cum  proficiscendum  fuerit,  dépo- nent levitae  tabernaculum  ;  cum  castra- metandum,  érigent.  Quisquis  externorum accesserit,  occidetur.
52.  Metabuntur  autem  castra  filii  Israël unusquisque  per  turmas,  et  cuneos  atque exercitum  suum.
53.  Porro  levitas  per  gyrum  taberna- culi figent  tentoria,  ne  fiât  in^lignatio super  multitudinem  filiorum  Israël  ;  et excubabunt  in  custodiis  tabernaculi  te- stimonii.
loin,  XI,  21,  et  Ex.  xii,  37,  le  total  des  guerriers est  évalué,  d'une  façon  toute  générale,  à  600  000. Conip.  le  vers.  45.
44-47.  Récapitulation.  En  tout,  603  550  hommes, âgés  de  vingt  ans  et  plus  :  ce  qui  suppose,  d'après les  données  de  la  statistique,  que  le  peuple  hébreu était  alors  formé  d'environ  deux  millions  d'âmes.
—  Levitee  autem...  Exception  qui  est  simplement constatée  dans  ce  verset;  les  suivants  en  déve- lopperont les  causes.
3°  Pourquoi  la  tribu  de  Lévi  ne  fut  pas  com- prise dans  le  dénombrement,  vere,  48-54.
48.  Transition.
49-53.  Fonctions  spéciales  dos  Lévites,  qui  les exemptaient  du  service  militaire  proprement  dit.
—  Constitue...  super  tabernaculum...  (vers.  50).
Chargés  des  intérêts  supérieurs  de  la  nation  théo- cratique ,  et  formant  comme  une  garde  d'honneur autour  de  la  tente  sacrée  de  Jéhovah,  le  taber- nacle, les  Lévites  étaient  naturellement  dispensés de  tout  autre  emploi  ;  du  reste ,  leur  rôle  quoti- dien les  rendait  beaucoup  plus  utiles  à  leurs  frères que  le  métier  des  armes,  et  exigeait  d'eux  habi- tiiellement  de  plus  grands  sacrifices.  —  Par  exter- norum,  au  vers.  51  (bébr.:  zar),  il  faut  entendre les  Hébreux  qui  ne  faisaient  point  partie  de  la tribu  de  Lévi.  Cf.  Lev.  xxii,  10,  12,  etc.  — Per  turmas ,  et  cuneos  atque  ea:;erd<Tt?n...  Hébr.: Chacun  dans  son  camp,  et  chacun  sous  sa  ban- nière, selon  leurs  corps  d'armée.  Le  chap.  ii  tout entier  commentera  ce  passage.  —  Ne  tîat  ijidi- gnatio  (vers.  53).  C.-à-d.  la  colère  du  Seigneur,
NuM.  I,  54  —  II,
400
54.   Fecenmt   ergo   filii   Israël   juxta omnia  quœ  prœceperat  Dominas  Moysi.
54.  Les  enfants  d'Israël  exécutèrent donc  toutes  les  choses  que  le  Seigneur avait  ordonnées  à  Moïse.
CHAPITRE  II
1.  Loeutusque  est  Dominus  ad  Moysen et  Aaron,  dicens  :
2.  Singuli  per  turmas,  signa,  atque vexilla,  et  domos  cognationum  suarum, castrametabuntur  filii  Israël ,  per  gyrum tabernaculi  fœderis.
3.  Ad  orientem  Judas  figet  tentoria  per turmas  exercitus  sui  ;  eritque  princeps filiorum  ejus  Nahasson  filius  Aminadab.
4.  Et  omnis  de  stirpe  ejus  sumraa pugnantium,  septuaginta  quatuor  millia sexcenti.
5.  Juxta  eum  castrametati  sunt  de tribu  Issachar,  quorum  princeps  fuit  Na- thanael  filius  Suar  ;
6.  Et  omnis  numerus  pugnatorum ejus,  quinquaginta  quatuor  millia  qua- dringenti.
7.  In  tribu  Zabulon  princeps  fuit  Eliab filius^  Helon  ;
8.  Omnis  de  stirpe  ejus  exercitus pugnatorum ,  quinquaginta  septem  millia quadringenti.
1.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse et  à  Aaron ,  et  il  leur  dit  :
2.  Les  enfants  d'Israël  camperont  au- tour du  tabernacle  de  l'alliance,  par  di- vers corps,  chacun  sous  ses  drapeaux  et sous  ses  enseignes,  et  selon  leurs  fa- milles et  leurs  maisons.
3.  Juda  dressera  ses  tentes  vers  l'orient, selon  les  troupes  de  son  armée ,  et  Naas- son,  fils  d'Aminadab,  sera  prince  de  sa tribu.
4.  Le  nombre  des  combattants  de  cette tribu  est  de  soixante  -  quatorze  mille  six cents.
5.  Ceux  de  la  tribu  d'Issachar  cam- peront auprès  de  Juda;  leur  prince  est Nathanaël  fils  de  Suar  ;
6.  Et  le  nombre  de  tous  ses  combat- tants est  de  cinquante-quatre  mille  quatre cents.  ^
7.  Eliab  fils  d'Hélon  est  le  prince  de la  tribu  de  Zabulon  ;
8.  Et  tout  le  corps  des  combattants de  sa  tribu  est  de  cinquante -sept  mille quatre  cents.
qui  éclaterait  sans  pitié  sur  les  Israélites,  dans le  cas  où  ses  prescriptions  ne  seraient  pas  exécu- tées. Cf.  XVIII,  5.
64.  Conclusion  de  l'alinéa.
§  II.  —  L'ordre  des  douze  tribus  pour  les  cam- pements et  pour  les  marches.  II,  1-34.
Pour  les  campements,  quatre  camps,  formés chacun  de  trois  tribus,  et  tous  groupés  autour du  tabei-nacle;  pendant  les  marches,  six  tribus en  avant,  le  tabernacle  et  son  mobilier  venant ensuite  avec  les  Lévites,  les  six  autres  tribus  à  l'ar- rière. En  tout  temps,  Dieu  au  milieu  de  son  peuple.
1»  Résumé  général,  vers.  1-2.
Chap.  IL—  1-2.  Petite  introduction  historique (vers.  1)  et  rapide  sommaire  des  volontés  divines sur  le  point  en  question  (vers.  2). —  Per  turmas, signa,...  vexilla,  et  domos...  L'hébreu  dit  plus clairement  :  Chacun  sous  sa  bannière,  sous  les enseignes  de  la  maison  de  ses  pères.  Nous  devons donc  distinguer  entre  le  dégel,  ou  grande  ban- nière commune  aux  trois  tribus  dont  l'associa- tion composait  un  corps  d'armée  (cf.  vers.  9,  16, 24,  31  dans  le  texte  hébreu),  et  les  petits  dra- peaux (ôlôt)  propres  à  chaque  tribu,  et  peut-être même  aux  portions  de  tribu  appelées  a  maisons des  pères  i».  Suivant  la  tiadition  juive,  les  quatre
bannières  auraient  été  d'une  couleur  différente, et  munies  d'un  emblème  distinct  ;  pour  Juda , Issachar  et  Zabulon ,  l'emblème  du  lion ,  et  la couleur  de  la  sardoine  (voyez  Ex.  xxviii,  17,  et le  commentaire);  pour  Ruben,  Siméon  et  Gad, un  homme  ou  une  tête  d'homme,  sur  un  dra- peau de  couleur  rubis;  pour  Éphraïm,  Manassé et  Benjamin,  l'emblème  du  taureau,  et  la  cou- leur d'hyacinthe  ;  pour  Dan ,  Aser  et  Nephthali , l'aigle  sur  un  fond  Je  saphir.  On  ti'ouvera  la base  de  ce  système  dans  Gen.  xlix,  9  ;  Ex.  xxviii, 17-21;  Deut.  xxxiii,  17;  Ez.  i,  26;  x,  1.  Les ÉgjT>tiens  et  les  Assyriens  avaient  des  enseignes et  l'équivalent  de  nos  drapeaux,  soit  pour  les corps  d'armée,  soit  pour  les  simples  détachements. Voyez  l'Atlas  archéol.,  pi.  lxxxvi,  flg.  12-13; pi.  Lxxxix,  flg.  2,4,  etc. —  Per  gyrum...  Hébr.: minnéged,  «  en  face,  »  mais  à  une  certaine  dis- tance. La  Vulgate  exprime  bien  la  pensée.
2»  Les  tribus  campées  à  l'est  du  tabernacle, vers.  3-9.
3-4.  Juda,  en  tête  de  cette  partie  du  campe- ment. —  Ad  orientem,  le  poste  d'honneur,  en avant  de  l'entrée  du  tabernacle.  —  Princeps... Nahasson.  Les  noms  des  chefs  sont  les  mêmes qu'au  chap.  i,  vers.  5-15.
5-8.  Aux  côtés  de  Juda,  et  sous  ses  ordres,
«^H     <6
vt
NuM.  ir,  9-19.
431
9.  Tous  cenx  qne  l'on  a  comptés  comme devant  être  du  camp  de  Juda  sont  au nombre  de  cent  quatre-vingt-six  mille quatre  cents,  et  ils  marcheront  les  pre- miers, chacun  selon  ses  troupes.
10.  Du  côté  du  midi,  Elisur  fils  de  Sé- déiir  sera  le  prince  dans  le  camp  des  en- fants de  Ruben ;
11.  Et  tout  le  corps  de  ses  combattants, dont  on  a  fait  le  dénombrement,  est  de quarante-six  mille  cinq  cents.
12.  Ceux  de  la  tribu  de  Siméon  cam- peront auprès  de  Ruhen,  et  leur  prince est  Salamiel  fils  de  Surisaddaï.
13.  Tout  le  corps  de  ses  combattants, dont  on  u  fait  le  dénombrement,  est  de cinquante-neuf  mille  trois  cents.
14.  Éliasaph  fils  de  Duel  est  le  prince dans  la  tribu  de  Gad  ;
15.  Et  tout  le  corps  de  ses  combat- tants, dont  on  a  fait  le  dénombrement, est  de  quarante  -  cinq  mille  six  cent  cin- quante.
IG.  Tous  ceux  dont  on  a  fait  le  dé- nombrement jpour  être  du  camp  de  Ru- ben sont  au  nombre  de  cent  cinquante et  un  mille  quatre  cent  cinquante,  dis- tingués tous  selon  leurs  troupes  ;  ils  mar- cheront au  second  rang.
17.  Puis  le  tabernacle  du  témoignage sera  porté  par  le  ministère  des  Lévites, qui  marcheront  selon  leurs  troupes.  On  le démontera,  et  on  le  dressera  de  nouveau dans  le  même  ordre,  et  les  Lévites  mar- cheront chacun  en  sa  place  et  en  son rang.
18.  Les  enfants  d'Ephraïm  camperont du  côté  de  l'occident  ;  Elisama  fils  d'Am- miud  en  est  le  prince  ;
19.  Tout  le  corps  de  ses  combattants,
9.  Universi  qui  in  castris  Judae  annu- merati  sunt,  fuerunt  centum  octoginta sex  millia  quadringenti  ;  et  per  turmas suas  primi  egredientur.
10.  In  castris  filiorum  Ruben  ad  me- ridianam  plagam  erit  princeps  Elisur filius  Sedeur  ;
11.  Et  cunctus  exercitus  pugnatorum ejus  qui  numerati  sunt,  quadraginta  sex millia  quingenti.
12.  Juxta  eum  castrametati  sunt  de tribu  Simeon,  quorum  princeps  fuit  Sa- lamiel filius  Surisaddai.
13.  Et  cunctus  exercitus  pugnatorum ejus  qui  numerati  sunt,  quinquaginta novem  millia  trecenti.
14.  In  tribu  Gad  princeps  fuit  Eliasaph filius  Duel  ;
15.  Et  cunctus  exercitus  pugnatorum ejus  qui  numerati  sunt ,  quadraginta quinque    millia    sexcenti    quinquaginta.
16.  Omnes  qui  recensiti  sunt  in  cas- tris Ruben  centum  quinquaginta  millia et  mille  quadringenti  quinquaginta  per turmas  suas  ;  in  secundo  loco  profici- scentur.
17.  Levabitur  autem  tabernaculum testimonii  per  ofiicia  levitarum  et  turmas eorum  ;  quomodo  erigetur,  ita  et  depo- netur  ;  singuli  per  loca  et  ordines  suos proficiscentur.
18.  Ad  occidentalem  plagam  erunt castra  filiorum  Ephraim,  quorum  prin- ceps fuit  Elisama  filius  Ammiud  ;
19.  Cunctus    exercitus     pugnatorum
Issachar  (5-6)  et  Zabiilon  (7-8)  :  tous  trois  fils de, Lia,  Gon.  xxix,  35;  xxx,  14-20.
9.  Nombre  total  des  guerriers  de  ces  trois  tribus, et  leur  ordre  de  marche. —  Centum  octoginta...: 186  400  hommes.  C'était  îe  corps  d'armée  le  plu? considérable.  —  Primi  egredientur  :  à  Favant- garde,  et  encore  au  poste  d'honneur,  puisque c'était  le  poste  de  péril.
30  Tribus  campées  au  sud  du  tabernacle ,  vers. 10-16.
10-11.  Ruben,  a  la  tête  de  cette  seconde  partie du  campement.  Quoique  fils  aîné,  11  est  désor- mais inférieur  à  Juda.  Cf.  Gen.  xux,  3-4.
12-15.  Aux  côtés  de  Ruben,  Siméon  (12-13), né  de  Lia  comme  lui  (cf.  Gen.  xxix,  33),  et  leur demi-frère  t\  tous  deux,  Gad  (14-15),  fils  de Jacob  par  Zelpha,  la  servante  de  leur  mère  (Gen. xxx,  9-10)
16.  Nombre  total  des  guerriers  qui  formaient
ce  second  corps  d'armée  (151450),  et  leur  ordre de  marche  (secundo  loco...).
40  L'ordre  de  campement  et  de  marche  pour les  Lévites,  vers.  17.
17.  Levabitur  autem...  Hébr.  :  «  Et  (ensuite) partira  le  tabernacle  de  l'alliance  (avec)  le  camp des  Lévites,  au  milieu  des  (autres)  camps.  » Par  conséquent,  à  la  suite  du  corps  d'armée formé  par  Ruben,  Siméon  et  Gad.  —  Qtiomodo erigetur,  ita...  Les  Lévites,  avec  le  tabernacle, devaient  donc  constamment  occuper  le  milieu  du camp,  en  marche  comme  aux  temps  de  halte. Voyez  quelques  nuances  d'expressions  dans  l'hé- breu, et  des  détails  plus  comiilcts  au  chap.  m, 13-39.
50  Tribus  campées  h  l'ouest  ùa  tabernacle,  vers, 18-24.
18-19,  En  tête,  la  tribu  d'Ephraïm.
432
NuM.  11,  20-33.
ejns,    qui  niimerati    sunt,    quadraginta millia  quingeiiti.
20.  Et  cuni  eis  tribus  filiorum  Manasse, quorum  princeps  fuit  Gamaliel  filius Phadassur  ;
21.  Cunctusque  exercitus  pugnatorura ejus  qui  nuraerati  sunt,  triginta  duo millia  ducenti.
22.  In  tribu  filiorum  Benjamin  prin- ceps fuit  Abidan  filius  Gedeonis  ;
23.  Et  cunctus  exercitus  pugnatorum ejus  qui  recensiti  sunt,  triginta  quinque millia  quadringenti.
24.  Omnes  qui  numerati  sunt  in castris  Ephraim ,  centum  octo  millia centum  per  turmas  suas  ;  tertii  profici- scentur.
25.  Ad  aquilonis  partem  castrametati sunt  filii  Dan,  quorum  princeps  fuit Ahiezer  filius  Ammisaddai.
26.  Cunctus  exercitus  pugnatorum  ejus qui  numerati  sunt,  sexaginta  duo  miilia septingenti.
27.  Juxta  eum  fixere  tentoria  de  tribu Azer  ;  quorum  princeps  fuit  Phegiel  filius Ochran  ;
28.  Cunctus  exercitus  pugnatorum  ejus qui  numerati  sunt,  quadraginta  millia  et mille  quingenti.
29.  De  tribu  filiorum  Nephtliali  prin- ceps fuit  Ahira  filius  Enan  ;
30.  Cunctus  exercitus  pugnatorum ejus,  quinquaginta  tria  millia  quadrin- genti.
31.  Omnes  qui  numerati  sunt  in  cas- tris  Dan,  fuerunt  centum  quinquaginta septem  millia  sexcenti  ;  et  novissimi  pro- ficiscentur.
32.  Hic  numerus  filiorum  Israël,  per domos  cognationum  suarum  et  turmas divisi  exercitus,  sexcenta  tria  millia quingenti  quinquaginta.
33.  Levitae  autem  non  sunt  numerati
dont  on  a  fait  le  dénombrement ,  est  de quaiante  raille  cinq  cents.
20.  La  tribu  des  enfants  de  Manassé sera  auprès  d'eux  ;  Gamaliel  fils  de  Pha- dassur en  est  le  prince  ;
21.  Et  tout  le  corps  de  ses  combattants, dont  on  a  fait  le  dénombrement,  est  de trente-deux  mille  deux  cents.
22.  Abidan  fils  de  Gédéon  est  le  prince de  la  tribu  des  enfants  de  Benjamin  ;
23.  Et  tout  le  corps  de  ses  combat- tants, dont  on  a  fait  le  dénombrement, est  de  trente-cinq  mille  quatre  cents.
24.  Tous  ceux  dont  on  a  fait  le  dénom- brement pour  être  du  camp  d'Éphraïm sont  au  nomhre  de  cent  huit  mille  cent hommes,  distingués  tous  selon  leurs  trou- pes ;  ils  marcheront  au  troisième  rang.
25.  Les  enfants  de  Dan  camperont  du côté  de  l'aquilon,  et  Ahiézer  fils  d'Am- misaddaï  en  est  le  prince.
26.  Tout  le  corps  de  ses  combattants, dont  on  a  fait  le  dénombrement,  est  de soixante-deux  mille  sept  cents.
27.  Ceux  de  la  tribu  d'Aser  dresseront leurs  tentes  près  de  Dan,  et  leur  prince est  Phégiel  fils  d'Ochran  ;
28.  Tout  le  corps  de  ses  combattants, dont  on  a  fait  le  dénombrement,  est  de quarante  et  un  mille  cinq  cents.
29.  Ahira  fils  d'Enan  est  le  prince  de la  tribu  des  enfants  de  Nephthali  ;
30.  Tout  le  corps  de  ses  combattants est  de  cinquante-trois  mille  quatre  cents.
31.  Le  dénombrement  de  ceux  qui seront  dans  le  camp  de  Dan  est  de  cent cinquante -sept  mille  six  cents,  et  ils marcheront  au  dernier  rang.
32.  Toute  l'armée  des  enfants  d'Israël étant  divisée  en  diverses  troupes,  selon leurs  maisons  et  leurs  familles,  était  donc au  nombre  de  six  cent  trois  mille  cinq cent  cinquante.
33.  Mais  les  Lévites  n'ont  point  été
20-23.  Aux  côtés  d'Ephi'aïm,  son  frère  Manassé (20-21),  et  Benjamin,  leur  oncle  (22-23):  tous issus  de  Eachcl.  Cf.  Ps.  lxxix  ,  3.
24.  Nombre  total  des  guerriers  qui  compo- saient ce  troisième  corps  d'armée  (108100),  et leur  ordi'e  de  marche  {tertii...,  immédiatement  à la  suite  du  tabernacle  et  des  Lévites).
60  Tribus  campées  au  nord  du  tabernacle,  vers. 25-31.
25-26.  En  tête,  la  tribu  de  Dan,  l'aîné  des fils  de  Jacob  nés  de  ses  femmes  secondaires  (  cf. Gen.  XXX,  1-6).
27-30.  Avec  Dan,  deux  autres  fils  d'esclaves  :
Aser  (27-28),  né  de  Zclpha,  et  Nephthali  (29-30), né  de  Bala  comme  Dan.
31.  Nombre  total  des  guerriers  de  ce  quatrième corps  d'armée  (157  600),  et  leur  ordre  de  marche {novissimi..,,  à  l'arrière  -  garde).
7»  Récapitulation  générale ,  vers.  32  -  34.
32  -  33.  De  nouveau ,  l'indication  du  chiffre total  des  guerriers  Israélites ,  déduction  faite  des Lévites  :  603  550.  Chiffre  considérable ,  si  l'on songe  aux  épreuves  infligées  au  peuple  hébreu  par les  Égyptiens  (cf.  Ex.  i,  8-22  et  l'explication); mais  l'Israël  mystique,  le  peuple  chrétien,  sera autrement  considérable  :  «  Vidi  turbam  magnam.
NuM.  II,  34  —  III,  7.
433
comptés  dans  ce  dénombrement  des  en- fants d'Israël  ;  car  le  Seigneur  l'avait ainsi  ordonné  à  Moïse.
34.  Et  les  enfants  d'Israël  exécutèrent tout  ce  que  le  Seigneur  leur  avait  com- mandé. Ils  campèrent  en  divers  corps, et  ils  marchèrent  selon  le  rang  des  fa- milles et  des  maisons  de  leurs  pères.
inter  filios  Israël  ;  sic  enim  prseceperat Dominus  Moysi.
34.  Feceruntque  filii  Israël  juxta  om- nia  quœ  mandaverat  Dominus.  Castra- metati  sunt  per  turmas  suas,  et  profecti per  familias  ac  domos  patrum  suorum.
CHAPITRE   III
1.  Voici  la  postérité  d'Aaron  et  de Moïse,  au  temps  où  le  Seigneur  parla  à Moïse  sur  la  montagne  du  Sinaï.
2.  Et  voici  les  noms  des  enfants d'Aaron  :  Nadab  l'aîné,  puis  Abiu,  Eléa- zar  et  Ithamar.
3.  Ce  sont  les  noms  des  enfants  d'Aa- ron qui  furent  prêtres, qui  reçurent  l'onc- tion, et  dont  les  mains  furent  remplies et  consacrées  pour  exercer  les  fonctions du  sacerdoce.
4.  Or  Nadab  et  Abiu,  ayant  ofEert  un feu  étranger  devant  le  Seigneur  au  désert du  Sinaï ,  moururent  sans  enfants  ;  et Eléazar  et  Ithamar  exercèrent  les  fonc- tions du  sacerdoce  du  vivant  de  leur  père Aaron.
5.  Le  Seigneur  parla  donc  à  Moïse,  et lui  dit  :
6.  Faites  approcher  la  tribu  de  Lévi ,  et faites  que  ceux  de  cette  tribu  se  tiennent devant  le  prêtre  Aaron,  afin  qu'ils  le servent  et  qu'ils  veillent,
7.  qu'ils   observent    tout  ce    qui    re-
1.  H 9e  sunt  gênera tiones  Aaron  et Moysi,  in  die  qua  locutus  est  Dominus ad  Moysen  in  monte  Sinai.
2.  Et  haec  nomina  filiorum  Aaron  : primogenitus  ejus  Nadab,  deinde  Abiu, et  Eleazar,  et  Ithamar.
3.  Hsec  nomina  filiorum  Aaron  sacer- dotum  qui  uncti  sunt,  et  quorum  repletae et  consecratee  manus  ut  sacerdotio  f  un- gerentur.
4.  Mortui  sunt  enim  Nadeb  et  Abiu, cum  ofïerrent  ignem  alienum  in  con- spectu  Domini  in  deserto  Sinai,  absque liberis  ;  functique  sunt  sacerdotio  Eleazar et  Ithamar  coram  Aaron  pâtre  suc.
5-  Locutusque  est  Dominus  ad  Moysen, dicens  :
6.  Applica  tribum  Levi,  et  fac  stare  in conspectu  Aaron  sacerdotis  ut  ministrent ei,  et  excubent,
7.  et  observent  quidquid   ad  cultum
quam  dinumerare  nemo  poterat,  ex  omnibus  gen- tibus,  et  tribubus,  et  populis,  et  linguis.  »  Apoc. VII,  9.
34.  Exécution  intégrale  des  ordres  du  Sei- gneur. Les  détails  castrametati  sunt,  profecti, sont  insérés  par  anticipation.  —  Le  camp  israé- lite,  ainsi  organisé,  formait  une  «  civitas  in quadro  poslta  »,  symbole  de  glorieux  mystères, dont  la  réalisation  n'est  pas  encore  achevée.  Cf. Ez.  XLViii,  30-34;  Apoc.  xx,  9;  xxi,  16.
§  II.  —  Recensement  et  fonctions  des  Lévites. III,  1  —  IV,  49.
lo  Énumération  des  fils  d'Aaron.  III,  1-4.
Chap.  III.  —  1.  Titre  qui  rappelle  ceux  des livres  de  la  Genèse ,  ii ,  4  ;  v,  1 ,  etc.  —  Aaron et  Moysi.  Tuisqu'il  s'agit  d'une  généalogie  (ge- nerationes  ) ,  Aaron  est  naturellement  nommé  le premier,  en  sa  qualité  d'aîné.  D'ailleurs,  quoique intitulée  «  générations  d'Aaron  et  de  iloïse  », cette  liste  ne  mentionne  en  réalité  que  les  des- cendants dAarou,  qui  héritèrent  de  la  dignité
de  leur  père;  le  rôle  de  Moïse,  exclusivement personnel,  ne  passa  point  à  ses  fils,  que  nous trouvons  simplement  classés  parmi  les  Lévites. Cf.  I  Par.  xxiii,  14.
2-4.  Les  fils  d'Aaron.  —  Après  avoir  cité  leurs noms  (vers.  2),  le  narrateur  rappelle  en  quelques mots  leur  consécration  sacerdotale  (vers.  3)  et  le triste  sort  de  Nadab  et  d'Abiu  (vers.  4).  Pour les  détails  de  ces  événements ,  voyez  Ex.  xxix , 1-37;  Lcv.  viii,  1-13  ;  x,  1  et  ss.  —  Mortui...  absque liberis.  Ce  trait  n'avait  pas  été  signalé  pi'écédem- ment. —  Functi...  sacerdotio...  coram  pâtre:  avec lui,  et  sous  ses  ordres.  Cf.  I  Par.  xxiv,  9.
2°  Dieu  associe  les  Lévites  aux  prêtres  pour les  fonctions  du  culte.  III,  5-10.
5-10.  Applica.  Hébr.  :  haqreb,  fais  approcher. Cf.  Ex.  xxviii,  1.  —  Et  fac  stare  in  conspectu...: en  présence  de  leur  chef  suprême,  le  grand  prêtre. —  Le  rôle  des  Lévites  est  ensuite  déterminé  som- mairement :  ministrent  ei,  et  excubent...  (vers. 6*-8) ;  plus  bas,  ù  différentes  reprises  (vers.  21-37 ; IV,  1-33),  il  sera  précisé  dans  le  détail.  —  Dabisque
434
NuM.  m,  8-17.
pertinet  multitudinis  corara  tabernaculo testimonii  ;
8.  et  custodiant  vasa  tabernaculi ,  ser- vientes  in  ministerio  ejus.
9.  Dabisque  dono  levitas
10.  Aaron  et  filiis  ejus,  quibus  traditi sunt  a  liliis  Israël  ;  Aaron  aiitem  et  lilios ejus  constitues  super  cultum  sacerdotii. Externus,  qui  ad  ministrandum  acces- serit,  morietur.
11.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moy- sen,  dicens  :
12.  Ego  tuli  levitas  a  filiis  Israël  pro omni  primogenito,  qui  aperit  vulvam  in filiis  Israël  ;  eruntque  levitse  mei ,
13.  meum  est  enim  omne  primogeni- tum.  Ex  que  percussi  primogenitos  in terra  ^gypti,  sanctificavi  mihi  quidquid primum  nascitur  in  Israël,  ab  homine usque  ad  pecus  ;  mei  sunt.  Ego  Dominus.
14.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moysen in  deserto  Sinai ,  dicens  :
15.  Numera  filios  Levi  per  domos  pa- trum  suorum  et  familias,  omnem  ma- sculum,  ab  uno  mense  et  supra.
16.  Numera  vit  Moyses,  ut  prseceperat Dominus.
17.  Et  inventi  sunt  filii  Levi  per  no- mina  sua  :  Gerson,  et  Caatli,  et  Merari.
garde  le  culte  que  le  peuple  doit  me rendre  devant  le  tabernacle  du  témoi- gnage,
8.  qu'ils  aient  en  garde  les  ustensiles du  tabernacle,  et  qu'ils  rendent  tous  les services  qui  regardent  le  saint  ministère.
9.  Vous  donnerez  les  Lévites
10.  à  Aaron  et  à  ses  fils,  auxquels  ils ont  été  livrés  par  les  enfants  d'Israël. Mais  vous  établirez  Aaron  et  ses  enfants pour  les  fonctions  du  sacerdoce.  Tout étranger  qui  s'approchera  du  saint  minis- tère sera  puni  de  mort.
11.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Morse, et  lui  dit  :
12.  J'ai  pris  les  Lévites  d'entre  les enfants  d'Israël  à  la  place  de  tous  les premiers-nés,  qui  sortent  les  premiers  du sein  de  leur  mère  d'entre  les  enfants d'Israël  ;  c'est  pourquoi  les  Lévites  seront à  moi,
13.  car  tous  les  premiers -nés  sont  à moi.  Depuis  que  j'ai  frappé  dans  l'Egypte les  premiers -nés,  j'ai  consacré  pour  moi tout  ce  qui  naît  le  premier  en  Israël, dejDuis  les  hommes  jusqu'aux  bêtes;  ils sont  tous  à  moi.  Je  suis  le  Seigneur.
14.  Le  Seigneur  parla  de  nouveau  à Moïse  au  désert  du  Sinaï,  et  lui  dit  :
15.  Faites  le  dénombrement  des  en- fants de  Lévi  selon  toutes  les  maisons de  leurs  pères  et  selon  leurs  familles ,  et comptez  tous  les  mâles  depuis  un  mois et  au-dessus.
16.  Moïse  en  fit  donc  le  dénombrement, comme  le  Seigneur  l'avait  ordonné.
17.  Et  il  trouva  comme  fils  de  Lévi ceux  dont  voici  les  noms  :  Gerson,  Caath et  Mérari.
dono...  Dieu  insiste  sur  ce  point  :  la  famille  lé- vitique  sera  entièrement  subordonnée  aux  prêti-es dans  l'exercice  du  ministère  sacré;  les  Lévites ne  seront  que  les  sei'viteurs  d'Aaron  et  de  ses  fils. De  là  cette  répétition  si  énergique  de  l'hébreu  : n'tànim,  n'tûnim  hemmah  lô  (au  lieu  de  quibus traditi...),  a  donnés,  donnés  eux  à  lui;  »  pour signifler  :  entièrement  donnés.  —  A  filiis  Israël. Plutôt  :  d'entre  les  fils  d'Israël,  — Externus,  qui... En  dehors  des  prêtres  et  des  Lévites,  pereonne ne  pourra  s'immiscer  aux  choses  du  culte.  Cf.  i, 51^  etc.
30  Les  Lévites  sont  ainsi  choisis  pour  rem- placer les  premiers-nés  d'Israël.  III,  11-13.
11-13.  Pro  omni  primogenito.  Cf.  Ex.  xiiij  2, 11-16.  Au  moment  de  la  sortie  d'ÉgjiJte,  le  Sei- gneur s'était  réservé  les  pi-emiers  -  nés  mâles  de toutes  les  familles  Israélites,  qu'il  avait  épargnés et  sauvés  pendant  la  dixième  plaie.  C'étaient  eux qui,  d'après  cette  consécration,  semblaient  des- tinés au  service  du  culte  :  Dieu  les  remplace
maintenant  par  les  Lévites.  Aussi  conclut -il  en termes  expressifs  :  erunt  Levitœ  mei,  de  même que  les  premiers-nés  lui  appartenaient.
40  Dénombrement  des  Lévites,  et  indication générale  de  leurs  fonctions.  III,  14-39.
14-15.  L'injonction  divine.  —  Numera  filios Levi  :  ils  avaient  été  exclus  du  premier  reccn  • sèment.  Cf.  i,  47.  —  Ab  uno  viense  :  au  lieu  de «  a  vigesimo  anno  »  pour  les  autres  tribus  (i,  3). Le  motif  de  cette  différence  est  manifeste.  «  Il y  avait  dans  les  autres  tribus  des  premiers -nés de  tout  âge  ;  on  prend  aussi  des  Lévites  de  tout âge.  Si  l'on  se  fût  restreint  h  ne  prendre  des  Lé- vites que  depuis  l'âge  de  vingt  ans  jusqu'à  soixante, leur  nombre  n'aurait  pu  égaler,  à  beaucoup  près, celui  de  tous  les  premiers-nés  des  autres  tribus.  » Calmet,  Comment,  littéral  sur  les  Nombres, h.  1.  Ce  même  âge  d'un  mois  sera  plus  tard  fixé pour  le  rachat  des  premiers-nés.  Cf.  xviii,  16.
16-20.  Les  flls  et  les  petits-fils  de  Lévi.  —  Énu« mératiou  qui  servira  de  base  au  dénombrement
NuM.  UT,  18-32.
435
18.  Les  fils  de  Gerson  sont  Lebni  et Séméi.
19.  Les  fils  de  Cnatli  sont  Amram , Jésaar,  Hébron  et  Oziel.
20.  Les  fils  de  Mérari  sont  ]\Ioholi  et Musi.
21.  De  Gerson  sont  sorties  deux  fa- milles, celle  de  Lebni  et  celle  de  Séméi,
22.  dont  tous  les  mâles  ayant  été comptés  depuis  un  mois  et  au-dessus,  il s'en  trouva  sept  mille  cinq  cents.
23.  Ceux-ci  doivent  camper  derrière  le tabernacle,  vers  l'occident,
24.  ayant  pour  prince  Eliasaph ,  fils  de Laël.
25.  Et  ils  veilleront  dans  le  tabernacle de  l'alliance ,
26.  ayant  en  leur  garde  le  tabernacle même,  sa  couverture,  le  voile  qu'on  tire devant  la  porte  du  tabernacle  de  l'al- liance, et  les  rideaux  du  parvis;  comme aussi  le  voile  qui  est  suspendu  à  l'entrée du  parvis  du  tabernacle ,  tout  ce  qui  ap- partient au  ministère  de  l'autel,  les  cor- dages du  tabernacle,  et  tout  ce  qui  est employé  à  son  usage.
27.  De  Caath  sont  sorties  les  familles des  Amramites,  des  Jésaarites,  des  Hé- bronites  et  des  Oziélites.  Ce  sont  là  les familles  des  Caathites,  dont  on  a  fait  le dénombrement  selon  leurs  noms.
28.  Tous  les  mâles  depuis  un  mois  et au-dessus  sont  au  nombre  de  huit  mille six  cents.  Ils  veilleront  à  la  garde  du sanctuaire,
29.  et  ils  camperont  vers  le  midi.
30.  Leur  prince  sera  Elisaphan,  fils d'Oziel.
31.  Ils  garderont  l'arche,  la  table,  le chandelier,  les  autels  et  les  vases  du sanctuaire  qui  servent  au  saint  minis- tère ,  le  voile  et  toutes  les  choses  de  cette nature.
32.  Eléazar,  fils  du  prêtre  Aaron  et
18.  Filii  Gerson  :  Lebni  et  Semei.
19.  Filii  Caath  :  Amram  et  Jesaar, Ilebron  et  Oziel.
20.  Filii  Merari  :  Moholi  et  Musi.
21.  De  Gerson  fuere  familiae  duœ, Lebnitica,  et  Semeitica,
22.  quarum  numeratus  est  populus sexus  masculini  ab  uno  mense  et  supra, septem  millia  quingenti.
23.  Hi  post  tabernaculum  metabuntur ad  occidentem,
24.  sub  principe  Eliasaph  filio  Lael.
25.  Et  habebunt  excubias  in  taberna- culo  fœderis,
26.  ipsum  tabernaculum  et  operimen- tum  ejus,  tentorium  quod  trahitur  ante fores  tecti  fœderis ,  et  cortinas  atrii  ; tentorium  quoque  quod  appenditur  in introitu  atrii  tabernaculi ,  et  quidquid  ad ritum  altaris  pertinet,  funes  tabernaculi et  omnia  utensilia  ejus.
27.  Cognatio  Caath  habebit  populos Amramitas  et  Jesaaritas  et  Hebronitas et  Ozielitas.  Hse  sunt  familise  Caathita- rum,  recensitse  per  nomina  sua.
28.  Omnes  generis  masculini  ab  uno mense  et  supra,  octo  millia  sexcenti  ha- bebunt excubias  sanctuarii,
29.  et  castrametabuntur  ad  meridia- nam  plagam.
30.  Princepsque  eorum  erit  Elisaphan filius  Oziel.
31.  Et  custodient  arcam,  mensamque et  candelabrum,  altaria  et  vasa  sanctua- rii, in  quibus  ministratur,  et  vélum, cunctamque  hujuscemodi  supellectilem.
32.  Princeps   autem  principum  levi-
b
et  à  l'organisation  des  Lévites.  Trois  groupes  de Lévites,  rattachés  aux  trois  fils  do  Lévi  :  les Gcrsonitcs,  les  Caathites,  les  Mérarites.  Les  Ger- sonites  divisés  en  dexix  familles;  les  Caathites, en  quatre  faniilles;  les  Mérarites,  en  deux  fa- milles. Cf.  Gcn.  XLVi,  11  ;  Ex.  vi,  16  ;  I  Par.  v,  1. 21-26.  Dénombrement  et  fonctions  spéciales des  G2rsonites.  —  Leur  nombre  (vers.  22)  :  7  500. Leur  place  dans  le  camp  d'Israël  :  à  l'ouest, derrière  le  tabernacle  (  vers.  23  ).  Leur  chef  : Eliasaj)h  (vers.  24).—  Leur  ministère  (vers.  25-26) concernait  les  tentures,  les  rideaux  et  les  cor- dages du  tabcrn.iclc.  Cf.  iv,  24-28.  —  Au  lieu de  quidquid  ad  riitim  aliaris,  l'hébreu  dit  seu-
lement :  «  et  autour  do  l'autel,  »  pour  désigner les  rideaux  du  parvis.  Voy.  VAtl.  archéol.,  pi.  xcvi, fig.  1.
27-32.  Dénombrement  et  fonctions  des  Caa- thites. —  Ils  étaient  les  plus  nombreux  des  trois groupes  :  8  600.  Leur  phxcc  dans  le  camp  :  au  sud du  tabernacle.  Dieu  les  honora  d'une  manière toute  spéciale  en  leur  réservant  le  ministère le  plus  important  :  le  transport  de  l'arche ,  des deux  autels,  de  la  table  des  pains  de  proposi- tion, du  voile  qui  séparait  le  Saint  et  le  Saint des  saints,  des  vases  sacrés,  etc.  Cf.  iv,  4-20. Outre  leur  chef  immédiat,  Elisaphan ,  ils  avaient encore  à  leur  tête  Éléazar,  l'ainé  des  ûls  survi-
21
43G
NuM.  m,  33-39.
tarum  Eleazar,  filius  Aaron  sacerdotis, erit  super  excubitores  custodige  san- ctuarii.
33.  At  vero  de  Merari  erunt  popiili ]\Ioholit8e  et  Musitœ  recensiti  per  nomina sua  :
34.  omnes  geiieiis  masculini  ab  uno mense  et  supra,  sex  millia  ducenti.
35.  Princeps  eorum  Suriel  filius  Abi- haiel  ;  in  plaga  septentrionali  castrame- tabuntur.
36.  Erunt  sub  custodia  eorum  tabulae tabernaculi  et  vectes,  et  columnag  ac bases  earum,  et  omnia  quae  ad  cultam liujuscemodi  pertinent  ;
37.  columnseque  atrii  per  circuituni cum  basibus  suis,  et  paxilli  cum  fu- nibus.
38.  Castrametabuntur  ante  taberna- culum  fœderis,  id  est,  ad  orientalem plagam,  Moyses  et  Aaron  cum  filiis  suis, habentes  custodiam  sanctuarii  in  medio filiorum  Israël;  quisquis  alienus  acces- serit,  morietur.
39.  Omnes  levitae ,  quos  numeraverunt
prince  des  princes  des  Lévites,  sera  pré- posé à  ceux  qui  veilleront  à  la  garde  du sanctuaire.
33.  Les  familles  sorties  de  Mérari sont  les  Moholites  et  les  Musites,  dont on  a  fait  le  dénombrement  selon  leurs noms.
34.  Tous  les  mâles  depuis  un  mois  et au-dessus  sont  au  nombre  de  six  mille deux  cents.
35.  Leur  prince  est  Suriel,  fils  d'Abi- haïel  ;  ils  camperont  vers  le  septentrion.
36.  Ils  auront  en  garde  les  ais  du  ta- bernacle, les  barres,  les  colonnes  avec leurs  bases,  et  tout  ce  qui  en  dépend;
37.  les  colonnes  qui  environnent  le parvis  avec  leurs  bases,  et  les  pieux  avec leurs  cordages.
38.  Moïse  et  Aaron  avec  ses  fils,  qui ont  la  garde  du  sanctuaire  au  milieu  des enfants  d'Israël,  camperont  devant  le tabernacle  de  l'alliance,  c'est-à-dire  du côté  de  l'orient.  Tout  étranger  qui  s'en approchera  sera  puni  de  mort.
39.  Tous  les  mâles  d'entre  les  Lévites,
vants  d'Aaron  ;  car  Moïse  et  Aaron  appartenaient à  cotte  branche  de  la  famille  lévitique.  Cf.  Ex. VI,  18-20.
33-37.  Dénombrement  et  fonctions  spéciales des  Mérarites.—  Ils  étaient  les  moins  nombreux  : seulement  6  200.  Leur  chef  :  Suriel.  Leur  place dans  le  camp  :  au  nord  du  tabernacle.  Leur  mi- nistère consistait  à  transporter  toute  la  char- pente du  sanctuaire  et  du  parvis.  Cf.  iv,  31-33. —  Paxilli  cum  funibus.  Les  Gersonites  étaient chargés  des  cordages  du  tabernacle  proprement dit  (vers.  2G)  ;  les  Mérarites  s'occupaient  unique- ment de  ceux  qui  maintenaient  les  rideaux  de  la
cour.
5°  Récapitulation.  III,  38-39.
38.  Place  réservée  dans  le  camp  h  Moïse  et anx  prêtres.  —  Ante  tabernaculun , ...  au  poste d'honneur  par  conséquent;  on  ajoute  que  c'était dans  la  direction  de  l'est,  d'après  l'orientation du  lieu  saint.  Ainsi  donc,  il  y  avait,  tout  autour du  tabernacle  qui  servait  de  palais  h  Jéhovah, une  double  ligne  de  tentes  Israélites  :  la  plus rapprochée  était  occupée  par  Moïse,  les  prêtres et  les  Lévites  ;  la  seconde,  par  la  masse  des  douze tribus.  Le  tableau  suivant  mettra  cette  disposi- tion sous  les  yeux  du  lecteur.
Nord.
Manassé.
Ouest.       Ephraïm.
Aser.
Dax.
Nei^hthali.
Gersonites.
Mérarites.
Moïse Aaron  et  ses  flls.
Issachar
Le Tabernacle.
Judas.
Caathites.
Zabulon
Siméon.
RUBEX.
Sud.
Gad.
Benjamin.
Voyez  aussi  VAtl.  archéol.,  pi.  xcvr,  fîg.  1.
39.  Nombre  total  des  Lévites  a  mense  uno  et supra:  22  000.  Et  pourtant,  si  l'on  additionne les  chiffres  partiels  mentionnés  aux  vers.  22,  28,
Est.
34  (7  500  -|-  8  600  -|-  6  200) ,  on  trouve  la  somme de  22  300.  Tourquoi  donc  cette  différence  ?  La plupart  des  oxégètes  contemporains  admettent une  erreur  de  transcription.  Les  rabbins  juifs,
NuM.  III,  40-48.
437
depuis  un  mois  et  au-dessus ,  dont  Moïse et  Aaron  firent  le  dénombrement  selon leurs  familles,  comme  le  Seigneur  le  leur avait  commandé,  se  trouvèrent  au  nombre de  vingt-deux  mille.
40.  Le  Seigneur  dit  encore  à  Moïse  : Dénombrez  tous  les  premiers -nés  mâles des  enfants  d'Israël,  depuis  un  mois et  au-dessus,  et  vous  en  tiendrez  le compte.
41.  Vous  prendrez  pour  moi  les  Lé- vites à  la  place  des  premiers-nés  des  en- fants d'Israël.  Je  suis  le  Seigneur  ;  et  les troupeaux  des  Lévites  seront  pour  tous les  premiers -nés  des  troupeaux  des  en- fants d'Israël.
42.  Moïse  fit  donc  le  dénombrement des  premiers- nés  des  enfants  d'Israël, comme  le  Seigneur  l'avait  ordonné  ;
43.  et  tous  les  milles  ayant  été  mar- qués par  leurs  noms  depuis  un  mois  et au-dessus,  il  s'en  trouva  vingt-deux  mille deux  cent  soixante-treize.
44.  Le  Seigneur  parla  de  nouveau  à Moïse,  et  lui  dit  :
45.  Prenez  les  Lévites  pour  les  pre- miers-nés des  enfants  d'Israël,  et  les troupeaux  des  Lévites  pour  leurs  trou- peaux ;  et  les  Lévites  seront  à  moi.  Je suis  le  Seigneur.
46.  Et  pour  le  prix  des  deux  cent soixante  -  treize  aînés  des  enfants  d'Is- raël qui  dépassent  le  nombre  des  Lé- vites ,
47.  vous  prendrez  cinq  sicles  par  tête au  poids  du  sanctuaire.  Lé  sicle  est  de vingt  oboles.
48.  Et  vous  donnerez  cet  argent  à Aaron  et  à  ses  fils  pour  le  prix  de  ceux qui  dépassent  le  nombre  des  Lévites.
Moyses  et  Aaron,  juxta  prseceptum  Do- mini  per  familias  suas  in  génère  mascu- lino,  a  mense  uno  et  supra, .fuerunt  vi- ginti  duo  millia.
40.  Et  ait  Dominus  ad  Moysen  :  Nu- mera  primogenitos  sexus  masculini  de filiis  Israël  ab  uno  mense  et  supra,  et habebis  summam  eorum.
41.  Tollesque  levitas  mihi  pro  omni primogenito  filiorum  Israël.  Ego  sum Dominus  ;  et  pecora  eorum  pro  universis primogenitis  pecorum  filiorum  Israël.
42.  Recensuit  Moyses,  sicut  praece- perat  Dominus,  primogenitos  filiorum Israël  ;
43.  et  fuerunt  masculi  per  nomina sua,  a  mense  uno  et  supra,  viginti  duo millia  ducenti  septuaginta  très.
44.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moy- sen, dicens  :     '
45.  Toile  levitas  pro  primogenitis filiorum  Israël,  et  pecora  levitarum  pro pecoribus  eorum  ;  eruntque  levitge.  mei. Ego  sum  Dominus.
46.  In  pretio  autem  ducentorum  se- ptuaginta trium,  qui  excedunt  nume- rum  levitarum  de  primogenitis  filiorum Israël,
47.  accipies  quinque  siclos  per  sin- gula  capita  ad  mensuram  sanctuarii. Siclus  liabet  viginti  obolos.
48.  Dabisque  pecuniam  Aaron  et  filiis ejus,  pretium  eorum  qui  supra  sunt.
et  à  leur  suite  un  certain  nombre  de  commen- tateurs chrétiens ,  attribuent  la  divergence  à  une circonstance  assez  ATaisemblable  :  le  chiffre  300 , omis  au  vers.  29,  l'eprésenterait  les  premiers-nés mâles  venus  au  monde  dans  la  tribu  même  de Lévi  depiiis  la  sortie  d'Egypte.  Les  Lévites  de- vant désormais  remplacer  les  premiers  -  nés ,  il étràt  inutile  de  faire  entrer  les  leurs  en  ligne de  compte,  puisqu'ils  appartenaient  déjà  au  Sei- gneur à,  un  autre  titre.
6o  Eecensement  et  rachat  des  premiers  -  nés. 111,40-51.
40-41.  Dicti  ordonne  à  Moïse  de  dénombrer les  premiers -nés  mâles  d'Israël,  en  vue  de  les échanger  contre  les  Lévites.  Cf.  vers.  11-13.
42-43.  Résultat  de  cette  opération  :  22  273  pre- miers-nés. On  a  prétendu  de  nos  jours  que  ce chiffre  était  trop  restreint  pour  une  nation  qui comptait^  G03  550    hommes  adultes  (cf.  ii,  32);
mais  le  texte  même  de  ia  loi  par  laquelle  Dieu avait  enjoint  autrefois  aux  Hébreux  de  lui  con- sacrer leui's  premiers-nés  montre  qu'elle  ne  devait pas  avoir  d'effet  rétroactif,  et  qu'elle  concernait beulement  l'avenir.  Cf.  Ex.  xni,  1-2.  Et  alors  ce nombre  est  au  contraire  considérable,  et  dénote, dans  le  peuple  Israélite,  une  vitalité  extraordi- naire, qui  s'explique  par  les  bénédictions  célestes. Cf.  Ex.  I,  7.
44 -4S,  Le  rachat  de  l'excédant  des  premiers- nés.  —  En  comparant  les  résultats  des  deux  dé- nombrements accomplis  en  dernier  lieu,  vers. 14-39,  40-43,  on  trouve  que  les  premiers-nés  des douze  tribus  dépassaient  de  273  (22273  —  22  000  ) le  chiffre  des  Lévites.  Il  fallait  donc  pour  ces 273  un  mode  particulier  de  rachat  ;  Dieu  fixa  à cette  intention  une  modique  somme  d'argent  : quinque  siclos  per  singnla  capita,  c.-à-d.  cinq fois  2  f r.  83 ,  puisqu'il  s'agit  du  sicle  d'argent.
438
NuM,  III,  49  —  IV,  5.
49.  Tulit  igitur  Moj^ses  pecuniam  eo- rum  qui  fuerant  amplius,  et  quos  rede- merant  a  levitis  :
50.  pro  priraogenitis  filiorum  Israël, mille  trecentomm  sexaginta  quinque  si- clorum  jiixta  pondus  sanctuarii  ;
51.  et  dédit  earn  Aaron  et  filiis  ejus, juxta  verbum  quod  prœceperat  sibi  Do- minus.
49.  Moïse  prit  donc  l'argent  de  ceux qui  dépassaient  ce  nombre,  et  qu'ils avaient  racheté  des  Lévites  :
50.  ce  qu'il  reçut  pour  les  premiers- nés  des  enfants  d'Israël  forma  la  somme de  mille  trois  cent  soixante -cinq  sicles au  poids  du  sanctuaire  ;
51.  et  il  donna  cet  argent  à  Aaron  et à  ses  fils,  selon  l'ordre  que  le  Seigneur lui  avait  donné.
CHAPITRE  IV
1.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moysen et  Aaron,  dicens  :
2.  Toile  summam  filiorum  Caath  de medio  levitarum  per  donios  et  familias suas ,
3.  a  trigesimo  anno  et  supra,  usque ad  quinquagesimum  annum,  omnium qui  ingrediuntur  ut  stent  et  ministrent in  tabernaculo  fœderis.
4.  Hic  est  cultus  filiorum  Caath  :  Ta- bernaculum  fœderis,  et  sanctum  san- ctorum.
5.  Ingredientur  Aaron  et  filii  ejus, quando  movenda  sunt  castra;  et  dépo- nent vélum  quod  pendet  ante  fores,  in- volventque  eo  arcam  testimonii;
1.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse et  à  Aaron,  et  il  leur  dit  :
2.  Faites  le  dénombrement  des  fils  de Caath  séparément  des  autres  Lévites, par  maisons  et  par  familles,
3.  depuis  trente  ans  et  au-dessus  jusqu'à cinquante  ans ,  de  tous  ceux  qui  entrent dans  le  tabernacle  de  l'alliance  pour  y assister  et  pour  y  servir.
4.  Voici  quelles  seront  les  fonctions des  fils  de  Caath  ;  elles  concernent  le tabernacle  de  l'alliance  et  le  saint  des saints.
5.  Lorsqu'il  faudra  lever  le  camp, Aaron  et  ses  fils  entreront  dans  le  taher- iuœle.  Ils  détendront  le  voile  qui  est  sus- pendu devant  l'entrée  du  sanctuaire,  et ils  en  couvriront  l'arche  du  témoignage;
Sur  les  mots  ad  mensuram  sanctuarii ,  voyez Ex.  XXX,  13,  et  le  commentaire.  —  Siclus...  vi- ginti  oholos.  Dans  l'hébreu  :  vingt  gérah,  petite monnaie  qui  valait  environ  14  centimes.  —  Le vers.  48  prescrit  l'emploi  de  la  somme  fournie  par ce  rachat  :  dabis...  Aaron  et  Jiliis  ejus.
49-51.  Moïse  exécute  l'ordre  du  Seigneur.  — Quos  redemerant  a  Levitis.  Hébr.:  rachetés  par les  Lévites ,  c.-à-d.  par  la  substitution  des  Lévites k  leur  place.  —  Produit  total  qui  fut  remis  à Aaron  :  1  365  sicles  (  273  X  5  ) ,  ou  environ 3  862  fr,  95.  Le  narrateur  oublie  d'indiquer  le moyen  par  lequel  furent  déterminés  les  273  pre- miers-nés qui  furent  ainsi  rachetés  à  prix  d'ar- gent. On  choisit  peut-être  les  plus  jeunes;  ou bien  on  recourut  au  sort ,  comme  le  veulent  les rabbins.
7°  Les  fonctions  des  Caathites.  IV,  1-20.
On  revient  ici  au  ministère  des  Lévites,  pour en  mai'quer  plus  complètement  les  détails  ;  car les  Indications  données  plus  haut,  m,  25-26,  31, 36-37,  n'étaient  que  sommaires  et  anticipées.  Ce ministère  consistait  surtout  à  transporter  le  mo- bilier sacré,  divisé  en  trois  parts  d'après  le  nombre des  groupes  lévitiques.
Chap.  IV.  —  1-3.  Dieu  ordonne  de  compter  les membres  de  la  famille  de  Caath  propres  au  ser-
vice du  culte.  —  Filiorum  Caath.  Les  Caathites obtiennent  maintenant  le  premier  rang,  au  lieu du  second,  qui  était  celui  de  leur  origine  :  c'est à  cause  de  la  prééminence  de  leurs  fonctions, et  aussi  parce  que  Moïse  et  Aaron  faisaient  partie de  leur  groupe.  —  A  trigesimo...,  ad  quinqua- gesimum... Les  limites  de  ce  second  recensement des  Lévites  sont  bien  différentes  de  celles  du  pre- mier (m,  15):  c'est  qu'au  lieu  d'un  nombre total,  on  veut  seulement  obtenir  la  somme  des adultes  aptes  à  remplir  un  service  pénible,  qui exigeait  la  plénitude  des  forces  physiques.  Il  faut se  souvenir  qu'en  Orient  on  s'affaiblit  plus  vite qu'en  Europe,  et  qu'on  est  d'ordinaire  un  vieillard à  cinquante  ans.  Saint  Jean  -  Baptiste  et  N.-S. Jésus-Christ  commencèrent  pareillement  leur  mi- nistère à  trente  ans.  —  Ut  stent.  Dans  l'hébreu  : lasaba' ,  expression  qui  signifie  tout  d'abord «  armée,  milice  »;  mais  qui  sert  aussi  dans  la Bible  à  désigner  le  service  religieux.  Cf.  viii, 24-25;  XXXI,  7,  42;  xxxviii,  8,  etc.
4-15.  L'office  spécial  des  Caathites.  —  Cet  office est  d'abord  déterminé  en  gros  (vers.  4)  :  taber- naculum...,  et  sancta  sanctorum.  D'après  l'hé- breu :  «  dans  le  tabernacle  de  l'alliance,  le  saint des  saints;  »  c.-à-d.,  ici,  les  objets  les  plus  saints. —  Viennent  ensuite  les  instructions  détaillées
NuM.  IV,  6-13.
439
6.  ils  mettront  encore  par -dessus  une couverture  de  peaux  de  couleur  violette , et  étendront  sur  cette  couverture  un  drap de  couleur  d'hyacinthe,  et  ils  feront passer  les  bâtons  dans  les  anneaux  de l'arche.
7.  Ils  envelopperont  aussi  dans  un  drap d'hyacinthe  la  table  des  pains  de  propo- sition, et  ils  mettront  avec  elle  les  en- censoirs, les  petits  mortiers,  les  petits vases  et  les  coupes  pour  les  oblations  do liqueur  ;  et  les  pains  seront  toujours  sur la  table.
8.  Ils  étendront  par -dessus  un  drap d'écarlate ,  qu'ils  couvriront  encore  d'une couverture  de  peaux  violettes,  et  ils  fe- ront passer  les  bâtons  daiis  les  anneaux de  la  table.
9.  Ils  prendront  aussi  un  drap  d'hya- cinthe, dont  ils  couvriront  le  chandelier avec  ses  lampes,  ses  pincettes,  ses  mou- chettes,  et  tous  les  vases  à  huile,  c'est- à-dire  tout  ce  qui  est  nécessaire  pour entretenir  les  lampes.
10.  Ils  couvriront  toutes  ces  choses avec  des  peaux  violettes,  et  feront  passer les  bâtons  dans  les  anneaux.
11.  Ils  envelopperont  aussi  l'autel  d'or d'un  drap  d'hyacinthe  ;  ils  étendront  par- dessus une  couverture  de  peaux  violettes, et  ils  feront  passer  les  bâtons  dans  les anneaux.
12.  Ils  envelopperont  de  même  d'un drap  d'hyacinthe  tous  les  vases  dont  on se  sert  dans  le  sanctuaire.  Ils  étendront par- dessus  une  couverture  de  peaux  vio- lettes ,  et  ils  feront  passer  les  bâtons  dans les  anneaux.
13.  Ils  ôteront  aussi  les  cendres  de l'autel  des  holocaustes,  et  ils  l'enveloppe- ront dans  un  drap  de  pourpre.
G.  et  operient  rursum  velamine  ian- thinarum  pellium,  extendentque  desu- per  palliimi  totum  hyacinthinura ,  et  in- ducent  vectes.
7.  Mensam  quoque  propositionis  in- volvent  hyacinthino  pallio,  et  ponent cum  ea  thuribula  et  mortariola,  cyathos et  crateras  ad  liba  fundenda;  panes semper  in  ea  erunt.
8.  Extendentque  desuper  pallium  coc- cineum,  quod  rursum  operient  vela- mento  ianthinarum  pellium,  et  induceut vectes.
9.  Sument  et  pallium  hyacinthinum , quo  operient  candelabrum  cum  lucernis et  forcipibus  suis  et  emunctoriis,  et cunctis  vasis  olei,  quœ  ad  concinnandas lucernas  necessaria  sunt;
10.  et  super  omnia  ponent  operimen- tum  ianthinarum  pellium,  et  inducent vectes.
11.  Nec  non  et  al  tare  aureum  invol- vent  hj^acinthino  vestimento,  et  exten- dent  desuper  operimentum  ianthinarum pellium,  inducentque  vectes.
12.  Omnia  vasa,  quibus  ministratur in  sanctuario,  involvent  hyacinthino pallio,  et  extendent  desuper  operimen- tum ianthinarum  pellium,  inducentque vectes.
13.  Sed  et  altare  mundabunt  cinere, et  involvent  illud  purpureo  vestimento  ;
(vers.  5-15).  Mais,  par  cela  mémo  que  les  fonc- tions des  Caathites  concernaient  les  objets  les plus  augustes  du  culte,  presque  toutes  ces  instruc- tions (vers.  5-14)  décrivent  le  rôle  préliminaire des  prêtres,  qui  seuls  pouvaient  toucher  cette portion  du  mobilier  sacré,  et  qui  devaient  la préparer  pour  le  transport. —  l"  L'arche,  vers. 5  -  6 ,  qu'on  recouvrait  de  trois  enveloppes  super- posées :  du  voile  précieux  qui  séparait  les  deux chambres  du  tabernacle  (Ex.  xxvi,  31),  d'une couverture  en  peau  de  dugong  (ianthinarum pellium;  voyez  la  note  d'Ex,  xxv,  5),  d'une  coii- verture  d'étoffe  couleur  hj^acinthe  (voyez  Ex. XXV,  et  le  commentaire;.  On  ajoute  inducent vectes;  car,  bien  que  les  barres  qui  servaient  à porter  l'arche  lui  restassent  toujours  attachées (Ex.  xxv,  14  et  s.),  il  fallait  les  enlever  mo- mentanément pour  l'emballage  qui  vient  d'être
décrit.  —  2»  La  table  des  pains  de  proposition , vers.  7-8 ,  était  aussi  recouverte  d'une  triple  en- veloppe, l'une  en  étoffe  couleur  hyacinthe,  la  se- conde en  étoffe  cramoisie,  la  troisième  en  peau de  dugong  (ianthinamm  pellium).  Sur  les  tJiu- ribula,  mortariola,  etc.,  qui  accompagnaient cette  table,  voyez  Ex.  xxv,  29,  et  l'explication. La  note  panes  semper  in  ea  erunt  montre  l'im- portance du  symbolisme  des  pains  de  proposition  : comme  ils  représentaient  Israël  en  face  de  son Dieu  -  roi ,  ils  ne  devaient  pas  quitter  un  seul instant  la  table,  même  durant  les  marches.  Cf. Lev.  XXIV,  5-9.  —  3°  Le  chandelier  à  sept  branches et  ses  ustensiles  (vers.  9-10),  4»  l'autel  d'or (vers.  11  ),  5°  les  vases  et  autres  objets  employés dans  le  tabernacle  (vers.  12)  n'étaient  entourés que  de  deux  couvertures,  celles  en  étoffe  couleur hyacinthe  et  en  peau  de  dugong.  —  6°  De  môme
440
NuM.  IV,  14-20.
14.  ponentqiie  ciim  eo  omnia  vasa, quibiis  in  ministerio  ejus  utuntur,  id est,  ignium  receptacula ,  fusciniilas  ac tridentes,  iincinos  et  Latilla.  Cuncta  vasa altaris  operient  simul  velamine  ianthi- narum  pellium,  et  indiicent  vectes.
15.  Cumqiie  involverint  Aaron  et  filii ejus  sanctiiarium  et  omnia  vasa  ejus  in commotione  castrorum,  tune  intrabunt filii  Caath  ut  portent  involuta;  et  non tangent  vasa  sanctuarii,  ne  moriantur. Ista  sunt  onera  filiorum  Caath.  in  taber- naculo  f œderis  ;
16.  super  quos  erit  Eleazarfilius  Aaron sacerdotis,  ad  cujus  curam  pertinet oleum  ad  concinnandas  lucernas,  et compositionis  incensum,  et  sacrificium quod  semper  offertur,  et  oleum  unctio- nis,  et  quidquid  ad  cultum  tabernaculi pertinet,  omniumque  vasorum  quae  in sanctuario  sunt.
17.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moy- sen  et  Aaron,  dicens  :
18.  Nolite  perdere  populum  Caath  de medio  levitarum;
19.  sed  hoc  facite  eis  ut  vivant,  et non  moriantur,  si  tetigerint  sancta  san- ctorum.  Aaron  et  filii  ejus  intrabunt; ipsique  disponent  opéra  singulorum,  et divident  quid  portare  quis  debeat.
20.  Alii  nuUa  curiositate  videant  quœ sunt  in  sanctuario  priusquam  involvan- tur;  alioquin  morientur.
14.  Ils  mettront  avec  l'autel  tous  les vases  qui  sont  eraploj'-és  au  ministère  de l'autel,  les  brasiers,  les  pincettes,  les fourchettes,  les  crochets  et  les  pelles. Ils  couvriront  les  vases  de  l'autel  tous ensemble  d'une  couverture  de  peaux violettes,  et  ils  feront  passer  les  bâtons dans  les  anneaux.
15.  Après  qu' Aaron  et  ses  fils  auront recouvert  le  sanctuaire  avec  tous  les  us- tensiles, quand  le  camp  se  mettra  en marche,  les  fils  de  Caath  s'avanceront pour  porter  toutes  ces  choses  envelop- pées ;  et  ils  ne  toucheront  point  les  vases du  sanctuaire,  de  peur  qu'ils  ne  meurent. C'est  là  ce  que  les  fils  de  Caath  doivent porter  du  tabernacle  de  l'alliance.
16.  Eléazar,  fils  du  prêtre  Aaron,  leur sera  préposé,  et  c'est  lui  qui  aura  soin de  l'huile  pour  entretenir  les  lampes ,  de l'encens  mélangé,  du  sacrifice  perpétuel, de  l'huile  d'onction,  de  tout  ce  qui  ap- partient au  culte  du  tabernacle,  et  de tous  les  ustensiles  qui  sont  dans  le  sanc- tuaire.
17.  Le  Seigneur  parla  donc  à  Moïse  et à  Aaron ,  et  leur  dit  :
18.  N'exposez  pas  le  peuple  de  Caath à  être  exterminé  du  milieu  des  Lévites  ;
19.  mais  prenez  garde  qu'ils  ne  touchent point  aux  objets  très  saints ,  afin  qu'ils vivent,  et  qu'ils  ne  meurent  pas.  Aaron et  ses  fils  entreront;  ils  disposeront  ce que  cha>cun  des  fils  de  Caath  doit  faire , et  ils  partageront  la  charge  que  chacun devra  porter.
20.  Que  les  autres  cependant  n'aient aucune  curiosité,  pour  voir  les  choses  qui sont  dans  le  sanctuaire  avant  qu'elles soient  enveloppées  ;  autrement  ils  seront punis  de  mort.
pour  l'autel  d'airain  ou  des  holocaustes,  et  ses ustensiles  variés  (A-ers.  13-14;  voyez  Ex,  xxvii, 1  et  ss.). —  Les  LXX  et  le  samaritain  intercalent ici  un  verset  relatif  au  bassin  d'airain  (cf.  Ex. XXX,  10),  qu'on  aurait  enveloppé,  disent -ils,  de la  même  façon;  mais  c'est  là  une  interpolation évidente.  Ce  bassin  n'étant  pas  mentionné  dans le  texte,  il  est  probable  qu'on  l'emportait  tel qu'il  était.  —  Enfin  on  revient  aux  Caathites (vers.  15),  pour  leur  assigner  leur  rôle  :  tune  in- trabunt (dans  le  tabernacle)  ^lt  portent... —  Sanc- tion terrible,  plusieurs  fois  réitérée,  et  réalisée dans  le  cours  de  l'histoire  juive  :  non  tangent..., ne  moriantur .  Cf.  vers.  19  ;  i,  53  ;  xviii,  3  ;  Lev. xvx,  2,  13;  II  Rog.  VI,  6-7.
16.  Rôle  particulier  du  prêtre  Éléazar,  —  Su- per quos  n'a  pas  d'équivalent  dans  l'hébreu,  où on  lit  :  «  Et  la  surveillance  d'Éléazar,  fils  du  prêtre
Aaron,  (s'exercera)  sur  l'huile  du  candélabre,  l'en- cens aromatique,  le  sacrifice  perpétuel  et  l'huilc! d'onction  ;  (il  aura  sous)  sa  surveillance  tout  le tabernacle  et  tout  ce  qu'il  contient,  le  sanctuaire et  ses  ustensiles.  »  Bien  beau  ministère,  qui  em- brassait les  parties  les  plus  expressives  et  les plus  délicates  du  culte.  Cf.  Ex.  xxvii,  20;  xxix, 38-42;  XXX,  23-31.
17  -  20.  Pressante  recommandation  de  Dieu , pour  empêcher  les  Caathites  de  toucher  ou  do regarder  irrespectueusement  les  objets  sacrés  dans l'exercice  de  leurs  fonctions.  C'est  la  répétition développée  du  vers.  15i>.  —  Colite  perdere...  Moïse et  son  fi'èrc  auraient  été  responsables  de  la  mort des  Caathites,  s'ils  ne  les  avaient  pas  avertis instamment  du  danger  qui  les  menaçait.  —  Nulla curiositate  videant...  Hébr,  :  qu'ils  ne  voient  pas un  seul  instant  {k'ballah;  littéralement,  a  dum
NuM.  IV,  21-31.
441
21.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse, et  lui  dit  :
22.  Faites  aussi  un  dénombrement  des fils  de  Gerson,  selon  leurs  maisons,  leurs familles  et  leur  généalogie,
23.  depuis  trente  ans  et  au  -  dessus jusqu'à  cinquante  ans.  Comptez  tous  ceux qui  entrent  et  qui  servent  dans  le  taber- nacle de  ralliance.
24.  Voici  quelle  sera  la  charge  de  la famille  des  Gersonites  :
25.  Ils  porteront  les  rideaux  du  taber- nacle, le  toit  du  tabernacle  de  l'alliance, la  seconde  couverture,  et  la  couverture de  i)eaux  violettes  qui  se  met  sur  ces  deux autres,  avec  le  voile  qui  est  tendu  à  l'en- trée du  tabernacle  de  l'alliance,
26.  les  rideaux  du  parvis,  et  le  voile qui  est  à  l'entrée  devant  le  tabernacle. Les  fils  de  Gerson  porteront  tout  ce  qui appartient  à  l'autel,  les  cordages  et  les vases  du  ministère ,
27.  selon  l'ordre  qu'ils  en  recevront d'Aaron  et  de  ses  fils  ;  et  chacun  saura quelle  est  la  charge  qu'il  doit  porter.
28.  C'est  là  rem})loi  de  la  famille  des Gersonites  à  l'égard  du  tabernacle  de l'alliance  ;  et  ils  seront  soumis  à  Ithamar, fils  du  prêtre  Aaron.
29.  Vous  ferez  aussi  le  dénombrement des  fils  de  ]Mérari,  par  familles  et  par  les maisons  de  leurs  pères,
30.  en  comptant,  depuis  trente  ans  et au-dessus  jusqu'à  cinquante,  tous  ceux qui  viennent  faire  les  fonctions  de  leur ministère,  et  qui  s'appliquent  au  culte de  l'alliance  du  témoignage.
31.  Voici  la  charge  qui  leur  sera  des- tinée. Ils  porteront  les  ais  du  tabernacle et  les  barres,  les  colonnes  avec  leurs bases ,
21.  Locutusque  est  Dominus  ad  JNIoy- sen,  dicens  :
22.  Toile  summum  etiam  filiorum Gerson  per  domos  ac  familias  et  cogna- tiones  suas,
23.  a  triginta  annis  et  supra,  usque ad  annos  quinquaginta.  Numera  omnes qui  ingrediuntur  et  ministrant  in  taber- naculo  fœderis.
24.  Hoc  est  officium  familise  Gersoni- tarum ,
25.  ut  portent  cortinas  tabernaculi,  et tectum  fœderis,  operimentum  aliud,  et super  omnia  velamen  ianthinum,  tento- riumque  quod  pendet  in  introitu  taber- naculi fœderis,
2G.  cortinas  atrii,  et  vélum  in  in- troitu quod  est  ante  tabernaculum.  Om- nia quaî  ad  altare  pertinent,  funiculos, et  vasa  ministerii,
27.  jubente  Aaron  et  filiis  ejus,  por- tabunt  filii  Gerson  ;  et  scient  singuli  cui debeant  oneri  mancipari.
28.  Hic  est  cultus  familiœ  Gersoni- tarum  in  tabernaculo  fœderis  ;  eruntque sub  manu  Ithamar,  filii  Aaron  sacerdotis.
29.  Filios  quoque  Merari  per  familias et  domos  patrum  suorum  recensebis,
30.  a  triginta  annis  et  supra,  usque ad  annos  quinquaginta,  omnes  qui  in- grediuntur ad  olficium  ministerii  sui,  et cultum  fœderis  testimonii.
31.  Hsec  sunt  onera  eorum.  Portabunt tabulas  tabernaculi  et  vectes  ejus,  co- lumnas  ac  bases  earum ,
deglutitur,  scil,  saliva,  »  expression  proverbiale dans  la  Bible  et  chez  les  Ai-abes.  Cf.  Job,  vu,  19, et  Gesenius,  Thésaurus  linguœ  hebr.,  pp,  213-214. 'E^âuiva,  traduisent  fort  bien  les  LXX).  Les Bcthsamites  périrent  en  grand  nombre  pour  expier une  curiosité  de  ce  genre.  Cf.  I  Reg.  vi,  19.
8°  Les  fonctions  des  Gersonites.  IV,  21-28.
21-23.  Le  Seigneur  ordonne  do  compter  les membres  de  la  famille  de  Gerson  aptes  au  service du  culte.  —  Qui  ingrediuntur.  De  nouveau,  dans l'hébreu,  la  belle  expression  suba\  Voyez  la  note du  vers.  3.
24-28.  Office  spécial  des  Gersonites.  —  Déjà nous  avons  vu,  ni,  25-2G,  que  les  Lévites  issus de  Gerson  étaient  chargés  de  transporter  la  plu- part des  tentures  soit  du  tabernacle,  soit  du parvis,  et  des  cordages  qui  servaient  à  assujettir ces  tentures.  —  Vasa  ministerii  (vers.  26).  Dans l'hébreu  :  «  tous  les  objets  de  leur  ministère  ;  •>>
c.-à-d.  les  outils  dont  Ils  avaient  besoin  pour monter  et  démonter  les  tentes  et  les  rideaux, pour  enfoncer  les  piquets,  etc.  —  Suh  mana  Itha- mar :  de  même  que  les  Caathites  dépendaient d'Éléazar.
9°  Les  fonctions  des  Mérarites.  IV,  29-33.
29-30.  Dieu  ordonne  de  compter  les  membres de  la  famille  de  Mérari  propres  au  service  du culte.
31-33.  Leur  office  spécial.  Cf.  m,  36-37.  —  Ta- bulas... Les  ais ,  les  barres  et  les  colonnes  qui  for- maient la  charpente  du  tabernacle,  leurs  bases de  métal  ;  les  colonnes,  les  piquets  et  les  cordages de  l'enceinte  du  parvis,  etc.  —  Ad  numerum  acci- pient  (vers.  32).  D'après  l'hébreu  :  «  norainatim.  » C.-à-d.  qu'Ithamar  et  ses  auxiliaires  spéciflalcnt les  objets  que  chacun  des  Mérarites  devait  por- ter :  circonstance  qui  n'avait  pas  été  signalée pour  les  deux  autres  groupes  lévitiques.  Elle  a
442
NuM.  IV,  32-45.
32.  columnas  quoque  atrii  per  circui- tum  cum  basibiis  et  paxillis  et  funibus suis.  Omnia  vasa  et  supellectilem  ad numerum  accipient,  sicque  portabunt.
33.  Hoc  est  officium  familiœ  Merari- tarum  et  ministerium  in  tabernaculo  f  œ- deris  ;  eruntqiie  siib  manu  Ithamar,  fiîii Aaron  sacerdotis.
34.  Recensuerunt  igitur  Moj^ses  et Aaron  et  j/iincipes  synagogae  filios  Caath per  cognationes  et  donios  patrum  suo- rum ,
35.  a  triginta  annis  et  supra,  usque  ad annum  quinquagesimum,  omnes  qui  in- grediuntur  ad  ministerium  tabernaculi fœderis  ;
36.  et  inventi  sunt  duo  millia  septin- genti  quinquaginta.
37.  Hic  est  numerus  populi  Caath  qui intrant  tabernaculum  fœderis.  Hos  nu- meravit  Moyses  et  Aaron  juxta  sermo- nem  Domini  per  manum  Moysi.
38.  Numerati  sunt  et  filii  Gerson  per cognationes  et  domos  patrum  suorum ,
39.  a  triginta  annis  et  supra,  usque ad  quinquagesimum  annum,  omnes  qui ingrediuntur  ut  ministrent  in  taberna- culo fœderis  ;
40.  et  inventi  sunt  duo  millia  sexcenti triginta.
41.  Hic  est  populus  Gersonitarum , quos  numeraverimt  Moyses  et  Aaron, juxta  verbum  Domini.
42.  Numerati  sunt  et  filii  Merari  per cognationes  et  domos  patrum  suorum ,
43.  a  triginta  annis  et  supra,  usque ad  annum  quinquagesimum,  omnes  qui ingrediuntur  ad  explendos  ritus  taber- naculi fœderis  ;
44.  et  inventi  sunt  tria  millia  ducenti.
45.  Hic  est  numerus  filiorum  Merari, quos  recensuerunt  Moyses  et  Aaron, juxta    imperium   Domini,    per    manum
32.  comme  aussi  les  colonnes  qui  sont tout  autour  du  parvis  avec  leurs  bases, les  pieux  et  les  cordages.  Ils  prendront par  compte  tous  les  vases,  et  tout  ce qui  sert  au  tabernacle,  et  ils  le  porte- ront ensuite.
33.  C'est  là  l'emploi  de  la  famille  des Mérarites,  et  le  service  qu'ils  rendront au  tabernacle  de  l'alliance  ;  ils  seront soumis  h  Ithamar,  fils  du  prêtre  Aaron.
34.  Moïse  et  Aaron  firent  donc  avec les  princes  de  la  synagogue  le  dénom- brement des  fils  de  Caath,  par  familles et  par  les  maisons  de  leurs  pères,
35.  en  comptant,  depuis  trente  ans  et au-dessus  jusqu'à  cinquante,  tous  ceux qui  sont  employés  au  ministère  du  taber- nacle de  l'alliance  ;
36.  et  il  s'en  trouva  deux  mille  sept cent  cinquante.
37.  C'est  là  le  nombre  du  peuple  de Caath  qui  entre  dans  le  tabernacle  de l'alliance.  Moïse  et  Aaron  en  firent  le  dé- nombrement, selon  que  le  Seigneur  l'avait ordonné  par  Moïse.
38.  On  fit  aussi  le  dénombrement  des fils  de  Gerson,  par  familles  et  par  les maisons  de  leurs  pères  ;
39.  et  tous  ceux  qui  sont  employés  au ministère  du  tabernacle  de  l'alliance  ayant été  comptés  depuis  trente  ans  et  au-dessus jusqu'à  cinquante,
40.  il  s'en  trouva  deux  mille  six  cent trente.
41.  C'est  là  le  peuple  des  Gersonites, dont  Moïse  et  Aaron  prirent  le  nombre, selon  l'ordonnance  du  Seigneur.
42.  On  fit  aussi  le  dénombrement  des fils  de  Merari,  par  familles  et  par  les maisons  de  leurs  pères  ;
43.  et  tous  ceux  qui  sont  employés  au culte  et  aux  cérémonies  du  tabernacle  de l'alliance  ayant  été  comptés  depuis  trente ans  et  au-dessus  jusqu'à  cinquante,
44.  il  s'en  trouva  trois  mille  deux cents.
45.  C'est  là  le  nombre  des  fils  de  Me- rari, qui  furent  comptés  par  Moïse  et Aaron,  selon  que  le  Seigneur  l'avait commandé  à  Moïse.
ici  pour  raison  d'être  le  service  plus  pénible  des Mérarites ,  et  la  crainte  qne  ces  fardeaux  encom- brants ne  fussent  inégalement  partagés  si  le  choix en  eût  été  laissé  à  la  liberté  individuelle. —  Sub manu  Ithamar  :  comme  les  Gersonites.
10°  Moïse  et  Aaron  font  le  dénombrement  des Lévites  d'après  les  indications  du  Seigneur.  IV, 34-49.
34-37.  Hecensement  des  Caathites  de  trente  à cinquante  ans.  Total,  2  750.
38-41.  Recensement  des  Gersonites.  Total, 2G30.
42-45.  Recensement  des  Mérarites:  3  200.  — La  proportion  est  changée,  et  ils  se  trouvent être  ici  les  plus  nombreux.  Cf.  m,  34,  et  le  com- mentaire.
NuM.  TV,  46  —  V,  G.
443
4G.  Tous  ceux  d'entre  les  Lévites  dont on  fit  le  dénombrement,  et  que  Moïse, Aaron  et  les  princes  d'Israël  firent  mar- quer chacun  par  leur  nom,  par  familles et  par  les  maisons  de  leurs  pères ,
47.  depuis  trente  ans  et  au-dessus jusqu'à  cinquante,  et  qui  étaient  em- ployés au  ministère  du  tabernacle  et  à porter  les  fardeaux,
48.  se  trouvèrent  en  tout  au  nomb^^e de  huit  mille  cinq  cent  quatre -vingt.
49.  Moïse  en  fit  le  dénombrement  par l'ordre  du  Seigneur,  marquant  chacun d'eux  selon  son  emploi  et  selon  la  charge qu'il  devait  porter,  comme  le  Seigneur  le lui  avait  ordonné.
46.  Oranes  qui  recensiti  sunt  do  le- vitis,  et  quos  recenseri  fecit  ad  nomen Moyses,  et  Aaron,  et  principes  Israël, per  cognationes  et  domos  patrum  suo- rum,
47.  a  triginta  annis  et  supra,  usque ad  annum  quinquagesimum,  ingredien- tes  ad  ministerium  tabernaculi,  et  onera portanda,
48.  fuerunt  simul  octo  millia  quin- genti  octoginta.
49.  Juxta  verbum  Domini  recensuit eos  Moyses,  unumquemque  juxta  offi- cium  et  onera  sua,  sicut  prœceperat  ei Dominus.
CHAPITRE  V
1.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse, et  lui  dit  :
2.  Ordonnez  aux  enfants  d'Israël  de chasser  du  camp  tout  lépreux,  et  celui qui  aura  une  gonorrhée,  ou  qui  sera devenu  impur  pour  avoir  touché  un  mort.
3.  Chassez -les  du  camp,  que  ce  soit un  homme  ou  une  femme,  de  peur  qu'ils ne  souillent  le  lieu  dans  lequel  je  de- meure au  milieu  de  vous.
4.  Les  enfants  d'Israël  firent  ce  qui leur  avait  été  commandé ,  et  ils  chas- sèrent ces  personnes  hors  du  camp,  se- lon que  le  Seigneur  l'avait  ordonné  à Moïse.
5.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse, et  lui  dit  :
6.  Dites  ceci  aux  enfants  d'Israël  : Lorsqu'un  homme  ou  une  femme  auront commis  quelqu'un  des  péchés  qui  arrivent d'ordinaire  aux  hommes,  et  qu'ils  au- ront violé  par  négligence  le  commande- ment du  Seigneur,  et  seront  tombés  en faute ,
1.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moy- sen,  dicens  :
2.  Prsecipe  filiis  Israël  ut  ejiciant  de castris  omnem  leprosum,  et  qui  semine fluit,  pollutusque  est  super  mortuo.
3.  Tam  masculum  quam  feminam ejicite  de  castris,  ne  contaminent  ea cum  habitaverim  vobiscum.
4.  Feceruntque  ita  filii  Israël,  et  eje- cerunt  eos  extra  castra,  sicut  locutus erat  Dominus  Movsi.
5.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moy- sen,  dicens  :
6.  Loquere  ad  filios  Israël  :  Vir,  sive mulier,  cum  fecerint  ex  omnibus  pecca- tis  quse  soient  hominibus  accidere,  et per  negligentiam  transgressi  f  uerint  man- datum  Domini,  atquc  deliquerint,
46-48.  Récapitulation.  Le  total  général  est  de 8  580.  —  Le  texte  insiste  à  plusieurs  reprises  sur la  parfaite  obéissance  de  Moïse  et  d'Aaron.  Cf. vers.  37,  41,  45,  49.
Section  II.  —  Lois  destinées  a  préserver  la
SAINTETÉ    LÉGALE    ET    MORALE    DANS    L'ARMÉE DE  JÉHOVAH.  V,  1  —  VI,   27.
Apres  avoir  été  organisé  comme  armée  du  Sei- gneur, Israël  est  organisé  connue  son  église.  De- vant le  Dieu  qui  manifeste  si  visiblement  sa  pré- sence, rien  d'impur  ne  saurait  êti'e  toléré.  Type de  ce  qui  devait  se  passer  dans  l'Église  du  Christ. Cf.  Matth.  VIII,  22;  Apoc.  xxi,  27.
1°  Tous  les  individus  légalement  impurs  sont exclus  de  l'intérieur  du  camp.  V,  1-4.
Chap.  V.  —  1  -  3.  Intimation  de  l'ordre  divin. Trois  sortes  d'impuretés  légales  sont  mentionnées: leprosum  (cf.  Lev.  xiii,  46;  xiv,  3,8),  qui  se- mine fluit  (Lev.  XV,  2, 19,  25),  pollutus...  super mortuo  (cf.  xix  ;  Lev.  xi,  24-25;  xxi,  1).
4.  Exécution  de  l'ordre.  —  Ejecerunt.  Sorte d'excommunication  temporaire ,  jusqu'à  guérison ou  purification.
2°  Expiation  de  quelques  torts  matériels  faits au  prochain.  V,  5-8.
5-6.  La  faute.  —  Ex...  peccatis ,  quce  soient... Le  texte  dit  simplement  :  de  tout  péché  d'homme.
21*
444
NuM.  V,  7-15.
7.  conlîtebuntur  peccatum  siium,  et reddent  ipsum  caput,  quintamque  par- tem  desuper,  ei  in  qiiem  peccaverint.
8.  Sin  aiitem  non  fiierit  qui  recipiat. dabimt  Domino,  et  erit  sacerdotis,  ex- cepte ariete  qui  olïertur  pro  expiatione. ut  sit  placabilis  hostia.
9.  Omnes  quoque  primitiœ,  quas  ofTe- runt  filii  Israël,  ad  sacerdotem  perti- nent ;
10.  et  quidquid  in  sanctuarium  ofïcr- tur  a  singulis,  et  traditur  manibus  sa- cerdotis, ipsius  erit.
11.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moy- sen ,  dicens  :
12.  Loquere  ad  lilios  Israël,  et  dices ad  eos  :  Vir,  eu  jus  uxor  erraverit,  ma- ritumque  contemnens ,
13.  dormierit  cum  altero  viro,  et  lioc maritus  depreliendere  non  quiverit,  sed latet  adulterium,  et  testibus  argui  non potest,  quia  non  est  inventa  in  stupro  ;
14.  si  spiritus  zelotypias  concitaverit virum  contra  uxorem  suam,  qu8e  vel polluta  est,  vel  falsa  suspicione  appe- titur,
15,  adducet  eam  ad  sacerdotem,  et
7.  ils  confesseront  leur  péché,  et  ils rendront  à  celui  contre  qui  ils  ont  péché le  juste  prix  du  tort  qu'ils  lui  auront fait,  en  y  ajoutant  encore  un  cinquième.
8.  S'il  ne  se  trouve  personne  à  qui cette  restitution  se  puisse  faire,  ils  la donneront  au  Seigneur,  et  elle  appartien- dra au  prêtre,  outre  le  bélier  qui  s'offre pour  l'expiation,  afin  que  l'hostie  soit reçue  favorablement  du  Seigneur.
9.  Toutes  les  prémices  qui  s'offrent par  les  enfants  d'Israël  appartiennent aussi  au  prêtre  ;
10.  et  tout  ce  qui  est  offert  au  sanc- tuaire par  les  particuliers,  et  mis  entre les  mains  du  prêtre,  appartiendra  au prêtre.
11.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse, et  lui  dit  :
12.  Parlez  aux  enfants  d'Israël,  et dites-leur  :  Lorsqu'une  femme  sera  tom- bée en  faute  et  que,  méprisant  son mari ,
13.  elle  se  sera  approchée  d'un  autre homme,  en  sorte  que  son  mari  n'ait  pu découvrir  la  chose,  et  que  son  adultère demeure  caché,  sans  qu'elle  en  puisse être  convaincue  par  des  témoins,  parce qu'elle  n'a  point  été  surprise  dans  ce crime  ;
14.  si  le  mari  est  transporté  de  l'esprit de  jalousie  contre  sa  femme,  qui  aura été  souillée  véritablement,  ou  qui  en  est accusée  par  un  faux  soupçon,
15.  il  la  mènera  devant  le  prêtre,  et  pré-
—  l'er  iiegligentiam  transgressi...  D'après  l'hé- breu :  «  prœvaricatione  prœvaricantes  crga  Do- minum  ;  »  toute  faute  envers  le  prochain  retom- bant sur  Dieu,  pour  l'offenser  aussi.  L'expression inicCal  suppose  d'ordinaire  une  action  secrète.
7-8.  L'expiation.  —  1°  Un  humble  aveu  :  confi- tebunlur...  —  2°  La  restitution  du  corps  du  délit (ipsum  caput),  et  une  amende  en  sus  (quintam partem...) ,  comme  dans  le  cas  analogue  spéciflé Lev.  V,  16.  Si  celui  ù,  qui  l'on  fait  tort  a  disparu et  n'a  pas  de  goël,  comme  dit  l'hébreu  (Vulg.  : qui  recipiat),  c- il -û.  de  i-eprésentant ,  d'héritier (cf.  Lev.  XXV,  25,  et  le  commentaire),  dabunt Domino,  et  erit  sacerdotis.— ^'è°  Un  sacrifice  pro- pitiatoire :  ariete.
3»  Quelques  revenus  des  prêtres.  V,  9-10.
9-10.  Omnes  quoque...  Courte  digression,  qui se  rattache  très  naturellement  aux  détails  du vers.  8.  —  Primitiœ.  Dans  l'hébreu  :  i'rumah, élévation  :  les  victimes  offertes  au  Seigneur  par ce  rite.  Cf.  Ex.  xxix,  27  ;  Lev.  vir,  14,  32,  et  les notes.
40  La  loi  de  jalousie,  en  a'uc  de  préserver  la sainteté  du  mariage.  A'',  11-31.
11-12'\  Transition.  —  Cette  loi  intéressante  esit
longuement  commentée  dans  le  ti'aité  Sota  du Talmud.  Un  papyrus  égyptien,  récemment  dé- coiivert  (  le  «  Roman  de  Setnau  »  ) ,  mentionne une  coutume  semblable  chez  les  Égyptiens  souô le  règne  de  Piamscs  II,  par  conséquent  à  l'époque de  jMoïse.
12^-14.  Exposé  du  cas.  —  Vir,  en  jus  uxor... Deux  hypothèses.  La  femme  est  coupable,  quoique les  preuves  manquent  pour  établir  sa  culpabilité  ; elle  est  innocente  et  injustement  soupçonnée  par son  mari.  Du  moins  celui-ci,  en  proie  au  spiritu-< zelotijpice,  a  recours  au  jugement  de  Dieu,  établi par  Dieu  lui-même.  Admirable  disposition  d\i Seigneur,  pour  sauvegarder  tout  ensemble  l'hon- neiu"  et  la  paix  de  la  famille,  soit  en  excitant chez  les  épouses  une  crainte  salutaire,  soit  en calmant  et  en  rassurant  les  maris.
15.  Conduite  à  tenir  par  le  mari. —  Adducet... Il  présentera  au  prêtre,  en  avant  du  sanctuaire, la  fcnnne  suspectée,  et  il  apportera  pour  elle  la matière  d'un  sacrifice  non  sanglant.  Sacrifice,  tou- tefois, d'un  genre  particulier  :  de  la  farine  d'orge; au  lieu  de  celle  du  froment,  et  pas  d'huile  ni d'encens,  comme  si  c'eût  été  une  offrande  pour iG  péché.  Cf.  Lev.  it,  1-2;  v,  11.  Au  lieu  de  de-
NuM.  V,  16-22.
445
sentera  pour  elle  en  offrande  la  dixième partie  d'une  mesure  de  farine  d'orge.  Il ne  répandra  point  d'huile  par-dessus,  et il  n'y  mettra  pas  d'encens  ;  parce  que c'est  un  sacrifice  de  jalousie,  et  une  obla- tion  pour  découvrir  l'adultère.
IG.  Le  prêtre  la  présentera  donc  et  la fera  tenir  debout  devant  le  Seigneur  ;
17.  et  ayant  pris  de  l'eau  sainte  dans un  vase  de  terre,  il  y  mettra  un  peu  de terre  x^rise  sur  le  pavé  du  tabernacle.
18.  Alors,  la  femme  se  tenant  debout devant  le  Seigneur,  le  prêtre  lui  décou- vrira la  tête,  et  il  lui  mettra  sur  les mains  le  sacrifice  destiné  à  renouveler le  souvenir  de  son  crime,  et  l'oblation  de la  jalousie  ;  et  il  tiendra  lui-même  entre ses  mains  les  eaux  très  amères  sur  les- quelles il  aura  prononcé  les  malédictions avec  exécration.
19.  Il  adjurera  la  femme,  et  lui  dira  : Si  un  homme  étranger  ne  s'est  point approché  de  vous,  et  que  vous  ne  vous soyez  point  souillée  en  quittant  le  lit  de votre  mari,  ces  eaux  très  amères,  que  j'ai chargées  de  malédictions,  ne  vous  nuiront point.
20.  Mais  si  vous  vous  êtes  retirée  de votre  mari ,  et  que  vous  vous  soyez souillée  en  vous  approchant  d'un  autre homme,
21.  ces  malédictions  tomberont  sur vous.  Que  le  Seigneur  vous  rende  un objet  de  malédiction  et  un  exemple  pour tout  son  peuple  ;  qu'il  fasse  pourrir  votre cuisse,  et  que  votre  ventre  s'enfle,  et  qu'il éclate  enfin  ;
22.  que  ces  eaux  de  malédiction  entrent dans  votre  ventre,  et  qu'après  qu'il  aura enflé,  votre  cuisse  se  pourrisse.  Et  la femme  répondra:  Qu'il  en  soit  ainsi,  qu'il en  soit  ainsi.
ofEeret  oblationem  pro  illa,  decimam  par- tem  sati  farinai  hordeaceœ.  Non  fundet super  eam  oleum,  nec  imponet  thus, quia  sacrificium  zelotypiaî  est,  et  oblatio investigans  adultcrium.
IG.  Oflteret  igitur  eam  sacerdos,  et statuet  coram  Domino  ;
17.  assumetque  aquam  sanctam  in vase  fictili,  et  pauxillum  terrœ  de  pavi- mento  tabernaculi  mittet  in  eam.
18.  Cumque  steterit  mulier  in  con- spectu  Domini,  discooperiet  caput  ejus, et  ponet  super  manus  illius  sacrificium recordationis,  et  oblationem  zelotypiœ  ; ipse  autem  tenebit  aquas  amarissimas, in  quibus  cum  execratione  maledicta congessit  ;
19.  adjurabitque  eam,  et  dicet  :  Si non  dormi  vit  vir  alienus  tecum,  et  si non  polluta  es  dcserto  mariti  thoro,  non te  nocebunt  aqua3  istee  amarissimœ,  in quas  maledicta  congessi.
20.  Sin  autem  declinasti  a  viro  tuo, atque  polluta  es,  et  concubuieti  cuo altero  viro,
21.  his  maledictionibus  subjacebis  : Det  te  Dominus  in  maledictionem,  exem- plumque  cunctorum  in  populo  suo  ;  pu- trescere  faciat  fémur  tuum,  et  tumens utérus  tuus  disrumpatur;
22.  ingrediantur  aqu?e  maledictœ  in ventiem  tuum,  et  utero  tumescente  pu- trescat  fémur.  Et  respondebit  mulier  : ximen,  amen.
cimam  partem  sati,  l'iiébrcu  porte  :  un  dixième d'^éfah,  c.-à-d.  un  'orner  ou 'isiajwi,  l'équivalent de  3  lit.  88.  Le  «  satxim  »  (  hébr,,  .s'  'ah  )  repré- sente le  tiers  de  V'é/ah,  environ  13  litres.
16-17.  Le  rôle  du  prêtre  :  préparation  des  eaux amères.  —  Statuet...  cora,n  Domino.  Debout  de- vant le  Seigneur,  qui  résidait  visiblement  dans le  tabernacle,  comme  l'attestait  la  colonne  de nuée.  —  Aquam  sanclam.  Cette  expression  n'est employée  qu'en  cet  endroit  de  l'Ancien  Testament. L  est  probable  qu'elle  désigne  simplement  l'eau du  bassin  d'aii'ain,  qui  servait  aux  ablutions  sa- cerdotales (Ex.  XXX,  18).  Selon  d'autres  inter- prètes, il  s'agirait  de  l'eau  lustrale  préparée  avec les  cendres  de  la  vache  rousse,  dont  il  sera  bientôt question  (cliap.  xix).—  In  vnpe  ,flctiU,  et  non  dans un   des  riches  vases  de   métal  api^arLeni-nt   au
sanctuaire  :  tout  est  humble  et  triste  dans  cette cérémonie.  —  Pauxillum  terra...:  une  pmcée  de poussière,  ramassée  sur  le  sol  sanctifié  par  la  di- vine présence  ;  sans  doute  pour  signifier  que  c'est le  Soigneur  lui-même  qui  conférait  à  ces  eaux  leur étonnante  puissance.
18-22.  Suite  du  rôle  du  prêtre:  l'adjuration solennelle. —  Discooperiet  caput:  en  lui  enlevant son  voile;  ou  même,  d'après  quelques  auteurs, en  lui  coupant  les  cheveux.  —  Super  m  anus  illiw^, sacrificium...  C.-à-d.  la  farine  d'orge;  c'est  la femme,  en  effet,  qui  offrait  le  sacrifice.  —  Aqua^ amarissimas.  L'eau  sainte  est  niahitenaut  ainsi nommée  (  hébr.  :  les  eaux  d'amertumes  )  à  cause de  ses  terribles  résultats.  Cf.  vers.  21  et  27.  — AdjnraMt  eam...  Les  malheurs  que  l'on  souhaite à  la  femme,  dans  le  cas  où  elle  serait  coupable
446
NuM.  V,  23  —  YI,  2,
23.  Scribetque  sacerdos  in  libello  ista maledicta,  et  delebit  ea  aquis  amaris- sirais,  in  quas  maledicta  congessit,
24.  et  dabit  ei  bibere.  Quas  cum  ex- hauserit,
25.  tollet  sacerdos  de  manu  ejus  sa- crificium  zelotypiae,  et  elevabit  illud coram  Domino,  imponetque  illud  super altare,  ita  duntaxat  ut  prius
26.  pugillum  sacrificii  tollat  de  eo quod  offertur,  et  incendat  super  altare, et  sic  potum  det  mulieri  aquas  amaris- simas.
27.  Quas  cum  biberit,  si  polluta  est, et  contempto  viro  adulteiii  rea,  pertrans- ibunt  eam  aquse  maledictionis,  et  in- flato  ventre  computrescet  fémur  ;  eritque mulier  in  maledictionem,  et  in  exein- plum  omni  populo.
28.  Quod  si  polluta  non  fuerit,  erit innoxia,  et  faciet  liberos.
29.  Ista  est  lex  zelotypiœ.  Si  declina- verit  mulier  a  viro  suo,  et  si  polluta fuerit ,
30.  maritusque  zelotypise  spiritu  con- citatus  adduxerit  eam  in  conspectu  Do- mini,  et  fecerit  ei  sacerdos  juxta  omnia quœ  scripta  sunt,
31.  maritus  absque  culpa  erit,  et  illa recipiet  iniquitatem  suam.
23.  Alors  le  prêtre  écrira  ces  malédic- tions sur  un  livre,  et  il  les  effacera  en- suite avec  ces  eaux  très  amères  qu'il  aura chargées  de  malédictions,
24.  et  il  les  lui  donnera  à  boire.  Lors- qu'elle les  aura  prises,
25.  le  prêtre  lui  retirera  des  mains  le sacrifice  de  jalousie,  il  l'élèvera  devant le  Seigneur,  et  il  le  mettra  sur  l'autel  ; en  sorte  néanmoins
26.  qu'il  ait  séparé  auparavant  une poignée  de  ce  qui  est  offert  en  sacrifice, afin  de  la  faire  brûler  sur  l'autel,  et qu'alors  il  donne  à  boire  à  la  femme  les eaux  très  amères.
27.  Lorsqu'elle  les  aura  bues,  si  elle a  été  souillée,  et  qu'elle  ait  méprisé  son mari  en  se-rendant  coupable  d'adultère, elle  sera  pénétrée  par  ces  eaux  de  malé- diction, son  ventre  s'enflera,  et  sa  cuisse pourrira;  et  cette  femme  deviendra  un objet  de  malédiction  et  un  exemple  pour tout  le  peuple.
28.  Que  si  elle  n'a  point  été  souillée, elle  n'en  ressentira  aucun  mal,  et  elle aura  des  enfants.
29.  C'est  là  la  loi  de  jalousie.  Si,  la femme  s'étant  retirée  d'auprès  de  son mari  et  s'étant  souillée,
30.  le  mari,  poussé  par  un  esprit  de jalousie,  l'amène  devant  le  Seigneur,  et si  le  prêtre  fait  tout  ce  qui  a  été  écrit ici,
31.  le  mari  sera  exempt  de  faute,  et la  femme  recevra  la  peine  de  son  crime.
CHAPITRE  VI
1.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moy- sen ,  dicens  :
2.  Loquere  ad  filios  Israël,  et  dices
1.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse, et  lui  dit  :
2.  Parlez    aux    enfants    d'Israël,    et
(putrescere  /aciat...,  tumens  utérus...)  sont  en rapport  avec  la  nature  du  crime.  Ils  consis- taient dans  une  hydropisie  d'un  genre  particulier. —  Respon débit...:  Amen...  Première  apparition  de cette  expression,  employée  si  fréquemment  de- puis. Elle  équivaut  à  «  Vere  »,  oui,  ainsi  soit-il! 23-26.  Conclusion  de  la  cérémonie.  —  Scrihet... in  libello  :  sur  une  petite  feuille  de  papyrus.  — Delebit  ea  aquis  :  en  trempant  cette  feuille  dans l'eau ,  qui  délaj-ait  l'encre  toute  fraîche.  Symbole énergique,  encore  usité  dans  l'Egypte  moderne et  chez  certaines  tribus  africaines  quand  on  veut assurer  à  un  charme  toute  son  eflicacité.  Dans le  cas  présent,  l'eau  était,  pour  ainsi  dire,  impré- gnée des  malédictions.  —  Dabit...  bibere ,  au vers.  24,  est  une  anticipation.  La  femme  ne  bu- vait les  eaux  amères  qu'à  l'issue  de  la  cérémonie,
après  l'oblation  du  sacrifice.  Cf.  vers.  25  et  26.
27.  Le  résultat  produit.  Il  était  infaillible  et consistait  dans  un  grand  miracle.
29-31.  Récapitulation  et  conclusion.
5°  Le  nazaréat.  VI,  1-21.
Dans  toute  réunion  d'hommes,  il  y  a  les  pé- cheurs qu'il  faut  purifier,  et  tel  était,  symboli- quement et  moralement,  l'objet  du  chap.  v;  mais il  y  a  aussi  les  âmes  pieuses ,  zélées ,  qui  aux  obli- gations communes  surajoutent  des  devoirs  per- sonnels, afin  de  vivre  plus  saintement  :  le  divin Législateur  passe  maintenant  à  cette  catégorie intéressante ,  en  parlant  des  Nazaréens.  Le  chap.  vi a  été  également  commenté  dans  un  traité  du  Tal- mud,  intitulé  Nazir.
Chap.  VI.  —  1-2».  La  transition  accoutumée.
2''-8.  La  loi  du  nazaréat.  —  En  premier  lieu,
NuM.  VI,  3-10.
447
dites -leur  :  Lorsqu'un  homme  ou  une femme  auront  fait  un  vœu  de  se  sancti- fier, et  qu'ils  auront  voulu  se  consacrer au  Seigneur,
3.  ils  s'abstiendront  de  vin  et  de  tout ce  qui  peut  enivrer;  ils  ne  boiront  point de  vinaigre  fait  avec  du  vin,  ou  avec tout  autre  breuvage,  ni  rien  de  ce  qui  se tire  des  raisins;  ils  ne  mangeront  point de  raisins  nouvellement  cueillis,  ni  de raisins  secs.
4.  Pendant  tout  le  temps  qu'ils  seront consacrés  au  Seigneur,  selon  le  vœu qu'ils  lui  auront  fait,  ils  ne  mangeront rien  de  tout  ce  qui  peut  sortir  de  la vigne,  depuis  le  raisin  sec  jusqu'à  un pépin.
5.  Pendant  tout  le  temps  de  la  sépa- ration du  Nazaréen,  le  rasoir  ne  passera point  sur  sa  tête,  jusqu'à  ce  que  les  jours de  sa  consécration  au  Seigneur  soient accomplis.  Il  sera  saint,  laissant  croître les  cheveux  de  sa  tête.
6.  Tant  que  durera  le  temps  de  sa consécration  il  ne  s'approchera  point d'un  mort,
7.  et  il  ne  se  souillera  point  en  assis- tant aux  funérailles  même  de  son  père, ou  de  sa  mère,  ou  de  son  frère,  ou  de  sa sœur,  parce  que  la  consécration  de  son Dieu  est  sur  sa  tête.
8.  Pendant  tout  le  temps  de  sa  sépa- ration il  sera  saint  et  consacré  au  Sei- gneur.
9.  Que  si  quelqu'un  meurt  subitement devant  lui,  la  consécration  de  sa  tête sera  souillée;  il  se  fera  raser  aussitôt, ce  jour  même  de  sa  purification,  et  se rasera  encore  le  septième.
10.  Le  huitième    jour  il    offrira    au
ad  eos  :  Vir,  sive  mulier,  cum  fecerint votum  ut  sanctificentur,  et  se  voluerint Domino  consecrare,
3.  a  vino ,  et  omni  quod  inebriare  po- test,  abstinebunt.  Acetum  ex  vino,  et  ex qualibet  alia  potione,  et  quidquid  de  uva ex})rimitur,  non  bibent  ;  uvas  récentes siccasque  non  comedent.
4.  Cunctis  diebus  quibus  ex  voto  Do- mino consecrantur,  quidquid  ex  vinea esse  potest ,  ab  uva  passa  usque  ad  aci- num,  non  comedent.
5.  Omni  tempore  separationis  suœ novacula  non  transibit  per  caput  ejus, usque  ad  completum  diem  quo  Domino consecratur.  Sanctus  erit,  crescente  cse- sarie  capitis  ejus.
6.  Omni  tempore  consecrationis  suce super  mortuum  non  ingredietur,
7.  nec  super  patris  quidem  et  matris et  fratris  sororisque  funei'e  contamina- bitur,  quia  consecratio  Dei  sui  super caput  ejus  est.
8.  Omnibus  diebus  separationis  suse sanctus  erit  Domino.
9.  Sin  autem  mortuus  fuerit  subito quispiam  coram  eo,  polluetur  caput  con- secrationis ejus  ;  quod  radet  illico  in eadem  die  purgationis  suae,  et  rursum septima.
10.  In  octava  autem  die  offeret  duos
l'hypothèse,  vers.  2^  :  Vir,  sive  muUer...  La  suite est  très  énergiquement  exprimée  dans  l'hébreu, au  moyen  de  répétitions  solennelles  :  «  lorsqu'il voudra  (avec  l'idée  de  magnificence  dans  l'acte  : u.syâXfjoç  eu^YjTac  £Ùxr,v,  traduisent  les  LXX) vouer  le  vœu  de  nazir,  de  manière  à  être  nazir à  Jéhovah.  »  Le  substantif  nazir,  dérivé  de  la racine  nazar,  signifie  séparer,  consacrer  ;  il  devint de  bonne  heure ,  chez  les  Hébreux,  un  mot  tech- nique pour  désigner  une  consécration  religieuse d'un  genre  spécial.  Cf.  Lev.  xxv,  5,  11;  Jud.  xiii, 5,7;  XVI,  17,  etc.  —  En  second  lieu,  les  lois  qui réglaient  cet  état  de  nazir.  Première  loi,  vers. 3-4  :  l'abstinence  complète  du  vin,  des  liqueurs enivrantes  autres  que  le  vin  {omni  quod  in- ebriare.,.; hébr.  :  sékar) ,  et  de  toixt  produit  de la  vigne  sans  exception.  Par  quidquid  de  uva exprimitur  il  faut  entendre,  d'après  l'hébreu, une  boisson  que  l'on  préparait  en  faisant  macérer lo  raisin  dans  l'eau.  La  formule  ab  uva  passa
usque...  est  encore  plus  expressive  dans  le  texte primitif  :  «  depuis  le  pépin  jusqu'à  l'écorce,  » c,-à-d.  absolument  rien  de  ce  qui  fait  partie  du raisin.  —  Seconde  loi ,  vers.  5  :  porter  les  cheveux longs  durant  la  période  entière  du  nazaréat.  Ce rite  marquait  la  consécration  à  Dieu  de  toutes les  forces  physiques,  dont  une  chevelure  luxuriante était  censée  l'emblème.  Cf.  II  Reg.  xiv,  25-26. —  Troisième  loi,  vers.  7-8  :  n'avoir  aucun  rapport avec  les  morts,  fussent-ils  le  père  ou  la  mère  du nazir.  Même  règlement  que  pour  le  grand  prêtre, Lev.  XXI,  10-11.  Tout  cadavre  était  impur,  et  ceux qui  se  consacrent  à  Dieu  doivent  être  très  purs , comme  l'indiquent  les  mots  quia  consecratio (  liébr.  :  nézer  )  Dei...  super  caput  ejus.  Belle figure.
9  - 12.  Règles  à  suivre  pour  purifier  le  naza- réen qui  aurait  été  souillé  par  un  accident  for- tuit.—  Mortuus...  subito  quispiam...  Dans  ce  cas il  devra  recourir  à,  trois  rites  expiatoires  :  raser
448
NuM.  YI,  11-19.
turtures,  vel  duos  pullos  columb,ae  saccr- doti  in  iiitroitu  fœdeiis  testimonii.
11.  Facietque  sacerdos  iinum  pro  pec- cato,  et.  alterum  in  holocaustum,  et  de- precabitur  pro  eo,  quia  peccavit  super mortuo;  sanctificabitque  caput  ejus  in die  illo;
12.  et  consecrabit  Domino  dies  sepa- rationis  illius,  ofïerens  agnum  annicu- lum  pro  peccato;  ita  tamen  ut  dies priores  irriti  fiant,  quoniam  polluta  est sanctificatio  ejus.
13.  Ista  est  lex  consecrationis.  Cum dies,  quos  ex  voto  decreverat,  comple- buntur,  adducet  eum  ad  ostium  taber- naculi  fœderis,
14.  et  ofîeret  oblationem  ejus  Domino, agnum  anniculum  immaculatum  in  ho- locaustum, et  ovem  anniculam  imma- culatam  pro  peccato,  et  arielem  imma- culatum, hostiam  pacificam;
15.  canistrum  quoque  panum  azymo- rum  qui  conspcrsi  sint  oleo,  et  lagana absque  fermento  une  ta  oleo,  ac  libamina singulorum  ;
16.  quse  offeret  sacerdos  coram  Do- mino ;  et  faciet  tam  pro  peccato ,  quam in  holocaustum.
17.  Arietem  vero  immolabit  hostiam pacificam  Domino,  ofiEerens  simul  cani- strum az3miorum,  et  libamenta  quee  ex more  debentur.
18.  Tune  radetur  nazarseus  ante  ostium tabernaculi  fœdeiis  cœsarie  consecra- tionis suse;  tolletque  càpillos  ejus,  et ponet  super  ignem,  qui  est  suppositus sacrificio  pacificorum  ;
19.  et  armum  coctum  arietis,  tortam- que  absque  fermento  unam  de  canistro, et  laganum  azymum  unum,  et  tradet  in
prêtre,  ;\  l'entrée  du  tabernacle  de  l'al- liance, deux  tourterelles,  ou  deux  petits de  colombe.
11.  Et  le  prêtre  en  immolera  l'un  pour le  péché,  et  l'autre  en  holocauste,  et  il priera  pour  lui,  parce  qu'il  a  péché et  s'est  souillé  par  la  vue  de  ce  mort  ;  il sanctifiera  de  nouveau  sa  tête  en  ce  jour-
12.  et  il  consacrera  au  Seigneur  les jours  de  sa  séparation,  offrant  un  agneau d'un  an  pour  son  péché  ;  en  sorte  néan- moins que  les  jours  précédents  soient annulés,  parce  que  sa  consécration  a  été souillée.
13.  Telle  est  la  loi  pour  la  consécra- tion (lu  Nazaréen.  Lorsque  les  jours  pour lesquels  il  s'est  obligé  par  son  vœu  seront accomplis,  le  prêtre  l'amènera  à  l'entrée du  tabernacle  de  l'alliance,
14.  et  il  présentera  au  Seigneur  son oblation  :  un  agneau  d'un  an  et  sans tache  pour  l'holocauste;  une  brebis  d'un an  et  sans  tache  pour  le  péché,  et  un bélier  sans  tache  pour  l'hostie  paci- fique.
15.  Il  offrira  aussi  une  corbeille  de pains  sans  levain  pétris  avec  de  l'huile , et  des  tourteaux  sans  levain  arrosés d'huile  par-dessus,  accompagnés  de  leurs offrandes  de  liquide.
16.  Le  prêtre  les  offrira  devant  le  Sei- gneur, et  il  sacrifiera  l'hostie  pour  le péché,  aussi  bien  que  celle  de  l'holo- causte.
17.  Il  immolera  encore  au  Seigneur  le bélier  pour  l'hostie  pacifique,  et  il  offrira en  même  temps  la  corbeille  de  pains sans  levain,  avec  les  offrandes  de  liquide qui  doivent  s'y  joindre  selon  la  cou- tume.
18.  Alors  la  chevelure  du  Nazaréen consacrée  à  Dieu  sera  rasée  devant  la porte  du  tabernacle  de  l'alliance  ;  le prêtre  prendra  ses  cheveux  et  les  brûlera sur  le  feu  qui  aura  été  mis  sous  le  sacri- fice des  pacifiques,
19.  et  il  mettra  entre  les  mains  du Nazaréen,  après  que  sa  tête  aura  été rasée,  l'épaule  cuite  du  bélier,  un  tour-
deux  fois  sa  cliovelure  (9^),  olïrir  consécutive- ment trois  Tictimes  (10-12*),  recommencer  les jours  du  nazaréat  à  partir  de  celui  où  avait  eu  lieu la  profanation  Involontaire  (12'').
13-20.  Cérémonies  à  accomplir  au  moment  où le  vœu  prenait  fin.  —  La  tradition  juive  nous apprend  que  le  nazaréat  temporaire  durait  ordi- nairement trente  jours.  Il  y  eut  plus  tard  des
nazir  peri)étuels,  comme  Samson,  Samuel,  saint Jean-Baptiste.  —  Première  cérémonie,  vers.  13"*  : adducet  eum...  Le  sujet  n'est  pas  mai'qué  :  «  On le  fera  venir.  »  —  Deuxième  cérémonie,  A^ers. 14  -  20  :  des  sacrifices  sanglants  et  non  sanglants, et  l'offrande  do  la  chevelure  du  Nazaréen.  Les sacrilices  sanglants  étant  assez  dispendieux,  les lùclacs  aimaient,  à  une  époque  plus  raiiprociicj
NuM.  VI,  20  —  VII,  1.
449
tcau  sans  levain  pris  dans  la  corbeille, et  uu  gâteau  également  sans  levain.
20.  Et  le  Nazaréen  les  remettra  entre les  mains  du  prêtre ,  qui  les  élèvera  de- vant le  Seigneur  ;  et  ayant  été  sanctifiés, ils  appartiendront  au  prêtre,  comme  la poitrine  qu'on  a  commande  de  séparer, et  la  cuisse.  Le  Nazaréen  peut  ensuite boire  du  vin.
21.  C'est  là  la  loi  du  Nazaréen  lors- qu'il aura  voué  son  oblation  au  Seigneur pour  le  temps  de  sa  consécration,  sans compter  les  autres  sacrifices  qu'il  pourra faire  de  lui-même.  Il  exécutera,  pour achever  sa  sanctification,  ce  qu'il  avait arrêté  dans  son  esprit  lorsqu'il  fit  son vœu.
22.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse, et  lui  dit  :
23.  Dites  à  Aaron  et  à  ses  fils  :  C'est ainsi  que  vous  bénirez  les  enfants  d'Is- raël, et  vous  leur  direz  :
24.  Que  le  Seigneur  vous  bénisse,  et qu'il  vous  conserve.
25.  Que  le  Seigneur  vous  montre  son visage ,  et  qu'il  ait  pitié  de  vous.
26.  Que  le  Seigneur  tourne  son  visage vers  vous,  et  qu'il  vous  donne  la  paix.
27.  C'est  ainsi  qu'ils  invoqueront  mon nom  sur  les  enfants  d'Israël,  et  je  les bénirai.
manus  nazaraei,  postquam  rasum  fuerit capnt  ejus  ;
20.  susceptaqne  rursum  ab  eo,  elc- vabit  in  conspcctu  Domini  ;  et  i^anctifi- cata  sacerdotis  erunt  sicut  pectusculum, quod  sépara  ri  justum  est,  et  fémur. Post  hœc  potest  bibere  nazarœus  vinum.
21.  Ista  est  lex  nazarsei,  cum  voverit oblationem  suam  Domino  tempore  con- secrationis  suse,  exceptis  his  quœ  inve- nerit  manus  ejus.  Juxta  quod  mente devoverat,  ita  faciet  ad  perfectionem sanctificationis  suse.
22.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moy- sen,  dicens  :
23.  Loquere  Aaron  et  filiis  ejus  :  Sic benedicetis  filiis  Israël,  et  dicetis  eis  :
24.  Benedicat  tibi  Dominus,  et  custo- diat  te.
25.  Ostendat   Dominus  faciem  suam tibi ,  et  misereatur  tui.
26.  Convertat  Dominus  vultum  suum ad  te,  et  det  tibi  pacem.
27.  Invocabuntque  nomen  meum  su- per filios  Israël,  et  ego  benedicam  eis.
CHAPITRE   VII
1.  Lorsque  Moïse  eut  achevé  le  taber- nacle ,  et  qu'il  l'eut  dressé ,  qu'il  l'eut oint  et  sanctifié  avec  tous  ses  ustensiles, ainsi  que  l'autel  avec  tous  ses  usten- siles ,
1.  Factum  est  autem  in  die  qua  com- plevit  Moyses  tabernaculum ,  et  erexit illud,  unxitque  et  sanctificavit  cum  om- nibus vasib  suis,  altare  similiter  et  omnia vasa  ejus,
de  nous,  à  en  faire  les  frais  pour  les  pauvres.  Cf. Act.  XXI,  24;  Jos.,  Ant.,  xix,  6,  1.
21.  Conclusion.  —  Exceptis  his...  C.-à-d.  qu'in- dépoudaniment  des  oblations  prescrites,  le  nazir était  libre  d'en  présenter  d'autres,  toutes  sponta- nées ,  autant  que  le  permettaient  ses  moj'ens  {in- venerit  manus  ejus  ).
6°  Formule  de  la  bénédiction  sacerdotale.  VI, 22-27.
22-23.  Introduction.  —  Aaron  et  filiis  ejus:  ce ti'ait  suppose  que  l'usage  de  cotte  formule  était exclusivement  réservé  aux  prêtres.
24-2G.  La  formule  proprement  dite.  Cf.  Eccli. xxxvi,  17. —  Elle  est  remarquable  tout  ensemble par  la  forme  et  par  le  fond.  Trois  phrases  paral- lèles, ù  deux  membres,  le  second  membre  pré- cisant l'idée  du  premier.  Trois  souhaits  eu  gra- dation ascendante  :  la  simple  protection,  la  misé- ricorde, la  paix.  Trois  foii  le  nom  sacré  de  Jéhovah
en  avant  de  la  bénédiction  partielle.  On  conçoit que  les  Pères  et  les  théologiens  aient  vu  dans  ces versets  une  «  adumbratio  »  du  mystère  de  la sainte  Trinité. —  Ostendat  /aciem,  ostendat  vul- tum. Gracieuse  image.  C'est  comme  le  regard  ai- mant et  protecteur  d'un  père,  d'une  mère,  sur leur  enfant.
27.  Dieu  promet  d'exaucer  cette  bénédiction des  prêtres  de  son  peuple  :  elle  ne  sera  pas  un vain  souhait.
SeCTIOX   III.  —   DEHXIEIiS  IXCIDEXTS    DU   SEJOUR DES    HÉBREUX    AUPRÈS    DU    SiXAÏ.    VII,     1    — IX,  14. §1.  —  Les  offrandes  des  chefs  des  douze  tribus au  sanctuaire.  VII,  1-89.
10  Les  six  chars,  pour  porter  diverses  parties du  mobilier  sacré.  VII,  1-9.
Chap.  VII.  —  1-3.    La  préicatation  de   ces
450
NuM.  VII,  2-12.
2.  obtulerunt  principes  Israël  et  ca- pita  familiamm,  qui  erant  per  singulas tribus,  prsefectique  eorum  qui  iiumerati f uerant ,
3.  niunera  coram  Domino,  sex  plau- stra  tecta  cum  duodecim  bobus.  Unum plaustrum  obtulere  duo  duces,  et  unum bovem  singuli,  obtuleruntque  ea  in  con- spectu  tabernaculi.
4.  Ait  autem  Dominus  ad  Moysen  :
5.  Suscipe  ab  eis  ut  serviant  in  mi- nisterio  tabernaculi ,  et  trades  ea  levitis juxta  ordinem  ministerii  sui.
6.  Itaque  cum  suscepisset  Moyses  plau- stra  et  boves ,  tradidit  eos  levitis.
7.  Duo  plaustra  et  quatuor  boves  dédit filiis  Gerson,  juxta  id  quod  habebant necessarium.
8.  Quatuor  alia  plaustra  et  octo  boves dédit  filiis  Merari,  secundum  officia  et cultum  suum,  sub  manu  Ithamar,  filii Aaron  sacerdotis.
9.  Filiis  autem  Caath  non  dédit  plau- stra et  boves,  quia  in  sanctuario  serviunt, et  onera  propriis  portant  humeris.
10.  Igitur  obtulerunt  duces  in  dedi- cationem  altaris,  die  qua  unctum  est, oblationem  suam  ante  altare.
11.  Dixitque  Dominus  ad  Moysen  : Singuli  duces  per  singulos  dies  offerant munera  in  dedicationem  altaris.
12.  Primo  die  obtulit  oblationem  suam Nahasson,  filius  Aminadab,  de  tribu Juda;
2.  les  princes  d'Israël,  cbefs  des  fa- milles dans  chaque  tribu,  qui  comman- daient à  tous  ceux  dont  on  avait  fait  le dénombrement,
3.  offrirent  leurs  présents  devant  le Seigneur,  d'abord  six  chars  couverts, avec  douze  bœufs.  Deux  chefs  offrirent un  char,  et  chacun  d'eux  un  bœuf,  et ils  les  présentèrent  devant  le  tabernacle.
4.  Alors  le  Seigneur  dit  à  Moïse  :
5.  Recevez  d'eux  ces  choses  pour  les employer  au  service  du  tabernacle,  et vous  les  donnerez  aux  Lévites,  afin  qu'ils s'en  servent  selon  les  fonctions  de  leur ministère.
6.  Moïse,  ayant  donc  reçu  les  chars  et les  bœufs,  les  donna  aux  Lévites.
7.  Il  donna  aux  fils  de  Gerson  deux chars  et  quatre  bœufs,  selon  le  besoin qu'ils  en  avaient.
8.  Il  donna  aux  fils  de  Mérari  les  quatre autres  chars  et  les  huit  bœufs,  pour  s'en servir  à  toutes  les  fonctions  de  leur  charge, sous  les  ordres  d'Ithamar,  fils  du  prêtre Aaron.
9.  Mais  aux  fils  de  Caath  il  ne  donna point  de  chars  ni  de  bœufs,  parce  qu'ils s'occupent  de  ce  qui  regarde  le  sanc- tuaire, et  qu'ils  portent  eux-mêmes  leurs charges  sur  leurs  épaules,
10.  Les  chefs  firent  donc  leurs  obla- tions  devant  l'autel  pour  la  dédicace  de l'autel,  au  jour  où  il  fut  consacré  par l'onction.
11.  Et  le  Seigneur  dit  à  Moïse  :  Que chacun  des  chefs  offre  chaque  jour  ses présents  pour  la  dédicace  de  l'autel.
12.  Le  premier  jour,  Nahasson,  fils d'Aminadab,  de  la  tribu  de  Juda,  offrit son  oblation  ;
chars.  La  date  in  die  qua  complevit...  nous  ra- mène à  Lev.  viii-x.  —  Les  principes  Israël,  ou chefs  des  tribus,  ont  été  nommés  précédemment, I,  4-16,  à  propos  du  recensement  général  de  la nation. —  Plaustra  tecta  traduit  plus  exactement l'hébreu  que  l'interprétation  moderne  :  «  chars  en forme  de  litières»  (portés  chacun  par  deux  bœufs, comme  des  palanquins  ;  voy.  VAtl.  arch.,  pi.  Lxxvi, fig.  13).
4-9,  L'emploi  des  chars  est  d'abord  déterminé par  Dieu  lui-môme  d'une  manière  générale  (vers.  5  : in  ministerio  tabernaculi,  ...levitis);  Moïse  le règle  ensuite  dans  le  détail ,  par  une  explication pratique  des  mots  juxta  ordinem  ministerii  sui (c.-ù-d.  selon  les  besoins  de  chaque  famille  lévi- tique).  Deux  chars  aux  Gersonites ,  qui  n'avaient h  porter  que  des  tentures  ;  quatre  aux  Mérarites, chargés  des  objets  les  plus  lourds  et  les  plus  en- combrants. Les  Caathites  n'en  reçoivent  pas  un
seul,  parce  que  onera  propriis  portant  humeris (vers.  9),  ces  fardeaux  étant  tout  à  fait  saints. Cf.  IV,  4-15.
2°  Autres  offrandes  des  chefs  de  tribus.  VII, 10-89.
10  - 11.  Introduction.  —  Singuli  duces.  Ils offrirent  leurs  présents  au  nom  de  la  tribu  qu'ils représentaient,  d'après  l'ordre  prescrit  pour  les marches  et  les  campements  d'Israël,  n,  1  -34.  Les dons  ne  furent  pas  présentés  en  même  temps , mais  en  douze  jours  consécutifs.  Ils  sont  identi- quement les  mêmes  pour  chaque  chef,  et  consis- tent, d'une  part  en  quelques  vases  précieux  pour le  service  du  tabernacle ,  d'autre  part  en  victimes pour  trois  sortes  de  sacrifices.  Les  répétitions  du narrateur  sont  d'un  très  bel  effet  ;  elles  repro- duisent sous  nos  yeux  le  défilé  majestueux  dont Israël  fut  témoin.
12-17.  Offrande  du  prince  de  Juda.  —  Ka-
NuM.  VII,  13-30.
451
13.  et  son  présent  fut  un  plat  d'ar- gent du  poids  de  cent  trente  sicles,  et un  vase  d'argent  de  soixante -dix  sicles au  poids  du  sanctuaire,  tous  deux  pleins de  farine  mêlée  d'huile  pour  le  sacri- fice;
14.  un  petit  vase  d'or  du  poids  de  dix sicles,  plein  d'encens;
15.  un  bœuf  pris  du  troupeau,  un  bé- lier, et  un  agneau  d'un  an  pour  Iholo- causte,
16.  un  bouc  pour  le  péché,
17.  et,  pour  le  sacrifice  des  pacifiques, deux  bœufs,  cinq  béliers,  cinq  boucs,  et cinq  agneaux  d'un  an.  Ce  fut  Iti  l'offrande de  Nahasson,  fils  d'Aminadab.
18.  Le  second  jour,  Nathanaël,  fils  de Suar,  chef  de  la  tribu  d'Issachar,
19.  offrit  un  plat  d'argent  de  cent  trente sicles,  et  un  vase  d'argent  de  soixante- dix  sicles  au  poids  du  sanctuaire,  tous deux  pleins  de  farine  mêlée  d'huile  pour le  sacrifice;
20.  un  petit  vase  d'or  du  poids  de  dix sicles,  plein  d'encens;
21.  un  bœuf  du  troupeau,  un  bélier, et  un  agneau  d'un  an  pour  l'holocauste,
22.  un  bouc  pour  le  péché ,
23.  et,  pour  le  sacrifice  des  pacifiques, deux  bœufs,  cinq  béliers,  cinq  boucs,  et cinq  agneaux  d'un  an.  Ce  fut  là  l'offi'ande de  Nathanaël,  fils  de  Suar.
24.  Le  troisième  jour,  Eliab,  fils  d'IIé- lon,  prince  des  enfants  de  Zabulon,
25.  offrit  un  plat  d'argent  pesant  cent trente  sicles ,  et  un  vase  d'argent  de soixante-dix  sicles  au  poids  du  sanctuaire, tous  deux  pleins  de  farine  mêlée  d'huile pour  le  sacrifice  ;
26.  un  petit  vase  d'or  du  poids  de  dix sicles ,  plein  d'encens  ;
27.  un  bœuf  du  troupeau,  un  bélier, et  un  agneau  d'un  an  pour  l'holocauste,
28.  un  bouc  pour  le  péché,
29.  et,  pour  le  sacrifice  des  pacifiques, deux  bœufs,  cinq  béliers,  cinq  boucs,  et cinq  agneaux  d'iui  an.  Ce  fut  là  l'offrande d'Eliab,  fils  d'Hélon.
30.  Le  quatrième  jour,  Elisur,  fils  de Sédéiir,  piince  des  enfants  de  Euben,
13.  fueruntque  in  ea  acetabulum  ar- genteum  pondo  centum  triginta  siclo- rum,  phiala  argentea  habens  septuaginta siclos,  juxta  pondus  sanctuarii,  utrum- que  plénum  simila  conspersa  oleo  in  sa- crificium  ;
14.  mortariolura  ex  decem  siclis  au- reis,  plénum  incenso;
15.  bovem  de  armento,  et  arietem,  et agnum  anniculum  in  holocaustum  ;
16.  hircumque  pro  peccato  ;
17.  et  in  sacrificio  pacificorum  boves duos,  arietes  quinque,  hircos  quinque, agnos  anniculos  quinque.  Hsec  est  obla- tio  Nahasson ,  filii  Aminadab.
18.  Secundo  die  obtulit  Nathanaël, filius  Suar,  dux  de  tribu  Issachar,
19.  acetabulum  argenteum  appendens centum  triginta  siclos,  phialam  argen- team  habentem  septuaginta  siclos,  juxta pondus  sanctuarii,  utrumque  plénum  si- mila conspersa  oleo  in  sacrificium;
20.  mortariolum  aureum  habens  de- cem siclos,  plénum  incenso;
21.  bovem  de  armento,  et  arietem,  et agnum  anniculum  in  holocaustum  ;
22.  hircumque  pro  peccato  ;
23.  et  in  sacrificio  pacificorum  boves duos,  arietes  quinque,  hircos  quinque, agnos  anniculos  quinque.  Hsec  fuit  obla- tio  Nathanaël,  filii  Suar.
24.  Tertio  die  princeps  filiorum  Zabu- lon, Eliab,  filius  Helon,
25.  obtulit  acetabulum  argenteum appendens  centum  triginta  siclos ,  phia- lam argenteam  habentem  septuaginta siclos,  ad  pondus  sanctuarii,  utrumque plénum  simila  conspersa  oleo  in  sacri- ficium ;
26.  mortariolum  aureum  appendens decem  siclos,  plénum  incenso  ;
27.  bovem  de  armento,  et  arietem,  et agnum  anniculum  in  holocaustum  ;
28.  hircumc[ue  pro  peccato  ;
29.  et  in  sacrificio  pacificorum  boves duos,  arietes  quinque,  hircos  quinque, agnos  anniculos  quinque.  Hsec  est  obla- tio  Eliab,  filii  Helon,
30.  Die  quarto  princeps  filiorum  Eu- ben, Elisur,  filius  Sedeur,
Tiasson  :  cet  aïeul  du  Messie  ouvre  la  marche.
—  Acetahuhim.  Hébr.  :  q"ârah,  un  plateau,  — Phiala,  un  bassin, —  Mortariolum,  une  coupe.
—  Centum  triginta  sicloram...  Le  siclc  servait d'unité  de  poids  aussi  bien  que  do  monnaie.  On l'évalue  à  14  gr.  200  :  d'où  il  suit  que  130  sicles équivalent  à  environ  1846  grammes;  70  sicles,
à  994  grammes  ;  10  sicles,  à  142  grammes.  Le  sicle d'argent  valant  2  fr.  83 ,  et  le  sicle  d'or  43  f r.  50, les  sommes  représentées  par  chacun  de  ces  objets étaient  d'environ  368  fr.,  198  fr.,  et  435  fr.
18-23.  Offrande  du  prince  d'Issachar.
24-29.  Offrande  du  prince  de  Zabulon.
30-35.  Offrande  du  prince  de  Rubcn.
452
NuM.  VII,  31-49.
31.  obtulit  acetabulum  argenteum appendens  centum  triginta  siclos,  pliia- lam  argenteam  habentem  septuaginta siclos,  ad  pondus  sanctuarii,  utrumque plénum  simila  couspersa  oleo  in  sacri- ficium  ;
32.  mortariolum  aureum  appendens decem  siclos ,  plénum  incenso  ;
33.  bovem  de  armento ,  et  arietem ,  et agnum  anniculum  in  holocaustum  ;
34.  hircumque  pro  peccato  ;
35.  et  in  hostias  pacilicorum  boves duos,  arietes  quinque,  hircos  quinque, agnos  anniculos  quinque.  Hsec  fuit  obla- tio  Elisur,  filii  Sedeur.
36.  Die  quinto  princeps  filiorum  Si- meon.,  Salamiel,  fîlius  Surisaddai,
37.  obtulit  acetabulum  argenteum  ap- pendens centum  triginta  siclos,  phia- lam  argenteam  habentem  septuaginta siclos,  ad  pondus  sanctuarii,  utrumque plénum  simila  conspersa  oleo  in  sacri- ficium  ;
38.  mortariolum  aureum  appendens decem  siclos ,  plénum  incenso  ;
39.  bovem  de  armento,  et  arietem,  et agnum  anniculum  in  holocaustum  ;
40.  hircumque  pro  peccato  ;
41.  et  in  hostias  pacificorum  boves duos,  arietes  quinque,  hircos  quinque, agnos  anniculos  quinque.  Hœc  fuit  obla- tio  Salamiel ,  iilii  Surisaddai.
42.  Die  sexto  princeps  filiorum  Gad, Eliasaph,  filius  Duel,
43.  obtulit  acetabulum  argenteum  ap- pendens centum  triginta  siclos,  phia- lam  argenteam  habentem  septuaginta siclos,  ad  pondus  sanctuarii,  utrumque plénum  simila  conspersa  oleo  in  sacri- ficium  ;
44.  mortariolum  aureum  appendens decem  siclos ,  plénum  incenso  ;
45.  bovem  de  armento,  et  arietem,  et agnum  anniculum  in  holocaustum  ;
46.  hircumque  pro  peccato  ;
47.  et  in  hostias  pacificorum  boves duos,  arietes  quinque,  hircos  quinque, agnos  anniculos  quinque.  Haec  fuit  obla- tio  EHasaph,  filii  Duel.
48.  Die  septimo  princeps  filiorum Ephraim,  Elisama,  filius  Ammiud,
49.  obtulit  acetabulum  argenteum  ap- pendens centum  triginta  siclos,  phialam argenteam  habentem  septuaginta  siclos.
31.  offrit  un  plat  d'argent  qui  pesait cent  trente  sicles,  et  un  vase  d'argent  de soixante-dix  sicles  au  poids  du  sanctuaire, tous  deux  pleins  de  farine  mêlée  d'huile pour  le  sacrifice  ;
32.  un  petit  vase  d'or  du  poids  de  dix sicles,  plein  d'encens;
33.  un  bœuf  du  troupeau,  un  bélier, et  un  agneau  d'un  an  pour  l'holocauste,
34.  un  bouc  pour  le  péché,
35.  et,  pour  le  sacrifice  des  pacifiques, deux  bœufs,  cinq  béliers,  cinq  boucs,  et cinq  agneaux  d'un  an.  Ce  fut  là  l'offrande d'Elisur,  fils  de  Sédéûr.
36.  Le  cinquième  jour,  Salamiel,  fils de  Surisaddai',  prince  des  enfants  de Si  m  é  on ,
37.  offrit  im  plat  d'argent  qui  pesait cent  trente  sicles,  et  un  vase  d'argent  de soixante-dix  sicles  au  poids  du  sanctuaire, tous  deux  pleins  de  farine  mêlée  d'huile pour  le  sacrifice  ;
38.  un  petit  vase  d'or  du  poids  de  dix sicles,  plein  d'encens;
39.  un  bœuf  du  troupeau,  un  bélier, et  un  agneau  d'un  an  pour  l'holocauste,
40.  un  bouc  pour  le  péché ,
41.  et,  pour  les  hosties  des  pacifiques, deux  bœufs,  cinq  béliers,  cinq  boucs,  et cinq  agneaux  d'un  an.  Ce  fut  là  l'offrande de  Salamiel,  fils  de  Surisaddai'.
42.,  Le  sixième  jour,  Eliasaph,  fils  de Duel,  prince  des  enfants  de  Gad,
43.  offi-it  un  plat  d'argent  qui  pesait cent  trente  sicles,  et  un  vase  d'argent  de soixante-dix  sicles  au  poids  du  sanctuaire, tous  deux  pleins  de  farine  mêlée  d'huile pour  le  sacrifice  ;
44.  un  petit  vase  d'or  du  poids  de  dix sicles,  plein  d'encens;
45.  un  bœuf  du  troupeau,  un  bélier, un  agneau  d'un  an  pour  l'holocauste,
46.  un  bouc  pour  le  péché,
47.  et,  pour  les  hosties  des  pacifiques, deux  bœufs,  cinq  béliers,  cinq  boucs,  et cinq  agneaux  d'un  an.  Ce  fut  là  l'offrande d'Eliasaph,  fils  de  DueL
48.  Le  septième  jour,  Elisama,  fils d'Ammiud,  prince  des  enfants  d'Ephra'im,
49.  oft'rit  un  plat  d'argent  qui  pesait cent  trente  sicles,  et  un  vase  d'argent  de soixante-dix  sicles  au  poids  du  sanctuaire.
36-41,  Offrande  du  prince  de  Siméon. 42-47.  Offrande  du  prince  de  Gad.
48-53.  Oiïrando  du  prince  d'Éplir^Jm.
NuM.  VII,  50-67.
453
tans  deux  pleins  de  farine  mêlée  d'huile pour  le  sacrifice;
50.  un  petit  vase  d'or  du  poids  de  dix sicles,  plein  d'encens  ;
51.  un  bœuf  du  troupeau,  un  bélier, et  un  agneau  d'un  an  pour  l'holocauste,
52.  un  bouc  pour  le  péché,
53.  et,  pour  les  hosties  des  pacifiques, deux  bœufs,  cinq  béliers,  cinq  boucs,  et cinq  agneaux  d'un  an.  Ce  fut  là  l'oiîrande d'Elisama,  fils  d'Ammiud.
54.  Le  huitième  jour,  Gamaliel,  fils de  Phadassur,  prince  des  enfants  de  Ma- nassé ,
55.  offrit  un  plat  d'argent  qui  pesait cent  trente  sicles,  et  un  vase  d'argent  de soixante-dix  sicles  au  poids  du  sanctuaire, tous  deux  pleins  de  farine  mêlée  d'huile pour  le  sacrifice  ;
5G.  un  petit  vase  d'or  du  poids  de  dix sicles,  plein  d'encens;
57.  un  bœuf  du  troupeau,  un  bélier, un  agneau  d'un  an  pour  l'holocauste,
58.  un  bouc  pour  le  péché,
59.  et,  pour  les  hosties  des  pacifiques, deux  bœufs,  cinq  béliers,  cinq  boucs,  et cinq  agneaux  d'un  an. Ce  fut  là  l'offrande de  Gamaliel,  fils  de  Phadassur.
60.  Le  neuvième  jour,  Abidan ,  fils de  Gédéon,  prince  des  enfants  de  Ben- jamin ,
61.  offrit  un  plat  d'argent  qui  pesait cent  trente  sicles,  et  un  vase  d'argent  de soixante-dix  sicles  au  poids  du  sanctuaire, tous  deux  pleins  de  farine  mêlée  d'huile pour  le  sacrifice  ;
G2.  un  petit  vase  d'or  du  poids  de  dix sicles,  plein  d'encens;
63.  un  bœuf  du  troupeau,  un  bélier, un  agneau  d'un  an  pour  l'holocauste ,
64.  un  bouc  pour  le  péché ,
65.  et,  pour  les  hosties  des  pacifiques, deux  b-..ufs,  cinq  béliers,  cinq  boucs,  et cinq  agneaux  d'un  an.  Ce  fut  là  l'offrande d'Abidan,  fils  de  Gédéon.
66.  Le  dixième  jour,  Ahiézer,  fils  d'Am- misaddaï ,  prince  des  enfants  de  Dan ,
67.  offi'it  un  plat  d'argent  qui  pesait cent  trente  sicles,  et  un  vase  d'argent  de soixante-dix  sicles  au  poids  du  sanctuaire, tous  deux  pleins  de  farine  mêlée  d'huile pour  le  sacrifice  ;
ad  ])ondus  sanctuarii,  utrumque  plénum simila  conspersa  oleo  in  sacrilicium  ;
50.  mortariolum  aureum  appendens decem  siclos ,  plénum  incenso  ;
51.  bovem  de  armento,  et  arietem,  et agnum  anniculum  in  holocaustum  ;
52.  hircumque  pro  peccato  ;
53.  et  in  hostias  pacificorum  boves duos,  arietes  quinque,  hircos  quinque, agnos  anniculos  quinque.  Hœc  fuit  obla- tio  Elisama,filii  Ammiud.
54.  Die  octavo  princeps  filiorum  Ma- nasse,  Gamaliel,  filius  Phadassur,
55.  obtulit  acetabulum  argenteum  ap- pendens centum  triginta  siclos,  phia- lam  argenteam  habentem  septuaginta siclos,  ad  pondus  sanctuarii,  utrumque plénum  simila  conspersa  oleo  in  sacri- ficium  ;
56.  mortariolum  aureum  appendens decem  siclos,  plénum  incenso  ;
57.  bovem  de  armento,  et  arietem,  et agnum  anniculum  in  holocaustum  ;
58.  hircumque  pro  peccato  ;
59.  et  in  hostias  pacificorum  boves duos,  arietes  quinque,  hircos  quinque, agnos  anniculos  quinque.  Hsec  fuit  obla- tio  Gamaliel,  filii  Phadassur,
60.  Die  nono  princeps  filiorum  Ben- jamin, Abidan,  filius  Gedeonis,
61.  obtulit  acetabulum  argenteum  ap- pendens centum  triginta  siclos,  phia- lam  argenteam  habentem  septuaginta siclos,  ad  pondus  sanctuarii,  utrumque plénum  simila  consperea  oleo  in  sacri- ficium  ;
62.  et  mortariolum  aureum  appendens decem  siclos,  plénum  incenso  :
63.  bovem  de  armento,  et  arietem,  et agnum  anniculum  in  holocaustum  ;
64.  hircumque  pro  peccato  ;
65.  et  in  hostias  pacificorum  boves duos,  arietes  quinque,  hircos  quinque, agnos  anniculos  quinque.  Haec  fuit  obla- tio  Abidan ,  filii  Gedeonis,
66.  Die  decimo  princeps  filiorum  Dan, Ahiezer,  filius  Ammisaddai,
67.  obtulit  acetabulum  argenteum  ap- pendens centum  triginta  siclos,  phia- lam  argenteam  habentem  septuaginta siclos,  ad  pondus  sanctuarii,  utrumque plénum  simila  conspersa  oleo  in  sacri- licium ;
54-59.  Offrande  du  prince  de  Manassé. C0-G5.  OfiEraude  du  prince  de  Benjamin,
GG-71.  Offrande  du  prince  de  Dan.
454
NuM.  VII,  68-86.
68.  mortariolura  aureum  appendens decem  siclos,  plénum  incenso  ;
69.  bovem  de  armento,  et  arietem,  et agnum  anniculum  in  holocaustum  ;
70.  hircumqne  pro  peccato  ;
71.  et  in  hostias  pacilicorum  boves duos,  arietes  quinque,  hircos  qiiinque, agnos  anniculos  quinque.  Hœc  fuit  obla- tio  Ahiezer,  filii  Ammisaddai.
72.  Die  undecimo  princeps  filiorum Azer,  Pliegiel,  filius  Ochran,
73.  obtuiit  acetabulum  argenteum  ap- pendens centum  triginta  siclos,  phia- lam  argenteam  liabentem  septuaginta siclos,  ad  pondus  sanctuarii,  utrumque plénum  simila  conspersa  oleo  in  sacri- ficiura  ;
74.  mortariolum  aureum  appendens decem  siclos,  plénum  incenso;
75.  bovem  de  armento ,  et  arietem ,  et agnum  anniculum  in  holocaustum  ;
76.  hircumque  pro  peccato  ;
77.  et  in  hostias  pacificorum  boves duos,  arietes  quinque,  hircos  quinque, agnos  anniculos  quinque.  Haec  fuit  obla- tio  Phegiel,  filii  Ochran.
78.  Die  duodecimo  princeps  filiorum Nephthali,  Ahira,  filius  Enan,
79.  obtuiit  acetabulum  argenteum appendens  centum  triginta  siclos,  phia- lam  argenteam  habentem  septuaginta siclos,  ad  pondus  sanctuarii,  utrumque plénum  simila  oleo  conspersa  in  sacri- ficium  ;
80.  mortariolum  aureum  appendens decem  siclos,  plénum  incenso;
81.  bovem  de  armento,  et  arietem,  et agnum  anniculum  in  holocaustum  ;
82.  hircumque  pro  peccato  ;
83.  et  in  hostias  pacificorum  boves duos,  arietes  quinque,  hircos  quinque, agnos  anniculos  quinque.  Hœc  fuit  obla- tio  Ahira,  filii  Enan.
84.  Haec  in  dedicatione  altaris  oblata sunt  a  principibus  Israël,  in  die  qua consecratum  est  :  acetabula  argentea duodecim,  phialse  argentese  duodecim, mortariola  aurea  duodecim  ;
85.  ita  ut  centum  triginta  siclos  ar- genti  haberet  unum  acetabulum,  et  se- ptuaginta siclos  haberet  una  phiala;  id est,  in  commune  vasorum  omnium  ex argento  sicli  duo  millia  quadringenti, pondère  sanctuarii  ;
86.  mortariola  aurea  duodecim  plena
^  68.  un  petit  vase  d'or  du  poids  de  dix sicles,  plein  d'encens;
69.  un  bœuf  du  troupeau,  un  bélier, un  agneau  d'un  an  pour  l'holocauste,
70.  un  bouc  pour  le  péché ,
71.  et,  pour  les  hosties  des  pacifiques, deux  bœufs,  cinq  béliers,  cinq  boucs,  et cinq  agneaux  d'un  an.  Ce  fut  là  l'oiïrande d'Ahiézer,  fils  d'Ammisaddaï.
72.  Le  onzième  jour,  Phégiel ,  fils d'Ochran,  prince  des  enfants  d'Aser,
73.  offrit  un  plat  d'argent  qui  pesait cent  trente  sicles,  et  un  vase  d'argent  de soixante-dix  sicles  au  poids  du  sanctuaire, tous  deux  pleins  de  farine  mêlée  d'huile pour  le  sanctuaire  ;
74.  un  petit  vase  d'or  du  poids  de  dix sicles,  plein  d'encens;
75.  un  bœuf  du  troupeau,  un  bélier, un  agneau  d'un  an  pour  l'holocauste,
76.  un  bouc  pour  le  péché,
77.  et,  pour  les  hosties  des  pacifiques, deux  bœufs,  cinq  béliers,  cinq  boucs,  et cinq  agneaux  d'un  an.  Ce  fut  là  l'ofErande de  Phégiel,  fils  d'Ochran.
78.  Le  douzième  jour,  Ahira,  fils  d'É- nan,  prince  des  enfants  de  Nephthali,
79.  offrit  un  plat  d'argent  qui  pesait cent  trente  sicles,  et  un  vase  d'argent  de soixante-dix  sicles  au  poids  du  sanctuaire, tous  deux  pleins  de  farine  mêlée  d'huile pour  le  sacrifice  ;
80.  un  petit  vase  d'or  du  poids  de  dix sicles,  plein  d'encens;
81.  un  bœuf  du  troupeau,  un  bélier, un  agneau  d'un  an  pour  l'holocauste,
82.  un  bouc  pour  le  péché,
83.  et,  pour  les  hosties  des  pacifiques, deux  bœufs,  cinq  béliers,  cinq  boucs,  et cinq  agneaux  d'un  an.  Ce  fut  là  l'offrande d' Ahira,  fils  d'Enan.
84.  Voilà  donc  tout  ce  qui  fut  offert par  les  princes  d'Israël  à  la  dédicace  de l'autel,  au  jour  qu'il  fut  consacré:  douze plats  d'argent,  douze  vases  d'argent,  et douze  petits  vases  d'or;
85.  chaque  plat  d'argent  pesant  cent trente  sicles,  et  chaque  vase  soixante- dix,  en  sorte  que  tous  les  vases  d'argent pesaient  ensemble  deux  mille  quatre  cents sicles  au  poids  du  sanctuaire  ;
86.  douze  petits  vases  d'or  pleins  d'en-
72-77.  Offrande  du  prince  d'Ascr.
78-83.  Offrande  du  prince  de  Nephthali.
84- £8.  Récapitulation  qui  fait  mieux  ressortir
la  richesse  de  tous  ces  dons,  et  par  suite  la  gé- nérosité du  peuple  pour  son  Dieu.  —  Sicli  duo millia  quadringenti.  C.-h- û. ,  d'après  les  évalua-
NuM.  vu,  87  —  VIII,  4.
455
cens,  dont  chacun  pesait  dix  sicles  au poids  du  sanctuaire,  et  qui  faisaient  tous ensemble  cent  vingt  sicles  d'or  ;
87.  douze  bœufs  du  troupeau  pour  l'ho- locauste, douze  béliers,  douze  agneaux d'un  an,  avec  leurs  oblations  de  liqueurs, et  douze  boucs  pour  le  péché  ;
88.  et,  pour  les  hosties  des  pacifiques, vingt  -  quatre  bœufs,  soixante  béliers, soixante  boucs,  soixante  agneaux  d'un an.  Ce  sont  là  les  offrandes  qui  furent faites  à  la  dédicace  de  l'autel,  lorsqu'il fut  oint  et  sacré.
89.  Et  quand  Moïse  entrait  dans  le tabernacle  de  l'alliance  pour  consulter l'oracle,  il  entendait  la  voix  de  Dieu,  qui lui  parlait  du  propitiatoire  placé  au- dessus  de  l'arche  du  témoignage,  entre les  deux  chérubins,  d'où  il  parlait  à Moïse.
incenso,  denos  siclos  appendentia  pon- dère sanctuarii,  id  est,  simul  auri  sicli centum  viginti  ;
87.  boves  de  armento  in  holocaustum duodccim,  arietes  duodccim,  agni  anni- culi  du()decim,  et  libamenta  eorum; hirci  duodecim  pro  peccato  ;
88.  in  hostias  pacificorum,  boves  vi- ginti quatuor,  arietes  sexaginta,  hirci sexaginta,  agni  anniciili  sexaginta.  Hyec oblata  sunt  in  dedicatione  altaris,  quando unctum  est.
89.  Camque  ingrederetur  Moyses  ta- bernaculum  fœderis,  ut  consuleret  ora- culum,  audiebat  vocem  loquentis  ad  se de  propitiatorio  quod  erat  super  arcam testimonii  inter  duos  cherubira,  unde  et loqucbatur  ei.
CHAPITRE  VIII
1.  Le  Seigneur  parla  à  Moïse,  et  lui dit  :
2.  Parlez  à  Aaron,  et  dites-lui  :  Lors- que A'ous  aurez  placé  les  sept  lampes, que  le  chandelier  soit  dressé  du  côté  du midi.  Ordonnez  donc  que  les  lampes  du côté  opposé  regardent  le  septentrion , vers  la  table  des  pains  de  pi'oposition  ; car  elles  doivent  toujours  jeter  leur  lu- mière vers  cette  partie  qui  est  vis-à-vis du  chandelier.
3.  Aaron  exécuta  ce  qui  lui  avait  été dit,  et  il  mit  les  lampes  sur  le  chande- lier, selon  que  le  Seigneur  l'avait  ordonné à  Moïse.
4.  Or  voici  de  quelle  manière  ce  chan- delier était  fait  :  il  était  tout  d'or  battu au  marteau,  tant  la  tige  du  milieu,  que les  branches  qui  en  naissaient  des  deux côtés  ;  et  Moïse  l'avait  fait  selon  le  mo- dèle que  le  Seigneur  lui  avait  fait  voir.
1.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moy- sen,  dicens  :
2.  Loquere  Aaron ,  et  dices  ad  eum  : Cum  posueris  septem  lucernas,  cande- labrum  in  australi  parte  erigatur.  Hoc igitur  prsecipe  ut  lucernge  contra  boream e  regione  respiciant  ad  meusani  panum })ropo:sitionis  ;  contra  eam  partem  ,  quam candelabrum  respicit,  lucere  debebunt.
3.  Fecitque  Aaron,  et  imposuit  lucer- nas super  candelabrum,  ut  prœceperat Domiiuis  Moysi.
4.  Hsec  autem  erat  factura  candelabri, ex  auro  ductili,  tam  médius  stipes,  quam cuncta  quse  ex  utroque  calamorum  la- tere  nascebantur;  juxta  exemplum  quod ostendit  Dominus  Moysi,  ita  operatus est  candelabrmn.
tions  données  plus  haut,  près  de  7000  fr.  — Auri sicli  centum  viginti.  Environ  5  200  fr.
89.  L'approbation  divine,  témoignée  gracieu- sement par  des  entretiens  intimes  avec  Moïse,  le médiateur  de  l'alliauce.  Jéhovah  tient  ses  récentes promesses.  Cf.  Ex.  xxv,  20-22.
§  II.  —  Consécration  des  Lévites.  VIII,  1-26.
l»  Un  mot  d'introduction,  touchant  le  candé- labre, vers.  1  -  4.
Chap.  VIII.  —  1-3.  La  place  du  candélabre dans  le  sanctuaire.  Cf.  Ex.  xxv,  31-40;  Lev. XXIV,  1-4,  passages  que  celui-ci  complète.  —
Candelabrum  in  australi  parte  :  pi-ès  de  la  paroi méridionale  du  tabernacle ,  et  parallèlement  à cette  paroi.  La  table  des  pains  de  proposition était  située  de  l'autre  côté,  près  de  la  paroi  sep- tentrionale; de,  là  ces  autres  paroles  :  lucernce contra  boream...  respiciant ,  ad  mensam.  Voyez Y  Ail.  arcliéol.,  pi.  xcvi,  flg,  2,  c,  d.  —  Conclu- sion :  contra  eam  partem...  hœere...;  l'éclat  des lampes  était  projeté  du  côté  du  nord.
4.  Note  rétrospective  sur  la  facture  des  chande- liers à  sept  branches.  Cf.  Ex.  xxv,  31  et  ss.,  et VAtl.  archéol.,  pi.  cm,  flg.  7,  10,  11.
456
NuM.  VIII,  5-13.
5.  Et  locutus  est  Dominus  ad  Moysen, dicens  :
6.  Toile  levitas  de  medio  filiorum Israël,  et  piirificabis  eos
7.  juxta  liimc  ritum  :  Aspergantur aqiia  lustrationis ,  et  radant  omnes  pilos Garnis  suae.  Cumque  laverint  vestimenta sua,  et  mimdati  fuerint,
8.  tollent  bovem  de  armentis,  et libamentum  ejus  similam  oleo  consper- sam;  bovem  autem  alterum  de  armento tu  accipies  pro  peccatô  ;
9.  et  applicabis  levitas  eoram  taber- naculo  fœderis,  convocata  omiii  multi- tudine  filiorum  Israël.
10.  Cumque  levitos  fuerint  coram  Do- mino, ponent  lilii  Israël  manus  suas super  eos ,
11.  et  ofîeret  Aaron  levitas,  munus in  conspectu  Domini  a  filiis  Israël,  ut serviant  in  ministerio  ejus.
12.  Levitœ  quoque  ponent  manus  suas super  capita  boum,  e  quibus  unum  fa- ciès pro  peccato,  et  alterum  in  liolocau- stum  Domini,  ut  depreceris  pro  eis.
13.  Statuesque  levitas  in  conspectu Aaron  et  filiorum  ejus,  et  consecrabis oblatos  Domino.
5.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse, et  lui  dit  :
6.  Prenez  les  Lévites  du  milieu  des enfants  d'Israël,  et  purifiez -les  d'après ce  rite.
7.  Vous  répandrez  sur  eux  de  l'eau d'expiation,  et  ils  raseront  tout  le  poil de  leur  corps.  Et  après  qu'ils  auront lavé  leurs  vêtements ,  et  qu'ils  se  seront purifiés ,
8.  ils  prendront  un  bœuf  du  troupeau, avec  l'offrande  de  farine  mêlée  "Ihuile qui  doit  l'accompagner.  Vous  prendrez aussi  un  autre  bœuf  du  troupeau  pour  le péché,
9.  et  vous  ferez  approcher  les  Lévites devant  le  tabernacle  de  l'alliance,  après que  vous  aurez  fait  assembler  tous  les enfants  d'Israël.
10.  Lorsque  les  Lévites  seront  devant le  Seigneur,  les  enfants  d'Israël  mettront leurs  mains  sur  eux,
11.  et  Aaron  offrira  les  Lévites  comme un  présent  que  les  enfants  d'Israël  font au  Seigneur,  afin  qu'ils  lui  rendent  ser- vice dans  les  fonctions  de  son  minis- tère.
12.  Les  Lévites  mettront  aussi  leurs mains  sur  la  tête  des  deux  bœufs,  dont vous  sacrifierez  l'un  pour  le  péché,  et vous  offrirez  l'autre  au  Seigneur  en  ho- locauste, afin  d'obtenir  par  vos  prières que  Dieu  leur  soit  favorable.
13.'  Vous  présenterez  ensuite  les  Lé- vites devant  Aaron  et  ses  fils,  et  vous les  consacrerez  après  les  avoir  offerts  au Seigneur.
2"  Dieu  détermine  les  rites  de  lîi  consécration des  Lévites,  vers.  5-19.
Cotte  ordination  était  belle  et  majestueuse, mais  beaucoup  moins  que  celle  des  prêtres.  Cf. Lcv.  vni.  «  LevitîB  quippe  faciliori  ritu  sanctifl- cantur  quam  sacerdotes,  »  II  Par.  xxix,  34.
5.  Introduction.  —  Ad  Moysen.  Moïse  avait déjà  présidé,  en  sa  qualité  de  médiateur,  à  la  con- sécration d' Aaron  et  de  ses  fils.
6-7.  Première  partie  de  la  cérémonie  :  les  pu- rifications préliminaires,  qui  exprimaient  la  pu- reté requise  pour  s'approcher  du  sanctuaire  et de  l'autel.  —  1°  Une  aspersion  d'aqua  lustra- tionis, «  d'eau  de  péché  »  (mè  hattaH),  comme parle  l'hébreu,  c.-à-d.  d'une  eau  qui  symbolisait la  rémission  des  péchés.  On  la  puisa  sans  doute dans  le  bassin  d'airain.  Ex.  xxx ,  17-21.  —  2°  Ra- dant... pilos.  Autre  emblème  de  pureté,  et  aussi do  i-enoncement  absolu.  —  3»  Laverint  vesti- menta; non  leur  corps  même,  comme  les  prêtres, Lev.  VIII,  8-9.
8-9.  Deuxième  partie  de  la  cérémonie  :  les Lévites  sont  présentés  au  Seigneur,  en  présence
du  peuple,  ou  du  moins  de  ses  délégués  (convo- cata omni  miiltitudine),  avec  leurs  victimes  d'ho- locauste (bovem  de  armentis...)  et  de  propitiation (bovem...  alterum...).
10-15.  Troisième  partie  de  la  cérémonie  :  la consécration  proprement  dite.  —  Quatre  rites  suc- cessifs. Premier  rite,  vers.  10  :  ponent  filii  Is- raël... C'était  iine  manière  expressive  de  transférer sur  les  Lévites  l'obligation  qu'avait  eue  jusqu'alors le  peuple  d'offrir  ses  premiers -nés  au  Seigneur. Cf.  in,  11-13.  —  Second  rite,  vers.  11  :  offeret Aaron  levitas...  Littéralement,  d'après  î'hébreu  : «  Aaron  agitera  les  Lévites  (comme  victimes d'  )  agitation  en  présence  du  Seigneur.  »  Voyez Ex.  XXIX,  27,  et  le  commentaire.  On  a  supposé que  cette  cérémonie  consista  dans  une  procession des  Lévites  autour  de  l'autel  ou  du  tabernacle.  — Ti'oisième  rite,  vers.  12,  les  sacrifices  :  Levitce  quoque ponent...,  comme  le  pratiquaient  tous  ceux  qui offraient  un  sacrifice  sanglant.  Cf.  Lew  iv,  4,  etc. La  vraie  traduction  de  depreceris  pro  eis  serait  : «  expies  pi'O  eis.  »  Voyez  la  note  de  Lev.  iv,  20. —  Quatrième  rite,  vers.  13-14  :  statues  if.  cou-
NUM.  VIII,  14-24.
457
14.  vous  les  séparerez  du  milieu  des enfants  d'Israël ,  afin  qu'ils  soient  à moi  ;
15.  et  après  cela  ils  entreront  dans le  tabernacle  de  l'alliance  pour  me  ser- vir. Voilà  la  manière  dont  vous  les  pu- rifierez, et  dont  vous  les  consacrerez  en les  offrant  au  Seigneur  ;  parce  qu'ils m'ont  été  donnés  par  les  enfants  d'Israël.
16.  Je  les  ai  reçus  à  la  place  de  tous les  premiers -nés  d'Israël,  qui  sortent  les premiers  du  sein  de  la  mère  ;
17.  car  tous  les  premiers -nés  des  en- fants d'Israël ,  tant  des  hommes  que  des bêtes ,  sont  à  moi.  Je  me  les  suis  consa- crés le  jour  où  je  frappai  en  Egj^pte  tous les  premiers-nés  ;
18.  et  j'ai  pris  les  Lévites  pour  tous les  premiers-nés  des  enfants  d'Israël,
19.  et  j'en  ai  fait  don  à  Aaron  et  à ses  fils,  après  les  avoir  tirés  du  milieu du  peuple,  afin  qu'ils  me  servent  dans le  tabernacle  de  l'alliance  à  la  place  des enfants  d'Israël,  et  qu'ils  prient  pour  eux, de  peur  que  le  peuple  ne  soit  frappé  de quelque  plaie,  s'il  osait  s'approcher  du sanctuaire.
20.  Moïse  et  Aaron  et  toute  l'assem- blée des  enfants  d'Israël  firent  donc  à l'égard  des  Lévites  ce  que  le  Seigneur avait  ordonné  à  Moïse.
21.  Ils  furent  purifiés,  et  ils  lavèrent leurs  vêtements ,  et  Aaron  les  présenta en  offrande  devant  le  Seigneur,  et  pria pour  eux,
22.  afin  qu'ayant  été  purifiés,  ils  en- trassent dans  le  tabernacle  de  l'alliance, pour  y  faire  leurs  fonctions  en  présence d' Aaron  et  de  ses  fils.  Tout  ce  que  le  Sei- gneur avait  ordonné  à  Moïse  touchant  les Lévites  fut  exécuté.
23.  Le  Seigneur  parla  de  nouveau  à Moïse,  et  lui  dit  :
24.  Voici  la  loi  pour  les  Lévites  :  De-
14.  ac  separabis  de  medio  fiiiorum Israël ,  ut  sint  mei  ;
15.  et  postea  ingredientur  taberna- culum  fœderis,  ut  serviant  mihi.  Sicque purificabis  et  consecrabis  eos  in  obla- tionem  Domini,  quoniam  dono  donati sunt  mihi  a  filiis  Israël.
16.  Pro  primogenitis  quse  aperiunt omnem  vulvam  in  Israël ,  accepi  eos  ;
17.  mea  sunt  enim  omnia  primogenita fiiiorum  Israël,  tam  ex  hominibus  quam ex  jumentis.  Ex  die  quo  percussi  omne primogenitum  in  terra  ^gypti ,  sanctifi- cavi  eos  mihi  ;
18.  et  tuli  levitas  pro  cunctis  primo- genitis fiiiorum  Israël,
19.  tradidique  eos  dono  Aaron  et filiis  ejus  de  medio  populi,  ut  serviant mihi  pro  Israël  in  tabernaculo  fœderis, et  orent  pro  eis,  ne  sit  in  populo  plaga, si  ausi  fuerint  accedere  ad  sanctuarium.
20.  Feceruntque  Moyses  et  Aaron ,  et omnis  multitudo  fiiiorum  Israël,  super levitis  qu£e  praeceperat  Dominus  Moysi  ;
21.  purificatique  sunt,  et  laverunt  ve- stimenta  sua  ;  elevavitque  eos  Aaron  in conspectu  Domini ,  et  oravit  pro  eis ,
22.  ut  purificati  ingrederentur  ad  of- ficia sua  in  tabernaculum  fœderis  coram Aaron  et  filiis  ejus.  Sicut  praeceperat Dominus  Moysi  de  levitis,  ita  factum est.
23.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moy- sen,  dicens  :
24.  Hsec  est  lex  levitarum  :  A  viginti
speciu  Aaron;  pour  montrer  ainsi  que  les  Lé- vites devaient  l'obéissance  au  grand  prêti-e  et  aux prêtres,  dont  ils  étaient  les  aides  inférieurs.  — Postea  ingredientur...  Après  avoir  été  dûment consacrés ,  ils  seront  aptes  à  remplir  les  fonctions de  leur  ordre.
16-19.  Piécapitulation  du  rôle  des  Lévites. — P'O  primogenitis...  Cf.  iii,  5  et  ss.  ;  iv,  4  et  ss. —  Orent  pro  eis  (vers.  19).  Hébr.:  «  afin  qu'ils expient  pour  les  enfants  d'Israël.  »  Haute  fonc- tion des  prêtres  et  des  Lévites,  plus  réelle  encore sous  la  Loi  nouvelle. —  Ne  sit...  plaga,  si  ausi... Dieu  interdit  de  nouveau  les  fonctions  du  minis- ■.ère  sacré  à  tout  Israélite  qui  ue  ferait  point  partie
de  la  tribii  de  Lévi.
3°  Moïse  et  Aaron  exécutent  les  prescriptions divines  relatives  à  la  consécration  des  Lévites, vers.  20-22.
20-22.  Feceruntque...  Simple  abrégé  de  l'alinéa qui  précède.
4°  La  durée  du  ministère  des  Lévites,  vers. 23-26.
23-25.  Les  limites  d'âge.  —  A  viginti  quinque annis.  Cela  surprend  ;  car,  peu  de  temps  aupara- vant, IV,  3,  23,  30,  le  «  terminus  a  quo  »  de l'entrée  des  Lévites  en  fonctions  était  fixé  à  trente ans.  On  résout  cette  diflticnlté  de  deux  manières. 1°  Le  chap,  iv  contenait  un  règlement  temporaire,
458
NuM.  VIII,  25  —  IX,  6.
qiiinque    annis    et    supra,    ingredientur ut  ministrent  in  tabernaculo  f  œderis  ;
25.  cumque  quinquagesimura  annum œtatis  impleverint,  serviie  cessabunt;
26.  eiimtque  ministri  fratrum  suo- rum  in  tabernaculo  f  œderis,  ut  custo- diant  quse  sibi  fuerint  commendata; opéra  autem  ipsa  non  faciant.  Sic  dispo- nei  levitis  in  custodiis  suis.
puis  vingt -cinq  ans  et  au-dessus  ils  en- treront dans  le  tabernacle  de  l'alliance, pour  s'employer  à  leur  ministère  ;
25.  et,  lorsqu'ils  auront  cinquante  ans accomplis ,  ils  ne  serviront  plus  ;
26.  ils  aideront  seulement  leurs  frères dans  le  tabernacle  de  l'alliance,  pour garder  ce  qui  leur  a  été  confié  ;  mais  ils ne  feront  plus  leurs  offices  ordinaires. C'est  ainsi  que  vous  réglerez  les  Lé- vites ,  touchant  les  fonctions  de  leurs charges.
CHAPITRE  IX
1.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moysen in  deserto  Sinai,  anno  secundo  post- quam  egressi  sunt  de  terra  ^gypti^ mense  primo ,  dicens  :
2.  Faciant  filii  Israël  phase  in  tem- pore  suo,
3.  quartadecima  die  mensis  hujus  ad vesperam,  juxta  omnes  ceremonias  et justificationes  ejus.
4.  Prsecepitque  Moyses  filiis  Israël  ut facerent  phase  ;
5.  qui  fecerunt  tempore  suo,  quarta- decima die  mensis  ad  vesperam,  in monte  Sinai.  Juxta  omnia  quse  manda- verat  Dominus  Moysi,  fecerunt  filii Israël.
6.  Ecce  autem  quidam  immundi  super anima  hominis,  qui  non  poterant  facere phase  in  die  illo,  accedentes  ad  Moysen et  Aaron ,
1.  La  seconde  année  après  la  sortie du  peuple  hors  de  l'Egypte,  au  premier mois,  le  Seigneur  parla  à  Moïse  dans  le désert  du  Sinaï,  et  lui  dit  :
2.  Que  les  enfants  d'Israël  fassent  la Pâque  au  temps  prescrit,
3.  c'est-à-dire  le  quatorzième  jour  de ce  mois  sur  le  soir,  selon  toutes  les  céré- monies et  les  ordonnances  qui  leur  ont  été marquées.
4.  Moïse  ordonna  donc  aux  enfants d'Israël  de  faire  la  Pâque  ;
5.  et  ils  la  firent  au  temps  qui  avait été  prescrit,  le  quatorzième  jour  du  mois au  soir,  près  de  la  montagne  du  Sinaï. Les  enfants  d'Israël  firent  toutes  choses selon  que  le  Seigneur  l'avait  ordonné  à Moïse.
6.  Or  il  arriva  que  quelques-uns,  qui étaient  devenus  impurs  pour  s'être  ajjpro- cliés  d'xm  mort,  et  qui  ne  pouvaient  faire la  Pâque  en  ce  jour -là,  vinrent  trouver Moïse  et  Aaron,
ici  Dieu  établit  une  règle  pei-pétuelle.  Plus  clai- i-oment  :  pendant  le  séjour  au  désert,  le  service des  Lévites  était  beaucoup  plus  pénible,  puisqu'ils devaient  démonter,  transporter,  reconstruire  fré- quemment le  tabernacle  ;  une  fois  le  peuple  établi en  Palestine,  leur  ministère  était  notablement simplifié  et  requérait  luie  moindre  dépense  de forces  physiques.  De  là  cette  différence  dages pour  les  deux  périodes.  2«  En  réalité,  le  «  ter- minus a  quo  »  avait  toujours  été  la  trentième année;  seulement,  de  25  à  30  ans  les  Lévites  se seraient  préi)arés  à  l'exercice  complet  de  leurs fonctions.  Plus  tard,  David  avança  encore  cet âge  de  cinq  années  entières.  Cf.  I  Par.  xxui, 2-1-28;  II  Par.  xxxi,  17;  Esdr.  m,  8.
26.  Ministère  des  Lévites  à  partir  de  leur  cin- quantième année.  —  Ministri  fratrum...  Leur retraite  n'était  pas  absolue;  mais  on  les  occupait il  des  emplois  secondaires,  et  moins  pénibles.
§  III.  —  Époque  où  l'on  devra  célébrer  la  Pâque. IX,  1-14.
1°  Célébration  ordinaire  de  la  Pâque.  IX,  1-5.
Chap.  IX.  —  1.  Introduction  historique.  — Anno  secundo...,  mense 'primo.  Il  résulte  de  cette date  que  l'épisode  actuel  fut  antérieur  au  dénom- brement général  des  Hébreux,  qui  avait  été  pres- crit les  premiers  jours  du  second  mois.  Cf.  i,  1.
2-3.  Dieu  renouvelle  ses  anciennes  prescrip- tions relatives  soit  au  temps  où  il  faudrait  célé- brer la  Pâque  (cf.  Ex.  xii,  2-3  *,  Lcv.  xxiii,  5),  soit aux  cérémonies  ix  accomplir  durant  la  solennité i juxta...  ceremonias...).
4-5.  IjCs  Hébreux  célèbrent  la  seconde  Pâque au  pied  du  Sinaï.
2«  La  célébration  extraordinaire  de  la  Pâque. IX,  6-14.
6-8.  Occasion  de  ce  nouveau  règlement.  —
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22
NuM.  IX,  7-16.
459
7.  et  leur  dirent  :  Nous  sommes  de- venus impurs ,  parce  que  nous  nous sommes  apin-ochés  d'un  mort;  pourquoi serons -nous  ]n'ivés  pour  cela  d'offrir  en son  temps  l'oblation  au  Seigneur,  comme tout  le  reste  des  enfants  d'Israël?
8.  Moïse  leur  répondit  :  Attendez  que je  consulte  le  Seigneur,  pour  savoir  ce qu'il  ordonnera  de  vous.
9.  Le  Seigneur  parla  ensuite  à  Moïse, et  lui  dit  :
10.  Dites  aux  enfants  d'Israël  :  Si  un homme  de  votre  peuple  est  devenu  impur pour  s'être  approché  d'un  mort,  ou  s'il est  en  voyage  au  loin ,  qu'il  fasse  la  Pâque du  Seigneur
11.  au  second  mois,  le  quatorzième jour  du  mois ,  sur  le  soir  ;  il  mangera  la Paque  avec  des  pains  sans  levain  et  des laitues  sauvages.
12.  Il  n'en  laissera  rien  jusqu'au  ma- tin, et  il  n'en  rompra  point  les  os,  et  il observera  toutes  les  cérémonies  de  la Pâque.
13.  Mais  si  quelqu'un  étant  pur,  et n'étant  pas  •  en  voyage ,  ne  fait  point néanmoins  la  Pâque,  il  sera  exterminé du  milieu  de  son  peuple ,  parce  qu'il  n'a pas  offert  en  son  temps  le  sacrifice  au Seigneur  ;  il  portera  lui-même  la  peine  de son  péché.
14.  S'il  se  trouve  parmi  vous  des étrangers  et  des  gens  venus  d'ailleurs, ils  feront  aussi  la  Pâque  en  l'honneur  du Seigneur,  selon  toutes  ses  cérémonies  et ses  ordonnances.  Le  môme  précepte  sera gardé  parmi  vous,  tant  par  ceux  du  de- hors que  par  ceux  du  paj^s.
15.  Le  jour  donc  que  le  tabernacle  fut dressé ,  il  fut  couvert  d'une  nuée.  Mais , depuis  le  soir  jusqu'au  matin,  on  vit  pa- raître comme  un  feu  sur  la  tente.
16.  Et  ceci   continua  toujours.   Une
7.  dixerunt  eis  :  Immundi  sumus  su- per anima  hominis  ;  quare  fraudamur ut  non  valeamus  oblationem  offerie  Do- mino in  tempore  suo,  inter  filios  Israël?
8.  Quibus  respondit  Moyses  :  State  ut consulam  quid  prœcipiat  Dominus  de vobis.
9.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moy- sen,  dicens  :
10.  Loquere  filiis  Israël  :  Homo  qui fuerit  immundus  super  anima,  sive  in via  procul  in  gente  vestra ,  faciat  phase Domino
11.  in  mensG  secundo,  quartadeciraa die  mensis  ad  vesperam  ;  cum  azymis  et lactucis  agrestibus  comedent  illud  ;
12.  non  relinquent  ex  eo  quidpiam usque  mane,  et  os  ejus  non  confrin- gent,  omnem  ritum  phase  observabunt,
13.  Si  quis  autem  et  mundus  est,  et in  itinere  non  fuit,  et  tamen  non  fecit phase,  exterminabitur  anima  illa  de  po- pulis  suis,  quia  sacrificium  Domino  non obtulit  tempore  suo;  peccatum  suum ipse  portabit.
14.  Peregrinus  quoque  et  advena  si fuerint  apud  vos,  facient  phase  Domino juxta  ceremonias  et  justificationes  ejus. Praeceptum  idem  erit  apud  vos,  tam  ad- vense  quam  indigence.
15.  Igitur  die  qua  erectum  est  taber- naculum ,  operuit  illud  nubes.  A  vespere autem  super  tentorium  erat  quasi  species ignis  usque  mane.
16.  Sic  fiebat  jugiter  :  per  diem  ope-
Immuncli  super  anima...  C.-à-d.  quelques  Israé- lites devenus  légalement  impurs  pour  avoir  tou- ché un  cadavre  humain.  D'après  Lev.  vu,  21, cette  souillure  excluait  de  la  participation  aux viandes  des  sacrifices,  par  conséquent,  de  la nianducation  de  l'agneau  pascal.  —  Quare  frau- damur...? Paroles  empreintes  de  foi  et  do  tris- tesse.
9-12.  Dans  sa  réponse  à  la  consultation  de Moïse,  Dieu  permet  aimablement  de  reculer  la Pâque  d'un  mois  entier,  non  seulement  pour  le cas  proposé,  mais  aussi  pour  celui  d'un  voyage lointain  (in  via  procul).  Il  exige  toutefois  l'ac- coniplissemcnt  intégral  des  rites  prescrits.  Les rabbins  appelèrent  plus  tard  cela  «  la  petite PâtiUC  ».
13.  Sanction  terrible  contre  ceux  qui,  sans  raison grave ,  ne  célébreraient  point  la  Pâque  au  temps voulu.
14.  Les  étrangers  et  la  solennité  pascale.  — Voyez,  Ex.  xii,  48-49,  des  détails  plus  complets sur  ce  point,
Sectiox  IV.  —  Signaux  pour  détermixku  les
DÉPAHÏS   ET  LES  ArjlÊTS   DE  l'aHJIÉE  THÉOCRA- TIQCE.  IX,   15  —  X,   10.
1'  Le  premier  signal,  donné  par  Dieu  même. IX,  15-23.
15-16.  Souvenirs  rétrospectifs  et  de  transition, touchant  la  colonne  de  nuée  et  de  feu.  —  Die qua  erectum...,  operuit.  Cf.  Ex.  xl,  34.  Mais  cette manifestation  de  la  présence  de  Jéhovah  au  mi-
460
NuM.  IX,  17  —  X,  2.
ri  ébat  illud  nubes,  et  per  noctem  quasi species  ignis.
17.  Cumqne  ablata  fuisset  nubes,  quae tabeniaculum  protegebat,  tune  profici- scebantur  lilii  Israël,  et  in  loeo  ubi  ste- tisset  nubes ,  ibi  castrametabantur.
18.  Ad  imperium  Domini  poficisce- bantur,  et  ad  imperium  iliirs  figebant tabeniaculum.  Cunctis  diebus  quibus  sta- bat  nubes  super  tabernaculum,  mane- bant  in  eodem  loco  ;
19.  et  si  evenisset  ut  multo  tempore maneret  super  illud ,  erant  filii  Israël  in excubiis  Domini,  et  non  proficiscebantur
20.  quot  diebus  fuisset  nubes  super tabernaculum.  Ad  imperium  Domini  eri- gebant  tentoria,  et  ad  imperium  illius deponebant.
21.  Si  fuisset  nubes  a  vespere  usque mane,  et  statim  diluculo  tabernaculum reliquisset,  proficiscebantur;  et  si  post diem  et  noctem  recessisset,  dissipabant tentoria.
22.  Si  vero  biduo,  aut  une  mense, vel  longiori  tempore,  fuisset  super  ta- bernaculum, manebant  filii  Israël  in eodem  loco,  et  non  proficiscebantur; statim  autem  ut  recessisset,  movebant castra.
23.  Per  verbum  Domini  figebant  ten- toria, et  per  verbum  illius  proficisce- bantur; erantque  in  excubiis  Domini, juxta  imperium  ejus  per  manum  Moysi.
nuée  couvrait  le  tabernacle  pendant  le jour,  et  pendant  la  nuit  c'était  comme une  espèce  de  feu  qui  le  couvrait.
17.  Lorsque  la  nuée  qui  recouvrait  le tabernacle  se  retirait  de  dessus  et  s'avan- çait, les  enfants  d'Israël  partaient;  et lorsque  la  nuée  s'arrêtait,  ils  campaient en  ce  même  lieu.
18.  Ils  partaient  au  commandement du  Seigneur,  et  à  son  commandement  ils dressaient  le  tabernacle.  Pendant  tous les  jours  que  la  nuée  s'arrêtait  sur  le tabernacle ,  ils  demeuraient  au  même lieu  ;
19.  et  si  elle  s'y  arrêtait  longtemps, les  enfants  d'Israël  veillaient  dans  l'at- tente du  Seigneur,  et  ils  ne  partaient point
20.  pendant  tous  les  jours  que  la  nuée demeurait  sur  le  tabernacle.  Ils  dressaient leurs  tentes  au  commandement  du  Sei- gneur, et  à  son  commandement  ils  les détendaient.
21.  Si  la  nuée,  étant  demeurée  sur  le tabernacle  depuis  le  soir  jusqu'au  matin, le  quittait  au  point  du  jour,  ils  partaient aussitôt;  et  si  elle  se  retirait  après  un jour  et  une  nuit,  ils  détendaient  aussitôt leurs  tentes.
22.  Si  elle  demeurait  sur  le  tabernacle pendant  deux  jours  ou  un  mois,  ou  en- core plus  longtemps,  les  enfants  d'Is- raël demeuraient  aussi  au  même  lieu, et  n'en  partaient  point;  mais  aussitôt que  la  nuée  se  retirait,  ils  décampaient.
23.  Ils  dressaient  leurs  tentes  au  com- mandement du  Seigneur,  ils  partaient  à son  commandement,  et  ils  demeuraient dans  l'attente  et  dans  le  service  du  Sei- gneur, selon  l'ordre  qu'il  leur  en  avait donné  par  Moïse,
CHAPITRE  X
1.  Locutusqueest  DominusadMoysen,   '       1.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse,
dicens  :
2.  Fac  tibi  duas  tubas  argenteas  du-
et  lui  dit  :
2,  Faites -vous  deux  trompettes  d'ar-
lieu  de  son  peuple  remontait  jusqu'au  moment de  la  sortie  d'Egypte  (Ex.  xin,  21-22).  —  Per diem...  nubes,  per  noctem...  ignis  :  de  façon  à illuminer  les  ténèbres  de  la  nuit,  et  à  procurer durant  le  jour  une  ombre  rafraîchissante.  Cf. IX,  12;  Ps.  Lxxvii,  14;  Is.  iv,  6.
17-23.  Manière  dont  cette  double  colonne  réglait, par  ses  mouvements ,  les  marches  et  les  stations des  Hébreux  dans  le  désert.  Remarquez  les  répéti- tions emphatiques  de  ce  passage. —  Ad  imperium
Domini...  (vers.  18).  Il  était  naturel  que  le  Dieu- roi  commandât  lui-même  les  haltes  et  les  départs de  son  peuple.  Les  Hébreux  n'essayèrent  qu'une fois,  pour  leur  malheur  (xiv,  40  et  ss.),  de  se soustraire  à  cette  puissante  et  paternelle  direction du  Seigneur.
2°  Le  second  signal,  donné  par  les  trompettes sacrées.  X,  1-10.
Chap,  X.  —  1-2.  Dieu  ordonne  de  fabriquer les  instruments  destinés  à  cet  usage.  —  Ijaas
NuM.  X,  3-10.
4G1
gent,  battues  au  marteau,  afm  que  vous puissiez  vous  en  servir  pour  assembler tout  le  peuple  lorsqu'il  faudra  lever  le camp.
3.  Et  quand  vous  aurez  sonné  de  ces trompettes,  tout  le  peuple  s'assemblera près  de  vous ,  à  l'entrée  du  tabernacle  de l'alliance.
4.  Si  vous  ne  sonnez  qu'une  fois,  les princes  et  les  chefs  du  peui)le  d'Israël viendront  auprès  de  vous.
5.  Mais  si  vous  sonnez  plus  longtemps de  la  trompette,  et  d'un  son  plus  serré et  entrecoupé,  ceux  qui  sont  du  coté  de l'orient  decamj)eront  les  premiers.
6.  Au  second  son  de  la  trompette,  avec un  bruit  semblable  au  premier,  ceux  qui sont  vers  le  midi  détendront  leurs  tentes  ; et  les  autres  feront  de  même  au  bruit des  trompettes  qui  sonneront  la  levée  du camp.
7.  Mais  lorsqu'il  faudra  seulement  as- sembler le  peuple,  les  trompettes  son- neront d'un  son  plus  uni,  et  non  de  ce  son entrecoupé  et  serré.
8.  Les  prêtres  enfants  d'Aaron  sonne- ront des  trompettes  ;  et  cette  ordonnance sera  toujours  gardée  dans  toute  votre postérité.
9.  Si  vous  sortez  de  votre  pays  pour aller  à  la  guerre  contre  vos  ennemis  qui vous  combattent,  vous  ferez  un  bruit éclatant  avec  ces  trompettes,  et  le  Sei- gneur votre  Dieu  se  souviendra  de  vous, pour  vous  délivrer  des  mains  de  vos  en- nemis.
10.  Lorsque  vous  ferez  un  festin,  que vous  célébrerez  les  jours  de  fêtes  et  les premiers  jours  des  mois,  vous  sonnerez des  trompettes  en  offrant  vos  holocaustes et  vos  hosties  paciliques,  afin  que  votre Dieu  se  ressouvienne  de  vous.  Je  suis  le Seigneur  votre  Dieu.
ctiles,  quibus  convocare  possis  multitu- dinem  quando  movenda  sunt  castra.
3.  Cumque  increpueris  tubis,  congre- gabitur  ad  te  omnis  turba  ad  ostium  ta-     W bernaculi  f  œderis.
4.  Si  semel  clangueris,  venient  ad  te principes  et  capita  multitudinis  Israël.
5.  Si  autem  prolixior  atque  concisus clangor  increpuerit,  movebunt  castra primi  qui  sunt  ad  orientalem  plagam.
6.  In  secundo  autem  sonitu,  et  pari ululatu  tubaî,  levabunt  tentoria  qui  ha- bitant ad  meridiem  ;  et  juxta  hune  rao- dum  reliqui  facient,  ululantibus  tubis in  profectionem.
7.  Quando  autem  congregandus  est populus,  simplex  tubarum  clangor  erit, et  non  concise  ululabunt.
8.  Filii  autem  Aaron,  sacerdotes,  cl;  n- gent  tubis;  eritque  hoc  legitiraum  sem- piternum  in  génération ibus  vestris.
9.  Si  exieritis  ad  bellum  c'e  terra  ve- stra  contra  hostes  qui  diraicant  adver- sum  vos,  clangetis  ululantibus  tubis,  et erit  recordatio  vestri  coram  Domino  Deo vestro,  ut  eruamini  de  manibus  inimi- corum  vestrorum.
10.  Si  quando  habebitis  epulum,  et dies  festos  et  calendas,  canetis  tubis  su- per holocaustis,  et  pacificis  victimis,  ut sint  vobis  in  recordationem  Dei  vestri. Ego  Dominus  Deus  vester.
tubas.  Le  mot  hasosrot  désigne  des  trompettes droites ,  semblables  à  celles  des  monuments  égyp- tiens et  de  l'ai-c  de  triomphe  de  Titus  {Atlas archéol.,  pi.  lxxxvi,  flg.  2;  pi,  civ,  flg.  2,  etc.), par  opposition  à  la  trompette  recourbée,  qu'on nommait  qérén  ou  sofar  (iUd.,  pi.  civ,  flg.  4). Leur  nombre  s'accrut  notablement  par  la  suite. Cf.  I  Par.  XV,  24  ;  II  Par.  v,  12.  —  Ductiles,  en métal  battu  au  marteau.
3-10.  Les  différentes  sonneries  et  leur  signifl- eation.  —  1°  Pour  convoquer  le  peuple  entier (omvis  turba)  devant  le  tabernacle,  on  sonnait en  même  temps  des  deux  trompettes  (increpueris tubis).  —  2°  Pour  réunir  sevilement  Iss  chefs  de la  nation ,  on  ne  sonnait  que  d'une  seule  (hébr.  : h"ahat;  Vulg.  :  semel).  —  3o  Pour  annoncer  la
levée  du  camp  et  le  départ  (vers.  5  -  6),  des  son- neries d'un  genre  spécial  {.'Ynlg.'. proUxior  atque concisus  clangor;  hébr.  :  tâqa'  fru'ah,  sonner l'alarme),  réitérées  à  quatre  intervalles,  pour chacun  des  corps  du  peuple  (ch.  ii).  Qui...  ad orientalem  plagam:  c.-à-d.  les  tribus  de  Juda, d'Issachar  et  de  Zabulon  ;  qui...  ad  meridiem  : Ruben,  Siméon  et  Gad.  Voyez  le  tableau  de  la page  436.  —  Le  vers.  7  revient  en  arrière,  pour dire  que  le  peuple  sera  convoqué  (  vers.  3  )  par une  simple  sonnerie,  et  non  par  la  t'ru'ah  (non concise).  Le  8«  ordonne  que  ces  signaux,  repré- sentant la  voix  divine ,  seront  exclusivement donnés  par  les  prêtres.  Cf.  xxxi,  6  ;  I  Par.  xv,  24. —  40  Pour  proclamer  la  guerre,  de  nouveau  la t'ru'ah  (vers.  9  ;  Vulg.  :  ululantibus  tubis) ,  qui
462
NuM.  X,  11-19.
11.  Anno  secundo,  mense  secundo, vigesima  die  mensis,  elevata  est  nubes de  tabernaculo  ilœderis  ;
12.  profectique  siint  fllii  Israël  per turmas  suas  de  deserto  Sinai,  et  recubuit nubes  in  solitudine  Pharan.
13.  ]\[overuntque  castra  primi  juxta imperium  Domini  in  manu  Moysi,
14.  filii  Juda  per  turmas  suas,  quo- rum princeps  erat  Naliasson,  lilius  Ami- nadab.
15.  In  tribu  filiorum  Issachar  fuit princeps  Nathanael,  filius  Suar.
16.  In  tribu  Zabulon  erat  princeps Eliab,  filius  Helon.
17.  Depositumque  est  tabernaculum , quod  portantes  egressi  sunt  filii  Gerson et  Merari.
18.  Profectique  sunt  et  filii  Euben, per  turmas  et  ordinem  suum  ;  quorum princeps  erat  Helisur,  filius  Sedeur.
19.  In  tribu  autem  filiorum  Simeon
11.  Le  vingtième  jour  du  second  mois de  la  seconde  année,  la  nuée  se  leva  de dessus  le  tabernacle  de  l'alliance,
12.  et  les  enfants  d'Israël  partirent du  désert  du  Sinaï  rangés  selon  leurs divers  groupes,  et  la  nuée  se  reposa  dans le  désert  de  Pharan.
13.  Les  premiers  qui  décampèrent  par l'ordre  du  Seigneur,  qu'ils  reçurent  de Moïse ,
14.  furent  les  enfants  de  Juda,  selon leurs  groupes,  dont  Naliasson,  fils  d'Ami- nadab,  était  le  prince.
15.  Nathanael,  fils  de  Suar,  était  le prince  de  la  tribu  des  enfants  d'Issachar.
16.  Eliab,  fils  d'IIélon,  était  le  prince de  la  tribu  de  Zabulon.
17.  Le  tabernacle  ayant  été  détendu, les  enfants  de  Gerson  et  de  Mérari  le portèrent,  et  se  mirent  en  chemin.
18.  Les  enfants  de  Euben  partirent  en- suite, chacun  d'après  son  groupe  et  selon son  rang  ;  Elisur,  fils  de  Sédéur,  en  était le  prince.
19.  Salami el,  fils  de  Surisaddaï,  était
rappellera  au  divin  «  Imperator  »  le  souvenir  de sa  milice.  —  5°  Les  trompettes  sacrées  (levaient servir  aussi  pour  annoncer  certaines  solennités  : epidum  (hébr.  :  au  jour  de  votre  joie),  festos, calevdas  (les  néoménies,  ou  nouvelles  lunes).  Les deux  premières  expressions  sont  générales.  Comme exemples  des  autres  fêtes,  on  peut  citer  la  dédi- cace du  temple  de  Salomon,  II  Par.  v,  13;  la purification  de  ce  même  sanctuaire  par  Ézécliias, II  Par.  XXIX,  27-28.
DEUXIÈME  PARTIE
Les  marches  et  contremarches  d'Israël  de- puis le  Sinaï  jusqu'aux  steppes  de  Moab. X,  11  — XXI,  35.
Tout  est  prêt  maintenant  pour  le  départ.  Israël a  été  peu  à  peu  organisé  au  pied  du  Sinaï,  dans la  solitude  du  désert,  sous  ce  triple  rapport  : comme  peuple  de  Jéhovah,  en  tant  que  commu- nauté religieuse  de  Jéhovah,  comme  armée  de Jéhovah.  Son  Dieu  le  lance  à  la  conquête  de  la Terre  promise.
Section  I.  —  Du  Sinaï  a  Cadès. X,   11  —  XIV,  45.
§  I.  —  Les  Hébreux  quittent  le  Sinaï.  X,  11-36.
10  Le  départ,  vers.  11-28.
11-12.  Du  Sinaï  au  désert  de  Pharan.  —  La date  du  départ  est  marquée  de  la  façon  la  plus précise  :  anno  secundo  (depuis  la  sortie  d'E- gypte), mense  secundo  (ahib  ou  nisan),  vigesima die.  D'après  Ex.  xix,  1,  les  Hébreux  étaient  ar- rivés axi  pied  du  Sinaï  le  troisième  mois  de  la première  année  ;  ce  qui  fait  mi  séjour  d'environ un  an.  —  Elevata...  nubes.  Dieu  donne  le  signal convenu.  Cf.  ix,  15  et  ss.  —  Fer  turmas  suas.
Hébr.:  Vmas'èhem,  selon  leurs  départs;  allusion aux  départs  successifs  des  divers  corps  d'armée, ainsi  qu'il  va  être  exposé  plus  au  long.  —  Rc cubuit  yiubes  :  le  signal  des  haltes,  ix,  17. —  In solitudine  Pharan  (mieux  :  P''ârân).  Nom  très ancien  (cf.  Gen.  xrv,  6;  xxi,  21)  de  «  ce  grand et  terrible  désert  »  (Deut.  i,  19),  dans  leqi;el les  Hébreux  vont  passer  de  longues  et  pénibles années.  Dans  la  bouche  des  Ai-abes,  il  a  fait  place à  celui  d'Et-Tih,  «  l'égarement.  »  Le  désert  de Pharan  s'étend  au  nord  jusqu'au  Négéb ,  ou  Pa- lestine méridionale;  à  l'est,  jusqu'à  la  vallée  pro- fonde de  l'Arabah;  à  l'ouest,  jusqu'au  désert  de Sur  ou  d'Étham  ;  il  est  borné  au  sud  par  le  massif du  Sinaï,  dont  une  ceinture  de  sable  le  sépare. Voyez  YAtl.  géogr.,  pi.  v.  Il  occupe  près  de  la moitié  de  la  péninsule  sinaïtique.  C'est  un  plateau calcaire,  désolé,  presque  sans  végétation  et  sans habitants,  souvent  coupé  par  des  vallées  sans  eau, n'ayant  que  quelques  chaînes  de  collines  pour  varier sa  monotonie.
13-28.  Les  Hébreux  suivent,  au  départ  et  pour la  route,  les  règles  antérieurement  pi'cscrites  (Juxta imperium  Domini,  vers.  13;  cf.  ii,  1-34).  — 1°  Départ  du  premier  corps  d'armée,  vers.  13-16. —  2°  Les  Gersonitcs  et  les  Mérarites  se  mettent en  marche,  conduisant  ou  portant  les  objets  sacrés qui  avaient  été  confiés  à  leur  garde,  vers.  17.  Ce détail  complète  le  passage  n,  17,  en  marquant d'une  manière  plus  précise  la  place  des  descen- dants de  Gerson  et  de  Mérari.  On  les  fait  partir immédiatement  après  l'avant  -  garde ,  afin  qu'ils eussent  le  temps,  à  la  station,  d'ériger  le  taber- nacle et  le  parvis,  de  sorte  que  le  mobilier  sacré , porté  par  les  Caathites  (vers.  21),  pût  être  aus- sitôt mis  en  place.  —  S»  Départ  du  second  corps
JSTuM.  X,  20-30.
403
le  prince  de  la  tribu  des  enfants  de  Si- méon.
20.  Eliasaph,  fils  de  Duel,  était  le prince  de  la  tribu  de  Gad.
21.  Les  Caathites ,  qui  portaient  le sanctuaire,  partirent  après;  et  on  por- tait toujours  le  tabernacle  jusqu'à  ce qu'on  fût  arrivé  au  lieu  où  il  devait  être dressé.
22.  Les  enfants  d'Ephraïm  décam- pèrent aussi  chacun  selon  son  groupe,  et Elisama,  fils  d'Ammiud,  était  le  prince de  leur  corps.
23.  Gamaliel,  fils  de  Pliadassur,  était le  prince  de  la  tribu  des  enfants  de  Ma- nassé  ;
24.  et  Abidan,  fils  de  Gédéon,  était chef  de  la  tribu  de  Benjamin.
25.  Ceux  qui  partirent  les  derniers  de tout  le  camp  furent  les  enfants  de  Dan , qui  marchaient  chacun  selon  son  groupe; Ahiézer,  fils  d'Ammisaddaï,  était  le  prince de  leur  corps.
26.  Phégiel,  fils  d'Ochran,  était  le prince  de  la  tribu  des  enfants  d'Aser  ;
27.  et  Ahira ,  fils  d'Énan ,  était  le prince  de  la  tribu  des  enfants  de  Neph- thali.
28.  C'est  là  l'ordre  du  camp,  et  la  ma- nière dont  les  enfants  d'Israël  devaient marcher  selon  leurs  divers  groupes  lors- qu'ils décampaient.
29.  Alors  Moïse  dit  à  Ilobab,  fils  de Eaguël  le  Madianite,  son  allié  :  Nous allons  au  lieu  que  le  Seigneur  doit  nous donner  ;  venez  avec  nous ,  afin  que  nous vous  comblions  de  biens  ;  car  le  Seigneur en  a  promis  de  très  grands  à  Israël.
30.  Hobab  lui  répondit  :  Je  n'irai  point avec  vous,  mais  je  retournerai  en  mon pays  où  je  suis  né.
princeps  fuit  Salamiel,  filins  Surisaddai.
20.  PoiTO  in  tribu  Gad  erat  princeps Eliasaph,  filins  Duel.
21.  Profectique  sunt  et  Caathitre  por- tantes sanctuarium  ;  tamdiu  tabernacu- lum  portabatur,  donec  venirent  ad  ere- ctionis  locum.
22.  Moverunt  castra  et  filii  Ephraim per  turmas  suas,  in  quorum  exercitu princeps  erat  Elisama,  filius  Ammiud.
23.  In  tribu  autem  filiorum  Mauasse princeps  fuit  Gamaliel,  filius  Pliadas- sur ;
24.  et  in  tribu  Benjamin  erat  dux Abidan,  filius  Gedeonis.
25.  Novissimi  castrorum  omnium  pro- fecti  sunt  filii  Dan  per  turmas  suas,  in quorum  exercitu  princeps  fuit  Ahiezer, filius  Ammisaddai.
26.  In  tribu  autem  filiorum  Aser  erat princeps  Phegiel,  filius  Ochra.n;
27.  et  in  tribu  filiorum  Nephthali  prin- ceps fuit  Ahira,  filius  Enan.
28.  Haec  sunt  castra,  et  profectiones filiorum  Israël  per  turmas  suas  quando egrediebantur.
29.  Dixitque  Moyses  lîobab,  filio  Ea- guël Madianitse,  cognato  suo  :  Profici- scimur  ad  locum  quem  Dominus  daturus est  nobis;  veni  nobiscum,  ut  benefacia- mus  tibi,  quia  Dominus  bona  promisit Israeli.
30.  Oui  ille  respondit  :  Non  vadam tecum ,  sed  revertar  in  terram  meam ,  in qua  natus  sum.
d'armée,  vers.  18-20.  —  4°  A  sa  suite,  les  Caa- thites se  mettent  en  marche,  avec  Icui'  part  des objets  sacrés,  vers.  21;  ils  occupaient  ainsi  tout à  fait  le  centre  de  l'armée.  —  5°  Départ  du  troi- sième corps,  vers.  22-24.  —  6°  Départ  du  quatrième corps  d'ai'mée,  vers.  25-27.  Au  lieu  de  novissimi castrorum,  l'hébreu  a  l'expression  équivalente  : a  rassemblant  (  ou  :  ramassant  )  tout  le  camp ,  » comme  font  les  arrière-gardes.  Cf.  Jos.  vi,  9,  13, etc.  —  70  Formule  de  conclusion ,  vers.  28.
2'^  Moïse  invite  Hobab  à  s'associer  au  peuple de  Dieu,  vers.  29-33.
29.  L'invitation.  —  Eohab ,  filius  Raguel.  Snr Raguël,  ou  Jéthro,  beau -père  de  Moïse,  voyez Ex.  n,  18,  et  l'explication.  L'écrivain  sacré  n'a pas  dit  à  quelle  occasion  Hobab  était  venu  au camp  israélite.  —  Cognato  correspond  à  l'hébreu i.ôtenj  expression  assez  vague,  qui  désigne  des
relations  de  parenté  créées  par  le  mariage.  Gen. XIX,  14,  elle  signifie  «  gendre  »  ;  il  est  très  probable qu'ici  et  Jud.  rv,  11,  elle  signifie  «  beau-frère  », Hobab  étant  frère  de  Séphora,  la  foumo  de Moïse,  n  est  naturel,  dans  ces  conditions,  que Moïse  ait  voulu  faire  participer  Hobab  aux  avan- tages temporels  que  Jéhovah  avait  promis  aux Israélites.  Emblème,  a-t-on  dit  très  justement, de  l'appel  ultérieur  des  Gentils  au  salut  messia- nique dont  les  Hébreux  étaient  alors  déposi- taires.
30.  Refus  d'Hobab.  —  Non  vadam...,  sed  re- vertar. N'ayant  pas  la  même  confiance  que  Moïse aux  promesses  divines,  il  ne  songe  qu'à  rentrer .à  Madian,  sa  patrie  (cf.  Exod.  11,  25).  Trait  dé- licat :  in  qua  natus  sum.  Il  est  attiré  là  beau- coup plus  que  dans  le  pays  de  Chauaan.
464
NuM.  X,  31-36.
31.  Et  ille  :  Noli,  inquit,  nos  relin- quere  ;  tu  enim  nosti  in  qnibiis  locis  per desertum  castra  ponere  debeamus,  et eris  ductor  noster  ;
32.  Clinique  nobiscum  veneris,  quid- quid  optimum  fuerit  ex  opibus,  quas nobis  traditurus  est  Dominus,  dabimus tibi.
33.  Profecti  sunt  ergo  de  monte  Do- mini  viam  trium  dierum  ;  arcaque  f œde- ris  Domini  prsecedebat  eos,  per  dies  très providens  castrorum  locum.
34.  Nubes  quoque  Domini  super  eos erat  per  diem  cum  incederent.
35.  Cumque  elevaretur  arca,  dicebat Moyses  :  Surge ,  Domine  ;  et  dissipentur inimici  tui,  et  fugiant  qui  oderunt  te  a facie  tua.
36.  Cum  autem  deponeretur  aiebat  : Revertere,  Domine,  ad  multitudinem exercitus  Israël.
31.  Ne  nous  abandonnez  pas,  répondit Moïse,  parce  que  vous  savez  en  quels lieux  nous  devons  camper  dans  le  désert, et  vous  serez  notre  guide.
32.  Et  quand  vous  serez  venu  avec nous ,  nous  vous  donnerons  ce  qu'il  y aura  de  plus  excellent  dans  toutes  les richesses  que  le  Seigneur  doit  nous donner,
33.  Ils  partirent  donc  de  la  montagne du  Seigneur,  et  marchèrent  pendant  trois jours.  L'arche  de  l'alliance  du  Seigneur allait  devant  eux,  marquant  le  lieu  où ils  devaient  camper  pendant  ces  trois jours.
34.  La  nuée  du  Seigneur  les  couvrait aussi  durant  le  jour  lorsqu'ils  marchaient.
35.  Et  lorsqu'on  élevait  l'arche,  Moïse disait  :  Levez -vous,  Seigneur,  et  que vos  ennemis  soient  dissipés ,  et  que  ceux qui  vous  haïssent  fuient  devant  votre face.
36.  Et  lorsqu'on  déposait  l'arche,  il disait  :  Revenez ,  Seigneur,  à  l'armée  de votre  peuple  Israël.
31-32.  Moïse  réitère  sa  demande  en  termes  plus pressants ,  et  en  alléguant  un  nouveau  motif.  — Noli...,  nos  relinqaere.  Cette  fois,  c'est  une  prière plutôt  qu'une  invitation  (vers.  29  :  «  veni  no- biscum »).  —  Tu  enim  nosti...  Les  Hébreux  aussi devaient  trouver  leur  avantage  à  conserver  Hobab au  milieu  d'eux.  La  connaissance  intime  que  sa Tie  nomade  lui  avait  procurée  des  lieux  difficiles qu'ils  avaient  à  traverser  lui  permettrait  de  leur servir  de  guide  (ducior  noster;  hébr.  :  «  nos yeux,  3>  expression  pittoresque;  cf.  Job,  xxix, 15).  Quoique  plein  de  foi  envers  le  Seigneur, Moïse  ne  pouvait  négliger  aucune  précaution utile.  La  colonne  miraculeuse  ne  fournissait  que des  indications  générales;  il  importait  au  bien du  peuple  d'en  avoir  de  plus  spéciales,  sur  les chemins,  les  sources,  les  habitants,  etc.  —  On ne  dit  pas  si  Hobab  céda  h  ces  nouvelles  ins- tances. C'est  probable,  puisque  le  texte,  cette fois,  ne  mentionne  pas  son  refus,  et  aussi  parce que  d'autres  passages,  Jud.  i,  16;  iv,  11;  I  Reg. XV,  6;  III  Reg.  x,  15;  I  Pai-.  ii,  55,  etc.,  nous montrent  un  certain  nombre  de  Kénites,  descen- dants d'Hobab ,  vivant  parmi  les  Israélites  après la  conquête  de  Chanaan.
3«  Les  premiers  jours  de  marche  api'ès  le  dé- part du  Sinaï,  vers.  33-36.
33-34.  Viam  trium  dierum...  Le  trait  du vers.  12 ,  «  recubuit  nubes  in  solitudine  Pharan,  » marquait  la  direction  générale,  et  point  une  pre- mière station.  L'historien  va  désormais  préciser.
Trois  jours  de  marche,  avec  de  simples  haltes pour  la  nuit  (providens  castrorum  locum),  avant leur  premier  séjour  prolongé,  qui  dut  avoir  lieu à  Tabérah,  xi,  3.  —  De  prime  abord,  les  mots arca  prsecedehat  semblent  en  contradiction  avec le  vers.  21,  s'il  est  vrai,  comme  on  l'a  pensé, qu'il  attribue  à  l'arche  une  place  centrale  au milieu  de  l'armée.  Toutefois,  même  d'après  cette interprétation  du  vers.  21,  le  détail  qui  suit, nuhes  quoque  Domini...  (vers.  34),  suffit  pour faire  disparaître  l'antilogie.  Quelle  que  fût  la  place de  l'arche,  ce  mystérieux  nuage  la  débordait, recouvrant  tout  le  peuple  et  le  précédant  en partie.  Cf.  Ex.  xm,  21  ;  Neh.  ix,  12  ;  Ps.  civ,  39. Mais  on  peut  dire ,  plus  simplement ,  qu'au  vers. 21  il  n'est  pas  question  de  l'arche  nommément  ; elle  pouvait  donc  être  portée  en  avant  des  Hé- breux, ainsi  que  paraissent  l'exprimer  d'autres passages  (Deut.  i,  33  et  ss.;  Jos.  m,  3,  etc.).
35-36.  Prières  de  Moïse  lorsqu'on  élevait  l'arche au  moment  du  départ,  et  lorsqu'on  la  déposait pour  les  haltes.  —  Surge...  et  dissipentur...  Israël marchait  à  la  conquête  de  Chanaan,  et  Jéhovah était  son  général  en  chef  :  de  là  cette  invoca- tion. —  Revertere...  ad  multitudinem  (hébr.  : aux  mjTiades  des  mille)...  C.-à-d.  :  Cessez  d'avan- cer, et  demeurez  avec  votre  peuple  pour  le  pro- téger. Deux  prières  d'une  sainte  hardiesse  ;  «  leur caractère  poétique  cori'espond  à  la  sublimité  des pensées.  »
NuM.  XI,  1-G.
465
CHAPITRE  XI
1.  Cependant  il  s'éleva  contre  le  Sei- gneur un  murmure  du  peuple,  se  plai- gnant de  la  fatigue  qu'il  endurait.  Le Seigneur,  l'ayant  entendu,  s'irrita,  et  une flamme  qui  venait  du  Seigneur,  s'étant allumée  contre  eux,  dévora  l'extrémité du  camp.
2.  Alors,  le  peuple  ayant  crié  à  Moïse, Moïse  pria  le  Seigneur,  et  le  feu  s'étei- gnit.
3.  Et  il  appela  ce  lieu  l'Incendie, parce  que  le  feu  du  Seigneur  s'y  était allumé  contre  eux.
4.  Car  une  troupe  de  petit  peuple  qui était  venu  d' Egypte  avec  eux,  éprouva de  vives  convoitises  ;  et  s'étant  assis  et pleurant ,  et  ayant  aussi  attiré  à  eux  les enfants  d'Israël,  ils  commencèrent  à dire  :  Qui  nous  donnera  de  la  chair  à manger  ?
6.  Nous  nous  souvenons  des  poissons que  nous  mangions  pour  rien  en  Egypte  ; les  concombres,  les  melons,  les  poireaux, les  oignons  et  l'ail  nous  reviennent  à l'esprit.
6.  Notre  âme  est  desséchée,  nos  yeux ne  voient  rien  que  la  manne.
1.  Interea  ortum  est  murmur  populi, quasi  dolentium  pro  labore,  contra  Do- minum.  Quod  cum  audisset  Dominus, iratus  est;  et  accensus  in  eos  ignis Domini  devoravit  extremam  castrorum partem.
2.  Cumque  clamasset  populus  ad  Moy- sen,  oravit  Moyses  ad  Dominum,  et absorptus  est  ignis  ;
3.  vocavitque  nomen  loci  illius  In- censio,  eo  quod  incensus  fuisset  contra eos  ignis  Domini.
4.  Vulgus  quippe  promiscuum,  quod ascenderat  cum  eis,  flagravit  desiderio, sedens  et  flens,  junctis  sibi  pariter  tiliis Israël  ;  et  ait  :  Quis  dabit  nobis  ad  ve scendum  carnes  ?
5.  Recordamur  piscium  quos  come- debamus  in  ^gypto  gratis;  in  mentem nobis  veniunt  cucumeres,  et  pepones, porrique  et  cèpe,  et  allia.
6.  Anima  nostra  arida  est,  nihil  aliud respiciunt  oculi  nostri  nisi  man.
§  II.  —  Tristes  incidents  en  différentes  stations. XI,  1  —  XII,  15.
lo  Murmures  et  châtiment  du  peuple  à  Tabérah. XI,  1-3.
Chap.  XI.  —  1-3.  Murmur...  quasi  dolen- tium... Dans  l'hébreu  :  Et  le  peuple  fut  comme des  gens  qui  se  plaignent  d'un  mal  aux  oreilles du  Seigneur.  La  traduction  contra  Dominum rend  bien  le  sens.  Après  le  repos  et  l'abondance relative  des  environs  du  Sinaï,  il  a  fallu  subir, trois  jours  durant,  la  fatigue  et  les  privations de  la  marche,  et  d'insolents  murmures  se  font entendre.  Cf.  I  Cor.  x,  10.  —  Ignis  Domini... extremam  partem.  Le  feu  vengeur  eût  dévoré  le camp  tout  entier,  sans  le  i-epentir  des  coupables et  l'intervention  de  Moïse.  —  Nomen...  Incensio. Hébr.  :  Tah'érah,  avec  la  paronomase  accoutu- mée :  Ki  ba'arah  (eo  quod  incensus).,.  Quelques géographes  confondent  cette  localité  avec  El- Ain, dans  l'ouadi  Ez-Zalakah,  à  trois  jours  de  marche au  nord-est  du  Sinaï.  Voyez  la  note  du  vers.  34, et  y  Atlas  géogr.,  pi.  v.
20  La  manne  produit  la  satiété  et  le  dégoût. XI,  4-9.
4  -  6.  Nouveaux  murnmres ,  à  l'occasion  de  la manne.  —  Vulgus  (quippe;  dans  l'hébreu,  la simple  conjonction  et)  promiscuum.  Tels  furent,
cette  fois,  les  principaxix  auteurs  de  la  plainte. Le  mot  hébreu  qui  les  désigne  Vasafsuf)  est employé  en  ce  seul  endroit  de  la  Bible,  et  il éqL-ivaut  à  notre  expression  triviale  «  l'amassis  ».
—  Quod  ascenderat.  Cf.  Ex.  xir,  38,  et  la  note. La  description  de  leur  indigne  conduite  est  très pittoresque.  Leurs  sentiments  grossiers  :  flagra- vit...; leur  attitude  :  sedens  etflcns;  leurs  paroles  : quis  dabit...?  Le  texte  original  montre  mieux  la part  des  Hébreux  :  «  Et  même  les  enfants  d'Is- raël s'assirent  et  pleurèrent,  et  ils  dii-ent...  »  — Recordamur  piscium...  Dans  cette  liste,  qui  si- gnale les  divers  objets  de  leurs  convoitises  sen- suelles, nous  trouvons  les  mets  réputés  de  tout temps  en  Egypte  comme  les  plus  succulents  et les  plus  abondants.  Cf.  Hérodote,  ii,  125.  Pour  les poissons,  voyez  Ex.  vir,  18,  et  le  commentaii-c.
—  Cucumeres.  «  Pructus  in  ^gypto  omnium  vul- gatissiiv.us ,  totis  plantatus  agris ,  »  dit  Forskal , Flor.  (egypt.,  p.  168.  Indépendamment  du  con- combre commun  (Atlas  d'hist.  nat,  pi.  xxvi, flg,  3 ,  5),  l'Egypte  possède  l'espèce  nommée  cliatc ou  Jcatteh ,  dont  le  goût  est  très  savoureux.  — Pepones.  Les  melons  d'Égj-pte  sont  également célèbres,  surtovit  ses  melons  d'eau  (Atlas  d'hist. nat.,  pi.  xxvn,  flg.  1  et  5).  —  Porri.  a  Lauda- tissimus porrus  in  .Egypte,  »  disait  Pline,  Hist. nat.,  XIX,  33.  Quelques  Interprètes  voient  à  tort
22*
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NuM.  XI,  7-15.
7.  Erat  autem  man  quasi  semeii  co- riandii,  colons  bdellii.
8.  Circuibatque  populus,  et  colligens illiid,  frangebat  mola;  sive  terebat  in mortario,  coquens  in  olla,  et  faciens  ex eo  tortulas  saporis  quasi  panis  oleati.
9.  Cumque  descenderet  nocte  super castra  ros,  descendebat  pariter  et  man.
10.  Audi\dt  ergo  Moyses  flentem  po- pulum  per  familias,  singulos  per  ostia tentorii  sui.  Iratusque  est  furor  Domini valde  ;  sed  et  Moysi  intoleranda  res  visa est,
11.  et  ait  ad  Dominum  :  Cur  afflixisti servum  tuum?  quare  non  invenio  gra- tiam  coram  te?  et  cur  imposuisti  pondus universi  populi  hujus  super  me?
12.  Nuraquid  ego  concepi  omnem hanc  multitudinem,  vel  genui  eam,  ut dicas  mihi  :  Porta  eos  in  sinu  tuo ,  si  eut portare  solet  nutrix  infantulum,  et  defer in  terram  pro  qua  jurasti  pa tribus  eo- rum?
13.  Unde  milii  carnes  ut  dem  tantae multitudini  ?  Fient  contra  me,  dicentes  : Da  nobis  carnes  ut  comedamus.
14.  Non  possum  solus  sustinere  om- nem hune  populum,  quia  gravis  est mihi.
15.  Sin  aliter  tibi  videtur,  obsecro  ut
7.  Or  la  manne  était  comme  la  graine de  la  coriandre,  de  la  couleur  du  bdel- lion.
8.  Le  peuple  Fallait  chercher  autour du  camp,  et  l'ayant  ramassée,  il  la  broyait sous  la  meule,  ou  il  la  pilait  dans  un mortier;  ensuite  il  la  cuisait  au  pot,  et il  en  faisait  des  tourteaux  qui  avaient le  goût  du  pain  pétri  avec  de  l'huile.
9.  Quand  la  rosée  tombait  sur  le  camp durant  la  nuit,  la  manne  y  tombait  aussi en  même  temps.
10.  Moïse  entendit  donc  le  peuple,  qui pleurait  chacun  dans  sa  famille,  et  à l'entrée  de  sa  tente.  Alors  le  Seigneur entra  en  une  grande  fureur,  et  la  chose parut  aussi  insupportable  à  Moïse  ;
11.  et  il  dit  au  Seigneur  :  Pourquoi avez -vous  affligé  votre  serviteur?  Pour- quoi ne  trouvai -je  point  grâce  devant vous?  et  pourquoi  m'avez -vous  chargé du  poids  de  tout  ce  peuple?
12.  Est-ce  moi  qui  ai  conçu  toute  cette grande  multitude,  ou  qui  l'ai  engendrée, pour  que  vous  me  disiez  :  Portez-les  dans votre  sein,  comme  une  nourrice  a  cou- tume de  porter  son  petit  enfant,  et  menez- les  au  pays  que  j'ai  promis  à  leurs  pères avec  serment?
13.  Où  trouverai -je  de  la  chair  pour en  donner  à  un  si  grand  peuple  ?  Ils pleurent  et  crient  contre  moi ,  en  disant  : Donnez-nous  de  la  viande,  afin  que  nous en  mangions.
14.  Je  ne  puis  porter  seul  tout  ce peuple,  parce  qu'il  est  devenu  trop  lourd pour  moi,
15.  Si  votre  volonté  s'oppose  en  cela
dans  l'hébreu  hasir  la  désignation  du  fenu-grec, espèce  de  luzerne  à  fleurs  blanches,  que  les  Égyp- tiens modernes  mangent  volontiers  (^Atl.  d'hist. nat.,  pi.  XXX,  fig.  9).  La  traduction  des  LXX (Trpaaa)  ne  diffère  pas  de  celle  de  la  Vulgate. —  Cèpe.  L'oignon  d'Egypte  est  devenu  prover- bial à  cause  de  ce  passage.  Il  est  très  gros ,  d'une saveur  douce  et  délicate.  —  A  ces  objets  de  leur convoitise  les  Hébreux  mécontents  opposent  le pain  du  ciel ,  la  manne ,  dont  ils  osent  dire  qu'elle leur  dessèche  la  vie  ianima...  arida),  et  qu'ils en  ont  les  regards  saturés.
7-9.  Quelques  détails  complémentaires  sur  la manne.  Cf.  Ex.  xvi,  31,  et  l'explication.  C'est vraisemblablement  une  protestation  tacite  contre l'ingratitude  des  Hébreux.  —  Bdellii  :  gomme blanchâtre,  ainsi  qu'il  a  été  dit  à  propos  de  Gen. II,  12. —  Différentes  manières  de  préparer  cette nourriture  céleste  :  frangebat  mola,  etc.  Sur  les moulins  à  main,  les  mortiers,  Voila,  voyez  VAtl. archéoL,  pi.  xx,  3,  8,  11;  pi.  xxi,  1-3,  etc.  —
Panis  oleati  :  sorte  de  gâteau  mêlé  d'huile  d'olive, selon  la  mode  orientale.
3°  Moïse  adresse  lui-même  des  plaintes  au  Sei- gneur. XI,  10-15.
10.  L'occasion.  —  D'une  part,  la  vue  de  ce peuple  ingrat  et  rebelle  (flentem...  per  familias, singulos  per  ostia...:  traits  pittoresques)  ;  d'autre part,  la  colère  pourtant  si  légitime  de  Jéhovah. Devant  ce  double  fait,  l'émotion  de  Moïse  est  à son  comble  :  intoleranda  res...  L'hébreu  a  sim- plement :  ra\  mauvais.
11-15.  La  plainte  s'exhale  en  un  langage  très libre  et  très  énergique.  Moïse  semble  découragé. Sa  situation  était,  en  effet,  bien  triste,  bien  dé- licate. Mais  sa  foi  demeure  très  visible,  quoi- qu'elle se  cache  à  demi  sous  ces  expressions presque  désespérées,  —  Niimqaid  ego  concepi... Manière  de  rappeler  h  Dieu  qu'il  s'est  engagé,  en créant  ce  peuple,  à,  le  supporter,  à  subvenir  à  ses besoins.
NuM.  XI,  16-23.
467
à.  mon  désir,  je  vous  conjure  de  me  faire plutôt  mourir  et  trouver  grâce  ii  vos  yeux, pour  que  je  ne  sois  point  accablé  de  tant de  maux.
16.  Le  Seigneur  répondit  à  Moïse  : Assemblez-moi  soixante-dix  des  anciens d'Israël,  que  vous  saurez  être  les  plus expérimentés  et  les  plus  propres  à  gou- verner, et  menez-les  à  l'entrée  du  taber- nacle de  l'alliance,  où  ils  se  tiendront debout  avec  vous.
17.  Je  descendrai  là  pour  vous  parler; je  prendrai  de  l'esprit  qui  est  en  vous,  et je  leur  en  donnerai,  afin  qu'ils  soutien- nent avec  vous  le  fardeau  de  ce  peuple, et  que  vous  ne  so^'ez  point  trop  chargé en  le  portant  seul.
18.  Vous  direz  aussi  au  peuple  :  Puri- fiez-vous, vous  mangerez  demain  de  la chair;  car  je  vous  ai  entendu  dire  :  Qui nous  donnera  de  la  viande  à  manger? Nous  étions  bien  dans  l'Egypte.  Le  Sei- gneur vous  donnera  donc  de  la  chair,  afin que  vous  en  mangiez ,
19.  non  un  seul  jour,  ni  deux  jours, ni  cinq,  ni  dix,  ni  vingt,
20.  mais  pendant  un  mois  entier,  jus- qu'à ce  qu'elle  vous  sorte  par  les  narines, et  qu'elle  vous  fasse  soulever  le  cœur  ; parce  que  vous  avez  rejeté  le  Seigneur qui  est  au  milieu  de  vous,  et  que  vous  avez pleuré  devant  lui,  en  ^disant  :  Pourquoi sommes-nous  sortis  d'Egypte  ?
21.  Moïse  lui  dit  :  Il  y  a  six  cent  mille hommes  de  pied  dans  ce  peuple,  et  vous dites  :  Je  leur  donnerai  de  la  viande  à manger  pendant  tout  un  mois!
22.  Ferez -vous  égorger  une  multitude de  brebis  ou  de  bœufs,  afin  qu'elle  puisse suffire  à  leur  nourriture?  ou  rassemblerez- vous  tous  les  poissons  de  la  mer  afin  de les  rassasier  ?
23.  Le  Seigneur  lui  répondit  :  La  main du  Seigneur  est -elle  impuissante?  Vous
interficias   me,  et  inveniam  gratiam  in oculis  tuis,  ne  tantis  aiïiciar  malis.
16.  Et  dixit  Dominus  ad  Mo3''sen  : Congrega  mihi  septuaginta  viros  de  se- nibus  Israël,  quos  tu  nostiquod  senes populi  sint  ac  magistri ,  et  duces  eos  ad ostium  tabernacuii  fœderis,  faciesque ibi  stare  tecum,
17.  ut  descendam  et  loquar  tibi  ;  et auferam  de  spiritu  tuo,  tradamque  eis, ut  sustentent  tecum  onus  populi,  et  non tu  solus  graveris.
18.  Populo  quoque  dices  :  Sanctifica- mini,  cras  comedetis  cames;  ego  enim audivi  vos  dicere  :  Quis  dabit  nobis escas  carnium?  Bene  nobis  erat  in ;^gypto.  Ut  det  vobis  Dominus  carnes, et  comedatis,
19.  non  uno  die,  nec  duobus,  vel quinque  aut  decem,  nec  viginti  qui- dem,
20.  sed  usque  ad  mensem  dierum, donec  exeat  per  nares  vestras,  et  vertatur in  nauseam;  eo  quod  repuleritis  Domi- num,  qui  in  medio  vestri  est,  et  fleve- ritis  coram  eo,  dicentes  :  Quare  egi'essi sumus  ex  ^gypto?
21.  Et  ait  Moyses  :  Sexcenta  millia peditum  hujus  populi  sunt,  et  tu  dicis  : Dabo  eis  esum  carnium  mense  integro!
22.  Numquid  ovium  et  boum  multi- tudo  csedetur,  ut  possit  sufficere  ad  ci- bum?  vel  omnes  pisces  maris  in  unum congregabuntur  ut  eos  satieut?
23.  Cui  respondit  Dominus  :  Numquid manus  Domini  invalida  est?  Jam  nunc
4°  Le  Seigneur  promet  à  Moïse  des  coadju- teurs,  et  au  peuple  la  nourriture  qu'il  demande. XI,  16-23.
16-17.  Les  auxiliaires  de  Moïse.  C'est  une  ré- ponse aux  paroles  :  a  Non  possum  solus  susti- nere  »  (vers.  14).  —  Septuaginta  viros.  Même nombre  que  celui  des  juges  dont  Jéthro  avait conseillé  l'institution,  Ex.  xviir,  13-27;  nombre aussi  des  notables  qui  accompagnèrent  Moïse au  Sinaï,  Ex.  xxiv,  1,9.  —  Comme  condition du  choix,  Dieu  requiert  que  ces  soixante -dix comptent  parmi  les  senes  2)opuli  (cf.  Ex.  m,  16) ou  parmi  \c^  magistri  (hébr.  :  âoirim,  voyez  Ex. V,  16,  et  le  commentaire).  —  De  spiritu  tuo:
l'esprit  divin  qui  avait  été  communiqué  à  Moïse. Auferam  :  sans  diminuer  pourtant  sa  part  ;  de même,  disent  les  Pères,  qu'on  allume  un  flam- beau à  un  autre  flambeau,  sans  rien  enlever  ù l'éclat  de  celui-ci.
18-23.  Promesse  de  viande  pour  le  peuple.  — Sanctificamini :  par  des  ablutions  symboliques, afin  de  recevoir  plus  dignement  la  grâce  divine. Mais  cette  grâce,  dont  la  nature  et  la  durée  sont précisées  avec  tant  de  clarté  (cras...  carnes;  ad mensem  dierum,  c.-à-d.  un  mois  complet),  sera en  même  temps  une  punition,  ù  cause  des  mur- mures d'Israël.  Remarquez  l'ironie  et  la  force  des expressions  (surtout  le  classique  donec  exeat  per
4G8
NuM.  XI,  24-31.
videbis  utrum  meus  sermo  opère  com- pleatur.
24.  Venit  igitur  Moyses,  et  narra  vit populo  verba  Domini,  congregans  se- ptuaginta  viros  de  seiiibus  Israël,  quos stare  fecit  circa  tabernaculum.
25.  Descenditque  Dominus  per  nubem, et  locutus  est  ad  eum,  auferens  de  spi- ritu  qui  erat  in  Moyse,  et  dans  septua- ginta  viris.  C unique  requievisset  in  eis spiritus,  proplietaverunt,  nec  ultra  ces- saverunt.
26.  Remanserant  autem  in  castris  duo viri,  quorum  unus  vocabatur  Eldad,  et alter  Medad,  super  quos  requievit  spi- ritus; nam  et  ipsi  descripti  fuerant,  et non  exierant  ad  tabernaculum.
27.  Cumque  prophetarent  in  castris, cucurrit  puer,  et  nuntiavit  Moysi,  di- eens  :  Eldad  et  Medad  prophetant  in castris.
28.  Statim  Josue,  filius  Nun,  minister Moysi,  et  electus  e  pluribus,  ait  :  Do- mine mi,  Moyses,  prohibe  eos.
29.  At  ille  :  Quid,  inquit,  semularis pro  me?  Quis  tribuat  ut  omnis  populus prophetet,  et  det  eis  Dominus  spiritum suum?
30.  Eeversusque  est  Moyses,  et  majo- res natu  Israël  in  castra.
31.  Ventus  autem  egrediens  a  Do- mino, arreptas  trans  mare  coturnices, detulit,  et  demisit  in  castra  itinere quantum  uno  die  confici  potest,  ex  omni
allez  voir  présentement  si  l'effet  suivra ma  parole.
24.  Moïse,  étant  donc  venu  vers  le peuple,  lui  rapporta  les  paroles  du  Sei- gneur; et  ayant  rassemblé  soixante- dix  hommes  choisis  parmi  les  anciens d'Israël,  il  les  plaça  près  du  tabernacle.
25.  Alors  le  Seigneur,  étant  descendu dans  la  nuée,  parla  à  Moïse,  prit  de  l'es- prit qui  était  en  lui,  et  le  donna  à  ces soixante -dix  hommes.  L'esprit  s'étant donc  reposé  sur  eux,  ils  commencèrent à  prophétiser,  et  continuèrent  toujours depuis.
26.  Or  deux  de  ces  hommes,  dont  l'un se  nommait  Eldad,  et  l'autre  Médad  , étant  demeurés  dans  le  camp,  l'esprit  se reposa  sur  eux  ;  car  ils  étaient  aussi  parmi les  inscrits,  mais  ils  n'étaient  point  sortis pour  aller  au  tabernacle.
27.  Et  tandis  qu'ils  prophétisaient  dans le  camp,  un  jeune  homme  courut  à  Moïse, et  lui  dit  :  Eldad  et  Médad  prophétisent dans  le  camp.
28.  Aussitôt  Josué,  fils  de  Nun,  qui excellait  entre  tous  les  serviteurs  de Moïse,  lui  dit  :  Moïse,  mon  seigneur,  em- pêchez-les.
29.  Mais  Moïse  lui  répondit  :  Pourquoi êtes -vous  jaloux  à  mon  sujet?  Plût  à Dieu  que  tout  le  peuple  prophétisât,  et que  le  Seigneur  répandît  son  esprit  sur eux!
30.  Après  cela  Moïse  revint  au  camp avec  les  anciens  d'Israël.
31.  En  même  temps  un  vent  soulevé par  le  Seigneur,  saisissant  des  cailles  au delà  de  la  mer,  les  amena,  et  les  lit  tomber dans  le  camp  et  autour  du  camp,  en  un
nares.,,).  —  Moïse  se  permet  une  objection  fami- lière (vers.  21-22),  que  Dieu  réfute  (vers.  23)  en faisant  appel  à  sa  toute-puissance.
5«  Moïse  choisit  et  Dieu  bénit  les  soixante-dix anciens.  XI,  24-30.
24-25.  L'élection  et  la  consécration.  —  Stare feclt  circa  tabernaculum.  Moïse  présentait  ainsi les  élus  à  Jéhovah.  Le  Seigneur  daigne  aussitôt ratifier  le  choix  dé  son  serviteur,  à  la  manière qu'il  avait  indiquée  plus  haut  (vers.  17  :  aufe- rens  de  spirltu...,  et  dans).  —  Prophetaverunt. Dans  l'hébreu  :  itnabVu;  expression  qui  ne  dé- signe pas  toujours  la  prophétie  dans  le  sens  strict, mais  qui  marque  souvent  dans  la  Bible  une émotion  surnaturelle ,  une  extase  accompagnée d'inspiration,  et  des  louanges  divines  proférées sous  le  coup  de  cette  inspiration.  Cf.  I  Reg.  x,  6  ; III  Reg.  xviii,  19,  etc. —  Non  cessaverunt.  Le texte  original  dit  au  contraire  qu'a  ils  ne  conti- nuèrent plus  ».  Dieu  avait  ainsi  montré  qu'il agréait  les  élus  de  Moïse  ;  cela  suffisait.
26-29.  Un  épisode  de  l'élection.  —  Hemanse- rant...  in  castris.  On  ignore  pour  quel  motif Eldad  et  Medad  n'avaient  pas  suivi  leurs  collè- gues auprès  du  tabernacle.  —  Statim  Josue...: Prohibe  eos.  Cette  conduite  de  Josué  rappelle celle  des  apôti-es,  également  jaloux  de  la  gloire de  N.-S.  Jésus -Christ.  Cf.  Marc,  ix,  38-39.  Ces deux  notables  ayant  été  saisis  de  l'Esprit  divin loin  de  Moïse  et  du  tabernacle,  le  fils  de  Nun craignit  que  le  prestige  de  son  maître  n'en  fût amoindri  ;  car  il  était  manifeste  que  les  soixante- huit  autres  ne  prophétisaient  qu'à  cause  de  leur association  h  Moïse. —  Quid  cemularis...?  Quis  tri- buat...? Admirable  réponse,  digne  de  cette  grande âme.  Moïse  ne  pense  qu'à  l'extension  de  la  gloire de  Jéhovah,  point  i  sa  propre  glorification.
30.  Conclusion  de  l'incident.
6>^  Le  second  miracle  des  cailles.  XI,  31-34.
31-32.  Le  prodige.  —  Ventus...  a  Domino  :  par conséquent  un  vent  surnaturel  dans  sa  cause. — Arreptas  trans  mare...  Voyez  Ex.  xvi,  3»,  et  le
NuM.   XI,  32  —  XII,  2.
469
espace  aussi  grand  qu'est  le  chemin  que l'on  peut  faire  en  un  jour;  et  elles  vo- laient en  l'air,  n'étant  élevées  au-dessus de  la  terre  que  de  deux  coudées.
32.  Le  peuple,  se  levant  donc,  amassa durant  tout  ce  jour,  et  la  nuit  suivante, et  le  lendemain,  une  si  grande  quantité de  cailles,  que  ceux  qui  en  avaient  le moins  en  avaient  dix  mesures ,  et  ils  les firent  sécher  tout  autour  du  camp,
33.  Ils  avaient  encore  de  la  chair  entre les  dents,  et  ils  n'avaient  pas  achevé  de manger  cette  viande,  que  la  fureur  du Seigneur  s'alluma  contre  le  peuple,  et  le frappa  d'une  très  grande  plaie.
34.  C'est  pourquoi  ce  lieu  fut  appelé les  Sépulcres  de  concupiscence ,  parce qu'ils  y  ensevelirent  le  peuple  qui  avait désiré  de  la  chair.  Et  étant  sortis  des Sépulcres  de  concupiscence,  ils  vinrent à  Haseroth,  où  ils  demeurèrent.
parte  castrorum  per  circuitum;  vola- bantque  in  aère  duobus  cubitis  altitu- dine  super  terram.
32.  Surgens  ergo  populus  toto  die  illo, et  nocte,  ac  die  altero,  congregavit  co- turnicum,  qui  parum,  decem  coros  ;  et siccaverunt  eas  per  gyrum  castrorum.
33.  Adhuc  carnes  erant  in  dentibus eorum,  ncc  defecerat  hujuscemodi  cibus, et  ecce  furor  Domini  concitatus  in  po- pulum,  percussit  eum  plaga  magna  ni- mis.
34.  Vocatusque  est  ille  locus  Sepulcra concupiscentise  ;  ibi  enim  sepelierunt  po- pulum  qui  desideraverat.  Egressi  autem de  Sepulcris  concupiscentire,  venerunt  in Haseroth,  et  manserunt  ibi.
CHAPITRE  XII
1.  Alors  Marie  et  Aaron  parlèrent contre  Moïse,  à  cause  de  sa  femme,  qui était  Ethiopienne,
2.  et  ils  dirent  :  Le  Seigneur  n'a -t -il
1.  Locutaque  est  Maria  et  Aaron  con- tra Moysen,  propter  uxorem  ejris  iEthio- pissam,
2.  et  dixerunt  :  Num  per  solum  Moy-
commentaire.  La  caille,  dont  le  vol  est  bas  et lourd,  profite  ordinairement  du  vent  pour  ses migrations.  Cf.  Pline,  Hist.  nat.,  x,  23.  — Quan- tité merveilleuse ,  selon  la  promesse  de  Jéhovah, vers.  19-20:  itinere  quantum  uno  die...;  toto die...,  et  nocte,  ac  die  altero  congregavit  (c.-à-d. pendant  trente  -  six  heures  consécutives  )  ;  qui parum,  decem  coros  (hébr,  :  dix  liomer,  c.-à-d. dix  fois  338  litr.  80).  —  Volaljant...  duobns  cu- bitis... La  vraie  traduction  de  l'hébreu  serait  plu- tôt :  Il  y  en  avait  près  de  deux  coudées  au-dessus de  la  surface  de  la  terre.  Une  épaisseur  d'en- viron 1">05.
33-34.  Le  châtiment.  —  Adhuc  in  dentibus. Locution  pittoresque ,  pour  signifier  :  Avant  que leurs  provisions  fussent  consommées.  —  Percussit eos  plaga...  :  quelque  épidémie  terrible  dont  la nature  n'est  pas  déterminée.  —  Sepulcra  concu- piscentiœ.  Hébr.  :  Qihrôt  hatta'avah.  Voyez  le vers.  4  :  «  flagravit  desiderio ,  »  MVavvu  ta'avah. Beaucoup  de  commentateurs  supposent  que  cette station  est  identique  à  celle  de  Tabérah  (vers.  3), omise  dans  l'énumération  générale  des  campe- ments d'Israël  au  désert,  xxxm,  16.  Le  nom  de Tabérah  n'aurait  été  donné  qu'à  la  partie  du  camp atteinte  par  le  feu  vengeur. — Haseroth,  la  station suivante,  a  été  l'objet  de  conjectures  multiples. M.  de  Laborde  pense  à  El-Aïn,  où  d'autres  placent Tabérah  et  Qibrôt  hattàavah  (voyez  la  note  du vers.  3)  ;  plusieurs  géographes  remontent  au  nord Jusqu'à  Bir-et-Témed,  vers  l'endroit  où  la  route
du  Caire  à  la  Mecque  coupe  le  chemin  du  Sinaï à  Hébron  ;  Burckhardt  propose  Aïn-Hadéi'ah,  au sud  de  El-Aïn,  Impossible  de  se  prononcer  avec certitude,  La  première  opinion  ne  manque  pas de  vraisemblance.  Voyez  VAtl.  géogr.,  pi.  v.
7°  Rébellion  de  Marie  et  d'Aaron  contre  Moïse. XK,  1-15.
Chap.  XII. —  1-2».  Propos  insultants. — Maria et  Aaron  contra  Moysen.  Voici  l'une  des  plus rudes  épreuves  de  Moïse  :  il  est  maintenant  at- taqué par  ses  plus  proches  parents.  Le  narrateur, en  nommant  Marie  la  première,  et  Dieu  lui- même,  en  ne  châtiant  qu'elle  seule  (vers.  10-15), montrent  qu'elle  était  l'instigatrice  de  ce  mou- vement d'insubordination.  —  Occasion  de  la révolte  :  propter  uxorem...  sethiopissam.  Quelle est  cette  femme  ?  S'agirait  -  il  d'un  nouveau  ma- riage de  Moïse?  De  nombreux  interprètes  l'af- firment, en  s'appuyant  soit  sur  la  tournure  hé- braïque («  à  cause  de  la  femme  éthiopienne  qu'il avait  prise,  car  il  avait  pris  une  femme  éthio- pienne »),  qui  semblerait  indiquer  lui  fait  récent  ; soit  sur  l'épithète  kuSit  (éthiopienne),  qui  ne conviendrait  pas  à  la  Madianite  Séphora  (Ex.  ir, 16,  21)  :  d'où  ils  concluent  que  Séphora  était morte ,  et  que  Moïse  avait  contracté  une  seconde alliance  matrimoniale.  Mais  ce  sentiment  présente de  graves  difficultés  :  comment  supposer  que Moïse  eût  alors  épousé,  non  pas  une  femme choisie  parmi  son  peuple,  mais  une  païenne?  On a  raconté  naguère,  Ex.  xviii,  2,  que  Séphora
470
NuM.  XII,  3-10.
sen  locutus  est  Domîniis  ?  nonne  et  nobis si  militer  est  locutus?  Quod  cum  audisset Dominus
3.  (erat  enim  Moyses  vir  niitissimus super  omnes  homines  qui  morabantur  in terra),
4.  statim  locutus  est  ad  eum,  et  ad Aaron  et  jMariam  :  Egredimini  vos  tan- tum  très  ad  tabernaculum  f  œderis.  Cum- que  fuissent  egressi,
5.  descendit  Dominus  in  columna  nu- bis,  et  stetit  in  introitu  tabevnaculi,  vo- caus  Aaron  et  Mariam.  Qui  cum  issent,
6.  dixit  ad  eos  :  Audite  sermones meos  :  Si  quis  fuerit  inter  vos  proplieta Domini,  in  visione  apparebo  ei,  vel  per somnium  loquar  ad  illum.
7.  At  non  talis  servus  meus  Moyses, qui  in  omni  domo  mea  lidelissimus  est;
8.  ore  enim  ad  os  loquor  ei,  et  pa- lam,  et  non  per  œnigmata  et  figuras Dominum  videt.  Quare  ergo  non  ti- muistis  detrahere  servo  meo  Moysi?
9.  Iratusque  contra  eos,  abiit.
10.  Nubes  quoque  recessit,  quae  erat super  tabernaculum;  et  ecce  Maria  ap- paruit  candens  lepra  quasi  nix.  Cumque respexisset  eam  Aaron,  et  vidisset  per- fusam  lepra,
parlé  que  par  le  seul  Moïse?  Ne  nous a  - 1  -  il  pas  aussi  parlé  comme  à  lui  ?  Ce que  le  Seigneur  a^^ant  entendu
3.  (car  Moïse  était  le  plus  doux  de tous  les  hommes  qui  demeuraient  sur  la terre  ) ,
4.  il  parla  aussitôt  à  Moïse ,  à  Aaron et  à  Marie,  et  il  leur  dit  :  Allez,  vous trois  seulement,  au  tabernacle  de  l'al- liance. Et  lorsqu'ils  y  furent  allés,
5.  le  Seigneur  descendit  dans  la  co- lonne de  nuée,  et,  se  tenant  à  l'entrée  du tabernacle,  il  appela  Aaron  et  Marie.  Ils s'avancèrent,
6.  et  il  leur  dit  :  Ecoutez  mes  paroles. S'il  se  trouve  parmi  vous  un  prophète du  Seigneur,  je  lui  apparais  en  vision, ou  je  lui  parle  en  songe.
7.  Mais  il  n'en  est  pas  ainsi  de  Moïse, qui  est  mon  serviteur  très  fidèle  dans toute  ma  maison  ;
8.  car  je  lui  parle  bouche  à  bouche, et  il  voit  le  Seigneur  clairement,  et  non sous  des  énigmes  et  sous  des  figures. Pourquoi  donc  n'avez-vous  pas  craint  de parler  contre  mon  serviteur  Moïse  ?
9.  Et  s'étant  irrité  contre  eux,  il  se retira.
10.  La  nuée  se  retira  en  même  temps du  tabernacle,  et  Marie  parut  aussitôt toute  blanche  de  lèpre  comme  de  la neige.  Aaron  ayant  jeté  les  yeux  sur  elle, et  la  voyant  toute  couverte  de  lèpre.
avait  rejoint  Moïse  au  Sinaï  ;  n'aurait  -  on  pas signalé  sa  mort  si  elle  avait  eu  lieu  ?  Le  mot Jcus  avait  à  cette  époque  une  extension  considé- rable, et  il  convenait  fort  bien  comme  titre  gé- nérique au  district  occupé  par  les  Madianites (voyez  la  note  de  Gen.  x,  6).  Tout  s'explique si  l'on  suppose  que  Moïse  accorda  à  Sépliora, quand  elle  revint  à  lui,  une  confiance  et  une autorité  extraordinaires,  qui  excitèrent  la  jalousie de  sa  sœur  Marie.  —  Num  per  solum  Moysen...? Marie,  en  effet,  porte  ailleurs  le  nom  de  n'by'ah ou  prophétcsse  (Ex.  xv,  20),  et  Aaron  avait  été appelé  par  Dieu  «  la  bouche  de  Moïse  »  (cf.  Ex. rv,  10-16;  XXVIII,  30).  Mais  quel  langage  indigne de  ces  grands  personnages?
2^-8.  Dieu  blâme  sévèrement  les  coupables.  — La  phrase  erat...  Moyses  mitissimus  hominum, si  simple,  si  touchante  et  si  vraie  (comme  il ressort,  au  reste,  de  cet  incident  même,  Moïse n'ayant  pas  un  mot  de  reproche  pour  les  cou- pables), a  occasionné  de  bien  sottes  attaques contre  l'authenticité  de  ce  passage,  puis  du  livre entier  des  Nombres,  puis  de  tout  le  Pentateuque. Pourquoi  !Moïse  n'aurait-il  pas  cité  ce  trait  per- sonnel, dès  lors  qu'il  le  fait  d'une  manière  tout objective,  pour  manifester  le  motif  de  l'inter- vention divine  en  sa  faveur?  En  outre,  «  on  doit considérer  ici  Moïse  comme  un  auteur  sacré,  qui
est  inspiré  de  Dieu  pour  écrire  ce  qu'il  raconte de  lui-même.  C'est  pourquoi,  comme  il  se  loue ici  sans  orgueil ,  il  se  blâmera  ailleurs  avec  humi- lité (cf.  XX,  12  et  ss.,  etc.).  »  Calmet,  //.  l.  C'est donc  â  tort  qu'on  a  parfois  essayé  d'éviter  l'ob- jection en  traduisant  l'adjectif  'anav  par  «  mal- heureux, affligé  ».  —  Statim  (vers.  4)  :  promp- titude qui  révèle  toute  la  bonté  de  Dieu  pour son  serviteur.  —  Le  Seigneur  condescend  à  ré- futer le  langage  de  Marie  et  d' Aaron  (vers.  6-8); il  explique  l'énorme  différence  qui  existe  entre les  prophètes  ordinaii'es,  comme  ils  l'étaient  l'un et  l'antre,  et  Moïse,  son  ami  spécial.  Aux  uns il  se  révèle  médiatement ,  imparfaitement  (  in visione  g  per  somnium),  d'une  manière  plus  ou moins  obscure  {per  anigmata)  ;  mais  à  Moïse, directement  (os  ad  os)  et  clairement  (palam)  : degré  de  révélation  que  les  théologiens  appellent précisément  «  gradus  mcsaicus.  »  —  Nuance dans  l'hébreu,  au  milieu  du  vers.  8  :  «  ...  et  non par  énigmes,  mais  il  contemple  la  similitude  de Jéhovah.  »  —  Voyez,  Hcbr.  m,  2  et  ss.,  la  belle argumentation  de  saint  Paul  sur  les  mots  in omni  domo...  fideli^simus ,  pour  pi-ouvcr  que Jésus-Christ  est  de  beaucoup  supérieur  h  Moïse. 9-15.  Punition  des  coupables. —  Abiit,  nubes.,. recessit.  Dieu  commence  par  retirer  le  signe  vi- sible de  sa  présence,  aUn  de  manifester  la  viva-
NuM.  XII,  11  —  XIII,  4.
471
11.  dit  à  Moïse  :  Seigneur,  je  vous  con- jure de  ne  nous  pas  imputer  ce  péché que  nous  avons  conirais  follement  ;
12.  et  que  celle-ci  ne  devienne  pas comme  morte,  et  comme  un  fruit  avorté qu'on  jette  hors  du  sein  de  sa  mère.  Vous voyez  que  la  lè})re  lui  a  déjà  mangé  la moitié  du  corps,
13.  Alors  îloïse  cria  au  Seigneur,  et lui  dit  :  Mon  Dieu,  je  vous  prie,  gué- rissez-la.
14.  Le  Seigneur  lui  répondit  :  Si  son père  lui  avait  craché  au  visage,  n'aurait- elle  pas  dû  demeurer  au  moins  pendant sept  jours  couverte  de  honte  ?  Qu'elle soit  donc  hors  du  camp  pendant  sept jours  ;  après  quoi  on  la  rappellera.
15.  Marie  fut  donc  exclue  du  camp pendant  sept  jours  ;  et  le  peuple  ne  sortit point  de  ce  lieu  jusqu'à  ce  que  Marie  fût rappelée  dans  le  camp.
11.  ait  ad  Moysen  :  Obsecro,  domine mi,  ne  imponas  nobis  hoc  peccatum, quod  stulte  commisimus,
12.  ne  fiât  hœc  quasi  mortua,  et  ut abortivum  quod  projicitur  de  vulva  ma- tris  sujTG  ;  ecce  jam  médium  carnis  ejus devoratum  est  a  lepra.
13.  Clamavitque  Moyses  ad  Domi- num,  dicens  :  Deus,  obsecro,  sana  eam.
14.  Cui  rcspondit  Dominus  :  Si  pater ejus  spuisset  in  faciem  illius,  nonne  de- buerat  sa  Item  septem  diebus  rubore  suf- fundi?  Separetur  septem  diebus  extra castra,  et  postea  revocabitur.
15.  Exclusa  est  itaque  Maria  extra castra  septem  diebus  ;  et  populus  non est  motus  de  loco  ilio,  donec  revocata est  Maria.
CHAPITRE  XIII
1.  Après  cela  le  peuple  partit  de  Ha- seroth,  et  dressa  ses  tentes  dans  le  désert de  Pharan.
2.  Le  Seigneur  parla  à  ^loïse  en  ce lieu-là,  et  lui  dit  :
3.  Envoyez  des  hommes  pour  consi- dérer le  pays  de  Chanaan,  que  je  dois donner  aux  enfants  d'Israël  :  choisissez- les  d'entre  les  principaux  de  chaque tribu.
4.  Moïse  fit  ce  que  le  Seigneur  lui  avait commandé  ;  et  il  envoya  du  désert  de Pharan  des  hommes  d'entre  les  princes, dont  voici  les  noms  :
1.  Profecttisque  est  populus  de  Hase- roth,  fixis  tentoriis  in  descrto  Pharan.
2.  Ibique  locutus  est  Dominus  ad  Moy- sen, dicens  :
3.  Mitte  viros  qui  considèrent  terram Chanaan,  quam  daturus  suiu  iiliis  Israël, singulos  de  singulis  tribubus,  ex  prin- cipibus.
4.  Fecit  Moyses  quod  Dominus  im- peraverat,  de  deserto  Pharan  mittens principes  viros,  quorum  ista  sunt  no- mina  :
cité  de  son  indignation.  Il  inflige  ensuite  à  Marie une  pénitence  humiliante  :  cnndens  Icpra...  Cf. Ex.  IV,  6;  Lev.  xiii,  2;  IV  Rcg.  v,  27,  etc.  — Aaron  implore  en  des  termes  aussi  humbles  qu'é- nergiques l'intervention  de  son  frèi'e  auprès  de Dieu.  Il  l'avoue,  ils  ont  ngi  stulte;  mais  aussi, quel  châtiment  pour  leur  sœur  :  quasi  mortua, ut  abortivum...!  —  Deus...  sana.  Dans  cette  brève formule,  on  sent  que  Moïse  fit  passer  toute  son âme.  Dieu  l'exauce,  sous  condition  :  Si  pater... spuisset...  Le  dernier  des  outrages,  surtout  ve- nant d'un  père.  Cf.  Job,  xxx,  10  ;  Is.  l,  6,  etc. —  SeiMm  diebus  extra  castra,  conformément aux  règles  édictées  pour  les  lépreux,  Lev.  xiii,  4-5.
§  III.  —  L'exploration  de  la  Terre  promise  et ses  suites  désastreuses.  XIII,  1  —  XIV,  45.
Arrivé  non  loin  des  limites  de  la  terre  sainte, et  sur  le  point  d'en  prendre  possession,  Israël. par  suite  d'une  révolte  plus  grave  que  toutes  les
autres ,  voit  son  bonheur  retardé  de  longues années.
lo  Envoi  d'explorateurs  dans  le  pays  de  Cha- naan. XIII,  1-21.
Chap.  XIII.  —  1.  De  la  station  d'Haseroth  à celle  de  Cadès.  —  In  deserto  Pharan.  A  Cadès , d'après  le  vers.  27.
2-3.  Dieu  prescrit  h  Moïse  d'envoyer  des  explo- rateurs en  Chanaan.  —  Locutus...  Dominus.  Nous lisons  plus  loin,  Deut.  i,  12,  que  le  peuple  avait le  premier  proposé  cette  mesure.  Dieu  l'approuve et  en  ordonne  l'exécution.  —  S'mguH  de  sin- gulis... Donc  douze  envoyés  en  tout,  choisis  ex principibus;  non  toutefois  parmi  les  chefs  des tribus ,  mais  parmi  des  notables  d'un  rang  secon- daire; en  effet,  la  liste  des  élus  (vers.  4-17)  diffèi'C complètement  de  celle  du  chap.  i,  vers.  5-15.  La tribu  de  Lévi  ne  fut  pas  repi'ésentéc,  à  cause  de son  rôle  strictement  religieux,
4-17.  Énumération  des  explorateurs.  L'ordre
472
XoL  xin.
5.  De  tribn  Euben,  Sammua,  filium Zecliur:
6.  de  tiiba   Smeon,  Saphat,  filium Huri:
7.  de  tribu  Jnda,  Caleb,  filiom  Je- phoce ;
8.  de  izibn  Issadiar,  Igal,  filium  Jo- sej»h;
9.  de   tribn   Epbraim,  Osée,  filiom Xun:
5-  De  la  tribn  de  Boben,  Sammxia,  nia de  Zôchor.
6.  De  la  tribu  de  Sméon,  Saphat,  fils d'Huri.
7.  De  la  tribu  de  Juda,  Caleb,  fils  de JephoQe.
8.  De  la  tribu  d'Issacbar,  Igal,  fils  de Joseph.
9.  De  la  tribu  d'Éphraîm,  Osée,  fils  de »  Xua.
10.  de  tribu  Beniamin,  Phalti,  filium  10.  De  la  tribu  de  Benjamin,  Phalti, Rap'ûTi:  fils  de  Baphu.
11.  de  tribn  Zabnlon,  Geddiel,  filium  11.  De  la  tribu  de  Zabnlon,  Geddiel, Sodi  :  fils  de  Sodi.
12.  de  tribu  Joseph,  seeptri  Manasse.  12.  De  la  tribu  de  Joseph,  eett-à-dirt Gaddi .  filium  Susi  :  de  la  tribn  de  Manassé .  Gaddi ,  fils  de
13.  de  tribu  Dan,  Ammiel,  filium  Ge- malli:
14.  de  tribu  Aser.  Sthur,  filium  Mi- chael  :
15.  de  tribu  Xephîhaîi,  Xahabi,  filhmi Vap'si  :
16.  de  mbu  Gad,  Guel,  filium  Machi.
17.  Hiçc  sunt  nomina  TÎrorum  quos misiî  !Moyses  ad  oasiderandam  terram  ; YocaYiîqîie  Osée,  niium  Xun,  Jœue.
18.  Misit  ei^o  e!>s  Movses  ad  conside- randam  tenam  Chanaan,  et  dixit  ad  eos  : Ascendite  p«er  meridianam  plagami  :  cum- que  veneriîis  ad  montes,
19.  conàderate  tenam,  qualis  sit,  et populom  qui  habiîator  est  ejns;  utmm fortis  sit  an  infirmus;  si  pauci  numéro an  plures:
20.  ipsa  tena,  bona  an  mala;  urbes qnales.  mniat^  an  absque  mûris;
21.  humus,  pinguis  an  stmlis;  nemo- Tosa.  an  absq  .le  arboribus.  Confortamini, et  a5er:e  nilis  de  fmcîibus  terraD.  Erat aniem  tempus  qnando  jam  praecoquae UTîfi  vesci  possunt.
13.  De  la  tribu  de  Dan,  Anmiiel,  fils de  Gémalli.
14.  De  la  tribu  d'Aser,  Sthur,  fils  de Michaël.
15.  De  la  tribu  de  Xephthali,  Xahabi, fils  de  Vapsi.
16.  De  la  tribu  de  Gad,  Guël,  fils  de îilaclû.
17.  Ce  sont  là  les  noms  à.çs  hommes que  Moïse  envoya  conâdérer  le  pars  ;  et il  doima  à  O^ée.  ôls  de  Xua,  le  nom  de Josué.
18.  Moïse  le?  envoya  donc  pour  cansi- dérer  le  r«ays  de  CnaLaan.  et  il  leur  dit  : Montez  Y^ar  le  nii«ii  ;  et  lorsque  vous  serez arrivés  aux  montagnes,
19.  considérez  quelle  est  cette  terre,  et quel  tet  le  peup.le  qii  l'habite,  s'il  est fort  ou  faible,  s'il  y  a  peu  ou  beaucoup d^habitants.
20.  (y.nsidêres  aussi  quelle  œt  la  twre, à  elle  est  bonne  ou  mauvaise;  quelles sont  les  villes,  si  elles  ont  des  murs,  ou si  elles  n'en  ont  point  ;
21.  si  le  terroir  en  est  gras  ou  stéiile  ; s'il  est  planté  de  bois  ou  s*il  fêt  sans arbres.  Sc»yez  courageux,  et  apportez- nous  des  âidis  du  pays.  Or  c'était  alois le  temps  auquel  on  pouvait  manger  les premiers  raisins.
des  tnbas  n'est  pas  tout  à  fût  le  rnSme  qnf  an cfaap.  I.  —  0«ee_  Josme.  Hébr.  :  Hoiéa\  c  sàtat,  * rhiûma',  <  Jâlonh  (est)  mon  silnL  »  S,  o(»mae a  parait  vraisemJUaUe,  oe  dungonent  de  nom fcc  fait  dans  la  ciroonstanee  préaatte,  TemfkA antâJear  du  nom  de  Josoé  aoia  en  Uen  par  an- ticipatâon.  Cf.  Ex.  xvn,  9,  IS  ;  xxxir,  13,  etc.
IS  -  31.  Les  insCracdoos  de  Moise  anx  exsàsak- tenrs.  —  A9cemdUB  per  wieridiamawt^:  par  le Xégtb,  dû  le  texte  hébreu;  c-à-d.  par  le  se:
de  la  Fssiestîne.  Oe  dMriet  eommenoe  an  nrad de  Cadès  es  va  jusqu'à  Beisabé;  Q  est  en  partie monlasDeux  (ad  Moalet).  Tojex  TAUtt*  géogr^ pL  T  et  VIL  —  Cbnsiderale_  Les  détails  sur  lea- quds  jnœte  Moise  (vos.  19-Sl)  sont  très  Inen dMH^  pour  donner  une  idée  exacte  du  pays;. — Brat  autem  tempms^  Date  intàcssante,  qui désigne  la  fin  de  jniDtt  on  le  mwmpwnrment
il
NuM.  XIII,  22-28.
473
22.  Ces  hommes ,  étant  donc  partis , explorèrent  depuis  le  désert  de  Sin  jus- qu'à Rohob  sur  la  route  d  Ématli.
23.  Ils  montèrent  vers  le  midi  et vinrent  à  Hébron,  où  étaient  Achiman, Sisaï  et  Thomaï,  fils  d'Enac  :  car  Ilcbron a  été  bâti  sept  ans  avant  Tanis,  ville d'Egypte.
24.  Et  étant  allés  jusqu'au  Torrent  de ia  grappe,  ils  coupèrent  une  branche  de vigne  avec  la  grappe,  que  deux  hommes portèrent  au  moyen  d'une  perche.  Ils prirent  aussi  des  grenades  et  des  figues de  ce  lieu-là,
25.  qui  fut  appelé  depuis  Néhelescol, c'est-à-dire  le  Torrent  de  la  grappe,  parce que  les  enfants  d'Israël  emportèrent  de là  cette  grappe  de  raisin.
26.  Ceux  qui  étaient  allés  considérer  le pays  revinrent  quarante  jours  après,  en ayant  fait  tout  le  tour.
27.  Ils  vinrent  trouver  Moïse  et  Aaron, et  toute  l'assemblée  des  enfants  d'Israël dans  le  désert  de  Pharan,  c'est-à-dire  à Cadès;  et  leur  ayant  fait  leur  rapport ainsi  qu'à  tout  le  peuple,  ils  leur  mon- trèrent des  fi'uits  du  pa3^s,
28.  et  ils  leur  dirent  :  Nous  avons  été dans  le  pays  où  vous  nous  avez  envoyés,
22.  Cumque  ascendissent,  explora ve- runt  terram  a  deserto  Sin  usque  Rohob inti-antibus  Eraath.
23.  Ascenderuntque  ad  meridiem,  et venerunt  in  Ilebron ,  ubi  erant  Achiman et  Sisai  et  Tholmai ,  filii  Enac  ;  nam Ilebron  septem  annis  ante  Tanim,  urbem ^]g3^pti,  condita  est.
24.  Pergentesque  usque  ad  torrentem Botri,  absciderunt  palmitem  cum  uva sua,  quem  portaverunt  in  vecte  duo  viri. De  malis  quoque  granatis  et  de  ficis  loci illius  tulerunt,
25.  qui  appellatus  est  Nehelescol,  id est,  Torrens  botri,  eo  quod  botrum  por- tassent inde  filii  Israël.
26.  Reversique  exploratores  terrse  post quadraginta  dies,  omni  regione  circuita,
27.  venerunt  ad  Moysen  et  Aaron  et ad  omnem  cœtum  filiorum  Israël  in  de- sertum  Pharan ,  quod  est  in  Cades  ;  locu- tique  eis  et  omni  multitudini,  ostende- runt  fructus  terrse,
28.  et  narraverunt  dicentes  :  Veni- mus  in  terram,  ad  quam  misisti   nos.
2«  Voyage  et  rapport  des  explorateurs.  XIII, 22-34.
22-25.  Le  voyage.  —  A  deserto  Sin  (hébr.  : Sin).  Ce  fut  le  point  de  départ.  On  appelait  ainsi la  partie  septentrionale  du  désert  de  Phai-an.  Cf. XX,  1  ;  xxvn,  14  ;  xxxiv,  3-4  ;  Deut.  xxxii,  51  ;  Jos. XV,  1,  3,  et  VAtl.  géogr.,  pi.  v.  —  Usque  Rohob. Ce  fut  la  limite  extrême  du  voyage.  La  ville  de R'hob  est  peut-être  identique  à  Beit-B'hob  de Jud.  xvni,  28,  cité  bâtie  dans  la  tribu  de  Neph- thali,  près  de  Laïs-Dan  (AU.  géogr.,  pi.  vu),  — Intrantibtis  Emath.  «  L'entrée  d'Émath,  »  qui sera  signalée  plus  tard  (xxxviii,  4)  comme  la limite  septentrionale  de  la  Terre  promise,  n'est autre  chose  que  la  plaine  de  la  Cœlésyrie,  située entre  le  Liban  et  l' Anti-Liban  :  vrai  chemin  ou- vert pour  aller  de  la  Palestine  à  Émath ,  ou  Epi- phanie, sur  rOronte.  Cf.  Gen.  x,  18,  et  V Atlas géogr.,  pi.  viu  et  xiir.  —  Ascenderunt  ad  meri- diem. Hébr.  :  par  le  Négeb.  —  Sur  Hébron,  rendue célèbre  par  le  séjour  qu'y  fit  Abraham,  voyez Gen.  xin,  18,  etc.  —  Ubi...  Achiman...,  filii Enac.  Nous  aurons  ailleurs,  Deut.  ii,  11;  Jos. XV,  13,  etc.,  quelques  renseignements  sur  cette race  géante  des  Énakites,  et  sur  ses  anciennes relations  avec  Hébron.  —  Précieux  détail  rétro- spectif :  Hébron  septem  annis  ante  Tanim... Tanis  est  le  nom  grec  et  romain  de  la  célèbre cité  de  T'ân,  comme  l'appelaient  les  Égyptiens (  les  Hébreux  disent  So'ân  ).  Elle  était  située  au Eud  du  lac  Menzalch,  et  elle  paraît  avoir  servi
de  résidence  aux  pharaons  à  l'époque  de  Moïse. Cf.  Ps.  Lxxvii,  12.  —  Ad  torrentem  Botri:  tra- duction de  l'hébreu  Nahal  'Esicol.  Il  s'agit  pro- bablement de  l'ouadi  Tuffah,  vallée  voisine  d'Hé- bron ,  par  laquelle  passe  la  route  de  Jérusalem  ; elle  est  encore  extrêmement  riche  en  fruits  de tous  genres,  spécialement  en  raisins,  en  figues et  en  grenades.  —  In  vecte  duo  viri.  Non  qu'un seul  homme  eût  été  incapable  de  porter  la  grappe cueillie  comme  écliantillon ,  mais  ce  mode  de transport  permettait  de  la  conserver  plus  fraîche jusqu'au  retour.  On  trouve  h  Hébron  des  raisins pesant  dix,  douze  livres,  et  même  davantage.
26-27.  Le  retour.  —  Post  quadraginta  dies. Cet  intervalle  suppose  que  le  pays  avait  été exploré  en  entier  (omni  regione...)  et  très  sérieu- sement. —  In  Cades.  Le  nom  complet  était  Cadès- Barné,  Deut.  i,  19.  On  a  beaucoup  discuté  de nos  jours  sur  l'emplacement  de  cette  station,  et il  n'a  pas  encore  été  fixé  d'une  manière  certaine. Il  faut  exclure  Aïn-el-Ouéïbeh,  dans  l'Arabah, au  nord-ouest  du  mont  Hor  et  de  Pétra  ;  cette  lo- calité ,  h  laquelle  on  a  pensé,  est  située  beaucoup trop  à  l'est.  D'après  le  sentiment  le  plus  vraisem- blable, on  doit  chercher  Cadès  à  l'endroit  dit  Aïn- Eudes,  sur  le  versant  occidental  du  plateau  Aza- zimeh  (Atl.  géog.,  pi.  v).
28-30.  Compte  rendu  exagéré  des  explorateurs. —  Tout  est  bien  d'abord ,  quand  ils  décrivent  la fertilité  de  la  contrée  {rêvera  fluit...;  cf.  Ex. III,  8)  ;  mais  ils  font  de  graves  réserves  dès  qu'ils
474
NuM.  XIII,  29  —  XIV,  3.
quse  rêvera  fluit  lacté  et  melle,  ut  ex his  fructibus  cognosci  potest  ;
29.  sed  cultores  fortissimos  habet,  et iirbes  grandes  atque  muratas.  Stirpem Enae  vidimus  ibi.
30.  Amalec  habitat  in  meridie;  He- tliseus  et  Jebusaeus  et  Amorrhœus  in montanis  ;  Chanangeus  vero  moratiir  juxta mare  et  circa  fluenta  Jordanis.
31.  Inter  liasc  Caleb  compescens  mur- mur  populi,  qui  oriebatur  contra  Moy- sen,  ait  :  Ascendamus,  et  possideamus terram,  quoniam  poterimus  obtinere eam.
32.  Alii  vero,  qui  fuerant  cumeo,  di- cebant  :  Nequaquam  ad  hune  populum valemus  ascendere,  quia  fortior  nobis; est.
33.  Detraxeruntqne  terrse,  quam  in- spexerant,  apud  tilios  Israël,  dicentes  : Terra  quam  lustravimus,  dévorât  habi- tatores  suos  ;  populus ,  quem  aspeximus , procerse  staturse  est.
34.  Ibi  vidimus  monstra  qusedam filiorum  Enac  de  génère  giganteo,  qui- bus  comparati,  quasi  locustse  videba- mur.
et  où  coulent  véritablement  le  lait  et  le miel,  comme  on  le  peut  connaître  par ces  fruits.
29.  Mais  elle  a  des  habitants  très forts,  et  de  grandes  villes  fermées  de murailles.  Nous  y  avons  vu  la  race d'Énac.
30.  Amalec  habite  vers  le  midi  ;  les Héthéens,  les  Jébuséens  et  les  Amor- rhéens  dans  le  pays  des  montagnes  ;  et les  Chananéens  sont  établis  le  long  de la  mer  et  le  long  du  cours  du  Jourdain.
31.  Cependant  un  murmure  commen- çant à  s'élever  contre  Moïse,  Caleb  fit ce  qu'il  put  pour  l'apaiser,  en  disant  : Allons  et  assujettissons-nous  ce  pays,  car nous  pouvons  nous  en  rendre  maîtres.
32.  Mais  les  autres  qui  y  avaient  été avec  lui  disaient  au  contraire  :  Nous  ne pouvons  pas  aller  combattre  ce  peuple, parce  qu'il  est  plus  fort  que  nous.
33.  Et  ils  décrièrent  devant  les  en- fants d'Israël  le  pays  qu'ils  avaient  vu, en  disant  :  La  terre  que  nous  avons  été considérer  dévore  ses  habitants  ;  le  peuple que  nous  y  avons  trouvé  est  d'une  taille extraordinaire.
34.  Nous  avons  vu  là  des  hommes  qui étaient  comme  des  monstres ,  des  fils d'Énac  de  la  race  des  géants,  auprès  des- quels nous  ne  paraissions  que  comme  des sauterelles.
CHAPITRE  XIV
1.  Igitur  vociferans  omnis  turba  flevit nocte  illa;
2.  et  murmurati  sunt  contra  Moysen et  Aaron  cuncti  filii  Israël ,  dicentes  :
3.  Utinam  mortui  essemus  in  ^Egypto! et  in  bac  vasta  solitudine  utinam  perea- mus,  et  non  inducat  nos  Dominus  in terram   istam,  ne   cadamus    gladio,   et
1.  Tout  le  peuple  se  mit  donc  à  crier, et  pleura  toute  la  nuit,
2.  et  tous  les  enfants  d'Israël  mur- murèrent contre  Moïse  et  Aaron,  en  di- sant :
3.^  Plût  à  Dieu  que  nous  fussions  morts en  Egypte!  Et  puissions-nous  périr  dans cette  vaste  solitude,  plutôt  que  d'être introduits  par  le  Seigneur  dans  ce  pays-
parlent  des  habitants  et  de  leurs  cités.  L'énu- mération  du  vers.  30  est  importante  sous  le rapport  géographique,  pour  déterminer  les  dis- tricts occupés  par  les  différentes  races.
31.  Protestation  courageuse  de  Caleb.  —  Caleb. Josué  s'unit  à  lui  dans  le  même  esprit,  comme 11  sera  dit  plus  bas,  xiv,  6.-9.  Moïse  aussi  (Dcut. I,  29)  adressa  au  peuple  de  graves  remontrances. —  Covipescens  murmur...  Un  effet  désasti'cux avait  donc  été  produit  en  peu  de  temps.
32-34.  Les  autres  explorateurs  continuent  de plus  belle,  alléguant  l'impossibilité  absolue  de  la
conquête  (nequaquam...  valemus),  et  essayant de  prouver  leurs  dires  par  quelques  faits  spé- ciaux. Notez  les  hypei'boles  :  dévorât  habita- tores  (une  terre  dont  les  habitants  s'entre- dé- truisent par  des  guerres  perpétuelles),  monstra... (hébr  :  hann'filim ;  cf.  Gen.  vi,  4,  et  la  note), et  surtout,  quasi  locustce...!
Z"  Eévolte  du  peuple.  XIV,  1-10.
CiiAP.  XIV.  —  1-4.  Début  de  la  sédition.  — Vociferans,  flevit,  murmurati  sunt  :  expressions énergiques  (surtout  dans  le  texte  hébreu),  qui décrivent  très  bien  l'état  complet  de  démoi'ali-
NuM.  XIV,  4-11.
475
\h,  de  peur  que  nous  ne  mourions  par l'épée,  et  que  nos  femmes  et  nos  en- fants ne  soient  emmenés  captifs  !  Ne vaut -il  pas  mieux  que  nous  retournions en  Egypte?
4.  Ils  commencèrent  donc  à  se  dire l'un  à  l'autre  :  Nommons-nous  un  chef, et  retournons  en  Egypte.
5.  Moïse  et  Aaron,  ayant  entendu  cela, se  prosternèrent  en  terre  ti  la  vue  de toute  la  multitude  des  enfants  d'Israël.
G,  Mais  Josué,  lils  de  Nun,  et  Caleb, fils  de  Jéphoné,  qui  avaient  aussi  eux- mêmes  exploré  le  pays,  déchirèrent  leurs vêtements,
7.  et  dirent  à  toute  l'assemblée  des enfants  d'Israël  :  Le  pays  dont  nous  avons fait  le  tour  est  très  bon,
8.  Si  le  Seigneur  nous  est  favorable, iî  nous  y  fera  entrer,  et  il  nous  donnera cette  terre  où  coulent  le  lait  et  le  miel.
9.  Ne  vous  rendez  point  rebelles  contre le  Seigneur  ;  et  ne  craignez  pas  le  peuple de  ce  pays -là,  parce  que  nous  pouvons le  dévorer  comme  un  morceau  de  pain. Ils  sont  destitués  de  tout  secours  ;  le Seigneur  est  avec  nous,  ne  craignez point.
10.  Alors  tout  le  peuple  jetant  de grands  cris  et  voulant  les  lapider,  la gloire  du  Seigneur  parut  à  tous  les  en- fants d'Israël  sur  le  tabernacle  de  l'al- liance.
11.  Et  le  Seigneur  dit  à  Moïse  : Jusques  à  quand  ce  peuple  m'outragera- t-il  par  ses  paroles?  Jusques  à  quand ne  me  croira- 1 -il  point,  après  tous  les miracles  que  j'ai  faits  devant  leurs  j^eux?
uxores  ac  liberi  nostri  ducantur  captivi! Nonne  melius  est  reverti  in  ^gyptum?
4.  Dixeruntque  alter  ad  alterum  :  Con- stituamus  nobis  ducem,  et  revertamur in  /Egyptum.
5.  Quo  audito,  Moyses  et  Aaron  ceci- derunt  proni  in  terram  coram  omni mnltitudine  filiorum  Israël.
6.  At  vero  Josue,  filius  Nun,  et  Caleb, filius  Jephone,  qui  et  ipsi  lustraverant terram,  sciderunt  vestimenta  sua,
7.  et  ad  omnem  multitudinem  filio- rum Israël  locuti  sunt  :  Terra,  quam circuivimus,  valde  bona  est.
8.  Si  propitius  fuerit  Dominus,  indu- cet  nos  in  eam,  et  tradet  humum  lacté et  melle  manantem.
9.  Nolite  rebelles  esse  contra  Domi- num  ;  neque  timeatis  populum  terrœ hujus,  quia  sicut  panem,  ita  eos  possu- mus  devorare.  Recessit  ab  eis  omne  prte- sidium  ;  Dominus  nobiscum  est,  nolite metuere.
10.  Cumque  clamaret  omnis  multi- tudo,  et  lapidibus  eos  vellet  opprimere, apparuit  gloria  Domini  super  tectum fœderis  cunctis  filiis  Israël.
11.  Et  dixit  Dominus  ad  Mo3^sen  : Usquequo  detrahet  mihi  populus  iste? Quousque  non  credent  mihi,  in  omni- bus signis  quae  feci  coram  eis?
sution  où  se  trouvait  le  peuple.  Cf.  Deut.  i,  28. Le  narrateur  cite  quelques-unes  des  paroles  de CGC  rebelles  :  souhaits  lugubres  pour  le  passé (i(Zina7?£  7no?'ftti...),  et  pour  le  présent  {et  in  liac... solitudine,..)  ;  mépris  des  grands  avantages  que Dieu  leur  avait  promis  (.7ion  inducat  nos  Domi- nus...) ;  projet  de  rentrer  immédiatement  en EgjTte  (nonne  'melius...?). On  voit  que,  cette  fois, la  i-évolte  est  dirigée  contre  Jéhovah  lui-même, et  non  seulement  contre  Moïse  et  Aaron  (cf.  Ex. XVI,  2  et  ss.).
5-10.  Efforts  infractueux  de  Moïse  et  d' Aaron, de  Caleb  et  de  Josué,  pour  calmer  l'effei-vescence du  peuple.  —  Moyses  et  Aaron...  proni.  Après de  vains  appels  à  la  foi  des  séditieux,  Deut.  i, 29-31 ,  ils  font  une  amende  honorable  au  Seigneur outragé.  —  Josue...  et  CaJeb.  Aj'^ant  été  du  nombre des  explorateurs  (et  ipsi  lastr avéra: it...),  ils  pou- vaient protester  avec  inie  grande  autorité,  — Scidcrxmt  vestimenta  :  en  signe  de  deuil.  Cf.  Lcv. "x,  6,  et  l'explication.  Leur  iwtit  di.sconrs  C7»-3) est  très  approprié  à  la  ch'couatuMcc  ;  il  api)uic  sur
ces  deux  pensées  :  fertilité  de  la  terre  promise, et  confiance  en  Jéhovah,  qui  aidera  son  peuple à  s'en  empai'er. —  Sicut /panem...  devorare.  Forte image  pour  exprimer  la  facilité  de  la  conquête, Cf,  Ps,  XIII,  4. —  Recessit...  prcssidium.  Hébr,  : letir  ombre.  Autre  image  orientale;  l'ombre  est un  précieux  abri  sous  le  soleil  brûlant  de  la  Pa- lestine. Cf.  Gen.  XIX,  8  ;  Ps.  xc,  1,  d'après  l'hébreu (xci  dans  la  Vulg.),  Les  peuplades  chananéennes étaient  mûres,  en  effet,  pour  la  perdition.  Cf. Gen.  XV,  16;  Lov.  xviii,  25,  etc.  —  Piésultat  de ces  pieux  efforts,  vers.  10  :  une  surexcitation de  plus  en  plus  vive ,  et  presque  des  voies  de  fait contre  Caicb  et  Josué  (lapidil/us...).  Mais  tout h  coup  Dieu  manifeste  visiblement  sa  présence {apparuit...  cunctis).  Cf.  Ex.  xvi,  10.
2°  L'arrêt  de  mort.  XIV,  11-25.
11-12,  Un  émouvant  dialogue  s'engage  entre le  Seigneur  et  Moïse  ;  nous  en  avons  ici  le  ter- rible exordo,  —  Usquequo...?  quousque...?  L'in- dignation de  Jéhovah  est  à  sou  comble  contre ces  Ingrats.  Detrahet  marque  un  amoindrisse-
476
NuM.  XiV,  12-20.
12.  Feriam  igitur  ens  pestilentia,  at- que  consiiraam;  te  aiitem  faciam  prin- cipem  super  geiitem  magnam,  et  fortio- rem  quam  hœc  est.
13.  Et  ait  Moyses  ad  Dominum  :  Ut audiant  ^gyptii,  de  quorum  medio  edu- xisti  populum  istum,
14.  et  liabitatores  terrse  hujus,  qui audierunt  quod  tu,  Domine,  in  populo isto  sis,  et  facie  videaris  ad  faciem,  et nubes  tua  protegat  illos,  et  in  columna nubis  prœcedas  eos  per  diem,  et  in  co- lumna ignis  per  noctem  ;
15.  quod  occideris  tantam  multitudi- nem  quasi  unum  liominem,  et  dicant  :
16.  Non  poterat  introducere  populum in  terram,  pro  qua  juraverat;  idcirco  oc- cidit  eos  in  solitudine?
17.  Magnificetur  ergo  fortitudo  Do- mini,  sicut  jurasti,  dicens  :
18.  Dominus  patiens  et  multae  mise- ricordiœ,  auferens  iniquitatem  et  sce- lera,  nullumque  innoxium  derelinquens, qui  visitas  peccata  patrum  in  filios,  in tertiam  et  quartam  generationem.
19.  Dimitte,  obsecro,  peccatum  populi hujus  secundum  magnitudinem  miseri- cordise  tuse,  sicut  propitius  fuisti  egre- dientibus  de  iEgypto  usque  ad  locum istum.
20.  Dixitque  Dominus  :  Dimisi  juxta verbum  tuum.
12.  Je  les  frapperai  donc  de  peste, et  je  les  exterminerai;  et  pour  vous, je  vous  établirai  prince  sur  un  autre peu])le  plus  grand  et  plus  fort  que  n'est celui-ci.
13.  Moïse  répondit  au  Seigneur:  Vous voulez  donc  que  les  Egyptiens,  du  milieu desquels  vous  avez  tiré  ce  peuple,
14.  et  que  les  habitants  de  ce  pays, qui  ont  entendu  dire,  Seigneur,  que  vous habitiez  au  milieu  de  ce  peuple,  que  vous y  êtes  vu  face  à  face,  que  vous  les  cou- vrez de  votre  nuée,  et  que  vous  marchez devant  eux  pendant  le  jour  dans  une  co- lonne de  nuée,  et  pendant  la  nuit  dans une  colonne  de  feu  ;
15.  vous  voulez  qu'ils  apprennent  que vous  avez  fait  mourir  une  si  grande multitude  comme  un  seul  homme,  et  qu'ils disent  :
16.  Il  ne  pouvait  faire  entrer  ce  peuple dans  le  pays  qu'il  leur  avait  promis  avec serment  ;  c'est  pourquoi  il  les  a  fait  tous mourir  clans  le  désert.
17.  Que  le  Seigneur  fasse  donc  éclater la  grandeur  de  sa  puissance,  selon  que vous  l'avez  juré,  en  disant  :
18.  Le  Seigneur  est  patient  et  plein  de miséricorde  ;  il  efface  les  iniquités  et  les crimes ,  et  il  ne  laisse  impuni  aucun  cou- pable ,  visitant  les  péchés  des  pères  dans les  enfants  jusqu'à  la  troisième  et  à  la quatrième  génération.
19.  Pardonnez,  je  vous  supplie,  le  péché de  ce  peuple  selon  la  grandeur  de  votre miséricorde,  de  même  que  vous  leur  avez été  favorable  depuis  leur  sortie  d'Egypte jusqu'en  ce  lieu.
20.  Le  Seigneur  lui  répondit  :  Je  leur ai  pardonné,  selon  que  vous  me  l'avez demandé.
ment  de  la  gloire  extérieure  de  Jéhovab,  causé par  sa  nation  privilégiée.  —  Feriam...,  sa  patience étant  à  bout.  L'équivalent  hébreu  de  consumam serait  «  déshériter  ». —  Te  autem...  Même  excep- tion ,  et  même  offre  glorieuse  qu'après  l'adoration du  veau  d'or,  Èx.  xxxii,  10.
13-19.  Moïse  intercède  pour  Israël  coupable.  Beau type  de  Notre-Seigneur  Jésus-Christ  «  semper  vi- vens  ad  interpellandum  pro  nobis  »,  Hebr.vii,  25. —  Dans  cette  prière,  très  émue  (voyez  le  texte hébreu,  où  les  phrases  sont  tout  entrecoupées), et  non  moins  admirable  que  celle  de  l'Exode, XXXII,  11-13,  Moïse  fait  valoir  deux  arguments pour  calmer  la  juste  colère  de  son  Maître.  Pre- mier argument,  A'ers.  13-16  :  désormais  l'honneur de  Jéhovah  est  lié  indissolublement  à  la  conser- vation des  Israélites.  Raisonnement  tout  humain en  apparence,  mais  très  fort,  parce  qu'il  s'ap-
puyait sur  l'ensemble  du  plan  providentiel.  Au vers.  14,  excellent  résumé  des  faveurs  divines à  l'égard  des  Hébreux  (facie  ad  faciem;  litté- ral. :  œil  à  œil ,  comme  deux  amis  qui  s'entre- regardent  familièrement).  Au  vers.  16,  ironie mordante  :  non  poterat...,  malgi'é  son  serment (juraverat).  Cf.  Deut.  xxxii,  26-27  ;  Jos.  vu,  9  ; Is.  XLViii,  9-11.  —  Deuxième  argument,  vers. 17-18  :  la  miséricorde  du  Seigneur,  qui  lui  pro- curera lane  plus  grande  gloire  que  la  vengeance. Quelle  habileté,  de  rappeler  à  Dieu  la  définition qu'il  avait  donnée  lui-même  de  son  essence  :  Do- minus patiens...!  Cf.  Ex.  xxxiv,  6-7,  et  le  com- mentaire. —  Conclusion  de  cette  double  prémisse, vers.  19  :  Dimitte...
20-25.  Dieu  proclame  la  sentence,  en  la  miti- gcant.  —  Dimisi...  Douce  réponse  au  «  dimitte  » do   Moïse.  Tsi'aël  no  sera   donc   pas  totalement
NuM.  XIV,  21-30.
477
21.  Je  jure  par  moi-même  que  toute la  terre  sera  remplie  de  la  gloire  du  Sei- gneur.
22.  Mais  tous  les  hommes  qui  ont  vu l'éclat  de  ma  majesté,  et  les  miracles que  j'ai  faits  en  Egypte  et  dans  le  dé- sert, et  qui  m'ont  déjà  tenté  dix  fois différentes ,  et  n'ont  point  obéi  à  ma voix ,
23.  ne  verront  pas  la  terre  que  j'ai promise  k  leurs  pères  avec  serment  ;  et nul  de  ceux  qui  m'ont  outragé  par  leurs paroles  ne  la  verra.
24.  Quant  ti  Caleb  mon  serviteur,  qui, étant  plein  d'un  autre  esprit,  m'a  suivi, je  le  ferai  entrer  dans  cette  terre  qu'il  a parcourue ,  et  sa  race  la  possédera.
25.  Comme  les  Amalécites  et  les  Cha- nanéens  habitent  dans  les  vallées  voi- sines, décampez  demain,  et  retournez dans  le  désert  par  le  chemin  de  la  mer Rouge.
26.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse et  à  Aaron,  et  leur  dit  :
27.  Jusques  à  quand  ce  peuple  impie et  ingrat  murmurera-t-il  contre  moi?  J'ai entendu  les  plaintes  des  enfants  d'Is- raël.
28.  Dites-leur  donc  :  Je  jure  par  moi- même,  dit  le  Seigneur,  que  je  vous  trai- terai selon  le  souhait  que  je  vous  ai  en- tendu faire.
29.  Vos  cadavres  seront  étendus  dans ce  désert.  Vous  tous  qui  avez  été  dénom- brés depuis  l'âge  de  vingt  ans  et  au- dessus  ,  et  qui  avez  murmuré  contre  moi,
30.  vous  n'entrerez  point  dans  cette terre,  dans  laquelle  j'avais  juré  que  je vous  ferais  habiter,  excepté  Caleb,  dis  de Jéphoné ,  et  Josué ,  fils  de  Nun.
21.  Vivo  ego,  et  implebitur  gloria  Do- mini  universa  terra.
22.  Attamen  omnes  homines  qui  vi- derunt  majestatem  meam,  et  signa  quse feci  in  ^gypto  et  in  solitudine,  et  ten- taverunt  me  jam  per  decem  vices,  nec obedierunt  voci  mese,
23.  non  videbunt  terram  pro  qua  ju- ravi  patribus  eorum;  nec  quisquam  ex illis  qui  detraxit  mihi ,  intuebitur  eam.
24.  Servum  meum  Caleb,  qui,  plenus alio  spiritu,  secutus  est  me,  inducam  in terram  hanc ,  quam  cire ui vit  ;  et  semen ejus  possidebit  eam.
25.  Quoniam  Amalécites  et  Chanangeus habitant  in  vallibus,  cras  movete  castra, et  revertimini  in  solitudinem  per  viam maris  Rubri.
26.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moy- sen  et  Aaron,  dicens  :
27.  Usquequo  multitude  hsec  pessima murmurât  contra  me?  querelas  filiorum Israël  audivi.
28.  Die  ergo  eis  :  Vivo  ego,  ait  Do- minus, sicut  locuti  estis  audiente  me, sic  faciam  vobis.
29.  In  solitudine  hac  jacebunt  cada- vera  vestra.  Omnes  qui  numerati  estis a  viginti  annis  et  supra,  et  murmurastis contra  me,
30.  non  intrabitis  terram,  super  quam levavi  ro.anum  meam  ut  habitare  vos facerem,  prœter  Caleb,  filium  Jephone. et  Josue,  filium  Nun.
anéanti,  déshérité.  Néanmoins  la  justice  et  la sainteté  divines  exigent  un  cliàtiment  exemplaire, et  Jéhovah  jure  par  lui-même  (Vivo  ego)  que son  honneur  sera  vengé  {implebitur  gloria..., de  la  gloii'C  qui  proviendra  de  sa  puissance  ma- nifestée par  son  éclatante  vengeance).  —  Atta- men... Ce  sont  (22-23)  les  termes  mêmes  de  l'arrêt de  mort,  avec  les  considérants  à  l'appui  {vide- runt  'majestatem...,  signa...,  tentaverunt...;  decem vicibus  est  un  chiffre  rond  pour  signifier  «  sou- vent »). —  Servum  meum  Caleb...  Exception  en faveur  de  Caleb,  dont  Dieu  relève  la  sainte  et courageuse  conduite  {alto  spiritu,  d'autres  sen- timents que  la  masse  des  rebelles),  et  auquel  il accorde  en  héritage  le  riche  domaine  d'Hébron (semen  ejus  possidebit;  cf.  Jos.  xiv,  6-14).  Plus bas,  vers.  30,  Josué  sera  pareillement  excepté  de la  sentence.  —  Quoniam  (l'hébreu  a  simplement  : «  et  »)  Amalécites...  Ces  premiers  mots  du  vers.  25
ne  sont  pas  sans  obscurité.  La  meilleure  inter- prétation nous  paraît  être  celle  qui  les  rattache à  l'ordre  concis  et  énergique  :  Cras  movete...  Ils motivent  donc  la  nécessité  d'un  prompt  départ  : Puisque  des  ennemis  redoutables  sont  là  en  em- Duscade,  éloignez -vous  au  rilus  tôt.  Voyez  les vers.  43-45.  —  Revertimini  in  solitudinem.  Dans l'affreux  désert  de  Pharan,  pour  y  mourir.
50  Réitération  de  la  sentence,  et  commence- ment de  son  exécution.  XIV,  26  -  38.
26-35.  Dieu  renouvelle  l'arrêt  de  mort  en  le développant.  —  Bic  ergo  eis  (vers.  28).  Plus haut,  le  Seigneur  n'avait  parlé  directement  que pour  Moïse  ;  il  lui  ordonne  maintenant  de  pro- mulguer son  décret  à  tous  les  intéressés.  —  Ar- gument «  ad  hominem  »  auquel  il  n'y  avait  rien à  redire,  vers.  28-29»  :  Sicut  locuti...,  sic  faciam. Voyez  le  vers.  3.  —  Spécification  plus  pi'écise  de la  partie  du  peuple  atteinte  par  la  sentence,
23
478
NujL  XIV,  31-40.
31.  Parvuios  aiiicui  vestros,  de  quibus dixistis  quod  pl•<^>d^^c  hostibus  forent,  in- troducam,  lit  videaiit  terram  qu£G  vobis displicuit.
32.  Vcstra  cadavera  jacebunt  in  soli- tudiiie;
33.  filii  ve.<tri  erunt  vagi  in  doserto annis  quadraginta,  et  portabunt  forni- cationeni  vestram,  donec  consiimantur cadavera  patrum  in  deserto,
34.  juxta  numerum  quadraginta  die- rnm,  quibus  considerastis  terram  :  annus pro  die  imputabitur.  Et  quadraginta  an- nis recipietis  iniquitates  vestras  et  scietis ultionem  meam  ;
35.  quoniam  siciit  locutus  sum,  ita faciani  omni  multitudini  huic  pessim?e, quœ  consurrexit  adversum  me  :  in  soli- tudine  liac  deficiet,  et  morietur.
3G.  Igitur  omnes  yiri,  quos  miserat Moyses  ad  contemplandam  terram,  et qui  reversi  murmurare  fecerant  contra eum  omnem  multitudinem,  detrahentes terrse  quod  esset  niala,
37.  mortui  sunt,  atque  percussi  in  con- spectu  Domini;
38.  Josue  autem,  filius  Nun,  et  Caleb, iilius  Jephone,  yixerunt  ex  omnibus  qui perrexerant  ad  considerandam  terram.
39.  Locutusque  est  Moyses  universa verba  hœc  ad  omnes  filios  Israël,  et luxit  populus  nimis.
40.  Et  ecce  mane  primo  surgentes ascenderunt  Terticem  montis,  atque dixerunt  :  Parati  sumus   ascendere    ad
31.  I\[ais  j'y  ferai  entrer  vos  petits, enfants,  dont  vous  avez  dit  qu'ils  se- raient la  proie  de  vos  ennemis,  alin  qu'ils voient  cette  terre  qui  vous  a  déplu.
32.  Vos  cadavres  seront  étendus  dans ce  désert.
33.  Vos  enfants  seront  errants  dans ce  désert  pendant  quarante  ans,  et  ils |)arteront  la  peine  de  votre  révolte  contre moi,  jusqu'à  ce  que  les  cadavres  de  leurs pères  soient  consumés  dans  le  désert.,
34.  selon  le  nombre  des  quarante  jours pendant  lesquels  vous  avez  exploré  cette terre,  en  comptant  une  année  pour  chaque jour.  Vous  recevrez  donc  pendant  qua- rante ans  la  peine  de  vos  iniquités,  et vous  saurez  quelle  est  ma  vengeance  ;
35.  car  je  traiterai  en  la  manière  que je  le  dis  tout  ce  méchant  peuple  qui  s'est soulcA^é  contre  moi  :  il  sera  consumé  dans ce  désert,  et  il  y  mourra.
36.  Tous  ces  hommes  que  Moïse  avait envoyés  pour  explorer  la  terre  promise^ et  qui  c\  leur  retour  avaient  fait  murmu- rer tout  le  peuple  contre  lui,  en  décriant cette  terre  comme  mauvaise ,
37.  moururent  donc,  frappés  par  le  Sei- gneur.
38.  Et  il  n'y  eut  que  Josué,  fils  de  Nun, et  Caleb,  fils  de  Jéphoné,  qui  survécurent de  tous  ceux  qui  avaient  été  reconnaître la  terre  loromise.
39.  Moïse  rapporta  toutes  les  paroles du  Seigneur  à  tous  les  enfants  d'Is- raël ,  et  il  y  eut  un  grand  deuil  parmi  le peuple.
40.  Mais ,  le  lendemain ,  s'étant  levés de  grand  matin,  ils  montèrent  sur  le haut   de    la   montao-ne,    et  ils   dirent  :
29i'-30a  :  omnes  qui  numercUL..  C'est- ù- dire  les 600  dOO  hommes  qui  avaient  été  recensés  au  pied du  Sinaï  (chap.  i).  A  luui-  âge,  ils  étaient  inexcu- sables (cf.  vers.  22),  —  Prcetar  CaUh...  Les  excep- tions, SO^J-Sl.  On  suppose  à  bon  droit  que  les Lévites  furent  aussi  compris  dans  l'exception , car,  disent  les  rabbins,  ils  navaient  pas  été  l'objet du  premier  dénombrement  ;  en  outre,  ils  n'étaient point  représentés  parmi  les  explorateurs.  Do  fait, Éléazar,  flls  d'Aaron ,  âgé  alors  d'au  moins  vingt et  un  ans,  puisqu'il  exerçait  les  fonctions  sacer- dotales, entra  dans  la  Terre  promise  avec  Josué. Cf.  IV,  16  et  ss.;  xxxrv,  17,  etc.  —  Super  quam levavi...  Anthropomorphisme  :  le  geste  du  ser- ment. Cf.  Gen.  XTV,  22  ;  Deut.  xxxii,  40,  —  Ma- nière dont  sera  exécutée  fe,  sentence,  32-35,  En attendant,  les  uns  la  mort ,  les  autres  l'entrée  en Chanaan,  erunt  vagi...  L'hébreu  dit  :  rô'im, pasteurs  ;  cela  revient  au  môme,  les  pasteurs  du désert  étant  toujours  errants  pour  trouver  des
pâturages.  —  Anyiis  quadraginta.  Est  comprise dans  ce  chiffre  l'année  et  demie  qai  s'était  écoulée depuis  la  sortie  d'Egypte.  —  Scietis  ultionem. L'expression  hébraïque  t'nu'âh  n'est  employée qu'ici  et  Job,  xxx,  10  ;  son  sens  exact  est  «  abalie- natio  »,  Jéhovah  se  retire  d'auprès  de  son  peuple.
36-38.  Commencement  d'exécution  de  Tan'êt de  moi't,  —  Igitur  omnes...  Les  dix  explorateurs qui  avaient  occasionné  la  révolte  sont  punis  les premiers,  ainsi  qu'il  convenait.  —  Percussi... :  de mort  subite,  probablement.
6°  Fausse  pénitence,  suivie  d'un  prompt  châti- ment. XIV,  39-45.
39-40,  Repentir  tardif  et  mouvement  de  faux zèle.  —  Luxit...  nimis.  On  le  conçoit  ;  mais  ils semblent  avoir  plutôt  déploré  la  sentence ,  que  le péché  qui  l'avait  provoquée,  —  Primo  mane... ascenderunt...  «  Par  une  réaction  fréquente  dans les  mouvements  populaires ,  ils  voulurent  réparer leur  faute  par  une  faute  contraire,  tombant  d'au
NuM.  XIV,  41.  —  XV,  3.
479
Nous  sommes  prêts  à  monter  au  lieu dont  le  Seigneur  nous  a  parlé,  car  nous avons  péché.
41.  JMoïse  leur  dit  :  Pourquoi  voulez- vous  transgresser  l'ordre  du  Seigneur? Ce  dessein  ne  vous  réussira  pas.
42.  Cessez  donc  de  vouloir  monter,  car le  Seigneur  n'est  point  avec  vous,  de peur  que  vous  ne  soyez  renversés  devant vos  ennemis.
43.  Les  Amalécites  et  les  Chananéens sont  devant  vous ,  et  vous  tomberez  sous leur  épée,  parce  que  vous  n'avez  pas voulu  obéir  au  Seigneur,  et  le  Seigneur ne  sera  point  avec  vous.
44.  Néanmoins ,  frappés  d'aveugle- ment ,  ils  montèrent  sur  le  haut  de  la montagne.  Cependant  l'arche  de  l'al- liance du  Seigneur  et  Moïse  ne  sortirent point  du  camp.
45.  Les  Amalécites  et  les  Chananéens qui  habitaient  sur  la  montagne  descen- dirent ,  donc  contre  eux  ;  et ,  les  ayant battus  et  taillés  en  pièces,  ils  les  pour- suivirent jusqu'à  Horma.
locum  de  quo  Dominus  locutus  est  ;  quia peccavimus.
41.  Quibus  MojT-ses  :  Cnr,  inquit,  trans- gredimini  verbum  Domini,  quod  vobis non  cedet  in  prosperum?
42.  Nolite  ascendere,  non  enira  est Dominus  vobiscum,  ne  corruatis  coram inimicis  vestris.
43.  Amalécites  et  Chananœus  ante  vos sunt,  quorum  gladio  corruetis,  eo  quod nolueritis  acquiescere  Domino,  nec  erit Dominus  vobiscum.'
44.  At  illi  contenebrati  ascenderunt in  verticem  montis.  Arca  autem  testa- menti  Domini  et  Moyses  non  recesserunt de  castris.
45.  Descenditque  Amalécites  et  Cha- nanœus ,  qui  habitabat  in  monte  ;  et  per- cutiens  eos  atque  concidens,  persecutus est  eos  usque  llorma.
CHAPITRE  XV
1.  Le  Seigneur  parla  à  Moïse,  et  lui dit  :
2.  Parlez  aux  enfants  d'Israël;  et  dites- leur  :  Lorsque  vous  serez  entrés  dans  le paj's  que  je  vous  donnerai  pour  y  ha- biter,
3.  et  que  vous  offrirez  au  Seigneur  ou un  holocauste,  ou  une  victime  en  vous acquittant  de  vos  vœux,  ou  en  lui  of-
1.  Locutus  est  Dominus  ad  Moysen, dicens  :
2.  Loquere  ad  filios  Israël ,  et  dices  ad eos  :  Cum  ingressi  f  ueritis  terram  habi- tationis  vestrée,  quam  ego  dabo  vobis,
3.  et  feceritis  oblationem  Domino  in holocrustum,  aut  victimam,  vota  sol- ventes,  vel   sponte   olferentes   munera.
excès  de  décoviragoment  dans  un  excès  de  pré- somption, »  Man.  Mbl.,  t.  I,  p.  631  de  la  6^  édit. Ils  s'élancent  dans  la  direction  de  la  Terre  pro- mise, par  la  voie  qu'avaient  suivie  les  explorateurs (cf.  xni,  17).
41-43.  Sages  représentations  de  Moïse.  —  Il Cî-saye  de  les  dissuader,  en  appuyant  sur  deux motifs  la  certitude  de  l'insuccès  qui  les  attend  : 1°  Transgredimini...  (Dieu  leur  avait  enjoint  la veille  de  réti'ograder  vers  le  sud,  vers.  25);  non est  Dominus  vobiscum;  2"  Amalécites..,  ante vos.
44-45.  La  désobéissance  punie.  —  At  illi  con- tenebrati... Hébr.  :  «  Intumuerunt  ascendere,  » locution  qui  exprime  très  bien  leur  folb  pré- somption. —  Percuticns...  atque  concidens.  Ce  dut être  \n\  carnage  affreux.  Los  survivants  furent poursuivis  jusqu'à  Horma,  ville  du  Négch  d'après XXI,  3  ;  xxxui,  3 ,  et  Jud.  i,  17.  Elle  paraît  avoir été  située  au  sud  d'Élusa  et  au  nord  de  Cadès,
à  mi-chemin  de  ces  deux  localités.  Voj'ez  VAtl. gcogr.,  pi.  v  et  vu.
Section  II.  —  Les  trente -huit  années  de  pé-
KÉGllINATIONS   A   TRAVERS   LE   DÉSERT.  XV,  1  —
XXI,  35.
C'est  presque  un  espace  vide  dans  les  annales d'Israël.  La  génération  qui  vient  d'être  con- damnée à  mort  n'a  plus  d'histoire  au  point  de vue  théocratique  ;  la  jeune  génération  qui  gran- dit n'en  a  pas  encore  :  aussi  trouvons  -  nous  un silence  à  peu  près  complet  sur  ces  tristes  années.
§1.  —  Quelques  préceptes  religieux.  XV,  1-41.
1»  Lois  complémentaires  sur  les  sacrifices,  XV, 1-15.
Chap.  XV.  —  1-2».  Introduction.
2i'-10.  Règles  relatives  aux  offrandes  de  farine et  aux  libations  qui  devaient  accompagner  les sacrifices  sanglants.  —  Cum  ingressi  /ueritis...
480
NuM.  XV,  4-15.
aut  in  solemnitatibus  vestris  adolentes odorem  suavitatis  Domino,  de  bobus  sive de  ovibiis;
4.  oiïeret  quicumque  immolaverit  vi- ctimam,  sacrificium  similse,  decimam pai'tem  ephi,  conspersse  oleo,  quod  men- siiram  habebit  quartam  partem  hin  ;
5.  et  vinum  ad  liba  fundenda  ejus- dem  mensui'se  dabit  in  holocaustum  sive in  victimam.  Per  agnos  singulos
6.  et  arietes  erit  sacrificium  similse duarum  decimarum,  quae  conspersa  sit oleo  tertiœ  partis  hin  ;
7.  et  vinum  ad  libamentum  tertiœ  par- tis ejusdem  mensurse  oiïeret  in  odorem suavitatis  Domino.
8.  Quando  vero  de  bobus  feceris  holo- caustum aut  hostiam ,  ut  impleas  votum vel  paciticas  victimas,
9.  dabis  per  singulos  boves  sirailos très  décimas  conspersse  oleo,  quod  ha- beat  médium  mensurœ  hin  ;
10.  et  vinum  ad  liba  fundenda  ejus- dem mensuraî  in  oblationem  suavissimi odovis  Domino.
11.  Sic  faciès
12.  per  singulos  boves  et  arietes  et agnos  et  liEedos.
13.  Tam  indigense  quam  peregrini
14.  eodem  ritu  offerent  sacrificia.
15.  Unum  praeceptum  erit  atque  judi- cium  tam  vobis  quam  advenis  terrœ.
frant  volontairement  vos  dons,  ou  en faisant  brûler  dans  vos  fêtes  solennelles des  offrandes  d'une  odeur  agréable  au Seigneur,  soit  de  bœufs  ou  de  brebis  ;
4.  quiconque  aura  immolé  l'hostie  of- frira pour  le  sacrifice  de  farine  la  dixième partie  d'un  éphi,  mêlée  avec  une  mesure d'huile  qui  tiendra  la  quatrième  partie du  hin  ;
5.  et  il  donnera,  soit  pour  l'holo- causte, soit  pour  la  victime,  la  même mesure  de  vin  pour  l'oblation  de  li- queur.
6.  Pour  chaque  agneau  et  pour  chaque bélier,  il  offrira  en  sacrifice  deux  dixiè- mes de  farine  mêlée  avec  une  mesure d'huile  de  la  troisième  partie  du  hin  ;
7.  et  il  offrira  en  oblation  de  liqueur la  troisième  partie  de  la  même  mesure comme  un  sacrifice  d'wwQ  odeur  agréable au  Seigneur.
8.  Mais  lorsque  vous  offrirez  des  bœufs, ou  en  holocauste,  ou  en  sacrifice,  pour accomplir  votre  vœu,  ou  pour  offrir  des victimes  pacifiques,
9.  vous  donnerez  pour  chaque  bœuf trois  dixièmes  de  farine  mêlée  avec  une mesure  d'huile  de  la  moitié  du  hin  ;
10.  et  vous  y  joindrez  pour  offrande de  liqueur  la  même  mesm-e  de  vin , comme  une  oblation  d'une  odeur  très agréable  au  Seigneur.
11.  Vous  en  userez  de  même
12.  pour  tous  les  bœufs,  les  béliers, les  agneaux  et  les  chevreaux  que  vous offrirez.
13.  Les  indigènes  et  les  étrangers
14.  offi'iront  les  sacrifices  avec  les mêmes  cérémonies.
15.  Il  n'}''  aura  qu'une  même  loi  et une  même  ordonnance,  soit  pour  vous, soit  pour  ceux  qui  sont  étrangers  dans votre  paj^s.
Il  semblerait,  d'après  ces  mots,  qu'un  long  inter- valle s'est  écoulé  depuis  les  faits  racontés  au cliap.  XIV.  La  prise  de  possession  de  la  Palestine paraît  proche ,  puisque  Dieu  rappelle ,  à  ceux  des Israélites  qui  n'en  ont  pas  été  exclus,  quelques- uns  des  devoirs  qui  leur  incomberont  dès  leur installation.  —  Et  feceritis  oUationem.  Hébr.  : 'isseh,  ce  qui  se  consume  par  le  feu.  Terme  gé- nérique qui  désigne  ici  les  sacrifices  sanglants. Plusieurs  espèces  particulières  sont  ensuite  mar- quées :  l'iiolocauste ,  et  les  autres  victimes  immo- lées en  vertu  d'un  vœu,  ou  spontanément,  ou  à l'occasion  des  fêtes. —  1«  Offeret  quicumque  (vers. 4-5).,.  Détermination  de  la  quantité  de  fai'ine,  de vin  et  d'huile  qui  devra  accompagner  les  sacri- fices d'agneaux  :  un  Hssarôn  de  pure  farine ,  un
dixième  d.'"êfah,  comme  dit  la  Vulgate;  c-à-d. 3  litr.  88  (cf.  Ex,  xxix,  40,  et  l'explication);  un quart  de  7dn  (c.-à-d,  1  litr,  625),  soit  d'huile, soit  de  vin,  —  Per  singulos  agnos.  Il  faudrait un  point  après  ces  mots,  car  le  règlement  qui précède  ne  concerne  que  les  agneaux.  —  2«  Pour le  sacrifice  d'un  bélier  (vers,  G-7)  :  deux  'iskarôit de  pure  farine,  ou  7  litr.  76;  un  tiers  de  hîn  de vin  et  d'huile  (le  Uîn  équivaut  à  6  litr.  49),  — 80  Pour  le  pacriflce  d'un  taureau  (vers.  8-10)  : trois  'issarôii  d'une  part  (11  litr,  64)  ;  de  l'autre, un  demi-7iTO.  Les  proportions  augmentent  selon la  taille  et  la  valeur  des  victimes.
11-15.  Récapitulation  et  conclusion.  La  Vulgate a  notablement  condensé  ce  passage,  sans  rien omettre  d'essentiel.
NuM.  XV,  16-27.
481
10.  Le  Seigneur  parla  à  Moïse,  et  lui dit  :
17.  Parlez  aux  enfants  d'Israël,  et dites -leur  :
18.  Lorsque  vous  serez  arrivés  dans  la terre  que  je  vous  donnerai,
19.  et  que  vous  mangerez  des  pains de  ce  pays-l;\,  vous  mettrez  à  part  pour le  Seigneur  les  prémices
20.  de  vos  mets.  Comme  vous  mettez k  part  les  prémices  des  grains  de  l'aire  ;
21.  vous  donnerez  aussi  au  Seigneur les  prémices  de  la  farine  que  vous  pé- trirez.
22.  Que  si  vous  oubliez  par  ignorance de  faire  quelqu'une  des  choses  que  le Seigneur  a  dites  i\  Moïse,
23.  et  qu'il  vous  a  ordonnées  par  lui depuis  le  jour  où  il  a  commencé  à  vous faire  des  commandements ,  et  plus  tard  ;
24.  et  si  toute  la  multitude  du  peuple est  tombée  dans  cet  oubli,  ils  offriront un  veau  du  troupeau  en  holocauste  d'une odeur  très  agréable  au  Seigneur,  avec l'oblation  de  la  farine  et  des  liqueurs, comme  le  prescrivent  les  cérémonies,  et un  bouc  pour  le  péché.
25.  Et  le  prêtre  priera  pour  toute  la multitude  des  enfants  d'Israël,  et  il  leur sera  pardonné,  parce  qu'ils  n'ont  pas péché  volontairement  ;  et  ils  ne  laisse- ront pas  néanmoins  d'offrir  l'holocauste au  Seigneur,  pour  eux-mêmes,  pour  leur péché  et  leur  ignorance  ;
26.  et  il  sera  pardonné  ainsi  à  tout  le peuple  des  enfants  d'Israël,  et  aux  étran- gers qui  seront  venus  demeurer  parmi eux  ;  parce  que  c'est  une  faute  que  tout le  peuple  a  faite  par  ignorance.
27.  Que  si  une  personne  privée  a  pé-
16.  Locutus  est  Dominus  ad  Moysen, dicens  :
17.  Loquere  filiis  Israël,  et  dices  ad eos  :
18.  Cum  veneritis  in  terram,  quam dabo  vobis,
19.  et  comederitis  de  panibus  regionis illius,  separabitis  primitias  Domino
20.  de  cibis  veslris.  Sicut  de  areis primitias  separatis,
21.  ita  et  de  pulmentis  dabitis  primi- tiva  Domino.
22.  Quod  si  per  ignorantiam  prœte- rieritis  quidquam  horum,  qu93  locutus est  Dominus  ad  Moysen,
23.  et  mandavit  per  eum  ad  vos,  a die  qua  cœpit  jubere  et  ultra,
24.  oblitaque  f uerit  f acere  multitudo , offeret  vitulum  de  armento,  holocaustum in  odorem  suavissimum  Domino,  et  sa- crificium  ejus  ac  liba,  ut  ceremoniae  po- stulant, hircumque  pro  peccato;
25.  et  rogabit  sacerdos  pro  omni  mul- titudine  filiorum  Israël  ;  et  dimittetur eis,  quoniam  non  sponte  peccaverunt, nihilominus  offerentes  incensum  Domino pro  se ,  et  pro  peccato  atque  errore  suo  ;
26.  et  dimittetur  universse  plebi  filio- rum Israël,  et  advenis  qui  peregrinan- tur  inter  eos,  quoniam  culpa  est  omnis populi  per  ignorantiam.
27.  Quod  si  anima  una  nesciens  pec-
2°  Loi  relative  aux  prémices  du  pain.  XV, 16-21.
16-17.  Transitior».
18-21,  Le  précepte.  —  Encore  le  doux  horizon de  la  Terre  promise  :  cum  veneritis... —  Sépara- Mtis...  C'est  bien  le  sens  de  l'hébreu,  qui  emploie les  expressions  techniques  hârim  t'râmah,  élever une  (offrande  d')  élévation.  Cf.  Ex.  xxii,  29; XXIII,  19;  Lev.  ii,  14;  xxiii,  9,  etc. —  De  cibis veslris.  Hébr.  :  'arisôt,  expression  traduite  au vers.  21  par  pulinodis ,  et  qui  désigne  vraisem- blablement du  blé  moulu  ou  pilé.  Cf.  Neh.  x,  38; Ez.  XLiv,  30.  —  SiCHl  de  areis...  ita...  Dieu  ré- clame donc  les  prémices  des  céréales  sous  toutes leurs  formes  :  soit  en  grains  (Lev.  xxiii,  10-14), soit  en  pâte.  Les  fennncs  juives  sont  aujourd'hui encore  fidèles  à  observer  cette  loi,  et  elles  ne manquent  pas,  lorsqu'elles  pétrissent,  de  jeter  au feu  un  petit  morceau  de  pâte  en  guise  de  prémices  :
c'est  ce  que  saint  Paul  appelle  «  dclibatio  »,  Rom. XI,  16.
3°  Lois  relatives  aux  péchés  d'ignorance  et  de présomption.  XV,  22-31.
22-26.  Péchés  d'ignoï'ance  commis  par  toute la  nation.  —  Per  ignorantiam...  Sur  cette  caté- gorie de  fautes,  voyez  le  commentaire  de  Lev. IV,  2.  Dieu  daigiic  rappeler  qu'il  a  institué  des sacrifices  pour  expier  ces  sortes  de  péchés.  — Prceterieritis...  Au  passage  corrélatif  du  Lévi- tique,  IV,  13  efc  ss.,  il  était  question  de  péchés positifs,  ou  de  «  commission  »  ;  il  s'agit  ici  de fautes  négatives,  ou  d'omission  :  de  là  i)rovient la  variété  des  rites  prescrits.  —  Bopahit  sacerdos (vers.  25).  Hébr.  :  le  prêtre  fera  l'expiation  (par le  sacrifice  offert).
27-29.  Manière  d'expier  les  fautes  d'ignorance commises  par  les  simples  particuliers.  —  Capram. Naturellement  l'offrande  était  moindre.
482
NuM.  XV,  28-39.
caverit,  offeret  capram  anniculam  pro peccato  suo;
28.  et  deprecabitur  pro  ea  sacerdos, quod  inscia  peccaverit  coram  Domino; impctrabitque  ei  veniam,  et  dimittetur iili.
29.  Tarn  indigenis  quam  advenis  una lex  erit  omnium,  qui  peccaverint  igno- rantes.
30.  Anima  vero,  quse  per  superbiam aliquid  commiserit,  sive  civis  sit  ille, sive  peregrinus  (quoniam  adversus  Do- minum  rebellis  fuit),  peribit  de  populo suo  ;
31.  verbum  enim  Domini  contempsit, et  prreceptum  illius  fecit  irritum  ;  idcirco delebitur,  et  portabit  iniquitatem  suam.
32.  Factum  est  autem,  cum  essent filii  Israël  in  solitudine,  et  invenissent hominem  coUigentem  ligna  in  die  sab- bati ,
33.  obtulerunt  eum  Moysi  et  Aaron et  universse  multitudini,
34.  qui  recluserunt  eum  in  carcerem, nescientes  quid  super  eo  facere  debe- rent.
35.  Dixitque  Dominus  ad  Moysen  : Morte  moriatur  liomo  iste,  obruat  eum lapidibus  omnis  turba  extra  castra.
36.  Cumque  eduxissent  eum  foras, obruerunt  lapidibus;  et  mortuus  est, sicut  prœceperat  Dominus.
37.  Dixit  quoque  Dominus  ad  Moysen  :
38.  Loquere  filiis  Israël,  et  dices  ad eos  ut  faciant  sibi  fimbrias  per  angulos palliorum,  ponentes  in  eis  vittas  hya- cintliiuas  ;
39.  quas  cum  viderint,  recordentur omnium  mandatorum  Domini,  nec  sé-
ché par  ignorance,  elle  offrira  une  clièvre d'un  an  ])Our  son  péché  ;
28.  et  le  prêtre  priera  pour  elle ,  parce qu'elle  a  péché  devant  le  Seigneur  sans le  savoir  ;  et  il  obtiendra  le  pardon  pour elle,  et  sa  faute  lui  sera  remise.
29.  La  même  loi  sera  gardée  pour tous  ceux  qui  auront  péché  par  igno- rance, qu'ils  soient  du  pays  ou  étran- gers.
30.  Mais  celui  qui  aura  commis  quel- que péché  par  orgueil  périra  du  milieu de  son  peuple,  qu'il  soit  citoyen  ou étranger,  parce  qu'il  a  été  rebelle  contre le  Seigneur.
31.  Car  il  a  méprisé  la  parole  du  Sei- gneur, et  il  a  rendu  vaine  son  ordon- nance ;  c'est  pourquoi  il  sera  exterminé , et  il  portera  la  pebie  de  son  iniquité.
32.  Or,  tandis  que  les  enfants  d'Israël étaient  dans  le  désert,  il  arriva  qu'ils trouvèrent  un  homme  qui  ramassait  du bois  le  jour  du  sabbat  ;
33.  et  l'ayant  présenté  à  Moïse,  à Aaron  et  à  tout  le  peuple,
34.  ils  le  firent  mettre  en  prison,  ne sachant  ce  qu'ils  en  devaient  faire.
35.  Alors  le  Seigneur  dit  à  Moïse  : Que  cet  homme  soit  puni  de  mort,  et que  tout  le  peuple  le  lapide  hors  du camp.
36.  Ils  le  firent  donc  sortir  dehors,  et le  lapidèrent;  et  il  mourut  selon  que  le Seigneur  l'avait  commandé.
37.  Le  Seigneur  dit  aussi  à  Moïse  :
38.  Parlez  aux  enfants  d'Israël,  et dites -leur  de  mettre  des  franges  aux coins  de  leurs  manteaux,  et  d'y  joindre des  bandes  de  couleur  d'hyacinthe,
39.  afin  que,  les  voyant,  ils  se  sou- viennent de  tous  les  commandements  du
30-31.  Péchés  de  présomption.  —  Per  super- biam. Dans  l'hébreu  :  la  main  élevée  ;  haut  la main,  d'après  la  locution  française  équivalente. C.-à-d.  avec  une  malice  audacieuse,  qui  brave Dieu  ouvertement.  —  Dans  ce  cas,  point  de  ré- mission (peribit...),  puisqu'on  suppose  l'absence de  repentir.  Le  vers.  31  insiste  solennellement sur  la  gravité  du  crime  et  sur  sa  répression.
4°  Application  de  la  loi  qui  concernait  l'in- fraction du  sabbat.  XV,  32-36.
32-;i4.  Le  coupable.  —  CoUigentem  ligna  : violation  manifeste  du  repos  sabbatique.  —  Obtu- lerunt... Moysi  :  comme  on  avait  fait  pour  le blasphémateur  du  nom  divin,  Lev.  xxiv,  12. — Nescientes...  La  nature  môme  du  châtiment  avait été  clairement  déterminée  d'une  manière  générale
(cf.  Ex.  XXXI,  14;  XXXV,  2);  le  doute  n'existait que  sur  le  mode  d'application.
35 -.36.  La  punition.
5"  Les  franges  sacrées.  XV,  37-41.
37-38.  Leur  forme  et  leur  emploi.  —  Fimbrias. Hébr.  :  sisit,  de  la  racine  .sis,  qui  signilie  fleur, ornement.  Les  LXX  traduisent  par  v.py.rrneoy.. —  Per  angulos  palliorum:  aux  quatre  coins  du vêtement  supérieur,  qui  consistait  en  une  sorte de  châle  carré.  —  Vittas  (d'après  l'hébr.:  un  fil) hyacintliinas.  Le  sisit  était  donc  composé  de plusieurs  flls  blancs,  au  milieu  desquels  on  en glissait  un  bleu.  Vojxz  V Atlas  archéol.,  pi.  cix, fig.  2,  9,  10.
39-41.  Leur  but.  —  Recordentur...,  memor es... Elles  étaient  ainsi  counne  un  mémorial  perpétuel
NuM.  XV,  40  •—  XVI,  3.
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Seigneur,  et  qu'ils  ne  suivent  point  leurs pensées  ni  l'égarement  de  leurs  yeux,  qui se  prostituent  à  divers  objets  ;
40.  mais  que,  se  souvenant  au  con- traire des  ordonnances  du  Seigneur,  ils les  accomplissent,  et  qu'ils  se  conservent saints  pour  leur  Dieu.
41.  Je  suis  le  Seigneur  votre  Dieu,  qui vous  ai  tirés  de  l'Egypte,  afin  que  je fusse  votre  Dieu.
quantur  cogitationes  suas  et  oculos  pcr res  varias  fornicantes  ;
40.  sed  magis  memores  praeceptorum Domini  faciant  ea,  sintque  sancti  Deo suo.
41.  Ego  Dominus  D-eus  vester,  qui eduxi  vos  do  terra  ^^gypti,  ut  essem Deus  vester.
CHAPITRE  XVI
1.  En  ce  morne  temps,  Coré,  fils d'Isaar,  qui  était  fils  de  Caatli,  comme Caath  était  fils  de  Lévi,  Datlian  et  Abi- ron,fils  d'Eliab,  et  Hon,  fils  de  Pliéleth, qui  était  l'un  des  fils  de  Ruben,
2.  se  soulevèrent  contre  Moïse,  avec deux  cent  cinquante  hommes  des  en- fants d'Israël,  qui  étaient  des  principaux de  la  synagogue,  et  qui  au  temps  des assemblées  étaient  appelés  et  distingués d'entre  les  autres  par  leur  nom.
3.  S'étant  donc  soulevés  contre  Moïse et  contre  Aaron,  ils  leur  dirent  :  Que  cela vous  suffise!  car  tout  le  peuple  est  un peuple  de  saints,  et  le  Seigneur  est  avec eux.  Pourquoi  vous  élevez -vous  au-des- sus du  peuple  du  Seigneur  ?
1.  Ecce  autem  Core,  filius  Isaar,  filii Caath,  filii  Levi,  et  Dathan  atque  Abi- ron,  filii  Eliab,  Hon  quoque,  filius  Phe- leth,  de  filiis  Éuben,
2.  surrexerunt  contra  Moysen,  aliique filiorum  Israël  ducenti  quinquaginta  viri proceres  synagogœ,  et  qui  tempore  con- cilii  per  nomina  vocabantur.
3.  Cumque  stetissont  adversum  Moy- sen et  Aaron ,  dixerunt  :  Sufficiat  vobis , quia  omnis  multitudo  sanctorum  est,  et in  ipsis  est  Dominus.  Ciir  elevamini  su- per populum  Domini?
des  commandements  du  Seigneur,  et  par  là  même une  excitation  perpétuelle  ù  l'obéissance.  —  Nec sequentur...  «  La  liberté  qu'on  donne  aux  sens, et  surtout  aux  j'eux,  ...dispose  le  cœur  à  suivre l'impression  des  objets  sensibles  et  fgréables.  » Calmet,  h.  l.  —  Les  Juifs  ont  été  fidèles  jusqu'il notre  époque  à  l'usage  des  franges  sacrées.  Elles sont  mentionnées  plusieurs  fois  dans  l'Évangile, où  nous  apprenons  que  Jésus-Christ  lui-même  les a  portées.  Cf.  Matth.  ix,  20  ;  xxiii,  5,  etc.  Quelques peuples  païens  en  usèrent  aussi,  comme  on  le  voit par  les  monuments  égyptiens  et  assj'riens  (AU. arch.,  pi.  cix,  fig.  3,  8).
§  IL  —  Dieu  venge  l'autorité  de  Moïse  et  le sacerdoce  d' Aaron,  injustement  attaqués. XVI,  1  —  XVir,  13.
1»  Révolte  de  Coré,  Dathan  et  Abiron.  XVI, 1-17.
Boau  récit  d'un  douloureux  événement.  Le narrateur  n'en  marque  ni  l'époque  ni  le  théâtre.
CuAP.  XYI.  —  1-2.  Les  révoltés.  —  Les  chefs sont  signalés  nommément  au  vers.  1.  Le  lévite Coré  parait  avoir  été  l'instigateur  principal  de  la rébellion  ;  de  là  l'expression  ((  la  bande  de  Coi'é  », employée  plus  bas  à  diverses  reprises.  Cf.  xxvi, 9;  xxvir,  3,  flans  l'hébreu.  Isaar  étant  frère d'Amram,  le  père  de  Moïse  et  d'Aaron  (cf.  Ex.
VI,  18),  Coré  était  par  là  même  le  cousin  de ceux  qu'il  allait  si  violemment  attaquer.  —  Trois Rubéuites  s'étaient  associés  à  son  complot  cri- minel :  Dathan,  Abiron,  ...Hon  quoque.  Il  ne sera  plus  l'ait  mention  de  ce  dernier  dans  la  suite du  récit;  pcxit-être  céda -t- il  à  un  mouvement de  repentir  après  le  grave  avertissement  de  Moïse (vers.  4-7  ).  —  Surrexerunt  contra  Jloysen  :  tt davantage  encore  contre  Aaron,  ainsi  qu'il  res- sortira des  faits.  —  Aliiqne  filiorum...  C'étaient les  coalisés  secondaires,  quoiqu'ils  fussent  tous, comme  s'exprime  l'hébreu,  «  princes  de  la  com- munauté, appelés  à  l'assemblée  (aux  conseils), hommes  de  nom.  »
3.  Motif  de  la  révolte,  clairement  exprimé  dans les  paroles  arrogantes  des  rebelles.  —  Sufficiat vobis.  Hébr.  :  a  Assez  pour  vous  !  »  Vous  avez joui  suffisamment  de  vos  privilèges  ;  c'est  notre tour  maintenant.  —  Omnis  multitudo  sancto- rum. Toute  la  notion  étant  sainte  (cf.  Ex.  xix, 6)  et  consacrée  directement  à  Dieu,  elle  ne devait  avoir  d'autre  chef  que  Dieu  môme.  Comme tant  d'autres  depuis,  ces  révoltés  masquent  sous un  pieux  langage  et  sous  tin  prétexte  égalitairc leur  vif  désir  de  domination.  Coré ,  d'après  le vers.  10 ,  revendiquait  le  sacerdoce  pour  tous  les liévites,  et  sans  doute  le  souverain  pontificat pour  lui -môme;  quant  aux  Eubénitcs,  il  semble
484
NuM.  XVI,  4-13.
4.  Quod  cum  aiidisset  Moyses,  cecidit promis  in  faciem,
5.  lociitusque  ad  Core  et  ad  omnem miiltitiidiDem  :  Mane,  inquit,  notiim faciet  Domimis  qui  ad  se  pertineant,  et saiictos  applicabit  sibi  ;  et  quos  elegerit, appropinquabimt  ei.
6.  Hoc  igitur  facite  :  Tollat  unusquis- que  thiiribula  sua,  tu,  Core,  et  omne concilium  tuum  ;
7.  et  hausto  cras  igné,  ponite  desu- per  thymiama  coram  Domino  ;  et  quem- cunque  elegerit,  ipse  erit  sanctus.  Mul- tum  erigimini,  filii  Levi.
8.  Dixitque  rursum  ad  Core  :  Audite, filii  Levi.
9.  Num  parum  vobis  est,  quod  sépa- ra vit  vos  Deus  Israël  ab  omni  populo,  et junxit  sibi,  ut  serviretis  ei  in  cultu  ta- bernaculi,  et  staretis  coram  frequentia populi,  et  ministraretis  ei?
10.  Idcirco  ad  se  fecit  accedere  te  et omnes  fratres  tuos  filios  Levi,  ut  vobis etiam  sacerdotium  vindicetis,
11.  et  omnis  globus  tuus  stet  contra Dominum?  Quid  est  enim  Aaron  ut  mur- muretis  contra  eum?
12.  Misit  ergo  Moyses  ut  vocaret  Da- tlian  et  Abiron ,  filios  Eliab.  Qui  respon- derunt  :  Non  venimus.
13.  Numquid  parum  est  tibi  quod eduxisti  nos  de  terra,  quse  lacté  et  melle matiabat,  ut  occideres  in  deserto,  nisi et  dominatus  fueris  nostri?
4.  Ce  que  Moïse  aj^ant  entendu,  il  se jeta  le  visage  contre  terre,
5.  et  dit  à  Coré  et  à  toute  sa  troupe  : Demain  matin,  le  Seigneur  fera  con- naître quels  sont  ceux  qui  lui  appar- tiennent. Il  joindra  à  lui  ceux  qui  sont saints,  et  ceux  qu'il  a  élus  s'approche- ront de  lui.
6.  Faites  donc  ceci  :  Que  chacun  prenne son  encensoir,  vous ,  Coré ,  et  toute  votre troupe  ;
7.  et  demain,  ayant  pris  du  feu,  vous offrirez  de  l'encens  devant  le  Seigneur; et  celui-là  sera  saint  que  le  Seigneur aura  lui-même  choisi.  Vous  vous  élevez beaucoup,  enfants  de  Lévi.  ^
8.  Il  dit  encore  à  Coré  :  Ecoutez,  en- fants de  Lévi.
9.  Est-ce  peu  de  chose  pour  vous, que  le  Dieu  d'Israël  vous  ait  séparés  de tout  le  peuple,  et  vous  ait  joints  à  lui pour  le  servir  dans  le  culte  du  taber- nacle ,  et  pour  que  vous  vous  teniez  de- vant tout  le  peuple ,  en  faisant  les  fonc- tions de  votre  ministère  ?
10.  Est-ce  pour  cela  qu'il  vous  a  fait approcher  de  lui ,  vous  et  tous  vos  frères les  enf parts  de  Lévi ,  afin  que  vous  usur- piez même  le  sacerdoce,
11.  et  que  toute  votre  troupe  se  sou- lève contre  le  Seigneur  ?  Car  qui  est Aaron  pour  être  l'objet  de  vos  mur- mures ?
12.  Moïse  envoya  donc  appeler  Dathan et  Abiron,  fils  d'Eliab,  qui  répondirent: Nous  n'irons  point.
13.  Ne  vous  doit -il  pas  sufiire  que vous  nous  ayez  fait  sortir  d'une  terre  où coulaient  le  lait  et  le  miel,  pour  nous faire  périr  dans  ce  désert,  sans  vouloir encore  nous  commander  avec  empire  ?
qu'ils  voulaient  reconquérir  parmi  les  tribus  le premier  rang,  que  le  crime  de  leur  ancôtre  leur avait  fait  perdre.  Cf.  Gen.  xlix,  3-4.
4-7.  Moïse  en  appelle  au  jugement  de  Dieu.
—  Cecidit  pronus  :  l'adoration  et  la  prière  étaient son  recours  dans  ses  graves  difficultés.  Cf.  xiv,  5.
—  Locutusque...  Allocution  très  digne.  Moïse  sait que  le  divin  appui  ne  lui  manquera  point  ;  aussi no  craint-il  pas  de  déterminer  lui-même  dans  le détail  (vers.  6-7)  la  manière  dont  la  volonté  de Jéhovah  sera  consultée.  —  Unusquisque  thuri- bula...  Fonction  réservée  aux  prêtres,  d'après  Ex. XXX ,  7  et  s.  Si  donc  Dieu  acceptait  l'encens  des simples  lévites,  il  donnerait  implicitement  raison aux  révoltés.  —  Multum  erigimini.  Hébr.  :  «  Assez pour  vous  !  »  Les  paroles  mêmes  que  Coré  avait prises  pour  mot  d'ordre  (vers.  S*»).  Il  résulte de  l'emploi  du  pluriel,  filii  Levi,  que  d'autres Lévites  avaient  pris  part  à  l'insurrection.
8-11.  Grave  exhortation  de  Moïse  aux  Lévites révoltés ,  pour  essayer  de  les  ramener  à  de  meil- leurs sentiments.  —  Num  parum  vohis...?  Il  met en  relief  leur  ingratitude,  en  leur  rappelant  les magnifiques  prérogatives  qu'ils  tenaient  de  Dieu ( scjoaravit ,  jun,xit  sibi,  ut  serviretis:  trois  de- grés d'honneur).  —  Idcirco...  ut  etiam...  Mordante ironie.  —  Quid...  enim  Aaron?  Aaron  n'était rien  par  lui-même;  mais.  Dieu  l'ayant  choisi pour  exercer  le  pontificat  suprême,  attaquer  le mandataire  c'était  attaquer  Dieu  {stet  contra  Do- minum).
12-14.  Dathan  et  Abiron  refusent  d'entrer  en communication  avec  Moïse.  —  Misit...  ut  vocaret. S'ils  s'étaient  présentés  d'abord  avec  Coré,  comme paraît  l'insinuer  le  vers.  3 ,  ils  avaient  dû  s'(;loi- gner  peu  après,  pendant  l'allocution  de  Moïse. —  Non  venimus.  Parole  insolente,  qu'ils  mettent en  tête  et  à,  la  fin  de  leur  réponse  (  cf.  vers.  14  ).
NuM.  XVI,  14-25.
485
14.  En  vérité,  vous  nous  avez  tenu parole,  en  nous  faisant  entrer  dans  une terre  où  coulent  le  lait  et  le  miel,  et  en nous  donnant  des  champs  et  des  vignes pour  les  posséder?  Voudriez -vous  encore nous  arracher  les  yeux?  Nous  n'irons point.
15.  Moïse,  entrant  donc  dans  une grande  colère ,  dit  au  Seigneur  :  Ne  re- gardez point  leurs  sacrilices.  Vous  savez que  je  n'ai  jamais  rien  reçu  d'eux,  pas même  un  ânon,  et  que  je  n'ai  jamais fait  tort  il  aucun  d'eux.
IG.  Et  il  dit  à  Coré  :  Présentez -vous demain,  vous  et  toute  votre  troupe,  d'un côté,  devant  le  Seigneur,  et  Aaron  s'y présentera  de  l'autre.
17.  Prenez  chacun  vos  encensoirs,  et mettez -y  de  l'encens,  offrant  au  Sei- gneur deux  cent  cinquante  encensoirs  ; et  qu'Aaron  tienne  aussi  son  encensoir.
18.  Ce  que  Coré  et  sa  troupe  ayant fait,  le  lendemain,  en  présence  de  Moïse et  d'Aaron,
19.  et  ayant  assemblé  tout  le  peuple contre  eux  à  l'entrée  du  tabernacle,  la gloire  du  Seigneur  apparut  à  tous.
20.  Le  Seigneur  parla  à  Moïse  et  à Aaron ,  et  leur  dit  :
21.  Séparez -vous  du  milieu  de  cette assemblée,  atin  que  je  les  perde  tout d'un  coup.
22.  Moïse  et  Aaron  se  jetèrent  le  vi- sage contre  terre ,  et  ils  dirent  :  0  Tout- Puissant,  ô  Dieu  des  esprits  qui  animent toute  chair,  votre  colère  éclatera -t- elle contre  tous  pour  le  péché  d'un  seul homme  ?
23.  Le  Seigneur  dit  à  Moïse  :
24.  Commandez  à  tout  le  peuple  de se  séparer  des  tentes  de  Coré,  de  Da- than  et  d'Abiron.
25.  Moïse  se  leva  donc,  et  s'en  alla
14.  Rêvera  induxisti  nos  in  tcrram, quse  fluit  rivis  lactis  et  mellis,  et  dedisti nobis  possessiones  agrorum  et  vinearum  ? An  et  oculos  nostros  vis  eruere?  Non
venimus.
15.  Iratusque  Moyses  valde,  ait  ad  Do- minum  :  Ne  respicias  sacrificia  eorum. Tu  scis  quod  ne  asellum  quidem  unquam acceperim  ab  eis,  nec  afflixerim  quem- piam  eorum.
16.  Dixitque  ad  Core  :  Tu,  et  omnis congregatio  tua,  state  seorsum  coram Domino,  et  Aaron  die  crastino  separatim.
17.  Tallite  singuli  thuribula  vestra,  et ponite  super  ea  ineeusum,  offerentes Domino  ducenta  quinquaginta  thuri- bula ;  Aaron  quoque  teneat  thuribulum suum.
18.  Quod  cum  fecissent,  stantibus Moyse  et  Aaron,
19.  et  coacervassent  adversum  eos omnem  multitudinem  ad  ostium  taber- naculi,  apparuit  cunctis  gloria  Domini.
20.  Locutusque  Dominus  ad  Moysen  et Aaron ,  ait  :
21.  Separamini  de  medio  congregatio- nis  hujus,  ut  eos  repente  disperdam.
22.  Qui  ceciderunt  proni  in  faciem, atque  dixerunt  :  Fortissime  De  us  spiri- tuum  universse  carnis,  num,  uno  pec- cante,  contra  omnes  ira  tua  desœviet?
23.  Et  ait  Dominus  ad  Moysen  :
24.  Prœcipe  universo  populo  ut  sepa- retur  a  tabernaculis  Core,  et  Dathan  et Abiron.
25.  Surrexitque   Moyses,  et  abiit  ad
—  Numquid...  ?  Ils  accusent  indignement  Moïse d'avoir  trompé  les  Hébreux  pour  satisfaire  son ambition.  —  De  terra ,  quce  lacté...  Honteux  blas- phème, par  lequel  ils  appliquent  à  l'Égj^pte  la description  que  Dieu  avait  réservée  à  la  Terre promise.  —  An  et  oculos...?  Leur  crever  les  yeux  ; c.-à-d.  les  empêcher  de  voir  la  réalité.
15.  Moïse  proteste,  aux  pieds  de  Jéhovah.  — Iratus...  Son  langage  se  ressent  de  son  émotion  : ^'e  respicias...;  tu  scis...  —  Ne  as'illuni  quidem: pas  môme  le  plus  humble  présent.
16-17.  Moïse  rappelle  à  Coré  les  conditions  de l'épreuve  du  lendemain.
2°  L'épreuve  et  son  issue.  XVI,  18-35.
18-24.  Jéhovah  intervient  en  personne.   —
Coacervassent...  multitudinem.  Ce  trait  montre qu'au  fond  une  gi-ande  partie  du  peuple  était  fa- vorable aux  rebelles.  Voyez  les  vers.  41-42.  — Apparuit  cunctis.  Scène  dramatique,  dont  «  toute  » la  nation  fut  témoin.  Un  dialogue  émouvant  s'en- gage entre  Dieu  et  ses  représentants.  Le  Sei- gneur :  Separamini...  ut  repente  disperdam  ;  car sa  colère  est  à  son  comble.  Moïse  et  Aaron  im- plorent la  miséricorde  de  leur  Jlaître  pour  la masse  du  peuple,  qui  n'était  pas  ouvertement coupable  (  Beau  titre  :  Fortissime...  ;  dans  l'hé- breu :  «  Dieu  des  esprits  do  toute  chair,  »  c.-îi-d. auteur  de  toute  vie.  Beau  raisonnement  :  num uno  peccante...).  Dieu  s'explique  :  Pracipe...  ut separetur...
23*
486
NuM.  XVI,  26-36.
Datlian  et  Abiron;  et  sequentibus  eum seiiioribus  Israël,
26.  dixit  ad  turbam  :  Recedite  a  ta- bernaculis  hominum  impiorum,  et  no- lite  tangere  quœ  ad  eos  pertinent,  ne involvamini  in  pcccatis  eorum.
27.  Cumque  recessissent  a  tentoriis eorum  per  circuitum,  Dathan  et  Abiron egressi  stabant  in  introitu  papilionum suorum,  eum  uxoribus  et  liberis,  omni- que  frequentia.
28.  Et  ait  Moyses  :  In  hoc  scietis,  quod Dominus  miserit  me  ut  facerem  universa qu£e  cernitis,  et  non  ex  proprio  ea  corde protulerim.
29.  Si  consueta  hominum  morte  inte- rierint,  et  visitavcrit  eos  plaga,  qua  et ceteri  visitari  soient,  non  misit  me  Do- minus  ;
30.  sin  autem  novam  rem  fecerit  Do- minus  ,  ut  aperiens  terra  os  suum  deglu- tiat  eos  et  omnia  quse  ad  illos  pertinent, descenderintque  vi ventes  in  infernum, scietis  quod  blasphemaverint  Dominum.
.  31.  Confestim  igitur  ut  cessavit  loqui, dirupta  est  terra  sub  pedibus  eorum,
32.  et  aperiens  os  suum,  dévora  vit illos  eum  tàbernaculis  suis  et  universa substantia  eorum  ;
33.  descenderuntque  vivi  in  infernum operti  humo,  et  perierunt  de  medio  mul- titudinis.
34.  At  vero  omnis  Israël,  qui  stabat per  gyrum,  fugit  ad  clamorem  pereun- tium ,  dicens  :  Ne  forte  et  nos  terra  de- glutiat.
35.  Sed  et  ignis  egressus  a  Domino, interfecit  ducentos  quinquaginta  viros qui  offerebant  incens um.
36.  Locutusque  est  Dominus  ad  Mo}^- sen,  dicens  :
aux  tentes  de  Dathan  et  d'Abiron,  suivi des  anciens  d'Israël;
26.  et  il  dit  au  peuple  :  Retirez -vous des  tentes  des  hommes  impies,  et  prenez garde  de  ne  pas  toucher  à  aucune  chose c|ui  leur  appartienne,  de  peur  que  vous ne  soyez  enveloppés  dans  leurs  péchés.
27.  Lorsqu'ils  se  furent  retirés  de  tous les  environs  de  leurs  tentes,  Dathan  et Abiron,  sortant  dehors,  se  tenaient  à l'entrée  de  leurs  pavillons  avec  leurs femmes  et  leurs  enfants,  et  toute  leur troupe.
28.  Alors  Moïse  dit  au  peuple  :  Vous reconnaîtrez  à  ceci  que  c'est  le  Seigneur qui  m'a  envo^^é  pour  faire  tout  ce  que vous  voyez,  et  que  ce  n'est  point  moi qui  l'ai  tiré  de  mon  propre  cœur.
29.  Si  ces  gens  meurent  d'une  mort  or- dinaire aux  hommes ,  et  s'ils  sont  frappés d'une  plaie  dont  les  autres  ont  coutume d'être  aussi  frappés,  ce  n'est  point  le Seigneur  qui  m'a  envoyé  ;
30.  mais  si  le  Seigneur,  par  un  pro- dige nouveau,  fait  que  la  terre,  s'entr'ou- vrant,  les  engloutisse  avec  tout  ce  qui est  à  eux,  et  qu'ils  descendent  tout  vi- vants en  enfer,  vous  saurez  alors  qu'ils ont  blasphémé  contre  le  Seigneur.
31.  Aussitôt  donc  qu'il  eut  cessé  de parler,  la  terre  se  fendit  sous  leurs pieds ,
o2.  et,  s'entr'ouvrant ,  elle  les  dévora avec  leurs  tentes,  et  tout  ce  qui  était  à eux.
33.  Ils  descendirent  tout  vivants  dans l'enfer,  recouverts  de  terre,  et  ils  pé- rirent du  milieu  du  peuple.
34.  Tout  Israël,  qui  était  là  autour, s'enfuit  au  cri  des  mourants,  en  disant  : Craignons  que  la  terre  ne  nous  englou- tisse aussi.
35.  En  même  temps,  le  Seigneur  fit sortir  un  feu  qui  tua  les  deux  cent  cin- quante hommes  qui  offraient  de  l'en- cens.
36.  Et  le  Seigneur  parla  à  Moïse,  et lui  dit  :
25-27.  Les  rebelles  sont  séparés  du  reste  du peuple.  —  Sequentibus...  seniorihus  (vers.  25). Les  notables  appuj'aicnt  ainsi  Moïse  et  Aaron. • —  Stabant  in  introitu,...  (vers.  27).  Conduite  de plus  en  plus  audacieuse  et  arrogante  des  ré- voltés.
28  -  30.  Moïse  explique  au  peuple  les  conditions du  jugement  qu'il  a  imploré  de  Dieu.  C'est  une sorte  de  dilemme.  —  Universa  quce  cernitis  : tout  ce  qui  s'est  passé  depuis  la  sortie  d'Egypte. —  In  infernum.  Uébr.  :  dans  le  S^'ôl,  ou  séjour
des  morts.
31-35.  Le  jugement,  décrit  dans  les  termes  les plus  vivants.  Il  est  Immédiat  (confestim...,  vt cessavit)  et  complet,  atteignant  les  coupables sans  aucune  exception  ;  d'une  part  les  Rubénitcs (vers.  31-33),  de  l'autre  les  Lévites  (vers.  35), sous  les  yeux  du  peuple  effrayé  (vers.  34).  — Bevoravit...  (vers.  32).  Après  les  mots  tàberna- culis suis,  l'hébreu  ajoute  :  «  Et  tout  homme appartenant  (c. -ù-d.  associé)  à  Coré.  »
NuM.  XVI,  37-46.
487
37.  Ordonnez  au  prêtre  Éléazar,  fils d'Aaron,  de  prendre  les  encensoirs  qui sont  demeurés  au  milieu  de  l'embrase- ment, et  d'en  jeter  le  feu  de  côté  et d'autre,  i)arce  qu'ils  ont  été  sanctifiés
38.  dans  la  mort  des  pécheurs  ;  et après  qu'il  les  aura  réduits  en  lames, qu'il  les  attache  à  l'autel,  parce  qu'on y  a  offert  de  l'encens  au  Seigneur,  et qu'ils  ont  été  sanctiiiés  ;  afin  qu'ils  soient comme  un  signe  et  un  monument  exposé sans  cesse  aux  yeux  des  enfants  d'Is- raël.
o9.  Le  prêtre  Eléazar  prit  donc  les encensoirs  d'airain  dans  lesquels  ceux qui  furent  dévorés  par  l'embrasement avaient  offert  de  l'encens,  et,  les  aj-ant fait  réduire  en  lames,  il  les  attacha  à l'autel,
40.  pour  servir  désormais  d'aA''ertisse- mcnt  aux  enfants  d'Israël  ;  afin  que  nul étranger  ou  tout  autre  n'appartenant  pas à  la  race  d'Aaron  n'entreprenne  de  s'ap- procher du  Seigneur  pour  lui  offrir  de l'encens,  de  peur  qu'il  ne  souffre  la même  peine  qu'a  soufferte  Coré  et  toute sa  troupe,  selon  que  le  Seigneur  l'avait prédit  à  Moïse.
41.  Le  lendemain,  toute  la  multitude des  enfants  d'Israël  murmura  contre Moïse  et  Aaron,  en  disant:  C'est  vous qui  avez  tué  le  peuple  du  Seigneur.
42.  Et  comme  la  sédition  se  formait, et  que  le  tumulte  s'augmentait,
43.  Moïse  et  Aaron  s'enfuirent  au  ta- bernacle de  l'alliance.  Lorsqu'ils  y  furent entrés,  la  nuée  les  couvrit,  et  la  gloire du  Seigneur  apparut.
44.  Et  le  Seigneur  dit  à  Moïse  :
45.  Retirez -vous  du  milieu  de  cette multitude  ;  je  vais  les  exterminer  immé- diatement. Et  tandis  qu'ils  étaient  pros- ternés contre  terre,
46.  JMoïse  dit  à  Aaron  :  Prenez  votre
37.  Prœcipe  Eleazaro  filio  Aaron  saccr- doti,  ut  tollat  thuribula  quœ  jacent  in incendie,  et  ignem  hue  illucque  disper- gat,  quoniam  sanctificata  sunt
38.  in  mortibus  peccatorum;  produ- catque  ea  in  laminas,  et  affigat  altari,  eo quod  oblatum  sit  in  eis  incensum  Do- mino, et  sanctificata  sint,  ut  cernant  ea pro  signe  et  monimento  filii  Israël.
39.  Tulit  ergo  Eleazar  sacerdos  thu- ribula flenea,  in  quibus  obtulerant  hi quos  incendium  devoravit,  et  produxit ea  in  laminas,  afiîgens  altari,
40.  ut  haberent  postea  filii  Israël, quibus  commonerentur,  ne  quis  accédât alienigena,  et  qui  non  est  de  semine Aaron,  ad  offerendum  incensum  Domino, ne  patiatur  sicut  passus  est  Core,  et omnis  congregatio  ejus,  loquente  Do- mino ad  Moysen.
41.  Murmuravit  autem  omnis  multi- tude filiorum  Israël  sequenti  die  contra Mo3^sen  et  Aaron,  dicens  :  Vos  interfe- cistis  populum  Domini.
42.  Cumque  oriretur  seditio,  et  tu- multus  incresceret,
43.  Moyses  et  Aaron  fugerunt  ad  ta- bernaculum  fœderis.  Quod,  postquam ingressi  sunt,  operuit  nubes,  et  aj^paruit gloria  Domini.
44.  Dixitque  Dominus  ad  Moysen  :
45.  Recedite  de  medio  hujus  multitu- dinis  ;  etiam  nunc  delebo  eos.  Cumque jacerent  in  terra,
46.  dixit  Moyses  ad  Aaron  :  Toile  thu-
3°  Monument  érigé  en  souyenir  de  cette  ré- beUion.  XVI,  36-40.
37-38.  L'ordre  du  Seignciu-. —  Affigat  altari: l'autel  des  holocaustes,  qui  avait  déjù.  un  pre- mier revêtement  de  bronze.  Cf.  Ex.  xxvn,  2. — Motif  de  cette  pi'éservation  :  sanctificata  sunt, par  l'usage  sacré  auquel  ils  avaient  servi.  Son but  :  pro  signo  et  monimento.  Saint  Jude,  vers.  11, veut  que  les  chrétiens  eux-mêmes  soient  avertis et  portés  à  l'obéissance  par  le  souvenir  de  ce terrible  événement.  —  Variante  notable  de  l'hé- breu :  im  point  à  la  fin  du  vers.  37  ;  le  vers.  38 commençant  ainsi  :  «  Les  encensoirs  de  ces  pé- cheurs contre  leurs  âmes  (c.-à-d.  de  ces  hommes qui,  par  leur  péché,  ont  causé  leur  propi-e  destruc-
tion), faites -en...  »
39-40.  Exécution  de  l'ordre.
4°  Le  peiiple  est  lui-même  châtié  à  cause  de  ses murmures.  XVI,  41-50.
41-43».  Commencement  de  rébellion  dans  le camp  des  Hébreux.  —  Murmuravit...  Ils  sont incorrigibles  ;  les  plus  sévères  leçons  ne  leur  ont servi  de  rien.  —  Vos  inter/ecistis...  Le  pronom est  très  emphatique  :  C'est  vous  qui  avez  tué...
—  Fugerunt  ad  tabernaculitm  :  leur  refuge  na- turel et  assuré.
io^-4.5.  Dieu  annonce  de  nouvelles  vengeances.
—  Etiam  mine.  D'après  l'hébi-cu  :  en  un  instant. 46-50.  Moïse  et  Aaron  modèrent,  par  leur  inter- cession, les  elfets  de  cette  vengeance.  —  Dixit
;   •■
s'';
486
:  i.  XVI,  26-36.
Dathan  et  Abiron;  et  sequentib  4eum senioiibus  Israël,  ^.
26.  dixit  ad  tiirbam  :  Keceui.  i  ta- bernaculis  hominum  impiorum,  .  no- lite  tangere  quœ  ad  eos  port  m  i,  ne involvamini  in  pcccatis  eorum.
27.  Cumque  recessissent  a  i  toriis eoruiii  per  circuitum,  Datliau  et  biron egressi  stabaiit  in  introitii  paj  Dnura suorum,  cum  iixoribus  et  liberi^omni- que  freqiientia.
28.  Et  ait  Moyses  :  In  hoc  soie! .  quod Dominiis  misent  me  ut  facerem  liversa quee  cernitis,  et  non  ex  proprio  ocorde protulerim.
29.  Si  consueta  bominum  mo.>  inte- rierint,  et  visitavcrit  eos  pla.a;i|ua  et ceteii  visitari  soient,  non  niitit  e  Do- miniis  ;
30.  sin  autem  novam  rem  fcc{t  Do- minus,  ut  aporiens  terra  os  suuiifleglu- tiat  eos  et  omnia  quse  ad  illos  ]  -Inent, descenderintque  viventesin  iurnum, scietis  quod  blasphemaverint  Ddinum.
31.  Confestim  igitur  ut  cessaviloqui, dirupta  est  terra  sub  pedibus  cm,
32.  et  aperiens  os  suum,  'l/oravit illos  cum  tàbernaculis  suis  et  liversa substantia  eorum  ;
33.  descenderuntquG  vivi  in  i  "enium operti  humo,  et  perierimt  de  mcjp  mul- titudinis.  î
34.  At  vero  omnis  Israël,  nrstabat per  gyrum,  fugit  ad  clamoreiueieiin- tium ,  dicens  :  Ne  forte  et  nos  ira  de- glutiat.
35.  Sed  et  ignis  egressus  a  omino, interfecit  ducentos  quinquagiii  viros qui  olïerebant  incens um.
36.  Locutusque  e-.t  Dominus  5  Moy- sen ,  dicens  :
aux  tentes  de  Dathan  et  d'Abiron,  suivi des  anciens  d'Israël;
26.  et  il  dit  au  peuple  :  Retirez -vous des  tentes  des  hommes  impies,  et  prenez garde  de  ne  pas  toucher  à  aucune  chose qui  leur  appartienne,  de  peur  que  vous ne  soyez  enveloppés  dans  leurs  péchés.
27.  Lorsqu'ils  se  furent  retirés  de  tous les  environs  de  leurs  tentes,  Dathan  et Abiron,  sortant  dehors,  se  tenaient  h l'entrée  de  leurs  pavillons  avec  leurs femmes  et  leurs  enfants,  et  toute  leur troupe.
28.  Alors  Moïse  dit  au  peuple  :  Vous reconnaîtrez  à  ceci  que  c'est  le  Seigneur qui  m'a  envoyé  pour  faire  tout  ce  que vous  voj^ez,  et  que  ce  n'est  point  moi qui  l'ai  tiré  de  mon  propre  cœur.
29.  Si  ces  gens  meurent  d'une  mort  or- dinaire aux  hommes ,  et  s'ils  sont  frappés d'une  plaie  dont  les  autres  ont  coutume d'être  aussi  fi-appés,  ce  n'est  point  le Seigneur  qui  m'a  envoyé  ;
30.  mais  si  le  Seigneur,  par  un  pro- dige nouveau,  fait  que  la  terre,  s'entr'ou- vrant,  les  engloutisse  avec  tout  ce  qui est  à  eux,  et  qu'ils  descendent  tout  vi- vants en  enfer,  vous  saurez  alors  qu'ils ont  blasphémé  contre  le  Seigneur.
31.  Aussitôt  donc  qu'il  eut  cessé  de parler,  la  terre  se  fendit  sous  leurs pieds ,
32.  et,  s'entr'ouvrant ,  elle  les  dévora avec  leurs  tentes ,  et  tout  ce  qui  était  à eux.
33.  Ils  descendirent  tout  vivants  dans l'enfer,  recouverts  de  terre,  et  ils  pé- rirent du  milieu  du  peuple.
34.  Tout  Israël,  qui  était  là  autour, s'enfuit  au  cri  des  mourants,  en  disant  : Craignons  que  la  terre  ne  nous  englou- tisse aussi.
35.  En  même  temps,  le  Seigneur  fit sortir  un  feu  qui  tua  les  deux  cent  cin- quante hommes  qui  offraient  de  l'en- cens.
36.  Et  le  Seigneur  parla  à  Moïse,  et lui  dit  :
25-27.  Les  rebelles  sont  séparés  dires  te  du peuple.  —  Sequentlbiis...  seniorihus  fers.  25). Les  notables  appuyaient  ainsi  Moïsot  Aaron.
—  Stabant  in  introita...  (vers.  27).  C^uite  de plus  en  plus  audacieuse  et  arrogaii  des  ré- voltés, t
28  -  30.  Moïse  explique  au  peuple  Icénditions du  jugement  qu'il  a  imploré  de  Diei  3'est  une sorte  de  dilemme.  —  Universa  qxu  •.ernitis  : tQut  ce  qui  s'est  passé  depuis  la  sort:  l'É
—  In  infernum.  llébr.  :  dans  le  S"uJ  lU  séjour
des  morts
31-35.  Le  jugement,  déq plus  vivants.  Il  est  i; cessavit)  et  comp sans  aucune  excj (vers.  31-33) sous  les  ye Bevoravii culis  s appar
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NuM.  XVI,  3746.
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37.  Ordonnez  au  prêtre  Éléazar,  fils d'Aaron,  de  prendre  les  encensoirs  qui sont  demeurés  au  milieu  de  l'embrase- ment, et  d'en  jeter  le  feu  de  côté  et d'autre,  parce  qu'ils  ont  été  sanctifiés
38.  dans  la  mort  des  pécheurs  ;  et après  qu'il  les  aura  réduits  en  lames, qu'il  les  attache  à  l'autel,  parce  qu'on y  a  offert  de  l'encens  au  Seigneur,  et qu'ils  ont  été  sanctifiés  ;  afin  qu'ils  soient comme  un  signe  et  un  monument  exposé sans  cesse  aux  yeux  des  enfants  d'Is- raël.
39.  Le  prôtre  Eléazar  prit  donc  les encensoirs  d'airain  dans  lesquels  ceux qui  furent  dévorés  par  l'embrasement avaient  offert  de  l'encens,  et,  les  ayant fait  réduire  en  lames,  il  les  attacha  à l'autel,
40.  pour  servir  désormais  d'avertisse- ment aux  enfants  d'Israël  ;  afin  que  nul étranger  ou  tout  autre  n'appartenant  pas à  la  race  d'Aaron  n'entreprenne  de  s'ap- procher du  Seigneur  pour  lui  offrir  de l'encens,  de  peur  qu'il  ne  souffre  la même  peine  qu'a  soufferte  Coré  et  toute sa  troupe,  selon  que  le  Seigneur  l'avait prédit  à  Aioïse.
41.  Le  lendemain,  toute  la  multitude des  enfants  d'Israël  murmura  contre Moïse  et  Aaron ,  en  disant  :  C'est  vous qui  avez  tué  le  peuple  du  Seigneur.
42.  Et  comme  la  sédition  se  formait, et  que  le  tumulte  s'augmentait,
43.  Moïse  et  Aaron  s'enfuirent  au  ta- bernacle de  l'alliance.  Lorsqu'ils  y  furent entrés,  la  nuée  les  couvrit,  et  la  gloire du  Seigneur  apparut.
44.  Et  le  Seigneur  dit  à  Moïse  :
45.  Eetirez-vous  du  milieu  de  cette multitude  ;  je  vais  les  exterminer  immé- diatement. Et  tandis  qu'ils  étaient  pros- ternés contre  terre,
46.  Moïse  dit  à  Aaron  :  Prenez  votre
31  Prœcipe  Eleazaro  filio  Aaron  sacer- dotî  ut  tollat  thuribula  quœ  jacent  in iiidldio,  et  ignem  hue  illucque  disper- gatquoniam  sanctificata  sunt
3,  in  mortibus  peccatorum;  produ- catce  ea  in  laminas,  et  affigat  altari,  eo quo  oblatum  sit  in  eis  incensum  Do- niin,  et  sanctificata  sint,  ut  cernant  ea proigno  et  monimento  filii  Israël.
%  Tulit  ergo  Eleazar  sacerdos  thu- ribà  œnea,  in  quibus  obtulerant  hi quaincendium  devoravit,  et  produxit ea  î  laminas ,  affigens  altari ,
4.  ut  haberent  postea  filii  Israël, qui  is  commonerentur,  ne  quis  accédât ali(  igena,  et  qui  non  est  de  semine Aa  Q,  ad  offerendum  incensura  Domino, ne  itiatur  sicut  passus  est  Core,  et ona  5  congregatio  ejus,  loquente  Do- mi;  ad  Moysen.
i ,  ^Murmuravit  autem  omnis  multi- tudfiliorum  Israël  sequenti  die  contra ]\Io;cn  et  Aaron,  dicens  :  Vos  interfe- cist  populum  Domini.
4t.  Cumque  oriretur  seditio,  et  tu- muiis  incresceret ,
A  i\[oyses  et  Aaron  fugerunt  ad  ta- beAculum    fœderis.    Quod,    postquam isi  sunt,  operuit  nubes,  et  apparaît Domini.
Dixitque  Dominus  ad  Moysen  : 4  Piecedite  de  medio  hujus  mullitu- din:;  etiam  nunc  delebo  eos.  Cumque i^c  :it  in  terra.
jxit  Moyses  ad  Aaron  :  Toile  tliu-
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3"  Monument  érigé  en  souvenir  de  cette  ré bellion.  XVI,  36-40.
37-38.  L'ordre  du  Seigneur. —  Affigat  altari, l'autel  des  holocaustes,  qui  avait  déjà  un  prj micr  revêtement  de  bronz Motif  de  cette  préserv par  l'usage  sacré  au^ but  :  pro  signo  et  ino veut  que  les  chrétie: et  portés te,
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Dicu  annonce  de  nottve ji  nunc.  D'aj;
iNr^ï-c  et
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NuM.  XVI,  47  —  XVII,  6.
ribiilum,  et  haiisto  igné  de  altari,  mitte incensum  desuper,  pergens  cito  ad  popu- lum  ut  roges  pro  eis  ;  jam  enim  egressa est  ira  a  Domino,  et  plaga  desœvit.
47.  Quod  cum  fecisset  Aaron,  et  cu- currisset  ad  mediam  multitudinem , qiuim  jam  vastabat  incendium,  obtulit thjmiiama ,
48.  et  stans  inter  mortuos  ac  viven- tcs,  pro  populo  deprecatus  est,  et  plaga cessavit.
49.  Fuerunt  autem  qui  percussi  sunt , quatuordecim  millia  hominum  et  sep- tingenti,  absque  his  qui  perierant  in  se- ditione  Core.
50.  Reversusque  est  Aaron  ad  Moysen ad  ostium  tabernaculi  fœderis,  postquam quievit  interitus.
encensoir,  mettez -y  du  feu  de  l'autel  et l'encens  par  -  dessus ,  et  allez  vite  vers  le peuple,  afin  de  prier  pour  lui  ;  car  la  co- lère est  déjà  sortie  du  trône  de  Dieu,  et la  plaie  commence  à  éclater.
47.  Aaron  fit  ce  que  Moïse  lui  com- mandait ;  il  courut  au  milieu  du  peuple que  le  feu  embrasait  déjà,  il  offrit  l'en- cens ,
48.  et  se  tenant  debout  entre  les morts  et  les  vivants,  il  pria  pour  le peuple,  et  la  plaie  cessa.
49.  Le  nombre  de  ceux  qui  furent frappés  de  cette  plaie  fut  de  quatorze mille  sept  cents  hommes ,  sans  compter ceux  qui  avaient  péri  dans  la  sédition de  Coré.
50.  Et  Aaron  revint  trouver  Moïse  à l'entrée  du  tabernacle  de  l'alliance, après  que  la  mort  se  fut  arrêtée.
CHAPITRE  XVII
1.  Et  locutus  est  Dominus  ad  Moysen, dicens  :
2.  Loquere  ad  filios  Israël,  et  accipe ab  eis  virgas  singulas  per  cognationes suas,  a  cunctis  principibus  tribuum, vii'gas  duodecim,  et  uniuscujusque  no- men  superscribes  virgse  sua3.
3.  Nomen  autem  Aaron  erit  in  tribu Levi,  et  una  virga  cunctas  seorsum  fa- milias  continebit  ;
4.  ponesque  eas  in  tabernaculo  fœde- ris coram  testimonio,  ubi  loquar  ad  te.
5.  Quem  ex  his  elegero,  germinabit virga  ejus  ;  et  coliibebo  a  me  querimo- nias  filiorum  Israël,  quibus  contra  vos murmurant.
6.  Locutusque  est  Moyses  ad  filios Israël  ;  et  dederunt  ei  omnes  principes virgas  per  singulas  tribus  ;  f  ueruntque
1.  Le  Seigneur  parla  ensuite  à  Moïse, et  lui  dit  :
2.  Parlez  aux  enfants  d'Israël,  et  pre- nez d'eux  une  verge  pour  la  race  de chaque  tribu,  douze  verges  pour  tous  les princes  des  tribus;  et  vous  écrirez  le nom  de  chaque  prince  sur  sa  verge.
3.  Mais  le  nom  d' Aaron  sera  sur  la verge  de  la  tribu  de  Lévi ,  et  toutes  les tribus  seront  écrites  chacune  séparément sur  sa  verge.
4.  Vous  mettrez  ces  verges  dans  le tabernacle  de  l'alliance  devant  l'arche  du témoignage,  où  je  vous  parlerai.
5.  La  verge  de  celui  d'entre  eux  que j'aurai  élu  fieurira;  et  j'arrêterai  ainsi les  plaintes  des  enfants  d'Israël,  et  les murmures  qu'ils  excitent  contre  vous.
6.  Moïse  parla  donc  aux  enfants  d'Is- raël ;  tous  les  princes  de  chaque  tribu ayant  chacun  donné  leurs  verges,  il  s'en
Moyses...  C'est  ainsi  qu'il  répond  aux  Injurieuses accusations  du  peuple.  —  Toile  thuribulum.  L'en- censoir, dit  l'hébreu,  c.-à-d.  l'unique  encensoir d'or  dont  le  grand  prêtre  se  servait  au  jour  de l'Expiation.  Cf.  Lev.  xvi,  12;  Hebr.  ix,  4. —  Ut roges.  Hébr.  :  «  pour  faire  l'expiation ,  »  comme en  maint  autre  passage. —  Stans  inter. ..TahlGaw digne  d'un  grand  maître;  mieux  encore  :  vivante image  du  Clirist  rédempteur.
50  La  dignité  d' Aaron  est  confirmée  par  un  autre prodige.  XVII,  1-13.
CiiAi'.  XVII.  —  1-5.  Dieu  désigne  lui-même
d'avance  la  nature  du  miracle  à  accomplir.  — Virgas.  Objet  clioisi  de  préférence,  pai'cc  que  le bâton  était  l'insigne  du  commandement.  Cf.  Gen. XLix ,  10.  —  Duodecim  :  une  baguette  par  tribu , et,  en  sus ,  la  verge  d'Aaron ,  comme  il  est  sup- posé au  vers.  6.  —  Uniuscvjusqite  nomen.  Non l)as  les  noms  des  patriarches  fondateurs  de  chaque tribu,  mais  celui  des  chefs  actuels.  —  Pones... coram  testimonio  :  devant  les  tables  de  la  loi.  Cf. Ex.  XXV,  IG.  —  Quem...  elegero  :  pour  le  souve- rain pontificat.
6-9.  Le  prodige  est  accompli.  —  Crcrjuinasse...
NuM.  XVII,  7  —  XVIII,  1.
489
trouva    douze    sans    compter    la    verge d'Aaron.
7.  Moïse,  les  ayant  mises  devant  le Seigneur  dans  le  tabernacle  du  témoi- gnage,
8.  trouva  le  jour  suivant,  lorsqu'il revint,  que  la  verge  d'Aaron,  qui  repré- sentait la  famille  de  Lévi,  avait  fleuri, et  qu'aj'ant  poussé  des  boutons,  il  en était  sorti  des  fleurs,  d'où,  après  l'épa- nouis.^cment  des  feuilles,  il  s'était  formé des  amandes.
9.  Moïse,  ayant  donc  pris  toutes  les verges  de  devant  le  Seigneur,  les  porta à  tous  les  enfants  d'Israël  ;  et  chaque tribu  vit  et  reçut  sa  verge.
10.  Et  le  Seigneur  dit  ù.  Moïse  :  Re- portez la  verge  d'Aaron  dans  le  taber- nacle du  témoignage,  afin  qu'elle  y  soit gardée  comme  un  signe  de  la  rébellion des  enfants  d'Israël,  et  qu'ils  cessent  de former  des  plaintes  contre  moi,  de  peur qu'ils  ne  soient  punis  de  mort.
11.  Moïse  fit  ce  que  le  Seigneur  lui avait  commandé.
12.  Mais  les  enfants  d'Israël  dirent  à Moïse  :  Vous  voyez  que  nous  sommes tous  consumés,  et  que  nous  périssons tous  ;
13.  quiconque  s'approclie  du  taber- nacle du  Seigneur  est  frappé  de  mort. Serons -nous  donc  tous  exterminés  sans qu'il  en  demeure  un  seul  ?
virgîB   duodecim    absque    virga  Aaron.
7.  Quas  cum  posuisset  Moyses  coram Domino  in  tabernaculo  testimonii,
8.  sequenti  die  regressus  invenit  ger- minasse  virgam  Aaron  in  domo  Levi  ;  et turgentibus  gemmis  eruperant  flores, qui,  foliis  dilatatis,  in  amygdalas  de- formati  sunt.
9.  Protulit  ergo  Moyses  omnes  virgas de  conspectu  Domini  ad  cunctos  filios Israël  ;  videruntque ,  et  receperunt  sin- guli  virgas  suas.
10.  Dixitque  Dominus  ad  Moysen  : Refer  virgam  Aaron  in  tabernaculum testimonii,  ut  servetur  ibi  in  signurn rebellium  filiorum  Israël,  et  quiescant querelse  eorum  a  me,  ne  moriantur.
11.  Fecitque  Moyses  sicut  prseceperat Dominus.
12.  Dixerunt  autem  filii  Israël  ad Moysen  :  Ecce  consumpti  sumus,  omnes perivimus  ;
13.  quicumque  accedit  ad  tabernacu- lum Domini,  moritur.  Num  usque  ad internecionem  cuncti  delendi  sumus?
CHAPITRE  XVIII
1.  Le  Seigneur  dit  à  Aaron  :  Vous serez  responsable  des  fautes  qui  se  com- mettront contre  le  sanctuaire,  vous  et vos  fils,  et  la  maison  de  votre  père  avec vous  ;  et  vous  répondrez  des  péchés  de votre  sacerdoce,  vous  et  vos  fils  avec vous.
1.  Dixitque  Dominus  ad  Aaron  :  Tu, et  filii  tui,  et  domus  patris  tui  tecum, portabitis  iniquitatem  sanctuarii  ;  et  tu et  filii  tui  simul  sustinebitis  peccata  sa- cerdotii  vestri.
En  un  clin  d'œil  tous  les  phénomènes  de  la  vé- gétation s'étaient  succédé  sur  la  verge  d'Aaron  : les  bourgeons,  les  feuilles ,  les  fleurs  et  les  fruits {in  amygdalas),  —  Protulit...  ad  cunctos:  pour que  tous  fussent  témoins  du  prodige.
10-il.  Le  Seigneur  ordonne  de  conserver  dans l'archt-  la  verge  miraculeuse.  —  iïervetur...  in signurn  :  leur  rappelant  qu' Aaron  tenait  sa  dignité de  Dieu  même,  et  qu'il  y  avait  péril  à  l'attaquer ine  moriantur).
12-13.  Frayeur  du  peuple  devant  cette  mani- festation de  la  présence  divine.— JScce  consumpti... Ils  se  croient  tous  dévoués  à  une  mort  prochaine, et  perdus   sans   ressource.   La   présence  de  son
Dieu  au  tabernacle  rassure  au  contraire  le  chré- tien.
§  III.  —  Les  devoirs  et  les  droits  soit  des  prêtres, soit  des  lévites.  XVIII,  1-32.
Après  avoir  ainsi  confirmé  la  dignité  sacerdo- tale .  Dieu  en  achève  l'organisation  par  quelques détails  législatifs.
1°  Sonnnaire  des  obligations  des  prêtres  et  des lévites.  XVIII,  1-7.
Chap.  XVIII.  —  1.  La  responsabilité  spéciale des  prêtres.  —  Ad  Aaron.  Dieu  s'adresse  natu- rellement ici  au  grand  prêtre,  plutôt  qu'à  Moïse. Le   langage  est  grave  et  solennel.  —  Iniquita-
490
NuM.  XVIII,  2-9.
2.  Sed  et  fratrcs  tuos  de  tribu  Levi, et  sceptriim  patris  tui  siime  tecum ,  prss- stoque  sint,  et  ministrent  tibi;  tu  autem et  iilii  tui  ministrabitis  in  taberuaculo testimonii.
3.  Excubabuntque  levitœ  ad  prœcepta tua,  et  ad  cuncta  opéra  tabernaculi;  ita duntaxat,  ut  ad  vasa  sanctuarii  et  ad altare  non  accédant,  ne  et  illi  moriantur, et  vos  pcreatis  simul.
4.  Sint  autem  tecum,  et  excubent  in custodiis  tabernaculi ,  et  in  omnibus  ce- remoniis  ejus.  Alienigena  non  raiscebi- tur  vobis.
5.  Excubate  in  custodia  sanctuarii,  et in  ministerio  altaris,  ne  oriatur  indignatio super  lilios  Israël.
G.  Ego  dedi  vobis  fratres  vestros  le- vitas  de  medio  filiorum  Israël,  et  tradidi donum  Domino,  ut  serviant  in  mini- steriis  tabernaculi  ejus.
7.  Tu  autem  et  filii  tui,  custodite  sa- cerdotium  vestrum;  et  omnia  quœ  ad cultum  altaris  pertinent,  et  intra  vélum sunt,  per  sacerdotes  administrabuntur. Si  quis  externus  accesserit,  occidetur.
8.  Locutusque  est  Dominus  ad  Aaron  : Ecce  dedi  tibi  custodiam  primitiarum mearum.  Omnia  quœ  sanctificantur  a filiis  Israël,  tradidi  tibi  et  filiis  tais  pro officio  sacerdotali  légitima  sempiterna.
9.  Hœc  ergo  accipies  de  bis,  quee  san- ctificantur et  oblata  surt  Domino.  Omnis
2.  Prenez  au^si  avec  vous  vos  frères de  la  tribu  de  Lévi,  et  toute  la  famille de  votre  père,  et  qu'ils  vous  assistent  et vous  servent  ;  mais,  vous  et  vos  fils,  vous exercerez  votre  ministère  dans  le  taber- nacle du  témoignage.
3.  Les  Lévites  seront  toujours  prêts pour  exécuter  vos  ordres,  et  tout  ce  qu'il y  aura  à  faire  dans  le  tabernacle  ;  sans qu'ils  s'approcbent  néanmoins  ni  des vases  du  sanctuaire,  ni  de  l'autel,  de peur  qu'ils  ne  meurent  et  que  vous  ne périssiez  aussi  avec  eux:
4.  Qu'ils  soient  avec  vous,  et  qu'ils veillent  à  la  garde  du  tabernacle  et  à l'accomplissement  de  toutes  les  cérémo- nies. Nul  étranger  ne  se  mêlera  avec vous.
5.  Veillez  à  la  garde  du  sanctuaire,  et servez  au  ministère  de  l'autel,  de  peur que  mon  indignation  n'éclate  contre  les enfants  d'Israël.
6.  Je  vous  ai  donné  les  Lévites  qui sont  vos  frères ,  en  les  séparant  du  mi- lieu des  enfants  d'Israël,  et  j'en  ai  fait un  don  au  Seigneur,  afin  qu'ils  le  servent dans  le  ministère  de  son  tabernacle.
7.  Mais,  vous  et  vos  fils,  conservez votre  sacerdoce  ;  et  que  tout  ce  qui  ap- partient au  culte  de  l'autel,  et  qui  est au  dedans  du  voile,  se  fasse  par  le  mi- nistère des  prêtres.  Si  quelque  étranger s'en  approche,  il  sera  puni  de  mort.
8.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Aaron en  ces  termes  :  Je  vous  ai  donné  la  garde des  prémices  qui  me  sont  offertes.  Je vous  ai  donné  à  vous  et  à  vos  fils,  pour les  fonctions  sacerdotales,  tout  ce  qui m'est  consacré  par  les  enfants  d'Israël; et  cette  loi  sera  observée  à  perpétuité.
9.  Voici  donc  ce  que  vous  prendrez des  clioses  qui  auront  été  sanctifiées  et
tem  sanctuarii.  C.-à-d.  les  souillures  dont  le  ta- bernacle était  entaché  par  les  péchés  de  la  nation. Cf.  Ex,  xxviii,  38.  —  Peccata  sacerdotii... ;  car les  prêtres  eux-mêmes,  bien  différents  du  pon- tife unique  de  la  nouvelle  Alliance  (Hebr.  vn, 2G-28),  étaient  fragiles  et  pécheurs.  —  Portabltis, sustinebitis  :  dans  le  sens  d'enlever,  expier.
2-4.  Les  lévites  subordonnés  aux  prêtres.  — Et  sceptram  xx^tris  tvi.  Erreur  de  traduction qui  provient  de  co  que  le  substantif  hébreu  sébei signifie  tout  ensemble  tribu  et  sceptre.  La  pre- mière acception  est  seule  valable  en  cet  endroit  ; Prends  tes  frères...  et  la  tribu  de  ton  père.  — Prasto...  sint.  Hébr.:  iZZca-M,  qu'ils  soient  joints  ; allusion  à  la  signiflcation  du  nom  de  Lévi.  Cf. Gcn.  XXIX,  34,  et  le  commentaire.  —  Miuistva- Vdis  in  tabernaculo.  Dans  l'intérieur  môme  do
la  tente  sacrée ,  et  point  seulement  dans  le  parvis, comme  les  Lévites.  —  Alienigena.  C.-à-d.,  ici, quiconque  n'appartient  pas  à  la  race  de  Lévi;  au vers.  7  (externus),  quiconque  ne  sera  pas  membre de  la  famille  d'Aaron.
5-7.  Fonctions  spéciales  des  prêtres.  —  Vélum (vei's.  7)  désigne  en  cet  endroit  le  premier  voile, placé  en  avant  du  Saint.  Cf.  Ex.  xxvi,  3G.
2°  Les  revenus  des  prêtres.  XVIII,  8-20.
8.  Transition  et  résumé  général.  —  Custodiam  : la  garde  et  la  jouissance  en  môme  temps.  —  Pri- mitiarum... Hébr.:  de  mes  offrandes  d'élévation. Cf.  Lev.  vn,  ;M,  et  la  note. —  Pro  ojjicio  sacer- dotali. Dans  l'hébreu  :  comme  (di'oit  d')  onction. Cf.  Lev.  VII,  35.
9-10.  Part  des  prêtres  dans  les  grands  sacri- fices.— Qucs  sanctiflcanlur  et  oblata  sunt.  Liitc-
NuBi.  XVIII,  10-18.
491
offertes  au  Seigneur.  Toute  oblation, tout  sacrifice ,  et  tout  ce  qui  m'est  rendu pour  le  péché  et  pour  le  délit,  et  qui devient  une  chose  très  sainte,  sera  pour vous  et  pour  vos  fils.
10.  Vous  le  mangerez  dans  le  lieu saint  ;  et  i!  n'y  aura  que  les  mâles  qui en  mangeront,  parce  qu'il  vous  est  des- tiné comme  une  chose  consacrée.
11.  Mais  pour  ce  qui  regarde  les  pré- mices que  les  enfants  d'Israël  m'offri- ront après  en  avoir  fait  vœu,  je  vous  les ai  données,  et  à  vos  fils  et  à  vos  filles, par  un  droit  perpétuel;  celui  qui  est pur  dans  votre  maison  en  mangera.
12.  Je  vous  ai  donné  tout  ce  qu'il  y  a de  plus  excellent  dans  l'huile,  dans  le vin  et  dans  le  blé,  tout  ce  qu'on  offre de  prémices  au  Seigneur.
13.  Toutes  les  prémices  des  biens  que la  terre  produit,  et  qui  sont  présentées  au Seigneur,  seront  réservées  pour  votre usage  ;  celui  qui  est  pur  dans  votre  mai- son en  mangera.
14.  Tout  ce  que  les  enfants  d'Israël me  donneront  pour  s'acquitter  de  leurs vœux  sera  à  vous.
15.  Tout  ce  qui  sort  le  premier  du  sein de  toute  chair,  soit  des  hommes,  soit  des bêtes,  et  qui  est  offert  au  Seigneur,  vous appartiendra  ;  en  sorte  néanmoins  que vo\is  receviez  le  prix  pour  le  premier-né de  l'homme,  et  que  vous  fassiez  racheter tous  les  animaux  qui  sont  impurs,
16.  lesquels  se  rachèteront,  un  mois après,  pour  cinq  sicles  d'argent,  au  poids du  sanctuaire.  Le  sicle  a  vingt  oboles.
17.  Mais  vous  ne  ferez  point  racheter les  premiers -nés  du  bœuf,  de  la  brebis et  de  la  chèvre,  parce  qu'ils  sont  sancti- fiés et  consacrés  au  Seigneur.  Vous  en répandrez  seulement  le  sang  sur  l'autel , et  vous  en  ferez  brûler  la  graisse  comme une  oblation  d'une  odeur  très  agréable au  Seigneur,
18.  Mais  leur  chair  sera  réservée  pour votre  usage,  de  même  que  la  poitrine consacrée  et  l'épaule  droite  seront  pour vous.
oblatio,  et  sacrificium,  et  quidquid  pro peccato  atquc  dclicto  redditur  mihi,  et cedit  in  sancta  sanctorum ,  tuum  erit , et  filiorum  tuorum.
10.  In  sanctuario  comedes  illud  ;  ma- res tantum  edent  ex  eo,  quia  consecra- tum  est  tibi.
11.  Primitias  autem,  quas  voverint  et obtulerint  filii  Israël,  tibi  dedi,  et  filiis tuis,  ac  filiabus  tuis,  jure  perpetuo;  qui mundus  est  in  domo  tua,  vescetur  eis.
12.  Omnem  medullam  olei,  et  vini,  ac frumenti,  quidquid  offerunt  primitiarum Domino,  tibi  dedi.
13.  Universa  frugura  initia,  quas  gi- gnit  humus,  et  Domino  deportantur, cèdent  in  usus  tuos  ;  qui  mundus  est  in domo  tua,  vescetur  eis,
14.  Omne  quod  ex  voto  reddiderint filii  Israël,  tuum  erit.
15.  Quidquid  primum  erumpit  e  vulva cunctœ  carnis,  quam  offerunt  Domii.o, sive  ex  hominibus,  sive  de  pecoribus fuerit,  tui  juris  erit;  ita  duntaxat,  ut pro  hominis  primogenito  pretium  acci- pias,  et  omne  animal  quod  immundum est ,  redimi  f acias ,
16.  cujus  redemptio  erit,  post  unum mensem,  siclis  argenti  quinque,  pondère sanctuarii.  Siclus  viginti  obolos  habet.
17.  Primogenitum  autem  bovis  et  ovis et  caprte  non  faciès  redimi ,  quia  sancti- ficata  sunt  Domino;  sanguinem  tantum eorum  fundes  super  altare,  et  adipes  ado- lebis  in  suavissimum  odorem  Domino.
18.  Carnes  vero  in  usum  tuum  cè- dent ,  sicut  pectusculum  consecratum , et  armus  dexter,  tua  erunt.
ralemcnt  :  parmi  les  choses  très  saintes  qui  sont préservées  du  feu.  Sur  les  yictimcs  dites  très saintes,  voyez  Lev.  vi,  17.  —  In  sanctuario  (dans la  cour  du  tabernacle)...,  mares  tantum...  Réserves déjà  signalées  antérieurement,  Lev.  vi,  16,  26; VII,  6,  etc.
11-18.  Part  des  prêtres  dans  quelques  autres oblations.  —  Primitias...  quas  voverint  et  obtu- lerint. Xous  retrouvons  dans  le  texte  primitif
les  sacrifices  d'élévation  (t'ràmah)  et  d'agitation it'nûfah)  mentionnés  à  différentes  reprises.  Cf. Ex.  XXIX,  26-28;  Lev.  vu,  34. —  Filiis...  ac  fi- liabus. Pas  d'exception  cette  fois,  car  il  s'agit simplement  de  choses  «  saintes  »  ;  une  condition est  pourtant  exigée  :  qui  mundus  est.  Cf.  Lev. XXII,  10-13.  —  A  la  suite  de  cette  règle  d'en- semble, quelques  points  sont  spécifiés  touchant les  prémices  (vers.  12-13),  les  dons  votifs  (vers.  14  ;
492
NuM.  XVIII,  19-28.
19.  Omnes  primitias  sanctiiarii,  quas offenmt  lîlii  Israël  Domino,  tibi  dedi,  et filiis  ac  filiabus  tuis,  jure  perpétue.  Pa- ctum  salis  est  sempiternum  coram  Do- mino, tibi  ac  filiis  tuis.
20.  Dixitque  Dominus  ad  Aaron  :  In terra  eorum  nihil  possidebitis ,  nec  habe- bitis  partem  inter  eos  ;  ego  pars  et  here- ditas  tua  in  medio  filiorum  Israël.
21.  Filiis  autem  Levi  dedi  omnes  dé- cimas Israelis  in  possessionem,  pro  mi- nisterio  quo  serviunt  mihi  in  taberna- culo  fœderis;
22.  ut  non  accédant  ultra  filii  Israël ad  tabernaculum ,  nec  committant  pec- catum  mortiferum,
23.  solis  filiis  Levi  mihi  in  taberna- culo  servientibus,  et  portantibus  peccata populi.  Legitimum  sempiternum  erit  in generationibus  vestris.  Niliil  aliud  pos- sidebunt ,
24.  decimarum  oblatione  contenti, quas  in  usus  eorum  et  necessaria  sepa- ravi.
25.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moy- sen,  dicens  :
26.  Prsecipe  levitis,  atque  denuntia  : Ciim  acceperitis  a  filiis  Israël  décimas, quas  dedi  vobis,  primitias  earum  offerte Domino,  id  est,  decimam  partem  decimse,
27.  ut  reputetur  vobis  in  oblationem primitivorum ,  tam  de  areis,  quam  de torcularibus  ;
28.  et  universis  quorum  accipitis  pri-
19.  Je  vous  ai  donné  à  vous,  à  vos fils  et  à  vos  filles,  par  un  droit  perpé- tuel, toutes  les  prémices  du  sanctuaire que  les  enfants  d'Israël  offrent  au  Sei- gneur. C'est  un  pacte  inviolable  et  per- pétuel devant  le  Seigneur,  pour  vous  et pour  vos  enfants.
20.  Le  Seigneur  dit  encore  à  Aaron  : Vous  ne  posséderez  rien  dans  la  terre des  enfants  d'Israël  ,•  et  vous  ne  la  par- tagerez point  avec  eux.  C'est  moi  qui suis  votre  part  et  votre  héritage  au  mi- lieu des  enfants  d'Israël.
21.  Pour  ce  qui  est  des  enfants  de Lévi,  je  leur  ai  donné  en  possession toutes  les  dîmes  d'Israël  pour  les  ser- vices qu'ils  me  rendent  dans  leur  minis- tère au  tabernacle  de  l'alliance  ;
22.  afin  que  les  enfants  d'Israël  n'ap- prochent plus  à  l'avenir  du  tabernacle, et  qu'ils  ne  commettent  point  un  péché mortel ,
23.  mais  que  les  seuls  fils  de  Lévi  me rendent  service  dans  le  tabernacle,  et qu'ils  portent  les  péchés  du  peuple.  Cette loi  sera  observée  à  perpétuité  dans  toute votre  postérité.  Les  Lévites  ne  posséde- ront rien  autre  chose,
24.  et  ils  se  contenteront  des  obla- tions  des  dîmes  que  j'ai  séparées  pour leur  usage  et  pour  tout  ce  qui  leur  est nécessaire.
25.  Le  Seigneur  parla  aussi  à  Moïse, et  lui  dit  :
26.  Ordonnez  et  déclarez  aux  Lévites  : Lorsque  vous  aurez  reçu  des  enfants d'Israël  les  dîmes  que  je  vous  ai  don- nées, offrez -en  les  prémices  au  Sei- gneur, c'est-à-dire  la  dixième  partie  de la  dîme  ;
27.  afin  que  cela  vous  tienne  lieu  de l'oblation  des  prémices ,  tant  des  grains de  la  terre  que  du  vin  ;
28.  et  offrez  au  Seigneur  les  prémices
cf.  Lcv.  xxvn,  21-28),  les  premiers-nés  tant  des hommes  que  des  animaux  (vers.  15-18;  cf.  Lev. XXVii,  6,  2G,  27).
19.  Récapitulation.  —  Pactum  salis.  C.-à-d. un  pacte  indissoluble.  Voyez  la  note  de  Lev. II,  13.
20.  L'héritage  des  prêtres.  —  In  terra  eorum nihil...  Ainsi  pourvus  abondamment  par  leur Maître ,  et  dédiés  d'autre  part  aux  soins  du  culte qui  devaient  absorber  tous  leurs  instants,  les prêtres  Israélites  sont  tenus  de  renoncer  à  oc- cuper un  territoire  spécial  dans  la  Terre  pro- mise. Mais  combien  leur  héritage  est  plus  riche, plus  relevé:  ^iropaî'S.../  Type  évident, que  doivent
réaliser  dans  sa  plénitude  les  autres  prêtres  et lévites,  consacrés  au  service  du  sanctuaire  par la  formule  «  Dominus  pars  ».
30  Revenus  des  lévites.  XVIII,  21-24.
21-24.  Omncs  décimas  Israelis:  la  dixième partie  de  la  plupart  des  produits  du  sol.  Cf.  Lev. xxvii,  30  et  ss.;  Nch.  x,  37;  xii,  14,  et  Tob.  i,  7. Mais,  eux  aussi,  nihil  aliud possidebuni,  pour  le même  motif  que  les  prêtres.
40  Dîme  que  les  lévites  devront  payer  aux prêtres.  XVIII,  25-32.
25-29.  Locutus...  ad  Moysen.  C'est  Moïse  qui sert  d'intermédiaire  pour  communiquer  ce  der- nier règlement.  Cf.  vers.  1,8.—  Ut  reputetur
NuM.  XVIII,  29  —  XIX,  2.
493
de  toutes  les  choses  que  vous  aurez  re- çues, et  donnez -les  au  prêtre  Aaron.
29.  Tout  ce  que  vous  offrirez  des dîmes,  et  que  vous  mettrez  à  part  pour être  offert  en  don  au  Seigneur,  sera  tou- jours le  meilleur  et  le  plus  excellent.
30.  Vous  leur  direz  encore  :  Si  vous offrez  ce  qu'il  y  aura  dans  les  dîmes  de plus  précieux  et  de  meilleur,  ce  sera  con- sidéré comme  les  prémices  que  vous  au- riez données  de  vos  grains  et  de  voiro vin.
31.  Et  vous  mangerez  de  ces  dîmes, vous  et  vos  familles ,  dans  tous  les  lieux où  vous  habiterez  ;  parce  que  c'est  le prix  du  service  que  vous  rendrez  au  ta- bernacle du  témoignage.
32.  Vous  prendrez  donc  garde  de  ne pas  tomber  dans  le  péché,  en  réservant pour  vous  ce  qu'il  y  aura  de  meilleur  et de  plus  gras,  de  peur  que  vous  ne  souil- liez les  oblations  des  enfants  d'Israël,  et que  vous  ne  soyez  punis  de  mort.
mitias,  offerte  Domino,  et  date  Aaron sacerdoti.
29.  Omnia  quas  offeretis  ex  decimis, et  in  donaria  Domini  separabitis,  optima et  electa  erunt.
30.  Dicesque  ad  eos  :  Si  prseclara  et meliora  quseque  obtuleritis  ex  decimis, reputabitur  vobis  quasi  de  area  et  tor- culari  dederitis  primitias.
31.  Et  comedetis  eas  in  omnibus  locis vestris,  tam  vos  quam  familiae  vestrse, quia  pretium  est  pro  ministerio  quo servitis  in  tabernaculo  testimonii.
32.  Et  non  peccabitis  super  hoc,  egre- gia  vobis  et  pinguia  reservantes,  ne polluatis  oblationes  filiorum  Israël,  et moriamini.
CHAPITRE   XIX
1.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse et  à  Aaron,  et  leur  dit  :
2.  Voici  la  cérémonie  de  la  victime qui  a  été  ordonnée  par  le  Seigneur. Commandez  aux  enfants  d'Israël  de vous  amener  une  vache  rousse  qui  soit dans  la  force  de  son  âge  et  sans  tache, et  qui  n'ait  point  porté  le  joug  ;
1.  Locutusque  est  Dominusad  Moysen et  Aaron,  dicens  :
2.  Ista  est  religio  victimse  quam.  con- stituit  Dominus.  Preecipe  filiis  Israël, ut  adducant  ad  te  vaccam  rufam  œtatis intégras,  in  qua  nulla  sit  macula,  nec porta verit  jugum;
voMs...  Les  Lévites  n'étaient  donc  pas  dispensés de  la  dîme,  bien  qu'ils  la  payassent  d'une  autre manière  que  les  simples  Israélites.
SO-32.  Dicesque...  Dieu  insiste  sur  l'importance de  cette  obligation,  en  la  réitérant  sous  une  forme légèrement  variée.
§  lY.  —  Expiation  de  l'impureté  contractée  par le  contact  d'un  cadavre  humain.  XIX,  1-22.
Plusieurs  fois  déjà  il  a  été  question  de  cette souillure  légale,  mais  seulement  d'une  manière transitoire.  Cf.  v,  2;  ix,  6  et  ss.;  Lev.x,  1,7;  xi,  8,11; XXI,  1  et  ss.  Ici,  le  Législateur  entre  dans  des détails  beaucoup  plus  complets.  Les  auteurs  clas- siques et  les  voyageurs  modernes  nous  montrent chez  d'autres  peuples  de  l'Orient  (Égyptiens, Babyloniens ,  Perses ,  Romains,  Indiens,  Bédouins, etc.)  des  coutumes  analogues.  Partout,  et  très naturellement,  un  cadavre  est  considéré  comme une  chose  impure  ;  chez  les  Hébreux ,  il  y  avait quelque  chose  de  plus ,  car  ils  regardaient  à  bon droit  la  mort  comme  le  fruit  du  péché.  —  Un  livre entier  du  Talmud,  le  traité  Para/i^  est  consacré à  l'explication  de  ce  chapitre.
1°  La  préparation  de  l'eau  lustrale.  XIX, 1-10».
Chap.  XIX.  —  1-2».  Introduction.  —  Beli- gio  victimce.  Dans  l'hébreu  :  l'ordonnance  de  la loi;  locution  très  rare  (ici  seulement  et  xxxi, 21).
2^.  Choix  de  la  victime.  —  Vaccam.  Le  subs- tantif hébreu  pârah  désigne  une  jeune  vache (LXX  :  ôa[j.aXtç),  la  «  juvenca  »  des  Latins.  — lîufam.  Couleur  qui  représente  le  péché ,  disent quelques  interprètes  d'après  Is.  i,  18.  D'autres préfèrent  l'interprétation  de  Théodorct,  Qucest. in  Num.,  xxxv  :  «  Rouge,  pour  représenter  le corps  terrestre  de  l'homme ,  de  même  que  le  nom d'Adam  fait  allusion  ù,  la  terre  rouge  de  laquelle fut  formé  le  corps  du  premier  homme.  »  — .^atis  intégra,  in  qua...  Le  texte  ne  parle  pas de  l'âge  et  porte  simplement  :  t'mlmah ,  par- faite, sans  défaut  (comme  toutes  les  victimes). Cf.  Lev.  IV,  3.  —  Nec  portaverit...  Condition  qui n'est  prescrite  qu'en  deux  autres  passages,  Deut. XXI,  3,  et  I  Reg.  vi,  7.  Les  Grecs  et  les  Ro- mains choisissaient  aussi  de  préférence  comme victimes  les  génisses  àsuye;,  «  injuges,  '»  qui
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NuM.  XIX,  3-10.
3.  tradetisque  eam  Eleazaro  sacerdoti, qui  eductam  extra  castra  immolabit  in conspectu  omnium;
4.  et  tingens  digitum  in  sanguinis  ejus, nsperget  contra  fores  tabernaciili  septem vicibus,
5.  comburetque  eam  cunctis  videnti- bus,  tam  pelle  et  carnibus  ejus,  quam sanguine  et  fimo  flammse  traditis.
G.  Lignum  quoque  cedrinum,  et  liys- sopiim  cocciimque  bis  tinctum  sacerdos mittet  in  flammam,  qua3  vaccam  vorat.
7.  Et  tune  demum,  lotis  vestibus  et corpore  suo,  ingredietur  in  castra,  com- maculatusque  erit  usque  ad  vesperum.
8.  Sed  et  ille  qui  combusserit  eam, lavabit  vestiraenta  sua  et  corpus ,  et immundus  erit  usque  ad  vesperum.
9.  Colliget  autem  vir  mundus  cineres vaccœ,  et  efïundet  eos  extra  castra  in loco  purissimo,  ut  sint  multitiidini  filio- rum  Israël  in  custodiam,  et  in  aquam aspersionis,  quia  pro  peccato  vacca  com- busta  est.
10.  Cumque  laverit,  qui  vaccaî  porta- verat  cineres,  vestimenta  sua,  immundus erit  usque  ad  vesperum.  Habebunt  hoc filii  Israël ,  et  advense  qui  habitant  inter eos,  sanctum  jure  perpetuo.
3.  et  vous  la  donnerez  au  prêtre Eléazar,  qui,  l'ayant  menée  hors  du camp,  l'immolera  devant  tout  le  peuple  ;
4.  et  trempant  son  doigt  dans  le  sang de  cette  vache,  il  en  fera  sept  fois  les aspersions  vers  la  porte  du  tabernacle ,
5.  et  il  la  brûlera  à  la  vue  de  tous ,  en consumant  par  la  flamme  tant  la  peau et  la  chair  que  le  sang  et  les  excré- ments de  la  victime.
6.  Le  prêtre  jettera  aussi  du  bois  de cèdre,  de  l'hysope  et  de  l'écarlate  teinte deux  fois  dans  les  flammes  qui  consu- meront la  vache.
7.  Et  alors  enfin,  ayant  lavé  ses  vê- tements et  son  corps,  il  reviendra  au camp,  et  il  sera  impur  jusqu'au  soir.
8.  Celui  qui  aura  brûlé  la  vache  la- vera aussi  ses  vêtements  et  son  corps, et  il  sera  impur  jusqu'au  soir.
9.  Un  homme  qui  sera  pur  recueillera les  cendres  de  la  vache,  et  les  déposera hors  du  camp  en  un  lieu  très  pur,  afln qu'elles  soient  gardées  avec  soin  par tous  les  enfants  d'Israël,  et  qu'elles  leur servent  à  faire  une  eau  d'aspersion  : parce  que  la  vache  a  été  brûlée  pour  le péché.
10.  Et  lorsque  celui  qui  aura  porté  les cendres  de  la  vache  aura  lavé  ses  vête- ments, il  sera  impur  jusqu'au  soir.  Cette ordonnance  sera  sainte  et  inviolable  par un  droit  perpétuel  aux  enfants  d'Israël et  aux  étrangers  qui  habitent  parmi eux.
étaient  naturellement  plus  fraîches,  plus  dignes de  la  divinité.
3-4.  L'immolation  de  la  vache  rousse.  —  Elea- zaro sacerdoti.  Pourquoi  pas  le  grand  prêtre  ? Parce  que  cette  cérémonie  n'était  qu'accessoire, et  surtout  pour  ne  pas  le  rendre  légalement impur  durant  un  jour  entier.  Cf.  vers.  7  ;  Lev, XXI,  11  et  ss. —  Extra  castra  imviolaMt.  D'où il  suit  que  ce  n'était  point  là  un  sacrifice  pro- prement dit,  car  alors  la  victime  eût  été  néces- sairement immolée  devant  "le  tabernacle.  On abattait  la  vache  rousse  en  dehors  du  camp  à cause  de  l'impureté  légale  qui  s'attachait  à  elle. Cf.  Lev.  XVI,  27,  etc.  La  divine  Victime,  qui  effaça les  péchés  du  monde,  subit  également  la  mort a  extra  castra  ».  Cf.  llebr.  xiii,  11-12.  Lorsque Israël  fut  établi  en  Palestine,  on  immolait  la  vache rousse  sur  le  mont  des  Oliviers.  —  Asperges  con- tra fores...  Dans  la  direction  de  la  porte  du  taber- nacle ;  même  cérémonie  que  dans  les  sacrifices expiatoires.  Cf.  Lev.  iv,  5.
5 -G.  Incinération  de  la  victime.  —  La  vache était  brftlée  tout  entière  :  avec  elle  on  consumait ligiiUDi  cedrinum,  hyssopum,  coccuimiue... , trois  matières  qui  ont  été  déjà  associées  précé-
demment (  Lev.  XIV,  4,  6,  49  )  à  des  rites  de  puri- fication légale.
7-  8.  Souillure  contractée  par  le  prêtre  ofliciant et  son  aide.  Voyez  aussi  les  vers.  19  et  21.
9-10».  L'eau  lustrale.  —  Colliget  vir  inundus. Un  nouveau  célébrant  devait  entrer  en  scène, les  premiers  étant  impurs  d'après  ce  qui  vient d'être  dit  ;  lui  aussi  était  souillé  à  la  suite  de ses  fonctions  (vers.  lO'O.  —  Multitudlni...  in. custodiam.  Précaution  qui  s'explique  par  l'usaga si  important  et  si  fréquent  de  ces  cendres.  —  In aqiiccm  aspersionis.  L'hébreu  dit  :  «  eau  de séparation.  »  On  lui  donnait  ce  nom  parce  qu'elle faisait  cesser  l'espèce  d'excommunication  et  de séparation  occasionnée  par  le  contact  des  morts. Comp.  viii,  7,  où  la  locution  «  eau  du  péché  >) désigne  l'eau  qui  lavait  la  tache  du  péché.
2»  Règle  générale  pour  l'emploi  de  cette  eau lustrale.  XIX,  10b- 13.
10^-13.  Filii  Israël  et  advena...  De  même  que Notre-Seigneur  Jésus-Christ  purifia  Juifs  et  païens sans  distinction.  —  La  souillure  produite  par  le contact  d'un  cadavre  humain  durait  septemdiebus. Elle  cessait  moj'ennant  deux  aspersions  d'eau  lus- trale, faites  die  tertio  et  septimo.  —  Le  vers,  l'd
NuM.  XIX,  11-20.
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11.  Celui  qui,  pour  avoir  touché  le cadavre  d'un  homme,  en  demeurera  im- pur durant  sept  jours,
12.  recevra  l'aspersion  de  cette  eau le  troisième  et  le  septième  jour,  et  il  sera ainsi  purifié.  S'il  ne  reçoit  point  cette aspersion  le  troisième  jour,  il  ne  pourra être  purifié  le  septième.
13.  Quiconque,  ayant  touché  le  ca- davre d'un  homme,  n'aura  point  reçu l'aspersion  de  cette  eau  ainsi  mêlée souillera  le  tabernacle  du  Seigneur,  et il  périra  du  milieu  d'Israël  ;  il  sera  im- pur, parce  qu'il  n'a  point  été  purifié  par l'eau  d'expiation,  et  son  impureté  de- meurera sur  lui.
14.  Voici  la  loi  pour  un  homme  qui meurt  dans  sa  tente.  Tous  ceux  qui  se- ront entrés  dans  sa  tente,  et  tous  les vases  qui  s'y  trouveront,  seront  impurs pendant  sept  jours.
15.  Le  vase  qui  n'aura  point  de  cou- vercle, ou  qui  ne  sera  point  lié  par- dessus, sera  impur.
16.  Si  quelqu'un  touche  dans  un champ  le  corps  d'un  homme  qui  aura été  tué,  ou  qui  sera  mort  de  lui-même, ou  s'il  en  touche  un  os  ou  le  sépulcre ,  il sera  impur  pendant  sept  jours.
17.  Ils  prendront  des  cendres  de  la vache  brûlée  pour  le  péché ,  et  ils  met- tront de  l'eau  vive  par -dessus  ces  cen- dre"^ dans  un  vase;
18.  et  un  homme  pur  y  ayant  trempé de  rhysope ,  il  en  fera  les  aspersions  sur toute  la  tente ,  sur  tous  les  meubles ,  et sur  toutes  les  personnes  qui  auront  été souillées  de  cette  sorte  d'impureté  ;
19.  et  ainsi  le  pur  purifiera  l'impur  le troisième  et  le  septième  jour;  et  celui qui  aura  été  puriiié  de  la  sorte  le  sep- tième jour  se  lavera  lui-même  et  ses vêtements,  et  il  sera  impur  jusqu'au soir.
20.  Si  quelqu'un  n'est  point  purifié  en ■cette  manière,  il  périra  du  milieu  de
11.  Qui  tetigerit  cadaver  hominis,  c(: propter  hoc  septem  diebus  fucrit  im- mundus ,
12.  aspergetur  ex  hac  aqua  die  tertio et  septimo,  et  sic  mundabitur.  Si  die tertio  aspersus  non  fuerit,  septimo  non poterit  emundari.
13.  Omnis  qui  tetigerit  humanœ  ani mœ  morticinum,  et  aspersus  hac  cora mistione  non  fuerit,  poUuct  tabernaculum Domini ,  et  peribit  ex  Israël  ;  quia  aqua expiationi'o  non  est  aspersus,  immuntlus erit,  et  manebit  spurcitia  ejus  super eum.
14.  Ista  estlex  hominis  qui  moritur  in tabernaculo.  Omiies  qui  ingrediimtur tentorium  illius,  et  universa  va;-;a  quœ  ibi sunt,  polluta  erunt  septèm  diebus.
15.  Vas,  quod  non  habuerit  opercu- lum,  nec  ligaturam  desuper,  immundum erit.
16.  Si  quis  in  agro  tetigerit  cadaver occisi  hominis,  aut  per  se  mortui,  sive os  illius,  vel  sepulcrum,  immundus  erit septem  diebus.
17.  Tollentque  de  cineribus  combu- stionis  atque  peccati ,  et  mittent  aquas vivas  super  eos  in  vas  ;
18.  in  quibus  cum  homo  mundus tinxerit  hyssopum,  asperget  ex  eo  omne tentorium ,  et  cunctam  supellectilem ,  et homines  hujuscemodi  contagione  pollu- tos  ;
19.  atque  hoc  modo  mundus  lustrabit immundum  tertio  et  septimo  die  ;  expia- tusque  die  septimo,  lavabit  et  se  et  ve- stimenta  sua,  et  immundus  erit  usque  ad vesperum.
20.  Si  quis  hoc  ritu  non  fucrit  expia- tus,  peribit  anima  illius  de  medio  eccle-
contient  une  sanction  sévère  contre  quiconque  né- gligerait ce  rite  purilicatoii'e  (peribit).  Motif  de ce  châtiment  :  polluet  tabernaculum. -     3°  Règles  particulières  pour  l'usage  de  l'eau lustrale.  XIX,  14-22.
14 -IG.  Détails  sur  l'impureté  que  faisait  con- tractcT  le  contact  des  morts.  —  Si  la  mort  avait lieu,  dans  une  tente  (plus  tard,  dans  une  maison), la  souillure  atteignait  omncs  qui  ingrediuntur, et  tout  le  mobilier  (universa  vasa).  On  fait  une exception  pour  les  vases  munis  d'un  couvercle (iiijatia-am,  le  lien  quelconque  qui  servait  à  main- tciili."  le  couvercle).  —  Si  le  cadavre  était  in  ajro,
en  plein  air,  son  contact  produisait  une  souillure analogue.  Il  suffisait  même  de  toucîier  un  osse- mcnt  humain  ou  un  tombeau  pour  devenir  impur selon  la  loi.
17-19.  Cérémonie  de  la  lustration.  —  La  ma- tière, vers.  17  :  un  mélange  d'eau  de  source (, aquas  vivas,  par  opposition  à  l'eau  de  citerne) et  des  cendres  de  la  vache  rousse.  —  Le  mode , 18-19.  Ni  prêtre  ni  lévite  n'était  requis  pour  les aspersions  ;  le  premier  Israélite  venu  sufïisait , pourvu  qu'il  fût  viundus.
20-22.  Récapitulation.  —  A  l'occasion  de  cette eau,  Dieu  édicté  xmc  loi  générale  sur  la  manière
496
siae,  quia  sanctuarium  Domini  polluit, et  non  est  aqua  lustrationis  aspersus.
21.  Erit  hoc  praeceptum  legitimum sempiterniim.  Ipse  qiioque  qui  aspergît aquas,  lavabit  vestimenta  sua.  Omnis  qui tetigeiit  aquas  expiationis,  immundus erit  usque  ad  vesperum.
22.  Quidquid  tetigerit  immundus,  im- mundum  faciet  ;  et  anima  quas  horum quippiam  tetigerit,  immunda  erit  usque ad  vesperum.
NuM.  XIX,  21  —  XX,  6.
l'assemblée  ;  parce  qu'il  a  souillé  le sanctuaire  du  Seigneur,  et  que  l'eau d'expiation  n'a  point  été  répandue  sur lui.
21.  Cette  ordonnance  vous  sera  une loi  qui  se  gardera  éternellement.  Celui qui  aura  fait  les  aspersions  de  l'eau  la- vera aussi  ses  vêtements.  Quiconque aura  touché  l'eau  d'expiation  sera  im- pur jusqu'au  soir.
22.  Celui  qui  est  impur  rendra  impur tout  ce  qu'il  touchera  ;  et  celui  qui  aura touché  il  quelqu'une  de  ces  choses  sera impur  jusqu'au  soir.
CHAPITRE  XX
1.  Veneruntque  filii  Israël,  et  omnis multitude  in  desertum  Sin,  mense  primo  ; et  mansit  populus  in  Cades.  Mortuaque est  ibi  Maria,  et  sepulta  in  eodem  loco.
2.  Cumque  indigeret  aqua  populus, convenerunt  adversum  Moysen  et  Aaron  ;
3.  et  versi  in  seditionem,  dixerunt  : Utinam  periissemus  inter  fi-atres  nostros coram  Domino!
4.  Cur  eduxistis  ecclesiam  Domini  in solitudinem,  ut  et  nos  et  nostra  jumenta moriamur  ?
5.  Quare  nos  fecistis  ascendere  de ^gypto,  et  adduxistis  in  locum  istum pessimum,  qui  seri  non  potest,  qui  nec ficum  gignit,  nec  vineas,  nec  malogra- nata,  insuper  et  aquam  non  habet  ad bibendum?
6.  Ingressusque  Moj^ses  et  Aaron,  di-
1.  Au  premier  mois  de  la  quarantième année,  toute  la  multitude  des  enfants d'Israël  vint  au  désert  de  Sin;  et  le peuple  demeura  à  Cadès.  Là  mourut Marie,  et  elle  fut  ensevelie  au  même lieu.
2.  Et  comme  le  peuple  manquait d'eau ,  ils  s'assemblèrent  contre  Moïse  et Aaron  ;
3.  et  ayant  excité  une  sédition,  ils leur  dirent  :  Plût  à  Dieu  que  nous  eus- sions péri  avec  nos  frères  devant  le  Sei- gneur !
4.  Pourquoi  avez -vous  fait  venir  le peuple  du  Seigneur  dans  ce  désert,  afin que  nous  mourions ,  nous  et  nos  bêtes  ?
5.  Pourquoi  nous  avez-vous  fait  sortir de  l'Egypte,  et  nous  avez-vous  amenés en  ce  lieu  affreux,  où  l'on  ne  peut  se- mer; où  ni  les  figuiers,  ni  les  vignes,  ni les  grenadiers  ne  peuvent  venir,  et  où l'on  ne  trouve  pas  même  d'eau  pour boire?
6.  Moïse   et   Aaron,  ayant   quitté  le
dont  se  propageait  l'impureté  légale,  et  sur  sa durée,  vers.  22.
§  V.—  Derniers  incidents  du  séjour  des  Israélites dans  le  désert  de  Pharan.  XX,  1  —  XXI,  35.
lo  L'eau  de  contradiction  à  Cadès.  XX,  1-13.
Chap.  XX.  —  1.  Second  séjour  des  Hébreux  à Cadès  ;  mort  de  Marie.  —  In  desertum  Sin.  Voyez la  note  de  x,  12.  —  Mense  primo  :  au  mois  d'abib ou  de  nisan.  C'était  la  quarantième  année  depuis la  sortie  d'Egypte.  —  In  Cades.  Cf.  xrii,  27,  et le  commentaire.  La  marche  des  Israélites  vers  la Terre  i)romise,  interrompue  à  Cadès  trente-sept années  auparavant  (cf.  xxxiii,  38),  va  être  re- prise en  ce  mêuie  lieu.  —  Mortua...  Maria.  Grand deuil  pour  ses  deux  frères,  qui  ne  lui  survivront
pas  longtemps.  Elle  était  l'aînée  des  trois  (Ex. VI,  20).
2-5.  Murmures  du  peuple  à  cause  du  manque d'eau.  — •  Indigeret  aqua.  Comme  autrefois  à Mara  (Ex.  xv,  23-2G),  et  à  Raphidim  (Ex.  xvn). —  Convenerunt  adversum....  Cette  jeune  géné- ration imite  en  tous  points,  malgré  les  leçons de  l'histoire,  la  conduite  et  jusqu'au  langage  de l'ancienne.  Cf.  xix,  2  et  ss.;  Ex.  xvii,  3,  etc. — Periissemus  inter  fratres...  Allusion  aux  14  000 Hébreux  qui  avaient  péi-i  à  la  suite  de  la  révolte de  Coré,  XIV,  49.  —  Le  vers.  5  décrit  le  désert en  termes  pittoresques,  par  opposition  à,  la  fer- tilité et  à  la  fraîcheur  de  l'Egypte.
6-8.  L'intercession  de  Moïse  et  l'intervention de  Jéhovah.  —  Ingrcssus...  Moi/ses...  Toujours
NuM.  XX,  7-12.
497
peuple,  entrèrent  dans  le  tabernacle  de l'alliance,  et,  s'étant  jetés  le  visage contre  terre,  ils  crièrent  au  Seigneur,  et lui  dirent  :  Seigneur  Dieu,  écoutez  le cri  de  ce  peuple,  et  ouvrez -leur  votre trésor,  ouvrez -leur  la  source  d'eau  vive, afin  qu'étant  désaltérés,  ils  cessent  de murmurer.  Alors  la  gloire  du  Seigneur parut  au-dessus  d'eux.
7.  Et  le  Seigneur  parla  à  Moïse,  et lui  dit  :
8.  Prenez  votre  verge,  et  assemblez le  peuple ,  vous  et  votre  frère  Aaron  ;  et parlez  à  la  pierre  devant  eux,  et  elle vous  donnera  des  eaux.  Et  lorsque  vous aurez  fait  sortir  l'eau  de  la  pierre,  tout le  peuple  boira  et  ses  bêtes  aussi.
y.  Moïse  prit  donc  la  verge  qui  était devant  le  Seigneur,  selon  qu'il  le  lui avait  ordonné,
10.  et  ayant  assemblé  lej^euple  de- vant la  pierre,  il  leur  dit  :  Ecoutez,  re- belles et  incrédules.  Pourrons -nous  vous faire  sortir  de  l'eau  de  cette  pierre  ?
11.  Moïse  leva  ensuite  la  main,  et ayant  fi'appé  deux  fois  la  pierre  avec  sa verge,  il  en  sortit  une  grande  abondance d'eau,  en  sorte  que  le  peuple  eut  à  boire, et  les  bêtes  aussi.
12.  En  même  temps,  le  Seigneur  dit à  Moïse  et  à  Aaron  :  Parce  que  vous  ne m'avez  pas  cru,  et  que  vous  ne  m'avez
missa  multitudine,  tabernaculum  fœde- ris,  corruerunt  proni  in  terram,  clama- veruntque  ad  Dominum,  atque  dixerimt  : Domine  Deus,  audi  clamorem  hujus  po- puli,  et  aperi  eis  thesaurum  tuum  fontem aquœ  vivœ,  ut  satiati,  cesset  murmuratio eorum.  Et  apparuit  gloria  Domini  super eos.
7.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moy- sen,  dicens  :
8.  Toile  virgam,  et  congrega  populum, tu  et  Aaron  frater  tuus;  et  loquimini ad  petram  coram  eis,  et  illa  dabit  aquas. Cumque  eduxeris  aquam  de  petra,  bibet omnis  multitudo,  et  jumenta  ejus.
9.  Tulit  igitur  Moyses  virgam,  quse erat  in  conspectu  Domini,  sicut  prsece- perat  ei,
10.  congregata  multitudine  ante  pe- tram, dixitque  eis  :  Audite,  rebelles  et increduli.  Num  de  petra  hac  vobis aquam  poterimus  ejicere?
11.  Cumque  elevasset  Moyses  manum, percutiens  virga  bis  silicem,  egressœ sunt  aquae  largissimee,  ita  ut  populus biberet,  et  jumenta.
12.  Dixitque  Dominus  ad  Moysen  et Aaron  :  Quia  non  credidistis  milii,  ut sanctificaretis    me    coram    fiiiis    Israël,
le  recours  à  Dieu,  plein  de  foi.  Cf.  xiv,  5,  etc. La  prière  Domine  Deus..,  manque  entièrement dans  le  texte  hébreu.  —  Toile  virgam.  «  La vergo,  »  avec  l'article  :  non  pas  la  verge  fleurie d' Aaron  (xvii,  10);  mais,  comme  le  dit  expres- sément l'hébreu  au  vers.  11,  celle  de  Moïse,  qui avait  joué  un  rôle  si  célèbre  dans  les  plaies  d'E- gypte (Ex.  vn,  8;  viii,  5,  etc.)  et  auprès  du rocher  de  Eaphidim  (Ex.  xvii,  5  et  ss.)  ;  d'après le  vers.  9,  elle  avait  été  placée  dans  le  tabernacle. —  Congrega  populuin  :  pour  qu'après  avoir  été témoins  du  miracle,  ils  eussent  une  confiance  plus grande  en  leur  Dieu.
9-12.  Le  miracle.  —  Congregata...  Quand  la masse  du  peuple  fut  rassemblée  autour  du  rocher, Moïse  adressa  d'abord  à  ces  murmurateurs  per- pétuels quelques  paroles  sévères  (Audite,  re- belles...) ;  puis,  prenant  sa  verge,  il  en  frappa deux  fois  coup  sur  coup  la  muraille  de  pierre, qui  laissa  aussitôt  échapper  des  eaux  abondantes. Mais  il  est  évident  qu'il  se  glissa  quelque  imper- fection dans  la  conduite  de  Moïse ,  puisqu'il  s'at- tira lui-même  immédiatement,  de  la  part  de Dieu,  de  si  graA'es  reproches  et  le  plus  pénible des  châtiments  (vers.  12).  En  quoi  sa  faute  avait- elle  consisté  ?  On  a  parfois  donné  cette  réponse  : En  ce  qu'au  lieu  do  parler  au  rocher  (vers.  8), il  le  frappa.  Mais  ce  motif  paraît  peu  justifiable.
Si  Jéhovah  commanda  à  Moïse  de  prendre  sa verge,  c'était  évidemment  pour  qu'il  en  fit  usage, comme  autrefois  à  Raphidiin ,  Ex.  xvii,  5-6. Xéannîoins  il  frappa  le  rocher  à  deux  reprises et  avec  un  mouvement  de  vivacité  :  en  cela  déjà il  dut  pécher.  Mais  ce  furent  surtout  ses  paroles qui  le  rendirent  coupable,  ainsi  que  l'exprime ce  passage  du  psaume  cv,  32-33  :  «  Irritaverunt cnm  ad  aquas  contradictionis ,  et  vexatus  est Moyses  propter  eos,  quia  exacerbaverunt  spiri- tum  ejus,  et  distinxit  in  labiis  suis  (hébr.  :  il parla  inconsidérément).  »  Elles  dénotent,  en  elïet, un  manque  de  foi  momentané  (num  de  petra jwteriiiLUS...?)  ;  «  non  pas  qu'il  doutât  du  pouvoir absolu  de  Dieu  ;  mais  il  doutait  si,  dans  cette  cir- constance du  murmure  des  Israélites,  Dieu  vou- drait leur  donner  des  marques  de  sa  bonté  et  de sa  puissance.  »  (Calmet,  Comment,  litt.,  h.  1.) Cela  ressort  clairement  des  termes  du  divin  re- proche :  quia  non  credidistis...  Voyez  S.  August., Qnœst.  XIX  in  Num.  Aaron  participa  au  péché en  ne  faisant  rien  pour  l'arrêter,  et  comme  ils avaient  failli  l'un  et  l'autre  dans  l'exercice  de leurs  fonctions,  la  punition  fut  tout  â  fait  sévère. —  Ut  sanctificaretis...  Une  manifestation  complète de  leur  foi  aurait  mis  en  relief  devant  le  peuple, si  facilement  incrédule,  les  perfections  de  Dieu, et  aurait  accru  sa  gloire.
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NuM.  XX,  13-19.
non  introducetis  lios  populos  in  terram quam  dabo  eis.
13.  Hœc  est  aqiia  contradictionis,  ubi jurgati  sunt  filii  Israël  contra  Dominum, et  sanetificatus  est  in  eis.
14.  Misit  interea  nuntios  Moyses  de Cades  ad  regem  Edom,  qui  dicerent  : Hœc  mandat  frater  tuus  Israël.  Nosti omnem  laborem  qui  appreliendit  nos  ;
15.  quo  modo  descenderint  patres  no- stri  in  ^gyptum,  et  habitaverimus  ibi multo  tempore,  afflixerintque  nos  -3ilgy- ptii  et  patres  nostros  ;
IG.  et  quo  modo  clamaverimus  ad Dominum ,  et  exaudierit  nos ,  miseritque angelum,  qui  eduxerit  nos  de  ^g3'pto. Ecce  in  urbe  Cades,  quee  est  in  extremis finibus  tuis,  positi,
17.  obsecramus  ut  nobis  transire  li- ceat  per  terram  tuam.  Non  ibimus  per agros,  nec  per  vineas,  non  bibemus aquas  de  puteis  tuis,  sed  gradiemur  via publica,  nec  ad  dexteram  nec  ad  sinistram déclinantes,  donec  transeamus  termines tuos.
18.  Cui  respondit  Edom  :  Non  trans- ibis per  me,  alioquin  armatus  occurram tibi.'
19.  Dixeruntque  filii  Israël  :  Per  tri- tam  gradiemur  viam  ;  et  si  biberimus
pas  sanctifié  devant  les  enfants  d'Is- raël, vous  ne  ferez  point  entrer  ce  peuple dans  la  terre  que  je  leur  donnerai.
13.  C'est  là  l'eau  de  contradiction, où  les  enfants  d'Israël  murmurèrent contre  le  Seigneur,  et  où  il  fit  paraître sa  puissance  et  sa  sainteté  au  milieu d'eux.
14.  Cependant  Moïse  envoya  de  Cadès des  ambassadeurs  au  roi  d'Edom  pour lui  dire  :  Voici  ce  que  vous  mande  votre frère  Israël.  Vous  savez  tous  les  maux que  nous  avons  soufferts  ;
15.  comment  nos  pères  étant  descen- dus en  Eg3^pte,  nous  y  avons  habité longtemps,  et  les  Egyptiens  nous  ont affligés ,  nous  et  nos  pères  ;
16.  et  comment  enfin  ayant  crié  au Seigneur,  il  nous  a  exaucés  et  a  envoyé son  ange,  qui  nous  a  fait  sortir  de  l'E- gypte. Nous  sommes  maintenant  dans  la ville  de  Cadès,  qui  est  à  l'extrémité  de votre  royaume.
17.  Nous  vous  conjurons  de  nous  per- mettre de  passer  par  votre  pa^'s.  Nous n'irons  point  h  travers  les  champs  ni dans  les  vignes ,  et  nous  ne  boirons  point des  eaux  de  vos  puits  ;  mais  nous  mar- cherons par  le  chemin  public,  sans  nous détourner  ni  à  droite  ni  à  gauche,  jus- qu'à ce  que  nous  soyons  passés  hors  de vos  terres.
18.  Edom  leur  répondit  :  Vous  ne  pas- serez point  sur  mes  terres,  autrement j'irai  en  armes  au-devant  de  vous.
19.  Les  enfants  d'Israël  lui  répon- dirent :  Nous  marcherons  par  le  chemin
13.  Conclusion.  —  Contradictionis.  Hébreu  : m'ribah.  Le  nom  complet  est  M'rïbali  Eâcles (xxvii,  14;  Deut.  xxxii,  15),  pour  empêcher  de confondre  cette  localité  avec  M'rïbah  de  l'Exode, XVII,  2  et  ss.  —  Et  sanetificatus  est  :  dans  le  sens de  «  gloriflcatus  est  »  ;  résultat  soit  du  miracle, soit  du  châtiment  infligé  aux  deux  frères.
2»  Les  Iduméens  refusent  aux  Hébreux  l'au- torisation de  traverser  leur  territoire.  XX,  14-21.
14-17.  La  requête  de  Moïse. —  Misit  interea. Environ  trois  mois  plus  tard,  comme  on  le  voit en  rapprochant  xxxiii,  38  de  xx,  1.  Ce  dut  être une  période  de  réorganisation  dxi  peuple  en  vue de  la  conquête  de  Chanaan,  désormais  très  pro- chaine. —  Ad  regem  Edom;  et  aussi  au  roi  de Moab,  d'après  Jud.  xi,  17.  Moïse  a  i-cnoncé  ù, aborder  la  Palestine  de  front,  c.-à-d.  par  la  fron- tière méridionale,  très  fortement  gardée;  c'est du  côté  du  sud -est  qu'il  songe  maintenant  ù  y pénétrer.  Un  regard  jeté  sur  la  carte  (voyez VAtl.  oiio'jr.,  pi.  v)  montre  que  de  Cadès,  situé au  flanc  de  l'Azâzimeh,  la  voie  la  plus  courte
pour  atteiodre  ce  district  consistait  à  gagner  la vallée  profonde  de  l'Arabah,  puis  à  franchir  les montagnes  de  l'Idumce  par  l'ouadi  El-Ghuwéir, au-dessus  de  Pétra,  et  à  remonter  directement au  nord.  —  Q,ui  dicerent...  Message  des  plus  ha- biles, où  la  demande  proprement  dite  (vers.  17) est  appuyée  sur  \m  assez  long  exorde  (14^-16), qui  résume  fort  bien  l'histoire  antérieure  d'Is- raël. Notez  le  traM  frater  tuus,,  destiné  à  atten- drir les  Iduméens,  en  leur  rappelant  leur  com- munauté d'origine  avec  les  Hébreux  :  Ésaii,  ou Édom,  et  Jacob  étaient  frères. —  La  requête  même est  extrêmement  modeste  pour  le  fond  et  pour  la forme.  Moïse  promet  de  ne  rien  endommager,  de respecter  les  puits,  ce  bien  si  précieux  en  Orient, d'aller  droit  à  son  but  par  le  «  chemin  du  roi  » {via  publica  de  la  Vulgate),  c.-à-d.  par  les  l'outes principales.
18-21.  Refus  du  roi  d'Édom,  avec  des  menaces ù  l'appui  (alioquin  armatus...) ,  et  suivi  bientôt d'un  commencement  d'exécution  de  ces  menaces. —  Quamobrem  divertit...  Les  Hébreux,  comp-
NuM.  XX,  20-28.
409
ordinaire  ;  et  si  nous  buvons  de  vos eaux,  nous  et  nos  troupeaux,  nous  paye- rons ce  qui  sera  juste  ;  il  n'y  aura  point de  difficulté  pour  le  prix  ;  souffrez  seu- lement que  nous  passions  sans  nous  ar- rêter.
20.  Mais  il  répondit  :  Vous  ne  passe- rez point.  Et  aussitôt  il  marcha  au-de- vant d'eux  avec  une  multitude  infinie et  une  puissante  armée;
21.  et  quelques  prières  qu'on  lui  fît, il  ne  voulut  point  les  écouter,  ni  accor- der le  passage  par  son  paj^s  ;  c'est  pour- quoi Israël  se  détourna  de  ses  terres.
22.  Et  aj'ant  décampé  de  Cadès,  ils vinrent  à  la  montagne  de  Hor,  qui  est sur  les  confins  du  pays  d'Edom.
23.  Le  Seigneur  parla  en  ce  lieu  à Moïse,
24.  et  lui  dit  :  Qu'Aaron  aille  se joindre  à  son  peuple  ;  car  il  n'entrera point  dans  la  terre  que  j'ai  donnée  aux enfants  d'Israël ,  parce  qu'il  a  été  incré- dule aux  paroles  de  ma  bouche,  au  lieu nommé  les  Eaux  de  contradiction.
25.  Prenez  donc  Aaron,  et  son  fils avec  lui,  et  menez -les  sur  la  montagne de  II  or.
26.  Et  ayant  dépouillé  le  père  de  sa robe,  vous  en  revêtirez  Eléazar,  son  fils  ; et  Aaron  sera  réuni  à  ses  pères,  et  mourra en  ce  lieu.
27.  jMoïse  fit  ce  que  le  Seigneur  lui avait  commandé  ;  ils  montèrent  sur  la montagne  de  Hor  devant  tout  le  peuple.
28.  Et  après  qu'il  eut  dépouillé  Aaron de  ses  vêtements,  il  en  revêtit  Eléazar, son  fils.
aquas  tuas  nos  et  pecora  nostra,  dabi- mus  quod  justum  est;  nulla  erit  in pretio  difficultas  ;  tantum  velociter  trans- eamus.
20.  At  ille  respondit  :  Non  transibis. Statimque  egressus  est  obvius,  cum  in- finita  multitudine ,  et  manu  f orti  ;
21.  nec  voluit  acquiescere  deprecanti, ut  concederet  transituni  pcr  fines  suos  ; quamobrem  divertit  ab  eo, Israël.
22.  Cumque  castra  movissent  de  Ca- des,  venerunt  in  montem  Ilor,  qui  est in  iinibus  terras  Edom;
23.  ubi  locutus  est  Dominus  ad  Moy- scn  :
24.  Pergat,  inquit,  Aaron  ad  populos suos  ;  non  enim  intrabit  terram ,  quam dedi  filiis  Israël,  eo  quod  incredulus fuerit  ori  meo,  ad  Aquas  contradictionis.
25.  Toile  Aaron  et  filium  ejus  cum  eo, et  duces  eos  in  montem  Hor  ;
26.  cumque  nudaveris  patrem  veste sua,  indues  ea  Eleazarum  filium  ejus; Aaron  colligetur,  et  morietur  ibi.
27.  Fecit  Moyses  ut  prœceperat  Do- minus  ;  et  ascenderunt  in  montem  Hor coram  omni  multitudine  ;
28.  cumque  Aaron  spoliasset  vestibus suis,  induit  eis  Eleazarum  filium  ejus.
tant  obtenir  sans  peine  le  droit  de  passage,  s'é- taient mis  en  route  pen  après  le  départ  de  leurs ambassadeurs;  ils  durent  rétrograder  et  se  diriger vers  le  sud ,  quand  ils  trouvèrent  la  route  barrée h  l'est.
30  Moi't  d'Aaron.  XX,  22-30.
22.  De  Cadès  avi  mont  Hor.  —  In  montem Eor.  Ilébr.:  B'iiôr  hahâr.  «  Ilor  »  est  probable- ment ime  forme  archaïque  du  substantif  hâr, montagne,  do  manière  à  désigner  la  montagne par  excellence  de  ce  district.  Josèphe,  Ant.,  rv, 4,  7,  la  tradition  juive  et  les  géographes  con- tcnii)orains  identifient  le  mont  Hor  au  Djebel Haroûn,  qui  se  dresse  à  l'est  do  l'Arabah,  au  sud de  Pétra,  et  vraiment  in  flnihus...  Edom.  C'est un  cône  tronqué,  irrégulier,  surmonté  de  trois aiguilles  déchiquetées.  Celle  du  nord -est  est  la plus  haute  (environ  5  000  pieds  ai\- dessus  du niveau  de  la  mer"),  et  porte  la  chapelle  maho- métane  dédiée  h  Aaron.  «  Rochers  escarpés...  se dressant  de  tous  côtés,  avec  les  formes  les  plus sauvages  et  les  plus  fantastiques,  ici  entassés
d'une  manière  étrange  les  uns  sur  les  autres ,  là s'entre-bâillant  et  présentant  des  crevasses  d'une profondeur  effraj'ante.  »  Cf.  Vigouvoux ,  la  Bible et  Us  découvertes...,  t.  II,  pp.  610-615.
23-25.  Dieu  annonce  la  mort  prochaine  d'Aa- ron. —  Fergat...  ad  %)opulum  suicm.  Hébr.:  Qu'il soit  réuni  à  son  peuple.  Sur  cette  expression, voyez  Gen.  xxv,  8,  et  le  commentaire.  —  Nuda- veris veste  :  il  le  dépouillera  de  ces  vêtements pontificaux  dont  11  l'avait  aiitrcfois  revêtu  au jour  de  la  consécration  des  prêtres.  Cf.  Lev.  vii-ix. —  Indues  Eleazarum  :  pour  lui  transmettre  la dignité  et  l'autorité  de  son  père.
27-30.  Mort  d'Aaron. —  Ascenderunt...  coram... multitudine...   Le   peuple   était   alors    campé  à Maseroth,  dans  l'Arabah,  au  pied  de  la  mon- tagne. Cf.  xxxiii,  30  ;  Deut.  s,  6.  —  lilo  mortiio. C'était,  d'fiprès  xxxiii,  38,  le  premier  jour  du cinquième  mois  de  la  quarantième  aimée  depuis i    l'exode.  Cette  mort  dii  premier  grand  iirêtre  juif !    rap)ielle    une   profonde   parole   de   saint   Paul, 1   Ilobr.  vu,  23-24  :  «  Il  y  a  ou  (chez  les  Juifs  )
500
NuM,  XX,  29  —  XXI,  5.
29.  Illo  mortuo  in  montis  supercilio, descendit  cum  Eleazaro.
30.  Omnis  autem  multitudo  videns  oc- ciibuisse  Aaron,  flevit  super  eo  triginta diebus  per  cunctas  familias  suas.
29.  Aaron  étant  mort  sur  le  haut  de la  montagne ,  Moïse  descendit  avec Eléazar.
30.  Et  tout  le  peuple,  voyant  qu' Aaron était  mort,  le  pleura  dans  toutes  ses  fa- milles pendant  trente  jours.
CHAPITRE  XXI
1.  Quod  cum  audisset  Chananaeus  rex Arad,  qui  habitabat  ad  meridiem,  venisse scilicet  Israël  per  exploratorum  viam, pugnavit  contra  illum,  et  victor  existens, duxit  ex  eo  prsedam.
2.  At  Israël  voto  se  Domino  obligans ait  :  Si  tradideris  populum  istum  in manu  mea,  delebo  urbes  ejus.
3.  Exaudivitque  Dominus  preces  Is- raël, et  tradidit  Chananseum,  quem  ille interfecit  subversis  urbibus  ejus  ;  et  vo- cavit  nomen  loci  illius  ïïorma,  id  est, anathema.
4.  Profecti  sunt  autem  et  de  monte Hor,  per  viam  quae  ducit  ad  mare  Eu- brum,  ut  circumirent  terram  Edom.  Et tgsdere  cœpit  populum  itineris  ac  la- boris  ;
5.  locutusque  contra  Deum  et  Moysen,
1.  Arad,  roi  des  Cliananéens,  qui  ha- bitait vers  le  midi,  ayant  appris  qu'Is- raël était  venu  par  le  chemin  des  es- joions,  combattit  contre  Israël,  et  l'ayant vaincu,  il  en  emporta  des  dépouilles.
2.  Mais  Israël  s'engagea  par  un  vœu au  Seigneur,  en  disant  :  Si  vous  livrez ce  peuple  entre  mes  mains,  je  ruinerai ses  villes.
3.  Le  Seigneur  exauça  les  prières  d'Is- raël, et  lui  livra  les  Cliananéens,  qu'il iit  passer  au  fil  de  l'épée,  ayant  détruit leurs  villes  ;  et  il  appela  ce  lieu  Horma, c'est-à-dire  anathème.
4.  Ensuite  ils  partirent  de  la  mon- tagne de  Hor  par  le  chemin  qui  mène à  la  mer  Rouge,  pour  contourner  le  pays d'Edom,  Et  le  peuple  commença  à  s'en- nuyer du  chemin  et  du  travail;
5.  il    parla    contre    Dieu    et    contre
des  prêtres  nombreux ,  parce  qiie  la  mort  les empêchait  d'être  permanents.  Mais  lui  (Jcsus- Clirist),  parce  qu'il  demeure  éternellement,  11 possède  un  sacerdoce  éternel.  C'est  pouniuoi  il peut  sauver  sans  cesse  ceux  qui  s'approchent  de Dieu  par  lui,  étant  toujours  vivant  pour  inter- céder en  notre  faveur.  »  —  Flevit  :  eu  redoutant une  autre  mort  encore  plus  triste,  dont  celle-ci était  l'avant -coureur.
40  Défaite  du  roi  d'Arad.  XXI,  1-3.
Chap.  XXI. —  1-3.  Arad,  ville  du  Négeb  {ad meridiem),  située,  d'après  VOnomasticon  d'Eu- sèbe  et  de  saint  Jérôme,  à  vingt  milles  romains au  sud  d'Hébron.  Son  nom  a  survécu  sous  la forme  de  Tell  Arad.  Cf.  xxxiii,  40  ;  Jos.  xii,  14, et  VAtl.  géorjr.,  pi.  v  et  vu.  —  Per  explorato- rum viam.  Les  versions  chaldéenne,  samaritaine, syriaque,  traduisent  aussi  par  ce  explorateurs  » le  substantif  hébreu  'atârim,  dont  la  significa- tion est  discutée.  Les  LXX  et  l'arabe  le  traitent comme  un  nom  géographique.  Les  explorateurs envoyés  par  Moïse  en  Chanaan  s'étaient  dirigés tout  droit  au  noi-d,  en  partant  de  Cadès.  Cf. xm,  21.  —  Pugnavit...  Fait  probablement  anté- rieur à  la  mort  d'Aaron  ;  car  il  est  difficile  d'ad- mettre que  le  roi  d'Ai'ad  soit  venu  attaquer  les Hébreux  dans  l'Arabah,  assez  loin  de  son  terri- toire ,  ou  qu'ils  aient  eux-mêmes  rétrogradé  pour le  combattre  jusqu'à  leur  campement  de  Cadcs.
C'est  sans  doute  au  moment  de  leur  départ  (ve- nisse scilicet...)  qii'il  tomba  sur  eux  à  l'impro- viste ,  dans  la  supposition  qu'ils  voulaient  envahir son  domaine.  —  Israël...  se  obligans  :  pour  se rendre  le  Seigneur  propice ,  et  pour  mieux  réussir h  venger  le  cruel  affront  que  la  nation  avait  subi (victor  existens).  Sur  la  nature  du  licrem  (voto), voyez  Lev.  xxvii,  28-29,  et  le  commentaire. L'exécution  complète  de  ce  vœu  n'eut  lieu  que sous  Josué  (Jos.  XII,  4).  —  Horma.  Hébreu  : Ilormah ,  nom  dérivé  de  ftérem,  comme  l'explique saint  Jérôme  en  ajoutant  :  id  est,  anathema (chose  dévouée  à  la  destruction).  Sur  l'empla- cement de  cette  localité ,  voyez  la  note  de  xiv,  45.
50  Le  serpent  d'airain.  XXI,  4-9.
4-5.  Départ  et  murmures  du  peuple.  —  Per viam  qvce...  En  marchant  directement  au  sud, et  en  tournant  le  dos  à-  la  Terre  promise.  Ils longeaient  la  vallée  d'Arabah,  qui  s'étend  de  la mer  Morte  ad  mare  Rahrum,  c.-à.-d.  au  golfe d'Akâbah,  ou  «  Sinus  claniticus  »  (voyez  VAtl. géogr.,  pi.  v).  Ce  long  détour  était  nécessaire  ut circumirent...  Edom,  d'après  ce  qui  a  été  dit  plus haut,  XX,  14-21.  Ils  durent  descendre  jusqu'à quelques  lieues  au  nord  d'Eziongaber,  à  l'endroit où  l'ouadi  El-Ithm  ouvre  un  passage  ù  travers les  montagnes;  ils  remontèrent  ensuite  vers  le nord  en  longeant  l'Arabie  déserte.  —  Tœdcre ccBjJit...  La  soif,  la  fatigue  de  la  marche  sur  lo
NuM.  XXI,  6-9.
501
Moïse,  auquel  il  dit  :^  Pourquoi  nous avez -vous  tirés  de  l'Egypte,  afin  de nous  faire  mourir  dans  ce  désert?  Le pain  nous  manque,  nous  n'avons  point d'eau  ;  notre  âme  n'a  plus  que  du  dé- goût pour  cette  nourriture  si  légère.
6.  C'est  pourquoi  le  Seigneur  envoya contre  le  peuple  des  serpents  brûlants, par  lesquels  uu  grand  nombre  furent blessés  ou  tués.
7.  Ils  vinrent  alors  à  Moïse,  et  lui dirent  :  Nous  avons  péché,  en  parlant contre  le  Seigneur  et  contre  vous  ;  priez- le  qu'il  ôte  ces  serpents  du  milieu  de nous.  Moïse  pria  donc  pour  le  peuple.
8.  Et  le  Seigneur  lui  dit  :  Faites  un serpent  d'airain,  et  mettez -le  pour  ser- vir de  signe  ;  celui  qui ,  ayant  été  blessé des  serpents,  le  regardera,  sera  guéri.
9.  Moïse  fit  donc  un  serpent  d'airain, et  il  le  mit  pour  servir  de  signe  ;  et  les blessés  qui  le  regardaient  étaient  gué- ris.
ait  :  Cur  eduxisti  nos  de  iEgypto,  ut moreremur  in  solitudine?  Deest  panis, non  sunt  aquse;  anima  nostra  jam  nau- seat  super  cibo  isto  levissimo.
6.  Quamobrem  misit  Dominus  in  po- pulum  ignitos  serpentes,  ad  quorum  pla- gas  et  mortes  plurimorum,
7.  venerunt  ad  Moysen,  atque  dixe- runt  :  Peccavimus,  quia  locuti  sumus contra  Dominum  et  te  ;  ora  ut  tollat  a nobis  serpentes.  Oravitque  Moyses  pro populo.
8.  Et  locutus  est  Dominus  ad  eum  : Fac  serpentem  œneum,  et  pone  eum pro  signo  ;  qui  percussus  aspexerit  eum , vivet.
9.  Fecit  ergo  Moyses  serpentem  aene- um,  et  posuit  eum  pro  signo  :  quem  eum percussi  aspicerent,  sanabantur.
sable  mouvant  et  sur  le  gravier  de  l'Arababjla chaleur  brûlante  qu'on  ressent  dans  cette  gorge affreuse,  fermée  d'un  côté  par  les  rochers  cal- caires d'Et-Tîh,  de  l'autre  par  le  massif  grani- tique des  monts  iduméens,  excitèrent  bientôt  le mécontentement  du  peuple.  —  Cur  eduxisti...? Leur  perpétuel  refrain  dans  leurs  peines.  —  Deest panis,  ...  aquce.  Il  était  évidemment  impossible, en  ce  désert,  d'avoir  des  provisions  fraîches  pour deux  millions  d'hommes;  l'eau  même  est  rare dans  l'Arabah.  —  Anima...  nauseat.  Ils  osent parler  en  ces  tei'mes  dédaigneux  (cibo  levissimo; hébr.  :  q'iôqel,  commun,  vil)  de  la  manne  cé- leste.
6-7».  Punition  et  repentir.  —  Serpentes  ignitos. L'épichète  s'râfim  exprime  l'effet  produit  par  la morsure  des  serpents.  La  presqu'île  sinaïtique, et  tout  particulièrement  dans  l'Arabah,  abonde  en reptiles  très  venimeux,  d'espèces  multiples.  De  là sans  doute  l'emploi  de  l'article  dans  le  texte  hé- breu :  les  serpents  les  brûlants.  —  reccavimus..., ora.  Jamais  les  Hébreux  ne  s'étaient  humiliés  si promptement,  si  complètement.
7b-9.  Le  remède.  —  Gravit  Moyses.  Il  est  tou- jours prêt  ù,  intercéder  pour  son  peuple  bien- aimé,  quoique  ingrat. —  Serpentem  cenexun.  Dans l'hébreu  :  Fais-toi  un  sâraf,  c.-à-d.,  comme  le  note en  effet  le  vers.  9,  la  reproduction  en  bronze  du terrible  reptile.  —  Pone  pro  signo.  L'hébreu  nés désigne  à  proprement  parler  un  étendard,  une bannière.  Le  serpent  d'airain  fut  donc  placé  au sommet  d'une  pique ,  à  la  façon  des  images  ana- logues qui  servaient  de  drapeaux  aux  Égyptiens. Voyez  l'Atlas  archéol.,  pi.  lxxxvi,  fig.  12,  13; pi.  LXxxviii,  fig.  2.  —  Qui  percussus  aspexerit. D'im  regard  accompagné  de  repentir  et  de  foi, selon  le  beau  commentaire  du  livre  de  la  Sagesse,
XVI,  5-7  :  «  Des  bêtes  furieuses  ont  attaqué  vos enfants ,  et  des  serpents  venimeux  leur  ont  donné la  mort  ;  mais  votre  colère  ne  dura  pas  tou- jours : ...  vous  leur  donnâtes  un  signe  de  salut, pour  les  faire  souvenir  des  commandements  de votre  loi.  Car  celui  qui  regardait  ce  serpent  n'é- tait point  guéri  par  ce  qu'il  voyait,  mais  par  vous, qui  êtes  le  Sauveur  de  tous  les  hommes.  »  Mais il  est  un  second  commentaire  autrement  élevé, qui  provient  de  Notre-Seigneur  Jésus-Christ  lui- même,  Joan.  III,  14-15,  d'après  lequel  ce  serpent d'airain  était  surtout  le  signe,  le  type  du  salut apporté  à  tous  les  hommes  par  le  crucifiement de  riIomm'>  -  Dieu  :  «  Sicut  Moyses  exaltavit  ser- pentem in  deserto,  ita  exaltari  oportet  Filium hominis,  ut  omnis  qui  crédit  in  ipsum  non  pereat, sed  habeat  vitam  asternam.  »  Les  Pères  et  les Docteurs  ont  souvent  développé  ce  parallèle.  «  De même  que  le  serpent  d'airain ,  dit  saint  Ambroise ide  Apolog.  David.,  i,  3),  détruisait  la  vertu  du venin  dans  ceux  qui  étaient  mordus,  ainsi  le Sauveur  sur  la  croix  détruit  toute  la  vertu  du démon ,  cet  ancien  seipent  ;  et  comme  le  serpent, ayant  trompé  la  première  femme,  répandit  le venin  de  la  cori^uption  et  de  la  mort  dans  tous les  hommes,  ainsi  Jésus -Christ,  représenté  par  le serpent  d'airain,  rend  la  vie  à  tous  ceux  qui  le  re- gardent et  qui  mettent  en  lui  toute  leur  confiance (Tertull.,  contr.  Jud.  c.  10;  cf.  contr.  Marcion. m,  18).  Le  serpent  d'airain  était  sans  venin, comme  Jésus-Christ  était  sans  péché  (Théodoret, Quœst.  xxxviii  in  Exod.).  Le  Sauveiu*  avait  pris la  chair  d'Adam  sans  en  prendre  la  corruption, comme  le  serpent  d'airain  avait  la  figure  d'un animal  venimeux  et  cruel  sans  en  avoir  la  ma- lignité et  la  cruauté.  »  Calmet,  Comment,  litt., h.  1.
24
;02
NuM.  XXI,  10-16.
10.  Pi'ofectique  filii  Israël  castrame- tati  sunt  in  Oboth  ;
11.  unde  egressi  fîxere  tentoria  in Jeabarira,  in  solitudine  quœ  respicit îiloab  contra  orientalem  plagam.
12.  Et  inde  moventes,  venerunt  ad torrenteni  Zared,
13.  quem  relinqnentes  castrametati sunt  contra  Arnon,  quœ  est  in  deserto, et  prominet  in  linibus  Amorrliœi.  Si- quidem  Arnon  terminus  est  Moab,  divi- dens  Moabitas  et  Amorrhseos.
14.  Unde  dicitur  in  libro  bellorum Domini  :  Sicut  fecit  in  mari  Rubro,  sic faciet  in  torrentibiis  Arnon.
15.  Scopnli  torrentium  inclinati  snnt, ut  requiescerent  in  Ar,  et  recumberent in  finibus  Moabitarum.
16.  Ex  eo  loco  apparuit  puteus,  super quo  locutus  est  Dominus  ad  Moysen  : Congrega  populum,  et  dabo  ei  aquam.
6»  Les  Hébreux  continuent  leur  route  vers  la Palestine.  XXI,  10-20.
La  conquête  commence,  les  rudes  privations du  désert  vont  cesser  :  c'est  désormais  une  vie toute  nouvelle,  dont  la  joie  et  l'entrain  se  re- flètent dans  lu  récit.
10-11.  Stations  d'Oboth  et  de  Jé.nbarim.—  Pro- fecti...  Apres  avoir  traversé  l'ouadi  El  -  Ithm (note  du  vers.  4),  ils  prirent  la  direction  du  nord- nord-est.  —  Oboth.  La  liste  du  chap.  xxxiii,  41-43, cite  deux  autres  stations  avant  celle-ci  :  Salmona (peut-être  la  localité  qui  fut  témoin  de  l'incident des  serpents,  sélem  signifiant  «  image  »)  et  Phu- non.  On  a  parfois  phicé  Oboth  vers  l'origine  du torrent  El-Alisy,  qui  se  jette  dans  la  mer  Morte à  la  pointe  sud -est.  —  La  station  de  Jcàbar'nn était  un  peu  plus  au  nord,  ainsi  qu'il  résulte  du trait  :  quai  respicit  Moah...  xxxiii,  45,  elle  est nonnnée  Vi/ivi  par  abréviation.
12-13.  Stations  du  Zared  et  de  l' Arnon.  —  Ad iurrentem  Zaract.  Peut-être  l'oiiiuli  Aïn-Franjy, bmnche  de  l'oiir.di  Kéi'ek,  lequel  se  jette  dans  la mer  Morte  au  nord  de  la  presqu'île  El-Lisân. — Contra  Arnon.  Torrent  impétueux,  qui  est  le principal  affluent  du  lac  Asphaltite  sur  la  rive orientale.  Son  nom  actuel  est  El-Modjib.  —  Di- videns  Moabitas...  Excellente  limite,  en  effet,  car il  coule  entre  deux  rives  profondes ,  escarpées  ; aussi  les  Hébreux  durent-ils  le  franchir  non  loin de  sa  source.  Le  vers.  26  nous  dira  que  le  ter- ritoire des  Moabites  s'était  étendu  bien  au  noi'd de  l'Arnon  ;  mais,  récemment,  les  Amori-héens avaient  conquis  tout  ce  district  septentrional.
14-15.  Chant  de  victoire.  —  Unde  dicitur... A  l'occasion  du  passage  de  l'Arnon,  le  narrateur cite  quelques  lignes  d'une  ode  puisée  in  libro hcUorum  Domini.  Ce  livre,  qui  n'est  mentionné uulic  part  ailleurs,  contenait  sans  doute  un  recueil
10.  Les  enfants  d'Israël,  étant  partis de  ce  lieu,  campèrent  à  Oboth,
11.  d'où,  étant  sortis,  ils  dressèrent leurs  tentes  à  Jéabarim,  dans  le  désert qui  regarde  Moab  vers  l'orient.
12.  Aj^ant  décampé  de  ce  lieu,  ils vinrent  au  torrent  de  Zared ,
13.  qu'ils  laissèrent  ;  et  ils  campèrent vis-à-vis  de  l'Arnon,  qui  est  dans  le  dé- sert, et  qui  est  situé  près  de  la  fron- tière des  Amorrliéens.  Car  l'Arnon  est  à l'extrémité  de  Moab,  et  sépare  les  Moa- bites des  Amorrliéens.
14.  C'est  pourquoi  il  est  écrit  dans  le livre  des  guerres  du  Seigneur  :  Il  fera dans  les  torrents  de  l'Arnon  ce  qu'il  a fait  dans  la  mer  Rouge.
15.  Les  rochers  des  torrents  se  sont abaissés  pour  descendre  vers  Ar,  et  se reposer  sur  les  confins  des  Moabites.
16.  Au  sortir  de  ce  lieu  parut  le puits  dont  le  Seigneur  parla  à  Moïse, en  lui  disant  :  Assemblez  le  peuple,  et je  lui  donnerai  de  l'eaa.
de  chants  sacrés,  composés  aiors  par  des  bardes hébreux  pour  célébrer  la  marche  triomphale  d'Is- raël vers  la  Terre  promise.  On  suppose  que  les deux  autres  petits  poèmes  qui  suivent  (vers.  18, 27-30)  lui  auront  été  également  empruntés.  — Sioit  fecJi...  Voici  quelle  paraît  être  la  traduction iitLorale  du  Fhcbi'cu  :
...  Viiiie!)  on  ouragan , et  tes  torrents  de  l'Arnon , et  le  cours  des  torrents  4ui  s'incline  vers  riiabiiation de  'Ar,
et  qui  touche  à  la  frontière  de  Moab.
Cela  forme  deux  vers ,  composés  chacun  de  deux lignes  parallèles.  Le  début  est  obscur,  la  cita- tion étant  prise  au  beau  milieu  de  l'ode.  Vâ/ieb est  probablement  le  nom  d'une  citadelle  amor- rh;!enne,  bâtie  sur  le  bord  de  l'Arnon.  Un  sujet et  un  verbe  sont  sous  -  entendus  :  Israël  a  con- quis... Et  l'ensemble  signifie  que  les  Hébreux, sous  la  conduite  de  Jéhovah ,  s'étaient  emparés sans  peine,  avec  la  rapidité  d'une  tempête,  de toute  la  partie  méridionale  du  territoire  anior- rhéen,  attenante  à  l'Arnon.  —  Ar  (hébr.  :  'Ar). C. -à-d.  la  ville  par  antonomase,  la  capitale  des Moabites.  Son  nom  complet  était  «  Ar  Moab  » (  vers.  28  ).  On  l'identifie  tantôt  avec  Rabbath- Moab,  l'Aréopolis  des  Grecs  et  des  Romains,  la Rabba  moderne;  tantôt  avec  les  ruines  de  Muhatet- el-IIadj,  plus  ra]iproc'hées  de  l'Ai'non.
16-18».  Le  chant  du  puits.  —  Ex  eo  loco... pnteus.  D'après  l'hébreu  :  De  là  (c. -à-d.  de  la station  de  l'Arnon,  vers.  13)  à  B"êr;  vraisem- blablement la  même  localité  que  B"êr  'Elim  d'is. XV,  8,  —  Super  quo...  Hébr,:  C'est  ce  B"êr  où  Jé- hovah dit  à  Moïse...  Le  mot  b"ér  signifiant  fon- taine, puits,  l'erreur  de  la  Vulgate  s'explique aisément.  Du  moins,  c'est  à  caus.'  du  i)uits  creusé en  ce  lieu  que  la  station  fut  ainsi  nommée.  —
NuM.  XXI,  17-23.
503
17.  Alors  Israël  chanta  ce  cantique  : Que  le  puits  monte.  Et  ils  chantaient tous  ensemble  :
18.  C'est  le  puits  que  les  princes  ont creusé,  que  les  chefs  du  peuple  ont  pré- paré, par  Tordre  de  celui  qui  a  donné  la loi,  et  avec  leurs  bâtons.  De  ce  désert le  peuple  vint  ù  Matthana  ;
19.  de  IMatthana  à  Nahaliel,  de  Na- haliel  ù  Bamoth.
20.  De  Bamoth,  on  vint  à  une  vallée dans  le  pays  de  Moab,  près  de  la  mon- tagne de  Phasga,  qui  regarde  le  dé- sert.
21.  Israël  envoya  de  là  des  ambassa- deurs ù,  Sélion,  roi  des  Amorrhéens, pour  lui  dire  :
22.  Nous  vous  supplions  de  nous  per- mettre de  passer  par  votre  pays.  Nous ne  nous  détournerons  point  ni  dans  les champs  ni  dans  les  vignes;  nous  ne boirons  point  des  eaux  de  vos  puits  ; mais  nous  marcherons  par  la  voie  pu- blique, jusqu'à  ce  que  nous  soyons  pas- sés hors  de  vos  terres.
23.  Séhon  ne  voulut  point  permettre qu'Israël  passât  par  son  pays  ;  et  a3^ant nièrae  assemblé  son  armée,  il  marcha
17.  Tune  cecinit  Israël  carmen  istud  : Ascondat  puteus.  Concinebant  :
18.  Puteus,  quem  foderunt  principes, et  paraverunt  duces  muUitudinis  in  da- tore  legis,  et  in  baculis  suis.  De  solitu- dine,  Matthana;
19.  de  Matthana  in  Nahaliel;  de  Na- haliel  in  Bamoth.
20.  De  Bamoth,  vallis  est  in  regione Moab ,  in  vertice  Phasga ,  quod  respicit contra  desertum.
21.  Misit  autem  Israël  nuntios  ad Sehon,  regem  Amorrhseorum,  dicens  :
22.  Obsecro  ut  transire  mihi  liceat  per terram  tuam  ;  non  declinabimus  in  agros et  vineas  ;  non  bibemus  aquas  ex  puteis  ; via  regia  gradiemur,  donec  transeamus termiuos  tuos.
23.  Qui  concedere  noluit  ut  transiret Israël  per  fines  suos;  quin  potius  exer- citu  congregato,  egressus  est  obviam  in
Bobo...  aquas.  Non  par  un  miracle  proprement dit,  mais  en  suggérant  à  Moïse  la  pensée  de taire  creuser  un  puits ,  ou  même  toute  une  série de  puits,  par  le  peuple.  —  Tune  cecinit...  Chant joyeux  et  gracieux,  charmant  dans  sa  simpli- cité ,  vraiment  antique ,  indice  de  l'excellente disposition  morale  où  se  trouvaient  alors  les  Is- raélites.
JailUâ,  puits  ! Cliantez  en  son  honneur! Faits  que  les  princes  ont  creusé, 'jue  les  nobles  du  peuple  ont  percé avec  le  sceptre , avec  leur  bâton.
Telle  est  la  traduction  exacte  de  l'hébreu,  qui diffère  légèrement  de  celle  de  la  Vulgate.  Les divergences  principales  portent  sur  les  mots  con- clntbant  et  in  datore  legis  (hébr.  :  m'hôqeq,  le bâton  du  commandement;  cf.  Gen.  xlix,  10,  et l'explication). —  Les  chefs  eux-mêmes  avaient  donc pris  part  à  cette  opération  intéressante,  encou- rageant et  excitant  le  peuple.
W'-2Q.  Des  steppes  de  l'Arnon  au  mont  Phasga. Voj'ez  plus  loin,  xxxiii ,  4G,  l'énumération  com- plète des  stations.  —  De  soUtudine  :  des  steppes de  Moab  (cf.  vers.  1 3) ,  qui  se  prolongeaient  au delà  de  B"êr.  —  Matthana ,  Nahaliel  :  localités dont  l'emplacement  n'a  pas  encore  été  fixé  avec certitude.  —  Bamoth,  ou  plus  complètement Bamoth-Baal  (cf.  xxii,  41;  Jos.  xni,  17,  etc.), (c  les  hauteurs  de  Baal  ;  »  au  nord  do  Dibon (Jo.5.  XIII,  17),  sur  l'Attarus,  un  peu  au  sud  du Zcrka-Maïn.  —  ]'aUis  eut...  D'après  l'hébreu  :  «  De
Bamoth  à  la  vallée  qui  est  dans  la  campagne  de ]\Ioab.  »  C'est  donc  une  autre  station  qui  est  indi- quée. On  nommait  «campagne  de  Moab»  le  pla- teau garni  de  pâturages  qui  s'élève  dans  le  district nord  -  est  de  la  mer  Morte.  La  situation  précise est  marquée  par  les  mots  in  vertice  Phasga (hébr.:  Pis  g  ah  )  ;  en  effet,  le  Pha.sga,  qui  faisait partie  des  mont.^  Abârim  (cf.  xxxiii,  47),  n'est autre  que  le  Nébo,  du  sommet  duquel  Moïse contempla  la  terre  sainte  avant  de  mourir;  et cette  montagne  célèbre  se  dresse  entre  l'embou- chure du  Jourdain  et  la  ville  d'Hesbon  (Atlas géogr.,  pi.  vn).  —  Contra  desertum.  En  face  du Y' Simon,  dit  le  texte;  expression  qui  désigne  ici la  petite  plaine  Ghorel-Belku,  située  sxu"  la  rive nord-est  de  la  mer  Morte,  entre  l'ouadi  Ghuwéir et  l'ouadi  Es-Suweimeh  ;  région  «  désolée  »  et  sté- rile, comme  l'indiqu!^  son  nom.
7«  Expédition  contre  Séhon,  roi  des  Amor- rhéens. XXI,  21-32.
21-23.  Séhon  refuse  aux  Israélites  le  droit  de passage  sur  son  territoire.  —  M'isit  nuntios... Comme  au  roi  de  l'Idumée  quelque  temps  aupa- ravant, XX,  14  et  ss.  Les  Amorrhéens  avaient conquis  ce  district  en  partie  sur  les  Moabites , en  partie  sur  les  Ammonites,  refoulant  les  pre- miers au  sud,  les  autres  à  l'est.  Cette  humble requête  prouve  que  les  Hébreux  ne  songeaient pas  d'abcrd  à  occuper  la  Palestine  transjorda- uienne,  puisqu'ils  voulaient  traverser  pacifique- ment le  territoire  qui  les  séparait  de  Chanaan. —  Venit  in  Jasa.  Ville  située  entre  Médaba  et Dibon.  —  In  desertum.  En  hébreu  :  midhar,  et
504
NuM.  XXI,  24-30.
desertum,  et  vejiit  in  Jasa,  pugnavitque contra  eum.
24.  A  quo  percussus  est  in  ore  gladii , et  possessa  est  terra  ejus  ab  Arnon  usque Jeboc,  et  filios  Ammon;  quia  forti  prae- sidio  tenebantur  termini  Ammonitarum.
25.  Tiilit  ergo  Israël  omnes  civitates ejiis,  et  habitavit  in  urbibus  Amorrhaei, in  Hesebon  scilicet,  et  viculis  ejus.
26.  Urbs  Hesebon  fuit  Sehon,  régis Amorrhasi,  qui  pugnavit  contra  regein Moab,  et  tulit  omnem  terram,  quse  ditio- nis  illius  fuerat,  usque  Arnon.
27.  Idcirco  dicitur  in  proverbio  :  Venite in  Hesebon  ;  sedificetur,  et  construatur civitas  Sehon.
28.  Ignis  egressus  est  de  Hesebon, flamma  de  oppido  Sehon,  et  dévora  vit Ar  Moabitarum,  et  habitatores  excelso- rum  Arnon.
29.  Vœ  tibi,  Moab!  peristi,  popule Chamos.  Dédit  filios  ejus  in  fugam,  et filias  in  captivitatem,  régi  Amorrhseorum Sehon.
30.  Jugum  ipsorum  disperiit  ab  Hese-
au- devant  de  lui  dans  le  désert,  vint  à Jasa,  et  lui  donna  la  bataille.
24.  Mais  il  fut  taillé  en  pièces  par Israël,  qui  se  rendit  maître  de  son royaume,  depuis  l'Arnon  jusqu'au  Jé- boc,  et  jusqu'aux  enfants  d'Ammon  ; car  la  frontière  des  Ammonites  était défendue  par  de  fortes  garnisons.
25.  Israël  prit  donc  toutes  les  villes de  ce  prince  ;  et  il  habita  dans  les  villes des  Amorrhéens,  c'est-à-dire  dans  He- sebon et  dans  les  bourgs  de  son  terri- toire.
26.  Car  la  ville  d'Hésébon  apparte- nait à  Séhon,  roi  des  Amorrhéens,  qui avait  combattu  contre  le  roi  de  Moab, et  lui  avait  pris  toutes  les  terres  qu'il possédait  jusqu'à  l'Arnon.
27.  C'est  pourquoi  on  dit  en  proverbe: Venez  à  Hésébon  ;  que  la  ville  de  Séhon s'élève  et  se  rebâtisse.
28.  Le  feu  est  sorti  d'Hésébon,  la flamme  est  sortie  de  Séhon ,  et  elle  a  dé- voré Ar  des  Moabites,  et  les  habitants des  hauts  lieux  de  l'Arnon.
29.  Malheur  à  toi,  Moab!  tu  es  per- du, peuple  de  Chamos,  Chamos  a  laissé fuir  ses  enfants ,  et  a  livré  ses  filles  cap- tives à  Séhon,  roi  des  Amorrhéens.
30.  Le  joug  dont  ils  opprimaient  Hé-
non  pins  y'simôn;  aussi  s'agit -il  actuellement du  plateau  mentionné  dans  la  note  du  vers.  20. 24-26.  Les  Israélites  conquièrent  une  partie du  territoire  de  Séhon.  —  Percussus...  in  ore gladii;  c.-à-d.  sans  quartier.  —  Al)  Arnon  usque Jeboc  (hébr.  :  Yabboq).  Depuis  l'ouadi  El-Modjib (note  du  vers.  13)  jusqu'au  Zerka,  qui  se  jette dans  le  Jourdain  à  peu  près  à  mi -chemin  entre le  lac  de  Tibériade  et  la  mer  Morte.  Cf.  Gen. XXXII,  22.  —  Et  filios  Ammon.  Ils  habitaient, avons-nous  dit  (note  des  vers.  21-23),  à  l'est  du royaume  de  Séhon,  vers  la  limite  du  grand  désert arabe.  —  Quia  forti  prcesidio...  Trait  destiné  à expliquer  pourquoi  Séhon  n'avait  pu  refouler  les Anunonitcs  au  delà  de  cette  frontière  :  c'est qu'ils  étaient  protégés  par  leur  forteresse  inexpu- gnable de  Rabbath- Ammon  (Atl.  géogr.,  pi.  v et  vix).  —  Talit  ergo  Israël...  Magnifique  con- quête, soit  pour  la  richesse  du  paj's,  soit  pour son  étendue.  Aussi  eut-elle  un  grand  retentisse- ment. Cf.  Dcut.  II,  26  et  ss. ;  iv,  46;  Jos.  ii,  10 et  ss.,  etc.  —  In  Hesebon  :  antique  cité  moabite (vers.  27-28),  devenue  la  capitale  du  royaume  de Séhon.  Ses  ruines,  à  l'est  du  Nébo,  portent  encore le  nom  d'IIesbân. —  Viculis  ejus.  Hébr.;  ses  filles. Figure  quo  nous  retrouverons  souvent.  Cf.  vers.  32; xxxir,  44;  Jos.  xv,  45;  xvii,  11,  etc.,  dans  le texte  original.  Ces  localités  seront  énuraérées  plus loin,  xxxir,  S4-38.
27-30.  Ode  triomphale  composée  h  l'occasion Je  cette  brillante  conquête.  —  Idcirco...  in  pro-
verbio. Dans  l'hébreu  :  C'est  pourquoi  les  poètes (hammôSlim)  disent.  La  racine  est  mâsal,  sub- stantif qui  désigne  fréquemment  les  compositions poétiques.  «  En  considérant  attentivement  ce  chant de  triomphe,  on  reconnaît  à  n'en  pas  douter  que son  début  a  ime  tournure  pleine  d'ironie ,  et qu'il  n'est  pas  le  moins  du  monde  un  cantique d'action  de  grâces ,  semblable,  par  exemple,  à  celui de  Débora.  Rentrez  chez  vous ,  venez  à  Hc  sbon , dans  cette  ville  qui  ne  peut  maintenant  vous fournir  ni  maison  ni  abri;  si  vous  le  pouvez, reconstruisez  cette  cité,  qui  est  ruinée  à  tout jamais...  Voilà  ce  que,  d'un  ton  railleur,  les  vain- queiu's  chantent  aux  vaincus,  qu'ils  ont  expulsés et  qui  ne  peuvent  plus  revenir.  Cependant,  pour montrer  mieux  encore  la  faute  et  le  châtiment des  vaincus,  une  seconde  voix  remonte  à  l'his- toire antérieure  du  pays.  C'est  pourtant  de  là, de  cette  même  ville  d'Hesbon,  qu'est  sorti  jadis le  feu  dévastateur  de  la  guerre  contre  Moab ,  ce pauvre  Moab  que  son  dieu  Chamos  n'a  pu  dé- fendre. Mais  c'est  précisément  à  l'heure  où  ces Araorrliéens  qui  ont  dévasté  Moab  se  croient  en sûreté,  —  ainsi  chante  la  voi.v  des  vainqueurs, revenant  ainsi  au  commencement  de  l'ode,  — c'est  à  cette  heure  que  notre  feu  guerrier  a  tout ravagé,  partant  d'Hes'oon,  la  capitale,  et  se  di- rigeant en  tous  sens  jusqu'aux  extrêmes  fron- tières. Et  ainsi  Israël  a  vengé  Moab.  »  D'après cette  excellente  analyse  d'Ewald,  ou  peut  donc partager  l'ode  en  trois  strophes  :  vers.  27-28,  29,,
NuM.  XXI,  31  —  XXII,  1
6C5
sébon  a  été  brisé  jusqu'il  Dibon.  Ils sout  venus,  tout  lassés  de  leur  faite,  à Kophé,  et  jusqu'il  Médaba.
31.  Israël  habita  donc  dans  le  paj^s des  Amorrhéens.
32.  Moïse  envoj^a  ensuite  reconnaître Jazer,  et  ils  prirent  les  villages  qui 'en dépendaient,  et  se  rendirent  maîtres  des habitants.
33.  Ils  changèrent  ensuite  de  direc- tion, et  montèrent  par  le  chemin  de Basan.  Og,  roi  de  Basan,  vint  au-devant d'eux  avec  tout  son  peuple ,  pour  les combattre  i\  Edraï.
34.  Et  le  Seigneur  dit  à  Moïse  :  Ne le  craignez  point,  parce  que  je  l'ai  livré entre  vos  mains  avec  tout  son  peuple  et son  pays  ;  et  vous  le  traiterez  comme vous  avez  traité  Séhon,  roi  des  Amor- rhéens, qui  habitait  à  Hésébon.
35.  Ils  taillèrent  donc  en  pièces  ce roi ,  avec  ses  enfants  et  tout  son  peuple, sans  qu'il  en  restât  un  seul,  et  ils  se rendirent  maîtres  de  son  pays.
bon  usque  Dibon;  lassi  pervenerunt  in Nophe,  et  usque  Medaba.
31.  Habita  vit  itaque  Israël  in  terra Amorrhœi.
32.  Misitque  Mo3''ses  qui  explorarent Jazer,  cujus  ceperunt  viculos,  et  posse- derunt  habitatores.
33.  Verteruntque  se,  et  ascenderunt per  viam  Basan  ;  et  occurrit  eis  Og ,  rex Basan,  cum  omni  populo  suo,  pugnaturus in  Edrai.
34.  Dixitque  Dominus  ad  Moysen  :  Ne timeas  eum,  quia  in  manu  tua  tradidi illum,  et  omnem  populum,  ac  terram ejus;  faciesque  illi  sicut  fecisti  Sehon, régi  Amorrhseorum,  habitatori  Hesebon.
35.  Percusserunt  igitur  et  hune  cum filiis  suis,  universumque  populum  ejus usque  ad  internecionem;  et  possederunt terram  illius.
CHAPITRE  XXII
1.  Étant  partis  de  ce  lieu,  ils  cam- pèrent dans  les  plaines  de  Moab  ,  près du  Jourdain,  au  delà  duquel  est  situé Jéricho.
1.  Profectique  castrametati  sunt  in campestribus  Moab,  ubi  trans  Jordanem Jéricho  sita  est.
30.  —  Chamos  (hébr.  :  K'mos)  était  la  divinité nationale  des  Moabites.  Cf.  IV  Reg.  m,  26-27; Jer.  XL VIII,  7,  13,  etc.  —  L'emplacement  de Nophe  est  incertain;  Mcdaha  a  été  retrouvée au  sud  d'Hesbon.
31-32.  Les  Hébreux  consolident  leur  conquête. —  Jazer  :  à  10  milles  romains  et  à  l'ouest  de Rabbath  - Ammon ,  d'après  YOnomasticon  d'Eu- sèbe  ;  ce  sont  probablement  ses  ruines  qu'on  ren- contre à  Sir,  vers  l'origine  de  l'ouadi  du  même nom,  qui  se  jette  dans  le  Kéfrôn.
8"  Défaite  du  roi  de  Basan.  XXI,  33-35.
33-35.  Basan,  Mirai.  Deux  noms  qui  expri- ment, à  eux  seuls,  une  conquête  beaucoup  plus considérable  encore  que  la  précédente;  car  ils supposent  l'occupation  de  tout  le  district  situé à  l'est  du  Jourdain,  entre  le  Jaboc  et  le  lac Mérom  (AU,  géogr.,  pi.  vii).  Le  riche  pays  de Basan  s'étendait,  en  effet,  jusqu'au  pied  de  l'Her- mon.  La  ville  d'Edraï,  aujourd'hui  Edràah ,  ou Darâ,  qui  fut  témoin  de  la  nouvelle  victoire  des Israélites,  était  située  sur  la  rive  méridionale  du aeuve  Iliéromax  (  Yarmouk  ).
TROISIÈME   PARTIE
Les  Hébreux  dans  les   steppes  de  Moab.
XXII,   1  —  XXXVI,   13.
Israël  f-st  maintenant  su.'"  les  frontières  de  la
Terre  promise,  dont  il  n'est  séparé  que  par  le Jourdain.  Ses  ennemis  essayent  en  vain  de  l'ar- rêter. Dieu  lui  donne  ses  dernières  instructions en  vue  de  la  conquête.
Section  I.  —  Machinatioxs  des  Moabites  et
DES  MADIANITES    CONTRE    ISRAËL.    XXII,  1   — XXV,  18.
§  I.  —  Les  oracles  de   Balaam. XXII,  1  —  XXIV,  25.
C'est  le  point  culminant  du  livre  des  Nombres, un  résumé  magnifique  de  toute  l'histoire  juive dans  le  passé  et  dans  l'avenir,  avec  l'image  du Messie  qui  se  dresse  nettement  à  l'horizon.
1°  Le  roi  de  Moab  mande  le  prophète  Balaam pour  maudire  Israël.  XXII,  1-21.
Chap.  XXII.  —  1.  Les  Hébreux  arrivent  aux steppes  de  Moab.  —  In  campestribus.  Hébr.  : 'arhôt,  pluriel  de  'arâbah,  steppe,  nom  par  lequel on  désigne  encore  aujourd'hui,  comme  il  a  été dit  plus  haut  (note  de  xxi,  4-5),  la  vallée  qui s'étend  du  sud  de  la  mer  Morte  au  golfe  Élani- tique  de  la  mer  Rouge.  On  appelait  alors  'Arhôt Mo'ab  (steppes  de  Moab)  la  plaine  profonde, longue  de  11  milles  anglais,  large  de  4  à  5  milles, qui  s'étale  à  l'est  de  l'embouchure  du  Jourdain, au  pied  du  mont  Phasga  (note  de  xxi,  18"^ -20; voyez  VAU.  gèogr.,  pi.  v  et  vu).  C'est  une  sorte
506
NuM.  XXII,  2-6.
2.  Videns  autem  Balac,  filins  Sephor, oiania  quse  fecerat  Israël  Amorrhœo ,
3.  et  quod  pertirauissent  eiim  Moa- bitae,  et  iinpetum  ejus  ferre  non  possent,
4.  dixit  ad  majores  natu  Madian  :  Ita delebit  hic  populus  omnes  qui  in  nostris finibus  commorantur,  quo  modo  solet bos  lierbas  usque  ad  radiées  carpere.  Ipse erat  eo  tempore  rex  in  Moab.
5.  Misit  ergo  nuntios  ad  Balaam, filium  Beor,  ariolum,  qui  habitabat  super flumen  terras  filiorum  Ammon,  ut  voca- rent  eum,  et  dicerent  :  Ecce  egressiis  est popukis  ex  MgY])to,  qui  operuit  superfi- ciem  terrœ,  sedejis  contra  me.
6.  Yeni  igitur,  et  maledic  populo  huic, quia  f  ortior  me  est  ;  si  quo  modo  possim percutere  et  ejicere  eum  de  terra  mea  ; novi  enim  quod  benedictus  sit  cui  bene- dixeris,  et  maledictus  in  qaem  maledicta congesseris.
2.  Mais  Balac,  fils  de  Séphor,  consi- dérant tout  ce  qu'Israël  avait  fait  aux Amorrhéens ,
3.  et  voyant  que  les  Moabites  en avaient  une  grande  fra3^eur,  et  qu'ils n'en  pourraient  soutenir  les  attaques,
4.  dit  aux  anciens  de  Madian  :  Ce peuple  exterminera  tous  ceux  qui  de- meurent autour  de  nous,  comme  le  bœuf a  coutume  de  brouter  les  herbes  jusqu'à la  racine.  Balac,  en  ce  temps -là,  était roi  de  Moab.
5.  Il  envoya  donc  des  ambassadeurs à  Balaam,  fils  de  Béor,  qui  était  un  de- vin, et  qui  demeurait  près  du  fleuve  du pays  des  enfants  d'Ammon,  afin  qu'ib le  fissent  venir,  et  qu'ils  lui  dissent  : Voilà  un  peuple  sorti  d'Egypte  qui couvre  toute  la  face  de  la  terre,  et  qui s'est  établi  près  de  moi.
6.  Venez  donc  pour  maudire  ce  peuple, parce  qu'il  est  plus  fort  que  moi  ;  ajin que  Je  tente  si  je  pourrai  par  quelque moyen  le  battre  et  le  chasser  de  mes terres.  Car  je  sais  que  celui  que  vous bénirez  sera  béni,  et  que  celui  sur  qui vous  aurez  jeté  la  malédiction  sera maudit.
(l'oasis  assez  fertile,  arrosée  par  pliisieiirs  ruis- seaux qui  descendent  des  montagnes  moabites. —  Ubi  trans  Jordanem  Jéricho  :  trait  destiné à  bien  préciser  la  situation  géographique  des 'Arbôt  Mo'ab  au  moyen  de  celle  de  Jéricho,  ville si  connue.
2-4.  Inquiétudes  du  roi  de  Moab.  —  Balac, films  SetJlior  (liébr.  :  Sippo)-).  De  la  note  ulté- rieure, dixit  ad  majores  naiu  Madian  (vers.  4), on  a  conclu  h  bon  droit,  ce  semble,  à  la  suite des  Targums,  que  Balac  était  un  Madiauite,  et qu'il  avait  usurpé  le  trône  de  Moab  à  la  suite des  victoires  de  Séhon  (xxi,  26),  qui  avaient tant  affaibli  ce  peuple.  —  Et  impetum  ejus... Dans  l'hébreu  :  parce  qu'il  (  Israël  )  était  nom- breux. Les  Moabites  ne  pouvaient  se  douter  qu'il avait  été  interdit  à  la  nation  théocratiquo  de  les attaquer  (cf.  Deut.  ii,  9);  et  ils  tremblaient avec  raison,  en  pensant  d'une  part  aux  récents triomphes  qui  l'avaient  mise  en  possession  de Galaad  et  de  Basan,  d'autre  part  à  leur  propre refus,  insolent  et  téméraire,  de  lui  laisser  tra- verser leur  territoire  (Jud.  xi,  17). —  Ita  de- lebit... Littéralement  :  Maintenant  cette  multi- tude va  brouter  tous  nos  alentours,  comme  le bœuf  broute  la  verdure  des  champs.  Comparai- son énergique,  qui  concorde  fort  bien  avec  les habitudes  pastorales  de  Moab  et  de  Madian.
5-6.  Envoi  d'une  première  ambassade  à  Ba- laam. —  Ad  Balaam  (hébr.:  BiVâm)...  ariolum (ce  mot  manque  dans  le  texte  primitif).  Person- nage étrange,  sur  lequel  les  interprètes  ont  beau- coup discuté  deijuis  les  premiers  siècles  de  notre
ère.  Josèphe,  Philon,  Origène,  saint  Ambroise, saint  Augustin,  etc.,  le  traitent  absolument  comme un  faux  prophète  (  «  prophetam  non  Dci ,  sed diaboli,  »  dit  Cornélius  a  Lap. );  au  contraire, d'après  TertuUien,  saint  Jérôme,  etc.,  il  eût été  un  prophète  proprement  dit,  mais  que  son avarice  aurait  perdu.  Le  présent  épisode  le  ma- nifeste, en  effet,  successivement  sous  ces  deux aspects.  Il  semble  avoir  connu  et  adoré  le  vrai Dieu,  auquel  il  donne  même  à  plusieurs  reprises (vers.  8,  18,  19,  etc.)  le  nom  sacré  de  Jéhovah; on  dirait  aussi  que  les  traditions  antiques  d'Is- raël ne  lui  étaient  pas  inconnues  (voyez  la  note de  XXIII,  10).  D'un  autre  côté,  il  procède  à  la façon  des  devins  païens  pour  obtenir  des  révéla- tions (xxui,  3,5;  XXIV,  1)  ;  et  surtout,  la  Bible lui  applique  (Jos.  xiii,  22)  la  dénomination  de qosern,  toujours  prise  en  mauvaise  part,  et  qui désigne  les  magiciens  et  sorciers  qu'il  fallait extirper  de  la  nation  sainte  (cf.  Deut.  xviii, 10-12).  Le  bien  et  le  mal  s'unissaient  donc  en lui,  et,  comme  plus  tard  Simon  le  Magicien,  il était  prêt  à  trafiquer  des  dons  divins.  L'Esprit de  Dieu,  qui  souffle  où  il  lui  plaît,  usa  de  Ba- laam pour  de  glorieuses  révélations  ;  puis  il  brisa cet  instrument  coupable. —  Qui  habitabat...  D'a- près l'hébreu  :  A  Péthor,  qui  est  sur  le  fleuve, au  pays  des  fils  de  son  peuiile.  «  Le  fleuve  '■"  i)ar excellence  c'est  l'Euphrate,  comme  en  d'autres passages.  Péthor,  Pitru  des  inscriptions  cunéi- formes, était  une  ville  bâtie  au  confluent  du Sagur  et  de  l'Euphrate,  dans  la  Mésoi)otanne. Cf.  xxm,  7;  Deut.  xxm,  4;  Vigoureux,  Bible
NuM.  XXII,  7-17.
507
7.  Les  vieillards  de  ]\îoab  et  les  an- ciens de  Madian  s'en  allèrent  donc,  por- tant avec  eux  de  quoi  payer  le  devin  ; et  étant  venus  trouver  Balaam,  ils  lui exposèrent  tout  ce  que  Balac  leur  avait commandé  de  lui  dire.
8.  Balaam  leur  répondit  :  Demeurez ici  cette  nuit,  et  je  vous  dirai  tout  ce que  le  Seigneur  m'aura  déclaré.  Ils  de- meurèrent donc  chez  Balaam,  et  Dieu, étant  venu  à  lui,  lui  dit  :
9.  Que  vous  veulent  ces  hommes  qui sont  chez  vous?
10.  Balaam  répondit  :  Balac,  fils  de Séphor,  roi  des  Moabites,  m'a  envoyé  ,
11.  dire  :  Voici  un  peuple  sorti  d'E- gypte, qui  couvre  toute  la  face  de  la terre;  venez  le  maudii'e,  afin  que  je tente  si  je  pourrai  par  quelque  moyen  le combattre  et  le  chasser.
12.  Dieu  dit  à  Balaam  :  N'allez  pas avec  eux,  et  ne  maudissez  point  ce peuple,  parce  qu'il  est  béni.
13.  Balaam,  s'étant  levé  le  matin,  dit aux  princes  :  Retournez  dans  votre  pays, parce  c|[ue  le  Seigneur  m'a  défendu  d'al- ler avec  vous.
14.  Ces  princes  s'en  retournèrent,  et dirent  à  Balac  :  Balaam  n'a  pas  voulu venir  avec  nous.
15.  Alors  Balac  lui  envoya  de  nou- veau d'autres  ambassadeurs  en  plus grand  nombre,  et  de  plus  grande  qua- lité que  ceux  qu'il  avait  envoyés  d'a- bord ;
16.  lesquels,  étant  arrivés  chez  Ba- laam ,  lui  dirent  :  Voici  ce  que  dit  Balac, fils  de  SéphOr  :  Ne  différez  plus  de  venir auprès  de  moi  ;
17.  je  suis  prêt  à  vous  honorer,  et  je vous  donnerai  tout  ce  que  vous  voudrez  ; venez ,  et  maudissez  ce  peuple.
7.  Perrexcruntque  seniores  Moab,  et majores  natu  Madian,  habentes  divina- tionis  pretium  in  manibus  ;  cumque  ve- nissent  ad  Balaam,  et  narrassent  ei omnia  verba  Balac,
8.  ille  respondit  :  Manete  hic  nocte, et  respondebo  qnidquid  mihi  dixerit  Do- minus.  Mancntibus  illis  apud  Balaam, venit  Deus,  et  ait  ad  eum  :
9.  Quid  sibi  volunt  homines  isti  apud te?
10.  Respondit  :  Balac,  filius  Sephor, rex  Moabitarum ,  misit  ad  me ,
11.  dicens  :  Ecce  populus  qui  egres- sus  est  de  ^gypto,  operuit  superficiem terrœ  ;  veni,  et  maledic  ei,  si  quo  modo possim  pugnans  abigere  eum.
12.  Dixitque  Deus  ad  Balaam  :  Noli ire  eum  eis,  neque  maledicas  populo, quia  benedictus  est.
13.  Qui  maneconsurgens  dixit  ad  prin- cipes :  Ite  in  terram  vestram,  quia  pro- hibuit  me  Dominus  venire  vobiscum.
14.  Reversi  principes  dixerunt  ad  Ba- lac :  Noluit  Balaam  venire  nobiscura.
15.  Rursum  ille  multo  plures  et  nobi- liores  quam  ante  miserat,  misit;
IG.  qui,  eum  venissent  ad  Balaam, dixerunt  :  Sic  dicit  Balac,  filius  Sephor  : Ne  cuncteris  venire  ad  me  ;
17.  paratus  sum  honorare  te,  et  quid- quid  volueris  dabo  tibi  ;  veni ,  et  male- dic populo  isti.
et  découvertes,  t.  II,  ii.  615,  etc.  Au  lieu  de 'ammô,  son  peuple,  la  Vulgate  et  d'autres  ver- sions ont  lu  Ammrm,  par  eri'cur. —  Ecce  egressus est...  Message  de  Balac  à  Balaam  (5^-6).  Le  roi comprend  que  la  force  des  armes  ne  suffit  pas pour  vaincre  Israël  ;  mais  il  a  une  pleine  con- fiance dans  la  puissance  des  sortilèges  de  Balaam (novi  enim...).  a  Les  caravanes  madianites,  qui transportaient  les  marchandises  entre  la  Mésopo- tamie et  rÉgjpte ,  avaient  répandu  la  réputation (du  prophète)  sur  les  confins  de  la  Palestine.  » Mar.  bihi.,  t.  I,  n.  377.
7-14.  Les  ambassadeurs  do  Balac  auprès  de Balaam,  qui  refuse  de  les  accompagner.  —  Se- niores Moab  et...  Madian.  Les  Moabites  et  les Madianites  sont  étroitement  unis  dans  toute  cette section.  Un  danger  commun  les  avait  associés.  — Divinationis  pretium.  Hébi*.:  q'sâmlm;  littéral.:
des  divinations.  Mais  l'interprétation  de  saint PieiTC,  II  Petr.  ii,  15,  nous  montre  que  la  Vul- gate a  bien  rendu  la  pensée.  —  Manete...  Balaam veut  consulter  le  Seigneur  (Dominus ,  Jéhovah) avant  de  prendre  une  décision.  Toutefois,  n'au- l'ait-il  pas  dû  comprendre  aussitôt  qu'il  ne  pou- vait aller  maudire  le  peuple  de  Celui  dont  il tenait  l'inspiration?  Déjà  11  y  a  lutte  entre  son avarice  et  sa  conscience,  et  c'est  pour  réveiller cette  conscience  endormie  que  Dieu  condescend ù  s'entretenir  avec  Balaam  (vers.  9-12).  Cf.  III  Pi.cg. XIX,  9;  Is.  XXXIX,  3-4.
15  -  21.  Deuxième  ambassade  et  acceptation  du prophète.  —  Plures  et  nobiliores:  pour  flatter l'amour-propre  de  Balaam  ;  car  son  refus  n'avait fait  qu'exciter  davantage  les  désirs  de  Balac.  — Paratus  honorare  :  dans  le  sens  actuel  du  mot «  honoraire  ».  Cf.  I  Tim.  v,  17,  etc.  La  vénalité
508
NuM.  XXII,  18-26.
18.  Eespondit  Balaam  :  Si  dederit mihi  Balac  pleiiam  domum  suaiii  argent! et  auri,  non  potero  iramutare  verbum Domini  Dei  mei,  ut  vel  plus,  vel  minus loquar.
19.  Obsecro  ut  hic  maneatis  etiam  hac nocte,  et  scire  queam  quid  mihi  rursum respondeat  Dominus.
20.  Venit  ergo  Deus  ad  Balaam  nocte, et  ait  ei  :  Si  vocare  te  venerunt  homines isti,  surge,  et  vade  cum  eis;  ita  dun- taxat,  ut  quod  tibi  prsecepero,  facias.
21.  Surrexit  Balaam  mane,  et  strata asina  sua  profectus  est  cum  eis.
22.  Et  iratus  est  Deus  ;  stetitque  an- gélus Domini  in  via  contra  Balaam ,  qui insidebat  asinae,  et  duos  pueros  habebat secum.
23.  Cernens  asina  angelum  stantem in  via,  evaginato  gladio,  avertit  se  de itinere,  et  ibat  per  agrum.  Quam  cum verberaret  Balaam,  et  vellet  ad  semitam reducere,
24.  stetit  angélus  in  angustiis  duarum maceriarum,  quibus  "sàneœ  cingebantur.
25.  Quem  videns  asina,  junxit  se  pa- rieti,  et  attrivit  sedentis  pedem.  At  ille iterum  verberabat  eam  ;
26.  et  nihilominus  angélus  ad  locum angustum  transiens,  ubi  nec  ad  dexte- ram  nec  ad  sinistram  poterat  deviare, obvius  stetit.
18.  Balaam  répondit  :  Quand  Balac me  donnerait  plein  sa  maison  d'or  et d'argent,  je  ne  pourrais  pas  pour  cela changer  la  parole  du  Seigneur  mon Dieu,  pour  dire  ou  plus  ou  moins  qu'il ne  m'a  dit.
19.  Je  vous  prie  de  demeurer  ici  en- core cette  nuit ,  afin  que  je  puisse  savoir ce  que  le  Seigneur  me  répondra  de  nou- veau.
20.  Dieu  vint  donc  la  nuit  à  Balaam, et  lui  dit  :  Si  ces  hommes  sont  venus vous  chercher,  levez -vous,  allez  avec eux  ;  mais  à  condition  que  vous  ferez  ce que  je  vous  commanderai.
21.  Balaam,  s'étant  levé  le  matin, sella  son  ânesse,  et  se  mit  en  chemin avec  eux.
22.  Alors  Dieu  s'irrita ,  et  un  ange  du Seigneur  se  présenta  dans  le  chemin devant  Balaam,  qui  était  sur  son  ânesse, et  qui  avait  deux  serviteurs  avec  lui.
23.  L'ânesse,  voj^ant  l'ange  qui  se  te- nait dans  le  chemin,  ayant  à  la  main une  épée  nue,  se  détourna  du  chemin, et  allait  à  travers  champs.  Tandis  que Balaam  la  battait  et  voulait  la  ramener dans  le  chemin,
24.  l'ange  se  tint  dans  un  lieu  étroit, entre  deux  murailles  qui  enfermaient des  vignes.
25.  L'ânesse,  le  voyant,  se  serra  contre le  mur,  et  pressa  le  pied  de  celui  qu'elle portait.  Il  continua  à  la  battre  ;
26.  mais  l'ange,  passant  en  un  lieu encore  plus  étroit,  où  il  n'y  avait  pas moyen  de  se  détourner  ni  à  droite  ni  à gauche,  s'arrêta  devant  l'ânesse.
des  devins  et  des  sorciers  païens  était  prover- biale :  TÔ  (xavTty.bv  yàp  tiôcv  çO.âpY'Jpov  ysvo;, Soph.,  AntiQ.,  1055.  —  Si...  pîenam  domum  ar- gcnti.  Louable  abnégation,  qui  mallieureiTsement ne  durera  guère.  Dès  la  phrase  suivante  {oisecro ut  maneatis...)  Balaam  se  trahit,  en  essayant d'arracher  en  quelque  sorte  à  Dieu  la  permission de  départ  qui  lui  avait  été  refusée  récemment. —  Surge  et  vade.  Le  Seigneur  permet  néanmoins, dans  l'intérêt  de  sa  plus  grande  gloire,  ce  voyage interdit  tout  d'abord.
2°  L'ânesse  de  Balaam.  XXII,  22-35.
22-27.  Apparition  de  l'ange  du  Seigneur.  Scène très  mouvementée ,  parfaitement  décrite.  —  Ira- tus... Deus.  L'hébreu  ajoute  :  tandis  qu'U  allait; c.-ù-d.  moins  à  cause  du  départ  même,  puisque Dieu  l'avait  autorisé,  qu'à  cause  des  dispositions fâcheuses  qui  s'étaient,  chemin  faisant,  déve- loppées dans  l'âme  du  prophète.  L'avarice  avait pris  le  dessus,  et  Balaam  s'était  décidé  â  mau- dire. —  Angélus  Domini.  Cf.  Ex.  xiv,  19;  Jos. v,  13,  etc.  Peut-être  celui-là  même  qui  avait
conduit  les  Hébreux  à  travers  le  désert  et  qui devait  marcher  devant  eux  à  la  conquête  de  Cha- naan.  Il  se  tient  menaçant  (evaginato...)  au  mi- lieu du  chemin,  pour  arrêter  lo  prophète  qui  se disposait  à  mauflire  le  peuple  béni  de  Dieu.  —  In angustiis  maceriarum...  La  description  suppose im  de  ces  sentiers  étroits  et  resserrés  entre  deux murs ,  comme  ou  en  rencontre  fréquemment  dans les  vignobles.
28-30.  Dialogue  entre  Balaam  et  l'ânesse.  — Aperuilque  Dominus...  Miracle  unique  en  son genre,  souvent  attaqué  par  les  rationalistes,  qui n'ont  rien  ménagé  pour  le  tourner  en  ridicule  ; souvent  réduit  à  un  phénomène  purement  interne et  subjectif  par  des  croj'ants  timides,  qui  pré- tendent ainsi  le  rendre  plus  acceptable.  Ces  der- niers ont  contre  eux  les  paroles  mêmes  du  texte sacré,  qui  supposent  clairement  la  réalité  objec- tive de  l'incident.  Les  autres  n'ont  pas  su  oti voulu  comprendre  combien  un  pareil  prodige était  admirablement  adapté  aux  circonstances. «  Usus  est  Dominus  voce  asinse,  tum  quia  cou-
NuM.  XXII,  27-36.
509
27.  Celle-ci,  voj-ant  l'anime  arrêté  de- vant elle,  tomba  sous  les  pieds  de  celui qu'elle  portait.  Balaam,  tout  transporté de  colère,  se  mit  à  battre  encore  plus fort  avec  un  bâton  les  flancs  de  l'â- nesse.
28.  Alors  le  Seigneur  ouvrit  la  bouche de  l'ânesse,  et  elle  dit  à  Balaam  :  Que vous  ai -je  fait?  Pourquoi  mV^ez-vous frappée  déjà  trois  fois?
29.  Balaam  lui  répondit  :  Parce  que tu  l'as  mérité,  et  que  tu  t'es  moquée  de moi.  Que  n'ai -je  une  épée  pour  te tuer  !
30.  L'ânesse  lui  dit  :  Nesuis-je  pas  votre bcte,  sur  laquelle  vous  avez  toujours  eu coutume  de  monter  jusqu'à  ce  jour? Dites -moi  si  je  vous  ai  jamais  rien  fait de  semblable?  Jamais,  lui  répondit -il.
31.  Aussitôt  le  Seigneur  ouvrit  les yeux  à  Balaam ,  et  il  vit  ^l'ange  qui  se tenait  dans  le  chemin  avec  une  épée nue  ;  et  il  l'adora ,  s'étant  prosterné  à terre.
32.  L'ange  lui  dit  :  Pourquoi  avez- vous  battu  votre  ânesse  par  trois  fois  ? Je  suis  venu  pour  m'opposer  à  vous, parce  que  votre  voie  est  corrompue,  et qu'elle  m'est  contraire  ;
33.  et  si  l'ânesse  ne  se  fût  détournée  du chemin  en  me  cédant,  lorsque  je  m'op- posais à  son  passage,  je  vous  aurais  tué, et  elle  serait  demeurée  en  vie.
34.  Balaam  lui  répondit  :  J'ai  péché , ne  sachant  pas  que  vous  vous  opposiez à  moi  ;  mais  maintenant,  s'il  ne  vous plaît  pas  que  j'aille  là,  je  m'en  retour- nerai.
35.  L'ange  lui  dit  :  Allez  avec  eux; mais  prenez  bien  garde  de  ne  rien  dire que  ce  que  je  vous  commanderai.  Il  s'en alla  donc  avec  ces  princes.
36.  Balac,  ayaiit  appris  sa  venue, alla  au-devant  de  lui,  jusqu'à  une  ville des  Moabites  qui  est  située  sur  les  der- nières limites  de  l'Arnon.
27.  Cumque  vidisset  asina  stantem angelum ,  concidit  sub  pedibus  sedentis , qui  iratus,  vehementius  caedebat  fuste latera  ejus.
28.  Aperuitque  Dominus  os  asinse,  et locuta  est  :  Quid  feci  tibi?  cur  percutis me,  ecce  jam  tertio?
29.  Respondit  Balaam  :  Quia  comme- ruisti,  et  illusisti  mihi.  Utinara  haberem gladium,  ut  te  percuterem!
30.  Dixit  asina  :  Nonne  animal  tuum sum ,  cui  semper  sedere  consuevisti  us- que  in  prsesentem  diem?  Die  quid  simile unquam  fecerim  tibi.  At  ille  ait  :  Nun- quam.
31.  Protinus  aperuit  Dominus  oculos Balaam,  et  vidit  angelum  stantem  in  via, evaginato  gladio  ;  adora vitque  eum  pro- nus  in  terram.
32.  Cui  angélus  :  Cur,  inquit,  tertio verberas  asinam  tuam?  Ego  veni  ut  ad- versarer  tibi,  quia  perversa  est  via  tua, mihique  contraria  ;
33.  et  nisi  asina  declinasset  de  via, dans  locum  resistenti,  te  occidissem,  et illa  viveret.
34.  Dixit  Balaam  :  Peccavi ,  nesciens quod  tu  stares  contra  me;  et  nunc,  si displicet  tibi  ut  vadam,  revertar.
35.  Ait  angélus  :  Vade  cum  istis,  et cave  ne  aliud  quam  praecepero  tibi  lo- quaris.  Ivit  igitur  cum  principibus.
36.  Quod  cum  audisset  Balac,  egres- sus  est  in  occursum  ejus,  in  oppido  Moa- bitarum,  quod  situm  est  in  extremis tinibus  Arnon.
grue  bi-uta  mons  per  brutum  docetur  ;  tiim ,  ut ait  Njssenus  (i>e  vita  Ilosis),  ut  erudiretiu"  et castigaretur  vanitas  auguris  (Balaam),  qui  rudi- tuni  asina;  et  garritum  avium,  quasi  omnia  prœ- futura  quaî  significarent ,  observare  solebat.  » Cornel.  a  Lap.,  h.  l  Cf.  II  Petr.  ii,  15-16.  Du reste  „  rien  de  plus  naturel  et  de  plus  approprié que  les  détails  de  ce  dialogue  entre  le  prophète et  sa  monture.
31-35.  La  leçon  de  l'ange,  pour  corroborer celle  de  l'ânesse.  —  Cur...  tertio...?  Voyez  les  vers. 23,  25,  27  et  2S.  —  Perversa...  via...  L'hébreu  est
plus  concis  :  La  voie  se  précipite  devant  moi. Manière  de  dire  à  Balaam  que  sa  voie  le  con- duisait sûrement  à  la  perdition.  Cf.  xxxi,  8.  — Le  prophète,  effraj'é,  se  déclare  prêt  à  retourner à  Péthor;  l'ange  lui  enjoint  de  continuer  sa route,  en  ajoutant  toutefois,  comme  Dieu  l'avait fait  précédemment  (  vers.  20  )  :  Cave  ne  aliud...
3"  Balaam  arrive  auprès  de  Balac.  XXII,  36-40.
36-40.  Balac  egressus  est...  :  tant  il  était  pressé de  voir  Balaam  et  d'obtenir  le  résultat  si  ardem- ment souhaité.  —  In  oppido  Moabitarum...  La ville  n'est  pas  nommée,  à  moins  donc  qu'il  ne  faille,
24*
510
NuM.  XXII,  37  —  XXIII,  4.
37.  Dixitque  ad  Balaam  :  Misi  nuntios ut  vocarent  te;  cur  non  statim  venisti ad  me?  An  quia  mercedem  adventui  tuo reddere  nequeo?
38.  Cui  ille  respondit  :  Ecce  adsum; numquid  loqui  potero  aliud,  nisi  quod Deus  posuerit  in  ore  meo  ?
39.  Perrexerunt  ergo  simul,  et  vene- runt  in  urbem,  quae  in  extremis  regni ejus  finibus  erat.
40.  Cumque  occidisset  Balac  boves  et oves,  misit  ad  Balaam,  et  principes  qui cum  eo  erant,  munera.
41.  Mane  autem  facto,  duxit  eum  ad excelsa  Baal,  et  intuitus  est  extremam partem  populi.
37.  Et  il  dit  à  Balaam  :  J'ai  envoyé des  ambassadeurs  pour  vous  faire  venir  ; pourquoi  n'êtes -vous  pas  venu  me  trou- ver aussitôt?  Est-ce  que  je  ne  puis  pas vous  récompenser  pour  votre  peine?
38.  Balaam  lui  répondit  :  Me  voilà venu.  Mais  pourrai -je  dire  autre  chose que  ce  que  Dieu  me  mettra  dans  la bouche?
39.  Ils  s'en  allèrent  donc  ensemble,  et ils  vinrent  en  une  ville  qui  était  à  l'ex- trémité de  son  royaume.
40.  Et  Balac,  ayant  fait  tuer  des bœufs  et  des  brebis,  envoya  des  pré- sents à  Balaam  et  aux  princes  qui  étaient avec  lui,
41.  Le  lendemain,  dès  le  matin,  il  le mena  sur  les  hauts  lieux  de  Baal,  et  il lui  fit  voir  de  là  l'extrémité  du  camp du  peuple  d'Israël,
CHAPITRE  XXIII
1.  Dixitque  Balaam  ad  Balac  :  iEdi- fica  mihi  hic  septem  aras,  et  para  to- tidem  vitulos,  ejusdemque  numeri  arie- tes.
2.  Cumque  fecisset  juxta  sermonem Balaam,  imposuerunt  simul  vitiilum  et arietem  super  aram.
3.  Dixitque  Balaam  ad  Balac  :  Sta  pau- lisper  juxta  holocaustum  tuum,  donec vadam,  si  forte  occurrat  mihi  Domi- nus;  et  quodcumque  imperaverit,  loquar tibi.'
4.  Cumque  abiisset  velociter,  occm-rit illi  Deus,  Locutusque  ad  eum  Balaam  :
1.  Alors  Balaam  dit  à  Balac  :  Faites- moi  dresser  ici  sept  autels,  et  préparez autant  de  veaux  et  autant  de  béliers.
2.  Et  Balac  ayant  fait  ce  que  Balaam avait  demandé,  ils  mirent  ensemble  un veau  et  un  bélier  sur  chaque  autel.
3.  Et  Balaam  dit  à  Balac  :  Demeurez un  peu  auprès  de  votre  holocauste,  jus- qu'à ce  que  j'aille  voir  si  le  Seigneur  se présentera  à  moi,  afin  que  je  vous  dise tout  ce  qu'il  me  commandera.
4.  Il  s'en  alla  promptement,  et  Dieu se  présenta   à   lui.    Et   Balaam    dit  au
comme  le  demandent  quelques  exégètes  contem- porains, identifier  'îr  Mo'ab  avec  'Ar  Mo'ab,  la capitale  des  Moabites.  Voyez  la  note  de  xxi,  15. —  L'accueil  du  roi  n'est  pas  exempt  de  hauteur {cur  non  statim...'?) ,  ni  même  d'une  certaine aigreur  (ail  quia  mercedem... f);  Balaam  fait  ses réserves  et  se  maintient  dans  le  rôle  que  Dieu lui  a  tracé.  —  In  urbem,  quœ  in  extremis... D'après  l'hébreu  :  à  Qiryat  hiinot,  ville  située, d'après  les  vers.  36  et  41,  entre  i'Arnon  et  Ba- moth-Baal.  D'excellents  géographes  l'identiflent, pour  ce  motif  et  à  cause  de  son  nom,  à  Cariathaïm (.Atl.  géogr.,  pi.  vu),
§  n. — Balaam,  prédit  le  glorieux  avenir  â^ Israël. XXII,  41  — XXIV,  25.
Cest  là  un  des  plus  beaux  passages  de  l'Ancien Testament,  «  un  magniliquc  anneau  de  la  chaîne d'or  que  forment  les  prophéties  »  (  Ms""  Meignan, les  Prophéties  messianiques  de  l'Ancien  Testa-
ment, t.  I,  p.  459).  La  richesse  et  la  poésie  du style  cori-espondent  à  la  splendeur  des  pensées.
10  Premier  oracle.  XXII,  41 -XXIII,  12.
41.  La  scène.  —  In  excelsa  Baal.  Hébr.  :  îi Bamôt  Bâ'al,  ville  ainsi  nommée  parce  qu'elle était  consacrée  à  Baal.  Sur  son  emplacement,  voyez la  note  de  xxi,  19-20. —  Extremam  partem.  De Bamôt  Bâ'al  on  jouit  d'une  vue  admirable  sur la  partie  méridionale  de  la  Palestine;  mais  des collines  plus  élevées  masquent  presque  en  entier la  plaine  où  campait  Israël.
Chap.  XXIII.  —  1-6.  Les  rites  préparatoires.
—  Septem  aras...  Le  nombre  que  la  plupart  do6 peuples  anciens  regardaient  comme  sacré.  —  Toti- dem  vitulos  (des  taureaux  d'après  l'hébreu). Un  taureau  et  un  bélier  pour  chaque  autel.  Les sacrifices  avaient  évidemment  pour  but  de  hdtcr les  révélations  désirées.  —  Simul.  C.-à-d.  Balac et  Balaam,  comme  le  dit  foi'mellement  le  texte.
—  Si  forte  occurrat...  Balaam  se  conduit  loi  eu
NuM.  XXIII,  5-11.
511
Seigneur  :  J'ai  dressé  sept  autels,  et  j'ai rais  un  veau  et  un  bélier  sur  chacun.
5.  J\Iais  le  Seigneur  lui  mit  la  parole dans  la  bouche,  et  lui  dit  :  Retournez  à Balac  ,  et  vous  lui  direz  ces  choses.
6.  Etant  revenu,  il  trouva  Balac  de- bout auprès  de  son  holocauste,  avec  tous les  princes  des  Moabitcs  ;
7.  et  commençant  à  prophétiser,  il dit  :  Balac,  roi  des  Moabites,  m'a  fait venir  d'Aram,  des  montagnes  de  l'o- rient. Venez,  m'a- 1- il  dit,  et  maudis- sez Jacob;  hâtez -vous  de  détester  Is- raël.
8.  Comment  maudirai -je  celui  que Dieu  n'a  point  maudit?  Comment  dé- testerai-je  celui  que  le  Seigneur  ne  dé- teste ]">oint  ?
9.  Je  le  verrai  du  sommet  des  ro- chers, je  le  considérerai  du  haut  des collines.  Ce  peuple  habitera  tout  seul, et  il  ne  sera  point  mis  au  nombre  des nations.
10.  Qui  pourra  compter  la  multitude des  descendants  de  Jacob,  innombrable comme  la  poussière,  et  connaître  le nombre  des  enfants  d'Israël?  Que  je meure  de  la  mort  des  justes,  et  que  la fin  de  ma  vie  ressemble  à  la  leur.
11.  Alors  Balac  dit  àBalaam  :  Qu'est- ce  que  vous  faites?  Je  vous  ai  fait  ve-
Septem,  inquit,  aras  erexi,  et  imposui vitulum  et  arietem  desuper.
5.  Dominus  autem  posuit  vcrbum  in ore  ejus,  et  ait  :  Eevertere  ad  Balac,  et hsec  loqueris.
6.  Reversus  invenit  stantem  Balac juxta  holocaustum  suum,  et  omncs  prin- cipes Moabitarum  ;
7.  assumptaque  parabola  sua,  dixit  : De  Aram  adduxit  me  Balac,  rex  Moa- bitarum, de  montibus  Orientis.  Veni, inquit,  et  maledic  Jacob;  propera,  et detestare  Israël.
8.  Quomodo  maledicam,  cui  non  ma ledixit  Deus?  Qua  ratione  détester, quem Dominus  non  detestatur?
9.  De  summis  silicibus  videbo  eum,  et de  collibus  considerabo  illum  :  populus soins  habitabit,  et  inter  gentes  non  re- putabitur.
10.  Quis  dinumerare  possit  pulverem Jacob,  et  nosse  numerum  stirpis  Israël? Moriatur  anima  mea  morte  justorum,  et fiant  novissima  mea  horum  similia!
11.  Dixitque  Balac  ad  Balaam  :  Quid est  hoc  quod  agis?  Ut  malediceres  ini-
vrai  qoscm  (voyez  la  note  de  xxii,  5),  puisqu'il va  clieicher  des  présages  à  la  manière  des  devins du  paganisme.  Cf.  vers.  15  et  xxrv,  1.  Et  pour- tant c'est  de  Jéhovah  (Dominus)  qu'il  attend l'inspiration.  —  Velociter  (vei's.  4).  L'hébr.  s'Ji désigne  plutôt  une  hauteur  dénudée  (Onkélos,  etc.), où  rien  ne  gênerait  la  perspective.
7-10.  L'oracle.  —  Assumpta  parabola.  La  même formule  servira  d'introduction  aux  autres  pro- phéties. Cf.  vers.  18  ;  xxiv,  3,  15,  20,  21,  23.  Par mâsal  il  faut  entendre  ici  un  langage  qui  pro- cède par  sentences  et  par  images,  comme  celui des  poètes  (note  de  xxi,  17),  et  qui  voile,  sous d£s  figures,  des  vérités  d'un  ordre  supérieur.  La diction  poétique  se  manifeste  en  outre  par  le  pa- rallélisme des  membres,  ainsi  qu'il  arrive  pour de  nombreux  passages  des  prophètes  juifs.  Les vers.  <i>  et  8  forment  un  prélude  rapide;  9-10 contiennent  le  corps  même  de  l'oracle.  —  De Aram.  C  -à-d.  de  la  Mésopotamie.  Cf.  xxii,  5,  et le  commentaire;  Deut.  xxiii,  4,  etc. —  Quomodo maledicam...?  Motif  pour  lequel  Balaam  ne  peut maudire  les  Israélites  :  ils  forment  un  peuple saint,  béni  de  Dieu.  —  De  summis  silicibus,... de  nioiiiibus.  Allusion  à  la  situation  matérielle et  physique  du  prophète.  Cf.  xxn,  41.  —  Videbo..., covsiderabo.  Mieux  :  Je  vois ,  je  contemple  ;  au temps  présent.  De  même  au  vers  suivant  :  il habite  ,  il  n'est  pas  compté. —  SoJus...  Fait  exté-
rieur, qui,  pour  le  prophète  divinement  éclairé, figurait  nettement  la  position  d'Israël  à  l'égard des  autres  peuples  (inter  génies  non.,.).  Telles étaient  bien  les  volontés  de  Jéhovah  à  l'égard  de sa  nation  sainte  et  séparée.  Cf.  Ex.  xix ,  5  -  6  ; xxiii,  32-33,  etc. —  Grande  prospérité  réservée au  peuple  aimé  de  Dieu  :  quis...  pulverem...? Mots  qui  rappellent  les  promesses  du  Seigneur à  Abraham,  Gen.  xin,  16.  Au  lieu  de  7iosse  nu- meruvi...,  l'hébreu  porte  :  «  et  le  nombre  du quart  d'Israël.  »  On  ne  pourra  pas  même  compter le  qi;art  de  cette  multitude  Innombrable.  Hy- perbole devenue  réalité  pour  l'Église  dti  Christ, qui  a  succédé  à  Israël.  —  Moriatur  anima mea...  Beaucoup  d'interprètes  ont  vu  dans  ces paroles  une  preuve  de  la  croj'ance  à  l'immor- talité de  l'âme.  —  Justorum  (hébi*.  :  y'sârim) désigne  évidemment  tout  le  peuple  hébreu,  en- visagé dans  ses  relations  intimes  avec  le  Sei- gneur, et  appelé  ailleurs  par  antonomase  Y' sur  Cm, le  Juste  (Deut.  xxxii,  15;  xxxiii,  5,  26).  On meurt  si  doucement  quand  on  est  juste  et  qu'on partage  les  espérances  d'Israël  !  Frappant  con- traste entre  ce  souhait  de  Balaam  et  sa  mort. Cf.  XXXI,  8.
11-12.  Conclusion  du  pi'emier  oracle.  Elle  con- siste en  un  court  dialogue  entre  Balac,  stupé- fait, et  le  prophète,  fidèle  malgré  lui.  —  Tit  e contra  benedicis...  Dans  l'hébreu  :  «  Tu  as  béni ,
512
NuM.  XXIII,  12-21.
micis  meis  vocavi  te  ;  et  tu  e  contrario benedicis  eis  !
12.  Ciii  ille  respondit  :  Num  aliud possum  loqui,  nisi  quod  jiisserit  Domi- nus?
13.  Dixit  ergo  Balac  :  Veni  mecum  in alterum  locum,  unde  partem  Israël  vi- deas ,  et  totiim  videre  non  possis  ;  inde maledicito  ei.
14.  Camqiie  diixisset  eum  in  locum sublimem,  super  verticem  montis  Phasga, acdificavit  Balaam  septem  aras,  et  impo- sitis  supra  vitulo  atque  ariete ,
15.  dixit  ad  Balac  :  Sta  hic  juxta  liolo- caustum  tuum,  donec  ego  obvius  per- gam.
16.  Oui  cum  Dominus  occurrisset, posuissetque  verbum  in  ore  ejus,  ait  : Revertere  ad  Balac,  et  hœc  loqueris  ei.
17.  Reversus  invenit  eum  stantem juxta  holocaustum  suum,  et  principes Moabitarum  cum  eo.  Ad  quem  Balac  : Quid,  inquit,  locutus  est  Dominus?
18.  At  ille,  assumpta  parabola  sua, ait  :  Sta,  Balac,  et  ausculta;  audi,  fili Sephor.
19.  Non  est  Deus  quasi  homo,  ut  men- tiatur  ;  nec  ut  filius  hominis,  ut  mutetur. Dixit  ergo,  et  non  faciet?  locutus  est,  et non  implebit?
20.  Ad  benedicendum  adductus  sum  ; benedictionem  prohibere  non  valeo.
21.  Non  est  idolum  in  Jacob,  nec  vide- tur  simulacrum  in  Israël.  Dominus  Deus
nir  pour  maudire  mes   ennemis ,  et  au contraire  vous  les  bénissez.
12.  Balaam  lui  répondit  :  Puis-je  dire autre  chose  que  ce  que  le  Seigneur  m'aura commandé?
13.  Balac  lui  dit  donc  :  Venez  avec moi  en  un  autre  lieu ,  d'où  vous  aperce- viez une  partie  d'Israël  sans  que  vous le  puissiez  voir  tout  entier, afin  que  delà A'ous  le  maudissiez.
14.  Et  lorsqu'il  l'eût  mené  en  un  lieu fort  élevé,  sur  la  cime  du  mont  Phasga, Balaam  y  dressa  sept  autels,  mit  sur  cha- que autel  un  veau  et  un  bélier,
15.  et  dit  à  Balac  :  Demeurez  ici  au- près de  votre  holocauste,  jusqu'à  ce  que j'aille  voir  si  je  rencontrerai  le  Sei- gneur.
16.  Le  Seigneur,  s'étant  présenté  de- vant Balaam,  lui  mit  la  parole  dans  la bouche ,  et  lui  dit  :  Retournez  à  Balac, et  vous  lui  direz  ces  choses.
17.  Balaam,  étant  revenu,  trouva Balac  debout  auprès  de  son  holocauste, avec  les  princes  des  Moabites.  Alors Balac  lui  demanda  :  Que  vous  a  dit  le Seigneur  ?
18.  Mais  Balaam,  commençant  à  pro- phétiser, lui  dit  :  Levez -vous,  Balac, et  écoutez;  prêtez  l'oreille,  fils  de  Se- phor.
19.  Dieu  n'est  point  comme  l'homme pour  être  capable  de  mentir,  ni  comme le  fils  de  l'homme  pour  être  sujet  au changement.  Quand  il  a  dit  une  chose, ne  la  fera -t- il  pas?  Quand  il  a  parlé, n'accomplira -t- il  pas  sa  parole?
20.  J'ai  été  amené  ici  pour  bénir  ce peuple;  je  ne  puis  m'empêcher  de  le bénir.
21.  Il  n'y  a  point  d'idole  dans  Jacob, et  on  ne  voit  point  de  statue  dans  is-
bénir,  »  et  la  torme  rôdiiplicative  (piel)  :  locu- tion pleine  d'emphase  pour  marquer  une  béné- diction sans  mélange.
20  Second  oracle.  XXIII,  13-26.
13-18.  Introduction,  analogue  à  celle  de  l'oracle qui  précède  (xxii,  4I-xxiii,  6).  —  Veni...  in alterum  locum.  Idée  toute  païenne,  qui  faisait dépendre  la  bénédiction  de  circonstances  de  lieu, de  temps,  etc.  —  Partem...  et  totum  non  possis... Auparavant,  xxi,  41,  Balaam  n'avait  pu  contem- pler que  l'extrémité  du  camp  Israélite  ;  de  sa station  nouvelle,  il  en  devait  apercevoir  une  partie plus  considérable  :  mais  Balac  réservait  la  vue totale  pour  une  dernière  expérience.  Cf.  xxiv,  2. —  In  locum  sublimem.  Ilébr.  :  s'deh  sôfim,  le champ  des  gardiens.  Les  mots  suivants,  super... verticem   Fhasr/a,    déterminent   l'emplacement
exact  de  cette  localité  :  c'était  vraisemblablement le  sommet  du  Nébo.  Voyez  la  note  de  xxi,  20, et  Deut.  III,  27;  xxxi,  4.  Là,  Balaam  se  trouvait beaucoup  plus  rapproché  du  camp  hébreu.  —  Au vers.  17,  Balac  lui-même  désigne  à  son  tour  le Dieu  d'Israël  par  son  nom  caractéristique  de  Jé- hovah  (Dominus).
18-24.  L'oracle.  —  De  nouveau  un  court  pré- lude, 18-20  :  Sta  Balac...  —  Non...  quasi  homo. Les  hommes  sont  mobiles  d'esprit  et  de  cœur; Dieu  est  immuable  dans  ses  résolutions  :  toute tentative  pour  obtenir  qu'il  maudisse  alors  qu'il veut  bénir  est  donc  inutile.  —  Corps  de  l'oracle , vers.  21-24  :  la  force  invincible  d'Israël  lui  vient de  son  Dieu,  auquel  il  demeure  si  étroitement attaclié.  —  Non  idolum...,  simidacrnm.  D'après l'hébreu  :  Il  ne  contemple  pas  d'iniquité  i'avèn)
NuM.  XXIII,  22-30.
513
raël.  Le  Seigneur  son  Dieu  est  avec  lui, et  on  entend  parmi  eux  le  son  des trompettes,  pour  marquer  la  victoire  de leur  Roi.
22.  Dieu  l'a  fait  sortir  de  l'Egypte, et  sa  force  est  semblable  à  celle  du  rhi- nocéros.
23.  Il  n'y  a  point  d'augures  dans  Ja- cob, ni  de  devins  dans  Israël.  On  dira en  son  temps  à  Jacob  et  à  Israël  ce  que Dieu  aura  fait  parmi  eux.
24.  Ce  peuple  s'élèvera  comme  une lionne,  il  se  dressera  comme  un  lion;  il ne  se  reposera  point  jusqu'à  ce  qu'il  dé- vore sa  proie,  et  qu'il  boive  le  sang  de ceux  qu'il  aura  tués.
25.  Balac  dit  alors  h  Balaam  :  Ne  le maudissez  point,  mais  ne  le  bénissez  pas non  plus.
26.  Balaam  lui  répondit  :  Ne  vous ai -je  pas  dit  que  je  ferais  tout  ce  que Dieu  me  commanderait?
27.  Amenez,  lui  dit  Balac,  et  je  vous mènerai  en  un  autre  lieu,  pour  voir  s'il  ne plairait  point  à  Dieu  que  vous  le  mau- dissiez de  cet  endroit -là.
28.  Et  après  qu'il  l'eut  mené  sur  le sommet  du  mont  Pliogor,  qui  regarde vers  le  désert,
29.  Balaam  lui  dit  :  Faites -moi  dres- ser ici  sept  autels,  et  préparez  autant de  veaux  et  autant  de  béliers.
30.  Balac  fit  ce  que  Balaam  lui  avait dit,  et  il  mit  un  veau  et  un  bélier  sur chaque  autel.
ejus  cum   eo    est,   et   clangor   victoriœ régis  in  illo.
22.  Deus  eduxit  illum  de  Mgyi^io  ^ cujus  f ortitudo  similis  est  rhinocero'tis.
23.  Non  est  augurium  in  Jacob,  nec divinatio  in  Israël.  Temporibus  suis  di- cetur  Jacob  et  Israeli  quid  operatus  sit Deus.
24.  Ecce  populus  ut  leaena  consurget, et  quasi  leo  erigetur;  non  accubabit donec  devoret  praedam,  et  occisorum sanguinem  bibat.
25.  Dixitque  Balac  ad  Balaam  :  Nec maledicas  ei,  nec  benedicas.
26.  Et  ille  ait  :  Nonne  dixi  tibi ,  quod quidquid  mihi  Deus  imperaret,  hoc  fa- cerem  ?
27.  Et  ait  Balac  ad  eum  :  Veni ,  et ducam  te  ad  alium  locura,  si  forte  pla- ceat  Deo  ut  inde  maledicas  eis.
28.  Cumque  duxisset  eum  super  ver- ticem  montis  Phogor,  qui  respicit  soli- tudinem ,
29.  dixit  ei  Balaam  :  ^difica  mihi  hic septem  aras,  et  para  totidem  vitulos, ejusdemque  numeri  arietes.
30.  Fecit  Balac  ut  Balaam  dixerat; imposuitque  vitulos  et  arietes  per  sin- gulas  aras.
dans  Jacob,  et  il  ne  voit  pas  de  misère  ('amal; le  mal  physique,  en  châtiment  du  mal  moral) dans  Israël.  —  Clangor  viciorice  régis...  Littéra- lement :  ime  acclamation  (fru'ah)  de  roi  est  en lui.  Manière  énergique  de  dire  que  les  Hébreux étaient  tout  dévoués  à  leur  divin  roi,  et  constam- ment jo5'eux  de  sa  présence  au  milieu  d'eux.  — Deus  eduxit...  La  tournure  hébraïque  («  ducens illos  »)  exprime  un  acte  encore  Inachevé,  mais qui  persévère.  —  Fortitudo...  rhinocerotis. «  Comme  des  élans  de  r"êm.  »  Belle  et  vigou- reuse comparaison.  Le  r"êm,  objet  de  discussions sans  fin ,  n'est  certainement  pas  le  buffle,  et  pro- bablement pas  le  bubale,  mais  plutôt  l'aurochs (a  Bos  urus  »  des  naturalistes,  dont  le  bison américain  est  une  variété  peu  distante).  Les  mo- numents assyriens  le  représentent  souvent,  tou- jours sous  des  traits  qui  dénotent  sa  force  et  sa nature  farouche. Voyez  VAtl.  d'hist. nat.,i)\.  lxxvii, fig.  2,  7  ;  pi.  xci,  flg.  4  ;  pi.  xcii,  fig.  2  ;  pi.  xcin, fig.  4;  pi.  xcrv,  fig.  4.  On  ne  pouvait  mieux exprimer  la  vigueur  avec  laquelle  Israël ,  soutenu par  son  Dieu,  s'élançait  par  bonds  à  la  conquête
de  la  Palestine.  —  Non  est  augurium  (nahas, l'avenir  pronostiqué  par  la  nature,  les  animaux, etc.),  nec  divinatio  (qésem,  les  révélations  faites directement  par  les  faux  dieux,  c-à-d.  par  le démon)...  Les  Hébreux  n'avaient  nul  besoin  de ces  choses,  puisque  Jéhovah  leur  annonçait  lui même  ce  qu'il  voulait  d'eux  (.temporibus  suis dicetur.,.).  —  Ecce...  ut  leœna...  Autres  compa- raisons pleines  de  noblesse.  Cf.  Gen.  xlix,  9,
25-26.  Conclusion  du  second  oracle.  —  Nec maledicas...  Balac  voudrait  que  Balaam  observât au  moins  la  neutralité.  Cf.  vers.  11.
30  Troisième  oracle.  XXIII,  27 -XXIV,  14.
27-30.  Rites  préparatoires.— ui(Z  aH'um  Zocwm, si  forte...  La  ténacité  de  Balac  est  remarquable  ; il  est  vrai  qu'à  ses  yeux  l'existence  même  de  son royaume  était  en  jeu.  —  MontiB  Pliogor  (hébr.  : P"ôr).  Cette  cime,  placée  à  l'ouest  du  Nébo  {Atl, géogr.,  pi.  vu),  était  plus  rapprochée  encore  du camp  Israélite,  qu'elle  surplombait  directement (respicit  solitudinem;  hébr.  ;  Y'simôn).  Voyez XXI,  20,  et  l'explication.
5U
NuM.  XXIV,  1-7.
CHAPITRE  XXIV
1.  Cumque  "\adisset  Balaam  quod  pla- ceret  Domino  ut  benediceret  Israël, neqnaquam  abiit  ut  ante  perrexerat,  ut augurium  quœreret  ;  sed  dirigens  contra desertum  vultum  suum ,
2.  et  elevans  oculos,  vidit  Israël  in tentoriis  commorantem  per  tribus  suas  ; et  irruente  in  se  spiritu  Dei,
3.  assumpta  parabola,  ait  :  Dixit  Ba- laam, filius  Beor;  dixit  homo,  cujus obturatus  est  oculus  ;
4.  dixit  auditor  sermonum  Dei,  qui visionem  Omnipotentis  intuitus  est,  qui cadit,  et  sic  aperiuntur  oculi  ejus  :
5.  Quam  pulchra  tabernacula  tua, Jacob!  et  tentoria  tua,  Israël!
6.  Ut  valles  nemorosse,  ut  horti  juxta fluvios  irrigui,  ut  tabernacula  quse  fixit Dominus,  quasi  cedri  prope  aquas.
7.  Fluet  aqua  de  situla  ejus ,  et  semen illius  erit  in  aquas  multas.  Tolletur propter  Agag ,  rex  ejus ,  et  auferetur  re- gnum  illius.
1.  Balaam,  voyant  que  le  Seigneur voulait  qu'il  bénît  Israël,  n'alla  plus comme  auparavant  pour  chercher  des augures  ;  mais ,  tournant  le  visage  vers le  désert,
2.  et  élevant  les  yeux,  il  vit  Israël campé  dans  ses  tentes,  et  distingué  par chaque  tribu.  Alors  l'Esprit  de  Dieu s'étant  saisi  de  lui,
3.  il  commença  à  prophétiser,  et  à dire  :  Voici  ce  que  dit  Balaam,  fils  de Béor;  voici  ce  que  dit  l'homme  qui  a l'œil  fermé  ;
4.  voici  ce  que  dit  celui  qui  entend les  paroles  de  Dieu,  qui  a  vu  les  visions du  Tout -Puissant,  qui  tombe,  et  qui  en tombant  a  les  yeux  ouverts  :
5.  Que  A^os  pavillons  sont  beaux,  ô Jacob!  que  vos  tentes  sont  belles,  ô Israël  !
6.  Elles  sont  comme  des  vallées  cou- vertes de  grands  arbres  ;  comme  des jardins  le  long  des  fleuves,  toujours  ar- rosés d'eau  ;  comme  des  tentes  que  le Seigneur  même  a  affermies  ;  comme  des cèdres  plantés  sur  le  bord  des  eaux.
7.  L'eau  coulera  toujours  de  son  seau, et  sa  postérité  se  multipliera  comme l'eau  des  fleuves.  Son  roi  sera  rejeté  à cause  d'Agag,  et  le  roj^aume  lui  sera enlevé.
Chap.  XXIV.  —  1-2.  Transition  Immédiate  à l'oracle.  —  Nequaqiiam  abiit...  Cf.  vers.  3-6, 15-17.  A  quoi  bon  s'écarter  pour  chercher  des augures,  puisque  Jéhovah  se  révèle  directement à  lui  ?  ^  Sed  dirigens...  Il  se  contente  cette  fois de  diriger  ses  regards  sur  le  camp  des  Hébreux , qui  s'étalait  au  i  ied  du  Phogor,  dans  l'ordre  fixé par  Dieu  lui-même  (commorantem  per  tribus... Cf.  Il,  1-31,  et  le  tableau  de  la  p.  436).  —  Ir- ruente... spiritu...  Circonstance  nouvelle.  Précé- demment, XXIII,  5  et  15,  le  Seigneur  s'était contenté  de  a.  placer  une  parole  dans  la  bouche  » du  prophète  ;  cette  fois ,  Balaam  est  ravi  en extase  et  violemment  saisi  par  l'esprit  prophé- tique.
3-9.  L'oracle.—  Exorde  solennel,  vers.  3-4. Au  lieu  de  dixit ,  nous  lisons  coup  sur  coup  dans l'hébreu  le  substantif  n"um,  rare  et  solennel. Cf.  xrv,  28;  Gen.  xxn,  16.  —  Cvjvis  obturatus... Le  verbe  sdtara,  qu'on  ne  rencontre  qu'ici  et  au vers.  15,  signifie  plutôt  «  ouvrir  »  (les  LXX  : àXrjOtvco;  opwv,  l'arabe,  le  Targ.  d'Onkélos,  la plupart  des  modernes).  Par  consociuent  :  l'homme dont  le  regard  spirituel  est  largement  ouvert
grâce  aux  révélations  d'en  haut.  —  Qui  cadit  : prosterné  devant  Dieu  ;  comme  Saiil  (I  Pi,eg.  xix, 24),  comme  Ezéchiel  (Ez.  i,  28),  comme  Daniel (Dan.  viii,  17-18),  comme  saint  Jean  (Apoc.  i,  17). —  Corps  de  l'oracle,  vers.  5-9  :  la  splendeur  et la  prospérité  d'Israël.  Ici  encore,  la  situation  exté- rieure du  moment  sert  de  base  au  prophète  pour sa  description  du  glorieux  avenir  des  Juifs  : Quam  pulchra...!  L'application  de  ces  paroles  ù, l'Église  par  Bossuet  (  Sermon  sur  l'unité  de  l'É- glise) est  dans  toutes  les  mémoires.  —  Ut  valles (au  lieu  de  nemorosœ ,  lisez  :  elles  s'étalent),  ut horti...  Images  de  fertilité,  d'abondance  durable (qucB  fixit  Ijominus).  Mais  'ahâlim  est  inexac- tement traduit  au  vers.  6  par  tabernoAiula  ;  car ce  mot  désigne  un  arbre ,  l'aloès  de  l'extrême Orient,  dont  le  bois  dégage  une  très  s"uave  odeur. Voyez  VAtl.  d'hist.  nat.,  pi.  xxxiv,  flg.  5.  —  Fhtet aqua  de  situla...  La  nation  est  comparée  à  deux seaux  (l'hébreu  emploie  le  pluriel)  qu'on  rap- porte de  la  fontaine  remplis  jusqu'au  bord  et tout  ruisselants  :  symbole  des  eaux  vives  du  salut qu'Israël  devait  abondamment  répandre.  —  Se- men.,.in  aquas.  Mieux,  «  in  aquis.  »  La  graine
»-  .s
NuM.  XXIV,  8-15.
515
8.  Dieu  l'a  fait  sortir  de  l'Éj^-ypte,  et sa  force  est  sein])Iable  à  celle  du  rhino- céros. Ils  dévoreront  les  peuples  qui  se- ront leurs  ennemis,  ils  briseront  leurs os,  et  les  perceront  d'outre  en  outre  avec leurs  flèches.
9.  Quand  il  se  couche,  il  dort  comme un  lion,  et  comme  une  lionne  que  per- sonne n'oserait  éveiller.  Celui  qui  te  bé- nira sera  béni  lui-même,  et  celui  qui  te maudira  sera  regardé  comme  maudit.
10.  Balac,  s'irritant  contre  Balaam, fraj^pa  des  mains,  et  lui  dit  :  Je  vous avais  fait  venir  pour  maudire  mes  enne- mis, et  vous  les  avez  au  contraire  bénis par  trois  fois.
11.  Eetournez  en  votre  maison.  J'avais résolu  de  vous  faire  des  présents  magni- fiques ;  mais  le  Seigneur  vous  a  privé  de la  récompense  que  je  vous  avais  des- tinée.
12.  Balaam  répondit  à  Balac  :  N'ai-je pas  dit  à  vos  ambassadeurs  que  vous m'avez  envoyés  :
13.  Quand  Balac  me  donnerait  plein sa  maison  d'or  et  d'argent,  je  ne  pour- rais pas  outrepasser  les  ordres  du  Sei- gneui-  mon  Dieu ,  pour  inventer  la moindre  chose  de  mon  propre  esprit  ou en  bien  ou  en  mal  ;  mais  que  je  dirais tout  ce  que  le  Seigneur  m'aurait  dit  ?
14.  Néanmoins,  en  m'en  retournant dans  mon  paj^s,  je  vous  donnerai  un conseil,  afin  que  vous  sachiez  ce  que votre  peuple  pourra  faire  enfin  contre celui  -  ci.
15.  Il  recommença  donc  à  prophétiser de  nouveau,  en  disant  :  Voici  ce  que  dit Balaam,  fils  de  Béor;  voici  ce  que  dit l'homme  dont  l'œil  est  fermé  ;
8.Deus  eduxit  illum  de  -^gj'pto,  eu- jus  fortitudo  similis  est  rliinocerotis. Devorabunt  gentes  hostes  illius,  ossaque eorum  confringent,  et  perforabunt  sa- gittis.
9.  Accubans  dormivit  ut  leo,  et  quasi leœna,  quam  suscitare  nullus  audebit. Qui  benedixerit  tibi,  erit  et  ipse  bene- dictus;  qui  maledixerit,  in  maledictione reputabitur.
10.  Iratusque  Balac  contra  Balaam, complosis  manibus,  ait  :  Ad  maledicen- dum  inimicis  meis  vocavi  te,  quibus  e contrario  tertio  benedixisti.
11.  Revertere  ad  locum  tuum.  Decre- veram  quidem  magnifiée  honorare  te; sed  Dominus  privavit  te  honore  dispo- sito.
12.  Eespondit  Balaam  ad  Balac  :  Nonne nuntiistuis,  quos  misisti  ad  me,  dixi  :
13.  Si  dederit  mihi  Balac  plenam domum  suam  argenti  et  auri ,  non  potero prœterire  sermonem  Domini  Dei  mei ,  ut vel  boni  quid,  vel  mali  proferam  ex  corde meo  ;  sed  quidquid  Dominus  dixerit,  hoc loquar?
14.  Verumtamen  pergens  ad  populum meum,  dabo  consilium ,  quid  populus tuus  populo  huic  faciat  extremo  tempore.
15.  Sumpta  igitur  parabola,  rursum ait  :  Dixit  Balaam,  filius  Beor;  dixit  homo, cujus.  obturatus  est  oculus;
plantée  dans  un  terrain  bien  arrosé  germe  promp- tement,  et  prospère.  Cf.  Ps.  i,  3.  —  Tolletur propter...  D'après  la  vraie  traduction  de  l'hébreu  : Son  roi  sera  plus  élevé  qu'Agag.  Ce  nom  d'Agag semble  avoir  été  la  désignation  générique  de  tous les  rois  d'Amalec.  Cf.  I  Reg.  xv,  8;  Esth.  m,  1. —  Auferetur.  C.-ii-d.  sera  élevé,  deviendra  puis- sant. —  Devorabunt  gentes...  Bans  l'hébreu,  plus clairement  :  Il  (Israël)  dévore  les  nations  qui  lui sont  hostiles,  il  brise  leurs  os  et  les  abat  de  ses flèches.  —  Qui  benedixerit...  Ce  sont  les  termes dont  Dieu  s'était  servi  lui-même  pour  bénir  Abra- ham. Cf.  Gen.  xii,  3.
10-14.  Conclusion  du  troisième  oracle,  —  Com- plosis manibus.  Geste  qui  exprime  une  violente colère.  Balac  est  ci'uellement  désappointé  ;  aussi donne- 1- il  au  prophète  un  congé  brutal  (rever- tere..),  non  sans  lui  rappeler  ironiquement  les trésors  qu'il  aurait  pu  gagner  en  se  montrant
docile.  —  Dabo  consilium...  Dans  le  sens  d'an- noncer, avertir.  —  Extremo  tempore.  Sur  cette locution,  qui  dénote  toujours  l'avenir  messia- nique, voyez  le  commentaire  de  Gen.  xux,  1. Ainsi  donc,  avant  de  s'éloigner,  Balaam,  poussé par  l'Esprit  divin,  achève  son  discours  et  con- tinue de  décrire  le  brillant  horizon  d'Israël,  au- quel il  oppose  la  ruine  réservée  aux  peuples  païens qui  lui  étaient  hostiles,  et  particulièrement  aux Moabites  (^crs.  17).
4°  Quatrième  oracle,  le  plus  beau  et  le  plus signiflcalif  de  tous.  XXIV,  15-25.
Il  est  divisé  en  quatre  parties  distinctes,  par la  répétition  de  la  formule  suynpta  parabola (vers.  15,  20,  21,  23).
15-19.  Première  partie  :  les  Juifs  et  le  Messie. —  D'abord  (15^-16)  un  exorde  identique  à  celui du  troisième  oracle,  vers.  S -4.  Quelciues  mots mystérieux    et   solennels   introduisent   ensuite ,
516
NuM.  XXiy,  16-20.
16.  dixit  aiiditor  sermonum  Dei,  qui novit  doctrinam  Altissimi,  et  visiones Oranipoteiitis  videt,  qui  cadens  apertos habet  oculos  :
17.  VideLo  eum,  sed  non  modo;  in- tuebor  illum,  sed  non  prope.  Orietur Stella  ex  Jacob,  et  consurget  virga  de Israël  ;  et  peicutiet  duces  Moab,  vastabit- que  omnes  lilios  Seth.
18.  Et  erit  Idumsea  possessio  ejus, hereditas  Seir  cedet  inimicis  suis  ;  Israël vero  fortiter  aget.
19.  De  Jacob  erit  qui  dominetur,  et perdat  reliquias  civitatis.
20.  Cumque  vidisset  Amalec ,  assumens parabolam ,  ait  :  Principium  gentium Amalec,  eu  jus  ex  tréma  perdentur.
16.  voici  ce  que  dit  celui  qui  entend les  paroles  de  Dieu,  qui  connaît  la  doc- trine du  Très -liant,  qui  voit  les  visions du  Tout -Puissant,  et  qui  en  tombant  a les  yeux  ouverts  :
17.  Je  le  verrai,  mais  non  mainte- tenant  :  je  le  considérerai,  mais  non  pas de  près.  Une  étoile  sortira  de  Jacob,  nn scejjtre  s'élèvera  d'Israël  ;  et  il  frappera les  chefs  de  Moab,  et  ruinera  tous  les enfants  de  Seth.
18.  Il  possédera  l'Idumée,  l'héritage de  Seïr  passera  à  ses  ennemis,  et  Israël agira  avec  grand  courage.
19.  Il  sortira  de  Jacob  un  domina- teur, qui  perdra  les  restes  de  la  cité.
20.  Et  aj^ant  vu  Amalec,  il  fut  saisi de  l'esprit  prophétique ,  et  il  dit  :  Ama- lec a  été  le  premier  des  peuples  ennemis d'Israël,  et  à  la  fin  il  périra.
d'une  manière  assez  abrupte,  l'illustre  person- nage sur  lequel  se  concentre  la  vision  du  pro- phète :  Videbo  cum...,  iiituctior...  Mieux  :  «  Je  le vois ,  mais  pas  encore  ;  je  le  contemple ,  mais  non de  près.  )•>  Assurément  ce  n'est  pas  à  Israël  que Balaam  pensait  en  ce  moment,  puisqu'il  l'avait immédiatement  sous  les  yeux.  Du  reste,  les images  Stella,  virga,  ne  peuvent  convenir  qu'à une  personne  isolée,  à  un  roi  issu  de  Jacob, ainsi  que  l'exprime  la  suite  du  texte.  La  se- conde métaphore  (hébr.  :  le  sceptre)  explique  la première,  qui  est  d'ailleurs  toute  classique  pour désigner  la  grandeur  et  l'éclat  de  la  ro^'auté. Cf.  Virg.,  Ed.,  ix,  47  ;  Hor.,  Od.,  i,  12,  4  ;  Eschyl., Agam.,  6,  etc.  Au  lieu  du  futur,  orietur,  con- surget, l'hébreu  emploie  le  prétérit  dit  prophé- tique ,  qui  décrit  par  anticipation  les  faits  comme étant  déjà  accomplis,  marque  d'une  parfaite  cer- titude. La  suite  de  la  prophétie  (IT^^-ID)  raconte en  termes  brillants  les  faits  valeureux  de  ce  roi  : il  domptera  et  brisera  tous  ses  ennemis,  parmi lesquels  les  Moabites  et  les  Iduméens  sont  cités au  premier  rang,  parce  qu'ils  étaient  des  plus acharnés.  —  J'ercutiet  duces...  Dans  l'hébreu  :  Il frappera  les  deux  côtés  de  Moab  ;  c.-à-d.  que  les Moabites  seront  saisis  de  toutes  parts,  comme dans  un  ctavi.  —  Omnes  filios  Seth.  Ici  stt  n'est pas  un  nom  propre,  mais  un  nom  commun  qui signilie  «  tumulte  »  ;  et  les  Moabites  sont  appelés a  111s  de  tuiiiulte  »  à  cause  de  leur  bravoure  ta- pageuse et  remuante.  Cf.  Jer.  xlviii,  45.  —  Idu- mcea  pofscssio  ej«s...  Voici  la  traduction  littérale de  l'hcbrcu  :
Et  Edom  sera  une  conquête ,
Séir  sera  une  conciuête  de  ses  ennemis;
mais  Israël  aAira  vaillaïunicnt.
Et  un  vaimiueur  .sortira  de  Jacob,
et  il  extirpera  les  survivants  des  cités.
L'Idumée,  ou  Séir,  aura  donc  le  môme  sort  que Moab.  —  Maintenant,  quel  est  ce  roi,  ce  vain- queur? La  tradition  juive  des  premiers  siècles et  la  constante  tradition  de  l'Église  chrétienne
répondent  unanimement  :  le  Messie.  D'autres passages  bibliques  font  de  lui  un  astre  éclatant (cf.  Zach.  ni,  8;  Luc.  i,  78,  etc.);  partout,  les écrivains  sacrés  nous  le  montrent  sous  les  traits d'un  roi  plein  de  vaillance  et  d'un  glorieux  con- quérant (cf.  Ps.  II,  6-9;  Lxxi,  cix;  Is.  IX,  1-7, etc.).  Et  en  fait,  le  Messie  a  seul  réalisé  d'une manière  complète  et  décisive  ce  magnifique  oracle. Sans  doute,  divers  traits  conviennent  aussi  tout d'abord  à  David,  qui  lutta  victorieusement  contre Moab  et  l'Idumée  (cf.  II  Reg.  vm,  1  et  ss  ; I  Par.  xviii,  1  et  ss.  );  mais  ce  prince  agissait alors  comme  type  et  ligure  du  Christ,  de  même que  les  Moabites  et  les  Édomites  symbolisent, ici  et  ailleurs  (cf.  Is.  xxv,  10;  Abd.  18-21),  les ennemis  de  l'Église  du  Christ.  On  voit  par  là comment  la  prophétie  de  Balaam  reprend  celle de  Jacob  pour  la  développer  (Gen.  xlix,  8-12). Les  cho.ses  étant  ainsi ,  il  est  aisé  de  comprendre qu'il  existe  une  certaine  l'elation  entre  «  l'étoile de  Jacob  et  l'étoile  qui  conduisit  les  Mages  au berceau  de  Notre-Seigneur  Jésus-Christ  (Matth.  ii, 1-11)  :  toutefois  ce  n'est  pas  cette  étoile  matérielle qui  est  désignée  à  proprement  parler  dans  le  pré- sent oracle,  puisque  Balaam  annonçait  l'appari- tion du  Messie  lui-même  et  non  celle  d'un  astre. L'astre  fut  donc  simplement  lui  signe  dont  la Providence  se  servit  plus  tard  pour  faire  con- naître aux  Mages  l'accomplissement  de  l'anticiue prophétie  de  Balaam.  »  Voyez  Calmet,  Comment, littéral,  h.  1.
20.  Deuxième  partie  de  l'oracle  :  ruine  future d' Amalec.  —  Cumque  vidisset...  Les  Amalécites habitaient  au  sud  de  la  Palestine  (cf.  xiii,  29; Gen.  xx.wi,  12),  et  leur  territoire  est  visible  du sommet  du  Phogor  (xxiii,  28).  —  Principium gentium.  Amaloc  ne  méritait  cette  appellation ni  sous  le  rapport  de  la  durée,  ni  sous  celui  de la  puissance  et  de  la  gloire ,  car  il  existait  alors des  nations  plus  anciennes  et  plus  célèbres  ;  elle n'est  donc  pas  un  titre  élogicux,  mais  elle  s' gnilie  que  les  Amalécites  avaient  été  les  premiers
NuM.  XXIV,  21  —  XXV,  2.
517
21.  Il  vit  aussi  les  Cinéens,  et,  pro- phétisant, il  dit  :  Le  lieu  où  vous  de- meurez est  fort  ;  mais  quoique  vous  ayez établi  votre  nid  dans  la  pierre,
22.  et  que  vous  aj^ez  été  choisis  de  la race  de  Cin ,  combien  de  temps  pourrez- vous  subsister?  Car  l'Assyrien  s'empa- rera de  vous.
23.  Il  prophétisa  encore  en  disant  : Hélas!  qui  vivra  quand  Dieu  fera  ces choses  ?
24.  Ils  viendront  d'Italie  dans  des vaisseaux  ;  ils  vaincront  les  Assyriens , ils  ruineront  les  Hébreux,  et  ù,  la  fin  ils périront  aussi  eux-mêmes.
25.  Après  cela,  Balaam  se  leva  et  s'en retourna  dans  son  pays.  Balac  aussi  s'en retourna  par  le  même  chemin  qu'il  était venu.
I  21.  Vidit  quoque  Cinœum,  et  as- sumpta  parabola,  ait  :  Robustum  quidem est  habitaculum  tuum;  sed  si  in  petra posueris  nidum  tuum,
22.  et  fueris  electus  de  stirpe  Cin, quamdiu  poteris  permanere  ?  Assur  enim capiet  te.
23.  Assumptaque  parabola  iterum  lo- cutus  est  :  Heu  !  quis  victurus  est,  quando ista  faciet  Deus?
24.  Venient  in  trieribus  de  Italia , superabunt  Assyrios,  vastabuntque  He- brseos,  et  ad  extremum  etiam  ipsi  peri- bunt.
25.  Surrexitque  Balaam,  et  reversus est  in  locum  suum  ;  Balac  quoque  via, qua  venerat,  rediit.
CHAPITRE  XXV
1.  En  ce  temps -là,  Israël  demeurait à  Settim,  et  le  peuple  tomba  dans  la fornication  avec  les  filles  de  Moab.
2.  Elles    appelèrent    les    Israélites   à
1.  Morabatur  autem  eo  tempore  Israël in  Settim ,  et  fornicatus  est  populus  cum filiabus  Moab  ;
2.  quse  vocaverunt   eos    ad   sacrificia
à  ouvrir  la  lutte  contre  le  peuple  de  Jéhovah. Cf.  Ex.  XVII,  1.  —  Extrema:  par  contraste  avec «  principium  ».
20-22.  Troisième  partie  de  l'oracle  :  les  Cinéens. —  Cinceum.  Hébr.  :  les  déni.  Cette  race  des  Ci- néens avait  été  désignée  à  Abraham,  Gen.  xv,  19, comme  l'une  de  celles  dont  ses  descendants  occu- peraient le  territoire  en  Palestine.  Peut  -  être était-ce  une  race  madianite ,  puisque  les  Cinéens issus  d'Hobab  appartenaient  à  Madian.  Voy.  Ex. II,  15  et  ss.;  nr,  1;  Jud.  i,  16.  Une  malédiction à  l'adresse  des  Madianites  serait  tout  à  fait  à  sa place  en  cet  endroit ,  vu  qu'ils  s'étaient  unis  aux Moabites  (xxii,  4,  7;  XiV,  1,  14, 17)  pour  lutter contre  Israël.  —  Nidum  tuum.  Nid,  en  hébreu, se  dit  qîn;  jeu  de  mots  évident.  —  Assur  ca- piet te  :  t'emmènera  captif  ;  les  Assyriens ,  nous le  verrons  aillei  rs ,  aimaient  à  faire  des  razzias de  peuples.
23-24.  Quatrième  partie  de  l'oracle  :  ruine  des Assyriens.  —  Heu!  qiiis...?  Exorde  douloureux; car  Balaam  ne  saurait  prédire  sans  une  profonde émotion  le  désastre  de  sa  propre  patrie.  —  De quelle  manière  sera  accomplie  cette  ruine  ?  Dieu en  sera  le  principal  auteur,  mais  les  instruments de  ses  vengeances  venient...  de  Italia:  du  côté de  Kittim,  dit  l'hébreu;  nom  qui  désigne  habi- tuellement l'île  de  Chypre  dans  l'Ancien  Testa- ment. La  locution  entière  marque  donc  les  pays occidentaux  situés  au  delà  de  cette  île;  spécia- lement les  empires  grecs  et  romains ,  qui  devaient, en  effet,  asservir  tour  à  tour  l'Assyrie.  —  Hc- brœos.  L'hébreu  porte  'Éber  an  singulier,  expres-
sion synonyme  de  «  Transeuphratensis  »,  et,  par suite,  identique  à  'Assur.  Les  Hébreux  ne  sau- raient être  maudits  dans  cette  prophétie,  qui n"a  au  contraire  pour  eux  que  des  bénédictions. —  Ad  extremum  et  ipsi....  C.-à-d.  les  vainqueurs d'Assur.  —  Vision  étonnante,  aux  horizons  im- menses. Déjà  Balaam  nous  apprend,  sur  les  grands empires  païens  de  l'est  et  de  l'ouest,  sur  leurs  re- lations mutuelles,  sur  leurs  destinées  finales,  sur le  royaume  universel  du  Christ  établi  sur  leurs ruines,  ce  que  les  autres  prophètes,  surtout  Daniel, ne  feront  que  développer.
25.  Départ  de  Balaam.  —  In  locum  suum. Du  moins  il  en  prit  le  chemin  ;  mais  11  s'arrêta chez  les  Madianites  et  périt  avec  eux,  xxxi,  8.
§  III.— Le  péché  d'Israël  dans  les  steppes  de  Moab. XXV,  1-18.
1°  Les  Hébreux  se  livrent  au  culte  honteux de  Béelphégor;  la  colère  divine  éclate  sur  eux. XXY,  1-5.
Chap.  XXV.  --  1-3».  L'acte  d'idolâtrie.  —  In Settim.  Hébr.  :  Siitim ,  localité  située  dans  la partie  septentrionale  des  steppes  de  Moab,  et dont  le  nom  complet  était  'Abel  Sitlim  (xxxiii, 49).  Ce  fut  la  dernière  station  en  dehors  de  la Terre  promise.  —  Fornicatus  est...  :  au  propre, et  aussi  au  figuré,  par  l'idolâtrie.  Cf.  Ex.  xxxiv, 15-16,  etc.  —  Quce  vocaverunt...  C'est  Balaam, comme  il  sera  dit  plus  loin,  xxxi,  16,  qui  avait conseillé  d'affaiblir  les  Israélites  par  la  déprava- tion morale.  —  Comederunt,  en  prenant  part  aux festins  qui  accompagnaient  les  sacrifices.  —  Beel-
518
NuM.  XXV,  3-11.
sua.  At  illi  comederunt,  et  adoraverunt deos  earum.
3.  Initiatusque  est  Israël  Beelphe- gor  ;  et  iratus  Dominus ,
4.  ait  ad  Moysen  :  Toile  cunctos  prin- cipes populi,  et  suspende  eos  contra solem  in  patibulis,  ut  avertatur  furor meus  ab  Israël.
6.  Dixitque  Moyses  ad  judices  Israël  : Occidat  unusquisque  proximos  suos, qui  initiati  sunt  Beelphegor.
6.  Et  ecce  unus  de  filiis  Israël  intravit coram  fratribus  suis  ad  scortum  madia- nitidem,  vidente  Moyse,  et  omni  turba filiorum  Israël,  qui  flebant  ante  fores tabernaculi.
7.  Quod  cum  vidisset  Phinees,  filius Eleazari,  filii  Aaron  sacerdotis,  surrexit de  medio  multitudinis  ;  et  arrepto  pu- gione,
8.  ingressus  est  post  virum  israelitem in  lupanar;  et  perfodit  ambos  simul, virum  scilicet  et  mulierem,  in  locis  geni- talibus  ;  cessa vitque  plaga  a  filiis  Israël.
9.  Et  occisi  sunt  viginti  quatuor  millia hominum.
10.  Dixitque  Dominus  ad  Moysen  :
11.  Phinees,  filius  Eleazari,  filii  Aaron sacerdotis,  avertit  iram  meam  a  filiis Israël,  quia  zelo  meo  commotus  est contra  eos,  ut  non  ipse  delerem  filios Israël  in  zelo  meo.
leurs  sacrifices ,  et  ils  en  mangèrent ,  et ils  adorèrent  leurs  dieux,
3.  et  Israël  se  consacra  au  culte  de Béelphégor.  C'est  pourquoi  le  Seigneur, irrité,
4.  dit  II  Moïse  :  Prenez  -tous  les princes  du  peuple,  et  pendez -les  à  des potences  en  plein  jour,  afin  que  ma  fu- reur ne  tombe  point  sur  Israël.
5.  Moïse  dit  donc  aux  juges  d'Is- raël :  Que  chacun  tue  ceux  de  ses  pro- ches qui  se  sont  consacrés  au  culte  de Béelphégor.
6.  En  ce  même  temps,  il  arriva  qu'un des  enfants  d'Israël  entra  dans  la  tente d'une  Madianite ,  femme  débauchée ,  à la  vue  de  Moïse  et  de  tous  les  enfants d'Israël,  qui  pleuraient  devant  la  porte du  tabernacle.
7.  Ce  que  Phinees,  fils  d'Eléazar,  qui était  fils  du  (^ranc^- prêtre  Aaron,  ayant vu,  il  se  leva  du  milieu  du  peuple;  et ayant  pris  un  poignard,
8.  il  entra  après  l'Israélite  dans  ce lieu  infâme;  et  il  les  perça  tous  deux, l'homme  et  la  femme,  d'un  même  coup dans  les  parties  cachées  ;  et  la  plaie dont  les  enfants  d'Israël  avaient  été frappés  cessa  aussitôt.
9.  Il  y  eut  alors  vingt -quatre  mille hommes  qui  furent  tués.
10.  Et  le  Seigneur  dit  à  Moïse  :
11.  Phinees,  fils  d'Eléazar,  fils  du grand -jtxèiTQ  d' Aaron,  a  détourné  ma colère  des  enfants  d'Israël  ;  parce  qu'il a  été  animé  de  mon  zèle  contre  eux, pour  m'empêcher  d'exterminer  moi-même les  enfants  d'Israël  dans  la  fureur  de mon  zèle.
phegor.  Le  vrai  nom  est  Ba'al  P"or  (par  abré- viation :  P"orj  vers.  18;  xxxi,  16  ;  Jos.  xxii,  17), c.-à-d.  le  Baal  qui  avait  dans  la  ville  de  Bet  p"or, située  près  de  Settim,  le  centre  principal  de  son culte.  Les  rites  de  Baal ,  sous  quelque  forme  que cette  divinité  fût  adorée,  étaient  toujours  exti'ê- mement  immondes.  Cf.  Os.  iv,  14;  ix,  10.
3''-5.  L'indignation  divine. —  Les  principes  que Dieu  commande  à,  Moïse  d'assembler  (toile)  ne diffèrent  probablement  pas  des  judices  Israël mentionnés  au  vers.  5. —  Suspende  eos.  C.-à-d. les  coupables,  ainsi  désignés  par  ellipse.  L'em- palement ou  la  pendaison  ne  devait  avoir  lieu qu'après  la  mort  i occidat...'). —  Contra  solem: à  la  vue  de  tous.  Cf.  II  Reg.  xii,  12. —  Unus- quisque fratres...  Ceux  des  coupables  qui  appar- tenaient à  la  juridiction  de  chaque  prince.
2°  Le  zèle  de  Phinees  et  sa  récompense.  XXV, 6-15.
6-9.  L'acte  courageux  de  Phinees.  —  Et  ecce unus...  Abomination  d'une  hardiesse  effrontée.
que  le  narrateur  expose  en  termes  émus  et  in- dignés. —  Qui  flebant...  Les  bons  s'étaient  réunis devant  le  tabernacle,  pour  faire  amende  honorable au  Seigneur  et  pour  implorer  sa  pitié.  —  Lu- panar. Hébr.  :  haqqubbah,  avec  l'article;  mot emplo3^é  en  ce  seul  endroit,  et  qui,  par  l'inter- médiaire de  l'arabe  Calqnbbah)  et  de  l'espagnol (aJcava),  a  passé  dans  noti'e  langue  sous  la  forme «  alcôve  ».  Il  désignait  la  partie  la  plus  inté- rieure des  tentes,  réservée  aux  femmes.  —  Ces- savit  plaga.  Il  n'avait  pas  encore  été  question de  ce  fléau,  qui  consista  vraisemblablement  en une  peste  très  violente. —  Viginti  quatuor  millia. Saint  Paul,  faisant  allusion  à  ce  fait,  I  Cor.  x,  8, ne  signale  que  23  000  victimes,  d'accord  en  cela avec  la  tradition  juive,  d'après  laquelle  l'autre millier  représenterait  les  hommes  mis  à  mort  par les  juges,  vers.  5.
10-13.  Récompense  de  Phinees,  —  Dlxit...  Do- minus. Au  vers.  11 ,  Dieu  fait  ressortir,  par  ma- nière de  considérants,  la  pieuse  et  vaillante  iui-
NuM.  XXV,  12  —  XXVI,  2.
519
12.  C'est  pourquoi  dites -lui  que  je  lui donne  la  paix  de  mon  alliance ,
13.  et  que  le  sacerdoce  lui  sera  donné, à  lui  et  ù  sa  race,  par  un  pacte  éternel, parce  qu'il  a  été  zélé  pour  son  Dieu,  et qu'il  a  expié  le  crime  des  enfants  d'Is- raël.
14.  Or  l'Israélite  qui  fut  tué  avec  la Madianite  s'appelait  Zambri ,  fils  de Salu ,  et  il  était  chef  d'une  des  familles de  la  tribu  de  Siméon.
15.  Et  la  femme  madianite  qui  fut tuée  avec  lui  se  nommait  Cozbi,  et  était lille  de  Sur,  l'un  des  plus  grands  princes parmi  les  Madianites.
16.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse, et  lui  dit  :
17.  Faites  sentir  aux  Madianites  que vous  êtes  leurs  ennemis,  et  faites -les passer  au  fil  de  l'épée,
18.  parce  qu'ils  vous  ont  aussi  traités vous-mêmes  en  ennemis,  et  vous  ont séduits  artificieusement  par  l'idole  de Pliogor  et  par  Cozbi,  leur  sœur,  fille  du prince  de  Madian,  qui  fut  frappée  au jour  de  la  plaie  à  cause  du  sacrilège  de Phogor,
12.  Idcirco  loquere  ad  eum  :  Ecce  do ei  pacem  fœderis  mei,
13.  et  erit  tam  ipsi  quam  semini  ejus pactum  sacerdotii  sempiternum,  quia zelatus  estpro  Deo  suo,  etexpiavit  scelus filiorum  Israël.
14.  Erat  autem  nomen  viri  israelittc, qui  occisus  est  cum  Madianitide,  Zambri, filius  Salu,  dux  de  cognatione  et  tribu Simeonis  ;
15.  porro  mulier  madianitis,  qu»  pari- ter  interfecta  est,  vocabatur  Cozbi,  filia Sur,  principis  nobilissimi  Madianita- rum.
16.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moy- sen,  dicens  :
17.  llostes  vos  sentiant  Madianitae, et  percutite  eos ,
18.  quia  et  ipsi  liostiliter  egerunt  con- tra vos ,  et  decepere  insidiis  per  idolum Phogor,  et  Cozbi  filiam  ducis  Madian  so- rorem  suam,  quge  percussa  est  in  die plag£e  pro  sacrilegio  Phogor.
CHAPITRE  XXVI
1.  Après  que  le  sang  des  criminels eut  été  répandu,  le  Seigneur  dit  à  Moïse et  k  Eléazar,  grand--prètve,  fils  d'Aaron  :
2.  Faites  un  dénombrement  de  tous les  enfants  d'Israël ,  depuis  vingt  ans  et au-dessus,  en  comptant  par  maisons  et par  familles  tous  ceux  qui  peuvent  aller à  la  guerre.
1.  Postquam  noxiorum  sanguis  efiiusus est,  dixit  Dominus  ad  Moysen  et  Elea- zarum  filium  Aaron  sacerdotem  :
2.  Numerate  omnem  summam  filio- rum Israël,  a  viginti  annis  et  supra, per  domos  et  cognationes  suas,  cunctos qui  possunt  ad  bella  procedere.
tiative  de  Phinées  (zelo  meo  commotiLS  ;  il  avait été  jaloux  de  la  gloire  divine,  indignement  ou- tragée). —  Idcirco...  pacem  fœderis  mei.  Hébr.  : mon  alliance  de  paix,  c.-ù-d.  qui  procui-e  la  paix. Le  Seigneur  établit  d'une  manière  spéciale  avec Phinées  l'alliance  qu'il  avait  contractée  avec  tout Israël.  —  Après  cette  récompense  générale ,  une autre  plus  particulière  :  erit  tam  ipsi...  Phinées succéda,  en  efiEet,  à  Éléazar  dans  le  rôle  de  grand prêtre  (Jud.  xx,  28);  plus  tard,  après  une  in- terruption momentanée  qui  dura  d'Héli  à  David, Sadoc,  issu  de  lui,  fut  installé  dans  les  fonc- tions pontificales ,  qui  ne  quittèrent  plus  la  race de  Phinées  jusque  vers  la  ruine  de  l'État  juif.
14-15.  Note  rétrospective  sur  les  deux  prin- cipaux coupables,  qui  étaient  de  haute  lignée l'un  et  l'autre.  —  Sur  est  mentionné  plus  bas, XXXI,  8,  comme  l'un  des  cinq  rois  madianites qui  furent  mis  à  mort  par  les  Hébreux.
30  Décret  d'extirpation  contre  les  Madianites. XXV,  16-18.
16-18.  Madianitce...  Les  Moabites  seront  ac- tuellement épargnés  jusqu'à  un  certain  point  (cf. Deut.  Il,  9),  mais  leur  tour  viendra  plus  tard.
Section  IT.  —  Ordoxxaxces  relatives  a  la  pro- chaine PRISE  de  possession  DE  LA  PALESTINE, XXVI,  1  — XXX,  17.
§  I.  —  Noziveau  dénonibrement  de  la  nation théocratique.  XXVI,  1-65.
1°  L'ordre  divin  et  son  exécution.  XXVI,  1-4.
Chap.  XXVI.  —  1-  2.  Jéhovah  ordonne  un  se- cond dénombrement  de  son  peuple. —  Postquam... sanguis...  Dans  l'hébreu  :  après  le  fléau.  Cf. vers.  8^.  Il  résulte  du  vers.  64  que  cette  peste terrible  avait  enlevé  les  derniers  survivants  de  la génération  dénombrée  au  pied  du  Sinaï  et  con- damnée à  mort  ti  cause  de  ses  murmures  à  Cadès.
620
NuM.  XXVI,  3-14.
3.  Locuti  simt  itaqiie  Moyses  et  Elea- zar  sacei'dos  in  campestribus  Moab  super Jordanem  contra  Jéricho,  ad  eos  qui erant
4.  a  viginti  annis  et  supra,  sicut  Do- minus  imperaverat,  quorum  iste  est nuraerus,
5.  Ruben  primogenitus  Israël.  Hujus filius  Henoch,  a  quo  familia  Henocliita- rum;  et  Phallu,  a  quo  familia  Phallui- tarum  ;
6.  et  Hesron,  a  quo  familia  Hesroni- tarum  ;  et  Cliarmi ,  a  quo  familia  Char- mitarum.
7.  Hae  sunt  familias  de  stirpe  Ruben  ; quarum  numerus  inventus  est  quadra- ginta  tria  millia  et  septingenti  triginta.
8.  Filius  Phallu,  Eliab;
9.  hujus  filii,  Namuel  et  Dathan  et Abiron.  Isti  sunt  Dathan  et  Abiron, principes  populi,  qui  surrexerunt  con- tra ]Moysen  et  Aaron  in  seditione  Core, quando  adversus  Dominum  rebellave- runt ,
10.  et  aperiens  terra  os  suum  dcA^oravit Core,  morientibus  plurimis,  quando  com- bussit  ignis  ducentos  quinquaginta  viros. Et  factum  est  grande  miraculum,
11.  ut,  Core  pereunte,  filii  illius  non périrent.
12.  Filii  Simeon  per  cognationes  suas  : Namuel,  ab  hoc  familia  Namuelitarum ; Jamin,  ab  hoc  familia  Jaminitarum  ;  Ja- chin,  ab  hoc  familia  Jachinitarum  ;
13.  Zare,  ab  hoc  familia  Zareitarum  ; Saul,  ab  hoc  familia  Saulitarum.
14.  Hse  sunt  familise  de  stirpe  Simeon,
3.  Moïse  donc  et  le  grand-Y)Yêtre  Éléa- zar  étant  dans  les  plaines  de  Moab ,  le long  du  Jourdain,  vis-à-vis  de  Jéricho, parlèrent  à  ceux  qui  avaient
4.  vingt  ans  et  au-dessus,  selon  que le  Seigneur  l'avait  commandé.  Voici leur  nombre.
5.  Ptuben  fut  l'aîné  d'Israël  :  ses  fils furent  Hénoch,  de  qui  sortit  la  famille des  E[énochites  ;  Phallu,  de  qui  sortit  la famille  des  Phalluites  ;
6.  Hesron ,  de  qui  sortit  la  famille  des Hesronites  ;  et  Cliarmi ,  de  qui  sortit  la famille  des  Charmites.
7.  Ce  sont  là  les  familles  de  la  race de  Ruben  ;  et  il  s'y  trouva  le  nombre  de quarante -trois  mille  sept  cent  trente hommes.
8.  Éliab  fut  fils  de  Phallu,
9.  et  eut  pour  fils  Namuel ,  Dathan  et Abiron.  Ce  Dathan  et  cet  Abiron,  qui étaient  des  premiers  d'Israël ,  furent ceux  qui  s'élevèrent  contre  Moïse  et contre  Aaron  dans  la  sédition  de  Coré, lorsqu'ils  se  révoltèrent  contre  le  Sei- gneur ,
10.  et  que  la  terre  s'entr'ouvrant  dé- vora Coré,  un  grand  nombre  étant  morts en  même  temps,  lorsque  le  feu  brûla deux  cent  cinquante  hommes.  Il  arriva alors  un  grand  miracle,
11.  qui  est  que  Coré,  périssant,  ses  fils ne  périrent  point  avec  lui.
12.  Les  fils  de  Simeon  furent  comptés aussi  selon  leurs  familles,  savoir  :  Na- muel, chef  de  la  famille  des  Namué- lites  ;  Jamin,  chef  de  la  famille  des Jaminites;  Jachin,  chef  de  la  famille des  Jachinites  ;
13.  Zaré,  chef  de  la  famille  des  Za- réites  ;  Saiil ,  chef  de  la  famille  des Saûlites.
14.  Ce  sont  là  les  familles  de  la  race
—  Numérale. ..  Mêmes  conditions  et  mémo  mode d'opération  qu'au  premier  recensement  :  a  vi- ginti..., per  clomos...  Voyez  i,  2-3,  et  le  commen- taire. Cependant,  cette  fois  Dieu  ne  procure  pas d'auxiliaires  à  Moïse  et  au  grand  prêtre,  au  moins directement.
3-4.  Exécution  de  l'ordre.  La  Vulgate  donne plutôt  le  sens  qu'une  traduction  littérale  de l'hébreu.  —  In  campestnbus  Moai.  Voyez  la  note de  XXI,  1.
29  Les  résultats  du  dénombrement.  XXVI, 5-51.
Ils  sont  indiqués  en  chiffres  ronds,  comme  au chap.  I.  Los  tribus  sont  énumérées  dans  le  même ordre,  si  ce  n'est  qu'ici  Manassé  passe  avant Lphraïm.  Le  narrateui-,  avant  de  livrer  le  résultat
partiel  des  guerriers  de  chacune  d'elles ,  rappelle les  principales  familles  dont  elles  se  composaient  ; les  noms  signalés  correspondent,  h  part  quelques exceptions,  à  la  liste  des  petits -flls  et  arrière- petits -fils  de  Jacob  (Gen.  XLvr,  8-27).
5-11.  La  tribu  do  Ruben:  43  730  guerriers;  ce qui  accuse  une  diminution  de  2  770.  Il  est  probable qu'un  grand  nombre  de  Rubénites  avaient  pris part  à  la  révolte  de  Coré,  Dathan  et  Abiron, comme  l'indique  l'abrégé  sommaire  de  ce  triste fait,  inséré  aux  vers.  9-11.  Cf.  xvi,  1  et  ss.
12-14.  La  tribu  de  Simeon  :  22  200,  avec  l'é- norme décroissance  de  37  100.  On  a  conjecturé que  beaucoup  de  Siméonites  avaient  péri  pour avoir  pris  part,  comme  Zambri,  l'un  de  leurs chefs,  au  culte  de  Béelphégor  (xxv,  14)
NuM.  XXVI,  15-28.
521
de  Siméon,  qui  faisaient  en  tout  le nombre  de  vingt -deux  mille  deux  cents hommes.
15.  Les  fils  de  Gad  furent  comptés par  leurs  familles,  savoir  :  Séphon,  chef de  la  famille  des  Sé})honiteo  ;  Aggi, ch3f  de  la  famille  des  Aggites  ;  Suni , chef  de  la  famille  des  Sunites  ;
1(3.  Ozni,  chef  de  la  famille  des  Oz- nites;  Her,  chef  de  la  famille  des  Hé- rites ;
17.  Arod,  chef  de  la  famille  des  Aro- dites  ;  Ariel,  chef  de  la  famille  des Ariélites.
18.  Ce  sont  là  les  familles  de  Gad, qui  faisaient  en  tout  le  nombre  de  qua- rante mille  cinq  cents  hommes.
19.  Les  fils  de  Juda  furent  Her  et Onan ,  qui  moururent  tous  deux  dans  le pa3'S  de  Chanaan.
20.  Et  les  autres  fils  de  Juda,  distin- gués par  leurs  familles,  furent  Séla, chef  de  la  famille  des  Sélaïtes  ;  Phares , chef  de  la  famille  des  Pharésites  ;  Zaré, chef  de  la  famille  des  Zaréites.
2L  Les  fils  de  Phares  furent  Hesron , chef  de  la  famille  des  Hesronites;  et Uamul,  chef  de  la  famille  des  Hamu- lites.
22.  Ce  sont  là  les  familles  de  Juda, qui  se  trouvèrent  au  nombre  de  soixante- seize  mille  cinq  cents  hommes.
23.  Les  fils  d'Issachar,  distingués  par leurs  familles,  furent  Thola,  chef  de  la famille  des  Tholaïtes;  Phua,  chef  de la  famille  des  Phuaïtes;  .
24.  Jasub,  chef  de  la  famille  des  Ja- subites  ;  Semran,  chef  de  la  famille  des Semranites.
25.  Ce  sont  là  les  familles  d'Issachar, qui  se  trouvèrent  au  nombre  de  soixante- quatre  mille  trois  cents  hommes.
26.  Les  fils  de  Zabulon,  distingués par  leurs  familles,  furent  Sared,  chef de  la  famille  des  Sarédites  ;  Elon ,  chef de  la  famille  des  Elonites  ;  Jalel ,  chef de  la  famille  des  Jalélites.
27.  Ce  sont  là  les  familles  de  Zabu- lon, qui  se  trouvèrent  au  nombre  de soixante  mille  cinq  cents  hommes.
28.  Les  fils  de  Joseph,  distingués  par familles,  furent  Manassé  et  Épliraïm.
quarum  omnis  numerus  fuit  viginti  duc millia  ducenti.
15.  Filii  Gad  per  cognationes  suas: Sephon,  ab  hoc  familia  Sephonitarum  ; Aggi,  ab  hoc  familia  Aggitarum  ;  Suni, ab  hoc  familia  Sunitaruni;
16.  Ozni,  ab  hoc  familia  Oznitarum; lier,  ab  hoc  familia  Heritarum  ;
17.  Arod,  ab  hoc  familia  Aroditarum  ? Ariel,  ab  hoc  familia  Arielitarum.
18.  Istas  sunt  familise  Gad,  quarum omnis  numerus  fuit  quadraginta  millia quingenti.
19.  Filii  Juda,  Her  et  Onan,  qui  ambc mortui  sunt  in  terra  Chanaan  ;
20.  fueruntque  filii  Juda ,  per  cogna- tiones suas  :  Sela,  a  quo  familia  Selai- tarum  ;  Phares,  a  qao  familia  Pharesita- rum  ;  Zare ,  a  quo  familia  Zareitarum.
21.  Porro  filii  Phares  :  Hesron,  a  quo familia  Hesronitarum  ;  et  Hamul ,  a  quo familia  Hamulitarum.
22.  Istse  sunt  familias  Juda,  quarum omnis  numerus  fuit  septuaginta  ses miîlia  quingenti.
23.  Filii  Issachar  per  cognationes  suas  : Thola,  a  quo  familia  ïholaitarum  ;  Phua, a  quo  familia  Phuaitarum  ;
24.  Jasub,  a  quo  familia  Jasubitarum; Semran,  a  quo  familia  Semranitarum.
25.  Hse  sunt  cognationes  Issachar, quarum  numerus  fuit  sexaginta  quatuor millia  trecenti.
26.  Filii  Zabulon  per  cognationes  suas  : Sared,  a  quo  familia  Sareditarum  ;  Elon, a  quo  familia  Elonitarum;  Jalel,  a  quo familia  Jalelitarum.
27.  H93  sunt  cognationes  Zabulon, quarum  numerus  fuit  sexaginta  millia quingenti.
28.  Filii  Joseph  per  cognationes  suas  : Manasse  et  Ephraim.
15-18.  La  tribu  de  Gad  :  40  500.  Décrdissance de  5150,
19-22.  La  tribu  de  Juda  :  7(^  500.  Sur  Eer  et Onan,  voyez  Gcn.  xxxviii,  1-10.
23-25.  La  tribu  d'Issachar  :  64  300.
26-27.  Zabulon  :  60  500.
28-38».  La  tribu  de  Joseph  se  dédouble,  con- formément à  ce  qui  a  été  raconté  Gon.  xlviii, 1-7.  Manassé  (29-34)  :  52  700  guerriers  ;  Éphraïm (35-37):  seulement   32500,  avec  une  décrois-
522
NuM.  XXVI,  29-43.
29.  De  Manasse  ortus  est  Machir,  a  quo familia  Machiiitarum.  Machir  genuit Galaad,  a  quo  familia  Galaaditarum.
30.  Galaad  liabuit  filios  :  Jezer,  a  quo familia  Jezeritarum  ;  et  Helec,  a  quo familia  Helecitarum  ;
31.  et  Asriel,  a  quo  familia  Asrielita- rum  ;  et  Secliem,  a  quo  familia  Sechemi- tarum  ;
32.  et  Semida,  a  quo  familia  Semi- daitarum;  et  Hepher,  a  quo  familia Hepheritarum.
33.  Fuit  autem  Hepher  pater  Sal- phaad,  qui  filios  non  habebat,  sed  tan- tum  filias,  quarum  ista  sunt  nomina  : Maala,  et  Noa,  et  Hegla,  et  Melcha,  et Thersa.
34.  Hse  sunt  familise  Manasse,  et  nu- merus  earum,  quinquaginta  duo  millia septingenti.
35.  Filii  autem  Ephraim  per  cognatio- nes  suas,  fuerunt  hi  :  Suthala,  a  quo familia  Suthalaitarum ;  Bêcher,  a  quo familia  Becheritarum  ;  Thehen,  a  quo familia  Thehenitarum.
36.  Porro  filius  Suthala  fuit  Heran, a  quo  familia  Heranitarum.
37.  H£e  sunt  cognationes  filiorum Ephraim,  quarum  numerus  fuit  triginta duo  millia  quingenti.
38.  Isti  sunt  filii  Joseph  per  famiUas suas.  Filii  Benjamin  in  cognationibus suis  :  Bêla,  a  quo  familia  Belaitarum; Asbel,  a  quo  familia  Asbelitarum;  Ahi- ram ,  a  quo  familia  Ahiramitarum  ;
39.  Suphara,  a  quo  familia  Suphami- tarum  ;  Hupham ,  a  quo  familia  Hupha- mitarum.
40.  Filii  Bêla  :  Hered,  et  Noeman.  De Hered,  familia  Hereditarum;  de  Noeman, familia  Noemanitarum.
41.  Hi  sunt  filii  Benjamin  per  cogna- tiones suas,  quorum  numerus  fuit  qua- draginta  quinque  millia  sexcenti.
42.  Filii  Dan  per  cognationes  suas  : Suham,  a  quo  familia  Suhamitarum.  Hse sunt  cognationes  Dan  per  familias  suas.
43.  Omnes   fuere  Suhamitœ,  quorum
29.  De  Manasse  sortit  Machir,  chef de  la  famille  des  Machirites.  Machir  en- gendra Galaad,  chef  de  la  famille  des Galaadites.
30.  Les  fils  de  Galaad  furent  Jézer, chef  de  la  famille  des  Jézérites;  Hélec, chef  de  la  famille  des  Hélécites  ;
31.  Asriel,  chef  de  la  famille  des Asriélites  ;  Séchem,  chef  de  la  famille des  Séchémites  ;
32.  Sémida,  chef  de  la  famille  des Sémidaïtes;  et  Hépher,  chef  de  la  fa- mille des  Héphérites.
33.  Hépher  fut  père  de  Salphaad,  qui n'eut  point  de  fils,  mais  seulement  des filles,  dont  voici  les  noms  :  Maala,  Noa, Hégla,  Melcha  et  Thersa.
34.  Ce  sont  là  les  familles  de  Ma- nasse, qui  se  trouvèrent  au  nombre  de cinquante-deux  mille  sept  cents  hommes.
35.  Les  fils  d'Ephraïm,  distingués  par leurs  familles,  furent  ceux-ci  :  Suthala  , chef  de  la  famille  des  Suthalaïtes  ;  Bê- cher ,  chef  de  la  famille  des  Béchérites  ; Théhen,  chef  de  la  famille  des  Théhé- nites.
36.  Or  le  fils  de  Suthala  fut  Héran, chef  de  la  famille  des  Héranites.
37.  Ce  sont  là  les  familles  des  fils d'Ephraïm ,  qui  se  trouvèrent  au  nombre de  trente-deux  mille  cinq  cents  hommes.
38.  Ce  sont  là  les  fils  de  Joseph,  dis- tingués par  leurs  familles.  Les  fils  de Benjamin,  distingués  par  leurs  familles, furent  :  Bala,  chef  de  la  famille  des  Ba- laïtes;  Asbel,  chef  de  la  famille  des Asbélites  ;  Ahiram ,  chef  de  la  famille des  Ahiramites  ;
39.  Supham,  chef  de  la  famille  des Suphamites;  Hupham,  chef  de  la  fa- mille des  Huphamites.
40.  Les  fils  de  Bêla  furent  Héred  et Noeman.  Héred  fut  chef  de  la  famille des  Hérédités  ;  Noeman  fut  chef  de  la famille  des  Noémanites.
41.  Ce  sont  là  les  enfants  de  Benja- min divisés  par  leurs  familles,  qui  se trouvèrent  au  nombre  de  quarante  -  cinq mille  six  cents  hommes.
42.  Les  fils  de  Dan,  divisés  par  leurs familles,  furent  Suham,  chef  de  la  fa- mille des  Suhamites.  Voilà  les  enfants de  Dan  divisés  par  familles.
43.  Ils  furent  tous  Suhamites,  et  se
sanco  de  8  000.  Mais  Ephraïm  roprendra  plus tard  lo  premier  rang,  qui  lui  avait  été  prédit par  Jacob.  Cf.  Gcn.  XLvni,  19;  Deut.  xxxiu,  17.
SSb-él.  Benjamin  :  45  GOO. 42-43.  ïribu  de  Dan  :  64  400.
NuM.  XXVI,  44-54.
523
trouvèrent  au  nombre  de  soixante-quatre mille  quatre  cents  hommes.
44.  Les  fils  d'Aser,  distingués  par leurs  familles,  furent:  Jemna,  chef  de la  famille  des  Jemnaïtes;  Jessui,  chef de  la  famille  des  Jessuites;  Brié,  chef de  la  famille  des  Briéites.
45.  Les  fils  de  Brié  furent  Iléber, chef  de  la  famille  des  Hébérites,  et Melchiel,  chef  de  la  famille  des  Mel- chiélites.
46.  Le  nom  de  la  fille  d'Aser  fut Sara.
47.  Ce  sont  là  les  familles  des  fils d'Aser,  qui  se  trouvèrent  au  nombre de  cinquante -trois  mille  quatre  cents hommes.
48.  Les  fils  de  Nephthali,  distingués par  leurs  familles,  furent:  Jésiel,  chef de  la  famille  des  Jésiéhtes  ;  Guni,  chef de  la  famille  des  Gunites  ;
49.  Jéser,  chef  de  la  famille  des  Jé- sérites  ;  Sellem ,  chef  de  la  famille  des Sellémites.
50.  Ce  sont  là  les  familles  de  Neph- thali distingués  par  leurs  maisons,  qui se  trouvèrent  au  nombre  de  quarante- cinq  mille  quatre  cents  hommes.
51.  Et  le  dénombrement  de  tous  les enfants  d'Israël  ayant  été  achevé,  il  se trouva  six  cent  un  mille  sept  cent  trente hommes.
52.  Le  Seigneur  parla  ensuite  à  Moïse, et  lui  dit  :
53.  La  terre  sera  partagée  entre  tous ceux  qui  ont  été  dénombrés,  afin  qu'ils la  possèdent  selon  la  désignation  de leurs  noms  et  de  leurs  familles.
54.  Vous  en  donnerez  une  plus  grande
numerus  erat  sexaginta  quatuor  millia quadringenti.
44.  FiKi  Aser  per  cognationes  suao  : Jemna,  a  quo  familia  Jemnaitarum  ; Jessui,a  quo  familia  Jessuitarum;  Brie, a  quo  familia  Brieitarum.
45.  Filii  Brie  :  Heber,  a  quo  familia Heberitarum;  et  Melcliiel,  a  quo  familia Melchielitarum.
46.  Nomen  autem  filise  Aser  fuit  Sara.
47.  Hœ  cognationes  filiorum  Aser,  et numerus  eorum,  quinquaginta  tria  millia quadringenti.
48.  Filii  Nephthali  per  cognationes suas:  Jesiel,  a  quo  familia  Jesielitarum ; Guni ,  a  quo  familia  Gunitarum  ;
49.  Jeser,  a  quo  familia  Jeseritarum  ; Sellem ,  a  quo  familia  Sellemitarum.
50.  Hae  sunt  cognationes  filiorum  Neph- thali per  familias  suas  ;  quorum  numerus, quadraginta  quinque  miUia  quadringenti.
51.  Ista  est  summa  filiorum  Israël, qui  recensiti  sunt,  sexcenta  millia,  et mille  septingenti  triginta.
52.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moy- sen,  dicens  :
53.  Istis  dividetur  terra  juxta  nume- rum  vocabulorum  in  possessiones  suas.
54.   "Pluribus  majorem  partem  dabis,
44-47.  Tribu  d'Aser  :  53  400.
48-50.  Nephthali  :  45  400,  avec  une  décroissance de  8  000.
51.  Récapitulation  pour  tout  Israël ,  sans compter  les  Lévites  :  601  730  ;  chiffre  qui  accuse une  diminution  de  1  820  guerriers  depuis  le  re- censement opéré  trente -huit  années  auparavant. Le  tableau  ci- joint  permettra  de  comparer  aisé- ment les  résultats  des  deux  dénombrements.
Chap.  II.
Chap.  XXVI.
Ruben  . Siniéoii . Gad  .    . Juda.    . Issachai. Zabulon. Ephraïin. Manassè. Benjamin Dan  .    . Aser .    . Kephthali
Total.
46  500.  .  .
.  .  43  730
59  300.  .  .
.  .  22  200
45  050.  .  .
.  .  40500
74  600.  .  ,
.  .  76  500
54  400.  .  .
.  .  64  300
57  400.  .  .
.  .  60  500
40  500.  .  ,
.  .  32  500
32  200.  .  .
.  .  52  700
35  400.  ,  .
.  .  45  600
62  700.  .  .
.  .  64  400
41500.  .  .
.  .  53  400
53  400.  .  ,
.  .  45  400
603  550.  .  .
.  .  601 730
3°  Règlements  pour  le  partage  de  la  Terre  sainte. XXVI,  62-56.
.  62  -  56.  Deux  principes  dirigeront  ce  partage  : l»  Dividetur...  juxia  numerum...  L'étendue  des terrains  accordés  aux  tribus  devait  être  déter- minée d'après  le  chiffre  de  leurs  membres  ré- cemment dénombrés.  2»  Sors  terram...  On  s'en remettrait  au  sort  pour  fixer  la  part  soit  des tribus,  soit  des  familles,  etc.  «  Ne  rixîB  et  con- cupiscent]» pravae  locus  esset ,  »  dit  Rabbi Bêchai.
4°  Recensement  des  Lévites.  XXVI,  57-62.
57-62.  Ce  dénombrement  spécial  eut  lieu  de la  même  manière  que  le  premier  (  ch.  m  ) ,  ab uno  mense  et  supra.  L'indication  du  résultat (vers.  62)  est  précédée  d'un  court  sommaire  his- torique et  généalogique  (57-61),  comme  pour  les autres  tribus.  — •  En  tout  :  23  000 ,  avec  une  aug- mentation de  700.  Cf.  III,  39,  et  le  commen- taire.
25
624
NuM.  XXVI,  55-65.
et  paucioribus  minorem;  singulis,  sicut nunc  recensiti  sunt,  tradetur  possessio  ,
55.  ita  duntaxat  ut  sors  terram  tribu  - bus  dividat  et  familiis.
56.  Quidquid  sorte  contigerit,  lioc  vel plures  accipiant,  vel  pauciores.
57.  Hic  quoque  est  numerus  filiorum Levi  per  familias  suas  :  Gerson,  a  quo familia  Gersonitarum  ;  Caath,  a  quo  fa- milja  Caathitarum  ;  Merari,  a  quo  familia Meraritarum.
58.  Hae  sunt  familise  Levi  :  familia Lobni,  familia  Hebroni,  familia  Moholi, familia  Musi,  familia  Core.  At  vero  Caatli genuit  Amram,
59.  qui  habuit  uxorem  Jochabed, filiam  Levi,  quse  nata  est  ei  in  -^gypto. Hœc  genuit  Amram  viro  suo  filios,  Aaron et  Mo^'sen,  et  Mariam  sororem  eorum.
60.  De  Aaron  orti  sunt  Nadab  et Abiu ,  et  Eleazar  et  Ithamar  ;
61.  quorum  Nadab  et  Abiu  mortui sunt,  cum  obtulissent  ignem  alienum coram  Domino.
62.  Fueruntque  omnes  qui  numerati sunt,  viginti  tria  millia  generis  mas- culirii,  ab  uno  mense  et  supra;  quia non  sunt  recensiti  inter  filios  Israël ,  nec eis  cum  csteris  data  possessio  est.
63.  Hic  est  numerus  filiorum  Israël, qui  descripti  sunt  a  Moyse  et  Eleazaro sacerdote,  in  campestribus  Moab,  supra Jordanem,  contra  Jericlio;
64.  inter  quos  nullus  fuit  eorum  qui ante  numerati  sunt  a  Moyse  et  Aaron  in de.serto  Sinai  ;
65.  prsedixerat  enim  Dominus,  quod omnes  morerentur  in  solitudine.  Nullus- que  remansit  ex  eis,  nisi  Caleb,  filius Jeplione,  et  Josue,  filius  Nun.
partie  à  ceux  qui  seront  en  plus  grand nombre,  et  une  moindre  à  ceux  qui  se- ront en  plus  petit  nombre  ;  et  l'héritage sera  donné  à  chacun  selon  le  dénom- brement qui  vient  d'être  fait  ;
55.  mais  en  sorte  que  la  terre  soit partagée  au  sort  entre  les  tribus  et  les familles.
56.  Et  tout  ce  qui  sera  éclm  par  le sort  sera  le  partage  ou  du  plus  grand nombre,  ou  du  plus  petit  nombre.
57.  Voici  aussi  le  nombre  des  fils  de Lévi ,  distingués  par  leurs  familles  : Gerson,  chef  de  la  famille  des  Gerso- nites  ;  Caath ,  chef  de  la  famille  des Caathites  ;  Mérari ,  chef  de  la  famille des  Mérarites.
58.  Voici  les  familles  de  Lévi  :  la  fa- mille de  Lobni,  la  famille  d'Hébroni,  la famille  de  Moholi,  la  famille  de  Musi, la  famille  de  Coré.  Caath  engendra Amram ,
59.  qui  eut  pour  femme  Jochabed, fille  de  Lévi ,  qui  lui  naquit  en  Egypte. Jochabed  eut  d' Amram ,  son  mari ,  deux fils,  x\aron  et  Moïse,  et  Marie,  leur sœur.
60.  Aaron  eut  pour  fils  Nadab  et  Abiu, Eléazar  et  Ithamar.
61.  Nadab  et  Abiu,  ayant  offert  un feu  étranger  devant  le  Seigneur,  furent punis  de  mort.
62.  Et  tous  ceux  qui  furent  comptés de  la  famille  de  Lévi  se  trouvèrent  au nombre  de  vingt -trois  mille  hommes, depuis  un  mois  et  au -de  sus;  parce qu'on  n'en  fit  point  le  dénombrement avec  les  enfants  d'Israël,  et  qu'on  ne leur  donna  point  d'héritage  avec  les autres.
63.  C'est  là  le  nombre  des  enfants d'Israël,  qui  furent  comptés  par  Moïse et 'par  le  grand -\)rç,ivQ,  Eléazar  dans  la plaine  de  Moab,  le  long  du  Jourdain, vis-à-vis  de  Jéricho.
64.  Parmi  eux,  il  ne  s'en  trouva  aucun de  ceux  qui  avaient  été  dénombrés  au- paravant par  Moïse  et  par  Aaron  dans le  désert  du  Sinaï.
65.  Car  le  Seigneur  avait  prédit  qu'ils mourraient  tous  dans  le  désert.  C'est pourquoi  il  n'en  demeura  pas  un  seul, hormis  Caleb,  fils  de  Jéphoné,  et  Josué, fils  de  Nun.
50  Récapitulation  générale.  XXVI,  63-65. C3-65.  Le  narrateur  insiste  sur  l'accomplisso-
mont  intégral  et  terrible  des  menaces  du gneur  :  inter  quos  nullus^..  Cf.  xiv,  20-32.
Sei-
NuM.  XXVII,  1-11.
■525
CHAPITRE  XXVII
1.  Or  les  filles  de  Salpliaad,  fils  d'IIé- pher,  fils  de  Galaad,  fils  de  Machir,  fils de  Manassé,  fils  de  Joseph,  nommées Maala,  Noa,  Hégla,  Melclia  et  Thersa,
2.  se  présentèrent  à  Moïse,  au  grand- prétre  Eléazar  et  h  tous  les  princes  du peuple,  à  l'entrée  du  tabernacle  de  l'al- liance, et  elles  dirent  :
3.  Notre  père  est  mort  dans  le  désert  ; il  n'avait  point  eu  de  part  à  la  sédition qui  fut  suscitée  par  Coré  contre  le  Sei- gneur ,  mais  il  est  mort  dans  son  péché comme  les  autres,  et  il  n'a  point  eu d'enfants  mâles.  Pourquoi  donc  son  nom périra- 1- il  de  sa  famille  parce  qu'il  n'a point  eu  de  fils  ?  Donnez  -  nous  un  héri- tage entre  les  parents  de  notre  père.
4.  Moïse  rapporta  leur  affaire  au  ju- gement du  Seigneur,
5.  qui  lui  dit  :
G.  Les  filles  de  Salphaad  demandent une  chose  juste.  Donnez -leur  des  terres à  posséder  entre  les  parents  de  leur père ,  et  qu'elles  lui  succèdent  en  qualité d'héritières,
7.  Et  voici  ce  que  vous  direz  aux  en- fants d'Israël  :
8.  Lorsqu'un  homme  sera  mort  sans avoir  de  fils ,  son  bien  passera  à  sa  fille, qui  en  héritera.
9.  S'il  n'a  point  de  fille ,  il  aura  ses frères  pour  héritiers.
10.  Que  s'il  n'a  pas  même  de  frères, vous  donnerez  sa  succession  aux  frères de  son  père  ;
11.  et  s'il  n'a  pas  non  plus  d'oncles paternels,  sa  succession  sera  donnée  à
1.  Accesserunt  autem  filiœ  Salphaad, filii  Ilepher,  filii  Galaad,  filii  Macliir,  filii Manasse,  qui  fuit  filius  Joseph,  quanim sunt  nomina  Maala,  et  Noa,  et  Ilegla, et  Melcha,  et  Thersa,
2.  steteruntque  coram  Moyse  et  Elea- zaro  sacerdote,  et  cunctis  principibus populi,  ad  ostium  tabernaculi  fœderis, atque  dixerunt  :
3.  Pater  noster  mortuus  est  in  de- serto  ;  nec  fuit  in  seditione,  quse  eon- citata  est  contra  Dominum  sub  Core,  sed in  peccato  suo  mortuus  est  ;  hic  non habuit  mares  filios.  Cur  toUitur  nomen illius  de  familia  sua,  quia  non  habuit filium?  Date  nobis  possessionem  inter cognatos  patris  nostri.
4.  Eetulitque  j\royses  causam  earum ad  judicium  Domini,
5.  qui  dixit  ad  eum  :
6.  Justam  rem  postulant  filiœ  Sal- phaad. Da  eis  possessionem  inter  cognatos patris  sui,  et  ei  in  hereditatem  succé- dant.
7.  Ad  filios  autem  Israël  loqueris  hsec  :
8.  Homo  cum  mortiuis  fuerit  absque filio,  ad  filiam  ejus  transibit  hereditas.
9.  Si  filiam  non  habuerit,  habebit successores  fratres  suos.
10.  Quod  si  et  fratres  non  fuerint, dabitis  hereditatem  fratribus  patris  ejus.
11.  Sin  autem  nec  patruos  habuerit, dabitur  hereditas  his  qui  ei  proximi  sunt  ;
§  II.  —  Deux  lois  de  succession.  XXVII,  1-23.
1°  Quel  sera  l'ordre  d'héritage  à  défaut  d'héri- tiers mâles  directs.  XXVn,  1-11.
Chap.  XXVII.  —  1-4.  Introduction  historique et  exposé  du  cas.  —  Accesserunt  filice...  :  à  l'oc- casion de  la  loi  récemment  promulguée  sur  le partage  des  terres  en  Palestine.  Ces  cinq  sœurs ont  été  déjà  mentionnées  plus  haut,  xxvi,  33. —  Coram  Moyse...,  principibus...  L'affaire  fut traitée  avec  une  grande  solennité.  —  In  peccato suo...  Ces  mots  sont  expliqués  par  les  précédents  : nec  fuit  in  seditione...  Salphaad  ne  s'était  donc pas  rendu  coup.ible  de  l'un  de  ces  crimes  énormes dont  Dieu  avait  immédiatement  châtié  les  fau- teurs principaux;  U  n'avait  commis  que  les  pé-
chés ordinaires  qui  échappent  h  tous  les  hommes, et  il  était  mort  en  vertu  de  la  sentence  générale prononcée  contre  l'ancienne  génération.  Ses  filles relèvent  habilement  ce  fait,  pour  mieux  arriver à  leur  fin.  —  Non...  mares  filios;  et,  par  suite, il  n'avait  droit  à  aucime  portion  de  territoire en  Palestine,  d'après  xxvi,  53.  —  C^lr  toUitter nomen...?  C'est  ce  qui  serait  ai-rivé  si  l'on  n'eût point  donné  sa  part  à  ses  filles.
4-6.  Réponse  du  Seigneur  pour  ce  cas  spécial. n  daigne  approuver  la  requête  :  Justam  rem postulant.  Le  chap.  xxxvi  ajoute  quelques  autres détails.
7-11.  Dieu  élargit  sa  réponse  et  l'applique  ïi tous  les  cas  semblables.  —  Homo  cum  mortuus... L'ordre  d'héritage  est  des  plus  simples  :  les  fils  ;
526
NuM.  XXVII,  12-21.
eritque   hoc  filiis  Israël   sanctum    lege perpétua,  sicut  prsecepit  Dominus  Moysi.
12.  Dixit  quoqiie  Dominus  ad  Moy- sen  :  Ascende  in  montem  istum  Abarini, et  contemplare  inde  terram  quam  datu- rus  sum  filiis  Israël  ;
13.  Cumque  videris  eam,  ibis  et  tu  ad populum  tuum,  sicut  ivit  f rater  tuus Aaron,
14.  quia  oiïendistis  me  in  deserto  Sin in  contradictione  multitudinis,  nec  san- ctificaremevoluistiscoramea  super  aquas; hœ  sunt  aquae  contradictionis  in  Cades deserti  Sin.
15.  Cui  respondit  Moyses  :
16.  Provideat  Dominus  Deus  spirituum omnis  carnis,  hominem,  qui  sit  super multitudinem  hanc,
17.  et  possit  exire  et  intrare  ante eos,  et  educere  eos  vel  introducere,  ne sit  populus  Domini  sicut  oves  absque pastore.
18.  Dixitque  Dominus  ad  eum  :  Toile Josue,  filium  Nun,  virum  in  quo  est  spi- ritus,  et  pone  manum  tuam  super  eum,
19.  qui  stabit  coram  Eleazaro  sacer- dote  et  omni  multitudine  ;
20.  et  dabis  ei  prsecepta  cunctis  viden- tibus,  et  partem  gloriœ  tuse,  ut  audiat eum  omnis  synagoga  filiorum  Israël.
21.  Pro  hoc,  si  quid  agendum  erit, Eleazar  sacerdos  consulet  Dominum  ;  ad
ses  plus  proches.  Cette  loi  sera  toujours gardée  inviolablement  par  les  enfants d'Israël,  selon  que  le  Seigneur  Ta  or- donné à  Moïse.
12.  Le  Seigneur  dit  aussi  à  Moïse  : Montez  sur  cette  montagne  d'Abarim,  et contemplez  de  là  la  terre  que  je  dois donner  aux  enfants  d'Israël  ;
13.  et  après  que  vous  l'aurez  regardée, vous  irez  aussi  à  votre  peuple,  comme Aaron ,  votre  frère ,  y  est  allé  ;
14.  parce  que  vous  m'avez  offensé tous  deux  dans  le  désert  de  Sin,  au temps  de  la  contradiction  du  peuple,  et que  vous  n'avez  point  voulu  manifester ma  sainteté  devant  Israël  au  sujet  des eaux;  de  ces  eaux  de  la  contradiction que  je  fis  sortir  à  Cadès ,  au  désert  de Sin.
i  15.  Moïse  lui  répondit  :
16.  Que  le  Seigneur,  le  Dieu  des  es- prits de  tous  les  hommes,  choisisse  lui- même  un  homme  qui  soit  préposé  à  tout ce  peuple  ;
17.  qui  puisse  sortir  et  entrer  devant eux,  les  mener  et  les  ramener;  de  peur que  le  peuple  du  Seigneur  ne  soit  comme des  brebis  qui  sont  sans  pasteur.
18.  Le  Seigneur  lui  dit  :  Prenez  Josué, fils  de  Nun,  cet  homme  en  qui  l'esprit réside,  et  imposez -lui  les  mains,
19.  en  le  présentant  devant  le  grand- prêtre  Eléazar  et  devant  tout  le  peuple.
20.  Donnez -lui  des  préceptes  à  la  vue de  tous,  et  une  partie  de  votre  gloire, afin  que  toute  l'assemblée  des  enfants d'Israël  l'écoute  et  lui  obéisse.
21.  C'est  pour  cela  que,  lorsqu'il  fau- dra entreprendre  quelque  chose,  le  grand-
h  leur  défaut,  les  filles;  à  défaut  de  filles,  les frères  du  défunt  ;  puis  ses  oncles  paternels  ;  enfin ses  plus  proches  parents.  Voyez  Selden,  De  Suc- cessionibus  ad  leges  Hehrœorum  in  hona  defun- ctorum;  Londres,  1636.
2»  Josué  est  donné  à  Moïse  pour  successeur. XXVII,  12-23.
12-14.  Dieu  avertit  Moïse  que  le  temps  de  sa mort  est  proche.  —  In  moniem  istum  Abarim. Ce  nom  est  celui  de  la  chaîne  qui  domine  à  l'est la  rive  septentrionale  de  la  mer  Morte  ;  le  Phasga ou  Nébo  (xxi,  20)  et  le  Phogor  (xxiii,  28)  en formaient  les  principaux  sommets.  D'après  Deut. XXXII,  49,  c'est  le  Nébo  que  le  Seigneur  dési- gnait à  Moïse. —  Ad  populum  tuum.  Voyez  Gen. XXV,  8,  et  le  commentaire.  —  Quia  offendistis... Dieu  rappelle  ù  son  serviteur  le  motif  pour  lequel il  n'entrera  pas  dans  la  Terre  promise.
15-17.  Moïse  prie  Jéhovah  de  lui  donner  un Buccesseur.  —  Frovideat...   Moïse    reçoit    avec
une  résignntion  admirable  cette  réitération  de  sa sentence;  il  ne  songe  qu'aux  intérêts  de  son peuple.  Sur  l'appellation  Deus  spirituum  omnis carnis,  voyez  l'explication  de  xvi,  22. —  Possit exire...  intrare...  Abrégé  de  toutes  les  circons- tances où  le  commandement  peut  s'exercer.  — Oves  absque  pastore.  Comparaison  que  Notre- Seigneur  Jésus -Christ  emploiera  également  pour décrire  la  triste  situation  d'Israël.  Cf.  Matth.  ix , 36;  Marc,  vi,  34.
18-21.  Dieu  désigne  Josué  pour  remplacer Moïse.  —  In  quo...  spiritus.  C.-à-d.  les  qualités requises  pour  un  rôle  si  délicat.  —  Pone  ma- num :  emblème  de  la  transmission  des  pouvoirs. Cf.  Deut.  xxxiv,  9.  —  Partem  glorice  tuce  :  de son  autorité,  de  sa  dignité.  Mais  seulement  «  une partie  »,  car  Josué  n'héritera  pas  intégralement des  privilèges  de  Moïse.  Ainsi,  les  communications divines,  que  Moïse  recevait  directement,  «  os  ad os,  »  devaient  être  transmises  à  Josué  par  Tinter-
NuM.  XXVII,  22  —  XXVIII,  7.
527
prêtre  Éléazar  consultera  le  Seigneur, Et,  à  la  parole  d'Éléazar,  Josuo  sortira et  marchera  le  premier,  et  tous  les  en- fants d'Israël  après  lui,  avec  tout  le reste  du  peu})le.
22.  Moïse  lit  donc  ce  que  le  Seigneur lui  avait  ordonné.  Et  ayant  pris  Josué, il  le  présenta  devant  le  gi^and -yirètre Éléazar  et  devant  toute  l'assemblée  du peuple.
23.  Et  après  lui  avoir  imposé  les mains  sur  la  tête ,  il  lui  déclara  ce  que le  Seigneur  avait  commandé.
verbum  ejus  egredietur  et  ingredietur ipse,  et  omnes  filii  Israël  cum  eo,  et cetera  multitude.
22.  Fecit  Moyses  ut  prœceperat  Domi- nus.  Cumque  tulisset  Josue,  statuit  eum coram  Eleazaro  sacerdote  et  omni  fre- quentia  populi.
23.  Et  impositis  capiti  ejus  manibus, cuncta  repli cavit  quae  mandaverat  Do- minus.
CHAPITRE  XXVIII
1.  Le  Seigneur  dit  aussi  à  Moïse  :
2.  Ordonnez  ceci  aux  enfants  d'Is- raël, et  dites -leur  :  Offrez -moi,  aux temps  que  je  vous  ai  marqués,  les  obla- tions  qui  me  doivent  être  offertes,  les pains  et  les  hosties  qui  se  brûlent  de- vant moi,  et  dont  l'odeur  m'est  très agréable.
3.  Voici  les  sacrifices  que  vous  devez offrir.  Vous  offrirez  tous  les  jours  deux agneaux  d'un  an,  sans  tache,  comme un  holocauste  perpétuel  ;
4.  l'un  le  matin,  et  l'autre  le  soir  ;
5.  avec  un  dixième  d'éphi  de  farine, qui  soit  mêlée  avec  une  mesure  d'huile très  pure,  de  la  quatrième  partie  du hin.
6.  C'est  l'holocauste  perpétuel  que vous  avez  offert  sur  le  mont  Sinaï, comme  un  sacrifice  d'une  odeur  très agréable  au  Seigneur,  et  qui  était  con- sumé par  le  feu.
7.  Et  vous  offrirez,  pour  offrande  de liqueur,  une  mesure  de  vin  de  la  qua- trième partie  du  hin  pour  chaque  agneau, dans  le  sanctuaire  du  Seigneur.
1.  Dixit  quoque  Dominus  ad  Moysen  :
2.  Prsecipe  filiis  Israël ,  et  dices  ad  eos  : Oblationem  meam  et  panes,  et  incensum odoris  suavissimi  offerte  per  tempora sua.
3.  Haec  sunt  sacrificia  quse  offerre  de- betis.  Agnes  anniculos  immaculatos  duos quotidie  in  holocaustum  sempiternum  ;
4.  unum  offeretis  mane,  et  alterum ad  vesperum  ;
5.  decimam  partem  ephi  simiLne,  quse conspersa  sit  oleo  purissimo,  et  habeat quartam  partem  hin.
6.  Holocaustum  juge  est  quod  obtu- listis  in  monte  Sinai  in  odorem  suavis- simum  incensi  Domini.
7.  Et  libabitis  vini  quartam  partem hin  per  agnos  singulos  in  sanctuario Domini.
médiaire  du  grand  prêtre,  «  d'après  le  jugement de  V'urim,  »  ajoute  l'hébreu.  Voyez  Ex.xxvni,  30, et  l'explication.
22-'2-i.  Josué  est  installé  dans  ses  fonctions  selon le  rite  marqué  par  le  Seigneur.
§  m. —  Quelques  règlementsrelatifa  aux  sacrifices et  aux  vœux.  XXVIII,  1  —  XXX,  17.
Encore  des  lois  anciennes ,  renouvelées  et  com- plétées. Au  moment  où  l'on  va  pénétrer  dans  la Terre  promise ,  Dieu  rappelle  aux  Hébreux  le  pre- mier de  tous  leurs  devoirs,  celui  qui  concernait le  culte  sacré.
1°  Les  sacrifices  quotidiens.  XXVIII,  1-8.
Chap,  XXVTII.  —  1-3».  Introduction.  —  O&Za- tionem...  et  panes.  Dans  l'hébreu  :  «  mon  qorbân, mes  pains.  »  Les  chairs  des  victimes  et  les  autres offrandes  matérielles  sont  envisagées,  idéalement, comme  formant  la  nourriture  divine.  —  Ecec... sacrificia.  Leur  énumération  va  des  sacrifices quotidiens  aux  sacrifices  hebdomadaires,  de  là aux  mensuels  et  aux  annuels  (ceux  des  fêtes).
3*" -8.  Les  offrandes  quotidiennes.  —  Âgnos... Voyez  Ex.  xxix,  38-42,  et  l'explication.  —  Ho- locaustum sempiternvm  :  type  de  l'Agneau  de Dieu,  immolé  une  seule  fois,  mais  à  tout  jamais.
528
NuM.  XXVIII,  8-18.
8.  Alterumque  agnum  similiter  oiîe- retis  ad  vesperani,  juxta  omiiem  ritum sacrificii  matutiiii,et  libamentorum  ejus, oblationem  suavissimi  odoris  Domino.
9.  Die  autem  sabbati  ofïeretis  duos agnos  aiiniculos  immaculatos ,  et  diias décimas  similse  oleo  conspersae  in  sacri- ficio,  et  liba
10.  quae  rite  funduntur  per  singula sabbata  m  liolocaustum  sempiternum.
11.  In  calendis  autem  ofïeretis  holo- caustum  Domino,  vitulos  de  armento duos,  arietem  unum,  agnos  anniculos septem  immaculatos,
12.  et  très  décimas  similai  oleo  con- spersae  in  sacrificio  per  singulos  vitulos, et  duas  décimas  similse  oleo  conspersse per  singulos  arietes  ;
13.  et  decimam  decimse  similse  ex oleo  in  sacrificio  per  agnos  singulos. Holocaustum  suavissimi  odoris  atque  in- censi  est  Domino.
14.  Libamenta  autem  vini,  quœ  per singulas  fundenda  sunt  victimas,  ista erunt  :  média  pars  hin  per  singulos  vitu- los, tertia  per  arietem,  quarta  per  agnum. Hoc  erit  holocaustum  per  omnes  menses, qui  sibi  anno  vertente  succedunt.
15.  Hircus  quoque  ofîeretur  Domino pro  peccatis  in  holocaustum  sempiter- num  cum  libamentis  suis.
IG.  Mense  autem  primo,  quartade- cima  die  mensis ,  phase  Domini  erit ,
17.  et  quintadecima  die  solemnitas. Septem  diebus  vescentur  azymis  ;
18.  quarum  dies  prima  venerabilis  et
8.  Vous  offrirez  pareillement,  le  soir, l'autre  agneau  avec  les  mêmes  cérémo- nies qu'au  sacrifice  du  matin,  et  ses offrandes  de  liqueur,  comme  une  obla- tion  d'une  odeur  très  agréable  au  Sei- gneur.
9.  Le  jour  du  sabbat,  vous  offrirez deux  agneaux  d'un  an,  sans  tache,  avec deux  dixièmes  de  farine  mêlée  d'huile pour  le  sacrifice,  et  les  libations
10.  qui  se  répandent  chaque  jour  de la  semaine,  selon  qu'il  est  prescrit,  pour servir  à  l'holocauste  perpétuel.
11.  Au  premier  jour  du  mois,  vous offrirez  au  Seigneur  en  holocauste  deux veaux  du  troupeau,  un  bélier,  sept agneaux  d'un  an  sans  tache,
12.  et  trois  dixièmes  de  farine  mêlée d'huile  pour  le  sacrifice  de  chaque  veau, et  deux  dixièmes  de  farine  mêlée  d'huile pour  chaque  bélier.
13.  Vous  offrirez  aussi  la  dixième  par- tie d'un  dixième  de  farine  mêlée  d'huile pour  le  sacrifice  de  chaque  agneau.  C'est un  holocauste  d'une  odeur  très  agréable et  d'une  oblation  consumée  par  le  feu  à la  gloire  du  Seigneur.
14.  Voici  les  offrandes  de  vin  qu'on doit  répandre  sur  chaque  victime  :  une moitié  du  hin  pour  chaque  veau,  un tiers  pour  le  bélier,  et  un  quart  pour l'agneau.  Ce  sera  là  l'holocauste  qui s'offrira  tous  les  mois  qui  se  succèdent l'un  à  l'autre  dans  tout  le  cours  de  l'an- née.
15.  On  offrira  aussi  au  Seigneur  un bouc  pour  les  péchés,  outre  l'holocauste perpétuel,  qui  s'offre  avec  ses  oblations de  farine  et  de  liqueur.
16.  Le  quatorzième  jour  du  premier mois  sera  la  Pâque  du  Seigneur,
17.  et,  le  quinzième,  la  fête  solen- nelle. On  mangera  pendant  sept  jours des  pains  sans  levain  ;
18.  le  premier  jour  sera  particullère-
Cf.  Hebr.  X,  12,  14.  —  Ad  vesperam.  Plutôt  : entr«  les  deux  soirs  (Ex.  xii,  6,  et  la  note).  — Le  vers.  7  est  incomplet  dans  la  Vulgate;  l'hé- breu ajoute  :  Vous  verserez  une  libation  de  sékar à  Jéhovah.  Le  mot  sékar  désigne  ici  un  vin vieux  et  généreux ,  comme  l'explique  le  Targum.
2°  Le  sacrifice  dos  jours  de  sabbat.  XX VIII, 9-10.
9-10.  Duos  agiras...  Ces  diverses  offrandes étaient  surajoutées  à  1'«  holocaustum  juge  »  dont il  vient  d'être  parlé.  Elles  n'avaient  pas  été  pres- crites antérieurement;  mais  il  était  juste  que  le jour  du  Seigneur  fûc  honoré  et  fêté  par  des  sa- criûces  spéciaux.
3°  Les  sacrifices  des  néoraénies.  XXVIII,  11-15.
11-15.  Ces  sacrifices  sont  également  prescrits ici  pour  la  première  fois.  —  In  calendis.  Hébi'.: aux  commencements  de  vos  mois.  HadaS ,  la nouvelle  lune,  la  néoménie;  puis  les  mois  lu- naires des  Hébreux.  Les  néoménies  étaient  an- noncées par  les  trompettes  sacrées,  x,  10;  plus tard  elles  paraissent  avoir  été  chômées  (cf.  Am, VIII,  5).
4°  La  fête  de  Pàque  et  les  sacrifices  qui  lui étaient  propres.  XXVIII,  16-25.
16-25.  Meuse...  pr^mo...  Vo^-ez  Ex.  xii;  Lev. XXIII,  4-14.  Les  offrandes  étaient  les  mêmes  que pour  les  néoménies;  seulement  elles  étaient  ré-
NuM.  XXVIII,  19-31.
529
ment  vénérable  et  saint  ;  vous  ne  ferez point  en  ce  jour -là  d'œuvre  servile.
19.  Vous  offrirez  au  Seigneur  en  ho- locauste deux  veaux  du  troupeau,  un bélier,  et  sept  agneaux  d'un  an  qui soient  sans  tache.
20.  Les  offrandes  de  farine  pour  cha- cun seront  de  farine  mêlée  d'huile, trois  dixièmes  pour  chaque  veau,  deux dixièmes  pour  le  béUer,
21.  et  une  dixième  partie  du  dixième pour  chaque  agneau,  c'est-à-dire  pour chacun  des  sept  agneaux,
22.  avec  un  bouc  pour  le  péché,  afin que  vous  en  obteniez  l'expiation  ,
23.  sans  compter  l'holocauste  du  ma- tin, que  vous  offrirez  toujours.
24.  Vous  ferez  chaque  jour  ces  obla- tions  pendant  ces  sept  jours,  pour  en- tretenir le  feu  de  l'aulel  et  l'odeur  très agréable  au  Seigneur  qui  s'élèvera  de l'holocauste,  et  des  oblations  qui  accom- pagneront chaque  victime.
25.  Le  septième  jour  vous  sera  aussi très  célèbre  et  saint  ;  vous  ne  ferez  point en  ce  jour -là  d'œuvre  servile.
26.  Le  jour  des  prémices,  lorsqu'après l'accomplissement  des  sept  semaines, vous  offrirez  au  Seigneur  les  nouveaux grains,  vous  sera  aussi  vénérable  et saint  ;  vous  ne  ferez  aucune  œuvre  ser- vile en  ce  jour-là.
27.  Et  vous  offrirez  au  Seigneur,  en holocauste  d'une  odeur  très  agréable, deux  veaux  du  troupeau,  un  bélier, et  sept  agneaux  d'un  an,  qui  soient  sans tache ,
28.  avec  les  oblations  qui  doivent  les accompagner  dans  le  sacrifice,  savoir  : trois  dixièmes  de  farine  mêlée  d'huile pour  chaque  veau,  deux  pour  les  bé- liers ,
29.  et  la  dixième  partie  d'un  dixième pour  les  agneaux,  c'est-à-dire  pour chacun  des  sept  agneaux.  Vous  offrirez aussi  le  bouc
30.  qui  est  immolé  pour  l'expiation du  2)échè,  outre  l'holocauste  perpétuel accompagné  de  ses  oblations.
31.  Toutes  ces  victimes  que  vous  of- frirez avec  leurs  oblations  seront  sans tache.
sancta  erit  ;  omne  opus  servile  non  f acie- tis  in  ea.
19.  Offeretisque  incensum  holocau- stum  Domino,  vitulos  de  arraento  duos, arietum  unum,  agnos  anniculos  imma- culatos  septem  ;
20.  et  sacrificia  singulorum  ex  simila qu8e  conspersa  sit  oleo,  très  décimas  per singulos  vitulos,  et  duas  décimas  per arietem ,
21.  et  decimam  decimse  per  agnos  sin- gulos, id  est,  per  septem  agnos,
22.  et  hircum  pro  peccato  unum,  ut expietur  pro  vobis,
23.  praster  holocaustum  matutinum quod  semper  oft'eretis.
24.  Ita  facietis  per  singulos  dies  se- ptem dierum  in  fomitem  ignis,  et  in  odo- rem  suavissimum  Domino,  qui  surget  de holocausto,  et  de  libationibus  singulo- rum.
25.  Dies  quoque  septimus  celeberri- mus  et  sanctus  erit  vobis  ;  omne  opus servile  non  facietis  in  eo.
26.  Dies  etiam  primitivorum,  quando offeretis  novas  fruges  Domino,  expletis hebdomadibus,  venerabilis  et  sancta  erit  ; omne  opus  servile  non  facietis  in  ea  ;
27.  offeretisque  holocaustum  in  odo- rem  suavissimum  Domino,  vitulos  de armento  duos,  arietem  unum,  et  agnos anniculos  immaculatos  septem,
28.  atque  in  sacrificiis  eorum,  similae oleo  conspersse  très  décimas  per  singulos vitulos,  per  arietes  duas,
29.  per  agnos  decimam  decimœ,  qui simul  sunt  agni  septem  ;  hircum  quoque
30.  qui  mactatur  pro  expiatione  ;  pras- ter  holocaustum  sempiternum  et  liba ejus.
31.  Immaculata  offeretis  omnia  cum libationibus  suis.
pétées  journellement  pendant  toute  l'octave.  L'a- gneau pascal  est  passé  sous  silence,  pai'ce  qu'il ne  formait  pas  un  sacrifice  ordinaire.
5°  La  Pentecôte  et  ses  sacrifices.  XXVIII, 26-31.
2G~31.  Dies  'primitivorum,  ...  novas  /ruges.
Cf.  Ex.  xxm,  16;  xxxiv,  22;  Lev.  xxm,  15-21. —  Expletis  hebdomadibus  :  les  sept  semaines qui  séparaient  la  Pentecôte  de  la  Pâque,  Vo^ez Lev.  XXIII,  15-16,  et  le  commentaire. —  Vitulos duos,  arietem  unum.  Lors  de  la  première  pro- mulgation de  cette  loi,  Lev.  xxm,  18,  il  avait
530
NuM.  XXIX,  1-10.
CHAPITRE  XXIX
1.  Mensis  etiam  septimi  prima  dies venerabilis  et  sancta  erit  vobis;  omne opus  servile  non  facietis  in  ea,  quia  dies clangoris  est  et  tubarum.
2.  Ofîeretisqiie  holocaustum  in  odorem suavissimum  Domino,  vitulum  de  ar- mento  unum,  arietem  uniim,  et  agnos anniculos  immaculatos  septem  ;
3.  et  in  sacrificiis  eorum,  similse  olco conspersse  très  décimas  per  singulos  vi- tulos ,  duas  décimas  per  arietem ,
4.  unam  decîmam  per  agnum,  qui simul  sunt  agni  septem  ;
5.  et  hircum  pro  peccato,  qui  offertur in  expiationem  populi,
6.  prfEter  holocaustum  calendarum cum  sacrificiis  suis,  et  holocaustum  sem- j»iternum  cum  libationibus  solitis  ;  eis- dem  ceremoniis  oiïeretis  in  odorem  sua- vissimum incensum  Domino.
7.  Décima  quoque  dies  mensis  hujus septimi  erit  vobis  sancta  atque  venera- bilis ,  et  affligetis  animas  vestras  ;  omne opus  servile  non  facietis  in  ea.
8.  OfEeretisque  holocaustum  Domino in  odorem  suavissimum,  vitulum  de armento  unum,  arietem  unum,  agnos anniculos  immaculatos  septem  ;
9.  et  in  sacrificiis  eorum,  similaî  oleo conspersse  très  décimas  per  singalos  vi- tulos,  duas  décimas  per  arietem  ;
10.  decimam  decimge  per  agnos  sin- gulos, qui  sunt  simul  agni  septem;
1.  Le  premier  jour  du  septième  mois vous  sera  aussi  vénérable  et  saint  ;  vous ne  ferez  aucune  œuvre  servile  en  ce jour -là,  parce  que  c'est  le  jour  du  son éclatant  et  du  bruit  des  trompettes.
2.  Vous  offrirez  au  Seigneur  un  holo- causte d'une  odeur  très  agréable,  un veau  du  troupeau,  un  bélier,  et  sept agneaux  d'un  an,  qui  soient  sans  tache-,
3.  avec  les  oblations  qui  doivent  les accompagner  dans  le  sacrifice,  savoir  : trois  dixièmes  de  farine  mêlée  d'huile pour  chaque  veau,  deux  dixièmes  pour le  bélier,
4.  un  dixième  pour  chaque  agneau, c'est-à-dire  pour  chacun  des  sept agneaux,
5.  et  le  bouc  pour  le  péché,  qui  est offert  pour  l'expiation  des  péchés  du peuple,
G.  sans  compter  l'holocauste  des  pre- miers jours  du  mois  avec  ses  oblations, et  l'holocauste  perpétuel  avec  les  of- fi-andes  de  liqueurs  accoutumées,  que vous  offrirez  toujours  avec  les  mêmes cérémonies,  comme  une  odeur  très agréable  qui  se  brûle  devant  le  Sei- gneur.
7.  Le  dixième  jour  de  ce  septième mois  vous  sera  aussi  saint  et  vénérable  ; vous  affligerez  vos  âmes  en  ce  jour- là, et  vous  n'y  ferez  aucune  œuvre  servile.
8.  Vous  offrirez  au  Seigneur,  en  ho- locauste d'une  odeur  très  agréable,  un veau  du  troupeau,  un  bélier,  et  sept agneaux  d'un  an,  qui  soient  sans  tache,
9.  avec  les  oblations  qui  doivent  les accompagner  dans  le  sacrifice,  savoir  : trois  dixièmes  de  farine  mêlée  d'huile pour  chaque  veau,  deux  dixièmes  pour le  bélier,
10.  la  dixième  partie  d'un  dixième pour  chaque  agneau,  c'est-à-dire  pour chacun  des  sept  agneaux,
été  dit  au  contraire  :  un  veau  et  deux  béliers. D'un  côté  ou  de  l'autre  une  faute  s'est  glissée dans  le  texte,  à  moins  que  le  Législateur  n'ait modifié  ses  prescriptions.
G»  La  fête  des  Trompettes.  XXIX,  1-6.
Cfiai'.  XXIX.  —  1-6.  3!evsis  septimi:  le  mois de  l'année  religieuse  des  Hébreux  qui  contenait le  plus  de  fêtes.  Cf.  vers.  7  et  12.  —  Dies  clan- goris et  tubarum.  Voyez  la  note  de  Lcv.  xxiii,
24.  Le  texte  original  ne  fait  pas  une  mention expresse  des  trompettes ,  bien  qu'elles  soient implicitement  comprises  dans  le  mot  t'rii'ah.  — Prœter  holocaustum  calendarum.,.  Cf.  xxviii, 11-15.  La  solennité  des  Trompettes  coïncidait,  en effet,  avec  la  septième  néoménic.
7»  Fête  de  l'Expiation.  XXIX,  7-11.
7-11.  Sur  la  fête  même,  voyez  Lev.  xvi  et  xxrii, 26-32.  Les  sacrilices  ici  prescrits  sont  identiques
NuM.  XXIX,  11-22.
531
11.  avec  le  bouc  pour  le  péché,  outre les  choses  qu'on  a  coutume  d'oll'rir  pour l'expiation  du  délit,  et  sans  compter l'holocauste  perpétuel  avec  ses  oblations de  farine  et  ses  offrandes  de  liqueur.
12.  Au  quinzième  jour  du  septième mois,  qui  vous  sera  saint  et  vénérable, vous  ne  ferez  aucune  œuvre  servile  ; mais  vous  célébrerez  en  l'honneur  du Seigneur  une  fête  solennelle  pendant sept  jours.
13.  Vous  offrirez  au  Seigneur,  en  ho- locauste d'une  odeur  très  agréable, treize  veaux  du  troupeau,  deux  béliers, et  quatorze  agneaux  d'un  an  qui  soient sans  tache;
14.  avec  les  oblations  qui  doivent  les accompagner,  savoir  :  trois  dixièmes  de farine  mêlée  d'huile  pour  chaque  veau, c'est-à-dire  pour  chacun  des  treize veaux;  deux  dixièmes  pour  un  bélier, c'est-à-dire  pour  chacun  des  deux  bé- liers ;
15.  la  dixième  partie  d'un  dixième pour  chaque  agneau,  c'est-à-dire  pour chacun  des  quatorze  agneaux,
16.  et  le  bouc  qui  s  offre  pour  le  pé- ché ,  sans  compter  l'holocauste  perpé- tuel et  ses  oblations  de  farine  et  de  li- queur.
17.  Le  second  jour,  vous  offrirez douze  veaux  du  troupeau,  deux  béliers, quatorze  agneaux  d'un  an,  qui  soient sans  tache.
18.  Vous  y  joindrez  aussi,  selon  qu'il vous  est  prescrit,  les  oblations  de  farine et  de  liqueur  pour  chacun  des  veaux, des  béliers  et  des  agneaux,
19.  avec  le  bouc  pour  le  péché,  sans compter  l'holocauste  perpétuel  et  ses oblations  de  farine  et  de  liqueur.
20.  Le  troisième  jour,  vous  offrirez onze  veaux ,  deux  béliers ,  quatorze agneaux  d'un  an,  qui  soient  sans  tache.
21.  Vous  y  joindrez  aussi,  selon  qu'il vous  est  prescrit,  les  oblations  de  farine et  de  liqueur,  pour  chacun  des  veaux, des  béliers  et  des  agneaux,
22.  avec  le  bouc  pour  le  péché,  sans compter  l'holocauste  perpétuel  et  ses oblations  de  farine  et  de  liqueur.
11.  et  hircum  pro  pcccato,  absque  his quœ  oft'erri  ])ro  delicto  soient  in  expia- tionem,  et  holocaustum  sem])iternum, cum  sacriticio  et  libaminibus  eorum.
12.  Quintadecima  vero  die  mcnsis  se- ptimi,  quœ  vobis  sancta  erit  atque  vene- rabilis,  omne  opus  servile  non  facietis in  ea,  sed  celebrabitis  solemnitatem  Do- mino se])tem  diebus.
13.  Offeretisque  holocaustum  in  odo- rem  suavissimum  Domino,  vitulos  de  ar- mento  tredecim,  arietes  duos,  agnos  an- niculos  immaculatos  quatuordecim  ;
14.  et  in  libamentis  eorum,  similse oleo  conspersfB  très  décimas  per  vitulos singulos ,  qui  sunt  simul  vituli  tredecim  ; et  duas  décimas  arieti  uno,  id  est,  simul arietibus  duobus  ;
15.  et  decimam  decimse  agnis  singulis, qui  sunt  simul  agni  quatuordecim  ;
16.  et  hircum  pro  peccato,  absque  ho- locausto  sempiterno,  et  sacrificio,  et  liba- mine  ejus.
17.  In  die  altero  offeretis  vitulos  de armento  duodecim ,  arietes  duos,  agnos anniculos  immaculatos  quatuordecim  ;
18.  sacrificiaque  et  libamina  singulo- rum  per  vitulos  et  arietes  et  agnos  rite celebrabitis ,
19.  et  hircum  pro  peccato,  absque holocausto  sempiterno,  sacrilicioque  et libamine  ejus.
20.  Die  tertio  offeretis  vitulos  unde- cim,  arietes  duos,  agnos  anniculos  im- maculatos quatuordecim  ;
21.  sacrificiaque  et  libamina  singulo- rum  per  vitulos  et  arietes  et  agnos  rite celebrabitis ,
22.  et  hircum  pro  peccato,  absque holocausto  sempiterno,  sacrilicioque  et libamine  ejus.
à  ceux  de  la  fête  des  Trompettes.  —  AfflAgetis animas.  Probablement  par  le  jeûne  (note  de  Lev. XVI,  19).
8«  Fête  des  Tabernacles.  XXIX,  12-38.
12-34.  Sacrifices  des  sept  premiers  jours,— Sancta...  alque  venerabilis.  Voyez  Lev.  xxiii, 33-36,  39-43.  —  Offeretis...  Cette  solennité,  aux
rites  si  joyeux,  était  en  outre  caractérisée  par ses  sacrifices  multiples  :  sept  boucs,  quatorze béliers,  quatre-vingt-dix-huit  agneaux,  soixante- dix  taureaux  !  Ces  derniers  étaient  immolés  d'après un  nombre  qui  allait  en  décroissant,  du  premier au  septième  jour,  de  treize  à,  sept  (  le  chiffre  de la  perfection,  pour  terminer).
25*
532
NuM.  XXIX,  23-39.
23.  Die  quarto  ofïeretis  vitulos  decem, arietes  duos,  agnos  anniculos  immacu- latos  quatuordecim  ;
24.  sacrificiaque  et  libamina  singulo- rum  per  vitulos  et  arietes  et  agnos  rite celebrabitis ,
25.  et  hircum  pro  peccato,  absque holocausto  sempiterno,  sacrificioque  ejus et  libamine.
26.  Die  quinto  offeretis  vitulos  novem, arietes  duos ,  agnos  anniculos  immacula- tos  quatuordecim  ;
27.  sacrificiaque  et  libamina  singulo- rum  per  vitulos  et  arietes  et  agnos  rite celebrabitis ,
28.  et  hircum  pro  peccato,  absque  ho- locausto sempiterno,  sacrificioque  ejus  et libamine.
29.  Die  sexto  ofïeretis  vitulos  octo, arietes  duos ,  agnos  anniculos  immacu- latos  quatuordecim  ;
3G.  sacrificiaque  et  libamina  singulo- rum  per  vitulos  et  arietes  et  agnos  rite celebrabitis ,
31.  et  hircum  j)ro  peccato,  absque holocausto  sempiterno,  sacrificioque  ejus et  libamine.
32.  Die  septimo  ofïeretis  vitulos  se- ptem,  et  arietes  duos,  agnos  anniculos immaculatos  quatuordecim  ;
33.  sacrificiaque  et  libamina  singulo- rum  per  vitulos  et  arietes  et  agnos  rite celebrabitis ,
34.  et  hircum  pro  peccato,  absque holocausto  sempiterno,  sacrificioque  ejus et  libamine.
35.  Die  octavo,  qui  est  celeberrimus , omne  opus  servile  non  facietis,
36.  ofïerentes  holocaustum  in  odorem suavissimum  Domino,  vitulum  unum, arietem  unum,  agnos  anniculos  imma- culatos septem  ;
37.  sacrificiaque  et  libamina  singulo- rum  per  vitulos  et  arietes  et  agnos  rite celebrabitis ,
38.  et  hircum  pro  peccato,  absque holocausto  sempiterno,  sacrificioque  ejus et  libamine.
39.  Haec  ofïeretis  Domino  in  solemni-
23.  Le  quatrième  jour,  vous  ofîrirez dix  veaux ,  deux  béliers  et  quatorze agneaux  d'un  an,  qui  soient  sans  tache.
24.  Vous  y  joindrez  aussi,  selon  qu'il vous  est  prescrit ,  les  oblations  de  farine et  de  liqueur  pour  chacun  des  veaux, des  béliers  et  des  agneaux,
25.  et  le  bouc  pour  le  péché,  sans compter  l'holocauste  perpétuel  et  ses oblations  de  farine  et  de  liqueur.
26.  Le  cinquième  jour,  vous  offrirez neuf  veaux,  deux  béliers  et  quatorze agneaux  d'un  an  qui  soient  sans  tache.
27.  Vous  y  joindrez  aussi,  selon  qu'il vous  est  prescrit ,  les  oblations  de  farine et  de  liqueur  pour  chacun  des  veaux, des  béliers  et  des  agneaux,
28.  et  le  bouc  pour  le  péché,  sans compter  l'holocauste  perpétuel  et  ses oblations  de  farine  et  de  liqueur.
29.  Le  sixième  jour,  vous  offrirez  huit veaux,  deux  béliers  et  quatorze  agneaux d'un  an ,  qui  soient  sans  tache.
30.  Vous  y  joindrez  aussi,  selon  qu'il vous  est  prescrit,  les  oblations  de  farine et  de  liqueur  pour  chacun  des  veaux, des  béliers  et  des  agneaux,
3L  et  le  bouc  pour  le  péché,  sans compter  l'holocauste  perpétuel  et  ses oblations  de  farine  et  de  liqueur.
32.  Le  septième  jour,  vous  offrirez sept  veaux,  deux  béliers  et  quatorze agneaux  d'un  an,  qui  soient  sans  tache.
33.,  Vous  y  joindrez  aussi,  selon  qu'il vous  est  prescrit,  les  oblations  de  farine et  de  liqueur  pour  chacun  des  veaux, des  béliers  et  des  agneaux,
34.  et  le  bouc  pour  le  péché,  sans compter  l'holocauste  perpétuel  et  ses oblations  de  farine  et  de  liqueur.
35.  Le  huitième  jour,  qui  sera  le  plus célèbre,  vous  ne  ferez  aucune  œuvre servile,
36.  et  vous  ofîrirez  au  Seigneur,  en holocauste  d'une  odeur  très  agréable, un  veau ,  un  bélier  et  sept  agneaux d'un  an,  qui  soient  sans  tache.
37.  Vous  y  joindrez  aussi,  selon  qu'il vous  est  prescrit,  les  oblations  de  farine et  de  liqueur  pour  chacun  des  veaux, des  béliers  et  des  agneaux,
38.  et  le  bouc  pour  le  péché,  sans compter  l'holocauste  perpétuel  et  ses oblations  de  farine  et  de  liqueur.
39.  Voilà  ce  que  vous  offrirez  au  Sei-
35-38.  Sacrifices  du  huitième  jour.  —  Qui  est celeberrimus.  Sur  le  mot  hébreu  'at^eret,  voyez la  note  de  Lev.  xxiii,  3C.
&o  Conclusion  de  ce  qui  regarde  les  sacrifices prescrits  aux  jours  de  fête.  XXIX,  39.
39.  Prceter  voia.,.  Les  offrandes  sanglan tes  et
NuM.  XXX,  1-7.
533
gncnr  dans  vos  fêtes  solennelles  ;  sans compter  les  holocaustes,  les  oblatious  de farine  et  de  liqueur  et  les  hosties  paci- fiques que  vous  offrirez  à  Dieu,  soit pour  vous  acquitter  de  vos  vœux,  soit volontairement.
tatibus  vestris,  prseter  vota  et  oblationes spontaneas  in  holocausto,  in  sacrilicio, in  libaminc,  et  in  hostiis  pacilicis.
CHAPITRE  XXX
1.  Moïse  rapporta  aux  enfants  d'Is- raël tout  ce  que  le  Seigneur  lui  avait commandé  ;
2.  et  il  dit  aux  princes  des  tribus  des enfants  d'Israël  :  Voici  ce  que  le  Sei- gneur a  ordonné  :
3.  Si  un  homme  a  fait  un  vœu  au Seigneur,  ou  s'est  lié  par  un  serment,  il ne  manquera  point  à  sa  parole,  mais  il accomplira  tout  ce  qu'il  aura  promis.
4.  Lorsqu'une  femme  aura  fait  un vœu,  et  se  sera  liée  par  un  serment,  si c'est  une  jeune  fille  qui  soit  encore  dans la  maison  de  son  père,  et  que  le  père, ayant  connu  le  vœu  qu'elle  a  fait  et  le serment  par  lequel  elle  a  lié  son  âme, n'en  ait  rien  dit,  elle  sera  tenue  à  son vœu  ;
5.  et  elle  accomplira  effectivement tout  ce  qu'elle  aura  promis  et  juré.
6.  jMais  si  le  père  s'est  opposé  à  son vœu  aussitôt  qu'il  lui  a  été  connu,  ses vœux  et  ses  serments  seront  nuls,  et  elle ne  sera  point  obligée  à  ce  qu'elle  aura promis,  parce  que  le  père  s'y  est  opposé.
7.  Si  c'est  une  femme  mariée  qui  ait fait  un  vœu,  et  si  la  parole,  étant  une fois  sortie  de  sa  bouche,  a  obligé  son âme  par  serment,
1.  Narra vitque  Moyses  filiis  Israël  om- nia  qu9e  ei  Dominus  imperarat  ;
2.  et  locutus  est  ad  principes  tribuum filiorum  Israël  :  Iste  est  sermo  quem prœcepit  Dominus  :
3.  Si  quis  virorum  votum  Domino voverit,  aut  se  constrinxerit  juramento, non  faciet  irritum  verbum  suum,  sed omne  quod  promisit  implebit.
4.  Mulier  si  quippiam  voverit,  et  se constrinxerit  juramento,  quse  est  in  domo patris  sui,  et  in  tetate  adhuc  puellari ,  si cognoverit  pater  votum  quod  poUicita est,  et  juramentum  quo  obligavit  animam suam,  et  tacuerit,  voti  rea  erit;
5.  quidquid  pollicita  est  et  juravit, opère  complebit.
6.  Sin  autem,  statim  ut  audierit,  con- tra dixerit  pater,  et  vota  et  juramenta ejus  irrita  erunt,  nec  obnoxia  tenebitur sponsioni,  eo  quod  contradixerit  pater.
7.  Si  maritum  habuerit,  et  voverit  ali- quid,  et  semel  de  ore  ejus  verbum  egre- diens  animam  ejus  obligaverit  juramento.
non  sanglantes  dont  nous  venons  de  parcourir la  nomenclature  étaient  rigoureusement  et  offi- ciellement commandées;  mais  elles  ne  devaient pas  empêcher  les  oblationes  spontaneas  des  fi- dèles, ni  leurs  vœux,  dont  il  va  être  plus  lon- guement question  au  chap.  xxx.  —  In  sacri- ficio.  Hébi".  ;  la  minhah,  ou  sacrifice  non  san- glant.
10»  Quelques  règles  touchant  les  vœux.  XXX, 1-17.
Complément  de  Lev.  xxvii,  1-25.  Voyez  le  traité Kedârim  du  Talmud.
Ohap.  XXX.  —  1-2.  Transition  et  Introduction. —  Xarravit...  qiice...  imperarat:  tous  les  détails exposés  aux  cliap.  xxviii  et  xxix.  —  Et  locutus est...:  pour  promulguer  les  conditions  ci -jointes des  Tooux.  —  Ad  principes...  Ceux-ci  devaient transmettre  les  volontés  divines  à  leurs  admi- nistrés.
3.  Les  vœux  des  hommes.  —  On  les  suppose de  deux  sortes  •  le  oïéder  (votum  voverit),  ou  vœu positif ,  par  lequel  on  promettait  d'accomplir  un acte;  Y'issar  (la  Vulgate,  inexactement:  se  con- strinxerit juramento) ,  ou  vœu  négatif,  par  le- quel on  s'engageait  à  s'abstenir  de  telle  ou  telle chose. —  Non  faciet  irritum,  sed...  C'est  la  i-ègle générale  :  ne  pas  manquer  de  parole  à  Dieu,  car ce  serait  un  sacrilège.  Cf.  Eccl.  v,  2-5.
4-17.  Les  vœux  des  femmes  sont  traités  assez longuement.  Le  plus  souvent  ils  engagent  im tiers,  dont  le  Seigneur  ménage  les  droits  d'une façon  toute  délicate.  —  Quatre  hypothèses  sont faites  successivement.  1°  Le  vœu  d'une  jeune  fille qui  vit  dans  la  maison  de  son  père,  vers.  4-G  : ou  le  père  donne  son  approbation,  soit  formelle, soit  tacite,  et  alors  la  promesse  est  valide;  ou il  refuse  son  consentement  dès  qu'il  a  connais- sance du  vœu,  auquel  cas  vota...  irrita  erant.
NuM.  XXX,  8-17.
8.  quo  die  audierit  vir,  et  non  contra- dixerit,  voti  rea  erit,  reddetque  quod- cumque  promiserat.
9.  Sin  antem  andiens  statim  contra- dixerit,  et  irritas  fecerit  pollicitationes ejiis,  verbaque  quibus  obstrinxerat  ani- mam  suam,propitiiis  erit  ei  Dominus.
lO.Vidiia  et  repudiata  quidquid  vove- rint,  reddent.
11.  Uxor  in  domo  viri  ciim  se  voto constrinxerit  et  juraraento,
12.  si  audierit  vir,  et  tacuerit,  nec contradixerit  sponsioni,reddet  qiiodcum- qiie  promiserat.
13.  Sin  autem  extemplo  contradixerit, non  tenebitur  promissionis  rea,  quia maritus  contradixit,  et  Dominus  ei  pro- pitius  erit.
14.  Si  voverit,  et  juramento  se  con- strinxerit, ut  per  jejunium,  vel  cetera- rum  rerum  abstinentiam,  affligat  animam suam,  in  arbitrio  viri  erit  ut  faciat,  sive non  faciat.
15.  Quod  si  audiens  vir  tacuerit,  et  in alteram  diem  distulerit  sententiam,  quid- quid voverat  atque  promiserat,  reddet, quia  statim  ut  audivit,  tacuit.
16.  Sin  autem  contradixerit  post- quam  rescivit,  portabit  ipse  iniquitatem ejus.
17.  Istae  sunt  leges,  quas  constituit Dominus  Moysi,  inter  virum  et  uxorem, inter  patrem  et  filiam,  quse  in  puellari adhuc  aetate  est,  vel  quse  manet  in  pa- rentis  domo.
8.  et  que  son  mari  ne  l'ait  point  dé- savouée le  jour  même  qu'il  l'a  su,  elle sera  obligée  à  son  vœu,  et  elle  accom- plii'a  tout  ce  qu'elle  aura  promis.
9.  Que  si  son  mari  l'ayant  su  la  dé- savoue aussitôt,  et  rend  vaines  ses  pro- messes et  les  paroles  par  lesquelles  elle aura  lié  son  âme,  le  Seigneur  lui  par- donnera.
10.  La  femme  veuve  et  la  femme  ré- ])udiée  accompliront  tous  les  vœux qu'elles  auront  faits.
11.  Si  une  femme  étant  dans  la  mai- son de  son  mari  s'est  liée  par  un  vœu  et par  un  serment,
12.  et  que  le  mari  l'ayant  su  n'en  dise mot  et  ne  désavoue  point  la  promesse qu'elle  aura  faite,  elle  accomplira  tout ce  qu'elle  avait  promis.
13.  Mais  si  le  mari  la  désavoue  aus- sitôt, elle  ne  sera  point  tenue  à  sa  pro- messe ,  parce  que  son  mari  l'a  désavouée, et  le  Seigneur  lui  pardonnera.
14.  Si  elle  a  fait  un  vœ.u,  et  si  elle s'est  obligée  par  serment  d'affliger  son âme  ou  par  le  jeûne  ou  par  d'autres sortes  d'abstinences,  il  dépendra  de  la volonté  de  son  mari  qu'elle  le  fasse  ou qu'elle  ne  le  fasse  pas.
15.  Que  si  son  mari  l'ayant  su  n'en a  rien  dit,  et  a  différé  au  lendemain  à en  dire  son  sentiment,  elle  accomplira tous  les  vœux  et  toutes  les  promesses qu'elle  avait  faites,  parce  que  le  mari n'en  a  rien  dit  aussitôt  qu'il  l'a  appris.
16.  Que  si,  aussitôt  qu'il  a  connu  le vœu  de  sa  femme,  il  l'a  désavouée,  il sera  lui  seul  chargé  de  toute  sa  faute.
17.  Ce  sont  là  les  lois  que  le  Seigneur a  données  à  Moïse  pour  qu'elles  fussent observées  entre  le  mari  et  la  femme, entre  le  père  et  la  fille  qui  est  encore toute  jeune,  ou  qui  demeure  dans  la maison  de  son  père.
—  2»  Le  cas  d'une  jeune  flUe  qui  n'est  pas  en- core mariée  au  moment  où  elle  formule  son  vœu , mais  qui  se  marie  avant  de  l'avoir  accompli, vers.  7-9  :  môme  distinction  que  pour  la  première hypothèse;  le  mari  peut  valider  ou  annuler  le vœu  h  son  gré,  —  3o  Le  vœu  d'une  femme  veuve ou  divorcée,  vers.  10  :  cette  fois,  reddet,  la  per-
sonne qui  fait  le  vœu  jouissant  de  sa  pleine liberté.  —  A°  Le  cas  d'une  femme  contractant  un vœu  après  son  mariage,  vers.  11-16  :  l'exécution de  la  promesse  dépend  entièrement  du  mari,  à condition  qu'il  exprime  sa  décision  aussitôt  qu'il connaîtra  le  vœu.  —  Au  vers.  17,  conclusion  de  ce qui  regarde  les  yœux  des  femmes.
NuM.  XXXI,  1-11.
535
CHAPITRE  XXXI
1.  Le  Seigneur  parla  ensuite  à  IMoïse,   | et  lui  dit  :
2.  Vengez  d'abord  les  enfants  d'Israël des  Madianites ,  et  après  cela  vous  serez réuni  ;\  votre  peuple.
3.  Aussitôt  Moïse  dit  au  peuple  :  Faites prendre  les  armes  à  quelques-uns  d'entre vous,  et  préparez -les  au  combat,  afin qu'ils  puissent  exécuter  la  vengeance que  le  Seigneur  veut  tirer  des  Madia- nites.
4.  Choisissez  mille  hommes  de  chaque tribu  d'Israël  pour  les  envoyer  à  la guerre.
5.  Ils  donnèrent  donc  mille  soldats  de chaque  tribu,  c'est-à-dire  douze  mille hommes  prêts  à  combattre,
6.  qui  furent  envoyés  par  Moïse  avec Phinées,  tils  du  girind-Tprètre  Elcazar, auquel  il  donna  encore  les  vases  saints, et  les  trompettes  pour  en  sonner.
7.  Ils  combattirent  donc  contre  les Mar'anites;  et,  les  ayant  vaincus,  ils passèrent  tous  les  mâles  au^fil  de  l'épée,
8.  et  tuèrent  leurs  rois  Evi,  Rôcem, Sur,  Hur  et  Rébé,  cinq  princes  de  la nation ,  avec  Balaam ,  fils  de  Béor  ;
9.  et  ils  prirent  leurs  femmes,  leurs petits  enfants,  tous  leurs  troupeaux  et tous  leurs  biens.  Ils  pillèrent  tout  ce qu'ils  avaient.
10.  Ils  pillèrent  toutes  leurs  villes, tous  leurs  villages  et  tous  leurs  postes fortifiés.
11.  Et  ayant  emmené    leur  butin  et
1.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moy- seu,  diccns  :
2.  Ulciscere  prius  filios  Israël  de  Ma- dianitis,  et  sic  colligeris  ad  populum tuum.
3.  Statimque  Moj^ses  :  Armate,  inquit, ex  vobis  viros  ad  pugnam,  qui  possint ultionem  Domini  expetere  de  Madianitis.
4.  Mille  viri  de  singulis  tribubus  eîi- gantur  ex  Israël  qui  mittantur  ad  hél- ium.
5.  Dederuntque  millenos  de  singulis tribubus,  id  est,  duodecim  millia  expe- ditorura  ad  pugnam,
6.  quoG  misit  Moyses  cum  Phinees, filio  Eleazari  sacerdotis,  vasa  quoque sancta,  et  tubas  ad  clangendum  tradidit ei.
7.  Cumque  pugnassent  contra  Madia- nitas  atque  vicissent,  omnes  mares  occi- derunt ,
8.  et  reges  eorum,  Evi,  et  Recem,  et Sur,  et  Hur,  et  Rebe,  quinque  principes gentis  ;  Balaam  quoque,  filium  Beor,inter- fecerunt  gladio  ;
9.  ceperuntque  mulieres  eorum,  et parvulos,  omniaque  pecora,  et  cunctam supellectilem;  quidquid  habere  potue- rant  depopulati  sunt;
10.  tam  urbes  quam  viculos  et  castella llamma  consumpsit  ;
11.  et  tulerunt  prœdam,  et  uni  versa
Section  III.  —  Les  Hébreux  achèvent  leur
.  INSTALLATION  A  l'eST  DU  JOURDAIN  ET  LES l'RÉPARATIFS  POUR  LA  CONQUÊTE  DE  ChANAAN. XXXI,  1  —  XXXVI,  13.
§  I.  —  Jéhovah  se  venge  des  Madianites. XXXI,  1-54.
\<>  Défaite  des  Madianites,  XXXI,  1-12.
Chap.  XXXI.  —  1-2.  Le  Seigneur  prescrit  à Moïse  d'attaquer  les  Madianites.  —  Ulciscere...  Le 'aoment  est  venu  d'exécuter  la  sentence  lancée ()récédeminent  (xxv,  16-18)  contre  ce  peuple,  qui «ivait  voulu  ruiner  les  corps  et  les  âmes  dans  la "lation  théocratique.  —  Prius  :  avant  de  mourir, comme  le  dit  la  fin  du  vers.  2,  et  sic  colligeris...
3-6.  Les  préparatifs  de  l'attaque,  soit  au  point de  vue  militaire  (3-5),  soit  sous  le  rapport  reli- gieux (6),  puisque  c'est  une  guerre  sainte  qu'on
allait  entreprendre.  —  Duodecim  millia...  C'était bien  peu ,  surtout  contre  un  peuple  si  valeureux et  si  fort  que  Madian  ;  Dieu  voulait  montrer  par là  qu'il  se  chargeait  lui  -  même  de  venger  son honneur  lésé.  —  Cum  Phinees.  Grand  privilège pour  ce  saint  prêtre ,  qui  avait  manifesté  tant  de zèle  contre  les  Madianites  corrupteurs  d'Israël, XXV,  6-5,  —  Tubas,  les  trompettes  sacrées  (x,  9). D'après  l'hébreu ,  qui  omet  la  conjonction  et,  elles ne  différaient  pas  des  vasa  sancta  (  a  les  vases saints ,  les  trompettes  »  ;  simple  apposition). 7-12.  La  victoire  d'Israël,  complète  et  terrible.
—  Omnes  viares...  Pas  tous  absolument,  d'après le  vers,  17;  du  moins,  les  combattants  qui  tom- bèrent vivants  entre  les  mains  des  vainqueurs.
—  Reges  eorum  :  des  cheiks  supérieurs,  ou  chefs de  tribus.  —  Balaam,  quoque...  Fin  misérable, mais  méritée.  Cf.  vers.  16.  —  Cantella.  Hcbr.  :
536
NuM.  XXXI,  12-22.
qure  ceperant,  tam  ex  hominibus  quam ex  jumentis,
12.  et  adduxerunt  ad  Moysen,  et  Elea- zarum  sacerdotem,  et  ad  omnem  multi- tiidinem  lîliorum  Israël  ;  reliqua  autem utensilia  portaverunt  ad  castra  in  cam- pestribus  Moab  juxta  Jordanem  contra Jéricho,
13.  Egressi  sunt  autem  Moyses  et  Elea- zar  sacerdos,  et  omnes  principes  syna- gogcB,  in  occursiim  eorum  extra  castra.
14.  Iratusque  Moyses  principibiis  exer- citus,  tribunis,  et  centurionibus  qui  vé- nérant de  bello ,
15.  ait  :  Cur  feminas  reservastis?
16.  Nonne  istœ  sunt ,  quse  deceperunt filios  Israël  ad  suggestionem  Balaam,  et prœvaricari  vos  f ecerunt  in  Domino  super peccato  Phogor,  unde  et  percussus  est populus  ?
17.  Ergo  cunctos  interfîcite  quidquid est  generis  masculini ,  etiam  in  parvulis  ; et  mulieres,  quse  noverunt  virosin  coitu, jugulate  ;
18.  puellas  autem  et  omnes  feminas virgines  reservate  vobis  ;
19.  et  manete  extra  castra  septem  die- bus.  Qui  occiderit  hominem,  vel  occi- sum  tetigerit,  lustrabitur  die  tertio  et  se- ptimo.
20.  Et  de  omni  prseda,  sive  vestimen- tum  fuerit,  sive  A^as,  et  aliquid  in  uten- silia prœparatum,  de  caprarum  pellibus, et  pilis,  et  ligno,  expiabitur,
21.  Eleazar  quoque  sacerdos,  ad  viros exercitus  qui  pugnaverant,  sic  locutus est  :  Hoc  est  prœceptum  legis,  quod mandavit  Dominus  Moysi.
22.  Aurum,  et  argentum,  et  aes,  et  fer- rum,  et  plumbnm,  et  stannum,
tout    ce   qu'ils    avaient    pris,    tant   les hommes  que  les  animaux ,
12.  ils  les  présentèrent  à  Moïse,  au grcmd -Tpi'ètve  Eléazar  et  à  toute  la  mul- titude des  enfants  d'Israël ,  et  ils  por- tèrent au  camp,  dans  la  plaine  de  Moab, le  long  du  Jourdain,  vis-à-vis  de  Jéri- cho, tout  le  reste  de  ce  qu'ils  avaient pris  qui  pouvait  servir  à  quelque  usage.
13.  Moïse,  le  grand-ipi-ëtvQ  Eléazar,  et tous  les  princes  de  la  synagogue  sor- tirent donc  au-devant  d'eux  hors  du camp.
14.  Et  Moïse  s'irrita  contre  les  princi- paux officiers  de  l'armée,  contre  les  tri- buns et  les  centurions  qui  venaient  du combat,
15.  et  il  leur  dit  :  Pourquoi  avez- vous sauvé  les  femmes  ?
16.  Ne  sont -ce  pas  elles  qui  ont  sé- duit les  enfants  d'Israël,  selon  le  con- seil de  Balaam,  et  qui  vous  ont  fait  violer la  loi  du  Seigneur  par  le  péché  commis à  Phogor,  qui  attira  la  plaie  dont  le peuple  fut  frappé?
17.  Tuez  donc  tous  les  mâles,  d'entre les  enfants  même,  et  faites  mourir  les femmes  dont  les  hommes  se  sont  appro- chés ;
18.  mais  réservez  pour  vous  toutes  les jeunes  filles  et  toutes  les  autres  qui  sont vierges ,
19.  et  demeurez  sept  jours  hors   du camp.  Celui  qui  aura  tué  un  homme,  ou qui  aura  touché  à  un  homme  qu'on  aura tué,  se  purifiera  le  troisième  et  le  sep tième  jour.
20.  Vous  purifierez  aussi  tout  le  bu- tin, les  vêtements,  les  vases,  et  tout  ce qui  peut  être  à  quelque  usage,  soit  qu'il soit  fait  de  peaux,  ou  de  poils  de  chèvre, ou  de  bois.
21.  Le  <7ra/2fZ -prêtre  Eléazar  parla aussi  en  ces  termes  aux  gens  de  l'armée qui  avaient  combattu  :  Voici  ce  qu'or- donne la  loi  que  le  Seigneur  a  donnée  à MoÏKe.
22.  Que  l'or,  l'argent,  l'airain,  le  fer, le  plomb  et  Fêtai n,
tirât,  sortes  de  douars  à  la  façon  nomade.  —  Acl- duxerunt  ad  Moysen  (vers.  12)  :  pour  qu'il  dé- cidât du  sort  des  prisonniers  et  des  troupeaux, vers.  13  et  ss.
2°  Le  sort  dos  captifs;  purification  des  com- battants et  du  butin.  XXXI,  13-24.
13-18.  Moïse  règle  le  sort  des  captifs.  —  Cur feminas...?  Les  chefs  de  rcxpédition  n'auraicnt- îls  pas  dû  coniprendi-e  d'eux-mêmes  qu'ayant été    la   Ciiuse   de   la   récente   apostasie  d'Israël
(xxv,  1  et  ss.),  elles  ne  pouvaient  pas  être  épar- gnées? —  Puellas  servaic.  Bientôt  après,  Dcut. XXI,  10-14,  et  probablement  à  cette  occasion, une  loi  spéciale  fut  promulguée  pour  réglemen- ter les  mariages  entre  les  Israélites  et  les  captives de  ce  genre.
10-20.  Moïse  ordonne  une  lustration  générale des  combattants  (19)  et  du  butin  (20).
21-24.  Détails  complémentaires  sur  la  lustration du  butin.  —  Eleazar  quoque...  Ce  fut  lui  qui  dé-
NuM.  XXXI,  23-3G.
537
23.  et  tout  ce  qui  peut  passer  par  les flammes,  soit  purifié  par  le  feu;  et  que tout  ce  qui  ne  peut  souffrir  le  feu  soit sanctifié  par  l'eau  d'expiation.
24.  Vous  laverez  vos  vêtements  le septième  jour,  et,  après  avoir  été  puri- fiés, vous  rentrerez  dans  le  camp.
25.  Le  Seigneur  dit  aussi  ii  Moïse  : 26-  Faites  un  dénombrement  de  tout
ce  qui  a  été  pris,  depuis  les  hommes jusqu'aux  bêtes,  vous,  le  ^?*«?zc?- prêtre Elcazar  et  les  princes  du  peuple  ;
27.  et  partagez  le  butin  également entre  ceux  qui  ont  combattu,  et  qui  ont été  à  la  guerre,  et  tout  le  reste  du peuple.
28.  Vous  séparerez  aussi  la  part  du Seigneur,  prise  sur  le  butin  de  ceux  qui ont  combattu  et  qui  ont  été  à  la  guerre. De  cinq  cents  hommes,  ou  bœufs,  ou ânes,  ou  brebis,  vous  en  prendrez  un,
29.  que  vous  donnerez  au  (jrrancZ-prêtre Éléazar,  parce  que  ce  sont  les  prémices du  Seigneur.
30.  Quant  à  l'autre  moitié  du  butin, qui  appartiendra  aux  enfants  d'Israël, de  cinquante  hommes,  ou  bœufs,  ou ânes ,  ou  brebis ,  ou  autres  animaux , quels  qu'ils  soient,  vous  en  prendrez  un que  vous  donnerez  aux  lévites  qui  veillent à  la  garde  et  aux  fonctions  du  taber- nacle du  Seigneur,
31.  Moïse  et  Éléazar  firent  donc  ce que  le  Seigneur  avait  ordonné.
32.  Et  on  trouva  que  le  butin  que l'armée  avait  pris  était  de  six  cent soixante- quinze  mille  brebis,
33.  de  soixante -douze  mille  bœufs,
34.  de  soixante  et  un  mille  ânes,
35.  et  de  trente -deux  mille  personnes du  sexe  féminin,  qui  étaient  demeurées vierges.
36.  La  moitié  fut  donnée  à  ceux  qui
23.  et  omne  quod  potest  transire  per flammas,  igné  purgabitur;  quidquid  au- tem  ignem  non  potest  sustinere,  aqua expiationis  sanctificabitur.
24.  Et  lavabitis  vestimenta  vestra  die septimo  ;  et  purificati  postea  castra  intra- bitis.
25.  Dixit  quoque  Dominus  ad  Moysen  :
26.  Tollite  summam  eorum  quse  capta sunt,  ab  homine  usque  ad  pecus,  tu  et Eléazar  sacerdos ,  et  principes  vulgi  ;
27.  dividesqueex  aequo  prsedam,  inter eos  qui  pugnaverunt  egressique  sunt  ad bellum,  et  inter  omnem  reliquam  mul- titudinem.
28.  Et  separabis  partem  Domino  ab his  qui  pugnaverunt  et  fuerunt  in  bello, unam  animam  de  quingentis,  tam  ex hominibus  quam  ex  bobus  et  asinis  et ovibus,
29.  et  dabis  eam  Eleazaro  sacerdoti, quia  primitiae  Domini  sunt.
30.  Ex  média  quoque  parte  filiorum Israël  accipies  quinquagesimum  caput hominum,  et  boum,  et  asinorum,  et ovium,  cunctorum  animantium,  et  dabis ea  levitis,  qui  excubant  in  custodiis  ta- bernaculi  Domini.
31.  Feceruntque  Mo3^ses  et  Eléazar, sicut  prœceperat  Dominus.
32.  Fuit  autem  prseda,  quam  exercitus ceperat,  ovium  sexcenta  septuaginta  quin- que  millia,
33.  boum  septuaginta  duo  millia,
34.  asinorum  sexaginta  millia  et  mille  ;
35.  animée  hominum  sexus  feminei, quse  non  cognoverant  viros,  triginta  duo millia.
36.  Dataque  est  média  pars  his  qui  in
termina,  en  sa  qualité  de  grand  prêtre,  les  rites spéciaux  à  emploj'er  :  le  feu  et  l'eau,  selon  la nature  des  objets  h  purifier.
30  Partage  du  butin.  XXXI,  25-47.
'.i5-30.  Dieu  fixe  lui-même  les  conditions  du j)artage.  —  l'olhte  summam.  L'inventaire,  afin de  faciliter  la  répartition.  —  Divides...  Deux  parts égales  (ex  aquo  n'est  pourtant  pas  dans  le  texte), dont  l'une  appartiendra  aux  membres  de  l'expé- dition, l'autre  au  reste  du  peuple.  Il  était  juste que  ceux  qui  avaient  supporté  les  fatigues  et  les dangers  de  la  lutte  eussent  une  part  plus  consi- dérable ;  d'un  autre  côté,  Jéhovah,  qui  avait remporté  personnellement  la  victoire  (cf.  vers.  43), veut  que  tous  ses  guerriers  sans  exception  par- ticipent aux  dépouilles.  Cf.  Jos.  xxii,  8.  —  Se-
parabis... Sur  la  première  moitié,  on  prélèvera la  part  du  Seigneur,  dont  il  fait  présent  à  ses lirêti'es  (daMs  Eleazaro...)  :  unair>...  de  quin- gentis, par  conséquent  la  500e  jiartie  ;  c.-à-d., d'après  les  cliiffrcs  cités  au.x  vers.  32-S5,  32  jeunes captives,  675  brebis,  72  bœufs,  Gl  ânes.  —  Ex... parte  filiorum...  Sur  cette  seconde  moitié  du butin,  on  prélèvera  la  part  des  Lévites,  plus considérable  parce  qu'ils  étaient  beaucoup  plus nombreux  que  les  prêtres  :  en  tout,  le  2  p.  100 (quinquagesimum...)  ',  c.-à-d.,  d'après  les  chiffres des  vers,  43-46,  320  captives,  G  750  brebis, 720  bœufs,  610  ânesses.
31  -  47.  Le  partage  est  effectué  conformément aux  ordres  du  Seigneur.
538
NuM.  XXXI,  37-51.
prœlio  f uerant ,  ovium  trecenta  triginta septem  millia  quingentœ ,
37.  e  quibus  in  partem  Domini  sup putatcT  simt  oves  sexcentse  septiiaginta quinque  ;
38.  et  de  bobus  triginta  sex  millibus, boves'  septiiaginta  et  duo  ;
39.  de  asinis  triginta  millibus  quin- gentis,  asini  sexaginta  unus;
40.  de  animabus  liominum  sedecim millibus,  cesserunt  in  partem  Domini triginta  duœ  animse.
41.  Tradiditque  iloyses  numerum  pri- mitiarum  Domini  Eleazaro  sacerdoti, sicut  fuerat  ei  impeiatum,
42.  ex  média  parte  filiorum  Israël, quam  separaverat  his  qui  in  prselio  f  ue- rant.
43.  De  média  vero  parte  quse  contige- rat  reliquse  multitudini,  id  est  de  ovibus trecentis  triginta  septem  millibus  quin- gentis,
44.  et  de  bobus  triginta  sex  milli- bus,
45.  et  de  asinis  triginta  millibus  quin- gentis,
46.  et  de  hominibus  sedecim  milli- bus,
47.  tulit  Moyses  quinquagesimum  ca- put,  et  dédit  levitis,  qui  excubabant  in tabernaculo  Domini,  sicut  prseceperat Dominus.
48.  Cumque  accessissent  principes  exer- citus  ad  Moj'^sen,  et  tribuni,  centuriones- que,  dixerunt  :
49.  Nos  servi  tiji  recensuimus  nume- rum pugnatorum,  quos  habuimus  sub manu  nostra  ;  et  ne  unus  quidem  defuit.
50.  Ob  hanc  causam  ofïerimus  in  do- nariis  Domini  singuli  quod  in  preeda  auri potuimus  invenire,  periscelides  et  armil- las ,  annulos  et  dextralia ,  ac  murœnulas, ut  deprecvjris  pro  nobis  Dominum.
51.  Susceperuntque  Moyses,  et  Eleazar sacerdos,  omne  aurum  in  diversis  spe- ciebus,
avaient   combattu,    savoir  :    trois    cent trente -sept  mille  cinq  cent  brebis,
37.  dont  on  réserva  pour  la  part  du Seigneur  six  cent  soixante  -  quinze  bre- bis;
38.  trente  -  six  mille  bœufs ,  dont soixante -douze  furent  réservés;
39.  trente  mille  cinq  cents  ânes,  dont soixante  et  \m.  furent  réservés;
40.  et  seize  mille  personnes,  dont trente -deux  furent  réservées  pour  la part  du  Seigneur.
41.  Moïse  donna  au  grrawc?- prêtre Eléazar,  selon  qu'il  lui  avait  été  com- mandé, le  nombre  des  prémices  du  Sei- gneur,
42.  qu'il  tira  de  la  moitié  du  butin des  enfants  d'Israël,  mise  à  part  pour ceux  qui  avaient  combattu.
43.  Quant  à  l'autre  moitié  du  butin qui  fut  donnée  au  reste  du  peuple,  et qui  se  montait  à  trois  cent  trente -sept mille  cinq  cents  brebis,
44.  trente -six  mille  bœufs,
45.  trente  mille  cinq  cents  ânes ,
46.  et  seize  mille  personnes,
47.  Moïse  en  prit  la  cinquantième partie,  qu'il  donna  aux  lévites  qui  veil- laient à  la  garde  et  aux  fonctions  du tabernacle  du  Seigneur,  selon  que  le Seigneur  l'avait  ordonné.
48.  Alors  les  principaux  officiers  de l'armée,  les  tribuns  et  les  centurions vinrent  trouver  Moïse,  et  lui  dirent  :
49.  Nous  avons  compté,  nous  qui sommes  vos  serviteurs,  tous  les  soldats que  nous  commandions,  et  il  ne  s'en  est pas  trouvé  un  seul  qui  manquât.
50.  C'est  pourquoi  nous  apportons  cha- cun en  offrande  au  Seigneur  ce  que  nous avons  pu  trouver  d'or  dans  le  butin , chaînettes,  bagues,  anneaux,  bracelets et  colliers,  afin  que  vous  offriez  pour nous  vos  prières  au  Seigneur.
51.  Moïse  et  le  ^rawcZ- prêtre  Eléazar reçurent  donc  des  tribuns  et  des  centu- rions tout  l'or  en  diverses  espèces.
4»  Dons  volontaires  offerts  à  Dieu  par  les  chefs de  l'expédition.  XXXI,  48-54.
48-50.  La  reconnaissance,  motif  de  cette  of- frande spéciale.  —  Tribuni.  Hébr.  :  les  chefs  de mille.  —  Ne  uvus  quidem...  Pas  un  des  douze mille  combattants  ne  manquait  à  l'appel,  ce  qui ne  pouvait  s'expliquer  que  par  une  protection
toute  miraculeuse  du  ciel.  —  reriseelides  :  les anneaux  précieux,  souvent  munis  de  chaînettes, que  les  Orientaux  portent  au  -  dessus  du  pied {Atl.  archéol.,  pi.  vi,  flg.  15-17  ;  pi,  vu,  flg.  14-15), 51-54,  Moïse  et  Eléazar  acceptent  ces  présents au  nom  de  Jéhovah.  —  Sedecim  millia...  Si  le sicle  d'or  valait  43  fr,  50,  la  somme  entière  était
NuM.  XXXI,  52  —  XXXII,  5.
539
52.  qui  pesait  seize  mille  sept  cent cinquante  sicles.
53.  Car  chacun  avait  eu  pour  soi  le butin  qu'il  avait  pris.
54.  Et  ayant  reçu  cet  or,  ils  le  mirent dans  le  tabernacle  du  témoignage,  pour être  un  monument  des  enfants  d'Israël devant  le  Seigneur.
52.  pondo  sedecim  millia  septingentos quinquaginta  siclos,  a  tribunis  et  centu- rionibus.
53.  Unusquisque  enim  quod  in  praeda rapuerat,  suum  erat.
54.  Et  susceptum  intulerunt  in  taber- naculum  testimonii,  in  raonimentum  fi- liorum  Israël  coram  Domino.
CHAPITRE  XXXII
1.  Or  les  enfants  de  Ruben  et  de  Gad avaient  un  grand  nombre  de  troupeaux, et  ils  possédaient  en  bétail  des  richesses infinies.  Voyant  donc  que  les  terres  de Jazer  et  de  Galaad  étaient  propres  à nourrir  des  bestiaux,
2.  ils  vinrent  trouver  Moïse,  et  Eléa- zar  le  grand -Y>rêtTe,  et  les  princes  du peuple,  et  ils  leur  dirent  :
3.  Ataroth,  Dibon,  Jazer,  Nemra,  Hé- sébon,  Eléalé,  Saban,  Nébo  et  Béon,
4.  toutes  terres  que  le  Seigneur  a  ré- duites sous  la  domination  des  enfants d'Israël,  sont  un  pays  très  fertile  et propre  à  nourrir  le  bétail  ;  et  nous  avons, nous  vos  serviteurs,  beaucoup  de  trou- peaux.
5.  Si  nous  avons  donc  trouvé  grâce devant  vous,  nous  vous  supplions  de nous  donner  la  possession  de  cette  terre, à  nous  vos  serviteurs,  sans  que  vous nous  fassiez  passer  le  Jourdain.
1.  Filii  autem  Ruben  et  Gad  habebant pecora  multa,  et  erat  illis  in  jumentis infinita  substantia.  Cumque  vidissent Jazer  et  Galaad  aptas  animalibus  alen- dis  terras,
2.  venerunt  ad  Moysen ,  et  ad  Eleaza- rum  sacerdotem,  et  principes  multitu- dinis,  atque  dixerunt  :
3.  Ataroth,  et  Dibon,  et  Jazer,  et Nemra,  et  Hesebon,  et  Eleale,  et  Saban, et  Nebo,  et  Beon,
4.  terra,  quam  percussit  Dominus  in conspectu  filiorum  Israël,  regio  uberrima est  ad  pastum  animalium;  et  nos,  servi tui,  habemus  jumenta  plurima;
5.  prsecamurque ,  si  invenimus  gra- tiam  coram  te,  ut  des  nobis,  famulis  tiiis, eam  in  possessionem,  nec  facias  nos  trans- ire  Jordanem.
de  728  625  fr.  Il  n'y  a  rien  de  surprenant  en  cela, les  tribus  nomades  de  l'Orient,  et  surtout  les Madianites  (Jud.  viii,  26),  ayant  un  goût  extrême l^our  les  riches  parures  d'or.
§  II.  —  Le  territoire  conquis  au  delà  du  Jour- dain est  assigné  à  plusieurs  tribus.  XXXII, 1-42.
10  Requête  des  tribus  de  Ruben  et  de  Gad. XXXII,  1-5.
Chap.  XXXII.  —  1-2.  Introduction  et  transi- tion. —  Ruben  et  Gad...  Ces  deux  tribus  avaient marché  et  campé  l'une  près  de  l'autre  durant  de longues  années  (cf.  ii,  10,  14);  il  était  naturel qu'elles  désirassent  n'êti'e  plus  séparées. —  Pecora multa.  Les  mots  et  erat  illis...  sont  une  para- phrase du  traducteur.  —  Jazer  et  Galaad.  Litté- ralement :  La  terre  de  Jazer  et  la  terre  de  Ga- laad. Sur  la  ville  de  Jazer,  voyez  la  note  de  xxi, 32  ;  le  district  auquel  elle  donnait  son  nom  paraît avoir  correspondu  au  Belqà  moderne;  de  même que  la  province  de  Galaad ,  qui  s'étendait  au  sud et  au  nord  du  Jaboc,  est  assez  bien  représentée
par  le  Djebel  Adschlûn  (.Atl.  géogr. ,  pi.  vn  ei XII )  :  le  tout  forme  un  plateau  ondulé,  bien arrosé,  couvert  encore  de  gras  pâturages  et  çà et  là  de  belles  forêts.  «  C'est  le  paradis  des  no- mades, »  écrivent  les  voyageurs  qui  ont  visité  cette contrée.  Et  les  Bédouins  disent  par  manière  de proverbe  :  «  Tu  ne  saurais  trouver  un  pays  comme le  Belqâ.  »  Il  n'est  pas  étonnant  que  les  Rubénites et  les  Gadites  aient  trouvé  ces  terres  aitas  ani- malibus alendis,  et  qu'ils  les  aient  aussitôt  con- voitées.
3-5.  La  requête  proprement  dite  (5),  précédée des  motifs  qui  l'appuyaient  (3-4).  —  Ataroth... Sur  ces  villes  et  leur  situation,  voyez  le  com- mentaire des  vers.  34-38.  Saban  sera  alors  appelée «  Sabama  »  ;  Nemra,  «  Bethnemra  »  ;  Beo7i,  «  Beth- meon  »  :  variantes  d'orthographe  et  noms  plu^ complets.  —  Des  nobis...  Demande  d'une  instal- lation immédiate  dans  le  district  convoité.  Par suite,  nec  facias...  translre... ;  ce  qui,  pris  à  la lettre,  signifiait  qne  les  suppliants  désiraient  ne prendre  aucune  part  h  la  conquête  de  la  Palestine proprement  dite.
540
NuM.  XXXII,  6-16.
6.  Quibus  respondit  Moyses  :  Num- quid  fratres  vestri  ibunt  ad  pugnam,  et vos  hic  sedebitis?
7.  Cur  subveititis  mentes  filiorum  Is- raël, ne  transire  audeant  in  locum  quem eis  daturus  est  Dominas?
8.  Nonne  ita  egcrunt  patres  vestri, quando  misi  de  Cadesbarne  ad  explo- randam  terram?
9.  Cumque  venissent  usque  ad  vailera Botri,  lustrata  omni  regione,  subverte- runt  cor  filiorum  Israël,  ut  non  intrarent fines,  quos  eis  Dominus  dédit.
10.  Qui  iratus  juravit,  dicens  :
11.  Si  videbunt  liomines  isti,  qui  as- cenderunt  ex'^gypto,  a  viginti  annis  et supra,  terram,  quam  sub  juramento  pol- licitus  sum  Abraham,  Isaac,  et  Jacob; et  noluerunt  sequi  me,
12.  praeter  Caleb,  filium  Jephone,  Ce- nezseum,  et  Josue,  filium  Nun  ;  isti  im- pleverunt  voluntatem  meam.
13.  Iratusque  Dominus  adversum  Is- raël, circumduxit  eum  per  desertum quadraglnta  annis,  donec  consumeretur universa  generatio,  quse  fecerat  malum in  conspectu  ejus.
14.  Et  ecce,  inquit,  vos  surrexistis  pro patribus  vestris,  incrementa  et  alumni hominum  peccatorum,  ut  augeretis  fu- rorem  Domini  contra  Israël.
15.  Quod  si  nolueritis  sequi  eum,  in solitudine  populum  derelinquet,  et  vos causa  eritis  necis  omnium.
16.  At  illi  prope  accedentes,dixerunt  : Gaulas  ovium  f abricabimus ,  et  stabula juraentorura ,  parvulis  quoque  nostris urbes  munitas  ;
6.  Moïse  leur  répondit  :  Vos  frères iront -ils  au  combat  pendant  que  vous demeurerez  ici  en  repos?
7.  Pourquoi  découragez -vous  les  es- prits des  enfants  d'Israël,  afin  qu'ils n'osent  passer  dans  le  pays  que  le  Sei- gneur doit  leur  donner  ?
8.  N'est-ce  pas  ainsi  qu'ont  agi  vos pères,  lorsque  je  les  envoyai  de  Cades- barne pour  considérer  ce  pays?
9.  Car  étant  venus  jusqu'à  la  vallée de  la  Grappe  de  raisin ,  après  avoir  con- sidéré tout  le  pays,  ils  jetèrent  la  fraj^eur dans  le  cœur  des  enfants  d'Israël,  pour les  empêcher  d'entrer  dans  la  terre  que le  Seigneur  leur  avait  donnée.
10.  Et  le  Seigneur  fit  ce  serment  dans sa  colère  :
11.^  Ces  hommes,  dit-il,  qui  sont  sortis de  l'Egypte  depuis  l'âge  de  vingt  ans  et au-dessus,  ne  verront  point  la  terre  que j'ai  promise  avec  serment  à  Abraham, à  Isaac  et  à  Jacob,  parce  qu'ils  n'ont point  voulu  me  suivre  ;
12.  excepté  Caleb,  fils  de  Jéphoné  le Cénézéen ,  et  Josué,  fils  de  Nun,  qui ont  accompli  ma  volonté.
13.  Et  le  Seigneur,  s'étant  irrité  contre Israël,  l'a  fait  errer  par  le  désert  pen- dant quarante  ans,  jusqu'à  ce  que  toute cette  race  d'hommes,  qui  avait  ainsi péché  en  sa  présence,  fût  entièrement éteinte.
14.  Et  maintenant,  ajouta  Moïse,  vous avez  succédé  à  vos  pères  comme  des  en- fants et  des  rejetons  d'hommes  pécheurs, pour  augmenter  encore  la  fureur  du  Sei- gneur contre  Israël.
15.  Que  si  vous  ne  voulez  point  suivre le  Seigneur,  il  abandonnera  le  peuple dans  ce  désert,  et  vous  serez  la  cause de  la  mort  de  tout  ce  peuple.
16.  Mais  les  enfants  de  Ruhen  et  de Gad,  s'approchant  de  Moïse,  lui  dirent  : Nous  ferons  des  parcs  pour  nos  brebis et  des  étables  pour  nos  troupeaux,  et nous  bâtirons  des  villes  fortes  pour  y mettre  nos  ])etits  enfants  ;
20  Graves  représentations  de  Moïse.  XXXII, 6-15.
6-7.  Cet  égoïsme  et  ce  manque  de  patriotisme blessèrent  vivement  Moïse,  comme  l'indique  le ton  ému  de  sa  réponse.  —  Les  autres  tribus iraient  ad  pugnam,  tandis  que  Gad  et  Ruben jouiraient  tranquilles  de  leur  tcrritoii'e  (seclebi- iis)7  Contraste  ironique.  —  Cur  subvertitis...  : dans  le  sens  de  troubler,  décourager.  Le  reste du  peuple,  se  voyant  afî;iibli,  aurait  moins  d'en- train pour  supporter  les  peines  de  la  conquête.
8-15.  Rapprochement  historique,  pour  mieux faire  ressortir  la  faute  des  Rubénites  et  le  dan- ger auquel  ils  s'exposent.  —  Nonne  ita...  Vo3-cz les  chap.  xnr  et  xiv.  —  Incrementa  (  rejetons  ) et  alumni...  Grande  vigueur  dans  cette  appli- cation.
3°  Arrangement  conclu  entre  Moïse  et  les  sup- pliants. XXXII,  16-32.
Scène  tout  à  fait  solennelle.
16-19.  Réjionse  des  fils  de  Rubon  et  de  Gad ù  l'objection  de  Moïse.  -—  Prope  accedentes  est  ui\
NuM.  XXXII,  17-27.
541
17.  mais,  pour  nous,  nous  marcherons armés  et  prêts  îi  combattre  à  la  tête  des enfants  d'Israël,  jusqu'à  ce  que  nons les  ayons  mis  en  possession  des  lieux  ou ils  doivent  s'étahlir.  Cependant  nos  petits enfants  demeureront  dans  les  villes ceintes  de  murailles,  avec  tout  ce  que nous  pouvons  avoir  de  bien,  afin  qu'ils ne  soient  point  exposés  aux  embûche^ des  gens  du  pays.
18.  Nous  ne  retournerons  point  dans nos  maisons,  jusqu'à  ce  que  les  enfants d'Israël  possèdent  la  terre  qui  doit  être leur  héritage  ;
19.  et  nous  ne  demanderons  point  de part  au  delà  du  Jourdain,  parce  que nous  possédons  déjà  la  nôtre  dans  le pays  qui  est  à  l'orient  de  ce  fleuve.
20.  Moïse  leur  répondit  :  Si  vous  êtes résolus  à  faire  ce  que  vous  promettez, marchez  devant  le  èeigneur  tout  prêts à  combattre  ;
21.  que  tous  ceux  d'entre  vous  qui peuvent  aller  à  la  guerre  passent  le Jourdain  en  armes,  jusqu'à  ce  que  le Seigneur  ait  détruit  ses  ennemis ,
22.  et  que  tout  le  pays  lui  soit  assu- jetti ;  et  alors  vous  serez  irréprochables devant  le  Seigneur  et  devant  Israël ,  et vous  posséderez,  avec  l'assistance  du Seigneur,  les  terres  que  vous  désirez.
23.  Mais  si  vous  ne  faites  point  ce que  vous  dites,  il  est  indubitable  que vous  pécherez  contre  Dieu  ;  et  ne  dou- tez pas  que  votre  péché  ne  retombe  sur vous.
24.  Bâtissez  donc  des  villes  pour  vos petits  enfants,  et  faites  des  parcs  et  des étables  pour  vos  brebis  et  pour  vos troupeaux,  et  accomplissez  ce  que  vous avez  promis.
25.  Les  enfants  de  Gad  et  de  Ruben répondirent  à  Moïse  :  Nous  sommes  vos serviteurs ,  nous  ferons  ce  que  notre  sei- gneur nous  commande.
26.  Nous  laisserons  dans  les  villes  de Galaad  nos  petits  enfants,  nos  femmes, nos  troupeaux  et  nos  bestiaux  ;
27.  et  quant  à  nous,   vos   serviteurs,
17.  nos  autem  ipsi  armati  et  accincti pergemus  ad  praelium  ante  filios  Israël, donec  introducamus  eos  ad  loca  sua.  Par- vuli  nostri,  et  quidquid  liabere  possumus, erunt  in  urbibus  muratis,  propter  habi- tatorum  insidias.
18.  Non  revertemur  in  domos  nostras, usque  dum  possideant  filii  Israël  heredi- tatem  suam  ;
19.  nec  quidquam  quaeremus  trans Jordanem,  quia  jam  habemus  nostram possessionem  in  orientali  ejus  plaga.
20.  Quibus  Moyses  ait  :  Si  facitis  quod promittitis,  expediti  pergite  coram  Do- mino ad  pugnam  ;
21.  et  omnis  vir  bellator  armatus  Jor- danem transeat,  donec  subvertat  Domi- nas inimicos  suos,
22.  et  subjiciatur  ei  omnis  terra; tune eritis  inculpabiles  apud  Domirmm  et apud  Israël,  et  obtinebitis  regiones,  quas vultis,  coram  Domino.
23.  Sin  autem  quod  dicitis  non  fece- ritis,  nulli  dubium  est  quin  peccetis  in Deum  ;  et  scitote  quoniam  peccatum  ve- strum  apprehendet  vos.
24-.  ^dificate  ergo  urbes  parvulis  ve- stris ,  et  caulas  et  stabula  ovibus  ac jumentis;  et  quod  polliciti  estis  im- piété.
25.  Dixeruntque  filii  Gad  et  Ruben ad  Moyseri  :  Servi  tui  sumus,  faciemus quod  jubet  dominus  noster.
26.  Parvulos  nostros,  et  mulieres,  et pecora,  ac  jumenta  relinquemus  in  ur- bibus Galaad  ;
27.  nos  autem,  famuli  tui ,  omnes  ex-
trait pittoresque.  —  Caulas  ovium.  Ces  parcs, dans  l'Orient  biblique,  consistent  d'ordinaire  en murs  secs.  —  Urbes  munitas  :  pour  mettre  leui-s familles  et  leurs  biens  à  l'abri  d'un  coup  de inain.  Ces  villes  fortes  étaient  sans  doute  celles qu'on  a  fait  conquises  sur  les  Araorrhéens  (xxii, 25),  et  il  n"y  avait  qu'à  les  réparer.  —  Nos  autem... ante...  :  ils  marcheront  les  premiers  au  combat. Langage  courageux,  pour  effacer  la  mauvaise
impression  produite  par  la  forme  qu'ils  avaient donnée  à  leur  requête,  vers.  5.
20-24.  Moïse  accepte,  à  ces  conditions.  —Per- gite coram  Domino.  C.-à-d.  devant  l'arche,  qui représentait  le  Seigneur  dans  l'armée  théocra- tique.
25-27.  Les  deux  tribus  renouvellent  leurs  pro- messes.
542
NuM.  XXXII,  28-36.
pediti   pergemus  ad    bellum,  sicut    tu, domine,  loqueris.
28.  Pr£ecepit  ergo  Moyses  Eleazaro  sa- cerdoti,et  Josue,  lilio  Nun,  et  principibus familiarurn  per  tribus  Israël,  et  dixit  ad eos  :
29.  Si  transierint  filii  Gad  et  filii  Ru- ben  vobiscum  Jordanem  omnes  armati ad  bellum  coram  Domino,  et  vobis  fuerit terra  subjecta,  date  eis  Galaad  in  pos- sessionem.
30.  Sin  autem  noluerint  transira  ar- mati vobiscum  in  terram  Chanaan,  inter vos  habitandi  accipiant  loca.
31.  Responderuntque  filii  Gad,  et  filii Ruben  :  Sicut  locutus  est  Dominus  servis suis ,  ita  faciemus.
32.  Ipsi  armati  pergemus  coram  Do- mino in  terram  Chanaan  ;  et  possessio- nem  jam  suscepisse  nos  confitemur  trans Jordanem.
33.  Dédit  itaque  Moyses  filiis  Gad  et Ruben,  et  dimidise  tribui  Manasse ,  filii Joseph,  regnum  Sehon  régis  Amorrhaei, et  regnum  Og,  régis  Basan,  et  terram eorum  cum  urbibus  suis  per  circuitum.
34.  Igitur  exstruxerunt  filii  GadDibon, et  Ataroth ,  et  Aroer ,
35.  et  Etroth,  et  Sophan,  et  Jazer,  et Jegbaa,
o6.  et  Bethnemra,  et  Betharan,  urbes munitas,  et  caulas  pecoribus  suis.
nous  irons  tous  à  la  guerre,  prêts  à combattre,  comme  vous,  seigneur,  nous le  commandez.
28.  Moïse  donna  donc  cet  ordre  au grand  prêtre  Éléazar,  à  Josué ,  fils  de Nun,  et  aux  princes  des  familles  dans chaque  tribu  d'Israël,  et  leur  dit  :
29.  Si  les  enfants  de  Gad  et  les  en- fants de  Ruben  passent  tous  le  Jourdain, et  vont  en  armes  avec  vous  pour  com- battre devant  le  Seigneur,  après  que  le pays  vous  aura  été  assujetti,  donnez- leur  Galaad,  afin  qu'ils  le  possèdent comme  leur  propre  héritage.
30.  Mais  s'ils  ne  veulent  pas  passer avec  vous  en  armes  dans  la  terre  de Chanaan,  qu'ils  soient  obligés  de  prendre au  milieu  de  vous  le  lieu  de  leur  de- meure.
31.  Les  enfants  de  Gad  et  les  enfants de  Ruben  répondirent  :  Nous  ferons  ce que  le  Seigneur  a  dit  à  ses  serviteurs.
32.  Nous  marcherons  en  armes  devant le  Seigneur  dans  le  pays  de  Chanaan; et  nous  reconnaissons  avoir  déjà,  reçu de  ce  côté  du  Jourdain  la  terre  que  nous devions  posséder.
33.  Moïse  donna  donc  aux  enfants  de Gad  et  de  Ruben,  et  à  la  moitié  de  la tribu  de  Manassé,  fils  de  Joseph,  le royaume  de  Séhon ,  roi  des  Amorrhéens, et  le  ro3^aume  d'Og,  roi  de  Basan,  et leur  pays,  avec  toutes  les  villes  qui  y sont  comprises.
34.  Les  enfants  de  Gad  rebâtirent  en- suite les  villes  de  Dibon,  d' Ataroth, d'Aroër,^
35.  d'Etroth,  de  Sophan,  de  Jazer, de  Jegbaa,
36.  de  Bethnemra  et  de  Betharan , villes  fortifiées  ;  et  ils  firent  des  étables pour  leurs  troupeaux.
28-30.  Moïse  en  prend  acte  devant  les  chefs  du peuple ,  et  annule  la  donation  au  cas  où  elles  ne seraient  pas  tenues.
31-32.  Troisième  réitération  de  l'engagement conclu.
40  Installation  d'une  partie  d'Israël  dans  les contrées  transjordaniennes.  XXXII,  33-42.
33.  Le  fait,  exposé  sommairement.  —  Dédit itaque...  Le  narrateur  ajoute  ici  :  dimidice  tribui Manasse,  quoiqu'il  n'eût  pas  été  question  de  cette tribu  dans  le  cours  du  récit.  Les  vers.  39-42 expliquent  ce  trait.  Une  partie  notable  de  la  tribu de  Manassé  était  alors  occupée  à  conquérir  plu- sieurs districts  de  Galaad  et  de  Basan  :  elle  avait donc  sur  ces  territoires  un  droit  spécial,  dont Moïse  voulut  tenir  compte.
34-3G.  L'installation  de  Gad.  —  Exstruxerunt.
Dans  le  sens  de  réparer,  fortifier  (voyez  la  note du  vers.  16).  Plusieurs  des  villes  qui  ont  été nommées  existaient ,  en  effet ,  depuis  quelque temps.  Cf.  XXI,  30,  32.  Il  n'est  pas  possible  de  les identifier  toutes  avec  certitude  ;  voici  du  moins ce  qui  parait  le  plus  sûr.  Dibon,  la  Dhibâri  ac- tuelle, un  peu  au  nord  de  l'ouadi  Modjib  (note de  XXI,  30).  Ataroth,  aujourd'hui  Attàrus,  légè- rement au  sud  de  la  colline  isolée  qui  porte  le même  nom,  et  au  nord -ouest  de  Dibon.  Aroer, ou  Arâ'ir,  au  sud  de  Dibon  et  presque  sur  les bords  de  l'Arnon.  Etroth  et  Sophan,  ne  forment qu'une  seule  ville  dans  le  texte  i'Atrôt  Sô/an, surnom  ajouté  pour  distinguer  cet  Atroth  d'A- taroth ,  vers.  34  )  :  localité  inconnue.  Jegbaa  : ])eut-êtrc  sur  l'emplacement  des  ruines  de  Djé- beiha,  ù  deux  heures  au  nord  d'Amman.  Bttk-
NuM.  XXXII,  37  —  XXXIII,  3.
543
37.  Les  enfants  de  Ruben  rebâtirent aussi  Hésébon,  Eléalé,  Cariathaïm ,
38.  Nabo,  Baalméon  et  Sabama,  en changeant  leurs  noms,  et  donnant  des noms  nouveaux  aux  villes  qu'ils  avaient bâties.
39.  Et  les  enfants  de  Machir,  fils  de Manassé,  entrèrent  dans  le  pays  de  Ga- laad  et  le  ravagèrent,  après  avoir  tué les  Amorrhéens  qui  l'habitaient.
40.  Moïse  donna  donc  le  pays  de  Ga- laad  à  Machir,  fils  de  Manassé,  et  Ma- chir y  demeura.
41.  Jaïr,  fils  de  Manassé,  étant  entré ensuite  dans  le  pays,  se  rendit  maître de  plusieurs  bourgs,  qu'il  appela  Ha- voth-Jaïr,  c'est-à-dire  les  bourgs  de Jaïr,
42.  Nobé  y  entra  aussi,  et  prit  Ca- nath,  avec  tous  les  villages  qui  en  dé- pendaient; et  il  lui  donna  son  nom, l'appelant  Nobé.
37.Filii  vero  Ruben  sedificaverunt  He- sebon,  et  Eleale,  et  Cariathaim ,
38.  et  Nabo ,  et  Baalméon  versis  nomi- nibus,  Sabama  quoque,  imponentes  vo- cabula  urbibus  quas  exstruxeraut.
39.  Porro  filii  Machir,  filii  Manassé, perrexerunt  in  Galaad,  et  vastaverunt eam,  interfecto  Amorrhaeo  habitatore ejus.
40.  Dédit  ergo  Moyses  terram  Galaad Machir,  filio  Manassé,  qui  habita  vit  in ea.
41.  Jair  autem ,  filius  Manassé,  abiit et  occupa  vit  vicos  ejus,  quos  appellavit Havoth-Jair,  id  est,  villas  Jair.
42.  Nobe  quoque  perrexit,  et  appre- hendit  Chanath  cum  viculis  suis  ;  voca- vitque  eam  ex  nomine  suo  Nobe.
CHAPITRE  XXXIII
1.  Voici  les  stations  des  enfants  d'Is- raël, après  qu'ils  furent  sortis  de  l'E- gypte en  plusieurs  troupes,  sous  la  con- duite de  Moïse  et  d'Aaron  ;
2.  Moïse  les  nota  selon  les  lieux  de campement  des  Hébreux,  qu'ils  chan- geaient par  le  commandement  du  Sei- gneur.
3.  Les  enfants   d'Israël    étant    donc
1.  Hae  sunt  mansiones  filiorum  Israël, qui  egressi  sunt  de  ^gypto  per  turmas suas  in  manu  Moysi  et  Aaron  ;
2.  quas  descripsit  Moyses  juxta  castro- rum  loca,  quse  Domini  jussione  muta- bant.
3.  Profecti  igitur  de  Ramesse  mense
nemra  et  Beiharan  étaient  situées  dans  les  steppes de  Moab;  celle-ci  au  sud,  celle-là  au  nord  {AU. géogr.,  pi.  vu  et  xii).
37-38.  L'installation  de  Ruben. —  Les  noms des  villes  sont  plus  connus  et  paraissent  indiquer une  agglomération  plus  compacte  que  celle  des Gadites.  Sur  Eeseion,  voyez  la  note  de  xxi,  25. Eleale,  aujourd'hui  El  'Al,  à  une  demi-heure  au nord  d'Hesbon.  Cariathaim,  peut-être  Qureiyât, au  sud  d'Ataroth.  Nabo,  la  Nébâ  actuelle,  sur le  Phasga  (voyez  xxi,  20,  et  le  commentaire). Baalméon ,  aujourd'hui  Ma'în,  au  nord  de  l'ouadi Habis ,  affluent  du  Zerlsa  Main.  Sabama  fut  cé- lèbre plus  tard  pour  ses  vins,  Is.  xvi,  8.  —  Versis nominibus  :  à  cause  des  souvenirs  païens  que ra})pelaient  plusieurs  de  ces  anciens  noms.
39-41.  Installation  de  la  demi-tribu  de  Manassé. —  Par  filii  Machir  il  faut  entendre  les  descen- dants de  ce  personnage.  —  Perrexerunt,  vastave- runt :  dans  le  sens  du  plus-que-parfait.  —  Jair descendait  de  Machir  par  sa  mère.  Sur  ses  exploits, voyez  Deut.  ni,  14.  Nobe  n'est  pas  mentionnée ailleurs  dans  la  Bible.  Canath,  la  Canatha  de la  période  gréco- romaine,  la  Qennouât  actuelle,
aux  belles  ruines ,  dans  le  district  du  Ledjah,  sur le  versant  occidental  du  Djebel  Hamân  (voyez VAtl.  géogr.,  pi.  xii;  Chauvet  et  Isambert,  Syrie, Palestine,  pp.  541  et  ss.).
§  III. —  Liste  des  campements  des  Hébreux  depuis la  sortie  d'Egypte.  XXXIII,  1-49.
Conclusion  très  naturelle  de  l'histoire  des  péré- grinations d'Israël  entre  l'Egypte  et  la  Terre promise.  Voyez  VAtl.  géogr.,  pi.  v  et  vu;  L.  de Laborde,  Commentaire  géographique  sur  l'Exode et  les  Nombres;  Chauvet  et  Isambert,  Syrie, Palestine,  pp.  1-80.
1°  De  Ramsès  au  Sinaï.  XXXIII,  1-9.
Douze  stations,  dont  deux  n'avaient  pas  été signalées  dans  l'Exode ,  celles  de  Daphca  et  d'Alus (vers.  13-14).
Chap.  XXXIII.  —  1-2.  Titre  général.  —  Hce... mansiones.  La  présente  liste  en  compte  quarante- deux.  —  Qu(je  Domini  jussione...  L'hébreu  paraît plutôt  signifier  que  Moïse  écrivit  cette  liste  sur un  commandement  exprès  du  Seigneur.
3-5.  La  sortie  d'Egypte.  Cf.  Ex.  xu,  37-42.
544
NuM.  XXXIII,  4-20.
primo,  quintadecima  die  mensis  primi, altéra  die  Phase,  filii  Israël  in  manu  ex- celsa,  videntibus  cunctis  ^^gyptiis
4.  et  sepelientibiis  primogenitos,  quos percusserat  Dominus  (nam  et  in  diis eorum  exercuerat  ultionem),
5.  castrametati  siint  in  Soccoth.
6.  Et  de  Soccoth  venerunt  in  Etham, quse  est  in  extremis  finibus  solitudinis.
7.  Inde  egressi  venerunt  contra  Phi- hahiroth,  quœ  respicit  Beelsephon,  et castrametati  sunt  ante  Magdalum.
8.  Profectique  de  Phihahiroth,  trans- ierunt  per  médium  mare  in  solitudinem  ; et  ambulantes  tribus  diebus  per  deser- tum  Etham,  castrametati  sunt  in  Mara.
9.  Profectique  de  Mara,  venerunt  in Elim,  ubi  erant  duodecim  fontes  aqua- rum ,  et  palmse  septuaginta  ;  ibique  ca- strametati sunt.
10.  Sed  et  inde  egressi,  fixerunt  ten- toria  super  mare  Rubrum.  Profectique de  mari  Rubro,
11.  castrametati  sunt  in  deserto  Sin.
12.  Unde  egressi,  venerunt  in  Daphca;
13.  profectique  de  Daphca,  castrame- tati sunt  in  Alus  ;
14.  egressi  que  de  Alus,  in  Raphidim fixere  tentoria,  ubi  populo  defuit  aqua  ad bibendum  ;
15.  profectique  de  Raphidim,  castra- metati sunt  in  deserto  Sinai.
16.  Sed  et  de  solitudine  Sinai  egressi, venerunt  ad  Sepulcra  concupiscentiœ  ;
17.  profectique  de  Sepulcris  concupi- scentise,  castrametati  sttnt  in  Haseroth  ;
18.  et  de  Haseroth  venerunt  in  Reth- ma  ;
19.  profectique  de  Rethma ,  castrame- tati sunt  in  Remmonphares  ;
20.  unde  egressi ,  venerunt  in  Lebna  ;
partis  de  Ramessé,  le  quinzième  jour du  premier  moi-^,  le  lendemain  de  la Pàque,  par  un  effet  de  la  main  puissante du  Seigneur,  à  la  vue  de  tous  les  Égyp- tiens
4.  qui  ensevelissaient  leurs  premiers - nés,  que  le  Seigneur  avait  frappés  (car il  avait  exercé  sa  vengeance  sur  leurs dieux  mêmes),
5.  allèrent  camper  à  Soccoth.
6.  De  Soccoth  ils  vinrent  à  Etham, qui  est,  à  l'extrémité  du  désert.
7.  Etant  sortis  de  là,  ils  vinrent  vis- à-vis  de  Phihahiroth,  qui  regarde  Beel- sephon, et  ils  campèrent  devant  Magda- lum,
8.  De  Phihahiroth,  ils  passèrent  par le  milieu  de  la  mer  dans  le  désert;  et, ayant  marché  trois  jours  par  le  désert d'Etham ,  ils  campèrent  à  Mara.
9.  De  Mara  ils  vinrent  à  Elim,  où  il y  avait  douze  sources  d'eaux  et  soixante- dix  palmiers  :  et  ils  y  campèrent.
10.  Étant  partis  de  là,  ils  allèrent dresser  leurs  tentes  près  de  la  mer Rouge.  Et  étant  partis  de  la  mer  Rouge,
11.  ils  campèrent  dans  le  désert  de Sin.
12.  De  Sin,  ils  vinrent  à  Daphca.
13.  De  Daphca,  ils  vinrent  camper  à Alus.
14.  Et  étant  sortis  d'Alus,  ils  vinrent dresser  leurs  tentes  à  Raphidim,  où  le peuple  ne  trouva  point  d'eau  pour  boire.
15.  De  Raphidim,  ils  vinrent  camper au  désert  de  Sinaï.
16.  Etant  sortis  du  désert  de  Sinaï, ils  vinrent  aux  Sépulcres  de  concupis- cence.
17.  Des  Sépulcres  de  concupiscence, ils  vinrent  camper  à  Haseroth.
18.  De  Haseroth,  ils  vinrent  à  Rethma.
19.  De  Rethma,  ils  vinrent  camper  à Remmonphares,
20.  d'où,  étant   sortis,  ils    vinrent  à Lebna.
6-15,  De  Soccoth  au  Sinaï.  Cf.  Ex.  xin,  20- XIX,  2.
2«  Du  Sinaï  à  Cadès,  XXXIII,  16-36.
Vingt  et  une  stations.  Toutes  celles  qui  sont mentionnées  à  partir  de  Rethma  (vers.  18)  jus- qu'à Asiongaber  (  vers.  35  )  n'ont  pas  encore  été nommées.
16-18.  Du  Sinaï  à  Cadès.  Cf.  x,  11-xiii,  27. —  Btthma  :  sans  doute  l'ouadi  Abou  Ketraat, situé  à  l'ouest  et  à  peu  de  distance  de  Cadès
(AU.  géogr.,  pi.  v).  Ce  voisinage  et  la  mention  do Haseroth  immédiatement  avant  Rethma  semblent donner  raison  aux  interprètes  qui  identifient Rethma  et  Cadès.  Comp.  xiii,  1,  26,  où  la  station de  Haseroth  précède  inimédiatcmont  aussi  celle de  Cadès.
19-36,  De  Cadès  à  Cadès,  Cf,  xx,  1,  et  l'expli- cation, —  C'est  ici  surtout  que  l'on  peut  dire  : «  La  route  suivie  par  les  Hébreux  a  été  l'objet de  longues  recherches  et  de  discussions  qui  n'ont
NuM.  XXXIII,  21-40.
545
21.  De  Lcbna,  ils  allèrent  camper  à
Ressa.
22.  Et  étant  partis  de  Ressa,  ils vinrent  à  Céélatha.
23.  De  là,  ils  vinrent  camper  au  mont Sépher.
24.  Et  ayant  quitté  le  mont  Sépher, ils  vinrent  à  Arada.
25.  D'Arada,  ils  vinrent  camper  à IMacéloth.
26.  Et  étant  sortis  de  Macéloth,  ils vinrent  à  Thaliath.
27.  De  Thaliath,  ils  allèrent  camper à  Tharé  ;
28.  d'où  ils  vinrent  dresser  leurs  tentes à  Metlica.
29.  De  Methca,  ils  allèrent  camper  à Ilesmona.
30.  Et  étant  partis  de  Hesmona,  ils vinrent  à  Moséroth.
31.  De  Moséroth,  ils  allèrent  camper à  Beuéjaacan.
32.  De  Benéjaacan,  ils  vinrent  à  la montagne  de  Gagdad  ;
33.  d'où  ils  allèrent  camper  à  Jété- batha.
34.  De  Jétébatha,  ils  vinrent  à  Hé- brona.
35.  De  Hébrona,  ils  allèrent  camper à  Asiongaber  ;
36.  d'où,  étant  partis,  ils  vinrent  au désert  de  Sin,  qui  est  Cadès.
37.  De  Cadès,  ils  vinrent  camper  sous la  montagne  de  Hor,  à  l'extrémité  du pays  d'Edom.
38.  Et  le  grand  prêtre  Aaron,  étant monté  sur  la  montagne  de  Hor  par Tordre  du  Seigneur,  y  mourut  le  pre- mier jour  du  cinquième  mois  de  la  qua- rantième année  après  la^  sortie  des  en- fants d'Israël  du  paj^s  d'Egypte,
39.  étant  âgé  de  cent  vingt -trois  ans.
40.  Alors  Arad,  roi  des  Chananéens qui  habitaient  vers  le  midi,  apprit  que les  enfants  d'Israël  étaient  venus  dans le  pays  de  Chanaan.
21.  de  Lebna,  castrametati  sunt  in Picssa  ;
22.  egressique  de  Ressa,  venerunt  in Ceclatha  ;
23.  un  de  profecti ,  castranàetati  sunt in  monte  Scphor  ;
24.  egressi  de  monte  Sépher, venerunt in  Arada;
25.  inde  profîciscentes ,  castrametati sunt  in  Macéloth  ;
26.  profectique  de  Macéloth,  venerunt in  Thahath  ;
27.  de  Thahath,  castrametati  sunt  in Thare  ;
28.  unde  egressi,  fixere  tentoria  in Methca  ;
29.  et  de  IMethca,  castrametati  sunt in  Hesmona;
30.  profectique  de  Hesmona,  venerunt in  Moséroth  ;
31.  et  de  Moséroth,  castrametati  sunt in  Benéjaacan  ;
32.  profectique  de  Benéjaacan,  vene- runt in  montem  Gadgad  ;
33.  unde  profecti,  castrametati  sunt in  Jetebatha;
34.  et  de  Jetebatha,  venerunt  in  Hé- brona ;
35.  egressique  de  Hebrona,  castrame- tati sunt  in  Asiongaber;
36.  inde  profecti,  venerunt  in  deser- tum  Sin,  haec  est  Cades.
37.  Egressique  de  Cades,  castrametati sunt  in  monte  Hor,  in  extremis  finibus terr;e  Edom.
38.  Ascenditque  Aaron  sacerdos  in montem  Hor,  jubente  Domino,  et  ibi mortuus  est  anno  quadragesimo  egres- sionis  fJiorum  Israël  ex  ^gypto,  mense quinto,  prima  die  mensis,
39.  cum  esset  annorum  centum  viginti trium.
40.  Audivitque  Chananseus  rex  Arad, qui  habitabat  ad  meridiem,  in  terram Chanaan  venisse  filios  Israël.
amené  aucun  résultat  certain.  »  Chauvet  et  Isam- bert,  l.  c,  p.  10.  Dix -sept  stations  pour  trente- sept  ans  :  preuve  que  le  séjour  dans  chacune d'elles  se  prolongeait  longuement,  et  que  le  peuple était  rarement  en  marche.  Cf.  Deut.  i,  46.  — Asiongaber  (vers.  35)  :  port  situé  à  la  pointe  nord du  golfe  élanitique  de  la  mer  Rouge.  Cf.  Deut.  ii, 8;  III  Reg.  xxii,  49.  —  Venerunt...  Cades:  pour la  soconde  fois,  d'après  xx,  1.
3'  De  Cadès  aux  steppes  de  Moab.  XXXIII,
37-49.
Court  résumé  de  xx,  22-xxii,  1.  Neuf  sta- tions.
37-40.  De  Cadès  au  mont  Hor.  —  Au  vers.  38, la  date  anno  quadragesimo...  est  un  détail  nou- veau ;  de  même  l'indication  de  l'âge  d'Aaron  au moment  de  sa  mort.  Cf.  xx,  22-30.  D'après  Ex. VII,  7,  Aaron  avait  83  ans  (123  — 83^:40) quand  il  se  présenta  avec  son  frère  devant  le pharaon.
546
NuM.  XXXIII,  41-54.
41.  El  profecti  de  monte  Hor,  ca- strametati  sunt  in  Salmona  ;
42.  unde  egressi ,  venenmt  in  Phunon  ; A3,  profectique   de    Phunon,   castra-
metati  sunt  in  Oboth  ;
Ai.  et  de  Oboth,  venenmt  in  Ijeaba- rim,  qu£e  est  in  finibus  Moabitarum  ;
45.  profectique  de  Ijeabarim,  hxere tentoria  in  Dibongad  ;
AQ.  unde  egressi,  castrametati  sunt in  Helmondeblathaim.
-47.  Egressique  de  Helmondeblathaim, venerunt  ad  montes  Abarim  contra Nabo  ;
48.  profectique  de  montibus  Abarim, transierunt  ad  campestria  Moab,  supra Jordanem  contra  Jéricho,
49.  ibique  castrametati  sunt  de  Beth- simoth  usque  ad  Abelsatim,  in  planio- ribus  locis  Moabitarum,
50.  ubi  locutus  est  Dominus  ad  Moy- sen  :
51.  Prsecipe  filiis  Israël,  et  die  ad eos  :  Quando  transieritis  Jordanem,  in- trantes  terram  Chanaan ,
52.  disperdite  cunctos  habitatores terrée  illius  ;  confringite  titulos,  et  sta- tuas comminuite,  atque  omnia  excelsa vastate ,
53.  mundantes  terram,  et  habitantes in  ea;  ego  enim  dedi  vobis  illam  in possessionem  ;
54.  quam  dividetis  vobis  sorte.  Plu- ribus  dabitis  latiorem,  et  paucis  angu- stiorem.  Singulis  ut  sors  ceciderit,  ita tribuetur  hereditas;  per  tribus  et  familias possessio  dividetur.
41.  Etant  partis  de  la  montagne  de Hor,  ils  vinrent  camper  à  Salmona  ;
42.  d'où  ils  vinrent  à  Phunon.
43.  De  Phunon ,  ils  allèrent  camper  à Oboth.
44.  D'Oboth,  ils  vinrent  à  Jiéabarim, qui  est  sur  la  frontière  des  Moabites.
45.  Etant  partis  de  Jiéabarim,  ils vinrent  dresser  leurs  tentes  à  Dibon- gad ;
46.  d'où  ils  allèrent  camper  à  Hel- mondébhathaïm.
47.  Ils  partirent  de  Helmondebla- thaim, et  vinrent  aux  montagnes  d'Aba- rim,  vis-à-vis  de  Nabo.
48.  Et  a5'ant  quitté  les  montagnes d'Abarim,  ils  passèrent  dans  les  plaines de  Moab,  sur  le  bord  du  Jourdain,  vis- à-vis  de  Jéricho,
49.  où  ils  campèrent  dans  les  lieux les  plus  plats  du  pays  des  Moabites,  de- puis Bethsimoth  jusqu'à  Abelsatim.
50.  Ce  fut  là  que  le  Seigneur  parla  à Moïse,  et  lui  dit  :
51.  Ordonnez  ceci  aux  enfants  d'Is- raël, et  dites -leur  :  Quand  vous  aurez passé  le  Jourdain ,  et  que  vous  serez  en- trés dans  le  pays  de  Chanaan,
52.  exterminez  tous  les  habitants  de ce  pays -là;  brisez  les  pierres  érigées  en l'honneur  des  fausses  divinités;  mettez en  pièces  leurs  statues ,  et  renvereez  tous leurs  hauts  lieux,
53.  pour  purifier  ainsi  la  terre,  afin que  vous  y  habitiez  ;  car  je  vous  l'ai donnée  afin  que  vous  la  possédiez  ;
54.  et  vous  la  partagerez  entre  vous par  le  sort.  Vous  en  donnerez  une  plus grande  partie  à  ceux  qui  seront  en  plus grand  nombre,  et  une  moindre  à  ceux qui  seront  moins  nombreux.  Chacun  re- cevra son  héritage  selon  qu'il  lui  sera échu  par  le  sort,  et  le  partage  s'en  fera par  tribus  et  par  familles.
41-49.  Les  dernières  stations  depuis  le  mont Hor.  —  Plusieurs  sont  nommées  pour  la  pre- mière fois  {Salmona,  Phunon,  etc.);  d'autres, mentionnées  antérieurement,  sont  omises  ici.  Cf. xxi,  11-20.  —  Dibongad  (vers.  45)  n'est  autre que  Dibon,  récemment  occupée  par  la  tribu  de Gad  (xxxii,  34).  Abelsittim  est  identique  à  Settim (xxv,  1).  La  ressemblance  des  noms  porte  à  croire que  Bethsimoth  était  sur  l'emplacement  de  Sou- éimeh,  marqué  par  des  ruines  importantes.
§  IV.  —  Instructions  divines  concernant  la conquête  et  le  partage  de  la  Terre  sainte. XXXIII,  50— XXXVI,  13.
1°  L'e vtirpation  des  Chananéens.  XXXIII,  50-56. 60-51».  Transition.
51i>-54.  L'injonction  du  Seigneur  est  nette, énergique  :  disperdite  cunctos...  Cf.  Ex.  xxiii, 24,  33;  XXXIV,  13,  etc.  Avec  les  habitants  il fallait  extirper  toutes  les  marques  de  leur  idolâ- trie :  titulos,  les  stèles  érigées  en  l'honneur  des faux  dieux  (l'hébreu  maskit  désigne  plutôt  des pierres  ornées  de  figures  idolâtriques  ;  cf.  I^ev. XXVI,  1)  ;  statuas  (hébr.:  les  images  de  leurs  cou- lages ) ,  les  idoles  de  métal  ;  excelsa ,  les  hauts lieux  ,  souvent  consacrés  à  Baal ,  etc.  (  cf.  Lev. XXVI,  30).  —  Mandantes  terram.  D'après  le  texte  : Vous  prendrez  possession  du  pays.  —  Dividetis... L'ordre  antérieur,  relatif  au  partage  de  Chanaan (cf.  XXVI,  53-56),  est  réitéré  en  termes  rapides, vers.  54.
NuM.  XXXIIT,  55  —  XXXIV,  5.
547
55.  Si  vous  ne  voulez  pas  exterminer les  habitants  du  pays,  ceux  qui  y  seront restés  seront  pour  vous  comme  des  clous dans  les  yeux ,  et  comme  des  lances  aux côtés,  et  ils  vous  combattront  dans  le pays  où  vous  devez  habiter;
50.  et  je  vous  ferai  à  vous-mêmes tout  le  mal  que  j'avais  résolu  de  leur faire.
55.  Sin  autem  nolueritis  interficere habitatores  terrœ  qui  remanserint,  erunt vobis  quasi  clavi  in  oculis,  et  lance.TS  in lateribus,  et  adversabuntur  vobis  in  terra habitationis  vestrœ  ;
56.  et  quidquid  illis  cogitaveram  fa- cere,  vobis  faciam.
CHAPITRE  XXXIV
1.  Le  Seigneur  parla  encore  à  Moïse, et  lui  dit  :
2.  Ordonnez  ceci  aux  enfants  d'Is- raël, et  dites -leur  :  Lorsque  vous  serez entrés  dans  le  pays  de  Chanaan,  et  que vous  y  posséderez  chacun  ce  qui  vous sera  échu  par  le  sort,  voici  quelles  seront vos  limites.
3.  Le  côté  du  midi  commencera  au désert  de  Sin,  qui  est  près  d'Edom  ;  et il  aura  pour  limites  vers  l'orient  la  mer Salée.
4.  Ces  limites  du  midi  seront  le  long du  circuit  que  fait  la  montée  du  Scor- pion, elles  passeront  par  Senna,  et  s'éten- dront depuis  le  midi  jusqu'à  Cadèsbarné. De  là  elles  iront  jusqu'au  village  nommé Adar,  et  s'étendront  jusqu'à  Asémona.
5.  D'Asémona,  elles  iront  en  tournant jusqu'au  torrent  d'Egypte,  et  elles  fini- ront au  bord  de  la  grande  mer.
1.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moy- sen,  dicens  :
2.  Prsecipe  tiliis  Israël ,  et  dices  ad eos  :  Cum  ingressi  fueritis  terram  Cha- naan, et  in  possessioneni  vobis  sorte ceciderit,  his  linibus  terminabitur.
3.  Pars  meridiana  incipiet  a  solitudine Sin,  quae  est  juxta  Edom,  et  habebit terminos  contra  orientem  mare  Salsissi- mum.
4.  Qui  circuibunt  australem  plagam per  ascensum  Scorpionis,  ita  ut  trans- eant  in  Senna,  et  perveniant  a  meridie usque  ad  Cadesbarne,  unde  egredien- tur  confinia  ad  villam  nomine  Adar,  et tendent  usque  ad  Asemona.
5.  Ibitque  per  gyrum  terminus  ab Asemona  usque  ad  torrentem  ^gypti, et  maris  magni  littore  finietur.
S5-56.  Sanction  pour  le  cas  où  l'on  épargnerait les  ennemis  de  Jéhovali,  —  Cette  sanction  est double.  1°  Le  châtiment  viendra  de  ceux  -  là même  envers  lesquels  on  aura  exercé  une  pitié coupable, vers.  55.  Métaphoi-es  expressives: erM7/i,.. clavi  in  oculis,  lancées  in  lateribus  (d'après  l'hé- breu :  des  épines  dans  vos  yeux,  des  aiguillons dans  vos  côtés).  2°  Dieu  se  vengera  personnelle- ment de  cette  désobéissance  (vers.  56),  en  trai- tant les  Hébreux  comme  des  Chananécns.  De  fait, ceux  des  anciens  habitants  de  Chanaan  qui  y  de- meurèrent conjointement  avec  les  Israélites  après la  conquête,  causèrent  à  la  nation  théocratique les  plus  grands  maux  sous  le  rapport  moral  et matériel.
2»  Limites  de  la  Terre  sainte  à  l'ouest  du  Jour- dain. XXXIV,  1-15.
Voyez  VAtl.  géogr.,  pi.  v,  vi,  xii  et  xni.
Chap.  XXXIV.—  1-2.  Transition.—  Terram Chanaan.  Ce  nom  ne  convenait  qu'à  la  Palestine cis jordanienne,  qui  est  seule  délimitée  en  cet endroit.
3-5.  Limites  méridionales.  Cf.  Jos.  xv,  2-4,  où elles  sont  répétées  comme  formant  la  frontière sud  du  ten'ltoire  de  Juda.  —  l*»  Une  indication
générale,  vers.  3*.  Le  désert  de  Sin  occupait  la partie  sepcentrionale  du  désert  de  Pharan  (note de  xin,  22  ),  et  s'avançait  jusqu'au  territoire  idu- méen,  dont  11  devait  séparer  désormais  celui  d'Is- raël. —  2»  Ti'acé  détaillé  de  la  frontière  méridio- nale, de  l'est  à  l'ouest,  vers.  Z^-?>.  Son  point  de départ  était  la  mer  Morte ,  appelée  mare  Saisis- simum  (hébi*.:  mer  de  Sel;  cf.  Gen.  xrv,  3,  etc.) à  cause  de  la  très  forte  salure  de  ses  eaux.  De là  elle  se  dirigeait,  par  un  contour  {circuihunt a  pour  sujet  «  fines  »  du  vers.  2  ) ,  au  sud  de Vascensus  Scorpionis.  Cette  montée  des  Scorpions (hébr.  :  'Aqrabbim,  d'où  vint  plus  tard  le  nom d"AxpaêaTTÎvri  pour  désigner  le  district  voisin, I  Mach.  V,  3;  Jos.,  Ant.  xii,  8,  1)  serait  repré- sentée ,  d'après  les  uns ,  par  les  collines  calcaires, de  couleur  blanchâtre,  hautes  de  20  à  25  mètres en  moyenne,  par  endroits  de  40  à  50  mètres,  qui ferment  au  sud  le  Ghôr,  c.-à-d.  le  bassin  de  la mer  Morte  ;  d'après  les  autres,  plus  probablement peut-être ,  par  la  longue  et  abrupte  montée  d'Es- Sâfa,  dont  le  sommet  accuse  une  altitude  de 466  mètres,  et  qui  sert  de  voie  de  communication entre  Pétra  et  Hébron.  —  De  là  à  Senna,  localité iuconuue  ;  puis,  d'après  l'hébreu,  jusqu'au  sud  de
26
ùiS
NuM.  XXXIV,  6-15.
6.  Plaga  autem  occidentalis  a  mari magno  incipiet,  et  ipso  fine  claudetur.
7.  PoiTO  ad  septentrionalem  plagam a  mari  magno  termini  incipient,  perve- nientes  usque  ad  montem  altissimum,
8.  a  qiio  renient  in  Emath,  usque  ad termines  Sedada  ;
9.  ibuntque  confinia  usque  ad  Ze- phrona,  et  villam  Enan.  Hi  erunt  ter- mini in  parte  aquilonis.
10.  Inde  metabuntur  fines  contra orientalem  plagam  de  villa  Enan  usque Sephama  ;
11.  et  de  Sephama  descendent  ter- mini in  Rebla,  contra  fontem  Daphnim; inde  pervenient  contra  orientem  ad  mare Cenereth ,
12.  et  tendent  usque  ad  Jordanera , et  ad  ultimum  Salsissimo  claudentur mari,  Hanc  liabebitis  terram  per  fines suos  in  circuitu,
13.  Prsecepitque  Moyses  filiis  Israël, dicens  :  Hsec  erit  terra,  quam  possi- debitis  sorte,  et  quam  jussit  Dominus dari  novem  tribubus ,  et  dimidise  tri- bui  ;
14.  tribus  enim  filiorum  Euben  per familias  suas,  et  tribus  filiorum  Gad juxta  cognationum  numerum,  média quoque  tribus  Manasse,
15.  id  est,  duae  semis  tribus,  accepe-
6.  Le  coté  de  l'occident  commencera à  la  grande  mer,  et  s'y  terminera  pa- reillement.
7.  Les  limites  du  côté  du  septentrion commenceront  à  la  grande  mer,  et  s'é- tendront jusqu'à  la  haute  montagne.
8.  De  là  elles  iront  vers  Émath,  jus- qu'aux confins  de  Sédada;
9.  et  elles  s'étendront  jusqu'à  Zé- plirona  et  au  village  d'Enan,  Ce  seront là  les  limites  du  côté  du  septentrion.
10.  Les  limites  du  côté  de  l'orient  se mesureront  depuis  ce  même  village d'Enan  jusqu'à  Séphama.
11.  De  Séphama,  elles  descendront à  Piébla,  vis-à-vis  de  la  fontaine  de Daphnis.  De  là  elles  descendront  le  long de  l'orient  jusqu'à  la  mer  de  Cénéreth,
12.  et  passeront  jusqu'au  Jourdain  ; et  elles  se  termineront  enfin  à  la  mer Salée.  Voilà  quelles  seront  les  limites  et l'étendue  du  pays  que  vous  devez  pos- séder.
13.  Moïse  donna  donc  cet  ordre  aux enfants  d'Israël,  et  leur  dit  :  Ce  sera  là la  terre  que  vous  posséderez  par  le  sort, et  que  le  Seigneur  a  commandé  que  l'on donnât  aux  neuf  tribus  et  à  la  moitié  de la  tribu  de  Manassé.
14.  Car  la  tribu  des  enfants  de  Ruben avec  toutes  ses  familles,  la  tribu  des  en- fants de  Gad,  distinguée  aussi  selon  le nombre  de  ses  familles,  et  la  moitié  de la  tribu  de  Manassé,
15.  c'est-à-dire  deux  tribus  et  demie,
Cadesharne.  —  Adai',  Asemona  :  autres  lieux inconnus.  —  Finalement,  usque  ad  torrentem Mgypti,  ou  ouadi  El-Arisch,  et  le  cours  de  ce torrent  jusqu'à  son  embouchure  dans  la  Médi- terranée {maris  magni).  —  En  termes  actuels, la  limite  méridionale  suivait  donc  l'ouadi  El- Fikreh,  la  partie  orientale  de  l'ouadi  Murreh; de  là,  après  avoir  contourné  Cadcs,  l'ouadi  Abou- Retmat;  puis  xme  ligne  droite  jusqu'à  l'ouadi El-Arisch ,  et  ce  torrent  jusqu'à  Rhinocolura.  Ce sont  d'ailleurs  les  limites  naturelles  entre  le  pays habitable  et  le  désert.
6.  Limite  occidentale  :  la  Méditerranée.
7-9.  Limite  septentrionale,  tracée  de  l'ouest à  l'est.  C'est  la  plus  obscure  de  toutes.  —  Par- tant a  mari  magno,  la  ligne  de  démarcation devait  d'abord  atteindre  montem  altissimuin  : l'Hermon,  suivant  quelques  interprètes  ;  plutôt  le Liban  et  toute  sa  crête  occidentale.  —  A  quo... in  Emath.  Mieux  :  jusqu'à  l'entrée  d'Émath  ; locution  expliquée  plus  haut  (note  de  xiu,  22). —  Sedada;  sans  doute  le  Sadad  actuel,  au  sud d'Émèse  et  h  l'ouest  de  Palmyre,  formant  un triangle  avec  ces  deux  villes.  —  Zeplirona  :  pro- bablement Zifi'ân,  à  quatorze  heures  de  marche
au  nord -est  de  Damas,  où  l'on  voit  des  ruines considérables.  —  Hasar  'Eynân  {villa  Enan)  : localité  inconnue.  —  La  limite  septentrionale passait  donc  au  nord  du  Liban  et  de  l'Anti-Liban, de  manière  à  englober  ces  deux  chaînes  de  mon- tagnes dans  la  Terre  promise.
10-12.  Limite  orientale.  —  Elle  partait  de Hasar  'Eynân  et  allait  par  Sephama  (lieu  in- connu) jusqu'à  ReUa,  sur  l'Oronte,  à  la  même latitude  que  Tripoli.  —  Contra  fontem  Daphn'mi, Simplement,  d'après  l'hébreu,  à  l'orient  de  'Aïn (fontaine).  Cette  source  n'a  pas  encore  été  iden- tifiée avec  certitude  (peut-être  Neba  Andjar,  près de  Chalcis,  au  sud  de  l'Anti-Liban,  dans  la  plaine de  Béqâa).  —  Ad  -inare  Cenereth  (hébr.  :  Kin- néret)  :  ancien  nom  du  lac  de  Tibériade;  Génc- siireth  des  Évangiles  en  est,  croit-on,  une  forme corrompue.  De  ce  beau  lac,  la  limite  suivait  le cours  du  Jourdain  jusqu'à  la  mer  Morte.
13-15.  Moïse,  en  communiquant  ces  détails aux  Hébreux,  leur  rappelle  que  le  territoire compris  dans  ces  limites  ne  sera  partagé  qu'entre neuf  tribus  et  demie,  puisque  Ruben,  Gad  et  une moitié  de  Manassé  ont  déjà  reçu  leur  portion  à l'est  du  Jourdain.
à
NuM.  XXXIV,  16  —  XXXV,  3.
549
ont  déjà  reçu  leur  partage  en  deçà  du Jourdain,  vis-à-vis  de  Jéricho,  du  côté de  l'orient.
16.  Le  Seigneur  dit  aussi  à  Moïse  :
17.  Voici  les  noms  de  ceux  qui  par- tageront la  terre  entre  vous  :  le  grand prêtre  Éléazar  et  Josué,  fils  de  Nun,
18.  avec  un  prince  de  chaque  tribu,
19.  dont  voici  le  nom.  De  la  tribu  de Juda,  Caleb,  fils  de  Jéphoné.
20.  De  la  tribu  de  Siméon,  Samuel, fils  d'Ammiud.
21.  De  la  tribu  de  Benjamin,  Elidad, fils  de  Chasélon.
22.  De  la  tribu  des  enfants  de  Dan, Bocci,  fils  de  Jogli.
23.  Des  enfants  de  Joseph  :^de  la  tribu de  Manassé ,  Hanniel ,  ^fils  d'Ephod  ;
24.  et  de  la  tribu  d'Ephraïm,  Camuel, fils  de  Sephthan.
25.  De  la  tribu  de  Zabulon,  Élisaphan, fils  de  Pharnach.
26.  De  la  tribu  d'Issachar,  le  prince Phaltiel,  fils  d'Osan.
27.  De  la  tribu  d'Aser,  Ahiud,  fils  de Salomi.
28.  De  la  tribu  de  Nephthali,  Phe- daël,  fils  d'Ammiud.
29.  Ce  sont  là  ceux  à  qui  le  Seigneur a  commandé  de  partager  aux  enfants d'Israël  le  pays  de  Chanaan.
runt  partem  suam  trans  Jordanem  contra Jéricho  ad  orientalem  plagam.
16.  Et  ait  Dominus  ad  Moysen  :
17.  Hœc  sunt  nomina  virorum  qui  ter- ram  vobis  divident  :  Eleazar  sacerdos, et  Josue,  filius  Nun ,
18.  et  singuli  principes  de  tribubus singulis,
19.  quorum  ista  sunt  vocabula.  De tribu  Juda,  Caleb  ,  filius  Jephone  ;
20.  de  tribu  Simeon,  Samuel,  filiue Ammiud  ;
21.  de  tribu  Benjamin,  Elidad,  filius Chasélon  ;
22.  de  tribu  filiorum  Dan,  Bocci,  filius Jogli  ;
23.  filiorum  Joseph,  de  tribu  Manasse, Hanniel,  fiUus  Epliod;
24.  de  tribu  Ephraim,  Camuel,  filius Sephthan ;
25.  de  tribu  Zabulon,  Elisaphan,  filius Pharnach  ;
26.  de  tribu  Issachar,  dux  Phaltiel, filius  Ozan  ;
27.  de  tribu  Aser,  Ahiud,  filius  Sa- lomi ;
28.  de  tribu  Nephthali,  Phedael,  filius Ammiud.
29.  Hi  sunt,  quibus  prœcepit  Do- minus ut  dividerent  filiis  Israël  terram Chanaan.
CPIAPITRE  XXXV
1.  Le  Seigneur  dit  encore  ceci  à  Moïse dans  les  plaines  de  Moab,  le  long  du Jourdain,  vis-à-vis  de  Jéricho  :
2.  Ordonnez  aux  enfants  d'Israël  que, des  terres  qu'ils  posséderont,  ils  donnent aux  lévites
3.  des  villes  pour  y  habiter,  et  les faubourgs    qui    les    environnent  ;    afin
1.  Hœc  quoque  locutus  est  Dominus ad  Moysen  in  campestribus  Moab  supra Jordanem,  contra  Jéricho  :
2.  Prsecipe  filiis  Israël  ut  dent  levitis de  possessionibus  suis
3.  urbes  ad  habitandum,  et  subur- bana  earum  per  circuitum  ;  ut  ipsi   in
3«  Désignation  des  commissaires  qui  seront chargés  d'effectuer  le  partage.  XXXIV,  16-29.
16-29.  Naturellement  le  grand  pi'éti'e  Éléazar et  Josué  sont  en  tête  de  la  liste.  Dieu  leur  donne pour  auxiliaires  dix  princes  choisis  dans  les  tribus entre  "esquelles  le  pays  de  Chanaan  devait  être divisé,  de  manière  à  assurer  une  parfaite  équité dans  le  partage.  La  tribu  de  Lévi  n'est  pas  re- présentée, puisqu'elle  ne  devait  pas  occuper  de territoire  qui  lui  appartînt  en  propre.  Cf.  xviii , 20,  23.  —  Dg  tribu  Juda...  Les  tribus  mentionnées le  sont  d'après  un  ordre  spécial,  qui  correspond à  peu  près  ù  celui  du  leurs  futures  possessions ,
en  allant  du  sud  au  nord.  Voyez  VAtl.  géogr.,
pi.  VII.
4«  Les  cités  lévitiques.  XXXV,  1-8.
Chap,  XXXV.  —  1-5.  Villes  et  pâturages  ré- servés aux  prêtres  et  aux  lévites.  —  Ut  dent levitis...  urhes  :  non  pas  à  titre  de  propriété, d'après  ce  qui  vient  d'être  dit,  mais  seulement ad  habitandum;  et  encore  n'en  étaient -ils  pas les  habitants  exclusifs.  —  Suburbana.  L'hébr. migras  désigne  plutôt  des  pâturages;  sens  con- firmé par  le  contexte  (2:)ecoribus...).  —  L'étendue de  ces  pâtiirages  est  ensuite  strictement  déli- mitée (vers.  4-5),  de  crainte  qu'on  ne  se  montrât
550
NuM.  XXXV,  4-8.
oppidis  maneant,  et  suburbana  sint  pe- coribus  ac  jumentis  ;
4.  quae  a  mûris  civitatiim  forinsecus, per  circuitum,  mille  passuum  spatio  ten- dentur.
5.  Contra  orientera  duo  millia  erunt cubiti,  et.  contra  meridiem  similiter  erunt duo  millia;  ad  mare  quoque,  quod  re- spicit  ad  occidentem,  eadem  mensura erit,  et  septentrionalis  plaga  sequali  ter- mine finietur  ;  eruntque  urbes  in  medio , et  foris  suburbana.
6.  De  ipsis  autem  oppidis,  quse  levitis dabitis,  sex  erunt  in  fugitivorum  auxilia separata,  ut  fugiat  ad  ea  qui  fuderit sanguinem  ;  et  exceptis  his ,  alia  qua- draginta  duo  oppida,
7.  id  est,  simul  quadraginta  octo  cum suburbanis  suis.
.  8.  Ipsseque  urbes,  quse  dabuntur  de possessionibus  filiorum  Israël ,  ab  bis qui  plus   habent,  plures  auferentur;   et
qu'ils  demeurent  dans  les  villes,  et  que les  faubourgs  soient  pour  leurs  trou- peaux et  pour  leurs  bêtes.
4.  Ces  faubourgs ,  qui  seront  en  dehors des  murailles  de  leurs  villes,  s'étendront tout  autour,  l'espace  de  mille  pas.
5.  Leur  étendue  sera  de  deux  mille coudées  du  côté  de  l'orient,  et  aussi  de deux  mille  du  côté  du  midi.  Ils  auront la  même  mesure  vers  la  mer  qui  regarde l'occident,  et  le  côté  du  septentrion  sera terminé  par  de  semblables  limites.  Les villes  seront  au  milieu,  et  les  faubourgs seront  tout  autour  au  dehors  des  villes.
6.  De  ces  villes  que  vous  donnerez aux  lévites,  il  y  en  aura  six  de  séparées pour  servir  de  refuge  aux  fugitifs,  afin que  celui  qui  aura  répandu  le  sang d'un  homme  s'y  puisse  retirer.  Outre  ces six  villes,  il  y  en  aura  quarante  -  deux autres  ;
7.  c'est-à-dire  qu'il  y  en  aura  en  tout quarante -huit,  avec  leurs  faubourgs.
8.  Ceux  d'entre  les  enfants  d'Israël qui  posséderont  plus  de  terre  donneront aussi  plus  de   ces  villes;  ceux  qui   en
parcimonieux  si  rien  n'eût  été  fixé  d'avance  :  a mûris,.,  mille  passuum  (  hébr,  :  mille  coudées , c.-à-d.  0"'525  X  1000  =  525  mètres).  Cette  pre- mière mesure  est  très  claire  ;  il  est  plus  difficile de  la  mettre  d'accord  avec  la  suivante  (duo milita...).  Nous  avons  à  ce  sujet  deux  interpré- tations principales.  1°  La  tradition  juive  voit  ici trois  terrains  distincts  :  la  ville  ;  un  carré  de  pâ- turages dont  chacun  des  côtés  était  à  1 000  cou- dées de  la  ville  ;  un  second  carré ,  pour  les  vigno- bles ,  etc.,  dont  les  côtés  étaient  à  2  000  coudées du  premier.
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2«  Les  commentateurs  contempoi-ains  admettent
plus  volontiers  l'opinion  de  J.-D.  Michaelis,  re- présentée par  cet  autre  diagramme  :
i.
lOonc
1000«
La ville
Cela  revient  donc  au  premier  carré  de  la  fi- gure A.  On  se  bornait  à  compter,  comme  le  dit le  vers.  4 ,  mille  coudées  en  tous  sens  à  partir des  murs  de  la  ville;  par  là-même,  chaque  côté du  carré  avait  au  moins  une  longueur  de  deux mille  coudées ,  sans  compter  celle  des  murs ,  qui y  était  surajoutée.
6-7.  Le  nombre  des  villes  lévitiques.  —  En tout  quadraginta  octo,  dont  six  devaient  être en  même  temps  des  villes  d'asile.  Cf.  vers.  9-15.
8.  Règle  pour  le  choix  de  ces  villes.  —  Ab  his qui  plus...  plures.  C'est  ainsi  qu'on  en  prit  neuf sur  les  territoires  réunis  de  Juda  et  de  Siinéon, trois  seulement  sur  le  domaine  de  Nephthali  ; chacune  des  autres  tribus  en  fournit  quatre.  — Les  prêtres  et  les  lévites  se  trouvèrent,  par  suite de  cette  institution,  disséminés  à  travers  toute la  Terre  sainte,  et  il  leur  fut  ais-é  d'accomplir  leur rôle  d'instructeurs  de  la  loi  divine.  Cf.  vm,  5 et  63.
posséderont  moins  en  donneront  moins  ; et  cliacun  donnera  des  villes  aux  lévites à  proportion  de  ce  qu'il  possède.
9.  Le  Seigneur  dit  aussi  à  ]\Ioïse  :
10.  Parlez  aux  enfants  d'Israël,  et dites -leur  :  Lorsque  vous  aurez  passé  le Jourdain,  et  que  vous  serez  entrés  dans le  pays  de  Chanaan,
IL  marquez  les  villes  qui  devront  ser- vir de  refuge  aux  fugitifs  qui  auront répandu  contre  leur  volonté  le  sang  d'un homme,
12.  afin  que  le  parent  de  celui  qui aura  été  mis  à  mort  ne  puisse  tuer  le fugitif  lorsqu'il  s'y  sera  retiré,  jusqu'à ce  qu'il  se  présente  devant  le  peuple,  et que  son  affaire  soit  jugée.
13.  De  ces  villes  qu'on  séparera  des autres  pour  être  l'asile  des  fugitifs,
14.  il  y  en  aura  trois  en  deçà  du Jourdain,  et  trois  dans  le  pays  de  Cha- naan ,
15.  qui  serviront  et  aux  enfants  d'Is- raël, et  aux  étrangers  qui  seront  venus du  dehors,  afin  que  celui  qui  aura  ré- pandu contre  sa  volonté  le  sang  d'un homme  y  trouve  un  refuge.
16.  Si  quelqu'un  frappe  avec  le  fer, et  que  celui  qui  aura  été  frappé  meure, il  sera  coupable  d'hom_icide,  et  il  sera lui-même  puni  de  mort.
17.  S'il  jette  une  pierre,  et  que  celui qu'il  aura  frappé  en  meure,  il  sera  puni de  même.
18.  Si  celui  qui  aura  été  frappé  avec du  bois  meurt,  sa  mort  sera  vengée  par l'effusion  du  sang  de  celui  qui  l'aura fi-appé.
19.  Le  parent  de  celui  qui  aura  été mis  à  mort  tuera  l'homicide  ;  il  le  tuera aussitôt  qu'il  l'aura  saisi.
NuM.  XXXV,  9-19. qui
551
minus,  pauciores.  Singuli  juxta monsuram  hereditatis  suœ  dabunt  op- pida  levitis.
9.  Ait  Dominus  ad  Moysen  :
10.  Loquere  filiis  Israël,  et  dices  ad eos  :  Quando  transgressi  fueritis  Jorda- nem  in  terram  Chanaan  ,
11.  decernite  quse  urbes  esse  debeant in  prœsidia  fugitivorum,  qui  nolentes sanguinem  f  uderint  ;
12.  in  quibus  cum  fuerit  profugus, cognatus  occisi  non  poterit  eum  occidere, donec  stet  in  conspectu  multitudinis , et  causa  illius  judicetur,
13.  De  ipsis  autem  urbibus,  quœ  ad fugitivorum  subsidia  separantur,
14.  très  erunt  trans  Jordanem,  et  très in  terra  Chanaan,
15.  tam  filiis  Israël  quam  advenis atque  peregrinis,  ut  conf  ugiat  ad  eas  qui nolens  sanguinem  fuderit.
16.  Si  quis  ferro  percusserit,  et  mor- tuus  fuerit  qui  percussus  est,  reus  erit homicidii,  et  ipse  morietur.
17.  Si  lapidem  jecerit,  et  ictus  occu- buerit,  similiter  punietur.
18.  Si  ligno  percussus  interierit,  per- cussoris  sanguine  vindicabitur.
19.  Prcpinquus  occisi  homicidam  in- terficiet;  statim  ut  apprehenderit  eum, interficiet.
5°  Les  villes  de  refuge.  XXXV,  9-15.
9-12.  Pourquoi  ces  asiles?  Les  vers.  11  et  12 le  disent  clairement  :  les  villes  de  refuge  étaient destinées  h  servir  d'abri  temporaire  ù  tous  ceux qui  nolentes  sanguinem  /uderint.  Il  existait,  en effet,  chez  la  plupart  des  peuples  anciens,  une  cou- tume (et  elle  s'est  perpétuée  chez  les  Arabes  no- mades) en  vertu  de  laquelle ,  toutes  les  fois  qu'un fiieurtre  était  commis,  le  plus  proche  parent  du mort  avait  le  droit  et  le  devoir  de  le  venger,  en tuant  à  son  tour  le  meurtrier.  Le  divin  Légis- lateur d'Israël,  sans  abolir  complètement  cette pratique ,  en  supprime  ici  les  principaux  abus  par la  distinction  établie  entre  les  homicides  volon- taires et  les  iuA'olontaires.  —  Cognatus  occisi. Ilébr.:  le  go^el,  c.-à-d.  le  vengeur,  le  membre  de la  famille  qui  était  le  plus  atteint  par  le  meurtre; celui  qui,  en  d'autres  circonstances  (Lev.  xxv,
25-55),  avait  été  chargé  de  maintenir  l'intégrité du  patrimoine  héréditaire,  etc.  —  Donec...  in conspectu  multitudinis.  Hébr.  :  'édah,  le  tri- bunal local  composé  des  notables  de  chaque  ville. Cf.  Jos.  XX,  4.  Il  appartenait  à  ce  tribunal  de décider  si  le  meurtre  avait  été  prémédité,  ou  s'il était  le  résultat  d'un  accident.  En  attendant  la sentence  des  juges,  les  villes  de  refuge  étaient là  pour  empêchor  une  vengeance  précipitée  et injuste.
13-15.  Nombre  et  situation  de  ces  asiles.  Cf. Deut,  IV,  41-43;  Jos.  xx,  7-8.
6°  Lois  relatives  à  l'homicide  soit  volontaire, soit  involontaire.  XXXV,  16-34.
A  l'occasion  des  villes  de  refuge.  Dieu  réitère et  complète  ses  prescriptions  antérieures  sur  l'ho- micide. Cf.  Ex.  XX,  13;  XXI,  12-14, 18-23,  etc.
lG-21.  L'homicide  volontaire.  —  Si  quis  ferro..;
552
NuM.  XXXV,  20-31.
20.  Si  per  odium  quis  hominem  impu- lerit,  vel  jecerit  quippiam  in  eum  per insidias  ;
21.  aiit  cum  esset  inimicus,  manu perçussent,  et  ille  mortuus  fuerit,  per- cussor  liomicidii  reus  erit  ;  cognatus  oc- cisi  statim  ut  invenerit  eum,  jugula- bit.
22.  Quod  si  fortuitu,  et  absque  odio,
23.  et  inimicitiis,  quidquam  horum fecerit,
24.  et  hoc  audiente  populo  fuerit comprobatum,  atque  inter  percussorem et  propinquum  sanguinis  qusestio  venti- lata,
25.  liberabitur  innocens  de  ultoris manu,  et  reducetur  per  sententiam  in urbem,  ad  qaam  conf  ugerat,  manebitque ibi,  donec  sacerdos  magnus,  qui  oleo sancto  unctus  est,  moriatur.
26.  Si  interfector  extra  fines  urbium, quae  exulibus  deputatse  sunt,
27.  fuerit  inventus ,  et  percussus  ab  eo qui  ultor  est  sanguinis,  absque  noxa  erit qui  eum  occiderit  ;
28.  debuerat  enim  profugus  usque ad  mortem  pontifiais  in  urbe  residere  ; postquam  autem  ille  obierit,  homicida revertetur  in  terram  suam.
29.  Haec  sempiterna  erunt,  et  légi- tima in  cunctis  habitationibus  vestris.
30.  Homicida  sub  testibus  punietur  ; ad  unius  testimonium  nuUus  condem- nabitur.
31.  Non  accipietis  pretium  ab  eo  qui reus  est  sanguinis;  statim  et  ipse  mo- rietur.
20.  Si  un  homme  pousse  rudement celui  qu'il  hait,  ou  s'il  jette  quelque chose  contre  lui  par  un  mauvais  des- sein ;
21.  ou  si,  étant  son  ennemi,  il  le frappe  de  la  main  et  qu'il  en  meure, celui  qui  aura  fi-appé  sera  coupable  d'ho- micide; et  le  parent  de  celui  qui  aura été  mis  à  mort  pourra  le  tuer  aussitôt qu'il  l'aura  trouvé.
22.  Que  si  c'est  par  hasard  et  sans haine,
23.  et  sans  aucun  mouvement  d'ini- mitié qu'il  a  fait  quelqu'une  de  ces choses,
24.  et  que  cela  se  prouve  devant  le peuple  ;  après  que  la  cause  du  meurtre aura  été  agitée  entre  celui  qui  aura frappé  et  le  parent  du  mort,
25.  il  sera  délivré,  comme  étant  inno- cent, des  mains  de  celui  qui  voulait venger  le  sang  répandu,  et  il  sera  ramené par  sentence  dans  la  ville  où  il  s'était réfugié,  et  y  demeurera  jusqu'à  la  mort du  grand  prêtre  qui  a  été  sacré  de l'huile  sainte.
26.  Si  l'homicide  est  trouvé  hors  des limites  des  villes  qui  ont  été  destinées pour  les  bannis,
27.  et  qu'il  soit  tué  par  celui  qui  vou- lait venger  le  sang  répandu,  celui  qui l'aura  tué  ne  sera  point  censé  coupable  ;
28.  car  le  fugitif  devait  demeurer  dans la  ville  jusqu'à  la  mort  du  pontife  ;  mais, après  sa  mort,  le  meurtrier  retournera dans  son  pays.
29.  Cela  sera  observé  comme  une  loi perpétuelle  dans  tous  les  lieux  où  vous pourrez  habiter.
30.  On  ne  punira  l'homicide  g'w'après avoir  entendu  les  témoins.  Nul  ne  sera condamné  sur  le  témoignage  d'un  seul.
31.  Vous  ne  recevrez  point  d'argent de  celui  qui  veut  se  racheter  de  la  mort qu'il  a  méritée  pour  avoir  répandu  le sang,  mais  il  mourra  lui-même  aus- sitôt.
si  lapidem...  Différentes  stippositions ,  par  ma- nière d'exemples ,  sur  le  mode  dont  aura  été  ac- compli le  meurtre.
22-28.  L'homicide  par  accident. —  Quod  si  for- tuitu... Aux  vers.  22  et  23,  la  Vulgate  abrège notablement  l'hébreu,  dont  elle  donne  pourtant la  substance.  —  Hoc  audiente  ytopulo  (vers.  24). D'après  le  texte  :  L'assemblée  Cédah,  comme  ci- dessus)  jugera  suivant  ces  principes  entre  celui qui  a  frappé  et  le  vengeur  (  go'el  )  du  sang.  — Manebitque  ibi.  C'était  là  en  réalité  un  véritable exil  ;  châtiment  négatif ,  qui  avait  pour  but  de
montrer  le  prix  de  la  vie  humaine  et  de  rendre plus  rares  les  accidents  en  question.  —  Donec sacerdos  magnus...  D'ici  là,  les  sentiments  de vengeance  avaient  le  temps  de  se  calmer  dans  la famille  du  mort.  Symbolisme  souvent  relevé  :  le grand  prêtre  opérait  par  sa  mort  cette  rémission précieuse  ;  mais  la  mort  de  notre  pontife  su- prême, Jésus  -  Christ ,  a  produit  la  l'cmise  totale de  fautes  et  de  dettes  autrement  considérables. 29-34.  Récapitulation  et  conclusion.  —  Sub testibus  :  au  nombre  de  deux  au  moins,  sera-t-il dit  plus  loin,  Deut.  xvii,  6.  —  Punietur,  ma-
NuM.  XXXV,  32  —  XXXVI,  4.
553
32.  Les  bannis  et  les  fugitifs  ne  pour- ront nullement  revenir  dans  leur  ville avant  la  mort  du  pontife,
33.  de  peur  que  vous  ne  souilliez  la terre  où  vous  habiterez,  et  qu'elle  ne  de- meure impure  par  le  sang  impuni  des innocents  qu'on  a  répandu;  car  elle  ne peut  être  autrement  purifiée  que  par l'effusion  du  sang  de  celui  qui  aura versé  le  sang.
34.  C'est  ainsi  que  votre  terre  devien- dra pure,  et  que  je  demeurerai  parmi vous.  Car  c'est  moi  qui  suis  le  Seigneur, qui  habite  au  milieu  des  enfants  d'Is- raël.
32.  Exules  et  profugi  ante  mortem pontificis  nullo  modo  in  urbes  suas  re- verti  poterunt ,
33.  ne  polluatis  terram  habitationis vestrse,  quae  insontium  cruore  macula- tur;  nec  aliter  expiari  potest,  nisi  per ejus  sanguinem  qui  alterius  sanguinem fuderit.
34.  Atque  ita  emundabitnr  vestra  pos- sessio,  me  commorante  vobiscum;  ego enim  sum  Dominus  qui  habite  inter  filios Israël.
CHAPITRE  XXXVI
1.  Alors  les  princes  des  familles  de Galaad,  fils  de  Machir,  fils  de  Manassé, de  la  race  des  enfants  de  Joseph,  vinrent ])arler  à  Moïse  devant  les  princes  d'Is- raël ,  et  lui  dirent  :
2.  Le  Seigneur  vous  a  ordonné,  à  vous qui  êtes  notre  seigneur,  de  partager  la terre  de  Clianaan  par  le  sort  entre  les enfants  d'Israël,  et  de  donner  aux  filles de  Salphaad,  notre  frère,  l'héritage  qui était  dû  à  leur  père.
3.  Mais  si  elles  épousent  maintenant des  hommes  d'une  autre  tribu,  leur  bien les  suivra;  et  étant  transféré  à  une autre  tribu,  il  sera  retranché  de  l'héri- tage qui  nous  appartient.
4.  Ainsi  il  anivera  que  lorsque  l'an- née du  jubilé,  c'est-à-dire  la  cinquan- tième, qui  est  celle  de  la  remise  de toutes  choses,  sera  venue,  les  partages qui  avaient  été  faits  par  le  sort  seront confondus,  et  le  bien  des  uns  passera aux  autres.
1 .  Accesserunt  autem  et  principes  fa- miliarum  Galaad,  filii  Machir,  fiîii  Ma- nassé, de  stirpe  filiorum  Joseph,  locuti- que  sunt  Moj'si  coram  principibus  Israël, atque  dixerunt  :
2.  Tibi  domino  nostro  prsecepit  Do- minus ut  terram  sorte  divideres  filiis Israël,  et  ut  filiabus  Salphaad,  fratris nostri,  dares  possessionem  debitam  pa- tri  ;
3.  quas  si  alterius  tribus  homines  uxores acceperint,  sequetur  possessio  sua,  et translata  ad  aliam  tribum,  de  nostra hereditate  minuetur.
4.  Atque  ita  fiet,  ut  cum  jubileus, id  est,  quinquagesimus  annus  remissio- nis  ad\enerit,  confundatur  sortium  dis- tributio,  et  aliorum  possessio  ad  alios transeat.
ritLur  :  en  vertu  de  la  loi  primitive,  Gen.  ix, 5-6.  —  Non  accipietis  pretium...  Pas  de  com- pensation ni  de  rançon  pour  le  meurtre  prémé- dité ;  comme  aussi,  pas  de  diminution  de  la  peine pour  le  meurtre  involontaire  (nullo  modo  in urbes...,  vers.  32  ).  —  IJgo  enim  sum...  Le  sceau divin  pour  tout  conclure.
70  Le  mariage  des  femmes  héritières.  XXXVI, 1-13.
Chap.  XXXVI.  —  1.  Introduction  historique. —  Galaad.  Le  nom  de  ce  personnage  était  passé au  paj^s  que  ses  descendants  avaient  conquis.  Cf. xxxii,  39-40.  Sur  sa  généalogie,  voyez  xxvi,  30 et  ss.
2-4.  Proposition  du  cas.  —  Comme  point  de départ,  deux  règlements  antérieui'S,  l'un  général
(,ut  terram  dividerea...) ,  l'autre  spécial  (ut  filia- bus...; cf.  xxviii,  6-11),  qui  amenaient  directe- ment la  question  à  traiter.  Il  n'est  pas  étonnant que  les  princes  des  familles  de  Galaad  aient  pris il  cette  question  un  intérêt  particulier;  car,  d'après XXVI,  33,  Salphaad  était  précisément  im  petit- fils  de  Galaad.  —  Quas  si  alterius...  Ils  font  res- sortir les  conséqxaences  possibles,  et  pour  eux très  fâcheuses,  de  la  décision  portée  en  faveur de  filles  de  Salphaad,  Le  patrimoine  de  ces  héri- tières passerait  à  leurs  maris,  c.-à-d.  à  d'autres tribus,  si  elles  ne  se  mariaient  point  dans  la  leur. —  A  la  suite  de  l'inconvénient  particulier  (de nostra...  minuetur),  les  suppliants  en  signalent un  autre,  dommageable  à  la  nation  entière (vers.  4)  :  confundatur  sortium  distributio;  ce
554
NuM.  XXXVI,  5-13.
5.  Respondit  Moj^ses  filiis  Israël,  et Domino  preecipiente,  ait  :  Recte  tribus filiorum  Joseph  locuta  est;
6.  et  hsec  lex  super  filiabus  Salphaad a  Domino  promulgata  est.  Niibant  qui- bus  volunt,  tantiim  ut  suse  tribus  homi- nibus  ;
7.  ne  commisceatur  possessio  filiorum Israël  de  tribu  in  tribum.  Omnes  enim viri  ducent  uxores  de  tribu  et  cognatione sua;
8.  et  cunctse  feminss  de  eadem  tribu maritos  accipient,  ut  hereditas  perma- neat  in  familiis,
9.  nec  sibi  misceantur  tribus,  sed  ita maneant
10.  ut  a  Domino  separataî  sunt.  Fe- cerunt  filiae  Salphaad  ut  fuerat  impera- tum,
11.  et  nupserunt,  Maala,  et  Thersa, et  Hegla,  et  Melcha,  et  Noa,  filiis  patrui sui,
12.  de  familia  Manasse,  qui  fuit  filius Joseph;  et  possessio,  qiiae  illis  fuerat attributa,  mansit  in  tribu  et  familia patris  earum.
13.  Hsec  sunt  mandata  atque  judicia, quae  mandavit  Dominus  per  manum Moysi  ad  filios  Israël,  in  campestribus Moab,  supra  Jordanem,  contra  Jéricho.
5.  Moïse  répondit  aux  enfants  d'Is- raël, et  il  leur  dit,  selon  l'ordre  qu'il  en reçut  du  Seigneur  :  Ce  que  la  tribu  des enfants  de  Joseph  a  représenté  est  très raisonnable  ;
6.  et  voici  la  loi  qui  a  été  établie  par le  Seigneur  au  sujet  des  filles  de  Sal- phaad. Elles  se  marieront  à  qui  elles voudront,  pourvu  que  ce  soit  à  des hommes  de  leur  tribu  ;
7.  afin  que  l'héritage  des  enfants  d'Is- raël ne  se  confonde  point  en  passant d'une  tribu  à  une  autre.  Car  tous  les hommes  prendront  des  femmes  de  leur tribu  et  de  leur  famille  ;
8.  et  toutes  les  femmes  prendront  des maris  de  leur  tribu  ;  afin  que  les  mêmes héritages  demeurent  toujours  dans  les familles,
9.  et  que  les  tribus  ne  soient  point mêlées  les  unes  avec  les  autres,  mais qu'elles  demeurent
10.  toujours  séparées  entre  elles,  comme elles  l'ont  été  par  le  Seigneur.  Les  filles de  Salphaad  firent  ce  qui  leur  avait  été commandé.
11.  Ainsi  Maala,  Thersa,  Hégla,  Mel- cha et  Noa  épousèrent  les  fils  de  leur oncle  paternel,
12.  de  la  famille  de  Manassé,  fils  de Joseph  ;  et  le  bien  qui  leur  avait  été donné  demeura  de  la  sorte  dans  la  tribu et  dans  la  famille  de  leur  père.
13.  Ce  sont  là  les  lois  et  les  ordon- nances que  le  Seigneur  donna  par  Moise aux  enfants  d'Israël,  dans  la  plaine  de Moab,  le  long  du  Jourdain,  vis-à-vis de  Jéricho.
qui  était  contraire  à  l'ordre  établi  par  Jéhovah. Cf.  XXVI,  52-56.  —  Cum  juUleus.  Cf.  Lev.  xxv, 10.  Le  raisonnement  est  fort  juste.  Sans  doute l'année  jubilaire  rendait  aux  propriétaires  pri- mitifs leurs  biens  -  fonds  aliénés  ;  mais  cette  dis- position de  la  loi  était  annulée  pour  le  cas  pro- posé, les  maris  étant  devenus  de  vrais  proprié- taires.
5-lU*.  Solution  théorique  du  cas  pour  les  filles de  Salphaad  (vers.  5-7),  et  aussi  pour  toutes  les situations  analogues  (vers.  8-10»)  :  Nuhant...  stca tribus  homrnlhus.  Par  cette  simple  restriction, tous  les  droits  étaient  sauvegardés.
10^-12.  Solution  pratique.
13.  Conclusion  du  livre  des  Nombres.
LE  DEUTËRONOME
1«  Ce  nom  est  grec,  comme  ceux  des  trois  premiers  livres  du  Pentateuque* La  Vulgate  nous  Ta  transmis  ^  après  l'avoir  elle-même  emprunté  aux  Septante  : AsuTcpovofjL'.ov,  de  oeurepoç  w[loç,  seconde  loi,  c'est-à-dire  loi  réitérée.  Au  reste,  il ne  fait  que  traduire  l'ancien  titre  iui(  Miëneh  hattôrah  ^,  qu'avait  probablement suggéré  le  texte  même  du  livre  :  Miëneh  hattôrah  hazzôt  ^.  Le  nom  le  plus souvent  employé  par  les  Juifs  consiste  dans  les  premiers  mots  du  texte  hébreu  : 'Elleh  hadd^bârim  ^;  ou,  par  abréviation  :  D'hârim.  Les  rabbins  se  servent  en- core de  cet  autre  titre  :  Se  fer  tokahôt,  Livre  des  reproches.
2°  Le  contenu  et  la  division.  —  Le  Deutéronome  se  compose  de  deux  espèces très  distinctes  de  documents.  11  nous  présente  en  premier  lieu  ^  les  trois  discours adressés  aux  Hébreux  par  Moïse  dans  les  steppes  de  Moab,  vers  la  fin  de  la quarantième  année  qui  s'était  écoulée  depuis  la  sortie  d'Egypte  "^;  en  second lieu^,  une  conclusion  historique,  qui  relate  les  dernières  actions  et  les  dernières paroles  du  libérateur  et  du  médiateur  d'Israël.
Les  discours  forment  la  partie  principale,  et,  pour  ainsi  dire,  le  corps  du  livre, qui  est  par  là -même  divisé  en  trois  parties.
Le  premier  discours  (i,  1-iv,  40),  précédé  d'un  court  prologue  (i,  1-5),  sert d'introduction  aux  deux  autres.  C'est,  d'une  part,  un  magnifique  sommaire  de tout  ce  que  Dieu  avait  accompli  en  faveur  des  Hébreux  depuis  l'institution  de l'alliance  au  pied  du  Sinaï;  d'autre  part,  une  exhortation  pressante  à  l'obéis- sance et  à  la  fidélité.
Le  second  discours  (v,  i-xxvi,  19)  est  le  plus  long  et  le  plus  important  des trois.  Il  promulgue  de  nouveau,  en  termes  très  solennels,  la  loi  théocratique, tout  en  mêlant  encore  aux  détails  législatifs  de  fréquentes  exhortations  à  l'obéis- sance.
Le  troisième  discours  (xxvii,  1-xxx,  20),  très  expressif  dans  sa  brièveté,  se rapporte  soit  à  la  cérémonie  future  du  renouvellement  de  l'alliance '^  dont  il trace  les  rites,  soit  aux  récompenses  ou  aux  peines  qui  devaient  servir  de sanction  à  la  loi.
Le  Deutéronome  ne  contient  pas  une  simple  récapitulation  des  parties  légis- latives de  TExode,  du  Lévitique  et  des  Nombres;  souvent  il  abrège  et  condense, se  contentant  de  renvoyer  d'une  manière  tacite  à  tels  ou  tels  traits  connus  de tous;  souvent  même  il  omet  entièrement  certaines  catégories  de  lois,  par  exemple
*  Voyez  la  p.  15.
2  Deuteronomium.
3  a  Eépétition  de  la  loi.  »
*  Deut.  xvu,  18.  Dans  la  Vulg.  :  «  Deuterono- mium legis  hujus.  »
^1,1.  Vulg.  :  (T  Hœc  sunt  verba.  »
^  Chap.  i-xxx.
^  Cf.  I,  1-5.
^  Chap.  XXXI -XXXIV.
^  Cf.  Jos.  vm,  30-35.
26*
556
LE  DEUTÉRONOME
celles  qui  concernent  les  prêtres  et  les  lévites,  le  sanctuaire,  etc.  ;  souvent  aussi il  ajoute,  ou  en  fait  d'histoire,  ou  en  fait  de  législation,  des  données  complète- ment neuves  ^
3*^  Caractère  distinctif  du  Deutéronome.  —  Ce  livre  possède ,  comme  on  Ta dit  très  justement,  «  une  physionomie  à  part  «  entre  toutes  les  autres  portions du  Pentateuque.  Sous  le  rapport  de  la  forme,  le  genre  adopté  n'est  pas  le  même  : ici,  presque  uniquement  des  discours,  au  lieu  des  récits  historiques  ou  des  séries de  lois  que  nous  trouvons  ailleurs;  ici,  un  style  majestueux,  élevé  comme  celui des  prophètes,  coulant  à  pleins  bords,  au  lieu  de  la  prose  très  sobre  du  narra- teur. Sous  le  rapport  du  fond  :  l'association  constante  de  l'exhortation,  —  tour à  tour  tendre  et  paternelle,  grave  et  menaçante,  toujours  pressante  et  vive,  — à  la  répétition  des  lois;  les  divins  décrets,  qui  avaient  été  proposés  jusque-là d'une  manière  officielle,  sont  maintenant  commentés  par  la  voix  d'un  sage  pré- dicateur, d'un  ami  expérimenté,  d'un  père  aimant.
Et  cette  différence  est  toute  naturelle.  Moïse  va  bientôt  mourir,  et  les  Hé- breux sont  au  seuil  de  la  Terre  promise.  Trente -huit  années  se  sont  écoulées depuis  la  conclusion  de  l'alliance  auprès  du  Sinaï,  et  ceux  qui  avaient  été  té- moins de  ce  grand  fait  ont  disparu  pour  la  plupart;  les  survivants  étaient  trop jeunes  alors  pour  avoir  parfaitement  compris  la  portée  d'un  tel  acte.  Or  la  loi et  son  accomplissement  étaient  toutes  choses  pour  la  nation  théocratique  :  voilà pourquoi  Dieu  inspira  à  son  serviteur  la  pensée  de  présenter  en  bloc  aux  Israé- lites la  collection  de  leurs  devoirs,  l'ensemble  du  code  sacré.  Mais  il  était  na- turel que  Moïse  prît,  pour  cette  promulgation  nouvelle,  un  ton  spécial,  sérieux et  cordial  tout  ensemble,  simple  et  sublime,  capable  de  produire  une  impression permanente^.
Le  Deutéronome  est  donc,  parmi  les  livres  du  Pentateuque,  ce  qu'est  l'évan- gile selon  saint  Jean  comparé  aux  trois  premiers.  Il  a  exercé  une  influence énorme,  digne  de  Moïse:  aussi  est-il  très  fréquemment  cité  par  les  prophètes (spécialement  par  Jérémie,  qui  s'en  approprie  les  pensées  et  les  expressions), et  par  divers  écrivains  du  Nouveau  Testament.
4°  V authenticité  de  ce  beau  livre  est  démontrée  :  1°  par  les  paroles  de  Notre- Seigneur  Jésus -Christ  lui-même  et  de  ses  apôtres,  qui  en  attribuent  très  clai- rement la  composition  à  Moïse  ^;  2°  par  la  tradition  unanime  des  anciens  Juifs et  des  chrétiens;  3°  par  les  preuves  intrinsèques;  notamment:  par  la  couleur locale  des  moindres  traits;  par  la  personnalité  de  Moïse,  —  son  esprit,  son cœur,  —  gravée  à  chaque  ligne;  par  la  parfaite  symétrie  de  l'ensemble,  qui exclut  la  rapsodie  dont  parlent  les  interprètes  rationalistes  ^.  Quant  à  la  con- clusion historique  (xxxi-xxxiv),  Moïse  put  en  écrire  lui-même  la  plus  grande partie;  Josué  ou  quelque  autre  personnage  ajouta  le  dernier  chapitre,  qui  raconte la  mort  du  héros.
5«  Commentaires.  —  Rien  de  récent  à  signaler  parmi  les  œuvres  catholiques. Les  Quœstiones  de  Théodoret  abondent,  ici  comme  pour  le  reste  du  Pentateuque, en  suggestions  heureuses.  Interprètes  modernes  :  Bonfrère,  Cornélius  a  Lapide, Cornélius  Jansenius,  Calmet.
^  Le  commentaire  notera  les  plus  intéressantes. Les  rationalistes  traitent  sans  raison  ces  variantes comme  des  contradictions.
2  Une  étude  de  ce  livre  en  vue  de  la  prédica- tion pourrait  être  très  fructueuse  :  la  morale  ne
saurait  être  mieux  prêchée.
3  Comp.  Mattli.  xix,  7-8,  et  Deut.  xxiv,  7; Act.  m,  22;  VII,  37,  et  Deut.  xvii,  15.
^  Voyez  Vigoureux,  les  Livres  saints  et  la  cri- tique rationaliste,  t.  III,  pp.  17-25.
LE  DEUTÉRONOME
CHAPITRE    I
1.  Voici  les  paroles  que  Moïse  adressa à  tout  Israël  au  deçà  du  Jourdain,  dans la  plaine  du  désert,  vis-à-vis  de  la mer  Kouge,  entre  Pharan  et  Thophel, Laban  et  Haseroth,  où  il  y  a  beaucoup d'or.
2.  Il  y  avait  onze  journées  âe  chemin depuis  l'Horeb  jusqu'à  Cadèsbarné ,  par la  montagne  de  Séir.
3.  En  la  quarantième  année  depuis  la sortie  d'Egypte,  le  premier  jour  du  on- zième mois ,  Moïse  dit  aux  enfants  d'Is- raël tout  ce  que  le  Seigneur  lui  avait ordonné  de  leur  dire  ;
4.  après  la  défaite  de  Séhon,  roi  des Amorrhéens,  qui  habitait  à  Hésébon,  et
1.  Hœc  sunt  verba,  quse  locutus  est Moyses  ad  omnem  Israël,  trans  Jorda- nem,  in  solitudine  campestri,  contra mare  Rubrum,  inter  Pharan  et  Thophel, et  Laban  et  Haseroth,  ubi  auri  est  plu- rimum ,
2.  undecim  diebus  de  Horeb  per  viam montis  Seir  usque  ad  Cadesbarne.
S.Quadragesimo  anno,  undecimo  mense, prima  die  mensis,  locutus  est  Moyses  ad hlios  Israël  omnia  quse  prseceperat  illi Dominus  ut  diceret  eis  ;
4.  postquam  percussit  Sehon,  regem Amorrhseorum ,  qui  habitabat  in  Hese-
PROLOGTJB.  I,  1-5.
C'est  une  sorte  de  long  titre,  plein  de  solen- nité ;  il  fournit  quelques  indications  relatives au  lieu  et  à  l'époque  où  furent  prononcés  les trois  discours  qui  forment  le  fond  du  Deutéro- nome.
Chap.  I. —  1-2.  Formule  de  transition,  qui rattache  ce  livre  aux  pz'écédents.  En  effet,  elle nous  présente  les  discours  de  Moïse  comme  vja. résumé  de  toutes  ses  ce  paroles  »  antérieures  ihœc sunt  verha),  c.-ù-d.  de  toutes  les  communications qu'il  avait  faites  aux  Israélites  à  partir  du  Sinaï, en  son  nom  personnel  ou  de  la  part  de  Dieu.  Cela ressort  très  nettement  des  détails  géographiques qui  suivent,  car  ils  désignent  en  abrégé  toutes les  localités  habitées  ou  traversées  naguère  par  les Hébreux.  L'énumération  a  lieu  en  remontant  la suite  des  stations  et  des  années,  à  partir  des steppes  de  Moab  (trans  Jordanem),  où  le  peuple théocratique  était  alors  campé  (cf.  vers.  5),  jus- qu'au Sinaï.  —  In  solitudine  campestri.  Hébr.  : dans  le  désert,  dans  V'Arabah.  La  première expression,  plus  générale,  représente  toute  l'A- rabie Pétrés;  sur  la  seconde,  voyez  la  note  de Num.  XX,  4.  —  Contra  mare  Rubrum.  Hébr.  : eu  face  de  Suf;  abréviation  probable  de  yâm
Suf,  mer  des  Roseaux,  ou  mer  Rouge.  Selon beaucoup  d'interprètes  modernes,  il  s'agirait  de la  passe  Es-Safah,  mentionnée  à  propos  de Num.  XÂXrv,  4.  —  Inter  Pharan  et  Thophel  : le  désert  de  Pharan  (N"um.  x,  12)  et  la  moderne Tofileh,  ville  assez  importante,  située  au  sud-est de  la  mer  Morte,  dans  la  partie  septentrionale de  l'ancienne  Idumée.  —  On  identifie  habituelle- ment Laban  à  la  station  de  Lebna  (  Num.  xxxni, 21);  sur  Haseroth,  voyez  la  note  de  Num.  xi,  35. —  JJhi  auri  plurimum.  Di-Zahab  de  l'hébreu est  encore  un  nom  de  lieu,  qui  n'est  mentionné nulle  part  ailleurs;  peut-être  le  Dahab  situé  à l'est  du  Sinaï,  sur  les  bords  du  golfe  Élanitique (Atl.  géogr.,  pi.  v). —  Undecim  diebus  de  Horeb... La  distance  est  fixée  d'une  manière  très  exacte , comme  l'ont  reconnu  les  voyageurs.  La  ville  de Cadesbarne  est  citée  comme  le  point  le  plus  rap- proché de  la  Terre  promise,  dont  elle  formait la  limite  méridionale  (cf.  Num.  xxxiv,  4). —  Sur la  différence  qui  existe  entre  V Horeb  et  le  Sinaï, voyez  Ex.  in ,  et  la  note  ;  le  premier  de  ces  deux noms  est  employé  de  préférence  dans  le  Deuté- ronome.
3-5.  Les  circonstances  de  temps  et  de  lieu; nature  des  discours  de  Moïse.  —  Quadragesimo anno...  Date  très  précise,  suivie  (vers.  4-5»)  d'une
658
Deut.  I,  5-11.
bon,  et  Og,  regem   Basan,  qui    mansit in  Astarotli  et  in  Edrai,
5.  trans  Jordanem,  in  terra  Moab. Cœpitque  Moyses  explanare  legem,  et dicere  :
6.  Dominus  Deus  noster  locutus  est ad  nos  in  Horeb ,  dicens  :  Suffîcit  vobis quod  in  hoc  monte  mansistis  ;
7.  revertimini ,  et  venite  ad  montera Amorrhœorum,  et  ad  cetera  quse  ei proxima  sunt  campestria  atque  montana et  humiliora  loca  contra  meridiem,  et juxta  littiis  maris,  terram  Chananseo- rum,  et  Libani  usque  ad  flumen  magnum Euphraten.
8.  En,  inqiiit,  tradidi  vobis;  ingre- dimini  et  possidete  eam,  super  qua  ju- ra vit  Dominus  patribus  vestris,  Abra- ham ,  Isaac ,  et  Jacob ,  ut  daret  illam eis,  et  semini  eorum  post  eos.
9.  Dixique  vobis  illo  in  tempore  :
10.  Non  possum  solus  sustinere  vos, quia  Dominus  Deus  vester  multiplicavit vos ,  et  estis  hodie  sicut  stellaî  cseli ,  plu- rimi.
11.  (Dominus,  Deus  patrum  vestro- rum,  addat  ad  hune  numerum  multa millia,  et  benedicat  vobis  sicut  locutus est.)
d'Og,  roi  de  Basan,  qui    demeurait  à Astaroth  et  à  Édraï,
5.  les  Israélites  étant  au  deçà  du  Jour- dain, dans  le  pays  de  Moab.  Et  il  com- mença à  leur  expliquer  la  loi,  et  à  leur dire  :
6.  Le  Seigneur  notre  Dieu  nous  parla sur  l'Horeb,  et  il  nous  dit  :  Vous  êtes assez  restés  près  de  cette  montagne  ;
7.  mettez -vous  en  chemin,  et  venez vers  la  montagne  des  Amorrhéens,  et dans  tous  les  lieux  voisins  :  dans  les campagnes,  les  montagnes  et  les  val- lées vers  le  midi  et  le  long  de  la  côte de  la  mer  ;  passez  dans  le  pays  des  Cha- nanéens  et  du  Liban,  jusqu'au  grand fleuve  de  l'Euphrate.
8.  Voilà,  dit -il,  que  je  vous  ai  livi-é ce  pays  :  entrez -y  et  mettez -vous  en possession  de  la  terre  que  le  Seigneur avait  promis  avec  serment  de  donner  à vos  pères,  Abraham,  Isaac  et  Jacob,  et à  leur  postérité  après  eux.
9.  Et  moi  en  ce  même  temps  je  vous dis  :
10.  Je  ne  puis  seul  vous  porter,  parce que  le  Seigneur  votre  Dieu  vous  a  telle- ment multipliés,  que  vous  êtes  aujour- d'hui comme  les  étoiles  du  ciel.
11.  (Que  le  Seigneur,  le  Dieu  de  vos pères,  ajoute  encore  à  ce  nombre  plu- sieurs milliers,  et  qu'il  vous  bénisse  se- lon qu'il  l'a  promis.)
date  plus  générale  (postquam  2^(^'''cussit...X  qui dépeint  néanmoins  fort  bien  la  situation  dans laquelle  se  troiwaicnt  les  Israélites.  —  Locutus... quce  prceceperat...  Moïse  parla  donc  en  vertu d'une  inspiration  spéciale.  —  Sur  Astaroth  et Edrai,  voyez  Gen.  xiv,  5;  Nuiii.  xxi,  33,  et  les commentaires.  —  Cœpit...  exjÂanare.  Hébr.  :  lié'er, d'une  racine  qui  signifie  graver.
PREMIER  DISCOURS
servant  d'introduction.  1,6  —  lY,  43.
§  I.  —  Résumé  de  l'histoire  du  peuple  de  Dieu depuis  l'alliance  du  Sinaï.  I,  6  —  III,  29.
Exorde  tout  naturel.  Moïse  se  propose  de  ré- capituler les  principales  prescriptions  de  la  loi et  d'exhorter  les  Israélites  à  une  parfaite  obéis- sance :  il  ne  pouvait  mieux  préparer  ce  double thème  qu'en  rappelant  au  souvenir  du  peuple soit  les  bontés,  soit  les  sévérités  du  Dieu  légis- lateur.
10  Près  de  l'Horeb.  I,  6-18.
6-8.  Le  Seigneur  ordonne  aux  Hébreux  de quitter  la  région  du  Sinaï  et  de  s'avancer  vers la  Terre  pi'omise. —  Suffi,cit...  quod...  La  période de  l'organisation  religieuse  (Ex.  xix-xl;  Lev. i-xxvn)  et  militaire  (Num.  i-x,  10)  d'Israël
avait  pris  fin.  La  nation  n'avait  plus  qu'à  mar- cher vers  ses  glorieuses  destinées.  —  Ad  montem Amorrhceorum  :  le  district  montagneux  du  Négcb, au  nord  de  Cadès,  habité  par  les  Amorrhéens (note  du  vers.  44,  et  Atl.  gèogr.,  pi.  v  et  vu). C'était  la  limite  méridionale  de  la  Terre  sainte  ; les  trois  autres  limites  sont  également  citées  en termes  généraux  :  la  Méditerranée  à  l'ouest,  le Liban  au  nord ,  l'Euphrate  à  l'est.  Quant  aux  mots cetera  quce  proxiraa... ,  ils  contiennent  une  des- cription rapide  de  la  Palestine  :  campestria  (hébr.: Varatah) ,  ici  la  vallée  px'ofonde  du  Jourdain entre  la  mer  Morte  et  le  lac  de  Tibériade  ;  mon- tana, les  montagnes  de  Judée,  d'Éphraïm  et  de Galilée ,  formant  l'arête  centrale  du  pays  ;  humi- liora loca  (hébr.:  la  8'fclah,  dépression),  c.-à-d. la  plaine  basse  et  fertile  qui  s'étend  sur  les  bords de  la  Méditerranée  entre  Gaza  et  le  Carmel  iAtl. géogr.,  pi.  vu).
9-15.  Moïse,  de  concert  avec  le  peuple,  se choisit  des  coadjuteurs.  —  Dixi  vobis...  :  sur  le conseil  de  Jéthro,  Cf.  xviir,  13  et  ss.  —  Estis... sicut  stellce  ccbU.  La  promesse  du  Seigneur  à  Abra- ham ,  Gen.  XV,  5 ,  s'était  réalisée  pleinement.  Le souhait  du  vers.  11  (addat...  multa  millia)  est délicatement  inséré  pour  expliquer  la  plainte  de l'orateur  {non  possum  solus...)  :  Moïse  se  réjouit
Deux.  I,  12-21.
559
12.  Je  ne  puis  porter  seul  le  poids  de vos  affaires  et  de  vos  différends.
13.  Choisissez  d'entre  vous  des  hommes sages  et  habiles,  qui  soient  d'une  vie exemplaire  et  d'une  probité  reconnue parmi  vos  tribus,  afin  que  je  les  éta- blisse pour  être  vos  juges  et  vos  chefs,
14.  Vous  me  répondîtes  alors  :  C'est une  excellente  chose  que  vous  voulez faire.
15.  Et  je  pris  dans  vos  tribus  des hommes  sages  et  nobles,  et  je  les  établis pour  être  vos  princes,  vos  tribuns,  vos chefs  de  cent  hommes,  de  cinquante  et de  dix,  pour  vous  instruire  de  toutes choses.
16.  Je  leur  donnai  cet  avis  en  même temps,  et  je  leur  dis  :  Écoutez  ceux  qui viendront  à  vous,  citoyens  ou  étrangers, et  jugez -les  selon  la  justice.
17.  Vous  ne  mettrez  aucune  différence entre  les  personnes  ;  vous  écouterez  le petit  comme  le  grand,  et  vous  n'aurez aucun  égard  à  la  condition  de  qui  que ce  soit,  parce  que  le  jugement  appar- tient à  Dieu.  Si  vous  trouvez  quelque chose  de  plus  difficile,  vous  me  le  rap- porterez, et  je  l'écouterai.
18.  Et  je  vous  ordonnai  alors  tout  ce que  vous  deviez  faire.
19.  Aj'ant  quitté  l'Horeb,  nous  pas- sâmes par  ce  grand  et  effroyable  désert que  vous  avez  vu,  par  le  chemin  qui conduit  à  la  montagne  des  Amorrhéens, selon  que  le  Seigneur  notre  Dieu  nous l'avait  commandé.  Et  étant  venus  à Cadèsbarné,
20.  je  vous  dis  :  Vous  voilà  arrivés vers  la  montagne  des  Amorrhéens,  que le  Seigneur  notre  Dieu  doit  nous  don- ner.
21.  Considérez  la  terre  que  le  Sei- gneur votre  Dieu  vous  donne  ;  montez -y, et  rendez-vous-en  maîtres ,  selon  que  le Seigneur  notre  Dieu  l'a  promise  à  vos pères  ;  ne  craignez  point,  et  que  rien  ne vous  étonne.
12.  Non  valeo  solus  negotia  vestra sustinere,  et  pondus  ac  jurgia;
13.  date  ex  vobis  viros  f.-apientes  et gnaros,  et  quorum  conversatio  sit  pro- bata  in  tribubus  vestris,  ut  ponam  eos vobis  principes.
14.  Tune  respondistis  mihi  :  Bona  res est,  quam  vis  facere.
15.  Tulique  de  tribubus  vestris  viros sapientes  et  nobiles,  et  constitui  eos principes,  tribunos,  et  centuriones,  et quinquagenarios  ac  decanos,  qui  doce- rent  vos  singula.
16.  Prsecepique  eis,  dicens  :  Audite illos,  et  quod  justum  est  judicate,  sive civis  sit  ille,  sive  peregrinus.
17.  Nulla  erit  distantia  personarum  ; ita  parvum  audietis  ut  magnum,  nec accipietis  cujusquam  personam  ;  quia Dei  judicium  est.  Quod  si  difficile  vobis visum  aliquid  fuerit,  referte  ad  me,  et ego  audiam.
18.  Praecepique  omnia  quse  facere  de- beretis.
19.  Profecti  autem  de  Horeb,  trans- ivimus  per  eremum  terribilem  et  maxi- mam,  quam  vidistis,  per  viam  montis Amorrhaei ,  sicut  praeceperat  Dominus Deus  noster  nobis.  Cumque  venissemus in  Cadesbarne,
20.  dixi  vobis  :  Venistis  ad  montem Amorrhœi,  quem  Dominus  Deus  noster daturus  est  nobis.
21.  Vide  terram  quam  Dominus  Deus tuus  dat  tibi;  ascende  et  posside  eam, sicut  locutus  est  Dominus  Deus  noster patribus  tuis  ;  noli  timere,  nec  quidquam paveas.
le  premier  de  la  force  de  sa  nation;  mais  plus Israël  est  nombreux,  moins  il  est  possible  à  un seul  bomme  de  le  conduire.  —  Tulique. .  prin- cipes,  tribunos...  On  a  calculé  que  ces  auxiliaires étaient  au  nombre  d'environ  78  600.
16-18.  Instructions  de  Moïse  à  ses  coadjuteurs. —  Il  leur  recommande  surtout  l'équité  (quod justum  est...},  l'impartialité  (sive  civis...).  Il  se réserve  la  solution  des  cas  difiSciles  (gwod  si  diffi- cile...).
2°  A  Cadèsbarné.  I,  19-46.
19.  Du  Sinaï  à  Cadèsbarné.  — •  Per  eremum  ter-
ribilem... La  péninsule  sinaïtique  dans  sa  plus grande  partie.  Cf.  Num.  x,  11-xin,  1,  et  VAtl. géogr.,  pi.  v.
20-25.  Envoi  d'explorateurs  dans  le  pays  de Chanaan.  Cf.  Num.  xin,  2-28.  —  Bixi  vobis. Ces  paroles  encourageantes  des  vers.  20  et  21 n'ont  pas  été  citées  dans  le  premier  récit.  — Accessistis  (vers.  22)...  Voyez  le  commentaire  de Num.  XIII,  2.  Actuellement,  ainsi  qu'il  convenait à  son  but,  Moïse  appuie  sur  les  circonstances qui  aggravaient  la  responsabilité  du  peuple  : Israël,  après  avoir  demandé  spontanément  l'en-
5G0
Deut.  Ij  22-31.
22.  Et  accessistis  ad  me  omnes,  atqne dixistis  :  ^littamus  viros  qui  considèrent terram,  et  renuntient  per  quod  iter  de- beamus  ascendere,  et  ad  quas  pergcre civitates.
23.  Cumque  mihi  sermo  placuisset, misi  ex  vobis  duodecim  viros,  singulos de  tribubus  suis,
24.  qui  cum  perrexissent ,  et  ascendis- sent  in  montana,  venerunt  usque  ad  val- lem  Botri  ;  et  considerata  teiTa ,
25.  sumentes  de  fructibus  ejus,  ut ostenderent  ubertatem,  attulerunt  ad nos,  atque  dixerunt  :  Bona  est  terra, quam  Dominus  Deus  noster  daturus  est nobis.
26.  Et  noluistis  ascendere  ;  sed,  incre- duli  ad  sermonem  Domini  Dei  nostri ,
27.  murmurastis  in  tabernaculis  ve- stris,  atque  dixistis  :  Odit  nos  Dominus, et  idcirco  eduxit  nos  de  terra  ^gypti, ut  traderet  nos  in  manu  Amorrliœi, atque  deleret.
28.  Quo  ascendemus?  Nuntii  terrue- runt  cor  nostrum,  dicentes  :  Maxima multitudo  est, et  nobis  statura  procerior; urbos  magnse,  et  ad  cselum  usque  mu- nitas  ;  filios  Enacim  vidimus  ibi.
29.  Et  dixi  vobis  :  Nolite  metuere,  nec timeatis  eos.
30.  Dominus  Deus,  qui  ductor  est vester,  pro  vobis  ipse  pugnabit,  sicut fecit  in  ^gypto  cunctis  videntibus.
31.  Et  in  solitudine  (ipse  vidisti) portavit  te  Dominus  Deus  tuus,  ut  solet homo  gestare  parvulum  fîlium  suum, in  omni  via  per  quam  ambulastis,  donec veniretis  ad  locum  istum.
22.  Alors  vous  vîntes  tous  me  trou- ver, et  vous  me  dîtes  :  Envoyons  des hommes  qui  explorent  le  pays,  et  qui nous  marquent  le  cliemin  par  où  nous devons  entrer,  et  les  villes  où  nous  de- vons aller.
23.  Ayant  approuvé  cet  avis,  j'en- V03^ai  douze  hommes  d'entre  vous ,  un de  chaque  tribu ,
24.  qui,  s'étant  mis  en  route,  et  ayant passé  les  montagnes ,  vinrent  jusqu'à  la vallée  de  la  Grappe  de  raisin  ;  et ,  après avoir  exploré  le  pays,
25.  ils  prirent  des  fruits  qu'il  produit, pour  nous  faire  voir  combien  il  était fertile  ;  et  nous  les  ayant  apportés ,  ils nous  dirent  :  La  terre  que  le  Seigneur notre  Dieu  veut  nous  donner  est  très bonne.
26.  Mais  vous  ne  voulûtes  point  y  al- ler; et  étant  incrédules  à  la  parole  du Seigneur  notre  Dieu,
27.  vous  murmurâtes  dans  vos  tentes, en  disant  :  Le  Seigneur  nous  hait,  et  il nous  a  fait  sortir  de  l'Egypte  pour  nous livrer  entre  les  mains  des  Amorrhéens, et  pour  nous  exterminer.
28.  Où  monterons -nous?  Ceux  que nous  avons  envoyés  nous  ont  jeté  l'épou- vante dans  le  coeur,  en  nous  disant  : Ce  pa5''s  est  extrêmement  peuplé;  les hommes  y  sont  d'une  taille  beaucoup  plus haute  que  nous  ;  leurs  villes  sont  grandes et  fortifiées  de  murs  qui  vont  jusqu'au ciel  ;  nçus  avons  vu  là  des  gens  de  la race  d'Enac.
29.  Et  je  vous  dis  alors  :  N'ayez  pas peur,  et  ne  les  craignez  point.
30.  Le  Seigneur  votre  Dieu,  qui  est votre  guide,  combattra  lui-même  pour vous,  ainsi  qu'il  a  fait  en  Egypte  à  la vue  de  tous  les  peuples.
31.  Et  vous  avez  vu  vous-mêmes  dans ce  désert  que  le  Seigneur  votre  Dieu vous  a  portés  dans  tout  le  chemin  par où  vous  avez  passé,  comme  un  homme a  coutume  de  porter  son  petit  enfant entre  ses  bras,  jusqu'à  ce  que  vous  soyez arrivés  en  ce  lieu.
vol  des  explorateurs ,  se  laissa  ensuite  décourager par  eux.
26-33.  Le  manque  de  foi.  Cf.  Nnm.  xiii,  29- XIV,  10.  —  Noluistis...  La  génération  coupable  de cet  acte  d'Incrédulité  était  entièrement  éteinte (cf.  vers.  34-35);  les  reproches  ne  s'adressent  h l'auditoire  actuel  qu'en  tant  qu'il  formait  avec elle  une  seule  et  même  personne  morale.  Figure ora4;oire  très  frcc^ucute.  —  Odit  nos,»,  iâcirco..,^
Trait  nouveau,  plein  d'ingratitude.  —  Terruerunt (vers.  28)...  Hébr.:  ils  ont  fait  couler  notre  cœur  ; c.-à-d.  ils  lui  ont  enlevé  toute  fermeté.  —  Les traits  w?-6es...  ad  cœlum  usque  munitce,  et  dixi vobis...  n'avaient  pas  été  mentionnés  au  livre  des Nombres.  —  Portavit  te...  id  solet  homo...  Lo- cution très  expressive ,  pour  dépeindre  la  conduite si  aimante  du  iSeigneur  envers  son  peuple.  Cf. Num.  xi„  12.
Deut.  I,  32-42.
561
32.  Mais  tout  ce  que  je  vous  dis  alors ne  put  vous  engager  à  croire  au  Sei- gneur votre  Dieu,
33.  qui  a  marché  devant  vous  le  long du  chemin,  qui  vous  a  marqué  le  lieu  où vous  deviez  dresser  vos  tentes ,  qui  vous a  montré  le  chemin,  la  nuit  par  la  co- lonne de  feu,  et  le  jour  par  la  colonne de  nuée.
34.  Le  Seigneur,  ayant  donc  entendu vos  murmures,  s'irrita  et  dit  avec  ser- ment :
35.  Nul  des  hommes  de  cette  race criminelle  ne  verra  l'excellente  terre que  j'avais  juré  de  donner  un  jour  à vos  pères  ;
36.  excepté  Caleb,  fils  de  Jéphoné. Car  celui-là  la  verra,  et  je  lui  donnerai, à  lui  et  il  ses  enfants,  la  terre  où  il  a marché,  parce  qu'il  a  suivi  le  Seigneur.
37.  Et  on  ne  doit  pas  s'étonner  de cette  indignation  du  Seigneur  contre  le peuple,  puisque,  s'étant  irrité  contre  moi- même  à  cause  de  vous,  il  me  dit  :  Vous non  plus,  vous  n'y  entrerez  point  ;
38.  mais  Josué,  fils  de  Nun,  votre ministre,  y  entrera  à  votre  place.  Exhor- tez-le et  fortifiez-le,  car  ce  sera  lui  qui divisera  la  terre  par  le  sort  à  tout  Is- raël.
39.  Vos  petits  enfants,  dont  vous  avez dit  qu'ils  seraient  emmenés  captifs,  et vos  enfants,  qui  ne  savent  pas  encore discerner  le  bien  et  le  mal,  seront  ceux qui  entreront  dans  cette  terre.  Je  la  leur donnerai,  et  ils  la  posséderont.
40.  Mais  pour  vous,  retournez,  et  al- lez-vous-en dans  le  désert  par  le  chemin qui  conduit  vers  la  mer  Rouge.
41.  Vous  me  répondîtes  alors  :  Nous avons  péché  contre  le  Seigneur.  Nous monterons,  et  nous  combattrons  comme le  Seigneur  notre  Dieu  nous  l'a  ordonné. Et  lorsque  vous  marchiez  les  armes  à  la main  vers  la  montagne,
42.  le  Seigneur  me  dit  :  Dites -leur  : N'entreprenez  point  de  monter  et  de combattre,  parce  que  je  ne  suis  pas  avec vous,  et  que  vous  succomberez  devant vos  ennemis.
32.  Et  nec  sic  quidem  credidistis  Do- mino Deo  vestro,
33.  qui  prsecessit  vos  in  via,  et  me- tatus  est  locum  in  quo  tentoria  figere deberetis,  nocte  ostendens  vobis  iter  per ignem,  et  die  per  columnam  nubis.
34.  Cumque  audisset  Dominus  vocem sermonum  vestrorum,  iratus  juravit,  et ait  :
35.  Non  videbit  quispiam  de  liomi- nibus  generationis  hujus  pessimse  ter- ram  bonam,  quam  sub  juramento  polli- citus  sum  patribus  vestris,
36.  prseter  Caleb,  filium  Jephone;ipse enim  videbit  eam,  et  ipsi  dabo  terram quam  calcavit,  et  filius  ejus,  quia  secutus est  Dominum.
37.  Nec  miranda  indignatio  in  popu- lum,  cum  mihi  quoque  iratus  Dominus propter  vos  dixerit  :  Nec  tu  ingredieris illuc  ;
38.  sed  Josue,  filius  Nun,  minister tuus,  ipse  intrabit  pro  te.  Hune  exhor- tare  et  robora ,  et  ipse  sorte  terram  di- videt  Israeli.
39.  Parvuli  vestri,  de  quibus  dixistis quod  captivi  ducerentur,  et  filii  qui  hodie boni  ac  mali  ignorant  distantiam,  ipsi ingredientur ;  et  ipsis  dabo  terram,  et possidebunt  eam.
40.  Vos  autem,  revertimini,  et  abite in  solitudinem  per  viam  maris  Rubri.
41.  Et  respondistis  mihi  :  Peccavimus Domino;  asceudemus  et  pugnabimus, sicut  praecepit  Dominus  Deus  noster. Cumque  instructi  armis  pergeretis  in montem ,
42.  ait  mihi  Dominus  :  Die  ad  eos  : Nolite  ascendere,  neque  pugnetis,  non enim  sum  vobiscum,  ne  cadatis  coram inimicis  vestris.
34-40.  La  colère  divine,  suscitée  par  l'incré- dulité d'Israël.  Cf.  Num.  xiv,  10-38.  —  Nec  tu ingredieris...  En  réalité,  cette  sentence  person- nelle contre  Moïse  ne  fut  prononcée  que  trente- sept  ans  après  l'épisode  de  Cadès  (Num.  xx,  13); mais,  ainsi  qu'il  a  été  dit,  l'orateur  condense les  faits  pour  les  présenter  d'une  façon  plus  frap- pante. Moïse  se  proposait  Ici  de  montrer  qu'il
n'avait  pas  échappé  lui-même  au  terrible  décret d'exclusion  lancé  contre  la  masse  du  peuple.
41-46.  La  désobéissance  d'Israël  est  sévère- ment punie.  Cf.  Num.  xiv,  39-45.  —  Egressus AmorrhcBUs  (vers.  44).  Au  passage  parallèle  des Nombres  (xiv,  45),  nous  lisons  :  «  L'Amalécite et  le  Chananéen;  »  mais  ces  deux  notes  con- cordent très  bien  entre  elles;  ici  et  ailleurs,  les
5C2
Deut.  I,  43  —  II,  g.
43.  Locutus  sum,  et  non  audistis  ;  sed adversantes  imperio  Domini,  et  tu- mentes  superbia,  ascendistis  in  mon- tem.
44.  Itaqiie  egressus  Amorrhseus,  qui habitabat  in  montibus,  et  obviam  ve- niens,  persecutus  est  vos,  sicut  soient apes  persequi,  et  cecidit  de  Seir  usque Horma.
-45.  Cumque  reversi  ploraretis  coram Domino ,  non  audivit  vos ,  nec  voci  ve- strse  voluit  acquiescere.
46.  Sedistis  ergo  in  Cadesbarne  multo tempore.
43.  Je  vous  le  dis,  et  vous  ne  m'écou- tâtes  point  ;  mais ,  vous  opposant  au commandement  du  Seigneur,  et  étant enflés  d'orgueil,  vous  montâtes  sur  la montagne.
44.  Alors  les  Amorrhéens  qui  habi- taient sur  les  montagnes  ayant  paru ,  et étant  venus  au-devant  de  vous,  vous poursuivirent  comme  les  abeilles  pour- suivent celui  qui  les  irrite,  et  vous  tail- lèrent en  pièces  depuis  Séïr  jusqu'à Horma.
45.  A  votre  retour,  vous  vous  mîtes  à pleurer  devant  le  Seigneur  ;  mais  il  ne vous  écouta  point ,  et  il  ne  voulut  point se  rendre  à  vos  prières.
46.  Ainsi  vous  demeurâtes  longtemps à  Cadèsbarné.
CHAPITRE  II
1.  Profectique  inde  venimus  in  soli- tudinem  quse  ducit  ad  mare  Eubrum, sicut  mihi  dixerat  Dominus  ;  et  circuivi- mus  montem  Seir  longo  tempore.
2.  Dixitque  Dominus  ad  me  :
3.  Suiïicit  vobis  circuire  montem  is- tum  ;  ite  contra  aquilonem ,
4.  et  populo  prsecipe ,  dicens  :  Trans- ibitis  per  termines  fratrum  vestrorum, filiorum  Esau,  qui  habitant  in  Seir,  et timebunt  vos.
5.  Yidete  ergo  diligenter  ne  movea- mini  contra  eos  ;  neque  enim  dabo  vobis de  terra  eorum  quantum  potest  unius pedis  calcare  vestigium,  quia  in  posses- sionem  Esau  dedi  montem  Seir.
6.  Cibos  emetis  ab  eis  pecunia,  et  co-
1.  Nous  partîmes  de  ce  lieu -là,  et nous  vînmes  au  désert  qui  mène  à  la mer  Eouge,  selon  que  le  Seigneur  me l'avait  ordonné  ;  et  nous  tournâmes  long- temps autour  du  mont  Séir.
2.  Le  Seigneur  me  dit  alors  :
3.  Vous  avez  assez  tourné  autour  de cette  montagne,  allez  maintenant  vers le  septentrion  ;
4.  et  ordonnez  ceci  au  peuple,  et  dites- lui  :  Vous  passerez  sur  les  limites  des terres  des  enfants  d'Esaii  vos  frères, qui  habitent  à  Séir,  et  ils  vous  crain- dront.
5.  Gardez-vous  donc  bien  de  les  atta- quer. Car  je  ne  vous  donnerai  pas  un seul  pied  de  terre  dans  leur  pays ,  parce que  j'ai  abandonné  à  Esali  le  mont  Séir, afin  qu'il  le  possédât.
6.  Vous  achèterez  d'eux  à  prix  d'ar-
Amorrhéens  sont  cités  comme  les  représentants de  toutes  les  peuplades  chananéennes ,  parmi  les- quelles ils  occupaient  le  premier  rang  pour  le nombre  et  pour  la  force.  —  Sicut  soient  apes... Comparaison  énergique  et  toute  classique.  Sur Horma,  voyez  Num.  xiv,  45,  et  l'explication.  — Cumque...  ploraretis...  Trait  nouveau,  drama- tique. —  In  Cadesbarne  m,ulto  tempore  :  pas immédiatement  après  leur  défaite,  mais  avant l'envoi  des  explorateui-s ,  et  surtout  à  l'époque de  leur  second  séjour,  trente-sept  ans  plus  tard. Vo3'ez  le  commentaire  de  Num.  xx,  1.
3°  De  Cadès  au  torrent  de  Zared.  II,  1-15.
Chap.  II.  —  1  -  7.  Le  Seigneur  interdit  aux Hébreux  d'attaquer  les  Iduméens.  Détails  nou- veaux; comparez  Num.  xx,  14-21.  —  In  solitu-
dinem  (hébr.  :  midbar,  le  désert)  quœ...  ad mare...  :  l'aride  vallée  d'Arabah.  —  Circuivimus montem  Seir.  Cf.  Num.  xxi,  4,  et  le  commen- taire. Longo  tempore,  est-il  ajouté  ;  en  effet,  pour faire  ce  circuit,  il  fallait  descendre  au  sud  jusque auprès  du  golfe  Élanitique  ,  et  remonter  au  nord de  manière  à  atteindre  l'embouchure  du  Jour- dain par  le  plateau  de  Moab.  Atl.  géogr.,  pi.  v. —  Suffi.cit  vobis  circuire  :  sans  essaj-'er  de  s'ou- vrir de  vive  force  un  passage  à  travers  les  ouadis de  Séir.  —  Transibitis  per  terminos  (vers.  5)  : le  long  des  frontières  de  l'ouest,  puis  de  l'est. — Esau  dedi...  Cf.  Gen.  xxvii,  39-40,  et  l'explica- tion ;  XXXVI,  8  et  ss.  —  Cibos  emetis...  Le  vers.  29 dit  qu'ils  le  firent  en  effet,  les  Iduméens  n'aj'ant pas  osé  leur  refuser  ce  service  (cf.  vers.  4  :  «  ti-
Deut.  II,  7-13.
5G3
gent  tout  ce  que  vous  mangerez,  et  vous achèterez  aussi  l'eau  que  vous  puiserez et  que  vous  boirez.
7.  Le  Seigneur  votre  Dieu  vous  a  bé- nis dans  toutes  les  œuvres  de  vos  mains  ; le  Seigneur  votre  Dieu  a  eu  soin  de  vous dans  votre  chemin,  lorsque  vous  avez passé  par  ce  grand  désert  ;  il  a  habité avec  vous  pendant  quarante  ans,  et  vous n'avez  manqué  de  rien.
8.  Après  que  nous  eûmes  passé  les terres  des  enfants  d'Esaii  nos  frères,  qui habitaient  à  Scir,  marchant  par  le  che- min de  la  plaine  d'Elath  et  d'Asionga- ber,  nous  vînmes  au  chemin  qui  mène  au désert  de  Moab.
9.  Alors  le  Seigneur  me  dit  :  Ne  com- battez point  les  Moabites,  et  ne  leur faites  pas  la  guerre,  car  je  ne  vous donnerai  rien  de  leur  pays,  parce  que j'ai  donné  Ar  aux  enfants  de  Lot,  afin qu'ils  la  possèdent.
10.  Les  Emim,  qui  ont  habité  les  pre- miers ce  pays,  étaient  un  peuple  grand et  puissant,  et  d'une  si  haute  taille, qu'on  les  croyait  de  la  race  d'Énac, comme  les  géants,
11.  car  ils  étaient  semblables  aux  en- fants d'Enac.  Enfin  les  Moabites  les  ap- pellent Emim.
12.  Quant  au  pays  de  Séir,  les  Hor- rhéens  y  ont  habité  autrefois  ;  mais  après qu'ils  en  eurent  été  chassés  et  extermi- nés, les  enfants  d'Esaii  y  habitèrent, comme  le  peuple  d'Israël  s'est  établi dans  la  terre  que  le  Seigneur  lui  a  don- née pour  la  posséder.
13.  Nous  nous  disposâmes  donc  à  pas- ser le  torrent  de  Zared,  et  nous  vînmes près  de  ce  torrent.
medetis,   aquam   emptam   haurietis    et bibetis.
7.  Dominus  Deus  tuus  benedixit  tibi in  omni  opère  manuum  tuarum  ;  novit iter  tuum,  quomodo  transieris  solitudi- nem  hanc  magnam,  per  quadraginta annos  habitans  tecum  Dominus  Deus tuus,  et  nihil  tibi  defuit.
8.  Cumque  transissemus  fratres  no- stros,  filios  Esau,  qui  habitabant  in  Seir, per  viam  campestrem  de  Elath,  et  de Asiongaber,  venimus  ad  iter  quod  ducit in  desertum  Moab.
9.  Dixitque  Dominus  ad  me  :  Non pugnes  contra  Moabitas,  nec  ineas  ad- versus  eos  prselium  ;  non  enim  dabo  tibi quidquam  de  terra  eorum,  quia  tiliis  Lot tradidi  Ar  in  possessionem.
10.  Emim  primi  fuerunt  habitatores ejus,  populus  magnus,  et  validus,  et tam  excelsus,  ut  de  Enacim  stirpe,
11.  quasi  gi gantes,  crederentur,  et essent  similes  tiliorum  Enacim.  D'inique Moabitae  appellant  eos  Emim.
12.  In  Seir  autem  prius  habitaverunt Horrhœi;  quibus  expulsis  atque  deletis, habitaverunt  filii  Esau,  sicut  fecit  Israël in  terra  possessionis  suse,  quam  dédit  illi Dominus.
13.  Surgentes  ergo  ut  transiremus  tor- rentem  Zared,  venimus  ad  eum.
mebunt  vos  »).  • —  Aquam  emptam  haurietis. C'est  le  sens.  L'hébreu  porte  :  Vous  creuserez  des eaux  à  (prix  d')  argent;  c.-à-d.  qu'Israël  devait acheter  le  droit  de  creuser  des  pviits  sur  le  ter- ritoire iduméen.  A  ce  propos,  Moïse  excite  les Hébreux  à  la  reconnaissance  envers  Jéhovah,  qui n'a  laissé  son  peuple  manquer  de  rien  depuis  sa sortie  d'Egypte  (vers.  7).
8-9.  Interdiction  analogue  concernant  les  Moa- bites (autres  détails  nouveaux).  —  Per  viam campestrem.  Hébr,  :  par  le  chemin  de  V'arabah. —  Elath:  l'AlXtiv  ou  Aïky.vri  des  Grecs,  port situé  à  l'extrémité  du  golfe  de  la  mer  Rouge auquel  il  a  donné  son  nom  (Atl.  géogr.,  pi.  v). Sur  Asiongaber,  autre  port  situé  dans  le  voisi- nage d'Élath,  voyez  Num.  xxxin,  35.  —  Non... contra  Moabitas.  Fils  de  Lot  (Gen.  xix,  36-37), ils  étaient  les  frères  d'Israël,  c.-à-d.  de  la  même race.  —  Tradidi  Ar...  :  la  capitale  de  Moab.  Voyez Kum.  XXI,  15,  et  l'explication.
10-12.  Note  rétrospective  sur  les  habitants primitifs  des  territoires  de  Moab  et  de  Séir. C'est  une  sorte  de  parenthèse  ethnographique, destinée  h  prouver  que  les  Moabites  et  les  Idu- méens  ne  possédaient  vraiment  qu'en  vertu  d'un don  divin  (vers.  5  et  9)  les  districts  qu'ils  occu- paient alors.  Seuls,  comment  auraient -Ils  réussi à  refouler  et  à  extirper  des  peuplades  redou- tables? —  Les  Emim,  comme  les  Enacim,  ap- partenaient à  la  tribu  gigantesque  des  R'/â'im (nom  propre ,  dont  la  Vulgate  a  fait  un  nom  com- mun ,  gigantes  ).  Voj'ez  les  notes  de  Gen.  xiv,  5 , et  de  Num.  xiii,  22,  Ces  tribus  étaient  floris- santes dans  la  Palestine  au  temps  d'Abraham. —  In  Seir...  Horrhœi.  Voyez  Gen.  xrv,  6  (et  le commentaii'e  )  ;  xxxvi,  20-30.  —  Sicut  fecit  Is- raël... Allusion  aux  conquêtes  récentes  d'Israël dans  la  Palestine  transjordanienne.  Cf.  vers.  26 et  ss.
13-15.  Les  Hébreux  auprès  du  Zared.—  Zared:
664
Deut.  Il,  14-23.
14.  Tempns  autem  quo  ambulavimus de  Cadesbarne  usque  ad  transitum  tor- rentis  Zareb,  triginta  et  octo  annorum fuit,  donec  consumeretur  omnis  gene- ratio  hominum  bellatorum  de  castris, sieut  juraverat  Dominus;
15.  eu  jus  manus  fuit  adversum  eos,  ut interirent  de  castrorum  medio.
16.  Postquam  autem  universi  cecide- runt  pugnatores,
17.  locutus  est  Dominus  ad  me,  di- cens  :
18.  Tu  transibis  hodie  termines  Moab, iirbem  nomine  Ar;
19.  et  accedens  in  vicina  filiorum Ammon,  cave  ne  pugnes  contra  eos, nec  movearis  ad  prœlium  ;  non  enim dabo  tibi  de  terra  liiiorum  Ammon, quia  filiis  Lot  dedi  eam  in  possessio- nem.
20.  Terra  gigantum  reputata  est,  et in  ipsa  olim  habitaverunt  gigantes,  quos Ammonitœ  vocant  Zomzommim,
21.  populus  magnus  et  multus  et  pro- ceras  longitudinis,  sicut  Enacim  quos delevit  Dominus  a  facie  eorum,  et  fecit illos  habitare  pro  eis,
22.  sicut  fecerat  iiliis  Esau,  qui  ha- bitant in  Seir,  delens  Horrhseos,  et  ter- ram  eorum  illis  tradens,  quam  possident usque  ad  prÊesens.
23.  Hevœos  quoque,  qui  habitabant in  Haserim  usque  ad  Gazam,  Cappa- doces  expulerunt,  qui,  egressi  de  Cap- padocia,  deleverunt  eos,  et  habitaverunt pro  illis.
14.  Or  le  temps  que  nous  mîmes  h marcher  depuis  Cadèsbarné  jusqu'au passage  du  torrent  de  Zared  fut  de trente -huit  ans,  jusqu'à  ce  que  toute  la race  des  loremiers  guerriers  eût  été  exter- minée du  camp,  selon  que  le  Seigneur l'avait  juré  ;
15.  car  sa  main  a  été  sur  eux,  pour  les faire  tous  périr  du  milieu  du  camp.
16.  Après  la  mort  de  tous  ces  hommes de  guerre,
17.  le  Seigneur  me  parla,  et  me  dit  :
18.  Vous  passerez  aujourd'hui  les  con- fins de  Moab  et  la  ville  d'Ar  ;
19.  et  lorsque  vous  approcherez  des fjontières  des  enfants  d'Ammon,  gardez- vous  bien  de  les  combattre  et  de  leur faire  la  guerre  ;  car  je  ne  vous  donnerai rien  du  pays  des  enfants  d'Ammon, parce  que  je  l'ai  donné  aux  enfants  de Lot,  afin  qu'ils  le  possèdent.
20.  Ce  pays  a  été  considéré  autrefois comme  le  pays  des  géants,  parce  que les  géants  y  ont  habité,  ceux  que  les Ammonites  appellent  Zomzommim.
21.  C'était  un  peuple  grand  et  nom- breux, et  d'une  taille  fort  élevée,  comme les  Enacim.  Le  Seigneur  les  a  extermi- nés par  les  Ammonites ,  qu'il  a  fait  ha- biter dans  leur  pays  à  leur  place,
22.  comme  il  avait  fait  à  l'égard  des enfants  d'Esaii  qui  habitent  à  Séir, ayant  exterminé  les  Horrhéens,  et  donné leur  pays  à  ces  enfants  d'Esaii,  qui  le possèdent  encore  aujourd'hui.
23.  Les  Hévéens  de  même,  qui  habi- taient à  Hasérim  jusqu'à  Gaza,  en  furent chassés  par  les  Cappadociens ,  qui,  étant sortis  de  la  Cappadoce,  les  extermi- nèrent, et  s'établirent  à  leur  place  en ce  pays -là.
voyez  la  note  de  Num,  xxi,  12.  —  Tempus  au- tem... Durée  des  ptrégrinations  d'Israël  ù  travers le  désert,  entre  les  stations  de  Cadès  et  du Zared,  situées  l'une  et  l'autre  sur  les  confins  du territoire  que  devaient  posséder  les  Hébreux.
4û  Du  Zared  à  l'Arnon.  II,  16-25.
16-19.  Dieu  interdit  aussi  à  son  peuple  d'atta- quer les  Ammonites  (trait  qui  n'avait  pas  été  en- core mentionné).  —  Transibis...  tervilnos  Moab. Continuant  leur  route  vei's  le  nord ,  les  Hébreux devaient  laisser  à  leur  gauche  le  territoire  de  iMoab et  longer  le  désert  qui  s'étendait  ù  leur  droite. —  In  vicina...  Ammon.  L'Arnon  servait  de  fron- tière septentrionale  aux  Moabites;  après  l'avoir franclii,  on  pénétrait  aussitôt  dans  le  royaume amorrhéen  de  Séhon  du  côté  de  l'ouest,  et,  du côté  de  l'est,  dans  le  pays  des  Ammonites.  Yoy.
VAtl.  gèogr.,  pi.  v  et  vu.  —  Cave  ne  pugnes (vers.  15)...  Ammon  était  fils  de  Lot,  comme Moab  (  Gen.  xix ,  38  )  ;  Jéhovah  lui  a  accordé  à ce  titre  une  protection  spéciale  (dedi...  in  pos- sessionem),  et  il  veut  qu'Israël  ménage  pour  le moment  tous  ces  peuples  frères.
20-23.  Autre  note  l'étrospective  sur  les  anciens habitants  de  ces  régions.  Elle  a  pour  but,  comme la  précédente  (vers.  10-12),  de  démontrer  le  «  dedi in  possessionem  »  (Aei's.  19).  —  Zomzommim: peuplade  que  l'on  croit  ne  pas  différer  des  Zuzim de  Gon.  xiv,  5.  —  IIcvccos  :  tribu  chananéennc mentionnée  déjà  dans  la  Table  des  peuples,  Gen. x,17,  et  qui,  à  l'époque  de  Jacob,  occupait  Si- chcm  et  les  environs  (  Gen.  xxxiv,  2  )  ;  le  texte hébreu  nous  les  montre  ici  installés  ^^  dans  des villages  (Vulg.,  inexactement  :  in  Haserim)  jus-
Dedt.  II,  24-31.
i65
24.  Levez -Tons  donc,  vous  dit  alors  le Seigneur,  et  passez  le  torrent  de  l' Arnon  ; car  je  vous  ai  livré  Séhon  l'Amorrhcen, roi  d'ilésébon  ;  commencez  à  entrer  en possession  de  son  pays,  et  combattez contre  lui.
25.  Je  commencerai  aujourd'hui  à  je- ter la  terreur  et  l'effroi  de  vos  armes dans  tous  les  peuples  qui  habitent  sous le  ciel;  afin  qu'au  seul  bruit  de  votre nom  ils  tremblent,  et  qu'ils  soient  péné- trés de  frayeur  et  de  douleur  comme  les femmes  qui  sont  dans  le  travail  de  l'en- fantement.
26.  J'envoyai  donc  du  désert  de  Cadé- moth  des  ambassadeurs  vers  Séhon,  roi d'Hésébon,  pour  lui  porter  des  paroles de  paix ,  en  lui  disant  :
27.  Nous  ne  demandons  qu'à  passer par  vos  terres  ;  nous  marcherons  par  le grand  chemin,  nous  ne  nous  détourne- rons ni  à  droite  ni  à  gauche.
28.  Vendez -nous  tout  ce  qui  nous sera  nécessaire  pour  manger;  donnez- nous  aussi  de  l'eau  pour  de  l'argent,  afin que  nous  puissions  boire  ;  et  permettez- nous  seulement  de  passer  par  votre pays,
29.  comme  ont  bien  voulu  nous  le permettre  les  enfants  d'Esaii  qui  ha- bitent en  Séir,  et  les  Moabites  qui  de- meurent à  Ar  ;  jusqu'à  ce  que  nous  soyons arrivés  au  bord  du  Jourdain,  et  que nous  passions  dans  la  terre  que  le  Sei- gneur notre  Dieu  doit  nous  donner.
30.  Mais  Séhon,  roi  d'Hésébon,  ne voulut  point  nous  accorder  le  passage  ; parce  que  le  Seigneur  votre  Dieu  lui avait  raidi  l'esprit  et  endurci  le  cœur, afin  qu'il  fût  livré  entre  vos  mains, comme  vous  voyez  maintenant  qu'il  l'a été.
31.  Alors  le  Seigneur  me  dit  :  J'ai déjà  commencé  à  vous  livrer  Séhon  avec son  pays  ;  commencez  aussi  à  entrer  en possession  de  cette  terre.
24.  Surgite,  et  transite  torrentem Arnon  ;  ecce  tradidi  in  manu  tua  Sehon, regem  Hesebon,  Amorrhœum;  et  terram ejus  incipe  possidere,  et  committe  ad- versus  eum  prselium.
25.  Hodie  incipiam  mittere  terrorem atque  formidinem  tuam  in  populos  qui habitant  sub  omni  caelo,  ut  audito  no- mine  tuo  paveant ,  et  in  morem  partu- rientium  contremiscant,  et  dolore  te- neantur.
26.  Misi  ergo  nuntios  de  solitudine Cademoth  ad  Sehon,  regem  Hesebon, verbis  pacificis,  dicens  :
27.  Transibimus  per  terram  tuam, publica  gradiemur  via  ;  non  declinabi- mus  neque  ad  dexteram ,  neque  ad  sini  - stram.
28.  Alimenta  pretio  vende  nobis,  ut vescamur  ;  aquam  pecunia  tribue ,  et  sic bibemus;  tantum  est  ut  nobis  concédas transitum ,
29.  si  eut  fecerunt  filii  Esau,  qui  habi- tant in  Seir,  et  Moabitae,  qui  morantur in  Ar,  donec  veniamus  ad  Jordanem,  et transeamus  ad  terram  quam  Dominus Deus  noster  daturus  est  nobis.
30.  Noluitque  Sehon,  rex  Hesebon, dare  nobis  transitum,  quia  induraverat Dominus  Deus  tuus  spiritum  ejus,  et obfirriaverat  cor  illius ,  ut  traderetur  in manus  tuas,  sicut  nunc  vides.
31.  Dixitque  Dominus  ad  me  :  Ecce cœpi  tibi  tradere  Sehon,  et  terram  ejus  ; incipe  possidere  eam.
qu'à  Gaza  »,  c.-à-d.  jusqu'au  sud -ouest  de  Cha- uaan.  —  Cappadoces...  de  Cappadocia.  De  même les  LXX  et  les  rabbins.  Dans  l'hébreu  :  les Kaftorim...  de  Kaftor  ;  nom  primitif  de  l'île  de Crète  (cf.  Gcn.  x,  14)  et  des  Philistins,  qui  en étaient  originaires.  Telle  est  du  moins  l'opinion la  plus  vraisemblable.
24-25,  Dieu  ordonne  à  Moïse  d'attaquer  les Amorrhécns  du  sud,  gouvernés  par  Séhon  (détail nouveau;  cf.  Num.  xxi,  21  et  ss.),  —  Terrorem atque  formidinem...:  la  réalisation  de  la  prophétie de  Moïse,  Ex.  xv,  15-16.
5°  Défaite  du  roi  Séhon.  II,  26-37.
26-30.  Séhon  refuse  aux  Hébreux  l'atitorisa-
tion  de  passer  sur  ses  terres.  Cf.  Num.  xxi, 21-23.  La  narration  actuelle  est  plus  complète et  plus  développée. —  De...  Cademoth.  Ville  ac- cordée plus  tard  aux  Rubénites,  Jos.  xni,  18  ; elle  devait  être  située  à-  l'est  du  territoire  amor- rhéen,  sur  les  confins  du  désert  arabique  (soli- tudine). —  Transibimus...  Requête  présentée  en termes  ti*ès  modestes.  Cf.  Num.  xx,  17  et  ss.  — Induraverat  Dominus...  :  comme  autrefois  pour le  pharaon.  Voyez  Ex.  rv,  21-23,  et  le  commen- taire.
31-37.  La  victoire  des  Hébreux  et  ses  résultats. Cf.  Kum.  XXI,  24-26.  —  Dixit...  Dominus...  Trait propre  au  Deutéronome.  Le  divin  général  des
566
Deut.  II,  32  —  III,  3.
32.  Egressusque  est  Sehon  obviam nobis  cum  omni  populo  suo  ad  prœlium in  Jasa  ;
33.  et  tradidit  eum  Dominiis  Deus noster  nobis  ;  percussimusque  eum  cum filiis  suis  et  omni  populo  suo.
31.  Cunctasque  urbes  in  tempore  illo cepimus,  interfectis  habitatoribus  ea- rura ,  viris  ac  mulieribus  et  parvulis  ; non  reliquimus  in  eis  quidquam,
35.  absque  jumentis,  quœ  in  partem venere  praidantium,  et  spoliis  urbium quas  ce])imus.
36.  Ab  Aroer,  quse  est  super  ripam torrentis  Arnon,  oppido  quod  in  valle situm  est,  usque  Galaad,  non  fuit  vicus et  civitas,  quse  nostras  efïugeret  manus  ; omnes  tradidit  Dominus  Deus  noster nobis ,
37.  absque  terra  filiorum  Ammon,  ad quam  non  accessimus,  et  cunctis  quae adjacent  torrenti  Jeboc,et  urbibus  mon- tanis,  universisque  locis,  a  quibus  nos probibuit  Dominus  Deus  noster.
32.  Sélion  marcha  donc  au-devant  de nous  avec  tout  son  peuple,  pour  nous livrer  bataille  à  Jasa,
33.  et  le  Seigneur  notre  Dieu  nous  le livra  ;  et  nous  le  défîmes  avec  ses  en- fants et  tout  son  peuple.
34.  Nous  prîmes  en  même  temps  toutes ses  villes,  nous  en  tuâmes  tous  les  habi- tants, hommes,  femmes  et  petits  en- fants ,  et  nous  n'}^  laissâmes  rien ,
35.  excepté  les  troupeaux,  qui  furent le  partage  de  ceux  qui  les  pillèrent,  et les  dépouilles  des  villes  que  nous  prîmes.
36.  Depuis  Aroër,  qui  est  sur  le  bord du  torrent  de  l'Arnon,  ville  située  dans la  vallée,  jusqu'à  Galaad,  il  n'y  eut  ni village  ni  ville  qui  pût  échapper  de  nos mains  ;  mais  le  Seigneur  notre  Dieu nous  livra  tout,
37.  si  ce  n'est  le  pays  des  enfants d'Ammon,  dont  nous  n'avons  point  ap- proché, et  tout  ce  qui  est  aux  environs du  torrent  de  Jéboc,  et  les  villes  situées sur  les  montagnes,  avec  tous  les  lieux où  le  Seigneur  notre  Dieu  nous  a  dé- fendu d'aller.
CHAPITRE  III
1.  Itaque  conversi  ascendimus  per  iter Basan  ;  egressusque  est  Og ,  rex  Basan , in  occursum  nobis  cum  j^opulo  suo,  ad bellandum  in  Edrai.
2.  Dixitque  Dominus  ad  me  :  Ne  ti- meas  eum,  quia  in  manu  tua  traditus est  cum  omni  populo  ac  terra  sua  ; faciesque  ei  sicut  fecisti  Sehon,  régi Amorrhaeorum,  qui  habita  vit  in  Hese- bon.
3.  Tradidit  ergo  Dominus  Deus  noster in  manibus  nostris  etiam  Og,  regem Basan,  et  universum  populum  ejus; percussimusque  eos  usque  ad  interne- cionem.
1.  Aj'^ant  donc  pris  un  autre  chemin, nous  allâmes  vers  Basan  ;  et  Og ,  roi de  Basan,  marcha  au-devant  de  nous avec  tout  son  peuple,  pour  nous  livrer bataille  à  Edraï.
2.  Alors  le  Seigneur  me  dit  :  Ne  crai- gnez point,  parce  qu'il  vous  a  été  livré avec  tout  son  peuple  et  son  pays  ;  et vous  les  traiterez  comme  vous  avez traité  Séhon,  roi  des  Amorrhéens,  qui habitait  à  Hésébon.
3.  Le  Seigneur  notre  Dieu  nous  livra donc  aussi  Og,  roi  de  Basan,  et  tout  son peuple;  nous  les  tuâmes  tous  sans  en épargner  aucun,
troupes  Israélites  donne  maintenant  le  signal  de l'attaque,  do  même  qu'il  avait  auparavant  in- terdit le  combat.  —  Interfectis...  (vers.  34).  Hébr.: Nous  dévouâmes  à  l'anathèrae,  c.-à-d.  à  une  exter- mination totale.  C'est  encore  un  détail  nouveau. —  Ab  Aroer...  usque  Galaad...  :  toute  la  région comprise  entre  l'Arnon  et  une  ligne  qu'on  tirerait de  Rabbath-Ammon  en  allant  droit  au  Jourdain i.itl.  géogr.,  pi.  vu).  —  Absque  terra  (vers.  37)... Cf.  vers.  lG-19.  Le  cours  supérieur  du  Jaboc, appelé  ici  Jeboc,  séparait  le  territoire  ammonite du  royaume  de  Séhon  (note  de  Num.  xxi,  24).
6°  Défaite  du  roi  Og.  III,  1-11.
Chap.  III.  —  1-7.  Lg  Seigneur  livre  aux  Is- raélites les  Amorrhéens  du  nord.  Cf.  Num.  xxi, 33-35.  Ici  encore  plusieurs  détails  spéciaux.  — Per  iter  Basan  :  en  remontant  au  nord  -  est  de Galaad;  voyez  la  note  de  Num.  xxi,  3.  —  iîe- gionem  (  hébr.  :  hébel ,  cordeau  ;  puis ,  un  terri- toire mesuré  au  cordeau)  Argob.  La  racine  de ce  nom  paraît  être  r'gob,  monceau  de  pierres, et  les  interprètes  admettent  assez  généralement aiijourd'hui  qu'il  désignait  la  contrée  âpre  et pierreuse  que  les   Grecs   appelèrent  plus   tard
Deut.  m,  4-lK
5G7
4.  et  nous  ravageâmes  toutes  leurs villes  en  un  même  temps.  Il  n'y  eut point  de  ville  qui  pût  nous  échapper; nous  en  prîmes  soixante,  tout  le  pays d'Argob,  qui  était  du  royaume  d'Og  en Basan.
5.  Toutes  les  villes  étaient  fortifiées de  murailles  très  hautes ,  avec  des  portes et  des  barres,  outre  un  très  grand nombre  de  bourgs  qui  n'avaient  point de  murailles.
6.  Nous  exterminâmes  ces  peuples comme  nous  avions  fait  Séhon,  roi  d'Hé- sébon,  ruinant  toutes  leurs  villes,  tuant les  hommes ,  les  femmes  et  les  petits  en- fants ;
7.  et  nous  prîmes  leurs  troupeaux, avec  les  dépouilles  de  leurs  villes.
8.  Nous  nous  rendîmes  donc  maîtres en  ce  temps -là  du  pays  des  deux  rois des  Amorrhéens  qui  étaient  au  deçà  du Jourdain,  depuis  le  torrent  de  l'Arnon jusqu'au  mont  Herraon,
9.  que  les  Sidoniens  appellent  Sarion, et  les  Amorrhéens  Sanir  ;
10.  et  nous  prîmes  toutes  les  villes qui  sont  situées  dans  la  plaine,  et  tout le  pays  de  Galaad  et  de  Basan  jusqu'à Selclia  et  Édraï,  qui  sont  des  villes  du royaume  d'Og  en  Basan.
11.  Car  Og,  roi  de  Basan,  était  resté seul  de  la  race  des  géants.  On  montre encore  son  lit  de  fer  dans  Rabbath,  qui est  une  ville  des  enfants  d'Ammon  ;  il  a
4.  vastantes  cunctas  civitates  illius uno  tempore.  Non  fuit  oppidum,  quod nos  effugeret;  sexaginta  urbes,  omnera regionem  Argob,  regni  Og,  in  Basan.
5.  Cunctse  urbes  erant  munitse  mûris altissimis,  portisque  et  vectibus,  absque oppidis  innumeris,  quse  non  habebant muros.
6.  Et  delevimus  eos,  sicut  feceramus Sehon,  régi  Hesebon,  disperdentes  om- nem  civitatem,  virosque  ac  mulieres  et parvulos  ;
7.  jumenta  autem  et  spolia  urbium diripuimus.
8.  Tulimusque  illo  in  tempore  terram de  manu  duorum  regum  Amorrhœorum , qui  erant  trans  Jordanem,  a  torrente Arnon  usque  ad  montem  Hermon,
9.  quem  Sidonii  Sarion  vocant,  et Amorrhgei  Sanir  ;
10.  omnes  civitates,  quse  sitse  sunt  in planitie,  et  universam  terram  Galaad et  Basan  usque  ad  Selcha  et  Edrai,  ci- vitates regni  Og,  in  Basan.
11.  Solus  quippe  Og,  rex  Basan,  re- stiterat  de  stirpe  gigantum.  Monstratur lectus  ejus  ferreus,  qui  est  in  Rabbath filiorum  Ammon,  novem  cubitos  habens
Trachonitide ,  de  Tpa'/wv,  lieu  rude,  raboteux. Cf.  Luc.  III,  1.  C'est  l'El-Ledjah  moderne  iAtl. gcogr.,  pi.  xn),  plateau  de  laves  basaltiques,  en forme  de  triangle,  situé  au  sud  de  Damas,  et qui  se  dresse  tout  à  coup  à  vingt  ou  trente  pieds au-dessus  de  la  plaine  de  Basan.  Sa  sui'face  est très  inégale ,  toute  raboteuse  en  réalité ,  et  tra- versée par  des  fissures  multiples  en  zigzag.  Les voyageurs  anglais  qui  ont  récemment  étudié  ce district  ont  été  frappés  du  nombre  étonnant  de villes  fortes  et  populeuses  qu'il  renfermait  autre- fois {sexaginta  urbes j  vers.  5),  sans  parler  des villages  ouverts  (vers.  5  :  oppidis...  quce  non...). Les  restes  qu'on  en  rencontre  à  chaque  instant sont  merveilleusement  conservés,  grâce  à  la  na- ture du  basalte ,  solide  et  résistant  comme  le  fer. Les  murs  gigantesques  que  signale  le  vers.  5  se profilent  sur  un  ciel  limpide  ;  beaucoup  de  portes en  dolérite  subsistent  encore  et  roulent  sur  leurs gonds.  On  voit  par  le  récit  de  jMoïse  que  les  Hé- breux, au  sortir  des  collines  fertiles  de  Basan, presque  dénuées  de  villes,  avaient  été  frappés par  la  physionomie  caractéristique  de  l' Argob.  — Delevimus  (vers.  6)  :  le  hérem,  comme  pour  les sujets  de  Séhon,  ii,  34.
8-10.  llccapitulation  de  la  double  conquête. —
Ad  montem  Hermon.  Majestueuse  montagne  ù trois  sommets,  qui  s'élève  à  environ  2 800  mètres au-dessus  de  la  Méditerranée,  à  3  200  mètres  au- dessus  de  la  vallée  du  Jourdain.  Elle  termine magnifiquement  au  sud  la  chaîne  de  l' Anti-Liban  ; on  aperçoit  de  la  plupart  des  points  de  la  Pales- tine son  cône  supérieur,  presque  toujours  couvert de  neige.  —  Sarion  (Siriôn) ,  Sanir  (S'nir).  Cf. Ps.  XXVIII,  6;  Cant.  iv,  8;  Ez.  xxvii,  5,  etc., où  les  Hébreux  eux-mêmes  emploient  poétique- ment ces  dénominations  étrangères.  Le  nom  ac- tuel de  l'Hermon  est  Djébel-esch-Schéikh.  —  Ci- vitates... in  planitie  :  le  plateau  élevé  de  Moab, d'après  iv,  43 ,  etc.  Les  villes  en  question  étaient donc  celles  d'Hesbon,  de  Médeba,  etc.  (Atlas géogr.,  pi.  vu).  L'énumération  nous  conduit  en- suite plus  au  nord  {Galaad,  Basan);  elle  s'a- chève par  l'indication  des  limites  orientales  des pays  conquis  :  ad  Selcha...;  la  Salkad  moderne, que  mentionnent  aussi  Jos.  xii,  5;  xiii,  11,  et I  Par.  V,  11,  située  au  sud  du  Djebel  Haurcân à  l'est  de  Bosra.
11.  Le  lit  du  l'oi  Og. —  Og...  de  stirpe  gigan- tuvi.  Hébr.:  de  la  race  des  R'fâ'im  (voir  la  note de  II,  11).  Les  voyageurs  dont  nous  avons  ré- sumé plus   haut  les  descriptions  d'El  -  Ledjah
568
,DjiUT.  III,  12-17.
loTigitudinis  et    quatuor  latitudinis ,  ad mensuram  cubiti  virilis  manus.
12.  Terramque  possedimus  tempore illo  ab  Aroer,  quœ  est  super  ripam torrentis  Arnon,  usque  ad  mediam  par- tem  montis  Galaad  ;  et  civitates  illius dedi  Ruben  et  Gad.
13.  Reliquam  autem  partem  Galaad, et  omiiera  Basan,  regni  Og,  tradidi  me- diœ  tribui  Manasse,  omnem  regionem Argob  ;  cunctaque  Basan  vocatur  Terra gigantum.
14.  Jair,  filius  Manasse,  possedit  om- nem regionem  Argob  usque  ad  ter- mines Gessuri  et  Machati  ;  vocavitque ex  nomine  suo  Basan,  Havoth-Jair,  id est,  villas  Jair,  usque  in  prsesentem diem.
15.  Machir  quoque  dedi  Galaad.
16.  Et  tribubus  Ruben  et  Gad  dedi de  terra  Galaad  usque  ad  torrentem Arnon  médium  torrentis,  et  confinium usque  ad  torrentem  Jeboc,  qui  est  ter- minus filiorum  Ammon,
17.  et  planitiem  solitudinis,  atque Jordanem,  et  termines  Cenereth  usque ad  mare  deserti,  quod  est  Salsissimum, ad  radiées  montis  Phasga  contra  orien- tem.
neuf  coudées  de  long  et  quatre  de  large, selon  la  mesure  d'une  coudée  ordinaire.
12.  Nous  entrâmes  donc  alors  en  pos- session de  ce  pays-là,  depuis  Aroër,  qui est  sur  le  bord  du  torrent  de  l'Arnon, jusqu'au  milieu  de  la  montagne  de  Ga- laad; et  j'en  donnai  les  villes  à  la  tribu de  Ruben  et  de  Gad.
13.  Je  donnai  l'autre  moitié  de  Galaad et  tout  le  pays  de  Basan,  qui  était  du royaume  d'Og,  et  le  pays  d' Argob,  à  la  t moitié  de  la  tribu  de  Manasse.  Tout  ce pays  de  Basan  est  appelé  la  Terre  des géants.
14.  Jaïr,  fils  de  Manasse,  est  entré  en possession  de  tout  le  pays  d' Argob,  jus- qu'aux confins  de  Gessuri  et  de  Ma- chati; et  il  a  appelé  de  son  nom  les bourgs  de  Basan,  Havoth- Jaïr,  c'est- à-dire  les  bourgs  de  Jaïr,  comme  ils  se nomment  encore  aujourd'hui.
15.  Je  donnai  aussi  Galaad  à  Machir.
16.  Mais  je  donnai  aux  tribus  de  Ru- ben et  de  Gad  la  partie  de  ce  même pays  de  Galaad  qui  s'étend  jusqu'au torrent  de  l'Arnon,  jusqu'au  milieu  du torrent,  et  ses  confins  jusqu'au  torrent de  Jéboc,  qui  est  la  frontière  des  en- fants d'Ammon,
17.  avec  la  plaine  du  désert,  le  long du  Jourdain,  et  depuis  Cénéreth  jusqu'à la  mer  du  désert,  appelée  la  mer  Salée, et  jusqu'au  pied  de  la  montagne  de Phasga,  qui  est  vers  l'orient.
racontent  que  maint  détail ,  par  exemple  la  hau- teur des  portes ,  atteste  la  présence  de  races géantes  dans  ces  contrées.  —  Lectus  ejus.  Il  est possible  que  le  substantif  'ères  serve  ici,  comme dans  la  langue  araméenne ,  à  désigner  un  cercueil plutôt  qu'un  lit  ordinaire;  dans  ce  cas,  l'épi- thète  ferreus  conviendrait  fort  bien  au  basalte, qui  contient  20  p.  100  de  fer.  <(  Quem  vocant basalten,  ferrei  coloris  atque  duritiœ;  unde  et nomen  ei  dédit,  »  dit  Pline,  Hist.  nat.,  xxxvi, 11.  On  a  trouvé  dans  le  pays  gouverné  autrefois par  le  roi  Og  d'antiques  et  gigantesques  sarco- phages en  basalte.  —  Qiii  in  RabbafJi...  :  la  ca- pitale des  Ammonites ,  nommée  Philadelphie  par les  Grecs,  aujourd'hui  Amman,  vers  la  source du  Jaboc.  Le  lit  du  roi  Og  était  sans  doute  tombé entre  les  mains  des  Ammonites  pendant  une  in- cursion heureuse  qu'ils  avaient  opérée  sur  le  ter- ritoire amorrhéen,  et  ils  l'avaient  gardé  comme xm  trophée. —  Novem  cubiios.  A  0'»525  la  coudée, cela  fait  4'"725  de  long,  sur  2">10  de  large.  Évi- demment le  lit  ou  sarcophage  dépassait  d'une manière  notable  la  taille  du  roi -géant.  —  Ad mensuram...  Hébr.:  une  coudée  d'homme,  c.-à-d. d'après  la  coudée  ordinaire  et  commune.
7°  Partage  des  provinces  conquises  à  l'est  du Jourdain.  III,  12-20.
12-13,  Portions  respectives  de  Ruben,  de  Gad et  de  la  demi-tribu  de  Manasse.  Cf.  Num.  xxxir, 33-42.  Plusieurs  des  détails  mentionnés  ici  sont nouveaux.  —  Ab  Aroer,..  Cf.  ii,  36,  et  la  note. La  partie  méridionale  du  paj'S  amorrhéen  fut livrée  à  Ruben  et  à  Gad ,  d'après  le  vers.  12  ;  la partie  septentrionale  échut  à  la  demi -tribu  de Manasse,  d'après  le  vers.  13.
14-17.  Les  mêmes  indications,  plus  dévelop- pées, et  dans  un  ordre  inverse.  —  1°  La  demi- tribu  de  Manasse,  vers.  14-15.  Sur  Jair  et  Ma- chir, voyez  Num.  xxxii,  39-41,  et  le  commentaire. —  Terminos  Gessuri  et  Machati.  Deux  races antiques,  qui  habitaient,  croit -on,  au  sud  et  au pied  de  l'Hcrmon.  Le  nom  de  la  première  {G' suri) semble  s'être  conservé  dans  celui  du  district de  Djédour.  Elles  ne  furent  pas  entièrement exterminées  après  la  conquête ,  car  il  est  question d'elles  au  temps  des  rois.  Cf.  II  Reg.  in,  3. Basan  Eavoth-Jair.  Hébr.  :  «  les  villes  de  Jaïr  en Basan.  »  —  Vsque  in  prcesentem  diem.  Cette  for- mule, qui  revient  de  temps  îi  autre  dans  la  Ge- nèse et  dans  le  Deutéx'onome  (jamais  dans  lea
Deut.  III,  18-25.
569
18.  Je  donnai  on  ce  même  temps  cet ordre  aux  trois  tribus,  et  je  leur  dis  :  Le Seigneur  votre  Dieu  vous  donne  ce  pays pour  votre  héritage.  Marchez  donc  en armes  devant  les  enfants  d'Israël  vos frères,  vous  tous  qui  êtes  des  hommes robustes  et  courageux,
19.  en  laissant  chez  vous  vos  femmes, vos  petits  enfants  et  vos  troupeaux.  Car je  sais  que  vous  avez  un  grand  nombre de  troupeaux,  et  qu'ils  doivent  demeu- rer dans  les  villes  que  je  vous  ai  don- nées,
20.  jusqu'à  ce  que  le  Seigneur  mette vos  fi'ères  dans  le  repos  où  il  vous  a  mis vous-mêmes,  et  qu'ils  possèdent  aussi la  terre  qu'il  leur  doit  donner  au  delà du  Jourdain  ;  alors  chacun  do  vous  re- viendra pour  jouir  des  terres  que  je  vous ai  données.
21.  Je  donnai  aussi  alors  cet  avis  h Josué  :  Vos  yeux  ont  vu  de  quelle  ma- nière le  Seigneur  votre  Dieu  a  traité  ces deux  rois  ;  il  traitera  de  même  tous  les royaumes  dans  lesquels  vous  devez  en- trer.
22.  Ne  les  craignez  donc  point,  car  le Seigneur  votre  Dieu  combattra  pour vous.
23.  En  même  temps  je  fis  cette  prière au  Seigneur,  et  je  lui  dis  :
24.  Seigneur  mon  Dieu,  vous  avez commencé  à  signaler  votre  grandeur  et votre  main  toute -puissante  devant  votre serviteur  ;  car  il  n'y  a  point  d'autre  Dieu, soit  dans  le  ciel,  soit  sur  la  terre,  qui puisse  faire  les  œuvres  que  vous  faites, ni  dont  la  force  puisse  être  comparée  à la  vôtre.
25.  Permettez  donc  que  je  passe  au delà  du  Jourdain,  et  que  je  voie  cette terre  si  fertile,  cette  excellente  mon- tagne, et  le  Liban.
18.  Prœcepique  vobis  in  tempore  illo, dicens  :  Dominus  Deus  vester  dat  vobis terram  liane  in  haereditatem  ;  expediti prœcedite  fratres  vestros  ûlios  Israël, omnes  viri  robusti,
19.  absque  uxoribus,  et  parvulis,  atque jumentis.  Novi  enim  quod  plura  habeatis pecora,  et  in  urbibus  remanere  debebunt, quas  tradidi  vobis,
20.  donec  requiem  tribuat  Dominus fi-a tribus  vestris,  sicut  vobis  tribuit,  et possideant  ipsi  etiam  terram,  quam  da- turus  est  eis  trans  Jordanem  ;  tune  re- vertetur  unusquisque  in  possessionem suam,  quam  dedi  vobis.
21.  Josue  quoque  in  tempore  illo prœcepi,  dicens  :  Oculi  tui  viderunt  quae fecit  Dominus  Deus  vester  duobus  his regibus  ;  sic  faciet  omnibus  regnis ,  ad quae  transiturus  es.
22.  Ne  timeas  eos;  Dominus  enim Deus  vester  pugnabit  pro  vobis.
23.  Precatusque  sum  Dominum  in tempore  illo,  dicens  :
24.  Domine  Deus,  tu  cœpisti  osten- dere  servo  tuo  magnitudinem  tuam ,  ma- numque  f ortissimam  ;  neque  enim  est alius  Deus,  vel  in  cselo ,  vel  in  terra ,  qui possit  facere  opéra  tua,  et  comparari fortitudini  tuœ.
25.  Transibo  igitur,  et  videbo  terram hanc  optimam  trans  Jordanem,  et  mon- tem  istum  egregium,  et  Libanum.
trois  livres  intermédiaii'es),  n'indique  pas  néces- sairement une  glose  ajoutée  après  coup;  car  elle dénote  parfois  un  laps  de  temps  peu  considé- rable. Cf.  Jos.  xxii,  3;  xxiii,  9.  —  2°  Part  des tribus  de  Ruben  et  de  Gad  déterminée  plus  expli- citement, vers.  16-17.  Voyez  Y  AU.  géogr.,  pi.  vn. Cenereth  :  le  lac  de  Tibériade  (note  de  îsum. xxxiv,  11).  —  Planitiem  soUtudinis.  Hcbr.  : ha'arabah;  ici,  la  vallée  du  Jourdain  entre  la mer  de  Galilée  et  la  mer  Morte.  —  Sur  le  mont Phasga,  voj'ez  Num.  xxi,  20,  et  l'explication.
18-20.  Conditions  auxquelles  ce  district  fut accordé  aux  deux  tribus  et  demie.  Résumé  très succinct  de  Nam.  xxxii,  1-32.
8°  Josué  est  divinement  élu  pour  introduire les  Isx'aélites  dans  la  Terre  promise.  III,  21-29.
Presque  tout  est  nouveau  dans  ce  récit.
21-22.  Moïse  excite  Josué  à  la  confiance  en Dieu.  —  Oculi  tui  viderunt  :  avec  beaucoup d'emphase.  Les  merveilles  dont  il  avait  été  per- sonnellement témoin  dans  le  passé  étaient  des gages  certains  de  la  protection  de  Jéhovah  dans l'avenir.
23-25.  Moïse  demande  au  Seigneur  de  pouvoir entrer  dans  la  Terre  promise.  —  Prière  qui  res- pire encore  une  douce  et  sainte  familiarité.  Cf. Ex.  xxxiii,  12  et  ss.  Préambule  délicat  au  vers. 24,  une  vraie  «  captatio  benevolentiaî  ».  Vers.  25, la  requête  proprement  dite  :  Transibo...  videbo... On  conçoit  ce  désir  ardent  de  Moïse,  attristé  de laisser  sa  tâche  inachevée  et  de  mourir  sur  le seuil  de  la  Terre  sainte.  Montem  istum  egregium  :
570
Deut.  III,  26  —  IV,  5.
26.  Iratusque  est  Dominiis  mihi  pro- pter  vos,  nec  exaudivit  me,  sed  dixit mihi  :  Sufficit  tibi;  nequaquam  ultra loquaris  de  hac  re  ad  me.
27.  Ascende  cacumen  Phasgse ,  et  ocii- los  tuos  circumfer  ad  occidentem,  et  ad aquiloiiem,  austrumque  et  orientem,  et aspice  ;  nec  enim  transibis  Jordanem istum.
28.  Prsecipe  Josue,  et  corrobora  eum atque  conforta,  quia  ipse  praecedet  po- pulum  istum,  et  dividet  eis  terram  quam visurus  es.
29.    Mansimusque    in fanum  Pho.sror.
valle ,    contra
26.  Mais  le  Seigneur,  étant  irrité contre  moi  à  cause  de  vous,  ne  m'exauça point,  et  il  me  dit  :  C'est  assez,  ne  me parlez  plus  jamais  de  cela,
27.  Montez  sur  le  haut  de  la  mon- tagne de  Phasga,  et  portez  vos  yeux  de tous  côtés,  et  regardez  vers  l'occident, vers  le  septentrion,  vers  le  midi  et  vers l'orient  ;  car  vous  ne  passerez  point  ce fleuve  du  Jourdain.
28.  Donnez  mes  ordres  à  Josué,  af- fermissez-le et  fortiliez-le,  parce  que c'est  lui  qui  marchera  devant  ce  peuple, et  qui  lui  partagera  la  terre  que  vous contemplerez.
29.  Nous  demeurâmes  donc  en  cette vallée,  vis-à-vis  du  temple  de  Phogor.
CHAPITRE  IV
1.  Et  nunc,  Israël,  audi  prsecepta  et judicia,  quœ  ego  doceo  te,  utfaciens  ea, vivas,  et  ingrediens  possideas  terram, quam  Dominus  Deus  patrum  vestrorum daturus  est  vobis.
2.  Non  addetis  ad  verbum  quod  vobis loquor,  nec  auferetis  ex  eo  :  custodite mandata  Domini  Dei  vestri  quse  ego praecipio  vobis.
3.  Oculi  vestri  viderunt  omnia  quse fecit  Dominus  contra  Beelphegor,  quo- modo  contriverit  omnes  cultores  ejus  de medio  vestri  ;
4.  vos  autem  qui  adhseretis  Domino Deo  vestro,  vivitis  universi  usque  in prsesentem  diem.
5.  Scitis  quod  docuerim  vos  prsecepta atque    justitias,    sicut    mandavit    mihi
1.  Maintenant,  ô  Israël,  écoutez  les lois  et  les  ordonnances  que  je  vous  en- seigne; afin  que  vous  trouviez  la  vie  en les  observant,  et  qu'étant  entrés  dans  la terre  que  le  Seigneur  le  Dieu  de  vos pères  doit  vous  donner,  vous  la  possédiez comme  votre  héritage.
2.  Vous  n'ajouterez  ni  n'ôterez  rien aux  paroles  que  je  vous  dis.  Gardez  les commandements  du  Seigneur  votre  Dieu que  je  vous  annonce  de  sa  part.
3.  Vos  yeux  ont  vu  tout  ce  que  le Seigneur  a  fait  contre  Béelphégor,  et  de quelle  manière  il  a  exterminé  du  milieu de  vous  tous  les  adorateurs  de  cette idole  ;
4.  mais  vous,  qui  vous  êtes  attachés au  Seigneur  votre  Dieu,  vous  avez  tous été  conservés  vivants  jusqu'à  ce  jour.
5.  Vous  savez  que  je  vous  ai  enseigné les  lois  et  les  ordonnances ,  selon  que  le
Chanaan  est  uu  district  montagneux.  Cf.  xi, 11,  etc.
26-28.  La  réponse  du  Seigneur  à  la  prière  de son  serviteur.  —  D'abord  un  refus  :  Sufficit  tibi. Littéral.:  Assez  pour  toi!  Cf.  Num.  xvi,  3,  etc. Néanmoins  un  acquiescement  partiel  :  Ascende cacamen...  Cf.  xxxiv,  1-4.  —  Finalement,  le  choix de  Josué  pour  succéder  à  Moïse  (vers.  28).
29.  Séjour  des  Hébreux  «  en  face  de  Be}  P"or  » (Vulg.  :  contra /anum  Phogor).  Yoyez  Num,  xxui, 28  et  le  commentaire.
§  II.  —  Moïse  exhorte  les  Hébreux  à  obéir  aux préceptes  de  Jéhovah.  IV,  1-43.
Après  avoir  brièvement  esquissé  l'histoire  des années  qui  s'étaient  écoulées  depuis  l'institution
de  la  théocratie ,  Moïse  passe  à  la  partie  pratique de  son  premier  discours,  qui  consiste  dans  une exhortation  paternelle ,  mais  pressante ,  à  l'obéis- sance. N'est-il  pas  juste  que  la  fidélité  de  la  nation corresponde  à  celle  de  son  divin  Roi?
1°  Écouter,  en  vue  d'agir.  IV,  1-8.
Chap.  IV.  —  1-8.  Et  nunc  (transition)  audi... utfacias...  C'est  l'idée  dominante  de  cette  seconde partie  :  l'obéissance  parfaite  à  la  législation  du Sinaï.  —  Non  addetis...,  non  auferetis...  Le  res- pect pour  le  souverain  Législateur  demande  qu'on ne  change  absolument  rien  à  ses  volontés.  Jésus- Christ  lui-même  n'enlèvera  pas  un  iota  de  la  Loi. Cf.  Matth.  V,  17-19.  —  Oculi  vestri  viderunt... Appel  à  l'expérience  personnelle  de  tout  le  peuple, comme  naguère  à  celle  de  Josué,  m,  21.  —  Cori'
3eut.  IV,  6-12.
571
Seigneur  mon  Dieu  me  l'a  commandé  ; vous  les  pratiquerez  donc  dans  la  terre que  vous  devez  posséder  ;
6.  vous  les  observerez  et  vous  les  ac- complirez effectivement.  Car  c'est  en cela  que  vous  ferez  paraître  votre  sa- gesse et  votre  intelligence  devant  les peuples,  afin  qu'entendant  parler  de toutes  ces  lois,  ils  disent  :  Voilà  un peuple  vraiment  sage  et  intelligent,  voilà une  nation  grande  et  illustre.
7.  Il  n'y  a  point  en  effet  d'autre  na- tion, quelque  puissante  qu'elle  soit,  qui ait  des  dieux  aussi  proches  d'elle  que notre  Dieu  est  proche  de  nous  et  présent à  toutes  nos  prières.
8.  Car  où  trouver  un  autre  peuple  aussi célèbre,  qui  ait  comme  celui-ci  des  céré- monies, des  ordonnances  pleines  de  jus- tice, et  toute  une  loi  semblable  à  celle que  j'exposerai  aujourd'hui  devant  vos yeux  ?
9.  Conservez  -  vous  donc  vous-même, et  gardez  soigneusement  votre  âme. N'oubliez  point  les  grandes  choses  que vos  yeux  ont  vues,  et  qu'elles  ne  s'ef- facent point  de  votre  cœur  tous  les  jours de  votre  vie.  Enseignez-les  à  vos  enfants et  à  vos  petits -enfants,
10.  toutes  ces  choses  qui  se  sont  passées depuis  le  jour  où  vous  vous  présentâtes devant  le  Seigneur  votre  Dieu,  près  de l'Horeb,  lorsque  le  Seigneur  me  parla, et  me  dit  :  Faites  assembler  tout  le peuple  devant  moi,  afin  quïl  entende mes  paroles,  et  qu'il  apprenne  à  me craindre  tout  le  temps  qu'il  ^dvra  sur  la terre,  et  qu'il  donne  les  mêmes  instruc- tions à  ses  enfants.
11.  Vous  approchâtes  alors  du  pied de  cette  montagne,  dont  la  flamme  mon- tait jusqu'au  ciel,  et  qui  était  environ- née de  ténèbres,  de  nuages  et  d'obscu- rités.
12.  Le  Seigneur  vous  parla  du  milieu de  cette  flamme.  Vous  entendîtes  la  voix qui  proférait  ces  paroles  ;  mais  vous  ne vîtes  en  lui  aucune  forme.
Dominus  Deus  meus;  sic  facietis  et  in terra ,  quam  possessuri  estis  ;
6.  et  observabitis  et  implebitis  opère; hsec  est  enim  vestra  sapientia  et  intel- lectus  coram  populis,  ut  audientes  uni- versa  praecepta  hœc ,  dicant  :  En  populus sapiens  et  intelligens,  gens  magna.
7.  Nec  est  alia  natio  tam  grandis,  quse habeat  deos  appropinquantes  sibi,  sicut Deus  noster  adest  cunctis  obsecratio- nibus  nostris  ;
8.  quse  est  enim  alia  gens  sic  inclyta, ut  habeat  ceremonias,  justaque  judicia, et  universam  legem,  quam  ego  proponam hodie  ante  oculos  A^estros?
9.  Custodi  igitur  temetipsum,  et  ani- mam  tuam  sollicite.  Ne  obliviscaris  ver- borum,  quse  viderunt  oculi  tui,  et  ne excidant  de  corde  tuo  cunctis  diebus YÏtœ.  tuœ.  Docebis  ea  filios  ac  nepotes tuos ,
10.  a  die  in  quo  stetisli  coram  Do- mino Deo  tuo  in  Horeb,  quando  Domi- nus locutus  est  mihi ,  dicens  :  Congrega ad  me  populum,  ut  audiant  sermones meos,  et  discant  timere  me  omni  tem- père quo  vivunt  in  terra,  doceantque filios  suos.
11.  Et  accessistis  ad  radiées  montis, qui  ardebat  usque  ad  caelum  ;  erantque in  eo  tenebrse,  et  nubes,  et  caligo.
12.  Locutusque  est  Dominus  ad  vos de  medio  ignis.  Vocem  verborum  ejus audistis,  et  formam  penitus  non  vidistis.
tra  Beelphegor.  Dans  l'hébreu  :  h  cause  de  Béel- phégor.  Les  Hébreux  avaient  commis  un  grand crime  à  l'occasion  de  ce  faux  dieu  de  Moab, Num.  XXV,  5  ;  mais  ils  savaient  ce  que  leur  avait coûté  leur  honteuse  apostasie  (contriverit...)  : 24  000  d'entre  eux  avaient  péri.  —  Scitis  quod (vers.  5)...  Ce  n'est  pas  en  son  propre  nom  que Moïse  réclame  l'obéissance  à  la  loi ,  puisqu'il  n'en est  pas  personnellement  l'auteur,  mais  au  nom de  Dieu  même.  —  IIccc...  vestra  sapientia... Autres  motifs  de  fidclité  :  1°  les  splendeurs  de  ce
code  venu  du  ciel,  qui  attireront  l'admiration de  tous  les  peuples  (vers.  6  et  8);  S»  la  bonté du  Dieu  législateur,  qui  daigne  entretenir  avec Israël  des  relations  intimes  et  familières  (vers.  7).
2°  Ne  pas  oublier  les  événements  de  l'Horeb. IV,  9-14.
9-14.  De  quelle  manière  Israël  pourra  conser- ver son  prestige  glorieux  (  cf.  vers.  6-8  ),  —  Ne oNiviscaris  :  le  mot  principal  de  cet  alinéa.  — A  die  in  quo  (vere.  10)...  Dans  l'hébreu  :  (N'ou- blie pas)  le  jour  où...  L'Église  juive  datait,- en
27
i72
Deut.  IV,  13-22.
13.  Et  ostendit  vobis  pactiim  suum, quod  prœcepit  ut  faceretis,  et  decem verba,  qufie  scripsit  in  duabus  tabulis lapideis.
14.  Mihique  mandavit  in  illo  tempore nt  docerem  vos  ceremonias  et  judicia, quse  facere  deberetis  in  terra  qiiam  pos- sessiu'i  estis.
15.  Custodite  igitur  sollicite  animas vestras.  Non  Addistis  aliqnam  similitu- dinem,  in  die  qua  locutus  est  vobis  Do- minus  in  Horeb  de  medio  ignis  ;
16.  ne  forte  decepti  faciatis  vobis sciilptam  similitudinem,  aut  imaginem masculi  vel  feminse,
17.  similitudinem  omnium  jumento- rum  quse  sunt  super  terram,  vel  avium sub  caelo  volantium,
18.  atque  reptiliura  quœ  moventur  in terra,  sive  piscium  qui  sub  terra  mo- rantur  in  aquis  ;
19.  ne  forte  elevatis  oculis  ad  cselum, videas  solem  et  lunam,  et  omnia  astra cœli,  et  errore  deceptus  adores  ea,  et colas  quœ  creavit  Dominus  Deustuus  in ministerium  cunctis  gentibus  quse  sub cselo  sunt.
20.  Vos  autem  tulit  Dominus,  et eduxit  de  fornace  ferrea  -^gj^pti,  ut haberet  populum  hereditarium ,  sicut  est in  prsesenti  die.
21.  Iratusque  est  Dominus  contra me  propter  sermones  vestros,  et  jura  vit ut  non  transirem  Jordanem,  nec  ingre- derer  terram  optimam  quam  daturus  est vobis.
22.  Ecce  morior  in  liac  liumo,  npn transibo  Jordanem  ;  vos  transibitis ,  et possidebitis  terram  egregiam.
13.  Il  vous  fit  connaître  son  alliance, qu'il  vous  ordonna  d'observer,  et  les  dix commandements,  qu'il  écrivit  sur  les deux  tables  de  pierre.
14.  Il  m'ordonna  en  ce  même  temps de  vous  apprendre  les  cérémonies  et  les ordonnances  que  vous  devez  observer dans  la  terre  que  vous  allez  posséder.
15.  Appliquez -vous  donc  avec  grand soin  à  la  garde  de  vos  âmes.  Vous  n'a- vez vu  aucune  figure  extérieure  au  jour où  le  Seigneur  vous  parla  sur  l'PIoreb  du milieu  du  feu  ;
16.  de  peur  qu'étant  séduits,  vous  ne vous  fassiez  quelque  image  de  sculpture, quelque  figure  d'homme  ou  de  femme,
17.  ou  de  quelqu'une  des  bêtes  qui sont  sur  la  terre,  ou  des  oiseaux  qui volent  sous  le  ciel,
18.  ou  des  animaux  qui  rampent  et  se remuent  sur  la  terre,  ou  des  poissons qui  sont  sous  la  terre  dans  les  eaux  ;
19.  ou  qu'élevant  vos  yeux  au  ciel,  et y  voyant  le  soleil,  la  lune  et  tous  les astres,  vous  ne  tombiez  dans  l'illusion  et dans  l'erreur,  et  que  vous  ne  rendiez  un culte  d'adoration  à  des  créatures  que  le Seigneur  votre  Dieu  a  faites  pour  le  ser- vice de  toutes  les  nations  qui  sont  sous le  ciel.
20.  Car,  pour  vous,  le  Seigneur  vous  a tirés  et  fait  sortir  de  l'Egypte  comme d'une  fournaise  où  l'on  fond  le  fer,  pour avoir  en  vous  un  peuple  où  il  établît  son héritage,  comme  on  le  voit  aujourd'hui.
21.  Et  le  Seigneur,  irrité  contre  moi à  cause  de  vos  murmures,  a  juré  que  je ne  passerais  pas  le  Jourdain,  et  que  je n'entrerais  point  dans  cet  excellent  pays qu'il  doit  vous  donner.
22.  Je  vais  donc  mourir  en  ce  lieu -ci, et  je  ne  passerai  point  le  Jourdain  ;  mais vous ,  vous  le  passerez ,  et  vous  posséde- rez ce  beau  pays.
effet,  de  cette  journée  côlcbrc;  aussi  est -il  inté- ressant de  lire,  dans  la  traduction  des  LXX,  le verbe  £X7.Xr,(7taaov  pour  exprimer  l'idée  de  con- grega.  —  Accessistis  ad  radiées...  Jusqu'au  pied du  Ras-Soufsafoh  (Ex.  xix,  1,  12,  et  le  commen- taire; Atl.  gcogr.,  pi.  v).  —  Ardébat  usque  ad otelum.  Jusqu'au  cœur  du  ciel,  dit  l'hébreu,  em- ployant une  flgure  hardie.
30  Fuir  l'idolâtrie.  IV,  15-24.
15-20.  Les  différentes  formes  d'idolâtrie  dont Isro-ël  devra  soigneusement  se  garder.  —  Non Vidistis...  siviiliiudinem  :  Jchovah  ne  s'était  pas martfesté  au  moment  de  l'alliance  sous  une  forme extérieure  et  visible  (cf.  vers.  6),  de  crainte  que les  Ilébreux,  encore  grossiers,  ne  trouvassent
en  cela  une  occasion  de  chute  (ne...  faciatis...). Dans  les  vers.  17-19,  beau  résumé  de  toutes  les formes  de  l'idolâtrie ,  qui  sont  ramenées  aux  deux principales  :  l'apothéose  des  ancêtres  (imaginem masculi...),  et  la  déiiîcation  des  forces  de  la  na- ture (similitudinem  jumentorum...).  —  Qucb creavit...  in  ministerium.  Moïse  relève  la  pro- fonde folie  qu'il  y  a  à  se  courber  devant  des créatures  destinées  au  service  de  l'homme.  — Vos  autem  tulit  (vers.  20)...  Gravité  spéciale  du culte  idolâtrique  chez  les  Hébreux.
21-24.  Iratus...  Dominus...  Cf.  i,  37,  Le  mé- diateur de  l'alliance  rappelle  aux  Hébreux  qu'il lui  est  interdit  de  franchir  le  Jourdain,  et  qu'il ne  sera  point  auprès  d'eux  dans  la  Terre  promise
Deut.  IV,  23-31.
573
23.  Gardez -vous  d'oublier  jamais  l'al- liancc  que  le  Seigneur  votre  ]3ieu  a  faite avec  vous,  et  de  vous  faire  en  sculpture l'image  d'aucune  des  choses  dont  le  Sei- gneur a  défendu  d'en  faire  ;
24.  parce  que  le  Seigneur  votre  Dieu est  un  feu  dévorant  et  un  Dieu  jaloux.
25.  Si,  après  avoir  eu  des  enfants  et des  petits  -  enfants ,  et  être  demeurés dans  ce  pays,  vous  vous  laissiez  séduire jusqu'à  vous  fabriquer  quelque  image sculptée,  en  commettant  devant  le  Sei- gneur votre  Dieu  un  crime  qui  attire  sur vous  sa  colère,
26.  j'atteste  aujourd'hui  le  ciel  et  la terre,  que  vous  serez  bientôt  exterminés de  ce  pays  que  vous  devez  posséder  après avoir  passé  le  Jourdain.  Vous  n'y  de- meurerez pas  longtemps,  mais  le  Sei- gneur vous  détruira  ;
27.  il  vous  dispersera  dans  tous  les peuples,  et  vous  ne  resterez  qu'en  petit nombre  parmi  les  nations  où  le  Seigneur vous  aura  conduits.
28.  Vous  adorerez  là  des  dieux  qui ont  été  faits  par  la  main  des  hommes  : du  bois  et  de  la  pierre,  qui  ne  voient point,  qui  n'entendent  point,  qui  ne mangent  point,  et  qui  ne  sentent  point.
29.  Si,  dans  ces  lieux -là,  vous  cher- chez le  Seigneur  votre  Dieu,  vous  le trouverez,  pourvu  toutefois  que  vous  le cherchiez  de  tout  votre  cœur,  et  dans toute  l'amertume  et  l'affliction  de  votre âme.
30.  Après  que  vous  vous  serez  trouvé accablé  de  tous  ces  maux  qui  vous avaient  été  prédits,  vous  reviendrez  en- fin au  Seigneur  votre  Dieu,  et  vous écouterez  sa  voix  ;
31.  parce  que  le  Seigneur  votre  Dieu est  un  Dieu  plein  de  miséricorde  :  il  ne vous  abandonnera  point,  et  ne  vous  ex- terminera point  entièrement,  et  n'ou- bliera pas  l'alliance  qu'il  a  jurée,  et qu'il  a  faite  avec  vos  pères.
23.  Cave  ne  quando  obliviscaris  pacti Domini  Dei  tui,  quod  pepegit  tccum, et  facias  tibi  sculptara  similitudincm eorum,  quœ  fieri  Dominus  prohibait;
24.  quia  Dominus  Deus  tuus  ignis consumens  est,  Deus  œmulator.
25.  Si  genueritis  filios  ac  nepotes,  et morati  fueritis  in  terra,  decepti(]ue  fe- ceritis  vobis  aliquam  similitudinem , patrantes  malum  coram  Domino  Deo vestro,  ut  eum  ad  iracundiam  provo- cetis,
26.  testes  invoco  hodie  cœlum  et  ter- ram,  cito  perituros  vos  esse  de  terra, quam  transito  Jordane  possessuri  estis. Non  habitabitis  in  ea  longo  tempore, sed  delebit  vos  Dominus ,
27.  atque  disperget  in  omnes  gentes, et  remanebitis  pauci  in  nationibus,  ad quas  vos  ducturus  est  Dominus.
28.  Ibique  servietis  diis  qui  hominum manu  fabricati  sunt,  ligno  et  lapidi qui  non  vident,  nec  audiunt,  nec  come- dunt,  nec  odorantur.
29.  Cumque  qusesieris  ibi  Dominum Deum  tuum ,  invenies  eum  ;  si  tamen toto  corde  qusesieris,  et  tota  tribulatione animse  tuée.
30.  Postquam  te  invenerint  omnia quae  praedicta  sunt,  novissimo  tempore reverteris  ad  Dominum  Deum  tuum, et  audies  vocem  ejus  ;
31.  quia  Deus  misericors  Dominus Deus  tuus  est  ;  non  dimittet  te ,  nec  om- nino  delebit,  neque  obliviscetur  pacti  in quo  jura  vit  patribus  tuis.
pour  leur  continuer  ses  avertissements  paternels; du  moins  il  profite  de  ses  derniers  instants  pour leur  redire  :  Cave...  ne  ohlivlscaris... —  Ignis  con- sumens,  ...  cemulator.  Noms  qui  marquent  à  mer- veille la  pxireté,  la  sainteté  de  l'Être  divin.  Cf. IX,  5;  Ex.  XX,  5;  Is.  X,  17;  Hebr.  xir,  29,  etc.
4°  Redouter  les  vengeances  de  Jchovah.  IV, 25-40.
Grande  solennité  et  vive  émotion  dans  ce  pas- sage.
25-28.  L'idolâtrie  d'Israël  attirerait  sur  lui  des châtiments  aussi   prompts  que   redoutables.  —
Moïse  suppose  donc  qu'après  un  long  séjour  (mo- rati) en  Palestine,  les  Hébreux,  sans  oublier absolument  Jéhovah ,  imiteront  les  pratiques  ido- lâtriques  des  païens ,  et  il  leur  prédit  les  malheurs successifs  qui  en  résulteront  pour  eux  :  expulsion du  pays  de  la  promesse,  dispersion,  amoindris- sement, dégradation  complète. —  Testes  invoco... Majestueuse  apostrophe.
29-31.  Néanmoins,  même  alors  la  miséricorde de  Dieu  se  laissera  toucher  par  leur  repentir  (si toto  corde  qucesieris  :  condition  absolument  re- quise).
574
Deut.  IV,  32-40.
32.  Interroga  de  diebus  antiquis,  qui f  uerunt  ante  te  ex  die  quo  creavit  Deus hominem  super  terram,  a  summo  cselo usque  ad  summum  ejus,  si  facta  est aliquando  hujuscemodi  res,  aut  unquam cognitum  est
33.  ut  audiret  populus  vocem  Dei loquentis  de  medio  ignis,  sicut  tu  au- disti  et  vixisti  ;
34.  sic  fecit  Deus  ut  ingrederetur,  et toUeret  sibi  gentem  de  medio  nationum, per  tentationes,  signa,  atque  portenta, per  pugnam,  et  robustam  manum,  ex- tentumque  bracbium,  et  liorribiles  vi- siones,  juxta  omnia  quie  fecit  pro  vobis Dominus  Deus  vester  in  u3ï;gypto,viden- tibus  oculis  tuis  ;
35.  ut  scires  quoniam  Dominus  ipse est  Deus ,  et  non  est  alius  prseter eum.
36.  De  cselo  te  fecit  audire  vocem suam,  ut  doceret  te,  et  in  terra  ostendit tibi  ignem  suum  maximum,  et  audisti verba  illius  de  medio  ignis,
37.  quia  dilexit  patres  tuos,  et  elegit semen  eorum  post  eos.  Eduxitque  te praecedens  in  virtute  sua  magna  ex ^gypto,
38.  ut  deleret  nationes  maximas  et fortiores  te  in  introitu  tuo,  et  introdu- ceret  te,  daretque  tibi  ten-am  earum  in possessionem ,  sicut  cernis  in  prsesenti die.
39.  Scito  ergo  hodie,  et  cogitato  in corde  tuo  quod  Dominus  ipse  sit  Deus in  cselo  sursum,  et  in  terra  deorsum, et  non  sit  alius.
40.  Custodi  prsecepta  ejus  atque  man- data, quse  ego  prsecipio  tibi,  ut  bene  sit tibi,  et  filiis  tuis  post  te,  et  permaneas multo  tempore  super  terram  quam  Do- minus Deus  tuus  daturus  est  tibi.
32.  InteiTogez  les  siècles  les  plus  re culés  qui  ont  été  avant  vous,  et  consi- dérez d'une  extrémité  du  ciel  jusqu'à l'autre,  depuis  le  jour  où  le  Seigneur créa  l'homme  sur  la  terre,  s'il  s'est  ja- mais rien  fait  de-semblable,  et  si  jamais on  a  oui  dire
33.  qu'un  peuple  ait  entendu  la  voix de  Dieu  qui  lui  parlait  du  milieu  des flammes,  comme  vous  l'avez  entendue sans  avoir  perdu  la  vie  ;
34.  qu'un  Dieu  soit  venu  prendre  pour lui  un  peuple  au  milieu  des  nations ,  en faisant  éclater  sa  puissance  par  des  mi- racles, par  des  prodiges,  par  des  com- bats où  il  s'est  signalé  avec  une  main forte  et  un  bras  étendu ,  et  par  des  vi- sions horribles ,  selon  tout  ce  que  le  Sei- gneur votre  Dieu  a  fait  pour  vous  dans l'Egypte,  comme  vous  l'avez  vu  de  vos yeux;
35.  afin  que  vous  reconnussiez  que  le Seigneur  est  le  véritable  Dieu,  et  qu'il n'y  en  a  point  d'autre  que  lui.
36.  Il  vous  a  fait  entendre  sa  voix  du haut  du  ciel  pour  vous  instruire,  et  il vous  a  fait  voir  son  feu  sur  la  teiTe,  un feu  effroyable,  et  vous  avez  entendu sortir  ces  paroles  du  milieu  du  feu  ;
37.  parce  qu'il  a  aimé  vos  pères,  et qu'après  eux  il  a  choisi  pour  lui  leur postérité.  Il  vous  a  tiré  de  l'Egypte  en .marchant  devant  vous  avec  sa  grande puissance,
38.  pour  exterminer  à  votre  entrée  de très  grandes  nations,  qui  étaient  plus fortes  que  vous  ;  pour  vous  faire  entrer dans  leur  pays,  et  vous  faire  posséder leur  terre  comme  vous  le  voyez  vous- même  aujourd'hui.
39.  Reconnaissez  donc  en  ce  jour,  et que  cette  pensée  soit  toujours  gravée dans  votre  cœur,  que  le  Seigneur  est l'unique  Dieu,  depuis  le  haut  du  ciel jusqu'au  plus  profond  de  la  terre,  et qu'il  n'y  en  a  point  d'autre  que  lui.
40.  Gardez  ses  préceptes  et  ses  com- mandements que  je  vous  j^rescris  au- jourd'hui, afin  que  vous  soyez  heureux, vous  et  vos  enfants  après  vous,  et  que vous  demeuriez  longtemps  dans  la  terre que  le  Seigneur  votre  Dieu  vous  don- nera.
32-38.  Le  Seigneur,  en  effet,  n'a  pas  choisi fit  béni  Israël  entre  tous  les  peuples  pour  l'aban- donner ensuite  totalement,  quoique  ingrat.  Ad-
mirable et  touchant  raisonnement,  présenté  en un  beau  langage.  Cf.  Kom.  xi,  29.
39-40.  Péroraison  de  ce  premier  discours.
Deut.  IV,  41-49.
575
41.  Alors  Moïse  désigna  trois  villes  au deçà  du  Jourdain  vers  l'orient,
42.  afin  que  celui  qui  aurait  tué  son prochain  contre  sa  volonté,  sans  qu'il eût  été  son  ennemi  un  ou  deux  jours auparavant,  pût  se  retirer  en  quelqu'une de  ces  villes,  et  y  être  en  sûreté.
43.  Ces  villes  furent  Bosor,  dans  le désert,  située  dans  la  plaine  qui  appar- tient à  la  tribu  de  Ruben  ;  Ilamoth  de Galaad ,  qui  est  de  la  tribu  de  Gad  ;  et Golan  de  Basan,  qui  est  de  la  tribu  de Manassé.
44.  C'est  lii  la  loi  que  Moïse  proposa aux  enfants  d'Israël.
45.  Ce  sont  là  les  préceptes,  les  céré- monies et  les  ordonnances  qu'il  prescri- vit aux  enfants  d'Israël  après  qu'ils furent  sortis  d'Egypte,
46.  au  deçà  du  Jourdain,  dans  la  val- lée qui  est  vis-à-vis  du  temple  de  Pho- gor,  au  pays  de  Séhon,  roi  des  Amor- rhéens,  qui  habita  à  Hésébon,  et  qui fut  défait  par  Moïse.  Car  les  enfants d'Israël,  après  être  sortis  d'Egj^pte,
47.  possédèrent  ses  terres  et  les  terres d'Og,  roi  de  Basan  :  c'étaient  là  les  deux rois  des  Amorrhéens  qui  régnaient  au deçà  du  Jourdain  vers  le  levant,
48.  depuis  Aroër,  qui  est  située  sur  le bord  du  torrent  de  l'Arnon,  jusqu'au mont  Sion,  qui  s'appelle  aussi  Hermon,
49.  c'est-à-dire  toute  la  plaine  au  deçà du  Jourdain  vers  l'orient,  jusqu'à  la  mer du  désert,  et  jusqu'au  pied  du  mont Phasga.
41.  Tune  sépara  vit  Moyses  tiCS  civi- tates  trans  Jordanem  ad  orientalem  pla-
42.  ut  confugiat  ad  eas  qui  occident nolens  proximum  suum,  nec  sibi  fuerit inimicus  ante  unum  et  alterum  diem, et  ad  harum  aliquam  urbium  possit evadere  :
43.  Bosor  in  solitudine,  quse  sita  est in  terra  campestri  de  tribu  Ruben  ;  et Ramoth  in  Galaad,  quse  est  in  tribu Gad;  et  Golan  in  Basan,  quae  est  in tribu  Manasse.
44.  Ista  est  lex,  quam  proposuit  Moyses coram  filiis  Israël,
45.  et  hsec  testimonia  et  ceremonise atque  judicia,  quse  locutus  est  ad  filios Israël,  quando  egressi  sunt  de  ^gypto,
46.  trans  Jordanem  in  valle  contra fanum  Phogor,  in  terra  Sehon,  régis Amorrhsei,  qui  habitavit  in  Hesebon, quem  percussit  Moyses  ;  filii  quoque Israël,  egressi  ex  ^Egypto,
47.  possederunt  terram  ejus,  et  ter- ram  Og,  régis  Basan,  duorum  regum Amorrhseorum ,  qui  erant  trans  Jorda- nem, ad  solis  ortum,
48.  ab  Aroer,  quse  sita  est  super  ri- pam  torrentis  Arnon ,  usque  ad  montem Sion,  qui  est  et  Hermon,
49.  omnem  planitiem  trans  Jorda- nem, ad  orientalem  plagam,  usque  ad mare  solitudinis,  et  usque  ad  radiées montis  Phass:a.
5°  Désignation  de  trois  villes  de  refuge  au delà  du  Jourdain.  IV,  41-43.
41-43.  C'est  là  une  parenthèse  historique  entre le  premier  et  le  second  discours.  —  Très  civi- tates  :  ce  nombre  avait  été  fixé  par  Dieu  lui- même,  Num.  XXXV,  13-14.  Sur  la  destination  des villes  de  refuge  (ut  confugiat...),  voyez  Num. XXXV,  9-34,  et  le  commentaire.  —  Bosor  (hébr.  : Béser)  n'a  pas  encore  été  identifiée  avec  certi- tude; peut-être  serait -elle  représentée  par  les ruines  de  Kesûr-el-Beschéir,  qu'on  rencontre  au sud-ouest  de  Dibon  (in  terra  campestri:  le  haut plateau  qui  domine  la  vallée  du  Jourdain  h  l'est). —  Ramoth  in  Galaad ,  célèbre  dans  la  suite  par deux  épisodes  roj-aux  (III  Reg.  xxi  ;  IV  Rcg.  ix), nous  fait  remonter  plus  au  nord.  Cette  ville  s'ap- pelait encore  Ramoth  -  Masphé  (Jos.  xiir,  86)  : on  a  cru  retrouver  sou  emplacement  à  Es -Sait, localité  intéressante  du  Belqâ. —  Golan  in  Basan a  donné  son  nom  au  district  de  la  Gaulanitide
ou  de  Djaulân  :  sa  situation  exacte  est  inconnue (d'après  Josèphe ,  les  environs  de  Gadara).  Yoyez VAtl.  géogr.,  pi.  vu  et  xii.
SECOND   DISCOURS Nouvelle  promulgation   de  la  Loi.
IV,  44  —  XXYI,  ID.
Sectiox  I.  —  La  substance  de  la  LÉaisLAiroy
DTJ  SiNAÏ  EN  THÉORIE  ET  EN'  PllATIQUE.  IV,  44  —
XI,  32.
44-49.  Préambule  historique.  —  C'est  un  titre analogue  à  celui  du  premier  discours  (i,  1-5). Il  indique  :  1°  le  sujet  traité,  vers.  44-45  :  Ista  est lex...  (les  quatre  substantifs  lex,  testimonia.  ce- remonice,  judicia  sont  synonymes);  2"  le  théâtre du  discours,  vers.  46-49  (fanum  Phogor,  voyez la  note  de  m,  29).  Sion  est  un  quatrième  nom de  l'Hermon  (comp.  m,  8-9,  et  le  commentaire)  ; on  l'écrit  en  hébreu  Siy'ôn ,  tandis  que  la  célèbre colline  de  Jérusalem  s'appelait  §iyôn.
576
Deut.  y,  1-9.
CHAPITRE  V
1.  Vocavitqiie  Moyses  omnem  Israe- lem,  et  dixit  ad  eiim  :  Audi,  Israël,  cere- monias  atque  judicia,  quœ  ego  loqiior in  auribus  vestris  liodie;  discite  ea,  et opère  complète.
2.  Dominus  Deiis  noster  pepigit  no- biscum  fœdus  in  Horeb.
3.  Non  cum  patribus  nostris  iniit  pa- ctum ,  sed  nobiscum  qui  in  prsesentiarum sumus,  et  vivimus.
4.  Facie  ad  faciem  locutus  est  nobis  in monte,  de  medio  ignis.
5.  Ego  sequester  et  médius  fui  inter Dominum  et  vos  in  tempore  illo,  ut annuntiarem  vobis  verba  ejus;  timuistis enim  ignem,  et  non  ascendistis  in  mon- tem,  et  ait  :
6.  Ego  Dominus  Deus  tuus ,  qui eduxi  te  de  terra  ^gypti,  de  domo  ser- vitutis.
7.  Non  habebis  deos  alienos  in  con- spectu  meo.
8.  Non  faciès  tibi  sculptile,  nec  simi- litudinem  omnium  quse  in  cselo  sunt desuper,  et  qufie  in  terra  deorsum,  et quae  versantur  in  aquis  sub  terra.
9.  Non  adorabis  ea ,  et  non  coles  ;  ego enim  sum  Dominus  Deus  tuus,  Deus semulator,  reddens  iniquitatem  patrum super  filios  in  tertiam  et  quartam  gene- rationem  his  qui  oderunt  me,
1.  Moïse,  ayant  donc  fait  venir  tout  le peuple  d'Israël,  lui  dit  :  Écoutez,  Israël, les  cérémonies  et  les  ordonnances  que  je vous  fais  entendre  aujourd'hui;  appre- nez-les, et  pratiquez -les  :
2.  Le  Seigneur  notre  Dieu  a  fait  al- liance avec  nous  à  l'Horeb.
3.  Il  n'a  point  fait  alliance  avec  nos pères,  mais  avec  nous  qui  sommes  et  qui vivons  aujourd'hui.
4.  Il  nous  a  parlé  face  à  face  sur  la montagne,  du  milieu  du  feu.
5.  Je  fus  alors  l'entremetteur  et  le médiateur  entre  le  Seigneur  et  vous, pour  vous  annoncer  ses  paroles.  Car  vous appréhendiez  ce  grand  feu ,  et  vous n'êtes  point  montés  sur  la  montagne  ;  et il  dit  :
6.  Je  suis  le  Seigneur  votre  Dieu ,  qui vous  ai  tirés  de  l'Egypte,  de  la  maison de  servitude.
7.  Vous  n'aurez  point  de  dieux  étran- gers en  ma  présence.
8.  Vous  ne  vous  ferez  point  d'image sculptée,  ni  de  représentations  de  tout ce  qui  est  ou  en  haut  dans  le  ciel,  ou  en bas  sur  la  terre,  ou  qui  vit  sous  terre dans  les  eaux.
9.  Vous  ne  les  adorerez  et  ne  les  ser- virez point.  Car  je  suis  le  Seigneur  votre Dieu,  un  Dieu  jaloux,  qui  punit  l'ini- quité des  pères  sur  les  enfants  jusqu'à la  troisième  'et  la  quatrième  génération de  ceux  qui  me  haïssent;
§  I.  —  Le  Décalogue.  Y,  1-33.
C'est  évidemment  par  lui  que  devait  commencer la  récapitulation  générale  des  lois  sinaïtiques , auxquelles  il  avait  servi  de  base,  —  Sur  la  divi- sion des  dix  préceptes,  voyez  Ex.  xx,  1,  et  l'expli- cation.
1°  Exorde  solennel.  Y,  1  -  5.
Chap.  y.  —  1».  Introduction  historique.  — Yocavit...,  omnem  Israelein.  Transition  majes- tueuse ,  en  rapport  avec  l'importance  spéciale  du discours,
l*>-5.  Introduction  logique ,  où  sont  brièvement exposés  les  motifs  pratiques  pour  lesquels  Moïse prenait  la  parole,  —  In  aurihus  vestris.  La  plus grande  partie  de  la  génération  présente  n'avait pas  assisté  à  la  promulgation  du  Sinaï.  —  Pe- pigit fœdus  (b'rit)  :  tel  était  le  but  essentiel  de la  loi  donnée  ù.  Israël  ;  elle  avait  établi  l'alliance théocratique. —  Non  cum  patribus  nostris...  Fré- quente tournure  hébraïque,  pour  signifier  :  Ce
n'est  pas  seulement  avec  nos  pères,  mais  aussi avec  nous  que  Dieu  a  fait  alliance.  Selon  d'autres commentateurs ,  le  mot  «  pères  »  désignerait  les patriarches  Abraham,  Isaac  et  Jacob,  Nous  pré- férons le  premier  sentiment.  —  Ugo  sequester  et médius...  Moïse  rappelle  la  part  qu'il  a  prise  à cette  alliance.  Dieu  avait  d'abord  promulgué  le Décalogue  de  sa  propre  bouche ,  Ex,  xx,  1  ;  mais les  Hébreux,  effi'ayés,  s'étaient  enfuis  du  pied  de la  montagne ,  en  demandant  que  Moïse  leur  com- muniquât le  reste  des  volontés  divines  :  il  était ainsi  devenu  le  médiateur  entre  eux  et  Jéhovah, Cf,  vers.  23  et  ss.;  Gai,  m,  19,
2°  Les  dix  commandements  de  Dieu,  Y,  6-21.
Une  comparaison  établie  entre  ce  passage  et Ex.  xx,  2-17,  ne  révèle  que  des  variantes  sans importance.  La  formule  sicut  prcecepit,..,  qui revient  ù  trois  l'epriscs  (vers.  12,  15,  16),  est  en rapport  avec  le  caractère  spécial  de  cette  seconde promulgation,
6-11.  Les  deux  premiers  commandements.
Deut.  y,  10-22.
577
10.  et  qui  fais  miséricorde  jusqu'à mille  et  mille  générations  à  ceux  qui m'aiment  et  qui  gardent  mes  préceptes.
11.  Vous  ne  prendrez  point  le  nom  du Seigneur  votre  Dieu  en  vain  ;  car  celui qui  aura  attesté  la  sainteté  de  son  nom sur  une  chose  vaine  ne  sera  point  im- puni.
12.  Observez  le  jour  du  sabbat,  et aj'ez  soin  de  le  sanctifier,  selon  que  le Seigneur  votre  Dieu  vous  l'a  ordonné.
13.  Vous  travaillerez  pendant  six  jours, et  vous  ferez  alors  tous  vos  ouvrages.
14.  Mais  le  septième  jour  est  celui  du sabbat,  c'est-à-dire  le  jour  du  repos  du Seigneur  votre  Dieu.  Vous  ne  ferez  au- cune œuvre  servlle  en  ce  jour-là,  ni  vous, ni  votre  fils,  ni  votre  fille,  ni  votre  ser- viteur, ni  votre  servante,  ni  votre  bœuf, ni  votre  âne ,  ni  aucune  de  vos  bêtes ,  ni l'étranger  qui  est  au  milieu  de  vous  ; afin  que  votre  serviteur  et  votre  servante se  reposent  comme  vous.
15.  Souvenez-vous  que  vous^avez  vous- même  été  esclave  dans  l'Egypte,  et que  le  Seigneur  votre  Dieu  vous  en  a tiré  par  sa  main  toute -puissante,  et  en déployant  toute  la  force  de  son  bras. C'est  pourquoi  il  vous  a  ordonné  d'ob- server le  jour  du  sabbat.
16.  Honorez  votre  père  et  votre  mère, selon  que  le  Seigneur  votre  Dieu  vous l'a  ordonné,  afin  que  vous  viviez  long- temps, et  que  vous  soyez  heureux  dans la  terre  que  le  Seigneur  votre  Dieu  vous donnera.
17.  Vous  ne  tuerez  point.
18.  Vous  ne  commettrez  point  d'adul- tère.
19.  Vous  ne  déroberez  point.
20.  Vous  ne  porterez  point  de  faux témoignage  contre  votre  prochain.
21.  Vous  ne  désirerez  pas  la  femme de  votre  prochain ,  ni  sa  maison ,  ni  son champ,  ni  son  serviteur,  ni  sa  servante, ni  son  bœuf,  ni  son  âne,  ni  aucune  chose qui  lui  appartienne.
22.  Le  Seigneur  prononça  ces  paroles avec  une  voix  forte,  devant  vous  tous,
10.  et  faciens  misericordiam.  in  multa millia  diligentibus  me,  et  custodientibus prœcepta  mea.
11.  Non  usurpabis  nomen  Domini Dei  tui  frustra;  quia  non  erit  impuni- tus  qui  super  re  vana  nomen  ejus  as- sumpserit.
12.  Observa  diem  sabbati,  ut  sancti- fiées eura,  sicut  prœcepit  tibi  Dominus Deus  tuus.
13.  Sex  diebus  operaberis,  et  faciès omnia  opéra  tua.
14.  Septimus  dies  sabbati  est,  id  est, requies  Domini  Dei  tui.  Non  faciès  in  eo quidquam  operis  tu,  et  filius  tuus,  et filia,  servus  et  ancilla,  et  bos,  et  asinus, et  omne  jumentum  tuum,  et  peregri- nus  qui  est  intra  portas  tuas  ;  ut  requie- scat  servus  tuus,  et  ancilla  tua,  sicut et  tu.
15.  Mémento  quod  et  ipse  servieris  in ^gypto,  et  eduxerit  te  inde  Dominus Deus  tuus  in  manu  forti,  et  brachio extento.  Idcirco  prsecepit  tibi  ut  obser- vares  diem  sabbati.
16.  Honora  patrem  tuum  et  matrem, sicut  prsecepit  tibi  Dominus  Deus  tuus, ut  longo  vivas  tempore,  et  bene  sit  tibi in  terra  quam  Dominus  Deus  tuus  datu- rus  est  tibi.
17.  Non  occides.
18.  Neque  mœchaberis.
19.  Furtumque  non  faciès.
20.  Nec  loqueris  contra  proximum  tuum falsum  testimonium.
21.  Non  concupisces  uxorem  proximi tui,  non  domum,  non  agrum,  non  ser- vum,  non  ancillam,  non  bovem,  non asinum,  et  universa  quse  illius  sunt.
22.  Hœc  verba  locutus  est  Dominus ad    omnem    multitudinem   vestram    in
12-15.  Le  troisième  commandement.  —  Sicut et  tu  (vers.  14)  :  trait  nouveau  et  délicat.  — Mémento  quod  et  ipse...  C'est  la  modification  la plus  considérable  de  la  seconde  rédaction;  elle suggère  un  motif  de  fidélité  au  repos  du  sabbat plus  en  rapport  avec  les  circonstances  actuelles. Cf.  Ex.  XX,  11.
16-21.  Les  sept  autres  commandements.  —  Au vers.  21,  l'hébreu  emploie  deux  verbes  distincts,
au  lieu  du  simple  concupisces  :  Tu  ne  désireras pas  la  femme  de  ton  prochain ,  et  tu  ne  convoi- teras pas  sa  maison...  Remarquez  l'addition  du mot  agrum,  inutile  autrefois,  et  qui  allait  bientôt avoir  un  sens  très  pratique.
S'  Moïse  fait  ressortir  les  circonstances  prin- cipales de  la  première  promulgation  du  Déca- loguc.  V,  22-23.
22.  Les  tables  de  la  loi.  —  Nihil  addens  am-
578
Deut.  V,  23-32.
monte,  de  medio  ignis  et  nubis,  et  cali- ginis,  voce  magna,  nihil  addens  amplius  ; et  scripsit  ea  in  duabus  tabulis  lapideis, quas  tradidit  mihi.
23.  Vos  autem  postquam  aiidistis  vo- cem  de  medio  tenebrariim,  et  montem ardere  vidistis,  accessistis  ad  me  omnes principes  tribuum,  et  majores  natu, atque  dixistis  :
24.  Ecce  ostendit  nobis  Dominus Deus  noster  majestatem  et  magnitu- dinem  suam  ;  vocem  ejus  audivimns  de medio  ignis  ;  et  probaviniiis  hodie  quod, loquente  Deo  cum  bomine,  vixerit bomo.
25.  Ciir  ergo  moriemiir,  et  devorabit nos  ignis  bic  maximus?  Si  enim  aii- dierimus  ultra  vocem  Domini  Dei  nostri, moriemur.
26.  Quid  est  omnis  caro,  ut  audiat vocem  Dei  viventis,  qui  de  medio  ignis loquitur  sicut  nos  audivimus,  et  possit vivere?
27.  Tu  magis  accède,  et  audi  cuncta quae  dixerit  Dominus  Deus  noster  tibi; loquerisque  ad  nos,  et  nos  audientes faciemus  ea.
28.  Quod  cum  audisset  Dominus ,  ait ad  me  :  Audivi  vocem  verborum  populi bujus  quse  locuti  sunt  tibi  ;  bene  omnia sunt  locuti.
29.  Quis  det  talem  eos  habere  men- tem,  ut  timeant  me,  et  custodiant  uni- versa  mandata  mea  in  omni  tempore,  ut bene  sit  eis,  et  filiis  eorum  in  sempi- ternum  ?
30.  Vade,  et  die  eis  :  Revertimini  in tentoria  vestra.
31.  Tu  vero  bic  sta  mecum,  et  loquar tibi  omnia  mandata  mea,  et  ceremouias atque  judicia,  quae  docebis  eos,  ut  fa- ciant  ea  in  terra  quam  dabo  illis  in possessionem.
32.Custodite  igitur  et  facite  quae  prae- cepit  Dominus  Deus  vobis  ;  non  declina- bitis  neque  ad  dexteram,  neque  ad  si- nistram  ;
sur  la  montagne,  du  milieu  du  feu,  de la  nuée  et  de  l'obscurité,  sans  y  ajouter rien  de  plus;  et  il  les  écrivit  sur  les deux  tables  de  pierre  qu'il  me  donna.
23.  Mais  après  que  vous  eûtes  entendu sa  voix  du  milieu  des  ténèbres,  et  que vous  eûtes  vu  la  montagne  tout  en  feu, vous  m'envoyâtes  tous  les  princes  de  vos tribus  et  vos  anciens,  et  vous  me  dîtes  :
24.  Le  Seigneur  notre  Dieu  nous  a fait  voir  sa  majesté  et  sa  grandeur; nous  avons  entendu  sa  voix  du  milieu du  feu,  et  nous  avons  éprouvé  aujour- d'hui que  Dieu  a  parlé  à  un  homme, sans  que  l'homme  en  soit  mort.
25.  Pourquoi  donc  mourrons -nous,  et serons  -  nous  dévorés  par  ce  grand  feu  ? Car  si  nous  entendons  davantage  ]a  voix du  Seigneur  notre  Dieu ,  nous  mourrons.
26.  Qu'est  tout  homme  revêtu  de  chair, pour  pouvoir  entendre  la  voix  du  Dieu vivant,  et  parlant  du  milieu  du  feu, comme  nous  l'avons  entendue,  sans  qu'il en  perde  la  vie  ?
27.  Approchez-vous  donc  plutôt  vous- même  de  lui;  et  écoutez  tout  ce  que  le Seigneur  notre  Dieu  vous  dira  :  vous nous  le  rapporterez  ensuite,  et  quand nous  l'aurons  appris ,  nous  le  ferons.
28.  Le  Seigneur,  ayant  entendu  cela, me  dit  :  J'ai  entendu  les  paroles  que  ce peuple  vous  a  dites  ;  il  a  bien  parlé  dans tout  ce  qu'il  a  dit.
29.  Qui  leur  donnera  un  tel  esprit  et un  tel  cœur,  qu'ils  me  craignent,  et qu'ils  gardent  en  tout  temps  tous  mes préceptes,  afin  qu'ils  soient  heureux  à jamais ,  eux  et  leurs  enfants  ?
30.  Allez,  et  dites -leur  :  Retournez dans  vos  tentes.
31.  Et  pour  vous,  demeurez  ici  avec moi,  et  je  vous  dirai  tous  mes  comman- dements ,  mes  cérémonies  et  mes  ordon- nances ;  et  vous  les  leur  enseignerez,  afin qu'ils  les  observent  dans  la  terre  que  je leur  donnerai  en  héritage.
32.  Observez  donc  et  exécutez  ce  que le  Seigneur  votre  Dieu  vous  a  comman- dé. Vous  ne  vous  détournerez  ni  à  droite ni  à  gauche  ;
plius.  C.-à-d.  que  Dieu  se  borna  à.  faire  au  peuple cette  communication  directe,  et  qu'il  cessa  en- suite de  lui  parler  en  personne.  —  Scripsit  ea.^ Un  peu  plus  tard,  comme  il  sera  dit  au  chap.  ix, 9-12.
23-27.  Requête  pressante  des  Hébreux  épou- vantés. Cf.  Ex.  XX,  18-21.  Le  récit  actuel  est  plus complet.
28-31.  La  réponse  du  Seigneur  à  cette  requête. Détails  complètement  nouveaux,  —  Bene...  sunt locuti.  Leur  demande  pi'ovenait,  en  effet,  du sentiment  qu'ils  avaient  de  leur  indignité.
32-33.  Conclusion  :  la  parfaite  obéissance  au Décalogue  (neque  ad  dexteram.^,  ti-ait  pitto- resque).
Deut.  V,  33  —  VI,  8.
579
33.  mais  vous  marcherez  par  la  voie que  le  Seigneur  votre  Dieu  vous  a  pres- crite, afin  que  vous  viviez,  que  vous soyez  heureux,  et  que  vos  jours  se  mul- tiplient dans  la  terre  que  vous  allez  pos- séder.
33.  sed  per  viam,  quam  prsecepit  Do- minus  Deus  vester,  ambulabitis,  ut vivatis,  et  bene  sit  vobis,  et  protelentur dies  in  terra  possessionis  vestrse.
CHAPITRE  VI
1.  Voici  les  préceptes,  les  cérémonies et  les  ordonnances  que  le  Seigneur  votre Dieu  m'a  commandé  de  vous  enseigner, afin  que  vous  les  observiez  dans  la  terre dont  vous  allez  vous  mettre  en  posses- sion ;
2.  afin  que  vous  craigniez  le  Seigneur votre  Dieu,  et  que,  tous  les  jours  de votre  vie,  vous  gardiez  tous  ses  com- mandements et  ses  préceptes  que  je  vous donne,  à  vous,  à  vos  enfants,  et  aux  en- fants de  vos  enfants,  et  que  vous  viviez longtemps  svr  la  terre.
3.  Écoutez,  Israël,  et  ayez  grand  soin de  faire  ce  que  le  Seigneur  vous  a  com- mandé, afin  que  vous  soyez  heureux,  et que  vous  vous  multipliiez  de  plus  en plus,  selon  la  promesse  que  le  Seigneur, le  Dieu  de  vos  pères,  vous  a  faite  de vous  donner  une  terre  où  couleraient  le lait  et  le  miel.
4.  Ecoutez ,  Israël  :  le  Seigneur  notre Dieu  est  le  seul  et  unique  Seigneur.
5.  Vous  aimerez  le  Seigneur  votre  Dieu de  tout  votre  cœur,  de  toute  votre  âme et  de  toutes  vos  forces.
6.  Ces  commandements,  que  je  vous donne  aujourd'hui,  seront  gravés  dans votre  cœur.
7.  Vous  en  instruirez  vos  enfants; vous  les  méditerez  quand  vous  serez  as- sis dans  votre  maison ,  et  que  vous  mar- cherez dans  le  chemin,  la  nuit  dans  les intervalles  du  sommeil,  le  matin  à  votre réveil.
8.  Vous  les  lierez  comme  un  signe dans  votre  main  ;  vous  les  porterez  sur le  front  entre  vos  yeux  ;
1.  Hsec  sunt  prœcepta,  et  ceremoniœ atque  judicia,  quaî  mandavit  Dominus Deus  vester  ut  docerem  vos,  et  faciatis ea  in  terra,  ad  quam  transgredimini possidendam  ;
2.  ut  timeas  Dominum  Deum  tuum,  et custodias  omnia  mandata  et  prgecepta ejus,  quse  ego  prœcipio  tibi,  et  filiis,  ac nepotibus  tuis,  cunctis  diebus  vitse  tuaa, ut  prolongentur  dies  tui.
3.  Audi,  Israël,  et  observa  ut  facias quse  praecepit  tibi  Dominus,  et  bene  sit tibi,  et  multipliceris  amplius,  sicut  pol- licitus  est  Dominus  Deus  patrum  tuorum tibi  terram  lacté  et  melle  manantem.
4.  Audi,  Israël,  Dominus  Deus  noster, Dominus  unus  est.
5.  Diliges  Dominum  Deum  tuum  ex toto  corde  tuo ,  et  ex  tota  anima  tua ,  et ex  tota  fortitudine  tua.
6.  Eruntque  verba  hœc,  quse  ego  prse- cipio  tibi  hodie,  in  corde  tuo  ;
7.  et  narrabis  ea  filiis  tuis,  et  medi- taberis  in  eis  sedens  in  domo  tua,  et ambulans  in.  itinere,  dormiens  atque consurgens.
8.  Et  ligabis  ea  quasi  signum  in  manu tua,  eruntque  et  movebuntur  inter  ocu- los  tuos ;
§  II.  —  L'amour  de  Dieu,  motif  suirrême d'obéissance  à  la  loi.  VI,  1-25.
Après  avoir  ainsi  promulgué  à  nouveau  le Bécaloguc,  Moïse,  dans  une  série  d'exhortations pressantes  (vi-xi),  en  comraente  les  points  les plus  importants,  non  sans  suggérer  à  son  auditoire divers  motifs  de  fidélité  :  l'amour,  la  crainte,  l'es- pérance.
1°  Obéir  par  amour.  VI,  1-9.
Chap.  VI.  —  1-3.  Introduction  et  transition.
4-9.  Aimer  Dieu  souverainement,  et  d'une  ma- nière pratique.  —  1«  Un  seul  Dieu,  qui  mérite tout  l'amour  de  son  peuple,  vers.  4-5.  Magni- fiques paroles ,  dont  les  Juifs  ont  le  droit  d'être fiei's ,  car  elles  contiennent  un  grand  dogme,  celui de  l'unité  de  Dieu,  et  v.n  admirable  pi'écepte, celui  de  la  charité  parfaite,  —  Dominv^  Dms..».
27*
580
Deut.  VI,  9-16.
9.  scribesqiie  ea  in  limine  et  ostiis domus  tuœ.
10.  Cumque  introdiixerit  te  Dominus Deus  tuus  in  terram  pro  qua  juravit patribus  tiiis,  Abraham,  Isaac,  et  Jacob, et  dederit  tibi  civitates  magnas  et  opti- mas,  quas  non  sedificasti,
11.  domos  plenas  cunctarum  opum, quas  non  exstruxisti,  cisternas  quas  non fodisti,  vineta  et  oliveta  quss.  non  plan- tasti ,
12.  et  comederis ,  et  saturatus  fueris  ;
13.  cave  diligenter ,  ne  obliviscaris Domini,  qui  eduxit  te  de  terra  ^gypti, de  domo  servitutis.  Dominum  Deum tuum  timebis,  et  illi  soli  servies,  ac  per nomen  illius  jurabis.
14.  Non  ibitis  post  deos  alienos  cun- ctarum gentium,  quas  in  circuitu  vestro sunt,
15.  quoniam  Deus  semulator,  Dominus Deus  tuus  in  medio  tui;  nequando  ira- scatur  f  uror  Domini  Dei  tui  contra  te,  et auferat  te  de  superficie  terrée.
16.  Non    tentabis    Dominum    Deum tuum,  sicut  tentasti  in  loco  tentationis.
9.  vous  les  écrirez  sur  le  seuil  et  sur les  poteaux  de  la  porte  de  votre  maison.
10.  Et  lorsque  le  Seigneur  votre  Dieu vous  aura  fait  entrer  dans  la  terre  qu'il a  promise  avec  serment  à  vos  pères, Abraham,  Isaac  et  Jacob,  et  qu'il  vous aura  donné  de  grandes  et  de  très  bonnes villes  que  vous  n'aurez  point  fait  bâtir,
11.  des  maisons  pleines  de  toutes  sortes de  biens,  que  vous  n'aurez  point  cons- truites, des  citernes  que  vous  n'aurez point  creusées,  des  vignes  et  des  plants d'oliviers  que  vous  n'aurez  pas  plantés,
12.  et  que  vous  serez  nourris  et  rassa- siés ds  toutes  ces  choses;
13.  prenez  bien  garde  de  ne  pas  ou- blier le  Seigneur,  qui  vous  a  tiré  du  pays d'Eg3qote  et  de  la  maison  de  servitude. Vous  craindrez  le  Seigneur  votre  Dieu  ; vous  ne  servirez  que  lui  seul,  et  vous  ne jurerez  que  par  son  nom.
14.  Vous  ne  suivrez  point  les  dieux étrangers  d'aucune  des  nations  qui  sont autour  de  vous  ;
15.  parce  que  le  Seigneur  votre  Dieu, qui  est  au  milieu  de  vous,  est  un  Dieu jaloux;  de  peur  que  la  fureur  du  Sei- gneur votre  Dieu  ne  s'allume  contre vous,  et  qu'il  ne  vous  extermine  de  des- sus la  terre.
16.  Vous  ne  tenterez  point  le  Seigneur votre  Dieu,  comme  vous  l'avez  tenté  au lieu  de  la  tentation.
Dans  l'hébr.  :  Jéliovah  notre  Dieu,  Jéhovah  (  est  ) unique.  Il  n'y  a  donc  qu'un  seul  Dieu,  qu.i  est Jéhovah,  le  Dieu  d'Israël;  les  idoles  païennes ne  sont  rien.  —  Diliges...  A  ce  Dieu  unique  les Hébreux  doivent  donner  toutes  leurs  affections, comme  l'exprime  cette  belle  formule,  qui  mul- tiplie les  synonymes  afin  d'insister  avec  plus d'énergie  sur  le  précepte.  Ex  toto  corde  :  le  cœur, centre  des  affections  ex  tota  anima  :  l'âme,  centre de  la  personnalité;  ex  tota  /ortitudine :  la  puis- sance, en  laquelle  se  concentrent  toutes  les  forces de  notre  volonté.  Toutes  les  facultés  humaines sont  donc  ainsi  conviées  à  l'amour.  Vraiment,  c'est là  «  le  premier  et  le  plus  grand  commandement de  la  loi  » ,  comme  l'a  dit  Notre-Seigneur  Jésus- Christ  (Matth.  xxii,  37-40).  —  2«»  Cet  amour parfait  réclame  une  parfaite  obéissance,  vers.  6-9. Verba  Jiœc  in  corde  tuo  :  l'accomplissement  de  la loi,  affaire  de  l'esprit,  qui  doit  y  penser  toujours (sedens,  ambulans...,  charmants  détails;  dor- miens,en  te  couchant);  bien  plus,  affaire  du  cœuri —  Du  cœur,  les  prescriptions  célestes  passeront sur  les  lèvres  des  fervents  Israélites  :  narrabis  ea... Du  cœur,  aux  mains  et  aux  yeux  (sur  l'usage  des i'flllîn  ou  phylactères,  vo3'ez  Ex.  xiii,  16,  et  la note). —  Scribes  ea  in  limine  (héhr. :  m'zuzô0... La  coutume  de  placer  des  Inscriptions  sur  les
portes  existait  déjà  dans  l'antique  Egypte  (Atl. arch.,  pi.  XIII,  fig.  7;  pi.  siv,  fig.  3),  et  elle  n'a pas  disparu  dans  i'Égypte  moderne  {ibid.,  pi.  xiv, fig.  6)  :  Moïse  recommande  aux  Hébreux  quelque chose  d'analogue.  De  là  l'usage  de  la  m'zuzah, sorte  d'étui  en  bois  ou  en  métal ,  que  l'on  sus- pend à  l'un  des  poteaux  des  portes,  après  y  avoir inséré  un  rouleau  de  parchemin  sur  lequel  on  a écrit  les  passages,  Deut.,  vi,  4-9  ;xi,  13-20.  Voyez VAtl.  ardiéol.,  pi.  ex,  fig.  11-12.
2^  Ne  pas  oublier  le  Seigneur  parmi  les  délices de  Chanaan,  VI,  10-19.
10-13.  Admirable  description  de  la  Terre  sainte et  de  ses  joies  prochaines.  Mais  le  bonheur  a  ses périls,  et  rend  facilement  oublieux.  Donc,  cave... ne  obliviscaris...  —  La  seconde  moitié  du  vers.  13 (Dominum  Deum...)  a  fourni  à  Jésus  -  Christ  sa troisième  réponse  au  tentateur.  Cf.  Matth.  iv,  10. Soli  a  été  ajouté  par  les  LXX  et  par  la  Vulgate. —  Per  nomen  illius...  Le  serment ,  quand  il  est nécessaire,  est  un  hommage  rendu  à  Dieu  et  à son  saint  nom.
14-15.  Dangers  de  l'idolâtrie.
16.  Ne  pas  tenter  Dieu.  —  Non  tentabis...  Le Sauveur  a  également  cité  cette  parole  au  démon, Matth.  IV,  7.  —  In  loco  tentationis.  Hébr.  :  à Massah.  Voy.  Ex.  xvii,  3,  7,  et  le  commentaire.
Deut.  VI,  17  —  Vil,  1.
581
17.  Gardez  les  préceptes  du  Seigneur votre  Dieu,  les  ordonnances  et  les  céré- monies qu'il  vous  a  prescrites.
18.  Faites  ce  qui  est  bon  et  agréable aux  yeux  du  Seigneur,  afin  que  vous soyez  heureux,  et  que  vous  possédiez  cet excellent  pays  où  vous  allez  entrer,  que le  Seigneur  a  juré  de  donner  à  vos pères,
19.  en  leur  promettant  d'exterminer devant  vous  tous  vos  ennemis.
20.  Et  lorsque  vos  enfants  vous  inter- rogeront à  l'avenir,  et  vous  diront  :  Que signifient  ces  commandements,  ces  céré- monies et  ces  ordonnances  que  le  Sei- gneur notre  Dieu  nous  a  prescrites  ?
21.  vous  leur  direz  :^  Nous  étions  es- claves du  pharaon  en  Egypte,  et  le  Sei- gneur nous  a  tirés  de  l'Egypte  avec  une main  forte  ;
22.  il  a  fait  devant  nos  yeux  en Egypte  de  grands  miracles  et  des  pro- diges terribles  contre  le  pharaon  et contre  toute  sa  maison  ;
23.  et  il  nous  a  tirés  de  ce  pays -là pour  nous  faire  entrer  dans  cette  terre, qu'il  avait  promis  avec  serment  à  nos pères  de  nous  donner:
24.  et  le  Seigneur  nous  a  commandé ensuite  d'observer  toutes  ces  lois,  et  de craindre  le  Seigneur  notre  Dieu,  afin que  nous  soyons  heureux  tous  les  jours de  notre  vie,  comme  nous  le  sommes aujourd'hui.
25.  Le  Seigneur  notre  Dieu  nous  fera miséricorde ,  si  nous  observons  et  si  nous pratiquons  devant  lui  tous  ses  préceptes, selon  qu'il  nous  l'a  commandé.
17.  Custodi  prœcepta  Domini  Dei  tuî, ac  testimonia  et  ceremonias  quas  prse- cepit  tibi  ;
18.  et  fac  quod  placitum  est  et  bonum in  conspectu  Domini,  ut  bene  sit  tibi, et  ingressus  possideas  terram  optimam, de  qua  jura  vit  Dominus  patribus  tuis,
19.  ut  deleret  omnes  inimicos  tuos coram  te,  sicut  locutus  est.
20.  Cumque  interrogaverit  te  filius tuus  cras,  dicens  :  Quid  sibi  volunt  tes- timonia hsec,  et  ceremonise,  atque  judi- cia,  quse  prsecepit  Dominus  Deus  noster nobis?
21.  dices  ei  :  Servi  eramus  pharaonis in  ^gypto,  et  eduxit  nos  Dominus  de -^gypto  in  manu  f orti  ;
22.  fecitque  signa  atque  prodigia magna  et  pessima  in  ^gypto  contra  pha- raonem,  et  omnem  domum  illius,  in conspectu  nostro  ;
23.  et  eduxit  nos  inde,  ut  introductis daret  terram,  super  qua  juravit  patribus nostris.
24.  Prœcepitque  nobis  Dominus,  ut faciamus  omnia  légitima  hsec ,  et  timea- mus  Dominum  Deum  nostrum,  ut  bene sit  nobis  cunctis  diebus  vitae  nostrse,  sic- ut est  hodie.
25.  Eritque  nostri  misericors,  si  custo- dierimus  et  fecerimus  omnia  prœcepta ejus  coram  Domino  Deo  nostro,  sicut mandavit  nobis.
CHAPITRE  VII
1.  Lorsque  le  Seigneur  votre  Dieu vous  aura  fait  entrer  dans  cette  terre que  vous  allez  posséder,  et  qu'il  aura exterminé  devant  vous  de  nombreuses nations,  les  Héthéens,  les  Gergézéens,
1.  Cum  introduxerit  te  Dominus  Deus tuus  in  terram  quam  possessurus  ingre- deris,  et  deleverit  gentes  multas  coram te,  Hethœum,  et  Gergezaeum,  et  Amor- rhaeum,  Chananseum,  et  Pherezseum,  et
17-19.  Promesses  aux  obéissants.
30  Prêcher  l'amour  de  Dieu  aux  générations suivantes.  VI,  20-25.
C'est  un  développement  du  vers.  7.
20-25.  Cras  :  le  concret,  pour  désigner  tous les  temps  à  venir.  —  La  réponse  du  père  à  son fils  (vers.  21-25)  contient  un  excellent  résumé des  principaux  bienfaits  du  Seigneur  envers  Is- raël, cités  comme  motif  d'obéissance.  —  Erit... nostri  misericors.   De   même  les    LXX.   Dans
l'hébreu  ;  Et  justice  sera  à  nous.  C.  -  à  -  d.  :  Dieu nous  estimera  justes,  si  nous  observons...
§  III. — Extirpation  de  l'idolâtrie  et  des  idolâtres. VII,  1-26.
lo  N'avoir  aucun  commerce  avec  les  Chananéens, mais  les  exterminer.  TU,  1-10.
Chap.  VII.  —  1-  5.  Conduite  à  tenir  envers  les habitants  de  Chanaan.  Cf.  Ex.  xxin,  27-33, — Septem  gentes;  les  sept  principales,  pour  repré-
582
Deut.  VII,  2-9.
Ilevteum,  et  Jebusseum,  septem  gentes multo  majoris  numeri  quam  tu  es,  et robustiores  te  ;
2.  tradideritque  eas  Dominus  Deus tuiis  tibi,  percuties  eas  usque  ad  inter- necionem.  Non  inibis  cum  eis  fœdus,  nec misereberis  earum,
3.  neque  sociabis  cum  eis  conjugia. Filiam  tuam  non  dabis  filio  ejus,  nec filiam  illius  accipies  filio  tuo  ;
4.  quia  seducet  filium  tuum,  ne  se- quatur  me,  et  ut  magis  serviat  diis  alie- nis.  Irasceturque  f  uror  Doniini,  et  delebit te  cito.
5.  Quin  potius  hsec  facietis  eis  :  Aras
eorum  subvertite,  et  confringite  statuas, lucosque  succidite,  et  sculptilia  com- burite  ^
6.  quia  populus  sanctus  es  Domino Deo  tuo.  Te  elegit  Dominus  Deus  tuus, ut  sis  ei  populus  peculiaris  de  cunctis populis  qui  sunt  super  terram.
7.  Non  quia  cunctas  gentes  numéro vincebatis,  vobis  junctus  est  Dominus, et  elegit  vos,  cum  omnibus  sitis  populis pauciores  ;
8.  sed  quia  dilexit  vos  Dominus,  et custodivit  juramentum,  quod  jura  vit  pa- tribus  vestris;  eduxitque  vos  in  manu forti,  et  redemit  de  domo  servitutis,  de manu  pharaonis,  régis  -^gypti.
9.  Et  scies,  quia  Dominus  Deus  tuus.
les  Amorrhéens,  les  Cliananéens,  les Phérézéens,  les  Ilévéens  et  les  Jébu- séens,  qui  sont  sept  peuples  beaucoup plus  nombreux  et  plus  puissants  que vous;
2.  lorsque  le  Seigneur  votre  Dieu  vous les  aura  livrés,  vous  les  ferez  tous  pas- ser au  fil  de  l'épée,  sans  qu'il  en  demeure un  seul.  Vous  ne  ferez  point  d'alliance avec  eux,  et  vous  n'aurez  aucune  com- passion d'eux.
3.  Vous  ne  contracterez  point  de  ma- riage avec  ces  peuples.  Vous  ne  donne- rez point  vos  filles  à  leurs  fils,  et  vos fils  n'épouseront  point  leurs  filles  ;
4.  parce  qu'elles  séduiront  vos  fils,  et leur  persuaderont  de  m'abandonner,  et d'adorer  des  dieux  étrangers  plutôt  que moi.  Ainsi  la  fureur  du  Seigneur  s'allu- mera contre  vous,  et  vous  exterminera dans  peu  de  temps.
5.  Voici,  au  contraire,  la  manière  dont vous  agirez  avec  eux.  Eenversez  leurs autels,  brisez  leurs  statues,  abattez  leurs bois  profanes,  et  brûlez  toutes  leurs sculptures  idolâtriques ,
6.  parce  que  vous  êtes  un  peuple  saint et  consacré  au  Seigneur  votre  Dieu.  Le Seigneur  votre  Dieu  vous  a  choisi,  afin que  vous  fussiez  le  peuple  qui  lui  appar- tînt en  propre  d'entre  tous  les  peuples qui  sont  sur  la  terre.
7.  Ce  n'est  point  parce  que  vous  sur- passiez en  nombre  toutes  les  nations, que  le  Seigneur  s'est  uni  ù,  vous  et  vous a  cboisis  pour  lui,  puisqu'au  contraire vous  êtes  en  plus  petit  nombre  que  tous les  autres  peuples  ;
8.  mais  c'est  parce  que  le  Seigneur vous  a  aimés,  et  qu'il  a  gardé  le  ser- ment qu'il  avait  fait  à  vos  pères,  en vous  faisant  sortir  de  l'Egypte  par  sa main  toute -puissante,  en  vous  rachetant de  cette  maison  de  servitude,  et  en  vous tirant  des  mains  du  pharaon,  roi  d'E- gypte.
9.  Vous  saurez  donc  que  le  Seigneur
senter  toutes  les  autres  (sept,  le  nombre  parfait). Sur  leurs  districts  respectifs,  voyez  VAtl.  géogr., pi.  V.  —  Percuties...  Hébr.  :  haharem  taharim, l'anathème.  Cf.  Lev.  xxvn,  28  et  ss.  —  A  plus forte  raison,  ne  former  avec  eux  aucune  sorte d'alliance  (non  inibis...),  à  cause  de  leur  dépra- vation contagieuse.  Cf.  Ex.  xxxiv,  15-16.  —  Quin potius  (vers.  5)...  Faire  disparaître  promptement toutes  les  marques  de  leur  idolâtrie.  Cf.  Ex.  xxin, 24;  XXXIV,  13.  Statuas  :  d'après  l'hébreu,  les «c  stèles  V  érigées  eu  l'honneur  des  faux  dieux.
Lucas  :  plutôt  les  idoles  de  bois  ('aséri^n)  qui  re- présentaient une  impure  déesse.
6-10.  Trois  raisons  de  se  séparer  des  nations païennes.  —  En  premier  lieu,  le  caractère  sacré d'Israël,  vers.  6  :  populus  sanctus,  ...  peculiaris. Cf.  Ex.  XIX,  5,  et  l'explication.  En  second  lieu, les  bienfaits  de  Dieu,  complètement  gratuits, vers.  6-8  :  elegit,  dilexit,  custodivit...;  cum sitis...  pauciores  (hyperbole  oratoire).  En  troi- sième lieu,  la  fidélité  du  Seigneur  à  ses  promesses pour   quiconque  lui  obéira,  et  ses  vengeances
Deut.  VII,  10-18.
583
votre  Dieu  est  lui-même  le  Dieu  fort et  fidèle,  qui  garde  son  alliance  et  sa miséricorde  jusqu'à  mille  générations envers  ceux  qui  l'aiment  et  qui  gardent ses  préceptes  ;
10.  et  qui  au  contraire  punit  prompte- raent  ceux:  qui  le  haïssent,  sans  différer de  les  perdre  entièrement,  mais  leur rendant  sur-le-champ  ce  qu'ils  mé- ritent.
11.  Gardez  donc  les  préceptes,  les  cé- rémonies et  les  ordonnances  que  je  vous commande  aujourd'hui  d'observer.
12.  Si  après  avoir  entendu  ses  ordon- nances, vous  les  gardez  et  les  pratiquez, le  Seigneur  votre  Dieu  gardera  aussi  à votre  égard  l'alliance  et  la  miséricorde qu'il  a  promis  à  vos  pères  avec  serment.
13.  Il  vous  aimera  et  vous  multi- pliera ;  il  bénira  le  fi'uit  de  votre  sein et  le  fruit  de  votre  terre ,  votre  blé ,  vos vignes,  votre  huile,  vos  bœufs  et  vos troupeaux  de  brebis,  dans  la  terre  qu'il a  promis  avec  serment  à  vos  pères  de vous  donner.
14.  Vous  serez  béni  entre  tous  les peuples.  Il  n'y  aura  point  parmi  vous  de stérile  de  l'un  ou  de  l'autre  sexe,  ni parmi  les  hommes,  ni  dans  vos  trou- peaux.
15.  Le  Seigneur  éloignera  de  vous toutes  les  langueurs ,  et  il  ne  vous  frap- pera point  des  plaies  très  malignes  de l'Egypte,  que  vous  connaissez;  mais  il en  frappera  au  contraire  tous  vos  enne- mis.
16.  Vous  exterminerez  tous  les  peuples que  le  Seigneur  votre  Dieu  doit  vous  li- vrer. Votre  œil  ne  sera  touché  d'aucune compassion  pour  eux  en  les  voyant,  et vous  n'adorerez  point  leurs  dieux,  de peur  qu'ils  ne  deviennent  le  sujet  de votre  ruine.
17.  Si  vous  dites  en  votre  cœur  :  Ces nations  sont  plus  nombreuses  que  nous  ; comment  pourrons-nous  les  exterminer?
18.  Ne  craignez  point,  mais  souve-
ipse  est  Deus  fortis  et  fidelis,  custodiens pactum  et  misericordiam  diligentibusse, et  his  qui  custodiunt  praecepta  ejus,  in mille  generationes  ;
10.  et  reddens  odientibus  se  statim,ita ut  disperdat  eos,  et  ultra  non  différât, protinus  eis  restituens  quod  merentm*.
11.  Custodi  ergo  praecepta  et  ceremo- nias  atque  judicia,  quse  ego  mande  tibi liodie  ut  facias.
12.  Si  postquam  audieris  hsec  judicia, custodieris  ea  et  feceris,  custodiet  et Dominus  Deus  tuus  pactum  tibi,  et  mi- sericordiam quam  jura  vit  patribus  tuis.
13.  Et  diliget  te  ac  multiplicabit ,  be- nedicetque  f ructai  ventris  tui ,  et  f ructui terras  tuae,  frumento  tuo,  atque  vinde- miae,  oleo,  et  armentis,  gregibus  ovium tuarum  super  terram  ,  pro  qua  jura  vit patribus  tuis  ut  daret  eam  tibi.
14.  Benedictus  eris  inter  omnes  popu- los. Non  erit  apud  te  sterilis  utriusque sexus,  tam  in  ho  minibus,  quam  in  gre- gibus tuis.
15.  Auferet  Dominus  a  te  omnem  lan-
guorem  ;  et  infirmitates  Mgj-pii  pessimas, quas  novisti,  non  inf eret  tibi,  sed  cunctis hostibus  tuis.
16.  Devorabis  omnes  populos,  quos Dominus  Deus  tuus  daturus  est  tibi.  Non parcet  eis  oculus  tuus,  nec  servies  diis eorum,  ne  sint  in  ruinam  tui.
17.  Si  dixeris  in  corde  tuo  :  Plures sunt  gentes  istae  quam  ego  ;  quomodo potero  delere  eas?
18.  Noli  metuere,  sed  recordare  quae
toutes  prêtes  (statim,  et  ultra...,  protinus)  contre les  Ingrats ,  vers.  9  - 10.
2°  Bénédictions  que  Jéhovah  tient  en  réserve pour  les  Israélites  fidèles.  VII,  11-26.
Développement  du  vers.  8  et  d'autres  passages analogues.
11-16.  Le  Seigneur  exécutera  sa  part  du  contrat d'alliiinco.  —  Bénédictions  positives,  vei^s.  13-14, 16  :  une  fécondité  universelle  (fructui  ventris tui,  les  enfants;  'astorct,  l'équivalent  hébreu  de gregibus,  n'est  employé  qu'ici  et  xxviii,  4,  18,
55  :  c'est  un  mot  emprunté  à  la  langue  chana- néenne ,  et  qui  désignait  primitivement  la  déesse de  la  fécondité).  —  Bénédictions  négatives,  vers. 15  :  infirmitates  JEgypti;  l'Egypte  a  toujours  été lui  foyer  («  genitrix,  »  dit  Pline  l'Ancien)  de. maladies  contagieuses.
17-24.  Israël  n'aura  rien  à  craindre  des  peuples de  Clianaan.  —  Si  dixeris...  Objection  possible, réfutcHî  d'avance.  Ne  rien  craindre,  car  le  passé (recordare)  est  un  sûr  gai'ant  de  l'avenir  (sic faciet...).  A  cette  occasion,  nouvelle  description
584
Deut.  VII,  19-26.
fecerit  Domîniis  Deiis  tuus  pharaoni,  et cunctis  -3^gyptiis,
19.  plagas  raaximas,  qiias  viderunt oculi  tui,  et  signa  atque  portenta,  ma- numque  robustam,  et  extentum  bra- chium,  ut  educeret  te  Dominus  Deus tuus.  Sic  faciet  cunctis  populis,  quos metuis.  *
20.  Insuper  et  crabrones  mittet  Do- minus Deus  tuus  in  eos,  donec  deleat omnes  atque  disperdat  qui  te  fugerint, et  latere  potuerint.
21.  Non  timebis  eos,  quia  Dominus Deus  tuus  in  medio  tui  est,  Deus  magnus et  terribilis.
22.  Ipse  consumet  nationes  bas  in conspectu  tuo  paulatim  atque  per  partes. Non  poteris  eas  delere  pariter,  ne  forte multiplicentur  contra  te  bestise  terrse.
23.  Dabitque  eos  Dominus  Deus  tuus in  conspectu  tuo,  et  interficiet  illos  donec penitus  deleantur.
24.  Tradetque  reges  eorum  in  manus tuas,  et  disperdes  nomina  eorum  sub caelo  ;  nullus  poterit  resistere  tibi,  donec conteras  eos.
25.  Sculptilia  eorum  igné  combures; non  concupisces  argentum  et  auram,  de quibus  facta  sunt,  neque  assumes  ex  eis tibi  quidquam,  ne  offendas,  propterea quia  abominatio  est  Domini  Dei  tui.
26.  Nec  infères  quippiam  ex  idolo  in domum  tuam,  ne  fias  anathema,  sicut et  illud  est.  Quasi  spurcitiam  detesta- beris,  et  velut  inquinamentum  ac  sordes abominationi  habebis,  quia  anathema est.
nez-vous  de  la  manière  dont  le  Seigneur votre  Dieu  a  traité  le  pharaon  et  tous les  Egyptiens,
19.  de  ces  grandes  plaies  dont  vos yeux  ont  été  témoins,  de  ces  miracles et  de  ces  prodiges,  de  cette  main  forte et  de  ce  bras  étendu  que  le  Seigneur votre  Dieu  a  fait  paraître  pour  vous tirer  de  l'Egypte.  C'est  ainsi  qu'il  trai- tera tous  les  peuples  que  vous  pouvez craindre.
20.  Le  Seigneur  votre  Dieu  enverra même  contre  eux  des  fi'elons,  jusqu'à  ce qu'il  ait  détruit  et  perdu  entièrement tous  ceux  qui  auront  pu  vous  échapper et  se  cacher.
21.  Vous  ne  les  craindrez  donc  point, parce  que  le  Seigneur  votre  Dieu  est  au milieu  de  vous,  lui  le  Dieu  grand  et terrible.  ^^
22.  Ce  sera  lui-même  qui  perdra  de- vant vous  ces  nations  peu  à  peu  et  par parties.  Vous  ne  pourrez  les  exterminer toutes  ensemble,  de  peur  que  les  bêtes de  la  terre  ne  se  multiplient  et  ne  s'é- lèvent contre  vous.
23.  Mais  le  Seigneur  votre  Dieu  vous abandonnera  ces  peuples,  et  il  les  fera mourir  jusqu'à  ce  qu'ils  soient  détruits entièrement.
24.  Il  vous  livrera  leurs  rois  entre  les mains,  et  vous  exterminerez  leur  nom de  dessous  le  ciel.  Nul  ne  pourra  vous résister,  jusqu'à  ce  que  vous  les  ayez écrasés.
25.  Vous  jetterez  dans  le  feu  les images  taillées  de  leurs  dieux  ;  vous  ne désirerez  ni  l'argent  ni  l'or  dont  elles sont  faites,  et  vous  n'en  prendrez  rien pour  vous  ;  de  peur  que  ce  ne  vous  soit un  sujet  de  ruine,  parce  qu'elles  sont l'abomination  du  Seigneur  votre  Dieu.
26.  Il  n'entrera  rien  dans  votre  mai- son qui  vienne  de  l'idole,  de  peur  que vous  ne  deveniez  anathème  comme  l'i- dole même.  Vous  la  détesterez  comme de  l'ordure,  vous  l'aurez  en  abomination comme  les  choses  souillées  et  qui  font le  plus  d'horreur,  parce  que  c'est  un anathème.
abrégée  des  prodiges  accomplis  en  faveur  des  Hé- breux lors  de  la  sortie  d'Égjiite  (vers.  18-19). —  Eas  delere  pariter...  (22)  C.-à-d.  toutes  à  la fois  ;  le  motif  est  aussitôt  donné  :  ne  forte...  bestiee. Yoyez  Ex.  xxni,  29,  et  le  commentaire.
25-26.  Moïse  réitère  énergiquement  l'ordre  de
ne  rien  laisser  subsister  des  signes  idolâtriques des  Chananéens.  —  Quippiam  ex  idolo...  Les métaux  précieux  dont  les  idoles  étaient  souvent fabriquées  pouvaient  devenir  un  objet  de  tenta- tion matérielle  d'abord,  et  bientôt  morale.  Témoin Acban  (Jos.  vu,  21).
Deut.  VIII,  1
6.
685
CHAPITRE  VIII
1.  Prenez  bien  garde  d'observer  tous les  préceptes  que  je  vous  prescris  au- jourd'hui, afin  que  vous  puissiez  vivre, que  vous  vous  multipliiez  de  plus  en plus,  et  que  vous  possédiez  le  pays  où vous  allez  entrer,  prorais  à  vos  pères avec  serment  par  le  Seigneur.
2.  Vous  vous  souviendrez  de  tout  le chemin  par  où  le  Seigneur  votre  Dieu vous  a  conduits  dans  le  désert  pendant quarante  ans,  pour  vous  punir  et  vous éprouver,  afin  que  ce  qui  était  caché dans  votre  cœur  fût  découvert,  et  que l'on  connût  si  vous  seriez  fidèle  ou  infi- dèle à  observer  ses  commandements.
3.  Il  vous  a  afiligé  de  la  faim,  et  il vous  a  donné  pour  nourriture  la  manne qui  était  inconnue  à  vous  et  à  vos  pères, pour  vous  faire  voir  que  l'homme  ne  vit pas  seulement  de  pain,  mais  de  toute parole  qui  sort  de  la  bouche  de  Dieu.
4.  Voici  la  quarantième  année  que vous  êtes  en  chemin,  et  cependant  les  ha- bits dont  vous  étiez  couvert  ne  se  sont point  rompus  par  la  longueur  de  ce temps,  et  les  souliers  que  vous  aviez  à vos  pieds  ne  se  sont  point  usés.
5.  Pensez  donc  en  vous-même  que  le Seigneur  votre  Dieu  s'est  appliqué  à vous  instruire,  comme  un  homme  s'ap- plique à  instruire  son  fils  ;
6.  afin  que  vous  observiez  les  com- mandements du  Seigneur  votre  Dieu, que  vous  marchiez  dans  ses  voies,  et que  vous  soyez  pénétré  de  sa  crainte.
1.  Omne  mandatum,  quod  ego  prœ- cipio  tibi  hodie,  cave  diligenter  ut  facias, ut  possitis  vivere ,  et  multipliceraini , ingressique  possideatis  terram,  pro  qua jura  vit  Dominus  patribus  vestris.
2.  Et  recordaberis  cuncti  itineris, per  quod  adduxit  te  Dominus  Deus  tuus quadraginta  annis  per  desertum ,  ut- affligeret  te,  atque  tentaret,  et  nota  fiè- rent quai  in  tuo  animo  versabantur, utrum  custodires  mandata  illius,  an non.
3.  Afflixit  te  penuria,  et  dédit  tibi cibum  manna,  quod  ignorabas  tu  et patres  tui,  ut  ostenderet  tibi  quod  non in  solo  pane  vivat  homo,  sed  in  omni verbo  quod  egreditur  de  ore  Dei.
4.  Vestimentum  tuum,  quo  operiebaris , nequaquam  vetustate  defecit,  et  pes  tuus non  est  subtritus,  en  quadragesimus  an- nus  est  ;
5.  ut  recogites  in  corde  tuo,  quia  sicut erudit  filium  suum  homo,  sic  Dominus Deus  tuus  erudivit  te  ;
6.  ut  custodias  mandata  Domini  Dei tui,  et  ambules  in  viis  ejus,  et  timeas eum.
§  IV.  —  Le  souvenir  des  })ontés  du  Seigneur. VIII,  1  —  X,  11.
1«  Dieu ,  le  meilleur  des  instructeurs  à  l'égard d'Israël.  VIII,  1-6.
Chap.  VIII.  —  1-6.  En  tête  (vers.  1)  et  à  la fin  de  cet  alinéa  (  vers.  6  ),  l'exhortation  perpé- tuelle :  omne  (avec  emphase)  mandatum...  custo- dias. Au  milieu,  l'idée  si  vraie  et  si  profonde  : Dieu ,  voulant  éprouver  les  Hébreux  (ut  tentaret), a  mêlé  les  afflictions  et  les  humiliations  tempo- raires (affligeret)  aux  joies  sans  nombre  dont  il les  a  comblés.  —  Becordaberis  cuncti  itineris  : il  ne  s'agit  pas  moins  de  la  voie  morale  que  du chemin  matériel.  —  Nota...  qua;  in  animo.  Trait d'une  grande  finesse  psj'^chologique  :  les  souf- frances manifestent  le  fond  des  cœurs  et  des pensées.  Cf.  II  Par.  xxxii,  31.  — Néanmoins,  le bonheur  d'Israël  avait  été  plus  grand  que  ses
peines  ;  deux  exemples  frappants  le  montrent  : 1°  la  manne ,  nourriture  céleste ,  créée  tout  exprès pour  lui  (quod  ignorabas...)  ;  2°  un  merveilleux équipement  (vers.  4).  —  La  parole  quod  non  in solo  pane...  (vers.  3)  fut  également  opposée  par Jésus  au  démon  tentateur  (Matth.  rv,  4).  Elle signifie  que  si  les  mets  ordinaires  et  naturels  font défaut  à  ses  amis ,  Dieu  n'aura  qu'un  mot  à  dire pour  leur  procurer  une  nourriture  miraculeuse, telle  qu'était  la  manne.  —  Vestimentum...  ne- quaquam defecit...  Non  contents  de  prendre  ces mots  tout  à  fait  à  la  lettre,  les  rabbins  supposent en  outre  que  les  vêtements  grandissaient  avec ceux  qui  en  étaient  vêtus.  On  exagérerait  en  un auti*e  sens ,  si  l'on  se  bornait  h  voir  dans  ce  pas- sage les  facilités  simplement  naturelles  (trafic avec  les  tribus  arabes ,  emploi  de  la  laine  et  des peaux  de  leur  bétail)  que  Dieu  avait  fournies aux  Israélites  de  renouveler  leurs  vêtements  et
586
Dedt.  VIII,  7-15.
7.  Dominiis  enim  Deus  tuus  intro- ducet  te  in  terram  bonam,  terram  rivo- rum  aquaruraque  et  fontium,  in  cujus campis  et  montibus  erumpimt  fluviorum abyssi  ;
8.  terram  fi-umenti,  hordei,  ac  \i- nearum  ;  in  qua  ficus ,  et  malogranata , et  oliveta  nascuntur;  terram  olei  ac mellis  ;
9.  ubi  absqiie  ulla  penuria  comedes panem  tuiim,  et  reriim  omnium  abun- dantia  perfrueris  ;  cujus  lapides  ferrum sunt,  et  de  montibus  ejus  œris  metalla fodiuntur  ;
10.  ut  cum  comederis,  et  satiatus  £ue- ris,  benedicas  Domino  Deo  tuo  pro  terra optima,  quam  dédit  tibi.
11.  Observa,  et  cave  ne  quando  obli- viscaris  Domini  Dei  tui,  et  negligas mandata  ejus  atque  judicia  et  ceremo- nias,  quas  ego  prœcijjio  tibi  hodie;
12.  ne  postquam  comederis,  et  satiatus fueris,  domos  pulchras  s&dificaveris ,  et liabitaveris  in  eis,
13.  habuerisque  armenta  boum,  et ovium  grèges,  argenti  et  auri  cuncta- rumque  rerum  copiam,
14.  elevetur  cor  tuum,  et  non  remi- niscaris  Domini  Dei  tui,  qui  eduxit  te de  terra  ^gypti,  de  domo  servitutis,
15.  et  ductor  tuus  fuit  in  solitudine magna  atque  terribili,  in  qua  erat  ser- pens  flatu  adurens,  et  scorpio,  ac  dipsas,
7.  Car  le  Seigneur  votre  Dieu  va  vous introduire  dans  une  bonne  terre,  dans une  terre  pleine  de  ruisseaux,  d'étangs et  de  fontaines,  où  les  sources  des fleuves  répandent  leurs  eaux  en  abon- dance dans  les  plaines  et  le  long  des montagnes  ;
8.  dans  une  terre  qui  produit  du  fro- ment, de  l'orge  et  des  vignes;  oîi naissent  les  figuiers,  les  grenadiers, les  oliviers  ;  dans  une  terre  d'huile  et  de miel,
9.  011  vous  mangerez  votre  pain  sans que  vous  en  manquiez  jamais,  où  vous serez  dans  une  abondance  de  toutes choses  ;  une  terre,  dont  les  pien*es  sont du  fer,  et  des  montagnes  desquelles  on tire  les  métaux  d'airain  ;
10.  afin  qu'après  avoir  mangé  et  vous être  rassasié ,  vous  bénissiez  le  Seigneur votre  Dieu  qui  vous  aura  donné  une  si excellente  terre.
11.  Prenez  garde  avec  gi-and  soin  de n'oublier  jamais  le  Seigneur  votre  Dieu, et  de  ne  point  négliger  ses  préceptes, ses  lois  et  ses  cérémonies,  que  je  vous prescris  aujourd'hui  ;
12.  de  peur  qu'après  que  vous  aurez mangé  et  que  vous  vous  serez  rassasié, que  vous  aurez  bâti  de  belles  maisons , et  que  vous  vous  y  serez  établi ,
13.  que  vous  aurez  eu  des  troupeaux de  bœufs  et  des  troupeaux  de  brebis,  et une  abondance  d'or  et  d'argent  et  de toutes  choses,
14.  votre  cœur  ne  s'élève,  et  que  vous ne  vous  souveniez  plus  du  Seigneur votre  Dieu,  qui  vous  a  tiré  du  pays d'Egypte,  de  la  maison  de  servitude;
15.  qui  a  été  votre  conducteur  dans un  désert  vaste  et  affreux,  où  il  y  avait des    serpents    qui    brûlaient    par    leur
leurs  chaussures.  Les  moyens  naturels  ne  furent p<as  exclus;  mais  le  texte  (cf.  xxix,  5)  et  l'ana- logie de  la  manne  mentionnée  plus  haut  supposent ime  Providence  singulière  et  exceptionnelle.  — Pes...  non  subtritus  (hébr.  :  enflé)  :  ainsi  qu'il arrive  lorsqu'on  marche  avec  de  mauvaises  chaus- sures; d'où  11  suit  que  celles-ci  avaient  été  éga- lement préservées.  —  Sicut  eriulit...  sic...  Résumé de  la  conduite  de  Dieu  à  l'égard  de  son  peuple.
20  Se  souvenir  pratiquement  des  libéralités  du Seigneur.  VIII,  7-20.
7-10.  Magnifique  horizon  pour  un  prochain avenir.  —  In  terram...  Autre  description  fort belle  de  la  Terre  promise  et  des  biens  qu'elle  tient en  réserve  pour  les  Hébreux.  Cf.  vi,  10-12,  Bo- nam: l'idée  générale,  qui  est  ensuite  développée  : terre  arrosée,  par  conséquent  fertile  ;  pays  riche
en  métaux  (lapides,  ferrum...).  «  Les  explorateurs modernes  ont  constaté  la  présence  du  fer  en  dif- férents endroits  du  pays ,  »  surtout  au  Liban,  et entre  Jérusalem  et  Jéricho.  Quant  à  la  fertilité, elle  a  cessé  depuis  longtemps,  avec  les  fluviorum abyssi;  mais  elle  existait  alors,  et  il  ne  serait pas  impossible  de  la  faire  renaître.
11-18.  Ne  pas  oublier  les  bontés  de  Jéhovah parmi  toutes  ces  délices.  Même  raisonnement  que ci-dessus,  vi,  10-18,  —  Elevetur  cor  tuum  (vers. 14)  :  fait  si  fréquent  dans  l'histoire  d'Israël.  Cf. XXXII,  13-18;  II  Par.  xn,  1;  xxvi,  16;  xxxn, 25,  etc.  —  Et  non  reminiscaris...  Autre  résumé de  ce  que  le  Seigneur  a  accompli  pour  son  peuple depuis  la  sortie  d'Egypte, —  Serpens  flatu  (ce  mot n'est  pas  dans  le  texte)  adurens  (saraf)  :  voyez Num.  XXI,  6,  et  le  commentaire.  —  Dipsas  :  non
«;;*  \U\f\
souffle,  des  scorpions  et  des  dipsades,  et où  il  n'y  avait  aucune  eau;  qui  a  fait sortir  des  ruisseaux  de  la  pierre  la  plus dure  ;
16.  qui  vous  a  nourri  dans  cette  soli- tude de  la  manne  inconnue  à  vos  pères, et  qui,  après  vous  avoir  puni  et  vous avoir  éprouvé,  a  eu  enfin  pitié  de vous  ;
17.  afin  que  vous  ne  disiez  point  dans votre  cœur  :  C'est  par  ma  propre  puis- sance et  par  la  force  de  mon  bras  que je  me  suis  acquis  toutes  ces  choses  ;
18.  mais  que  vous  vous  souveniez  que c'est  le  Seigneur  votre  Dieu  qui  vous  a donné  lui-même  toute  votre  force,  pour accomplir  ainsi  l'alliance  qu'il  a  jurée avec  vos  pères,  comme  vous  le  voyez aujourd'hui.
19.  Mais  si,  oubliant  le  Seigneur votre  Dieu,  vous  suivez  des  dieux  étran- gers, et  que  vous  les  serviez  et  les  ado- riez, je  vous  prédis  dès  maintenant  que vous  serez  tout  à  fait  détruit.
20.  Vous  périrez  misérablement,  comme les  nations  que  le  Seigneur  a  détruites à  votre  entrée,  si  vous  êtes  désobéissants à  la  voix  du  Seigneur  votre  Dieu.
Deut.  VIII,  IG  —  IX,  3.  587
et  nullœ  omnino  aquse  ;  qui  eduxit  rivos de  petra  durissima,
16.  et  cibavit  te  manna  in  solitudlne, quod  nescierunt  patres  tui ,  et  postquam afHixit  ac  probavit,  ad  extremum  miser- tus  est  tui ;
17.  ne  diceres  in  corde  tuo  :  Fortitudo mea,  et  robur  manus  mese,  hœc  mihi omnia  prœstiterunt  ;
18.  sed  recorderis  Domini  Dei  tui, quod  ipse  vires  tibi  prasbuerit,  ut  im- pleret  pactum  suum,  super  quo  jura  vit patribus  tuis,  sicut  prsesens  indicat dies.
19.  Sin  autem  oblitus  Domini  Dei  tui, secutus  fueris  deos  aliènes,  coluerisque ilios  et  adoraveris,  ecce  nunc  preedico tibi  quod  omnino  dispereas.
20.  Sicut  gentes,  quas  delevit  Domi- nus  in  introitu  tuo,  ita  et  vos  peribitis, si  inobedientes  fueritis  voci  Domini  Dei vestri.
CHAPITRE  IX
1.  Écoutez,  Israël.  Vous  passerez  au- jourd'hui le  Jourdain  pour  vous  rendre maître  de  ces  nations  qui  sont  plus nombreuses  et  plus  puissantes  que  vous  ; de  ces  grandes  villes  dont  les  murailles s'élèvent  jusqu'au  ciel  ;
2.  de  ce  peuple  d'une  taille  haute  et surprenante,  de  ces  enfants  d'Enac  que vous  avez  vus  vous-même ,  et  dont  .vous avez  entendu  parler,  et  à  qui  nul  homme ne  peut  résister.
3.  Vous  saurez  donc  aujourd'hui  que le  Seigneur  votre  Dieu  jDassera  lui-même
1.  Audi,  Israël.  Tu  transgredieris  ho- die  Jordanem,  ut  possideas  nationes maximas  et  fortiores  te,  civitates  ingen- tes,  et  ad  ceelum  usque  muratas,
2.  populum  magnum  atque  sublimem, filios  Enacim,  quos  ipse  vidisti,  et  au- disti,  quibus  nullus  potest  ex  adverso resistere.
3.  Scies  ergo  hodie  quod  Dominus Deus  tuus  ipse  transibit  ante  te,  ignis
point  la  vipère  de  ce  nom ,  dont  la  morsure  cause une  soif  brûlante  ;  mais  nn  pays  desséché,  où  l'on meurt  de  soif  (simma'ôn).  —  Eduxit  rivos...:  par deux  fois ,  ù  Raphidim  (  Ex.  xvii ,  6  )  et  à  Cadès (Kum.  XX,  11).  —  Postquam  affllxit,  misertus est  :  Dieu  A'érifiait  ainsi  la  définition  admirable qu'il  avait  donnée  de  sa  nature,  Ex.  xxxiv,  6  -  7. 19-20.  Malheurs  réservés  à  ceux  qui  s'éloigne- raient d'un  si  bon  Maître.  —  ScciUus...  deos  alie- nos.  C'était  le  plus  grand  crime  qu'un  Israélite pût  commettre  :  il  devenait  par  là  môme  sem- blable h  un  païen  et  perdait  tous  ses  privilèges  :
rien  de  plus  juste  que  Dieu  le  traitât  comme  un païen  (vers.  20).  —  Quas  delevit  in  introitu  tuo  : les  Amorrhéens ,  récemment  battus  et  exterminés dans  la  Palestine  cisjordanienne.
3°  La  gratuité  de  ces  bienfaits  du  Seigneur. IX,  1-6.
Chap.  IX.  —  1-3.  La  prochaine  conquête  de la  Terre  sainte  sera  l'œuvre  de  Jéhovah  lui-même. —  Cette  contrée  si  fertile  et  si  riche  (viii,  7-14) était  actuellement  occupée  par  des  nations  puis- santes (maximas,  fortiores  te),  qu'Israël,  réduit à  ses  propres  forces,  n'aurait  jamais  pu  dépos-
688
Deut.  IX,  4-10.
devorans  atque  consumens,  qui  conte- rat  eos  et  deleat  atque  disperdat  ante faciem  tuam  velociter,  sicut  locutus  est tibi.
4.  Ne  dicas  in  corde  tuo,  cum  dele- verit  eos  Dominus  Deus  tuus  in  con- spectu  tuo  :  Propter  justitiam  meam introduxit  me  Dominus  ut  terram  hanc possiderem  ;  cum  propter  impietates  suas istae  deletae  sint  nationes.
5.  Neque  enim  propter  justitias  tuas, et  sequitatem  cordis  tui,  ingredieris  ut possideas  terras  earum;  sed  quia  illse egerunt  impie,  introeunte  te  deletse sunt ,  et  ut  compleret  verbum  suum Dominus,  quod  sub  jm^amento  pollicitus est  patribus  tuis,  Abraham,  Isaac,  et Jacob.
6.  Scito  ergo  quod  non  propter  justi- tias tuas  Dominus  Deus  tuus  dederit tibi  terram  hanc  optimam  in  posses- sionem ,  cum  durissimse  cervicis  sis popuhis.
7.  Mémento,  et  ne  obliviscaris  quo- modo  ad  iracundiam  provocaveris  Domi- num  Deum  tuum  in  soHtudine.  Ex  eo die,  quo  egressus  es  ex  JEgTpto  usque ad  Iccum  istum,  semper  adversum  Do- minum  contendisti.
8.  Nam  et  in  Horeb  provocasti  eum, et  iratus  delere  te  voluit ,
9.  quando  ascendi  in  montem,  ut  ac- ciperem  tabulas  lapideas,  tabulas  pacti quod  pepigit  vobiscum  Dominus  ;  et  per- severavi  in  monte  quadraginta  diebus  ac noctibus,  panem  non  comedens,  et  aquam non  bibens.
10.  Deditque  mihi  Dominus  duas  ta-
devant  vous  comme  un  feu  dévorant  et consumant,  qui  les  réduira  en  poussière, qui  les  perdra,  qui  les  exterminera  en peu  de  temps  devant  votre  face,  selon qu'il  vous  l'a  promis.
4.  Après  que  le  Seigneur  votre  Dieu les  aura  détruits  devant  vos  yeux,  ne dites  pas  dans  votre  cœur  :  C'est  à cause  de  ma  justice  que  le  Seigneur  m'a fait  entrer  dans  cette  terre  et  qu'il  m'en a  mis  en  possession  ;  puisque  ces  na- tions ont  été  détruites  à  cause  de  leurs impiétés.
6.  Car  ce  n'est  ni  votre  justice  ni  la droiture  de  votre  cœur  qui  sera  cause que  vous  entrerez  dans  leur  pays  pour le  posséder;  mais  elles  seront  détruites à  votre  entrée,  parce  qu'elles  ont  agi d'une  manière  impie,  et  que  le  Seigneur voulait  accomplir  ce  qu'il  a  promis  avec serment  à  vos  pères,  Abraham,  Isaac  et Jacob.
6.  Sachez  donc  que  ce  ne  sera  point pour  votre  justice  que  le  Seigneur  votre Dieu  vous  fera  posséder  cette  terre  si excellente ,  puisque  vous  êtes  un  peuple d'une  tête  très  dure.
7.  Souvenez -vous  et  n'oubliez  jamais de  quelle  manière  vous  avez  excité contre  vous  la  colère  du  Seigneur  votre Dieu  dans  le  désert.  Depuis  le  jour  où vous  êtes  sorti  de  l'Egypte  jusqu'à  ce lieu  où  nous  sommes,  vous  avez  toujours murmuré  contre  le  Seigneur.
8.  Car  à  l'Horeb  même  vous  l'avez provoqué  ;  aussi ,  s'étant  irrité  contre vous ,  il  voulut  dès  lors  vous  perdre,
9.  quand  je  montai  sur  la  montagne pour  y  recevoir  les  tables  de  pierre,  les tables  de  l'alliance  que  le  Seigneur  fit avec  vous  ;  et  je  demeurai  sur  cette montagne  pendant  quarante  jours  et quarante  nuits ,  sans  boire  ni  manger.
10.  Le  Seigneur  me  donna  alors  deux
scder;  mais  le  Seigneur  aidera  son  peuple  à  les vaincre  (ij^se  transibit  ante  te...;  cet  «  ipse  »  em- phatique est  répété  trois  fois  dans  l'hébreu  au vers.  3).  —  Enacim,  quos  ipse  vtdisti...:  par  les yeux  des  douze  explorateurs,  Num.  xiii,  33.  — Disperdat  velociter:  aussi  prompte  ment  que  le demandait  l'intérêt  des  Hébreux,  non  toutefois d'une  manière  instantanée.  Cf.  vu,  22,
4-6.  Que  les  Israélites  ne  s'enorgueillissent point,  comme  s'ils  avaient  personnellement  ac- compli ce  grand  acte.  —  Ne  dicas...  :  Propter justitiam  meam...  C'était  là  un  troisième  danger, non  moins  grand  que  ceux  des  délices  de  Cha- naan  (n,  10  et  ss.  ;  viii,  7  et  ss.)  et  de  l'idolâtrie (  VII,  1  et  ss.).  Aussi  Moïse  insiste -t- il  sur  cette
pensée  :  Non  propter  justitias  tuas  (vers.  5  et  6), ajoutant  ce  trait  positif  dont  il  va  donner  immé- diatement la  preuve  :  cum  durissimcc  cervicis... (un  peuple  tout  à  fait  désobéissant.  Cf.  Ex.  xxxn, 9,  et  la  note).
2°  La  gratuité  des  bienfaits  divins  ressort  des nombreuses  transgressions  d'Israël.  IX,  7-24.
7.  Le  thème  h  développer.  Bien  loin  d'avoir mérité  ses  privilèges  et  la  possession  de  la  Terre sainte,  Israël  s'en  était  rendu  complètement  in- digne :  semper...  contendisti!
8-21.  L'adoration  du  veau  d'or.  —  Et  in  IIoreT) provocasti.  Dès  l'Horeb,  quelques  jours  seulement après  la  conclusion  de  l'alliance  théocratique. L'oiateur  s'étend  plus  longuement  sur  cette  ré-
Peut.  IX,  11-21,
580
tables  de  pierre,  écrites  du  doigt  de Dieu,  qui  contenaient  toutes  les  paroles qu'il  vous  avait  dites  du  haut  de  la montagne,  du  milieu  du  feu,  lorsque tout  le  peuple  était  assemblé.
11.  Après  que  les  quarante  jours  et les  quarante  nuits  furent  passés,  le  Sei- gneur me  donna  les  deux  tables  de pierre,  les  tables  de  l'alliance;
12.  et  il  me  dit  :  Levez-vous,  descen- dez vite  de  cette  montagne,  parce  que votre  peuple,  que  vous  avez  tiré  de l'Egypte,  a  abandonné  aussitôt  la  voie que  vous  lui  aviez  montrée  :  ils  se  sont fait  une  idole  coulée  en  fonte.
13.  Le  Seigneur  me  dit  encore  :  Je vois  que  ce  peuple  a  la  tête  dure  ;
14.  laissez -moi  faire,  et  je  le  détrui- rai ;  j'effacerai  son  nom  de  dessous  le ciel,  et  je  vous  établirai  sur  un  autre peuple  qui  sera  plus  grand  et  plus  puis- sant que  celui-ci.
15.  Je  descendis  donc  de  cette  mon- tagne qui  était  tout  ardente,  tenant  dans mes  deux  mains  les  deux  tables  de  l'al- liance.
IG.  Et  voyant  que  vous  aviez  péché contre  le  Seigneur  votre  Dieu,  que  vous vous  étiez  fait  un  veau  de  fonte ,  et  que vous  aviez  abandonné  si  promptement sa  voie  qu'il  vous  avait  montrée,
17.  je  jetai  de  mes  mains  les  tables, et  les  brisai  sous  vos  yeux  ;
18.  je  me  prosternai  devant  le  Sei- gneur comme  j'avais  fait  auparavant, et  je  demeurai  quarante  jours  et  qua- rante nuits  sans  boire  ni  manger,  à cause  de  tous  les  péchés  que  vous  aviez commis  contre  le  Seigneur,  et  par  les- quels vous  avez  excité  sa  colère  contre vous.
19.  Car  j'appréhendais  l'indignation et  la  fureur  qu'il  avait  conçue  contre vous,  et  qui  le  portait  à  vouloir  vous exterminer.  Et  le  Seigneur  m'exauça encore  pour  cette  fois.
20.  Il  fut  aussi  extrêmement  irrité contre  Aaron,  et  il  voulait  le  perdre; mais  j'intercédai  aussi  pour  lui.
21.  Je  pris  alors  votre  péché,  c'est- à-dire  le  veau  que  vous  aviez  fait;  et l'ayant  brûlé  dans  le  feu ,  je  le  rompis
bulas  lapideas  scriptas  digito  Dei,  et continentes  omnia  verba  quae  vobis  locu- tus  est  in  monte,  de  medio  ignis,  quando concio  populi  congregata  est.
11.  Cumque  transissent  quadraginta dies,  et  totidem  noctes,  dédit  mihi  Do- minus  duas  tabulas  lapideas,  tabulas fœderis  ;
12.  dixitque  mihi  :  Surge,  et  descende hinc  cito,  quia  populus  tuus,  quem eduxisti  de  JEgypto,  deseruerunt  velo- citer  viam  quam  demonstrasti  eis,  fece- runtque  sibi  conflatile.
13.  Eursumque  ait  Dominus  ad  me  : Cerno  quod  populus  ille  durce  cervicis  sit  ;
14.  dimitte  me  ut  conteram  eum,  et deleam  nomen  ejus  de  sub  caelo,  et  con- stituam  te  super  gentem,  quse  hac  major et  fortior  sit.
15.  Cumque  de  monte  ardente  descen- derem,  et  duas  tabulas  fœderis  utraque tenerem  manu,
16.  vidissemque  vos  peccasse  Domino Deo  vestro,  et  fecisse  vobis  vitulum conflatilem ,  ac  deseruisse  velociter  viam ejus,  quam  vobis  ostenderat,
17.  projeci  tabulas  de  manibus  meis, confi-egique  eas  in  conspectu  vestro  ;
18.  et  procidi  ante  Dominum  sicut prius,  quadraginta  diebus  et  noctibus panem  non  comedens,  et  aquam  non bibens,  propter  omnia  peccata  vestra quse  gessistis  contra  Dominum,  et  eum ad  Iracundiam  provocastis  ;
19.  timui  enim  indignationem  et  iram illius ,  qua  adversum  vos  concitatus ,  de- lere  vos  voluit.  Et  exaudivit  me  Dominus etiam  hac  vice.
20.  Adversum  Aaron  quoque  vehe- menter  iratus ,  voluit  eum  conterere  ;  et pro  illo  similiter  deprecatus  sum.
21.  Peccatum  autem  vestrum  quod feceratis,  id  est,  vitulum ,  arripiens ,  igné combussi,    et    in    frusta    comminuens,
volte ,  qui  était  la  plus  coupable  de  toutes.  Cf.  Ex. XXXII,  1-24.  —  Panem  non  comedens  (vers.  9)  : trait  nouveau  ;  l'Exode  n'avait  mentionné  ce  jeûne que  pour  le  second  séjour  de  Moïse  au  Sinaï  (cf. vers.  18,  et  Ex.  xxxiv,  28).  —  Frocidi...  sicut
prius  (vers.  18)  :  comme  il  l'avait  fait  au  moment de  descendre  du  Sinaï,  après  que  Dieu  lui  eût  fait connaître  l'apostasie  du  peuple.  Cf.  Ex.  xxxii, 11-13.  —  Adversum  Aaron...  (vers.  20).  Autre détail  nouveau.
590
Deut.  IX,  22-29.
omninoque  in  pulverem  redigens,  pro- jeci  in  torrentem ,  qui  de  monte  de- scendit.
22.  In  Incendio  quoque  et  in  Tenta- tione,  et  in  Sepulcris  concupiscentise provocastis  Dominum  ;
23.  et  quando  misit  vos  de  Cades- barne,  dicens  :  Ascendite,  et  possidete terram,  quam  dedi  vobis,  et  contem- psistis  imperium  Domini  Dei  vestri,  et non  credidistis  ei,  neque  vocem  ejus audire  voluistis  ;
24.  sed  semper  fuistis  rebelles  a  die qiia  nosse  vos  coepi.
25.  Et  jacui  coram  Domino  quadra- ginta  diebus  ac  noctibus,  quibus  eum suppliciter  deprecabar,  ne  deleret  vos  ut fuerat  comminatus  ;
26.  et  orans  dixi  :  Domine  Deus,  ne disperdas  populum  tuum,  et  hereditatem tuam,  quam  redemisti  in  magnitudine tua,  quos  eduxisti  de  ^gypto  in  manu forti.
27.  Recordare  servorum  tuorum  Abra- ham, Isaac,  et  Jacob;  ne  accipias  duri- tiam  populi  hujus,  et  impietatem  atque peccatum  ;
28.  ne  forte  dicant  habitatores  terrae , de  qua  eduxisti  nos  :  Non  poterat  Domi- nus  introducere  eos  in  terram,  quam pollicitus  est  eis,  et  oderat  illos  ;  id- circo  eduxit,  ut  interficeret  eos  in  soli- tudine.
29.  Qui  sunt  populus  tuus  et  hereditas tua,  quos  eduxisti  in  fortitudine  tua magna,  et  in  bracliio  tuo  extento.
en  morceaux ,  je  le  réduisis  tout  à  fait en  poudre,  et  je  le  jetai  dans  le  torrent qui  descend  de  la  montagne.
22.  Vous  avez  aussi  irrité  le  Seigneur à  la  station  de  l'Embrasement,  à  celle de  la  Tentation ,  et  aux  Sépulcres  de  la concupiscence.
23.  Et  lorsque  le  Seigneur  vous  ren- voya de  Cadèsbarné,  en  disant  :  Mon- tez, et  allez  prendre  possession  de  la terre  que  je  vous  ai  donnée,  vous  mé- prisâtes le  commandement  du  Seigneur votre  Dieu,  vous  ne  crûtes  point  ce  qu'il vous  disait,  et  vous  ne  voulûtes  point écouter  sa  voix  ;
24.  mais  vous  lui  avez  toujours  été rebelles  depuis  le  jour  où  j'ai  commencé à  vous  connaître.
25.  Je  me  prosternai  donc  devant  le Seigneur  quarante  jours  et  quarante nuits,  le  priant  et  le  conjurant  de  ne point  vous  perdre  selon  la  menace  qu'il en  avait  faite  ;
26.  et  je  lui  dis  dans  ma  prière  : Seigneur  Dieu,  ne  perdez  point  votre peuple  et  votre  héritage,  ne  perdez point  ceux  que  vous  avez  rachetés  par votre  grande  puissance,  que  vous  avez tirés  de  l'Egypte  par  la  force  de  votre bras.
27.  Souvenez -vous  de  vos  serviteurs Abraham,  Isaac  et  Jacob  ;  ne  considérez point  la  dureté  de  ce  peuple,  ni  leur  im- piété et  leur  péché  ;
28.  de  peur  que  les  habitants  du  pays d'où  vous  nous  avez  tirés  ne  disent  :  Le Seigneur  ne  pouvait  pas  les  faire  entrer dans  le  pays  qu'il  leur  avait  promis,  et il  les  haïssait  ;  c'est  pourquoi  il  les  a  ti- rés de  l'Egypte  pour  les  faire  mourir dans  le  désert.
29.  Ils  sont  votre  peuple  et  votre  hé- ritage, et^  ce  sont  eux  que  vous  avez  fait sortir  d'Egypte  par  votre  grande  puis- sance ,  et  en  déployant  toute  la  force  de votre  bras.
22-24,  Révoltes  aux  stations  de  TaVérah  (in Incendio  ;  la  première  qui  soit  mentionnée  après le  départ  du  Sinaï,  Num.  xi,  1-3),  de  Massah (in  Tentatione;  la  dernière  avant  d'arriver  au Sinaï,  Ex.  xvii,  1  et  ss.),  de  Qibrôt  hatta'avah (in  SejrulcHs  concujnacentiœ ;  probablement  la même  que  celle  de  Tab'érah,  Num,  xi,  4-34), de  Cadesbarne  (cf.  Num,  xiii,  1  et  ss, ).  —  En résumé  :  semper  fuistis  rebelles...  (vers,  24).
3"  Cette  gratuité  ressort  aussi  de  rintorccssion de  Moïse ,  sans  laquelle  le  peuple  était  infaillible- ment perdu,  IX,  25-29.
25-29,  La  prière  de  Moïse  pour  les  Israélites coupables.  Les  vers.  22-24  forment  une  sorte  de digression ,  qui  nous  a  éloignés  du  fait  principal (vers.  8-21).  auquel  l'orateur  revient  maintenant pour  en  achever  la  narration  (ix,  25 -x,  11), — Jacui...  quadraginta  diebus...  :  durant  son  se- cond séjour  au  sommet  du  Sinaï  (  cf.  vers.  18  ). —  Abrégé  de  la  pressante  et  sublime  prière  de Moïse,  vers,  26-29.  Naturellement,  elle  est  conçue h  peu  près  dans  les  mêmes  termes  que  celle  qu'il avait  adressée  à  Dieu  dès  qu'il  apprit  le  crime de  son  peuple,  Ex.  xxxii,  11-13.
Deut.  X,  1-7.
591
CHAPITRE  X
1.  En  ce  temps -là,  le  Seigneur  me dit  :  Taillez -vous  deux  tables  de  pierre, comme  étaient  les  premières  ;  et  montez vers  moi  sur  la  montagne,  et  faites-vous une  arche  de  bois.
2.  J'écriiai  sur  ces  tables  les  paroles qui  étaient  sur  celles  que  vous  avez  bri- sées auparavant,  et  vous  les  mettrez dans  l'arche.
3.  Je  fis  donc  une  arche  de  bois  de sétim,  et  ayant  taillé  deux  tables  de pierre  comme  les  premières,  je  gravis  la montagne,  les  tenant  entre  mes  mains.
4.  Et  le  Seigneur  écrivit  sur  ces tables ,  comme  il  avait  fait  sur  les  pre- mières, les  dix  commandements  qu'il vous  fit  entendre  en  vous  parlant  du haut  de  la  montagne,  du  milieu  du  feu, lorsque  le  peuple  était  assemblé  ;  et  il me  les  donna.
5.  Je  revins  ensuite  et  descendis  de  la montagne,  et  je  mis  les  tables  dans l'arche  que  j'avais  faite,  où  elles  sont demeurées  jusqu'à  ce  jour,  selon  que le  Seigneur  me  l'avait  commandé.
6.  Or  les  enfants  d'Israël  décampèrent de  Béroth,  qui  appartenait  aux  enfants de  Jacan,  et  ils  allèrent  à  Moséra,  où Aaron  est  mort,  et  où  il  a  été  enseveli; Éléazar,  son  fils,  lui  succéda  dans  les fonctions  de  son  sacerdoce.
7.  Ils  vinrent  de  là  à  Gadgad,  d'où étant  partis  ils  campèrent  à  Jétébatha, qui  est  une  terre  d'eaux  et  de  tor- rents.
1.  In  tempore  illo  dixit  Dominus  ad me  :  Dola  tibi  duas  tabulas  lapideas, sicut  priores  fuerunt,  et  ascende  ad  me in  montem  ;  f aciesque  arcam  ligneam ,
2.  et  scribam  in  tabulis  verba  quse fuerunt  in  his  quas  ante  couf registi ,  po- nesque  eas  in  arca.
3.  Feci  igitur  arcam  de  lignis  setim  ; cumque  dolassem  duas  tabulas  lapideas instar  priorum ,  ascendi  in  montem,  ha- bens  eas  in  manibus.
4.  Scripsitque  in  tabulis,  juxta  id quod  prius  scripserat,  verba  decem,qu3e locutus  est  Dominus  ad  vos  in  monte  de medio  ignis,  quando  populus  congregatus est;  et  dédit  eas  mihi.
5.  Reversusque  de  monte,  descend!, et  posui  tabulas  in  arcam,  quam  fece- ram,  quae  hucusque  ibi  sunt,  sicut  mihi prsecepit  Dominus.
6.  Filii  autem  Israël  moverunt  castra ex  Beroth ,  filiorum  Jacan,  in  Mosera,  ubi Aaron  mortuus  ac  sepultus  est,  pro  que sacerdotio  functus  est  Eleazar  filius ejus.
7.  Inde  venerunt  in  Gadgad,  de  quo loco  profecti,  castrametati  sunt  in  Jete- batha,  in  terra  aquarum  atque  torren- tium.
4»  Enfin  la  gratuité  des  bienfaits  divins  ressort surtout  du  généreux  pardon  accordé  aux  Hébreux par  Jéhovah.  X,  1-11.
Chap.  X.  —  1-5.  L'alliance  réintégrée,  résultat de  l'intercession  de  Moïse.  Cf.  Ex.  xxxiv,  1-35. —  Fades  arcam  ligneam.  La  construction  de l'arche  d'alliance  avait  été  commandée  par  Dieu qvielque  temps  avant  l'existence  des  tables  (cf. Ex.  XXV,  10  et  ss.  )  ;  mais  cette  transposition s'explique,  comme  beaucoup  d'autres,  par  le  genre oratoire  du  Deutéronome  ;  Moïse  ne  s'attache  pas strictement  ici  à  l'ordre  historique.
«j-9.  Le  sacerdoce  et  les  lévites.  —  A  première vue,  ces  versets  semblent  ne  pas  convenir  au  con- texte :  on  parle  d'Israël  à  la  troisième  personne au  lieia  de  s'adresser  directement  à  lui  (cf.  vers.  4 et  10);  de  plus,  nous  sommes  subitement  trans- portes à  la  mort  d' Aaron,  puis  ramenés  en  ar- rière au  temps  de  l'institution  des  prêtres  et  des
lévites.  Mais  tout  s'explique  pdr  la  raison  qui vient  d'être  donnée  à  pi'opos  du  vers.  1.  Moïse est  ici  orateur  avant  tout;  il  se  laisse  guider, pour  le  choix  et  l'arrangement  des  faits ,  par  les besoins  de  la  cause  qu'il  avait  h  soutenir  ;  or  la transmission  des  pouvoirs  pontificaux  à  Éléazar après  la  mort  d'Aaron  (vers.  6) ,  d'autre  part  le rôle  confié  à  tous  les  membres  de  la  tribu  de  Lévi, attestaient,  mieux  que  beaucoup  d'autres  faits, que  Dieu  avait  accordé  le  plus  entier  pardon  aux Israélites  coupables.  —  Beruth  filiorum  Jacan. Ces  trois  mots  réunis  forment  le  nom  d'une  sta- tion Israélite  dans  le  désert  :  B"érôt  b'né  Ya'aqân. Cf.  Num.  xxxiii,  31,  où  elle  est  appelée  a  Bené- jaacan  »,  et  placée  après  Moséra.  Ces  «  fils  de Jaacan  ))  formaient  une  tribu  nomade  de  l'Arabie Pétrée ,  et  descendaient  probablement  de  la  race horrhéenne.  Cf.  Gcn.  xxxvi,  27;  I  Par.  i,  42. — 1    In  Mosera,  uU  Aaron...  En  réalité,  Aaron  mourut
692
Deut.  X,  8-15.
8.  Eo  tempore  separavit  tribum  Levi, ut  portaret  arcam  fœderis  Domini,  et staret  coram  eo  in  ministerio,  ac  bene- diceret  in  nomine  illius  iisque  in  prse- sentem  diem.
9.  Quam  ob  rem  non  habuit  Levi  par- lera, neque  possessionem  cum  fratribus suis ,  quia  ipse  Dominus  possessio  ejus est,  sicut  promisit  ei  Dominus  Deus tuus.
10.  Ego  autem  steti  in  monte,  sicut prius,  quadraginta  diebus  ac  noctibus; exaudivitque  me  Dominus  etiam  hac vice,  et  te  perdere  noluit.
11.  Dixitque  milii  :  Vade,  et  prsecede populum,  ut  ingrediatur,  et  possideat terram,  quam  juravi  patribus  eorum  ut traderem  eis.
12.  Et  nunc,  Israël,  quid  Dominus Deus  tuus  petit  a  te,  nisi  ut  timeas  Do- minum  Deum  tuum,  et  ambules  in  viis ejus,  et  diligas  eum,  ac  servias  Domino Deo  tuo  in  toto  corde  tuo,  et  in  tota anima  tua,
13.  custodiasque  mandata  Domini ,  et ceremonias  ejus,  quas  ego  hodie  prseci- pio  tibi,  ut  bene  sit  tibi?
14.  En  Domini  Dei  tui  cœlum  est, et  cœlum  cseli,  terra,  et  omnia  quse  in  ea sunt;
15.  et  tamen  patribus  tuis  congluti- natus  est  Dominus,  et  amavit  eos,  ele- gitque  semen  eorum  post  eos,  id  est vos,  de  cunctis  gentibus,  sicut  hodie comprobatur.
8.  En  ce  temps-là,  le  Seigneur  sépara la  tribu  de  Lévi  des  autres  tribus,  afin qu'elle  port<ât  l'arche  d'alliance  du  Sei- gneur, qu'elle  assistât  devant  lui  dans les  fonctions  de  son  ministère,  et  qu'elle donnât  la  bénédiction  au  peuple  en  son nom,  comme  elle  fait  encore  jusqu'à  ce jour.
9.  C'est  pourquoi  Lévi  n'a  point  eu part  avec  ses  frères  au  pays  qu'ils  pos- sèdent, parce  que  le  Seigneur  est  lui- même  son  partage,  selon  que  le  Seigneur votre  Dieu  le  lui  a  promis.
10.  Pour  moi,  je  demeurai  encore  sur la  montagne  quarante  jours  et  quarante nuits,  comme  j'avais  fait  la  première fois,  et  le  Seigneur  m'exauça  encore cette  fois  et  ne  voulut  pas  vous  perdre.
11.  Il  me  dit  ensuite  :  Allez  et  mar- chez à  la  tête  de  ce  peuple,  afin  qu'ils entrent  en  possession  de  la  terre  que  j'ai promise  avec  serment  à  leurs  pères  de leur  donner.
12.  Maintenant  donc,  Israël,  qu'est-ce que  le  Seigneur  votre  Dieu  demande  de vous,  sinon  que  vous  craigniez  le  Sei- gneur votre  Dieu,  que  vous  marchiez dans  ses  voies,  que  vous  l'aimiez,  que vous  serviez  le  Seigneur  votre  Dieu  de tout  votre  cœur  et  de  toute  votre  âme,
13.  et  que  vous  observiez  les  com- mandements et  les  cérémonies  du  Sei- gneur que  je  vous  prescris  aujourd'hui, afin  que  vous  soyez  heureux?
14.  Vous  voyez  que  le  ciel  et  le  ciel des  cieux,  la  terre  et  tout  ce  qu'elle contient  appartiennent  au  Seigneur  votre Dieu.
15.  Et  cependant  le  Seigneur  a  fait une  étroite  alliance  avec  vos  pères,  les a  aimés,  et  a  choisi  leur  postérité  après eux,  c'est-à-dire  vous-mêmes,  d'entre toutes  les  nations,  comme  il  paraît  visi- blement en  ce  jour.
au  sommet  du  mont  Hor  (Num.  xx,  28-29)  ; mais  la  station  de  Mosérah  (appelée  ailleurs Mosérôt,  Num.  xxxiii,  30),  où  Israël  se  trouvait alors  campé,  était  située  au  pied  de  cette  mon- tagne. —  Gaclgad,  Jetehatha.  Deux  autres  sta- tions du  désert,  mentionnées  Num.  xxxiit,  30-33, mais  dans  un  autre  ordre ,  et  avec  des  variantes dans  l'orthographe.  —  Eo  tempore  separavit... (vers.  8)  :  au  Sinaï,  et  non  ù  Jétébatha.  Cf. Num.  III.  —  Ut  portaret...  :  rôle  spécial  des  lé- vites, d'après  Num.  iv.  —  Staret  coram  eo...  ac benedicent...  ;  rôle  spécial  des  prêtres.  Cf.  Num.  vi, 22-27,  etc.
10-11.  Autre  signe  de  pardon  :  Dieu  ordonne
à  Moïse  de  conduire  les  Hébreux  dans  la  direction de  la  Terre  promise.
§  V.  —  Bénédictions  et  menaces,  pour  exciter  plus efficacement  à  l'obéissance.  X,  12  —  XI,  32.
1°  Introduction  :  l'étonnante  bonté  du  Seigneur excite  à,  la  fidélité.  X,  12-15.
12-13.  L'unique  chose  nécessaire  pour  Israël, c'est  l'obéissance  amoureuse  envers  son  Dieu.  — Et  nunc...  quid...?  Conclusion  toute  naturelle, après  rénumération  de  si  nombi'eux  bienfaits.
14-15.  L'attachement  de  Jéhovah  pour  son peuple.  —  En  Domini...  ccclxim  cceli  (la  partie la  plus  intime  et.  la  plus  élevée  des  deux  ;  cf.
Deut.  X,  16  —  XI,  2.
593
16.  Ayez  donc  soin  de  circoncire  la chair  de  votre  cœur,  et  n'endurcissez pas  davantage  votre  tête  ;
17.  parce  que  le  Seigneur  votre  Dieu est  lui-même  le  Dieu  des  dieux  et  le Seigneur  des  seigneurs;  le  Dieu  grand, puissant  et  terrible,  qui  n'a  point  égard à  la  qualité  des  personnes,  qu'on  ne gagne  point  par  les  présents,
18.  qui  fait  justice  ii  l'orphelin  et  à,  la veuve,  qui  aime  l'étranger,  et  qui  lui donne  de  quoi  vivre  et  de  quoi  se vêtir.
19.  Aimez  donc  aussi  les  étrangers, parce  que  vous  l'avez  été  vous-mêmes en  Egypte.
20.  Vous  craindrez  le  Seigneur  votre Dieu,  et  vous  ne  servirez  que  lui  seul. Vous  lui  demeurerez  attachés ,  et  vous ne  jurerez  que  par  son  nom.
21.  C'est  lui-même  qui  est  votre gloire  et  votre  Dieu.  C'est  lui  qui  a  fait en  votre  faveur  ces  merveilles  si  grandes et  si  terribles,  dont  vos  yeux  ont  été témoins.
22.  Vos  pères  n'étaient  qu'au  nombre de  soixante-dix^ personnes  lorsqu'ils  des- cendirent en  Egypte  ;  et  vous  voyez maintenant  que  le  Seigneur  votre  Dieu vous  a  multiplié  comme  les  étoiles  du ciel.
16.  Circumcidite  igitur  prœputium cordis  vestri,  et  cervicem  vestram  ne induretis  amplius,
17.  quia  Dominus  Deus  vester,  ipse est  Deus  deorum,  et  Dominus  dominan- tium,  Deus  magnus  et  potens,  et  terri- bilis,  qui  personam  non  accipit,  nec munera  ;
18.  facit  judicium  pupille  et  viduîie , amat  peregrinum,  et  dat  ei  victum  atque vestitum.
19.  Et  vos  ergo  araate  peregrinos,  quia et  ipsi  fuistis  advense  in  terra  ^gypti.
20.  Dominum  Deum  tuum  timebis  , et  ei  soli  servies;  ipsi  adhgerebis ,  jura- bisque  in  nomine  illius.
21.  Ipse  est  laus  tua,  et  Deus  tuus, qui  fecit  tibi  hsec  magnalia  et  terribilia, quœ  viderunt  oculi  tui.
22.  In  septuaginta  animabus  descen- derunt  patres  tui  in  ^gyptum  ;  et  ecce nunc  multiplicavit  te  Dominus  Deus tuus  sicut  astra  cœli.
CHAPITRE  XI
1.  Aimez  donc  le  Seigneur  votre  Dieu, et  gardez  en  tout  temps  ses  préceptes  et ses  cérémonies,  ses  lois  et  ses  ordon- nances.
2.  Reconnaissez  aujourd'hui  ce  que vos  enfants  ignorent,  eux  qui  n'ont point   vu   les   châtiments    du    Seigneur
1.  Amaitaque  Dominum  Deum  tuum, et  observa  praecepta  ejus  et  ceremonias, judicia  atque  mandata,  omni  tempore.
2.  Cognoscite  hodie  quse  ignorant filii  vestri,  qui  non  viderunt  discipli- nam  Domini  Dei  vestri,  magnalia  ejus
II  Cor.  XII,  2)...  On  relève  la  puissance  du  Dieu d'Israël  (  tout  l'univers  lui  appartient  !  )  pour mieux  faire  ressortir  son  amour  (et  tamen...).
2°  L'étonnante  majesté  de  Jéhovah,  autre  motif d'obéissance.  X ,  16-22.
lG-18,  Combien  le  Seigneur  est  grand.  —  Sur l'expression  métaphorique  circumcidite  prœpu- tium  cordis,  voj'ez  Ex.  vi,  12,  et  l'explication, Lev.  yxvi,  41;  Rom.  ii,  29.  —  Deiis  deorum  : c.-à-d.  k;  seul  vrai  Dieu  ;  Dominus  dominantium, le  [lôvoç  6'Jvd(<TTr,ç,  d'après  le  langage  do  saint Paul  (I  Tim.  vi,  15).  Et  pourtant  ce  Maître  sou- verain est  juste  et  impartial,  il  traite  les  plus petits  avec  bénignité  (IT'ï-lS)  :  touchants  détails.
19-22.  Conséquences  pratiques  de  cet  attribut
divin.  —  Sur  le  trait  final ,  in  septuaginta  ani- mabus, voyez  VIT,  1,  et  Gen.  xlvi,  26  et  s.
3°  Les  merveilles  opérées  dans  le  passé  en faveur  de  la  nation  théocratique  et  la  dépendance où  elle  est  de  son  Dieu  dans  l'avenir,  nouveaux motifs  de  fidélité.  XI,  1-12.
Chap.  XI.  —  1-G.  Prodiges  do  la  puissance divine  depuis  la  sortie  d'Egypte.  —  Ama  itaque et  observa...  Le  sentiment,  et  sa  démonstration par  des  actes.  Moïse  revient  constamment  à  cette double  conclusion,  qui  est  du  reste  l'unique  objet de  ses  trois  discours.  Tout  ce  qu'il  dit  du  passé, de  l'avenir,  a  pour  but  d'obtenir  l'obéissance  dans le  présent.  —  Qu(B  ignorant  fllii.  La  masse  do la  nation  était  alors  composée  de  personnes  âgées
28
594
Deut.  XI,  3-11.
et  robustam  manum,  extentumque  bra- chium ,
3.  signa  et  opéra  quœ  fecit  in  medio JEgypti  Pharaoni  régi,  et  nniversœ  terraî ejus,
4.  omnique  exercitui  uî]gyptiorum ,  et equis  ac  curribus  ;  quomodo  operuerint cos  aqiiœ  maris  Eiibri,  cum  vos  perse- qiierentur,  et  deleverit  eos  Dominus usque  in  prœsentem  diem  ;
5.  vobisqiie  quse  fecerit  in  solitudine, donec  veniretis  ad  hune  locum,
6.  et  Datlian  atque  Abiron,  filiis  Eliab, qui  fuit  filius  Kuben ,  quos  aperto  ore  suo terra  absorbuit,  cum  domibus  et  taber- naculis,  et  universa  substantia  eorum, quam  habebant  in  medio  Israël.
7.  Oculi  vestri  viderunt  omnia  opéra Domini  magna  quse  fecit,
8.  ut  custodiatis  universa  mandata illius,  quae  ego  hodie  prœcipio  vobis,  et possitis  introire,  et  possidere  terram, ad  quam  ingredimini ,
9.  multoque  in  ea  vivatis  tempore, quam  sub  juramento  pollicitus  est  Do- minus patribus  vestris,et  semini  eorum, lacté  et  melle  manantem.
10.  Terra  enim,  ad  quam  ingrederis possidendam,  non  est  sicut  terra  iEgypti, de  qua  existi,  ubi  jacto  semine  in  hor- torum  morcm  aquae  ducuntur  irriguœ  ;
11.  sed  montuosa  est  et  campestris, de  cselo  expectans  pluvias,
votre  Dieu,  ses  merveilles,  et  les  effets de  sa  main  toute -puissante  et  de  la force  de  son  bras ,
3.  les  miracles  et  les  oeuvres  qu'il  a accomplis  au  milieu  de  l'Egypte  sur  le roi  pharaon  et  sur  tout  son  pays,
4.  sur  toute  l'armée  des  Egyptiens, sur  leurs  chevaux  et  leurs  chariots  ;  de quelle  manière  les  eaux  de  la  mer Rouge  les  ont  enveloppés  lorsqu'ils  vous poursuivaient,  le  Seigneur  les  aj'ant  ex- terminés, comme  on  le  voit  encore  au- jourd'hui.
5.  Souvenez-vous  aussi  de  tout  ce  qu'il a  fait  à  votre  égard  dans  ce  désert, jusqu'à  ce  que  vous  soyez  arrivés  en  ce lieu  -  ci  ;
6.  et  comment  il  punit  Dathan  et Abiron,  fils  d'Eliab,  qui  était  fils  de Ruben,  la  terre  s'étant  entr'ouverte  et les  ayant  engloutis  avec  leurs  maisons, leurs  tentes,  et  tout  ce  qu'ils  possédaient au  milieu  d'Israël.
7.  Vous  avez  vu  de  vos  yeux  toutes ces  œuvres  merveilleuses  que  le  Sei- gneur a  faites ,
8.  afin  que  vous  gardiez  tous  ses  pré- ceptes que  je  vous  prescris  aujourd'hui, que  vous  puissiez  vous  mettre  en  pos- session de  la  terre  dans  laquelle  vous allez  entrer,
9.  et  que  vous  viviez  longtemps  en cette  terre  où  coulent  des  ruisseaux  de lait  et  de  miel,  et  que  le  Seigneur  avait promise  avec  serment  ù,  vos  pères  et  îi leur  postérité.
10.  Car  la  terre  dont  vous  allez  entrer en  ^possession  n'est  pas  comme  la  terre d'Egypte  d'où  vous  êtes  sortis,  où,  après qu'on  a  jeté  la  semence,  on  fait  venir l'eau  par  les  canaux  pour  Farroser, comme  on  fait  dans  les  jardins  ;
11.  mais  c'est  une  terre  de  montagnes et  de  plaines,  qui  attend  les  pluies  du ciel  :
1
de  45  à  58  ans,  qui  avaient  été  témoins  dans  leur jeunesse  des  miracles  accomplis  à  la  sortie  d'E- gypte, au  Sinaï,  etc.;  mais  leurs  enfants,  nés dans  le  désert,  ignoraient  ces  faits  expérimen- talement.—  DvscijiUnam  Domini  :  les  châtiments si  terribles  dont  les  Égj'ptiens  et  les  impies  avaient été  accablés.
7-12.  Les  merveilles  que  cotte  même  puis- sance accomplira  dans  l'avenir. —  Fossitis...  pos- sidere... Ces  merveilles  futures  sont  ramenées  h l'installation  des  Hébreux  dans  la  Terre  pro- mise. —  Terra  enim...  Encore  la  description  de Chanaan  (vers.  10-12;  cf.  vi,  10-12;  viii,  7-10), vec  plusieurs  traits  caractéristiques.  La  Pales-
tine cisjordanienne  est  comparée  à  l'Égjq^te,  ce paradis  délicieux  (Gcn.  xiii,  10),  dont  la  fertilité dépend  en  grande  partie  du  travail  humain  ;  uln jacto  semine...  D'après  l'hébreu  :  Où  tu  semais  ta semence,  et  tu  l'arrosais  avec  ton  pied,  comme un  jardin  de  verdure.  Allusion  au  mode  d'arro- sage usité  de  tout  temps  en  Egypte  :  soit  qu'il s'agisse  des  i-oues  ù  puiser,  que  l'on  met  en  mou- vement avec  le  pied  {AU.  arcJiéol.,  pi.  xxxviir, fig.  6  -  7)  ;  soit  que  Moïse  ait  voulu  simplement désigner  par  cette  locution  pittoresque  le  va- et-vient  perpétuel  que  l'on  doit  exécuter  pour arroser  un  jai'din.  —  Sed  montuosa  :  ainsi  qu'il a  été  dit  plus  haut  (cf.  m,  25,  et  la  note),  —
Deut.  XI,  12-22.
>05
12.  le  Seigneur  votre  Dieu  l'a  tou- jours visitée,  et  il  jette  sur  elle  des  re- gards favorables  de])uis  le  commence- ment de  l'année  jusqu'à  la  fin.
13.  Si  donc  vous  obéissez  aux  com- mandements que  je  vous  fais  aujour- d'hui d'aimer  le  Seigneur  votre  Dieu,  et de  le  servir  de  tout  votre  cœur  et  de toute  votre  âme,
14.  il  donnera  à  votre  terre  les  pre- mières et  les  dernières  pluies,  afin  que vous  recueilliez  de  vos  champs  le  fro- ment, le  vin  et  l'huile,
15.  et  du  foin  pour  nourrir  vos  bêtes, et  que  vous  aj'ez  vous-mêmes  de  quoi manger  et  vous  rassasier.
16.  Prenez  bien  garde  que  votre  cœur ne  se  laisse  pas  séduire,  et  que  vous n'abandonniez  pas  le  Seigneur  pour  ser- vir et  adorer  des  dieux  étrangers  ;
17.  de  peur  que  le  Soigneur,  irrité,  ne ferme  le  ciel,  que  les  pluies  ne  tombent plus,  que  la  terre  ne  produise  plus  son fruit,  et  que  vous  ne  soyez  exterminés en  peu  de  temps  de  cette  terre  excellente que  le  Seigneur  va  vous  donner.
18.  Gravez  ces  paroles  que  je  vous dis  dans  vos  cœurs  et  dans  vos  esprits, tenez -les  suspendues  comme  un  signe dans  vos  mains,  et  placez -les  entre  vos yeux;
19.  apprenez -les  à  vos  enfants,  afin qu'ils  les  méditent  ;  insh^uisez-les  lorsque vous  êtes  assis  en  votre  maison,  ou  que vous  marchez,  lorsque  vous  vous  cou- chez ,  ou  que  vous  vous  levez.
20.  Ecrivez-les  sur  les  poteaux  et  sur les  portes  de  votre  maison  ;
21.  afin  que  vos  jours  et  ceux  de  vos enfants  se  multiplient  dans  la  terre  que le  Seigneur  a  promis  avec  serment  de donner  à  vos  pères,  pour  la  posséder  aussi longtemps  que  le  ciel  couvrira  la  terre.
22.  Car  si  vous  observez  et  si  vous
12.  quara  Dominus  Deus  tuus  semper invisit,et  oculi  illius  in  ea  sunt  a  prin- cipio  anni  usque  ad  finem  ejus.
13.  Si  ergo  obedieritis  mandatis  meis, qufe  ego  hodie  prœcipio  vobis,  ut  dili- gatis  Dominum  Deum  vestrum,  et  ser- viatis  ei  in  toto  corde  vestro,  et  in  tota anima  vestra,
14.  dabit  pluviam  terr?e  vestraî  tcm- poraneam  et  serotinam,  ut  colligatis  fru- mentum,  et  vinum,  et  oleum,
15.  fœnumque  ex  agris  ad  pascenda jumenta  ,  et  ut  ipsi  comedatis  ac  satu- remini.
IG.  Cavete  ne  forte  decipiatur  cor  ve- strum, et  recedatis  a  Domino,  serviatisque diis  alienis ,  et  adoretis  eos  ;
17.  iratusque  Dominus  claudat  cœlum, et  pluviag  non  descendant,  ncc  terra det  germen  suum,  pereatisque  vclociter de  terra  optima,  quam  Dominus  daturus est  vobis.
18.  Ponite  lisec  verba  mea  in  cordi- bus  et  in  animis  vestris,  et  suspendite ea  pro  signo  in  manibus,  et  inter  oculos vestros  collocate.
19.  Docete  filios  vestros  ut  illa  medi- tentur,  quando  sederis  in  domo  tua,  et ambulaveris  in  via,  et  accubueris  atque surrexeris.
20.  Scribes  ea  super  postes  et  januas domus  tuœ  ;
21.  ut  multiplicentur  dies  tui,  et  filio- rum  tuorum,  in  terra  quam  jura  vit  Do- minus patribus  tuis,  ut  daret  eis  quam- diu  cgelum  imminet  terrœ.
22.  Si  enim  custodieritis  mandata  quse
De  cœlo  expectans...:  directement  du  ciel,  car rindnstric  humaine  n'y  peut  rien  ;  mais ,  pour cette  raison  même,  nécessité  de  s'attirer  les  bonnes grâces  de  Dieu  par  une  perpétuelle  obéissance à  ges  lois.  —  Quain  Dominus...  semper  invisit (hébr.  :  dores,  «  cherchant  »  du  regard).  «  Tandis que  tu  dors  sur  ton  lit,  dit  un  ancien  commen- tateur juif,  le  Saint  (qu'il  soit  béni!)  l'arrose  en haut  et  en  bas.  »  En  ce  regard  perpétuel  do  Jé- hovah  consistait  le  principal  privilège  de  la  Pales- tine.
40  Bénédictions  et  malédictions  pour  sanc- tionner la  Loi.  XI,  13-28.
Passages  parallèles  :  Ex.  xxni,  20  et  ss.  ;  Lcv. XXVI  ;  Dcut.  XXVIII.
13-15.  Promesses. —  Pluviam  temporaneam: en  automne,  aussitôt  après  les  semailles;  sero- tinam :  ai\  printemps,  avant  la  moisson.  Cf. Lcv.  XXVI,  3-5,  et  le  commentaire.  —  Ut  colli- gatis...: car,  sans  pluie,  pas  de  récolte  en  Orient.
16-17.  Menaces.  —  Cavete  ne...  decipiatur  : quand  ils  auront  toutes  choses  en  abondance.  Cf. vm,  10-11.
18-21.  Exhortation  appuyée  sur  ces  pi'omesses' et  sur  ces  menaces.  —  Ponite  hœc  verha...  Voyez la  note  de  vi,  G -9.  —  Quamdiu  ccelum...  C.-à-d. jusqu'à  la  fin  des  temps.
22-25.  Autres  promesses,  déjà  formulées.  Cf. VII,  1]  IX,  1,  etc.
596
Deux.  XI,  23-31.
ego  prœcipio  vobis,  et  feceritis  ea,  ut diligatis  Domiiium  Deum  vestrum,  et ambuletis  in  omnibus  viis  ejus,  adhse- rentes  ei,
23.  disperdet  Dominus  omnes  génies istas  ante  faciem  vestram,  et  posside- bitis  eas,  quse  majores  et  fortiores  vobis sunt.
24.  Omnis  locus ,  quera  calcaverit pes  vester,  vester  erit.  A  deserto ,  et  a Libano,  a  flumine  magno  Euphrate  us- que  ad  mare  occidentale  erunt  termini vestri.
25.  Nullus  stabit  contra  vos  ;  terrorera vestrum  et  formidinem  dabit  Dominus Deus  vester  super  omnem  terram  quam calcaturi  estis,  sicut  locutus  est  vobis.
26.  En  propono  in  conspectu  vestro hodie  benedictionem  et  maledictionem  :
27.  benedictionem,  si  obedieritis  man- datis  Domini  Dei  vestri,  quœ  ego  hodie pr£ecipio  vobis  ;
28.  maledictionem,  si  non  obedieritis mandatis  Domini  Dei  vestri,  sed  recesse- ritis  de  via,  quam  ego  nunc  ostendo vobis,  et  ambulaveritis  post  deos  alienos, quos  ignoratis.
29.  Cum  vero  introduxerit  te  Domi- nus Deus  tuus  in  terram  ad  quam  per- gis  habitandam,  pones  benedictionem super  montera  Garizim,  maledictionem super  montera  Hebal,
30.  qui  sunt  trans  Jordanem,  post viam  quae  vergit  ad  solis  occubitum,  in terra  Chananœi,  qui  habitat  in  cam- pestribus  contra  Galgalara,  quae  est juxta  vallem  tendentera  et  intrantem procul.
31.  Vos  enim  transibitis  Jordanem, ut  possideatis   terram,   quam    Dominus
pratiquez  les  commandements  que  je vous  prescris ,  d'aimer  le  Seigneur  votre Dieu,  de  marcher  dans  toutes  ses  voies , et  de  demeurer  très  étroitement  unis  à lui  ;
23.  le  Seigneur  exterminera  sous  vos yeux  toutes  ces  nations  qui  sont  plus grandes  et  plus  puissantes  que  vous,  et vous  posséderez  leur  pays.
24.  Tout  lieu  où  vous  aurez  mis  le pied  sera  à  vous.  Les  confins  de  votre paj's  seront  depuis  le  désert,  depuis  le Liban,  depuis  le  grand  fleuve  d'Eu- phrate,  jusqu'à  la  mer  occidentale.
25.  Nul  ne  pourra  subsister  devant vous.  Le  Seigneur  votre  Dieu  répandra la  terreur  et  l'efîroi  de  votre  nom  sur toute  la  terre  où  vous  devez  mettre  le pied,  selon  qu'il  vous  l'a  prorais.
26.  Vous  voyez  que  je  mets  aujour- d'hui sous  vos  yeux  la  bénédiction  et  la malédiction  :
27.  la  bénédiction,  si  vous  obéissez aux  commandements  du  Seigneur  votre Dieu,  que  je  vous  prescris  aujour- d'hui ;
28.  et  la  malédiction ,  si  vous  n'obéis- sez point  aux  ordonnances  du  Seigneur votre  Dieu,  et  si  vous  vous  retirez  de  la voie  que  je  vous  montre  maintenant, pour  courir  après  des  dieux  étrangers que  vous  ne  connaissez  pas.
29.  Et  lorsque  le  Seigneur  votre  Dieu vous  aura  fait  entrer  dans  la  terre que  vous  allez  habiter,  vous  mettrez  la bénédiction  sur  le  mont  Garizim,  et  la malédiction  sur  le  mont  Hébal,
30.  montagnes  situées  au  delà  du Jourdain,  à  cùté  du  chemin  qui  mène vers  l'occident,  dans  le  pays  des  Cha- nanéens  qui  habitent  les  plaines  oppo- sées à  Galgala,  près  d'une  vallée  qui s'étend  et  s'avance  bien  loin.
31.  Car  vous  passerez  le  Jourdain pour  posséder  la  terre  que  le  Seigneur
26-28.  L'alternative  :  ou  obéir  et  être  comblés des  bénédictions  divines;  ou  être  maudits  s'ils sont  récalcitrants.
4°  La  cérémonie  future  des  bénédictions  et  des malédictions  sur  les  monts  Garizim  et  Ébal.  XI , 29-32,
Voyez  les  chap.  xxvm-xxx,  où  ces  quelques versets  seront  amplement  commentés  par  Moïse lui-même.
29-31.  Pones  'benedictionem...,  maledictionem. «  Placer  »  avec  le  sens  de  proclamer.  Onkélos traduit  par  le  concret,  qui  exprime  clairement la  pensée  :  Tu  placeras  ceux  qui  bénissent,  ... ceux  qui  maudissent.  —  Garizim,  Hebal.  Deux
montagnes  célèbres ,  qui  se  dressent  en  face  l'une de  l'autre  au  cœur  même  de  la  Palestine,  sépa- rées par  la  charmante  vallée  de  Sichem  ou  Na- plouse  (cf.  Gen.  xn,  6  ;  Joan.  iv,  20,  etc.).  La  hau- teur du  Garizim  est  d'environ  8G0  mètres  ;  celte de  l'Ébal  d'un  peu  plus  de  900  mètres.  —  Au vers.  30,  quelques  données  topographiques  pour mieux  marquer  la  situation  de  ces  montagne*. Post  viam...  Derrière,  c.-à-d.  au  delà.  On  ren- contre encore  çà  et  là  des  restes  de  cette  route antique.  —  In  campestribus  :  la  vallée  de  Sichem, —  Contra  Galgalam  :  probablement  la  Djeldjou- lieh  actuelle ,  au  sud  du  Garizim.  Il  y  avait  uno autre   Galgala  près  de  Jéricho  (Jos.  v,  9).  —
Deut.  XI,  32  —  XII,  5.
m
votre  Dieu  doit  vous  donner,  afin  que vous  en  soyez  les  maîtres  et  qu'elle  soit votre  héiitage.
32.  Prenez  donc  bien  garde  d'accom- plir les  cérémonies  et  les  ordonnances que  je  vous  proposerai  aujourd'hui.
Deus  vester  daturus  est  vobis ,  ut  habeatis et  possideatis  illam.
32.  Videte  ergo  ut  impleatis  ceremonias atque  judicia,  quse  ego  hodie  ponam  in conspectu  vestro.
CHAPITRE  XII
1.  Voici  les  préceptes  et  les  ordon- nances que  vous  devez  observer  dans  le pays  que  le  Seigneur,  le  Dieu  de  vos pères,  vous  donnera,  afin  que  vous  le possédiez  pendant  tout  le  temps  que vous  serez  sur  la  terre.
2.  Renversez  tous  les  lieux  où  les nations  dont  vous  posséderez  le  pays ont  adoré  leurs  dieux,  sur  les  hautes montagnes,  et  sur  les  collines,  et  sous tous  les  arbres  touffus.
3.  Détruisez  leurs  autels,  brisez  leurs statues,  brûlez  leurs  bois  profanes,  ré- duisez leurs  idoles  en  poussière,  et  effa- cez de  tous  ces  lieux  la  mémoire  de  leur nom.
4.  Vous  ne  vous  conduirez  pas  comme ces  nations  à  l'égard  du  Seigneur  votre Dieu  ;
5.  mais  vous  viendrez  au  lieu  que  le Seigneur  votre  Dieu  aura  choisi  d'entre toutes  vos  tribus  pour  y  établir  son nom ,  et  pour  y  habiter  ;
1.  Hœc  sunt  prjecepta  atque  judicia, quse  facere  debetis  in  terra,  quam  Do- minus  Deus  patrum  tuorum  daturus  est tibi,  ut  possideas  eam  cunctis  diebus quibus  super  humum  gradieris.
2.  Subvertite  omnia  loca,  in  quibus coluerunt  gentes,  quas  possessuri  estis, deos  suos  super  montes  excelsos ,  et  col- les, et  subter  omne  lignum  frondosum.
3.  Dissipate  aras  eorum,  et  confrin- gite  statuas,  lucos  igné  comburite,  et idola  comminuite  ;  disperdite  nomina eorum  de  locis  illis.
4.  Non  facietis  ita  Domino  Deo  vestro:
5.  sed  ad  locum,  quem  elegerit  Do- minus  Deus  vester  de  cunctis  tribubus vestris,  ut  ponat  nomen  suum  ibi,  et habitet  in  eo,  venietis  ;
Vallem  tendentem...  Dans  l'hébreu  :  Près  des  té- rébinthes  de  Môreh  ;  nom  qui  nous  ramène  au temps  d'Abraham,  Gen.  xii,  6.  iAtl.  géogr.,  pi.  vu.) 32.  Conclusion.
Section  II.  —  L'abrégé  de  la  Loi. XII,  1  —  XXVI,  19.
Dans  les  chapiti'es  qui  précèdent,  nous  avons eu  surtout  un  mélange  de  récits  et  d'exhorta- tions; dans  ceux-ci,  l'élément  législatif  aura  la plus  large  part  :  tantôt  les  ordonnances  anciennes seront  simplement  réitérées,  tantôt  on  y  ajoutera quelques  traits  nouveaux  pour  les  compléter  ou les  modifier,  tantôt  des  lois  entièrement  neuves seront  édictées.  C'est  la  vie  prochaine  d'Israël dans  la  Terre  promise  qui  donne  le  ton  :  d'abord sa  vie  religieuse,  xii,  1  -xvi,  17;  puis  sa  vie  po- litique et  sociale,  xvi,  18-xvn,  22;  enfin  sa  vie civile  et  privée,  xix,  ]  -xxvi,  19.
§  I.  —  Le  droit  religieux  d'Israël. XII,  1  —  XVI,  17.
10  Détruire  les  sanctuaires  idolâtriques.  XII, 1-3.
Chap.  XII.  —  1.  Préambule.
2-3.  Subvertite...  Commandement  d'une  impor-
tance capitale,  intimé  déjà  plusieurs  fois.  Cf. VII,  5;  Ex,  xxni,  24;  Lev.  xxvi,  1,  etc.  Il  faut que  toute  i.iarque  du  culte  idolâtrique  disparaisse de  la  Terre  sainte ,  dont  Jéhovah  sera  le  roi.  Au reste  ces  autels ,  ces  idoles ,  etc.,  auraient  consti- tué, un  grand  danger  pour  les  Hébreux ,  et  au- raient pu  facilement  les  détourner  du  seul  vrai Dieu.  —  Montes...,  colles:  les  païens  s'y  croyaient plus  près  de  la  divinité.  —  Lignum  frondosum: leur  ombre  mystérieuse  était  im  stimulant  d'un autre  genre.  Cf.  Is.  i,  29;  lvii,  5;  Ez.  xiii,  28; Os.  IV,  i:^,  et  l'Atlas  archéoL,  pi.  cxvi,  fig.  5-6. — Disperdite  nomina...  Cf.  vu,  24.  Môme  les  noms constituaient  un  péril.
20  L'unité  du  sanctuaire.  XII,  4-27.
Autre  loi  très  importante  pour  assurer  la  pu- reté du  culte  dans  la  nation  théocratique,  comme le  démontrèrent  plus  tard  de  fâcheux  exemples. Cf.  Jud.  VIII,  XVIII  ;  III  Reg.  xiii,  etc.;  Vigou- reux, les  Livres  saints  et  la  critique  rationaliste , t.  III,  pp.  134  et  ss.
4-7.  Après  la  conquête  de  la  Palestine,  n'avoir qu'un  sanctuaire  proprement  dit,  comme  au  Sinaï et  au  désert.  Cf.  Lev.  xvii,  7-9.  —  Non  facietis ita:  à  l'imitation  des  païens,  qui  avaient  des locaux  multiples  destinés  au  culte ,  vers.  2-3.  —
598
Deut.  XII,  6-13.
G.  et  offere'ds  in  loco  illo  liolocaiista et  victimas  vestras,  décimas  et  primi- tias  maïuuim  vestranim,  et  vota  at- que  doiiaria,  primogeuita  boum  et ovium.
7.  Et  comedetis  ibi  in  conspectu  Do- mini  Dei  vestri ,  ac  lœtabimini  in  cunctis, ad  qiuB  miseritis  manum,  vos  et  domus vestrte,  in  quibus  benedixerit  vobis  Do- minus  Deus  vester.
8.  Non  facietis  ibi  qure  nos  hic  facimus hodie,  singuli  quod  sibi  rectum  vide- tur.
9.  Neque  enim  usque  in  prœsens tempus  venistis  ad  requiem,  et  posses- sionem,  quam  Dominus  Deus  vester daturus  est  vobis.
10.  Transibitis  Jordanem,  et  babita- bitis  in  terra,  quam  Dominus  Deus  ve- ster daturus  est  vobis,  ut  requiescatis a  cunctis  hostibus  per  circuitum ,  et absque  ullo  timoré  habitetis
11.  in  loco  quem  elegerit  Dominus Deus  vester,  ut  sit  nomen  ejus  in  eo. Illuc  omnia,  quse  preecipio,  conferetis  : holocausta,  et  hostias,  ac  décimas,  et primitias  manuum  vestrarum,  et  quid- quid  preecipuum  est  in  muneribus,  quœ vovebitis  Domino.
12.  Ibi  epulabimini  coram  Domino  Deo vestro,  vos  et  filii  ac  filise  vestrse,  famuli et  f amulse ,  atque  lévites  qui  in  urbibus vestris  commoratur;  neque  enim  habet aliam  partem  et  possessionem  inter vos.
13.  Cave  ne  offeras  holocausta  tua  in omni  loco,  quem  videris;
6.  et  vous  offrirez  en  ce  lieu -là  vos holocaustes  et  vos  victimes,  les  dîmes, les  prémices  des  œuvres  de  vos  mains, vos  vœux  et  vos  dons,  les  premiers -nés de  vos  bœufs  et  de  vos  brebis.
7.  Vous  mangerez  là  en  la  présence du  Seigneur  votre  Dieu  ;  et  vous  y  goû- terez avec  joie,  vous  et  vos  familles,  de tous  les  fruits  des  travaux  de  vos  mains, que  le  Seigneur  votre  Dieu   aura  bénis.
8.  Vous  n'agirez  plus  alors  comme nous  le  faisons  aujourd'hui,  où  chacun fait  ce  qui  paraît  droit  à  ses  yeux.
9.  Car  vous  n'êtes  point  encore  entrés jusqu'à  ce  jour  dans  le  repos  et  Théri- tage  que  le  Seigneur  votre  Dieu  doit vous  donner.
10.  Vous  passerez  le  Jourdain,  et  vous habiterez  dans  le  pays  que  le  Seigneur votre  Dieu  vous  donnera,  afin  que  vous y  soyez  en  repos  du  côté  de  tous  les ennemis  qui  vous  environnent,  et  que vous  demeuriez  sans  aucune  crainte
11.  dans  le  lieu  que  le  Seigneur  votre Dieu  aura  choisi  pour  y  établir  sa  gloire et  son  nom.  C'est  là  que  vous  apporte- rez,  selon  l'ordre  que  je  vous  prescris, vos  holocaustes,  vos  hosties,  vos  dîmes, et  les  prémices  des  œuvres  de  vos  mains, et  tout  ce  qu'il  y  aura  de  meilleur  dans les  dons  que  vous  aurez  fait  vœu  d'of- frir au  Seigneur,
12.  C'est  là  que  vous  ferez  des  festins de  réjouissance  devant  le  Seigneur  votre Dieu ,  vous ,  vos  fils  et  vos  filles ,  vos serviteurs  et  vos  servantes,  et  les  lévites qui  demeurent  dans  vos  villes  ;  car  ils n'ont  point  d'autre  part,  et  ils  ne  pos- sèdent point  autre  chose  parmi  vous.
13.  Prenez  bien  garde  de  ne  point  of- frir vos  holocaustes  dans  tous  les  lieux que  vous  verrez  ;
Locum  quem  elegerit...:  les  lieux  où  furent  suc- cessivement installés  le  tabernacle  (Silo,  etc.;  cf. Jer.  VII ,  12  ) ,  puis  la  colline  du  Temple  à  Jéru- salem. Des  circonstances  providentielles  mon- trèrent que  Dieu  lui  -  même  avait  choisi  ces emplacements  pour  son  sanctuaire.  —  Ponat nomen  suam...  C.-à-d.  qu'il  y  manifesterait  plus visiblement  et  plus  fréquemment  sa  présence  et ses  faveurs.  —  Cumedetis  ibi...  Cf.  vers.  12,  18, etc.  Allusion  aux  repas  qui  accompagnaient  cer- taines oblations,  les  donateurs  devant  consommer auprès  du  sanctuaire  la  part  qui  Ijur  en  revenait (Lev.  VII,  15,  etc.).
8-12.  Xe  pas  se  conduire  en  Palestine,  sous  le rapport  du  culte,  avec  la  liberté  qu'avaient  au- torisée jusqu'à  un  certain  point  les  circonstances de  la  vie  au  désert.  —  Siwjuli  quod  sibi  rectum. Evidemnieut  cette  expression  ne  doit  pas  ctjo  trop
pressée,  comme  si  toutes  les  règles  du  rituel  eussent alors  été  sans  application.  —  Neque  enim  usqui.,. Excuse  de  cette  conduite ,  que  le  Seigneur  et  ses j    représentants  avaient  tolérée.  Le  repos  complet j    ne  fut  accordé  à  Israël  que  vers  la  fin  du  règne i    de  David,  et  c'est  alors  que  Dieu  choisit  déflni- !    tivement  le  lieu  de  son  sanctuaire.  —  Vos,  et filii...,  atque  lévites  (vers.  12).  Jéhovah  pense  dé- licatement à  l'honorable  entretien  de  ses  ministres. Cf.  vers.  19  ;  xiv,  27,  29 ,  etc.  Ces  gracieuses  invi- tations n'excluaient  pas  le  payement  de  la  dîme prescrite  (Nura.  xviii,  21-24)  ;  c'est  donc  un  trait surajouté  aux  prescriptions  anciennes,  et  nulle- ment  une  contradiction.  Voyez  Vigoui-oux,  les Livres  saints  et  la  critique  rationaliste,  t.  III, pp.  166  et  ss.
13-14.  Récapitulation.  —  Cave  ne...  in  omni loco.  Les  sacrifices  offerts  çà  et  lu,  en  dehors  du
Deut.  XII,  14-19.
m
14.  mais  offrez  vos  victimes  dans  ce- lui que  le  Sci,2;neui'  aura  choisi  chez l'une  de  vos  tribus,  et  observez -y  tout ce  que  je  vous  ordonne.
15.  Si  vous  voulez  manger  de  la viande,  si  vous  aimez  à  vous  nourrir  de chair,  tuez  des  bêtes,  et  mangez-en  selon la  bénédiction  que  le  Seigneur  voti'e Dieu  vous  aura  donnée  dans  vos  villes  ; soit  que  ces  botes  soient  impures,  c'est- à-dire  qu'elles  aient  quelque  tache  ou quelque  défaut  dans  les  membres  du corps  ;  soit  qu'elles  soient  pures ,  c'est-à- dire  entières  et  sans  tache,  comme  celles qui  peuvent  être  offertes  à  Dieu  ;  man- gez-en, ainsi  que  vous  mangez  de  la biche  et  du  cerf.
16.  Abstenez -vous  seulement  de  man- ger le  sang,  et  a3^ez  soin  de  le  répandre à  terre  comme  de  l'eau.
17.  Vous  ne  pourrez  manger  dans  vos villes  la  dîme  de  votre  froment,  de  votre vin  et  de  votre  huile,  ni  les  premiers- nés  des  bœufs  et  des  autres  bestiaux,  ni rien  de  ce  que  vous  aurez  voué,  ou  que vous  voudrez  de  vous  -  même  offrir  à Dieu,  ni  les  prémices  des  œuvres  de  vos mains  ;
18.  mais  vous  mangerez  de  ces  choses devant  le  Seigneur  votre  Dieu ,  dans  le lieu  que  le  Seigneur  votre  Dieu  aura choisi  :  vous,  votre  fils  et  votre  fille, votre  serviteur  et  votre  servante,  et  les lévites  qui  demeurent  dans  vos  villes  ;  et vous  prendrez  votre  nourriture  avec  joie devant  le  Seigneur  votre  Dieu,  en  re- cueillant le  fruit  de  tous  les  travaux  de vos  mains.
19.  Prenez  bien  garde  de  ne  pas  aban- donner le  lévite,  pendant  tout  le  temps que  vous  serez  sur  la  terre.
14.  sed  in  eo,  quem  elegerit  Demi  nus in  una  tribuum  tuarum,  olïcres  hostias, et  faciès  quœcumque  prsecipio  tibi.
15.  Sin  autem  comedere  volueris,  et te  esus  carnium  delectaverit,  occide, et  comede  juxta  benedictionem  Domini Dei  tui,  quam  dédit  tibi  in  urbibus  tuis; sive  immundum  fuerit,  hoc  est,  macu- latum  et  débile;  sive  mundum,  hoc  est, integrum  et  sine  macula,  quod  offerri licet,  sicut  capream  et  cervum,  co- medes,
IG.  absque  esu  duntaxat  sanguinis, quem  super  terram  quasi  aquam  effun- des.
17.  Non  poteris  comedere  in  oppidis tuis  decimam  frumenti,  et  vini,  et  olei tui,  primogenita  armentorum  et  peco- i-um,  et  omnia  qu9s  voveris,  et  sponte offerre  volueris,  et  primitias  manuum tuarum  ;
18.  sed  coram  Domino  Deo  tuo  come- des  ea,  in  loco  quem  elegerit  Dominus Deus  tuus,  tu  et  fiHus  tuus,  et  filia  tua, et  servus  et  famula,  atque  lévites  qui manet  in  urbibus  tuis  ;  et  laetaberis  et reficieris  coram  Domino  Deo  tuo,  in cunctis  ad  quse  extenderis  manum  tuam.
19.  Cn^e  ne  derelinquas    levitem  in omni  tempore  quo  versaris  in  terra.
sanctuaire,  durant  le  cours  de  l'histoire  juive, furent  des  exceptions,  indiquées  et  ratifiées  par le  Seigneur  lui-même.  Cf.  xxvn,  5-6  ;  Jud.  vi,  24  ; XVI,  16  et  ss. ;  III  Reg.  m,  4-5;  xviii,  31  et ss.,  etc.
15-16.  On  pourra  tuer  en  n'importe  quel  lieu les  animaux  destinés  à  la  consommation.  —  Sin autem  comedere...  .Jusque-lù,  ces  animaux  mêmes devaient  être  immolés  en  avant  du  tabernacle (cf.  Lev.  xvii,  3-4,  et  le  commentaire);  l'an- cienne ordonnance  est  abrogée  parce  qu'elle  allait être  désormais  impraticable.  —  Sive  ivimun- dum...,  sive  mundum...  Dans  l'hébreu,  ces  mots ne  se  rai)portcnt  pas  à  l'animal  immolé,  mais aux  personnes  qui  se  proposaient  d'en  faire  leur nourriture  :  «  Celui  qui  sera  impur  et  celui  qui sera  pur  pourront  en  manger,  comme  ou  mange
de  la  gazelle  (.s'bi,  AU.  d'hist  nat.,  pi.  lxxxvii et  Lxxxviii)  et  du  cei'f.  »  C.-à-d.  que  la  pureté légale  n'était  pas  requise  pour  manger  de  ces viandes  communes,  tandis  qu'elle  l'était  pour  par- ticiper aux  repas  liturgiques.  Cf.  Lev.  vu,  20-21. Los  incidentes  hoc  est,  maculât am;  hoc  est,  in- tegrum..., quod  offerri  licet,  sont  des  gloses  expli- catives (inexactes)  ajoiitées  au  texte.  —  Grave restriction  pourtant  :  ahsque  esu...  sanguinis. Cf.  Gen.  IX,  4;  Lev.  vu,  26,  etc.
17-19.  La  seconde  dime  devra  être  consommée auprès  du  sanctuaire.  —  Decimam  frumenti... Sur  cette  dime,  qu'il  ne  faut  pas  confondre  avec celle  qui  était  destinée  aux  lévites,  voyez  xiv, 22-27,  et  l'explication.  Comme  elle  avait  aussi  un caractère  sacré.  Dieu  ne  veut  pas  qu'elle  soit traitée  en  aliment  profane.
600
Deut.  XII,  20-30.
20.  Qiiando  dilataverit  Dominus  Deus tuiis  termines  tuos,  sicut  locutus  est tibi,  et  volueris  vesci  carnibus,  quas desiderat  anima  tua  ;
21.  locus  autem,  quem  elegerit  Do- minus Deus  tuus  ut  sit  nomen  ejus ibi,  si  procul  fuerit,  occides  de  armen- tis  et  pecoribus,  quse  habueris,  sicut prfiecepi  tibi ,  et  comedes  in  oppidis  tuis, ut  tibi  placet.
22.  Sicut  comeditur  caprea  et  cervus, ita  vesceris  eis  ;  et  mundus  et  immundus in  commune  vescentur.
23.  Hoc  solum  cave,  ne  sanguinem comedas  ;  sanguis  enim  eorum  pro  anima est,  et  idcirco  non  debes  animam  come- dere  cum  carnibus  ;
24.  sed  super  terram  fundes  quasi aquam ,
25.  ut  bene  sit  tibi  et  filiis  tuis  post te,  cum  feceris  quod  placet  in  conspectu Domini.
26.  Quae  autem  sanctificaveris ,  et  vo- veris  Domino ,  toiles,  et  venies  ad  locum, quem  elegerit  Dominus  ;
27.  et  ofïeres  oblationes  tuas  carnem et  sanguinem  super  altare  Domini  Dei tui  ;  sanguinem  hostiarum  fundes  in altari,  carnibus  autem  ipse  vesceris.
28.  Observa  et  audi  omnia  quse  ego prsecipio  tibi,  ut  bene  sit  tibi  et  filiis tuis  post  te  in  sempiternum,  cum  fece- ris quod  bonum  est  et  placitum  in  con- spectu Domini  Dei  tui.
29.  Quando  disperdiderit  Dominus Deus  tuus  ante  faciem  tuam  gentes,  ad quas  ingredieris  possidendas,  et  posse- deris  eas,  atque  habita veris  in  terra earum,
30.  cave  ne  imiteris  eas,  postquam te  fuerint  introeunte  subversse,  et  requi- ras  ceremonias  earum,  dicens  :  Sicut coluerunt  gentes  istse  deos  suos,  ita  et ego  colam.
20.  Quand  le  Seigneur  votre  Dieu  aura étendu  vos  limites,  selon  qu'il  vous  l'a promis,  et  que  vous  voudrez  manger  de la  chair  dont  vous  aurez  envie ,
21.  si  le  lieu  que  le  Seigneur  votre Dieu  aura  choisi  pour  y  établir  son  nom est  éloigné ,  vous  pourrez  tuer  des  bœufs et  des  brebis  que  vous  aurez ,  selon  que je  vous  l'ai  ordonné,  et  vous  en  man- gerez dans  vos  villes  comme  vous  le désirerez.
22.  Vous  mangerez  de  cette  chair comme  vous  mangez  de  celle  des  chè- vres sauvages  et  des  cerfs  ;  et  le  pur  et l'impur  en  mangeront  indifféremment.
23.  Gardez-vous  seulement  de  manger du  sang  de  ces  bêtes  ;  car  leur  sang  leur tient  lieu  d'âme  ;  et  ainsi  vous  ne  devez pas  manger  avec  leur  chair  ce  qui  est comme  leur  âme.
24.  Mais  vous  répandrez  ce  sang  à terre  comme  de  l'eau,
25.  afin  que  vous  soyez  heureux,  vous et  vos  enfants  après  vous ,  aj^ant  fait  ce qui  est  agréable  aux  yeux  du  Seigneur.
26.  Quant  aux  choses  que  vous  aurez consacrées,  et  que  vous  aurez  vouées  au Seigneur,  vous  les  prendrez,  et  étant venu  au  lieu  que  le  Seigneur  aura choisi ,
27.  vous  présenterez  en  oblation  la chair  et  le  sang  sur  l'autel  du  Seigneur votre  Dieu.  Vous  répandrez  le  sang  des victimes  autour  de  l'autel,  et  vous  vous nourrirez  vous-même  de  leur  chair.
28.  Observez  et  écoutez  bien  toutes les  choses  que  je  vous  ordonne,  afin  que vous  soyez  heureux  pour  jamais,  vous et  vos  enfants  après  vous,  lorsque  vous aurez  fait  ce  qui  est  bon  et  agréable aux  yeux  du  Seigneur  votre  Dieu.
29.  Quand  le  Seigneur  votre  Dieu aura  exterminé  devant  vous  les  nations dont  vous  allez  posséder  le  pa3's,  que vous  en  serez  actuellement  en  posses- sion, et  que  vous  habiterez  dans  leurs terres ,
30.  prenez  bien  garde  d'imiter  ces nations,  après  qu'elles  auront  été  dé- truites à  votre  entrée,  et  de  vous  infor- mer de  leurs  cérémonies,  en  disant  :  Je veux  suivre  moi-même  le  culte  dont  ces nations  ont  honoré  leurs  dieux.
1
20-25.  Répétition  développée  de  l'ordonnance contenue  aux  vers.  15-16.
26-27.  Le  local  unique  des  offrandes.  Cf.  vers.  4-7. 3"  Ne  pas  imiter  les  Chananéens.  XII,  28-32. 28-32.  Entre  deux  exhortations  générales  (vers.
28  et  32),  réitération  de  cette  injonction  spéciale. —  Ne  imiteris.  Dans  l'hébreu,  avec  une  méta- phore énergique  :  Ne  te  laisse  pas  prendre  au piège  à  leur  suite  (c.-à-d.  en  les  imitant).  — ReqtUras  suppose  des  informations  empressées.
Deut.  XII,  31  —  XIII,  G.
601
31.  Vous  ne  rendrez  point  de  sem- blable culte  au  Seigneur  votre  Dieu.  Car elles  ont  fait,  pour  honorer  leurs  dieux, toutes  les  abominations  que  le  Seigneur a  en  horreur,  leur  offrant  en  sacrifice leurs  fils  et  leurs  filles,  et  les  brûlant dans  le  feu.
32.  Faites  seulement  en  Thonneur  du Seigneur  ce  que  je  vous  ordonne,  sans  y rien  ajouter  ni  en  rien  enlever.
31.  Non  faciès  simili  ter  Domino  Deo tuo  ;  omnes  enini  abominationes,  quas aversatur  Dominus,  fecerunt  diis  suis, offerentes  filios  et  iilias,  et  comburentes isrni.
32.  Quod  prœcipio  tibi,  hoc  tantum facito  Domino;  nec  addas  quidquam, nec  minuas.
CHAPITRE  XIII
1.  S'il  s'élève  au  milieu  de  vous  un prophète,  ou  quelqu'un  qui  dise  qu'il  a eu  une  vision  en  songe,  et  qui  prédise quelque  chose  d'extraordinaire  et  de prodigieux,
2.  et  que  ce  qu'il  avait  prédit  soit  ar- rivé, et  qu'il  vous  dise  en  même  temps  : Allons,  suivons  des  dieux  étrangers  qui vous  étaient  inconnus ,  et  servons-les  ;
3.  vous  n'écouterez  point  les  paroles de  ce  prophète  ou  de  cet  inventeur  de visions  et  de  songes;  parce  que  le  Sei- gneur votre  Dieu  vous  tente,  afin  qu'il paraisse  clairement  si ,  oui  ou  non ,  vous l'aimez  de  tout  votre  cœur  et  de  toute votre  âme.
4.  Suivez  le  Seigneur  votre  Dieu,  crai- gnez-le, gardez  ses  commandements, écoutez  sa  voix,  servez -le,  et  attachez- vous  à  lui  seul  ;
6.  mais  que  ce  prophète  ou  cet  inven- teur de  songes  soit  puni  de  mort,  parce qu'il  vous  a  parlé  pour  vous  détourner du  Seigneur  votre  Dieu,  qui  vous  a  tirés de  l'Egypte,  et  qui  vous  a  rachetés  du séjour  de  servitude;  et  pour  vous  dé- tourner de  la  voie  que  le  Seigneur  votre Dieu  vous  a  presciite  ;  et  vous  ôterez ainsi  le  mal  du  miheu  de  vous.
6.  Si  votre  frère,  fils  de  votre  mère, ou  votre  fils,   ou    votre  fille,  ou  votre
1.  Si  surrexerit  in  medio  tui  prophè- tes, aut  qui  somnium  vidisse  se  dicat, et  prsedixerit  signum  atque  portentum,
2.  et  evenerit  quod  locutus  est,  et dixerit  tibi  :  Eamus,  et  sequamur  deos aliènes  quos  ignoras,  et  serviamus  eis;
3.  non  audies  vcrba  prophétie  illius aut  somniatoris,  quia  tentât  vos  Domi- nus Deus  vester,  ut  palam  fiât  utrum diligatis  eum  an  non,  in  toto  corde,  et in  tota  anima  vestra.
4.  Dominum  Deum  vestrum  sequi- mini,  et  ipsum  timete,  et  mandata  illius custodite,  et  audite  vocem  ejus;  ipsi servietis,  et  ipsi  adhœrebitis  ;
5.  propheta  autem  ille  aut  fictor  som- niorum  interficietur,  quia  locutus  est  ut vos  averteret  a  Domino  Deo  vestro,  qui eduxit  vos  de  terra  ^gypti,  et  redemit vos  de  domo  servitutis,  ut  errare  te faceret  de  via ,  quam  tibi  prœcepit  Do- minus Deus  tuas  ;  et  auferes  malum  de medio  tui.
6.  Si  tibi  voluerit  persuadere  frater tuus,  filius  matris  tuse,  aut  filius  tuus
—  Siciit  coluerunt...  Les  païens  attribuaient  b, chaque  contrée  des  divinités  tutélaires  qu'ils croiraient  dangereux  de  négliger.  —  Comburentes irjni.  Voyez  Lev.  xviii,  21;  xx,  2,  et  l'expli- cation.
40  S'opposer  à  la  propagande  de  l'idolâtrie  dans Israël.  XIII,  1-18.
Chap.  XIII.  —  1-5,  Premier  cas  :  les  faux  pro- phètes. —  1°  Ne  pas  les  écouter,  quand,  en  allé- guant une  révélation  ou  une  vision  prétendues, et  même  en  affirmant  leur  autorité  par  un  pro- dige, ils  oseront  pi'êcher  le  culte  dos  faux  dieux
(vers.  1-4).  —  Preedixerit...  et  evenerit...:  par l'intermédiaire  du  démon  (cf.  II  Thess.  ir,  9), et  par  la  permission  du  Seigneur,  qui  voudra ainsi  mettre  à  l'épreuve  la  fidélité  de  son  peuple {quia  tentât  vos...).  —  2^  Les  mettre  à  mort  sans pitié,  vers.  5,  car  ils  ont  commis  un  crime  de lèse-majesté  divine  (.ut  vos  averteret...).  Ils  étaient lapidés,   d'après  le  vers.  10;  xvii,   7,  et  Lev.
XX,  2.  —  Auferes  malum...  Locution  assez  fré- quente dans  ce  livre.  Cf.  xvii,  7,  12;  xix,  19;
XXI,  21,  etc.
6-11.  Second  cas  :  les  séducteurs  secrets.  —
28*
G02
Deut.  XIII,  7 -10.
vel  filia,  sive  uxor  quae  est  iu  sinu  tuo, aut  amicus,  qiiem  diligis  ut  aiiimam tuam,  clam  dicens  :  Eainiis,  et  servia- miis  diis  alieiiis ,  quos  ignoras  tu ,  et patres  tii,
7.  cimctarum  in  circuitii  gentlum, qiue  juxta  vel  procul  sunt,  ab  initio  us- que  ad  fineni  terrœ  ;
8.  non  acquiesças  ei ,  nec  audias,  neque parcat  ei  ocidus  tuus  ut  miserearis  et occultes  eum,
9.  sed  statim  interficies.  Sit  primum manus  tua  super  eum,  et  postea  omnis populus  mittat  manum.
10.  Lapidibus  obrutus  necabitur,  quia voluit  te  abstrahere  a  Domino  Deo  tuo, qui  eduxit  te  de  terra  iEgypti ,  de  domo servitutis  ;
11.  ut  omnis  Israël  audiens  timeat,  et nequaquam  ultra  faciat  quippiam  liujus rei  similc.
12.  Si  audieris  in  una  urbium  tuarum, quas  Dominus  Deus  tuus  dabit  tibi  ad liabitandum,  dicentes  aliquos  :
13.  Egressi  sunt  filii  Belial  de  medio tui,  et  averterunt  habitatores  urbis  suœ, atque  dixerunt  :  Eamus,  et  serviamus diis  alienis  quos  ignoratis  ;
14.  quœre  sollicite  et  diligenter;  rei veritate  perspecta,  si  inveneris  certum esse  quod  dicitiir,  et  abominationem banc  opère  pcrperatam,
15.  statim  percuties  habitatores  urbis illius  in  ore  gladii,  et  delebis  eam,  ac omnia  quœ  in  illa  sunt,  usque  ad  pe- cora.
16.  Quidquid  etiam  supellectilis  fuerit, congregabis  in  medio  platearum  ejus, et  eum  ipsa  civitate  succendes,  ita   ut
femme  qui  vous  est  si  clière,  ou  votre ami  que  vous  aimez  comme  votre  âme, veut  vous  persuader  et  vient  vous  dire en  secret  :  Allons,  et  servons  les  dieux étrangers  qui  vous  sont  inconnus  comme ils  l'ont  été  à  vos  pères,
7.  les  dieux  de  toutes  les  nations  dont nous  sommes  environnés,  soit  de  près, soit  de  loin,  de})uis  une  extrémité  de  la terre  jusqu'à  l'autre  ;
8.  ne  vous  rendez  point  à  ses  persua- sions, et  ne  l'écoutez  pas;  et  ne  soyez touché  d'aucune  compassion  à  son  su- jet; ne  l'épargnez  point,  et  ne  tenez point  secret  ce  qu'il  aura  dit  :
9.  mais  tuez -le  aussitôt.  Que  votre main  lui  donne  le  premier  coup,  et  que tout  le  peuple  le  frappe  ensuite.
10.  Qu'il  périsse  accablé  de  pierres, parce  qu'il  a  voulu  vous  détourner  du ISeigneur  votre  Dieu,  qui  vous  a  tiré  de l'Egypte  et  de  la  maison  de  servi- tude ;
11.  afin  que  tout  Israël,  entendant cet  exemple,  soit  saisi  de  crainte,  et qu'il  ne  se  trouve  plus  personne  qui  ose entreprendre  rien  de  semblable.
12.  Si  dans  quelqu'une  de  vos  villes, que  le  Seigneur  votre  Dieu  vous  aura données  pour  les  habiter,  vous  entendez dire  à  quelques-uns  :
13.  Des  enfants  de  Bélial  sont  sortis du  milieu  de  vous,  et  ont  perverti  les habitants  de  leur  ville,  en  leur  disant  : Allons,  et  servons  les  dieux  étrangers qui  vous  sont  inconnus,
14.  informez -vous  avec  tout  le  soin possible  de  la  vérité  de  la  chose,  et après  l'avoir  connue,  si  vous  trouvez  que ce  qu'on  vous  avait  dit  est  certain,  et que  cette  abomination  a  été  commise effectivement,
15.  vous  ferez  passer  aussitôt  au  fil de  l'épée  les  habitants  de  cette  ville,  et vous  la  détruirez  avec  tout  ce  qui  s'y rencontrera,  même  les  animaux.
IC.  Vous  amasserez  aussi  au  milieu des  rues  tous  les  meubles  qui  s'y  trouve- ront, et  vous  les  brûlerez  avec  la  ville,
10  L'hypothèse,  vers.  6-7.  Frater...filius...:  même les  personnes  les  plus  chères.  Clam  dicens  :  il était  du  rôle  des  faux  prophètes  de  parler  auda- cieusement  et  ouvertciucnt;  ici,  le  mal  se  cache et  se. glisse, dans  louibre.  —  2'  La  conduite  à  tenir envers  ces  séducteurs,  vers.  8-11.  Mêmes  règles que  poiir  le  premier  cas  :  ne  pas  les  écouter,  les exterminer  proniptement.  Sit  pri»iiun  manus Laa  ;  la  main  du  dénoJijciiiteur,  'lui  assumait  aiusi
la  plus  grande  part  de  responsabilité.  Voj^ez  la note  de  xvii,  7.
12-18.  Cas  d'une  ville  israélite  qui  se  livrerait tout  entière  ii  l'idolâtrie.  —  1°  L'hypothèse,  vers. 12-13.  Si  audieris  in  tina...  C.-à-d.  :  si  une  cité d'Israiil  apprend  qu'une  autre  ville  s'est  laissé entraîner  au  culte  des  faux  dieux.  La  locution fllii  l'.cllal  apparaît  ici  pour  la  première  fois  ; elle  sert  à  designer  les  hommes  impies  et  me-
Deut.  XIII,  17  —  XIV,  7.
C03
consumant  tout  en  riionneur  du  Sei- gneur votre  Dieu,  en  sorte  que  cette ville  devienne  comme  un  tombeau  éter- nel. Elle  ne  sera  jamais  bixtie,
17.  et  il  ne  demeurera  rien  dans  vos mains  de  cet  anatlième,  afin  que  le  Sei- gneur apaise  sa  colère  et  sa  fureur, qu'il  ait  pitié  de  vous,  et  qu'il  vous multii)lie  comme  il  l'a  juré  à  vos  pères,
18.  tant  que  vous  écouterez  la  voix  du Seigneur  votre  Dieu,  et  que  vous  obser- verez toutes  ses  ordonnances  que  je  vous prescris  aujourd'hui,  afin  que  vous  fas- siez ce  qui  est  agréable  aux  yeux  du Soigneur  votre  Dieu.
universa  consumas  Domino  Deo  tuo,  et sit  tumulus  sempiternus.  Non  ludifica- bitur  amplius,
17.  et  non  adhœrebit  de  illo  anatlie- mate  quidquam  in  manu  tua,  ut  aver- tatur  Dominus  ab  ira  furoris  sui,  et misereatur  tui,  multiplicetque  te  sicut juravit  patribus  tuis,
18.  quando  audieris  voeem  Domini Dei  tui,  custodiens  omnia  prœcepta  ejus quse  ego  prœcipio  tibi  hodie,  ut  facias quod  placitum  est  in  conspectu  Domini Dei  tui.
CHAPITRE  XIV
1.  Soyez  les  dignes  enfants  du  Sei- gneur votre  Dieu.  Ne  vous  faites  point d'incisions ,  et  ne  vous  rasez  point  à  pro- pos des  morts,
2.  parce  que  vous  êtes  un  peuple  saint et  consacré  au  Seigneur  votre  Dieu,  et qu'il  vous  a  choisi  de  toutes  les  nations qui  sont  sur  la  terre,  afin  que  vous  fus- siez particulièrement  son  peuple.
3.  Ne  mangez  point  de  ce  qui  est  im- pur.
4.  Voici  les  animaux  que  vous  devez manger  :  le  bœuf,  la  brebis,  la  chèvre,
6.  le  cerf,  la  biche,  le  bubale,  le  mou- flon, le  chevreuil,  l'oryx,  la  girafe.
6.  Vous  mangerez  de  tous  les  ani- maux qui  ont  la  corne  divisée  en  deux et  qui  ruminent.
7.  Mais  vous  ne  devez  point  manger de  ceux  qui  ruminent  et  dont  la  corne n'est  point  fendue,  comme  du  chameau.
1.  Filii  estote  Domini  Dei  vestri.  Non vos  incidetis,  nec  facietis  calvitium  su- per mortuo,
2.  quoniam  populus  sanctus  es  Do- mino Deo  tuo,  et  te  elegit  ut  sis  ei  in populum  peculiarem,  de  cunctis  genti- bus  quse  sunt  super  terram.
3.  Ne  comedatis  quo3  immunda  sunt.
4.  Hoc  est  animal  quod  comedere  de- betis  :  bovem,  et  ovem,  et  capram,
5.  cervum  et  capream,  bubalum,  tra- gelaphum,  pygargum,  orygem,  camelo- pardalum,
6.  Omne  animal ,  quod  in  duas  partes findit  ungulam,  et  ruminât,  comedetis  ;
7.  de  his  autem  quse  ruminant,  et ungulam  non  findunt,  comedere  non debetis,   ut  camelum,  leporem,  chœro-
chants  (  littéral.  :  des  hommes  de  rien  ;  car  Iflya'al signifie  «  sine  commodo  »).  —  i''  Conduite  à  tenir envers  la  ville  apostate,  vers.  14-18.  Après  nne sérieuse  enquête  {qucere  sollicite...),  si  l'accusa- tion est  justifiée,  dévouer  au  liérem ,  ou  à  luie entière  destruction,  la  localité  et  tout  ce  qu'elle contient.
5°  Éviter  les  rites  funèbres  des  païens.  XIV, 1-2.
Chap.  XIV.  — -  1-2.  Répétition  de  Lev.  xix,  28  ; XXI,  5  (voyez  les  notes).  —  Fllii  estote...  D'après l'hébi-eu  :  Vous  êtes  les  fils...  Beau  titre  de  no- blesse ,  qui  obligeait  les  Hébreux  à  exécuter fidèlement  toutes  les  volontés  de  leur  Père  cé- leste.
6*^  Les  mets  purs  et  impurs.  XIV,  3-21.
Ce  passage  renouvelle,  avec  quelques  légères
variantes ,  les  prescriptions  de  Lev.  xi  (  vo3'cz  le commentaire).
3.  Le  principe  général  :  ne  comedatis...  im- munda. Hébr.  :  toute  abomination.
4-8.  Les  quadrupèdes  purs  et  impurs.  Cf.  Lev. XI,  2-8.  —  Hoc  est  animal...  La  courte  énumé- ration  contenue  aux  vers.  4-5  est  propre  au  Deu- téronome.  Les  animaux  destinés  aux  sacrifices sont  cités  au  premier  rang  (bovem,  ovem,  ca- pram )  ;  les  sept  autres  sont  des  ruminants  sau- vages, qui,  d'après  la  traduction  la  plus  probable de  l'hébreu,  appartiennent  tous  à  la  famille  des cervidés  :  cervum  i'ayyal,  le  cerf  commun;  Atl. d'hist.  nat.,  pi.  lxxxvi,  fig.  1,  9),  capream  (s'bi, la  gazelle,  comme  xii,  lé),  bubalum  (yahmur, espèce  d'antilope  dont  la  taille  et  les  membres lin  peu  lourds  rappellent   ceux  du  boeuf;  Ail.
604
Deut.  XIV,  8-21.
gryllum;  haec  quia  ruminant,  et  non dividunt  ungulam ,  immunda  erunt vobis.
8.  Sus  quoque,  quoniam  dividit  ungu- lam, et  non  ruminât,  immunda  erit. Carnibus  eorum  non  vescemini,  et  ca- davera  non  tangetis.
9.  Hœc  comedetis  ex  omnibus  quœ morantur  in  aquis  :  quse  habent  pinnu- las  et  squamas,  comedite.
10.  Qu£e  absque  pinnulis  et  squamis sunt,  ne  comedatis,  quia  immunda  sunt.
11.  Omnes  aves  mundas  comedite.
12.  Immundas  ne  comedatis  :  aquilam scilicet,  et  gryphem,  et  haliœetum,
13.  ixion,  et  vulturem  ac  milvum juxta  genus  suum,
14.  et  omne  corvini  generis,
15.  et  struthionem,  ac  noctuam,  et larum,  atque  accipitrem  juxta  genus suum  ;
16.  herodium  ac  cygnum,  et  ibin,
17.  ac  mergulum,  porphyrionem,  et nycticoracem,
18.  onocrotalum,  et  cliaradrium,  sin- gula  in  génère  suo  ;  upupam  quoque  et vespertilionem.
19.  Et  omne  quod  reptat  et  pennulas habet,  immundum  erit,  et  non  come- detur.
20.  Omne  quod  mundum  est,  come- dite.
21.  Quidquid  autem  morticinum  est, ne  vescamini  ex  eo  ;  peregrino,  qui  in- tra  portas  tuas  est,  da  ut  comedat,  aut
du  lièvre,  du  chœrogrille.  Ces  animaux vous  seront  impurs,  parce  que,  bien qu'ils  ruminent,  ils  n'ont  point  la  corne fendue.
8.  Le  pourceau  aussi  vous  sera  impur, parce  que,  bien  qu'il  ait  la  corne  fendue, il  ne  rumine  point.  Vous  ne  mangerez point  de  la  chair  de  ces  animaux,  et vous  n'y  toucherez  point  lorsqu'ils  seront morts.
9.  Entre  tous  les  animaux  qui  vivent dans  les  eaux,  vous  mangerez  de  ceux qui  ont  des  nageoires  et  des  écailles.
10.  Vous  ne  mangerez  point  de  ceux qui  n'ont  point  de  nageoires  ni  d'écaillés, parce  qu'ils  sont  impurs.
11.  Mangez  de  tous  les  oiseaux  qui sont  purs  ;
12.  mais  ne  mangez  point  de  ceux qui  sont  impurs,  tels  que  l'aigle,  le  grif- fon, l'aigle  de  mer,
13.  l'ixion,  le  vautour  et  le  milan, selon  ses  espèces  ;
14.  le  corbeau ,  et  tout  ce  qui  est  de son  espèce  ;
15.  l'autruche,  la  chouette,  le  larus avec  l'épervier,  et  tout  ce  qui  est  de  la même  espèce  ;
16.  le  héron,  le  cygne,  l'ibis,
17.  le  plongeon,  le  porphyrion,  le hibou ,
18.  l'onocrotalus  et  le  charadrius,  cha- cun selon  son  espèce,  la  huppe  et  la chauve -souris.
19.  Tout  ce  qui  rampe  sur  la  terre,  et qui  a  des  ailes,  sera  impur,  et  on  n'en mangera  point.
20.  Mangez  de  tout  ce  qui  est  pur.
21.  Ne  mangez  d'aucune  bête  qui  sera morte  d'elle-même;  mais  donnez -la,  ou vendez-la  à  l'étranger  qui  est  dans  l'en-
d'hist.  nat,  pi.  liXXXvn,  fig.  2,  7;  selon  d'autres, ce  nom  désignerait  le  daim,  ibid.,  pi.  lxxxvi, flg.  8),  tragelaphum  Caqqô,  peut-être  de  pré- férence le  chevreuil  ;  AU.  d'hist.  nat.,  pi.  lxxxvi, fig.  2,  3),  pygargum  (diSôn,  vraisemblablement l'antilope  addax,  qui  ressemble  à  l'âne  par  sa  taille et  sa  forme  ;  AU.  dliist.  nat.,  pi.  lxxxvii,  fig.  G), orygem  (t"ô,  l'antilope  oi'yx,  aux  Immenses cornes  recoui'bées;  AU.  d'hist.  nat.,  pi.  Lxxxvir, flg.  8),  camelopardalum  (traduction  calquée  sur colle  des  LXX  ;  mais  zémer  représente  plutôt le  mouflon  h.  manchettes ,  nommé  plus  haut  «  tra- golaphus  »;  Atl.  d'hist.  nat.,  pi.  lxxxvi,  flg.  4). —  Omne  animal  quod...  Après  ces  exemples,  la règle  générale  pour  distinguer  les  animaux  purs. -  De  his  autem...  Règle  pour  discerner  les  ani- maux impurs.  —  ChœrogryUum  :  le  daman  (note
de  Lev.  xi,  5).  —  Eœc  quia  ruminant...  Sur  l'ap- plication de  ce  caractère  au  lièvre  et  au  daman, voyez  Lev.  xi,  5-6,  et  le  commentaire.
9-10.  Les  poissons  purs  et  impurs.  Cf.  Lev.  xi, 9-12.
11-18.  Les  oiseaux  purs  et  impurs.  —  Sur  les pi'emiers,  on  émet  seulement  un  principe  géné- ral :  mundas  comedite,  vers.  11.  On  cite  une liste  assez  longue  des  seconds.  Identique  à  celle de  Lev.  xi,  13-19,  à  part  le  ra'ah  (sorte  de  vau- tour; Vulg.  :  ixion),  mentionné  au  vers.  13.
19-20.  Les  reptiles  impurs.  Cf.  Lev,  xi,  29-30.
21.  Deux  autres  lois  concernant  l'alimentation. —  1°  Quidquid...  morticinum.  Cf.  Ex.  xxii,  30  ; Lev.  XVII,  15,  etc.  A  cette  règle  ancienne  on  en ajoute  ici  une  nouvelle  :  peregrino...  da  aut vende;  les  étrangers,  en  effet,  n'étaient  soumis
Deut.  XIV,  22-29.
605
ceinte  de  vos  murailles,  afin  qu'il  en mange,  parce  que,  pour  vous,  vous  êtes le  peuple  saint  du  Seigneur  votre  Dieu. Vous  ne  ferez  point  cuire  le  chevreau dans  le  lait  de  sa  mère.
22.  Vous  mettrez  à  part  chaque  année la  dîme  de  tous  vos  fruits  qui  naissent de  la  terre  ;
23.  et  vous  mangerez  en  la  présence du  Seigneur  votre  Dieu,  au  lieu  qu'il aura  choisi  pour  que  son  nom  y  soit  in- voqué, la  dîme  de  votre  froment,  de votre  vin  et  de  votre  huile,  et  les  pre- miers-nés de  vos  bœufs  et  de  vos  bre- bis ;  afin  que  vous  appreniez  h  craindre le  Seigneur  votre  Dieu  en  tout  temps.
24.  Mais  lorsque  vous  aurez  un  trop long  chemin  à  faire  jusqu'au  lieu  que le  Seigneur  votre  Dieu  aura  choisi,  et que  le  Seigneur  votre  Dieu  vous  ayant béni,  vous  ne  pourrez  lui  apporter  toutes ces  dîmes,
25.  vous  vendrez  tout,  et  vous  l'échan- gerez pour  de  l'argent  que  vous  porterez en  votre  main,  et  vous  irez  au  lieu  que le  Seigneur  votre  Dieu  aura  choisi.
26.  Vous  achèterez  de  ce  même  argent tout  ce  que  vous  voudrez,  soit  des  bœufs, soit  des  brebis,  du  vin  aussi  et  des  li- queurs fortes,  et  tout  ce  que  vous  dési- rerez ;  et  vous  mangerez  devant  le  Sei- gneur votre  Dieu,  vous  réjouissant,  vous et  votre  famille,
27.  avec  le  lévite  qui  est  dans  l'en- ceinte de  vos  murailles  ;  prenez  bien garde  de  ne  pas  l'abandonner,  parce qu'il  n'a  point  d'autre  part  dans  la  terre que  vous  possédez.
28.  Tous  les  trois  ans  vous  séparerez encore  une  autre  dîme  de  tous  les  biens qui  vous  seront  venus  en  ce  temps-là,  et vous  les  mettrez  en  réserve  dans  vos maisons  ;
29.  et  le  lévite  qui  n'a  point  d'autre part  dans   la  terre   que  vous  possédez,
vende  ei,  quia  tu  populus  sanctus  Do- mini  Dei  tui  es.  Non  coques  hœdum  in lacté  matris  suse.
22.  Decimam  partem  separabis  de cunctis  fructibus  tuis  qui  nascuntur  in terra  per  annos  singulos ,
23.  et  comedes  in  conspectu  Domini Dei  tui,  in  loco  quem  elegerit  ut  in  eo nomen  illius  invocetur,  decimam  fru- menti  tui,  et  vini,  et  olei,  et  primogenita de  armentis  et  ovibus  tuis,  ut  discas timere  Dominum  Deum  tuum  omni  tem- père.
24.  Cum  autem  longior  fuerit  via,  et locus  quem  elegerit  Dorainus  Deus  tuus, tibique  benedixerit,  nec  potueris  ad eum  hsec  cuncta  portare,
25.  vendes  omnia,  et  in  pretium  ré- diges, portabisque  manu  tua,  et  profi- ciseeris  ad  locum  quem  elegerit  Dominus Deus  tuus  ;
2G.  et  emes  ex  eadem  pecunia  quid- quid  tibi  placuerit,  sive  ex  armentis, sive  ex  ovibus,  vinum  quoque  et  sice- ram,  et  omne  quod  desiderat  anima  tua; et  comedes  coram  Domino  Deo  tuo,  et epulaberis  tu  et  donius  tua ,
27.  et  lévites  qui  inti'a  portas  tuas est.  Cave  ne  derelinquas  eum,  quia  non habet  aliam  partem  in  possessione  tua.
28.  Anno  tertio  separabis  aliam  deci- mam ex  omnibus  quœ  nascuntur  tibi  eo tempore,  et  repones  intra  januas  tuas  ;
29.   venietque  lévites  qui   aliam  non habet  partem  nec  possessionem  tecum,
qu'il  un  petit  nombre  des  ordonnances  thcocra- tiques. —  20  Non  coques...  Yoyez  Ex.  xxiii,  19; XXXIV,  2G,  et  l'explication.
7°  La  seconde  dîme  et  son  emploi.  XIV,  22-29.
22-23.  Première  règle  :  consommer  cette  dîme en  nature  au  local  du  futur  sanctuaire.  —  Deci- mam partem...  La  «  seconde  »  dîme ,  comme l'appellent  les  rabbins,  par  opposition  à  la  dîme prélevée  en  premier  lieu  pour  les  lévites  (cf. Nuuj.  xviii,  21  et  ss.).  Les  végétaux  lui  étaient seuls  soumis ,  et  elle  portait  sur  les  neuf  dixièmes qui  restaient  après  le  prélèvement  de  la  première dîme.  Considérée  comme  chose  sacrée  (note  de  Lev. 11,  3),  elle  ne  pouvait  être  consommée  qu'auprès   '
du  sanctuaire,  et  seulement  par  des  personnes pures  légalement.  —  Primogenita  de  armentis. Voyez  XV,  19  et  ss.
24-27.  Deuxième  règle,  pour  ceux  qui  seraient trop  éloignés  du  sanctuaire  (.cum...  longior  via, nec  potueris...  portare)  :  vendre  les  objets  soumis à,  cette  dîme ,  et  en  consommer  la  valeur  auprès du  tabernacle.
28-29.  Troisième  règle  :  l'emploi  de  la  deuxième dîme  en  certaines  années.  —  Anno  tertio  :  tous les  trois  ans  cette  dîme ,  au  lieu  d'être  consommée à  la  façon  ordinaire ,  devenait  le  partage  exclusif des  lévites  et  des  pauvres.
G06
Deut.  XV,  1-8.
et  peregrinus  ac  pupillus  et  vidua,  qui iiitra  portas  tuas  sunt,  et  comedent  et saturabuntur,  ut  benedicat  tibi  Dominus Deus  tuus  in  cunctis  operibus  maiiuum tuarum  quœ  feceris.
l'étranger,  l'orplielin,  et  la  veuve  qui sont  dans  vos  villes,  viendront  en  man- ger et  se  rassasier,  afin  que  le  Seigneur votre  Dieu  vous  bénisse  dans  tout  le travail  que  vous  ferez  de  vos  mains.
CHAPITRE  XV
1.  Scptimo  anno  faciès  remissionem,
2.  quag  hoc  ordine  celebrabitur.  Cui debetur  aliquid  ab  amico  vel  proximo ac  fratre  suo,  repetere  non  poterit,  quia annus  remissionis  est  Domini.
3.  A  peregrino  et  advena  exiges  ;  ci- vem  et  propinquum  repetendi  non  liabe- bis  potestatem;
4.  et  omnino  indigens  et  mendicus non  erit  inter  vos,  ut  benedicat  tibi Dominus  Deus  tuus  in  terra,  quam  tra- diturus  est  tibi  in  possessionem.
5.  Si  tamen  audieris  vocem  Domini Dei  tui,  et  custodieris  universa  quse jussit,  et  quse  ego  liodie  prœcipio  tibi, benedicet  tibi,  ut  pollicitus  est.
6.  Fœnerabis  gentibus  multis,  et  ipse a  nullo  accipies  mutuum.  Dominaberis nationibus  plurimis,  et  tui  nemo  domi- nabitur,
7.  Si  unus  de  fratribus  tuis,  qui  mo- rantur  intra  portas  civitatis  tuse,  in terra  quam  Dominus  Deus  tuus  daturus est  tibi.  ad  paupertatem  venerit,  non obdurabis  cor  tuum,  nec  contraires  ma- num  ;
8.  sed  aperies    eam   pauperi,    et   da-
1.  La  septième  année  sera  l'année  do la  remise,
2.  qui  se  fera  en  cette  manière.  Un homme  à  qui  il  sera  dû  quelque  chose par  son  ami,  ou  son  prochain  et  son frère,  ne  pourra  le  redemander,  parce que  c'est  l'année  de  la  remise  du  Sei- gneur.
3.  Vous  pourrez  l'exiger  de  l'étranger et  de  celui  qui  est  venu  du  dehors  dans votre  pays  ;  mais  vous  n'aurez  point  le pouvoir  de  le  redemander  à  vos  conci- toyens et  à  vos  proches  ;
4.  et  il  ne  se  trouvera  parmi  vous  au- cun pauvre  ni  aucun  mendiant ,  afin  que le  Seigneur  votre  Dieu  vous  bénisse dans  le  pays  qu'il  doit  vous  donner  pour le  posséder.
5.  Si  toutefois  vous  écoutez  la  voix  du Seigneur  votre  Dieu ,  et  que  vous  obser- viez ce  qu'il  vous  a  commandé  et  ce que  je  vous  prescris  aujourd'hui,  c'est alors  qu'il  vous  bénira,  comme  il  vous l'a  promis.
6.  Vous  prêterez  à  beaucoup  de  peu- ples, et  vous  n'emprunterez  rien  vous- même  de  personne  ;  vous  dominerez  sur plusieurs  nations,  et  nul  ne  vous  domi- nera.
7.  Si ,  quand  vous  serez  dans  le  pays que  le  Seigneur  votre  Dieu  doit  vous donner,  un  de  vos  frères  qui  demeurera dans  votre  ville  tombe  dans  la  pauvreté, vous  n'endurcirez  point  votre  cœur,  et vous  ne  resserrerez  point  votre  main  ;
8.  mais  vous  l'ouvrirez  au  pauvre,  et
8o  L'année  sabbatique.  XV,  1-11.
CompléiuL'nt  des  ordonnances  portées  autre- fois sur  ce  même  sujet  :  Ex.  xxiii,  10-11;  Lev. XXV,  2-7,  etc.
CiiAP.  XV.  —  1-3.  Privilège  des  débiteurs  du- rant l'année  sabbatique.  —  Faciès  remissionem. Cette  expression  (  hébr.  :  relâche  )  est  ensuite expliquée  :  cui  debetur...,  repetere  non  poterit. Non  que  la  dette  fût  alors  complètement  éteinte, comme  l'ont  pensé  divers  auteurs  juifs  ;  elle n'était  que  suspendue  pour  un  an,  après  quoi If  créancier  rentrait  dans  ses  droits.  Mesure  très uatuivlle,  l'iuisqu'il  n'y  avait  pas  de  récoltes  pen-
dant l'année  sabbatique.  —  A  percgrinio...  c.rigcs. Le  privilège  n'existait  que  pour  les  Israélites.
4-6.  Si  les  Hébreux  obéissent  h  la  loi  divine, il  n'y  aura  pas  de  pauvres  parmi  eux,  et  pas  de nécessité  d'emprunter.  —  Et  omnino  indigens... Connue  aux  premiers  jours  de  l'Église,  Act.  iv,  24.
—  Fœnerabis...  et  ipse  a  nullo...  :  indépendance précieuse ,  créant  une  grande  force  pour  un peuple.
7-11.  Néanmoins,  dans  le  cas  où  quelques-uns de  leurs  frères  seraient  tombés  dans  la  pauvreté, les  Israélites  doivent  les  soulager  de  leur  mieux.
—  i\on  contrahes  manum...,  aperies:  traits  pit-
Deut.  XV,  9-lG.
G07
vovis  lui  prêterez  ce  dont  vous  verrez qu'il  aura  besoin.
9.  Prenez  garde  de  ne  pas  vous  lais- ser surprendre  par  cette  pensée  impie, et  de  ne  pas  dire  dans  votre  cœur  :  La septième  année,  qui  est  l'année  de  la remise,  est  proche  ;  et  de  détourner ainsi  vos  yeux  de  votre  frère  qui  est pauvre,  sans  vouloir  lui  prêter  ce  qu'il vous  demande  ;  de  peur  qu'il  ne  crie contre  vous  au  Seigneur,  et  que  cela  ne vous  soit  imputé  à  péché  ;
10.  mais  vous  lui  donnerez  ce  qu'il désire,  et  vous  n'userez  d'aucune  finesse lorsqu'il  s'agit  de  le  soulager  dans  sa nécessité,  afin  que  le  Seigneur  votre Dieu  vous  bénisse  en  tout  temps  et dans  toutes  les  choses  que  vous  entre- prendrez.
11.  Il  y  aura  toujours  des  pauvres dans  le  pays  où  vous  habiterez.  C'est pourquoi  je  vous  ordonne  d'ouvrir  votre main  aux  besoins  de  votre  frère  qui  est pauvre  et  sans  secours,  et  qui  demeure avec  vous  dans  votre  pays.
12.  Lorsque  votre  frère  ou  votre  sœur, Hébreux  d'origine,  vous  ayant  été  ven- dus ,  vous  auront  servi  six  ans ,  vous  les renverrez  libres  la  septième  année,
33.  et  vous  ne  laisserez  pas  aller  les mains  vides  celui  à  qui  vous  donnerez la  liberté  ;
14.  mais  vous  lui  donnerez  pour  sub- sister en  chemin  quelque  chose  de  vos troupeaux,  de  votre  grange  et  de  votre pressoir,  comme  des  biaus  que  vous  avez reçus  par  la  bénédiction  du  Seigneur votre  Dieu.
15.  Souvenez -vous  que  vous  avez  été esclave  vous-même  dans  l'Egypte,  et que  le  Seigneur  votre  Dieu  vous  a  mis en  liberté  ;  c'est  pour  cela  que  je  vous donne  maintenant  cet  ordre.
IG.  Mais  si  votre  serviteur  vous  dit qu'il  ne  veut  pas  sortir,  parce  qu'il  vous aime,  vous  et  votre  maison,  et  qu'il trouve  son  avantage  à  être  avec  vous ,
bis   mutuum,    quo    eum    indigere    per- spexeris.
9.  Cave  ne  forte  subrepat  tibi  inipia cogitatio,  et  dicas  in  corde  tuo:  Appro- pinquat  septimus  annus  remissionis,  et avertas  oculos  tuos  a  paupere  fratre  tuo, nolens  ei  quod  postulat  mutuum  com- modare,  ne  clamet  contra  te  ad  Domi- num,  et  fiât  tibi  in  peccatiim.
10.  Sed  dabis  ei,  nec  âges  quippiam callide  in  ejus  necessitatibus  sublevan- dis,  ut  benedicat  tibi  Dominus  Deus tuus  in  omni  tempore,  et  in  cunctis  ad quae  manum  miseris.
11.  Non  deerunt  pauperes  in  terra habitationis  tuae  ;  idcirco  ego  prsecipio tibi ,  ut  aperias  manum  fi-atri  tuo  egeno et  pauperi,  qui  tecum  versatur  in  terra.
12.  Cum  tibi  venditus  fuerit  frater tuus  Hebr£eus,  aut  liebrœa,  et  sex  annis servierit  tibi,  in  septimo  anno  dimittes eum  liberum,
13.  et  quem  libertate  donaveris,  ne- quaquam  vacuum  abire  patieris  ;
14.  sed  dabis  viaticum  de  gregibus, et  de  area,  et  torculari  tuo,  quibus Dominus  Deus  tuus  benedixerit  tibi.
15.  Mémento  quod  et  ipse  servieris  in terra  ^gypti,  et  liberaverit  te  Dominus Deus  tuus  ;  et  idcirco  ego  nunc  pryecipio tibi.
16.  Sin  autem  dixerit  :  Nolo  egredi, eo  quod  diligat  te,  et  domum  tuam,  et bene  sibi  apud  te  esse  sentiat.
toresques.  —  Cave  ne...  subrepat.  A  l'approche de  la  septième  année,  on  aurait  pu.  se  dire  :  Si je  prête  maintenant,  je  ne  rentrerai  que  très tard  dans  mes  fonds;  la  conséquence  probable eût  été,  vu  l'égoïsmc  humain  :  avortas  oculos... —  Non  deerunt  pauperes.  Cf.  Matth.  xxvi,  11. Moïse  ne  prévoit  que  trop  bien  la  désobéissance d'Israël,  qui  empêchera  la  réalisation  des  pro- messes contenues  aux  vers.  4 -G.
90  L'affranchissement  des  esclaves.  XV,  12-18.
12-18.  Cum  tiM...  venditus...  f rater  :  en  tant
que  débiteur  insolvable.  Cf.  Ex.  xxi,  2  et  ss.  ; Lev.  XXV,  39  et  ss.  ;  Jer.  xxxiv,  9  et  ss.  —  Se- ptimo anno  dimitles  :  autre  gracieux  privilège de  la  septième  année.  —  Nequaquain  vacuum... Trait  nouveau ,  des  plus  touchants.  —  Dabis  via- ticuvx.  Hébr.  :  Tu  suspendras  à  son  cou...  Ces quelques  pi'ovisions  devaient  aider  l'esclave  af- franchi à  recommencer  sa  nouvelle  existence  en des  conditions  qui  ne  lui  fussent  pas  trop  défa- vorables. —  Mémento  quod  ipse...  Motif  délicat, souvent  proposé.  Cf.  Ex.  xxii,  20;  xxiii,  9;  Lev.
608
17.  assumes  subulam,  et  perforabis aiirem  ejus  in  janua  domus  tuse,  et  ser- viet  tibi  usque  in  seternum.  Ancillse quoque  si  militer  faciès.
18.  Non  avertas  ab  eis  oculos  tuos, quando  dimiseris  eos  liberos,  qnoniam juxta  mercedem  mercenarii  per  sex annos  servi  vit  tibi,  iitbenedicat  tibi  Do- minus  Deus  tuus  in  cunctis  operibus quœ  agis.
19.  De  primogenitis ,  qure  nascuntur in  armentis,  et  in  ovibus  tuis,  quidquid est  sexus  masculini,  sanctiticaîjis  Do- mino Deo  tuo.  Non  operaberis  in  pri- mogenito  bovis,  et  non  tondebis  pri- mogenita  oviuni  ;
20.  in  conspectu  Domini  Dei  tui  co- medes  ea  per  annos  singulos,  in  loco quem  elegerit  Dominus,  tu  et  domus tua.
21.  Sin  autem  habuerit  maculam,  vel claudum  fuerit,  vel  caecum,  aut  in  aliqua parte  déforme  vel  débile,  non  immola- bitur  Domino  Deo  tuo  ;
22.  sed  intra  portas  urbis  tuse  come- des  illud  ;  tam  mundus  quam  immundus similiter  vescentur  eis,  quasi  caprea  et cervo.
23.  Hoc  solum  observabis,  ut  san- giiinem  eorum  non  comedas  ;  sed  effun- des  in  terram  quasi  aquam.
Deut.  XV,  17  —  XVI,  1.
17.  vous  prendrez  une  alêne,  et  vous lui  percerez  l'oreille  à  la  porte  de  votre maison,  et  il  vous  servira  à  jamais. Vous  ferez  de  même  à  votre  servante.
18.  Ne  détournez  point  vos  yeux  de dessus  eux,  après  que  vous  les  aurez renvoyés  libres,  puisqu'ils  vous  ont  servi pendant  six  ans  comme  vous  aurait  servi un  mercenaire;  afin  que  le  Seigneur votre  Dieu  vous  bénisse  dans  toutes  les choses  que  vous  ferez.
19.  Vous  consacrerez  au  Seigneur votre  Dieu  tous  les  mâles  d'entre  les premiers -nés  de  vos  bœufs  et  de  vos brebis.  Vous  ne  laboui-erez  point  avec  le premier-né  du  bœuf,  et  vous  ne  tondrez point  les  premiers-nés  de  vos  moutons  ;
20.  mais  vous  les  mangerez  chaque année,  vous  et  votre  maison,  en  la  pré- sence du  Seigneur  votre  Dieu,  au  lieu que  le  Seigneur  aura  choisi.
21.  Mais  si  le  premier-né  a  une  tache, s'il  est  boiteux  ou  aveugle,  s'il  a  quelque difformité  ou  quelque  défaut  en  quelque partie  du  corps ,  il  ne  sera  point  immolé au  Seigneur  votre  Dieu  ;
22.  mais  vous  le  mangerez  dans  l'en- ceinte des  murailles  de  votre  ville;  le pur  et  l'impur  en  mangeront  indiffé- remment ,  comme  on  mange  de  la  chèvre sauvage  et  du  cerf.
23.  Vous  prendrez  garde  seulement  de ne  pas  manger  de  leur  sang  ;  mais  vous le  répandrez  sur  la  terre  comme  de l'eau.
CHAPITRE  XVI
1.  Observa  mensem  novarum  frugum, et  verni  primum  temporis,  ut  facias phase  Domino  Deo  tuo ,  quoniam  in  isto
1.  Observez  le  mois  des  grains  nou- veaux, qui  est  au  commencement  du printemps,  en    célébrant    la   Pâque   en
XIX ,  34 ,  etc.  C'est  l'équivalent  de  la  pai'ole  clas- sique :  «  Non  ignara  mali  miseris  succnrrere clisco,  »  —  Ancillce  quoque  (vers.  17).  Détail  qui n'avait  pas  été  mentionné  précédemment. —  Non avertas...  Comme  conclusion  de  ce  passage,  une pressante  exhortation  à  la  miséricorde  envers  les esclaves.
lO»  Les  premiers-nés  des  troupeaux.  XV,  19-23.
15-20.  La  régie  générale.  Développement  de XII,  6,  17;  XIV,  2."A  —  Sanctificabis...  Par  con- séquent, le  propriétaire  de  ces  animaux  ne  devait tirer  d'eux  aucun  avantage  purement  matériel (  non  opcrabis...,  non  tondebis  ).  On  lui  permet- tait seulement  de  manger  sa  part  des  viandes (comcdcs  (Cl,  détail  nouveau),  après  que  ces  pré- mices auraient  été  immolées  au  sanctuaii'c  et  que
les  prêtres  en  auraient  reçu  la  portion  la  plus notable  (cf.  Num.  xviii,  18).
21-23.  L'exception.  —  Sin  autem...  Si  l'animal avait  des  défauts  qui  le  rendissent  impropre  ù être  offert  en  sacrifice  (cf.  Lev.  xxii,  21-24), il  ne  pouvait  non  plus  être  offert  comme  pré- mices ;  le  propriétaire  était  autorisé  ù  s'en  nourrir chez  lui  comme  d'une  viande  profane.
llo  Les  principales  fêtes  religieuses.  XVI,  1-17,
Moïse  n'en  énumère  que  trois  ici,  celles  qui obligeaient  la  plupart  des  Hébreux  à  faire  un pèlerinage  au  sanctuaire,  et  il  en  rappelle  briè- vement les  rites.
Chai'.  XVI.  —  1-8.  Les  cérémonies  de  la  Pâque. Cf.  Ex.  XII,  1-27  ;  Lev.  xxiii,  1-8  ;  Num.  ix,  1-14. —  Mensem  novarum  frurjum.  Hébr,  :  le  mois
Deut.  XVI,  2-9.
609
l'honneur  du  Seiî^neur  votre  Dieu  ;  car c'est  le  mois  où  le  Seii^neur  votre  Dieu vous  a  fait  sortir  de  l'Egypte  pendant la  nuit.
2.  Vous  immolerez  la  Pâque  au  Sei- gneur votre  Dieu,  en  lui  sacrifiant  des brebis  et  des  bn'ufs,  dans  le  lieu  que  le Seigneur  votre  Dieu  aura  choisi  pour  y établir  la  gloire  de  son  nom.
3.  Vous  ne  mangerez  pas  de  pain  levé durant  cette  fête  ;  mais  pendant  sept jours  vous  mangerez  du  pain  d'afflic- tion, où  il  n'y  ait  pas^de  levain;  parce vous  êtes  sorti  de  l'Egypte  dans  une grande  frayeur,  afin  que  vous  vous  sou- veniez du  jour  de  votre  sortie  d'Egypte tous  les  jours  de  votre  vie.
4.  Il  ne  paraîtra  point  de  levain  dans toute  l'étendue  de  votre  paj^s  pendant sept  jours,  et  il  ne  devra  rien  rester  de la  chair  de  la  victime  qui  aura  été  im- molée au  soir  du  premier  jour,  jusqu'au matin.
5.  Vous  ne  pourrez  pas  immoler  la Pâque  indifféremment  dans  toutes  les villes  que  le  Seigneur  votre  Dieu  vous donnera ,
6.  mais  seulement  dans  le  lieu  que  le Saigneur  votre  Dieu  aura  choisi  pour  y établir  son  nom  ;  et  vous  immolerez  la Pâque  le  soir  au  soleil  couchant,  car c'est  le  temps  où  vous  êtes  sorti  d'E- gypte.
7.  Vous  ferez  cuire  la  victime,  et  vous la  mangerez  au  lieu  que  le  Seigneur votre  Dieu  aura  choisi;  et,  vous  levant le  matin,  vous  retournerez  dans  vos  mai- sons.
8.  Vous  mangerez  des  pains  sans  le- vain pendant  six  jours;  et,  le  septième jour,  vous  ne  ferez  point  d'œuvre  se?-- vile,  parce  que  ce  sera  le  jour  de  l'as- semblée solennelle  instituée  en  l'honneur du  Seigneur  votre  Dieu,
9.  Vous  compterez  sept  semaines  de-
mense  eduxit  te  Dominas  Deus  tuus  de -^gypto  nocte.
2.  Immolabisque  phase  Domino  Deo tuo  de  ovibus,  et  de  bobus,  in  loco quem  elegerit  Dominus  Deus  tuus,  ut habitet  nomen  ejus  ibi.
3.  Non  comedes  in  eo  panem  fermen- tatum  ;  septem  diebus  comedes  absque fermento,  afflictionis  panem,  quoniam in  pavore  egressus  es  de  ^gypto,  ut memineris  diei  egressionis  tuae  de ^Egypto,  omnibus  diebus  vitae  tuae.
4.  Non  apparebit  fermentum  in  om- nibus terminis  tuis  septem  diebus,  et non  remanebit  de  carnibus  ejus  quod immolatum  est  vespere  in  die  primo usque  mane.
5.  Non  poteris  immolare  phase  in qualibet  urbium  tuorum ,  quas  Dominus Deus  tuus  daturus  est  tibi ,
6.  sed  in  loco,  quem  elegerit  Domi- nus Deus  tuus,  ut  habitet  nomen  ejus ibi  ;  immolabis  phase  vespere  ad  solis occasum,  quando  egressus  es  de  ^gypto.
7.  Et  coques ,  et  comedes  in  loco quem  elegerit  Dominus  Deus  tuus  ;  ma- neque  consurgens,  vades  in  tabernacula tua.
8.  3ex  diebus  comedes  azyma  ;  et  in die  septima,  quia  collecta  est  Domini Dei  tui,  non  faciès  opus.
9.    Septem     hebdomadas     numerabis
(l"aMt);  ou  de  nisan,  le  premier  de  l'année  ecclé- siastique. Les  mots  et  verni  primum  temporis sont  une  glose  ajoutée  au  texte.  —  ImmolaUs... phase  (vers,  2).  Pésah,  dans  le  sens  strict,  dé- signe la  victime  par  excellence  de  la  Pâque, l'agneau  pascal  (cf.  vers.  6)  ;  mais  ce  nom  repré- sente actuellement  les  autres  sacrifices  qu'on immolait  à  l'occasion  de  cette  solennité  (de  ovi- bus et  de  hohus).  Cf.  Num,  xxviii,  19,  et  Joan. xvni,  28. —  la  loco  quein  elegerit...  Ohseryatlon importante,  qui  revient  jusqu'à  six  fois  dans  les seize  premiers  versets  de  ce  chapitre  (A'crs.  2, 6,  7, 11,  15, 16),  et  qui  tend  ù  sauvegarder  l'unité du  culte. — La  locution  afflictionis  panem  (vers,  3)
est  expliquée  par  les  mots  suivants  :  quoniam in  pavore...  Cf,  Ex.  xii,  34,  39.  Partis  d'Egypte en  toute  hâte,  les  Hébreux  n'avaient  pas  même eu  le  temps  de  laisser  lever  la  pâte  ;  de  là  l'usage perpétuel  des  pains  azj'^mcs.ou  sans  levain,  pendant l'octave  pascale,  —  Consurgens...  vade  in  taber- nacula. «  Tentes,»  dans  le  sens  général  d'habi- tations. Il  était  donc  permis  aux  pèlerins,  dès  le lendemain  du  jour  le  plus  solennel  de  la  Pâque, c.-à-d.  dès  le  16  nisan  au  matin,  de  s'en  retourner dans  leur  pays.  —  Quia  collecta...  Sur  le  mot 'aséret  du  texte,  voyez  la  note  de  Lcv.  xxiii,  36. 9-12.  La  Pentecôte  et  ses  rites.  Cf.  Ex.  xxxiv, 18-23;  Lev.  XXIII,  15-22;  Num.  xxviii,  26-31  :
(
610
Deut.  XVI,  10-17.
tibi  ab  ea  die  qua  falceni  in  segetem  mi- seris ,
10.  et  celebrabis  diem  festum  hebdo- madariim  Domino  Deo  tuo,  oblationem spontaneam  manus  tuaa,  qiiam  ofïeres juxta  benedictionem  Domini  Dei  tui.
11.  Et.  epulabeiis  coram  Domino  Deo tuo,  tu,  filins  tnus,  et  filia  tua,  servns tuus,  et  ancilla  tua,  et  lévites  qui  est intra  portas  tuas ,  advena  ac  pupillus  et vidiia,  qui  morantur  vobiscum,  in  loco quem  elegerit  Dominus  Deus  tuus,  ut habitet  nomen  ejus  ibi;
12.  et  recordaberis  quoniam  servus f ueris  in  u!Î]gypto ,  custodiesque  ac  faciès qu£e  prœcepta  sunt.
13.  Solemnitatem  quoque  tabernacu- lorum  celebrabis  per  septem  dies , quando  collegeiis  de  area  et  torculari fruges  tuas  ;
14.  et  epulaberis  in  festivitate  tua, tu,  filius  tuus  et  filia,  servus  tuus  et ancilla ,  lévites  quoque  et  advena ,  pupil- lus ac  vidua  qui  intra  portas  tuas  sunt.
15.  Septem  diebus  Domino  Deo  tuo festa  celebrabis,  in  loco  quem  elegerit Dominus  ;  benedicetque  tibi  Dominus Deus  tuus  in  cunctis  frugibus  tuis,  et in  omni  opère  manuum  tuarum,  erisque in  lastitia.
16.  Tribus  vicibus  per  annum  appa- rebit  omne  masculinum  tuum  in  con- spectu  Domini  Dei  tui,  in  loco  quem elegerit  :  in  solemnitate  azymorum,  in solemnitate  hebdomadarum,  et  in  so- lemnitate tabernaculorum.  Non  appa- rebit  ante  Dominum  vacuus  ;
17.  sed  ofîeret  unusquisque  secun- dum  quod  habuerit  juxta  benedictionem Domini  Dei  sui,  quam  dederit  ei.
puis  le  jour  où  vous  aurez  mis  la  fau- cille dans  les  blés,
10.  et  vous  célébrerez  la  fête  des  Se- maines en  l'honneur  du  Seigneur  votre Dieu,  en  lui  présentant  l'oblation  volon- taire du  travail  de  vos  mains ,  que  vous lui  offrirez,  selon  que  le  Seigneur  votre Dieu  y  aura  donné  sa  bénédiction.
11.  Et  vous  ferez  devant  le  Seigneur votre  Dieu  des  festins  de  réjouissance, vous,  votre  fils  et  votre  fille,  votre  ser- viteur et  votre  servante,  le  lévite  qui est  dans  l'enceinte  de  vos  murailles, l'étranger,  l'orphelin  et  la  veuve  qui  de- meurent avec  vous ,  dans  le  lien  que  le Seigneur  votre  Dieu  aura  choisi  pour établir  son  nom.
12.  Vous  vous  souviendrez  que  vous avez  été  vous  -  même  esclave  en  Egypte, et  vous  aurez  soin  d'observer  et  de  faire ce  qui  vous  a  été  commandé.
13.  Vous  célébrerez  aussi  la  fête  so- lennelle des  Tabernacles  pendant  sept jours,  lorsque  vous  aurez  recueilli  de l'aire  et  du  pressoir  les  fruits  de  vos champs  ;
14.  et  vous  ferez  des  festins  de  ré- jouissance en  cette  fête,  vous,  votre  fils et  votre  fille,  votre  serviteur  et  votre servante,  avec  le  lévite,  l'étranger, l'orphelin  et  la  veuve  qui  sont  dans  vos villes.
15.  Vous  célébrerez  cette  fête  pen- dant sept  jours  en  l'honneur  du  Sei- gneur votre  Dieu,  dans  le  lieu  que  le Seigneur  aura  choisi  ;  et  le  Seigneur votre  Dieu  vous  bénira  dans  tous  les fruits  de  vos  champs,  et  dans  tout  le travail  de  vos  mains,  et  vous  serez  dans la  joie.
16.  Tous  les  mâles  paraîtront  trois fois  l'année  devant  le  Seigneur  votre Dieu  dans  le  lieu  qu'il  aura  choi- si :  à  la  fête  solennelle  des  pains  sans levain,  à  la  fête  solennelle  des  Se- maines et  à  la  fête  solennelle  des  Ta- bernacles. Ils  ne  paraîtront  point  les mains  vides  devant  le  Seigneur  ;
17.  mais  chacun  offrira  à  proportion de  ce  qu'il  aura,  selon  que  le  Seigneur son  Dieu  lui  aura  donné  sa  bénédiction.
passages  que  celui-ci  résume.  —  Ah  ea  die  qua falcem...  D'après  Lev.  xxiii,  9-16  (voj'ez  l'expli- cation), ce  trait  désigne  l'intéressante  cérémonie du  IG  nisan.
13-15.  La  fête  des  Tabernacles.  Cf.  Lev.  xxiii, 33-43.  L-.i  proiimlgation  actuelle  se  tient  dans  les généralités,  comme  pour  la  PentecôLC.
16-17.  Les  trois  pèlerinages  annuels  au  sanc- tuaii'c.  Cf.  Ex.  XXIII,  14;  xxxiv,  20.  Il  était  na- turel de  rappeler  à  part  cette  obligafKin,  après la  mention  des  ti'ois  fêtes  auxquelles  elle  se rapportait.  —  2\on  apparthit,..  vacuus.  Cf.  Ex. XXIII,  15.
Deuï.  XVI,  18  —  XVII,  2.
611
18.  Vous  étalli;ez  des  juges  et  des magistrats  à  toute;  les  portes  des  villes que  le  Seigneur  votre  Dieu  vous  aura données  dans  chacune  de  vos  tribus, afin  qu'ils  jugent  le  peuple  selon  la  jus- tice,
19.  sans  se  détourner  ni  d'un  coté  ni de  l'autre.  Vous  n'aurez  point  d'égard  ù, la  qualité  des  personnes,  et  vous  ne  re- cevrez point  de  présents,  parce  que  les présents  aveuglent  les  yeux  des  sages, et  corrompent  les  sentiments  des  justes.
20.  Vous  vous  attacherez  à  ce  qui  est juste,  dans  la  vue  de  la  justice;  afin que  vous  viviez  et  que  vous  possédiez  la terre  que  le  Seigneur  votre  Dieu  vous aura  donnée.
21.  Vous  ne  planterez  ni  de  grands bois  ni  aucun  arbre  auprès  de  l'autel  du Seigneur  votre  Dieu.
22.  Vous  ne  vous  ferez  et  ne  vous dresserez  point  de  statue,  parce  que  le Seigneur  votre  Dieu  hait  toutes  ces choses.
18.  Judices  et  magistros  constitues in  omnibus  portis  tuis,  quas  Dominus Deus  tuus  dederit  tibi,  per  singulas tribus  tuas,  ut  judicent  populum  justo judicio ,
19.  nec  in  alteram  partem  déclinent. Non  accipies  personam,  nec  munera, quia  munera  excœcant  oculos  sapientum, et  mutant  verba  justorum.
20.  Juste  quod  justum  est  perseque- ris,  ut  vivas  et  possideas  terram,  quam Dominus  Deus  tuus  dederit  tibi.
21.  Non  plantabis  lucum,  et  omnem arborem  juxta  altare  Domini  Dei  tui.
22.  Nec  faciès  tibi ,  neque  constitues statuam,  quse  odit  Dominus  Deus  tuus.
CHAPITRE  XVII
1.  Vous  n'immolerez  point  au  Sei- gneur votre  Dieu  une  brebis  ni  un  bœuf qui  ait  quelque  tache  ou  quelque  dé- faut, parce  que  c'est  une  abomination devant  le  Seigneur  votre  Dieu.
2.  Lorsque  l'on  aura  trouvé  parmi vous,  dans  une  des  villes  que  le  Sei- gneur   votre   Dieu    vous    donnera ,    un
1.  Non  immolabis  Domino  Deo  tuo ovem,  et  bovem,  in  quo  est  macula,  aut quippiam  vitii,  quia  abominatio  est  Do- mino Deo  tuo.
2.  Cum  reperti  fuerint  apudte,intra unam  portarum  tuarum  quas  Dominus Deus  tuus  dabit  tibi,  vir  aut  mulier  qui
§  II.  —  Le  droit  public  et  x)olitique. XVI,  18  —  XXI,  14.
Le  législateur  passe  à  la  vie  sociale  d'Israël dans  la  terre  de  Clianaan.
1°  L'institution  et  l'instruction  des  juges  lo- caux. XVI,  18 -XVII,  7.
18 -19^  Institution  de  tribunaux  dans  toutes les  localités.  Détail  entièrement  nouveau,  occa- sionné par  les  exigences  nouvelles  de  la  vie  des Hébreux  après  leur  installation  en  Palestine.  Le système  qui  aA'ait  fonctionné  jusqu'alors  (cf.  i, 9-18)  suffisait  pour  un  peuple  groupé  dans  un même  camp  ;  il  ne  convenait  plus  pour  les  Israé- lites répandus  à  travers  toute  une  contrée.  — Judices  et  magistros.  Ces  derniers,  appelés  en hébreu  sotrim,  scribes,  étaient  les  assesseurs et  les  secrétaires  des  juges.  —  la  omnibus  portis. Métaphore  orientale,  pour  dire  :  dans  toutes  tes villes.  Cf.  Ex.  XX,  10,  etc.
19^-20.  Moïse  donne  aux  juges  quelques  in- eU'uctions  générales.  —  Non  accipies...  L'impar-
tialité, une  parfaite  équité.  Cf.  i,  16-17.  Munera excœcant  fait  image.  Au  vers.  20,  l'équivalent hébreu  de  juste  quod  justum...  serait  :  Tu  pour- suivras la  justice,  la  justice.  Redoublement  très énergique.
21-22.  Avant  de  passer  à  une  instruction  spé ciale,  relative  au  châtiment  que  les  juges  devront infliger  aux  Hébreux  apostats  (xvii,  2-7),  Moïse renouvelle  l'interdiction  absolue  du  culte  idolâ- trique  :  Non  plantabis...  Dans  l'hébreu  :  Tu  ne planteras  pas  pour  toi,  comme  'asérah,  wn  arbre quelconque.  Allusion  à  la  coutume  païenne  de planter  en  terre,  à  côté  des  autels  de  Baal,  un tronc  d'arbre  sur  lequel  on  avait  sculpté  les grossiers  emblèmes  de  la  fameuse  déesse  phéni- cienne. Cf.  Jud.  VI,  25  et  ss.  —  Statuam.  Plutôt  : une  stèle,  ou  colonne  droite  (masébah).
Chap.  XVII.  —  1.  Autre  grave  interdiction réitérée.  Voyez  Lev.  xxii,  17-25,  où  ce  sujet  est traité  plus  complètement.
2-7.  Sentence  à  porter  contre  les  Israélites  qui tomberaient  dans  l'idolâtrie.  Cf.  xiii,  2-18.  —
612
Deut.  XVII,  3-10.
faciant  malum  in  conspectu  Domini  Dei tui,  et  transgrediantur  pactum  illius,
3.  ut  vadant  et  serviant  diis  alienis, et  adorent  eos,  solem  et  lunam,  et omnera  militiam  caeli,  quse  non  prse- cepi,
4.  et  hoc  tibi  fueiit  nimtiatum,  au- diensque  inquisieris  diligenter,  et  verura esse  repereris ,  et  abominatio  facta  est  in Israël  :
5.  educes  virum  ac  mulierem,  qui rem  sceleratissimam  perpetrarunt ,  ad portas  civitatis  tuse,  et  lapidibus  ob- ruentur.
6.  In  ore  duorum  aut  trium  testium peribit  qui  interficietur  ;  nemo  occidatur, uno  contra  se  dicente  testimonium.
7.  Manus  testium  prima  interficiet eum,  et  manus  reliqui  populi  extrema mittetur,  ut  auferas  malum  de  medio tui.
8.  Si  difficile  et  ambiguum  apud  te judicium  esse  perspexeris  inter  sangui- nem  et  sanguinem,  causam  et  causam, lepram  et  lepram,  et  judicum  intra portas  tuas  videris  verba  variari,  surge, et  ascende  ad  locum  quem  elegerit  Do- minus  Deus  tuus  ;
9.  veniesque  ad  sacerdotes  levitici generis,  et  ad  judicem  qui  fuerit  illo tempore;  quseresque  ab  eis,  qui  indica- bunt  tibi  judicii  veritatem.
10.  Et  faciès  quodcumque  dixerint  qui prsesunt  loco  quem  elegerit  Dominus, et  docuerint  te.
homme  ou  une  femme  qui  commette  le mal  devant  le  Seigneur  votre  Dieu,  et qui  viole  son  alliance
3.  en  servant  les  dieux  étrangers  et les  adorant,  par  exemple  le  soleil  et  la lune,  et  toutes  les  étoiles  du  ciel,  con- trairement à  mes  ordres,
4.  et  que  l'on  vous  en  aura  fait  rap- port :  si,  après  l'avoir  apj)ris,  vous  vous en  êtes  informé  très  exactement,  et  que vous  ayez  reconnu  que  la  chose  est  véri- table, et  que  cette  abomination  a  été commise  dans  Israël,
5.  vous  amènerez  à  la  porte  de  votre ville  l'homme  ou  la  femme  qui  auront fait  une  chose  si  détestable,  et  ils  seront lapidés.
6.  Celui  qui  sera  puni  de  mort  sera condamné  sur  la  déposition  de  deux  ou trois  témoins;  et  nul  ne  mourra  sur  le témoignage  d'un  seul.
7.  Les  témoins  lui  jetteront  les  pre- miers la  pierre  de  leur  propre  main,  et ensuite  tout  le  reste  du  peuple  le  lapi- dera, afin  que  vous  enleviez  le  mal  du milieu  de  vous.
8.  Lorsqu'il  se  trouvera  une  affaire embrouillée,  et  où  il  soit  difficile  de  ju- ger et  de  discerner  entre  le  sang  et  le sang,  entre  une  cause  et  une  cause,  entre la  lèpre  et  la  lèpre  ;  si  vous  voyez  que dans  les  assemblées  qui  se  tiennent  à  vos portes  les  avis  des  juges  soient  partagés, allez  au  lieu  que  le  Seigneur  votre  Dieu aura  choisi,
9.  et  adressez -vous  aux  prêtres  de  la race  de  Lévi,  et  à  celui  qui  aura  été  éta- bli en  ce  temps -là  le  juge  du  peuple  : vous  les  consulterez,  et  ils  vous  décour vriront  la  vérité  du  jugement  que  vous devez  en  porter.
10.  Vous  ferez  tout  ce  qu'auront  dit ceux  qui  président  au  lieu  que  le  Sei- gneur aura  choisi ,  et  tout  ce  qu'ils  vous auront  enseigné
Transgrediantur  pactum.  Ce  crime  constituait, en  effet,  une  complète  violation  et  rupture  de l'alliance  théocratiquc.  —  Solem,  lunam...  Le sabéisme  est  cité  comme  exemple  ;  c'était  d'ail- leurs la  forme  la  moins  coupable  de  l'idolâtrie. —  Ad  portas  civitatis  (vers.  5)  :  de  la  ville  où le  crime  avait  été  commis,  en  dehors  des  portes , sur  la  petite  place  qui  les  précède  habituellement en  Orient.  —  In  ore  duorum...  Cf.  xix,  15  ;  Num. XXXV,  30.  Sage  mesure  pour  garantir  les  droits de  l'accusé. —  Manus  testium  prima...  Cî.  xiii,  10. Autre  précaution  excellente  contre  les  faux  témoi- gnages, qu'une  pareille  responsabilité  était  bien propre  à  contenir.
3-13.  Tribunal  suprême,  pour  juger  les  cas difficiles.  —  Si  difficile...  On  en  signale  quelques exemples  :  inter  sanguinem  et  sanguinem ,  mort provenant  d'un  meurtre  proprement  dit,  ou  d'un simple  accident  ;  inter  causam  et  causam,  quand on  ne  savait  à  quelle  loi  rattacher  telle  ou  telle affaire  civile  ;  «  entre  coup  et  coup  »  (  Vulg.  : inter  lepram  aut  lepram,  inexactement),  quand le  doute  portait  sur  l'occasion  d'un  mauvais  trai- tement ,  etc.  — •  Intra  portas  :  le  local  où  se  trai- taient les  affaires  judiciaires.  —  Le  vers.  9  dé- signe les  membres  de  ce  tribunal  suprême ,  chargé de  remplacer  Moïse  après  sa  mort  (cf.  i,  17'>)  :  en premier  lieu  les  pi'êtrcs ,  chefs  religieux  d'Israël ,
Deut.  XVII,  11-18.
613
11.  selon  sa  loi  ;  et  vous  suivrez  leurs avis ,  sans  vous  détourner  ni  à  droite  ni à  gauche.
12.  lAIais  celui  qui,  s'enflant  d'orgueil, ne  voudra  point  obéir  au  commandement du  pontife  qui  en  ce  temps -là  sera  le ministre  du  Seigneur  votre  Dieu,  ni  à Tarrêt  du  juge,  sera  puni  de  mort,  et vous  enlèverez  le  mal  du  milieu  d'Is- raël ,
13.  afin  que  tout  le  peuple,  entendant ce  jugement,  soit  saisi  de  crainte,  et qu'à  l'avenir  nul  ne  s'enfle  d'orgueil.
14.  Quand  vous  serez  entré  dans  le pays  que  le  Seigneur  votre  Dieu  vous donnera,  que  vous  en  serez  en  possession, et  que  vous  y  demeurerez ,  si  vous  venez à  dire  :  Je  choisirai  un  roi  pour  me  com- mander, comme  en  ont  toutes  les  nations qui  nous  environnent;
15.  vous  établirez  celui  que  le  Sei- gneur votre  Dieu  aura  choisi  du  nombre de  vos  frères.  Vous  ne  pourrez  prendre pour  roi  un  homme  d'une  autre  nation et  qui  ne  soit  point  votre  frère.
16.  Et  lorsqu'il  sera  établi  roi,  il  n'a- massera point  un  grand  nombre  de  che- vaux ,  et  il  ne  ramènera  point  le  peuple en  Eg3'pte,  s'appuyant  sur  cette  grande quantité  de  cavalerie,  surtout  après que  le  Seigneur  vous  a  commandé  de  ne plus  retourner  à  l'avenir  par  cette  même voie.
17.  Il  n'aura  point  une  multitude  de femmes  qui  attirent  son  esprit  par  leurs caresses,  ni  une  quantité  immense  d'or et  d'argent.
18.  Après  qu'il  se  sera  assis  sur  le trône,  il  fera  transcrire  dans  un  livre  ce
11.  juxta  legem  ejus;  sequerisque sententiam  eorum,  nec  declinabis  ad dexteram  neque  ad  sinistram.
12.  Qui  autem  superbierit,  nolens obedire  sacerdotis  imperio,  qui  eo  tem- pore  ministrat  Domino  Dec  tuo,  et  de- creto  judicis,  morietur  homo  ille,  et auferes  malum  de  Israël  ;
13.  cunctusque  populus  audiens  ti- mebit,  ut  nullus  deinceps  intumescat superbia.
14.  Cum  ingressus  fueris  terram, quam  Dominus  Deus  tuus  dabit  tibi,  et possederis  eam,  habitaverisque  in  illa, et  dixeris  :  Constituam  super  me  regem, si  eut  habent  omnes  per  circuitum  na- tiones ,
15.  eum  constitues,  quem  Dominus Deus  tuus  elegerit  de  numéro  fratrum tuorum.  Non  poteris  alterius  gentis hominem  regem  facere ,  qui  non  sit frater  tuus.
16.  Cumque  fuerit  constitutus,  non multiplicabit  sibi  equos,  nec  reducet populum  in  ^gyptum,  equitatus  numéro sublevatus ,  prsesertim  cum  Dominus prseceperit  vobis,  ut  nequaquam  amplius per  eamdem  viam  revertamini.
17.  Non  habebit  uxores  plurimas,  quse alliciant  animum  ejus,  neque  argenti  et auri  immensa  pondéra.
18.  Postquam  autem  sederit  in  solio regni  sui,  describet  sibi  Deuteronomium
que  Dieu  avait  autrefois  constitués  les  gardiens et  les  interprètes  officiels  de  la  loi  (Lev.  x,  11)  ; en  second  lieu,  le  chef  civil  du  peuple  iad  judi- cem  qui...  illo  iempore),  c.-à-d.  Josué  et  ses  suc- cesseurs. —  Indicabunt...  veritatem  :  en  dernier ressort  et  d'une  manière  définitive.  On  le  voit par  ces  détails ,  dès  l'époque  de  Moïse ,  l'autorité et  la  tradition  déterminaient  le  sens  de  la  loi ,  par conséquent  des  Écritures.  — •  Qui  autem  super- bierit... (vers.  12-13),  Moïse  assure  par  une  grave sanction  l'obéissance  aux  décrets  de  ce  tribunal.
2«  Ordonnances  concernant  le  choix  et  les  de- voirs des  rois,  XVII,  14-20,
14-15.  L'élection  du  roi,  —  Possederis,,.  habi- taverisque. Ces  Indications  supposent  que  le  désir d'avoir  un  roi  ne  se  fera  pas  sentir  en  Israël avant  la  conquête  totale  de  la  Terre  sainte.  Telle fut  la  réalité  historique.  Cf.  I  Reg,  viii,  4-22. —  Exm  constitues,,.  Moïse  ne  désapprouve  nul- lement ce  dessein  du  peuple,  il  ne  l'encourage pas  non  plus;  il  se  contente  de  fixer  les  règles
qui  devront  diriger  l'élection,  1«  Qiiem  Domi- nus.., elegerit:  condition  tout  évidente,  puisque, dans  un  état  chéocratique ,  le  roi  ne  pouvait  être que  le  délégué  et  le  représentant  de  Jéhovah. Aussi  Dieu  désigna- t-il  lui-même  les  premiers rois,  Cf,  I  Reg,  ix,  xvi,  etc,  2°  Non..,  alterius gentis.,.  :  un  étranger  ne  méritait  pas  l'honn  ur d'être  placé  à  la  tête  de  la  première  des  nations; de  plus,  il  aurait  certainement  conduit  Israël  hors de  sa  voie  (cf,  vers.  16),
16-20,  Les  obligations  du  roi.  —  Elles  sont d'abord  exposées  négativement  aux  vers,  16-17, qui  interdisent  au  futur  monarque  diverses  pra- tiques (non  multiplicabit..,  equos;  non  habebit uxores  plurimas.,,,,  neque  argenti...}  conformes à  l'esprit  du  paganisme,  et  par  conséquent  op- posées à  l'esprit  théocratique.  C'est  en  manquant ù,  toutes  ces  règles  que  Salomon  et  ses  successeurs conduisirent  peu  à  peu  les  Israélites  à  leur  ruine. Cf.  III  Reg.  IV,  26-28;  x,  23-29;  xi,  1-8;  Is. n,  7;  2CXX,  1;  xxxi,l;  Ez.  xvn,15,etc.  —  Un
614
Deut.  XVII,  19  —  XVIII,  5.
legis  hujus  in  volumine,  accipiens  exem- plar  a  sacerdotibus  leviticœ  tribus  ;
19.  et  habebit  secum,  legetque  illud omnibus  diebus  vitœ  suœ ,  ut  cliscat  ti- mere  Dominum  Deum  suum,  et  custo- dire  verba  et  ceremonias  ejus,  quœ  in lege  prpecepta  sunt.
20.  Nec  elevetur  cor  ejus  in  superbiam super  fratres  suos,  neque  declinet  in partem  dexteram  vel  sinistram,  ut  longo tempore  regnet  ipse,  et  filii  ejus,  super Israël.
Deutéronome  et  cette  Loi  du  Seigneur, dont  il  recevra  une  copie  des  mains  des prêtres  de  la  tribu  de  Lévi.
19.  Il  l'aura  avec  lui,  et  il  en  lira  tous les  jours  de  sa  vie,  pour  apprendre  à craindre  le  Seigneur  son  Dieu ,  et  à  gar- der ses  paroles  et  ses  cérémonies  qui  sont j^rescrites  dans  la  loi.
20.  Que  son  coeur  ne  s'élève  point  par orgueil  au-dessus  de  ses  frères,  et. qu'il ne  se  détourne  ni  à  droite  ni  à  gauclie, afin  qu'il  règne  longtemps,  lui  et  ses  fils, sur  le  peuple  d'Israël.
CHAPITRE   XVIII
1.  Non  habebunt  sacerdotes  et  le- vitœ,  et  omnes  qui  de  eadem  tribu  sunt, partem  et  hereditatem  cum  reliquo  Is- raël, quia  sacrificia  Domini,  et  oblationes ejus  comedent;
2.  et  nihil  aliud  accipient  de  posses- sione  fratrum  suorum  :  Dominus  enim ipse  est  hereditas  eorum,  sicut  locutus est  illis.
3.  Hoc  erit  judicium  sacerdotum  a  po- pulo, et  ab  his  qui  olïerunt  victimas. Sive  bovem ,  sive  ovem  immolaverint , dabunt  sacerdoti  armum  ac  ventricu- lum;
4.  primitias  frumenti,  vini,  et  olei, et  lanarum  partem  ex  ovium  tonsione.
5.  Ipsum  enim  elegit  Dominus  Deus tuus  de  cunctis  tribubus  tuis,  ut  stet, et  ministret  nomini  Domini,  ipse,  et  filii ejus,  in  sempiternum.
1 .  Les  prêtres,  les  lévites,  et  tous  ceux qui  sont  de  cette  même  tribu,  n'auront point  de  part  ni  d'héritage  avec  le  reste d'Israël,  mais  ils  mangeront  des  sacri- fices du  Seigneur  et  des  oblations  qui  lui seront  faites  ;
2.  et  ils  ne  prendront  rien  autre  chose de  ce  que  leurs  frères  posséderont,  parce que  le  Seigneur  est  lui-même  leur  héri- tage ,  selon  qu'il  le  leur  a  dit.
3.  Voici  ce  que  les  prêtres  auront  droit de  prendre  du  peuple  et  de  ceux  qui offrent  des  victimes.  Quand  ils  immole- ront soit  un  bœuf,  soit  une  brebis,  ils donneront  au  prêtre  l'épaule  et  la  poi- trine.
4.  Ils  lui  donneront  aussi  les  prémices du  froment,  du  vin  et  de  l'huile,  et  une partie  des  laines  lorsqu'ils  feront  tondre leurs  brebis.
5.  Car  le  Seigneur  votre  Dieu  l'a  choisi d'entre  toutes  vos  tribus,  afin  qu'il  se tienne  devant  le  Seigneur,  et  qu'il  serve  à la  gloire  de  son  nom,  lui  et  ses  enfants, à  jamais.
devoir  positif  du  roi,  vers.  18-20  :  descrihet  sibi (pas  nécessaii'cmont  de  sa  propre  main)  Deutc- rovomium  legis  hujus;  c.-à-d.  une  copie  ou  du Pentatcuquc  entier,  ou  du  moins  de  ses  parties légales  (sur  cette  expression,  voy.  la  page  555).
—  Autres  devoirs  négatifs,  vers.  20:  nec  elevetnr..., neque  declinet...  Ce  n'est  qu'à  ces  conditions  que la  roj'auté  deviendrait  héréditaire  dans  la  famille du  prince  :  avantage  tout  ensemble  pour  le  roi et  pour  Israël.
3°   Les  revenus   des  prêtres   et  des   lévites. XYIII,  1-8.
Chap.  XVIIT.  —  1-5.  Les  revenus  des  prêtres.
—  En  avant  (vers.  1  et  2)  et  ^i  la  fui  (vers.  5),  le principe  signalé  à  diverses  reprises.  Cf.   Nura.
XVIII,  20-23,  etc.  Non  hahcdunt...  jyartem:  c.-à-d. aucune  part  spéciale  de  territoire  t\  la  manière des  autres  tribus  ;  leur  héritage  à  eux  c'est  le Seigneur,  et  une  portion  des  offrandes  sacrées (sacrificia;  hébr.  :  les  feux  de  Jéhovah  ;  cf. Lcv.  I,  9,  et  le  commentaire).  —  Hoc  erit  jadi- cium  (vers.  3-4)...  Le  législateur  précise  ce  qui reviendra  aux  prêtres  parmi  les  offrandes  sacrées. l"  Leur  part  des  victimes  dites  pacifiques  (cf. Lcv.  VII,  11  et  ss.  )  :  armum,  l'épaule  droite (Lev. VII,. 32-33,  et  Num.  xviii,  18);  ventriculum, le  quatrième  estomac  des  ruminants,  regardé comme  une  chair  succulente  (AU.  d'Iilst.  nat., pi.  xci,  fig.  7).  L'hébreu  ajoute  :  les  deux  ma choires  (détail  nouveau).  2°  Leur  part,  des  of-
Deut.  XVIII,  6-14.
615
6.  Si  un  lévite  sort  de  l'une  de  vos villes  répandues  dans  tout  Israël,  dans laquelle  il  habite,  et  qu'il  veuille  aller demeurer  au  lieu  que  le  Seigneur  aura choisi,
7.  il  sera  emploj'c  au  ministère  du Seigneur  votre  Dieu ,  comme  tous  les  lé- vites, ses  frères,  qui  se  tiendront  pen- dant ce  temps -là  devant  le  Seigneur.
8.  Il  recevra  la  même  part  que  les autres  des  viandes  qui  seront  offertes, outre  la  part  qui  lui  est  acquise  dans  sa ville  par  la  succession  aux  droits  de  son père.
1).  Lorsque  vous  serez  entré  dans  le pays  que  le  Seigneur  votre  Dieu  vous donnera,  prenez  bien  garde  de  ne  pas vouloir  imiter  les  abominations  de  ces peuples  ;
10.  et  qu'il  ne  se  trouve  personne  par- mi vous  qui  prétende  purifier  son  fils  ou sa  fille  en  les  faisant  passer  par  le  feu, ou  qui  consulte  les  devins,  ou  qui  ob- serve les  songes  et  les  augures,  ou  qui use  de  maléfices ,
11.  de  sortilèges  et  d'enchantements, ou  qui  consulte  ceux  qui  ont  l'esprit  de python  et  qui  s'occupent  de  divination, ou qui  interroge  les  morts  pour  apprendre d'eux  la  vérité.
•  12.  Car  le  Seigneur  a  en  abomination toutes  ces  choses,  et  il  exterminera tous  ces  peuples  à  votre  entrée ,  à  cause de  ces  sortes  de  crimes  qu'ils  ont  com- mis.
13.  Vous  serez  parfait  et  sans  tache avec  le  Seigneur  votre  Dieu.
14.  Ces  nations  dont  vous  allez  possé- der le  pays  écoutent  les  augures  et  les devins;  mais,  pour  vous,  vous  avez  été instruit  autrement  par  le  Seigneur  votre Dieu.
6.  Si  exierit  lévites  ex  una  urbium tuarum  ex  omni  Israël  in  qua  habitat,  et voluerit  venire,  desiderans  locum  quem elegerit  Dominus,
7.  ministrabit  in  nomine  Domini  Dei sui,  sicut  omnes  fratres  ejus  levitse,  qui stabunt  eo  tempore  coram  Domino.
8.  Partem  ciborum  eamdem  accipiet, quam  et  ceteri,  excepte  eo  quod  in  urbe sua  ex  paterna  ei  successione  debetur.
9.  Quando  ingressus  fueris  terram quam  Dominus  Deus  tuus  dabit  tibi, cave  ne  imitari  velis  abominationes  illa- rum  gentium  ;
10.  nec  inveniatur  in  te  qui  lustret filium  suum,  aut  filiam ,  ducens  per ignem,  aut  qui  ariolos  sciscitetur,  et observet  somnia  atque  auguria,  nec  sit malefîcus ,
11.  nec  incantator,  nec  qui  pythones consulat ,  nec  divines ,  aut  quaerat  a  mor- tuis  veritatem;
12.  omnia  enim  hœc  abominatur  Do- minus ,  et  propter  istiusmodi  scelera  de- lebit  eos  in  introitu  tuo.
13.  Perfectus  eris,  et  absque  macula cum  Domino  Deo  tuo.
14.  Gentes  istse,  quarum  possidebis terram ,  augures  et  divines  audiunt  ;  tu autem  a  Domino  Deo  tuo  aliter  institu- tus  es.
frandes  non  sanglantes  :  primitias...  (cf.  Num. XVIII,  12  et  ss. ),  lanarum  partem  (cette  sorte de  pi'émices  n'avait  pas  encore  été  mentionnée  ).
6-8.  Revenus  des  lévites  dans  nn  cas  spécial: —  Exierit  ex  una  uvMum.  Quarante -huit  villes devaient  être  mises  à  leur  disposition,  d'après Num.  XXXV,  7.  —  Et  voluerit  venire.,.  L'organi- sation complète  du  culte,  d'après  laquelle  les lévites  furent  partagés  en  un  certain  nombre  de familles  qui  servaient  à  tour  de  rôle  dans  le sanctuaire,  n'eut  lieu  que  sous  le  règne  de  David. L'hypothèse  est  donc  très  naturelle.  —  Mini- straUt...  Ses  frères  devront  l'accueillir  dans  leurs rangs  et  partager  avec  lui  leur  casuel  (partem eamdem...'),  sans  le  forcer  de  vivre  de  sou  patri- moine (excepta  eo...).
40  Les  prophètes  faux  et  vrais.  XVIII,  9-22.
9-14.  La  soicellerie  et  la  magie.  Cf.  Ex.  xxii, 17;  Lev.  xix,  26,  31;  xx,  6,  27.  —  Ne  imitari velis...  Moïse  ne  cesse  de  répéter  cette  exhorta- tion; comme  exemple  des  «  abominations  »  du paganisme,  il  signale  actuellement  une  coutume barbare,  mentionnée  plusieurs  fois  déjà  (lustret filium...;  cf.  Lev.  xviii,  21,  etc.);  et  surtout  le recours  aux  faux  prophètes  et  h  leurs  pratiques occultes,  dont  il  indique  toute  une  série,  1°  Qui ariolos  sciscitetur;  sur  le  nom  hébreu,  qésem, voyez  Num.  xxii,  5,  et  le  commentaire.  2o  Qui... observet  somnia;  m^onèn  représente  plutôt  les augures  fournis  par  les  nuages,  ou  bien  les  sorts Jetés  par  ce  qu'on  nomme  en  Orient  le  mauvais œil  (note  de  Ljv.  xix,  26).  3°  Auguria  ;  m'nahes, les  augures  fournis  par  les  serpents  (Lev.  xix, 16).  40  Malcdicus;  m'kassef,  un  charmeur.  5°  In-
616
Peut.  XVIII,  15-22.
15.  Prophetam  de  gente  tua  et  de fratribus  tuis,  sicut  me,  suscitabit  tibi Dominus  Deus  tims  ;  ipsura  audies ,
16.  ut  petisti  a  Domino  Deo  tuo  in Horeb,  quando  concio  congregata  est, atque  dixisti  :  Ultra  non  audiam  vocem Domini  Dei  mei,  et  ignem  hune  maxi- mum amplius  non  videbo ,  ne  moriar.
17.  Et  ait  Dominus  mihi  :  Bene  omnia sunt  locuti.
18.  Prophetam  suscitabo  eis  de  medio fi'atrum  suorum  similem  tui,  et  ponam verba  mea  in  ore  ejus,  loqueturque  ad eos  omnia  quae  prèBcepero  illi.
19.  Qui  autem  verba  ejus,  quœ  lo- quetur  in  nomine  meo ,  audire  nohierit , ego  ultor  existam.
20.  Propheta  autem  qui  arrogantia  de- pravatus  voluerit  loqui  in  nomine  meo, quse  ego  non  prsecepi  illi  ut  diceret,  aut ex  nomine  alienorum  deorum,  interfi- cietur.
21.  Quod  si  tacita  cogitation e  respon- deris  :  Quomodo  possum  intelligere  ver- bum,  quod  Dominus  non  est  locutus?
22.  hoc  habebis  signum  :  Quod  in nomine  Domini  propheta  ille  prsedixerit, et  non  evenerit,  hoc  Dominus   non   est
15.  Le  Seigneur  votre  Dieu  vous  sus- citera un  Prophète  comme  moi ,  de  votre nation  et  d'entre  vos  frères  ;  c'est  lui  que vous  écouterez ,
16.  selon  la  demande  que  vous  fîtes  au Seigneur  votre  Dieu  près  du  mont  Ho- reb ,  où  tout  le  peuple  était  assemblé ,  en lui  disant  :  Que  je  n'entende  plus  la  voix du  Seigneur  mon  Dieu,  et  que  je  ne  voie plus  ce  feu  effroyable,  de  peur  que  je  ne meure,
17.  Et  le  Seigneur  me  dit  :  Tout  ce que  ce  peuple  vient  de  dire  est  raison- nable.
18.  Je  leur  susciterai  du  milieu  de leurs  frères  un  Prophète  semblable  à vous  ;  je  lui  mettrai  mes  paroles  dans  la bouche,  et  il  leur  dira  tout  ce  que  je  lui ordonnerai.
19.  Si  quelqu'un  ne  veut  pas  entendre les  paroles  que  ce  Prophète  prononcera en  mon  nom,  c'est  moi  qui  en  ferai  la vengeance.
20.  Si  un  prophète  corrompu  par  son orgueil  entreprend  de  parler  en  mon nom,  et  de  dire  des  choses  que  je  ne  lui ai  point  commandé  de  dire,  ou  s'il  parle au  nom  des  dieux  étrangers ,  il  sera  puni de  mort.
21.  Que  si  vous  dites  secrètement  en vous-même  :  Comment  puis -je  discerner une  parole  que  le  Seigneur  n'a  point dite?
22.  voici  le  signe  que  vous  aurez  pour le  connaître  :  Si  ce  que  ce  prophète  a prédit   au    nom    du    Seigneur    n'arrive
cantator;  littéral.:  quelqu'un  qui  lie  un  nœud, par  (les  formules  magiques.  Q°  Qui  pythones... Cf.  Lev.  XX,  28,  et  Act.  xvi.  16.  7°  Nec  divinos  : a  ceux  qui  savent,  »  dit  l'hébreu.  8°  Queerat  a mortuis...,  les  nécromanciens. —  Omnia  enim  hœc (vers.  12-15).  Motifs  pour  lesquels  les  Hébreux doivent  fviir  ces  pratiques  coupables.
15-19.  Le  grand  prophète  de  l'avenir.  —  Pro- phetam de  gente...  Oracle  justement  célèbre,  dont le  Nouveau  Testament  renferme  plusieurs  in- terprétations authentiques.  Saint  Pierre  (Act. m,  22)  et  saint  Etienne  (Act.  vu,  35)  en  ont fait  une  application  directe  à  Notre  -  Seigneur Jésus -Christ;  Jésus  lui-même  l'a  expliqué  de  sa propre  personne,  en  affirmant  (Joan.  v,  45-47) que  Moïse  avait  écrit  h  son  sujet  ;  la  masse  du peuple  juif  croyait  aussi  que  ce  prophète  annoncé par  Moïse  n'était  autre  que  le  Messie,  et  que  le Messie  ne  différait  pas  de  Jésus  (cf.  Matth.  xxr, 11  ;  Joan.  i,  45  ;  vi,  14  ;  vu,  40,  etc.)  ;  les  Sama- rit.ains,  qui  ne  reconnaissaient  aucun  livre  ins- piré en  dehors  du  Pentateuque,  admettaient, d'après  ces  cinq  versets,  le  Messie  et  son  rôle
prophétique  (  cf.  Joan.  rv,  25  )  ;  les  Pères  et  les interprètes  chrétiens  croient  tous  que  ces  paroles ont  été  réalisées  par  Jésus-Christ,  second  Moïse bien  supérieur  au  premier  (sicut  me,  similem, tui  :  médiateur,  législateur,  libérateur,  en  même temps  que  prophète  ;  cf.  Hebr.  m ,  4  -  5  ;  voyez aussi  Matth.  xvii,  5,  à  propos  de  Vovdro  ipsuyn audies).  Le  texte  même  et  la  tradition  ne  per- mettent donc  pas  de  donner  un  sems  collectif  au mot  prophetam,  comme  s'il  représentait  toute la  série  des  prophètes  juifs.  Tout  au  plus  pour- rait-on dire,  avec  Origène,  Théodoret,  Ménochius, Tirin,  Ms^  Meignan,  etc.,  que  l'oracle  désigne- rait tout  à  la  fois  l'ordre  entier  des  prophètes et  le  Messie,  leur  chef,  le  premier  d'entre  eux. Mais  nous  préférons  l'application  unique  et  im- médiate h  Notre  -  Seigneur  Jésus  -  Christ.  —  Ut petisti...  in  Uoreb.  Cf.  v,  23  et  ss.;  Ex.  xx,  21. 20-22.  Châtiment  des  faux  prophètes  ;  marque pour  les  reconnaître. —  Le  châtiment,  vers.  20  : interjicietur .  Cf.  xiii,  6.  —  Le  signe  caractéi'is- tique,  vers.  21-22.  Rien  de  plus  simple  ou  do plus  clair  :  ille  pradixerit,  et  non  evenerit.
Deut.  XIX,  1-6.
617
point,  c'est  une  marque  que  ce  n'était pas  le  Seigneur  qui  l'avait  dit,  mais  que ce  pro])liète  l'avait  inventé  par  l'orgueil et  l'entlure  de  son  esprit.  C'est  pourquoi vous  n'aurez  aucun  respect  pour  ce  pro- phète.
locutus,  sed  per  tumorem  animi  gui propbeta  confinxit;  et  idcirco  non  time- bis  eum.
CHAPITRE  XIX
1.  Quand  le  Seigneur  votre  Dieu  aura exterminé  les  peuples  dont  il  doit  vous donner  la  terre,  que  vous  serez  en  pos- session du  paj^s ,  et  que  vous  demeurerez dans  ses  villes  et  dans  ses  maisons ,
2.  vous  vous  destinerez  trois  villes  au milieu  du  pays  dont  le  Seigneur  votre Dieu  doit  vous  mettre  en  possession.
3.  Vous  aurez  soin  d'en  rendre  le  che- min aisé,  et  de  séparer  en  trois  parties égales  toute  l'étendue  du  pays  que  vous posséderez,  afin  que  celui  qui  sera  obligé de  s'enfuir  pour  avoir  tué  un  homme  ait un  lieu  rapproché  où  il  puisse  se  retirer en  sûreté.
4.  Voici  la  loi  que  vous  garderez  à l'égard  de  l'homicide  en  fuite  à  qui  on devra  conserver  la  vie.  Si  quelqu'un  a frappé  son  prochain  par  mégarde ,  et qu'il  soit  prouvé  qu'il  n'avait  aucune haine  contre  lui  quelques  jours  aupara- vant,
5.  mais  qu'il  s'en  était  allé  avec  lui simplement  en  une  forêt  pour  couper  du bois ,  et  que  le  fer  de  sa  hache ,  lorsqu'il en  voulait  couper  un  arbre,  s'est  échappé de  sa  main,  et,  sortant  du  manche  où  il était  attaché,  a  frappé  son  ami  et  l'a tué ,  il  se  retirera  dans  l'une  de  ces  trois villes ,  et  sa  vie  y  sera  en  sûreté  ;
6.  de  peur  que  le  plus  proche  parent de  celui  dont  le  sang  a  été  répandu, étant  emporté  par  sa  douleur,  ne  pour-
.  suive  l'homicide  et  ne  l'atteigne  si  le chemin  est  trop  long,  et  ne  tue  celui  qui n'a  point  mérité  la  mort,  parce  qu'il  ne paraît  point  qu'il  ait  eu  auparavant  de haine  contre  celui  qui  a  été  tué.
1.  Cum  disperdiderit  Dominus  Deus tuus  gentes,  quarum  tibi  traditurus  est terram,  et  possederis  eam,  habitaveris- que  in  urbibus  ejus  et  in  sedibus,
2.  très  civitates  separabis  tibi  in medio  terrse,  quam  Dominus  Deus  tuus dabit  tibi  in  possessionem ,
3.  sternens  diligenter  viam  ;  et  in  très œqualiter  partes  totam  terrae  tuae  pro- vinciam  di vides,  ut  habeat  e  vicino  qui propter  homicidium  profugus  est,  quo possit  evadere.
4.  H88C  erit  lex  homicidœ  fugientis, cujus  vita  servanda  est.  Qui  percusserit proximum  suum  nesciens,  et  qui  heri et  nudiustertius  nullum  contra  eum odium  habuisse  comprobatur,
5.  sed  abiisse  cum  eo  simpliciter  in silvam  ad  ligna  cœdenda,  et  in  suc- cisione  lignorum  securis  lugerit  manu, ferrumque  lapsum  de  manubrio  ami- cum  ejus  percusserit,  et  occiderit,  hic  ad unam  supradictarum  urbium  confugict, et  vivet  ;
6.  ne  forsitan  proximus  ejus,  cujus eiïusus  est  sanguis,  dolore  stimulatus, persequatur,  et  appréhendât  eum  si  lon- gior  via  fuerit,  et  percutiat  animam ejus,  qui  non  est  reus  mortis,  quia nullum  contra  eum,  qui  occisus  est, odium  prius  habuisse  monstratur.
5°  Les  villes  de  refuge.  XIX,  1-13.
Chap.  XIX.  —  1-3.  Leur  nombre  et  leur  situa- tion. Cf.  Ex.  XXI,  13,  et  surtout  Nura.  xxxv,  9 et  ss.  —  Très.  Dieu  en  avait  demandé  six  ;  mais il  en  existait  déjà  trois  dans  les  provinces  con- quises au  delà  du  Jourdain.  Cf.  iv,  41  et  ss.  — Sternens...  viam.  Prescription  nouvelle ,  d'une grande  délicatesse.  —  In  très  cequalitcr  partes  :
encore  dans  l'intérêt  des  fugitifs  que  la  loi  vou- lait protéger.
4-7.  Destination  de  ces  asiles.  Cf.  Num.  xxxv, 16  et  ss.  L'exemple  de  meurtre  involontaire  cité au  vers.  5  est  aussi  un  trait  nouveau.  —  Ne proximus.  Hébr.  :  le  gô'el.  Voyez  la  note  de  Num. xxxv,  12.  —  Dolore  stimulatus.  Littéralement  : Pendant  qu'il  a  le  cœur  chaud;  c.-à-d.  tandis
29
618  Deut.  :
7.  Idcirco  prœcipio  tibi ,  ut  très  civi- tates  sequalis  inter  se  spatii  dividas.
8.  Cum  autem  dilataverit  Dominus Deus  tuus  termines  tuos,  sicut  jura  vit patribus  tuis,  et  dedeiit  tibi  cunctam terram,  quam  eis  pollicitus  est
9.  (  si  tamen  custodieris  mandata ejus,  et  feceris  quse  hodie  prsecipio  tibi, ut  diligas  Dominum  Deum  tuum,  et  am- bules  in  viis  ejus  omni  tempore),  addes tibi  très  alias  civitates ,  et  supradictarum trium  urbium  numerum  duplicabis  ;
10.  ut  non  eiïundatur  sanguis  in- noxius  in  medio  terrée,  quam  Dominus Deus  tuus  dabit  tibi  possidendam,  ne sis  sanguinis  reus.
11.  Si  quis  autem  odio  habens  proxi- mum  suum,  insidiatus  fuerit  vitse  ejus, surgensque  percusserit  illum,  et  mor- tuus  fuerit ,  f ugeritque  ad  unam  de  su- pradictis  urbibus,
12.  mittent  seniores  civitatis  illius, et  arripient  eum  de  loco  efïugii,  tra- dentque  in  manu  proximi,  cujus  sanguis efïusus  est,  et  morietur.
13.  Non  misereberis  ejus,  et  auferes innoxium  sanguinem  de  Israël,  ut  bene sit  tibi.
14.  Non  assumes,  et  transfères  ter- mines proximi  tui,  quos  fixerunt  priores in  possessione  tua,  quam  Dominus  Deus tuus  dabit  tibi  in  terra  quam  acceperis possidendam,
15.  Non  stabit  testis  unus  contra aliquem  ,  quidquid  illud  peccati  et  faci- noris  fuerit;  sed  in  ore  duorum  aut trium  testium  stabit  omne  verbum.
Deut.  XIX,  7-15.
7.  C'est  pourquoi  je  vous  ordonne  de mettre  ces  trois  villes  à  une  égale  dis- tance de  l'une  à  l'autre.
8.  IMais  lorsque  le  Seigneur  votre  Dieu aura  étendu  vos  limites,  selon  qu'il  en  a assuré  vos  pères  avec  serment,  et  qu'il vous  aura  donné  toute  la  terre  qu'il  leur a  promise
9.  (au  cas  néanmoins  que  vous  gar- diez ses  ordonnances,  et  que  vous  fassiez ce  que  je  vous  prescris  aujourd'hui,  qui est  d'aimer  le  Seigneur  votre  Dieu,  et de  marcher  dans  ses  voies  en  tout temps),  vous  ajouterez  trois  antres  villes à  ces  premières,  et  vous  en  doublerez ainsi  le  nombre  ;
10.  afin  qu'on  ne  répande  pas  le  sang innocent  au  milieu  du  pa3^s  que  le  Sei- gneur votre  Dieu  doit  vous  faire  possé- der, et  que  vous  ne  deveniez  pas  vous- même  coupable  de  "l'effusion  du  sang.
11.  Mais  si  quelqu'un,  haïssant  son prochain ,  a  cherché  l'occasion  de  le  sur- prendre et  de  lui  ôter  la  vie,  et  que,  l'at- taquant, il  le  frappe  et  le  tue,  et  qu'il s'enfuie  dans  l'une  de  ces  villes ,
12.  les  anciens  de  cette  ville  l'enver- ront prendre,  et,  l'ayant  tiré  du  lieu  où il  s'était  mis  en  sûreté,  ils  le  livreront entre  les  mains  du  parent  de  celui  dont le  sang  aura  été  répandu,  et  il  sera  puni de  mort.
13.  Vous  n'aurez  point  pitié  de  lui,  et vous  ôterez  du  milieu  d'Israël  le  crime commis  par  l'effusion  du  sang  innocent, afin  que  vous  soyez  heureux.
14.  Vous  ne  lèverez  pas,  et  vous  ne transporterez  pas  les  bornes  de  votre prochain  placées  par  vos  prédécesseurs dans  l'héritage  que  le  Seigneur  votre Dieu  vous  donnera  dans  le  pays  que vous  devez  posséder,
15.  Un  seul  témoin  ne  s'élèvera  point contre  quelqu'un,  quelle  que  soit  la  faute ou  le  crime  dont  il  l'accuse  ;  mais  tout sera  vérifié  par  la  bouche  de  deux  ou de  trois  témoins.
qu'il  est  sous  la  première  impression  de  la  colère excitée  en  lui  par  la  nouvelle  du  meurtre.
8-10.  Ordre  de  créer  plus  tard  trois  autres asiles,  en  outre  des  six  premiers,  —  Cum...  dila- taverit... Lorsque  les  Hébreux  auront  conquis jusqu'à  ses  limites  extrêmes  le  pays  que  Jéhovah leur  avait  promis.  Cf.  Gen.  xv,  18  ;  Ex.  xxiir, 31 ,  etc.  Mais  cette  pleine  possession  de  la  Terre sainte  n'eut  lieu  que  sous  David  et  Salomon ,  et d'une  manière  toute  transitoire  ;  aussi  est-il  pro- bable fin'il  n'y  eut  jamais  en  tout  que  six  villes de  refuge.
11-13.  Les  homicides  proprement  dits  ne  joui- ront xms  du  droit  d'asile.  Cf.  Num.  xxxv,  12,  24, —  luttent  seniores...:  trait  propre  à  ce  passage,
60  Ne  pas  toucher  aux  limites  des  prppriétés, XIX,  14.
14.  Non  assumes...  Cette  loi  n'avait  pas  encore été  promulguée.  Elle  a  pour  but  de  sauvegarder l'intégrité  des  propriétés. —  Quos  fixerunt  priores. Désignation  anticipée  du  partage  qui  devait  êti'e fait  en  Chanaan  après  la  conquête.
7°  Les  témoins  judiciaires.  XIX,  15-21.
15.  C'est  la  règle  «  testis  unus.  testis  nullus  > .
Deut.  XIX,  IG  —  XX,  4.
GIO
16.  Si  un  faux  témoin  entreprend d'accuser  un  homme  d'avoir  violé  la loi,
17.  dans  ce  démêlé  qu'ils  auront  en- semble, ils  se  présenteront  tous  deux devant  le  Seigneur  en  la  présence  des prêtres  et  des  juges  qui  seront  en  charge en  ce  temps -là.
18.  Et  lorsqu'après  une  très  exacte recherche  ils  auront  reconnu  que  le  faux témoin  a  avancé  une  calomnie  contre son  frère,
19.  ils  le  traiteront  comme  il  avait dessein  de  traiter  son  frère,  et  vous  ôte- rez  le  mal  d'au  milieu  de  vous;
20.  afin  que  les  autres,  l'apprenant, soient  dans  la  crainte,  et  qu'ils  n'osent entreprendre  rien  de  semblable.
21.  Vous  n'aurez  point  compassion  du coupable;  mais  vous  ferez  rendre  vie pour  vie,  œil  pour  œil,  dent  pour  dent, main  pour  main ,  pied  pour  pied.
10.  Si   stetcrit  testis   mendax   contra liomincm,  accusans  eiim    prsevaricatio-
nis ,
17.  stabunt  ambo,  quorum  causa  est, ante  Dominum  in  conspectu  sacerdotum et  judicum  qui  fuerint  in  diebus  illis.
18.  Cumque  diligentissime  perscru- tantes,  invenerint  falsum  testem  dixisse contra  fratrem  suum  mcndacium,
19.  reddent  ei  sicut  fratri  suo  fa- cere  cogitavit ,  et  auferes  malum  de medio  tui ,
20.  ut  audientes  ceteri  timorem  ha- beant,  et  nequaquam  talia  audeant facere.
21.  Non  misereberis  ejus,  sed  ani- mam  pro  anima,  oculum  pro  oculo, dentem  pro  dente,  manum  pro  manu, pedem  pro  pede  exiges.
CHAPITRE  XX
1.  Lorsque  vous  irez  faire  la  guerre contre  vos  ennemis,  et  qu'ayant  vu  leur cavalerie  et  leurs  chars,  vous  trouverez que  leur  armée  sera  plus  nombreuse  que la  vôtre,  vous  ne  les  craindrez  point, parce  que  le  Seigneur  votre  Dieu  qui vous  a  tiré  de  l'Egj'^pte  est  avec  vous.
2.  Et  quand  l'heure  du  combat  sera proche,  le  prêtre  se  présentera  à  la  tête de  l'armée,  et  il  parlera  ainsi  au  peuple  :
3.  Ecoutez,  Israël;  vous  devez  aujour- d'hui combattre  contre  vos  ennemis; que  votre  cœur  ne  s'étonne  point,  ne craignez  point,  ne  reculez  point  devant eux,  et  n'en  ayez  aucune  peur;
4.  car  le  Seigneur  votre  Dieu  est  au milieu  de   vous,  et  il  combattra  pour
1.  Si  exieris  ad  bellaui  contra  hostes tuos,  et  videris  equitatus  et  currus,  et majorera  quam  tu  habeas  adversarii exercitus  multitudinem,  non  timebis  eos, quia  Dominus  Deus  tuus  tecum  est,  qui eduxit  te  de  terra  ^îCgypti.
2.  Appropinquaute  autem  jam  prselio, stabit  sacerdos  ante  aciem,  et  sic  lo- quetur  ad  populum  :
3.  Audi,  Israël  ;  vos  hodie  contra inimicos  vestros  pugnam  committitis; non  pertimescat  cor  vestrum,  noiite metuere ,  noiite  cedere,  nec  formidetis eos;
4.  quia  Dominus  Deus  vester  in  me- dio vestri  est,  et  pro  vobis   contra  ad-
Cctte  ordonnance ,  établie  précédemment  (  cf. xvir,  6)  pour  les  causes  capitales,  est  maintenant généralisée.
16-21.  Les  faux  témoins.  Cf.  Ex.  xxiii,  1  ;  liOv. XIX,  16.  —  Ce  crime  devait  être  jugé  parle  tri- bunal suprême  (xvii,  9);  par  conséquent  ante Dominum,  auprès  du  futur  sanctuaire.  —  Red- dent  ei  sicut...:  le  talion,  comme  pour  les  autres cas  similaires.
8°  Lois  concernant  la  gueri-e.  XX,  1-20.
Elles  sont  générales,  et  ne  conviennent  pas seulement  à  la  prochaine  conquête  de  Chanaan. Si  l'on  songe  aux  atrocités  qui  accompagnaient la  guerre  chez  les  anciens  peuples,  même  les  plus civilisés,  on  trouvera  qu'elles  constituent  un  pro-
grès considérable,  et  qu'elles  sont  pleines  d'hu- manité. Sur  l'exception  relative  aux  tribus  cha- nanéennes,  voyez  Gen.  xv,  16-19;  Ex.  xxni,  23 et  ss.,  etc.
Chap.  XX.  —  1-4.  Confiance  en  Jéhovah,  qui combattra  avec  son  peuple.  —  Videris  equitatus et  currus  :  les  principaux  éléments  des  armées orientales  à  cette  époque.  Cf.  Ex.  xiv,  6-11  ;  Jud. I,  19  ;  IV,  3  ;  III  Reg.  ni,  5,  etc.  L'armée  Israélite était  presque  uniquement  composée  de  fantassins. Cf.  XVII,  16.  —  Appropinquante...  prcelio.  Non pas  au  dernier  moment,  quand  la  bataille  allait s'engager;  mais  lorsque,  la  guerre  étant  déclarée, les  recrues  se  présentaient  pour  être  incorporées et  organisées.  —  Stabit  sacerdos.  Dans  l'hébreu  ;
620
Deut.  XX,  5-11.
versarios    diniicabit,    ut    eruat   vos    de periculo.
5.  Duces  quoqiie  per  singulas  tiirmas audiente  exercitu  proclamabunt  :  Quis est  homo  qui  redificavit  domum  novam, et  non  dedicavit  eam?  vadat,  et  rever- tatur  in  domum  suam,  ne  forte  moriatur in  bello,  et  alius  dedicet  eam.
6.  Quis  est  homo  qui  plantavit  vi- neam,  et  necdum  fecit  eam  esse  com- munem,  de  qua  vesci  omnibus  liceat? vadat,  et  revertatur  in  domum  suam, ne  forte  moriatur  in  bello,  et  alius  homo ejus  fungatur  ofticio.
7.  Quis  est  homo  qui  despondit  uxo- rem,  et  non  accepit  eam?  vadat,  et  re- vertatur in  domum  suam,  ne  forte  mo- riatur in  bello,  et  alius  homo  accipiat eam.
8.  His  dictis  addent  reliqua,  et  lo- quentur  ad  populum  :  Quis  est  homo formidolosus,  et  corde  pavido?  vadat,  et revertatur  in  domum  suam,  ne  pavere faciat  corda  fratrum  suorum,  sicut  ipse timoré  perterritus  est.
9.  Cumque  siluerint  duces  exercitus, et  finem  loquendi  fecerint,  unusquisque suos  ad  bellandum  cuneos  prajparabit.
10.  Si  quando  accesseris  ad  expu- gnandam  civitatem,  offeres  ei  primum pacem.
11.  Si    receperit,    et   aperuerit   tibi
vous  contre  vos  ennemis,  afin  de  vous délivrer  du  péril.
5.  Les  officiers  aussi  crieront  chacun à  la  tête  de  son  corps,  en  sorte  que  l'ar- mée l'entende  :  Y  a-t-il  quelqu'un  qui ait  bâti  une  maison  neuve,  et  qui  ne  l'ait pas  encore  habitée?  Qu'il  s'en  aille  et retourne  en  sa  maison,  de  peur  qu'il  ne meure  dans  le  combat,  et  qu'un  autre  ne loge  le  premier  dans  sa  maison.
6.  Y  a-t-il  quelqu'un  qui  ait  planté une  vigne,  laquelle  ne  soit  pas  encore en  un  tel  état  que  tout  le  monde  ait  la liberté  d'en  manger  ?  Qu'il  s'en  aille,  et qu'il  retourne  en  sa  maison,  de  peur  que, s'il  vient  à  mourir  dans  le  combat,  un autre  ne  fasse  ce  qu'il  devait  faire.
7.  Y  a-t-il  quelqu'un  qui  ait  été  fiancé à  une  femme,  et  qui  ne  l'ait  pas  encore épousée?  Qu'il  s'en  aille  et  qu'il  s'en  re- tourne en  sa  maison,  de  peur  qu'il  ne meure  dans  le  combat  et  qu'un  autre  ne l'épouse.
8.  Après  avoir  dit  ces  choses,  ils  ajou- teront encore  ce  qui  suit,  et  ils  diront au  peuple  :  Y  a-t-il  quelqu'un  qui  soit timide,  et  dont  le  cœur  soit  frappé  de frayeur?  Qu'il  s'en  aille,  et  qu'il  retourne en  sa  maison,  de  peur  qu'il  ne  jette  l'é- pouvante dans  le  cœur  de  ses  frères, comme  il  est  déjà  lui-même  tout  saisi de  crainte.
9.  Et  après  que  les  officiers  de  l'armée auront  cessé  de  parler,  chacun  préparera ses  bataillons  pour  le  combat.
10.  Quand  vous  vous  approcherez  d'une ville  pour  l'assiéger,  vous  lui  offrirez d'abord  la  paix.
11.  Si  elle  l'accepte,  et  qu'elle  vous
le  prêtre,  c.-à-d.  celui  qui  avait  été  choisi  pour remplir  cette  fonction.  Cf.  Num.  xxxi,  16  ;  I  Reg. IV,  4,  II,  etc.  —  Non  pertimescat...,  nolite... Accumulation  de  synonymes,  pour  renforcer  la pensée.
5-9.  La  proclamation  des  chefs.  —  Duces  quo- que.  Hébr.  :  les  sotrim.  Cf.  xvr,  18,  et  surtout 1,  15,  où  les  chefs  de  mille,  les  centurions,  etc., sont  appelés  de  ce  même  nom. —  Quis  est..?  Trois causes  d'exemption  sont  signalées.  \°  Mdificavit... et  non  dedicavit.  D'après  les  anciens  commenta- teurs juifs,  cette  exemption  durait  une  année entière,  comme  celle  du  vers.  7.  2»  Plantavit... et  necdum  communem...  D'après  Lev.  xix,  23, les  fruits  d'une  jeune  vigne  demeuraient  sans emploi  durant  les  trois  premières  années  ;  ils étaient  consacrés  à,  Dieu  pendant  la  quatrième  ; la  vigne  devenait  «  commune  »  ou  profane  au début  de  la  cinquième  année ,  lorsque  le  proprié- taii'e  en  pouvait  jouir.  3°  Despondit  désigne  les
simples  fiançailles;  accepit,  le  mariage.  «  Ces  motifs d'exemption  du  service  militaire  ont  leur  raison d'être  dans  le  fait  psychologique  qu'en  certaines circonstances  l'attachement  à  la  vie  est  un  sen- timent trop  puissant  pour  ne  pas  neutraliser  le courage,  et,  par  suite,  rendre  contagieuse  la  fai- blesse. »  C'est  là  en  outre  un  de  ces  traits  déli- cats qui  abondent  dans  la  législation  mosaïque. —  His  dictis,  addent...  (vers.  8).  En  dernier lieu,  le  licenciement  des  timides  et  des  peureux; appel  excellent ,  soit  pour  remonter  leur  courage, soit  pour  éloigner  de  l'armée  des  éléments  démo- ralisateurs. Cf.  Jos.  VII,  3.  —  Cumque  siluerint... Dans  l'hébi'eu  :  lorsque  les  .sotrim  auront  cessé de  parler  au  peuple,  ils  placeront  les  chefs  des troupes  à  la  tête  du  peuple.
10-20.  Ordonnances  pour  régler  le  siège  des villes  fortifiées.  —  Première  règle,  A^ers.  10-11  : Offeres  primum  pacem.  Si  les  habitants  capitu- laient sans  résistance,  ils  obtenaient  des  condl-
Deut.  XX,  12-20.
621
ouvre  ses  portes,  tout  le  peuple  qui  s'y trouvera  sera  sauvé,  et  vous  sera  assu- jetti moyennant  un  tribut.
12.  Mais  si  elle  ne  veut  point  recevoir les  conditions  de  paix,  et  qu'elle  com- mence à  vous  déclarer  la  guerre,  vous l'assiégerez.
13.  Et  lorsque  le  Seigneur  votre  Dieu vous  l'aura  livrée  entre  les  mains,  vous ferez  passer  tous  les  mâles  au  fil  de l'épée,
14.  en  réservant  les  femmes,  les  en- fants, le  bétail  et  tout  le  reste  de  ce qui  se  trouvera  dans  la  ville.  Vous  dis- tribuerez le  butin  à  toute  l'armée,  et vous  vous  nourrirez  des  dépouilles  de vos  ennemis  que  le  Seigneur  votre  Dieu vous  aura  données.
15.  C'est  ainsi  que  vous  en  userez  à l'égard  de  toutes  les  villes  qui  seront très  éloignées  de  vous,  et  qui  ne  sont pas  de  celles  que  vous  devez  recevoir pour  les  posséder.
16.  Mais  quant  aux  villes  qui  vous seront  données ,  vous  ne  laisserez  la  vie à  aucun  de  leurs  habitants;
17.  mais  vous  les  ferez  tous  passer  au fil  de  i'épée,  c'est-à-dire  les  Hétliéens, les  Amorrhéens,  les  Chananéens,  les Phérézéens,  les  Hévéens  et  les  Jébu- séens,  comme  le  Seigneur  votre  Dieu vous  l'a  commandé  ;
18.  de  peur  qu'ils  ne  vous  apprennent à  commettre  toutes  les  abominations qu'ils  ont  commises  eux-mêmes  dans  le culte  de  leurs  dieux,  et  que  vous  ne  pé- chiez contre  le  Seigneur  votre  Dieu.
19.  Lorsque  vous  assiégerez  longtemps une  ville,  et  que  vous  élèverez  tout  au- tour des  forts  et  des  remparts  afin  de  la prendre,  vous  n'abattrez  point  les  arbres qui  portent  du  fruit  dont  on  peut  man- ger, et  vous  ne  renverserez  point  à coups  de  hache  tous  les  arbres  du  pays d'alentour,  parce  que  ce  n'est  que  du bois,  et  non  pas  des  hommes  qui  puis- sent accroître  le  nombre  de  vos  enne-
mis.
20.  Si  ce  ne  sont   point   des   arbres
portas,   cunctus  populus   qui  in  ea   est salvabitur,  et  serviet  tibi  sub  tributo.
12.  Sin  autem  fœdus  inire  noluerit, et  cœperit  contra  te  bellum,  oppugnabis eam;
13.  cumque  tradiderit  Dominus  Dcus tuus  illam  in  manu  tua,  percuties  omne quod  in  ea  generis  masculini  est,  in  ore gladii,
14.  absque  mulieribus  et  infantibus, jumentis,  et  ceteris  quae  in  civitate  sunt. Omnem  prsedam  exercitui  divides ,  et comedes  de  spoliis  hostium  tuoram,  quse Dominus  Deus  tuus  dederit  tibi.
15.  Sic  faciès  cunctis  civitatibus ,  quœ a  te  procul  valde  sunt ,  et  non  sunt  de his  urbibus,  quas  in  possessionem  ac- cepturus  es,
16.  De  his  autem  civitatibus,  quse dabuntur  tibi,  nullum  omnino  permittes vivere  ;
17.  sed  interficies  in  ore  gladii,  He- thseum  videHcet,  et  Amorrhseum,  et Chananseum,  Pherezaeum,  et  Hevaeum, et  Jebusseum,  sicut  prsecepit  tibi  Do- minus Deus  tuus  ;
18.  ne  forte  doceant  vos  facere  cun- ctas  abominationes,  quas  ipsi  operati  sunt diis  suis,  et  peccetis  in  Dominum  Deum vestrum.
19.  Quando  obsederis  civitatem  multo tenipore,  et  munitionibus  circumdederis ut  expugnes  eam,  non  succides  arbores de  quibus  vesci  potest,  nec  securibus per  circuitum  debes  vastare  regionem, quoniam  lignum  est,  et  non  homo,  nec potest  bellantium  contra  te  augere  nu- merum.
20.  Si  qua  autem  ligna  non  sunt  pomi-
tions  très  avantageuses  :  salvabitur,  et  serviet... —  Seconde  règle  (vers.  12-14),  pour  le  cas  où ces  offres  de  paix  ne  seraient  pas  acceptées.  — Troisième  règle  (vers.  15-18)  :  pas  de  quartier pour  les  villes  chaiianécnnes,  ainsi  qu'il  a  été prescrit  plusieurs  fois  déjà.  Cf.  vu,  14;  xir,  31; Lev.  XVIII,  24-28;  xx,  23.  Israël  sera  aiors  l'exé- cuteur des  vengeances  de  Jèhovah  contre  ces populations   corrompues    et  anatliémaLioées.   —
Quatrième  règle  (vers  19-20),  pour  les  sièges  qui traîneraient  en  longueur.  Non  succides  arbores...: restriction  pleine  d'humanité.  Les  Égjqitiens, les  Assyriens ,  les  Romains  portaient  au  contraire la  hache  à  travers  les  vergers,  les  oliveraies,  les bois  de  palmier,  ruinant  ainsi  la  contrée  pour plusieurs  années.  Voyez  VAtl.  archéol.,  pi.  lxxxv, fig.  1.  Machinas  :  l'hébr.  mâsor  désigne  plutôt des  retranchements.
G22
Deut.  XXI,  1-8.
fera,  sed  agrestia,  et  in  ceteros  apta usus,  succide,  et  instrue  machinas,  do- nec  capias  civitatem,  quœ  contra  te dimicat.
fruitiers,  mais  des  arbres  sauvages  qui servent  aux  autres  usages  de  la  vie,  vous les  abattrez  pour  en  faire  des  machines, jusqu'à  ce  que  vous  aj'^ez  pris  la  ville qui  se  défend  contre  vous.
CHAPITRE  XXI
1.  Quando  inventum  fuerit  in  terra, quam  Dominus  Deus  tuus  daturus  est tibi,  hominis  cadaver  occisi,  et  igno- rabitur  cœdis  reus,
2.  egredientur  majores  natu,  et  ju- dices  tui ,  et  metientur  a  loco  cadaveris singularum  per  circuitum  spatia  civi- tatura  ;
3.  et  quam  viciniorem  ceteris  esse perspexerint,  seniores  civitatis  illius tollent  vitulam  de  armento,  quae  non traxit  jugum,  nec  terram  scidit  vo- mere  ;
4.  et  ducent  eam  ad  vallem  asperam atque  saxosam,  quse  nunquam  arata est,  nec  sementem  recepit,  et  caîdent  in ea  cervices  vitulae  ;
5.  accedentque  sacerdotes  filii  Levi, quos  elegerit  Dominus  Deus  tuus  ut  mi- nistrent  ei,  et  benedicant  in  nomine ejus,  et  ad  verbum  eorum,  omne  ne- gotium ,  et  quidquid  mundum ,  vel  im- mundum  est,  judicetur  ;
6.  et  venient  majores  natu  civitatis illius  ad  interfectum,  lavabuntque  ma- nus  suas  super  vitulam,  quse  in  valle percussa  est,
7.  et  dicent  :  Manus  nostrse  non efîuderunt  sanguinem  hune,  nec  oculi viderunt,
8.  Propitius  esto  populo  tuo  Israël, quem  redemisti ,  Domine ,  et  ne  reputes
1.  Lorsque,  dans  le  pays  que  le  Sei- gneur votre  Dieu  doit  vous  donner,  on trouvera  le  cadavre  d'un  homme  qui aura  été  tué,  sans  qu'on  sache  qui  a commis  ce  meurtre,
2.  les  anciens  et  ceux  que  vous  aurez pour  juges  viendront  et  mesureront  l'es- pace qu'il  y  aura  depuis  le  cadavre  jus- qu'à toutes  les  villes  d'alentour  ;
3.  et  ayant  reconnu  celle  qui  en  sera la  plus  rapprochée,  les  anciens  de  cette ville  prendront  dans  le  troupeau  une  gé- nisse qui  n'aura  point  encore  porté  le joug  ni  labouré  la  terre  ;
4.  ils  la  mèneront  dans  une  vallée toute  raboteuse  et  pleine  de  cailloux,  qui n'ait  jamais  été  ni  labourée  ni  ensemen- cée, et  là  ils  couperont  le  cou  à  la  gé- nisse,
5.  Les  prêtres,  enfants  de  Lévi,  que le  Seigneur  votre  Dieu  aura  choisis  pour exercer  les  fonctions  de  leur  ministère, afin  qu'ils  donnent  la  bénédiction  en  son nom,  et  que  toute  affaire  qui  survient, tout  ce  qui  est  pur  ou  impur,  se  juge par  leur  avis,  s'approcheront;
6.  et  les  anciens  de  cette  ville  vien- dront près  du  corps  de  celui  qui  aura  été tué;  ils  laveront  leurs  mains  sur  la  gé- nisse qu'on  aura  fait  mourir  dans  la  val- lée,
7.  et  ils  diront  :  Nos  mains  n'ont  pas répandu  ce  sang,  et  nos  yeux  ne  l'ont point  vu  répandre.
8.  Seigneur,  soyez  favorable  à  votre peuple  d'Israël  que  vous  avez  racheté,  et
9»  Cérémonies  expiatoires  à  l'occasion  des meurtres  dont  les  auteurs  n'auront  pas  été  dé- couverts. XXI,  1-9.
Autre  mesure  excellente  pour  inspii'er  à  tous le- respect  de  la  vie  humaine  et  l'horreur  de  l'ho- micide.
Chap.  XXI.  —  1-9.  Après  l'exposition  du  cas (vers.  1),  nous  trouvons  les  divers  rites  à  accom- plir. 1°  Déterminer  la  ville  la  plus  rapprochée  du théâtre  du  meurtre  (vers.  2-3»)  ;  c'est  à  elle  que devait  Incomber  la  tâche  de  l'expiation,  car  il était  vraisemblable  que  le  meurtrier  sortait  de
ses  murs.  —  2°  Immoler  une  génisse  en  des  con- ditions spéciales  (vers.  Z^-à).  On  exigeait,  pour la  victime  et  pour  le  lieu  de  l'immolation,  des qualités  symboliques  adaptées  au  caraetcre  de  la cérémonie  :  l'une  et  l'autre  devaient  avoir  toute leur  Intégrité  et  leur  fraîcheur  natives  (cf.  Ex. XX,  25;  Num.  xix,  2.  Au  lieu  de  vallem  aspe- ram..., l'hébreu  porte  :  vers  un  ruisseau  coulant toujours).  —  3°  La  protestation  d'innocence  de la  part  des  habitants  (vers.  5-7).  Accèdent  sa- cerdotes :  les  prêtres  étaient  là  comme  témoins officiels  de  l'expiation.  Majores...  lavabuut  ma-
Deut.  XXI,  9-17.
623
ne  lui  imputez  pas  le  sang  innocent  qui a  été  répandu  au  milieu  de  votre  peuple. Ainsi  le  crime  de  ce  meurtre  iie  tombera point  sur  eux ,
0.  et  vous  n'aurez  aucune  part  à  cette eflinsion  du  sang  innocent,  lorsque  vous aurez  fait  ce  que  le  Seigneur  vous  a commandé.
10.  Lorsque  vous  serez  allé  combattre vos  ennemis,  si  le  Seigneur  votre  Dieu vous  les  livre  entre  les  mains,  et  que, les  emmenant  captifs,
11.  vous  voyiez  parmi  les  prisonniers de  guerre  une  femme  qui  soit  belle,  que vous  conceviez  pour  elle  de  l'affection, et  que  vous  vouliez  l'épouser,
12.  vous  la  ferez  entrer  dans  votre maison,  où  elle  se  rasera  les  cheveux  et se  coupera  les  ongles  ;
13.  elle  quittera  la  robe  avec  laquelle elle  a  été  prise,  et,  se  tenant  assise  en voti'e  maison,  elle  pleui-era  son  père  et sa  mère  un  mois  durant;  après  cela, vous  la  prendrez  pour  vous,  vous  dormi- rez avec  elle ,  et  elle  sera  votre  femme.
14.  Mais  si  elle  cesse  plus  tard  de vous  plaire,  vous  la  renverrez  libre,  et vous  ne  pourrez  point  la  vendre  pour  de l'argent,  ni  l'opprimer  par  votre  puis- sance, parce  que  vous  l'avez  humiliée.
15.  Si  un  homme  a  deux  femmes,  dont il  aime  l'une  et  n'aime  pas  l'autre,  et que  ces  deux  femmes  ayant  eu  des  en- fants de  lui ,  le  tils  de  celle  qu'il  n'aime pas  soit  l'aîné ,
16.  lorsqu'il  voudra  partager  son  bien entre  ses  enfants,  il  ne  pourra  pas  faire son  aîné  le  fils  de  celle  qu'il  aime ,  ni  le préférer  au  fils  de  celle  qu'il  n'aime pas;
17.  mais  il  reconnaîtra  pour  l'aîné  le
sanguinem  innocentum  in  mcdio  populi tui  Israël.  Et  auferetur  ab  eis  reatus sanguinis  ;
9.  tu  autem  alienus  eris  ab  innocentis cruore,  qui  fusus  est,  cum  feceris  quod prœcepit  Dominus.
10.  Si  egressus  fueris  ad  pugnam contra  inimicos  tuos,  et  tradiderit  eos Dominus  Deus  tuus  in  manu  tua,  capti- vosque  duxeris,
11.  et  videris  in  numéro  captivorum mulierem  pulchram ,  et  adamaveris  eam, voluerisque  liabere  uxorem,
12.  introduces  eam  in  domum  tuam  ; quœ  radet  cœsariem,  et  circumcidet ungues,
13.  et  deponet  vestem  in  qua  capta est,  sedensque  in  domo  tua,  flebit  pa- trem  et  matrem  suam  uno  mense;  et postea  intrabis  ad  eam,  dormiesque  cum illa,  et  erit  uxor  tua.
14.  Si  autem  postea  non  sederit  anime tuo,  dimittes  eam  liberam,  nec  vendere poteris  pecunia ,  nec  opprimere  per  po- tentiam,  quia  humiliasti  eam.
15.  Si  liabuerit  homo  uxores  duas, unam  dilectam,  et  alteram  odiosam, genuerintque  ex  eo  liberos,  et  fuerit lilius  odiosse  primogenitus,
16.  volueritque  substantiam  inter filios  suos  dividere,  non  poterit  filium dilectse  facere  primogenitum,  et  prse- ferre  fiJio  odiosse  ;
17.  sed  fîlium  odiosse  agnoscet  primo-
nus  :  manière  expressive  d'attester  qu'ils  n'avaient pris  aucune  part  au  meurtre  (cf.  Matth.  xxvii,  24). —  4l'  Prière  que  prononçaient  probablement  les prêtres  (vers.  S»).  —  Et  auferetur...  iS^-9):  le  ré- sultat de  cette  cérémonie.
10°  Traitement  des  captives.  XXI,  10-14.
10-14.  Si  egressus...  Le  législateur  ajoute  un détail  important  à  ce  qui  a  été  réglé  précédem- ment (ch.  XX  )  pour  la  guerre.  Il  encourage  le mariage  des  Hébreux  avec  les  captives ,  pour éviter  à  ces  malheureuses  le  triste  sort  qui  les attendait  presque  toujours  chez  les  peuples  païens de  l'antiquité.  —  Et  adamaveris...  Il  fallait  pour- tant, d'après  xx,  16,  que  cette  prisonnière  n'ap- partînt pas  à  une  race  chananéenne.  —  Intro- duces...: en  qualité  d'épouse.  Quelques  conditions sont  néanmoins  prescrites  ;  sortes  de  rites  em- blématiques,   qui    établissaient    une    séparation
entre  la  vie  antérieure  de  cette  femme,  jusque-là païenne,  et  sa  vie  nouvelle  au  milieu  de  la  na- tion choisie.  Flebit  patrem...  :  tx'ait  délicat.  — Si  postea...  dimittes  liberam  (vers.  14).  Nous avons  vu,  Ex.  xxi,  8,  un  cas  analogue;  mais alors  la  femme  répudiée  était  une  esclave  is- raélite.
§  III.  —  Le  droit  jorivé.  XXI,  15  —  XXVI,  19.
1°  Le  droit  d'aînesse.  XXI,  15-17.
Ce  détail  est  nouveau,  comme  celui  qui  pré- cède (vers.  10-14)  et  celui  qui  suit  (vers.  18-21).
15-17.  Uxores  duas...,  unam  dilectam...  Un des  graves  inconvénientî  de  la  polygamie,  qui «  amenait  naturellement  dans  la  maison  des femmes  de  plus  en  plus  jeunes  et  préférées  ». Les  enfants  de  la  favorite  devenaiont  souvent ù  leur  tour  les  favoris   du  père,  et  ils  étaient
G24
Deut.  XXI,  18-23.
geuitum,  dabitque  ei  de  liis  quae  ha- buerit  cuncta  duplicia;  iste  est  enim pTincipium  liberonim  ejus,  et  huic  de- bentiir  primogenita.
18.  Si  genuerit  homo  filium  contu- îiricem  et  protervum ,  qui  non  aiidiat patii^  ant  matris  imperium,  et  coer- citus  oberlire  contempserit,
19.  apprehemiant  eum,  et  ducent  ad seniores  civitatiii  liiius,  et  ad  portam judicii,
20.  dicentque  ad  eos  :  Filius  noster iste  protervus  et  contumax  est,  nionita nostra  audire  contemnit ,  comessalio- nibus  vacat,  et  luxurise  atqiie  convi- viis  ;
21.  lapidibus  eum  obruet  popubis civitatis,  et  morietur,  ut  auferatis  maluni de  medio  vestri,  et  universus  Israël  au- diens  pertimescat.
22.  Quando  peccaverit  homo  quod morte  plectendum  est,  et  adjudicatus morti  appensus  fuerit  in  patibulo,
23.  non  permanebit  cadaver  ejus  in ligno,  sed  in  eadem  die  sepelietur,  quia maledictus  a  Deo  est  qui  pendet  in  li- gno ;  et  nequaquam  contaminabis  ter- ram  tuam,  quam  Dominus  Deus  tuus dederit  tibi  in  possessionem.
fils  de  celle  qu'il  n'aime  pas,  et  lai  don- nera une  portion  double  de  tout  ce  qu'il possède;  parce  que  c'est  lui  qui  est  le premier  de  ses  enfants,  et  que  le  droit d'aînesse  lui  est  dû.
18.  Si  un  homme  a  un  fils  rebelle  et insolent,  qui  ne  se  rende  pas  au  com- mandement de  son  père  ni  de  sa  mère, et  qui ,  en  aj^ant  été  réprimandé ,  refuse avec  mépris  de  leur  obéir,
19.  ils  le  prendront  et  le  mèneront  aux anciens  de  sa  ville,  et  à  la  porte  où  se rendent  les  jugements,
20.  et  ils  leur  diront  :  Voici  notre  fils qui  est  un  rebelle  et  un  insolent  ;  il  mé- prise et  refuse  d'écouter  nos  remon- trances, et  il  passe  sa  vie  dans  les  dé- bauches, dans  la  dissolution  et  dans  la bonne  chère  ;
21.  alors  le  peuple  de  cette  ville  le  la- pidera, et  il  sera  puni  de  mort,  afin  que vous  ôtiez  le  mal  du  milieu  de  vous,  et que  tout  Israël,  entendant  cet  exemple, soit  saisi  de  crainte.
22.  Lorsqu'un  homme  aura  commis  un crime  digne  de  mort,  et  qu'ayant  été condamné  à  mourir,  il  aura  été  attaché à  une  potence,
23.  son  cadavre  ne  demeurera  point  ■>., cette  potence,  mais  il  sera  enseveli  le même  jour,  parce  que  celui  qui  est  pendu au  bois  est  maudit  de  Dieu.  Et  vous prendrez  garde  de  ne  pas  souiller  la terre  que  le  Seigneur  votre  Dieu  vous aura  donnée  pour  la  posséder.
avantagés  par  lui  en  matièi'e  d'héritage ,  aux  dé- pens des  autres  enfants.  —  Cuncta  duplicia  :  tel était  le  privilège  légal  du  fils  aîné.  Supposez deux  fils  :  on  faisait  trois  parts ,  et  l'aîné  en  ob- tenait deux.  —  Iste...  principium...  Dans  l'hé- breu :  les  prémices  de  sa  vigueur.  Voyez  Gen. XLix,  3,  et  le  commentaire.  —  Primogenita  :  le droit  d'aînesse.  Cf.  Gen.  xxv,  31-34.
2°  Les  fils  incorrigibles.  XXI,  18-21.
Autre  ordonnance  concernant  le  bien-être  de la  famille.
18-21.  L'exposition  du  cas,  vers.  18;  le  droit des  parents,  vers.  19-20;  le  châtiment  du  nls ingrat,  vers.  21.  La  loi  juive  soutient  l'autorité du  père;  mais  elle  supprime  le  droit  odieux  de vie  et  de  mort  sur  ses  enfants,  que  les  codes imïens  lui  conféraient.
3»  Les  cadavres  des  pendus.  XXI,  22-23.
22-23.  Appensus  fuerit...  Après  la  mort;  car
la  pendaison  n'était  pas  chez  les  Hébreux  une forme  de  supplice  proprement  dit,  mais  simple- ment un  caractère  infamant  surajouté  à  la  peine. Cf.  Gen.  XL,  19;  Num.  xxv,  4;  Jos.  X,  26-27, 2tc.  —  Non  permanebit...  in  ligno.  Cette  règle 3ut  un  accomplissement  célèbre,  à  Ja  passion  de Notre  -  Seigneur  Jésus  -  Christ.  Cf.  Joan.  xix,  31 ât  ss.  —  Qiiia  maledictus...  :  l'objet  des  malédic- tions divines,  à  cause  des  crimes  qui  avaient mérité  ce  traitement  ignominieux.  Sur  l'appli- cation de  ce  texte  au  Sauveur  par  saint  Paul, voyez  Gai.  in,  13,  et  le  commentaire. —  Nequa- quam contaminabis...  Le  cadavre  d'un  mort  or- dinaire souillait  les  maisons ,  les  personnes  ;  celui d'un  si  grand  coupable  aurait  en  quelque  sorte profané  tout  lu  pays  :  c'est  pourquoi  on  devait l'enterna-  If  jour  même.  Cf.  Lev.  xvni,  25  ;  Num. xxxv,  3J.
29*
Deut.  XXII,  1-8.
625
CHAPITRE  XXII
1.  Lorsque  vous  verrez  le  bœuf  ou  la brebis  de  votre  frèro  égarés,  vous  ne passerez  point  votre  chemin,  mais  vous les  ramènerez  à  votre  frère,
2.  quand  même  il  ne  serait  point  votre parent,  et  ne  le  connussiez- vous  pas; vous  les  mènerez  à  votre  maison,  et  ils y  demeureront  jusqu'à  ce  que  votre  frère les  cherche  et  les  reçoive  de  vous.
3.  A^ous  ferez  de  même  à  l'égard  de l'âne,  ou  du  vêtement,  ou  de  quoi  que  ce soit  que  votre  frère  ait  perdu  ;  et  quand vous  l'aurez  trouvé,  vous  ne  le  néglige- rez point  sous  prétexte  que  cela  ne  vous appartient  point,  mais  à  un  autre.
4.  Si  vous  voyez  l'âne  ou  le  bœuf  de votre  frère  tombé  dans  le  chemin,  vous n'y  serez  point  indifférent,  mais  vous l'aiderez  à  se  relever.
5.  Une  femme  ne  prendra  point  un vêtement  d'homme,  et  un  homme  ne prendra  point  un  vêtement  de  femme; car  celui  qui  le  fait  est  abominable  de- vant Dieu.
6.  Si,  marchant  dans  un  chemin ,  vous trouvez  sur  un  arbre  ou  à  terre  le  nid d'un  oiseau,  et  la  mère  sur  ses  petits  ou sur  ses  œufs,  vous  ne  retiendrez  point  la mère  avec  ses  petits  ;
7.  mais,  âjaiit  pris  les  petits,  vous  la laisserez  aller,  afin  que  vous  soyez  heu- reux, et  que  vous  viviez  longtemps.
8.  Lorsque  vous  aurez  bâti  une  mai- son neuve,  vous  ferez  un  petit  mur  tout autour  du  toit  ;  de  peur  que  le  sang  ne soit  répandu  dans  votre  maison,  et  que, quelqu'un  tombant  de  ce  lieu  élevé,  vous ne  soj^ez  coupable  de  sa  mort.
1.  Non  videbis  bovem  fratris  tui,  aut ovem  errantem ,  et  prœteribis;  sed  re- duces fratri  tuo ,
2.  etiamsi  non  est  propinquus  frater tuus,  nec  nosti  eum  ;  duces  in  domum tuam,  et  erunt  apud  te  quamdiu  quœrat ea  frater  tuus ,  et  recipiat.
3.  Similiter  faciès  de  asino,  et  de  ve- stimento,  et  de  omni  re  fratris  tui,  quae perierit;  si  inveneris  eam,  ne  negligas quasi  alienam.
4.  Si  videris  asinum  fratris  tui  aut bovem  cecidisse  in  via,  non  despicies, sed  sublevabis  cum  eo.
5.  Non  induetur  mulier  veste  virili, nec  vir  utetur  veste  feminea  ;  abomina- bilis  enim  apud  Deum  est  qui  facit  hsec.
6.  Si  ambuians  per  viam,  in  arbore vel  in  terra  nidum  avis  inveneris,  et  ma- trem  puUis  vel  ovis  desuper  incubantem, non  tenebis  eam  cum  filiis  ;
7.  sed  abire  patieris,  captos  tenens filios,  ut  bene  sit  tibi,  et  longo  vivas tempore.
8.  Cum  sedificaveris  domum  novam, faciès  murum  tecti  per  circuitum,  ne eiïundatur  sanguis  in  domo  tua,  et  sis rous  labente  alio,  et  in  prseceps  ruente.
4P  Quelques  devoirs  de  charité.  XXII,  1-4.
CiiAP.  XXII.  —  1-4.  Admirables  préceptes,  tout évangéliques,  qui  développent  le  passage  analogue Ex.  XXIII,  4-5.  —  Fratris  tui  :  c.-ù-d.  d'un  autre Israélite.
5°  Quelques  obligations  de  droit  naturel.  XXII, 5-11.
5.  Interdiction  de  porter  les  vêtements  d'un autre  sexe.  —  Veste  virili.  Le  substantif  hébreu Ivli  est  plus  général  que  «  vcstis  »,  car  il  repré- sente en  outre  tout  l'attirail  qui  caractérise  les hommes  (armes,  ustensiles,  etc.  ;  cxs'j/]  avSpoç, traduisent  les  LXX).  —  AbominaUIis  enim... En  effet,  disaient  les  païens  eux-mêmes,  ((  nonne videntur  contra  naturam  vivere  qui  commutant
cum  feminis  vestem  ?  »  Senoc,  Epist.  cxxn.  De telles  pratiques  seraient  la  ruine  de  la  pudeur et  de  la  chasteté.
6-7.  Ne  pas  prendre  simultanément  dans  un nid  la  mère  et  les  petits  ou  les  œufs.  —  Ordon- nance pleine  d'humanité,  qui  rappelle  Lov.  xxii, 28,  et  qui  est  accompagnée  de  la  même  sanction (ut  bene  tibi...)  que  le  quatrième  commandement du  Décalogue.  Cf.  v,  16.
8.  Fixer  des  balustrades  au  bord  des  toits.  — Murum  tecti  per  circuitum.  Pour  bien  comprendre cette  mesure,  il  faut  se  souvenir  que  les  toits  dea maisons  sont  plats  en  Orient,  et  que  l'on  s'y  tient fréquemment  pour  prier,  pour  prendre  l'air,  pour vaquer  à  divers  travaux  domestiques.  Cf.  Jos.  n,  ,6  ;
626
Deut.  XXII,  9-19.
9.  Non  seres  vîneam  tuam  altero  se- mine,  ne  et  sementis  quam  sevisti,  et quae  nascuntur  exvinea,  pari  ter  sancti- ficentur.
10.  Non  arabis  in  bove  simiil  et asino.
11.  Non  indneris  vestimento,  quod  ex lana  linoque  contextum  est.
12.  Fimiculos  in  fimbriis  faciès  per quatuor  angulos  pallii  tui,  quo  operieris.
13.  Si  duxerit  vir  uxorem,  et  postea odio  habuerit  eam ,
14.  qusesieritque  occasiones  quibiis dimittat  eam,  objiciens  ei  nomen  pessi- miim,  et  dixerit  :  Uxorem  hanc  accepi, et  ingressus  ad  eam,  non  inveni  virgi- nem  ;
15.  tollent  eam  pater  et  mater  ejas, et  ferent  secum  signa  virginitatis  ejus ad  seniores  nrbis  qui  in  porta  sunt  ;
16.  et  dicet  pater  :  Filiam  meam  dedi huic  uxorem  ;  quam  quia  odit,
17.  imponit  ei  nomen  pessimum,  ut dicat  :  Non  inveni  filiam  tuam  viigi- nem;  et  ecce  haec  sunt  signa  virgini- tatis filise  mese.  Expandent  vestimentum coram  senioribus  civitatis  ;
18.  apprehendentque  senes  urbis  illius virum,  et  verberabunt  illum,
19.  conderanantes  insuper  centum  si- clis  argenti,  quos  dabit  patri  puellœ, quoniam  diiïamavit  nomen  pessimum super  virginem  Israël  ;  habebitque   eam
9.  Vous  ne  sèmerez  point  d'autre  se- mence dans  votre  vigne ,  de  peur  que  la graine  que  vous  aurez  semée  et  ce  qui naîtra  de  la  vigne  ne  se  corrompent  l'un l'autre.
10.  Vous  ne  labourerez  point  avec  un bœuf  et  un  âne  attelés  ensemble.
11.  Vous  ne  vous  revêtirez  pas  d'un habit  qui  soit  tissé  de  laine  et  de  lin.
12.  Vous  ferez  avec  de  petits  cordons des  franges  que  vous  mettrez  aux  quatre coins  du  manteau  dont  vous  vous  cou- vrez.
13.  Si  un  homme,  ayant  épousé  une femme,  en  conçoit  ensuite  de  l'aver- sion,
14.  et  que,  cherchant  un  prétexte  pour ]a  répudier,  il  lui  impute  un  crime  hon- teux, en  disant  :  J'ai  épousé  cette  femme  ; mais  m'étant  approché  d'elle,  j'ai  re- connu qu'elle  n'était  pas  vierge,
15.  son  père  et  sa  mère  la  prendront, et  ils  présenteront  aux  anciens  de  la ville,  qui  se  tiennent  à  la  porte,  les preuves  de  la  virginité  de  leur  fille  ;
16.  et  le  père  dira  :  J'ai  donné  ma fille  à  cet  homme  pour  femme  ;  mais , parce  qu'il  en  a  maintenant  de  l'aver- sion ,
17.  il  lui  impute  un  crime  honteux,  en disant  :  Je  n'ai  pas  trouvé  que  votre fille  fût  vierge.  Et  cependant  voici  les preuves  de  la  virginité  de  ma  fille.  Ils présenteront  en  même  temps  le  linge devant  les  anciens  de  la  ville  ;
18.  et  ces  anciens  de  la  ville,  prenant cet  homme,  lui  feront  souffrir  la  peine du  fouet ,
19.  et  le  condamneront  de  plus  à  pa3'er cent  sicles  d'argent,  qu'il  donnera  au  père de  la  jeune  fille,  parce  qu'il  a  déshonoré par  une  accusation  d'infamie  une  vierge
II  Reg.  XI,  etc.  On  attrait  couru  le  lisque  de tomber  sans  cet  appui.  Voyez  VAtl.  archéol.,  pi. XI,  fig.  9;  pi.  XII,  flg.  4,  5;  pi.  xill,  flg.  2,  3.
9-11.  Trois  mélanges  à  éviter.  —  Sur  la  pre- mière (non  seres...,  vers.  9)  et  la  troisième  (non induei-is... ,  vers.  11)  de  ces  associations  prohi- bées, voyez  Lev.  XIX,  19,  et  le  commentaire.  La seconde  est  un  trait  nouveau  :  in  bove  simul  et aaino;  deux  animaux  de  tailles  et  de  forces  si diverses,  de  formes  si  disparates, ne  sont  pas  faits pour  aller  ensemble.  —  Ne...  pariter  sanctificen- tur.  Le  blé  était  «  sanctifié  »  par  l'offrande  de la  première  gerbe,  le  16  nisan  (note  de  Lev.  xxiii, 10  et  ss.);  les  arbres  fruitiers  ne  l'étaient  que  la quatrième  année  (note  de  Lev.  xix,  23-25)  :  ces végétaux  devaient  donc  être  séparés  les  uns  des autres.  Voy.  VAtl.  arch.,  pi.  xxxiii,  flg.  11-13,  15.
6»  Le  précepte  des  franges  sacrées.  XXII,  12,
12.  Funiculos  in  fimbriis...  Répétition  abrégée de  Num.  xv,  37-41  (voyez  l'explication).
7°  Quelques  lois  destinées  à  maintenir  la  sain- teté du  mariage.  XXII,  13-30.
13-19.  Punition  îi  infliger  au  misérable  qui accuserait  injustement  sa  femme  de  s'être  mal conduite  entre  les  fiançailles  et  le  mariage.  — Qaasierit...  occasiones.  Dans  l'hébreu  :  Et  s'il lui  impute  des  actions  criminelles  (  littéral.  :  des actions  qui  font  parler),  de  manière  à  lui  attirer une  mauvaise  réputation.  —  L'expression  signa virginitatis  est  expliquée  par  les  mots  suivants  : expandent  vestimentum  (vers.  17).  «  Linteum sanguine  tinctum,  quem  ex  primo  congrcssu  cum virgine  ab  illa  profluerc  aiunt  medici,  »  écri- vent Ménochius  et  Coruclius  a  Lap.  —  Le  châ-
Deut.  XXII,  20-28.
G27
d'Israël;  elle  demeurera  sa  femme,  sans qu'il  puisse  la  répudier  tant  qu'il  vivra.
20.  Mais  si  ce  qu'il  objecte  est  véri- table, et  s'il  se  trouve  que  la  jeune femme,  quand  il  l'épousa,  n'était  pas vierge,
21.  on  la  chassera  hors  de  la  porte  de la  maison  de  son  père ,  et  les  habitants de  cette  ville  la  lapideront,  et  elle mourra,  parce  qu'elle  a  commis  un  crime détestable  dans  Israël ,  étant  tombée  en fornication  dans  la  maison  de  son  père  ; vous  ôterez  ainsi  le  mal  du  milieu  de vous.
22.  Si  un  homme  dort  avec  la  femme d'un  autre,  ils  mourront  tous  deux, l'homme  adultère  et  la  femme  adultère  ; et  vous  ôterez  le  mal  du  milieu  d'Israël.
23.  Si,  après  qu'une  jeune  fille  vierge a  été  fiancée,  quelqu'un  la  trouve  dans la  ville  et  la  «corrompt,
24.  vous  les  ferez  sortir  l'un  et  l'autre à  la  porte  de  la  ville,  et  ils  seront  tous deux  lapidés:  la  jeune  fille,  parce  qu'é- tant dans  la  ville,  elle  n'a  pas  crié;  et l'homme,  parce  qu'il  a  abusé  de  la  femme de  son  prochain  ;  et  vous  ôterez  le  mal du  milieu  de  vous.
25.  Mais  si  un  homme  trouve  dans  un champ  une  jeune  fille  qui  est  fiancée,  et que,  lui  faisant  violence,  il  la  déshonore, il  sera  seul  puni  de  mort  ;
26.  la  jeune  fille  ne  souffrira  rien,  et elle  n'est  point  digne  de  mort,  parce  que, de  même  qu'un  voleur  s'élevant  tout  à coup  contre  son  frère  lui  ôte  la  vie,  ainsi cette  jeune  fille  a  souffert  une  semblable violence.
27.  Elle  était  seule  dans  un  champ, elle  a  crié ,  et  personne  n'est  venu  pour la  délivrer.
28.  Si  un  homme  trouve  une  jeune fille  vierge  qui  n'a  point  été  fiancée,  et que,  lui  faisant  violence,  il  la  désho- nore, les  juges,  après  avoir  pris  connais- sance de  cette  affaire,
uxorem,  et   non  poterit   dimittere  eam omnibus  diebus  vitœ  suœ.
20.  Quod  si  verum   est  quod  objicit, et  non  est  in  puella  inventa  virginitas ,
21.  ejicient  eam  extra  fores  domus patris  sui,  et  lapidibus  obruent  viri  ci- vitatis  illius,  et  morietur,  quoniam  fecit nefas  in  Israël ,  ut  fornicaretur  in  domo patris  sui  ;  et  auf  ères  malum  de  medio tui.
_  22.  Si  dormierit  vir  cum  uxore  alte- rius,  uterque  morietur,  id  est,  adulter et  adultéra  ;  et  auferes  malum  de  Israël.
_  23.  Si  puellam  virginem  desponderit vir,  et  invenerit  eam  aliquis  in  civitate, et  concubuerit  cura  ea,
24.  educes  utrumque  ad  portam  ci- vitatis  illius ,  et  lapidibus  obruentur  : puella,  quia  non  clamavit,  cum  esset  in civitate  ;  vir,  quia  humilia  vit  uxorem proximi  sui  ;  et  auferes  malum  de  medio tui.
25.  Sin  autem  in  agro  repererit  vir puellam,  qua)  desponsata  est,  et  appre- hendens  concubuerit  cum  ea,  ipse  mo- rietur soins  ;
26.  puella  nihil  patietur,  nec  est  rea mortis,  quoniam  sicut  latro  consurgit contra  fratreûi  suum ,  et  occidit  animam ejus,  ita  et  puella  perpessa  est.
27.  Sola  erat  in  agro,  clamavit,  et nullus  aft'ait  qui  liberaret  eam.
28.  Si  invenerit  vir  puellam  virginem, quae  non  habet  sponsum ,  et  appi'chen- dens  concubuerit  cum  illa,  et  res  ad judicium  venerit,
timent  du  coupable  était  triple  :  1»  verberabunt , la  bastonnade  (  voyez  xxv,  1  -  3 ,  et  le  commen- taire); 2°  100  sicles,  ou  283  fr. ,  de  dommages- Intérêts  ;  3°  la  privation  perpétuelle  du  droit  de divorcer  (non  poterit  dimittere...).
20-21.  Punition  d'une  fiancée  coupable  d'incou- duite.  —  Lapidibus  obruent.  On  la  traitait  comme une  épouse  adultère,  car  les  fiançailles  ont  tou- jours créé,  aux  yeux  des  Israélites,  des  obligations presque  équivalentes  à  celles  du  mariage.  —  Sur l'expression  fecit  nefas  in  Israël,  voyez  Gen. xxxiv,  7,  et  l'explication.
22.  L'adultère  et  son  châtiment.  Cf.  Lcv.  xx,  10; Joan.  VIII,  5.
23-27.  Le  cas  d'une  fiancée  ù  laquelle  on  a  fait violence.  —  Deux  hypothèses ,  et,  par  suite,  deux solutions  distinctes  :  1°  Si...  in  civitate...,  vers. 23-24.  2°  Sin  autem  in  agro...,  vers.  25-27.  Dans la  première  hypothèse,  la  jeune  fille  n'a  pas  suffi- samment défendu  son  honneur,  et  l'on  présume qu'elle  a  consenti  ;  dans  la  seconde ,  les  présomp- tions sont  en  sa  faveur.
28-29.  Cas  semblable,  pour  une  jeune  fille  non fiancée. —  Le  coupable  était  condamné  :  1°  à  payer
628
Deut.  XXII,  29  —  XXIII,  7.
29.  dabit  qui  dormivit  ciim  ea,  patri puellae  quinquagiuta  siclos  argent! ,  et liabebit  eam  uxorem,  quia  humilia  vit illam  ;  non  poterit  dimittere  eam  cunctis diebns  vitf«  suîc.
30.  Non  accipiet  liomo  uxorem  patris sui,  nec  revelabit  opcrimentum  ejus.
29.  condamneront  celui  qui  l'a  désho- norée à  donner  au  père  de  la  jeune  fille cinquante  sicles  d'argent,  et  il  la  pren- dra pour  femme,  parce  qu'il  a  abusé d'elle,  et  jamais  il  ne  pourra  la  répu- dier.
30.  Un  homme  n'épousera  pas  la femme  de  son  père,  et  il  ne  découvrira point  ce  que  la  pudeur  doit  cacher.
CHAPITRE  XXIII
1.  Xon  in  trahit  eunuchus,  attritis  vel amputatis  testiculis,  et  abscisse  veretro, ecclesiara  Domini.
2.  Non  ingredietur  mamzer,  hoc  est , de  scorto  natus,  in  ecclesiam  Domini, usque  ad  decimam  generationem.
3.  Ammonites  et  Moabites  etiam  post decimam  generationem  non  intrabunt ecclesiam  Domini  in  œternum,
4.  quia  noluerunt  vobis  occurrere  cum pane  et  aqua  in  via ,  quando  egressi  estis de^gypto;  et  quia  conduxerunt  contra  te Balaam,  filium  Beor,  de  •  Mesopotamia Syriee,  ut  malediceret  tibi  ;
5.  et  noluit  Dominus  Deus  tuus  au- dire  Balaam,  vertitque  maledictionem ejus  in  benedictionem  tuam,  eo  quod diligeret  te.
G.  Non  faciès  cum  eis  pacsm,  nec qu;eras  eis  bona  cunctis  diebus  vitœ  tuœ in  serapiternum.
7.  Non  abominaberis  Idumseum,  quia
1.  L'eunuque,  dans  lequel  ce  que  Dieu a  destiné  à  la  conservation  de  l'espèce aura  été  ou  retranché  ou  blessé  d'une blessure  incurable,  n'entrera  point  dans l'assemblée  du  Seigneur.
2.  Celui  qui  est  bâtard,  c'est-à-dire qui  est  né  d'une  femme  prostituée,  n'en- trera point  dans  l'assemblée  du  Seigneur jusqu'à  la  dixième  génération.
3.  L'Ammonite  et  le  Moabite  n'entre- ront jamais  dans  l'assemblée  du  Sei- gneur, pas  même  après  la  dixième  géné- ration ,
4.  parce  qu'ils  n'ont  pas  voulu  venir au-devant  de  vous  avec  du  pain  et  de l'eau,  lorsque  vous  étiez  en  chemin, après  votre  sortie  d'Egypte;  et  parce qu'ils  ont  gagné  et  fait  venir  contre  vous Balaam,  fils  de  Béor,  de  la  Mésopotamie de  Syrie,  afin  qu'il  vous  maudît.
5.  Mais  le  Seigneur  votre  Dieu  ne  vou- lut point  écouter  Balaam  ;  et,  parce  qu'il vous  aimait,  il  obligea  Balaam  de  vous donner  des  bénédictions  au  lieu  des  ma- lédictions qu'il  voulait  vous  donner.
6.  Vous  ne  ferez  point  de  paix  avec ces  peuples,  et  vous  ne  leur  procurerez jamais  aucun  bien  tant  que  vous  vi- vrez.
7.  Vous  n'aurez  pas  l'Iduméen  en  abo-
50  sicles  de  dommages  -  intérêts ,  2°  à  épouser  la jeune  fille,  en  perdant  tout  droit  au  divorce.  Plus haut.  Ex.  XXII,  16-17,  il  s'agissait  de  simple  sé- duction sans  violence  ;  de  là,  la  différence  du  châ- timent.
30.   L'inceste.  Cf.   x.xvn,   20;  Lev.  xvin,  8;
XX,  11.
8»  Du  droit  de  cité  dans  Israël.  XXIII,  1-8.
Chai*.  XXIII.  —  1-6.  Cinq  catégories  de  per- sonnes qui  ne  pourront  jamais  obtenir  ce  droit. —  1«  Eunuchus,  attritis...  testiculis  (cf.  Lev.
XXI,  17  et  ss.);  2»  abscisso  veretro:  ces  deux sortes  de  mutilations ,  si  fréquentes  chez  les peuples  païens  de  l'antiquité,  avilissaient  ceux
qui  les  avaient  subies,  et  les  rendaient  indignes de  faire  partie  du  peuple  de  Jéhovah.  —  3°  Mam- zer, mot  d'origine  et  de  signification  douteuses, qui  ne  désigne  probablement  pas  un  bâtard  or- dinaire {de  scorto  natus),  mais  le  fi-uit  do  l'in- ceste ou  de  l'adultère.  Usque  ad  decimam  ge- nerationem équivaut  à  «  jamais  »  d'après  le vers.  3.  —  4:>  et  5°  Ammonites  et  Moabites,  vers. 3-6.  Cette  fois,  l'e.Kclusion  est  motivée  et  appuyée sur  des  faits  récents.  Cf.  ii,  29;  Num.  xxu, 5  et  ss.
7-8.  Deux  peuples  admis  au  droit  de  cité.  — Idumceum ,  en  tant  que  descendants  d'J^^saii  ; JSjUPtliim,  à  cause  de  la  longue  liospitalité  dont
Deut.  XXIII,  8-18.
G29
mination,  parce  qu'il  est  votre  fi'cre  ;  ni l'Egyptien,  parce  que  vous  avez  été étranger  en  son  pays.
8.  Ceux  qui  seront  nés  de  ces  deux peuples  entreront  à  la  troisième  généra- tion dans  l'assemblée  du  Seigneur.
9.  Lorsque  vous  marcherez  contre  vos ennemis  pour  les  combattre,  vous  aurez soin  de  vous  abstenir  de  toute  action mauvaise.
10.  Si  un  homme  d'entre  vous  a  souf- fert quelque  chose  d'impur  dans  un songe  pendant  la  nuit,  il  sortira  hors du  camp,
11.  et  il  n'y  reviendra  point  jusqu'à ce  qu'au  soir  il  se  soit  lavé  dans  l'eau  ; et,  a])rcs  le  coucher  du  soleil,  il  revien- dra dans  le  camp.
12.  Vous  aurez  un  lieu  hors  du  camp où  vous  irez  pour  vos  besoins  naturels.
13.  Et  portant  un  bâton  pointu  à votre  ceinture,  lorsque  vous  voudrez  vous soulager,  vous  ferez  un  creux  en  rond, et  vous  recouvrirez  les  excréments  de terre
14.  après  vous  être  soulagé.  (Car  le Seigneur  votre  Dieu  marche  au  milieu de  votre  camp  pour  vous  délivrer  de tout  péril,  et  pour  vous  livrer  vos  enne- mis. )  Ainsi  vous  aurez  soin  que  votre cam})  soit  2^ur  et  saint,  et  qu'il  n'y  pa- raisse rien  qui  le  souille ,  de  peur  que  le Seigneur  ne  vous  abandonne.
15.  Vous  ne  livrerez  point  entre  les mains  de  son  maître  l'esclave  qui  s'est réfugié  chez  vous.
16.  Il  demeurera  parmi  vous  au  lieu" où  il  lui  plaira,  et  il  trouvera  le  repos  et la  sûreté  dans  quelqu'une  de  vos  villes, sans  que  vous  lui  fassiez  aucune  peine.
17.  Il  n'y  aura  point  de  femme  prosti- tuée d'entre  les  filles  d'Israël,  ni  de  for- nicateur  d'entre  les  enfants  d'Israël.
18.  Vous  n'offrirez  point  dans  la  mai- son du  Seigneur  votre  Dieu  la  récom-
frater   tuus   est;   nec   ^gyptium,  quia advena  fuisti  in  terra  ejus.
8.  Qui  nati  fuerint  ex  eis,  tertia  gene- ratione  intrabunt  in  ecclesiam  Domini.
9.  Quando  egressus  fueris  ad  versus hostes  tuos  in  pugnam,  custodies  te  ab omni  re  mala.
10.  Si  fuerit  inter  vos  homo,  qui  no- cturno  pollutus  sit  somnio,  egredietur extra  castra,
11.  et  non  revertetur,  priusquam  ad vesperam  lavetur  aqua  ;  et  post  solis occasum  regredietur  in  castra.
12.  Habebis  locum  extra  castra,  ad quem  egrediaris  ad  requisita  naturœ,
13.  gerens  paxillum  in  balteo;  cum- que  sederis,  fodies  per  circuitum,  et egesta  humo  operies
14.  quo  releva  tus  es  (Dominus  enim Deus  tuus  ambulat  in  medio  castrorum , ut  cruat  te,  et  tradat  tibi  inimicos  tuos); et  sint  castra  tua  sancta ,  et  nihil  in  eis appareat  fœditatis,  ne  derelinquat  te.
15.  Non  trades  servum  Domino  suo, qui  ad  te  confugerit.
16.  Habitabit  tecum  in  loco,  qui  ei placuerit,  et  in  una  urbium  tuarum  re- quiescet  ;  ne  contristes  eum.
17.  Non  erit  meretrix  de  filiabus  Is- raël ,  nec  scortator  de  filiis  Israël.
18.  Non  ofïeres  mercedem  prostibuli, nec  pretium  canis,  in  domo  Domini  Dei
les  Hébreux   avaient  joui  en   Egypte   {advenu fu  isti...  ).  —  Une  réserve  pourtant  :  tertia  gene- ralionc;  les  arrière  -  petits  -  enfants. ^9°  La  pureté  du  camp.  XXIII,  9-14.
9-11.  Veiller,  en  temps  de  guerre,  à  la  pureté morale  du  camp  Israélite.  —  Le  principe  au  vers.  9  : ab  omni  re  mala.  Un  exemple  aux  vers.  10-11  : qui  nocLurno...  Cf.  Lev.  xv,  16.
12-14.  La  propreté  matérielle  du  camp.  —  Ha- hchis  locum...  De  petites  choses,  relevées  par  de hautes  considérations  :  Dominus...  ambulat...  Cf. Matlh.  XV,  17-20.
10°  rersonncs  à  protéger  ou  à  proscrire.  XXIII, 15-18.
15-16.  Accueillir  avec  bonté  les  esclaves  fugi- tifs. —  Non  trades  servum...  L'esclave  et  son maître  sont  supposés  appartenir  h  une  nation voisine,  et  le  premier  s'est  réfugié  sur  le  terri- toire Israélite  pour  échapper  à  un  traitement tjTannique  :  par  ce  seul  fait  il  recouvrait  sa liberté.
17-18.  Ne  pas  tolérer  dans  Israël  ceux  qui  sa livraient  à  une  infâme  prostitution  en  l'honneur d'Astarté.  —  Meretrix,  scortator;  il  y  en  avait des  deux  sexes.  Le  texte  les  appelle  q'désah, qades  (voyez  la  note  de  Gen.  xxxviii,  21).  — Non  offercs  mercedem...  Le  salaire  de  leur  incon- (luito  n'était  pas  moins   ignoble  que  leurs  per-
630
Deut.  XXIII,  19  —  XXIV,  1.
tui,  quidqnid  illud  est  quod  voveris, quia  abominatio  est  utrumque  apud  Do- minum  Deum  tuiim.
19.  Non  fœnerabis  fratri  tuo  ad  usu- ram  pecimiam,  nec  fruges,  nec  quam- libet  aliam  rem,
20.  sed  alieno.  Fratri  autem  tuo  abs- que  usura  id,  quo  indiget,  commodabis, ut  benedicat  tibi  Dominus  Deus  tuus  in omni  opère  tuo  in  terra,  ad  quam  ingre- dicris  possidendam.
21.  Cum  votum  voveris  Domino  Deo tuo,  non  tardabis  reddere,  quia  requiret illud  Dominus  Deus  tuus  ;  et  si  moratus fueris,  reputabitur  tibi  in  peccatum.
22.  Si  nolueris  polliceri,  absque  pec- cato  eris  ;
23.  quod  autem  semel  egressum  est de  labiis  tuis,  observabis,  et  faciès  sicut promisisti  Domino  Deo  tuo,  et  propria voluntate,  et  ore  tuo  locutus  es.
24.  Ingressus  vineam  proximi  tui,  co- medes  uvas  quantum  tibi  placuerit  ;  foras autem  ne  efîeras  tecum.
25.  Si  intraveris  in  segetem  amici  tui, franges  spicas ,  et  manu  conteres  ;  f alce autem  non  metes.
pense  de  la  prostituée,  ni  le  prix  du chien,  quelque  vœu  que  vous  ayez  fait; parce  que  l'un  et  l'autre  est  abominable devant  le  Seigneur  votre  Dieu.
19.  Vous  ne  prêterez  à  usure  à  votre frère  ni  de  l'argent,  ni  du  grain,  ni quelque  autre  chose  que  ce  soit,
20.  mais  seulement  aux  étrangers. Vous  prêterez  à  votre  frère  ce  dont  il aura  besoin ,  sans  en  tirer  aucun  intérêt  ; afin  que  le  Seigneur  votre  Dieu  vous bénisse  en  tout  ce  que  vous  ferez  dans le  pays  dont  vous  devez  entrer  en  pos- session.
21.  Lorsque  vous  aurez  fait  un  vœu au  Seigneur  votre  Dieu,  vous  ne  diffé- rerez point  de  l'accomplir,  parce  que  le Seigneur  votre  Dieu  vous  en  demandera compte,  et  que  si  vous  différez,  cela  vous sera  imputé  à  péché..
22.  Vous  serez  exempt  de  péché  si vous  ne  voulez  faire  aucune  promesse  ;
23.  mais,  lorsqu'une  fois  la  parole  sera sortie  de  votre  bouche,  vous  l'accompli- rez, et  vous  ferez  selon  ce  que  vous  avez promis  au  Seigneur  votre  Dieu,  l'ayant fait  de  votre  propre  volonté,  et  l'ayant déclaré  par  votre  bouche.
24.  Quand  vous  entrerez  dans  la  vigne de  votre  prochain,  vous  pourrez  manger des  raisins  autant  que  vous  voudrez  ; mais  vous  n'en  emporterez  point  dehors avec  vous.
25.  Si  vous  entrez  dans  les  blés  de votre  ami,  vous  en  pourrez  cueillir  des épis  et  les  froisser  avec  la  main  ;  mais vous  n'en  pourrez  pas  couper  avec  la faucille.
CHAPITRE  XXIV
1.  Si  acceperit  homo  uxorem,  et  ha- buerit  eam,  et  non  invenerit  gratiam ante  oculos  ejus  propter  aliquam  fœdi-
1.  Si  un  homme,  ayant  épousé  une femme  et  ayant  vécu  avec  elle,  en  con- çoit ensuite  du  dégoût  à  cause  de  quelque
sonnes.  —  Canis  doit  se  prendre  au  figuré  et  re- présente le  «  scortator  »  du  vers.  17  (cf.  Apoc. XXII,  ]5).
110  Contre  l'usure.  XXIII,  19-20,
19-20.  L'usure  était  interdite  à  l'égard  des Israélites  (fratri  tuo),  mais  permise  envers  les païens  (alieno).  Cf.  Ex.  xxii,  25  et  ss.  ;  Lev. XXV,  36-37.
120  Les  vœux.  XXIII,  21-23.
21-23.  On  recommande  leur  accomplissement prompt  et  intégral.  Cf.  Ex.  xxii,  29;  Lev.  xxvii; Num.  XXX,  2,  etc.
13"  Respecter  le  bien  d'autrui,  XXIII,  24-25,
24-25,  Comede...,  franges...  Cette  tolérance avait  lieu  surtout  au  profit  des  pauvres  ;  mais  on interdit  l'abus,  en  limitant  le  privilège  à  la  con- sommation sur  place  :  ne  efferas ,  non.  m':tcs.  Les apôtres  usèrent  un  jour  de  cette  autorisation (cf.  Matth,  XII,  1),  qui  subsiste  encore  dans  les pays  arabes.
14«  Le  divorce.  XXIV,  1-4.
Chap.  XXIV.  —  1-4.  Propter  aliquam  fœdi- tatem.  L'hébreu  'ervat  dâbar  signifie  littérale- ment :  la  nudité  d'une  chose,  c.-à-d.  une  chose
Deut.  XXIV,  2-8.
C31
défaut  honteux,  il  fera  un  écrit  de  di- vorce, et,  l'ayant  mis  entre  les  mains  de cette  femme,  il  la  renverra  hors  de  sa maison.
2.  Et  si,  après  qu'elle  est  sortie,  elle épouse  un  second  mari ,
3.  qui  conçoive  aussi  de  l'aversion  pour elle,  et  qui  la  renvoie  encore  hors  de  sa maison  après  lui  avoir  donné  un  écrit de  divorce,  ou  s'il  vient  simplement  à mourir,
4.  le  premier  mari  ne  pourra  plus  la reprendre  ])our  sa  femme,  parce  qu'elle a  été  souillée,  et  qu'elle  est  devenue abominable  devant  le  Seigneur  ;  ne  souf- frez pas  qu'un  tel  péché  se  commette dans  la  terre  dont  le  Seigneur  votre  Dieu doit  vous  mettre  en  possession.
5.  Lorsqu'un  homme  aura  épousé  une femme  depuis  peu,  il  n'ira  point  à  la guerre,  et  on  ne  lui  imposera  aucune charge  publique  ;  mais  il  pourra  sans aucune  faute  s'appliquer  à  sa  maison, et  passer  une  année  en  joie  avec  sa femme.
6.  Vous  ne  recevrez  point  pour  gage la  meule  inférieure  ou  supérieure  du moulin ,  parce  que  celui  qui  vous  l'offre vous  engage  sa  propre  vie'.
7.  Si  un  homme  est  surpris  tendant un  piège  à  son  frère  d'entre  les  enfants d'Israël,  et  que,  l'ayant  vendu  comme esclave,  il  en  ait  reçu  le  prix,  il  sera puni  de  mort;  et  vous  ôterez  le  mal  du milieu  de  vous.
8.  Evitez  avec  un  soin  extrême  tout ce  qui  pourrait  vous  faire  tomber  dans la   plaie   de  la  lèpre  ;  faites  pour  cela
tatem ,  scribet  libellum  repudii ,  et  dabit in  manu  illius,  et  dimittet  eam  de  domo sua.
2.  Cumque  egressa  alterum  maritura duxerit,
3.  et  ille  quoque  oderit  eam,  dede- ritque  ei  libellum  repudii,  et  dimiserit de  domo  sua,  vel  certe  mortuus  fuerit,
4.  non  poterit  prior  maritus  recipere eam  in  uxorem,  quia  polluta  est,  et  abo- minabihs  facta  est  coram  Domino  ;  ne peccare  facias  terram  tuam ,  quam  Do- minus  Deus  tuus  tradiderit  tibi  possi- dendam.
5.  Cum  acceperit  homo  nuper  uxorem, non  procedet  ad  bellum,  nec  ei  quippiam necessitatis  injungetur  publicœ  ;  sed  va- cabit  absque  culpa  domi  sues,  ut  uno anno  Ifetetur  cum  uxore  sua.
6.  Non  accipies  loco  pignoris  inferio- rem  et  superiorem  molam,  quia  animam suam  opposuit  tibi.
7.  Si  deprehensus  fuerit  homo  sollici- tans  fratrem  suum  de  filiis  Israël,  et vendito  eo  acceperit  pretium,  interficie- tur,  et  auferes  malum  de  medio  tai.
8.  Observa  diligenter  ne  incurras  pla- gam  leprse  ;  sed  faciès  quœcumque  do- cuerint  te  sacerdotes  levitici  generis,  juxta
honteuse  (les  LXX,  a(7-/-o!J-ov  Tipayfxa);  ce  qui suppose  quelques  raisons  graves  et  exclut  le  simple caprice.  —  Libellum  repudii.  Cette  pièce  formait l'acte  of&ciel  du  divorce.  —  Dimittet.  Concession faite  à  la  «  dureté  de  leur  cœur  »,  a  dit  Notrc- Seigneur  Jésus -Christ  lorsqu'il  a  solennellement rétabli  l'indissolubilité  primitive  du  mariage, Matth.  XIX,  2  et  ss.  Du  reste,  la  restriction  éta- blie au  vers.  4  {von  poterit  prior...)  et  la  sévé- rité des  expressions  employées  par  le  législateur {polluta  est,  et  abominabilis)  étaient  bien  ca- pables de  faire  réfléchir  ceux  qui  songeaient  au divorce.
15°  Divers  préceptes  d'humanité.  XXIV,  5-7.
5.  Exemption  du  service  militaire  pour  les hommes  nouvellement  mariés.  Cf.  xx,  7.  La  durée de  l'exemption  {uno  anno)  n'avait  pas  été  détei'- minée  précédemment.
6.  Ne  pas  prendre  en  gage  la  meule  de  son prochain.  —  Ivferiorem  et  superiorem  molam. Les  petits  moulins  à  bras,  toujours  usités  en
Orient ,  se  composent ,  en  effet ,  de  deux  meules , dont  l'une  repose  à  terre  et  demeure  immobile, tandis  que  l'autre  tourne  par-dessus.  Voyez  VAtl. archéol.,  pi.  xxi,  flg.  1,  2,  3.  Comme  l'on  moud chaque  jour  la  provision  de  grain  nécessaire  au ménage,  une  meule  est  un  objet  indispensable {animam  snavi.,.;  littéralement  :ce  serait  prendre pour  gage  la  vie  même).
7.  Rapt  d'hommes  pour  les  vendre  comme  es- claves. — ■  Sollicitans.  Hébr.  :  qui  aie  dérobé  un de  ses  frères.  Crime  odieux,  déjà  condamné  (Ex. XXI,  16).
160  La  lèpre.  XXIV,  8-9.
8-9.  Observa  diligenter  ne...  Prendre  tous  les soins  possibles  pour  éloigner  ce  fléau  épouvan- table ,  et  pour  cela  se  conformer  fidèlement  aux ordonnances  des  prêtres ,  que  Dieu  avait  éta- blis juges  suprêmes  en  cette  matière.  Cf.  Lev. XIII  et  XIV.  —  Qu(S  fecerit...  Marice.  Cf.  Num. XII,  10  et  ss.  La  sœur  même  de  Moïse  et  d'Aaron dut  se  soumettre  aux  prescriptions  réglemen-
632
Deut.  XXIV,  9-18.
id  qiiod  prœcepi  eis,  et  impie  sollicite.
9.  Mementote  qwso.  fecerit  Dominus Deus  vestei-  Mariœ  in  via,  cum  egredere- mini  de  ^gypto.
10.  Cum  répètes  a  proximo  tiio  rem aliquam,  quam  débet  tibi,  non  ingredie- ris  domum  ejus  ut  pignus  auferas,
11.  sed  stabis  foris,  et  ille  tibi  pro- feret  quod  habuerit.
12.  Sin  autem  pauper  est,  non  per- noctabit  apud  te  pignus;
13.  sed  statim  reddes  ei  ante  solis occasum,  ut  dormiens  in  vestimento  suo, benedicat  tibi,  et  liabeas  justitiam  co- ram  Domino  Deo  tuo.
14.  Non  negabis  mercedem  indigen- tis,  et  pauperis  fratris  tui,  sive  adveiise, qui  tecum  moratur  in portas  tuas  est;
terra,  et  intra
15.  sed  eadem  die  reddes  ei  pretium laboris  sui  ante  solis  occasum,  quia  pau- per est,  et  ex  eo  sustentât  animam suam  ;  ne  clamet  contra  te  ad  Dominum, et  reputetur  tibi  in  peccatum.
16.  Non  occidentur  patres  pro  filiis, nec  filii  pro  patribus  ;  sed  unusquisque pro  peccato  suo  morietur.
17.  Non  pervertes  judicium  advenue  et pupilli,  nec  auferes  pignoris  loco  viduse vestimentum.
18.  Mémento  quod  servieris  in  ^gypto,
tout  ce  que  les  prêtres  de  la  race  de Lévi  vous  enseigneront,  selon  ce  que  je leur  ai  commandé,  et  accomplissez -le exactement.
9.  Souvenez -vous  de  la  manière  dont le  Seigneur  votre  Dieu  a  traité  Marie durant  le  voyage,  après  votre  sortie  de l'Egypte.
10.  Lorsque  vous  redemanderez  à  votre prochain  quelque  chose  qu'il  vous  doit, vous  n'entrerez  point  dans  sa  maison pour  en  emporter  un  gage ,
11.  mais  vous  vous  tiendrez  dehors, et  il  vous  donnera  lui-même  ce  qu'il aura.
12.  Et  s'il  est  pauvre,  le  gage  qu'il vous  aura  donné  ne  passera  pas  la  nuit chez  vous  ;
13.  mais  vous  le  lui  rendrez  aussitôt avant  le  coucher  du  soleil,  afin  que,  dor- mant dans  son  vêtement,  il  vous  bénisse, et  que  vous  soyez  trouvé  juste  devant  le Seigneur  votre  Dieu.
14.  Vous  ne  refuserez  point  à  l'indi- gent et  au  pauvre  ce  que  vous  lui  devez, soit  qu'il  soit  votre  frère,  ou  qu'étant venu  du  dehors,  il  demeure  avec  vous dans  votre  pays  et  dans  votre  ville  ;
15.  mais  vous  lui  rendrez  le  même jour  le  prix  de  son  travail  avant  le  cou- cher du  soleil,  parce  qu'il  est  pauvre  et qu'il  n'a  que  cela  pour  vivre  ;  de  peur qu'il  ne  crie  contre  vous  au  Seigneur,  et que  cela  ne  vous  soit  imputé  à  péché.
16.  On  ne  fera  pas  mourir  les  pères pour  les  enfants ,  ni  les  enfants  pour  les pères;  mais  chacun  mourra  pour  son péché.
17.  Vous  ne  renverserez  pas  la  justice dans  la  cause  de  l'étranger  ni  de  l'or- phelin, et  vous  n'éterez  point  à  la  veuve son  vêtement  pour  qu'il  vous  tienne  lieu de  gage.
18.  Souvenez -vous  que  vous  avez  été
taires,  après  sa  guérison.  Selon  d'autres  inter- prètes, le  sens  serait;  Ne  péchez  pas,  comme Marie  ;  autrement,  Dieu  se  vengera  en  vous  frap- pant (le  la  lèpre.
17°  Autres  préceptes  d'humanité  et  de  charité. XXIV,  10 -XXV,  5.
10-13.  Encore  les  gages.  —  Deux  règles  déli- cates :  l"  vers.  10-11  (nouveau  détail)  :  non  in- gredieris  domum...,  le  domicile  étant  une  chose inviolable  et  sacrée;  2°  vers  12-13,  non  perno- ctaUt...  pignus,  au  cas  où  ce  gage  consistait dans  le  grand  manteau  (vcstimenium)  qui  servait de  couverture  aux  pauvres  pendant  la  nuit.  Cf. Ex.  XXII,  26-27.
14-15.  Le  salaire  des  ouvriers  indigents.  Cf. Lcv.  XIX,  13;  Tob.  iv,  15;  Jac.  v,  4.
16-17.  Éviter  l'injustice  dans  les  causes  judi- ciaires. —  Première  règle,  vers.  16  (trait  nou- veau) :  ne  pas  englober  toute  une  famille  dans le  châtiment  d'un  crime  commis  par  un  de  ses membres,  ainsi  que  cela  se  pratiquait  habituel- lement chez  les  peuples  païens  (cf.  Esth.  ix,  13)  ; mais  unui^qiiisque...  «  Pœna  caput  scquitur,  w disent  les  juristes  d'après  ce  passage.  Ex.  xx,  5, les  coupables  sont  menacés  de  châtiment  jusqu'à la  troisième  et  la  quatrième  génération  ;  mais là  il  est  question  de  la  justice  divine;  ici,  de  la justice  humaine.  —  Deuxième  règle,  vers.  17  : être  équitable  et  bon  pour  les  classes  faibles  et délaissées.  Cf.  Ex.  xxii,  22-24.
18-22.  lléscrvcr  aux  pauvres  co  qui  reste dans  les  champs  après  la  récolte.   Vo^ez  Lcv.
Deut.  XXIV,  19  —  XXV,  3.
G33
enclave  en  Egypte,  et  qne  le  Seigneur votre  Dieu  vous  en  a  tiré.  C'est  pour- quoi voici  ce  que  je  vous  commande  de faire  :
19.  Lorsque  vous  aurez  coupé  vos grains  dans  votre  champ,  et  que  vous  y aurez  laissé  une  javelle  par  oubli,  vous n'y  retournerez  point  pour  l'emporter; mais  vous  la  laisserez  prendre  à  l'étran- ger, à  l'orphelin  et  à  la  veuve,  afin  que le  Seigneur  votre  Dieu  vous  bénisse  dans toutes  les  œuvres  de  vos  mains.
20.  Quand  vous  aurez  recueilli  les fruits  des  oliviers,  vous  ne  reviendrez point  reprendre  ceux  qui  seront  restés sur  les  arbres  ;  mais  vous  les  laisserez  à l'étranger,  à  l'orphelin  et  à  la  veuve.
21.  Quand  vous  aurez  vendangé  votre vigne,  vous  n'irez  point  cueillir  les  rai- sins qui  y  seront  demeurés  ;  mais  ils  se- ront pour  l'étranger,  pour  l'orphelin  et pour  la  veuve.
22.  Souvenez- vous  que  vous  avez  été vous-même  esclave  en  Egypte  ;  car  c'est pour  cela  que  je  vous  fais  ce  comman- c.  aillent.
et  eruerit  te    Dominus   Deus  tuns  inde. Idcirco  prœcipio  tibi  ut  fucias  luiiic  rem  :
19.  Quando  messueris  segetem  in  agro tuo,  et  oblitus  manipulum  reliqueris, non  reverteris  ut  tollas  illum  ;  sed  ad- venam,  et  pupillum,  et  viduam  auferre patieris,  ut  benedicat  tibi  Dominus  Deus tuus  in  omni  opère  manuum  tuarum.
20.  Si  fruges  collegeris  olivarum,  quid- quid  remanserit  in  arboribus,  non  rever- teris ut  colligas;  sed  relinques  advenœ, pupillo ,  ac  viduse,
21.  Si  vindemiaveris  vineam  tuam, non  coUiges  rémanentes  racenios  ;  sed cèdent  in  usus  advense,  pupilli,  ac  vi- duae.
22.  Mémento  quod  et  tu  servieris  in iEgypto  ;  et  idcirco  praecipio  tibi  ut  facias liane  rem.
CHAPITRE  XXV
1.  S'il  s'excite  un  différend  entre  deux hommes,  et  qu'ils  portent  l'affaire  de- vant les  juges,  celui  qu'ils  reconnaî- tront avoir  la  justice  de  son  côté  sera justifié  par  eux  et  gagnera  sa  cause;  et ils  condamneront  d'impiété  celui  qu'ils auront  jugé  impie.
2.  Et  s'ils  trouvent  que  le  coupable mérite  d'être  l;attu,  ils  ordonneront  qu'il soit  couché  par  itrre  ,  et  qu'il  soit  battu devant  eux.  Le  nombre  des  coups  se  ré- glera d'après  la  nature  du  péché  ;
3.  en  sorte,  néanmoins,  qu'il  ne  dé- passe point  celui  de  quarante,  de  peur ■yae  votre  frère  ne  s'en  aille  après  avoir été  déchiré  misérablement  devant   vos
1.  Si  fuerit  causa  inter  aliquos,  et  in- terpellaverint  judices,  quem  justum  esse perspexerint,  illi  justitise  palmam  da- bunt  ;  quem  impium,  condemnabunt  im- pietatis.
2.  Sin  autem  eum  qui  peccavit,  di- gnum  viderint  plagis,  prosternent,  et coram  se  facient  verberari.  Pro  mensura peccati  erit  et  plagarum  modus  ;
3.  ita  duntaxat,  ut  quadragenarium numerum  non  excédant,  ne  fœde  lace- ratus  ante  oculos  tuos  abeat  frater  tuus.
veux.
xix,  9  10  ;  le  détail  si  fruges..'.  ollvariim  (vers.  20; n'avait  pas  été  mentionné  antérieurement.
Chap.  XXV.  —  1-5.  Divers  exemples  d'équité et  d'humanité.  —  1°  Un  principe  général  pour les  juges,  vers.  1  :  ils  ne  devront  s'inspirer  que de  la  justice  pour  rendre  leurs  sentences  (jusium, impium  ;  c.-àd.  innocent  ou  coupable).  —  2°  Hu- manité dans  les  cliâtiments,  vers.  2-3  :  sans  doute, punir  quand  il  le  fauc  ;  mais  éviter  les  excès.  Le T  .Imud  a  tout  un  traité  {Makkùth)  sur  ce  point.
—  Prosternent...,  verberari:  les  monuments  égyp- tiens donnent  un  commentaire  plastique  de  ce passage  ;  celui  qui  subit  la  bastonnade  est  couché sur  le  ventre ,  et  on  lui  assène  les  coups  de  bâton sur  le  dos  (A  II.  archéol.,  pi.  lxxi,  fig.  4).  Plus tard,  le  supplicié  restait  debout;  mais  on  l'at- tachait par  les  mains  à  une  colonne  basse,  de manière  à  le  faire  courber  en  avant  Hbid.,  pi.  lxxii, fig.  2). —  Coram  se  :  en  présence  dos  juges  ;  excel- lente mesure  pour  restreindre  la  brutalité  des
634
Deux.  XXV,  4-11.
4.  Non  ligabis  os  bovis  terentis  in area  frugestuas.
5.  Quando  habita verint  fratres  simul, et  unus  ex  eis  absque  liberis  mortuns fuerit,  uxor  defuncti  non  nubet  alteri, sed  accipiet  eam  frater  ejus,  etsuscitabit semen  fratris  sui;
6.  et  primogenitum  ex  ea  filium  no- mine  illius  appellabit,  ut  non  deleatur nomen  ejus  ex  Israël.
7.  Sin  autem  noluerit  accipere  uxorem fratris  sui,  quse  ei  lege  debetur,  perget mulier  ad  portam  civitatis,  et  interpel- labit  majores  natu,  dicetque  :  Non  vult frater  viri  mei  suscitare  nomen  fratris sui  in  Israël,  nec  me  in  conjugem  su- mere  ;
8.  statimque  accersiri  eum  facient,  et interrogabunt.  Si  responderit  :  Nolo  eam uxorem  accipere,
9.  accedet  mulier  ad  eum  coram  se- nioribus,  et  tollet  calceamentum  de  pede ejus,  spuetque  in  faciem  illius,  et  dicet: Sic  fiet  homini,  qui  non  œdificat  domum fratris  sui  ;
10.  et  vocabitur  nomen  illius  in  Israël, domus  discalceati.
11.  Si  habuerint  inter  se  jurgium  viri
4.  Vous  ne  lierez  pas  la  bouche  du bœuf  qui  foule  vos  grains  dans  l'aire.
6.  Lorsque  deux  frères  demeurent  en- semble, et  que  l'un  d'eux  sera  mort  sans enfants,  la  femme  du  mort  n'en  épousera point  un  autre,  mais  le  frère  de  son  mari l'épousera ,  et  suscitera  des  enfants  à  son frère  ;
6.  et  il  donnera  le  nom  de  son  frère  à l'aîné  des  fils  qu'il  aura  d'elle,  afin  que le  nom  de  son  frère  ne  se  perde  point dans  Israël.
7.  Mais  s'il  ne  veut  pas  épouser  la femme  de  son  frère,  qui  lui  est  due  selon la  loi,  cette  femme  ira  à  la  porte  de  la ville,  et  elle  s'adressera  aux  anciens,  et leur  dira  :  Le  frère  de  mon  mari  ne  veut pas  susciter  dans  Israël  le  nom  de  son frère,  ni  me  prendre  pour  sa  femme  ;
8.  et  aussitôt  ils  le  feront  appeler  et ils  l'interrogeront.  S'il  répond  :  Je  ne veux  point  épouser  cette  femme ,
9.  la  femme  s'approchera  de  lui  de- vant les  anciens,  et  lui  ôtera  sa  chaussure du  pied,  et  lui  crachera  au  visage,  en disant  :  C'est  ainsi  que  sera  traité  celui qui  ne  veut  pas  établir  la  maison  de  son frère  ;
10.  et  sa  maison  sera  appelée  dans Israël  la  maison  du  déchaussé.
11.  S'il  arrive  un  démêlé  entre  deux
bourreaux.  —  Quadragenarium...  non  excédant  : pour  plus  de  certitude,  il  fut  réglé  qu'on  s'arrê- terait après  le  trente  -  neuvième  coup.  Cf.  II  Cor. XI,  24.  —  Ne  /œde  laceraius...  Le  législateur voulait  empêcher  qu'une  punition  légitime  ne  se transformât  en  une  perpétuelle  humiliation.  — 3°  Humanité  même  pour  les  animaux,  vers.  4 (trait  nouveau):  Non  alligahis  os;  avec  une muselière  d'osier  ou  d'une  autre  matière.  Bovi triiuranti  :  c'est  l'antique  méthode  de  battre le  blé;  les  bœufs  ou  les  clievaux  piétinent  en tous  sens  les  gerbes  étendues  sur  l'aire  ;  souvent on  active  l'opération  au  moyen  de  rouleaux  ou de  traîneaux,  auxquels  les  bœufs  sont  attelés. Voyez  VAtlas  archéol.,  pi,  xxxiv,  flg.  11-14;  pi. xxxv,  flg.  6, 11, 12.  Or  il  semblerait  dur  de  priver ces  dociles  serviteurs  d'une  bouchée  saisie  en  pas- sant; de  là  une  belle  application  de  saint  Paul, I  Cor.  IX,  9;  I  Tim.  v.  18.
18»  Le  mariage  du  lévirat.  XXV,  5-10.
Voyez  le  traité  Yebâmoth  du  Talmud  (de yabam,  beau -frère;  de  même  que  lévirat  dérive de  «  levir  »).  Cette  ordonnance  est  mentionnée ici  pour  la  première  fois,  mais  elle  repose  sur une  coutume  antique,  que  nous  avons  rencontrée Gen.  xxxvm,  8  (voyez  la  note).  Son  but  était de  préserver  l'intégrité  des  familles  dans  toutes leurs  ramifications,  et  aussi  d'y  maintenir  les biens  en  équilibre.  Sur  l'objection  que  les  saddu-
céens  en  tirèrent  contre  Notre -Seigneur  Jésus- Christ,  comp.  Matth.  xxii,  24  et  ss.
5-6.  Une  première  hypothèse  :  le  beau -frère consent  au  mariage. —  Accipiet  eam  frater:  ou, à  défaut  d'un  frère,  le  plus  proche  parent.  Cf. Ruth,  II,  2,  et  l'explication.  —  Nomine  illius  ap- pellabit  :  le  défunt  avait  ainsi  un  fils  et  un  héri- tier, en  vertu  de  cette  fiction  légale.
7-10.  Deuxième  hypothèse  :  le  beau -frère  se refuse  au  mariage.  —  Si...  noluerit...  C'est  pré- cisément pour  rendre  plus  rares  ces  sortes  de refus  que  l'on  faisait  passer  le  beau-frèi'e  non- acceptant  par  deux  cérémonies  humiliantes.  1°  l'ol- let  calceamentum..,:  acte  symbolique,  qui  expri- mait la  renonciation  totale  à  l'héritage  du  défunt et  au  mariage  avec  sa  veuve  (  cf.  Ruth ,  iv,  7  )  ; de  même  qu'on  attestait  des  droits  de  propriété sur  un  domaine  en  le  foulant  aux  pieds  (cf.  Ps. Lix,  10).  Le  souvenir  de  cette  première  cérémonie était  perpétué  par  le  nom  infamant  de  domus discalceati  (vers.  10;  marcher  les  pieds  nus  était regardé  comme  ime  marque  d'abjection,  d'humi- liation, II  Reg.  XV,  30,  etc.).  2»  Spuet...:  en  signe de  profond  mépris.  Cf.  Num.  xii,  14,  etc. —  Qui non  eediflcat  domum  (vers.  9)  :  au  moral;  c.-ù-d. une  famille,  des  enfants.
190  Une  contravention  aux  bonnes  mœurs. XXV,  11-12.
11-12.  Volensque  uxor..  Ce  détail  est  à  bon
Deut.  XXV,  12-10.
635
hommes,  et  qu'ils  commencent  à  se  que- reller l'un  l'autre,  et  que  la  femme  de l'un,  voulant  tirer  son  mari  d'entre  les mains  de  l'autre  qui  sera  plus  fort  que lui ,  étende  la  main  et  le  prenne  par  un endroit  que  la  pudeur  défend  de  nom- mer,
12.  vous  lui  couperez  la  main,  sans vous  laisser  fléchir  d'aucune  compassion pour  elle.
13.  Vous  n'aurez  point  en  réserve  plu- sieurs poids,  l'un  plus  fort  et  l'autre  plus faible  ;
14.  et  il  n'y  aura  pas  dans  votre  mai- son une  mesure  plus  grande  et  une  plus petite.
15.  Vous  n'aurez  qu'un  poids  juste  et véritable  ;  et  il  n'y  aura  chez  vous  qu'une mesure,  qui  sera  la  véritable  et  toujours la  même  ;  afin  que  vous  viviez  longtemps sur  la  terre  que  le  Seigneur  votre  Dieu vous  aura  donnée.
16.  Car  le  Seigneur  votre  Dieu  a  en abomination  celui  qui  fait  ces  choses,  et il  a  horreur  de  toute  injustice.
17.  Souvenez -vous  de  ce  que  vous  a fait  Amalec  dans  le  chemin,  lorsque  vous sortiez  d'Egypte;
18.  de  quelle  manière  il  fondit  sur vous,  et  tailla  en  pièces  la  queue  de  votre armée,  que  la  lassitude  avait  obligé  de s'arrêter  lorsque  vous  étiez  vous-même tout  épuisé  de  faim  et  de  travail,  sans qu'il  ait  eu  aucune  crainte  de  Dieu.
19.  Lors  donc  que  le  Seigneur  votre Dieu  vous  aura  donné  du  repos ,  et  qu'il vous  aura  assujetti  toutes  les  nations  si- tuées tout  autour  de  vous  dans  la  terre qu'il  vous  a  promise,  vous  exterminerez de  dessous  le  ciel  le  nom  d'Amalec.  Pre- nez bien  garde  de  l'oublier.
duo,  et  unus  contra  alterum  rixari  cœ- perit,  volensque  uxor  alterius  eruere virum  suum  de  manu  fortioris,  mise- ritque  manum ,  et  apprehenderit  verenda ejus.
12.  abscides  manum  illius,  nec  flecte- ris  super  eam  ulla  misericordia.
13.  Non  habebis  in  sacculo  diversa pondéra ,  majus  et  minus  ;
14.  nec  erit  indomo  tua  modius  major et  minor.
15.  Pondus  habebis  justum  et  verum, et  modius  œqualis  et  verus  erit  tibi,  ut multo  vivas  tempore  super  terram,  quam Dominus  Deus  tuus  dederit  tibi.
16.  Abominatur  enim  Dominus  Deus tuus  eum  qui  facit  hsec,  et  aversatur omnem  injustitiam.
17.  Mémento  quse  fecerit  tibi  Amalec in  via,  quando  egrediebaris  ex  ^gypto;
18.  quomodo  occurrerit  tibi,  et  extre- mos  agminis  tui,  qui  lassi  residebant, ceciderit,  quando  tu  eras  famé  et  labore confectus,  et  non  timuerit  Deum.
19.  Cum  ergo  Dominus  Deus  tuus  de- derit tibi  requiem,  et  subjecerit  cunctas per  circuitum  nationes  in  terra  quam tibi  pollicitus  est,  delebis  nomen  ejus sub  cselo.  Cave  ne  obliviscaris.
droit  rattaché  au  précédent,  car  il  se  rapporte aussi  à  la  vie  conjugale.  Une  ordonnance  anté- rieure, Ex.  XXI,  22,  protégeait  la  femme  contre des  risques  analogues  ;  il  était  juste  que  la  loi prît  aussi  la  défense  des  hommes.  —  Abscides manum.  Sévèi'e,  mais  légitime  punition  d'un  acte éhonté.
20°  L'équité  dans  les  poids  et  les  mesures. XXV,  13-16.
13-16.  Répétition  de  Lev.  xix,  35-36,  avec quelques  nuances  dans  la  forme.  —  Majus  et  mi- nus :  un  gros  poids  pour  les  achats ,  un  petit pour  les  ventes,  de  façon  à  gagner  des  deux  parts. — Modius.  Hébr.  :  un  'é/ah,  l'équivalent  de  3  lit.  88. —  Abominatur...  Dom,inus...  Cf.  Prov.  xi,  1; Am.  vm,  4-8,  etc.  Ses  amis,  les  pauvres,  sont
ceux  qui  ont  le  plus  à  souffrir  de  ces  injustes procédés.
21°  L'extermination  des  Amalécltes.  XXV, 17-19.
17-18.  Les  considérants  de  la  sentence.  —  Mé- mento gucB  /ecerit...  Cf.  Ex.  xvit,  8  et  ss.  Le vers.  18  contient  plusieurs  détails  nouveaux,  dra- matiques, qui  mettent  mieux  au  jour  toute  la cruauté  des  Amalécitcs.
19.  Le  décx'et  d'extermination.  —  Delebis... Mission  confiée  d'abord  spécialement  à  Josué, Ex.  XVII,  14.  Elle  fut  exécutée  peu  à  peu,  par Barao  et  par  Gédéon  (  Jud.  v,  14  ;  vi,  3,  etc.),  par SaiU  Cl  Rcg.  xv),  par  David  (I  Reg.  xxvii,  8-9; XXX,  17},  etc.
G3G
Deut.  XXVI,  1-9.
CHAPITRE  XXVJ
1.  Cumque  intravcris  terram  qnam Dominus  Deus  tuus  tibi  daturus  est  pos- sidendam,  et  obtiniieris  eam,  atque  ha- bitaveris  in  ea,
2.  toiles  de  cunctis  friigibus  tuis  pri- mitias,  et  pones  in  cartallo,  pergesque ad  locum  qiiem  Dominus  Deus  tuus  ele- gerit,  ut  ibi  invocetur  nomen  ejus;
3.  accedesque  ad  sacerdotem,  qui  fu- erit  in  diebus  illis ,  et  dices  ad  eum  : Profiteor  hodie  coram  Domino  Deo  tuo, quod  ingressus  sum  in  terram,  pro  qua juravit  patribus  nostris,  ut  daret  eam nobis.
4.  Suscipiensque  sacerdos  cartallum de  manu  tua,  ponet  aute  altare  Domini Dei  tui  ;
5.  et  loqueris  in  conspectu  Domini Dei  tui  :  Syrus  perseqnebatur  patrem meum,  qui  descendit  in  ^gyptum,  et  ibi peregrinatus  est  in  paucissimo  numéro  ; crevitque  in  gentem  magnam  ac  robu- stam ,  et  infinitte  multitudinis.
6.  Afïlixerunt  que  nos«^gyptii,et  per- secuti  sunt,  imponentes  onera  gravis- sima  ;
7.  et  clamavimus  ad  Dominum  Deum patrum  nostrorum,  qui  exaudivit  nos,  et respexit  humilitatem  nostram,  et  labo- rem ,  atque  angustiam  ;
8.  et  eduxit  nos  de  ^gypto  in  manu forti,  et  brachio  extento,  in  ingenti  pa- vore,  in  signis  atque  portentis  ;
9.  et  introduxit  ad  locum  istum,  et tradidit  nobis  terram  lacté  et  melle manantem.
1.  Lorsque  vous  serez  entrés  dans  le pays  dont  le  Seigneur  votre  Dieu  doit vous  mettre  en  possession,  que  vous  en serez  devenu  le  maître,  et  que  vous  y serez  établi,
2.  vous  prendrez  les  prémices  de  tous les  fruits  de  votre  terre,  et,  les  ayant mis  dans  une  corbeille,  vous  irez  au  lieu que  le  Seigneur  votre  Dieu  aura  choisi afin  que  son  nom  y  soit  invoqué.
3.  Là,  vous  approchant  du  prêtre  qui sera  en  ce  temps -là,  vous  lui  direz  :  Je reconnais  aujourd'hui  publiquement  de- vant le  Seigneur  votre  Dieu  que  je  suis entré  dans  la  terre  qu'il  avait  promis avec  serment  à  nos  pères  de  nous  don- ner.
4.  Et  le  prêtre,  prenant  la  corbeille de  votre  main,  la  mettra  devant  l'autel du  Seigneur  votre  Dieu  ;
5.  et  vous  direz  en  la  présence  du  Sei- gneur votre  Dieu  :  Le  Syrien  poursuivait mon  père,  qui  descendit  en  Egypte,  et il  y  demeura  comme  étranger,  ayant  très peu  de  personnes  avec  lui  ;  mais  il  s'ac- crut depuis,  jusqu'à  former  un  peuple grand  et  puissant,  qui  se  multiplia  jus- qu'à l'infini.
6.  Cependant  les  Egj^ptiens  nous  af- fligèrent et  nous  persécutèrent,  nous accablant  de  charges  insupportables  ;
7.  mais  nous  criâmes  au  Seigneur,  le Dieu  de  nos  pères ,  qui  nous  exauça ,  et qui,  regardant  favorablement  notre  af- fliction, nos  travaux,  et  l'extrémité  où nous  étions  réduits,
8.  nous  tira  d'Egj^pte  par  sa  main toute-puissante  et  en  déployant  toute  la force  de  son  bras,  après  avoir  jeté  une frayeur  extraordinaire  dans  ces  peuples par  des  miracles  et  des  prodiges  inouïs  ;
9.  et  il  nous  a  fait  entrer  dans  ce pays,  et  nous  a  donné  cette  terre  où coulent  le  lait  et  le  miel.
22°  L'offrande  des  fruits  nouveaux.  XXVI, 1-U.
Chap.  XXVL  —  1-4.  Apporter  régulièrement ces  prémices  au  local  du  sanctuaire.  Cf.  xii,  6, 11, 17;  xvm,  4;  Lev.  xxiii,  10  et  ss.;  Nuni.  xviii, 12  et  ss.  —  In  cartallo.  Dans  une  de  ces  corbeilles que  les  Égj'ptiens  et  les  Syriens  ont  toujours  été si  habiles  à  tresser  avec  des  rameaux  flexibles. Voyez  VAtl.  archéol.,  pL  xvii,  flg.  4-6.  —  Frojl-
teor...  Confession  rapide,  qui  sera  développée  dans une  belle  prière,  vers.  5  et  ss.
5-10».  Prière  d'action  de  grâces  qui  devait  ac- compagner l'offrande.  C'est  un  résumé  de  l'his- toire d'Israël  et  des  bienfaits  de  Jchovah  envers son  peuple.  —  Si/ras  persequebatur...  Dans  l'hé- breu :  Mon  père  était  un  Si'rien  i'aramini,  ou Araméen)  prêt  à  périr.  Allusion  au  séjour  pro- longé de  Jacob  en  Mésopotamie  (Gcn.  xxix-xxxi),
Deut.  XXVI,  10-16.
637
10.  C'est  pourquoi  j'offre  maintenant les  prémices  des  fruits  de  la  terre  que le  Seigneur  m'a  donnée.  Vous  laisserez ces  prémices  devant  le  Seigneur  votre Dieu,  et  après  avoir  adoré  le  Seigneur votre  Dieu,
11.  vous  ferez  \m  festin  de  réjouis- sance en  mangeant  de  tous  les  biens  que le  Seigneur  votre  Dieu  vous  aura  donnes et  à  toute  votre  maison ,  vous ,  le  lévite et  l'étranger  qui  est  avec  vous.
12.  Lorsque  vous  aurez  achevé  do donner  la  dîme  de  tous  vos  fi'uits,  vous donnerez,  la  troisième  année,  les  dîmes aux  lévites,  à  l'étranger,  à  l'orphelin  et à  la  veuve,  afin  qu'ils  mangent  au  mi- lieu de  vous  et  qu'ils  soient  rassasiés  ;
13.  et  vous  direz  ceci  devant  le  Sei- gneur votre  Dieu  :  J'ai  ôté  de  ma  mai- son ce  qui  vous  était  consacré ,  et  je  l'ai donné  au  lévite,  à  l'étranger,  à  l'orphe- lin et  à  la  veuve,  comme  vous  me  l'avez commandé  ;  je  n'ai  point  négligé  vos ordonnances ,  ni  oublié  ce  que  vous  m'a- vez commandé.
14.  Je  n'ai  pas  mangé  de  ces  choses lorsque  j'étais  dans  le  deuil;  je  ne  les ai  point  mises  à  part  pour  m'en  servir  à des  usages  profanes,  et  je  n'en  ai  rien employé  dans  les  funérailles  des  morts  ; j'ai  obéi  à  la  voix  du  Seigneur  mon Dieu,  et  j'ai  fait  tout  ce  que  vous  m'a- viez ordonné.
15.  Eegardez-nous  donc  de  votre  sanc- tuaire et  de  ce  lieu  oii  vous  demeurez  au plus  haut  des  cieux,  et  bénissez  votre peuple  d'Israël,  et  la  terre  que  vous  nous avez  donnée  selon  le  serment  que  vous en  avez  fait  à  nos  pères,  cette  terre  où coulent  le  lait  et  le  miel.
16.  Le  Seigneur  votre  Dieu  vous  com- mande aujourd'hui  d'observer  ces  ordon-
10.  Et  idcirco  nunc  offero  primitias frugura  terrœ,  quam  Dominus  dédit  mi- hi.  Et  dimittes  cas  in  conspectu  Domini Dci  tui,  et  adorato  Domino  Deo  tuo  ;
11.  et  epulaberis  in  omnibus  bonis quae  Dominus  Deus  tuus  dederit  tibi,  et domui  tuae,  tu  et  lévites,  et  advena  qui tecum  est.
12.  Quando  compleveris  decimam cunctarum  frugum  tuarum,  anno  deci- marum  tertio,  dabis  levitse,  et  advense, et  pupillo  et  viduœ,  ut  comedant  intra portas  tuas,  et  saturentur;
13.  loquerisque  in  conspectu  Domini Dei  tui  :  Abstuli  quod  sanctificatum  est de  domo  mea,  et  dedi  illud  levitse  et ad  venge,  et  pupillo  ac  viduœ,  sicut  jus- sisti  mihi;  non  prgeterivi  mandata  tua, ne.  sum  oblitus  imperii  tui.
14.  Non  comedi  ex  eis  in  luctu  meo, nec  sépara vi  ea  in  qualibet  immunditia, nec  expendi  ex  his  quidquam  in  re funebri.  Obedivi  voci  Domini  De:  mci, et  feci  omnia  sicut  prœcepisti  mihi.
15.  Eespice  de  sanctuario  tuo,  et  de excelso  cselorum  habitaculo,  et  benedic populo  tuo  Israël ,  et  terrae  quam  dedisti nobis,  sicut  jurasti  patribus  nostris, terrœ  lacté  et  melle  mananti.
16.  Hodie   Dominus   Deus  tuus  prœ- cex>it  tibi  ut  facias  mandata  haec  atque
et  h  la  vie  pénible  qu'il  y  avait  menée.  —  In  pan- r.issimo  numéro.  Cf.  Gen.  xlvi,  27  :  «  animœ septuaginta.  »
IC^-ll.  Conclusion  joyeuse  de  la  cérémonie.  Cf. xrv,  23;  xv,  20,  etc.
230  La  dîme  de  chaque  troisième  année.  XXVI, 12-15.
12-13*.  L'emploi  de  cette  dîme.  —  Anno  tertio... Cf.  XIV,  28-29;  Tob.  i,  7-8.
1?^-15.  Prière  à  réciter  au  moment  oti  l'on offrait  la  dîme.  C'est  une  confession  d'un  autre genre,  par  laquelle  le  donateur  attestait  qu'il avait  rempli  toutes  les  divines  ordonran'^os  rela- tivement à  cette  dîme.  —  Non  comedi  in  iuctu: car  alors  on  était  légalement  impur,  et  c'étaient là  des  mets  sacrés.  Cf.  Lev.  vn,  20;  xxi,  1  et
ss. ,  etc.  —  Nec  expendi...  in  re  funebri  :  Tto TeOvYixôri,  traduisent  les  LXX;  ce  qui  ferait allusion  à  la  coutume,  d'origine  païenne,  de  placer des  mets  sur  les  tombes  des  morts,  ou  même dans  l'intérieur  des  sépulcres.  Selon  d'autres,  ces paroles  désignei'aient  plutôt  l'usage  ancien  et moderne  dans  Israël  de  porter  quelques  mets aux  familles  en  deuil,  comme  marque  de  sym- pathie. Cf.  II  E,og.  III ,  35  ;  Jer.  xvi,  7  ;  Os.  ix,  4, etc.  Or,  pour  le  motif  indiqué  plus  haut,  la  dîme eût  été  profanée  par  un  tel  emploi.
240  Péroraison  du  second  discours.  XXVI, 16-19.
16-19.  Elle  consiste  en  une  pressante  exhor- tation à  l'obéissance.  Deux  motifs  ii  l'appui  :  l'ordre formel  du  Seigneur  (vers.  16),  et  le  traité  d'alliance
638
judicia  ;  et  custodias,  et  impleas  ex  toto corde  tuo ,  et  ex  tota  anima  tua.
17.  Dominiim  elegisti  hodie,  ut  sit  tibi Deus,  et  ambules  in  viis  ejus,  et  cu- stodias ceremonias  illius  ,  et  mandata atque  judicia,  et  obedias  ejus  imperio  ;
18.  et  Dominus  elegit  te  hodie,  ut sis  ei  populus  peculiaris,  si  eut  locutus est  tibi,  et  custodias  omnia  prsecepta illius  ;
19.  et  faciat  te  excelsiorem  cunctis gentibus  quas  créa  vit,  in  laudem,  et nomen,  et  gloriam  suam,  ut  sis  populus sanctus  Domini  Dei  tui ,  sicut  locutus est.
Deut.  XXVI,  17  —  XXVII,  3.
nances  et  ces  lois,  de  les  garder  et  do les  accomplir  de  tout  votre  coeur  et  de toute  votre  âme.
17.  Vous  avez  aujourd'hui  choisi  le Seigneur,  afin  qu'il  soit  votre  Dieu,  afin que  vous  marchiez  dans  ses  voies,  que vous  gardiez  ses  cérémonies,  ses  ordon- nances et  ses  lois ,  et  que  vous  obéissiez à  ses  commandements.
18.  Et  le  Seigneur  vous  a  aussi  choisi aujoiu'd'hui,  afin  que  vous  soyez  son peuple  particulier,  selon  qu'il  vous  l'a déclaré ,  afin  que  vous  observiez  ses  pré- ceptes ,
19.  et  qu'il  vous  rende  le  peuple  le plus  illustre  de  toutes  les  nations  qu'il  a créées  pour  sa  louange ,  pour  son  nom  et pour  sa  gloire  ;  et  que  vous  soj-ez  le peuple  saint  du  Seigneur  votre  Dieu, selon  sa  parole.
CHAPITRE  XXVII
1.  Prœcepit  autem  Moyses  et  seniores Israël,  populo  dicentes  :  Custodite  omne mandatum  quod  prsecipio  vobis  hodie  ;
2.  cumque  transieritis  Jordanem  in terram  quam  Dominus  Deus  tuus  dabit tibi,  ériges  ingentes  lapides,  et  calce levigabis  eos ,
3.  ut  possis  in  eis  scribere  omnia verba  legis  hujus,  Jordane  transmisso, ut  introeas  terram,  quam  Dominus  Deus tuus  dabit  tibi,  terram  lacté  et  melle manantem,  sicut  jura  vit  patribus  tuis.
1.  Moïse  et  les  anciens  d'Israël  ordon- nèrent encore  ceci  au  peuple,  et  lui  dirent  : Observez  toutes  les  ordonnances  que  je vous  prescris  aujourd'hui.
2.  Et  lorsqu'ayant  passé  le  Jourdain, vous  serez  entrés  dans  le  pays  que  le Seigneur  votre  Dieu  vous  donnera ,  vous élèverez  de  grandes  pierres  que  vous  en- duirez de  chaux,
3.  pour  y  pouvoir  écrire  toutes  les  pa- roles de  cette  loi  quand  vous  aurez  passé le  Jourdain  ;  afin  que  vous  entriez  dans la  terre  que  le  Seigneur  votre  Dieu  vous donnera,  cette  terre  où  coulent  le  lait  et le  miel,  selon  que  le  Seigneur  l'a  juré  à vos  pères.
qui  unit  les  Hébreux  à  Jéhovah,  traité  par  le- quel ils  se  sont  précisément  engagés  h  obéir (vers.  17-19).
TROISIÈME  DISCOURS La  rénovation  de  l'alliance  théocratique. XXVII,  1  —  XXX,  20. La  Loi  vient  d'être  répétée,  promulguée  de nouveau  dans  ses  parties  essentielles.  Mais  Moïse songe  ù  l'introduire  dans  la  Terre  promise  d'une manière  visible  et  en  quelque  sorte  matérielle, aussitôt  après  la  conquête  ;  il  veut  aussi  en  pro- clamer plus  solennellement  que  jamais  la  double sanction  :  tel  est  l'objet  de  ce  troisième  discours.
§  I,  —  Proclamation  future  de  la  loi  sur
le  mont  Ébal.  XXVII,  1-26. 10  Graver  la  loi  et  ériger  un  autel  sur  l'Ébal. XXVII,  1-8.
Deux  actes  symboliques,  par  lesquels  la  théo-
cratie et  sa  législation  pi*endraient,  pour  ainsi dire,  possession  de  la  terre  sainte.  Pour  l'accom- plissement, voyez  Jos.  vin,  30-35.
Chap.  XXVII.  —  ].  Introduction.  —  Moyses et  seniores.  C'est  la  première  fois  qu'ils  sont  as- sociés dans  ce  livre  pour  exhorter  le  peuple. Moïse  va  bientôt  mourir  ;  témoins  de  ses  derniers ordres,  les  notables  en  aideront  plus  tard  l'exé- cution.
2-4.  Le  monument  de  pierres.  —  Eriges  in- gentes lapides  :  de  manière  ù  former  une  stèle gigantesque,  comme  eu  eurent  d'autres  nations dans  un  but  identique.  —  Calce  levigabis  :  pour rendre  la  surface  du  monument  bien  blanche  et bien  plane,  et  pour  donner  ainsi  plus  de  relief à  l'écriture  (?tt  2}ossis  scribere).  —  Ut  introeas. Mieux  :  quand  tu  seras  entré.  —  In  monte  Hebal. Voyez  la  note  de  xi,  2î>.  Les  Samaritains  ont mis  Garizim  au  lieu  de  Hebal,  afln  de  rattacher
30
638
Deut.  XX\    17  —  XXVII,  3.
judicia  ;  et  custodias,  et  impleas  ex  t corde  tuo ,  et  ex  tota  anima  tua.
17.  Dominura  elegisti  hodie,  ut  sit Deus,  et  anibules  in  viis  ejus,  et stodias    ceremonias  illius  ,   et   mand atque  judicia,  et  obedias  ejus  impei
18.  et  Dominus  elegit  te  hodie, sis  ei  populus  peculiaris,  sicut  loci est  tibi,  et  custodias  omnia  prsece illius  ;
19.  et  faciat  te  excelsiorem  cuu gentibus  quas  créa  vit,  in  laudem. nomen,  et  gloriam  suam,  ut  sis  popi- sanctus  Domini  Dei  tui ,  sicut  loci est.
nances  et  ces  lois,  de  les  garder  et  do les  accomplir  de  tout  votre  cœur  et  de toute  votre  âme.
17.  Vous  avez  aujourd'hui  choisi  le Seigneur,  afin  qu'il  soit  votre  Dieu,  afin que  vous  marchiez  dans  ses  voies,  que vous  gardiez  ses  cérémonies,  ses  ordon- nances et  ses  lois,  et  que  vous  obéissiez à  ses  commandements.
18.  Et  le  Seigneur  vous  a  aussi  choisi aujourd'hui,  afin  que  vous  soyez  son peuple  particulier,  selon  qu'il  vous  l'a déclaré ,  afin  que  vous  observiez  ses  pré- ceptes ,
19.  et  qu'il  vous  rende  le  peuple  le plus  illustre  de  toutes  les  nations  qu'il  a créées  pour  sa  louange ,  pour  son  nom  et pour  sa  gloire  ;  et  que  vous  soyez  le peuple  saint  du  Seigneur  votre  Dieu, selon  sa  parole.
GHAPTRE  XXVII
1.  Prcecepit  autem  Moj'-ses  et  seni  s Israël,  populo  dicentes  :  Custodite  oi  e mandatum  quod  prsecipio  vobis  hodie
2.  cumque  transieritis  Jordanem  n terram  quam  Dominus  Deus  tuus  d  t tibi,  ériges  ingentes  lapides,  et  c;  e levigabis  eos ,
3.  ut  possis  in  eis  scribere  on  a verba  legis  hujus,  Jordane  transmi  >, ut  introeas  terram,  quam  Dominus  1  s tuus  dabit  tibi,  terram  lacté  et  m  e manantem,  sicut  juravit  patribus  tui;
1.  Moïse  et  les  anciens  d'Israël  ordon- nèrent encore  ceci  au  peuple,  et  lui  dirent  : Observez  toutes  les  ordonnances  que  je vous  prescris  aujourd'hui.
2.  Et  lorsqu'ayant  passé  le  Jourdain, vous  serez  entrés  dans  le  pays  que  le Seigneur  votre  Dieu  vous  donnera ,  vous élèverez  de  grandes  pierres  que  vous  en- duirez de  chaux,
3.  pour  y  pouvoir  écrire  toutes  les  pa- roles de  cette  loi  quand  vous  aurez  passé le  Jourdain  ;  afin  que  vous  entriez  dans la  terre  que  le  Seigneur  votre  Dieu  vous donnera ,  cette  terre  où  coulent  le  lait  et le  miel,  selon  que  le  Seigneur  l'a  juré  à vos  pères.
qui  unit  les  Hébreux  à  Jéhovali,  traité  pa  2- quel  ils  se  sont  précisément  engagés  k  <  ir (vers.  17-19).
TROISIÈME  DISCOURS La  rénovation  de  l'alliance  théocratiqi- XXVII,  1  —  XXX,  20. La  Loi  Tient  d'être  répétée,  promulgué  le nouveau  dans  ses  parties  essentielles.  Mais  i\  se songe  à  l'introduire  dans  la  Terre  promise  (i  le manière  visible  et  en  quelque  sorte  matéri  3, aussitôt  après  la  conquête  ;  il  veut  aussi  en  o- clamer  plus  solennellement  que  jamais  la  de  le sanction  :  tel  est  l'objet  de  ce  troisième  disci  -s.
§  I.  —  Proclamation  future  de  la  loi  .s
le  mont  Ébal.  XXVII,  1-26. l»  Graver  la  loi  et  ériger  un  autel  sur  1']  il. XXVII,  1-8.
Deux  actes  symboliques,  par  lesquels  la  \  o-
cratie  et  sa  législation  prendraient,  pour  ainsi dire,  possession  de  la  terre  sainte.  Pour  l'accom- plissement, voyez  Jos.  vni,  30-35.
Chap.  XXVII.  —  1.  Introduction.  —  Moyses et  seniores.  C'est  la  première  fois  qu'ils  sont  as- sociés dans  ce  livre  pour  exhorter  le  peuple. Moïse  va  bientôt  mourir  ;  témoins  de  ses  derniers ordres,  les  notables  en  aideront  plus  tard  l'exé- cution.
2-4.  Le  monument  de  pierres.  —  Eriges  in- gentes lapides:  de  manière  à  former  une  stèle gigantesque,  comme  eu  eurent  d'autres  nations dans  un  but  identique.  —  Calce  levigabis  :  pour rendre  la  surface  du  monument  bien  blanche  ce bien  phinc,  et  pour  donner  ainsi  plus  de  relier k  l'écriture  (ut  possis  scribere).  —  Ut  introeas. Mieux  :  quand  tu  seras  entré.  —  In  monte  Hebal. Voyez  la  note  de  xi,  2î>.  Les  Samaritains  ont mis  Garizim  au  lieu  de  Eebal,  afin  de  '
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Deut.  XXVII,  4-14.
G39
4.  Lors  donc  que  vous  aurez  passé  le Jourdain,  vous  élèverez  ces  pierres  sur le  mont  Hébal,  selon  que  je  vous  l'or- donne aujourd'hui,  et  vous  les  enduirez de  chaux.
5.  Vous  dresserez  là  aussi  au  Seigneur votre  Dieu  un  autel  de  pierres,  auxquelles le  fer  n'aura  pas  touché,
6.  de  pierres  brutes  et  non  polies  ;  et vous  offrirez  sur  cet  autel  des  holo- caustes au  Seigneur  votre  Dieu.
7.  Vous  immolerez  en  ce  lieu  des  hos- ties pacifiques,  dont  vous  mangerez  avec joie  devant  le  Seigneur  votre  Dieu.
8.  Et  vous  écrirez  distinctement  et nettement  sur  les  pierres  toutes  les  pa- roles de  cette  loi  que  je  vous  propose.
9.  Alors  Moïse  et  les  prêtres  de  la race  de  Lévi  dirent  à  tout  Israël  :  Soyez attentif,  ô  Israël,  et  écoutez.  Vous  êtes devenu  aujourd'hui  le  peuple  du  Sei- gneur votre  Dieu.
10.  Ecoutez  donc  sa  voix,  et  observez les  préceptes  et  les  ordonnances  que  je vous  prescris.
11.  Ce  jour -là  même,  Moïse  fit  ce commandement  au  peuple,  et  lui  dit  :
12.  Après  que  vous  aurez  passé  le Jourdain,  Siméon,  Lévi,  Juda,  Issachar, Joseph  et  Benjamin  se  tiendront  sur  la montagne  de  Garizim  pour  bénir  le peuple  ;
13.  et  Ruben,  Gad,  Aser,  Zabulon, Dan  et  Nephthali  se  tiendront  de  l'autre côté,  sur  le  mont  Hébal,  pour  le  mau- dire.
14.  Et  les  lévites  prononceront  ces
4.  Quando  ergo  transieritis  Jordanem , erigite  lapides,  quos  ego  hodie  prœcipio vobis ,  in  monte  Ilebal ,  et  levigabis  eos calce  ;
5.  et  sedificabis  ibi  altare  Domino  Deo tuo,  de  lapidibus  quos  ferrum  non  te- tigit ,
6.  et  de  saxis  informibus  et  impolitis; et  ofïeres  super  eo  holocausta  Domino Deo  tuo,
7.  et  immolabis  hostias  pacificas,  co- medesque  ibi,  et  epulaberis  coram  Do- mino Deo  tuo.
8.  Et  scribes  super  lapides  omnia verba  legis  hujus  plane  et  lucide.
9.  Dixeruntque  Moyses  et  sacerdotes levitici  generis  ad  omnem  Israelem  : Attende,  et  audi,  Israël.  Hodie  factus  es populus  Domini  Dei  tui  ;
10.  audies  vocem  ejus,  et  faciès  man- data atque  justitias,  quas  ego  prsecipio tibi.
11.  Prsecepitque  Moyses  populo  in  die illo,  dicens  :
12.  Hi  stabunt  ad  benedicendum  po- pulo super  montem  Garizim,  Jordane transmisse  :  Simeon,  Levi,  Judas,  Issa- char, Joseph,  et  Benjamin.
13.  Et  e  regione  isti  stabunt  ad  maledi- cendum  in  monte  Hebal  :  Ruben,  Gad, et  Aser,  et  Zabulon,  Dan,  et  Nephthali.
14.  Et  pronuntiabunt  levitse,  dicent-
ieur  fameux  temple  à  ce  passags  et  accroître  l'au- torité de  leur  culte  (cf.  Joan.  iv,  20).
5-7.  L'autel. —  Sa  matière,  5-6»:  de  lapidibus quos  ferrum....,  ainsi  qu'il  avait  été  prescrit Ex.  XX,  25.  —  Sacrifices  à  offi'tr  sur  cet  autel, 6^-7  :  holocausta,  hostias  pacificas;  les  holo- caustes, pour  reconnaître  le  souverain  domaine de  Jéhovah  sur  toute  la  Palestine;  les  victimes pacifiques,  pour  le  remercier  de  l'avoir  donnée à  son  peuple.  Ce  qui  resterait  de  ces  dernières  après qu'on  aurait  prélevé  la  part  de  Dieu  et  des  prêtres devait  être  consommé  en  de  joyeux  festins  :  co- mtdes...
H.  Texte  à  graver  sur  le  monument  de  pierres. —  Omvia  verba  legis  hujus:  non  pas  le  Penta- leuque  tout  entier,  ni  seulement  le  Décalogue; mais  probablement  un  résumé  de  toute  la  légis- lation proprement  dite.
20  Bénédictions  et  malédictions  à  prononcer sur  les  monts  Ébal  et  Gar-izim.  XXVII,  9-23.
Voyez,  XI,  29-30,  un  abrégé  de  cette  pres- cription, et  VAtl.  gèogr.,  pi.  vu.
9-10.  Préambule  :  grave  exhortation  à  l'obéis- sance. —  Moyses  et  sacerdotes.  Cette  fois ,  les prêtres  au  lieu  des  notables  (vers.  1),  à  cause de  leur  rôle  prépondérant  dans  la  cérémonie  pres- crite. —  Hodie  factus  es...  Il  importait  de  l'appe- ler constamment  à  Israël  sa  situation  si  relevée  ; aucun  autre  motif  n'était  plus  capable  de  l'exci- ter à  la  fidélité.
11-13.  La  place  que  les  différentes  tribus  oc- cuperont pendant  la  cérémonie.  —  Deux  groupes  : l'un  formé  par  Siméon,  Lévi,  Juda,  Issachar, Joseph  et  Benjamin  (tous  fils  de  Lia  et  de  Eachel), 3t  se  tenant  sur  le  Garizim  (note  de  xi,  29); l'autre  composé  des  tribus  de  Ruben  (le  fils  aîné, dépouillé  de  ses  droits),  Gad  (le  dernier  fils  de Lia),  Aser,  Zabulon,  Dan  et  Nephthali  (quatre fils  d'esclaves),  et  se  tenant  sur  l'Ébal.  —  Ad benedicendum,  maledicendum.  C.-à-d.,  d'après le  contexte,  pour  entendre  soit  les  bénédictions, soit  les  malédictions  prononcées  sur  la  masse  du peuple.
14-26.  Formule  des  malédictions.  —  Pronun-
G40
Deut.  XXVII,  15-24.
que  ad  omnes  vires  Israël  excelsa  voce  :
15.Maledictus  homo  qui  facit  sculptile et  conilatile,  abomination em  Domini , opus  manuum  artificum,  ponetque  illud in  abscondito  ;  et  respondebit  omnis  po- pulus ,  et  dicet  :  Amen.
16.  Maledictus  qui  non  honorât  patrem suum ,  et  matrem  ;  et  dicet  omnis  popu- lus  :  Amen.
17.  Maledictus  qui  transfert  termines proximi  sui  ;  et  dicet  omnis  populus  : Amen.
18.  Maledictus  qui  errare  facit  cœcum in  itinere  ;  et  dicet  omnis  populus  : Amen.
19.  Maledictus  qui. pervertit  judicium advenœ,  pupilli,  et  viduœ  ;  et  dicet  omnis populus  :  Amen.
20.  Maledictus  qui  dormit  cum  uxore patris  sui,  et  révélât  operimentum  le- ctuli  ejus  ;  et  dicet  omnis  populus  : Amen.
21.  Maledictus  qui  dormit  cum  omni jumento  ;  et  dicet  omnis  populus  : Amen.
22.  Maledictus  qui  dormit  cam  so- rore  sua,  filia  patris  sui  vel  matris  suœ  ; et  dicet  omnis  populus  :  Amen.
23.  Maledictus  qui  dormit  cum  socru sua  ;  et  dicet  omnis  populus  :  Amen.
24.  Maledictus  qui  clam  percusserit proximum  suum  ;  et  dicet  omnis  popu- lus :  Amen.
paroles  à  haute  voix,  et  diront  devant tout  le  peuple  d'Israël  :
15.  Maudit  est  l'homme  qui  fait  une image  sculptée  ou  coulée  en  fonte,  abo- mination du  Seigneur  et  œuvre  de  la main  d'un  artisan,  et  qui  la  met  dans  un lieu  secret.  Et  tout  le  peuple  répondra, et  dira  :  Amen.
16.  Maudit  celui  qui  n'honore  point son  père  et  sa  mère.  Et  tout  le  peuple répondra  :  Amen.
17.  Maudit  celui  qui  change  les  bornes de  l'héritage  de  son  prochain.  Et  tout  le peuple  répondra  :  Amen.
18.  Maudit  celui  qui  fait  égarer  l'a- veugle dans  ]e  chemin.  Et  tout  le  peuple répondra  :  Amen.
19.  Maudit  celui  qui  viole  la  justice dans  la  cause  de  l'étranger,  de  l'orphe- lin et  de  la  veuve.  Et  tout  le  peuple  ré- pondra :  Amen.
20.  Maudit  celui  qui  dort  avec  la femme  de  son  père,  et  qui  découvre  la couverture  de  son  lit.  Et  tout  le  peuple répondra  :  Amen.
21.  Maudit  celui  qui  dort  avec  toutes sortes  de  bêtes.  Et  tout  le  peuple  répon- dra :  Amen.
22.  Maudit  celui  qui  dort  avec  sa sœur,  qui  est  la  fille  de  son  père  ou  de sa  mère.  Et  tout  le  peuple  répondra  : Amen.
23.  Maudit  celui  qui  dort  avec  sa belle  -  mère.  Et  tout  le  peuple  répondra  : Amen.
24.  Maudit  celui  qui  frappe  son  pro- chain en  secret.  Et  tout  le  peuple  répon- dra :  Amen.
tiabunt  levitce.  Quelques  membres  de  la  tribu  de Lévi  devaient  demeurer  au  pied  des  deux  mon- tagnes, dans  la  plaine  qui  les  sépare,  pour  rem- plir cet  office  :  c'étaient  des  prêtres  d'après  Jos. viii,  33.  —  Les  malédictions  sont  au  nombre  de douze ,  comme  les  tribus  ;  elles  frappent  les  vio- lateurs de  quelques-uns  des  points  les  plus  saillants de  la  loi.  La  première,  vers.  15,  correspond  au premier  précepte  du  Décalogue  (Ex.  xx,  4);  la seconde,  vers.  16,  au  quatrième  précepte  (Ex. XX,  12);  la  troisième,  vers.  17,  au  septième  com- mandement (Ex.  XX,  15;  cf.  Deut.  xix,  14);  la quatrième  et  la  cinquième,  vers.  18-19,  protègent les  droits  des  faibles  et  des  malheureux  (cf. xxrv,  17);  la  sixième,  la  septième,  la  huitième et  la  neuvième,  vers.  20-23,  enjoignent  la  pureté des  mœurs  (cf.  Lev.  xvm,  7,  9,  17,  23);  la dixième,  vers.  24,  retombe  sur  l'homicide  propre- ment dit  (qui  clam  percusserit;  cf.  Ex.  xx,  13, etc.);  la  onzième,  vers.  25,  sur  le  meurtre  ju- diciaire (Ex.  XXIII,  7)  ;  la  douzième,  vers.  26,  est générale  et  frappe  tous  ceux  qui  désobéiraient  à
la  loi  en  quelque  manière  (cf.  Num.  xxx,  15). li'amen  prononcé  par  la  nation  entière  après chacune  des  douze  formules  était  une  ratifica- tion solennelle  des  malédictions.  —  Quant  aux bénédictions  (vers.  12),  elles  ne  sont  pas  men- tionnées ;  elles  consistaient  vraisemblablement  en douze  autres  formules  opposées  à  celles  qui  pré- cèdent. Cette  omission  même  contribue  à  mieux montrer  que,  selon  la  doctrine  de  saint  Paul, la  malédiction  était  le  trait  le  plus  apparent  de la  loi.  Cf.  Gai.  ni,  10.  Mais,  ajoute  le  grand apôtre,  vers.  13,  «  le  Christ  nous  a  rachetés  de la  malédiction  de  la  loi,  en  se  faisant  pournous objet  maudit.  >>
§  II.  —  La  double  sanction  de  la  loi  théocralique. XXVIII,  1-68.
A  la  cérémonie  du  Garizim  et  de  l'Ébal,  Moïse rattache  ce  passage  saisissant,  dans  lequel  il développe  les  bénédictions  et  les  malédictions qui  n'avaient  été  qu'indiquées  plus  haut.  De nouveau  il  insiste  sur  les  malédictions,  qui  oc-
Deut.  XXVII,  25  —  XXVIII,  8.
641
25.  Maudit  celui  qui  reçoit  des  pré- sents pour  répandre  le  sang  innocent. Et  tout  le  peuple  répondra  :  Amen.
26.  Maudit  celui  qui  ne  demeure  pas ferme  dans  les  ordonnances  de  cette  loi, et  qui  ne  les  accomplit  pas  effective- ment. Et  tout  le  peuple  répondra  : Amen.
25.  Maledictus  qui  accipit  muncra,  ut percutiat  animam  sanguinis  innocentis  ; et  dicet  omnis  populus  :  Amen.
26.  Maledictus  qui  non  permanet  in sermonibus  legis  hujus,  ncc  cos  opère perticit  ;  et  dicct  omnis  populus  :  Amen.
CHAPITRE  XXVIII
1.  l\Iais  si  vous  écoutez  la  voix  du Seigneur  votre  Dieu,  en  gardant  et  en observant  toutes  ses  ordonnances  que  je vous  prescris  aujourd'hui,  le  Seigneur votre  Dieu  vous  élèvera  au-dessus  de toutes  les  nations  qui  vivent  sur  la terre.
2.  Toutes  ces  bénédictions  se  répan- dront sur  vous,  et  vous  en  serez  com- blé ;  pourvu  néanmoins  que  vous  obéis- siez à  ses  préceptes.
3.  Vous  serez  béni  dans  la  ville,  vous serez  béni  dans  les  champs.
4.  Le  fruit  de  votre  sein ,  le  fruit  de votre  terre,  et  le  fruit  de  votre  bétail sera  béni  ;  vos  troupeaux  de  bœufs  et vos  troupeaux  de  brebis  seront  bénis.
5.  Vos  greniers  seront  bénis,  et  les fruits  que  vous  mettrez  en  réserve  seront bénis.
6.  A  l'entrée  et  à  la  fin  de  toutes  vos actions,  vous  serez  béni.
7.  Le  Seigneur  fera  que  vos  ennemis qui  s'élèveront  contre  vous  tomberont sous  vos  yeux.  Ils  viendront  vous  atta- quer par  un  chemin,  et  ils  s'enfuiront par  sept  routes  devant  vous.
8.  Le  Seigneur  répandra  sa  bénédic- tion sur  vos  celliers  et  sur  tous  les  tra- vaux de  vos  mains  ;  et  il  vous  bénira dans  le  pays  que  vous  aurez  reçu  de  lui.
1.  Si  autem  audicrîs  vocem  Domini Dei  tui ,  ut  facias  atque  custodias  omnia mandata  ejus,  quse  ego  prœcipio  tibi hodie,  faciet  te  Dominus  Deus  tuus  ex- celsiorem  cunctis  gentibus ,  quae  ver- santur  in  terra.
2.  Venientque  super  te  universae  be- nedictiones  istee,  et  appréhendent  te;  si tameu  praîcepta  ejus  audieris.
3.  Benedictus  tu  in  civitate,  et  bene- dictus  in  agro.
4.  Benedictus  fructus  ventris  tui,  et fructus  terra3  tuse,  fructusque  jumento- rum  tuorum,  grèges  armentorum  tuo- rum ,  et  caulœ  ovium  tuarum.
5.  Benedicta  horreatua,  et  benedictse reliquite  tuse.
6.  Benedictus  eris  tu  ingrediens  et egrediens.
7.  Dabit  Dominus  inimicos  tuos,  qui consurgunt  adversum  te,  corruentes  in conspectu  tuo  ;  per  unam  viam  veulent contra  te ,  et  per  septem  f  ugient  a  f acie tua.
8.  Emittet  Dominus  benedictionem super  cellaria  tua,  et  super  omnia  opéra manuum  tuarum  ;  benedicetque  tibi  in terra  quam  acceperis.
cupent  quatre  fois  autant  de  place  que  les  béné- dictions. C'est  aussi  xme  prophétie  remarquable, dont  tous  les  détails  furent  singulièrement  réa- lisés dans  la  suite  des  âges.  Comparez  les  mor- ceaux analogues ,  mais  moins  longs  et  moins frappants,  Ex.  xxiii,  20-33;  Lev.  xxvi.
10  Los  bénédictions  promises  aux  Israélites obéissants.  XXVIII,  1-14.
C;iAP.  XXVIII.  —  1-2.  Introduction  :  promesse générale.  —  Si  audieris...  ut  facias.  La  condi- tion ,  sans  cesse  réitérée ,  spécialement  au  début, au  milieu  (vers.  9)  et  à  la  fin  (vers.  13-14)  de cet  alinéa.  —  Benedictiones...  appréhendent  te  : forte  image.
3-6.  Quelques  détails,  d'un  caractère  person- nel et  privé.  —  Benedictus...,  henedictits...  Six fois  de  suite;  accumulation  énergique.  Béni  en tout  et  partout.  —  Horrea...,  reliquice.  Dans l'hébreu:  ta  corbeille  (cf.  xxvi,  2)  et  ta  huche (cf.  Ex.  VIII,  3  ;  XII,  34)  ;  pour  exprimer  de  riches récoltes  et  une  nourriture  abondante.  —  Ingre- diens, egrediens.  Locution  proverbiale,  qui  re- présente toutes  nos  démarches.  La  vie  entière, a-t-on  dit,  se  compose  d'entrées  et  de  sorties.
7-14.  Détails  plus  développés,  et  d'un  carac- tère national.  —  Inimicos...  corruentes.  Destruc- tion totale  des  ennemis  d'Israël.  Trait  drama- tique :  per  unam  viam  venient,  en  bon  ordre,
642
Deut.  XXVIII,  9-19.
9.  Suscitabit  te  Dominiis  sibi  in  po- pulum  sanctum,  sicut  jura  vit  tibi;  si custodieris  mandata  Domini  Dei  tui,  et ambulaveris  in  viis  ejiis.
10.  Videbuntque  omnes  terrarum  po- puli  qiiod  nomen  Domini  invocatum  sit super  te ,  et  timebunt  te.
11.  Abundare  te  faciet  Dominus  om- nibus bonis,  fructu  uteri  tui,et£ructu jumentorum  tuorum,  fructu  terrae  tuse , quam  juravit  Dominus  patribus  tuis  ut daret  tibi.
12.  Aperiet  Dominus  thesaurum  suum optimum,  cselum,  ut  tribuat  pluviam terrae  tuae  in  tempore  suo  ;  benedicet- que  cunctis  operibus  manuum  tuarum. Et  fœnerabis  gentibus  multis,  et  ipse  a nullo  fœnus  accipies.
13.  Constituet  te  Dominus  in  caput , et  non  in  caudam,  et  eris  semper  supra, et  non  subter  ;  si  tamen  audieris  mandata Domini  Dei  tui,  quse  ego  prsecipio  tibi bodie,  et  custodieris  et  feceris,
14.  ac  non  declinaveris  ab  eis,  nec ad  dexteram,  nec  ad  sinistram;  nec  se- cutus  f ueris  deos  alienos ,  neque  colueris eos.
15.  Quod  si  audire  nolueris  vocem Domini  Dei  tui,  ut  custodias  et  facias omnia  mandata  ejus  et  ceremonias ,  quas ego  prsecipio  tibi  hodie,  venient  super  te omnes  maledictiones  istse,  et  appréhen- dent te.
16.  Maledictus  eris  in  civitate,  male- dictus  in  agro.
17.  Maledictum  horreum  tuum,  et maledictae  reliquiae  tuse.
18.  Maledictus  fructus  ventris  tui,  et fructus  terrse  tuse,  armenta  boum  tuo- rum, et  grèges  ovium  tuarum.
19.  Maledictus  eris  ingrediens,  et  ma- ledictus egrediens.
9.  Le  Seigneur  se  suscitera  et  se  for- mera en  vous  un  peuple  saint,  selon qu'il  vous  l'a  juré  ;  pourvu  que  vous  ob- serviez les  commandements  du  Seigneur votre  Dieu,  et  que  vous  marchiez  dans ses  voies.
10.  Tous  les  peuples  de  la  terre  ver- ront que  le  nom  de  Dieu  a  été  invoqué sur  vous ,  et  ils  vous  craindront.
11.  Le  Seigneur  vous  mettra  dans l'abondance  de  toutes  sortes  de  biens, en  multipliant  le  fruit  de  votre  ventre, le  fruit  de  votre  bétail,  et  le  fruit  de votre  terre,  qu'il  a  juré  à  vos  pères  de vous  donner.
12.  Le  Seigneur  ouvrira  le  ciel,  qui est  son  riche  trésor,  pour  répandre  sur votre  terre  la  pluie  en  son  temps  ;  et  il bénira  tous  les  travaux  de  vos  mains. Vous  prêterez  à  plusieurs  peuples,  et vous  n'emprunterez  de  personne.
13.  Le  Seigneur  vous  mettra  à  la  tête des  peuples,  et  non  derrière  eux  ;  et  vous serez  toujours  au-dessus,  et  non  au-des- sous ;  pourvu  néanmoins  que  vous  écou- tiez les  ordonnances  du  Seigneur  votre Dieu  que  je  vous  prescris  aujourd'hui, que  vous  les  gardiez  et  les  pratiquiez ,
14.  sans  vous  en  détourner  ni  à  droite ni  à  gauche,  et  que  vous  ne  suiviez  ni n'adoriez  les  dieux  étrangers.
15.  Que  si  vous  ne  voulez  point  écou- ter la  voix  du  Seigneur  votre  Dieu,  et que  vous  ne  gardiez  et  ne  pratiquiez  pas toutes  ses  ordonnances  et  les  cérémonies que  je  vous  prescris  aujourd'hui,  toutes ces  malédictions  fondront  sur  vous,  et vous  saisiront.
16.  Vous  serez  maudit  dans  la  ville, et  maudit  dans  les  champs.
17.  Votre  grenier  sera  maudit,  et  les fruits  que  vous  aurez  mis  en  réserve  se- ront maudits.
18.  Le  fruit  de  votre  sein  et  le  fruit de  votre  terre  sera  maudit,  aussi  bien que  vos  troupeaux  de  bœufs  et  vos  trou- peaux de  brebis.
19.  Vous  serez  maudit  à  l'entrée  et  à la  fin  de  toutes  vos  actions.
formant  une  brillante  armée  ;  per  septem  fugient, dans  toutes  les  directions  à  la  fois,  complètement débandés.  Cf.  Jud.  vu,  21-22;  IV  Reg.  vu,  7.  — Suscitabit...  in  populum  sanctum  (vers.  9)  :  la bénédiction  centrale  et  principale.  Dieu  maintien- dra les  relations  si  intimes  établies  au  Sinaï.  — Pluviam  (vers.  12)  :  bien  matériel  des  plus  pré- cieux en  Orient.  —  In  caput...  non  in  caudam. Métaphore  expliquée  par  les  mots  suivants  :  eris...
supra,  non  suhler.  Cf.  Is.  ix,  13.
20  Les  menaces,  en  cas  de  désobéissance. XXVIII,  15-68.
15.  Préambule,  qui  correspond  ù,  celui  des  bé- nédictions ,  vers.  1-2.
lG-19,  Quelques  détails,  d'un  caractère  person- nel, analogues  à  ceux  que  nous  avons  lus  aux vers.  3-6.  L'arrangement  est  h  peu  près  le  môme.
Deut.  XXVIII,  20-29.
643
20.  Le  Seigneur  enverra  parmi  vous l'indigence  et  la  famine,  et  il  répandra sa  malédiction  sur  tous  vos  travaux,  jus- qu'à ce  qu'il  vous  écrase  et  qu'il  vous extermine  en  peu  de  temps,  à  cause  des actions  pleines  de  malice  par  lesquelles vous  l'aurez  abandonné.
21.  Le  Seigneur  vous  affligera  par  la peste,  jusqu'il  ce  qu'il  vous  ait  fait  périr dans  le  pays  où  vous  allez  entrer  pour le  posséder,
22.  Le  Seigneur  vous  frappera  de  mi- sère et  de  pauvreté,  de  lièvre,  de  fi'oid, d'une  chaleur  brûlante,  de  corruption d'air  et  de  nielle,  et  il  vous  poursuivra jusqu'à  ce  que  vous  périssiez  entière- ment.
23.  Le  ciel  qui  est  au-dessus  de  vous sera  d'airain,  et  la  terre  sur  laquelle  vous marcherez  sera  de  fer.
24.  Le  Seigneur  répandra  sur  votre terre  des  nuées  de  poussière  au  lieu  de pluie ,  et  il  fera  tomber  du  ciel  sur  vous de  la  cendre,  jusqu'à  ce  que  vous  soyez écrasé,
25.  Le  Seigneur  vous  fera  tomber  de- vant vos  ennemis;  vous  marcherez  par un  seul  chemin  contre  eux ,  et  vous  fui- rez par  sept  ;  et  vous  serez  dispersé  dans tous  les  royaumes  de  la  terre.
26.  Vos  cadavres  serviront  de  nourri- ture à  tous  les  oiseaux  du  ciel  et  à  toutes les  bêtes  de  la  terre,  sans  que  personne se  mette  en  peine  de  les  chasser.
27.  Le  Seigneur  vous  frappera  d'ul- cères ,  comme  il  en  frappa  autrefois  l'E- gypte ;  et  il  frappera  aussi  d'une  gale  et d'une  démangeaison  incurable  la  partie du  corps  par  laquelle  la  nature  rejette  ce qui  lui  est  resté  de  sa  nourriture.
28.  Le  Seigneur  vous  frappera  de  fré- nésie, d'aveuglement  et  de  fureur;
29.  en  sorte  que  vous  marclierez  à  tâ- tons en  plein  midi,  comme  fait  l'aveugle, étant  tout  enseveli  dans  les  ténèbres,  et
20.  Mittet  Dominus  super  te  famem et  esuriem,  et  increpationem  in  omnia opéra  tua  quœ  tu  faciès,  donec  conterat te,  et  perdat  velociter,  propter  adinven- tiones  tuas  pessimas  in  quibus  reliquisti me.
2L  Adjungat  tibi  Dominus  pestilen- tiam,  donec  consumât  te  de  terra  ad quam  ingredieris  possidendam.
22.  Percutiat  te  Dominus  egestate,  fe- bri  et  frigore,  ardore  et  œstu,  et  aère corrupto  ac  rubigine,  et  persequatur  do- nec pereas.
23.  Sit  caelum  quod  supra  te  est, œneum  ;  et  terra  quam  calcas ,  f errea.
24.  Det  Dominus  imbrem  terrse  tuas pulverem,  et  de  cselo  descendat  super  te cinis,  donec  conteravis.
25.  Tradat  te  Dominus  corruentem ante  hostes  tuos;  per  unam  viam  egre- diaris  contra  eos,  et  per  septem  fugias, et  dispergaris  per  omnia  régna  terrse.
26.  Sitque  cadaver  tuum  in  escam cunctis  volatilibus  cseli,  et  bestiis  terrae, et  non  sit  qui  abigat.
27.  Percutiat  te  Dominus  ulcère ^gypti,  et  partem  corporis  per  quam stercora  egeruntur,  scabie  quoque  et prurigine,  ita  ut  curari  nequeas.
28.  Percutiat  te  Dominus  amentia,  et csecitate  ac  furore  mentis,
29.  et  palpes  in  meridie  sicut  palpare solet  csecus  in  tenebris,  et  non  dirigas vias  tuas.  Omnique  tempore  calumniam
20-26.  Autres  détails,  d'un  caractère  public  et national,  distribués  en  cinq  groupes  distincts, avec  gradation  ascendante  dans  les  menaces. Nous  avons  ici  le  premier  groupe  des  jugements divins  :  malédiction  sur  toutes  les  oeuvres  d'Is- raël, famine,  maladies,  défaites  à  la  guerre. — Perdat,  adjungat...  Mieux  vaudrait  le  futur,  et de  même  jusqu'à  la  fin  du  chapitre.  Ce  sont  des prédictions  plutôt  que  des  souhaits.  —  Ardore (vers.  22).  L'hébreu  actuel  a  Ij.ére'b,  glaive;  la Vulgate  et  d'autres  versions  anciennes  ont  lu liorel),  qui  s'harmonise  mieux  avec  le  contexte. —  Imbrem...  pulverem  (vers.  24).  En  Orient  plus que  partout  ailleurs ,  quand  la  sécheresse  se  pro-
longe, la  surface  du  sol  se  transforme  en  une poussière  fine ,  dont  l'air  est  parfois  tout  rempli. —  Per  unam  viam  (vers.  25)  :  le  contraire  de  ce qui  avait  été  prédit  au  vers.  7.  —  Sitque  cada- ver... (vers.  26)  ;  le  dernier  des  malheurs,  d'après les  idées  des  peuples  anciens.
27-34.  Second  groupe  de  jugements  divins  : encore  la  maladie  sous  toutes  ses  formes,  priva- tion des  biens  les  plus  précieux.  —  Ulcère ^gypli  (vers.  27).  Cf.  Ex.  ix,  9,  et  le  commen- taire. —  M  partem  corporis...:  les  hémorrhoïdes. Cf.  I  Reg.  V,  6.  —  Scabie ,  prurigine  :  quelques- unes  des  maladies  de  peau  qui  sont  si  fréquentes en  Orient.  —  Amentia..,,  furore  mentis  :  les  ma-
G44
Deut.  XXVIII,  30-38.
sustineas,  et  opprimarîs habeas  qui  liberet  te.
violentia,  nec
30.  Uxorem  accipias,  et  aliiis  dormiat cum  ea.  Domum  Êedifices,et  non  habites in  ea.  Plantes  vineam,  et  non  vindemies eam.
31.  Bos  tims  immoletur  eoram  te,  et non  comedas  ex  eo.  Asinus  tiius  rapiatur in  conspectii  tiio,  et  non  reddatur  tibi. Oves  tuse  dentur  inimicis  tuis,  et  non  sit qui  te  adjuvet.
32.  Filii  tui  et  filiîe  tuse  tradantur  al- teri  populo,  videntibus  oculis  tuis,  et deficientibus  ad  conspectum  eorum  tota die,  et  non  sit  fortitudo  in  manu  tua.
33.  Fructus  terrse  tuas,  et  omnes  la- bores  tuos ,  comedat  populus  quem  igno- ras ;  et  sis  semper  calumniam  sustinens , et  oppressus  cunctis  diebus ,
34.  et  stupens  ad  terrorem  eorum  quse videbunt  oculi  tui.
35.  Percutiat  te  Dominus  ulcère  pes- simo  in  genibus  et  in  suris,  sanarique non  possis  a  planta  pedis  usque  ad  ver- ticem  tuum.
36.  Ducet  te  Dominus,  et  regem  tuum, quem  constitueris  super  te,  in  gentem quam  ignoras  tu  et  patres  tui  ;  et  servies ibi  diis  alienis,  ligne  et  lapidi;
37.  et  eris  perditus  in  proverbium  ac fabulam  omnibus  populis,  ad  quos  te introduxerit  Dominus.
38.  Sementem  multam  jacies  in  ter- ram;  et  modicum  congregabis,  quia  lo- custse  devorabunt  omnia.
que  vous  ne  réussirez  point  en  ce  que vous  aurez  entrepris.  Vous  serez  noirci en  tout  temps  par  des  calomnies ,  et  op- primé par  des  violences,  sans  que  vous ayez  personne  pour  vous  délivrer.
30.  Vous  épouserez  une  femme,  et  un autre  la  prendra  pour  lui.  Vous  bâtirez une  maison,  et  vous  ne  l'habiterez  point. Vous  planterez  une  vigne,  et  vous  n'en recueillerez  pas  le  fruit.
31.  Votre  bœuf  sera  immolé  devant vous,  et  vous  n'en  mangerez  point.  Votre âne  vous  sera  ravi  sous  vos  yeux,  et  on ne  vous  le  rendra  point.  Vos  brebis  se- ront livrées  à  vos  ennemis,  et  personne ne  se  mettra  en  peine  de  vous  secourir.
32.  Vos  fils  et  vos  filles  seront  livi-és  à un  peuple  étranger  ;  vos  yeux  le  verront, et  seront  tout  desséchés  par  la  vue  con- tinuelle de  leur  misère;  et  vos  mains  se trouveront  sans  aucune  force  pour  les délivrer.
33.  Un  peuple  qui  vous  sera  inconnu dévorera  tout  ce  que  votre  terre  avait produit ,  et  tout  le  fruit  de  vos  travaux  ; vous  serez  toujours  abandonné  à  la  ca- lomnie et  exposé  à  l'oppression  tous  les jours  de  votre  vie  ;
34.  et  vous  demeurerez  comme  inter- dit et  hors  de  vous  par  la  frayeur  des choses  que  vous  verrez  de  vos  yeux.
35.  Le  Seigneur  vous  fi-appera  d'un ulcère  très  malin  dans  les  genoux  et dans  le  gras  des  jambes,  et  d'un  mal  in- curable depuis  la  plante  des  pieds  jus- qu'au sommet  de  la  tête.
36.  Le  Seigneur  vous  emmènera,  vous et  votre  roi  que  vous  aurez  établi  sur vous,  parmi  un  peuple  que  vous  aurez ignoré  vous  et  vos  pères;  et  vous  ado- rerez là  des  dieux  étrangers,  du  bois  et de  la  pierre  ;
37.  et  vous  serez  dans  la  dernière  mi- sère, et  comme  le  jouet  et  la  fable  de tous  les  peuples  parmi  lesquels  le  Sei- gneur vous  aura  conduit.
38.  Vous  sèmerez  beaucoup  de  grain dans  votre  terre,  et  vous  en  recueillerez peu,  parce  que  les  sauterelles  mangeront tout.
ladies  mentales  associées  aux  physiques.  —  Palpes in  meridie...  (vers.  29).  Trait  douloureusement pittoresque.  Cf.  Is.  lix,  10.  —  Les  vers.  30-34 contiennent  une  longue  énumération  de  pertes cruelles  et  désastreuses.
35-44.  Troisième  groupe  de  jugements  divins: autres  maladies,  pauvreté,  humiliation,  exil.  — Ulcère...  in  genibus...:  lèpre  d'un  genre  spécial,
qui  atteint  les  articulations  des  membres  infé- rieurs. —  In  proverbium  ac  fabulam  (vers.  37). L'opposé  de  la  bénédiction  du  vers.  10,  de  même que  les  vers.  38-42  expriment  le  contraire  de  Li bénédiction  du  vers.  11.  —  Vastabitur  vermibus (39).  Divers  insectes,  ou  leurs  larves,  produisent dans  les  vignes  de  prompts  et  d'effrayants  ravages. Voyez  l'Atl.  d'hist.nat.,  pi.  XLvin,  fig.  11,  12;
Deut.  XXVIII,  39-49.
645
39.  Vous  planterez  une  vigne,  et  vous la  labourerez  ;  mais  vous  n'en  boirez point  de  vin,  et  vous  n'en  recueillerez rien,  jjarce  qu'elle  sera  gâtée  par  les vers."
40.  Vous  aurez  des  oliviers  dans  toutes vos  terres,  et  vous  ne  pourrez  en  avoir d'hiiile  pour  vos  onctions,  parce  que  tout coulera  et  périra.
41.  Vous  mettrez  au  monde  des  fils  et des  filles,  et  vous  n'aurez  pas  la  joie  de les  posséder,  parce  qu'ils  seront  emmenés captifs.
42.  La  nielle  consumera  tous  vos arbres  et  les  fruits  de  votre  terre.
43.  L'étranger  qui  est  avec  vous  dans votre  pays  s'élèvera  au-dessus  de  vous, et  il  deviendra  plus  puissant;  et  pour vous,  vous  descendrez  et  vous  serez  au- dessous  de  lui.
44.  Ce  sera  lui  qui  vous  prêtera  de l'argent,  et  vous  ne  lui  en  prêterez  point. Il  sera  lui-même  à  la  tête,  et  vous  ne marcherez  qu'après  lui.
45.  Toutes  ces  malédictions  fondront sur  vous,  et  elles  vous  accableront  jus- qu'à ce  que  vous  périssiez  entièrement; jDarce  que  vous  n'aurez  point  écouté  la voix  du  Seigneur  votre  Dieu ,  ni  observé ses  ordonnances  et  les  cérémonies  qu'il vous  a  prescrites.
46.  Ces  malédictions  demeureront  à  ja- mais et  sur  vous  et  sur  votre  postérité , comme  une  marque  étonnante  de  la  co- lère de  Dieu  sur  vous  ;
47.  parce  que  vous  n'aurez  point  servi le  Seigneur  votre  Dieu  avec  la  recon- naissance et  la  joie  du  coeur  que  deman- dait cette  abondance  de  toutes  choses.
48.  Vous  deviendrez  l'esclave  d'un  en- nemi que  le  Seigneur  vous  enverra  ;  vous le  servirez  dans  la  faim,  dans  la  soif, dans  la  nudité,  et  dans  le  besoin  de  toutes choses  ;  et  il  vous  fera  porter  un  joug  de fer,  jusqu'à  ce  que  vous  en  soyez  écrasé.
49.  Le  Seigneur  fera  venir  d'un  pays reculé  et  des  extrémités  de  la  terre  un peuple  qui  fondra  sur  vous  comme  un aigle  fond  sur  sa  proie ,  et  dont  vous  ne j)ourrez  entendre  la  langue  ;
39.  Vineam  plantabis,  et  fodios;  et vinum  non  bibes,  nec  coUigos  ex  ea quippiam,  quoniam  vastabitur  vermi- bus.
40.  Olivas  habebis  in  omnibus  ter- mi  nis  tuis,  et  non  ungcris  oleo ,  quia delluent,  et  peribunt.
41._  Filios  generabis  et  filias,  et  non frueris  eis,  quoniam  ducentur  in  capti- vitatem.
42.  Omnes  arbores  tuas  et  fruges  ter- rse  tuse  rubigo  consuraet.
43.  Advena,  qui  tecum  versatur  in terra,  ascendet  super  te,  eritque  subli- mior;  tu  autem  descendes,  et  eris  infe- rior.
44.  Ipse  fœnerabit  tibi,  et  tu  non fœnerabis  ei.  Ipse  erit  in  caput,  et  tu eris  in  caudam.
45.  Et  venient  super  te  omnes  male- dictiones  istas,  et  persequentes  appré- hendent te,  donec  intereas,  quia  non audisti  vocem  Domini  Dei  tui,  nec  ser- vasti  mandata  ejus  et  ceremonias,  quas prœcepit  tibi.
46.  Et  erunt  in  te  signa  atque  prodi- gia ,  et  in  semine  tuo  usque  in  sempiter- num;
47.  eo  quod  non  servieris  Domino  Deo tuo  in  gaudio ,  cordisque  laetitia ,  propter rerum  omnium  abundantiam.
48.  Servies  inimico  tuo,  quem  im- mittet  tibi  Dominus,  in  famé,  et  siti,  et nuditate,  et  omni  penuria;  et  ponet  ju- gum  f erreum  super  cervicem  tuam ,  do- nec te  conterat.
49.  Adducet  Dominus  super  te  gen- tem  de  longinquo,  et  de  extremis  terrse finibus ,  in  similitudinem  aquilse  volantis cum  impetu,  cujus  linguam  intelligere
non  possis  ;
pi.  Li,  fig.  1,  2,  5.  —  Arljores...  riihlgo  (vers.  42). L'hébreu  désigne  encore  les  Insectes  ennemis  des végétaux  (.AU.  d'hist.  nat,  pi.  xlvii,  fig.  7-9; pi.  XLviii,  flg.  13  ;  pi.  Li,  fig.  8-10,  11,  13).  — Aux vers.  43-44 ,  le  contraii-e  de  ce  qui  avait  été  promis plus  haut  (12-13).
45-57.  Quatrième  groupe  de  jugements  divins  : la  Terre  promise  tombera  au  pouvoir  des  nations
étrangères,  et  Israël  endurera  toutes  les  horreurs de  la  guerre.  —  Transition  et  préparation,  vers. 45-48  :  les  Hébreux  seront  ainsi  châtiés  à  cause de  leur  désobéissance  h  la  loi  de  Jéhovah.  Juguvi fcrrcum  (vers.  48)  est  l'emblème  d'un  rude  asser- vissement. —  Description  des  peuples  qui  servi- ront d'instruments  aux  vengeances  divines,  vers. 4î>-50.  Dq  lortglnquo  :  ù  l'est,  les  Assyriens  et
30*
646
Deut.  XXVIII,  50-57.
50.  gentem  procacissimam ,  quse  non déférât  seni,  nec  misereatur  parvuli,
51.  et  devoret  fructum  jumentorum tuorum,  ac  fmges  terrae  tuae,  donec  in- tereas,  et  non  relinquat  tibi  triticum, vinura,  et  oleum,  armenta  boum,  et grèges  ovium,  donec  te  disperdat.
52.  et  conterat  In  cunctis  urbibus tuis ,  et  destruantur  mûri  tui  firmi  atque sublimes,  in  quibus  habebas  fiduciam in  omni  terra  tua.  Obsideberis  intra portas  tuas  in  omni  terra  tua,  quam  da- bit  tibi  Dominus  Deus  tuus  ;
53.  et  comedes  fructum  uteri  tui, et  carnes  filiorum  tuorum  et  filiarum tuarum,  quas  dederit  tibi  Dominus  Deus tuus  in  angustia  et  vastitate  qua  oppri- met  te  hostis  tuus.
54.  Homo  delicatus  in  te,  et  luxurio- sus  valde,  invidebit  fratri  suo,  et  uxori, quse  cubât  in  sinu  suo ,
55.  ne  det  eis  de  carnibus  filiorum suorum,  quas  comedet,  eo  quod  nihil aliud  habeat  in  obsidione  et  penuria, qua  vastaverint  te  inimici  tui  intra  om- nes  portas  tuas.
56.  Tenera  mulier  et  delicata,  quse super  terram  ingredi  non  valebat,  nec pedis  vestigium  figere ,  propter  mollitiem et  teneritudinem  nimiam ,  invidebit  viro suo,  qui  cubât  in  sinu  ejus,  super  filii  et filise  carnibus,
57.  et  illuvie  secundarum ,  quse  egre- diuntur  de  medio  feminum  ejus ,  et super  liberis  qui  eadem  hora  nati  sunt  ; comedent  enim  eos  clam  propter  rerum omnium  penuriam  in  obsidione  et  vasti- tate, qua  opprimet  te  inimicus  tuus  in- tra portas  tuas.
50.  un  peuple  tout  à  fait  insolent ,  qui ne  sera  touché  ni  de  respect  pour  les vieillards,  ni  de  pitié  pour  les  plus  petits enfants.
51.  Il  dévorera  tout  ce  qui  naîtra  de votre  bétail,  et  tous  les  fruits  de  votre terre,  jusqu'à  ce  que  vous  périssiez;  il ne  vous  laissera  ni  blé,  ni  vin,  ni  huile, ni  troupeaux  de  bœufs,  ni  troupeaux  de brebis,  jusqu'à  ce  qu'il  vous  détruise  en- tièrement.
52.  11  vous  écrasera  dans  toutes  vos villes  ;  et  vos  murailles  si  fortes  et  si  éle- vées, dans  lesquelles  vous  avez  mis  votre confiance,  tomberont  dans  toute  l'étendue de  votre  pays.  Vous  serez  assiégé  dans toutes  les  villes  du  pays  que  le  Seigneur votre  Dieu  vous  donnera  ;
53.  et  vous  mangerez  le  fruit  de  votre sein,  et  la  chair  de  vos  fils  et  de  vos filles  que  le  Seigneur  votre  Dieu  vous aura  donnés,  tant  sera  grande  l'extré- mité de  la  misère  où  vos  ennemis  vous auront  réduit.
54.  L'homme  d'entre  vous  le  plus  dé- licat et  le  plus  plongé  dans  ses  plaisirs refusera  à  son  frère  et  à  sa  femme  qui dort  auprès  de  lui ,
55.  et  il  ne  voudra  pas  leur  donner  de la  chair  de  ses  fils  dont  il  mangera,  parce qu'il  n'aura  rien  autre  chose  à  manger pendant  le  siège,  et  dans  le  besoin  ex- trême où  vous  réduiront  vos  ennemis par  leur  violence  dans  l'enceinte  de  toutes vos  villes.
56.  La  femme  délicate,  habituée  à  une vie  molle,  qui  ne  pouvait  pas  seulement marcher,  et  qui  avait  peine  à  poser  un pied  sur  la  terre  à  cause  de  son  extrême mollesse  et  délicatesse,  refusera  à  son mari,  qui  dort  auprès  d'elle,  de  lui  don- ner de  la  chair  de  son  fils  et  de  sa  fille,
57.  de  cette  masse  d'ordures  qu'elle  a rejetée  de  son  sein  en  se  délivrant  de  son fruit,  et  de  la  chair  de  son  enfant  qui  ne venait  que  de  naître  ;  car  ils  mangeront en  cachette  leurs  propres  enfants,  n'ayant plus  de  quoi  se  nourrir  dans  cette  cruelle famine,  à  laquelle,  pendant  le  siège,  vos ennemis  vous  réduiront  par  leur  violence dans  l'enceinte  de  vos  villes.
les  Chaldéens;  à  l'ouest,  les  Romains.  Rapidité de  leurs  conquêtes  :  aquilce  volantis...  (cf.  Hab. I,  6,  8).  Leur  nature  farouche  et  barbare  :  gentem procacissimam,,.  (cf.  II  Par.  xxxvi,  17;  Thren. V,  12).  —  Énumération  des  malheurs  que  les Hébreux  auront  à  supporter  :  ruine  et  conquête
successive  de  tout  le  pays ,  vers.  51-52  ;  sinistres résultats  de  la  famine  causée  par  la  guerre,  vers. 53-57.  Ce  dernier  tableau  est  tracé  avec  une  vi- gueur et  un  réalisme  saisissants.  Pour  la  l'éali- sation,  voyez  IV  Reg.  vi,  2G-29;  Thrcn.  u,  20; IV,  10,  etc.
Deut.  XXVIII,  58 -GG.
647
58.  Si  vous  ne  gardez  et  n'accom- plissez pas  toutes  les  paroles  de  cette  loi qui  sont  écrites  dans  ce  livre,  et  si  vous ne  craignez  son  nom  glorieux  et  terrible, c'est-à-dire  le  Seigneur  votre  Dieu ,
59.  le  Seigneur  augmentera  de  plus  en plus  vos  plaies ,  et  les  plaies  de  vos  en- fants, plaies  grandes  et  opiniâtres,  lan- gueurs malignes  et  incurables.
60.  Il  fera  retomber  sur  vous  toutes ces  plaies  dont  il  a  affligé  l'Egypte,  et dont  vous  avez  été  eiïrayés  ;  et  elles  s'at- tacheront inséparablement  à  vous.
61.  Le  Seigneur  fera  encore  fondre sur  vous  toutes  les  langueurs  et  toutes les  plaies  qui  ne  sont  point  écrites  dans le  livre  de  cette  loi,  jusqu'à  ce  qu'il  vous écrase  ;
62.  et  vous  demeurerez  en  très  petit nombre,  vous  qui  vous  étiez  multipliés auparavant  comme  les  étoiles  du  ciel, parce  que  vous  n'aurez  point  écouté  la voix  du  Seigneur  votre  Dieu.
63.  Et  de  même  que  le  Seigneur  avait pris  plaisir  auparavant  à  vous  combler de  biens  et  à  vous  multiplier  de  plus  en plus,  ainsi  il  prendra  plaisir  à  vous perdre,  à  vous  détruire,  et  à  vous  extir- per de  la  terre  où  vous  allez  entrer  pour la  posséder.
64.  Le  Seigneur  vous  dispersera  parmi tous  les  peuples,  depuis  une  extrémité  de la  terre  jusqu'à  l'autre  ;  et  vous  adorerez là  des  dieux  étrangers  que  vous  ignoriez, vous  et  vos  pères,  des  dieux  de  bois  et de  pierre.
65.  Même  parmi  ces  peuples  vous  ne trouverez  aucun  repos,  et  vous  ne  trou- verez pas  seulement  où  appuyer  en  paix la  plante  de  votre  pied.  Car  le  Seigneur vous  donnera  un  cœur  toujours  agité  de crainte,  des  yeux  languissants,  et  une âme  tout  abîmée  dans  la  douleur.
66.  Votre  vie  sera  comme  en  suspens devant  vous  ;  vous  tremblerez  nuit  et jour,  et  vous  ne  croirez  pas  à  votre  vie.
58.  Nisi  custodieris  et  feceris  omnia verba  legis  hujiis,  quœ  scripta  sunt  in hoc  volumine,  et  timueris  nomen  ejus gloriosum  et  terribile,  hoc  est,  Dominum Deum  tuum  ;
59.  augebit  Dominus  plagas  tuas,  et plagas  scminis  tui,  plagas  magnas  et persévérantes,  infirmitates  pessimas  et perpétuas.
60.  Et  convertet  in  te  omnes  affli- ctiones  ^gypti,  quas  timuisti,  et  adhge- rebunt  tibi.
61.  Insuper  et  uni  versos  languores,  et plagas,  quse  non  sunt  scriptse  in  volu- mine legis  hujus,  inducet  Dominus  su- per te,  donec  te  conterat  ;
62.  et  remanebitis  pauci  numéro,  qui prius  eratis  sicut  astra  cseli  prse  multi- tudine,  quoniam  non  audisti  vocem  Do- mini  Dei  tui.
63.  Et  sicut  ante  laetatus  est  Dominus super  vos,  bene  vobis  faciens,  vosque multiplicans  ;  sic  Igetabitur  disperdens vos  atque  subvertens,  ut  auferamini  de terra,  ad  quam  ingredieris  possiden- dam.
64.  Disperget  te  Dominus  in  omnes populos,  a  summitate  terrae  usque  ad termines  ejus;  et  servies  ibi  diis  alie- nis,  quos  et  tu  ignoras  et  patres  tui, lignis  et  lapidibus.
65.  In  gentibus  quoque  illis  non  quie- sces,  neque  erit  requies  vestigio  pedis tui  ;  dabit  enim  tibi  Dominus  ibi  cor pavidum,  et  déficientes  oculos,  et  ani- mam  consumptam  moerore;
Ç)Q.  et  erit  vita  tua  quasi  pendens  ante te.  Timebis  nocte  et  die,  et  non  credes vitae  tu£e.
58-68.  Cinquième  groupe  des  jugements  divins  : consommation  de  la  ruine  et  dispersion  d'Israël sur  la  terre  entière.  —  Plagas.,.,  persévérantes..., perpétuas.  Les  maux  antérieurs  étaient  simple- ment transitoires.  —  Omnes  afflictiones  JEgypti (vers.  60):  les  plaies  épouvantables  dont  l'Egypte avait  été  frappée  au  temps  de  l'Exode.  —  Disper- get te...  (vers.  64)  :  trait  dont  la  réalisation  est encore  placée  sous  nos  yeux.  —  Vita  tua  quasi pendens...  (vers.  66)  :  dans  une  longue  et  affreuse agonie.  Plusieurs  Pères  (S.  Irénée,  adv.  Hcer., IV,  25;  v,  23;  TcrtuUicn,  contra  Jud.,  xi;  Lac- tauce,  de  Vera  Sap.,  iv,  18,  etc.)  ont  vu  dans
cette  ligne  l'image  de  Notre-Seigneur  Jésus-Christ, la  vraie  vie  des  Juifs ,  suspendu  sur  la  croix  en face  de  ses  bourreaux  :  belle  interprétation,  mais simplement  accommodatice.  —  Reducet  te...  in ^gyptum  (vers.  68)  :  pour  y  être  esclave,  comme autrefois.  C'est  le  dernier  des  malheurs  pour  Israël, et  le  symbole  de  sa  ruine  totale  ;  de  môme  que la  sortie  d'Egypte  avait  été  son  plus  grand  bon- heur, et  le  moment  de  sa  création  comme  peuple théocratique.  Titus  fit  vendre  en  Egypte  un  grand nombre  de  ses  prisonniers  juifs  (cf.  Jos.,  Bell. Jud.,  VI,  9,  2).  —  Non  erit  qui  emat  :  marque d'un  mépris  et  d'une  haine  extrêmes.
648
Deut.  XXVIII,  67  —  XXIX,  6.
67.  Mane  dices  :  Quis  milii  det  ve- sperum?  et  vespere  :  Quis  mihi  det mane?  propter  cordis  tiii  formidinem, qua  terreberis,  et  propter  ea  quœ  tuis videbis  oculis.
68.  Reducet  te  Dominus  classibus  in ^gyptum ,  per  viam  de  qua  dixit  tibi  ut eam  amplius  non  videres;  ibi  venderis inimicis  tuis  in  servos  et  ancillas;  et non  erit  qui  emat.
67.  Vous  direz  le  matin  :  Qui  me  don- nera de  voir  le  soir  ?  et  le  soir  :  Qui  me donnera  de  voir  le  matin?  tant  votre cœur  sera  saisi  d'épouvante,  et  tant  la vue  des  choses  qui  se  passeront  devant vos  yeux  vous  effrayera.
G8.  Le  Seigneur  vous  ramènera  en Egypte  sur  des  vaisseaux,  par  un  chemin dont  il  vous  avait  dit  que  vous  ne  le  re- verriez jamais.  Vous  serez  vendus  là  à vos  ennemis  comme  esclaves  et  comme servantes  ;  et  il  n'y  aura  personne  pour vous  acheter.
CHAPITRE  XXIX
1.  Haec  sunt  verba  foederis,  quod  prae- cepit  Dominus  Moysi  ut  feriret  cum  iiliis Israël  in  terra  Moab,  prœter  illud  fœ- dus ,  quod  cum  eis  pepigit  in  Horeb.
2.  Vocavitque  Moyses  omnem  Israël, et  dixit  ad  eos  :  Vos  vidistis  universa quse  fecit  Dominus  coram  vobis  in  terra ^gypti  Pharaoni,  et  omnibus  servis ejus,  universseque  terrse  illius,
3.  tentationes  magnas,  quas  vide- runt  oculi  tui,  signa  illa,  portentaque ingentia  ;
4.  et  non  dédit  vobis  Dominus  cor  in- telligens,  et  oculos  videntes,  et  aures quse  possunt  audire,  usque  in  prsesen- tem  diem.
6.  Adduxit  vos  quadraginta  annis  per desertum  ;  non  sunt  attrita  vestimenta vestra ,  nec  calceamenta  pedum  vestro- rum  vetustate  consumpta  sunt.
6.  Panem  non  comedistis,  vinum  et siceram  non  bibistis ,  ut  sciretis  quia  ego sum  Dominus  Deus  vester.
1.  Voici  les  paroles  de  l'alliance  que le  Seigneur  commanda  à  Moïse  de  faire avec  les  enfants  d'Israël  dans  le  pays  de Moab,  outre  la  première  alliance  qu'il avait  faite  avec  eux  sur  le  mont  Horeb.
2.  Moïse  fit  donc  assembler  tout  le peuple  d'Israël ,  et  il  leur  dit  :  Vous  avez vu  tout  ce  que  le  Seigneur  a  fait  devant vous  en  Egypte,  de  quelle  manière  il  a traité  le  Pharaon,  tous  ses  serviteurs  et tout  son  royaume.
3.  Vos  yeux  ont^vu  les  grandes  plaies par  lesquelles  il  les  a  éprouvés ,  ces  mi- racles et  ces  prodiges  épouvantables  ;
4.  et  le  Seigneur  ne  vous  a  point  donné jusqu'à  ce  jour  un  cœur  qui  eût  de  l'in- telligence ,  des  yeux  qui  pussent  voir,  et des  oreilles  qui  pussent  entendre.
5.  Il  vous  a  conduits  jusqu'ici  à  tra- vers le  désert  pendant  quarante  ans  ;  vos vêtements  se  sont  conservés ,  et  les chaussures  de  vos  pieds  n'ont  point  été usées  pendant  tout  ce  temps.
6.  Vous  n'avez  ni  mangé  de  pain,  ni bu  de  vin  ou  de  liqueur  fermentée,  afin que  vous  sussiez  que  c'est  moi  qui  suis  le Seigneur  votre  Dieu.
§  III.  —  Moïse  exhorte  instamment  les  Hébreux à  renouveler  l'alliance.  XXIX,  1— XXX,  20.
1°  Comme  pressant  motif,  le  souvenir  des  bien- faits divins.  XXIX,  1-8.
CiiAP.  XXIX.  —  1-2».  Introduction.  —  Ut feriret...  in  terra  Moab.  Il  n'est  pas  question  d'une alliance  nouvelle ,  mais  d'une  sorte  de  ratification de  celle  du  Sinaï.  Toutefois,  «  l'acte  solennel  de ce  renouvellement  n'eut  lieu  qu'après  le  passage du  Jourdain.  )j
2^-4,  Prodiges  qui  accompagnèrent  la  sortie d'Égj-ptc.  —  Tentationes  maynas:  les  plaies  ter- ribles dont  furent  frappés  les  Égyptiens,  jusqu'à
ce  qu'ils  eussent  autorisé  le  départ  d'Israël.  — Et  non  decZif...  Triste  restriction.  Quoiqu'ils  eussent vu  de  leurs  propres  yeux  {vos  vidistis,  viderunt oculi  tui)  ces  divines  merveilles,  ils  n'avaient  pas manifesté  une  grande  pénétration  à  l'égard  dos devoirs  pratiques  qu'elles  leur  imposaient.  C'est par  leur  faute  qu'ils  n'avaient  pas  obtenu  ce  cor intelligens ,  etc.
6-6.  Les  miracles  qui  accompagnèrent  les  péré- grinations d'Israël  à,  travers  le  désert.  —  Non sunt  attrita...  Sur  ce  détail,  voyez  viii,  4,  et  le commentaire.  —  Panem...,  vinum...  Le  pain  et le  vin  ordinaires  furent  remplacés  par  la  manne, et  par  l'eau  qui  s'échappa  piraculcusemcnt  des
Deut.  XXIX,  7-17.
7.  Lorsque  vous  êtes  venus  en  ce  lieu, Séhon,  roi  d'IIésébon,  et  Og,  roi  de  Ba- san,  ont  marché  au-devant  de  nous  pour nous  combattre,  et  nous  les  avons  taillés en  pièces.
8.  Nous  avons  pris  leur  pays,  et  nous l'avons  donné  en  possession  à  llnben,  à (îad  et  à  la  moitié  de  la  tribu  de  Ma- riasse.
9.  Gardez  donc  les  paroles  de  cette alliance,  et  accomplissez -les;  afin  que vous  compreniez  tout  ce  que  vous  faites.
10.  Nous  voilà  tous  aujourd'hui  pré- sents devant  le  Seigneur  votre  Dieu,  les princes  de  vos  tribus,  les  anciens  et  les docteurs ,  et  tout  le  peuple  d'Israël ,
11.  vos  enfants,  vos  femmes,  et  l'é- tranger qui  demeure  avec  vous  dans  le camp,  outre  ceux  qui  coupent  le  bois  et ceux  qui  apportent  l'eau  :
12.  vous  êtes  tous  ici,  afin  que  vous entriez  dans  l'alliance  du  Seigneur  votre Dieu,  cette  alliance  que  le  Seigneur  votre Dieu  contracte  et  jure  aujourd'hui  avec vous  ;
13.  afin  qu'il  fasse  de  vous  son  propre peuple,  et  qu'il  soit  lui-même  votre  Dieu, selon  qu'il  vous  l'a  promis,  et  selon  qu'il l'a  juré  à  vos  pères,  Abraham,  Isaac  et Jacob.
14.  Cette  alliance  que  je  fais  aujour- d'hui, ce  serment  que  je  confirme  de nouveau ,  n'est  pas  pour  vous  seuls ,
15.  mais  pour  tous  ceux  qui  sont  pré- sents et  qui  sont  absents.
16.  Car  vous  savez  de, quelle  manière nous  avons  séjourné  en  Egypte,  et  com- ment nous  avons  passé  au  milieu  des  na- tions, et  qu'en  passant,
17.  vous  y  avez  vu  des  abominations et  des  ordures;  c'est-à-dire  leurs  idoles, le  bois  et  la  pierre,  l'argent  et  l'or  qu'ils adoraient.
G49
7.  Et  venistis  ad  hune  locum  ;  cgres- susque  est  Sehon,  rex  Ilesebon,  et  Og, rex  Basan,occurrentes  nobis  ad  pugnam  ; et  percussimus  eos,
8.  et  tulimus  terrani  eorum,  ac  tra- didimus  possidendam  Ilubcn  et  Gad,  et dimidiœ  tribui  Manasse.
9.  Custodite  ergo  verba  pacti  Imjus, et  impiété  ea,  ut  inteUigatis  uni  versa qu3e  facitis.
10.  Vos  statis  hodie  cuncti  coram  Do- mino Deo  vestro,  principes  vestri,  et tribus,  ac  majores  natu,  atque  doctores, omnis  populus  Israël,
11.  liberi  et  uxores  vestrse,  et  ad- vena  qui  tecum  moratur  in  castris,  ex- ceptis  liguorum  cœsoribus,  et  lus  qui comportant  aquas  ;
12.  ut  transeas  in  fœdere  Domini  Dei tui,  et  in  jurejurando  quod  hodie  Domi- nus  Deus  tuus  percutit  tecum  ;
13.  ut  suscitet  te  sibi  in  populum, et  ipse  sit  Deus  tuus,  sicut  locutus  est tibi,  et  sicut  jura  vit  patribus  tuis,  Abra- ham, Isaac,  et  Jacob.
14.  Nec  vobis  solis  ego  hoc  fœdus  fe- rio,  et  hœc  juramenta  confirmo,
15.  sed  cunctis  prsesentibus  et  absen- tibus.
16.  Vos  enim  nostis  quo  modo  habi- taverimus  in  terra  ^^Egypti,  et  quo  modo transierimus  per  médium  nationum,  quas tranreuntes,
17.  vidistis  abominationes  et  sordes , id  est,  idola  eorum,  lignum  et  lapidem, argentum  et  aurum ,  quse  colebant.
rochers.  —  Ut  sciretis  quia  ego...  Le  langage  de Moïse  se  transforme  en.  celui  de  Dieu,  dont  il était  le  représentant.
7-8.  La  conquête  des  royaumes  de  Sélion  et  d'Og. Cf.  m,  1-17,
2°  Api)el  à  tout  le  peuple,  pour  le  presser d'entrer  de  plus  en  plus  dans  l'alliance.  XXIX, 9-15.
9-15.  Custodite  ergo...  Conclusion  toute  natu- relle des  considérations  qui  précèdent.  —  Ut  in- teUigatis... Plutôt,  d'après  l'hébreu  :  afin  que  vous réussissiez  dans  tout  ce  que  vous  fei'cz.  —  Vos statis...  cuncti.  Tous  sans  exception,  petits  et grands,  sont  invités  h  renouveler  le  pacte  sacré; c'était  une  affaire  nationale  (liberi,  les  petits enfants,  dit  le  texte;  au  lieu  de  exceptis...,  l'hé-
breu dit  au  contraire  :  «  depuis  celui  qui  coupe ton  bois  jusqu'il  celui  qui  puise  ton  eau,  »  c.-à-d. même  les  plus  humbles  esclaves.  Cf.  Jos.  ix,  11 et  ss.  ).  —  Ut  transeas...  Entrer,  pénétrer  dans l'alliance;  expression  vigoureuse,  qui  marque  le désir  d'en  accomplir  intégralement  les  conditions. —  In  jurejurando  est  synonyme  de  in  fœdere  :. dans  ce  contrat  scellé  par  le  serment  divin.  — Ut  suscitet  te...  But  général  de  l'alliance  thcocra- tique.
3»  Menaces  à  l'adresse  de  ceux  qui  violeraient l'alliance.  XXIX,  16-29.
16-17.  L'idolâtrie  en  Egypte  et  chez  les  peuples avec  lesquels  Israël  s'était  mis  récemment  en contact.  —  Ahominationes  et  sordes.  Termes  de mépris  pour  désigner  les  idoles  ;  nous  les  retrou-
G50
Deut.  XXIX,  18-24.
18.  Ne  forte  sit  inter  vos  vir  aut  mu- lier,  familia  aut  tribus,  cujus  cor  aver- sum  est  hodie  a  Domino  Deo  nostro,  ut vadat  et  serviat  diis  illarum  gentium, et  sit  inter  vos  radix  germinans  fel  et amaritudinem  ;
19.  Clinique  audierit  verba  juramenti hujus,  benedicat  sibi  in  corde  suo,  di- cens  :  Fax  erit  mihi,  et  ambulabo  in pravitate  cordis  mei  ;  et  absumat  ebria sitientem.
20.  Et  Dominus  non  ignoscat  ei  ;  sed tune  quam  maxime  furor  ejus  fumet,  et zelus  contra  hominem  illum,  et  sedeant super  eum  omnia  maledicta,  quae  scripta sunt  in  hoc  volumine  ;  et  deleat  Domi- nus nomen  ejus  sub  cselo ,
21.  et  consumât  eum  in  perditionem ex  omnibus  tribubus  Israël,  juxta  male- dictiones,  quse  in  libro  legis  hujus  ac fœderis  continentur.
22.  Dicetque  sequens  generatio,  et filii  qui  nascentur  deinceps,  et  pere- grini,  qui  de  longe  venerint,  videntes plagas  terras  illius,  et  infirmitates  qui- bus  eam  afflixerit  Dominus,
23.  sulphure,  et  salis  ardore  combu- rens,  ita  ut  ultra  non  seratur,  nec  virens quippiam  germinet,  in  exemplum  sub- versionis  Sodomae  et  Gomorrhse ,  Ada- mas  et  Seboim,  quas  subvertit  Dominus in  ira  et  f  urore  suo  ;
24.  et   dicent  omnes   gentes  :  Quare
18.  Qu'il  ne  se  trouve  donc  pas  au- jourd'hui parmi  vous  un  homme  ou  une femme,  une  famille  ou  une  tribu,  dont le  cœur,  se  détournant  du  Seigneur  notre Dieu,  aille  adorer  les  dieux  de  ces  na- tions ;  qu'il  ne  se  produise  pas  parmi  vous une  racine  et  un  germe  de  fiel  et  d'a- mertume ;
19.  et  que  personne,  après  avoir  en- tendu les  paroles  de  cette  alliance  que Dieu  a  jurée  avec  vous,  ne  se  flatte  en son  propre  cœur  et  ne  dise  :  Je  vivrai  en paix,  je  m'abandonnerai  à  la  dépravation de  mon  cœur  ;  de  peur  qu'enivré  de  celte erreur,  il  n'entraîne  avec  lui  les  inno- cents.
20.  Le  Seigneur  ne  pardonnera  point à  cet  homme  ;  mais  sa  fureur  s'allumera alors  d'une  terrible  manière,  et  sa  colère éclatera  contre  lui  ;  il  se  trouvera  acca- blé de  toutes  les  malédictions  qui  sont écrites  dans  ce  livre;  le  Seigneur  effa- cera la  mémoire  de  son  nom  de  dessous le  ciel  ;
21.  il  l'exterminera  à  jamais  de  toutes les  tribus  d'Israël,  selon  les  malédictions qui  sont  contenues  dans  ce  livre  de  la loi  et  de  l'alliance.
22.  La  postérité  qui  viendra  après nous,  les  enfants  qui  naîtront  dans  la suite  d'âge  en  âge,  et  les  étrangers  qui seront  venus  de  loin,  voyant  les  plaies de  ce  pays  et  les  langueurs  dont  le  Sei- gneur l'aura  affligé,
23.  voyant  qu'il  l'aura  consumé  par  le soufre  et  par  un  sel  brûlant,  de  sorte qu'on  n'y  jette  plus  aucune  semence,  et qu'il  n'y  puisse  plus  pousser  aucune  ver- dure, et  qu'il  y  renouvelle  une  image  de  la ruine  de  Sodome  et  de  Gomorrhe,  d'A- dama  et  de  Séboïm,  que  le  Seigneur  a détruites  dans  sa  colère  et  dans  sa  fu- reur ;
24.  la  postérité  et  tous  les  peuples  di-
verons  souvent  dans  le  prophète  Ézéchiel.  L'ido- lâtrie était  le  grand  danger  pour  Israël.  Il  fallait de  toutes  manières  lui  en  inspirer  l'horreur.
18-21.  Fuir  ces  fâcheux  exemples,  sous  peine d'encourir  les  vengeances  divines.  —  Ne  forte sit...  Les  germes  d'idolâtrie  n'existaient  que  trop parmi  le  peuple.  Cf.  xxxi,  16;  Ex.  xxxii,  1 et  ss.;  Jud.  ii,  10-12,  etc.  —  Radix  germinans... Conséquences  funestes  de  l'apostasie.  Les  mots hébreux  traduits  par  fel  et  amaritudinem  dé- signent, le  premier  un  poison  (r'65,  vraisem- blablement le  pavot;  Atl.  d'hist.  nat.,  pi.  xxxix, flg.  6),  le  second  l'absinthe,  herbe  si  amèrc ila'anah;  Atl.  d'hist.  nat.,  pi.  xxiv,  flg.  2,  6). Hebr.  xii,  15,  saint  Paul  fait  allusion  à  ce  pas-
sage. —  Dlcens  :  Fax  erit...  Langage  effronté , qui  brave  la  colère  de  Jéhovah.  La  phrase  absu- mat ebria  sitientem  (littéralement  en  hébreu  : «  pour  ajouter  l'ivrogne,  »  c.-à-d.  l'ivresse ,  «  à  l'al- téré, »  c.-à-d.  à  la  soif)  équivaut  à  ces  mots: j'ajouterai  le  péché  à  la  tentation  ;  je  suivrai  mes désirs  dépravés.  —  Dominus  non  ignoscat...  Ré- sultats de  cette  conduite  Impie,  énergiquement décrits  (\ers.  20-21).
22-28.  Étonnement  des  générations  suivantes, et  spécialement  des  païens,  quand  ils  verront l'état  misérable  auquel  Jéhovah  aura  réduit  sou peuple  coupable.  —  Dicetque...  Passage  drama- tique, pour  mieux  faire  ressortir  l'étendue  des châtiments  des  Israélites  apostats.  —  Au  vers.  23
ï
Deut.  XXIX,  25  —  XXX,  3.
G51
ront,  en  voyant  ces  choses  :  Pourqnoi  le Seigneur  a-t-il  traité  ainsi  ce  pa3^s?  D'où vient  qu'il  a  fait  éclater  sa  fureur  avec tant  de  violence?
25.  Et  on  leur  répondra  :  Parce  qu'ils ont  abandonné  l'alliance  que  le  Seigneur avait  faite  avec  leurs  pères,  lorsqu'il  les tira  d'Egypte,
26.  et  qu'ils  ont  servi  et  adoré  des dieux  étrangers ,  qui  leur  étaient  incon- nus, et  au  culte  desquels  ils  n'avaient point  été  destinés.
27.  C'est  pour  cela  que  la  fureur  du Seigneur  s'est  allumée  contre  le  peuple de  ce  pays,  qu'il  a  fait  fondre  sur  eux toutes  les  malédictions  qui  sont  écrites dans  ce  livi'e,
28.  qu'il  les  a  chassés  de  leur  paj^'s dans  sa  colère,  dans  sa  fureur  et  dans son  extrême  indignation,  et  qu'il  les  a envoyés  bien  loin  dans  une  terre  étran- gère, comme  on  le  voit  aujourd'hui.
29.  Ces  secrets  étaient  cachés  dans  le Seigneur  notre  Dieu,  et  maintenant  il nous  les  a  découverts  à  nous  et  à  nos enfants  pour  jamais,  afin  que  nous  ac- complissions toutes  les  paroles  de  cette loi.
sic  fecit  Dominus  terrée  huicV  quœ  est hœc  ira  furoris  ejus  immensa?
25.  Et  respondebunt  :  Quia  dereli- querunt  pactum  Domini,  quod  i)epigit cum  patribus  eorum ,  quando  eduxit  eos de  terra  ^^gypti  ;
26.  et  servierunt  diis  alienis,  et  ado- ra verunt  eos ,  quos  nesciebant ,  et  quibus non  f uerant  attributi  ;
27.  idcirco  iratus  est  furor  Domini contra  terram  istam ,  ut  induceret  super eam  omnia  maledicta,  quse  in  hoc  volu- mine  scripta  sunt  ;
28.  et  ejecit  eos  de  terra  sua  in  ira et  in  furore,  et  in  indignatione  maxima, projecitque  in  terram  alienam,  sicut  ho- die  comj^robatur.
29.  Abscondita  Domino  Deo  nostro, quse  manifesta  sunt  nobis  et  filiis  no- stris  usque  in  sempiternum ,  ut  faciamus universa  verba  legis  hujus.
CHAPITRE  XXX
1.  Lors  donc  que  tout  ce  que  je  viens de  dire  vous  sera  arrivé,  et  que  les  bé- nédictions ou  les  malédictions  que  je viens  de  vous  représenter  seront  venues sur  vous ,  et  qu'étant  touchés  de  repentir au  fond  du  cœur,  parmi  les  nations  chez lesquelles  le  Seigneur  votre  Dieu  vous aura  dispersés ,
2.  vous  reviendrez  à  lui  avec  vos  en- fants, et  que  vous  obéirez  à  ses  comman- dements de  tout  votre  cœur  et  de  toute votre  âme,  selon  que  je  vous  l'ordonne aujourd'hui,
3.  le  Seigneur  vous  fera  revenir  de votre  captivité,  il  aura  pitié  de  vous,  et
1.  Cum  ergo  venerint  super  te  omnes sermones  isti,  benedictio,  sive  maledi- ctio,  quam  proposui  in  conspectu  tuo,  et ductus  pœnitudine  cordis  tui  in  univer- sis  gentibus,  in  quas  disperserit  te  Do- minus Deus  tuus,
2.  et  reversus  fueris  ad  eum ,  et  obe- dieris  ejus  imperiis,  sicut  ego  hodie  prse- cipio  tibi,  cum  filiis  tuis,  in  toto  corde tuo ,  et  in  tota  anima  tua ,
3.  reducet  Dominus  Deus  tuus  cap- tivitatem    tuam ,  ac   miserebitur  tui ,  et
isiilphure,  et  salis  ardore ;  hébr.  :  du  soufre, du  sel,  de  l'embrasement),  allusion  à  la  ruine terrible  de  la  Pentapole.  Cf.  Gen.  xix.
29.  Conclusion.  —  Abscondita  Domino...  L'hé- breu est  un  peu  moins  obscur,  a  Les  choses  ca- chées (appartiennent)  à  Jéhovah  notre  Dieu; celles  qui  ont  été  révélées  (appartiennent)  à  nous et  à,  nos  enfants,  à  perpétuité,  afin  que  nous accomplissions  toutes  les  paroles  de  cette  loi.  » C-  à  -  d.  :  Dieu  seul  connaît  l'avenir,  seul  il  sait  si
nous  serons  fidèles  ou  ingrats  ;  du  moins ,  il  est une  chose  que  nous  pouvons  faire  :  exécuter ses  volontés,  telles  qu'il  nous  les  a  manifestées.
4°  La  miséricorde  de  Dieu  est  promise  aux coupables ,  pourvu  qu'ils  se  repentent.  XXX,  1-10.
Chap.  XXX.  —  1-3.  Heureux  effet  des  châti- ments célestes  :  premier  degré,  le  retour  d'exil. —  Reducet...  captivitatem...  Hébraïsme  pour  a  ca- ptives »,
652
Deut.  XXX,  4-12.
riirsum  congregabit  te  de  cunctis  popu- lis ,  in  quos  te  ante  dispersit.
4.  Si  ad  cardines  cseli  fueris  dissipa- tus,  inde  te  retrahet  Dominiis  Deus tuus ,
6.  et  assumet,  atqiie  introducet  in terram,  qiiam  possederunt  patres  tui,  et obtinebis  eam  ;  et  benedicens  tibi,  ma- joris  numeri  te  esse  faciet  quam  fuerunt patres  tui.
6.  Circumcidet  Dominus  Deus  tuus  cor tuum,  et  cor  seminis  tui,  ut  diligas  Do- minum  Deum  tuum  in  toto  corde  tuo ,  et in  tota  anima  tua,  ut  possis  vivere.
7.  Omnes  autem  maledictiones  lias convertet  super  inimicos  tuos,  et  eos  qui oderunt  te  et  persequuntur.
8.  Tu  autem  reverteris,  ut  audies  vo- cem  Domini  Dei  tui,  faciesque  uni  versa mandata  qu£e  ego  prœcipio  tibi  hodie  ;
9.  et  abundare  te  faciet  Dominus  Deus tuus  in  cunctis  operibus  manuum  tua- rum,  in  sobole  uteri  tui,  et  in  fructu jumentorum  tuorum,  in  ubertate  terrse tuae ,  et  in  rerum  omnium  largitate  ;  re- vertetur  enim  Dominus,  ut  gaudeat  su- per te  in  omnibus  bonis,  sicut  gavisus est  in  patribus  tuis  ;
10.  si  tamen  audieris  vocem  Domini Dei  tui,  et  custodieris  prsecepta  ejus  et ceremonias,  quse  in  hac  lege  conscripta sunt,  et  revertaris  ad  Dominum  Deum tuum  in  toto  corde  tuo ,  et  in  tota  anima tua.
11.  Mandatum  hoc,  quod  ego  prae- cipio  tibi  hodie ,  non  supra  te  est ,  neque procul  positum,
12.  nec  in  caelo  situm,  ut  possis  dicere  : Quis  nostrum  valet  ad  cselum  ascendere,
il  vous  rassemblera  encore  en  vous  reti- rant du  milieu  de  tous  les  peuples  où  il vous  avait  auparavant  dispersés.
4.  Quand  vous  auriez  été  dispersés  jus- qu'aux extrémités  du  monde,  le  Seigneur votre  Dieu  vous  en  retirera;
6.  il  vous  reprendra  à  lui,  et  il  vous ramènera  dans  le  pays  que  vos  pères  au- ront possédé,  et  vous  le  posséderez  de nouveau;  et,  vous  bénissant,  il  vous  fera croître  en  plus  grand  nombre  que  n'a- vaient été  vos  pères.
6.  Le  Seigneur  votre  Dieu  circoncira votre  cœur  et  le  cœur  de  vos  enfants, afin  que  vous  aimiez  le  Seigneur  votre Dieu  de  tout  votre  cœur  et  de  toute  votre âme ,  et  que  vous  puissiez  vivre.
7.  Il  fera  retomber  toutes  ses  malé- dictions sur  vos  ennemis,  sur  ceux  qui vous  haïssent  et  vous  persécutent.
8.  Et  pour  vous,  vous  reviendrez,  et vous  écouterez  la  voix  du  Seigneur  votre Dieu,  et  vous  observerez  toutes  les  or- donnances que  je  vous  prescris  aujour- d'hui ;
9.  et  le  Seigneur  votre  Dieu  vous  com- blera de  biens  dans  tous  les  travaux  de vos  mains ,  dans  les  enfants  qui  sortiront de  votre  sein ,  dans  tout  ce  qui  naîtra  de vos  troupeaux,  dans  la  fécondité  de  votre terre,  et  dans  une  abondance  de  toutes choses.  Car  le  Seigneur  reviendra  à  vous, pour  mettre  sa  joie  à  vous  combler  de biens,  comme  il  avait  fait  à  l'égard  de vos  pères  ;
10.  pourvu  néanmoins  que  vous  écou- tiez la  voix  du  Seigneur  votre  Dieu,  que vous  observiez  ses  préceptes  et  les  céré- monies qui  sont  écrites  dans  la  loi  que  je vous  propose,  et  que  vous  retourniez  au Seigneur  votre  Dieu  de  tout  votre  cœur et  de  toute  votre  âme.
11.  Ce  commandement  que  je  vous prescris  aujourd'hui  n'est  ni  au-dessus de  vous ,  ni  loin  de  vous.
12.  Il  n'est  point  dans  le  ciel,  pour vous  donner  lieu  de  dire  :  Qui  de  nous
4-10.  Second  degré  :  réinstallation  d'Israël  dans la  Terre  promise  et  bénédictions  de  tout  genre. Cette  prophétie  se  réalisa  plusieurs  fois  au  temps des  Juges,  davantage  encore  après  la  captivité de  Babylone;  mais  c'est  d'une  manière  idéale, dans  la  conversion  des  Juifs  au  christianisme, qu'elle  a  trouvé  et  trouvera  son  accomplissement le  plus  parfait. —  Si  ad  cardines  ccsli...  C.-à-d, aussi  loin  que  possible.  —  Circumcidet...  cor  tuum (vers.  6)  :  pour  en  enlever  toutes  les  imperfec- tions, et  le  rendre  sensible  à  la  grâce.  Sur  cette
métaphore,  voyez  x,  16,  et  l'explication.  —  Tu autem  reverteris,. ..reverteiur  Dominus  (vers.  8 et  9).  C'est  l'état  normal,  rétabli  après  la  sé- paration. —  Si  tamen  audieris...  (vers.  10).  Tou- jours la  condition  «  sine  qua  non  ».
50  Combien  est  aisé  l'accomplissement  de  la  loi divine.  XXX,  11-14.
11-14.  Métaphores  saisissantes  pour  exprimer cette  idée.  Les  Hébreux  ne  peuvent  alléguer  ni l'ignorance  des  commandements  divins,  ni  l'im- possibilité de  les  mettre  en  pratique  :  non  supra
Deut.  XXX,  13-20.
653
peut  monter  au  ciel,  pour  nous  apporter ce  commandement,  afin  que,  l'a^-ant  en- tendu, nous  l'accomplissions  par  nos œuvres  ?
13.  Il  n'est  pas  non  plus  au  delà  de  la mer,  pour  vous  donner  lieu  de  vous  ex- cuser, en  disant  :  Qui  de  nous  pourra passer  la  mer,  pour  l'apporter  jusqu'à nous,  afin  que,  l'ayant  entendu,  nous puissions  faire  ce  qu'on  nous  ordonne?
14.  Mais  ce  commandement  est  tout près  de  vous  ;  il  est  dans  votre  bouche  et dans  votre  cœur,  afin  que  vous  l'accom- plissiez,
15.  Considérez  que  j'ai  proposé  aujour- d'hui devant  vos  yeux  d'un  côté  la  vie et  les  biens,  et  de  l'autre  la  mort  et  les maux  ;
16.  afin  que  vous  aimiez  le  Seigneur votre  Dieu,  et  que  vous  marchiez  dans ses  voies,  que  vous  observiez  ses  pré- ceptes, ses  cérémonies  et  ses  ordon- nances, et  que  vous  viviez,  qu'il  vous multiplie  et  vous  bénisse  dans  la  terre où  vous  entrerez  pour  la  posséder.
17.  Mais  si  votre  cœur  se  détourne  de lui,  si  vous  ne  voulez  pas  l'écouter,  et que,  vous  laissant  séduire  par  l'erreur, vous  adoriez  et  serviez  des  dieux  étran- gers,
18.  je  vous  déclare  aujourd'hui  par avance  que  vous  périrez ,  et  que  vous  ne demeurerez  pas  longtemps  dans  la  terre où,  après  avoir  passé  le  Jourdain,  vous devez  entrer  pour  la  posséder.
19.  Je  prends  aujourd'hui  à  témoin  le ciel  et  la  terre  que  je  vous  ai  proposé  la vie  et  la  mort,  la  bénédiction  et  la  ma- lédiction. Choisissez  donc  la  vie,  afin que  vous  viviez,  vous  et  votre  posté- rité ;
20.  que  vous  aimiez  le  Seigneur  votre Dieu,  que  vous  obéissiez  à  sa  voix,  et que  vous  demeuriez  attaché  à  lui  (car il  est  votre  vie,  et  celui  qui  doit  vous donner  une  longue  suite  de  jours),  afin que  vous  habitiez  dans  le  pays  que  le Seigneur  a  juré  de  donner  à  vos  pères, Abraham,  Isaac  et  Jacob.
ut  déférât  illud  ad    nos,  et   audiamus atque  opère  compleamus?
13.  Neque  trans  mare  positum,  ut causeris,  et  dicas  :  Quis  ex  nobis  poterit transf retare  mare,  et  illud  ad  nos  usque déferre,  ut  possimus  audire  et  facere quod  prœceptum  est?
14.  Sed  juxta  te  est  sermo  valde,  in ore  tuo,  et  in  corde  tuo,  ut  facias  illum.
15.  Considéra  quod  hodie  proposuerim in  conspectu  tuo  vitam  et  bonu-m,  et  e contrario  mortem  et  malum  ;
16.  ut  diligas  Dominum  Deum  tuum, et  ambules  in  viis  ejus,  et  custodias mandata  illius  ac  ceremonias  atque  ju- dicia;  et  vivas,  atque  multiplicet  te, benedicatque  tibi  in  terra,  ad  quam  in- gredieris  possidendam.
17.  Si  autem  aversum  f  uerit  cor  tuum, et  audire  nolueris,  atque  errore  dece- ptus  adoraveris  deos  alienos,  et  servieris eis  ;
18.  prasdico  tibi  hodie  quod  pereas, et  parvo  tempore  moreris  in  terra,  ad quam ,  Jordane  transmisso ,  ingredieris possidendam.
19.  Testes  invoco  hodie  cselum  et  ter- ram,  quod  proposuerim  vobis  vitam  et mortem,  benedictionem  et  maledictio- nem.  Elige  ergo  vitam,  ut  et  tu  vivas, et  semen  tuum  ;
20.  et  diligas  Dominum  Deum  tuum, atque  obedias  voci  ejus,  et  illi  adhse- reas  (ipse  est  enim  vita  tua,  et  longi- tude dierum  tuorum) ,  ut  habites  in  terra, pro  qua  jura  vit  Dominus  patribus  tuis, Abraham,  Isaac,  et  Jacob,  ut  daret  eam iUis.
te.,.,  neque  procul..,  sed  juxta  te...  valde.  Saint Paul,  Rom.  x,  6,  fait  une  belle  application  des vers.  6-8.
6»  Péroraison  pathétique  du  troisième  discours. XXX,  15-20.
15-19».  L'alternative. —  Considéra...  Magnifique développement  de  xi,  26-27.
19^-20.  Le  choix,  qui  ne  saurait  être  douteux  : elige  ergo  vitam.
654
Deux.  XXXI,  1-8.
CHAPITRE  XXXI
1.  Abiit  itaque  Mo3^ses,  et  locutus  est omnia  verba  hsec  ad  universum  Israël,
2.  et  dixit  ad  eos  :  Centum  viginti annorum  sum  hodie,  non  possiim  ultra egredi,  et  ingredi,  prœsertim  cum  et  Do- minus  dixerit  mihi  :  Non  transibis  Jor- danem  istum.
3.  Domimis  ergo  Deus  tuiis  transibit ante  te;  ipse  delebit  omnes  gentes  bas in  conspectu  tuo,  et  possidebis  eas;  et Josue  iste  trant-ibit  ante  te,  sicut  locutus est  Dominus.
4.  Facietque  Dominus  eis  sicut  fecit Sehon  et  Og,  regibus  Amorrhaeorum,  et terrse  eorum,  delebitque  eos.
5.  Cum  ergo  et  hos  tradiderit  vobis, similiter  facietis  eis ,  sicut  prsecepi  vo- bis.
6.  Yiriliter  agite,  et  confortamini ; nolite  timere,  nec  paveatis  ad  conspe- etum  eorum,  quia  Dominus  Deus  tuus ipse  est  ductor  tuus  ;  et  non  dimittet, nec  derelinquet  te.
7.  Vocavitque  Moj^ses  Josue,  et  dixit ei  coram  omni  Israël  :  Confortare,  et esto  robustus  ;  tu  enim  introduces  po- pulum  istum  in  terram,  quam  daturum se  patribus  eorum  juravit  Dominus,  et  tu eum  sorte  divides.
8.  Et  Dominus ,  qui  ductor  est  vester, ipse  erit  tecum;  non  dimittet,  nec  de- relinquet te  ;  noli  timere ,  nec  paveas.
1.  Moïse  alla  donc  déclarer  toutes  ces choses  à  tout  le  peuple  d'Israël ,
2.  et  il  leur  dit  :  J'ai  actuellement  cent vingt  ans  ;  je  ne  puis  plus  vous  conduire, principalement  après  que  le  Seigneur m'a  dit  :  Vous  ne  passerez  point  ce Jourdain.
3.  Le  Seigneur  votre  Dieu  passera  donc devant  vous;  c'est  lui-même  qui  ex- terminera devant  vous  toutes  ces  nations dont  vous  posséderez  le  pays;  et  Josué, que  vous  voyez,  marchera  à  votre  tête, selon  que  le  Seigneur  l'a  ordonné.
4.  Le  Seigneur  traitera  ces  peuples comme  il  a  traité  Séhon  et  Og,  rois  des Amorrhéens,  avec  tout  leur  pays,  et  il les  exterminera.
5.  Lors  donc  que  le  Seigneur  vous aura  livré  aussi  ces  peuples ,  vous  les traiterez  comme  vous  avez  traité  les autres,  selon  que  je  vous  l'ai  ordonné.
6.  Soyez  coin-ageux  et  ayez  de  la  fer- meté ;  ne  craignez  pas,  et  ne  vous  lais- sez pas  saisir  de  frayeur  en  les  voyant, parce  que  le  Seigneur  votre  Dieu  est  lui- même  votre  guide,  et  qu'il  ne  vous  dé- laissera et  ne  vous  abandonnera  pas.
7.  Moïse  appela  donc  Josué,  et  lui  dit devant  tout  le  peuple  d'Israël  :  Soyez ferme  et  courageux,  car  c'est  vous  qui ferez  entrer  ce  peuple  dans  la  terre  que le  Seigneur  a  juré  à  leurs  pères  de  leur donner,  et  c'est  vous  aussi  qui  la  leur partagerez  au  sort.
8.  Le  Seigneur,  qui  est  votre  guide, sera  lui-même  avec  vous  ;  il  ne  vous  dé- laissera pas  et  ne  vous  abandonnera  pas  ; ne  craignez  point,  et  ne  vous  laissez  pas intimider.
CONCLUSION  HISTORIQUE
Les  derniers  actes  et  la  mort  de  Moïse. XXXI,  1  — XXXIV,  12.
§  I.  —  Moïse  prend  ses  dernières  dispositions. XXXI,  1-30.
lo  L'installation  de  Josué  comme  successeur de  Moïse.  XXXI,  1-8.
Chap.  XXXI.  —  1-6.  Moïse  annonce  aux  Hé- breux sa  fin  prochaine,  et  le  choix  que  le  Sei- gneur a  fait  de  Josué  pour  le  remplacer.  —  Cen- tum vif/inti  annorum.  En  effet ,  quarante années  s'étaient  écoulées  depuis  celle  où  il  se présentait  devant  le  pharaon,  et  il  avait  alors quatre-vingts  ans.  Cf.  Ex.  vu,  7.  —  Egredi  et
ingredi.  C.-à-d.  vaquer  à  ses  fonctions.  Cf.  Xum. XXVII,  17.  Au  lieu  du  présent  non  possum,  les LXX  emploient  le  futur,  ou  SuvriCOf^at  STt,  qui rend  fort  bien  la  nuance  de  la  pensée.  Moïse,  en effet,  ne  se  plaint  d'aucune  infirmité  actuelle (cf.  XXXIV,  7),  mais  il  allègue  les  inconvénients possibles  de  son  gi*and  âge,  et  surtout  celui  de sa  mort  qui  approche  (prcesertim  cum...;  cf.  ni, 27).  —  Dominus...  transibit  ante  te.  Que  les Hébreux  se  rassurent  quand  même,  puisque  Je- hovah,  leur  vrai  général,  ne  les  abandonnera pas,  et  qu'il  donnera  un  digne  successeur  à Moïse.
7-8.  Moïse  transmet  ses  fonctions  h  Josué  en 1  présence  de  tout  le  peuple  réuni.  —  Cov/orLar».m.
Deut.  XXXI,  9-lG.
655
9.  Moïse  écrivit  donc  cette  loi,  et  il  la donna  aux  prêtres,  enfants  de  Lévi,  qui portaient  l'arche  de  l'alliance  du  Sei- gneur, et  à  tous  les  anciens  d'Israël.
10.  Et  il  leur  donna  cet  ordre,  et  leur dit  :  Tous  les  sept  ans,  lorsque  l'année de  la  reroise  sera  venue,  et  au  temps  de la  fête  des  Tabernacles,
11.  quand  tous  les  enfants  d'Israël s'assembleront  pour  paraître  devant  le Seigneur  votre  Dieu,  au  lieu  que  le  Sei- gneur aura  choisi,  vous  lirez  les  paroles de  cette  loi  devant  tout  Israël,  qui  l'é- coutera  attentivement,
12.  tout  le  peuple  étant  assemblé,  tant les  hommes  que  les  femmes,  les  petits enfants  et  les  étrangers  qui  se  trouve- ront dans  vos  villes  ;  afin  que  l'écoutant ils  l'apprennent,  qu'ils  craignent  le  Sei- gneur votre  Dieu,  et  qu'ils  observent  et accomplissent  toutes  les  ordonnances  de cette  loi,
13.  et  que  leurs  enfants  mêmes,  qui n'en  ont  encore  aucune  connaissance, puissent  les  entendre,  et  qu'ils  craignent le  Seigneur  leur  Dieu  pendant  tout  le temps  qu'ils  demeureront  dans  la  terre que  vous  allez  posséder,  quand  vous  au- rez passé  le  Jourdain.
14.  Alors  le  Seigneur  dit  à  Moïse  :  Le jour  de  votre  mort  approche;  faites venir  Josué ,  et  présentez  -vous  tous  deux devant  le  tabernacle  du  témoignage, afin  que  je  lui  donne  mes  ordres.  Moïse et  Josué  allèrent  donc  se  présenter  de- vant le  tabernacle  du  témoignage  ;
15.  et  le  Seigneur  y  parut  en  même temps  dans  la  colonne  de  nuée,  qui  s'ar- rêta à  l'entrée  du  tabernacle.
16.  Le  Seigneur  dit  alors  à  Moïse  : Vous  allez  vous  reposer  avec  vos  pères , et  ce  peuple  s'abandonnera  et  se  prosti- tuera à  des  dieux  étrangers  dans  le  pays où  il  va  entrer  pour  y  habiter.  Il  se  sé-
9.  Scripsit  itaque  Moyscs  legem  hanc, et  tradidit  eam  sacerdotibus  filiis  Lcvi, qui  portabant  arcam  f  œderis  Domini ,  et cunctis  senioribus  Israël.
10.  Prsecepitque  eis,  dicens  :  Post  se- ptem  annos,  anno  remissionis,  in  solem- nitate  tabernaculorum,
11.  convenientibus  cunctis  ex  Israël, ut  appareant  in  conspectu  Domini  Dei tui,  in  loco  quem  elegerit  Dominus,  le- ges  verba  legis  hujus  coram  omni  Israël, audientibus  eis,
12.  et  in  unum  omni  populo  congre- gato,  tam  viris  quam  mulieribus,  par- vulis,  et  advenis,  qui  sunt  intra  portas tuas;  ut  audientes  discant,  et  timeant Dominum  Deum  vestrum,  et  custodiant, impleantque  omnes  sermones  legis  hu-
13.  filii  quoque  eorum  qui  nunc  igno- rant, ut  audire  possint,  et  timeant  Do- minum Deum  suum  cunctis  diebus  qui- bus  versantur  in  terra,  ad  quam  vos, Jordane  transmisso,  pergitis  obtinendam.
14.  Et  ait  Dominus  ad  Moysen  :  Ecce prope  sunt  dies  mortis  tuée  ;  voca  Josue , et  state  in  tabernaculo  testimonii,  ut prsecipiam  ei.  Abierunt  ergo  Moyses  et Josue,  et  steterunt  in  tabernaculo  testi- monii ;
15.  apparuitque  Dominus  ibi  in  co- lumna  nubis,  quse  stetit  in  introitu  ta- bernaculi.
16.  Dixitque  Dominus  ad  Moysen  : Ecce  tu  dormies  cum  patribus  tuis,  et populus  iste  consurgens  f ornicabitur  post deos  alienos  in  terra,  ad  quam  ingredi- tur  ut  habitet  in  ea  ;  ibi  derelinquet  me,
La  confiance  en  Jéhovah  n'était  pas  moins  né- cessaire au  chef  qu'à  l'armée;  de  là  cette  répé- tition des  paroles  du  vers.  6,  appropriées  au  fils de  Nun.
2°  Moïse  confie  aux  prêtres  et  aux  notables  le soin  d'annoncer  la  loi  aux  Hébreux  et  de  veiller à  son  accomplissement.  XXXI,  9-13.
9.  Le  livre  de  la  loi  est  remis  aux  prêtres  et  aux anciens  du  peuple.  —  Scripsit  legem  hanc.  C.-à-d. qu'il  acheva  ce  travail,  antérieurement  com- mencé. Cf.  vers.  24.  —  Tradidit...  sacerdotibus , aux  chefs  religieux  d'Israël;  senioribus,  aux chefs  civils.
10-13.  Ordre  de  lire  la  loi  au  peuple  tous  les sept  ans.  —  Anno  remissionis  :  l'année  sabba- tique. Voyez  XV,  1,  et  la  note.  —  In  solemnitate
tabernaculorum;  le  quinzième  jour  du  septième mois  et  durant  toute  l'octave.  Cf.  Lev.  xxm,  34.
—  Leges  verba  legis.  Le  livre  de  Néhémie,  viii, 1  et  ss.,  raconte  l'accomplissement  le  plus  célèbre de  cette  prescription.
3°  Le  Seigneur  ratifie  l'installation  de  Josué, et  ordonne  à  Moïse  de  composer  son  dernier  can- tique. XXXI,  14-23.
14-15.  Moïse  et  Josué  sont  mandés  divinement auprès  du  tabernacle.
'  16-21.  Jéhovah  leur  annonce  la  future  apos- tasie d'Israël  et  ses  décrets  de  terrible  vengeance.
—  Au  milieu  de  ces  tristes  détails  est  inséré l'ordre  :  Nunc  ergo  scribite  canticum,  le  can- tique pi-ophétique  du  chap.  xxxii,  —  Docete...  ut memoriter...  Les  vers,  et  spécialement  d'aussi
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Dedt.  XXXI,  17-24.
et  irritum  faciet  fœdus,  quod  pepigi  cum eo;
17.  et  irascetiir  furor  meus  contra eum  in  die  illo,  et  derelinquam  eum, et  abscondam  faciem  meam  ab  eo ,  et erit  in  devorationem  ;  invenient  eum omnia  mala  et  afflictiones,  ita  ut  dicat  in illo  die  :  Vere  quia  non  est  Deus  me- cum,  invenerunt  mehœc  mala.
18.  Ego  autem  abscondam,  et  celabo faciem  meam  in  die  illo ,  propter  omnia mala  quse  fecit,  quia  secutus  est  deos alienos.
19.  Nunc  itaque  scribite  vobis  canti- cum  istud ,  et  docete  filios  Israël ,  ut  me- moriter  teneant,  et  ore  décantent,  et  sit mihi  Carmen  istud  pro  testimonio  inter filios  Israël.
20.  Introducam  enim  eum  in  terram, pro  qua  jiiravi  patribus  ejus,  lacté  et melle  manantem.  Cumque  comederint, et  saturati,  crassique  fuerint,  avertentur ad  deos  alienos ,  et  servient  eis ,  detra- hentque  mihi ,  et  irritum  f acient  pactum raeum.
21.  Postquam  invenerint  eum  mala mulra  et  aiïïictiones ,  respondebit  ei  can- ticum  istud  ])yo  testimonio,  quod  nulla delebit  oblivio  ex  ore  seminis  sui  ;  scio enim  cogitationes  ejus,  quae  facturus sit  liodie,  antequam  introducam  eum  in terram,  quam  ei  pollicitus  sum.
22.  Scripsit  ergo  Moyses  canticum,  et docuit  filios  Isi-ael.
23.  Prsecepitqae  Dominus  Josue,  filio Nun,  et  ait  :  Confortare,  et  esto  robu- stus  ;  tu  enim  introduces  filios  Israël  in terram,  quam  pollicitus  sum,  et  ego  ero tecum.
24.  Postquam  ergo  scripsit  Moyses verba  legis  hujus  in  volumine,  atque complevit ,
parera  de  moi  lorsqu'il  y  sera,  et  il  vio- lera l'alliance  que  j'avais  faite  avec  lui.
17.  Et  ma  fureur  s'allumera  contre  lui en  ce  temps-là  ;  je  l'abandonnerai  et  lui cacherai  mon  visage,  et  il  sera  exposé comme  une  proie.  Tous  les  maux  et toutes  les  afflictions  viendront  sur  lui, et  le  contraindront  de  dire  en  ce  jour-là: Vraiment  c'est  j^arce  que  Dieu  n'est  point avec  moi,  que  je  suis  tombé  dans  tous ces  maux.
18.  Cependant  je  me  cacherai  et  je lui  couvrirai  ma  face,  à  cause  de  tous les  maux  qu'il  aura  faits  en  suivant  des dieux  étrangers.
19.  Maintenant  donc  écrivez  pour vous  ce  cantique,  et  apprenez-le  aux  en- fants d'Israël,  afin  qu'ils  le  sachent  par cœur,  qu'ils  l'aient  dans  la  bouche  et qu'ils  le  chantent,  et  que  ce  cantique  me serve  de  témoignage  au  milieu  des  en- fants d'Israël.
20.  Car  je  les  ferai  entrer  dans  la terre  que  j'ai  juré  de  donner  à  leurs pères,  où  coulent  le  lait  et  le  miel.  Et lorsqu'ils  auront  mangé  et  qu'ils  se  seront rassasiés  et  engraissés,  ils  se  détourne- ront de  moi  pour  aller  après  des  dieux étrangers  ;  ils  les  adoreront ,  ils  parleront contre  moi,  et  ils  violeront  mon  alliance.
21.  Et  lorsque  les  maux  et  les  afflic- tions seront  tombés  sur  eux,  ce  cantique portera  contre  eux  un  témoignage  qui vivra  dans  la  bouche  de  leurs  enfants, sans  qu'il  puisse  jamais  être  effacé.  Car je  connais  leurs  pensées,  et  je  sais  ce qu'ils  doivent  faire  aujourd'hui  avant que  je  les  fasse  entrer  dans  la  terre  que je  leur  ai  promise.
22.  Moïse  écrivit  donc  le  cantique,  et il  l'apprit  aux  enfants  d'Israël.
23.  Alors  le  Seigneur  donna  cet  ordre à  Josué,  fils  de  Nun,  et  il  lui  dit  :  Soj^ez ferme  et  courageux,  car  c'est  vous  qui ferez  entrer  les  enfants  d'Israël  dans  la terre  que  je  leur  ai  promise,  et  je  serai avec  vous.
24.  Après  donc  que  Moïse  eut  achevé d'écrire  dans  un  livre  les  ordonnances de  cette  loi.
beaux  vers,  se  retiennent  plus  aisément  ;  or  Dieu voulait  que  ce  cantique  fût  fixé  dans  toutes  les mémoires,  comme  un  témoin  de  ses  bienfaits,  de l'ingratitude  des  Hébreux,  et  de  la  justice  des châtiments  qu'il  leur  infligerait,  —  Cum...  sa- turati... Image  très  forte,  reproduite  plus  bas, XXXII,  15  (voj'ez  la  note).
22-23.  Moïse  écrit  le  cantique  (vers.  22);  le Seigneur  entre  pour  la  première  fois  en  commu-
nication directe  avec  Josué,  et  l'installe  ainsi déflniti^femcnt  dans  ses  fonctions  (vers.  23).
4°  Moïse  fait  placer  le  livre  de  la  loi  dans  le sanctuaire.  XXXI,  24-27.
24-27.  Postquam...  sa'lpsit...  atque  complevit. Il  mit  la  dernière  main  au  Deutéronome,  au Pentatcuque,  et  y  inséra  le  cantique  (xxxii). — Levitis  qui  portabant...l\  s'agitdes  prêtres,  comme au  vers.  9  ;  car  ils  avaient  seuls  le  droit  de  tou-
Deut.  XXXI,  25  —  XXXII,  1.
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25.  il  donna  cet  ordre  aux  lévites  qui portaient  l'arche  d'alliance  du  Seigneur, et  il  leur  dit  :
26.  Prenez  ce  livre,  et  mettez-le  à  côté de  l'arche  de  l'alliance  du  Seigneur  votre Dieu ,  afin  qu'il  y  serve  de  témoignage contre  vous.
27.  Car  je  sais  quelle  est  votre  obsti- nation, et  combien  vous  êtes  durs  et  in- flexibles. Pendant  tout  le  temps  que  j'ai vécu  et  que  j'ai  agi  parmi  vous,  vous avez  toujours  disputé  et  murmuré  contre le  Seigneur  ;  combien  plus  le  ferez  -vous quand  je  serai  mort  ?
28.  Assemblez  devant  moi  tous  les  an- ciens de  vos  tribus  et  tous  vos  docteurs , et  je  prononcerai  devant  eux  les  paroles de  ce  cantique,  et  j'appellerai  à  témoin contre  eux  le  ciel  et  la  terre.
29.  Car  je  sais  qu'après  ma  mort  vous vous  conduirez  fort  mal,  que  vous  vous détournerez  promptement  de  la  voie  que je  vous  ai  prescrite  ;  et  le  mal  finira  par vous  atteindre  quand  vous  ferez  ce  qui est  mal  devant  le  Seigneur,  au  point  de l'irriter  par  les  œuvres  de  vos  mains.
30.  Moïse  prononça  donc  les  paroles de  ce  cantique,  et  il  le  récita  jusqu'à  la fin  devant  tout  le  peuple  d'Israël  qui l'écoutait.
25.  praecepit  levitis,  qui  portabant  ar- cam  fœderis  Domini,  dicens  :
26.  Tollite  librum  istum,  et  ponite eum  in  latere  arcse  fœderis  Domini  Dei vestri,  ut  sit  ibi  contra  te  in  testimo- nium.
27.  Ego  enim  scio  contentionem  tuam, et  cervicem  tuam  durissimam.  Adhuc vivente  me,  et  ingrediente  vobiscum, semper  contentiose  egistis  contra  Do- minum;  quanto  magis  cum  mortuus f uero  ?
28.  Congregate  ad  me  omnes  majores natu  per  tribus  vestras,  atque  doctores, et  loquar  audientibus  eis  sermones  istos, et  invocabo  contra  eos  cselum  et  ter- ram.
29.  Novi  enim  quod  post  mortem  meam inique  agetis ,  et  declinabitis  cito  de  via, quam  praecepi  vobis  ;  et  occurrent  vobis mala  in  extremo  tempore,  quando  fe- ceritis  malum  in  conspectu  Domini,  ut irritetis  eum  per  opéra  manuum  ve- strarum.
30.  Locutus  est  ergo  Moyses ,  audiente universo  cœtu  Israël,  verba  carminis  hu- jus,  et  ad  finem  usque  complevit.
CHAPITRE  XXXII
1.  Cieux,  écoutez  ce  que  je  vais  dire; que  la  terre  entende  les  paroles  de  ma bouche.
1.  Audite,  cseli,  quse  loquor;  audiat terra  verba  oris  mei.
clier  l'arche  immédiatement.  Cf.  Num.  rv,  15.  — In  laiere  arcse.  Mieux  :  «  ad  latus  avcae.  »  Il n'est  pas  sûr  que  le  livre  de  la  loi  ait  été  déposé dans  l'intérieur  même  de  l'arche.  Du  moins  il devait  être ,  comme  le  cantique ,  in  testvtnonium, en  cas  de  désobéissance  de  la  part  des  Hébreux  ; désobéissance  malheureusement  trop  vraisem- blable d'après  leur  triste  passé.
50  Introduction  au  cantique.  XXXI,  28-30.
28-29.  Moïse  fait  rassembler  autour  de  lui  les anciens  du  peuple,  et  les  magistrats  désignés  à plusieurs  reprises  par  le  nom  de  èotrim  (Vulg.  : doctores),  pour  leur  faire  entendre  le  cantique. —  Inique  agetis...,  occurrent  voMs  mala  :  deux idées  qui  seront  développées  dans  ce  beau  poème. .  30.  Transition  directe  au  cantique.  —  Vei'ba carminis  hujus.  On  a  dit  avec  justesse  que  l'his- toire de  l'exode  d'Israël  commence  et  s'achève par  un  cantique.  Cf.  Ex.  xv.
§  II.  —  Le  dernier  cantique  de  Moïse. XXXII,  1-52.
a  Adaiirablc  cantique,  »  a  dit  Bossuct.  «  Gui
adhortationum  vi  et  gravitate,  sententiarum  prge- stantia  imaginumque  sublimitate  haud  facile  si- mile  inveneris  ;  »  ((  poème  aussi  majestueusement beau  dans  la  forme  que  terriblement  grave  et saisissant  par  le  fond,  »  ont  écrit  d'autres  com- mentateurs. Vrai  «  chant  de  cygne  »,  qni  est non  seulement  la  plus  belle  des  compositions lyriques  de  Moïse,  mais  aussi  l'une  des  plus  su- blimes poésies  de  l'Ancien  Testament.  —  Il  est  en outre  animé  d'un  souffle  prophétique  encore  plus remarquable  que  son  essor  13'rique.  Moïse,  par anticipation ,  contemple  les  Hébreux  installés dans  la  Terre  promise;  il  découvre  et  expose leur  noire  ingratitude,  et  en  même  temps  les châtiments  qu'elle  leur  attirera  :  toute  leur  his- toire passée  et  à  venir  est  résumée  dans  ces quelques  pages.  —  Dieu  toujours  bienfaisant  et fidèle ,  le  peuple  toujours  ingrat  abusant  des bienfaits  divins,  voilîi  «  l'àme  du  cantique  ».
1°  Court  prélude.  XXXII,  1-3.
Chap.  XXXII,  —  1-3.  Audite,  cceli,...  terra. Grande  majesté  dès  cet  cxordc;  Moïse  prend  la nature  entière  à  témoin  de  la  vérité  de  ses  dé-
658
Deut.  XXXII,  2-10.
2.  Concrescat  ut  pluvia  doctrina  mea  ; fluat  ut  ros  eloquium  meuiji,  quasi  im- ber  super  Iierbam,  et  quasi  stillee  super gramina.
3.  Quia  nomen  Domini  invocabo,  date magnificentiam  Deo  nostro.
4.  Dei  perfecta  sunt  opéra,  et  omnes vise  ejus  judicia;  Deus  fidelis,  et  absque uUa  iniquitate,  justus  et  rectus.
5.  Peccaverunt  ei ,  et  non  filii  eJus  in sordibus,  generatio  prava  atque  per- versa.
6.  Haeccine  reddis  Domino ,  popule stulte  et  insipiens  ?  Numquid  non  ipse est  pater  tuus,  qui  possedit  te ,  et  f ecit  et créa  vit  te  ?
7.  Mémento  dieruni  antiquorum,  co- gita generationes  singulas  ;  interroga  pa- trem  tuum,  et  annuntiabit  tibi  ;  majores tuos,  et  dicent  tibi.
8.  Quando  dividebat  Altissimus  gentes, quando  separabat  filios  Adam ,  constituit terminos  populorum  juxta  numerum filiorum  Israël  ;
9.  pars  autem  Domini,  populus  ejus, Jacob  funiculus  hereditatis  ejus.
10.  Invenit  eum  in  terra  déserta,  in loco  horroris  et  vastse  solitudinis;   cir-
2.  Que  mes  instructions  soient  comme la  pluie  qui  s'épaissit  dans  les  nuées;  que mes  paroles  se  répandent  comme  la  ro- sée,  comme  la  pluie  sur  l'herbe,  et comme  les  gouttes  d'eau  sur  le  gazon.
3.  Car  je  proclamerai  le  nom  du  Sei- gneur. Rendez  gloire  à  notre  Dieu.
4.  Les  œuvres  de  Dieu  sont  parfaites , et  toutes  ses  voies  sont  pleines  d'équité  ; Dieu  est  fidèle  à  ses  promesses,  il  est éloigné  de  toute  iniquité,  et  il  est  rempli de  justice  et  de  droiture.
5.  Ceux  qui  portaient  si  indignement  le nom  de  ses  enfants  l'ont  offensé  ;  ils  se sont  souillés  :  c'est  une  race  pervertie  et corrompue.
6.  Est-ce  là,  peuple  fou  et  insensé ,  ce que  vous  rendez  au  Seigneur?  N'est-ce pas  lui  qui  est  votre  père,  qui  vous  a possédé  comme  son  héritage,  qui  vous  a fait ,  et  qui  vous  a  créé  ?
7.  Consultez  les  siècles  anciens,  con- sidérez la  suite  de  toutes  les  races  ;  in- terrogez votre  père,  et  il  vous  instruira; vos  aïeux,  et  ils  vous  diront  ces  choses.
8.  Quand  le  Très -Haut  a  fait  la  divi- sion des  peuples,  quand  il  a  séparé  les enfants  d'Adam ,  il  a  marqué  les  limites des  peuples  selon  le  nombre  des  enfants d'Israël  ;
9.  mais  la  portion  du  Seigneur,  c'est son  peuple,  et  Jacob  est  la  part  de  son héritage.
10.  Il  l'a  trouvé  dans  une  terre  dé- serte, dans  un  lieu  affreux,  et  dans  une
clarations.  Cf.  iv,  26;  xxx,  19;  Is.  i,  2;  Jer.  ii, 12,  etc.  —  Ut  pluvia  doctrina  mea...  Métaphores orientales,  par  lesquelles  le  poète  marque  son ardent  désir  de  produire  par  ses  paroles  un  effet salutaire  sur  ses  auditeurs  :  il  voudrait  qu'elles fussent  à  leurs  cœurs  ce  qu'est  la  pluie  au  gazon desséché.  —  Date  magniflcentiam...  Vive  et  rapide interpellation;  en  même  temps,  transition  au thème  du  cantique.
20  Le  thème.  XXXII,  4-5.
4-5.  Contraste  entre  la  fidélité  de  Jéhovah  et l'ingratitude  d'Israël.  C'est  l'idée  qui  sera  déve- loppée dans  le  corps  du  poème.  —  1°  L'équité  et la  fidélité  du  Seigneur,  vers,  4  :  six  expressions synonymes  accumulées,  et,  en  tête,  le  nom  de «  rocher  »  (s-ur,  au  lieu  de  Dei),  qui  figure  si  bien l'immutabilité  divine,  l'inébranlable  sécurité  que sa  protection  confère  à  son  peuple.  Cette  appel- lation reviendra  plusieurs  autres  fois  dans  la suite  du  cantique  (vers.  15,  18,  31,  37,  texte hébreu),  et  fréquemment  dans  les  psaumes;  la Vulgate  le  traduit  d'ordinaire  par  «  Deus  ».  — 2»  L'infidélité  des  Israélites,  décrite  (vers.  5)  en quelques  mots  pleins  de  vigueur.  Non  filii  ejus in  sordibus.  Littéral.  :  Non  ses  enfants,  (mais)
leur  souillure.  C.-à-d.  :  de  vrais  enfants  ne  se  se- raient pas  conduits  d'une  manière  si  indigne  ; les  coupables  ne  peuvent  être  que  des  hommes dépravés.
30  Les  bienfaits  de  Jéhovah  à  l'égard  d'Israël. XXXII,  6-14.
6-7.  Transition.  —  Sœccine  reddis...  Appel direct  à,  la  conscience  de  chacun  des  membres de  la  nation.  —  Numquid  non...  pater...?  Père, le  mot  qui  résumait  le  mieux  les  bontés  du  Sei- gneur pour  les  Hébreux.  —  Possedit  te  :  Dieu avale  ce  acquis  »  Israël  en  le  délivrant  du  joug des  ÉgyiJtiens;  il  l'avait  créé  et  formé  if  ecit, creavit  )  au  Sinaï.  —  Mémento...  Appel  aux  tra- ditions historiques,  fidèlement  transmises  de bouche  en  bouche.  Conscience  et  souvenirs,  tout démontrait  la  fidélité  de  Dieu.
8-14.  Description  détaillée  des  principaux  bien- faits de  Jéhovah.  —  1«  Israël  a  toujoui's  eu  la première  place  dans  les  plans  providentiels,  vers, 8-9.  Quando  dividebat...  Lorsque  les  nations commencèrent  à  se  former  et  à  se  séparer  après le  déluge  (cf.  Gen,  x  et  xi).  —  Terminos  eorum juxta...  Marque  d'une  prédilection  extraordinaire pour  Israël;  Dieu  lui  réserva  un  pays  approprid
Deut.  XXXII,  11-16.
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vaste  solitude;  il  l'a  conduit  par  divers chemins,  il  Ta  instruit,  et  il  l'a  conservé comme  la  prunelle  de  son  œil.
11.  Comme  une  aigle  qui  excite  ses petits  ;\  voler,  et  voltige  doucement  sur eux,  il  a  de  même  étendu  ses  ailes,  il  a pris  son  peuple  sur  lui,  et  il  l'a  porté  sur ses  épaules.
12.  Le  Seigneur  a  été  seul  son  con- ducteur, et  il  n'y  avait  point  avec  lui  de dieu  étranger.
13.  Il  l'a  établi  dans  une  terre  élevée, pour  lui  faire  manger  les  fruits  des champs,  lui  faire  sucer  le  miel  de  la pierre,  et  tirer  l'huile  des  plus  durs  ro- chers ;
14.  pour  qu'il  s'y  nourrît  du  beurre  des troupeaux  et  du  lait  des  brebis,  de  la graisse  des  agneaux,  des  moutons  du paj's  de  Basan,  des  chevreaux  et  de  la fleur  du  froment,  et  pour  qu'il  y  bût  le vin  le  plus  pur.
15.  Le  bien -aimé,  étant  devenu  gras, a  regimbé  ;  étant  devenu  gras,  épais,  re- plet, il  a  abandonné  Dieu  son  Créateur; il  s'est  éloigné  du  Dieu  qui  l'avait  sauvé.
16.  Ces  rebelles  l'ont  irrité  en  adorant
cumduxit  eum,  et  docuit,  et  custodivit quasi  pupillam  oculi  sui.
11.  Si  eut  aquila  provocans  ad  volan- dura  pullos  suos,  et  super  eos  volitans, expandit  alas  suas,  et  assumpsit  eum, atquc  portavit  in  humeris  suis.
12.  Dominus  solus  dux  ejus  fuit;  et non  erat  eum  eo  deus  alienus.
13.  Constituit  eum  super  excelsam terram,  ut  comederet  fructus  agrorum, ut  sugeret  mel  de  petra,  oleumque  de saxo  durissimo  ;
14.  butjTum  de  armento,  et  lac  de ovibus,  eum  adipe  agnorum,  et  arietum fiiiorum  Basan,  et  hircos  eum  medulla tritici,  et  sanguinem  uvse  biberet  mera- cissimum.
15.  Incrassatus  est  dilectus,  et  recal- citravit;  incrassatus,  impinguatus,  dila- tatus,  dereliquit  Deum  factorem  suum, et  recessit  a  Deo  salutari  suo.
16.  Provocaverunt  eum  in  diis  alienis,
à  ses  besoins  et  à  sa  destination.  Motif  de  cette bonté  spéciale  :  pars  auton  (  plutôt  :  «  enim  »  ) Domini...;  n'était -il  pas  jnste  que  Dieu  prît  à cœur  les  intérêts  de  son  peuple  ?  Les  mots  funi- culus  hereditatis  ejus  sont  synonymes  de  «  pars Domini  »  ;  il  s'agit  du  cordeau  qui  servait  à mesurer  les  lots  de  terrain.  —  2°  Les  bontés  de Dieu  pour  Israël  durant  les  récentes  pérégrina- tions à  traA'ers  le  désert,  vers.  10-12.  D'abord, 10»,  l'état  misérable  dans  lequel  Jéhovab  trouva son  peuple  ;  trois  synonymes  pour  décrire  les horreurs  de  l'Arabie  Pétrée  (  In  loco  horroris, hébr.:  dans  le  tôhu;  voyez  la  note  de  Gen.  i,  2. Vastce  solitudinis ,  hébr.  :  le  rugissement  des steppes;  c.-ù-d.  dans  un  lieu  rempli  de  bêtes sauvages).  Plus  loin,  10^-11,  la  protection  déli- cate dont  le  Seigneur  entoura  les  Hébreux  à  tra- vers ce  désert  (au  propre  :  circumduxit,  docuit, ou  mieux ,  d'après  l'hébreu  :  il  l'a  entouré ,  il  en a  pris  soin  ;  au  figuré  :  custodivit  quasi  pupil- lam..., locution  proverbiale  pour  désigner  les attentions  les  plus  délicates  ;  sicnt  aquila...,  ma- jestueuse comparaison,  déjà  employée  précédem- ment, Ex.  XIX,  4,  et  qui  réunit  tout  ensemble les  idées  de  protection,  d'éducation,  de  formation complète).  Enfin,  vers.  12,  le  poète  insiste  sur cette  pensée  importante  :  Dominns  solus...;  d'où la  conclusion  tacite  que  les  Israélites  ne  devaient jamais  avoir  d'autre  Dieu  que  Jéliovah,  —  3°  Les bontés  du  Seigneur  pour  son  peuple  pendant  la conquête  de  la  Palestine,  vers.  13-14.  De  ces  dé- tiils,  les  uns  s'appliquent  aux  triomphes  dcjù, remportés  à  l'est  du  Jourdain,  les  autres  sont anticipés.   Super  excelsam   terram:    Chanaun,
contrée  montagneuse  dans  son  ensemble  (cf.  m, 25  ;  XI,  11,  et  les  notes).  Ut  comederet...:  description poétique  de  la  prodigieuse  fertilité  du  sol  et  de l'abondance  dans  laquelle  vivra  la  nation  ;  même les  lieux  les  plus  improductifs  fourniront  une délicieuse  nourriture  {de  petra,  de  saxo...).  Sur le  district  de  Basan,  voyez  i,  4;  Num.  xxi,  33, et  le  commentaire  ;  ses  excellents  pâturages  ont de  tout  temps  engraissé  de  nombreux  troupeaux (  ((  des  béliers  fils  de  Basan ,  »  liébraïsme  ).  Me- dulla tritici  :  le  blé  le  plus  exquis  et  le  plus nourrissant.  Sanguinem  uvee  :  métaphore  déjà rencontrée,  Gen.  xlix,  11.
4°  L'ingratitude  des  Israélites.  XXXII,  15-18.
15.  Le  fait,  simplement  énoncé  :  dereliquit, recessit.  Mais  on  en  indique  aussi  la  cause,  par une  très  forte  image  qui  rattache  ces  vers  aux précédents.  Un  taureau  gras  et  robuste  devient bientôt  fougueux ,  récalcitrant  ;  les  avantages matériels  dont  Israël  jouira  en  Palestine  (vers. 13-14)  développeront  en  lui  les  forces  de  la  na- ture, au  détriment  de  celles  de  la  grâce,  et  il se  révoltera  contre  son  bienfaiteur.  Cf.  vi,  10-15; viii,  7-19.  —  Au  lieu  de  dilectus  (Israël,  le bien -aimé  de  Jéhovah),  l'hébreu  emploie  l'appel- latif  Y'surûn ,  de  la  racine  yasar ,  être  droit  ; par  conséquent  «  rectus  » ,  la  nation  qui  devait être  extraordinairement  juste  et  droite.  Cf.  xxxin, 5,  26;  Is.  XLiv,  2.
16-18.  Le  même  fait,  avec  des  développements et  l'indication  de  circonstances  aggravantes.  — ' Provocaverunt  eum.  Hébr.  :  ils  l'ont  rendu  ja- loux ;  trait  emprunté,  comme  plusieurs  autres, aux  relations  matrimoniales  qui  étaient  censées
31
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Deut.  XXXII,  17-25.
et    in    abominationibus   ad   iracundiam concitavenint,
17.  Immolaverunt  daemoniis,  et  non Deo ,  diis  qiios  ignorabant  ;  novi  recen- tesque  venerunt,  quos  non  coluerunt patres  eorum,
18.  Deum  qui  te  genuit  dereliquisti, et  oblitus  es  Domini  creatoris  tui.
19.  Vidit  Dominus,  et  ad  iracundiam
concitatus  est,  quia  provocaverunt  eum filii  sui  et  filiee.
20.  Et  ait  :  Abscondam  faciem  meam ab  eis,  et  considerabo  novissima  eorum  ; generatio  enim  perversa  est,  et  intideles filii.
21.  Ipsi  me  provocaverunt  in  eo  qui non  erat  Deus ,  et  irritaverunt  in  vanita- tibus  suis  ;  et  ego  provocabo  eos  in  eo qui  non  est  populus,  et  in  gente  stulta irritabo  illos.
22.  Ignis  succensus  est  in  furore meo,  et  ardebit  usque  ad  inferni  novis- sima ;  devorabitque  terram  cum  germine suo,  et  montium  fundamenta  combu- ret.
23.  Congregabo  super  eos  mala,  et Sdgittas  meas  complebo  in  eis.
24.  Consumentur  famé ,  et  devorabunt eos  aves  morsu  amarissimo;  dentés  be- stiarum  immittam  in  eos,  cum  furore trahentium  super  terram,  atque  ser- pentium.
25.  Foris  vastabit  eos  gladius,  et  intus pavor  :  juveiiem  simul  ac  virginem,  la- ctentem  cum  homine  sene.
des  dieux  étrangers  ;  ils  ont  attiré  sa  co- lère par  leurs  abominations.
17.  Ils  ont  offert  leurs  sacrifices  aux démons ,  point  à  Dieu  ;  à  des  dieux  qui leur  étaient  inconnus,  à  des  dieux  nou- veaux venus,  que  leurs  pères  n'avaient jamais  révérés.
18.  Peuple  ingrat,  tu  as  abandonné  le Dieu  qui  t'a  donné  la  vie;  tu  as  oublié ton  Seigneur  qui  t'a  créé.
19.  Le  Seigneur  l'a  vu,  et  s'est  irrité; parce  que  ce  sont  ses  fils  et  ses  filles  qui l'ont  provoqué.
20.  Alors  il  a  dit  :  Je  leur  cacherai mon  visage,  et  je  considérerai  leur  fin malheureuse  ;  car  ce  peuple  est  une  race corrompue,  ce  sont  des  enfants  infidèles.
21.  Ils  ont  voulu  me  piquer  de  jalou- sie en  adorant  ceux  qui  n'étaient  point dieux,  et  ils  m'ont  irrité  par  leurs  vani- tés sacrilèges.  Et  moi  je  les  piquerai aussi  de  jalousie,  en  aimant  ceux  qui n'étaient  point  mon  peuple,  et  je  les  ir- riterai en  leur  substituant  une  nation  in- sensée.
22.  Ma  fureur  s'est  allumée  comme un  feu;  elle  pénétrera  jusqu'au  fond  des enfers  ;  elle  dévorera  la  terre  et  ses  pro- duits ;  elle  embrasera  les  montagnes jusque  dans  leurs  fondements.
23.  Je  les  accablerai  de  maux;  je  ti- rerai contre  eux  toutes  mes  flèches.
24.  La  famine  les  consumera,  et  les oiseaux  les  déchireront  par  leurs  mor- sures cruelles.  J'armerai  contre  eux  les dents  des  bêtes  fauves,  et  la  fureur  de celles  qui  se  trament  et  qui  rampent  sur la  terre.
25.  L'épée  les  désolera  au  dehors,  et la  frayeur  au  dedans  :  les  jeunes  hommes avec  les  vierges,  les  vieillards  avec  les enfants  qui  tètent  encore.
exister  entre  Jéhov.ih  et  les  Hébreux.  —  Jn abominationibus  est  expliqué  par  in  diis  alienis. —  Dœmoniis,  et  non  Deo.  Dans  l'hébreu  :  aux démons  (sédim,  êtres  destructeurs,  nuisibles), qui  ne  sont  pas  Dieu.  —  Deum  qui  te  genuit... Détails  émouvants,  qui  font  ressortir  l'ingratitude de  cette  apostasie.
5°  Le  terrible  décret  de  vengeance.  XXXII, 19-33.
19.  L'idée,  exprimée  en  termes  généraux.  — Filii...,  fllice.  Circonstance  aggravante,  comme plus  haut.
20-21.  Les  considérants  de  la  sentence.  —  M ait.  Dieu  lui-même  prend  maintenant  la  parole pour  proclamer  son  arrêt.  Le  langage  est  digne de  lui.  —  Considerabo  novissima...  :  la  ruine  de ce  peuple  rebelle.  —  In  eo  qui  non...  Detcs,  in
vanitatihus  :  deux  locutions  qui  marquent  les faux  dieux.  —  Et  ego  provocabo  (hébr.  :  je  les rendrai  jaloux).  C'est  la  peine  du  talion.  Les  mots in  eo  qui  non...  populus  correspondent  à  «  in eo  qui  non...  Deus  »;  in  gente  stulta,  à  «  in vanitatibus  »  :  ce  sont  les  païens  qui  sont  ainsi nommés  par  opposition  à  Israël,  le  peuple  par excellence.  Saint  Paul  applique  à  bon  droit  ce texte  à  la  conversion  des  Gentils ,  qui  prendront ainsi  la  place  des  Juifs  demeurés  incrédules.  Cf. Rom.  x ,  9.
22.  La  colère  de  Dieu,  dramatiquement  dé- crite. —  Ignis  succensus.  Image  reproduite  dans les  psaumes  et  les  prophètes.  Cf.  Is,  i,  31  ;  ix, 18,  etc.  —  Usque  ad  inferni...  Hébr.  :  jusqu'au s"ôî  inférieur;  c.-à-d.  jusqu'au  fond  du  séjour des  morts,  que  l'on  supposait  sous  terre.
Deut.  XXXII,  26-35.
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2G.  J'ai  dit  alors  :  Où  sont -ils  main- tenant ?  Je  venx  effacer  leur  mémoire  de l'esprit  des  hommes.
27.  Mais  j'ai  différé  ma  i-^cngeance, pour  ne  pas  satisfaire  la  fureur  des  en- nemis de  mon  peuple;  de  peur  que  leurs ennemis  ne  s'élevassent  d'orgueil,  et  ne dissent  :  Ce  n'a  point  été  le  Seigneur, mais  c'est  notre  main  très  puissante  qui a  fait  toutes  ces  merveilles.
28.  Ce  peuple  n'a  pas  de  sens  ;  il  n'a aucune  sagesse.
29.  Ah  !  s'ils  avaient  de  la  sagesse  ! s'ils  comprenaient  et  s'ils  prévoiraient quelle  sera  leur  fin  !
30.  Comment  peut -il  se  faire  qu'un seul  ennemi  batte  mille  d'entre  eux,  et que  deux  en  fassent  fuir  dix  mille  ? N'est-ce  point  parce  que  Dieu  les  a  ven- dus, et  parce  que  le  Seigneur  les  a  li- vrés ?
31.  Car  notre  Dieu  n'est  point  comme leurs  dieux,  et  j'en  prends  pour  juges  nos ennemis  eux-mêmes.
32.  Leurs  vignes  sont  des  vignes  de Sodome,  des  vignes  des  faubourgs  de Gomorrhe;  leurs  raisins  sont  des  raisins de  fiel,  et  leurs  grappes  ne  sont  qu'amer- tume.
33.  Leur  vin  est  un  fiel  de  dragons, c'est  un  venin  d'aspics  qui  est  incurable.
34.  Ces  choses  ne  sont -elles  pas  ca- chées auprès  de  moi,  et  scellées  dans mes  trésors?
35.  A  moi  la  vengeance,  et  c'est  moi qui  leur  rendrai  en  son  temps  ce  qui  leur
26.  Dixi  :  Ubinam  sunt?  Cessare  fa- ciam  ex  hominibus  memoriam  eorum.
27.  Sed  propter  irara  inimicorum  dis- tuli,  ne  forte  superbirent  hostes  eorum, et  dicerent  :  Manus  nostra  excelsa,  et non  Dominus,  fecit  hœc  omnia.
28.  Gens  absque  consilio  est,  et  sine prudentia.
29.  Utinam  sapèrent ,  et  intelligerent , ac  novissima  providerent  !
30.  Quomodo  persequatur  unus  mille, et  duo  fugent  decem  millia?  nonne  ideo, quia  Deus  suusvendidit  eos,et  Dominus conclusit  illos?  •
31.  Non  enim  est  Deus  noster  ut  dii eorum;  et  inimici  nostri  sunt  judices.
32.  De  vinea  Sodomorum,  vinea  eo- rum ,  et  de  suburbanis  Gomorrhge  ;  uva eorum  uva  f ellis ,  et  botri  amarissimi.
33.  Fel  draconum  vinum  eorum,  et venenum  aspidum  insanabile.
34.  Nonne  liœc  condita  sunt  apud  me, et  signata  in  thesauris  meis?
35.  Mea   est  ultio,  et  ego  retribuam in  tempore,  ut  labatur  pes  eorum;  juxta
23-25.  Les  effets  de  cette  colère  sur  Israël.  — Sagittas  meas  compleho...  Dieu  se  compare  à  un archer  habile,  qui  lance  contre  ses  ennemis  toutes les  flèches  de  son  carquois.  Voyez  VAtl.  archéol., pi.  Lxxxvi,  fig.  11,  etc.  —  Il  les  accablera  encore de  cent  autres  maux  :  famé,  devorabunt  aves morsu  amarissimo  (hébr.:  consumés  par  la  fièvre et  par  la  peste  amère  ) ,  dentés  bestiarum ,  cum furore  trahentium...  (hébr.  :  avec  le  venin  de ceux  qui  rampent  dans  la  poussière).  —  Foris, à  la  campagne  ;  intus ,  dans  les  appartements. Et  personne  ne  sera  épargné  :  juvenem...  virgi- nem...
26-27.  Pourquoi  Jéhovah,  cependant,  ne  dé- truira pas  complètement  son  peuple.  —  Dixi  : Ubinam...?  Traduction  plus  littérale  :  «  Je  dirais  : Je  vais  les  exterminer,  je  vais  anéantir  leur  mé- moire..., si  je  ne  redoutais  la  raillerie  de  l'ennemi.  » Anthropomorphisme  semblable  à  celui  que  Moïse avait  employé  après  l'adoration  du  veau  d'or, IX,  28-29.
28-33.  La  folie  d'Israël,  qui  refuse  de  com- prendre les  enseignements  les  plus  clairs.  —  Gens absque...  Le  langage  devient  plus  calme;  ce  n'est
plus  Dieu  qui  parle ,  mais  le  poète.  —  Quomodo persequatur...  Exemple  de  l'inintelligence  des Hébreux.  Comment  ne  comprennent  -  ils  pas  que leur  faiblesse  étonnante  (  unus,  un  seul  païen  ; mille,  mille  Israélites)  provient  de  ce  que  leur Dieu  les  a  abandonnés  (vendidit,  conclusit  : expressions  ti'ès  fortes)?  —  Inimici  nostri...  ju- dices. Les  ennemis  d'Israël  avaient,,  en  effet, attesté  à  plusieurs  reprises  la  supériorité  de Jéhovah  sur  leurs  propres  idoles.  Cf.  Ex.  xiv,  25  ; Num.  xxm-xxiv.  —  De  vinea  Sodomorum... Autre  image  pour  représenter  la  malice  de  la nation  choisie.  Uva  f  ellis;  dans  l'hébreu  :  du  vin, de  r'os,  c.-à-d.  du  vin  empoisonné  (note  de XXIX,  18).  Fel  draconum:  du  venin  de  serpents.
60  L'exécution  de  ce  décret  de  vengeance. XXXII,  34-43.
34-36.  Dieu  reprend  la  parole,  vivement  et énergiquement ,  pour  annoncer  que  l'heure  de sa  vengeance  est  pi*oche.  —  Hœc  condita..., signata  in  thesauris.  Pour  un  temps ,  les  divins arrêts  avaient  été  comme  ces  objets  précieux  que l'on  cache  dans  un  coffre -fort  bien  et  dûment scellé.  —  Mea  est  ultio.  Saint  Paul  cite  deux  fois
662
Deut.  XXXII,  36-43.
est  dies  perditionis,  et  adesse  festinant tempora.
36.  Judicabit  Dominus  populum  smim , et  in  servis  suis  miserebitur  ;  videbit quod  infirmata  sit  manus ,  et  clausi  quo- que  defecerunt,  residuique  consumpti sunt.
37.  Et  dicet  :  Ubi  sunt  dii  eorum,  in quibus  habebant  fiduciam,
38.  de  quorum  victimis  comedebant adipes ,  et  bibebant  vinum  libaminum  ? Surgaut,  et  opitulentur  vobis,  et  in  ne- cessitate  vos  protegant.
39.  Videte  quod  ego  sim  solus,  et  non sit  alius  Deus  prseter  me.  Ego  occidam , et  ego  vivere  f aciam  ;  percutiam ,  et  ego sanabo  ;  et  non  est  qui  de  manu  mea possit  eruere.
40.  Levabo  ad  cselum  manum  meam,  et dicam  :  Vivo  ego  in  œternum.
41.  Si  acuero  ut  f  ulgur  gladium  meum, et  arripuerit  judicium  manus  mea,  red- dam  ultionem  hostibus  meis,  et  his  qui oderunt  me  retribuam.
42.  Inebriabo  sagittas  meas  sanguine, et  gladius  meus  devorabit  carnes,  de cruore  occisorumet  de  captivitate,nudati inimicorum  capitis.
43.  Laudate,  gentes,  populum  ejus, quia  sanguinem  servorum  suorum  ulci- scetur;  et  vindictam  retribuet  in  hostes eorum ,  et  propitius  erit  terrae  populi sui.
est  dû;  leurs  pieds  ne  trouveront  que des  pièges;  le  jour  de  leur  perte  s'ap- proche, et  les  moments  s'en  avancent.
36.  Le  Seigneur  jugera  son  peuple,  et il  aura  pitié  de  ses  serviteurs,  lorsqu'il verra  que  la  main  de  ceux  qui  les  dé- fendaient sera  sans  force,  que  ceux mêmes  qui  étaient  renfermés  dans  les citadelles  auront  péri,  et  que  les  autres auront  été  de  même  consumés.
37.  Et  il  dira:  Où  sont  leurs  dieux, dans  lesquels  ils  avaient  mis  leur  con- fiance ;
38.  ces  dieux  dont  ils  mangeaient  la graisse  des  victimes,  et  dont  ils  buvaient le  vin  des  sacrifices?  Qu'ils  viennent maintenant  vous  secourir,  et  qu'ils  vous protègent  dans  l'exti-émité  où  vous  êtes.
39.  Qpnsidérez  que  je  suis  le  Dieu unique,  qu'il  n'y  en  a  point  d'autre  que moi  seul.  C'est  moi  qui  fais  mourir,  et c'est  moi  qui  fais  vivre  ;  c'est  moi  qui blesse,  et  c'est  moi  qui  guéris,  et  nul  ne peut  délivrer  de  ma  main.
40.  Je  lèvei-ai  ma  main  au  ciel,  et  je dirai  :  C'est  moi  qui  vis  éternellement.
41.  Si  j'aiguise  mon  glaive  comme  la foudre,  et  si  ma  main  saisit  la  justice,  je me  vengerai  de  mes  ennemis  ;  je  trai- terai ceux  qui  me  haïssent  comme  ils m'ont  traité.
42.  J'enivrerai  mes  flèches  de  sang, et  mon  épée  dévorera  les  chairs;  mes armes  seront  teinter  du  sang  des  morts, mes  ennemis  perdront  la  liberté  avec  la vie.
43.  Nations,  louez  son  peuple,  parce qu'il  vengera  le  sang  de  ses  serviteurs  ; il  tirera  vengeance  de  leurs  ennemis,  et il  sera  propice  au  pays  de  son  peuple.
ce  mot  terrible  (Rom.  xii,  19;  Ilebr.  x,  30). — In  tempore,  ut  labaiur...  Xàâ  vraie  traduction  de l'hébreu  serait  :  Pour  le  temps  où  vacillera  leur pied.  —  In  servis  suis  miserebitur.  On  reconnaît à  ce  trait,  h  cette  exception,  la  justice  et  la  mi- séricorde de  Jéhovah.  Cf.  vers.  4,  —  Infirmata manus  :  lorsque  tout  appui  aura  disparu  pour Israël.  —  Et  clai4si...  consumpti  sunt.  Trois  mots seulement  dans  le  texte  pour  cette  ligne  :  v"éfès 'âsur  'if'âzuh;  littéral.:  et  (que)  manque  l'es- clave et  l'homme  libre.  Locution  proverbiale,  pour désigner  toutes  les  classes  de  la  société,  et  pour dire  que  la  ruine  sera  complète.
37-39.  Le  vrai  Dieu  et  les  faux  dieux,  —  Et dicet.  Le  Seigneur  tiendra  alors  ce  langage  iro- nique aux  idolâtres  qui  l'auront  abandonné.  — Occidam,  vivere  f  aciam.  Mieux  vaut  le  présent: Je  fais  mourir  et  je  fais  vivre...
40-42.  L'exécution  des  vengeances.  «  Paroles de  flamme  »  pour  terminer  le  cantique.  —  Le- vabo...,  dicam.  Encore  le  présent  :  Je  lève,  je dis.  Serment  que  Dieu  prête ,  à  la  façon  des hommes ,  en  levant  sa  droite  vers  le  ciel.  —  Si acuero...,  inebriabo..,  devorabit:  magnifiques métaphores.  —  De  cruore...  D'après  l'hébreu  :  du sang  des  égorgés  et  des  captifs,  de  la  tête  fra- cassée de  l'ennemi.  Le  triomphe  du  Seigneur  est complet.
43.  Résultat  final  :  les  vrais  et  fidèles  Israélites seront  sauvés.  —  Laudate  gentps...  Les  nations païennes  sont  ainsi  invitées  à  louer  le  vrai  Dieu , et  h  le  remercier  de  la  protection  spéciale  qu'il aura  accordée  à  la  partie  fidèle  de  son  peuple. —  Propitius  erit  terrée...  Doux  horizon  à,  la  fin de  ce  chant  plein  de  menaces.
Deut.  XXXII,  44-52.
GG3
44.  Moïse  prononça  donc  avec  Josué, fils  de  Nun,  toutes  les  paroles  de  ce  can- tique devant  le  peuple.
45.  Et  après  qu'il  eut  aclievé  de  les réciter  devant  tout  Israël,
46.  il  leur  dit  :  Gravez  dans  votre  cœur toutes  les  instructions  que  je  vous  donne aujourd'hui,  afin  de  recommander  à  vos enfants  de  garder,  de  pratiquer  et  d'ac- complir tout  ce  qui  est  écrit  dans  cette loi.
47.  Car  ce  n'est  pas  en  vain  que  ces ordonnances  vous  ont  été  prescrites  ; mais  c'est  afin  que  chacun  de  vous  y trouve  la  vie,  et  que,  les  gardant,  vous demeuriez  longtemps  dans  le  pays  que vous  allez  posséder  après  que  vous  aurez passé  le  Jourdain.
48.  Le  même  jour,  le  Seigneur  parla à  Moïse ,  et  il  lui  dit  :
49.  Montez  sur  cette  montagne  d'Aba- rim, c'est-à-dire  des  passages,  sur  le  mont Nébo,  qui  est  au  pays  de  Moab,  vis-à-vis de  Jéricho,  et  contemplez  la  terre  de Chanaan,  que  je  donnerai  en  possession aux  enfants  d'Israël  ;  et  mourez  sur  cette montagne.
50.  Quand  vous  y  serez  monté,  vous serez  réuni  à  votre  peuple,  comme  Aaron votre  frcre  est  mort  sur  la  montagne  de Hor,  et  a  été  réuni  à  son  peuple  ;
51.  parce  que  vous  avez  péché  contre moi  au  milieu  des  enfants  d'Israël,  aux eaux  de  contradiction,  à  Cadès,  au  désert de  Sin,  et  que  vous  n'avez  pas  rendu gloire  à  ma  sainteté  devant  les  enfants d'Israël.
52.  Vous  verrez  devant  vous  le  pays que  je  donnerai  aux  enfants  d'Israël,  et vous  n'y  entrerez  point.
44.  Venit  ergo  Moj'^ses,  et  locutus  est omnia  verba  cantici  hujus  in  auribus populi,  ipse  et  Josue,  filius  Nun;
45.  complevitquo  omnes  sermones  is- tos ,  loquens  ad  universum  Israël ,
46.  et  dixit  ad  eos  :  Ponite  corda  vestra in  omnia  verba,  quœ  ego  testificor  vobis hodie,  ut  mandetis  ea  filiis  vestris  custo- dire  et  f acere ,  et  implere  universa  quas scripta  sunt  legis  hujus  ;
47.  quia  non  incassum  prsecepta  sunt vobis,  sed  ut  singuli  in  eis  viverent, quse  facientes,  longo  perseveretis  tempore in  terra  ad  quam,  Jordane  transmisse, ingredimini  possidendam.
48.  Locutusque  est  Dominus  ad  Moy- sen  in  eadem  die,  dicens  :
49.  Ascende  in  montem  istum  Abarim, id  est,  transituum,  in  montem  Nebo, qui  est  in  terra  Moab  contra  Jéricho,  et vide  terram  Chanaan,  quam  ego  tradam filiis  Israël  obtinendam;  et  morere  in monte.
50.  Quem  conscendens  jungeris  populis tuis,  sicut  mortuus  est  Aaron  f  rater tuus  in  monte  Hor,  et  appositus  populis suis  ;
51.  quia  prsevaricati  estis  contra  me, in  medio  filiorum  Israël,  ad  aquas  con- tradictionis  in  Cades  deserti  Sin,  et  non sanctificastis  me  inter  filios  Israël.
52.  E  contra  videbis  terram,  et  non ingredieris  in  eam,  quam  ego  dabo  filiis Israël.
70  Epilogue  historique  du  cantique.  XXXII, 44-47.
44-47.  Moïse  recommande  aux  Israélites  de no  pas  oublier  les  instructions  contenues  dans cette  ode.  —  Venit...  ijjse  et  Josue.  Dans  l'hébreu, le  fils  de  Nun  est  appelé  de  son  ancien  nom  : Eoséa'.  Cf.  Num.  xiii,  8,  16,  et  les  notes.  — Ponite  corda  vestra...  ut  mandetis...  Ils  ne  de- vaient pas  se  contenter  d'obéir  personnellement, mais  exhorter  aussi  leurs  fils  h  l'obéissance.  — la  eis  viverent.  Belle  expression.  Cf.  iv,  2C  ;
XXX,  20.
80  Dieu  ordonne  à  Moïse  de  gravir  le  mont Nébo,  pour  contempler  de  là  la  Terre  sainte  et pour  mourir.  XXXII,  48-52.
48.  Transition  et  introduction.  —  In  eadem die  :  le  jour  où  il  avait  prononcé  le  cantique.
49-52.  L'ordre  divin.  C'est,  avec  quelques  dé- veloppements, la  répétition  de  Num.  xxvii,  12-14. —  Les  mots  id  est,  transituum  (vers.  49),  ont  été ajoutés  par  le  traducteur.  Sur  VAharim,  et  lo Nébo,  voyez  le  commentaire  de  Num.  itxi,  20.
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Deut.  XXXIII,  1-G.
CHAPITRE  XXXIII
1.  Hœc  est  benedictio ,  qiia  benedixit Moj'ses ,  homo  Dei ,  filiis  Israël  ante  mor- tem  suam.
2.  Et  ait  :  Dominus  de  Sinai  venit,  et de  Seir  ortiis  est  nobis  ;  apparuit  de monte  Pharan,  et  cum  eo  sanctorum millia.  In  dextera  ejiis  ignea  lex.
3.  Dilexit  populos,  omnes  sancti  in manu  illius  sunt  ;  et  qui  appropinquant pedibus  ejus,  accipient  de  doctrina  il- lius.
4.  Legem  prsecepit  nobis  Moyses,  lie- reditatem  multitudinis  Jacob.
5.  Elit  apud  rectissimum  rex,  congre- gatis  principibus  populi  cum  tribubus Israël.
6.  Vivat  Euben,  et  non  moriatur,  et  sit parvus  in  numéro.
1.  Voici  la  bénédiction  que  Moïse, homme  de  Dieu,  donna  aux  enfants  d'Is- raël avant  sa  mort.
2.  Il  dit  :  Le  Seigneur  est  venu  du Sinaï ,  il  s'est  levé  sur  nous  de  Séïr  ;  il  a paru  sur  le  mont  Pharan,  et  des  milliers de  saints  avec  lui.  Dans  sa  main  droite était  la  loi  de  feu.
3.  Il  a  aimé  les  peuples,  tous  les  saints sont  dans  sa  main,  et  ceux  qui  se  tiennent à  ses  pieds  recevront  sa  doctrine.
4.  Moïse  nous  a  donné  la  loi,  héritage de  tout  le  peuple  de  Jacob.
5.  Dieu  sera  roi  de  Jacoh,  tant  qu'il aura  le  cœur  droit,  les  princes  du  peuple étant  unis  avec  les  tribus  d'Israël.
6.  Que  Ruben  vive,  et  qu'il  ne  meure pas;  mais  qu'il  soit  en  petit  nombre.
§  III.  —  Bénédiction  prophétique  de  Moïse. XXXIII,  1-29.
«  Paroles  d'or  »  et  très  beau  passage  encore, quoique  d'un  tout  autre  genre  que  le  cantique. Le  ton  est  aimable  et  doux;  ce  sont  des  béné- dictions et  des  promesses  au  lieu  de  reproches et  de  menaces.  C'est  que  le  point  de  vue  n'est plus  le  même  :  là ,  Israël  nous  apparaissait  ingrat et  coupable;  ici,  nous  avons  l'Israël  idéal,  jQdèle à  son  Dieu  et  béni  de  lui.  Les  deux  paragraphes se  complètent  mutuellement.  Sur  le  point  de mourir,  Moïse  prophétise,  comme  autrefois  Jacob, Gen.  xLix,  l'avenir  de  chaque  tribu  :  les  paroles du  médiateur  de  l'alliance  se  rattachent  même souvent  à  celles  du  patriarche  ;  les  variantes  pro- viennent surtout  du  changement  des  situations extérieures  (par  exemple  pour  Lévi).
10  Introduction.  XXXIII,  1-.5.
Chap.  XXXIII.  —  1.  Titre  général.  —  Moyses, homo  Dei.  Ce  nom  glorieux  n'apparaît  pas  ailleurs dans  le  Pentateuque  ;  deux  autres  passages  scrip- turaires,  Jos.  xiv,  6,  et  Ps.  lxxxix,  1,  l'appliquent aussi  h  Moïse.  Élie,  Elisée,  etc.,  en  furent  plus tard  honorés  ù,  leur  tour,  —  Ante  mortem  suam. Probablement  aussitôt  après  que  le  Seigneur eut  ehjoint  à  Moïse  de  monter  sur  le  Nébo, xxxii,  48  et  ss.
2-5.  Exorde  de  la  prophétie  :  description  de l'origine  toute  céleste  et  du  but  de  l'alliance thôocratique.  —  Dominus  de  Sinai...  Ce  début contient  une  peinture  vivante  de  l'apparition  du Soigneur  au  Sinaï,  en  tant  que  législateur  d'Is- raël. —  De  Seir,  de  m.onte  Pharan  :  localités dont  les  noms  résument  l'histoire  des  quarante années  de  formation  du  peuple  hébreu  et  les perpétuelles  manifestations  de  Jéhovah.  Voyez Num.  XX,  12  et  ss.,  et  VAtl.  géogr.,  pi.  v.  —
Sanctorum  millia.  Hébr.  :  les  saintes  myriades. C.-à-d.  les  anges,  la  cour  du  Eoi  des  cieux.  — Ignea  lex  :  épithète  qui  fait  vraisemblablement allusion  aux  éclairs  dont  le  Sinaï  était  tout  flam- boyant lorsque  la  loi  fut  promulguée  et  l'alliance conclue.  Cf.  iv,  11. —  Populos,  sancti:  les  tribus d'Israël,  tant  aimées  de  Jéhovah,  et  qu'il  portait, pour  ainsi  dire,  dans  ses  mains  (trait  délicat). D'autre  part,  ce  peuple  privilégié  avait  pris  auprès de  son  Maître  l'attitude  humble  et  confiante  des disciples  :  qui  appropinquant..,  —  Rôle  spécial de  Moïse  :  legem  prcecepit;  il  avait  été  chargé par  Jéhovah  de  transmettre  aux  Hébreux  la  loi qui  était  pour  eux  un  précieux  héritage  (heredi- tatem,  apposition  à  «  legem  »;  en  disant  -.prce- cepit nobis.  Moïse  s'identifie  avec  le  peuple,  car il  recevait  aussi  la  loi  pour  son  propre  compte).
—  Apud  rectissimum  (hébr.  :  T'stirûn;  voir  la note  de  xxxii,  15)  rex.  But  principal  de  l'al- liance :  faire  de  Jéhovah  le  roi  immédiat  des Israélites.
2^  Les  bénédictions.  XXXIII,  6-25.
A  part  la  première,  elles  sont  toutes  intro- duites par  une  courte  formule  :  Hcec  est...  benc' dictio ,  Et  aitj  etc.
6.  Ruben.  —  Vivat  et  non  moriatïtr.  A  ce premier -né,  qui  avait  perdu  son  droit  d'aînesso par  un  crime  odieux  (Gen.  xlix,  3-4),  Moïse souhaite  simplement  l'existence.  Encore  fait -il aussitôt  une  restriction  analogue  au  «  Non  cre- scas  »  de  Jacob  :  sit  p)arvus  in  numéro  (littéra- lement dans  l'hébreu  :  et  que  ses  jours  soient  un nombre  ;  c.-à-d.  qu'on  puisse  facilement  les  comp- ter, commme  l'on  compte  un  petit  nombre. Quelques  interprètes  modernes  adoptent  à  tort cet  autre  sens  :  Que  ses  jours  soient  nombreux. Cf.  IV,  27,  dans  l'hébreu;  Gen.  xxxiv,  ôO,  etc.).
—  Rien  sur  Siméon,  dont  ce  serait  maintenant
Deux.  XXXIIT,  7-12.
GC5
7.  Voicîi  la  bénédiction  de  Juda  :  Sei- gneur, écoutez  la  voix  de  Juda,  et  don- nez-lui parmi  son  peuple  la  part  que  vous lui  avez  destinée  ;  ses  mains  combattront pour  Israël,  et  il  sera  son  protecteur contre  ceux  qui  l'attaqueront.
8.  Il  dit  aussi  à  Lévi  :  0  Dieu,  votre perfection  et  votre  doctrine  a  été  donnée au  saint  homme  que  vous  avez  choisi, que  vous  avez  éprouvé  dans  la  tentation, et  que  vous  avez  jugé  auprès  des  eaux de  contradiction  ;
9.  qui  a  dit  à  son  père  et  à  sa  mère  : Je  ne  vous  connais  point  ;  et  à  ses  frères  : Je  ne  sais  qui  vous  êtes;  et  ils  n'ont point  connu  leurs  propres  enfants.  Voilà ceux  qui  ont  exécuté  votre  parole,  et  qui ont  gardé  votre  alliance,
10.  qui  ont  observé  vos  ordonnances, ô  Jacob,  et  votre  loi,  ô  Israël.  Voilà, Seigneur,  ceux  qui  offriront  de  l'encens au  temps  de  votre  colère,  et  qui  mettront rholocauste  sur  votre  autel.
11.  Bénissez  sa  force,  Seigneur,  et  re- cevez les  oeuvres  de  ses  mains.  Frap- pez le  dos  de  ses  ennemis,  et  que  ceux qui  le  haïssent  tombent  sans  pouvoir  se relever.
12.  Moïse  dit  aussi  à  Benjamin  :  Celui
7.  Ilœc  est  Judœ  benedictio  :  Audi, Domine,  vocem  Judae,  et  ad  populum suum  introduc  eum  ;  manus  ejus  i)ugna- bunt  pro  eo,  et  adjutor  illius  contra  ad- versarios  ejus  erit.
8.  Levi  quoque  ait  :  Perfectio  tua, et  doctrina  tua  viro  sancto  tuo,  quem probasti  in  tentatione,  et  judicasti  ad aquas  contradictionis  ;
9.  qui  dixit  patri  suo  et  matri  suae  : Nescio  vos;  et  fratribus  suis  :  Ignoro vos;  et  nescierunt  filios  suos.  Hi  custo- dierunt  eloquium  tuum,  et  pactum  tuum servaverunt  ;
10.  judicia  tua,  o  Jacob,  et  legem tuam,  0  Israël;  ponent  thymiama  in furore  tuo,  et  holocaustum  super  altare tuum.
11.  Benedic,  Domine,  fortitudini  ejus, et  opéra  maiiuum  illius  suscipe.  Percute dorsa  inimicorum  ejus;  et  qui  oderunt eum,  non  consurgant.
12.  Et  Benjamin  ait  :  Amantissimas
le  tour.  Cette  tribu  ne  disparut  pas  absolument  ; niais  elle  fut  dispersée  en  partie,  comme  l'avait prédit  Jacob.  Cf.  Gen.  xlix  ,  7  ;  Jos.  xix ,  2  -  9  ; I  Par.  IV,  34  et  ss.
7.  Juda.  —  Quoique  très  courte,  la  bénédic- tion de  Juda  est  vraiment  royale.  Elle  a  lieu sous  forme  de  prière  :  Audi,  Domine...,  et  elle représente  la  plus  noble  des  tribus  sous  les  traits d'un  vaillant  guerrier,  qui  se  met  à  la  tête  de son  peuple  {introduc  eum,  comme  général  en ciief),  et  qui  le  mène  à  la  victoire  {manus  ejus...). —  Au  lieu  de  adjutor...  ejus  erit,  l'hébreu  porte, en  continuant  la  prière  :  Sois  -  lui  en  aide  contre ses  ennemis.
8-11.  Lévi.  —  Les  Lévites  reçoivent,  avec  Jo- seph, la  plus  longue  et  la  plus  belle  des  béné- dictions de  Moïse.  C'était  sa  propre  tribu,  et  il la  bénit  «  du  plus  profond  de  son  cœur  ».  Mau- dite autrefois  par  Jacob ,  Gen.  xlix  ,  5-7,  et  dis- persée, elle  aussi,  parmi  les  autres  tribus,  comme l'avait  prédit  le  patriarche ,  elle  avait  mérité depuis,  par  sa  fidélité  (cf.  Ex.  xxxii,  29),  d'être appelée  aux  fonctions  si  relevées  du  culte.  S'a- dressant  directement  îi  Jéhovah,  Moïse  fait  res- sortii  les  qualités  des  Lévites,  et  il  trace  admi- rablement le  portrait  d'un  saint  prêtre.  —  Per- fectio ttia,  et  doctrina  tua.  Dans  l'hébreu  :  Tes tummim  et  tes  'urim.  Sur  cet  ornement  du grand  prêtre  juit,  voyez  Ex.  xxviii,  30,  et  le commentaire.  —  Viro  sancto  tuo  :  Aaron ,  le  pre- mier pontife  d'Israël.  —  In  tentatior.e  :  à  Mas- sah,  dit  le  texte  (et.  vi,  16;  ix,  22;  Ex.  xvii,  7);
ad  aquas  contradictionis  :  h  M'rîbah  (cf.  xxxn, 51;  Num.  xx,  13,  24;  xxvii,  13,  etc.).  Deux événements  importants  de  la  vie  d'Aaron,  l'un  au début,  l'autre  vers  la  fin  des  quarante  années  de pérégrinations  ;  ils  résument  tout  l'ensemble  de  sa conduite.  —  Qui  dixit  patri...  Du  pontife,  Moïse passe  à  la  tribu  entière,  qui  avait,  en  effet,  oublié tous  les  liens  de  la  chair  et  du  sang,  après  l'ado- ration du  veau  d'or,  pour  venger  l'honneur  de Jéhovah.  Cf.  Ex.  xxxii,  25-29.  —  Judicia  tua... D'après  l'hébreu  :  Ils  enseignent  tes  commande- ments à  Jacob,  et  ta  loi  h  Israël.  C'est  un  des rôles  confiés  à  la  tribu  de  Lévi,  d'après  Lev.  x,  11. Autres  fonctions,  qui  la  mettaient  directement  en rapports  avec  Jéhovah  :  ponent  thymiama  (sur l'autel  des  parfums;  in  furore  tuo,  pour  calmer la  colère  du  Seigneur;  mais  l'hébi-eu  dit  simple- ment :  sous  tes  narines;  anthropomorphisme), holocaustum  (sur  l'autel  des  holocaustes).  — Benedic  fortitudini.  L'hébr.  hélô  peut  signifier  : sa  substance ,  c.-à-d.  ses  dîmes  et  autres  revenus  ; ce  qui  revenait  à  souhaiter  l'abondance  à  toute la  nation.  —  Opéra...  suscipe:  les  sacrifices  offerts par  les  prêtres.  —  Percute  dorsa...  Le  seul  passage de  ce  chapitre  qui  contienne  une  malédiction  ; mais  les  ennemis  des  Lévites,  comme  «  Coré  et sa  bande  »  (Num.  xvi,  1),  étaient  aussi  les  ennemis du  Seigneur.
12.  Benjamin.  —  Amantissimus  Domini.  Nom gracieux,  justifié  par  les  avantages  qui  vont  être signalés.  —  Habitabit...  in  eo  :  auprès  du  Sei- gneur, dont  il  est  tant  aimé.  —  Quasi  in  tha-
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Deut.  XXXIII,  13-19.
Domini  habitabit  confidenterin  eo  ;  quasi in  tlialamo  tota  die  morabitur,  et  inter liumeros  illius  requiescet.
13.  Joseph  quoque  ait  :  De  benedi- ctione  Domini  terra  ejus,  de  pomis  cœli, et  rore,  atque  abysso  subjacente  ;
14.  de  pomis  fructuum  solis  ac  lunse  ;
15.  de  vertice  antiquorum  montium, de  pomis  collium  seternorum  ;
16.  et  de  frugibus  terrse,  et  de  ple- nitudine  ejus.  Benedictio  illius  qui  appa- ruit  in  rubo,  veniat  super  caput  Joseph, et  super  verticem  Nazarsei  inter  fi-atres
BUOS.
17.  Quasi  primogeniti  tauri  pulchri- tudo  ejus  ;  cornua  rhinocerotis  cornua illius;  in  ipsis  ventilabit  gentes  usque ad  terminos  terrœ.  Hœ  sunt  multitudines Ephraim,  et  hœc  millia  Manasse.
18.  Et  Zabulon  ait  :  Lsetare,  Zabulon, in  exitu  tuo  ;  et  Issachar,  in  tabernaculis tuis.
19.  Populos  vocabunt  ad  montem  ;  ibi immolabunt  victimas  justitiae.  Qui  inun- dationem  maris  quasi  lac  sugent,  et  the- sauros  absconditos  arenarum.
qui  est  le  bien -aimé  du  Seigneur  habi- tera auprès  de  lui  avec  confiance.  Le Seigneur  habitera  au  milieu  de  lui  tout le  jour  comme  dans  la  chambre  nup- tiale, et  il  se  reposera  entre  ses  bras.
13.  Moïse  dit  aussi  à  Joseph  :  Que  la terre  de  Joseph  soit  remplie  des  béné- dictions du  Seigneur,  des  fruits  du  ciel, de  la  rosée  et  des  sources  d'eaux  cachées sous  la  terre;
14.  des  fruits  produits  par  l'influence du  soleil  et  de  la  lune  ;
15.  des  fruits  qui  croissent  au  sommet des  montagnes  anciennes  et  sur  les  col- lines éternelles  ;
16.  de  tous  les  grains  et  de  toute  l'a- bondance de  la  terre.  Que  la  bénédiction de  Celui  qui  a  paru  dans  le  buisson ardent  vienne  sur  la  tête  de  Joseph,  sur le  haut  de  la  tête  de  celui  qui  a  été comme  un  Nazaréen  entre  ses  frères.
17.  Par  sa  beauté  il  ressemble  au  pre- mier-né du  taureau;  ses  cornes  sont comme  celles  du  rhinocéros  :  avec  elles, il  lancera  en  l'air  tous  les  peuples  jus- qu'aux extrémités  de  la  terre.  Telles  se- ront les  troupes  innombrables  d'Ephraïm et  les  milliers  de  Manassé.
18.  Moïse  dit  ensuite  à  Zabulon  :  Ré- jouissez-vous,  Zabulon,  dans  votre  sor- tie, et  vous,  Issachar,  dans  vos  tentes.
19.  Vos  enfants  appelleront  les  peuples sur  la  montagne,  où  ils  immoleront  des victimes  de  justice.  Ils  suceront  comme le  lait  les  richesses  de  la  mer,  et  les  tré- sors cachés  dans  le  sable.
îamo...  L'exacte  ti-aduction  de  l'hébreu  serait  : a  II  (Jéhovah)  te  protège  tout  le  jour  (c.-à-d. constamment),  et  il  (Benjamin)  habite  entre  ses épaules  (du  Seigneur;  brusque  changement  du sujet,  à  la  manière  hébraïque).  »  Autres  marques d'une  vive  tendresse.  «  Habiter  entre  les  épaules  :  » allusion  aux  petits  enfants,  que  le  père  ou  la  mère portent  sur  leurs  épaules  (Atl.  archéol.,  pi.  xxv, flg.  4,  6).  —  Selon  quelques  commentateurs,  c'est Dieu  qui  devait  reposer  entre  les  épaules,  on sur  le  territoire  de  Benjamin,  et  Moïse  prophé- tiserait le  futur  choix  de  Jérusalem,  cité  ben- jaminite,  pour  l'érection  permanente  du  sanc- tuaire.
13-17.  Joseph.  —  De  benedictione...  Dans  cette prophétie ,  beaucoup  d'emprunts  à  celle  de  Jacob, Gen.  xLix,  22-26.  —  1°  Une  prodigieuse  abon-: dance  est  d'abord  promise  au  territoire  qui  sera occupé  par  les  fils  de  Joseph,  vers.  13-16.  Po- wis...  :  les  différentes  causes  de  fertilité  sont mentionnées  coup  sur  coup  (au-dessus  de  la  terre  : cceli,  solis,  lunce;  à  sa  surface  :  rore;  les  eaux souterraines  :  abysso...).  Sur  les  expressions  col- lium aternorum,  Nazarcei.. ,  \oycz  la  note  de
Gen.  XLIX,  26.  Qui  apparuit  in  rubo:  appella- tion qui  rappelle  la  première  manifestation  du Seigneur  à  Moïse ,  Ex.  m ,  2  et  ss.  —  2"  La  force non  moins  prodigieuse  de  Joseph,  vers.  17.  Primo- geniti tauri  :  emblème  d'une  vigoureuse  beauté. Cornua  rhinocerotis  (du  r"êm;  voyez  la  note de  Num.  xxiii ,  22  )  :  symbole  d'une  force  irrésis- tible. —  Ii<B  multitudims  (hébr. :  les  myriades)... En  s'achevant,  la  bénédiction  se  dédouble,  pour atteindre  séparément  les  deux  tribus  issues  de Joseph.
18-19.  Zabulon  et  Issachar,  réunis  dans  le  cœur et  sur  les  lèvres  de  Moïse  comme  sur  leur  futur territoire  (Atl.  géogr.,  pi.  vu).  —  Zabulon, Issachar.  Chacun  d'eux  est  béni  dans  la  carrière et  les  voies  qui  lui  sont  propres  :  Zabulon  dans ses  démarches  (in  exitu...)  nécessitées  par  le trafic  qu'il  faisait  avec  la  Phénicie  ;  Issachar dans  ses  tentes,  parce  que  ses  occupations  agri- coles le  retenaient  chez  lui.  Cf.  Gen.  xlix,  13-14. -7-  Populos...  ad  montern.  Ici  comme  au  vers.  3 , le  mot. a  peuples  »  désigne  l'ensemble  des  tribus d'Israc.1  ;  la  montagne  n'est  autre,  sans  doute, que,  celle  de,  Moriah,  l'emplacement  futur,  du
Deut.  XXXIII,  20-2G.
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20.  Moïse  dit  à  Gad  :  Gad  a  été  com- blé de  bénédictions  ;  il  s'est  reposé  comme un  lion,  il  a  saisi  le  bras  et  la  tête  de  sa proie.
21.  Il  a  reconnu  sa  principauté  en  ce que  le  docteur  d'Israël  devait  être  dé- posé dans  sa  terre.  Il  a  marché  avec  les princes  de  son  peuple,  et  a  observé  à regard  d'Israël  les  lois  du  Seigneur  et les  ordres  qu'on  lui  avait  prescrits.
22.  Moïse  dit  ensuite  à  Dan  :  Dan  est comme  un  jeune  lion;  il  se  répandra  de Basan ,  et  il  s'étendra  au  loin.
23.  ]\roïse  dit  aussi  à  Nephthali  :  Nepli- thali  jouira  de  tout  en  abondance,  il  sera comblé  des  bénédictions  du  Seigneur  ;  il possédera  la  mer  et  le  midi.
24.  Il  dit  ensuite  à  Aser  :  Qu'Aser  soit béni  entre  tous  les  enfants  c?'isr«é7,  qu'il soit  agréable  à  ses  frères,  et  qu'il  trempe son  pied  dans  l'huile.
25.  Sa  chaussure  sera  de  fer  et  d'ai- rain. Les  jours  de  ta  vieillesse,  ô  Aser, seront  comme  ceux  de  ta  jeunesse.
26.  Il  n'y  a  pas  d'autre   Dieu  sem-
20.  Et  Gad  ait  :  Benedictus  in  latitu- dine  Gad;  quasi  leo  requievit,  cepitque brachium  et  verticem.
21.  Et  vidit  principatum  suum,  quod in  parte  sua  doctor  esset  repositus  ;  qui fuit  cum  principibus  populi ,  et  fecit  jus- titias  Domini,  et  judicium  suum  cum Israël.
22.  Dan  quoque  ait  :  Dan  catulus  leo- nis  ;  fluet  largiter  de  Basan.
23.  Et  Nephthali  dixit  :  Nephthali abundantia  perfruetur,  et  plenus  erit benedictionibus  Domini  ;  mare  et  méri- dien! possidebit.
24.  Aser  quoque  ait  :  Benedictus  in filiis  Aser,  sit  placens  fratribus  suis,  et tingat  in  oleo  pedem  suum.
25.  Ferrum  et  ses  calceamentum  ejus. Sicut  dies  juventutis  tuae,  ita  et  sene- ctus  tua.
26.  Non  est  Deus  alius  ut  Deus  re-
temple,  où  Zabulon  et  Issachar  convoquèrent leurs  frères  pour  participer  à  leurs  généreux  sa- crifices d'actions  de  grâces.  Cf.  II  Par.  xxx,  11, 18. —  Inundationem...  quasi  lac...  Forte  image,  pour exprimer  des  richesses  extraites  de  la  mer  (na- vigation, commerce,  pêche,  perles,  coquillages à  pourpre,  etc.).  —  Thesauros...  arenarum :  allu- sion probable  à  la  fabrication  du  verre.
20-21.  Gad.  —  Benedictus  in  latitudine.  Plus exactement,  d'après  le  texte  :  Béni  celui  qui  met Gad  au  large  ;  c.-à-d.  Jéhovah ,  qui  établira  Gad sur  un  vaste  territoire.  —  Quasi  leo...  Métaphore qui  promet  à  cette  tribu  de  beaux  exploits  mi- litaires (ccpit...  hracMnm...  ;  les  membres  de  sa victime,  que  le  lion  dévore  ensuite  tranquille- ment). —  Vidit  principatum...  Hébr.  :  il  a  vu (c.-à,-d.  choisi)  pour  lui  les  prémices  (du  pays). Gad  avait,  en  effet,  désiré  et  obtenu  l'une  des premières  provinces  conquises  par  les  Hébreux. Cf.  Num.  XXXII.  Les  mots  suivants  de  la  Vulgate, quod  in  parte  sua  doctor...  reposait,  ont  fait croire  à  d'assez  nombreux  commentateurs  que Moïse ,  ce  grand  docteur  d'Israël ,  aurait  ainsi assigné  aux  Gadites  la  prochaine  possession  de son  tombeau  ;  mais,  d'une  part,  le  mont  Nébo  était sur  le  territoire  de  Ruben ,  non  sur  celui  de  Gad CAtl.  géogr.,  pi.  vii);  d'autre  part,  l'hébreu  de- mande une  traduction  différente ,  littéral.  :  car  là était  réservée  la  part  du  chef  (c.-à-d.  le  district que  Moïse  devait  assigner  à  Gad).  —  Fuit  cum principibus...  Même  après  avoir  pris  possession de  son  domaine,  Gad  n'oublia  pas  les  conditions auxquelles  il  l'avait  reçu ,  et  il  traversa  le  Jour- dain avec  le  reste  du  peuple  pour  faii'e  la  con- quête de  Chanaan.  Cf.  Num.  xxxii,  17  et  ss.;  Jos. I,  14;  IV,  12.
22.  Dan.  —  Catulus  leonis.  Il  est  ainsi  nommé à  cause  de  sa  vigueur.  —  Fluet  largiter...  L'hé- breu dit  seulement,  en  poursuivant  l'image  :  Il s'élance  de  Basan;  c.-à-d.  des  fourrés  de  Basan, où  se  cachaient  les  lions.
23.  Nephthali.  —  Abundantia  perfruetur.  Plu- tôt :  Nephthali  rassasié  de  faveurs  (râsôn,  des bienfaits  divins).  —  Mare  :  le  lac  de  Tibt  riade , le  «  paradis  terrestre  »  de  la  Palestine  d'après Josèphe.  Meridiem  :  non  pas  le  négéb  ou  la  partie méridionale  de  Chanaan;  mais  dârôm,  le  pays a  chaud  »  et  extrêmement  fertile  des  bords  du lac.
24-25.  Aser.  —  Benedictus  in  filiis  :  parmi  les fils  de  Jacob.  Selon  d'autres  :  Aser  aura  une  po- pulation nombreuse.  La  première  traduction  est favorisée  par  le  contexte  :  sit  placens  fratribus. —  Tingat  in  oleo...  :  grande  richesse  agricole  de son  teiTitoire.  —  Ferrum  et  ces...  :  la  force  ajoutée à  l'abondance.  Le  Liban,  au  sud  duquel  habita plus  tard  Aser  (Atl.  géogr.,  pi.  vu),  possédait des  mines  de  fer  (voyez  viii,  9,  et  l'explication). Des  chaussures  de  fer  étaient  un  emblème  de vigueur  (cf.  I  Rcg.  xvii,  6);  mais,  au  lieu  de calaamenium ,  l'hébreu  dit,  avec  plus  de  clarté  : tes  verrous.  —  Sicut  dies...  Dans  l'hébreu,  le  sou- hait est  légèrement  modifié  :  Que  ta  force  (dure) autant  que  tes  jours.
3«  Épilogue.  XXXIII,  26-29.
Passage  magnifique  de  fond  et  de  forme.
26-27.  Éloge  de  Jéhovah,  le  protecteur  tout- puissant  d'Israël.  —  Non  est  Deus...  Hébr.  :  Il n'y  a  pas  de  rocher  comme  le  rocher  de  Y'surûn (voyez  la  note  de  xxxii,  4).  —  Ascensor  cœli. Littéral.:  Il  monte  sur  les  cicux  pour  (venir  à) ton  aide.  —  Brachla  semi-iterna  :  et  non  moins
31*
668
Deut.  XXXIII,  27  —  XXXIV,  2.
ctissirai  ;  ascensor  cœli  auxiliatcr  tiius. Magnificentia  ejus  discurrunt  nubes.
27.  Habitaculum  ejus  sursum,  et  sub- ter  brachia  sempiterna.  Ejiciet  a  facie tua  inimicum,  dicetque  :  Conterere.
28.  Habitabit  Israël  confidenter,et  so- lus.  Oculus  Jacob  in  terra  fi'umenti  et vini ,  c.ielique  caligabunt  rore.
29.  Beatus  es  tu,  Israël.  Quis  similis tui,  popule,  qui  salvaris  in  Domino? Scutum  auxilii  tui,  et  gladius  gloriae tuse.  Negabunt  te  inimici  tui,  et  tu  eorum colla  calcabis.
blable  au  Dieu  du  peuple  très  droit. Votre  protecteur  est  celui  qui  monte  au plus  haut  des  cieux.  C'est  par  sa  toute- puissance  qu'il  règle  le  cours  des  nuées.
27.  Sa  demeure  est  au  plus  haut  des cieux,  et  au-dessous  il  fait  sentir  les effets  de  son  bras  éternel.  Il  fera  fuir devant  vous  vos  ennemis,  et  il  leur  dira  : So5'ez  réduits  en  poudre.
28.  Israël  habitera  seul,  dans  une pleine  assurance.  L'œil  de  Jacob  verra sa  terre  pleine  de  blé  et  de  vin,  et  l'air sera  obscurci  par  la  rosée.
29.  Tu  es  heureux,  ô  Israël.  Qui  est semblable  à  toi,  ô  peuple  qui  trouves  ton salut  dans  le  Seigneur?  Il  te  sert  de bouclier  pour  te  défendre,  et  d'épée  pour te  procurer  une  glorieuse  victoire.  Tes ennemis  refuseront  de  te  reconnaître, mais  tu  fouleras  leurs  têtes  sous  tes pieds.
CHAPITRE  XXXIV
1.  Ascendit  ergo  Mo^-ses  de  cam- pestribus  Moab  super  montem  Nebo,  in verticem  Phasga  contra  Jéricho  ;  osten- ditque  ei  Dominus  omnem  terram  Ga- laad  usque  Dan,
2.  et  universum  Nephthali ,  terramque Ephraim  et  Manasse ,  et  omnem  terram Juda  usque  ad  mare  novissimum ,
puissants  qu'éternels.  —  Conterere.  Hébr.  :  «  con- tere ,  »  à  l'actif.  Ordre  aux  Hébreux  d'exterminer les  Chananéens.
28-29.  Félicitations  h  Israël,  si  bien  protégé par  son  Dieu.  —  HabitaMt...  soTus  :  séparé  des autres  nations,  comme  il  a  été  dit  souvent.  — Oculus  Jacob...  Les  mots  'eyn  Ya'aqôb  signifient plutôt  :  source  de  Jacob;  c.-à-d.  les  descendants issus  de  lui  comme  les  eaux  d'une  source.  — ScutuTïi  auxilii,  gladius  glories  :  images  guer- rières, qui  montrent  de  quelle  façon  Israël  est «  sauvé  par  Jéhovah  ».  —  Negabunt  te...  Litté- ral. :  Tes  ennemis  seront  trouvés  menteurs;  hé- braïsme ,  pour  dire  que  les  ennemis  des  Hé- breux, épouvantés,  iront  d'eux-mêmes  se  pros- terner à  leurs  pieds  et  feindront  la  soumission,  le dévouement.  Cf.  Ps.  xvii,  46.  —  Eorum  colla...  : selon  la  coutume  représentée  sur  les  anciens  mo- numents (AU.  archéol.,  pi.  xciv,  flg.  3,  6-8). Mais  ici  l'hébreu  porte  :  Tu  fouleras  (en  maître) leurs  hauteurs;  c.-à-d.  les  parties  les  plus  for- tifiées de  leur  territoire;  pour  signifier  :  tout  leur pays.
§  IV.  —  La,  mort  et  la  sépulture  de  Moïse. XXXIV,  1-12.
Cotte  dernière  page  du  Deutéronome  a  été  pro-
1.  Moïse  monta  donc  de  la  plaine  de Moab  sur  la  montagne  de  Nébo,  au  som- met du  Phasga,  vis-à-vis  de  Jéricho;  et le  Seigneur  lui  fit  voir  de  là  tout  le  pays de  Galaad  jusqu'à  Dan,
2.  tout  Nephthali,  toute  la  terre  d'E- phraïm  et  de  Manassé ,  et  tout  le  pays de  Juda  jusqu'à  la  mer  occidentale,
bablcment  rédigée  par  Josué,  auquel  une  révéla- tion en  fit  connaître  les  principaux  détails.
1°  Moïse  au  sommet  du  Nébo.  XXXIV,  1-4.
Chap.  XXXIV. —  1-4.  Ascendit  ergo...  Commo le  Seigneur  venait  de  le  lui  prescrire,  xxxii, 48-52.  —  Sur  les  détails  géographiqvies  de  cam- pestribus  Moab ,  super  Nebo,  in  verticem  Pha- sga, voyez  les  notes  de  Num.  xxi,  20;  xxii,  1; xxxiii,  14;  Deut.  m,  27.  —  Ostenditque  ei  Do- minus...  Non  pas,  comme  on  l'a  dit,  dans  une vision  extatique ,  car  i  "n'est  nullement  question d'extase  en  cet  endroit,  ni  dans  les  passages  pa- rallèles (comparez  le  vers.  4  :  «  Tu  l'as  vue  de  tes yeux ,  »  au  vers.  7  :  ce  sa  vue  n'était  point  affai- blie »);  mais  de  ses  yeux  matériels,  dont  tou- tefois la  force  avait  été  miraculeusement  accrue pour  qu'ils  pussent  aller  jusqu'aux  limites  indi- quées par  le  narrateur,  vers.  1^-3.  —  1°  A  l'orient du  Jourdain ,  toute  la  Pérée  (  terra  Galaad  )  du sud  au  nord  (usque  Dan,  c.-à-d.  Dân-Ya^ân; voyez  la  note  de  Gen.  xiv,  1 4).  —  2°  A  l'ouest  du Jourdain,  Chanaan  dans  son  entier,  du  nord  au sud.  Le  pays  est  partagé  en  trois  sections,  dési- gnées par  les  noms  des  trois  tribus  qui  les  occu- pèrent plus  tard  :  section  septentrionale,  uni- versum Nephthali;  section  centrale,  Ephraim et  Manasse  (la  demi -tribu  établie  dans  la  Pa-
w
i
Deut.  XXXIV,  3-9.
669
3.  tout  le  côté  du  midi,  toute  l'étendue de  la  campagne  de  Jéricho,  qui  est  la ville  des  palmes,  jusqu'à  Ségor.
4.  Et  le  Seigneur  lui  dit  :  Voilà  le pays  pour  lequel  j'ai  fait  serment  à Abraham,  à  Isaac  et  à  Jacob,  en  leur disant  :  Je  donnerai  ce  pays  à  votre postérité.  Vous  l'avez  vu  de  vos  yeux, et  vous  n'y  passerez  point.
5.  Moïse,  serviteur  du  Seigneur,  mou- rut donc  en  ce  lieu,  dans  le  pays  de Moab,  par  l'ordre  da  Seigneur,
6.  qui  l'ensevelit  dans  la  vallée  du pays  de  Moab,  en  face  de  Phogor;  et personne  jusqu'à  ce  jour  n'a  connu  le lieu  de  sa  sépulture.
7.  Moïse  avait  cent  vingt  ans  lorsqu'il mourut;  sa  vue  n'avait  pas  baissé,  et ses  dents  ne  s'étaient  pas  ébranlées.
8.  Les  enfants  d'Israël  le  pleurèrent dans  la  plaine  de  Moab  pendant  trente jours,  et  alors  le  deuil  de  ceux  qui  le pleuraient  fut  achevé.
9.  Quant  à  Josué,  fils  de  Nun,  il  fut
3.  et  australem  partem,  et  latitudinem campi  Jéricho  civitatis  Palmarum  usque Segor.
4.  Dixitque  Dominus  ad  eum  :  Ilsec est  terra,  pro  qua  juravi  Abraham,  Isaac, et  Jacob,  dicens  :  Semini  tuo  dabo  eam. Vidisti  eam  oculis  tuis ,  et  non  transibis ad  illara.
5.  Mortuusque  est  ibi  Moyses,  ser- vus  Domini,  in  terra  Moab,  jubente  Do- mino ;
6.  et  sepelivit  eum  in  valle  terras  Moab, contra  Phogor;  et  non  cognovit  homo sepulcrum  ejus  usque  in  praesentem diem.
7.  Moyses  centum  et  viginti  annorum erat  quando  mortuus  est  ;  non  caligavit oculus  ejus,  nec  dentés  illius  moti  sunt.
8.  Fleveruntque  eum  filii  Israël  in campestribus  Moab  triginta  diebus;  et completi  sunt  dies  planctus  lugentium Moysen.
9.  Josue  vero,  filius  Nun,  repletus  est
lestine  cisjord.inienne)  ;  section  méridionale ,  ter- ram  Juda  {mare  novissimum ;  hébr.  :  'aharôn, la  Méditerranée ,  située  «  derrière  la  Palestine  », c-ii-d.  h  l'ouest).  —  3°  Le  Négeb,  ou  l'extrême sud  de  Chanaan  {austraiem  partem).  —  4^  La profonde  vallée  du  Jourdain,  q\u  séparait  les  deux grandes  pi'ovinces  palestiniennes  {latitudinem campi  Jéricho;  hébr.,  le  Icilkâr  ou  cercle  de  la plaine  de  Jéricho ,  c.-à-d.  la  partie  du  Ghôr  com- prise entre  la  mer  Morte  et  le  lac  de  Tibériade). Sur  le  nom  de  civitas  palmarum  donné  à  Jé- richo, voyez  II  Par.  xxviii,  13.  Segor,  en  hébreu §ô'ar,  était  une  des  villes  de  la  Pentapole  ;  cf. Gen.  XIX,  22,  et  le  commentaire.  —  Pour  tous  ces détails,  vo3'ez  VAtl.  géogr.,  pi.  v  et  vu.  Plusieurs voyageurs  modernes  ont  décrit  le  panorama  splen- dide  dont  on  jouit  du  faite  du  Nébo.  «  A  l'est, s'étendant  jusqu'en  Arabie,  se  déroule  une  plaine sans  limites ,  un  océan  ondulant  de  blé  et  d'her- bages. Quand  le  regard  se  dirige  vers  le  sud,  il traverse  le  pays  de  Moab,  jusqu'à  ce  qu'il  s'ar- rête sur  les  contours  vivement  dessinés  du  mont Hor,  et  des  montagnes  de  Séir,  et  des  pics  d'A- rabie en  granit  rose.  A  l'est  le  terrain  descend, de  terrasse  en  terrasse,  jusqu'à  la  mer  Morte, dont  on  aperçoit  la  rive  occidentale  dans  toute son  étendue...  Au  delà  se  montre  l'arête  sur  la- quelle est  bâtie  Hébron  ;  puis ,  tandis  que  l'œil remonte  au  nord,  il  aperçoit  successivement  les collines  de  Bethléem  et  de  Jérusalem...  Du  côté du  septentrion  il  suit,  à  partir  de  Jéricho,  le cours  du  Jourdain  qui  serpente.  Au  delà  du  fleuve, il  se  repose  sur  le  sommet  arrondi  du  mont  Ga- rizim,  et  plus  loin  vers  l'ouest,  sur  le  Carmel. Cette  brume  bleuâtre  dans  le  lointain  annonce la  Méditerranée.  Encore  plus  au  nord  se  dressent le  Thabor,  Gelboé,  la  cime  neigeuse  de  l'Hermon  et la  pointe  la  plus  élevée  du  Liban.  Eu  face,  ap-
paraissent les  sombres  forêts  d'Ayalon,  les  monts de  Galaad,  enfin  les  provinces  de  Basan  et  de Bosra.  »
2°  La  mort  et  la  sépulture  de  Moïse.  XXXIY, 5-8.
5.  La  mort.  —  Jutente  Domino.  Hébr.  :  'al-pi Y'hovah ;  littéral.  :  sur  la  bouche  du  Seigneur; par  conséquent,  sur  l'ordre.  Mais  les  rabbins, prenant  ces  mots  à  la  lettre,  assurent  que  l'âme de  Moïse  s'envola  après  un  baiser  de  Jéhovah. Belle  pensée,  mais  qui  n'est  pas  dans  le  texte.
6.  La  sépulture.  —  Sepelivit  eum.  Non  pas EÔa'l'av  auTOv  (on  l'ensevelit),  comme  traduisent les  LXX  pour  éviter  l'anthropomorphisme;  c'est le  Seigneur  lui-même  qui  prit  soin  de  la  sépul- ture de  son  serviteur  (la  preuve  est  dans  le  con- texte :  non  cognovit  homo...).  Par  là,  Dieu  vou- lait peut-être  empêcher  les  Hébreux  de  rendre aux  restes  de  Moïse  des  honneurs  superstitieux; ou  bien,  il  le  fit  ressusciter  presque  aussitôt. Voy.  l'épître  de  saint  Jude ,  vers.  9,  et  le  commen- taire. —  In  valle...  Moab  :  le  plateau  de  Moab (note  de  Num.  xxi,  20).  —  Phogor.  Hébr.:  BêU P"ôr.  Cf.  Num.  xxiii,  28,  et  l'explication.
7.  L'âge  de  Moïse  au  moment  de  sa  mort  : centum  et  viginti...  —  Deux  traits  expressifs  sont ajoiités  par  le  nai-rateur  pour  montrer  jusqu'à quel  point,  malgré  son  grand  âge,  la  santé  do Moïse  était  demeurée  florissante  :  non  caliga- vit..., nec  dentés...  (au  lieu  de  ce  second  détail, l'hébreu  porte  :  et  sa  vigueur  n'était  point passée).
8.  Le  deuil  des  Israélites.  —  Fleverunt... ,  se regardant  à  bon  droit  comme  des  orphelins.
3°  Josué  succède  à  Moïse.  XXXIV,  9.
9.  Repletus  spiritu  sapienttœ  :  l'esprit  le  plus nécessaire  à  un  homme  chargé  de  diriger  tout  un peuple  parmi  des  circonstances  si  délicates.  —
670
Deux.  XXXIV,  10-12.
I
spiritu  sapientiae,  quia  Moyses  posuit super  eum  manus  suas  ;  et  obedierunt  ei filii  Israël,  feceruntque  sicut  prsecepit Dominus  Moysi.
10.  Et  non  surrexit  ultra  propheta  in Israël  sicut  Moyses,  quem  nosset  Do- minus facie  ad  faeiem,
11.  in  omnibus  siguis  atque  porten- tis,  qu8B  misit  per  eum,  ut  faceret  in terra  ^gypti ,  pharaoni ,  et  omnibus servis  ejus,  universseque  terras  illius,
12.  et  cunctam  manum  robustam, magnaque  mirabilia,  quse  fecit  Moyses coram  uni  verso  Israël.
rempli  de  l'esprit  de  sagesse,  parce  que Moïse  lui  avait  imposé  les  mains  ;  et  les enfants  d'Israël  lui  obéirent  en  faisant ce  que  le  Seigneur  avait  commandé  à Moïse.
10.  Il  ne  s'éleva  plus  dans  Israël  de prophète  semblable  à  Moïse,  à  qui  le Seigneur  parlât  comme  à  lui  face  à  face  ;
11.  ni  qui  ait  fait  des  miracles  et  des prodiges  comme  ceux  que  le  Seigneur  a opérés  par  Moïse  dans  l'Egj'-pte,  aux  yeux du  pharaon,  de  ses  serviteurs,  et  de  tout son  royaume  ;
12.  ni  qui  ait  agi  avec  un  bras  si  puis- sant, et  qui  ait  exécuté  des  œuvres  aussi grandes  et  aussi  merveilleuses  que  celles que  Moïse  a  faites  devant  tout  Israël.
Quia  Moyses  posuit...  Allusion  à  Num.  xxvii, 18,  23,  et  à  ce  qu'on  a  justement  appelé  «  l'or- dination »  de  Josué.  C'est  alors  que  l'esprit  de sagesse  lui  avait  été  transmis  en  germe,  —  Obe- dierunt ei...  Le  Seigneur  le  leur  avait  fortement recommandé,  Num.  xxvir,  18.
4°  Éloge  final  de  Moïse.  XXXIV,  10-12.
10-12.  Non  surrexit  ultra...:  du  moins  pen- dant toute  la  période  de  l'ancienne  Alliance  ;  car, tant  que  durait  cette  alliance,  personne  ne  pou- vait prétendre  au  rôle  de  médiateur,  qui  avait élevé  Moïse  si  haut.  Mais  quand  fut  contractée l'Alliance  nouvelle,  un  auti-e  médiateur  apparut.
de  beaucoup  supérieur  à  Moïse,  Notre  -  Seigneur Jésus  -  Christ.  Cf.  Hebr.  m,  2-6.  —  Quem  nosset Dominus...  Supériorité  de  Moïse  manifestée  par ses  rapports  intimes  avec  Dieu  (facie  ad  faeiem). Cf.  Ex.  XXXIII,  11  ;  Num.  xii,  8.  etc.  —  In  om- nibus signis.  Supériorité  de  Moïse,  mai'quée  par les  étonnants  prodiges  dont  il  avait  été  l'instru- ment. Mais  Moïse  fut  «  moins  admirable  encore par  ses  privilèges  que  par  ses  vertus ,  sa  fol inébranlable,  sa  piété,  son  obéissance,  son  zèle pour  la  gloire  de  Dieu  et  son  amour  pour  son peuple  ».  3Ian.  biU.,  t.  I,  p.  637  de  la  6«  édi- tion.
TABLE  ANALYTIQUE
DES  MATIÈRES
INTRODUCTION  GÉNÉRALE  A  LA  BIBLE
§  I.  Ce  qu'est  la  Bible         1    |    §  II.  Jésiis-Christ ,  centre  de  la  Bille.
L'ANCIEN  TESTAMENT
Introduction       11
1«  Division  de  la  Bible       11
20  Le  mot  Testament       il
3»  Les  livres  de  l'Ancien  Testament ...      12
LE  PENTATEUQUE
Introduction       15
1°  Noms  et  division       15
2°  Le  sujet  traité        16
3°  Authenticité  et  intégrité        16
LA  GENESE
Introduction    17
1°  Le  sujet  et  le  but  .    17
2°  Plan  et  division.  .    17
3»  Beauté,  utilité    18
4«  Les  sources  de  la  Genèse    19
LE  DIVIN  PRÉLUDE La  création.  I,  1  —  II,  3.
§  I.  Le  début  de  la  création.  1,1-2....  20
§  IL  L'œuvre  des  six  jours.  I,  3-32  ...  .  21
10  Le  premier  jour.  l,  3-5    21
20  Le  second  jour,  i,  6-8    21
3°  Le  troisième  jour,  i,  9-13    22
4°  Le  quatrième  jour,  i,  14-19    22
50  Le  cinquième  jour.  l,  20-23    23
6»  Le  sixième  jour,  i,  24-31    24
§  III.  Le  divin  repos.  II,  1-3    25
PREMIERE  PARTIE
Les  débuts  de  l'histoire  du  moxde  depuis  la cré.^.tion  de  l'homme  jusqu'à  la  dispersion
DES  peuples.  II,  4  —  XI,  26.
Livre  I.  L'histoire  du  ciel  et  de  la  terre- Il,  4  —  IV,  26.
§  I.  L'état  d'innocence.  II,  4-25   •  .      26
19  Titre  du  livre.  11,  4        26
20  L'homme  placé   dans   le  paradis  ter-
restre. Il,  5-17       26
30  L'institution  du  mariage.  li,  18-25.  .     29
§  IL  La  chute  et  ses  funestes  conséquences.
■    m,  1-24    30
lo  La  chute,  m,  1-7    30
2°  La  triple  sentence,  m,  7-20    31
30  Adam  et  Eve  expulsés  du  paradis  ter- restre, m,  21-24    33
672
TABLE  ANALYTIQUE
§  III.  Division  de  la  famille  humaine  en
deux  branches.  IV,  1-26        34
1«  Caïn  et  Abcl.  iv,  1-16        34
2°  La  race  de  Caïn.  iv,  17-24        36
30  Seth  et  sa  race,  iv,  25-26        37
Livre  IL  Les  générations  d'Adam.
V,  1  —  VI,  8.
§  I.  Généalogie  des  premiers  fils  de  Seth.
V,  1-31        37
§  II.    Préparation  à  l'histoire  du  déluge.
VI,  1-8       40
1°  Profonde  corruption  du  genre  humain.
VI,  1-4        40
2°  L'annonce  du  déluge,  vi,  5-8       40
Livre  III.  Les  générations  de  Noé.
VI,  9  —  IX,  29.
§  I.  Constriiction  de  l'arche.  VI,  9-22.  .  .     41 §  IL  Le  déluge.  VII,  1  —  VIII,  19       43
lo  Le  commencement  du  déluge,  vu,  1-16.  43
2°  Les  progrès  du  déluge,  vu,  17-24  .  .  44 3«  La  décroissance  et  la  fin  du  déluge,
vm,  1-19    45
§   III.   Noé   après   le   déluge.  VIII,  20  —
IX,  29        47
10  Le  sacrifice  de  Noé.  vni,  20-22.  ..  .  47 2«'  Le  renouvellement  de  l'alliance  et  son
symbole,  ix,  1-17       48
30  La  prophétie  et  la  mort  de  Noé.  ix,
18-29        49
Livre  IV.  Générations  des  fils  de  Noé.
X,  1  —  XI,  9.
§  I.  La  table  des  peuples.  X ,  1  -  32       51
§  II.  La  tour  de  Babel  et  la  dispersion  des
peuples.  XI,  1-9       54
1°  Construction  de  la  tour  de  Babel,  xi,
1-4        54
2°  La  confusion  des  langues,  xi,  5-9  .  .     55
Livre  V.  —    Les    générations  de   Sem. XI,  10-26        55
DEUXIÈME  PARTIE
Les  débuts  de  l'histoire  des  Hébreux. XI,  27  —  L,  26,
LrVKE  VI.   —   Les  générations  de  Tharé.
XI,  27  —  XXV,  18.
Section  I.  —  La  famille  et  la  migration DE  Tharé.  XI,  27-32       57
Section  II.  —  Première  i'Ériode  de  la  vie d'Abraham.  Xlf,  1  —  XIII,  18.
§  I.  Abraham  dans  la  terre  de  Chanaan
et  en  Egypte.  XII,  1-20       68
10  La  vocation  d'Abram.  xii,  1-3  .  .  .  .  58 2"  Abram  dans  le  pays  de  Chanaan.  xir,
4-9  ...    58
3°  Abram  en  Egypte,  xii,  10-20    59
§  II.  Lot  est  éliminé  de  la  race  choisie.
XIII,  1-18    60
1°  Abram  de  retour  en  Chanaan.  xra,  1-4.  60
2»  La  séparation,  xiii,  5-13    61
30  Nouvelle  promesse  concernant  la  pos- session de  la  Terre  sainte,  xiii,  14-18.  62
§  III.  Abram  et  Melchisédech.  XIV,  1-24  .     63
1°  L'invasion  de  la  Pentapole.  xiv,  1-12.  63
2°  La  victoire  d'Abram.  xiv,  13-16.  .  .  .  64 3°  La  bénédiction  de  Melchisédech.  xiv,
17-24    65
Section  III.  —  Deuxième  période  de  la  vie d'Abraham.  XV,  1  —  XVI,  16.
§  I.  L'alliance  conclue  entre  le  Seigneur
et  Abram.  XV,  1-21        66
lo  La  foi  d'Abram.  xv,  1-6    66
2»  L'alliance,  xv,  7-21    67
§  II.  Naissance  d'Ismaël.  XVI,  1-16.  ...  69
1°  Abram  épouse  Agar.  xvi,  1-4    69
2°  Agar  au  désert,  xvi,  5-14    69
30  Naissance  d'Ismaëh  xvi,  15-16  ....  71
Section  IV.  —  Troisième  période  de  la  vie d'Abraham.  XVII,  1  — XXI,  34.
§  I.   Confirmation  de  la  divine  alliance.
XVII,  1-27        71
lo  Changement  significatif  du  nom  d'A- bram. xvn,  1-8       71
2°  Le  précepte  de  la  circoncision,  xvn,
9-14        72
3°  Autre  changement  de  nom  ;  un  fils  pro- mis h  Sara,  xvn,  15-22        72
40  La  circoncision  d'Abraham  et  de  toute sa  maison,  xvn,  23-27       73
§  IL  La  visite  du  Seigneur  à  Abraham.
XVIII,  1-33        74
lo  L'arrivée  des  célestes  visiteurs,  xviii,
1-8        74
2«  Réitération  de  la  promesse  faite  à  Sara.
xvni,  9-15        75
30  Prédiction  de  la  ruine  de  Sodome.  xvni,
16-33        75
§  III.  La  ruine  de  Sodome.  XIX,  1-38  .  .      77
1°  Infamie  des  habitants  de  Sodome.  xlx,
1-14        77
2°  La  divine  vengeance,  xix,  15-29  ..  .      79 30  Orighie  des  Moabites  et  des  Ammo- nites. XIX,  30-38        79
§  IV.  Abraham  à  Gèrara.  XX,  1  —  XXI,  34.      82
1»  Sara  est  encore  merveilleusement  pré- servée. XX,  1-18    82
20  Naissance  d'Isaac.  xxi,  1-7    84
30  Expulsion  d'Agar  et  d'Ismaël.  XXI,  8-21.  84 40  Traité  conclu  entre  Abraham  et  Abi-
mélech.  xxi,  22-34    84
Section  V.  —  Quatrième  période  de  la  vie d'Abraham.  XXII,  1  —  XXV,  11.
§  I.  Le  sacrifice  d'Abraham  et  sa  récom- pense. XXII,  1-19       87
lo  Le  sacrifice,  xxii,  1-14       87
20  Confirmation  des  promesses  divines, xxn,  15-19       89
TABLE   A
§  II.  La  postérité  de  NacJior;  mort  et  fiépul-
ture  de  Sara.  XXII,  20  —  XXIII,  20.      81)
1°  La  postérité  de  Nachor.  xxn,  20-24  .  8:) 2«  Mort  et  sépulture  de  Sara,  xxin,  1-20.     90
§  III.  Le  mariage  d'Isaac  et  de  Réhecca.
XXIV,  1-67        92
l»  La  mission  d'Éliézer.  xxiv,  1  -  9  ...  .      92 2°  Départ  d'iiliézer  et  son  arrivée  en  Mé- sopotamie. XXIV,  10-28        93
3°  La  négociation  du  mariage  entre  Éliézor
et  Laban.  xxiv,  29-54»        95
4»  Départ  de  Rébocca.  xxiv,  54i'-61  .  .  .  97 5«  lia  rencontre  des  fiancés  et  le  mariage.
XXIV,  62-67        98
§   IV.  Les   dernières    années   d'Abraham.
XXV,  1-11         99
1»  Abraham  et  Cétura.  xxv,  1-6        99
20  Mort   et   sépulture    d'Abraham,   xxv,
7-11        99
Livre  VIL  —  Les   générations    d'Ismaël.
XXV,  12-18   100
Livre  VIII.  —  Les  générations  d'Iâaac. XXV,  19  —  XXXV,  29.
Section  I. —  Première  période  de  la  vie  d'Isaac. XXV,  19  —  XXVIII,  9.
§  I.  Ésau  et  Jacob.  XXV,  19-34  .....  .    100
1«  Naissance   d'Ésaii  et  de   Jacob,  xxv,
19-26   100
20  Ésaii  vend  son  droit  d'aînesse,   xxv, 27-34   101
§  IL  Isaac  à  Gérara.  XXVI,  1-22   102
10  Eénovation  des  promesses  divines,  xxvi,
1-6   102
2«  Rébecca  et  Abimélech.  xxvi,  6-11  .  .  103 3«  Isaac  s'enrichit  ;  jalousie  des  Philistins.
XXVI,  12-22   103
§   III.    Isaac   à    Bersabée.    XXVI,    23  —
XXVIII  ,9   105
10  Encore  les   divines   promesses,   xxvi,
23-25   105
20  Alliance  d'Isaac  avec  Abimélech.  xxvi ,
26-33   105
3°  Ésaii  épouse  deux  Chananéennes.  xxvi,
34-35   106
40  Jacob  obtient  par  surprise  la  bénédic- tion de  son  père,  xxvii,  1-29  ....    106
50  Ésaii  est  béni  à  son  tour,  xxvii,  30-40.    109
60  Départ  de  Jacob  pour  la  Mésopotamie, xxvii,  41 -XXVIII,  5   110
70  Nouveau  mariage  d'Ésaii.  xxviii,  6-9.    111
Section'  II.  —  Deuxième  période  de  la  vie d'Isaac.  XXVIII,  10  —  XXXV,  29.
§  I.  Jacob  en  Mésopotamie.  XXVIII,  10  —
XXX,  43   111
lo  La  vision  de  Béthel.  xxviii,  10-22.  .  111 2°  L'arrivée  de  Jacob  à   Haran.    xxix ,
1-15    113
30  Le  double   mariage   de  Jacob,  xxix,
16-30    115
40  Les  enfants  de  Jacob,  xxix,  31-xxx,  24.  IIG
NALYTIQUE
G73
50  Convention  entre  Jacob  et  Laban.  xxx,
î^5-36   119
60  Stratagèmes  de  Jacob  pour  s'enrichir.
XXX,  37-43   120
§  IL  Jacob  quitte  la  Mésopotamie.  XXXI,
1-55   121
10  Projet  de  départ,  xxxi,  1-16   121
2«  Le  départ,  xxxi,  17-18   123
30  Laban  îi  la  poursuite  de  Jacob,  xxxi,
13-24   123
40  Alliance  conclue  entre  Jacob  et  Laban.
XXXI,  25-55   123
§  IIL  Jacob  à  Mahanaïm.  XXXII,  1-32  .  127 lo  Mesures  de  Jacob  en  vue  de  se  con- cilier Ésaii.  xxxii,  1-21    127
20  La  lutte  avec  l'ange,  xxxii,  22-32  .  .  129
§   IV.   La  rencontre  de  Jacob  et  d'Ésaii.
XXXIII,  1-20    130
lo  L'entrevue,  xxxiii,  1-17    130
20  Jacob  à  Salem,  xxxiii,  18-20    132
§  V.  Jacob,  de  Sichem  à  Hébron.  XXXIV,  1
—  XXXV,  29   132
lo  Le  rapt  de  Dina.  xxxiv,  1-4   132
2°   Le   stratagème   des   frères    de    Dina.
XXXIV,  5-24   132
30  La  vengeance,  xxxiv,  25-31   134
40  Jacob  reçoit  une  nouvelle  révélation
à  Béthel.  xxxv,  1-15    135
50  Naissance   de   Benjamin   et   mort   de
Rachel.  xxxv,  16-20    136
60  Crime  de  Ruben  ;  énumération  des  fils
de  Jacob,  xxxv,  21-26    137
70  Mort  d'Isaac.  xxxv,  27-29    137
Livre  IX.  —  Les  générations  d'JSsaii. XXXVI,  1-43.
lo  Les  débuts  d'Ésaii,  soit  en  Chanaan,
soit  à  Séir.  xxxvi,  2-8   138
20  Les  fils  et  les  petits-fils  d'Ésaii.  xxxvi,
9-14   138
30  Chefs  issus  d'Ésaii.  xxxvi,  15-19  ..  .    139
40  Lls  fils  de  Séir.  xxxvi,  20-30   139
50  Les  rois  édomitcs  antérieurs  à  l'éta- blissement de  la  royauté  chez  les  Hé- breux, xxxvi,  31-39   140
60  Territoires  des  chefs  issus  d'Ésaii.  xxxvi,
40-43   140
Livre   X.  —  Les  générations  de  Jacob. XXXVII,  1  —  L,  25.
Section  I.  —  Prejiikre  période  de  l'histoire DE  Joseph.  XXXVII,  1  —  XLI,  57.
§  I.  Joseph  vendit,  par  ses  frères.  XXXVII,
1-36   141
lo  Jalousie  des  frères  de  Joseph,  xxxvii,
1-11   141
2°  Joseph  h  Dothaïn.  xxxvii,  12-24  .  .  .    142 3''  Joseph  est  conduit  en  Egypte  et  vendu
à  Putiphar.  xxxvii,  25-36   143
§  IL  La  famille  de  Jnda.  XXXVIII,  1-30.    145 lo  Les  enfants  de  Juda  par  son  épouse
chananéenne.  xxxviii,  1-11   145
20  Les  fils  de  Juda  par  Th-.uuar.  xxxriii,
12-30   146
674
TABLE  ANALYTIQUE
§  III.  Joseph  dans  la  maison  de  Ptitiphar.
XXXIX,  1-20   148
10  Joseph ,  grand  intendant  de  Putiphar.
XXXIX,  1-6»   148
2»  La  chasteté  de  Joseph,  xxxix,  6i>-20.    149
§  IV.  Joseph  en  prison.   XXXIX,   21   —
XL,  23   150
1«  Joseph  gagne  les  faveurs  du  gouver- neur de  la  prison,  xxxix,  21-23.  .  .    150
20  Joseph  interprète  les  songes  de  deux officiers  du  pharaon,  xl,  1-23  ...  .    150
§  V.  —  Joseph  élevé  à  la  dignité  de  vice- roi  d'Egypte.  XLI,  1-57   153
1«  Les  songes  du  pharaon,  xli,  1-8.  .  .   153
2°  Joseph  interprète  les  songes  du  pha- raon. XLI,  9-36   ,•  •  •  •    ^^^
3°  Joseph  est  institué  vice -roi  d'Egypte.
XLI,  37-46   156
40  Les  années  de  fertilité  ;  les  deux  fils
de  Joseph,  xli,  47-52   157
50  Les  années  de  stérilité,  xli,  53-57  .  .   157
Section  II.  —  Les  frères  de  Joseph  en  Egypte. XLII,  1  — XLV,  28.
§  I.  Le  premier  voyage.  XLII,  1-38.  .  .  .  158 1«  Jacob  envoie  ses  fils  en  Egypte,  xlii,
1-5   158
20  Entrevue  de  Joseph  avec  ses  frères.
XLn,  6-17   158
30  Siméon  est  gardé  en  otage,  xlii,  18-25.  160 40  Les  neuf  frères  reviennent  auprès  de
Jacob.  XLn,  26-38   160
§  II.  Second  voyage  des  frères  de  Joseph.
XLIII,  1  —  XLY,  28   162
10  Jacob  consent  au  départ  de  Benjamin. XLin,  1-15   162
20  Les  frères  de  Joseph  en  présence  de son  intendant,  xliii,  16-25.  .....    163
30  Nouvelle  entrevue  avec  le  vice -roi. xLui,  26-34   1G4
40  Les  frères  de  Joseph  accusés  de  vol.
XLiv,  1-13   165
50  Juda  offre  sa  liberté  pour  celle  de  Ben- jamin. XLiv,  14-34   167
60  Joseph  se  fait  reconnaître  de  ses  frères.
XLV,  1-15   169
70  Départ  des  frères  de  Joseph,  xlv,  16-28.    170
Section  IIL  —  Jacob  s'établit  en  Egypte avec  les  siens.  xlvi ,  1  —  l,  25.
§   I.  L'arrivée  du  patriarche   en  Egypte.
XLVI,  1-34   172
lo  Départ  de  Chanaan  après  la  confirma- tion des  divines  promesses,  xlvi,  1-7.    172
2°  Liste  des  descendants  de  Jacob,  xlvi,
8-27   172
3°  Joseph  vient  au-devant  de  son  père.
XLVI,  28-34   174
§  II.  Heureux  séjour  d'Israël  en  Egypte jusqu'à  la  fin  de  la  famine.  XL VII, 1-28   175
1°  Installation  de  Jacob  dans  la  terre  de Gessen.  xLvn,  1-12   175
2"  L'administration  de  Joseph  en  Egypte pendant  le  reste  de  la  famine,  xlvii  , 13-28   176
§  III.  Les  dernières  dispositions  de  Jacoh
et  sa  mort.  XLVII,  29  —  L,  13  .  .  .  178 1°  Ordre  relatif  à  sa  sépulture,  xlvii,  29-31.  178 2°  Jacob   adopte   Éphraïm    et   Manassé.
XLvin,  1-7^   178
30  Jacob  bénit  Éphraïm  et  Manassé.  XLvni,
8-22   179
40  La  bénédiction  prophétique  de  Jacob.
XLix,  1-28   180
50  Mort  de  Jacob,  xlls  ,29-32   184
6«  Sépulture  de  Jacob,  l,  1-13   185
§  IV.  Mort  de  Joseph,  l,  14-25   186
L'EXODE
Introduction    189
1°  Le  sujet  traité    189
20  Division  du  livre    189
30  L'importance  de  l'Exode    189
PREMIÈRE  PARTIE
Evénements  antérieurs  à  la  sortie  d'Egypte.
I,  1  —  XII,  36.
Section  I.  —  Tableau  de  l'oppression
DES  HÉBREUX.  I,   1-22.
1»  Énumération  des  fils  de  Jacob;  leur merveilleux  accroissement  en  Egypte, i,  1-7    .  .    190
2°  Les  Israélites  opprimés  par  les  Égyp- tiens, i,  8-22   190
Section  II.  —  Les  quarante  premières  années DE  Moïse.  II,  1-25.
1°  Préservation  et  éducation  de  Moïse. Il,  1-10   192
20  Moïse  se  réfugie  chez  les  Madianites. n,  11-20   193
30  Moïse  épouse  Séphora  ;  Dieu  écoute  les gémissements  d'Israël.  11,  21-25  ..  .   195
Section  III.  —  La  vocation  de  Moïse  et  son
RETOUR  EN  EGYPTE.   III,    1  —  IV,   31.
lo  Dieu  apparaît  à  Moïse  auprès  de  l'Ho- reb.  m,  1-6   195
2o  Le  Seigneur  annonce  à  Moïse  qu'il  l'a choisi  pour  délivrer  Israël,  m ,  7-10.  .    1 96
30  Objections  de  Moïse,  in,  11-14   136
40  Le  Seigneur  explique  davantage  h  Moïse la  nature  de  son  rôle,  m,  15-22.  .  .    197
50  Trois  signes  éclatants ,  pour  confirmer la  mission  de  Moïse,  iv,  1-9   198
6°  Dieu  surmonte  les  dernières  hésitations de  Moïse  en  lui  associant  Aaron.  iv, 10-17   ,•  •  •  •    1^^
70  Moïse  se  met  en  route  pour  l'Egypte.
IV,  18-20   200
TABLE  ANALYTIQUE
675
8»  Trois  incidents  du  voyage,  tv,  21-28.   200 90  Les  Israélites  accueillent  Moïse  avec les  sentiments  d'une  foi  vive,  iv,  29-31.   201
Section  IV.  —  Vaines  tentatives  de  Moïse  et d'Aakon  pour  obtenir  du  pharaon  le  départ d'Israël.  V,  1  —  VII,  7.
1»  Moïse  et  Aaron  communiquent  au  roi
les  ordres  de  Dieu,  v,  1  -  6   202
20  Recrudcscenco  de  la  persécution,  v,
6-18   202
30  riaintcs  amères  des   Hébreux   et   de
Moïse.  V,  19-23   204
4°  Dieu  renouvelle  toutes  ses  promesses.
VI,  1-8   204
5°  Moïse,  rejeté  par  Israël,  est  de  nouveau
rassiu'é  par  Jéhovah.  vi,  9-13  .  .  .  .  205 60  Généalogie  de  Moïse  et  d'Aaron.  vi,
14-28   206
7°  Dieu  réitère  à  Moïse  sa  mission,  vi,
28  —  vn,  7   207
Section  V.  —  Les  neuf  premières  plaies d'Egypte.  VII,  8  —  XI,  10.
1°  Le  miracle  de  la  verge,  vn,  8-13  .  .    208 20  La  première  plaie  d'Egypte  :  l'eau  chan- gée en  sang,  vu,  14 -2ô   209
30  Devixième  plaie  d'Egypte  :  les  gre- nouilles, vni,  1-15   211
40  Troisième  plaie  :  les  moustiques,  vin,
lG-19   212
50  Quatrième  plaie  :  les  mouches,  vin,
20-.32   213
6°  Cinquième  plaie  :  la  peste  du  bétail.
IX,  1-7   214
70  Sixième  plaie  :  les  ulcères,  rx,  8-12.  .  215 8"  Septième  plaie  :  la  grêle,  rx,  13-35.  .  215 9°  La  huitième  plaie  :  les  sauterelles,  x,
1-20   218
10°  Neuvième  plaie  :  les  ténèbres,  x,  21-29.    220 11°  Prédiction  de  la  dLsième  plaie,  xi,  1-10.    221
Section  VI.  —  Ce  qui  se  passa  immédiatement avant  la  sortie  d'Egypte.  XII,  1-36.
10  Institution  des  rites  de  la  Pâque.  xii, 1-20   223
2°  Célébration  de  la  première  Pâque.  xii,
21-28   225
30  Dixième  plaie  :  la  mort  des  premiers- nés.  XII,  29-30      226
40  Préliminaires  du  départ  des  Hébreux.
XII,  31-36   227
DEUXIÈME  PAETIE
La  sortie  d'É-ypte.  XII,  37  —  XVIII,  27.
Section  I.  —  Le  début  du  voyage, XII,  37  —  XIII,  22.
1°  Première  étape,  xii,  37-42   227
20  Nouvelles  instructions  sur  la  mandu-
cation  de  la  Pâque.  xii,  43-51.  .  .  .  228 30  Instructions  relatives  à  la  consécration
des  premiers-nés  et  aux  pains  azymes.
xin,  1-16   229
40  De  Socoth  à  Étham.  xiii,  17-22.  ...    231
Section  II.  —  Passage  de  la  mer  Rouge. XIV,  1  —  XV,  21.
1"  D'Étham  ù  la  lucr  Rouge,  xiv,  1-4..  .    232
2»  Le  pharaon  poursuit  les  Hébreux  ;  leur
désespoir,  xiv,  5-14   232
30  Les  Hébreux  traversent  miraculeuse- ment la  mer  Rouge;  l'armée  égyp- tienne est  anéantie,  xiv,  15-31.  .  .  .    233
40  Le  cantique  de  Moïse,  xv,  1-21.  .  .  .    235
Section  III.  —  Itinéraire  des  Hébreux  entre LA  MER  Rouge  et  le  Sinaï.  XV,  22  — XVIII,27.
1°  Les  stations  de  Mara  et  d'Elim.  xv,
22-27   238
2°  Les  cailles  et  la  manne  dans  le  désert de  Sin.  xvi,  1-36   239
5°  Station  de  Raphidim;  l'eau  miracu- leuse du  rocher,  xvii,  1-7   243
40  Attaque    et   défaite    des   Amalécites.
XVII,  8-16.   244
50  Visite  de  Jéthro  à  Moïse,  xviii ,  1-12.   245 6°  Institution    des    soixante  -  dix    juges.
XVIII,  13-27   246
TROISIÈME    PARTIE
L'institution    de   la    théocratie   et    l'érection du  tabernacle.  XIX,  1  —  XL,  36.
Section  I.  —  Station  du  Sinaï  et  préparatifs de  l'alliance  théocratique.  XIX ,  1-25.
lo  Les  Israélites  arrivent  au  pied  du  Si- naï. XIX,  1-2   248
20  Les  Hébreux  promettent  d'obéir  aux préceptes  du  Seigneur,  xix,  3-8».  .  .    248
30  Purification  du  peuple  en  vue  de  la conclusion  de  l'alliance,  xix,  8^-15.  .    249
4°  Apparition  majestueuse  et  terrible  du Seigneur  sur  la  montagne,  xix,  16-25.    250
Section  IL  —  Les  conditions  de  l'alliance. XX,  1  —  XXIII,  33.
10  Le  Décalogue.  xx,  1-17    251
2°  Frayeur  du  peuple,  xx,  18-21    253
30  L'autel  théocratique.  xx,  22-26.  .  .  .  254
40  Lois  relatives  aux  esclaves,  xxi,  1-11.  254 50  L'homicide,  le  manque  de  respect  aux
parents,  les  rixes,  etc.  xxi,  12-27.  .  256 6»  Accidents  causés  par  des  animaux,  xxi,
28-32    257
70  Accidents  causés  à  des  animaux,  xxi,
33-36    258
80  Lois  contre  le  vol.     m,  1-4    258
90  Lois  relatives  aux  dégâts  commis  dans les    champs  et   les   vignes   d'autrui.
XXII,  5-6    259
10"  Lois  concernant  les  dépôts,  xxii,  7-13.  259 11°  Le  prêt  et  la  location,  xxii,  14-15.  .  260 120  Lois  diverses,  xxn,  16  —  xxiii,  19.  .  .  260 13°  Comment  Dieu   récompensera  l'obéis- sance de  son  peuple,  xxm,  20-33.  .  264
Section  III.  —  Inauguration  solennelle  de l'alliance  théocratique.  XXIV,  1-11.
lo  Le  peuple  ratifie  les  conditions  de  l'al- liance. XXIV,  1-3   265
2o  La  cérémonie  de  l'alliance,  xxiv,  4-8.   266
676
TABLE  ANALYTIQUE
30  Dieu  se  manifeste  aux  anciens  du peuple  et  ratifie  à  son  tour  l'alliance.
XXIV,  9-11   266
Section  TV.  —  Préceptes  relatifs  au  sanc- tuaire ET  AUX  PRÊTRES.  XXIV,  12  —  XXXI, 18.
§  I.  Le  tabernacle  et  son  mobiliei:  XXIV,
12  —  XXVII,  21   267
lo  Moïse  gravit  seul  la  montagne  pour recevoir  les  tables  de  la  loi.  XXIV, 12-18   267
20  Dieu  demande  des  offrandes  volontaires pour  son  sanctuaire,  xxv,  1-9   268
3°  Description  de  l'arche  d'alliance,  xxv,
10-22   269
4°  La   table    des    pains    de    proposition.
XXV,  23-30   270
5°  Le  candélabre,  xxv,  31-40   271
60  Les  couvertures  du  tabernacle,  xxvi,
1-14    272
70  La  charpente  du  tabernacle, XXVI,  15-30.  273 8°  Les  diverses  parties  du  tabernacle,  sé- parées par  un  voile,  xxvi,  31-37.  .  .  275 90  L'autel  des  holocaustes,  xxvii,  1-8.  .  276 IQo  La  cour  du  tabernacle,  xxvir,  9-19.  .  276 11°  L'huile  pour  le  candélabre,  xxvii,  20-
21    278
§  IL  Les  vêtements  des  prêtres  et  les  rites  de la  consécration  sacerdotale.  XXVIII,
1  —  XXIX,  37   278
1«  Introduction,  xxvin,  1-5   278
20  L'éphod.  xxvill,  6-14   279
30  Le  pectoral,  xxviii,  15-30   280
40  La  robe  de  l'éphod.  xxviii,  31-35.  .  .    281 50  Le  diadème  du  grand  prêtre,  xxviii,
36-39   '.  .    282
60  Vêtements  des  simples  prêtres,  xxviii,
40-43   282
7°  Eites  de  la  consécration  des  prêtres.
XXIX,  1-37   283
80  Le  sacrifice  perpétueL  xxix,  38-46.  .    287
§  III.  Suite  de  la  description  des  objets  du
culte.  XXX,  1  —  XXXI,  18   288
1°  L'autel  des  parfums  ou  de  l'encense- ment. XXX,  1-10   288
20  L'impôt  sacré,  xxx,  11-16   289
3'^  Le  lavoir  d'airain,  xxx,  17-21   290
40  L'hnile  d'onction,  xxx,  22-33   290
5^^  L'encens  sacré,  xxx,  34-38   291
6°  Dieu  désigne  les  principaux  altistes qui  devaient  construire  le  tabernacle.
XXXI,  1-11   ,   292
7°  Réitération  de  la  loi  du  sabbat,  xxxi,
12-18   293
Section  V.  —  L'alliance,  honteusement  vio- lée PAR  LES  Hébreux,  est  aimablement  re- constituée PAR  JÉHOVAH.  XXXII,  1  — XXXIV,  25.
§  I.  La  violation  de  l'alliance.  XXXII,  1-
'ÎO   294
J*^  î  e  veau  d'or,  xxxii,   l-fi   294
2°  L'indignation  divine ,  l'intervention  de
Moïse,  xxxu,  7-14   295
30  Moïse  brise  les  tables  de  la  loi  et  dé- truit le  veau  d'or,  xxxii,  15-24.    .    .    296
40  Châtiment  des  coupables,  xxxu,  25-29.    297
§  II.  Moïse  travaille  au  rétablissement  de
l'alliance.  XXXII,  30  —  XXXIII,  23.    298
1«  Nouvelle  prière  de  Moïse  pour  le peuple  coupable,   xxxu,  30-35.  ..  .    298
20  Dieu  menace  de  retirer  sa  grâce  à  Is- raël. XXXIII,  1-6   298
30  Moïse  transporte   sa  tente  en   dehors
du  camp,  xxxiii,  7-11   299
40  Moïse  obtient  de  Dieu  la  promesse d'accompagner  les  Hébreux  en  Cha- naan.  xxxin,  12-23   300
§  III.  Le  rétablissement  de  l'alliance,  xxxiv,
1-35   301
1°  Moïse  gravit  de  nouveau  le  Sinaï  avec d'autres  tables,  xxxiv,  1-9   301
2°  Jéhovah  répète  à  Moïse  les  principales
conditions  de  l'alliance,  xxxiv,  20-26.    303
30  Moïse  redescend  de  la  montagne  tout
rayonnant,  xxxiv,  27-35   304
Section  VI.  —  Construction   du  tabernacle et  de  son  mobilier.  XXXV,  1  —  XL,  36.
§  I.  Les  préparatifs.  XXXV,  1  —  XXXVI,  7.    305 lo  Autre  promulgation  de  la  loi  du  sab- bat. XXXV.  1-3   305
20  Moïse  demande  des   offrandes  volon- taires pour  le  tabernacle,  xxxv,  4-9.  .    305 30  Appel  aux  ouvriers  habiles,  xxxv,  10-
19   306
40  Description  des  offrandes,  xxxv,  20-29.    306 50  Béséléel  et  Ooliab  sont  mis  à  la  tête
des  travaux,  xxxv,  30-35   307
6°  Moïse  remet  aux  artistes  les  offrandes du  peuple  ;  le  travail  commence,  xxxvi, 1-7   308
§  II.  L'exécution  de  l'œuvre.  XXXVI,  8  —
XXXIX,  43   303
lo  Le  tabernacle,  xxxvi,  8-38   308
20  Le  mobilier  du  tabernacle,  xxxvii,  1 —  xxxvui,  20   311
30  La  somme  du  métal  employé  pour  le tabernacle  et  son  mobilier,  xxxviii, 21-31   314
40  Les  vêtements  sacerdotaux.  XXXIX,  1-31.    31G 50  Tous  ces   objets  sont   remis  à   Moïse après  leur  achèvement,  xxxix,  31-43.    318
§  III.  L'érection  du  tabernacle.  XL,  1-36.  .    318
lo  Instructions  diverses  touchant  l'érec- tion et  la  consécration  du  tabernacle. XL,  1-11   318
20  Instructions  relatives  à  la  consécration des  prêtres,  xl,  12-13   319
30  Moïse  exécute  les  ordres  du  Seigneur. XL,  14-31   319
40  Dieu  fait  son  entrée  dans  le  taber- nacle. XL,  32-36   320
I
TABLE  ANALYTIQUE
C77
LE  LÉVITIQUE
Intuoductiox    323
1°  Le  nom  et  le  contenu  du  livre.  .  .  .  323
2°  Plan  et  division    323
3»  Importance  du  Lévitique    324
PREMIÈRE    PARTIE
«Lois  dont  l'observation  afiermira  l'alliance conclue  entre  Israël  et  Jéhovah.  1,1  — XVI,  34.
Section  I.  —  Des  sacrifices.  I,  1  —  YII,  38.
§  I.  Les  holocaustes.  I,  1-17    325
1°  Holocaustes  de  gros  bétail,  i,  1-9.  .  .  325
2°  Holocaustes  de  petit  bétail,  i,  10-13.  326
3°  Holocaustes  d'oiseaux.  l,  14-17.  .  .  .  327
§  II.  Bites  des  sacrifices  non  sanglants.  II,
1-16   328
10  Les  offrandes  de  farine,  ii,  1-3.  .  .  .    328 2«  Les  offrandes  de  pain,  il,  4-10.  .  .  .    328 3»  Le  levain  et  le  miel  sont  exclus   de tous  les  sacrifices,  le  sel  est  requis
dans  tous,  n,  11-13   329
40  Offrandes  de  fruits  nouveaux.  11, 14-16,    329
§  III.  Les  sacrifices  pacifiques.  III,  1-17.  .    330 1»  Rites  de  ces  sacrifices  quand  la  victime était   un  bœuf  ou  une  génisse,  m,
1-5   330
2°  Rites  des  sacrifices  pacifiques  quand la  victime  était  de  memi  bétail,  ni,
6-16»   330
3°  Interdiction  de  la  graisse  et  du  sang des  animaux  pour  les  usages  pro- fanes, m,  16i'-17   331
§  TV.  Rites  des  sacrifices  pour  le  péché.  IV,
1  —  V,  13   332
1»  Premier  cas  :  sacrifice  pour  le  péché du  grand  prêtre,  rv,  1-12   332
2»  Sacrifice  d'expiation  pour  le  péché  de
tout  le  peuple,  iv,  13-21   333
30  Sacrifice  pour  le  péché  du  chef  civil
du  peuple,  iv,  22-26   334
40  Sacrifice  pour  les  péchés  d'un  simple particulier,  iv,  27-35   334
50  Rites  des  sacrifices  pour  le  péché, dans  quelques  autres  circonstances spécialement  déterminées,  v,  1-13.  .    335
§  V.  Rites  des  sacrifices  pour  le  délit.  V,
14  —  VI,  7   337
1»  Les  délits  commis  envers  Dieu  et  le
culte  divin.  V,  14-19   337
2°  Los  délits  commis  envers  le  prochain. VI,  1-7   338
§  YI.  Rôle  des  prêtres  selon  les  différentes
espèces  de  sacrifices.  VI,  8  —  VII,  38.    338 1°  Règles  ù  observer   pour  l'holocauste.
VI,  8-13   338
20  Règles  que  les  prêtres  devront  obser- ver dans  les  sacrifices  non  sanglants. VI,  14-18   339
3»  Règles  particulières  pour  le  sacrifice non  sanglant  qui  était  offert  au  jour de  la  consécration  du  grand  prêtre. VI,  19-23   340
40  Règles  que  les  prêtres  devront  obser- ver dans  les  sacrifices  pour  le  péché.
VI,  24-30   340
50  Règles  que  les  prêtres  devaient  obser- ver dans  les  sacrifices  pour  le  délit, vn,  1-10   341
6°  Règles  que  les  prêtres  devaient  ob- server pour  les  sacrifices  pacifiques.
VII,  11-21   342
70  Nouvelle   interdiction   de    manger   la
graisse  et  le  sang  des  animaux,  vu, 22-27   343
8°  Suite  des  règles  relatives  aux  sacri- fices pacifiques,  vu,  28-34   344
9°  Conclusion  de  tout  ce  paragraphe,  vu,
35-38.    .    .   344
Section  IL  —  Les  débuts  dit  sacerdoce  lévi- tique. VIII,  1  — X,  20.
§  I.  Consécration  d'Aaron  et  de  ses  fils.  VIII,
1-36   345
1°  Préparation  imposante  de  la  cérémo- nie. VIII,  1-5   345
2°  Premiers  rites  de  la  consécration,  viii,
6-13   345
30  Les  sacrifices  qui  accompagnèrent  la
consécration,  viii,  14-30   346
40  Conclusion  de  la  cérémonie,  viii,  31-36.    347
§  II.  L- entrée  en  fonctions  d'Aaron  et  de  ses
fils.  IX,   1-24    348
1»  Préparation  de  la  cérémonie,  ix,  1-7.  348 2°  Les    premiers    sacrifices    offerts    par
Aaron.  IX,  8-22    349
30  Conclusion  de  la  cérémonie,  ix,  23-24.  350
§  in.  Dieu  proclame  par  ses  actes  et  par ses  paroles  la  sainteté  du  sacerdoce lévitique.  X,  1-20   351
1°  Châtiment  terrible  de  Nadab  et  d'Abiu.
X,  1-7   351
20  Dieu  intcrilit  à  ses  prêtres  de  boire des  liqueurs  enivrantes  quand  ils  se- ront dans  l'exercice  de  leurs  fonc- tions. X,  8-12   352
30  L'emploi  de  la  part  des  prêtres  dans certains  sacrifices,  x,  12-20   352
Section  III.  —  Lois  relatives  a  la  pureté et  a  l'impureté  légale.  XI,  1  —  XVI,  34.
§  I.  Les  animaux  purs  et  impurs.  XI,  1-47.    354 10  Les  quadrupèdes  purs  et  impurs,  xi,
1-8   354
678
TABLE   ANALYTIQUE
2°  Les  poissons  purs  et  impurs,  xi ,  9-12.  355
30  Les  oiseaux  impurs,  xi,  13-25    355
40  Contact  des  cadavres  des  animaux  im- purs. XI,  24-28    357
5°  La  catégorie  des  reptiles,  xi,  29-38.  .  357 60  Contact  du  cadavre  d'un  animal  pur.
XI,  39-40    359
7°  Encore  les  reptiles,  xi,  41-42    359
8°  Motifs  de  cette  interdiction,  xi,  43-45.  359
90  Récapitulation.  XI,  46-47    359
§  II.  Impureté  et  purification  des  femmes
en  couches.  XII,  1-8   360
1°  Les  deux  hypothèses,  xn,  1-5.  .  .  .  360 2°  Rites  de  la  purification,  xii,  6-8.  .  .    360
§  IIL  La  lèpre.  XIII,  1  —  XIV,  57   361
1°   La  lèpre  humaine  et  son  traitement.
XIII,  1-46    361
2°  La  lèpre  des  vêtements,  xiii,  47-59.  .  366 3°  La  purification  des  lépreux  après  leur
guérison.  xiv,  1-32    367
4^  La  lèpre  des  maisons,  xiv,  33-57.  .  .  .  370
§  IV.  Les  impuretés  constitutionnelles  de l'homme  et  de  la  femme  et  leur  pu- rification. XV  ,1-33   372
V>  Ces  impuretés  considérées  dans  l'homme.
XV,  1-18   372
2«  Les  impuretés  constitutionnelles  de  la
femme,  xv,  19-31   373
§  V.  La  fête  de  l'Expiation.  XVI,  1-34.  .  375
lo  Les  rites  préliminaires,  xvi,  1-10.  .  .  375
2°  Les  rites  de  l'expiation,  xvi,  11-28.  .  376 3°  Instructions    pour  la  célébration  an- nuelle et  perpétuelle  de  la  fête,  xvi,
29-34    378
DEUXIÈME  PARTIE
Le  maintien  et  la  croissance  d'Israël  dans la  sainteté  exigée  par  l'alliance  théocra- tique.  XVII,  1  —  XX VU,  34.
SEcnox  I.  —  La  sainteté  dans  la  vie  de  fa- mille ET  DANS  LES  RELATIONS  SOCIALES.  XVII, 1—  XX,  27.
§  I.  Sainteté  dans  la  nourriture.  XVII,  1-16.    379 1°  Dieu  exige  que  tous  les  animaux  des- tinés aux  repas  des  Hébreux  soient tués  à  l'entrée  du  tabernacle,   xvii,
1-9   379
20  Nouvelle  défense   de    se    nourrir  du
sang  des  animaux,  xvn,  10-14.  .  .  .    381 Z°  Défense  de  manger  la  chair  des  ani- maux morts  de  mort  naturelle,  xvii, 15-16   382
§  II.  —  Sainteté  du  mariage  et  des  mœurs.
XVIII,  1-30   382
1°  Majestueux  préambule,  xvni,  1-5.  .  .  382
2«  Degrés  de   parenté   qui  rendaient   le
mariage  illicite,  xvni,  6-18    382
30  Le  Seigneur  condamne  quelques  tur- pitudes morales,  xvni,  19-23    384
40  Conclusion  solennelle,  xviix,  24-30.  .  384
§  III.  Sainteté  à  conserver  dans  les  rela- tions avec  Dieu  et  avec  le  prochain. XIX,  1-37   385
,1°  Quelques  devoirs  de  piété  envers  Dieu
et  envers  les  parents,  xix,  1-8.  ..  .    385
2°  Quelques  devoirs  de  charité  ou  de  jus- tice envers  le  prochain,  xix,  9-18.  .    386
3°  Quelques  règles  domestiques,  xix,  19-
25   387
40  Quelques  préceptes  moraux,  xix,  26-
31   388
50  Quelques  préceptes  sociaux,  xix,  32-37.    389
§  IV.  Châtiments  qui  devront  être  infligés
pour  certains  crim,es.  XX,  1-27.  .  .    390
1°  Punition  de  l'apostasie,  xx,  1-8.  .  .  .  390 2»  Punition  des  mauvais  fils,  xx,  9..  .  .  391 33  Punition  de  l'impudicité.  xx,  10-21.  .  391 40  Exhortation  à  la  pratique  de  la  sain- teté. XX,  22-26    392
Section  IL  —  La  sainteté  a  préserver  dans
LE   CULTE  DIVIN.   XXI,   1  —  XXVII,   34.
§  I.  Sainteté  spéciale  des  prêtres.  XXI,  1-24.    393
1°  Ordonnances  touchant  le  deuil  et  le mariage  des  simples  prêtres,  xxi,  1-9.    393
2°  Instructions  touchant  le  deuil  et  le mariage  du  grand  prêtre,  xxi,  10-15.    394
3°  Défauts  corporels  qui  rendaient  inca- pable d'exercer  les  fonctions  du  sa- cerdoce. XXI,  16-24   395
§  II.  De  la  manducation  des  viandes  consacrées  ; qualités  des  victimes.  XXII,  1-33.  .  .    396
1°  Manducation  des  viandes  consacrées,
XXII,  1-16   396
2°^  Qualités  des  viandes  destinées  aux  sa- ci'ifices.  xxn,  17-30   398
3°  Exhortation  k  l'obéissance  et  à  la  sain- teté. XXII,  31-33   399
§  III.  La  sanctification  du  sabbat  et  des
fêtes.  XXIII,  1-44   400
10  Célébration  du  sabbat,  xxiii,  1-3.  .  .  400
2°  La  fête  de  Pâque.  xxni,  4-14    400
3°  La  Pentecôte,  xxin,  15-22    401
4°  La  fête  des  Trompettes,  xxm,  23-25.  402
50  La  fête  de  l'Expiation,  xxill,  26-32.  403
6°  La  fête  des  Tabernacles,  xxni,  33  -  44.  403
§  IV.  L'huile  du  candélabre  et  les  pains de  proposition;  châtiment  des  blas- phémateurs et  peine  du  talion.  XXIV, 1-23   405
lo  L'huile  destinée  à  alimenter  les  lampes du  chandelier  à  sept  branches,  xxiv, 1-4   405
2°  Les  pains  de  proposition,  xxiv,  5-9.  .    405 3°  Châtiment  des  blasphémateurs  et  loi
du  talion,  xxiv,  10-23   406
§  V.  Sanctification   de  l'année   sabbatique
et  de  l'année  jubilaire.  XXV,  1-55.  .    407
lo  Année  sabbatique,  xxv,  1-7   407
2*  La  célébi'ation  de  l'année  jubilaire. XXV,  8-12   403
1
TABLE   ANALYTIQUE
30  Privilèges  de  l'année  jubilaire  relati- vement à  la  propriété  foncière,  xxv, 13-34   409
40  Les  privilèges  de  l'année  jubilaire  re- lativement il  la  liberté  individuelle.
XXV,  35-56   411
§  VI.  Dieu  confirme  la  législation  du  Sinaï par  de.i  promesses  et  par  des  menaces.
XXVI,  1-45   413
lo  Majestueux  cxorde.  xxvi,  1-2   413
2°  Gracieuses  promesses  ù.  l'adresse  des
Israélites  fidèles,  xxvi,  3-13   414
30  Les  menaces  en  cas  de  désobéissance.
XXVI,  14-33   415
679
40  Résultats  produits  par  ces  divers  châ- timents. XXVI,  34-45   417
§  VII.  Les  vœux,  l'offrande  des  premiers- nés,  la  dîme,  etc.  XXVII,  1-34.  .  .    418
lo  Les  voeux  et  leur  commutation,  xxvn,
1-25   418
2°  Rachat  des  premiers -nés  des  animaux.
XXVII,  26-27   421
30  Objets  consacrés  sous  l'anathème.  xxvii,
28-29   421
40  La  dîme   et  sa  commutation,    xxvir,
30-33   421
50  Conclusion  de  tout  le  livre,  xxvii,  34.   422
LES  NOMBRES
Introduction    423
l»  Le  nom    423
2»  Le  sujet  traité    423
30  Plan  et  division    424
40  Chronologie  du  livre  des  Nombres  .  .  424
50  Intérêt  que  présente  ce  livre    424
PREMIÈRE  PARTIE
Préparatifs   de   la   guerre   sainte   en  vue  de conquérir  la  Terre  promise-  I,  1  —  X,  10.
Section  I.  —  Recensement  de  l'armée  théo-
CRATIQUE  ET  DES   LÉVITES.  I,   1  —  IV,  49,
§  I.  Le  dènomhrement  des  guerriers  dans
chaque  tribu.  I,  1-64   425
lo  Choix  des  censeurs,  i,  1-16   425
2°  L'opération  du  recensement,  i,  17-47.    426 3°  Pourquoi  la  tribu  de  Lévi  ne  fut  pas comprise  dans    le  dénombrement,   i, 48-54   429
§  II.  L'ordre  des  douze  tribus  pour  les  cam- pements et  pour  les  marches.  II,  1-34.    430
1°  Résumé  général.  u,l-2   430
20  Les  tribus  campées  à  l'est  du  taber- nacle. II,  3-9   430
30  Tribus  campées  au  sud  du  tabei'nacle. n,  10-16   431
4°  L'ordre  de  campement  et  de  marche
pour  les  Lévites.  11,  17   431
50  Tribus  campées  à  l'ouest  du  tabernacle. n,  18-24   431
60  Tribus  campées  au  nord  du  tabernacle.
II,  25-31   432
7«  Récapitulation  générale.  11,  32-34   .  .    432
§  III.  Recensement  et  fonctions  des  Lévites.
III,  1  —  IV,  49   433
1°  Énuméi'atlon  des  fils  d'Aaron.  m,  1-4.  433 2°  Dieu  associe  les  Lévites  aux  prêtres
pour  les  fonctions  du  culte,  in,  5-10.  433 3°  Les   Lévites   sont   ainsi  choisis   pour
remplacer  les  premiei's  -  nés  d'Israël.
m,  11-13   434
4°  Dénombrement  des  Lévites  et  Indica- tion générale  de  leurs  fonctions,  m,
14-37   434
5°  Récapitulation,  m,  38-39   436
6"  Recensement  et  rachat  des  premiers- nés,  m,  40-51   437
7°  Les  fonctions  des  Caathites.  iv,  1-20.    438
8°  Les  fonctions  des  Gersonites.  iv,  21-28.    441
9°  Les  fonctions  des  Mérarites.  iv,  29-33.    441
10°  Moïse  et  Aaron  font  le  dénombrement
des  Lévites  d'après  les  Indications  du
Seigneur,  iv,  34-49   442
Section  II.  —  Lois  destinées  a  préserver  la
SAINTETÉ  LÉGALE  ET  MORALE  DANS  L'ARMÉE DE  JÉHOVAH.   V,   I  —  VI,    27.
1°  Tous  les  individus  légalement  impurs sont  exclus  de  l'intérieur  du   camp.
V,  1-4   443
2°  Expiation  de  quelques  torts  matériels
faits  au  prochain,  v,  5-8    443
3°  Quelques  revenus  des  prêtres,  v,  9-10.  444 4°  La  loi  de  jalousie  en  vue  de  préserver
la  sainteté  du  mariage,  v,  11-31 .  .  .  444
5»  Le  nazaréat.  vi,  1-21    446
6"  Formule  de  la  bénédiction  sacerdotale.
VI,  22-27    449
Section  III.  —  Derniers  incidents  du  séjour DES  Hébreux  auprès  du  Sinaï.  VII,  1  — IX,   14.
§  I.  Les  offrandes  des  chefs  des  douze  trihus
au  sanctuaire.  VII,  1-89   449
1°  Les  bix  chars,  pour  porter  diverses
parties  du  mobilier  sacré,  vu,  1-9.  .    449 2°  Autres  offrandes  des  chefs  de  tribus.
VII,  10-89   450
§  II.  Consécration  des  Lévites.  YIII,  1-26.    455
1°  Un  mot  d'introduction  touchant  le  can- délabre. VIII,  1-4   455
2°  Dieu  détermine  les  rites  de  la  consécra- tion des  Lévites,  viir,  5-19   453
680
TABLE  ANALYTIQUE
3°  Moïse  et  Aaron  exécutent  les  prescrip- tions divines  relatives  à  la  consécra- tion des  Lévites,  viii,  20-22   457
4°  La  durée  du  ministère  des   Lévites.
Tin,  23-36   457
§  III.  Époque  où  Von  devra  célébrer  la  Pâque.
IX,  1-14   458
1°  Célébration  ordinaire  de  la  Pâque.  ix,
1-5   458
2°   La   célébration   extraordinaire   de  la
Pâque.  IX,  6-14   458
Sectiox  IV.  —  Signaux  pour  déterminer  les
DÉPARTS  ET  LES  ARRÊTS  DE  L' ARMÉE  THÉOCRA- TIQUE.  IX,  15  —  X,   10.
1°  Le  premier  signal,  donné  par  Dieu même,  ix,  15-23   459
2"  Le  second  signal ,  donné  par  les  trom- pettes sacrées,  x,  1-10   460
DEUXIÈME  PARTIE
Les  marches  et  contremarches   d'Israël  de- puis le  Sinaï  jusqu'aux  steppes  de  Moab.
X,  11  — XXI,  35.
Section  I.  —  Du  Sinaï  a  Cadès. X,  11  —  XIV,  45.
§  I.  Les  Hébreux  quittent  le  Sinaï.  X,  11-36.    462
1°  Le  départ,  x,  11-28   462
2^  Moïse  invite  Hobab  à  s'associer  au peuple  de  Dieu,  x,  29-32   463
3°  Les  premiers  jours  de  marche  après le  départ  du  Sinaï.  x,  33-36   464
§  IL  Tristes  incidents  en  différentes  sta- tions. XI,  1  —  XII,  15   465
1°  Murmures  et  châtiment  du  peuple  à
Tabérah.  xi,  1-3   465
2"  La  manne  produit  la  satiété  et  le  dé- goût. XI,  4-9   465
3°  Moïse  adresse  lui-même  des  plaintes au  Seigneur,  xi,  10-15   466
4°  Le  Seigneur  promet  à  Moïse  des  coad- juteurs,  et  au  peuple  la  nourriture qu'il  demande,  xi,  16-23   467
5°  Moïse  choisit  et  Dieu  bénit  les  soixante- dix  anciens,  xi,  24-30   468
6°  Le  second  miracle  des  cailles,  xi,  31-34.    468
7°  Rébellion  de  Marie  et  d' Aaron  contre
Moïse.  XII,  1-15   469
§  III.  L'exploration  de  la  Terre  promise  et ses  suites  désastreuses.  XIII ,  1  — XIV,  45.  .   471
1°  Envoi  d'explorateurs  dans  le  pays  de
Chanaan.  xiii,  1-21   471
2°  Voyage  et  rapport  des  explorateurs.
xili,  22-34   473
3°  Révolte  du  peuple,  xiv,  1-10   474
4°  L'arrêt  de  mort,  xiv,  11-25   475
5°  Réitération  de  la  sentence  et  commen- cement de  son  exécution,  xiv,  26-38  .    477 6°  Fausse  pénitence,  suivie  d'un  prompt châtiment,  xiv,  39-45   478
Section   II.  —   Les    trente -huit  années   de
PÉUÉCrRINATIONS  A  TRAVERS  LE  DÉSERT.  XV    1 —  XXI,  35.  '
§  I.  Quelques  préceptes  religieux.  XV,  1-41.    479
1°  Lois  complémentaires  sur  les  sacri- fices. XV,  1-15   479
2°  Loi  relative   aux   prémices   du   pain.
XV,  16-21   481
3°  Lois  relatives  aux  péchés  d'ignorance et  de  présomption,  xv,  22-31   481
4°  Application  de  la  loi  qui  concernait
l'infraction  du  sabbat,  xv,  32-36.  .  .    482
5°  Les  franges  sacrées,  xv,  37-41   .  .  .  .    482
§  IL  Dieu  venge  l'autorité  de  Moïse  et  le sacerdoce  d' Aaron,  injustement  atta- qués. XVI,  1  —  XVII,  13   483
1°  Révolte  de  Coré,  Dathan  et  Abiron.
XVI,  1-17   483
2°  L'épreuve  et  son  issue,  xvi,  18-35  .  .    485 3°  Monument  érigé  en  souvenir  de  cette
rébellion,  xvi,  36-40   487
4°  Le  peuple  est  lui-même  châtié  à  cause
de  ses  mui-mures.  xvi,  41-50   487
5°  La  dignité  d' Aaron  est  confirmée  par
un  autre  prodige,  xvii,  1-13   488
§   III.   Les  devoirs  et   les  droits   soit   des
prêtres,  soit  des  lévites.  XVIII,  1-32.    489
1"*  Sommaire  des  obligations  des  prêtres
et  des  lévites,  xviii  ,1-7    489
2°  Les  levenus  des  prêtres,  xviii,  8-20.  490
30  Revenus  des  lévites,  xvm,  21-24.  .  .  492 4"  Dime  que   les  lévites  devront  payer
aux  prêtres,  xvni,  25-32    492
§  IV.  Expiation  de  l'impureté  contractée par  le  contact  d'un  cadavre  humain. XIX,  1-22   493
10  La  préparation  de  l'eau  lustrale,  xix,
1-lOa   493
2°  Règle  générale  pour  l'emploi  de  cette
eau.  XIX,  lOb-13   494
3°  Règles  particulières  pour  l'usage  de l'eau  lustrale,  xix  ,14-22   495
§  V.  Derniers  incidents  du  séjour  des  Israé- lites dans  le  désert  de  Pharan.  XX , 1  —  XXI,  35   496
1«  L'eau  de  contradiction  ù  Cadès.  xx,
1-13   496
2»  Les  Iduméens  refusent  aux  Hébreux l'autorisation  de  traverser  leur  terri- toire. XX,  14-21   498
30  Mort  d'Anron.  xx,  22-30   499
4"  Défaite  du  roi  d'Arad.  xxi,  1-3.  ..  .    500
5"  Le  serpent  d'airain,  xxi,  4-9   500
6°  Les   Hébreux   contiiment    leur   route
vers  la  Palestine,  xxi,  10-20   502
7"  Expédition  contre  Séhon,  roi  des  Amor-
rhécns.  xxi,  21-32   503
8°  Défaite  du  roi  de  Basan.  xxi,  33-35.    505
TABLE   ANALYTIQUE
681
TROISIÈME   PARTIE
Les  Hébreux  dans  lea  stoppes  de  Moab. XXII,  1  —  XXXVI,  13.
Section'  I.  —  Machinations  des  Moabites  et
DES  MaDIANITES    CONTIIE    ISRAËL.    XXII,   1  —
XXV,  18.
§  I.  Les  oracles  de  Balaam.  XXII,   1   —
XXIV,  25   505
1*  Le  roi  de  Moab  mande  le  prophète Balnam  pour   maudire   Israël,   xxii,
1-21   505
2»  L'ânesse  de  Balaam.  xxil,  22-35..  .  .  508 3«>  Balaam  arrive  auprès  de  Balac.  xxii,
36-40   509
4  n.  Balaam  prédit   le  glorieux  avenir
d'Israël.  XXII,  41  —  XXIV,  25 .  .  .    510
!•  Premier  oracle,  xxii,  41  —  xxm,  12.  510
20  Second  oracle,  xxiii,  13-26    512
3»  Troisième  oracle,  xxiii,  27  —  xxiv,  14.  513 4»  Quatrième  oracle,  le  plus  beau  et  le
plus  significatif  de  tous,  xxrv,  15-25.  515
§  ni.  Le  péché  d'Israël  dans  les  steppes  de
Moab.  XXV,  1-18   517
•  Les  Hébreux  se  livrent  au  culte  hon- teux de  Béelphégor;  la  colère  divine
éclate  sur  eux.  xxv,  1-6   517
2*  Le  zèle  de  Phinées  et  sa  récompense.
XXV,  6-15   518
3°  Décret  d'extirpation  conti'e  les    Ma-
dianites.  xxv,  16-18   519
Section  II.  —  Ordonsaxces   relatives   a  la
PROCHAINE  PRISE  DE  POSSESSION  DE  LA  PALES- TINE. XXVI,  1  —  XXX,  17.
5  I.  Nouveau  dénombrement  de  la  nation
théocratique.  XXVI,  1-65   519
1»  L'ordre  divin  et  son  exécution,  xxvi, 1-4   519
2*  Les  résultats  du  dénombrement,  xxvi,
5-51   520
Jo  Règlements  pour  le  partage  de  la  terre
sainte,  xxvi ,  52-66   523
4«»  Recensement  des  Lévites,  xxvi,  57-62.   523
fio  Récapitulation  générale,  xxvi,  63-65.    624
5  U.  Deux  lois  de  succession.  XXVII,  1-23.   525
!•  Quel  sera  l'ordre  d'héritage  à  défaut d'héritiers  mâles  directs,  xxvjr   1-11.    525
2»  Josué  est  donné  à  Moïse  po^^  6ucces- sear.  xxvii,  12-23   52G
I  III.  Quelques  règlements  relatifs  aux  sa- crifices et  aux  vœux.  XXVni,  1  — XXX,  17   527
1«  Les  sacrifices  quotidiens,  xxvm,  1-8.  527 a»  Le  sucriflce  des  Jours  de  sabbat,  xxvm,
9-10   628
*•  Les  sacrifices  des  néoménies.  xxvm,
31-15   628
4»  La  fête  de  Pâque  et  les  sacrifices  qui
lui  étalent  propres,  xxvin,  16-25..  .    528 6°  La  Pentecôte  et  ses  sacrifices,  xxvm,
26-31   529
60  La  fête  des  Trompettes,  xxix,  1-6.  .    530 7»  Fête  de  l'Expiation,  xxix,  7-11.  .  .  .    530 8°  Fête  des  Tabernacles,  xxix,  12-38.  .    531 90  Conclusion  do  ce  qui  regarde  les  sa- crifices prescrits   aux   jours  de  fête.
XXIX,  39   632
IQo  Quelques    règles  touchant  les    vœux.
XXX,  1-17   533
Section  III.  —  Les  Hébreux  achèvent  leur
INSTALLATION  A  L'EST  DU  JOURDAIN  ET  LE.S PRÉPARATIFS   POUR  LA  CONQUÊTE  DE  ChaNAAN.
XXXI,  1  — XXXVI,  13.
§  I.  Jéhovah  se  vpuqp.  dm  Madianites.  XXXI,
1-54   535
1°  Défaite  des  Madianites.  xxxi,  1-12.  .  535 20  Le  sort  des  captifs;  purification  des
combattants  et  du  butin,  xxxi,  13-24.    536 30  Partage  du  butin,  xxxi,  25-47.  .  .  .    536 40  Dons  volontaires   offerts   h   Dieu  par les  chefs  de  l'expédition,  xxxi,  48-54.    538
§  II.  Le  territoire  conquis  au  delà  du Jourdain  est  assigné  à  plusieurs tribus.  XXXII,   1-42   539
lo  Requête  des  tribus  de  Ruben  et  de Gad.  XXXII,  1-5   539
20  Graves  représentations  de  Moïse,  xxxn,
8-15   540
30  Arrangement  conclu  entre  Moïse  et les  suppliants,  xxxii,  16-32   540
40  Installation  d'une  partie  d'Israël  dans les  contrées  transjordaniennes,  xxxn, 33-42   542
§  III.  Liste  des  campements  des  Hébreux depuis  la  sortie  d'Egypte.  XXXIII,
1-43   ".   543
lo  De  Ramsès  au  Sinaï.  xxxni,  1-15.  .  .  643 2«  Du  Sinaï  à  Cadès.  xxxiii,  16-36. ..  .  641 30  De  Cadès  aux  steppes  de  Moab.  xxxin,
37-49   545
§  IV.  Instructions  divines  concernant  la conquête  et  le  partage  de  la  terre sainte.   XXXIII,  60  —  XXXVI,  13.    646
1»  Extirpation   des   Chananéens.  xxxm,
50-56   646
20  Limites  de  la  terre  sainte  en  deçà  du JoUidain.  xxxiv,  1-15   547
30  Désignation  des  commissaires  qui  se- ront chargés  d'effectuer  le  partage, xxxiv,  16-29   549
40  Les  cités  lévitiques,  xxxv,  1-8   549
50  Les  villes  de  refuge,  xxxv,  9-15..  ,  ,    551
6°  Lois  relatives  h  l'homicide,  soit  vo- lontaire, soit  involontaire,  xxxv,  16- 34   551
70  Le  mariage  des  femmes  héritières, xxxvi,  1-1"   553
32
682
TABLE  ANALYTIQUE
LE  DEUTERONOME
Introduction    555
1*  Le  nom    555
2°  Le  contenu  et  la  division    555
3°  Caractère  distinctif  du  Deutéronome  .  656
■  4°  L'authenticité  de  ce  livre    556
PROLOGUE.  I,  1-5   557
PREMIER    DISCOURS servant  d'introduction.  1,6  —  IV,  43.
§  I.  Résumé  de  l'histoire  du  peuple  de  Dieu depuis  l'alliance  du  Sinaï.  1,6  —
III,  29   558
1»  Près  de  l'Horeb.  i,  6-18    558
2"  A  Cadesbarné.  i,  19-46    559
3°  De  Cadès  au  torrent  de  Zared.  ii,  1-5.  562
4"  Du  Zared  à  l'Arnon.  ii,  16-25    564
5°  Défaite  du  roi  Séhon.  ii,  26-37.  ...  565
6°  Défaite  du  roi  Og.  m,  1-11    566
7°  Partage  des  provinces  conquises  à  l'est
du  Jourdain,  iri,  12-20    568
8°  Josué  est  divinement  élu  pour  intro- duire les  Israélites  dans  la  Terre  pro- mise, m,  21-29    569
§  II,  Moïse  exhorte  les  Hébreux  à  obéir  aux
préceptes  de  Jèhovah.  IV,  1-43.  .  .  .    670
1°  Écouter  en  vue  d'agir,  iv,  1-8  .  .  .  ,    570 2"  Ne  pas  oublier  les  événements  de  l'Ho- reb. IV,  9-14   571
3»  Fuir  l'idolâtrie,  iv,  15-24   572
4"  Redouter  les  vengeances  de  Jéhovah.
IV,  25-40   573
5°  Désignation  des  tr'ois  villes  de  refuge
au  delà  du  Jourdain,  iv,  41-43    ...    575
SECOND   DISCOURS
Nouvelle  promulgation  de  la  Loi-
IV,  44  —  XXVI,  19.
Section  I.  —  La  sttbstance  de  la  législation DU  Sinaï  en  théorie  et  en  pratique.  IV,  44  — XI,  32.
Préambule  historique,  iv,  44-49.
§  I.  Le  Décalogue.  V,  1-33   576
1"  Exorde  solennel,  v,  1-5  .......  .    576
2°  Les  dix  commandements  de  Dieu,  v,
6-21   576
3°  Moïse  fait  ressortir  les  cii'constances principales  de  la  première  promulga- tion du  Décalogue.  v,  22-33   577
§  '  II.   L'amour  de    Dieu ,   motif  suprême
d'obéissance  à  la  loi.  VI,  1-25.  .  .  .    579
1°  Obéir  par  amour,  vi,  1-9   579
2°  Ne  pas  oublier  le  Seigneur  parmi  les
délices  de  Chanaan,  vi,  10-19  .  .  .  .    580 i"  Prêcher  l'amour  de  Dieu  aux  généra- tions suivantes,  vi,  20-25   581
§  III,  Extirpation  de  l'idolâtrie  et  des  ido- lâtres. VII,  1-26   581
1"  N'avoir  aucun  commerce  avec  les  Cha- nanéens ,  mais  les  exterminer,  vn , 1-10   581
2"  Bénédictions  que  Jéhovah  tient  en  ré- serve pour  les  Israélites  fidèles,  ni, 11-26   583
§  IV.  Le  souvenir  des  bontés  du  Seigneur.
VIII,  1  — X,  11   585
1°  Dieu,  le  meilleur  des  instructeurs  à l'égard  d'Israël,  viii,  1-6   585
2"  Se  souvenir  pratiquement  des  libéra- lités du  Seigneur,  viii,  7-20   586
3"  La  gratuité  des  bienfaits  du  Seigneur.
IX,  1-6   587
A"  La  gratuité  des  bienfaits  divins  res- sort des  nombreuses  transgressions d'Israël,  ix,  7-24   588
i"  Cette  gratuité  ressort  aussi  de  Tinter-  ■ cession   de   Moïse ,  sans  laquelle   le peuple  était  infailliblement  perdu,  ix, 25-29   590
6°  EuPn  la  gratuité  des  bienfaits  divins ressort  surtout  du  généreux  pardon accordé  aux  Hébreux  par  Jéhovah.
X,  1-11   591
§  V.  Bénédictions  et  menaces,  pour^xciter plus  efficacement  à  l'obéissance.  X, 12  —  XI,  32   592
1**  Introduction  :  l'étonnante  bonté  du Seigneur  excite  à  la  fidélité,  x,  12-15.    592
2°  L'étonnante  majesté  de  Jéhovah,  autre motif  d'obéissance,  x,  16-22   593
3"  Les  merveilles  opérées  dans  le  passé en  faveur  de  la  nation  théocratique et  la  dépendance  où  elle  est  de  son Dieu  dans  l'avenir,  nouveaux  motifs de  fidélité,  xi,  1-12   593
4"  Bénédictions  et  malédictions  pour  sanc- tionner la  Loi.  XI,  13-28   §i>5
5°  La  cérémonie  future  des  bénédictions et  des  malédictions  sur  les  monts  Ga- rizim  et  Ebal.  xi,  29-32.  ,.,...  ,    596
Section  IL  —  L'abrégé  de  la  Loi. XII,  1  —  XXVI,  19.
§  T.  Le  droit  religieux  d'Israël.  XII,  1  —
XVI,  17   597
1"  Détruire  les  sanctuaires  idolâtrlques.
xn,  1-3   597
2°  L'unité  du  sanctuaire,  xii,  4-28  .  .  .  597 3"  Ne  pas   imiter  les  Chananéens.  xn,
28-32   600
4"  S'opposer  à  la  propagande  de  l'idolâtrie
dans  Israël,  xni,  1-18   601
5°  Éviter  les  rites  funèbres  des  païens.
XIV,  1-2   C03
Si
TABLE  ANALYTIQUE
C83
6°  Les  mets  purs  et  Impurs,  xiv,  3-21.  .  GU3 7°  La  seconde  dîme  et  son  emploi,  xiv.
22-29   005
8°  L'année  sabbatique,  xv,  1-11   GOG
9°  L'affranchissement   des   esclaves,   xv,
12-18   607
10"  Les  premiers -nés  des  troupeaux,  xv,
19-23   G08
11°  Les  principales  fêtes  religieuses,  xvi,
1-17   ces
§  II.  ie  droit  public  et  politique.  XVI,  18  —
XXI,  14   611
1"  L'institution  et  l'instruction  des  juges
locaux.  XVI,  18 -XVII,  13   Gll
2°  Ordonnance  concernant  le  choix  et  les
devoirs  des  rois,  xvii,  14-20   613
3°  Les  revenus  des  prêtres  et  des  lévites.
XVIII,  1-8   614
4"  Les   prophètes   faux   et  vrais,   xviii,
9-22   G15
5°  Les  villes  de  refuge,  xix,  1-13.  .  .  .    617 6°  Ne  pas  toucher  aux  limites  des  pro- priétés. XIX,  14   G18
7°  Les  témoins  judiciaires,  xix,  15-21.  .    618 8°  Lois  concernant  la  guerre,  xx,  1-20.    619 9"  Cérémonies  •«xpiatoiiTS  à  l'occasion  des meurtres   dont  les  auteurs  n'auront
pas  été  découverts,  xxi,  1-9   622
10®  Traitement  des  captives,  xxi,  10-14  .    623
§  III.  Le  droit  privé.  XXI,  15  —  XXVI,  19.  623
l"  Le  droit  d'aînesse,  xxi,  15-17    «23
2°  Les  fils  incorrigibles,  xxi,  18-21.  .  .  .  624
s°  Les  cadavres  des  pendus,  xxi,  22-23.  624
4°  Quelques  devoirs  de  charité,  xxii,  1-4.  625 5°  Quelques  obligations  de  droit  naturel.
XXII,  5-11    625
6°  Le  précepte  des  fivanges  sacrées,  xxii,
12    626
7°  Quelques  lois  destinées  à  maintenir  la
sainteté  du  mariage,  xxii,  13-30.  .  .  G26 8®  Du  droit  de  cité   dans   Israël,  xxiii,
1-8    628
9°  La  pureté  du  camp,  xxiii,  9-14.  .  .  .  629 10°  Personnes  à  protéger  ou  à  proscrire.
XXIII,  15-18    629
11°  Contre  l'usure,  xxm,  19-20    630
12°  Les  vœux,  xxiii,  21-23    630
13°  Kespecter  le  bien  d'autrui.  xxiir,  24-25.  631
14°  Le  divorce,  xxiv,  1-4    631
15°  Divers  préceptes  d'humanité,  xxiv,  5-7.  631
16°  La  lèpre,  xxiv,  8-9    631
17°  Autres  préceptes  d'humanité  et  de  cha- rité, XXIV,  10  — XXV,  4    632
18°  Le  mariage  du  lé  virât,  xxv,  5-10.  .  .    634 19°  Une  contravention  aux  bonnes  mœurs.
XXV,  11-12   634
20°  L'équité  dans  les  poids  et  les  mesures.
XXV,  13-16   635
21°  L'extermination  des  Amalécites.  xxv,
17-19   635
22°  L'offrande  des  fruits  nouveaux,  xxvi,
1-11   636
23°  La  dîme  de   chaque  troisième  année.
XXVI,  12-15   637
24°  Péroraison  du  second  discours,  xxvi,
16-19   637
TROISIÈME    DISCOURS
La  rénovation  de  l'alliance  thcocratique- XXVII,  1  —  XXX,  20.
§  I.  Proclamation  future  de  la  loi  sur  le
r)lont  Èbal.  XXVII,  1-26   638
1°  Graver  la  loi  et  ériger  un  autel  sur
l'Ébal.  XXVII,  1-8   638
2°  Bénédictions  et  malédictions  ù  pro- noncer sur  les  monts  Ébal  et  (iarizim, xxvn,  9-26   639
§  II.  La  double  sanction  de  la  loi  théocra-
iiqxœ.  XXVIIT,  1-68   640
1°  Les  bénédictions  promises  aux  Israé- lites obéissants,  xxviii,  1-14   641
•2"  Les  menaces  en  cas  de  désobéissance.
xxvill,  15-68   642
§  ni.  Moïse  eochorte  instamment  les  Hé- breux à  renouveler  l'alliance.  XXIX, 1  — XXX,  20   648
1°  Comme  pi*essant  motif,  le  souvenir  des bienfaits   divins,  xxix,  1-8   648
2°  Appel  à  tout  le  peuple  pour  le  pres- ser d'entrer  de  plus  en  plus  dans l'alliance,  xxix,  9-15   649
3°  Menaces  à  l'adresse  de  ceux  qui  vio- leraient l'alliance,  xxix,  16-29.  .  .  .    649
4°  La  miséricorde  de  Dieu  est  promise aux  coupables,  pourvu  qu'ils  se  re- pentent. XXX,  1-10   651
5°  Combien  est  aisé  l'accomplissement  de la  loi  divine,  xxx,  11-14   652
G°  Péroraison    pathétique    du    troisième
discours,  xxx,  15-20   653
CONCLUSION  HISTORIQUE
Les  derniers  actes   et  la   mort  de  Moïse.
XXXI,  1  — XXXIV,  12.
§  I.  Moïse  prend  ses  dernières  dispositions.
XXXI,  1-30   654
V  L'installation  de  Josué  comme  succes- seur de  Moïse,  xxxi,  1-8   654
2°  Moïse  confie  aux  prêtres  et  aux  no- tables le  soin  d'annoncer  la  loi  aux Hébreux,  et  de  veiller  à  son  accom- plissement. XXXI,  9-13   655
3"  Le  Seigneur  ratifie  l'installation  de Josué,  et  ordonne  à  Moïse  de  com- poser son  dernier  cantique,  xxxi, 14-23   C55
4°  Moïse  fait  placer  le  livre  de  la  loi dans  le  sanctuaire,  xxxi,  24-27. ...    656
5°  Introduction  au  cantique,  xxxi,  28-30.   657
§  II.  Le  dernier  cantique  de  Moïse,  xxxii,
1-52   657
1°  Court  prélude,  xxxii,  1-3   657
2°  Le  thème,  xxxii,  4-5   657
3°  Les   bienfaits   de   Jéhovah   à    l'égard
d'Israël,  xxxii,  6-14   668
4°  L'ingra*! tilde  des  Israélites,  xxxii,  15-
18   659
5°  Le  terrible  décret  de  vengeance,  xxxtt.
19-3:'   660
684
6»  L'exécution  de  ce  décret  de  vengeance.
XXXII,  34-43   661
7"  Épilogue  historique  du  cantique,  xxxii,
44-47   663
8"  Dieu  ordonne  à  Moïse  de  gravir  le mont  Nébo,  pour  contempler  de  là  la terre  sainte  et  pour  mourir,  xxxii,  48-52.    663
§  m.  Bénédiction  prophétique   de  Moïse,
XXXIII,  1-29   6C4
1'  Introduction,  xxxiii,  1-5   664
TABLE   ANALYTIQUE
2°  Les  bénédictions,  xxxm,  6-25.  .
3°  Epilogue,  xxxiii,  26-29.
§  IV.  La  mort  et  la  sépulture  de  Moïse. XXXIV,  1-12  
1°  Moïse  au  sommet  du  Nébo.  xxxiv, 1-4  
2°  La  mort  et  la  sépulture  de  Moïse, xxxiv,  5-8  
3"  Josué  succède  à  Moïse,  xxxiv,  9.  .  .  .
4"  Éloge  final  de  Moïse,  xxxrv,  10-12.  .
664 667
668
668
669 669 670
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